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Synthèse de l’actualité internationale de mars 2019

Par Axelle DEGANS, le 1er avril 2019  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Agrégée d’histoire, Professeure de chaire supérieure au lycée Faidherbe (Lille) où elle enseigne la géopolitique en classes préparatoires économiques et commerciales. Membre du laboratoire HABITER (EA 2076) de l’Université Reims Champagne-Ardenne. Elle est notamment auteure de : A. Degans, Réussite aux concours 2019 ! La synthèse de l’actualité internationale 2018, éd. Diploweb, via Amazon, 2019.

Voici une synthèse de l’actualité internationale de mars 2019 qui sera fort utile à tous ceux qui veulent disposer d’un point de l’actualité géopolitique, voire préparent un concours. Pour ne rien manquer, et recevoir nos alertes sur des documents importants, le plus simple est de s’abonner gratuitement à notre Lettre d’information hebdomadaire ou au compte twitter de veille géopolitique @diploweb (+ de 12 700 followers)

Algérie, Brésil, Nicaragua... des pays en crise politique

En Algérie, la pression populaire s’affirme courant mars 2019, et surtout celle des jeunes. Ce qui pousse Abdelazziz Bouteflika à ne pas se présenter pour un cinquième mandat présidentiel. Rien n’est pour autant réglé car les élections présidentielles, initialement prévues en avril 2019, sont repoussées à une date ultérieure. Abdelazziz Bouteflika ne se représente donc pas aux élections, mais son clan reste au pouvoir… Les manifestations continuent et prennent de l’ampleur dans ce pays qui n’offre pas réellement d’avenir à sa nombreuse jeunesse. Devant l’ampleur des manifestations, le chef d’État-major Ahmed Gaïd Salah envisage de recourir à l’article 102 de la Constitution, ce qui permettrait de déclarer la vacance du pouvoir présidentiel d’Abdelaziz Bouteflika. La Constitution prévoit, dans ce cas, que le président du Sénat (Abdelkader Bensalah) assure la présidence par intérim. Il est loin d’être sûr que cette éventualité soit acceptée par les manifestants.

Au Brésil, la campagne anti-corruption « Lava Jato » rattrape Michel Temer en mars 2019, l’ancien président par intérim qui a dirigé le pays après la destitution de Dilma Rousseff et l’élection de Jair Bolsonaro. Il est accusé par le procureur général d’avoir monté « une organisation criminelle qui pille le pays depuis quarante ans ».

Le Nicaragua sandiniste s’est lui aussi enfoncé dans la crise politique après la répression très violente des manifestations qui se sont déroulées depuis le printemps 2018 et ont provoqué la mort de plusieurs centaines de personnes et l’arrestation d’un millier d’autres. Des négociations avec l’opposition, sous l’égide des États-Unis et de l’Union européenne ont lieu en mars 2019.

Le Venezuela au cœur d’un nouveau « grand jeu » ?

La situation devient de plus en plus délétère au Venezuela dont le président, Nicolas Maduro, très contesté est soutenu par la Chine, Cuba ou la Russie, alors que Juan Guaido, ne s’impose pas malgré un fort soutien international.

Ce pays a courant mars 2019 un président en poste mais contesté par une part grandissante de la population, Nicolas Maduro, et un président auto-proclamé, Juan Guaido, soutenu par la majorité des pays latino-américains et de nombreux pays occidentaux ou non. J Guaido est fragilisé par sa récente révocation de son poste de président du Parlement, décision prise par le Contrôleur général de la République Elvis Amoroso, nommé par l’Assemblée constituante créée par N. Maduro, en charge de veiller à la transparence de l’administration. Il est déclaré inéligible pour une durée de 15 années pour corruption présumée… Le Venezuela a été paralysé plusieurs jours par plusieurs coupures géantes d’électricité, que N. Maduro attribue aux États-Unis et au Royaume-Uni. Les Vénézuéliens, eux, s’éclairent de nouveau à la lueur de bougies ou de lampes à pétrole et peinent à se soigner et à se nourrir au quotidien … Maduro accueille sur son sol des troupes russes dont Vladimir Poutine assure qu’elles resteront « aussi longtemps que nécessaire ». Il dénonce l’organisation d’un « coup d’État par Washington » qui apporte son soutien à Guaido, d’un autre côté Donald Trump réclame le départ des troupes russes du sol vénézuélien.



