L’auteur de ce roman, « Le Petit caporal » signe au éditions La manufacture du livre sous le pseudonyme de Yann Zolets. Il est lauréat du Grand Prix de l’Académie du renseignement (2025). Il a servi 16 ans au sein de la Marine nationale française. Il a parcouru l’espace post-soviétique pendant une dizaine d’années. Il appartient au monde du renseignement français.
Interview organisée et conduite par Pierre Verluise, docteur en Géopolitique, fondateur du Diploweb, il produit Planisphère sur Radio Notre Dame et RCF. Cette émission a été diffusée en direct 6 janvier 2025.
Synthèse par Émilie Bourgoin, étudiante en dernière année de Master Sécurité et Défense à l’Université d’Ottawa, après un BBA à l’EDHEC. Elle a travaillé en alternance au sein de la cellule sûreté d’un grand groupe. Elle a la charge du suivi hebdomadaire de l’actualité des livres, revues et conférences géopolitiques comme de la rédaction des synthèses des épisodes de l’émission Planisphère pour Diploweb.
Le roman peut-il nous éclairer sur le monde secret du renseignement ? Oui, quand il est lauréat du Grand Prix de l’Académie du renseignement. Le Grand Prix Œuvre de création - mention « Fiction » 2025 a été décerné à Yann Zolets pour son roman intitulé « Le Petit caporal », paru aux éditions La Manufacture du livre. Cet ouvrage - qui se lit avec beaucoup de plaisir - débute par cet avertissement au lecteur : « Dans ce roman, les vérités se mêleront à la fiction et à l’imagination pour veiller à la sérénité et à la tranquillité de nos espions. » L’auteur de cet ouvrage, « Le Petit caporal » signe sous le pseudonyme de Yann Zolets. Podcast et synthèse rédigée.
Cette émission [1] Planisphère, Que peut nous apprendre le lauréat du Grand Prix de l’Académie du renseignement ? Avec Y. Zolets, sur RCF et RND
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Synthèse de cette émission, Planisphère, Que peut nous apprendre le lauréat du Grand Prix de l’Académie du renseignement ? Avec Y. Zolets. Rédigée par Émilie Bourgoin pour Diploweb.com. Revue et validée par Y. Zolets
LE renseignement constitue un univers discret, souvent fantasmé, dont la réalité demeure largement inaccessible au grand public. Pourtant, la littérature peut offrir une voie d’accès privilégiée à ce monde secret, à condition qu’elle soit documentée et empreinte de crédibilité. Le roman « Le Petit Caporal », signé sous pseudonyme par Yann Zolets, lauréat du Grand Prix de l’Académie du Renseignement 2025 – mention Fiction, s’inscrit précisément dans cette perspective. Ancien officier de la Marine nationale et familier des milieux du renseignement, l’auteur livre un récit où la fiction s’entrelace avec la vérité, tout en respectant la confidentialité nécessaire aux services. À travers son œuvre et ses propos, il explore le rôle des clandestins, l’évolution géopolitique contemporaine et la tension entre vérité et raison d’État.
Au cœur du roman et de l’entretien se trouve la figure du clandestin, parfois appelé « taupe » ou « illégal ». Ces agents d’exception doivent adopter une nouvelle identité culturelle et linguistique, tirant un trait définitif sur leur vie passée. Leur mission consiste à s’insérer durablement dans une société étrangère pour développer des réseaux de sources ou faciliter les opérations d’autres espions. Cette existence se caractérise par une préparation longue, exigeante et par un effacement total de soi, au service de l’État.
Si tous les grands services de renseignement ont recours à des clandestins, la Russie demeure historiquement la plus expérimentée en la matière. Des opérations menées aux États-Unis ou en Europe, parfois inspiratrices de séries comme « The Americans », illustrent ce savoir-faire. Aujourd’hui, les méthodes évoluent, notamment par l’utilisation de diasporas pour contourner les contrôles. Toutefois, la pratique reste largement répandue au sein des grandes puissances.

La décision de livrer des informations à une puissance étrangère répond rarement à une cause unique. Les Anglo-Saxons résument ces leviers sous l’acronyme MICE : Money (argent), Ideology (idéologie), Compromise (compromission), Ego. La trahison constitue toujours une rupture morale profonde, souvent liée à des circonstances personnelles critiques plutôt qu’à une conviction paisible et durable.
