Actualité des livres géopolitiques

Par Estelle MENARD, Pierre VERLUISE, le 23 juin 2018  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Estelle Ménard est diplômée d’un Master 2 Relations internationales et Action à l’étranger de l’Université Paris I Panthéon Sorbonne. Inscrite en Master 2 Géopolitique - Territoires et enjeux de pouvoir à l’Institut français de géopolitique (IFG, Université Paris VIII). Pierre Verluise, docteur en Géopolitique est directeur des publications du Diploweb.com.

Les livres géopolitiques sont nécessaires à la compréhension du monde. Le Diploweb.com en présente ici une veille spécialisée, unique sur la Toile, vue chaque mois par plusieurs milliers de personnes qualifiées. Le Diploweb.com ne touche aucune commission des éditeurs ou libraires.

Les éditeurs qui souhaitent faire connaître leurs nouveautés doivent adresser un exemplaire à Diploweb.com, 1 avenue Lamartine, 94300, Vincennes, France. Pour communiquer leur programme, les éditeurs doivent adresser un courriel à l’adresse suivante redactiondiploweb [at] gmail.com . La rédaction reste juge seule de ses choix.

. Cyriaque Simon, Pierre Akomo-Zoghe, Colonisation et Résistance vues par les Africains et les Latino-Américains, Paris, L’Harmattan, juin 2018.

L’ouvrage traite des questions liées à la colonisation et à la problématique de la résistance en Afrique et en Amérique latine. il tente d’opérer un dialogue entre les principaux événements historiques et littéraires qui ont caractérisé le passé précolonial et colonial de l’Africain d’Afrique. Ensuite il se projette dans les territoires d’Outre-Mer des Amériques en mettant en lumière les mouvements de résistance menés par les Afro descendants. Ce projet est une tentative de réécriture et de relecture des postulats sous-tendant la léthargie des Africains face à l’oppression coloniale.

. Danièle Lochak, Les droits de l’homme, Paris, La Découverte, juin 2018.

Les droits de l’homme ne sont pas une catégorie intemporelle, un corps de principes qui seraient gravés une fois pour toutes dans le marbre : ils ont une histoire, qui continue à s’écrire en fonction des aspirations nouvelles qui s’expriment, des défis nouveaux auxquels ils sont confrontés, comme le développement des technologies ou la mondialisation. Nés sur le terrain des idées, les droits de l’homme ont été consacrés par le droit positif. Ils ont servi et servent encore d’étendard à des combats politiques.
Ce livre accessible et rigoureux, écrit par une spécialiste reconnue de la matière, s’attache à analyser les droits de l’homme dans toutes ces dimensions – idéologique, juridique, politique, en se tenant à distance de deux conceptions antithétiques et également simplistes : celle qui appréhende l’évolution des droits de l’homme comme un processus linéaire et cumulatif entraînant l’humanité vers toujours plus de justice, et celle qui, à l’inverse, ne voit dans les droits de l’homme, si inégalement garantis, si souvent violés, qu’un slogan trompeur.


Découvrez les livres géopolitiques publiés par Diploweb : des références disponibles via Amazon sous deux formats, Kindle et papier broché

. P. Verluise (dir.), "Histoire, Géographie et Géopolitique de l’Asie. Les dessous des cartes, enjeux et rapports de force".

. L. Chamontin, "Ukraine et Russie : pour comprendre"

. P. Verluise (dir.), "Histoire, Géographie et Géopolitique du Proche et du Moyen-Orient. Les dessous des cartes, enjeux et rapport de force"

. A. Degans, "Réussite aux concours 2018 ! La synthèse de l’actualité internationale 2017"

. P. Verluise (dir.), "Histoire, Géographie et Géopolitique de la mondialisation contemporaine. Les dessous des cartes, enjeux et rapports de force"

. S. Schmit, "Histoire, Géographie et Géopolitique de l’Amérique latine : Un sous-continent en pleine transition politique, énergétique et commerciale. Dossiers et fiches pays"

. L. Bloch, "L’Internet, vecteur de puissance des États-Unis ? : Géopolitique du cyberespace, nouvel espace stratégique"

. G-F Dumont, P. Verluise, "The Geopolitics of Europe : From the Atlantic to the Urals"


. François Grumel Jacquignon, Géopolitique passée et présente de l’Ukraine. Le poids de la géohistoire sur l’Ukraine. Volume 1, Saint-Denis, Connaissances et Savoirs, juin 2018.

Cet ouvrage constitue un aperçu significatif de l’histoire de l’espace correspondant à l’Ukraine actuelle sur le temps long, dans la perspective de donner des clés d’explication de la crise/ guerre actuelle qui l’affecte. Son auteur, loin de sacrifier à la mode/ religion économique actuelle, met l’accent sur les points clés historiques et culturels qui ont façonné un peuple ukrainien multiple dans ses aspirations, et qui expliquent les lignes de faille qui le divisent. Car, contrairement aux incessantes allégations occidentales, les événements contemporains relèvent d’abord de la géopolitique interne. Mais, évidemment, comme souvent, les interférences des pays voisins transforment l’affaire en un sujet de géopolitique externe, sans que doive être privilégié subjectivement le rôle de telle ou telle puissance. Toutes celles concernées ont agi et continuent d’agir pour, finalement, directement ou indirectement contrôler ce pays. Autant dire combien est indispensable ici une analyse historique nuancée qui permette de comprendre les points de vue de toutes les parties en présence. S’efforçant le plus possible à l’impartialité, elle entreprend de décrire des réalités complexes tout en « décapant » toutes les mythologies/ imaginaires, russe, mais aussi nationaliste ukrainienne, étasunienne et européenne -celle-ci autant collective que façonnée par les pays de l’UE les plus engagés (Lituanie, Pologne, Suède notamment) qui contribuent à brouiller le regard ; et en rejetant délibérément les théories susurrées en permanence quant à une opposition entre ce qui serait le bien et le mal.

. Gilles Holder, Jean-Pierre Dozon, Les politiques de l’Islam en Afrique. Mémoires, réveils et populismes islamiques, Paris, Karthala, juin 2018.

En Afrique, depuis une trentaine d’années, les organisations musulmanes ont pris pied dans l’espace public et sont parvenues à faire émerger un nouveau champ politique qui se définit moins sur un plan institutionnel que par ce que font politiquement les gens. Alors que les pouvoirs d’État, convertis au libéralisme, opèrent une sorte de transfert de la raison politique vers la sphère économique, les sociétés procèdent en parallèle au transfert de cette même raison vers une sphère religieuse, où chacun peut agir politiquement sans que cela soit perçu comme tel. La redéfinition en cours des espaces de l’agir public à travers une éthique islamique est précisément ce dont traite cet ouvrage. D’un ré-enchantement à l’autre, de celui du religieux à celui du politique, l’islam comme espace d’affirmation d’une identité africaine permet de relire les mémoires, les réveils et les populismes du continent. Entre conservatisme et postmodernité, foi et citoyenneté, éthique et action publique, islam politique et islamisation du politique, les politiques de l’islam en Afrique proposent de mettre en place une guidance démocratique de l’État et de la société, sous l’égide du gouvernement d’Allah.

. Giorgio Blundo, Jean-Pierre Olivier de Sardan, État et corruption en Afrique. Une anthropologie comparative des relations entre fonctionnaires et usagers. Benin, Niger, Sénégal, Paris, Karthala, juin 2018.

Comment sont délivrés les services publics en Afrique ? Il s’agit là d’un chantier neuf pour la socio-anthropologie, qui, dans cet ouvrage, aborde le problème par le biais de la corruption quotidienne. En effet, les relations entre fonctionnaires et usagers des services publics sont aujourd’hui indissociables d’une corruption, au sens large, banalisée et systémique. On trouvera ici les résultats de la première enquête de terrain qualitative menée sur ce thème à l’échelle de plusieurs pays ouest-africains. Bénin, Niger et Sénégal.

. Jean-Didier Lecaillon, Jean-Marie Le Page, Économie Politique Contemporaine, 5éme Édition, Paris, De Boeck Supérieur, juin 2018.

Cet ouvrage présente une vue d’ensemble, claire et précise, de l’analyse économique du monde d’aujourd’hui. Cette 5e édition, entièrement revue et complétée, comporte désormais un double parcours de lecture (droit et économie). L’économie est une discipline dont la nature et les méthodologies sont l’objet de nombreux débats. Pour les aborder de la meilleure façon, une vision globale est nécessaire. Cet ouvrage, respectant le pluralisme des écoles de pensée, propose une vue d’ensemble de l’économie en tant que connaissance à caractère scientifique, pour permettre au lecteur de mieux comprendre de nombreuses questions contemporaines. Il a aussi pour objet d’utiliser les concepts et méthodes de cette discipline pour interpréter les données factuelles et statistiques de nos économies de marché à partir d’un double parcours de lecture (droit et économie) : un premier niveau laisse de côté le formalisme mathématique, qui est abordé à un second niveau sous forme d’encadrés. Cette 5e édition a été entièrement actualisée, revue et complétée. Elle propose en particulier de nouveaux développements sur des questions d’actualité comme le Brexit, la stagnation séculaire, la robotisation, l’économie collaborative, les mouvements migratoires ou les politiques monétaires non conventionnelles.
Rédigé dans un esprit didactique, l’ouvrage s’adresse aux étudiants de 1er et 2e cycles en économie, ainsi qu’aux élèves de classes préparatoires et de grandes écoles ou encore à tous ceux qui préparent un concours dans lequel des connaissances économiques sont demandées. Il est également accessible à tout lecteur souhaitant acquérir une culture économique de bon niveau, désormais indispensable dans le cadre de nombreuses formations de niveau supérieur, mais aussi pour tout professionnel qui aspire à un rôle de manager.

. Nathalie Duclos, Courtiers de la paix. Les vétérans au cœur du statebuilding international au Kosovo, Paris, CNRS éditions, juillet 2018.

En juin 1999, le conseil de sécurité de l’ONU octroyait à la Mission des Nations-Unies au Kosovo des pouvoirs inégales d’administration directe d’un territoire sortant d’un conflit armé. L’objectif était d’ériger un Etat démocratique et de démanteler le mouvement de lutte armée des Albanais du Kosovo, l’UÇK. C’était compter sans la « résistance » des combattants et leur capacité à dévier le projet de statebuilding international au nom de leur aspiration séculaire à la souveraineté. L’Etat construit par la MINUK s’avère finalement hybride : les éléments formels d’un Etat libéral se combinent avec une structure bureaucratique largement redevable à l’UÇK. Sur la base d’archives, d’entretiens et d’observations de terrain, cet ouvrage analyse les interactions ayant eu cours entre les ex-combattants et le personnel international pendant près de quinze ans. Entre coopération et conflit, ces transactions apparaissent constitutives de la dynamique de co-construction du nouvel Etat devenu indépendant en 2008.

. Sébastien Falletti, La Piste Kim. Voyage au cœur de la Corée du Nord, Paris, Équateurs, mai 2018.

À trente-quatre ans, Kim Jong-un défie Donald Trump et Xi Jinping en brandissant l’arme nucléaire. Sept ans après son accession au trône, l’héritier de la seule dynastie communiste de la planète reste une énigme sur laquelle butent les services de renseignement du monde entier. À la tête d’une armée de 1,2 million de soldats, la quatrième du monde, Kim Jong-un menace l’Amérique, dont 28 500 GI’s sont postés au sud de la péninsule, et bouscule l’équilibre géostratégique de la région. Comment le "pays du Matin calme" a-t-il pu enfanter une telle dictature autocratique ? Comment un État peut-il encore, sur notre planète interconnectée du XXIe siècle, échapper aux regards des plus puissants ? Quel est le rôle des femmes dans l’organisation du pouvoir ? Quels sont les liens de la Corée du Nord avec la Chine et le Japon ? Comment le propagande nord-coréenne a-t-elle recyclé à son profit des doctrines aussi bigarrées que le christianisme, le nationalisme ethnique ou le néoconfucianisme ?
De Pyongyang à Washington, en passant par Pékin, Tokyo, Osaka, Guam et Séoul, Sébastien Falletti a enquêté auprès de transfuges, experts, espions, diplomates et de personnalités proches du leader actuel pour percer la psychologie de l’homme le plus mystérieux de notre époque. Ce livre est une enquête palpitante sur les traces du dernier prince rouge, une saga historique digne des Rois maudits et de Netflix.

. Augustin Ramazani Bishwende, Di-Kuruba Dieudonné Muhinduka, Les Bavira Du Sud-Kivu (RDC). Histoire, culture et renaissance d’un peuple bantou, Paris, L’Harmattan, juin 2018.

Les intellectuels Bavira se proposent de s’unir pour réécrire leur histoire et leur culture en vue de protéger leurs mémoires collectives singulières. Ils trouvent judicieux d’élaborer une anthropologie critique, bantoue vira, pour susciter l’espoir et soutenir la renaissance. Ils contribuent ainsi à la transmission intergénérationnelle savante de leur histoire et de leur culture pour dynamiser le développement durable de leur terroir, dans le contexte actuel de la décentralisation dans lequel l’État congolais veut s’investir. Augustin Ramazani Bishwende est professeur à l’Université d’Ottawa à la faculté des sciences sociales, au département de sociologie et d’anthropologie. Il est aussi écrivain, essayiste et co-directeur du centre de recherche en anthropologie et action publique dans la région des Grands lacs. Di-Kuruba Dieudonné Muhinduka est politiste et économiste, doyen de la Faculté des sciences économiques et gestion à l’Université Catholique de Bukavu et professeur en économie et action publique. Il est aussi co-directeur du centre de recherche en anthropologie et action publique dans la région des Grands lacs.

. Catherine Delisle L’Heureux, Les voix politiques des femmes innues face à l’exploitation minière, Québec, PUQ, juin 2018.

En mai 2011, le gouvernement du Québec lançait un projet de développement économique visant la mise en valeur et l’exploitation des ressources naturelles dans le nord de la province : le Plan Nord. Parmi les réactions qu’a provoquées l’annonce de ce projet controversé, des voix autochtones se sont fait entendre, notamment celles des femmes innues. Le présent ouvrage s’intéresse à la résistance des femmes innues à ce projet, plus précisément dans un contexte d’exploitation minière. L’analyse proposée découle d’une étude réalisée à Uashat mak Mani-Utenam et à Matimekush-Lac John, des communautés dont l’histoire est intrinsèquement liée au déploiement de l’industrie minière au nord du Québec. L’auteure s’attarde en particulier aux parcours des actrices engagées dans les mouvements de résistance et les situe dans leurs dimensions sociale, culturelle et historique. En conjuguant les théories féministes autochtones, la notion de résistance au quotidien et l’étude des carrières militantes, cet ouvrage vise à démystifier certaines dimensions des voix politiques féminines innues investies dans la défense du territoire.

. Giovanni Privitera, Les Siciliens, Paris, Atelier Henry Dougier, juin 2018.

Prenez une carte du monde. Repérez la Méditerranée et essayez d’en tracer le centre. La Sicile est le nombril de cette mer-carrefour, centre historique de la planète. À la croisée des mondes, colonisés depuis plus de 3 000 ans, les Siciliens oscillent entre rationalisme occidental et tentations du désert. Parmi ceux que l’on rencontrera : Rosa Cassata est présidente d’un mouvement indépendantiste sicilien ; Salvatore Lupo est l’auteur d’une monumentale Histoire de la mafia ; « Pasquale », le gamin du film Respiro, nous livre une tranche de vie d’un Sicilien exilé en France ; et U Zi’ Peppe, depuis Lampedusa, nous raconte comment de terre d’émigration la Sicile est devenue terre d’immigration.

. Jean-Pierre Rosenczveig, Jacques Toubon, La Convention De L’ONU Relative Aux Droits De L’enfant Du 20 Novembre 1989. 100 questions-réponses, Paris, L’Harmattan, juin 2018.

L’enfant - le mineur - est souvent présenté comme source de risques. Mais a-t-il des droits ? Peut-il engager sa responsabilité civile, pénale, disciplinaire ? Peut-il s’exprimer et porter plainte ? Que savons-nous du statut fait aux enfants en France et que savent-ils de leurs droits ? Ce jeu de questions-réponses entend répondre aux principales interrogations sur le statut des enfants de France. Magistrat honoraire, Jean-Pierre Rosenczveig est ancien président du tribunal pour enfants de Bobigny, expert UNICEF sur les droits de l’enfant, membre du collège Droits des enfants du Défenseur des Droits, enseignant Master II à Paris X-Nanterre et ancien président du Bureau international des droits de l’enfant.

. Mireille Besson, Catherine Courtet, Françoise Lavocat, Alain Viala, Le désordre du monde, Paris, CNRS, juin 2018.

De la préhistoire à la Grèce antique, des civilisations traditionnelles aux sociétés contemporaines, les représentations symboliques, les mythes, les rites, les récits, les fictions contribuent à figurer un ordre du monde. En mettant en résonance la pensée des oeuvres, le point de vue des artistes et des chercheurs, cet ouvrage explore les dialectiques de l’ordre et du désordre. Entre désordre des guerres, des économies et des communautés politiques, bon gouvernement et justice ; entre désordre des passions et des identités, héroïsme, altruisme, conscience et sentiments… la fiction, le théâtre, les analyses des phénomènes sociaux questionnent ces tensions qui traversent les collectifs comme l’expérience individuelle. En réunissant des travaux dans le domaine de la préhistoire, de la génétique humaine, de l’anthropologie, des sciences et neurosciences cognitives, des études littéraires et théâtrales, de l’histoire des sensibilités, de la sociologie, de la philosophie politique, ce recueil met la pluridisciplinarité au service de la compréhension des transformations des figures de l’humain et de la cité.

. Yves Trotignon, Politique du secret. Regards sur Le Bureau des légendes, Paris,
PUF, juin 2018.

Diffusée pour la première fois en 2015, la série Le Bureau des légendes, créée par Éric Rochant et produite par The Oligarchs Productions, raconte la vie d’espions français infiltrés, de ceux qui les dirigent et de ceux qui tentent de les démasquer. Plébiscitée par les audiences, louée par la critique pour sa qualité, elle marque aussi une rupture dans la longue histoire de l’espionnage à l’écran et dans la littérature. Cet ouvrage s’emploie à analyser Le Bureau des légendes et s’attache à montrer comment la série renouvelle le regard porté sur les agents du renseignement. On les croyait bouffons ou barbouzes, on les découvre fonctionnaires ou militaires accomplissant leurs tâches en professionnels. On les pensait froids et cyniques, on les surprend tiraillés entre les exigences d’un métier de vocation absolue et les affres des sentiments. On pensait cet univers impénétrable et l’on découvre que la DGSE scrute cette série non sans satisfaction. Loin, en somme, des stéréotypes, qui nous ont longtemps fait croire que les vrais espions et les séries d’espionnage ne pouvaient être qu’anglo-saxons. Ce volume clôt la série d’ouvrages consacrés aux séries TV, initiée aux Presses universitaires de France en 2012 sous la direction de Jean-Baptiste Jeangène Vilmer.

. Chantal Metzger, Le Maghreb dans la guerre. 1939-1945, Paris, Armand Colin, juin 2018.

Des historiens français ont dénoncé récemment la misère de l’historiographie consacrée au Maghreb. Ce livre vise à combler une de ces lacunes, en présentant l’histoire de cette région de 1939 à 1945. Évoquer le sort de la Tunisie, de l’Algérie et du Maroc dans la Seconde Guerre mondiale ne relève pas exclusivement de l’histoire militaire et cet ouvrage s’attache à dépeindre le sort de leurs populations. Ces trois pays, restés dans le giron de la France de Vichy, ont subi les conséquences directes et indirectes de la guerre jusqu’au débarquement anglo-américain du 8 novembre 1942 sur les côtes marocaines et algériennes. L’arrivée en Tunisie d’importants contingents allemands suite à cet événement entraîne le Maghreb dans la guerre. Après le départ du dernier soldat allemand, en mai 1943, les forces alliées et françaises libres font du Maghreb la base arrière de la reconquête du continent européen. Associées étroitement à la libération de la métropole, les populations autochtones espèrent obtenir par cette contribution à la victoire plus de libertés, voire l’indépendance.

. Maria Gravari-Barbas, Sébastien Jacquot, Atlas mondial du tourisme et des loisirs. Du Grand Tour aux voyages low cost, Paris, Autrement, juin 2018.

Depuis 1950, le nombre de touristes a été multiplié par 4,5. Le XXIe siècle sera celui d’une société des loisirs. Près de 100 cartes et documents pour comprendre toutes les facettes du tourisme, sur une planète parcourue du pôle Nord à la Terre de Feu. Les débuts du tourisme en Europe, avec le Grand Tour à partir du XIXe siècle ; Un phénomène devenu global : plus de 1,2 milliard de touristes aujourd’hui, contre 25 millions en 1950 ; La première activité économique du monde : 10% du PIB mondial et la France qui reste la première destination touristique ; Les enjeux et la géopolitique du tourisme et des loisirs dans une économie mondialisée : ouverture des frontières, zones de conflits. Cet atlas met en avant de nombreux exemples sur tous les continents pour illustrer la réalité du tourisme et des loisirs aujourd’hui : tourisme culturel, d’affaires, sportif... Cartographie : Claire Levasseur.

. David Servenay, Jake Raynal, La septième arme. Une autre histoire de la République, Paris, La Découverte, juin 2018.

« Nous sommes en guerre », insistent les responsables politiques de tous bords. Peut-être, mais contre qui ? Le mantra de la « guerre contre le terrorisme » trouve son origine dans une histoire ancienne, et souterraine, qui a inspiré des générations de militaires français et façonné la Ve République : celle de la doctrine de la guerre révolutionnaire. Surnommée la « Septième arme » par ses partisans, cette doctrine a été théorisée pendant la guerre d’Indochine et mise en œuvre en Algérie et au Cameroun dans les années 1950 et 1960. Elle s’est ensuite répandue dans le reste du monde : aux États-Unis, en Amérique latine et en Afrique, où elle a notamment inspiré les génocidaires du Rwanda. C’est l’histoire de cette doctrine méconnue, qui maquille la guerre en simple « maintien de l’ordre », que retrace ce récit vertigineux.

. Sonia Lehman-Frisch, Sociologie de San Francisco, Paris, La Découverte, juin 2018.

Surnommée la « ville préférée de tous », San Francisco occupe une place particulière dans l’imaginaire de l’Amérique urbaine. Habitants, visiteurs ou chercheurs s’accordent sur son caractère exceptionnel. Quels sont les éléments sociologiques constitutifs de son identité singulière ? Voilà la question à laquelle ce livre cherche à répondre. Pour saisir le sens social de San Francisco, il analyse les rapports complexes et changeants entre les citadins et leur ville et met en lumière les valeurs et les idéaux qui l’infusent et la produisent en même temps. Partant des représentations partagées que San Francisco suscite (la « ville sur la baie », la « ville de l’innovation », la « ville de la mixité », la « ville de la côte gauche », etc.), il décrit ses réalités sociales, économiques, politiques et spatiales en les inscrivant dans le temps (relativement bref) de son histoire et dans l’espace (plus vaste) de sa métropole, la Bay Area. Ce faisant, il révèle toutes les ambivalences d’une ville qui est à la fois championne du progressisme et des inégalités sociales.

. Eric Bonhomme et Thomas Verclytte, L’Europe de 1900 à nos jours, Paris, Armand Colin, juin 2018.

L’Europe de 1900 à nos jours est destinée aux étudiants de premier et deuxième cycle (Licence, CPGE, CAPES) ainsi qu’aux candidats préparant les épreuves d’histoire contemporaine des concours administratifs et des IEP. Ce livre cherche à expliciter l’évolution de l’Europe et de ses peuples, du « monde d’hier » avant 1914 aux reconfigurations les plus récentes. L’Europe y est envisagée comme un espace à géométrie variable qui ne se réduit ni à une addition de pays ni à la construction européenne. L’analyse met en valeur à la fois les enjeux de puissance(s) et les forces économiques, sociales et culturelles à l’œuvre dans un continent en prise permanente sur le monde.

. Alain Roux, Xiaohong Xiao-Planes, Histoire de la République Populaire de Chine. De Mao Zedong à Xi Jinping, Paris, Armand Colin, juin 2018.

En 1949, quand les communistes s’emparent du pouvoir après deux décennies de guerre civile, la Chine était l’un des pays les plus pauvres de la planète. Aujourd’hui, la République Populaire de Chine est la deuxième puissance commerciale du monde et la seule à pouvoir contester l’hégémonie américaine.
Ce manuel décrit et explique cette ascension fulgurante. Il livre une analyse de la Chine des "années Mao", marquées par la construction des bases de sa puissance retrouvée ainsi que par la catastrophe de la grande famine du Grand Bond en avant et le chaos de la Révolution culturelle. Il expose ensuite le processus complexe et contradictoire de la réforme de Deng Xiaoping, avec ses éclatants succès et leurs revers – montée des inégalités, disparités régionales, corruption et violation des libertés, arrogance vis à vis des États voisins… Enfin, il dépeint la Chine actuelle de Xi Jinping, qui semble amorcer une nouvelle étape dans son développement en s’affirmant à l’avant-garde de l’actuelle révolution du numérique et de l’intelligence artificielle, pour le meilleur mais aussi pour le pire.

. Ibrahim Assane Mayaki, L’Afrique à l’heure des choix. Manifeste pour des solutions panafricaines, Paris, Armand Colin, juin 2018.

Si la dernière décennie de croissance a vu naître le concept très à la mode d’afro-optimisme, on ne peut éluder le fait que l’Afrique abrite toujours près de 400 millions de personnes vivant dans une extrême pauvreté et qu’elle ne compte que très peu dans l’économie mondiale. Ce livre s’adresse aux jeunes générations qui, dans dix ans, gouverneront l’Afrique. Face aux défis de la globalisation, du changement climatique et de la pression démographique, Ibrahim Assane Mayaki donne les clés aux futurs dirigeants pour bâtir une unité panafricaine, renforcer les institutions et réussir la juste intégration du continent dans la mondialisation.

. Catherine Bertho-Lavenir, La démocratie et les médias au XXe siècle, Paris, Armand Colin, juin 2018.

Presse, radio et télévision sont au coeur des crises qu’ont vécues au XXe siècle les démocraties occidentales. Mais quels ont été leur rôle et leur influence ? La presse a-t-elle été outil de propagande ou défenseur des libertés d’opinion ? Quant à la radio, dès les années trente, les régimes autoritaires en ont fait un « tambour totalitaire », tandis qu’elle permettait au président Roosevelt de s’adresser directement à la nation. Enfin, la télévision n’a-t-elle pas servi le pouvoir personnel et les décisions des dirigeants, comme par exemple, en diffusant pendant la guerre du Golfe de 1991 les seules images transmises par les militaires américains ? Les grands médias de masse seraient-ils donc, par nature, une menace pour la démocratie ? Pas si simple… La télévision et la presse américaines ont affaibli la fonction présidentielle pendant la guerre du Vietnam ou lors du Watergate, qui a vu le « quatrième pouvoir » pousser à la démission le président Nixon. Ni panacée démocratique, ni menace totalitaire, les médias du XXe siècle ont, en fait, été modelés par des circonstances politiques sur lesquelles, à leur tour, ils ont agi.

. Georges Labrecque, Géopolitique. Comprendre les enjeux territoriaux interétatiques, Paris, L’Harmattan, 2018.

La géopolitique s’intéresse tout particulièrement à la politique attachée au territoire et notamment aux enjeux dont il est l’objet. Au niveau interétatique, il constitue, avec la population et le gouvernement, l’une des conditions mêmes de l’existence de l’État et de sa reconnaissance internationale. Historiquement, ce territoire s’acquiert et se conserve selon divers modes. Par ailleurs, un Etat, à défaut de pouvoir acquérir le territoire d’autrui et d’y exercer la souveraineté, peut y avoir des compétences limitées, par exemple l’usage de bases stratégiques. Le territoire a une étendue définie et sert de support à une population plus ou moins dense, il a une morphologie particulière et certaines de ses parcelles peuvent être enclavées dans le territoire d’un État voisin. Il est limité par des frontières, soumises éventuellement à l’application de l’uti possidetis juris, plusieurs étant renforcées par des murs ou des barrières. La géopolitique s’intéresse aussi aux frontières maritimes entre États côtiers, lesquels sont favorisés puisque le droit international leur reconnaît, au-delà de leurs eaux intérieures, diverses juridictions en mer, tandis que certains autres espaces maritimes sont soumis à des régimes particuliers, notamment les régions polaires et les détroits internationaux. Enfin, les ressources naturelles du territoire (l’eau, la pêche, les hydrocarbures et d’autres) exacerbent bien des rivalités.

Au carrefour de plusieurs disciplines, la géopolitique permet de mieux comprendre les enjeux territoriaux interétatiques, qui demeurent très nombreux, bien que la mondialisation puisse créer l’illusion que ces types de différends appartiennent au passé et que les frontières ont été abolies. L’actualité internationale nous rappelle en effet que persistent, resurgissent ou éclatent de multiples conflits d’intensité variable et liés directement ou indirectement à l’exercice de la souveraineté ou de juridictions sur une partie ou même la totalité d’un territoire.

Avocat à la retraite au Barreau du Québec et titulaire d’un doctorat en géographie de l’Université Laval, Georges Labrecque est professeur émérite de droit international et de géopolitique au Collège militaire royal du Canada où il a dirigé le programme interdépartemental d’Etudes stratégiques. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages consacrés notamment au règlement juridictionnel des conflits territoriaux et frontaliers entre Etats.

. Stéphane Taillat, Amael Cattaruzza, Didier Danet, La Cyberdéfense. Politique de l’espace numérique, Paris, Armand Colin, juillet 2018 (à paraître).

Entendu comme réseau interconnecté transmettant des informations numériques, le cyberespace (ou « domaine numérique ») a connu une expansion majeure dans les trente dernières années. Une expansion géographique d’une part, étant donné le caractère global et transnational du réseau, et une expansion fonctionnelle d’autre part, par l’adjonction de segments dans le domaine industriel. Une expansion sociale enfin du fait de l’imprégnation croissante du domaine numérique dans les activités économiques, sociales, politiques et culturelles. Parallèlement à ces développements, le cyberespace s’est vu attribuer une signification nouvelle dans le champ de la sécurité. Enjeux de sécurité nationale et internationale, le contrôle, la protection et la mobilisation des ressources numériques ont progressivement intégré les politiques, les stratégies, les structures et les moyens des États comme des organisations. En d’autres termes, le cyberespace est également un objet politique. Il est donc devenu un champ de recherche légitime pour les sciences sociales. Définition du champ, principales caractéristiques, impacts sociaux de la numérisation et enfin enjeux politiques sous-jacents du cyberespace seront couverts dans cet ouvrage, illustré de nombreux cas pratiques.

. Devin Allen, A beautiful ghetto. Le soulèvement de Baltimore, Paris, Syllepse, juin 2018.

BALTIMORE, USA, le 18 avril 2015, Freddie Gray meurt une semaine après sa violente interpellation par la police. Le feu et la révolte se propagent dans la ville, un soulèvement que Devin Allen va immortaliser.
« Ce soulèvement a été déclenché et nourri par la jeunesse. Ces jeunes ont fait en sorte que le monde entende leur voix et sente leur douleur. Certains les ont qualifiés de racailles. Moi je n’ai vu que mes frères et mes sœurs qui ont pris les armes et sont devenus des soldats. Ce livre est une histoire visuelle du soulèvement. Il est également l’histoire de Baltimore, de Freddie Gray, et de tant d’autres qui ont grandi, ont travaillé et élevé leurs enfants dans des endroits comme Baltimore. Ce livre veut renverser le stigmate et montrer la part de beauté du ghetto. Sa photographie accompagne le mouvement Black Lives Matter et la nouvelle page qui s’est ouverte dans l’histoire des luttes de libération noires.

. Marco Grispigni, La violence politique en Italie dans les années 1968, Paris, L’Harmattan, juin 2018.

Répressions, combats de rue, enlèvements, assassinats, massacres ont marqué l’Italie des années 1970. Cette décennie tragique fut sans équivalent dans le monde occidental. Ce livre revient sur la violence politique de la période, dont il s’efforce d’éclairer les spécificités italiennes au regard d’autres contextes nationaux, notamment la situation française.

. Thomas Daum, Eudes Girard, Du voyage rêvé au tourisme de masse, Paris, CNRS éditions, juin 2018.

Du delta du Mékong aux chutes d’Iguaçu, de la côte néo-zélandaise à la mystérieuse Persépolis, ils avancent, sac au dos, ticket à la main et téléphone portable en guise d’appareil photo : ils sont les nouveaux explorateurs de l’espace mondial, occidentaux depuis longtemps, maintenant chinois ou russes, demain nigérians, un jour peut-être nord-coréens…Ils sont les touristes internationaux : 800 millions chaque année à parcourir le monde après l’avoir rêvé. Confrontés à la monotonie des artefacts que l’industrie touristique répète à l’infini sur des circuits toujours plus balisés, beaucoup d’entre eux rêvent d’espaces à l’écart, d’« authenticité », de rencontres avec des sociétés « préservées ». Mais comment échapper à la canalisation des flux et au marketing des agences de voyage qui adaptent sans cesse leur stratégie à cette soif de dépaysement ? C’est cette tension, à la fois humaine, culturelle et spatiale, qu’interrogent Thomas Daum et Eudes Girard. Écolodges, écotourisme, cabanes « tout confort », gîte à la ferme, tourisme « citoyen » ou « humanitaire », mise en scène de soi à travers les blogs de voyage… Autant de nouvelles pratiques révélant l’« illusion du local », la soif inextinguible de décentrement qui tenaille l’imaginaire et les fantasmes du touriste mondialisé.

. Raphaël Liogier, La guerre des civilisations n’aura pas lieu, Paris, CNRS éditions, juin 2018.

Raphaël Liogier nous montre que le prétendu « choc des civilisations » n’est qu’un leurre face à la réalité de la civilisation globale. En dépit de l’existence de postures antagonistes et extrémistes qui peuvent s’appuyer sur des idéologies religieuses et politiques, les croyances essentielles des hommes sont de moins en moins des facteurs d’oppositions de valeurs. Toutes les religions sont, à des degrés divers, traversées par trois tendances nées de la mondialisation : le spiritualisme, le charismatisme et le fondamentalisme. Ce qui n’empêche pas qu’au sein de cette civilisation unique naissent des formes de violence inédites caractéristiques, entre autres, d’un nouveau terrorisme. Raphaël Liogier lance un appel pressant à penser la porosité des frontières et la disparition de la figure de l’Autre radical. Comment les identités individuelles et collectives peuvent-elles se définir et coexister dans un monde sans vraies frontières ? Un essai vigoureux pour combattre les préjugés, et mieux comprendre le monde qui nous entoure.

. Guy Jacques, Paul Tréguer, Conquêtes antarctiques, Paris, CNRS éditions, juin 2018.

L’Antarctique, situé à plusieurs milliers de kilomètres des premières terres habitées, est le continent de tous les extrêmes : le plus froid, le plus aride, le plus venteux. De lui, au début du XXe siècle, Jean-Baptiste Charcot disait : « C’est le sanctuaire des sanctuaires où la nature se révèle en sa formidable puissance. »
Aujourd’hui, en vertu de traités internationaux, il est devenu le continent de la science. Sa population, uniquement composée de chercheurs et de techniciens, varie de mille au cœur de l’hiver à sept mille en été. Vingt-neuf pays y sont représentés. Modèle de gestion à l’échelle planétaire, utopie réalisée grâce à une communauté scientifique unie, terrain exemplaire d’interdisciplinarité : ce laboratoire à ciel ouvert n’a pas fini de nous fasciner. Conquêtes antarctiques retrace cette étonnante histoire. Histoire des découvertes du continent lui-même, mais aussi de l’océan qui l’entoure. Histoire des missions et coopérations scientifiques successives. Tâtonnements, échecs, persévérance, intuitions, rencontres, opportunités : ces aventures sont ici contées par deux de leurs acteurs.

. Curtis R. Ryan, Jordan and the Arab Uprisings. Regime Survival and Politics Beyond the State, Columbia, Columbia University Press, juin 2018.

In 2011, as the Arab uprisings spread across the Middle East, Jordan remained more stable than any of its neighbors. Despite strife at its borders and an influx of refugees connected to the Syrian civil war and the rise of ISIS, as well as its own version of the Arab Spring with protests and popular mobilization demanding change, Jordan managed to avoid political upheaval. How did the regime survive in the face of the pressures unleashed by the Arab uprisings ? What does its resilience tell us about the prospects for reform or revolutionary change ? In Jordan and the Arab Uprisings, Curtis R. Ryan explains how Jordan weathered the turmoil of the Arab Spring. Crossing divides between state and society, government and opposition, Ryan analyzes key features of Jordanian politics, including Islamist and leftist opposition parties, youth movements, and other forms of activism, as well as struggles over elections, reform, and identity. He details regime survival strategies, laying out how the monarchy has held out the possibility of reform while also seeking to coopt and contain its opponents. Ryan demonstrates how domestic politics were affected by both regional unrest and international support for the regime, and how regime survival and security concerns trumped hopes for greater change. While the Arab Spring may be over, Ryan shows that political activism in Jordan is not, and that struggles for reform and change will continue. Drawing on extensive fieldwork and interviews with a vast range of people, from grassroots activists to King Abdullah II, Jordan and the Arab Uprisings is a definitive analysis of Jordanian politics before, during, and beyond the Arab uprisings.

. Florian Louis, Les grands théoriciens de la géopolitique, Paris, Belin, juin 2018.

Une histoire des idées géopolitiques par ses principaux théoricien. 3e édition mise à jour de ce manuel de préparation de concours (IEP, écoles de commerce, concours administratifs). Un ouvrage synthétique et complet La géopolitique a une histoire. Faite d’audaces théoriques et de vives controverses, celle-ci n’avait jamais été retracée dans son intégralité. C’est désormais chose faite grâce à cet ouvrage qui en dresse la généalogie intellectuelle en s’attachant à l’œuvre de ceux qui, depuis les fondateurs (Ratzel, Mahan, Mackinder, Spykman) jusqu’aux auteurs les plus contemporains (Huntington, Nye, Lacoste, Luttwak), ont contribué à en infléchir le cours. C’est également l’occasion de mettre en lumière l’apport déterminant quoique largement ignoré d’auteurs comme Jean Gottmann ou Carl Schmitt, et d’introduire le lecteur francophone aux dernières tendances de la discipline (critical geopolitics anglo-saxonne). Plus qu’une simple galerie de portraits, c’est donc un véritable panorama critique de l’histoire des idées géopolitiques qui est ici proposé. Grâce à de nombreux extraits traduits pour la première fois en français, ce sont tous les concepts cruciaux de la discipline qui se trouvent explicités et mis en perspective : Heartland, Rimland, Lebensraum, Grossraum, etc. Il en ressort le visage inédit d’une discipline dont le foisonnement n’a d’égal que la diversité.

. Claude Meyer, L’Occident face à la renaissance de la Chine. Défis économiques, géopolitiques et culturels, Paris, Odile Jacob, mai 2018.

Face à un Occident atteint d’une forme de fatigue démocratique, la Chine poursuit résolument sa marche vers la superpuissance. Ce défi chinois, aujourd’hui économique et géopolitique, sera aussi à terme idéologique et culturel. Rivalité pour la suprématie mondiale, visions politiques incompatibles, choc des cultures : les relations entre la Chine et l’Occident seront-elles dominées par l’affrontement ? Cet essai poursuit un double objectif : décrypter les ambitions planétaires de la Chine et esquisser les contours d’un dialogue sino-occidental ouvert mais exigeant, sans angélisme ni diabolisation. Hors du champ politique, il existe en effet des domaines dans lesquels un dialogue approfondi entre l’Occident et la Chine permettrait de faire émerger les valeurs communes sur lesquelles fonder des coopérations ambitieuses et rendre ainsi plus habitable ce monde instable, miné par les inégalités et menacé par la montée des nationalismes. Un ouvrage essentiel pour mieux se préparer aux profonds bouleversements entraînés par l’irruption de la Chine dans un ordre mondial qu’elle entend remodeler.

. Xu Bo, De Shanghai à Paris. Mon regard sur la nouvelle Chine, Paris, Odile Jacob, mai 2018.

Xu Bo a 6 ans quand débute la Révolution culturelle, 18 quand Deng Xiaoping ouvre la Chine aux vents de la mondialisation. Issu d’une famille de « mauvais éléments », il paraît privé d’avenir.
Pourtant, une mesure de Deng Xiaoping va changer sa vie en lui permettant d’accéder à l’université et d’accomplir une carrière diplomatique. Un sort que ne connaîtront pas ses anciens camarades de classe, moins chanceux que lui… Xu Bo ouvre son récit sur leurs retrouvailles à Shanghai. Quarante ans après, grâce au réseau social WeChat, voilà les anciens écoliers réunis pour la première fois : une occasion unique pour évoquer pêle-mêle les vicissitudes de la Révolution culturelle, leur nostalgie d’une Chine traditionnelle aujourd’hui disparue, leur ancien bourg « si tranquille », l’incroyable métamorphose de Shanghai en rutilante mégalopole… Entre anecdotes personnelles, souvenirs familiaux et réflexions sur la Chine d’aujourd’hui – du miracle économique chinois à la « diplomatie de profil bas » –, ce livre dresse le portrait d’une génération, celle qui est aujourd’hui au pouvoir, et d’un pays dont la fulgurante ascension interroge et fascine tout à la fois. Intellectuel chinois, francophone et vivant à Paris depuis huit ans, promoteur infatigable des échanges interculturels, Xu Bo, ancien diplomate chinois, a été commissaire de l’Expo 2010 Shanghai et haut fonctionnaire de l’Unesco.

. Jean-Luc Leleu, Le Débarquement. De l’événement à l’épopée, Rennes, PUR, juin 2018.

Qu’on l’appelle « D-Day », « Jour J », « 6 Juin » ou « Débarquement », nulle autre précision n’est nécessaire pour évoquer l’offensive alliée en Normandie en 1944, alors même que de nombreuses opérations militaires de ce type ont été menées au cours de la Seconde Guerre mondiale et que le sort de l’Allemagne nazie s’est joué sur le front de l’Est. Quelles sont les raisons qui expliquent que cette bataille – une parmi tant d’autres qui ont émaillé les conflits du XXe siècle – a d’emblée revêtu une telle dimension historique pour les contemporains ?

. Jean-Marc Albert, Petit atlas historique du Moyen Âge, Paris, Armand Colin, mai 2018.

Cet atlas historique du Moyen Âge présente en 42 fiches dix siècles d’époque médiévale. De l’Antiquité tardive au Bas Moyen Âge, soit du Ve au XVe siècle, il aborde les grandes thématiques et les événements importants de la période. En s’ouvrant aux espaces lointains – Asie, Afrique, Amérique du Sud – il donne à voir et à comprendre la période médiévale dans toute sa diversité. S’appuyant sur un déroulé chronologique, l’ouvrage permet de dégager la trame générale des grandes phases de l’époque médiévale et montre les traits essentiels d’un événement, d’une aire de civilisation, d’un mécanisme économique ou d’un courant artistique. Un index des thèmes, des noms propres et des lieux facilite la compréhension de la période. Des pistes bibliographiques à la fin de chaque fiche permettent au lecteur d’approfondir les thèmes abordés.

. Gérard Chaliand, La conquête espagnole de l’Amérique, Paris, Fayard, mai 2018.

Événement majeur de la découverte des Amériques, la conquête du Mexique, du Guatemala et du Pérou est ici reflétée comme dans un miroir à faces multiples par les récits croisés des Indiens survivants et des Espagnols conquérants. Avec le souffle d’un poème épique, ce livre restitue la stratégie des vainqueurs et le désastre des vaincus, à la lumière de la sensibilité et du savoir historique contemporains. La mutation de nos perceptions des conquistadores – héros devenus bourreaux – n’empêche pas d’être encore surpris par l’audace et l’intelligence de ceux qui n’avaient d’autre alternative que la mort ou la victoire. Géopoliticien et poète, Gérard Chaliand a enseigné à l’ENA, à l’École de guerre ainsi qu’à Harvard, Berkeley et Singapour. Il est l’auteur de nombreux ouvrages consacrés à la guérilla, dont il a une connaissance de terrain sur trois continents, et au terrorisme.

. Edhem Eldem, L’Empire ottoman et la Turquie face à l’Occident, Paris, Fayard, mai 2018.

Durant le long XIXe siècle, face à un Occident de plus en plus puissant et arrogant, l’Empire ottoman s’est modernisé dans le but avoué de gérer une situation de plus en plus précaire. L’histoire de cette modernité, fortement empreinte d’occidentalisation, doit s’affranchir de bien des influences politiques et idéologiques qui l’ont grevée jusqu’ici : orientalisme eurocentrique, nationalisme kémaliste, ottomanisme islamisant… L’étude d’une grande variété de sources – la plupart encore inexploitées – viendra nourrir une réflexion critique sur cette période dont l’importance n’a d’égal que sa complexité. L’historien Edhem Eldem a enseigné aux universités de Boaziçi, Berkeley, Harvard, Columbia, à l’EHESS, à l’EPHE et à l’ENS. Titulaire de la chaire internationale d’Histoire turque et ottomane au Collège de France, il est l’auteur de travaux sur le commerce du Levant, l’épigraphie funéraire, la Banque ottomane, les dynamiques de l’occidentalisation, Istanbul au tournant du XXe siècle, l’orientalisme, la photographie, l’histoire de l’archéologie et des collections dans l’Empire ottoman.

. Jean-François Bayart, L’illusion identitaire, Paris, Fayard, mai 2018.

Dans le contexte du néolibéralisme, et sous la pression idéologique de l’extrême-droite, l’identité s’est imposée comme l’horizon indépassable des démocraties. Il en résulte une sourde angoisse : le marché, la globalisation, l’immigration menaceraient notre identité, notre culture. Or, cet essai mordant démontre que l’une et l’autre sont des illusions. Il n’est que des actes d’identification, politiquement construits, historiquement situés, socialement contradictoires, culturellement polémiques. La culture n’a jamais rien expliqué : elle n’est pas la cause de l’action des hommes, mais son effet. Elle n’est pas une donnée, mais une production permanente. Les conflits dits identitaires déchirent les cultures plutôt qu’ils ne les opposent les unes aux autres. Comment penser les raisons culturelles du politique sans être ni culturaliste ni identitariste ? Une contribution majeure à la réflexion sur le sujet. Jean-François Bayart, spécialiste de sociologie historique du politique, est titulaire de la chaire Yves Oltramare « Religion et politique dans le monde contemporain », à l’IHEID de Genève.

. Catherine Wihtol de Wenden, Atlas des migrations. Un équilibre mondial à inventer, Paris, Autrement, mai 2018.

Plus de 100 cartes et infographies entièrement mises à jour pour comprendre les phénomènes migratoires et interroger nombre d’idées reçues. Pauvreté, conflits, catastrophes environnementales, travail, études, tourisme : quels sont les facteurs réels des migrations ? Entre accueil et rejet, les réponses politiques possibles : fermeture des frontières, expulsions, droit d’asile, naturalisations ? L’Europe face à une crise migratoire sans précédent due au conflit syrien. Afrique, Asie et Amérique du Sud : les enjeux et conséquences des migrations dans les pays émergents. Cartographie : Madeleine Benoit-Guyod. Nouvelle édition.

. Fatiha Kaouès, Convertir le monde arabe. L’offensive évangélique, Paris, CNRS, mai 2018.

Depuis une vingtaine d’années, le monde arabe connaît une vague de conversions au protestantisme, en particulier sous l’influence des évangéliques américains. Des dizaines de milliers de musulmans et de chrétiens orientaux, du Maghreb au Machrek, se convertissent. Bien que tabou, le phénomène est tangible : une Église protestante algérienne subsiste depuis vingt ans sans incident notable. Fait exceptionnel, l’État algérien a même reconnu officiellement, en 2011, l’existence de cette communauté chrétienne composée d’autochtones convertis. Si les situations diffèrent selon les pays, les appartenances de genre, le statut social et les ressources culturelles, le mouvement prend une importance croissante qui témoigne des mutations profondes de la région. Dans cette étude unique, sur la longue durée, Fatiha Kaouès nous propose une histoire et un état des lieux sociologique du phénomène. S’intéressant aux cas particuliers de l’Algérie, du Liban et de l’Égypte, elle revient d’abord sur cette « aventure » que constitue, depuis le XIXe siècle jusqu’à nos jours, l’installation des missions évangéliques. Elle décrypte ensuite les moyens contemporains de l’« offensive évangélique », en les illustrant par des parcours particuliers, puis tente de saisir les raisons principales des conversions, mais aussi les enjeux politiques importants qu’elles revêtent, ainsi que leur impact, en retour, aux États-Unis.

. Jalila Sbai, La politique musulmane de la France. Un projet chrétien pour l’islam ? 1911-1954, Paris, CNRS, mai 2018.

Comment définir la politique de la République en terre d’islam ? Jusqu’au début des années 1950, à l’ère des colonies, la France tente de centraliser en métropole les forces d’un empire musulman éclaté. L’axe déterminant de cette politique est l’islam, que l’on veut réformer en le « christianisant » afin d’assimiler les musulmans aux Français. Cette expérience du passé colonial français nourrit encore aujourd’hui le rapport à l’islam et aux musulmans en France. Jalila Sbaï retrace pour la première fois l’histoire de cette politique, de la question du califat à celle de Palestine, des protectorats aux mandats, en passant par les débats idéologiques sur la supériorité ou non de la civilisation chrétienne sur la civilisation musulmane. Elle souligne l’influence capitale des institutions mises en place par la France pour orienter cette politique : Commission interministérielle des affaires musulmanes, Haut-comité méditerranéen, Centre des Hautes études et d’administration musulmane… Au cœur de ces dispositifs, nombre d’orientalistes chrétiens, fonctionnaires-savants-experts de l’empire, jouent un rôle majeur : Louis Massignon et Robert Montagne ont, parmi d’autres, marqué de leur empreinte cette politique musulmane de la France.

. Pierre Singaravélou et Fabrice Argounès, Le Monde vu d’Asie. Une histoire cartographique, Paris, Seuil, mai 2018.

Ce beau livre relate une autre histoire du monde, centrée sur l’Asie à travers des chefs d’œuvre cartographiques et iconographiques, célèbres ou méconnus, qui témoignent des échanges féconds entre les différentes régions asiatiques, ainsi qu’entre l’Asie et le reste du monde du XVe au XXe siècle. Après avoir présenté les univers cosmographiques hindou, jaïn, bouddhiste et taoïste qui constituent la matrice des cartographies religieuses, les auteurs nous invitent à suivre certains explorateurs comme l’amiral Zheng He, des moines tel Xuanzang et ses fameuses Pérégrinations vers l’Ouest, et les commerçants partis sur les routes des « grandes découvertes » asiatiques. Les nouveaux pouvoirs royaux et impériaux mettent en scène leur autorité sur le territoire grâce à la cartographie, à travers la représentation des conquêtes, des frontières, des grands travaux et des capitales. Longtemps, les mappae mundi chinoises, coréennes et indiennes confondent le monde avec l’Asie et relèguent l’Europe et l’Afrique dans les marges des cartes. À partir de la fin du XVIe siècle, la coopération entre les jésuites européens et les savants chinois induit un décentrement, qui ouvre des perspectives géographiques aux élites autochtones, tout en situant l’Asie au cœur du monde. Au XIXe siècle, la présence coloniale européenne apparaît sur les cartes qui traduisent d’autres formes d’hybridation des savoirs. Les Occidentaux se sont alors réapproprié ces savoirs cartographiques asiatiques et une grande partie de ces œuvres ont été déplacées notamment dans certaines collections françaises.

. Kojin Karatani, Structure de l’Histoire du monde, Paris, CNRS, mai 2018.

Kōjin Karatani, éminent intellectuel japonais contemporain, est un lecteur critique de Marx : son livre Transcritique (2001) marque un engagement proche des positions de Slavoj Zizek ou de Toni Negri. Paru dix ans plus tard, Structure de l’histoire du monde propose une histoire globale du monde qui se démarque de la pensée de Marx. Au lieu de privilégier les modes de production, ce sont les modes d’échange qui sont mis en avant. Ils recouvrent les relations entre les hommes mais aussi celles entre les hommes et la nature, les marchandises n’en constituant pas l’élément exclusif. Au carrefour de la sociologie, de l’anthropologie, de l’économie, c’est une autre histoire mondiale, multiple et stratifiée que nous expose cet ouvrage, tressant ensemble échanges, formations sociales et formes de pouvoir. Réciprocité du don et du contre-don, protection contre soumission, monnaie et marchandise, voici quelques-uns des modes d’échange qui constituent la trame de cette Structure de l’histoire du monde. Un ouvrage riche, appelant de nouvelles manières de penser et de vivre notre présent.

. Jean-Christophe Collin, Le livre noir du sport russe, Paris, Stock, mai 2018.

Le sport est un élément essentiel de la société russe. C’est ce qu’a très tôt saisi Vladimir Poutine, lui-même grand sportif, ancien judoka, qui a constitué autour de lui une garde prétorienne aux muscles rebondis jusqu’aux postes les plus importants du pouvoir. Dans ce contexte, le sport russe est redevenu un instrument de propagande sans pareil et un moyen pour le pays de retrouver son rang dans le concert des grandes puissances. Avec comme conséquences les récents scandales liés à l’organisation des Jeux olympiques pharaoniques de Sotchi en 2014 ainsi que les multiples affaires de dopage révélées depuis. Ce livre propose une plongée dans un univers extravagant et inquiétant au gré de destins singuliers et d’itinéraires hauts en couleur. Quand pouvoir et sport se confondent.

. Bernard Pecqueur (dir.) et Fabien Nadou (dir.), Dynamiques territoriales et mutations économiques, Paris, L’Harmattan, mai 2018.

L’attention aux territoires et à leurs dynamiques a conduit à un profond renouvellement de l’analyse permettant de mieux comprendre le développement des sociétés en réponse aux mutations économiques et à la mondialisation. Cet ouvrage discute de ce rapport d’actualité entre local et global. Le glissement vers des processus de transition, d’intermédiation et d’innovation est au cœur des articulations nouvelles que la globalisation de l’économie impose aux sociétés locales. Les reconfigurations scalaires, temporelles et spatiales, mais aussi les injonctions de durabilité impliquent pour les décideurs territoriaux une mobilisation face à ces nouveaux enjeux.

. Joachim Tedié, La diplomatie économique de la Corée du Sud. Quelles leçons pour l’Afrique ?, Paris, L’Harmattan, mai 2018.

Lors des indépendances (1960), la Corée du Sud et le Cameroun avaient pratiquement le même niveau de développement. Près d’un demi-siècle plus tard, la Corée du Sud a su s’imposer au point d’être un exemple de diplomatie économique. Comment un peuple est capable, dans une relative confiance en sa culture, de se hisser dans les hautes sphères de l’économie mondiale ? L’Afrique fait-elle des mauvais choix de coopération économique ?

. Alain Bauer et Marie-Christine Dupuis-Danon, Les Guetteurs, Paris, Odile Jacob, mai 2018.

La publication, pour la première fois, des témoignages personnels des anciens directeurs des services français de renseignement constitue un événement majeur. De la fin de la guerre froide aux conflits asymétriques, de la prégnance du contre-espionnage à la montée de la menace terroriste et à ses mutations ces quinze dernières années, des exigences du cloisonnement aux pressions des technologies de l’information, c’est un concentré de l’histoire du temps présent qui se dessine au fil de ces pages, une synthèse des difficultés qu’ont dû surmonter nos services pour s’adapter aux bouleversements de la situation internationale. De témoignage en témoignage, ces acteurs du secret offrent, dans ce livre, une contribution inédite permettant de mieux comprendre l’enjeu des questions de sécurité, de mesurer les évolutions de l’instrument du renseignement français jusqu’à la période la plus récente et d’appréhender la communauté du renseignement comme système nerveux de l’État. Préface de Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères.


. Yves Lacoste, Aventures d’un géographe, Paris, Édition Des Équateurs, avril 2018.

Il est le père de la géopolitique française et aussi de la géostratégie. Il est le fondateur de la mythique revue Hérodote. Yves Lacoste est l’un des plus grands noms de la géographie contemporaine, dans la lignée d’un Paul Vidal de Lablache même si leurs terrains de recherche furent différents. Né au Maroc en 1929, fils d’un géologue qui lui apprend la curiosité des pierres et du terrain, il perd cette figure paternelle si marquante pour sa vocation alors qu’il est un jeune adolescent. Il commence donc des études de géographie pour le goût de la géologie et sa vie lui donnera des pères d’adoption et intellectuels, le premier étant Pierre George, grand géographe communiste, professeur à l’école des sciences politiques, qui lui permettra d’écrire son premier « Que sais-je » sur les pays sous-développés. En effet, dans les années 1950 et 1960, la géographie est marquée par l’émergence des pays sous-développés, la fin des colonisations et les guerres idéologiques (notamment la guerre froide). On ne peut donc faire de géographie sans évoquer la politique. Curieux du monde, Yves Lacoste est un géographe aventurier, kesselien. Il court en Afghanistan, à Cuba, au Vietnam, en Afrique, notamment à Ouagadougou où il s’intéresse aux populations touchées par les maladies tropicales, car la géographie peut aider aussi la médecine. Mais Yves Lacoste demeurera un homme libre, en dehors des chapelles idéologiques et universitaires. Il sera le premier à concevoir la géographie comme " un art de la guerre ". Ses mémoires sont passionnantes tant sur le plan personnel que scientifique. Ils sont le témoignage d’un esprit rebelle et en même temps d’une grande précision. Ce livre nous permet à la fois de comprendre l’essence de la géographie, les écoles françaises qui l’ont animée tout au long du XXème siècle et nous permet de mieux appréhender notre géographie contemporaine si bouleversée.

. Delphine Allès, Frédéric Ramel, Pierre Grosser, Relations internationales, Paris, Armand Colin, mai 2018.

Traditionnellement centrées sur l’étude des rapports entre États, les Relations internationales ne cessent de se transformer pour faire face aux évolutions contemporaines : migrations internationales, mutations de la guerre, changement climatique, crises financières… À travers des entrées thématiques, ce manuel aborde la diversité des acteurs et objets propres à la discipline avec une exigence de pédagogie et d’accessibilité. Le cours présente les concepts fondamentaux de la discipline, événements marquants, dates à retenir, controverses théoriques… Il est illustré de cartes et photographies de presse. Les entraînements permettent de renforcer l’acquisition des connaissances et de se familiariser avec des exercices types de l’enseignement en Relations internationales, tels que les sujets de réflexion ou les études de document. La partie méthode propose des techniques et exemples d’application pour se préparer aux épreuves : création de cartes analytiques, réponse à une question de réflexion et analyse d’images.

. Alexis Gonin et Christophe Quéva, Géographie des espaces ruraux, Paris, Armand Colin, mai 2018.

Dans un contexte d’urbanisation croissante, l’objectif de cet ouvrage est de comprendre la place des espaces ruraux dans le monde et les enjeux qu’ils représentent en termes de pratiques, de fonctions, de représentations, mais aussi en termes d’aménagement et de conflits d’usages. Il s’organise en trois temps forts. Questions essentielles, objectifs de connaissance par chapitre, lectures indispensables et notions clés à maîtriser. Savoirs fondamentaux assortis d’exemples localisés, de définitions et de focus thématiques, d’une page d’entraînement et d’une étude de cas mobilisant des documents géographiques. Méthodologie détaillée de chaque type d’exercice, avec son application commentée.

. Philippe Sénac, Le monde musulman. Des origines au XIe siècle, Paris, Armand Colin, mai 2018.

L’étude du monde musulman est essentielle pour comprendre les grands équilibres du Moyen Âge, mais aussi éclairer notre connaissance du monde arabe contemporain. En effet, au début du VIIe siècle apparaît une civilisation nouvelle et conquérante qui bouleverse définitivement les structures du monde antique pour donner naissance à un immense empire allant de l’Atlantique à l’océan Indien. Pour aborder cet espace, où le politique et le religieux sont étroitement liés, cette histoire du monde musulman des origines au XIe siècle a volontairement privilégié une approche événementielle en s’arrêtant aux années 950-1050, période charnière pendant laquelle se produisent d’importants changements au sein du monde arabo-musulman. Photos, plans, généalogies et nombreux extraits de textes enrichissent l’ouvrage et un dossier d’annexes présente divers éléments destinés à des commentaires et fournissent les principaux instruments nécessaires à la compréhension de la civilisation islamique.

. Arnaud Blin, Les grands capitaines, Paris, Perrin, mai 2018.

Jusqu’à une époque récente, l’histoire fut associée à la guerre, la guerre fut associée aux grandes batailles, et les grandes batailles furent associées aux « grands capitaines », selon l’expression consacrée. Que le capitaine reste au milieu de ses troupes, épée à la main, qu’il soit à quelques centaines de mètres du front à donner des ordres à ses chefs de corps ou à des dizaines de kilomètres à réordonnancer la marche de milliers de chars et de dizaines de milliers d’hommes, il reste celui par qui se joue le sort de la bataille. Mais si le grand capitaine, pour Arnaud Blin, est bien celui qui dirige les armées et élabore ses stratégies, il est surtout celui dont le rare talent le place dans une catégorie à part parmi les chefs militaires. En fin de compte, seule une poignée de personnalités d’exception peut se targuer de faire partie de cette élite. Dès lors, et si l’on considère que la guerre est un art, les quinze hommes dont ce livre dresse le portrait ont porté celui-ci à son apogée, chacun usant de moyens et de techniques propres à son environnement culturel, avec un style et une touche personnels qui font toute la singularité de leur talent individuel. De l’âge classique – Alexandre le Grand, Hannibal, César – au monde contemporain – Napoléon, Joukov, Giap – en passant par le Moyen Age et l’époque moderne – Saladin, Gengis Khan, Tamerlan, Turenne… –, ce sont ainsi quinze styles de commandement et de génie militaires qui se trouvent ici brillamment analysés et racontés.

. Jean-Noël Jeanneney (dir.) et Jeanne Guérout (dir.), L’Histoire de France vue d’ailleurs, Paris, Seuil, mai 2018.

Partant de l’idée chère à Montesquieu qu’il est sain et tonique, pour un peuple, de se contempler au miroir que d’autres lui tendent, les auteurs se livrent à une vaste entreprise de remise en cause du récit national. De l’Histoire de France telle que des générations de manuels scolaires se sont plu à la raconter, ils ont retenu cinquante dates majeures et les ont soumises au regard d’historiens étrangers. Chacun d’entre eux revisite un événement fondateur – d’Alésia à Mai 68, en passant par les batailles de Poitiers ou de Marignan – et contribue de la sorte à éclairer d’un jour nouveau notre destin collectif. En réintégrant ces moments successifs dans des dynamiques qui les dépassent, ce livre bouscule nos certitudes, nos chagrins rétrospectifs et nos fiertés patriotiques.

. Olivier Rozenberg, Les Députés français et l’Europe. Tristes hémicycles ?, Paris, Presses de Sciences Po, mai 2018.

Cherchant à analyser les effets de l’intégration européenne sur l’Assemblée nationale, Olivier Rozenberg a interrogé une soixantaine de députés sur leur conception de l’activité parlementaire. Sous la pression de l’Europe, le rapport de l’élu à son électeur, à la loi, aux ministres ou à lui-même s’est modifié. Il doit monter des dossiers de subvention, se faire le relais des griefs des électeurs, agir en lobbyiste à Bruxelles, ourdir des « coups » politiques autour des enjeux européens, etc. Ainsi, différents profils de parlementaires s’européanisent. Entrepreneurs locaux, défenseurs du terroir, souverainistes, présidentiables ou experts peuplent de « tristes hémicycles », théâtres d’une profonde transformation depuis Maastricht. Une tristesse qui doit autant aux difficultés d’adaptation des deux assemblées à l’Union européenne qu’aux émotions que les représentants mobilisent quotidiennement dans l’action.

. Serge Quadruppani, Le monde des Grands Projets et ses ennemis, Paris, La Découverte, mai 2018.

Ce brûlant petit livre, écrit par un ardent compagnon de route de Notre-Dame-des-Landes, de la vallée de Suse et des « cortèges de tête » des manifestations de ces dernières années, a pour ambition de cerner la nouvelle subjectivité collective révolutionnaire qui émerge en de nombreux endroits de la planète : hétérogène, multiforme, d’une grande richesse culturelle et réflexive, parcourue de forces contradictoires mais unifiée par son ennemi même : le monde de la « révolution managériale » et de sa loi « Travaille ! », un monde qui est, indissociablement, celui des Grands Projets « inutiles et imposés », ces infrastructures (aéroports, barrages, parcs d’éoliennes, sites d’enfouissement des déchets nucléaires, etc.) qui accompagnent la métropolisation du monde et entraînent un peu partout la naissance de Zones à défendre. Les Grands Projets représentent une nécessité pour un monde qui prétend être le seul possible et reposer en tous ses aspects sur la raison : la raison de l’économiste, celle du financier, de l’ingénieur, de l’aménageur, du manager. À cette irrationnelle rationalité qui ramène tout à la mesure de l’argent, il s’agit d’opposer une recherche essentielle en ces temps de catastrophe écologique, celle de la juste mesure dans chaque réalité : dans la production de tels ou tels objets aussi bien que dans les échelles de la vie en commun. Et d’inventer, en lien étroit avec ces territoires en lutte, des savoirs, des imaginaires, des contre-cultures qui rendront possible une autre société.


Le livre géopolitique recommandé par Diploweb en mai 2018

. Thierry Garcin, La fragmentation du monde, Paris, Economica, mars 2018.

Pierre Verluise, Fondateur du Diploweb.com : "Thierry Garcin (HDR, maitre de conférences à HEC) nous offre avec La fragmentation du monde un ouvrage magistral pour saisir les facettes de la puissance dans les relations internationales. L’auteur démontre une impressionnante maitrise de son sujet et donne au lecteur le meilleur de sa vaste culture, avec une écriture épurée, précise, rigoureuse. T. Garcin explique successivement l’évolution de la notion de puissance, les enjeux majeurs contemporains et les grands défis. Un ouvrage de référence qui sera à sa place dans toutes les bibliothèques publiques et privées qui ambitionnent de disposer de documents de référence. "

4e de couverture

Dans les relations internationales, la puissance des grands acteurs devient relative. Les États-Unis resteront la seule superpuissance, mais affaiblie. Le projet fédéraliste de l’Union européenne a volé en éclats. La Russie est une puissance en recomposition. La Chine est loin d’être une superpuissance politique. Le monde arabe est en miettes, pour longtemps. Quant aux pays émergents, ils ne fabriquent pas de la puissance politique, ou si peu. À ce fond de tableau, près d’une trentaine d’années après la chute du mur de Berlin, de multiples raisons, et beaucoup de conséquences. Six chapitres, une trentaine d’encadrés, un cahier en couleurs de seize cartes complètent ce panorama de la puissance contemporaine et ouvrent des perspectives.

Bonus : Lire l’entretien de Thierry Garcin avec Pierre Verluise pour Diploweb


. Marion Duvauchel, Jérusalem, La bouraq et le vol mystique, Angers, Les acteurs du savoir, juillet 2018.

Sur quoi l’islam fonde-t-il ses revendications sur Jérusalem ? Sur une croyance : une nuit, Mahomet est réveillé par l’ange Gabriel, qui a mission de l’emmener jusqu’au ciel. Mais le voyage n’est pas direct, il y a une correspondance à Jérusalem. De là, il monte au ciel, à travers sept cieux successifs, jusqu’au huitième où se trouve Dieu. Pendant ce voyage, Gabriel lui montre l’enfer et le paradis. Puis, il va recevoir la Révélation coranique avant de redescendre. L’ouvrage examine cette croyance, depuis les premières traditions qui l’authentifie, jusqu’au livre de l’échelle, un livre qui parvient en Occident au XIIe siècle, est oublié puis redécouvert au XIXe siècle et traduit en 1991 en français par l’équipe de Michel Zink. Il examine les sources judaïques, midrashiques et chrétiennes qui traduisent une influence et des emprunts aux religions qui préexistaient à l’islam ; comment ce livre est reçu en Occident ; comment il noue l’eschatologie et l’angélologie musulmane ; agite le monde européen au XXe siècle à travers la controverse autour des sources de la Divine Comédie de Dante, et il procède à un des principaux courants mystiques musulmans. Comment au XIIe siècle, l’islam iranien s’est-il débattu avec cette légende ? En construisant un système entre ésotérisme, théosophie et philosophie pour rendre compte de cette expérience mystique. Et enfin, comment l’orientalisme européen a intégré l’islam sans jamais procéder à l’examen d’une légende qui pourtant, fonde la revendication actuelle de l’islam de Jérusalem comme de sa ville sainte.

. Pascal Buresi, Histoire des pays d’Islam. De la conquête de Constantinople à l’âge des révolutions, Paris, Armand Colin, mai 2018.

Pourquoi la vague révolutionnaire qu’ont connue les pays d’Islam depuis 1979 en Iran jusqu’aux années 2010 dans les pays arabes ne débouche-t-elle pas sur des démocraties « à l’occidentale », mais voit plutôt le pouvoir revenir soit à des partis islamistes, soit à des militaires, soit aux élites des régimes renversés ? Comment expliquer l’éphémère califat de Syrie et d’Irak ? Pour répondre à ces questions et comprendre les processus complexes à l’œuvre dans les pays d’Islam, il faut sortir du « présentisme » qu’affectionnent les politistes et plonger dans l’histoire : l’histoire politique des Empires modernes, ottoman, safavide et moghol à partir du XVe siècle, l’histoire économique des territoires, qui se sont ouverts au monde dans un cadre islamique et plus récemment à la globalisation, l’histoire sociale de populations diverses, pluri-ethniques et multi-confessionnelles, l’histoire intellectuelle de savants et de penseurs qui analysent leur monde en vue de le réformer. Des grands empires de l’époque moderne à la crise contemporaine des États-nations, cet ouvrage donne les clés pour comprendre l’histoire récente des pays d’Islam.

. Jacques Portes, La véritable histoire de l’Ouest américain, Paris, Armand Colin, mai 2018.

Nous avons tous des images de l’Ouest américain en tête. De sa conquête à la ruée vers l’or, des immenses paysages de la Vallée de la mort au pont de San Francisco, de Buffalo Bill à Geronimo, des westerns de John Wayne à Quentin Tarantino... l’Ouest est très tôt devenu un mythe, une fabrique à rêves comme l’incarne Hollywood. Jacques Portes nous invite dans ce livre à aller au-delà de la légende en nous racontant l’histoire, ou plutôt les histoires de l’Ouest. Elles commencent il y a bien longtemps avec les premiers habitants du continent ; elles ont nourri autant d’espoirs que de désillusions ; elles conservent une part de mystère et d’inconnu.

. Richard Nadeau, Martial Foucault, Bruno Jérôme, Véronique Jérôme-Speziari, Villes de gauche, villes de droite, Paris, Presses des Sciences Po, mai 2018.

À chaque élection municipale, certains commentateurs annoncent des résultats largement tributaires de la conjoncture nationale. D’autres affirment que le sort des élus dépend avant tout de la situation locale. Dans la perspective d’anticiper les basculements à gauche ou à droite lors de ces scrutins, les auteurs ont analysé les résultats d’un panel de 236 villes de plus de 30 000 habitants sur trente ans (1983-2014). Ils ont passé au crible les critères locaux et nationaux susceptibles d’expliquer les succès et les défaites des candidats, tout en démontrant pourquoi certaines équipes sortantes sont systématiquement reconduites quelle que soit la situation politique nationale. Une typologie des facteurs ancrant ou non les villes dans une fidélité partisane se dessine. Elle met au jour le rôle déterminant de leur profil sociodémographique — avec comme variable clé la proportion de résidents en HLM — et souligne l’importance de la performance économique et financière des maires et de la stratégie politique qu’ils déploient pour assurer leur réélection. Une observation fine et inédite de la dynamique électorale locale, toujours orchestrée par la dialectique gauche-droite et exerçant en France une influence significative sur la politique nationale.

. Hugo Loiseau et Elena Waldispuehl, Cyberespace et science politique, Québec, PUQ, mai 2018.

Transition pour certains, rupture pour d’autres, l’envahissement du cyber­espace dans nos vies soulève plusieurs questions. Il est rare, dans l’histoire de l’humanité, de constater qu’une innovation technologique transforme autant et en si peu de temps le quotidien des individus, mais aussi les façons de gouverner ou d’analyser le monde. Le présent ouvrage part du constat que nous vivons actuellement une véritable « cybérisation » individuelle et collective. Il souhaite ainsi appréhender les changements sociaux et politiques qu’implique la présence grandissante du cyber­espace dans nos vies. Ce livre répond à trois questionnements généraux : 1. Quels sont les changements sociaux et politiques induits par l’arri­vée, puis l’omniprésence, du cyberespace dans les sociétés occi­den­tales ? Sont-ils nombreux et quelles sont leurs répercussions sur le plan politique ? 2. Le cyberespace a-t-il aussi provoqué des changements dans la pratique scientifique des politologues ? Par exemple, de nouveaux objets ont-ils intéressé la science politique ? 3. Les nouvelles technologies ont-elles augmenté les capacités de nos outils de recherche ? Si oui, faut-il adapter les méthodes de recherche et leurs techniques à cette nouvelle réalité ? Comment le faire ? Ce livre expose, entre autres, les changements qu’apporte le cyberespace à l’étude et à la pratique des sciences sociales en général et de la science politique en particulier, mais aussi aux objets d’études de ces domaines.

. Andrew B. Kennedy, The Conflicted Superpower. America’s Collaboration with China and India in Global Innovation, Columbia, Columbia University Press, mai 2018.

For decades, leadership in technological innovation has sustained U.S. power worldwide. Today, however, processes that undergird innovation increasingly transcend national borders. Cross-border flows of brainpower have reached unprecedented heights, while multinationals invest more and more in high-tech facilities abroad. In this new world, U.S. technological leadership increasingly involves collaboration with other countries. China and India have emerged as particularly prominent partners, most notably as suppliers of intellectual talent to the United States. In The Conflicted Superpower, Andrew Kennedy explores how the world’s most powerful country approaches its growing collaboration with these two rising powers.

. Jean-Pierre Andrevon, Encyclopédie de la guerre au cinéma et à la télévision, Paris, Vendémiaire, mai 2018.

Des milliers de flèches s’élançant vers le ciel, des glaives qui s ’entrechoquent, le galop sourd d’une charge de cavalerie, le chaos des tranchées, des mitraillettes qui crépitent, les bons et les méchants, le souffle de l’épopée et les aspects les plus sordides de la vie quotidienne, la terreur et l’exaltation… La guerre est, aussi, un formidable spectacle. Le cinéma ne s’y est pas trompé : l’une des premières réalisations de Georges Méliès, en 1897, n’a-t-elle pas pour titre Le Bombardement d’une maison ? Et d’Autant en emporte le vent à La 317e Section, de Spartacus à Il faut sauver le soldat Ryan, de Lawrence d’Arabie à Falstaff, on ne compte plus les chefs-d’œuvre qu’elle a inspirés. En débutant par la guerre de Troie pour finir par les conflits les plus contemporains, en passant par les croisades, l’aventure napoléonienne, les guerres mondiales et celles de la décolonisation, et en s’attachant aussi aux œuvres à part entière qui ont été produites pour la télévision, Jean-Pierre Andrevon retrace, en un immense panorama, les formes et les métamorphoses d’un genre inépuisable, qui a puissamment contribué à l’évolution du récit cinématographique.

. Dan La Botz, Le nouveau populisme américain, Paris, Syllepse, mai 2018.

L’élection de Donald Trump en 2017, qui a effrayé le monde, n’est pas un accident. Elle est le symptôme des profondes crises économique et idéologique qui travaillent­ la société américaine. Depuis le milieu des années 1960, les États-Unis ont connu plusieurs bouleversements majeurs. D’abord le massif mouvement des droits civiques contre le racisme structurel qui gangrène la société américaine. Ensuite, le vaste mouvement contre la guerre du Vietnam où la puissance impérialiste a connu une défaite cuisante. Et enfin, le profond mouvement de libération des femmes qui contesté les bases patriarcales de la société américaine. Ces secousses sismiques successives conjuguées aux crises économiques à répétition, dont la dernière en date est celle de 2008, ont profondément affecté le tissu social et les représentations idéologiques qui pouvaient unir les Américain-e-s. Face à ce désordre croissant et aux angoisses ou paniques collectives, les deux partis dominants, républicain et démocrate, ont été bien en peine d’offrir de nouveaux horizons, une explication du monde cohérente.

. Pierre Conesa, Hollywood, arme de propagande massive, Paris, Robert Laffont, 2018.

Le Noir, le Rouge, le Jaune, le communiste, le barbu... : quand Hollywood fabrique des ennemis, ce n’est pas que du cinéma. Hollywood est une usine à rêves mais aussi une formidable machine à créer des méchants. À chaque époque sa cible. D’abord incarné par le Noir, représenté comme un illettré, un paresseux obsédé par la femme blanche, l’ennemi a ensuite pris les traits de l’Indien, sauvage et agressif, puis du Chinois cruel, du basané - bandit mexicain, gras et transpirant, ou trafiquant colombien -, du nazi ou du communiste... Plus récemment, lors de la deuxième guerre du Golfe, c’est le " Frenchie " qui a cristallisé la rancoeur des États-Unis, avant qu’il soit remplacé par l’Arabo-Irano-terroristo-musulman. Pour mener l’enquête, l’auteur a passé au crible plus de trois mille films, le plus souvent des objets cinématographiques de consommation courante, ceux qui forgent l’opinion publique bien plus que les chefs-d’oeuvre. De manière implacable, il démontre comment Hollywood, en jouant de la confusion entre fiction et réalité, cinéma et géopolitique, est devenu une arme de propagande massive, capable de transformer les ennemis des États-Unis en menaces planétaires.

. Régis Genté, Nicolas Jallot, Futbol. Le ballon rond de Staline à Poutine, une arme politique, Allary éditions.

À la veille du Mondial qui aura lieu en Russie, ce livre raconte comment, de Staline à Poutine, le foot a toujours été une arme du pouvoir russe et un instrument au service d’ambitions politiques.

Trop grande, trop froide, trop isolée, la Russie n’était pas faite pour le football. Et pourtant, dès qu’il a rebondi sur la terre russe, le ballon rond a fait mieux que s’acclimater. Il est devenu l’objet d’une fièvre populaire que le Kremlin, de Staline à Poutine, cherche à instrumentaliser.
Beria était le patron du KGB, mais aussi le parrain des équipes du Dynamo de Moscou et Tbilissi, faisant de ces clubs les instruments d’une lutte sans merci contre « l’équipe du peuple », celle du Spartak Moscou. Pendant des décennies, deux clans se sont affrontés et tous les coups étaient permis, jusqu’à la déportation au Goulag des meilleurs joueurs de l’équipe adverse.
En Russie, le football est un sport de combat politique : dès les premières rencontres à Saint-Pétersbourg qui avaient de furieux airs de lutte des classes ; lors du « match de la mort » du 9 août 1942, opposant Ukrainiens du FC Start et nazis de la Luftwaffe ; dans la façon dont le régime mit en scène ses vedettes comme Lev Yachine ; avec le football « scientifique » qui conquit le monde pendant la guerre froide ; dans le rapport qu’entretiennent les oligarques avec ce sport, et jusqu’à l’organisation éminemment politique du Mondial 2018.
Fourmillant d’anecdotes mettant en scène grands leaders et champions soviétiques, ce livre raconte davantage qu’un siècle de football : il décrypte le pouvoir russe à travers le prisme du ballon rond.

