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Actualité des livres géopolitiques

Les livres géopolitiques sont nécessaires à la compréhension du monde. Le Diploweb.com en présente ici une veille spécialisée, unique sur la Toile, vue chaque mois par plusieurs milliers de personnes qualifiées. Le Diploweb.com ne touche aucune commission des éditeurs ou libraires.

Les éditeurs qui souhaitent faire connaître leurs nouveautés doivent adresser un exemplaire à Diploweb.com, 1 avenue Lamartine, 94300, Vincennes, France. Pour communiquer leur programme, les éditeurs doivent adresser un courriel à l’adresse suivante redactiondiploweb [at] gmail.com . La rédaction reste juge seule de ses choix.

. Florent Parmentier, Pierre Verluise (sous la dir.), "Géopolitique de l’Europe trois décennies après l’ouverture du Rideau de fer", éd. Diploweb via Amazon

Trois décennies après l’ouverture du Rideau de fer, c’est maintenant l’heure des bilans et perspectives sans complaisance. Et si nous acceptions de décentrer notre regard, afin d’appréhender les dynamiques géopolitiques sur le temps long ? N’assiste-t-on pas à une redéfinition de l’Europe et à l’émergence de nouvelles règles du jeu ?

La pandémie qui ouvre la décennie 2020 rend plus que jamais nécessaire une approche géopolitique et stratégique de l’Union européenne, de l’Europe géographique et du vaste monde. Les auteurs rassemblés en donnent les clés.

Sous la direction de Florent PARMENTIER et Pierre VERLUISE. Avec des contributions de Arnaud BALVAY, Céline BAYOU, Cyrille BRET, Gérard-François DUMONT, Sylvain KAHN, Fabien LAURENCON, Olivier MARTY, Florent PARMENTIER, Orane SUTRE, Pierre VERLUISE.

Voir le livre de Florent Parmentier, Pierre Verluise (sous la dir.), "Géopolitique de l’Europe trois décennies après l’ouverture du Rideau de fer", éd. Diploweb via Amazon


. Catherine Durandin, Cécile Folschweiler, (dir.) Enfances communistes. Mémoires de Roumanie et de la Répulbique de Moldavie, éd. Petra, 2022. Un livre recommandé par Diploweb. .

Trente ans après la chute des régimes communistes d’Europe de l’Est et de l’URSS, que reste-t-il de ce monde dans la mémoire de celles et ceux qui y ont grandi ? Que révèlent leur souvenirs de ces sociétés ? Nous sommes allées rencontrer des interlocuteurs séduits par l’idée d’évoquer leur enfance. Celle-ci s’est déroulée dans la Roumanie des années 1950 ou durant celle de Ceauşescu, dans la République de Moldavie soviétique à l’identité complexe où langue russe et culture roumaine se conjuguent. Des témoins de milieux sociaux et géographiques variés évoquent les relations familiales, la vie quotidienne, l’école, les peines et les joies de l’époque, leur perception du régime et monde extérieur. Les plus anciens conservent encore des souvenirs de la Seconde Guerre mondiale, les plus jeunes ont vécu, enfants, les événements étranges de décembre 1989, en Roumanie. Entre ces deux moments, c’est dans l’intimité et la subjectivité de souvenirs singuliers que s’exprime aussi la réalité du communisme moldave et roumain.

. Sonia Le Gouriellec, Géopolitique de l’Afrique, QSJ n°4234, PUF, 2022

Constituée de cinquante-quatre États, berceau de nombreuses civili­sations, l’Afrique représente à elle seule un continent-monde de plus d’un milliard d’habitants. Trop souvent considérée comme un tout homogène, elle devrait plutôt être pensée dans sa diversité et sa profondeur.

Sur le plan géopolitique, on la croit marginalisée. Ses acteurs sont souvent perçus comme passifs et dépendants du reste de la communauté internationale. Or, c’est une tout autre représentation que propose Sonia Le Gouriellec dans cet ouvrage. Celle, au contraire, d’un continent ouvert sur le monde, ayant depuis toujours participé aux échanges et aux équilibres politiques, commerciaux et intellectuels, et qui est aujourd’hui intégré à la mondialisation et aux dynamiques contemporaines, au point d’apparaître comme un nouveau centre névralgique des défis de notre époque.

S’appuyant sur de nombreuses études de cas, Sonia Le Gouriellec n’écrit rien de moins qu’une géopolitique des Afriques.

. Anne Battistoni-Lemière, Tout comprendre à la géopolitique, éd. A. Colin, 2022

Comprendre notre monde, changeant et confronté à des défis inédits, impose une approche globale : c’est toute l’ambition de la géopolitique qui fait appel à l’histoire, la géographie, la sociologie, l’économie, la démographie, la science politique.
Pour décrypter ce monde complexe, Tout comprendre à la géopolitiquemet à la disposition de tous les étudiants suivant un enseignement de géopolitique le langage commun dont ils ont impérativement.

12 grands enjeux géopolitiques
48 chapitres pour décoder le fonctionnement du monde contemporain.
1200 concepts expliqués et éclairés par des exemples actuels, des repères historiques, statistiques ou bibliographiques, et complétés par les grands débats et enjeux qui leur sont assosciés.

Sommaire
Le pavage du monde.
Le territoire, fondement de toute analyse géopolitique. Vers la territorialisation de nouveaux espaces : océans et espace exo-atmosphérique. La prolifération étatique. Les frontières au cœur des enjeux géopolitiques.
L’humanité face au choc démographique.
Le choc démographique mondial. L’explosion urbaine. Une planète nomade ? Au XXIe siècle, un multiculturalisme dominant ?
Les hommes en quête d’identité. Un besoin d’identité à l’heure de la mondialisation. Le poids du religieux au XXIe siècle. La citoyenneté, au cœur de la légitimité politique. Résilience des idéologies.
Un monde interdépendant. Les dynamiques d’internationalisation. Des espaces organisés et hiérarchisés par les moyens de transport. Le multilatéralisme commercial. Du protectionnisme à la guerre économique.
La planète, source de vie. L’eau, ressource vitale. Nourrir les hommes, priorité absolue. Les impératifs énergétiques : produire, sécuriser, économiser. Les matières premières, vers une économie de la rareté.
Les entreprises, le capitalisme en action. Vers un capitalisme mondial ? Les entreprises, fer de lance du capitalisme. Les systèmes productifs en évolution. Un capitalisme structurellement inégalitaire.
L’innovation au cœur de la puissance. Un capitalisme schumpétérien. La révolution numérique et les promesses de l’intelligence artificielle. Les territoires de l’innovation, une polarisation inquiétante. L’innovation au cœur des enjeux sociaux et géopolitiques contemporains.
Un monde dominé par la finance. Le système monétaire et financier. Anciens et nouveaux acteurs de la finance. Le système financier : au service de l’économie ? Les crises financières contemporaines.
Organisation et recompositions géopolitiques du monde. Du XXIe siècle au XXIe siècle, les configurations changeantes de l’ordre international. Le clivage Nord-Sud : émancipation, développement, émergence. Les outils du multilatéralisme et de la gouvernance. L’Union européenne, un objet politique non identifié.
Géopolitique de la puissance. Qu’est-ce que la puissance ? Exercer la puissance.

. Ali Wyne, America’s Great-Power Opportunity : Revitalizing U.S. Foreign Policy to Meet the Challenges of Strategic Competition, Cambridge, Polity, juin 2022.

It has become axiomatic to contend that U.S. foreign policy must adapt to an era of renewed “great-power competition.” The United States went on a quarter-century strategic detour after the Cold War, the argument goes, basking in triumphalism and getting bogged down in the Middle East. Now China and Russia are increasingly challenging its influence and undercutting the order it has led since 1945. How should it respond to these two formidable authoritarian powers ?

In this timely intervention, Ali Wyne offers the first detailed critique of great-power competition as a foreign policy framework, warning that it could render the United States defensive and reactive. He exhorts Washington to find a middle ground between complacency and consternation, selectively contesting Beijing and Moscow but not allowing their decisions to determine its own course. Analyzing a resurgent China, a disruptive Russia, and a deepening Sino-Russian entente, Wyne explains how the United States can seize the "great-power opportunity" at hand : to manage all three of those phenomena confidently while renewing itself at home and abroad.

. Hugo Plassais, La Chine, un acteur responsable, révisionniste ou réformiste ? Les enjeux onusiens dans les livres blancs de la défense chinoise. 1995-2020, Paris, L’Harmattan, juin 2022.

L’affirmation de la Chine sur la scène internationale fascine les observateurs autant qu’elle inquiète les chancelleries. D’abord en retrait du maintien de la paix, elle veut aujourd’hui se présenter comme un champion du multilatéralisme. Comment aborder l’objet Chine en science politique ? Quels sont les fondements et l’historicité de son soft power et de sa communication internationale ? Croisant analyse lexicographique et entretiens multiples, Hugo Plassais cerne les évolutions de la politique étrangère chinoise depuis les années 1990 à partir des livres blancs de la défense publiés par Pékin. La cohérence et les logiques des discours permettent au chercheur de déconstruire l’omnipotence de Xi Jinping et de replacer la République populaire de Chine dans ses déterminants structurels.

. Jean-Loup Amselle, L’invention du Sahel, Vulaines Sur Seine, Editions du Croquant, juin 2022.

Évoquant les famines et les sécheresses des années 1970, les révoltes et insurrections, le Sahel est vu avant tout comme une terre dangereuse. Peut-être en va-t-il ainsi parce qu’il s’agit d’une entité instable, hybride, intermédiaire entre le désert et la savane, entre le nomadisme et la sédentarité, entre des populations « blanches », « rouges » et « noires », entre l’animisme et l’islam. Impossible donc de définir de façon stricte ce qu’est le Sahel. Il s’agit d’une notion totalement arbitraire qui ne doit son existence qu’à la consolidation que lui ont fait subir un certain nombre de savants coloniaux et dans la foulée des écrivains et des cinéastes africains. L’hypothèse de ce livre est donc que les problèmes de ce qui forme aujourd’hui le Sahel (en particulier la défaite de l’armée française) sont en grande partie le résultat d’une représentation figée de cette région géographique d’Afrique de l’ouest. Jean-Loup Amselle est anthropologue. Directeur d’études émérite à l’EHESS, ancien rédacteur en chef des Cahiers d’études africaines, spécialiste du Mali et de l’étude de l’ethnicité, de l’identité et du métissage, il a notamment publié Rétrovolutions. Essais sur les primitivismes contemporains (Stock, 2010) et avec Souleymane Bachir Diagne, En quête d’Afrique(s). Universalisme et pensée décoloniale (Albin Michel, 2018).

. Marie-Eve Desrosiers, Yolande Bouka, Contestation en Afrique, Montréal, Les Presses de l’Université de Montréal, août 2022.

L’Afrique connaît d’intenses bouleversements dont les répercussions économiques et politiques sont à la fois considérables et préoccupantes. Des vagues contestataires prennent forme dans la région et on peut se demander quelles en sont les motivations les plus profondes. Ces mouvements sont-ils vraiment nouveaux ou prennent-ils racine dans une histoire beaucoup plus ancienne ? Pour bien comprendre les dynamiques qui secouent la région, faut-il mettre l’accent, comme on le fait actuellement, sur les jeunes et les nouveaux médias ? Et comment se reconfigure le paysage politique africain à la suite de ces soubresauts ?

Écrit par deux spécialistes de l’Afrique francophone, de la sécurité et de la gouvernance, cet ouvrage brosse un large panorama de la politique africaine, des contraintes qu’elle subit et des espoirs qu’elle suscite.

. Scott M.Moore, China’s Next Act : How Sustainability and Technology are Reshaping China’s Rise and the World’s Future, Oxford, Oxford University Press, juillet 2022.

Ever since China began its ascendancy to great-power status in the 1980s, observers have focused on its growing economic, military, and diplomatic power. But in recent years, Chinese officials, businesses, and institutions have increased their visibility and influence on every major global issue,

from climate change and artificial intelligence to biotechnology and the global Covid-19 pandemic. How have these newer issues changed China’s relationship with the world ? And, importantly, how can we prepare for a future increasingly shaped by China ?

In China’s Next Act, Scott M. Moore re-envisions China’s role in the world, with a focus on sustainability and technology. Moore argues that these increasingly pressing, shared global challenges are reshaping China’s economy and foreign policy, and consequently, cannot be tackled without China. Yet
sustainability and technology present opportunities for intensified economic, geopolitical, and ideological competition—a reality that Beijing recognizes. The US and other countries must do the same if they are to meet ecological and technological challenges in the decades ahead. In some areas,
like clean technology development, competition can be good for the planet. But in others, it could be catastrophic—only cooperation can lower the risks of artificial intelligence and other disruptive new technologies.
In this clearly written and accessible overview, Moore examines how countries like the US must balance cooperation and competition with China in response to shared challenges. With an emphasis on opportunities as well as threats, Moore addresses not only key developments in sustainability and
technology within China, but also their implications for foreign countries, companies, and other organizations. China’s influence on sustainability and technology is both global and granular—and twenty-first century China itself looks more like a network than a nation-state. Featuring original
interviews and an in-depth look at Chinese government policy, China’s Next Act provides a unique—and uniquely balanced—window into these new dimensions of China’s global ascension.

. Simon Dalby, Rethinking Environmental Security, Cheltenham, Edward Elgar Publishing, mai 2022.

This thought-provoking book explores how the global ecological crisis profoundly challenges conventional meanings of environmental security and raises important questions about how states and other institutions now face the future.

. Aditi Malhotra, India in the Indo-Pacific. Understanding India’s security orientation towards Southeast and East Asia, Columbia, Columbia University Press, juin 2022.

In view of the fast-changing world order, emerging countries are increasingly influencing the dynamics of regional securities. This timely and in-depth book examines India’s reorienting strategic posture and describes how New Delhi’s security policy in the Indo-Pacific region has evolved and expanded over the past two decades. The author argues that India’s quest to leverage its geostrategic location to emerge as an Indo-Pacific actor faces multiple challenges, which create a clear divide between the country’s political rhetoric and action on the ground. The author critically examines these contradictions to better situate India’s security role in an increasingly fluid Indo-Pacific region.

. Clarissa Correa Neto Ribeiro, Overlapping Regional Organizations in South America and Africa, Cham, Springer, juin 2022.

This book discusses the interaction between and the impact of overlapping actions by regional organizations while dealing with critical events. It compares all the sub-regions in South America and Africa from this perspective and creates new knowledge through cross-regional gleanings. The book analyses types of institutional interaction among regional organizations and the effects of overlapping actions on the coexistence or fracturing of regional processes. It examines and compares the dynamics of these interactions in both South America and Africa. The book contributes to the study of comparative regionalism by providing generalization and institutional learning based on a cross-regional approach. It gives to students, researchers and interested readers an understanding of the complexity of regional affairs in multi-organizational environments.

. Delphine Lacombe, Violences contre les femmes. De la révolution aux pactes pour le pouvoir (Nicaragua, 1979-2008). Rennes, Presses Universitaires de Rennes, juillet 2022.

Comment comprendre la politisation des violences sexistes, et leur perpétuation dans un environnement institutionnel en apparence favorable à leur sanction ? Ce livre retrace la construction en enjeu public des violences contre les femmes au Nicaragua, et la façon dont ce phénomène traverse historiquement trois régimes politiques (de la fin de la dictature des Somoza à l’essai d’instauration démocratique) et une guerre civile en période de guerre froide. Cet enjeu a été consubstantiel au façonnement du féminisme nicaraguayen de la deuxième vague, en collusion et en collision avec les dirigeants révolutionnaires sandinistes. Puis, il s’est inscrit dans une nouvelle acception des droits humains. L’investissement de ce langage juridique a engendré une production contradictoire du droit, où ont fini par se côtoyer la pénalisation des violences intrafamiliales et sexuelles, et l’interdiction totale de l’avortement. Enfin, ces processus ont paradoxalement contribué au reflux d’une expression latente sur les crimes sexistes perpétrés sur les fronts guerriers.

Cet ouvrage permet de relire l’histoire nicaraguayenne contemporaine à l’aune du genre. Il apporte un regard neuf sur l’imbrication des pactes patriarcaux et de pouvoir dans l’entretien des violences sexistes. Il fournit des éléments de compréhension plus généraux sur la façon dont les politiques contre ces violences sont menées dans une sorte de dissociation instrumentale entre l’objet fédérateur qu’elles représentent, et l’étouffement de controverses plus souterraines qu’elles engendrent à propos de l’impunité masculine.

. Guibourg Delamotte, La démocratie au Japon, singulière et universelle, Lyon, ENS Éditions, juin 2022.

La démocratie japonaise est-elle née en 1945, est-elle le fruit d’une greffe démocratique réalisée par les Américains ? Sans doute en partie. Mais le présent ouvrage s’attache à démonter ces idées reçues pour montrer que si la démocratie s’est enracinée au Japon à partir de 1947, c’est parce qu’il n’était pas sans expérience du débat politique et du jeu électoral. Sa monarchie constitutionnelle avait non seulement préparé le terrain, mais aussi légué au Japon un héritage et des habitudes politiques qu’il a longtemps conservés. Le cadre institutionnel de la démocratie japonaise se transforme néanmoins depuis les années 1990. Comme le montre ce travail de recherche, le modèle hybride créé par les Américains en 1947, associant des caractéristiques anglaises et américaines, se présidentialise. Il s’agit, enfin, d’un système politique qui, malgré ses imperfections et la crise de représentation qu’il traverse, sait se remettre en question et se réformer. Peut-être y a-t-il des enseignements à en tirer pour la France ?

. Meryem Marzouki, Andrea Calderaro (dir.), Internet Diplomacy - Shaping the Global Politics of Cyberspace, Lanham, Rowman & Littlefield, juin 2022.

The governance of the internet has gained a central role in global politics. International cooperation is increasingly mobilized to ensure that the expansion of connectivity infrastructure, digital services and their usages also safeguards security, human rights, and economic benefits. The field is truly transnational, including a vibrant stakeholder community that plays an active role in building sustainable ‘digital sovereignty’. Over the past decade, novel diplomatic practices have been adopted in negotiating technical standards, norms, regulations, and policies in the intersection of national and global priorities.

This book defines this novel tool for diplomatic dialogue as Internet Diplomacy, a concept that entails the broad range of emerging international practices clustered around digital environments, including cybersecurity and internet governance. In broadening our view of diplomacy in the digital age, the book includes a comprehensive collection of contributions and cases addressing Internet Diplomacy. Collectively, it expands our understanding of transformations in international diplomacy and transnational digital governance, their drivers and their nature, their capacity to challenge power relations, and, ultimately, the values they carry and channel onto the global scene.

. Stéphanie Latte Abdallah, Des morts en guerre. Rétention des corps et figures du martyr en Palestine, Paris, Karthala, juin 2022.

Depuis les années 1960, des défunts palestiniens disparaissent, sont sommairement enterrés dans les « cimetières des nombres » ou gardés à la morgue. Ces morts sont des fedayin, des martyrs – hommes ou, plus rarement, femmes – ayant conduit des attentats, ou des personnes tuées par erreur. Leur détention post-mortem et leur retour en terre relèvent d’une économie de l’inimitié, guerrière, et d’une extension sans fin d’une toile carcérale sur les Territoires palestiniens. Leur mobilité, les lieux d’ensevelissement, les traces qu’ils laissent dans l’espace public sont autant de marqueurs frontaliers.

Cet ouvrage aborde les mobilisations politiques, celles de la société civile et des familles, pour retrouver ces dépouilles, à partir d’une enquête ethnographique, de documents d’archives et d’écrits de proches de ces défunts. Il analyse les transformations de la figure sociale et politique du martyr, mais aussi les relations personnelles, genrées et émotionnelles entretenues avec les morts. Il interroge la nécro-violence, la catégorie de la victime et la légitimité des affects dans une histoire conflictuelle inachevée.

. Alain Dieckhoff, Israël-Palestine : une guerre sans fin ? - 2e édition, Paris, Armand Colin, mai 2022.

Ce livre s’adresse aux lecteurs souhaitant recueillir un point de vue distancié et objectif sur un sujet qui suscite passions et controverses. Juin 1967, une victoire empoisonnée pour Israël ? Que faire avec le Hamas ? Les États-Unis, un acteur partial ? La solution des deux États est-elle encore possible ? Le conflit israélo-palestinien soulève beaucoup de débats, de passions et de fantasmes. Il doit cette place singulière à son exceptionnelle durée, à la terre chargée de symboles religieux où il se déroule et aux protagonistes qui s’affrontent. Chacun peut avoir une opinion sur ce conflit, encore faut-il qu’elle repose sur une approche raisonnée de ses origines, de ses logiques et de ses dynamiques. Pour ne plus se contenter des idées reçues, l’auteur répond ici à vingt-deux questions essentielles.

. Daniel Moore, Offensive Cyber Operations. Understanding Intangible Warfare, Londres, Hurst Publishers, mai 2022.

Cyber-warfare is often discussed, but rarely truly seen. When does an intrusion turn into an attack, and what does that entail ? How do nations fold offensive cyber operations into their strategies ? Operations against networks mostly occur to collect intelligence, in peacetime. Understanding the lifecycle and complexity of targeting adversary networks is key to doing so effectively in conflict.

Rather than discussing the spectre of cyber war, Daniel Moore seeks to observe the spectrum of cyber operations. By piecing together operational case studies, military strategy and technical analysis, he shows that modern cyber operations are neither altogether unique, nor entirely novel. Offensive cyber operations are the latest incarnation of intangible warfare–conflict waged through non-physical means, such as the information space or the electromagnetic spectrum.

Not all offensive operations are created equal. Some are slow-paced, clandestine infiltrations requiring discipline and patience for a big payoff ; others are short-lived attacks meant to create temporary tactical disruptions. This book first seeks to understand the possibilities, before turning to look at some of the most prolific actors : the United States, Russia, China and Iran. Each has their own unique take, advantages and challenges when attacking networks for effect.

. Hugo Meijer, Awakening to China’s Rise. European Foreign and Security Policies toward the People’s Republic of China. Oxford, Oxford University Press, juillet 2022.

Awakening to China’s Rise provides the most comprehensive analysis to date of how Europe’s major powers have responded to the re-emergence of China as a great power in world politics since the end of the Cold War. To do so, it puts forward a unique cross-regional comparison of how the major European powers (France, Germany and the United Kingdom) have confronted Chinese assertiveness both in the Asia-Pacific and in Europe. Firstly, it analyses their response to China’s increasingly muscular regional posture in the Asia-Pacific through the development of diplomatic and security initiatives with partners in the region. Secondly, it delineates how they have confronted China’s inroads into Europe, looking at the measures that they have taken to tackle Chinese investments in, and supply of, technologies in strategic sectors such as critical national infrastructures, dual-use technologies, and in the digital domain, including Huawei’s 5G networks. A longstanding assumption in the IR literature has been that European foreign policies toward the People’s Republic of China have been driven by a ’naïve’ and self-interested focus on the economic opportunities presented by such a vast market, overlooking security considerations. This book challenges such common belief through a detailed examination of the policies of France, Germany and the United Kingdom from 1989 to the present. Its central argument is that, whereas this assessment aptly characterized the first two post-Cold War decades, Beijing’s growing assertiveness after 2009 caused the three major European powers to awaken to China’s rise. In the 2010s, heightened threat perceptions of China, coupled with increasingly competitive bilateral economic relations with the PRC, have gradually and cumulatively caused the hardening of their policy goals which, in turn, translated into the formulation of new policy instruments to confront such a challenge. To substantiate this argument, the book relies on a large body of previously undisclosed primary sources, including : 223 interviews conducted with senior officials in Europe (Berlin, Brussels, London, Paris), in the United States (Washington DC), and in Asia (Beijing, Shanghai, New Delhi, Seoul) ; declassified archival documents from France, the UK and Germany ; leaked US diplomatic cables ; and new data on European naval deployments.

. Isaías Barreñada, Breve historia del Sahara Occidental, Madrid, Catarata, juin 2022.

El Sahara Occidental es un ilustrativo ejemplo de conflicto que la comunidad internacional ha dejado deteriorarse. Como ha señalado Naciones Unidas, este conflicto no concita un verdadero esfuerzo de la comunidad internacional porque pasa desapercibido, no toca intereses duros de las potencias globales y, aparentemente, no supone un riesgo para la paz y la seguridad internacional. En la actualidad, dos terceras partes del territorio del Sahara Occidental están ocupadas ilegalmente por Marruecos, donde ha implantado colonos y explota los recursos naturales, mientras cerca de 200.000 saharauis malviven en los campamentos de refugiados en el suroeste de Argelia. Además, desde noviembre de 2020 se han retomado las hostilidades armadas entre el Frente Polisario y Marruecos. Por otra parte, el Sahara Occidental es uno de los grandes temas pendientes de la historia reciente de España. El tardofranquismo entregó su última colonia y a su población a Marruecos, incumpliendo con sus obligaciones y compromisos con Naciones Unidas. Desde entonces, España se ha alineado con el ocupante y ha sido una pieza clave en la impunidad creada. Este libro no pretende recapitular de manera exhaustiva la historia de los saharauis ni es una explicación lineal y clásica del conflicto. Busca dar elementos para entender lo que está ocurriendo, y para ello presenta distintos aspectos de la realidad contemporánea saharaui y muestra cómo sigue siendo una cuestión relevante para España.

. Işıl Erdinç, Benjamin Gourisse (dir.), La domination politique en Turquie. Une analyse relationnelle, Paris, Karthala, juin 2022.

Ce livre analyse les reconfigurations du politique en Turquie en mettant à l’épreuve différentes perspectives et en proposant de nouveaux questionnements, élaborés principalement à partir d’enquêtes qualitatives sur la Turquie et de réflexions théoriques construites sur d’autres terrains.

En observant les ramifications économiques, confessionnelles, ethniques et sociales de la domination politique et de sa contestation, les historiens, anthropologues, sociologues et politistes rassemblés ici étudient notamment : les modalités de structuration et de reproduction des champs du pouvoir ; les processus d’autonomisation et de perte d’autonomie des institutions et des champs sociaux ; les modes de légitimation et de contestation des ordres politiques. Ce faisant, les contributions portent sur les intermédiaires de gouvernement, les maires de quartier, les stratégies syndicales, les manifestations, les politiques publiques, les madrasas clandestines kurdes, la démilitarisation de la politique étrangère et la répression menée par l’État à l’encontre de ses opposants à l’étranger.
L’ouvrage apporte ainsi une contribution importante aux débats en sciences sociales relatifs à la recomposition des États et des modes de gouvernement, à l’hybridation des régimes politiques, aux compétitions/coopération entre différentes échelles de pouvoirs et à l’articulation des dynamiques locales, nationales et internationales dans la pérennisation et la contestation des rapports de domination politique.

. Pierre Fuller, Modern Erasures. Revolution, the Civilizing Mission, and the Shaping of China’s Past,Cambridge, Cambridge University Press, mars 2022.

Modern Erasures is an ambitious and innovative study of the acts of epistemic violence behind China’s transformation from a semi colonized republic to a Communist state over the twentieth century. Pierre Fuller charts the pedigree of Maoist thought and practice between the May Fourth movement of 1919 and the peak of the Cultural Revolution in 1969 to shed light on the relationship between epistemic and physical violence, book burning and bloodletting, during China’s revolutions. Focusing on communities in remote Gansu province and the wider region over half a century, Fuller argues that in order to justify the human cost of revolution and the building of the national party-state, a form of revolutionary memory developed in China on the nature of social relations and civic affairs in the recent past. Through careful analysis of intellectual and cultural responses to, and memories of, earthquakes, famine and other disaster events in China, this book shows how the Maoist evocation of the ’old society’ earmarked for destruction was only the most extreme phase of a transnational, colonial-era conversation on the ’backwardness’ of rural communities.

. Nicolas Werth, Poutine historien en chef,Montréal, Les Presses de l’Université de Montréal, mai 2022.

Le 24 février 2022, l’opinion mondiale découvre avec stupeur le discours de Vladimir Poutine justifiant l’invasion de l’Ukraine, au prétexte de faire cesser un « génocide » exercé par un régime qu’il convient de « dénazifer ». Cette extraordinaire falsification de l’histoire s’inscrit dans le droit fil du grand récit national construit au cours des vingt dernières années par Vladimir Poutine et dont l’ONG Mémorial fit les frais en 2021. Ce récit, exaltant la grandeur d’une « Russie éternelle » face à un Occident agressif et décadent, n’admet aucune contestation pour servir les intérêts géopolitiques d’un régime dictatorial et répondre aux attentes d’une société désorientée suite à l’effondrement du système soviétique. Ce livre éclaire les origines de cette distorsion des faits historiques et la façon dont elle est mise en œuvre pour légitimer la première guerre du XXIe siècle sur le continent européen.

. Anthony Guyon, Les tirailleurs sénégalais - De l’indigène au soldat de 1857 à nos jours, Paris, Perrin, juin 2022.

La première histoire globale d’un corps d’armée mythique. Créé par décret impérial en juillet 1857, le premier bataillon de tirailleurs n’a de sénégalais que le nom : en effet, ce corps de militaires constitué au sein de l’empire colonial français regroupe en réalité toute la " force noire " - c’est-à-dire les soldats africains de couleur qui se battent pour la France. Si les études portant sur le rôle des tirailleurs sénégalais dans les deux conflits mondiaux sont légion, rares sont les ouvrages qui retracent toute leur histoire, de la création de ce corps au XIXe siècle à sa dissolution en 1960.

S’intéressant aux trajectoires collectives comme aux destins individuels (le militant Lamine Senghor, le résistant Addi Bâ ou encore le Français libre Georges Koudoukou), Anthony Guyon propose ici la première synthèse globale sur le sujet. Il revient sur les moments de gloire de cette armée - comme la défense de Reims en 1918, la bataille de Bir Hakeim en 1942 ou l’opération Anvil en 1944 -, autant que sur les tragédies qui jalonnent également son parcours (citons notamment les terribles massacres commis par la Wehrmacht à leur encontre lors de la campagne de France).

Loin des habituels clichés qui font que, aujourd’hui encore, l’iconographie dégradante incarnée par " Y’a bon Banania " demeure l’un des premiers éléments associés à l’identité des tirailleurs sénégalais, cet ouvrage à la fois complet et accessible illustre toute la complexité de leur position à mi-chemin entre les sociétés coloniales et l’autorité métropolitaine. A mettre entre toutes les mains.

. Bruno Charbonneau, Maxime Ricard, Routledge Handbook of African Peacebuilding, Londres, Routledge, mai 2022.

Africa lies at the centre of the international community’s peacebuilding interventions, and the continent’s rich multitude of actors, ideas, relationships, practices, experiences, locations, and contexts in turn shapes the possibilities and practices of contemporary peacebuilding. This timely new handbook surveys and analyses peacebuilding as it operates in this specifically African context.

The book begins by outlining the evolution and the various ideologies, conceptualizations, institutions, and practices of African peacebuilding. It identifies critical differences in how African peacebuilders have conceptualized and operationalized peacebuilding. The book then considers how different actors sustain, construct, and use African infrastructure to identify and analyse converging, differing, or competing mandates, approaches, and interests. Finally, it analyses specific thematic issues such as gender, justice, development, democracy, and the politics of knowledge before ending with in-depth analyses of case studies drawn from across the continent.

Bringing together an international line-up of expert contributors, this book will be an essential read for students and scholars of African politics, post-conflict reconstruction, security, and peace and conflict studies.

. David H. Ucko, The Insurgent’s Dilemma. A Struggle to Prevail. Londres, Hurst Publishers, mars 2022.

Despite attracting headlines and hype, insurgents rarely win. Even when they claim territory and threaten governmental writ, they typically face a military backlash too powerful to withstand. States struggle with addressing the political roots of such movements, and their military efforts mostly just ‘mow the grass’ ; yet, for the insurgent, the grass is nonetheless mowed–and the armed project must start over. This is the insurgent’s dilemma : the difficulty of asserting oneself, of violently challenging authority, and of establishing sustainable power.

In the face of this dilemma, some insurgents are learning new ways to ply their trade. With subversion, spin and disinformation claiming centre stage, insurgency is being reinvented, to exploit the vulnerabilities of our times and gain new strategic salience for tomorrow. As the most promising approaches are refined and repurposed, what we think of as counterinsurgency will also need to change.

The Insurgent’s Dilemma explores three particularly adaptive strategies and their implications for response. These emerging strategies target the state where it is weak and sap its power, sometimes without it noticing. There are options for response, but fresh thinking is urgently needed–about society, legitimacy and political violence itself.

. Mariel Reiss, Constructing the East African Community. Diffusion from African and European Regional Organizations, Londres, Routledge, mai 2022.

This book provides a systematic analysis of the establishment and decision-making processes concerning the institutional design of the East African Community (EAC) throughout the 1990s and discusses to what extent these were impacted and inspired by other regional organizations from Africa and Europe.

Analysing the decision-making processes that led to the set-up of the EAC, the book explores the extent to which they were impacted by several other regional organizations, namely the Organization of African Unity (OAU), the Common Market for Eastern and Southern Africa (COMESA), the Southern African Development Community (SADC), the European Union (EU), and the first EAC. The findings indicate that the relevant east African state and non-state actors adopted substantial aspects from the first EAC, the EU, and the COMESA and adapted them to set up the current EAC. This book demonstrates that the perception of other regional organizations and their institutional design considerably effected the construction of the EAC ; here, its own past provided crucial learning objectives, which challenges the notion of mimicry or replica regional organizations of the EU in the Global South.

This work will be of particular interest to scholars and students of regional and international organizations, international relations, multilevel governance approaches as well as diffusion literature.

. Thomas Boccon-Gibod, Alban Mathieu, Monnaie, souveraineté et démocratie, Paris, Gallimard, juin 2022.

À l’heure où une nouvelle crise économique heurte de plein fouet les sociétés globalisées, une réflexion sur l’articulation du politique et de l’économique est plus que jamais indispensable. La monnaie est l’objet incontournable pour penser une telle articulation.
Quelles sont les origines du lien entre la monnaie et le pouvoir de l’État ? Comment celui-ci est-il susceptible, néanmoins, d’insuffler des principes démocratiques dans l’économie de marché ? Quelles perspectives, enfin, se dessinent pour penser la monnaie face aux enjeux sociaux et environnementaux du futur ?
Pour apporter des réponses à ces questions, l’ouvrage réunit des contributions de disciplines variées, de la philosophie à l’économie en passant par la sociologie politique.

. François Nicoullaud, Des atomes, des souris et des hommes. France-Iran : leurs relations nucléaires jusqu’à l’accord de Vienne,Paris, Hémisphères Éditions, juin 2022.

Le nucléaire iranien : une histoire française ? Dans les années 1970, la France fut un ardent promoteur du programme nucléaire iranien : formation d’ingénieurs au CEA, construction de centrales, partenariat pour enrichir l’uranium. Hommes politiques et entreprises françaises se succèdent à Téhéran et rivalisent pour bénéficier des pétrodollars et des ambitions régionales du chah. On ne se préoccupe pas trop des risques de prolifération.

La révolution iranienne de 1979 met un terme à cette euphorie. Les contentieux financiers se mêlent alors aux conflits politiques liés à la guerre Irak-Iran : attentats à Paris, prises d’otages au Liban. Derrière les drames et les discours politiques, le vrai cœur du conflit, c’est le nucléaire.

A partir de 2002, la dimension militaire du programme nucléaire iranien devient un enjeu international. A Paris, ceux qui approuvent la politique américaine de sanctions et les menaces de guerre contre l’Iran s’opposent aux partisans d’une approche réaliste et diplomatique. Guerre ou diplomatie ? Le Quai d’Orsay n’était pas toujours sur la même ligne que l’Elysée.

François Nicoullaud a été le témoin de ces tractations secrètes, des dessous du terrorisme, des coups tordus entre Français, des opérations médiatiques mensongères, et l’un des acteurs des négociations qui ont abouti à l’Accord de Vienne en 2015. Dans ce livre posthume, il fait œuvre d’historien, archives diplomatiques et témoins à l’appui, et intervient dans le débat en affirmant ses convictions de diplomate et d’homme de paix que certains ont cherché à lui faire payer. Un vrai roman politico-diplomatique et historique, rédigé d’une plume élégante, sans fard et avec cœur.

. Jean-François Daguzan, Le cerisier d’Ezo. Un samouraï français, Roman historique, éd. Balland, 2022.

En 1867, l’Empereur Napoléon III envoie une mission de formation et modernisation militaire au Shogun Tokugawa Yoshinobu, dont la famille tient le Japon depuis plus de trois cents ans. Mais ce pouvoir vit ses derniers mois et les hommes se retrouvent plongés dans une terrible guerre civile qui va conduire à la destitution du Shogun et au retour du pouvoir de l’Empereur Meiji en 1868.

La quinzaine de Français est ballotée au gré de ces évènements tragiques. L’un d’entre eux, Jules Brunet, polytechnicien et capitaine de l’artillerie de la Garde, prend fait et cause pour ceux qui combattent le rétablissement de l’empire, déserte, et part lutter à leurs côtés jusqu’à créer une éphémère République dans l’île japonaise du Nord, Ezo (aujourd’hui Hokkaïdo).
Ce livre conte l’incroyable histoire à peine romancée de Brunet et de ses hommes. Batailles, trahisons, complots et histoires d’amour se conjuguent pour offrir une folle épopée lyrique dont la réalité dépasse souvent la fiction.
Cette histoire a inspiré Hollywood, qui a transposé l’histoire dix ans plus tard, avec pour héros un officier américain interprété par Tom Cruise dans « Le dernier samouraï » d’Edward Zwick, en 2004.
Or le “vrai" dernier samouraï était Jules Brunet, et voici son extraordinaire histoire.

. Fuego en el horizonte, España en la nueva geopolítica mundial, Madrid, Esfera de los Libros, juin 2022.

Descifrando la Guerra, uno de los medios de comunicación digitales más influyentes en materia geopolítica, traza en este libro la transición entre el viejo orden mundial unipolar y el nuevo, en el que múltiples potencias se disputarán el poder internacional en cinco escenarios que podrían ser clave para el futuro del mundo : Europa, el Sahel, el Mediterráneo oriental, Latinoamérica y Estados Unidos-China.

Además, se analiza con especial atención la posición actual de España y el rol que puede desempeñar en un nuevo orden multipolar de configuración incierta y consecuencias todavía imprevisibles.

Un libro revelador y fundamental para comprender el contexto, la historia y los fenómenos sociopolíticos y económicos que ocupan nuestro presente y moldean nuestro futuro.

. Hadi Dolatabadi, Droite et gauche en Iran. De la culture à la politique. Paris, L’Harmattan, mai 2022.

Nées durant les tumultes de la Révolution française, les notions « droite » et « gauche » font office de passe-partout politique. Or, leur dualité s’est associée à des idées et des politiques qui ne sont pas restées les mêmes d’une société à l’autre. L’Iran a accueilli, entre autres apports occidentaux et français, la dichotomie droite-gauche dans le discours politique. Bien que nouveaux dans ce champ, « droite » et « gauche » véhiculent avant tout des sens et des valeurs associés à la langue et la culture iraniennes. Cet ouvrage présente les aspects linguistiques, culturels et religieux liés aux équivalents de ces concepts en persan, avant de s’intéresser à leur insertion dans le monde politique iranien au lendemain de la Révolution constitutionnelle. Sont ensuite examinées les étapes de ce discours ainsi que la vie des forces politiques sous la monarchie des Pahlavis et la République islamique.

. Jérôme Tournadre, The Politics of the Near : On the Edges of Protest in South Africa, New York, Fordham University Press, mai 2022.

The Politics of the Near offers a novel approach to social unrest in post-apartheid South Africa. Keeping the noise of demonstrations, barricades, and clashes with the police at a distance, this ethnography of a poor people’s movement traces individual commitments and the mainsprings of mobilization in the ordinary social and intimate life of activists, their relatives, and other township residents.

Tournadre’s approach picks up on aspects of activists’ lives that are often neglected in the study of social movements that help us better understand the dynamics of protest and the attachment of activists to their organization and its cause. What Tournadre calls a “politics of the near” takes shape, through sometimes innocuous actions and beyond the separation between public and domestic spheres.

By mapping the daily life of Black and low-income neighborhoods and the intimate domain where expectations and disappointments surface, The Politics of the Near offers a different perspective on the “rainbow nation”—a perspective more sensitive to the fact that, three decades after the end of apartheid, poverty and race are still as tightly interwoven as ever.

. Maïka Sondarjee, Perspectives féministes en relations internationales, Montréal, Les Presses de l’Université de Montréal, mai 2022.

« La politique internationale est un monde d’hommes », disait en 1988 la féministe étatsunienne Ann Tickner, théoricienne des relations internationales. Il semble que cette constatation soit toujours d’actualité quelque trente années plus tard. Dès la création de la première chaire de recherche dans ce domaine, en 1919, c’est une vision masculine et occidentale du monde qui a prédominé. Les choses sont en train de changer, lentement, avec la place de plus en plus grande que prennent divers groupes de femmes au sein des facultés universitaires et des instances de pouvoir, et ce, partout dans le monde.

Cet ouvrage au pari ambitieux – relevé avec brio – présente la variété et la richesse méthodologique et théorique des perspectives féministes sur les relations internationales, qui déconstruisent un certain récit conservateur de la discipline et offrent une vision approfondie des débats internationaux. Vingt-neuf chercheuses et deux chercheurs d’une douzaine de pays, associés à une vingtaine d’institutions, proposent des contributions sur la gouvernance mondiale, l’économie politique, la sécurité internationale et les mouvements transnationaux dans leur imbrication avec le genre, l’hétéronormativité, le racisme systémique, le colonialisme, les enjeux autochtones ou l’immigration.

. Safietou Diack, Eurafrique. Les jeunes de la rue à Dakar. Être faqman, entre marginalisation et reconnaissance sociale, Paris, Karthala, avril 2022.

À Dakar (Sénégal), des enfants et des jeunes ont investi des recoins abandonnés de l’espace public. Ils vivent de mendicité, de récupération, de petits travaux, mais également de pratiques à la limite de la légalité (vols, consommation de stupéfiants…). Communément désignés par le terme de faqman (fugueur), ces jeunes quittent leur famille ou leur daara (école coranique) pour la rue.
Leur apparence, leurs comportements, leurs activités, mais surtout la perception qu’en ont les populations, leur valent d’être mis en marge et stigmatisés. Leur présence dans la rue est réprimée par les autorités publiques quand des acteurs humanitaires de leur côté proposent de les « réinsérer » dans la société. Qualifiés de marginaux qui quittent les cadres sociaux conventionnels pour développer dans la rue des « contre-valeurs », les faqman continuent toutefois de partager avec leurs concitoyens un même univers moral et symbolique.
Ce livre est une ethnographie de l’expérience que ces jeunes font de la rue. En s’intéressant au sens subjectif qu’ils donnent à leur présence dans les espaces publics, il déconstruit des approches de la figure du faqman jusque-là cantonné aux statuts de victime et de déviant.

. Michel Foucher, Ukraine-Russie : la carte mentale du duel, Coll. Tracts n°39, Gallimard, mai 2022.

« L’Ukraine est vue de Moscou comme la pièce essentielle d’un dispositif de protection à contrôler ou, au mieux, à neutraliser. » Michel Foucher.

Arpentant les contrées d’Europe médiane et orientale depuis une trentaine d’années, le géographe et diplomate Michel Foucher, spécialiste des frontières géopolitiques, analyse le confit russo-ukrainien en mettant au jour la cartographie mentale - historique, politique, territoriale et identitaire - du duel qui oppose les deux nations suite à l’agression fratricide lancée par Vladimir Poutine. Cette cartographie entre Baltique et mer Noire, étendue par ses causes et ses effets à l’Europe entière, porte l’empreinte d’une confrontation entre un passé qui ne veut pas passer - celui de la Russie, comme puissance autocratique et impériale - à un futur qui ne semble devoir naître que dans la résistance et la souffrance, celui de l’Ukraine comme État-nation souverain « inclinant vers le monde euroatlantique » (Havel). Un duel qui affecte gravement l’état du monde et dont le déroulement et l’issue nous concernent tous.

. Michel Niqueux. Le conservatisme russe aujourd’hui. Essai de généalogie. Presses universitaires de Caen, mai 2022.

Le conservatisme a été adopté en août 2009 comme idéologie officielle du parti du pouvoir de Vladimir Poutine, Russie unie, fondé en 2001. Poutine lui-même se définira comme conservateur en septembre 2013. Il s’agit là d’un retournement idéologique complet par rapport à l’époque soviétique, où les penseurs conservateurs étaient à l’index. Quelles sont les sources du conservatisme russe et ses caractéristiques, quel est aujourd’hui son rôle, sa place et sa spécificité par rapport aux (néo)-conservatismes d’Europe ou des États-Unis ?

C’est à ces questions, qui concernent l’Occident dans la mesure où le conservatisme se construit en opposition à lui et se veut un modèle à exporter, que tâche de répondre cette première histoire, en France, du conservatisme russe. Elle présente les différentes expressions, des plus modérées aux plus extrémistes, que le conservatisme a prises depuis le début du XIXe siècle, et replace le conservatisme officiel actuel dans la longue histoire politique et intellectuelle de la Russie.

. Bates Gill, Daring to Struggle : China’s Global Ambitions Under Xi Jinping, Oxford, Oxford University Press, mai 2022.

Increasingly powerful, prosperous and authoritarian, China under the leadership of Xi Jinping has become a more intense competitor across the globe — economically, technologically, diplomatically, militarily, and in seeking to influence people’s hearts and minds. But what does China ultimately want in the world ?

In this timely and illuminating book, internationally renowned China scholar Bates Gill explains the fundamental motivations driving the country’s more dynamic, assertive and risk-taking approach to the world under Xi Jinping. With original and perceptive analysis, Daring to Struggle focuses on six increasingly important interests for today’s China — legitimacy, sovereignty, wealth, power, leadership and ideas — and details how the determined pursuit of them at home and abroad profoundly shapes its foreign relationships, contributing to a more contested strategic environment in the Indo-Pacific and beyond.

Readers will gain richer insights on : the increasing role of the Chinese Communist Party in the country’s international affairs ; the looming risks of conflict in areas of contested sovereignty around China’s periphery ; Beijing’s dramatically changing approach to foreign economic relations ; its expanding use of economic leverage and military coercion ; China’s aspirations to greater leadership in global governance ; and the well-resourced promotion of its ideas, image and influence across the world.

. Brendon J. Cannon, Kei Hakata, Indo-Pacific Strategies. Navigating Geopolitics at the Dawn of a New Age. Londres, Routledge, mars 2022.

This book focuses on the Indo-Pacific region’s growing prominence as the world’s major powers gravitate toward this space to expand their influence.

With dynamic shifts taking place in the globe’s most strategically volatile region, Indo-Pacific Strategies aims at clarifying the geopolitics of the Indo-Pacific, expounded both as a strategic concept and nascent region, thus contributing to the burgeoning policy and academic debate. The book offers indispensable insights and appropriate remedies to maintain the rules-based international order as threatened by China’s increasingly assertive and bellicose posturing. It offers up-to-date analyses of Covid-19-related geopolitical trends, the strategies of various Indo-Pacific states against the backdrop of great power competition, the increasingly confrontational stance of Indo-Pacific states against China and the 2020 US election results.

This unique book presents deep insights into the roles of Eurasia, small island states, the Middle East and Africa, in addition to Australia, India, Japan and the US, thereby providing much needed comparative studies. It also closely investigates the strategic and tactical operationalization of the Indo-Pacific, making it an essential read for scholars, policymakers, students, and strategists in the field of international politics and Area Studies.

. Jason K. Stearns, The War That Doesn’t Say Its Name : The Unending Conflict in the Congo, Londres, Routledge, mars 2022.

What is Pan-Americanism ? People have been struggling with that problem for over a century. Pan-Americanism is (and has been) an amalgam of diplomatic, political, economic, and cultural projects under the umbrella of hemispheric cooperation and housed institutionally in the Pan-American Union, and later the Organization of American States. But what made Pan-Americanism exceptional ? The chapters in this volume suggest that Pan-Americanism played a central and lasting role in structuring inter-American relations, because of the ways in which the movement was reinvented over time, and because the actors who shaped it often redefined and redeployed the term. Through the twentieth century, new appropriations of Pan-Americanism structured, restructured, and redefined inter-American relations. Taken together, these chapters underscore two exciting new shifts in how scholars and others have come to understand Pan-Americanism and inter-American relations. First, Pan-Americanism is increasingly understood not simply as a diplomatic, commercial, and economic forum, but a movement that has included cultural exchange. Second, researchers, political leaders, and the media in several countries have traditionally conceived of Pan-Americanism as a mechanism of US expansionism. This volume reimagines Pan-Americanism as a movement built by actors from all corners of the Americas.

. Jeffrey Mankoff, Empires of Eurasia. How Imperial Legacies Shape International Security, New Haven, Yale University Press, juin 2022.

Eurasia’s major powers—China, Iran, Russia, and Turkey—increasingly intervene across their borders while seeking to pull their smaller neighbors more firmly into their respective orbits. While analysts have focused on the role of leaders such as Vladimir Putin and Recep Tayyip Erdoğan in explaining this drive to dominate neighbors and pull away from the Western-dominated international system, they have paid less attention to the role of imperial legacies. Jeffrey Mankoff argues that what unites these contemporary Eurasian powers is their status as heirs to vast terrestrial empires, whose collapse left all four states deeply entangled with the lands and peoples along their peripheries but outside their formal borders. Today, they have all found new opportunities to project power within and beyond their borders in patterns shaped by their respective imperial pasts.

. Peo Hansen, Stefan Jonsson, Eurafrique. Aux origines coloniales de l’Union européenne, Paris, La Découverte, mai 2022.