Le développement de la biométrie, des traces numériques et de la surveillance globale complique considérablement l’activité clandestine. Il devient de plus en plus difficile de créer une identité totalement artificielle. Les services privilégient désormais davantage le recrutement local plutôt que l’infiltration classique d’agents étrangers, tant les risques techniques et opérationnels se sont accrus.
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Planisphère. Que peut nous apprendre le lauréat du GP de l’Académie du renseignement ? Y. Zolets
Pour Yann Zolets, la Guerre froide ne disparaît pas : elle change de forme. Le conflit russo-ukrainien marque une rupture majeure, révélant une confrontation ouverte entre une coalition occidentale et la Russie. Toutefois, les réalités actuelles, nouveaux acteurs, nouvelles technologies, recomposition des alliances, invitent à abandonner le terme historique de « Guerre froide » au profit d’une grille de lecture plus contemporaine.
Le roman soulève également la question de la vérité face aux intérêts supérieurs de l’État. Les services de renseignement, agissant pour protéger la nation, opèrent souvent dans une zone grise où la transparence ne peut être totale. La raison d’État, portée par des responsables élus, doit parfois primer, au risque de s’opposer aux exigences morales ou individuelles de vérité. Cette tension demeure au cœur du métier.
La collaboration entre services de renseignement, qu’ils appartiennent au même pays ou à des nations alliées, constitue un enjeu stratégique central. En France comme ailleurs, chaque service possède des compétences distinctes. Mutualiser ces capacités permet une action plus efficace, notamment dans un contexte européen où les échanges se font surtout d’État à État, l’Union européenne restant en retrait sur ces sujets éminemment régaliens.
La vie des agents de renseignement est extraordinaire non par le glamour, mais par l’accès au secret.
Contrairement aux clichés de la culture populaire, Yann Zolets décrit des agents profondément humains : parents, conjoints, individus aux fragilités ordinaires. Leur vie est extraordinaire non par le glamour, mais par l’accès au secret, l’engagement discret et le sens du devoir. Ce réalisme constitue l’une des forces du roman : il met en lumière la dimension profondément humaine d’un métier entouré de mystères.
Le choix de la fiction permet à l’auteur de pénétrer symboliquement les cercles du pouvoir, tout en restant fidèle aux réalités opérationnelles. Loin des récits où tout se résout par la technologie ou le piratage, « Le Petit Caporal » privilégie la crédibilité, l’enquête et la rigueur documentaire. Le roman devient ainsi un espace de liberté maîtrisée, au service du réalisme.
Pour prolonger la réflexion, Yann Zolets recommande deux ouvrages majeurs sur le renseignement clandestin :
. Gordon Corera, « Russians Among Us : Sleeper Cells, Ghost Stories, and the Hunt for Putin’s Spies » est publié par Harper Collins Publishers, sous l’un de ses imprints William Morrow dans certaines éditions anglophones.
. Ben Macintyre, « L’espion et le traitre » de (éd. Pocket, 2020), consacré à l’agent britannique Oleg Gordievsky, figure emblématique de la guerre secrète, source la plus haut placée du MI6 au sein du régime soviétique.
Ces lectures, complémentaires à son roman, Yann Zolets, « Le Petit caporal », éditions La manufacture du livre, Grand Prix de l’Académie du renseignement, permettent de mieux comprendre la profondeur humaine, stratégique et historique des opérations clandestines.
En savoir plus sur le Grand Prix de l’Académie du renseignement.
Copyright pour la synthèse Janvier 2026-Bourgoin/Diploweb.com
. Yann Zolets, Le Petit caporal , La manufacture du livre
4e de couverture
Alors qu’un submersible russe échappe mystérieusement à la poursuite d’un sous-marin français, la capitaine Demoreno découvre des anomalies dans les rapports de traque. Rejointe par un agent de renseignement en poste au Kazakhstan, ils navigueront ensemble dans un labyrinthe de trahisons et de manipulations, théâtre de l’opération poutinienne de déstabilisation de la France de Macron du nom de “Petit caporal".
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[1] Cette émission a été enregistrée le 22/12/2026 et diffusée le 6/01/2026.




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