. Marc-Antoine Pérouse De Montclos, L’Afrique, nouvelle frontière du djihad ?, Paris, La Découverte, mai 2018.

Boko Haram au Nigeria, les chebab en Somalie, AQMI au Mali… Plus de vingt ans après les attentats organisés en 1998 par Al-Qaïda contre les ambassades des États-Unis au Kenya et en Tanzanie, la progression des mouvements islamistes radicaux en Afrique subsaharienne, notamment au Sahel, inquiète les populations locales et les observateurs internationaux. Ce livre solidement argumenté dresse un panorama éclairant des mouvements dits « djihadistes » en rappelant leurs origines, historiques et sociales. Loin d’être les tentacules d’une monstrueuse « Internationale Terroriste », ces mouvements puisent d’abord leurs racines dans des dynamiques locales. Plutôt que d’envisager le « djihadisme africain » comme une nébuleuse homogène et insaisissable, Marc-Antoine Pérouse de Montclos propose une analyse innovante de ces groupes insurrectionnels en s’appuyant non seulement sur des considérations religieuses mais aussi sur des données économiques, sociologiques et politiques trop rarement mobilisées. Nourri d’entretiens avec des leaders musulmans, des combattants et des responsables des services de sécurité, ce livre souligne les effets contre-productifs des réponses militaires apportées à la « menace terroriste » au Sahel.

. Christian Deblock et Joël Lebullenger (dir.), Génération TAFTA, Rennes, PUR, mai 2018.

La mondialisation a changé. Ses cadres normatifs aussi ! Des accords commerciaux transatlantiques, transpacifiques, transasiatiques ou autres, viennent brouiller les cartes. Cet ouvrage replace les nouveaux accords de partenariat dans leur contexte, puis analyse les enjeux et les motifs d’inquiétude qu’ils suscitent, en s’intéressant tout particulièrement aux partenariats transatlantiques (CETA, TTIP/TAFTA) et transpacifique (TPP).

. Riccardo Brizzi et Marc Lazar (dir.), La France d’Emmanuel Macron, Rennes, PUR, mai 2018.

La victoire d’Emmanuel Macron à l’élection présidentielle de 2017 et celle de son mouvement, La République En Marche, constituent deux événements électoraux parmi les plus surprenants de l’histoire de la Ve République, qui fête cette année son soixantième anniversaire. Ce livre entend analyser les raisons, les modalités mais aussi les limites de son succès, par les regards croisés des différents auteurs de ce volume.

. Jean-François Bouvet, Havre de guerre, Paris, Fayard, mai 2018.

Phnom Penh a le tragique à fleur de peau, juste sous la douceur. On y chemine sur les strates d’une histoire qui rougeoie encore des braises d’une guerre pas si lointaine. La découverte dans un vieux palace d’une « carte spéciale pour les journalistes de passage » conduit le narrateur à ce passé. Sur la photo d’identité rayonne le visage d’Elizabeth, jeune Américaine des Seventies. Des décennies plus tard, devenue une figure majeure des médias outre-Atlantique, elle offre au narrateur le fil rouge qui le mène vers l’univers oublié des correspondants de guerre au Cambodge – dans l’arrière-cour du conflit vietnamien. Un monde de routes poussiéreuses, écrasées de chaleur, où le danger – Viet Cong, Khmers rouges – peut surgir à chaque instant ; un monde en voie d’encerclement, où, dans la vibration des bombardements, les reporters sont observateurs et partie prenante du chaos ambiant. Avec ses séductions nocturnes, le grand hôtel dont la presse étrangère a fait son repaire dans la capitale est un havre précaire : beaucoup de journalistes qui en partent disparaissent sur la route. Ils vont rejoindre les âmes errantes qui hantent la terre des Khmers, laissant leurs confrères sous l’emprise du pays et de la tragédie qui s’annonce. Saisi comme en écho, le narrateur les regarde vivre, à retardement – manière d’emprunter une vie qui n’était pas la sienne… Étrange nostalgie que celle d’un passé que l’on n’a pas vécu.

. Claude Chaline, Politiques de la ville, Paris, PUF, avril 2018.

Depuis des décennies, la concentration de populations cumulant difficultés sociales et économiques, dans les cités périphériques ou dans les quartiers anciens et dégradés de la plupart des villes françaises, est source de préoccupations pour les services de l’État et pour les collectivités locales. Pour répondre à ces situations et aux dysfonctionnements, voire aux épisodes de violence qui s’ensuivent, des politiques urbaines, poursuivies par les différents gouvernements, sont mises en place dans les domaines de l’urbanisme, du social, de l’économique et de la sécurité. Après un état détaillé des lieux, le livre analyse et évalue la portée et l’effectivité de ces dispositifs englobés dans les politiques de la ville, du renouvellement et de la rénovation urbaine. Professeur émérite à l’Institut d’urbanisme de Paris (Université Paris-Est Créteil Val de Marne), Claude Chaline enseigne l’aménagement urbain.

. Dominique Le Brun, Arctique. L’histoire secrète, Paris, Omnibus, avril 2018.

Sous l’histoire officielle de la conquête du pôle Nord se cachent beaucoup d’affaires étouffées, de drames effacés, d’enjeux économiques ou stratégiques maquillés. Bien connue, croit-on, est l’histoire de la conquête du pôle Nord. Et pourtant... Le mot même est ambigu : conquête géographique ou conquête guerrière ? Les étapes de la progression des conquérants méritent un examen critique, auquel se livre ici Dominique Le Brun, spécialiste d’histoire et de littérature maritimes. On découvre ainsi que les noms qui ornent les cartes de l’océan Arctique ne sont pas toujours ceux des hommes qui ont réellement agi – celui de Barents, par exemple, cache celui du Français Balthazar de Moucheron. On apprend qu’un mythe soigneusement entretenu, celui de " la mer libre du pôle ", a poussé les États à investir dans des expéditions coûteuses et mortelles. On s’étonne des prolongements de la querelle à la fois politique, financière et idéologique (voire raciale) qui opposait et continue d’opposer les partisans des deux expéditions Cook et Peary. On comprend que les exploits arctiques de l’État soviétique naissant étaient destinés, en fait, à ouvrir la route des goulags... Et l’on en arrive à constater que, aujourd’hui, près de 50% des territoires arctiques sont limitrophes de la Russie de Vladimir Poutine. Une longue histoire dont on se demande parfois si elle n’est pas la chronique d’une catastrophe annoncée.

. Leila Latrèche, Généalogie des villes d’Algérie, Paris, Riveneuve, avril 2018.

Ouvrage sur l’histoire des villes d’Algérie à travers 6 strates depuis l’Antiquité : berbère, phénicienne et carthaginoise, romaine et byzantine, arabe et ottomane, française avant les renominations et les villes-nouvelles d’après 1962. Voyage géographique, historique et linguistique dans cette large terre, carrefour des civilisations. Un livre offrant une large synthèse des villes d’Algérie à travers les âges et reprenant tous les noms selon les strates successives : berbères, phéniciennes, romaines, arabes et ottomanes, françaises et contemporaines. Un ouvrage dans un esprit de synthèse de toutes les environnements linguistiques de l’Algérie : le punique, le grec, le latin, l’arabe, l’espagnol, le turc, le français ; langues de tous les conquérants et occupants de cet espace géographique devenue Algérie. Un livre élégant avec des cartes précises et esthétiques en couleurs réalisées par un cartographe. Une consultation facile avec les villes rangées par ordre alphabétique (dans leur transcription française).

. Bernard Botiveau, Hernando Salcedo Fidalgo et Aude Signoles (dir.), Amérique latine – Monde arabe. La diagonale des Suds, Paris, Riveneuve, avril 2018.

Depuis plus d’un siècle, des diasporas d’origine arabe établies en Amérique latine maintiennent les échanges entre ce continent et différents pays du Proche-Orient. L’histoire et la sociologie des migrations étudient ceux qu’autrefois on appelait « Turcos » – car ils venaient de l’Empire ottoman – et leurs façons de s’intégrer dans les pays d’accueil sans renier leurs cultures d’origine. Les soulèvements arabes de 2011 ont eu un vif écho en Amérique latine et ont ranimé des interrogations plus anciennes, liées à la guerre en Palestine et aux interventions américaines en Irak puis à la guerre en Syrie. Intérêts économiques et échanges pétroliers avaient déjà poussé certains États des deux continents à coopérer. Certaines tendances à la gouvernance autoritaire aussi. Au plan social et culturel, une curiosité nouvelle se manifeste en Amérique latine pour les racines ethnico-linguistiques et religieuses, contribuant à créer une effervescence identitaire autour des « origines » et de leurs significations culturelles et politiques.

. Ivan Krastev, Le destin de l’Europe, Paris, Premier Parallèle, octobre 2017.

Quel nouveau destin pour l’Europe ? Avec le Brexit et l’élection d’Emmanuel Macron, l’Europe est plus que jamais à un carrefour : va-t-elle rebondir sous l’impulsion d’un couple franco-allemand à l’alliance refondée ou s’effondrer pour de bon sous l’effet de la crise migratoire et de la montée des populismes ?
L’Europe, qui est affligée de nombreuses tensions – entre pays du Nord et du Sud, pays de l’Est et de l’Ouest –, traverse une crise comme elle n’en a jamais connue, aggravée encore par les vagues migratoires et la montée des populismes. Pourra-t-elle la surmonter sous l’impulsion d’un couple franco-allemand à l’alliance refondée ? Ce couple parviendra-il à éviter une fracture définitive avec les pays de l’Est, désormais si méfiants à l’égard des valeurs occidentales ? Si le politiste bulgare Ivan Krastev, l’un des meilleurs spécialistes du monde postsoviétique et des questions européennes, éclaire ici de façon très singulière ces questions brûlantes, c’est notamment parce qu’il a vécu l’effondrement brutal du bloc soviétique et que cette expérience a profondément façonné sa réflexion. Les constructions humaines sont fragiles, nous alerte-t-il. Ce livre d’un Européen convaincu, inspiré par le « pessimisme de l’intelligence et l’optimisme de la volonté » d’Antonio Gramsci, pose des questions qui fâchent et nous met en garde contre nombre d’écueils aux conséquences potentiellement catastrophiques pour l’avenir de l’Union.

. Antoine D’Arjuzon, Les premiers ministres qui ont fait l’Angleterre, Paris, Perrin, mai 2018.

Lorsque s’achève le règne des Stuarts à la mort de la reine Anne en août 1714, le lointain cousin de la défunte, Georges Ier de Hanovre, monte sur le trône. II ne parle pas anglais et communique avec ses ministres en latin. Le cabinet devient alors le véritable détenteur du pouvoir exécutif. Le Premier Ministre se substitue au roi comme chef effectif de l’État. Depuis Robert Walpole, le premier à occuper ce poste, cinquante-trois hommes politiques, dont deux femmes, ont passé la porte du 10 Downing Street, la résidence officielle du Premier Ministre. A l’exception de celle de Winston Churchill, leur histoire est demeurée largement méconnue en France. Qui se souvient de Disraeli, le grand favori de la reine Victoria, ou de Gladstone, à qui la reine ne proposait pas même de s’asseoir quand il venait la tenir au courant des affaires de l’État ? L’ambition de ce livre est de faire connaître aussi ceux qui ont mené la Grande-Bretagne à un degré de puissance remarquable au XIXème siècle et qui lui ont permis de traverser avec honneur l’épreuve des deux guerres mondiales du XXème siècle. A travers leurs destins singuliers, c’est l’histoire politique, économique, sociale, intellectuelle, artistique et religieuse de l’Angleterre qui défile.

. Yasmina Touaibia, Arabie saoudite, Paris, De Boeck Supérieur, mai 2018.

Aux portes de l’Europe se déploie un monde arabe et musulman en pleine mutation depuis 2011, l’année des « printemps arabes ». Cet ouvrage invite à une (re)découverte de l’Arabie saoudite à travers son histoire, sa société, sa politique, son économie, sa culture. Héritière de la tradition bédouine et d’une vision rigoriste de l’islam – le wahhabisme –, l’Arabie Saoudite est un acteur incontournable du monde musulman  : haut lieu de la religion islamique, elle accueille chaque année deux millions de pèlerins à La Mecque. Dans cette monarchie théocratique, la dynastie Al Saoud monopolise le pouvoir. Elle a réussi à endiguer l’effet de contagion du Printemps arabe en alliant répression et achat de la paix sociale. Plus récemment, elle a résisté à une chute brutale des cours du pétrole. Mais le régime est aujourd’hui à un moment crucial de son histoire. Depuis son accession au trône en 2017, le prince Mohamed Ben Selman a engagé son pays sur la voie de réformes ambitieuses qui le repositionnent sur l’échiquier international. Il a néanmoins peu de chances de réussir sans ébranler les piliers du système saoudien…

. Eric Faye, Christian Garcin, Dans les pas d’Alexandra David Néel, Paris, Stock, avril 2018.

En 1924, déguisée en mendiante tibétaine, Alexandra David-Néel franchit en quatre mois mille huit cents kilomètres de forêts, fleuves, vallées profondes et hauts sommets entre Yunnan et Tibet pour arriver clandestinement à Lhassa, alors interdite aux étrangers. À presque un siècle de distance, nous avons voyagé sur ses traces. En pleine mutation économique, touristique, uniformisatrice, la civilisation tibétaine est peut-être en train de disparaître sous les coups de boutoir de la raison économique et des intérêts de la géopolitique. Pourtant, le Tibet de 1924 se laisse encore deviner à travers la puissance des rites, du bouddhisme omniprésent, et de la ferveur religieuse de la population, ancrage de l’identité tibétaine menacée. Ce sont ces réalités multiples, qui semblent incompatibles parfois mais qui coexistent pourtant, que nous avons tenté de circonscrire entre le récit de notre voyage et l’évocation de la figure d’Alexandra David-Néel.

. François Hollande, Les leçons du pouvoir, Paris, Stock, avril 2018.
Pour la première fois depuis qu’il a quitté l’Élysée, François Hollande s’explique. Il tire les leçons humaines et politiques d’une expérience unique. Comment vit un président au jour le jour ? Comment tranche-t-il dans le feu de l’action ? Comment agit-il sur la scène internationale ? Comment a-t-il décidé, pour redresser le pays, d’encourir l’impopularité et l’incompréhension parmi les siens ? Face aux épreuves qui ont ensanglanté notre pays, il donne ses sentiments intimes et nous fait partager, par les portraits saisissants des principaux dirigeants du monde, les défis majeurs de la planète. Il livre des vues aiguës sur la crise que traverse la démocratie européenne et sur l’avenir de la gauche réformiste. Dans sa vie publique, comme dans les replis de sa vie privée, sans impudeur mais sans faux-fuyant, il confesse aussi ses regrets. Il révèle enfin les raisons qui l’ont conduit à ne pas se représenter et détaille les relations complexes qu’il entretient avec Emmanuel Macron. Un document rare sur l’exercice du pouvoir que tout citoyen et tout lecteur curieux de l’expérience humaine des grands dirigeants lira avec passion.

. Jean-Paul Sénéchal, Finistère du Front populaire, Rennes, PUR, avril 2018.

Cet ouvrage se propose d’analyser l’impact du Front populaire sur le Finistère, département rural fortement marqué par la question religieuse. Évitant une approche surplombante, le cadre choisi permet d’appréhender au plus près les fractures de la société finistérienne, entre villes et campagnes, entre blancs et bleus, entre dominants et dominés. La pénétration des idées sociales est faible dans les campagnes. Un puissant syndicalisme agricole s’y développe en s’arrogeant le rôle d’un contre-État. En face, la société urbaine vit ses propres antagonismes. L’Église catholique, présente dans les deux mondes, tente de conforter son emprise sur l’ensemble de la société et se retrouve de fait en concurrence avec les élites agrariennes. L’arrivée des gauches au pouvoir radicalise les positions. L’irruption d’une séquence gréviste inédite oblige les uns et les autres à s’adapter. Les forces adverses mettent en place des stratégies mimétiques qui cherchent à accompagner plutôt qu’à affronter le réveil ouvrier. Les changements d’échelle permettent d’étudier tous les moyens utilisés, du consentement jusqu’à la coercition. Loin d’une histoire fractale, nous avons privilégié une histoire mosaïque. Pour autant, le Finistère du Front populaire, avec ses particularités, s’inscrit dans le cadre national. Cet ouvrage est une contribution à l’histoire de cet événement majeur dans un département catholique et rural.

. François Fourquet, Penser la longue durée. Contribution à une histoire de la mondialisation, Paris, La Découverte, avril 2018.
Depuis les années 1980, le phénomène de la mondialisation a été tellement commenté qu’il semble impossible qu’une vision nouvelle puisse se faire jour. C’est pourtant ce défi que François Fourquet a brillamment relevé dans cet ouvrage posthume, présentant les outils d’analyse des étapes de l’unification du monde. Empruntant aussi bien aux économistes et aux philosophes qu’aux historiens ou aux psychanalystes, il y révèle une pensée originale permettant de remettre en perspective le moment actuel de la mondialisation par rapport à l’évolution du monde sur la longue durée.

. Thierry Sanjuan, Atlas de la Chine. Les nouvelles échelles de la puissance, Paris, Autrement, avril 2018.

Plus de 120 cartes et infographies pour comprendre les défis de la Chine et comment le pays continue de bousculer les équilibres mondiaux. Une culture millénaire face à la mondialisation ; Le territoire chinois, déjà au cœur des échanges internationaux, s’ouvre encore grâce à la nouvelle route de la Soie ; Investissements, dynamisme de la diaspora, innovation : les incontournables outils du rayonnement de la Chine ; Fin de l’enfant unique, augmentation du pouvoir d’achat : de profonds bouleversements sociaux. Cette quatrième édition présente des documents entièrement actualisés sur l’économie intérieure, le tourisme ou les investissements. Un ouvrage indispensable pour découvrir comment la Chine continue de s’imposer au monde.

. Pierre Blanc, Jean-Paul Chagnollaud, Israël face à Israël, Paris, Autrement, avril 2018.
En France comme ailleurs, l’image d’Israël est très contrastée.Pour les uns, c’est un État irréprochable grâce auquel le peuple juif dispose enfin de son « toit politique ». Une démocratie qui perdure dans un environnement instable et dangereux. Pour les autres, c’est avant tout un État qui occupe depuis cinquante ans un territoire qui n’est pas le sien et sur lequel il a développé une colonisation systématique au mépris du droit international.De fait, comme le montrent Pierre Blanc et Jean-Paul Chagnollaud à l’aide de nombreux exemples, la réalité d’Israël offre bien des contradictions. Idéologie, territoire, État, identité, sécurité, économie : autant de thèmes qui sont abordés dans ce livre sous leurs aspects paradoxaux, afin de nous permettre d’appréhender la réalité d’Israël aujourd’hui.

. Julieta Fuentes-Carrera et Philippe Subra, Israël, l’obsession du territoire, Paris, Armand Colin, avril 2018.

Lorsqu’on évoque le conflit israélo-palestinien, les images qui viennent à l’esprit sont toujours violentes : guerres, attentats terroristes, tirs de roquettes, maisons détruites, victimes civiles… Parce qu’elles sont omniprésentes, ces violences cachent en fait une autre dimension de la réalité géopolitique régionale : le rôle joué par les politiques israéliennes d’aménagement du territoire. Un rôle qui ne se limite pas à la construction du Mur de séparation et de nouvelles colonies de peuplement, qui n’en sont que les parties les plus visibles et les plus médiatisées. Et qui est largement sous-estimé par la plupart des analyses, alors que la question du contrôle du territoire est de manière évidente l’enjeu principal du conflit, et ce avant même la création de l’État d’Israël. Cet ouvrage analyse le rôle central que joue « l’obsession territoriale » d’Israël dans la construction de l’État-nation, dans l’exclusion spatiale entre Juifs, Arabes israéliens et Palestiniens et dans le façonnement des identités. Une grille de lecture novatrice du conflit le plus impactant des dernières décennies.

. Michel Abitbol, Histoire d’Israël, Paris, Perrin, avril 2018.

Dans cette vaste synthèse, Michel Abitbol retrace l’histoire d’Israël, de sa naissance, en 1948, à nos jours. Après avoir analysé les origines du nationalisme juif et du sionisme, il décrypte l’arrière-plan historique de la déclaration Balfour de 1917 et la résolution de l’ONU du 29 novembre 1947 préconisant le partage de la Palestine entre un État juif et un État arabe. L’auteur évoque ensuite les sources du conflit entre Juifs et Arabes, puis suit, pas à pas, l’évolution du mandat britannique dans ses atermoiements et ses contradictions, l’édification d’un État juif démocratique en même temps que l’émergence d’une « nation » israélienne et d’une culture hébraïque moderne nées du brassage des vagues successives d’immigrants. Le « retour des exilés », marqué par des réussites exceptionnelles, aboutit à des clivages économiques, sociaux, religieux et culturels mettant à mal la cohésion de la jeune société israélienne dans un contexte de guerres meurtrières auquel ni la victoire de juin 1967 ni les accords d’Oslo avec les Palestiniens en 1993 ne mirent un terme. La montée des extrémismes rend plus incertaine que jamais l’établissement d’une paix durable dans la région. S’appuyant sur des sources variées et solides, Michel Abitbol apporte les éléments indispensables permettant d’appréhender dans toute sa complexité l’histoire sans pareille de l’État juif.

. François Gipouloux, La Méditerranée asiatique, Paris, CNRS, avril 2018.

La Méditerranée au XIVe siècle, un modèle pour comprendre l’Asie de l’Est du XXIe siècle ? C’est la thèse de François Gipouloux dans cette somme ambitieuse. La « Méditerranée asiatique », qui s’étend de Vladivostok à Singapour en passant par la mer Jaune et la mer des Célèbes, est l’un des grands poumons de l’économie mondiale. Un espace maritime bordé de métropoles portuaires, de pôles industriels et de places financières, caractérisé par l’autonomie des centres urbains. L’Asie de l’Est, et en particulier la Chine, bascule lentement de son assise continentale, collectiviste et autarcique, vers l’Asie maritime, ouverte et commerçante. Elle réactive ainsi une tradition éteinte depuis la fin des grandes expéditions qui, au début du XVe siècle, avaient conduit les flottes chinoises sur les côtes de l’Afrique orientale. Une étude fondamentale, dans la tradition des grands travaux de Fernand Braudel.

. Stéphanie Treillet, Économie du développement. De Bandoeng à la mondialisation, Paris, Armand Colin, avril 2018.

Le processus de développement comporte de multiples facettes (démographie, question agraire, inégalités, dimension de genre) et fait l’objet de controverses théoriques. Cet ouvrage propose une réflexion sur la notion de développement en économie, dans le contexte de la mondialisation. Il prend la mesure de l’évolution contemporaine des politiques de développement, à travers la mise en place des Stratégies de réduction de la pauvreté, et des nouveaux défis posés par le développement durable. Il explore également les incertitudes ouvertes par l’émergence de plusieurs grandes économies. Chaque chapitre de synthèse est assorti de textes historiques et contemporains ou de documents statistiques portant sur différents aspects du développement. Des compléments sont disponibles dans la rubrique "ressources numériques".

. Maya Kandel, Les États-Unis et le monde. De G. Washington à D. Trump, Paris, Perrin, avril 2018.

L’élection de Barack Obama comme l’accession de Donald Trump à la présidence des États-Unis ont illustré le désarroi et les interrogations des Américains, et symbolisé tout autant une crise d’identité nationale qu’une remise en question du rapport au monde des États-Unis. Ces deux scrutins traduisent la profonde transformation d’un pays – de nain diplomatique au début du XIXème siècle à hyperpuissance à la fin du XXème siècle – dont la suprématie mondiale est de plus en plus contestée, notamment par l’ascension de la Chine. Trump comme Obama (et Washington, Wilson, Roosevelt, Kennedy ou Nixon avant eux) sont pourtant le produit de l’histoire singulière des États-Unis, l’histoire de 13 colonies à la « destinée manifeste » partant à l’assaut d’un continent, puis bientôt du monde, en près de deux siècles. Montrant le lien entre actions extérieures et évolutions internes ou disséquant un certain nombre de mythes, dont le prétendu isolationnisme, Maya Kandel propose par une remise en perspective salutaire de repenser l’histoire de la politique étrangère américaine depuis la naissance des États-Unis.

. Daniel Sabbagh et Maud Simonet (dir.), De l’autre côté du miroir. Comparaisons Franco-Américaines, Rennes, PUR, avril 2018.

Que peuvent bien avoir de commun l’abstentionnisme électoral, les usages de l’arme aérienne et le processus de consécration de l’œuvre de Jacques Derrida ? Rien, assurément, si ce n’est d’avoir donné lieu à une comparaison entre la France et les États-Unis. Cet ouvrage pluridisciplinaire vient donc pallier un manque, en proposant tout d’abord un panorama structuré des comparaisons entre les deux pays, qui porte aussi bien sur leurs modalités que sur les principaux résultats obtenus. Les thèmes abordés sont le rapport à l’altérité, les formes et frontières de l’État, les mobilisations politiques et les circulations transatlantiques.

. Gilles Fumey, Pierre Raffard, Atlas de l’alimentation, Paris, CNRS, avril 2018.

D’où viennent les produits et boissons que l’on consomme ? Quels hommes et quels paysages leur sont associés ? Pourquoi mange-t-on épicé ici, fermenté là ? Debout ici, assis là ? De quand datent les premières grandes cultures céréalières ? Pourquoi fruits et légumes ont traversé l’Atlantique ? La pizza est-elle consommée aux quatre coins de la planète ? Voici en 300 pages et 200 cartes et illustrations, la formidable histoire des aliments, cuisines et saveurs du monde. De la domestication du maïs vers - 4 000 aux cultures expérimentales d’OGM au XXIe siècle, de l’introduction de la tomate en Espagne à la suite des Grandes Découvertes aux récentes ouvertures de nombreux restaurants japonais un peu partout en Europe, des premiers caféiers originaires d’Éthiopie au XIIIe siècle av. J.C. aux cannettes de sodas des grandes firmes multinationales, des pitas grecques aux samossas indiens... l’histoire des pratiques culinaires se confond avec l’histoire des cultures, des échanges, des climats et des hommes. Et si les codes et les manières de manger diffèrent d’un coin à l’autre du monde, le repas est universellement un moment de partage, et de communion. Car se nourrir n’est certes pas qu’un impératif biologique : c’est aussi un acte hautement culturel. Un atlas à dévorer !

. Christian Le Bart, Les émotions du pouvoir. Larmes, rires, colères des politiques, Paris, Armand Colin, avril 2018.

Les larmes de Ségolène Royal, les blagues de François Hollande, les colères de Philippe Seguin, les indignations de Jean-Luc Mélenchon… Les personnalités politiques laissent de plus en plus souvent transparaître des émotions intenses, comme si le temps de la retenue et du sang-froid à toute épreuve, traditionnellement associés aux fonctions politiques, était révolu. Comme si nous attendions désormais des gouvernants qu’ils expriment les mêmes émotions que nous, comme si la communauté des citoyens était devenue avant tout une communauté émotionnelle. Gouverner c’est pleurer ? Cet ouvrage esquisse une histoire des émotions des politiques, entre contrainte institutionnelle de sang-froid et exigence médiatique d’expressivité. Il restitue le travail incessant des commentateurs pour traquer les émotions, en discuter la recevabilité, en mesurer l’authenticité. Il montre comment les personnalités politiques participent d’un gouvernement des émotions qui est aussi gouvernement par les émotions.

. Jean-Marie Le Gall, Défense et illustration de la Renaissance, Paris, PUF, avril 2018.

La Renaissance est accusée de nourrir le roman de la supériorité européenne, technique, culturelle et économique. Elle est également à l’origine des figures contestées de l’État et d’une première mondialisation, forcément brutale et malheureuse. Quant à l’humanisme, il a légué l’élitisme scolaire et un spécisme en faveur de l’homme au détriment de l’animal. Bref, la période illustre toutes les dérives de l’esprit moderne, individualiste et narcissique, dont le transhumanisme serait le dernier avatar. Ce livre expose le bien fondé de certaines critiques, mais aussi les fantasmes qu’elles mobilisent. Il revient notamment sur la genèse du terme, la Renaissance s’opposant au « Moyen Âge » inventé au XVIe siècle par des hommes qui voulaient faire renaître l’Antiquité, ainsi que sur le Quattrocento italien, son véritable modèle, et sur les Réformes religieuses qui ont marqué la naissance de la modernité. Tenant compte des critiques, de l’historiographie ancienne et la plus récente, l’ouvrage propose de fixer les principaux traits de la Renaissance que l’on peut retenir aujourd’hui. Non, la Renaissance n’est pas morte.

. Olivier Galland, Anne Muxel, La tentation radicale. Enquête auprès des lycéens, Paris, PUF, avril 2018.

L’idée d’une montée de la radicalité au sein de la jeunesse française, avec pour corollaire une certaine banalisation de la violence, mérite d’être examinée, même si les passages à l’acte violent ne concernent qu’une petite minorité assez bien étudiée et identifiée. On ne sait en revanche que peu de choses sur le degré d’acceptabilité de la violence aux yeux du plus grand nombre. Quels sont les segments de la jeunesse les plus concernés par la radicalité ? Peut-on observer un lien entre la radicalité politique et la radicalité religieuse ? Comment les jeunes réagissent-ils aux attentats et au terrorisme ?

Pour répondre à ces questions, les contributeurs de cet ouvrage, tous spécialistes reconnus dans le champ de la sociologie de la jeunesse, analysent les résultats d’une enquête inédite menée auprès de 7 000 lycéens de toutes origines sociales et culturelles, et de toutes confessions religieuses.

. Margaux Chouraqui, La Mythologie Daech, Editions de l’Observatoire, 2018

La propagande de l’État islamique agit sur les esprits, manipule les consciences. Pour la rendre plus persuasive, ses communicants s’inspirent des codes et des repères qui nous sont familiers.

Dans cette mise en scène soignée, les plus anciennes traditions sont relayées par les techniques de communication les plus modernes. Le spectacle de la terreur côtoie la description d’un eldorado où le quotidien est spirituel et paisible. L’imaginaire des jeux vidéo ou du cinéma hollywoodien est détourné pour rendre plus séduisant leur message et rallumer l’horizon mythologique du Califat.

Si Daech a perdu la bataille sur le terrain, les armes ne suffiront pas à enterrer la doctrine jihadiste. Les médias de l’État islamique forgent alors un mythe et se livrent à une bataille d’un autre ordre : elle est maintenant culturelle.

S’appuyant sur des dizaines d’heures de vidéos, une trentaine de périodiques de propagande, et une analyse précise des composantes d’un message très – trop – habile, cet ouvrage décortique ce glaçant discours qui n’est autre que la continuation du jihad par d’autres moyens.

. Michel Nazet, 50 fiches d’actualité et de culture générale - Société, économie, politique, géopolitique, Paris, Ellipses, avril 2018.

La finalité de la culture générale, aujourd’hui comme hier, est avant tout de permettre à chacun de se doter d’une représentation globale, raisonnée et cohérente du monde dans lequel il vit.
Dans cette optique, le présent ouvrage a d’abord pour finalité de préparer aux concours administratifs et des grandes écoles qui exigent, dans leur épreuve dite de culture générale, une argumentation rigoureuse étayée par des connaissances actualisées.

Il a pour ambition aussi, en s’adressant à un public plus large, de montrer comment nos représentations politiques, économiques et sociales ainsi que nos modes de vie et de pensée, c’est-à-dire nos systèmes de valeurs, sont en cours de mutation profonde sous le coup des accélérations de ce que nous appelons, depuis quelques décennies déjà et faute de mieux, la mondialisation.

. Jean-Pierre Chamoux, L’ère du numérique 1. Enjeux des données massives, Londres, ISTE, novembre 2017.

Pendant 200 ans, l’industrie maîtrisa le fer, le feu, la force et l’énergie. Aujourd’hui, en y intégrant des puces, l’électronique façonne nos objets usuels : ordinateurs, téléphones, clés, jeux, électroménager, etc. Données, logiciels et calculs encadrent la conduite des hommes et l’administration des choses. Tout se traduit en données : le chiffre est roi. Composé de trois volumes, L’ère du numérique explore les phénomènes techniques, économiques et sociaux qui résultent de la généralisation d’Internet. Ce premier ouvrage analyse l’enjeu des données massives qui s’accumulent sur les plates-formes Internet et gardent la trace de l’activité des hommes et des connaissances.

. Alain Blondy, Le monde méditerranéen, 15 000 ans d’histoire, Paris, Perrin, avril 2018.

Alain Blondy, dans une grande synthèse dont il a le secret, retrace l’histoire du monde méditerranéen de la préhistoire à nos jours. Ce creuset de la civilisation vit, tour à tour, s’élaborer la pensée antique qui constitua la philosophie, le droit et le politique, puis le monothéisme donnant naissance aux trois religions révélées : judaïsme, christianisme, islam. Longtemps poumon économique de l’Occident, la découverte des océans le rétrograda dans un rôle plus secondaire avant de se trouver à nouveau au cœur de l’humanité par l’expansion des nationalités, le triomphe de la révolution industrielle et le choc des empires. En appréhendant le monde méditerranéen dans un "temps long", en équilibrant les points de vu occidentaux et orientaux, Alain Blondy met en évidence l’érosion empires, les enjeux des frontières et les récentes tensions politiques et religieuses. Une synthèse limpide et ambitieuse qui permet de comprendre le rôle et l’importance du monde méditerranée au centre des événements historiques qui modèlent et bouleversent le Proche-Orient, l’Europe et l’Afrique du nord.

. Jean-Claude Delhez, L’assaut contre les forts de Liège (1914), Paris, Economica, avril 2018.

En août 1914, deux généraux mythiques s’affrontent : le jeune Erich Ludendorff, qui n’est pas encore le chef de l’armée allemande, et le Belge Gérard Leman, identifié au destin des forts de Liège. Ils luttent sur les bords de la Meuse, dans une bataille de douze jours, la première de la Grande Guerre. Une bataille âpre, associant attaques surprises d’infanterie et bombardement de la place forte. Les Allemands y testent leurs nouveautés, Grosse Bertha et Zeppelin. Autre innovation, la propagande, qui fait ses choux gras de la bataille de Liège, suscitant des polémiques qui ne sont pas encore éteintes un siècle après les faits. En puisant aux sources de tous les belligérants, il est pourtant possible de comprendre le déroulement des opérations et de répondre à quelques questions demeurées en suspens : Pourquoi les forts de Liège se sont-ils rendus ? Qui sont ces francs-tireurs belges que les Allemands ont fusillé par milliers ? La résistance de Liège a-t-elle permis à la France de gagner la bataille de la Marne ?

. Chloé Rouveyrolles et Mélinée Le Priol, Les Palestiniens, Paris, Henry Dougier, avril 2018.

Victimes, terroristes, résistants, paysans, engagés ou complètement découragés : au sujet des Palestiniens, les fantasmes sont nombreux et les clichés coriaces ! Il faut dire que cette région est particulièrement exposée au regard du monde, puisque s’y joue l’un des conflits les plus interminables de l’histoire contemporaine. Qui sont les Palestiniens d’aujourd’hui ? Que rassemble cette nation éclatée entre la Cisjordanie, Gaza, Jérusalem-Est, Israël, les camps de réfugiés du monde arabe et la diaspora au sens plus large ? Les Palestiniens savent ce qu’ils ne sont pas, contre qui ils doivent résister, mais savent-ils au juste qui ils sont ? Ce livre propose à travers une galerie de portraits, des pistes de lecture de ce peuple sans État. On y découvre Leila, icône de la résistance palestinienne ; Munther, militant dans un camp de réfugiés ; Kamel, bisexuel ; Annemarie, cinéaste, etc.

. Sylviane Llinares, Benjamin Égasse et Katherine Dana (dir.), De l’estran à la digue. Histoire des aménagements portuaires et littoraux, XVIe-XXe siècle, Rennes, PUR, avril 2018.

L’histoire des aménagements portuaires, littoraux et fluviomaritimes est au cœur de cet ouvrage qui veut comprendre les mécanismes et les enjeux à l’œuvre aux époques modernes et contemporaines. De l’estran à la digue, de la jetée au quai, de la saline au parc conchylicole, de de la dune à la station balnéaire, du phare à la citadelle, différents types d’aménagements sont étudiés afin de restituer les problématiques d’occupation et d’exploitation du littoral français par les hommes du XVIe au XXe siècle.

. Nancy Gomez et Patrick Pasin, Géopolitique des cryptomonnaies, Paris, Talma Studios, mars 2018.
En à peine dix ans, la révolution du bitcoin et de la technologie de la blockchain a amené près d’une centaine de banques centrales sur tous les continents à en étudier les applications et les conséquences. Plusieurs pays sont d’ailleurs en cours de lancement de leur propre cryptomonnaie souveraine, ce qui aura des implications profondes pour le monde et le changera durablement. Géopolitique des cryptomonnaies analyse les différentes stratégies en cours et en dévoile les enjeux. L’un d’eux est de décider si les banques commerciales sont encore nécessaires. S’en passer paraît impossible, c’est pourtant ce qui se joue actuellement au niveau des institutions financières. Ce livre propose aussi quinze scénarios de création de cryptomonnaies impliquant une quarantaine d’États, dont plusieurs permettraient de prévenir ou de mettre fin à des conflits en cours ou latents. Après une telle lecture, il ne fait plus de doute qu’une (crypto)monnaie peut apporter la paix et la prospérité.

. Alexandre Defay et Franck Debié, La Géopolitique, Paris, PUF, mars 2018.

Avec la naissance de l’État, 3000 ans avant notre ère, l’espace géographique acquiert une dimension politique. Désormais, il n’est plus seulement façonné et cloisonné par la diversité du milieu naturel et par celle du peuplement, mais aussi par l’exercice de souverainetés étatiques concurrentes. Il devient le théâtre et l’enjeu de rivalités pour le contrôle de voies stratégiques, de ressources vitales, mais aussi de territoires ou de lieux symboliques. Alors que les débuts de cette discipline ont été entachés par ses compromissions avec le IIIe Reich et ses alliés, aujourd’hui, l’approche géopolitique offre un regard renouvelé sur le monde en tentant de décrire et d’expliquer les rivalités de pouvoir sur l’espace réel ou rêvé grâce à des outils et des concepts que cet ouvrage présente.

. Magali Talandier et Bernard Pecqueur, Renouveler la géographie économique, Paris, Economica, mars 2018.

L’accélération des tendances à la globalisation entraîne la mise en réseau à l’échelle mondiale non seulement des processus de production mais aussi des sentiers de l’innovation. Ces évolutions interpellent la géographie qui ne peut se contenter d’enregistrer les mouvements des entreprises « nomades » qui glisseraient d’un pays à l’autre à la recherche de coûts de production plus faibles et d’une productivité toujours plus grande. De son côté, l’analyse économique ne peut ignorer les effets spatiaux de la globalisation dès lors que les nouvelles localisations ne suivent pas un chemin linéaire simple. Ainsi, au contraire des effets attendus, les évolutions des localisations révèlent un mouvement fort de différenciation des espaces. La « territorialisation » de l’économie apparaît dès lors comme une des modalités importantes de la période de réorganisation de nos systèmes de production. Ce livre propose un renouvellement de la géographie économique de langue française à l’aune des nouvelles dynamiques territoriales.

. Swanie Potot, Nous les Tsiganes, ou les Roms, comme vous dites, vous ». Catégorisations ethniques et frontières sociales en Europe, Rennes, PUR, avril 2018.

La présence et la visibilité des « Roms » d’Europe de l’Est dans les villes françaises sont devenues des questions politiques de premier plan depuis une dizaine d’années. Sans bien savoir qui l’on désigne par ce terme, on leur attribue la résurrection des bidonvilles et la délinquance de rue. À partir d’un travail ethnographique et d’une analyse du mouvement rom, l’auteure montre que la mise en exergue de l’appartenance ethnique tend à naturaliser et figer une frontière sociale.

. Bernard Penisson, Guibert, Jomini, Clausewitz. Les trois colonnes de la stratégie occidentale, Paris, Economica, janvier 2018.

Plutôt que trois monographies juxtaposées, ce livre présente une étude comparée de grands classiques de la pensée stratégique occidentale : Guibert, Jomini et Clausewitz. Il montre leurs différences et leurs convergences, leurs oppositions et leurs complémentarités. Il éclaire les chemins variés qui les conduisent de la tactique à l’opératique et à la stratégie, de la guerre conventionnelle à la guerre populaire et révolutionnaire, de la guerre limitée à la guerre absolue. Chaque partie esquisse la biographie des stratégistes, puis propose l’essentiel de leur pensée, mise en dialogue avec celle des deux autres, et enfin retrace une évaluation critique de l’impact de Guibert, Jomini et Clausewitz sur les grands lecteurs contemporains.

. Julien Durand de Sanctis, Philosophie de la stratégie française, Paris, Nuvis, mars 2018.

Le premier volume de cette Philosophie de la stratégie française, consacré à la stratégie continentale, constitue une indispensable histoire philosophique de la pensée stratégique française, du XVIIIème siècle à nos jours.

. Matthieu Rey, Histoire de la Syrie XIX-XXIe siècle, Paris, Fayard, mars 2018.

En croisant mémoires, presses et documents déclassifiés, Matthieu Rey éclaire les fondements de la Syrie contemporaine et son histoire tumultueuse. Il nous invite à suivre le devenir toujours incertain d’une communauté politique réunissant des populations variées, des hommes et des femmes qui s’installent et s’organisent sur un territoire. Récit de la renaissance des campagnes environnant les villes au détriment des mondes nomades, histoire des migrations des Druzes du Liban vers la Syrie, des Montagnards vers les plaines, des campagnes vers les villes, c’est aussi une narration politique ponctuée par des révolutions et des guerres qui donnent naissance à un État dont le cours de l’histoire se révèle dans la crise révolutionnaire. Depuis 2011, la Syrie, chasse gardée de la famille Assad, se trouve au cœur d’une dramatique actualité internationale, déchirée par la guerre civile. Son histoire n’est-elle pas finalement celle d’espoirs, de heurts, d’essais, d’attentes, de luttes, de violences et de projets partagés entre groupes humains qui tentent de créer les conditions d’un vivre-ensemble dans lequel chacun ait sa place ?

. Manon Quérouil, Malek Dehoune, La part du ghetto, Paris, Fayard, mars 2018.

La première génération d’immigrés y croyait : en travaillant dur, ils s’en sortiraient. Leurs enfants, nés dans les années 1980, ont grandi la rage au ventre, avec l’envie de tout faire péter. Fini, le mythe du bon migrant. Il fallait venger l’honneur bafoué des darons, et vivre comme si on allait mourir demain. Aujourd’hui, les jeunes de cité n’ont plus d’illusions ni d’idéaux. Ils ne brûlent plus de voiture, ils font de la maille. Et rêvent du bled comme d’un nouvel eldorado. Pendant un an, les auteurs sont allés à la rencontre de ces trois générations au coeur d’une cité de la banlieue parisienne. Islam, drogue, prostitution, grand banditisme et petits trafics : dans ce livre, ses habitants se confient comme jamais. Malek Dehoune, un « ancien » de la cité, et Manon Quérouil, grand reporter, proposent une plongée inédite dans le quotidien ignoré d’une France en marge.

. Jean-Paul Gourévitch, La Méditerranée. Conquête, puissance, déclin, Paris, Desclée De Brouwer avril 2018.

Depuis trois mille ans, la Méditerranée a fasciné les conquérants et tous ceux qui rêvent d’en faire un lac intérieur de paix et de prospérité. Ulysse, les Romains, Justinien, les chevaliers francs, Saladin, les Vénitiens, Soliman le Magnifique, Barberousse le pirate, Bonaparte et sa folle expédition d’Égypte, l’Europe colonisatrice, Hitler et son plan B, Nasser, les défenseurs de l’Union pour la Méditerranée, tous ont rêvé de s’emparer de la Méditerranée et de la dominer. Sans oublier les migrants qui rêvent de la traverser, les islamistes qui veulent voir triompher leur idéologie, les amoureux de ses rivages, de ses ports et de ses îles. Aucun n’a pu définitivement la soumettre. Dans cet essai qui se lit comme un roman, l’auteur nous convie à un périple autour d’une mer éternelle qui, dans un monde de menaces, réveille les désirs et incarne l’espoir.

. Céline L’Hostis, Néerlandais. Lignes de vie d’un peuple, Paris, Atelier Henry Dougier, 2018.

Pays-Bas : un petit pays mais une forte influence. Découvrir ce pays par ses habitants.
Bout de terre gagné sur les flots de la mer du Nord par la seule pugnacité de ses habitants, les Pays-Bas représentent un modèle unique à plus d’un titre...
Méconnus, les Néerlandais sont pourtant omniprésents dans notre quotidien (Unilever, Philips, Hema...) et ont su mener leur pays parmi les principales puissances économiques européennes et mondiales.

Forts de leur riche passé, les Pays-Bas offrent aujourd’hui l’image d’un pays prospère, innovant et dynamique mais aussi contradictoire. Chantres des libertés individuelles, pour qui ni le sexe ni les drogues ne sont tabous, les Néerlandais ont pourtant inventé l’émission Big Brother.

Avec une image de bien-être et de prospérité, se dessine ici un royaume construit envers et contre tout, bien au-delà de ses clichés de bon aloi, oscillant entre moulins, tulipes, drogues et prostitutions.

. Catherine C. Laurent, Calédoniens, Lignes de vie d’un peuple, Paris, Atelier Henry Dougier, 2018.

Mais qui sont donc ces Français de l’autre bout du monde ? Quels sont les détours de l’histoire qui les ont rassemblés : Kabyles, Japonais, Javanais, Wallisiens, Vanuatais, Martiniquais, Zoreilles… ?

Comment la culture kanak a-t-elle vécu cette cohabitation ?

Cet archipel du Pacifique, ce petit morceau arraché de l’Australie, recèle des richesses culturelles et naturelles à découvrir à travers les portraits de ceux qui les valorisent.

. Ardavan Amir-Aslani, De la Perse à l’Iran. 2500 ans d’histoire, Paris, L’Archipel, 2018.

Depuis deux mille cinq cents ans, la culture persane participe de l’aventure universelle des sciences, de la philosophie, de l’art et des religions. Car la Perse n’est pas limitée au peuple iranien ni aux frontières actuelles de l’Iran : la géographie et l’histoire l’ont placée à la croisée de plusieurs mondes.
En envahissant la Perse en l’an 633, les Arabes héritent d’une civilisation dont l’apport a par la suite été sous-estimé, quand il n’était pas nié. Or, il est impossible de comprendre l’Asie centrale, le monde indien et l’ensemble de l’univers islamique en laissant l’Iran et sa culture de côté.
Aujourd’hui, la culture musulmane de la Perse, si admirée au Moyen Âge, vit un âge sombre. En Occident du moins, on s’en méfie. Oubliés, prophètes et poètes – de Zarathoustra à Mani, de la poésie soufie de Rûmî aux élégies amoureuses de Hafez de Chiraz – qui chantaient la beauté de la femme et de l’amour, et montraient le chemin vers une compréhension de Dieu et des hommes !
Quatre décennies après la révolution islamique, l’Iran semble de nouveau à un carrefour. Ardavan Amir-Aslani s’érige dans cet essai contre la réécriture fallacieuse du passé de cette civilisation. Pour rendre à la culture perse la place qui lui revient dans l’Histoire.

. Paul-Otto Schmidt, Sur la scène internationale avec Hitler, Paris, Perrin, mars 2018.

Interprète d’Hitler, Paul-Otto Schmidt raconte en témoin privilégié l’ascension et la chute du IIIe Reich, ainsi que les principales réunions et rencontres au sommet qui émaillèrent son histoire. Excellent observateur, volontiers sarcastique, le mémorialiste abonde en anecdotes et portraits savoureux des principaux contemporains, à commencer par Hitler lui-même et sa cour : Ribbentrop et ses vanités, Goering et ses enfantillages, Goebbels et Himmler. Mais aussi Mussolini, Franco, Daladier (excellent récit de Munich), Pétain, Laval (rencontres de Montoire et Saint-Florentin), Molotov, Pavelic… et les autres.

. Rémi Scoccimarro, Atlas du Japon. L’ère de la croissance fragile, Paris, Autrement, mars 2018.

Plus de 100 cartes et infographies pour dresser un portrait actuel du Japon, un archipel de contrastes qui tente de se réinventer. Après le miracle économique, le Japon entame une nouvelle ère, celle d’une croissance ralentie ; Le pays connaît de profondes évolutions : tournant technologique raté, endettement public massif, transition énergétique en cours ; Une société nippone en mutation : condition féminine, vieillissement, pauvreté ; De profondes transformations de l’espace urbain : entre modernisation des mégalopoles et désertification des campagnes ; Cet atlas présente des documents inédits sur les villes, la transition énergétique, le Japon électoral, l’espace sacré, les pauvres, la pègre…


Découvrez un nouveau livre Diploweb. Pierre VERLUISE (dir.) Histoire, Géographie et Géopolitique de l’Asie. Les dessous des cartes, enjeux et rapports de forces, éd. Diploweb, via Amazon, livre imprimé ou kindle, 2018


. Antoine C. Sfeir, Histoire de la Birmanie, Paris, Tallandier, mars 2018.

Le 13 novembre 2010, Aung San Suu Kyi, héroïne de l’opposition à la junte, est libérée après des années de lutte et de captivité. Prix Nobel de la paix en 1991 et fi lle du général Aung San, père de l’indépendance, la Dame de Rangoun préside depuis 2016 aux destinées de la Birmanie et tente de rendre à son pays une place digne de son histoire millénaire. Au carrefour de l’Asie, abritant une diversité culturelle et linguistique unique, la Birmanie s’ouvre depuis peu au monde. Après des décennies d’isolement et d’ostracisme sous le joug d’une junte militaire brutale, un afflux massif de capitaux étrangers, une croissance économique soutenue et un développement touristique remarquable permettent au pays de s’imposer comme un acteur régional incontournable. En dépit de ces progrès, la Birmanie fait face à d’importants défis. Le processus de démocratisation initié en 2010 après la libération d’Aung San Suu Kyi demeure fragile et subordonné à une armée birmane toujours présente au coeur du pouvoir, tandis que les tensions ethniques et religieuses qui divisent le pays depuis son indépendance perdurent sans grand espoir de résolution prochaine, comme en témoigne le regain de violence visant la minorité musulmane rohingya depuis 2012. En retraçant pour la première fois l’histoire de la Birmanie de ses origines aux temps des premiers rois de Pagan jusqu’à nos jours, cet ouvrage nous offre une perspective idéale pour appréhender ce pays en pleine mutation et tenter de mieux le comprendre dans toute sa complexité et sa richesse.

. François Kersaudy, Le Monde selon De Gaulle. Tome 1, Paris, Tallandier, mars 2018.

Il y a dans le monde presque autant d’ouvrages sur Charles de Gaulle que sur Napoléon ; et pourtant, le Général reste une énigme pour la plupart de ses compatriotes. Quel meilleur moyen de le redécouvrir que de le laisser parler ? Bien sûr, comme pour la plupart des grands personnages de l’histoire contemporaine, le flot des paroles et des écrits du général de Gaulle est si abondant qu’un voyage accompagné s’impose. Il permet de séparer l’essentiel de l’accessoire, de replacer ses propos dans leur contexte, puis d’en commenter la pertinence et la portée. Les citations sont ordonnées par thèmes, et l’ordre chronologique dans chaque chapitre donnera au lecteur la possibilité de suivre l’évolution des réflexions gaulliennes sur plusieurs décennies. Qu’il s’agisse de son autoportrait, de ses prophéties, de l’État, de la France libre, de Vichy, de Churchill, de Staline, de Roosevelt, de l’Allemagne, de l’Union soviétique, de l’Angleterre, des États-Unis, du parti communiste, de l’Algérie, des politiciens ou de l’humour, les déclarations publiques et les confidences privées de ce personnage d’exception ménageront bien des surprises…

. Hugues Moutouh et Jérôme Poirot (dir.), Dictionnaire du renseignement, Paris, Perrin, mars 2018.

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l’espionnage et les espions, sans jamais oser le demander.
Les ouvrages relatifs au vaste monde de l’espionnage se sont multipliés. Essais plus ou moins informés, témoignages « vécus » d’une fiabilité variable se succèdent pour répondre à la curiosité insatiable des lecteurs. Car c’est un fait : près de trente ans après la chute du Mur et la fin de la guerre froide, l’univers opaque des espions et agents secrets fascine de plus en plus. Or, la réalité s’avère souvent bien éloignée de la fiction. Il était temps que des professionnels du renseignement rassemblent le maximum d’informations sur leur métier et présentent de façon exhaustive au public le monde dans lequel ils évoluent. Telle est l’ambition de ce dictionnaire : donner la parole aux vrais experts – qui signent parfois sous pseudonyme pour des raisons de confidentialité – afin qu’ils racontent et expliquent les techniques qu’ils utilisent, l’histoire et l’organisation des services, les événements marquants, sans oublier les grandes figures d’hier et d’aujourd’hui. Qu’est-ce qu’un « agent sous légende » ? Une action « d’entrave » ? Pourquoi Donald Trump s’est-il récemment attiré les foudres de la communauté internationale du renseignement ? Les applications de messagerie cryptée sont-elles réellement fiables ? Quelles ripostes concrètes sont apportées à la menace terroriste ? À toutes ces questions, et à bien d’autres, ce livre répond au moyen de notices limpides, classées par ordre alphabétique, qui permettent d’accéder à une information sérieuse et rapide. Unique en son genre, cet ouvrage de référence offre pour la première fois un décryptage vivant et complet de l’univers du renseignement « vu de l’intérieur ».

. Jean-Claude Lescure, Le conflit Israélo-Palestinien en 100 questions, Paris, Tallandier, mars 2018.

Pourquoi Jérusalem est-elle trois fois sainte ? Mur occidental, mur des lamentations, mur du Burâq, pourquoi trois expressions pour une même réalité ? Que contient la déclaration Balfour de 1917 ? Comment la guerre des Six Jours a-t-elle fracturé la société israélienne ? Qu’est-ce que le « camp de la paix » ? Comment le Hamas s’est-il imposé à Gaza ? Pourquoi les États-Unis et Israël entretiennent-ils une « relation spéciale » ? 14 mai 1948. Du plan de partage adopté par l’ONU naît l’État d’Israël, un État juif voulu par les mouvements sionistes. Son pendant, l’État arabe de Palestine, ne voit pas le jour. Promesses contradictoires faites aux Juifs et aux Arabes par les États mandataires, déplacements des populations arabes, droit des réfugiés, droit au retour, guerres israélo-arabes, terrorisme international, Intifadas, colonies ou implantations israéliennes en Cisjordanie et à Gaza : les cycles de violences se multiplient. Les institutions internationales échouent à trouver des solutions tandis que tous les pays interfèrent, des États-Unis à l’Iran en passant par la Jordanie ou l’Égypte. L’espoir de normalisation impulsé par les accords d’Oslo en 1990 est loin, et l’investiture de Donald Trump ouvre une nouvelle ère des relations israélo-palestiniennes. En 100 questions/réponses essentielles et à l’aide de cartes détaillées, Jean-Claude Lescure décrypte l’histoire de ce conflit de 70 ans, qui continue d’enflammer une région sous haute tension.

. Farhad Khosrokhavar, Le nouveau jihad en occident, Paris, Robert Laffont, mars 2018.

Le jihadisme est un fait social total, résultant de facteurs urbains, sociaux, anthropologiques, politiques, mais aussi psychopathologiques. De l’Europe à l’Amérique du Nord, en passant par l’Australie et l’Afrique du Nord, Farhad Khosrokhavar a analysé les situations « jihadogènes » qui favorisent la radicalisation. Son enquête au coeur des cellules terroristes, dans les villes et les banlieues, révèle les points communs entre ces candidats occidentaux au jihad − adolescentes et adolescents, jeunes à problèmes psychosociaux, convertis et recruteurs – mais aussi leur incroyable diversité… Dans cet état des lieux complet, fruit de dix ans de recherche, l’auteur décrypte l’environnement et le profil de plus d’une centaine de jihadistes occidentaux pour comprendre l’origine de leur haine et le moteur de leur passage à l’acte. De cette formidable somme de faits et de témoignages ressort un constat sans appel : le succès du jihad chez les jeunes met en lumière la crise de nos démocraties, en quête de sens et de savoir-vivre ensemble. Cette crise est profonde, ses conséquences risquent d’être durables.

. Marc Bergère, Hélène Harter, Catherine Hinault, Éric Pierre et Jean-François Tanguy (dir.), Mémoires canadiennes, Rennes, PUR, mars 2018.

Aujourd’hui, le Canada ne peut plus être envisagé seulement dans une opposition francophones/anglophones. L’importance des flux migratoires venus des Amériques, d’Asie et d’Afrique tout comme les revendications identitaires des autochtones complexifient le rapport au passé… Quels sont les lieux de mémoires emblématiques du pays et des communautés qui le composent ? Quels acteurs contribuent à la construction de(s) mémoire(s) canadienne(s) ? Cet ouvrage pluridisciplinaire se veut une réflexion sur les enjeux de mémoire qui traversent le Canada, déconstruisant l’image d’un pays jeune sans histoire.

. Xavier Mauduit, De Mathusalem à Mao Zedong : Quelle histoire !, Paris, Tallandier, mars 2018.
Comment Mathusalem a-t-il pu atteindre l’âge très respectable de 969 ans ? Pourquoi un roi de Birmanie du xive siècle a-t-il été tué à cause de son amour pour les concombres ? Comment Mao Zedong a-t-il voulu écraser les moustiques avec des ouvrages ancestraux ? Vieille de plusieurs millénaires ou de quelques décennies, l’histoire nous fascine. Elle nous aide à comprendre le présent et elle éclaire l’actualité : tout ce dont traitent les journaux a une profondeur historique et fait écho à des événements passés. Ainsi, la visite du souverain pontife en Afrique permet de rappeler qu’il y a déjà eu trois papes africains, une grève des universités remémore une colère estudiantine au Moyen Âge, la rivalité entre la France et la Russie est l’occasion de se souvenir d’un ambassadeur du roi, Louis XV qui a voulu renverser le tsar. Procès de cochon, condamnation de cadavre, délires d’inventeur, sacrifices pour la liberté, empereur amoureux ou tyran sanguinaire, le passé nous offre de belles histoires à raconter. En voici quelques-unes réunies dans un joyeux méli-mélo, de la lointaine Antiquité aux temps présents. Au fil des pages, malicieusement illustrées, on s’instruit et on sourit. On se penche sur ce qu’on a appris (ou pas), sur ce dont on se souvient (ou pas), sur ce qu’on aurait aimé savoir (ou ignorer) sur l’histoire du monde et de la France.

. Frédéric Lasserre, Alexandre Brun, Le partage de l’eau. Une réflexion géopolitique, Paris, Odile Jacob, mars 2018.

La rareté de certaines ressources naturelles devient un problème géopolitique majeur à mesure que croît la population mondiale. Le pétrole en est, depuis quelques décennies, l’exemple type, mais l’eau s’affirme peu à peu comme un ferment de conflits à venir.

. Paul Arnould, Les géographies de Tintin, Paris, CNRS, mars 2018.

En 23 albums et pendant presque 50 ans, Tintin a arpenté les cinq continents et navigué sur la plupart des océans, devançant même Armstrong sur la Lune. Hergé, qui ne fut pas un grand voyageur, a créé en quelque sorte le dernier explorateur moderne, l’égal d’un Henry Morton Stanley ou d’un Albert Londres, courant aux quatre coins de la planète. Malgré l’érudite tintinologie actuelle, on ne sait toujours pas très bien quels sont les villes, les campagnes, les fleuves, les milieux, les paysages, les territoires, les cultures, et comportements présentés dans les albums d’Hergé... En somme, quelles sont les géographies de Tintin ? Cet ouvrage, le premier d’ampleur sous cet angle, tente d’approcher les aventures du reporter sous toutes ces face es. Pas pour souligner l’évidence des clichés ou les erreurs d’un Hergé à la culture avant tout livresque – il n’y a jamais eu de lamas à Lima, par exemple –, mais pour explorer les subtilités des géographies en présence, les univers d’un monde qui ne semble plus vraiment le nôtre.

. Marie-Anne Matard-Bonucci, Totalitarisme fasciste, Paris, CNRS, mars 2018.

Avec l’essor des nationalismes et des populismes en Europe, la notion de fascisme revient en force dans le débat politique qu’il s’agisse, pour les uns, de dénoncer un hypothétique retour des années trente ou pour les autres, de stigmatiser l’« islamo fascisme ». Au moment où les démocraties européennes montrent des signes de fatigue, il est impératif de revisiter le sens de ce mot en mobilisant une approche historique et en replaçant ce phénomène politique dans le pays qui l’a vu naître : l’Italie. Marie-Anne Matard-Bonucci rappelle ainsi le rôle et la place inédite de la violence dans l’idéologie fasciste et dans ses pratiques. Une violence non seulement utilisée pour anéantir les adversaires politiques mais aussi, sur un mode génocidaire, dans les colonies italiennes. À travers de nombreuses études de cas, elle décrypte l’impact du projet fasciste sur le quotidien des Italiens, le projet de construction d’un « homme nouveau fasciste » conduisant le régime à vouloir contrôler les comportements, changer les caractères jusque dans la sphère de l’intime : des usages linguistiques au rire, des loisirs aux affects. À rebours des idées reçues, Marie-Anne Matard-Bonucci insiste en n sur la nature raciste et antisémite du régime mussolinien : l’Italie fasciste fut le seul État à avoir expérimenté en même temps une politique raciste coloniale et un antisémitisme d’État.

. Nedim Gürsel, La seconde vie de Mahomet. Le Prophète dans la littérature, Paris, CNRS, mars 2018.

Pierre le Vénérable, Dante, Goethe, Voltaire, Hugo, Renan, Assia Djebar, Salman Rushdie : du Moyen Âge à nos jours, ces auteurs ont évoqué Mahomet dans au moins une de leurs œuvres, faisant du prophète de l’islam tantôt un personnage historique désacralisé, tantôt un héros romanesque actif. Au Moyen Âge, au plus fort de la conquête musulmane, l’Occident chrétien voit en la personne de Mahomet un imposteur, un faux-prophète, voire un Antéchrist prêt à combattre le Messie. La littérature médiévale peint de grossières caricatures de rituels musulmans, et n’hésite pas à proférer des injures à l’adresse du prophète. C’est au siècle des Lumières seulement, avec Voltaire et Goethe notamment, que l’on tente d’identifer et d’étudier sérieusement le personnage historique qui se cache derrière ce nom. Mais il faut encore attendre les Romantiques, Lamartine et Hugo entre autres, pour que le prophète de l’islam béneficie d’une image positive en Occident. Il est même alors qualifié de personnage attachant ! Au XXème siècle en n, le voyage de Mahomet à travers le temps prend une autre tournure, car de nouveaux auteurs prennent alors la liberté de faire du prophète de l’islam un personnage de roman. Avec Salman Rushdie, Assia Djebar et Marek Halter, Mahomet devient imaginaire, de plus en plus éloigné de la figure traditionnelle musulmane.

. Michel Agier, La jungle de Calais, Paris, PUF, mars 2018.

D’avril 2015 à octobre 2016, jusqu’à dix mille migrants ont vécu dans des conditions extrêmement précaires au sein de la « Jungle » de Calais, suscitant autant de passions, de polémiques et de peurs que de solidarités. Michel Agier, reconnu internationalement pour ses travaux sur les migrants et les réfugiés dans le monde, a réuni des personnalités multiples (sociologues, architecte, associatif...) pour fournir les clés de compréhension de l’événement Calais – un objet politique, médiatique et symbolique inédit. Car toutes les indignations dont la Jungle a été l’objet, toutes les violences physiques et morales contre ses habitants et toutes les solidarités qui l’ont aidée à tenir forment un « concentré » de questions qui traversent aujourd’hui le monde aux prises avec la mobilité : comment se définit un « nous » local, national et européen face aux « autres » et à soi-même ? Comment peut-on – ou non – réinventer l’hospitalité à partir des camps ? Quel avenir s’invente dans ces lieux de mise à l’écart et d’exception qui finissent par ressembler à des occupations et à de nouveaux espaces politiques ?

. Philippe Moreau Defarges, La tentation du repli. Mondialisation, démondialisation (XVe-XXIe siècles), Paris, Odile Jacob, mars 2018.

Trois mondialisations-démondialisations se sont succédé depuis les grandes découvertes à la Renaissance. La dernière, qui a débuté à la fin du XXe siècle, opère actuellement un retournement spectaculaire dont la politique de Donald Trump est sans doute le symptôme le plus évident.

. Patrick Coulomb et François Thomazeau, Les Marseillais, Paris, Henry Dougier, mars 2018.

Par vocation, Marseille est d’ici et d’ailleurs. C’est un lieu de passage, de rupture, fait de mouvements brusques et de communautés disparates. Pour décrypter ce « peuple » insaisissable, les auteurs ont choisi une grille, celle du tarot marseillais avec ses 22 figures, incarnées ici par 22 personnalités emblématiques : “Le Pape” Diouf (ancien président de l’OM), “l’empereur” Robert Vigouroux (ancien maire) ou encore “le soleil” Sophie Le Saint (présentatrice de JT)… Leur récit rendra-t-il compte avec justesse des disparités et des similitudes entre tous ces gens qui font Marseille ? Bien sûr que non. Il aurait fallu pour cela interviewer chacun des 860 000 habitants qui la composent ! Ces pages sont une entrée en matière. Pour le reste, le plus simple est d’aller à Marseille, à leur rencontre.

. Laurent Delcourt, Droites militantes et mobilisations réactionnaires, Paris, Syllepse, mars 2018.

L’inquiétante montée des ultra-droites et des mouvements populistes conservateurs, de nouvelles droites militantes, identitaires, néolibérales ou ultra-conservatrices, des ethno-nationalismes, des fondamentalismes religieux… n’est pas un phénomène propre aux pays du Nord. Conséquences de la destruction des sociabilités traditionnelles, de la dissolution des repères culturels et du déclin des utopies politiques, sur fond d’une aggravation des inégalités, ces forces sociales réactionnaires prennent également racine dans le Sud, où elles sapent les fragiles bases de ses démocraties fragiles. Manifestations pro-impeachment au Brésil, mobilisations monarchistes en Thaïlande ou encore montée des fondamentalismes en Inde, dans le monde arabe et ailleurs… À rebours des luttes émancipatrices qui ont fleuri dans le Sud au cours des dernières décennies, les mouvements réactionnaires ont aujourd’hui le vent en poupe. Gardiens de l’ordre moral, nostalgiques d’un passé fantasmé, pourfendeurs de l’universalisme des droits humains et adversaires de l’État social, ils ont consolidé leur assise populaire, au point d’être désormais en mesure de peser sur l’agenda politique, voire de faire et de défaire des gouvernements. Marqueurs de l’explosion des inégalités, de la dissolution des tissus sociaux et du brouillage des repères culturels, religieux et identitaires, engendrés par l’ouverture indiscriminée des marchés, ces « contre-mouvements » sociaux exploitent les ressentiments des perdants de la mondialisation au profit d’intérêts particuliers ou de groupes dominants. En ce sens, ils constituent un inquiétant indicateur des évolutions en cours et de l’état des rapports de force. En croisant points de vue et éclairages nationaux sur cette offensive réactionnaire, l’idée est finalement de mieux cerner les tensions et les conflits qui traversent ces sociétés, dans un contexte international de concurrence exacerbée.

. Jean-Charles Ducène, L’Europe et les géographes arabes du Moyen Age, Paris, CNRS, mars 2018.

« La grande terre » : ainsi les géographes arabes du Moyen Âge désignaient-ils la vaste Europe, espace perçu comme une mosaïque de peuples mouvants qu’ils ne cessèrent jamais d’étudier et de cartographier. Comment comprendre, de leur point de vue, cette représentation géographique d’un continent à la fois inconnu et familier ? C’est à ce décentrement du regard que nous convie Jean-Charles Ducène au fil de cette étude fondée sur un corpus de sources d’une impressionnante richesse. Au début du IXesiècle, les géographes arabes considèrent l’Europe comme un ensemble flou de populations, principalement chrétiennes mais encore païennes loin de la Méditerranée, alors que deux villes se détachent entre légende et réalité, Rome et Byzance. Cet ensemble se structure au fil du temps en pouvoirs étatiques et se couvre de villes, décrites par ces géographes comme des lieux urbanisés et des centres économiques insérés dans un réseau réticulaire de routes, qui s’étendent jusqu’en Scandinavie et à la Volga. Mais quand ces pouvoirs se projettent en Méditerranée et empiètent sur les territoires musulmans, c’est une représentation plus géopolitique qui se construit. De la sorte, ce livre parcourant six siècles de littérature montre que « l’Europe » n’est pas apparue aux savants arabes une et indivisible, mais au contraire infiniment diverse et en mouvement.

. Sebastian Dieguez, Total bullshit ! Au cœur de la post-vérité, Paris, PUF, mars 2018.

L’année 2016 a été consacrée comme celle de la « post-vérité ». Que faut-il comprendre par ce terme ? Selon le dictionnaire d’Oxford, qui en a fait son mot de l’année, le terme désignerait des « circonstances dans lesquelles les faits objectifs ont moins d’influence pour former l’opinion publique que l’appel à l’émotion et aux croyances personnelles ». Ce livre prend le parti de retourner à la source de cet état des lieux et l’identifie dans le concept de « bullshit » théorisé par le philosophe Harry Frankfurt en 1986. Ce qu’il a défini comme une « indifférence à l’égard de la vérité » distincte du mensonge s’avère en effet un outil conceptuel remarquablement efficace pour saisir comment l’opinion prétend l’emporter sur la vérité et pour comprendre le succès des impostures scientifiques et des « théories du complot ». L’ère de la post-vérité est bien celle du bullshit institué à une échelle globale, et seule une compréhension fine de ce phénomène permettra d’engager la lutte qui se prépare. Heureusement, une telle science du bullshit est en fait déjà disponible, mais il restait à l’assembler en un seul volume accessible, utile et stimulant.

. Raphaëlle Nollez-Goldbach, La Cour pénale internationale, Paris, CNRS, mars 2018.

La justice pénale internationale occupe une place centrale dans les relations internationales. La création récente de la Cour pénale internationale (CPI) et son entrée en fonction en 2002 ont marqué une étape majeure dans l’évolution du droit pénal international et dans la répression des crimes internationaux. La CPI est compétente pour juger, comme l’affirme son statut, « les crimes les plus graves qui touchent l’ensemble de la communauté internationale » : le génocide, le crime contre l’humanité et le crime de guerre. Ayant connu des débuts difficiles et face à des critiques de plus en plus exacerbées de la part d’États africains qui l’accusent de néocolonialisme et qui menacent de la quitter, la CPI a néanmoins mis fin à l’immunité des chefs d’États et a innové en matière de protection des biens culturels et historiques ou de sanction des crimes environnementaux. La CPI enquête à ce jour sur dix situations et a rendu, notamment, quatre verdicts de culpabilité et un acquittement.

. Gwénaële Calvès, Territoires disputés de la laïcité. 44 questions (plus ou moins) épineuses, Paris, PUF, mars 2018.

Dans une République laïque, il est interdit aux pouvoirs publics de mêler Dieu à la conduite de leurs actions : la loi vaut pour tous, croyants ou non-croyants, les services publics et leurs agents sont soumis à une obligation de stricte neutralité confessionnelle, les bâtiments publics n’arborent aucun emblème religieux, l’impôt ne finance aucune organisation ou activité cultuelle. Le principe de laïcité exige de la sphère publique qu’elle soit radicalement a-religieuse. Mais les contours de la sphère publique sont aujourd’hui brouillés. La règle de silence sur le religieux tend à migrer vers la société civile, pour s’imposer à des associations, à des entreprises, voire à de simples individus qui déambulent dans la rue. De quel droit ? À quel prix pour les libertés ? Et, pour la laïcité elle-même, au risque de quel détournement de sens ? Sur ces nouveaux territoires de la laïcité, le droit peine à trancher les conflits. Il est souvent muet, obscur ou ambigu. L’analyse de 44 questions (plus ou moins) épineuses ne prétend donc pas livrer des réponses « clé en main » aux problèmes que soulèvent les mutations contemporaines de la laïcité. Elle voudrait plutôt inviter à débattre, sereinement, des fondements politiques et juridiques du projet laïque.

. Jean-Yves Frétigné, Histoire de la Sicile, Paris, Fayard, mars 2018.

Difficile d’imaginer un territoire sur lequel se sont succédé autant de civilisations brillantes et où tant de populations se sont tour à tour installées ! Depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours, la Sicile a abrité quelques-unes des cités grecques, romaines et byzantines les plus prestigieuses, des établissements célébrés dans le monde musulman. Sa position de carrefour de la Méditerranée ne se dément pas, elle s’impose comme un point d’entrée en Europe, pour les migrants du XXIème siècle comme elle l’était par le passé pour les voyageurs venus d’Afrique ou du Moyen-Orient. La Sicile a été subjuguée par une poignée de chevaliers venus de Normandie, conquise mais jamais réellement dominée par l’Empire germanique, par les Angevins, par les Aragonais et les Espagnols, par les Bourbons de Naples, avant de devenir une province italienne unique en son genre. Terre de culture d’une densité et d’une personnalité historiques très fortes mais aussi victime de nombreux préjugés, la Sicile est un objet d’histoire à part entière. Ouvrage de référence autant que compagnon de voyage, le récit documenté de Jean-Yves Frétigné n’a pas d’équivalent sur le sujet.


. Alain Lamballe, Les Pachtouns. Un grand peuple sans pays, Versailles, VA Press, 98 Boulevard de la Reine, 78000 Versailles, 320 pages, 38 euros.

Les Pachtouns défraient la chronique parce qu’ils constituent le noyau dur de l’insurrection pachtoune qui secoue l’Afghanistan et le Pakistan. Chez les Pachtouns, l’idéologie prime sur le sentiment nationaliste. Celui-ci est en berne mais pourrait renaître.

Avec environ 50 millions de personnes, la communauté pachtoune, présente en Afghanistan et au Pakistan, est fractionnée par la ligne Durand définie à l’époque coloniale en 1893. En plein bouleversement politique, social et économique, elle préoccupe les États voisins ou proches, Chine, Iran, Ouzbékistan, Tadjikistan, Kirghizistan, Kazakhstan, Turkménistan et Inde ainsi que les grandes puissances extérieures à la zone, la Russie et les États-Unis en tout premier lieu. Les Pachtouns forment un grand peuple qui ne dispose pas d’un pays qui leur soit propre. Fiers de leur culture, ardents défenseurs de leurs valeurs, ils constituent plus de la moitié de la population de l’Afghanistan (20 millions et probablement 30 millions en 2050) et un peu moins de 17 % de la population du Pakistan (30 millions et sans doute plus de 50 millions en 2050). Ils impriment leur marque sur la politique dans ces deux pays. Certains d’entre eux ont exercé et exercent des fonctions politiques et militaires importantes aussi bien en Afghanistan qu’au Pakistan. C’est dans ce dernier pays que se trouve le centre de gravité de la communauté pachtoune.

Les Pachtouns ont connu un passé prestigieux. Ils ont un avenir prometteur bien qu’incertain, susceptible de modeler l’Asie méridionale et centrale.

Pour réaliser cet ouvrage, l’auteur a puisé dans son expérience sur le terrain, dialogué avec des personnalités pachtounes de divers milieux et analysé des documents de première main.

L’auteur : Alain Lamballe, général de brigade (cadre de réserve) est géopolitologue spécialisé sur l’Asie du Sud où il a vécu six ans et demi et où il se rend régulièrement. Il est docteur en sociologie politique et diplômé en hindi de l’université de Delhi et d’hindi et d’ourdou de l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales. Saint-Cyrien, il est membre d’Asie 21, de la Société d’histoire générale et d’histoire diplomatique et de l’Académie des sciences d’outre-mer.

Le préfacier, Pierre Lafrance, ancien ambassadeur de France en Iran et au Pakistan, est un éminent spécialiste du monde musulman.

Actualité des livres géopolitiques
Bon de commande de l’ouvrage A. Lamballe, Les Pachtouns
Le seul livre sur la géopolitique des Pachtouns. Un ouvrage complet analysant l’histoire des Pachtouns, leur espace géographique, leur société et leurs problèmes politiques et économiques.

L’ouvrage offre au lecteur une étude complète sur les Pachtouns, leur histoire, leur espace géographique, leur société et leurs aspirations politiques. Il présente plusieurs scénarios possibles sur l’avenir de la région qu’ils occupent en Afghanistan et au Pakistan.


. Frédéric Ramel, Cécile Prévost-Thomas (dir.), International Relations, Music and Diplomacy, Palgrave Macmillan, 2018.

“Bringing together musicologists, historians and political scientists, this innovative and interdisciplinary book makes a compelling case for an acoustic turn. Music—and sound in general—can now be appreciated as an important part of diplomacy and international relations.”
— Roland Bleiker, Professor of International Relations, University of Queensland, Australia

“From ambassadors’ fancy parties to the technologies of tuning, broadcasting and intimacy—in this volume many facets of interdisciplinary scholarship on musical diplomacies come together in conversation. The authors interweave stories from four continents and a broad swath of historical time to reveal myriad means by which music creates and sustains international relations. With its inclusive approach and nuanced narratives this book is a novel and welcome contribution to the scholarly literature.”
— Danielle Fosler-Lussier, Professor of Musicology, Ohio State University, USA

“This is a welcome cross-disciplinary addition to the field of diplomatic studies, combining conceptual innovation and historical depth, and dealing with a topic that is much under-researched. It is especially recommended for those interested in the social, everyday and aesthetic dimensions of diplomacy.”
— Costas M. Constantinou, Professor of International Relations, University of Cyprus, Cyprus

This volume explores the interrelation of international relations, music, and diplomacy from a multidisciplinary perspective. Throughout history, diplomats have gathered for musical events, and musicians have served as national representatives. Whatever political unit is under consideration (city-states, empires, nation-states), music has proven to be a component of diplomacy, its ceremonies, and its strategies. Following the recent acoustic turn in IR theory, the authors explore the notion of “musical diplomacies” and ask whether and how it differs from other types of cultural diplomacy. Accordingly, sounds and voices are dealt with in acoustic terms but are not restricted to music per se, also taking into consideration the voices (speech) of musicians in the international arena.

Frédéric Ramel is Full Professor and Head of the Political Science Department at Sciences Po, Centre de Recherches Internationales, France.
Cécile Prévost-Thomas is Associate Professor in Sociology of Music at the University Sorbonne Nouvelle - Paris 3, Centre de Recherche sur les Liens Sociaux, France.