Alors que l’Europe, jadis triomphante, se trouve ravagée, appauvrie et divisée au sortir de la Première Guerre mondiale, un concept prometteur se diffuse dans les milieux dirigeants et intellectuels du Vieux Continent : l’Eurafrique !
Faire du continent africain le ferment de l’unité européenne : tel est le projet de Richard Coudenhove-Kalergi, chantre du mouvement paneuropéen, et de nombre de ses contemporains dans l’entre-deux-guerres. Le salut de l’Europe, affirment-ils, repose sur sa capacité à exploiter en commun les richesses des colonies africaines. Rivalisant avec la puissance montante des continents américain et asiatique, l’Eurafrique deviendra ainsi le pôle dominant de la géopolitique mondiale.
Le projet eurafricain, un temps caressé par les régimes fascistes, renaît de ses cendres après 1945 et inspire les « fondateurs » de l’Europe : Jean Monnet, Robert Schuman, Paul Henri Spaak, Konrad Adenauer. La France, principale puissance coloniale d’Europe continentale, joue alors un rôle essentiel. Malmené en Indochine puis en Algérie, Paris s’accroche à ses possessions africaines et fait de leur inclusion dans le marché commun européen une condition sine qua non à sa participation à la construction européenne.
C’est ce dossier qu’ouvrent Peo Hansen et Stefan Jonsson. Proposant une analyse inédite des négociations qui aboutiront à la signature du traité de Rome en 1957, ils dévoilent un pan méconnu de l’histoire de l’Union européenne : ses origines coloniales.

. Valérie Niquet, Taïwan face à la Chine. Vers la guerre ? Les clés pour comprendre, Paris, Éditions Tallandier, mai 2022.

Tensions, manœuvres et provocations se multiplient dans le détroit de Taïwan. Valérie Niquet nous donne les clés pour comprendre pourquoi l’île reste pour Xi Jinping, la « mère de toutes les batailles » et pourquoi les États-Unis se préparent à intervenir. Obsédé par son affirmation de puissance et la revanche sur le passé, le président chinois rêve de la « réunification de la patrie » d’ici 2049. Pourtant, l’ancienne Formose n’a jamais fait partie de la République populaire de Chine, son histoire est composée d’héritages divers : autochtones, populations venues du continent, colonisation japonaise… si bien qu’aujourd’hui seulement 5 % de ses habitants se « sentent chinois ». L’Empire du milieu se radicalise et se ferme tandis que Taipei apparaît comme de plus en plus légitime au reste du monde et sa non-reconnaissance à l’ONU comme une aberration. Sa modernité fondée sur l’esprit d’ouverture, l’innovation et la capacité d’adaptation et sa démocratisation accomplie sans violence à la fin des années 70 pourraient être demain un modèle alternatif plus performant et plus séduisant que le régime de Pékin. Mais le dynamisme et la résilience de ce David (23 millions d’habitants) face au Goliath chinois sont de moins en moins acceptables pour Xi Jinping qui brandit les menaces de « séparatisme » et attise les braises du nationalisme. Pour saisir tous les enjeux géopolitiques qui se jouent autour de Taïwan, il est nécessaire de comprendre son histoire, ses spécificités sociales, culturelles, économiques et politiques. C’est tout l’objectif de ce livre.

. Régis Genté, Stéphane Siohan, Volodymyr Zelensky. Dans la tête d’un héros, éd. Robert Laffont, mai 2022.

Depuis le 24 février 2022, 6 heure du matin, on ne voit plus guère le Président de l’Ukraine Volodymyr Zelensky qu’en pantalon de treillis et tee-shirt et veste kakis. Malgré les tentatives d’assassinat de la soldatesque russe, il est resté à la Bankova, le siège de la présidence en plein coeur de Kyiv, la capitale ukrainienne. Le décor pompeux de l’édifice est devenu surréaliste : les fenêtres ont été obturées de sacs de sable, les gardes du corps ont troqué le costume pour le gilet pare-balles, le Président Zelensky donne des interviews à la presse internationale mal rasé et assis sur les marches du hall d’entrée, au pied des imposantes colonnes.
C’est là que celui qui dirige l’ancienne république soviétique depuis 2019 s’est métamorphosé en chef de guerre, en l’incarnation de l’héroïsme de tout un peuple. C’est là qu’en quelques minutes, l’ancien comédien, jouant volontiers de sa petite taille et de ses mimiques, s’est imposé comme le commandeur d’un jeune pays âgé de 30 ans, qui lutte à la vie à la mort pour sa survie en tant qu’État-nation sur la carte de l’Europe.
Depuis ce 24 février, celui qui a tant fait rire ses plus de 43 millions de compatriotes joue la seule scène qu’il n’avait pas tournée dans sa série comique Slouga naroda (« Serviteur du Peuple ») : la scène de la guerre que lui a imposé Vladimir Poutine. Une scène tragique à souhait, cynique au possible, cruelle à l’extrême. Pour le reste, depuis sa belle élection de mai 2019, Volodymyr Zelensky, 43 ans, vivait sa présidence un peu comme il la jouait à l’écran, lorsqu’il incarnait Vassili Goloborodko, un petit professeur d’histoire devenu par accident Président dans l’Ukraine corrompu des oligarques.
Certes, la réalité l’avait déjà souvent rattrapé : les oligarques s’étaient montrés retors, Poutine s’était joué de sa naïveté de nouveau (vrai) Président, Donald Trump avait tenté de le faire chanter en exploitant une supposée affaire de corruption du fils de Joe Biden en Ukraine. Il aura fallu l’invasion de la Russie pour que cette fois, ce soit lui qui rattrape la réalité et fasse son entrée dans la grande histoire.
Quel est le vrai visage de cet homme arrivé en politique par effraction et sur les épaules duquel reposent une partie du destin de l’Europe ? Ce livre retrace le parcours du chef d’État le plus surprenant d’Europe de ce début de XXIe siècle, un destin qui se construit entre la fiction la plus légère et la réalité la plus brutale.

. Andrea Benvenuti, Chien-Peng Chung, Nicholas Khoo, Andrew Tan, China’s Foreign Policy. The Emergence of a Great Power, Londres, Routledge, mai 2022.

This volume explains China’s foreign policy from the perspective of its historical recovery after 1949 and the country’s subsequent rise as a great power, including its transformation into a global power. It also illuminates how China has, in tandem with its rise, developed an increasing array of political, economic, ‘sharp power’ and military capabilities that is helping it to further its increasingly expansive foreign policy objectives. The volume examines two key questions : What have been the implications of China’s rise for its foreign policy ? And how has an increasingly powerful and confident China used a range of foreign policy instruments to pursue its expanding national interests in Asia and beyond ?

The volume is divided into three parts, covering the conceptualization and drivers of China’s foreign policy, China’s relations with the world, and the instruments of China’s foreign policy, namely its economic power, military capabilities and its ‘sharp power’ manipulation of information and relationships. It will be of interest to academics, students and researchers interested in understanding China’s role in world politics.

. Charles-Eric Canonne, La stratégie de Pékin en Mer de Chine. Paris, L’Harmattan, avril 2022.

Les performances des armes modernes permettent de s’interroger sur les buts réels poursuivis par Pékin en mer de Chine méridionale car militariser des îlots n’augmente pas ses capacités militaires ; cet espace maritime n’est pas une réserve inépuisable de ressources halieutiques ou d’hydrocarbures, et les conséquences du réchauffement climatique vont remettre en question l’importance stratégique de cette mer. Il est probable que l’agitation qui y règne réponde à la nécessité d’assurer un accès permanent et discret des sous-marins vers les zones de patrouille et être un leurre pendant que Pékin développe les nouvelles routes de la soie.

Ce travail est articulé sur l’enchaînement de trois concepts : la géographie sur laquelle l’homme dispose de moyens d’action limités ; l’analyse géopolitique définie en fonction des buts à atteindre, et partiellement élaborée à partir des éléments géographiques ; la géostratégie qui est au service de la géopolitique et permet de réaliser cette dernière.

. Christopher R.W. Dietrich, Diplomacy and Capitalism. The Political Economy of U.S. Foreign Relations, Philadelphia, Penn Press, mai 2022.

At the same time as modern capitalism became an engine of progress and a source of inequality, the United States rose to global power. Hence diplomacy and the forces of capitalism have continually evolved together and shaped each other at different levels of international, national, and local transformations. Diplomacy and Capitalism focuses on the crucial questions of wealth and power in the United States and the world in the twentieth century. Through a series of wide-ranging case studies on the history of international political economy and its array of state and non-state actors, the volume’s authors analyze how material interests and foreign relations shaped each other. How did the rising and then disproportionate power of the United States and the actions of corporations, creditors, diplomats, and soldiers shape the twentieth-century world ? How did officials in the United States and other nations understand the relationship between foreign investment and the state ? How did people outside of the United States respond to and shape American diplomacy and political-economic policy ? In detailed discussions of the exchanges and entanglements of capitalism and diplomacy, the authors answer these crucial questions. In doing so, they excavate how different combinations of material interest, geopolitical rivalry, and ideology helped create the world we live in today. The book thus analyzes competing and shared visions of international capitalism and U.S. diplomatic influence in chapters that bring the book’s readers from the dawn of the twentieth century to its end, from Theodore Roosevelt to Ronald Reagan.

. Juan Pablo Scarfi, David M. K. Sheinin, The New Pan-Americanism and the Structuring of Inter-American Relations, Londres, Routledge, mars 2022.

What is Pan-Americanism ? People have been struggling with that problem for over a century. Pan-Americanism is (and has been) an amalgam of diplomatic, political, economic, and cultural projects under the umbrella of hemispheric cooperation and housed institutionally in the Pan-American Union, and later the Organization of American States. But what made Pan-Americanism exceptional ? The chapters in this volume suggest that Pan-Americanism played a central and lasting role in structuring inter-American relations, because of the ways in which the movement was reinvented over time, and because the actors who shaped it often redefined and redeployed the term. Through the twentieth century, new appropriations of Pan-Americanism structured, restructured, and redefined inter-American relations. Taken together, these chapters underscore two exciting new shifts in how scholars and others have come to understand Pan-Americanism and inter-American relations. First, Pan-Americanism is increasingly understood not simply as a diplomatic, commercial, and economic forum, but a movement that has included cultural exchange. Second, researchers, political leaders, and the media in several countries have traditionally conceived of Pan-Americanism as a mechanism of US expansionism. This volume reimagines Pan-Americanism as a movement built by actors from all corners of the Americas.

. Mansoor Ahmed, Pakistan’s pathway to the bomb. Ambitions, Politics, and Rivalries, Georgetown, Georgetown University Press, mai 2022.

A groundbreaking account of Pakistan’s rise as a nuclear power draws on elite interviews and primary sources to challenge long-held misconceptions

Pakistan’s pathway to developing nuclear weapons remains shrouded in mystery and surrounded by misconceptions. While it is no secret why Pakistan became a nuclear power, how Pakistan became a nuclear state has been obscured by mythmaking.
In Pakistan’s Pathway to the Bomb, Mansoor Ahmed offers a revisionist history of Pakistan’s nuclear program and the bureaucratic politics that shaped its development from its inception in 1956 until the 1998 nuclear tests. Drawing on elite interviews and previously untapped primary sources, Ahmed offers a fresh assessment of the actual and perceived roles and contributions of the scientists and engineers who led the nuclear program. He shows how personal ambitions and politics within Pakistan’s strategic enclave generated inter-laboratory competition in the nuclear establishment, which determined nuclear choices for the country for more than two decades. It also produced unexpected consequences such as illicit proliferation to other countries largely outside of the Pakistani state’s control.
As Pakistan’s nuclear deterrent program continues to grow, Pakistan’s Pathway to the Bomb provides fresh insights into how this nuclear power has evolved in the past and where it stands today. Scholars and students of security studies, Pakistani history, and nuclear proliferation will find this book to be invaluable to their understanding of the country’s nuclear program, policies, and posture.

. Melani Cammett, Pauline Jones, The Oxford Handbook of Politics in Muslim Societies, Oxford, Oxford University Press, mai 2022.

Muslim societies are largely absent from the study of religion and politics in the social sciences, despite the common presumption that religion exercises a colossal influence on social, political, and economic outcomes in predominantly Muslim countries. This volume utilizes real-world events and newly available data to more fully integrate the study of politics in Muslim societies into mainstream comparative analytical frameworks. Moreover, it explores the extent to which theories about core topics of inquiry in political science apply to Muslim societies. The aim is to interrogate rather than presume both whether and how Islam and Muslims are distinct from other religions and religious communities. Through forty chapters by leading specialists, the Oxford Handbook of Politics in Muslim Societies examines a wide range of topics concerning regimes and regime change, electoral politics, political attitudes and behavior beyond voting, social mobilization, economic performance and development outcomes, and social welfare and governance. The Handbook also shifts focus away from the Arab world as the barometer of politics in the Muslim world, recognizing that the Islamic world spans several regions, including Africa, Southeast Asia, South Asia, and Central Asia. This expanded geography enables a thorough investigation of which relationships, if any, hold across Muslim majority states in different regions of the world.

. Axel Dreher, Andreas Fuchs, Bradley Parks, Austin Strange, Michael J. Tierney, Banking on Beijing. The Aims and Impacts of China’s Overseas Development Program. Cambridge, Cambridge University Press, mai 2022.

China is now the lender of first resort for much of the developing world, but Beijing has fuelled speculation among policymakers, scholars, and journalists by shrouding its grant-giving and lending activities in secrecy. Introducing a systematic and transparent method of tracking Chinese development projects around the world, this book explains Beijing’s motives and analyses the intended and unintended effects of its overseas investments. Whereas China almost exclusively provided aid during the twentieth century, its twenty-first century transition from ’benefactor’ to ’banker’ has had far-reaching impacts in low-income and middle-income countries that are not widely understood. Its use of debt rather than aid to bankroll big-ticket infrastructure projects creates new opportunities for developing countries to achieve rapid socio-economic gains, but it has also introduced major risks, such as corruption, political capture, and conflict. This book will be of interest to policymakers, students and scholars of international political economy, Chinese politics and foreign policy, economic development, and international relations.

. Christian Lequesne, Ministries of Foreign Affairs in the World. Actors of State Diplomacy, Boston, Brill, mars 2022.

Ministries of foreign affairs are prominent institutions at the heart of state diplomacy. Although they have lost their monopoly on the making of national foreign policies, they still are the operators of key practices associated with diplomacy : communication, representation and negotiation. Often studied in a monographic way, ministries of foreign affairs are undergoing an adaptation of their practices that require a global approach. This book fills a gap in the literature by approaching ministries of foreign affairs in a comparative and comprehensive way. The best international specialists in the field provide methodological and theoretical insights into how best to study institutions that remain crucial for the world diplomacy.

. Guillaume Devin, Les organisations internationales entre intégration et différenciation, Paris, Armand Colin, février 2022.

Depuis deux siècles, les organisations internationales incarnent les espoirs et les déceptions de la coopération internationale. L’augmentation de leur nombre et l’extension de leurs compétences sont spectaculaires. Le phénomène est devenu un fait politique et social majeur des relations internationales contemporaines. Tantôt il témoigne du rapprochement des acteurs internationaux, tantôt il révèle toutes les différences qui les séparent.

L’un ne va pas sans l’autre. C’est le paradoxe des organisations internationales : contribuer au bien commun tout en servant les intérêts particuliers.

Ce livre, sans équivalent en langue française, fait le choix d’une approche globale. Au-delà des trajectoires singulières des organisations internationales, il en saisit le mouvement général et propose une nouvelle manière de lire la transformation des relations internationales.

. Kevin P. Riehle, Russian Intelligence. A Case-based Study of Russian Services and Missions Past and Present, Washington, National Intelligence, mai 2022.

This book presents a comprehensive analysis of the relations between US philanthropic foundations (in particular the Rockefeller Foundation and the Carnegie Endowment for International Peace) and the League of Nations.

Generations of students and scholars have learned that the US, having played a key role in the creation of the League of Nations in 1919, did not join the organization and stood aloof from its activities during the whole interwar period. This book questions this idea and argues that, even though the US was not a de jure member of the League of Nations, the financial, human, and intellectual investment of foundations brought about the de facto integration of the US within the League system and also modified the latter’s architecture. The book describes the Americanization of the League and shows how it resulted from three strategies pursued throughout the interwar period : that of US foundations, that of the Secretariat, and that of the US federal government. The book also shows the limits of this Americanization and analyzes the role of the European experts in the coproduction of the postwar international order together with the US government.

This book will be of interest to historians and political scientists, as well as undergraduate and graduate students in interdisciplinary programs of international relations.

. Liliana B. Andonova, Moira V. Faul, Dario Piselli, Partnerships for Sustainability in Contemporary Global Governance. Pathways to Effectiveness, Londres, Routledge, mai 2022.

Partnerships for Sustainability in Contemporary Global Governance investigates the goals, ideals, and realities of sustainability partnerships and offers a theoretical framework to help disentangle the multiple and interrelated pathways that shape their effectiveness.
Partnerships are ubiquitous in research and policy discussions about sustainability and are important governance instruments for the provision of public goods. While partnerships promise a great deal, there is little clarity as to what they deliver. If partnerships are to break free from this paradox, more nuance and rigor are required for understanding and assessing their actual effects. This volume applies its original framework to diverse empirical cases and could be extended both to broader data sets and case studies of partnerships. The dual contribution of this volume, theoretical and empirical, holds promise for a more thorough and innovative understanding of the pathways to partnership effectiveness and the conditions that can shape their performance. The broad range of case studies and cross-cutting analyses suggest important practical implications for the design of new partnerships and the updating of existing initiatives.
This interdisciplinary book will be of great interest to researchers, students, and practitioners within international relations, political science, sociology, environmental studies and global studies, as well as the growing number of scholars in public policy, global health and organizational and business studies who are keen to gain a deeper understanding of the pathways and mechanisms that influence the outcomes and effectiveness of cross-sector collaboration and transnational governance more broadly.

. Niklas Bremberg, August Danielson, Elsa Hedling, Anna Michalski, The Everyday Making of EU Foreign and Security Policy Practices, Socialization and the Management of Dissent, Northampton, Edward Elgar, février 2022.

This cutting-edge book explores the practices and socialization of the everyday foreign policy making in the European Union (EU), focusing on the individuals who shape and implement the Common Foreign and Security Policy despite a growing dissension among member states.
The authors provide theoretically informed analyses based on up-to-date empirical material from the Political and Security Committee, Council working groups, the European External Action Service, EU delegations, military and civilian missions and operations and EU member state embassies. They illustrate the ways in which European foreign policy is shaped through the daily work of diplomats, exploring the communities of practice that are formed in the process of policy-making in the EU. Combining socialization and practice approaches, the book offers an innovative take on the motivations behind integration at a time of European discord.
Providing a unique inside account of diplomatic practices and the coordination of EU foreign policy, this insightful book is crucial reading for students of political science and international relations at all levels seeking to better understand the minutiae of formulating and coordinating EU foreign and security policy. Its empirical analyses will also benefit scholars and researchers interested in European integration and socialization in international organizations, as well as practitioners, such as diplomats and European civil servants.

. Michel Foucher, Ukraine-Russie. La carte mentale du duel, Paris, Gallimard, mai 2022.
Arpentant les contrées d’Europe médiane et orientale depuis une trentaine d’années, le géographe et diplomate Michel Foucher, spécialiste des frontières géopolitiques, analyse le conflit russo-ukrainien en mettant au jour la cartographie mentale – historique, politique, territoriale et identitaire – du duel qui oppose les deux nations suite à l’agression fratricide lancée par Vladimir Poutine. Cette cartographie entre Baltique et mer Noire, étendue par ses causes et ses effets à l’Europe entière, porte l’empreinte d’une confrontation entre un passé qui ne veut pas passer – celui de la Russie, comme puissance autocratique et impériale – à un futur qui ne semble devoir naître que dans la résistance et la souffrance, celui de l’Ukraine comme État-nation souverain « inclinant vers le monde euroatlantique » (Havel). Un duel qui affecte gravement l’état du monde et dont le déroulement et l’issue nous concernent tous.

. Ayşe Zarakol, Before the West. The Rise and Fall of Eastern World Orders. Cambridge, Cambridge University Press, février 2022.

How would the history of international relations in ’the East’ be written if we did not always read the ending – the Rise of the West and the decline of the East – into the past ? What if we did not assume that Asia was just a residual category, a variant of ’not-Europe’, but saw it as a space with its own particular history and socio-political dynamics, not defined only by encounters with European colonialism ? How would our understanding of sovereignty, as well as our theories about the causes of the decline of Great Powers and international orders, change as a result ? For the first time, Before the West offers a grand narrative of (Eur)Asia as a space connected by normatively and institutionally overlapping successive world orders originating from the Mongol Empire. It also uses that history to rethink the foundational concepts and debates of international relations, such as order and decline.

. Christoph N. Vogel, Conflict Minerals, Inc. War, Profit and White Saviourism in Eastern Congo, Londres, Hurst Publishers, mai 2022.

In the twenty-first century, the relationship between violent conflict and natural resources has become a matter of intense public and academic debate. As a result of fervent activism and international campaigning, the flagship case of ‘conflict minerals’ has captured global attention. This term groups together the artisanal tin, tantalum (coltan), tungsten and gold originating from war zones in Central Africa.

Known as ‘digital minerals’ for their use in high-end technology, their exploitation and trade has been singled out in numerous media and United Nations reports as a key driver of violence, provoking an unprecedented popular outcry and prompting transnational efforts to promote ‘conflict-free’, ethical mining. Focusing on the eastern Democratic Republic of the Congo, Conflict Minerals, Inc. is the first comprehensive analysis of this phenomenon.

Based on meticulous investigation and long-term fieldwork, this book analyses why the campaign against ‘unethical’ mining went awry, and radically disrupted eastern Congo’s political economy. It dissects the evolution of the conflict minerals paradigm, the policy responses it triggered and their impact on artisanal miners. Vogel demonstrates how Western advocacy and policy have relied on colonial frames to drive change, and how White Saviorism perpetuates structural violence and inequality across global supply and value chains.

. Eve Cuenca, L’Iran et le Pakistan. Défis régionaux et initiatives de coopération (1979-2002), Paris, L’Harmattan, avril 2022.

L’Iran et le Pakistan entretiennent une relation complexe. Au-delà des multiples déclarations d’amitié et d’une fraternité islamique ostensiblement répétée, leurs intérêts nationaux rentrent bien souvent en compétition. Malgré ces divergences, et malgré le tournant décisif de la Révolution iranienne de 1979 qui repense en profondeur la politique étrangère iranienne, le Pakistan, allié d’hier sous le parapluie américain, demeure aujourd’hui un partenaire stratégique du régime iranien. « Regard vers l’Est » iranien, influence culturelle et religieuse au « Pays des Purs », nouveaux projets économiques et commerciaux... Téhéran et Islamabad multiplient les initiatives. Dès lors, comment expliquer la proximité durable des deux pays ? Quelles voies de coopération s’ouvrent à eux et avec quelles répercussions pour l’Asie de l’Ouest et l’Asie centrale ?

. Joost Pauwelyn, Martino Maggetti, Tim Büthe, Ayelet Berman, Rethinking Participation in Global Governance, Oxford, Oxford University Press, mars 2022.

International organizations and other global governance bodies often make rules and decisions without input from many of the individuals, groups, firms, and governments that are affected by them. The standards of the Basel Committee on Banking Supervision, for instance, developed by a small number of states, govern financial markets and the safety of bank deposits in over a hundred jurisdictions. Historically, the interests of developing countries, as well as non-commercial and diffuse interests within countries, have been excluded or disregarded in global governance. Scholars and practitioners have criticized this democratic deficit and called for greater participation of such marginalized stakeholders. Against this background, international institutions have introduced a variety of reforms with the goal of increasing and facilitating the participation of these excluded stakeholders.

This book brings together an expert group of scholars and practitioners to investigate the consequences of stakeholder participation reforms in the global governance of health and finance : What reforms have been introduced ? Have these reforms given previously marginalized stakeholders a voice in global governance bodies ? What effect have these reforms had on the legitimacy and effectiveness of global governance ? To answer these questions, the book examines treaty-based intergovernmental organizations alongside newer forms of global governance such as trans-governmental regulatory networks, multi-stakeholder partnerships, and private standard setting bodies. Through a series of paired comparative analyses, the book provides insights into the experiences of large emerging and smaller or lower income developing countries (Brazil v. Argentina, China v. Vietnam, India v. the Philippines) in a diverse set of organizations, including the World Bank and the World Health Organization, the Basel Committee on Banking Supervision, the Global Fund to Fight AIDS, Tuberculosis and Malaria, the International Accounting Standards Board, Codex Alimentarius Commission and more.

. Ludovic Tournès, Arby Gharibian, Philanthropic Foundations at the League of Nations. An Americanized League ?, Londres, Routledge, mars 2022.

This book presents a comprehensive analysis of the relations between US philanthropic foundations (in particular the Rockefeller Foundation and the Carnegie Endowment for International Peace) and the League of Nations.
Generations of students and scholars have learned that the US, having played a key role in the creation of the League of Nations in 1919, did not join the organization and stood aloof from its activities during the whole interwar period. This book questions this idea and argues that, even though the US was not a de jure member of the League of Nations, the financial, human, and intellectual investment of foundations brought about the de facto integration of the US within the League system and also modified the latter’s architecture. The book describes the Americanization of the League and shows how it resulted from three strategies pursued throughout the interwar period : that of US foundations, that of the Secretariat, and that of the US federal government. The book also shows the limits of this Americanization and analyzes the role of the European experts in the coproduction of the postwar international order together with the US government.
This book will be of interest to historians and political scientists, as well as undergraduate and graduate students in interdisciplinary programs of international relations.

. Adam Day, States of Disorder, Ecosystems of Governance, Oxford, Oxford University Press, avril 2022.

Today’s vision of world order is founded upon the concept of strong, well-functioning states, in contrast to the destabilizing potential of failed or fragile states. This worldview has dominated international interventions over the past 30 years as enormous resources have been devoted to developing and extending the governance capacity of weak or failing states, hoping to transform them into reliable nodes in the global order. But with very few exceptions, this project has not delivered on its promise : countries like Somalia, Afghanistan, South Sudan, and the Democratic Republic of the Congo (DRC) remain mired in conflict despite decades of international interventions.

States of Disorder addresses the question, ’Why has UN state-building so consistently failed to meet its objectives ?’. It proposes an explanation based on the application of complexity theory to UN interventions in South Sudan and DRC, where the UN has been tasked to implement massive stabilization and state-building missions. Far from being ’’ungoverned spaces," these settings present complex, dynamical systems of governance with emergent properties that allow them to adapt and resist attempts to change them. UN interventions, based upon assumptions that gradual increases in institutional capacity will lead to improved governance, fail to reflect how change occurs in these systems and may in fact contribute to underlying patterns of exclusion and violence. Based on more than a decade of the author’s work in peacekeeping, this book offers a systemic mapping of how governance systems work, and indeed work against, UN interventions. Pursuing a complexity-driven approach instead helps to avoid unintentional consequences, identifies meaningful points of leverage, and opens the possibility of transforming societies from within.

. David Martinon, Les 15 jours qui ont fait basculer Kaboul, Paris, Editions L’Observatoire, mars 2022.

Quand on est au mauvais endroit, au mauvais moment, il convient de prendre très vite les bonnes décisions.

Dimanche 15 août 2021. Kaboul, la capitale de l’Afghanistan, tombe aux mains des talibans, quasiment vingt ans après qu’ils en ont été chassés par les Américains.

Après l’évacuation de leur personnel, par hélicoptère pour la plupart, toutes les ambassades occidentales ferment, exceptée celle de la France. Dans l’enceinte du bâtiment, entre 300 et 400 personnes sont ainsi prises au piège. Des milliers de personnes en panique essaient d’entrer dans l’aéroport, tandis que la menace terroriste enfle.

David Martinon, ambassadeur de France à Kaboul, est à la manœuvre. Mais comment secourir le plus de gens possible ? À qui demander de l’aide ? À qui, surtout, ne rien demander ?

Dans ce livre au plus près du réel, sorte de polar sans une goutte de fiction, David Martinon revient non seulement sur la débâcle de Kaboul, mais aussi sur les conditions qui l’ont permise, et sur les signes terribles qui l’annonçaient et que trop peu ont voulu voir.

Une véritable leçon de géopolitique.

Un hommage bouleversant à ceux qui ont pu fuir, comme à ceux qui ont dû rester.

. Hung-Jen Wang, Taiwan and the Changing Dynamics of Sino-US Relations. A Relational Approach, Londres, Routledge, février 2022.

Wang discusses the dynamics of Sino–US relations since 2008 and the implications for relations between Taiwan and both the United States and the People’s Republic of China.

Ever since China surpassed Japan to become the world’s second largest economy, it has appeared to shift its policy shift from “biding our time” and a self-described “peaceful rise” toward increased assertiveness in regional and international affairs. This has only become more pronounced since the 19th Party National Congress in October 2017, when Xi Jinping reiterated his agenda for “the Chinese Dream.” In contrast, the US’s “Pivot to Asia” strategy has been widely perceived as unsuccessful. In its precarious political position between China and the United States, Taiwan is especially exposed to the fluctuations in policy and diplomatic relations between the two powers. The three bilateral relationships are intertwined, with policy changes and actions in any one of them affecting the other two. Wang emphasizes the “small power” and “disputed nation-state” perspective of Taiwan, over the “great power politics” of the United States and China. In doing so, he presents an analysis of how the changing dynamics of Sino–US relations and the great power transition in Asia have an impact on smaller stakeholders in the region.

A valuable resource for scholars and policy-makers with a focus on Taiwan’s position in Sino–US relations.

. Jacques Dupouey, Justice, ne passe pas ton chemin - L’expérimentation de la justice transitionnelle en Asie du sud-est, Bruxelles, Peter Lang, avril 2022.

Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, les crimes de masse (crimes de guerre, crimes humanitaires, génocide et nettoyage ethnique), ont conduit la communauté internationale à mettre en place des juridictions pénales internationales, des dispositifs de justice transitionnelle – apparus vers le milieu des années 1980 – et à élaborer en 2005 la doctrine de la responsabilité de protéger (R2P). Conçus pour permettre de passer d’un régime de dictature ou d’oppression à un régime politique et juridique démocratique, ces dispositifs de justice transitionnelle ont pour objectif de restaurer l’état de droit, d’adopter des dispositifs de révélation de la vérité historique sur des crimes atroces du passé, de lancer des mécanismes de justice répressive ou réconciliatrice à l’encontre des principaux criminels et d’instaurer une paix durable.
Cet ouvrage analyse l’approche régionale des pays d’Asie du Sud-Est pour faire face aux situations d’extrême violence en masse, notamment leur utilisation du R2P, et s’appuie sur l’étude de cas plus ou moins bien connus en Occident d’expérimentation de la justice transitionnelle  : le génocide/politicide indonésien des années 1965-68, le génocide des Khmers rouges au Cambodge des années 1975-79, la guerre anti-drogue depuis 2016 du président philippin Rodrigo Duterte et la discrimination et l’épuration depuis 2007 des membres de la minorité musulmane des Rohingyas par la junte militaire birmane. Ce livre offre ainsi une vision multidisciplinaire (droit, géopolitique et histoire) précieuse pour la bonne compréhension des conflits évoqués.

. Kari De Pryck, GIEC, la voix du climat, Paris, Presses de SciencesPo, avril 2022.

Cet ouvrage ouvre pour la première fois la boîte noire du GIEC. Il raconte la rigueur du processus d’évaluation et la lourdeur bureaucratique que cela induit. Il décrit le travail de négociation des experts avec les États sur les principales conclusions et pointe le risque de dépolitisation des enjeux climatiques.
Sur un ton de plus en plus insistant, la voix du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) se fait entendre partout. Nul ne peut ignorer que les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère ne cessent d’augmenter, que les impacts du dérèglement climatique se font sentir sur tous les continents et qu’il existe des solutions pour l’affronter.
La légitimité de cette voix s’est construite dans le temps et au prix d’une forte institutionnalisation. Loin de la vision originale de ses fondateurs, qui l’avaient conçu en 1988 comme une structure informelle au service des décideurs, le GIEC réunit aujourd’hui des milliers de personnes, fait dialoguer scientifiques et diplomates au niveau international. Cet ouvrage ouvre pour la première fois sa boîte noire. Il raconte la rigueur du processus d’évaluation et la lourdeur bureaucratique que cela induit. Il décrit le travail de négociation des experts avec les États sur les principales conclusions et pointe le risque de dépolitisation des enjeux climatiques.

. Michel Aglietta, Guo Bai, Camille Macaire, La Course à la suprématie monétaire mondiale. À l’épreuve de la rivalité sino-américaine, Paris, Odile Jacob, avril 2022.

Ce livre est consacré aux bouleversements de l’économie mondiale au XXIe siècle. Comment l’ascension fulgurante de la Chine, deuxième puissance économique du monde derrière les États-Unis et en voie de devenir la première après 2030, met-elle en cause l’hégémonie du dollar ? Quelles en sont les conséquences pour le système monétaire international ? Comment tenir compte de cette nouvelle donne monétaire pour affronter les défis écologiques de la planète ?
Ce livre étudie la rivalité géopolitique découlant de la montée en puissance de la Chine. Il dévoile une dimension qui n’est pratiquement jamais abordée par la recherche économique occidentale : les transformations de la monnaie en Chine et, notamment, la création d’une monnaie digitale de banque centrale.
Michel Aglietta, Guo Bai et Camille Macaire analysent ici les contradictions qui en découlent pour la suprématie du dollar. Ils plaident pour une réforme approfondie du système monétaire international sous l’égide d’un Fonds monétaire international enfin libéré de la contrainte du dollar et digne de ce nom.

. Gerard Kester, The New Europeans. A Roadmap for Mutual Integration and Democratic Ownership, Berne, Peter Lang, mars 2022.

Europe has to come to terms with its increasing cultural diversity. In current debate migration is typically presented merely as a social burden. This book envisions a future in which ‘native’ Europeans and those with a migrant background – together the New Europeans – come to the conclusion that they should build a new society jointly.

An inclusive European society can be generated by launching a common project as an alternative to neoliberalism, developing an economy that is at the service of society. For this, democratic ownership should be the lever. In that process, migrants will be important and resilient catalysts. The book sets out a roadmap for what the future could look like, presenting a vision of Europe at the end of the 21st century as a ‘real Utopia’.

This book bucks the trend of depressing accounts on migration from outside Europe. It offers a promissory narrative for the continent’s long-term future. Drawing on political, sociological, economic and philosophical insights, the author sticks his neck out, provokes perhaps, but always with the invitation for a constructive dialogue.

. Henry Laurens, Le passé imposé, Paris, Fayard, mai 2022.

Dans cet essai important, Henry Laurens rappelle les bases élémentaires du savoir historique dans la confrontation avec le "post-colonial" qui en est largement la négation. Il aborde ainsi les délicates questions de l’orientalisme, de la violence, de la mémoire (ou plutôt des mémoires) et du passé vécu au présent dans une perspective victimaire.

Contre la violence de certains à l’égard des travaux des historiens, Henry Laurens interroge les enjeux de notre rapport au passé, source régulière de polémiques.

Il part d’un rappel des grands traits du savoir historique, essentiel pour aborder de façon critique un certain nombre de discours actuels, notamment autour des questions mémorielles. Suit une brève histoire de l’occidentalisme et de l’orientalisme qui montre comment les deux mouvements se sont développés parallèlement, sans nécessairement s’opposer. En ouvrant, pour finir, une réflexion sur les violences des XXème et XXIème siècles et les temporalités dans lesquelles elles s’inscrivent, substitution du héros à la victime et du présent au futur, il affronte les débats d’aujourd’hui autour du mouvement postcolonial, promoteur d’un passé imposé.

. Isabelle Facon, Russie – Turquie. Un défi à l’Occident ?, Paris, Passés composés, avril 2022.

À l’heure où Vladimir Poutine a envahi l’Ukraine et menace l’Europe d’une guerre, voici un ouvrage décisif pour illustrer le basculement de l’ordre international au sein duquel la rivalité avec l’Occident est le prétexte à des alliances hier encore inimaginables. Tout oppose la Russie et la Turquie et, pourtant, leur union ne cesse de se renforcer. C’est le constat des chercheurs rassemblés dans ce livre inédit. En dépit de conflits multiséculaires, Istanbul et Moscou partagent des ambitions. S’il y a des désaccords entre Poutine et Erdogan, l’intérêt commun en termes d’influence et de puissance prime. Du nucléaire civil à l’armement, en passant par la coopération diplomatique et militaire, toutes les occasions sont bonnes pour accroître l’image de solidité de ce nouveau front résolu à combattre « l’ingérence » de l’Occident. Cependant, la guerre en Ukraine, en révélant l’asymétrie des enjeux qui sous-tendent ce partenariat pour les deux parties, en remettra-t-elle en cause la dynamique ?

. Manon Moulin, Du terrorisme écologique en Tunisie : les tensions socio-politiques au prisme des déchets, Paris, L’Harmattan, mars 2022.

La Tunisie fait actuellement face à d’importants problèmes économiques et sociaux, à l’épidémie de Covid-19 dont la gestion est délicate, ainsi qu’à une crise politico-institutionnelle sans précédent depuis la révolution de 2010-2011. Dans ce cadre, les troubles issus de la gestion catastrophique des déchets, véritable terreur détritique, s’ajoutent et participent à la méfiance croissante des citoyens envers l’État. La problématique des déchets révèle et questionne à la fois les mécanismes profonds du système économique mondial au sein duquel la Tunisie est intégrée, mais également le délabrement continu de la sphère politique nationale. Illustration d’un terrorisme écologique dégradant environnement naturel et santé humaine, la gestion des déchets met en lumière la crise multiforme que subissent la population et l’environnement tunisiens, soumis à la fois aux logiques capitalistes et aux malversations nationales.

. Mette Eilstrup-Sangiovanni, J. C. Sharman, Vigilantes beyond Borders : NGOs as Enforcers of International Law, Princeton, Princeton University Press, avril 2022.

Nongovernmental organizations (NGOs) have generally served as advocates and service providers, leaving enforcement to states. Now, NGOs are increasingly acting as private police, prosecutors, and intelligence agencies in enforcing international law. NGOs today can be found investigating and gathering evidence ; suing and prosecuting governments, companies, and individuals ; and even catching lawbreakers red-handed. Examining this trend, Vigilantes beyond Borders considers why some transnational groups have opted to become enforcers of international law regarding such issues as human rights, the environment, and corruption, while others have not.
Three factors explain the rise of vigilante enforcement : demand, supply, and competition. Governments commit to more international laws, but do a poor job of policing them, leaving a gap and creating demand. Legal and technological changes make it easier for nonstate actors to supply enforcement, as in the instances of NGOs that have standing to use domestic and international courts, or smaller NGOs that employ satellite imagery, big data analysis, and forensic computing. As the growing number of NGOs vie for limited funding and media attention, smaller, more marginal, groups often adopt radical strategies like enforcement.
Looking at the workings of major organizations, including Amnesty International, Greenpeace, and Transparency International, as well as smaller players, such as Global Witness, the Sea Shepherd Conservation Society, and Bellingcat, Vigilantes beyond Borders explores the causes and consequences of a novel, provocative approach to global governance.

. Michael W. Manulak, Change in Global Environmental Politics. Temporal Focal Points and the Reform of International Institutions, Cambridge, Cambridge University Press, avril 2022.

As wildfires rage, pollution thickens, and species disappear, the world confronts environmental crisis with a set of global institutions in urgent need of reform. Yet, these institutions have proved frustratingly resistant to change. Introducing the concept of Temporal Focal Points, Manulak shows how change occurs in world politics. By re-envisioning the role of timing and temporality in social relations, his analysis presents a new approach to understanding transformative phases in international cooperation. We may now be entering such a phase, he argues, and global actors must be ready to realize the opportunities presented. Charting the often colorful and intensely political history of change in global environmental politics, this book sheds new light on the actors and institutions that shape humanity’s response to planetary decline. It will be of interest to scholars and advanced students of international relations, international organization and environmental politics and history.

. Alain Dieckhoff, Christophe Jaffrelot, Elise Massicard (dirs.), Contemporary Populists in Power, New York, Palgrave Macmillan, mars 2022.

Populism is on the rise, and so are academic studies on populism. The study of populism has long focused on the way its spokespersons have behaved as an oppositional force, in Western countries in particular. While discourses and practices of populists exercising a protest function still merit attention, this volume trains the focus on populists in government. The real novelty of the past decade is that many populists are now (or have been) in power, in Europe as well as in other parts of the world, and this book intends to play a pioneering role from a geographical and analytical standpoint. Besides Europe and Latin America, where populism is well established, populists are today—or have been recently—in office in the Middle East (Turkey, Israel), Asia (India, Thailand, the Philippines, Pakistan, Sri Lanka), and the United States. In most of the cases, their rule has resulted in forms of authoritarianism, giving birth to a new kind of regime that combines elections—which populists need to nurture their legitimacy—and attacks against institutions in charge of checks and balances, including the judiciary. While most of the populist rulers have consolidated their power, democratic resilience has prevailed in some rare cases.

. Hervé Baudu, Les routes maritimes arctiques, Paris, L’Harmattan, mars 2022.

Avec le réchauffement climatique trois fois plus important aux pôles que sur le reste de la planète, les eaux polaires arctiques sont de plus en plus accessibles au trafic maritime et aux ressources d’hydrocarbures jugées considérables, et ce sur de plus en plus longues périodes estivales. La construction de brise-glaces russes, les projets gigantesques d’extraction d’hydrocarbures n’ont jamais été aussi importants que dans cette décennie. Les routes maritimes arctiques plus courtes sont-elles appelées à concurrencer celles classiques par les canaux de Panama et de Suez ? L’augmentation du trafic maritime est-elle source de tension dans cette zone de plus en plus soumise à son exploitation ? Cet ouvrage permet de mieux comprendre les enjeux maritimes, environnementaux, économiques et géopolitiques liés à l’exploitation de cet espace arctique en décrivant les principes qui les régissent.

. Matthew Ford, Andrew Hoskins, Radical War. Data, Attention and Control in the Twenty-First Century, Londres, Hurst Publishers, mars 2022.

This book examines the digital explosion that has ripped across the battlefield, weaponizing our attention and making everyone a participant in wars without end.

‘Smart’ devices, apps, archives and algorithms remove the bystander from war, collapsing the distinctions between audience and actor, soldier and civilian, media and weapon. This has ruptured our capacity to make sense of war. Now we are all either victims or perpetrators.

In Radical War, Ford and Hoskins reveal how contemporary war is legitimised, planned, fought, experienced, remembered and forgotten in a continuous and connected way, through digitally saturated fields of perception.

Plotting the emerging relationship between data, attention and the power to control war, the authors chart the complex digital and human interdependencies that sustain political violence today. Through a unique, interdisciplinary lens, they map our disjointed experiences of conflict and illuminate this dystopian new ecology of war.

. Peer Schouten, Roadblock Politics. The Origins of Violence in Central Africa. Cambridge, Cambridge University Press, mars 2022.

There are so many roadblocks in Central Africa that it is hard to find a road that does not have one. Based on research in the Democratic Republic of Congo (DRC) and the Central African Republic (CAR), Peer Schouten maps more than a thousand of these roadblocks to show how communities, rebels and state security forces forge resistance and power out of control over these narrow points of passage. Schouten reveals the connections between these roadblocks in Central Africa and global supply chains, tracking the flow of multinational corporations and UN agencies alike through them, to show how they encapsulate a form of power, which thrives under conditions of supply chain capitalism. In doing so, he develops a new lens through which to understand what drives state formation and conflict in the region, offering a radical alternative to explanations that foreground control over minerals, territory or population as key drivers of Central Africa’s violent history.

. Sandrine Lefranc, Sortir de la violence. Enjeux et impasses de la justice trans, Paris, CNRS Editions, mars 2022.
La justice transitionnelle recouvre tout un ensemble de pratiques, portées par les organisations internationales, des ONG ou des think tanks visant à pacifier des sociétés et instaurer des démocraties durables au sortir de périodes violentes – qu’il s’agisse de dictatures ou guerres civiles.
Par des poursuites pénales (à l’échelle nationale ou internationale), des enquêtes pour établir la vérité sur les exactions passées (comme la fameuse Commission vérité et réconciliation instaurée dans l’Afrique du sud post-apartheid), des réparations compensatoires ou symboliques, des réformes du système judiciaire et des services de sécurité ainsi que des initiatives mémorielles (musées, monuments), il s’agit pour ses promoteurs de rompre avec le passé et de rendre justice aux victimes afin de former pour l’avenir des individus bienveillants et tolérants.
Koffi Annan, secrétaire général de l’ONU, voyait dans le développement exponentiel de ces initiatives ces dernières décennies, une extension continue des droits de l’homme, un mouvement tendant vers l’instauration d’un véritable « État de droit international ».
Par contraste, cette enquête corrosive de vaste ampleur retrace l’émergence et le développement de ce discours moral consensuel, analyse les trajectoires de ses acteurs, scrute les écarts entre les déclarations et les mises en oeuvre concrètes au Rwanda, en Argentine ou ex-Yougoslavie. En interrogeant les présupposés de la justice transitionnelle – sur la nature de la paix ou de la société – comme ses résultats tangibles, elle déjoue nombre d’évidences et ouvre la voie vers une réflexion renouvelée sur les modalités de sortie de la violence.

. Sonia Le Gouriellec, Géopolitique de l’Afrique, Paris, Que sais-je ?, avril 2022.

Constituée de cinquante-quatre États, berceau de nombreuses civilisations, l’Afrique représente à elle seule un continent-monde de plus d’un milliard d’habitants. Trop souvent considérée comme un tout homogène, elle devrait être pensée dans sa diversité et sa profondeur.
Sur le plan des relations internationales, on la croit en marge du système international. Ses acteurs sont souvent perçus comme passifs et dépendants du reste du monde. Or, c’est une tout autre représentation que propose Sonia Le Gouriellec dans cet ouvrage. Celle, au contraire, d’un continent ouvert sur le monde, ayant depuis toujours participé aux échanges et aux équilibres politiques, commerciaux et intellectuels, et qui est aujourd’hui intégré à la mondialisation et aux dynamiques du système international.
S’appuyant sur de nombreuses études de cas, Sonia Le Gouriellec n’écrit rien de moins qu’une géopolitique des Afriques.

. Catherine Wihtol de Wenden, Figures de l’autre. Perceptions du migrant en France, Paris, CNRS Editions, avril 2022.

La figure de l’Autre n’a cessé de préoccuper les sociétés des XIXe et XXe siècles. La France, tôt confrontée à l’immigration, et marquée aussi par son passé colonial, a vu monter la prégnance de cette figure dans la vie de tous les jours comme au coeur du discours politique. Hier, le Prussien a joué un rôle déterminant dans la construction du mythe national républicain, opposant Marianne à Germania. Plus tard, le Juif a servi à alimenter le nationalisme contre la nation. Enfin, plus récemment, « l’arabo-musulman » a suscité de nombreuses passions, dans une perception ethnicisée et identitaire.

Qu’il soit issu du regroupement familial, étudiant, travailleur qualifié et non qualifié, travailleur temporaire, frontalier, réfugié, demandeur d’asile, sans papier, le migrant incarne trop souvent une figure menaçante, toujours sujette aux mêmes stéréotypes.

Au fil des diverses vagues d’immigration qui se sont succédé, les critères de l’altérité demeurent intacts, quelles que soient les populations cibles : la religion (des Polonais « bien trop catholiques » dans la France laïque de la Troisième République aux musulmans « islamistes »), la violence (du « couteau facile » des Italiens dans les années 1970 au terrorisme importé de Syrie), la concurrence déloyale sur le marché du travail (des « trois millions de chômeurs et trois millions d’étrangers » des années 1980 au plombier polonais).

Dans une approche chronologique, et se basant sur les articles de journaux, les proclamations politiques, les ouvrages de sciences sociales, mais aussi les romans et films, Catherine Wihtol de Wenden montre comment la mémoire collective concernant l’image de l’Autre s’est construite de 1870 à nos jours, et propose aussi quelques pistes pour en finir avec la figure péjorative du migrant : une citoyenneté inclusive, la lutte contre les discriminations, la construction d’une mémoire du vivre ensemble par la mise en musées.

. Dimitar Bechev, Turkey Under Erdogan. How a Country Turned from Democracy and the West. Oxford, Yale University Press, février 2022.

Since coming to power in 2002 Recep Tayyip Erdoğan has overseen a radical transformation of Turkey. Once a pillar of the Western alliance, the country has embarked on a militaristic foreign policy, intervening in regional flashpoints from Nagorno-Karabakh to Libya. And its democracy, sustained by the aspiration to join the European Union, has given way to one-man rule.

Dimitar Bechev traces the political trajectory of Erdoğan’s populist regime, from the era of reform and prosperity in the 2000s to the effects of the war in neighbouring Syria. In a tale of missed opportunities, Bechev explores how Turkey parted ways with the United States and Europe, embraced Putin’s Russia and other revisionist powers, and replaced a frail democratic regime with an authoritarian one. Despite this, he argues that Turkey’s democratic instincts are resilient, its economic ties to Europe are as strong as ever, and Erdoğan will fail to achieve a fully autocratic regime.

. Helen Thompson, Disorder. Hard Times in the 21st Century, Oxford, Oxford University Press, avril 2022.

The 21st century has brought a powerful tide of geopolitical, economic, and democratic shocks. Their fallout has led central banks to create over $25 trillion of new money, brought about a new age of geopolitical competition, destabilised the Middle East, ruptured the European Union, and exposed old political fault lines in the United States.

