L’auteur s’exprime ici en son nom propre. Malcolm Pinel est doctorant en géographie au sein du laboratoire LIMEEP à Paris-Saclay et associé à l’IRSEM. Sa thèse porte sur la géopolitique de la puissance aérien russe en Syrie. Officer de l’armée de l’Air et de l’Espace, il est diplômé de l’École de l’air et titulaire d’un Master en sciences politiques de l’Université Jean Moulin – Lyon 3.
Un an après la chute de l’ex-dirigeant syrien Bachar Al-Assad désormais réfugié à Moscou, voici une mise au point sur la séquence des évènements qui ont conduit au changement de régime et leur articulation avec le contexte géostratégique régional, plus que bouleversé depuis le 7 octobre 2023. Cela permet d’appréhender les déterminants des relations, en rapide évolution, entre le nouveau gouvernement et la Fédération de Russie. Malcom Pinel présente comment des facteurs intérieurs et extérieurs à la situation syrienne conditionnent la présence militaire russe en Syrie. Si dans un premier temps la chute du régime d’Assad laissait planer le doute quant à son maintien, la reprise du dialogue entre les dirigeants syriens et russes permet d’entrevoir une normalisation de leurs relations voire une coopération dans des domaines tels que la sécurité et la diplomatie.
Au moins à moyen terme, la Syrie devrait rester la plaque tournante de la projection de force et d’influence russe vers l’Afrique même si, à plus long terme, la présence militaire russe pourrait être remise en question par les autorités syriennes ou ses soutiens.
Illustré d’une carte.
DEPUIS l’intervention russe en Syrie en septembre 2015, la présence militaire russe est un déterminant essentiel de l’équation stratégique syrienne. Jusqu’à novembre 2024, les forces russes constituaient à la fois une garantie sérieuse pour la stabilité de la République arabe syrienne présidée par Bachar Al-Assad et symbolisaient le retour de la puissance russe sur la scène moyen-orientale. En effet, le pouvoir russe a réussi le tour de force de transformer un engagement militaire aux effets relativement limités [1] en une victoire médiatique auprès de nombreuses opinions publiques et observateurs internationaux, victoire largement amplifiée par la sphère informationnelle. Cette présence militaire garantit aussi pour Moscou un point d’appui géostratégique crucial pour projeter sa force et son influence dans la région ainsi qu’en Afrique.
Ainsi, entre 2017 et 2022, le dispositif russe ne subit pas d’évolution majeure hormis quelques ajustements. Le groupement des forces russes en Syrie est principalement déployé sur les deux grandes emprises permanentes que sont la base aérienne de Hmeimim et la base navale de Tartous. Au total, la Russie a pu étendre sa présence jusqu’à occuper huit plateformes aéronautiques dans le pays [2]. Mais avec l’extension à grande échelle de l’invasion russe en Ukraine le 24 février 2022 et ses déboires, la Russie est contrainte de revoir à la baisse son dispositif, avec notamment le retrait de certains bâtiments de la marine de Tartous vers la Mer Noire, et le transfert vers la Russie de quelques matériels terrestres. [3] Pour autant, ces ajustements ne modifient pas foncièrement l’équilibre des puissances. En effet, l’aviation et les systèmes de défense aériennes russes continuent d’agir comme un verrou stratégique face aux acteurs impliqués dans la région.
Néanmoins, bien que régulières, les frappes aériennes russes, et syriennes, sur la région d’Idlib, sont d’une intensité trop faible pour espérer réduire la menace que constituent les insurgés. Si la situation semble relativement figée jusqu’en 2023, c’était sans compter sur les dynamiques conflictuelles régionales qui sont venues bouleverser les rapports de forces au Proche et au Moyen-Orient.
A partir de septembre 2024, le repli progressif des forces du Hezbollah présentes en Syrie vers le Liban affaiblit considérablement la position du régime d’Assad, en particulier dans le gouvernorat d’Alep. Alors que les forces israéliennes sont engagées depuis presque un an dans des opérations sur plusieurs fronts, principalement à Gaza et au Liban, l’armée de l’air israélienne (IASF [4]) réalise entre septembre et octobre 2024 une soixantaine de frappes aériennes sur le territoire de la République arabe syrienne. Elles ciblent principalement des cadres de l’organisation du Hezbollah et des nœuds logistiques permettant l’acheminement de matériel de l’Iran vers le Liban. A partir de novembre 2024, les dizaines de frappes, sur un rythme quasi-quotidien, se concentrent sur les flux d’approvisionnement [5], sur les capacités aériennes [6] de la milice chiite et sur sa chaîne de renseignement [7]. Ces frappes permettent à l’armée israélienne (IDF [8]) de dégrader fortement les capacités militaires du Hezbollah en Syrie, et par extension au Liban, réduisant ainsi le niveau de menace qui pèse sur sa frontière Nord.