. Emmanuel Blanchard, Histoire de l’immigration algérienne en France (1900-1990), Paris, La Découverte, mars 2018.

Les relations entre la France et l’Algérie sont souvent considérées comme « passionnelles » en raison, notamment, du poids des années de guerre (1954-1962). Or ce sont cent trente ans de colonisation et près de deux siècles de migrations qui ont tissé de multiples liens : avec des départs de la France vers l’Algérie d’abord, avant que les traversées dans l’autre sens se multiplient à partir des années 1900. Aujourd’hui encore, les Algériens forment le principal groupe d’étrangers installé en France alors même que des générations de descendants d’immigrés ont acquis la nationalité française. Le droit de la nationalité, les politiques d’immigration, les imaginaires, mais aussi les sociabilités populaires ont largement été marqués par cette présence. La prise en compte d’une situation coloniale, puis postcoloniale, permet d’expliquer les discriminations structurelles et les luttes qu’elles ont engendrées. En laissant toute sa place à une histoire sociale ouverte à la diversité des pratiques (religieuses, culturelles, professionnelles...) et des trajectoires, l’auteur restitue la diversité d’une immigration souvent réduite à quelques stéréotypes ou à sa seule histoire politique.

. Benoît Agnès, L’appel au pouvoir. Les pétitions aux Parlements en France et au Royaume-Uni (1814-1848), Rennes, PUR, mars 2018.

Revitalisée par Internet, la pétition connaît une nouvelle vogue comme mode d’action auprès des pouvoirs en place. Cette renaissance suit des décennies d’effacement apparent, après un XIXe siècle que l’on a pu caractériser comme essentiellement pétitionnaire. Traitant du cas de la France et du Royaume-Uni, cet ouvrage met en perspective les dimensions multiples du phénomène pétitionnaire.
. Olivier Marty et Nicolas Dorgeret, Connaître et comprendre l’Union européenne. 35 fiches sur les institutions européennes. IEP, Classes préparatoires, Universités. Préface de J-D Giuliani, Paris, Ellipses, mars 2018.

Connaître et comprendre l’Union européenne : 35 fiches sur les institutions européennes propose de fournir à des étudiants de classes préparatoires, d’IEP ou d’Universités une base robuste pour s’initier aux rôles et aux pouvoirs des institutions de l’Union européenne (UE).
Issu d’un cours donné par les auteurs depuis 2015 en Master au sein de l’École des Affaires publiques de Sciences Po, l’ouvrage apporte, d’une part, des connaissances factuelles convoquant l’histoire, le droit et les politiques de l’UE et, d’autre part, des réponses à certaines questions posées au sujet des institutions dans le débat public.
Le livre traite d’abord du triangle institutionnel (Commission, Conseil, Parlement) et du Conseil européen avant de s’ouvrir à la Banque centrale européenne (BCE), à la Banque européenne d’investissement (BEI), à la Cour des comptes et à la Cour de justice (CJUE).
Il est l’un des rares manuels à analyser la réponse des institutions à la crise financière et de la zone Euro.
Il revient, enfin, sur les enjeux de réforme des institutions.

. Serge Berstein et Pierre Milza, Le Fascisme italien. 1919-1945, Paris, Points, mars 2018 (ré-édition).

Longtemps après la chute du régime mussolinien, les historiens et autres praticiens des sciences sociales n’en finissent pas de s’interroger sur la nature du phénomène fasciste. Une "parenthèse" dans l’histoire de l’Italie ? Ou au contraire le point d’aboutissement d’une révolution manquée, l’échec tragique des élites forgées par les batailles du Risorgimento ? Le résultat d’une action concertée et logique des représentants du "grand capital" ou le fruit suicidaire de la révolte "petite-bourgeoisie" ? Par essence totalitaire ? Impérialiste ? Mais, comprendre le fascisme, c’est d’abord en rechercher la réalité vivante, complexe, souvent contradictoire, dans le déroulement de son histoire, dans le jeu turbulent et conflictuel des forces et des hommes qui sous-tendent son action ou qui la combattent. Tel est l’objet de ce livre.

. Frédéric Lefebvre, Chaos, Neuilly-sur-Seine, Michel Lafon, mars 2018.

Ancien ministre, longtemps proche de Nicolas Sarkozy qu’il a aidé à conquérir le pouvoir en 2007, Frédéric Lefebvre, porte-parole et député UMP, a quitté Les Républicains au printemps dernier. Esquissant les contours d’un nouvel horizon positif, il dévoile la noirceur d’un monde où les intérêts partisans n’ont cessé de l’emporter sur le souci du bien public, sabotant le quinquennat Hollande, ruinant la candidature Fillon. Mêlant grande et petite histoire, il retrace trente ans d’aventure politique et de rencontres intenses, avec Barack Obama, Donald Trump ou Emmanuel Macron. On voit Nicolas Sarkozy au bord de l’abîme après le départ de Cécilia puis tiraillé entre l’hédonisme progressiste de Carla Bruni et l’influence du subversif Patrick Buisson, François Fillon s’alliant aux ultras de Sens Commun pour résister aux coups de son camp, Laurent Wauquiez nouant de dangereuses liaisons avec l’extrême droite. En dépeignant cet univers où trahisons, intimidations et exécutions dépassent en brutalité Baron noir ou House of Cards, au point qu’il a manqué un jour y laisser sa vie, Frédéric Lefebvre lance aussi un appel aux politiques pour qu’ils retrouvent cœur et humanité.

. Mickaël Correia, Une histoire populaire du football, Paris, La Découverte, mars 2018.

De l’Angleterre à la Palestine, de l’Allemagne au Mexique, du Brésil à l’Égypte, de la France à l’Afrique du Sud, ce livre raconte une autre histoire du ballon rond, depuis ses origines jusqu’à nos jours. Le football ne se résume pas au foot-business : depuis plus d’un siècle, il a été un puissant instrument d’émancipation pour les ouvriers, les féministes, les militants anticolonialistes, les jeunes des quartiers populaires et les contestataires du monde entier. L’auteur retrace le destin de celles et ceux qui, pratiquant ce sport populaire au quotidien, en professionnels ou en amateurs, ont trop longtemps été éclipsés par les équipes stars et les légendes dorées. Prenant à contre-pied les clichés sur les supporters de foot, il raconte aussi l’étonnante histoire des contre-cultures footballistiques nées après la Seconde Guerre mondiale, des hooligans anglais jusqu’aux ultras qui ont joué un rôle central dans les printemps arabes de 2011. En proposant une histoire « par en bas », en s’attachant à donner la parole à tous les protagonistes de cette épopée, Mickaël Correia rappelle que le football peut être aussi généreux que subversif.

. Claire Marynower, L’Algérie à gauche, 1900-1962, Paris, PUF, mars 2018.

Du début du XXe siècle jusqu’à l’indépendance, des générations d’individus ont milité à gauche, au parti socialiste, dans l’Algérie colonisée. Ce livre retrace leur histoire et s’attache à dessiner le portrait des militants dans leur diversité et leur complexité. Car la plupart étaient français, mais il y eut aussi des Algériens parmi eux. Ils militaient pour l’égalisation des conditions de vie entre tous les habitants du pays, pour les droits des travailleurs, mais ne prirent longtemps pas la mesure de ce qu’était la « nuit coloniale » pour ceux qui la subissaient. Ils étaient de toutes les grèves, défilaient dans les rues et se battaient avec la droite européenne, mais ne se joignirent pas aux cortèges qui demandaient l’indépendance pour l’Algérie. C’est cet entre-deux, ni anticolonialiste ni purement colonialiste, que ce livre cherche à restituer, pour une compréhension en profondeur de la société coloniale.

. Alice Ekman (dir.), La Chine dans le monde, CNRS éditions, 2018

Aujourd’hui, les initiatives internationales de la Chine se multiplient et se diversifient : la Chine investit dans les infrastructures de transport ou de télécommunication à l’étranger, maintient ses revendications territoriales et maritimes, ouvre de nouvelles bases militaires, crée de nouvelles institutions multilatérales, renforce son réseau de médias en langues étrangères…

Xi Jinping a définitivement tourné la page de l’approche « profil bas » de la politique étrangère mise en place par Deng Xiaoping au lendemain de la révolution culturelle, dont l’objectif premier était de sortir le pays de la pauvreté. Si le développement économique demeure une priorité de la diplomatie chinoise – face aux écarts de développement persistant au sein du territoire national et au ralentissement de la croissance –, d’autres enjeux préoccupent également Pékin aujourd’hui : l’approvisionnement en énergie et matières premières, la protection des ressortissants chinois à l’étranger ou encore la lutte contre le terrorisme.

Huit des meilleurs spécialistes francophones de la Chine se sont réunis pour analyser chacun de ces enjeux et la manière dont la Chine y répond actuellement. Les nouvelles initiatives internationales de la Chine constituent-elles uniquement une réponse à ces enjeux, ou sont-elles également motivées par d’autres objectifs ? Cet ouvrage pose en définitive une question essentielle : quelles sont les ambitions de la politique étrangère chinoise ? Sa lecture permet de mieux comprendre la façon dont la Chine perçoit le monde, et surtout, le rôle qu’elle souhaite y jouer.


Livre recommandé par le Diploweb.com pour le mois de mars 2018

. Tatiana Kastouéva-Jean La Russie de Poutine en 100 questions, Paris, Tallandier, 2018.

Pierre Verluise, Fondateur du Diploweb.com : "Avec La Russie de Poutine en 100 questions, Tatiana Kastouéva-Jean réussit le tour de force d’un ouvrage maîtrisé, argumenté, non complaisant mais lucide sur les aspirations et les contradictions de la Russie de V. Poutine. Pour qui ne se contente pas des délices de la propagande des réseaux russes (RT, Sputnik, Facebook et plus si affinités...), voici en un format accessible, sous la forme de courts chapitres, un vaste tour d’horizon de ce pays continent de 17 millions de kilomètres carrés que ce régime - pas plus que les précédents - n’arrive à véritablement valoriser. Ce qui n’empêchera pas Vladimir Poutine d’être brillamment réélu. "

4e de couverture

Pourquoi Vladimir Poutine est-il si populaire ? A-t-il un projet pour la Russie ? Y a-t-il une vraie opposition politique ? La Russie est-elle un pays développé ? Qui sont les alliés de la Russie ? La Tchétchénie vit-elle selon ses propres lois ? Quelles sont les raisons de l’intervention russe en Syrie ? En quoi croit la jeunesse russe ? La Russie mène-t-elle une guerre de l’information contre l’Occident ? Quel sera l’« après-Poutine » ?

Son histoire et sa culture fascinent, ses nouvelles capacités militaires impressionnent, tandis que sa politique divise et que son économie déçoit. On voyait la Russie comme une puissance régionale en déclin, mais la politique musclée de Vladimir Poutine a abouti à son retour spectaculaire sur la scène internationale. Elle est désormais incontournable sur les plus grands dossiers : de l’Ukraine à la Syrie, de la lutte antiterroriste à l’ingérence supposée dans les élections américaines.

Au pouvoir depuis dix-huit ans, l’ « homme le plus influent de la planète », tour à tour modernisateur puis autocrate, n’a pas fini de surprendre. Il verrouille les institutions, renforce la propagande et le contrôle des médias et aborde un quatrième mandat en toute sérénité. Voici 100 questions/réponses essentielles pour mieux comprendre la genèse et l’évolution du régime Poutine, ainsi que les dynamiques de la société russe.

Voir la présentation vidéo par l’auteure sur le site de l’IFRI


. Guillaume Devin, Sociologie des relations internationales, Paris, La Découverte, mars 2018.

Différente d’une approche exclusivement théorique ou d’une lecture purement historique, la sociologie des relations internationales appréhende les faits « internationaux » comme des faits sociaux. Elle privilégie la démarche empirique tout en l’accompagnant d’un effort de systématisation. Face à une incroyable accumulation d’événements et d’informations, il s’agit d’organiser la diversité des variables et des techniques internationales autour de quelques rubriques fondamentales : les acteurs, leur puissance, leurs objectifs, leurs instruments. La sociologie des relations internationales propose ainsi un cadre d’analyse suffisamment large pour saisir les permanences et les discontinuités des modes d’action internationaux dans la durée, mais aussi suffisamment précis pour définir ce qui fait leur spécificité aujourd’hui. Dans cette perspective, ce livre s’efforce de ne pas séparer l’empirie et la théorie, le passé et le présent, l’analyse des continuités et une réflexion plus globale sur le changement. Il ouvre des pistes fécondes aux études politiques internationales.

. Françoise Thom, Comprendre le poutinisme, Paris, Desclée De Brouwer, 2018,

Comment définir le régime de Poutine ? S’agit-il d’un autoritarisme camouflé sous des décors démocratiques ? Avons-nous affaire à une forme d’autocratie, dans la continuité de l’histoire russe, ou à une oligarchie mafieuse ? Quelle est l’influence de l’ex-KGB, sur le mode de pensée des hommes du Kremlin et sur leurs méthodes de gouvernement ? Le régime peut-il survivre à son homme fort ? Pourquoi l’opposition donne-t-elle une impression de faiblesse et de division face à un pouvoir dont les échecs sont aujourd’hui flagrants ?

Pour répondre à ces questions, l’auteur se penche sur la genèse et l’histoire du poutinisme. Elle souligne la place de la « com » dans ce système mêlant archaïsme et modernité. La politique étrangère de la Russie est analysée à travers les évolutions de sa politique intérieure. Ainsi apparaît le paradoxe de ce pays : l’affirmation d’une « civilisation russe » tournant le dos à l’Occident cache la passion nihiliste qui anime le Kremlin et qui exerce une influence délétère, en Russie et à l’étranger.

Françoise Thom, spécialiste de l’URSS et de la Russie postcommuniste, enseigne l’histoire à l’université Paris-Sorbonne. Elle a publié de nombreux ouvrages, dont « Les Fins du communisme » (1994), « Beria : le Janus du Kremlin » (2013) et récemment : « Géopolitique de la Russie » (avec J.-S. Mongrenier, 2016).

. Pierre Blanc, Terres, pouvoirs et conflits. Une agro-histoire du monde, Paris, Presses de Sciences Po, mars 2018.

La terre prodigue ses ressources et confère la puissance à ceux qui se l’approprient. Les sociétés n’ont eu de cesse de se battre et de mourir pour elle : conquêtes, guerres civiles, autoritarismes, etc. Parce que la possession de la terre demeure un moteur politique décisif, Pierre Blanc revisite l’histoire contemporaine en plaçant la question foncière au coeur des logiques de pouvoir.

Des fascismes européens aux dictatures latino-américaines, de la révolution chinoise aux guérillas colombiennes, combien de séquences politiques ont eu pour arrière-plan une terre mal distribuée ? Des États-Unis dans la guerre froide à la Russie d’aujourd’hui, de la Chine aux pays du Golfe qui investissent dans le monde, combien de pays ont exprimé une volonté de puissance et de sécurité par leur emprise foncière ? Des Kurdes aux Tibétains, des Palestiniens aux Ouïgours chinois, combien de peuples ont vu leurs terres se dérober et leur rêve de reconnaissance ainsi entravé ? Une agro-histoire du monde pour comprendre les enjeux géopolitiques du XXIe siècle.

. Warren I. Cohen, A Nation Like All Others. A Brief History of American Foreign Relations, New York, Columbia University Press, mars 2018.

Belief in the United States as a force for good in the world runs deep. Yet an honest consideration reveals a history marred by great crimes and ordinary errors, alongside many achievements and triumphs. In this comprehensive account of American foreign relations from the nation’s founding through the present day, the diplomatic historian Warren I. Cohen calls attention to the uses—and abuses—of U.S. international leadership and the noble as well as the exploitative ends that American power has wrought. In A Nation Like All Others, Cohen offers a brisk, argumentative history that confronts the concept of American exceptionalism and decries the lack of moral imagination in American foreign policy. He begins with the foreign policy of colonial and postrevolutionary America, exploring interactions with European powers and Native Americans and the implications of slavery and westward expansion. He then traces the rise of American empire ; the nation’s choices leading up to and in the wake of the First World War ; and World War II and renewed military involvement in foreign affairs. Cohen provides a long history of the Cold War, from its roots under Truman through the Korean and Vietnam Wars to the transformation of the international system under Reagan and Gorbachev. Finally, he surveys America’s recent history in the Middle East, with particular attention to the mismanagement of the War on Terror and Abu Ghraib. Written with great depth of knowledge and moral clarity, A Nation Like All Others suggests that an unflinching look at the nation’s past is America’s best option to shape a better future.

. Christophe Farquet, Histoire du paradis fiscal suisse, Paris, Presses de Sciences Po, mars 2018.

Les paradis fiscaux aussi ont une histoire. Christophe Farquet a dépouillé des archives multiples et inédites pour comprendre depuis quand et comment la Suisse est devenue l’un des principaux centres offshore du monde. Après la première guerre mondiale, alors que les autres États européens mettaient en place une fiscalité contraignante sur l’activité économique pour financer leur reconstruction, la Suisse, restée neutre durant le conflit, a maintenu le secret bancaire et offert un régime accommodant aux capitaux étrangers. Tout au long du XXe siècle, au fil des négociations internationales, les dirigeants suisses ont d’autant mieux défendu cette position que l’attractivité fiscale du pays avait une incidence majeure sur l’économie et la politique de ses voisins européens et qu’il devenait un maillon indispensable de la globalisation financière. En replaçant l’expansion du paradis fiscal suisse dans l’histoire de la fiscalité, des places financières et des relations extérieures, l’ouvrage bouscule maintes interprétations de l’histoire économique et permet une lecture nouvelle des événements survenus depuis l’éclatement de la crise financière en 2007.

. Øystein Tunsjø, The Return of Bipolarity in World Politics. China, the United States, and Geostructural Realism, New York, Columbia University Press, février 2018.

Since the collapse of the Soviet Union, the international system has been unipolar, centered on the United States. But the rise of China foreshadows a change in the distribution of power. Øystein Tunsjø shows that the international system is moving toward a U.S.-China standoff, bringing us back to bipolarity—a system in which no third power can challenge the top two. The Return of Bipolarity in World Politics surveys the new era of superpowers to argue that the combined effects of the narrowing power gap between China and the United States and the widening power gap between China and any third-ranking power portend a new bipolar system that will differ in crucial ways from that of the last century. Tunsjø expands Kenneth N. Waltz’s structural-realist theory to examine the new bipolarity within the context of geopolitics, which he calls “geostructural realism.” He considers how a new bipolar system will affect balancing and stability in U.S.-China relations, predicting that the new bipolarity will not be as prone to arms races as the previous era’s ; that the risk of limited war between the two superpowers is likely to be higher in the coming bipolarity, especially since the two powers are primarily rivals at sea rather than on land ; and that the superpowers are likely to be preoccupied with rivalry and conflict in East Asia instead of globally. Tunsjø presents a major challenge to how international relations understands superpowers in the twenty-first century.

. Thomas Dandois et François-Xavier Trégan, Daesh, paroles de déserteurs, Paris, Gallimard, février 2018.

Daesh, paroles de déserteurs est une plongée au cœur de la machine État islamique. Elle dévoile les différentes facettes de l’organisation à travers les mots de ceux qui, après avoir servi et combattu pour elle à un moment de leur vie, s’en sont échappés. Ces déserteurs sont-ils pour autant des repentis ? La plupart ont décidé de s’évader, écœurés par une accumulation de violences, de cruautés, de mensonges et de corruptions, ou par simple intérêt personnel. Ces paroles libres, souvent teintées d’amertume et de regrets, prouvent que l’État islamique n’est en rien le bloc uni, solide et cohérent présenté par les vidéos de propagande. Les deux auteurs, à la recherche d’une réalité clinique, ont offert la parole à ceux que l’on n’entend pas, parce qu’ils se cachent. Ils ont mis de côté leurs émotions et leur jugement personnels pour favoriser la confidence, comme ce soir du 13 novembre 2015 passé aux côtés d’un ancien soldat de Daesh qui, à la question : « Que pensez-vous de cet attentat ? », répond : « Je préfère ne rien dire, vous ne comprendriez pas. »

. Jean-Christian Petitfils, Histoire de la France, Paris, Fayard, février 2018.

De la scène inaugurale du partage de l’empire de Charlemagne jusqu’à nos jours, Jean-Christian Petitfils livre une fresque vivante et colorée de l’Histoire de la France. Au-delà des récits légendaires, ce vrai « roman national » se lit dans l’action des gouvernants, les transformations sociales ou économiques, le mouvement des idées, l’histoire des mentalités, le dévouement des grandes figures héroïques ou celui, plus obscur, des petites gens transportées par l’amour de leur pays. Car n’en déplaise à ses détracteurs, il existe bien une identité de la France. Ce pays a traversé une multitude de bourrasques et de drames, a connu une pluralité de régimes politiques, de périodes fastes et néfastes. Peu à peu, son identité s’est façonnée autour de quelques piliers fondateurs : un État central propice à l’épanouissement de la nation, incarnant la justice au service du bien commun, défendant une laïcité ne reniant pas ses racines chrétiennes ; un État marqué par des valeurs universelles, permettant l’assimilation des peuples et des cultures. Des piliers fortement ébranlés aujourd’hui. S’appuyant sur les données historiques les plus récentes, Jean-Christian Petitfils nous convie à un palpitant récit. Saint Louis, Jeanne d’Arc, François Ier, Catherine de Médicis, Henri IV, Louis XIV, Robespierre, Napoléon, Jean Jaurès, Clemenceau, mais aussi, plus près de nous, De Gaulle, Jacques Chirac, Simone Veil, Nicolas Sarkozy ou François Hollande, tous sont convoqués pour donner vie à ce tableau magistral.

. Pierre Birnbaum, Où va l’État ? Essai sur les nouvelles élites du pouvoir, Paris, Seuil, mars 2018.

Le recrutement des nouvelles élites de l’État semble évoluer de manière accélérée. Les hauts fonctionnaires sont de plus en plus souvent passés par HEC ou l’ESSEC, avant ou après l’ENA. Certains d’entre eux quittent provisoirement le service de l’État pour rejoindre des grandes entreprises, des banques ou des cabinets de conseil, comme l’illustrent le parcours d’Emmanuel Macron lui-même et celui de plusieurs des membres de son cabinet. Les députés de la nouvelle Assemblée sont, eux aussi, en grand partie issus du monde de l’économie (plutôt qu’enseignants, journalistes ou avocats comme par le passé). Dès lors pèse le soupçon d’une collusion croissante entre ces diverses élites. Une " oligarchie " a-t-elle pris en main la direction de l’État, comme le soutiennent divers populismes ?


Découvrez les livres géopolitiques publiés par Diploweb : des références disponibles via Amazon sous deux formats, Kindle et papier broché

. P. Verluise (dir.), "Histoire, Géographie et Géopolitique de l’Asie. Les dessous des cartes, enjeux et rapports de force".

. L. Chamontin, "Ukraine et Russie : pour comprendre"

. P. Verluise (dir.), "Histoire, Géographie et Géopolitique du Proche et du Moyen-Orient. Les dessous des cartes, enjeux et rapport de force"

. A. Degans, "Réussite aux concours 2018 ! La synthèse de l’actualité internationale 2017"

. P. Verluise (dir.), "Histoire, Géographie et Géopolitique de la mondialisation contemporaine. Les dessous des cartes, enjeux et rapports de force"

. S. Schmit, "Histoire, Géographie et Géopolitique de l’Amérique latine : Un sous-continent en pleine transition politique, énergétique et commerciale. Dossiers et fiches pays"

. L. Bloch, "L’Internet, vecteur de puissance des États-Unis ? : Géopolitique du cyberespace, nouvel espace stratégique"

. G-F Dumont, P. Verluise, "The Geopolitics of Europe : From the Atlantic to the Urals"


. Stéphane Leveque et A. F. Taiclet, À la conquête des villes. Sociologie politique des élections municipales de 2014 en France, Villeneuve d’Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, mars 2018.

Les élections municipales de 2014 ont en partie changé le paysage politique français (affaiblissement local du PS, implantation du FN). Au-delà des victoires et défaites, c’est à la fois à des transformations profondes du jeu politique et à la résistance de certaines logiques structurantes de la représentation politique que nous assistons. À partir d’enquêtes empiriques poussées et diversifiées, l’ouvrage se propose de mieux comprendre tant les changements électoraux que la pérennité des pratiques politiques.

. Shannon O’Lear, Environmental Geopolitics, Lanham, Rowman & Littlefield Publishers, mars 2018.

This thought-provoking and clearly argued text provides a critical geopolitical lens for understanding global environment politics. A subfield of political geography, environmental geopolitics examines how environmental themes are used to support geopolitical arguments and physical realities of power and place. Shannon O’Lear considers common, problematic traits of such familiar but widely misunderstood narratives about human-environment relationships. Mainstream themes about human-environment relationships include narratives about presumed connections between human population trends and resource scarcity ; ways in which conflict and violence are linked to resource use or environmental degradation ; climate security ; and the application of science to solve environmental problems. O’Lear questions these narratives, arguing that the role or meaning of the environment is rarely specified, humans’ role in these situations tends to be considered selectively, and little attention is paid to spatial dimensions of human-environment relationships. She shows that how we tend to think about environmental concerns often obscure value judgments and constrain more dynamic approaches to human-environment relationships. Environmental geopolitics demonstrates how we can question familiar assumptions to generate more just and creative approaches to our many relationships with the environment.

. Bernard Bruneteau, Combattre l’Europe. De Lénine à Marine Le Pen, Paris, CNRS, mars 2018.

Brexit, progrès des partis eurosceptiques et europhobes, désaccords sur la politique migratoire, discrédit des politiques communautaires d’austérité… L’UE en crise érode l’attrait pour le projet européen en semblant donner raison à ceux qui l’accablent de tous les maux.

En un essai exigeant et incisif, Bernard Bruneteau montre que cette hostilité s’inscrit dans le temps long. L’europhobie recouvre en effet plus d’un siècle d’histoire, de Lénine à Marine Le Pen, de l’internationalisme communiste au néo-populisme identitaire. Au nom de la lutte des classes et en haine du Capital, l’Internationale fut violemment opposée aux projets de fédéralisme européen qui s’épanouirent dans l’entre-deux-guerres. À la même époque, sur un autre versant, l’exacerbation des nationalismes vint malmener le rêve d’une Europe supranationale porté par une poignée de penseurs libéraux. Les avatars de ces deux matrices continuent d’inspirer les discours d’opposition à l’UE. Et tendent de plus en plus à mêler leurs voix.

. Bernard Cottret, Le siècle de l’édit de Nantes, Paris, CNRS, mars 2018.

Les guerres de religion qui ont ensanglanté le royaume de France, nous lèguent de la religion une image de violence et de fanatisme, faisant écho à notre situation contemporaine. Pourtant dès 1598, grâce à son édit de Nantes, la France a expérimenté un mode de coexistence original entre ses confessions religieuses. C’est la révocation de l’édit de Nantes en 1685 qui a mis fin à ce face-à-face, gommant pour longtemps des esprits la singulière réussite de ces temps d’exception. Vingt millions de catholiques et un million de protestants, à la suite de Luther, de Calvin ou du concile de Trente, partageant une culture largement commune, ont évolué ensemble sur notre territoire et fait l’expérience d’une cohabitation inédite. Leur confrontation s’est accompagnée de multiples emprunts et échanges qu’explore ce livre au travers de quelques grandes figures engagées, de Théodore de Bèze à François de Sales, de Catherine Lévesque à Marie de l’Incarnation. Un moment charnière de près d’un siècle généreusement mis en valeur par Bernard Cottret, mais aussi un temps exemplaire de confrontation pacifique entre tenants de religions différentes, précédant les Lumières.

. Vincent Bloch, La Lutte. Cuba après l’effondrement de l’URSS, Paris, Vendémiaire, mars 2018.

La disparition de l’Union soviétique a privé Cuba de la référence aux pays frères, et plongé son économie dans une crise de grande ampleur. Les dirigeants ont dû introduire une série d’aménagements en matière de politiques économique, culturelle et migratoire. L’idée communiste est devenue un horizon insaisissable. Les citoyens restent soumis cependant à l’arbitraire des lois et à leur application aléatoire. Ils renouvellent les signes de leur conformité révolutionnaire aussi bien pour éviter les sanctions que pour grignoter des marges d’action. L’affaiblissement de la dimension symbolique du régime ne s’est donc pas accompagné d’un effondrement du système de normes qui le faisait fonctionner. Dans le langage quotidien, lutter exprime des façons de faire face, tandis que, pour les dirigeants, la lutte est devenue, à défaut d’objectifs clairs, la forme résiduelle du processus révolutionnaire. S’appuyant sur de longues enquêtes de terrain réalisées à La Havane, prolongées ensuite à Miami et New York, Vincent Bloch décrit en détail les transactions auxquelles se livrent familles, cercles de voisinages et réseaux de proximité. Il montre que la lutte est une forme de vie qui consiste à n’agir qu’à la marge du possible, et que dans un tel contexte l’option individuelle la plus souhaitée est l’émigration.

. Fabrice Grenard, Une légende du maquis. Georges Guingouin, du mythe à l’histoire, Paris, Vendémiaire, mars 2018.

Premier maquisard de France, multipliant à la tête de ses hommes les actions de sabotage et de guérilla, « préfet du maquis » qui libéra Limoges sans effusion de sang… La légende dorée de Georges Guingouin n’a d’égale que sa légende noire qui fait de lui un « chef de bande de l’espèce la plus féroce », ayant instauré sur le territoire que contrôlaient ses hommes un régime de terreur et cherché à imposer, à la Libération, une « république soviétique dans les monts du Limousin ». S’appuyant sur des archives inédites, Fabrice Grenard entreprend de retracer pour la première fois, avec précision et sans fard, la biographie de ce personnage légendaire, de ce militant communiste qui, après-guerre, fut brièvement maire de Limoges : un stalinien orthodoxe garant de la légalité républicaine… avant d’être exclu du PCF pour dissidence et de se retrouver emprisonné, victime d’une sombre affaire judiciaire sur laquelle circulent encore hypothèses et rumeurs. Suite aux polémiques suscitées en 2014 par la parution de cet ouvrage qui privilégiait le travail de recherche au détriment des mémoires sélectives, l’auteur fait le point dans cette nouvelle édition sur les débats que peut déclencher le travail historique autour de la Résistance.

. Régis Debray, France-Amérique. 12 rencontres, Paris, Coédition Flammarion / France Culture, février 2018.

Que doit concrètement l’Europe à l’Amérique et l’Amérique à l’Europe ? Qu’avons-nous ajouté ici aux inventions venant de là-bas, et comment a-t-on transformé là-bas ce qui fut inventé ici ? Les voies et moyens de l’hybridation culturelle demeurent assez mystérieux, et c’est pour mieux éclairer ce mystère que j’ai entrepris d’interroger, sur France Culture, l’été 2017, les meilleurs spécialistes des domaines qui m’ont semblé les plus cruciaux à considérer. Ce véritable récit d’aventures voudrait faire le point, sans préjugé ni parti pris, sur un débat omniprésent : comment se défait et se refait une civilisation, et la nôtre en particulier ?

. Fabrice Argounès, Théories de la puissance, Coll. Biblis, Paris, CNRS éd., février 2018.

La puissance est au cœur des relations internationales. Elle est un objet d’étude central et permet de comprendre les choix des principaux acteurs de la planète, la Chine, Google et même chacun d’entre nous. Cet ouvrage s’interroge sur ses origines, son devenir, ses limites et sa place dans les sciences sociales. Car la puissance est devenue protéiforme, plus complexe et mystérieuse aujourd’hui que par le passé. Mettre en scène les classements du PIB ou des dépenses militaires ne suffit plus pour l’appréhender, tant elle investit toute la politique internationale. Si certaines formes de la puissance ont connu un succès médiatique récent, comme le soft et le hard power, c’est bien l’analyse détaillée de ses usages et de ses différents statuts qui donne à voir les évolutions du système international, les rapports de force entre États, leur dépassement et l’arrivée de nouveaux acteurs sur la scène internationale.

. Frank Tétart (dir.), Grand Atlas 2018. Comprendre le monde en 200 cartes, Paris, Autrement, septembre 2017.

Fort de son succès, le Grand Atlas annuel annonce sa 5e édition. Un décryptage de l’actualité mondiale, accessible à tous et entièrement mis à jour, en partenariat avec Courrier International et France Info. Grâce à l’analyse des plus grands spécialistes, il permet de comprendre les grands enjeux géopolitiques, politiques, économiques, sociaux et environnementaux mondiaux. La progression du populisme, notamment après la victoire de Trump aux États-Unis, l’Europe après le Brexit, la crise des migrants, la paix avec les FARC en Colombie, la révolution technologique en Afrique… mais aussi les tensions pour l’accès à l’eau ou la pollution des océans. Le dossier spécial est consacré aux frontières et à la tentation d’un repli protectionniste mondial.

. Juliette Dumont, Diplomaties culturelles et fabrique des identités. Argentine, Brésil, Chili (1919-1946), Rennes, PUR, février 2018.

À partir des toiles tissées par les différentes structures et dynamiques de la coopération intellectuelle, internationale, continentale ou latino-américaine, l’Argentine, le Brésil et le Chili ont forgé les instruments d’une diplomatie culturelle et ont bâti une certaine image d’eux-mêmes sur la scène internationale. Cet ouvrage analyse de manière comparatiste et transnationale l’élaboration d’une diplomatie culturelle par l’Argentine, le Brésil et le Chili dans la période de l’entre-deux-guerres. Avec une préface de Robert Frank.

. Dominique Rouillard (dir.), Politique des infrastructures. Permanence, effacement, disparition, Les Acacias (Suisse), Métispresse, février 2018.

Les infrastructures disputent à l’architecture le pouvoir politique de faire image. Elles incarnent, comme elle, la puissance d’une nation et la volonté d’en prolonger l’héritage. Cette évidence doit aujourd’hui être relativisée, tant sont vacillants les contextes dans lesquels les infrastructures sont bâties, gérées ou encore transformées. Après la crise du progrès, l’effondrement des empires coloniaux ou des totalitarismes, à l’époque de la dématérialisation des technologies et de la multiplication des risques environnementaux, la question de la durée et de la représentativité des infrastructures devient toujours plus problématique. Que dire en effet de leur résistance, de leur adaptabilité ou de leur valeur de témoignage dès lors que l’aura qu’elles étaient censées représenter s’affaiblit et que l’ancrage territorial ne constitue plus une de leurs données ? En analysant des exemples d’infrastructures produites dans plusieurs contextes politiques – la dictature militaire brésilienne, le socialisme soviétique, le colonialisme d’Indochine ou encore la démocratie participative du « capitalocène » – cet ouvrage révèle combien leur rôle symbolique se renouvelle de manière imprévisible. Il en interroge également les destins potentiels, dans la cristallisation des imaginaires politiques à venir, entre actualisations de modèles anciens et fictions postapocalyptiques. Enfin, il se penche sur la résistance qu’opposent les infrastructures aux perpétuelles mutations de la ville contemporaine, et montre dans quelle mesure elles permettent d’assurer l’ajustement entre le réel et les imaginaires qui traversent l’urbain.

. Alice Ekman, La Chine dans le monde, Paris, CNRS éditions, février 2018.

Aujourd’hui, les initiatives internationales de la Chine se multiplient et se diversifient : la Chine investit dans les infrastructures de transport ou de télécommunication à l’étranger, maintient ses revendications territoriales et maritimes, ouvre de nouvelles bases militaires, crée de nouvelles institutions multilatérales, renforce son réseau de médias en langues étrangères… Xi Jinping a définitivement tourné la page de l’approche « profil bas » de la politique étrangère mise en place par Deng Xiaoping au lendemain de la révolution culturelle, dont l’objectif premier était de sortir le pays de la pauvreté. Si le développement économique demeure une priorité de la diplomatie chinoise – face aux écarts de développement persistant au sein du territoire national et au ralentissement de la croissance –, d’autres enjeux préoccupent également Pékin aujourd’hui : l’approvisionnement en énergie et matières premières, la protection des ressortissants chinois à l’étranger ou encore la lutte contre le terrorisme. Huit des meilleurs spécialistes francophones de la Chine se sont réunis pour analyser chacun de ces enjeux et la manière dont la Chine y répond actuellement. Les nouvelles initiatives internationales de la Chine constituent-elles uniquement une réponse à ces enjeux, ou sont-elles également motivées par d’autres objectifs ? Cet ouvrage pose en définitive une question essentielle : quelles sont les ambitions de la politique étrangère chinoise ? Sa lecture permet de mieux comprendre la façon dont la Chine perçoit le monde, et surtout, le rôle qu’elle souhaite y jouer.

. James Q. Whitman, Le modèle américain d’Hitler. Comment les lois raciales américaines inspirèrent les nazis, Paris, Armand Colin, février 2018.

Allemagne, années 1930 : les nazis préparent leur accession au pouvoir. Dans la perspective des futures lois raciales de Nuremberg, ils s’intéressent tout particulièrement aux politiques ségrégationnistes mises en place aux États-Unis. Ironie de l’histoire, les nazis estimeront que la politique américaine va trop loin, notamment avec la loi « une seule goutte suffit » (ou « One-Drop Rule ») qui leur permet de classer les Africains-américains en citoyens de seconde classe. Les lois raciales nazies ont-elles été inspirées par ce « modèle américain » ? L’auteur, James Whitman, répond par l’affirmative, ayant mené une enquête détaillée sur l’impact américain lors de la mise en place des principales lois de Nuremberg, pièces maîtresses de la ségrégation antijuive du régime nazi. S’opposant à l’idée généralement défendue par les historiens que la politique de répression américaine n’aurait aucun lien significatif avec les lois raciales allemandes, l’auteur démontre dans cet essai que les nazis ont, au contraire, montré un grand intérêt, réel et soutenu, que ce modèle leur a servi de base dans l’élaboration de leur propre système de ségrégation. Cet essai nous fait comprendre, au-delà de l’histoire du Troisième Reich, l’influence de l’Amérique sur les pratiques racistes dans le monde.

. Diana Cooper-Richet, La France anglaise, de la Révolution à nos jours, Paris, Fayard, février 2018.

Unis par une légendaire inimitié, les Anglais et les Français ont fait de leur voisinage une fructueuse confrontation ; de nombreux Britanniques ont voyagé en France, s’y sont installés et y ont importé leur mode de vie. Aux esthètes fortunés du XVIIIe siècle ont succédé les observateurs souvent critiques de la Révolution et de l’Empire puis les touristes, encadrés par Thomas Cook, l’inventeur du voyage de masse.
Attirés par Paris, ses musées et ses divertissements plus légers, les Anglais ont investi de nombreuses régions (la Côte d’Azur, les Alpes et les Pyrénées). Ils ont également fait découvrir aux Français Shakespeare, leur art des jardins, leurs sports (football et rugby), le salon de thé et le pub, ainsi qu’une élégance vestimentaire illustrée par le « beau Brummel », modèle des dandies. L’Entente cordiale et les combats partagés des deux guerres mondiales ont consacré le rapprochement des deux peuples ; la musique et la mode anglaises ont ensuite conquis les baby-boomers. Au moment où le Brexit questionne avec une acuité renouvelée la relation du Royaume-Uni avec le reste de l’Europe et surtout sa plus proche voisine, la France, cet ouvrage apporte un éclairage historique sur plus de deux siècles d’échanges parfois houleux mais toujours étroits.

. Joël Michel, Colonies de peuplement. Afrique, XIXe–XXe siècles, Paris, CNRS, février 2018.

Si l’histoire du colonialisme a le vent en poupe, celle des colons reste souvent dans l’ombre. Joël Michel jette une lumière nouvelle sur ce qu’on appelle un peu abstraitement l’impérialisme européen en étudiant la colonisation de peuplement, l’aventure de ces pionniers qui, à la différence des armées de conquête, s’installèrent, firent souche, créèrent une société différente de celle qu’ils avaient imaginée. L’européanisation du monde, au XIXe siècle, se manifeste par une formidable poussée démographique qui touche, marginalement, une Afrique bien moins accueillante que les Amériques et l’Australasie. Français, Espagnols et Italiens d’Algérie et de Tunisie, Boers et Britanniques d’Afrique du Sud, de Rhodésie et du Kenya, Portugais d’Angola et du Mozambique, Allemands de Namibie s’emparent des terres, organisent le travail forcé. Peur de l’ensauvagement, violence du rapport colonial, tentation généralisée de ségrégation allant parfois jusqu’à l’apartheid, évolution vers un capitalisme agraire ennemi du peuplement rural forgent une société dans laquelle les colons s’enferment avant que l’histoire ne les rattrape brutalement. En décrivant la mainmise foncière, les relations de travail, les peurs et les aspirations de ces minorités isolées, leurs illusions prolongées dans une relation triangulaire avec les dominés et avec les métropoles qui finit par les broyer, Joël Michel signe une fresque saisissante d’un aspect trop délaissé de l’histoire coloniale.

. Pierre Vandier, La dissuasion au troisième âge nucléaire, Monaco, Éditions du Rocher, février 2018.

Pour beaucoup d’hommes politiques, de chefs militaires ou tout simplement de citoyens du monde occidental, la tentation est grande de considérer les armes nucléaires et la stratégie de dissuasion comme des vestiges d’un passé révolu. À l’heure où la totalité des pays occidentaux sont au pied du mur du renouvellement de leurs forces nucléaires, cette question de la place du fait nucléaire comme déterminant majeur des équilibres stratégiques futurs fait débat. Pour autant, tout récemment, la Corée du Nord, dans son face-à-face avec la puissance américaine, rappelle à ceux qui voudraient l’oublier que posséder des armes nucléaires et les brandir change profondément la donne régionale ou mondiale, selon la portée des armes et la nature des États menacés. Dans un monde qui est devenu très interdépendant sur le plan économique - comme l’était aussi celui de 1914 - mais dans lequel on assiste à un réarmement massif, quel est l’avenir et quels sont les enjeux de la dissuasion nucléaire ?

. François Grumel Jacquignon, Géopolitique passée et présente de l’Ukraine, Tome 1, Saint-Denis, Connaissances et Savoirs, janvier 2018.

Cet ouvrage constitue un aperçu significatif de l’histoire de l’espace correspondant à l’Ukraine actuelle sur le temps long, dans la perspective de donner des clés d’explication de la crise/ guerre actuelle qui l’affecte. Son auteur, loin de sacrifier à la mode/ religion économique actuelle, met l’accent sur les points clés historiques et culturels qui ont façonné un peuple ukrainien multiple dans ses aspirations, et qui expliquent les lignes de faille qui le divisent. Car, contrairement aux incessantes allégations occidentales, les événements contemporains relèvent d’abord de la géopolitique interne. Mais, évidemment, comme souvent, les interférences des pays voisins transforment l’affaire en un sujet de géopolitique externe, sans que doive être privilégié subjectivement le rôle de telle ou telle puissance. Toutes celles concernées ont agi et continuent d’agir pour, finalement, directement ou indirectement contrôler ce pays. Autant dire combien est indispensable ici une analyse historique nuancée qui permette de comprendre les points de vue de toutes les parties en présence. S’efforçant le plus possible à l’impartialité, elle entreprend de décrire des réalités complexes tout en décapant toutes les mythologies/ imaginaires, russe, mais aussi nationaliste ukrainienne, étasunienne et européenne -celle-ci autant collective que façonnée par les pays de l’UE les plus engagés (Lituanie, Pologne, Suède notamment) qui contribuent à brouiller le regard ; et en rejetant délibérément les théories susurrées en permanence quant à une opposition entre ce qui serait le bien et le mal.

. François-Marie Bréon et Gilles Luneau, Atlas du climat. Face aux défis du réchauffement, Paris, Autrement, février 2018.

Plus de 120 cartes et infographies pour appréhender la complexité du climat, saisir les enjeux du réchauffement et les moyens d’y répondre. Le fonctionnement du climat, perturbé par les émissions croissantes de gaz à effet de serre depuis la révolution industrielle. Les innombrables conséquences du réchauffement : augmentation des catastrophes naturelles, migrations ou disparitions d’espèces, bouleversement de l’agriculture et de la pêche, problèmes sanitaires et réfugiés climatiques... Privilégier les énergies non-carbonées, développer les transports propres, changer de modèle agricole, multiplier les gestes citoyens : lutter contre le changement climatique est possible.

. Armelle Choplin et‎ Olivier Pliez, La mondialisation des pauvres. Loin de Wall Street et de Davos, Paris, Seuil, février 2018.

La mondialisation ne se résume pas au succès de quelques multinationales et à la richesse d’une minorité de nantis. Les acteurs les plus engagés dans la mondialisation demeurent discrets, souvent invisibles. Depuis une trentaine d’années, les routes de l’échange transnational ont connu de profondes mutations. Elles relient aujourd’hui la Chine, l’atelier du monde, à un " marché des pauvres " fort de quatre milliards de consommateurs, en Algérie, au Nigeria ou en Côte d’Ivoire. Pour apercevoir ces nouvelles " Routes de la Soie ", il faut se détacher d’une vision occidentalo-centrée et déplacer le regard vers des espaces jugés marginaux, où s’inventent des pratiques globales qui bouleversent l’économie du monde. On découvre alors une " autre mondialisation ", vue d’en bas, du point de vue des acteurs qui la font.

. Maurice Agulhon et al., La France de 1848 à nos jours, Paris, Armand Colin, janvier 2018.

Voici réunis en un seul volume ces trois « classiques » des études d’histoire que sont La France de 1848 à 1914, La France de 1914 à 1940 et La France de 1940 à nos jours. Les auteurs ont bâti une approche globale où les champs du politique, de l’économique et du social sont tour à tour décrits et analysés. De nombreuses lectures documentaires émaillent l’exposé des faits et apportent l’éclairage indispensable à la compréhension de notre histoire. Le souci d’exactitude et de clarté dans la synthèse est constant : aucune allégeance, aucune querelle d’école ne biaise le propos. Cette somme permet d’étudier en continuité la succession des périodes et des événements : révolution industrielle, participation de la France aux grands conflits mondiaux, essor colonial puis décolonisation, choc de la mondialisation, etc.

. Nicolas Ténèze, Combattre les cyberagressions, Paris, Nuvis, janvier 2018.

Qui sont les agresseurs ? Quelles sont les cyberagressions les plus communes ? Comment la société politique et la société civile entreprennent de lutter contre les cyberagressions ? Dans cet ouvrage, Nicolas Ténèze apporte des réponses qui s’inscrivent dans la continuité de travaux existants mais qui prennent aussi une certaine distance vis à vis d’eux.

. François Guillemot, Une histoire contemporaine de 1858 à nos jours, Paris, La Découverte, février 2018.

Le Viêt-Nam, connu pour sa lutte héroïque pour l’indépendance, fut un des grands mythes du XXe siècle. Entre décolonisation et guerre fratricide, son histoire apparaît comme exemplaire mais que sait-on de ses fractures internes ? Quels furent les chemins des possibles pour ce pays colonisé et décolonisé dans la violence ? Quelles furent ses sources d’inspiration ? Quels types de révolutions et de guerres ce pays a-t-il traversé au cours du XXe siècle ? Cet ouvrage nous convie à une exploration inédite du Viêt-Nam « vu de l’intérieur » de l’empire démantelé pendant le XIXe siècle à l’État-nation réunifié d’aujourd’hui. Cette perspective permet de mieux comprendre le fonctionnement du pays, dirigé par un État-Parti, et de penser plus largement le Viêt-Nam contemporain dans un monde asiatique confronté à la puissance chinoise et la mondialisation. Elle permet également de saisir l’enchevêtrement des dominations internes (coloniales et postcoloniales) et la persistance de certaines lignes de fractures. Pour accompagner ce récit, l’auteur mobilise des documents et des sources peu connus et propose des encadrés sur des thématiques clés.

. Olivier Lahaie, La guerre secrète en Suisse (1914-1918). Espionnage, propagande et influence en pays neutre pendant la Grande Guerre, Saint-Denis, Éditions Connaissances et Savoir, février 2018.

Il s’agit d’une étude pluridisciplinaire et comparative qui ne se contente pas d’analyser l’action des services secrets des belligérants en Suisse, ou celle du service de contre-espionnage helvétique. Ce livre révèle que la Suisse - petit pays (neutre de surcroit) - a été au centre des préoccupations des deux camps entre 1914 et 1918. Ils s’y sont âprement affrontés dans des domaines aussi variés que la recherche de renseignements militaires, le contre-espionnage, la diplomatie secrète (contacts en vue de négocier la paix), l’idéologie (diffusion des propagandes de guerre, des doctrines pacifistes et internationalistes), l’économie (blocus de l’Entente et contre-blocus de l’Allemagne, captage des matières premières et des produits finis), la technique.Outre le fait que l’auteur ait choisi de traiter un sujet inédit en se documentant aux meilleures sources archivistiques françaises et étrangères, il n’expose pas le seul point de vue des vainqueurs, ou le seul regard d’une des grandes puissances. Sa synthèse relie une multitude d’affaires, apparemment sans lien entre elles, en une histoire cohérente et insoupçonnée. Ceci explique que « La guerre secrète en Suisse (1914-1918). Espionnage, propagande et influence en pays neutre pendant la Grande Guerre » soit appelé à devenir un livre de référence, essentiel pour comprendre toute la profondeur et la complexité de la Grande Guerre.

. Claire Visier, La Turquie d’Erdogan. Avec ou sans l’Europe ?, Rennes, PUR, février 2018.
La tentative de coup d’État militaire du 15 juillet 2016, suivie d’un « coup d’État civil » orchestré par le gouvernement afin d’écarter toute opposition potentielle, a largement fini d’enterrer toute perspective d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. L’objectif de cet ouvrage est de réfléchir aux effets du processus d’élargissement initié par l’UE vers la Turquie au-delà de la question de l’adhésion, et d’analyser les changements qu’elle contribue à induire dans l’action publique turque.

. Hélène Sallon, L’État islamique de Mossoul. Histoire d’une entreprise totalitaire, Paris, La Découverte, février 2018.

Litanie d’attaques terroristes en Europe, défaites militaires à répétition en Syrie et en Irak, parcours de djihadistes décortiqués sans fin par la police et les journaux : l’Organisation de l’État islamique ne quitte jamais longtemps les feux de la rampe, sans qu’on connaisse pourtant la véritable nature du califat que Daech prétendait imposer au monde entier. La libération de Mossoul permet enfin de lever le voile sur la réalité du projet politique et social de l’État islamique, unique par son ampleur et ses objectifs.

Les témoignages inédits recueillis par Hélène Sallon auprès des habitants de Mossoul dessinent une réalité terrible dont ne nous sont parvenus que très peu de récits et quasiment aucune image. Cet ouvrage exceptionnel raconte ce qu’a tenté d’imposer l’État islamique à toute la société, suivant le « nouvel ordre social djihadiste », qui apprend aux écoliers à compter en multipliant les tonnes d’explosifs, ou punit les femmes trop découvertes de morsures administrées par les brigades féminines armées de pinces terminées par des dents de fer. Dans ce récit qui se tient autant à distance des témoignages à sensation de djihadistes ou de leurs victimes que des analyses froides et désincarnées des chercheurs, Hélène Sallon donne corps et matière à ce califat, devenu l’objet de toutes les inquiétudes et de tous les fantasmes.

. François Hourmant, Les Années Mao en France. Avant, pendant et après mai 68, Paris, Odile Jacob, février 2018.

Au cours de son histoire, la France a connu des fièvres politiques parfois violentes. Mai 68 fut l’une d’entre elles. Le maoïsme en fut une autre.
Entre 1966 et 1976, de Jean-Luc Godard à Roland Barthes, en passant par Sartre et Alain Peyrefitte, intellectuels, artistes, hommes politiques et même moines franciscains se prirent de fascination pour la Chine révolutionnaire. Utopie ou aveuglement ? François Hourmant montre comment le maoïsme fut la réponse proposée à la crise ouverte par Mai 68. Face à une URSS de la planification et de la bureaucratisation, la Chine représentait la promesse d’une révolution dans la révolution. Ignorant les millions de victimes des purges de Mao, une certaine élite s’émerveille du « miracle chinois ». Comment expliquer les illusions et le manque de lucidité des intellectuels français ? Comment naissent et meurent les idéologies ?

. Yves-Marie Bercé, Violences et répression dans la France moderne, Paris, CNRS, février 2018.

Guerres de religion, révolte des Croquants, complots, répressions¬ : aux XVIIe et XVIIIe siècles, des images de violence accompagnent les débuts de la France moderne. Parce qu’ils touchent l’ensemble de la société, ces débordements éclairent par contrecoup les évolutions de l’ordre public, de l’appareil d’État, du champ pénal de la justice. Leurs répercussions dévoilent les capacités de contrainte de l’État et le pouvoir de rétorsion qui fonde son autorité. C’est à travers cet angle d’interprétation novateur qu’Yves-Marie Bercé décrypte les mutations de la société et de l’État monarchique entre le temps du roi guerrier du e siècle et celui du souverain autoritaire centralisateur du siècle suivant. Meurtre du baron de Fumel par une foule protestante en 1561, assassinat du duc de Guise en 1589, soumission des villes calvinistes dans les années 1620, coups de majesté des rois de France en 1588, 1617, 1661… Autant d’épisodes majeurs, parmi beaucoup d’autres, narrés dans ce volume qui examine les réponses répressives du pouvoir. Ainsi se dessinent les transformations des institutions dépositaires de la violence d’État, tandis qu’à plus long terme, s’esquissent les orientations politiques choisies par des générations de législateurs depuis l’étatisme de la Renaissance jusqu’à la naissance du despotisme des Lumières.

. Gilles Rouet et Michaël Oustinoff (dir.), France-Allemagne : incommunications et convergences, Paris, CNRS, février 2018.

Les relations franco-allemandes demeurent essentielles pour la construction européenne. Cependant, au sein des deux pays, les opinions publiques et les représentations diffèrent souvent, voire divergent : crises successives de la zone euro, des migrants/réfugiés, du terrorisme, etc. Il est d’autant plus nécessaire d’intensifier la coopération, dans un cadre européen renouvelé, intégrant en particulier le social et le culturel. Dans ce contexte, il devient indispensable de mieux comprendre les incommunications, de cultiver les convergences et de valoriser les réalisations concrètes (militaires, économiques, etc.) et la réalité des échanges entre la France et l’Allemagne, 55 ans après la signature du traité de l’Élysée. Cet Essentiel réunit des spécialistes des deux pays, universitaires et acteurs de terrain, pour analyser ce qui éloigne et rapproche les populations et institutions. Sont étudiés relations politiques et discours médiatiques, stéréotypes et caricatures, histoire récente et évolutions économiques, infrastructures des communications, échanges culturels et mobilité des personnes.

. Philippe Duhamel, Géographie du tourisme et des loisirs. Dynamiques, acteurs, territoires, Paris, Armand Colin, janvier 2018.

Un milliard de touristes internationaux chaque année, deux à trois milliards de touristes nationaux, 250 millions d’employés, 10 % du PIB de la planète : le tourisme est devenu en une vingtaine d’années un phénomène à la fois économique, social et politique d’une ampleur considérable. En ce qu’il touche aux espaces, aux mobilités, à la mondialisation, il est aussi un objet éminemment géographique, et dont l’étude est en plein renouveau. Cet ouvrage vient dresser une géographie complète du fait touristique à l’échelle mondiale. Il propose une analyse du tourisme comme un système d’acteurs, de pratiques et de lieux ; observe sur le temps long la mise en tourisme du Monde et pose la question de la "mondialisation touristique" ; interroge les lieux du tourisme (site, comptoir, station et ville) pour comprendre leurs dynamiques ; identifie la circulation des modèles, tant sur les pratiques que sur les aménagements (duplications, proximités et innovations). Assorti de nombreux exemples pris à des échelles et territoires variés, ce manuel constitue un outil précieux pour les étudiants en géographie et les candidats aux concours du Capes et de l’agrégation.

. Joël Supéry, La saga des Vikings. Une autre histoire des invasions, Paris, Autrement, février 2018.

Il y a près d’un siècle, les historiens français ont fait l’impasse sur les invasions vikings. Le plus remarquable est que, jusqu’à présent, personne ne s’était inquiété de cet « oubli ». En étudiant des sources trop facilement écartées, Joël Supéry a découvert que, devançant Rollon d’un demi- siècle, Ragnar et son fils Björn avaient fondé un royaume scandinave en Gascogne. Cette présence précoce sur un axe commercial majeur entre l’Atlantique et la Méditerranée a permis à l’auteur de donner un sens à un épisode jusqu’alors insensé : les guerres vikings. Dans ce livre très documenté, allant à l’encontre de tout ce qui a été écrit précédemment, Joël Supéry entreprend un travail de réhabilitation minutieux et inédit. Il déconstruit notre vision du phénomène viking et nous propose une autre histoire, révolutionnaire mais plus lucide. Un livre qui apporte de nombreuses réponses, ouvre des pistes de recherche et éclaire des pans entiers de l’histoire européenne sous un angle inédit.

. Laurent Carroué, Atlas de la mondialisation. Une seule terre, des mondes, Paris, Autrement, février 2018.

Près de 90 cartes et infographies inédites pour comprendre les enjeux du système économique et géopolitique mondial et les nouvelles logiques d’organisation. Les origines historiques de la mondialisation, et les étapes de la mise en place des mondialisations successives, depuis les grandes découvertes jusqu’à la mondialisation financière. Le fonctionnement du nouveau système productif mondial. Le rôle des territoires – centres, interfaces, périphéries et marges – et les stratégies des acteurs de la mondialisation. Les grands enjeux d’avenir au cœur des débats pour un développement durable dans un monde plus solidaire et démocratique. En variant les échelles, les cartes de cet atlas font apparaître le nouvel ordre économique et rendent le monde plus intelligible pour faire de chacun d’entre nous des citoyens éclairés et responsables.

. Frédéric Vallier (dir.), Europe 2030. Les territoires prennent la parole, Paris, Autrement, janvier 2018.

« Comment voyez-vous l’Europe en 2030 ? » C’est à cette ambitieuse question lancée par le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) que conseillers, maires, dirigeants locaux et régionaux des quatre coins de l’Europe répondent dans cet ouvrage. Chacun, tour à tour, à l’échelle de son territoire, partage sa vision de l’Europe de demain et propose les mesures qu’il considère à même de relancer le projet européen. Qui mieux que ces représentants à l’avant-garde des défis sociétaux, environnementaux ou économiques pour porter la voix des citoyens européens ?

. Anne-Clémentine Larroque, L’islamisme au pouvoir. Tunisie, Égypte, Maroc (2011-2017), PUF, 2018.

Depuis les Printemps arabes de 2011, l’islamisme politique s’est hissé au pouvoir en Tunisie, en Égypte et au Maroc. Il est donc aujourd’hui essentiel de faire la distinction entre islamisme politique et activisme djihadiste, et ainsi appréhender la complexité des logiques auxquelles les différents groupes qualifiés d’islamistes – des Frères musulmans aux djihadistes – obéissent.

Si d’aucuns soupçonnent chez les islamistes élus une stratégie dissimulée d’arriver au même résultat que les djihadistes – l’instauration d’un califat mondial –, la réalité paraît plus complexe. À rebours des simplifications du traitement médiatique, Anne-Clémentine Larroque montre, à travers une analyse nourrie de nombreux entretiens avec des acteurs et des observateurs de ces trois pays, que l’expérience du pouvoir n’est pas sans conséquences sur les rapports entre partis islamistes et groupes plus radicaux – des salafistes aux djihadistes.


Livre recommandé par Diploweb.com pour le mois de février 2018

. Michel Foucher, Lille, métropole en Europe et dans le monde, Paris, CNRS, janvier 2018.

Pierre Verluise, Directeur des publications du Diploweb : "Voici un livre-atlas très novateur, un chef d’oeuvre. Géographe et ancien ambassadeur, Michel Foucher présente de façon très informée et à plusieurs échelles la métropole de Lille, dans sa région, en France, par rapport à l’Union européenne et au monde. L’ouvrage conduit à renouveler nos représentations de ce territoire. Il présente de nombreuses cartes fort bien réalisées et commentées de façon précise, avec des apports complémentaires. Voici les champs de projection des acteurs - publics ou privés - et de la population de la Métropole Européenne de Lille. A ne pas manquer. "

La liberté d’action des sociétés se conforte lorsqu’elles se situent avec lucidité et confiance dans leur histoire et dans leur géographie. Les femmes et les hommes qui sont la Métropole Européenne de Lille, qui vivent, circulent et travaillent dans les quatre-vingt-dix communes qui la composent, s’inscrivent dans une histoire déjà longue, faite de progrès et de transitions, de rebonds et de projets. Elles et ils résident et agissent dans un lieu privilégié, actif carrefour de l’Europe du Nord-Ouest, qui démultiplie les atouts de l’appartenance à l’Union européenne, premier marché et plus vaste espace démocratique du monde. Elles et ils ont su, dans tous les domaines de la vie collective – économiques et technologiques, éducatifs et culturels, associatifs et sportifs – respirer l’air du grand large et assumer leur ancrage européen, comme en témoigna le succès durable et populaire de l’année 2004 où Lille se vécut pleinement « capitale européenne de la culture ». Ce fut le point de départ d’un nouvel élan qui confirma la place de la métropole sur la carte de l’Europe. Ce livre-atlas veut offrir au lecteur curieux une preuve par les cartes de la réalité, de l’ampleur et de la profondeur des présences et des ouvertures européennes et internationales des acteurs de la Métropole Européenne de Lille, ainsi que de celles et ceux attirés par ce qu’elle offre : attraction et diffusion sont les clés de l’influence. En 2020, le « design », art de la création et de l’imagination, lui conférera plus de visibilité sur la carte du monde. C’est l’enjeu des cinquante prochaines années.


. Sylvain Kahn, Histoire de la construction de l’Europe depuis 1945, Paris, PUF, janvier 2018.

Quel est le poids des contingences et des dynamiques politiques, sociales et économiques dans la construction européenne ? Dans quelle mesure le roman communautaire européen et le couple franco-allemand sont-ils tous deux des mythes ? La construction de l’Europe est une expérience unique dans l’espace mondial. C’est en effet la première fois que des gouvernements de nations indépendantes – qui plus est, démocratiques ! – décident de mutualiser une partie de leur souveraineté au profit d’une association fondée sur la volonté politique. Cet ouvrage raconte l’histoire de cette construction européenne de façon vivante et démystifiée en la dégageant de la représentation, construite à dessein, d’une Europe asexuée, transcendante et auto-générée. L’Europe s’est faite dans le tapage, sinon la discorde. Les intérêts et les circonstances y ont joué un rôle parfois prépondérant, la tactique politique et l’instrumentalisation aussi.

. Aliou Sow, Système de conflits et gouvernance sécuritaire en Sénégambie. Rôles, responsabilités et perspectives des Forces armées et de la CEDEAO, Paris, L’Harmattan, janvier 2018.

Des conflits localisés peuvent amener à des répercussions et des prolongements aux niveaux national et sous régional, accompagné d’un effet de contagion. L’ouvrage traite de cette problématique dans l’espace de la Sénégambie en analysant les liens directs et indirects entre les politiques coloniales, les conflits et les forces armées. L’évaluation des atouts socio-économiques et sécuritaires, ainsi que l’analyse des interactions entre l’ensemble des acteurs permet de proposer une contribution à l’évaluation des politiques nationales.

. Mamadou Touré, Politique et art militaire dans la pensée de Machiavel, Paris, L’Harmattan, janvier 2018.

Cette relecture de l’ouvrage de Machiavel annonce la manière dont la sécurité est vouée à prendre une place de plus en plus importante dans l’exercice du pouvoir moderne et contemporain. L’œuvre de Machiavel marque l’importance naissante de la sécurité du territoire, dans l’optique d’une clarification de la réforme militaire tout en restant pertinente pour l’Afrique contemporaine.

. Chantal Cabé et Michel Lefebvre (dir.), L’Histoire du Proche-Orient. 10 000 ans de civilisation, Paris, Le Monde et La Vie, janvier 2018.

Illuminé l’humanité de ses splendeurs. Comment ce berceau de civilisations majeures est-il devenu, en un peu plus d’un siècle, une région d’affrontements aux conséquences géostratégiques mondiales ?
Alors que les mondes arabe, perse, turc et kurde traversent de fortes turbulences en ce début d’année 2018, les meilleurs spécialistes revisitent l’histoire de cette civilisation millénaire. Pour analyser et comprendre, au-delà des émotions. Le ciel tourmenté du Proche-Orient ne doit pas éclipser ses lumières. Pendant des siècles, ce foyer de civilisations a irradié l’humanité tout entière. Il suffit de quelques marqueurs pour saisir la singularité historique de cette région du monde. De l’invention de l’écriture par les Sumériens à la naissance du christianisme, de l’Égypte pharaonique aux splendeurs de Babylone, de l’illustre Saladin au puissant calife de la Sublime Porte… L’Occident s’est construit dans l’héritage de ce glorieux patrimoine venu des pays d’Orient, le Proche ou le Moyen, selon.
Mais comment, en à peine un siècle, ce Proche-Orient si longtemps porteur des lumières de l’« âge d’or » arabo-musulman est-il devenu un terrain de violences et d’affrontements, un nœud d’enjeux stratégiques, avoués ou dissimulés, un vecteur d’identités, sociales ou religieuses, aussi fortes qu’antagonistes ?

. Alain Cotta, L’hypercapitalisme mondial, Paris, Odile Jacob, janvier 2018.

L’hypercapitalisme progresse. Dans ce livre, Alain Cotta nous explique comment et à quel prix : corruption, inégalités croissantes et émergence d’une superoligarchie appuyée sur les classes moyennes... « Le triomphe du capitalisme d’entreprise va-t-il s’affirmer encore, comme le croient les fanatiques de la mondialisation, au point que le capitalisme d’État disparaisse, que les nations se dissolvent et que la paix universelle réunisse toute l’humanité ? Ou, au contraire, la scission actuelle des deux capitalismes ira-t-elle en s’approfondissant jusqu’à provoquer une guerre mondiale entre des pouvoirs inconciliables ? Guerre ou paix ? À moins qu’une autre voie, moins binaire, une lente fusion, redonne à ce système économique et social une identité homogène ? » A. C. Une réflexion magistrale sur une nouvelle féodalité.

. Thomas Merle, Les espaces du tourisme et des loisirs, éd. Atlante, décembre 2017.

Traitant du sujet de Géographie thématique du Capes d’Histoire-Géographie, de l’agrégation d’Histoire et de l’agrégation de Géographie pour les sessions 2017 et 2018, cet ouvrage offre un panorama complet de toutes les entrées possible dans le tourisme et les loisirs. Thomas Merle est agrégé de Géographie et agrégé d’Histoire.

INTRODUCTION

REPERES
• Définir le tourisme et les loisirs et mesurer leur ampleur
• Les grands repères de l’histoire du tourisme à l’échelle mondiale : quatre grandes phases
• La société des loisirs
• Épistémologie de la géographie du tourisme et des loisirs
• Tourisme et loisirs dans le secondaire

LA SOCIETE DU TOURISME ET LA MISE EN LOISIRS
• Des représentations aux pratiques : les représentations, facteur décisif des origines à nos jours
• Géographie du système touristique à l’échelle mondiale : une très forte hiérarchisation des lieux du tourisme

LES ACTEURS DU TOURISME ET DES LOISIRS
• Les acteurs individuels
• Les entreprises : un objectif de rentabilité à court terme qui n’est pas sans conséquence
• Une puissance publique qui intervient à plusieurs échelles comme régulatrice et promotrice
• Des conflits et des évolutions : quelles trajectoires ?

LIEUX ET TYPES DE TOURISME ET DE LOISIRS
• De multiples typologies possibles : les critères et leurs limites (évolutions, recoupements, etc.)
• Le tourisme balnéaire et maritime
• La montagne, lieu par excellence du tourisme ?
• Le tourisme, la nature et les territoires ruraux
• Des pratiques de tourisme et de loisirs plus culturelles
• Le tourisme lié à d’autres activités (tourisme de jeu, sexuel, gastronomique, sanitaire, etc.)
• À l’échelle nationale, des inégalités fortes dans la géographie des touristes

LES DEFIS DU TOURISME ET DES LOISIRS
• La saisonnalité de l’activité
• La pérennité économique
• La durabilité écologique et sociale
• Sécurité, guerre et géopolitique
• La médiatisation des accidents et incidents

OUTILS
• Le monde en chiffres du tourisme : tableau de synthèse des principaux indicateurs
• Chronologie du tourisme et des loisirs
• Bibliographie
• Glossaire : les mots du tourisme et des loisirs

. Sir B.H. Liddell Hart, La vie du colonel Lawrence, Avant-propos de François Géré, Paris, Éditions Economica, janvier 2018.

« Le sujet du livre est double et double aussi son intérêt. C’est un récit de la campagne d’Arabie et une biographie du colonel Lawrence : l’un et l’autre d’une originalité qui en fait le mérite ». Dans l’action de Lawrence au Proche-Orient, Liddell Hart trouve l’éclatante confirmation de sa théorie de l’approche indirecte. La rencontre entre ces deux intelligences et ces deux cultures permet de constater l’existence de deux phénomènes majeurs de la pensée stratégique : la filiation des conceptions à travers les siècles, de stratégistes en stratégistes et simultanément la polarisation de ces conceptions qui tendent à se poser comme incompatibles jusqu’à l’hostilité. Sans être dupe mais à son corps défendant, Lawrence a contribué à créer l’instabilité sur cet immense espace que nous nommons Proche- ou Moyen-Orient. Il est l’homme par qui le chaos s’est installé, durablement ravageur, vouant l’ensemble de la région à des convulsions sans fin, des insurrections permanentes, des déplacements forcés de population et d’épouvantables massacres. Cela, il ne pouvait le prévoir. Croyant, de bonne foi, satisfaire les aspirations des Arabes, il ne fut que le jouet d’un enchaînement implacable d’affrontements entre de nombreux acteurs poursuivant des buts incompatibles. Durant un siècle le chaos n’a fait que s’amplifier. Les guerres de Syrie et d’Irak débordent sur les frontières et provoquent l’ingérence des puissances extérieures.

. Alain Minc, Une humble cavalcade dans le monde de demain, Paris, Grasset, janvier 2018.

L’avenir du monde et le nôtre dépend des réponses que l’on peut apporter à une petite dizaine de questions. Le creusement irréversible des inégalités nous menace-t-il d’une révolution ? La prochaine crise économique risque-t-elle d’être « terminale » ? Les États sont-ils devenus les otages des GAFA ? Peut-on vraiment combattre le réchauffement climatique ? La démocratie libérale sera-t-elle submergée par la vague populiste ? Quel dénouement envisager à la nouvelle guerre de trente ans qui s’est déclenchée au Levant ? L’absence de leader condamne-t-elle le monde à une instabilité chronique ? L’Europe saura-t-elle désamorcer la bombe démographique africaine ? Peut-on ressusciter l’Europe ? Si « mal nommer un objet, c’est ajouter au malheur de ce monde » (Camus), Alain Minc s’efforce ici de bien nommer les interrogations cruciales du monde qui vient, et d’y apporter les réponses qu’il estime les plus probables.

. Gérard-François Dumont, Les territoires français : diagnostic et gouvernance. Concepts, méthodes, applications, Paris, Armand Colin, 2e édition, janvier 2018.

Réforme des régions, nouvelle carte intercommunale, budgets des collectivités territoriales… les territoires français n’ont jamais été autant au cœur des débats publics. Face aux enjeux de la mondialisation, de la décentralisation et du développement durable, leur appréhension est toujours plus complexe. Clarifier les concepts, proposer des méthodes adaptées pour comprendre, évaluer et gérer ces nouvelles réalités territoriales, tels sont les objectifs de cet ouvrage. Après avoir expliqué en quoi consiste la gouvernance territoriale et la manière dont il faut la décrypter, il présente une méthodologie claire et raisonnée de diagnostic des territoires : étude spatiale, conduite d’entretiens, constitution de grilles d’analyses… en montrant notamment comment effectuer des comparaisons pertinentes. Il propose ensuite une application approfondie de ces concepts et méthodes à un certain nombre de villes françaises (Annonay, Pont-à-Mousson, Vitré…) dont les résultats offrent des enseignements pouvant convenir à tout type de territoire. Un ouvrage indispensable pour les étudiants en géographie, en urbanisme et aménagement, ainsi que pour tout acteur impliqué dans le développement local des collectivités territoriales.
. Rony Brauman, Guerres justes : mensonges et intox, Paris, Textuel, janvier 2018.

À l’heure où le sombre désir de guerre retentit jusqu’en Europe, Rony Brauman, penseur exigeant et intransigeant, nous aide à débusquer faux prétextes et pièges dangereux tendus par des dirigeants belliqueux. Affirmant qu’il n’existe pas de « guerres humanitaires », il nous appelle à la méfiance face aux prétentions occidentales à imposer les valeurs démocratiques par la force.

. Vincent Adoumié, Les nouvelles régions françaises, Paris, Hachette Supérieur, janvier 2018.

« Du territoire aux territoires », ainsi pourrait-on résumer la démarche de cet ouvrage. Étudier les régions redessinées en 2016, c’est d’abord analyser les spécificités et les dynamiques de ces espaces qui forment la France. Mais à l’heure de l’ouverture généralisée des économies et de la multiplication des échanges, c’est aussi s’interroger sur leurs nouvelles identités et sur la place qu’ils occupent aussi bien en Europe que dans le monde.

. Julien Zarifian, Choc d’empires. Les relations Etats-Unis/Iran du XIXe siècle à nos jours, Paris, Hémisphère, janvier 2018.

Une étude des relations Etats-Unis/Iran dans leur complexité et sur leurs temps longs, depuis les premiers échanges entre Américains et Perses jusqu’à aujourd’hui. Quand, comment et pourquoi les relations bilatérales de ces deux puissances, impériales par bien des traits, se détériorent ou s’améliorent-elles ?

. Jean-François Bayart, État et religion en Afrique, Paris, Karthala, janvier 2018.

Comment démêler l’écheveau des interactions entre religion et politique en Afrique ? En s’inscrivant dans une perspective de sociologie historique et comparée, et en montrant que l’état, sur le continent, est une cité cultuelle, tout comme il le fut en Europe.

. Pascal Orcier et Anthony Pibouleau, Atlas du Moyen-Orient, Neuilly-sur-Seine, Atlande, janvier 2018.

100 cartes historiques, politiques, économiques, sociologiques et futuristes accompagnées chacune d’un texte, le tout complété par une galerie de portraits des pays de la région.

. Christophe Stener (dir.), Le conflit en Irak et en Syrie, expliqué aux lycéens, Paris, BOD, novembre 2017.

L’ambition de cet ouvrage est de présenter aux lycéens l’ensemble des dimensions du conflit irako-syrien pour leur permettre d’en comprendre les origines, les enjeux et les perspectives. Cet ouvrage collectif donne, dans un langage simple, aux lycéens une compréhension de l’histoire longue, des enjeux économiques, démographiques, religieux et géostratégiques, et des circonstances de l’établissement d’un Etat islamique, qui font de ce conflit le plus dramatique depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Le rôle d’internet dans la propagande et le recrutement djihadiste y est analysé. L’engagement militaire de la France, les actions intérieures de lutte et de prévention contre le terrorisme sont présentées de manière détaillée.

. Richard Duqué, Une vie au Quai. De la Guerre froide au chaos du XXIème siècle, Paris, Manitoba, janvier 2018.

Le diplomate raconte ses quarante années de carrière, témoignant des moments forts de l’histoire des relations internationales ces dernières décennies. Il dresse le portrait de dirigeants politiques qu’il a côtoyés et dévoile les rouages du ministère des Affaires étrangères, le rôle d’un ambassadeur, les hasards des nominations et la gestion des crises.

. Gil Delannoi, La nation contre le nationalisme, Paris, PUF, janvier 2018.

À l’heure de la mondialisation dite heureuse, depuis la fin de l’empire soviétique, la réunification allemande, la montée en puissance de la Chine et à travers tant d’autres exemples récents, la résistance des nations est un fait indiscutable. Il n’en reste pas moins de bon ton de mépriser la nation, échelle politique d’un autre âge, porteuse de toutes les tares du nationalisme et de l’impérialisme. Or, la nation ne peut se réduire au nationalisme. Forme politique issue des révolutions égalitaires et libérales modernes, elle reste à ce jour l’espace indispensable à toute expérience démocratique. La nation est même le meilleur rempart à opposer aux nationalismes qui persistent et se recomposent dans un monde plus international que global, plus mercantile que libéral. L’histoire des nations et la redéfinition des nationalismes proposées dans ce livre par Gil Delannoi montrent que la nation démocratique n’est pas près de disparaître.

. Académie du renseignement (SPM), Espionnage et renseignement pendant la Première Guerre mondiale, Paris, La Documentation Française, janvier 2018.

Ce livre rassemble les actes du colloque international organisé par l’Académie du renseignement à l’École militaire le 26 novembre 2014, sous la direction scientifique des professeurs Olivier Forcade de l’Université Paris IV-Sorbonne et Maurice Vaïsse de l’Institut d’études politiques de Paris. Il expose largement les enjeux et problématiques de l’espionnage et du renseignement lors du premier conflit mondial : ses structures et ses acteurs de chaque côté du front, mais aussi les innovations technologiques, organisationnelles et certaines aventures humaines emblématiques.

. Florence Chaltiel et Serge Guillon, Le système décisionnel de l’Union européenne, Paris, La Documentation Française, janvier 2018.

Cette nouvelle édition largement refondue décrit de façon très pédagogique toute la diversité du système décisionnel de l’Union européenne. Que décide-t-on au sein de l’UE ? Comment sont élaborées et exécutées les décisions et avec quels contrôles ? Quels acteurs interviennent dans ces processus complexes ? Les deux auteurs, experts et praticiens en la matière, analysent aussi les évolutions de ce système décisionnel, notamment au regard de l’importance prise aujourd’hui par l’intervention du lobbying privé ou public.

. Olivier Dabène et Frédéric Louault, Atlas du Brésil. Promesses et défis d’une puissance émergente, Paris, Autrement, janvier 2018.

Plus de 120 cartes et infographies originales et mises à jour pour appréhender un pays en pleine effervescence. Ses ressources naturelles, parmi les plus riches du monde, sont activement convoitées. Le Brésil viendra-t-il à bout des violences sociales qui le ravagent malgré les progrès signifi catifs de la lutte contre la pauvreté ? Le pays va-t-il consolider sa place de leader économique parmi les puissances de demain ? Le Brésil se remettra-t-il des soubresauts politiques et arrivera-t-il à faire durer les progrès acquis sous l’ère Lula ? Des plages de Rio de Janeiro aux confins de l’Amazonie, la nouvelle édition de cet atlas vous invite à découvrir un pays de paradoxes qui, fort de son dynamisme et de ses richesses, est en pleine recomposition.

. Guillaume Perrier, Dans la tête de Recep Tayyip Erdogan, Paris, Actes Sud, janvier 2018.