Disorder : Hard Times in the 21st Century is a long history of this present political moment. It recounts three histories - one about geopolitics, one about the world economy, and one about western democracies - and explains how in the years of political disorder prior to the pandemic the disruption in each became one big story. It shows how much of this turbulence originated in problems generated by fossil-fuel energies, and it explains why as the green transition takes place the long-standing predicaments energy invariably shapes will remain in place.

. Michael J. Green, Line of Advantage. Japan’s Grand Strategy in the Era of Abe Shinzo, New York, Columbia University Press, mars 2022.

No other country has devised a grand strategy for managing China’s rising economic and military power as deliberately or successfully as Japan. Seeking to counter Chinese ambitions toward regional hegemony, Japan has taken an increasingly assertive role in East Asia and the world. During the tenure of Prime Minister Abe Shinzo, the country pursued closer security cooperation with the United States and other democracies, established a more centralized national defense system, and advanced rules and norms to preserve the open regional order in the Indo-Pacific that is crucial to its prosperity and survival—all while managing an important economic relationship with China.
In Line of Advantage, Michael J. Green provides a ground-breaking and comprehensive account of Japan’s strategic thinking under Abe. He explains the foundational logic and the worldview behind this approach, from key precedents in Japanese history to the specific economic, defense, and diplomatic priorities shaping contemporary policy toward China, the United States, the two Koreas, and the Indo-Pacific region. Drawing on two decades of access to Abe and other Japanese political, military, and business leaders, Green provides an insider’s perspective on subjects such as how Japan pursued competition with China without losing the benefits of economic cooperation. Assessing the strengths and weaknesses of Japan’s new active role, Line of Advantage sheds new light on a period with profound implications for the future of U.S. competition with China and international affairs in Asia more broadly.

. Milena Dieckhoff, La médiation internationale. Entre guerre et paix, Paris, Presses de Sciences Po, avril 2022.

Cet ouvrage propose une typologie inédite de la médiation internationale de l’après-guerre froide. Il expose la manière dont la médiation se décline en des pratiques et des règles de jeu très différentes selon qu’elle est essentiellement politique, expertise ou sociétale.
Faire le pari que le dialogue l’emportera sur la violence physique est le propre de toute médiation. Sur la scène internationale, cette activité pacificatrice réunit des acteurs très divers et s’exerce de multiples manières, au-delà de l’objectif commun de mener les belligérants à la paix.
S’appuyant sur sept cas empiriques volontairement éloignés tels que la Géorgie, le Guatemala ou encore le Soudan, cet ouvrage propose une typologie inédite de la médiation internationale de l’après-guerre froide. Il expose la manière dont la médiation se décline en des pratiques et des règles de jeu très différentes selon qu’elle est essentiellement politique, expertise ou sociétale.

. Nicholas Mulder, The Economic Weapon. The Rise of Sanctions as a Tool of Modern War, Paris, Yale University Press, mars 2022.

Economic sanctions dominate the landscape of world politics today. First developed in the early twentieth century as a way of exploiting the flows of globalization to defend liberal internationalism, their appeal is that they function as an alternative to war. This view, however, ignores the dark paradox at their core : designed to prevent war, economic sanctions are modelled on devastating techniques of warfare.
Tracing the use of economic sanctions from the blockades of World War I to the policing of colonial empires and the interwar confrontation with fascism, Nicholas Mulder uses extensive archival research in a political, economic, legal, and military history that reveals how a coercive wartime tool was adopted as an instrument of peacekeeping by the League of Nations. This timely study casts an overdue light on why sanctions are widely considered a form of war, and why their unintended consequences are so tremendous.

. Grégory Daho, Florent Pouponneau, Johanna Siméant - Germanos, Entrer en guerre au Mali. Luttes politiques et bureaucratiques autour de l’intervention française, Paris, Presses de l’Ecole Normale Supérieure, avril 2022.

Le 11 janvier 2013, dans une allocution télévisée, le président François Hollande annonçait que la France intervenait militairement pour venir en aide au Mali, alors que des groupes armés qualifiés de terroristes semblaient se diriger vers la capitale, Bamako. Cela marquait le début de l’opération Serval. Quoi de plus proche, en apparence, d’une décision souveraine et individuelle que cette annonce ? Le propos de cet ouvrage, appuyé sur un travail de terrain de plusieurs années (sources ouvertes, archives classifiées, entretiens, prosopographie…), est pourtant à rebours d’une perspective qui prétendrait isoler des moments discrets de la décision en en faisant une substance, saisissable et traçable : il s’attache à déplier ce que sont toutes les conditions plus générales de possibilité d’une entrée en guerre, et à identifier les luttes politiques et bureaucratiques au sein de l’appareil d’État dans lesquelles elle s’encastre. Il entend aussi montrer que l’on peut travailler empiriquement sur les sommets de l’État, fût-ce dans des domaines que l’on imagine verrouillés par le « secret défense », et que les relations internationales relèvent, en cela, du travail ordinaire des sciences sociales.

. Jean-Pierre Cabestan, La politique internationale de la Chine. Entre intégration et volonté de puissance (3ème édition), Paris, Presses de SciencesPo, avril 2022.

La 3e édition, mise à jour et enrichie, d’un ouvrage complet et d’une grande acuité sur la Chine d’aujourd’hui, qui permettra au lecteur de mieux comprendre les aspirations, les atouts et les fragilités d’un pays qui ambitionne de devenir la première puissance du monde.

Deuxième puissance mondiale depuis 2010, la Chine ne veut pas seulement détrôner les États-Unis, mais aussi bouleverser l’ordre international établi depuis 1945.

A-t-elle les moyens de cette ambition ? Oui si l’on en juge par l’ampleur des outils économiques, diplomatiques, militaires et idéologiques qu’elle déploie et que symbolisent les « nouvelles routes de la soie » ; oui si l’on observe l’évolution de sa politique étrangère et de sécurité, surtout depuis l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping en 2012 ; oui si l’on décrypte ses relations avec ses partenaires et voisins, comme le fait cet ouvrage, à l’aide de sources de première main.

Derrière cette force se cachent des fragilités. Dépendante de l’extérieur, la Chine connaît un ralentissement économique et un vieillissement sans précédent de sa population. La persistance d’un régime autoritaire, nationaliste, antioccidental et de plus en plus arrogant confère un caractère inachevé à son intégration internationale et accroît les sources de conflit, en particulier avec les États-Unis et le Japon.

. Jerome Drevon, Institutionalizing Violence. Strategies of Jihad in Egypt. Oxford, Oxford University Press, avril 2022.

The Egyptian al-Jama’a al-Islamiyya and Islamic Jihad have shaped the trajectory of jihadi salafism since its inception and defined a key strategic divide between mass-movement mobilization and elitist avant-gardism. Despite their shared histories, however, al-Jama’a al-Islamiyya rejected al-Qaeda’s transnational violence and became a political party after 2011, whereas Islamic Jihad has formed the backbone of Osama bin Laden’s organization.

These strategic divergences are puzzling since these groups emerged in the same country around congruent ideologies. Institutionalizing Violence develops an institutional approach to radicalization to compare the two groups’ comparative trajectories. It is based on extensive field research conducted with their leaders and members in Egypt. The interviews provide a unique perspective on how jihadi groups make and implement new strategic decisions in changing environments, as well as the evolution of their approaches to violence and non-violence.

. Julian Fernandez, Jean-Vincent Holeindre (dir.), Nations désunies. La crise du multilatéralisme dans les relations internationales, Paris, CNRS Editions, avril 2022.

Le multilatéralisme possède mille visages mais nulle définition qui fasse autorité. Ce mode d’échanges entre acteurs des relations internationales s’entend traditionnellement comme la concertation pacifique entre au moins trois États et dans un cadre défini en commun. L’Organisation des Nations Unies en est l’incarnation la plus connue, mais elle n’est pas la seule entité le mettant en oeuvre. Sécurité, commerce, droits de l’homme, justice pénale, numérique, environnement, santé : aucun domaine des rapports interétatiques n’échappe désormais à l’effort multilatéral.

Il n’empêche, les différents cadres et régimes institués se portent mal. Le multilatéralisme connaît aujourd’hui une crise multidimensionnelle, reflet d’un monde en miettes encore à la recherche d’un nouvel élan collectif.

. Marc Owen Jones, Digital Authoritarianism in the Middle East. Deception, Disinformation and Social Media, Londres, Hurst Publishers, avril 2022.

You are being lied to by people who don’t even exist. Digital deception is the new face of information warfare. Social media has been weaponised by states and commercial entities alike, as bots and trolls proliferate and users are left to navigate an infodemic of fake news and disinformation. In the Persian Gulf and the wider Middle East, where authoritarian regimes continue to innovate and adapt in the face of changing technology, online deception has reached new levels of audacity. From pro-Saudi entities that manipulate the tweets of the US president, to the activities of fake journalists and Western PR companies that whitewash human rights abuses, Marc Owen Jones’ meticulous investigative research uncovers the full gamut of tactics used by Gulf regimes and their allies to deceive domestic and international audiences. In an age of global deception, this book charts the lengths bad actors will go to when seeking to impose their ideology and views on citizens around the world.

. Pierre Journoud (dir.), Un triangle stratégique à l’épreuve : la Chine, les Etats-Unis et l’Asie du Sud-Est depuis 1947, Montpellier, Presses Universitaires de la Méditerranée, mars 2022.

La rapidité de la réémergence de la Chine depuis au moins un quart de siècle fascine autant qu’elle inquiète. La rivalité stratégique entre les deux premières puissances mondiales, les Etats-Unis et la Chine, tend à bipolariser à nouveau les relations internationales. Troisième côté du "triangle stratégique", l’Asie du Sud-Est apparaît comme l’un des espaces privilégiés de cette compétition intensive et globale - politique, militaire, économique et culturelle -, dans sa double dimension terrestre et de plus en plus maritime.
Réunis depuis 1967 au sein de l’ASEAN, les Etats cherchent aussi collectivement à échapper à tout processus de satellisation. Fondé sur une fructueuse complémentarité entre les approches historique et géopolitique, cet ouvrage éclaire d’un jour nouveau quelques-unes des grandes étapes de l’intensification de la rivalité sino-américaine en Asie du Sud-Est, de la naissance de la Guerre froide en 1947 au début des années 2020, en passant par la longue et tragique succession des conflits indochinois.
Avec ses 21 auteurs aux profils variés, de l’histoire à la diplomatie en passant par la géopolitique, il est le premier à être publié dans la collection pluridisciplinaire Asies contemporaines.

. Beatrice Heuser, War. A Genealogy of Western Ideas and Practices, Oxford, Oxford University Press, mars 2022.

War has been conceptualised from a military perspective, but also from ethical, legal, and philosophical viewpoints. These different analytical perspectives are all necessary to understand the many dimensions war, the continua on which war is situated - from small-scale to large-scale, from limited in time or long, from less to extremely destructive, with varying aims, and degrees of involvement of populations.

Western civilisations have conceptualised war in binary ways denying the variety of manifestations of war along these continua. While binary definitions are necessary to capture different conditions legally, they hamper analysis. The binaries include inter-State and intestine war, just war and unjust war (the latter including insurgencies), citizen-soldiers and professionals, civilians and combatants. Yet realities have mostly straddled such demarcations. Even citizen-armies have usually included professionals, civilians have been treated as enemies and sometimes even formally defined as enemies, and rules have not conformed with binary distinctions, if they were respected at all. While customary rules governing the conduct of war have been turned into International Law, this is the only aspect of war that has developed in a fairly linear way, while the rise, disappearance, and renaissance of the just war tradition has been anything but linear. This non-linearity also applies to the brutality with which war has been fought, especially towards civilians, who for long stretches of European history must have been the main victims of war, notwithstanding increasing protection they were afforded in theory by customary law. To understand war, we must shed some of these binaries.

. Bernadette Bensaude-Vincent, Soraya Boudia, Kyoko Sato (eds.), Living in a Nuclear World. From Fukushima to Hiroshima, Londres, Routledge, mars 2022.

The Fukushima disaster invites us to look back and probe how nuclear technology has shaped the world we live in, and how we have come to live with it. Since the first nuclear detonation (Trinity test) and the bombings of Hiroshima and Nagasaki, all in 1945, nuclear technology has profoundly affected world history and geopolitics, as well as our daily life and natural world. It has always been an instrument for national security, a marker of national sovereignty, a site of technological innovation and a promise of energy abundance. It has also introduced permanent pollution and the age of the Anthropocene. This volume presents a new perspective on nuclear history and politics by focusing on four interconnected themes–violence and survival ; control and containment ; normalizing through denial and presumptions ; memories and futures–and exploring their relationships and consequences. It proposes an original reflection on nuclear technology from a long-term, comparative and transnational perspective. It brings together contributions from researchers from different disciplines (anthropology, history, STS) and countries (US, France, Japan) on a variety of local, national and transnational subjects. Finally, this book offers an important and valuable insight into other global and Anthropocene challenges such as climate change.

. Colette Jourdain, Paul Claval, Penser la Méditerranée, Hier et aujourd’hui. Paris, CNRS Editions, avril 2022.

Un portrait à deux voix, celle d’un géographe et celle d’une historienne spécialiste de la Grèce ancienne, pour comprendre comment le monde méditerranéen a été pensé, façonné et sans cesse réinventé par les Anciens, les Modernes et nos contemporains. La Méditerranée, multiple et diverse, est pourtant marquée par une étonnante unité, très tôt ressentie, qui doit beaucoup aux mythes et aux représentations cartographiques.

Colette Jourdain Annequin et Paul Claval retracent la manière dont les Grecs, les Romains puis les botanistes, géographes, artistes ou historiens ont perçu l’unité du pourtour méditerranéen, en s’appuyant sur le climat, les paysages, les langues, les religions, les savoir-faire ou les genres de vie partagés. Le XIXe siècle a été en cela un puissant vecteur d’un espace idéalisé, avant que Braudel ne pose les bases de toute étude sur le sujet. Du mare nostrum à la « méditerranéité », c’est un espace culturel homogène, mais aussi un lieu d’échange complexe fait de conflits ou de rivalités, qui ressort de cette étude.

. John Peter Burgess, Sarah Perret, Géopolitique du risque. De la possibilité du danger à l’incertitude de la menace, Paris, Le Cavalier Bleu, mars 2022.

Sécurité, environnement, finance, santé, énergie, numérique... le risque et sa gestion ont intégré de nombreux pans de notre société, tant au niveau des disciplines que des acteurs. Cette culture du risque, qui s’est accrue avec l’intensification de la mondialisation et la démultiplication de solutions technologiques, a fait émerger de nouvelles problématiques qui impliquent non seulement les acteurs étatiques et internationaux, mais aussi désormais ceux d’un secteur privé de plus en plus florissant. C’est ce panorama complexe et ses enjeux géopolitiques nouveaux qu’analysent ici Sarah Perret et J. Peter Burgess.

. Thane Gustafson, Klimat. Russia in the Age of Climate Change, Cambridge, Harvard University Press, octobre 2021.

A discerning analysis of the future effects of climate change on Russia, the major power most dependent on the fossil fuel economy.
Russia will be one of the countries most affected by climate change. No major power is more economically dependent on the export of hydrocarbons ; at the same time, two-thirds of Russia’s territory lies in the arctic north, where melting permafrost is already imposing growing damage. Climate change also brings drought and floods to Russia’s south, threatening the country’s agricultural exports.

. Yonatan T. Fessha, Karl Kössler, Francesco Palermo (eds.), Intergovernmental Relations in Divided Societies, Cham, Palgrave Macmillan, mars 2022.

This edited volume examines the form and operation of intergovernmental relations in divided societies. Using eight country case studies, it explores the interplay between politicised ethno-cultural diversity and intergovernmental relations (IGR). The book examines whether and how the distinctive identity of particular subnational units and the attending competing constitutional visions shape the dynamics of IGR. The book also examines the impact of identity politics on institutions and instruments of IGR.

. Adina Akbik, The European Parliament as an Accountability Forum. Overseeing the Economic and Monetary Union. Cambridge, Cambridge University Press, février 2022.

This book provides the first in-depth empirical study of the European Parliament’s powers of scrutiny of the executive in the European Union (EU) political system, focusing on the politically salient field of the Economic and Monetary Union. The expansion of executive decision-making during the euro crisis was accompanied by an empowerment of the European Parliament through legislative oversight. This book examines how the European Parliament exercises that oversight on a day-to-day basis and thus contributes to political accountability at the EU level. Building on an innovative analytical framework for the study of parliamentary questions and answers, Adina Akbik sheds light on the European Parliament’s possibilities and limitations to hold EU executive bodies accountable more generally. Case studies cover the period 2012 to 2019 and include the European Central Bank in banking supervision, the European Commission, the Eurogroup, and the Economic and Financial Affairs Council. This title is Open Access.

. Juan Pablo Luna, Rafael Piñeiro Rodríguez, Fernando Rosenblatt, Gabriel Vommaro (dirs.), Diminished Parties. Democratic Representation in Contemporary Latin America, Cambridge, Cambridge University Press, décembre 2021.

Many contemporary party organizations are failing to fulfill their representational role in contemporary democracies. While political scientists tend to rely on a minimalist definition of political parties (groups of candidates that compete in elections), this volume argues that this misses how parties can differ not only in degree but also in kind. With a new typology of political parties, the authors provide a new analytical tool to address the role of political parties in democratic functioning and political representation. The empirical chapters apply the conceptual framework to analyze seventeen parties across Latin America. The authors are established scholars expert in comparative politics and in the cases included in the volume. The book sets an agenda for future research on parties and representation, and it will appeal to those concerned with the challenges of consolidating stable and programmatic party systems in developing democracies.

. Kevin Rudd, The Avoidable War. The Dangers of a Catastrophic Conflict between the US and Xi Jinping’s China, New York, Public Affairs, mars 2022.

A war between China and the US would be catastrophic, deadly, and destructive. Unfortunately, it is no longer unthinkable.

The relationship between the US and China, the world’s two superpowers, is peculiarly volatile. It rests on a seismic fault—of cultural misunderstanding, historical grievance, and ideological incompatibility. No other nations are so quick to offend and be offended. Their militaries play a dangerous game of chicken, corporations steal intellectual property, intelligence satellites peer, and AI technicians plot. The capacity for either country to cross a fatal line grows daily.

Kevin Rudd, a former Australian prime minister who has studied, lived in, and worked with China for more than forty years, is one of the very few people who can offer real insight into the mindsets of the leadership whose judgment will determine if a war will be fought. The Avoidable War demystifies the actions of both sides, explaining and translating them for the benefit of the other. Geopolitical disaster is still avoidable, but only if these two giants can find a way to coexist without betraying their core interests through what Rudd calls “managed strategic competition.” Should they fail, down that path lies the possibility of a war that could rewrite the future of both countries, and the world.

. Marine de Lassalle, Faire parler d’Europe. Voies et formats des rapports institués au politique, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, mars 2022.

Fondé sur le réexamen d’un matériau constitué au mitan des années 2000, ce livre a une triple ambition : articuler une analyse des rapports à l’Europe de « citoyens » ordinaires en les imbriquant dans leurs existences sociales et leurs rapports au politique ; proposer une analyse de la construction institutionnelle des rapports au politique en les décalant quelque peu des analyses de la sociologie de la compétence politique ; poursuivre une réflexion méthodologique sur le statut des entretiens dans les enquêtes qualitatives sur l’opinion.

On ne trouvera donc pas ici une analyse de l’état de l’opinion publique sur l’Europe, mais une série d’interrogations sur la façon dont on peut compléter et approfondir l’analyse en sociologie politique des rapports au politique. On prendra ainsi en compte certains rapports construits dans des configurations institutionnelles plus larges que celles qui sont réputées fabriquer de tels rapports, avec une attention plus fine accordée aux transformations du capital culturel et à ses usages relatifs. On prêtera également davantage attention à la sociabilité, en faisant des entourages des clés de lecture et d’analyse plus systématiques de ces rapports. Enfin, on considérera différemment certains usages de ce que l’on fait, et de ce que l’on peut faire, à partir des retranscriptions d’entretiens.

. Nikolay Kozhanov, Russian Foreign Policy Towards the Middle East. New Trends, Old Traditions, Londres, Hurst Publishers, avril 2022.

This book sheds light on Russia’s motives in the Middle East, examining its growing role in the region and its efforts to defend its national interests. As one of the first volumes to address both domestic and external drivers, it provides a valuable multi-dimensional account of Moscow’s foreign policy. Russian Foreign Policy Towards the Middle East also traces the historical evolution of Russia’s presence in the region, comparing Moscow’s current vision of its diplomatic priorities with the strategic goals of the Soviet Union.
Diverse case studies reveal areas of both divergence and convergence between Russia and various Middle Eastern players on a range of issues, including the Syrian Civil War, Iran’s regional activities and the Yemeni conflict. In an era of renewed global tensions, this volume provides an important corrective to the notion that Russia’s Cold War-era confrontation with ‘the West’ determines its contemporary approach to the Middle East. No less important are economic interests and domestic security considerations, which push Moscow towards greater interaction with the region. Only by examining both new trends and old traditions can we understand Russia’s significance as a global player today.

. Tigrane Yégavian, Géopolitique de l’Arménie, Paris, Editions Bibliomonde, janvier 2022.

En 2020, une guerre désastreuse a fait perdre aux Arméniens une partie de l’enclave du Haut-Karabagh, ainsi que le glacis qui l’entourait. Ces territoires, contrôlés depuis le début des années 1990, sont passés aux mains de l’Azerbaïdjan, appuyé sur une coalition hétéroclite menée par la Turquie. L’attitude des alliés de l’Arménie, en particulier la Russie, n’a pas été aussi franche qu’espérée. Ce qui a conduit au cessez-le-feu humiliant du 9 novembre 2020. De plus, les exactions de l’armée azerbaïdjanaise sont perçues comme une réplique du génocide de 1915, un crime toujours nié par les voisins immédiats de l’Arménie. Cette nation plurimillénaire sans tradition étatique récente, doit aujourd’hui analyser les raisons d’un tel désastre, apprendre à survivre dans un environnement géopolitique hostile et réinventer sa relation à une diaspora importante et influente, pour un si petit Etat. C’est ce que se propose de faire cet ouvrage qui se veut avant tout pédagogique et prospectif.

. Gérard Chaliand, Le savoir de la peau. Mémoires., éd. L’Archipel, mars 2022.

« Un des meilleurs géostratèges contemporains. Clair, direct, lucide, très expérimenté, original, il est à la fois engagé et rigoureux. » Hubert Védrine
« J’ai participé, dans la mesure de mes moyens et de la façon qui me convenait le mieux, à l’histoire de mon temps. J’étais présent partout où j’ai pensé qu’il fallait l’être et je devrais ajouter que j’y ai pris plaisir, bien que ce terme ne rende pas compte du caractère tragique de ce que j’ai observé.
Qu’ai-je cherché au cours de ces traversées du monde ? L’aventure, sans l’ombre d’un doute, l’action, le risque. Des échanges par-dessus tout, l’amour, l’amitié… Tout cela formait un tout, où le savoir de la peau, acquis sur divers fronts, se transformait en expérience à partager. »
Homme de terrain, Gérard Chaliand a été, au cours du demi-siècle écoulé, un observateur-participant des guérillas d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine. Il a enseigné à Harvard, Berkeley, UCLA, ainsi qu’à l’Ena et à l’École de guerre, tout en menant sa vie librement.
Faisant suite au premier volet de ses mémoires (La pointe du couteau, Robert Laffont, 2011), ce récit relate l’itinéraire d’un irrégulier, ses enquêtes et ses expériences de terrain à travers l’histoire mouvementée des quatre dernières décennies.

. Emanuel Deutschmann, Mapping the Transnational World : How We Move and Communicate across Borders, and Why It Matters. Princeton, Princeton University Press, mars 2022.

Increasingly, people travel and communicate across borders. Yet, we still know little about the overall structure of this transnational world. Is it really a fully globalized world in which everything is linked, as popular catchphrases like “global village” suggest ? Through a sweeping comparative analysis of eight types of mobility and communication among countries worldwide—from migration and tourism to Facebook friendships and phone calls—Mapping the Transnational World demonstrates that our behaviour is actually regionalized, not globalized.

Emanuel Deutschmann shows that transnational activity within world regions is not so much the outcome of political, cultural, or economic factors, but is driven primarily by geographic distance. He explains that the spatial structure of transnational human activity follows a simple mathematical function, the power law, a pattern that also fits the movements of many other animal species on the planet. Moreover, this pattern remained extremely stable during the five decades studied—1960 to 2010. Unveiling proximity-induced regionalism as a major feature of planet-scale networks of transnational human activity, Deutschmann provides a crucial corrective to several fields of research.

. Geneviève Duché, Illibéralisme et repli identitaire en Europe centrale. Un défi pour l’Union européenne, Paris, Editions Harmattan, janvier 2022.

« Nous avons réalisé le rêve de nos ancêtres » - à savoir l’inclusion dans l’Occident - déclarait le président de la République polonaise en 2002 peu avant son intégration dans l’Union européenne. En 2017, le Premier ministre hongrois fustige l’occident donneur de leçons et qui déchristianise l’Europe, démolit le modèle et déclare que l’Europe centrale devient l’avenir de l’Europe. Un renversement, une hostilité. Que s’est-il passé ? Comment expliquer le nationalisme agressif et les replis identitaires dans les pays libérés du soviétisme ? Comment comprendre qu’une partie des populations de ces pays suive des leaders populistes, tourne le dos à la démocratie et s’engage dans la haine ? Ce livre tente des réponses par une approche pluridisciplinaire en revenant aux transformations profondes causées par le passage d’une économie collectivisée à un capitalisme néo-libéral, en convoquant l’Histoire de ces pays, leurs mythes et violences.

. Jean Schmitz, Abdel Wedoud Ould Cheikh et Cédric Jourde (dir.), Le Sahel musulman entre soufisme et salafisme. Subalternité, luttes de classement et transnationalisme, Paris, Karthala, février 2022.

À l’encontre de l’opposition stéréotypée entre soufisme et salafisme, les contributions rassemblées dans cet ouvrage montrent la convergence entre certains ordres soufis et les mouvements salafistes dans leur enrôlement des subalternes, femmes, jeunes et « castés », au Sahel musulman. Une telle évolution ne peut se comprendre que dans la longue durée et en connectant les espaces.

L’espace sahélien est marqué depuis le XIe siècle par une forte prépondérance de l’islam reposant sur un triptyque partagé avec l’ensemble du Maghreb voisin : malikisme, acharisme et soufisme confrérique. Après les révolutions musulmanes plutôt égalitaires du XVIIIe siècle, ces confréries se sont propagées lors des jihads expansionnistes du XIXe siècle. À l’encontre de ces derniers, la « révolution voilée » des ordres soufis mauritano-sénégambiens au tournant du XXe siècle reprit le message émancipateur initial, quoique beaucoup moins à l’égard des femmes.

Aussi les auteurs s’attachent-ils à étudier une génération ultérieure d’ordres soufis (1930-2021), celle de branches de la Tijāniyya qui, en opposition complémentaire avec les réformistes, poursuivit la lutte pour la reconnaissance islamique des subalternes par l’accès au savoir, à l’espace public religieux et aux positions d’autorité.

Cet ouvrage rassemble les travaux de spécialistes internationaux des études islamiques et des sciences sociales. Il est structuré autour de quatre thématiques : orthodoxie et orthopraxie ; islam et hiérarchies statutaires ; représentations raciales et pratiques ; genre et subalternité.

. Le Grand Continent, Politiques de l’interrègne. Chine, pandémie, climat, Paris, Gallimard, mars 2022.

Le chaos pandémique n’a pas d’après. Pourtant, derrière les images monstrueuses qui défilent sur nos écrans, au-delà des polémiques qui agitent nos débats, dans le vertige des crises des années 2020, un nouveau monde est sur le point d’éclore.

Nous nous trouvons encore dans l’interrègne. Nous subissons des bouleversements que l’on peine à décrire, à transformer ou à arrêter. Fait-on du surplace ou sommes-nous en train de basculer ?

Deux forces fracturent notre réalité. La rivalité géopolitique entre la Chine et les États-Unis structure le monde. La crise climatique planétaire change tout. Entretemps, dans la pandémie, en France, en Europe, des spectres se raniment : la dette, le conflit, le genre, l’État, la souveraineté. Est-il encore possible de bifurquer ?

Ce premier volume du Grand Continent, phénomène intellectuel des années 2020, réunit vingt voix qui définissent la structure des politiques dans l’interrègne.

Une idée les réunit et justifie de les recueillir : si le désordre est certain, le chaos n’est pas encore une nécessité.

. Marta Tawil Kuri, Élodie Brun, Latin American Relations with the Middle East. Foreign Policy in Times of Crisis, Londres, Routledge, mars 2022.

Latin American Relations with the Middle East surveys the dealings of ten Latin American and Caribbean states – Argentina, Brazil, Chile, Colombia, Costa Rica, Cuba, Peru, Mexico, Uruguay, and Venezuela – with the Middle East.
This volume examines these states’ external behaviour at both an empirical and conceptual level. Empirically, authors seek to examine Latin American and Caribbean foreign policies towards the Middle East in four dimensions : diplomatic attention ; trade and investment (including the energy issue) ; development cooperation ; security matters/intelligence, and relationship with multilateralism (Iran, Palestine, and Syria). Case studies are selectively deployed to observe the influence of unfavourable circumstances that have increased since 2015, such as domestic turmoil, wars, economic crisis, ideological bias, and international constraints. Conceptually, the book enhances the theoretical framework for understanding Southern countries’ foreign policies, through fomenting dialogue with Latin American and Caribbean regional literature on foreign policy. Authors inquire about how decision-making processes occur, and uncover how influential actors help to test the main hypotheses of Foreign Policy Analysis (FPA).

. Yixian Sun, Certifying China. The Rise and Limits of Transnational Sustainability Governance in Emerging Economies, Cambridge, MIT Press, février 2022.

A comprehensive study of the growth, potential, and limits of transnational eco-certification in China and the implications for other emerging economies.
China has long prioritized economic growth over environmental protection. But in recent years, the country has become a global leader in the fight to save the planet by promoting clean energy, cutting air and water pollution, and developing a system of green finance. In Certifying China, Yixian Sun explores the potential and limits of transnational eco-certification in moving the world’s most populous country toward sustainable consumption and production. He identifies the forces that drive companies from three sectors—seafood, palm oil, and tea—to embrace eco-certification. The success of eco-certification, he says, will depend on the extent to which it wins the support of domestic actors in fast-growing emerging economies.
The assumption of eco-certification is that demand along the supply chain can drive businesses to adopt good practices for social, environmental, and economic sustainability by specifying rules for production, third-party verification, and product labelling. Through case studies drawn from extensive fieldwork and mixed methods, Sun traces the processes by which certification programs originating from the Global North were introduced in China and gradually gained traction. He finds that the rise of eco-certification in the Chinese market is mainly driven by state actors, including government-sponsored industry associations, who seek benefits of transnational governance for their own development goals. The book challenges the conventional wisdom that the Chinese state has little interest in supporting transnational governance, offering novel insights into the interaction between state and non-state actors in earth system governance in emerging economies.

. François-Xavier Fauvelle, Penser l’histoire de l’Afrique, Paris, CNRS Editions, mars 2022.

Retraçant un parcours de recherche qui l’a mené d’un bout à l’autre du continent africain, de l’Afrique du Sud au Maroc, en passant par l’Éthiopie ou le Mali, François-Xavier Fauvelle dessine à grands traits et fait ressortir les enseignements d’une histoire qu’il est encore de bon ton d’ignorer – quand elle n’est pas purement et simplement niée.

Il pointe les spécificités documentaires d’une histoire « à trous », véritable défi pour l’historien en ce qu’elle suppose de croiser fouilles archéologiques et analyse des usages contemporains du passé, études des sources écrites anciennes comme des traditions orales, tout en déconstruisant les clichés et les fantasmes hérités des siècles d’esclavage puis de colonialisme.

Apparaît alors l’incroyable richesse de l’histoire de l’Afrique antique et médiévale, marquée par une grande diversité des types de sociétés, de croyances religieuses et de formations politiques.

Réinscrite dans les multiples flux humains, spirituels, commerciaux ou intellectuels avec la péninsule arabique, l’Europe et l’océan Indien, elle permet de renouveler notre compréhension des mondes anciens.

. Jean Lévesque, Yann Roche, Du village alpin à l’événement planétaire. Histoire et géopolitique des Jeux olympiques d’hiver, de 1924 à nos jours, Québec, Presses de l’Université du Québec, février 2022.

Longtemps considérés comme une annexe hivernale ou, selon l’expression même de Coubertin, un prélude aux « vrais Jeux », les Jeux olympiques d’hiver ont reçu beaucoup moins d’attention que les Jeux d’été sous prétexte qu’ils attiraient moins d’athlètes, moins de spectateurs et que la compétition réelle ne concernait que quelques pays. Avec l’atteinte récente du seuil de deux milliards de téléspectateurs, les Jeux d’hiver sont en voie de devenir, comme ceux d’été, un « spectacle-monde ». En passant de 16 pays représentés à 88 en moins d’un siècle d’existence, il s’est également produit une indéniable mondialisation des Jeux d’hiver, même s’il y a toujours un certain déséquilibre en faveur des pays du Nord.

Comme les Jeux nordiques qui les ont précédés, on a perçu les Jeux d’hiver comme appartenant « au monde bucolique, d’une simplicité idéalisée, des paysages enneigés des villages alpins isolés, immunisés en quelque sorte des affres de la Realpolitik ». Or rien n’est plus faux. En fait, ils ont souvent servi de vitrine politique à des pays aux ambitions discutables et les menaces de boycottage passées ou présentes ne sont qu’un rappel de cette nature politique. La différence entre les enjeux politiques des Jeux d’hiver et des Jeux d’été « en est une de degré, pas de nature ».

Ce livre vise à soumettre les Jeux d’hiver à la même lecture historique et géo­politique que ceux d’été, aidant ainsi à rétablir l’équilibre dans l’analyse des enjeux politiques des Jeux olympiques. Plus important encore, il s’agira de la synthèse la plus complète des Jeux d’hiver toutes langues confondues. Le présent ouvrage, fruit d’une démarche pluridisciplinaire, comblera une lacune flagrante dans l’étude du sport. Il intéressera autant le grand public que les personnes qui suivent d’assez loin les Jeux d’hiver, celles qui se passionnent pour l’événement ou celles qui sont férues d’histoire du sport.

. Ophélie Rillon, Le genre de la lutte. Une autre histoire du Mali contemporain (1956-1991), Lyon, ENS Editions, mars 2022.

De la décolonisation en 1960 à la révolution de mars 1991, quatre décennies de luttes sociales et politiques ont façonné l’histoire non consensuelle du Mali. Ce livre raconte une histoire mixte, celle des combats multiples menés par les femmes et les hommes de ce pays qui, en dépit de la répression, se sont révoltés, insurgés et mobilisés contre l’ordre établi. Le récit proposé ici se situe aux antipodes des représentations jusqu’ici véhiculées sur ce pays africain confronté à une crise profonde depuis 2012. Situé à la croisée de l’histoire du genre et de la sociologie des mouvements sociaux, cet ouvrage propose une analyse inédite des dynamiques sexuées qui imprègnent les formes de l’action collective et de la manière dont l’engagement contribue à modifier les rapports de genre dans le Mali contemporain. Il intéressera à la fois les lecteurs et lectrices de l’histoire de l’Afrique, des contestations et du genre des luttes.

. Saïd Djinnit, Le dialogue à tout prix. Au cœur de la crise politique de 2013 en Guinée, Louvain-la-Neuve, Presses universitaires de Louvain, février 2022.

L’histoire de la diplomatie africaine reste largement à écrire par ses acteurs. Dans cet ouvrage, Saïd Djinnit livre son expérience de facilitation du dialogue inter-guinéen en 2013. Appelé à modérer un dialogue politique, il déploie son énergie pour créer les conditions de la tenue du dialogue et pour s’assurer ensuite de la mise en œuvre honnête de l’accord politique conclu.

La facilitation se déroule à Conakry, dans un contexte politique tendu, ponctué par des incidents de violence qui font redouter le pire. On retrouve dans ce récit toutes les techniques de médiation qui ont permis à Saïd Djinnit de maintenir le rythme de la facilitation, de garder les parties protagonistes engagées dans le processus de paix et d’éviter que la situation dégénère. Le parcours est parsemé d’obstacles que le facilitateur lève l’un après l’autre.

L’ouvrage est un puits d’enseignements pour les chercheurs, les praticiens et les personnes qui s’intéressent de près ou de loin à la médiation et aux crises politiques et électorales en Afrique. Il est également une source d’inspiration pour tous ceux qui croient à la centralité du dialogue afin d’éviter l’affrontement et la violence et de promouvoir et maintenir la paix et la stabilité.

. Sami Aoun, Gilles Vandal, Anouar el-Sadate. Chef de guerre devenu homme de paix ?, Bruxelles, Editions Mardaga, février 2022.

Anouar el-Sadate, président de l’Égypte dans les années 1970, a révolutionné les relations entre les États du Moyen-Orient. En recentrant la politique internationale et celle de son pays par des actions spectaculaires, il a gravé l’Histoire de son empreinte.
Aujourd’hui encore, son image est multiple : visionnaire à la personnalité complexe, leader audacieux, fin stratège, homme de paix, traitre de la cause arabe, chef de guerre, ou encore dictateur… Finalement, qui était cet homme d’État ? Comment a-t-il forgé son leadership ? Et quel héritage a-t-il laissé à son pays, à l’ordre régional et au monde actuel ?
En analysant le parcours personnel et politique de ce personnage emblématique, Gilles Vandal et Sami Aoun soulignent les forces et les paradoxes, les initiatives surprenantes et les stratégies géopolitiques marquantes d’un leader aux multiples facettes.

. Xavier Driencourt, L’énigme algérienne. Chroniques d’une ambassade à Alger, Paris, Editions de l’Observatoire, mars 2022.

Ambassadeur de France à Alger de 2008 à 2012 et de 2017 à 2020, Xavier Driencourt est le diplomate français qui aura passé le plus de temps en poste en Algérie.
Il livre ici une analyse passionnante de ce pays si proche de nous et pourtant si énigmatique, dévoilant sa complexité et ce que les Algériens eux-mêmes appellent « le système ». Il revient sur la relation franco-algérienne marquée par l’histoire, la colonisation, les événements tragiques de 1962 et l’immigration, mais aussi sur les nombreux liens culturels, économiques, familiaux entre les deux rives de la Méditerranée. Il s’interroge sur la relation ambiguë que nos élus entretiennent avec ce pays qui, plus d’un demi-siècle après son indépendance, semble encore faire partie de la politique intérieure française.
À l’aube du 60e anniversaire des accords d’Évian, et alors qu’à la suite du rapport de Benjamin Stora les autorités françaises souhaitent accompagner cet événement, cet ouvrage constitue le tableau le plus complet pour qui veut comprendre l’Algérie contemporaine, les défis qu’elle pose à la France et l’énigme politique qu’elle représente pour nombre d’entre nous.

. Adèle Blazquez, L’aube s’est levée sur un mort. Violence armée et culture du pavot au Mexique, Paris, CNRS Editions, mars 2022.

Entre le procès très médiatisé d’El Chapo et les séries à succès sur Netflix, la petite commune de Badiraguato, considérée comme le berceau du narcotrafic et la base du cartel du Sinaola, est devenue un objet médiatique à part entière. Elle est aussi l’épicentre d’une « guerre contre la drogue » qui a fait plus de victimes au Mexique depuis le début du XXIe siècle que les conflits en Afghanistan ou en Irak.

Mais comment vivent celles et ceux qui restent invisibles dans cette grande fresque criminelle romancée aux effets bien réels ? L’aube s’est levée sur un mort, qui emprunte son titre à une expression coutumière des habitants découvrant un cadavre au petit matin, suit celles et ceux qui subsistent dans cette région sans emplois, qui tiennent une épicerie, cultivent une petite parcelle de pavot ou occupent un poste dans l’administration locale.

Comment se déplace-t-on dans cette zone où une mauvaise rencontre peut surgir à tout instant ? Qui sont les producteurs de pavot, coincés entre l’exploitation de ceux qui achètent leur récolte et la répression militaire ? Que deviennent les relations amoureuses dans une telle situation ? Que peuvent les pouvoirs publics ? Et comment donner sens aux meurtres qui rythment le quotidien ?

En restituant les modalités de la domination comme les logiques d’action des individus, cette ethnographie sensible lève le voile sur une zone interdite qui est comme l’envers de notre économie globalisée. Elle met au jour la vie incertaine et confuse d’habitants tentant constamment d’éviter les embûches d’une existence dans la violence.

. Daniel Cirera, Guy Groux, Mark Kesselman, Regards croisés USA-France. Mouvements et politique en temps de crises, Nancy, Editions de l’Arbre Bleu, février 2022.

Depuis les analyses classiques de Tocqueville sur le contraste entre l’étatisme français et le pluralisme américain, les États-Unis et la France ont fourni des laboratoires pour l’analyse comparative. La mise en regard des mouvements sociaux aux États‑Unis et en France alimente la compréhension des rapports entre conflictualité et refondation de la gauche à la lumière des défis posés de part et d’autre de l’Atlantique.

Depuis le New Deal des années 1930, la conquête des droits civiques aux États-Unis dans les années 1960, l’avènement du capitalisme néolibéral et de la mondialisation financière jusqu’à la crise majeure de 2008, les rapports entre mouvements sociaux et politique font l’histoire. Plus récemment, l’ascension du populisme, l’émergence de Bernie Sanders et d’une gauche combative, l’expansion des mobilisations décisives dans la défaite de Trump résonnent avec ce que nous vivons en France. L’intensification des mobilisations contre les inégalités et les discriminations, contre les violences racistes, des luttes féministes, écologistes et pour la justice sociale bouscule le champ politique sur fond de poussée de l’extrême droite et d’une tendance à l’autoritarisme. Ce détour par les États-Unis invite à un regard distancié sur notre propre réalité en France.

En assumant leur diversité, les autrices et auteurs des contributions rassemblées dans ce volume éclairent ces événements et les défis stratégiques de la gauche sociale et politique en France, à l’heure du néolibéralisme contesté et de la poussée des aspirations émancipatrices.

Comme projet associé à la Fondation Gabriel Péri, cet ouvrage vise un public large, intéressé et éventuellement impliqué dans le débat et la confrontation d’idées politiques comme dans l’action militante.

. Michanne Steenbergen, Female Ex-Combatants, Empowerment, and Reintegration. Gendered Inequalities in Liberia and Nepal, Londres, Routledge, février 2022.

Female Ex-Combatants, Empowerment, and Reintegration investigates the role of United Nations-led Disarmament, Demobilization, and Reintegration (DDR) programs in undermining female ex-combatants’ empowerment.

The participation of female combatants in conflict has increasingly been recognized in feminist literatures and in policies and programs concerned with reintegrating ex-combatants and building peace. This has illustrated that female ex-combatants often experience "empowerment" through their role as combatant ; however, this empowerment is often lost upon reintegration. UN-led DDR plays an important role in the broader peacebuilding process, as it is one of the largest interventions and directly aims to reintegrate ex-combatants into civilian life. This book draws on extensive field research and interviews with female ex-combatants and DDR officials in Liberia and Nepal to develop a nuanced and comprehensive picture of female ex-combatants’ empowerment and how this is undermined by DDR. Through reconceptualized frameworks of empowerment and an emancipatory peace, the book explores the pivotal role that DDR programs play in undermining female ex-combatants’ empowerment. The author argues that this is detrimental to peacebuilding, because DDR officials and documentation narrate female ex-combatants in limited and gendered ways, which reproduces gendered inequalities and define how female ex-combatants should behave.

This book will be of great interest to scholars and practitioners working on gender, conflict, peace, security, and development.

. Nicolas Regaud, Bastien Alex, François Gemenne (dir.), La guerre chaude. Enjeux stratégiques du changement climatique, Paris, Presses de SciencesPo, mars 2022.

Spécialistes des questions de défense et de climat, les auteurs du premier livre consacré à cet immense enjeu dressent un panorama des risques stratégiques et opérationnels associés au dérèglement climatique.

Un monde plus chaud sera aussi un monde plus violent. Alors qu’une hausse des températures d’à peine 1 °C depuis l’ère préindustrielle a déjà des conséquences préoccupantes pour la sécurité nationale et internationale, il ne fait pas de doute que cette tendance va s’amplifier et nous faire entrer dans une longue période de tensions.

Les armées ne doivent pas seulement réduire leur empreinte carbone. Acteurs majeurs de la paix et de la sécurité, elles doivent aussi s’adapter à une situation qui affecte lourdement leurs missions et leurs capacités pour s’engager dans une véritable politique de sécurité climatique.
Spécialistes des questions de défense et de climat, les auteurs du premier livre consacré à cet immense enjeu dressent un panorama des risques stratégiques et opérationnels associés au dérèglement climatique. Ils anticipent les contours de la « guerre chaude » qui s’annonce en analysant les défis auxquels les forces armées seront confrontées et la façon dont elles pourront contribuer à le relever.

. Nicolas Roseau, Le futur des métropoles, Genève, MétisPresses, février 2022.
Objet controversé, l’infrastructure est l’entrée par laquelle cet ouvrage interroge la production imaginaire et concrète de l’espace urbain. L’étude de trois métropoles – New York, Paris,
Hong Kong – permet d’approfondir les rapports au temps qu’entretiennent les villes et leurs infrastructures, construites pour durer alors même que leurs fonctions sont destinées à évoluer.
Nathalie Roseau propose ainsi une relecture des grands artefacts urbains qui nous environnent, racontant les débats qui les ont accompagnés et les crises auxquelles ils sont encore confrontés. Elle envisage les infrastructures dans une perspective située et transnationale et identifie, à la manière de l’archéologue, les traces visibles et invisibles de leur sédimentation. Les récits du parkway newyorkais, de Roissy Charles-de-Gaulle et du périf parisien, ainsi que de l’infrastructure hongkongaise dévoilent les attentes d’une société au regard des temps à venir et clarifient les rapports de force entre pouvoirs et représentations, instituant le projet comme une chaîne de convergences et de conflits, de décisions et de revirements.
Réflexion sur l’urbanisme comme savoir et pratique, cet ouvrage interroge la valeur des futurs projetés et propose un changement de perspective face aux transformations qui s’imposent aux métropoles. Ancrées dans l’histoire des villes, les infrastructures dialoguent avec les défis du présent.

. Paul Pax Morin, Les jeunes et la guerre d’Algérie, Paris, PUF, mars 2022.

La colonisation et la guerre d’Algérie ont laissé des traces nombreuses et profondes sur la société française. 39 % des jeunes Français ont un lien familial avec cette histoire. Pour eux, l’Algérie est un héritage intime. C’est ce qui explique la tristesse dans le regard suspendu d’un grand-père un soir d’été, ce sont ces bricks à l’œuf partagées chaque vendredi, ces insultes en langue arabe ou… sur les Arabes. Beaucoup de jeunes interrogent ces traces pour comprendre leurs origines, leurs identités mais aussi la société française actuelle. Sur la base d’une enquête auprès de 3 000 jeunes âgés de 18 à 25 ans et d’une centaine d’entretiens avec des petits-enfants d’appelés, de pieds-noirs, de harkis, de juifs d’Algérie, de militants au FLN ou à l’OAS, cet ouvrage permet à la fois de faire le constat de ce que les jeunes savent et retiennent de la colonisation et de la guerre d’Algérie, de ce qui a été transmis dans les millions de familles affectées par cette histoire, et de la façon dont cette nouvelle génération interprète, négocie et utilise cet héritage au quotidien. Plus généralement, cette recherche interroge le rôle de la mémoire collective sur la construction identitaire et la socialisation politique des jeunes. Elle permet de repérer les tensions politiques et identitaires héritées de cette histoire mais également de constater le chemin de la normalisation que nous prenons collectivement. Les jeunes nous projettent déjà dans une relation apaisée au passé. Parce qu’ils sont la génération du dépassement, ce livre leur donne la parole.

. Alexander Lanoszka, Military Alliances in the Twenty-First Century, New York, Polity Books, janvier 2022.

Alliance politics is a regular headline grabber. When a possible military crisis involving Russia, North Korea, or China rears its head, leaders and citizens alike raise concerns over the willingness of US allies to stand together. As rival powers have tightened their security cooperation, the United States has stepped up demands that its allies increase their defense spending and contribute more to military operations in the Middle East and elsewhere. The prospect of former President Donald Trump unilaterally ending alliances alarmed longstanding partners, even as NATO was welcoming new members into its ranks. Military Alliances in the Twenty-First Century is the first book to explore fully the politics that shape these security arrangements – from their initial formation through the various challenges that test them and, sometimes, lead to their demise. Across six thematic chapters, Alexander Lanoszka challenges conventional wisdom that has dominated our understanding of how military alliances have operated historically and into the present. Although military alliances today may seem uniquely hobbled by their internal difficulties, Lanoszka argues that they are in fact, by their very nature, prone to dysfunction.

. Elie Cohen, Souveraineté industrielle. Vers un nouveau modèle productif, Paris, Editions Odile Jacob, février 2022.

Quel modèle productif se dessine pour la France d’aujourd’hui ? Et avec quelle gouvernance ?
Ce livre est animé par une conviction : dans un monde de plus en plus régi par les rapports de force, où la dépendance a tôt fait de se transformer en vulnérabilité, renouer avec l’ambition de souveraineté industrielle est une nécessité. Car toute politique industrielle est une politique de développement. Comment négocier aujourd’hui cette nouvelle étape de la mondialisation avec le redéploiement industriel ? Sur quels outils l’État doit-il s’appuyer ? Quand l’échelle européenne est-elle indispensable ?
Véritable vade-mecum à l’intention du citoyen et du décideur, ce livre montre qu’il est temps de dépasser les oppositions stériles (entre Europe et États nationaux, entre concurrence et politique d’innovation, entre centre et territoires…) pour mettre en œuvre les stratégies dont nous avons tant besoin.