Comment des facteurs intérieurs et extérieurs à la situation syrienne conditionnent-ils la présence militaire russe en Syrie ?
Au fil des semaines, le renseignement militaire israélien constate l’affaiblissement progressif des principaux soutiens au pouvoir syrien et anticipe son effondrement. L’IDF planifie donc une opération (Arrow of Bashan) en attendant que l’opportunité de sa réalisation ne se présente avec pour objectif de réduire quasi-intégralement les capacités militaires syriennes. Cette campagne aérienne israélienne s’inscrit pleinement dans la stratégie israélienne de consolidation de sa sécurité. En effet, les différentes campagnes de frappes aériennes israéliennes successives (Northern Arrow au Liban, Day of Repentance en Iran, frappes préventives sur les milices chiites en Syrie et en Irak et sur les Houthis au Yemen) s’inscrivent dans une stratégie de long terme qui vise à affaiblir l’axe chiite au Moyen-Orient. Depuis le 7 octobre 2023, confrontée à une hausse inédite des tensions dans la région, l’IASF applique sa doctrine dite de « campagne entre les guerres » [9] et intensifie ses opérations tous azimuts sur sept fronts (Gaza, Cisjordanie, Liban, Syrie, Irak, Iran, Yémen).
Un an après la chute de l’ex-dirigeant syrien désormais réfugié à Moscou, une mise au point sur la séquence des évènements qui ont conduit au changement de régime et leur articulation avec le contexte géostratégique régional, plus que bouleversé depuis le 7 octobre 2023, est essentielle pour tenter d’appréhender les déterminants des relations, en rapide évolution, entre le nouveau gouvernement syrien et la Fédération de Russie. Il convient d’étudier comment des facteurs intérieurs et extérieurs à la situation syrienne conditionnent la présence militaire russe en Syrie. Si dans un premier temps la chute du régime d’Assad laissait planer le doute quant à son maintien, la reprise du dialogue entre les dirigeants syriens et russes permet d’entrevoir une normalisation de leurs relations voire une coopération dans des domaines tels que la sécurité et la diplomatie.

Du 27 novembre au 8 décembre 2024, les opérations offensives simultanées « Deterrence of Agression » du HTS depuis son bastion dans la région, qualifiée alors d’insurgée, d’Idlib , et « Dawn of Freedom » de l’ANS [10], dans le nord du pays provoquent une rupture du dispositif des forces alliées au pouvoir syrien et conduisent à l’écroulement puis au renversement du pouvoir en Syrie. Fortes d’un appui feu par drones [11] et de capacités de brouillage électromagnétique [12], les offensives rebelles conduisent à la neutralisation d’une partie des capacités héliportées de l’armée syrienne et à la prise de contrôle de plateformes aéronautiques. Ces prises de guerre contribuent à la paralysie locale des moyens aériens de réaction rapide de l’armée arabe syrienne (AAS) bien que son aviation ne renonce pas à combattre. La riposte de l’AAS s’exerce principalement par l’utilisation de frappes aériennes [13] et ponctuellement par des tirs d’obus, voire de missiles balistiques SS-21 Scarb. Les forces aériennes syriennes, réputées très fidèles au régime, mènent des frappes sporadiques et d’une ampleur très limitée sur les positions des rebelles au moyen de chasseurs (Su-24) et de drones FPV [14]. Les frappes syriennes ciblent majoritairement des centres de commandement et dépôts d’armes du groupe HTS à Idlib mais n’ont aucune incidence sur l’offensive. Dès le mois de novembre 2024, consécutivement à l’avancée des rebelles, l’armée de l’air syrienne commence à évacuer ses bases aériennes afin de protéger ses matériels. Structurellement fragilisée [15] et moralement affaiblie, l’AAS demeure incapable d’opposer une résistance efficace.
Le 30 novembre 2024, l’IASF intercepte un avion iranien à destination de la Syrie suspecté de transporter des armes destinées au Hezbollah, le forçant à faire demi-tour. Le soutien iranien au pouvoir syrien s’avère insuffisant. A partir du 2 décembre 2024, les forces de la Résistance islamique en Irak (RII [16]) déploient dans le nord de la Syrie 300 combattants irakiens des groupes Badr et Harakat Hezbollah pour combattre les rebelles. De son côté, le Hezbollah libanais, très affaibli par le conflit avec Israël, n’est plus en mesure de soutenir le pouvoir syrien : certaines de ses unités restent en protection d’infrastructures tandis que la majorité retourne au Liban. Dans le même temps, Israël continue de frapper le Hezbollah, en particulier les convois logistiques évoluant entre la Syrie et le Liban et ses infrastructures localisées sur des emprises de l’AAS [17]. Malgré les demandes répétées émanant du pouvoir syrien, l’Iran se serait vu refuser par les autorités russes l’autorisation d’utiliser la base aérienne russe de Hmeimim pour l’acheminement de renforts.
