Actualité des livres géopolitiques

Par Frida GARIBAY, Pierre VERLUISE, le 22 janvier 2019  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Frida Garibay, Méxicano-Americaine, étudiante en Master 1 Relations Internationales (IRIS Sup Paris). Pierre Verluise, docteur en Géopolitique est directeur des publications du Diploweb.com.

Les livres géopolitiques sont nécessaires à la compréhension du monde. Le Diploweb.com en présente ici une veille spécialisée, unique sur la Toile, vue chaque mois par plusieurs milliers de personnes qualifiées. Le Diploweb.com ne touche aucune commission des éditeurs ou libraires.

Les éditeurs qui souhaitent faire connaître leurs nouveautés doivent adresser un exemplaire à Diploweb.com, 1 avenue Lamartine, 94300, Vincennes, France. Pour communiquer leur programme, les éditeurs doivent adresser un courriel à l’adresse suivante redactiondiploweb [at] gmail.com . La rédaction reste juge seule de ses choix.

. Pierre Verluise (dir.), « Histoire, Géographie et Géopolitique de la RUSSIE et de ses frontières » , éd. Diploweb via Amazon

Presque trois décennies après la disparition de l’URSS (1991), cette immense zone semble tombée dans un trou noir de la connaissance. Pour un jury ou un recruteur, rien de plus facile que de mettre en difficulté un candidat sur cet immense empire dont il n’a pas été contemporain. Née de la Révolution d’Octobre 1917, l’Union des républiques socialistes soviétiques s’est étendue jusqu’à 22 millions de kilomètres carrés ! Après s’être séparée des quatorze autres républiques, la Russie post-soviétique affiche encore 17 millions de kilomètres carrés ! Et entend bien conserver un droit de regard sur ce qui se passe à ses frontières, comme si la doctrine Brejnev de la « souveraineté limitée » était encore d’actualité. Pourtant, de grands acteurs comme les Etats-Unis, l’OTAN, l’UE mais aussi la Chine, avancent leurs pions sur ses marges. Ce qui provoque des tensions significatives, notamment lorsqu’une Russie qui aspire toujours à la puissance sort de ses frontières, en Géorgie (2008- ) et en Ukraine (2014- ).

Par convention, toute étude sur l’Europe géographique se doit d’intégrer la Russie et ses frontières. Cet ouvrage est conçu pour vous en offrir les clés. Nous avons rassemblé ici de véritables experts qui apportent des éclairages sur des fondamentaux de l’Histoire, la Géographie et la Géopolitique de la Russie et de ses frontières. La première partie présente l’Union des républiques socialistes soviétiques et ses lendemains. La deuxième se penche sur la Russie de Vladimir Poutine. La troisième offre un point approfondi sur ses fronts et frontières Enfin, la quatrième partie présente son hard power et son soft power.

Ces auteurs vous apporteront une expertise formulée de façon pédagogique. Vous pourrez ainsi mieux mettre en perspective les soubresauts de l’actualité, donner de la profondeur à votre analyse et sortir du lot.

Dirigé par Pierre VERLUISE, docteur en géopolitique de l’Université de Paris - Sorbonne, chargé de cours à la Sorbonne et professeur en CPGE, chercheur associé à la Fondation pour la Recherche Stratégique (FRS). Il a fondé le séminaire géopolitique de l’Europe à l’École de guerre. Auteur, co-auteur ou directeur d’une trentaine d’ouvrages, fondateur du Diploweb.com et directeur de ses publications. Avec des contributions de 16 experts : Mathieu BOULÈGUE, Cyrille BRET, Laurent CHAMONTIN, Juliette DENIS, Gérard-François DUMONT, Colin GÉRARD, Patrice GOURDIN, Michel HELLER, Kevin LIMONIER, Thomas MERLE, Michel NIQUEUX, Jean-Sylvestre MONGRENIER, Thomas TANASE, Françoise THOM et Julien VERCUEIL et Pierre VERLUISE. Préparation du manuscrit : Estelle MÉNARD et Pierre VERLUISE.

. Voir le livre de Pierre Verluise (dir.), « Histoire, Géographie et Géopolitique de la RUSSIE et de ses frontières » , éd. Diploweb via Amazon


. Cécile Asanuma-Brice, Un siècle de banlieue japonaise. Au paroxysme de la société de consommation, Paris, Metispresses, février 2019.

Un siècle de banlieue japonaise apporte une réflexion inédite sur les processus d’urbanisation de l’une des sociétés de consommation les plus avancées de la planète, dans un pays dont la population doit, de surcroît, souvent faire face à des désastres naturels. De la fin du XIXe  siècle aux temps présents en passant par la crise de Fukushima, l’histoire de la production de l’espace nippon retracée ici nous permet de saisir l’évolution du rapport des Japonais à l’urbain et à leur milieu. Dans ce contexte, la formation du tissu urbain banlieusard qui entoure les villes, et notamment la capitale, est un phénomène particulièrement éloquent. Au Japon, logements publics et sociaux n’allant pas de pair, il est essentiel de saisir les motivations d’une réflexion liée au logement populaire en banlieue. Quelles sont les conséquences foncières, sociales et culturelles de la transformation de l’espace imposée par les politiques planificatrices de la seconde moitié du XXe siècle ? Un siècle de banlieue japonaise présente les premières initiatives externalisées dans le domaine du logement, les influences occidentales et les prises de position qui ont donné naissance au processus de création de la banlieue japonaise, ainsi que les grands mouvements d’idées sous-jacents. Afin d’illustrer les résultats concrets de ces phénomènes, l’auteure examine en profondeur la situation des cités de logements publics japonaises, qui exprime certes la mise en œuvre de la modernité dans l’aménagement spatial, mais entraîne également des réalités socioculturelles difficiles. De la naissance du noyau urbain de Tôkyô aux emprunts à l’Amérique de l’après-guerre, de la vague du bunka à l’apogée de Kôdan (l’organisme public du logement), en passant par l’évolution inexorable d’un village où les traditions disparaissent progressivement, Cécile Asanuma-Brice nous présente la poétique et la politique de l’urbain nippon. Elle nous invite de manière spéculaire à nous interroger sur la production de l’espace urbain occidental.

. David Motadel, Les musulmans et la machine de guerre nazie, Paris, La Découverte, février 2019.

Au plus fort de la Seconde Guerre mondiale, après les premiers revers militaires subis en Union soviétique et l’enlisement dans des territoires abritant de nombreux musulmans – l’Afrique du Nord, le Caucase, les Balkans et la Crimée –, les dirigeants nazis ont cédé à une sorte d’urgence stratégique. Ainsi ont-ils mis de côté certains de leurs préjugés racistes et tenté d’instrumentaliser l’« islam » – religion que Hitler et Himmler, notamment, admiraient car ils la jugeaient « autoritaire », « fanatique » et « conquérante » – pour en faire une force politique ralliée à leur cause. Les musulmans sont donc devenus la cible d’une propagande acharnée et sophistiquée, quoique totalement ignorante des cultures et contextes régionaux. Mais en postulant l’unité du monde musulman, en manipulant les textes sacrés ou en tentant de faire passer Hitler pour une figure centrale de l’eschatologie islamique, la machine de guerre nazie a fabriqué de toutes pièces un islam imaginaire. Fondé sur des sources inédites issues de quatorze pays, ce livre démonte avec précision la thèse d’une proximité idéologique entre nazis et musulmans à l’égard des juifs. Si des dizaines de milliers de soldats musulmans se sont effectivement enrôlés dans la Wehrmacht et la SS, ils l’ont presque toujours fait pour échapper à une misère plus grande encore, aux menaces de la violence nazie, ou pour se venger de leurs anciens oppresseurs.


Découvrez les livres géopolitiques publiés par Diploweb : des références disponibles via Amazon sous deux formats, Kindle et papier broché

. Axelle Degans, "La synthèse de l’actualité internationale 2018. Réussite aux concours 2019 !" éd. Diploweb via Amazon

. P. Verluise (dir.), « Histoire, Géographie et Géopolitique de la Russie et de ses frontières », éd. Diploweb via Amazon

. P. Verluise (dir.), "Histoire, Géographie et Géopolitique de l’Union européenne. A l’heure du Brexit".

. P. Verluise (dir.), "Histoire, Géographie et Géopolitique de l’Asie. Les dessous des cartes, enjeux et rapports de force".

. L. Chamontin, "Ukraine et Russie : pour comprendre"

. P. Verluise (dir.), "Histoire, Géographie et Géopolitique du Proche et du Moyen-Orient. Les dessous des cartes, enjeux et rapport de force"

. P. Verluise (dir.), "Histoire, Géographie et Géopolitique de la mondialisation contemporaine. Les dessous des cartes, enjeux et rapports de force"

. S. Schmit, "Histoire, Géographie et Géopolitique de l’Amérique latine : Un sous-continent en pleine transition politique, énergétique et commerciale. Dossiers et fiches pays"

. L. Bloch, "L’Internet, vecteur de puissance des États-Unis ? : Géopolitique du cyberespace, nouvel espace stratégique"

. G-F Dumont, P. Verluise, "The Geopolitics of Europe : From the Atlantic to the Urals"


. Fanny Lopez, L’ordre électrique. Infrastructures énergétiques et territoires, Paris, Metispresses, février 2019.

