Actualité des livres géopolitiques

Par Estelle MENARD, Pierre VERLUISE, le 10 octobre 2017  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Estelle Ménard est diplômée d’un Master 2 Relations internationales et Action à l’étranger de l’Université Paris I Panthéon Sorbonne. Inscrite en Master 2 Géopolitique - Territoires et enjeux de pouvoir à l’Institut français de géopolitique (IFG, Université Paris VIII). Pierre Verluise, docteur en Géopolitique est directeur des publications du Diploweb.com.

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Les livres géopolitiques sont nécessaires à la compréhension du monde. Le Diploweb.com en présente ici une veille spécialisée, unique sur la Toile, vue chaque mois par plusieurs milliers de personnes qualifiées. Le Diploweb.com ne touche aucune commission des éditeurs ou libraires.

Les éditeurs qui souhaitent faire connaître leurs nouveautés doivent adresser un exemplaire à Diploweb.com, 1 avenue Lamartine, 94300, Vincennes, France. Pour communiquer leur programme, les éditeurs doivent adresser un courriel à l’adresse suivante redactiondiploweb [at] gmail.com . La rédaction reste juge seule de ses choix.


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Voici un outil efficace pour appréhender la géopolitique de l’Amérique latine dans son unité et sa diversité. Ce livre s’ouvre sur deux dossiers transversaux consacrés à des problématiques majeures : les dynamiques politiques et le rôle des énergies dans les économies du sous-continent. Deux entrées incontournables pour comprendre cette zone, mais aussi des exemples de thématiques omniprésentes aux concours qui permettront de varier les exemples.
Puis l’ouvrage offre pour chaque pays des données statistiques actualisées sous la forme d’une fiche commentée.
Tous ces éléments offrent au lecteur un gain de temps considérable… et un atout majeur pour la réussite aux épreuves des concours.

Simon Schmit, diplômé en Géopolitique et Relations internationale de l’ICP, spécialisé dans les enjeux socio-environnementaux, économiques et politiques en Amérique latine.


. Alexandre Mouthon, Fenêtre avec vue, Futur antérieur, épisode n°1, 2017.
Ce récit photographique met en parallèle deux territoires confrontés à l’industrie nucléaire civile, l’un en France, l’autre en Ukraine. La série se compose de 10 diptyques, la photographie du haut a été réalisée en France, la photographie du bas en Ukraine. Plus de renseignements auprès de l’auteur.

. Collectif, L’Amérique latine de A à Z, Paris, Le Monde et Maison de l’Amérique latine, octobre 2017.

A la Maison de l’Amérique latine, Octavio Paz et Carlos Fuentes sont chéris à égalité, tout comme Mario Vargas Llosa, Gabriel García Márquez ou Roberto Bolaño. La fin des dictatures argentine ou brésilienne, et de bien d’autres, y furent fêtées. Les écrivains, peintres, photographes ou psychanalystes s’y sentent bien. Chavez ou Lula, Sting et Raoni, Dominique de Villepin ou François Hollande en ont arpenté les salons et le jardin. Le coeur de l’Amérique latine bat dans ce morceau du faubourg Saint-Germain où la diplomatie, la culture, l’économie et la politique forment un cocktail magique.

. Niccolo Mignemi, Coopératives et mondes agricoles. France et Italie, 1880-1950, Rennes, PUR, octobre 2017.

Cet ouvrage analyse les itinéraires comparés des coopératives agricoles en France et en Italie, entre le développement des premières organisations formellement constituées à la fin du XIXe siècle et les années 1950, qui voient les acteurs professionnels et les pouvoirs publics s’emparer définitivement de cet instrument crucial de modernisation du secteur primaire. À l’encontre d’une histoire traditionnellement centrée sur les aspects institutionnels et politiques du mouvement coopératif, ce volume s’intéresse aux formes d’organisation économique et sociale des campagnes comme moyen pour éclairer les pratiques des agriculteurs-coopérateurs. Une approche comparée des cas italien et français permet d’explorer la nébuleuse – vaste et hétérogène – des premières expériences de coopération et de suivre l’émergence progressive d’un statut sociétaire spécifique. L’ouvrage approfondit ensuite l’étude des coopératives, en centrant le regard sur le cas exemplaire du latifondo céréalier de la Sicile intérieure, qui permet d’observer l’influence des structures agraires sur les formes de l’action collective. Par un jeu constant sur les variations d’échelles, sont ainsi étudiées à travers le prisme des coopératives agricoles les transformations des campagnes françaises et italiennes, au cours de la première moitié du XXe siècle.

. Gilbert Nicolas, Eric Joret et Jean-Marie Kowalski (dir.), Images des Américains dans la Grande Guerre, 1914-1918. De la Bretagne au front de l’Ouest, Rennes, PUR, octobre 2017.

La Grande Guerre constitue un moment décisif, marqué par la professionnalisation des photographes, civils et militaires, et la double vocation de la photographie, celle de la documentation et celle de la propagande. Simultanément et grâce à de petits appareils portatifs, tel le Vest Pocket Kodak, se multiplient les photographies d’amateurs, y compris celles des soldats. Associant des clichés de fonds publics et privés américains et de collections françaises, ce livre propose au lecteur quelques éclairages sur la présence américaine en France. Évoquant l’arrivée des « Boys » dans les ports de la Bretagne historique, leur séjour dans les camps de préparation à la guerre, puis leur participation aux combats sur mer ou sur le théâtre des opérations terrestres, dans l’Est et le nord de la France, l’ouvrage s’inscrit dans la double perspective de l’histoire nationale et régionale. Au-delà de la photo, l’iconographie, élargie aux affiches, articles de presse, dessins ou gravures, tente également de croiser le regard des Américains sur l’Ouest français et celui des Bretons sur les soldats américains, les conditions du rembarquement de centaines de milliers de soldats vers l’Amérique (1918-1919), les aléas de la liquidation des stocks américains. Les images mettent également en lumière les liens d’amitié, voire d’amour entre Américains et Français, qui ne masquent pas des relations, parfois plus difficiles.

. Claude Dupuy, La régionalisation sans les inégalités. Les politiques régionales d’éducation en France et en Allemagne, Rennes, PUR, octobre 2017.

Quels sont les effets de la décentralisation sur les inégalités territoriales ? Cette question a suscité des mobilisations politiques fortes à l’occasion des premières lois de décentralisation au début des années 1980 en France, mais aussi ailleurs en Europe. En combinant les approches de la sociologie de l’action publique et de la territorial politics, cet ouvrage la traite frontalement en s’intéressant aux politiques publiques des gouvernements régionaux en France et en Allemagne dans un secteur d’action publique, l’éducation, au c½ur des compétences des régions. A partir de données originales et comparées, La régionalisation sans les inégalités montre qu’en matière de politique éducative, les inégalités territoriales ne se sont pas accrues. Bien au contraire, elles ont décru en France depuis la décentralisation.

. Marie-Monique Robin, Le Roundup face à ses juges, Paris, La Découverte, octobre 2017.

Depuis plusieurs années, l’inquiétude ne cesse de croître quant aux dangers du pesticide le plus utilisé au monde dans les champs et les jardins : le glyphosate. D’autant qu’en 2015, le Centre international de recherche sur le cancer l’a déclaré « cancérigène probable » pour l’homme, contredisant ainsi les agences de santé américaines ou européennes qui avaient assuré l’innocuité du Roundup de Monsanto, puissant herbicide dont le principe actif est le glyphosate. Prolongeant son enquête retentissante de 2008 sur les dangers des produits toxiques de la firme américaine (Le Monde selon Monsanto, livre et film), Marie-Monique Robin montre dans ce livre (et le film associé) que la dangerosité du glyphosate est plus grande encore qu’on le craignait. Dans le monde entier, il rend malades ou tue sols, plantes, animaux et humains, car l’herbicide est partout : eau, air, pluie, sols et aliments. Le produit, cancérigène, est aussi un perturbateur endocrinien, un puissant antibiotique et un chélateur de métaux. D’où autant d’effets délétères documentés ici par des entretiens très forts avec des victimes aux États-Unis, en Argentine, en France et au Sri Lanka, ainsi qu’avec de nombreux scientifiques. Ce livre choc révèle l’un des plus grands scandales sanitaires et environnementaux de l’histoire moderne. Il montre que, face à l’impuissance ou l’absence de volonté des agences et des gouvernements pour y mettre fin, la société civile mondiale se mobilise : en octobre 2016, s’est tenu à La Haye le Tribunal international Monsanto, où juges et victimes ont instruit le procès du Roundup, en l’absence de Monsanto, qui a refusé d’y participer. Donnant son fil conducteur au livre, ce procès a conduit à un avis juridique très argumenté, qui pourrait faire reconnaître le crime d’« écocide », ce qui permettrait de poursuivre pénalement les dirigeants des firmes responsables.

. Fabien Truong, Loyautés radicales. L’islam et les mauvais garçons de la nation, Paris, La Découverte, octobre 2017.

À la suite des attentats frappant notre pays à répétition, les mots se figent – entre « islamisation » et « radicalisation » – pour désigner un phénomène perçu comme une menace : le désir d’islam des « mauvais garçons » de la Nation. Immigrés de descendance, passés par la délinquance, musulmans par croyance : tel serait le portrait robot du nouvel extrémisme made in France.
Dans cette enquête dense et sensible, nous embarquons avec Adama, Radouane, Hassan, Tarik, Marley et un fantôme dont le nom s’est brutalement imposé au monde : Amédy Coulibaly. Pour espérer comprendre la terreur, Fabien Truong fait le pari de revenir sur Amédy et sa « vie d’avant », en gagnant la confiance des vivants. Aux bords de la ville, ces garçons apprennent à devenir des hommes en éprouvant des loyautés concurrentes. Envers leur quartier, leurs copains et les non-dits de l’histoire familiale. Mais aussi envers la Nation et son idéal méritocratique, et envers un capitalisme promouvant l’individualisme, la virilité et la compétition économique. Les contradictions affleurent, surtout quand l’économie souterraine, la police et l’absurdité du matérialisme ordinaire sont de la partie. La religion musulmane se dresse comme une dernière ressource pour s’en sortir sans trahir et combattre avec noblesse. S’engage une lente reconversion, autorisant l’introspection et le changement de direction. Mais aussi, parfois, une mise en scène spectaculaire qui transforme l’impasse en un cri de guerre.
En nous rappelant qu’apprendre à les connaître « eux », c’est finalement mieux « nous » comprendre, Loyautés radicales jette une lumière inédite sur le quotidien de ces jeunes hommes et sur les nouvelles formes de violence qui nous entourent collectivement, dans un monde où on ne naît pas guerrier, mais où on le devient.

. Sylvain Venayre et Etienne Davodeau, La Balade nationale. Les Origines, Paris, La Revue Dessinée, octobre 2017.

Jeanne d’Arc, Molière, Marie Curie, l’historien Jules Michelet et le général républicain Alexandre Dumas dérobent sur l’île d’Yeu le cercueil du maréchal Pétain, embarquant son occupant dans une folle équipée à travers la France. Chemin faisant, ils croisent de nombreux habitants, un réfugié politique, le Soldat inconnu et, peut-être, Vercingétorix. Passant par Carnac, Calais, Paris, Reims, les bords du Rhin, Solutré, les Alpes, Marseille, Carcassonne, Lascaux et le plateau de Gergovie, leur voyage renouvelle le genre du tableau géographique. Il leur permet aussi de réfléchir au problème posé par les origines de la France. Car si les grottes ornées, la sédentarisation néolithique, la civilisation gauloise, les colonies grecques, la conquête romaine, le baptême de Clovis et bien d’autres faits historiques peuvent constituer des origines, ce n’est que par un coup de force idéologique.

. M.l. Poulot, Le long de la Main Cosmopolite. Promouvoir, vivre et marcher le boulevard Saint-Laurent à Montréal, Québec, PUQ, septembre 2017.

À Montréal, le boulevard Saint-Laurent résume à lui seul les différentes dimensions du cosmopolitisme. L’artère représente autant une coupure dans la ville – la frontière entre les « deux solitudes », francophone et anglophone – qu’une couture, puisqu’elle a été un lieu d’accueil privilégié pour les nouveaux venus tout au long du XXe siècle. Dans cet ancien corridor de l’immigration, devenu espace d’échanges et de récits, se rencontrent et parfois se confrontent les diverses expressions du cosmopolitisme (commerciale et quotidienne, politique et culturelle). Marquée par l’empreinte de différents pouvoirs et soumise à de multiples jeux d’influences, la rue patrimonialisée est l’objet de politiques contrastées, en quête d’images et de stratégies. Fortement valorisés dans le marketing urbain, le boulevard Saint-Laurent et ses quartiers demeurent toutefois des lieux d’incarnation privilégiés de l’identité montréalaise qui offrent un cadre à certaines de ses figures et de ses ambiances les plus remarquables. S’y déclinent de multiples expériences citadines, où se construisent les formes d’un cosmopolitisme de quartiers, enjeu politique autant qu’image de marque. L’enquête rapportée dans cet ouvrage témoigne d’une pratique approfondie des quartiers traversés par le boulevard, s’appuie sur les représentations littéraires, artistiques et citoyennes qu’ils inspirent et s’attarde à comprendre les relations entre ses différents acteurs – commerces, associations et administration municipale.

. Yvette Veyret, Richard Laganier, Helga-Jane Scarwell, L’environnement. Concepts, enjeux et territoires. Coll. Cursus, Paris, éd. Armand Colin, 2017.
L’environnement ne désigne pas la seule nature, et n’est pas non plus synonyme de géographie physique ou d’écologie mais englobe l’ensemble des relations d’interdépendances entre l’homme, les sociétés et les composantes physiques de la nature.
Cet ouvrage présente la manière dont la géographie traite de l’environnement : quelles sont les relations entre le système naturel et les sociétés ? Comment évaluer les risques, les nuisances, les ressources et les patrimoines, par définition aux interfaces de la nature et de la société ? Comment gérer l’environnement au travers de choix d’aménagement ?
Qui sont les acteurs en présence ? Quelle action publique est envisageable entre ces différents partenaires ?
Un large panorama sur une notion centrale en géographie, assorti de nombreux exemples et d’études de cas localisées.
Table des matières : Les fondements de la géographie de l’environnement. La géographie de l’environnement du XIXe siècle à nos jours. La géographie de l’environnement à l’épreuve des concepts et de l’action. Approches sectorielles de l’environnement Eaux, milieux aquatiques et défis socio-environnementaux - Atmosphère, climats et temps - Roches, sols et environnement - Biosphère . Approches systémiques de l’environnement Ville et environnement - Agriculture et environnement Gestion de l’environnement Acteurs, actions, territoires - Pays du Nord, pays des Suds - L’environnement dans la mondialisation.

Eric Mottet, Frédéric Lasserre, Barthélémy Courmont, Géopolitique de la mer de Chine méridionale. Eaux troubles en Asie du Sud-Est. Canada, Québec, Presses de l’Université du Québec, 2017.
Les tensions en mer de Chine méridionale sont bien ancrées dans l’actualité internationale, cristallisées autour des luttes que se livrent six pays asiatiques (dont quatre pays d’Asie du Sud-Est) pour le contrôle d’espaces maritimes et insulaires. La rivalité entre les pays d’Asie du Sud-Est et la Chine ne peut être appréhendée qu’à la lumière des incidents récents. Plus qu’une simple dispute territoriale, elle expose des situations maritimes et frontalières multiples, enchevêtrées et incompatibles. Si la position chinoise est bien connue (sans être pour autant légitime), les raisons qui permettent aux pays d’Asie du Sud-Est de reven¬diquer des territoires en mer de Chine méridionale le sont un peu moins.
Qu’en dit le droit international ? Quels sont les enjeux politiques, économiques et géopolitiques de ces conflits ? Nous dirigeons-nous vers une impasse militaire ou vers une solution politique ? Quels sont les arguments et les demandes des pays d’Asie du Sud-Est ? Quels sont les desseins de la Chine, et quelles sont les répercussions de ceux-ci sur les politiques de voisinage en Asie du Sud-Est ?
Faisant appel à des expertises croisées, le présent ouvrage répond à ces questions et cherche à montrer dans quelle mesure les conflits actuels s’arti¬culent autour de paradigmes aux contours encore mal définis. Il est appelé à devenir une référence incontournable dans le domaine.


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L’instabilité du monde post-guerre froide et le contexte des attentats rendent plus que jamais nécessaire l’approche géopolitique de la mondialisation. Voici rassemblés de nombreux textes de référence rédigés par une vingtaine d’experts renommés afin d’offrir des grilles de lectures adossées à la recherche, aussi bien aux lecteurs intéressés par un monde en mouvements qu’aux candidats aux concours.

L’écriture est précise, lisible et passionnante. Sélectionnés et organisés en prenant en compte les attentes des programmes des concours (ECS, IEP), ces documents permettront à la fois de construire une vision informée des enjeux internationaux et d’argumenter une réflexion personnelle.

Dirigé par Pierre VERLUISE, Docteur en géopolitique de l’Université de Paris - Sorbonne, chargé de cours à la Sorbonne et professeur en CPGE, Chercheur associé à la Fondation pour la Recherche Stratégique (FRS), auteur ou co-auteur d’une vingtaine d’ouvrages, Fondateur du Diploweb.com et Directeur de ses publications.

Avec des contributions de : Sébastien ABIS, Pierre ABOMO, Pierre AFFUZI, Patrick ALLARD, Thierry BERTHIER, Charlotte BEZAMAT-MANTES, Arnaud BLIN , Laurent BLOCH, Viviane du CASTEL, Thierry GARCIN, Jean-François GAYRAUD , Cynthia GHORRA-GOBIN , Yan GIRON, Frédéric LASSERRE, Sarah LELONG, Fanny MIALLET , Christophe-Alexandre PAILLARD, Vincent PIOLET, Thierry POUCH, Jean-Louis TERRIER, Pierre VERLUISE.

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. Manon-Nour Tannous, Chirac, Assad et les autres. Les relations franco-syriennes de puis 1945, Paris, Puf, octobre 2017.
En 2011, les soulèvements contre l’autoritarisme imposent à la France de définir une nouvelle politique envers la Syrie. Pour comprendre ce défi, il faut réinscrire les relations franco-syriennes dans un temps long et comprendre les univers de sens à l’origine de la situation actuelle. Depuis que la France n’a plus « mandat » (1920-1946) sur la Syrie, les deux pays utilisent la relation bilatérale non par intérêt pour l’autre, mais pour décupler leur propre poids sur les dossiers régionaux. Cette « diplomatie de levier », qui détourne la politique internationale au profit d’intérêts nationaux, est parfois profitable tant à la France qu’à la Syrie, qui se renforcent mutuellement face à la puissance américaine, mais a aussi été à l’origine de crises majeures. Manon Nour-Tannous effectue une plongée dans les coulisses et les secrets de la diplomatie française envers la Syrie, et répond aux grandes questions : sur quelles bases repose la relation franco-syrienne ? Comment expliquer ses fluctuations ? Quels sont les acteurs qui y prennent part et ceux qui y interfèrent ? Manon-Nour Tannous est docteure en relations internationales. Elle est attachée temporaire d’enseignement et de recherche à la chaire d’histoire contemporaine du monde arabe au Collège de France, chercheuse associée au centre Thucydide de l’université Panthéon-Assas, ainsi que présidente du Cercle des chercheurs sur le Moyen-Orient.

. Louis Herns Marcelin, Toni Cela, Henri Dorvil (dir.), Les jeunes Haïtiens dans les Amériques, Québec, Presses universitaires du Québec, octobre 2017.
Le présent ouvrage examine les contextes dans lesquels les jeunes Haïtiens et les jeunes descendants d’Haïtiens négocient leurs conditions socioculturelles en Haïti et dans différentes sociétés des Amériques. Il embrasse une perspective transdisciplinaire à travers des thématiques croisées, traitées dans un cadre théorique axé autour des concepts de pratique, de génération, d’identité et de circulation transnationale. Les chapitres sont élaborés à partir des recherches longitudinales ainsi que des études de cas ou des situations cliniques recueillies dans différents contextes socioculturels. Ce livre apporte un éclairage unique sur la complexité des processus identitaires, sur l’ambivalence des modes d’appartenance et d’engagements des jeunes en Haïti, dans et à travers les sociétés dans lesquelles ils vivent ou circulent, et vers Haïti à partir de leurs sociétés d’accueil dans les Amériques.

. Alexandra Novosseloff, Des ponts entre les hommes, Paris, CNRS Editions, octobre 2017.
Le pont, en tant que construction permettant de franchir un obstacle, symbolise l’ouverture. Il incarne le lien, la cordialité et la fraternité, là où le mur représente la fermeture, l’isolement et le repli sur soi. Mais si le pont est destiné à être un lieu de passage, il ne se révèle pourtant pas toujours un trait d’union entre les hommes. Cet ouvrage s’intéresse à neuf ponts situés dans des zones de post-conflit ou de crise et franchissant des « frontières » (Moldavie-Transnistrie, Chine-Corée du Nord, Géorgie-Abkhazie, Palestine-Israël, Grèce-Turquie, etc.), dont l’étude est nourrie de retours historiques, d’observations de terrains, et d’interviews de riverains. Quelle est la place des ponts dans les zones de crise et dans les processus de paix, et leur impact sur la vie quotidienne des populations qui les empruntent ? Sont-ils véritablement des liens ou renforcent-ils au contraire la séparation déjà existante ? Alors qu’ils figurent souvent parmi les premières cibles d’un conflit, leur reconstruction est-elle perçue par les populations comme un véritable facteur de réconciliation ? Autrement dit, les ponts parviennent-ils véritablement à réunir des populations qui ont été divisées ? À la fois lieux de migrations et points de contrôle, le pont à la fois sépare et unit. C’est cette dialectique fragile et mouvante, marquée souvent d’arbitraire qu’Alexandra Novosseloff aborde avec rigueur et engagement afin que les situations géopolitiques humainement inacceptables ne tombent pas dans l’indifférence diplomatique du statu quo.


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. Justine Brabant, Leïla Minano, Anne-Laure Pineau (dir.), Impunité zéro violences sexuelles en temps de guerre, Paris, Autrement, octobre 2017.
Des camps de réfugiés jordaniens aux couloirs de l’ONU, des prétoires de la Cour pénale internationale aux routes cahoteuses de Centrafrique empruntées par les soldats français, des cellules crasses de Donetsk, en Ukraine, aux villes tranquilles où tentent de se reconstruire les prisonniers violés à Guantanamo, neuf femmes journalistes ont enquêté sur les violences sexuelles en temps de guerre.
Leur travail inédit, mené sur ces terrains de conflits, rassemble des documents, mais aussi des témoignages exceptionnels de victimes, de bourreaux et de lanceurs d’alerte. Surtout, il met au jour les défaillances des systèmes judiciaires qui permettent la perpétuation des crimes sexuels.
Impunité zéro est un livre, mais surtout le pari que tout peut changer.

. Elsa Dorlin, Se défendre. Une philosophie de la violence, Paris, La Découverte, octobre 2017.
En 1685, le Code noir défendait « aux esclaves de porter aucune arme offensive ni de gros bâtons » sous peine de fouet. Au XIXe siècle, en Algérie, l’État colonial interdisait les armes aux indigènes, tout en accordant aux colons le droit de s’armer. Aujourd’hui, certaines vies comptent si peu que l’on peut tirer dans le dos d’un adolescent noir au prétexte qu’il était « menaçant ». Une ligne de partage oppose historiquement les corps « dignes d’être défendus » à ceux qui, désarmés ou rendus indéfendables, sont laissés sans défense. Ce « désarmement » organisé des subalternes pose directement, pour tout élan de libération, la question du recours à la violence pour sa propre défense. Des résistances esclaves au ju-jitsu des suffragistes, de l’insurrection du ghetto de Varsovie aux Black Panthers ou aux patrouilles queer, Elsa Dorlin retrace une généalogie de l’autodéfense politique. Sous l’histoire officielle de la légitime défense affleurent des « éthiques martiales de soi », pratiques ensevelies où le fait de se défendre en attaquant apparaît comme la condition de possibilité de sa survie comme de son devenir politique. Cette histoire de la violence éclaire la définition même de la subjectivité moderne, telle qu’elle est pensée dans et par les politiques de sécurité contemporaines, et implique une relecture critique de la philosophie politique, où Hobbes et Locke côtoient Frantz Fanon, Michel Foucault, Malcolm X, June Jordan ou Judith Butler.

. Isabelle Milbert, Panos Mantziaras, Paola Viganò, Inégalités urbaines. Du projet utopique au développement durable, Genève, Métis Presses, octobre 2017.
Rien ne garantit, aujourd’hui, qu’une évolution soutenable des sociétés humaines puisse être atteinte. Mais dans la mesure où ce projet représente notre seul horizon collectif possible, il sera à la fois la cause et le résultat d’un changement drastique de nos modes de vie qui ne pourra aboutir sans l’adhésion volontaire de chacun. Comme Bernardo Secchi l’a soutenu à diverses reprises, répondre à cet impératif écologique réclame avant tout de lutter contre les inégalités urbaines et de mettre en œuvre une véritable politique de droit à la ville. Le présent ouvrage élargit cette réflexion et ouvre des perspectives théoriques pour des projets de villes dont les enjeux spatiaux favorisent une société soutenable universelle. À travers l’analyse de plusieurs cas concrets, Inégalités urbaines rend compte d’une pensée architecturale et urbaine qui croise les stratégies sociales, la question des risques et la politique de la ville.


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. Fabrice Monnier, Atatürk. Naissance de la Turquie moderne, Paris, CNRS Editions, octobre 2017.
Atatürk demeure l’icône de la Turquie moderne. Nul ne conteste qu’il fut un chef de guerre hors pair et un législateur inspiré. Mais il était aussi un tyran sans scrupules et le persécuteur implacable des minorités religieuses. Jeune-Turc ambitieux, officier d’état-major plein d’allant, preux de l’islam, ardent républicain, politicien madré… Les contradictions ont la vie dure dès qu’il s’agit d’évoquer la figure à multiples facettes du fondateur de la première république laïque en « terre d’islam », personnage énigmatique et paradoxal. Nourri des recherches les plus récentes, l’ouvrage de Fabrice Monnier retrace cette vie menée tambour battant, dans le contexte d’un Empire ottoman en faillite où les passions politiques, le jeu cynique des grandes puissances, l’intolérance religieuse et les rivalités ethniques entraînent mouvements de populations, déportations et assassinats de masse. Un livre essentiel pour comprendre la Turquie d’aujourd’hui.

. David Blanchon, Atlas mondial de l’eau. Défendre et partager notre bien commun, Paris, Autrement, octobre 2017.
Le géographe présente une synthèse sur la question de l’eau en cent cartes et infographies : utilisation et gestion des ressources en eau, ainsi que défis sanitaires, sociaux, économiques et environnementaux. Choix politique également, les solutions quantitatives et qualitatives de l’accès à l’eau sont présentées.

. Sabine Verhest : Bhoutan, les cimes du bonheur, Bruxelles, Editions Nevicata, 2017.
Il était une fois un petit royaume où l’on persiste à croire que le bonheur existe. Un pays qui s’efforce encore de conjuguer autrement les mots nation, monarchie, prospérité et bien collectif. Au Bhoutan, dans ces confins himalayens que le relief continue d’isoler du reste du monde, prétendre que la vie est différente est tout sauf un vain mot. Au long des sentiers perchés, le Bhoutan, si lointain et si fascinant, se raconte au fil des kilomètres parcourus et des visages croisés.

De Thimphu, la capitale enclavée, aux hautes vallées reculées, ce petit livre vous dit cette vie qui s’y écoule, l’écho des mantras bouddhiques, le bleu tellement pur du ciel himalayen, l’indicateur si atypique qu’est le « Bonheur national brut ». Parce que pour saisir l’âme d’un tel royaume, la seule façon de procéder est d’essayer, d’abord, de le comprendre.

Un grand récit suivi d’entretiens avec Françoise Pommaret (Ngawang Namgyel a créé l’Etat bhoutanais grâce à un charisme extraordinaire), Karma Phuntsho (Le Bhoutan souffre du syndrome de la grenouille ébouillantée) et Tho Ha Vinh (Le Bhoutan est un laboratoire).


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La propagande lui assurait que son quartier était bombardé par les forces ukrainiennes, mais elle voyait bien que les tirs venaient des batteries séparatistes.
La révision déchirante qu’a dû opérer cette habitante de l’Est de l’Ukraine pourrait être l’emblème d’une guerre menée sur le terrain médiatique autant que sur le champ de bataille.

Elle illustre avec une acuité particulière la nécessité de revenir sur les faits, mais aussi de comprendre ce qui nous empêche de comprendre – y compris en France.
Ceux qui pensent que tout ceci ne nous concerne pas se trompent. Lourdement. D’abord parce que Vladimir Poutine est notoirement lié avec l’extrême-droite européenne. Ensuite, mauvaise nouvelle, parce que notre continent est désormais déstabilisé sur son flanc Est comme sur son flanc Sud.

Cet ouvrage offre un panorama complet de la crise russo-ukrainienne, en répondant aux questions fondamentales qu’elle pose : quelles sont les logiques qui sous-tendent l’action de Moscou ? Quelle est la consistance de la jeune nation ukrainienne ? S’agit-il d’une crise géopolitique, ou d’une crise de modernisation ?

Laurent Chamontin né en 1964, est diplômé de l’École Polytechnique. Il a vécu et voyagé dans le monde russe. Il est l’auteur de « L’empire sans limites – pouvoir et société dans le monde russe » (préface d’isabelle Facon – Éditions de l’Aube – 2014). À la fin de 2015, il s’est rendu à Marioupol pour étudier les répercussions de l’Euromaïdan dans le Donbass.

Laurent Chamontin, Ukraine et Russie : pour comprendre, éd. Diploweb via AmazonActualité des livres géopolitiques


. Fabien Conord, La France mutilée. 1871-1918, la question de l’Alsace-Lorraine, Paris, Vendémiaire, octobre 2017.
Défaite de Sedan, siège meurtrier de Paris, guerre civile, perte de l’Alsace et d’une partie de la Lorraine : le conflit de 1870-1871, l’« année terrible » de Victor Hugo, fut un véritable traumatisme pour toute une génération d’hommes politiques. Au premier chef, les 107 parlementaires, parmi lesquels Hugo, Gambetta, Clemenceau, Carnot, Schoelcher, favorables à une guerre à outrance pour la défense d’une République une et indivisible, qui refusèrent le 1er mars 1871 de voter l’amputation d’une partie du territoire français. La plupart d’entre eux poursuivit une carrière politique en France, ou bien au sein du Reich pour les représentants de l’Alsace-Lorraine annexée. Tous avaient nourri le même désir de revanche contre l’Allemagne. Une aspiration qui trouvera son aboutissement dans la déclaration de guerre de 1914. L’itinéraire de ces protestataires nous éclaire sur les événements politiques et militaires du premier XXe siècle. Où l’on voit que les questions d’organisation européenne et le combat pour la suprématie sur le continent étaient déjà des questions majeures il y a cent cinquante ans – même si nul n’envisageait, alors, de les régler pacifiquement.

. Renaud Revel, Le mystérieux Monsieur Rybolovlev, Paris, First, octobre 2017.
Dmitri Ribolovlev est l’un des personnages les plus puissants de la planète. Dans l’ombre de nos dirigeants, cet oligarque russe à la réputation sulfureuse ne cesse de faire trembler les relations internationales, la finance mondiale ou encore le marché de l’art ! Mais qui est-il vraiment ? D’où provient son énorme fortune qu’il gère d’une main de fer ? Comment parvient-il à surmonter les affaires dans lesquels il est impliqué ? Des confins de l’Oural à l’île de Chypre, en passant par Genève, le Rocher de Monaco ou encore les tarmacs des aéroports américains pendant la dernière campagne présidentielle de Donald Trump, Renaud Revel livre ici une enquête minutieuse sur un homme aussi insaisissable qu’intriguant. Ressources minières, œuvres d’art, club de foot, investissements immobiliers, activités bancaires, finance internationale et bien sûr diplomatie… « Rybo » est sur tous les fronts, à tel point qu’une simple de ses décisions est capable à tout moment de bouleverser l’ordre international…

. Sandra Laugier et Albert Ogien, Antidémocratie, Paris, La Découverte, octobre 2017.
L’usage extensif et indifférencié du terme « populisme » traduit aujourd’hui la prégnance de ce que Albert Ogien et Sandra Laugier appellent l’antidémocratie, c’est-à-dire le refus de reconnaître que les citoyen.ne.s ont la capacité de prendre collectivement des décisions respectueuses de l’égalité, de la justice et de la dignité de tou.te.s. Cette répugnance n’est pas l’apanage des ennemis déclarés de la démocratie. Elle se donne à entendre chaque fois qu’on hésite à accorder une liberté nouvelle aux individus, qu’on craint l’expression de leur jugement ou qu’on limite leur intervention dans la vie publique. Derrière cette méfiance, il y a le soupçon de l’incapacité du « peuple » à s’occuper des affaires publiques et le risque de chaos que la société courrait si on confiait la responsabilité de gouverner à ces « incompétents ». À partir de l’analyse d’évènements récents (terrorisme, crise grecque, Nuit debout, élections), le livre plaide en faveur de l’accroissement du contrôle que les citoyen.ne.s exercent sur les institutions publiques, en s’appuyant sur leur intelligence collective et en écoutant la voix de chacun.e. Il rappelle également que l’usage de la langue pèse sur la manière dont on pense et pratique la politique. Il soutient enfin que dénoncer toutes les expressions de l’antidémocratie contribuerait à élaborer non pas une postdémocratie, mais une démocratie enfin réelle.

. Michel Feher, Le temps des investis. Essai sur la nouvelle question sociale, Paris, La Découverte, octobre 2017.
L’emprise de la finance modifie aujourd’hui les attentes et les pratiques de l’ensemble des acteurs sociaux. C’est vrai des entreprises, qui veillent davantage au cours de leurs actions qu’à leur chiffre d’affaires, mais aussi des gouvernements, qui jugent plus urgent d’apaiser les inquiétudes de leurs créanciers que de répondre aux demandes de leurs électeurs. Même les particuliers gagent moins leur sécurité matérielle sur les revenus de leur travail que sur l’appréciation de toutes leurs ressources – leur patrimoine, mais aussi leurs compétences, relations, comportements. Selon Michel Feher, en déplaçant les enjeux de la question sociale, ces nouvelles priorités obligent la gauche à se réinventer. Car la « titrisation » des rapports humains sur les marchés financiers diffère de la marchandisation du travail sur le marché de l’emploi. Plus que sur l’extraction du profit, elle focalise les luttes sur les conditions d’allocation du crédit. L’exploitation que les employeurs continuent de faire subir à leurs employés renvoie désormais au pouvoir de sélection que les investisseurs exercent sur les « investis ». Les résistances à l’hégémonie des institutions financières devront trouver les moyens de peser sur les évaluations de la gouvernance entrepreneuriale et des politiques publiques en spéculant contre les critères qui président actuellement aux choix des financeurs. Si l’objectif poursuivi consiste à favoriser une autre circulation du capital, les militants qui les mettent en œuvre y puiseront également les éléments d’un imaginaire politique renouvelé.

. Michel Callon, L’emprise des marchés. Comprendre leur fonctionnement pour pouvoir les changer, Paris, La Découverte, octobre 2017.
Alors que s’opposent avec une rare violence partisans et contempteurs de l’économie de marché, une question préalable se pose : qu’est-ce qu’un marché ? Michel Callon montre que l’organisation des activités marchandes ne se réduit pas à la simple confrontation entre des offres et des demandes. Comment une « chose » se transforme-t-elle, après d’immenses efforts, en marchandise ? Par quels moyens les agents deviennent-ils capables d’évaluer les biens et de calculer leurs décisions ? Leur rencontre n’exige-t-elle pas de méticuleux réglages ? Quels sont les ressorts de la mobilisation et de l’encadrement des passions ? Comment ont lieu la captation des clients et l’obtention de leur consentement à payer ? À partir d’une multitude d’exemples pris dans la finance, l’énergie, l’alimentation, l’immobilier, les jeux de hasard, la santé, la grande distribution, le commerce électronique, le réchauffement climatique et même les pompes funèbres, l’auteur met en évidence la diversité et le foisonnement des activités déployées et des investissements consentis pour imaginer des solutions à ces problèmes. Au terme d’un passionnant voyage, qui permet de suivre la carrière des biens depuis leur conception jusqu’à leur circulation dans la sphère de la consommation, le lecteur prend conscience de la multiplicité des configurations. Les « agencements marchands », notion que Michel Callon place au cœur même de sa réflexion et qui se substitue à celle de marché, permettent de rendre compte de la richesse et de la complexité des processus à l’œuvre. Ils donnent aussi de nouvelles possibilités d’agir à tous ceux qui refusent de se soumettre sans discussion à l’emprise des marchés existants.

