05/17 Actualité internationale
Synthèse de l’actualité internationale mai 2017

Par Axelle DEGANS, le 1er juin 2017  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Professeure de chaire supérieure au lycée Faidherbe (Lille) où elle enseigne la géopolitique en classes préparatoires économiques et commerciales. Membre du laboratoire HABITER (EA 2076) de l’Université Reims Champagne-Ardenne. Elle est notamment co-auteure chez Ellipses de Les 50 cartes à connaître, Coll. Atout concours, Paris, 2016 ; Histoire, Géographie, Géopolitique. Concours d’entrée aux grandes écoles, Coll. Atout concours, Paris, 2015.

Voici une synthèse de l’actualité internationale de mai 2017 qui sera fort utile à tous ceux qui veulent disposer d’un point de l’actualité géopolitique, voire préparent un concours, notamment les oraux. Pour ne rien manquer, et recevoir nos alertes sur des documents importants, le plus simple est de s’abonner gratuitement à notre Lettre d’information hebdomadaire ou au compte twitter de veille géopolitique @diploweb


Des scandales politico-financiers...

En France, les scandales politico-financiers ont émaillé la campagne des élections présidentielles et incité le président élu le 7 mai 2017, Emmanuel Macron, à demander à son gouvernement de présenter rapidement une loi de moralisation de la vie politique.

En Espagne, Esperanza Aguirre, conseillère municipale pour le parti populaire de Madrid doit démissionner du fait d’importants détournements d’argent public réalisés par son entourage. La multiplication de ces scandales fragilise le pourvoir du premier ministre Mariano Rajoy.

Au Brésil, les scandales révèlent la gangrène de la classe politique du plus grand pays tropical du monde. La présidente Dilma Rousseff a été écartée du pouvoir pour cette raison en 2016 au profit de Michel Temer, lui-même mis en cause en mai 2017 dans le « Lava Jato », l’opération « lavage express ». Les enquêtes remontent même jusqu’à Lula, le père du Brésil moderne.

Le sort des urnes

En Algérie, alors que le président Abdelaziz Bouteflika s’est déplacé en fauteuil roulant pour aller voter, les élections législatives sont largement boudées par une population désabusée. Si la majorité sortante – autour du FLN au pouvoir depuis 1962 – est reconduite, moins de 40% des électeurs se sont prononcés. Il s’agit d’un terrible désaveu pour Alger en dépit de la faible progression des islamistes qui obtiennent une soixantaine de députés.

En France, les élections présidentielles ont été remportées par Emmanuel Macron qui a recueilli, face à Marine Le Pen, près de deux tiers des suffrages exprimés. Il est le plus jeune président élu de la Vème République, à la tête d’un mouvement politique – « En marche » – qui a à peine une année d’existence. Son ascension et son élection ne sont pas sans rappeler celles de Valéry Giscard d’Estaing en 1974, lui aussi centriste. Il compose un gouvernement d’ouverture : vers la droite (Premier ministre, ministère de l’Économie, celui du Budget), vers la gauche (Intérieur, Affaires étrangères, Cohésion des territoires), vers le centre (Justice, Armées, Affaires européennes), vers la société civile (Transition écologique et solidaire, Culture, Enseignement supérieur, Sports...). L’engagement pro-européen affiché lors de la campagne électorale se retrouve par exemple avec les nominations de Sylvie Goulard à la tête des Armées, Marielle de Sarnez aux Affaires européennes. Les attentes sont très fortes et donc difficiles à ne pas décevoir. Les élections législatives de juin 2017 pourraient faire bouger les lignes politiques.

En Corée du Sud, les élections présidentielles – pour remplacer la présidente prise dans une tourmente politico-financière – ont été remportées en mai 2017 par Moon Jae-in, fils de réfugiés nord-coréens. Son élection est synonyme – comme en France – d’une attente très forte des électeurs qui espèrent un profond changement. Il doit gérer des relations compliquées avec la Corée du Nord qui multiplie les rodomontades et les sanctions économiques mises en place par la Chine à la suite de l’installation du bouclier antimissiles THAAD installé sur le sol sud-coréen par Washington.

En Allemagne, les élections en Rhénanie du Nord- Westphalie on été remportées par la CDU d’Angela Merkel au détriment du SPD de Martin Schultz.