La maîtrise industrielle de l’électricité et l’ordre électrique qui en est directement issu ont façonné nos sociétés depuis plus d’un siècle. Ils ont permis une démulti-plication de la croissance et de la consommation, tout en menant à l’appropriation des milieux de vie. Aujourd’hui, un mouvement de profonde reconfiguration des territoires-ressources est à l’oeuvre, remettant en question nos modes de vie ainsi que la nature et l’échelle des infrastructures et des territoires qui nous permettent de subsister, alors même qu’un grand nombre de ces derniers sont fortement dégradés. La quête d’un sol et de l’autosuffisance n’a cessé de bousculer l’ordre électrique. Cet ouvrage propose une histoire critique de ses infrastructures, depuis leur avènement à la fin du XIXe siècle, suivi par leur rapide développement à grande échelle – les monuments du capitalisme électrique –, jusqu’aux crises récentes et aux transformations qui ont conduit à l’émergence d’une diversité infrastructurelle et d’une gouvernance plus locale. Les territoires à énergie positive, les micro-réseaux électriques de Londres, de Berlin ou de New York, les mini-centrales urbaines, rurales ou domestiques, qui redessinent des trajectoires productives de plus petite échelle, promeuvent des dynamiques de réappropriation et des nouveaux systèmes d’interconnexion. Ces réalisations bouleversent les hiérarchies sociotechniques héritées du passé et redéploient nos devenirs énergétiques urbains et territoriaux.

. Pierre Bergounioux, Faute d’égalité, Paris, Gallimard, mars 2019.

On attendait d’énergiques initiatives, des changements effectifs, de vrais événements. Ils ne se sont pas produits. Cinq décennies ont passé en vain, à vide, apparemment. Et puis ce qui aurait dû être et demeurait latent, absent fait irruption dans la durée. Pierre Bergounioux entreprend ici de saisir les origines et la signification du soulèvement social que la France a vécu ces derniers mois. Il enracine sa réflexion dans l’histoire des nations et des idées occidentales, en vertu de l’axiome selon lequel tout le passé est présent dans les structures objectives et la subjectivité des individus qui font l’histoire. Ainsi se poursuit, jusque dans les formes les plus contemporaines de la contestation, en pleine crise du capitalisme et de la représentation politique, le rêve égalitaire qui nous est propre.

. Pierre Musso, Le temps de l’Etat-Entreprise, Paris, Fayard, mars 2019.

Nous assistons à la montée en puissance de la grande Entreprise, rivale de l’Etat, depuis plusieurs siècles. Cette fois, elle semble en mesure de rivaliser avec sa puissance et d’opérer un basculement en sa faveur. Sans cette « grille de lecture », il est impossible de comprendre la « crise du politique » qui s’étire maintenant depuis plusieurs décennies et de comprendre les dernières évolutions locales aux Etats-Unis et en Europe dont sont symptomatiques les présidences de Donald Trump et Emmanuel Macron, et la résurgence de Silvio Berlusconi, entre autres. Personnages ayant surgi comme par effraction à la présidence de leur pays, perçus comme des « politiques » improbables, Berlusconi, Trump et Macron ont été bien rapidement étiquetés « populistes », « élitistes », « néo-libéraux ». Si ces trois figures, pourtant en phase avec l’époque, restent incompréhensibles, c’est qu’ils méritent que l’on formule d’autres hypothèses d’interprétation du phénomène qu’ils représentent. Berlusconi, Trump et Macron, antipolitiques en politique, sont des figures pionnières de l’État-Entreprise. Cette institution double se manifeste et apparaît aujourd’hui, tandis que l’État est plus affaibli que jamais, et à sa suite la politique et le système de la représentation. L’Entreprise, en premier lieu la grande Entreprise (big corporation), triomphe. Elle est à l’apogée de sa puissance. Ce livre met en perspective, sur la longue durée, la mutation profonde du politique en Occident et donne à voir ce qui se joue à l’arrière-plan, entre l’État (institution de la religion du politique) et l’Entreprise
(institution de la religion industrielle) : un lent processus de neutralisation de l’État qui s’accélère depuis la fin du xxe siècle et semble tendre à son démantèlement, au profit de l’Entreprise… À tout le moins assistons-nous à un transfert d’hégémonie. Le temps de l’État-Entreprise advient, temps de la mutation du pouvoir et du rapport de force entre les deux institutions désormais hybridées.

. Régis Debray, L’Europe fantôme, Paris, Gallimard, février 2019.

Pour mieux comprendre ce qui lui reste d’emprise sur les esprits, il faut rendre à l’idée sublime d’Union européenne son aura d’origine. Et rappeler à ceux de ses vingt-sept membres qui l’auraient oublié d’où vient la bannière bleue aux seulement douze étoiles d’or : du Nouveau Testament, Apocalypse de saint Jean, 12. L’emblème qui flotte au-dessus de nos têtes qui ne croient plus au Ciel remonte à l’an 95 de notre ère et célèbre l’imminent avènement du Royaume. Vision mystique engrisaillée, projet politique encalminé : les deux ne sont pas sans rapport.

. Conseil français des investisseurs en Afrique (CIAN), Les diasporas africaines. Accélératrices des économies du continent, Paris, Éditions Eyrolles, janvier 2019.

Un panorama inédit des retombées économiques des diasporas africaines. Alors que l’Afrique enregistre une croissance durable et bénéficie de sauts technologiques grâce au digital, les trois millions et demi de personnes des diasporas africaines de France se tournent de plus en plus vers le continent pour prendre part à cette dynamique. Beaucoup de projets, d’initiatives entrepreneuriales ou associatives voient le jour, des fonds importants sont investis. Mais quel est l’effet réel pour le continent africain ? En 2018, le Conseil français des investisseurs en Afrique (CIAN) a conduit une étude pour mieux cerner la réalité économique de ces diasporas africaines de France, leurs motivations et aspirations ainsi que leur impact. Cet ouvrage dresse un panorama inédit de ces diasporas et de leurs puissantes retombées économiques pour le continent africain.

. Henry Laurens, Les crises d’Orient tome 2. La naissance du Moyen-Orient 1914-1949, Paris, Fayard, février 2019.

Dans ce second volume des Crises d’Orient, Henry Laurens poursuit sa magistrale synthèse sur l’histoire des conflits et violences qui agitèrent le Moyen-Orient, de 1915 et la Première Guerre mondiale à 1949. Dans ce volume, Henry Laurens montre de manière originale comment la Première Guerre mondiale est aussi une guerre pour l’islam. L’Allemagne impériale cherche à organiser un jihad contre les empires coloniaux de la France, de la Grande-Bretagne et de la Russie quand Britanniques et Français tentent de prendre le contrôle des villes saintes de l’islam. À la faveur du Premier Conflit mondial, né de la question d’Orient, et de l’effondrement de l’Empire ottoman, une multitude d’États se constituent dont les élites travaillent avec acharnement à se libérer de la tutelle étrangère. Jusqu’à la Seconde Guerre mondiale toutefois, les Britanniques parviennent à maintenir leur monopole. Mais l’entrée en scène des États-Unis et de l’Union soviétique, qui reprend à son compte le Grand Jeu du tsarisme, déstabilisent la région. D’autant que la création d’Israël en 1948, soutenue par les Occidentaux, initie un nouveau cycle de conflits au Moyen-Orient. Ce livre révèle une fois de plus combien l’enjeu des ingérences et des implications a façonné la réalité politique de la région et créé de terribles tragédies humaines comme la destruction de la chrétienté anatolienne ou l’exode des Palestiniens. Les drames d’aujourd’hui y trouvent leurs origines.

. Julien Monange, La Légion arabe de 1917, Paris, CNRS Éditions, janvier 2019.

Recrutée pendant l’été 1917 pour appuyer et renforcer les colonnes tribales de l’émir Fayçal et du colonel Lawrence contre les Turcs, la première Légion arabe constitue une tentative audacieuse dans l’Orient en plein conflit mondial. Formée de prisonniers ottomans, de déserteurs ou encore de volontaires bédouins et levantins, elle est placée hiérarchiquement sous le commandement de diplomates européens, mais encadrée par un corps d’officiers arabes convertis à la cause du chérif Hussein, le nouveau « roi du Hedjaz ». Des conseillers militaires occidentaux sont chargés de son instruction tactique et tentent de discipliner cette troupe hétérogène. En lui affectant le célèbre orientaliste français Louis Massignon qui professe en son sein un oecuménisme panarabe contre le califat ottoman, ses créateurs Sykes et Picot ont voulu donner l’impression de favoriser la création d’une armée nationale arabe. Mais l’objectif d’une telle entreprise était en fait de canaliser le nationalisme chérifien et de casser son lien inconditionnel à l’Islam. Le récit inédit de sa courte histoire donne de nouvelles clefs de compréhension des rivalités impérialistes en Orient, lignes de fractures entre les Alliés sur l’attitude à avoir envers l’Islam et le nationalisme arabe pendant la Grande Guerre.

. Amatallah Hassan Abdulmughni, Manon Quérouil, La Reine de Sanaa, Paris, Fayard, février 2019.