. Boris Cyrulnik et Boualem Sansal, L’impossible paix en Méditerranée, Paris, Éditions de l’Aube, octobre 2017.
Ce livre est à la fois tragique et optimiste. Tragique, car Boris Cyrulnik et Boualem Sansal s’interrogent sur les racines des guerres qui font rage aujourd’hui en Méditerranée. Ils revisitent les périodes de fracture qui s’étendent de l’hégémonie ottomane à la conquête du Royaume arabe de Grenade, de la découverte des routes océaniques vers les Amériques à l’époque moderne et aux ambitions coloniales. Ils abordent les antagonismes entre une chrétienté défendue par l’Espagne et un islam ottoman expansionniste qui perdurent jusqu’à nos jours… Quant aux terrorismes, ils sont convaincus qu’ils se perpétueront même si la paix est là. Au besoin, ils s’inventeront une cause de rechange. Optimiste, car il est bien le témoin qu’un dialogue reste possible entre les deux rives de deux rives de la Méditerranée, au milieu du fracas des armes.

. Joze Pirjevec, Tito. Une vie, Paris, CNRS Editions, septembre 2017.
Voici enfin traduite en français la grande biographie de Tito par Joze Pirjevec, saluée mondialement comme l’ouvrage le plus abouti sur l’ancien maître de la Yougoslavie. Fondée sur une quantité impressionnante d’archives inédites – découvertes à Belgrade mais aussi aux États-Unis, en Russie, en Grande-Bretagne, en Allemagne –, l’étude de Pirjevec explore les zones d’ombre, fait revivre les paradoxes et les ambiguïtés d’un Tito que rien ne semblait destiné à se hisser au rang des chefs d’État les plus influents du XXe siècle. Comment ce fils d’apprenti, ancien ouvrier d’usine, est-il parvenu à s’emparer du Parti communiste yougoslave ? Quelle fut la nature de son engagement dans les Brigades internationales du temps de la guerre d’Espagne ? Comment comprendre son rôle de partisan, passé maître dans l’art de la guérilla, durant l’occupation de son pays par les nazis ? Quelle fut sa responsabilité dans le massacre des Croates oustachis en 1945 ? Staline a-t-il vraiment cherché à l’empoisonner ? Comment, dans l’après-guerre, Tito s’est-il imposé comme l’une des principales figures des non-alignés ? Pirjevec n’élude aucune de ces questions, poussant son enquête dans les replis les plus intimes de ce grand amateur de femmes et de luxe, fasciné par le pouvoir qu’il exerça d’une main de fer malgré quelques timides concessions à la démocratie.

. Catherine C. Laurent, Les Calédoniens, Paris, Ateliers Henry Dougier, octobre 2017.
Mais qui sont donc ces Français de l’autre bout du monde ? Quels sont les détours de l’histoire qui les ont rassemblés : Kabyles, Japonais, Javanais, Wallisiens, Vanuatais, Martiniquais, Zoreilles… ? Comment la culture kanak a-t-elle vécu cette cohabitation ? Cet archipel du Pacifique, ce petit morceau arraché de l’Australie, recèle des richesses culturelles et naturelles à découvrir à travers les portraits de ceux qui les valorisent.

. José Nicolas, French doctors. Une aventure humanitaire, Paris, La Martinière, octobre 2017.
Nous sommes au tout début des années 1980. José Nicolas fait la connaissance de Bernard Kouchner qui vient de créer Médecins du monde. Cette rencontre, déterminante, le conduira à couvrir de nombreux conflits, car Bernard Kouchner est présent sur tous les fronts, au Liban, au Kurdistan, en Afghanistan ou encore en mer de Chine. Pendant six ans, José Nicolas photographiera inlassablement l’action de Médecins du monde. Il nous ouvre aujourd’hui ses archives photographiques et invite son frère d’armes à les commenter. Car cette époque de militantisme est aussi celle d’une nouvelle manière de penser l’action humanitaire, dont Bernard Kouchner est le plus grand ambassadeur.

. Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, Benoît Durieux et Frédéric Ramel, Dictionnaire de la guerre et de la paix. Deux faces d’une même préoccupation, Paris, PUF, octobre 2017.
Le Dictionnaire de la guerre et de la paix, avec plus de 300 entrées, entend apporter une pierre à l’édifice francophone des études sur la guerre, la paix et la stratégie. Universitaires français et étrangers, militaires et acteurs du monde associatif ont contribué à le façonner en s’appuyant tant sur une tradition historiographique forte que sur des études juridiques, normatives et éthiques variées. En d’autres termes, ce Dictionnaire est une photographie des recherches actuelles sur la guerre et la paix, concepts qu’il convient d’analyser dans toutes leurs dimensions pour comprendre les mutations de la guerre aujourd’hui. Il s’adresse aussi bien aux spécialistes du domaine qu’à tous ceux qui souhaitent réfléchir à ces questions.

. Frédéric Encel, Mon dictionnaire géopolitique, Paris, PUF, octobre 2017.
Alors que la géopolitique est souvent considérée comme une discipline froide et complexe, Frédéric Encel démontre qu’on peut l’appréhender avec humanisme, simplicité et dynamisme.
Construit autour de notions familières à chacun (« alimentation », « complotisme », « frontière », « guerre », « humour », « islamisme », « pétrole », « religion », « violence » ...), ce dictionnaire original accorde aussi toute sa place à de grands acteurs géopolitiques à travers l’Histoire (Bonaparte, Churchill, De Gaulle, Staline...) et ambitionne de faire aimer cette matière en 175 entrées percutantes.
Passionné depuis toujours par la géopolitique, l’auteur se fait l’avocat d’une démarche intellectuelle devant permettre aux diplomates d’anticiper les crises, aux entrepreneurs de bien évaluer les risques, et à tous les citoyens de mieux comprendre la complexité du monde.

. Jean-Claude Cousseran et Philippe Hayez, Leçons sur le Renseignement, Paris, Odile Jacob, septembre 2017.
Comment fonctionnent les systèmes nationaux de renseignement ? De quels moyens disposent-ils ? Face aux défis nouveaux que sont le terrorisme international, l’espionnage économique, les cyberattaques, voire les cyberguerres, comment sont élaborées et conduites les politiques de renseignement ? Avec quels succès et quels échecs ? La mise en œuvre des techniques du renseignement est-elle compatible avec l’exigence démocratique ? Comment définir ce que pourraient être des relations vertueuses entre l’exécutif et les professionnels du renseignement ? Telles sont quelques-unes des questions essentielles auxquelles ce livre, le premier du genre en langue française, écrit par deux professionnels reconnus, s’efforce de répondre.

. Jean-François Sirinelli, Les Révolutions françaises. 1962-2017, Paris, Odile Jacob, septembre 2017.
La France a changé, et rien désormais ne sera plus comme avant. En deux générations à peine, les Français ont radicalement modifié leurs façons de vivre, de penser et de voter, au point qu’on a pu parler de « Seconde Révolution » pour désigner les bouleversements intervenus au cours des années 1960. Ce sont ces Révolutions françaises que retrace pour nous Jean-François Sirinelli. Elles ne sont pas toutes politiques ; nombre d’entre elles concernent la vie intime des Français, ce qui les enthousiasme, les fédère ou les heurte, des Parapluies de Cherbourg au Cabu de Charlie Hebdo, de la fin de la guerre d’Algérie à la révolution introuvable de Mai 68, du règne de De Gaulle à l’ascension de Macron. Une interrogation parcourt ce livre : née sous le signe de la paix et de la prospérité, la Ve République est-elle parvenue au terme d’un cycle ? Faut-il redéfinir le modèle républicain français ?

. Eloi Laourou, La diplomatie de l’environnement, Villeurbanne, Golas, septembre 2017.
Étude sur la négociation de conventions internationales dans le domaine de l’environnement afin de faire face aux enjeux climatiques (pollutions, réchauffement climatique, extinction d’espèces animales et végétales, entre autres). L’auteur analyse les arguments juridiques ou non de telles initiatives avant de se livrer à leur évaluation en tenant compte des divers conflits d’intérêt.

. Willy Beauvallet et Sébastien Michon (ed.), Dans l’ombre des élus. Une sociologie des collaborateurs politiques, Villeneuve d’Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, septembre 2017.
Coulisse du pouvoir ou antichambre de la carrière électorale ? L’entourage des élus recouvre des fonctions encore méconnues. Si les collaborateurs d’élus ont été évoqués à plusieurs reprises au cours de la campagne présidentielle de 2017, ils restent des hommes de l’ombre et leur rôle est en grande partie ignoré. Administrateurs du Parlement, conseillers des groupes politiques, directeurs généraux des services, conjoints, membres des cabinets de maires ou de présidents de région : les chapitres témoignent de l’omniprésence de ces collaborateurs aux statuts multiples et de leur position incontournable dans l’exercice quotidien des activités représentatives. L’examen des propriétés de ces acteurs, de leurs pratiques concrètes et des concurrences qui les animent enrichit l’analyse d’un phénomène déjà ancien mais encore peu étudié en tant que tel.

. Bayram Balci, Renouveau de l’islam en Asie centrale et dans le Caucase, Paris, CNRS, septembre 2017.
Soumises à l’œil de Moscou et au contrôle étroit du fait religieux durant toute la période soviétique, les sociétés centrasiatiques ont longtemps vécu isolées du reste du monde musulman. La fin de l’URSS, en 1991, est venue rompre ce confinement. Elle coïncide avec l’entrée des nouveaux États d’Asie centrale et du Caucase dans le phénomène de la mondialisation du religieux. Étudier dans le temps long l’islam centrasiatique et caucasien, ainsi que l’influence de la Turquie, de l’Iran, de l’Inde et de l’Arabie Saoudite sur les phénomènes religieux de cette zone, telle est l’ambition de cette riche étude qui applique la méthode de l’histoire connectée aux enjeux les plus contemporains de notre monde globalisé. Circulation des hommes et des idées, clivage entre sunnites et chiites, héritages croisés de plusieurs empires, moghol, safavide, ottoman et soviétique, poids des confréries soufies, mausolées faisant de certaines villes de grands lieux de sainteté.... Autant de thèmes abordés par Bayram Balci au fil de ce vaste tour d’horizon, qui souligne également l’influence des organisations prosélytes qui se sont répandues dans tout l’espace post-soviétique. À l’heure où l’islam, plus que jamais divisé, suscite controverses et incompréhensions, Bayram Balci nous invite à reconsidérer l’influence de cette religion en étudiant son développement récent dans les confins d’Asie centrale et du Caucase.

. Olivier Piton, La France face à Trump l’Hibernatus, Paris, Plon, septembre 2017.

L’auteur livre ses réflexions sur D. Trump et démontre que les Français se sont trompés sur les intentions du président, qui souhaite renouer avec une vision politique d’avant la mondialisation privilégiant le protectionnisme et les intérêts commerciaux immédiats. O. Piton analyse ainsi la politique du chef d’État et propose à la France des voies et des moyens pour communiquer avec les États-Unis.

. Joan W. Scott, La politique du voile, Paris, Éditions Amsterdam, septembre 2017.

L’auteur présente ainsi son livre : « Ce livre ne traite pas des musulmans de France : il porte sur la perception dominante des musulmans dans le paysage français. Je m’intéresse à la manière dont le voile est devenu un écran sur lequel sont projetés des images d’étrangeté et des fantasmes de dangerosité – dangerosité pour le tissu social français et pour l’avenir de la nation républicaine. Je m’intéresse, en outre, à la manière dont la représentation d’un « autre » homogène et dangereux est venue conforter une vision mythique de la République française une et indivisible. J’explore les multiples facteurs qui alimentent ces représentations fantasmatiques : racisme, culpabilité et peur postcoloniales, idéologies nationalistes, notamment le républicanisme, le sécularisme, l’individualisme abstrait et, tout particulièrement, les normes françaises en matière de conduite sexuelle, considérées comme étant à la fois naturelles et universelles. « 

. Willy Beauvallet et Sébastien Michon (dir.), Dans l’ombre des élus. Une sociologie des collaborateurs politiques, Villeneuve d’Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, septembre 2017.

Coulisse du pouvoir ou antichambre de la carrière électorale ? L’entourage des élus recouvre des fonctions encore méconnues. Si les collaborateurs d’élus ont été évoqués à plusieurs reprises au cours de la campagne présidentielle de 2017, ils restent des hommes de l’ombre et leur rôle est en grande partie ignoré. Administrateurs du Parlement, conseillers des groupes politiques, directeurs généraux des services, conjoints, membres des cabinets de maires ou de présidents de région : les chapitres témoignent de l’omniprésence de ces collaborateurs aux statuts multiples et de leur position incontournable dans l’exercice quotidien des activités représentatives. L’examen des propriétés de ces acteurs, de leurs pratiques concrètes et des concurrences qui les animent enrichit l’analyse d’un phénomène déjà ancien mais encore peu étudié en tant que tel.

. Lakhsara Mint Dié, Les tribulations d’une Gondwanaise. A la recherche des lois perdues, Paris, L’Harmattan, septembre 2017.

Le Gondawana est un supercontinent qui englobe le continent africain, l’un des continents les plus riches et paradoxalement aussi le plus pauvre. Avec beaucoup d’humour, l’auteur témoigne de cette réalité qu’elle vit au travers de ses missions et partage sa perception des choses en proposant au lecteur de la suivre dans ce voyage pas comme les autres : le quotidien de ses concitoyens gondwanais qui subissent les conséquences d’une aide au développement peu logique et mal ajustée, menant à des situations truculentes, cocasses, abracadabrantes, burlesques et caricaturales.

. Olivier Grojean, La révolution kurde : Enquête sur une utopie en actes, Paris, La Découverte, septembre 2017.

Depuis quelques années, mais surtout depuis le début du siège de Kobanê, à l’automne 2014, le PKK turc et le PYD syrien représentent pour beaucoup d’observateurs un point de convergence de nombreuses luttes « nouvelles » : le combat militaire contre un État islamique obscurantiste ; une forme avancée de féminisme contre le « patriarcat » islamiste et traditionaliste ; une volonté de promouvoir un « confédéralisme démocratique » postmarxiste et libertaire ; ou encore une manière renouvelée de contester le capitalisme et l’industrialisation à outrance, au profit d’une écologie radicale. La lutte du parti d’Abdullah Öcalan a d’ailleurs été comparée à celle des zapatistes au Chiapas et à d’autres mouvements sud-américains. De nombreux intellectuels, tels l’anthropologue anarchiste David Graeber, l’historien Immanuel Wallerstein ou le linguiste Noam Chomsky ont invité à s’intéresser davantage aux expériences inédites en cours au Moyen-Orient. Un tel intérêt apparaît d’autant plus nécessaire que la guerre a repris entre le PKK et l’armée turque, et que la victoire de Recep Tayyip Erdogan aux élections législatives du 1er novembre risque de polariser encore davantage le conflit et, donc, d’édulcorer, freiner voire annihiler ces différentes expériences.

. Maud Villeret, Le goût de l’or blanc. Le sucre en France au XVIIIe siècle, Rennes, Presses universitaires de Rennes, septembre 2017.

Cet ouvrage montre comment le sucre s’est diffusé dans l’alimentation des Français au XVIIIe siècle, ainsi que les transformations économiques, sociales et culturelles induites par sa consommation croissante. L’étude porte sur la vallée de la Loire, à partir de Nantes, un des premiers ports coloniaux du royaume, jusqu’à Orléans, premier centre de raffinage.

. Stéphane Guibaud, Nos héros, ces parias. Comment on assassine les lanceurs d’alerte, Paris, Max Milo, septembre 2017.

Les lanceurs d’alerte défrayent l’actualité depuis une dizaine d’années. Les cas emblématiques de Edward Snowden, Chelsea Manning et Julian Assange sont révélateurs des méthodes utilisées pour faire craquer celles et ceux qui ont le courage de parler des dysfonctionnements et des dérives de notre société. Et pourtant, ces héros sont devenus des parias. Leur vie est un enfer. Snowden est réfugié en Russie, Assange dans une ambassade, Manning en prison, Stéphanie Guibaud, James Dunne, Céline Boussié et bien d’autres sont dans une situation précaire, attaqués dans des procès sans fin et lâchés par les États. La situation catastrophique des lanceurs d’alerte révèle que les démocraties dans lesquelles nous vivons sont de plus en plus dures avec les petits délits mais clémentes avec les dominants. La justice est au cœur de nos systèmes agonisants mais que les dominants ne veulent surtout pas les modifier tant ils en profitent. La seule solution, pour Stéphanie Gibaud : se regrouper pour faire reculer l’impunité.

. Guillaume Barrera, Peggy Ducoulombier, Éric Maulin (Éd.), Le Commerce et la Paix, Strasbourg, Presses universitaires de Strasbourg, septembre 2017.

L’association du commerce et de la paix est un lieu commun de la pensée libérale, mais peut-on encore y croire ? Le développement du commerce a peut-être renforcé la paix entre ceux qui pouvaient s’y adonner mais il n’a cessé de maintenir, à la périphérie de l’histoire, des exclus de la croissance qui réclament aujourd’hui leur part. On pourrait avoir le sentiment qu’après le temps de l’espoir et de l’optimisme est venu celui des désillusions. Mais cette lecture serait bien superficielle. L’un des apports importants des contributions de ce volume est de montrer que dès l’origine, chez Montesquieu ou Adam Smith, on observe un certain doute quant aux effets du commerce, qui contribue sans doute à la paix, mais parfois aussi à la guerre, qui élève la civilisation, mais parfois abaisse moralement les individus qui s’y adonnent ou sont victimes de la nouvelle organisation du travail. Et cette ambivalence n’a jamais cessé de travailler ce couple finalement assez mal assorti, les arrière-pensées, les calculs mercantilistes n’étant jamais très éloignés des espoirs libre-échangistes.

. Marc Crépin, Métamorphoses de la Russie depuis 1953, Paris, Ateliers Henry Dougier, septembre 2017.

De la mort de Staline à la crise de l’Ukraine, quelles mutations tangibles a connues la Russie depuis un demi-siècle ? Effondrement de l’URSS, coups d’Etat, égarements économiques, annexion de la Crimée… 12 témoins racontent et décryptent cette période-clé qu’ils ont vécue et parfois même orchestrée. Député, colonel du KGB, ancien président de la Géorgie, cosmonaute ou même l’arrière-petit-fils de Léon Tolstoï, ils nous livrent leurs joies et leurs déceptions, pris entre les chimères du communisme et les illusions du libéralisme.

. Bertrand Badie, En quête d’alternatives. L’état du monde 2018, Paris, La Découverte, septembre 2017.

L’approfondissement de la crise des systèmes politiques, économiques et sociaux pose avec plus de force la question de l’alternative. Si celle-ci suscite de grandes attentes, elle se heurte à de puissants blocages. Aspirations et déceptions se renforcent réciproquement, au point de donner au phénomène un accent dramatique, dont la vague populiste reste la manifestation essentielle. Cette édition de L’état du monde mobilise des connaissances pluridisciplinaires. L’histoire, l’économie, la sociologie, la science politique, mais aussi le droit, la philosophie et la technologie contribuent en effet à l’intelligence des facteurs de blocage et de leurs conséquences. De même, la crise de l’alternance se retrouve à tous les échelons : politiques, économiques, sociétaux, culturels, médiatiques… Enfin, la réflexion se veut comparative, pour rendre compte de cette pathologie polymorphe.

. Patrick Poncet, Intelligence spatiale, Rennes, Presses universitaires de Rennes, septembre 2017.

Dans un langage qui se veut accessible, ce livre décrit comment fonctionne la science qu’on nomme « géographie » et comment « faire de la géographie » au sens d’une mise en pratique du savoir scientifique. Fruit d’une vingtaine d’années de recherches et de pratique de la géographie, dans le cadre académique comme dans celui de missions de conseil et d’étude, ce livre d’initiation à l’intelligence spatiale donne matière à enseigner, penser ou entreprendre dans ces technologies d’avenir que sont les technologies sociales.

. Irvin Studin, Russia. Strategy, Policy, Administration, Basingstoke, Palgrave Macmillan, septembre 2017.

Provides a comprehensive survey of post-Soviet Russian strategic thinking, including Russian conceptions of political power, legitimacy and national identity. Analyzes the strategic doctrines, public policies, and public administration approaches of the Russian state. Offers an unbiased perspective on the evolution of Russian policies in key areas of national and international life, including foreign and defence policy, and economic affairs. Will appeal to students and scholars of political science, area studies, political economy, public policy and administration ; as well as practitioners and policymakers.

. Dimitri Roussopoulos, L’écologie politique. Au-delà de l’environnementalisme, Montréal, Écosociété, septembre 2017.

« Changer le système, pas le climat ! » Ce slogan, scandé dans les rues de Paris lors de la COP21, exprime une réalité désormais implacable : les institutions politiques ne répondent pas adéquate­ment à la crise écologique. Dimitri Roussopoulos revient sur l’histoire des politiques environnementales qui ont mené à cet échec et rappelle la grande diversité des réponses citoyennes qu’il est possible d’apporter face à cette crise, de la lutte au logement dans le quartier montréalais Milton Parc dans les années 1970 au Kurdistan syrien d’aujourd’hui.

. Alain Dieckhoff et Philippe Portier, L’Enjeu mondial. Religion & politique, Paris, Presses de Science Po, septembre 2017.

Dieu n’est pas mort. Il fait de la politique. Partout dans le monde, le religieux est de retour. Son ascendant se ressent à l’intérieur des États comme sur la scène internationale et ce, jusqu’en Occident, où il semblait promis à une irrémédiable occultation. Le constat, enthousiasmant pour les uns, dérangeant pour les autres, est sans appel : la modernité n’a pas induit la disparition sociale, ni surtout politique, du religieux. Trois phénomènes majeurs le traduisent : la polarisation des sociétés partagées entre effacement et réaffirmation des croyances, la politisation renouvelée des religions, la spiritualisation des politiques. Pour autant, il ne s’agit en aucun cas d’un retour aux temps anciens, quand toute vie sociale était configurée par le religieux.

. Richard McGregor, Asia’s Reckoning : China, Japan, and the Fate of U.S. Power in the Pacific Century, New York, Viking, septembre 2017.

A history of the combative military, diplomatic, and economic relations among China, Japan, and the United States since the 1970s-and the potential crisis that awaits them. Richard McGregor’s Asia’s Reckoning is a compelling account of the widening geopolitical cracks in a region that has flourished under an American security umbrella for more than half a century. The toxic rivalry between China and Japan, two Asian giants consumed with endless history wars and ruled by entrenched political dynasties, is threatening to upend the peace underwritten by Pax Americana since World War II. Combined with Donald Trump’s disdain for America’s old alliances and China’s own regional ambitions, east Asia is entering a new era of instability and conflict. If the United States laid the postwar foundations for modern Asia, now the anchor of the global economy, Asia’s Reckoning reveals how that structure is falling apart.


Le livre recommandé par Diploweb.com pour septembre 2017

. Roman Krakovsky, L’Europe centrale et orientale. De 1918 à la chute du mur de Berlin, Paris, Armand Colin, 2017.

P. Verluise, Directeur des publications du Diploweb.com : "Le Diploweb.com recommande chaleureusement la lecture de cet excellent ouvrage, très maîtrisé et très bien écrit, à propos de l’histoire d’une région maintenant intégrée ou candidate à l’Union européenne mais encore très méconnue. Cela permettra à chacun de mieux saisir les parcours, les inerties et les ruptures. Une belle introduction à l’approche de son actualité."

4e de couverture

Des indépendances après la Première Guerre mondiale à la chute du communisme, l’Europe centrale et orientale est le théâtre de plusieurs crises majeures : crise de modernisation, à laquelle cette région tente de répondre en se tournant vers le fascisme et le communisme ; crise d’identité qui alimente les nationalismes et le repli sur soi ; crise humanitaire enfin qui aboutit, en 1946-1949, à la division de l’Europe et du monde en deux blocs antagonistes. C’est dans ces moments que se révèle le destin commun des pays de la région, symptôme des crises européennes plus larges et comme un avertissement pour le reste du continent.
Grâce à sa perspective de longue durée et son esprit de synthèse, cet ouvrage permet de mieux comprendre l’histoire récente de la région et ses dernières évolutions.

Plus sur le site des éditions Armand Colin, dont un extrait


. Georges Prévalakis, Qui sont les Grecs ? Une identité en crise. Paris, CNRS édition, 2017.

La Grèce constitue une énigme pour l’Occident. À chaque fois qu’on a pensé que le peuple grec était définitivement sur la voix de la modernisation, la situation s’est dégradée, comme depuis 2010. Jamais la confiance en l’avenir de la Grèce n’a été aussi basse, jamais on ne s’est autant interrogé sur l’identité grecque.

C’est pendant de tels moments de crise que se révèle l’ambivalence de la relation entre la Grèce et l’Occident. On passe de l’admiration béate pour le « berceau de la démocratie » au mépris, parfois même à la colère. Ce décalage entre représentation et réalité est la source de la plupart des problèmes grecs, internes et externes. En sept ans, la crise a montré qu’elle ne peut pas être résolue par des simples approches économiques, sans une révision des idées reçues, sans la prise en compte de structures et de comportements enracinés dans l’histoire et la géographie.

En dévoilant les atouts d’un « néohellénisme » disposant d’importants réseaux diasporiques, maritimes et religieux, ce livre échappe à une historiographie romantique et indique les ressources de la Grèce face à une Europe en train de redéfinir sa relation avec « les Autres ».

. Thierry de Montbrial (dir.) et Dominique David, RAMSES, La guerre de l’information aura-t-elle lieu ?, Malakoff, Dunod, septembre 2017.

Une présentation d’articles reflétant les tendances mondiales 2018, en termes de relations internationales. Elle expose trois enjeux internationaux : le changement dans la répartition des puissances politiques, la stratégie russe et la guerre de l’information.

. R. Pourtier (dir.) Géopolitique de l’Afrique et du Moyen-Orient, Paris, Nathan, 2017.

Conçus pour les étudiants des classes préparatoires aux grandes écoles, cet ouvrage de Géopolitique de l’Afrique et du Moyen-Orient de la collection « Nouveaux Continents » s’adresse aussi aux étudiants en IEP, aux personnes se préparant à des concours et à ceux qui s’intéressent à l’évolution de notre monde.

Ce manuel est conforme au programme de 2e année des classes préparatoires ECS. Pour chaque chapitre, une brève introduction permet de présenter le contexte et les enjeux, des repères chronologiques, des définitions de termes clés et des cartes viennent éclairer le propos. Des « zooms »offrent des éclairages précis sur des problématiques particulières.

Cet ouvrage a été rédigé par une équipe regroupant des enseignants de classes préparatoires, des universitaires et des chercheurs qui ont eu pour ambition d’allier la rigueur scientifique à l’accessibilité de leurs propos.

. Nawel Ferahtia, Les chaînes d’information arabes en continu : Nouvelle arène de conflits géopolitiques, Paris, Éditions Panthéon-Assas, septembre 2017.
L’essor des chaînes satellitaires arabes à l’échelle régionale et mondiale a métamorphosé l’espace médiatique arabe. Le début des années 1990 annonce la mondialisation : l’acquisition de la technologie satellitaire dans les pays arabes marque le début d’une nouvelle ère en une région où la rentabilité financière, l’influence politique et idéologique des acteurs se conjuguent. Les chaînes de télévisions d’information en continu sont le modèle qui traduit ce schéma dans une région politiquement, économiquement et culturellement complexe. C’est l’avènement d’Al Jazeera et sa couverture de la guerre en Afghanistan en 2001 et, par la suite, celle de la guerre en Irak en 2003 qui ont façonné une large proportion de l’opinion publique arabe. D’autres chaînes arabes du même genre en quête d’influence se sont multipliées en un temps record, telles Al Arabiya, Al Manar, Al Mayadeen et d’autres, transformant ainsi l’espace médiatique de façon radicale. L’audience arabe est également convoitée par des chaînes occidentales arabophones financées par les gouvernements respectifs de leurs pays comme la chaîne américaine Al Hurra, la chaîne française France 24, la chaîne britannique BBC Arabic ou la chaîne allemande DW. L’étude porte sur le rôle de ces chaînes d’information dans les changements qu’a connus et connaît à l’heure actuelle la région du Moyen-Orient comme sur leur degré d’engagement dans la diffusion et l’ancrage des valeurs et des pratiques démocratiques. Dans quelle mesure les métamorphoses de ces chaînes de télévision révèlent-elles les transformations plus profondes des sociétés arabes ?

. Nicolas Balaresque (dir.), Géopolitique de l’Asie. Paris, Nathan, 2017.

Dans la collection « Nouveaux Continents », ce manuel, consacré à la géopolitique de l’Asie, est entièrement mis à jour et conforme aux nouveaux programmes des classes préparatoires ECS. Il s’adresse aussi aux étudiants en IEP, aux personnes se préparant à des concours ainsi qu’à ceux qui s’intéressent à l’évolution du rapport de force entre grandes puissances, puissances émergentes et pays en développement. Il intéressera également tous les professeurs d’Histoire et Géographie en lycées.

Cette édition, entièrement mise à jour et enrichie, prend donc en compte toute l’actualité géopolitique récente.

Cet ouvrage se compose de 20 chapitres courts et très structurés afin d’en rendre la lecture stimulante. Pour chaque chapitre :

. une courte introduction permet de présenter les contextes et les enjeux ;

. des repères chronologiques, des définitions de termes clés et des cartes viennent éclairer le propos ;

. des « zooms » offrent des éclairages précis sur des problématiques particulières.

L’ouvrage a été rédigé par uneéquipe regroupant des enseignants de classes préparatoires, des universitaires et des chercheurs qui ont eu une ambition d’allier la rigueur scientifique à l’accessibilité de leurs propos.

. Mathieu Rivat, Ces maires qui changent la France. Le génie créatif des communes, Paris, Actes sud, septembre 2017.
Parce que la politique à l’échelon local est une source incroyable de renouveau pour le dialogue citoyen et l’action publique, cet ouvrage donne la parole à des maires qui ont décidé de penser la relation aux habitants et au territoire de façon innovante. Destiné aux citoyens, élus, militants, ce livre peut donner des clés pour agir et être un outil de réflexion dans sa propre pratique.

. Alain Musset, Jean-Yves Piboubès (dir.), Géopolitique des Amériques, Paris, Nathan, 2017.

Conçus pour les étudiants des classes préparatoires aux grandes écoles, cet ouvrage de Géopolitique des Amériques de la collection Nouveaux Continents s’adresse aussi aux étudiants en IEP, aux personnes se préparant à des concours et à ceux qui s’intéressent à l’évolution de notre monde.

Ce manuel est conforme au programme de 2e année des classes préparatoires ECS.
Pour chaque chapitre, une courte introduction permet de présenter le contexte et les enjeux, des chronologies, des définitionsde termes clés, des cartes et des schémas viennent éclairer le propos. Des « zooms »offrent des éclairages précis sur des problématiques particulières.
Cet ouvrage a été rédigé par une équipe regroupant des enseignants de classes préparatoires, des universitaires et des chercheurs qui ont eu pour ambition d’allier la rigueur scientifique à l’accessibilité de leurs propos.

. Serge Sur, En battant la campagne, Paris, Dalloz, septembre 2017.

Loin de tout militantisme, étranger à tout déclinisme et à toute mélancolie, avec la vivacité du direct, ce livre est la chronique, tenue jours après jours, sans retouches, d’une année électorale, entre juillet 2016 et juin 2017. Elle marque la fin d’un cycle dans la vie de la République dont l’auteur met en lumière le caractère imprévisible et déjanté et offre une vision lucide et rationnelle de la société, des institutions et de la vie politique françaises, entre légèreté et profondeur, entre tragédie et comédie.

. Régis Bénichi, Les grandes mutations du monde au XXe siècle, Paris, Nathan, 2017.
Conçus pour les étudiants des classes préparatoires aux grandes écoles,
cet ouvrage de la collection "Nouveaux Continents" est consacré aux grandes mutations du monde au XXe siècle. Il s’adresse aussi aux étudiants en IEP, aux personnes se préparant à des concours et à ceux qui s’intéressent à l’évolution de notre monde.

Ce manuel est conforme au programme de 1re année des classes préparatoires ECS. Pour chaque chapitre, une brève introduction permet de présenter le contexte et les enjeux.
Des chronologies, des définitions des termes clés, des repères, des cartes et des schémas viennent éclairer le propos.
Des « zooms » offrent des éclairages précis sur des problématiques particulières.
Cet ouvrage a été rédigé par une équipe regroupant des enseignants de classes préparatoires, des universitaires et des chercheurs qui ont eu pour ambition d’allier la rigueur scientifique à l’accessibilité de leurs propos.

. Jean Birnbaum, Un silence religieux. La gauche face au djihadisme, Paris, Points, septembre 2017.

Parce que la gauche considérerait la religion comme un symptôme du malaise social et non comme une force politique et matérielle, elle ne posséderait pas les armes nécessaires pour affronter la prolifération de la violence djihadiste. Revenant sur les épisodes fondateurs ou récents, tels que la guerre d’Algérie, cet essai analyse le sens et les effets de ce mutisme.

. Emmanuel Derville, Métamorphoses de l’Inde depuis 1947, Paris, Ateliers Henry Dougier, septembre 2017.

De l’indépendance en 1947 au géant économique de 2017, quels changements majeurs l’Inde a-t-elle vécus ? Lorsque la Grande-Bretagne accorde son indépendance à l’Inde en août 1947, peu d’observateurs parient sur la survie de cette nouvelle nation. Et pourtant, à l’aube de son 70e anniversaire, l’Inde est devenue la première puissance d’Asie du Sud, un géant démographique, économique et militaire en devenir. 10 grands témoins nous racontent un demi-siècle de bouleversements et d’émancipation, de la partition des Indes en 1947 à la défaite contre la Chine en 1962 ; de la politique de stérilisations forcées en 1977 à la discrimination positive en faveur des castes en 1990…

. Geoffroy Deffrennes, Gens du Nord, Paris, Ateliers Henry Dougier, août 2017.
On dit les gens du Nord accueillants, attachants. On les taquine sur leur accent. Mais au-delà du succès phénoménal du film de Dany Boon, Bienvenue chez les Chtis, qui sont-ils ? Posez-leur la question, d’un bout à l’autre de la région, entre Belgique, mer et Picardie, et vous obtiendrez des réponses sympathiques mais nuancées. Tout au long de nos rencontres, nous avons pu constater que oui, ils ouvrent facilement leurs portes, mais non, ils ne se définissent pas comme Chtis, ou alors pour rire, après quelques bières concoctées par une de ces brasseries artisanales en plein renouveau. Tout part souvent d’une amitié, de rencontres humaines, de sens du collectif. Ce n’est pas un hasard si le réseau associatif s’y révèle d’une densité incroyable, qu’il s’agisse de sport, d’esprit festif, d’action humanitaire ou d’économie sociale et solidaire.

. Astrid Viaud, L’Union européenne face à la crise du nucléaire iranien (2003-2017), Louvain-la-Neuve, Presses Universitaires de Louvain, juin 2017.

Cet ouvrage s’attache à décrypter le programme nucléaire développé par la République islamique d’Iran et le rôle joué par l’Union européenne pour faire face à cette crise. Portée par une habile coordination intergouvernementale des politiques étrangères de ses États membres, l’Union rejoint le rôle d’acteur que ces derniers voulaient lui voir jouer. Partant d’une initiative ad hoc développée en dehors du Conseil de l’Union européenne, l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni en viennent à renforcer l’Union sur la scène internationale. Ces trois États membres, conscients des difficultés d’un consensus au sein du Conseil, vont devancer le processus de négociations puis le faire adouber par le Haut Représentant de l’Union. Ce dernier informera les institutions de l’Union et contribuera au consensus. Par ailleurs, l’Union européenne offre une plateforme de coopération qui tend à accroître le pouvoir politique de chaque État en tirant parti du poids économique de l’Union sur la scène internationale. Après six années de sanctions décidées par le Conseil de sécurité des Nations unies, auxquelles l’Iran s’adapte tout en les contournant, l’adoption de sanctions autonomes fortes démontre la détermination de l’Union européenne et amène l’Iran à composer. Incitative puis coercitive, l’action diplomatique déployée par l’UE3+1, puis par l’E3+3, vis-à-vis du nucléaire iranien s’est formée en raison d’un intérêt commun fort, celui de préserver la sécurité internationale en maintenant le régime érigé par le Traité de non-prolifération des armes nucléaires.