Les dissensions au sein de l’Union européenne

Au sein de l’Union européenne, les positions allemandes et françaises divergent de plus en plus. Ainsi, le nouveau leader de la CDU – qui devrait remplacer Angela Merkel comme figure de proue de ce parti – Mme Annegret Kramp-Karrenbauer – propose à l’heure du Brexit que la France cède à l’UE son siège de membre permanent au Conseil de sécurité de l’Onu et que le Parlement européen ne siège plus à Strasbourg, contrairement à ce qui est inscrit dans le traité de l’UE. Ces déclarations de mars 2019 posent la question suivante : l’ « axe franco-allemand » n’est-il pas une vision purement française ? Le processus de délitement communautaire incarné par le Brexit trouvera-t-il ici une nouvelle variante ?

Le Premier ministre hongrois - V. Orban - a présenté ses excuses aux autres membres du PPE – groupe parlementaire conservateur siégeant au parlement européen – par rapport aux propos qu’il a tenu sur la politique migratoire communautaire. Son parti politique est, malgré ces excuses, suspendu du PPE sans toutefois en être exclu. Alors que V. Orban sort des clous depuis 2010-2011, l’attentisme du PPE laisse perplexe.

Synthèse de l'actualité internationale de mars 2019
Theresa May, Premier ministre du Royaume-Uni... jusqu’à quand ?
Source : wikipedia

Le Brexit est repoussé. Il devait avoir lieu au 29 mars 2019, mais les négociations sont particulièrement ardues. L’échéance pourrait être décalée à la veille des élections européennes du 22 mai 2019. Theresa May, demande aux parlementaires britanniques de voter l’accord de retrait négocié en novembre 2018 pour éviter un « no deal », une sortie de l’Union européenne sans accord. Les députés le refusent pour la troisième fois. Fin mars 2019, trois perspectives se dessinent pour les Britanniques : la première est un Royaume-Uni qui, à l’instar de la Norvège qui n’appartient pas à l’Union européenne, participe au marché unique en applique les règles mais sans participer à leur élaboration. La deuxième est un Royaume-Uni qui continue à participer à l’Union douanière mais qui ne peut négocier lui-même aucune alliance commerciale. La troisième est un Royaume-Uni qui devient un pays tiers, comme peut l’être le Canada. Dernière possibilité, réorganiser un nouveau referendum sur le Brexit. Ceux qui poussent cette solution tablent sur une défaite du « leave », ce qui n’est pas entièrement assuré, et ne respectent pas le choix démocratique souverain des Britanniques en juin 2016…

En Allemagne, le taux de chômage n’a jamais été aussi bas depuis la réunification car il se place en mars 2019 à moins de 5%. Le nombre de personnes prenant leur retraite est supérieur à celui des jeunes arrivant sur le marché du travail. En France, l’État continue à se faire brancardier. Ainsi, l’entreprise audomaroise Arc International est sauvée de la faillite. La France reste aux prises avec la désindustrialisation.

Le géant chinois Huawei lance en mars 2019 son nouveau modèle de smartphone, le P30 à Paris. Le marché européen, et plus singulièrement français, est stratégique pour cette firme prise dans le bras de fer commercial américano-chinois. Ce lancement, qui ne doit rien à un hasard de calendrier, se déroule quand le leader chinois Xi Jinping achève sa visite d’État en France. Les pays européens, dont la France, subissent de fortes pressions de la part de Washington pour écarter Huawei, accusée d’espionnage économique, de la compétition pour la technologie de la 5G. Un « grand jeu » géoéconomique dont l’Europe est l’un des terrains de rivalité. L’un des enjeux pour l’Europe communautaire est de présenter un front uni face à la Chine, qui sait jouer à merveille sur les nombreuses lignes de fractures internes à l’Union. Ainsi, l’Italie est le premier pays du G7 à s’insérer officiellement dans les « nouvelles routes de la soie » tissées par Pékin, les ports de Gênes et Trieste vont s’ouvrir davantage aux investisseurs chinois. Paris obtient de Xi Jinping une déclaration sur les efforts engagés pour lutter contre le réchauffement climatique.