Au Yémen, avant son exil, Ahmatullah était le Premier ministre d’un gouvernement inédit : un « Conseil des Enfants » qui siégeait au Parlement. Elle avait alors de grands espoirs pour son pays, notamment le débarrasser des extrémismes qui assujettissent femmes et enfants, pour enfin rétablir la paix. Mais la guerre a eu raison de ça aussi et l’a contrainte à l’exil. Dans ce récit, elle nous raconte son enfance dans un Yémen en proie aux violences et au fanatisme. Depuis toute petite, on répète à Amatallah Hassan Abdulmughni qu’elle vaut « dix hommes ». Vu d’ici, le compliment n’en est pas un. Mais au Yémen, c’est plus qu’une reconnaissance : un véritable blanc-seing pour forcer le destin. À 18 ans, Amatallah a déjà un passé d’adulte. Au Yémen, elle était le Premier ministre d’un gouvernement comme il n’en existe nulle part ailleurs : les 35 membres qui composaient ce « Conseil des Enfants » étaient tous mineurs et siégeaient au Parlement, aux côtés de leurs homologues adultes. Là-bas, Amatallah s’était fixé une mission, et non des moindres : ramener la paix dans son pays, en combattant notamment les milices chiites. Mariages forcés d’enfants, femmes cloîtrées ou contraintes à porter la burqa dès l’âge de 10 ans, les combats de la jeune fille n’avaient plus de limites. Ou presque. Depuis quelques mois, Amatallah s’est vue contrainte de quitter son pays. La guerre a rattrapé tous ses espoirs. C’est depuis son exil que, grâce à Manon Quérouil-Bruneel, elle nous raconte son enfance dans un Yémen en proie aux violences et à l’extrémisme. Un document passionnant.

. Pierre Cabanes, Le monde grec, Paris, Armand Colin, février 2019.

Cet ouvrage a pour vocation de fournir quelques notions claires aux lecteurs et aux lectrices qui prennent contact avec la Grèce antique. Il offre une présentation du monde grec antique, fondée sur l’étude des grandes structures de cet ensemble dont l’unité est beaucoup plus culturelle que politique. Sont décrites successivement la vie sociale en Grèce ancienne, les activités économiques des habitants, les formes d’État et de gouvernement qu’ils ont adoptées pour organiser la vie de leurs petites collectivités, la vie religieuse et culturelle qui les rapprochent. Une chronologie permet de situer dans le temps ces structures et incitera le lecteur à aller plus loin dans la découverte du monde grec ancien.

. Pierre Buhler, La puissance au XXIe siècle, éd. Biblis, 2019.

Qu’est-ce que la puissance en ce début de XXIe siècle ? C’est à une exploration des transformations de ce concept central du système international que nous convie cet ouvrage. Il en examine les fondements, en dégage les règles, révèle cette « grammaire de la puissance » qui, par ses constantes comme par ses formes nouvelles, gouvernera sa redistribution.

Croisant les regards, ceux de l’économie, de la démographie, du droit, de la géographie, de la philosophie politique, La puissance au XXIe siècle offre une clef de lecture de l’ordre du monde et de sa recomposition continue. La mondialisation, l’innovation, la prolifération, à la faveur de la révolution numérique, des logiques de réseaux, la montée en force, voire l’apparition, de nouveaux acteurs ont érodé le monopole des États, qui ont cependant su reprendre la main.

« Cet ouvrage s’impose comme une référence pour comprendre le concept de puissance à la lumière du temps présent. »
Libération

. Kevin Limonier, Vladimir Pawlotsky, La Russie, une puissance en renouveau ?, La documentation photographique n°8126, novembre- décembre 2018, La documentation française.

Derrière l’image d’une puissance conquérante dirigée par un pouvoir autoritaire, la Russie recèle de nombreuses contradictions. Vaste territoire aux identités multiples, le pays fait face à une démographie en berne et une économie qui peine à se diversifier. Ses ambitions n’en restent pas moins considérables.
Ce nouveau numéro de la Documentation photographique permet d’appréhender les forces et les faiblesses de la Russie à un moment où ce pays s’efforce de redevenir une puissance incontournable sur la scène internationale. Le lecteur se voit proposé un tour d’horizon complet et actualisé des multiples dimensions (économique, sociale, démographique, diplomatique, militaire…) d’un pays-continent trop souvent réduit à sa caricature.
Au sommaire :
Le point sur : Les multiples géographies de la Russie ; Le « système Poutine » ; Espace postsoviétique, « étranger proche », « monde russe » ; La Russie dans le monde : puissance ou influence ?
Thèmes et documents : Institutions et exercices du pouvoir ; De fortes inégalités territoriales ; Une société aux identités multiples ; Des atouts économiques ; La Russie, puissance mondiale ou régionale ? ; Les vecteurs de la puissance russe.

. Julien Durand de Sanctis, Philosophie de la stratégie française II. La stratégie africaine, Paris, Nuvis, décembre 2018.

Après un premier volume consacré à la "stratégie continentale", Julien Durand de Sanctis étudie dans ce deuxième volume la stratégie française en Afrique. La présence politique et militaire française dans ce continent éveille toute une série d’interrogations relatives à la formation des idées et des représentations à l’oeuvre dans l’élaboration d’une stratégie. Julien Durand de Sanctis nous livre ici une réflexion originale qui place la "matrice" africaine au cœur de la construction des représentations stratégiques coloniales et post-coloniales françaises.

. Cécile Desprairies, L’Héritage allemand de l’Occupation. Ces 60 dispositions toujours en vigueur, Paris, Armand Colin, février 2019.

Cour d’assises, diplôme d’avocat, délit de tentative de faux et usage de faux, statut du détective privé, énergie hydroélectrique, affichage des prix, jerrican, tri sélectif, remembrement, pommes de terre Bintje, carottes râpées, vache Holstein, nouvelles races de chien… autant de dispositions qui nous viennent de l’Occupation allemande et sont passées par Vichy. Si à la Libération, avec le rétablissement de la légalité républicaine, la plupart des mesures de l’Occupation allemande furent abolies, certaines ont été maintenues et, avec elles, des habitudes nées de la guerre. Comment l’expliquer ? N’aurait-on gardé de ce régime autoritaire et répressif que ce qui relevait du quotidien ? L’affaire est complexe et chacun se fera son opinion. Ce livre exerce en quelque sorte un droit d’inventaire et, pour chacune de ces mesures ou dispositions qui sont restées, revient sur les raisons de leur conception et leur devenir aujourd’hui. Un défi passionnant, enrichi d’illustrations inédites.

. Eric Vuillard, La guerre des pauvres, Paris, Actes Sud, janvier 2019.

1524, les pauvres se soulèvent dans le sud de l’Allemagne. L’insurrection s’étend, gagne rapidement la Suisse et l’Alsace. Une silhouette se détache du chaos, celle d’un théologien, un jeune homme, en lutte aux côtés des insurgés. Il s’appelle Thomas Müntzer. Sa vie terrible est romanesque. Cela veut dire qu’elle méritait d’être vécue ; elle mérite donc d’être racontée.

. François Reynaert, Voyage en Europe, Paris, Fayard, janvier 2019.

Un voyage dans plus d’un millénaire d’histoire de l’Europe, de Charlemagne à la construction européenne, redonnant force et vie à l’idée d’une identité partagée. Notre histoire est européenne. S’arrêter face au trône de Charlemagne, dans la cathédrale d’Aix-la-Chapelle, pour rêver d’un empire qui fonda l’Europe. Se promener dans les rues de Nuremberg, de Bruges, de Gênes pour raconter la résurrection des villes et l’invention de l’économie, au Moyen Âge. Arpenter les falaises de Sagres, au sud du Portugal, pour imaginer le prince Henri le Navigateur guettant à l’horizon le retour des caravelles. Retrouver, en Pologne, le chanoine Copernic, qui chamboula notre rapport à l’univers. Chercher, dans les couloirs de Westminster, l’âme du parlementarisme et dans la salle du Jeu de Paume à Versailles celle de la Révolution française. Profiter d’une promenade d’un bout du continent à l’autre, pour explorer son passé. En ce début de XXIe siècle, les passions nationales flambent de nouveau. Nombre d’Européens n’imaginent plus l’avenir que dans le repli alors que notre histoire est indissociable de celle du continent. Un Espagnol et un Polonais, un Allemand et un Français ont en commun le Moyen Âge et ses châteaux, la Renaissance, les Lumières, les bouleversements consécutifs à la Révolution française, la révolution industrielle, les deux guerres mondiales. C’est une évidence, et elle est oubliée. Le but de cette promenade est de lui redonner force et vie.

. Serge Moati, Il était une fois en Israël, Paris, Fayard, janvier 2019.

Dans cette histoire d’Israël, conçue comme un récit de vie, Serge Moati donne à chacun le pouvoir d’enfin comprendre et sentir ce pays, ses espérances et, hélas, ses éternels conflits. Une perspective unique sur l’actualité autant qu’un hymne pour la paix. La première fois que Serge Moati est allé en Israël, en 1958, c’était au kibboutz Regavim. Là-bas, le jeune garçon qu’il était a découvert l’« homme nouveau » des premiers sionistes, avec ses idéaux d’égalité et de fraternité. Avec les jeunes filles et garçons du camp, ils ont appris la lecture, le partage et l’amour. Un « âge d’or » qui l’a longtemps porté. Que reste-t-il, à l’heure où le pays fête ses soixante-dix ans, de cet Israël des origines ? De celui de Herzl et de Ben Gourion qui rêvaient d’un pays où les Juifs du monde pourraient trouver refuge, dans la paix et l’harmonie avec leurs voisins ? Où ensemble, ils pourraient vivre sur une terre qui appartient à tous ceux qui la travaillent ? Plus grand-chose, nous dit ici Serge Moati. De l’« homme nouveau » d’Israël, il ne reste presque rien. Depuis l’indépendance, jusqu’à la dernière intervention de Tsahal à Gaza de novembre 2018, en passant par les deux intifadas, la guerre du Kippour, la mort de Rabin, etc., Serge Moati revient sur les événements qui ont façonné le pays. Dans cette histoire d’Israël destinée à tous, il donne à chacun le moyen d’enfin comprendre le conflit qui déchire la région depuis soixante-dix ans. Une perspective unique sur l’actualité autant qu’un hymne à la paix.

