Gabriela Belaid, Associée Fondatrice et CISO de SternTech, startup d’intelligence artificielle, Consultante en numérique, cybersécurité et intelligence artificielle. Plus de vingt ans d’expérience dans la transformation digitale, dont quinze années au service du secteur public. Lauréate du Prix Talentes du Numérique (CINOV 2023) et du Prix de la Femme Numérique de l’Année (CEFCYS 2024 dont elle est devenue membre d’honneur), ambassadrice IA sélectionnée par le ministère du numérique. Elle est également sélectionnée dans la promotion 2026 des Expertes à la Une du Groupe TF1 sur les sujets de souveraineté numérique, cybersécurité et intelligence artificielle.
Interview organisée et conduite par Pierre Verluise, docteur en Géopolitique, fondateur du Diploweb, il produit Planisphère sur RCF Notre Dame. Cette émission a été diffusée en direct le 14 avril 2026.
Synthèse par Emilie Bourgoin, étudiante en dernière année de Master Sécurité et Défense à l’Université d’Ottawa, après un BBA à l’EDHEC. Elle est en charge du suivi hebdomadaire de l’actualité des livres, revues et conférences géopolitiques comme de la rédaction des synthèses des épisodes de l’émission Planisphère pour Diploweb.
Le saviez-vous, les femmes sont majoritaires dans la population en France mais proportionnellement sous représentées dans les métiers et l’usage de l’Intelligence artificielle ? Alors que les femmes sont surexposées aux risques de l’IA. Alors qu’il s’agit avec le cyber d’un sujet majeur pour l’évolution de nos sociétés et du monde. Pourquoi les femmes sont-elles stratégiques en cyber et IA ? L’enjeu dépasse la seule question de l’égalité : il s’agit de garantir des technologies plus inclusives, performantes et adaptées aux défis futurs, notamment en terme de compétitivité. Pour en parler, Planisphère a la chance de recevoir à son micro Gabriela Belaid. Podcast et synthèse rédigée.
Cette émission [1] Planisphère, Pourquoi les femmes sont-elles stratégiques dans le cyber et l’IA ? Avec G. Belaid, sur RCF Notre Dame
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Synthèse de cette émission, Planisphère, Pourquoi les femmes sont-elles stratégiques dans le cyber et l’IA ? Avec G. Belaid. Rédigée par Emilie Bourgoin pour Diploweb.com. Revue et validée par G. Belaid
L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE et la cybersécurité constituent aujourd’hui des piliers majeurs de transformation de nos sociétés, tant sur le plan économique que géopolitique. Pourtant, alors même que les femmes représentent plus de la moitié de la population, elles restent sous-représentées dans ces domaines stratégiques, tout en étant particulièrement exposées aux risques associés. À travers l’analyse de Gabriela Belaid, experte en numérique et cybersécurité, il apparaît que la question de la place des femmes dans l’IA dépasse largement l’enjeu d’égalité : elle devient un véritable impératif de performance, de sécurité et d’innovation.
L’un des premiers enjeux soulevés par Gabriela Belaid concerne une idée reçue majeure : l’intelligence artificielle n’est pas réellement « intelligente ». Contrairement à l’intelligence humaine, les systèmes d’IA ne comprennent pas, ne réfléchissent pas et ne possèdent aucune conscience. Ils reposent sur des algorithmes capables d’analyser de vastes volumes de données afin de produire des réponses probabilistes.
Il est également essentiel de distinguer deux types d’IA :
. L’IA générative, utilisée aujourd’hui (ChatGPT, Gemini), qui produit du contenu à partir de données existantes ;
. L’IA générale, encore théorique, qui viserait à reproduire un raisonnement humain complet.
Cette distinction est essentielle pour mieux comprendre les capacités réelles et les limites actuelles de ces technologies.
L’IA peut aussi générer perte de confiance en soi et de créativité, diminution de l’esprit critique et homogénéisation des idées.
L’IA présente plusieurs types de risques qui doivent être anticipés. D’abord, un risque technologique et sociétal, lié à une dépendance croissante aux outils numériques, pouvant entraîner une perte d’autonomie et de confiance en ses propres capacités. Cette dépendance peut également affecter la prise de décision, certains responsables s’appuyant désormais sur l’IA pour orienter leurs choix stratégiques.