De leurs côtés, les forces aérospatiales (VKS [18]) du groupement de forces russes en Syrie, qui opèrent majoritairement depuis la base aérienne de Hmeimim [19], poursuivent leurs missions offensives et de renseignement [20], principalement pour appuyer l’AAS. Dès les premières heures de l’insurrection, les chasseurs-bombardiers russes [21] frappent des positions fixes du HTS à Idlib, notamment à l’aide de « bombes barils », utilisées pour la première fois depuis 2020 [22]. Ponctuellement, des bâtiments de la marine russe (VMF) tirent des missiles de croisière Kalibr contre des cibles de l’ANS.
Limitées en nombre, et en l’absence de renseignement en boucle courte, les frappes aériennes se concentrent principalement sur des infrastructures fixes autour d’Alep et n’ont aucun effet sur les capacités militaires offensives rebelles. Le 30 novembre 2024, la période de passation de commandement du général à la tête des forces russes en Syrie provoque probablement une certaine latence dans le fonctionnement de la chaine opérationnelle. A partir du 6 décembre 2024 les dés sont jetés, le pouvoir russe prend ses distances avec le pouvoir syrien. Le soutien militaire est interrompu [23]. Dès le 15 décembre, l’ambassade russe à Damas est évacuée et les ressortissants du pays sont invités à quitter le pays [24]. Au cours de l’avancée des rebelles, les forces russes regroupent leurs équipements militaires jusqu’ici déployés sur les sites et postes avancés en Syrie, principalement dans le Nord, le long de l’autoroute M4 qui relie Alep à Qamishli face à la frontière avec la Turquie ainsi qu’au centre du Pays le long de l’autoroute M5 reliant Alep à Damas, en passant par Hama et Homs. Des convois comprenant des centaines de véhicules de transports [25], des radars [26] et des systèmes de défense sol-air (S-300PMU2, Tor-M1) se dirigent vers la côte pour rejoindre les emprises de Hmeimim et de Tartous afin d’éviter leur capture par les forces insurgées.
Durant les premières semaines après la chute du régime, des incertitudes demeurent quant aux finalités de la manœuvre logistique russe. Dans l’urgence, Moscou décide de regrouper une grande partie de ses équipements militaires, principalement terrestres, sur la base navale de Tartous. Des navires cargo russes seront dépêchés pour participer à ce rapatriement. Début janvier 2025, la situation autour des points d’appui russes en Syrie est marquée par l’attente au large de Tartous du roulier « Sparta », navire d’Oboronlogistika parti de Baltiïsk le 11 décembre 2024, vraisemblablement pour évacuer du matériel et du personnel. Le Sparta attend une vingtaine de jours avant d’avoir l’autorisation des nouvelles autorités syriennes d’entrer dans le port de Tartous. Alors que la plupart des aéronefs militaires sont encore stationnés à Hmeimim [27], au cours du mois de janvier 2025 , des rotations aériennes (Il-76) auraient participé à l’évacuation d’équipements [28].
D’autres signaux traduisent également une reconfiguration des équilibres et de la présence militaire russe en Syrie. Le 11 janvier 2025, des médias russes indiquent que Moscou concentre davantage de moyens logistiques et de défense aérienne en Libye, dans les zones contrôlées par l’ANL, en écho au resserrement des positions russes en Syrie. Le 30 janvier 2025, des images satellitaires mettent en lumière les travaux de remise en état sur la base libyenne de Maaten al-Sarra, présentée comme une nouvelle installation du « Corps africain » russe. La rénovation de cette plateforme aéronautique située dans le sud libyen laisse présager une réorganisation des capacités de projection russes en Afrique. Il semblerait également que certains matériels, tel que des systèmes sol-air, aient été acheminés vers la base aérienne d’Al-Khadim en Libye. Une partie des équipements aurait également été transportée au Sahel, notamment au Mali.
Certains signes sont révélateurs d’une volonté de maintenir, ou de montrer, la continuité de l’activité. En effet, le 14 janvier 2025, un exercice tactique est conduit au profit d’une unité des forces spéciales russes sur la base aérienne de Hmeimim [29]. Pour autant, entre le 18 et le 27 janvier 2025, des images satellitaires montrent pourtant les quais de Tartous vidés d’une grande partie des matériels russes après l’accostage des roulier Sparta et Sparta II, tandis que s’empilent les conteneurs et se multiplient les opérations de transbordement [30]. Le 27 janvier 2025, le Sparta-4 et un navire de débarquement amphibie (LST [31]) franchissent le détroit du Danemark en direction de la Méditerranée, dans le cadre des rotations d’évacuation. En ce début d’année 2025, la Russie est alors en pourparlers avec les nouvelles autorités afin de maintenir sa présence en Syrie [32], point d’appui stratégique [33] pour disposer d’un accès permanent aux mers chaudes, asseoir et consolider sa stratégie d’action et d’influence au Moyen-Orient et à destination de l’Afrique. En effet, malgré le changement de pouvoir, un partenariat bilatéral entre la Russie et la Syrie semble en voie de perdurer, illustrant la « flexibilité stratégique » [34] russe en matière de diplomatie et de coopération militaire.