. Hamit Bozarslan, Crise, violence dé-civilisation, CNRS éditions, 2019.

Nécessaire, le « savoir » appliqué à la crise et à la violence peut s’avérer dépourvu de toute capacité explicative et devenir parfaitement frustrant. L’exigence scientifique comme l’urgence citoyenne imposent certes le savoir comme un devoir ; toute société est obligée de comprendre ce qu’elle produit, y compris l’irrationnel ou l’horreur. Mais comment nier qu’étudier l’horreur, c’est déjà reconnaître, a posteriori, notre impuissance ? L’analyse critique est-elle d’une grande utilité quand elle ne dispose pas de moyens d’action ?
Ce livre s’intéresse à trois notions : la crise, la violence et la dé-civilisation. Elles constituent les trois angles morts de l’histoire du monde, tant la connaissance scientifique que l’on peut en avoir ne permet ni de les comprendre pleinement, ni de les combattre efficacement. Elles ont pourtant une dimension universelle et une histoire longue. Il importe de continuer à se pencher sur ces trois notions, car la crise ne conduit pas nécessairement au chaos, à la violence et à la destruction, et la dé-civilisation ne relève d’aucune fatalité. Une crise peut aussi présenter une chance inédite pour une société de développer une conscience critique sur son passé et se projeter dans un avenir radicalement différent de son présent.
En étudiant ces questions politiques, historiques et éthiques, fondamentales, Hamit Bozarslan revient sur l’histoire du monde, et s’interroge sur son avenir.

Hamit BOZARSLAN, Docteur en histoire et en sciences politiques, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales, Hamit Bozarslan est notamment l’auteur d’une Histoire de la Turquie (Tallandier, 2013) et de Sociologie politique du Moyen-Orient (La Découverte, 2011). Ses études actuelles portent sur la sociologie politique et historique du Moyen-Orient.

. Observatoire franco-russe, Russie 2018, Regards de l’Observatoire franco-russe, éd. L’observatoire, 2019.

Jusqu’où ira la confrontation entre Moscou et Washington ? Quelles sont les capacités réelles de l’armée russe ? Comment interpréter les résultats de la présidentielle du 18 mars ? Alexeï Navalny a-t-il un avenir politique ? A quoi ressemble la société russe au début du quatrième mandat de Vladimir Poutine ? Quelles sont les perspectives de l’économie russe ? Que retenir des développements récents au Tatarstan, au Daghestan et en Iakoutie ? Comment les ambassadeurs de France en poste à Saint-Pétersbourg puis à Moscou ont-ils vu la révolution bolchevique et le début de la " guerre froide " ? Russie 2018, sixième rapport annuel de l’Observatoire, a pour ambition de fournir l’analyse la plus complète possible de la situation en Russie. Rassemblant les contributions d’une cinquantaine d’experts, cet ouvrage de référence s’articule autour de chapitres sur la diplomatie, la politique intérieure, l’économie et les régions, tandis que des " miscellanées franco-russes " illustrent l’ancienneté et la richesse exceptionnelle des relations entre la France et la Russie.

. Jean-Dominique Giuliani, Pascale Joannin (dir.), Atlas permanent de l’Union européenne, éd. Marie B, 2019

Dans la perspective des prochaines élections européennes, la Fondation Robert Schuman met à la disposition de tous une nouvelle édition de son Atlas permanent de l’Union européenne. Citoyens, enseignants, étudiants, élèves ou simples curieux, cet ouvrage s’adresse à tous. La quatrième édition de cet ouvrage, unique en son genre, élaboré par les experts de la Fondation Robert Schuman propose une vue complète et facile d’accès, de l’Union, de la zone €uro et de chacun de ses 28 États membres. Elle synthétise l’essentiel de l’histoire et des réalités politiques et statistiques de l’Union et offre plus de 50 cartes physiques et géopolitiques de l’Europe.

Mis à jour à travers son site Internet en accès gratuit et illimité, l’ouvrage permet à chaque lecteur de disposer à tout moment de l’information politique et statistique la plus récente et la plus objective, sur l’Union européenne et ses États membres.

Plus que jamais, l’Atlas à mettre entre toutes les mains !

. Mediterra, Migrations et développement rural inclusif en Méditerranée, AFD, CIHEAM, éd. Les Presses de Sciences Po.

Les phénomènes migratoires occupent aujourd’hui une place essentielle dans les agendas politiques. Moins connus sont leurs effets sur les équilibres socioéconomiques des territoires d’origine et d’accueil, dans un contexte climatique déjà préoccupant.
Composante première des mouvements de population, la migration des campagnes vers les villes est une stratégie d’amélioration de vie pour les ménages grâce aux transferts matériels et immatériels de la part des migrants et constitue un des leviers de développement local, mais elle compromet aussi l’attractivité des territoires ruraux, notamment aux yeux des plus jeunes. Elle prive en outre les secteurs agricoles et agro-alimentaires d’un capital humain nécessaire.
À l’heure où resurgissent les crises alimentaires et où s’aggravent les tensions liées aux ressources naturelles dans l’espace afro-méditerranéen, les migrations peuvent également fragiliser la sécurité alimentaire et hydrique des territoires les plus pauvres.
Qu’ont été et que sont les tendances migratoires en Méditerranée ? Comment intégrer ces mobilités internes et internationales comme facteur de développement territorial ? Comment aborder les migrations des jeunes et des femmes ? Quels sont les liens entre migrations et environnement ? Quels rôles jouent les innovations et le secteur privé ? Quelles réponses peuvent apporter les acteurs de la coopération et du développement ?
La nouvelle édition du rapport Mediterra, codirigée par le Centre international de hautes études agronomiques méditerranéennes (CIHEAM) et l’Agence française de développement (AFD), donne la parole à des experts et à des institutions partenaires afin de mieux comprendre cette thématique complexe, d’identifier des solutions durables et pérennes.

. Barbara Stiegler, Il faut s’adapter. Sur un nouvel impératif politique, Paris, Gallimard, janvier 2019.

D’où vient ce sentiment diffus, de plus en plus oppressant et de mieux en mieux partagé, d’un retard généralisé, lui-même renforcé par l’injonction permanente à s’adapter au rythme des mutations d’un monde complexe ? Comment expliquer cette colonisation progressive du champ économique, social et politique par le lexique biologique de l’évolution ? La généalogie de cet impératif nous conduit dans les années 1930 aux sources d’une pensée politique, puissante et structurée, qui propose un récit très articulé sur le retard de l’espèce humaine par rapport à son environnement et sur son avenir. Elle a reçu le nom de « néolibéralisme » : néo car, contrairement à l’ancien qui comptait sur la libre régulation du marché pour stabiliser l’ordre des choses, le nouveau en appelle aux artifices de l’État (droit, éducation, protection sociale) afin de transformer l’espèce humaine et construire ainsi artificiellement le marché : une biopolitique en quelque sorte. Il ne fait aucun doute pour Walter Lippmann, théoricien américain de ce nouveau libéralisme, que les masses sont rivées à la stabilité de l’état social (la stase, en termes biologiques), face aux flux qui les bousculent. Seul un gouvernement d’experts peut tracer la voie de l’évolution des sociétés engoncées dans le conservatisme des statuts. Lippmann se heurte alors à John Dewey, grande figure du pragmatisme américain, qui, à partir d’un même constat, appelle à mobiliser l’intelligence collective des publics, à multiplier les initiatives démocratiques, à inventer par le bas l’avenir collectif. Un débat sur une autre interprétation possible du sens de la vie et de ses évolutions au cœur duquel nous sommes plus que jamais.

. Christophe Picard, Patrick Boucheron, Le monde musulman du XIe au XVe siècle, Paris, Armand Colin, janvier 2019.

L’ histoire du monde musulman entre le XIe et le XVe siècle est féconde et contrastée dans un monde immense qui s’étend du Gange au Tage. L’étude des principaux événements souligne la profonde mutation des sociétés et des États. Dans cette ère troublée, marquée par de nouvelles invasions, les signes d’une crise durable ne manquent pas tant sur le plan économique qu’intellectuel. Mais réduire cette période de l’histoire de l’Islam à un lent déclin serait méconnaître le dynamisme persistant des sociétés islamisées ainsi que l’expansion musulmane dans les Balkans et en Afrique de l’Est, et la diffusion de la religion d’Allâh autour de l’océan Indien. Des textes et des illustrations commentés, la chronologie ainsi que le glossaire permettent aux étudiants de trouver des précisions sur les événements et sur la civilisation islamique et de se familiariser avec une période mal connue de l’histoire médiévale.

. Ernesto Laclau, Chantal Mouffe, Hégémonie et stratégie socialiste, Paris, Fayard, janvier 2019.

« Nous avons compris qu’il était nécessaire de montrer que le socialisme n’impliquait pas un rejet total du modèle libéral démocratique. [Dans ce livre] nous redéfinissions le projet socialiste comme une radicalisation des principes éthico-politiques déjà inscrits dans la démocratie moderne, l’idée de liberté et d’égalité pour tous. Le projet socialiste – compris en terme de démocratie radicale et plurielle – ne devait pas, disions-nous, être envisagé en rupture avec les idéaux de la démocratie moderne, mais comme leur réalisation », Chantal Mouffe. Dès sa première publication en anglais en 1985, ce livre a suscité de nombreuses discussions et controverses, toujours pas apaisées. Penseurs à l’origine du mouvement post-marxiste, Ernesto Laclau et Chantal Mouffe y défendent une vision de l’émancipation conçue comme « radicalisation de la démocratie ». L’émergence de nouvelles luttes sociales et politiques, en lien avec les transformations du capitalisme, a rendu l’approche théorique qu’ils proposent plus pertinente que jamais pour envisager un projet de gauche capable de fédérer les demandes de la classe ouvrière et celles d’autres mouvements sociaux (féministes, antiracistes, écologistes, LGBT). Au moment où la crise de l’hégémonie néolibérale peut ouvrir la voie à des solutions autoritaires, ce texte fondateur fournit les bases philosophiques permettant de poser les questions politiques essentielles pour concevoir une stratégie populiste de gauche.