. Gérard-François Dumont, Catherine Wihtol de Wenden (dir.), La COVID-19 est-elle un game-changer géopolitique ?, Paris, L’Harmattan, janvier 2022.

La crise de la Covid s’impose déjà comme une séquence majeure de l’histoire du monde. Elle a explicitement installé un enjeu de sécurité globale en tête des périls qui pèsent sur notre monde. L’insécurité est désormais globale, tant dans ses modalités que dans sa cible. Ce livre réunit des spécialistes de différentes disciplines, dont le regard converge vers ce phénomène inédit.

. Sara Vigil, Land Grabbing and Migration in a Changing Climate. Comparative Perspectives from Senegal and Cambodia, Londres, Routledge, février 2022.
This book provides a theoretical and empirical examination of the links between environmental change, land grabbing, and migration, drawing on research conducted in Senegal and Cambodia.
While the impacts of environmental change on migration and of environmental discourses on land grabs have received increased attention, the role of both environmental and migration narratives in shaping migration by modifying access to natural resources has remained under-explored. Using a variegated geopolitical ecology framework and a comparative global ethnographic approach, this book analyses the power of mainstream adaptation and security frameworks and how they impact the lives of marginalised and vulnerable communities in Senegal and Cambodia. Findings across the cases show how environmental and migration narratives, linked to adaptation and security discourses, have been deployed advertently or inadvertently to justify land capture, leading to interventions that often increase, rather than alleviate, the very pressures that they intend to address. The interrelations between these issues are inherent to the tensions that exist, in different contexts and at different times, between capital accumulation and political legitimation. The findings of the book point to the urgency for researchers and policymakers to address the structural causes, and not the symptoms, of both environmental destruction and forced migration. It shows how acting upon environmental change, land grabs, and migration in isolated or binary manners can increase, rather than alleviate, pressures on those most socio-environmentally vulnerable.

This book will be of interest to students, scholars, and practitioners working on the topics of land and resource grabbing and environmental change and migration. The book will also be of interest to those analysing political ecology transitions in Africa and Asia, as well as to those interested in novel theoretical and methodological frameworks.

. Scott Reynolds Nelson, Oceans of Grain. How American Wheat Remade the World, New York, Basic Books, février 2022.
To understand the rise and fall of empires, we must follow the paths travelled by grain—along rivers, between ports, and across seas. In Oceans of Grain, historian Scott Reynolds Nelson reveals how the struggle to dominate these routes transformed the balance of world power.
Early in the nineteenth century, imperial Russia fed much of Europe through the booming port of Odessa. But following the US Civil War, tons of American wheat began to flood across the Atlantic, and food prices plummeted. This cheap foreign grain spurred the rise of Germany and Italy, the decline of the Habsburgs and the Ottomans, and the European scramble for empire. It was a crucial factor in the outbreak of the First World War and the Russian Revolution.
A powerful new interpretation, Oceans of Grain shows that amid the great powers’ rivalries, there was no greater power than control of grain.

. Togzhan Kassenova, Atomic Steppe. How Kazakhstan Gave Up the Bomb, Stanford, Stanford University Press, janvier 2022.
Atomic Steppe tells the untold true story of how the obscure country of Kazakhstan said no to the most powerful weapons in human history. With the fall of the Soviet Union, the marginalized Central Asian republic suddenly found itself with the world’s fourth largest nuclear arsenal on its territory. Would it give up these fire-ready weapons—or try to become a Central Asian North Korea ?
This book takes us inside Kazakhstan’s extraordinary and little-known nuclear history from the Soviet period to the present. For Soviet officials, Kazakhstan’s steppe was not an ecological marvel or beloved homeland, but an empty patch of dirt ideal for nuclear testing. Two-headed lambs were just the beginning of the resulting public health disaster for Kazakhstan—compounded, when the Soviet Union collapsed, by the daunting burden of becoming an overnight nuclear power.
Equipped with intimate personal perspective and untapped archival resources, Togzhan Kassenova introduces us to the engineers turned diplomats, villagers turned activists, and scientists turned pacifists who worked toward disarmament. With thousands of nuclear weapons still present around the world, the story of how Kazakhs gave up their nuclear inheritance holds urgent lessons for global security.

. Jacques Arnould, La guerre de l’espace aura-t-elle lieu ?, Paris, L’Harmattan, février 2022.

Soixante ans après le vol inaugural de Spoutnik, plusieurs États, dont les États-Unis et la France, se sont dotés d’une « armée de l’espace » : l’espace est-il sur le point d’entrer en guerre ? Les humains vont-ils transporter dans les étoiles les conflits qu’ils mènent sur Terre ? La question est d’autant plus actuelle que, dans le même temps, les entrepreneurs du New Space expriment des velléités d’exploiter les ressources de l’espace et mettent ainsi en défaut les principes du droit de l’espace, en particulier ceux de non-appropriation et de libre accès. Les inévitables conflits d’intérêts conduiront-ils à des affrontements interplanétaires ? En réalité, l’espace est déjà en guerre, parce que nous les humains le sommes. Et si nous considérions l’espace comme une occasion, un lieu pour imaginer et poser les éléments d’une paix entre les pays, entre les humains ?

. Mark Galeotti, The Weaponisation of everything. A Field Guide to the New Way of War, New Haven, Yale University Press, février 2022.

Hybrid War, Grey Zone Warfare, Unrestricted War : today, traditional conflict—fought with guns, bombs, and drones—has become too expensive to wage, too unpopular at home, and too difficult to manage. In an age when America threatens Europe with sanctions, and when China spends billions buying influence abroad, the world is heading for a new era of permanent low-level conflict, often unnoticed, undeclared, and unending.

Transnational crime expert Mark Galeotti provides a comprehensive and ground-breaking survey of the new way of war. Ranging across the globe, Galeotti shows how today’s conflicts are fought with everything from disinformation and espionage to crime and subversion, leading to instability within countries and a legitimacy crisis across the globe. But rather than suggest that we hope for a return to a bygone era of “stable” warfare, Galeotti details ways of surviving, adapting, and taking advantage of the opportunities presented by this new reality.

. Nafissa Insebayeva, Modernity, Development and Decolonization of Knowledge in Central Asia, Singapour, Palgrave Macmillan, février 2022.

This book joins the discussion on foreign aid triggered by the rise of multiplicity of emerging donors in international development and explores the transformation of Kazakhstan from a recipient country to a development aid provider.

Drawing on fieldwork in Nur-Sultan and Almaty (Kazakhstan) between 2016 and 2019, this research evaluates the philosophy and core features of Kazakhstan’s chosen development aid model and explains the factors that account for the construction of aid patterns of Kazakh donorship. This book will be of interest to scholars of Central Asia and the emerging politics of Eurasia as well as scholars of politics and aid.

. Pierre Blanc, Jean-Paul Chagnollaud, Le rendez-vous manqué des peuples. De l’échec des révolutions populaires aux dérives populistes, Paris, Autrement, janvier 2022.

Loin des espoirs suscités par la chute du mur de Berlin, le début de notre siècle dessine un horizon politique largement assombri par l’échec des révolutions citoyennes et la montée en puissance des populismes, sur fond de crise des démocraties. Partout - des pays arabes à l’Europe en passant par le continent américain -, le rendez-vous annoncé des peuples avec eux-mêmes est manqué. Notre monde est-il entré dans une phase de régression démocratique, aux antipodes des espérances passées ? Des révolutions arabes de Syrie, de Tunisie ou d’Égypte, aux gouvernements populistes démocratiquement élus aux États-Unis, au Brésil, en Hongrie, en Pologne et en Inde, cet ouvrage dresse le bilan de vingt ans de soubresauts, convoquant les plus fins théoriciens pour en donner des clefs de compréhension. Ambitieux, cet essai nous amène à changer de perspective pour lire la montée en puissance des autoritarismes et l’échec des révolutions citoyennes comme les deux faces d’une même pièce qu’il s’agit de penser conjointement.

. Pierre-Noël Denieuil, Lignes de vie d’un peuple. Tunisiens, Paris, Ateliers Henry Dougier, février 2022.

Depuis la fondation de Carthage, et tout au long de son histoire, le Tunisien a su accueillir, s’adapter à ses multiples occupants, et s’est construit une personnalité encline au compromis. Dès l’indépendance de 1956, la scolarisation massive des filles ainsi que le Code du statut personnel ont ouvert la voie au maillon fort du pays, ses femmes. Depuis sa révolution de 2011, la Tunisie est devenue un vaste laboratoire d’expérimentation des libertés, annonçant l’émergence d’une société multi-informée venant brouiller les repères entre wahhabisme, arabité, tunisianité et modernité. Il en ressort une mosaïque au carrefour des influences qui se reflètent dans la diversité de sa cuisine ou dans les identités croisées (religieuses, migratoires, sexuées) de ses artistes. Ici, petit commerçant, animateur radio, professeurs, journaliste, militant, chef cuisinier, artistes..., s’expriment et racontent leur Tunisie.

. Stéphane Dudoignon, Les gardiens de la Révolution en République islamique d’Iran, Paris, CNRS Editions, février 2022.

Le corps des Gardiens de la Révolution islamique, créé le 22 avril 1979, quelques semaines après la formation de la République islamique d’Iran, est un corps paramilitaire possédant ses propres forces terrestres et de renseignements, mais aussi sa marine et son armée de l’air. Si l’armée régulière iranienne est chargée de la défense des frontières et du maintien de l’ordre à l’intérieur, les Gardiens de la révolution sont chargés de protéger le régime et de sauvegarder les acquis de la Révolution. Ils dépendent directement du Guide de la Révolution. Forts de plus d’une centaine de milliers d’hommes, ils sont considérés comme une organisation terroriste par les États-Unis.
Qui sont ces Gardiens ? Comment et où sont-ils recrutés et formés ? Comment cela a-t-il changé avec le temps ? Quelles sont les convergences et les clivages entre eux et les religieux ? Quelles ont été leurs grandes figures ? Comment sont-ils également devenus une grande force économique ? Il est impossible de comprendre l’Iran moderne sans étudier ce corps particulier.
Or le contexte politique changeant des dernières décennies, marqué par de de grandes manifestions en Iran, de grands bouleversements alentour (printemps arabe, internationales jihadistes), et l’aggravation des sanctions internationales, a poussé l’Iran à opérer des tournants géostratégiques et politiques majeurs. Et a incité les Gardiens à se réorganiser en profondeur. Cet ouvrage revient sur le rôle de ce corps et sur l’attention qu’y porte le Guide, soucieux de sa cohésion et de sa loyauté, à l’heure d’une division générale des élites politiques de la République islamique et d’un contexte international menaçant.

. Corentin Léotard (dir.), La Hongrie sous Orban, Paris, Plein Jour, février 2022.

« Baraque la plus gaie » du bloc de l’Est, élève prometteuse de l’Union européenne dans les années 1990, eldorado libéral dans les années 2000, la Hongrie fait beaucoup parler d’elle depuis que son dirigeant, Viktor Orbán, y a décrété un « État illibéral » et lancé une « contre-révolution conservatrice ».

Comment vit-on dans ce laboratoire européen du populisme admiré de Trump, Bolsonaro et autres Marine Le Pen ?

Écrit par des journalistes français indépendants installés en Hongrie depuis de nombreuses années, le livre part, à travers une série d’articles, à la rencontre de ceux qui nourrissent le système et de ceux qui s’y opposent ; mais aussi de simples citoyens, des agriculteurs, des Roms, des habitants de petites villes, des artistes, etc., des gagnants et des perdants du système Orbán, qui, de son côté, visera un quatrième mandat consécutif en 2022.

. Eberhard Kienle, Egypt. A Fragile Power, Londres, Routledge, janvier 2022.

Focusing on authoritarian rule, unresolved economic challenges, and external dependency, the volume explains the salient political and economic features of contemporary Egypt against the backdrop of its history since the beginning of the 19th century. Presenting a comprehensive account of developments, it challenges common assumptions about secularists, Islamists, and revolutionaries, as well as “modernization”, “economic reform”, and political stability.

Discussing domestic politics, economic change, and external relations since 1945, the author argues that Egypt continued to draw a degree of strength from sustained state-building activities, which its pre-colonial rulers could pursue in a favourable international environment and the partly related emergence of the country as a focal point of collective identity. More consolidated than many other states in the global south, Arab and non-Arab alike, independent Egypt, despite changing economic strategies, remained a (lower) middle-income country and despite repeated political contestation, most recently in the Arab Spring, continued to suffer from autocratic rule. Such continuity reflects not only the interplay between political forces at home, dominated by the military, and inconclusive economic policies but also the external constraints under which governments and other actors in the global south have to act.

Based on numerous primary and secondary sources in various languages, including Arabic, and years of fieldwork, the book is a key resource for scholars of all levels, journalists, policymakers, and diplomats interested in comparative politics and the political economy of the Middle East and Egypt.

. Frédéric Grare, Jean-Loup Samaan, The Indian Ocean as a New Political and Security Region, Cham, Palgrave Macmillan, janvier 2022.

This book analyses the emergence of the Indian Ocean as security complex and a strategic space of central importance and also looks at its prospective future. As well as US-China rivalry, the India-China rivalry is now the defining factor in the Indian Ocean – irrespective of the strategic asymmetry. This new situation has opened a space for middle-powers, old and new, to intervene. The authors argue that this situation may turn into an additional source of instability and that the creation of an inclusive and comprehensive regional security architecture, as well as the strengthening of regional multilateralism, should be the priority of all stakeholders in the coming decade.

. Henry Hernández Bayter, Camila Moreira Cesar, Ailin Nacucchio (dir.), Discours politiques et médiatiques en Amérique latine. Retour(s) sur les deux premières décennies du XXIe siècle, Paris, L’Harmattan, décembre 2021.

Les contributions ici présentées éclairent l’évolution des discours produits et circulant au sein des sociétés latino-américaines au cours des vingt dernières années. Elles s’organisent autour de quatre axes majeurs : l’analyse du discours politique lors des campagnes électorales, lieu de construction des stratégies discursives des candidats ; l’exploration du discours médiatique comme vecteur de propositions politiques dans l’espace public ; les processus de construction des clivages gauche-droite ; et, enfin, les discours institutionnels dans la construction d’un imaginaire géopolitique régional ainsi que l’apport de la philosophie critique dans les lectures sur le Brésil contemporain.

. Leïla Vignal, War-Torn. The unmaking of Syria. 2011-2021, Londres, Hurst Publishers, août 2021.

Syria as we knew it does not exist anymore. However, all conflicts change countries and their societies. Such an obvious statement needs to be unpacked in specific relation to Syria. What has happened, what does it mean, and what comes next ?

In order to consider the future of Syria, it is crucial to assess not only what has been destroyed, but also how it was destroyed. It is equally vital to address the structural and possibly enduring results of large-scale destruction and displacement. These dynamics are not only at play in Syrian society, but are tearing at the economic fabric and very territorial integrity of the country. If war is a powerful process of human and material destruction, it is equally a powerful process of spatial, social and economic reconfiguration. Nor does it stop at national borders—the unravelling of Syria, and of the idea of Syria, has affected and will continue to affect the entire Middle East.
War-Torn explores these transformations and the processes that fuel them. It is an indispensable account throwing light on neglected aspects of the Syrian war, and a much-needed contribution to our understanding of conflicts in the twenty-first century.

. Michel Bruneau, Peuples-monde de la longue durée - Chinois, Indiens, Iraniens, Grecs, Juifs, Arméniens, Paris, CNRS Editions, février 2022.

Seuls quelques peuples au monde, devenus nations, peuvent se prévaloir d’une longévité multimillénaire, de l’Antiquité à nos jours : ce sont les Chinois, les Indiens, les Iraniens, les Grecs, les Juifs et les Arméniens. Malgré des conquêtes, des assimilations partielles, ou des dominations coloniales, ces six peuples-monde de la longue durée ont réussi à maintenir – ou à restaurer – leur langue, leur culture et/ou leur spécificité religieuse, et à reconstituer un État indépendant. Chinois ou Iraniens se sont appuyés sur un vaste socle territorial et des dynasties successives. Grecs ou Indiens ont alterné morcellement politique récurrent et périodes d’unification impériale. Juifs ou Arméniens se sont très tôt dispersés dans l’espace méditerranéen et eurasien, puis mondial. Contrairement aux Égyptiens, aucun d’entre eux ne s’est transformé au contact de ses conquérants.
Quels sont les facteurs qui contribuent à expliquer une telle longévité, un tel rayonnement et une telle résilience chez ces six peuples ? Une emprise territoriale, une masse démographique, une capacité à s’insérer au sein de réseaux d’échanges mondiaux ? Quel rôle ont pu jouer les religions, les structures sociétales, les institutions politiques, ou encore les langues dans la capacité qu’ont eue ces peuples à perdurer sur près de trois millénaires ? Leur comparaison devrait permettre de mieux appréhender la signification géohistorique de ce concept de "peuple-monde de la longue durée".

. Collectif, Une Europe pour aujourd’hui et pour demain, Paris, Documentation Française, janvier 2022.

Cet ouvrage apporte un éclairage sur la Présidence française de l’Union européenne (PFUE) du 1er janvier au 30 juin 2022 et formule des propositions autour de trois grands axes de réflexion : la relance, la puissance et l’appartenance.

Alors que la crise de la Covid-19 a mis les institutions de l’UE à rude épreuve, la Présidence française de l’Union européenne (PFUE) sera un moment crucial pour l’avenir de l’Europe. Elle s’ordonnancera autour d’un programme de travail législatif (publié le 1er décembre 2021) et portera une ambition de long terme pour le projet européen. Ce rapport est la synthèse de travaux et des auditions qui ont été réalisées sur différents sujets auprès de personnalités françaises de haut niveau. Il renouvelle l’exercice classique d’analyse des politiques européennes grâce à une approche plurielle et indépendante qui lui permet de prendre de la hauteur par rapport à ces sujets tout en gardant une perspective réaliste et opérationnelle. Les propositions et prises de position, rédigées sous forme de notes, s’articulent autour de cinq principaux chapitres.

. Delphine Mercier, Víctor Zúñiga, Kamel Doraï, Mustapha El Miri, Michel Peraldi, Experiencing Ruptures in Migration. The Ordinary and Unexpected Journeys of Global Migrants, Londres, Transnational Press London, décembre 2021.

This book aims to portray migratory experiences, documented in the form of biographical narratives. We are interested in the dynamic aspect of migration, which effectively becomes a complex trajectory, made up of stages, returns, and circulations and no longer simply, as in the industrial era, a bipolar exile (there and here). In these complex and dynamic movements, many trajectories become bifurcations, by which we mean shifting fates. In these stories we found paths, events, and bifurcations, all combined together, in terms of biographical construction based on accumulated experiences. These narratives are both very banal and very unusual journeys, portraying a new international human globalization. They are simultaneously stories of barriers to be crossed in chaotic situations interspersed with peaceful events in quiet contexts. These journeys reveal not only the weight of migration policies, but also the certification policies implemented and developed by various countries.

This book presents itineraries, social logics of mobility ; the routes become the analysts. If statistics record regularities, the personal approach captures specificities that produce meaning and contribute to a reinterpretation of current forms of mobility.

. Frédéric Ramel, La bienveillance. Un autre regard politique sur l’espace mondial, Paris, CNRS Editions, janvier 2022.

Violence, guerre, intérêt : quand on évoque les relations internationales, nous n’avons que ces mots à la bouche. L’espace mondial est trop souvent dépeint par des couleurs sombres et froides, et appréhendé à l’aune de la rationalité. Il existe pourtant d’autres manières, plus subtiles, de décrire le monde dans lequel nous vivons. En faisant de la bienveillance une composante de l’espace mondial, ce livre propose une histoire plus sensible de la scène internationale, et offre une boîte à outils pour l’action politique à venir.

Car la bienveillance ne rime pas qu’avec mièvrerie, aveuglement, et bons sentiments. Disposition morale, elle a aidé, depuis le XVIIe siècle, à penser la neutralité (des médecins lors d’un conflit par exemple). En tant que pratique, elle a promu la non-nuisance et la tempérance. En témoigne le fait que le droit international prohibe explicitement le recours à la force comme moyen d’action. Mais aussi la multiplication d’excuses publiques reconnaissant une faute passée dans une logique de réconciliation. Ou encore la prise en compte, sur les questions environnementales et sanitaires, du sort de populations qui vivent à l’autre bout du monde. Mais elle est surtout au coeur d’un projet politique global ancien, le solidarisme de Bourgeois, prix Nobel de la paix en 1920. Pour Bourgeois, une solidarité naturelle, de fait, nous lie tous les uns aux autres, nations comme individus. Reconnaître les effets de ces interdépendances est crucial pour l’humanité tout entière, et invite à pratiquer la bienveillance.

Explorer et rendre compte de manière lucide de ces formes de bienveillance est une nécessité. Un geste qui ouvre des voies pour réinterpréter le passé, mais aussi pour agir au sein de notre monde, eu égard aux menaces et aux risques qui affectent l’humanité tout entière, des pandémies aux changements climatiques.

. Luuk Van Middelaar, Le Réveil géopolitique de l’Europe, Paris, Editions du Collège de France, janvier 2022.

Quelle place l’Europe occupe-t-elle sur la scène internationale ? Et quelle voix est-elle prête à faire entendre pour rester maîtresse de son destin ? Alors que la pandémie de Covid-19 rebat les cartes de l’ordre mondial en frappant jusqu’aux plus grandes puissances, l’heure de la métamorphose géopolitique de l’Union européenne semble avoir sonné. Tel est du moins le constat fait par Luuk van Middelaar dans cet ouvrage qui réunit ses quatre conférences prononcées au Collège de France durant le printemps 2021. Après une tentative de définition du concept de « géopolitique », y sont tour à tour analysés les événements survenus depuis 2014 qui ont contribué au « réveil » du Vieux Continent : les crises russo-ukrainienne et turco-grecque, qui ont ébranlé notre vision des frontières ; la crise sanitaire, qui a agi en révélateur de l’hégémonie chinoise ; la crise transatlantique, qui rend de plus en plus manifestes des divergences entre les intérêts des États-Unis et les nôtres. Interrogeant les réactions de l’Europe face à ces chocs successifs, l’auteur conclut que seul un récit commun, dépassant le cadre des valeurs qu’elle s’est donné pour mission de défendre après 1945, pourra aboutir à une Union confiante et respectée.

. Ricard Zapata-Barrero, Dirk Jacobs, Riva Kastoryano (eds.), Contested Concepts in Migration Studies, Londres, Routledge, janvier 2022.

This volume demonstrates that migration- and diversity- related concepts are always contested, and provides a reflexive critical awareness and better comprehension of the complex questions driving migration studies. The main purpose of this volume is to enhance conceptual thinking on migration studies.
Examining interaction between concepts in the public domain, the academic disciplines, and the policy field, this book helps to avoid simplification or even trivialization of complex issues. Recent political events question established ways of looking at issues of migration and diversity and require a clarification or reinvention of political concepts to match the changing world. Applying five basic dimensions, each expert chapter contribution reflects on the role concepts play and demonstrates that concepts are ideology dependent, policy/politics dependent, context dependent, discipline dependent, and language dependent, and are influenced by how research is done, how policies are formulated, and how political debates extend and distort them.
This book will be essential reading for students, scholars, and practitioners in migration studies/politics, migrant integration, citizenship studies, racism studies, and more broadly of key interest to sociology, political science, and political theory.

. Silvia Colombo, Daniela Huber (eds.), Ten Years of Protests in the Middle East and North Africa. Dynamics of Mobilisation in a Complex (Geo)Political Environment, Berne, Peter Lang, janvier 2022.

Despite being challenged by authoritarian counter-revolutionary responses, the Coronavirus pandemic, and a complex (geo)political context, the uprisings that started ten years ago in many countries of the Middle East and North Africa are still very much alive. By adopting a comparative approach, this comprehensive volume investigates the ongoing protests on three levels of analysis (local, national, regional) and through seven case studies (Algeria, Egypt, Iraq, Lebanon, Morocco, Sudan, and Tunisia). Particular attention is also placed on the role of the European Union and its member states in this historical transformation.

. Frédéric Charillon, Guerres d’influence. Les Etats à la conquête des esprits, Paris, Odile Jacob Editions, janvier 2022.

Quoi de commun entre les « panda kissers » (les zélateurs de la politique chinoise), la « Poutine mania », les « réseaux » turcs ou qataris, la K-pop (musique pop coréenne), les fondations allemandes, les Instituts Confucius ou les programmes d’invitation « Young leaders » aux États-Unis ? Dans tous les cas, il s’agit d’afficher, de séduire, de convaincre, de trouver des relais, dans une stratégie d’État plus globale qui vise à conquérir les esprits.

Car – c’est la thèse de ce livre – l’influence, et non plus la puissance, est la nouvelle clé pour déchiffrer le jeu des relations internationales. L’influence mobilise des ressources croissantes de la part des États. Elle leur permet de modifier le rapport de force mondial, de contrôler des pays tiers ou d’y prospérer sans entrave.

On peut dénoncer ces stratégies d’influence comme autant de manipulations inacceptables, pointer du doigt leurs commanditaires, en particulier quand ils pratiquent la nuisance et l’intimidation. Mais elles sont devenues la norme géopolitique.

La France et plus largement l’Europe sont-elles bien armées pour mener ces guerres d’un autre type ?

. Alexander Heinze, Viviane E. Dittrich (eds.), The Past, Present and Future of the International Criminal Court, Florence, Torkel Opsahl Academic EPublisher (TOAEP), décembre 2021.

This edited volume provides a broad perspective on the International Criminal Court’s development over time and explores some of its topical issues, achievements, challenges and critiques. The anthology combines reflections from scholars and practitioners and includes voices from inside and outside the Court, featuring multiple readings of its activities, practice and developments. In line with the volume’s title, the authors portray the establishment and development of the Court (hence the theme "past"), critically engage with its successes and challenges ("present"), and draw conclusions on its achievements and way forward ("future"). The book examines five key topics : prosecutorial policy and strategy, jurisdiction and admissibility, victims and witnesses, defence issues, and legitimacy and independence. It includes a number of papers and speeches given at the Nuremberg Forum 2018.

. Charles Bosvieux-Onyekwelu, Véronique Mottier (dir.), Genre, droit et politique, Paris, LGDJ, janvier 2022.

Le genre et le droit sont deux opérateurs extrêmement puissants de construction du monde social. Ce livre documente leur entrelacement en présentant des recherches novatrices sur l’encadrement politico-légal des questions liées à la différence des sexes. Au-delà de l’introduction du concept de « genre » dans le droit positif français à l’occasion du vote de la loi « Egalité et citoyenneté » en 2016, il s’attaque à des questions brûlantes (violences sexuelles, féminicide, intersectionnalité, dépassement de la binarité sexuée) en France comme à l’étranger. Résolument interdisciplinaire, il réunit des sociologues, des politistes et des juristes animé·es par une volonté commune de mesurer le caractère performatif des catégories juridiques en matière de rapports sociaux de sexe. La première partie du livre explore les liens entre genre, droit et politique en se demandant de quelle manière le droit (lois, jurisprudence, doctrine) « produit du genre », c’est-à-dire fabrique des identités de genre, des identités sexuelles (qui sont genrées) et des inégalités de genre. La seconde partie de l’ouvrage pose une question inverse mais complémentaire : de quelle manière est-ce que le genre « produit du droit », c’est-à-dire oriente les pratiques juridiques et sert comme instrument, utilisé de manière parfois subversive, dans les mobilisations politiques visant à transformer le droit ?

. Matthieu Rey, François Burgat, Histoire des mobilisations islamistes. 19ème – 21ème siècles, Paris, CNRS Editions, janvier 2022.

L’islamisme polarise, inquiète et interroge. Aujourd’hui, le phénomène contemporain occupe une place centrale dans la vie politique et intellectuelle française. Après tant et tant d’études et de polémiques, cet ouvrage ne cherche pas à définir une nouvelle fois l’essence de « l’islamisme », son idéologie, ou à établir une typologie des différents courants (salafisme, wahhabisme, Frères musulmans, etc.). Il s’attache à proposer une histoire sociale de ces mouvements, à en retracer les racines historiques, tout en rendant compte du réseau mondial dans lequel s’insèrent toutes ces expressions politiques islamistes.

Matthieu Rey et François Burgat, directeurs de cet ouvrage, ont demandé à des spécialistes renommés issus parfois d’aires géographiques très lointaines, d’élargir la focale de l’analyse afin de proposer un tour du monde de ces mobilisations, du XIXe siècle à nos jours. Loin des clichés habituels sur la naissance de l’islamisme dans les années 1970, les analyses montrent ici combien le processus est plus complexe et comment il se structure en différents grands moments. Cette plongée dans le monde islamiste offre une approche à la fois historique et socio-culturelle qui cherche à comprendre, dans un même mouvement, les mutations économiques et sociales, les grands jalons politiques qui affectent les territoires musulmans et les réponses culturelles à ces bouleversements.

. Quentin Bordes, Les hommes en noir, Paris, BoD, janvier 2022.

Etudiant irakien originaire de Mossoul, Abou est trop jeune pour se rappeler le dernier conflit qui a déchiré son pays. Ce n’est que lorsque le bruit des balles retentit dans les rues de son quartier et que sa sœur est arrêtée par des hommes entièrement vêtus de noir qu’il comprend que cette année 2014 sera différente : la guerre est de retour.
Cantonné dans la capitale de l’Etat Islamique, où un nouvel ordre moral est brutalement imposé, Abou voit sa vie d’étudiant, rythmée par les sorties entre amis et la préparation des examens, voler en éclats.
Endoctrinement, esclavage sexuel, torture : à travers le témoignage d’Abou, ce roman retrace la montée de l’obscurantisme religieux à Mossoul et les événements tragiques qui ont marqué le quotidien des habitants de cette ville entre 2014 et 2017.

. Régis Koetschet, A Kaboul rêvait mon père. André Malraux en Afghanistan, Bruxelles, Editions Nevicata, octobre 2021.

La curiosité intellectuelle d’André Malraux a toujours été aimantée par l’Afghanistan et ses abords. Mais pour ardente et consacrée qu’elle soit par la « beauté suprême » du Gandhâra, la relation de Malraux avec l’Afghanistan est encombrée de fausses pistes, d’outrances et d’occasions manquées, comme s’il avait eu des comptes à régler avec ce pays qu’il qualifia de « fantomatique et absurde ».
Ce livre s’attache à éclairer ce « mystère afghan » de Malraux en remontant le fil de sa vie : ses visites de jeunesse au musée Guimet, la préparation de l’équipée au temple de Banteay Srei, son voyage à Kaboul avec son épouse Clara à l’été 1930, ses initiatives de ministre chargé des Affaires culturelles.
« À Kaboul rêvait mon père » écrit Malraux dans les Antimémoires. C’est à ce voyage dans l’intime enfoui qu’invite cette traversée du siècle, confrontée aux tourments du monde.

. Amandine Crespy, The European Social Question. Tackling Key Controversies, Newcastle, Agenda Publishing, janvier 2022.

Over recent years it has become increasingly clear that the European Union is falling short of its promise to enhance social cohesion across the continent. Welfare state modernization has been at the centre of divisive debates over the redistribution of wealth and imbalances between a wealthy European core and its peripheries. Some see the policies and governance of the EU as part of the problem, others rather as the solution.

This book examines the key issues facing the EU’s social policy-making. Each chapter focuses on a single challenge and explores the arguments and considerations that coalesce around it. The book helps students and researchers alike to understand how the EU operates and shapes social policy on multiple levels, and to better assess the EU’s role in supporting social cohesion.

. Christophe Guibert, Benjamin Taunay, Les Chinois à la plage en Chine, Paris, L’Harmattan, décembre 2021.

Éminemment sociales, les pratiques de plage des Chinois en Chine résultent des dispositions sociales des individus à l’aune de contextes culturels, sociaux et géographiques. Cet ouvrage original, enrichi de nombreuses photographies, questionne ce que les Chinois font, et comment ils le font, en explorant la dimension corporelle de leurs pratiques. Les photographies n’ont pas ici qu’une ambition esthétique. Couplées aux analyses, elles aident à mieux comprendre les singularités en donnant au lecteur un aperçu décentré d’un espace (les plages) qui est en France culturellement ordinaire. En quoi ce qui est ou apparait évident et impensé pour les touristes chinois devient-il dès lors exotique à nos yeux ?


Axelle Degans, La synthèse de l’actualité internationale 2021. Réussite aux concours 2022 !
D’un clic ! . Axelle Degans, La synthèse de l’actualité internationale 2021. Réussite aux concours 2022 ! éd. Diploweb

. Diana Kapiszewski, Steven Levitsky, Deborah J. Yashar (eds.), The Inclusionary Turn in Latin American Democracies, Cambridge, Cambridge University Press, décembre 2021.

Latin American states took dramatic steps toward greater inclusion during the late twentieth and early twenty-first Centuries. Bringing together an accomplished group of scholars, this volume examines this shift by introducing three dimensions of inclusion : official recognition of historically excluded groups, access to policymaking, and resource redistribution. Tracing the movement along these dimensions since the 1990s, the editors argue that the endurance of democratic politics, combined with longstanding social inequalities, create the impetus for inclusionary reforms. Diverse chapters explore how factors such as the role of partisanship and electoral clientelism, constitutional design, state capacity, social protest, populism, commodity rents, international diffusion, and historical legacies encouraged or inhibited inclusionary reform during the late 1990s and early 2000s. Featuring original empirical evidence and a strong theoretical framework, the book considers cross-national variation, delves into the surprising paradoxes of inclusion, and identifies the obstacles hindering further fundamental change.

. Jacques Lévy, Géographie du politique, Paris, Odile Jacob, janvier 2022.

Domaine en pleine expansion, la géographie du politique appréhende le politique à travers les lieux, les territoires, les réseaux.

La mondialisation, la construction européenne, la conscience écologique, les conflits géopolitiques ou les débats publics mettant en scène les « territoires » contre les « métropoles » consacrent la centralité de l’espace dans l’analyse des questions politiques.

Entre le manuel et l’essai, ce livre éclaire les nouvelles géographies du politique. Il montre qu’elles sont une ressource décisive pour penser les mutations des sociétés contemporaines, des nouvelles cartes électorales à la gouvernance mondiale en passant par la justice spatiale et les aspirations démocratiques. Car, en devenant des acteurs, les individus se sont mués en citoyens aguerris et déterminés, et ils ne se privent pas de le faire savoir. C’est aussi cela que la géographie du politique permet de saisir.

Un glossaire des notions clés et une vingtaine de cartes complètent cette synthèse, qui s’adresse aussi bien aux étudiants en géographie qu’à un public curieux.


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. Pierre Verluise (dir.), "Géopolitique du monde de Trump. La stratégie du chaos ?" éd. Diploweb via Amazon

. P. Verluise (dir.), « Histoire, Géographie et Géopolitique de la Russie et de ses frontières », éd. Diploweb via Amazon

. P. Verluise (dir.), "Histoire, Géographie et Géopolitique de l’Union européenne. A l’heure du Brexit".

. P. Verluise (dir.), "Histoire, Géographie et Géopolitique de l’Asie. Les dessous des cartes, enjeux et rapports de force".

. L. Chamontin, "Ukraine et Russie : pour comprendre"

. P. Verluise (dir.), "Histoire, Géographie et Géopolitique du Proche et du Moyen-Orient. Les dessous des cartes, enjeux et rapport de force"

. P. Verluise (dir.), "Histoire, Géographie et Géopolitique de la mondialisation contemporaine. Les dessous des cartes, enjeux et rapports de force"

. S. Schmit, "Histoire, Géographie et Géopolitique de l’Amérique latine : Un sous-continent en pleine transition politique, énergétique et commerciale. Dossiers et fiches pays"

. L. Bloch, "L’Internet, vecteur de puissance des États-Unis ? : Géopolitique du cyberespace, nouvel espace stratégique"

. G-F Dumont, P. Verluise, "The Geopolitics of Europe : From the Atlantic to the Urals"


. Pierre Boussel, Géostratégie du Temps au Proche-Orient, Paris, Editions de l’Absence, janvier 2022.

La géostratégie s’intéresse peu au temps, désaffection ancienne qui s’explique par sa nature irrésolue. Existe-t-il ? A-t-il un début ? Une fin ? Est-il universel ? Résulte-t-il du déterminisme divin ? À moins qu’il ne soit Dieu lui-même ?

La guerre offre un éclairage inédit sur le temps, car son champ d’expérience se réduit à l’essentiel : surgir, accélérer, retarder. À l’épreuve du feu, il n’est plus la variable évanescente des philosophes, mais l’outil usuel de la colère des hommes. Une arme d’attaque. Une arme de survie.
Au Proche-Orient, chaque combattant développe un usage particulier du temps. Il choisit ses méthodes, adopte ou refuse les lois des siens, suit des orientations tactiques qui vont définir sa signature temporelle.
Le temps est l’agent révélateur de l’action en cours ; son facteur T. Les djihadistes l’utilisent : « Nous avons à décider de l’heure zéro. » Le patron d’un service secret israélien : « Il fallait neutraliser la variable temps. » Un chef palestinien : « Notre patience lassera jusqu’à la patience de la patience. »

. Sonia Bledniak, Isabelle Matamoros, Fabrice Virgili, Chroniques de l’Europe, Paris, CNRS Editions, janvier 2022.

Historiens et historiennes de l’économie, des techniques, du politique, des sociétés, du genre, des religions, de la culture, de l’éducation sont ici réunis afin de dessiner une histoire surprenante du continent européen, rythmée par des évènements inattendus et décalés, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives.
Cette chronologie commence en 1405 et La Cité des dames de Christine de Pizan qui décrit les préjugés masculins d’alors, et se clôt en 2020 avec le Brexit. Dans l’intervalle, le lecteur navigue à travers nombre d’épisodes plus ou moins connus, qui dressent le portrait d’hommes et de femmes audacieuses, évoquent des œuvres et des textes significatifs pour l’histoire de l’Europe et revisitent des événements fondateurs quoique singuliers. Parmi la centaine de dates retenues, celle de 1548, qui voit la première traduction du Nouveau Testament en finlandais, actant la naissance de cette langue ; celle de 1723, avec la fondation de la première verrerie de bouteilles à Bordeaux qui illustre la circulation des savoirs et des techniques ; celle de 1815, avec la fouille du site d’Ashkelon marquant les ambitions coloniales de l’Europe au Moyen-Orient, ou encore celle de 1988, avec les « révolutions chantantes » baltes.
Toutes ces dates, porteuses de sens à l’échelle européenne, ont contribué à écrire l’histoire du continent et à faire évoluer les représentations.

. Jean-Pierre Darnis, Les relations entre la France et l’Italie et le renouvellement du jeu européen, Paris, L’Harmattan, décembre 2021.

La relation entre la France et l’Italie représente un angle mort de la politique étrangère. Au cours du XXIe siècle, on observe même une série de tensions, des incompréhensions qui se cristallisent entre 2018 et 2019, alors qu’une surprenante crise diplomatique voit le jour entre Paris et Rome. Au-delà des aspects conjoncturels, il convient de revenir sur les divergences profondes depuis les années 1990. Cet ouvrage permet d’illustrer comment l’intégration européenne crée des scénarios nouveaux qui doivent être gérés au niveau bilatéral, dimension longtemps ignorée. La France se tournait traditionnellement vers l’Allemagne alors que l’Italie semblait réticente à cultiver un rapport plus intense avec elle. La signature d’un traité bilatéral peut marquer l’ouverture d’un nouveau cycle, d’une entente renouvelée favorable à la consolidation d’une Europe continentale post-Brexit. Enfin, l’examen du rapport franco-italien permet de penser les limites des politiques étrangères des deux pays dans l’Union européenne, un exercice utile pour développer des convergences européennes.

. Katherine Harvey, A Self-Fulfilling Prophecy. The Saudi Struggle for Iraq, Londres, Hurst Publishers, octobre 2021.

In recent years, the geopolitical rivalry between Saudi Arabia and Iran has dominated the headlines. Many have charted the polarisation between a Saudi-led Sunni camp and an Iranian-led Shia one, assuming that a predominantly Shia state like Iraq would automatically ally with Iran. In this compelling account, Katherine Harvey tells a different story : Iraq’s alignment with Iran was not a foregone conclusion. Rather, Saudi efforts to undermine Iran have paradoxically empowered it.

Harvey investigates why the Saudis refused to engage with Iraq’s post-2003 Shia-led government, despite continual outreach by Iraq’s new leaders and considerable pressure from the United States. She finds that certain deeply ingrained assumptions predisposed Saudi leaders to see a Shia-led Iraq as naturally beholden to Iran : the view that Iran is inherently expansionist, and the belief that Arab Shia tend to be loyal to it. This outlook was simplistic, even downright inaccurate ; and, in refusing to engage, the Saudis created a self-fulfilling prophecy.

As Harvey demonstrates, members of Iraq’s new government initially sought to establish a positive relationship with Saudi Arabia, and to pursue a course independent from Iran. But, isolated and rejected by Saudi King Abdullah, Iraq ultimately had nowhere else to turn.

. Laurent Warlouzet, Europe contre Europe. Entre liberté, solidarité et puissance, Paris, CNRS Editions, janvier 2022.

Euro, vaccin contre le Covid-19, législation environnementale : quoi qu’on en pense, l’Union européenne joue un rôle essentiel sur des questions majeures (économie, santé, écologie). Sur toutes ces questions, trois « Europe(s) » s’affrontent : l’Europe du marché, l’Europe solidaire et l’Europe puissance. Depuis 1945 et aujourd’hui encore, c’est autour de ces projets rivaux que l’Union s’est construite.

À partir d’archives inédites dispersées dans huit pays, Laurent Warlouzet revisite l’histoire du continent au prisme de la lutte homérique entre ces trois visions : l’Europe du marché, celle du marché intérieur, souvent dénoncée pour ses dérives ultralibérales, surtout depuis la tragédie grecque du début des années 2010 ; l’Europe solidaire, celle de la PAC, de l’amélioration des conditions de travail et de la promotion de l’égalité hommes-femmes, celle qui a conduit la majorité des syndicats britanniques à appeler à voter contre le Brexit ; l’Europe puissance, enfin, qui n’existe pas sur le plan militaire mais s’exprime dans les projets de politique industrielle communautaire ou dans la lutte contre GAFAM, et souhaite s’imposer face à des concurrents de plus en plus acérés, hier les États-Unis et la Russie soviétique, aujourd’hui la Chine. Accusée tantôt d’être trop puissante, tantôt d’être trop faible, l’Union européenne est sans cesse remise en question. Cette histoire heurtée, revisitant les jalons importants de la construction européenne au prisme des tensions entre 3 Europes, nous montre que l’organisation de l’Union ne suit pas une logique mécanique et univoque, mais résulte de choix conscients des Européens, qui peuvent déboucher sur de nombreux futurs possibles.

. Ludovic Faytre, Tanguy Le Goff, Fragiles métropoles. Le temps des épreuves, Paris, PUF, janvier 2022.

Alors que rien ne semblait pouvoir arrêter l’insolente métropolisation du monde, la pandémie a révélé les failles des grands systèmes urbains.

Pourtant, la plupart des grandes métropoles dans le monde vivent sous la menace permanente d’aléas naturels ou technologiques : explosion à Beyrouth, séisme à San Francisco, Mexico, Istanbul ou Tokyo, crue centennale en Île-de-France en sont autant d’exemples. D’autres enjeux de vulnérabilité se dessinent : dérèglement climatique, crise d’approvisionnement énergétique, crise économique mondiale...

Densité extrême, bétonisation des sols, dépendance énergétique : ces fragilités nous interpellent sur la capacité des métropoles à se développer dans le futur. Croisant les regards d’historiens, d’urbanistes, de politistes ou d’anthropologues, cet ouvrage s’interroge sur ce moment inédit que nous venons de vivre où l’histoire nous a traversés. Il tire ainsi des premiers enseignements pour renforcer la capacité des grandes villes à faire face aux enjeux sociaux, sanitaires, économiques et écologiques.

. Nicolas Monceau, Turquie : un dilemme européen ?, La Tour d’Aigues, Editions de l’Aube, novembre 2021.

L’adhésion de la Turquie à l’Union européenne interroge et divise l’Europe depuis des décennies. Pourquoi cette singularité de la candidature turque par rapport aux autres élargissements ? Aujourd’hui, les Européens sont plus que jamais confrontés à un dilemme entre la nécessité de coopérer avec la Turquie pour gérer la crise migratoire et lutter contre le terrorisme international, et celle de s’ériger contre ses dérives autoritaires et son interventionnisme régional.
Pour comprendre cette ambivalence entre coopé­ration et dénonciation, il faut appréhender l’évolution des relations turco-européennes à l’aune des difficultés du processus d’adhésion et des tensions existantes. Un éclairage indispensable, qui rappelle l’importance pour l’Union de clarifier ses positions face à la Turquie.

. Stephen Zunes, Jacob Mundy, Western Sahara. War, Nationalism, and Conflict Irresolution. Second Edition, Syracuse, Syracuse University Press, janvier 2022.

The Western Sahara conflict has proven to be one of the most protracted and intractable struggles facing the international community. Pitting local nationalist determination against Moroccan territorial ambitions, the dispute is further complicated by regional tensions with Algeria and the geo-strategic concerns of major global players, including the United States, France, and the territory’s former colonial ruler, Spain. Since the early 1990s, the UN Security Council has failed to find a formula that will delicately balance these interests against Western Sahara’s long-denied right to a self-determination referendum as one of the last UN-recognized colonies.
The widely-lauded first edition was the first book-length treatment of the issue in the previous two decades. Zunes and Mundy examined the origins, evolution, and resilience of the Western Sahara conflict, deploying a diverse array of sources and first-hand knowledge of the region gained from multiple research visits. Shifting geographical frames—local, regional, and international—provided for a robust analysis of the stakes involved.
With the renewal of the armed conflict, continued diplomatic stalemate, growing waves of nonviolent resistance in the occupied territory, and the recent U.S. recognition of Morocco’s annexation, this new revised and expanded paperback edition brings us up-to-date on a long-forgotten conflict that is finally capturing the world’s attention.

. Adel Abdel Ghafar (dir.), China and North Africa. Between Economics, Politics and Security, Londres, Bloomsbury, août 2021.
As the United States slowly disengages from the Middle East and Europe faces internal challenges, a new actor is quietly exerting greater influence across North Africa : China.
Beijing’s growing footprint in North Africa encompasses, but is not limited to, trade, infrastructure development, ports, shipping, financial cooperation, tourism and manufacturing. It is continuing to expand its co-operation with North African countries, not only in the economic and cultural spheres, but also those of diplomacy and defence. This engagement with North Africa relates to the key aim of President Xi Jinping’s Belt and Road Initiative (BRI), which wants to connect Asia, Africa and Europe and sees potential in North Africa’s strategic geographic location.

This book is the first to analyse China’s role in North Africa. It comprises of five leading country experts - Anouar Boukhars, Yahia Zoubir, Sarah Yerkes, Tareki Magresi and Nael Shama – who examine the various socio-economic, political and security aspects of China’s relationship with Algeria, Morocco, Libya, Tunisia and Egypt. The book explores how China is displaying a development model that seeks to combine authoritarianism with economic growth, a model and that has an eager audience among regimes across the MENA region. It reveals how the China-North Africa relationship fits within the broader dynamics of increasing China-US rivalry. In doing so, contributors explain why China’s growing role in North Africa is likely to have far-reaching economic and geopolitical consequences for both countries in the region and around the world.

. Alexandre Sumpf, Etienne Peyrat (dirs.), La Russie et l’URSS. 1850-1991, Neuilly, Atlande, décembre 2021.
Tout ce dont l’étudiant a besoin pour le sujet 2022 d’Histoire contemporaine du programme commun d’Histoire-Géographie du concours des ENS Lyon et Ulm. Comme tous les Clefs-concours, l’ouvrage est structuré en trois parties : Repères : le contexte historique ; Thèmes : comprendre les enjeux du programme ; Outils : pour retrouver rapidement une définition, une date, un personnage, une référence.

. Emizet F. Kisangani, Jeffrey Pickering, African interventions. State Militaries, Foreign Powers, and Rebel Forces, Cambridge, Cambridge University Press, octobre 2021.
Foreign military intervention has had a profound impact on post-colonial African history and politics. Interventions have destabilized borderlands, overthrown governments, and taken a devastating toll on populations. Emizet F. Kisangani and Jeffrey Pickering advance a new theoretical framework and combine quantitative, qualitative, and historical methods to shed fresh light on these important but understudied events. Their detailed analysis brings understanding to supportive and hostile interventions and to interventions by former colonial states, non-colonial foreign actors, and African countries. Kisangani and Pickering also analyse military incursions into ungoverned territories and lands engulfed in civil war. Showcasing a variety of examples from the Second Congo War to the Ethiopian-Eritrean conflict, the book offers a rich and accessible examination of military intervention on the continent.

. Guillaume Blanc, Décolonisations. Histoires situées d’Afrique et d’Asie (XIX-XXIe siècle), Paris, Seuil, janvier 2022.
Ce livre retrace l’histoire des décolonisations en adoptant un point de vue : celui des Suds. S’écartant d’une rupture chronologique convenue, colonisation-décolonisation, il débute en 1850 pour s’achever en 2013 : de l’invention des continents et des races jusqu’au naufrage des réfugiés partis d’Afrique de l’Est. Cartes, témoignages et arrêts sur images accompagnent cette synthèse : plutôt qu’un grand récit sur « l’Afrique » et « l’Asie », des histoires situées éclairent la singularité de sociétés africaines et asiatiques. Il en ressort combien nous vivons dans un monde postcolonial : le passé colonial pèse encore sur le présent, mais l’histoire nous permet de le comprendre sereinement.