Le 28 janvier 2025, une délégation russe se rend à Damas pour une première prise de contact officielle avec les nouvelles autorités au sujet du devenir des emprises de Tartous et de Hmeimim. Le 29 janvier 2025, plusieurs médias russes relaient l’absence d’accord immédiat sur le statut des bases. Dans l’intervalle, les installations continuent de fonctionner, mais la question de leur avenir reste ouverte [35]. Les nouvelles autorités à Damas auraient exigé l’extradition de Bachar al-Assad et avancent des demandes de « compensations, reconstructions et réparations », ce que Moscou refuse [36], malgré la pression exercée. En effet, mi-janvier 2025 la presse russe fait écho de mesures d’interdictions d’importations en provenance de Russie prises par les nouvelles autorités syriennes [37] alors que dans le même temps, des projets turcs d’extension de bases en Syrie sont révélés. [38] Le 7 février 2025, le nouveau ministre syrien de la Défense, Murhaf Abou Qasra, déclare que « la Russie pourra conserver ses bases sur la côte syrienne si cela bénéficie à Damas », tout en soulignant que les relations doivent d’abord répondre aux intérêts syriens [39]. Le 12 février 2025, un entretien téléphonique entre Vladimir Poutine et Ahmed al-Sharaa confirme la volonté de poursuivre des contacts et de soutenir la situation socio-économique syrienne [40]. Le 14 février 2025, la Banque centrale syrienne annonce l’arrivée de liquidités en livres syriennes imprimées en Russie, annonce reprise par l’agence de presse internationale Reuteurs [41]. Le 17 février 2025, la presse russe note une intensification des contacts bilatéraux et laisse entendre qu’un compromis sur les relations bilatérales pourrait être à l’étude, avec en toile de fond le sort de Tartous et de Hmeimim.
Au printemps, plusieurs développements ponctuent la relation. Le 24 mars 2025, des forces russes se déploient à l’extérieure de l’enceinte de la base aérienne de Hmeimim autour des localités proches, probablement pour sécuriser l’arrivée de réfugiés alaouites. Le 28 mars 2025, la presse russe évoque des conditions américaines d’assouplissement des sanctions sur la nouvelle Syrie [42] sans exigence d’exclure la Russie de Hmeimim et Tartous. Mi-avril, la presse russe indique que l’ambassadeur syrien à Moscou a demandé l’asile et n’entend pas rentrer à Damas [43]. Le 18 mai, des sources russes signalent la signature d’un mémorandum Syrie–Émirats pour des investissements à Tartous, après la rupture d’un accord similaire avec la Russie [44]. Le 20 mai 2025, des escarmouches entre militaires russes et combattants syriens autour de Hmeimim, occasionnant des pertes des deux côtés [45], traduisent le renforcement de la pression exercée par les nouvelles autorités. Le 31 juillet 2025, le président russe reçoit à Moscou une délégation syrienne conduite par le nouveau ministre des Affaires étrangères. Alors que Moscou remercie Damas des mesures de protection des citoyens et sites russes en Syrie, Damas annonce vouloir ouvrir une nouvelle page de la relation bilatérale et réviser les accords antérieurs [46].
À l’automne, les échanges se densifient autour du statut des emprises de Tartous et Hmeimim. Le 9 septembre 2025, une délégation russe est reçue à Damas pour des pourparlers politiques, économiques, sécuritaires et de défense [47]. Le 11 septembre 2025, l’ambassade de Syrie à Moscou confirme que le président de transition Ahmed al-Sharaa conduira la délégation syrienne au premier sommet russo-arabe du 15 octobre 2025. Le 8 octobre 2025, le ministre des affaires étrangères de la Fédération de Russie Sergeï Lavrov, propose d’adapter la présence russe en Syrie, incluant l’idée d’un hub humanitaire et l’ajustement du rôle des bases, « non contre la volonté de la direction syrienne » [48]. Le 15 octobre 2025, le président syrien est reçu au Kremlin pour discuter des perspectives des relations bilatérales, y compris des installations militaires russes en Syrie. Moscou et Damas confirment la poursuite du dialogue sur une réorganisation éventuelle du rôle des sites. Fin octobre 2025, la presse russe fait mention des demandes syriennes d’assistance militaro-technique et économique (carburants, blé, investissements) en contrepartie du maintien des bases, avec des restrictions opérationnelles évoquées à Hmeimim et Tartous, et l’ouverture par Damas de la renégociation des accords jugés « inacceptables » dans leur forme antérieure [49]. Le 28 octobre 2025, le ministre de la défense de la Fédération de Russie salue des contacts « substantiels » et évoque l’élaboration d’une feuille de route de coopération militaire avec le ministre syrien de la Défense [50].