« Depuis le début de sa carrière, l’un des principaux traits de caractère de monsieur Recep Tayyip Erdogan, c’est qu’il a la langue proche du cœur. Il dit ce qu’il pense aussitôt qu’il le pense », analyse l’un de ses plus vieux compagnons de route. On pourrait donc le lire à livre ouvert ? « Il n’est pas très cultivé, ajoute un journaliste, il n’a jamais lu Sun Tzu ou Machiavel. Mais malgré cela, c’est l’un des leaders les plus forts du monde ». Comment cet homme politique, proche du Turc de la rue, au pouvoir depuis 2003, porté par la réussite économique insolente de son pays, est-il parvenu à vampiriser la vie politique sans jamais craindre d’institutionnaliser l’opportunisme comme méthode de gouvernance ? On se souvient qu’il voulait adhérer à l’Union européenne, qu’il était le « frère » de Bachar el-Assad, l’allié d’Israël, qu’il négociait avec les Kurdes du PKK, qu’il marchait main dans la main avec Fethullah Gülen, son ennemi juré d’aujourd’hui, et cætera... De plus en plus mystique après le coup d’État manqué de 2016 – « un don de Dieu », dit-il –, il se compare volontiers au prophète Mahomet sauvé à Médine par une araignée. Citant le Coran à tout-va, l’hyper-président, installé dans son palais monumental de mille cent cinquante pièces, se veut aussi le successeur d’Atatürk, et pourquoi pas, bientôt, celui de Soliman le Magnifique. Il demeure un acteur incontournable dans un Moyen-Orient en pleine recomposition et d’une complexité redoutable. Mais pour combien de temps ? Jusqu’en 2029 comme il le souhaite ? Entre-temps, il sera devenu le fossoyeur de la fragile démocratie turque en menant une répression de masse impitoyable contre des milliers d’ « opposants », tout spécialement contre les journalistes du pays qui occupe la 155e place sur 180 au classement 2017 de la liberté de la presse.

. Scott A. Snyder, South Korea at the Crossroads. Autonomy and Alliance in an Era of Rival Powers, New York, Columbia University Press, janvier 2018.

Against the backdrop of China’s mounting influence and North Korea’s growing nuclear capability and expanding missile arsenal, South Korea faces a set of strategic choices that will shape its economic prospects and national security. In South Korea at the Crossroads, Scott A. Snyder examines the trajectory of fifty years of South Korean foreign policy and offers predictions—and a prescription—for the future. Pairing a historical perspective with a shrewd understanding of today’s political landscape, Snyder contends that South Korea’s best strategy remains investing in a robust alliance with the United States.

. Raphaëlle Branche, L’embuscade de Palestro. Algérie 1956, Paris, La Découvete, janvier 2018.

Aujourd’hui peu connue du grand public, l’embuscade de Palestro a pourtant bouleversé l’opinion publique, deux ans après le début des « événements » en Algérie. Aux frontières de la micro-histoire, de l’histoire de la mémoire et de l’histoire coloniale, ce portrait exemplaire de Raphaëlle Branche retrace les faits en s’appuyant sur les mémoires françaises et algériennes.

. Yves Boquet, La mondialisation. Un monde organisé en système, Dijon, Presses universitaires de Dijon, janvier 2018.

Un état des lieux sur la mondialisation qui en présente les aspects variés, les enjeux actuels et en pointe les travers.

. Jean-Sylvestre Mongrenier et Françoise Thom, Géopolitique de la Russie, Paris, PUF, 2e éd. janvier 2018.

Parce qu’elle s’étend de l’Est européen à l’océan Pacifique, la Russie est à la croisée des grandes aires géopolitiques mondiales. Au sud, le Moyen-Orient est perçu comme un arc de crise en proie à l’islamisme, dont les contrecoups se répercutent dans le Caucase, en Asie centrale et dans les républiques musulmanes de la Volga. Au nord, l’océan Arctique semble retrouver la valeur géostratégique qui était la sienne pendant la guerre froide. À cette immensité répondent les ambitions du pouvoir russe. Son projet ? Redonner à la Russie un statut de puissance mondiale, en opposition à l’Occident. Expliquer la géopolitique vue de Moscou, montrer son enracinement dans l’histoire, éclairer les implications de ces conceptions et leurs modalités pratiques en analysant l’évolution des politiques russes, tel est l’objectif de cet ouvrage.

. Mathias Tranchant, Les ports maritimes de la France atlantique (XIe-XVe siècle). Volume I : tableau géohistorique, Rennes, PUR, janvier 2018.

C ’est durant la seconde moitié du Moyen Âge que fut mis en place l’essentiel du dispositif portuaire de la France atlantique. Les médiévistes ont beaucoup étudié les sociétés littorales et avec elles les trafics, les marchandises et les navires, mais ils se sont peu préoccupés des espaces portuaires à partir desquels leurs activités étaient rendues possibles. Les ports, considérés en tant que territoires à part entière n’ont que très peu attiré l’attention. Cet ouvrage entend rassembler et organiser nos connaissances relatives aux ports du XIe au XVe siècle.

. Yves Lacoste, Mémoires d’un géographe audacieux, Paris, Éditions des Équateurs, Janvier 2018.

Biographie du père de la géopolitique française et aussi de la géostratégie, fondateur mythique de la revue Hérodote. Y. Lacoste est un géographe aventurier, excellent connaisseur de l’Afghanistan, du Cuba, du Vietnam et de l’Afrique, où il s’intéresse aux maladies tropicales

. Rodney Benson, L’immigration au prisme des médias, Rennes, PUR, janvier 2018.

Ce livre offre un portrait détaillé des journalistes français et américains en action, alors qu’ils débattent de la façon dont traiter et commenter l’un des sujets les plus importants de notre époque. En s’appuyant sur des interviews avec des journalistes de premier plan et sur les analyses d’un vaste échantillon d’informations tirées de la presse papier et de la télévision depuis les années 1970, Rodney Benson montre comment le débat sur l’immigration s’est progressivement focalisé sur les cadres spectaculaires et chargés d’émotion de l’humanitarisme et de l’ordre public.

. Lisa Chauvet, Flore Gubert, Sandrine Mesplé-Somps et Thibaut Jaulin, Les migrants, acteurs des changements politiques en Afrique ?, Paris, De Boeck Supérieur, janvier 2018.

L’histoire politique récente de nombreux pays d’Afrique montre la fragilité et le caractère réversible des transitions démocratiques. Dans ce contexte, et alors que les projections démographiques africaines laissent entrevoir une intensification des mouvements migratoires, la question de la capacité des migrants à influer sur la politique de leur pays d’origine se pose avec acuité. L’ouvrage réunit une douzaine d’études de cas mobilisant à la fois des approches qualitatives, fondées sur l’étude ethnographique des pratiques ou des parcours politiques des migrants, et des enquêtes quantitatives originales menées par les auteurs de l’ouvrage. Les activités politiques transnationales – électorales et non électorales – des migrants sont tout d’abord étudiées à travers l’analyse des mobilisations d’émigrés égyptiens, camerounais, gabonais, congolais, maliens, sénégalais et tunisiens en Europe. L’influence politique que les migrants exercent sur leur famille ou communauté d’origine en diffusant des idées et en adoptant des comportements politiques acquis en migration est ensuite examinée, à travers les exemples du Mali, du Mozambique, du Cap-Vert, du Sénégal, du Maroc, de la Tunisie et de l’Égypte. L’ouvrage décrit enfin la capacité des normes et des ressources acquises en migration à modeler l’émergence de nouvelles élites politiques ou manières de faire en politique, et à modifier les relations de pouvoir existantes.

. Julien Tourreille et Rafael Jacob, Le conservatisme à l’ère Trump, Québec, PUQ, janvier 2018.

Il y a dix ans, le fondateur de la Chaire Raoul-Dandurand, Charles-Philippe David, dirigeait avec Julien Tourreille un ouvrage collectif dressant un portrait du conservatisme aux Etats-Unis. Une décennie plus tard, force est de constater que les bouleversements survenus au cours des dernières années sur la scène politique américaine – la crise économique et financière de 2008 ; la descente aux enfers de la présidence Bush ; l’élection historique, puis la réélection de Barack Obama ; la montée du Tea Party et les gains également historiques du Parti républicain au Congrès et au sein des gouvernements d’Etats ; et, finalement, l’élection fracassante de Donald Trump et son arrivée à la Maison-Blanche – ont contribué à transformer le mouvement conservateur. Maintenant et pour les années à venir, les répercussions sont importantes pour la gouvernance à Washington et au-delà des frontières américaines. Le besoin est donc né, pour les auteurs du présent ouvrage, de revisiter le portrait du conservatisme américain réalisé à l’époque. L’objectif de ce livre est de fournir au lecteur une compréhension globale de ce que constitue le conservatisme américain à l’ère Trump. Il décrit, à l’attention de quiconque s’intéresse à la politique américaine, comment le mouvement a été façonné, comment il continue à être remodelé, et quelle influence il peut avoir au sein de la plus puissante démocratie de la planète.

. Rémi Dalisson, Guerre d’Algérie. L’impossible commémoration, Paris, Armand Colin, janvier 2018.

Depuis 1962 et la signature des accords d’Évian, pas une année ne passe sans que la mémoire de la guerre d’Algérie ne revienne dans le débat public, y compris lors des campagnes électorales ou chaque mois de mars, quand des maires refusent de la célébrer. Depuis 1962, pas une inauguration de rue « 19 mars, fin de la guerre d’Algérie » ne se passe sans qu’elle ne soit perturbée par des incidents ou que sa dénomination n’en soit changée lors de « contre-inaugurations ». Et les querelles rebondissent jusque dans le domaine éducatif où les élèves de terminale doivent étudier « les mémoires de la guerre d’Algérie ». La mémoire du conflit semble donc hanter la société française comme si, entre histoire et mémoire, rien n’avait été encore tranché. Or, il n’est pas de meilleur indice de cette omniprésence et des enjeux de cette mémoire complexe, loin des simplifications et instrumentalisations dont elle est l’objet, que la question de la commémoration de la fin de la guerre. Dans un pays comme la France, friand de cérémonies publiques et de pédagogie civique par la fête, la question de la commémoration de la fin de la guerre synthétise tous les enjeux mémoriaux, identitaires et historiques de la question algérienne. En replaçant cette « impossible commémoration » dans son contexte national, en étudiant les divers groupes mémoriaux concernés, les nombreux héritages commémoratifs et les pratiques cérémonielles de terrain, Rémi Dalisson montre les stigmates de la guerre, le poids de sa mémoire et son enjeu pour une nation traversée par de multiples interrogations identitaires et un rapport complexe au passé, y compris colonial.

. Michel Eltchaninoff, Dans la tête de Marine Le Pen, Paris, Actes Sud, janvier 2018.

Quelles sont les lignes de force idéologiques du Front national ? Pour en avoir une idée, il faut lire les déclarations de Marine Le Pen, examiner ses références philosophiques, repérer les proximités intellectuelles, interroger les membres de son entourage et les spécialistes de l’extrême droite. À l’heure où une partie des pays les plus développés du monde occidental, des États-Unis de Donald Trump au Royaume-Uni du Brexit, bascule dans une politique identitaire, comment le parti fondé par Jean-Marie Le Pen renforce-t-il son audience ? Au fil des discours, la présidente du FN prétend que nous vivons sous le joug d’un totalitarisme libéral d’un type nouveau. Elle se revendique d’une république sans concessions ; se situe au-delà de la droite et de la gauche ; attaque de nouveaux ennemis ; s’aligne sur la Russie de Vladimir Poutine. Le FN a-t-il vraiment changé ? Marine Le Pen a indéniablement transformé son parti. Mais elle n’a pas supprimé les piliers traditionnels de sa famille politique. Elle les a actualisés. Elle n’a pas cassé les murs de la maison extrême droite pour reconstruire une nouvelle demeure. Elle a seulement déplacé les meubles. Marine Le Pen n’a pas liquidé l’extrême droite. Au contraire, elle lui donne de nouvelles forces.

. Mikhaïl Zygar, Les hommes du Kremlin : Dans le cercle de Vladimir Poutine, Paris, Le Cherche Midi, Janvier 2018.

En Russie, la réalité politique est bien différente des clichés habituels. Si le pouvoir de Poutine est indéniable, il est très largement assujetti à quelques grandes figures du pays, entre lesquelles les intrigues sont dignes de la cour des Médicis. Des centaines d’heures d’entretiens exclusifs, souvent clandestins, ont permis à Mikhail Zygar de nous dresser un portrait du pays, qui n’est pas sans rappeler la série House of Cards. Entre les conseillers qui, dans l’ombre, se livrent une véritable guerre d’influence, les seigneurs inamovibles qui, en région, tiennent leurs fiefs, les hommes nouveaux qui se pressent aux marches du pouvoir, Poutine est astreint à un véritable jeu d’échecs. Les rivalités personnelles y sont nombreuses, les alliances, souvent surprenantes. Les conspirations, multiples. Si le Poutine que l’on imagine volontiers est, par bien des aspects, une vue de l’esprit, celui qui se dessine ici est certainement plus fascinant et peut-être plus terrifiant encore.

. Thomas Snégaroff, Star Wars, le côté obscur de l’Amérique, Paris, Armand Colin, janvier 2018.

Et si en fait la saga Star Wars nous racontait en creux l’histoire de l’Amérique, celle du Bien contre le Mal, de la République contre l’Empire et d’une nation qui, à trop avoir eu besoin de démons, s’est trop souvent perdue ? Face à l’obsession sécuritaire désormais constante sinon renforcée avec l’accession de Donald Trump à la présidence des États-Unis, la question que pose la saga est celle de l’avenir de l’Amérique et, au-delà, de nos démocraties. À l’occasion de la sortie mondiale de Star Wars 8 et à travers le prisme de la saga, Thomas Snégaroff nous offre un regard sur la culture politique américaine et le destin de l’Occident. Celui-ci sera tributaire de la capacité de nos dirigeants, au lieu d’agiter le spectre de la peur, de renouer avec le projet des Pères fondateurs.

. Gilbert Achcar, Symptômes morbides, la rechute du soulèvement arabe, Paris, Actes Sud, janvier 2018.

En Syrie d’abord, il montre comment le soulèvement populaire a été noyé dans les conflits régionaux et souligne l’écrasante responsabilité internationale dans le désastre, qu’il s’agisse des alliés du régime ou de Washington. La consolidation des assises du pouvoir et la montée d’un djihadisme dont Daech est le prototype le plus spectaculaire ont contracté l’espace dans lequel s’exprimaient les revendications populaires et imposé l’image d’un pays pris entre deux barbaries. L’intervention militaire russe, épaulant l’offensive terrestre du régime et des milices pro-iraniennes, a rétréci davantage cet espace.
En Égypte ensuite, le coup d’État du général Sissi, tirant profit de la gestion calamiteuse par les Frères musulmans de leur victoire électorale, a réinstallé au pouvoir les forces dominantes sous Moubarak. L’armée, la police et les services de renseignement prennent leur revanche en réprimant les révolutionnaires, en étouffant les libertés et en acquittant les hommes de l’ancien régime. Mégalomanie, culte de la personnalité, répression de plus en plus féroce, néolibéralisme économique forcené, les ingrédients d’une crise future s’accumulent. L’auteur conclut par une réflexion sur les guerres civiles en Libye et au Yémen, sur le compromis tunisien et une évaluation sans complaisance de la situation de la gauche dans le monde arabe.

. Jean Viard, Chronique française. De Mitterrand à Macron, Paris, Éditions de l’Aube, janvier 2018.

Cet essai peut se lire comme le récit politique du dernier quart de siècle, une fresque contemporaine au trait enlevé. Mais aussi comme une tentative d’explication du succès d’Emmanuel Macron. L’auteur va chercher vingt-cinq ans en arrière – à la chute de l’URSS en 1989 – les racines de l’implosion de nos champs politiques. On y voit le mythe révolutionnaire et les sociétés de lutte de classe être peu à peu remplacés par des groupes identitaires, territoriaux et religieux, et l’on assiste à la naissance d’une pensée écologique et mondialisée. En parallèle, la société industrielle mue en société numérique et collaborative. Le François Mitterrand de 1981 qui nationalisa une part de l’économie paraît très loin de l’Emmanuel Macron de 2017 qui veut mettre l’entreprise au cœur de la société. L’Europe pacifique et anticommuniste du premier est fort loin de l’Europe de combat du nouveau Président. Et pourtant, dans les deux cas, leurs personnalités font la différence et permettent d’écrire l’histoire. Mais dans notre société totalement connectée, va-t-on savoir refaire de la politique qui rassemble, y compris dans le débat, ou sommes-nous réduits à une démocratie de tweets et de followers ? Une interrogation lourde pour notre avenir.

. Nicolas Baverez, Violence et passions. Défendre la liberté à l’âge de l’histoire universelle, Paris, L’Observatoire, janvier 2018.

La violence n’est pas à nos portes, elle est chez nous. Les idéologies du XXe siècle sont mortes, mais les passions nationales et religieuses sont de retour. Et avec elles les guerres civiles et les guerres de religion dont la sauvagerie est sans limite. Au-delà des conflits armés, la violence se diffuse en empruntant tous les canaux de la mondialisation. Elle pénètre jusqu’au cœur des sociétés développées, notamment par les réseaux sociaux. Elle se libère de tout cadre et de toute règle. La violence est une arme de destruction massive contre la démocratie, qu’elle emprunte les traits du populisme, du fanatisme religieux, des menaces émanant des nouveaux empires ou des cyber-attaques. Il est plus que temps pour les nations libres de rompre avec le déni pour réagir. Ne laissons pas le dernier mot de l’histoire du XXIe siècle à la barbarie. Retrouvons la foi dans la liberté et le courage de la défendre !

. Jean-Pierre Filiu, Généraux, gangsters et jihadistes. Histoire de la contre-révolution arabe, Paris, La Découverte, janvier 2018.

On ne compte plus les livres consacrés aux différentes manifestations de l’Islam politique. Bien plus rares sont les études dédiées aux appareils de sécurité et de répression, dont le poids est pourtant exorbitant dans le monde arabe. Cet ouvrage, qui fera date, répond à ce besoin de compréhension de telles structures de l’ombre, désignées sous le terme d’« État profond ». Il en éclaire le processus de construction historique, à la faveur du détournement des indépendances arabes par des cliques putschistes. Il en décrit les formidables ressorts économiques, depuis l’accaparement des ressources nationales jusqu’au recyclage de rentes stratégiques, notamment pétrolières. Les « guerres globales contre la terreur » de ce début de siècle ont représenté une aubaine multiforme pour ces différents régimes confrontés aux revendications démocratiques de leurs sociétés. Ils s’en nourrissent tant et si bien, aujourd’hui comme hier, que la menace jihadiste, loin de décliner, ne fait que proliférer. Un paradoxe très lourd de conséquences pour la sécurité du monde. Car les sociétés arabes ne connaissent pas seulement des guerres meurtrières en Syrie, en Irak, en Libye ou au Yémen. Elles vivent aussi à l’heure d’une véritable contre-révolution, dont Jean-Pierre Filiu brosse la première fresque d’ensemble en mobilisant son expérience intime d’une réalité largement méconnue. Il nous explique comment la transition tunisienne demeure une exception dans une région où généraux, gangsters et jihadistes s’allient volontiers pour enterrer toute espérance démocratique.

. Christian Bromberger, La Méditerranée entre amour et haine, Paris, Éditions de l’Aube, janvier 2018.

Comment penser la Méditerranée ? Un monde de parfums, de couleurs, d’échanges et de rencontres ? Un ensemble de sociétés qui présentent un air de famille ? Mais c’est aussi un univers de conflits et de haine. Comment passe-t-on de la coexistence bienveillante à l’affrontement sanglant ? Chaque groupe se définit ici dans un jeu de miroirs avec ses voisins. Et ce sont ce jeu et ces différences qui permettent de parler d’un «  monde méditerranéen  ». Aussi, rappeler les pratiques de mixité, les épisodes heureux de coexistence, les valeurs partagées d’une rive à l’autre, ne doit pas masquer la vigueur des antagonismes, car les deux forment un tout insécable. Une voie pour les adoucir, peut-être les surmonter, est de prendre conscience de leur relativité. Ce voyage en Méditerranée, dans l’espace et dans le temps, invite à ce pas de côté…


2018


. Philippe Boulanger, Evo Morales ou le malentendu bolivien, Paris, Nuvis, décembre 2017.

Voici un livre qui donne des clés pour comprendre la crise actuelle en Bolivie et l’irrépressible volonté d’Evo Morales d’instrumentaliser la Constitution bolivienne pour s’éterniser au Palais Présidentiel. A travers l’analyse de l’itinéraire de l’homme fort de la Bolivie, en se focalisant sur la "décennie Morales, Philippe Boulanger explique le "malentendu bolivien" qui, depuis 2005, fait l’actualité du pays.

. François-Xavier Nérard, Marie-Pierre Rey, Atlas historique de la Russie. D’Ivan III à Vladimir Poutine, Paris, Autrement, décembre 2017.

Plus de 90 cartes et infographies inédites présentent l’histoire de la Russie, mettant l’accent sur les différentes régions d’un territoire immense et sur les modalités de son contrôle par l’État.

. Naomi Klein, Dire non ne suffit plus. Contre la stratégie du choc de Trump, Arles, Actes Sud, décembre 2017.

Loin d’être une « aberration de l’histoire », l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche n’est que la suite logique d’un long processus au cours duquel se sont imposées, aux États-Unis comme sur la scène mondiale, les valeurs d’un capitalisme débridé aujourd’hui incarnées par un président appliquant sans vergogne un programme délétère. En confiant le gouvernement des États-Unis aux entreprises, en niant le changement climatique pour favoriser l’exploitation frénétique des énergies fossiles, en affichant un bellicisme virulent et une propension à user de tous les aspects de la stratégie du choc, Donald Trump fait courir à la planète des risques majeurs que Naomi Klein, forte de plus de vingt ans d’investigation sur le terrain, dénonce ici tout en engageant les citoyens du monde à tracer une feuille de route pour faire reculer les populismes et nationalismes de tous bords, et gratifier le monde d’un avenir durable.
Car dire « non » ne suffit plus. Ce moment de notre histoire exige davantage : un « oui » assourdissant à des solutions alternatives et démocratiques – un « oui » qui fixerait un cap audacieux pour prendre soin du monde que nous voulons, et dont nous avons besoin.

. Lamore Jean, José Martí. La liberté de Cuba et de l’Amérique latine, Paris, Ellipses, décembre 2017.

José Martí (1853-1895) est sans conteste la figure la plus importante du XIXe siècle cubain.
Cité par les révolutionnaires de Fidel Castro comme « l’auteur intellectuel » et l’inspirateur de la révolution cubaine, il est à l’origine de la création au XIXe siècle de la conscience continentale d’une Amérique métisse, celle qu’il nomma « Notre Amérique », en opposition à l’Amérique anglo-saxonne du Nord. Il prit la défense des Noirs et des Indiens, fut l’organisateur et le premier dirigeant en 1895 de la guerre révolutionnaire d’indépendance de Cuba — alors colonie espagnole —, le fondateur du Parti révolutionnaire cubain (1892), celui qui formula pour la première fois une doctrine américaine anti-impérialiste. Il fut aussi poète, critique littéraire et journaliste, reconnu dans toute l’Amérique. Tué lors de sa première bataille contre les Espagnols, il est depuis considéré comme un martyr et un mythe de l’indépendance de Cuba et de l’Amérique latine.

. Erminia Chiara Calabrese et Valentina Napolitano (dir.), Violence et militantisme. Parcours d’engagements au Proche-Orient, Paris, CNRS, décembre 2017.

Imposée par des régimes politiques autoritaires et répressifs, par des conflits ouverts, des occupations étrangères ou des déplacements de population forcés, la violence est une expérience quotidienne dans de nombreuses sociétés arabes. Elle constitue un élément essentiel de l’engagement des militants politiques ou humanitaires. Les contributions ici réunies souhaitent éclairer ses effets sur les trajectoires, ainsi que sur les pratiques et subjectivités de militants en Jordanie, Palestine, Syrie et Liban au sein de plusieurs organisations (partis politiques, groupes armés, ONG, syndicats, mouvements sociaux, etc.). En portant un regard décentré sur l’engagement militant, les chercheurs soulignent le rôle des émotions, des discontinuités, des ruptures, ainsi que celui de l’incertitude. Un ouvrage qui constitue ainsi un apport scientifique nouveau à la sociologie de l’action collective encore trop centrée sur des contextes pacifiés.

. Sémir Al Wardi, Jean-Marc Regnault et Jean-Françios Sabouret (dir.), L’Océanie convoitée. Histoire, géopolitique et sociétés, Paris, CNRS, décembre 2017.

Continent immense, mais encore « invisible », l’Océanie attise les convoitises. S’aventurant dans cet espace-océan, les hommes se sont peu à peu établis dans des îles dispersées : ils atteignent d’abord la Papouasie-Nouvelle-Guinée il y a 60 000 ans, puis la Polynésie au IIIème siècle et l’île de Pâques vers 700. L’élan donné par les chasseurs- cueilleurs s’est poursuivi sans relâche, amplifié à partir du XVIème siècle par des navigateurs européens en quête de paradis sur terre et de ressources à échanger. Cet ouvrage, réunissant une quarantaine de spécialistes, analyse cette Océanie « convoitée » sous l’angle historique, politique, religieux, économique, et culturel. Tentant d’aller au-delà du mythe, toujours vivace, d’îles paradisiaques retrouvées, il dévoile les convoitises inconciliables d’une multitude d’acteurs, parfois inattendus, tout autant que les ambitions hégémoniques des grandes puissances. Car si l’Océanie est devenue l’une des nouvelles « routes de la soie » de la République populaire chinoise, dans le cadre de sa stratégie-Monde, elle n’en reste pas moins un univers largement américanisé et anglophone. Et, alors que nous sommes à la veille d’un important aggiornamento politique en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie, ce livre inédit interroge aussi les tentatives des peuples de l’Océanie pour se rassembler et défendre leurs identités dans un monde bouleversé par les effets des changements climatiques et la montée des eaux.

. Valérie Niquet, La puissance chinoise en 100 questions, Paris, Tallandier, octobre 2017.

Le pouvoir en Chine est-il si centralisé et tout-puissant ? Quel est le rôle de la propagande ? La lutte contre la corruption est-elle une illusion ? Que signifie la fin de la politique de l’enfant unique ? Pourquoi la censure se renforce-t-elle ? Que pèse la dette chinoise ? L’APL est-elle vraiment la deuxième armée du monde ? Quelles sont ses ambitions maritimes ? La Chine est-elle une puissance nucléaire responsable ?
En quelques décennies, la Chine est devenue la deuxième puissance économique mondiale. L’ampleur de son marché, ses échanges, mais aussi ses choix stratégiques régionaux ou environnementaux, orientent l’avenir du monde. Pourtant, le ralentissement de la croissance économique constaté depuis 2015 a entraîné un brutal retour de balancier. Après avoir été encensé comme le « sauveur » de nos économies en crise, le modèle chinois se trouve soudain remis en cause. En 100 questions/réponses, Valérie Niquet dresse un tableau contrasté et parfois inquiétant de la puissance économique, culturelle, démographique, militaire que représente la Chine aujourd’hui. Elle éclaire le fonctionnement du système chinois et analyse la réalité d’un pays, objet d’une fascination sans recul.

. Christophe Lafaye, L’armée française en Afghanistan, le génie au combat (2001-2012), Paris, CNRS éditions.

L’Afghanistan marque pour l’armée française le retour des combats de haute intensité. Entre 2001 et 2014, 70 000 militaires s’y rendent, faisant de ce théâtre d’opérations un véritable creuset pour une nouvelle génération du feu après celle de la guerre d’Algérie. La compréhension de ce conflit se révèle indispensable pour appréhender les nouveaux défis qui attendent une armée de Terre en pleine mutation. Pour le Génie, cette opération signe le retour au premier plan des savoir-faire liés aux opérations de contre-guérilla. Dès 2003, les talibans utilisent des engins explosifs improvisés pour faire peser une menace lourde sur les troupes déployées au sol. Le Génie se dote d’une chaîne complète de moyens pour lutter contre ces bombes artisanales, responsables de plus de la moitié des pertes de la coalition occidentale. Un ouvrage décisif pour comprendre l’engagement français en Afghanistan, au plus près du terrain.

. Christophe Stiernon et Lauriane Héau, La guerre oubliée du Yémen. Impasse militaire, casse-tête politique et catastrophique humanitaire, Paris, GRIP, décembre 2017.

En mars 2015, une coalition internationale dirigée par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis est entrée en guerre au Yémen. Elle entend combattre le mouvement politique armé Houthi, allié aux forces fidèles à l’ancien président yéménite Saleh pour ramener au pouvoir le président internationalement reconnu, Hadi. Souvent qualifié de guerre par procuration entre l’Arabie saoudite et l’Iran sur fond de tensions interconfessionnelles, le conflit au Yémen reflète en réalité une mosaïque de luttes de pouvoir et de tensions au niveau local ainsi que de multiples fractures dans la société yéménite. Héritages d’évènements récents et d’une histoire séculaire, ces fractures sont les braises sur lesquelles viennent aujourd’hui souffler les différents acteurs d’un conflit qui a pris une dimension internationale. Après plus de trente mois de combats, aucune des parties au conflit ne semble en mesure d’obtenir une victoire militaire décisive, et une solution politique apparaît plus éloignée que jamais tant les parties semblent incapables de faire des concessions ni même vouloir discuter de paix. Pendant ce temps, la guerre a achevé de détruire ce qu’il restait du système économique, de gouvernance et de sécurité du Yémen.

. Nicolas Lebourg et Isabelle Sommier, La violence des marges politiques des années 1980 à nos jours, Paris, Riveneuve, décembre 2017.
Explorer le cœur des radicalités, des néo-nazis aux ultras gauches, ce n’est pas les amalgamer. C’est vouloir comprendre le basculement d’une société qui, à partir des années 1980, récuse toute valeur à la violence politique. Alors que les partis extrémistes se normalisent et s’installent dans le paysage électoral, la radicalité se réfugie dans les marges. La pluralité de celles-ci ne dissimule pas des dynamiques générales : dans la France récente, si la violence des militants politiques est moins importante qu’avant, elle est aussi plus structurée selon un mode horizontal. Elle est faite par réseaux et bandes. Elle surgit plus en réaction à une action des ennemis désignés qu’en fonction d’un agenda propre. Elle est plus souvent une question de style ou d’esthétique mobilisant le noyau militant qu’une stratégie de déstabilisation politique. Cette fluidité et cette basse intensité sont en résonance avec l’évolution internationale, comme en témoignent des phénomènes tels que les Black blocs ou les Nationalistes Autonomes. Cet ouvrage constitue une approche pluridisciplinaire de cette nouvelle époque, où la violence est avant tout a aire de groupes très idéologisés mais réduits.

. Philippe Libagé, Soldats de l’ONU. Expériences ou blessures secrètes ?, Saint-Maur-des-Fossés, Jets d’Encre, décembre 2017.

Alors qu’il existe tant de livres sur la guerre, pourquoi y en a-t-il si peu qui s’intéressent à la vie quotidienne du soldat, à ses problèmes, à ses souffrances ? Dans le cadre de l’intervention des forces françaises en ex-Yougo, Philippe Libagé fait partie des casques bleus déployés à Sarajevo, en 1995, pour « maintenir la paix ». S’appuyant sur son expérience, il raconte les conditions matérielles et psychologiques difficiles, la promiscuité, la solitude, l’isolement et le danger invisible mais toujours présent des snipers embusqués. Il évoque ensuite le retour, parfois plus dur que le déploiement en OPEX (Opérations Extérieures), le sentiment de décalage, le manque de reconnaissance officielle et surtout les risques de chocs post-traumatiques dont on ne parle pas assez et que l’on traite bien mal… Un témoignage et une réflexion forts, photos à l’appui, sur la condition des soldats de l’ONU qui manquent cruellement de reconnaissance.

. Pascal Perrineau et al., Le Vote disruptif. Les élections présidentielle et législatives de 2017, Paris, Presses de Sciences Po, décembre 2017.

Un processus de destruction créatrice d’une rare intensité s’est emparé du système politique français lors des élections de 2017. Ouvert par une série de déchéances fulgurantes, il s’est poursuivi par une campagne incapable de se fixer sur de véritables enjeux puis par une explosion de la mobilité électorale pour s’achever par un après-élection comparable à un champ de ruines. Après la tempête, voici venu le temps de l’analyse et des premiers résultats issus de la recherche. La vingtaine de contributions inédites réunies ici, complétée d’une chronologie et d’une synthèse des votes sous forme de cartes et de tableaux, signale la fin du cycle politique né après la seconde guerre mondiale. Elle montre la façon dont s’évanouit le système des partis et dont sont remises en question les institutions représentatives pour faire place aux organisations en réseau et à une demande de démocratie horizontale.

. Pierre Dhomps et Henri Tsiang, Le big bang des nouvelles routes de la soie, Paris, L’Harmattan, décembre 2017.

L’ambition des Nouvelles Routes de la Soie, aussi appelées BRI (Belt and Road Initiative) est de relier la Chine à l’ensemble du continent eurasiatique et à l’Afrique par des voies de communication terrestres et par le renforcement des voies maritimes. La priorité est donnée au co-développement économique entre les 65 pays et régions concernés et la Chine, grâce à une connectivité et une participation active. Ce projet considérable va de pair avec la volonté du président chinois Xi Jinping de faire retrouver à la Chine sa place éminente.

. Ibrahima Diop Gaye, Mobilité pastorale et développement au Sahel, Paris, L’Harmattan, décembre 2017.

Le Sahel, espace géomorphologique en marge du désert saharien, reste encore très largement le domaine du pastoralisme. Mais il demeure encore banalement et économiquement marginalisé et sous le poids d déficits remarquables : de l’aménagement du territoire aux services publics, et à l’éducation. Que réservent à la mobilité des pasteurs et de leurs animaux les courants actuels de recomposition territoriale et de régionalisme politico-administratif ? Et que nous réserve la souplesse adaptative traditionnelle des pasteurs ?

. Samir Abdelkrim, Startup Lions : Au cœur de l’African Tech, Format Kindle, Amazon, décembre 2017.

Notre avenir s’invente aujourd’hui en Afrique. C’est l’enthousiaste constat de Samir Abdelkrim, qui a sillonné pendant trois ans les routes en construction de la tech africaine. Des hauts plateaux éthiopiens aux collines de Kigali, des incubateurs de Tunis ou de Lagos aux hackathons de Dakar, il a exploré sans relâche les écosystèmes numériques de plus de 20 pays. Des centaines d’entrepreneurs ont partagé avec lui leur vision audacieuse d’une Afrique émancipée par l’innovation organique, émergeant spontanément des usages de citoyens-hackers. Leurs startups résolvent les problèmes des populations et posent les bases d’une société nouvelle, dont l’Occident ferait bien de s’inspirer. Samir Abdelkrim est d’ailleurs à Nairobi quand Mark Zuckerberg fait une visite imprévue à l’écosystème local en septembre 2016.

. François Géré,‎ Lars Wedin, L’Homme, la Politique et la Guerre, Paris, Nuvis, décembre 2017.

Où en sont les relations pluriséculaires entre l’homme et l’Etat, sujets de la politique et acteurs de la guerre ? Comment évolue la violence organisée à mesure que s’accroît l’emprise de la technologie mettant à disposition des moyens de destruction inouïs ? A partir d’expériences professionnelles et culturelles différentes deux stratégistes, un universitaire français et un officier de la marine suédoise procèdent à un réexamen complet des fondements de la stratégie définie comme un savoir-faire finalisé par des mobiles idéologiques susceptible d utiliser la violence armée organisée pour atteindre ses objectifs politiques. Au terme d’un vaste tableau des causes et des développements des guerres passées, actuelles et futures, ce livre présente les possibles scénarios de guerre nucléaire sans craindre de « penser l’impensable ». Cherchant à remettre à leur juste place les grands classiques tels que Sun Zi et Clausewitz inutilement sacralisés, les auteurs ont également voulu réorienter « l’occidentalo-centrisme » de la stratégie en faisant leur part à l’Afrique, à l’Asie et au Moyen Orient, en interrogeant les pluralismes culturels et la diversité des sociétés humaines. A travers la globalisation des échanges, le lecteur mesurera les effets des transferts de technologie qui conduisent les Etats à acquérir des systèmes d’armes sensiblement identiques tout en recherchant la différence qui conférera la supériorité.

François Géré est Président de l’Institut Français d Analyse Stratégique (IFAS), fondé en 2001, et Directeur de recherches à Paris 3. Il est aussi Professeur invité à l’université Johns Hopkins de Washington et Professeur associé à la Link Campus University de Rome. Agrégé et docteur habilité en histoire contemporaine, il a reçu une formation à la physique des armes nucléaires et des missiles balistiques aux Etats-Unis et en France et il a été l’assistant du général Lucien Poirier de 1988 à 2010 avec qui il a publié en 2001 "La Réserve et l’Attente, avenir des armes nucléaires françaises". Il a récemment publié le "Dictionnaire de la désinformation" (2011), "La nouvelle géopolitique" (2012), "La France au coeur du monde" (2016) et "La pensée stratégique française contemporaine" (2017). Lars Wedin est Capitaine de vaisseau de la Marine suédoise. Officier de surface, il a commandé plusieurs fois à la mer. Breveté d études militaires supérieures des écoles de guerre suédois et française, il a travaillé comme conseiller auprès le Ministère des affaires étrangères et comme chef du bureau stratégique dans l’Etat-major de l’Union européenne. Il est membre des Académies royales des sciences de la guerre et des sciences navales ainsi que membre associé de l’Académie de marine française. Son dernier livre, Stratégies maritimes au XXIe siècle. L’apport de l’amiral Castex vient d’être traduit en anglais et en portugais.

. Atlas géopolitique mondial, Édition 2018, Areion Group.

L’OTAN, une alliance de défense dépassée ? ; Le nucléaire, une énergie contestée malgré ses promesses ; Colombie : la paix et l’argent des FARC ; Pérou : le nouveau « dragon » d’Amérique latine ? ; Inde-Bangladesh : une frontière multiple ; De la foi à la télévision : les forces du soft power sud-coréen ; Le Grand Mékong : une région convoitée par la Chine et le Japon ; Le Rif : une région isolée au cœur du royaume du Maroc ; Cisjordanie : la démolition comme arme politique d’Israël ; Haut-Karabagh, un conflit latent au cœur du Caucase.

. Hugo Loiseau et Elena Waldispuehl (dir.), Cyberespace et science politique. De la méthode au terrain, du virtuel au réel, Québec, PUQ, décembre 2017.

Transition pour certains, rupture pour d’autres, l’envahissement du cyberespace dans nos vies soulève plusieurs questions. Il est rare, dans l’histoire de l’humanité, de constater qu’une innovation technologique transforme autant et en si peu de temps le quotidien des individus, mais aussi les façons de gouverner ou d’analyser le monde. Le présent ouvrage part du constat que nous vivons actuellement une véritable « cybérisation » individuelle et collective. Il souhaite ainsi appréhender les changements sociaux et politiques qu’implique la présence grandissante du cyberespace dans nos vies.

. Richard Nephew, The Art of Sanctions. A View from the Field, New York, Columbia University Press, décembre 2017.

Nations and international organizations are increasingly using sanctions as a means to achieve their foreign policy aims. However, sanctions are ineffective if they are executed without a clear strategy responsive to the nature and changing behavior of the target. In The Art of Sanctions, Richard Nephew offers a much-needed practical framework for planning and applying sanctions that focuses not just on the initial sanctions strategy but also, crucially, on how to calibrate along the way and how to decide when sanctions have achieved maximum effectiveness.

. Marès Antoine et Soubigou Alain, L’Europe centrale dans l’Europe du XXe siècle, Paris, Ellipses, décembre 2017.

Il est habituel en France d’aborder l’histoire de l’Europe au XXe siècle à travers le filtre des grandes puissances occidentales. Ce volume a pour ambition de déplacer la focale vers l’Europe médiane, partie de l’Europe qui en a été le sismographe depuis l’époque moderne. Cette vaste région comprise entre l’Allemagne et la Russie d’une part, les mers Baltique, Noire et Adriatique d’autre part, se divise en fonction de ses expériences historiques et géopolitiques : une zone baltique, une zone centre-européenne et une zone balkanique (ou Sud-Est européen), chacune se caractérisant par les influences et les menaces subies. Il s’agit ici de voir comment cet espace est passé successivement d’une phase impériale jusqu’en 1918 à une phase d’indépendances nationales jusqu’en 1938-1939, puis à des assujettissements à l’Allemagne nazie et l’URSS, avant de retrouver sa souveraineté à partir de 1989. Sont abordés ici les aspects politiques, économiques, sociaux et culturels. Cet ouvrage destiné avant tout aux étudiants de licence intéressera tous les curieux de l’« Autre » Europe qui veulent avoir une vision synthétique du siècle dernier.

. Philippe Josserand, Frédérique Laget et Brice Rabot (dir.), Entre horizons terrestres et marins. Sociétés, campagnes et littoraux de l’Ouest atlantique, Rennes, PUR, décembre 2017.

La mise en valeur du rapport terre-mer, l’organisation portuaire, la construction des paysages, le sel, l’espace poitevin, les marins et les paysans du bas-Moyen-Âge constituent des références et des sujets, parfois entrecroisés, qui structurent la plus grande partie du volume. Les incursions vers les mondes musulman ou byzantin, vers l’Angleterre ou la péninsule ibérique ou encore les prolongements vers l’histoire moderne ne perdent jamais de vue le traitement des domaines chers à Jean-Luc Sarrazin.

. Collectif, L’annuel. 2017 en photos, le choix de l’AFP, Paris, Agence France-Presse, décembre 2017.

L’histoire par la photo. L’Agence France-Presse a décidé cette année d’innover, de présenter différemment et autrement le travail de ses photojournalistes. A côté des images, il y a du texte et des paroles, celles de ces journalistes photographes qui, aux quatre coins du monde, 24 heures sur 24, ont raconté l’histoire de notre planète. Et au-delà d’une revue, d’un défilé, place a été donnée aux coups de cœur de la rédaction et des équipes. Il y a la photo qui parle d’elle-même ; qui révèle, inquiète, fascine ou amuse. Du Bangladesh à la Syrie, de Pékin à Paris... Et il y a l’éclairage du photographe, la petite phrase qui fait regarder l’image différemment. Qui souligne le danger, la surprise, l’horreur, l’émotion, l’amusement ou la stupeur... Derrière chaque reportage, une histoire se révèle, une rencontre se cache, douce ou brutale, derrière chaque image se trouve un homme ou une femme sur le terrain...

. OFCE, L’économie française 2018, Paris, La Découverte, décembre 2017.

Chaque année, l’OFCE propose dans la collection " Repères " un bilan accessible et rigoureux de l’économie française. L’édition 2018 présente l’état de la conjoncture, les principales tendances et les grands problèmes. Chaque année, l’OFCE propose dans la collection " Repères " un bilan accessible et rigoureux de l’économie française. L’édition 2018 présente l’état de la conjoncture, les principales tendances et les grands problèmes. Quelles sont les trajectoires possibles de l’économie française au cours du prochain quinquennat ? Quel est l’impact macroéconomique des premières mesures prises par le nouveau gouvernement ? Des références bibliographiques ainsi que de nombreux tableaux et graphiques complètent un ouvrage dont les précédentes éditions ont été particulièrement bien accueillies par les lecteurs, les spécialistes et la presse.

. R. Ziade (dir.), Chrétiens d’Orient. 2000 ans d’histoire, Paris, Gallimard, octobre 2017.

Cet ouvrage constitue une plongée dans l’histoire des communautés chrétiennes du Proche et Moyen-Orient, sur les territoires actuels de la Syrie, du Liban, de l’Égypte, de la Jordanie, de l’Irak, des Territoires palestiniens et d’Israël, voire de la péninsule Arabique. L’architecture, les liturgies, l’importance du monachisme et des pèlerinages, le culte des saints, la place centrale qu’occupent l’image et la Vierge, sont autant de portes d’entrée pour comprendre les convergences et spécificités de chacune des communautés présentes. Cet espace au cœur des vicissitudes de I’histoire, tour à tour romain, byzantin, musulman, ottoman, convoité par l’Occident avant de connaître les mouvements nationalistes arabes, est aujourd’hui au centre des préoccupations. Au-delà de la préservation du patrimoine matériel et immatériel, c’est la question de la diversité du monde arabe et de sa riche histoire qui est posée, en interrogeant la place et la présence des chrétiens aux Proche et Moyen-Orient.


Le livre recommandé par Diploweb.com en novembre 2017

. Jean-François Gayraud, Théorie des Hybrides. Terrorisme et crime organisé. Préface de Jacques de Saint Victor. Paris, CNRS édition, novembre 2017.

Pierre Verluise, Fondateur du Diploweb.com : "Voici un livre fondateur d’une nouvelle approche du terrorisme et du crime organisé. Il y aura un "avant" et un "après" cet ouvrage dans lequel Jean-François Gayraud démontre avec brio que l’hybridation est devenu la règle entre la criminalité organisée et le terrorisme. Ces menaces fusionnent sous nos yeux. Documenté, solidement argumenté, nuancé dans l’expression autant que lucide, remarquablement écrit, Jean-François Gayraud offre au citoyen des clés de compréhension du monde d’aujourd’hui... et de demain. A recommander autour de vous. "

Dans le monde post-Guerre froide, l’hybridation est devenue la règle et non plus l’exception, générant des entités inclassables : guérillas marxistes vivant du trafic de cocaïne ; gangsters salafisés ; sectes religieuses vouées au terrorisme ; financiers à la fois spéculateurs et criminels ; paramilitaires mutant en cartels de la drogue… Tous les entrepreneurs du crime tendent aujourd’hui à changer d’ampleur et de forme.

L’ère de l’hybridation a commencé… Et le terrorisme trouve ainsi des nouvelles sources de financement. Des corps hétérogènes et inconciliables font désormais symbiose. Hier, acteurs « politiques » (terrorisme, guérillas, milices, mouvements de libération) et criminels de « droit commun » (bandes, gangs, cartels, mafias) vivaient séparés dans les espaces et selon les logiques de la Guerre froide : ils fusionnent aujourd’hui sur la même scène violente et prédatrice.

Jean-François Gayraud livre une analyse lucide et sans concession de ces hybrides qui bousculent toutes les certitudes héritées du XXe siècle.

« La figure du “prédateur” mondialisé appelle la figure nouvelle du petit criminel global qui se présente souvent sous l’aspect plus “noble” du terroriste. Cet “hybride” prend de multiples aspects que Jean-François Gayraud décline dans une casuistique savoureuse. » Jacques de Saint Victor (préface)

Jean-François Gayraud est docteur en droit, diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris et de l’Institut de criminologie de Paris. Essayiste et haut fonctionnaire de la police nationale, il est l’auteur de nombreux ouvrages de géopolitique et de criminologie, dont Le Renseignement criminel (CNRS Éditions, 2011).


. Pascal Gauchon et Jean-Marc Huissoud, Les 100 lieux de la géopolitique, Paris, PUF, décembre 2017 (rééd).

Il est des lieux d’où rayonne la puissance ; ils procurent aux souverains qui s’y succèdent cadre monumental et légitimité. Il en est d’autres, fréquentés par les marchands, les militaires et les brigands, où s’entrecroisent les routes du monde. Et d’autres, chargés d’histoire et de passion, pour lesquels les peuples sont prêts à se battre. La géopolitique ne s’écrit pas seulement avec des mots, mais avec des lieux. De New York à La Mecque, de Suez à Malacca, du Pays basque au Chiapas, de l’Afrique à l’Europe et de l’Antarctique au Sinaï, 100 lieux sont présentés avec les enjeux qu’ils incarnent. Ils constituent le meilleur moyen pour pénétrer dans la géopolitique du monde actuel. Les auteurs, Olivier David, Pascal Gauchon, Jean-Marc Huissoud, Sonia Le Gouriellec, Jean-Luc Suissa et Patrice Touchard, enseignent en classe préparatoire économique et commerciale ou à l’ESC Grenoble. Pascal Gauchon et Jean-Marc Huissoud ont également coordonné dans la collection « Que sais-je ? » Les 100 mots de la géopolitique, qui complète le présent ouvrage.

. Hugo Loiseau et Elena Waldispuehl (dir.), Cyberespace et science politique. De la méthode au terrain, du virtuel au réel, Québec, PUQ, décembre 2017.

Transition pour certains, rupture pour d’autres, l’envahissement du cyber­espace dans nos vies soulève plusieurs questions. Il est rare, dans l’histoire de l’humanité, de constater qu’une innovation technologique transforme autant et en si peu de temps le quotidien des individus, mais aussi les façons de gouverner ou d’analyser le monde. Le présent ouvrage part du constat que nous vivons actuellement une véritable « cybérisation » individuelle et collective. Il souhaite ainsi appréhender les changements sociaux et politiques qu’implique la présence grandissante du cyber­espace dans nos vies. Ce livre expose, entre autres, les changements qu’apporte le cyberespace à l’étude et à la pratique des sciences sociales en général et de la science politique en particulier, mais aussi aux objets d’études de ces domaines.

. Richard Q. Turcsányi, Chinese Assertiveness in the South China Sea. Power Sources, Domestic Politics, and Reactive Foreign Policy, New York, Springer, décembre 2017.

This book offers an assessment of China’s assertive foreign policy behavior with a special focus on Chinese policies in the South China Sea (SCS). By providing a detailed account of the events in the SCS and by analyzing power dynamics in the region, it identifies the driving forces behind China’s assertive foreign policy. Considering China’s power on a domestic as well as an international level, it examines a number of different sources of hard and soft power, including military, economics, geopolitics, and domestic legitimacy. The author demonstrates that Chinese assertiveness in the SCS can be explained not only by increases in China’s power, but also by effective reactions to other actors’ foreign policy changes. The book will appeal to scholars in international relations, especially those interested in a better understanding of South China Sea developments, China’s political power and foreign policy, and East Asian international affairs.

. Gülçin Erdi Lelandais et Hervé Marchal, Citoyenneté en ville. L’épreuve des inégalités spatiales et des identités, Tours, PUFR, décembre 2017.

Les villes sont au cœur des luttes socio-politiques : ghettoïsation, gentrification, morcellement communautaire. Dans ce contexte, des groupes citoyens revendiquent leurs droits culturels et politiques, prétendent à une certaine visibilité dans l’espace public et tentent d’investir les villes. Le « droit à la ville », qui se nourrit du concept de justice spatiale, amène les citoyens à refuser de se laisser écarter de la réalité urbaine par des logiques discriminatoires, inégalitaires et ségrégatives. A partir d’exemples recueillis dans des villes du monde entier (en Argentine, Inde, Turquie, Bulgarie, France…), cet ouvrage interroge les obstacles à la citoyenneté, mais aussi son expression politique. Analysant les effets de la montée des identités collectives sur la citoyenneté et, plus largement, sur les démocraties dites représentatives, il permet de saisir au plus près du terrain l’émergence en actes de mouvements citoyens inédits soucieux de défendre leurs conceptions de la citoyenneté.

. Jean Lamarre, Le mouvement étudiant québécois des années 1960 et ses relations avec le mouvement international. La dynamique Québec- Canada- États-Unis - France, Québec, Septentrion, novembre 2017.

Au cours des années 1960, de nombreux mouvements de contestation ont lieu partout dans le monde. De Paris à Berlin, de Berkeley à Toronto, de New York à Montréal, la jeunesse étudiante est au coeur de cette remise en question sociale. Les étudiants prennent la rue et font des marches de protestation pour revendiquer leurs droits, ils organisent des sit-in, des teach-in et des grèves de la faim. Tous les moyens sont bons pour se faire entendre. Alors que l’on pourrait penser que les mouvements étudiants nationaux fonctionnent de façon indépendante et autonome, la simultanéité des contestations, la similitude des discours revendicateurs et le recours à des moyens de pression semblables amènent Jean Lamarre à se questionner sur les liens internationaux qui ont pu exister entre ces mouvements.

. Aurélie Bros et Thierry Bros, Géopolitique du gaz russe. Vecteur de pouvoir et source de revenus, Paris, Éditions de l’Inventaire, novembre 2017.

Troisième « Carnet de l’Observatoire » après « Russie-Europe : des malentendus paneuropéens »et« Russie : les enjeux du retour au Moyen-Orient », le livre d’Aurélie et Thierry Bros s’attaque à un domaine majeur concernant la Russie : le gaz et ses enjeux tout à la fois économiques, commerciaux, stratégiques, diplomatiques… Si, à partir des années 1970, la Russie soviétique est devenue, peu à peu, un État pétrolier et gazier, exportant de plus en plus de gaz en direction de l’Europe, la situation est en train de changer. La crise russo-ukrainienne a eu des répercussions sur la sphère énergétique, notamment gazière, ravivant le débat sur la menace potentielle d’une dépendance européenne vis-à-vis du gaz russe, tandis que le rapprochement sino-russe s’est intensifié. La tendance actuelle est une « sur-géopolitisation » des activités gazières russes, avec une tendance à la « sur-dramatisation » pour les exportations en direction de l’Europe et une « sur-idéalisation » dans les exportations en direction de l’Asie. Une telle vision occulte non seulement les enjeux économiques et financiers, mais aussi les rapports de forces qui tendent à s’exacerber sur le marché domestique russe pour l’accès aux marchés tant en Russie qu’à l’étranger.

. Nicolas Maisetti, Marseille, ville du monde. L’internationalisation d’une métropole morcelée, Paris, Karthala, novembre 2017.

Ce livre analyse les politiques internationales qui visent à promouvoir une nouvelle image de Marseille, accueillante pour les investisseurs, les touristes ou les organisateurs d’événements culturels ou sportifs.

. Didier Ortolland and J.-P. Pirat, Geopolitical Atlas of the Oceans. The Law of the Sea, Issues of Delimitation, Maritime Transport and Security, International Straits, Seabed Resources, Paris, Technip, novembre 2017.

While not providing an answer to all maritime problems, the 1982 Convention on the Law of the Sea has successfully solved a number of issues relating to the exercise by States of their sovereignty and jurisdiction over ocean space and its resources.
Among its major achievements are the adoption of clear limits of jurisdiction of coastal States over ocean areas and their concomitant rules of navigation ; basic guidelines for the use of ocean resources and the creation of institutions, in particular for the exploitation of deep seabed resources and the peaceful settlement of disputes. After centuries of divergent practices, all coastal States have agreed to adopt a uniform limit for their territorial sea at 12 nautical miles. As a result, more than 100 straits used for international navigation have fallen under national sovereignty, thus leading to the adoption of a new regime of transit passage. Beyond the territorial sea, States can establish, whenever possible, an exclusive economic zone to a maximum extent of 200 miles. Such an extension may lead to conflicting claims.

. Olivier Clochard, Atlas des migrants en Europe. Approches critiques des politiques migratoires, Paris, Armand Colin, décembre 2017.

L’Union européenne compte aujourd’hui près de 78 000 kilomètres de frontières, chiffre qu’il faut doubler si l’on y ajoute les frontières internes des États membres. Depuis le milieu des années 1980, les États européens ne cessent de renforcer les contrôles migratoires à ces frontières, ainsi que dans les pays d’où partent et par lesquels transitent les migrants, ce qui a pour effet de rendre les parcours plus dangereux et d’assigner à résidence les populations les plus pauvres de la planète. Pour comprendre l’évolution de ces politiques migratoires européennes et leurs conséquences, l’Atlas de Migreurop donne à voir des réalités peu connues du grand public. À cette fin, Migreurop a rassemblé des informations d’une réalité difficile à saisir, du fait de l’échelle géographique du phénomène, mais aussi d’une volonté de dissimulation des gouvernements européens.

. Marion Aballéa, Un exercice de diplomatie chez l’ennemi. L’ambassade de France à Berlin, 1871-1933, Lille, Presses Universitaires du Septentrion, novembre 2017.

Théophile Delcassé a beau considérer, au tournant du XXe siècle, qu’il « n’y a rien à faire à l’ambassade de Berlin que d’y ronfler », le séjour est loin d’être de tout repos pour les diplomates alors installés dans le prestigieux hôtel de France, Pariser Platz 5. Comme le rappelle Le Figaro en 1896, une poutre est en effet toujours prête à tomber sur la tête de ceux qui représentent, dans la capitale du Reich allemand, son plus durable adversaire. De 1871 au début des années 1930, dans les postures successives d’émissaires du vaincu humilié puis du vainqueur sans pitié, c’est alors bien à un exercice de diplomatie en terrain hostile que se livrent les envoyés français. Comment fonctionne une ambassade dans ces conditions ? À quoi sert-elle, et est-elle à même de remplir ses missions ? Reposant notamment sur l’exploitation inédite des archives extraites des ruines de l’ambassade en 1945, c’est à une plongée dans une diplomatie du quotidien, immergée, au cœur de Berlin, dans six décennies d’histoire franco-allemande, qu’invite cet ouvrage.

. Lena Sanders (dir.) et Sander Van der Leeuw (Préface), Peupler la Terre. De la préhistoire à l’ère des métropoles, Tours, PU François-Rabelais, novembre 2017.

Ce livre aborde la question du peuplement mondial à travers le regard d’historiens, d’archéologues et de géographes travaillant sur 12 « transitions » de peuplement en Afrique, en Amérique et en Europe, de la préhistoire à nos jours. Ainsi il permet d’appréhender la complexité des phénomènes historiques pour les simplifier, les comparer et écrire une histoire du peuplement mondial.

. Élie Baranets, Comment perdre une guerre. Une théorie du contournement démocratique, Paris, CNRS Éditions, novembre 2017.

À en croire les spécialistes, les démocraties bénéficient d’un avantage militaire décisif. Cela n’empêche pas ces dernières de connaître des difficultés récurrentes, comme le montrent leurs déboires récents. Pourquoi ? De la guerre naissent des impératifs qui procurent aux gouvernants l’occasion d’accroître leurs pouvoirs. Mais le comportement non démocratique de décideurs qui abusent le public sur la réalité de leurs objectifs finit par se retourner contre eux. Ils se condamnent à élaborer leur stratégie dans l’optique de la maquiller, privilégiant la discrétion à l’efficacité. Ces pratiques nourrissent la contestation en interne, jusqu’à rendre l’effort de guerre insoutenable politiquement. Alors qu’il est courant d’affirmer que la démocratie nuit à la bonne conduite des opérations armées, cet ouvrage montre au contraire que c’est de son déni que provient la défaite. Comment le pouvoir parvient-il à contourner ainsi la démocratie ? Comment les acteurs politiques réagissent-ils face au mensonge et à la dissimulation ? Quels sont les effets concrets de ces stratagèmes sur le cours de la guerre ? C’est en s’appuyant sur une étude méticuleuse des campagnes militaires menées par les États-Unis au Vietnam et par Israël au Liban qu’Élie Baranets répond à ces questions aussi cruciales qu’actuelles.

. Gérard Le Bouëdec et Christophe Cérino, Lorient, ville portuaire. Une nouvelle histoire des origines à nos jours, Rennes, PUR, novembre 2017.

Depuis 350 ans, l’avenir de Lorient s’est joué autour des ports. C’est donc un parti pris que propose cet ouvrage, celui d’offrir une interprétation de la trajectoire lorientaise de 1666 à nos jours à travers ses ports. Depuis le chantier de la première Compagnie des Indes à la reconversion de son ex-base de sous-marins en développant un pôle de course au large de premier ordre, en passant par la transformation de l’embryon de ville du 18ème siècle en ville nouvelle adossée à la cité marchande portuaire, par la construction d’un port marchand et l’extension de l’arsenal au 19ème siècle et dès 1945, par l’intégration de la base de sous-marins de Keroman. C’est donc à une histoire renouvelée de Lorient que le lecteur est invité, une histoire qui s’appuie sur plus de 30 ans de travaux et une large historiographie.

. William Gasparini (éd.), L’Europe du football. Socio-histoire d’une construction européenne, Strasbourg, PUS, novembre 2017.

Qu’est-ce que l’Europe du football ? Recouvre-t-elle un périmètre stable calqué sur les limites du continent, s’agit-il d’une construction institutionnelle ou symbolique ? Ces questions mettent en lumière quelques-unes des fausses évidences déjouées par ce livre qui fait de l’Europe du football un objet d’étude pour les sciences sociales. En partant d’études de cas, solidement documentées, les auteurs examinent les décisions institutionnelles qui ont porté l’européanisation de ce sport et le rôle que jouent les institutions dans le fonctionnement de l’espace européen du football. Au-delà du seul football, ils interrogent le processus d’européanisation progressive des pratiques sportives.

. Icham D., La cour des arrivants, Paris, L’Observatoire, novembre 2017.

Ancien détenu, Icham D. tire la sonnette d’alarme : derrière les barreaux, les réseaux de propagande djihadiste sont de plus en plus actifs, et les jeunes prisonniers sans repères leurs cibles privilégiées. À l’intérieur, il découvre des cellules surpeuplées, peu de moyens, des relations complexes avec les surveillants, et des pamphlets religieux qui circulent sans entrave. Mais c’est dans la cour, à l’abri des regards, que les extrémistes tendent à leurs codétenus une main dangereuse, les entraînant dans la haine systématique. Cette radicalisation se nourrit de toutes les failles de la détention et s’appuie sur la fragilité des esprits privés de liberté, sur les trafics en tout genre et la violence omniprésente. Icham D. livre ici un témoignage coup-de-poing sur l’échec de notre système carcéral.

. Marc Bousquet et Alexandre Nicolas, Atlas géopolitique de la France, Edition 2018, Paris, ESI, novembre 2017.

Une présentation de la situation politique de la France à travers des cartes et des dossiers qui présentent sa démographie, son économie, ses sources d’énergie, ses relations internationales, etc.

. Michel Hastings et Bruno Villalba, De l’impunité. Tensions, controverses et usages, Lille, Presses Universitaires du Septentrion, septembre 2017.

La question de l’impunité connaît aujourd’hui un net regain d’actualité. En son nom, les sociétés démocratiques fabriquent en permanence les frontières morales de leur intolérable. Agir impunément, c’est échapper à la sanction prévue par les normes positives ou morales. Pas d’impunité pour les jeunes casseurs de banlieue, pas d’impunité pour les violences policières, pas d’impunité pour les fraudeurs fiscaux, plus d’impunité pour le personnel politique. Inversement, l’impunité sera réclamée pour les lanceurs d’alerte, les faucheurs volontaires, les caricaturistes ; elle est régulièrement convoquée pour justifier les faits divers. L’impunité suscite des réactions contradictoires selon la nature des infractions et le statut de ceux qu’elle est censée protéger des éventuels châtiments. Mieux comprendre cette notion aux usages variables permet de raconter aussi bien nos inclinations au populisme punitif que nos aspirations à une société plus juste et démocratique, nos velléités d’échapper aux règles que nos besoins d’en produire de nouvelles.

. Cyrille P. Coutansais et Claire Marignan, La mer, nouvel eldorado ?, Paris, La Documentation française, novembre 2017.

Si l’on voit aujourd’hui la mer comme une nouvelle frontière, cette perception se teinte d’une part d’irrationnel, tant les océans génèrent un imaginaire riche. Mais cette attirance s’arrime aussi dans des éléments plus objectifs, au premier rang desquels se trouve la globalisation, fruit du temps long et d’épopées maritimes sans lesquelles notre monde n’aurait pas le même visage. Le capitalisme global n’est plus tant une affaire de coût du travail que de logistique, de flux. C’est en cela que la mer est vue comme un nouvel eldorado : les nations qui possèdent des ports en capacité d’accueillir des porte-conteneurs de plus en plus conséquents sont les gagnantes de ce nouvel ordre du monde qui n’est pas sans fragilité et suscite une course à l’armement naval pour contrer la contrebande, la piraterie et les trafics en tout genre. D’autre part, le potentiel alimentaire et énergétique semble immense, mais voir la mer comme la solution à tous les maux terrestres est irréaliste. Surpêche, pollution, réchauffement climatique…, une gouvernance nouvelle devient nécessaire. Cet ouvrage présente de manière rigoureuse et néanmoins très accessible cet énorme défi.

. Jean-Marc Tanguy, Missions extrêmes. Le GIGN et l’EPIGN en opération 1976 – 2017, Paris, Histoire & Collections, novembre 2017.

Février 1976, la gendarmerie se déploie pour libérer des otages à Djibouti avec le Groupe d’Intervention de la Gendarmerie Nationale (GIGN) créé par le lieutenant Christian Prouteau. Son unité sœur, l’Escadron Parachutiste d’Intervention de la Gendarmerie Nationale (EPIGN), développe ensuite une compétence de protection de diplomates en zone de guerre. En 2007, GIGN et EPIGN sont fondus dans un seul et unique GIGN de 400 hommes et femmes, dont le niveau d’emploi à l’étranger s’est encore densifié. De Kaboul à Tripoli, en passant par Bagdad et Sarajevo, ce livre inédit illustre de l’intérieur la face la moins éclairée du GIGN : les missions menées à l’étranger. Ces dernières sont pourtant tout aussi risquées que celles réalisées en France du fait de l’isolement des gendarmes en zone de guerre et sont surtout bien plus nombreuses. Protection de diplomates en zone de guerre, traque de criminels de guerre dans les Balkans ou de mercenaires aux Comores, libération d’otages à Djibouti et en océan Indien, poursuite de djihadistes en Afghanistan... le GIGN et l’EPIGN ont participé à tout cela depuis leur création, et ce, le plus souvent dans la plus grande discrétion.

. Luke Harding, Collusion. Comment la Russie a fait élire Trump à la Maison-Blanche, Paris, Flammarion, novembre 2017.

Correspondant international pour The Guardian, Luke Harding livre dans cette nouvelle enquête exclusive, publiée simultanément dans dix pays, tous les détails de l’affaire qui lie Donald Trump à la Russie. Il reconstitue pour ses lecteurs le déroulement des faits qui, depuis le premier projet de Trump Tower à Moscou en 1987, ont conduit aux inculpations de la semaine dernière. En décembre 2016, Harding a rencontré l’ancien agent du MI6, Christopher Steele, dans un pub de Londres avant même la fuite de son désormais célèbre dossier. « Le plus important pour comprendre les liens de Trump avec la Russie », selon Harding, « est d’être capable de suivre le fil de l’argent, de voir quels accords ont été passés et avec qui, et de se demander quel type de relations sont entretenues. Et bien sûr, d’analyser les incroyables événements de 2016 à la lumière de la tradition d’espionnage de l’ex-Union soviétique et de la Russie actuelle ». L’enquête de Harding révèle précisément le rôle d’intervenants russes tels que Aras Agalarov, Natalia Veselnitskaïa, Dmitri Rybolovlev, Sergueï Kisliak ou Igor Setchine, et se penche sur leur capacité à exploiter leurs relations avec les principaux responsables de la campagne de Trump ainsi que les membres de son entourage, parmi lesquels Paul Manafort, Rick Gates, George Papadopoulos, Donald Trump Jr et Jared Kushner.

. Georges Prevelakis, Qui sont les Grecs ? Une identité en crise, Paris, CNRS, novembre 2017.

La Grèce constitue une énigme pour l’Occident. À chaque fois qu’on a pensé que le peuple grec était définitivement sur la voix de la modernisation, la situation s’est dégradée, comme depuis 2010. La Grèce constitue une énigme pour l’Occident. À chaque fois qu’on a pensé que le peuple grec était définitivement sur la voix de la modernisation, la situation s’est dégradée, comme depuis 2010. Jamais la confiance en l’avenir de la Grèce n’a été aussi basse, jamais on ne s’est autant interrogé sur l’identité grecque. C’est pendant de tels moments de crise que se révèle l’ambivalence de la relation entre la Grèce et l’Occident. On passe de l’admiration béate pour le " berceau de la démocratie " au mépris, parfois même à la colère. Ce décalage entre représentation et réalité est la source de la plupart des problèmes grecs, internes et externes. En sept ans, la crise a montré qu’elle ne peut pas être résolue par des simples approches économiques, sans une révision des idées reçues, sans la prise en compte de structures et de comportements enracinés dans l’histoire et la géographie. En dévoilant les atouts d’un " néohellénisme " disposant d’importants réseaux diasporiques, maritimes et religieux, ce livre échappe à une historiographie romantique et indique les ressources de la Grèce face à une Europe en train de redéfinir sa relation avec " les Autres ".

. Benoit Faucon et‎ Clément Fayol, Un cartel nommé Daech, Paris, First, novembre 2017.

Un cartel nommé Daech est une enquête minutieuse sur le fonctionnement opérationnel de l’État islamique. Par le récit inédit d’opérations de commandos, les portraits exclusifs de fidèles de l’organisation chargés d’opérations de contrebande de pétrole ou d’objets d’art pillés, ce livre montre comment Daech s’enracine au-delà de ses enclaves territoriales. En s’arrêtant sur des noms et profils d’agents clandestins, trafiquants de drogues, d’armes ou de personnes qui sont recherchés par les services secrets du monde entier, le livre s’attache à décrypter des faits jamais révélés. Les hommes du drapeau noir ont organisé une industrie du crime au service d’objectifs idéologiques. Des pratiques criminelles alliées à une stratégie plus extrême et plus tentaculaire que ses prédécesseurs djihadistes d’al-Qaeda. Avec un recrutement de masse et des institutions hiérarchisées, l’organisation a professionnalisé le terrorisme international. Une menace née de la rencontre entre des groupes djihadistes criminels, des services secrets de dictatures arabes déchues, des petits délinquants de banlieues et de l’Internet. Une créature mutante qui ne peut être détruite par des bombes. Un défi d’un tout nouveau genre pour les services de sécurité occidentaux. Cette enquête sur les méthodes et les objectifs de l’État Islamique s’appuie sur des documents inédits de l’EI, des témoignages de ses membres, des archives secrètes américaines ainsi que les fiches intégrales des renseignements libyens sur le djihadisme. Un décodage de la stratégie de la nébuleuse islamiste pour comprendre comment le groupe s’est assuré de survivre à la perte des territoires conquis et esquisser des solutions pour lutter contre une organisation en perpétuelle mutation.

. Rémi Kauffer, Les maîtres de l’espionnage, Paris, Perrin, novembre 2017.

Une histoire de l’espionnage international au XXe et XXIe siècles à travers soixante portraits de grands patrons, chefs de réseaux, exécuteurs, agents d’action, chasseurs de taupes ou fauteurs de troubles.

. Mokhtar Ben Barka et Jean-Marie Ruiz, États-Unis / Europe : Des modèles en miroir, Lille, Presses universitaires du Septentrion, novembre 2017.

Le bras de fer diplomatique entre une partie de l’Europe et les États-Unis lors de la guerre d’Irak est venu rappeler l’ambivalence fondamentale des relations transatlantiques qui, depuis toujours, se caractérisent par un curieux mélange de fascination et de répulsion réciproques. Alors que l’actualité ne cesse de nous rappeler l’intensité et la multiplicité qui caractérisent néanmoins aujourd’hui ces relations, il est plus important que jamais de réfléchir sur leur nature et de souligner une complexité que les médias ont forcément tendance à occulter en se focalisant sur des questions particulières. Tel est précisément l’objectif de cet ouvrage, qui s’efforce de dépasser le contingent pour mieux saisir les tendances lourdes des relations entre les États-Unis et l’Europe depuis la fin de la guerre froide. Trois grandes questions sont ainsi posées : - La comparaison entre l’unification de l’Europe et celle des États-Unis est-elle pertinente ? Cette unification répond-elle à des préoccupations semblables et s’oriente-t-elle vers des objectifs similaires ? - Existe-t-il des traits convergents dans l’évolution politique et dans les politiques publiques de part et d’autre de l’Atlantique ? La similitude des problèmes liés à l’environnement, à l’intégration des minorités et à l’immigration, débouche-t-elle sur des politiques elles aussi similaires ? - Les États-Unis et l’Europe ont-ils deux conceptions opposées des relations internationales depuis la fin de la guerre froide ?

. Lena Sanders (dir.) et Sander Van der Leeuw (Préface), Peupler la Terre. De la préhistoire à l’ère des métropoles, Tours, PUFR, novembre 2017.

Ce livre aborde la question du peuplement mondial à travers le regard d’historiens, d’archéologues et de géographes travaillant sur 12 « transitions » de peuplement en Afrique, en Amérique et en Europe, de la préhistoire à nos jours. Ainsi il permet d’appréhender la complexité des phénomènes historiques pour les simplifier, les comparer et écrire une histoire du peuplement mondial.

. Nicaise Kibel’bel Oka, L’avènement du Jihad en RD Congo : Un terrorisme islamiste ADF mal connu, Paris, Scribe, novembre 2017.

Beni ville et territoire dans le Ruwenzori au nord de la RD Congo vit dans la terreur et l’horreur depuis 2014 : des populations civiles kidnappées, ligotées avant d’être massacrées à la hache et à la machette.
Le terrorisme des islamistes ADF, tel que vécu et décrit ici, permet d’élaborer des critères plus réalistes et plus objectifs afin d’appréhender, à de différents niveaux de responsabilités, ce qui mérite le blâme ou l’éloge au sein des services de défense et sécurité de la RD Congo et de la Monusco (Nations-unies).
Le grand mérite de ce livre, le premier écrit par un journaliste congolais qui a fait ses preuves dans l’investigation, est de toucher et revisiter l’art de la guerre dans les transformations qu’elle impose aujourd’hui, face aux enjeux géopolitiques et géostratégiques.

. Stéphane Courtois (dir.), Communisme. 1917. La révolution bolchévique, Paris, Vendémiaire, novembre 2017.

Russie. Février 1917. La Première Guerre mondiale dure depuis trois ans. Des mouvements sociaux d’ampleur et d’intensité variables éclatent sur tout le territoire de l’empire. En cause : le poids économique de la guerre, les pertes subies sur le front, la stratégie du tsar. Face au refus des troupes de réprimer les manifestations, Nicolas II est bientôt contraint d’abdiquer. Mais les premiers enthousiasmes de la révolution de Février disparaissent lorsque survient Octobre. Parvenus au pouvoir, les bolcheviks mettent en place un appareil d’État terriblement répressif : établissement d’une police politique, la Tcheka, création de l’Armée rouge, organisation de la pénurie, voire de la famine, pour mieux contrôler les villes et les campagnes…Consacré à la révolution d’Octobre proprement dite, cet ouvrage décrypte le coup d’État de Lénine et du parti bolchevique le 7 novembre 1917 à Saint-Pétersbourg, coup d’État qui fit taire les autres acteurs majeurs des premiers mois insurrectionnels, notamment les paysans. Réunissant une équipe internationale d’historiens spécialisés, 1917. La révolution bolchevique donne un aperçu original, fondé sur les recherches les plus récentes, de cet événement central qui bouleversa l’histoire du XXe siècle.

. Olivier Hanne et Marjorie Bordes, Géopolitique du golfe Persique. Menaces réelles et menaces perçues, Paris, Giovanangeli-Bernard, octobre 2017.

Depuis la Révolution islamique iranienne de 1979, la région du golfe Persique vit au rythme de soubresauts permanents : islamisme sunnite, ingérence américaine, prolifération des armes, ambitions régionales iraniennes, sans compter la guerre Irak-Iran (1980-1988) et les deux guerres contre l’Irak (1991, 2003). Depuis 2014, l’apparition de l’État islamique (Daech) et la guerre contre le terrorisme ont aggravé les tensions entre États. Face à l’instabilité, les monarchies conservatrices tentent de veiller à l’équilibre sécuritaire régional à travers le Conseil de coopération du Golfe. L’Irak et l’Iran exclus de cette enceinte, sont régulièrement mis au banc des accusés, décidément trop différents, insaisissables. Ici, chaque Etat voit la menace à sa porte et à l’intérieur de ses frontières, l’obligeant à des accommodements avec des acteurs susceptibles de le détruire un jour. Aucune certitude stratégique n’est jamais acquise. L’Arabie saoudite fait la guerre à Daech, mais soutient le salafisme qui inspire les terroristes. L’Iran signe la fin de son programme nucléaire militaire, mais poursuit ses tirs de missiles balistiques, s’implante dans le Sud de l’Irak et entretient la résistance chiite dans l’ensemble de la région. Les alliances de circonstances se font et se défont. Qui sait si l’allié d’aujourd’hui ne sera pas l’ennemi de demain ? Face à la complexité des relations stratégiques dans le golfe Persique, l’ouvrage apporte un éclairage géopolitique et des mises en perspective sur l’état des menaces telles qu’elles sont vues par les Etats de la région et leurs évolutions à venir.

. Jean-Michel Valantin, Géopolitique d’une planète déréglée. Le choc de l’Anthropocène, Paris, Seuil, octobre 2017.

Les changements géophysiques et la crise biologique planétaires en cours sont autant de facteurs de bouleversements géopolitiques rapides, massifs et brutaux. Un nouveau paysage géopolitique et stratégique émerge, marqué par la combinaison du changement climatique et de ses effets systémiques, telles les migrations de masse, la compétition mondiale pour les ressources et la crise des régimes contemporains. Où les politiques de Trump, de Poutine et de la Chine mènent-elles la planète ? Comment l’épuisement des océans alimente-t-il la piraterie maritime ? Comment le réchauffement de l’Arctique est-t-il exploité par certains intérêts tandis qu’il constitue une immense catastrophe pour des milliards d’humains ? Quelles régions ont-elles les meilleurs atouts pour traverser le XXIe siècle ? L’auteur, spécialiste de géopolitique, nous fait comprendre les liaisons dangereuses entre puissance économique, guerre et environnement. Il nous alerte sur les dangers, les violences et les barbaries qui se profilent. Le moment du choix collectif entre la « guerre de tous contre tous » sur une planète effondrée ou une alliance stratégique mondiale pour répondre aux nouveaux défis planétaires approche à grands pas.

. Jean-Baptiste Begat et Clothilde Houot, Moyen-Orient et Occident au XXème siècle, Paris, Breal, octobre 2017.

Qu’est-ce que l’orientalisme ? La France et la Grande-Bretagne ont-elles redessiné la carte du Moyen-Orient lors des accords Sykes-Picot ? Quelles sont les origines du conflit israélo-palestinien ? D’où provient l’islamisme radical ? Pourquoi les États-Unis sont-ils intervenus au Moyen-Orient ? Quel est le bilan des printemps arabes ? Y a-t-il une guerre chiite-sunnite ? Certaines questions concernant le passé plus ou moins lointain du Moyen-Orient reviennent sans cesse dans l’actualité chargée et complexe de cette région. Elles mettent souvent en cause le rôle joué par les pays occidentaux dans son histoire, et posent en filigrane la question des responsabilités de l’Occident dans une situation actuelle paraissant inextricable. Ce livre fournit de façon claire et synthétique des connaissances historiques indispensables à la compréhension de l’actualité du Moyen-Orient, depuis la chute de l’Empire ottoman jusqu’à la lutte contre l’organisation État islamique. Quels sont les héritages de l’Empire ottoman sur l’histoire du Moyen-Orient au XXe siècle ? Les mandats au Moyen-Orient, dernier colonialisme ou prélude à l’indépendance ? Influences ou « troisième voie » : comment comprendre les effets de la guerre froide sur le Moyen-Orient ? Comment la fin de l’arabisme laisse-t-elle la place à de nouvelles idéologies politiques au tournant des années 1980 ? Depuis 2001, quel rôle à jouer pour l’Occident dans un Moyen-Orient en crise ?