. Faranguis Habibi, La guerre m’a parlé de loin, Paris, Stock, février 2019.

1979-2019 : il y a exactement 40 ans, l’Iran a tourné une page de son histoire. La Révolution était un « matin de printemps », l’espoir gagnait le pays, pour les femmes notamment. Faranguis Habibi est témoin de ces années. Sa culture, ses yeux, son âme vivent en persan et en français. Alors, lorsque la guerre Iran-Irak fait dire à l’ayatollah Khomeini « La guerre est un don de Dieu », Faranguis. Habibi rejoint la France en fille de Victor Hugo, pour devenir une figure importante du féminisme iranien. Ce récit très personnel raconte l’expérience de l’exil, l’accueil d’un pays et les cauchemars qui demeurent. Une ode à la liberté.

. Mathieu Delahousse, La chambre des coupables, Paris, Fayard, janvier 2019.

La Chambre des coupables traite de paroles de djihadistes une fois ceux-là pris dans l’engrenage de la justice française, avant de recevoir leur verdict. Ils sont à peine majeurs et se sont rêvés djihadistes. Ils sont en prison et déjà sur le point d’en sortir. Ils ont voulu combattre la
France. Elle doit à la fois les punir, s’en protéger et les réintégrer. Celle-ci a 19 ans et a tenté de « monter à Paris » pour aller « tuer des gens » et faire « pire qu’au Bataclan ». Celui-là a quitté sa famille pour la Syrie, d’où il est revenu, plein de haine, décidé à frapper son propre pays. Ceux-là s’aimaient en France, mais s’imaginait un avenir meilleur au cœur de l’État Islamique.
Leur point commun est d’avoir entrepris le pire, et d’avoir échoué. Revenus vivants, sans gloire ni martyre, tous sont poursuivis pour association de malfaiteurs terroristes. Ils posent à la justice l’énigme de leur parcours, du mépris de soi à la détestation des autres, de l’illusion d’une vie meilleure à l’appel du mal radical. La justice découvre en eux à la fois des enfants et des ennemis de la société française. En nous emmenant au cœur des audiences, Mathieu Delahousse élève chaque enquête au rang d’un récit véritable. Il ne nous épargne aucune des questions auxquelles le juge devra répondre en quelques heures. Il nous fait participer à cette justice rendue en notre nom et pour notre avenir. Mathieu Delahousse est grand reporter spécialiste des affaires judiciaires. Il a déjà publié plusieurs ouvrages, notamment La chambre des innocents (Flammarion, 2017), consacré aux victimes d’erreurs judiciaires.

. Oleg Khlevniuk, Staline, Paris, Gallimard, janvier 2019.

« Cela fait plus de vingt ans que je me consacre à l’étude de Staline et des mécanismes qui ont sous-tendu son action. Une action qui aboutit à la destruction de millions de vies humaines. Malgré le caractère éprouvant, sur le plan émotionnel, de ce travail, je m’y suis tenu avec constance », écrit Oleg Khlevniuk en introduction à cette nouvelle biographie saluée par la critique internationale. Unanimement reconnu comme le plus éminent spécialiste russe du stalinisme, fort d’une connaissance exceptionnelle des grands fonds d’archives soviétiques, l’auteur suit la vie et le parcours de ce dictateur hors catégories. Il pose un regard neuf sur le « système de règles » de Staline, les mécanismes politiques de son ascension, les ressorts d’un mode de gouvernance fondé sur un interventionnisme de tous les instants et un travail quotidien titanesque.

. Bertrand Tillier, Déjouer la guerre ? Une histoire de l’art des tranchées (1914-1918), Strasbourg, PUS, février 2019.

Alors que la guerre de position figeait les fronts, les combattants s’adonnèrent à une intense activité artisanale et artistique destinée à tromper l’attente et le cafard. À l’aide d’un outillage de fortune et de matériaux issus de la guerre industrielle – l’aluminium des fusées, le laiton des douilles d’obus de tous calibres, les éclats de projectiles… –, ils conçurent avec ingéniosité des bijoux et des bibelots. Leurs formes, leurs motifs et leurs inscriptions, le souci décoratif dont ils étaient investis – à la flexion d’un naturalisme naïf, d’une recherche d’expressivité et de l’Art nouveau désormais acculturé – trouvaient leurs sources dans une perpétuation de l’art populaire et dans l’expérience brutale de la guerre moderne. Très en vogue sur le front où elle contribua à structurer relations et sociabilités, et à l’arrière où ses amateurs étaient nombreux, cette pratique condensa des valeurs sociales, des enjeux artistiques et des projections psychanalytiques que cet ouvrage interroge. Ce qu’on qualifie sans doute trop rapidement de bricolage ou d’artisanat a constitué une culture matérielle et visuelle, qui a été l’objet d’une patrimonialisation et qui irrigue encore l’art contemporain et actuel.

. Édouard Mehl, Descartes en Allemagne, 1619-1620. Le contexte allemand de l’élaboration de la science cartésienne, Strasbourg, PUS, mars 2019.

« J’étais alors en Allemagne, où l’occasion des guerres qui n’y sont pas encore finies m’avait appelé… ». C’est ainsi que l’auteur anonyme du Discours de la méthode (1637) entame le récit d’une autobiographie intellectuelle que la postérité s’accorde à regarder comme l’acte de naissance de la philosophie moderne. Pourtant, on ne sait presque rien des circonstances réelles qui entourent la naissance de ce projet. Au lieu de remonter jusqu’à cet événement initial depuis l’œuvre achevée de Descartes, qui n’en dit – et peut-être même n’en sait presque rien –, cette enquête cherche à l’éclairer du dehors, à partir de ces circonstances. En Allemagne, en 1619, Descartes a-t-il rencontré Kepler, le mathématicien Faulhaber, ou un quelconque représentant de la société Rose-Croix ? A-t-il visité Kassel, Butzbach, Linz ou Prague ? Cet ouvrage s’emploie à départager ces hypothèses, et surtout à en évaluer l’intérêt philosophique : qu’apportent-elles à l’intelligence du projet cartésien, et par extension, de toute la philosophie comme projet de fondation de la science mathématique de la nature ?

. Gaulle Yves, Carnet apocryphe de Charles de Gaulle, Paris, L’Observatoire, janvier 2019.

« S’il a beaucoup écrit et parlé, Charles de Gaulle n’a pas rédigé ce carnet de notes sur la République. Si j’ai pris le risque de prendre sa place, je sais que ce texte n’a rien d’imaginaire tant il demeure fidèle à ce que mon grand-père, dans ses mémoires, ses notes ou ses discours, a étudié, critiqué, élaboré pour aboutir à l’édification d’une construction politique enfin viable pour notre pays : la République, la sienne, désormais la nôtre. Au plus près de sa voix, j’ai tenté de faire que ce carnet fût le sien. Ce livre est donc le regard de ce qu’il aurait pu raconter sur son action comme sa pensée institutionnelles, cela dès sa jeunesse et jusqu’au dernier jour. Prenons-le comme tel et acceptons de le parcourir comme étant d’abord celui d’un spectateur engagé, lucide et visionnaire, à travers sa condition militaire, puis d’un fondateur génial, révolutionnaire, inventif dont la marque a durablement imprimé la vie de notre pays. »

. James C. Scott, Homo Domesticus. Une histoire profonde des premiers États, Paris, La Découverte, janvier 2019.

Aucun ouvrage n’avait jusqu’à présent réussi à restituer toute la profondeur et l’extension universelle des dynamiques indissociablement écologiques et anthropologiques qui se sont déployées au cours des dix millénaires ayant précédé notre ère, de l’émergence de l’agriculture à la formation des premiers centres urbains, puis des premiers États. C’est ce tour de force que réalise avec un brio extraordinaire Homo domesticus. Servi par une érudition étourdissante, une plume agile et un sens aigu de la formule, ce livre démonte implacablement le grand récit de la naissance de l’État antique comme étape cruciale de la « civilisation » humaine. Ce faisant, il nous offre une véritable écologie politique des formes primitives d’aménagement du territoire, de l’« autodomestication » paradoxale de l’animal humain, des dynamiques démographiques et épidémiologiques de la sédentarisation et des logiques de la servitude et de la guerre dans le monde antique. Cette fresque omnivore et iconoclaste révolutionne nos connaissances sur l’évolution de l’humanité et sur ce que Rousseau appelait « l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes ».

. Kyle Harper, Comment l’Empire romain s’est effondré. Le climat, les maladies et la chute de Rome, Paris, La Découverte, janvier 2019.