. Jean-Philippe Pierron (dir.), Écologie politique de l’eau, Paris, Hermann, septembre 2017.
Comprise par la science, maîtrisée par la technique, l’eau serait " conquise ". Cette conquête questionne, à l’heure de la transition écologique, le dialogue des rationalités et des représentations de l’eau entre sciences des ingénieurs hydrauliciens et sciences humaines. Elle interroge les usages qui, de la rareté dans le stress hydrique jusqu’à la profusion, retrouvent l’eau comme milieu exigeant responsabilité et soin. Elle mobilise les imaginaires des cultures de l’eau qui, singulièrement, déploient le cadre herméneutique sur le fond duquel les hommes nouent une entente avec la Terre, planète bleue. Plutôt qu’un dilemme, comment penser alors la tension entre l’explication objective de l’eau H2O et sa compréhension poétique, entre justice sociale et justice environnementale, entre l’eau maîtrisée et l’eau rêvée, entre intérêts économiques et attente de justice écologique et sociale ?

. Sonia Le Gouriellec (dir.), Notre monde est-il plus dangereux ?, Paris, Armand Colin, septembre 2017.
Notre politique étrangère est-elle dominée par les États-Unis ? Les terroristes sont-ils des barbares, fous et idiots ? Israël est-il un modèle de sécurité à suivre ? Une guerre peut-elle éclater en mer de Chine du Sud ou entre l’Iran et l’Arabie Saoudite ? Doit-on craindre une guerre de civilisations ? La violence a-t-elle augmenté ? Cet ouvrage entend faire le point sur un certain nombre d’interrogations concernant les questions globales, dont les répercussions peuvent avoir un effet sur la stabilité du système international. Sonia Le Gouriellec propose de donner du sens à un monde parfois difficile d’accès et offre la possibilité d’appréhender sa réalité sous l’œil avisé de spécialistes tous venus d’horizons et de disciplines différents : politistes, sociologues, historiens, militaires, journalistes, blogueurs…

. Yves Jean et Michel Périgord, Géographie rurale, Paris, Armand Colin, septembre 2017.
Les notions de ruralité et d’espace rural jouent un rôle fondamental pour la géographie française. L’ouvrage s’interroge sur leur devenir en France depuis un demi-siècle. Les mutations contemporaines sont appréhendées selon une approche géohistorique, les campagnes ayant connu d’importantes mutations, aux effets inégaux dans l’espace et dans le temps. Les principaux phénomènes analysés concernent la complexification des relations villes-campagnes, l’extension du phénomène résidentiel et l’accroissement des mobilités, le développement de l’économie résidentielle, la territorialisation des politiques publiques. Ces questions sont au centre des enjeux d’aménagement des espaces ruraux. Cet ouvrage s’adresse aux étudiants en licence de géographie, ainsi qu’aux étudiants issus d’autres disciplines qui souhaitent s’initier à la géographie du monde rural.

. Collectif, Villes d’exception : quand les cartes racontent l’histoire, Gennevilliers, Géo (Prisma), septembre 2017.
Présentation de plus de 70 cartes des grandes villes du monde, de l’Antiquité jusqu’à l’époque contemporaine. Le contexte historique, les spécificités, la culture, l’évolution et l’histoire des grands sites urbains sont abordés ainsi que les relations entre les gouvernants et les cartographes.

. Jean-Baptiste Duroselle et André Kaspi, Histoire des relations internationales de 1945 à nos jours, Paris, Armand Colin, septembre 2017.
Deuxième tome d’une œuvre devenue classique, L’histoire des relations internationales depuis 1945 explique comment la Guerre froide n’a pas dégénéré en conflit ouvert malgré la multiplication des crises de par le monde. Comment à un monde bipolaire, a succédé un monde pluriel avec les États-Unis comme seule superpuissance politique, diplomatique, militaire ; un constat plus qu’évident après le 11 septembre 2001. S’appuyant sur les recherches les plus récentes, André Kaspi a su actualiser et moderniser l’œuvre initiée par Jean-Baptiste Duroselle.

. Serge Belley et Diane Saint-Pierre (dir.), L’administration des territoires et les instruments de l’action publique, Québec, Presses de l’Université du Québec, septembre 2017.
Les territoires sont soumis à des phénomènes sociodémographiques, économiques, environnementaux et culturels qui obligent les gouvernements et les administrations publiques à sans cesse réviser et ajuster leurs politiques, programmes et services. S’inscrivant dans la continuité de travaux reconnus (dont ceux de Hood, Howlett, Halpern, Lascoumes et Le Galès) et de l’ouvrage qui lui est complémentaire, Les instruments de l’action publique et les dispositifs territoriaux (L’Harmattan, 2016), ce livre intéressera les décideurs publics, les chercheurs et les citoyens qui veulent mieux comprendre les multiples enjeux et défis liés aux territoires.


Livre recommandé par Diploweb.com en août 2017

. Mathieu Duchâtel, Géopolitique de la Chine, QSJ, Paris, PUF, 2017.

Pierre Verluise, Fondateur du Diploweb.com : "Voici un ouvrage à recommander pour saisir l’originalité géopolitique de la Chine. L’auteur présente de façon synthétique et maîtrisée les représentations géopolitiques de la Chine, son ancrage continental, son tournant maritime et ses nouveaux horizons à l’échelle mondiale. Parce qu’il n’est plus possible d’ignorer la Chine, cette lecture s’impose."

4e de couverture

La plus vieille civilisation du monde a toujours joué un rôle de premier plan dans les relations internationales : de la route de la soie aux routes maritimes actuelles, la Chine entretient des relations complexes avec ses nombreux voisins et ses divers partenaires économiques. Or, depuis les réformes économiques des années 1980, cet immense territoire a rebattu les cartes de la géopolitique mondiale, s’imposant désormais comme contre-modèle de l’Occident. La Chine se serait-elle bel et bien éveillée ?
Mathieu Duchâtel dresse le tableau de cette grande puissances contemporaine, tiraillée entre volonté d’expansion et quête de sécurité, compétition et alliances, et qui est en passe de détrôner les États-Unis, dont elle est la grande rivale.


. Safwan M. Masri, Tunisia. An Arab Anomaly, New York, Columbia University Press, septembre 2017.
The Arab Spring began and ended with Tunisia. In a region beset by brutal repression, humanitarian disasters, and civil war, Tunisia’s Jasmine Revolution alone gave way to a peaceful transition to a functioning democracy. Within four short years, Tunisians passed a progressive constitution, held fair parliamentary elections, and ushered in the country’s first-ever democratically elected president. But did Tunisia simply avoid the misfortunes that befell its neighbors, or were there particular features that set the country apart and made it a special case ? In Tunisia : An Arab Anomaly, Safwan M. Masri explores the factors that have shaped the country’s exceptional experience. He traces Tunisia’s history of reform in the realms of education, religion, and women’s rights, arguing that the seeds for today’s relatively liberal and democratic society were planted as far back as the middle of the nineteenth century.

. Karine Tournier-Sol, Prendre le large. Le UKIP et le choix du Brexit, Paris, Vendémiaire, août 2017.
23 juin 2016 : les Britanniques disent adieu au vieux continent au cours d’un référendum historique. Le Brexit a claqué comme un coup de tonnerre dans une Europe qui ne soupçonnait pas le rejet dont elle pouvait faire l’objet. Pourtant, en 2014, à l’issue d’une campagne axée sur les « dangers » de l’immigration, le UK Independence Party et son tonitruant leader Nigel Farage avaient déjà fait parler d’eux. Deux ans plus tard, le UKIP a pu apparaître comme l’artisan majeur du retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne. Révélant aux yeux du monde l’existence en Grande-Bretagne d’une fracture sociale, économique et géographique sans précédent. La première analyse sociologique et électorale en français, qui met en lumière les points communs et les différences avec les autres mouvements populistes européens, notamment le Front national. Car, qualifié d’« extrême droite en costume cravate », le UKIP, nouveau venu original dans un système politique qui mettait volontiers en avant sa modération, est désormais un élément clé de la vie démocratique du Royaume-Uni.

. Jean-Pierre Tuquoi, Oubangui-Chari, le pays qui n’existait pas, Paris, La Découverte, août 2017.
Fin 2016, les militaires français plient bagages. Trois ans plus tôt, dans le cadre de l’opération Sangaris, ils ont débarqué à Bangui, la capitale d’un pays oublié, le Centrafrique, pour lui éviter de connaître « un scénario à la rwandaise ». C’était la septième intervention française depuis l’indépendance dans ce pays aux allures de fantôme où sept habitants sur dix vivent dans une pauvreté extrême et où l’espérance de vie a reculé de dix ans. Pays fantôme, le Centrafrique – baptisé Oubangui-Chari par le colonisateur français – l’a peut-être toujours été. Certes, il a une capitale et un nom – il en a changé à six reprises. Il possède quelques kilomètres de routes goudronnées, une langue nationale et des ambassades. Un temps, dans les années 1970, l’empereur Bokassa, un autocrate délirant et sanguinaire, lui a conféré une triste notoriété. Mais que cache le décor ?

. Dominique de Villepin, L’avenir de la paix, Institut Diderot, 2017.

Parler de la paix à l’heure actuelle alors que c’est le bruit de la guerre qui domine peut paraître audacieux. Les champs de batailles réels ou potentiels semblent se multiplier. On le voit aussi bien en Mer de Chine, en Corée du Nord, qu’en Irak, en Syrie, au Yémen ou encore en Europe orientale. En Europe, nous sommes cernés aujourd’hui par un arc de crises presque sur l’ensemble de nos frontières : en Ukraine, en Turquie avec le durcissement du régime, en Méditerranée ou au Moyen-Orient avec la crise des migrants. » […] « La paix n’est plus une évidence mais plus que jamais un travail, un programme, une mission ».Télécharger le PDF.

. Jean-Pierre Chevènement, Le défi de l’islam de France, Institut Diderot, 2017.

Nombreux sont nos compatriotes, y compris musulmans, qui jugent la version wahhabite et/ou salafiste du respect aveugle de la sunna réellement incompatible avec notre manière de penser et pratiquer la politique.

Pour des raisons enracinées dans notre histoire, notre droit s’est dissocié de la théologie. Or, en terre musulmane, une telle dissociation n’a pas eu lieu. Et le Coran expose un système normatif.

Comment la République française pourrait-elle régler à elle-seule un problème d’une telle ampleur, d’une telle radicalité ? Cessons de croire que partout où passe la modernité, les religions se folklorisent.

Il apparaît urgent d’engager une discussion sérieuse sur le développement de l’islam en France sans aucune soumission politique, économique, financière, éducative, culturelle à l’égard d’États étrangers. Télécharger le PDF

. Manuel Boucher, Geoffrey Pleyers et Paola Rebughini, Subjectivation et désubectivation. Penser le sujet dans la globalisation, édition fondation des sciences de l’homme, 2017.

À partir des concepts de subjectivation et de désubjectivation particulièrement mobilisés par Michel Wieviorka et les sociologues de l’action, ce livre développe une réflexion sur le sujet et le vivre ensemble au temps de la globalisation et de la transformation des identités, des formes d’inégalité et de vulnérabilité. Ancré dans les expériences et les débats français et internationaux, cet ouvrage revisite les enjeux de la violence, de l’État social, du pluralisme culturel, des droits, de l’émancipation et de la démocratie en partant des dynamiques de subjectivation et de désubjectivation à travers lesquels se construisent les acteurs. Sur la base d’études empiriques sur des objets et dans des champs d’une grande diversité, les auteurs analysent la capacité ou la difficulté à garder un rapport à soi malgré les tumultes sociaux, économiques, politiques et culturels quelquefois violents produits au sein d’une société globale. Télécharger le PDF des 23 premières pages avec la table des matières.

. S.E. Zhai Jun, L’avenir des relations franco-chinoises, Institut Diderot, 2017.

L’Ambassadeur de la République Populaire de Chine en France livre ici le fruit de ses réflexions argumentées sur la qualité exceptionnelle des relations francochinoises.

Une nouvelle ère s’annonce avec l’élection du nouveau Président de la République française et la tenue du XIXème Congrès national du Parti communiste chinois. Alors que l’initiative chinoise « la Ceinture et la Route », le Forum pour la coopération internationale réunissant une centaine de pays, venait de se conclure à Pékin, S.E. Zhai Jun mettait en lumière les formes d’une indispensable coopération à l’échelle de la planète à l’heure du repli sur soi et des crispations identitaires.

Au-delà des liens économiques, le Président Xi Jinping a insisté, lors de l’ouverture du Forum sur le fait qu’il s’agit d’une initiative de paix permettant d’ouvrir une ère de prospérité à l’ensemble de ceux qui souhaitent y participer, à la fois respectueuse de l’environnement et innovante technologiquement.

Le repli sur soi et le rejet de la mondialisation ne faisant pas bon ménage avec la prospérité, il serait sage de noter que comparées aux autres initiatives, ces « nouvelles routes de la soie » apparaissent comme une initiative globale visant à ne laisser personne sur le bord du chemin. Télécharger le PDF

. Maurice Cusson (dir.), Mille homicides en Afrique de l’Ouest, Montréal, Presse de l’Université de Montréal, juin 2017.
S’appuyant sur des données empiriques riches et variées, ce livre porte sur les homicides perpétrés dans quatre pays d’Afrique de l’Ouest francophone. Ses auteurs décrivent et analysent toutes les manifestations de la violence criminelle – qu’il s’agisse de vengeance ou d’autodéfense, d’infanticide, de vol, ou de crime rituel – et se font un devoir d’indiquer des pistes de solution réalistes. Que nous apprennent ces données sur les particularités des homicides au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Niger et au Sénégal ? Sur les homicides familiaux ? Sur les querelles qui se terminent par la mort d’un homme ? Sur les rapports entre la sorcellerie et le meurtre ? Comment rendre plus sûrs les quartiers criminogènes des villes africaines ? Avec quels acteurs sociaux les pouvoirs publics et la société civile peuvent-ils soutenir concrètement la non-violence ? En posant correctement le problème de la violence grave et en proposant des solutions, ce livre indique le chemin à prendre vers plus de sécurité, une paix mieux assurée et un développement durable.

. Olivier Zajec, Confins et frontières, Paris, Chronique, à paraître (septembre 2017).
Un essai consacré à la question des frontières, cette notion de limite, depuis le limes romain du Ier siècle jusqu’au mur israélien du XXIe siècle, des remparts de Carcassonne à Check point Charlie, du fond des océans au silence des espaces intersidéraux.

. Felix Boecking, No Great Wall : Trade, Tariffs, and Nationalism in Republican China, 1927-1945, Cambridge (MA, Etats-Unis), Harvard University Press, à paraître (juillet 2017).
This book, an in-depth study of Nationalist tariff policy, fundamentally challenges the widely accepted idea that the key to the Communist seizure of power in China lay in the incompetence of Chiang Kai-shek’s Nationalist government. It argues instead that during the second Sino-Japanese War, China’s international trade, the Nationalist government’s tariff revenues, and hence its fiscal policy and state-making project all collapsed. Because tariffs on China’s international trade produced the single greatest share of central government revenue during the Nanjing decade, the political existence of the Nationalist government depended on tariff revenue. Therefore, Chinese economic nationalism, both at the official and popular levels, had to be managed carefully so as not to jeopardize the Nationalist government’s income. Until the outbreak of war in 1937, the Nationalists’ management of international trade and China’s government finances was largely successful in terms of producing increasing and sustainable revenues. Within the first year of war, however, the Nationalists lost territories producing 80 percent of tariff revenue. Hence, government revenue declined just as war-related expenditure increased, and the Nationalist government had to resort to more rapacious forms of revenue extraction—a decision that had disastrous consequences for both its finances and its political viability.

. Thibault Courcelle et Ygal Fijalkow, Services publics et territoires, Rennes, Presses universitaires de Rennes, juin 2017.
La nécessité d’adapter la présence des services publics aux territoires n’est pas nouvelle mais le mouvement que l’on observe depuis bientôt deux décennies est d’ampleur inégalée. Il a transformé la carte hospitalière, judiciaire, postale, celle de l’armée, des forces de police, de la gendarmerie, des douanes, des centres des impôts, des trésoreries, des gares SNCF, etc. L’État est un acteur majeur de cette réorganisation mais il n’est pas le seul. L’Union européenne et les effets d’une économie de plus en plus mondialisée ont une part de responsabilité non négligeable dans cette (r)évolution. L’objet de cet ouvrage est de contribuer à rendre compte des conséquences de la réorganisation des services publics dans les villes petites et moyennes. Les contributions rassemblées ne défendent ni la thèse du maintien des services publics, ni celle d’un réajustement au bénéfice de certains territoires. Il ne s’agit pas davantage de dresser un bilan détaillé et minutieux, mais de révéler quelques aspects essentiellement qualitatifs qui demeurent ignorés dans les analyses et les rapports officiels.

. Jacques Lévy (dir.), Atlas politique de la France, Paris, Autrement, juin 2017.
« La France connaît une véritable révolution silencieuse dans la relation des citoyens à l’espace et à la politique. » Les révolutions silencieuses de la société française Plus de 70 cartes pour présenter la géographie politique de la France, de 1992 à aujourd’hui.
Géographie politique : dans quelle mesure le lieu de résidence détermine-t-il le vote ?
L’ascension du Front national : un vote porté par les espaces périurbains. Dynamisme économique et redistribution des richesses : la France fait-elle le choix du développement et de la justice ? Terrorisme, migrations, mondialisation : la France en Europe et dans le Monde. Quels enseignements tirer de l’élection présidentielle de 2017 ? De référendums en élections, sur une période de vingt-cinq ans, la cartographie fait apparaître les nouvelles lignes de force de l’espace français, mettant en évidence des changements profonds et durables.

. Mahrez Zahed, La démarche de performance dans la gestion locale, Paris, L’Harmattan, juin 2017.
La préservation de la dépense publique, de surcroît par temps de crises financières, constitue un défi permanent des pouvoirs publics. Cette forte volonté politique a trouvé toute sa signification dans le large consensus politique suscité par la préparation et la mise en œuvre de la Loi organique relative aux lois de finances qui devait permettre une gestion publique saine et une dépense publique rationnelle. Cette nouvelle « Constitution » financière a posé les premiers jalons de la démarche de performance au niveau de l’Etat.

. Eric Letonturier, Guerre, armées et communication, Paris, CNRS Editions, mai 2017.
Propagande, censure et désinformation d’un côté ; devoir de réserve, secret défense et silence dans les rangs de la « grande muette » d’un autre. Faire la guerre semble condamner la communication des armées à de tels extrêmes. Mais qu’en est-il aujourd’hui, avec l’internet et les réseaux sociaux, l’information continue et les lanceurs d’alerte, et une opinion publique de plus en plus sondée et souveraine ? Parallèlement, la surveillance géopolitique électronique, la numérisation du champ de bataille, l’arrivée des drones, robots et soldats augmentés sur les théâtres d’opérations changent aussi la donne. Reste que la guerre engage toujours et avant tout des relations entre des hommes sur le terrain. Elle est aussi profondément un acte de communication pour être d’abord un dialogue rompu, un affrontement avec l’altérité. Avec, comme horizon, à l’heure de la montée des nationalismes et la multiplication des revendications identitaires, un risque croissant d’incommunication.

. Gabriel Fauveaud (dir.), Les villes non occidentales, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, mai 2017.
Cet ouvrage souhaite montrer la richesse d’une ouverture géographique et thématique des recherches urbaines actuelles en présentant celles qui prennent en considération les villes situées en dehors de l’aire occidentale. Il donne la voix à de jeunes chercheurs et praticiens originaires de six pays et de trois continents qui, par leurs réflexions engagées, proposent de corriger les perceptions souvent négatives, voire catastrophiques, de l’urbanisation non occidentale. En partant du principe que tout espace urbain est aussi banal que singulier, ils aident à décentrer le regard et à envisager sérieusement l’importance de l’altérité dans la construction des représentations collectives. Ouvert sur le monde, donc, cet ouvrage montre tout l’intérêt de diversifier les approches théoriques et empiriques en urbanisme, dont le fort ancrage nord-américain ou européen empêche souvent de rendre compte des multiples réalités des villes de la planète.

. Marie-Laure Poletti et Roger Pilhion, … et le monde parlera français, Paris, Iggybook, mai 2017.
Une part importante des opinions publiques pense que l’anglais est en passe de devenir ou est devenu une lingua franca universelle. La mondialisation a, en effet, produit une situation d’hégémonie linguistique sans précédent. Mais celle-ci pourrait avoir atteint ses limites. La perte d’influence des Etats-Unis d’Amérique dans le monde, la recherche de contre-pouvoirs, la revendication de la diversité et les technologies de l’information et de la communication ont ouvert des brèches. Plusieurs grands pays n’ont d’ailleurs pas renoncé à promouvoir leur langue hors de leurs frontières et mènent des actions ambitieuses. La France a longtemps fait figure de pionnière en la matière. Mais aujourd’hui elle semble hésiter à poursuivre dans cette voie. Le doute, voire le défaitisme s’installent : certains n’hésitent pas à affirmer que la langue française est un frein à l’attractivité de la France. Dans ce contexte de repli et d’interrogations, ce livre dresse un état des lieux, décrit les acteurs et les enjeux liés à la diffusion internationale de la langue française et à la francophonie et esquisse des stratégies de remobilisation pragmatiques et concrètes.

. Yvonnick Denoël (dir.), Les dossiers noirs de Donald Trump, Paris, Nouveau Monde, juin 2017.

La sainteté n’est pas une qualité première pour devenir président des États-Unis. Pourtant, on ne trouve pas d’équivalent dans l’histoire d’un président élu malgré un parcours aussi trouble que celui de Donald Trump. Pour la première fois, un livre réunit les meilleures investigations de journalistes américains et européens sur la face cachée des affaires de la Trump Organization, en pénétrant au cœur de son système : ses deux piliers principaux, les casinos et l’immobilier de luxe, n’auraient jamais prospéré sans une grande complaisance envers l’argent sale et diverses mafias. Tandis que le candidat Trump dénonçait les « ennemis de l’Amérique », ses sociétés violaient discrètement les embargos américains contre Cuba ou l’Iran. Une enquête en Azerbaïdjan dévoile ainsi l’association insoupçonnée de Trump avec une entité appartenant aux pasdarans, les gardiens de la Révolution iranienne. Les auteurs brossent le portrait des « éminences noires » sans qui Trump ne serait jamais devenu ce qu’il est, comme le milliardaire d’extrême droite Robert Mercer, qui a financé sa campagne et placé les « bonnes personnes » dans son entourage. On découvre comment Trump a fait commerce douteux du concours Miss Univers, notamment en Russie, ainsi que les nombreuses affaires de harcèlement sexuel qui pèsent sur son avenir, et même un cas de viol de mineure. Enfin, les auteurs nous emmènent dans les coulisses de l’enquête du FBI sur les collusions entre l’équipe Trump et les hauts dignitaires russes : on y croise des oligarques, des espions britanniques, un général liquidé pour avoir trop parlé, un rendez-vous clandestin aux Seychelles… et une forte odeur de pétrole. Un document sans équivalent pour comprendre où peuvent mener les enquêtes fédérales en cours sur Trump, avec quelles conséquences sur sa présidence.

. Philippe Lemarchand (dir.), La mondialisation de A à Z, Neuilly-sur-Seine, Atlande, août 2017.

Près de 1000 articles pour aborder tous les débats autour de la mondialisation. Des acteurs cruciaux mais méconnus (le BCG, la communauté de Sant’ Egidio, Olivier Dolfuss), des éléments clefs (détroits, drogues, dumping social), des définitions claires (rugosité, titrisation, westoxification), des aspects inattendus (couleur bleu, nylon, volapük), des incontournables (football, dette, changement climatique), des inédits (non-lieu, Fold it, lune).

. Stéphane Guibaud, Nos héros, ces parias – Comment on assassine les lanceurs d’alerte, Paris, Max Milo, août 2017.

Les lanceurs d’alerte défrayent l’actualité depuis une dizaine d’années. Les cas emblématiques de Edward Snowden, Chelsea Manning et Julian Assange sont révélateurs des méthodes utilisées pour faire craquer celles et ceux qui ont le courage de parler des dysfonctionnements et des dérives de notre société. Et pourtant, ces héros sont devenus des parias. Leur vie est un enfer. Snowden est réfugié en Russie, Assange dans une ambassade, Manning en prison, Stéphanie Guibaud, James Dunne, Céline Boussié et bien d’autres sont dans une situation précaire, attaqués dans des procès sans fin et lâchés par les Etats. La situation catastrophique des lanceurs d’alerte révèle que les démocraties dans lesquelles nous vivons sont de plus en plus dures avec les petits délits mais clémentes avec les dominants. La justice est au cœur de nos systèmes agonisants mais que les dominants ne veulent surtout pas les modifier tant ils en profitent. La seule solution, pour Stéphanie Gibaud : se regrouper pour faire reculer l’impunité.

. Jean-Baptiste Duroselle et André Kaspi, Histoire des relations internationales de 1919 à 1945 (Tome 1) Paris, Armand Colin, septembre 2017.

L’histoire des relations internationales en tant que discipline historique doit beaucoup à Jean-Baptiste Duroselle. Donnant à expliquer l’histoire, surtout dans un XXe siècle en mal d’identité et de recomposition, il est celui qui introduit dans la méthode historique le poids des forces profondes et le rôle des hommes. En se penchant sur la première moitié du XXe siècle, il analyse, vingt et un ans après les traités de l’après-Première Guerre mondiale, les mécanismes qui aboutissent à la Deuxième Guerre mondiale. Les nouveaux acteurs de la scène internationale, les défaites de l’Italie fasciste, de l’Allemagne nazie et du Japon annoncent-ils un monde pacifique ? Voilà les questions que pose Jean-Baptiste Duroselle.

. Gabriel Alphand et Frédéric Vion, Moments privés au Quai d’Orsay, Paris, Balland, août 2017.

Il s’en passe de belles sous les dorures des Ambassades de France ! Moments privés au quai d’Orsay vous ouvre les portes de la diplomatie française... mais en passant par l’escalier de service. Car si de l’extérieur, le monde des chancelleries ressemble aux pages « décoration » d’un magazine de luxe ; il y a, derrière les façades, des parquets cirés parfois glissants. Les plafonds s’écroulent, les invités volent l’argenterie, et tandis qu’à Pékin les Chinois essaient de nous rouler sur la propriété de nos propres murs, Monsieur l’Ambassadeur demande au Colonel, en plein dîner officiel, s’il aime les sculptures d’éphèbes nus. Dans ce petit ouvrage savoureux, les héros embarquent dans des avions branlants de lignes intérieures post-soviétiques ou sub-sahariennes, ils craignent pour leur vie dans des tempêtes tropicales sur des aérodromes dont il faut chasser, à l’approche de l’appareil, les dromadaires en train de paître sur le pré qui sert de piste. Moments privés au quai d’Orsay vous raconte la France, son incroyable réseau diplomatique (qui reste l’un des meilleurs du monde), mais aussi les petites histoires sans lesquelles ce fer de lance de la grandeur nationale ne pourrait pas fonctionner. Car les diplomates ont aussi des chaussettes à laver, des lubies, des faiblesses, ou des allergies et des régimes pas toujours faciles à respecter quand on passe sans transition de la Mauritanie à la Nouvelle-Zélande.

. Dominique Lorrain, Métropoles en Méditerranée : Gouverner par les rentes,Paris, Presses de Science Po, juin 2017.

Beyrouth, Le Caire, Alger, Istanbul évoquent une histoire de très longue durée. Mais depuis plusieurs décennies, les images associées à ces métropoles du pourtour méditerranéen s’estompent pour laisser place à celles d’un quotidien marqué par la violence, les flots de migrants et les dysfonctionnements urbains. Sont-elles devenues ingouvernables ? Sont-elles trop denses, trop polluées, trop inégalitaires ? En s’immergeant dans la fabrique de leurs réseaux et institutions, cet ouvrage montre que les difficultés majeures de ces villes reflètent non pas l’absence mais des modes spécifiques de gouvernement. Si tout n’est pas gouverné, les réseaux urbains, en contribuant à équiper, participent à une gouvernance de fait. Les défaillances sont compensées par une coordination à partir des problèmes. En l’absence d’un secteur industriel fort (à l’exception d’Istanbul), la production du logement joue un rôle économique majeur. Et c’est la répartition des rentes foncières, urbaines et pétrolières entre les fractions de l’élite qui décide du destin de ces villes, entre grandeur et déclin.

. Audrey Ferraro, Trahison sanglante en Afghanistan : 20 janvier 2012, massacre de militaires français à Gwan , Saint-Denis, Publibook, juin 2015.

« Incrédules, les mentors de l’OMLT K4 réalisent rapidement ce qui leur arrive : “On se fait allumer !”, crie l’un d’eux. Les binômes se désolidarisent. Plus de cent cinquante cartouches de 5,56 mm sont tirées en quelques secondes, avec un fusil-mitrailleur M249. Des corps tombent sur le sol gelé tandis que le tireur poursuit calmement son sinistre attentat. Les rafales se succèdent et soulèvent de la terre entre les jambes des soldats pris à partie. Tant bien que mal, les blessés essaient de se protéger, immobilisés au sol, loin de tout couvert et... si près de l’assassin. Pour d’autres, il est déjà trop tard. » Le 20 janvier 2012, un déséquilibré enrôlé au sein de l’armée nationale afghane ouvrait le feu sur des soldats français en plein entraînement sur la base opérationnelle de Gwan. Cinq d’entre eux y laisseront la vie... Si ce massacre incompréhensible a marqué les esprits à l’époque, il n’était pas question de laisser la loi de l’actualité le laisser sombrer dans l’oubli. Mêlant reconstitution et témoignages, l’ouvrage d’Audrey Ferraro est avant tout un hommage aux victimes et aux équipes d’encadrement médical et psychologique. Richement documentée, cette chronique bouleversante s’impose comme un indispensable devoir de mémoire.

. Jean-Michel Verne, Riviera Nostra : L’emprise des mafias italiennes sur la Côte d’Azur, Paris, Nouveau Monde, juin 2017.

Toute la région PACA est aujourd’hui infiltrée par la mafia italienne. À Toulon, Nice, Cannes, Marseille, le Midi n’est plus seulement une terre de blanchiment, mais un territoire où les clans développent leurs activités traditionnelles en « joint-venture » avec les truands français, tout en restant eux-mêmes dans l’ombre.
Le « milieu » français fait figure de partenaire naturel dans l’organisation du trafic de drogue : la pègre hexagonale, notamment corso-marseillaise, bénéficie de réseaux privilégiés en Afrique de l’Ouest et au Sahel où passent les routes d’approvisionnement. Mais l’influence italienne se perçoit également dans des cas de conflits d’intérêt autour de juteux marchés publics. Les lieux de villégiature et « promenades de santé » des capi venus se faire soigner dans les cliniques de la Riviera témoignent de leur attachement à la région.
Fruit d’une enquête approfondie et d’entretiens avec des spécialistes des systèmes mafieux, cet ouvrage montre la contamination progressive du sud de la France par toute une économie souterraine à laquelle les dispositifs policier et judiciaire nationaux peinent à s’adapter.

. Marino A. Bruce, Hispanic Migration and Urban Development, Bingley, Emerald Group Publishing Limited, juin 2017.

This volume of "Research in Race and Ethnic Relations" analyzes the pattern of assimilation and incorporation among the Hispanic population in the Washington DC metro region. Following a comprehensive introduction looking at theoretical and policy implication, the book consists of two conceptual chapters discussing the literature of ethnic incorporation and assimilation in urban regions, one chapter analyzing demographic trends among the Hispanic population, and four chapters analyzing different issues related to assimilation, in particular the nature entrepreneurialship, civic engagement, political participation, and education among migrants. This book makes a considerable contribution to the literature of emerging gateways in the field of migration and urban development with articles from notable academics and public policy analysts in their respective fields. It is the only comprehensive study of its kind concerning Hispanic migration to the Washington DC region (the majority of other studies in the field are based on data from major metropolitan cities such as New York, Chicago and Los Angeles)

. Roxane Rimstead, Domenico A. Beneventi et Simon Harel, La lutte pour l’espace : ville, performance, et culture d’en bas, Québec, Presses de l’Université Laval, juin 2017.

Dans ce volume collectif, nous examinons le profond enchevêtrement de l’espace et du pouvoir dans les paysages locaux, dans les vies individuelles, et sur les scènes nationale et mondiale. Les luttes pour l’espace marquent et définissent les subjectivités incarnées du soi et de l’autre, ainsi que les espaces matériels et imaginés. Nous cherchons également à dépasser les barrières linguistiques, les frontières nationales, les catégories conceptuelles, les communautés et les silences, afin de relire des textes et des auteurs canoniques tout en écoutant de nouvelles voix et en captant des performances d’espaces contestés qui sont nouvellement reconnues ou inscrites dans la mémoire collective.

. Fabien Nkot (dir.), Dictionnaire de la politique au Cameroun, Québec, Presses de l’Université Laval, juin 2017.

Ce Dictionnaire de la politique au Cameroun présente, dans l’ordre alphabétique, des entrées relatives aux noms de personnes et d’objets, ainsi qu’aux faits et événements ayant marqué l’évolution politique du Cameroun depuis la rencontre avec la domination allemande, en 1884. Plus que les choses, les dates ou les structures, les personnes constituent cependant le centre de gravité de ce dictionnaire. Sous ce rapport, il est significatif que des partis politiques comme le Rassemblement démocratique du peuple camerounais, le Social Democratic Front ou encore l’Union nationale pour la démocratie et le progrès ne disposent guère de notices propres, et n’apparaissent dans le livre qu’à la faveur de l’évocation de leurs promoteurs respectifs que sont Paul Biya, Ni John Fru Ndi et Bello Bouba Maigari. C’est simplement que, de manière plus ou moins accidentelle, cette somme trahit les limites des efforts d’institutionnalisation au Cameroun, et rend compte d’une trop grande prégnance du facteur idiosyncratique dans la vie publique de ce pays.

. Laurence Pivot et Nathalie Schneider, Les Québécois, Paris, Ateliers Henry Dougier, mai 2017.

Ils sont des milliers chaque année à s’expatrier au Québec et pourtant, rares sont les Français qui ont une idée précise de ce qu’est la société québécoise d’aujourd’hui. Loin des clichés, les ateliers henry dougier vous proposent un livre qui parle enfin du Québec contemporain. Ah, le Québec ! L’enthousiasme est unanime chez les Français, qui croient que les Québécois sont une version sympathique d’eux-mêmes. Mais ils ne sont pas nos cousins, et encore moins des Canadiens comme les autres. Oui, ils parlent français mais ne sont pas tous bilingues. Non, ils ne passent pas l’hiver dans une ville souterraine. Oui, ils sont « cools » mais, hélas, pas aussi écolos qu’on l’imagine. En revanche, c’est l’un des pays qui revendique la plus grande égalité entre les hommes et les femmes. Une société tolérante qui marie les gays, pratique au quotidien la concertation et développe l’économie sociale et participative au point d’en être un des champions mondiaux. Une société qui, tant bien que mal, instaure aussi un vivre-ensemble dont beaucoup pourraient s’inspirer.

. Ali Douai et Gaël Plumecocq, L’économie écologique, Paris, La Découverte, juin 2017.
L’économie écologique émerge à la fin des années 1980, à partir du constat de l’inefficacité des réponses aux problèmes environnementaux apportées par certaines disciplines traditionnelles (principalement la science économique et la biologie de la conservation). Comment mieux appréhender la complexité du fonctionnement des écosystèmes et de leurs interactions avec l’homme ? Avec quels outils évaluer les limites biophysiques des écosystèmes ? Faut-il faire décroître la taille des économies humaines ? Quels systèmes de gouvernance, informés par quelles théories macroéconomiques, faut-il promouvoir ? Quels sont les enjeux scientifiques et politiques de l’évaluation monétaire des biens et services environnementaux ? Le présent ouvrage ambitionne de présenter le champ de l’économie écologique à travers ses objets, ses méthodes et ses propositions théoriques et politiques. Il donne à voir une communauté éclatée entre divers sous-courants, mais qui constitue néanmoins le centre de gravité des débats portant sur la soutenabilité de nos modes de développement.