. Pierre Gautreau, La Pachamama en bases de données. Géographie politique de l’information environnementale contemporaine, Paris, Éditions de l’IHEAL, décembre 2021.
Cet ouvrage de géographie politique explore ce que le numérique change aux façons qu’ont les sociétés contemporaines d’appréhender les problèmes environnementaux, des conflits de gestion aux enjeux de souveraineté, de notre rapport au Vivant aux question démocratiques.
Solidement documenté par plusieurs enquêtes en Amérique du Sud, cet ouvrage propose une analyse nuancée de la révolution numérique en environnement, fait un bilan des méthodes des sciences sociales pour la saisir, et esquisse un agenda de recherche pour les années à venir.

. Dr Guillaume Zagury, COVID XXI Première pandémie de l’ére digitale. L’ADN viral qui révèle l’ADN des nations et le monde de demain. Editions Médicilline, 2021, 599 rue de la Nivelle, 45200 Amilly medicilline.com

A l’heure des « autoroutes de l’information », cet ouvrage va vous permettre de comprendre comment la crise sanitaire a engendré la mise en place de 10 principales mesures de Santé Publique (« BAT 123 »), et s’est en fait avérée être un véritable « Crash Test » des Nations à trois niveaux : Industriel, Techno-Scientifique, Consensus social.

La grille de lecture technologique de l’auteur fait ainsi émerger de nouveaux paradigmes sur les dynamiques géopolitiques en cours.

Vous allez ainsi prendre une longueur d’avance sur une prochaine crise globale qui sera digitale, soit dans sa cause, soit dans son traitement…

Au niveau de la forme, 166 visuels inédits vous sont proposés pour un gain de temps maximal.

. Barry Buzan, Amitav Acharya (dir.), Re-imagining International Relations. World Orders in the Thought and Practice of Indian, Chinese, and Islamic Civilizations, Cambridge, Cambridge University Press, décembre 2021.
Buzan and Acharya challenge the discipline of International Relations to reimagine itself in the light of the thinking about, and practice of, international relations and world order from premodern India, China and the Islamic world. This prequel to their 2019 book, The Making of Global International Relations, takes the story back from the two-century tale of modern IR, to reveal the deep global history of the discipline. It shows the multiple origins and meanings of many concepts thought of as only modern and Western. It opens pathways for the rest of the world into this most Eurocentric of disciplines, encouraging them to bring their own histories, concepts and theories with them. The authors have written this book with the hope of inspiring others to extend these pathways by bringing in a wider array of cultures, and exploring how they thought about and acted in worlds composed of multiple, independent, collective actors.

. Benoît Pelopidas, Repenser les choix nucléaires. La séduction de l’impossible, Paris, Presses de SciencesPo, janvier 2022.

Parce qu’en démocratie, il est crucial que les choix nucléaires s’appuient sur la discussion publique d’alternatives cohérentes, cet ouvrage donne au citoyen, à l’élu, au militaire et à l’éducateur les moyens de se forger un avis sur un sujet aussi essentiel que réputé intouchable.
À en croire la parole officielle, les experts et la presse, les armes nucléaires prolifèrent dans le monde et cet état de fait serait immuable. Ainsi, la politique française ne fait pas débat. Elle repose sur trois postulats : efficacité de la dissuasion nucléaire, absence de risque grâce à un contrôle adéquat, responsabilité morale et politique du chef de l’État, seul habilité à déclencher le feu nucléaire.

À partir d’archives françaises, britanniques et américaines, d’entretiens dans de nombreux pays et d’une enquête inédite sur l’opinion européenne, l’auteur réévalue ces postulats. Requalifiant la prolifération comme une partie du problème, il cartographie les vulnérabilités, expose les limites du savoir existant, propose des outils pour ne pas céder à la confiance excessive dans les discours d’autorité, élucide les paris qui sous-tendent les différentes politiques possibles et documente le rôle qu’a joué la chance dans l’évitement d’explosions nucléaires non désirées.

Parce qu’en démocratie, il est crucial que les choix nucléaires s’appuient sur la discussion publique d’alternatives cohérentes, cet ouvrage donne au citoyen, à l’élu, au militaire et à l’éducateur les moyens de se forger un avis sur un sujet aussi essentiel que réputé intouchable.

. Denis Bauchard, Le Moyen-Orient au défi du chaos, Paris, Hémisphères Editions, décembre 2021.
En cinquante ans, le Moyen-Orient a connu de véritables mutations. Certaines positives, comme un développement économique et social insuffisant mais certain, l’émergence d’une véritable société civile, l’aspiration à des pratiques démocratiques révélée par les printemps arabes et plus récemment par le hirak algérien.

En même temps, la région a connu de multiples guerres et violences, l’émergence de milices organisées, la montée en puissance d’une menace terroriste djihadiste persistante qui a contribué à la faillite de nombreux États. Affirmation de nouvelles puissances régionales, perte d’influence des États-Unis et de l’Europe, retour en force de la Russie et avancée discrète mais efficace de la Chine : un véritable basculement géopolitique est à l’œuvre.

Cette évolution était-elle inéluctable ? Quelle est la part des responsabilités des gouvernements en place et des interventions extérieures ? Quel avenir pour le Moyen-Orient ? Cet ouvrage se propose de répondre à ces questions.

. Leonardo A. Villalón, The Oxford Handbook of the African Sahel, Oxford, Oxford University Press, octobre 2021.
Long on the margins of both scholarly and policy concerns, the countries of the West African Sahel have recently attracted world attention, primarily as a key battleground in the global ’war on terror’. This book moves beyond this narrow focus, providing a multidimensional and interdisciplinary assessment of the region in all of its complexity. The focus is on the six countries at the heart of the Sahelian geographic space : Senegal, Mauritania, Mali, Burkina Faso, Niger, and Chad. Collectively, the chapters explore the commonalities and interconnections that link these countries and their fates, while also underscoring their diversity and the variations in their current realities.

The Sahel today is at an important crossroads, under multiple pressures of diverse kinds : environmental, political, demographic, and economic, as well as rapidly changing social and religious dynamics. It is also marked by striking dynamism and experimentation, drawing on a long history of innovation and cultural transfer. In many ways the Sahel is today on the cutting edge of grand natural experiments exploring how humans will adapt to climate change, to technological innovation, to the global movement of populations and the restructuring of world politics, to urbanization, social change, and rapid demographic growth, and to inter-religious contact. The region is a weathervane on the front lines of the forces of global change.

In nine thematic sections, the chapters in this book offer holistic analyses of the key forces shaping the region. Including scholars based in Africa, Europe, and the United States, the authors represent an exceptional breadth and depth of expertise on the Sahel.

. Michel Goya, Le temps des guépards. La guerre mondiale de la France. De 1962 à nos jours, Paris, Tallandier, janvier 2022.
On ne le sait pas la guerre est un état permanent de la France de la Ve République et les soldats français sont les plus engagés au monde. Depuis 1962 en effet, notre pays a mené 19 guerres sur trois continents et 13 grandes opérations militaires de police internationale.
La France est actuellement la seule nation européenne à combattre, au Sahel et au Proche-Orient. Elle est la seule à avoir des soldats en permanence (Vigipirate) dans les rues de ses grandes villes depuis 26 ans. Du Tchad au Mali en passant par le Liban, le Rwanda ou l’Afghanistan, des centaines de milliers de « soldats-nomades » français ont été engagés dans une guerre mondiale pour la défense des intérêts de la France. Des milliers d’entre eux y ont été tués ou blessés.
L’objectif de ce livre d’histoire moderne est de décrire cette guerre mondiale que conduit chaque président de la République pour défendre le statut de puissance de la France et ses intérêts. De détailler la manière dont les forces armées françaises ont été employées au cours de trois grandes périodes : la guerre froide, la mondialisation et la guerre contre les organisations armées, parfois avec succès, parfois de manière désastreuse.

. Vipin Narang, Seeking the bomb : Strategies of Nuclear Proliferation, Princeton, Princeton University Press, janvier 2022.
Much of the work on nuclear proliferation has focused on why states pursue nuclear weapons. The question of how states pursue nuclear weapons has received little attention. Seeking the Bomb is the first book to analyze this topic by examining which strategies of nuclear proliferation are available to aspirants, why aspirants select one strategy over another, and how this matters to international politics.
Looking at a wide range of nations, from India and Japan to the Soviet Union and North Korea to Iraq and Iran, Vipin Narang develops an original typology of proliferation strategies—hedging, sprinting, sheltered pursuit, and hiding. Each strategy of proliferation provides different opportunities for the development of nuclear weapons, while at the same time presenting distinct vulnerabilities that can be exploited to prevent states from doing so. Narang delves into the crucial implications these strategies have for nuclear proliferation and international security. Hiders, for example, are especially disruptive since either they successfully attain nuclear weapons, irrevocably altering the global power structure, or they are discovered, potentially triggering serious crises or war, as external powers try to halt or reverse a previously clandestine nuclear weapons program.
As the international community confronts the next generation of potential nuclear proliferators, Seeking the Bomb explores how global conflict and stability are shaped by the ruthlessly pragmatic ways states choose strategies of proliferation.

. Stéphane Dugast, cartes Xemartin Laborde, Atlas des grandes découvertes. De l’Antiquité à nos jours, éd. Autrement, 2021.
Petit à petit, au fil des siècles, et grâce à des hommes et des femmes qui ont osé s’aventurer dans des contrées lointaines, s’est dessiné le monde tel qu’on le connaît aujourd’hui.
Qui sont ces explorateurs, ces découvreurs ?
Sur terre, sur mer et dans les airs, ils ont bravé l’inconnu. De l’ Antiquité à nos jours, des premières expéditions d’Alexandre le Grand à la conquête de l’espace, l’auteur retrace ici l’épopée de ces voyages incroyables.
Il fait revivre, au fil des pages, les folles aventures de Ptolémée, Marco Polo, Magellan, Lapérouse ou Bougainville, Stanley et Livingstone, Théodore Monod ou Bertrand Piccard.

. Antoine Pecqueur, Géopolitique du rail. Le train au cœur des enjeux contemporains, éd. Autrement, 2021.
Sur tous les continents, le rail reste le symbole de la mainmise des États et des puissances.
En Europe, l’UE relance le fret, et prévoit de doubler d’ici 2030 la part du transport de marchandises sur rail.
En Amérique du Nord, pour contrer le règne absolu de l’avion, le train redémarre, avec des lignes à grande vitesse et même le rêve d’une ligne transcontinentale.
La Chine, quant à elle, continue de tisser sa toile et bat tous les records : en dix ans, elle a mis en place 38 000 kilomètres de lignes à grande vitesse. Le régime chinois affirme ainsi sa mainmise sur l’ensemble du pays mais aussi bien au-delà de ses frontières avec l’implantation des nouvelles routes de la Soie.
Dans les zones de guerre, le rail est souvent le seul lien, ténu, entre les zones en conflit, et le train est alors un enjeu vital pour les populations.
Mais cette course au rail, qui requiert la construction de nouvelles lignes et d’infrastructures gigantesques, risque d’affecter violemment l’environnement.
Et si le train éclairait les enjeux du monde contemporain ?
Laissons-nous embarquer dans ce grand jeu ferroviaire, le long de 25 lignes mythiques, pour un voyage géopolitique magnifiquement illustré d’une trentaine de cartes.

. Maxime Lefebvre. La politique étrangère européenne, Que sais-je n°3901, PUF / Humensis, 2021.
L’Union européenne, dotée par le traité de Maastricht (1992) d’une « politique étrangère et de sécurité commune » et non unique, est représentée par une présidence bicéphale et par un « haut représentant », qu’on n’a pas voulu nommer « ministre des Affaires étrangères ». Elle n’a pas de service diplomatique mais un service « pour l’action extérieure », pas d’ambassades mais des « délégations », pas d’armée mais une « politique de sécurité et de défense commune ».
Les enjeux d’une politique étrangère européenne ne sont pourtant pas minces : peser dans le partenariat transatlantique malgré le Brexit, coopérer avec les puissances en défendant ses valeurs et ses intérêts, penser sa sécurité par elle-même, muscler ses capacités économiques, diplomatiques et militaires, dépasser ses divergences internes, constituer en somme une « puissance européenne ».
Diplomate, Maxime Lefebvre est professeur de géopolitique à l’ESCP Business School. Il est notamment l’auteur, en « Que sais-je ? », de La Politique étrangère américaine (no 3714) et de La Politique étrangère de la France (no 4157).

. Claude Meyer, Le renouveau éclatant du spirituel en Chine. Renaissance des religions, répression du Parti. Ed. Bayard, 2021.
La Chine, pays officiellement athée, traverse aujourd’hui une crise morale qui se traduit par un renouveau spectaculaire du spirituel. L’auteur, éminent sinologue, en analyse les raisons, historiques, économiques, politiques et dresse à travers ce prisme un portrait nouveau de cette Chine en pleine évolution morale. Depuis les années 1980, le déclin de l’utopie marxiste minée par les inégalités croissantes et la corruption, la perte des valeurs traditionnelles, l’individualisme et le matérialisme, ont fait naître des aspirations spirituelles qui ont conduit à un renouveau religieux sans précédent touchant des centaines de millions de personnes. Une importante partie du livre est notamment consacrée au christianisme, qui connaît une expansion remarquable. Claude Meyer propose une analyse puissante, claire et percutante sur ce retour du religieux qui bouscule le pouvoir chinois, lequel répond par une tentative de mise au pas des religions, entre « sinisation » et répression.

. Anna Maria Medici, Mario Neve (dir.), La Méditerranée-planète. Pour un nouvel atlas d’histoire mondiale, Sesto San Giovanni, Editions Mimesis, novembre 2021.

Issu d’un projet de recherche franco-italien, ce livre explore les fondements d’un nouvel atlas méditerranéen pour envisager la Méditerranée à l’échelle de l’histoire mondiale. On découvre ainsi une Méditerranée-planète, qui rompt avec une confortable carte mentale de la Méditerranée, à partir de ses questions théoriques de fond : les interrogations sur la nature de l’atlas comme medium et le sens à notre époque des bords des espaces culturels, le rôle épistémologique de l’art et les chances pour l’histoire de forger de nouveaux concepts aptes à dire la complexité d’une partie du monde qui a encore beaucoup plus à nous révéler que l’actualité ne le laisse entendre.

. Bruce Jones, To Rule the Waves. How control of the World’s Oceans Shapes the Fate of the Superpowers, New York, Simon & Schuster, septembre 2021.
For centuries, oceans were the chessboard on which empires battled for dominance. But in the nuclear age, air power and missile systems dominated our worries about security, and for the United States, the economy was largely driven by domestic production, with trucking and railways that crisscrossed the continent the primary modes of commercial transit.

All that has changed, as nine-tenths of global commerce and the bulk of energy trade is today linked to sea-based flows. A brightly-painted 40-foot steel shipping container loaded in Asia with twenty tons of goods may arrive literally anywhere else in the world ; how that really happens and who actually profits by it show that the struggle for power on the seas is a critical issue today.

Now, in bright, closely observed prose, To Rule the Waves author Bruce Jones conducts us on a fascinating voyage through the great modern ports and naval bases.

. Jeroen Van Den Bosch, Adrien Fauve, B. J. De Cordier (dir.), The European Handbook of Central Asian Studies. History, Politics, and Societies, Stuttgart, ibidem Press, octobre 2021.


This handbook is the first collection of comprehensive teaching materials for teachers and students of Central Asian Studies (CAS) with a strong pedagogic dimension. It presents 22 chapters, clustered around five themes, with contributions from more than 19 scholars, all leading experts in the field of CAS and Eurasian Studies.

This collection is not only a reference work for scholars branching out to different disciplines of CAS but also for scholars from other disciplines broadening their scope to CAS. It addresses post-colonial frameworks and also untangles topics from their ‘Soviet’ reference frame. It aims to de-exoticize the region and draws parallels to European or to historically European-occupied territories.

In each chapter, the handbook provides a concise but nuanced overview of the topics covered, in which way these have been approached by the mainstream literature, and points out pitfalls, myths, and new insights, providing background knowledge about Central Asia to readers and intertwine this with an advanced level of insight to leave the readers equipped with a strong foundation to approach more specialized sources either in classroom settings or by self-study. A list of recorded lectures to be found on YouTube will accompany the handbook either as instruction materials for teachers or visual aids for students.

. Philippe Fournier, Idéologies et polarisation aux États-Unis, Montréal, Presses universitaires de Montréal, novembre 2021.

Au confluent de la culture et de l’économie, de l’individu et de la société, les idéologies fournissent des cartographies plus ou moins poreuses pour naviguer entre la vie sociale et la vie politique. Au lieu d’attribuer des préférences immuables à des sujets rationnels, l’étude de l’idéologie s’attarde à la manière dont les idées se forment et évoluent, mais aussi au rôle qu’y jouent l’affect et les contextes social, économique et culturel.

Ce livre jette un regard sur l’extrême polarisation culturelle et politique qui frappe les États-Unis ainsi que sur les transformations importantes du siècle dernier en accordant une attention particulière à deux situations tenaces : les inégalités socioéconomiques et le racisme. Affaiblissement de la démocratie, préjugés systématiques contre les personnes racisées et les pauvres, schisme entre les élites et la population ou entre les électorats républicain et démocrate sont autant de phénomènes qu’on peut voir à travers le prisme des idéologies politiques.

. Sébastien-Yves Laurent, Volume 2. Conflicts, Crimes and Regulations in Cyberspace, Londres, ISTE Editions, Wiley, décembre 2021.

The study of cyberspace is relatively new within the field of social sciences, yet interest in the subject is significant. Conflicts, Crimes and Regulations in Cyberspace contributes to the scientific debate being brought to the fore by addressing international and methodological issues, through the use of case studies.
This book presents cyberspace as a socio-technical system on an international level. It focuses on state and non-state actors, as well as the study of strategic concepts and norms. Unlike global studies, the socio-technical approach and “meso” scale facilitate the analysis of cyberspace in international relations. This is an area of both collaboration and conflict for which specific modes of regulation have appeared.

. Yasuko Hassall Kobayashi, Shinnosuke Takahashi (dir.), Transpacific Visions. Connected Histories of the Pacific across North and South, Lanham, Rowman & Littlefield, septembre 2021.

This book argues that transpacific history cannot be comprehended without including “vertical” connections ; namely, those between the southern hemisphere and the northern hemisphere. It explores such connections by uncovering small histories of ordinary people’s attempts at events which they undertake by means of uneven, unlevel, and multidirectional mobilities. In this way, this book goes beyond the usual notion of transpacific history as a matter of Northern Hemisphere-centric connections between the United States and Asian countries, and enables us to imagine a transpacific space as a more dynamic and multi-faceted world of human mobilities and connections. In this book, both eminent and burgeoning historians uncover the stories of little-known, myriad encounters in various parts of the Asia-Pacific region. By exploring cases whose actors include soldiers, missionaries, colonial administrators, journalists, essayists, and artists, the book highlights the significance of "vertical" perspectives in understanding complex histories of the region.

. Alain Bonjean, Benoît Vermander, L’Homme et le grain. Une histoire céréalière des civilisations, Paris, Les Belles Lettres, novembre 2021.

Cet ouvrage retrace la longue histoire des interactions entre l’Homme et les céréales.

Depuis les premières tentatives de domestication jusqu’aux applications agronomiques les plus contemporaines de la génomique, depuis les gestes de partage qui scandent le quotidien jusqu’aux rituels agraires les plus élaborés, Alain Bonjean et Benoît Vermander dévoilent la diversité des espèces productrices de grain et celle des sociétés qui s’organisent autour de leur culture.

La domestication des orges, exemplaire du travail poursuivi entre la nature et l’humanité ; la naissance des blés dans le croissant fertile, leur introduction en Europe puis dans le monde entier ; la précoce mise en valeur des millets et l’exubérance du répertoire mythique qui les accompagne ; les transferts et les drames qui ont marqué l’échange colombien, depuis l’introduction du maïs en Europe jusqu’à celle de techniques culturales africaines en Amérique du Nord ; le répertoire élaboré des riz asiatiques et des rituels associés ; la diversité maintenue des céréales africaines, celle des espèces andines trop longtemps négligées, gage d’espoir pour l’humanité... Telles sont quelques-unes des étapes de ce livre, qui ouvre des perspectives inédites sur les rapports entre l’homme et le végétal et sur les crises qui marquent aujourd’hui pareille relation.

. Alexandra Goujon, L’Ukraine : de l’indépendance à la guerre, Paris, Le Cavalier Bleu, novembre 2021.
Depuis une dizaine d’années, l’Ukraine apparaît régulièrement sur le devant de la scène internationale, que ce soit pour ses mouvements protestataires, ou à propos de l’annexion de la Crimée par la Russie et du conflit à l’est du pays, semblant constituer le théâtre d’une nouvelle guerre froide qui cristallise les tensions entre la Russie et les nations occidentales.

Les événements récents sont aussi l’occasion de mesurer combien notre connaissance de ce pays est lacunaire, se limitant souvent aux clichés d’une Ukraine berceau de la Russie, terre des cosaques, grenier à blé de l’URSS et d’une suite de gouvernants entachés par une corruption massive.

Partant de ces idées reçues, Alexandra Goujon dresse un portrait précis et documenté de cette Ukraine, terre de contrastes.


Pour faire la différence, bénéficiez des Masterclass géopolitiques du Diploweb

. Jean-Robert Raviot, C’était quoi l’URSS ?

. Kevin Limonier, Pourquoi les données numériques sont-elles géopolitiques ?

. Pierre Verluise, Quels sont les fondamentaux de la puissance ?


. Catherine Horel, Histoire de la nation hongroise. Des premiers Magyars à Viktor Orbán, Paris, Tallandier, novembre 2021.

Appelée « démocratie illibérale » par son Premier ministre, Viktor Orbán, la Hongrie échappe aux grilles de lecture des pays occidentaux.

Au cours de leur histoire, les Hongrois n’ont cessé de questionner leur identité, d’ériger leur souveraineté en dogme. Héritiers d’un royaume fondé en l’an mil, ils ont été privés de leur indépendance tour à tour par l’Empire ottoman, les Habsbourg et, au XXème siècle, par l’occupation nazie puis le régime communiste. Cultivant leur spécificité culturelle, l’originalité de leur langue et de leur histoire, les Hongrois n’ont finalement jamais retrouvé les frontières du royaume fondé par saint Étienne. Ils ont construit un récit victimaire, rythmé par des épisodes de révolte que la politique mémorielle exalte encore de nos jours.

Catherine Horel montre combien l’idée de nation en Hongrie a toujours été particulièrement sensible. En nous éclairant sur l’histoire longue du territoire, des héros, des mythes et des lieux de mémoire, elle nous en donne des clés de compréhension indispensables aujourd’hui.

. Denis Rolland (dir.), La Guyane. Frontières visibles et invisibles. Introduction à une région française d’Amérique du Sud, entre insertions régionale et nationale, Paris, L’Harmattan, septembre 2021.

Cet ouvrage est une introduction simple et précise à la Guyane. Il permet de dépasser les visions réductrices : poumon de la planète ou enfer vert, bagne, orpaillage, sur fond de base spatiale et de bidonvilles. La Guyane, terre du troisième homme de la négritude, le poète Léon-Gontran Damas, du gouverneur général et compagnon de la Libération Félix Eboué, du footballeur Bernard Lama ou de la députée puis ministre Christiane Taubira, mérite d’être beaucoup mieux connue. Pour appréhender la complexité de ce territoire passionnant, grand comme l’Autriche ou la Nouvelle Aquitaine, des spécialistes reconnus et des journalistes du Guyane la 1ère construisent ensemble un panorama.

. Lawrence Aje, Nathalie Dessens, Nicolas Gachon, Anne Stefani (dir.), Regards croisés sur la (post)racialité aux États-Unis, Toulouse, Presses Universitaires du Midi, novembre 2021.

L’histoire des États-Unis est celle de relations tumultueuses entre différents groupes que des expériences coloniales, migratoires, économiques et politiques (de la quasi-extinction des populations autochtones à la ségrégation raciale en passant par l’esclavage) ont liés sans parvenir à les fusionner dans le creuset d’un seul et même projet de société. Au travers de chapitres rédigés par des spécialistes de l’histoire politique, sociale et culturelle des États-Unis, le présent ouvrage propose des perspectives innovantes et suggère, sous la forme de neuf « regards croisés », une réflexion sur les tenants et les aboutissants d’une hypothétique Amérique postraciale dont l’avènement fut annoncé au lendemain de l’élection de Barack Obama. En étudiant divers groupes racialisés (Amérindiens, immigrants venus d’Amérique latine ou de la Caraïbe, Africains-Américains) et en se penchant sur la vie politique, sur le sport, le cinéma, l’éducation, la cuisine et sur la mémorialisation de l’esclavage, de la suprématie blanche ou de la pratique du lynchage, le volume sonde l’omniprésence et la complexité des questions raciales aux États-Unis aujourd’hui.

. Thierry Pairault, Xavier Richet, Présences économiques chinoises en Méditerranée, Paris, L’Harmattan, novembre 2021.

La Chine a défini une stratégie d’internationalisation ambitieuse conduisant à développer des interconnexions à la fois terrestres, maritimes, aériennes, voire numériques, afin de favoriser et promouvoir ses échanges par la mobilisation de ses ressources financières et industrielles. La Méditerranée est un espace couvert par ce projet du fait de sa situation géopolitique, de ses besoins d’investissement, de l’importance de ses marchés. Nous nous focaliserons sur les présences économiques chinoises et sur le bilan des relations économiques sino-méditerranéennes, puis exposerons les ambitions maritimes de la Chine avant de présenter des aperçus plus spécifiquement régionaux.

. Blandine Destremau, Vieillir sous la révolution cubaine - Une ethnographie, Paris, Editions de l’IHEAL, novembre 2021.

La Révolution cubaine a fêté ses soixante ans en 2019. Pendant ce temps, les personnes nées avant 1959 atteignent leur quatrième âge, dans un contexte de crise économique et d’incertitude politique, où les cadres d’existence qu’ils ont connus et contribué à construire sont bouleversés. Dans un style narratif et vivant, cette enquête ethnographique décrit la vie quotidienne des vieux Cubains et de leur famille.

Comment les hommes et les femmes de cette génération vivent et aménagent leur avancée en âge, alors que les solidarités familiales ont été affectées par les migrations, la chute de la fécondité et la renaissance d’une culture entrepreneuriale ? Comment font-ils face à cette terrible crainte : vieillir pauvre et seul ?

. Céline Spector, No démos ? Souveraineté et démocratie à l’épreuve de l’Europe, Paris, Seuil, octobre 2021.
L’Union européenne engendre-t-elle un déni de démocratie ? En prônant le retour à l’Europe des nations, les adversaires de la technocratie bruxelloise dénoncent la confiscation du pouvoir populaire. Leur argumentaire est rôdé : dans le huis-clos des réunions entre dirigeants, dans l’opacité feutrée de cénacles qui semblent n’avoir de comptes à rendre à personne sinon aux lobbies et aux think-tanks, la légitimité démocratique s’exténue.

Ce livre montre pourtant que le souverainisme, qui confine la politique à l’État-nation, est une illusion philosophique et une erreur pratique. Les principes de la démocratie moderne (peuple, citoyenneté, volonté générale) ne sont pas niés par le projet européen, ils peuvent y trouver l’occasion d’un approfondissement. Pour combattre l’impasse souverainiste, l’Union européenne doit faire de la solidarité sa nouvelle finalité et mettre en œuvre un fédéralisme social, fiscal et environnemental. Ancré dans la théorie de la république fédérative issue de Montesquieu et des fédéralistes américains, son régime pourra alors conjuguer fédération démocratique et souveraineté du peuple.

. Jennifer Philippa Eggert, Women and the Lebanese Civil War. Female Fighters in Lebanese and Palestinian Militias, Cham, Palgrave Macmillan, novembre 2021.
This book analyses the reasons for women’s participation in the various Lebanese and Palestinian militias involved in the Lebanese Civil War (1975-1990). Whilst most existing accounts of the Civil War in Lebanon either overlook the roles and experiences of women entirely or focus on women as victims or peacemakers only, ‘Women and the Lebanese Civil War’ highlights that women were involved as militants (and often also as fighters) in all of the militias partaking in the war. Analysing individual motivations, organisational characteristics, security-related aspects and societal factors, the book explains why women were included as fighters in some of the militias but not in others. Based on extensive fieldwork in Lebanon, the book is the first comprehensive study of female perpetrators and supporters of political violence during the Lebanese Civil War. Beyond the case of Lebanon, it questions widespread assumptions about the roles of women at times of violent conflict and war.

. Michel Chedan-Khalifé, La France et le Liban. 1920-2020. Cent ans de solidarité, Paris, L’Harmattan, octobre 2021.
Créé par la France en 1920 comme « Foyer chrétien » et « pays-refuge » pour les minorités religieuses et ethniques, le Liban fut à la fois un « État exemplaire » de cohabitation entre musulmans et chrétiens et une base commerciale et culturelle pour la présence française au Levant. Pendant un siècle, la France a accompagné et protégé le pays du Cèdre, notamment sous de Gaulle. Le désaccord et la déchirure à propos des Palestiniens fut à l’origine de la guerre civile libanaise de 1975 à 1990 qui a propulsé le Hezbollah sur le devant de la scène politique du pays. Désormais, la France tente de sauvegarder un Liban « unitaire et souverain ». Cependant, la paralysie persistante de différents gouvernements dans ce pays, victime de son confessionnalisme et de son establishment corrompu, porte une lourde menace contre l’unité du pays du Cèdre.

. Perrine Michon, Jean-Robert Pitte (dir.), A quoi sert la géographie ?, Paris, PUF, novembre 2021.
« À quoi sert la géographie ? » : vaste question à laquelle on pourrait répondre « à rien », un peu trop rapidement, si l’on en croit parfois la faible popularité de la géographie. À une époque, certains ont répondu : « D’abord à faire la guerre ». L’ambition de ce livre collectif, dont la parution coïncidera avec le bicentenaire de la Société de Géographie, est de montrer que la géographie sert peut-être d’abord à faire la paix. Comment ? En posant sur le monde un regard éclairé et attentif, qui permet d’en comprendre la complexité et de décrypter les questions qui traversent nos sociétés aujourd’hui, que ce soit celle du réchauffement climatique, de l’urbanisation massive, des migrations, des recompositions géopolitiques ou de l’évolution de nos représentations culturelles. Discipline passionnante et foisonnante, capable d’éclairer de nombreuses facettes de notre quotidien, la géographie est aussi une formation qui conduit à des métiers et des professions variés, comme l’atteste la palette des intervenants de ce colloque.

. Valérie Becquet, Paolo Stuppia, Géopolitique de la jeunesse. Engagement et (dé)mobilisations, Paris, Le Cavalier Bleu, septembre 2021.

Si le « moment 68 » a constitué une grille de lecture à l’origine de l’image mythique du « jeune engagé », les mobilisations actuelles de la jeunesse revêtent des formes différentes, entre incertitudes futures et luttes au présent. Dans un contexte de mondialisation, les Printemps arabes, les mobilisations LGBTQI+, les mouvements Fridays for Future ou de défense des conditions d’étude, témoignent tous d’une dynamique plurielle. En parallèle, l’engagement des jeunes est devenu une préoccupation pour les pouvoirs publics entraînant la création d’une diversité de dispositifs censés le favoriser.
Au travers de nombreux exemples, Valérie Becquet et Paolo Stuppia en analysent les ressorts et dressent ainsi une géopolitique de la jeunesse d’aujourd’hui.

. Emmanuel Alcaraz, Histoire de l’Algérie et de ses mémoires des origines au Hirak, Paris, Karthala, novembre 2021.

Est-il possible de parler de l’histoire de l’Algérie des origines à nos jours en France de manière impartiale sans que cela suscite polémiques, diatribes et anathèmes ? Tel est le but que s’est fixé l’historien Emmanuel Alcaraz. Dans une approche originale, il offre une synthèse limpide et éclairante sur cette histoire qui continue de miner le présent des sociétés françaises et algériennes.

De Jugurtha luttant contre Rome à la conquête arabe, des corsaires d’Alger à la colonisation française, de la guerre d’Algérie à la guerre civile algérienne dans les années 1990 en allant jusqu’au hirak, Emmanuel Alcaraz revisite chaque étape de ce riche passé en utilisant de nouvelles sources tirées des Archives et des témoignages oraux, le tout agrémenté de sa connaissance du terrain algérien, de l’historiographie et de son égo-histoire.

Dans une France marquée par l’indépendance algérienne, terre d’accueil pour les immigrés algériens, l’auteur s’intéresse également aux origines de la montée en puissance des droites extrêmes. Il étudie comment les discours des droites radicales se sont construits dans un esprit de revanche contre les immigrés, par rapport à la blessure narcissique de la perte de l’Algérie française.

Faisant appel à la méthode historique la plus rigoureuse, l’historien interroge l’avenir de la nation algérienne entrée depuis le mouvement populaire de 2019 dans une nouvelle séquence de son histoire, qui ne peut se poursuivre sans la France, avec les Lumières et les ombres du passé à assumer des deux côtés de la méditerranée pour ne pas entrer dans l’avenir à reculons.

. Gabriele Abbondanza, Thomas Stow Wilkins, Awkward Powers : Escaping Traditional Great and Middle Power Theory, Singapour, Palgrave Macmillan, octobre 2021.

Introduces a new concept into the lexicon of IR theory to update and improve our understanding of power hierarchies and overcome existing deficiencies in conceptual literature. Includes a compilation of a wide cross-section of significant case studies, not analysed from this prospective before. Utilises a new approach highlighting and engaging with gaps in our understanding both great power and middle power theory. Provides insights into how awkward powers shape and are shaped by the evolving international system.

. Jan Matti Dollbaum, Morvan Lallouet, Ben Noble, Alexeï Navalny - L’homme qui défie Poutine, Paris, Tallandier, octobre 2021.

Empoisonné au Novitchok en août 2020 et évacué en Allemagne pour y être soigné, Alexeï Navalny, ¬figure sans égale de l’opposition russe, est rentré à Moscou sous les feux des médias du monde entier en janvier 2021. Son arrestation immédiate a ouvert la voie à un affrontement inédit avec Vladimir Poutine.

Qui est vraiment Alexeï Navalny ? Un héros de la démocratie ? Un nationaliste, un raciste ou un traître à la mère patrie ? Comment l’ex-homme d’a¬ffaires, simple blogueur, est-il devenu un candidat sérieux à la mairie de Moscou, puis à l’élection présidentielle ? Écrit par trois spécialistes de la politique russe, ce livre explore les nombreuses dimensions de l’action politique du militant depuis ses enquêtes pionnières sur la corruption, ses idées et son mouvement pour la démocratie, jusqu’à son activisme de rue. Pour la première fois, la lumière est faite sur l’homme, son courage, ses paradoxes, son parcours et l’engagement total de celui qui, en osant défier le chef du Kremlin, est devenu, même emprisonné, la deuxième personnalité politique de son pays. Pour comprendre la Russie d’aujourd’hui, il est urgent de comprendre Alexeï Navalny.

. Maxence Brischoux, Le commerce et la force, Paris, Calmann Levy, septembre 2021.

Depuis Montesquieu, on a pris l’habitude de penser que le commerce a des vertus morales : les nations qui commercent ne se feraient pas la guerre. C’est là une illusion funeste.

Du colonialisme d’hier aux guerres douanières d’aujourd’hui, l’histoire du commerce est faite de rapports de force plutôt que d’élans d’amitié entre les peuples.

Pour que le commerce adoucisse réellement les mœurs, il lui faut un cadre politique vertueux. C’est dans les époques où des pouvoirs impériaux bienveillants ont assuré la stabilité de l’ordre international, de la pax romana à la pax americana, que le commerce international s’est le mieux épanoui.

C’est quand la politique dicte ses valeurs que l’économie devient vertueuse.

En conjuguant l’histoire, la philosophie et l’analyse géopolitique, Maxence Brischoux donne les clés pour comprendre la réalité et les enjeux du nouvel ordre économique international. Ainsi, avertit-il, on aurait tort d’attendre du commerce qu’il démocratise la Chine puisque c’est par lui qu’elle étend son influence autoritaire. Symétriquement, si les démocraties européennes veulent préserver leurs libertés, elles devront réapprendre le langage de la vertu et de la force.

. Michel Duclos, La France dans le bouleversement du monde, Paris, Les Editions de l’Observatoire, octobre 2021.

Dans ce nouvel essai, Michel Duclos nous alerte sur le risque de voir la France perdre pied dans les mutations rapides qui affectent les équilibres internationaux.
La crise du coronavirus est venue détraquer toutes les données de la politique mondiale. Par ailleurs, très engagé en faveur d’une Europe forte, Emmanuel Macron a pratiqué sur la scène internationale une politique brillante, émaillée de coups d’éclat, mais avec peu de résultats substantiels... Dans le grand bouleversement du monde, le moment est venu pour les Français de mesurer avec lucidité le poids réel de leur pays et l’ampleur des défis qu’ils doivent affronter.
En des pages empreintes d’expérience et de sagacité, le grand spécialiste de géopolitique leur propose les clefs d’une réflexion en profondeur, car c’est à eux qu’il appartient de choisir les priorités de l’action internationale de la France pour les années 2020, sur de multiples fronts : la construction européenne, le positionnement de l’Europe face au duo sino-américain, les théâtres de crise qui continuent d’affecter leur sécurité, au Moyen-Orient ou ailleurs, ou les grands enjeux liés au changement climatique et aux transformations technologiques. Il serait donc essentiel, vital même, que les élections présidentielles de 2022 soient l’occasion d’un débat de fond sur ces sujets. Ce livre nous y prépare.

. Valérie Gelézeau, Benjamin Joinau (dir.), Faire du terrain en Corée du Nord – Ecrire autrement les sciences sociales, Paris, Atelier des Cahiers, novembre 2021.

Dans le paysage de l’édition française et internationale, aussi bien académique que destinée à un plus large public, la Corée du Nord n’est connue qu’à travers l’éternel retour de la crise nucléaire et la dynamique cyclique des relations intercoréennes. Mais au-delà de ces ouvrages de facture plutôt géopolitique, relayés par des discours médiatiques très répétitifs sur le « Pays du grand mensonge », quelques chercheurs passionnés d’études coréennes s’efforcent, depuis plus de dix ans, de développer un contact direct avec la Corée du Nord.
Mais quelle recherche scientifique peut-on mener dans le contexte fermé d’un pays totalitaire où l’enquête ethnographique est impossible ? Que nous rapportons-nous de nos voyages et que disons-nous de la Corée du Nord ?
Tout en livrant de nombreux matériaux très peu connus sur la Corée du Nord (des informations sur la manière dont travaillent les universitaires nord-coréens, à des collections de chansons de karaoké locales en passant par des synthèses inédites sur la planification et l’organisation spatiale de Pyongyang aujourd’hui), ce livre aborde aussi de manière critique, non pas la question du terrain en Corée du Nord, mais celle du terrain tout court. L’aborder avec humour (par de petites bandes dessinées humoristiques qui mettent en scène les chercheurs) ou par l’absurde (en supposant que les chercheurs sont eux-mêmes des « thomassons », ces objets urbains qui ont perdu leur sens et leur contexte) constitue une véritable réflexion critique sur cette méthodologie fétichisée par un grand nombre de disciplines des sciences humaines et sociales. Le livre enfin, interroge le bien-fondé de la restitution académique ordinaire, l’article ou l’ouvrage scientifique, la communication dans un congrès, voire l’article de vulgarisation. Il est possible de livrer du savoir sur la Corée du Nord et de la réflexion critique dans nos champs, de manière décalée, parfois provocatrice : avec des textes absurdes, un abécédaire échevelé du terrain à Pyongyang, des extraits de journaux de terrain et les mails bizarres échangés en préparant le voyage.
Bousculant les canons de l’écriture académique et de l’usage des illustrations, ce projet a réclamé une créativité à la fois littéraire et graphique avec le recours aux dessins de l’artiste nord-coréen exilé au Sud, Sunmu.
Ce livre très original trouvera son lectorat aussi bien dans le cercle des études coréennes et des nombreuses sciences humaines et sociales de « terrain » que dans la vaste communauté des lecteurs curieux de l’Asie, impatients de lire enfin quelque chose de nouveau et différent sur la Corée du Nord.

. Leonardo Arriola, Martha Johnson, Melanie Phillips (dir.), Women and Power in Africa. Aspiring, Campaigning, and Governing, Oxford, Oxford University Press, novembre 2021.

Offers unique insights on how women in African countries participate in three stages of politics : party nominations, election campaigns, and governance. Examines women’s access to, and exercise of, political power across a range of African countries, including countries often overlooked in scholarship on gender because they have relatively few women in elected office. Provides a gendered perspective on some of the most critical topics in the study of Africa, including campaign strategies amid clientelism, party institutionalization, and political violence. Presents new data on women’s engagement with politics that was collected using a variety of methodologies. Brings new perspectives to the scholarship on gender in electoral politics both in terms of comparative politics and African politics more specifically.

. Marcel Bazin, Tigre et Euphrate, Paris, CNRS Editions, novembre 2021.

Tigre et Euphrate, deux fleuves indissolublement liés, qui mêlent leurs eaux dans un tronc commun, le Shatt el-Arab, long de 180 km.

Un bassin hydrographique qui inclut la totalité de l’Irak, ainsi qu’une partie de la Turquie, de la Syrie et de l’Iran. Une aire limitée si on la compare aux bassins du Nil, de l’Amazone, du Mississippi ou du Congo, mais qui n’en a pas moins façonné l’une des plus anciennes civilisations, la Mésopotamie.

C’est dans une perspective géohistorique que Marcel Bazin retrace cette histoire plurimillénaire. Ce « Pays entre les fleuves » où s’est notamment déroulée la Révolution néolithique et où est apparue l’écriture, a également vu le développement d’une mosaïque ethnolinguistique riche et complexe. Le Tigre et l’Euphrate ont été à l’origine des premiers aménagements et d’une certaine prospérité. Les premières cités-États sont nées dans ces régions. S’inventait alors un modèle de construction étatique, prenant appui sur le tracé des deux fleuves, qui s’opposait à un autre modèle, apparu presque au même moment, celui de l’Égypte, organisé autour du Nil : la monarchie unitaire des pharaons. Ouverture à de nombreuses influences, configurations géopolitiques et identités territoriales variées ont souvent caractérisé ces territoires tantôt en position de carrefour, tantôt en position de marge disputée entre voisins. Le redécoupage territorial opéré à l’issue de la Première Guerre mondiale a partagé ce bassin entre les quatre États riverains. La découverte du pétrole a aiguisé les convoitises autour de cet espace, fragilisé et bouleversé par la succession des conflits et des revendications identitaires régionales.

Seule une coopération multilatérale harmonieuse pourra permettre, à l’avenir, une exploitation équitable et efficace des eaux de l’Euphrate et du Tigre, et de retrouver l’esprit de ce « croissant fertile ».

. Michael Taussig, Palma Africana, Paris, Gallimard, octobre 2021.

Dans Palma Africana, l’anthropologue australien Michael Taussig poursuit son étude de la matière et explore la production d’huile de palme en Colombie. Alors que cette dernière envahit tout, des chips au vernis à ongles, et a fait son chemin pour envahir les biens de consommation courante présents sur les étals de nos supermarchés, l’auteur examine les conséquences écologiques, politiques et sociales de cette exploitation. La production mondiale d’huile de palme a presque doublé en vingt ans et les plantations de palmiers à huile remplacent peu à peu ce qui fut une oasis de vie pour les animaux, les oiseaux et les plantes. Dans un contexte encore marqué par le conflit entre la guérilla des FARC et les paramilitaires colombiens, l’agrobusiness en est venu à menacer l’habitat indigène, tout en donnant lieu à des conditions de travail abusives et à des violations majeures des droits de l’homme. Bien que la liste de l’intrication des horreurs induites par cette exploitation soit longue, nos terminologies habituelles (« disparition de l’habitat naturel ? », « violation des droits de l’homme ? », « changement climatique » ...) semblent dépassées. Sous la forme d’une déambulation anthropo-poétique au coeur des marécages colombiens, ce sont aussi les mots et l’écriture qu’interrogent l’auteur. Dans un récit riche en références littéraires, Michael Taussig prend date des ruminations de ses prédécesseurs, comme Roland Barthes, pour qui les arbres forment un alphabet où le palmier est le plus charmant. William Burroughs arguait, face à ses détracteurs, que les mots étaient aussi vivants que des animaux et n’aimaient pas être maintenus en pages - coupez ces dernières et ils seront rendus à leur liberté. Pensé à partir d’une vie d’exploration philosophique et ethnographique en Colombie, Palma Africana cherche à contrecarrer la banalité de la destruction du monde et offre une vision pénétrante de notre condition humaine. Illustré de photographies prises sur le terrain par l’auteur et écrit avec la verve expérimentale propre à l’anthropologue, ce livre est le Triste Tropique de Michael Taussig pour le XXIe siècle.

. Peter Eeckhout, Patrimoine mondial en péril, Paris, Passés composés, novembre 2021.

Le XXIe sera-t-il le siècle de la fin des ruines ? Redécouverts pour la plupart au XXe siècle, bon nombre de sites qui constituent le patrimoine mondial sont menacés d’une destruction pure et simple. Or il ne peut y avoir de sociétés sans ruines, et la conservation des monuments les plus remarquables parvenus jusqu’à nous est aujourd’hui une urgence. D’autant que les menaces sont nombreuses et diverses : destructions volontaires, pillage, pression de l’urbanisation, tourisme de masse, restaurations abusives, négligence et pollution ou conséquences des changements climatiques.

Afin de comprendre l’immense intérêt de ces sites exceptionnels, mais aussi leur fragilité, tout en racontant leurs histoires multiséculaires, Peter Eeckhout nous entraîne, par le texte et par l’image, à la découverte d’Angkor et de Méroé, de Pachacamac, d’Alep et de Palmyre, d’Haïti, de Délos, de Carthage, et de bien d’autres merveilles encore.

. Sylvain Kahn, Histoire de la construction de l’Europe depuis 1945, Paris, PUF, octobre 2021.

Quel est le poids des contingences et des dynamiques politiques, sociales et économiques dans la construction européenne ?
Dans quelle mesure le roman communautaire européen et le couple franco-allemand sont-ils tous deux des mythes ?
La construction de l’Europe est une expérience unique dans l’espace mondial. C’est en effet la première fois que des gouvernements de nations indépendantes – qui plus est, démocratiques ! – décident de mutualiser une partie de leur souveraineté au profit d’une association fondée sur la volonté politique. Cet ouvrage raconte l’histoire de cette construction européenne de façon vivante et démystifiée en la dégageant de la représentation, construite à dessein, d’une Europe asexuée, transcendante et auto-générée. L’Europe s’est faite dans le tapage, sinon la discorde. Les intérêts et les circonstances y ont joué un rôle parfois prépondérant, la tactique politique et l’instrumentalisation aussi.

. Yoshihide Soeya, Diplomatie japonaise, la voie étroite. S’assumer comme une « puissance moyenne » ?, Paris, Hémisphères Editions, novembre 2021.

Dans l’immédiat après-guerre, le Japon est divisé entre une droite qui appelle la remilitarisation de ses vœux, et une gauche désireuse d’ancrer le pays dans le rejet de la guerre. L’une comme l’autre en tiennent pour l’autonomie stratégique du Japon, mais selon des modalités divergentes : la droite en révisant la Constitution, la gauche par le désarmement et la neutralité. Cette dualité apparue au sein du nationalisme nippon va conduire le Premier ministre, Yoshida Shigeru, à instaurer la doctrine qui porte son nom : adopter une position de compromis en développant l’économie, tout en externalisant la défense nationale, laissée aux mains des États-Unis.
Que reste-il de ces contraintes politiques aujourd’hui, que signifie « l’autonomie stratégique » pour le Japon contemporain ? Se conçoit-elle indépendamment des États-Unis ? La doctrine Yoshida est-elle toujours d’actualité, ou le Japon s’est-il affranchi du pacifisme constitutionnel ? Autant de questions abordées dans ce livre. L’auteur y montre que la politique de défense japonaise est née d’une double contrainte normative, imposée par le traité de sécurité nippo-américain d’une part, par la Constitution de l’autre, et que cette double contrainte subsiste, en dépit des tentatives de la droite, dans le contexte de la Guerre du Golfe (1990), pour obtenir une révision de la Constitution au nom d’un idéal internationaliste de coopération.
C’est à la lumière de cette grille d’analyse que Soeya Yoshihide explore la diplomatie japonaise, mettant au jour des clivages dont on avait jusqu’alors tu l’existence. Il préconise que le Japon s’accepte comme une « puissance moyenne » semblable à la France ou au Royaume-Uni, dans un moyen terme entre l’idéalisme de gauche et le réalisme de droite, en empruntant la voie étroite tracée par la doctrine Yoshida entre Constitution et traité. Une voie qui s’imposera aux diplomates et décideurs japonais comme la seule possible, aussi longtemps que subsistera cette double contrainte.

. Maxime Audinet, Russia Today (RT). Un média d’influence au service de l’État russe, Paris, INA, octobre 2021.

