Carte. Arménie : un réseau de communication peu développé ne facilitant pas les échanges avec l’Iran

Par Maroussia EDOUARD, le 21 mai 2020.

Maroussia Edouard est étudiante en Master 2 Géopolitique à l’Institut Français de Géopolitique de l’Université Paris 8. Cette carte est extraite d’un article construit sur la base de son mémoire de recherche intitulé : « La frontière arméno-iranienne, espace vecteur d’émancipation pour l’Arménie postsoviétique ? » effectué sous la direction de Monsieur André Filler : Professeur des universités, spécialités : Monde Baltique, espace post-soviétique.

La carte en pied de page illustre l’importance de la prise en compte du relief et de ses effets possibles sur le réseau de communication dans une analyse géopolitique. En effet, les chaînes de montagnes du Caucase pénalisent les grands projets de coopération arméno-iraniens.

Le relief accidenté est un des deux obstacles majeurs qui freinent l’approfondissement des liens entre l’Arménie et l’Iran.

La carte en pied de page illustre l’importance du relief dans une analyse géopolitique et de ses effets possibles sur le réseau de communication. La carte et le commentaire sont extraits d’un article de Maroussia Edouard sur Diploweb.com : Arménie-Iran. Quelles perspectives pour les relations arméno-iraniennes après la « révolution de velours » ? Vous pourrez y découvrir le deuxième obstacle majeur qui freine l’approfondissement des relations entre l’Arménie et l’Iran.

Dans son livre « L’Arménie des campagnes. La transition post-soviétique dans un pays du Caucase », Françoise Ardillier Carras [1] fait référence à l’Arménie comme une « forteresse montagneuse » en évoquant l’utilisation de la montagne comme zone de refuge. A l’heure actuelle le relief accidenté du pays se vit au quotidien par les habitants des régions les plus reculées, comme une contrainte qu’ils doivent tenter de dompter autant que possible. Le pays est déjà au XIXème siècle comparé par Carl Ritter [2] à une « île montagne » ce qui renforce le caractère enclavé du territoire et conditionne toujours partiellement le sentiment d’isolement.

L’Arménie est véritablement compartimentée par des chaînes de montagnes ce qui rend la circulation des personnes mais aussi le transport de biens très lent et difficile. L’altitude moyenne assez élevée - 90% du territoire est situé à plus de 1000 mètres d’altitude - couplée à un climat continental, allonge la durée des déplacements en hiver, une bonne partie de la route devant être déneigée plusieurs fois par jour. Le relief et la contrainte climatique participent donc à l’isolement des habitants de la zone frontalière et a un frein au transport routier entre l’Arménie et son voisin du Sud.

Les grands projets de coopération arméno-iraniens participent à la modernisation du paysage et à la dynamisation de la zone frontalière. Pour atténuer la contrainte du relief arménien évoquée précédemment, le pays a mis en place un projet de construction d’une autoroute appelé le « North-South Corridor » qui aurait pour vocation de faciliter le transport de marchandises et la connexion entre l’Iran et la Géorgie [3]. Ce projet financé par des contributeurs internationaux a pour but de permettre un passage plus fluide des camions iraniens vers et au travers de l’Arménie et ainsi faciliter les relations commerciales entre les deux pays. Cependant, ce dernier reste encore pratiquement invisible sur le terrain. Les routes principales (en rouge sur la carte ci-dessus) restent peu développées et souvent à deux voies. Les routes secondaires, la plupart du temps en mauvais état ne permettent pas le passage de camions de transport de marchandises de plus de 2 tonnes.

Le conflit plus ou moins gelé du Haut-Karabakh complique d’autant plus les déplacements qu’il oblige un passage par les montagnes arméniennes au lieu d’un contournement de ces dernières par les plaines du Nakhitchevan comme il était de mise sous l’URSS, la frontière routière et ferroviaire étant désormais fermée. Le territoire, structuré en Marz (régions) est assez déséquilibré en termes d’infrastructures de transport. Sur la carte ci-dessous, nous pouvons observer la présence de voies ferrées en fonctionnement et d’aéroports internationaux uniquement sur la partie Nord du pays. La partie Sud quant à elle, principalement occupée par le Marz de Syunik, reste dépourvue de voie de chemin de fer et tous ses aéroports sont pour le moment fermés aux civils. Une seule route principale permet donc aux habitants de la zone frontalière mais également aux camions iraniens de remonter vers le Nord, les zones urbanisées, la capitale Erevan ou encore la Géorgie.

En synergie avec la carte ci-dessous, cette image satellite de l’Arménie sur Google permet de visualiser le relief et d’explorer la frontière Arménie-Iran.

Copyright pour la carte et le texte 2020-Edouard/Diploweb.com

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Carte. Arménie : un réseau de communication peu développé ne facilitant pas les échanges avec l’Iran

Cliquer sur la vignette pour agrandir la carte de l’Arménie. Réalisation M. Edouard pour Diploweb.com



Document ajouté le 21 mai 2020
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Comment le relief et le réseau de communication peuvent-ils pénaliser une volonté politique d’échanges économiques entre deux pays frontaliers ? Cette carte commentée offre un exemple parlant centré sur le réseau de communication.

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[1Françoise Ardillier Carras, « L’Arménie des campagnes. La transition post-soviétique dans un pays du Caucase », Paris, éd. L’Harmattan, 2004.

[2Géographe allemand considéré comme l’un des pères de la géographie moderne (1779-1859).

[3Weiss, Andrea, Zabanova, Yana, “The South Caucasus and Iran in the Post-Sanctions Era : pursuing greater interconnectedness amidst continuing constraints and scaled-down expectations”, Stiftung Wissenschaft und Politik – Dutsches Institut für Internationale Politik und Sicherheit, Berlin, July 2017.


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