Comment Rome est-elle passée d’un million d’habitants à 20 000 (à peine de quoi remplir un angle du Colisée) ? Que s’est-il passé quand 350 000 habitants sur 500 000 sont morts de la peste bubonique à Constantinople ?
On ne peut plus désormais raconter l’histoire de la chute de Rome en faisant comme si l’environnement (climat, bacilles mortels) était resté stable. L’Empire tardif a été le moment d’un changement décisif : la fin de l’Optimum climatique romain qui, plus humide, avait été une bénédiction pour toute la région méditerranéenne. Les changements climatiques ont favorisé l’évolution des germes, comme Yersinia pestis, le bacille de la peste bubonique. Mais « les Romains ont été aussi les complices de la mise en place d’une écologie des maladies qui ont assuré leur perte ». Les bains publics étaient des bouillons de culture ; les égouts stagnaient sous les villes ; les greniers à blé étaient une bénédiction pour les rats ; les routes commerciales qui reliaient tout l’Empire ont permis la propagation des épidémies de la mer Caspienne au mur d’Hadrien avec une efficacité jusque-là inconnue. Le temps des pandémies était arrivé.
Face à ces catastrophes, les habitants de l’Empire ont cru la fin du monde arrivée. Les religions eschatologiques, le christianisme, puis l’islam, ont alors triomphé des religions païennes.

. Marc Fleurbaey, Manifeste pour le progrès social. Une meilleure société est possible, Paris, La Découverte, janvier 2019.

Déréglementation, crise économique, tensions sociales, déstabilisation démocratique, guerre : la période 1980-2030 va-t-elle rejouer le drame de 1890-1940, avec en outre la forte probabilité d’être suivie de cataclysmes environnementaux balayant tout sur leur passage dans la seconde moitié du siècle ? La situation paraît chaque jour plus alarmante et il est intolérable de constater l’écart entre les possibilités considérables, inégalées dans le passé, dont jouissent la plupart des sociétés du monde entier, et la piètre performance des institutions et des gouvernements. Les échecs institutionnels et les problèmes de gouvernance sont partout, dans le secteur privé comme dans le secteur public. Or nous pouvons faire beaucoup mieux, nous pouvons construire une société meilleure. S’appuyant sur le travail d’un panel mondial de chercheurs en sciences sociales, ce manifeste propose une vision fondée sur une nouvelle manière de penser et de réformer nos principaux piliers institutionnels : marchés, entreprises, politiques de protection sociale et mécanismes de délibération démocratique. Il délivre un message d’espoir et un appel à l’action, à un moment où de nouvelles menaces pèsent sur l’avenir et où les idéologies du siècle passé ont été discréditées. Ni la perte des illusions ni l’essor du capitalisme ne devraient justifier la fin de la quête de justice sociale.

. Alain Ruscio, Les communistes et l’Algérie. Des origines à la guerre d’indépendance, 1920-1962, Paris, La Découverte, février 2019.

C’est un paradoxe : l’histoire du communisme reste aujourd’hui encore, alors que ce mouvement n’a plus dans la vie politique ni le poids ni la force d’attraction d’antan, un objet de controverses à nul autre pareil, en « pour » et en « contre ». Cet état d’esprit atteint un paroxysme lorsqu’il s’agit d’évoquer les actions et analyses du communisme – français et algérien – face à la question coloniale en Algérie, des origines dans les années 1920 à la guerre d’indépendance (1954-1962). Et s’il était temps, écrit Alain Ruscio, de sortir des invectives ?
C’est l’ambition de cette somme exceptionnelle, qui propose une plongée dans les méandres – le mot s’impose – des politiques communistes des deux côtés de la Méditerranée (PCF et PCA) durant plus de quatre décennies. Des tout premiers temps, lorsque le jeune parti commençait à s’affirmer et tentait de briser le consensus colonial, aux tempêtes de la guerre d’Algérie, en passant par les espoirs et illusions du Front populaire. Les relations avec le nationalisme algérien, qui ne furent jamais simples, sont finement analysées, avec le récit d’un grand nombre d’épisodes ignorés ou mal connus et l’évocation de parcours de multiples acteurs, qui donne chair à cette saga.



. Catherine Hass, Aujourd’hui la guerre, Paris, Fayard, janvier 2019.

Dans cet essai innovant, Catherine Hass livre une riche analyse de ce que recouvre le terme de guerre aujourd’hui, souvent convoqué dans le contexte de violence actuel. Pour cela, elle convoque les grands acteurs de la pensée politique de la guerre moderne, Clausewitz, Carl Schmitt, Mao Zedong, jusqu’aux récents développements de l’Administration Bush. Le 13 novembre 2015, beaucoup d’acteurs politiques, médiatiques ou de témoins des attentats parisiens répétaient en boucle : « Nous sommes en guerre. » Cette expression ambigüe n’a pas permis de mieux comprendre ce qui s’était passé. Elle interroge d’autant plus si l’on considère que, durant les années 2000, l’on avait annoncé la fin de la guerre au profit de l’avènement d’« opérations de police » et d’« états de violence ». En s’attachant à restituer ce qui fut pensé sous le nom de guerre à partir des écrits de Clausewitz, Mao, Schmitt et l’administration Bush, Catherine Hass nous montre que la guerre n’apparaît pas ou ne disparaît pas selon les périodes mais qu’elle change de mode selon la politique à l’œuvre, redistribuant ses catégories – ami, ennemi, antagonisme, nation, révolution, terrorisme. Le pari de ce livre est que des pensées révolues de la guerre peuvent constituer une forme de recours pour réfléchir notre contemporain, à l’instar de la Syrie ou de Daech.

. Édouard Lynch, Insurrections paysannes. De la terre à la rue. Usages de la violence au XXe siècle, Paris, Éditions Vendémiaire, janvier 2019.

Jusqu’en 1931, la population rurale était majoritaire en France. La seconde révolution agricole a ensuite soumis les agriculteurs à une constante pression modernisatrice, dans une société de plus en plus ouverte sur l’Europe et sur le monde, de plus en plus centrée sur l’activité des villes et des industries. Face à cette inexorable marginalisation, la profession a su élaborer des modes de protestation spécifiques, essentiellement axés sur les mobilisations collectives et le recours à l’action directe. C’est la construction de ce modèle original de la manifestation paysanne qu’Édouard Lynch analyse ici, depuis la révolte de 1907 jusqu’aux nouveaux enjeux de l’agriculture, en passant par la tentation fascisante des années 1930, l’activisme des jeunes modernisateurs des années 1960, et mai 68. Défilés, assauts contre des bâtiments officiels, barrages de routes, destruction de denrées : à chaque fois, il s’agit tout autant d’occuper l’espace public et médiatique que d’user de violence contre les biens, dans le cadre d’une relation ambivalente avec l’État, les forces politiques et l’opinion. Des buts, des stratégies, des techniques dont les modalités résonnent au plus près des mouvements sociaux d’aujourd’hui.

. Jacques Cantier, Lire sous l’Occupation, Paris, CNRS Editions, janvier 2019.

Que lisait-on dans la France des années noires ? Comment expliquer la « faim de lecture » propre à la période de l’Occupation ? Quelle fut la part prise par le régime de Vichy dans la circulation, la diffusion, l’orientation des livres publiés ? Et celle de la Résistance dans la propagation des écrits clandestins ? Comment accéder à l’intimité des millions de lecteurs qui, cherchant à s’évader hors d’un quotidien éprouvant, trouvèrent alors refuge dans un ailleurs fait de phrases imprimées ? Stratégies et pratiques des éditeurs, querelles autour du patrimoine littéraire, réorganisation corporative de la chaîne du livre, listes d’interdictions et spoliations de l’occupant, écrivains partagés entre collaboration, accommodement, évitement, insoumission : Jacques Cantier signe la première histoire totale du livre et de la lecture entre 1939 et 1945, des politiques de censure mises en œuvre par Vichy à l’ébullition culturelle de la Libération.
Archives publiques, critiques littéraires, notes de lecture mais aussi écrits du for privé permettent de retrouver les traces intimes des actes de lecture : écoliers de la France rurale cherchant à élargir leur horizon, adolescents parisiens en quête d’initiation, prisonniers de guerre tentant de maintenir une vie de l’esprit, victimes de la persécution antisémite en quête de réarmement moral.

. Pascale Cornut St-Pierre, La Fabrique juridique des swaps. Quand le droit organise la financiarisation du monde, Paris, Presses de Sciences Po, janvier 2019.

Six fois et demie la valeur de la production mondiale : voilà ce que représentent aujourd’hui les marchés des swaps. Formidables outils de gestion du risque pour certains, instruments de spéculation éminemment suspects pour d’autres, ces produits dérivés lucratifs ont connu un succès fulgurant depuis leur invention au début des années 1980. Placés au rang des coupables lors de la crise de 2007-2008, ils sont emblématiques de la financiarisation de l’économie mondiale. Aux côtés des banquiers, des acteurs plus discrets ont œuvré pour permettre à ces contrats de flux financiers de prospérer en marge des grandes réglementations : les juristes. Par leur travail de construction d’un langage juridique propre aux swaps, de standardisation des contrats d’échange, d’interprétation des lois et d’argumentation devant les tribunaux, les éminents cabinets d’avocats américains et internationaux ont instauré les normes de ces nouveaux marchés. Leurs techniques essaimées dans le monde entier ont prodigué à l’industrie financière une autonomie considérable. Ils ont révolutionné la culture juridique du monde des affaires. Un voile est ici levé sur la dimension juridique, aussi déterminante que méconnue, de la globalisation financière.

. Sébastien Boussois, Pays du Golfe. Les dessous d’une crise mondiale, Paris, Armand Colin, février 2019.