A quoi sert le réseau RT ? Pourquoi son action et sa posture « alternative » dans l’environnement médiatique international en font un média d’influence au service de l’État russe ? Quelles relations ses dirigeants entretiennent-ils avec les élites du pouvoir russe et, par extension, avec le Kremlin ? Quels récits sont produits et diffusés par ses équipes, et que disent ces contenus de l’image que la Russie souhaite renvoyer d’elle-même à l’étranger ? Que révèle-t-il, enfin, des pratiques médiatiques de l’influence informationnelle en contexte autoritaire ?
Fruit d’une thèse achevée en 2020 et alimentée par plusieurs enquêtes de terrain en Russie, cette monographie explore le fonctionnement interne et l’implantation internationale du réseau RT.
Russia Today s’est imposé depuis la crise ukrainienne comme l’instrument le plus emblématique de l’influence de la Russie à l’ère post-soviétique. Média multilingue et transnational, RT est un cas d’étude privilégié pour saisir les évolutions récentes de sa politique étrangère et la manière dont ses autorités conçoivent l’espace informationnel international comme un terrain fondamentalement conflictuel.
L’ouvrage de Maxime Audinet analyse le profil des équipes du réseau RT à Moscou et dans ses rédactions délocalisées et dissèque sa communication sarcastique ainsi que sa ligne éditoriale hétéroclite. Il dresse une anatomie inédite et méticuleuse de ce média d’influence russe, devenu un acteur incontournable et controversé des guerres de l’information contemporaines.

. Amat Al Alim Alsoswa, Noel Brehony (dir.), Building a New Yemen. Recovery, Transition and the International Community, Londres, I.B. Tauris, novembre 2021.

Yemen has faced continuing crises since 2010. The fighting and divisions have destroyed much of Yemen’s physical, political and social infrastructure, undermining its tribal traditions and religious tolerance, and impoverishing the country. The outbreak of war in 2015 caused the world’s worst humanitarian crisis.

In this book, Yemeni and international experts assess what political arrangements are required to overcome fragmentation and discord in Yemen. They look to understand how people from all parts of the county can work together to build a new Yemen, one that will give a voice to its young population and provide a full role for women. The contributors argue that Yemen’s major resource is its population, but that Yemenis need to be motivated and trained to give them the skills to rebuild the economy and to prepare for long-term challenges such as water shortages and climate change. The volume also discusses how the international community will need to absorb the lessons of the past to find better ways of creating the institutions, mechanisms and transparency with Yemenis that will enable the flow of vital assistance to where it is most needed.

The book provides an up-to-date analysis to help governments and international agencies who will have to work with Yemen and its neighbours in the post conflict situation.

. Amin Allal, Layla Baamara, Leyla Dakhli, Giulia Fabbiano (dir.), Cheminements révolutionnaires. Un an de mobilisations en Algérie (2019-2020), Paris, CNRS Editions, octobre 2021.

22 février 2019, le centre-ville d’Alger est envahi par la foule. Deux fois par semaine pendant plus d’un an, des manifestants se réunissent pour s’insurger pacifiquement contre la figure présidentielle, le gouvernement et la corruption.

Le mouvement révolutionnaire, le hirak, s’empare de l’Algérie dix ans après les printemps arabes qui l’avaient laissé de côté. Est-ce le signal d’une seconde vague de révolutions arabes ? Ou un phénomène profond et méconnu travaillant un pays dont l’immobilité n’était qu’apparente ?

Plus d’un an après la fin de ces mouvements empêchés par le Covid, des historiens, des anthropologues, des politistes reviennent sur ce moment pour scruter les transformations à l’oeuvre et les notions en jeu de cette révolution inachevée. Avec humilité, ils tentent de saisir ce qu’est ce peuple en révolution, qui sont celles et ceux qui se pensent comme révolutionnaires, et quels sont les effets de ces engagements sur la société algérienne, y compris sur l’émigration.

Ces chercheurs, engagés depuis plusieurs années dans des investigations in situ, nous offrent une plongée saisissante dans la réalité algérienne, dans son quotidien marqué par un contexte autoritaire et une corruption ordinaire. Mais plus encore, ces articles analytiques ouvrent des perspectives pour comprendre comment les surgissements populaires massifs sont capables aujourd’hui d’ébranler les plus verrouillés des régimes de ce début de XXIe siècle.

. Charles Thépaut, A Vanishing West in the Middle East. The Recent History of U.S.-Europe Cooperation in the Region, Londres, Bloomsbury Publishing, novembre 2021.

After a decade over which the Middle East was profoundly shaken and transformed, over which U.S. foreign policy toward this region went through various revisions, and over which the transatlantic bond risked serious erosion, this book offers serious answers to questions with a bearing on the future : Is there still one ‘West,’ at least in relation to an ‘East’ ? What remains of the strategic interest the Middle East represents for both America and Europe ? Charles Thépaut’s unique position, as a French diplomat working on the Middle East from Washington DC, gives this work irreplaceable value.

. Ekaterina Gloriozova, Le football en Russie. Anatomie d’une passion politique, Bruxelles, Editions de l’Université de Bruxelles, septembre 2021.

À la suite d’une enquête mêlant entretiens avec des supporters, observations et analyse des réseaux sociaux et sites supportéristes, l’auteure présente une sociohistoire de la passion du football en Russie soviétique et postsoviétique, interrogeant à la fois son caractère subversif, ses tropismes nationalistes et son rapport au pouvoir. À travers une fine analyse des processus de (dé-)politisation au sein du sport, l’ouvrage aborde des questions aussi centrales que la place du racisme dans le football et la société russe, les liens du hooliganisme avec les mouvements nationalistes et le pouvoir ou encore le rôle de l’humour, des réseaux sociaux et de l’esthétique dans la fabrication des représentations et des expressions politiques.

Il s’adresse aux sociologues et anthropologues du sport, aux politistes ainsi qu’à toute personne intéressée par les aspects socio-politiques du football et/ou la politique russe.

. Rafael Rojas, El árbol de las revoluciones. Ideas y poder en América latina, Madrid, Turner, octobre 2021.

Un recorrido por las diez revoluciones latinoamericanas del siglo XX : la mexicana (1910-1940), la nicaragüense de los años veinte, la cubana de los treinta y la de 1959, el varguismo brasileño, el peronismo argentino, la guatemalteca (1944-1954), la boliviana de 1952, la chilena (1970-1973) y la sandinista en 1979. Traza un perfil desapasionado de sus principales dirigentes (Augusto César Sandino, Emiliano Zapata, Francisco Villa, Venustiano Carranza, Getulio Vargas...). Recoge las ideas en las que abrevaron de José Vasconcelos a José María Mariátegui, pasando por Rómulo Gallegos o José Ingenieros.

. Benjamin Stora, Nicolas Le Scanff, Histoire dessinée des juifs d’Algérie. De l’antiquité à nos jours, Paris, La Découverte, octobre 2021.

Alors qu’il numérise des photos de famille, David retrouve le portrait, peint en 1878, d’une « jeune femme indigène » d’Algérie. En découvrant qu’il représente sa lointaine aïeule, l’adolescent, descendant de juifs des Aurès, entreprend une quête de ses origines, qui se transforme bientôt en véritable enquête historique dans un passé riche, complexe et douloureux.

À mesure que les fils des mémoires et de l’histoire se tissent, une fresque civilisationnelle deux fois millénaire apparaît, dont la source remonte à l’exil antique de juifs d’Israël/Palestine et à la conversion de Berbères au judaïsme, suivis de l’arrivée des Séfarades à la fin du XVe siècle. Après la longue domination arabe puis ottomane, la conquête de l’Algérie par la France en 1830 transforme profondément la destinée des « israélites indigènes » : l’attribution de la citoyenneté française par le décret Crémieux en 1870 ne marque pas seulement leur émancipation ; elle crée également une déchirure par rapport à leurs traditions religieuses et culturelles, mais aussi vis-à-vis des Berbères et Arabes musulmans avec lesquels ils avaient partagé des siècles durant une existence commune.

L’assimilation paradoxale des juifs d’Algérie à une identité « pied-noire » après leur exode et leur « rapatriement » en 1962 a enfoui cette mémoire collective. C’est à remédier à sa perte que s’emploie magistralement cet ouvrage, en restituant une histoire largement méconnue.

. Collectif, Penser les génocides. Les chercheurs face aux génocides et crimes de masse, Paris, CNRS Editions, octobre 2021.

Comment des chercheuses et des chercheurs de toute discipline, de toute génération, de tout pays, se portent-ils vers les génocides et les crimes de masse et en font un objet de recherche avec toutes les responsabilités et les conséquences que suppose un tel sujet ?

Souvent demeurés impensables parce que sans équivalents dans l’histoire, terrifiants d’inhumanité, ces événements à la fois uniques dans leur réalité et comparables dans leurs mécanismes de destruction de peuples et de personnes sont autant de défis cognitifs, méthodologiques et éthiques lancés à celles et ceux qui les étudient.

Ce livre ambitionne, grâce aux récits personnels d’itinéraires dans ces univers effrayants et aux analyses d’expérience de recherche qu’il a été en mesure de réunir, d’approfondir la connaissance des génocides et des crimes de masse mais aussi d’apprécier les efforts considérables déployés par les chercheuses et chercheurs pour parvenir à comprendre de tels phénomènes qui dépassent l’entendement humain.

Appeler les spécialistes de ces sujets à penser leur relation avec leur objet de recherche, à revenir vers leur choix d’un tel domaine d’étude, à réfléchir à l’épreuve et aux vertiges qu’entraîne la confrontation avec des passés aussi terrifiants aboutit à des savoirs uniques propres à armer la connaissance et lui redonner du pouvoir face à des mondes de destruction et de négation. La mise en lumière des conditions spécifiques du travail sur de tels sujets et des relations qui s’instaurent entre le chercheur et son « terrain », parfois malgré lui et toujours dans une conscience aiguë de ses responsabilités scientifiques autant que sociales, est au coeur de cet ouvrage qui n’a pas d’équivalent.

. Collectif, L’Empire qui ne veut pas mourir. Une histoire de la Françafrique, Paris, Seuil, octobre 2021.

À Paris, on entend de toute part le même refrain : « La Françafrique est morte et enterrée ! » Pourtant, de Ouagadougou à Libreville, de Dakar à Yaoundé, de Bamako à Abidjan, la jeunesse se révolte contre ce qu’elle perçoit comme une mainmise française sur son destin.

Quinze ans après la Seconde Guerre mondiale, la France a officiellement octroyé l’indépendance à ses anciennes colonies africaines. Une liberté en trompe l’œil. En réalité, Paris a perpétué l’Empire français sous une autre forme : la Françafrique. Un système où se mêlent des mécanismes officiels, assumés, revendiqués (militaires, monétaires, diplomatiques, culturels…), et des logiques de l’ombre, officieuses, souvent criminelles. Un système érigé contre les intérêts des peuples, avec l’assentiment d’une partie des élites africaines et qui profite toujours aux autocrates africains « amis de la France ». Un système que tous les présidents français ont laissé prospérer, en dépit des promesses de « rupture ».

Exceptionnel par son ampleur, inédit par son contenu, cet ouvrage retrace cette histoire méconnue, depuis les origines coloniales de la Françafrique jusqu’à ses évolutions les plus récentes. Rédigées par des spécialistes reconnus – chercheurs, journalistes ou militants associatifs –, les contributions rassemblées dans ce livre montrent que le système françafricain, loin de se déliter, ne cesse de s’adapter pour perdurer.

. Jean-Pierre Bat, Nicolas Courtin, Vincent Hiribarren (dir.), Histoire du renseignement en situation coloniale, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, octobre 2021.

En replaçant le renseignement dans sa dimension sociale, ordinaire et quotidienne, ce livre suit au jour le jour le travail et les métiers de renseignement, dans les rues des cités sahéliennes et des villes côtières subsahariennes ou indochinoises, ou dans les sables de la Transjordanie, tout comme dans les bureaux des sûretés coloniales portugaises, belges, françaises ou britanniques. il propose une plongée inédite dans les dispositifs de contre-surveillance, voire de contre-espionnage, mis en place par les pouvoirs concurrents des administrations coloniales.

. Mary-Françoise Renard, La Chine dans l’économie mondiale. Entre dépendance et domination, Clermont-Ferrand, Presses universitaires Blaise Pascal, octobre 2021.

Après trente ans de fermeture économique, puis quarante ans d’une ouverture graduelle, la Chine est devenue le premier exportateur mondial. Comment en est-elle arrivée là ? Comment peut-on caractériser sa place dans le commerce mondial ? Comment sa politique en matière d’investissements étrangers a-t-elle évolué ? Quels sont ses principaux partenaires ? Quelle pourra être son influence économique à l’avenir ?
Cet ouvrage présente la stratégie de la Chine en matière d’ouverture économique depuis 1979 et les principaux enjeux de son internationalisation.

. Nibras Chehayed (dir.), Images de chair et de sang, penser le corps en Syrie (2011-2021), Paris, Presses de l’Ifpo, octobre 2021.

Ce livre est une invitation à penser la reconstitution de nos corps en Syrie depuis 2011. D’abord, le corps filmant et filmé, celui du témoin qui se fait un lieu premier de preuve, là où le combat de l’interprétation des faits fait rage. Mais aussi le corps en tant qu’il est pensé par les arts plastiques, le corps de l’artiste détenu qui revient à l’expérience de son incarcération politique, ainsi que le corps genré, le corps insurgé, le corps épique, le corps tragique, le corps nihiliste et le corps « absolu ».
L’idée avancée est que les images de ces corps ne visent pas à représenter un réel, mais nous renvoient à lui différemment, nous rendant autres à nous-mêmes. Elles contaminent notre manière d’être par l’étrangeté du corps exposé. Plus radicalement encore, elles la contaminent par l’étrangeté du cadavre qu’elles mettent en avant. Ces images ne sont donc pas des objets secondaires, elles ne se contentent pas de mettre en évidence des éléments qui leur préexistent. Actives, elles initient un champ d’expérimentation de nouveaux vécus corporels.

. Stéphanie Beucher, Annette Ciattoni, Dictionnaire de géopolitique, Hatier, 2021.

La référence indispensable pour comprendre les dynamiques, les rivalités et les conflits à l’œuvre sur la planète

Plus de 235 entrées, définitions ou articles, pour comprendre le vocabulaire, les thèmes et les notions de la Géopolitique
100 cartes couleur, des bibliographies ciblées, des zooms sur des questions d’actualité
Une équipe d’auteurs pluridisciplinaire : géopoliticiens, historiens, géographes, politologues, économistes
Un outil pratique et facile d’accès pour les étudiants du supérieur (classes préparatoires, université, écoles de management…) et les lycéens en spécialité géopolitique.

. Philippe Boulanger, Planète médias. Géopolitique des réseaux et de l’influence, Armand Colin, 2021.

Outils d’intelligence collective et collaborative, mais aussi de contrôle, d’influence et de domination, les médias jouent un rôle aujourd’hui incontournable sur la scène géopolitique mondiale. Domination des grands groupes industriels du Global media, traitement médiatique permanent des crises et des conflits, fake news et influence des réseaux sociaux dans la sphère politique… le soft power médiatique constitue une grille de lecture décisive pour comprendre les mutations et les évolutions contemporaines.
Comment mesurer l’impact de la globalisation des médias sur la recomposition des interdépendances entre sociétés ? Quels sont les rapports entre mondialisation, rivalités de pouvoir et médias, révélant à la fois la prédominance américaine et les utilisations mises en œuvre par les pays émergents ? Quel rôle les médias jouent-ils dans les relations internationales et les conflits, depuis leur exploitation dans le champ d’action militaire aux nouvelles rivalités du cyberespace ? Telles sont l’ensemble des questions abordées par cet ouvrage.

. François Géré, Anti maximes. Fragments d’une morale pour le XXIe s, Saint Honoré éditions, 2021.

Qu’en est-il aujourd’hui de la morale traditionnelle ? L’examen ironique des préceptes anciens fait apparaître la constance de certains traits de l’homme ainsi que l’évolution de nos mœurs à l’ère de l’information-communication. La morale n’est jamais innocente, mais toujours ambiguë, car l’Espèce (le côté noir de l’humanité), les Puissants, en pervertissent le sens en la manipulant à leur profit. Mon but est d’éveiller le lecteur à la prise de conscience, sans complaisance, de lui-même, de ses défauts, de ses vertus afin d’affronter la vie en société au 21ème siècle.

. Arnaud Pautet, Les grands penseurs de l’économie. Comprendre les débats politiques contemporains, éd. Eyrolles, 2021

Qu’est-ce qui réunit Smith, Polanyi, Friedman, Keynes, Marx et Schumpeter ? Chacun, à sa manière, refuse les grilles de lecture de son temps et la pensée économique mainstream. Face aux mutations enfantées par les révolutions industrielles, ils sont tous des penseurs de l’alternative : ils questionnent l’intervention étatique, le risque d’épuisement de la croissance, son contournement par l’innovation et, surtout, la dose tolérable d’inégalités dans une société.

Confrontés aux conséquences des grandes crises économiques contemporaines et des guerres industrielles, ces six auteurs clés posent les jalons de la macroéconomie. En s’appuyant sur de nombreuses citations, cet ouvrage analyse finement la pensée de ces six économistes et propose des mises en perspective pour comprendre les débats politiques contemporains.
Citations ; Enjeux ; Mises en perspectives.
Préface de Pierre Dockès, professeur honoraire à l’Université Lyon 2, chercheur au centre de recherche Triangle. Il a publié Le Capitalisme et ses rythmes (deux tomes, Classiques Garnier, 2017-2019).

. Hugo Billard, Frédéric Encel, Atlas des frontières. Retour des fronts, essor des murs, éd. Autrement, 2021

Les frontières sont multiformes : ni naturelles ni artificielles, ouvertes ou fermées, fronts ou murailles, politiques ou économiques…
Comment sont-elles gérées, renégociées ou instrumentalisées en fonction d’intérêts économiques ou de passions géopolitiques ?
• Héritages de l’histoire, elles sont le fruit de rivalités de pouvoir : comment se sont-elles imposées depuis l’Antiquité ?
• Dessiner les frontières, établir les fronts, bâtir les murs… n’a rien d’anodin. Leurs représentations ne sont-elles qu’artifice et subjectivité ?
• La frontière n’est pas, ou plus, seulement une limite entre deux États : quelles sont les nouvelles frontières de notre monde globalisé ?
• Les crises perturbent le statut des frontières : comment agissent-elles sur les nouveaux rapports de forces régionaux et planétaires ?
Les plus de 100 cartes et documents inédits de cet atlas sont l’expression des enjeux politiques, culturels ou géopolitiques de cet « objet » à la fois ancien et moderne et toujours si convoité.

. Frank Tétart, Pierre-Alexandre Mounier, Atlas de l’Europe. Un continent dans tous ses états, éd. Autrement, 2021.

Territoire pluriel, le continent européen est un espace d’échanges et de rencontres, où se croisent des influences multiples. Mue par un projet ambitieux de communauté des nations né sur les cendres de la guerre, l’Europe doit relever le défi de l’unité malgré sa diversité.
Pour comprendre l’Union européenne et ses ambiguïtés, l’atlas revient sur :
Les fondements de l’Europe : définition géographique et politique, histoire du continent depuis l’Antiquité.
La création de l’idée européenne et de l’Union, composée aujourd’hui de 27 États.
La géopolitique des territoires européens : la diplomatie interne, les relations avec le reste du monde, la gestion de ses périphéries et confins, tant continentaux qu’ultra-marins.

Les 80 cartes de cet atlas racontent cette passionnante Europe, ses défis et ses enjeux, et comment elle doit réussir à s’inscrire durablement dans l’avenir du monde.

. Arnaud Pautet, Les défis du capitalisme. Comprendre l’économie du XXIe s, Dunod, 2021.

Faut-il souhaiter la mort du capitalisme ? Cette question, sans cesse reposée à l’occasion de crises, a resurgi lors de l’épidémie de Covid-19 qui a révélé les limites du système hypermondialisé de nos sociétés. Fréquemment, en effet, le capitalisme suscite chez les experts de vifs débats, révélant un désamour pour ce système économique pourtant à l’origine d’un cycle de prospérité inédit dans l’histoire de l’humanité et qui, jusqu’à aujourd’hui, a déjoué tous les pronostics annonçant sa fin.
Pour mieux comprendre les passions contraires que le capitalisme nourrit, cet ouvrage propose de revenir à son histoire longue, en s’appuyant sur les grands auteurs qui l’ont théorisé ou critiqué, afin de « dédramatiser » le problème économique. Cette prise de recul permet alors d’interroger ce que pourrait être le capitalisme demain et le rôle qu’il pourrait jouer dans la recréation d’un destin
solidaire et commun.
A. Pautet, agrégé et docteur en histoire contemporaine, est professeur en classes préparatoires commerciales au lycée Sainte-Marie de Lyon où il enseigne l’histoire, l’économie et la géopolitique.
Avec la collaboration de Francis Plancoulaine, professeur agrégé de sciences sociales enseignant l’économie, la sociologie et l’histoire en classes préparatoires commerciales.
Préface d’Éric Berr, maître de conférences en économie à l’université de Bordeaux.

. Delphine Diaz, En exil. Les réfugiés en Europe, de la fin du XVIIIᵉ siècle à nos jours, Paris, Gallimard, octobre 2021.

À l’heure où la « crise migratoire », parfois qualifiée de « crise de l’asile », n’en finit pas de diviser les États et les sociétés en Europe, cet ouvrage entend redonner une profondeur historique à une question d’actualité. Il interroge les multiples dénominations et représentations relatives aux « migrants » partis sous la contrainte, en allant de « l’exilé », du « proscrit », au « demandeur d’asile » et au « réfugié ». On y entend résonner les discours prononcés par des proscrits qui ont marqué leur temps, les échos des œuvres littéraires que les exilés nous ont laissées en héritage, depuis Les Châtiments de Victor Hugo jusqu’à Persépolis de Marjane Satrapi, mais on distingue aussi le murmure anonyme des "sans-État", souvent dénigrés et rejetés. Le livre donne enfin la part belle aux oubliés de la migration - femmes, enfants et vieillards -, pourtant largement impliqués dans cette histoire en mouvement. Grâce à un parcours chronologique qui commence avec les insurrections et révolutions de la fin du XVIIIème siècle et s’achève avec le temps présent de la migration contrainte, ce récit transnational de l’histoire des réfugiés donne vie et corps aux exilés d’hier et d’aujourd’hui : il restitue leur expérience collective mais aussi la singularité de leurs parcours européens.

. Emmanuel Lincot, Chine et terres d’Islam. Un millénaire de géopolitique, Paris, PUF, octobre 2021.

L’histoire des relations entre la Chine et le monde musulman est ancienne. Elle a donné naissance à des empires et à des phénomènes d’acculturation qui ont façonné l’Eurasie et le Moyen-Orient. Si la Modernité européenne a profondément modifié les rapports de force mondiaux, elle ne s’est pas accompagnée d’une occidentalisation de ces sociétés. Atavismes et traditions politiques semblent aujourd’hui légitimer l’adhésion à des valeurs et des choix de gouvernance autoritaires. Ces choix n’excluent en rien des rivalités ou des alliances parfois antinomiques, qui témoignent d’un inépuisable pragmatisme et interdisent une vision géopolitique bipolaire opposant un monde associé aux États-Unis à un agrégat d’États musulmans non arabes jouant la carte chinoise.

Première synthèse sur un sujet très vaste, cet ouvrage offre des clés de lecture stimulantes des principaux enjeux des relations internationales aujourd’hui.

. François Heisbourg, Retour de la guerre, Paris, Editions Odile Jacob, octobre 2021.

Une guerre comme celles qu’a connues le XXe siècle est-elle de nouveau possible ?

« Paix impossible, guerre improbable », écrivait Raymond Aron en 1947 à propos de la guerre froide.

Mais qu’en est-il aujourd’hui alors que les théâtres de conflits se multiplient au Moyen-Orient et surtout en région Indo-Pacifique ? Qu’en est-il alors que les grandes puissances n’hésitent plus à prendre le risque de la guerre, qu’il s’agisse de l’aventurisme militaire de la Russie ou de l’affirmation de la puissance chinoise en mer de Chine du Sud ?

Dans cet essai, bref et percutant, François Heisbourg montre que l’ombre de la guerre est désormais bien présente, des forever wars à la lutte idéologique que se livrent les États-Unis et la Chine en passant par la cyberconflictualité. Quant aux armes de la guerre, elles concourent à l’instabilité ambiante en fragilisant la dissuasion nucléaire.

Déclassé, humilié, déboussolé par la pandémie, notre continent, et avec lui notre pays, aura fort à faire pour défendre ses intérêts et ses valeurs.

. Mabingué Ngom, Demography, Peace and Security in the Sahel. Perspectives for a resilient Central Sahel, Paris, L’Harmattan, octobre 2021.

In Africa, the Sahel region polarizes a lot of attention from the international community because of its rich potential, which is in stark contrast to its fragile and worsening security situation - all against the backdrop of a powerful demographic dynamic marked by a considerable proportion of young people. This publication aims to deepen reflection on the causes of conflict and fragility in the Sahel and potential relationships with Africa’s demography.

. Mounia Bennani-Chraïbi, Partis politiques et protestations au Maroc (1934-2020), Rennes, Presses Universitaires de Rennes, octobre 2021.

Le Maroc ? Un royaume où un roi toujours doté d’une divine baraka se joue des complots et des oppositions ? Un monde où tout change, des sigles de partis aux ruses du pouvoir, pour que rien ne change ? Sens commun séduisant... ou plutôt clichés que Mounia Bennani-Chraïbi secoue au fil de ce livre qui renouvelle l’histoire politique du pays. Une enquête de longue haleine qui remet en énigme des luttes politiques violentes ou larvées. Une problématique qui ne dissocie jamais dynamiques protestataires et logiques partisanes. Une profondeur historique qui aide à comprendre comment le passé affecte les luttes actuelles.

. Nepthys Zwer, Philippe Rekacewicz, Cartographie radicale, Paris, La Découverte, octobre 2021.

Il est des cartes qui disent non. Des cartes radicales, qui dévoilent et dénoncent, qui protestent. Pour comprendre ces cartes rebelles, leur fonctionnement, leurs forces, leurs possibilités, ce livre entreprend un voyage d’exploration au cœur de la création cartographique. Que se passe-t-il exactement quand nous élaborons une carte, qu’elle soit radicale, expérimentale (on parle aussi de cartographie critique ou de contre-cartographie) ou conventionnelle ? Quelles intentions président à sa fabrication et à sa mise en oeuvre­ ?
La première fonction des cartes est de nous aider à nous repérer dans l’espace et à nous déplacer d’un point à un autre. Elles permettent aux bateaux de naviguer et aux avions de voler. Avec des cartes, on fait la guerre, puis éventuellement la paix. Elles sont aussi de formidables machines à rêves, qui façonnent notre image du monde, en fixent la mémoire et finissent par fabriquer notre réalité. Qu’est-ce qui motive cet acte très particulier de mise en forme symbolique du monde, de Strabon à l’anarchiste Élisée Reclus, de la bénédictine Hildegard von Bingen à l’explorateur Alexander von Humboldt, des portulans à la carte d’état-major ? Quelle part de fantaisie créatrice, quelle part de fantasme faustien d’une possible maîtrise de notre environnement, quelle part de sincérité scientifique sont-elles à l’œuvre ?

Entre l’émergence de la cartographie thématique audacieuse de l’ingénieur Charles-Joseph Minard, ou celle des designers d’information Otto et Marie Neurath, et l’approche sémiologique conceptuelle de Jacques Bertin, se situe un point de rupture avec les conventions de la représentation cartographique. Un point libérateur qui a ouvert le champ de l’expérimentation et rendu possible la démocratisation des cartes. Autour des années 1900, le sociologue W.­E.­B. du Bois et son équipe inventaient de nouvelles façons graphiques de représenter des données statistiques sur la situation des personnes noires aux États-Unis. Quelque soixante ans plus tard, c’était pour dénoncer le même racisme culturel et économique qu’un petit institut de géographie de Détroit, animé par William Bunge et Gwendolyn Warren, donnait ses contours à ce qui deviendra la géographie radicale : une géographie engagée.

Alors, le rapport à l’objet carte change. S’opère une prise de conscience quant à son usage et à ses possibilités. La cartographie radicale va spatialiser les données économiques et sociales, produire des cartes délibérément politiques qui montrent et dénoncent les situations d’inégalités de vie et de droits, les compromissions politico-économiques, les accaparements de terres, la destruction des milieux par l’agro-industrie, la pollution de la planète et tout ce qui hypothèque, d’une façon ou d’une autre, le bonheur et l’avenir de l’humanité. Les cartes, qui jouent traditionnellement le jeu du pouvoir, se font outils de la contestation et instruments d’émancipation politique et sociale quand la société civile se les approprie. Politique, art et science entrent alors en dialogue permanent pour proposer une image non convenue et libre du monde.

. Benoît de Tréglodé, Vietnamiens. Lignes de vie d’un peuple, Paris, Ateliers Henry Dougier, septembre 2021.

Le Viêt Nam change ! L’avenir de ce pays de bientôt 100 millions d’habitants ne se réduit plus aux tumultes de l’histoire du siècle dernier, ni aux seules logiques de contrôle étatique. Bien sûr le passé, si proche de notre histoire, est encore présent mais se dessine un avenir résolument dynamique et orienté vers l’Asie du XXIe siècle.

Benoît de Tréglodé donne la parole à des hommes et des femmes de tout âge, de toutes conditions, citadins, ruraux, jeunes ou vieux, riches ou pauvres, des personnes proches du pouvoir ou opposants de longue date. Ils nous livrent leur Viêt Nam, tel qu’ils le vivent aujourd’hui.

. Bertrand Badie, Les Puissances mondialisées. Repenser la sécurité internationale, Paris, Editions Odile Jacob, septembre 2021.

Quels sont les États qui protègent le mieux leurs citoyens dans le contexte international actuel ? Face à des menaces devenues globales, telles les pandémies, les crises environnementales, économiques, migratoires ou alimentaires, quelles puissances ont su rompre avec un passé révolu et développer des stratégies adaptées ?

Les États-nations se sont construits, il y a quelques siècles, sur la gestion des peurs ancestrales (peur de mourir et de souffrir, peur de perdre sa liberté) et des risques nationaux. Ils se sont arrogé le monopole de la sécurité pour en faire un enjeu territorial et militaire, étroitement lié à la souveraineté nationale.

Mais lorsque les risques changent de nature et de périmètre, qu’en est-il de l’ancien ordre international ? Le succès amorcé des puissances les plus agiles, qui – à l’instar de la Corée du Sud, de l’Allemagne et de quelques pays nordiques – savent tirer profit de la mondialisation tout en se protégeant de ses méfaits, ne nous invite-t-il pas à repenser la sacro-sainte sécurité internationale pour l’élargir à ses dimensions humaines ? Et, dès lors, n’est-ce pas tout l’ordre mondial qui est à revoir et à refonder ?

Loin des discours souverainistes et des postures démagogiques, Bertrand Badie nous propose une réflexion profonde et sociale sur le thème si fondamental de la sécurité.

. Isabelle Ligier-Degauque, Anne Teulade (dir.), Mémoire de vaincus, mémoire de vainqueurs dans le bassin méditerranéen. De l’Antiquité au XXIe siècle. La littérature à l’épreuve du conflit, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, septembre 2021.

L’histoire est-elle écrite par les vainqueurs et par les grands hommes qui en ont entretenu la mémoire ? De l’Antiquité au XXIe siècle, ce livre réfléchit aux manières dont il est possible de faire émerger une mémoire effacée. En assumant les contradictions de la narration et en ne gommant pas la multiplicité des points de vue, la littérature a toute sa place dans le champ de la mémoire. Elle est ainsi force de réflexion dans un espace géographique traversé par de vives tensions au cours de son histoire.

. Jean-Pierre Filiu, Le Milieu des mondes. Une histoire laïque du Moyen-Orient de 395 à nos jours, Paris, Seuil, septembre 2021.

Berceau des trois monothéismes, terre de conflits confessionnels et d’obsessions identitaires, le Moyen-Orient tend à déchaîner les passions, quand il ne suscite pas la résignation devant la répétition du malheur. Pour désamorcer une telle charge symbolique, Jean-Pierre Filiu adopte une démarche résolument laïque, éclairant d’un jour nouveau un millénaire et demi d’histoire de la région, à partir de la fondation, en 395, de l’Empire romain d’Orient.

Son approche citoyenne et érudite invalide les amalgames contemporains qui ne font que projeter sur la réalité moyen-orientale les propagandes de guerre des uns et des autres. Elle éclaire le cynisme avec lequel dictateurs et jihadistes défigurent le passé pour légitimer leur barbarie. Une telle histoire devient alors bien plus riche et fascinante que les caricatures dans l’air du temps.

Ce livre, qui fera date, offre la première synthèse sur une aussi longue durée de l’histoire de ce « milieu des mondes », carrefour de trois continents. Il s’appuie sur un solide appareil didactique, avec vingt cartes, dix chronologies et deux index. Il vise ainsi à rendre directement accessibles l’héritage et les enjeux du Moyen-Orient. Il se conclut par une analyse de la place et des ambitions de la France dans cette région. Car cette histoire est également la nôtre, aujourd’hui peut-être plus que jamais.

. Louis Blin, L’Arabie saoudite, de l’or noir à la mer rouge, Paris, Editions Eyrolles, septembre 2021.

Centralisation du pouvoir, restructuration économique, construction d’une nation, marginalisation du salafisme, émergence d’une société prenant le chemin de la sécularisation… Derrière sa façade immobile, l’Arabie saoudite a entamé une révolution silencieuse dont on a mal pris la mesure.
En abordant successivement les aspects politiques, économiques, sociaux et diplomatiques de l’Arabie saoudite, cet ouvrage décrypte l’évolution d’un pays dont la stabilité politique fait exception dans une région troublée. On comprend à sa lecture combien anachroniques deviennent les clichés d’obscurantisme wahhabite ou de pays de l’or noir associés à l’Arabie saoudite, à l’heure où ses habitants tournent leurs regards vers la mer Rouge pour renouer avec leur tradition d’ouverture. Des cartes, des schémas et des tableaux viennent illustrer le propos.

. Marie Durrieu, Du conflit israélo-palestinien au nucléaire iranien : L’humiliation, la variable oubliée des négociations, Paris, L’Harmattan, septembre 2021

Les accords israélo-palestiniens de 1993 et l’accord sur le nucléaire iranien de 2015 représentaient un espoir pour la paix, rapidement déçu par l’échec de leur mise en oeuvre qui a replongé le Moyen-Orient dans l’incertitude. À l’heure où la région est embrasée, où les tensions resurgissent, et où le nucléaire iranien est au sommet de l’agenda diplomatique, il devient urgent de comprendre les mécanismes qui bloquent la résolution de ces conflits. Cet ouvrage s’intéresse à une variable trop souvent oubliée : l’humiliation. A-t-elle un rôle dans l’impossible résolution de ces conflits ? Par la diplomatie, nous savons faire la paix avec un ennemi, mais peut-on faire la paix avec celui qui nous a humiliés ?

. Bayram Balci, Nicolas Monceau, Turkey, Russia and Iran in the Middle East. Establishing a New Regional Order, Cham, Palgrave Macmillan, septembre 2021.

This book explores the complexity of the Syrian question and its effects on the foreign policies of Russia, Iran, and Turkey. The Syrian crisis has had a major effect on the regional order in the Middle East. Syria has become a territory where the rivalry between Russia and Western powers is being played out, and with the West’s gradual withdrawal, the conflict will without a doubt have lasting effects locally and on the international order. This collection focuses on the effects of the Syrian crisis on the new governance of the Middle East region by three political regimes : Russia, Iran, and Turkey. Many articles and a number of books have been written on this conflict, which has lasted over ten years, but no publication has examined simultaneously and comparatively how these three states are participating in the shared management of the Syrian conflict.

. Jean-Yves Berthault, Déjeuners avec les talibans, Paris, Editions Saint-Simon, septembre 2021.

Ses trois postes en Afghanistan sur une période de 20 ans ont permis au diplomate Jean-Yves Berthault d’être un témoin privilégié de l’histoire contemporaine de ce pays et d’en connaître les principaux protagonistes. A Kaboul, où l’Ambassade de France ainsi que sa propre résidence jouxtaient le Palais, les coups d’état communistes se déroulaient à sa porte ; au bazar, ses contacts parmi les marchands lui ont permis d’avoir la primeur du projet d’invasion soviétique de l’Afghanistan, deux mois avant le 24 décembre 1979 ; depuis son poste d’observation, il a vu les moudjahidines se lever contre l’envahisseur, de Herat à Kandahar.

Conseiller politique de la mission de l’ONU pour l’Afghanistan en 1997, alors que les Talibans venaient de prendre le contrôle du pays, il a ensuite dirigé l’ambassade à Kaboul après la prise du pouvoir par les Talibans, de 1998 à 2001. La France étant alors le seul Etat de l’Otan à y maintenir une représentation, il se trouvait donc être le seul diplomate occidental en situation de dialogue régulier, tant avec les chefs de l’opposition, le Docteur Abdullah, les Commandants Massoud ou Abdul Haq, qu’avec les membres du gouvernement des Talibans, ou encore l’ancien roi Zaher, qu’il va convaincre à Rome de revenir dans l’arène politique. Côtoyant les Talibans aussi bien dans leurs ministères que les recevant à l’ambassade à l’occasion de déjeuners d’anthologie, Jean Yves Berthault en dresse des portraits tellement inédits qu’ils suffiraient à justifier ce récit.

Mais parallèlement, il joue un rôle essentiel en s’efforçant de mener discrètement un processus de réconciliation nationale, découvrant et conseillant Hamid Karzaï, alors dans l’opposition, pour en faire l’unique alternative aux Talibans, ce qui adviendra en 2001 lorsqu’il sera nommé Président de la République islamique.

De ce pays compliqué, il fait revivre la culture, la complexité religieuse, les interdits, la couleur locale, et surtout le peuple, si longtemps et toujours victime. Car malheureusement l’histoire se répète. Après des années d’espoir souvent déçus, les Talibans sont de retour. Il faudra beaucoup de discernement pour négocier le mieux possible avec eux - et difficilement sans eux- l’avenir de l’Afghanistan. La guerre de vingt ans ne prendra pas fin en mai comme il était prévu. A cette date, les troupes américaines, présentes depuis 2001, ne partiront pas.

. Maxime Didat, Géopolitique et cinéma. Image (s) de la puissance, puissance des images, Paris, L’Harmattan, septembre 2021.

Davantage que des objets de divertissement ou des produits culturels consommés à l’échelle mondiale, les films sont aussi des porte-étendards de valeurs, des outils de propagande utilisés tant dans des démocraties confirmées qu’au sein de régimes autoritaires. Cet ouvrage analyse les moyens dont disposent les industries du cinéma pour aider les États à exercer des moyens de domination dans les relations internationales, qu’il s’agisse d’une domination « concrète » ou plus « symbolique » démontrant ainsi que les films ne sont pas « juste » des produits de divertissement, mais bien un instrument stratégique à part entière.

. Myriam Benraad, Terrorisme : les affres de la vengeance. Aux sources liminaires de la violence, Paris, Le Cavalier Bleu, août 2021.

L’histoire du terrorisme, ancien comme contemporain, est empreinte de vengeances à l’origine de longs cycles de violence et de représailles. Loi du talion, prix du sang, humiliations, terrorisme d’État... La vengeance est partout présente, aussi bien dans les motivations des terroristes en justification de leurs actes que dans les réactions que leur violence provoque parmi leurs cibles.

Pourtant, en tant qu’objet d’analyse, elle reste l’angle mort des études sur le terrorisme. « Radicalisation de l’islam », « islamisation de la radicalité », « nihilisme générationnel », contextes géopolitiques, ressentiments historiques... la vengeance reste en filigrane, comme si la mettre en exergue ou la reconnaître aux terroristes, comme ils s’en réclament, serait induire l’idée qu’une injustice a été perpétrée. Or, elle est une question centrale qu’il est essentiel de déchiffrer.

. Pablo A. Baisotti, Problems and alternatives in the Modern Americas, Londres, Routledge, septembre 2021.

This volume explores several notable themes related to political processes in Latin America and offers insightful historical perspectives to understand national, regional, and global issues in the continent from the beginning of the 20th century to the present day. The collected essays focus on Latin American politics such as : political cycles, left-wing political parties, nationalism, progressivism, crime and resistance, violence, authoritarianism, and relationships with the United States, Venezuela, Chile, Ecuador, Brazil, Colombia, and Paraguay. The perspectives of the chapters presented an attempt to seek lines of continuity by highlighting traditional interpretations of new scenarios and refusing to impose a traditional and uncritical linear historical narrative. The fundamental objective of the volume is to provide a rational and critical political-historical explanation of Latin America since the early 20th century with the purpose, among others, of deepening understanding of the present.

. Richard Wright, Bandung. Chronique d’un monde en décolonisation, Paris, Editions Syllepse, septembre 2021.

En janvier 1955, l’écrivain afro-américain Richard Wright découvre un encart dans un journal qui annonce la tenue d’une conférence réunissant 29 nations d’Afrique et d’Asie à Bandung, en Indonésie, en avril de la même année. Wright est convaincu que cet événement représente « quelque chose de nouveau » dans l’histoire des relations internationales, et que cette rencontre inédite, qui va au-delà des clivages habituels entre le capitalisme et le communisme, ou la droite et la gauche, peut déboucher sur une reconfiguration du monde contestant la bipolarisation issue de la guerre froide. Seul journaliste américain accrédité, Richard Wright sera le témoin de la naissance de ce monde non-aligné.
Reportage, carnet de voyage, exploration littéraire des forces « tectoniques » de la race et de la religion dans un monde en pleine ébullition, récit par une grande plume de la littérature américaine d’un grand moment de la vague des décolonisations, du choc avec les puissances impérialistes et le capitalisme, chronique sensible des effets de la colonisation et du racisme sur les corps et les esprits : Bandung est tout cela et bien plus encore.

. Camille Leveillé, Daech : retour sur une propagande, Paris, L’Harmattan, août 2021.
Comment Daech a-t-il pu terroriser des populations à travers le monde par le biais de sa propagande ? Quels sont les mécanismes qui ont été mis en place par le groupe pour recruter et conserver une emprise sur ses membres ? Pourquoi la France a-t-elle été l’un des pays les plus touchés par les attentats terroristes djihadistes ? Comment peut-on lutter efficacement contre une propagande en constante évolution et usant des réseaux sociaux pour se diffuser ? Cet ouvrage tente, avec le recul nécessaire, de répondre aux nombreuses questions sur les mécanismes et les enjeux de la propagande de Daech en France, en Irak et en Syrie. La production de contenus djihadistes est certes moins importante qu’il y a quelques années mais est toujours active.

. Christian Lequesne (dir.), La puissance par l’image. Les Etats et leur diplomatie publique, Paris, Presses de Sciences Po, septembre 2021.
On nomme diplomatie publique ce levier de puissance de plus en plus fréquemment utilisé et dont les États-Unis ont été les pionniers au début du 20ème siècle. Il ne se confond ni avec le soft power ni avec la propagande. Voici le premier ouvrage que les sciences sociales consacrent en France à ce champ des relations internationales.

Séduire l’opinion mondiale : démocraties ou dictatures, tous les États s’efforcent de soigner leur image en s’adressant directement et à voix haute aux citoyens. Les moyens sont multiples pour se rendre attractif aux yeux de l’opinion mondiale : récits portés par les médias et les réseaux sociaux, implantations d’instituts culturels et d’écoles, échanges universitaires, distributions de matériel médical et de vaccins, etc. On nomme diplomatie publique ce levier de puissance de plus en plus fréquemment utilisé et dont les États-Unis ont été les pionniers au début du 20ème siècle. S’ajoutant aux canaux feutrés de la diplomatie classique, il ne se confond ni avec le soft power ni avec la propagande.

Dans le premier ouvrage que les sciences sociales consacrent en France à ce champ des relations internationales, une série d’analyses transversales et de focus sur des cas concrets, illustrés de cartes et de graphiques, donnent à voir ses usages et ses effets ainsi que les nouveaux modèles qu’il propose.

. Eric Taladoire, Sale guerre. L’invasion du Mexique par les Etats-Unis (1846-1848), Paris, Les éditions du Cerf, octobre 2021.
S’il est une amnésie dans la mémoire, l’histoire et la conscience contemporaine, c’est l’invasion du Mexique par les États-Unis en 1846-1848. Pour les Nord-Américains, elle n’a pratiquement pas existé. Pour les Européens, elle représente un détail. Pourtant l’annexion de plus de la moitié du territoire d’un pays ne saurait être anecdotique. Et d’autant plus que cette annexion a annoncé toutes les sales guerres du XXe siècle.

Pour la première fois, Éric Taladoire, spécialiste du Mexique, décrit la disproportion des forces, les atrocités commises, le racisme à l’oeuvre, la politique de superpuissance mise en acte. Le tableau inédit qui en ressort vient écorner le roman national d’une Amérique patrie de la liberté et de la démocratie. C’est là toute la raison de notre méconnaissance totale de ce conflit prototypique.

Grâce à une documentation exigeante qui démolit les fausses évidences sur cette guerre abominable et qui éclaire ses conséquences encore aujourd’hui prégnantes de part et d’autre du Rio Grande, ce livre constituera l’ouvrage de référence sur la guerre du Mexique. Tout en offrant un aperçu salutaire sur la face obscure des Etats-Unis.

. Jonathan E. Hillman, The Digital Silk Road : China’s Quest to Wire the World and Win the Future, New York, Harper Business, octobre 2021.
From the ocean floor to outer space, China’s Digital Silk Road aims to wire the world and rewrite the global order. Taking readers on a journey inside China’s surveillance state, rural America, and Africa’s megacities, Jonathan Hillman reveals what China’s expanding digital footprint looks like on the ground and explores the economic and strategic consequences of a future in which all routers lead to Beijing.
If China becomes the world’s chief network operator, it could reap a commercial and strategic windfall, including many advantages currently enjoyed by the United States.
It could reshape global flows of data, finance, and communications to reflect its interests. It could possess an unrivaled understanding of market movements, the deliberations of foreign competitors, and the lives of countless individuals enmeshed in its networks.
However, China’s digital dominance is not yet assured. Beijing remains vulnerable in several key dimensions, the United States and its allies have an opportunity to offer better alternatives, and the rest of the world has a voice. But winning the battle for tomorrow’s networks will require the United States to innovate and take greater risks in emerging markets. Networks create large winners, and this is a contest America cannot afford to lose.

. Patrick Suter, Corinne Fournier Kiss (dir.), Poétique des frontières. Une approche transversale des littératures de langue française (XXe-XXIe siècles), Genève, MétisPresses, septembre 2021.
Participant à l’organisation et à la mise en forme du monde, les frontières apparaissent également comme des lignes de forces dans de nombreuses œuvres littéraires. Périphériques ou centrales, statiques ou dynamiques, explicites ou implicites, pleines ou creuses, précaires ou tenaces, elles signalent des points de rupture ou des zones d’attraction dans les textes. Donnant lieu aux expériences les plus variées, elles engagent des formes et des esthétiques très différenciées.
À partir de cet objet commun, et en convoquant les débats récents sur la littérature mondiale, cet ouvrage invite à un voyage à travers les littératures de langue française. Il rejoint ainsi les préoccupations de la recherche contemporaine visant à décloisonner les différentes histoires littéraires nationales.

. Alexandra Novosseloff, Le Conseil de sécurité des Nations Unies (2ème édition), Paris, CNRS Editions, septembre 2021.
À quoi sert le Conseil de sécurité de l’ONU ? Quel est son bilan ? Quels sont ses pouvoirs, ses méthodes ? Quel rôle pour la France en son sein ? Peut-on, faut-il le réformer, et comment ? Le droit de veto est-il légitime ?

Cet organe majeur de la société internationale, juridiquement maître de la guerre et de la paix, politiquement tributaire des grandes puissances, est souvent méconnu, critiqué, décrié. À tort ou à raison ? Le présent ouvrage réunit les contributions de diplomates et universitaires spécialistes de ces questions.

. Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, Céline Jurgensen, Imaginaires nucléaires. Représentations de l’arme nucléaire dans l’art et la culture, Paris, Editions Odile Jacob, septembre 2021.
Ce livre s’intéresse aux représentations de l’arme nucléaire dans l’art et la culture, et à la manière dont elles façonnent nos perceptions et notre imaginaire collectif. Réunissant 35 auteurs aux profils et aux modes d’expression très divers (chercheurs, diplomates, artistes, critiques, conservateurs, etc.), tels le dessinateur Plantu ou le réalisateur Antonin Baudry (Le Chant du loup), il dresse un vaste panorama invitant à penser la représentation de l’arme nucléaire : lire les œuvres littéraires, les romans, la bande dessinée qui la mettent en scène ; regarder la bombe sur le grand et le petit écran, au cinéma et dans les séries télévisées ; écouter la musique qui en parle ; ou jouer aux jeux vidéo qui la représentent. Ses chapitres s’intéressent aussi à ceux qui montrent la bombe, par la photographie ou l’exposition ; qui bâtissent les villes en fonction de cette menace et les bunkers pour s’en protéger ; qui la promeuvent dans des stratégies nationales ; et la contestent par l’humour, l’art et la culture. Cet ensemble inédit et les 170 illustrations qui l’accompagnent font de cet ouvrage de référence un objet unique en son genre.