Le 30 octobre 2025, des données de suivi de vols rapportées par la presse russe révèlent la reprise des liaisons aériennes militaires russes vers Hmeimim après environ six mois d’interruption, avec au moins un Il-62M et un An-124 observés entre le 24 et le 26 octobre 2025, dans le sillage des entretiens du 15 octobre à Moscou [51]. Izvestia rapporte que la Syrie envisage d’augmenter le personnel de sa représentation diplomatique à Moscou et d’acquérir un nouveau bâtiment pour une mission élargie. Les signes d’une reprise d’un dialogue autour du volet militaire de la coopération russo-syrienne semblent s’intensifier à partir de novembre. Le 16 novembre 2025, une importante délégation russe [52] se rend à Damas probablement pour traiter les détails techniques autour de l’avenir des bases russes dont le maintien, selon des modalités encore en discussion en janvier 2026, apparait désormais en assez bonne voie.
Israël suit avec attention ces évolutions, évoquées lors d’un appel téléphonique entre les dirigeants russe et israélien le 15 novembre 2025. Les médias israéliens estiment en effet que la Russie pourrait chercher désormais à établir une présence militaire dans certaines zones du sud de la Syrie, où des patrouilles communes russo-syriennes auraient été observées dans la province de Quneitra, à quelques kilomètres de la frontière israélienne. En effet, les fragilités structurelles de la nouvelle Syrie ont certainement contraint ses dirigeants à composer davantage avec le Kremlin qu’ils ne l’auraient sans doute souhaité initialement. Sans compter que la plupart des armements terrestres et aériens [53] de l’armée syrienne d’Assad, désormais entre les mains du gouvernement, sont de conception soviétique et russe. Une fraction des résidus de l’arsenal syrien ayant échappé aux frappes israéliennes en décembre 2024 a d’ailleurs été exposée à Damas début décembre 2025.
A la veille de Noël, les ministres syriens de la défense et des affaires étrangères rencontrent le président de la Fédération de Russie à Moscou pour évoquer « des questions politiques, militaires et économiques d’intérêt commun, avec un accent particulier sur la coopération stratégique dans le domaine des industries militaires » [54]. Au cours de cette rencontre, les deux parties ont notamment examiné « les moyens de développer des partenariats militaro-techniques afin de renforcer les capacités de défense de l’armée arabe syrienne et de suivre le rythme des évolutions modernes de l’industrie militaire » et souligné « l’importance de la coordination politique et diplomatique entre Damas et Moscou au sein des instances internationales » [55]. Le communiqué de cet entretien rapporte aussi que « le président russe condamne les violations répétées du territoire syrien par Israël, les qualifiant de menace directe pour la sécurité et la stabilité régionales ». Au tournant de l’année 2025-2026, les signes d’avancées dans les négociations entre Moscou et Damas se succèdent avec notamment l’établissement d’une position commune contre « l’empiètement d’Israël sur le territoire syrien » tandis que dans le même temps des forces de la police militaire russe auraient été acheminées vers la base aérienne de Hmeimim, probablement en vue de patrouilles conjointes dans le sud syrien. [56] En effet, au-delà de la question du maintien des emprises militaires russes en Syrie, la Russie pourrait chercher aussi à éviter une fragmentation supplémentaire du pays, considérant que l’affaiblissement de l’État syrien pourrait créer un vide sécuritaire propice à la résurgence d’organisations et de groupes terroristes.
L’évolution de la situation en Syrie demeure un des éléments déterminants sur le plan de la sécurité régionale. Si Israël a desserré l’étau des menaces directes qui pesaient sur son territoire, retournant les attaques subies depuis le 7 octobre 2023 en véritable opportunité stratégique, le changement de régime en Syrie et l’affaiblissement du Hezbollah sont autant de signes de la perte d’influence considérable de l’Iran dans la région. Alors que la Turquie renforce sa présence militaire et son influence en Syrie notamment au travers de son soutien au nouveau gouvernement, l’équilibre de la situation sécuritaire régionale reste également suspendu à l’évolution de la relation bilatérale entre la Syrie et les Etats-Unis.
L’invitation du président américain envers Israël de ne pas s’ingérer dans les affaires syriennes [57] reflète la divergence entre les ambitions américaines au Moyen-Orient et les impératifs de sécurité d’Israël. Côté américain, le nouveau gouvernement syrien à Damas est perçu relativement favorablement, dans la mesure il où se distancie de l’Iran, s’aligne sur l’axe américano-saoudien et peut être présenté comme un changement de régime concourant à la stabilisation régionale. Du point de vue israélien, la Syrie est d’abord une frontière physique à défendre face à des menaces latentes. La liberté d’action y est devenue un pilier de sa stratégie de sécurité. Rappelons que depuis le 8 décembre 2024, en parallèle d’avoir menée une intense campagne aérienne en Syrie, l’armée israélienne s’est emparée de près de 400 kilomètres carrés dans la partie Sud du territoire syrien craignant que la chute du régime d’Assad n’entraîne l’émergence de groupe radicaux hostiles à Israël sur sa frontière Nord.