Depuis l’été 2017, les pays du Golfe sont confrontés à une crise sans précédent : en rompant du jour au lendemain leurs relations diplomatiques avec le Qatar, accusé de soutenir l’Iran et de financer les organisations terroristes, l’Arabie saoudite, le Bahreïn, les Émirats arabes unis et l’Égypte ont fait voler en éclat l’apparente unité au sein du Conseil de coopération du Golfe.
Cette crise, tout d’abord régionale, est rapidement devenue mondiale, car elle implique désormais de nombreux acteurs extérieurs et cristallise de multiples lignes de fractures annonciatrices d’une possible nouvelle guerre froide. En interrogeant les origines profondes de la crise, ses enjeux pour les pays du Golfe dans un contexte de nécessaire reconversion économique, de guerre au Yémen et de rivalité croissante entre Arabie saoudite et Iran, cet ouvrage souligne l’importance fondamentale d’une stabilité de la zone, non seulement pour le Moyen-Orient, mais aussi pour l’Europe et tout l’Occident.

. Stéphane Coviaux, Romain Telliez, Le Moyen Âge en Occident. Ve-XVe siècle, Paris, Armand Colin, janvier 2019.

Panorama synthétique du Moyen Âge (Ve-XVe siècles), cet ouvrage veut répondre aux besoins spécifiques des étudiants de premier cycle. Il propose l’essentiel des connaissances à travers plusieurs sections - les événements politiques, les faits culturels et religieux, le contexte social et économique, les grandes figures de la période...- et s’appuie sur un choix de documents significatifs. Plans de dissertation, chronologie, glossaire, cartes et sources livresques et informatiques offrent des ressources pédagogiques et des repères précieux.

. Mohamed Benhammou, Bahreïn. Une perle dans un golfe chaud, Paris, L’Harmattan, décembre 2018.
Grâce à sa position géostratégique et en raison de son histoire, le Royaume de Bahreïn jouit d’une grande importance dans la région, faisant de lui un pays ouvert sur le monde. Doté d’institutions politiques et constitutionnels modernes, cet état se donne pour objectifs la prospérité économique, le développement humain, la cohésion nationale et la place du royaume dans l’échiquier régional et international. Le Bahreïn et ses partenaires du Golfe attachent une grande importance à la coopération pour faire face aux menaces qui pèsent sur leurs pays : ingérence de l’Iran, activisme sectaire, terrorisme et menaces contre la sécurité.

. Cristina Lunghi, Plaidoyer pour l’égalité. Année zéro, Paris, L’Harmattan, décembre 2018.
Dans un contexte chaotique, où il est question de changement de système et de société, à la veille des élections européennes, l’auteure propose une réflexion inspirante sur le monde tel qu’il se dessine. Son approche originale vise à porter un regard nouveau sur le monde à travers la question de l’égalité entre les femmes et les hommes. À travers son expertise dans le champ de l’entreprise mêlé à sa vie de femme, elle dresse un bilan à la fois historique et prospectif sur nos sociétés.

. Bryan C. Price, Targeting Top Terrorists. Understanding Leadership Removal in Counterterrorism Strategy, Columbia, Columbia University Press, january 2019.
When President Barack Obama announced the assassination of Osama bin Laden, many Americans hoped the killing of al-Qaida’s leader would sound the death knell for the organization. Since 9/11, killing and capturing terrorist leaders has been a central element in U.S. counterterrorism strategy. This practice, known as leadership decapitation, is based on the logic that removing key figures will disrupt the organization and contribute to its ultimate failure. Yet many scholars have argued that targeted killings are ineffective or counterproductive, questioning whether taking out a terror network’s leaders causes more problems than it solves. In Targeting Top Terrorists, Bryan C. Price offers a rich, data-driven examination of leadership decapitation tactics, providing theoretical and empirical explanations of the conditions under which they can be successful. Analyzing hundreds of cases of leadership turnover from over two hundred terrorist groups, Price demonstrates that although the tactic may result in short-term negative side effects, the loss of top leaders significantly reduces terror groups’ life spans. He explains vital questions such as : What factors make some terrorist groups more vulnerable than others ? Is it better to kill or capture terrorist leaders ? How does leadership decapitation compare to other counterterrorism options ? With compelling evidence based on an original dataset along with an in-depth case study of Hamas, Targeting Top Terrorists contributes to scholarship on terrorism and organizational theory and provides insights for policy makers and practitioners on some of the most pressing debates in the field.

. Corey Byrnes, Fixing Landscape. A Techno-Poetic History of China’s Three Gorges, Columbia, Columbia University Press, january 2019.

In 1994, workers broke ground on China’s Three Gorges Dam. By its completion in 2012, the dam had transformed the ecology of the Yangzi River, displaced over a million people, and forever altered a landscape immortalized in centuries of literature and art. The controversial history of the dam is well known ; what this book uncovers are its unexpected connections to the cultural traditions it seems to sever. By reconsidering the dam in relation to the aesthetic history of the Three Gorges region over more than two millennia, Fixing Landscape offers radically new ways of thinking about cultural and spatial production in contemporary China. Corey Byrnes argues that this monumental feat of engineering can only be understood by confronting its status as a techno-poetic act, a form of landscaping indebted to both the technical knowledge of engineers and to the poetic legacies of the Gorges as cultural site. Synthesizing methods drawn from premodern, modern, and contemporary Chinese studies, as well as from critical geography, art history, and the environmental humanities, Byrnes offers innovative readings of eighth-century poetry, paintings from the twelfth through twenty-first centuries, contemporary film, nineteenth-century British travelogues, and Chinese and Western maps, among other sources. Fixing Landscape shows that premodern poetry and visual art have something urgent to tell us about a contemporary experiment in spatial production. Poems and paintings may not build dams, but Byrnes argues that the Three Gorges Dam would not exist as we know it without them.

. Guy Mamou-Mani, L’apocalypse numérique n’aura pas lieu, Paris, L’Observatoire, janvier 2019.
Le numérique change notre vie : il est temps de nous en emparer pour construire le monde dans lequel nous voulons vivre ! Éducation, santé, intégration, emploi, service public, les nouvelles technologies sont partout, et cela effraie. Au point que la France, sous le coup d’angoisses irrationnelles, court un risque majeur : déserter le terrain numérique. La révolution numérique est peut-être la seule de l’histoire qui apporte une solution à chaque aspect de l’activité humaine. Encore faut-il mettre en place les politiques nécessaires à l’optimisation de ses bienfaits. Il n’est pas trop tard, mais il y a urgence. En replaçant l’homme au cœur de toute technologie, le numérique offre l’occasion d’améliorer l’existence non pas d’une poignée de personnes, mais de tous. Guy Mamou-Mani va encore plus loin : avec cette révolution, on ne change pas seulement d’outil, on change la condition humaine. Loin des discours catastrophistes, ce chef d’entreprise conscient des enjeux actuels brosse le tableau d’une industrie numérique par et pour l’homme et défend la vision optimiste d’une société portée par l’innovation.

. Olivier Benyahya, Frontières, Paris, Fayard, janvier 2019.
De l’attentat de la rue de Copernic en 1980 à celui du Bataclan en 2015, le narrateur s’interroge sur la façon dont les événements se transforment en récits. Décembre 2008. L’armée israélienne lance l’opération Plomb durci dans la bande de Gaza. Rendu public par les Nations Unies, un rapport fait peser sur l’État hébreu la menace d’une accusation de crimes de guerre. En avril 2011, pourtant, deux ans après sa publication, le document se voit partiellement remis en cause par son principal signataire, le juge Richard Goldstone. Les autres magistrats maintiennent leurs conclusions. Chargé par une revue de sonder les motivations du juge, W laisse ses investigations le conduire à une mise en abîme perturbante, par-delà les époques et les territoires. Témoin de ce cheminement, le commanditaire de l’enquête se trouvera lui-même appelé à revisiter une partie de sa propre existence : celle d’un homme rapatrié d’Algérie et devenu père sous les mandats de François Mitterrand. De l’attentat de la rue Copernic en 1980 à celui du Bataclan en 2015, Frontières interroge l’interpénétration du processus d’écriture et de l’intoxication mentale, l’imbrication des sources et des modalités de cryptage : la façon dont les événements se transforment en récits.

. Thierry Feuillet, Étienne Cossart, Hadrien Commenges, Manuel de géographie quantitative. Concepts, outils, méthodes, Paris, Armand Colin, janvier 2019.

À l’ère du big data, et du développement fulgurant des nouvelles technologies, jamais les données spatiales n’ont été si nombreuses et aussi facilement accessibles. Toutefois, leur compréhension et leur mobilisation ne sont pas sans difficulté.
Ce manuel a pour objectif d’apporter un cadre rigoureux de lecture et d’analyse des données spatiales, sous toutes leurs formes, dans une démarche de modélisation applicable à tout type de données ou de phénomènes s’exprimant dans l’espace. Après avoir présenté les théories, les concepts et les principales définitions de la géographie quantitative, il propose aux étudiants d’explorer de manière progressive les principales méthodes à connaître – des statistiques spatiales basiques aux techniques de modélisation spatiale les plus avancées.
Un ouvrage assorti de plus d’une soixantaine de figures originales en couleurs et de nombreuses applications empruntées à tous les champs de la discipline géographique.

. Catherine Mayeur-Jaouen, Voyage en Haute-Égypte. Prêtres, coptes et catholiques, Paris, CNRS Éditions, janvier 2019.

C’est en Haute-Égypte, la région la plus pauvre du pays, que nous emmène cet ouvrage, à la rencontre des coptes-catholiques, minorité de la minorité, au milieu d’une mer copte-orthodoxe et d’un océan musulman. C’est en suivant des prêtres égyptiens, de leur formation au séminaire, puis à Rome, jusqu’au retour dans leurs paroisses rurales, avant et après la révolution de 2011, que le lecteur découvre l’histoire de cette petite Église. Le livre retrace aussi l’histoire des contacts séculaires des coptes-catholiques avec des franciscains italiens et jésuites français. Le lecteur découvre enfin les communautés villageoises de cette région, pauvres et actives. Curés de campagne, les prêtres coptes-catholiques arbitrent les conflits, arrangent les mariages et luttent contre le sous-développement chronique de la Haute-Égypte délaissée par un État à la fois omniprésent et déficient. Ils défendent la cause des femmes dans une société patriarcale, représentent leurs paroissiens au milieu de tensions confessionnelles croissantes et face aux autorités administratives et politiques. Ce livre, comme le souligne Robert Solé dans sa préface, réussit à nous faire partager, de manière saisissante, la vie quotidienne des habitants de la vallée du Nil.