. Aziz Iraki et Claude de Miras, Interroger les gouvernances urbaines – entre fragmentation et contrat territorial, Paris, Karthala, juin 2017.
Cet ouvrage se propose donc d’interroger des gouvernances territoriales en situation, à partir de cas aussi variés que ceux liés aux différents services urbains (transport, décharge publique, eau et assainisse¬ ment) d’une grande métropole, ou à la planification territoriale.

. Amzat Boukari-Yabara, Africa Unite ! Unie histoire du panafricanisme, Paris, La Découverte, juin 2017.
Sommes-nous africains ? Qu’est-ce que l’Afrique ? De cette double interrogation, née au XVIIIe siècle dans la diaspora africaine déportée aux Amériques, a émergé un vaste mouvement intellectuel, politique et culturel qui a pris le nom de panafricanisme au tournant du XXe siècle. Ce mouvement a constitué, pour les Africains des deux rives de l’Atlantique, un espace privilégié de rencontres et de mobilisations. De la révolution haïtienne de 1791 à l’élection du premier président noir des États-Unis en 2008 en passant par les indépendances des États africains, Amzat Boukari-Yabara retrace, dans cette ambitieuse fresque historique, l’itinéraire singulier de ces personnalités qui, à l’image de W.E.B. Du Bois, Marcus Garvey, George Padmore, C.L.R. James, Kwame Nkrumah ou Cheikh Anta Diop, ont mis leur vie au service de la libération de l’Afrique et de l’émancipation des Noirs à travers le monde. Mêlant les voix de ces acteurs de premier plan, bientôt rejoints par quantité d’artistes, d’écrivains et de musiciens, comme Bob Marley ou Miriam Makeba, la polyphonie panafricaine s’est mise à résonner aux quatre coins du « monde noir », de New York à Monrovia, de Londres à Accra, de Kingston à Addis-Abeba. Les mots d’ordre popularisés par les militants panafricains n’ont pas tous porté les fruits espérés. Mais, à l’heure où l’Afrique est confrontée à de nouveaux défis, le panafricanisme reste un chantier d’avenir. Tôt ou tard, les Africains briseront les frontières géographiques et mentales qui brident encore leur liberté.

. Eugène Yves Kede, La gouvernance climatique au Cameroun, Paris, L’Harmattan, mai 2017.
La multiplication des événements climatiques extrêmes (sécheresses, inondations) du fait de la hausse de la température mondiale a conduit les États de la planète à mettre la question du changement climatique sur leur agenda politique. Le Cameroun n’en fait pas exception. Traiter de la gouvernance climatique au Cameroun conduit nécessairement à analyser comment se construit l’action publique de lutte contre le changement climatique au Cameroun. Elle apparaît comme une confi guration d’action publique multi-niveaux.

. Caroline Pinto Baleisan et Cécile Van De Velde, Migrations étudiantes sud-américaines, Paris, La Documentation française, mai 2017.
Cet ouvrage se propose d’explorer le vécu d’étudiants d’origine chilienne ou colombienne au cours de leurs études à Paris, New York ou Boston. Bien que les trajectoires individuelles ne soient pas complètement libres, du fait de règles juridiques et institutionnelles précises por ce qui concerne les migrations, l’analyse des biographies éclaire le réagencement des déterminismes sociaux par les individus. Cette recherche va ainsi à l’encontre de certaines idées reçues sur les migrations étudiantes - comme la garantie pour les étudiants d’une réussite assurée à leur retour, l’assouplissement des conditions de séjour pour les migrants très qualifiés, l’existence d’une classe internationale sans ancrages locaux, ou encore l’expatriation forcée des chercheurs des pays du Sud. Ces états de fait, s’ils existent, doivent être nuancés - comme l’exposent les comptes rendus d’enquête de cet ouvrage.

. Antoine Arjakovsky, Comment l’Occident démocratique peut-il sortir du conflit avec la Russie ?, Paris, Balland, mai 2017.
Identifie la politique étrangère russe en Géorgie, en Ukraine et en Syrie, comme cause d’un conflit croissant entre Russie et Occident au début du XXIe siècle. Appelle, entre autres pistes, à coordonner des mouvements au sein des sociétés civiles occidentales pour que la Russie s’affranchisse du régime de V. Poutine, distinguant la population russe de ses dirigeants.

. Lambert Issaka, Chroniques maritimes, Paris, L’Harmattan, mai 2017.
L’utilisation et la maîtrise des espaces maritimes à des fins utiles ont servi les desseins des nations en quête de prospérité et de prestige international. En quelques décennies, la croissance considérable du commerce mondial par la voie maritime, l’exploitation plus facile des ressources de l’océan (pétrole et gaz), la sécurisation des accès maritimes ainsi que la dissuasion nucléaire ont considérablement modifié la place de l’océan dans la géographie mondiale. Comment la question maritime va-t-elle influencer la politique des États ?

. Philippe Moreau Defarges, Nouvelles relations internationales, Paris, Points, à paraître (juin 2017).

Cette édition prend le relais de Relations internationales (2 vol.) qui a constitué un classique depuis vingt-cinq ans. Elle a été repensée en rassemblant les questions régionales et mondiales en un seul volume pour mieux l’articuler autour des grandes mutations de ce dernier quart de siècle : nouvelles technologies de l’information, révolution numérique ; globalisation de l’économie ; entrée en scène des puissances du Sud ; repli ou recomposition de l’ordre américain ; chaos du Moyen-Orient et nouvel âge du terrorisme… Ces évolutions imposent une approche nouvelle qui intègre les rapports géopolitiques dans les mouvements de fond de l’histoire : transformations de l’État souverain, migrations des individus et des groupes, émergence chaotique d’une société planétaire, enjeux écologiques, quête d’une sécurité globale. Un nouveau classique ! Philippe Moreau Defarges Chercheur et co-directeur du RAMSES à l’Institut français des relations internationales (IFRI), il enseigne à Sciences Po Paris. Il est l’auteur de très nombreux ouvrages sur les questions internationales, la mondialisation et la construction européenne. Philippe Moreau Defarges Né en 1943, il a longtemps été diplomate. Il est chercheur et co-directeur du RAMSES à l’Institut français des relations internationales (IFRI) et enseignant à Sciences Po Paris. Il est l’auteur de très nombreux ouvrages et articles sur les questions internationales, la mondialisation et la construction européenne.

. Olivier Piot, Le peuple kurde, clé de voute du Moyen-Orient, préface de Frédéric Tissot, éd. Les petits matins, mai 2017.

Fragilisé par les Printemps arabes, la guerre civile qui meurtrit la Syrie depuis 2011 et le conflit qui fragmente l’Irak, le Moyen-Orient devra être pacifié puis
reconstruit. Russie, États-Unis, Turquie, Iran, Arabie saoudite, ONU, France : tous les acteurs qui pèseront dans cette reconstruction savent que cette région ne pourra être durablement stabilisée sans tenir compte des revendications politiques du peuple kurde.
Trahis par les Alliés en 1922, opprimés depuis dans quatre pays, les Kurdes sont depuis six ans aux avant-postes de la lutte contre l’État islamique. Leur rôle militaire sur le terrain comme le poids des autonomies territoriales conquises en Irak puis en Syrie ont fait d’eux la véritable clé de voûte du Moyen-Orient.
À la lumière de l’histoire tourmentée de ce peuple depuis les accords Sykes- Picot de 1916, ce livre analyse la crise moyen-orientale au prisme des questions nationales kurdes, de leurs mutations identitaires et des clivages passés et actuels qui tiraillent les principaux partis politiques kurdes. Il projette ainsi un nouvel éclairage sur l’échiquier ethnique, confessionnel et géopolitique où se joue désormais l’avenir du Moyen-Orient.

. Francis Gutmann, Et maintenant Monsieur le Président ? Un projet plus que des programmes, éditions Kawa, mai 2017.

Rarement sans doute la scène politique n’a offert le spectacle d’une médiocrité telle celle de la récente campagne électorale. A une France ainsi avilie, il faut redonner une dignité perdue. Ce devrait être l’ambition première du nouveau Président de la République avec celle de rendre aux Français foi en l’avenir. Mais c’est à ceux-ci d’abord de réagir par-delà leur écoeurement ou leur découragement.

. Eric Crubézy et Dariya Nikolaeva, Vainqueurs ou vaincus ? L’énigme de la Iakoutie, Paris, Odile Jacob, juin 2017.

Pourquoi certaines sociétés s’effondrent-elles, alors que d’autres traversent les siècles ? Tel est le cas de la Iakoutie. Ce territoire de Sibérie orientale, entre le lac Baïkal et le détroit de Béring, est l’une des régions les plus hostiles de la planète, les températures pouvant descendre jusqu’à – 70 °C en hiver. Et pourtant, la population iakoute a résisté à tout : à la rudesse du climat, à l’arrivée du voisin russe, à la mondialisation et aux épidémies. Pour tenter de résoudre cette énigme, Éric Crubézy et Dariya Nikolaeva s’appuient à la fois sur l’archéologie, la génétique des populations et sur l’histoire. Ce livre montre que ce ne sont pas les peuples les plus adaptés à l’environnement qui finissent par s’imposer, que ce ne sont pas les sociétés les plus puissantes, en l’occurrence l’ex-URSS, qui l’emportent. Les vainqueurs ne sont pas toujours ceux qu’on imagine : rien n’est donc inéluctable, les sociétés ont le pouvoir d’écrire leur avenir.

. Collectif Degeyter, Sociologie de Lille, Paris, La Découverte, juin 2017.

A Lille, le récit d’une agglomération reconvertie en métropole tertiaire, culturelle et créative semble avoir chassé les fantômes de la crise économique. Mais, cinquante ans après le début de sa désindustrialisation et sans nier les dynamiques économiques et culturelles nouvelles, la « bifurcation tertiaire » est loin d’avoir tenu ses promesses. Lille est aujourd’hui la grande agglomération régionale la plus ségrégée de France. Les politiques publiques nationales et locales se sont révélées impuissantes à réduire les inégalités sociospatiales héritées du développement industriel et à contrecarrer un chômage persistant. La reconversion tertiaire s’est accompagnée d’une précarisation accrue du marché du travail et de ségrégations renouvelées, tant sur le plan résidentiel que scolaire. Cet ouvrage rend compte de ces transformations, indissociablement politiques, économiques et sociales, qui font de l’agglomération lilloise un site privilégié pour comprendre les dynamiques inégalitaires des villes contemporaines.

. Audrey L. Altstadt, Frustrated Democracy in Post-Soviet Azerbaijan, New-York, Columbia University Press, mai 2017.

Frustrated Democracy in Post-Soviet Azerbaijan follows a newly independent oil-rich former Soviet republic as it adopts a Western model of democratic government and then turns toward corrupt authoritarianism. Audrey L. Altstadt begins with the Nagorno-Karabagh War (1988–1994) which triggered Azerbaijani nationalism and set the stage for the development of a democratic movement. Initially successful, this government soon succumbed to a coup. Western oil companies arrived and money flowed in—a quantity Altstadt calls "almost unimaginable"—causing the regime to resort to repression to maintain its power. Despite Azerbaijan’s long tradition of secularism, political Islam emerged as an attractive alternative for those frustrated with the stifled democratic opposition and the lack of critique of the West’s continued political interference. Altstadt’s work draws on instances of censorship in the Azerbaijani press, research by embedded experts and nongovernmental and international organizations, and interviews with diplomats and businesspeople. The book is an essential companion to her earlier works, The Azerbaijani Turks : Power and Identity Under Russian Rule and The Politics of Culture in Soviet Azerbaijan, 1920–1940.

. Lélia Rousselet, Négocier l’atome : les Etats-Unis et les négociations de l’accord sur le nucléaire iranien, Paris, L’Harmattan, mai 2017.

L’accord sur le nucléaire iranien est un accord historique à bien des égards. Les Etats-Unis et l’Iran sont parvenus à dépasser les tensions et frustrations qui minaient leurs relations jusqu’alors pour aboutir à un texte servant leurs intérêts politiques et stratégiques respectifs. Bien que cette réussite diplomatique reste soumise aux aléas politiques et stratégiques entre les deux pays, ces négociations sont riches en enseignements sur l’évolution des pratiques diplomatiques et sur la place du nucléaire dans les relations internationales.

. Jean-Marie Moeglin et Stéphane Péquignot, Diplomatie et « relations internationales » au Moyen-Âge (IXe siècle-XVe siècle), Paris, PUF, mai 2017.

Les « relations internationales » à l’époque médiévale ont constitué un champ de recherches privilégié au XIXe siècle et jusqu’aux premières décennies du siècle suivant. Inspirés par la conception positiviste de l’époque d’une histoire fondamentalement événementielle et institutionnelle, ces travaux ont néanmoins connu, tout particulièrement en France, un discrédit de plus en plus profond au cours du XXe siècle. Ces dernières années cependant, à l’étranger comme en France, l’histoire des « relations internationales » et de la diplomatie a été l’objet de nouvelles études majeures, qui rompent radicalement avec les conceptions qui présidaient à la rédaction des ouvrages anciens. Ils adoptent une perspective d’anthropologie politique, écrivent à nouveaux frais l’histoire des relations entre rois, princes et puissants à la lumière des acquis de l’historiographie de la résolution des conflits, éclairent le fonctionnement concret du travail des ambassadeurs et montrent le caractère décisif qu’il a eu pour la pratique des « relations internationales ». Le nombre et l’importance de ces publications nécessitaient qu’un ouvrage d’ensemble fasse une synthèse des études déjà publiées, afin d’éclairer les nouvelles pistes ouvertes par ce champ de recherches.

. Mathieu Duchatel, Géopolitique de la Chine, Paris, PUF, à paraître (juin 2017).

La plus vieille civilisation du monde a toujours joué un rôle de premier plan dans les relations internationales : de la route de la soie aux routes maritimes actuelles, la Chine entretient des relations complexes avec ses nombreux voisins et ses divers partenaires économiques. Cet immense territoire a depuis quelque temps rebattu les cartes de la géopolitique mondiale, s’imposant désormais comme contre-modèle face à l’Occident. Mathieu Duchâtel dresse le tableau de l’une des plus grandes puissances contemporaines, tiraillée entre volonté d’expansion et quête de sécurité, compétition et alliances, et qui est en passe de détrôner les États-Unis, dont elle se veut la grande rivale.
Chercheur associé à Asia Centre (Paris), Mathieu Duchâtel dirige depuis 2011 le bureau pékinois du Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI). Ses travaux portent sur la politique étrangère et de sécurité de la Chine.

. Philippe Pelletier, Quand la géographie sert à faire la paix, Lormont, Editions le Bord de l’eau, à paraître (juin 2017).
La géographie sert à faire la guerre comme l’avait proclamé un célèbre livre d’Yves Lacoste en 1976, certes, mais aussi à faire la paix, sous trois conditions nous rappelle avec force Philippe Pelletier. Décrire les situations où des géographes contribuent à l’entente entre Etats rivaux malgré des différends. Déconstruire les véritables enjeux économiques, écologiques, politiques et socio-culturels sans verser dans ce déclinisme qui constitue des armes géopolitiques corollaires aux rapports de force. Montrer que sous les discours catastrophistes sur l’environnement (climat, sécheresse, déforestations, désertification…) existent des enjeux qui relèvent de la géopolitique et de l’idéologique. Enfin, livrer ces informations et ces analyses aux individus et aux peuples pour désamorcer les tensions instrumentalisées (du type « choc des civilisations »), en rappelant que certains pays multi-lingues et multi-religieux vivent en paix. La paix n’est pas vue, ici, comme une situation irénique mais comme une concorde où les conflits entre individus et groupes seraient régulés par contrats.

. Assaf Moghadam, Nexus of Global Jihad, understanding cooperation among terrorist actors, New-York, Columbia University Press, mai 2017.
Leading jihadist groups such as al-Qaeda and the Islamic State dominate through cooperation in the form of knowledge sharing, resource sharing, joint training exercises, and operational collaboration. They build alliances and lesser partnerships with other formal and informal terrorist actors to recruit foreign fighters and spread their message worldwide, raising the aggregate threat level for their declared enemies. Whether they consist of friends or foes, whether they are connected locally or online, these networks create a wellspring of support for jihadist organizations that may fluctuate in strength or change in character but never runs dry. Nexus of Global Jihad identifies types of terrorist actors, the nature of their partnerships, and the environments in which they prosper to explain global jihadist terrorism’s ongoing success and resilience. Nexus of Global Jihad brings to light an emerging style of "networked cooperation" that works alongside interorganizational terrorist cooperation to establish bonds of varying depth and endurance. Case studies use recently declassified materials to illuminate al-Qaeda’s dealings from Iran to the Arabian Peninsula and the informal actors that power the Sharia4 movement. The book proposes policies that increase intelligence gathering on informal terrorist actors, constrain enabling environments, and disrupt terrorist networks according to different types of cooperation. It is a vital text for strategists and scholars struggling to understand a growing spectrum of terrorist groups working together more effectively than ever before.

. Myriam Benraad, L’Etat islamique pris aux mots, Paris, Armand Colin, mai 2017.

Myriam Benraad s’attaque aux oppositions phares qui structurent tout le discours de l’État islamique. À travers des revues, magazines, stations de radio, agences de presse, et en s’appuyant sur les outils digitaux, le mouvement jihadiste diffuse en plusieurs langues un discours de propagande abondant et sophistiqué. Une représentation du monde qui traduit moins un « choc des civilisations » qu’une crise radicale de la modernité. L’approche inédite de l’auteur permet de déconstruire l’idéologie du groupe pour mieux la combattre.

. Fabrice Jesné (dir.), Les consuls, agents de la présence française dans le monde (XVIIIe-XIXe siècles), Rennes, Presses universitaires de Rennes, mai 2017.

Cet ouvrage examine le rôle des consuls dans la présence française dans le monde, une présence multiforme qui ne se réduit pas aux seules ambitions coloniales ou impériales. Si l’extension du réseau consulaire reflète à la fois la présence commerciale et politique française, elle est aussi en partie tributaire des stratégies des consuls eux-mêmes.

. Bruno Tertrais, La France et la dissuasion nucléaire, Paris, La Documentation française avril 2017.

À quoi sert l’arme nucléaire aujourd’hui ? Dans la nouvelle configuration géostratégique mondiale et face à la montée des tensions hégémoniques de par le monde, la question reste encore d’actualité, même plus de quinze ans après la fin de la guerre froide. En effet, l’évolution du contexte international commande de rester vigilant : la résurgence des nationalismes et les crises de prolifération nucléaire, notamment, suggèrent que les menaces étatiques n’ont pas disparu. [A revoir à réception du visa de 2017] Écrit par l’un des meilleurs spécialistes français des questions stratégiques, cet ouvrage présente un état des lieux du monde nucléaire. Il propose ensuite une explication très pédagogique du concept de dissuasion nucléaire, dans toutes ses dimensions : technologique, historique, politique. Il explique ensuite, avec un niveau de détail inédit à ce jour, le concept et les moyens de la dissuasion nucléaire française. Tout en prenant résolument parti pour le maintien de la force nucléaire, il présente les principales interrogations pour son avenir.

. Roberto d’Arienzo, Métabolismes urbains : de l’hygiénisme à la ville durable, Napples, 1884-2004, Les Acacias (Suisse), Metis Presses, mai 2017.

Une étude du rapport des métropoles européennes à leurs restes ainsi que de la consommation des ressources et de leur réutilisation dans l’aménagement des milieux. Le cas spécifique de la ville de Naples, traversée par des crises des déchets, est étudié.

. Smail Kouttroub, Monde arabe : les aléas d’une transition ratée, Paris, L’Harmattan, mai 2017.

La dynamique révolutionnaire qui s’est emparée du monde arabe n’en finit pas de surprendre tant par son ampleur que par sa portée. L’aspiration à la démocratie, au pluralisme et à la justice sociale laissaient croire que la région arabe allait enfin retrouver le sens de l’histoire. Aujourd’hui, l’heure est au pessimisme. Six ans après les révolutions, les pays arabes traversent leurs moments les plus difficiles. Au-delà de toute spéculation sur les évolutions politiques actuelles, le présent essai a pour ambition première d’analyser cette phase critique de l’histoire du monde arabe.

. Mustapha Choulki, Un siècle d’urbanisme, Paris, L’Harmattan, mai 2017.

Cet ouvrage apporte un éclairage inédit sur le déroulé de tout un siècle d’urbanisme au Maroc, en analysant les tournants les plus structurants de la pensée et de la pratique urbanistiques dans cet ancien laboratoire de l’urbanisme français et en mettant en évidence les traits les plus saillants du devenir de la ville marocaine. L’étude se veut une contribution au renouvellement du débat sur la question urbaine, et à l’actualisation de la pensée sous-tendant l’acte d’urbaniser et l’interprétation de la réalité urbaine.

. Perin E. Gürel, The Limits of Westernization : A Cultural History of America in Turkey, New-York (Etats-Unis), Columbia University Press, mai 2017.

In a 2001 poll, Turks ranked the United States highest when asked : "Which country is Turkey’s best friend in international relations ?" When the pollsters reversed the question—"Which country is Turkey’s number one enemy in international relations ?"—the United States came in second. How did Turkey’s citizens come to hold such opposing views simultaneously ? In The Limits of Westernization, Perin E. Gürel explains this unique split and its echoes in contemporary U.S.-Turkey relations. Using Turkish and English sources, Gürel maps the reaction of Turks to the rise of the United States as a world-ordering power in the twentieth century. As Turkey transitioned from an empire to a nation-state, the country’s ruling elite projected "westernization" as a necessary and desirable force but also feared its cultural damage. Turkish stock figures and figures of speech represented America both as a good model for selective westernization and as a dangerous source of degeneration. At the same time, U.S. policy makers imagined Turkey from within their own civilization templates, first as the main figure of Oriental barbarism (i.e., "the terrible Turk"), then, during the Cold War, as good pupils of modernization theory. As the Cold War transitioned to the War on Terror, Turks rebelled against the new U.S.-made trope of the "moderate Muslim." Local artifacts of westernization—folk culture crossed with American cultural exports—and alternate projections of modernity became tinder for both Turkish anti-Americanism and resistance to state-led modernization projects. The Limits of Westernization analyzes the complex local uses of "the West" to explain how the United States could become both the best and the worst in the Turkish political imagination. Gürel traces how ideas about westernization and America have influenced national history writing and policy making, as well as everyday affects and identities. Foregrounding shifting tropes about and from Turkey—a regional power that continues to dominate American visions for the "modernization" of the Middle East—Gürel also illuminates the transnational development of powerful political tropes, from "the Terrible Turk" to "the Islamic Terrorist."

. François Colcombet (dir.), Où va l’Iran ?, Paris, Autrement, mai 2017.

Les contributeurs s’interrogent sur la situation économique, sociale et politique de l’Iran contemporain et analysent la stratégie diplomatique et militaire ainsi que les interférences régionales, afin d’avoir une vision de l’avenir.

. Bernard Motulsky et Flore Tanguay-Hébert (dir.), Communication des risques météorologiques et climatiques, Québec (Canada), Presses universitaires du Québec, mai 2017.

Nous sommes tous exposés à des risques météorologiques et climatiques pouvant avoir des conséquences plus ou moins importantes sur notre quotidien. De nombreuses organisations, dans lesquelles œuvrent des professionnels provenant de plusieurs horizons, disposent de moyens pour prévoir et gérer ces risques. Communiquer adéquatement les enjeux aux personnes potentiellement concernées et aux divers acteurs de la gestion de ces situations problématiques est essentiel pour en diminuer les effets nuisibles. Le présent ouvrage veut faire comprendre le rôle de la communication dans la gestion du risque. Des praticiens et des chercheurs y partagent leurs expériences et leurs observations et offrent au lecteur, par leurs exemples, réflexions et exercices pratiques, une panoplie d’outils visant à améliorer la communication et la compréhension des phénomènes qui touchent la circulation des messages. Ce livre aborde les notions relatives à la communication de risques, la pratique de la communication proprement dite et la communication dans le contexte du numérique et de ses répercussions collectives. Il permettra au lecteur, qu’il soit un professionnel ou un étudiant en gestion de risque ou en communication, de mieux participer à la mise en place de stratégies de communication efficaces et pertinentes pour minimiser les conséquences négatives des crises.

. Philippe Sierra (dir.), La géographie : concepts, savoirs et enseignements, Paris, Armand Colin, mars 2017.

Frontières, crise migratoire, tensions liées aux ressources, inégalités de développement, mondialisation et développement durable… Plus que jamais, l’appréhension de l’actualité repose sur l’analyse des phénomènes spatiaux et de la relation de l’homme à son environnement. Dans ce contexte, l’enseignement de la géographie joue un rôle essentiel pour comprendre une « globalisation » toujours plus prégnante. Ce manuel repose donc sur une conviction : la nécessité de construire et transmettre une « culture géographique ». Après un rappel des fondements et contours de la discipline, les thèmes essentiels pour comprendre et enseigner la géographie sont présentés (habiter, urbanisation, étude des territoires, mondialisation, etc.), ainsi que les méthodes et pratiques.

. Jean-Hervé Bradol et Marc Le Pape, Génocide et crimes de masse : l’expérience rwandaise de MSF (1982-1997), Paris, CNRS éditions, mars 2017.

Le génocide des Rwandais tutsis et les événements qui l’ont accompagné furent une tragique démonstration du désengagement des États et des institutions internationales face à des actes de violence radicale. MSF fut alors confronté à une situation inédite : tandis que généralement les travailleurs humanitaires interviennent à distance des lieux où les crimes de masse sont perpétrés, les équipes furent, entre 1994 et 1997, les témoins oculaires de meurtres et de massacres à grande échelle au Rwanda et au Zaïre. Dans cette situation, comment une association de secours humanitaire pouvait-elle agir, a-t-elle agi ? Comment dans l’urgence saisir les dynamiques propres aux différentes situations ? Comment éviter de devenir victime ou auxiliaire des forces criminelles ? Les archives inédites de MSF permettent de restituer les activités des équipes médicales et logistiques mais aussi les tensions entre agences internationales humanitaires, les indispensables négociations locales, nationales et internationales et les campagnes médiatiques.

. Smail Kouttroub, Monde arabe : les aléas d’une transition ratée, Paris, L’Harmattan, mai 2017.

La dynamique révolutionnaire qui s’est emparée du monde arabe n’en finit pas de surprendre tant par son ampleur que par sa portée. L’aspiration à la démocratie, au pluralisme et à la justice sociale laissaient croire que la région arabe allait enfin retrouver le sens de l’histoire. Aujourd’hui, l’heure est au pessimisme. Six ans après les révolutions, les pays arabes traversent leurs moments les plus difficiles. Au-delà de toute spéculation sur les évolutions politiques actuelles, le présent essai a pour ambition première d’analyser cette phase critique de l’histoire du monde arabe.

. Hélène Ibata (dir.), Geographies of Contact  : Britain, the Middle East and the Circulation of Knowledge, Strasbourg, Presses universitaires de Strasbourg, mai 2017.
Cet ouvrage apporte un éclairage nouveau sur les conditions des rencontres culturelles entre la Grande-Bretagne et le Moyen-Orient de la fin du Moyen Âge à l’aube du XXe siècle. Le dynamisme et la complexité des interactions qui ont permis la circulation du savoir sont analysés à partir de l’exploration du contexte et des lieux de rencontres (des cités cosmopolites aux collections privées) en soulignant la multiplicité des échanges culturels. En réunissant une diversité de pratiques (diplomatiques, géographiques, esthétiques, archéologiques, littéraires ou commerciales), cet ouvrage met en avant la pluridimensionnalité de ces échanges.

. Pierre Grosser, L’histoire du monde se fait en Asie, Paris, Odile Jacob, mai 2017.
Ce livre lève le voile sur le rôle décisif – et totalement méconnu – qu’a joué l’Asie dès 1900 sur la scène du monde. Sait-on ainsi que la victoire du Japon face à la Russie en 1905 a été déterminante pour le jeu des alliances qui entraîna la Première Guerre mondiale ? Ou encore que c’est en Mandchourie, dès les années 1920, que s’est mise en marche la Seconde Guerre mondiale ? Que la guerre froide est née en Asie en 1945, et que c’est également là que s’est recomposé l’ordre international, à la fin des années 1970 ? S’appuyant notamment sur les travaux d’historiens chinois, japonais ou coréens, Pierre Grosser montre que le Royaume-Uni, la Russie et les États-Unis étaient – et sont encore – des puissances asiatiques.

. Stéphane Charles Natale, L’Afghanistan, une aventure géopolitique française, Paris, L’Harmattan, mai 2017.
Alors que l’Occident l’avait relégué aux oubliettes des vestiges post soviétiques de la défunte Guerre Froide, la France redécouvrait subitement l’Afghanistan le 11 septembre 2001. Pourtant, la présence française n’avait pas attendu la parenthèse talibane pour s’illustrer durablement au « Royaume de l’Insolence » puisqu’elle remonte au XIXe siècle, lorsque Kaboul fascinait les intellectuels et scientifiques. Cet ouvrage revient donc sur les relations entre la France et l’Afghanistan, cette dernière devant composer avec un Nouveau « Grand Jeu » qui se dévoile au centre de ce creuset des ressources stratégiques.

. Pierre Blanc et Jean-Paul Chagnollaud (dir.), Atlas des Palestiniens, Paris, Autrement, mai 2017.

L’histoire du peuple qui, depuis le démantèlement de l’Empire ottoman et le mandat britannique en 1922, cherche, sans succès, à construire son Etat. Depuis 1948, la moitié des Palestiniens vivent hors de leur pays. De nos jours, malgré le soutien international, peu d’éléments permettent d’envisager une solution pacifique, notamment dans les territoires occupés et colonisés par Israël.

. Pascal Le Floc’h, Les pêches maritimes françaises, Rennes, Presses universitaires de Rennes, mai 2017.
Pascal Le Floc’h étudie dans cet ouvrage l’histoire économique contemporaine des pêches maritimes françaises à travers la relation des marins pêcheurs avec leurs institutions. Depuis la mise en place d’une politique commune de la pêche en 1983, des relations de dépendance entre la profession et l’État se sont en effet créées. L’analyse porte ici sur l’évolution de la population de marins pêcheurs, des flottilles et des productions débarquées au cours des trois dernières décennies en métropole et à Saint-Pierre et Miquelon.

. Yves Plasseraud, L’identité des peuples d’Europe, éd. Armeline , 2017.

Réflexion sur le concept d’identité nationale et de son corollaire politique, le nationalisme, à partir d’exemples concrets venus d’Europe. L’auteur aborde la construction du sentiment d’identité au sein des nouvelles nations, il étudie la place des minorités et des peuples en lutte ainsi que de la perception du concept.

. Lise Barcellini, Kazakhstan. Jeune nation entre Chine, Russie et Europe. éd. Ateliers Henry Dougier (à paraître à l’automne 2017).

. Thomas Cavanna. De la volatilité comme paradigme. La politique étrangère des Etats-Unis vis à vis de l’Inde et du Pakistan dans les années 1970, CNRS édition, 2017.

. Bertrand Badie, Michel Foucher. Vers un monde néo-national ? Entretiens avec Gaïdz Minassian, CNRS éditions, 2017.

Du Brexit à l’élection de Donald Trump à la tête des États-Unis, de l’agression russe contre l’Ukraine à l’appétit de Pékin en mer de Chine, de la crispation autour de la question des migrants aux échecs de la diplomatie au Proche-Orient : l’actualité internationale secoue l’ordre mondial et bouscule les États-nations.

Ces tensions politiques multiformes sont-elles le signe d’une revanche du national ? Assiste-t-on à une réaffirmation des frontières de la part des États comme rempart de protection ? Ou bien, les dynamiques de la mondialisation signent-elles au contraire l’érosion inéluctable des souverainetés ? Observe-t-on le « retour des frontières », ou bien au contraire la « fin des territoires » ? Après le temps néo-conservateur, subit-on la « fièvre néo-nationaliste » ?

Deux grands penseurs contemporains, Bertrand Badie, politiste et Michel Foucher, géographe, confrontent leurs points de vue sur ces questions centrales pour décrypter l’évolution de notre monde et ses dérives possibles.

. Bruno Tertrais, La France et la dissuasion nucléaire : concept, moyens, avenir, Paris, La documentation française, 2017.

Un ouvrage de référence sur la dissuasion nucléaire, à jour et accessible à tous
Depuis la fin de la guerre froide, le nucléaire militaire a connu de fortes mutations en France : stocks d’armes divisés par deux, niveaux d’alerte réduits… À l’heure où l’État fait face à une dette publique majeure, et où les menaces ont changé de visage, l’entretien d’un arsenal coûteux ne va pas de soi. Le concept même de dissuasion nucléaire a évolué. Écrit par l’un des meilleurs spécialistes français des questions stratégiques, ce petit "guide théorique et pratique de la dissuasion" propose tout d’abord une analyse générale de la notion de dissuasion nucléaire et de ses déclinaisons conceptuelles et techniques, puis, s’attache à décrire de la manière aussi précise que possible la vision française de la dissuasion ainsi que les moyens qui lui sont affectés.

. Christian Harbulot (dir.), Le nationalisme économique américain, VA édition, 2017

Travaux d’étudiants de la 20e promotion de l’Ecole de Guerre Economique.

. Stéphanie Erbs, Vincent Barbe, Olivier Laurent, Les réseaux Soros à la conquête de l’Afrique, VA édition, 2017.

. Bertrand Badie, L’Etat importé. L’occidentalisation de l’ordre politique, Nouvelle édition, éd. Biblis, 2017.

Depuis les Lumières, la domination politique exercée par l’Occident sur les « pays du Sud » s’accompagne d’une domination culturelle plus forte encore. La décolonisation, loin d’avoir fourni aux sociétés du tiers monde le moyen de trouver une organisation qui corresponde à leurs traditions, a même fortement accentué ce phénomène. Mais cette occidentalisation imposée échoue parce que la greffe est impossible. En dépit des espoirs que les élites ont mis en elle, l’occidentalisation, manquée, est cause de multiples traumatismes sociaux et facteur de désordre dans les relations internationales. Vingt-cinq après la sortie de cet ouvrage visionnaire, cette réédition, augmentée d’une nouvelle préface, jette un éclairage saisissant sur les tensions de notre monde contemporain.

. Abderrezak Adel, Thierry Pairault et Fatiha Talahite, Les relations Algérie-Chine, Paris, MA Editions, mai 2017.
Les universitaires analysent l’évolution des échanges commerciaux entre l’Algérie et la Chine, ainsi que la contribution et les risques des industries chinoises en Algérie. Pour chaque thématique abordée, ils effectuent une étude sur l’impact de cette relation sur la France

. Maurice Vaïsse, Les relations internationales depuis 1945, Paris, Armand Colin, mai 2017.
Débouchant directement sur l’actualité la plus immédiate, cet ouvrage présente une synthèse globale des relations politiques internationales depuis 1945.La fin de la Deuxième Guerre mondiale marque une césure majeure dans les rapports entre nations. Face au déclin des États européens, on assiste à l’ascension des États-Unis et de l’Union soviétique, qui visent à constituer autour d’eux des blocs homogènes. Tandis que se développe la guerre froide, les peuples colonisés s’émancipent de la tutelle de l’Europe. Il n’y a plus guère de lieu sur la planète qui ne participe peu ou prou aux relations internationales. Des années 1960 aux années 1980, le monde bipolaire fait place à un monde multipolaire, où aux lieux traditionnels de conflits s’ajoutent de nouveaux terrains d’affrontement et de nouveaux enjeux. Les événements révolutionnaires des années 1989- 1991 mettent un terme à la guerre froide. Dominée par l’hyperpuissance américaine, la communauté internationale est à la recherche d’un nouvel ordre mondial que le 11 septembre 2001 rend encore plus improbable. Le début du XXIe siècle est marqué par le phénomène de la mondialisation et l’ascension des puissances émergentes, en particulier de la Chine. Loin des espoirs de paix de la décennie 1990, les défis à l’ordre international replongent le monde des années 2010 dans un cycle de tensions et de violences.

. Henri Lehmann, Les civilisations précolombiennes, Paris, PUF, mai 2017.

Si les chroniqueurs espagnols du XVIe siècle avaient révélé à l’Europe l’existence des peuples aztèque et maya, les fouilles archéologiques menées depuis le début du XXe siècle ont mis en lumière d’autres sociétés porteuses de traditions tout aussi millénaires. Des Olmèques aux Incas, en passant par les Zapotèques ou les Huaris, cet ouvrage dresse un panorama de toutes ces grandes civilisations précolombiennes.

. Yankel Fijalkow, Sociologie des villes, Paris, La Découverte, mai 2017.