L’administration américaine perçoit le Moyen-Orient comme un espace d’accords potentiels entre dirigeants, et non comme un théâtre de conflits historiques. Elle privilégie une architecture régionale centrée sur l’axe Washington-Riyad, entouré d’Israël, de l’Égypte, des Émirats arabes unis et, dans une moindre mesure, de la Turquie et de la Syrie. D’autant plus qu’il semblerait que dans les plans américains, Gaza soit également intégrée à cette structure, au travers de sa reconstruction d’une part et d’autre part au sein de mécanismes multinationaux sous l’égide de l’Arabie saoudite, de l’Égypte, de la Turquie et du Qatar. Alors qu’Israël peut considérer comme indéfectible le soutien américain dans ses conflits contre le Hamas ou le Hezbollah, et qu’une rupture avec Washington causée par la question syrienne semble peu probable, le risque reposerait plutôt autour du fait qu’Israël verrait sa liberté d’action régionale limitée dans le cadre d’un potentiel big deal américain.
Pour consolider sa présence en Afrique et garantir son investissement croissant dans les coopérations sécuritaires assurées par l’intermédiaire notamment d’Africa Corps liée au ministère de la défense de la Fédération de Russie, la Russie cherche à diversifier les points d’ancrages stratégiques, comme ce pourrait être le cas depuis Port-Soudan en Mer Rouge. La reprise des discussions entre la Russie et les autorités soudanaises autour de l’établissement d’une base navale russe à Port-Soudan est symptomatique de la volonté intangible de Moscou de disposer d’un point d’appui maritime permanent dans les mers chaudes. Ainsi, l’établissement d’une base navale à Port-Soudan apparaît comme une extension directe de ce modèle de déploiement, destinée à assurer une présence russe permanente et moins dépendante des incertitudes politiques locales, à l’instar des évènements en Syrie. Or la guerre civile soudanaise a considérablement retardé voire mis en suspens ce projet, démontrant que les conditions internes du pays hôte influencent directement la faisabilité d’une telle implantation, compte tenu des risques sécuritaire et de la pression de certains partenaires du gouvernement soudanais pour limiter les ambitions russes. En effet, ce point d’appui offrirait à Moscou un accès direct à l’Océan Indien et une présence permanente, en amont du canal de Suez, point de passage stratégique pour le trafic maritime. Cette position renforcerait les capacités russes de surveillance et, potentiellement, d’influence le long d’une route maritime essentielle. Une telle position aurait pour effet de réduire la liberté opérationnelle des forces navales occidentales autour du canal de Suez et en mer Rouge, un espace maritime crucial pour les forces aéronavales américaines, notamment dans le cadre de leur campagne de frappes aériennes contre les Houthis au Yémen, tout en repositionnant la Fédération de Russie comme un acteur capable de rivaliser directement avec les autres puissances présentes dans la région comme les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et la Chine, au travers de leurs bases à Djibouti.
Ainsi, au moins à moyen terme, la Syrie devrait rester la plaque tournante de la projection de force et d’influence russe vers l’Afrique même si, à plus long terme, la présence militaire russe pourrait être remise en question par les autorités syriennes ou ses soutiens.
A l’heure où les pays européens alertent sur le risque d’un choc sérieux avec la Russie à l’horizon de 3 à 4 ans, rappelons que le maintien d’une présence permanente russe en Méditerranée orientale complique, quel que ce soit son éventuel opposant, l’équation stratégique en cas d’extension des opérations militaires russes au-delà du théâtre ukrainien.
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Plus
[1] Au plus fort de l’intervention, le contingent russe compte entre 3 000 et 4 000 militaires.
[2] En plus de bases de Hmeimim et Tartous situées sur la côte Est, les plus important groupement des forces terrestres et aériennes russes en Syrie se sont déployées, de manière permanente ou temporairement, sur les emprises de Shayrat, Tiyas, Palmyre, Deir-Es-Zor, Kuweires Sharqui et Qamichli dans le centre et dans le nord-est syrien.
[3] Pinel, M. « Le dispositif militaire russe en Syrie : déclin progressif ou verrou stratégique ? », Diploweb, 30/10/2022.
[4] Israel Air and Space Forces : forces aériennes et spatiales israéliennes.
[5] Le 25 et le 26 novembre, l’IASF frappe le quartier général de l’unité 4400, responsable de la contrebande d’armes de la Syrie vers le Liban.