. Gabriel Zucman, La Richesse cachée des nations. Enquête sur les paradis fiscaux, Paris, Seuil, octobre 2017.

Zurich, Hong Kong, les Bahamas, les îles Caïmans, le Luxembourg... Ces noms évocateurs dissimulent une sinistre réalité : la fraude fiscale d’une minorité d’ultra-riches au détriment de l’immense majorité. Grâce à une méthode inédite, l’auteur a pu évaluer l’ampleur du phénomène : 7 900 milliards d’euros, soit 8% du patrimoine financier des ménages, sont détenus dans les paradis fiscaux. C’est la première fois que les circuits de l’évasion sont ainsi disséqués en toute clarté, sur la base d’une enquête économique couvrant plus d’un siècle de données et les pays du monde entier. Mais ce livre ne se contente pas de chiffrer le scandale. Il propose aussi un plan d’action cohérent et réaliste pour lutter contre l’opacité financière : mettre en oeuvre des sanctions commerciales et élaborer un cadastre financier à l’échelle mondiale. Les paradis fiscaux sont au coeur de la crise économique et démocratique, mais les nations ont la possibilité de réagir : aucun territoire ne peut s’opposer à la volonté commune des Etats-Unis et des grands pays de l’Union européenne.

. François-Charles Mougel, Histoire des relations internationales. De la fin du XVIIIème siècle à l’aube du IIIème millénaire, Paris, Ellipses, octobre 2017.

Cet ouvrage propose de revisiter l’histoire des relations internationales à travers quatre grandes parties : le questionnement de l’Ancien Régime et l’ébranlement révolutionnaire (1780-1815) : le temps long de la paix, du progrès et de l’impérialisme (1815-1914) ; le « court » XXe siècle et ses bouleversements (1914-1991) ; la recherche d’un nouvel ordre mondial (depuis 1991). Ce vaste parcours, tout à la fois factuel et interprétatif, sera décliné en dix chapitres assortis de tableaux, de cartes, de documents, de bibliographies et de résumés en anglais. Essai « d’histoire globale », ce livre s’adresse en premier aux enseignants et étudiants des universités, des IEP et des classes préparatoires. Mais il vise aussi tous ceux qui veulent comprendre comment le monde d’aujourd’hui s’est façonné et mettre en perspective les enjeux du présent et du futur à l’heure de la mondialisation.

. Danièle Ganser, Les guerres illégales de l’OTAN. Une chronique de Cuba jusqu’à la Syrie, Paris, Demi-Lune, octobre 2017.

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et la fondation de l’Organisation des Nations Unies, prévaut l’interdiction de faire la guerre. Seules 2 exceptions permettent le recours à la force armée. D’une part subsiste le droit à l’autodéfense, et d’autre part l’action guerrière contre un pays est autorisée en cas de mandat préalable et explicite du Conseil de Sécurité de l’ONU. Hormis ces deux cas précis, la guerre est, depuis plus de 70 ans, proscrite par le droit international. Cependant la réalité est toute autre. De nombreuses guerres dévastent le globe, et la fin des conflits militaires n’est pas en vue. Durant ces 7 dernières décennies, certains pays membres de l’OTAN ont trop souvent mené des guerres illégales, ce qui demeure encore aujourd’hui lourd de préjudices pour les populations des pays visés… mais sans conséquences pour les responsables. Ce livre décrit, à travers l’exemple de 13 pays, comment des guerres illégales furent menées dans le passé (Iran, Guatemala, Égypte, Cuba, Vietnam, Nicaragua, Serbie), et le sont encore dans le présent (Afghanistan, Irak, Libye, Ukraine, Yémen et Syrie). Il montre comment les fondements de l’organisation pacifique qu’est l’ONU, et en particulier l’interdiction de faire la guerre, furent clairement sapés. Une terrifiante description d’une angoissante actualité, un plaidoyer pour la paix, un réquisitoire contre l’OTAN…

. Hamit Bozarslan, Les Kurdes : puissance montante au Moyen-Orient ?, Paris, CNRS, septembre 2017.

Anatoli est une publication annuelle consacrée à l’étude pluridisciplinaire de l’espace qui s’étend de l’Adriatique à la Caspienne. Elle s’intéresse aux cultures – grecque, latine, slave, turque, persane, géorgienne, arménienne, juive, etc. – qui l’ont habité et façonné. Les territoires de cet espace, aujourd’hui fragmenté, furent jadis unifiés, au moins partiellement, par des pouvoirs impériaux, dont le dernier fut l’Empire ottoman. Ils en gardent bien des traits communs, souvent sous forme latente. L’importance de cet espace pour l’Union européenne est une évidence. Ce numéro s’intéresse à la question kurde, dont la population est répartie sur les territoires turc, iranien, irakien et syrien. La « cause kurde », exprimée pacifiquement ou par le recours à la lutte armée, consiste à faire accepter le groupe kurde comme un sujet à part entière de l’histoire, décidant lui-même de son statut juridique, administratif et politique. Les événements récents au Moyen-Orient ont eu pour conséquence l’affaiblissement de Bagdad et de Damas, et l’effacement de la frontière qui sépare les Kurdes irakiens et syriens. Mais l’Iran et la Turquie comptent bien contrôler et rester des acteurs majeurs de la question kurde aujourd’hui. Les vagues de mobilisations successives depuis la fin des années 1950 semblent avoir doté la « cause kurde » d’une réelle légitimité ; elles ont permis une transmission des expériences et des modes d’action, ainsi qu’un rajeunissement et une féminisation de la contestation. Mais les Kurdes pourront-ils pour autant survivre dans un environnement à tel point brutalisé ?

. Frédéric Lasserre et Ariane de Palacio, Les grand enjeux géopolitiques de l’eau, e-book, Uppr Éditions, novembre 2017.

Les grands enjeux contemporains de l’eau s’articulent tous autour d’une relation à la fois politique, sociale et culturelle, qui unit les sociétés et une ressource particulière, spécifique et essentielle – l’eau. Les problématiques complexes qui en résultent sont présentes à toutes les échelles : depuis le local jusqu’au global et dans l’ensemble des domaines et des aspects d’une société. Cette capacité de l’eau à exprimer les dynamiques et les enjeux d’une société en fait ainsi un objet d’étude particulièrement décisif. Dans cette perspective, Ariane de Palacio et Frédéric Lasserre ont construit cet ouvrage autour de six des principaux défis qui se dégagent pour la ressource en eau en ce début de XXIe siècle et qui font écho à d’autres dynamiques et enjeux plus larges, qui concernent toutes les sociétés humaines à toutes les échelles d’espace et de temps.Dans ce premier tome, ils examinent trois enjeux principaux : d’abord, celui de l’eau agricole, qui doit assurer la séurité alimentaire d’une population mondiale en pleine explosion démographique ; ensuite, celui de l’eau dans les villes, une réalité très complexe et qui devient cruciale dans un contexte de croissance urbaine sans précédent à travers le Monde ; enfin, celui du rôle essentiel de l’eau dans la santé humaine et environnementale, un enjeu crucial du développement durable.

. Louise Fines, Cartographies corporelles, conflits de temporalités et continuum de violences, Paris, L’Harmattan, novembre 2017.

En matière de crimes en col blanc, force est de constater qu’en raison des cycles spécifiques qui vont marquer leur parcours, les femmes sont plus susceptibles de subir des complications graves sur le plan de leur santé. En réfléchissant aux moyens de contraception mis à la disposition des femmes (le Dalkon Shield et la pilule Diane 35), aux médicaments pris pendant la grossesse (la Thalidomide et le Distilbène), aux substances consommées en vue de perdre du poids (le Mediator), ainsi qu’aux prothèses mammaires auxquelles elles peuvent avoir recours (dans le cas présent, les prothèses PIP), nous ciblons les dangers auxquels les femmes et leurs enfants ont été exposés au fil du temps. À travers les préjudices qui touchent les femmes, ce sont les tactiques des organisations qui tentent de maintenir à tout prix leurs produits nocifs sur le marché qui sont retracées.

. Patrick Picouet, La carte invente le monde, Presses universitaires du Septentrion, novembre 2017.

La carte, vivante et mouvante, est un reflet de l’imaginaire, de la représentation d’un réel et un enjeu de pouvoir. Au-delà des géographes-cartographes, des chercheurs l’utilisent afin de répondre à quelques-unes des interrogations de la société actuelle. Depuis l’Antiquité, les représentations de la Terre instaurent des mondes successifs, en jouant avec la géométrie, les distances et les formes, les plans et les volumes. La diversité des regards et des usages scientifiques se combine à la profondeur historique des références en apportant au lecteur curieux du monde des éléments de compréhension spatiale de processus, de circonstances, d’événements et de concepts propres à l’humanité. De nouvelles cartographies réinventent le monde du XXIe siècle.

. Cécile Van Den Avenne, De la bouche même des indigènes. Parler français en Afrique, Paris, Vendémiaire, novembre 2017.

Bambara, wolof, peul, arabe… Quand les explorateurs français s’aventurent pour la première fois à l’intérieur des terres de l’Afrique de l’Ouest, ils se trouvent confrontés à plusieurs centaines de langues différentes. Comment se faire comprendre quand il s’agit de trouver des vivres, de réquisitionner des hommes, de se faire indiquer des itinéraires praticables ? Au cours du XIXe siècle, la communication devient un enjeu crucial de la conquête et une condition indispensable pour établir durablement la présence de la République dans ces territoires. De l’apprentissage par les explorateurs de la langue mandingue à l’imposition du français comme outil de domination politique et culturelle, en passant par l’utilisation de l’arabe écrit au sein de l’administration coloniale, c’est un panorama inédit des interactions entre les différents protagonistes de cette rencontre que nous offre cet ouvrage : à travers les pratiques de communication entre Africains et Européens, un aspect méconnu et pourtant crucial de la colonisation.

. Jean-Pierre Rioux, Macron. Un Abécédaire historique, Paris, Odile Jacob, novembre 2017.

De A comme Amour à B comme Bayrou ou Bonaparte, C comme Centrisme ou J comme Jeanne d’Arc ou Jupiter, cet abécédaire rend compte de la campagne éclair d’Emmanuel Macron et de sa victoire à l’élection présidentielle, le 7 mai 2017. Comment expliquer un succès aussi imprévisible ?
Comment discerner la part de l’homme – peu connu et inclassable – de celles de la chance, de la nécessité ou de l’idéal ? Dans un style mordant, Jean-Pierre Rioux met en perspective l’actualité récente et nous montre où elle se fait histoire. « Voici donc, cuites dans le temps suspendu de l’été 2017, quelques briques élémentaires d’un Lego ou d’un Rubik’s Cube de la nouvelle politique en France aujourd’hui, à l’heure du “macronisme” qui la met en oeuvre et d’une “macromania” qui retient son souffle. Un jeu de piste d’histoire politique et d’histoire du temps présent auquel le citoyen-lecteur, on l’espère, prendra plaisir et qui pourrait aider à sa gouverne, dans ses adhésions comme dans ses résistances. Une réflexion sur l’événement dans notre histoire. » J.-P. R.

. Frédéric Ojardias, Les Sud-Coréens, Paris, Henry Dougier, novembre 2017.

Durcis par le feu – la colonisation japonaise, la guerre de Corée, une division destructrice – les Coréens étonnent pas leur dynamisme, leur pragmatisme, leur ardeur au travail… et leur capacité de faire la fête ! Alors que la jeunesse mondiale adule des stars du Net et que les smartphones Samsung sont présents dans le monde entier, la Corée du Sud fait figure de pionnière dans le développement de ces nouveaux modèles culturels. Et pourtant, rien n’a changé dans la nature profonde de ce peuple marqué par vingt siècles de confucianisme.

. Sabine Dullin, Stanislas Jeannesson et Aurélie Boissière, Atlas de la guerre froide 1947-1990, un conflit global et multiforme, Paris, Autrement, novembre 2017.

Par la cartographie, les deux enseignants spécialistes de la Russie et du monde occidental analysent les tensions ayant eu lieu de 1947 à 1990 à travers des procédés d’espionnage, de propagande ou de guerre économique, qui ne donnent jamais lieu à une guerre ouverte, de la doctrine Jdanov jusqu’au démantèlement des blocs, en passant par la création du mur de Berlin et la crise des fusées de Cuba.

. Jean-René Trochet, Guy Chemla et Vincent Moriniaux (dir.), L’univers d’un géographe, Presses de l’Université Paris-Sorbonne, novembre 2017.

Si le paysage reste l’un des thèmes classiques de la géographie, les géographes l’étudient aujourd’hui entre permanence et rupture, à la croisée du patrimoine au sens large et des changements climatiques. La géographie des productions alimentaires s’inscrit aussi dans la longue durée mais elle trouve autant sa place, souvent à partir des combinaisons savantes élaborées par les hommes en transformant l’espace et en l’adaptant à leurs besoins, dans les productions variées qui donnent odeurs et saveurs à la diversité culturelle contemporaine. Elle est ainsi partie d’une géographie sensorielle qui contribue à définir les contours d’une collectivité ou d’un groupe humain.

. Regards de l’Observatoire franco-russe, Russie 2017, Les éditions l’Inventaire, novembre 2017.
Rapport annuel de l’Observatoire, créé en 2012 à l’initiative de la Chambre de commerce et d’industrie franco-russe à Moscou, sur la Russie contemporaine : économie, politique et société, régions, défense, relations franco-russes. Une somme de référence à ne pas manquer.

. Vincent Coëffé, Mathis Stock, Philippe Violier, Enjeux contemporains du tourisme, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, novembre 2017.

Le tourisme constitue l’un des enjeux les plus importants pour les sociétés contemporaines. Ce manuel vise à introduire à une approche géographique où les questions de base sont appréhendées : qu’est-ce que le tourisme ? Comment comptabiliser le tourisme ? Quels sont les acteurs économiques et politiques du champ du tourisme ? Comment les pratiques touristiques font sens aujourd’hui ? Comment la mondialisation du tourisme s’effectue-t-elle depuis 200 ans ? Comment fonctionnent et évoluent les lieux touristiques ? L’ensemble de ces questions est appréhendé en mobilisant les différentes approches de la géographie : géographie culturelle, géographie économique, géographique politique, géographie sociale. Cette variation des angles d’approche en constitue l’un des points forts. Ainsi, cet ouvrage synthétise la connaissance sur le tourisme accumulée en géographie, mais mobilise aussi les apports d’autres disciplines.

. Aude Thomas, L’État islamique en Libye. Acteurs et facteurs du conflit, Paris, Éditions du Cygne, novembre 2017.

La Libye, vaste pays d’Afrique du Nord, était jusqu’en 2011 méconnue du grand public. Le soulèvement du peuple libyen, l’intervention contestée franco-britannique sous l’égide de l’Otan et la chute de son dirigeant Mouammar Kadhafi vont propulser la Libye sur la scène médiatique internationale. Le vide politique qu’engendrent les multiples centres de pouvoir, se revendiquant tous comme légitimes, font alors le lit des milices armées, des trafics en tout genre et des groupes salafistes radicaux, parmi lesquels l’État islamique. Cet ouvrage, fruit d’un travail universitaire, se donne pour objectif de présenter de manière synthétique les spécificités propres à la Libye tels son économie pétrolière, son système socio-politique tribal, son histoire et sa topographie. Les facteurs et acteurs du conflit libyen sont présentés dans le but de décrire l’environnement dans lequel l’État islamique est apparu. Cette présentation a pour ambition d’appréhender la complexité politique du pays, au sein duquel le système tribal est profondément enraciné. Le système de pouvoir de l’État islamique en Libye est ensuite analysé en comparaison avec le Califat en Irak et en Syrie. Le fonctionnement de l’organisation, ses systèmes politique, économique, militaire sont également décrits dans le but de comprendre les facteurs ayant facilité l’émergence de l’Etat islamique. La mise en perspective de l’ensemble de ces éléments permet enfin d’envisager les scenarii possibles d’évolution de l’organisation.

. Marcello Di Cintio, Un monde enclavé. Voyages à l’ombre des murs, Paris, Lux Éditeurs, novembre 2017.

La chute du mur de Berlin a fait miroiter un monde où tous les murs tomberaient, mais jamais l’humanité n’en a érigés autant qu’aujourd’hui. Dans un reportage de terrain vivant et sensible, Un monde enclavé nous amène à la rencontre des femmes et des hommes qui vivent à l’ombre du béton armé. Du Sahara occidental, à la clôture qui sépare un quartier riche d’un quartier pauvre dans la ville de Montréal, en passant par Ceuta et Melilla, Chypre, le Bangladesh, la Palestine, l’Irlande et le Mexique, Marcello Di Cintio donne à voir l’étendue des ravages causés par la construction d’enclaves. Qu’elles soient hérissées de barbelés ou faites de ciment et de pierres, ces barrières échouent généralement dans leurs prétentions sécuritaires, et nourrissent la peur et la haine. Mais paradoxalement, comme le montrent ceux et celles qui ont le courage de les surmonter et l’imagination pour les transformer, les murs inspirent aussi leur propre subversion.

. Jean-François Staszak, Frontières en tous genres. Cloisonnement spatial et constructions identitaires, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, novembre 2017.

Ce livre est destiné aux étudiant.e.s de premier cycle en sciences sociales et à toute personne intéressée par l’organisation sociale et spatiale du Monde et par ses discontinuités. Il porte sur le rôle des frontières dans les constructions identitaires. Son hypothèse centrale : beaucoup de groupes ne préexistent pas aux frontières qui semblent les séparer. Elles ne viennent pas entériner un ordre antérieur : ce sont les frontières, qui, par leurs inscriptions, leurs représentations, leurs usages, cloisonnent l’espace, différencient et souvent opposent les groupes concernés. L’ouvrage présente l’originalité de montrer ce processus de cloisonnement à l’½uvre à différentes échelles : de la distinction des genres de part et d’autre de la limite entre l’espace domestique et l’espace public à la distribution des « races » par continents, en passant bien sûr par la détermination des nations par des frontières interétatiques.

. Sylvia Garcia Delahaye, Les enfants des rues de Calcutta. Développement des compétences, réseaux sociaux et emplois en Inde, Paris, Karthala, octobre 2017.

Cet ouvrage porte sur l’approche du développement de compétences et ses effets sur des groupes défavorisés en Inde. Il prend comme cas d’étude des jeunes entre 15 et 29 ans, anciens enfants des rues, soutenus par des ONG locales dans la mégapole de Calcutta. Il s’intéresse aux opportunités d’insertion socioprofessionnelle de ces jeunes à travers une étude de terrain à Calcutta. L’analyse tient compte de leurs trajectoires socio-éducatives, des pratiques des ONG en matière de développement de compétences et des réseaux sociaux mobilisés dans le but de leur insertion, ainsi que des politiques de développement de compétences du gouvernement.
Les résultats obtenus mettent en perspective les limites et les possibilités de changement social pour des jeunes provenant de milieux défavorisés. Ces résultats sont confrontés à un groupe de jeunes habitants des bidonvilles de Calcutta également soutenus par des ONG locales afin de tester leur validité. La comparaison entre ces deux groupes met en lumière une articulation possible entre deux dimensions théoriques apparemment opposées : la théorie de la reproduction sociale et l’approche des réseaux sociaux.

. Anne Toulouse, Bienvenue en Trumpie, Paris, Editions Stock, octobre 2017.

Est-ce Trump qui devient président ou bien la présidence qui devient trumpienne ? Pour le reste du monde, la Trumpie est devenue un territoire indéchiffrable. Après son livre Dans la tête de Donald Trump, Anne Toulouse nous offre une visite désopilante et didactique des premiers pas du président à la Maison Blanche. Une résidence qui en a vu d’autres, mais à l’ère de la communication immédiate le Donald a trouvé le moyen d’organiser un spectacle sans précédent. Et parce qu’elle est toujours installée aux États-Unis, l’auteur décode pour nous la première année de la Trumpie, un pays qui vit au rythme d’un président hors du commun.

. Hélène Blanc, Nuremberg du communisme, Paris, Ginkgo, octobre 2017.

Le « Nuremberg du Communisme » ou les incroyables rebondissements d’un étrange procès, décidé, programmé par Boris Eltsine mais qui, pourtant, n’a jamais eu lieu. Août 1991. Un mystérieux coup d’État précipite la chute de l’Union soviétique et s’achève avec la démission de Mikhaïl Gorbatchev. La russologue Hélène Blanc, s’appuie sur des témoignages inédits pour éclairer le lecteur sur les protagonistes, parfois ambigus, du putsch... de Gorbatchev à Eltsine.
Ce livre nous entraîne dans les arcanes du nouveau pouvoir et dévoile un pan d’histoire ignoré de tous. Un procès interdit : celui de la dérive d’une idéologie. À l’occasion des cent ans de la « Révolution d’Octobre », l’auteur a choisi d’analyser les troubles circonstances de la fin de l’URSS en s’attachant aux seuls faits. Sous la plume d’Hélène Blanc, qu’on ne présente plus, ce « Nuremberg du Communisme », dans lequel les grandes puissances jouèrent un rôle décisif, se révèle digne des meilleurs « thrillers ».

. Lauric Henneton, La Fin du rêve américain ?, Paris, Odile Jacob, octobre 2017.

Le rêve américain est-il mort ? L’Amérique est-elle en déclin ? C’est sur ce thème que s’est fait élire Donald Trump en 2016, prétendant raviver la flamme, le « rêve », et restaurer la grandeur de l’Amérique. Pour Lauric Henneton, un tel discours renoue avec l’imaginaire et l’histoire des États-Unis. Car l’angoisse du déclin autant que l’espoir d’une vie meilleure, le pessimisme autant que l’optimisme sont au cœur même du rêve américain et ce dès la création des colonies britanniques en Amérique du Nord. Explorant cette histoire émotionnelle dans laquelle le puritanisme occupe une large place, l’auteur examine les différentes composantes du présupposé déclin – hispanisation, fin de l’Amérique blanche… – qu’il confronte à la réalité. Ses analyses éclairent d’un jour nouveau le mandat de Barack Obama, perçu dans certains milieux comme le fossoyeur du rêve américain. Un rêve qui, en dépit de tout, garde un immense pouvoir d’attractivité sur des millions de gens de par le monde.

. Antoine Franzini, Un siècle de révolutions corses. Naissance d’un sujet politique, 1729-1802, Paris, Vendémiaire, novembre 2017.

Émeutes fiscales, violence endémique opposant des familles rivales, attaques de dépôts d’armes, domination génoise : la Corse du début du XVIIIe siècle est au bord de l’insurrection. En 1729, plusieurs villages se soulèvent, bientôt rejoints par des élites écartées jusqu’alors de la conduite des affaires publiques. Ainsi commencent les révolutions corses, ouvrant la porte à quatre-vingts ans de conflits armés. Un siècle de combats certes, mais aussi un siècle d’effervescence intellectuelle et d’expériences institutionnelles, où pour la première fois, avant même les révolutions américaine et française, s’incarne l’idée d’une nation libre. Toute l’Europe, la presse comme les cours, a alors les yeux tournés vers ces Corses révoltés, puis vers cette république indépendante dirigée par Pascal Paoli, soutenue par Rousseau. De 1729 à 1802, des premières insurrections jusqu’aux dernières résistances à la conquête française, on assiste à la naissance d’un véritable sujet politique. Un moment fondateur qui a fait de la Corse, selon l’expression de Chateaubriand, « l’école primaire des révolutions ». Antoine Franzini nous propose une somme inédite, fondée sur des archives jusque-là inexplorées, qui rend à la Corse de l’époque son statut de laboratoire des idées nouvelles.

. Robert Doisneau et Claude Eveno, La banlieue en couleurs, Paris, La Découverte, octobre 2017.

En 1984-1985, Robert Doisneau (1912-1994) participe à l’aventure mythique de la Mission photographique de la Datar. En utilisant une chambre au format 6 x 7 et en travaillant pour la première fois en couleur, le photographe bouleverse ses habitudes pour arpenter une nouvelle fois la banlieue parisienne, son territoire d’élection. Restées jusqu’alors inédites, ces images surprennent par le regard plasticien, teinté d’ironie et de désenchantement, que le photographe porte sur les débordements urbains des années 1980.

. Jean-Baptiste Vidalou, Être forêts. Habiter des territoires en lutte, Paris, La Découverte, octobre 2017.

Depuis une dizaine d’années, que ce soit dans les bois de Sivens, à Notre-Dame-des-Landes, à Bure ou dans les Cévennes, il est évident qu’il se passe quelque chose du côté de la forêt. Certains ont commencé à habiter ces espaces, avec la détermination de sortir du monde mortifère de l’économie. Un tout autre rapport au monde s’y bâtit, à l’opposé de cette science militaire qu’est l’aménagement du territoire – ici contre un barrage, là contre un aéroport, ou une extraction de biomasse. Ce n’est pas qu’une affaire locale : les paysans du Guerrero au Mexique se battent depuis plus de dix ans pour libérer leurs forêts des exploitants, les trappeurs du peuple cri du Canada défendent la forêt boréale de Broadback contre la déforestation, les Penan de Bornéo s’arment de sarbacanes contre les compagnies de plantation de palmiers à huile… Partout des luttes résonnent de cette même idée : la forêt n’est pas une réserve de biosphère ou un puits de carbone. La forêt, c’est un peuple qui s’insurge. Nous sommes allés à la rencontre de ces forêts et de celles et ceux qui les défendent. Nous y avons découvert des continents innombrables, des sentiers inédits, des êtres ingouvernables. Toute une géographie depuis laquelle il était possible, enfin, de respirer.

. Yannicke Chupin, Agnès Edel-Roy, Monica Manolescu, Lara Delage-Toriel (éd.), Vladimir Nabokov et la France, Strasbourg, PUS, octobre 2017.

L’ouvrage Vladimir Nabokov et la France explore un espace de recherche vaste et peu balisé : l’invention de la France dans l’œuvre de Nabokov et l’étude interdisciplinaire de son héritage français. L’écrivain russo-américain a entretenu avec la langue et la culture françaises une relation riche et intense dont la complexité se dévoile dans ce volume, qui ouvre un nouveau champ dans les études nabokoviennes à la croisée de plusieurs disciplines (études américaines, comparées, françaises et slaves) et de plusieurs formations (linguistes, narratologues, philologues, traducteurs et artistes). Par-delà les considérations biographiques, cet ouvrage met en lumière la nature des liens à double sens entre la culture française et l’œuvre de l’écrivain, à savoir la place du cadre géographique et culturel de la France dans son œuvre, celle des écrivains et textes français, son usage de la langue française, sa relation à la pensée française, et enfin sa postérité dans le paysage littéraire et artistique français. De manière significative, le choix du bilinguisme pour les articles publiés ici vise à dépasser la division linguistique de la critique nabokovienne en s’adressant aux lecteurs tant anglophones que francophones et, de manière plus profonde, à penser Nabokov dans les deux langues.

. Romain Robinet, La Révolution mexicaine. Une histoire étudiante, Rennes, PUR, octobre 2017.

La Révolution mexicaine se résume parfois aux personnages mythiques que furent Pancho Villa et Emiliano Zapata. Si ces acteurs renvoient à une étape fondatrice de ce processus tumultueux, les transformations politiques et sociales que connut le Mexique entre les années 1910 et 1940 ne sauraient pourtant être intelligibles à la seule lumière de ces icônes. Le mouvement étudiant apparaît comme l’un des acteurs les plus pertinents pour repenser et relire intégralement le processus révolutionnaire mexicain. Ce livre propose ainsi une « histoire étudiante » de la Révolution mexicaine.

. Yves Pagès, Tiens, ils ont repeint !, Paris, La Découverte, octobre 2017.

On dit des murs qu’ils ont des oreilles, mais sait-on qu’ils murmurent ? Celles et ceux qui, depuis le milieu du XIXe siècle, s’emploient illégalement à y laisser des traces – avec force craie, charbon, feutre, pinceau ou bombe aérosol – l’ont bien compris : les murs nous interpellent. Avec leur ironie revêche, leurs espoirs tronqués, leur fantaisie abrupte, ils font écho à des paroles enfouies au plus profond de nous. Ils portent les mots qui, inscrits là sans destination ni droit de cité, sont livrés à tous les regards et « contaminent » l’espace public, troublant ainsi l’ordre du discours. La folle et jouissive collecte textuelle d’Yves Pagès – plus de 4000 graffitis urbains du monde entier des cinquante dernières années, fidèlement retranscrits, datés et localisés – forme une mémoire inédite. Une mémoire de la joie virale du bon mot, de l’énergie politique gratuite, de l’audace minuscule, de la poésie mineure et éphémère, des marges de la syntaxe, de l’invention maladroite, du plaisir de l’inachevé. On pourra dévorer ce livre en respectant son avancée chronologique, s’y perdre par associations flâneuses d’idées, en extraire à mesure son propre florilège ou, tout simplement, l’ouvrir n’importe où et se fier au seul hasard d’un cadavre exquis.

. Alexandre Mouthon, Fenêtre avec vue, Futur antérieur, épisode n°1, 2017.
Ce récit photographique met en parallèle deux territoires confrontés à l’industrie nucléaire civile, l’un en France, l’autre en Ukraine. La série se compose de 10 diptyques, la photographie du haut a été réalisée en France, la photographie du bas en Ukraine.
L’ouvrage questionne notre rapport quotidien au nucléaire civil. Des fenêtres avec vues sur la centrale nucléaire du Bugey sont mises en parallèle avec la ville de Slavoutytch. Après la catastrophe de Tchernobyl, en Ukraine, l’URSS érige une ville, pensée comme idéale, en périphérie de la zone interdite, afin de loger les survivants, déplacés et nettoyeurs. Livre de photographies, deux textes viennent enrichir le propos. L’un présente Slavoutytch, l’autre nous propose une réflexion sur le nucléaire en Suisse et son intégration européenne.
Plus de renseignements auprès de l’auteur.

. Collectif, L’Amérique latine de A à Z, Paris, Le Monde et Maison de l’Amérique latine, octobre 2017.

A la Maison de l’Amérique latine, Octavio Paz et Carlos Fuentes sont chéris à égalité, tout comme Mario Vargas Llosa, Gabriel García Márquez ou Roberto Bolaño. La fin des dictatures argentine ou brésilienne, et de bien d’autres, y furent fêtées. Les écrivains, peintres, photographes ou psychanalystes s’y sentent bien. Chavez ou Lula, Sting et Raoni, Dominique de Villepin ou François Hollande en ont arpenté les salons et le jardin. Le coeur de l’Amérique latine bat dans ce morceau du faubourg Saint-Germain où la diplomatie, la culture, l’économie et la politique forment un cocktail magique.

. Niccolo Mignemi, Coopératives et mondes agricoles. France et Italie, 1880-1950, Rennes, PUR, octobre 2017.

Cet ouvrage analyse les itinéraires comparés des coopératives agricoles en France et en Italie, entre le développement des premières organisations formellement constituées à la fin du XIXe siècle et les années 1950, qui voient les acteurs professionnels et les pouvoirs publics s’emparer définitivement de cet instrument crucial de modernisation du secteur primaire. À l’encontre d’une histoire traditionnellement centrée sur les aspects institutionnels et politiques du mouvement coopératif, ce volume s’intéresse aux formes d’organisation économique et sociale des campagnes comme moyen pour éclairer les pratiques des agriculteurs-coopérateurs. Une approche comparée des cas italien et français permet d’explorer la nébuleuse – vaste et hétérogène – des premières expériences de coopération et de suivre l’émergence progressive d’un statut sociétaire spécifique. L’ouvrage approfondit ensuite l’étude des coopératives, en centrant le regard sur le cas exemplaire du latifondo céréalier de la Sicile intérieure, qui permet d’observer l’influence des structures agraires sur les formes de l’action collective. Par un jeu constant sur les variations d’échelles, sont ainsi étudiées à travers le prisme des coopératives agricoles les transformations des campagnes françaises et italiennes, au cours de la première moitié du XXe siècle.

. Gilbert Nicolas, Eric Joret et Jean-Marie Kowalski (dir.), Images des Américains dans la Grande Guerre, 1914-1918. De la Bretagne au front de l’Ouest, Rennes, PUR, octobre 2017.

La Grande Guerre constitue un moment décisif, marqué par la professionnalisation des photographes, civils et militaires, et la double vocation de la photographie, celle de la documentation et celle de la propagande. Simultanément et grâce à de petits appareils portatifs, tel le Vest Pocket Kodak, se multiplient les photographies d’amateurs, y compris celles des soldats. Associant des clichés de fonds publics et privés américains et de collections françaises, ce livre propose au lecteur quelques éclairages sur la présence américaine en France. Évoquant l’arrivée des « Boys » dans les ports de la Bretagne historique, leur séjour dans les camps de préparation à la guerre, puis leur participation aux combats sur mer ou sur le théâtre des opérations terrestres, dans l’Est et le nord de la France, l’ouvrage s’inscrit dans la double perspective de l’histoire nationale et régionale. Au-delà de la photo, l’iconographie, élargie aux affiches, articles de presse, dessins ou gravures, tente également de croiser le regard des Américains sur l’Ouest français et celui des Bretons sur les soldats américains, les conditions du rembarquement de centaines de milliers de soldats vers l’Amérique (1918-1919), les aléas de la liquidation des stocks américains. Les images mettent également en lumière les liens d’amitié, voire d’amour entre Américains et Français, qui ne masquent pas des relations, parfois plus difficiles.

. Claude Dupuy, La régionalisation sans les inégalités. Les politiques régionales d’éducation en France et en Allemagne, Rennes, PUR, octobre 2017.

Quels sont les effets de la décentralisation sur les inégalités territoriales ? Cette question a suscité des mobilisations politiques fortes à l’occasion des premières lois de décentralisation au début des années 1980 en France, mais aussi ailleurs en Europe. En combinant les approches de la sociologie de l’action publique et de la territorial politics, cet ouvrage la traite frontalement en s’intéressant aux politiques publiques des gouvernements régionaux en France et en Allemagne dans un secteur d’action publique, l’éducation, au c½ur des compétences des régions. A partir de données originales et comparées, La régionalisation sans les inégalités montre qu’en matière de politique éducative, les inégalités territoriales ne se sont pas accrues. Bien au contraire, elles ont décru en France depuis la décentralisation.

. Marie-Monique Robin, Le Roundup face à ses juges, Paris, La Découverte, octobre 2017.

Depuis plusieurs années, l’inquiétude ne cesse de croître quant aux dangers du pesticide le plus utilisé au monde dans les champs et les jardins : le glyphosate. D’autant qu’en 2015, le Centre international de recherche sur le cancer l’a déclaré « cancérigène probable » pour l’homme, contredisant ainsi les agences de santé américaines ou européennes qui avaient assuré l’innocuité du Roundup de Monsanto, puissant herbicide dont le principe actif est le glyphosate. Prolongeant son enquête retentissante de 2008 sur les dangers des produits toxiques de la firme américaine (Le Monde selon Monsanto, livre et film), Marie-Monique Robin montre dans ce livre (et le film associé) que la dangerosité du glyphosate est plus grande encore qu’on le craignait. Dans le monde entier, il rend malades ou tue sols, plantes, animaux et humains, car l’herbicide est partout : eau, air, pluie, sols et aliments. Le produit, cancérigène, est aussi un perturbateur endocrinien, un puissant antibiotique et un chélateur de métaux. D’où autant d’effets délétères documentés ici par des entretiens très forts avec des victimes aux États-Unis, en Argentine, en France et au Sri Lanka, ainsi qu’avec de nombreux scientifiques. Ce livre choc révèle l’un des plus grands scandales sanitaires et environnementaux de l’histoire moderne. Il montre que, face à l’impuissance ou l’absence de volonté des agences et des gouvernements pour y mettre fin, la société civile mondiale se mobilise : en octobre 2016, s’est tenu à La Haye le Tribunal international Monsanto, où juges et victimes ont instruit le procès du Roundup, en l’absence de Monsanto, qui a refusé d’y participer. Donnant son fil conducteur au livre, ce procès a conduit à un avis juridique très argumenté, qui pourrait faire reconnaître le crime d’« écocide », ce qui permettrait de poursuivre pénalement les dirigeants des firmes responsables.

. Fabien Truong, Loyautés radicales. L’islam et les mauvais garçons de la nation, Paris, La Découverte, octobre 2017.

À la suite des attentats frappant notre pays à répétition, les mots se figent – entre « islamisation » et « radicalisation » – pour désigner un phénomène perçu comme une menace : le désir d’islam des « mauvais garçons » de la Nation. Immigrés de descendance, passés par la délinquance, musulmans par croyance : tel serait le portrait robot du nouvel extrémisme made in France.
Dans cette enquête dense et sensible, nous embarquons avec Adama, Radouane, Hassan, Tarik, Marley et un fantôme dont le nom s’est brutalement imposé au monde : Amédy Coulibaly. Pour espérer comprendre la terreur, Fabien Truong fait le pari de revenir sur Amédy et sa « vie d’avant », en gagnant la confiance des vivants. Aux bords de la ville, ces garçons apprennent à devenir des hommes en éprouvant des loyautés concurrentes. Envers leur quartier, leurs copains et les non-dits de l’histoire familiale. Mais aussi envers la Nation et son idéal méritocratique, et envers un capitalisme promouvant l’individualisme, la virilité et la compétition économique. Les contradictions affleurent, surtout quand l’économie souterraine, la police et l’absurdité du matérialisme ordinaire sont de la partie. La religion musulmane se dresse comme une dernière ressource pour s’en sortir sans trahir et combattre avec noblesse. S’engage une lente reconversion, autorisant l’introspection et le changement de direction. Mais aussi, parfois, une mise en scène spectaculaire qui transforme l’impasse en un cri de guerre.
En nous rappelant qu’apprendre à les connaître « eux », c’est finalement mieux « nous » comprendre, Loyautés radicales jette une lumière inédite sur le quotidien de ces jeunes hommes et sur les nouvelles formes de violence qui nous entourent collectivement, dans un monde où on ne naît pas guerrier, mais où on le devient.

. Sylvain Venayre et Etienne Davodeau, La Balade nationale. Les Origines, Paris, La Revue Dessinée, octobre 2017.

Jeanne d’Arc, Molière, Marie Curie, l’historien Jules Michelet et le général républicain Alexandre Dumas dérobent sur l’île d’Yeu le cercueil du maréchal Pétain, embarquant son occupant dans une folle équipée à travers la France. Chemin faisant, ils croisent de nombreux habitants, un réfugié politique, le Soldat inconnu et, peut-être, Vercingétorix. Passant par Carnac, Calais, Paris, Reims, les bords du Rhin, Solutré, les Alpes, Marseille, Carcassonne, Lascaux et le plateau de Gergovie, leur voyage renouvelle le genre du tableau géographique. Il leur permet aussi de réfléchir au problème posé par les origines de la France. Car si les grottes ornées, la sédentarisation néolithique, la civilisation gauloise, les colonies grecques, la conquête romaine, le baptême de Clovis et bien d’autres faits historiques peuvent constituer des origines, ce n’est que par un coup de force idéologique.

. M.l. Poulot, Le long de la Main Cosmopolite. Promouvoir, vivre et marcher le boulevard Saint-Laurent à Montréal, Québec, PUQ, septembre 2017.

À Montréal, le boulevard Saint-Laurent résume à lui seul les différentes dimensions du cosmopolitisme. L’artère représente autant une coupure dans la ville – la frontière entre les « deux solitudes », francophone et anglophone – qu’une couture, puisqu’elle a été un lieu d’accueil privilégié pour les nouveaux venus tout au long du XXe siècle. Dans cet ancien corridor de l’immigration, devenu espace d’échanges et de récits, se rencontrent et parfois se confrontent les diverses expressions du cosmopolitisme (commerciale et quotidienne, politique et culturelle). Marquée par l’empreinte de différents pouvoirs et soumise à de multiples jeux d’influences, la rue patrimonialisée est l’objet de politiques contrastées, en quête d’images et de stratégies. Fortement valorisés dans le marketing urbain, le boulevard Saint-Laurent et ses quartiers demeurent toutefois des lieux d’incarnation privilégiés de l’identité montréalaise qui offrent un cadre à certaines de ses figures et de ses ambiances les plus remarquables. S’y déclinent de multiples expériences citadines, où se construisent les formes d’un cosmopolitisme de quartiers, enjeu politique autant qu’image de marque. L’enquête rapportée dans cet ouvrage témoigne d’une pratique approfondie des quartiers traversés par le boulevard, s’appuie sur les représentations littéraires, artistiques et citoyennes qu’ils inspirent et s’attarde à comprendre les relations entre ses différents acteurs – commerces, associations et administration municipale.

. Yvette Veyret, Richard Laganier, Helga-Jane Scarwell, L’environnement. Concepts, enjeux et territoires. Coll. Cursus, Paris, éd. Armand Colin, 2017.
L’environnement ne désigne pas la seule nature, et n’est pas non plus synonyme de géographie physique ou d’écologie mais englobe l’ensemble des relations d’interdépendances entre l’homme, les sociétés et les composantes physiques de la nature.
Cet ouvrage présente la manière dont la géographie traite de l’environnement : quelles sont les relations entre le système naturel et les sociétés ? Comment évaluer les risques, les nuisances, les ressources et les patrimoines, par définition aux interfaces de la nature et de la société ? Comment gérer l’environnement au travers de choix d’aménagement ?
Qui sont les acteurs en présence ? Quelle action publique est envisageable entre ces différents partenaires ?
Un large panorama sur une notion centrale en géographie, assorti de nombreux exemples et d’études de cas localisées.
Table des matières : Les fondements de la géographie de l’environnement. La géographie de l’environnement du XIXe siècle à nos jours. La géographie de l’environnement à l’épreuve des concepts et de l’action. Approches sectorielles de l’environnement Eaux, milieux aquatiques et défis socio-environnementaux - Atmosphère, climats et temps - Roches, sols et environnement - Biosphère . Approches systémiques de l’environnement Ville et environnement - Agriculture et environnement Gestion de l’environnement Acteurs, actions, territoires - Pays du Nord, pays des Suds - L’environnement dans la mondialisation.

Eric Mottet, Frédéric Lasserre, Barthélémy Courmont, Géopolitique de la mer de Chine méridionale. Eaux troubles en Asie du Sud-Est. Canada, Québec, Presses de l’Université du Québec, 2017.
Les tensions en mer de Chine méridionale sont bien ancrées dans l’actualité internationale, cristallisées autour des luttes que se livrent six pays asiatiques (dont quatre pays d’Asie du Sud-Est) pour le contrôle d’espaces maritimes et insulaires. La rivalité entre les pays d’Asie du Sud-Est et la Chine ne peut être appréhendée qu’à la lumière des incidents récents. Plus qu’une simple dispute territoriale, elle expose des situations maritimes et frontalières multiples, enchevêtrées et incompatibles. Si la position chinoise est bien connue (sans être pour autant légitime), les raisons qui permettent aux pays d’Asie du Sud-Est de reven¬diquer des territoires en mer de Chine méridionale le sont un peu moins.
Qu’en dit le droit international ? Quels sont les enjeux politiques, économiques et géopolitiques de ces conflits ? Nous dirigeons-nous vers une impasse militaire ou vers une solution politique ? Quels sont les arguments et les demandes des pays d’Asie du Sud-Est ? Quels sont les desseins de la Chine, et quelles sont les répercussions de ceux-ci sur les politiques de voisinage en Asie du Sud-Est ?
Faisant appel à des expertises croisées, le présent ouvrage répond à ces questions et cherche à montrer dans quelle mesure les conflits actuels s’arti¬culent autour de paradigmes aux contours encore mal définis. Il est appelé à devenir une référence incontournable dans le domaine.

. Manon-Nour Tannous, Chirac, Assad et les autres. Les relations franco-syriennes de puis 1945, Paris, Puf, octobre 2017.
En 2011, les soulèvements contre l’autoritarisme imposent à la France de définir une nouvelle politique envers la Syrie. Pour comprendre ce défi, il faut réinscrire les relations franco-syriennes dans un temps long et comprendre les univers de sens à l’origine de la situation actuelle. Depuis que la France n’a plus « mandat » (1920-1946) sur la Syrie, les deux pays utilisent la relation bilatérale non par intérêt pour l’autre, mais pour décupler leur propre poids sur les dossiers régionaux. Cette « diplomatie de levier », qui détourne la politique internationale au profit d’intérêts nationaux, est parfois profitable tant à la France qu’à la Syrie, qui se renforcent mutuellement face à la puissance américaine, mais a aussi été à l’origine de crises majeures. Manon Nour-Tannous effectue une plongée dans les coulisses et les secrets de la diplomatie française envers la Syrie, et répond aux grandes questions : sur quelles bases repose la relation franco-syrienne ? Comment expliquer ses fluctuations ? Quels sont les acteurs qui y prennent part et ceux qui y interfèrent ? Manon-Nour Tannous est docteure en relations internationales. Elle est attachée temporaire d’enseignement et de recherche à la chaire d’histoire contemporaine du monde arabe au Collège de France, chercheuse associée au centre Thucydide de l’université Panthéon-Assas, ainsi que présidente du Cercle des chercheurs sur le Moyen-Orient.

. Louis Herns Marcelin, Toni Cela, Henri Dorvil (dir.), Les jeunes Haïtiens dans les Amériques, Québec, Presses universitaires du Québec, octobre 2017.
Le présent ouvrage examine les contextes dans lesquels les jeunes Haïtiens et les jeunes descendants d’Haïtiens négocient leurs conditions socioculturelles en Haïti et dans différentes sociétés des Amériques. Il embrasse une perspective transdisciplinaire à travers des thématiques croisées, traitées dans un cadre théorique axé autour des concepts de pratique, de génération, d’identité et de circulation transnationale. Les chapitres sont élaborés à partir des recherches longitudinales ainsi que des études de cas ou des situations cliniques recueillies dans différents contextes socioculturels. Ce livre apporte un éclairage unique sur la complexité des processus identitaires, sur l’ambivalence des modes d’appartenance et d’engagements des jeunes en Haïti, dans et à travers les sociétés dans lesquelles ils vivent ou circulent, et vers Haïti à partir de leurs sociétés d’accueil dans les Amériques.

. Alexandra Novosseloff, Des ponts entre les hommes, Paris, CNRS Editions, octobre 2017.
Le pont, en tant que construction permettant de franchir un obstacle, symbolise l’ouverture. Il incarne le lien, la cordialité et la fraternité, là où le mur représente la fermeture, l’isolement et le repli sur soi. Mais si le pont est destiné à être un lieu de passage, il ne se révèle pourtant pas toujours un trait d’union entre les hommes. Cet ouvrage s’intéresse à neuf ponts situés dans des zones de post-conflit ou de crise et franchissant des « frontières » (Moldavie-Transnistrie, Chine-Corée du Nord, Géorgie-Abkhazie, Palestine-Israël, Grèce-Turquie, etc.), dont l’étude est nourrie de retours historiques, d’observations de terrains, et d’interviews de riverains. Quelle est la place des ponts dans les zones de crise et dans les processus de paix, et leur impact sur la vie quotidienne des populations qui les empruntent ? Sont-ils véritablement des liens ou renforcent-ils au contraire la séparation déjà existante ? Alors qu’ils figurent souvent parmi les premières cibles d’un conflit, leur reconstruction est-elle perçue par les populations comme un véritable facteur de réconciliation ? Autrement dit, les ponts parviennent-ils véritablement à réunir des populations qui ont été divisées ? À la fois lieux de migrations et points de contrôle, le pont à la fois sépare et unit. C’est cette dialectique fragile et mouvante, marquée souvent d’arbitraire qu’Alexandra Novosseloff aborde avec rigueur et engagement afin que les situations géopolitiques humainement inacceptables ne tombent pas dans l’indifférence diplomatique du statu quo.

. Justine Brabant, Leïla Minano, Anne-Laure Pineau (dir.), Impunité zéro violences sexuelles en temps de guerre, Paris, Autrement, octobre 2017.
Des camps de réfugiés jordaniens aux couloirs de l’ONU, des prétoires de la Cour pénale internationale aux routes cahoteuses de Centrafrique empruntées par les soldats français, des cellules crasses de Donetsk, en Ukraine, aux villes tranquilles où tentent de se reconstruire les prisonniers violés à Guantanamo, neuf femmes journalistes ont enquêté sur les violences sexuelles en temps de guerre.
Leur travail inédit, mené sur ces terrains de conflits, rassemble des documents, mais aussi des témoignages exceptionnels de victimes, de bourreaux et de lanceurs d’alerte. Surtout, il met au jour les défaillances des systèmes judiciaires qui permettent la perpétuation des crimes sexuels.
Impunité zéro est un livre, mais surtout le pari que tout peut changer.

. Elsa Dorlin, Se défendre. Une philosophie de la violence, Paris, La Découverte, octobre 2017.
En 1685, le Code noir défendait « aux esclaves de porter aucune arme offensive ni de gros bâtons » sous peine de fouet. Au XIXe siècle, en Algérie, l’État colonial interdisait les armes aux indigènes, tout en accordant aux colons le droit de s’armer. Aujourd’hui, certaines vies comptent si peu que l’on peut tirer dans le dos d’un adolescent noir au prétexte qu’il était « menaçant ». Une ligne de partage oppose historiquement les corps « dignes d’être défendus » à ceux qui, désarmés ou rendus indéfendables, sont laissés sans défense. Ce « désarmement » organisé des subalternes pose directement, pour tout élan de libération, la question du recours à la violence pour sa propre défense. Des résistances esclaves au ju-jitsu des suffragistes, de l’insurrection du ghetto de Varsovie aux Black Panthers ou aux patrouilles queer, Elsa Dorlin retrace une généalogie de l’autodéfense politique. Sous l’histoire officielle de la légitime défense affleurent des « éthiques martiales de soi », pratiques ensevelies où le fait de se défendre en attaquant apparaît comme la condition de possibilité de sa survie comme de son devenir politique. Cette histoire de la violence éclaire la définition même de la subjectivité moderne, telle qu’elle est pensée dans et par les politiques de sécurité contemporaines, et implique une relecture critique de la philosophie politique, où Hobbes et Locke côtoient Frantz Fanon, Michel Foucault, Malcolm X, June Jordan ou Judith Butler.

. Isabelle Milbert, Panos Mantziaras, Paola Viganò, Inégalités urbaines. Du projet utopique au développement durable, Genève, Métis Presses, octobre 2017.
Rien ne garantit, aujourd’hui, qu’une évolution soutenable des sociétés humaines puisse être atteinte. Mais dans la mesure où ce projet représente notre seul horizon collectif possible, il sera à la fois la cause et le résultat d’un changement drastique de nos modes de vie qui ne pourra aboutir sans l’adhésion volontaire de chacun. Comme Bernardo Secchi l’a soutenu à diverses reprises, répondre à cet impératif écologique réclame avant tout de lutter contre les inégalités urbaines et de mettre en œuvre une véritable politique de droit à la ville. Le présent ouvrage élargit cette réflexion et ouvre des perspectives théoriques pour des projets de villes dont les enjeux spatiaux favorisent une société soutenable universelle. À travers l’analyse de plusieurs cas concrets, Inégalités urbaines rend compte d’une pensée architecturale et urbaine qui croise les stratégies sociales, la question des risques et la politique de la ville.

. Fabrice Monnier, Atatürk. Naissance de la Turquie moderne, Paris, CNRS Editions, octobre 2017.
Atatürk demeure l’icône de la Turquie moderne. Nul ne conteste qu’il fut un chef de guerre hors pair et un législateur inspiré. Mais il était aussi un tyran sans scrupules et le persécuteur implacable des minorités religieuses. Jeune-Turc ambitieux, officier d’état-major plein d’allant, preux de l’islam, ardent républicain, politicien madré… Les contradictions ont la vie dure dès qu’il s’agit d’évoquer la figure à multiples facettes du fondateur de la première république laïque en « terre d’islam », personnage énigmatique et paradoxal. Nourri des recherches les plus récentes, l’ouvrage de Fabrice Monnier retrace cette vie menée tambour battant, dans le contexte d’un Empire ottoman en faillite où les passions politiques, le jeu cynique des grandes puissances, l’intolérance religieuse et les rivalités ethniques entraînent mouvements de populations, déportations et assassinats de masse. Un livre essentiel pour comprendre la Turquie d’aujourd’hui.

. David Blanchon, Atlas mondial de l’eau. Défendre et partager notre bien commun, Paris, Autrement, octobre 2017.
Le géographe présente une synthèse sur la question de l’eau en cent cartes et infographies : utilisation et gestion des ressources en eau, ainsi que défis sanitaires, sociaux, économiques et environnementaux. Choix politique également, les solutions quantitatives et qualitatives de l’accès à l’eau sont présentées.

. Sabine Verhest : Bhoutan, les cimes du bonheur, Bruxelles, Editions Nevicata, 2017.
Il était une fois un petit royaume où l’on persiste à croire que le bonheur existe. Un pays qui s’efforce encore de conjuguer autrement les mots nation, monarchie, prospérité et bien collectif. Au Bhoutan, dans ces confins himalayens que le relief continue d’isoler du reste du monde, prétendre que la vie est différente est tout sauf un vain mot. Au long des sentiers perchés, le Bhoutan, si lointain et si fascinant, se raconte au fil des kilomètres parcourus et des visages croisés.

De Thimphu, la capitale enclavée, aux hautes vallées reculées, ce petit livre vous dit cette vie qui s’y écoule, l’écho des mantras bouddhiques, le bleu tellement pur du ciel himalayen, l’indicateur si atypique qu’est le « Bonheur national brut ». Parce que pour saisir l’âme d’un tel royaume, la seule façon de procéder est d’essayer, d’abord, de le comprendre.

Un grand récit suivi d’entretiens avec Françoise Pommaret (Ngawang Namgyel a créé l’Etat bhoutanais grâce à un charisme extraordinaire), Karma Phuntsho (Le Bhoutan souffre du syndrome de la grenouille ébouillantée) et Tho Ha Vinh (Le Bhoutan est un laboratoire).

. Fabien Conord, La France mutilée. 1871-1918, la question de l’Alsace-Lorraine, Paris, Vendémiaire, octobre 2017.
Défaite de Sedan, siège meurtrier de Paris, guerre civile, perte de l’Alsace et d’une partie de la Lorraine : le conflit de 1870-1871, l’« année terrible » de Victor Hugo, fut un véritable traumatisme pour toute une génération d’hommes politiques. Au premier chef, les 107 parlementaires, parmi lesquels Hugo, Gambetta, Clemenceau, Carnot, Schoelcher, favorables à une guerre à outrance pour la défense d’une République une et indivisible, qui refusèrent le 1er mars 1871 de voter l’amputation d’une partie du territoire français. La plupart d’entre eux poursuivit une carrière politique en France, ou bien au sein du Reich pour les représentants de l’Alsace-Lorraine annexée. Tous avaient nourri le même désir de revanche contre l’Allemagne. Une aspiration qui trouvera son aboutissement dans la déclaration de guerre de 1914. L’itinéraire de ces protestataires nous éclaire sur les événements politiques et militaires du premier XXe siècle. Où l’on voit que les questions d’organisation européenne et le combat pour la suprématie sur le continent étaient déjà des questions majeures il y a cent cinquante ans – même si nul n’envisageait, alors, de les régler pacifiquement.

. Renaud Revel, Le mystérieux Monsieur Rybolovlev, Paris, First, octobre 2017.
Dmitri Ribolovlev est l’un des personnages les plus puissants de la planète. Dans l’ombre de nos dirigeants, cet oligarque russe à la réputation sulfureuse ne cesse de faire trembler les relations internationales, la finance mondiale ou encore le marché de l’art ! Mais qui est-il vraiment ? D’où provient son énorme fortune qu’il gère d’une main de fer ? Comment parvient-il à surmonter les affaires dans lesquels il est impliqué ? Des confins de l’Oural à l’île de Chypre, en passant par Genève, le Rocher de Monaco ou encore les tarmacs des aéroports américains pendant la dernière campagne présidentielle de Donald Trump, Renaud Revel livre ici une enquête minutieuse sur un homme aussi insaisissable qu’intriguant. Ressources minières, œuvres d’art, club de foot, investissements immobiliers, activités bancaires, finance internationale et bien sûr diplomatie… « Rybo » est sur tous les fronts, à tel point qu’une simple de ses décisions est capable à tout moment de bouleverser l’ordre international…

. Sandra Laugier et Albert Ogien, Antidémocratie, Paris, La Découverte, octobre 2017.
L’usage extensif et indifférencié du terme « populisme » traduit aujourd’hui la prégnance de ce que Albert Ogien et Sandra Laugier appellent l’antidémocratie, c’est-à-dire le refus de reconnaître que les citoyen.ne.s ont la capacité de prendre collectivement des décisions respectueuses de l’égalité, de la justice et de la dignité de tou.te.s. Cette répugnance n’est pas l’apanage des ennemis déclarés de la démocratie. Elle se donne à entendre chaque fois qu’on hésite à accorder une liberté nouvelle aux individus, qu’on craint l’expression de leur jugement ou qu’on limite leur intervention dans la vie publique. Derrière cette méfiance, il y a le soupçon de l’incapacité du « peuple » à s’occuper des affaires publiques et le risque de chaos que la société courrait si on confiait la responsabilité de gouverner à ces « incompétents ». À partir de l’analyse d’évènements récents (terrorisme, crise grecque, Nuit debout, élections), le livre plaide en faveur de l’accroissement du contrôle que les citoyen.ne.s exercent sur les institutions publiques, en s’appuyant sur leur intelligence collective et en écoutant la voix de chacun.e. Il rappelle également que l’usage de la langue pèse sur la manière dont on pense et pratique la politique. Il soutient enfin que dénoncer toutes les expressions de l’antidémocratie contribuerait à élaborer non pas une postdémocratie, mais une démocratie enfin réelle.

. Michel Feher, Le temps des investis. Essai sur la nouvelle question sociale, Paris, La Découverte, octobre 2017.
L’emprise de la finance modifie aujourd’hui les attentes et les pratiques de l’ensemble des acteurs sociaux. C’est vrai des entreprises, qui veillent davantage au cours de leurs actions qu’à leur chiffre d’affaires, mais aussi des gouvernements, qui jugent plus urgent d’apaiser les inquiétudes de leurs créanciers que de répondre aux demandes de leurs électeurs. Même les particuliers gagent moins leur sécurité matérielle sur les revenus de leur travail que sur l’appréciation de toutes leurs ressources – leur patrimoine, mais aussi leurs compétences, relations, comportements. Selon Michel Feher, en déplaçant les enjeux de la question sociale, ces nouvelles priorités obligent la gauche à se réinventer. Car la « titrisation » des rapports humains sur les marchés financiers diffère de la marchandisation du travail sur le marché de l’emploi. Plus que sur l’extraction du profit, elle focalise les luttes sur les conditions d’allocation du crédit. L’exploitation que les employeurs continuent de faire subir à leurs employés renvoie désormais au pouvoir de sélection que les investisseurs exercent sur les « investis ». Les résistances à l’hégémonie des institutions financières devront trouver les moyens de peser sur les évaluations de la gouvernance entrepreneuriale et des politiques publiques en spéculant contre les critères qui président actuellement aux choix des financeurs. Si l’objectif poursuivi consiste à favoriser une autre circulation du capital, les militants qui les mettent en œuvre y puiseront également les éléments d’un imaginaire politique renouvelé.

. Michel Callon, L’emprise des marchés. Comprendre leur fonctionnement pour pouvoir les changer, Paris, La Découverte, octobre 2017.
Alors que s’opposent avec une rare violence partisans et contempteurs de l’économie de marché, une question préalable se pose : qu’est-ce qu’un marché ? Michel Callon montre que l’organisation des activités marchandes ne se réduit pas à la simple confrontation entre des offres et des demandes. Comment une « chose » se transforme-t-elle, après d’immenses efforts, en marchandise ? Par quels moyens les agents deviennent-ils capables d’évaluer les biens et de calculer leurs décisions ? Leur rencontre n’exige-t-elle pas de méticuleux réglages ? Quels sont les ressorts de la mobilisation et de l’encadrement des passions ? Comment ont lieu la captation des clients et l’obtention de leur consentement à payer ? À partir d’une multitude d’exemples pris dans la finance, l’énergie, l’alimentation, l’immobilier, les jeux de hasard, la santé, la grande distribution, le commerce électronique, le réchauffement climatique et même les pompes funèbres, l’auteur met en évidence la diversité et le foisonnement des activités déployées et des investissements consentis pour imaginer des solutions à ces problèmes. Au terme d’un passionnant voyage, qui permet de suivre la carrière des biens depuis leur conception jusqu’à leur circulation dans la sphère de la consommation, le lecteur prend conscience de la multiplicité des configurations. Les « agencements marchands », notion que Michel Callon place au cœur même de sa réflexion et qui se substitue à celle de marché, permettent de rendre compte de la richesse et de la complexité des processus à l’œuvre. Ils donnent aussi de nouvelles possibilités d’agir à tous ceux qui refusent de se soumettre sans discussion à l’emprise des marchés existants.

. Boris Cyrulnik et Boualem Sansal, L’impossible paix en Méditerranée, Paris, Éditions de l’Aube, octobre 2017.
Ce livre est à la fois tragique et optimiste. Tragique, car Boris Cyrulnik et Boualem Sansal s’interrogent sur les racines des guerres qui font rage aujourd’hui en Méditerranée. Ils revisitent les périodes de fracture qui s’étendent de l’hégémonie ottomane à la conquête du Royaume arabe de Grenade, de la découverte des routes océaniques vers les Amériques à l’époque moderne et aux ambitions coloniales. Ils abordent les antagonismes entre une chrétienté défendue par l’Espagne et un islam ottoman expansionniste qui perdurent jusqu’à nos jours… Quant aux terrorismes, ils sont convaincus qu’ils se perpétueront même si la paix est là. Au besoin, ils s’inventeront une cause de rechange. Optimiste, car il est bien le témoin qu’un dialogue reste possible entre les deux rives de deux rives de la Méditerranée, au milieu du fracas des armes.

. Joze Pirjevec, Tito. Une vie, Paris, CNRS Editions, septembre 2017.
Voici enfin traduite en français la grande biographie de Tito par Joze Pirjevec, saluée mondialement comme l’ouvrage le plus abouti sur l’ancien maître de la Yougoslavie. Fondée sur une quantité impressionnante d’archives inédites – découvertes à Belgrade mais aussi aux États-Unis, en Russie, en Grande-Bretagne, en Allemagne –, l’étude de Pirjevec explore les zones d’ombre, fait revivre les paradoxes et les ambiguïtés d’un Tito que rien ne semblait destiné à se hisser au rang des chefs d’État les plus influents du XXe siècle. Comment ce fils d’apprenti, ancien ouvrier d’usine, est-il parvenu à s’emparer du Parti communiste yougoslave ? Quelle fut la nature de son engagement dans les Brigades internationales du temps de la guerre d’Espagne ? Comment comprendre son rôle de partisan, passé maître dans l’art de la guérilla, durant l’occupation de son pays par les nazis ? Quelle fut sa responsabilité dans le massacre des Croates oustachis en 1945 ? Staline a-t-il vraiment cherché à l’empoisonner ? Comment, dans l’après-guerre, Tito s’est-il imposé comme l’une des principales figures des non-alignés ? Pirjevec n’élude aucune de ces questions, poussant son enquête dans les replis les plus intimes de ce grand amateur de femmes et de luxe, fasciné par le pouvoir qu’il exerça d’une main de fer malgré quelques timides concessions à la démocratie.

. Catherine C. Laurent, Les Calédoniens, Paris, Ateliers Henry Dougier, octobre 2017.
Mais qui sont donc ces Français de l’autre bout du monde ? Quels sont les détours de l’histoire qui les ont rassemblés : Kabyles, Japonais, Javanais, Wallisiens, Vanuatais, Martiniquais, Zoreilles… ? Comment la culture kanak a-t-elle vécu cette cohabitation ? Cet archipel du Pacifique, ce petit morceau arraché de l’Australie, recèle des richesses culturelles et naturelles à découvrir à travers les portraits de ceux qui les valorisent.

. José Nicolas, French doctors. Une aventure humanitaire, Paris, La Martinière, octobre 2017.
Nous sommes au tout début des années 1980. José Nicolas fait la connaissance de Bernard Kouchner qui vient de créer Médecins du monde. Cette rencontre, déterminante, le conduira à couvrir de nombreux conflits, car Bernard Kouchner est présent sur tous les fronts, au Liban, au Kurdistan, en Afghanistan ou encore en mer de Chine. Pendant six ans, José Nicolas photographiera inlassablement l’action de Médecins du monde. Il nous ouvre aujourd’hui ses archives photographiques et invite son frère d’armes à les commenter. Car cette époque de militantisme est aussi celle d’une nouvelle manière de penser l’action humanitaire, dont Bernard Kouchner est le plus grand ambassadeur.

. Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, Benoît Durieux et Frédéric Ramel, Dictionnaire de la guerre et de la paix. Deux faces d’une même préoccupation, Paris, PUF, octobre 2017.
Le Dictionnaire de la guerre et de la paix, avec plus de 300 entrées, entend apporter une pierre à l’édifice francophone des études sur la guerre, la paix et la stratégie. Universitaires français et étrangers, militaires et acteurs du monde associatif ont contribué à le façonner en s’appuyant tant sur une tradition historiographique forte que sur des études juridiques, normatives et éthiques variées. En d’autres termes, ce Dictionnaire est une photographie des recherches actuelles sur la guerre et la paix, concepts qu’il convient d’analyser dans toutes leurs dimensions pour comprendre les mutations de la guerre aujourd’hui. Il s’adresse aussi bien aux spécialistes du domaine qu’à tous ceux qui souhaitent réfléchir à ces questions.

. Frédéric Encel, Mon dictionnaire géopolitique, Paris, PUF, octobre 2017.
Alors que la géopolitique est souvent considérée comme une discipline froide et complexe, Frédéric Encel démontre qu’on peut l’appréhender avec humanisme, simplicité et dynamisme.
Construit autour de notions familières à chacun (« alimentation », « complotisme », « frontière », « guerre », « humour », « islamisme », « pétrole », « religion », « violence » ...), ce dictionnaire original accorde aussi toute sa place à de grands acteurs géopolitiques à travers l’Histoire (Bonaparte, Churchill, De Gaulle, Staline...) et ambitionne de faire aimer cette matière en 175 entrées percutantes.
Passionné depuis toujours par la géopolitique, l’auteur se fait l’avocat d’une démarche intellectuelle devant permettre aux diplomates d’anticiper les crises, aux entrepreneurs de bien évaluer les risques, et à tous les citoyens de mieux comprendre la complexité du monde.

. Jean-Claude Cousseran et Philippe Hayez, Leçons sur le Renseignement, Paris, Odile Jacob, septembre 2017.
Comment fonctionnent les systèmes nationaux de renseignement ? De quels moyens disposent-ils ? Face aux défis nouveaux que sont le terrorisme international, l’espionnage économique, les cyberattaques, voire les cyberguerres, comment sont élaborées et conduites les politiques de renseignement ? Avec quels succès et quels échecs ? La mise en œuvre des techniques du renseignement est-elle compatible avec l’exigence démocratique ? Comment définir ce que pourraient être des relations vertueuses entre l’exécutif et les professionnels du renseignement ? Telles sont quelques-unes des questions essentielles auxquelles ce livre, le premier du genre en langue française, écrit par deux professionnels reconnus, s’efforce de répondre.

. Jean-François Sirinelli, Les Révolutions françaises. 1962-2017, Paris, Odile Jacob, septembre 2017.
La France a changé, et rien désormais ne sera plus comme avant. En deux générations à peine, les Français ont radicalement modifié leurs façons de vivre, de penser et de voter, au point qu’on a pu parler de « Seconde Révolution » pour désigner les bouleversements intervenus au cours des années 1960. Ce sont ces Révolutions françaises que retrace pour nous Jean-François Sirinelli. Elles ne sont pas toutes politiques ; nombre d’entre elles concernent la vie intime des Français, ce qui les enthousiasme, les fédère ou les heurte, des Parapluies de Cherbourg au Cabu de Charlie Hebdo, de la fin de la guerre d’Algérie à la révolution introuvable de Mai 68, du règne de De Gaulle à l’ascension de Macron. Une interrogation parcourt ce livre : née sous le signe de la paix et de la prospérité, la Ve République est-elle parvenue au terme d’un cycle ? Faut-il redéfinir le modèle républicain français ?

. Eloi Laourou, La diplomatie de l’environnement, Villeurbanne, Golas, septembre 2017.
Étude sur la négociation de conventions internationales dans le domaine de l’environnement afin de faire face aux enjeux climatiques (pollutions, réchauffement climatique, extinction d’espèces animales et végétales, entre autres). L’auteur analyse les arguments juridiques ou non de telles initiatives avant de se livrer à leur évaluation en tenant compte des divers conflits d’intérêt.

. Willy Beauvallet et Sébastien Michon (ed.), Dans l’ombre des élus. Une sociologie des collaborateurs politiques, Villeneuve d’Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, septembre 2017.
Coulisse du pouvoir ou antichambre de la carrière électorale ? L’entourage des élus recouvre des fonctions encore méconnues. Si les collaborateurs d’élus ont été évoqués à plusieurs reprises au cours de la campagne présidentielle de 2017, ils restent des hommes de l’ombre et leur rôle est en grande partie ignoré. Administrateurs du Parlement, conseillers des groupes politiques, directeurs généraux des services, conjoints, membres des cabinets de maires ou de présidents de région : les chapitres témoignent de l’omniprésence de ces collaborateurs aux statuts multiples et de leur position incontournable dans l’exercice quotidien des activités représentatives. L’examen des propriétés de ces acteurs, de leurs pratiques concrètes et des concurrences qui les animent enrichit l’analyse d’un phénomène déjà ancien mais encore peu étudié en tant que tel.

. Bayram Balci, Renouveau de l’islam en Asie centrale et dans le Caucase, Paris, CNRS, septembre 2017.
Soumises à l’œil de Moscou et au contrôle étroit du fait religieux durant toute la période soviétique, les sociétés centrasiatiques ont longtemps vécu isolées du reste du monde musulman. La fin de l’URSS, en 1991, est venue rompre ce confinement. Elle coïncide avec l’entrée des nouveaux États d’Asie centrale et du Caucase dans le phénomène de la mondialisation du religieux. Étudier dans le temps long l’islam centrasiatique et caucasien, ainsi que l’influence de la Turquie, de l’Iran, de l’Inde et de l’Arabie Saoudite sur les phénomènes religieux de cette zone, telle est l’ambition de cette riche étude qui applique la méthode de l’histoire connectée aux enjeux les plus contemporains de notre monde globalisé. Circulation des hommes et des idées, clivage entre sunnites et chiites, héritages croisés de plusieurs empires, moghol, safavide, ottoman et soviétique, poids des confréries soufies, mausolées faisant de certaines villes de grands lieux de sainteté.... Autant de thèmes abordés par Bayram Balci au fil de ce vaste tour d’horizon, qui souligne également l’influence des organisations prosélytes qui se sont répandues dans tout l’espace post-soviétique. À l’heure où l’islam, plus que jamais divisé, suscite controverses et incompréhensions, Bayram Balci nous invite à reconsidérer l’influence de cette religion en étudiant son développement récent dans les confins d’Asie centrale et du Caucase.

. Olivier Piton, La France face à Trump l’Hibernatus, Paris, Plon, septembre 2017.

L’auteur livre ses réflexions sur D. Trump et démontre que les Français se sont trompés sur les intentions du président, qui souhaite renouer avec une vision politique d’avant la mondialisation privilégiant le protectionnisme et les intérêts commerciaux immédiats. O. Piton analyse ainsi la politique du chef d’État et propose à la France des voies et des moyens pour communiquer avec les États-Unis.

. Joan W. Scott, La politique du voile, Paris, Éditions Amsterdam, septembre 2017.

L’auteur présente ainsi son livre : « Ce livre ne traite pas des musulmans de France : il porte sur la perception dominante des musulmans dans le paysage français. Je m’intéresse à la manière dont le voile est devenu un écran sur lequel sont projetés des images d’étrangeté et des fantasmes de dangerosité – dangerosité pour le tissu social français et pour l’avenir de la nation républicaine. Je m’intéresse, en outre, à la manière dont la représentation d’un « autre » homogène et dangereux est venue conforter une vision mythique de la République française une et indivisible. J’explore les multiples facteurs qui alimentent ces représentations fantasmatiques : racisme, culpabilité et peur postcoloniales, idéologies nationalistes, notamment le républicanisme, le sécularisme, l’individualisme abstrait et, tout particulièrement, les normes françaises en matière de conduite sexuelle, considérées comme étant à la fois naturelles et universelles. « 

. Willy Beauvallet et Sébastien Michon (dir.), Dans l’ombre des élus. Une sociologie des collaborateurs politiques, Villeneuve d’Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, septembre 2017.

Coulisse du pouvoir ou antichambre de la carrière électorale ? L’entourage des élus recouvre des fonctions encore méconnues. Si les collaborateurs d’élus ont été évoqués à plusieurs reprises au cours de la campagne présidentielle de 2017, ils restent des hommes de l’ombre et leur rôle est en grande partie ignoré. Administrateurs du Parlement, conseillers des groupes politiques, directeurs généraux des services, conjoints, membres des cabinets de maires ou de présidents de région : les chapitres témoignent de l’omniprésence de ces collaborateurs aux statuts multiples et de leur position incontournable dans l’exercice quotidien des activités représentatives. L’examen des propriétés de ces acteurs, de leurs pratiques concrètes et des concurrences qui les animent enrichit l’analyse d’un phénomène déjà ancien mais encore peu étudié en tant que tel.

. Lakhsara Mint Dié, Les tribulations d’une Gondwanaise. A la recherche des lois perdues, Paris, L’Harmattan, septembre 2017.

Le Gondawana est un supercontinent qui englobe le continent africain, l’un des continents les plus riches et paradoxalement aussi le plus pauvre. Avec beaucoup d’humour, l’auteur témoigne de cette réalité qu’elle vit au travers de ses missions et partage sa perception des choses en proposant au lecteur de la suivre dans ce voyage pas comme les autres : le quotidien de ses concitoyens gondwanais qui subissent les conséquences d’une aide au développement peu logique et mal ajustée, menant à des situations truculentes, cocasses, abracadabrantes, burlesques et caricaturales.

. Olivier Grojean, La révolution kurde : Enquête sur une utopie en actes, Paris, La Découverte, septembre 2017.

Depuis quelques années, mais surtout depuis le début du siège de Kobanê, à l’automne 2014, le PKK turc et le PYD syrien représentent pour beaucoup d’observateurs un point de convergence de nombreuses luttes « nouvelles » : le combat militaire contre un État islamique obscurantiste ; une forme avancée de féminisme contre le « patriarcat » islamiste et traditionaliste ; une volonté de promouvoir un « confédéralisme démocratique » postmarxiste et libertaire ; ou encore une manière renouvelée de contester le capitalisme et l’industrialisation à outrance, au profit d’une écologie radicale. La lutte du parti d’Abdullah Öcalan a d’ailleurs été comparée à celle des zapatistes au Chiapas et à d’autres mouvements sud-américains. De nombreux intellectuels, tels l’anthropologue anarchiste David Graeber, l’historien Immanuel Wallerstein ou le linguiste Noam Chomsky ont invité à s’intéresser davantage aux expériences inédites en cours au Moyen-Orient. Un tel intérêt apparaît d’autant plus nécessaire que la guerre a repris entre le PKK et l’armée turque, et que la victoire de Recep Tayyip Erdogan aux élections législatives du 1er novembre risque de polariser encore davantage le conflit et, donc, d’édulcorer, freiner voire annihiler ces différentes expériences.

. Maud Villeret, Le goût de l’or blanc. Le sucre en France au XVIIIe siècle, Rennes, Presses universitaires de Rennes, septembre 2017.

Cet ouvrage montre comment le sucre s’est diffusé dans l’alimentation des Français au XVIIIe siècle, ainsi que les transformations économiques, sociales et culturelles induites par sa consommation croissante. L’étude porte sur la vallée de la Loire, à partir de Nantes, un des premiers ports coloniaux du royaume, jusqu’à Orléans, premier centre de raffinage.

. Stéphane Guibaud, Nos héros, ces parias. Comment on assassine les lanceurs d’alerte, Paris, Max Milo, septembre 2017.

Les lanceurs d’alerte défrayent l’actualité depuis une dizaine d’années. Les cas emblématiques de Edward Snowden, Chelsea Manning et Julian Assange sont révélateurs des méthodes utilisées pour faire craquer celles et ceux qui ont le courage de parler des dysfonctionnements et des dérives de notre société. Et pourtant, ces héros sont devenus des parias. Leur vie est un enfer. Snowden est réfugié en Russie, Assange dans une ambassade, Manning en prison, Stéphanie Guibaud, James Dunne, Céline Boussié et bien d’autres sont dans une situation précaire, attaqués dans des procès sans fin et lâchés par les États. La situation catastrophique des lanceurs d’alerte révèle que les démocraties dans lesquelles nous vivons sont de plus en plus dures avec les petits délits mais clémentes avec les dominants. La justice est au cœur de nos systèmes agonisants mais que les dominants ne veulent surtout pas les modifier tant ils en profitent. La seule solution, pour Stéphanie Gibaud : se regrouper pour faire reculer l’impunité.

. Guillaume Barrera, Peggy Ducoulombier, Éric Maulin (Éd.), Le Commerce et la Paix, Strasbourg, Presses universitaires de Strasbourg, septembre 2017.

L’association du commerce et de la paix est un lieu commun de la pensée libérale, mais peut-on encore y croire ? Le développement du commerce a peut-être renforcé la paix entre ceux qui pouvaient s’y adonner mais il n’a cessé de maintenir, à la périphérie de l’histoire, des exclus de la croissance qui réclament aujourd’hui leur part. On pourrait avoir le sentiment qu’après le temps de l’espoir et de l’optimisme est venu celui des désillusions. Mais cette lecture serait bien superficielle. L’un des apports importants des contributions de ce volume est de montrer que dès l’origine, chez Montesquieu ou Adam Smith, on observe un certain doute quant aux effets du commerce, qui contribue sans doute à la paix, mais parfois aussi à la guerre, qui élève la civilisation, mais parfois abaisse moralement les individus qui s’y adonnent ou sont victimes de la nouvelle organisation du travail. Et cette ambivalence n’a jamais cessé de travailler ce couple finalement assez mal assorti, les arrière-pensées, les calculs mercantilistes n’étant jamais très éloignés des espoirs libre-échangistes.

. Marc Crépin, Métamorphoses de la Russie depuis 1953, Paris, Ateliers Henry Dougier, septembre 2017.

De la mort de Staline à la crise de l’Ukraine, quelles mutations tangibles a connues la Russie depuis un demi-siècle ? Effondrement de l’URSS, coups d’Etat, égarements économiques, annexion de la Crimée… 12 témoins racontent et décryptent cette période-clé qu’ils ont vécue et parfois même orchestrée. Député, colonel du KGB, ancien président de la Géorgie, cosmonaute ou même l’arrière-petit-fils de Léon Tolstoï, ils nous livrent leurs joies et leurs déceptions, pris entre les chimères du communisme et les illusions du libéralisme.