Tokyo, New York, Los Angeles, Londres, Johannesbourg, Paris, Jérusalem, Mumbai, Lagos, Shanghai... Le phénomène urbain s’étend sur la planète. Des global cities aux petites villes, il représente la forme sociale de la modernité. Certaines expériences d’architecture et d’urbanisme mobilisent les recherches en sciences sociales. Comment les groupes sociaux s’adaptent-ils à ces espaces et comment se les approprient-ils ? La ville crée-t-elle des communautés ou des solitudes ? Existe-t-il des lieux pathogènes ? Comment la distribution des classes sociales s’opère-t-elle ? La tendance à la ségrégation sociale a-t-elle augmenté ? La mixité sociale est-elle possible et organisable ? Par quels groupes sociaux la cité est-elle gouvernée et comment ? La participation des habitants est-elle envisageable ? Que signifie un aménagement urbain durable ?

. Eugène Yves Kede, La gouvernance climatique au Cameroun, Paris, L’Harmattan, mai 2017.
La multiplication des événements climatiques extrêmes (sécheresses, inondations) du fait de la hausse de la température mondiale a conduit les États de la planète à mettre la question du changement climatique sur leur agenda politique. Le Cameroun n’en fait pas exception. Traiter de la gouvernance climatique au Cameroun conduit nécessairement à analyser comment se construit l’action publique de lutte contre le changement climatique au Cameroun. Elle apparaît comme une configuration d’action publique multi-niveaux.

. Paul Magnette, Le régime politique de l’Union européenne, Paris, Presses de Sciences Po, avril 2017.
Le rejet du Traité constitutionnel européen en 2005 par les peuples français et néerlandais, suivi du « non » irlandais de 2008 et du Brexit de 2016, a plongé l’Union européenne dans une crise grave. Il a fait resurgir doutes et incertitudes quant à sa nature institutionnelle, à la répartition des pouvoirs, à la place des citoyens et des opinions et à sa capacité à faire face aux enjeux mondiaux actuels Comprendre cette crise, et ses répercussions profondes sur la politique des États membres, exige d’affronter la complexité de l’Union, sans en exagérer la portée. Ce livre a pour ambition de mettre en évidence la cohérence et l’originalité du régime politique européen. Il analyse la nature de la « fédération d’États » et montre comment les conflits de compétence sont résolus en son sein. Il revient sur l’équilibre institutionnel original du « modèle communautaire » et sur les mécanismes de décision qu’il génère. Il se penche sur la « vie politique » qui s’ébauche dans l’Union et s’interroge sur la manière dont cette fédération d’États peut devenir pleinement démocratique. Dépassant les dichotomies classiques et posant le compromis comme principe constitutif de la vie politique européenne, cet ouvrage constitue une véritable référence qui permet de mieux saisir les enjeux de l’Union européenne.

. Anne Tréca Perissich, Métamorphoses de l’Italie depuis 1945, Paris, Ateliers Henry Dougier, à paraître (mai 2017).
Proximité géographique ne rime pas nécessairement avec connaissance de l’autre ! Au fond, connaissons-nous vraiment nos voisins ? Que sait-on concrètement de l’Italie et des Italiens, aux modes de vie et aux sensibilités pourtant si proches des nôtres ? Que sait-on des événements qui ont marqué son histoire récente ? Des personnalités qui ont dessiné depuis la guerre son paysage politique ? Des conflits qui éclairent l’incroyable diversité de ce pays, des « ces pays » pourrait-on dire ! Car Milan, Rome, Naples ou Palerme sont des mondes en soi, des univers singuliers. Ce décryptage d’une nation explosée et opaque, nous l’avons confié à une auteure franco-italienne, journaliste basée à Rome, fine observatrice des métamorphoses sociales et politiques. Miracle économique de l’après-guerre, puissance du parti communiste, années de révolte dites de plomb, lutte contre la corruption, séparatisme des régions du Nord, avènement de Berlusconi, luttes des femmes, montée du populisme, crise des migrants… 10 grands témoins, acteurs directs de ces basculements.

. Jean-Marie Moeglin et Stéphane Péquignot, Diplomatie et « relations internationales » au Moyen-Age (IXe-XVe siècle), Paris, PUF, à paraître (mai 2017).
Les « relations internationales » à l’époque médiévale ont constitué un champ de recherches privilégié au XIXe siècle et jusqu’aux premières décennies du siècle suivant, puis ont connu, tout particulièrement en France, un discrédit de plus en plus profond au cours du XXe siècle. Ces dernières années cependant, à l’étranger comme en France, l’histoire des « relations internationales » et de la diplomatie a été l’objet de nouvelles études qui rompent radicalement avec les conceptions passées. Elles adoptent une perspective d’anthropologie politique ; écrivent à nouveaux frais l’histoire des relations entre rois, princes et puissants, à la lumière des acquis de l’historiographie de la résolution des conflits ; éclairent le fonctionnement concret du travail des ambassadeurs et montrent son caractère décisif dans l’exercice des « relations internationales ». Le nombre et l’importance de ces publications nécessitaient qu’une synthèse des études déjà publiées, afin d’éclairer les nouvelles hypothèses et conclusions des chercheurs.

. Xavier Baron, Histoire du Liban, Paris, Tallandier, à paraître (mai 2017).
Seul pays au Moyen-Orient à montrer un goût marqué pour la culture, à rejeter le radicalisme religieux, à n’avoir jamais connu de régime autoritaire, le Liban fait fi gure d’exception. Toutefois, cet équilibre fragile a été mis en péril par plusieurs guerres civiles, les occupations israéliennes et syriennes, la présence de réfugiés palestiniens, le fondamentalisme exacerbé de certains de ses voisins et les inégalités socio-économiques. Depuis trente siècles, le Liban a été traversé par de nombreuses civilisations – Phéniciens, Mésopotamiens, Romains. À partir du VIIe siècle, des populations chrétiennes et musulmanes trouvent refuge au Mont-Liban, coeur historique, où elles coexistent et s’affrontent épisodiquement. En 1920, après l’effondrement de l’Empire ottoman, la France crée un État-nation réunissant la Montagne, le littoral et la vallée orientale de la Békaa dans un seul nouveau territoire, le Grand-Liban. Dix-huit communautés cohabitent ainsi dans le seul pays arabe où l’exercice du pouvoir est réellement multiconfessionnel. Depuis les années¬ 1970, le Liban est secoué par une guerre civile qui a été exacerbée par plusieurs interventions militaires de nations voisines – notamment la Syrie et Israël – et les ingérences de grandes puissances régionales comme l’Iran.
De l’Antiquité à nos jours, Xavier Baron retrace la riche histoire du pays des cèdres. Petite nation au rayonnement indéniable, sans cesse menacée de l’intérieur ou de l’extérieur, le Liban reste un exemple de stabilité dans une région en plein chaos.

. Maude Bonenfant, Fabien Dumais et Gabrielle Trépanier-Jobin, Les pratiques transformatrices des espaces socionumériques, Québec, Presses universitaires du Québec, avril 2017.
Penser le point de rencontre entre les pratiques sociales généralisées et les pratiques transformatrices qui modifient les espaces socionumériques et leur permettent de devenir autres, implique de mettre en suspens deux préjugés persistants. Le premier consiste à penser que les humains ne font que se déplacer dans les espaces en les laissant inchangés, et le deuxième, à croire que des catégories fixes prédéfinissent l’expérience réelle en réifiant ce que nous sommes et ce que nous pouvons être. Il s’agit plutôt de ramener à l’avant-plan l’idée selon laquelle les espaces, tout comme les catégories les définissant, sont des constructions actives du réel, continuellement en train de se faire et de se défaire. Or quelle place prennent les pratiques humaines dans la transformation des espaces socionumériques ?

. Sabine Caillaud, Virginie Bonnot et Ewa Drozda-Senkowska (dir.), Menaces sociales et environnementales : repenser la société des risques, Rennes, Presses universitaires de Rennes, avril 2017.
Au-delà de l’engouement médiatique qu’il suscite, le concept de menace offre un cadre de réflexion scientifique socialement utile. Plus englobant que le risque, la menace renvoie à la fois à un sentiment diffus, à l’anticipation de conséquences négatives qu’on ne sait nommer avec certitude mais que l’on pressent, et à une évaluation concomitante d’une certaine impuissance à y faire face.


Le livre recommandé par Diploweb.com pour le mois de mai 2017

. Philippe Huberdeau, La construction européenne est-elle irréversible ?, coll. Réflexeeurope, La documentation française, 2017.

Pierre Verluise, Directeur des publications du Diploweb.com : "Le livre de Philippe Huberdeau est éblouissant d’intelligence. Avec un plan remarquablement habile, il fait preuve d’une maitrise complète de son sujet des années 1950 à nos jours. Cet ouvrage répondra aux besoins de toutes les générations. L’auteur avance des réflexions utiles sur les temps à venir. "

4e de couverture

Une vision claire et actualisée des débats sur le processus de retrait du Royaume-Uni et sur l’avenir de l’UE.

Le Brexit ne serait-il pas annonciateur d’une réversibilité de la construction européenne ? L’édifice bâti sur des « solidarités de fait » est-il suffisamment robuste d’un point de vue économique, juridique et politique pour résister à une conjonction de crises (terrorisme, pression migratoire, dérèglements financiers, montée des populismes) ? La relance de l’UE par le processus amorcé lors du Sommet des Vingt-Sept à Bratislava en septembre 2016 parviendra-t-elle à restaurer la confiance des citoyens dans le projet européen et à renouer avec la vision des pères fondateurs ? Cet ouvrage donne une vision synthétique des débats sur le processus de retrait du Royaume-Uni et sur l’avenir de l’UE à la lumière des enseignements tirés de soixante ans d’histoire européenne.

. Voir le livre de Philippe Huberdeau, La construction européenne est-elle irréversible ?, coll. Réflexeeurope, sur le site de La documentation française


. Hélène Harter, Les Etats-Unis dans la Grande Guerre, Paris, Tallandier, avril 2017.
6 avril 1917. Le Président Wilson signe la déclaration de guerre contre l’Allemagne et rejoint les pays de l’Entente. Malgré cette entrée tardive dans la Première Guerre mondiale – 32 mois après la France et l’Allemagne – et contrairement aux idées reçues, les États-Unis ne sont pas un acteur passif du conflit entre 1914 et 1917. Mais le sacrifice américain paraît modeste vu de ce côté de l’Atlantique : tandis que les Alliés ont perdu des millions d’hommes au combat, les Américains déplorent à peine 116 000 tués. Dès lors, comment aborder l’histoire des États-Unis dans la Première Guerre mondiale ? Comment les Américains vivent-ils la neutralité au milieu d’un monde en guerre et pourquoi abandonnent-ils cet état au printemps 1917 ? Comment s’organise la mobilisation du pays à une époque où la guerre se fait aussi idéologique ? Dans quelle mesure cette guerre transforme la société américaine ? Pourquoi la participation américaine est-elle considérée en France comme importante mais pas nécessairement déterminante ? Un siècle après l’entrée en guerre des États-Unis, Hélène Harter démontre son rôle majeur dans la victoire alliée. Elle revient à la fois sur le corps expéditionnaire en France, sur le rôle de figures militaires comme Pershing et MacArthur, mais montre également comment la Première Guerre mondiale pose le premier jalon d’un « xxe siècle américain » où les États-Unis deviennent les acteurs incontournables du système international.

. Gwenaël Doré, Hors des métropoles, point de salut ?, Paris, L’Harmattan, avril 2017.
À l’heure où les atouts des métropoles sont loués tant du côté des économistes que des politiques, cet ouvrage souligne les avantages comparatifs des territoires ruraux et des villes petites et moyennes, et en particulier la résistance des tissus productifs de ces espaces au-delà de leur attraction résidentielle. L’auteur cherche à dégager les alternatives à la métropolisation et estime que l’avenir de ces territoires non métropolitains repose sur leur capacité d’organisation et d’articulation entre espaces ruraux et urbains.

. Pierre Grosser, L’histoire du monde se fait en Asie, Paris, Odile Jacob, à paraître (mai 2017).

Pierre Grosser nous présente ici un aspect totalement méconnu de l’histoire du XXe siècle : le rôle absolument crucial joué dès 1905 par l’Asie sur la scène du monde. Sait-on par exemple que la victoire du Japon face à la Russie en 1905 a été déterminante pour les jeux d’alliances, et donc pour le déclenchement de la première guerre mondiale ? Ou encore que la Mandchourie, dans les années 30, a préfiguré les camps de la seconde guerre mondiale ? La guerre froide, dès les années 50, n’est-elle pas d’emblée et pour longtemps asiatique ? Et n’est-ce pas également en Asie que se sont jouées les recompositions post-guerre froide ? S’appuyant largement sur des archives inédites ainsi que des travaux d’historiens japonais, vietnamiens, chinois ou coréens, Pierre Grosser rappelle que les grandes puissances étaient des empires asiatiques (y compris les Etats-Unis !), montre que tout ce qui se passait en Asie avait des conséquences pour l’Europe et, surtout, restitue aux pays asiatiques leur pleine dimension d’acteur. Un livre qui renouvelle profondément notre lecture des relations internationales et de la géopolitique au XXe siècle.

. Mark S. Hamm et Ramon Spaaij,The Age of Lone Wolf Terrorism , New-York, Columbia Press University, à paraître (mai 2017).

The lethality of lone-wolf terrorism has reached an all-time high in the United States. Isolated individuals using firearms with high-capacity magazines are committing brutally efficient killings with the aim of terrorizing others, yet there is little consensus on what connects these crimes and the motivations behind them. In The Age of Lone Wolf Terrorism, terrorism experts Mark S. Hamm and Ramón Spaaij combine criminological theory with empirical and ethnographic research to map the pathways of lone-wolf radicalization, helping with the identification of suspected behaviors and recognizing patterns of indoctrination.

Reviewing comprehensive data on these actors, including more than two hundred terrorist incidents, Hamm and Spaaij find that a combination of personal and political grievances lead lone wolves to befriend online sympathizers—whether jihadists, white supremacists, or other antigovernment extremists—and then announce their intent to commit terror when triggered. Hamm and Spaaij carefully distinguish between lone wolves and individuals radicalized within a group dynamic. This important difference is what makes this book such a significant manual for professionals seeking richer insight into the transformation of alienated individuals into armed warriors. Hamm and Spaaij conclude with an analysis of recent FBI sting operations designed to prevent lone-wolf terrorism in the United States, describing who gets targeted, strategies for luring suspects, and the ethics of arresting and prosecuting citizens.

. Martine Mespoulet (dir.), Quantifier les territoires, Rennes, Presses universitaires de Rennes, avril 2017.

La montée en puissance de l’action publique territoriale en France depuis les années 1980 s’est inscrite dans un double mouvement de décentralisation et d’européanisation des politiques publiques. L’analyse des politiques publiques locales et de leurs caractéristiques a fait l’objet de différents travaux de recherche. Sur la base de cas précis, les contributions à cet ouvrage s’efforcent de dégager les particularités des questionnements et des procédures et outils de quantification mobilisés dans les politiques sociales territoriales.

. Serge Pautot, France-Algérie, du côté des deux rives, Paris, L’Harmattan, avril 2017.

Les relations entre une ancienne colonie, fière de son indépendance acquise au prix du sang, et le pays colonisateur ne sont jamais simples. La France et l Algérie sont deux grands pays méditerranéens, ils ont toujours de nombreuses raisons d entretenir des relations constructives, aussi bien sur le plan politique, économique que culturel. Cet ouvrage recense l état des relations du côté des deux rives depuis 1830. Il s agit d un vaste panorama oeuvrant à consolider les rapports entre ces deux pays, rédigé par un fervent défenseur de l union France-Algérie.

. Marina De Castro, La terreur, un concept psycho-stratégique, Paris, L’Harmattan, février 2017.

Cet ouvrage tente de comparer la dissuasion nucléaire et le terrorisme à travers le prisme de la terreur. Même si ces deux notions peuvent, de prime abord, paraître diamétralement opposées, elles revêtent néanmoins bon nombre de similitudes. La terreur est un véritable concept psycho-stratégique, à la fois légitimée lorsquelle émane de l Etat et paradoxalement réprimée lorsquelle procède d’entités sub-étatiques. Par cette approche comparative, tentons aujourd’ hui de mieux comprendre la terreur qui s est emparée de nos sociétés afin de mieux pouvoir la combattre demain.

. Marc-Antoine Pérouse de Montclos, L’Afrique, nouvelle frontière du djihad ?, Paris, La Découverte, à paraître (mai 2017).

Les mouvements « djihadistes » réveillent de vieilles hantises chez les Occidentaux. Alors que les puissances coloniales s’inquiétaient déjà, au XIXe siècle, de la « guerre sainte » lancée par les « mahométans » en Afrique, les mouvements armés contemporains remettent au goût du jour la vieille antienne du « péril musulman ». L’inquiétude est d’autant plus grande que l’explosion démographique du continent, bientôt plus peuplé que le monde arabe, en fera une des principales terres d’islam du XXIe siècle. Dans ce contexte, plaide Marc-Antoine Pérouse de Montclos, il est urgent de mettre ces phénomènes en perspective, en cessant, pour commencer, d’y appliquer les mêmes grilles de lectures « antiterroristes ». Ce livre clair et solidement argumenté dresse ainsi un panorama des mouvements dits « djihadistes » en rappelant leurs origines, historiques et sociales. Loin d’être les tentacules d’une monstrueuse « Internationale Terroriste », comme l’imaginent certains amateurs de fantasmes globalisés, ces mouvements puisent d’abord leurs racines dans des dynamiques locales. L’auteur propose une analyse innovante de ces groupes insurrectionnels en s’appuyant non seulement sur des considérations religieuses mais aussi sur des données économiques, sociologiques et politiques. Également nourri d’entretiens avec des leaders musulmans, des combattants et des responsables des services de sécurité, ce livre établit finalement un bilan critique des réponses militaires apportées à la « menace terroriste » au Sahel. Marc-Antoine Pérouse de Montclos, politologue, est directeur de recherche à l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD). Spécialiste reconnu du continent africain, il est notamment l’auteur de Les Humanitaires dans la guerre : des idéaux à l’épreuve de la politique (La Documentation française, 2013).

. Xavier Pasco, Le nouvel âge spatial : de la Guerre froide au New Space, Paris, CNRS Editions, à paraître (avril 2017).
Durant la Guerre froide, les Etats-Unis et l’URSS rivalisent d’ingéniosité pour conquérir l’espace. Il s’agit avant tout de communication politique et de propagande idéologique. Au XXIe siècle, les investissements publics sur les grands programmes d’exploration spatiale sont de plus en plus contestés. L’auteur étudie ici ce changement radical de paradigme et les perspectives qu’il ouvre.

. Astou Fall, Traitement juridictionnel du crime de génocide et des crimes contre l’humanité commis au Rwanda, Paris, L’Harmattan, avril 2017.
Pour reconstruire le Rwanda, où près d’un million de personnes majoritairement Tutsi ont été malmenées, les nouvelles autorités du pays ont fait de la justice la première condition d’un espoir de paix. Trois instances judiciaires ont été activées de manière concomitante : les tribunaux classiques rwandais (relayés par des juridictions coutumières dites Gacaca), le Tribunal pénal international pour le Rwanda (créé par le Conseil de sécurité des Nations Unies), et les juridictions nationales étrangères chargées de traquer les fugitifs. Il s’agit ici d’étudier ce modèle de justice multiniveaux, et de tirer un bilan provisoire.

. Reza Rokoee, L’Iran autrement, Paris, L’Harmattan, avril 2017.
Ce livre entreprend une analyse de la pensée philosophique en Iran et propose une lecture de quelques problématiques actuelles. L’ouvrage offre un aperçu de l’histoire des idées en Iran moderne et contemporain et s’intéresse notamment à la question d’iconoclasme à travers le syndrome qualifié d’iconophobie.

. Pierre Sintès, En présence du passé : Géopolitique de la mémoire aux frontières de la Grèce, Aix-en-Provence, Publications de l’Université de Provence, mars 2017.
Analyse des mutations qui ont touché la Grèce et les Balkans depuis une dizaine d’années, notamment du renforcement des références au passé et à la mémoire face à la mondialisation. L’auteur ne cherche pas à réduire ce territoire à ce phénomène d’ethnicisation mais montre comment cette situation peut permettre d’expliquer les relations entre le passé et le présent dans l’Europe contemporaine.

. Filip Reyntjens, Le génocide des Tutsi au Rwanda, Paris, PUF, avril 2017.

Le génocide perpétré au Rwanda d’avril à juillet 1994 a été exceptionnel par son envergure, sa rapidité et son mode opératoire : plus d’un demi-million de Tutsi ont été exterminés en cent jours. Les victimes sont généralement tombées sous les coups d’un très grand nombre d’assassins ayant eu recours à des armes rudimentaires. Quels ont été les ressorts d’une telle tragédie ? Quelles en ont été les causes, lointaines ou plus immédiates ? Comment s’est-elle déroulée ? Quelles séquelles a-t-elle laissées ? Ce génocide n’appartient pas qu’à l’histoire : il reste un enjeu politique contemporain, tant au Rwanda qu’ailleurs dans la région et de par le monde, notamment en France. Les débats restent intenses ; les oppositions, souvent violentes. Filip Reyntjens, en s’appuyant sur des faits communément admis, offre des clés de lecture pour une interprétation plus sobre de ce qu’on a appelé le « dernier génocide du XXe siècle ».

. Adolphe-Dieumerci Bonyanga Bokele, Le défi de l’autodétermination africaine, Paris, L’Harmattan, mars 2017.

À l’encontre d’une approche afropessimiste, l’auteur de ce livre pense qu’il y aurait plutôt en Afrique noire un grave problème d’organisation à résoudre, dans le sens de la rationnalisation des actions et modes de vie en société. Pour sortir de l’impasse, l’organisation émancipatrice implique qu’au-delà de la logique formelle de l’action rationnelle en vue d’une fin utile ou pratique, les acteurs intéressés soient capables de se libérer des préjugés, habitudes et illusions ancrés dans leur monde vécu socio-culturel.

. Gwendal Châton, Introduction à Raymond Aron, Paris, La Découverte, mars 2017.

Cet ouvrage constitue une introduction à la pensée politique de Raymond Aron (1905-1983). Après être revenu sur l’itinéraire intellectuel et politique complexe de celui qui se définissait comme un « spectateur engagé », il présente et analyse ses contributions à différents champs du savoir : la sociologie des sociétés modernes, la théorie des régimes politiques, la philosophie politique, l’étude des relations internationales et la philosophie de l’histoire.
Ce livre a pour ambition de faciliter l’accès d’une nouvelle génération de lecteurs à la pensée de ce « classique méconnu ». Il repose sur une relecture qui se veut distanciée et sereine de l’ensemble de l’œuvre, et sur la prise en compte des acquis récents de la recherche française et internationale. Ce faisant, il vise aussi à dresser un panorama des différentes interprétations se déployant actuellement au sein des études aroniennes.

. Jean-Vincent Holeindre, La ruse et la force : une autre histoire de la stratégie, Paris, Perrin, février 2017.

Au VIIIe siècle avant J.C., Homère expose de manière frappante la dualité qui fonde la stratégie. Dans l’Iliade et l’Odyssée, le poète grec met en scène la guerre à travers deux personnages phares. Achille, héros de la force, est un guerrier : son honneur est au-dessus de tout. Ulysse, héros de la ruse, est un stratège : seule la victoire compte. Cette combinaison de la force et de la ruse semble structurer dès l’origine l’histoire de la stratégie en occident. Pourtant, la force a davantage attiré l’attention des historiens. Dans l’ouvrage de Victor Davis Hanson, Le Modèle occidental de la guerre, la ruse n’apparaît jamais comme un élément majeur de la stratégie. Au contraire, elle fait figure de repoussoir. Cet « orientalisme » militaire et stratégique n’est évidemment pas recevable, tout simplement parce qu’il ne reflète pas la réalité historique et se fait l’écho d’un discours idéologique. Il s’agit donc d’en finir avec cette lecture afin de comprendre ce que la stratégie, dans le monde occidental, doit à la ruse, en identifiant les moments clés de son histoire, de l’antiquité grec aux mouvements terroristes du XXIe. Se déploie ainsi une histoire longue de la stratégie qui met en scène, pour la première fois et de manière systématique, le dialogue ininterrompu de la ruse et de la force.

. Esther Benbassa et Jean-Christophe Attias (dir.), Nouvelles relégations territoriales, Paris, CNRS éditions, février 2017.

Le débat public paraît plus que jamais dominé par une « géographisation » simpliste des problématiques territoriales et par une idée erronée, quoique répandue, selon laquelle le « périurbain » serait inéluctablement un bassin de relégation et un réservoir du vote FN. Or pour ouvrir la voie à une action véritablement efficace, en une période où le super-territoire, la Métropole, semble être devenu le nouveau sésame de l’intégration, il faut analyser « fractures » et « relégations » avec quelque rigueur. Et surtout ne pas se contenter de recycler l’opposition ville/campagne pour s’en tenir à une vision binaire et statique occultant un monde à la fois plus complexe et plus dynamique. Déjà faudrait-il se mettre d’accord sur le sens des mots employés pour en parler. Qu’entend-on finalement par « périurbain » ou encore par « banlieue » ? Y a-t-il derrière ces mots des réalités stables et homogènes ? Il est permis d’en douter. De fait, seule l’articulation de nouveaux concepts, évoquant des formes de vie plutôt que de simples ancrages territoriaux, paraît en mesure de décrire toutes les mobilités à l’œuvre. Réunissant acteurs de terrain et chercheurs, cet ouvrage tente un diagnostic, évalue les actions déjà engagées et formule des propositions. En une période de refonte de la politique de la ville et de réforme territoriale, l’enjeu d’une telle approche croisée, intégrant les questions sociales, économiques et environnementales, paraît crucial.

. Mansour Nasasra, The Naqab Bedouins, a Century of Politics and Resistance, New-York, Columbia University Press, avril 2017.

Conventional wisdom positions the Bedouins in southern Palestine and under Israeli military rule as victims or passive recipients. In The Naqab Bedouins, Mansour Nasasra rewrites this narrative, presenting them as active agents who, in defending their community and culture, have defied attempts at subjugation and control. The book challenges the notion of Bedouin docility under Israeli military rule and today, showing how they have contributed to shaping their own destiny. The Naqab Bedouins represents the first attempt to chronicle Bedouin history and politics across the last century, including the Ottoman era, the British Mandate, Israeli military rule, and the contemporary schema, and document its broader relevance to understanding state-minority relations in the region and beyond. Nasasra recounts the Naqab Bedouin history of political struggle and resistance to central authority. Nonviolent action and the strength of kin-based tribal organization helped the Bedouins assert land claims and call for the right of return to their historical villages. Through primary sources and oral history, including detailed interviews with local indigenous Bedouins and with Israeli and British officials, Nasasra shows how this Bedouin community survived strict state policies and military control and positioned itself as a political actor in the region.

. Cemil Aydin, The Idea of the Muslim World, Cambridge (MA, Etats-Unis), Harvard University Press, avril 2017.

When President Barack Obama visited Cairo in 2009 to deliver an address to Muslims worldwide, he followed in the footsteps of countless politicians who have taken the existence of a unified global Muslim community for granted. But as Cemil Aydin explains in this provocative history, it is a misconception to think that the world’s 1.5 billion Muslims constitute a single religio-political entity. How did this belief arise, and why is it so widespread ? The Idea of the Muslim World searches for the intellectual origins of a mistaken notion and explains its enduring allure for non-Muslims and Muslims alike. Conceived as the antithesis of Western Christian civilization, the idea of the Muslim world emerged in the late nineteenth century, when European empires ruled the majority of Muslims. It was inflected from the start by theories of white supremacy, but Muslims had a hand in shaping the idea as well. Aydin reveals the role of Muslim intellectuals in envisioning and essentializing an idealized pan-Islamic society that refuted claims of Muslims’ racial and civilizational inferiority. After playing a key role in the politics of the Ottoman Caliphate, the idea of the Muslim world survived decolonization and the Cold War, and took on new force in the late twentieth century. Standing at the center of both Islamophobic and pan-Islamic ideologies, the idea of the Muslim world continues to hold the global imagination in a grip that will need to be loosened in order to begin a more fruitful discussion about politics in Muslim societies today.

. Serge Berthier, Vivre à Hong Kong, Paris, L’Archipel, à paraître (avril 2017).
« Hong Kong est une île déserte avec guère plus d’une maison dessus », écrivait en 1841 Lord Palmerston, secrétaire britannique aux Affaires étrangères. C’est aujourd’hui une mégalopole de 7 millions d’habitants pour une superficie de plus de 1 100 km2. Une ville-monde, un monstre, un mythe qui fascine. Pour y avoir vécu pendant près de trente ans, Serge Berthier parvient pourtant à la démythifier et à nous la rendre accessible, voire compréhensible. Vingt ans après la rétrocession de Hong Kong à la Chine, il en retrace d’abord l’histoire, celle d’un territoire au passé chaotique et mouvementé. Dans une approche plus intime, il propose une promenade dans les rues de la ville, ainsi que les portraits d’habitants emblématiques, auxquels il donne la parole.

. Nicolas Escach, Les Danois, Paris, Ateliers Henry Dougier, à paraître (avril 2017).
« Modèle danois », « méthode danoise », « voie danoise », un parfum d’utopie semble souffler sur un petit pays d’Europe du Nord qui cristallise à la perfection notre quête insatisfaite de communion et de bonheur. Le Danemark est devenu un réservoir inépuisable de bonnes pratiques, des quartiers alternatifs de Copenhague jusqu’à l’île écologique de Samsø où s’invente une société décarbonée. Toutes ces innovations sont le produit d’un peuple ingénieux et pragmatique qui a su tourner à son avantage la moindre contrainte. Audacieux par nécessité, les Danois ouvrent par de petits décalages les voies nouvelles de entrepreneuriat, de l’action politique, de l’art culinaire ou de l’éducation. La capacité de résilience et l’ancrage sont les deux qualités les plus communément partagées au Danemark. Un Danois aspire avant tout à une vie tranquille. Il passe son temps à construire des coquilles rassurantes où il se sentira chez lui.

. Fernando Reinars, Al-Qaeda’s Revenge, New-York, Columbia University Press, à paraître (avril 2017).
Al-Qaeda’s Revenge tells the full story behind the events of March 11, 2004, when an al-Qaeda-inspired terrorist cell bombed commuter trains in Madrid, killing 191 people and injuring more than 1,800. The book’s detailed narrative runs from the development of an al-Qaeda conspiracy in Spain through the 2007 trial and conviction of the 3/11 bombers, concluding with the thwarting in 2008 of an al-Qaeda bomb plot in Barcelona. Fernando Reinares’s account draws on privileged access to judicial and intelligence documents and personal interviews with officials in Spain and elsewhere. His analysis ultimately links the Madrid bombing to members of al-Qaeda’s senior leadership and connects the planning of 9/11 to the acts of 3/11. Al-Qaeda’s Revenge is Spain’s counterpart to The 9/11 Commission Report, a bestseller that has definitively showed al-Qaeda—and not, as initially suspected, the Basque separatist organization ETA—to be responsible for a horrific crime that fundamentally changed the way Spain and Europe have responded to the threat of modern terrorism.

. Lucie Sauvé (dir.), Education, environnement, écocitoyenneté, Québec (Canada), Presses universitaires du Québec, mars 2017.
Si au cours des 40 dernières années le champ de l’éducation relative à l’environnement s’est largement déployé, la nature des enjeux socio-écologiques actuels appelle à un nouvel examen des assises de ce champ et à l’explicitation des courants qui émergent. Le présent ouvrage offre donc une mise à jour de plusieurs fondements de l’action éducative en matière d’environnement. Au fil des chapitres, les auteurs proposent un « patrimoine » de repères contemporains pour inspirer et fonder cette action, c’est-à-dire toute forme d’éducation ayant trait au rapport personnel et social au milieu de vie : l’éducation à la nature, à la conservation, à la santé environnementale, au développement durable, etc. Ces repères sauront rejoindre les enseignants en formation initiale et continue, de même que toutes les personnes qui œuvrent dans les domaines de la formation, de l’éducation spécialisée, de l’animation, de l’interprétation, de la médiation ou de la communication.

. Bernard Heyberger, Les chrétiens d’Orient, Paris, PUF, mars 2017.
Qui sont les coptes d’Égypte, les maronites du Liban, les assyro-chaldéens, les syriaques et les melkites ? Des « chrétiens d’Orient » ? L’expression, pour le moins floue, masque une grande diversité de peuples, de cultures, de traditions… Vivant dans des sociétés à majorité musulmane, mais entretenant depuis longtemps des contacts avec l’Occident, ils sont au centre de l’actualité et des préoccupations depuis qu’ils sont pris pour cible par les combattants islamistes. Dans ce tour d’horizon de l’Antiquité à nos jours, Bernard Heyberger s’attaque aux idées reçues qui ont trop tendance à les placer dans une position réductrice de passivité. De fait, les chrétiens d’Orient ont, depuis les débuts du christianisme et à leur manière, contribué à façonner le visage du Proche-Orient, dont ils restent des acteurs vivants.

. Marina De Castro, La terreur, un concept psycho-stratégique, Paris, L’Harmattan, mars 2017.
Cet ouvrage tente de comparer la dissuasion nucléaire et le terrorisme à travers le prisme de la terreur. Même si ces deux notions peuvent, de prime abord, paraître diamétralement opposées, elles revêtent néanmoins bon nombre de similitudes. La terreur est un véritable concept psycho-stratégique, à la fois légitimée lorsqu’elle émane de l’Etat et paradoxalement réprimée lorsqu’elle procède d’entités sub-étatiques. Par cette approche comparative, tentons aujourd’hui de mieux comprendre la terreur qui s’est emparée de nos sociétés afin de mieux pouvoir la combattre demain.

. Georges Corm, La nouvelle question d’Orient, Paris, La Découverte, mars 2017.
Dans cet essai, Georges Corm entreprend, à la suite de ses précédents ouvrages, une nouvelle plongée historique dans le destin tragique des sociétés de l’Est de la Méditerranée et du monde arabe, carrefour stratégique et géopolitique convoité par les grandes puissances coloniales depuis le XIXe siècle. Une vaste littérature avait été produite à cette époque sur la « question d’Orient », alors qu’il s’agissait en fait des rivalités implacables entre puissances européennes avides de se partager les vastes territoires de l’Empire ottoman. Cet ouvrage rétablit les continuités et les ruptures entre cette ancienne question d’Orient et la « nouvelle question d’Orient », débutant après la Seconde Guerre mondiale et donnant naissance à son tour à des violences ininterrompues, aujourd’hui à leur paroxysme.
Georges Corm dénonce aussi bien les tendances hégémoniques de l’Alliance atlantique que le « chaos mental » qui s’est souvent installé à ses yeux auprès des grands décideurs et dans les analyses des médias dominants pour légitimer à nouveau les interventions des puissances occidentales en Orient. Celles-ci ne sont qu’un rebondissement amplifié de l’ancienne question d’Orient, leur cadre intellectuel étant aujourd’hui actualisé par la théorie du « choc des civilisations », héritage de l’ancien racisme de nature coloniale. Le développement exponentiel du terrorisme en provenance de cette partie du monde est le résultat de ce dérèglement de la raison. Il peut se comparer aux effets que produit le dérèglement climatique en termes de catastrophes naturelles, elles-mêmes dues à une déraison économique et consumériste que rien ne semble pouvoir arrêter.

. Mohamed Benhammou, Les services de renseignements : quelles transformations après le 11 septembre 2001 ?, Paris, L’Harmattan, mars 2017.
Les services de renseignements ont tenté de s’adapter à l’évolution du contexte géopolitique post- guerre froide et suite aux attentats du 11 septembre 2001. La spécificité de cette ère est la montée de nouvelles menaces et de nouveaux acteurs dans un contexte globalisé : l’ennemi est invisible et diffus, la nouvelle guerre est asymétrique. La présente étude propose une grille de lecture des transformations qu’ont connues ces services aux Etats - Unis et en France.


Livre recommandé par Diploweb.com en avril 2017

. Pascal Lamy, Nicole Gnesotto avec Jean-Michel Baer, Où va le monde ? Paris, Odile Jacob, 2017.