En Iran, les élections présidentielles ont été confortablement remportées en mai 2017 par le président sortant réformateur Hassan Rohani avec 57% des suffrages exprimés. Cette élection pourrait accélérer l’intégration plus forte de l’Iran sur la scène internationale, ce dont ne veut pas l’Arabie saoudite qui s’est empressée de dénoncer Téhéran comme un « fer de lance du terrorisme international  », alors que Donald Trump a réclamé la fin des essais des missiles balistiques et du soutien au terrorisme. L’Orient promet de rester « compliqué » comme le disait le général de Gaulle.

Des inquiétudes en Asie ?

En Turquie, de nombreuses arrestations ont eu lieu près de la place Taksim à l’occasion des manifestations du 1er mai 2017. La répression se traduit aussi par de nouvelles révocations de milliers de fonctionnaires et un contrôle accru de l’accès à Internet (notamment le site Wikipédia).

A Ankara s’ouvre le procès des auteurs de la tentative de putsch du 15-16 juillet 2016. Il concerne plus de 200 accusés, dont des dignitaires de l’armée qui s’est toujours voulue la garante de la laïcité et de l’héritage kémaliste.

L’agence de notation Moddy’s rejoint l’analyse de sa consœur Standard and Poor’s en abaissant la note de la dette souveraine chinoise de « Aa3 » à « A1 » pour le plus grand déplaisir de Pékin. La dette chinoise aurait franchi le cap des 250% du PIB en 2016, non tant du fait de l’endettement public (il serait légèrement inférieur à 50% du PIB) mais que de celui des entreprises.

05/17 Actualité internationale
Carte de la Corée du Nord et de la Corée du Sud
La Corée du Nord et la Corée du Sud dans leur environnement régional, entourées de la Chine, de la Russie et du Japon. Source : Wikipedia

La Corée du Nord continue à défier ses voisins, notamment à la frontière avec la Corée du Sud, comme la communauté internationale en procédant à des lancements de missiles.

La mer de Chine méridionale cristallise toujours les tensions. La marine américaine défend, au large des Spratleys, la « liberté de naviguer » sur les mers dans des eaux revendiquées par la Chine.

... alors que le péril islamiste pose toujours la question des moyens mis en œuvre pour le contrer

Les attentats islamistes se multiplient en Afghanistan, en Égypte où près d’une trentaine de Coptes (des chrétiens d’Orient) ont été de nouveau assassinés, à Manchester où un kamikaze s’est fait explosé en mai 2017 à la sortie d’un concert fréquenté notamment par des enfants et des adolescents.

Le président américain Donald Trump propose, pour reprendre Raqqa, d‘armer les Kurdes – ils sont à la pointe du combat contre l’EI – ce qui contrarie beaucoup la Turquie qui ne veut pas la création d’un possible futur Kurdistan. Il obtient l’engagement de l’OTAN dans la lutte contre l’EI, ce qui est une concession importante, notamment de la part de la France.

Aux Philippines le président Rodrigo Duterte mène une vraie guerre, essentiellement sur l’ile de Mindanao, contre les islamistes liés à Daech. Les combats auraient fait près de 100 morts.

Des nouvelles d’Europe

En Grèce, pour bénéficier de nouvelles mesures d’allègement de la dette, Athènes doit accepter courant mai 2017 – sous pression de ses créanciers dont le FMI – un nouveau train de mesures d’austérité (diminution des pensions des retraités, élargissement de la base des ménages assujettis à l’impôt... Une grève générale dénonce ces nouvelles mesures alors que le PIB grec se contracte.

Les Britanniques craignent que la facture du Brexit s’établissent autour de 100 milliards d’euros et non pas 60 milliards comme ils l’envisageaient. Les relations se tendent entre Theresa May et Michel Barnier, en charge du dossier du Brexit pour l’Union européenne.

Le Brexit, les campagnes électorales françaises ou néerlandaises, les importantes manifestations anti-CETA en Wallonie, les critiques récurrentes du groupe de Visegrad sont des coups de semonce pour Bruxelles qui comprend que la pérennité de l’UE n’est pas définitivement acquise. La Commission européenne a rédigé un document de travail éclairant sur son évolution conceptuelle. Elle envisage les effets déstabilisateurs de la mondialisation (progression des inégalités, fragilisation des classes moyennes, les formes de dumping, le défi de la crise migratoire...) et la nécessité d’y faire face pour protéger les Européens. Le nouveau président français défend un « Buy European Act » qui réserverait les marchés publics aux entreprises qui localisent au moins 50% de leur production dans l’UE – un peu à l’image de ce qui existe aux États-Unis avec le Buy America Act – mais cette mesure n’est pas assez libérale aux yeux de Berlin. Il est temps que l’UE se préoccupe des inquiétudes des Européens qui, sinon, ne la défendront pas.