. Bertrand Badie, En quête d’alternatives. L’état du monde 2018, Paris, La Découverte, septembre 2017.

L’approfondissement de la crise des systèmes politiques, économiques et sociaux pose avec plus de force la question de l’alternative. Si celle-ci suscite de grandes attentes, elle se heurte à de puissants blocages. Aspirations et déceptions se renforcent réciproquement, au point de donner au phénomène un accent dramatique, dont la vague populiste reste la manifestation essentielle. Cette édition de L’état du monde mobilise des connaissances pluridisciplinaires. L’histoire, l’économie, la sociologie, la science politique, mais aussi le droit, la philosophie et la technologie contribuent en effet à l’intelligence des facteurs de blocage et de leurs conséquences. De même, la crise de l’alternance se retrouve à tous les échelons : politiques, économiques, sociétaux, culturels, médiatiques… Enfin, la réflexion se veut comparative, pour rendre compte de cette pathologie polymorphe.

. Patrick Poncet, Intelligence spatiale, Rennes, Presses universitaires de Rennes, septembre 2017.

Dans un langage qui se veut accessible, ce livre décrit comment fonctionne la science qu’on nomme « géographie » et comment « faire de la géographie » au sens d’une mise en pratique du savoir scientifique. Fruit d’une vingtaine d’années de recherches et de pratique de la géographie, dans le cadre académique comme dans celui de missions de conseil et d’étude, ce livre d’initiation à l’intelligence spatiale donne matière à enseigner, penser ou entreprendre dans ces technologies d’avenir que sont les technologies sociales.

. Irvin Studin, Russia. Strategy, Policy, Administration, Basingstoke, Palgrave Macmillan, septembre 2017.

Provides a comprehensive survey of post-Soviet Russian strategic thinking, including Russian conceptions of political power, legitimacy and national identity. Analyzes the strategic doctrines, public policies, and public administration approaches of the Russian state. Offers an unbiased perspective on the evolution of Russian policies in key areas of national and international life, including foreign and defence policy, and economic affairs. Will appeal to students and scholars of political science, area studies, political economy, public policy and administration ; as well as practitioners and policymakers.

. Dimitri Roussopoulos, L’écologie politique. Au-delà de l’environnementalisme, Montréal, Écosociété, septembre 2017.

« Changer le système, pas le climat ! » Ce slogan, scandé dans les rues de Paris lors de la COP21, exprime une réalité désormais implacable : les institutions politiques ne répondent pas adéquate­ment à la crise écologique. Dimitri Roussopoulos revient sur l’histoire des politiques environnementales qui ont mené à cet échec et rappelle la grande diversité des réponses citoyennes qu’il est possible d’apporter face à cette crise, de la lutte au logement dans le quartier montréalais Milton Parc dans les années 1970 au Kurdistan syrien d’aujourd’hui.

. Alain Dieckhoff et Philippe Portier, L’Enjeu mondial. Religion & politique, Paris, Presses de Science Po, septembre 2017.

Dieu n’est pas mort. Il fait de la politique. Partout dans le monde, le religieux est de retour. Son ascendant se ressent à l’intérieur des États comme sur la scène internationale et ce, jusqu’en Occident, où il semblait promis à une irrémédiable occultation. Le constat, enthousiasmant pour les uns, dérangeant pour les autres, est sans appel : la modernité n’a pas induit la disparition sociale, ni surtout politique, du religieux. Trois phénomènes majeurs le traduisent : la polarisation des sociétés partagées entre effacement et réaffirmation des croyances, la politisation renouvelée des religions, la spiritualisation des politiques. Pour autant, il ne s’agit en aucun cas d’un retour aux temps anciens, quand toute vie sociale était configurée par le religieux.

. Richard McGregor, Asia’s Reckoning : China, Japan, and the Fate of U.S. Power in the Pacific Century, New York, Viking, septembre 2017.

A history of the combative military, diplomatic, and economic relations among China, Japan, and the United States since the 1970s-and the potential crisis that awaits them. Richard McGregor’s Asia’s Reckoning is a compelling account of the widening geopolitical cracks in a region that has flourished under an American security umbrella for more than half a century. The toxic rivalry between China and Japan, two Asian giants consumed with endless history wars and ruled by entrenched political dynasties, is threatening to upend the peace underwritten by Pax Americana since World War II. Combined with Donald Trump’s disdain for America’s old alliances and China’s own regional ambitions, east Asia is entering a new era of instability and conflict. If the United States laid the postwar foundations for modern Asia, now the anchor of the global economy, Asia’s Reckoning reveals how that structure is falling apart.


Le livre recommandé par Diploweb.com pour septembre 2017

. Roman Krakovsky, L’Europe centrale et orientale. De 1918 à la chute du mur de Berlin, Paris, Armand Colin, 2017.

P. Verluise, Directeur des publications du Diploweb.com : "Le Diploweb.com recommande chaleureusement la lecture de cet excellent ouvrage, très maîtrisé et très bien écrit, à propos de l’histoire d’une région maintenant intégrée ou candidate à l’Union européenne mais encore très méconnue. Cela permettra à chacun de mieux saisir les parcours, les inerties et les ruptures. Une belle introduction à l’approche de son actualité."

4e de couverture

Des indépendances après la Première Guerre mondiale à la chute du communisme, l’Europe centrale et orientale est le théâtre de plusieurs crises majeures : crise de modernisation, à laquelle cette région tente de répondre en se tournant vers le fascisme et le communisme ; crise d’identité qui alimente les nationalismes et le repli sur soi ; crise humanitaire enfin qui aboutit, en 1946-1949, à la division de l’Europe et du monde en deux blocs antagonistes. C’est dans ces moments que se révèle le destin commun des pays de la région, symptôme des crises européennes plus larges et comme un avertissement pour le reste du continent.
Grâce à sa perspective de longue durée et son esprit de synthèse, cet ouvrage permet de mieux comprendre l’histoire récente de la région et ses dernières évolutions.

Plus sur le site des éditions Armand Colin, dont un extrait


. Georges Prévalakis, Qui sont les Grecs ? Une identité en crise. Paris, CNRS édition, 2017.

La Grèce constitue une énigme pour l’Occident. À chaque fois qu’on a pensé que le peuple grec était définitivement sur la voix de la modernisation, la situation s’est dégradée, comme depuis 2010. Jamais la confiance en l’avenir de la Grèce n’a été aussi basse, jamais on ne s’est autant interrogé sur l’identité grecque.

C’est pendant de tels moments de crise que se révèle l’ambivalence de la relation entre la Grèce et l’Occident. On passe de l’admiration béate pour le « berceau de la démocratie » au mépris, parfois même à la colère. Ce décalage entre représentation et réalité est la source de la plupart des problèmes grecs, internes et externes. En sept ans, la crise a montré qu’elle ne peut pas être résolue par des simples approches économiques, sans une révision des idées reçues, sans la prise en compte de structures et de comportements enracinés dans l’histoire et la géographie.

En dévoilant les atouts d’un « néohellénisme » disposant d’importants réseaux diasporiques, maritimes et religieux, ce livre échappe à une historiographie romantique et indique les ressources de la Grèce face à une Europe en train de redéfinir sa relation avec « les Autres ».

. Thierry de Montbrial (dir.) et Dominique David, RAMSES, La guerre de l’information aura-t-elle lieu ?, Malakoff, Dunod, septembre 2017.

Une présentation d’articles reflétant les tendances mondiales 2018, en termes de relations internationales. Elle expose trois enjeux internationaux : le changement dans la répartition des puissances politiques, la stratégie russe et la guerre de l’information.

. R. Pourtier (dir.) Géopolitique de l’Afrique et du Moyen-Orient, Paris, Nathan, 2017.

Conçus pour les étudiants des classes préparatoires aux grandes écoles, cet ouvrage de Géopolitique de l’Afrique et du Moyen-Orient de la collection « Nouveaux Continents » s’adresse aussi aux étudiants en IEP, aux personnes se préparant à des concours et à ceux qui s’intéressent à l’évolution de notre monde.

Ce manuel est conforme au programme de 2e année des classes préparatoires ECS. Pour chaque chapitre, une brève introduction permet de présenter le contexte et les enjeux, des repères chronologiques, des définitions de termes clés et des cartes viennent éclairer le propos. Des « zooms »offrent des éclairages précis sur des problématiques particulières.

Cet ouvrage a été rédigé par une équipe regroupant des enseignants de classes préparatoires, des universitaires et des chercheurs qui ont eu pour ambition d’allier la rigueur scientifique à l’accessibilité de leurs propos.

. Nawel Ferahtia, Les chaînes d’information arabes en continu : Nouvelle arène de conflits géopolitiques, Paris, Éditions Panthéon-Assas, septembre 2017.
L’essor des chaînes satellitaires arabes à l’échelle régionale et mondiale a métamorphosé l’espace médiatique arabe. Le début des années 1990 annonce la mondialisation : l’acquisition de la technologie satellitaire dans les pays arabes marque le début d’une nouvelle ère en une région où la rentabilité financière, l’influence politique et idéologique des acteurs se conjuguent. Les chaînes de télévisions d’information en continu sont le modèle qui traduit ce schéma dans une région politiquement, économiquement et culturellement complexe. C’est l’avènement d’Al Jazeera et sa couverture de la guerre en Afghanistan en 2001 et, par la suite, celle de la guerre en Irak en 2003 qui ont façonné une large proportion de l’opinion publique arabe. D’autres chaînes arabes du même genre en quête d’influence se sont multipliées en un temps record, telles Al Arabiya, Al Manar, Al Mayadeen et d’autres, transformant ainsi l’espace médiatique de façon radicale. L’audience arabe est également convoitée par des chaînes occidentales arabophones financées par les gouvernements respectifs de leurs pays comme la chaîne américaine Al Hurra, la chaîne française France 24, la chaîne britannique BBC Arabic ou la chaîne allemande DW. L’étude porte sur le rôle de ces chaînes d’information dans les changements qu’a connus et connaît à l’heure actuelle la région du Moyen-Orient comme sur leur degré d’engagement dans la diffusion et l’ancrage des valeurs et des pratiques démocratiques. Dans quelle mesure les métamorphoses de ces chaînes de télévision révèlent-elles les transformations plus profondes des sociétés arabes ?

. Nicolas Balaresque (dir.), Géopolitique de l’Asie. Paris, Nathan, 2017.

Dans la collection « Nouveaux Continents », ce manuel, consacré à la géopolitique de l’Asie, est entièrement mis à jour et conforme aux nouveaux programmes des classes préparatoires ECS. Il s’adresse aussi aux étudiants en IEP, aux personnes se préparant à des concours ainsi qu’à ceux qui s’intéressent à l’évolution du rapport de force entre grandes puissances, puissances émergentes et pays en développement. Il intéressera également tous les professeurs d’Histoire et Géographie en lycées.

Cette édition, entièrement mise à jour et enrichie, prend donc en compte toute l’actualité géopolitique récente.

Cet ouvrage se compose de 20 chapitres courts et très structurés afin d’en rendre la lecture stimulante. Pour chaque chapitre :

. une courte introduction permet de présenter les contextes et les enjeux ;

. des repères chronologiques, des définitions de termes clés et des cartes viennent éclairer le propos ;

. des « zooms » offrent des éclairages précis sur des problématiques particulières.

L’ouvrage a été rédigé par uneéquipe regroupant des enseignants de classes préparatoires, des universitaires et des chercheurs qui ont eu une ambition d’allier la rigueur scientifique à l’accessibilité de leurs propos.

. Mathieu Rivat, Ces maires qui changent la France. Le génie créatif des communes, Paris, Actes sud, septembre 2017.
Parce que la politique à l’échelon local est une source incroyable de renouveau pour le dialogue citoyen et l’action publique, cet ouvrage donne la parole à des maires qui ont décidé de penser la relation aux habitants et au territoire de façon innovante. Destiné aux citoyens, élus, militants, ce livre peut donner des clés pour agir et être un outil de réflexion dans sa propre pratique.

. Alain Musset, Jean-Yves Piboubès (dir.), Géopolitique des Amériques, Paris, Nathan, 2017.

Conçus pour les étudiants des classes préparatoires aux grandes écoles, cet ouvrage de Géopolitique des Amériques de la collection Nouveaux Continents s’adresse aussi aux étudiants en IEP, aux personnes se préparant à des concours et à ceux qui s’intéressent à l’évolution de notre monde.

Ce manuel est conforme au programme de 2e année des classes préparatoires ECS.
Pour chaque chapitre, une courte introduction permet de présenter le contexte et les enjeux, des chronologies, des définitionsde termes clés, des cartes et des schémas viennent éclairer le propos. Des « zooms »offrent des éclairages précis sur des problématiques particulières.
Cet ouvrage a été rédigé par une équipe regroupant des enseignants de classes préparatoires, des universitaires et des chercheurs qui ont eu pour ambition d’allier la rigueur scientifique à l’accessibilité de leurs propos.

. Serge Sur, En battant la campagne, Paris, Dalloz, septembre 2017.

Loin de tout militantisme, étranger à tout déclinisme et à toute mélancolie, avec la vivacité du direct, ce livre est la chronique, tenue jours après jours, sans retouches, d’une année électorale, entre juillet 2016 et juin 2017. Elle marque la fin d’un cycle dans la vie de la République dont l’auteur met en lumière le caractère imprévisible et déjanté et offre une vision lucide et rationnelle de la société, des institutions et de la vie politique françaises, entre légèreté et profondeur, entre tragédie et comédie.

. Régis Bénichi, Les grandes mutations du monde au XXe siècle, Paris, Nathan, 2017.
Conçus pour les étudiants des classes préparatoires aux grandes écoles,
cet ouvrage de la collection "Nouveaux Continents" est consacré aux grandes mutations du monde au XXe siècle. Il s’adresse aussi aux étudiants en IEP, aux personnes se préparant à des concours et à ceux qui s’intéressent à l’évolution de notre monde.

Ce manuel est conforme au programme de 1re année des classes préparatoires ECS. Pour chaque chapitre, une brève introduction permet de présenter le contexte et les enjeux.
Des chronologies, des définitions des termes clés, des repères, des cartes et des schémas viennent éclairer le propos.
Des « zooms » offrent des éclairages précis sur des problématiques particulières.
Cet ouvrage a été rédigé par une équipe regroupant des enseignants de classes préparatoires, des universitaires et des chercheurs qui ont eu pour ambition d’allier la rigueur scientifique à l’accessibilité de leurs propos.

. Jean Birnbaum, Un silence religieux. La gauche face au djihadisme, Paris, Points, septembre 2017.

Parce que la gauche considérerait la religion comme un symptôme du malaise social et non comme une force politique et matérielle, elle ne posséderait pas les armes nécessaires pour affronter la prolifération de la violence djihadiste. Revenant sur les épisodes fondateurs ou récents, tels que la guerre d’Algérie, cet essai analyse le sens et les effets de ce mutisme.

. Emmanuel Derville, Métamorphoses de l’Inde depuis 1947, Paris, Ateliers Henry Dougier, septembre 2017.

De l’indépendance en 1947 au géant économique de 2017, quels changements majeurs l’Inde a-t-elle vécus ? Lorsque la Grande-Bretagne accorde son indépendance à l’Inde en août 1947, peu d’observateurs parient sur la survie de cette nouvelle nation. Et pourtant, à l’aube de son 70e anniversaire, l’Inde est devenue la première puissance d’Asie du Sud, un géant démographique, économique et militaire en devenir. 10 grands témoins nous racontent un demi-siècle de bouleversements et d’émancipation, de la partition des Indes en 1947 à la défaite contre la Chine en 1962 ; de la politique de stérilisations forcées en 1977 à la discrimination positive en faveur des castes en 1990…

. Geoffroy Deffrennes, Gens du Nord, Paris, Ateliers Henry Dougier, août 2017.
On dit les gens du Nord accueillants, attachants. On les taquine sur leur accent. Mais au-delà du succès phénoménal du film de Dany Boon, Bienvenue chez les Chtis, qui sont-ils ? Posez-leur la question, d’un bout à l’autre de la région, entre Belgique, mer et Picardie, et vous obtiendrez des réponses sympathiques mais nuancées. Tout au long de nos rencontres, nous avons pu constater que oui, ils ouvrent facilement leurs portes, mais non, ils ne se définissent pas comme Chtis, ou alors pour rire, après quelques bières concoctées par une de ces brasseries artisanales en plein renouveau. Tout part souvent d’une amitié, de rencontres humaines, de sens du collectif. Ce n’est pas un hasard si le réseau associatif s’y révèle d’une densité incroyable, qu’il s’agisse de sport, d’esprit festif, d’action humanitaire ou d’économie sociale et solidaire.

. Astrid Viaud, L’Union européenne face à la crise du nucléaire iranien (2003-2017), Louvain-la-Neuve, Presses Universitaires de Louvain, juin 2017.

Cet ouvrage s’attache à décrypter le programme nucléaire développé par la République islamique d’Iran et le rôle joué par l’Union européenne pour faire face à cette crise. Portée par une habile coordination intergouvernementale des politiques étrangères de ses États membres, l’Union rejoint le rôle d’acteur que ces derniers voulaient lui voir jouer. Partant d’une initiative ad hoc développée en dehors du Conseil de l’Union européenne, l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni en viennent à renforcer l’Union sur la scène internationale. Ces trois États membres, conscients des difficultés d’un consensus au sein du Conseil, vont devancer le processus de négociations puis le faire adouber par le Haut Représentant de l’Union. Ce dernier informera les institutions de l’Union et contribuera au consensus. Par ailleurs, l’Union européenne offre une plateforme de coopération qui tend à accroître le pouvoir politique de chaque État en tirant parti du poids économique de l’Union sur la scène internationale. Après six années de sanctions décidées par le Conseil de sécurité des Nations unies, auxquelles l’Iran s’adapte tout en les contournant, l’adoption de sanctions autonomes fortes démontre la détermination de l’Union européenne et amène l’Iran à composer. Incitative puis coercitive, l’action diplomatique déployée par l’UE3+1, puis par l’E3+3, vis-à-vis du nucléaire iranien s’est formée en raison d’un intérêt commun fort, celui de préserver la sécurité internationale en maintenant le régime érigé par le Traité de non-prolifération des armes nucléaires.

. Jean-Philippe Pierron (dir.), Écologie politique de l’eau, Paris, Hermann, septembre 2017.
Comprise par la science, maîtrisée par la technique, l’eau serait " conquise ". Cette conquête questionne, à l’heure de la transition écologique, le dialogue des rationalités et des représentations de l’eau entre sciences des ingénieurs hydrauliciens et sciences humaines. Elle interroge les usages qui, de la rareté dans le stress hydrique jusqu’à la profusion, retrouvent l’eau comme milieu exigeant responsabilité et soin. Elle mobilise les imaginaires des cultures de l’eau qui, singulièrement, déploient le cadre herméneutique sur le fond duquel les hommes nouent une entente avec la Terre, planète bleue. Plutôt qu’un dilemme, comment penser alors la tension entre l’explication objective de l’eau H2O et sa compréhension poétique, entre justice sociale et justice environnementale, entre l’eau maîtrisée et l’eau rêvée, entre intérêts économiques et attente de justice écologique et sociale ?

. Sonia Le Gouriellec (dir.), Notre monde est-il plus dangereux ?, Paris, Armand Colin, septembre 2017.
Notre politique étrangère est-elle dominée par les États-Unis ? Les terroristes sont-ils des barbares, fous et idiots ? Israël est-il un modèle de sécurité à suivre ? Une guerre peut-elle éclater en mer de Chine du Sud ou entre l’Iran et l’Arabie Saoudite ? Doit-on craindre une guerre de civilisations ? La violence a-t-elle augmenté ? Cet ouvrage entend faire le point sur un certain nombre d’interrogations concernant les questions globales, dont les répercussions peuvent avoir un effet sur la stabilité du système international. Sonia Le Gouriellec propose de donner du sens à un monde parfois difficile d’accès et offre la possibilité d’appréhender sa réalité sous l’œil avisé de spécialistes tous venus d’horizons et de disciplines différents : politistes, sociologues, historiens, militaires, journalistes, blogueurs…

. Yves Jean et Michel Périgord, Géographie rurale, Paris, Armand Colin, septembre 2017.
Les notions de ruralité et d’espace rural jouent un rôle fondamental pour la géographie française. L’ouvrage s’interroge sur leur devenir en France depuis un demi-siècle. Les mutations contemporaines sont appréhendées selon une approche géohistorique, les campagnes ayant connu d’importantes mutations, aux effets inégaux dans l’espace et dans le temps. Les principaux phénomènes analysés concernent la complexification des relations villes-campagnes, l’extension du phénomène résidentiel et l’accroissement des mobilités, le développement de l’économie résidentielle, la territorialisation des politiques publiques. Ces questions sont au centre des enjeux d’aménagement des espaces ruraux. Cet ouvrage s’adresse aux étudiants en licence de géographie, ainsi qu’aux étudiants issus d’autres disciplines qui souhaitent s’initier à la géographie du monde rural.

. Collectif, Villes d’exception : quand les cartes racontent l’histoire, Gennevilliers, Géo (Prisma), septembre 2017.
Présentation de plus de 70 cartes des grandes villes du monde, de l’Antiquité jusqu’à l’époque contemporaine. Le contexte historique, les spécificités, la culture, l’évolution et l’histoire des grands sites urbains sont abordés ainsi que les relations entre les gouvernants et les cartographes.

. Jean-Baptiste Duroselle et André Kaspi, Histoire des relations internationales de 1945 à nos jours, Paris, Armand Colin, septembre 2017.
Deuxième tome d’une œuvre devenue classique, L’histoire des relations internationales depuis 1945 explique comment la Guerre froide n’a pas dégénéré en conflit ouvert malgré la multiplication des crises de par le monde. Comment à un monde bipolaire, a succédé un monde pluriel avec les États-Unis comme seule superpuissance politique, diplomatique, militaire ; un constat plus qu’évident après le 11 septembre 2001. S’appuyant sur les recherches les plus récentes, André Kaspi a su actualiser et moderniser l’œuvre initiée par Jean-Baptiste Duroselle.

. Serge Belley et Diane Saint-Pierre (dir.), L’administration des territoires et les instruments de l’action publique, Québec, Presses de l’Université du Québec, septembre 2017.
Les territoires sont soumis à des phénomènes sociodémographiques, économiques, environnementaux et culturels qui obligent les gouvernements et les administrations publiques à sans cesse réviser et ajuster leurs politiques, programmes et services. S’inscrivant dans la continuité de travaux reconnus (dont ceux de Hood, Howlett, Halpern, Lascoumes et Le Galès) et de l’ouvrage qui lui est complémentaire, Les instruments de l’action publique et les dispositifs territoriaux (L’Harmattan, 2016), ce livre intéressera les décideurs publics, les chercheurs et les citoyens qui veulent mieux comprendre les multiples enjeux et défis liés aux territoires.


Livre recommandé par Diploweb.com en août 2017

. Mathieu Duchâtel, Géopolitique de la Chine, QSJ, Paris, PUF, 2017.

Pierre Verluise, Fondateur du Diploweb.com : "Voici un ouvrage à recommander pour saisir l’originalité géopolitique de la Chine. L’auteur présente de façon synthétique et maîtrisée les représentations géopolitiques de la Chine, son ancrage continental, son tournant maritime et ses nouveaux horizons à l’échelle mondiale. Parce qu’il n’est plus possible d’ignorer la Chine, cette lecture s’impose."

4e de couverture

La plus vieille civilisation du monde a toujours joué un rôle de premier plan dans les relations internationales : de la route de la soie aux routes maritimes actuelles, la Chine entretient des relations complexes avec ses nombreux voisins et ses divers partenaires économiques. Or, depuis les réformes économiques des années 1980, cet immense territoire a rebattu les cartes de la géopolitique mondiale, s’imposant désormais comme contre-modèle de l’Occident. La Chine se serait-elle bel et bien éveillée ?
Mathieu Duchâtel dresse le tableau de cette grande puissances contemporaine, tiraillée entre volonté d’expansion et quête de sécurité, compétition et alliances, et qui est en passe de détrôner les États-Unis, dont elle est la grande rivale.


. Safwan M. Masri, Tunisia. An Arab Anomaly, New York, Columbia University Press, septembre 2017.
The Arab Spring began and ended with Tunisia. In a region beset by brutal repression, humanitarian disasters, and civil war, Tunisia’s Jasmine Revolution alone gave way to a peaceful transition to a functioning democracy. Within four short years, Tunisians passed a progressive constitution, held fair parliamentary elections, and ushered in the country’s first-ever democratically elected president. But did Tunisia simply avoid the misfortunes that befell its neighbors, or were there particular features that set the country apart and made it a special case ? In Tunisia : An Arab Anomaly, Safwan M. Masri explores the factors that have shaped the country’s exceptional experience. He traces Tunisia’s history of reform in the realms of education, religion, and women’s rights, arguing that the seeds for today’s relatively liberal and democratic society were planted as far back as the middle of the nineteenth century.

. Karine Tournier-Sol, Prendre le large. Le UKIP et le choix du Brexit, Paris, Vendémiaire, août 2017.
23 juin 2016 : les Britanniques disent adieu au vieux continent au cours d’un référendum historique. Le Brexit a claqué comme un coup de tonnerre dans une Europe qui ne soupçonnait pas le rejet dont elle pouvait faire l’objet. Pourtant, en 2014, à l’issue d’une campagne axée sur les « dangers » de l’immigration, le UK Independence Party et son tonitruant leader Nigel Farage avaient déjà fait parler d’eux. Deux ans plus tard, le UKIP a pu apparaître comme l’artisan majeur du retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne. Révélant aux yeux du monde l’existence en Grande-Bretagne d’une fracture sociale, économique et géographique sans précédent. La première analyse sociologique et électorale en français, qui met en lumière les points communs et les différences avec les autres mouvements populistes européens, notamment le Front national. Car, qualifié d’« extrême droite en costume cravate », le UKIP, nouveau venu original dans un système politique qui mettait volontiers en avant sa modération, est désormais un élément clé de la vie démocratique du Royaume-Uni.

. Jean-Pierre Tuquoi, Oubangui-Chari, le pays qui n’existait pas, Paris, La Découverte, août 2017.
Fin 2016, les militaires français plient bagages. Trois ans plus tôt, dans le cadre de l’opération Sangaris, ils ont débarqué à Bangui, la capitale d’un pays oublié, le Centrafrique, pour lui éviter de connaître « un scénario à la rwandaise ». C’était la septième intervention française depuis l’indépendance dans ce pays aux allures de fantôme où sept habitants sur dix vivent dans une pauvreté extrême et où l’espérance de vie a reculé de dix ans. Pays fantôme, le Centrafrique – baptisé Oubangui-Chari par le colonisateur français – l’a peut-être toujours été. Certes, il a une capitale et un nom – il en a changé à six reprises. Il possède quelques kilomètres de routes goudronnées, une langue nationale et des ambassades. Un temps, dans les années 1970, l’empereur Bokassa, un autocrate délirant et sanguinaire, lui a conféré une triste notoriété. Mais que cache le décor ?

. Dominique de Villepin, L’avenir de la paix, Institut Diderot, 2017.

Parler de la paix à l’heure actuelle alors que c’est le bruit de la guerre qui domine peut paraître audacieux. Les champs de batailles réels ou potentiels semblent se multiplier. On le voit aussi bien en Mer de Chine, en Corée du Nord, qu’en Irak, en Syrie, au Yémen ou encore en Europe orientale. En Europe, nous sommes cernés aujourd’hui par un arc de crises presque sur l’ensemble de nos frontières : en Ukraine, en Turquie avec le durcissement du régime, en Méditerranée ou au Moyen-Orient avec la crise des migrants. » […] « La paix n’est plus une évidence mais plus que jamais un travail, un programme, une mission ».Télécharger le PDF.

. Jean-Pierre Chevènement, Le défi de l’islam de France, Institut Diderot, 2017.

Nombreux sont nos compatriotes, y compris musulmans, qui jugent la version wahhabite et/ou salafiste du respect aveugle de la sunna réellement incompatible avec notre manière de penser et pratiquer la politique.

Pour des raisons enracinées dans notre histoire, notre droit s’est dissocié de la théologie. Or, en terre musulmane, une telle dissociation n’a pas eu lieu. Et le Coran expose un système normatif.

Comment la République française pourrait-elle régler à elle-seule un problème d’une telle ampleur, d’une telle radicalité ? Cessons de croire que partout où passe la modernité, les religions se folklorisent.

Il apparaît urgent d’engager une discussion sérieuse sur le développement de l’islam en France sans aucune soumission politique, économique, financière, éducative, culturelle à l’égard d’États étrangers. Télécharger le PDF

. Manuel Boucher, Geoffrey Pleyers et Paola Rebughini, Subjectivation et désubectivation. Penser le sujet dans la globalisation, édition fondation des sciences de l’homme, 2017.

À partir des concepts de subjectivation et de désubjectivation particulièrement mobilisés par Michel Wieviorka et les sociologues de l’action, ce livre développe une réflexion sur le sujet et le vivre ensemble au temps de la globalisation et de la transformation des identités, des formes d’inégalité et de vulnérabilité. Ancré dans les expériences et les débats français et internationaux, cet ouvrage revisite les enjeux de la violence, de l’État social, du pluralisme culturel, des droits, de l’émancipation et de la démocratie en partant des dynamiques de subjectivation et de désubjectivation à travers lesquels se construisent les acteurs. Sur la base d’études empiriques sur des objets et dans des champs d’une grande diversité, les auteurs analysent la capacité ou la difficulté à garder un rapport à soi malgré les tumultes sociaux, économiques, politiques et culturels quelquefois violents produits au sein d’une société globale. Télécharger le PDF des 23 premières pages avec la table des matières.

. S.E. Zhai Jun, L’avenir des relations franco-chinoises, Institut Diderot, 2017.

L’Ambassadeur de la République Populaire de Chine en France livre ici le fruit de ses réflexions argumentées sur la qualité exceptionnelle des relations francochinoises.

Une nouvelle ère s’annonce avec l’élection du nouveau Président de la République française et la tenue du XIXème Congrès national du Parti communiste chinois. Alors que l’initiative chinoise « la Ceinture et la Route », le Forum pour la coopération internationale réunissant une centaine de pays, venait de se conclure à Pékin, S.E. Zhai Jun mettait en lumière les formes d’une indispensable coopération à l’échelle de la planète à l’heure du repli sur soi et des crispations identitaires.

Au-delà des liens économiques, le Président Xi Jinping a insisté, lors de l’ouverture du Forum sur le fait qu’il s’agit d’une initiative de paix permettant d’ouvrir une ère de prospérité à l’ensemble de ceux qui souhaitent y participer, à la fois respectueuse de l’environnement et innovante technologiquement.

Le repli sur soi et le rejet de la mondialisation ne faisant pas bon ménage avec la prospérité, il serait sage de noter que comparées aux autres initiatives, ces « nouvelles routes de la soie » apparaissent comme une initiative globale visant à ne laisser personne sur le bord du chemin. Télécharger le PDF

. Maurice Cusson (dir.), Mille homicides en Afrique de l’Ouest, Montréal, Presse de l’Université de Montréal, juin 2017.
S’appuyant sur des données empiriques riches et variées, ce livre porte sur les homicides perpétrés dans quatre pays d’Afrique de l’Ouest francophone. Ses auteurs décrivent et analysent toutes les manifestations de la violence criminelle – qu’il s’agisse de vengeance ou d’autodéfense, d’infanticide, de vol, ou de crime rituel – et se font un devoir d’indiquer des pistes de solution réalistes. Que nous apprennent ces données sur les particularités des homicides au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Niger et au Sénégal ? Sur les homicides familiaux ? Sur les querelles qui se terminent par la mort d’un homme ? Sur les rapports entre la sorcellerie et le meurtre ? Comment rendre plus sûrs les quartiers criminogènes des villes africaines ? Avec quels acteurs sociaux les pouvoirs publics et la société civile peuvent-ils soutenir concrètement la non-violence ? En posant correctement le problème de la violence grave et en proposant des solutions, ce livre indique le chemin à prendre vers plus de sécurité, une paix mieux assurée et un développement durable.

. Olivier Zajec, Confins et frontières, Paris, Chronique, à paraître (septembre 2017).
Un essai consacré à la question des frontières, cette notion de limite, depuis le limes romain du Ier siècle jusqu’au mur israélien du XXIe siècle, des remparts de Carcassonne à Check point Charlie, du fond des océans au silence des espaces intersidéraux.

. Felix Boecking, No Great Wall : Trade, Tariffs, and Nationalism in Republican China, 1927-1945, Cambridge (MA, Etats-Unis), Harvard University Press, à paraître (juillet 2017).
This book, an in-depth study of Nationalist tariff policy, fundamentally challenges the widely accepted idea that the key to the Communist seizure of power in China lay in the incompetence of Chiang Kai-shek’s Nationalist government. It argues instead that during the second Sino-Japanese War, China’s international trade, the Nationalist government’s tariff revenues, and hence its fiscal policy and state-making project all collapsed. Because tariffs on China’s international trade produced the single greatest share of central government revenue during the Nanjing decade, the political existence of the Nationalist government depended on tariff revenue. Therefore, Chinese economic nationalism, both at the official and popular levels, had to be managed carefully so as not to jeopardize the Nationalist government’s income. Until the outbreak of war in 1937, the Nationalists’ management of international trade and China’s government finances was largely successful in terms of producing increasing and sustainable revenues. Within the first year of war, however, the Nationalists lost territories producing 80 percent of tariff revenue. Hence, government revenue declined just as war-related expenditure increased, and the Nationalist government had to resort to more rapacious forms of revenue extraction—a decision that had disastrous consequences for both its finances and its political viability.

. Thibault Courcelle et Ygal Fijalkow, Services publics et territoires, Rennes, Presses universitaires de Rennes, juin 2017.
La nécessité d’adapter la présence des services publics aux territoires n’est pas nouvelle mais le mouvement que l’on observe depuis bientôt deux décennies est d’ampleur inégalée. Il a transformé la carte hospitalière, judiciaire, postale, celle de l’armée, des forces de police, de la gendarmerie, des douanes, des centres des impôts, des trésoreries, des gares SNCF, etc. L’État est un acteur majeur de cette réorganisation mais il n’est pas le seul. L’Union européenne et les effets d’une économie de plus en plus mondialisée ont une part de responsabilité non négligeable dans cette (r)évolution. L’objet de cet ouvrage est de contribuer à rendre compte des conséquences de la réorganisation des services publics dans les villes petites et moyennes. Les contributions rassemblées ne défendent ni la thèse du maintien des services publics, ni celle d’un réajustement au bénéfice de certains territoires. Il ne s’agit pas davantage de dresser un bilan détaillé et minutieux, mais de révéler quelques aspects essentiellement qualitatifs qui demeurent ignorés dans les analyses et les rapports officiels.

. Jacques Lévy (dir.), Atlas politique de la France, Paris, Autrement, juin 2017.
« La France connaît une véritable révolution silencieuse dans la relation des citoyens à l’espace et à la politique. » Les révolutions silencieuses de la société française Plus de 70 cartes pour présenter la géographie politique de la France, de 1992 à aujourd’hui.
Géographie politique : dans quelle mesure le lieu de résidence détermine-t-il le vote ?
L’ascension du Front national : un vote porté par les espaces périurbains. Dynamisme économique et redistribution des richesses : la France fait-elle le choix du développement et de la justice ? Terrorisme, migrations, mondialisation : la France en Europe et dans le Monde. Quels enseignements tirer de l’élection présidentielle de 2017 ? De référendums en élections, sur une période de vingt-cinq ans, la cartographie fait apparaître les nouvelles lignes de force de l’espace français, mettant en évidence des changements profonds et durables.

. Mahrez Zahed, La démarche de performance dans la gestion locale, Paris, L’Harmattan, juin 2017.
La préservation de la dépense publique, de surcroît par temps de crises financières, constitue un défi permanent des pouvoirs publics. Cette forte volonté politique a trouvé toute sa signification dans le large consensus politique suscité par la préparation et la mise en œuvre de la Loi organique relative aux lois de finances qui devait permettre une gestion publique saine et une dépense publique rationnelle. Cette nouvelle « Constitution » financière a posé les premiers jalons de la démarche de performance au niveau de l’Etat.

. Eric Letonturier, Guerre, armées et communication, Paris, CNRS Editions, mai 2017.
Propagande, censure et désinformation d’un côté ; devoir de réserve, secret défense et silence dans les rangs de la « grande muette » d’un autre. Faire la guerre semble condamner la communication des armées à de tels extrêmes. Mais qu’en est-il aujourd’hui, avec l’internet et les réseaux sociaux, l’information continue et les lanceurs d’alerte, et une opinion publique de plus en plus sondée et souveraine ? Parallèlement, la surveillance géopolitique électronique, la numérisation du champ de bataille, l’arrivée des drones, robots et soldats augmentés sur les théâtres d’opérations changent aussi la donne. Reste que la guerre engage toujours et avant tout des relations entre des hommes sur le terrain. Elle est aussi profondément un acte de communication pour être d’abord un dialogue rompu, un affrontement avec l’altérité. Avec, comme horizon, à l’heure de la montée des nationalismes et la multiplication des revendications identitaires, un risque croissant d’incommunication.

. Gabriel Fauveaud (dir.), Les villes non occidentales, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, mai 2017.
Cet ouvrage souhaite montrer la richesse d’une ouverture géographique et thématique des recherches urbaines actuelles en présentant celles qui prennent en considération les villes situées en dehors de l’aire occidentale. Il donne la voix à de jeunes chercheurs et praticiens originaires de six pays et de trois continents qui, par leurs réflexions engagées, proposent de corriger les perceptions souvent négatives, voire catastrophiques, de l’urbanisation non occidentale. En partant du principe que tout espace urbain est aussi banal que singulier, ils aident à décentrer le regard et à envisager sérieusement l’importance de l’altérité dans la construction des représentations collectives. Ouvert sur le monde, donc, cet ouvrage montre tout l’intérêt de diversifier les approches théoriques et empiriques en urbanisme, dont le fort ancrage nord-américain ou européen empêche souvent de rendre compte des multiples réalités des villes de la planète.

. Marie-Laure Poletti et Roger Pilhion, … et le monde parlera français, Paris, Iggybook, mai 2017.
Une part importante des opinions publiques pense que l’anglais est en passe de devenir ou est devenu une lingua franca universelle. La mondialisation a, en effet, produit une situation d’hégémonie linguistique sans précédent. Mais celle-ci pourrait avoir atteint ses limites. La perte d’influence des Etats-Unis d’Amérique dans le monde, la recherche de contre-pouvoirs, la revendication de la diversité et les technologies de l’information et de la communication ont ouvert des brèches. Plusieurs grands pays n’ont d’ailleurs pas renoncé à promouvoir leur langue hors de leurs frontières et mènent des actions ambitieuses. La France a longtemps fait figure de pionnière en la matière. Mais aujourd’hui elle semble hésiter à poursuivre dans cette voie. Le doute, voire le défaitisme s’installent : certains n’hésitent pas à affirmer que la langue française est un frein à l’attractivité de la France. Dans ce contexte de repli et d’interrogations, ce livre dresse un état des lieux, décrit les acteurs et les enjeux liés à la diffusion internationale de la langue française et à la francophonie et esquisse des stratégies de remobilisation pragmatiques et concrètes.

. Yvonnick Denoël (dir.), Les dossiers noirs de Donald Trump, Paris, Nouveau Monde, juin 2017.

La sainteté n’est pas une qualité première pour devenir président des États-Unis. Pourtant, on ne trouve pas d’équivalent dans l’histoire d’un président élu malgré un parcours aussi trouble que celui de Donald Trump. Pour la première fois, un livre réunit les meilleures investigations de journalistes américains et européens sur la face cachée des affaires de la Trump Organization, en pénétrant au cœur de son système : ses deux piliers principaux, les casinos et l’immobilier de luxe, n’auraient jamais prospéré sans une grande complaisance envers l’argent sale et diverses mafias. Tandis que le candidat Trump dénonçait les « ennemis de l’Amérique », ses sociétés violaient discrètement les embargos américains contre Cuba ou l’Iran. Une enquête en Azerbaïdjan dévoile ainsi l’association insoupçonnée de Trump avec une entité appartenant aux pasdarans, les gardiens de la Révolution iranienne. Les auteurs brossent le portrait des « éminences noires » sans qui Trump ne serait jamais devenu ce qu’il est, comme le milliardaire d’extrême droite Robert Mercer, qui a financé sa campagne et placé les « bonnes personnes » dans son entourage. On découvre comment Trump a fait commerce douteux du concours Miss Univers, notamment en Russie, ainsi que les nombreuses affaires de harcèlement sexuel qui pèsent sur son avenir, et même un cas de viol de mineure. Enfin, les auteurs nous emmènent dans les coulisses de l’enquête du FBI sur les collusions entre l’équipe Trump et les hauts dignitaires russes : on y croise des oligarques, des espions britanniques, un général liquidé pour avoir trop parlé, un rendez-vous clandestin aux Seychelles… et une forte odeur de pétrole. Un document sans équivalent pour comprendre où peuvent mener les enquêtes fédérales en cours sur Trump, avec quelles conséquences sur sa présidence.

. Philippe Lemarchand (dir.), La mondialisation de A à Z, Neuilly-sur-Seine, Atlande, août 2017.

Près de 1000 articles pour aborder tous les débats autour de la mondialisation. Des acteurs cruciaux mais méconnus (le BCG, la communauté de Sant’ Egidio, Olivier Dolfuss), des éléments clefs (détroits, drogues, dumping social), des définitions claires (rugosité, titrisation, westoxification), des aspects inattendus (couleur bleu, nylon, volapük), des incontournables (football, dette, changement climatique), des inédits (non-lieu, Fold it, lune).

. Stéphane Guibaud, Nos héros, ces parias – Comment on assassine les lanceurs d’alerte, Paris, Max Milo, août 2017.

Les lanceurs d’alerte défrayent l’actualité depuis une dizaine d’années. Les cas emblématiques de Edward Snowden, Chelsea Manning et Julian Assange sont révélateurs des méthodes utilisées pour faire craquer celles et ceux qui ont le courage de parler des dysfonctionnements et des dérives de notre société. Et pourtant, ces héros sont devenus des parias. Leur vie est un enfer. Snowden est réfugié en Russie, Assange dans une ambassade, Manning en prison, Stéphanie Guibaud, James Dunne, Céline Boussié et bien d’autres sont dans une situation précaire, attaqués dans des procès sans fin et lâchés par les Etats. La situation catastrophique des lanceurs d’alerte révèle que les démocraties dans lesquelles nous vivons sont de plus en plus dures avec les petits délits mais clémentes avec les dominants. La justice est au cœur de nos systèmes agonisants mais que les dominants ne veulent surtout pas les modifier tant ils en profitent. La seule solution, pour Stéphanie Gibaud : se regrouper pour faire reculer l’impunité.

. Jean-Baptiste Duroselle et André Kaspi, Histoire des relations internationales de 1919 à 1945 (Tome 1) Paris, Armand Colin, septembre 2017.

L’histoire des relations internationales en tant que discipline historique doit beaucoup à Jean-Baptiste Duroselle. Donnant à expliquer l’histoire, surtout dans un XXe siècle en mal d’identité et de recomposition, il est celui qui introduit dans la méthode historique le poids des forces profondes et le rôle des hommes. En se penchant sur la première moitié du XXe siècle, il analyse, vingt et un ans après les traités de l’après-Première Guerre mondiale, les mécanismes qui aboutissent à la Deuxième Guerre mondiale. Les nouveaux acteurs de la scène internationale, les défaites de l’Italie fasciste, de l’Allemagne nazie et du Japon annoncent-ils un monde pacifique ? Voilà les questions que pose Jean-Baptiste Duroselle.

. Gabriel Alphand et Frédéric Vion, Moments privés au Quai d’Orsay, Paris, Balland, août 2017.

Il s’en passe de belles sous les dorures des Ambassades de France ! Moments privés au quai d’Orsay vous ouvre les portes de la diplomatie française... mais en passant par l’escalier de service. Car si de l’extérieur, le monde des chancelleries ressemble aux pages « décoration » d’un magazine de luxe ; il y a, derrière les façades, des parquets cirés parfois glissants. Les plafonds s’écroulent, les invités volent l’argenterie, et tandis qu’à Pékin les Chinois essaient de nous rouler sur la propriété de nos propres murs, Monsieur l’Ambassadeur demande au Colonel, en plein dîner officiel, s’il aime les sculptures d’éphèbes nus. Dans ce petit ouvrage savoureux, les héros embarquent dans des avions branlants de lignes intérieures post-soviétiques ou sub-sahariennes, ils craignent pour leur vie dans des tempêtes tropicales sur des aérodromes dont il faut chasser, à l’approche de l’appareil, les dromadaires en train de paître sur le pré qui sert de piste. Moments privés au quai d’Orsay vous raconte la France, son incroyable réseau diplomatique (qui reste l’un des meilleurs du monde), mais aussi les petites histoires sans lesquelles ce fer de lance de la grandeur nationale ne pourrait pas fonctionner. Car les diplomates ont aussi des chaussettes à laver, des lubies, des faiblesses, ou des allergies et des régimes pas toujours faciles à respecter quand on passe sans transition de la Mauritanie à la Nouvelle-Zélande.

. Dominique Lorrain, Métropoles en Méditerranée : Gouverner par les rentes,Paris, Presses de Science Po, juin 2017.

Beyrouth, Le Caire, Alger, Istanbul évoquent une histoire de très longue durée. Mais depuis plusieurs décennies, les images associées à ces métropoles du pourtour méditerranéen s’estompent pour laisser place à celles d’un quotidien marqué par la violence, les flots de migrants et les dysfonctionnements urbains. Sont-elles devenues ingouvernables ? Sont-elles trop denses, trop polluées, trop inégalitaires ? En s’immergeant dans la fabrique de leurs réseaux et institutions, cet ouvrage montre que les difficultés majeures de ces villes reflètent non pas l’absence mais des modes spécifiques de gouvernement. Si tout n’est pas gouverné, les réseaux urbains, en contribuant à équiper, participent à une gouvernance de fait. Les défaillances sont compensées par une coordination à partir des problèmes. En l’absence d’un secteur industriel fort (à l’exception d’Istanbul), la production du logement joue un rôle économique majeur. Et c’est la répartition des rentes foncières, urbaines et pétrolières entre les fractions de l’élite qui décide du destin de ces villes, entre grandeur et déclin.

. Audrey Ferraro, Trahison sanglante en Afghanistan : 20 janvier 2012, massacre de militaires français à Gwan , Saint-Denis, Publibook, juin 2015.

« Incrédules, les mentors de l’OMLT K4 réalisent rapidement ce qui leur arrive : “On se fait allumer !”, crie l’un d’eux. Les binômes se désolidarisent. Plus de cent cinquante cartouches de 5,56 mm sont tirées en quelques secondes, avec un fusil-mitrailleur M249. Des corps tombent sur le sol gelé tandis que le tireur poursuit calmement son sinistre attentat. Les rafales se succèdent et soulèvent de la terre entre les jambes des soldats pris à partie. Tant bien que mal, les blessés essaient de se protéger, immobilisés au sol, loin de tout couvert et... si près de l’assassin. Pour d’autres, il est déjà trop tard. » Le 20 janvier 2012, un déséquilibré enrôlé au sein de l’armée nationale afghane ouvrait le feu sur des soldats français en plein entraînement sur la base opérationnelle de Gwan. Cinq d’entre eux y laisseront la vie... Si ce massacre incompréhensible a marqué les esprits à l’époque, il n’était pas question de laisser la loi de l’actualité le laisser sombrer dans l’oubli. Mêlant reconstitution et témoignages, l’ouvrage d’Audrey Ferraro est avant tout un hommage aux victimes et aux équipes d’encadrement médical et psychologique. Richement documentée, cette chronique bouleversante s’impose comme un indispensable devoir de mémoire.

. Jean-Michel Verne, Riviera Nostra : L’emprise des mafias italiennes sur la Côte d’Azur, Paris, Nouveau Monde, juin 2017.

Toute la région PACA est aujourd’hui infiltrée par la mafia italienne. À Toulon, Nice, Cannes, Marseille, le Midi n’est plus seulement une terre de blanchiment, mais un territoire où les clans développent leurs activités traditionnelles en « joint-venture » avec les truands français, tout en restant eux-mêmes dans l’ombre.
Le « milieu » français fait figure de partenaire naturel dans l’organisation du trafic de drogue : la pègre hexagonale, notamment corso-marseillaise, bénéficie de réseaux privilégiés en Afrique de l’Ouest et au Sahel où passent les routes d’approvisionnement. Mais l’influence italienne se perçoit également dans des cas de conflits d’intérêt autour de juteux marchés publics. Les lieux de villégiature et « promenades de santé » des capi venus se faire soigner dans les cliniques de la Riviera témoignent de leur attachement à la région.
Fruit d’une enquête approfondie et d’entretiens avec des spécialistes des systèmes mafieux, cet ouvrage montre la contamination progressive du sud de la France par toute une économie souterraine à laquelle les dispositifs policier et judiciaire nationaux peinent à s’adapter.

. Marino A. Bruce, Hispanic Migration and Urban Development, Bingley, Emerald Group Publishing Limited, juin 2017.

This volume of "Research in Race and Ethnic Relations" analyzes the pattern of assimilation and incorporation among the Hispanic population in the Washington DC metro region. Following a comprehensive introduction looking at theoretical and policy implication, the book consists of two conceptual chapters discussing the literature of ethnic incorporation and assimilation in urban regions, one chapter analyzing demographic trends among the Hispanic population, and four chapters analyzing different issues related to assimilation, in particular the nature entrepreneurialship, civic engagement, political participation, and education among migrants. This book makes a considerable contribution to the literature of emerging gateways in the field of migration and urban development with articles from notable academics and public policy analysts in their respective fields. It is the only comprehensive study of its kind concerning Hispanic migration to the Washington DC region (the majority of other studies in the field are based on data from major metropolitan cities such as New York, Chicago and Los Angeles)

. Roxane Rimstead, Domenico A. Beneventi et Simon Harel, La lutte pour l’espace : ville, performance, et culture d’en bas, Québec, Presses de l’Université Laval, juin 2017.

Dans ce volume collectif, nous examinons le profond enchevêtrement de l’espace et du pouvoir dans les paysages locaux, dans les vies individuelles, et sur les scènes nationale et mondiale. Les luttes pour l’espace marquent et définissent les subjectivités incarnées du soi et de l’autre, ainsi que les espaces matériels et imaginés. Nous cherchons également à dépasser les barrières linguistiques, les frontières nationales, les catégories conceptuelles, les communautés et les silences, afin de relire des textes et des auteurs canoniques tout en écoutant de nouvelles voix et en captant des performances d’espaces contestés qui sont nouvellement reconnues ou inscrites dans la mémoire collective.

. Fabien Nkot (dir.), Dictionnaire de la politique au Cameroun, Québec, Presses de l’Université Laval, juin 2017.

Ce Dictionnaire de la politique au Cameroun présente, dans l’ordre alphabétique, des entrées relatives aux noms de personnes et d’objets, ainsi qu’aux faits et événements ayant marqué l’évolution politique du Cameroun depuis la rencontre avec la domination allemande, en 1884. Plus que les choses, les dates ou les structures, les personnes constituent cependant le centre de gravité de ce dictionnaire. Sous ce rapport, il est significatif que des partis politiques comme le Rassemblement démocratique du peuple camerounais, le Social Democratic Front ou encore l’Union nationale pour la démocratie et le progrès ne disposent guère de notices propres, et n’apparaissent dans le livre qu’à la faveur de l’évocation de leurs promoteurs respectifs que sont Paul Biya, Ni John Fru Ndi et Bello Bouba Maigari. C’est simplement que, de manière plus ou moins accidentelle, cette somme trahit les limites des efforts d’institutionnalisation au Cameroun, et rend compte d’une trop grande prégnance du facteur idiosyncratique dans la vie publique de ce pays.

. Laurence Pivot et Nathalie Schneider, Les Québécois, Paris, Ateliers Henry Dougier, mai 2017.

Ils sont des milliers chaque année à s’expatrier au Québec et pourtant, rares sont les Français qui ont une idée précise de ce qu’est la société québécoise d’aujourd’hui. Loin des clichés, les ateliers henry dougier vous proposent un livre qui parle enfin du Québec contemporain. Ah, le Québec ! L’enthousiasme est unanime chez les Français, qui croient que les Québécois sont une version sympathique d’eux-mêmes. Mais ils ne sont pas nos cousins, et encore moins des Canadiens comme les autres. Oui, ils parlent français mais ne sont pas tous bilingues. Non, ils ne passent pas l’hiver dans une ville souterraine. Oui, ils sont « cools » mais, hélas, pas aussi écolos qu’on l’imagine. En revanche, c’est l’un des pays qui revendique la plus grande égalité entre les hommes et les femmes. Une société tolérante qui marie les gays, pratique au quotidien la concertation et développe l’économie sociale et participative au point d’en être un des champions mondiaux. Une société qui, tant bien que mal, instaure aussi un vivre-ensemble dont beaucoup pourraient s’inspirer.

. Ali Douai et Gaël Plumecocq, L’économie écologique, Paris, La Découverte, juin 2017.
L’économie écologique émerge à la fin des années 1980, à partir du constat de l’inefficacité des réponses aux problèmes environnementaux apportées par certaines disciplines traditionnelles (principalement la science économique et la biologie de la conservation). Comment mieux appréhender la complexité du fonctionnement des écosystèmes et de leurs interactions avec l’homme ? Avec quels outils évaluer les limites biophysiques des écosystèmes ? Faut-il faire décroître la taille des économies humaines ? Quels systèmes de gouvernance, informés par quelles théories macroéconomiques, faut-il promouvoir ? Quels sont les enjeux scientifiques et politiques de l’évaluation monétaire des biens et services environnementaux ? Le présent ouvrage ambitionne de présenter le champ de l’économie écologique à travers ses objets, ses méthodes et ses propositions théoriques et politiques. Il donne à voir une communauté éclatée entre divers sous-courants, mais qui constitue néanmoins le centre de gravité des débats portant sur la soutenabilité de nos modes de développement.

. Aziz Iraki et Claude de Miras, Interroger les gouvernances urbaines – entre fragmentation et contrat territorial, Paris, Karthala, juin 2017.
Cet ouvrage se propose donc d’interroger des gouvernances territoriales en situation, à partir de cas aussi variés que ceux liés aux différents services urbains (transport, décharge publique, eau et assainisse¬ ment) d’une grande métropole, ou à la planification territoriale.

. Amzat Boukari-Yabara, Africa Unite ! Unie histoire du panafricanisme, Paris, La Découverte, juin 2017.
Sommes-nous africains ? Qu’est-ce que l’Afrique ? De cette double interrogation, née au XVIIIe siècle dans la diaspora africaine déportée aux Amériques, a émergé un vaste mouvement intellectuel, politique et culturel qui a pris le nom de panafricanisme au tournant du XXe siècle. Ce mouvement a constitué, pour les Africains des deux rives de l’Atlantique, un espace privilégié de rencontres et de mobilisations. De la révolution haïtienne de 1791 à l’élection du premier président noir des États-Unis en 2008 en passant par les indépendances des États africains, Amzat Boukari-Yabara retrace, dans cette ambitieuse fresque historique, l’itinéraire singulier de ces personnalités qui, à l’image de W.E.B. Du Bois, Marcus Garvey, George Padmore, C.L.R. James, Kwame Nkrumah ou Cheikh Anta Diop, ont mis leur vie au service de la libération de l’Afrique et de l’émancipation des Noirs à travers le monde. Mêlant les voix de ces acteurs de premier plan, bientôt rejoints par quantité d’artistes, d’écrivains et de musiciens, comme Bob Marley ou Miriam Makeba, la polyphonie panafricaine s’est mise à résonner aux quatre coins du « monde noir », de New York à Monrovia, de Londres à Accra, de Kingston à Addis-Abeba. Les mots d’ordre popularisés par les militants panafricains n’ont pas tous porté les fruits espérés. Mais, à l’heure où l’Afrique est confrontée à de nouveaux défis, le panafricanisme reste un chantier d’avenir. Tôt ou tard, les Africains briseront les frontières géographiques et mentales qui brident encore leur liberté.

. Eugène Yves Kede, La gouvernance climatique au Cameroun, Paris, L’Harmattan, mai 2017.
La multiplication des événements climatiques extrêmes (sécheresses, inondations) du fait de la hausse de la température mondiale a conduit les États de la planète à mettre la question du changement climatique sur leur agenda politique. Le Cameroun n’en fait pas exception. Traiter de la gouvernance climatique au Cameroun conduit nécessairement à analyser comment se construit l’action publique de lutte contre le changement climatique au Cameroun. Elle apparaît comme une confi guration d’action publique multi-niveaux.

. Caroline Pinto Baleisan et Cécile Van De Velde, Migrations étudiantes sud-américaines, Paris, La Documentation française, mai 2017.
Cet ouvrage se propose d’explorer le vécu d’étudiants d’origine chilienne ou colombienne au cours de leurs études à Paris, New York ou Boston. Bien que les trajectoires individuelles ne soient pas complètement libres, du fait de règles juridiques et institutionnelles précises por ce qui concerne les migrations, l’analyse des biographies éclaire le réagencement des déterminismes sociaux par les individus. Cette recherche va ainsi à l’encontre de certaines idées reçues sur les migrations étudiantes - comme la garantie pour les étudiants d’une réussite assurée à leur retour, l’assouplissement des conditions de séjour pour les migrants très qualifiés, l’existence d’une classe internationale sans ancrages locaux, ou encore l’expatriation forcée des chercheurs des pays du Sud. Ces états de fait, s’ils existent, doivent être nuancés - comme l’exposent les comptes rendus d’enquête de cet ouvrage.

. Antoine Arjakovsky, Comment l’Occident démocratique peut-il sortir du conflit avec la Russie ?, Paris, Balland, mai 2017.
Identifie la politique étrangère russe en Géorgie, en Ukraine et en Syrie, comme cause d’un conflit croissant entre Russie et Occident au début du XXIe siècle. Appelle, entre autres pistes, à coordonner des mouvements au sein des sociétés civiles occidentales pour que la Russie s’affranchisse du régime de V. Poutine, distinguant la population russe de ses dirigeants.

. Lambert Issaka, Chroniques maritimes, Paris, L’Harmattan, mai 2017.
L’utilisation et la maîtrise des espaces maritimes à des fins utiles ont servi les desseins des nations en quête de prospérité et de prestige international. En quelques décennies, la croissance considérable du commerce mondial par la voie maritime, l’exploitation plus facile des ressources de l’océan (pétrole et gaz), la sécurisation des accès maritimes ainsi que la dissuasion nucléaire ont considérablement modifié la place de l’océan dans la géographie mondiale. Comment la question maritime va-t-elle influencer la politique des États ?

. Philippe Moreau Defarges, Nouvelles relations internationales, Paris, Points, à paraître (juin 2017).

Cette édition prend le relais de Relations internationales (2 vol.) qui a constitué un classique depuis vingt-cinq ans. Elle a été repensée en rassemblant les questions régionales et mondiales en un seul volume pour mieux l’articuler autour des grandes mutations de ce dernier quart de siècle : nouvelles technologies de l’information, révolution numérique ; globalisation de l’économie ; entrée en scène des puissances du Sud ; repli ou recomposition de l’ordre américain ; chaos du Moyen-Orient et nouvel âge du terrorisme… Ces évolutions imposent une approche nouvelle qui intègre les rapports géopolitiques dans les mouvements de fond de l’histoire : transformations de l’État souverain, migrations des individus et des groupes, émergence chaotique d’une société planétaire, enjeux écologiques, quête d’une sécurité globale. Un nouveau classique ! Philippe Moreau Defarges Chercheur et co-directeur du RAMSES à l’Institut français des relations internationales (IFRI), il enseigne à Sciences Po Paris. Il est l’auteur de très nombreux ouvrages sur les questions internationales, la mondialisation et la construction européenne. Philippe Moreau Defarges Né en 1943, il a longtemps été diplomate. Il est chercheur et co-directeur du RAMSES à l’Institut français des relations internationales (IFRI) et enseignant à Sciences Po Paris. Il est l’auteur de très nombreux ouvrages et articles sur les questions internationales, la mondialisation et la construction européenne.

. Olivier Piot, Le peuple kurde, clé de voute du Moyen-Orient, préface de Frédéric Tissot, éd. Les petits matins, mai 2017.

Fragilisé par les Printemps arabes, la guerre civile qui meurtrit la Syrie depuis 2011 et le conflit qui fragmente l’Irak, le Moyen-Orient devra être pacifié puis
reconstruit. Russie, États-Unis, Turquie, Iran, Arabie saoudite, ONU, France : tous les acteurs qui pèseront dans cette reconstruction savent que cette région ne pourra être durablement stabilisée sans tenir compte des revendications politiques du peuple kurde.
Trahis par les Alliés en 1922, opprimés depuis dans quatre pays, les Kurdes sont depuis six ans aux avant-postes de la lutte contre l’État islamique. Leur rôle militaire sur le terrain comme le poids des autonomies territoriales conquises en Irak puis en Syrie ont fait d’eux la véritable clé de voûte du Moyen-Orient.
À la lumière de l’histoire tourmentée de ce peuple depuis les accords Sykes- Picot de 1916, ce livre analyse la crise moyen-orientale au prisme des questions nationales kurdes, de leurs mutations identitaires et des clivages passés et actuels qui tiraillent les principaux partis politiques kurdes. Il projette ainsi un nouvel éclairage sur l’échiquier ethnique, confessionnel et géopolitique où se joue désormais l’avenir du Moyen-Orient.

. Francis Gutmann, Et maintenant Monsieur le Président ? Un projet plus que des programmes, éditions Kawa, mai 2017.

Rarement sans doute la scène politique n’a offert le spectacle d’une médiocrité telle celle de la récente campagne électorale. A une France ainsi avilie, il faut redonner une dignité perdue. Ce devrait être l’ambition première du nouveau Président de la République avec celle de rendre aux Français foi en l’avenir. Mais c’est à ceux-ci d’abord de réagir par-delà leur écoeurement ou leur découragement.

. Eric Crubézy et Dariya Nikolaeva, Vainqueurs ou vaincus ? L’énigme de la Iakoutie, Paris, Odile Jacob, juin 2017.

Pourquoi certaines sociétés s’effondrent-elles, alors que d’autres traversent les siècles ? Tel est le cas de la Iakoutie. Ce territoire de Sibérie orientale, entre le lac Baïkal et le détroit de Béring, est l’une des régions les plus hostiles de la planète, les températures pouvant descendre jusqu’à – 70 °C en hiver. Et pourtant, la population iakoute a résisté à tout : à la rudesse du climat, à l’arrivée du voisin russe, à la mondialisation et aux épidémies. Pour tenter de résoudre cette énigme, Éric Crubézy et Dariya Nikolaeva s’appuient à la fois sur l’archéologie, la génétique des populations et sur l’histoire. Ce livre montre que ce ne sont pas les peuples les plus adaptés à l’environnement qui finissent par s’imposer, que ce ne sont pas les sociétés les plus puissantes, en l’occurrence l’ex-URSS, qui l’emportent. Les vainqueurs ne sont pas toujours ceux qu’on imagine : rien n’est donc inéluctable, les sociétés ont le pouvoir d’écrire leur avenir.

. Collectif Degeyter, Sociologie de Lille, Paris, La Découverte, juin 2017.

A Lille, le récit d’une agglomération reconvertie en métropole tertiaire, culturelle et créative semble avoir chassé les fantômes de la crise économique. Mais, cinquante ans après le début de sa désindustrialisation et sans nier les dynamiques économiques et culturelles nouvelles, la « bifurcation tertiaire » est loin d’avoir tenu ses promesses. Lille est aujourd’hui la grande agglomération régionale la plus ségrégée de France. Les politiques publiques nationales et locales se sont révélées impuissantes à réduire les inégalités sociospatiales héritées du développement industriel et à contrecarrer un chômage persistant. La reconversion tertiaire s’est accompagnée d’une précarisation accrue du marché du travail et de ségrégations renouvelées, tant sur le plan résidentiel que scolaire. Cet ouvrage rend compte de ces transformations, indissociablement politiques, économiques et sociales, qui font de l’agglomération lilloise un site privilégié pour comprendre les dynamiques inégalitaires des villes contemporaines.

. Audrey L. Altstadt, Frustrated Democracy in Post-Soviet Azerbaijan, New-York, Columbia University Press, mai 2017.

Frustrated Democracy in Post-Soviet Azerbaijan follows a newly independent oil-rich former Soviet republic as it adopts a Western model of democratic government and then turns toward corrupt authoritarianism. Audrey L. Altstadt begins with the Nagorno-Karabagh War (1988–1994) which triggered Azerbaijani nationalism and set the stage for the development of a democratic movement. Initially successful, this government soon succumbed to a coup. Western oil companies arrived and money flowed in—a quantity Altstadt calls "almost unimaginable"—causing the regime to resort to repression to maintain its power. Despite Azerbaijan’s long tradition of secularism, political Islam emerged as an attractive alternative for those frustrated with the stifled democratic opposition and the lack of critique of the West’s continued political interference. Altstadt’s work draws on instances of censorship in the Azerbaijani press, research by embedded experts and nongovernmental and international organizations, and interviews with diplomats and businesspeople. The book is an essential companion to her earlier works, The Azerbaijani Turks : Power and Identity Under Russian Rule and The Politics of Culture in Soviet Azerbaijan, 1920–1940.

. Lélia Rousselet, Négocier l’atome : les Etats-Unis et les négociations de l’accord sur le nucléaire iranien, Paris, L’Harmattan, mai 2017.

L’accord sur le nucléaire iranien est un accord historique à bien des égards. Les Etats-Unis et l’Iran sont parvenus à dépasser les tensions et frustrations qui minaient leurs relations jusqu’alors pour aboutir à un texte servant leurs intérêts politiques et stratégiques respectifs. Bien que cette réussite diplomatique reste soumise aux aléas politiques et stratégiques entre les deux pays, ces négociations sont riches en enseignements sur l’évolution des pratiques diplomatiques et sur la place du nucléaire dans les relations internationales.

. Jean-Marie Moeglin et Stéphane Péquignot, Diplomatie et « relations internationales » au Moyen-Âge (IXe siècle-XVe siècle), Paris, PUF, mai 2017.

Les « relations internationales » à l’époque médiévale ont constitué un champ de recherches privilégié au XIXe siècle et jusqu’aux premières décennies du siècle suivant. Inspirés par la conception positiviste de l’époque d’une histoire fondamentalement événementielle et institutionnelle, ces travaux ont néanmoins connu, tout particulièrement en France, un discrédit de plus en plus profond au cours du XXe siècle. Ces dernières années cependant, à l’étranger comme en France, l’histoire des « relations internationales » et de la diplomatie a été l’objet de nouvelles études majeures, qui rompent radicalement avec les conceptions qui présidaient à la rédaction des ouvrages anciens. Ils adoptent une perspective d’anthropologie politique, écrivent à nouveaux frais l’histoire des relations entre rois, princes et puissants à la lumière des acquis de l’historiographie de la résolution des conflits, éclairent le fonctionnement concret du travail des ambassadeurs et montrent le caractère décisif qu’il a eu pour la pratique des « relations internationales ». Le nombre et l’importance de ces publications nécessitaient qu’un ouvrage d’ensemble fasse une synthèse des études déjà publiées, afin d’éclairer les nouvelles pistes ouvertes par ce champ de recherches.

. Mathieu Duchatel, Géopolitique de la Chine, Paris, PUF, à paraître (juin 2017).

La plus vieille civilisation du monde a toujours joué un rôle de premier plan dans les relations internationales : de la route de la soie aux routes maritimes actuelles, la Chine entretient des relations complexes avec ses nombreux voisins et ses divers partenaires économiques. Cet immense territoire a depuis quelque temps rebattu les cartes de la géopolitique mondiale, s’imposant désormais comme contre-modèle face à l’Occident. Mathieu Duchâtel dresse le tableau de l’une des plus grandes puissances contemporaines, tiraillée entre volonté d’expansion et quête de sécurité, compétition et alliances, et qui est en passe de détrôner les États-Unis, dont elle se veut la grande rivale.
Chercheur associé à Asia Centre (Paris), Mathieu Duchâtel dirige depuis 2011 le bureau pékinois du Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI). Ses travaux portent sur la politique étrangère et de sécurité de la Chine.

. Philippe Pelletier, Quand la géographie sert à faire la paix, Lormont, Editions le Bord de l’eau, à paraître (juin 2017).
La géographie sert à faire la guerre comme l’avait proclamé un célèbre livre d’Yves Lacoste en 1976, certes, mais aussi à faire la paix, sous trois conditions nous rappelle avec force Philippe Pelletier. Décrire les situations où des géographes contribuent à l’entente entre Etats rivaux malgré des différends. Déconstruire les véritables enjeux économiques, écologiques, politiques et socio-culturels sans verser dans ce déclinisme qui constitue des armes géopolitiques corollaires aux rapports de force. Montrer que sous les discours catastrophistes sur l’environnement (climat, sécheresse, déforestations, désertification…) existent des enjeux qui relèvent de la géopolitique et de l’idéologique. Enfin, livrer ces informations et ces analyses aux individus et aux peuples pour désamorcer les tensions instrumentalisées (du type « choc des civilisations »), en rappelant que certains pays multi-lingues et multi-religieux vivent en paix. La paix n’est pas vue, ici, comme une situation irénique mais comme une concorde où les conflits entre individus et groupes seraient régulés par contrats.

. Assaf Moghadam, Nexus of Global Jihad, understanding cooperation among terrorist actors, New-York, Columbia University Press, mai 2017.
Leading jihadist groups such as al-Qaeda and the Islamic State dominate through cooperation in the form of knowledge sharing, resource sharing, joint training exercises, and operational collaboration. They build alliances and lesser partnerships with other formal and informal terrorist actors to recruit foreign fighters and spread their message worldwide, raising the aggregate threat level for their declared enemies. Whether they consist of friends or foes, whether they are connected locally or online, these networks create a wellspring of support for jihadist organizations that may fluctuate in strength or change in character but never runs dry. Nexus of Global Jihad identifies types of terrorist actors, the nature of their partnerships, and the environments in which they prosper to explain global jihadist terrorism’s ongoing success and resilience. Nexus of Global Jihad brings to light an emerging style of "networked cooperation" that works alongside interorganizational terrorist cooperation to establish bonds of varying depth and endurance. Case studies use recently declassified materials to illuminate al-Qaeda’s dealings from Iran to the Arabian Peninsula and the informal actors that power the Sharia4 movement. The book proposes policies that increase intelligence gathering on informal terrorist actors, constrain enabling environments, and disrupt terrorist networks according to different types of cooperation. It is a vital text for strategists and scholars struggling to understand a growing spectrum of terrorist groups working together more effectively than ever before.

. Myriam Benraad, L’Etat islamique pris aux mots, Paris, Armand Colin, mai 2017.

Myriam Benraad s’attaque aux oppositions phares qui structurent tout le discours de l’État islamique. À travers des revues, magazines, stations de radio, agences de presse, et en s’appuyant sur les outils digitaux, le mouvement jihadiste diffuse en plusieurs langues un discours de propagande abondant et sophistiqué. Une représentation du monde qui traduit moins un « choc des civilisations » qu’une crise radicale de la modernité. L’approche inédite de l’auteur permet de déconstruire l’idéologie du groupe pour mieux la combattre.

. Fabrice Jesné (dir.), Les consuls, agents de la présence française dans le monde (XVIIIe-XIXe siècles), Rennes, Presses universitaires de Rennes, mai 2017.

Cet ouvrage examine le rôle des consuls dans la présence française dans le monde, une présence multiforme qui ne se réduit pas aux seules ambitions coloniales ou impériales. Si l’extension du réseau consulaire reflète à la fois la présence commerciale et politique française, elle est aussi en partie tributaire des stratégies des consuls eux-mêmes.

. Bruno Tertrais, La France et la dissuasion nucléaire, Paris, La Documentation française avril 2017.

À quoi sert l’arme nucléaire aujourd’hui ? Dans la nouvelle configuration géostratégique mondiale et face à la montée des tensions hégémoniques de par le monde, la question reste encore d’actualité, même plus de quinze ans après la fin de la guerre froide. En effet, l’évolution du contexte international commande de rester vigilant : la résurgence des nationalismes et les crises de prolifération nucléaire, notamment, suggèrent que les menaces étatiques n’ont pas disparu. [A revoir à réception du visa de 2017] Écrit par l’un des meilleurs spécialistes français des questions stratégiques, cet ouvrage présente un état des lieux du monde nucléaire. Il propose ensuite une explication très pédagogique du concept de dissuasion nucléaire, dans toutes ses dimensions : technologique, historique, politique. Il explique ensuite, avec un niveau de détail inédit à ce jour, le concept et les moyens de la dissuasion nucléaire française. Tout en prenant résolument parti pour le maintien de la force nucléaire, il présente les principales interrogations pour son avenir.

. Roberto d’Arienzo, Métabolismes urbains : de l’hygiénisme à la ville durable, Napples, 1884-2004, Les Acacias (Suisse), Metis Presses, mai 2017.

Une étude du rapport des métropoles européennes à leurs restes ainsi que de la consommation des ressources et de leur réutilisation dans l’aménagement des milieux. Le cas spécifique de la ville de Naples, traversée par des crises des déchets, est étudié.

. Smail Kouttroub, Monde arabe : les aléas d’une transition ratée, Paris, L’Harmattan, mai 2017.

La dynamique révolutionnaire qui s’est emparée du monde arabe n’en finit pas de surprendre tant par son ampleur que par sa portée. L’aspiration à la démocratie, au pluralisme et à la justice sociale laissaient croire que la région arabe allait enfin retrouver le sens de l’histoire. Aujourd’hui, l’heure est au pessimisme. Six ans après les révolutions, les pays arabes traversent leurs moments les plus difficiles. Au-delà de toute spéculation sur les évolutions politiques actuelles, le présent essai a pour ambition première d’analyser cette phase critique de l’histoire du monde arabe.

. Mustapha Choulki, Un siècle d’urbanisme, Paris, L’Harmattan, mai 2017.

Cet ouvrage apporte un éclairage inédit sur le déroulé de tout un siècle d’urbanisme au Maroc, en analysant les tournants les plus structurants de la pensée et de la pratique urbanistiques dans cet ancien laboratoire de l’urbanisme français et en mettant en évidence les traits les plus saillants du devenir de la ville marocaine. L’étude se veut une contribution au renouvellement du débat sur la question urbaine, et à l’actualisation de la pensée sous-tendant l’acte d’urbaniser et l’interprétation de la réalité urbaine.

. Perin E. Gürel, The Limits of Westernization : A Cultural History of America in Turkey, New-York (Etats-Unis), Columbia University Press, mai 2017.

In a 2001 poll, Turks ranked the United States highest when asked : "Which country is Turkey’s best friend in international relations ?" When the pollsters reversed the question—"Which country is Turkey’s number one enemy in international relations ?"—the United States came in second. How did Turkey’s citizens come to hold such opposing views simultaneously ? In The Limits of Westernization, Perin E. Gürel explains this unique split and its echoes in contemporary U.S.-Turkey relations. Using Turkish and English sources, Gürel maps the reaction of Turks to the rise of the United States as a world-ordering power in the twentieth century. As Turkey transitioned from an empire to a nation-state, the country’s ruling elite projected "westernization" as a necessary and desirable force but also feared its cultural damage. Turkish stock figures and figures of speech represented America both as a good model for selective westernization and as a dangerous source of degeneration. At the same time, U.S. policy makers imagined Turkey from within their own civilization templates, first as the main figure of Oriental barbarism (i.e., "the terrible Turk"), then, during the Cold War, as good pupils of modernization theory. As the Cold War transitioned to the War on Terror, Turks rebelled against the new U.S.-made trope of the "moderate Muslim." Local artifacts of westernization—folk culture crossed with American cultural exports—and alternate projections of modernity became tinder for both Turkish anti-Americanism and resistance to state-led modernization projects. The Limits of Westernization analyzes the complex local uses of "the West" to explain how the United States could become both the best and the worst in the Turkish political imagination. Gürel traces how ideas about westernization and America have influenced national history writing and policy making, as well as everyday affects and identities. Foregrounding shifting tropes about and from Turkey—a regional power that continues to dominate American visions for the "modernization" of the Middle East—Gürel also illuminates the transnational development of powerful political tropes, from "the Terrible Turk" to "the Islamic Terrorist."

. François Colcombet (dir.), Où va l’Iran ?, Paris, Autrement, mai 2017.

Les contributeurs s’interrogent sur la situation économique, sociale et politique de l’Iran contemporain et analysent la stratégie diplomatique et militaire ainsi que les interférences régionales, afin d’avoir une vision de l’avenir.

. Bernard Motulsky et Flore Tanguay-Hébert (dir.), Communication des risques météorologiques et climatiques, Québec (Canada), Presses universitaires du Québec, mai 2017.

Nous sommes tous exposés à des risques météorologiques et climatiques pouvant avoir des conséquences plus ou moins importantes sur notre quotidien. De nombreuses organisations, dans lesquelles œuvrent des professionnels provenant de plusieurs horizons, disposent de moyens pour prévoir et gérer ces risques. Communiquer adéquatement les enjeux aux personnes potentiellement concernées et aux divers acteurs de la gestion de ces situations problématiques est essentiel pour en diminuer les effets nuisibles. Le présent ouvrage veut faire comprendre le rôle de la communication dans la gestion du risque. Des praticiens et des chercheurs y partagent leurs expériences et leurs observations et offrent au lecteur, par leurs exemples, réflexions et exercices pratiques, une panoplie d’outils visant à améliorer la communication et la compréhension des phénomènes qui touchent la circulation des messages. Ce livre aborde les notions relatives à la communication de risques, la pratique de la communication proprement dite et la communication dans le contexte du numérique et de ses répercussions collectives. Il permettra au lecteur, qu’il soit un professionnel ou un étudiant en gestion de risque ou en communication, de mieux participer à la mise en place de stratégies de communication efficaces et pertinentes pour minimiser les conséquences négatives des crises.

. Philippe Sierra (dir.), La géographie : concepts, savoirs et enseignements, Paris, Armand Colin, mars 2017.

Frontières, crise migratoire, tensions liées aux ressources, inégalités de développement, mondialisation et développement durable… Plus que jamais, l’appréhension de l’actualité repose sur l’analyse des phénomènes spatiaux et de la relation de l’homme à son environnement. Dans ce contexte, l’enseignement de la géographie joue un rôle essentiel pour comprendre une « globalisation » toujours plus prégnante. Ce manuel repose donc sur une conviction : la nécessité de construire et transmettre une « culture géographique ». Après un rappel des fondements et contours de la discipline, les thèmes essentiels pour comprendre et enseigner la géographie sont présentés (habiter, urbanisation, étude des territoires, mondialisation, etc.), ainsi que les méthodes et pratiques.

. Jean-Hervé Bradol et Marc Le Pape, Génocide et crimes de masse : l’expérience rwandaise de MSF (1982-1997), Paris, CNRS éditions, mars 2017.