. Julia E. Ault, Saving Nature Under Socialism. Transnational Environmentalism in East Germany, 1968 – 1990, Cambridge, Cambridge University Press, août 2021.
When East Germany collapsed in 1989–1990, outside observers were shocked to learn the extent of environmental devastation that existed there. The communist dictatorship, however, had sought to confront environmental issues since at least the 1960s. Through an analysis of official and oppositional sources, Saving Nature Under Socialism complicates attitudes toward the environment in East Germany by tracing both domestic and transnational engagement with nature and pollution. The communist dictatorship limited opportunities for protest, so officials and activists looked abroad to countries such as Poland and West Germany for inspiration and support. Julia Ault outlines the evolution of environmental policy and protest in East Germany and shows how East Germans responded to local degradation as well as to an international moment of environmental reckoning in the 1970s and 1980s. The example of East Germany thus challenges and broadens our understanding of the ’greening’ of post-war Europe, and illuminates a larger, central European understanding of connection across the Iron Curtain.

. Olivier Weber, Massoud, le rebelle assassiné, La Tour d’Aigues, Editions L’Aube, septembre 2021.
Figure de proue de la lutte contre les fondamentalistes, le commandant Massoud a été assassiné lors d’une opération-suicide en Afghanistan, l’avant-veille des attentats du 11 septembre 2001. Qui était véritablement le célèbre combattant ? Un simple résistant ? Un seigneur de la paix ? Un militant des droits humains dans un Orient ravagé par le fanatisme ? Un poète féru de vers persans et français perdu dans la guerre ? Vingt ans après sa mort, Olivier Weber, qui l’avait longue­ment rencontré et avait côtoyé ses partisans pendant une vingtaine d’années de voyages en Afghanistan, revient sur son message de paix et de concorde entre les peuples.

. Pierre Raffard, Géopolitique de l’alimentation et de la gastronomie. De la fourche à la FoodTech, Paris, Le Cavalier Bleu Editions, août 2021.
Souvent réduite à sa seule dimension anecdotique et divertissante, l’alimentation est aussi une puissante arme de domination et de conquête. Élément de souveraineté, enjeu humanitaire, elle est, à chaque maillon de la chaîne, un outil géopolitique essentiel dans le contrôle des bouches et des esprits. Des recompositions contemporaines de nos systèmes alimentaires au rôle fondamental joué par une poignée d’entreprises mondialisées désormais hégémoniques, du soft power des chefs à cette FoodTech aujourd’hui sous le feu des projecteurs, le domaine alimentaire constitue un laboratoire à ciel ouvert pour comprendre et des­siner les évolutions actuelles comme futures de nos sociétés.
Face à ces dynamiques globalisantes, des contre-pouvoirs émergent néanmoins qui se veulent des alternatives au modèle dominant. Bio, circuits courts, nouvelles technologies, les initiatives sont multiples, protéiformes, parfois opposées, mais s’accordent toutes sur un point, celui de considérer l’alimentation comme un élément fondamental du jeu (géo)politique mondial.

. Samantha Seeley, Race, Removal, and the Right to Remain. Migration and the Making of the United States, Chapel Hill, University of North Carolina Press, août 2021.
Who had the right to live within the newly united states of America ?
In the country’s founding decades, federal and state politicians debated which categories of people could remain and which should be subject to removal. The result was a white Republic, purposefully constructed through contentious legal, political, and diplomatic negotiation. But, as Samantha Seeley demonstrates, removal, like the right to remain, was a battle fought on multiple fronts. It encompassed tribal leaders’ fierce determination to expel white settlers from Native lands and free African Americans’ legal maneuvers both to remain within the states that sought to drive them out and to carve out new lives in the West. Never losing sight of the national implications of regional conflicts, Seeley brings us directly to the battlefield, to middle states poised between the edges of slavery and freedom where removal was both warmly embraced and hotly contested.
Reorienting the history of U.S. expansion around Native American and African American histories, Seeley provides a much-needed reconsideration of early nation building.

. Hugo Billard, Frédéric Encel, cartographie de Paul Gallet, Atlas des frontières. Retour des fronts, essor des murs, éd. Autrement, 2021.

Les frontières sont multiformes : ni naturelles ni artificielles, ouvertes ou fermées, fronts ou murailles, politiques ou économiques…
Comment sont-elles gérées, renégociées ou instrumentalisées en fonction d’intérêts économiques ou de passions géopolitiques ?
• Héritages de l’histoire, elles sont le fruit de rivalités de pouvoir : comment se sont-elles imposées depuis l’Antiquité ?
• Dessiner les frontières, établir les fronts, bâtir les murs… n’a rien d’anodin. Leurs représentations ne sont-elles qu’artifice et subjectivité ?
• La frontière n’est pas, ou plus, seulement une limite entre deux États : quelles sont les nouvelles frontières de notre monde globalisé ?
• Les crises perturbent le statut des frontières : comment agissent-elles sur les nouveaux rapports de forces régionaux et planétaires ?
Les plus de 100 cartes et documents inédits de cet atlas sont l’expression des enjeux politiques, culturels ou géopolitiques de cet « objet » à la fois ancien et moderne et toujours si convoité.

. Bertrand Badie, Dominique Vidal, La France, une puissance contrariée. L’état du monde 2022, Paris, La découverte, août 2021.

La politique étrangère française est depuis longtemps sous le feu des projecteurs, tour à tour présentée comme le vestige d’une gloire passée, la marque d’une présence maintenue dans un monde qui n’a plus de limites, ou le signe d’une arrogance blessée par une succession d’échecs. Le débat reste vif, rehaussé par la présidentialisation, chaque locataire de l’Élysée voulant faire de sa propre diplomatie le gage de son succès et de son prestige…

Et pourtant, cette politique reste peu étudiée, regardée avec une série d’a priori jamais évalués : l’effectivité de la grandeur gaullienne et sa perception à l’extérieur, la fonction de l’arsenal nucléaire en un temps post-bipolaire énigmatique, la revendication de prés carrés ou de zones d’influence, un souverainisme rhétorique malmené par la mondialisation, un essor notable de la politique d’affichage et de communication… Existe-t-il d’ailleurs un principe qui organise l’ensemble de ces traits, et le logiciel qui lui est associé correspond-il au contexte international actuel ?

Pour comprendre comment la France s’insère dans un monde dont elle est de plus en plus tributaire, les auteurs répondent à trois grandes questions, axes majeurs de l’ouvrage. Comment cette politique s’inscrit-elle dans l’histoire ? Ses instruments sont-ils adaptés, ou répondent-ils à d’autres considérations, économiques, politiques, administratives et idéologiques ? Peut-on en mesurer les résultats et la pertinence, eu égard aux grands enjeux contemporains ? Ces analyses éclairantes esquissent, en creux, la possibilité d’une autre politique.

. François Gemenne, Aleksandar Rankovic et Atelier de cartographie de Sciences Po, Atlas de l’Anthropocène (2ème édition), Paris, Presses de Sciences Po, septembre 2021.

« Atlas, dans la mythologie, représente un géant capable de tenir la Terre sur ses épaules sans en être écrasé. Mais quand Gérard Mercator publie en 1538 ce qu’il décide d’appeler un Atlas, le rapport des forces s’est complètement inversé : un "Atlas" est un ensemble de planches, imprimées sur du papier, quelque chose que l’on feuillette et que le cartographe tient dans sa main ; ce n’est plus la Terre que l’on a sur le dos et qui nous écrase, mais la Terre que l’on domine, que l’on possède et que l’on maîtrise totalement. Près de cinq siècles après, voilà que la situation s’inverse à nouveau : paraît un "Atlas" qui permet aux lecteurs de comprendre pourquoi il est tout à fait vain de prétendre dominer, maîtriser, posséder la Terre, et que le seul résultat de cette idée folle, c’est de risquer de se trouver écrasé par Celle que personne ne peut porter sur ses épaules. » Bruno Latour

Changement climatique, érosion de la biodiversité, évolution démographique, urbanisation, pollution atmosphérique, détérioration des sols, catastrophes naturelles, accidents industriels, crises sanitaires, mobilisations sociales, sommets internationaux… Voici le premier atlas réunissant l’ensemble des données sur la crise écologique de notre temps.

. Jean-Pierre Cabestan, Demain la Chine : guerre ou paix ?, Paris, Gallimard, septembre 2021.

Développement économique vertigineux, montée en puissance impressionnante, modernisation militaire sans précédent, passions nationalistes souvent incandescentes, confrontation de plus en plus intense avec les États-Unis, tous ces ingrédients connus semblent conduire immanquablement la Chine à la guerre.

Les causes immédiates d’un conflit armé ne manquent pas : les prétentions de Pékin en mer de Chine du Sud, le conflit territorial sino-japonais autour des Senkaku (Diaoyu) et surtout la volonté farouche de Xi Jinping de réunifier Taiwan à la République populaire constituent les principaux barils de poudre qui peuvent à tout moment exploser. De fait, les prédictions d’un affrontement militaire dans le détroit de Formose d’où la Chine sortirait vainqueur se multiplient.

Pour l’heure, ce que l’on observe avant tout est une utilisation de plus en plus fréquente par le gouvernement chinois de ce qu’on appelle les « zones grises » entre la paix et la guerre. Cette stratégie s’est étendue, en 2020, à la longue frontière sino-indienne. Ce nouveau modus operandi permet aussi à l’Armée populaire de libération (APL) et aux autres agences de sécurité chinoises d’améliorer leur capacité de projection de forces et leur préparation au combat. Mais les enjeux d’une guerre ouverte, et pas uniquement avec les États-Unis, restent énormes, incitant l’APL à d’abord envisager des « opérations extérieures » plus limitées et moins dangereuses.

Pour ces raisons, bien que nul ne puisse contrôler les passions humaines, et sans pour autant exclure l’irruption de crises militaires, la Chine et les États-Unis s’orientent plus vers une guerre froide d’un nouveau type que vers une guerre chaude qui pourrait rapidement se nucléariser.

. Jonathan Brunstedt, The Soviet Myth of World War II. Patriotic Memory and the Russian Question in the USSR, Cambridge, Cambridge University Press, juin 2021.

How did a socialist society, ostensibly committed to Marxist ideals of internationalism and global class struggle, reconcile itself to notions of patriotism, homeland, Russian ethnocentrism, and the glorification of war ? In this provocative new history, Jonathan Brunstedt pursues this question through the lens of the myth and remembrance of victory in World War II – arguably the central defining event of the Soviet epoch. The book shows that while the experience and legacy of the conflict did much to reinforce a sense of Russian exceptionalism and Russian-led ethnic hierarchy, the story of the war enabled an alternative, supra-ethnic source of belonging, which subsumed Russian and non-Russian loyalties alike to the Soviet whole. The tension and competition between Russocentric and ’internationalist’ conceptions of victory, which burst into the open during the late 1980s, reflected a wider struggle over the nature of patriotic identity in a multi-ethnic society that continues to reverberate in the post-Soviet space. The book sheds new light on long-standing questions linked to the politics of remembrance and provides a crucial historical context for the patriotic revival of the war’s memory in Russia today.

. Marc-Antoine Pérouse de Montclos, L’islam d’Afrique. Au-delà du djihad, Paris, Vendémiaire Editions, août 2021.

Démarrée en 2013 avant de s’ensabler au Sahara, l’intervention de l’armée française au Sahel, d’abord au Mali, puis dans les pays voisins, a jeté une lumière crue sur la résilience de groupes djihadistes qui sont également actifs au Nigeria, au Mozambique, à la frontière de l’Ouganda et dans la Corne de l’Afrique. La lutte contre le terrorisme a alors amené la communauté internationale à s’interroger sur la dérive d’un continent menacé par l’État islamique et gangrené par les idées subversives d’un salafisme d’origine saoudienne.

La perception de la radicalisation et de la politisation d’un islam influencé par l’évolution de la situation au Moyen-Orient méconnaît cependant les spécificités de la religion musulmane au sud du Sahara. Historiquement, l’Afrique a connu de nombreux djihads qui n’étaient pas moins violents qu’aujourd’hui, du califat de Sokoto au Nigeria jusqu’à l’Empire toucouleur du Mali en passant par la Mahdiyya au Soudan ou l’insurrection du « mollah fou » en Somalie. Quant aux confréries soufies, il leur est aussi arrivé de revendiquer l’application d’une charia dont le rigorisme n’avait rien à envier au puritanisme du wahhabisme de l’Arabie saoudite…
Spécialiste des conflits armés de la région, Marc-Antoine Pérouse de Montclos démonte une à une, à l’aune de l’histoire et des études de terrain les plus récentes, ces idées fausses qui nous empêchent de comprendre les risques géopolitiques auxquels se trouve aujourd’hui confrontée une bonne partie de l’Afrique.

. Régis Koetschet, Diplomate dans l’Orient en crise. Jérusalem et Kaboul, 2002-2008, Paris, Hémisphères Editions, août 2021.

« Dans la tête d’un diplomate » : tel aurait pu être le sous-titre de ce récit, qui nous fait toucher du doigt le travail diplomatique dans sa diversité politique et culturelle, au cœur d’un Orient sous haute tension sécuritaire, celui de « l’après-11 septembre » dans deux avant-postes exposés : Jérusalem où Régis Koetschet a été consul général de 2002 à 2005 et l’Afghanistan où il a représenté la France de 2005 à 2008. Deux implantations diplomatiques insérées, comme il l’écrit, « dans un environnement de violence. Celle de la guerre et du terrorisme, des représailles, de l’occupation, de la criminalité, de la drogue. S’y ajoute la violence de la pauvreté, de l’intégrisme religieux et de la misère sociale. »
Nous voici conviés à de multiples découvertes et confrontations, car à Jérusalem comme à Kaboul, le diplomate est à la croisée d’un double cheminement, difficile, parfois baroque, souvent douloureux : l’abord d’histoires millénaires, de spiritualités ardentes, de brillantes civilisations dans l’écrin de leurs paysages. Mais aussi une histoire qui s’écrit au jour le jour, entre guerre et paix, droit et faits accomplis, développement et corruption.
La rencontre, marquée par de prégnantes ignorances mutuelles, entre un monde de souffrances et d’humiliations et les exigences et les impatiences de l’action diplomatique, soulève nombre de questions et de lucides observations. On pratique presque au quotidien la complexité palestinienne, jusqu’à la mort de Yasser Arafat et l’avènement de Mahmoud Abbas et on accompagne un pouvoir afghan écartelé entre ses solidarités traditionnelles et les engagements de la coalition internationale.
Régis Koetschet, de Jérusalem à Kaboul, de Gaza à Bâmiyân, s’attache à éclairer ces différentes temporalités et les faire coïncider au service d’un objectif de dialogue et de compréhension. Mais un ambassadeur n’est pas seulement immergé dans son terrain de mission : il représente un pouvoir politique, une tradition, des intérêts, des influences, des ambitions qui peuvent prendre la forme de hâtives certitudes parisiennes, de délicates frilosités européennes ou d’un brutal réalisme de puissance. Il faut alors essayer d’expliquer, plaider une complexité dont on sait qu’elle dérange dans une approche de la vie internationale de plus en plus binaire.
Ce passionnant récit renoue avec le terrain et les acteurs de cet Orient en crise, des ruelles de la Ville sainte aux contreforts bleutés de l’Hindou Kouch ; rehaussé d’une note d’espoir portée par une vraie confiance humaniste et par une profonde empathie avec les cultures apprises dans le temps long. C’est aussi une façon vivante de découvrir la fonction diplomatique dans son quotidien et son savoir-faire.
« La diplomatie par la peau » comme la revendique l’auteur.

. Julian Fernandez, Relations internationales (3ème édition), Paris, Dalloz, août 2021.

Les relations internationales connaissent aujourd’hui une accumulation sans précédent de crises et de transitions. Le terrorisme, le réchauffement climatique ou les pandémies bousculent nos repères traditionnels et les distinctions habituelles entre paix et guerre, sécurité nationale et internationale, intérêts propres à chacun et communauté de destin. L’époque est aussi au renouveau de la compétition stratégique, à l’affaiblissement conséquent de l’ordre dit « libéral » du siècle dernier, à l’exploitation politique et économique de nouveaux espaces tels que le numérique.

Ce précis revient alors sur les principales caractéristiques du monde contemporain afin d’aider le lecteur à mieux apprécier l’actualité internationale. Les grands acteurs de la scène internationale, ceux qui font le monde tel qu’il est, sont d’abord identifiés. Leurs moyens d’action sont ensuite discutés, en mettant l’accent sur la dialectique entre le droit et la puissance. Enfin, les grandes tendances de l’histoire récente des relations internationales sont présentées (occidentalisation, américanisation, et restructuration progressive autour de l’opposition entre les États-Unis et la Chine).

Cet ouvrage, couronné par l’Institut de France, est désormais une référence pour les étudiants en première année de faculté, de grandes écoles, ou pour ceux qui préparent les concours administratifs.

Troisième édition entièrement revue et enrichie.

. Kevin Mazur, Revolution in Syria. Identity, Networks, and Repression, Cambridge, Cambridge University Press, juin 2021.

How does protest advancing diverse claims turn into violent conflict occurring primarily along ethnic lines ? This book examines that question in the context of Syria, drawing insight from the evolution of conflict at the local level. Kevin Mazur shows that the challenge to the Syrian regime did not erupt neatly along ethnic boundaries, and that lines of access to state-controlled resources played a critical structuring role ; the ethnicization of conflict resulted from failed incumbent efforts to shore up network ties and the violence that the Assad regime used to crush dissent by challengers excluded from those networks. Mazur uses variation in the political and demographic characteristics of locales to explain regime strategies, the roles played by local intermediaries, the choice between non-violent and violent resistance, and the salience of ethnicity. By drawing attention to cross-ethnic ties, the book suggests new strategies for understanding ostensibly ethnic conflicts beyond Syria.

. Lauric Henneton, Atlas historique des États-Unis, Paris, Autrement, juillet 2021.

Cet atlas inédit offre plus de 100 cartes et documents pour raconter les États-Unis du XVIe siècle à nos jours : Du XVIe au XVIIIe siècle, la naissance d’un pays : les vagues successives d’immigration et l’expansion territoriale qu’elles engendrent. Au XIXe, les mutations d’une ampleur et d’une rapidité inédites : la jeune Amérique devient une puissance grâce à l’urbanisation, l’industrialisation et une nouvelle immigration. Le XXe siècle est marqué par d’importantes crises auxquelles succèdent une immense prospérité et un rôle géopolitique toujours plus incontournable. Enfin, un XXIe siècle qui débute en révélant des failles dans les institutions et des inégalités grandissantes.

Les Américains réussiront-ils à réinventer, une fois de plus, le « rêve américain » ?

. Stéphanie Beucher, Annette Ciattoni, Dictionnaire de Géopolitique, Paris, Hatier, août 2021.

La référence indispensable pour comprendre les dynamiques, les rivalités et les conflits à l’œuvre sur la planète.

Plus de 235 entrées, définitions ou articles, pour comprendre le vocabulaire, les thèmes et les notions de la Géopolitique. 100 cartes couleur, des bibliographies ciblées, des zooms sur des questions d’actualité. Une équipe d’auteurs pluridisciplinaire : géopoliticiens, historiens, géographes, politologues, économistes. Un outil pratique et facile d’accès pour les étudiants du supérieur (classes préparatoires, université, écoles de management…) et les lycéens en spécialité géopolitique.

. Tarun Chhabra, Rush Doshi, Ryan Hass, Emilie Kimball, Global China. Assessing China’s Growing Role in the World, Washington, Brookings Institution Press, juin 2021.
In 2005, a senior official in the George W. Bush administration expressed the hope that China would emerge as a “responsible stakeholder” on the world stage. A dozen years later, the Trump administration dramatically shifted course, instead calling China a “strategic competitor” whose actions routinely threaten U.S. interests.
Both assessments reflected an underlying truth : China is no longer just a “rising” power. It has emerged as a truly global actor, both economically and militarily. Every day its actions affect nearly every region and every major issue, from climate change to trade, from conflict in troubled lands to competition over rules that will govern the uses of emerging technologies.
To better address the implications of China’s new status, both for American policy and for the broader international order, Brookings scholars conducted research over the past two years, culminating in a project : Global China : Assessing China’s Growing Role in the World. The project is intended to furnish policy makers and the public with hard facts and deep insights for understanding China’s regional and global ambitions.
The initiative draws not only on Brookings’s deep bench of China and East Asia experts, but also on the tremendous breadth of the institution’s security, strategy, regional studies, technological, and economic development experts.
Areas of focus include the evolution of China’s domestic institutions ; great power relations ; the emergence of critical technologies ; Asian security ; China’s influence in key regions beyond Asia ; and China’s impact on global governance and norms.
Global China : Assessing China’s Growing Role in the World provides the most current, broad-scope, and fact-based assessment of the implications of China’s rise for the United States and the rest of the world.

. Véronique Corinus, Daniela Ricci, Regards sur les migrations. Mobilités africaines entre écrit et écran, Paris, L’Harmattan, mai 2021.

Le cinéma, depuis de nombreuses décennies, cherche à saisir les divers aspects du phénomène migratoire, soucieux de traduire la tension des départs, la dureté des itinéraires, le désenchantement des arrivées mais aussi la richesse des rencontres multiculturelles. Le présent ouvrage entend interroger la manière dont les cinéastes issus des communautés africaines et diasporiques parviennent à en rendre compte, confrontés aux conditions de production, création et réception qui leur sont propres, dans un monde globalisé simultanément à l’origine d’inclusions et exclusions humaines et techniques.

. Adam Baczko, La guerre par le droit. Les tribunaux Taliban en Afghanistan, Paris, CNRS Editions, septembre 2021.

Et si les Taliban, aux capacités militaires et technologiques bien inférieures à celles des armées occidentales, avaient gagné la guerre par le droit ? Tandis que la coalition internationale a mis sur pied un système juridique inadapté et miné par la corruption, les Taliban ont installé des centaines de tribunaux dans les campagnes : en insistant sur le respect des procédures, l’impartialité des juges et l’application des verdicts, ce système de justice s’est imposé comme une des rares sources de prévisibilité dans le quotidien des Afghans.

“Le tribunal des Taliban est pour tous, mais le tribunal du gouvernement est seulement pour les gens riches”, confie un habitant de la province du Wardak. De quelles manières les Taliban ont-ils gagné la confiance de la population ? Comment sont-ils parvenus à se mettre en position de réguler les rapports sociaux ? Et avec quelles conséquences pour la société afghane ?

Nourrie par un travail de terrain au long cours dans différentes provinces en Afghanistan, cette enquête offre de nouvelles perspectives sur un pays en guerre depuis quatre décennies et propose une réflexion novatrice sur la place du droit dans les guerres civiles.

. Barbara Jankowski, Anne Muxel and Mathias Thura, La Sociologie Militaire. Héritages et nouvelles perspectives, Berne, Berlin, Bruxelles, New York, Vienne, Peter Lang, mai 2021.

Les contributions réunies dans cet ouvrage montrent les nombreuses évolutions qui ont touché les armées au cours de la dernière décennie en France, notamment depuis leur professionnalisation. Nombre de transformations récentes redéfinissent en effet leurs périmètres d’action, leurs liens au pouvoir politique, leurs modalités de recrutement, leurs moyens opérationnels, ainsi que le théâtre de leurs interventions dans le monde.

L’ouvrage actualise et renouvelle les approches comme les outils de connaissance du monde militaire. Il revient sur les enjeux classiques du champ d’étude de la sociologie militaire afin d’entretenir l’héritage intellectuel et scientifique constitué jusqu’ici, et montre les problématiques sociales et politiques actuelles qui la concernent au vu de toutes les transformations et adaptations de l’institution militaire dans la période récente. Il ouvre la voie à des pistes de recherches originales s’appuyant sur les récents acquis des sciences sociales et politiques.

. Ervand Abrahamian, Oil Crisis in Iran. From Nationalism to Coup d’Etat, Cambridge, Cambridge University Press, juin 2021.

Focusing on the turbulent twenty-eight months between April 1951 and August 1953, this book, based on recently declassified CIA and US State Department documents from the Mossadeq administration tell the story of the Iranian oil crisis, which would culminate in the coup of August 1953. Throwing fresh light on US involvement in Iran, Ervand Abrahamian reveals exactly how immersed the US was in internal Iranian politics long before the 1953 coup, in parliamentary politics and even in saving the monarchy in 1952. By weighing rival explanations for the coup, from internal discontent, a fear of communism and oil nationalization, Abrahamian shows how the Truman and Eisenhower administrations did not differ significantly in their policies towards Mossadeq, and how the surprising main obstacle to an earlier coup was the shah himself. In tracing the key involvement of the US and CIA in Iran, this study shows how the 1953 coup would eventually pave the way to the 1979 Iranian revolution, two of the most significant and widely studied episodes of modern Iranian history. This book will be of an important reference for students and scholars of African studies, politics, human security, and anthropology and the sociology of the state.

. Laurent Hassid, Une géopolitique de la Slovénie, Paris, Editions La Route de la Soie, juin 2021.

Dans un lointain passé, Laurent Hassid a toujours pensé que la première fois où il se rendrait en Yougoslavie, ce serait par les montagnes en franchissant l’un des cols du sud de l’Autriche, avec d’intimidant lacets. Il en avait identifié un en particulier : le Würzenpass (Korensko sedlo en slovène).

À l’époque, ces territoires slaves de l’autre côté de la montagne revêtaient un grand mystère avec des noms paraissant imprononçables qui, en l’absence de Google Maps ou Earth, donnaient l’apparence d’une véritable muraille entre les mondes germaniques et slaves.

Laurent Hassid s’interrogeant sur les frontières a décidé de produire un ouvrage très documenté sur la Slovénie, à la fois récit sur les frontières, sur l’histoire, sur la politique, nous interrogeons avec lui ce qu’est, mais aussi ce que pourrait être "une géopolitique de la Slovénie". Un livre passionnant préfacé par Barthélémy Courmont.

. Seth J. Frantzman, Drone Wars : Pioneers, Killing Machines, Artificial Intelligence, and the Battle for the Future, New York, Bombardier Books, juin 2021.

Drones are transforming warfare through the use of artificial intelligence, drone swarms, and surveillance—leading to competition between the US, China, Israel, and Iran. Who will be the next drone superpower ?
In the battle for the streets of Mosul in Iraq, drones in the hands of ISIS terrorists made life hell for the Iraq army and civilians. Today, defense companies are racing to develop the lasers, microwave weapons, and technology necessary for confronting the next drone threat. Seth J. Frantzman takes the reader from the midnight exercises with Israel’s elite drone warriors, to the CIA headquarters where new drone technology was once adopted in the 1990s to hunt Osama bin Laden.
This rapidly expanding technology could be used to target nuclear power plants and pose a threat to civilian airports. In the Middle East, the US used a drone to kill Iranian arch-terrorist Qasem Soleimani, a key Iranian commander. Drones are transforming the battlefield from Syria to Libya and Yemen. For militaries and security agencies—the main users of expensive drones—the UAV market is expanding as well ; there were more than 20,000 military drones in use by 2020. Once the province of only a few militaries, drones now being built in Turkey, China, Russia, and smaller countries like Taiwan may be joining the military drone market. It’s big business, too—$100 billion will be spent over the next decade on drones. Militaries may soon be spending more on drones than tanks, much as navies transitioned away from giant vulnerable battleships to more agile ships. The future wars will be fought with drones and won by whoever has the most sophisticated technology.

. Thomas Juneau, Le Yémen en guerre, Montréal, Presses universitaires de Montréal, août 2021.

Que comprendre de la tragédie qui frappe le Yémen depuis 2015 ? Quelles sont les causes et les conséquences de cette guerre qui continue de faire des milliers de victimes et dont la complexité des enjeux est apparemment inextricable ? Initialement un conflit intérieur entre le mouvement houthiste et le gouvernement central, la guerre qui fait rage au Yémen s’internationalise en 2015 lorsque l’Arabie saoudite et ses partenaires interviennent en soutien au gouvernement central afin de contrer les houthistes, eux-mêmes proches de l’Iran. Jonglant entre les multiples factions ennemies ou amies, et les motivations souvent contradictoires des acteurs, l’auteur montre comment les puissances extérieures ont profité de la faiblesse de l’État central pour faire du Yémen un théâtre de leurs affrontements. Il analyse l’internationalisation de la guerre et brosse un tableau très sombre des perspectives de stabilisation du pays.


Un ouvrage recommandé par Diploweb.com

. Hugo Billard, Dictionnaire des prépas, Paris, PUF, juin 2021

Avec plus de 300 notices, ce dictionnaire explore les concepts essentiels qui constituent le socle des programmes d’histoire contemporaine, de géographie et de géopolitique, mais aussi d’économie, de droit et de civilisation des concours d’entrée aux écoles de commerce. Ces notices mettent au jour l’origine de chaque concept, son contexte d’émergence et sa postérité en soulignant les transformations qu’il a pu connaître. Elles éclairent aussi les auteurs ou acteurs qui ont porté ces notions fondamentales. Qu’il s’agisse d’un penseur (Raymond Aron, Pierre Bourdieu, Francis Fukuyama, Antonio Gramsci...), d’un fait (Doctrine Truman, Révolutions de couleur...), d’une idéologie (Marxisme, Gaullisme...), d’un espace (Frontière, Occident, Tiers monde, Village planétaire...) ou d’une période (Guerre froide, Trente Glorieuses...), chaque entrée est accessible, incarnée et territorialisée. Ce dictionnaire est un outil indispensable pour tous ceux qui préparent les concours des écoles de commerce et les étudiants des premiers cycles de l’enseignement supérieur. Il révèle les continuités, les ruptures temporelles et spatiales, les évolutions à l’œuvre dans des pratiques de société interdépendantes et mouvantes. Ses notices sont autant de clés de compréhension permettant de décrypter les grands enjeux du monde contemporain.

Ouvrage dirigé par Hugo Billard, professeur d’histoire géographie et géopolitique en classes préparatoires ECG au lycée Saint-Michel-de Picpus (Paris). Avec les contributions de : Maxime Lefebvre, diplomate et professeur associé à l’ESCP Europe. Florian Louis, professeur d’histoire en classes préparatoires au lycée Michelet (Vanves). Arnaud Pautet, professeur d’histoire géographie et géopolitique, et d’économie en classes préparatoires ECG au lycée Sainte-Marie (Lyon). Charlotte Ruggeri, professeure de géographie en classes préparatoires aux lycées Hoche (Versailles) et Jacques-Prévert (Boulogne-Billancourt).


. Serge Sur, Relations internationales, Précis Domat, 7e édition, LGDJ, juin 2021

Les relations internationales restent dominées par les rapports entre États. La puissance - capacité de faire, de faire faire, d’empêcher de faire, de refuser de faire - est leur principe organisateur. Droit international, organisations intergouvernementales sont des instruments pour la coopération et la compétition internationales, qui toujours coexistent. Celles-ci permettent de gérer les problèmes de la société internationale : paix et sécurité, questions politiques, relations économiques, culturelles, défis environnementaux...
Des acteurs non étatiques - firmes transnationales, ONG, médias, mais aussi groupes criminels, terroristes... - sont de plus en plus présents dans les relations internationales. Ils contribuent à définir leurs priorités et parfois concurrencent, voire affrontent les États. Ils peuvent en être partenaires, mais sont aussi perturbateurs. Leur régulation est l’un des enjeux contemporains.
Constantes et transformations de la société internationale, structures et ruptures, sont les axes dominants du présent ouvrage. Si la puissance est le principe organisateur des relations internationales, le déficit de puissance qui les caractérise aussi est leur principe désorganisateur. Il explique que, par delà la rhétorique de la mondialisation, nombre de problèmes restent ouverts, voire sans solutions rationnelles prévisibles. Le désordre international est une marque des premières décennies du XXIe siècle.

Cet ouvrage est destiné aux étudiants, experts, universitaires, et plus largement à tous ceux qui s’intéressent aux défis de notre temps, internationaux par nature.

Serge Sur est professeur émérite de l’Université Panthéon-Assas, où il a fondé et dirigé le Centre Thucydide - Analyse et recherche en relations internationales (1999-2012), et l’Annuaire Français de Relations Internationales (AFRI, 2000-2020). Il est rédacteur en chef de Questions internationales, revue bimestrielle de La Documentation française, depuis 2003.

. Laurent Fourchard, Classify, Exclude, Police. Urban Lives in South Africa and Nigeria, Oxford, Wiley, avril 2021.

The cities of South Africa and Nigeria are reputed to be dangerous, teeming with slums, and dominated by the informal economy but we know little about how people are divided up, categorised and policed. Colonial governments assigned rights and punishments, banned categories considered problematic (delinquents, migrants, single women, street vendors) and give non-state organisations the power to police low-income neighbourhoods. Within this enduring legacy, a tangle of petty arrangements has developed to circumvent exclusion to public places and government offices. In this unpredictable urban reality – which has eluded all planning – individuals and social groups have changed areas of public action through exclusion, violence and negotiation.

In combining historical and ethnographic methods, Classify, Exclude, Police explores the effects and limits of public action, and questions the possibility of comparison between cities often perceived as incommensurable. Focusing on state formation, urbanization, and daily lives, Laurent Fourchard addresses debates and controversies in comparative urban studies, history, political science, and urban anthropology. The book provides a systematic, comparative approach to the practices, processes, arrangements used to create boundaries, direct violence, and produce social, racial, gender, and generational differences.

. Jean-Marie Guéhenno, Le premier XXIe siècle. De la globalisation à l’émiettement du monde, Paris, Flammarion, septembre 2021.

Le « premier XXIe siècle », comme la première version d’un logiciel insuffisamment testé, révèle chaque jour de nouvelles failles : nous sommes loin du triomphalisme qui saisit les démocraties en 1989 quand le mur de Berlin est tombé. L’individu qui croyait changer le monde est de plus en plus écrasé par lui. Il a perdu confiance dans la politique, et l’utopie identitaire remplace l’utopie politique.

Comment en est-on arrivé là dans des sociétés aussi différentes que l’Amérique de Trump, le Brésil de Bolsonaro, l’Inde de Modi ou le Royaume-Uni de Boris Johnson ? Jean-Marie Guéhenno va au-delà des explications économiques : la crise des démocraties - à laquelle l’élection de Biden ne met pas fin - est une crise des sociétés. Une société qui n’est plus définie que par une seule dimension - que ce soit celle de la réussite matérielle, de la nation, ou de la religion - est une société malade.

Cette crise se produit alors que le nouvel " âge des données " de l’internet et de l’intelligence artificielle bouscule les hiérarchies du savoir et de la puissance ; comme l’invention du livre, il peut conduire à une Seconde Renaissance, riche de promesses, mais aussi de conflits. La Chine et les entreprises géantes de l’internet, avec des objectifs différents et chacune à leur manière, développent une capacité de contrôle des esprits qui fait secrètement envie à des individus auxquels leur propre liberté fait peur, mais peut aussi déboucher sur des confrontations violentes.

Un autre avenir est possible : une écologie repensée, des institutions qui organisent une nouvelle séparation des pouvoirs, une Europe qui ne cherche pas à être un super-Etat, sont quelques-unes des voies explorées par ce livre ambitieux et novateur.

. Jean-Pierre Estival, La guerre du gaz en Méditerranée : géopolitique du partage de la mer. Indomptable Turquie, Europe humiliée : le jeu trouble des pays arabes et d’Israël, Paris, L’Harmattan, mai 2021.

Une guerre qui ne dit pas son nom vient d’éclater entre pays riverains de la Méditerranée orientale pour l’appropriation des riches réserves de gaz marin dont leurs économies ont besoin. Certains justifient ces conquêtes en évoquant le Droit de la mer mais d’autres, comme la Turquie, préfèrent le recours à la force violente. L’Europe médusée est sans réaction tandis que Etats-Unis et la Russie s’épient et que par le jeu des alliances les pays arabes commencent à s’impliquer.

. Rebecca Tapscott, Arbitrary States. Social Control and Modern Authoritarianism in Museveni’s Uganda, Oxford, Oxford University Press, juillet 2021.

In recent years, scholars have noted the rise of a particular type of authoritarianism worldwide, in which rulers manipulate institutions designed to implement the rule of law so that they instead facilitate the exercise of arbitrary power. Even as scholars puzzle over this seemingly new phenomenon, scholarship on African politics offers helpful answers.

This book places literature on the post-colonial African state in conversation with literature on modern authoritarianism, using this to frame over ten months of qualitative field research on Uganda’s informal security actors - including vigilante groups, local militias, and community police. Based on this research, the book presents an original framework - called “institutionalized arbitrariness” - to explain how modern authoritarian rulers project arbitrary power even in environments of relatively functional state institutions, checks and balances and the rule of law. In regimes characterized by institutionalized arbitrariness, the state’s stochastic assertions and withdrawals of power inject unpredictability into the political relationship between both local authorities and citizens. This arrangement makes it difficult for citizens to predict which authority, if any, will claim jurisdiction in a given scenario, and what rules will apply. This environment of pervasive political unpredictability limits space for collective action and political claim-making, while keeping citizens marginally engaged in the democratic process. The book is grounded in empirical research and literature theorizing the African state, while seeking to inform a broader debate about contemporary forms of authoritarianism, state-building, and state consolidation.

. Séverine Awenengo Dalberto, Richard Banégas, Identification and Citizenship in Africa. Biometrics, the Documentary State and Bureaucratic Writings of the Self, Londres, Routledge, avril 2021.

In the context of a global biometric turn, this book investigates processes of legal identification in Africa “from below”, asking what this means for the relationship between citizens and the state.

Almost half of the population of the African continent is thought to lack a legal identity, and many states see biometric technology as a reliable and efficient solution to the problem. However, this book shows that biometrics, far from securing identities and avoiding fraud or political distrust, can even participate in reinforcing exclusion and polarizing debates on citizenship and national belonging. It highlights the social and political embedding of legal identities and the resilience of the documentary state. Drawing on empirical research conducted across 14 countries, the book documents the processes, practices, and meanings of legal identification in Africa from the 1950s right up to the biometric boom. Beyond the classic opposition between surveillance and recognition, it demonstrates how analysing the social uses of IDs and tools of identification can give a fresh account of the state at work, the practices of citizenship, and the role of bureaucracy in the writing of the self in African societies.
This book will be of an important reference for students and scholars of African studies, politics, human security, and anthropology and the sociology of the state.

. Stéphane Paquin, La mondialisation : une maladie imaginaire, Montréal, Les Presses de l’Université de Montréal, mars 2021.

Depuis une trentaine d’années, on a tendance à amplifier, parfois grossièrement, la portée de la mondialisation et à en déformer la réalité. Selon plusieurs sources, l’accélération de la mondialisation conduit à l’avènement d’un monde « sans frontières », exacerbant la concurrence entre les nations.
Ces critiques face à la mondialisation sont-elles justifiées ? C’est en examinant les données sur la performance économique et sociale des pays sociaux-démocrates et libéraux, en décortiquant la situation de l’emploi et en expliquant les inégalités qui y sévissent que nous pouvons cerner la portée de la mondialisation dans nos vies. Les conclusions sont claires : l’État-providence est bien vivant et la social-démocratie est toujours le modèle économique et social le plus performant.

. Anouche Beaudoin, Droit international des villes, Paris, Eyrolles, juin 2021.

Quelles sont les manifestations juridiques internationales de l’urbanisation du monde ?

L’ouvrage a pour but de proposer des points de repère dans ce vaste paysage et de créer des catégories (d’acteurs, d’instruments juridiques, de relations, de normes...) permettant d’intégrer et de comprendre au mieux ces dimensions juridiques qui, prises ensemble, constituent un véritable droit international des villes. De la construction des villes à leur gouvernance, en passant par leurs relations internationales et les services publics qu’elles assument, de nombreux instruments internationaux façonnent en effet le milieu physique et politique à la fois le plus universel et le plus proche de nos vies.

Droit international des villes est le premier ouvrage qui propose un cadre permettant d’appréhender, penser, et enseigner cette matière nouvelle.

. Antoine Bernard de Raymond, Delphine Thivet, Un monde sans faim. Gouverner la sécurité alimentaire, Paris, Presses de Sciences Po, juin 2021.

Cet ouvrage restitue l’épaisseur historique et institutionnelle du problème de la faim dans le monde, et montre en quoi les différentes initiatives prises depuis 2008 ont réussi, ou échoué, à en infléchir la trajectoire.

En 2008, malgré une production agricole très élevée, le monde connaît une grave crise alimentaire, provoquant des « émeutes de la faim » dans une quarantaine de pays. Une mobilisation massive de la communauté internationale s’ensuit, à l’issue de laquelle un consensus fait jour : la sécurité alimentaire ne peut plus être seulement envisagée sous l’angle des quantités produites et des questions de développement, elle doit aussi prendre en compte les aspects sanitaires, sociaux, climatiques et environnementaux. Que l’on appelle à une nouvelle révolution verte, à une diversification radicale de l’alimentation ou à des interventions transversales dans les secteurs de la santé et de la protection sociale, aucune approche ne peut en outre faire l’impasse sur les rapports de pouvoir entre les acteurs des différents systèmes alimentaires.

Et si, pour relever le défi de nourrir neuf milliards d’êtres humains en 2050, le levier le plus efficace était une transformation de nos modes d’alimentation ?

. Boussad Addad, Souveraineté numérique européenne. Innovations, échecs, et espoirs de 1900 à nos jours, Paris, VA Editions, juin 2021.

La crise du coronavirus a été un révélateur de l’extrême fragilité de l’Occident, notamment l’Europe très durement touchée à la fois sanitairement et économiquement. Pour expliquer la situation, un terme revient souvent dans les débats : la souveraineté. « Il faut reconquérir notre souveraineté sanitaire et pouvoir fabriquer nous-mêmes les médicaments, les kits de test, et les masques », tels sont les mots martelés ici et là. Tout ou presque vient en effet de la Chine.

Le confinement a aussi révélé notre dépendance aux outils de télétravail et autres services de cloud, fournis pour l’écrasante majorité par les Américains. L’incompréhension a atteint son apogée quand on a confié l’hébergement des données médicales des Français à l’américain Microsoft. La « souveraineté numérique » est alors sur toutes les bouches.

Comment en est-on arrivé là ? Ce livre est comme une expédition en quête de réponses. Il se veut comme une autopsie d’un échec, celui de l’Europe, numériquement à la traine actuellement. On découvre pourtant que les opportunités n’ont pas manqué dans l’histoire, malgré une chute brutale qui s’appelle la Seconde Guerre mondiale.

Cet ouvrage illustre également à travers le récit de grands événements historiques le rôle qu’a joué la souveraineté numérique sur l’échiquier international et le sort des États.

. Elie Cohen, Richard Robert, La valse européenne. Les trois temps de la crise, Paris, Fayard, mars 2021.

De l’Europe improbable à l’Europe révélée par les crises : un art de décider à contretemps, horripilant parfois, mais dont la puissance réformatrice apparaît a posteriori. Un hommage à la résilience de la construction européenne.

Crise de l’euro, crise migratoire, Brexit, et maintenant Covid-19... Depuis une décennie, l’Europe est en crise permanente et suscite des réactions contradictoires : rejet des interventions touchant à la souveraineté nationale, mais demande urgente de solidarité sans condition.

La réponse de l’Europe se joue en trois temps. Elle déçoit d’abord : son intervention est tardive et inadaptée. Mais après ce temps de retard, la machine communautaire se réveille et l’action prend de la consistance. Enfin, l’Union franchit les lignes jaunes et, comme surprise par son audace, se prend à s’imaginer en puissance à l’égal de la Chine ou des États-Unis.

Cette valse à trois temps est au cœur de ce livre, avec sa dramaturgie et ses personnages-types. Elle laisse aussi percevoir les craquements du monde ancien qui avait sacralisé la règle.

Ni Léviathan supranational, ni syndic des nations, le projet européen se révèle dans l’épreuve lorsque l’Europe passe au politique, c’est-à-dire à la décision. C’est cette souveraineté partagée qui lui permettra d’apporter une réponse politique à un monde discordant, habité de nouveaux rapports de force.

. Louis Gautier, Mondes en guerre – Tome IV. Guerre sans frontières. 1945 à nos jours, Paris, Passés composés, mars 2021.

Explorer la diversité des pratiques guerrières sur tous les continents depuis la préhistoire jusqu’à nos jours, telle est l’ambition des Mondes en guerre. Dès l’Antiquité, objet du premier volume, la formation d’empires alimenta un vaste processus de confrontations et d’échanges militaires, avant que l’ère des Grandes Découvertes, au départ du second volume, ne déclenche l’intégration de tous les continents dans un espace martial unifié. La séquence des guerres mondiales et impériales, de 1870 à 1945, que traite le troisième tome, vit ensuite la sujétion du globe aux grandes puissances militaires.

Ce quatrième tome marque le terme de cette histoire des Mondes en guerre : à partir de 1945, l’arme nucléaire change la donne et les défis de sécurité se mondialisent. Cette période est qualifiée parfois de « longue paix », ce qui ne signifie pourtant pas, loin s’en faut, l’absence de conflits importants et meurtriers : de la guerre froide et des guerres de décolonisation aux interventions de maintien de la paix sous l’égide de l’ONU, en passant par la lutte contre le terrorisme et l’émergence de nouveaux champs d’action (spatial ou cyber), le monde au quotidien semble même avoir basculé dans un temps de ni guerre ni paix caractérisé par la fréquence des opérations militaires. Après des premiers chapitres posant la trame événementielle, les auteurs livrent des réflexions aussi bien culturelles, politiques, juridiques, stratégiques que techniques et donnent à lire toutes les nuances et contradictions de ce quatrième âge de la guerre.

. Maurice Vaïsse, Les relations internationales depuis 1945, 17ème édition, Paris, Armand Colin, mai 2021.

Débouchant directement sur l’actualité la plus immédiate, cet ouvrage présente une synthèse globale des relations politiques internationales depuis 1945.
La fin de la Deuxième Guerre mondiale marque une césure majeure dans les rapports entre nations. Face au déclin des États européens, on assiste à l’ascension des États-Unis et de l’Union soviétique, qui visent à constituer autour d’eux des blocs homogènes. Tandis que se développe la guerre froide, les peuples colonisés s’émancipent de la tutelle de l’Europe. Il n’y a plus guère de lieu sur la planète qui ne participe peu ou prou aux relations internationales.
Des années 1960 aux années 1980, le monde bipolaire fait place à un monde multipolaire, où aux lieux traditionnels de conflits s’ajoutent de nouveaux terrains d’affrontement et de nouveaux enjeux.
Les événements révolutionnaires des années 1989-1991 mettent un terme à la guerre froide. Dominée par l’hyperpuissance américaine, la communauté internationale est à la recherche d’un nouvel ordre mondial que le 11 septembre 2001 rend encore plus improbable.
Le début du XXIe siècle est marqué par le phénomène de la mondialisation et l’ascension des puissances émergentes, en particulier de la Chine. Loin des espoirs de paix de la décennie 1990, les défis à l’ordre international replongent le monde des années 2010 dans un cycle de tensions et de violences.

. Alexandra Goujon, Ukraine : de l’indépendance à la guerre, Paris, Cavalier bleu, novembre 2021.

Revenue sur le devant de la scène internationale depuis une dizaine d’années, l’Ukraine semble constituer le théâtre d’une nouvelle Guerre froide qui cristallise les tensions entre la Russie et les nations occidentales. Les événements récents sont aussi l’occasion de mesurer combien notre connaissance de ce pays est lacunaire, se limitant souvent aux clichés d’une Ukraine berceau de la Russie, terre des Cosaques, grenier à blé de l’URSS, d’un Est pro-russe opposé à un Ouest patriote pro-ukrainien, et d’une suite de gouvernants entachés par une corruption massive.

. Amaël Cattaruzza, Pierre Sintès, Géopolitique des conflits, Paris, Bréal, juillet 2021.

De la lutte contre le terrorisme aux conflits d’aménagement, des guerres urbaines à la cybersécurité, des murs- frontières aux conflits sociaux, ce manuel a pour objectif de former le lecteur aux outils de la géopolitique. Cette nouvelle édition actualisée montre les transformations rapides des conflits contemporains (multiplication des acteurs et des représentations, imbrication toujours plus forte des échelles locales, nationales, internationales, transnationales, émergence de nouvelles thématiques économiques, environnementales).

A travers de nombreux exemples d’actualité, tout le panorama des nouvelles formes de conflictualité contemporaines est ainsi décrit dans cet ouvrage.

. Centre Thucydide, Annuaire français des relations internationales. Editions 2021, Paris, Panthéon-Assas, juin 2021.

L’AFRI a une vocation généraliste. Il s’intéresse aux relations internationales dans toutes leurs dimensions : politiques, stratégiques, économiques, culturelles, technologiques, etc. Il rassemble dans un esprit pluridisciplinaire les spécialistes, universitaires et chercheurs, diplomates, experts, français ou étrangers.

. Jean Audouin, Churchill m’a tué. Une enquête à travers l’indicible histoire grecque contemporaine, Paris, L’harmattan, janvier 2020.

À 83 ans, Kostas avait pourtant survécu aux rafles des Allemands, aux milices de Churchill, à la guerre civile et aux camps de concentration grecs, aux bombardements au napalm des Américains, aux règlements de comptes entre factions communistes, à la dictature des colonels... Alors, comment avait-il pu tomber du 7e étage de l’immeuble parisien où il coulait une retraite paisible ? Théo, son petit-fils, réfutant les hypothèses de la police qui favorise la thèse du suicide ou de l’accident, va recomposer le puzzle et remonter le cours de la vie mouvementée de son grand-père à travers les soubresauts de l’histoire grecque contemporaine. Il lui faudra délaisser son nid douillet parisien pour entreprendre un véritable voyage initiatique de Paris à Paros à la rencontre de ses vraies racines et de son identité.

. Olivier Piton, Kamala Harris, pionnière d’Amérique, Paris, Plon, septembre 2021.