Pierre Verluise, Directeur des publications du Diploweb.com : "Voici une lecture particulièrement utile pour disposer d’une ample vision actualisée de notre monde, distinguer ses lignes de forces, ses risques de ruptures et réfléchir à des pistes de solutions. Pascal Lamy et Nicole Gnesotto font preuve d’une grande maitrise de leur sujet et offrent aux lecteurs un panorama lucide des tensions géoéconomiques et géopolitiques à l’oeuvre. Un candidat aux concours qui ne lirait pas cet ouvrage serait difficile à pardonner, tant il présente un éclairage à la fois informé et problématisé du monde. A sa place dans toutes les bonnes bibliothèques."

4e de couverture

Où va le monde ? Comment en est-on arrivé là ?

Pourquoi le désordre, la violence, le chaos donnent-ils le sentiment d’être les nouvelles règles du système international, alors que la paix, la prospérité, la liberté, la règle du droit étaient données, il y a à peine vingt ans, comme les promesses de la fin de la guerre froide ?

Quelles dynamiques dominent aujourd’hui le monde ?

Le marché ou la force ? L’économie ou la géopolitique ?

La première va-t-elle réussir à pacifier le monde et l’unir dans un destin commun ?

La seconde finira-t-elle par casser l’unification des marchés au profit de désordres et de rivalités incontrôlés ?

Pascal Lamy et Nicole Gnesotto n’ont pas les mêmes réponses, sauf sur l’Europe, et en débattent ici avec Jean-Michel Baer.

Un livre lumineux pour comprendre les enjeux du nouveau désordre mondial.

Proche de Jacques Delors, Pascal Lamy a été commissaire européen, puis directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Il a publié, chez Odile Jacob, Quand la France s’éveillera.

Nicole Gnesotto est professeur titulaire de la chaire sur l’Union européenne au Conservatoire national des arts et métiers, et présidente du conseil d’administration de l’Institut des hautes études de défense nationale.

Jean-Michel Baer a été journaliste à Libération, membre du cabinet de Jacques Delors, directeur de la Culture puis de la Recherche en sciences sociales à la Commission européenne.


. Béatrice Giblin, Le paradoxe français. Entre fierté nationale et hantise du déclin. Préface d’Yves Lacoste. Paris, éd. Armand Colin.

Les Français n’ont pas le moral. Situation économique incertaine, climat social préoccupant, sentiment d’insécurité, perte de puissance au sein de la communauté internationale... autant d’éléments qui viennent entretenir pour certains la nostalgie d’une grandeur passée, pour d’autres un réel pessimisme quant à leur avenir.

Dans le même temps, les Français ont toujours été perçus et se définissent eux-mêmes comme un peuple « arrogant ». Cette supposée arrogance est en fait liée à la très singulière histoire de la France, patrie des droits de l’homme, terre d’immigration, « Grande Nation » porteuse de valeurs républicaines et laïques, histoire dont ils sont légitimement fiers.

Mal à l’aise avec l’idée de « nation » et avec les symboles qui lui sont liés, les Français semblent ainsi aujourd’hui tiraillés entre fierté et autodénigrement, dans un contexte où « l’identité nationale » se cherche une définition et où la France, pour ce qu’elle représente, est prise pour cible.

Cet essai singulier et citoyen vient éclairer ce paradoxe.

Béatrice Giblin est géographe, fondatrice de l’Institut français de géopolitique de l’université Paris VIII et directrice de la revue Hérodote.


. Philippe Huberdeau, La construction européenne est-elle réversible ? Coll. Réflexeeurope, Paris, La documentation française, 2017.

Le Brexit n’est-il pas annonciateur d’une réversibilité de la construction européenne ? L’édifice bâti sur des « solidarités de fait » est-il suffisamment robuste pour résister à une conjonction de crises (terrorisme, pression migratoire, dérèglements financiers, montée des populismes) et se confronter à des acteurs comme Vladimir Poutine ou Donald Trump, souhaitant la fin de l’Union européenne ?
Le présent ouvrage de la collection Réflexe Europe vise à donner au lecteur une vision synthétique des débats sur le processus de retrait du Royaume-Uni et sur l’avenir de l’UE à la lumière des enseignements tirés de soixante ans d’histoire européenne.
Cette collection a pour objectifs de remettre en perspective les controverses qui émaillent l’histoire de la construction européenne et de cerner les enjeux et les défis actuels.

Partie 1 : Le Brexit : un saut vers l’inconnu.
Partie 2 : Quarante ans de progrès (1951 – 1991).
Partie 3 : La fin de l’histoire ? (1992 – 2017).
Partie 4 : L’Europe : quelle finalité aujourd’hui ?

Philippe Huberdeau est conseiller des Affaires étrangères et administrateur à la Commission européenne. Il a enseigné les questions européennes à Sciences Po Paris, à l’École polytechnique et à l’INALCO.

. Edouard Pfimlin, Drones et robots. La guerre des futurs. Paris, éd. Studyrama, 2017.

La robotisation du champ de bataille est en marche, fruit d’une histoire déjà ancienne. L’utilisation des drones, ces avions sans pilote commandés à distance, s’intensifie. Plus de 90 pays ont des drones militaires et une dizaine d’entre eux ont des drones armés, c’est-à-dire qui peuvent frapper depuis les airs des cibles au sol, au premier rang desquels les États-Unis. Mais si les drones aériens sont les plus connus, sur terre et sur mer, les robots se développent aussi très vite et pas seulement dans les pays riches.
Jusqu’à présent, les robots restent contrôlés à distance par un opérateur humain. Cependant les progrès technologiques rapides et l’avancée de l’intelligence artificielle font craindre l’apparition de robots militaires entièrement autonomes, dont certains pourraient tuer sans contrôle humain. Déjà les drones aériens de combat sont en développement pour une mise en service à l’horizon 2025-2030. Ces robots ne font l’objet d’aucune règlementation internationale et leurs systèmes ne permettent pas un contrôle fiable et sans faille de leurs actions. La question de leur contrôle et de leur interdiction se pose sans quoi l’humanité est menacée.

. Yves Petit, La politique agricole commune (PAC) au coeur de la construction européenne, Coll. Réflexeeurope, Paris, La documentation française, 2017.

La politique agricole commune (PAC), doyenne des politiques communes de l’Union européenne, a connu depuis sa création, en 1962, des mutations de grande ampleur. Adoptée à la fin de l’année 2013, sa dernière réforme s’applique à la période 2014-2020. Elle lui confère, cette fois, une nouvelle dimension axée sur les enjeux fondamentaux que sont l’environnement et le climat. Cet ouvrage offre une vision à la fois complète et renouvelée de cette politique, mise en perspective de ses origines à nos jours et dont les fondements juridiques et le fonctionnement sont exposés ici avec rigueur et clarté. L’auteur démontre ainsi que la PAC est devenue une politique présentant de nombreuses interférences avec les autres politiques de l’Union européenne ; son champ d’intervention s’est considérablement élargi, au point d’en faire une véritable « politique carrefour ». Enfin, l’ouvrage aborde également la dimension externe de cette politique qui doit trouver une juste place dans les relations internationales de l’Union européenne, l’agriculture demeurant plus que jamais un sujet majeur sur le plan mondial.

. Antoine Brès, Béatrice Mariolle et Francis Beaucire, Territoire frugal : la France des campagnes à l’heure des métropoles, Les Acacias (Suisse), Metispresses, mars 2017.
Les caractéristiques spatiales et les pratiques locales des territoires qui s’étendent au-delà de l’urbain aggloméré restent encore, pour l’essentiel, à explorer. L’équipe FRUGAL – associant des chercheurs issus de l’architecture, de la géographie, de l’urbanisme, de l’écologie et de l’économie – a entrepris d’étudier ces figures dispersées de l’urbain généralisé, en partant du constat que toute politique d’aménagement durable doit impliquer l’ensemble des composantes du territoire. Quatorze périmètres, situés entre des villes de plus de 20 000 habitants, ont ainsi été identifiés et soumis à l’observation microlocale, permettant d’analyser les établissements humains et les dispositifs d’imbrication des espaces bâtis et ouverts. Territoire frugal présente les résultats de trois années de relevés cartographiques, d’investigations et d’enquêtes sur le terrain. Si les données statistiques collectées révèlent la vulnérabilité écologique, économique et sociale de nos urbanités, nous confrontant à l’épuisement de la nature et de ses ressources, elles fournissent également une base essentielle au développement d’une véritable recherche pluridisciplinaire et aux études qualitatives des territoires, notamment en termes morphologiques et ethnographiques.

. Bérenger Boureille, Le Front du mépris : le FN et les catégories populaires, Paris, Stock, mars 2017.
En mars 2014, le Front national a conquis onze villes. Loin de ses ancrages méridionaux, il a fait basculer des bastions ouvriers du Nord, de l’Est. Il a surgi à Mantes-la-Ville, cité autrefois industrielle des confins de l’Île-de-France. Mon histoire personnelle s’enracine là. Et désormais s’y joue un avenir collectif bien incertain. La stratégie municipale du FN est mensongère mais prudente, simple, transposable à l’échelle nationale et toujours sans réponse. Des gens qui furent fiers de ce qu’ils étaient, confiants en l’avenir, ne voient plus d’autre horizon que de servir de marchepied à leur bourreau. L’extrême-droite ne fut jamais que mépris de classe, hantise de la culture ouvrière et de ses réalisations politiques. Mais il nous fallait être lucides, et nous fûmes parfois complices de la mise à sac du meilleur de nos énergies. À nous de redonner espoir et désir. Un essai batailleur, où le point de vue personnel s’appuie sur l’étude du terrain. Pour comprendre la réalité de l’extrême-droite aujourd’hui.

. Christophe Badel et Claire Levasseur, Atlas de l’Empire romain, Paris, Autrement, mars 2017.
« Par quels moyens les Romains ont-ils pu se rendre maîtres de presque tout le monde habité ? » Polybe. Plus de 100 cartes, plans et schémas pour comprendre les origines et les implications de l’impérialisme romain.

. Alexis Vrignon, La naissance de l’écologie politique en France, Rennes, Presses universitaires de Rennes, mars 2017.
Au confluent de l’histoire politique et de l’histoire environnementale, mobilisant des archives inédites, cet ouvrage décrit la genèse et la construction des mouvements écologistes, sur le terrain et dans les urnes. Tout au long des années soixante-dix, les militants de cette nébuleuse s’efforcent d’en promouvoir l’unité. Animés par l’aspiration commune à redéfinir les rapports entre l’homme et la nature pour transformer la société, ces mouvements n’en sont pas moins très divers dans leur positionnement politique, leur répertoire d’action et leur approche des enjeux environnementaux : bref, dans leur culture écologique.

. Hubert Morelle, De la Russie à l’URSS : édification et écroulement de l’Empire russe (878-1991), Paris, L’Harmattan, mars 2017.
En décembre 1991, la fin de l’Union Soviétique marque un tournant majeur dans l’histoire millénaire de la Russie. Au-delà de la signification politique de cet évènement, ses conséquences sont aussi humaines car des millions de personnes se trouvent soudain citoyens d’un pays qu’ils ne reconnaissaient pas comme le leur.

. Josiah Ober, L’énigme grecque : histoire d’un miracle économique (Vie-III siècle avant JC), Paris, La Découverte, mars 2017.
Pourquoi refaire l’histoire de la Grèce classique, du VIe siècle av. J.-C. à Alexandre le Grand ? D’abord, parce que l’on dispose d’une masse d’informations nouvelles sur les 1 035 cités-États qui s’étendaient de l’Espagne à la mer Noire, des données exploitées ici pour la première fois de manière systématique. Ensuite, parce que, contrairement à ce que les historiens ont longtemps cru, le monde grec a connu une croissance économique qui restera sans équivalent jusqu’à la Renaissance, rendue possible par l’invention de la démocratie et des droits civiques, sur fond d’innovations institutionnelles, techniques et culturelles (théâtre, philosophie, mathématiques, etc.) permanentes. Enfin, parce que les Grecs ont expérimenté toutes les ressources de la démocratie : élection, limitation des mandats, tirage au sort, etc. Ils ont réfléchi aux relations entre citoyens et dirigeants, au rôle des experts, aux moyens de réduire le pouvoir de nuisance des démagogues, à la place de la religion. Autant de questions qui sont à l’origine de l’« efflorescence grecque » et au cœur du débat démocratique actuel. Pour Josiah Ober, il est important de savoir comment les Grecs eux-mêmes pensaient leur système politique, leur économie : Aristote ou Thucydide sont non seulement des informateurs précieux, mais aussi des partenaires de pensée. Sans négliger l’histoire événementielle : le lecteur est plongé dans les guerres avec le redoutable Grand Roi perse, assiste aux péripéties de la guerre du Péloponnèse qui oppose Sparte à Athènes. On comprendra mieux comment Philippe II de Macédoine puis son fils Alexandre le Grand ont pu, grâce à l’héritage des cités grecques, construire un gigantesque empire qui s’étendra jusqu’aux rives de l’Indus.

. Nadia Marzouki, Islam, an American religion, New-York, Columbia Press University, à paraître (avril 2017).
Islam : An American Religion demonstrates how Islam as formed in the United States has become an American religion in a double sense—first through the strategies of recognition adopted by Muslims and second through the performance of Islam as a faith. Nadia Marzouki investigates how Islam has become so contentious in American politics. Focusing on the period from 2008 to 2013, she revisits the uproar over the construction of mosques, legal disputes around the prohibition of Islamic law, and the overseas promotion of religious freedom. She argues that public controversies over Islam in the United States primarily reflect the American public’s profound divisions and ambivalence toward freedom of speech and the legitimacy of liberal secular democracy.

. Dominique Moïsi, Le nouveau déséquilibre du monde, Paris, Editions de l’Observatoire, mars 2017.
Un recueil de chroniques parues entre 2008 et 2016 dans « Les Echos » qui font un état des lieux de l’évolution des relations internationales : la crise identitaire de l’Europe, l’implosion du Moyen-Orient ou les Etats-Unis face aux divisions.

. Pascal Boniface, Les relations internationales de 1945 à nos jours, Paris, Eyrolles, mars 2017.
De 1945 à nos jours, Pascal Boniface retrace de façon directe, claire et vivante, 70 ans de relations internationales. Il met ainsi en lumière les précédents, les choix et les biais géopolitiques qui permettent de décrypter l’actualité et de percevoir le monde dans sa globalité. Foisonnante et explosive, la période contemporaine ne cesse de nous surprendre : cet essai didactique constitue la référence indispensable des lecteurs désireux de prendre du recul pour aborder la mondialisation de façon éclairée et le présent en connaissance de cause.

. Hélène Blanc (dir.), Le roman de Renata, Paris, Ginkgo, mars 2017.
Véritable thriller politique, la vie de Renata Lesnik, dissidente moldave, n’est ni un roman russe, ni une fiction. Après une captivante autobiographie – Mariée au KGB – ou l’incroyable histoire d’une femme qui réussit à fuir l’URSS tout en bernant les kagébistes, voici la seconde partie de sa vie de réfugiée politique en France, « le pays qui lui a donné la liberté et la dignité ». Ayant résisté au totalitarisme soviétique, – ce qui lui vaut d’être condamnée à mort en 1983 sous Andropov –, ce témoin gênant poursuit son combat humaniste contre le régime dictatorial de Vladimir Poutine suscitant la haine de ceux qui craignent la Vérité. Parce que la russophilie n’empêche ni la lucidité, ni la pertinence, ses analyses, ses conférences, ses articles, ses livres, ses déclarations dans les médias français et étrangers la mettent à nouveau en danger. Traquée, toujours sur le fil du rasoir, Renata s’est affirmée comme l’un des plus brillants experts de l’URSS et de la Russie post-soviétique. Voici « l’autopsie » de l’incroyable vie d’une femme au courage exemplaire, disparue en décembre 2013. Le roman de Renata est l’hommage de sa consœur et amie, la russologue Hélène Blanc, celle qui la connaissait sans doute le mieux, hommage auquel se sont joints quelques proches par leurs lettres à Renata...

. Serge Audier, La société écologique et ses ennemis, Paris, La Découverte, mars 2017.
Alors que monte la prise de conscience du péril environnemental, les obstacles à une véritable mutation écologique des sociétés contemporaines restent massifs et les modèles alternatifs peinent à s’imposer. Les traditions intellectuelles de la gauche semblent souvent impuissantes à apporter des réponses. Pire, n’ont-elles pas contribué, par leur culte des « forces productives », à l’impasse actuelle ? La généalogie intellectuelle proposée par Serge Audier revient sur des évidences trompeuses, notamment celle qui voudrait que les mouvements émancipateurs n’aient abordé que très tardivement les enjeux écologiques. On redécouvre certes peu à peu des voix minoritaires qui, de Henry D. Thoreau à William Morris, avaient manifesté très tôt un souci inédit de la nature. Mais en les érigeant en héros solitaires, on contribue à occulter une nébuleuse beaucoup plus large et méconnue qui, entre socialisme et anarchisme, a esquissé les traits d’une « société écologique ». L’objectif de ce livre est d’exhumer et de reconstituer une pensée sociale de la nature et de l’émancipation, construite aux marges du « grand récit » socialiste et républicain.
De fait, cette tendance dissidente a été ignorée, marginalisée, voire combattue par les courants hégémoniques, qui ont souvent vu dans l’écologie un conservatisme traditionaliste ou un romantisme réactionnaire… Si les « ennemis » de la « société écologique » se trouvent bien entendu du côté des forces du capitalisme, il serait faux et dangereux d’oublier qu’ils font aussi partie de l’histoire même de la gauche et du socialisme dans ses orientations majoritaires, encore prégnantes.

. Hicham Houdaïfa, Extrémisme religieux : plongée dans les milieux radicaux au Maroc, Lille, En toutes lettres, février 2017.
L’école, le seul rempart. Études islamiques : des zaouïas à l’université. Le grand voyage d’Abou Hafs École publique : Réformer pour ne (presque) rien changer. Bir Chifa, le quartier de tous les extrêmes. Jihadistes marocains : de l’Afghanistan à la Syrie Bilmawen : radicalisme contre rites ruraux Niqab : Simple tissu ou posture idéologique ? El Principe : jihad, trafic et discriminations.

. Patrice Moundounga Mouity, Réflexions sur des problématiques géopolitiques, Saint-Denis, Edition Connaissances et Savoirs, février 2017.
S’il est une partie du monde qui suscite un grand intérêt aussi bien dans la géostratégie mondiale que dans la préservation de la biodiversité universelle, c’est bien le golfe de Guinée. Du fait de la montée du terrorisme et de l’instabilité du Moyen-Orient, cette partie de l’espace monde est devenue une zone hautement stratégique, d’autant qu’elle est considérée aujourd’hui comme la seconde province pétrolière mondiale. Ce livre s’attache ainsi à analyser la question du différend frontalier de l’îlot de Mbanié en rapport avec les revendications de souveraineté maritime, principalement entre deux pays de la région spécifique qu’est le golfe de Guinée : le Gabon et la Guinée Équatoriale. Mais le cas de São Tomé-et-Principe n’est pas en reste. Après la politique intérieure gabonaise, Patrice Moundounga Mouity élargit son champ d’analyse à la géopolitique maritime. Espace nourricier et stratégique caractérisé par une grande diversité de richesses, dont des ressources halieutiques, minières et énergétiques, le Gabon bleu ne cesse d’attirer les convoitises. En abordant les enjeux maritimes autour du Gabon et ses voisins, l’ouvrage entend situer le contexte de crise dont le golfe de Guinée a été le théâtre au cours de ces dernières décennies, traduisant ainsi l’urgence d’une prise en compte véritable des questions maritimes dans la sous-région d’Afrique centrale.


Livre recommandé par Diploweb.com pour le mois de mars 2017

. Céline Bayou et Eric Le Bourhis, Les Lettons, Paris, Atelier Henry Dougier, février 2017.

Pierre Verluise, Directeur des publications du Diploweb.com : "Voici un rare mélange d’intelligence et de coeur, de rigueur et d’ouverture. Céline Bayou et Eric Le Bourhis ont réalisé - en quatre langues - des entretiens avec des Lettons aux parcours très divers pour nous donner à comprendre ce pays de la Baltique. Avoir été écorchés par l’histoire - notamment par l’Allemagne nazie et l’URSS - ne les empêche pas de faire preuve d’une résilience extraordinaire. Il s’agit donc à la fois de mieux connaitre ce peuple - devenu membre de l’OTAN et de l’UE - et de bénéficier d’une leçon de vie."

En savoir plus sur "Les Lettons", sur le site de l’éditeur

Il existe une âme lettone si puissante qu’elle semble transcender le triple éclatement apparemment constitutif de ce peuple. Les Lettons courageux et cléments ? Le premier éclatement, historique, semble le prouver : après une période d’alternance entre soumission à la Russie, velléités d’indépendances, indépendance acquise et perdue, la Lettonie acquière son indépendance définitive en 1990, il y a tout juste vingt-sept ans. L’exemple de Marina Kosteņecka, écrivain et engagée pour l’indépendance de la Lettonie est évocateur. Elle se décrit comme « passeuse entre les lettons et la communauté russe » et marque la cohabitation des russes et des lettons en Lettonie du sceau de la confiance mutuelle et du pacifisme. Les Lettons ouverts d’esprit ? Assurément. Le second éclatement constitutif de ce peuple est géographique. De par leur histoire, les Lettons ont été déportés, poussés à l’exil ou démis de leur liberté de mouvements. Aujourd’hui, ils partent d’eux-mêmes mais reviennent. Vaira Vīķe-Freiberga, ancienne présidente de la Lettonie en est la preuve vivante. Après cinquante-quatre années par monts et par vaux, elle rentre et est élue. Les Lettons fidèles ? Très certainement. Fidèles à leurs traditions ancestrales, fidèle à la nature restée quasiment vierge, point focal de leur civilisation et de leurs traditions, portée aux nues comme le dieu d’une religion païenne. L’agriculture écologique et biologique, n’est pas une question, c’est une évidence, en témoigne Jānis Sietiņsons, apiculteur biologique. Ainsi, Les Lettons semblent détenir la capacité de jouer des contradictions, avec finesse et nuance, … sans incohérence.

En savoir plus sur "Les Lettons", sur le site de l’éditeur


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. Timothy Mitchell, Carbon Democracy : le pouvoir politique à l’ère du pétrole, Paris, La Découverte, à paraître (mars 2017).

Ceci est un « livre à thèse », une thèse forte et iconoclaste, qui déplace radicalement notre vision de l’histoire du XXe siècle : les contours et les transformations des régimes politiques dits « démocratiques » ont été largement déterminés par les propriétés géophysiques des principales énergies carbonées, le charbon d’abord, puis le pétrole. Ainsi, la pesanteur du charbon, la nécessité de l’extraire des mines puis de le charger dans des convois, etc. ont donné à ses producteurs un pouvoir considérable ; en utilisant la menace d’en interrompre les flux, ils créèrent syndicats et partis de masse, à l’origine des premières démocraties de l’ère moderne. En face, les classes dominantes ont cherché à organiser la transition énergétique à l’échelle mondiale. En effet, grâce à sa fluidité, sa légèreté et son exceptionnelle concentration en énergie, le pétrole permettait de contourner les réseaux et pouvoirs anciens. Un autre régime s’est ainsi progressivement mis en place, dans lequel la vie politique s’est retrouvée anémiée, la paix sociale et la prospérité des « démocraties » occidentales ont reposé sur l’autoritarisme moyen-oriental, et où la croissance illimitée s’est transformée en religion. Aujourd’hui, ce système est au bord de l’effondrement et nous pose une question cruciale : comment les énergies postpétrole pourront-elles donner naissance à des régimes réellement démocratiques ?

. Mohammed-Reza Djalili et Thierry Kellner, Histoire de l’Iran contemporain, Paris, La Découverte, mars 2017.

Étrange pays que ce grand État chiite, qui n’a jamais rompu avec son passé pré islamique et qui, malgré son particularisme – son insularité, disent certains –, a toujours exercé un rayonnement culturel bien au-delà de ses frontières. Curieux destin que celui de ce vieil empire aujourd’hui entouré de jeunes États, objet pendant tout le XIXe et le début du XXe siècle de rivalités entre puissances russe et britannique, et qui est aussi la première nation du Moyen-Orient à s’être dotée d’une Constitution moderne obtenue à la suite d’une révolution dès 1906. Précurseur dans la nationalisation de ses ressources pétrolières, l’Iran est également le premier pays à connaître une révolution islamique qui provoque un séisme politique sans précédent à travers le monde musulman et au-delà. Aujourd’hui, alors que ses voisins tentent d’endiguer la montée de l’islamisme radical, il cherche la voie pour sortir d’une révolution religieuse. L’histoire contemporaine de l’Iran, à la fois laboratoire politique pour le monde et nation à part, du point de vue identitaire et historique, vaut d’être connue. Le présent ouvrage a pour ambition d’initier le lecteur à cette histoire foisonnante et méconnue de l’Iran des deux derniers siècles (1796-2017).

. Esther Benfredj, Ismaël contre Israël : genèse du conflit israélo-arabe, Paris, Editions Desclée de Brouwer, à paraître (mars 2017).

La Palestine a-t-elle été à la fois promise aux Arabes et aux Juifs pendant la Première Guerre mondiale comme il est d’usage de le penser ? Comment l’intervention des grandes puissances et de la communauté internationale - la Société des Nations puis l’Organisation des Nations unies - a-t-elle en partie scellé le sort de cet Orient complexe ? Et quel rôle tiennent les nationalismes arabes et le sionisme nés à la fin du XIXe siècle au sein du conflit israélo-arabe ? Cette guerre qui a pris des proportions démesurées, idéologiquement internationalement, semble ne pas avoir d’issue. Au-delà de la simple lutte territoriale, le conflit israélo-arabe ne tiendrait-il pas d’une haine fratricide qui trouverait sa source dans la Genèse, à travers le désir de vengeance ressenti par Ismaël, l’enfant adultérin d’Abraham, à l’égard de son frère légitime Isaac, père d’Israël ? Une brillante synthèse qui met en lumière un siècle d’occasions manquées entre Arabes et Juifs, et propose une réflexion historique et géopolitique subtile. À titre de repère, une chronologie retrace en fin d’ouvrage les moments clés du conflit de l’Antiquité à nos jours, et une série de cartes matérialise ses mutations et son évolution au XXe siècle.

. Nicolas Bernard, Caroline Blondy et Philippe Duhamel (dir.), Tourisme et périphéries : la centralité des lieux en question, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, mars 2017.

À l’heure de la mondialisation du tourisme, une réflexion géographique s’impose sur le rôle de ce phénomène capable de transformer la donne pour les territoires qu’il investit. Le tourisme interpelle aussi bien les territoires centraux comme les plus marginaux, qui voient en lui une panacée capable de renforcer leur rang ou de transformer une périphéricité en centralité, même temporaire. Cet ouvrage permet de comprendre cette dualité aujourd’hui inhérente aux périphéries.

. Maurice Mengho, Géographie du Congo, Paris, L’Harmattan, mars 2017.

Cet ouvrage est un recueil de travaux de recherche originaux produits par des enseignants - chercheurs à l’université Marien Ngouabi et des chercheurs évoluant dans d’autres structures scientifiques et techniques. Ils couvrent plusieurs domaines de la géographie du Congo si chère au Professeur Bonaventure Maurice Mengho. Les travaux qu’il rassemble relèvent de la géographie et de l’environnement. Ils constituent des éléments de connaissance, de réflexion et d’analyse sur le Congo.

. Didier Lombard, Nouvelle économie, nouvelle industrie, Paris, Odile Jacob, mars 2017.

Que faire face au déclin de notre industrie et au risque de son déclassement dans la compétition économique mondiale ? D’abord et avant tout renouveler les grandes infrastructures, celles des transports, de la production d’énergie, des télécommunications. Mais aussi tirer parti de l’explosion du numérique, lame de fond qui révolutionne toutes les filières industrielles et redistribue mondialement toutes les cartes. Or la France dispose d’atouts majeurs pour réussir : une expertise scientifique et technologique reconnue, un savoir-faire industriel et, surtout, une jeunesse instruite et compétente. L’ensemble de l’économie tirera profit de cette refondation industrielle pour peu que, dans sa mise en œuvre, l’on s’affranchisse de la tyrannie du court terme et du low cost et que l’on sache conjuguer les efforts des grands groupes, des PME et des start-up innovantes. Une vision et un programme pour la nécessaire et urgente renaissance industrielle.

. Kaushik Basu, Au-delà du marché : vers une nouvelle pensée économique, Paris, Editions de l’Atelier, février 2017.

« Au-delà du marché. Vers une nouvelle pensée économique », est la traduction de Beyond the Invisible Hand : Groundwork for a New Economics (Princeton University Press 2011, Poche 2016), écrit par l’influent économiste indien Kaushik Basu, ancien Chef économiste et vice-président de la Banque mondiale, dont la pensée reste encore méconnue en France. Ce livre est le regard éclairé et profond d’un éminent économiste venu d’ailleurs sur le monde actuel. Dans ce livre, il dénonce la religion du marché et impose un changement de paradigme en économie. Il invite à une révolution dans le champ de la micro-économie sans jamais perdre de vue la perspective globale de la macro-économie et pose les jalons d’une nouvelle pensée économique constitutive d’un système économique plus juste et durable.

. Béatrice Giblin (dir.), La ville, lieu de conflits, coll. Perspectives géopolitiques, 9e Festival de géopolitique (2017), Paris, Armand Colin, 2017.


Livre recommandé par Diploweb.com en février 2017

. François Géré, La pensée stratégique française contemporaine, Paris, Economica, février 2017.

Pierre Verluise, Directeur des publications du Diploweb.com : "Le Diploweb.com vous recommande chaleureusement cet ouvrage novateur. François Géré, avec maîtrise et pédagogie, met en lumière plusieurs des grands stratèges français du XXe siècle : de Lattre, Ailleret, Beaufre, Gallois et Poirier. Il s’agit à la fois de nourrir la réflexion publique et de stimuler la recherche académique sur les archives déposées par F. Géré au Centre de Documentation de l’Ecole militaire (CDEM, Paris). Avec ce livre, la relève a le pied à l’étrier. Le Diploweb.com est fier d’avoir été associé à la genèse de ce projet scientifique et de cet ouvrage."

4e de couverture

L’adaptation est le destin de la pensée militaire. Il lui faut en permanence combiner l’analyse de rapports de puissance instables avec les mutations de l’armement, associer politique et technique pour construire une stratégie durable et efficace. L’été 1945 voit le crépuscule des vieilles puissances européennes et l’aube de l’âge atomique. Comment dès lors penser les armes de la France ? Comment créer, organiser et orienter les moyens ? Et pour servir quelles fins ? Telle fut la préoccupation des stratèges dont nous présentons ici une analyse fondée sur des archives souvent inédites.

Inlassables pédagogues d’incontournables ruptures dans la pratique de la guerre, ils ont été aussi les théoriciens des constantes de la pratique stratégique et les observateurs des filiations de la pensée stratégique faite d’immuables principes auxquels ont obéi et obéiront encore petites et grandes guerres. Les enjeux, les formes, les acteurs et les lieux varieront mais dans la conservation obligée des éléments primordiaux de toute action humaine organisée en milieu conflictuel. À travers une réflexion étendue sur la seconde moitié du 20e siècle et au-delà, de Lattre, Ailleret, Beaufre, Gallois et Poirier ont établi la pensée stratégique de la France sur une base de granite. À leurs successeurs de frayer avec une rigueur aussi exigeante les voies complémentaires de la continuité et du renouvellement.

François Géré, professeur agrégé et docteur habilité en histoire des relations internationales et stratégiques contemporaines dirige depuis 2001 l’Institut Français d’Analyse Stratégique (IFAS) qui étudie outre les stratégies nucléaires, la défense antimissiles, notamment en Iran et en Chine. Il a été l’assistant-disciple du général Poirier durant vingt ans. Ensemble, ils ont publié en 2001 La réserve et l’attente, aux éditions Economica.

Voir plus sur le site des éditions Economica


. Collectif, Californie l’eldorado américain ?, Paris, Ateliers Henry Dougier, mars 2017.
La Californie est l’une des plus grandes puissances économiques du monde, notamment dans le secteur de l’agriculture et des hautes technologies, tout en restant une référence internationale en matière d’enseignement supérieur. Toutefois, alors que Barack Obama termine son second mandat de président, la Californie résume aussi à elle seule les maux de la société américaine : endettement, inégalité, surexploitation des ressources (notamment de l’eau), accès au logement et à la santé.

. Collectif, Iran, une société en ébullition, Paris, Ateliers Henry Dougier, mars 2017.
Souvent réduite à son expression politique, un régime islamique depuis 1979, l’actuelle République est pourtant l’héritière d’une histoire millénaire et sa société riche d’identités et de croyances très variées où coexistent chiites, zoroastriens et sunnites. L’Iran est aujourd’hui confronté à de nombreux défis notamment économiques (hausse des prix, chômage, monopole des pasdarans), mais aussi sociaux. Cette société, de plus en plus connectée et ouverte sur le monde, notamment via l’art et les réseaux sociaux, aspire au changement et à un avenir meilleur. Le régime, lui, pour sa survie, préfère s’adapter. Pour combien de temps ?

. Collectif, Toute la géopolitique du monde contemporain de 1913 à nos jours, coll. Concours et examens, éd. Sup Foucher, 2017.

Toute la géopolitique du monde contemporain : pratique et synthétique, ce mémento regroupe l’essentiel pour réviser et préparer son concours d’accès aux grandes écoles ECS, IEP…
Un véritable guide des notions-clés de géopolitique à la portée de tous.
Un mémento pratique structuré en fiches thématiques pour analyser et comprendre les grandes problématiques et les tendances du monde actuel.
Largement illustré avec des cartes, chronologies et graphiques classés par thème autour des savoirs fondamentaux.

. Jean-Pierre Filiu, Le miroir de Damas, Paris, La Découverte, à paraître (mars 2017).
Notre monde a abandonné la Syrie et son peuple à une horreur inimaginable. Et cette horreur ne semble nous toucher que par ses « effets collatéraux », les attaques terroristes menées sur notre sol.
Pour qu’une telle indifférence soit devenue possible, il a fallu occulter tout ce qui dans l’histoire de la Syrie résonne dans notre propre mémoire. Il n’en est que plus urgent de renouer le lien avec la part de l’histoire universelle qui s’est déroulée là-bas. Qu’on le veuille non, Damas nous tend aujourd’hui son miroir. Dans ce livre alerte, inspiré, Jean-Pierre Filiu revisite en Syrie un passé aussi intimement mêlé au nôtre. Il évoque des figures que l’on croit familières, saint Paul, Saladin ou Abdelkader, et nous en fait découvrir bien d’autres, du « chemin de Damas » à l’« Orient compliqué ». La descente aux enfers de la Syrie, de ses femmes et de ses hommes, n’est ni une affaire d’Arabes, ni le solde de querelles immémoriales. Elle est épouvantablement moderne, car les bourreaux de ce temps, qu’ils soient jihadistes ou pro-Assad, n’invoquent un glorieux passé qu’à l’aune de leur projet totalitaire.

. David T. Buckley, Faithful to Secularism : The Religious Politics of Democracy in Ireland, Senegal, and the Philippines, New-York, Columbia University Press, mars 2017.
Religion and democracy can make tense bedfellows. Secular elites may view religious movements as conflict-prone and incapable of compromise, while religious actors may fear that anticlericalism will drive religion from public life. Yet such tensions are not inevitable : from Asia to Latin America, religious actors coexist with, and even help to preserve, democracy. In Faithful to Secularism, David T. Buckley argues that political institutions that encourage an active role for public religion are a key part in explaining this variation. He develops the concept of "benevolent secularism" to describe institutions that combine a basic division of religion and state with extensive room for participation of religious actors in public life. He traces the impact of benevolent secularism on religious and secular elites, both at critical junctures in state formation and as politics evolves over time. Buckley shows how religious and secular actors build credibility and shared norms over time, and explains how such coalitions can endure challenges from both religious revivals and periods of anticlericalism. Faithful to Secularism tests this institutional theory in Ireland, Senegal, and the Philippines, using a blend of archival, interview, and public opinion data. These case studies illustrate how even countries with an active religious majority can become and remain faithful to secularism.

. Jean-Marc Chaumet et Thierry Pouch, La Chine au risque de la dépendance alimentaire, Rennes, Presses universitaires de Rennes, mars 2017.
Ce livre analyse l’origine et surtout les conséquences de la dépendance alimentaire de la Chine. Est-elle en mesure d’inverser le processus, au moins dans le secteur des grains ? Sinon, Pékin devrait poursuivre sa stratégie de diversification de ses approvisionnements alimentaires (investissements directs à l’étranger, achats ou locations de terres dans d’autres pays, importations massives et sécurisées par des partenariats commerciaux…). Les répercussions géoéconomiques de cette posture seraient porteuses de tensions géopolitiques.