Le génocide des Rwandais tutsis et les événements qui l’ont accompagné furent une tragique démonstration du désengagement des États et des institutions internationales face à des actes de violence radicale. MSF fut alors confronté à une situation inédite : tandis que généralement les travailleurs humanitaires interviennent à distance des lieux où les crimes de masse sont perpétrés, les équipes furent, entre 1994 et 1997, les témoins oculaires de meurtres et de massacres à grande échelle au Rwanda et au Zaïre. Dans cette situation, comment une association de secours humanitaire pouvait-elle agir, a-t-elle agi ? Comment dans l’urgence saisir les dynamiques propres aux différentes situations ? Comment éviter de devenir victime ou auxiliaire des forces criminelles ? Les archives inédites de MSF permettent de restituer les activités des équipes médicales et logistiques mais aussi les tensions entre agences internationales humanitaires, les indispensables négociations locales, nationales et internationales et les campagnes médiatiques.

. Smail Kouttroub, Monde arabe : les aléas d’une transition ratée, Paris, L’Harmattan, mai 2017.

La dynamique révolutionnaire qui s’est emparée du monde arabe n’en finit pas de surprendre tant par son ampleur que par sa portée. L’aspiration à la démocratie, au pluralisme et à la justice sociale laissaient croire que la région arabe allait enfin retrouver le sens de l’histoire. Aujourd’hui, l’heure est au pessimisme. Six ans après les révolutions, les pays arabes traversent leurs moments les plus difficiles. Au-delà de toute spéculation sur les évolutions politiques actuelles, le présent essai a pour ambition première d’analyser cette phase critique de l’histoire du monde arabe.

. Hélène Ibata (dir.), Geographies of Contact  : Britain, the Middle East and the Circulation of Knowledge, Strasbourg, Presses universitaires de Strasbourg, mai 2017.
Cet ouvrage apporte un éclairage nouveau sur les conditions des rencontres culturelles entre la Grande-Bretagne et le Moyen-Orient de la fin du Moyen Âge à l’aube du XXe siècle. Le dynamisme et la complexité des interactions qui ont permis la circulation du savoir sont analysés à partir de l’exploration du contexte et des lieux de rencontres (des cités cosmopolites aux collections privées) en soulignant la multiplicité des échanges culturels. En réunissant une diversité de pratiques (diplomatiques, géographiques, esthétiques, archéologiques, littéraires ou commerciales), cet ouvrage met en avant la pluridimensionnalité de ces échanges.

. Pierre Grosser, L’histoire du monde se fait en Asie, Paris, Odile Jacob, mai 2017.
Ce livre lève le voile sur le rôle décisif – et totalement méconnu – qu’a joué l’Asie dès 1900 sur la scène du monde. Sait-on ainsi que la victoire du Japon face à la Russie en 1905 a été déterminante pour le jeu des alliances qui entraîna la Première Guerre mondiale ? Ou encore que c’est en Mandchourie, dès les années 1920, que s’est mise en marche la Seconde Guerre mondiale ? Que la guerre froide est née en Asie en 1945, et que c’est également là que s’est recomposé l’ordre international, à la fin des années 1970 ? S’appuyant notamment sur les travaux d’historiens chinois, japonais ou coréens, Pierre Grosser montre que le Royaume-Uni, la Russie et les États-Unis étaient – et sont encore – des puissances asiatiques.

. Stéphane Charles Natale, L’Afghanistan, une aventure géopolitique française, Paris, L’Harmattan, mai 2017.
Alors que l’Occident l’avait relégué aux oubliettes des vestiges post soviétiques de la défunte Guerre Froide, la France redécouvrait subitement l’Afghanistan le 11 septembre 2001. Pourtant, la présence française n’avait pas attendu la parenthèse talibane pour s’illustrer durablement au « Royaume de l’Insolence » puisqu’elle remonte au XIXe siècle, lorsque Kaboul fascinait les intellectuels et scientifiques. Cet ouvrage revient donc sur les relations entre la France et l’Afghanistan, cette dernière devant composer avec un Nouveau « Grand Jeu » qui se dévoile au centre de ce creuset des ressources stratégiques.

. Pierre Blanc et Jean-Paul Chagnollaud (dir.), Atlas des Palestiniens, Paris, Autrement, mai 2017.

L’histoire du peuple qui, depuis le démantèlement de l’Empire ottoman et le mandat britannique en 1922, cherche, sans succès, à construire son Etat. Depuis 1948, la moitié des Palestiniens vivent hors de leur pays. De nos jours, malgré le soutien international, peu d’éléments permettent d’envisager une solution pacifique, notamment dans les territoires occupés et colonisés par Israël.

. Pascal Le Floc’h, Les pêches maritimes françaises, Rennes, Presses universitaires de Rennes, mai 2017.
Pascal Le Floc’h étudie dans cet ouvrage l’histoire économique contemporaine des pêches maritimes françaises à travers la relation des marins pêcheurs avec leurs institutions. Depuis la mise en place d’une politique commune de la pêche en 1983, des relations de dépendance entre la profession et l’État se sont en effet créées. L’analyse porte ici sur l’évolution de la population de marins pêcheurs, des flottilles et des productions débarquées au cours des trois dernières décennies en métropole et à Saint-Pierre et Miquelon.

. Yves Plasseraud, L’identité des peuples d’Europe, éd. Armeline , 2017.

Réflexion sur le concept d’identité nationale et de son corollaire politique, le nationalisme, à partir d’exemples concrets venus d’Europe. L’auteur aborde la construction du sentiment d’identité au sein des nouvelles nations, il étudie la place des minorités et des peuples en lutte ainsi que de la perception du concept.

. Lise Barcellini, Kazakhstan. Jeune nation entre Chine, Russie et Europe. éd. Ateliers Henry Dougier (à paraître à l’automne 2017).

. Thomas Cavanna. De la volatilité comme paradigme. La politique étrangère des Etats-Unis vis à vis de l’Inde et du Pakistan dans les années 1970, CNRS édition, 2017.

. Bertrand Badie, Michel Foucher. Vers un monde néo-national ? Entretiens avec Gaïdz Minassian, CNRS éditions, 2017.

Du Brexit à l’élection de Donald Trump à la tête des États-Unis, de l’agression russe contre l’Ukraine à l’appétit de Pékin en mer de Chine, de la crispation autour de la question des migrants aux échecs de la diplomatie au Proche-Orient : l’actualité internationale secoue l’ordre mondial et bouscule les États-nations.

Ces tensions politiques multiformes sont-elles le signe d’une revanche du national ? Assiste-t-on à une réaffirmation des frontières de la part des États comme rempart de protection ? Ou bien, les dynamiques de la mondialisation signent-elles au contraire l’érosion inéluctable des souverainetés ? Observe-t-on le « retour des frontières », ou bien au contraire la « fin des territoires » ? Après le temps néo-conservateur, subit-on la « fièvre néo-nationaliste » ?

Deux grands penseurs contemporains, Bertrand Badie, politiste et Michel Foucher, géographe, confrontent leurs points de vue sur ces questions centrales pour décrypter l’évolution de notre monde et ses dérives possibles.

. Bruno Tertrais, La France et la dissuasion nucléaire : concept, moyens, avenir, Paris, La documentation française, 2017.

Un ouvrage de référence sur la dissuasion nucléaire, à jour et accessible à tous
Depuis la fin de la guerre froide, le nucléaire militaire a connu de fortes mutations en France : stocks d’armes divisés par deux, niveaux d’alerte réduits… À l’heure où l’État fait face à une dette publique majeure, et où les menaces ont changé de visage, l’entretien d’un arsenal coûteux ne va pas de soi. Le concept même de dissuasion nucléaire a évolué. Écrit par l’un des meilleurs spécialistes français des questions stratégiques, ce petit "guide théorique et pratique de la dissuasion" propose tout d’abord une analyse générale de la notion de dissuasion nucléaire et de ses déclinaisons conceptuelles et techniques, puis, s’attache à décrire de la manière aussi précise que possible la vision française de la dissuasion ainsi que les moyens qui lui sont affectés.

. Christian Harbulot (dir.), Le nationalisme économique américain, VA édition, 2017

Travaux d’étudiants de la 20e promotion de l’Ecole de Guerre Economique.

. Stéphanie Erbs, Vincent Barbe, Olivier Laurent, Les réseaux Soros à la conquête de l’Afrique, VA édition, 2017.

. Bertrand Badie, L’Etat importé. L’occidentalisation de l’ordre politique, Nouvelle édition, éd. Biblis, 2017.

Depuis les Lumières, la domination politique exercée par l’Occident sur les « pays du Sud » s’accompagne d’une domination culturelle plus forte encore. La décolonisation, loin d’avoir fourni aux sociétés du tiers monde le moyen de trouver une organisation qui corresponde à leurs traditions, a même fortement accentué ce phénomène. Mais cette occidentalisation imposée échoue parce que la greffe est impossible. En dépit des espoirs que les élites ont mis en elle, l’occidentalisation, manquée, est cause de multiples traumatismes sociaux et facteur de désordre dans les relations internationales. Vingt-cinq après la sortie de cet ouvrage visionnaire, cette réédition, augmentée d’une nouvelle préface, jette un éclairage saisissant sur les tensions de notre monde contemporain.

. Abderrezak Adel, Thierry Pairault et Fatiha Talahite, Les relations Algérie-Chine, Paris, MA Editions, mai 2017.
Les universitaires analysent l’évolution des échanges commerciaux entre l’Algérie et la Chine, ainsi que la contribution et les risques des industries chinoises en Algérie. Pour chaque thématique abordée, ils effectuent une étude sur l’impact de cette relation sur la France

. Maurice Vaïsse, Les relations internationales depuis 1945, Paris, Armand Colin, mai 2017.
Débouchant directement sur l’actualité la plus immédiate, cet ouvrage présente une synthèse globale des relations politiques internationales depuis 1945.La fin de la Deuxième Guerre mondiale marque une césure majeure dans les rapports entre nations. Face au déclin des États européens, on assiste à l’ascension des États-Unis et de l’Union soviétique, qui visent à constituer autour d’eux des blocs homogènes. Tandis que se développe la guerre froide, les peuples colonisés s’émancipent de la tutelle de l’Europe. Il n’y a plus guère de lieu sur la planète qui ne participe peu ou prou aux relations internationales. Des années 1960 aux années 1980, le monde bipolaire fait place à un monde multipolaire, où aux lieux traditionnels de conflits s’ajoutent de nouveaux terrains d’affrontement et de nouveaux enjeux. Les événements révolutionnaires des années 1989- 1991 mettent un terme à la guerre froide. Dominée par l’hyperpuissance américaine, la communauté internationale est à la recherche d’un nouvel ordre mondial que le 11 septembre 2001 rend encore plus improbable. Le début du XXIe siècle est marqué par le phénomène de la mondialisation et l’ascension des puissances émergentes, en particulier de la Chine. Loin des espoirs de paix de la décennie 1990, les défis à l’ordre international replongent le monde des années 2010 dans un cycle de tensions et de violences.

. Henri Lehmann, Les civilisations précolombiennes, Paris, PUF, mai 2017.

Si les chroniqueurs espagnols du XVIe siècle avaient révélé à l’Europe l’existence des peuples aztèque et maya, les fouilles archéologiques menées depuis le début du XXe siècle ont mis en lumière d’autres sociétés porteuses de traditions tout aussi millénaires. Des Olmèques aux Incas, en passant par les Zapotèques ou les Huaris, cet ouvrage dresse un panorama de toutes ces grandes civilisations précolombiennes.

. Yankel Fijalkow, Sociologie des villes, Paris, La Découverte, mai 2017.

Tokyo, New York, Los Angeles, Londres, Johannesbourg, Paris, Jérusalem, Mumbai, Lagos, Shanghai... Le phénomène urbain s’étend sur la planète. Des global cities aux petites villes, il représente la forme sociale de la modernité. Certaines expériences d’architecture et d’urbanisme mobilisent les recherches en sciences sociales. Comment les groupes sociaux s’adaptent-ils à ces espaces et comment se les approprient-ils ? La ville crée-t-elle des communautés ou des solitudes ? Existe-t-il des lieux pathogènes ? Comment la distribution des classes sociales s’opère-t-elle ? La tendance à la ségrégation sociale a-t-elle augmenté ? La mixité sociale est-elle possible et organisable ? Par quels groupes sociaux la cité est-elle gouvernée et comment ? La participation des habitants est-elle envisageable ? Que signifie un aménagement urbain durable ?

. Eugène Yves Kede, La gouvernance climatique au Cameroun, Paris, L’Harmattan, mai 2017.
La multiplication des événements climatiques extrêmes (sécheresses, inondations) du fait de la hausse de la température mondiale a conduit les États de la planète à mettre la question du changement climatique sur leur agenda politique. Le Cameroun n’en fait pas exception. Traiter de la gouvernance climatique au Cameroun conduit nécessairement à analyser comment se construit l’action publique de lutte contre le changement climatique au Cameroun. Elle apparaît comme une configuration d’action publique multi-niveaux.

. Paul Magnette, Le régime politique de l’Union européenne, Paris, Presses de Sciences Po, avril 2017.
Le rejet du Traité constitutionnel européen en 2005 par les peuples français et néerlandais, suivi du « non » irlandais de 2008 et du Brexit de 2016, a plongé l’Union européenne dans une crise grave. Il a fait resurgir doutes et incertitudes quant à sa nature institutionnelle, à la répartition des pouvoirs, à la place des citoyens et des opinions et à sa capacité à faire face aux enjeux mondiaux actuels Comprendre cette crise, et ses répercussions profondes sur la politique des États membres, exige d’affronter la complexité de l’Union, sans en exagérer la portée. Ce livre a pour ambition de mettre en évidence la cohérence et l’originalité du régime politique européen. Il analyse la nature de la « fédération d’États » et montre comment les conflits de compétence sont résolus en son sein. Il revient sur l’équilibre institutionnel original du « modèle communautaire » et sur les mécanismes de décision qu’il génère. Il se penche sur la « vie politique » qui s’ébauche dans l’Union et s’interroge sur la manière dont cette fédération d’États peut devenir pleinement démocratique. Dépassant les dichotomies classiques et posant le compromis comme principe constitutif de la vie politique européenne, cet ouvrage constitue une véritable référence qui permet de mieux saisir les enjeux de l’Union européenne.

. Anne Tréca Perissich, Métamorphoses de l’Italie depuis 1945, Paris, Ateliers Henry Dougier, à paraître (mai 2017).
Proximité géographique ne rime pas nécessairement avec connaissance de l’autre ! Au fond, connaissons-nous vraiment nos voisins ? Que sait-on concrètement de l’Italie et des Italiens, aux modes de vie et aux sensibilités pourtant si proches des nôtres ? Que sait-on des événements qui ont marqué son histoire récente ? Des personnalités qui ont dessiné depuis la guerre son paysage politique ? Des conflits qui éclairent l’incroyable diversité de ce pays, des « ces pays » pourrait-on dire ! Car Milan, Rome, Naples ou Palerme sont des mondes en soi, des univers singuliers. Ce décryptage d’une nation explosée et opaque, nous l’avons confié à une auteure franco-italienne, journaliste basée à Rome, fine observatrice des métamorphoses sociales et politiques. Miracle économique de l’après-guerre, puissance du parti communiste, années de révolte dites de plomb, lutte contre la corruption, séparatisme des régions du Nord, avènement de Berlusconi, luttes des femmes, montée du populisme, crise des migrants… 10 grands témoins, acteurs directs de ces basculements.

. Jean-Marie Moeglin et Stéphane Péquignot, Diplomatie et « relations internationales » au Moyen-Age (IXe-XVe siècle), Paris, PUF, à paraître (mai 2017).
Les « relations internationales » à l’époque médiévale ont constitué un champ de recherches privilégié au XIXe siècle et jusqu’aux premières décennies du siècle suivant, puis ont connu, tout particulièrement en France, un discrédit de plus en plus profond au cours du XXe siècle. Ces dernières années cependant, à l’étranger comme en France, l’histoire des « relations internationales » et de la diplomatie a été l’objet de nouvelles études qui rompent radicalement avec les conceptions passées. Elles adoptent une perspective d’anthropologie politique ; écrivent à nouveaux frais l’histoire des relations entre rois, princes et puissants, à la lumière des acquis de l’historiographie de la résolution des conflits ; éclairent le fonctionnement concret du travail des ambassadeurs et montrent son caractère décisif dans l’exercice des « relations internationales ». Le nombre et l’importance de ces publications nécessitaient qu’une synthèse des études déjà publiées, afin d’éclairer les nouvelles hypothèses et conclusions des chercheurs.

. Xavier Baron, Histoire du Liban, Paris, Tallandier, à paraître (mai 2017).
Seul pays au Moyen-Orient à montrer un goût marqué pour la culture, à rejeter le radicalisme religieux, à n’avoir jamais connu de régime autoritaire, le Liban fait fi gure d’exception. Toutefois, cet équilibre fragile a été mis en péril par plusieurs guerres civiles, les occupations israéliennes et syriennes, la présence de réfugiés palestiniens, le fondamentalisme exacerbé de certains de ses voisins et les inégalités socio-économiques. Depuis trente siècles, le Liban a été traversé par de nombreuses civilisations – Phéniciens, Mésopotamiens, Romains. À partir du VIIe siècle, des populations chrétiennes et musulmanes trouvent refuge au Mont-Liban, coeur historique, où elles coexistent et s’affrontent épisodiquement. En 1920, après l’effondrement de l’Empire ottoman, la France crée un État-nation réunissant la Montagne, le littoral et la vallée orientale de la Békaa dans un seul nouveau territoire, le Grand-Liban. Dix-huit communautés cohabitent ainsi dans le seul pays arabe où l’exercice du pouvoir est réellement multiconfessionnel. Depuis les années¬ 1970, le Liban est secoué par une guerre civile qui a été exacerbée par plusieurs interventions militaires de nations voisines – notamment la Syrie et Israël – et les ingérences de grandes puissances régionales comme l’Iran.
De l’Antiquité à nos jours, Xavier Baron retrace la riche histoire du pays des cèdres. Petite nation au rayonnement indéniable, sans cesse menacée de l’intérieur ou de l’extérieur, le Liban reste un exemple de stabilité dans une région en plein chaos.

. Maude Bonenfant, Fabien Dumais et Gabrielle Trépanier-Jobin, Les pratiques transformatrices des espaces socionumériques, Québec, Presses universitaires du Québec, avril 2017.
Penser le point de rencontre entre les pratiques sociales généralisées et les pratiques transformatrices qui modifient les espaces socionumériques et leur permettent de devenir autres, implique de mettre en suspens deux préjugés persistants. Le premier consiste à penser que les humains ne font que se déplacer dans les espaces en les laissant inchangés, et le deuxième, à croire que des catégories fixes prédéfinissent l’expérience réelle en réifiant ce que nous sommes et ce que nous pouvons être. Il s’agit plutôt de ramener à l’avant-plan l’idée selon laquelle les espaces, tout comme les catégories les définissant, sont des constructions actives du réel, continuellement en train de se faire et de se défaire. Or quelle place prennent les pratiques humaines dans la transformation des espaces socionumériques ?

. Sabine Caillaud, Virginie Bonnot et Ewa Drozda-Senkowska (dir.), Menaces sociales et environnementales : repenser la société des risques, Rennes, Presses universitaires de Rennes, avril 2017.
Au-delà de l’engouement médiatique qu’il suscite, le concept de menace offre un cadre de réflexion scientifique socialement utile. Plus englobant que le risque, la menace renvoie à la fois à un sentiment diffus, à l’anticipation de conséquences négatives qu’on ne sait nommer avec certitude mais que l’on pressent, et à une évaluation concomitante d’une certaine impuissance à y faire face.


Le livre recommandé par Diploweb.com pour le mois de mai 2017

. Philippe Huberdeau, La construction européenne est-elle irréversible ?, coll. Réflexeeurope, La documentation française, 2017.

Pierre Verluise, Directeur des publications du Diploweb.com : "Le livre de Philippe Huberdeau est éblouissant d’intelligence. Avec un plan remarquablement habile, il fait preuve d’une maitrise complète de son sujet des années 1950 à nos jours. Cet ouvrage répondra aux besoins de toutes les générations. L’auteur avance des réflexions utiles sur les temps à venir. "

4e de couverture

Une vision claire et actualisée des débats sur le processus de retrait du Royaume-Uni et sur l’avenir de l’UE.

Le Brexit ne serait-il pas annonciateur d’une réversibilité de la construction européenne ? L’édifice bâti sur des « solidarités de fait » est-il suffisamment robuste d’un point de vue économique, juridique et politique pour résister à une conjonction de crises (terrorisme, pression migratoire, dérèglements financiers, montée des populismes) ? La relance de l’UE par le processus amorcé lors du Sommet des Vingt-Sept à Bratislava en septembre 2016 parviendra-t-elle à restaurer la confiance des citoyens dans le projet européen et à renouer avec la vision des pères fondateurs ? Cet ouvrage donne une vision synthétique des débats sur le processus de retrait du Royaume-Uni et sur l’avenir de l’UE à la lumière des enseignements tirés de soixante ans d’histoire européenne.

. Voir le livre de Philippe Huberdeau, La construction européenne est-elle irréversible ?, coll. Réflexeeurope, sur le site de La documentation française


. Hélène Harter, Les Etats-Unis dans la Grande Guerre, Paris, Tallandier, avril 2017.
6 avril 1917. Le Président Wilson signe la déclaration de guerre contre l’Allemagne et rejoint les pays de l’Entente. Malgré cette entrée tardive dans la Première Guerre mondiale – 32 mois après la France et l’Allemagne – et contrairement aux idées reçues, les États-Unis ne sont pas un acteur passif du conflit entre 1914 et 1917. Mais le sacrifice américain paraît modeste vu de ce côté de l’Atlantique : tandis que les Alliés ont perdu des millions d’hommes au combat, les Américains déplorent à peine 116 000 tués. Dès lors, comment aborder l’histoire des États-Unis dans la Première Guerre mondiale ? Comment les Américains vivent-ils la neutralité au milieu d’un monde en guerre et pourquoi abandonnent-ils cet état au printemps 1917 ? Comment s’organise la mobilisation du pays à une époque où la guerre se fait aussi idéologique ? Dans quelle mesure cette guerre transforme la société américaine ? Pourquoi la participation américaine est-elle considérée en France comme importante mais pas nécessairement déterminante ? Un siècle après l’entrée en guerre des États-Unis, Hélène Harter démontre son rôle majeur dans la victoire alliée. Elle revient à la fois sur le corps expéditionnaire en France, sur le rôle de figures militaires comme Pershing et MacArthur, mais montre également comment la Première Guerre mondiale pose le premier jalon d’un « xxe siècle américain » où les États-Unis deviennent les acteurs incontournables du système international.

. Gwenaël Doré, Hors des métropoles, point de salut ?, Paris, L’Harmattan, avril 2017.
À l’heure où les atouts des métropoles sont loués tant du côté des économistes que des politiques, cet ouvrage souligne les avantages comparatifs des territoires ruraux et des villes petites et moyennes, et en particulier la résistance des tissus productifs de ces espaces au-delà de leur attraction résidentielle. L’auteur cherche à dégager les alternatives à la métropolisation et estime que l’avenir de ces territoires non métropolitains repose sur leur capacité d’organisation et d’articulation entre espaces ruraux et urbains.

. Pierre Grosser, L’histoire du monde se fait en Asie, Paris, Odile Jacob, à paraître (mai 2017).

Pierre Grosser nous présente ici un aspect totalement méconnu de l’histoire du XXe siècle : le rôle absolument crucial joué dès 1905 par l’Asie sur la scène du monde. Sait-on par exemple que la victoire du Japon face à la Russie en 1905 a été déterminante pour les jeux d’alliances, et donc pour le déclenchement de la première guerre mondiale ? Ou encore que la Mandchourie, dans les années 30, a préfiguré les camps de la seconde guerre mondiale ? La guerre froide, dès les années 50, n’est-elle pas d’emblée et pour longtemps asiatique ? Et n’est-ce pas également en Asie que se sont jouées les recompositions post-guerre froide ? S’appuyant largement sur des archives inédites ainsi que des travaux d’historiens japonais, vietnamiens, chinois ou coréens, Pierre Grosser rappelle que les grandes puissances étaient des empires asiatiques (y compris les Etats-Unis !), montre que tout ce qui se passait en Asie avait des conséquences pour l’Europe et, surtout, restitue aux pays asiatiques leur pleine dimension d’acteur. Un livre qui renouvelle profondément notre lecture des relations internationales et de la géopolitique au XXe siècle.

. Mark S. Hamm et Ramon Spaaij,The Age of Lone Wolf Terrorism , New-York, Columbia Press University, à paraître (mai 2017).

The lethality of lone-wolf terrorism has reached an all-time high in the United States. Isolated individuals using firearms with high-capacity magazines are committing brutally efficient killings with the aim of terrorizing others, yet there is little consensus on what connects these crimes and the motivations behind them. In The Age of Lone Wolf Terrorism, terrorism experts Mark S. Hamm and Ramón Spaaij combine criminological theory with empirical and ethnographic research to map the pathways of lone-wolf radicalization, helping with the identification of suspected behaviors and recognizing patterns of indoctrination.

Reviewing comprehensive data on these actors, including more than two hundred terrorist incidents, Hamm and Spaaij find that a combination of personal and political grievances lead lone wolves to befriend online sympathizers—whether jihadists, white supremacists, or other antigovernment extremists—and then announce their intent to commit terror when triggered. Hamm and Spaaij carefully distinguish between lone wolves and individuals radicalized within a group dynamic. This important difference is what makes this book such a significant manual for professionals seeking richer insight into the transformation of alienated individuals into armed warriors. Hamm and Spaaij conclude with an analysis of recent FBI sting operations designed to prevent lone-wolf terrorism in the United States, describing who gets targeted, strategies for luring suspects, and the ethics of arresting and prosecuting citizens.

. Martine Mespoulet (dir.), Quantifier les territoires, Rennes, Presses universitaires de Rennes, avril 2017.

La montée en puissance de l’action publique territoriale en France depuis les années 1980 s’est inscrite dans un double mouvement de décentralisation et d’européanisation des politiques publiques. L’analyse des politiques publiques locales et de leurs caractéristiques a fait l’objet de différents travaux de recherche. Sur la base de cas précis, les contributions à cet ouvrage s’efforcent de dégager les particularités des questionnements et des procédures et outils de quantification mobilisés dans les politiques sociales territoriales.

. Serge Pautot, France-Algérie, du côté des deux rives, Paris, L’Harmattan, avril 2017.

Les relations entre une ancienne colonie, fière de son indépendance acquise au prix du sang, et le pays colonisateur ne sont jamais simples. La France et l Algérie sont deux grands pays méditerranéens, ils ont toujours de nombreuses raisons d entretenir des relations constructives, aussi bien sur le plan politique, économique que culturel. Cet ouvrage recense l état des relations du côté des deux rives depuis 1830. Il s agit d un vaste panorama oeuvrant à consolider les rapports entre ces deux pays, rédigé par un fervent défenseur de l union France-Algérie.

. Marina De Castro, La terreur, un concept psycho-stratégique, Paris, L’Harmattan, février 2017.

Cet ouvrage tente de comparer la dissuasion nucléaire et le terrorisme à travers le prisme de la terreur. Même si ces deux notions peuvent, de prime abord, paraître diamétralement opposées, elles revêtent néanmoins bon nombre de similitudes. La terreur est un véritable concept psycho-stratégique, à la fois légitimée lorsquelle émane de l Etat et paradoxalement réprimée lorsquelle procède d’entités sub-étatiques. Par cette approche comparative, tentons aujourd’ hui de mieux comprendre la terreur qui s est emparée de nos sociétés afin de mieux pouvoir la combattre demain.

. Marc-Antoine Pérouse de Montclos, L’Afrique, nouvelle frontière du djihad ?, Paris, La Découverte, à paraître (mai 2017).

Les mouvements « djihadistes » réveillent de vieilles hantises chez les Occidentaux. Alors que les puissances coloniales s’inquiétaient déjà, au XIXe siècle, de la « guerre sainte » lancée par les « mahométans » en Afrique, les mouvements armés contemporains remettent au goût du jour la vieille antienne du « péril musulman ». L’inquiétude est d’autant plus grande que l’explosion démographique du continent, bientôt plus peuplé que le monde arabe, en fera une des principales terres d’islam du XXIe siècle. Dans ce contexte, plaide Marc-Antoine Pérouse de Montclos, il est urgent de mettre ces phénomènes en perspective, en cessant, pour commencer, d’y appliquer les mêmes grilles de lectures « antiterroristes ». Ce livre clair et solidement argumenté dresse ainsi un panorama des mouvements dits « djihadistes » en rappelant leurs origines, historiques et sociales. Loin d’être les tentacules d’une monstrueuse « Internationale Terroriste », comme l’imaginent certains amateurs de fantasmes globalisés, ces mouvements puisent d’abord leurs racines dans des dynamiques locales. L’auteur propose une analyse innovante de ces groupes insurrectionnels en s’appuyant non seulement sur des considérations religieuses mais aussi sur des données économiques, sociologiques et politiques. Également nourri d’entretiens avec des leaders musulmans, des combattants et des responsables des services de sécurité, ce livre établit finalement un bilan critique des réponses militaires apportées à la « menace terroriste » au Sahel. Marc-Antoine Pérouse de Montclos, politologue, est directeur de recherche à l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD). Spécialiste reconnu du continent africain, il est notamment l’auteur de Les Humanitaires dans la guerre : des idéaux à l’épreuve de la politique (La Documentation française, 2013).

. Xavier Pasco, Le nouvel âge spatial : de la Guerre froide au New Space, Paris, CNRS Editions, à paraître (avril 2017).
Durant la Guerre froide, les Etats-Unis et l’URSS rivalisent d’ingéniosité pour conquérir l’espace. Il s’agit avant tout de communication politique et de propagande idéologique. Au XXIe siècle, les investissements publics sur les grands programmes d’exploration spatiale sont de plus en plus contestés. L’auteur étudie ici ce changement radical de paradigme et les perspectives qu’il ouvre.

. Astou Fall, Traitement juridictionnel du crime de génocide et des crimes contre l’humanité commis au Rwanda, Paris, L’Harmattan, avril 2017.
Pour reconstruire le Rwanda, où près d’un million de personnes majoritairement Tutsi ont été malmenées, les nouvelles autorités du pays ont fait de la justice la première condition d’un espoir de paix. Trois instances judiciaires ont été activées de manière concomitante : les tribunaux classiques rwandais (relayés par des juridictions coutumières dites Gacaca), le Tribunal pénal international pour le Rwanda (créé par le Conseil de sécurité des Nations Unies), et les juridictions nationales étrangères chargées de traquer les fugitifs. Il s’agit ici d’étudier ce modèle de justice multiniveaux, et de tirer un bilan provisoire.

. Reza Rokoee, L’Iran autrement, Paris, L’Harmattan, avril 2017.
Ce livre entreprend une analyse de la pensée philosophique en Iran et propose une lecture de quelques problématiques actuelles. L’ouvrage offre un aperçu de l’histoire des idées en Iran moderne et contemporain et s’intéresse notamment à la question d’iconoclasme à travers le syndrome qualifié d’iconophobie.

. Pierre Sintès, En présence du passé : Géopolitique de la mémoire aux frontières de la Grèce, Aix-en-Provence, Publications de l’Université de Provence, mars 2017.
Analyse des mutations qui ont touché la Grèce et les Balkans depuis une dizaine d’années, notamment du renforcement des références au passé et à la mémoire face à la mondialisation. L’auteur ne cherche pas à réduire ce territoire à ce phénomène d’ethnicisation mais montre comment cette situation peut permettre d’expliquer les relations entre le passé et le présent dans l’Europe contemporaine.

. Filip Reyntjens, Le génocide des Tutsi au Rwanda, Paris, PUF, avril 2017.

Le génocide perpétré au Rwanda d’avril à juillet 1994 a été exceptionnel par son envergure, sa rapidité et son mode opératoire : plus d’un demi-million de Tutsi ont été exterminés en cent jours. Les victimes sont généralement tombées sous les coups d’un très grand nombre d’assassins ayant eu recours à des armes rudimentaires. Quels ont été les ressorts d’une telle tragédie ? Quelles en ont été les causes, lointaines ou plus immédiates ? Comment s’est-elle déroulée ? Quelles séquelles a-t-elle laissées ? Ce génocide n’appartient pas qu’à l’histoire : il reste un enjeu politique contemporain, tant au Rwanda qu’ailleurs dans la région et de par le monde, notamment en France. Les débats restent intenses ; les oppositions, souvent violentes. Filip Reyntjens, en s’appuyant sur des faits communément admis, offre des clés de lecture pour une interprétation plus sobre de ce qu’on a appelé le « dernier génocide du XXe siècle ».

. Adolphe-Dieumerci Bonyanga Bokele, Le défi de l’autodétermination africaine, Paris, L’Harmattan, mars 2017.

À l’encontre d’une approche afropessimiste, l’auteur de ce livre pense qu’il y aurait plutôt en Afrique noire un grave problème d’organisation à résoudre, dans le sens de la rationnalisation des actions et modes de vie en société. Pour sortir de l’impasse, l’organisation émancipatrice implique qu’au-delà de la logique formelle de l’action rationnelle en vue d’une fin utile ou pratique, les acteurs intéressés soient capables de se libérer des préjugés, habitudes et illusions ancrés dans leur monde vécu socio-culturel.

. Gwendal Châton, Introduction à Raymond Aron, Paris, La Découverte, mars 2017.

Cet ouvrage constitue une introduction à la pensée politique de Raymond Aron (1905-1983). Après être revenu sur l’itinéraire intellectuel et politique complexe de celui qui se définissait comme un « spectateur engagé », il présente et analyse ses contributions à différents champs du savoir : la sociologie des sociétés modernes, la théorie des régimes politiques, la philosophie politique, l’étude des relations internationales et la philosophie de l’histoire.
Ce livre a pour ambition de faciliter l’accès d’une nouvelle génération de lecteurs à la pensée de ce « classique méconnu ». Il repose sur une relecture qui se veut distanciée et sereine de l’ensemble de l’œuvre, et sur la prise en compte des acquis récents de la recherche française et internationale. Ce faisant, il vise aussi à dresser un panorama des différentes interprétations se déployant actuellement au sein des études aroniennes.

. Jean-Vincent Holeindre, La ruse et la force : une autre histoire de la stratégie, Paris, Perrin, février 2017.

Au VIIIe siècle avant J.C., Homère expose de manière frappante la dualité qui fonde la stratégie. Dans l’Iliade et l’Odyssée, le poète grec met en scène la guerre à travers deux personnages phares. Achille, héros de la force, est un guerrier : son honneur est au-dessus de tout. Ulysse, héros de la ruse, est un stratège : seule la victoire compte. Cette combinaison de la force et de la ruse semble structurer dès l’origine l’histoire de la stratégie en occident. Pourtant, la force a davantage attiré l’attention des historiens. Dans l’ouvrage de Victor Davis Hanson, Le Modèle occidental de la guerre, la ruse n’apparaît jamais comme un élément majeur de la stratégie. Au contraire, elle fait figure de repoussoir. Cet « orientalisme » militaire et stratégique n’est évidemment pas recevable, tout simplement parce qu’il ne reflète pas la réalité historique et se fait l’écho d’un discours idéologique. Il s’agit donc d’en finir avec cette lecture afin de comprendre ce que la stratégie, dans le monde occidental, doit à la ruse, en identifiant les moments clés de son histoire, de l’antiquité grec aux mouvements terroristes du XXIe. Se déploie ainsi une histoire longue de la stratégie qui met en scène, pour la première fois et de manière systématique, le dialogue ininterrompu de la ruse et de la force.

. Esther Benbassa et Jean-Christophe Attias (dir.), Nouvelles relégations territoriales, Paris, CNRS éditions, février 2017.

Le débat public paraît plus que jamais dominé par une « géographisation » simpliste des problématiques territoriales et par une idée erronée, quoique répandue, selon laquelle le « périurbain » serait inéluctablement un bassin de relégation et un réservoir du vote FN. Or pour ouvrir la voie à une action véritablement efficace, en une période où le super-territoire, la Métropole, semble être devenu le nouveau sésame de l’intégration, il faut analyser « fractures » et « relégations » avec quelque rigueur. Et surtout ne pas se contenter de recycler l’opposition ville/campagne pour s’en tenir à une vision binaire et statique occultant un monde à la fois plus complexe et plus dynamique. Déjà faudrait-il se mettre d’accord sur le sens des mots employés pour en parler. Qu’entend-on finalement par « périurbain » ou encore par « banlieue » ? Y a-t-il derrière ces mots des réalités stables et homogènes ? Il est permis d’en douter. De fait, seule l’articulation de nouveaux concepts, évoquant des formes de vie plutôt que de simples ancrages territoriaux, paraît en mesure de décrire toutes les mobilités à l’œuvre. Réunissant acteurs de terrain et chercheurs, cet ouvrage tente un diagnostic, évalue les actions déjà engagées et formule des propositions. En une période de refonte de la politique de la ville et de réforme territoriale, l’enjeu d’une telle approche croisée, intégrant les questions sociales, économiques et environnementales, paraît crucial.

. Mansour Nasasra, The Naqab Bedouins, a Century of Politics and Resistance, New-York, Columbia University Press, avril 2017.

Conventional wisdom positions the Bedouins in southern Palestine and under Israeli military rule as victims or passive recipients. In The Naqab Bedouins, Mansour Nasasra rewrites this narrative, presenting them as active agents who, in defending their community and culture, have defied attempts at subjugation and control. The book challenges the notion of Bedouin docility under Israeli military rule and today, showing how they have contributed to shaping their own destiny. The Naqab Bedouins represents the first attempt to chronicle Bedouin history and politics across the last century, including the Ottoman era, the British Mandate, Israeli military rule, and the contemporary schema, and document its broader relevance to understanding state-minority relations in the region and beyond. Nasasra recounts the Naqab Bedouin history of political struggle and resistance to central authority. Nonviolent action and the strength of kin-based tribal organization helped the Bedouins assert land claims and call for the right of return to their historical villages. Through primary sources and oral history, including detailed interviews with local indigenous Bedouins and with Israeli and British officials, Nasasra shows how this Bedouin community survived strict state policies and military control and positioned itself as a political actor in the region.

. Cemil Aydin, The Idea of the Muslim World, Cambridge (MA, Etats-Unis), Harvard University Press, avril 2017.

When President Barack Obama visited Cairo in 2009 to deliver an address to Muslims worldwide, he followed in the footsteps of countless politicians who have taken the existence of a unified global Muslim community for granted. But as Cemil Aydin explains in this provocative history, it is a misconception to think that the world’s 1.5 billion Muslims constitute a single religio-political entity. How did this belief arise, and why is it so widespread ? The Idea of the Muslim World searches for the intellectual origins of a mistaken notion and explains its enduring allure for non-Muslims and Muslims alike. Conceived as the antithesis of Western Christian civilization, the idea of the Muslim world emerged in the late nineteenth century, when European empires ruled the majority of Muslims. It was inflected from the start by theories of white supremacy, but Muslims had a hand in shaping the idea as well. Aydin reveals the role of Muslim intellectuals in envisioning and essentializing an idealized pan-Islamic society that refuted claims of Muslims’ racial and civilizational inferiority. After playing a key role in the politics of the Ottoman Caliphate, the idea of the Muslim world survived decolonization and the Cold War, and took on new force in the late twentieth century. Standing at the center of both Islamophobic and pan-Islamic ideologies, the idea of the Muslim world continues to hold the global imagination in a grip that will need to be loosened in order to begin a more fruitful discussion about politics in Muslim societies today.

. Serge Berthier, Vivre à Hong Kong, Paris, L’Archipel, à paraître (avril 2017).
« Hong Kong est une île déserte avec guère plus d’une maison dessus », écrivait en 1841 Lord Palmerston, secrétaire britannique aux Affaires étrangères. C’est aujourd’hui une mégalopole de 7 millions d’habitants pour une superficie de plus de 1 100 km2. Une ville-monde, un monstre, un mythe qui fascine. Pour y avoir vécu pendant près de trente ans, Serge Berthier parvient pourtant à la démythifier et à nous la rendre accessible, voire compréhensible. Vingt ans après la rétrocession de Hong Kong à la Chine, il en retrace d’abord l’histoire, celle d’un territoire au passé chaotique et mouvementé. Dans une approche plus intime, il propose une promenade dans les rues de la ville, ainsi que les portraits d’habitants emblématiques, auxquels il donne la parole.

. Nicolas Escach, Les Danois, Paris, Ateliers Henry Dougier, à paraître (avril 2017).
« Modèle danois », « méthode danoise », « voie danoise », un parfum d’utopie semble souffler sur un petit pays d’Europe du Nord qui cristallise à la perfection notre quête insatisfaite de communion et de bonheur. Le Danemark est devenu un réservoir inépuisable de bonnes pratiques, des quartiers alternatifs de Copenhague jusqu’à l’île écologique de Samsø où s’invente une société décarbonée. Toutes ces innovations sont le produit d’un peuple ingénieux et pragmatique qui a su tourner à son avantage la moindre contrainte. Audacieux par nécessité, les Danois ouvrent par de petits décalages les voies nouvelles de entrepreneuriat, de l’action politique, de l’art culinaire ou de l’éducation. La capacité de résilience et l’ancrage sont les deux qualités les plus communément partagées au Danemark. Un Danois aspire avant tout à une vie tranquille. Il passe son temps à construire des coquilles rassurantes où il se sentira chez lui.

. Fernando Reinars, Al-Qaeda’s Revenge, New-York, Columbia University Press, à paraître (avril 2017).
Al-Qaeda’s Revenge tells the full story behind the events of March 11, 2004, when an al-Qaeda-inspired terrorist cell bombed commuter trains in Madrid, killing 191 people and injuring more than 1,800. The book’s detailed narrative runs from the development of an al-Qaeda conspiracy in Spain through the 2007 trial and conviction of the 3/11 bombers, concluding with the thwarting in 2008 of an al-Qaeda bomb plot in Barcelona. Fernando Reinares’s account draws on privileged access to judicial and intelligence documents and personal interviews with officials in Spain and elsewhere. His analysis ultimately links the Madrid bombing to members of al-Qaeda’s senior leadership and connects the planning of 9/11 to the acts of 3/11. Al-Qaeda’s Revenge is Spain’s counterpart to The 9/11 Commission Report, a bestseller that has definitively showed al-Qaeda—and not, as initially suspected, the Basque separatist organization ETA—to be responsible for a horrific crime that fundamentally changed the way Spain and Europe have responded to the threat of modern terrorism.

. Lucie Sauvé (dir.), Education, environnement, écocitoyenneté, Québec (Canada), Presses universitaires du Québec, mars 2017.
Si au cours des 40 dernières années le champ de l’éducation relative à l’environnement s’est largement déployé, la nature des enjeux socio-écologiques actuels appelle à un nouvel examen des assises de ce champ et à l’explicitation des courants qui émergent. Le présent ouvrage offre donc une mise à jour de plusieurs fondements de l’action éducative en matière d’environnement. Au fil des chapitres, les auteurs proposent un « patrimoine » de repères contemporains pour inspirer et fonder cette action, c’est-à-dire toute forme d’éducation ayant trait au rapport personnel et social au milieu de vie : l’éducation à la nature, à la conservation, à la santé environnementale, au développement durable, etc. Ces repères sauront rejoindre les enseignants en formation initiale et continue, de même que toutes les personnes qui œuvrent dans les domaines de la formation, de l’éducation spécialisée, de l’animation, de l’interprétation, de la médiation ou de la communication.

. Bernard Heyberger, Les chrétiens d’Orient, Paris, PUF, mars 2017.
Qui sont les coptes d’Égypte, les maronites du Liban, les assyro-chaldéens, les syriaques et les melkites ? Des « chrétiens d’Orient » ? L’expression, pour le moins floue, masque une grande diversité de peuples, de cultures, de traditions… Vivant dans des sociétés à majorité musulmane, mais entretenant depuis longtemps des contacts avec l’Occident, ils sont au centre de l’actualité et des préoccupations depuis qu’ils sont pris pour cible par les combattants islamistes. Dans ce tour d’horizon de l’Antiquité à nos jours, Bernard Heyberger s’attaque aux idées reçues qui ont trop tendance à les placer dans une position réductrice de passivité. De fait, les chrétiens d’Orient ont, depuis les débuts du christianisme et à leur manière, contribué à façonner le visage du Proche-Orient, dont ils restent des acteurs vivants.

. Marina De Castro, La terreur, un concept psycho-stratégique, Paris, L’Harmattan, mars 2017.
Cet ouvrage tente de comparer la dissuasion nucléaire et le terrorisme à travers le prisme de la terreur. Même si ces deux notions peuvent, de prime abord, paraître diamétralement opposées, elles revêtent néanmoins bon nombre de similitudes. La terreur est un véritable concept psycho-stratégique, à la fois légitimée lorsqu’elle émane de l’Etat et paradoxalement réprimée lorsqu’elle procède d’entités sub-étatiques. Par cette approche comparative, tentons aujourd’hui de mieux comprendre la terreur qui s’est emparée de nos sociétés afin de mieux pouvoir la combattre demain.

. Georges Corm, La nouvelle question d’Orient, Paris, La Découverte, mars 2017.
Dans cet essai, Georges Corm entreprend, à la suite de ses précédents ouvrages, une nouvelle plongée historique dans le destin tragique des sociétés de l’Est de la Méditerranée et du monde arabe, carrefour stratégique et géopolitique convoité par les grandes puissances coloniales depuis le XIXe siècle. Une vaste littérature avait été produite à cette époque sur la « question d’Orient », alors qu’il s’agissait en fait des rivalités implacables entre puissances européennes avides de se partager les vastes territoires de l’Empire ottoman. Cet ouvrage rétablit les continuités et les ruptures entre cette ancienne question d’Orient et la « nouvelle question d’Orient », débutant après la Seconde Guerre mondiale et donnant naissance à son tour à des violences ininterrompues, aujourd’hui à leur paroxysme.
Georges Corm dénonce aussi bien les tendances hégémoniques de l’Alliance atlantique que le « chaos mental » qui s’est souvent installé à ses yeux auprès des grands décideurs et dans les analyses des médias dominants pour légitimer à nouveau les interventions des puissances occidentales en Orient. Celles-ci ne sont qu’un rebondissement amplifié de l’ancienne question d’Orient, leur cadre intellectuel étant aujourd’hui actualisé par la théorie du « choc des civilisations », héritage de l’ancien racisme de nature coloniale. Le développement exponentiel du terrorisme en provenance de cette partie du monde est le résultat de ce dérèglement de la raison. Il peut se comparer aux effets que produit le dérèglement climatique en termes de catastrophes naturelles, elles-mêmes dues à une déraison économique et consumériste que rien ne semble pouvoir arrêter.

. Mohamed Benhammou, Les services de renseignements : quelles transformations après le 11 septembre 2001 ?, Paris, L’Harmattan, mars 2017.
Les services de renseignements ont tenté de s’adapter à l’évolution du contexte géopolitique post- guerre froide et suite aux attentats du 11 septembre 2001. La spécificité de cette ère est la montée de nouvelles menaces et de nouveaux acteurs dans un contexte globalisé : l’ennemi est invisible et diffus, la nouvelle guerre est asymétrique. La présente étude propose une grille de lecture des transformations qu’ont connues ces services aux Etats - Unis et en France.


Livre recommandé par Diploweb.com en avril 2017

. Pascal Lamy, Nicole Gnesotto avec Jean-Michel Baer, Où va le monde ? Paris, Odile Jacob, 2017.

Pierre Verluise, Directeur des publications du Diploweb.com : "Voici une lecture particulièrement utile pour disposer d’une ample vision actualisée de notre monde, distinguer ses lignes de forces, ses risques de ruptures et réfléchir à des pistes de solutions. Pascal Lamy et Nicole Gnesotto font preuve d’une grande maitrise de leur sujet et offrent aux lecteurs un panorama lucide des tensions géoéconomiques et géopolitiques à l’oeuvre. Un candidat aux concours qui ne lirait pas cet ouvrage serait difficile à pardonner, tant il présente un éclairage à la fois informé et problématisé du monde. A sa place dans toutes les bonnes bibliothèques."

4e de couverture

Où va le monde ? Comment en est-on arrivé là ?

Pourquoi le désordre, la violence, le chaos donnent-ils le sentiment d’être les nouvelles règles du système international, alors que la paix, la prospérité, la liberté, la règle du droit étaient données, il y a à peine vingt ans, comme les promesses de la fin de la guerre froide ?

Quelles dynamiques dominent aujourd’hui le monde ?

Le marché ou la force ? L’économie ou la géopolitique ?

La première va-t-elle réussir à pacifier le monde et l’unir dans un destin commun ?

La seconde finira-t-elle par casser l’unification des marchés au profit de désordres et de rivalités incontrôlés ?

Pascal Lamy et Nicole Gnesotto n’ont pas les mêmes réponses, sauf sur l’Europe, et en débattent ici avec Jean-Michel Baer.

Un livre lumineux pour comprendre les enjeux du nouveau désordre mondial.

Proche de Jacques Delors, Pascal Lamy a été commissaire européen, puis directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Il a publié, chez Odile Jacob, Quand la France s’éveillera.

Nicole Gnesotto est professeur titulaire de la chaire sur l’Union européenne au Conservatoire national des arts et métiers, et présidente du conseil d’administration de l’Institut des hautes études de défense nationale.

Jean-Michel Baer a été journaliste à Libération, membre du cabinet de Jacques Delors, directeur de la Culture puis de la Recherche en sciences sociales à la Commission européenne.


. Béatrice Giblin, Le paradoxe français. Entre fierté nationale et hantise du déclin. Préface d’Yves Lacoste. Paris, éd. Armand Colin.

Les Français n’ont pas le moral. Situation économique incertaine, climat social préoccupant, sentiment d’insécurité, perte de puissance au sein de la communauté internationale... autant d’éléments qui viennent entretenir pour certains la nostalgie d’une grandeur passée, pour d’autres un réel pessimisme quant à leur avenir.

Dans le même temps, les Français ont toujours été perçus et se définissent eux-mêmes comme un peuple « arrogant ». Cette supposée arrogance est en fait liée à la très singulière histoire de la France, patrie des droits de l’homme, terre d’immigration, « Grande Nation » porteuse de valeurs républicaines et laïques, histoire dont ils sont légitimement fiers.

Mal à l’aise avec l’idée de « nation » et avec les symboles qui lui sont liés, les Français semblent ainsi aujourd’hui tiraillés entre fierté et autodénigrement, dans un contexte où « l’identité nationale » se cherche une définition et où la France, pour ce qu’elle représente, est prise pour cible.

Cet essai singulier et citoyen vient éclairer ce paradoxe.

Béatrice Giblin est géographe, fondatrice de l’Institut français de géopolitique de l’université Paris VIII et directrice de la revue Hérodote.


. Philippe Huberdeau, La construction européenne est-elle réversible ? Coll. Réflexeeurope, Paris, La documentation française, 2017.

Le Brexit n’est-il pas annonciateur d’une réversibilité de la construction européenne ? L’édifice bâti sur des « solidarités de fait » est-il suffisamment robuste pour résister à une conjonction de crises (terrorisme, pression migratoire, dérèglements financiers, montée des populismes) et se confronter à des acteurs comme Vladimir Poutine ou Donald Trump, souhaitant la fin de l’Union européenne ?
Le présent ouvrage de la collection Réflexe Europe vise à donner au lecteur une vision synthétique des débats sur le processus de retrait du Royaume-Uni et sur l’avenir de l’UE à la lumière des enseignements tirés de soixante ans d’histoire européenne.
Cette collection a pour objectifs de remettre en perspective les controverses qui émaillent l’histoire de la construction européenne et de cerner les enjeux et les défis actuels.

Partie 1 : Le Brexit : un saut vers l’inconnu.
Partie 2 : Quarante ans de progrès (1951 – 1991).
Partie 3 : La fin de l’histoire ? (1992 – 2017).
Partie 4 : L’Europe : quelle finalité aujourd’hui ?

Philippe Huberdeau est conseiller des Affaires étrangères et administrateur à la Commission européenne. Il a enseigné les questions européennes à Sciences Po Paris, à l’École polytechnique et à l’INALCO.

. Edouard Pfimlin, Drones et robots. La guerre des futurs. Paris, éd. Studyrama, 2017.

La robotisation du champ de bataille est en marche, fruit d’une histoire déjà ancienne. L’utilisation des drones, ces avions sans pilote commandés à distance, s’intensifie. Plus de 90 pays ont des drones militaires et une dizaine d’entre eux ont des drones armés, c’est-à-dire qui peuvent frapper depuis les airs des cibles au sol, au premier rang desquels les États-Unis. Mais si les drones aériens sont les plus connus, sur terre et sur mer, les robots se développent aussi très vite et pas seulement dans les pays riches.
Jusqu’à présent, les robots restent contrôlés à distance par un opérateur humain. Cependant les progrès technologiques rapides et l’avancée de l’intelligence artificielle font craindre l’apparition de robots militaires entièrement autonomes, dont certains pourraient tuer sans contrôle humain. Déjà les drones aériens de combat sont en développement pour une mise en service à l’horizon 2025-2030. Ces robots ne font l’objet d’aucune règlementation internationale et leurs systèmes ne permettent pas un contrôle fiable et sans faille de leurs actions. La question de leur contrôle et de leur interdiction se pose sans quoi l’humanité est menacée.

. Yves Petit, La politique agricole commune (PAC) au coeur de la construction européenne, Coll. Réflexeeurope, Paris, La documentation française, 2017.

La politique agricole commune (PAC), doyenne des politiques communes de l’Union européenne, a connu depuis sa création, en 1962, des mutations de grande ampleur. Adoptée à la fin de l’année 2013, sa dernière réforme s’applique à la période 2014-2020. Elle lui confère, cette fois, une nouvelle dimension axée sur les enjeux fondamentaux que sont l’environnement et le climat. Cet ouvrage offre une vision à la fois complète et renouvelée de cette politique, mise en perspective de ses origines à nos jours et dont les fondements juridiques et le fonctionnement sont exposés ici avec rigueur et clarté. L’auteur démontre ainsi que la PAC est devenue une politique présentant de nombreuses interférences avec les autres politiques de l’Union européenne ; son champ d’intervention s’est considérablement élargi, au point d’en faire une véritable « politique carrefour ». Enfin, l’ouvrage aborde également la dimension externe de cette politique qui doit trouver une juste place dans les relations internationales de l’Union européenne, l’agriculture demeurant plus que jamais un sujet majeur sur le plan mondial.

. Antoine Brès, Béatrice Mariolle et Francis Beaucire, Territoire frugal : la France des campagnes à l’heure des métropoles, Les Acacias (Suisse), Metispresses, mars 2017.
Les caractéristiques spatiales et les pratiques locales des territoires qui s’étendent au-delà de l’urbain aggloméré restent encore, pour l’essentiel, à explorer. L’équipe FRUGAL – associant des chercheurs issus de l’architecture, de la géographie, de l’urbanisme, de l’écologie et de l’économie – a entrepris d’étudier ces figures dispersées de l’urbain généralisé, en partant du constat que toute politique d’aménagement durable doit impliquer l’ensemble des composantes du territoire. Quatorze périmètres, situés entre des villes de plus de 20 000 habitants, ont ainsi été identifiés et soumis à l’observation microlocale, permettant d’analyser les établissements humains et les dispositifs d’imbrication des espaces bâtis et ouverts. Territoire frugal présente les résultats de trois années de relevés cartographiques, d’investigations et d’enquêtes sur le terrain. Si les données statistiques collectées révèlent la vulnérabilité écologique, économique et sociale de nos urbanités, nous confrontant à l’épuisement de la nature et de ses ressources, elles fournissent également une base essentielle au développement d’une véritable recherche pluridisciplinaire et aux études qualitatives des territoires, notamment en termes morphologiques et ethnographiques.

. Bérenger Boureille, Le Front du mépris : le FN et les catégories populaires, Paris, Stock, mars 2017.
En mars 2014, le Front national a conquis onze villes. Loin de ses ancrages méridionaux, il a fait basculer des bastions ouvriers du Nord, de l’Est. Il a surgi à Mantes-la-Ville, cité autrefois industrielle des confins de l’Île-de-France. Mon histoire personnelle s’enracine là. Et désormais s’y joue un avenir collectif bien incertain. La stratégie municipale du FN est mensongère mais prudente, simple, transposable à l’échelle nationale et toujours sans réponse. Des gens qui furent fiers de ce qu’ils étaient, confiants en l’avenir, ne voient plus d’autre horizon que de servir de marchepied à leur bourreau. L’extrême-droite ne fut jamais que mépris de classe, hantise de la culture ouvrière et de ses réalisations politiques. Mais il nous fallait être lucides, et nous fûmes parfois complices de la mise à sac du meilleur de nos énergies. À nous de redonner espoir et désir. Un essai batailleur, où le point de vue personnel s’appuie sur l’étude du terrain. Pour comprendre la réalité de l’extrême-droite aujourd’hui.

. Christophe Badel et Claire Levasseur, Atlas de l’Empire romain, Paris, Autrement, mars 2017.
« Par quels moyens les Romains ont-ils pu se rendre maîtres de presque tout le monde habité ? » Polybe. Plus de 100 cartes, plans et schémas pour comprendre les origines et les implications de l’impérialisme romain.

. Alexis Vrignon, La naissance de l’écologie politique en France, Rennes, Presses universitaires de Rennes, mars 2017.
Au confluent de l’histoire politique et de l’histoire environnementale, mobilisant des archives inédites, cet ouvrage décrit la genèse et la construction des mouvements écologistes, sur le terrain et dans les urnes. Tout au long des années soixante-dix, les militants de cette nébuleuse s’efforcent d’en promouvoir l’unité. Animés par l’aspiration commune à redéfinir les rapports entre l’homme et la nature pour transformer la société, ces mouvements n’en sont pas moins très divers dans leur positionnement politique, leur répertoire d’action et leur approche des enjeux environnementaux : bref, dans leur culture écologique.

. Hubert Morelle, De la Russie à l’URSS : édification et écroulement de l’Empire russe (878-1991), Paris, L’Harmattan, mars 2017.
En décembre 1991, la fin de l’Union Soviétique marque un tournant majeur dans l’histoire millénaire de la Russie. Au-delà de la signification politique de cet évènement, ses conséquences sont aussi humaines car des millions de personnes se trouvent soudain citoyens d’un pays qu’ils ne reconnaissaient pas comme le leur.

. Josiah Ober, L’énigme grecque : histoire d’un miracle économique (Vie-III siècle avant JC), Paris, La Découverte, mars 2017.
Pourquoi refaire l’histoire de la Grèce classique, du VIe siècle av. J.-C. à Alexandre le Grand ? D’abord, parce que l’on dispose d’une masse d’informations nouvelles sur les 1 035 cités-États qui s’étendaient de l’Espagne à la mer Noire, des données exploitées ici pour la première fois de manière systématique. Ensuite, parce que, contrairement à ce que les historiens ont longtemps cru, le monde grec a connu une croissance économique qui restera sans équivalent jusqu’à la Renaissance, rendue possible par l’invention de la démocratie et des droits civiques, sur fond d’innovations institutionnelles, techniques et culturelles (théâtre, philosophie, mathématiques, etc.) permanentes. Enfin, parce que les Grecs ont expérimenté toutes les ressources de la démocratie : élection, limitation des mandats, tirage au sort, etc. Ils ont réfléchi aux relations entre citoyens et dirigeants, au rôle des experts, aux moyens de réduire le pouvoir de nuisance des démagogues, à la place de la religion. Autant de questions qui sont à l’origine de l’« efflorescence grecque » et au cœur du débat démocratique actuel. Pour Josiah Ober, il est important de savoir comment les Grecs eux-mêmes pensaient leur système politique, leur économie : Aristote ou Thucydide sont non seulement des informateurs précieux, mais aussi des partenaires de pensée. Sans négliger l’histoire événementielle : le lecteur est plongé dans les guerres avec le redoutable Grand Roi perse, assiste aux péripéties de la guerre du Péloponnèse qui oppose Sparte à Athènes. On comprendra mieux comment Philippe II de Macédoine puis son fils Alexandre le Grand ont pu, grâce à l’héritage des cités grecques, construire un gigantesque empire qui s’étendra jusqu’aux rives de l’Indus.

. Nadia Marzouki, Islam, an American religion, New-York, Columbia Press University, à paraître (avril 2017).
Islam : An American Religion demonstrates how Islam as formed in the United States has become an American religion in a double sense—first through the strategies of recognition adopted by Muslims and second through the performance of Islam as a faith. Nadia Marzouki investigates how Islam has become so contentious in American politics. Focusing on the period from 2008 to 2013, she revisits the uproar over the construction of mosques, legal disputes around the prohibition of Islamic law, and the overseas promotion of religious freedom. She argues that public controversies over Islam in the United States primarily reflect the American public’s profound divisions and ambivalence toward freedom of speech and the legitimacy of liberal secular democracy.

. Dominique Moïsi, Le nouveau déséquilibre du monde, Paris, Editions de l’Observatoire, mars 2017.
Un recueil de chroniques parues entre 2008 et 2016 dans « Les Echos » qui font un état des lieux de l’évolution des relations internationales : la crise identitaire de l’Europe, l’implosion du Moyen-Orient ou les Etats-Unis face aux divisions.

. Pascal Boniface, Les relations internationales de 1945 à nos jours, Paris, Eyrolles, mars 2017.
De 1945 à nos jours, Pascal Boniface retrace de façon directe, claire et vivante, 70 ans de relations internationales. Il met ainsi en lumière les précédents, les choix et les biais géopolitiques qui permettent de décrypter l’actualité et de percevoir le monde dans sa globalité. Foisonnante et explosive, la période contemporaine ne cesse de nous surprendre : cet essai didactique constitue la référence indispensable des lecteurs désireux de prendre du recul pour aborder la mondialisation de façon éclairée et le présent en connaissance de cause.

. Hélène Blanc (dir.), Le roman de Renata, Paris, Ginkgo, mars 2017.
Véritable thriller politique, la vie de Renata Lesnik, dissidente moldave, n’est ni un roman russe, ni une fiction. Après une captivante autobiographie – Mariée au KGB – ou l’incroyable histoire d’une femme qui réussit à fuir l’URSS tout en bernant les kagébistes, voici la seconde partie de sa vie de réfugiée politique en France, « le pays qui lui a donné la liberté et la dignité ». Ayant résisté au totalitarisme soviétique, – ce qui lui vaut d’être condamnée à mort en 1983 sous Andropov –, ce témoin gênant poursuit son combat humaniste contre le régime dictatorial de Vladimir Poutine suscitant la haine de ceux qui craignent la Vérité. Parce que la russophilie n’empêche ni la lucidité, ni la pertinence, ses analyses, ses conférences, ses articles, ses livres, ses déclarations dans les médias français et étrangers la mettent à nouveau en danger. Traquée, toujours sur le fil du rasoir, Renata s’est affirmée comme l’un des plus brillants experts de l’URSS et de la Russie post-soviétique. Voici « l’autopsie » de l’incroyable vie d’une femme au courage exemplaire, disparue en décembre 2013. Le roman de Renata est l’hommage de sa consœur et amie, la russologue Hélène Blanc, celle qui la connaissait sans doute le mieux, hommage auquel se sont joints quelques proches par leurs lettres à Renata...

. Serge Audier, La société écologique et ses ennemis, Paris, La Découverte, mars 2017.
Alors que monte la prise de conscience du péril environnemental, les obstacles à une véritable mutation écologique des sociétés contemporaines restent massifs et les modèles alternatifs peinent à s’imposer. Les traditions intellectuelles de la gauche semblent souvent impuissantes à apporter des réponses. Pire, n’ont-elles pas contribué, par leur culte des « forces productives », à l’impasse actuelle ? La généalogie intellectuelle proposée par Serge Audier revient sur des évidences trompeuses, notamment celle qui voudrait que les mouvements émancipateurs n’aient abordé que très tardivement les enjeux écologiques. On redécouvre certes peu à peu des voix minoritaires qui, de Henry D. Thoreau à William Morris, avaient manifesté très tôt un souci inédit de la nature. Mais en les érigeant en héros solitaires, on contribue à occulter une nébuleuse beaucoup plus large et méconnue qui, entre socialisme et anarchisme, a esquissé les traits d’une « société écologique ». L’objectif de ce livre est d’exhumer et de reconstituer une pensée sociale de la nature et de l’émancipation, construite aux marges du « grand récit » socialiste et républicain.
De fait, cette tendance dissidente a été ignorée, marginalisée, voire combattue par les courants hégémoniques, qui ont souvent vu dans l’écologie un conservatisme traditionaliste ou un romantisme réactionnaire… Si les « ennemis » de la « société écologique » se trouvent bien entendu du côté des forces du capitalisme, il serait faux et dangereux d’oublier qu’ils font aussi partie de l’histoire même de la gauche et du socialisme dans ses orientations majoritaires, encore prégnantes.

. Hicham Houdaïfa, Extrémisme religieux : plongée dans les milieux radicaux au Maroc, Lille, En toutes lettres, février 2017.
L’école, le seul rempart. Études islamiques : des zaouïas à l’université. Le grand voyage d’Abou Hafs École publique : Réformer pour ne (presque) rien changer. Bir Chifa, le quartier de tous les extrêmes. Jihadistes marocains : de l’Afghanistan à la Syrie Bilmawen : radicalisme contre rites ruraux Niqab : Simple tissu ou posture idéologique ? El Principe : jihad, trafic et discriminations.

. Patrice Moundounga Mouity, Réflexions sur des problématiques géopolitiques, Saint-Denis, Edition Connaissances et Savoirs, février 2017.
S’il est une partie du monde qui suscite un grand intérêt aussi bien dans la géostratégie mondiale que dans la préservation de la biodiversité universelle, c’est bien le golfe de Guinée. Du fait de la montée du terrorisme et de l’instabilité du Moyen-Orient, cette partie de l’espace monde est devenue une zone hautement stratégique, d’autant qu’elle est considérée aujourd’hui comme la seconde province pétrolière mondiale. Ce livre s’attache ainsi à analyser la question du différend frontalier de l’îlot de Mbanié en rapport avec les revendications de souveraineté maritime, principalement entre deux pays de la région spécifique qu’est le golfe de Guinée : le Gabon et la Guinée Équatoriale. Mais le cas de São Tomé-et-Principe n’est pas en reste. Après la politique intérieure gabonaise, Patrice Moundounga Mouity élargit son champ d’analyse à la géopolitique maritime. Espace nourricier et stratégique caractérisé par une grande diversité de richesses, dont des ressources halieutiques, minières et énergétiques, le Gabon bleu ne cesse d’attirer les convoitises. En abordant les enjeux maritimes autour du Gabon et ses voisins, l’ouvrage entend situer le contexte de crise dont le golfe de Guinée a été le théâtre au cours de ces dernières décennies, traduisant ainsi l’urgence d’une prise en compte véritable des questions maritimes dans la sous-région d’Afrique centrale.


Livre recommandé par Diploweb.com pour le mois de mars 2017

. Céline Bayou et Eric Le Bourhis, Les Lettons, Paris, Atelier Henry Dougier, février 2017.

Pierre Verluise, Directeur des publications du Diploweb.com : "Voici un rare mélange d’intelligence et de coeur, de rigueur et d’ouverture. Céline Bayou et Eric Le Bourhis ont réalisé - en quatre langues - des entretiens avec des Lettons aux parcours très divers pour nous donner à comprendre ce pays de la Baltique. Avoir été écorchés par l’histoire - notamment par l’Allemagne nazie et l’URSS - ne les empêche pas de faire preuve d’une résilience extraordinaire. Il s’agit donc à la fois de mieux connaitre ce peuple - devenu membre de l’OTAN et de l’UE - et de bénéficier d’une leçon de vie."

En savoir plus sur "Les Lettons", sur le site de l’éditeur

Il existe une âme lettone si puissante qu’elle semble transcender le triple éclatement apparemment constitutif de ce peuple. Les Lettons courageux et cléments ? Le premier éclatement, historique, semble le prouver : après une période d’alternance entre soumission à la Russie, velléités d’indépendances, indépendance acquise et perdue, la Lettonie acquière son indépendance définitive en 1990, il y a tout juste vingt-sept ans. L’exemple de Marina Kosteņecka, écrivain et engagée pour l’indépendance de la Lettonie est évocateur. Elle se décrit comme « passeuse entre les lettons et la communauté russe » et marque la cohabitation des russes et des lettons en Lettonie du sceau de la confiance mutuelle et du pacifisme. Les Lettons ouverts d’esprit ? Assurément. Le second éclatement constitutif de ce peuple est géographique. De par leur histoire, les Lettons ont été déportés, poussés à l’exil ou démis de leur liberté de mouvements. Aujourd’hui, ils partent d’eux-mêmes mais reviennent. Vaira Vīķe-Freiberga, ancienne présidente de la Lettonie en est la preuve vivante. Après cinquante-quatre années par monts et par vaux, elle rentre et est élue. Les Lettons fidèles ? Très certainement. Fidèles à leurs traditions ancestrales, fidèle à la nature restée quasiment vierge, point focal de leur civilisation et de leurs traditions, portée aux nues comme le dieu d’une religion païenne. L’agriculture écologique et biologique, n’est pas une question, c’est une évidence, en témoigne Jānis Sietiņsons, apiculteur biologique. Ainsi, Les Lettons semblent détenir la capacité de jouer des contradictions, avec finesse et nuance, … sans incohérence.

En savoir plus sur "Les Lettons", sur le site de l’éditeur


Devenez un Ambassadeur du Diploweb.com, affichez-le !

PDF - 89.8 ko
Affichez le Diploweb.com pour le faire connaître
Devenez un Ambassadeur du Diploweb.com en imprimant cette affiche de présentation puis en l’affichant dans des lieux stratégiques : classe, CDI, bibliothèque, etc.

. Timothy Mitchell, Carbon Democracy : le pouvoir politique à l’ère du pétrole, Paris, La Découverte, à paraître (mars 2017).

Ceci est un « livre à thèse », une thèse forte et iconoclaste, qui déplace radicalement notre vision de l’histoire du XXe siècle : les contours et les transformations des régimes politiques dits « démocratiques » ont été largement déterminés par les propriétés géophysiques des principales énergies carbonées, le charbon d’abord, puis le pétrole. Ainsi, la pesanteur du charbon, la nécessité de l’extraire des mines puis de le charger dans des convois, etc. ont donné à ses producteurs un pouvoir considérable ; en utilisant la menace d’en interrompre les flux, ils créèrent syndicats et partis de masse, à l’origine des premières démocraties de l’ère moderne. En face, les classes dominantes ont cherché à organiser la transition énergétique à l’échelle mondiale. En effet, grâce à sa fluidité, sa légèreté et son exceptionnelle concentration en énergie, le pétrole permettait de contourner les réseaux et pouvoirs anciens. Un autre régime s’est ainsi progressivement mis en place, dans lequel la vie politique s’est retrouvée anémiée, la paix sociale et la prospérité des « démocraties » occidentales ont reposé sur l’autoritarisme moyen-oriental, et où la croissance illimitée s’est transformée en religion. Aujourd’hui, ce système est au bord de l’effondrement et nous pose une question cruciale : comment les énergies postpétrole pourront-elles donner naissance à des régimes réellement démocratiques ?

. Mohammed-Reza Djalili et Thierry Kellner, Histoire de l’Iran contemporain, Paris, La Découverte, mars 2017.

Étrange pays que ce grand État chiite, qui n’a jamais rompu avec son passé pré islamique et qui, malgré son particularisme – son insularité, disent certains –, a toujours exercé un rayonnement culturel bien au-delà de ses frontières. Curieux destin que celui de ce vieil empire aujourd’hui entouré de jeunes États, objet pendant tout le XIXe et le début du XXe siècle de rivalités entre puissances russe et britannique, et qui est aussi la première nation du Moyen-Orient à s’être dotée d’une Constitution moderne obtenue à la suite d’une révolution dès 1906. Précurseur dans la nationalisation de ses ressources pétrolières, l’Iran est également le premier pays à connaître une révolution islamique qui provoque un séisme politique sans précédent à travers le monde musulman et au-delà. Aujourd’hui, alors que ses voisins tentent d’endiguer la montée de l’islamisme radical, il cherche la voie pour sortir d’une révolution religieuse. L’histoire contemporaine de l’Iran, à la fois laboratoire politique pour le monde et nation à part, du point de vue identitaire et historique, vaut d’être connue. Le présent ouvrage a pour ambition d’initier le lecteur à cette histoire foisonnante et méconnue de l’Iran des deux derniers siècles (1796-2017).

. Esther Benfredj, Ismaël contre Israël : genèse du conflit israélo-arabe, Paris, Editions Desclée de Brouwer, à paraître (mars 2017).

La Palestine a-t-elle été à la fois promise aux Arabes et aux Juifs pendant la Première Guerre mondiale comme il est d’usage de le penser ? Comment l’intervention des grandes puissances et de la communauté internationale - la Société des Nations puis l’Organisation des Nations unies - a-t-elle en partie scellé le sort de cet Orient complexe ? Et quel rôle tiennent les nationalismes arabes et le sionisme nés à la fin du XIXe siècle au sein du conflit israélo-arabe ? Cette guerre qui a pris des proportions démesurées, idéologiquement internationalement, semble ne pas avoir d’issue. Au-delà de la simple lutte territoriale, le conflit israélo-arabe ne tiendrait-il pas d’une haine fratricide qui trouverait sa source dans la Genèse, à travers le désir de vengeance ressenti par Ismaël, l’enfant adultérin d’Abraham, à l’égard de son frère légitime Isaac, père d’Israël ? Une brillante synthèse qui met en lumière un siècle d’occasions manquées entre Arabes et Juifs, et propose une réflexion historique et géopolitique subtile. À titre de repère, une chronologie retrace en fin d’ouvrage les moments clés du conflit de l’Antiquité à nos jours, et une série de cartes matérialise ses mutations et son évolution au XXe siècle.

. Nicolas Bernard, Caroline Blondy et Philippe Duhamel (dir.), Tourisme et périphéries : la centralité des lieux en question, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, mars 2017.

À l’heure de la mondialisation du tourisme, une réflexion géographique s’impose sur le rôle de ce phénomène capable de transformer la donne pour les territoires qu’il investit. Le tourisme interpelle aussi bien les territoires centraux comme les plus marginaux, qui voient en lui une panacée capable de renforcer leur rang ou de transformer une périphéricité en centralité, même temporaire. Cet ouvrage permet de comprendre cette dualité aujourd’hui inhérente aux périphéries.

. Maurice Mengho, Géographie du Congo, Paris, L’Harmattan, mars 2017.

Cet ouvrage est un recueil de travaux de recherche originaux produits par des enseignants - chercheurs à l’université Marien Ngouabi et des chercheurs évoluant dans d’autres structures scientifiques et techniques. Ils couvrent plusieurs domaines de la géographie du Congo si chère au Professeur Bonaventure Maurice Mengho. Les travaux qu’il rassemble relèvent de la géographie et de l’environnement. Ils constituent des éléments de connaissance, de réflexion et d’analyse sur le Congo.

. Didier Lombard, Nouvelle économie, nouvelle industrie, Paris, Odile Jacob, mars 2017.

Que faire face au déclin de notre industrie et au risque de son déclassement dans la compétition économique mondiale ? D’abord et avant tout renouveler les grandes infrastructures, celles des transports, de la production d’énergie, des télécommunications. Mais aussi tirer parti de l’explosion du numérique, lame de fond qui révolutionne toutes les filières industrielles et redistribue mondialement toutes les cartes. Or la France dispose d’atouts majeurs pour réussir : une expertise scientifique et technologique reconnue, un savoir-faire industriel et, surtout, une jeunesse instruite et compétente. L’ensemble de l’économie tirera profit de cette refondation industrielle pour peu que, dans sa mise en œuvre, l’on s’affranchisse de la tyrannie du court terme et du low cost et que l’on sache conjuguer les efforts des grands groupes, des PME et des start-up innovantes. Une vision et un programme pour la nécessaire et urgente renaissance industrielle.

. Kaushik Basu, Au-delà du marché : vers une nouvelle pensée économique, Paris, Editions de l’Atelier, février 2017.

« Au-delà du marché. Vers une nouvelle pensée économique », est la traduction de Beyond the Invisible Hand : Groundwork for a New Economics (Princeton University Press 2011, Poche 2016), écrit par l’influent économiste indien Kaushik Basu, ancien Chef économiste et vice-président de la Banque mondiale, dont la pensée reste encore méconnue en France. Ce livre est le regard éclairé et profond d’un éminent économiste venu d’ailleurs sur le monde actuel. Dans ce livre, il dénonce la religion du marché et impose un changement de paradigme en économie. Il invite à une révolution dans le champ de la micro-économie sans jamais perdre de vue la perspective globale de la macro-économie et pose les jalons d’une nouvelle pensée économique constitutive d’un système économique plus juste et durable.

. Béatrice Giblin (dir.), La ville, lieu de conflits, coll. Perspectives géopolitiques, 9e Festival de géopolitique (2017), Paris, Armand Colin, 2017.


Livre recommandé par Diploweb.com en février 2017

. François Géré, La pensée stratégique française contemporaine, Paris, Economica, février 2017.

Pierre Verluise, Directeur des publications du Diploweb.com : "Le Diploweb.com vous recommande chaleureusement cet ouvrage novateur. François Géré, avec maîtrise et pédagogie, met en lumière plusieurs des grands stratèges français du XXe siècle : de Lattre, Ailleret, Beaufre, Gallois et Poirier. Il s’agit à la fois de nourrir la réflexion publique et de stimuler la recherche académique sur les archives déposées par F. Géré au Centre de Documentation de l’Ecole militaire (CDEM, Paris). Avec ce livre, la relève a le pied à l’étrier. Le Diploweb.com est fier d’avoir été associé à la genèse de ce projet scientifique et de cet ouvrage."

4e de couverture

L’adaptation est le destin de la pensée militaire. Il lui faut en permanence combiner l’analyse de rapports de puissance instables avec les mutations de l’armement, associer politique et technique pour construire une stratégie durable et efficace. L’été 1945 voit le crépuscule des vieilles puissances européennes et l’aube de l’âge atomique. Comment dès lors penser les armes de la France ? Comment créer, organiser et orienter les moyens ? Et pour servir quelles fins ? Telle fut la préoccupation des stratèges dont nous présentons ici une analyse fondée sur des archives souvent inédites.

Inlassables pédagogues d’incontournables ruptures dans la pratique de la guerre, ils ont été aussi les théoriciens des constantes de la pratique stratégique et les observateurs des filiations de la pensée stratégique faite d’immuables principes auxquels ont obéi et obéiront encore petites et grandes guerres. Les enjeux, les formes, les acteurs et les lieux varieront mais dans la conservation obligée des éléments primordiaux de toute action humaine organisée en milieu conflictuel. À travers une réflexion étendue sur la seconde moitié du 20e siècle et au-delà, de Lattre, Ailleret, Beaufre, Gallois et Poirier ont établi la pensée stratégique de la France sur une base de granite. À leurs successeurs de frayer avec une rigueur aussi exigeante les voies complémentaires de la continuité et du renouvellement.