Le président français s’est déplacé courant mars 2019 en Afrique orientale. Emmanuel Macron s’est ainsi rendu en Éthiopie, au Kenya et à Djibouti où la France dispose d’une grande base militaire, le camp Lemonnier. Il s’agit de tisser des liens avec les pays de la corne de l’Afrique et donc d’étendre le champ d’action de Paris qui y fait la promotion de l’environnement et de la culture. Il s’agit tout autant d’une visite qui porte sur les enjeux de sécurité et l’économie car cette Afrique émergente des « lions » africains est animée d’une croissance économique soutenue et prometteuse. Cette visite a été l’occasion de signer plusieurs contrats pour des firmes françaises.

La violence…

La Nouvelle-Zélande a été endeuillée en mars 2019 par un tragique attentat qui a coûté la vie à une cinquantaine de personnes. Ce pays, ouvert aux flux migratoires comme le sont tous les « pays neufs », est habituellement à la périphérie de l’actualité internationale.

Les Pays-Bas ont été eux aussi victimes d’un attentat terroriste qui a tué trois personnes.

Israël a répliqué aux tirs de roquettes, lancées depuis la bande de Gaza, qui ont frappé Tel-Aviv.

Le Mali n’en a pas fini avec la violence. Quelques 130 personnes, de l’ethnie peule, ont été assassinées dans le centre du pays, probablement par des Dogons.

Le Tchad a mené une action conjointe avec Niger et le Nigéria contre Boko Haram qui sévit particulièrement dans la région du lac Tchad.

Des entreprises américaines dans la tourmente ?

Courant mars 2019, la firme américaine Boeing est à la peine depuis le crash de l’avion d’Ethiopan Airlines. De nombreux États ont préféré clouer au sol les appareils de cette gamme, par principe de précaution.

La firme Google vient se trouve condamnée en mars 2019 par l’Union européenne à payer une lourde amende (près de 1,5 milliard d’euros) pour abus de position dominante sur le marché communautaire. C’est la troisième amende que lui inflige la Commission en l’espace de deux années.

Le parlement européen vient d’entériner une directive européenne sur les droits d’auteur qui protège mieux les auteurs et la presse des plate-formistes comme Google ou You Tube qui ne rémunèrent pas ces premiers alors qu’ils usent de leurs créations Il est possible que les plateformistes ne référencent plus les articles de presse.

Le Proche et le Moyen-Orient se recomposent

Au Proche-Orient, Ankara et Téhéran mènent d’un commun accord une opération contre le PKK kurde en mars 2019. Ni l’Iran, ni la Turquie ne souhaitent concéder une partie de leur territoire national pour la création d’un Kurdistan indépendant. De son côté, Mike Pompeo, secrétaire d’État américain, a rencontré le premier ministre israélien, B. Netanyahou, pour affermir l’axe résolument anti-Iran.

Le président iranien Hassan Rohani s’est déplacé en visite officielle à Bagdad pour renforcer ses relations commerciales avec son voisin. L’Irak a pour principaux partenaires les États-Unis et l’Iran, ce qui place ce pays dans une situation assez délicate.

Le président américain annonce en mars 2019 la fin de l’État islamique, Daech ayant perdu Baghouz dans la partie orientale de la Syrie. L’État islamique a sévit près de cinq années au Proche-Orient où il a semé la terreur et désolation. Si la base territoriale de ce proto-État a disparu, ce n’est pas le cas de l’ensemble des djihadistes qui s’est dispersé, notamment dans le désert alors que les djihadistes relevant de la mouvance d’Al-Qaida n’ont pas désarmé. Le sort des terroristes emprisonnés, souvent aux mains des Kurdes, est loin d’être réglé Le sort de leur famille qui les a accompagnés, pose aujourd’hui problème aux pays d’origine, en particulier les démocraties occidentales.

Donald Trump reconnaît en mars 2019 la souveraineté d’Israël sur le plateau du Golan conquis et annexé aux dépens de la Syrie lors de la guerre des Six jours de juin 1967. Cette reconnaissance satisfait au plus haut point le premier ministre israélien B. Netanyahou dont Donald Trump est assez proche. L’Union européenne, la Russie, l’Iran comme les pays arabes refusent de reconnaitre cette annexion. D. Trump poursuit son œuvre de démolition du multilatéralisme.

Les nouvelles d’Asie

La Chine continue à emprisonner des « dissidents » Ouigours dans le Xinjiang (le Turkestan chinois) après que le président turc Erdogan ait condamné cette politique sécuritaire. Ainsi, près de 13 000 personnes auraient été arrêtées depuis 2014. Pékin renforce sa mainmise sur cette région stratégique et peuplée de turcophones musulmans.