. Jean-Paul Chagnollaud et Pierre Blanc, L’invention tragique du Moyen-Orient, Paris, Autrement, février 2017.
La poudrière du Moyen-Orient ne semble pas près de s’éteindre. À l’impasse israélo-palestinienne, à l’instabilité libanaise, se sont ajoutés ces dernières années le terrorisme djihadiste et la guerre civile en Syrie et en Irak. Parmi les origines essentielles de la tragédie, la reconfiguration territoriale et politique, opérée dans les années 1920 : les frontières nouvelles ont divisé les peuples, et ces États créés de toutes pièces ont mis en place, pour la plupart, des régimes autoritaires. Tout le processus de construction nationale s’en est trouvé affecté. Un essai lumineux sur ce puzzle infiniment complexe qu’est devenu le Moyen-Orient aujourd’hui.

. Fatiha Dazi-Héni, L’Arabie Saoudite en 100 questions, Paris, Tallandier, février 2017.

L’Arabie Saoudite est sous le feu de l’actualité. Mais connaît-on vraiment ce pays ? Le royaume inquiète à la mesure de notre méconnaissance et des nombreux préjugés véhiculés à son égard. Plus que jamais, il est opportun de mieux comprendre la réalité de ce qu’est le royaume d’Arabie Saoudite. À travers cet essai, la politologue Fatiha Dazi-Héni pose d’abord les bases historiques nécessaires à la compréhension des enjeux d’aujourd’hui. Sont également développées les dimensions culturelles, religieuses, sociologiques, politiques, économiques de l’Arabie Saoudite, ainsi que les relations que ce pays entretient avec le reste du monde. Qui est Ibn Saoud, fondateur de l’actuelle dynastie ?Qu’est-ce que le wahhabisme ?Quel est le rôle et la place de la femme dans la société ? Mis à part le pétrole, quels sont ses atouts économiques ? Pourquoi le vice-prince héritier Mohammed Ben Salmane veut-il changer le pacte économique et social ?La question palestinienne constitue-t-elle encore un enjeu ? Quelle place pour l’Arabie Saoudite dans le contexte du retour en grâce de l’Iran ?Pourquoi l’Arabie Saoudite est-elle si engagée dans le conflit syrien ?Peut-on parler de la fin de l’âge d’or pour l’Arabie Saoudite et les monarchies du Golfe ?Quelle est la teneur de la relation franco-saoudienne ? Quelle est l’influence de l’islam wahhabite saoudien en France ?

. Stéphane Thépot, Racines choisies, les paysans résistent, Paris, Ateliers Henry Dougier, février 2017.

Dans l’Aveyron, statistiques et observations minutieuses contredisent la « fin des paysans » qu’annonçait Henri Mendras en 1967. L’Aveyronnais, image d’Épinal d’une paysannerie rétrograde et patriarcale, terre de naissance ou d’adoption de révolutionnaires et de révolutions agricoles, se lève désormais comme la vitrine d’une paysannerie dynamique, innovante, féminisée, attrayante et fière. A la suite d’un André Valadier, sauveur de la vache d’Aubrac ou d’un José Bové, voix engagée pour la cause des agriculteurs et frondeur anti OGM médiatisé : esprit d’initiative, détermination et ténacité concentrés à l’échelle locale sont présentés dans cet ouvrage comme le terreau qui fut nécessaire à une renaissance de la terre.

A l’approche du Salon de l’Agriculture, entraînons le lecteur à la rencontre des paysans aveyronnais. Tantôt, c’est Lionel Sabrié, membre de la coopérative Jeune Montagne de Laguiole, qui, de son exploitation familiale en GAEC, voit la transition vers l’agriculture biologique comme la suite directe de la labellisation. Léon Maillé, lui, accepte de transmettre en héritage son troupeau de brebis à Marlène et Florian, couple mayennais de paysans néophytes, loin du modèle de l’exploitation familiale transmise de père en fils. Marie-Thérèse Lacombe, elle, combat pour la place et l’indépendance des femmes du monde agricole et des agricultrices. Autant de problématiques nationales voire globales, qui se jouent d’abord localement et quotidiennement.

. Fweley Diangitukwa, Comment mettre fin à une dictature solidement installée, Paris, L’Harmattan, février 2017.

Ce livre est une réflexion sur la tyrannie. Il s’adresse à tous les citoyens du monde qui cherchent à se débarrasser d’une dictature solidement installée mais qui ne trouvent pas la voie à suivre ou la solution idéale. Le contexte étant différent, d’un pays à l’autre et d’une dictature à l’autre, il est bien nécessaire de choisir la recette sinon les recettes la/les plus adaptée(s) au contexte national. Mais dans toutes les circonstances, trois forces doivent absolument se rencontrer pour qu’il y ait un véritable changement : le nombre de participants qui créent une grande union, l’intelligence qu’on appelle stratégie et la détermination qui permet d’aller jusqu’au bout de la vision commune.

. Amaël Cattaruzza et Aurélie Boissière, Atlas des guerres et conflits, Paris, Autrement, février 2017.

Cet atlas géopolitique des conflits armés contemporains jette un éclairage sur les évolutions de la nature de la guerre : privatisation, rôle croissant des civils, nouvelles cibles militaires, combattants privés, trafic et mutation des armes, abandon des champs de bataille en rase campagne au profit des villes, dimension écologique, etc.

. Jacques Gravereau, La Chine conquérante : enquête sur une étrange superpuissance, Paris, Eyrolles, janvier 2017.

La Chine est devenue la deuxième puissance économique mondiale. Elle projette d’accéder bientôt au premier rang, en se dotant chemin faisant des attributs d’une hyperpuissance en matières technologique et militaire. Dans ce cas, la porte lui serait ouverte pour faire régner ses normes et son ordre sur le globe. C’est-à-dire sur nous. C’est l’ambition affichée dans son nouveau discours à l’usage du monde, qui chauffe à blanc les masses chinoises déstabilisées par la croissance à marche forcée des dernières décennies. Mais il peut y avoir bien loin entre le rêve et la réalité. Jacques Gravereau décrit avec beaucoup de finesse la Chine d’aujourd’hui, sa culture si particulière, les forces qui expliquent son ascension vertigineuse et les faiblesses qui en font un géant aux pieds d’argile. Il lève ainsi un coin du voile sur le mode de pensée chinois, et donne les clés pour comprendre de l’intérieur ce pays si éloigné des standards occidentaux. Un livre d’une pertinence rare, vivant et habité, qui nous mène de la petite vieille vendeuse de glace à Pékin au début des années 1980, pionnière du "capitalisme" chinois, aux discours conquérants de Xi Jinping lors des défilés militaires grandioses de ces dernières années.

. Morgan Donot, Dario Rodriguez et Yeny Serrano, Leaders et leaderships dans les démocraties contemporaines, Strasbourg, Presses universitaires de Strasbourg, janvier 2017.

"Leader" et "leadership" sont des expressions prégnantes dans le vocabulaire politique contemporain. Mais que recouvrent exactement ces deux termes ? Sont-ils différenciables, et si oui, sur quels critères ? La figure du leader se construit et se manifeste en discours et le leadership, qui lui est associé, est un produit de cette construction tout en étant la source d’une nouvelle création.
S’appuyant sur des études de cas issues des continents américain et européen, cet ouvrage examine la question de la construction du leadership en démocratie. Des notions telles que "charisme", "populisme" et "leadership" permettent aux auteurs d’analyser les caractéristiques associées aux leaders démocratiques ainsi que les styles de leadership mis en œuvre par des personnalités politiques contemporaines. L’ouvrage s’inscrit volontairement dans une approche comparative et pluridisciplinaire. Cette approche permet de mettre en relation les mécanismes linguistiques, discursifs et argumentatifs convoqués dans la co-construction tant de la figure du leader que du leadership qui lui est associé, avec des savoirs provenant de disciplines diverses, telles que la science politique, les sciences du langage, les sciences de l’information et de la communication, ou encore l’histoire.

. Michel Marbeau, La Société des Nations – Vers un monde multilatéral, 1919-1946, Tours, Les presses universitaires François Rabelais, à paraître (mars 2017).

Née à la fin de la première grande conflagration mondiale, morte à la seconde, la Société des Nations (1919-1946) fut la première organisation internationale d’envergure, fruit de l’espoir utopique d’un monde apaisé. Sa mémoire est frappée d’une légende noire car, dans l’imaginaire collectif, la SdN est coupable d’avoir échoué à enrayer la marche vers la seconde guerre mondiale. Accusée d’inertie bureaucratique, vilipendée pour son incapacité à imposer des règlements pacifiques, la Société des Nations a été désignée comme bouc émissaire des échecs de la sécurité collective. Cette Société des Nations ridiculisée et honnie est pourtant mère de l’ONU.
La Société des Nations a-t-elle été un échec ou une réussite ? La réponse est loin d’être évidente. Son échec résulte des contradictions et de l’irrésolution du monde de l’entre-deux-guerres, les États membres n’ayant pas su s’entendre ou ayant privilégié un nationalisme étroit. En revanche, la Société des Nations a largement contribué au renouveau des relations internationales en s’employant à créer une diplomatie ouverte. Son œuvre technique, d’une très grande variété, est une incontestable réussite, et le prélude aux organisations internationales contemporaines.

. Daniel Chartier (dir.), Frontières – Actes du colloque québéco-norvégien, Québec (Canada), Presses de l’Université du Québec, à paraître (mars 2017).

D’emblée, la notion de « frontière » met de l’avant les découpages, les définitions, les limites. Elle est ainsi foncièrement pluridisciplinaire, voire métadisciplinaire. Comme la notion elle-même, la collaboration en études littéraires entre le Québec et la Norvège à la source de ce livre s’ancre dans une dimension territoriale et géopolitique, mais ouvre sur les enjeux qui en découlent. C’est ainsi beaucoup plus largement une réflexion sur les consensus et les interférences entre différents champs disciplinaires que le lecteur trouvera dans les chapitres qui composent cet ouvrage. À la fois fondatrice et arbitraire, la frontière s’avère un point d’observation fertile des circulations et des carrefours, une notion clé dont l’actualité ne cesse de marteler l’importance, et qu’il faut repenser dans ses dimensions concrètes mais aussi symboliques pour aborder l’imaginaire contemporain.

. Chloé Maurel, Une brève histoire de l’ONU – Au fil de ses dirigeants, Vulaines sur Seine, Editions du Croquant, à paraître (mars 2017).

L’histoire de l’Organisation des nations unies est retracée à travers les Secrétaires généraux qui se sont succédé. L’ouvrage présente en outre des encadrés sur des acteurs internationaux ayant prononcé des discours à la tribune de l’ONU ainsi qu’une analyse de ces allocutions. Les grandes actions de l’organisation et de ses agences sont également étudiées.

. Andrew G. Walder, China Under Mao – A Revolution Derailed, Cambridge (MA, Etats-Unis), Harvard University Press, à paraître (mars 2017).

China’s Communist Party seized power in 1949 after a long period of guerrilla insurgency followed by full-scale war, but the Chinese revolution was just beginning. China Under Mao narrates the rise and fall of the Maoist revolutionary state from 1949 to 1976—an epoch of startling accomplishments and disastrous failures, steered by many forces but dominated above all by Mao Zedong.
Mao’s China, Andrew Walder argues, was defined by two distinctive institutions established during the first decade of Communist Party rule : a Party apparatus that exercised firm (sometimes harsh) discipline over its members and cadres ; and a socialist economy modeled after the Soviet Union. Although a large national bureaucracy had oversight of this authoritarian system, Mao intervened strongly at every turn. The doctrines and political organization that produced Mao’s greatest achievements—victory in the civil war, the creation of China’s first unified modern state, a historic transformation of urban and rural life—also generated his worst failures : the industrial depression and rural famine of the Great Leap Forward and the violent destruction and stagnation of the Cultural Revolution.
Misdiagnosing China’s problems as capitalist restoration and prescribing continuing class struggle against imaginary enemies as the solution, Mao ruined much of what he had built and created no viable alternative. At the time of his death, he left China backward and deeply divided.

. James Barr, Une ligne dans le sable – Le conflit franco-britannique qui façonna le Moyen-Orient, Paris, Editions Perrin et le Ministère de la Défense, février 2017.

Comment la France et la Grande-Bretagne se sont-elles partagé le Moyen-Orient ? A travers une analyse novatrice, James Barr montre que, des accords Sykes-Picot, en 1916, à 1948, tout a été mis en place pour dynamiter la région : la Syrie à feu et à sang, la montée des extrêmes terroristes, le statut de Jérusalem et la maîtrise du canal de Suez en ont tour à tour été les détonateurs.

. Michael Lucken, The Japanese and the War – Expectation, Perception, and the Shaping of Memory, New-York (NY, Etats-Unis), février 2017.

Memories of World War II exert a powerful influence over Japan’s culture and society. In The Japanese and the War, Michael Lucken details how World War II manifested in the literature, art, film, funerary practices, and education reform of the time. Concentrating on the years immediately before and after (1937 to 1952), Lucken explores the creation of an idea of Japanese identity that still resonates in everything from soap operas to the response to the Fukushima nuclear disaster.
Lucken defines three distinct layers of Japan’s memory of World War II : the population’s expectations at the beginning, the trauma caused by conflict and defeat, and the politics of memory that arose after Japan lost to the Allied powers. Emphasizing Japanese-language sources, Lucken writes a narrative of the making of Japanese cultural memory that moves away from Western historical modes and perspectives. His approach also paints a new portrait of the U.S. occupation, while still maintaining a cultural focus. Lucken sets out to capture the many ways people engage with war, but particularly the full range of Japan’s experiences, which, he argues, the Japanese state has yet to fully confront, leading to a range of tensions at home and abroad.

. Sabrina Mervin et Nabil Mouline (dir.), Islams politiques – Courants, doctrines et idéologies, Paris, CNRS Editions, février 2017.

Réformisme, salafisme, wahhabisme, Frères musulmans, djihadisme, chiismes, alaouites, zaydites, ibadites, ismaéliens, soufis… Depuis les attentats, journalistes, politiques et experts, reconnus ou autoproclamés, saturent les médias avec la question de « l’islam », parfois envisagé comme un facteur explicatif unique et tranché des conflits contemporains, parfois éludé des analyses. Un terrain des idées dangereux où s’opposent les partisans du « tout-à-voir » et du « rien-à-voir ». Partant de l’histoire, cet ouvrage déconstruit les idées reçues et analyse de manière synthétique les doctrines et les enjeux contemporains des principaux courants de l’islam, par le prisme du « théologico-politique ». Tenant compte des derniers acquis de la recherche, des encadrés présentent leurs textes fondateurs et les évènements ou personnages qui sont essentiels à la compréhension de leurs idéologies. Un livre de référence accessible pour ceux qui veulent comprendre ces islams qui changent le monde.

. Michael Goebel, Paris, capitale du tiers monde – Comment est néé la révolution anticoloniale (1919-1939), Paris, La Découverte, février 2017.

Ce livre retrace l’expansion, au cours de l’entre-deux-guerres, de l’anti-impérialisme mondial, mouvement dans lequel Paris joua un rôle de tout premier plan. La Ville Lumière accueillit en effet d’innombrables futurs leaders tiers-mondistes qui vinrent y faire, sans même le savoir, leur formation politique – formation qui, en retour, les mènera vers l’une des plus fantastiques déflagrations révolutionnaires de l’histoire. Dans ce Paris incroyablement cosmopolite où affluaient les âmes errantes venues du monde entier, on pouvait ainsi croiser Hô Chi Minh, Zhou Enlai, Léopold Sédar Senghor, C. L. R. James, George Padmore, Messali Hadj ou le révolutionnaire indien M. N. Roy. En étudiant le contexte sociopolitique parisien dans lequel ces apprentis activistes évoluaient, ce livre nous plonge dans des complots d’assassinat prétendument ourdis par des étudiants chinois, dans des manifestations menées par des nationalistes latino-américains, ou simplement dans la vie quotidienne des ouvriers algériens, sénégalais ou vietnamiens.
Sur la base de rapports de police et autres sources de première main, Michael Goebel montre le rôle de force motrice essentiel joué par les mouvements migratoires et les interactions vécues au sein des milieux immigrés dans le développement de l’opposition à l’ordre impérial mondial, qui a fait se croiser les histoires de peuples issus de trois continents. S’appuyant sur les travaux de l’histoire globale et impériale, et sur les études des questions migratoires et « raciales » en France, ce livre ne propose rien de moins qu’une compréhension renouvelée des origines de l’idée de tiers monde et de tiers-mondisme.

. David A. Moss, Democracy, A Case Study, Cambridge (MA, Etats-Unis), Harvard University Press, février 2017.

To all who declare that American democracy is broken—riven by partisanship, undermined by extremism, and corrupted by wealth—history offers hope. In nearly every generation since the nation’s founding, critics have made similar declarations, and yet the nation is still standing. When should we believe the doomsayers ? In Democracy : A Case Study, historian David Moss adapts the case study method made famous by Harvard Business School to revitalize our conversations about governance and democracy and show how the United States has often thrived on political conflict.
Democracy’s nineteen case studies were honed in Moss’s Harvard course, which is among the institution’s most highly rated. Each one presents readers with a pivotal moment in U.S. history and raises questions facing key decision makers at the time : Should delegates to the Constitutional Convention support James Madison’s proposal for a congressional veto over state laws ? Should President Lincoln resupply Fort Sumter ? Should Florida lawmakers approve or reject the Equal Rights Amendment ?
These vibrant cases ask readers to weigh choices and consequences, wrestle with momentous decisions, and come to their own conclusions. They provoke us to rethink which factors make the difference between constructive and destructive conflict, and they provide an opportunity to reengage the passionate debates that are crucial to a healthy society. Democracy : A Case Study invites us all to experience American history anew and come away with a deeper understanding of our democracy’s greatest strengths and vulnerabilities as well as its extraordinary resilience over time.

. Jean-François Pérouse, Istanbul planète – La ville-monde du XXIe siècle, La Découverte, Paris, février 2017.

Istanbul est un continent urbain inconnu, trop souvent réduit à quelques prétendus hauts lieux – de plus en plus perdus dans l’immensité métropolitaine environnante – extraits d’un imaginaire réducteur, aux figures par trop rebattues. Il y a pourtant urgence à sortir des lieux communs pour prendre la mesure de l’organisme urbain monstrueux devenu ces deux dernières décennies la principale métropole du bassin méditerranéen, au pouvoir attractif croissant. Mégapole choyée par un pouvoir qui l’a promue en vitrine de sa puissance et de son identité refabriquée, mégapole qui fascine un « arrière-pays » de plus en plus vaste et diversifié, Istanbul a radicalement changé de dimensions et de fonctions. Outre l’étalement vertigineux qui la caractérise, aux conséquences catastrophiques pour son environnement, elle est le théâtre de profondes transformations physiques, économiques et culturelles. Laboratoire de la « Nouvelle Turquie », Istanbul est à la fois le lieu de la reconstruction de la référence ottomane – source de fierté –, le lieu où les paillettes du tourisme mondial côtoient la tension autoritaire installée par le régime, et le terrain d’expérimentation de nouvelles façons de vivre, entre économie de la consommation et tentations de repli autour d’identités collectives réinventées.

. Jacques Frémeaux, La Question d’Orient, Paris, CNRS Editions, à paraître (février 2017).

Depuis le XVIIIe siècle et jusqu’à aujourd’hui, la zone qui s’étend des Balkans à l’Afghanistan cristallise les tensions. Ce vaste espace a ainsi constitué, depuis l’entrée des flottes de la tsarine Catherine II en Méditerranée (1770), un champ disputé par la Russie et l’Angleterre, avant de se retrouver, après 1945, au cœur du conflit opposant la Russie et les États-Unis. Mais, d’ouest en est, ce sont surtout des peuples qui se succèdent, qui se cherchent et se déchirent entre les séductions de la modernité et le refus que lui oppose la tradition. L’« Orient », qui s’affirme toujours plus comme exclusivement musulman, devient alors un objet de fascination et de peur pour un « Occident » dominateur et manipulateur.

. Marc Goutalier, Une histoire stratégique des frontières arabes, Paris, Edition du Félin, à paraître (février 2017).

Un siècle après avoir été négligemment tracées sur la carte, nombre de frontières du Moyen-Orient sont devenues celles d’États menacés de décomposition. Les territoires irakien, syrien ou libanais sont redevenus le terrain de jeu des empires qui ont jalonné leur histoire et façonné leur territoire. Derrière ce chaos, c’est en réalité l’ensemble du monde arabe qui est en proie à une remise en cause profonde de ses frontières depuis le « Printemps » de 2011.

Frappés par la guerre civile, Irak, Syrie, Libye ou Yémen ont-ils jamais eu un sens ? Leurs frontières et celles de leurs voisins sont-elles aussi artificielles qu’elles le paraissent ? Pourquoi les États arabes semblent-ils enfermés entre la dictature des militaires et celle des religieux ? Que veulent vraiment l’Iran, la Russie, la Turquie et les pays occidentaux qui s’activent dans la région ?

Afin de répondre à ces questions majeures qui font désormais la une de l’actualité, Marc Goutalier nous invite à une plongée passionnante à travers l’espace et le temps, en offrant d’indispensables outils pour comprendre les dessous d’une carte dont l’avenir nous concerne tous.

. Ahmet Insel, La nouvelle Turquie d’Erdogan, Paris, La Découverte, février 2017.

À la suite du coup d’État avorté de l’été 2016, Recep Tayyip Erdogan a lancé une très vaste opération de purge des différents services de l’État – mais aussi de la société civile. Cette reprise en main est l’aboutissement d’un long processus. Depuis 2002, la Turquie est dirigée par l’AKP (Parti de la justice et du développement) et par son leader charismatique. Ce pouvoir « musulman-démocrate » a profondément modifié le pays mais le bilan de ce long règne est ambivalent. Les avancées sur le front de la démocratisation ont progressivement laissé place à un autoritarisme rampant et à une politique de réislamisation de la société. Les négociations avec l’Union européenne sont au point mort. Des pas courageux pour la résolution du problème kurde ont été remplacés par une nouvelle offensive répressive, qui s’est étendue à l’ensemble des revendications démocratiques et a révélé le visage autoritaire du pouvoir et sa volonté de mise en place d’un régime présidentiel fort, clairement revendiquée.
Dans cet essai documenté, Ahmet Insel nous éclaire sur les facteurs d’ascension de l’AKP, la stratégie politique et la persistance des succès électoraux d’Erdogan malgré les affaires de corruption, l’installation progressive de l’arbitraire et la lutte avec la communauté Gülen. Il montre ainsi les tourments de la société turque, tiraillée entre les conflits ethniques, religieux et culturels, entre peur de perdre son identité socio-historique et désir d’être dans le monde moderne.

. Alexandra Liarsou, Les métamorphoses de l’écologie, Paris, L’Harmattan, janvier 2017.

A la fois science fondamentale et appliquée, reliée à des problématiques sociales, économiques, politiques ainsi qu’à une organisation administrative, légale et réglementaire, l’écologie suscite controverses et passions. Cet ouvrage clair et incisif donne une vue d’ensemble critique et concrète du périmètre de cette science en mutation, de ses contraintes, de ses limites et apports, de son instrumentalisation sociale et des débats qui en résultent.

. Boualem Kadri et Danielle Pilette, Le Tourisme métropolitain renouvelé, Québec (Canada), Presses de l’Université du Québec, janvier 2017.

Le tourisme métropolitain renouvelé se distingue à la fois du tourisme urbain et du tourisme métropolitain traditionnel. Le premier est spécialisé et de niche, le second met en scène la vie quotidienne tout en proposant des événements ayant souvent lieu dans des espaces publics représentatifs de l’histoire de la métropole.

Dans sa formule renouvelée, le tourisme métropolitain est à la mesure ou à la démesure du gigantisme de la taille, du métissage démographique, des ressources et des réseaux des nouvelles métropoles, souvent d’Orient et du Sud. Il s’insère dans la construction et la reconstruction du territoire, s’ancre dans le spectaculaire et promeut les innovations, tant sociales que technologiques. Il est le fruit de la gouvernance et de l’exercice du leadership métropolitain, impliquant à la fois les collectivités locales, l’État national, les intérêts des entreprises oeuvrant dans différents secteurs et ceux des groupes de pression. Aujourd’hui, les entreprises du secteur numérique, des finances et du divertissement propulsent les nouvelles formes du tourisme métropolitain, qu’elles inscrivent dans de nouveaux réseaux auxquels font même appel les entreprises touristiques traditionnelles.

Selon les auteurs de cet ouvrage, la mise en tourisme n’apparaît plus comme un simple outil de définition du produit, mais comme un processus inclusif, y compris d’acteurs métropolitains de différents secteurs d’activités. Étudiants et professionnels du domaine du tourisme découvriront que l’expérience touristique renouvelée s’ancre tant dans l’ordinaire que l’extraordinaire, selon les multiples propositions, mesurées et démesurées, de la métropole.

. Christian Destremau, Churchill et la France, Paris, Editions Perrin et le Ministère de la Défense, janvier 2017.

« Français, c’est moi, Churchill, qui vous parle. » Le lundi 21 octobre 1940, les auditeurs français de la BBC entendent pour la première fois la voix du Premier ministre qui s’adresse directement à eux, et, au surplus, dans leur langue. En revanche, ce n’est pas la première fois qu’ils entendent le nom du plus célèbre Anglais du XXe siècle. La relation entre Churchill et la France ne se résume pas aux séjours de Winston dans les luxueuses villas de la Côte d’Azur ou aux liens établis avec de Gaulle. Très tôt, en effet, Churchill a baigné dans l’histoire de France et a été initié à la langue française. C’est ensuite par ses activités politiques et militaires qu’il ne cessera d’entretenir une relation privilégiée avec la France, plus qu’avec les Français, qu’il connaît en réalité bien mal. Car la France de Churchill, c’est une histoire pleine de bruits et de fureur, c’est Jeanne d’Arc, Napoléon, c’est la solidité du poilu et la Première Guerre mondiale, c’est Clemenceau et la force de la volonté et du verbe. Parfois admiratif du génie français, parfois exaspéré par les « frogs » – « Les Français sont vraiment une nation méprisable », dit-il au moment de l’affaire Dreyfus –, l’hexagone aura toujours une place particulière dans la vie et l’imaginaire du Britannique. Et si, déclare-t-il un jour, « le Tout-Puissant dans son infinie sagesse, n’a pas jugé bon de créer les Français à l’image des Anglais », il sait bien que, sans cette France turbulente et imprévisible, il n’aurait sans doute pas connu un tel destin.

. Guy Mvelle, Antonio Guterres au Secrétariat général de l’ONU – Les attentes impatientes de l’Afrique, Paris, L’Harmattan, janvier 2017.

L’arrivée d Antonio Guterres à la tête de l’ONU est un espoir en soi, en raison de sa parfaite connaissance du système onusien, et surtout du fait de sa longue expérience capitalisée dans le domaine humanitaire. Mais celui qui est considéré par certains comme un ami de l Afrique est également un produit du système, ce qui ne constitue pas un certificat de garantie en terme d’efficacité, d’indépendance dans l’action, et de démocratie internationale. Son discours reste jusqu’ici très généraliste, et ne met pas le continent noir au coeur de ses préoccupations. Ce premier quinquennat du Portugais s’annonce à la fois comme un challenge redoutable après les mandats très critiqués de Ban Ki-Moon, et comme un horizon plein de doutes pour l’Afrique.

. Adrien Jaulmes (dir.), Le monde en 2035 vu par la CIA, Paris, Equateurs, janvier 2017.

Jamais l’Histoire n’a connu de telles accélérations qu’aujourd’hui. Il nous faut des instruments précis pour comprendre et décrypter le monde des vingt prochaines années. C’est l’objectif de ce Rapport du Conseil National du Renseignement qui fournit analyses et perspectives à la CIA. Pour mener ce travail impartial et sans tabou, 2500 personnes de tous horizons (stratèges, chercheurs, économistes, spécialistes du renseignement et de la prospective) ont été interrogées. Intitulé le « Paradoxe du progrès », ce Rapport vient d’être remis au président Trump. Malgré leurs formidables opportunités économiques et technologiques, jamais nos sociétés n’ont été menacées par autant de périls. Nous vivons dans un monde de plus en plus intégré et interdépendant. Comment les États-Unis dirigés par Donald Trump exerceront-ils leur leadership ? La Russie demeurera-t-elle agressive si son économie faiblit ? Comment l’Europe va-t-elle affronter sa crise d’identité et la montée des populismes ? Les classes moyennes des pays développés vont-elles continuer de s’appauvrir ? Dans les vingt prochaines années, la population chinoise continuera à vieillir et l’Afrique connaîtra la croissance démographique la plus élevée au monde. Les entreprises privées enverront des hommes dans l’espace menacé par la militarisation des Etats. Comment affronter le réchauffement climatique, les cyber-attaques et les actes terroristes ? Autant de pistes, de scénarios ici analysés, et de réponses apportées. Ce Rapport captivant est un concentré de réflexions uniques sur le monde actuel et de demain. Préface d’Adrien Jaulmes (Prix Albert Londres, grand reporter au Figaro et spécialiste des questions internationales).

. Olivier Compagnon et Diogo Cunha (dir.), Les intellectuels et le politique au Brésil (XIXe siècle et XXe siècles), Limoges, Lambert-Lucas, septembre 2016.

Les rapports entre les intellectuels et le politique au Brésil ont toujours été complexes. Le pays a longtemps été caractérisé par une immense population rurale, misérable et analphabète, dominée par des structures locales archaïques, tandis que les lettrés des métropoles s’attribuaient le rôle de porteurs de la « conscience nationale » et d’agents naturels de la construction de l’État, ayant pour mission de fonder puis réformer, guider et valoriser la Nation. La victoire de Vargas en 1930 accélère l’entrée des intellectuels dans le monde politique. Les régimes autoritaires qui suivent, Estado Novo de 1937 à 1945 et dictature militaire de 1964 à 1979 ont pu compter sur le soutien d’une part importante des élites culturelles du pays. Depuis la fin des années 1970, sociologues et historiens se sont penchés sur cet acteur incontournable de la vie politique brésilienne, donnant naissance à un grand nombre d’ouvrages sur le sujet. Centrées d’abord sur l’« ère Vargas », les recherches se sont étendues à d’autres thèmes et périodes : rapports entre hommes de lettres et pouvoir impérial, rôle des écrivains de la Première République, importance de la « Génération de 1870 », activité des intellectuels de gauche pendant la dictature militaire... Cependant, malgré la multiplication, l’ampleur et la profondeur de ces études, les différents aspects, acteurs et périodes de cette histoire sont loin d’être épuisés.

. Gérard Blier, Les ports de guerre français, Paris, Economica, janvier 2017.

Dans les conflits qui ont ensanglanté le monde, la guerre sur mer a joué souvent un rôle important. C’est particulièrement vrai pour la France, bordée par trois mers et un océan. Des galères et vaisseaux à voiles aux bâtiments en acier et aux sous-marins nucléaires, leur construction, leur réparation et leur maintenance ont nécessité des infrastructures particulières et puissamment équipées. Il a paru dès lors opportun de s’intéresser à l’histoire des ports militaires français. Au fil des siècles ceux de Brest, de Toulon, de Rochefort, de Cherbourg, et d’autres en particulier outre-mer, ont permis l’essor de notre flotte de guerre. Ils ont été associés à ses succès, à ses échecs aussi. Dans cet ouvrage, au-delà des données tactiques ou stratégiques, le contexte économique et la dimension humaine sont largement évoqués. Par ailleurs de nombreux croquis et cartes éclairent le lecteur.

. Catherine Larrère, Les inégalités environnementales, Paris, PUF, janvier 2017.

Le risque environnemental est-il égalisateur ? Certains voudraient le croire. Ainsi Ulrich Beck écrivait-il, en 1986, dans La Société du risque : « La pénurie est hiérarchique, le smog est démocratique. » Mais si la globalité des dégradations environnementales expose l’humanité entière à un destin commun, cela n’empêche pas que les populations humaines, entre les pays comme à l’intérieur de chacun d’entre eux, sont très inégalement affectées par ces dégradations et y contribuent de manières tout aussi inégales. De façon générale, ce sont les plus vulnérables qui sont les plus touchées, tout en étant les moins responsables de la situation.

L’objectif de ce livre est donc de faire apparaître parallèlement la dimension environnementale des inégalités sociales et les effets inégalitaires des politiques écologiques. Il propose une approche pluridisciplinaire, car ce phénomène ne se réduit pas à un déterminisme simple. Il s’agit de comprendre comment ces inégalités, qui se creusent autant par le haut que par le bas, sont aussi un obstacle à une transition écologique réussie.

. Thierry de Montbrial, Thomas Gomart, Notre intérêt national : Quelle politique étrangère pour la France ?, Odile Jacob, 2017.

La politique étrangère de la France est-elle encore guidée par l’idée d’intérêt national ?
Ce qui semble prévaloir depuis dix ans, ne serait-ce pas plutôt la référence aux valeurs et une rhétorique guerrière pour justifier l’aventure extérieure ?
Pourtant, la notion d’intérêt national était au cœur de notre tradition diplomatique du cardinal de Richelieu au général de Gaulle. Elle permettait de hiérarchiser nos valeurs et nos alliances.
S’appuyant sur les contributions de grands acteurs et penseurs de notre diplomatie, ce livre analyse la politique étrangère de la France à l’aune de l’intérêt national compris comme moteur et comme cadre d’action.
S’inscrivant dans le débat sur l’identité française, il évalue aussi la place de la France dans le monde et les relations complexes que les Français entretiennent avec la mondialisation.
Un enjeu fondamental pour la présidentielle et les cinq ans à venir.

Membre de l’Académie des sciences morales et politiques, auteur de nombreux ouvrages, Thierry de Montbrial a créé en 1979 l’Institut français des relations internationales (Ifri) dont il est le président, et, en 2008, la World Policy Conference (WPC).

Historien des relations internationales, Thomas Gomart est directeur de l’Ifri depuis 2015.

. Andrew L. Oros, Japan’s Security Renaissance, New-York, Columbia University Press, à paraître (mars 2017).

For decades after World War II, Japan chose to focus on soft power and economic diplomacy alongside a close alliance with the United States, eschewing a potential leadership role in regional and global security. Since the end of the Cold War, and especially since the rise of Prime Minister Shinzo Abe, Japan’s military capabilities have resurged. In this analysis of Japan’s changing military policy, Andrew L. Oros shows how a gradual awakening to new security challenges has culminated in the multifaceted "security renaissance" of the past decade. Despite openness to new approaches, however, three historical legacies—contested memories of the Pacific War and Imperial Japan, postwar anti-militarist convictions, and an unequal relationship with the United States—play an outsized role. In Japan’s Security Renaissance Oros argues that Japan’s future security policies will continue to be shaped by these legacies, which Japanese leaders have struggled to address. He argues that claims of rising nationalism in Japan are overstated, but there has been a discernable shift favoring the conservative Abe and his Liberal Democratic Party. Bringing together Japanese domestic politics with the broader geopolitical landscape of East Asia and the world, Japan’s Security Renaissance provides guidance on this century’s emerging international dynamics.

. Jana J. Jabbour, La Turquie, l’invention d’une diplomatie émergente, Paris, CNRS Editions, février 2017.

Depuis le début du siècle, grâce à son dynamisme économique et son volontarisme politique, la Turquie est parvenue à se positionner en acteur majeur du système international d’une part, en puissance régionale de l’autre. Le feuilleton, mais aussi le film turc, témoignent du succès de son soft power : ils pénètrent l’imaginaire du public, diffusent une certaine idée du pays et constituent par là un vecteur d’influence. Profitant d’un relatif retrait des États-Unis, cette montée en puissance s’accompagne d’une affirmation politique, économique et diplomatique. L’AKP, constitué d’une nouvelle élite, est déterminé à faire de la Turquie un pôle d’attraction économique incontournable. Et, dans un espace régional bouleversé, le pays s’est invité à la table des vieilles puissances, initiant une « guerre des diplomaties ». Quelle a été la genèse de cette nouvelle ère ? Quels en sont les concepts, les acteurs, les dynamiques ? Comment les équilibres politiques et économiques intérieurs influent-ils sur cette nouvelle diplomatie ? Quelle place pour la question kurde ? Quel avenir pour cette diplomatie émergente ? Quels rapports avec l’Europe ? Un ouvrage essentiel pour mieux connaître et comprendre la Turquie d’Erdoğan.