[6] Le 3 novembre, l’IASF frappe des infrastructures utilisées par le Hezbollah sur la base aérienne de Nayrab à l’est d’Alep. Le 20 novembre, l’IASF mène plusieurs frappes aériennes autour de Palmyre, ciblant notamment l’aéroport utilisé par le Hezbollah pour acheminer des drones et des missiles balistiques.
[7] Le 4 novembre, l’IASF neutralise Mahmoud Mohammad Chahine, responsable des renseignements du Hezbollah en Syrie, au cours d’une frappe sur leur quartier général.
[8] Israel Defence Forces : forces de défense israéliennes – communément appelées Tsahal.
[9] « The Campaign between the Wars in Syria : What Was, What Is, and What Lies Ahead », INSS, 06/03/2024.
[10] L’Armée nationale syrienne – ou Syrian National Army en anglais – est la dénomination couramment utilisée pour désigner les forces d’oppositions syriennes soutenues par la Turquie, qui sont stationnées principalement dans le Nord-Ouest syrien.
[11] Les brigades Shaheen du HTS et Saraya al Eiq’ab de l’ANS mettent en œuvre des drones FPV. Le HTS aurait bénéficié en la matière du soutien du renseignement militaire ukrainien (GUR) : lots d’imprimantes 3D et composants, drones DJI Mavic 3T et 350 RTK, formation à l’emploi. « Syrie/Ukraine : Kiev pourvoyeur technologique de la rébellion syrienne dans sa guerre des drones », Intelligence Online, 18 novembre 2024.
[12] « Israël, Syrie, Turquie - Les moyens de guerre électronique turque mis au service de l’offensive rebelle en Syrie », Intelligence Online, 17 décembre 2024.
[13] Selon ACLED, l’AAS a mené une douzaine de frappes aériennes et 40 tirs d’obus sur des zones tenues par les forces d’opposition entre le 27 et le 30 novembre. « Regional Overview Middle East November 2024 », ACLED, 06/12/2024.
[14] FPV : First person view – littéralement, vue par la première personne. Au sein de l’AAS, ces drones sont notamment employés par la 25ème division des forces spéciales.
[15] L’AAS paie cher ses faiblesses structurelles : bas salaires, formation insuffisante, conscription forcée et démotivation des soldats.
[16] RII : regroupement des forces des milices chiites soutenues par l’Iran, implantées en Irak et en Syrie.
[17] « Iran Update, November 29, 2024 », Institute for the Study of War, 29/11/2024.
[18] VKS : Vozdushno-kosmicheskiye sily – forces aérospatiales russes.
[19] « Conséquences de l’invasion en Ukraine sur l’industrie d’armement et le déploiement russe en Syrie », Tribune, n°1427, Revue Défense Nationale (RDN), 28 septembre 2022.
[20] Autour d’Alep et d’Idlib, des missions ponctuelles d’appareils ISR (An-30 et Il-20) des VKS ont lieu en septembre et en octobre 2024.
[21] Su-25 et probablement des Su-24.
[22] « Syrie : la rébellion anti-Assad à l’assaut dans le Nord-Ouest », Libération, 28/12/2024.
[23] Un haut responsable du pouvoir syrien révèle que le détachement dont Vladimir Poutine faisait preuve envers Bachar el-Asad depuis le début de l’offensive insurgée, laissant présager l’inaction russe. « […] Le récit des derniers jours d’Assad en Syrie par un de ses conseillers », Libération, 10/01/2025.
[24] « Syria’s Assad is in Moscow after deal on military bases : Russian state media », Reuters, 09/12/2024.
[25] « Satellite Imagery Shows Ramp-Up In Russian Forces Massing At Bases In Syria For Withdrawal », The War Zone, 17/12/2024.
[26] Un radar de défense anti-aérienne, appartenant aux forces russes, Podlet-1K est capturé par le HTS. « Russia’s Advanced Podlet-1K Radar Captured By Anti-Assad Forces In Syria », TheWarZone, 04/12/2024.
[27] Observés les 13 décembre 2024 et 11 janvier 2025 : 4 Su-34, 7 Su-24M, 4 Su-35S, 3 Mi-8/17, 2 An-30, 3 Il-76 dont un syrien, 1 An-72, 1 An-26, 3 S-300/400, radars de veille aérienne P-15 et P-18. Probablement présents : 4-6 Su-25, hélicoptères d’attaque dont Ka-52.
[28] Le 13 janvier, 9 avions cargo dont 2 An-124 auraient évacué des équipements depuis la base de Hmeimim, notamment un système S-400. « Exclusive : Russia pulling back but not out of Syria, sources say », Reuters, 15/12/2024.
[29] « Тактическое учение на авиабазе Хмеймим » [Exercice tactique à la base aérienne de Hmeimim], Telegramm Voennyy Osvedomitel, 14/01/2025.
[30] Trevithick, J., « New Satellite Images Show Russians Emptying Tartus Port In Syria », The War Zone, 27/01/2025.