L’Inde fait en mars 2019 la démonstration de sa maitrise technologique en détruisant un satellite grâce à un missile balistique. C’est une vraie prouesse car avant elle seuls Les Etats-Unis, l’URSS et la Chine ont démontré les mêmes capacités au niveau spatial et militaire.

A Hanoï, la réunion de mars 2019 entre Kim Jong-un, à la tête de la Corée du Nord, et le président américain Donald Trump n’a pas tenu ses promesses. Le leader nord-coréen exigeait la fin des sanctions qui pèsent sur son pays avant toute action vérifiable de désarment nucléaire. Aucun accord, même a minima, n’a été signé. Le président américain a préféré un « no deal » à un mauvais accord. Est-ce la fin de cette dynamique diplomatique enclenchée l’année passée ? Les deux chefs d’État sortent affaiblis de cette entrevue infructueuse, mais c’est surtout le cas de Kim qui offre de nouveau le visage de celui avec qui on ne peut pas négocier et qui ne compte pas céder sur son arsenal nucléaire.

Bonnes nouvelles

La francophonie se porte bien. L’Organisation internationale de la francophonie (OIF) estime que notre langue qui compte déjà plus de 300 millions de locuteurs devrait connaitre une dynamique remarquable et être parlée par 500 voire plus de 700 millions de personnes d’ici la fin du XXIème siècle. Son statut de deuxième langue la plus parlée dans le monde après l’anglais – et tenu compte du fait que le mandarin n’est en fait parlé qu’en Chine – sera pérennisé grâce à l’accroissement démographique de l’Afrique francophone. Une bonne nouvelle pour tous ceux qui peinent avec les langues étrangères…

Les patineurs français Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron ont de nouveau remporté les championnats du monde de danse sur glace organisés au Japon à la suite d’une performance tout à fait remarquable. Ils sont vice-champions du monde en titre, ils ont remporté cinq fois d’affilée le titre de champions européens et viennent désormais d’être sacrés pour la quatrième fois du titre mondial ! Bravo à eux. Le Diploweb.com souhaite le même succès aux écrits pour ses lecteurs candidats aux concours à venir !

Copyright mars 2019-Degans/Diploweb


Plus pour réussir

Extraits du catalogue des livres géopolitiques publiés par Diploweb pour la réussite aux concours.

. Axelle Degans, "La synthèse de l’actualité internationale 2018. Réussite aux concours 2019 !" éd. Diploweb via Amazon

. Pierre Verluise (dir.), "Histoire, Géographie et Géopolitique de la RUSSIE et de ses frontières" , éd. Diploweb via Amazon

. P. Verluise (dir.), "Histoire, Géographie et Géopolitique de l’Union européenne. A l’heure du Brexit".

. P. Verluise (dir.), "Histoire, Géographie et Géopolitique de l’Asie. Les dessous des cartes, enjeux et rapports de force".

. P. Verluise (dir.), "Histoire, Géographie et Géopolitique du Proche et du Moyen-Orient. Les dessous des cartes, enjeux et rapport de force"

. P. Verluise (dir.), "Histoire, Géographie et Géopolitique de la mondialisation contemporaine. Les dessous des cartes, enjeux et rapports de force"

. S. Schmit, "Histoire, Géographie et Géopolitique de l’Amérique latine : Un sous-continent en pleine transition politique, énergétique et commerciale. Dossiers et fiches pays"

. L. Chamontin, "Ukraine et Russie : pour comprendre"

. L. Bloch, "L’Internet, vecteur de puissance des États-Unis ? : Géopolitique du cyberespace, nouvel espace stratégique"

. G-F Dumont, P. Verluise, "The Geopolitics of Europe : From the Atlantic to the Urals"


Bonus Culture géopolitique

Vidéo. International : l’Etat est-il "has been" ?

Invitez-vous en Sorbonne. Voici la vidéo de la conférence : International : l’État est-il « has been » ? Avec Marc Hecker rédacteur en chef de « Politique étrangère » (Ifri), Frédéric Ramel, professeur des universités et directeur du département de science politique à Sciences Po Paris, François Gaulme, chercheur associé au Centre Afrique subsaharienne de l’Ifri, et Julien Nocetti, chercheur auprès de l’Ifri.

Super bonus : vous trouverez un résumé écrit de cette vidéo sur Diploweb. Utile pour copier / coller dans vos fiches !


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| Dernière mise à jour le mercredi 21 août 2019 |
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