Ensuite, un risque environnemental est identifié, l’IA consommant une quantité massive d’énergie, représentant une part significative de la production mondiale d’électricité. Enfin, un risque humain et cognitif apparaît : perte de confiance en soi et de créativité, diminution de l’esprit critique et homogénéisation des idées, ce qui peut, à terme, affaiblir l’innovation et la compétitivité économique.
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Planisphère. Pourquoi les femmes sont-elles stratégiques dans le cyber et l’IA ? Avec G. Belaid
Selon Gabriela Belaid, l’intelligence artificielle est devenue un outil stratégique dans les conflits modernes, en particulier dans le cyberespace, qui échappe aux logiques traditionnelles de guerre entre États. Ce nouvel espace se caractérise par l’absence de règles claires et par l’émergence d’acteurs hybrides : hackers indépendants, groupes affiliés à des États ou agissant pour des intérêts financiers.
L’IA permet d’intensifier les cyberattaques, d’automatiser des opérations massives et de brouiller les responsabilités. Certains États, comme la Corée du Nord, ont même structuré des stratégies reposant sur la formation de hackers pour contourner les sanctions économiques.
Dans les conflits armés, l’IA permet également d’accroître la rapidité et l’ampleur des opérations, notamment en matière d’identification de cibles. Toutefois, ces avancées posent des questions majeures, notamment en termes d’erreurs potentielles et de responsabilité dans la prise de décision.
Malgré leur poids démographique, les femmes restent en France minoritaires dans les domaines de l’IA et du numérique. Elles utilisent moins ces technologies, sont peu présentes dans les métiers techniques, et bien que plus visibles dans l’entrepreneuriat, restent globalement sous-représentées.
Gabriela Belaid explique cette situation par des facteurs structurels, notamment le système éducatif et les orientations genrées dès le plus jeune âge. Historiquement, les métiers du numérique étaient davantage féminisés, mais leur valorisation économique croissante a contribué à leur masculinisation.
À l’inverse de la France, certaines régions du monde présentent une meilleure représentation féminine dans les métiers techniques, ce qui souligne l’importance des modèles éducatifs et des politiques d’orientation.
La diversité des profils permet d’enrichir les approches, d’identifier de nouveaux besoins et d’améliorer la qualité des solutions.
L’intégration des femmes dans l’IA est pourtant indispensable pour éviter les biais et concevoir des solutions réellement inclusives. En effet, lorsque les technologies sont développées majoritairement par des hommes, elles tendent à reproduire des biais liés à leur point de vue.
Des exemples concrets montrent que l’absence de diversité peut avoir des conséquences directes, notamment dans la conception de produits ou de services non adaptés à l’ensemble de la population. À l’inverse, la diversité des profils permet d’enrichir les approches, d’identifier de nouveaux besoins et d’améliorer la qualité des solutions.
Ainsi, la présence des femmes constitue un facteur clé d’innovation et de pertinence dans le développement technologique.
L’intelligence artificielle présente un caractère ambivalent pour les femmes. D’un côté, elle facilite certaines formes de cyberviolence, notamment à travers la création de contenus manipulés ou diffamatoires, amplifiant les risques de cyberharcèlement.
De l’autre, elle offre des outils permettant de détecter ces abus et de renforcer les mécanismes de protection. Par ailleurs, l’IA représente un levier important d’émancipation économique et professionnelle, en ouvrant l’accès à de nouveaux métiers et opportunités. Cependant, des inégalités persistent, notamment en matière de rémunération et d’accès au financement, ce qui souligne la nécessité d’actions ciblées.
L’intelligence artificielle et la cybersécurité sont aujourd’hui au cœur des transformations économiques et stratégiques, mais les inégalités entre les femmes et les hommes y restent marquées. Pour Gabriela Belaid, il est essentiel d’agir concrètement afin de renforcer la place des femmes dans ces secteurs.
Cela passe notamment par le développement de réseaux et d’associations engagées (comme le Cercle des femmes de la cybersécurité (CefCys), les Cadettes de la Cyber, CentraleSupélec au Féminin, le réseau des ambassadeurs de l’IA..), mais aussi par un soutien accru à l’entrepreneuriat féminin, en facilitant l’accès aux financements, notamment via les business angels.
Enfin, la visibilité professionnelle et l’intégration dans ces écosystèmes apparaissent comme des leviers clés. L’enjeu dépasse ainsi la seule question de l’égalité : il s’agit de garantir des technologies plus inclusives, performantes et adaptées aux défis futurs.
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[1] Cette émission a été enregistrée le 24/03/2026 et diffusée le 14/04/2026.




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