François Géré, professeur agrégé et docteur habilité en histoire des relations internationales et stratégiques contemporaines dirige depuis 2001 l’Institut Français d’Analyse Stratégique (IFAS) qui étudie outre les stratégies nucléaires, la défense antimissiles, notamment en Iran et en Chine. Il a été l’assistant-disciple du général Poirier durant vingt ans. Ensemble, ils ont publié en 2001 La réserve et l’attente, aux éditions Economica.

Voir plus sur le site des éditions Economica


. Collectif, Californie l’eldorado américain ?, Paris, Ateliers Henry Dougier, mars 2017.
La Californie est l’une des plus grandes puissances économiques du monde, notamment dans le secteur de l’agriculture et des hautes technologies, tout en restant une référence internationale en matière d’enseignement supérieur. Toutefois, alors que Barack Obama termine son second mandat de président, la Californie résume aussi à elle seule les maux de la société américaine : endettement, inégalité, surexploitation des ressources (notamment de l’eau), accès au logement et à la santé.

. Collectif, Iran, une société en ébullition, Paris, Ateliers Henry Dougier, mars 2017.
Souvent réduite à son expression politique, un régime islamique depuis 1979, l’actuelle République est pourtant l’héritière d’une histoire millénaire et sa société riche d’identités et de croyances très variées où coexistent chiites, zoroastriens et sunnites. L’Iran est aujourd’hui confronté à de nombreux défis notamment économiques (hausse des prix, chômage, monopole des pasdarans), mais aussi sociaux. Cette société, de plus en plus connectée et ouverte sur le monde, notamment via l’art et les réseaux sociaux, aspire au changement et à un avenir meilleur. Le régime, lui, pour sa survie, préfère s’adapter. Pour combien de temps ?

. Collectif, Toute la géopolitique du monde contemporain de 1913 à nos jours, coll. Concours et examens, éd. Sup Foucher, 2017.

Toute la géopolitique du monde contemporain : pratique et synthétique, ce mémento regroupe l’essentiel pour réviser et préparer son concours d’accès aux grandes écoles ECS, IEP…
Un véritable guide des notions-clés de géopolitique à la portée de tous.
Un mémento pratique structuré en fiches thématiques pour analyser et comprendre les grandes problématiques et les tendances du monde actuel.
Largement illustré avec des cartes, chronologies et graphiques classés par thème autour des savoirs fondamentaux.

. Jean-Pierre Filiu, Le miroir de Damas, Paris, La Découverte, à paraître (mars 2017).
Notre monde a abandonné la Syrie et son peuple à une horreur inimaginable. Et cette horreur ne semble nous toucher que par ses « effets collatéraux », les attaques terroristes menées sur notre sol.
Pour qu’une telle indifférence soit devenue possible, il a fallu occulter tout ce qui dans l’histoire de la Syrie résonne dans notre propre mémoire. Il n’en est que plus urgent de renouer le lien avec la part de l’histoire universelle qui s’est déroulée là-bas. Qu’on le veuille non, Damas nous tend aujourd’hui son miroir. Dans ce livre alerte, inspiré, Jean-Pierre Filiu revisite en Syrie un passé aussi intimement mêlé au nôtre. Il évoque des figures que l’on croit familières, saint Paul, Saladin ou Abdelkader, et nous en fait découvrir bien d’autres, du « chemin de Damas » à l’« Orient compliqué ». La descente aux enfers de la Syrie, de ses femmes et de ses hommes, n’est ni une affaire d’Arabes, ni le solde de querelles immémoriales. Elle est épouvantablement moderne, car les bourreaux de ce temps, qu’ils soient jihadistes ou pro-Assad, n’invoquent un glorieux passé qu’à l’aune de leur projet totalitaire.

. David T. Buckley, Faithful to Secularism : The Religious Politics of Democracy in Ireland, Senegal, and the Philippines, New-York, Columbia University Press, mars 2017.
Religion and democracy can make tense bedfellows. Secular elites may view religious movements as conflict-prone and incapable of compromise, while religious actors may fear that anticlericalism will drive religion from public life. Yet such tensions are not inevitable : from Asia to Latin America, religious actors coexist with, and even help to preserve, democracy. In Faithful to Secularism, David T. Buckley argues that political institutions that encourage an active role for public religion are a key part in explaining this variation. He develops the concept of "benevolent secularism" to describe institutions that combine a basic division of religion and state with extensive room for participation of religious actors in public life. He traces the impact of benevolent secularism on religious and secular elites, both at critical junctures in state formation and as politics evolves over time. Buckley shows how religious and secular actors build credibility and shared norms over time, and explains how such coalitions can endure challenges from both religious revivals and periods of anticlericalism. Faithful to Secularism tests this institutional theory in Ireland, Senegal, and the Philippines, using a blend of archival, interview, and public opinion data. These case studies illustrate how even countries with an active religious majority can become and remain faithful to secularism.

. Jean-Marc Chaumet et Thierry Pouch, La Chine au risque de la dépendance alimentaire, Rennes, Presses universitaires de Rennes, mars 2017.
Ce livre analyse l’origine et surtout les conséquences de la dépendance alimentaire de la Chine. Est-elle en mesure d’inverser le processus, au moins dans le secteur des grains ? Sinon, Pékin devrait poursuivre sa stratégie de diversification de ses approvisionnements alimentaires (investissements directs à l’étranger, achats ou locations de terres dans d’autres pays, importations massives et sécurisées par des partenariats commerciaux…). Les répercussions géoéconomiques de cette posture seraient porteuses de tensions géopolitiques.

. Jean-Paul Chagnollaud et Pierre Blanc, L’invention tragique du Moyen-Orient, Paris, Autrement, février 2017.
La poudrière du Moyen-Orient ne semble pas près de s’éteindre. À l’impasse israélo-palestinienne, à l’instabilité libanaise, se sont ajoutés ces dernières années le terrorisme djihadiste et la guerre civile en Syrie et en Irak. Parmi les origines essentielles de la tragédie, la reconfiguration territoriale et politique, opérée dans les années 1920 : les frontières nouvelles ont divisé les peuples, et ces États créés de toutes pièces ont mis en place, pour la plupart, des régimes autoritaires. Tout le processus de construction nationale s’en est trouvé affecté. Un essai lumineux sur ce puzzle infiniment complexe qu’est devenu le Moyen-Orient aujourd’hui.

. Fatiha Dazi-Héni, L’Arabie Saoudite en 100 questions, Paris, Tallandier, février 2017.

L’Arabie Saoudite est sous le feu de l’actualité. Mais connaît-on vraiment ce pays ? Le royaume inquiète à la mesure de notre méconnaissance et des nombreux préjugés véhiculés à son égard. Plus que jamais, il est opportun de mieux comprendre la réalité de ce qu’est le royaume d’Arabie Saoudite. À travers cet essai, la politologue Fatiha Dazi-Héni pose d’abord les bases historiques nécessaires à la compréhension des enjeux d’aujourd’hui. Sont également développées les dimensions culturelles, religieuses, sociologiques, politiques, économiques de l’Arabie Saoudite, ainsi que les relations que ce pays entretient avec le reste du monde. Qui est Ibn Saoud, fondateur de l’actuelle dynastie ?Qu’est-ce que le wahhabisme ?Quel est le rôle et la place de la femme dans la société ? Mis à part le pétrole, quels sont ses atouts économiques ? Pourquoi le vice-prince héritier Mohammed Ben Salmane veut-il changer le pacte économique et social ?La question palestinienne constitue-t-elle encore un enjeu ? Quelle place pour l’Arabie Saoudite dans le contexte du retour en grâce de l’Iran ?Pourquoi l’Arabie Saoudite est-elle si engagée dans le conflit syrien ?Peut-on parler de la fin de l’âge d’or pour l’Arabie Saoudite et les monarchies du Golfe ?Quelle est la teneur de la relation franco-saoudienne ? Quelle est l’influence de l’islam wahhabite saoudien en France ?

. Stéphane Thépot, Racines choisies, les paysans résistent, Paris, Ateliers Henry Dougier, février 2017.

Dans l’Aveyron, statistiques et observations minutieuses contredisent la « fin des paysans » qu’annonçait Henri Mendras en 1967. L’Aveyronnais, image d’Épinal d’une paysannerie rétrograde et patriarcale, terre de naissance ou d’adoption de révolutionnaires et de révolutions agricoles, se lève désormais comme la vitrine d’une paysannerie dynamique, innovante, féminisée, attrayante et fière. A la suite d’un André Valadier, sauveur de la vache d’Aubrac ou d’un José Bové, voix engagée pour la cause des agriculteurs et frondeur anti OGM médiatisé : esprit d’initiative, détermination et ténacité concentrés à l’échelle locale sont présentés dans cet ouvrage comme le terreau qui fut nécessaire à une renaissance de la terre.

A l’approche du Salon de l’Agriculture, entraînons le lecteur à la rencontre des paysans aveyronnais. Tantôt, c’est Lionel Sabrié, membre de la coopérative Jeune Montagne de Laguiole, qui, de son exploitation familiale en GAEC, voit la transition vers l’agriculture biologique comme la suite directe de la labellisation. Léon Maillé, lui, accepte de transmettre en héritage son troupeau de brebis à Marlène et Florian, couple mayennais de paysans néophytes, loin du modèle de l’exploitation familiale transmise de père en fils. Marie-Thérèse Lacombe, elle, combat pour la place et l’indépendance des femmes du monde agricole et des agricultrices. Autant de problématiques nationales voire globales, qui se jouent d’abord localement et quotidiennement.

. Fweley Diangitukwa, Comment mettre fin à une dictature solidement installée, Paris, L’Harmattan, février 2017.

Ce livre est une réflexion sur la tyrannie. Il s’adresse à tous les citoyens du monde qui cherchent à se débarrasser d’une dictature solidement installée mais qui ne trouvent pas la voie à suivre ou la solution idéale. Le contexte étant différent, d’un pays à l’autre et d’une dictature à l’autre, il est bien nécessaire de choisir la recette sinon les recettes la/les plus adaptée(s) au contexte national. Mais dans toutes les circonstances, trois forces doivent absolument se rencontrer pour qu’il y ait un véritable changement : le nombre de participants qui créent une grande union, l’intelligence qu’on appelle stratégie et la détermination qui permet d’aller jusqu’au bout de la vision commune.

. Amaël Cattaruzza et Aurélie Boissière, Atlas des guerres et conflits, Paris, Autrement, février 2017.

Cet atlas géopolitique des conflits armés contemporains jette un éclairage sur les évolutions de la nature de la guerre : privatisation, rôle croissant des civils, nouvelles cibles militaires, combattants privés, trafic et mutation des armes, abandon des champs de bataille en rase campagne au profit des villes, dimension écologique, etc.

. Jacques Gravereau, La Chine conquérante : enquête sur une étrange superpuissance, Paris, Eyrolles, janvier 2017.

La Chine est devenue la deuxième puissance économique mondiale. Elle projette d’accéder bientôt au premier rang, en se dotant chemin faisant des attributs d’une hyperpuissance en matières technologique et militaire. Dans ce cas, la porte lui serait ouverte pour faire régner ses normes et son ordre sur le globe. C’est-à-dire sur nous. C’est l’ambition affichée dans son nouveau discours à l’usage du monde, qui chauffe à blanc les masses chinoises déstabilisées par la croissance à marche forcée des dernières décennies. Mais il peut y avoir bien loin entre le rêve et la réalité. Jacques Gravereau décrit avec beaucoup de finesse la Chine d’aujourd’hui, sa culture si particulière, les forces qui expliquent son ascension vertigineuse et les faiblesses qui en font un géant aux pieds d’argile. Il lève ainsi un coin du voile sur le mode de pensée chinois, et donne les clés pour comprendre de l’intérieur ce pays si éloigné des standards occidentaux. Un livre d’une pertinence rare, vivant et habité, qui nous mène de la petite vieille vendeuse de glace à Pékin au début des années 1980, pionnière du "capitalisme" chinois, aux discours conquérants de Xi Jinping lors des défilés militaires grandioses de ces dernières années.

. Morgan Donot, Dario Rodriguez et Yeny Serrano, Leaders et leaderships dans les démocraties contemporaines, Strasbourg, Presses universitaires de Strasbourg, janvier 2017.

"Leader" et "leadership" sont des expressions prégnantes dans le vocabulaire politique contemporain. Mais que recouvrent exactement ces deux termes ? Sont-ils différenciables, et si oui, sur quels critères ? La figure du leader se construit et se manifeste en discours et le leadership, qui lui est associé, est un produit de cette construction tout en étant la source d’une nouvelle création.
S’appuyant sur des études de cas issues des continents américain et européen, cet ouvrage examine la question de la construction du leadership en démocratie. Des notions telles que "charisme", "populisme" et "leadership" permettent aux auteurs d’analyser les caractéristiques associées aux leaders démocratiques ainsi que les styles de leadership mis en œuvre par des personnalités politiques contemporaines. L’ouvrage s’inscrit volontairement dans une approche comparative et pluridisciplinaire. Cette approche permet de mettre en relation les mécanismes linguistiques, discursifs et argumentatifs convoqués dans la co-construction tant de la figure du leader que du leadership qui lui est associé, avec des savoirs provenant de disciplines diverses, telles que la science politique, les sciences du langage, les sciences de l’information et de la communication, ou encore l’histoire.

. Michel Marbeau, La Société des Nations – Vers un monde multilatéral, 1919-1946, Tours, Les presses universitaires François Rabelais, à paraître (mars 2017).

Née à la fin de la première grande conflagration mondiale, morte à la seconde, la Société des Nations (1919-1946) fut la première organisation internationale d’envergure, fruit de l’espoir utopique d’un monde apaisé. Sa mémoire est frappée d’une légende noire car, dans l’imaginaire collectif, la SdN est coupable d’avoir échoué à enrayer la marche vers la seconde guerre mondiale. Accusée d’inertie bureaucratique, vilipendée pour son incapacité à imposer des règlements pacifiques, la Société des Nations a été désignée comme bouc émissaire des échecs de la sécurité collective. Cette Société des Nations ridiculisée et honnie est pourtant mère de l’ONU.
La Société des Nations a-t-elle été un échec ou une réussite ? La réponse est loin d’être évidente. Son échec résulte des contradictions et de l’irrésolution du monde de l’entre-deux-guerres, les États membres n’ayant pas su s’entendre ou ayant privilégié un nationalisme étroit. En revanche, la Société des Nations a largement contribué au renouveau des relations internationales en s’employant à créer une diplomatie ouverte. Son œuvre technique, d’une très grande variété, est une incontestable réussite, et le prélude aux organisations internationales contemporaines.

. Daniel Chartier (dir.), Frontières – Actes du colloque québéco-norvégien, Québec (Canada), Presses de l’Université du Québec, à paraître (mars 2017).

D’emblée, la notion de « frontière » met de l’avant les découpages, les définitions, les limites. Elle est ainsi foncièrement pluridisciplinaire, voire métadisciplinaire. Comme la notion elle-même, la collaboration en études littéraires entre le Québec et la Norvège à la source de ce livre s’ancre dans une dimension territoriale et géopolitique, mais ouvre sur les enjeux qui en découlent. C’est ainsi beaucoup plus largement une réflexion sur les consensus et les interférences entre différents champs disciplinaires que le lecteur trouvera dans les chapitres qui composent cet ouvrage. À la fois fondatrice et arbitraire, la frontière s’avère un point d’observation fertile des circulations et des carrefours, une notion clé dont l’actualité ne cesse de marteler l’importance, et qu’il faut repenser dans ses dimensions concrètes mais aussi symboliques pour aborder l’imaginaire contemporain.

. Chloé Maurel, Une brève histoire de l’ONU – Au fil de ses dirigeants, Vulaines sur Seine, Editions du Croquant, à paraître (mars 2017).

L’histoire de l’Organisation des nations unies est retracée à travers les Secrétaires généraux qui se sont succédé. L’ouvrage présente en outre des encadrés sur des acteurs internationaux ayant prononcé des discours à la tribune de l’ONU ainsi qu’une analyse de ces allocutions. Les grandes actions de l’organisation et de ses agences sont également étudiées.

. Andrew G. Walder, China Under Mao – A Revolution Derailed, Cambridge (MA, Etats-Unis), Harvard University Press, à paraître (mars 2017).

China’s Communist Party seized power in 1949 after a long period of guerrilla insurgency followed by full-scale war, but the Chinese revolution was just beginning. China Under Mao narrates the rise and fall of the Maoist revolutionary state from 1949 to 1976—an epoch of startling accomplishments and disastrous failures, steered by many forces but dominated above all by Mao Zedong.
Mao’s China, Andrew Walder argues, was defined by two distinctive institutions established during the first decade of Communist Party rule : a Party apparatus that exercised firm (sometimes harsh) discipline over its members and cadres ; and a socialist economy modeled after the Soviet Union. Although a large national bureaucracy had oversight of this authoritarian system, Mao intervened strongly at every turn. The doctrines and political organization that produced Mao’s greatest achievements—victory in the civil war, the creation of China’s first unified modern state, a historic transformation of urban and rural life—also generated his worst failures : the industrial depression and rural famine of the Great Leap Forward and the violent destruction and stagnation of the Cultural Revolution.
Misdiagnosing China’s problems as capitalist restoration and prescribing continuing class struggle against imaginary enemies as the solution, Mao ruined much of what he had built and created no viable alternative. At the time of his death, he left China backward and deeply divided.

. James Barr, Une ligne dans le sable – Le conflit franco-britannique qui façonna le Moyen-Orient, Paris, Editions Perrin et le Ministère de la Défense, février 2017.

Comment la France et la Grande-Bretagne se sont-elles partagé le Moyen-Orient ? A travers une analyse novatrice, James Barr montre que, des accords Sykes-Picot, en 1916, à 1948, tout a été mis en place pour dynamiter la région : la Syrie à feu et à sang, la montée des extrêmes terroristes, le statut de Jérusalem et la maîtrise du canal de Suez en ont tour à tour été les détonateurs.

. Michael Lucken, The Japanese and the War – Expectation, Perception, and the Shaping of Memory, New-York (NY, Etats-Unis), février 2017.

Memories of World War II exert a powerful influence over Japan’s culture and society. In The Japanese and the War, Michael Lucken details how World War II manifested in the literature, art, film, funerary practices, and education reform of the time. Concentrating on the years immediately before and after (1937 to 1952), Lucken explores the creation of an idea of Japanese identity that still resonates in everything from soap operas to the response to the Fukushima nuclear disaster.
Lucken defines three distinct layers of Japan’s memory of World War II : the population’s expectations at the beginning, the trauma caused by conflict and defeat, and the politics of memory that arose after Japan lost to the Allied powers. Emphasizing Japanese-language sources, Lucken writes a narrative of the making of Japanese cultural memory that moves away from Western historical modes and perspectives. His approach also paints a new portrait of the U.S. occupation, while still maintaining a cultural focus. Lucken sets out to capture the many ways people engage with war, but particularly the full range of Japan’s experiences, which, he argues, the Japanese state has yet to fully confront, leading to a range of tensions at home and abroad.

. Sabrina Mervin et Nabil Mouline (dir.), Islams politiques – Courants, doctrines et idéologies, Paris, CNRS Editions, février 2017.

Réformisme, salafisme, wahhabisme, Frères musulmans, djihadisme, chiismes, alaouites, zaydites, ibadites, ismaéliens, soufis… Depuis les attentats, journalistes, politiques et experts, reconnus ou autoproclamés, saturent les médias avec la question de « l’islam », parfois envisagé comme un facteur explicatif unique et tranché des conflits contemporains, parfois éludé des analyses. Un terrain des idées dangereux où s’opposent les partisans du « tout-à-voir » et du « rien-à-voir ». Partant de l’histoire, cet ouvrage déconstruit les idées reçues et analyse de manière synthétique les doctrines et les enjeux contemporains des principaux courants de l’islam, par le prisme du « théologico-politique ». Tenant compte des derniers acquis de la recherche, des encadrés présentent leurs textes fondateurs et les évènements ou personnages qui sont essentiels à la compréhension de leurs idéologies. Un livre de référence accessible pour ceux qui veulent comprendre ces islams qui changent le monde.

. Michael Goebel, Paris, capitale du tiers monde – Comment est néé la révolution anticoloniale (1919-1939), Paris, La Découverte, février 2017.

Ce livre retrace l’expansion, au cours de l’entre-deux-guerres, de l’anti-impérialisme mondial, mouvement dans lequel Paris joua un rôle de tout premier plan. La Ville Lumière accueillit en effet d’innombrables futurs leaders tiers-mondistes qui vinrent y faire, sans même le savoir, leur formation politique – formation qui, en retour, les mènera vers l’une des plus fantastiques déflagrations révolutionnaires de l’histoire. Dans ce Paris incroyablement cosmopolite où affluaient les âmes errantes venues du monde entier, on pouvait ainsi croiser Hô Chi Minh, Zhou Enlai, Léopold Sédar Senghor, C. L. R. James, George Padmore, Messali Hadj ou le révolutionnaire indien M. N. Roy. En étudiant le contexte sociopolitique parisien dans lequel ces apprentis activistes évoluaient, ce livre nous plonge dans des complots d’assassinat prétendument ourdis par des étudiants chinois, dans des manifestations menées par des nationalistes latino-américains, ou simplement dans la vie quotidienne des ouvriers algériens, sénégalais ou vietnamiens.
Sur la base de rapports de police et autres sources de première main, Michael Goebel montre le rôle de force motrice essentiel joué par les mouvements migratoires et les interactions vécues au sein des milieux immigrés dans le développement de l’opposition à l’ordre impérial mondial, qui a fait se croiser les histoires de peuples issus de trois continents. S’appuyant sur les travaux de l’histoire globale et impériale, et sur les études des questions migratoires et « raciales » en France, ce livre ne propose rien de moins qu’une compréhension renouvelée des origines de l’idée de tiers monde et de tiers-mondisme.

. David A. Moss, Democracy, A Case Study, Cambridge (MA, Etats-Unis), Harvard University Press, février 2017.

To all who declare that American democracy is broken—riven by partisanship, undermined by extremism, and corrupted by wealth—history offers hope. In nearly every generation since the nation’s founding, critics have made similar declarations, and yet the nation is still standing. When should we believe the doomsayers ? In Democracy : A Case Study, historian David Moss adapts the case study method made famous by Harvard Business School to revitalize our conversations about governance and democracy and show how the United States has often thrived on political conflict.
Democracy’s nineteen case studies were honed in Moss’s Harvard course, which is among the institution’s most highly rated. Each one presents readers with a pivotal moment in U.S. history and raises questions facing key decision makers at the time : Should delegates to the Constitutional Convention support James Madison’s proposal for a congressional veto over state laws ? Should President Lincoln resupply Fort Sumter ? Should Florida lawmakers approve or reject the Equal Rights Amendment ?
These vibrant cases ask readers to weigh choices and consequences, wrestle with momentous decisions, and come to their own conclusions. They provoke us to rethink which factors make the difference between constructive and destructive conflict, and they provide an opportunity to reengage the passionate debates that are crucial to a healthy society. Democracy : A Case Study invites us all to experience American history anew and come away with a deeper understanding of our democracy’s greatest strengths and vulnerabilities as well as its extraordinary resilience over time.

. Jean-François Pérouse, Istanbul planète – La ville-monde du XXIe siècle, La Découverte, Paris, février 2017.

Istanbul est un continent urbain inconnu, trop souvent réduit à quelques prétendus hauts lieux – de plus en plus perdus dans l’immensité métropolitaine environnante – extraits d’un imaginaire réducteur, aux figures par trop rebattues. Il y a pourtant urgence à sortir des lieux communs pour prendre la mesure de l’organisme urbain monstrueux devenu ces deux dernières décennies la principale métropole du bassin méditerranéen, au pouvoir attractif croissant. Mégapole choyée par un pouvoir qui l’a promue en vitrine de sa puissance et de son identité refabriquée, mégapole qui fascine un « arrière-pays » de plus en plus vaste et diversifié, Istanbul a radicalement changé de dimensions et de fonctions. Outre l’étalement vertigineux qui la caractérise, aux conséquences catastrophiques pour son environnement, elle est le théâtre de profondes transformations physiques, économiques et culturelles. Laboratoire de la « Nouvelle Turquie », Istanbul est à la fois le lieu de la reconstruction de la référence ottomane – source de fierté –, le lieu où les paillettes du tourisme mondial côtoient la tension autoritaire installée par le régime, et le terrain d’expérimentation de nouvelles façons de vivre, entre économie de la consommation et tentations de repli autour d’identités collectives réinventées.

. Jacques Frémeaux, La Question d’Orient, Paris, CNRS Editions, à paraître (février 2017).

Depuis le XVIIIe siècle et jusqu’à aujourd’hui, la zone qui s’étend des Balkans à l’Afghanistan cristallise les tensions. Ce vaste espace a ainsi constitué, depuis l’entrée des flottes de la tsarine Catherine II en Méditerranée (1770), un champ disputé par la Russie et l’Angleterre, avant de se retrouver, après 1945, au cœur du conflit opposant la Russie et les États-Unis. Mais, d’ouest en est, ce sont surtout des peuples qui se succèdent, qui se cherchent et se déchirent entre les séductions de la modernité et le refus que lui oppose la tradition. L’« Orient », qui s’affirme toujours plus comme exclusivement musulman, devient alors un objet de fascination et de peur pour un « Occident » dominateur et manipulateur.

. Marc Goutalier, Une histoire stratégique des frontières arabes, Paris, Edition du Félin, à paraître (février 2017).

Un siècle après avoir été négligemment tracées sur la carte, nombre de frontières du Moyen-Orient sont devenues celles d’États menacés de décomposition. Les territoires irakien, syrien ou libanais sont redevenus le terrain de jeu des empires qui ont jalonné leur histoire et façonné leur territoire. Derrière ce chaos, c’est en réalité l’ensemble du monde arabe qui est en proie à une remise en cause profonde de ses frontières depuis le « Printemps » de 2011.

Frappés par la guerre civile, Irak, Syrie, Libye ou Yémen ont-ils jamais eu un sens ? Leurs frontières et celles de leurs voisins sont-elles aussi artificielles qu’elles le paraissent ? Pourquoi les États arabes semblent-ils enfermés entre la dictature des militaires et celle des religieux ? Que veulent vraiment l’Iran, la Russie, la Turquie et les pays occidentaux qui s’activent dans la région ?

Afin de répondre à ces questions majeures qui font désormais la une de l’actualité, Marc Goutalier nous invite à une plongée passionnante à travers l’espace et le temps, en offrant d’indispensables outils pour comprendre les dessous d’une carte dont l’avenir nous concerne tous.

. Ahmet Insel, La nouvelle Turquie d’Erdogan, Paris, La Découverte, février 2017.

À la suite du coup d’État avorté de l’été 2016, Recep Tayyip Erdogan a lancé une très vaste opération de purge des différents services de l’État – mais aussi de la société civile. Cette reprise en main est l’aboutissement d’un long processus. Depuis 2002, la Turquie est dirigée par l’AKP (Parti de la justice et du développement) et par son leader charismatique. Ce pouvoir « musulman-démocrate » a profondément modifié le pays mais le bilan de ce long règne est ambivalent. Les avancées sur le front de la démocratisation ont progressivement laissé place à un autoritarisme rampant et à une politique de réislamisation de la société. Les négociations avec l’Union européenne sont au point mort. Des pas courageux pour la résolution du problème kurde ont été remplacés par une nouvelle offensive répressive, qui s’est étendue à l’ensemble des revendications démocratiques et a révélé le visage autoritaire du pouvoir et sa volonté de mise en place d’un régime présidentiel fort, clairement revendiquée.
Dans cet essai documenté, Ahmet Insel nous éclaire sur les facteurs d’ascension de l’AKP, la stratégie politique et la persistance des succès électoraux d’Erdogan malgré les affaires de corruption, l’installation progressive de l’arbitraire et la lutte avec la communauté Gülen. Il montre ainsi les tourments de la société turque, tiraillée entre les conflits ethniques, religieux et culturels, entre peur de perdre son identité socio-historique et désir d’être dans le monde moderne.

. Alexandra Liarsou, Les métamorphoses de l’écologie, Paris, L’Harmattan, janvier 2017.

A la fois science fondamentale et appliquée, reliée à des problématiques sociales, économiques, politiques ainsi qu’à une organisation administrative, légale et réglementaire, l’écologie suscite controverses et passions. Cet ouvrage clair et incisif donne une vue d’ensemble critique et concrète du périmètre de cette science en mutation, de ses contraintes, de ses limites et apports, de son instrumentalisation sociale et des débats qui en résultent.

. Boualem Kadri et Danielle Pilette, Le Tourisme métropolitain renouvelé, Québec (Canada), Presses de l’Université du Québec, janvier 2017.

Le tourisme métropolitain renouvelé se distingue à la fois du tourisme urbain et du tourisme métropolitain traditionnel. Le premier est spécialisé et de niche, le second met en scène la vie quotidienne tout en proposant des événements ayant souvent lieu dans des espaces publics représentatifs de l’histoire de la métropole.

Dans sa formule renouvelée, le tourisme métropolitain est à la mesure ou à la démesure du gigantisme de la taille, du métissage démographique, des ressources et des réseaux des nouvelles métropoles, souvent d’Orient et du Sud. Il s’insère dans la construction et la reconstruction du territoire, s’ancre dans le spectaculaire et promeut les innovations, tant sociales que technologiques. Il est le fruit de la gouvernance et de l’exercice du leadership métropolitain, impliquant à la fois les collectivités locales, l’État national, les intérêts des entreprises oeuvrant dans différents secteurs et ceux des groupes de pression. Aujourd’hui, les entreprises du secteur numérique, des finances et du divertissement propulsent les nouvelles formes du tourisme métropolitain, qu’elles inscrivent dans de nouveaux réseaux auxquels font même appel les entreprises touristiques traditionnelles.

Selon les auteurs de cet ouvrage, la mise en tourisme n’apparaît plus comme un simple outil de définition du produit, mais comme un processus inclusif, y compris d’acteurs métropolitains de différents secteurs d’activités. Étudiants et professionnels du domaine du tourisme découvriront que l’expérience touristique renouvelée s’ancre tant dans l’ordinaire que l’extraordinaire, selon les multiples propositions, mesurées et démesurées, de la métropole.

. Christian Destremau, Churchill et la France, Paris, Editions Perrin et le Ministère de la Défense, janvier 2017.

« Français, c’est moi, Churchill, qui vous parle. » Le lundi 21 octobre 1940, les auditeurs français de la BBC entendent pour la première fois la voix du Premier ministre qui s’adresse directement à eux, et, au surplus, dans leur langue. En revanche, ce n’est pas la première fois qu’ils entendent le nom du plus célèbre Anglais du XXe siècle. La relation entre Churchill et la France ne se résume pas aux séjours de Winston dans les luxueuses villas de la Côte d’Azur ou aux liens établis avec de Gaulle. Très tôt, en effet, Churchill a baigné dans l’histoire de France et a été initié à la langue française. C’est ensuite par ses activités politiques et militaires qu’il ne cessera d’entretenir une relation privilégiée avec la France, plus qu’avec les Français, qu’il connaît en réalité bien mal. Car la France de Churchill, c’est une histoire pleine de bruits et de fureur, c’est Jeanne d’Arc, Napoléon, c’est la solidité du poilu et la Première Guerre mondiale, c’est Clemenceau et la force de la volonté et du verbe. Parfois admiratif du génie français, parfois exaspéré par les « frogs » – « Les Français sont vraiment une nation méprisable », dit-il au moment de l’affaire Dreyfus –, l’hexagone aura toujours une place particulière dans la vie et l’imaginaire du Britannique. Et si, déclare-t-il un jour, « le Tout-Puissant dans son infinie sagesse, n’a pas jugé bon de créer les Français à l’image des Anglais », il sait bien que, sans cette France turbulente et imprévisible, il n’aurait sans doute pas connu un tel destin.

. Guy Mvelle, Antonio Guterres au Secrétariat général de l’ONU – Les attentes impatientes de l’Afrique, Paris, L’Harmattan, janvier 2017.

L’arrivée d Antonio Guterres à la tête de l’ONU est un espoir en soi, en raison de sa parfaite connaissance du système onusien, et surtout du fait de sa longue expérience capitalisée dans le domaine humanitaire. Mais celui qui est considéré par certains comme un ami de l Afrique est également un produit du système, ce qui ne constitue pas un certificat de garantie en terme d’efficacité, d’indépendance dans l’action, et de démocratie internationale. Son discours reste jusqu’ici très généraliste, et ne met pas le continent noir au coeur de ses préoccupations. Ce premier quinquennat du Portugais s’annonce à la fois comme un challenge redoutable après les mandats très critiqués de Ban Ki-Moon, et comme un horizon plein de doutes pour l’Afrique.

. Adrien Jaulmes (dir.), Le monde en 2035 vu par la CIA, Paris, Equateurs, janvier 2017.

Jamais l’Histoire n’a connu de telles accélérations qu’aujourd’hui. Il nous faut des instruments précis pour comprendre et décrypter le monde des vingt prochaines années. C’est l’objectif de ce Rapport du Conseil National du Renseignement qui fournit analyses et perspectives à la CIA. Pour mener ce travail impartial et sans tabou, 2500 personnes de tous horizons (stratèges, chercheurs, économistes, spécialistes du renseignement et de la prospective) ont été interrogées. Intitulé le « Paradoxe du progrès », ce Rapport vient d’être remis au président Trump. Malgré leurs formidables opportunités économiques et technologiques, jamais nos sociétés n’ont été menacées par autant de périls. Nous vivons dans un monde de plus en plus intégré et interdépendant. Comment les États-Unis dirigés par Donald Trump exerceront-ils leur leadership ? La Russie demeurera-t-elle agressive si son économie faiblit ? Comment l’Europe va-t-elle affronter sa crise d’identité et la montée des populismes ? Les classes moyennes des pays développés vont-elles continuer de s’appauvrir ? Dans les vingt prochaines années, la population chinoise continuera à vieillir et l’Afrique connaîtra la croissance démographique la plus élevée au monde. Les entreprises privées enverront des hommes dans l’espace menacé par la militarisation des Etats. Comment affronter le réchauffement climatique, les cyber-attaques et les actes terroristes ? Autant de pistes, de scénarios ici analysés, et de réponses apportées. Ce Rapport captivant est un concentré de réflexions uniques sur le monde actuel et de demain. Préface d’Adrien Jaulmes (Prix Albert Londres, grand reporter au Figaro et spécialiste des questions internationales).

. Olivier Compagnon et Diogo Cunha (dir.), Les intellectuels et le politique au Brésil (XIXe siècle et XXe siècles), Limoges, Lambert-Lucas, septembre 2016.

Les rapports entre les intellectuels et le politique au Brésil ont toujours été complexes. Le pays a longtemps été caractérisé par une immense population rurale, misérable et analphabète, dominée par des structures locales archaïques, tandis que les lettrés des métropoles s’attribuaient le rôle de porteurs de la « conscience nationale » et d’agents naturels de la construction de l’État, ayant pour mission de fonder puis réformer, guider et valoriser la Nation. La victoire de Vargas en 1930 accélère l’entrée des intellectuels dans le monde politique. Les régimes autoritaires qui suivent, Estado Novo de 1937 à 1945 et dictature militaire de 1964 à 1979 ont pu compter sur le soutien d’une part importante des élites culturelles du pays. Depuis la fin des années 1970, sociologues et historiens se sont penchés sur cet acteur incontournable de la vie politique brésilienne, donnant naissance à un grand nombre d’ouvrages sur le sujet. Centrées d’abord sur l’« ère Vargas », les recherches se sont étendues à d’autres thèmes et périodes : rapports entre hommes de lettres et pouvoir impérial, rôle des écrivains de la Première République, importance de la « Génération de 1870 », activité des intellectuels de gauche pendant la dictature militaire... Cependant, malgré la multiplication, l’ampleur et la profondeur de ces études, les différents aspects, acteurs et périodes de cette histoire sont loin d’être épuisés.

. Gérard Blier, Les ports de guerre français, Paris, Economica, janvier 2017.

Dans les conflits qui ont ensanglanté le monde, la guerre sur mer a joué souvent un rôle important. C’est particulièrement vrai pour la France, bordée par trois mers et un océan. Des galères et vaisseaux à voiles aux bâtiments en acier et aux sous-marins nucléaires, leur construction, leur réparation et leur maintenance ont nécessité des infrastructures particulières et puissamment équipées. Il a paru dès lors opportun de s’intéresser à l’histoire des ports militaires français. Au fil des siècles ceux de Brest, de Toulon, de Rochefort, de Cherbourg, et d’autres en particulier outre-mer, ont permis l’essor de notre flotte de guerre. Ils ont été associés à ses succès, à ses échecs aussi. Dans cet ouvrage, au-delà des données tactiques ou stratégiques, le contexte économique et la dimension humaine sont largement évoqués. Par ailleurs de nombreux croquis et cartes éclairent le lecteur.

. Catherine Larrère, Les inégalités environnementales, Paris, PUF, janvier 2017.

Le risque environnemental est-il égalisateur ? Certains voudraient le croire. Ainsi Ulrich Beck écrivait-il, en 1986, dans La Société du risque : « La pénurie est hiérarchique, le smog est démocratique. » Mais si la globalité des dégradations environnementales expose l’humanité entière à un destin commun, cela n’empêche pas que les populations humaines, entre les pays comme à l’intérieur de chacun d’entre eux, sont très inégalement affectées par ces dégradations et y contribuent de manières tout aussi inégales. De façon générale, ce sont les plus vulnérables qui sont les plus touchées, tout en étant les moins responsables de la situation.

L’objectif de ce livre est donc de faire apparaître parallèlement la dimension environnementale des inégalités sociales et les effets inégalitaires des politiques écologiques. Il propose une approche pluridisciplinaire, car ce phénomène ne se réduit pas à un déterminisme simple. Il s’agit de comprendre comment ces inégalités, qui se creusent autant par le haut que par le bas, sont aussi un obstacle à une transition écologique réussie.

. Thierry de Montbrial, Thomas Gomart, Notre intérêt national : Quelle politique étrangère pour la France ?, Odile Jacob, 2017.

La politique étrangère de la France est-elle encore guidée par l’idée d’intérêt national ?
Ce qui semble prévaloir depuis dix ans, ne serait-ce pas plutôt la référence aux valeurs et une rhétorique guerrière pour justifier l’aventure extérieure ?
Pourtant, la notion d’intérêt national était au cœur de notre tradition diplomatique du cardinal de Richelieu au général de Gaulle. Elle permettait de hiérarchiser nos valeurs et nos alliances.
S’appuyant sur les contributions de grands acteurs et penseurs de notre diplomatie, ce livre analyse la politique étrangère de la France à l’aune de l’intérêt national compris comme moteur et comme cadre d’action.
S’inscrivant dans le débat sur l’identité française, il évalue aussi la place de la France dans le monde et les relations complexes que les Français entretiennent avec la mondialisation.
Un enjeu fondamental pour la présidentielle et les cinq ans à venir.

Membre de l’Académie des sciences morales et politiques, auteur de nombreux ouvrages, Thierry de Montbrial a créé en 1979 l’Institut français des relations internationales (Ifri) dont il est le président, et, en 2008, la World Policy Conference (WPC).

Historien des relations internationales, Thomas Gomart est directeur de l’Ifri depuis 2015.

. Andrew L. Oros, Japan’s Security Renaissance, New-York, Columbia University Press, à paraître (mars 2017).

For decades after World War II, Japan chose to focus on soft power and economic diplomacy alongside a close alliance with the United States, eschewing a potential leadership role in regional and global security. Since the end of the Cold War, and especially since the rise of Prime Minister Shinzo Abe, Japan’s military capabilities have resurged. In this analysis of Japan’s changing military policy, Andrew L. Oros shows how a gradual awakening to new security challenges has culminated in the multifaceted "security renaissance" of the past decade. Despite openness to new approaches, however, three historical legacies—contested memories of the Pacific War and Imperial Japan, postwar anti-militarist convictions, and an unequal relationship with the United States—play an outsized role. In Japan’s Security Renaissance Oros argues that Japan’s future security policies will continue to be shaped by these legacies, which Japanese leaders have struggled to address. He argues that claims of rising nationalism in Japan are overstated, but there has been a discernable shift favoring the conservative Abe and his Liberal Democratic Party. Bringing together Japanese domestic politics with the broader geopolitical landscape of East Asia and the world, Japan’s Security Renaissance provides guidance on this century’s emerging international dynamics.

. Jana J. Jabbour, La Turquie, l’invention d’une diplomatie émergente, Paris, CNRS Editions, février 2017.

Depuis le début du siècle, grâce à son dynamisme économique et son volontarisme politique, la Turquie est parvenue à se positionner en acteur majeur du système international d’une part, en puissance régionale de l’autre. Le feuilleton, mais aussi le film turc, témoignent du succès de son soft power : ils pénètrent l’imaginaire du public, diffusent une certaine idée du pays et constituent par là un vecteur d’influence. Profitant d’un relatif retrait des États-Unis, cette montée en puissance s’accompagne d’une affirmation politique, économique et diplomatique. L’AKP, constitué d’une nouvelle élite, est déterminé à faire de la Turquie un pôle d’attraction économique incontournable. Et, dans un espace régional bouleversé, le pays s’est invité à la table des vieilles puissances, initiant une « guerre des diplomaties ». Quelle a été la genèse de cette nouvelle ère ? Quels en sont les concepts, les acteurs, les dynamiques ? Comment les équilibres politiques et économiques intérieurs influent-ils sur cette nouvelle diplomatie ? Quelle place pour la question kurde ? Quel avenir pour cette diplomatie émergente ? Quels rapports avec l’Europe ? Un ouvrage essentiel pour mieux connaître et comprendre la Turquie d’Erdoğan.

. Henry Laurens, Les crises d’Orient 1768-1914, Paris, Fayard, février 2017.

En ce début de xxie siècle, le cycle d’instabilités au Moyen-Orient commencé en 2003 et qui s’est accéléré depuis 2011 a pris une dimension particulièrement dangereuse. Et l’on se donne l’impression d’être dans une situation nouvelle. En réalité, le Moyen-Orient a connu, tout au long du xixe siècle, des crises dites d’Orient. Dans un jeu d’ingérences et d’implications entre acteurs locaux, régionaux et internationaux, au point que l’on ne sait plus qui manipulait l’autre, ces crises opposèrent des intérêts et des projections culturelles contradictoires, aussi bien des Européens sur les pays dits orientaux que de ces derniers vers ce que l’on appelait le « monde civilisé ». Les États affrontèrent une violence parfois extrême, répondant dans l’urgence par des solutions politiques souvent boiteuses.

. Pierre Billaud (dir.), La grande aventure du nucléaire militaire français, Paris, L’Harmattan, janvier 2017.

Cet ouvrage rassemble des écrits de Pierre Billaud et de ses collègues atomistes, couvrant l’aventure de la bombe atomique française, la redécouverte de la bombe à hydrogène, la contestation de la fausse paternité de la bombe H, et l’histoire de la Direction des Applications Militaires (la DAM), du CEA. Leur récit révèle au grand public pour la première fois le difficile mais passionnant parcours de cette recherche qui aura contribué au redressement de la France et à la paix mondiale.

. Anne-Cécile Douillet et Rémi Lefebvre, Sociologie politique du pouvoir local, Paris, Armand Colin, janvier 2017.

L’organisation territoriale est une question politique majeure, comme l’a illustré la récente réforme des régions en France et les vifs débats qu’elle a suscités. C’est en effet à l’échelle locale que le pouvoir politique semble le plus incarné, à travers les élus locaux et les administrations déconcentrées de l’État. Les réformes décentralisatrices ont également rendu les Pouvoirs locaux plus visibles. En s’intéressant aux relations de pouvoir et à la façon dont se déploie l’action publique au niveau infranational, cet ouvrage propose une analyse complète du pouvoir politique local. L’étude des collectivités territoriales, des élus qui sont à leur tête comme de leurs administrations, est en effet articulée à celle des groupes d’intérêts, des experts qui agissent auprès d’elles ou encore des mobilisations sociales locales. C’est ainsi à la fois la place des Pouvoirs locaux dans le système politique national et l’exercice localisé du pouvoir politique qui sont interrogés. À travers cette étude du pouvoir à l’échelle locale, c’est toute une réflexion sur les modalités d’exercice du pouvoir politique dans les démocraties représentatives qui est ici proposée.

. Hervé Le Bras, L’âge des migrations, Paris, Autrement, janvier 2017.

Des migrants fuyant la misère, les persécutions ou le changement climatique : telle est l’image qu’on nous renvoie sans cesse. Mais les migrants sont aussi, de plus en plus, des personnes compétentes et diplômées... L’homme migre depuis son apparition sur Terre - et ça lui a réussi. Le désir de changer de pays n’a jamais été aussi répandu qu’aujourd’hui. Contrairement aux idées reçues, les murs et les barrières que dressent les nations ne bloquent pas les migrants, mais les sélectionnent. Un nouvel équilibre mondial des compétences se met irrésistiblement en place. A rebours des fantasmes occidentaux contemporains sur l’« invasion » des migrants, Hervé Le Bras nous invite à poser sur les migrations un regard neuf, impartial et salutaire. 30 cartes et infographies en couleurs.

. Nicolas Roche, Pourquoi la dissuasion, Paris, PUF, janvier 2017.

Daesh et le terrorisme de masse n’épuisent pas le champ des menaces et des risques qui pèsent sur l’Europe et la France. Alors qu’en Europe l’évolution de la Russie et de sa stratégie militaire inquiète, qu’en Asie les dynamiques nucléaires sont centrales, et qu’au Moyen-Orient les tensions entre États restent vives au lendemain de l’accord nucléaire avec l’Iran, l’actualité internationale incite à se poser de nouveau des questions fondamentales sur le langage de la force et de la puissance. La place et le rôle de la dissuasion nucléaire font l’objet de débats passionnés, entre ceux qui estiment cette arme trop chère, immorale, dépassée et inutile pour faire face aux défis du moment, et ceux qui veulent préserver un équilibre politique et capacitaire global de nos politiques de défense. Se préparer à ce débat, c’est d’abord en maîtriser les aspects techniques, historiques et stratégiques. Sur le modèle des War Studies anglo-américaines, de nombreuses initiatives voient le jour dans le monde académique français. Pour accompagner un tel effort, cet ouvrage, aussi accessible et complet que possible, a pour objectif de permettre à chacun de se réapproprier une vraie grammaire nucléaire et stratégique.


Livre recommandé par Diploweb.com en janvier 2017

. Christian Lequesne, Ethnographie du Quai d’Orsay. Les pratiques des diplomates français, CNRS éditions, 12 janvier 2017.

Pierre Verluise, Directeur des publications du Diploweb : "Voici un livre rare. Rare par la qualité de son questionnement sur les pratiques des diplomates français. Rare par la capacité de C. Lequesne à observer en ethnographe les usages les plus divers du Quai d’Orsay, sans jamais perdre sa distance analytique. Rare par sa qualité d’écriture : l’ouvrage se lit avec un grand plaisir. Bref un ouvrage novateur agréable à lire. Que demander de plus ? Un mode d’emploi des modalités d’accès à la carrière diplomatique ? Il se trouve aussi dans cet ouvrage. Voici donc un ouvrage indispensable à toute personne qui s’intéresse à la diplomatie française."

4e de couverture

La diplomatie française, plus qu’une simple donnée des relations internationales, est un ensemble de pratiques. Au sein des ambassades et des directions du Quai d’Orsay, des hommes et des femmes sont les acteurs de la politique étrangère française, et les représentants de la France à l’étranger.

Après une enquête de trois ans menée au sein des institutions et auprès des agents, Christian Lequesne nous ouvre la « boîte » du Quai d’Orsay, et nous en décrypte ses codes et ses pratiques. Ni monographie détaillée des différents services du ministère des Affaires étrangères, ni série d’anecdotes croustillantes sur ses dysfonctionnements, cet ouvrage est une plongée dans le quotidien des diplomates.

Carrière des agents, héroïsation de la fonction, rapport au pouvoir politique, vie en ambassade, rôle du « dire », lieux d’influence, etc. : voici quelques-uns des aspects de la diplomatie en pratique évoqués dans cette Ethnographie du Quai d’Orsay, afin de donner à voir la fabrique de la politique étrangère de la France.

Présentation du livre sur le site CNRS éditions


Compil’ Diploweb Spéciale concours

. Axelle Degans, Actualité internationale 2016, éd. Diploweb.com, 2017. ISBN : 979-10-92676-10-5

PDF - 673.2 ko
A. Degans, Actualité internationale 2016
La synthèse de l’actualité internationale 2016, par Axelle Degans, pour réussir vos concours avec Diploweb.com

. Alexis Troude, Le facteur Balkans – La troisième guerre mondiale aux portes de l’Europe ? , Paris, Lignes de repères, à paraître (mars 2017).
Depuis la fin des guerres dans l’ex Yougoslavie, les Balkans peinent à se stabiliser. Enjeu d’une lutte entre grandes puissances, Russie et Etats-Unis en tête, cette vaste zone est de plus en plus une terre de trafics (armes, drogues, cigarettes, notamment), de migrations, d’islamisme radical et de blanchiment d’argent. Or, montre cette enquête, la situation ne fera que se dégrader, entre montée des nationalismes, séparatismes, repli de l’idéal européen et difficultés économiques.
Car l’instabilité des Balkans, à quelques heures de route de l’Europe, ne peut que nous concerner. Alors que nous tardons à nous protéger efficacement, il est temps de prendre conscience des risques pour la paix du facteur Balkans.

. Charles Thépaut, Le monde arabe en morceaux, Paris, Armand Colin, à paraître (février 2017).

Véritable boîte à outils pour suivre l’actualité politique arabe, cet ouvrage s’appuie sur l’histoire longue des pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient afin d’en expliquer les dernières crises : soulèvements de 2011, chute de régimes autoritaires, émergence de Daech, affrontements confessionnels, etc. Mêlant synthèse de la recherche académique, cartes ou anecdotes de terrain, ce manuel de politique arabe décrypte l’évolution d’une région fragmentée, dont le destin est plus que jamais lié à celui de l’Europe. Le Maghreb reste un voisin mal connu. Les conflits en Syrie, en Libye et au Yémen, ou encore la reconquête irakienne contre Daech, amplifient la perception européenne d’un espace constamment en guerre. Les fortunes du Golfe alimentent les polémiques sur le rôle de ces pays dans l’économie mondiale et dans la diffusion de conceptions religieuses rigoristes. S’il faut comprendre les conflits autant que la place de la religion dans les pays arabes, il est aussi important de porter son regard au-delà des chocs les plus spectaculaires. Derrière les violences qui crèvent l’écran, les sociétés se transforment en silence et dessinent tant bien que mal leur avenir.

. Philippe Fabry, Atlas des guerres à venir, Paris, Editions Godefroy Jean-Cyrille, à paraître (février 2017).

Dans Histoire du Siècle à venir, Philippe Fabry mettait au jour une méthode de comparaison historique basée non pas sur des similarités ponctuelles, comme les commentateurs de l’actualité en usent souvent, mais sur des trajectoires longues offrant plusieurs points de contrôle et permettant une prévision plus fiable. Aujourd’hui, dans l’Atlas des guerres à venir, il applique cette méthode à la situation géopolitique mondiale afin de rechercher les lignes de force des grands conflits à venir, et utilise les schémas historiques pour déterminer quelles seront les zones affectées, dans quelle ampleur et selon quelles modalités. A travers une cinquantaine de cartes amplement commentées sont ici illustrés les parallèles historiques et projetés leurs résultats appliqués au monde d’aujourd’hui pour les trois grandes régions qui seront touchées par les guerres à venir : l’Europe, l’Asie et le Moyen Orient. Une dernière partie est consacrée au rôle central des Etats-Unis dans l’ensemble de ces conflits à venir et à la position américaine dans l’ordre mondial qui en résultera. Dans un monde dont l’avenir paraît de plus en plus incertain à mesure que l’ordre mondial américain post-URSS s’estompe et laisse émerger de fortes tensions régionales, l’Atlas des guerres à venir vient éclaircir notre vision en présentant le champ restreint des possibles.

. Jean-Pierre Perrin, Djihad contre le rêve d’Alexandre en Afghanistan, Paris, Seuil, à paraître (février 2017).

Si, aujourd’hui, la défaite occidentale en Afghanistan renvoie aux échecs des envahisseurs précédents, lle met surtout en pièces le grand rêve eurasien, le rêve de fusion entre deux continents d’Alexandre Le Grand.Ainsi, le territoire du Gândhâra où prospéra l’extraordinaire civilisation née de la rencontre féconde entre la Grèce et l’Orient coïncide avec celui du jihadisme contemporain. Celui-là même qui vit la percée des talibans, la montée d’Oussama ben Laden, et même le passage de Mohammed Merah, venu s’entraîner au terrorisme avant de revenir en France.Au rêve d’Alexandre « si beau, perspicace, intemporel et généreux », écrivit Bouvier, a succédé le cauchemar jihadiste qui veut hâter l’Apocalypse nucléaire par le biais d’une guerre entre New Delhi et Islamabad. Est-ce un singulier hasard, une facétie tragique de l’Histoire, le retour d’un lointain passé refoulé et revanchard, ou une victoire de l’Ange des ténèbres sur l’Ange de Lumière ? Journaliste et correspondant de guerre à Libération, écrivain, Jean-Pierre Perrin a publié des romans policiers dont Chiens et louves (Série Noire, 1999) et des récits d’actualités dont Les Rolling Stones sont à Bagdad (Flammarion, 2003), qui relate les derniers mois de Saddam Hussein ; Jours de poussière (La Table ronde, 2002), consacré à l’Afghanistan en guerre et couronné par le Grand prix des lectrices de Elle ; La mort est ma servante (Fayard, 2013), un récit sur la Syrie actuelle, en forme d’hommage à Samir Kassir.

. Isabelle Cassiers, Kevin Maréchal, Dominique Méda, Vers une société post-croissance , éd. De l’Aube, janvier 2017.

Le terme post-croissance désigne l’entrée dans une ère que nous ne parvenons pas encore à nommer, si ce n’est par référence à celle que nous quittons. Les symptômes qui signent la fin d’une époque sont clairs et sans appel : la poursuite de la croissance économique ne constitue plus un projet de société crédible. Toutefois, y renoncer pose aux économistes (théoriciens et praticiens) des défis majeurs qui exigent de reprendre à leur racine, sous un éclairage transdisciplinaire, les questions dont ils traitent couramment. Ensemble, les neuf chercheurs réunis dans cet ouvrage s’interrogent : quels sont les problèmes majeurs qui surgissent à l’esprit dès lors que l’on abandonne un objectif de croissance continue ? Par où passe la transition vers un autre horizon ? Quels sont les courants de pensée et les modes de gouvernance susceptibles d’articuler un projet cohérent ? Chacun des auteurs apporte un regard spécifique, une pièce au puzzle qu’il s’agirait à l’avenir d’assembler.

. Nicolas Werth, Les révolutions russes, Paris, Que sais-je ?, PUF, 2017.

Février 1917. L’empire de Nicolas II s’enlise dans la guerre. Les failles de l’économie russe, dont la modernisation est restée inachevée, apparaissent au grand jour. Entre l’autocratie des Romanov et une société en pleine mutation, le fossé se creuse. Quelques jours suffiront pour renverser le tsar. Sa chute ouvre la voie à une expérience démocratique unique dans l’histoire multiséculaire de la Russie, une expérience qui durera moins de huit mois : en octobre 1917, les bolcheviks, conduits par Lénine, prennent le palais d’Hiver…
Ce sont ces événements de l’année 1917 que raconte avec passion Nicolas Werth. Dépassant le clivage entre les interprétations soviétique et libérale, il s’attache à analyser non pas une seule révolution politique, mais une multiplicité de révolutions sociales et nationales.

. Jean-Luc Martineau, Introduction à la prévention des conflits internationaux, Paris, L’Harmattan, janvier 2017.

Face au danger de la contagion des conflits internationaux, la communauté internationale a fait de l’anticipation des conflits une impérieuse nécessité. Des instruments juridiques, des acteurs, des techniques et des méthodologies sont mobilisés afin de détecter les conflits au plus tôt et d’en prévenir la survenance. Cet ouvrage expose l’ensemble des principes et activités qui en ressortent. Il examine leurs succès et leurs défaillances, et plaide pour une véritable culture de la prévention des conflits.

. Christian-Edmond Pout, Comprendre la justice transitionnelle, Paris, Editions du Cygne, janvier 2017.

Qu’y a-t-il de commun entre des pays tels que le Rwanda, l’Afrique du Sud, le Togo ou le Maroc ? Chacun d’eux a connu, à une certaine étape critique de son histoire contemporaine, un processus de justice transitionnelle. La justice transitionnelle consiste à penser les modalités de la transformation globale d’une société traumatisée après un conflit et à jeter les bases d’un nouveau contrat social. À l’heure où les efforts internationaux et les acquis de la lutte contre l’impunité sont défiés par des résistances opportunistes qui font leur lit dans l’ignorance des populations et une certaine forme de paresse intellectuelle, ce livre rend accessible une compréhension claire des quatre piliers de la justice transitionnelle : le droit à la vérité, le droit à la justice, le droit à la réparation, les garanties de non-répétition. Il propose également d’examiner quelques exemples de processus de justice transitionnelle en contexte africain et se termine par un lexique qui permet aux lecteurs d’appréhender une terminologie qui donne parfois lieu à des simplismes lourds de conséquences dans l’opinion.

. Ibrahim Kader Fofana, L’Afrique de l’Ouest face à la menace djihadiste, Paris, L’Harmattan, janvier 2017.
Préservée jusqu’à un passé relativement récent des effets néfastes du jihad international, l’Afrique de l’Ouest se trouve à ce jour dans le viseur d’Al-Qaida au Maghreb Islamique et de l’Etat islamique. L’auteur aborde ici la question du terrorisme en mettant en exergue ses causes profondes. L’ouvrage montre alors que les Etats ouest-africains ne viendront à bout de ce fléau qu’à travers la mutualisation des efforts à l’échelle sous-régionale, en prenant en compte les aspects politiques, économiques ou encore sociaux et religieux de la lutte contre le terrorisme.

. Pierre Lellouche, Une guerre sans fin ?, Paris, Editions du Cerf, janvier 2017.

À l’heure de flux migratoires sans précédent dans l’histoire de l’humanité, qu’en est-il de la relation entre les mondes musulman et occidental ? À l’heure d’une mutation inédite de la guerre sous la forme d’un djihadisme planétaire, qu’en est-il des moyens d’assurer la paix ? À l’heure où l’islam entre en éruption face à la modernité, qu’en est-il de l’avenir de l’Europe et de la France ?
Sans préjugé mais aussi sans tabou, Pierre Lellouche montre que ces interrogations n’en font qu’une. Il inscrit cette question dans 1 500 ans d’histoire faite de proximités, de conflits et de renversements entre les deux rives de la Méditerranée. Mais cette fresque des événements passés vient éclairer une analyse lucide et informée des réalités présentes. Convoquant tour à tour Marc Bloch, Jacques Bainville, André Suarez ou Bernard Lewis, décryptant faits, cartes, rapports et statistiques, révélant les vrais enjeux des conflits du Proche-Orient qui sont devenus les nôtres,

. Christian Chavagneux et Ronen Palan, Les paradis fiscaux, Paris, La Découverte, janvier 2017.

Les paradis fiscaux sont au cœur des pratiques d’évasion fiscale des riches particuliers et des multinationales. Mais leur rôle est bien plus important : ils sont devenus des outils clés de la mondialisation économique et financière. Et ils sont l’un des éléments qui renforcent l’instabilité financière : qui sait qu’ils ont été présents dans chaque grand épisode de la crise des subprimes ?

Ce livre précise ce que sont les paradis fiscaux et quelle est l’ampleur du phénomène dans la mondialisation contemporaine. Il retrace les étapes qui ont soutenu leur émergence, de la fin du XIXe siècle jusqu’au boom des années 1990. Il présente les utilisateurs des paradis fiscaux et les instruments dont ils se servent. Il analyse les politiques publiques menées depuis les années 1920 pour lutter contre ces États parasites. Il montre en particulier comment le sujet a fini par devenir, depuis 2009, l’une des priorités du G20 et il revient en détail sur les avancées et les insuffisances des décisions prises aux niveaux mondial, européen et français. Il décrypte également les stratégies adoptées par les paradis fiscaux pour préserver leur offre d’opacité dans l’économie mondiale.

. Alice Pouyat, Les Argentins, Paris, Paris, Ateliers Henry Dougier, janvier 2017.

D’après le poète mexicain Octavio Paz « Les Argentins sont des Italiens qui parlent espagnol et se prennent pour des Français »… Mais encore ? Ces entretiens variés dévoilent un peuple qui surmonte avec humour et créativité la violence de crises politiques et économiques à répétition.

. Vincent Pouliot, L’ordre hiérarchique international, Paris, Sciences Po Les Presses, à paraître (février 2017).

À la table des négociations multilatérales, certains ambassadeurs ont plus de poids que d’autres en dépit du principe d’égalité souveraine qui fonde les rapports internationaux. Partant du constat que les différences de ressources matérielles entre les États ne suffisent pas à expliquer ce phénomène, Vincent Pouliot propose une visite guidée de la salle des machines de la politique mondiale. Il montre que les diplomates participent à des luttes de rang fondées tout autant sur leur savoir-faire respectif que sur les liens sociaux qu’ils nouent entre eux et sur l’idée que chacun a de son rôle, du « sens de sa place ». Ces manières de faire engendrent des ordres hiérarchiques complexes. La diplomatie n’est pas qu’un simple vernis social ou encore un rideau devant la scène. En connaître les ressorts aide à mieux comprendre la marche du monde.

. Jean-Manuel Escarnot, Djihadistan, c’est arrivé près de chez vous, Paris, Robert Laffont, à paraître (février 2017).

Les attentats de Charlie Hebdo, ceux du 13 novembre à Paris et du 22 mars 2016 à Bruxelles, confirment le top départ donné par Mohamed Merah à Toulouse, en mars 2012 : le Djihad n’a plus de frontières et ses partisans peuvent surgir à tous moments " près de chez vous ". L’auteur, adepte d’un journalisme en immersion, s’est plongé dans une enquête au plus près des policiers de l’antiterrorisme, dans les mosquées et les salles de prières, des familles de djihadistes et de ceux et celles qui cherchent l’antivirus.

. Michel Raimbaud, Tempête sur le grand Moyen-Orient, Paris, Ellipses, à paraître (février 2017).

Extensible au gré des pulsions américaines, le Grand Moyen-Orient s’étend désormais de l’Atlantique à l’Indonésie, sur plus de 50 degrés de latitude. En raison de sa position stratégique aux confins de l’Eurasie autant que par sa richesse en gaz et pétrole, cette immense « ceinture verte » islamique détient un potentiel de puissance considérable et constitue un enjeu majeur. De son devenir, mis en question par la tempête actuelle, dépend en bonne partie la physionomie de notre monde de demain : sera-t-il unipolaire, aux ordres de l’Occident comme il l’a été depuis la fin de la guerre froide, ou multipolaire comme le préconisent les émergents ? Telle est la question posée.

. Pierre Servent, Extension du Domaine de la Guerre, Paris, Tempus, à paraître (février 2017).

Cruellement frappée par le terrorisme, la France est entrée en guerre. Son ennemi : le salafisme totalitaire, incarné par l’État islamique, qui campe sur cinq continents. Nous avons pris désormais la tragique mesure de cette guerre d’un nouveau type qu’il nous faut livrer au plus loin, en Mésopotamie et au Sahel, et au plus près, au sein de nos villes. Notre pays n’est pas le seul à monter au front, mais il est une cible de choix, non par ce qu’il fait, mais par ce qu’il est.

Ce conflit nous invite à une mobilisation citoyenne puissante. Une mutation d’autant plus indispensable que l’esprit guerrier envahit la planète, aussi bien sur le terrain que sur la Toile : des familles partent faire le djihad ; des bandes armées bâtissent au nom d’Allah un proto-État criminel en Mésopotamie ; les Russes se taillent un État-croupion en Ukraine ; Pékin pousse ses pions navals en mer de Chine tandis que la Turquie rêve de restauration ottomane. Tout cela sous le regard de l’Iran et de l’Arabie saoudite qui se vouent une haine inextinguible et se font la guerre au Yémen. Face à des conflits très difficiles à déchiffrer et à leurs conséquences directes sur notre vie quotidienne, Pierre Servent nous livre des clés indispensables pour affronter un avenir incertain.

. Louise Fines, Géographie policière, ignorance concertée et propagande ennemie, Paris, L’Harmattan, 2017.

Trois études de cas (les starlight tours au Canada ; les manifestations qui se sont déroulées au sommet du G8 à Gênes ; et l’intervention déployée à l’encontre des grévistes à Marikana), servent de prétexte à explorer un phénomène historique : la neutralisation des personnes indésirables. En effet, à l’aune d’un idéal démocratique, il importe de mieux saisir les critères, circonstances et facteurs qui contribuent à faire en sorte que des individus sont classés dans la catégorie « personnes indésirables ».

. Robert McNally, Crude volatility : The History and the Future of Boom-Bust Oil Prices, New-York, Columbia University Press, 2017.

As OPEC has loosened its grip over the past ten years, the oil market has been rocked by wild price swings, the likes of which haven’t been seen for eight decades. Crafting an engrossing journey from the gushing Pennsylvania oil fields of the 1860s to today’s fraught and fractious Middle East, Crude Volatility explains how past periods of stability and volatility in oil prices help us understand the new boom-bust era. Oil’s notorious volatility has always been considered a scourge afflicting not only the oil industry but also the broader economy and geopolitical landscape ; Robert McNally makes sense of how oil became so central to our world and why it is subject to such extreme price fluctuations.
Tracing a history marked by conflict, intrigue, and extreme uncertainty, McNally shows how—even from the oil industry’s first years—wild and harmful price volatility prompted industry leaders and officials to undertake extraordinary efforts to stabilize oil prices by controlling production. Herculean market interventions—first, by Rockefeller’s Standard Oil, then, by U.S. state regulators in partnership with major international oil companies, and, finally, by OPEC—succeeded to varying degrees in taming the beast. McNally, a veteran oil market and policy expert, explains the consequences of the ebbing of OPEC’s power, debunking myths and offering recommendations—including mistakes to avoid—as we confront the unwelcome return of boom and bust oil prices.

. Michel Aglietta et Nicolas Leron, La double démocratie : une Europe politique pour la croissance, Paris, Seuil, 2017.

Nous avons un besoin absolu d’Europe. Le "Brexit" illustre la défiance des peuples à l’égard d’une Union européenne dont ils dénoncent l’autoritarisme technocratique. Attisé par la victoire de Trump, le repli nationaliste pourrait bien l’emporter.
En prenant pour point de départ la question de la démocratie, cet essai développe des propositions concrètes pour surmonter la crise européenne en commençant par rendre aux citoyens le pouvoir de se prononcer sur les grandes options économiques. La méthode des petits pas est révolue. Le contexte historique actuel appelle un nouvel acte fondateur, comme le furent l’institution du marché commun ou la création de l’euro. Cet acte, les auteurs le situent dans un budget européen, avec sa double dimension d’élément constitutif d’un ordre politique et de fonction d’investisseur en dernier ressort pour recouvrer une croissance soutenable.
Seul l’avènement d’une véritable puissance publique européenne peut permettre la revitalisation des démocraties nationales en desserrant l’étau réglementaire de l’UE. En concevant la possibilité d’un partage des responsabilités politiques entre ces deux niveaux, les auteurs envisagent la figure inédite d’une double démocratie.

. Nicolas Mazzuchi, Energie. Ressources, technologies et enjeux de pouvoir, Paris, Armand Colin, à paraître (février 2017).

L’énergie est l’un des secteurs les plus stratégiques et souverains qui soient pour les décideurs politiques. Elle est le socle de toute économie et, par là, de la richesse de l’Etat. Au coeur des questions énergétiques, des questions politiques, des enjeux géopolitiques et internationaux. C’est aussi un secteur économique qui répond à des normes particulières et à des enjeux spécifiques où le rôle des grandes entreprises devient de plus en plus important.
L’auteur s’intéresse aux grands points de tension de la planète (zones riches en ressources, détroits, etc.), aux mécanismes de marché, aux questions de transit (terrestre et maritime), au rôle des Etats, des entreprises, mais aussi de la société civile. Il ne néglige aucune énergie, ni les aspects climatiques qui sont maintenant primordiaux pour comprendre les jeux de pouvoir et d’influence au niveau international.

. Emmanuel Bellanger, Julia Moro, Nogent-Sur-Marne, cité modèle. Histoire d’une banlieue résidentielle aux XIXe-XXe siècles, Paris, La Découverte, janvier 2017.

Ce livre retrace l’histoire d’une cité modèle de la banlieue résidentielle et met en perspective les transformations d’un territoire de l’entre-soi bourgeois, métamorphosé par l’urbanisation. Nogent-sur-Marne est en effet l’exemple d’une forme citadine typique des grandes agglomérations de la vieille Europe, où les résidents ont veillé à préserver l’esprit originel de la villégiature. Dans le Grand Paris des années 1900, ou dans celui des années 2000, la ville incarne la vie résidentielle dans une métropole où s’enracinent les disparités sociales et les ségrégations territoriales.
Mais Nogent, comme toutes les villes bourgeoises des bords de Marne, fut aussi l’eldorado des classes laborieuses, porté à l’écran en 1929 par Marcel Carné. On l’oublie parfois, mais cette ville a aussi été la cité d’accueil de populations venues d’ailleurs, à jamais attachées à la « Ritalie nogentaise » de François Cavanna.
L’histoire de ce territoire révèle également l’ambivalence des relations qu’entretiennent les banlieues avec leur capitale. Lorsque la « banlieue rouge » entretient un rapport conflictuel avec sa puissante voisine ombrageuse, la ville de Nogent s’efforce de devenir un véritable « petit Paris », qui célèbre chaque année la Fête du petit vin blanc où se pressent toutes les vedettes du moment, de Line Renaud et Annie Cordy à Yvette Horner. Ce livre, qui s’inscrit dans la tradition des monographies communales, dévoile aussi les contrastes et les dynamiques qui font et défont les mondes de la ville métropole.

. Alexandre Bevin, Sun Tzu ou l’art de gagner des batailles, Paris, Tallandier, janvier 2017.

Rédigé il y a 2 400 ans par un sage chinois nommé Sun Tzu, L’Art de la guerre est un grand classique de l’histoire militaire. Dans un style concis et imagé, ce livre rassemble des recommandations sur la manière de conduire une guerre.
Spécialiste mondialement reconnu, Bevin Alexander démontre, exemples à l’appui, comment les chefs qui ont appliqué – sans le savoir – les principes, maximes et conseils de Sun Tzu ont presque toujours remporté la victoire, et comment ceux qui y ont contrevenu ont, sans la moindre exception, connu l’échec.
De la guerre d’Indépendance américaine à Gettysburg, du débarquement de Normandie à la guerre de Corée, en passant par Waterloo, la Marne et les Ardennes, la démonstration, solidement documentée, argumentée et non dépourvue d’humour, est implacable.

. Olivier Da Lage, L’Inde, désir de puissance, Paris, Armand Colin, février 2017.

La population indienne dépassera celle de la Chine entre 2020 et 2030. Depuis les débuts de la libéralisation de l’économie indienne au début des années 90, la croissance de l’économie indienne a été spectaculaire, avec pour corollaire le développement d’une classe moyenne jeune et urbanisée. Les salaires et les perspectives d’avenir sont devenus suffisamment attrayants pour que s’esquisse un retour au pays d’une partie des NRI’s (Non Resident Indians). Mais le slogan de l’Inde qui brille (Shining India) utilisé par le BJP lors des élections 2004 s’est à l’époque retourné contre lui, car à côté de cette Inde qui réussit, une écrasante majorité de la population ne bénéficie pas encore des bienfaits de ce développement.
L’auteur présente les défis que doit relever cet Etat continent pour devenir la 6e puissance mondiale.

. Scientific United Nations Educational, History of Water and Humanity, Paris, UNESCO Publishing, February 2017.

To assemble, evaluate and promote appropriate examination of water management in history requires a bold and global initiative. To this end, the UNESCO International Hydrological Programme is pioneering a project to develop a systematic and transcultural interdisciplinary knowledge base. Water History and Humanity explores key issues and cultural developments in humanity’s relationships with water in a coherent, historical framework. The strength of this volume lies in its holistic anthropological approach, which
reveals how various cultures have used and conceptualized water across multiple contexts, and how our interactions with water have transformed the way we see ourselves and the world.

. Antoine Faure, Franck Gaudichaud, Maria Cosette Godoy H, Fablola Mirande P. et René Jara R. (dir.), Chili actuel : gouverner et résister dans une société néolibérale, Paris, L’Harmattan, janvier 2017.

Le mot « néolibéralisme » renvoie assez souvent au Chili. Pour toute une génération, le traumatisme du coup d’Etat de 1973 ne met pas simplement fin au rêve porté par le président Salvador Allende, et à "la voie chilienne au socialisme" : l’intervention militaire enclenche aussi la mise en oeuvre de mesures néolibérales sur le continent latino-américain, et plus généralement à l’échelle mondiale. Mais de quoi parle-t-on lorsque l’on affirme que le Chili est un pays « néolibéral » ? Depuis 40 ans, la question ne cesse d’alimenter réflexions et débats au sein des sciences sociales comme de la sphère publique (Des articles en Français et en Espagnol).

. Pierre Lorrain, Ukraine entre deux destins, Paris, Bartillat, janvier 2017.

Peut-on parler de malédiction ukrainienne ? Les crises succèdent aux crises et l’Ukraine surgit régulièrement dans l’actualité comme un diable de sa boîte et généralement, c’est dans un contexte de catastrophes, de rébellions contre le pouvoir ou de scandales : Tchernobyl, Révolution orange, EuroMaïdan, problèmes gaziers avec la Russie, élections à répétition, corruption, collusions entre oligarques et politiciens, instabilité politique chronique, etc. Tout cela sur fond de divisions et de rivalités persistances entre les deux parties du pays, l’est - globalement tourné vers la Russie - et l’ouest qui regarde l’Union européenne avec les yeux de Chimène. Expliquer les raisons de cette situation hors normes en plongeant dans l’histoire récente de l’Ukraine, tel est le propos de l’ouvrage. Il revient sur l’histoire mouvementée de cet État qui a toujours cherché à exister sans y parvenir de manière durable. Plusieurs questions se posent sur les mythes et les réalités de l’identité ukrainienne. Quelles sont les racines historiques du « peuple ukrainien » ? Et d’ailleurs, un seul peuple ou plusieurs ? Un chapitre sera consacré à chacune des étapes de la création de l’État ukrainien et à ses différents avatars jusqu’à aujourd’hui. La deuxième partie traitera des événements qui ont secoué l’Ukraine depuis novembre 2013 et qui, même s’ils n’ont pas dégénéré en guerre civile, ont provoqué l’une des crises internationales majeures en Europe depuis l’effondrement de l’Union soviétique. En réalité, il n’y a pas une seule crise mais plusieurs qui s’emboîtent à la manière des matriochki de l’artisanat. Un chapitre sera consacré à chacune d’entre elles, à savoir crise économique, crise politique, crise institutionnelle, crise internationale.

. Pierre-Jean Luizard, Le piège Daech, Paris, La Découverte, janvier 2017.

Le groupe État islamique, inconnu encore quelques mois auparavant, a fait une entrée fracassante et sanguinaire dans l’actualité au cours de l’année 2014. Profitant des crises en chaîne qui secouent l’Irak et la Syrie, Daech a pris le contrôle d’une vaste région et dispose aujourd’hui de gigantesques ressources financières. Recrutant ses combattants dans le monde entier, exécutant ses otages avec une particulière cruauté et maîtrisant parfaitement l’art de la propagande, l’organisation apparaît, à la une des journaux occidentaux, comme l’incarnation contemporaine de la "barbarie". Reléguant Al-Qaïda au second plan, Daech serait devenu le mouvement le plus puissant de la " planète djihad".
Rompant avec nombre de commentaires à chaud, l’historien Pierre-Jean Luizard, grand spécialiste de la région, analyse l’ascension fulgurante et le fonctionnement de l’État islamique. Derrière les responsables de l’organisation, à commencer par son énigmatique chef, Abou Bakr al-Baghdadi, derrière le "califat" que ce dernier a proclamé en juin 2014, se cachent des logiques moins visibles, locales autant que mondiales, sociales autant que religieuses, dont les racines remontent au début du siècle dernier, à l’époque où l’Occident dessinait les frontières actuelles du Moyen-Orient.
Dans cet essai qui fait dialoguer l’actualité immédiate et la grande Histoire, l’auteur explique pourquoi nous sommes aujourd’hui pris dans le "piège Daech", cet "État-monstre" que l’Occident a largement contribué à faire émerger. Il avertit : ce piège se refermera impitoyablement si l’on s’obstine dans une logique guerrière, et si l’on refuse de comprendre le bouleversement historique que vit l’ensemble de cette région.

. Mathieu Guidère, Atlas du terrorisme islamiste, d’Al-Qaida à Daech, Paris, Editions Autrement, janvier 2017.

Un atlas du terrorisme islamiste à l’échelle mondiale. Pour comprendre ses racines, l’auteur analyse les liens entre islam, islamisme, djihadisme et terrorisme. Il décrit les différentes formes d’attaques, les différents groupes et les différentes organisations.

. Collectif, Russie 2017, cent ans après, Paris, Autrement, 2017.

La Russie fait peur, elle fascine à la fois proche et lointaine. Le président Vladimir Poutine, dans les arcanes du pouvoir depuis l’époque soviétique, incarne aux yeux du peuple russe le réveil d’une nation soumise aux sanctions internationales et où le rêve d’une nouvelle révolution – un siècle après celle qui marqua le xxè siècle – semble impossible. Pourtant, les crises démographiques, économiques et diplomatiques qui traversent le Kremlin bousculent l’État le plus vaste de la planète.


. Voir les livres géopolitiques de l’année en cours

. Voir les livres géopolitiques publiés en 2016

. Voir les livres géopolitiques publiés en 2015

. Voir les livres géopolitiques publiés en 2014

. Voir les livres géopolitiques publiés en 2013 Voir

. Voir les livres géopolitiques publiés en 2012 Voir

. Voir les livres géopolitiques publiés en 2011 Voir

. Voir les livres géopolitiques publiés en 2010 Voir

Encore plus !

Découvrez les livres géopolitiques publiés par Diploweb : des références disponibles via Amazon sous deux formats, Kindle et papier broché

<

DIPLOWEB.COM - Premier site géopolitique francophone

SAS Expertise géopolitique - Diploweb, au capital de 3000 euros. Mentions légales.

Directeur des publications, P. Verluise - 1 avenue Lamartine, 94300 Vincennes, France - Présenter le site

© Diploweb (sauf mentions contraires) | ISSN 2111-4307 | Déclaration CNIL N°854004 | Droits de reproduction et de diffusion réservés

| Dernière mise à jour le mardi 14 août 2018 |
/>