. Henry Laurens, Les crises d’Orient 1768-1914, Paris, Fayard, février 2017.

En ce début de xxie siècle, le cycle d’instabilités au Moyen-Orient commencé en 2003 et qui s’est accéléré depuis 2011 a pris une dimension particulièrement dangereuse. Et l’on se donne l’impression d’être dans une situation nouvelle. En réalité, le Moyen-Orient a connu, tout au long du xixe siècle, des crises dites d’Orient. Dans un jeu d’ingérences et d’implications entre acteurs locaux, régionaux et internationaux, au point que l’on ne sait plus qui manipulait l’autre, ces crises opposèrent des intérêts et des projections culturelles contradictoires, aussi bien des Européens sur les pays dits orientaux que de ces derniers vers ce que l’on appelait le « monde civilisé ». Les États affrontèrent une violence parfois extrême, répondant dans l’urgence par des solutions politiques souvent boiteuses.

. Pierre Billaud (dir.), La grande aventure du nucléaire militaire français, Paris, L’Harmattan, janvier 2017.

Cet ouvrage rassemble des écrits de Pierre Billaud et de ses collègues atomistes, couvrant l’aventure de la bombe atomique française, la redécouverte de la bombe à hydrogène, la contestation de la fausse paternité de la bombe H, et l’histoire de la Direction des Applications Militaires (la DAM), du CEA. Leur récit révèle au grand public pour la première fois le difficile mais passionnant parcours de cette recherche qui aura contribué au redressement de la France et à la paix mondiale.

. Anne-Cécile Douillet et Rémi Lefebvre, Sociologie politique du pouvoir local, Paris, Armand Colin, janvier 2017.

L’organisation territoriale est une question politique majeure, comme l’a illustré la récente réforme des régions en France et les vifs débats qu’elle a suscités. C’est en effet à l’échelle locale que le pouvoir politique semble le plus incarné, à travers les élus locaux et les administrations déconcentrées de l’État. Les réformes décentralisatrices ont également rendu les Pouvoirs locaux plus visibles. En s’intéressant aux relations de pouvoir et à la façon dont se déploie l’action publique au niveau infranational, cet ouvrage propose une analyse complète du pouvoir politique local. L’étude des collectivités territoriales, des élus qui sont à leur tête comme de leurs administrations, est en effet articulée à celle des groupes d’intérêts, des experts qui agissent auprès d’elles ou encore des mobilisations sociales locales. C’est ainsi à la fois la place des Pouvoirs locaux dans le système politique national et l’exercice localisé du pouvoir politique qui sont interrogés. À travers cette étude du pouvoir à l’échelle locale, c’est toute une réflexion sur les modalités d’exercice du pouvoir politique dans les démocraties représentatives qui est ici proposée.

. Hervé Le Bras, L’âge des migrations, Paris, Autrement, janvier 2017.

Des migrants fuyant la misère, les persécutions ou le changement climatique : telle est l’image qu’on nous renvoie sans cesse. Mais les migrants sont aussi, de plus en plus, des personnes compétentes et diplômées... L’homme migre depuis son apparition sur Terre - et ça lui a réussi. Le désir de changer de pays n’a jamais été aussi répandu qu’aujourd’hui. Contrairement aux idées reçues, les murs et les barrières que dressent les nations ne bloquent pas les migrants, mais les sélectionnent. Un nouvel équilibre mondial des compétences se met irrésistiblement en place. A rebours des fantasmes occidentaux contemporains sur l’« invasion » des migrants, Hervé Le Bras nous invite à poser sur les migrations un regard neuf, impartial et salutaire. 30 cartes et infographies en couleurs.

. Nicolas Roche, Pourquoi la dissuasion, Paris, PUF, janvier 2017.

Daesh et le terrorisme de masse n’épuisent pas le champ des menaces et des risques qui pèsent sur l’Europe et la France. Alors qu’en Europe l’évolution de la Russie et de sa stratégie militaire inquiète, qu’en Asie les dynamiques nucléaires sont centrales, et qu’au Moyen-Orient les tensions entre États restent vives au lendemain de l’accord nucléaire avec l’Iran, l’actualité internationale incite à se poser de nouveau des questions fondamentales sur le langage de la force et de la puissance. La place et le rôle de la dissuasion nucléaire font l’objet de débats passionnés, entre ceux qui estiment cette arme trop chère, immorale, dépassée et inutile pour faire face aux défis du moment, et ceux qui veulent préserver un équilibre politique et capacitaire global de nos politiques de défense. Se préparer à ce débat, c’est d’abord en maîtriser les aspects techniques, historiques et stratégiques. Sur le modèle des War Studies anglo-américaines, de nombreuses initiatives voient le jour dans le monde académique français. Pour accompagner un tel effort, cet ouvrage, aussi accessible et complet que possible, a pour objectif de permettre à chacun de se réapproprier une vraie grammaire nucléaire et stratégique.


Livre recommandé par Diploweb.com en janvier 2017

. Christian Lequesne, Ethnographie du Quai d’Orsay. Les pratiques des diplomates français, CNRS éditions, 12 janvier 2017.

Pierre Verluise, Directeur des publications du Diploweb : "Voici un livre rare. Rare par la qualité de son questionnement sur les pratiques des diplomates français. Rare par la capacité de C. Lequesne à observer en ethnographe les usages les plus divers du Quai d’Orsay, sans jamais perdre sa distance analytique. Rare par sa qualité d’écriture : l’ouvrage se lit avec un grand plaisir. Bref un ouvrage novateur agréable à lire. Que demander de plus ? Un mode d’emploi des modalités d’accès à la carrière diplomatique ? Il se trouve aussi dans cet ouvrage. Voici donc un ouvrage indispensable à toute personne qui s’intéresse à la diplomatie française."

4e de couverture

La diplomatie française, plus qu’une simple donnée des relations internationales, est un ensemble de pratiques. Au sein des ambassades et des directions du Quai d’Orsay, des hommes et des femmes sont les acteurs de la politique étrangère française, et les représentants de la France à l’étranger.

Après une enquête de trois ans menée au sein des institutions et auprès des agents, Christian Lequesne nous ouvre la « boîte » du Quai d’Orsay, et nous en décrypte ses codes et ses pratiques. Ni monographie détaillée des différents services du ministère des Affaires étrangères, ni série d’anecdotes croustillantes sur ses dysfonctionnements, cet ouvrage est une plongée dans le quotidien des diplomates.

Carrière des agents, héroïsation de la fonction, rapport au pouvoir politique, vie en ambassade, rôle du « dire », lieux d’influence, etc. : voici quelques-uns des aspects de la diplomatie en pratique évoqués dans cette Ethnographie du Quai d’Orsay, afin de donner à voir la fabrique de la politique étrangère de la France.

Présentation du livre sur le site CNRS éditions


Compil’ Diploweb Spéciale concours

. Axelle Degans, Actualité internationale 2016, éd. Diploweb.com, 2017. ISBN : 979-10-92676-10-5

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A. Degans, Actualité internationale 2016
La synthèse de l’actualité internationale 2016, par Axelle Degans, pour réussir vos concours avec Diploweb.com

. Alexis Troude, Le facteur Balkans – La troisième guerre mondiale aux portes de l’Europe ? , Paris, Lignes de repères, à paraître (mars 2017).
Depuis la fin des guerres dans l’ex Yougoslavie, les Balkans peinent à se stabiliser. Enjeu d’une lutte entre grandes puissances, Russie et Etats-Unis en tête, cette vaste zone est de plus en plus une terre de trafics (armes, drogues, cigarettes, notamment), de migrations, d’islamisme radical et de blanchiment d’argent. Or, montre cette enquête, la situation ne fera que se dégrader, entre montée des nationalismes, séparatismes, repli de l’idéal européen et difficultés économiques.
Car l’instabilité des Balkans, à quelques heures de route de l’Europe, ne peut que nous concerner. Alors que nous tardons à nous protéger efficacement, il est temps de prendre conscience des risques pour la paix du facteur Balkans.

. Charles Thépaut, Le monde arabe en morceaux, Paris, Armand Colin, à paraître (février 2017).

Véritable boîte à outils pour suivre l’actualité politique arabe, cet ouvrage s’appuie sur l’histoire longue des pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient afin d’en expliquer les dernières crises : soulèvements de 2011, chute de régimes autoritaires, émergence de Daech, affrontements confessionnels, etc. Mêlant synthèse de la recherche académique, cartes ou anecdotes de terrain, ce manuel de politique arabe décrypte l’évolution d’une région fragmentée, dont le destin est plus que jamais lié à celui de l’Europe. Le Maghreb reste un voisin mal connu. Les conflits en Syrie, en Libye et au Yémen, ou encore la reconquête irakienne contre Daech, amplifient la perception européenne d’un espace constamment en guerre. Les fortunes du Golfe alimentent les polémiques sur le rôle de ces pays dans l’économie mondiale et dans la diffusion de conceptions religieuses rigoristes. S’il faut comprendre les conflits autant que la place de la religion dans les pays arabes, il est aussi important de porter son regard au-delà des chocs les plus spectaculaires. Derrière les violences qui crèvent l’écran, les sociétés se transforment en silence et dessinent tant bien que mal leur avenir.

. Philippe Fabry, Atlas des guerres à venir, Paris, Editions Godefroy Jean-Cyrille, à paraître (février 2017).

Dans Histoire du Siècle à venir, Philippe Fabry mettait au jour une méthode de comparaison historique basée non pas sur des similarités ponctuelles, comme les commentateurs de l’actualité en usent souvent, mais sur des trajectoires longues offrant plusieurs points de contrôle et permettant une prévision plus fiable. Aujourd’hui, dans l’Atlas des guerres à venir, il applique cette méthode à la situation géopolitique mondiale afin de rechercher les lignes de force des grands conflits à venir, et utilise les schémas historiques pour déterminer quelles seront les zones affectées, dans quelle ampleur et selon quelles modalités. A travers une cinquantaine de cartes amplement commentées sont ici illustrés les parallèles historiques et projetés leurs résultats appliqués au monde d’aujourd’hui pour les trois grandes régions qui seront touchées par les guerres à venir : l’Europe, l’Asie et le Moyen Orient. Une dernière partie est consacrée au rôle central des Etats-Unis dans l’ensemble de ces conflits à venir et à la position américaine dans l’ordre mondial qui en résultera. Dans un monde dont l’avenir paraît de plus en plus incertain à mesure que l’ordre mondial américain post-URSS s’estompe et laisse émerger de fortes tensions régionales, l’Atlas des guerres à venir vient éclaircir notre vision en présentant le champ restreint des possibles.

. Jean-Pierre Perrin, Djihad contre le rêve d’Alexandre en Afghanistan, Paris, Seuil, à paraître (février 2017).

Si, aujourd’hui, la défaite occidentale en Afghanistan renvoie aux échecs des envahisseurs précédents, lle met surtout en pièces le grand rêve eurasien, le rêve de fusion entre deux continents d’Alexandre Le Grand.Ainsi, le territoire du Gândhâra où prospéra l’extraordinaire civilisation née de la rencontre féconde entre la Grèce et l’Orient coïncide avec celui du jihadisme contemporain. Celui-là même qui vit la percée des talibans, la montée d’Oussama ben Laden, et même le passage de Mohammed Merah, venu s’entraîner au terrorisme avant de revenir en France.Au rêve d’Alexandre « si beau, perspicace, intemporel et généreux », écrivit Bouvier, a succédé le cauchemar jihadiste qui veut hâter l’Apocalypse nucléaire par le biais d’une guerre entre New Delhi et Islamabad. Est-ce un singulier hasard, une facétie tragique de l’Histoire, le retour d’un lointain passé refoulé et revanchard, ou une victoire de l’Ange des ténèbres sur l’Ange de Lumière ? Journaliste et correspondant de guerre à Libération, écrivain, Jean-Pierre Perrin a publié des romans policiers dont Chiens et louves (Série Noire, 1999) et des récits d’actualités dont Les Rolling Stones sont à Bagdad (Flammarion, 2003), qui relate les derniers mois de Saddam Hussein ; Jours de poussière (La Table ronde, 2002), consacré à l’Afghanistan en guerre et couronné par le Grand prix des lectrices de Elle ; La mort est ma servante (Fayard, 2013), un récit sur la Syrie actuelle, en forme d’hommage à Samir Kassir.

. Isabelle Cassiers, Kevin Maréchal, Dominique Méda, Vers une société post-croissance , éd. De l’Aube, janvier 2017.

Le terme post-croissance désigne l’entrée dans une ère que nous ne parvenons pas encore à nommer, si ce n’est par référence à celle que nous quittons. Les symptômes qui signent la fin d’une époque sont clairs et sans appel : la poursuite de la croissance économique ne constitue plus un projet de société crédible. Toutefois, y renoncer pose aux économistes (théoriciens et praticiens) des défis majeurs qui exigent de reprendre à leur racine, sous un éclairage transdisciplinaire, les questions dont ils traitent couramment. Ensemble, les neuf chercheurs réunis dans cet ouvrage s’interrogent : quels sont les problèmes majeurs qui surgissent à l’esprit dès lors que l’on abandonne un objectif de croissance continue ? Par où passe la transition vers un autre horizon ? Quels sont les courants de pensée et les modes de gouvernance susceptibles d’articuler un projet cohérent ? Chacun des auteurs apporte un regard spécifique, une pièce au puzzle qu’il s’agirait à l’avenir d’assembler.

. Nicolas Werth, Les révolutions russes, Paris, Que sais-je ?, PUF, 2017.

Février 1917. L’empire de Nicolas II s’enlise dans la guerre. Les failles de l’économie russe, dont la modernisation est restée inachevée, apparaissent au grand jour. Entre l’autocratie des Romanov et une société en pleine mutation, le fossé se creuse. Quelques jours suffiront pour renverser le tsar. Sa chute ouvre la voie à une expérience démocratique unique dans l’histoire multiséculaire de la Russie, une expérience qui durera moins de huit mois : en octobre 1917, les bolcheviks, conduits par Lénine, prennent le palais d’Hiver…
Ce sont ces événements de l’année 1917 que raconte avec passion Nicolas Werth. Dépassant le clivage entre les interprétations soviétique et libérale, il s’attache à analyser non pas une seule révolution politique, mais une multiplicité de révolutions sociales et nationales.

. Jean-Luc Martineau, Introduction à la prévention des conflits internationaux, Paris, L’Harmattan, janvier 2017.

Face au danger de la contagion des conflits internationaux, la communauté internationale a fait de l’anticipation des conflits une impérieuse nécessité. Des instruments juridiques, des acteurs, des techniques et des méthodologies sont mobilisés afin de détecter les conflits au plus tôt et d’en prévenir la survenance. Cet ouvrage expose l’ensemble des principes et activités qui en ressortent. Il examine leurs succès et leurs défaillances, et plaide pour une véritable culture de la prévention des conflits.

. Christian-Edmond Pout, Comprendre la justice transitionnelle, Paris, Editions du Cygne, janvier 2017.

Qu’y a-t-il de commun entre des pays tels que le Rwanda, l’Afrique du Sud, le Togo ou le Maroc ? Chacun d’eux a connu, à une certaine étape critique de son histoire contemporaine, un processus de justice transitionnelle. La justice transitionnelle consiste à penser les modalités de la transformation globale d’une société traumatisée après un conflit et à jeter les bases d’un nouveau contrat social. À l’heure où les efforts internationaux et les acquis de la lutte contre l’impunité sont défiés par des résistances opportunistes qui font leur lit dans l’ignorance des populations et une certaine forme de paresse intellectuelle, ce livre rend accessible une compréhension claire des quatre piliers de la justice transitionnelle : le droit à la vérité, le droit à la justice, le droit à la réparation, les garanties de non-répétition. Il propose également d’examiner quelques exemples de processus de justice transitionnelle en contexte africain et se termine par un lexique qui permet aux lecteurs d’appréhender une terminologie qui donne parfois lieu à des simplismes lourds de conséquences dans l’opinion.

. Ibrahim Kader Fofana, L’Afrique de l’Ouest face à la menace djihadiste, Paris, L’Harmattan, janvier 2017.
Préservée jusqu’à un passé relativement récent des effets néfastes du jihad international, l’Afrique de l’Ouest se trouve à ce jour dans le viseur d’Al-Qaida au Maghreb Islamique et de l’Etat islamique. L’auteur aborde ici la question du terrorisme en mettant en exergue ses causes profondes. L’ouvrage montre alors que les Etats ouest-africains ne viendront à bout de ce fléau qu’à travers la mutualisation des efforts à l’échelle sous-régionale, en prenant en compte les aspects politiques, économiques ou encore sociaux et religieux de la lutte contre le terrorisme.

. Pierre Lellouche, Une guerre sans fin ?, Paris, Editions du Cerf, janvier 2017.

À l’heure de flux migratoires sans précédent dans l’histoire de l’humanité, qu’en est-il de la relation entre les mondes musulman et occidental ? À l’heure d’une mutation inédite de la guerre sous la forme d’un djihadisme planétaire, qu’en est-il des moyens d’assurer la paix ? À l’heure où l’islam entre en éruption face à la modernité, qu’en est-il de l’avenir de l’Europe et de la France ?
Sans préjugé mais aussi sans tabou, Pierre Lellouche montre que ces interrogations n’en font qu’une. Il inscrit cette question dans 1 500 ans d’histoire faite de proximités, de conflits et de renversements entre les deux rives de la Méditerranée. Mais cette fresque des événements passés vient éclairer une analyse lucide et informée des réalités présentes. Convoquant tour à tour Marc Bloch, Jacques Bainville, André Suarez ou Bernard Lewis, décryptant faits, cartes, rapports et statistiques, révélant les vrais enjeux des conflits du Proche-Orient qui sont devenus les nôtres,

. Christian Chavagneux et Ronen Palan, Les paradis fiscaux, Paris, La Découverte, janvier 2017.

Les paradis fiscaux sont au cœur des pratiques d’évasion fiscale des riches particuliers et des multinationales. Mais leur rôle est bien plus important : ils sont devenus des outils clés de la mondialisation économique et financière. Et ils sont l’un des éléments qui renforcent l’instabilité financière : qui sait qu’ils ont été présents dans chaque grand épisode de la crise des subprimes ?

Ce livre précise ce que sont les paradis fiscaux et quelle est l’ampleur du phénomène dans la mondialisation contemporaine. Il retrace les étapes qui ont soutenu leur émergence, de la fin du XIXe siècle jusqu’au boom des années 1990. Il présente les utilisateurs des paradis fiscaux et les instruments dont ils se servent. Il analyse les politiques publiques menées depuis les années 1920 pour lutter contre ces États parasites. Il montre en particulier comment le sujet a fini par devenir, depuis 2009, l’une des priorités du G20 et il revient en détail sur les avancées et les insuffisances des décisions prises aux niveaux mondial, européen et français. Il décrypte également les stratégies adoptées par les paradis fiscaux pour préserver leur offre d’opacité dans l’économie mondiale.

. Alice Pouyat, Les Argentins, Paris, Paris, Ateliers Henry Dougier, janvier 2017.

D’après le poète mexicain Octavio Paz « Les Argentins sont des Italiens qui parlent espagnol et se prennent pour des Français »… Mais encore ? Ces entretiens variés dévoilent un peuple qui surmonte avec humour et créativité la violence de crises politiques et économiques à répétition.

. Vincent Pouliot, L’ordre hiérarchique international, Paris, Sciences Po Les Presses, à paraître (février 2017).

À la table des négociations multilatérales, certains ambassadeurs ont plus de poids que d’autres en dépit du principe d’égalité souveraine qui fonde les rapports internationaux. Partant du constat que les différences de ressources matérielles entre les États ne suffisent pas à expliquer ce phénomène, Vincent Pouliot propose une visite guidée de la salle des machines de la politique mondiale. Il montre que les diplomates participent à des luttes de rang fondées tout autant sur leur savoir-faire respectif que sur les liens sociaux qu’ils nouent entre eux et sur l’idée que chacun a de son rôle, du « sens de sa place ». Ces manières de faire engendrent des ordres hiérarchiques complexes. La diplomatie n’est pas qu’un simple vernis social ou encore un rideau devant la scène. En connaître les ressorts aide à mieux comprendre la marche du monde.

. Jean-Manuel Escarnot, Djihadistan, c’est arrivé près de chez vous, Paris, Robert Laffont, à paraître (février 2017).

Les attentats de Charlie Hebdo, ceux du 13 novembre à Paris et du 22 mars 2016 à Bruxelles, confirment le top départ donné par Mohamed Merah à Toulouse, en mars 2012 : le Djihad n’a plus de frontières et ses partisans peuvent surgir à tous moments " près de chez vous ". L’auteur, adepte d’un journalisme en immersion, s’est plongé dans une enquête au plus près des policiers de l’antiterrorisme, dans les mosquées et les salles de prières, des familles de djihadistes et de ceux et celles qui cherchent l’antivirus.

. Michel Raimbaud, Tempête sur le grand Moyen-Orient, Paris, Ellipses, à paraître (février 2017).

Extensible au gré des pulsions américaines, le Grand Moyen-Orient s’étend désormais de l’Atlantique à l’Indonésie, sur plus de 50 degrés de latitude. En raison de sa position stratégique aux confins de l’Eurasie autant que par sa richesse en gaz et pétrole, cette immense « ceinture verte » islamique détient un potentiel de puissance considérable et constitue un enjeu majeur. De son devenir, mis en question par la tempête actuelle, dépend en bonne partie la physionomie de notre monde de demain : sera-t-il unipolaire, aux ordres de l’Occident comme il l’a été depuis la fin de la guerre froide, ou multipolaire comme le préconisent les émergents ? Telle est la question posée.

. Pierre Servent, Extension du Domaine de la Guerre, Paris, Tempus, à paraître (février 2017).

Cruellement frappée par le terrorisme, la France est entrée en guerre. Son ennemi : le salafisme totalitaire, incarné par l’État islamique, qui campe sur cinq continents. Nous avons pris désormais la tragique mesure de cette guerre d’un nouveau type qu’il nous faut livrer au plus loin, en Mésopotamie et au Sahel, et au plus près, au sein de nos villes. Notre pays n’est pas le seul à monter au front, mais il est une cible de choix, non par ce qu’il fait, mais par ce qu’il est.

Ce conflit nous invite à une mobilisation citoyenne puissante. Une mutation d’autant plus indispensable que l’esprit guerrier envahit la planète, aussi bien sur le terrain que sur la Toile : des familles partent faire le djihad ; des bandes armées bâtissent au nom d’Allah un proto-État criminel en Mésopotamie ; les Russes se taillent un État-croupion en Ukraine ; Pékin pousse ses pions navals en mer de Chine tandis que la Turquie rêve de restauration ottomane. Tout cela sous le regard de l’Iran et de l’Arabie saoudite qui se vouent une haine inextinguible et se font la guerre au Yémen. Face à des conflits très difficiles à déchiffrer et à leurs conséquences directes sur notre vie quotidienne, Pierre Servent nous livre des clés indispensables pour affronter un avenir incertain.

. Louise Fines, Géographie policière, ignorance concertée et propagande ennemie, Paris, L’Harmattan, 2017.

Trois études de cas (les starlight tours au Canada ; les manifestations qui se sont déroulées au sommet du G8 à Gênes ; et l’intervention déployée à l’encontre des grévistes à Marikana), servent de prétexte à explorer un phénomène historique : la neutralisation des personnes indésirables. En effet, à l’aune d’un idéal démocratique, il importe de mieux saisir les critères, circonstances et facteurs qui contribuent à faire en sorte que des individus sont classés dans la catégorie « personnes indésirables ».

. Robert McNally, Crude volatility : The History and the Future of Boom-Bust Oil Prices, New-York, Columbia University Press, 2017.

As OPEC has loosened its grip over the past ten years, the oil market has been rocked by wild price swings, the likes of which haven’t been seen for eight decades. Crafting an engrossing journey from the gushing Pennsylvania oil fields of the 1860s to today’s fraught and fractious Middle East, Crude Volatility explains how past periods of stability and volatility in oil prices help us understand the new boom-bust era. Oil’s notorious volatility has always been considered a scourge afflicting not only the oil industry but also the broader economy and geopolitical landscape ; Robert McNally makes sense of how oil became so central to our world and why it is subject to such extreme price fluctuations.
Tracing a history marked by conflict, intrigue, and extreme uncertainty, McNally shows how—even from the oil industry’s first years—wild and harmful price volatility prompted industry leaders and officials to undertake extraordinary efforts to stabilize oil prices by controlling production. Herculean market interventions—first, by Rockefeller’s Standard Oil, then, by U.S. state regulators in partnership with major international oil companies, and, finally, by OPEC—succeeded to varying degrees in taming the beast. McNally, a veteran oil market and policy expert, explains the consequences of the ebbing of OPEC’s power, debunking myths and offering recommendations—including mistakes to avoid—as we confront the unwelcome return of boom and bust oil prices.

. Michel Aglietta et Nicolas Leron, La double démocratie : une Europe politique pour la croissance, Paris, Seuil, 2017.

Nous avons un besoin absolu d’Europe. Le "Brexit" illustre la défiance des peuples à l’égard d’une Union européenne dont ils dénoncent l’autoritarisme technocratique. Attisé par la victoire de Trump, le repli nationaliste pourrait bien l’emporter.
En prenant pour point de départ la question de la démocratie, cet essai développe des propositions concrètes pour surmonter la crise européenne en commençant par rendre aux citoyens le pouvoir de se prononcer sur les grandes options économiques. La méthode des petits pas est révolue. Le contexte historique actuel appelle un nouvel acte fondateur, comme le furent l’institution du marché commun ou la création de l’euro. Cet acte, les auteurs le situent dans un budget européen, avec sa double dimension d’élément constitutif d’un ordre politique et de fonction d’investisseur en dernier ressort pour recouvrer une croissance soutenable.
Seul l’avènement d’une véritable puissance publique européenne peut permettre la revitalisation des démocraties nationales en desserrant l’étau réglementaire de l’UE. En concevant la possibilité d’un partage des responsabilités politiques entre ces deux niveaux, les auteurs envisagent la figure inédite d’une double démocratie.

. Nicolas Mazzuchi, Energie. Ressources, technologies et enjeux de pouvoir, Paris, Armand Colin, à paraître (février 2017).

L’énergie est l’un des secteurs les plus stratégiques et souverains qui soient pour les décideurs politiques. Elle est le socle de toute économie et, par là, de la richesse de l’Etat. Au coeur des questions énergétiques, des questions politiques, des enjeux géopolitiques et internationaux. C’est aussi un secteur économique qui répond à des normes particulières et à des enjeux spécifiques où le rôle des grandes entreprises devient de plus en plus important.
L’auteur s’intéresse aux grands points de tension de la planète (zones riches en ressources, détroits, etc.), aux mécanismes de marché, aux questions de transit (terrestre et maritime), au rôle des Etats, des entreprises, mais aussi de la société civile. Il ne néglige aucune énergie, ni les aspects climatiques qui sont maintenant primordiaux pour comprendre les jeux de pouvoir et d’influence au niveau international.

. Emmanuel Bellanger, Julia Moro, Nogent-Sur-Marne, cité modèle. Histoire d’une banlieue résidentielle aux XIXe-XXe siècles, Paris, La Découverte, janvier 2017.

Ce livre retrace l’histoire d’une cité modèle de la banlieue résidentielle et met en perspective les transformations d’un territoire de l’entre-soi bourgeois, métamorphosé par l’urbanisation. Nogent-sur-Marne est en effet l’exemple d’une forme citadine typique des grandes agglomérations de la vieille Europe, où les résidents ont veillé à préserver l’esprit originel de la villégiature. Dans le Grand Paris des années 1900, ou dans celui des années 2000, la ville incarne la vie résidentielle dans une métropole où s’enracinent les disparités sociales et les ségrégations territoriales.
Mais Nogent, comme toutes les villes bourgeoises des bords de Marne, fut aussi l’eldorado des classes laborieuses, porté à l’écran en 1929 par Marcel Carné. On l’oublie parfois, mais cette ville a aussi été la cité d’accueil de populations venues d’ailleurs, à jamais attachées à la « Ritalie nogentaise » de François Cavanna.
L’histoire de ce territoire révèle également l’ambivalence des relations qu’entretiennent les banlieues avec leur capitale. Lorsque la « banlieue rouge » entretient un rapport conflictuel avec sa puissante voisine ombrageuse, la ville de Nogent s’efforce de devenir un véritable « petit Paris », qui célèbre chaque année la Fête du petit vin blanc où se pressent toutes les vedettes du moment, de Line Renaud et Annie Cordy à Yvette Horner. Ce livre, qui s’inscrit dans la tradition des monographies communales, dévoile aussi les contrastes et les dynamiques qui font et défont les mondes de la ville métropole.

. Alexandre Bevin, Sun Tzu ou l’art de gagner des batailles, Paris, Tallandier, janvier 2017.

Rédigé il y a 2 400 ans par un sage chinois nommé Sun Tzu, L’Art de la guerre est un grand classique de l’histoire militaire. Dans un style concis et imagé, ce livre rassemble des recommandations sur la manière de conduire une guerre.
Spécialiste mondialement reconnu, Bevin Alexander démontre, exemples à l’appui, comment les chefs qui ont appliqué – sans le savoir – les principes, maximes et conseils de Sun Tzu ont presque toujours remporté la victoire, et comment ceux qui y ont contrevenu ont, sans la moindre exception, connu l’échec.
De la guerre d’Indépendance américaine à Gettysburg, du débarquement de Normandie à la guerre de Corée, en passant par Waterloo, la Marne et les Ardennes, la démonstration, solidement documentée, argumentée et non dépourvue d’humour, est implacable.

. Olivier Da Lage, L’Inde, désir de puissance, Paris, Armand Colin, février 2017.

La population indienne dépassera celle de la Chine entre 2020 et 2030. Depuis les débuts de la libéralisation de l’économie indienne au début des années 90, la croissance de l’économie indienne a été spectaculaire, avec pour corollaire le développement d’une classe moyenne jeune et urbanisée. Les salaires et les perspectives d’avenir sont devenus suffisamment attrayants pour que s’esquisse un retour au pays d’une partie des NRI’s (Non Resident Indians). Mais le slogan de l’Inde qui brille (Shining India) utilisé par le BJP lors des élections 2004 s’est à l’époque retourné contre lui, car à côté de cette Inde qui réussit, une écrasante majorité de la population ne bénéficie pas encore des bienfaits de ce développement.
L’auteur présente les défis que doit relever cet Etat continent pour devenir la 6e puissance mondiale.

. Scientific United Nations Educational, History of Water and Humanity, Paris, UNESCO Publishing, February 2017.

To assemble, evaluate and promote appropriate examination of water management in history requires a bold and global initiative. To this end, the UNESCO International Hydrological Programme is pioneering a project to develop a systematic and transcultural interdisciplinary knowledge base. Water History and Humanity explores key issues and cultural developments in humanity’s relationships with water in a coherent, historical framework. The strength of this volume lies in its holistic anthropological approach, which
reveals how various cultures have used and conceptualized water across multiple contexts, and how our interactions with water have transformed the way we see ourselves and the world.

. Antoine Faure, Franck Gaudichaud, Maria Cosette Godoy H, Fablola Mirande P. et René Jara R. (dir.), Chili actuel : gouverner et résister dans une société néolibérale, Paris, L’Harmattan, janvier 2017.

Le mot « néolibéralisme » renvoie assez souvent au Chili. Pour toute une génération, le traumatisme du coup d’Etat de 1973 ne met pas simplement fin au rêve porté par le président Salvador Allende, et à "la voie chilienne au socialisme" : l’intervention militaire enclenche aussi la mise en oeuvre de mesures néolibérales sur le continent latino-américain, et plus généralement à l’échelle mondiale. Mais de quoi parle-t-on lorsque l’on affirme que le Chili est un pays « néolibéral » ? Depuis 40 ans, la question ne cesse d’alimenter réflexions et débats au sein des sciences sociales comme de la sphère publique (Des articles en Français et en Espagnol).

. Pierre Lorrain, Ukraine entre deux destins, Paris, Bartillat, janvier 2017.

Peut-on parler de malédiction ukrainienne ? Les crises succèdent aux crises et l’Ukraine surgit régulièrement dans l’actualité comme un diable de sa boîte et généralement, c’est dans un contexte de catastrophes, de rébellions contre le pouvoir ou de scandales : Tchernobyl, Révolution orange, EuroMaïdan, problèmes gaziers avec la Russie, élections à répétition, corruption, collusions entre oligarques et politiciens, instabilité politique chronique, etc. Tout cela sur fond de divisions et de rivalités persistances entre les deux parties du pays, l’est - globalement tourné vers la Russie - et l’ouest qui regarde l’Union européenne avec les yeux de Chimène. Expliquer les raisons de cette situation hors normes en plongeant dans l’histoire récente de l’Ukraine, tel est le propos de l’ouvrage. Il revient sur l’histoire mouvementée de cet État qui a toujours cherché à exister sans y parvenir de manière durable. Plusieurs questions se posent sur les mythes et les réalités de l’identité ukrainienne. Quelles sont les racines historiques du « peuple ukrainien » ? Et d’ailleurs, un seul peuple ou plusieurs ? Un chapitre sera consacré à chacune des étapes de la création de l’État ukrainien et à ses différents avatars jusqu’à aujourd’hui. La deuxième partie traitera des événements qui ont secoué l’Ukraine depuis novembre 2013 et qui, même s’ils n’ont pas dégénéré en guerre civile, ont provoqué l’une des crises internationales majeures en Europe depuis l’effondrement de l’Union soviétique. En réalité, il n’y a pas une seule crise mais plusieurs qui s’emboîtent à la manière des matriochki de l’artisanat. Un chapitre sera consacré à chacune d’entre elles, à savoir crise économique, crise politique, crise institutionnelle, crise internationale.

. Pierre-Jean Luizard, Le piège Daech, Paris, La Découverte, janvier 2017.

Le groupe État islamique, inconnu encore quelques mois auparavant, a fait une entrée fracassante et sanguinaire dans l’actualité au cours de l’année 2014. Profitant des crises en chaîne qui secouent l’Irak et la Syrie, Daech a pris le contrôle d’une vaste région et dispose aujourd’hui de gigantesques ressources financières. Recrutant ses combattants dans le monde entier, exécutant ses otages avec une particulière cruauté et maîtrisant parfaitement l’art de la propagande, l’organisation apparaît, à la une des journaux occidentaux, comme l’incarnation contemporaine de la "barbarie". Reléguant Al-Qaïda au second plan, Daech serait devenu le mouvement le plus puissant de la " planète djihad".
Rompant avec nombre de commentaires à chaud, l’historien Pierre-Jean Luizard, grand spécialiste de la région, analyse l’ascension fulgurante et le fonctionnement de l’État islamique. Derrière les responsables de l’organisation, à commencer par son énigmatique chef, Abou Bakr al-Baghdadi, derrière le "califat" que ce dernier a proclamé en juin 2014, se cachent des logiques moins visibles, locales autant que mondiales, sociales autant que religieuses, dont les racines remontent au début du siècle dernier, à l’époque où l’Occident dessinait les frontières actuelles du Moyen-Orient.
Dans cet essai qui fait dialoguer l’actualité immédiate et la grande Histoire, l’auteur explique pourquoi nous sommes aujourd’hui pris dans le "piège Daech", cet "État-monstre" que l’Occident a largement contribué à faire émerger. Il avertit : ce piège se refermera impitoyablement si l’on s’obstine dans une logique guerrière, et si l’on refuse de comprendre le bouleversement historique que vit l’ensemble de cette région.

. Mathieu Guidère, Atlas du terrorisme islamiste, d’Al-Qaida à Daech, Paris, Editions Autrement, janvier 2017.

Un atlas du terrorisme islamiste à l’échelle mondiale. Pour comprendre ses racines, l’auteur analyse les liens entre islam, islamisme, djihadisme et terrorisme. Il décrit les différentes formes d’attaques, les différents groupes et les différentes organisations.

. Collectif, Russie 2017, cent ans après, Paris, Autrement, 2017.

La Russie fait peur, elle fascine à la fois proche et lointaine. Le président Vladimir Poutine, dans les arcanes du pouvoir depuis l’époque soviétique, incarne aux yeux du peuple russe le réveil d’une nation soumise aux sanctions internationales et où le rêve d’une nouvelle révolution – un siècle après celle qui marqua le xxè siècle – semble impossible. Pourtant, les crises démographiques, économiques et diplomatiques qui traversent le Kremlin bousculent l’État le plus vaste de la planète.


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