[31] Landing Ship Tank.
[32] « Телефонный разговор с Президентом переходного периода Сирийской Арабской Республики Ахмедом Шараа » [Conversation téléphonique avec le président de la période intérimaire de la République arabe syrienne, Ahmed al-Charia] », Présidence de la Fédération de Russie, Kremlin.ru, 12 février 2025.
[33] La doctrine navale russe publiée en 2022 considère la MEDOR comme l’une des 4 zones d’intérêt national, avec la mer d’Azov et la mer Noire, la mer Baltique et les détroits de îles Kouriles.
[34] « Cutting losses ? Assad, Syria, and Russia’s strategic flexibility », BreakingDefense, 19/12/2024.
[35] « МИД РФ : Российские военные базы в Сирии продолжают функционировать, но окончательно вопрос по ним не решён » [Les bases russes en Syrie continuent de fonctionner, l’avenir n’est pas tranché], Topwar.ru, 29/01/2025.
[36] « Syrian ambassador to Moscow requests asylum », Reuters, 14/04/2025.
[37] « МИД РФ : Российские военные базы в Сирии продолжают функционировать, но окончательно вопрос по ним не решён товаров » [La Syrie a interdit l’importation de marchandises en provenance de Russie, d’Iran et d’Israël.], RBC, 18/01/2025.
[38] « Турция создаёт крупные базы в Сирии » [Création de bases turques en Syrie], Voennyy Osvedomitel, 06/02/2025.
[39] « Министр обороны Сирии назвал условия сохранения российских военных баз » [Le Mindef syrien sur le maintien possible des bases russes], Dzen.ru, 07/02/2025.
[40] « Телефонный разговор с Президентом Сирии Ахмедом Аш-Шараа » [Conversation téléphonique avec le président de la période intérimaire de la République arabe syrienne, Ahmed al-Charia], Kremlin.ru, 12/02/2025.
[41] « Syria gets new cash shipment from Russia in sign of warming ties », Reuters, 06/03/2025.
[42] « США смягчили санкции в отношении Сирии » [Conditions US pour alléger les sanctions sans clause anti-russes], Dzen.ru, 10/11/2025.
[43] « Syria’s ambassador asks Russia for asylum », TASS, 14/04/2025.
[44] « Вместо России : дубайская компания инвестирует $800 млн в порт Тартус, где расположена база РФ » [Au lieu de la Russie : une entreprise de Dubaï investit 800 millions de dollars dans le port de Tartous, où se trouve une base militaire russe], Gazeta.ru, 18/05/2025.
[45] « Российская военная база Хмеймим в Сирии подверглась атаке. Есть неподтвержденные сведения о погибших российских военнослужащих » [La base militaire russe de Khmeimim, en Syrie, a été attaquée. Des informations non confirmées font état de soldats russes tués.], TheInsider.ru, 20/05/2025.
[46] « Свергнувший Асада аш-Шараа заявил о перезапуске отношений с Россией » [réinitialisation des relations avec la Russie], RBC, 15/10/2025.
[47] « Российская делегация во главе с Новаком прибыла в Дамаск » [Une délégation russe conduite par Novak est arrivée à Damas], Kommersant, 09/09/2025.
[48] « Лавров допустил, что план Трампа по Газе реалистичен, если его примут палестинцы » [Lavrov a reconnu que le plan de Trump pour Gaza est réaliste si les Palestiniens l’acceptent], Interfax, 08/10/2025.
[49] « Сирия ищет опору в российском оружии » [La Syrie sollicite le soutien des armes russes], Kommersant, 17/10/2025.
[50] « Белоусов назвал содержательными контакты между военными РФ и Сирии » [Belousov a qualifié de significatifs les contacts entre les armées russe et syrienne], Interfax, 28/10/2025.
[51] « Russia Resumes Military Flights to Syria », The Moscow Times, 30/10/2025.
[52] Environ 190 personnes selon Al-Jazeera.
[53] Chars T-90A et T-72M1, hélicoptères Mi-8.
[54] « Russie : des ministres du nouveau pouvoir syrien reçus par Poutine pour relancer la coopération militaire », Le Figaro, AFP, 24/12/2025.
[55] « Главы МИД и Минобороны Сирии обсудили с Путиным в Москве сотрудничество » [Les ministres syriens des Affaires étrangères et de la Défense ont discuté de la coopération avec Vladimir Poutine à Moscou.], Interfax, 24/12/2025.
[56] « Москва возвращается в ближневосточную игру Россия посредничает между Сирией и Израилем » [Moscou de retour dans le jeu du Moyen-Orient La Russie, médiatrice entre la Syrie et Israël], Kommersant, 25/12/2025.
[57] « Trump speaks to Netanyahu, invites him to visit, warns Israel not to ‘interfere’ in Syria », The Times of Israel, 01/12/2025.




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