La Commission européenne estime que la croissance économique de la zone euro devrait s’établir autour de 1,7% pour 2017 et 1,8% pour 2018, et que le déficit public devrait baisser à 1,3% de PIB pour cette même année. Néanmoins, la convergence des économies européennes n’est toujours pas une réalité entre une Allemagne, championne des exportations – en particulier chez ses partenaires européens – qui devrait afficher un excédent budgétaire de 0,5% alors que la France, l’Italie ou le Royaume Uni devrait avoir un déficit d’au moins 3% de leur PIB.

Fin mai 2017, en Italie, le sommet du G7 à Taormine (Sicile), a été l’occasion d’afficher ce que l’on pressentait depuis quelques semaines, un resserrement franco-allemand à mettre en perspective avec les craintes de Berlin lors de la campagne présidentielle française.


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Un continent américain tourmenté

Le Venezuela est toujours secoué par d’importantes manifestations, endeuillées par une quarantaine de morts en seulement six semaines. Elles dénoncent le projet de réforme de la constitution par le président Maduro. Son départ est clairement réclamé par l’opposition. Le président a prolongé l’état d’urgence économique, en vigueur depuis janvier 2016.

De violentes manifestations au Brésil réclament le départ du président Michel Temer aux prises, à son tour, avec un scandale de corruption. Ces manifestations se déroulent sur fond de déprime économique après deux années de récession. Le président a envisagé le recours à l’armée.

L’ile de Porto Rico, État libre associé aux États-Unis, vient de faire défaut et utilise le « Titre 3 » pour imposer à ses créanciers (dont de nombreux « hedge funds ») la restructuration de sa dette.

Aux États-Unis, Donald Trump limoge, fait exceptionnel, James Comey, le patron du FBI. Le président américain est gêné par une enquête concernant ses relations avec la Russie, en particulier dans le cadre des élections de novembre 2016. Son beau-fils est lui-même concerné par les mêmes faits. Donald Trump se voit également reproché d’avoir communiqué au ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, des informations classifiées concernant les actions menées contre Daech. Les relations entre la présidence et les services de renseignements apparaissent délétères. Le ministère de la Justice vient de désigner un « super-procureur » pour mener une enquête concernant les liens entre Donald Trump et la Russie. Cela fragilise et décrédibilise en partie un pouvoir exécutif dont les déclarations en politique internationale avaient déjà semé le doute. Une procédure de destitution est-elle pour autant envisageable ?

Washington a fait savoir que le processus de renégociation de l’Alena (traité de libre-échange nord-américain) est officiellement entamé. Robert Lighthizer, représentant américain pour le Commerce, a déclaré que les États-Unis ne reviendraient pas sur le choix d’abandonner le Partenariat transpacifique de libre-échange (TPP). Cela laisse libre cours à Pékin pour réorganiser les relations commerciales régionales à son profit, car la Chine était exclue du TPP.

Pékin a sévèrement mis à mal un réseau d’espionnage américain, emprisonnant ou tuant près d’une vingtaine d’espions qui œuvraient sur son sol. La campagne d’incitation à la délation d’activité d’espionnage (contre 500 000 yuans) ne suffit probablement pas à expliquer ce succès de Pékin. Washington est traumatisé par ce revers qui pourrait être le résultat d’une infiltration des services de renseignement américain ou d’un décryptage de ses moyens de communication.

Bonnes nouvelles

La fondation Vallet – qui aide dans leurs études les jeunes défavorisés- vient d’attribuer sa 5 000ème bourse en France et 50 000ème dans le monde. La fondation privée d’Odon Vallet finance ainsi chaque année les études supérieures de plusieurs centaines de jeunes méritants.

Le Havre conserve son terminal multimodal portuaire – le port du Havre devient propriétaire à 100% de la société d’investissement LH2T – car le redressement judiciaire de sa société d’exploitation est levé par le tribunal. Il lui faudra néanmoins gérer entre 85 et 90 000 conteneurs par an.

Une bonne nouvelle pour le cinéma français, au festival de Cannes, le Grand Prix 2017 a été attribué par le jury présidé par Pedro Almodovar au Français Robin Campillo pour son film 120 battements par minute.

Copyright 31 mai 2017-Degans/Diploweb.com


Les synthèses annuelles des Actualités internationales

Point d’actualité internationale de juin 2017

Point d’actualité internationale d’avril 2017


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