. Christophe Badel, Hervé Inglebert, Grand Atlas de l’Antiquité romaine, Paris, Autrement, janvier 2019.

Depuis sa création jusqu’à la chute de Rome, cet atlas retrace, au fil des cartes, l’histoire de l’empire romain et montre : comment les Romains ont contrôlé un territoire presque aussi vaste que le monde connu d’eux ; comment ils ont réussi à gérer cet empire durant plusieurs siècles, par des politiques administratives et territoriales originales ; comment la chute de Rome face aux barbares, longtemps perçue comme une rupture et la conséquence d’une période de décadence, se révèle en réalité le fruit d’un long et complexe processus militaire, politique et social. Cette nouvelle édition s’intègre dans une histoire des empires en plein renouvellement.
Grâce à plus de 200 cartes, repères chronologiques et tableaux dynastiques, cet atlas est un outil indispensable pour les étudiants et une véritable référence pour les amateurs d’histoire.

. Art Kleiner, Jeffrey Schwartz, Josie Thomson, The Wise Advocate. The Inner Voice of Strategic Leadership, Columbia, Columbia University Press, janvier 2019.

Leadership is the habit of making good choices. Even in difficult and uncertain circumstances, the most effective leaders focus their attention and overcome entrenched patterns of behavior to push an organization to new heights of success. This capability is no fluke : the latest research on the brain shows that we can pinpoint the mental activity associated with it—and cultivate it for our benefit. In this book, Art Kleiner, a strategy expert ; Jeffrey Schwartz, a research psychiatrist ; and Josie Thomson, an executive coach, give a transformative explanation of how cutting-edge neuroscience can help business leaders set a course toward better management. Mapping the functions of a manager onto established patterns of mental activity, they identify crucial brain circuits and their parallels in organizational culture. Strategic leaders, they show, play the role of wise advocates : able to go beyond day-to-day transactional behavior to a longer-term, broader perspective that articulates their organization’s deeper purpose. True leaders can play this influencer role in an organization because they have cultivated similar self-reflective habits in their own minds. Providing a powerful guide to decision strategies and their consequences, The Wise Advocate helps managers find their own inner voice and then make that voice ring out loud and clear, with a four-step program for practice and catalytic implications for management strategy, executive education, and business results.

. Pauline Guinard, Géographies culturelles. Objets, concepts, méthodes, Paris, Armand Colin, janvier 2019.

Partant du constat que l’espace et la culture sont inextricablement liés, la géographie culturelle cherche à comprendre le monde, non seulement tel qu’il est, mais aussi tel qu’il est vécu, représenté et imaginé par celles et ceux qui le pratiquent et l’habitent. Participant du « tournant culturel » qu’ont connu les sciences humaines et sociales à la fin du XXe siècle, elle a joué un rôle fondamental dans l’évolution de la géographie en lui permettant de s’ouvrir à de nouveaux objets d’études (peinture, cinéma, etc.) et de développer des méthodes novatrices (analyse d’images, cartographies sensibles, etc.) pour saisir la dimension immatérielle et symbolique des espaces. Cet ouvrage, assorti d’un cahier iconographique en couleurs, vise ainsi à présenter les objets, concepts et méthodes de ce champ, des plus connus (paysage, territoire) aux plus récents (genre, corps, émotion), afin de rendre compte de la diversité de la géographie culturelle contemporaine.

. Ernst Jünger, A German Officer in Occupied Paris. The War Journals, 1941-1945, Columbia, Columbia University Press, janvier 2019.

Ernst Jünger was one of twentieth-century Germany’s most important—and most controversial—writers. Decorated for bravery in World War I and the author of the acclaimed western front memoir Storm of Steel, he frankly depicted war’s horrors even as he extolled its glories. As a Wehrmacht captain during World War II, Jünger faithfully kept a journal in occupied Paris and continued to write on the eastern front and in Germany until its defeat—writings that are of major historical and literary significance. Jünger’s Paris journals document his Francophile excitement, romantic affairs, and fascination with botany and entomology, alongside mystical and religious ruminations and trenchant observations on the occupation and the politics of collaboration. While working as a mail censor, he led the privileged life of an officer, encountering artists such as Céline, Cocteau, Braque, and Picasso. His notes from the Caucasus depict the chaos after Stalingrad and atrocities on the eastern front. Upon returning to Paris, Jünger observed the French resistance and was close to the German military conspirators who plotted to assassinate Hitler in 1944. After fleeing France, he reunited with his family as Germany’s capitulation approached. Both participant and commentator, close to the horrors of history but often distancing himself from them, Jünger turned his life and experiences into a work of art. These wartime journals appear here in English for the first time, giving fresh insights into the quandaries of the twentieth century from the keen pen of a paradoxical observer.

. Alain Hugon, La Grande Migration. De l’Espagne à l’Amérique. 1492-1700, Paris, Éditions Vendémiaire, janvier 2019.

Ce fut la première vague massive d’émigration de l’histoire de l’humanité. De 1492 à la fin du XVIIe siècle, plus d’un demi-million d’Espagnols ont traversé l’Atlantique pour partir à la découverte d’un Nouveau Monde, bravant tous les dangers de la mer au péril de leur vie. Accompli par de jeunes hommes en quête d’or et de gloire, qui brûlaient de propager le christianisme ou espéraient tout simplement une vie meilleure, cet exode prit une telle ampleur que la monarchie espagnole tenta à tout prix de le contrôler et de limiter les départs. Car sur le territoire d’origine, ce mouvement de population se traduisit, notamment, par la désorganisation de familles réduites à espérer un retour incertain. À travers l’étude des archives et des émouvantes correspondances entretenues entre les deux rives de l’océan, cette aventure hors du commun, qui façonna la société d’arrivée tout autant qu’elle bouleversa la société de départ, s’écrit entre inquiétude de l’avenir et rêve de fabuleuses fortunes, nostalgie de la patrie et volonté de bâtir un destin d’exception.

. Jean-Claude Hocquet, Le sel. De l’esclavage à la mondialisation, Paris, CNRS Éditions, janvier 2019.

Le sel, généreusement dispensé par la nature, a joué un rôle fondamental dans les diverses cultures humaines. Indispensable à l’être vivant, présent dans chaque foyer, il donne saveur aux aliments, permet de les conserver et joue un rôle biologique important dans l’équilibre d’un organisme. Consommé par tous quotidiennement, on lui accorde également une valeur rituelle et symbolique, voire un pouvoir magique. Produit unique et abondant, il est néanmoins souvent caché, enfoui dans le sol ou bien en dissolution dans la mer. Les hommes ont donc fait preuve, depuis les temps préhistoriques, de beaucoup d’ingéniosité à l’extraire. Comment le sel est-il produit ? Où le trouve-t-on ? Comment s’échange-t-on cette denrée ? Qui en tire le meilleur profit ? En dix chapitres, dix études qui peuvent se lire séparément les unes des autres, le livre répond à ces questions. On découvrira la peine des esclaves et des forçats dans les bagnes du sel, le partage des revenus au détriment des sauniers, la construction d’une saline fortifiée aux portes de la Camargue, les efforts des Suisses longtemps démunis pour faire venir le précieux minéral, l’entrée du sel dans l’économie mondialisée dès la fin du Moyen Âge, les flottes des puissances maritimes du nord de l’Europe qui traversent l’Atlantique à la recherche de ce produit stratégique, l’instauration de la gabelle dans un grand nombre d’États, etc. Grand produit agricole, minier, industriel et commercial, le sel est entré précocement dans la révolution industrielle, il a ensuite ouvert les voies de la mondialisation, accompagnant une fois de plus une grande mutation de l’économie-monde et ce, bien avant la fin du XXe siècle.

. Jim Krane, Energy Kingdoms. Oil and Political Survival in the Persian Gulf, Columbia, Columbia University Press, janvier 2019.

After the discovery of oil in the 1930s, the Gulf monarchies—Saudi Arabia, Kuwait, Qatar, the United Arab Emirates, Oman, and Bahrain—went from being among the world’s poorest and most isolated places to some of its most ostentatiously wealthy. To maintain support, the ruling sheikhs provide their subjects with boundless cheap energy, unwittingly leading to some of the highest consumption rates on earth. Today, as summertime temperatures set new records, the Gulf’s rulers find themselves caught in a dilemma : can they curb their profligacy without jeopardizing the survival of some of the world’s last absolute monarchies ? In Energy Kingdoms, Jim Krane takes readers inside these monarchies to consider their conundrum. He traces the history of the Gulf states’ energy use and policies, looking in particular at how energy subsidies have distorted demand. Oil exports are the lifeblood of their political-economic systems—and the basis of their strategic importance—but domestic consumption has begun eating into exports while climate change threatens to render their desert region uninhabitable. At risk are the sheikhdoms’ way of life, their relations with their Western protectors, and their political stability in a chaotic region. Backed by rich fieldwork and deep knowledge of the region, Krane expertly lays out the hard choices that Gulf leaders face to keep their states viable.


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| Dernière mise à jour le jeudi 14 février 2019 |
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