La première biographie française de Kamala Harris, la première femme vice-présidente des Etats-Unis. Qui se cache vraiment derrière cette pionnière qui bouscule toutes les certitudes et dont les actes et les paroles sont désormais scrutés au microscope ? Au-delà du symbole, Kamala Harris pourra-t-elle incarner le futur apaisé d’une Amérique au bord de l’implosion ? " Si je suis la première femme à occuper ce poste, je ne serai pas la dernière.
" C’est ainsi que Kamala Harris a conclu son discours après la victoire de Joe Biden aux élections présidentielles américaines. Quelques semaines plus tard, cette fille d’un père jamaïcain et d’une mère immigrée indienne marquait l’histoire de son pays en devenant la première femme à occuper le poste de vice-présidente. Une enfance marquée par la contre-culture californienne, une ascension au mérite où, après des études en sciences politiques et en droit, la native d’Oakland, dans la baie de San Francisco, accède au prestigieux poste d’adjointe de district avant de diriger le département des enquêtes criminelles de San Francisco.
Puis, une élection au poste de sénatrice de Californie qui la révèle au grand public et, enfin, une candidature à la primaire démocrate de 2020 qui conduit Joe Biden à la choisir comme colistière pour gagner l’élection présidentielle de 2020. Mais au-delà de ce parcours hors norme où cette femme de 56 ans a brisé avec une facilité déconcertante tous les plafonds de verre, qui se cache vraiment derrière cette pionnière qui bouscule toutes les certitudes et dont les actes et les paroles sont désormais scrutés au microscope ? Au-delà du symbole que représente son élection, Kamala Harris pourra-t-elle incarner le futur apaisé d’une Amérique au bord de l’implosion ?

. Xavier Ricard Lanata, Demain la Planète. Quatre scénarios de déglobalisation, Paris, PUF, mai 2021.

La déglobalisation est aujourd’hui un processus mondial et inexorable. La question n’est plus de savoir si elle a lieu, mais quelle forme l’emportera. Car si les processus de mondialisation se poursuivent, la déglobalisation est devenue le « moteur » le plus puissant, parmi ceux qui régissent l’économie mondiale contemporaine.
Xavier Ricard Lanata examine dans cet ouvrage l’ensemble des mécanismes de la déglobalisation qui pourraient mettre fin à un vaste mouvement intégrateur entamé il y a cinq siècles. Il envisage également plusieurs scénarios économiques possibles, allant d’une relocalisation mondiale de la production au développement d’une compétition agressive entre les États-Unis et la Chine en passant par la mise en place de nouveaux accords internationaux ou de larges blocus. Son analyse révèle combien nous ne sommes pas condamnés à l’impuissance face à ce renversement historique, qui pourrait constituer une opportunité unique de réenchâsser l’économie dans le politique afin de concevoir une « altermondialisation non globale ». Ainsi l’auteur propose une voie nouvelle, à la fois « mondialiste » et « déglobaliste », comme la clé d’un avenir commun possible sur une Terre mise en partage.

. Michel Nazet et Michel Beshara (dir.) Histoire, Géographie et Géopolitique du monde contemporain. ECG1, Illustrateur : Pascal Orcier, éd. Ellipses, 2021

Le programme de 1e année d’histoire géographie et géopolitique du monde contemporain en classes préparatoires aux grandes écoles de commerce a été fortement rénové et actualisé.

Afin de répondre aux attentes de ce nouveau programme, cet ouvrage vous propose :

Un cours complet qui couvre tout le programme de façon synthétique avec, pour chaque chapitre officiel, des fiches thématiques sur les grandes dates à retenir, les principaux lieux de la mondialisation, les idées reçues sur la question...
Des fiches méthodes qui vous rappellent à chaque fois les attentes aux concours avec les erreurs usuelles commises par les étudiants (extraits de copies d’élèves commentées).
Des exercices attendus aux concours : une dissertation corrigée accompagnée d’un croquis, un commentaire de carte, des exemples de khôlles.
Des cartes élaborées par un cartographe professionnel et d’autres faites à main levée, notamment les cartes de synthèse et les croquis accompagnant les dissertations.
Une bibliographie avec un ouvrage indispensable développé, des revues, des sites Internet, des films…
Un lexique qui vous donne, enfin, de façon claire et succincte les définitions à connaître et à utiliser dans vos copies.


Ma thèse avec le Diploweb en 7 minutes
Conception : Pierre Verluise et Richard Coffre. Réalisation : Richard Coffre.

. Anne Gonon, Christian Galan, Occupy Tôkyô – Sealds, Le mouvement oublié, Paris, Bord de l’eau, juillet 2021.

L’ouvrage traite d’un mouvement d’opposition aux réformes néolibérales conduit par des jeunes étudiants Japonais qui acquiert les connaissances sur la démocratie à travers leurs pratiques de mobilisation.

. Antoine Garapon, Jean Lassègue, Le droit sans l’espace ? Justice digitale II , Paris, PUF, aout 2021.

Le droit se structurait autour de découpages fondateurs ayant pour fondement une répartition spatiale (droit interne/droit international, espace public/espace privé par exemple). Or le numérique substitue à ces divisions spatiales porteuses de légalité une nouvelle division plus radicale qui oppose la totalité de l’espace d’une part et une nouvelle écriture du droit fondée sur le calcul ne relevant pas de l’espace de l’autre : la révolution numérique envisage l’espace comme un tout uniformisé, sans localité ni diversité à partir d’un point de vue extérieur, celui d’un fonctionnement algorithmique hors de tout espace.

La légalité qui émane de ce nouveau partage est d’un tout autre ordre que l’ancienne, d’autant plus difficile à saisir qu’elle est en cours de construction et qu’il s’agit encore d’une proto-légalité. Ce nouveau " partage du monde " prend de court le droit comme le politique, en redéfinissant la plus-value économique, en offrant de nouvelles armes à la contestation sociale, en renouvelant les instruments de contrôle politique et en disqualifiant les récits collectifs au profit du calcul ; sans toutefois parvenir à éliminer le partage de l’espace qui reste l’acte fondateur des communautés humaines et de leur droit, seul moyen d’éviter la propagation de la violence.

. Constantin Pikramenos, Savvas Kalenderidis, Mili Istihbarat Teskilati. Le service secret turc – La guerre sur tous les fronts, Paris, VA éditions, mai 2021.

Qu’est-ce vraiment que le MIT, le service du renseignement turc ? Quel est le rôle joué par le MIT dans la stratégie néo-ottomane de Recep Tayyip Erdogan ?? Est-il autorisé à " liquider " des opposants à l’étranger ? Quelle a été son implication dans l’assassinat des trois militantes kurdes du PKK à Paris en 2013 ? Comment fonctionne-t-il ? Quelles sont ses méthodes ? Quelles sont son histoire et son origine ? Quelles sont ses opérations au Moyen-Orient, en Afrique, aux États-Unis, en Europe et finalement comment opère-t-il dans l’Hexagone ? Ce livre apporte des réponses à ces questions importantes pour mettre en pleine lumière ce qu’est le MIT qui se dissimule derrière un immense voile de secrets.

Lorsqu’Erdogan accuse Macron d’être " en état de ? mort cérébrale ? " et que la marine turque cible des frégates françaises au large de la Libye, comprendre le fonctionnement du renseignement turc devient une nécessité urgente pour les élites politiques françaises, mais aussi pour le citoyen curieux... Un livre éclairant pour mieux comprendre la politique agressive du néo-sultan Erdogan.

. Julie Alix, Olivier Cahn, Terrorisme et infraction politique, Paris, Mare et Martin Editions, juin 2021.

Nos travaux consacrés à la "guerre contre le terrorisme" ont révélé les limites épistémologiques de l’exclusion du terrorisme du domaine de l’infraction politique. Y remédier imposait une étude pluridisciplinaire. Les contributions rassemblées en première partie de l’ouvrage exposent l’appréhension par les sciences juridiques, politiques et sociales du rapport entre ces notions, mal définies par le droit, et établissent la pérennité d’une question qui travaille les sciences criminelles depuis le XIXè siècle et les imperfections des justifications et des réponses juridiques apportées.
La seconde partie propose de redéfinir l’infraction politique comme une expression du droit de la démocratie de se défendre, y compris contre le terrorisme.

. Lucien Bitterlin, Histoire des barbouzes – au cœur de la lutte contre l’OAS, Paris, Nouveau Monde, août 2021.

El Biar, janvier 1962. Quelques semaines avant la signature des Accords d’Evian, sur les hauteurs d’Alger, la villa Andréa, connue pour être le poste de commandement du groupe para-policier des " barbouzes " , est la cible d’un attentat particulièrement meurtrier : le bilan est de 19 morts. Derrière cette irruption de violence, les hommes du commando Delta de l’OAS, dirigé par Roger Degueldre. Dans les mois qui suivent, c’est une guerre à mort qui oppose l’OAS et les barbouzes.
Leur fondateur et commandant raconte dans ce témoignage unique l’engagement de ses hommes pour défendre la position gaulliste en Algérie. Il relate les étapes successives qui ont mené à la formation du groupe, explique comment il a été amené à constituer un service de renseignements parallèle, à organiser des " contre-plastiquages " , à tenter de démanteler les réseaux de l’OAS par son propre Service Action.
Lui-même a survécu par miracle à des mitraillages et plastiquages, et vu nombre de ses hommes éliminés. L’Histoire des barbouzes est le récit de deux années de guerre civile entre Français sur le territoire algérien, dont le bilan a été très lourd. Il montre bien l’hostilité d’une partie de l’administration et de la police française envers les barbouzes, qui les a obligés à entrer en clandestinité.
C’est une histoire de violence extrême, et le rappel d’une vérité difficile sur une des périodes les plus sanglantes de la décolonisation. Ancien chef du Mouvement pour la Communauté (MPC) en Algérie, Lucien Bitterlin (1932-2017) a, dès 1959, milité puis combattu pour l’autodétermination des Algériens. Il est resté jusqu’à sa mort en 2017 un fervent défenseur de la relation franco-arabe.

. Arnaud Pautet, Les grands penseurs de l’économie – comprendre les débats politiques contemporains, Paris, Eyrolles, août 2021.

Véritable introduction à la macroéconomie, cet ouvrage offre une relecture des oeuvres de six auteurs clés de l’économie politique contemporaine : Adam Smith, Joseph A. Schumpeter, John M. Keynes, Karl Polanyi et Milton Friedman. Parce qu’il est le meilleur connaisseur et le plus virulent critique de cette économie politique, le choix a été fait de leur associer Karl Marx. Confrontés aux mutations enfantées par les révolutions industrielles, aux grandes crises économiques contemporaines ou aux conséquences des guerres industrielles, ils questionnent l’intervention étatique nécessaire pour lubrifier le marché et le rendre efficient, le risque d’épuisement de la croissance et son contournement par l’innovation, et surtout la dose tolérable d’inégalités dans une société. Chacun, à sa manière, refuse les grilles de lecture de son temps, le conformisme intellectuel et la pensée économique mainstream. Ils sont en somme des penseurs de l’alternative.

. Difraoui aiem El, Le Djihadisme, Paris, Que sais-je, août 2021.

Le " djihadisme ", tout le monde en parle. Mais qui sait ce que le terme recouvre réellement ? En quoi et comment les djihadistes ont-ils détourné des symboles et des concepts-clés de l’islam ? Comment lutter contre la radicalisation et l’extrémisme en Europe et dans le monde ? Asiem El Difraoui retrace l’histoire de cette mouvance, de son invention en 1979 en Afghanistan jusqu’à Daesh, en passant par le 11 Septembre, l’invasion américaine de l’Irak, les conséquences des " Printemps arabes ", le désastre syrien et les attentats de Paris. Décryptant l’idéologie et la propagande djihadistes, il apporte une contribution importante pour comprendre ce fléau aux multiples facettes.

. Kader a.Abderrahim, Les 11 septembre – celui des Américains, des Chiliens, des Catalans et tous les autres, Paris, Bibliomonde, aout 2021.

La date du 11 septembre renvoie depuis deux décennies aux attentats de 2001 dont l’image des tours jumelles en flamme a saturé l’espace médiatique. Depuis, on en oublierait le chagrin des Chiliens qui ont perdu leurs proches et leur liberté après le coup d’État du 11 septembre 1973. La page n’est pas encore totalement tournée, l’opportunité de changer la constitution du Chili héritée de la dictature vient juste de s’offrir à eux. Le processus historique est en cours. Quant aux Catalans, chaque 11 septembre, un à deux millions d’entre-eux se retrouvent dans la rue avec l’espoir, qui n’est pas partagé par tous, de voir leur pays obtenir son indépendance. Le géopolitologue Cyril Trépier nous explique les ressorts de ce mouvement, à ce jour, inabouti. Cet ouvrage nous raconte aussi qu’il existe, ailleurs dans le monde, d’autres 11-Septembre, moins médiatiques mais tout aussi prégnants localement, en Éthiopie, en Écosse, en Russie, au Brésil, en Lettonie, au Pakistan, en Argentine.

. Pierre Raffard, Géopolilitique de l’alimentation – l’assiette, porte ouverte sur le monde, Paris, Cavalier bleu, août 2021.

Arme de domination et de conquête, l’alimentation est au coeur de la géopolitique. Enjeu de souveraineté, enjeu humanitaire, elle est aussi, à chaque maillon de la chaîne, un outil de contrôle des bouches et des esprits. De l’industrialisation de l’agriculture à l’émergence de multinationales agroalimentaires, du soft power des chefs à l’uniformisation des goûts, l’alimentation est en passe de devenir un bien économique comme un autre, modelée par la mondialisation.

Dans le même temps, des contre-pouvoirs en façonnent d’autres contours : bio, circuits courts, roman national culinaire autour de produits emblématiques... autant d’acteurs impliqués dans chaque étape de l’acte alimentaire qui décident aujourd’hui de ce que nous mangeons.

. Mikaa Mered, Hydrogène – Enjeux économiques et géopolitiques, Paris , PUF, août 2021.

De l’Arctique à la Lune (et Mars ! ), en passant par les espaces insulaires et les zones tempérées, le développement de l’hydrogène-énergie est au coeur de la transition énergétique mondiale. Sans maîtrise de l’hydrogène à très grande échelle, il est impossible d’atteindre les objectifs de l’Accord de Paris sur le Climat. Au carrefour des enjeux du "monde d’après", l’hydrogène s’impose comme l’une des solutions les plus prometteuses pour se rapprocher des objectifs de l’Accord de Paris.

Encore très mal connu, victime à la fois de préjugés anciens (sécurité, explosivité, rendements faibles, coûts élevés) et de campagnes de dénigrement venant tant du secteur des hydrocarbures que du secteur de la batterie électrique, ce vecteur énergétique monte pourtant en puissance. Selon plusieurs rapports prospectifs de référence publiés entre 2019 et 2020, le secteur de l’hydrogène pourrait créer plus de 30 millions d’emploi et peser plus de 2500 milliards de dollars en rythme annuel d’ici 2050, dont le tiers en Europe.
L’hydrogène promet d’accélérer le secteur des énergies renouvelables et de décarboner les usages les plus polluants mais aussi de poser des débats géopolitiques fondamentaux pour l’avenir de la géopolitique de l’énergie. Depuis 2015, près de 30 pays industrialisés ont construit ou entamé des démarches pour constituer une feuille de route hydrogène. Le secteur engrange des succès. Les décideurs et le grand public sont et seront amenés à s’intéresser à l’hydrogène-énergie.

. Stéphane Rosière, Géographie politique et géopolitique. Grammaire de l’espace politique – 3 ème édition, Paris, Ellipses, août 2021.
En tant que géographe, Stéphane Rosière apporte ici un éclairage essentiel sur les disciplines éminemment spatiales que sont la géographie politique et la géopolitique. Il les présente de manière tout à fait originale en tant que savoirs distincts, mais formant, ensemble, un tout cohérent. La géographie politique est l’étude du "cadre politique" qui est formé de territoires de lignes - frontières et réseaux -, et de pôles structurants.
Cette discipline, trop marginale en France, est surtout développée dans les pays anglo-saxons. La connaissance du cadre politique est pourtant nécessaire à tout raisonnement géopolitique. La géopolitique est l’étude de l’espace considéré comme "enjeu". A ce titre, elle implique alors une connaissance des acteurs, de leurs représentations territoriales, de leurs pratiques de l’espace, et de leurs motivations.
La finalité de cet ouvrage est donc de présenter l’essentiel des concepts opératoires pour mener à bien des analyses de géographie politique ou de géopolitique. Il a ainsi pour ambition d’être une véritable "grammaire" de l’espace politique en proposant des définitions claires et rigoureuses, et une méthodologie cohérente pour ces deux disciplines. Cette approche paraît nécessaire alors que chercheurs et citoyens sont confrontés à une mondialisation non pacifiée, à un monde fragmenté et parcouru de tensions.

. Arnaud Dolidier, Tout le pouvoir à l’assemblée. Une histoire du mouvement ouvrier espagnol pendant la transition (1970-1979), Paris, Syllepse, mai 2021.

Dès le début des années 1970, les luttes ouvrières et sociales se multiplient, et par ailleurs la dictature veut devenir plus présentable ; une "transition" avant l’heure qui s’amorce sous la pression populaire. Après la mort de Franco, en 1975, la "transition" s’organise dans le bon ordre avec la participation du PSOE et du PCE et de leurs syndicats associés. Cependant, de nombreux travailleur·euses et habitant·es des quartiers populaires veulent voir satisfaites leurs revendications sociales et changer de société.
Cette contestation sociale prend la forme de multiples assemblées, pratiquement permanentes et qui décident et organisent ce mouvement social original. C’est l’histoire de ce mouvement que nous propose Arnaud Dolidier. Revenant sur les luttes sociales sous le franquisme qui ont préparé l’éclosion de ce mouvement, il fait ensuite le récit de cette turbulente période. Appuyé sur d’abondantes sources, cet ouvrage retrace pas à pas les débats qui l’ont traversé et suit les expériences qui ont été menées, notamment deux d’entre elles, étudiées plus en détail.
Cet ouvrage restitue le rythme des palpitations de ces assemblées ouvrières et populaires qui devront faire face à une sanglante répression. La grève chez Harry-Walker, à Barcelone, en 1970, donne le ton. Bien d’autres suivront, elles aussi largement documentées et commentées ici. Elles touchent différents secteurs professionnels, et se déroulent aussi bien à Madrid qu’à Valladolid, en Catalogne ou qu’au Pays basque.
La grève générale de Vitoria ou la lutte de Roca sont particulièrement emblématiques de cette période. C’est une période d’intenses débats : boycott ou détournement des élections syndicales de Franco ? Priorité à l’unité ouvrière ou à la construction des outils partisans ? Le pacte de la Moncloa, validé par la droite et la gauche, mais aussi par certains syndicats, constituera un tournant. Cette expérience "assembléiste" a marqué les mémoires et a connu des résurgences en Espagne, dont la plus récente est le mouvement des indigné·es (2011) qui a secoué l’Espagne.

. Cédric Lewandowski, Le Nucléaire, Paris, PUF, avril 2021.

Échange entre spécialistes ou controverse souvent stérile entre tenants et opposants, un débat sur le nucléaire est toujours passionné. De fait, quel rôle cette énergie joue-t-elle dans la souveraineté nationale ? Quels sont ses atouts dans la lutte contre le réchauffement climatique ? Dix ans après Fukushima, il est intéressant de donner des clefs de lecture, objectives et accessibles, d’un sujet complexe et polémique.

Après un historique de la radioactivité pendant la première moitié du XXe siècle et de ses développements industriels, Cédric Lewandowski offre un panorama de l’énergie nucléaire dans le monde en 2021. Coût du nucléaire, sûreté des centrales, démantèlement des installations, gestion des déchets… Autant d’aspects essentiels ici abordés pour mieux appréhender le nucléaire aujourd’hui.

. Claude Lefebvre, Guillaume Weiszberg, Introduction à la prohibition des armes de destruction massive, Paris, L’harmattan, mai 2021.

Ce court ouvrage peut être conçu comme une préparation à l’étude de son prédécesseur Les armes de destruction massive et leur interdiction. Menaces nucléaires, radiologiques, biologiques, chimiques, explosives de masse. Les ADM, qui sont apparues au cours du XXe siècle, se sont particulièrement développées pendant toute la période de la guerre froide et ont pris un essor absolument remarquable dans les années 1970 et 1980 sans véritablement émouvoir l’opinion publique qui était bien loin d’imaginer qu’elles auraient pu provoquer, si elles avaient été utilisées, l’extermination de la vie sur la planète. Cet ouvrage vise à faire prendre conscience du réel danger que représentent les ADM : elles doivent absolument être éradiquées de notre monde de manière radicale et définitive, afin que plus personne ne soit tenté d’ouvrir à nouveau cette boîte de Pandore sans jamais pouvoir la refermer.

. Franck Petiteville, Les organisations internationales, Paris, La découverte, mai 2021.

Depuis 1945, les États ont multiplié les organisations internationales (ONU, Banque mondiale, OMS, OMC, etc.). Aucun enjeu des relations internationales n’échappe désormais à la compétence de ces organisations.
Comment interpréter leur prolifération avec le temps ? Comment s’adaptent-elles aux changements du système international ? Quelles fonctions exercent-elles ? De quel pouvoir disposent-elles face aux États ? Comment se construit leur légitimité ? Quelle est leur contribution aux grands enjeux des relations internationales (paix et sécurité, droits humains, globalisation, environnement) ?
Alors que le multilatéralisme est aujourd’hui mis à l’épreuve par le « retour » de l’État souverain et les rivalités entre grandes puissances, ce livre donne les clefs d’une mise en perspective historique, sociologique et théorique de la centralité des organisations internationales dans le monde globalisé.

. Philippe Zittoun, Sébastien Chailleux, L’État sous pression. Enquête sur l’interdiction française du gaz de schiste, Paris, Sciences Po Les presses, mai 2021.

Les auteurs s’attaquent à cette boîte noire -la fabrique des politiques publiques- à partir d’un exemple très frappant pour lequel ils ont mené une vaste enquête : l’interdiction du gaz de schiste, votée en 2011 malgré les ambitions des groupes pétroliers et l’opinion des experts, contre l’avis de l’administration, du chef de l’État et même de l’UE Lire la suite
Comment l’État fonctionne-t-il quand il est sous pression ? Lorsqu’il est pris en étau entre les intérêts économiques, les mobilisations de citoyens, les conflits internes et les luttes politiques, le tout dans un contexte de connaissances incertaines et d’emballement médiatique ? Pourquoi les décisions qu’il prend dans ce type de situation donnent-elles souvent une impression d’incohérence, voire d’instabilité ? Y aurait-il un décalage entre les discussions qui se mènent dans les coulisses et les déclarations officielles, ou est-ce plus complexe ?
Les auteurs s’attaquent à cette boîte noire — la fabrique des politiques publiques — à partir d’un exemple très frappant pour lequel ils ont mené une vaste enquête : l’interdiction du gaz de schiste, votée en 2011 malgré les ambitions des groupes pétroliers et l’opinion des experts, contre l’avis de l’administration, du chef de l’État et même de l’Union européenne.
S’appuyant sur des entretiens avec les principaux protagonistes et sur la consultation exclusive des archives gouvernementales, ils décrivent les multiples espaces politico-bureaucratiques, publics et discrets, où a pris place le débat et se sont déployées les batailles argumentaires, toujours indissociables des luttes de pouvoir, sur le sujet. Leur approche pragmatique éclaire d’un jour nouveau la politique en train de se faire.

. Stéphane Paquin, Introduction à l’économie politique internationale, Paris, Armand Colin, mai 2021.
L’économie politique internationale (EPI) transpose au niveau global la question fondatrice de la science politique contemporaine : "Qui gouverne ? " Cette discipline mêlant science politique, économie et histoire s’intéresse ainsi aux questions de pouvoir et à l’irruption des enjeux et acteurs économiques dans les relations internationales. Cet ouvrage sans équivalent en langue française dresse un panorama clair et accessible des principaux thèmes de l’EPI : la souveraineté ou la capacité d’intervention des Etats, la mondialisation et ses composantes (multinationales, commerce international, finance internationale, organisations économiques internationales ou relations Nord-Sud).
Il aborde également, à travers de nombreuses études de cas, les grandes questions contemporaines : quel est l’impact de l’expansion de la Chine sur le commerce international et les délocalisations ? Pourquoi la finance internationale est-elle si instable ? Les multinationales globales surpassent-elles les gouvernements en termes de pouvoir ? La montée de l’insécurité économique favorise-t-elle les populismes ?

. Alexis Troudé, Instables Balkans - Une zone grise aux portes de l’Europe, Paris, Lignes de repères, juillet 2021.

Dans le nouvel ordre mondial qui se dessine, l’instabilité persistante des Balkans fait peser un vrai risque sur la paix et la sécurité. Alors que cette région du monde est à nos frontières, nous, Européens, continuons à l’ignorer.

Depuis la fin des guerres dans l’ex Yougoslavie, la région les Balkans peine à se stabiliser. Enjeu d’une lutte entre grandes puissances, Russie, Etats-Unis et désormais Chine, cette vaste zone demeure une zone grise. Elle est ouverte à tous les trafics : armes, drogues, cigarettes, blanchiment d’argent notamment. La « route des Balkans » demeure un vecteur massif de migrations vers l’Europe occidentale, au moment où des foyers d’islamisme radical prospèrent.

Or, montre cette enquête, la situation risque fort de se dégrader. Les gouvernements en place dans la région, souvent corrompus et peu soutenus par l’Union européenne et l’Occident, tardent à prendre la mesure des risques. Ils se laissent séduire par les sirènes venues de la Turquie ou de l’Iran, trop heureux d’y pousser leurs pions.
Alors que nous tardons à nous protéger efficacement, il est temps de prendre conscience des risques pour la paix du facteur Balkans.


. Amaël Cattaruzza, Pierre Sintès, Géopolitique des conflits - 2è édition, Paris, Bréal, juillet 2021.

De la lutte contre le terrorisme aux conflits d’aménagement, des guerres urbaines à la cybersécurité, des murs- frontières aux conflits sociaux, ce manuel a pour objectif de former le lecteur aux outils de la géopolitique. Cette nouvelle édition actualisée montre les transformations rapides des conflits contemporains (multiplication des acteurs et des représentations, imbrication toujours plus forte des échelles locales, nationales, internationales, transnationales, émergence de nouvelles thématiques économiques, environnementales).

A travers de nombreux exemples d’actualité, tout le panorama des nouvelles formes de conflictualité contemporaines est ainsi décrit dans cet ouvrage.

. Thibault Muzergues, Europe champ de bataille. De la guerre impossible à une paix improbable, Paris, Bord de l’eau, juin 2021.

Dans cet ouvrage provocateur et richement documenté, Thibault Muzergues nous oblige à faire face à nos vieux démons, et à de préoccupantes réalités : si l’Europe (occidentale) a pu vivre en paix depuis 75 ans, cette période constitue une exception dans l’histoire d’un continent marqué par la guerre, et d’une certaine façon fait pour elle.

. Emmanuel Lincot, Géopolitique du patrimoine – L’Asie d’Abou Dabi au Japon, Paris, MKF, avril 2021.

Le patrimoine s’avère un extraordinaire vivier pour l’élaboration d’une nouvelle diplomatie. Le contexte géopolitique actuel nous incite en effet à repenser le patrimoine non plus sur le mode des représentations postcoloniales, mais bien d’après d’autres critères, moins univoques que le rapport idéologiquement stérile qu’entretiennent à ce sujet les pays du Nord et ceux du Sud. A travers 5 cas emblématiques du continent asiatique (Abou Dhabi et son environnement régional ; Le Monde chinois ; Le vandalisme en terres d’Islam ; Le Japon et l’ambivalente question patrimoniale ; Un patrimoine partagé entre l’Inde et le Pakistan), Emmanuel Lincot, chercheur associé à l’IRIS, aborde la question du soft power aussi bien que des luttes d’influences sous un angle inédit pour penser une nouvelle diplomatie internationale.

. Marc Hecker, Elie Tenenbaum, La guerre de vingts ans. Djihadisme et contre-terrorisme au XXème siècle, Paris, Robert Laffont, avril 2021.

Vingt ans, déjà, que les tours du World Trade Center se sont effondrées. Qui aurait cru alors que, deux décennies plus tard, la guerre globale contre le terrorisme se poursuivrait sans issue en vue ? Des sables du Sahara aux jungles d’Asie du Sud-Est, des plaines irakiennes aux montagnes afghanes, les pays occidentaux et leurs alliés continuent de pourchasser des djihadistes à la détermination sans faille. La menace n’est pas cantonnée à ces contrées lointaines : l’Europe - et singulièrement la France - a payé un lourd tribut à ce long conflit. Al-Qaida a fait preuve d’une résilience remarquable et de nouveaux groupes, comme l’Etat islamique, sont apparus. La chute du " califat " proclamé par Daech n’a pas signé la fin de cette organisation, et encore moins celle de son idéologie mortifère. Le monde compterait deux à trois fois plus de combattants djihadistes aujourd’hui qu’au début du siècle. Ce constat d’une interminable guerre d’usure interroge : qu’avons-nous fait de ces vingt ans ? En dépit des centaines de milliers de vies perdues et des sommes considérables dépensées, pourquoi la menace est-elle encore si élevée ? Fruit de plusieurs années d’enquêtes de terrain, cet ouvrage exceptionnel constitue la première histoire de la guerre contre le terrorisme de 2001 à aujourd’hui. Décryptant les dynamiques stratégiques de cet affrontement, les auteurs expliquent pourquoi il est si difficile de casser la spirale de la violence et tirent de ces deux décennies de lutte des leçons essentielles pour l’avenir.

. Philippe Moreau Defarges, Introduction à la géopolitique, Paris, Points, juin 2021.

Introduction à la géopolitique Au début du xxe siècle, la géopolitique s’épanouit comme " science " en quête des lois géographiques de la puissance. Si elle s’efface comme idéologie justificatrice après l’effondrement de l’Allemagne hitlérienne, elle reste une clé remarquable pour saisir les problématiques internationales, qui entremêlent l’histoire et la géographie. L’ouvrage étudie d’abord l’évolution de la géopolitique et les débats qu’elle a suscités chez les principaux acteurs du système mondial puis explicite, dans un second temps, la dimension géopolitique des grandes questions internationales : guerres, multiplication des échanges, essor des organisations internationales.

Enfin, après la géopolitique classique, centrée sur l’Etat, on en vient au foisonnement contemporain des géopolitiques. Philippe Moreau Defarges Ancien diplomate, chercheur à l’Institut français des relations internationales (IFRI) et enseignant à Sciences Po Paris, il est l’auteur de très nombreux ouvrages et articles sur les questions internationales, la mondialisation et la construction européenne.

. Thomas Pean, Guérillas en Amérique latine (1959-1989), Paris, VA Editions, mars 2021.
En janvier 1959, la guérilla castriste prend le pouvoir à Cuba. En décembre 1989, les forces armées des États-Unis interviennent au Panama contre le gouvernement de Manuel Noriega. Entre ces deux dates, le modèle révolutionnaire cubain inspire les guérillas révolutionnaires d’Amérique Latine. Véritable modèle ou repoussoir pour ses ennemis politiques, le régime de Fidel Castro devient ainsi le chef de file de l’action révolutionnaire dans la région. Au-delà de ce premier constat, cet ouvrage aborde également l’importance de la réalité locale de chaque pays dans l’émergence et l’évolution des mouvements de guérillas. En effet, les traditions politiques, les crises internes et les caractéristiques locales tendent à produire un paysage révolutionnaire hétérogène dans son ensemble. Les guérillas sont ainsi le produit de l’influence révolutionnaire cubaine et du contexte national dans lequel elles se développent. Ce livre présente les situations nationales selon une classification inédite : les Etats révolutionnaires, les dictatures contre-révolutionnaires, les conflits armés, la « Guerre Sale » et les foyers révolutionnaires périphériques. L’impasse progressive dans laquelle se trouve la plupart de ces pays dans les années 1970-1980 contribue à amorcer un changement au cours des décennies suivantes à travers différents processus transitoires.

. Samy Cohen, Israël, une démocratie fragile, Paris, Fayard, mars 2021.
Retraçant l’histoire de cette démocratie depuis la création de l’État aux années Netanyahu, Samy Cohen montre qu’Israël ne fut jamais une démocratie libérale, mais hybride, fragile et fragmentée. L’abondante littérature qui analyse les dérives populistes dans le monde laisse curieusement de côté Israël, où elles sont pourtant patentes. À plusieurs reprises au cours des douze dernières années, cette démocratie s’est trouvée au bord du gouffre. Retraçant la trajectoire de la « seule démocratie du Proche-Orient », de sa naissance aux années Netanyahu, Samy Cohen montre combien elle est hybride, fragile et fragmentée. La société a éclaté en deux camps. L’un, attaché aux valeurs libérales, est prêt à des compromis avec les Palestiniens, quand l’autre, sensible aux sirènes nationalistes et religieuses, reste indifférent à l’État de droit. Qui l’emportera ? C’est l’avenir de la démocratie israélienne qui est en jeu.

. Ardavan Amir-Aslani, Le siècle des défis – Grands enjeux géostratégiques internationaux, Paris, L’Archipel, avril 2021.

Les crises de ce début de siècle, et celles que nous essuyons encore (conflits, crise sanitaire, etc.), redessinent la carte géopolitique. Ardavan Amir-Aslani, spécialiste de géopolitique, analyse ces enjeux cruciaux pour un monde en pleine transition. Quelle carte pour le monde du XXIe siècle ? Si le XXe siècle a été le siècle des excès et celui de l’affrontement de deux idéologies dominantes, démocratie et capitalisme contre dictatures fascistes et communistes, le XXIe siècle a d’ores et déjà fait voler ce clivage en éclats, révélant de nouveaux enjeux déterminants pour l’avenir de l’humanité.
Le nouveau siècle sera celui de la résolution d’interminables conflits - israélo-palestinien, indo-pakistanais - où la domination d’un territoire est devenue la condition sine qua non de l’existence d’un Etat. Celui d’une guerre idéologique entre Orient et Occident, mais aussi d’une guerre au sein de l’Islam entre sunnites et chiites. Celui d’une résurrection des grands empires - turc, iranien, russe, chinois - et de nouvelles influences régionales et mondiales.
Sera-t-il le siècle du basculement ? d’un glissement du modèle démocratique dominant vers des régimes autoritaires ou des " démocratures " ? Verra-t-il l’émergence de nouveaux modèles de société plus justes, ou au contraire la résurgence d’anciennes puissances impérialistes adaptées à la modernité ? Catalyseur de tous ces questionnements, la crise de la Covid-19 semble déjà placer l’humanité face à ces nouveaux défis.

. Bertrand Duccini, Djihadisme, une pornographie de la violence, Paris, L’aube, avril 2021.

On ne peut pas comprendre le terrorisme islamiste sans l’articuler à la manière dont toute civilisation est conditionnée par la sexualité. En observant la violence ¬djihadiste sous ce prisme, la psychanalyse nous fournit une clé pour comprendre l’anomie terroriste dans laquelle le monde semble irrémédiablement s’enfoncer. Comme l’a démontré Sade, la prostitution généralisée est l’horizon inéluctable de la société marchande inaugurée par la " mort de Dieu " . Cette marchandisation des corps se manifeste aujourd’hui sous la forme d’une pornographie envahissante. Certains sont donc tentés d’envisager le fondamentalisme religieux comme une résistance obscurantiste à la marche du progrès. C’est d’ailleurs ainsi que l’islamisme actuel se présente : comme un retour à une forme ancienne de société. Mais ne serait-il pas plutôt en train de fabriquer, d’une manière très moderne, une pornographie de la violence ? Bertrand Duccini est titulaire d’un doctorat en études psychanalytiques, psychothérapeute pour enfants et adolescents. Par ailleurs diplômé de l’Institut national des langues et civilisations orientales, il est titulaire d’un DEA d’histoire du Liban contemporain et a vécu plusieurs années au Moyen-Orient.

. Camille Lefèbvre, Des pays au crépuscule, Paris, Fayard, avril 2021.

Au début du xxe siècle, quatre-vingts militaires français accompagnés de six cents tirailleurs envahissent deux puissantes villes du Sahara et du Sahel. La France, comme plusieurs autres pays européens, considère alors les territoires africains comme des espaces à s’approprier. Elle se substitue par la force aux gouvernements existants, au nom d’une supériorité civilisationnelle fondée sur le racisme. Depuis le cœur de ces deux villes, grâce à une documentation exceptionnelle, Camille Lefebvre examine comment s’est imposée la domination coloniale. Militaires français, tirailleurs, mais aussi les sultans et leur cour, les lettrés et les savants de la région, sans oublier l’immense masse de la population, de statut servile ou libre, hommes et femmes : tous reprennent vie, dans l’épaisseur et la complexité de leurs relations. Leur histoire révèle la profondeur des mondes sociaux en présence ; elle retisse les fils épars et fragmentés des mondes enchevêtrés par la colonisation. Les sociétés dans lesquelles nous vivons, en France comme au Niger, sont en partie issues des rapports de domination qui se sont alors noués ; s’intéresser à la complexité de ce moment nous donne des outils pour penser notre présent.

. Cédric Lewandowski, Le Nucléaire, Paris, PUF, avril 2021.

Échange entre spécialistes ou controverse souvent stérile entre tenants et opposants, un débat sur le nucléaire est toujours passionné. De fait, quel rôle cette énergie joue-t-elle dans la souveraineté nationale ? Quels sont ses atouts dans la lutte contre le réchauffement climatique ? Dix ans après Fukushima, il est intéressant de donner des clefs de lecture, objectives et accessibles, d’un sujet complexe et polémique. Après un historique de la radioactivité pendant la première moitié du XXe siècle et de ses développements industriels, Cédric Lewandowski offre un panorama de l’énergie nucléaire dans le monde en 2021. Coût du nucléaire, sûreté des centrales, démantèlement des installations, gestion des déchets… Autant d’aspects essentiels ici abordés pour mieux appréhender le nucléaire aujourd’hui.

. Clémence Fourton, Les Royaume-Uni, un pays en crises ? Paris, Le Cavalier bleu, avril 2021.

Le Royaume-Uni des dernières décennies est indissociable des crises multiples qu’il a et continue à affronter, et qui trouvent leur expression ultime dans le Brexit. Crise économique et aggravation des inégalités sociales, nationalisme exacerbé, velléités de sécession de l’Ecosse, instabilité de l’Irlande, services publics exsangues, syndicats laminés par quinze ans de thatcherisme et perte d’influence sur la scène diplomatique européenne et mondiale... Contextualisant le processus du Brexit au regard du temps long de l’histoire britannique, Clémence Fourton analyse ces dynamiques à l’oeuvre qui expliquent comment le Royaume-Uni en est arrivé là.

. Yves Buffetaut, Atlas de la Première Guerre mondiale. La chute des empires européens, Paris, Autrement, avril 2021.
Cet atlas retrace les origines, les enjeux et les conséquences de la Grande Guerre, dans toutes ses dimensions et à toutes les échelles. Les combats en Europe, les tensions au Moyen-Orient, les révolutions russes et l’implication des États-Unis attestent de la dimension internationale du conflit. Les grandes batailles ont marqué plus localement les pays : la Marne, les Dardanelles, Verdun, la Somme. La chute des empires, la création de nouveaux États et les rapports entre vainqueurs et vaincus sèment les germes du prochain conflit mondial. Grâce à plus de 80 cartes et infographies, l’auteur analyse cette période charnière de l’histoire du monde que fut la Première Guerre mondiale.

. Adèle Sutre, Géopolitique des tsiganes. Des façons d’être au monde, entre circulation et ancrages, Paris, Cavalier Bleu, avril 2021.

Qui sont les Tsiganes ? Quels points communs entre des familles manouches d’Auvergne, des Roms de Roumanie ou de Finlande, des Sinti allemands, des Gitans espagnols ou de Camargue, des Zingari italiens, des Gypsies anglais, des Roms australiens, américains ou argentins, des Tchinganés turcs ? Déclinées au pluriel, les géopolitiques des mondes tsiganes, dans cet ouvrage, proposent des clés de lecture pour penser des façons d’être au monde diverses, bien que généralement perçues de l’extérieur comme homogènes. En regardant le monde contemporain à la lumière du passé, Adèle Sutre cherche à rendre compte de toute l’importance des processus historiques dans la compréhension des enjeux contemporains.

. Kai Strittmatter, Dictature 2.0. Quand la Chine surveille son peuple (et demain le monde), Paris, Tallandier, mai 2021.

Xi Jinping concentre aujourd’hui un pouvoir plus important que Mao. Ce livre choc raconte la réalité de cette néo-dictature, remodelée par les nouvelles technologies.

La Chine arrive à un État de surveillance numérique parfait. Les technologies les plus modernes, notamment l’intelligence artificielle, propulsent son économie dans le futur. Elles recueillent, relient et exploitent, dans de gigantesques banques de données, chaque pas et pensée de plus d’un milliard de citoyens et de tous les visiteurs. L’objectif ? Le contrôle total de la population, avec pour étalon le « crédit social », un système fondé sur les bonus décernés par le Bureau de la fiabilité. Ainsi émerge une Chine nouvelle, mettant au pas ses minorités et aspirant à façonner un Internet et l’ordre mondial à sa mesure. Il est temps de nous inquiéter de ce défi pour nos démocraties.

. Lukas Aubin, La Sportokratura sous Vladimir Poutine. Une géopolitique du sport russe, Paris, Bréal, mai 2021.

Pourquoi la Russie vient-elle d’être exclue pendant 2 ans des compétitions sportives internationales ? Comment le sport est devenu entre 2000 et 2020 un instrument de soft power incontournable pour les autorités russes ? Qui gouverne le sport en Russie ? Pourquoi Vladimir Poutine se met-il en scène régulièrement en train de faire du hockey sur glace ou de pratiquer le judo ? Ce livre propose de répondre à ces questions grâce au concept original de " sportokratura " : un néologisme formé par l’auteur qui désigne le système politico-économico-sportif russe unique au monde construit depuis 20 ans par V. Poutine. Véritable exploration de la mécanique du système russe actuel, cet essai révèle ainsi les liens qui existent en Russie entre sport, politique et économie. Un regard inédit sur la géopolitique du sport russe sous Vladimir Poutine à l’intérieur et à l’extérieur du pays.

. Marc Hecker, Elie Tenenbaum, La Guerre de vingt ans. Djihadisme et contre-terrorisme au XXIème siècle, Paris, Robert Laffont, avril 2021.

Vingt ans, déjà, que les tours du World Trade Center se sont effondrées. Qui aurait cru alors que, deux décennies plus tard, la guerre globale contre le terrorisme se poursuivrait sans issue en vue ? Des sables du Sahara aux jungles d’Asie du Sud-Est, des plaines irakiennes aux montagnes afghanes, les pays occidentaux et leurs alliés continuent de pourchasser des djihadistes à la détermination sans faille.

La menace n’est pas cantonnée à ces contrées lointaines : l’Europe - et singulièrement la France - a payé un lourd tribut à ce long conflit. Al-Qaida a fait preuve d’une résilience remarquable et de nouveaux groupes, comme l’Etat islamique, sont apparus. La chute du " califat " proclamé par Daech n’a pas signé la fin de cette organisation, et encore moins celle de son idéologie mortifère. Le monde compterait deux à trois fois plus de combattants djihadistes aujourd’hui qu’au début du siècle.

Ce constat d’une interminable guerre d’usure interroge : qu’avons-nous fait de ces vingt ans ? En dépit des centaines de milliers de vies perdues et des sommes considérables dépensées, pourquoi la menace est-elle encore si élevée ? Fruit de plusieurs années d’enquêtes de terrain, cet ouvrage exceptionnel constitue la première histoire de la guerre contre le terrorisme de 2001 à aujourd’hui. Décryptant les dynamiques stratégiques de cet affrontement, les auteurs expliquent pourquoi il est si difficile de casser la spirale de la violence et tirent de ces deux décennies de lutte des leçons essentielles pour l’avenir.

. Philippe Moreau Defarges, Introduction à la géopolitique, Paris, Points, avril 2021.

Introduction à la géopolitique Au début du xxe siècle, la géopolitique s’épanouit comme " science " en quête des lois géographiques de la puissance. Si elle s’efface comme idéologie justificatrice après l’effondrement de l’Allemagne hitlérienne, elle reste une clé remarquable pour saisir les problématiques internationales, qui entremêlent l’histoire et la géographie. L’ouvrage étudie d’abord l’évolution de la géopolitique et les débats qu’elle a suscités chez les principaux acteurs du système mondial puis explicite, dans un second temps, la dimension géopolitique des grandes questions internationales : guerres, multiplication des échanges, essor des organisations internationales.
Enfin, après la géopolitique classique, centrée sur l’Etat, on en vient au foisonnement contemporain des géopolitiques. Philippe Moreau Defarges Ancien diplomate, chercheur à l’Institut français des relations internationales (IFRI) et enseignant à Sciences Po Paris, il est l’auteur de très nombreux ouvrages et articles sur les questions internationales, la mondialisation et la construction européenne.

. Samantha Besson, Reconstruire l’ordre institutionnel international, Paris, Fayard, avril 2021.

À l’heure où les États sont toujours plus concurrencés par des institutions nombreuses aux pouvoirs divers sur la scène internationale, Samantha Besson invite à re-poser la question institutionnelle en droit international pour contribuer ainsi à reconstruire l’ordre institutionnel mondial.
Les États n’agissent plus seuls sur la scène internationale. Interviennent désormais à leurs côtés, voire parfois à leur place, d’autres institutions comme les organisations internationales, les entreprises multinationales, les organisations non gouvernementales, les régions, ou encore les villes globalisées. Or, on ne dispose d’aucune indication claire, et encore moins d’un « droit international des institutions », permettant de répondre aux trois questions essentielles de l’organisation sociale et politique que sont la représentation, la règlementation et la responsabilité. Quelles institutions peuvent agir pour qui sur le plan international ? À quelles conditions leurs décisions peuvent-elles prétendre lier juridiquement, et avoir la légitimité de le faire ? Et, quelles institutions doivent répondre envers qui, et comment, de la violation du droit international ? Le temps est venu de reconstruire l’ordre institutionnel international.

. Franck Petiteville, Les organisations internationales, Paris, La Découverte, mai 2021.

Depuis 1945, les États ont multiplié les organisations internationales (ONU, Banque mondiale, OMS, OMC, etc.). Aucun enjeu des relations internationales n’échappe désormais à la compétence de ces organisations.
Comment interpréter leur prolifération avec le temps ? Comment s’adaptent-elles aux changements du système international ? Quelles fonctions exercent-elles ? De quel pouvoir disposent-elles face aux États ? Comment se construit leur légitimité ? Quelle est leur contribution aux grands enjeux des relations internationales (paix et sécurité, droits humains, globalisation, environnement) ?
Alors que le multilatéralisme est aujourd’hui mis à l’épreuve par le « retour » de l’État souverain et les rivalités entre grandes puissances, ce livre donne les clefs d’une mise en perspective historique, sociologique et théorique de la centralité des organisations internationales dans le monde globalisé.

. Frédéric Lert, Benjamin Vinot-Préfontaine, Ciels de combat – Témoignages inédits de pilotes de chasse de l’armée de l’air, Paris, Nimrod, mai 2021.

Afghanistan, Libye, Mali, Irak, Syrie... Les pilotes et navigateurs de combat de l’Armée de l’air accumulent depuis vingt-cinq ans les missions de guerre sous les latitudes les plus improbables. Mais si l’environnement géostratégique a considérablement changé en l’espace d’une génération, les fondamentaux de la vie des équipages ont finalement peu varié, avec toujours comme ingrédients principaux le travail, l’abnégation, le courage, la recherche incessante de la perfection, le tout mâtiné d’une bonne dose d’ironie grinçante et de traditions plus ou moins absconses...
En rassemblant une centaine de récits très différents, portés par la personnalité et l’expérience de chacun de leurs auteurs, Ciels de combat offre un témoignage authentique et unique, vécu de l’intérieur, sur le quotidien de ces équipages de chasse et les opérations réelles qu’ils conduisent. Ciels de combat entraîne le lecteur dans les missions de guerre les plus récentes en levant le voile sur la technicité extrême qui caractérise aujourd’hui le métier de chasseur.

. Jeef Mudimbi Kapilu, L’opposition politique et la conquête du pouvoir en république démocratique du Congo, Paris, L’Harmattan, avril 2021.

Ce livre présente les origines et le statut légal de l’opposition politique en République Démocratique du Congo en dégageant ses failles. Ces dernières se situent dans l’inefficacité des actions (stratégies) de l’opposition congolaise à conquérir et à exercer le plus longtemps possible le pouvoir politique conformément aux dispositions légales en vigueur. Ceci constitue une bonne leçon à tirer par l’opposition politique pour l’efficacité de ses actions ou de ses stratégies dans le futur.

. Michel Rocard, Faire la paix, Paris, Double Ponctuation, mai 2021.

"Faire la paix" est sans doute l’un des tout derniers textes inédits de Michel Rocard. Sa devise "Penser clair, parler vrai, agir juste" y est ici parfaitement illustrée. L’ancien Premier ministre y revient sur sa gestion de la crise néocalédonienne après l’épisode sanglant de la grotte d’Ouvéa, en 1988, et sur la signature des accords de Matignon qui ont permis de préserver la paix sur l’archipel océanien. D’une façon plus large, Michel Rocard s’y fait aussi théoricien de l’art et la manière d’instaurer la paix - des préceptes qui rendent ce texte profondément original et singulièrement moderne, susceptibles de s’appliquer à de nombreux types de conflits.

. Patrick Hassenteufel, Sabine Saurugger, Les politiques publiques dans la crise. 2008 et ses suites, Les presses de Sciences Po, Paris, février 2021.

Une étude de l’action publique dans les différents pays de l’Union européenne avant, pendant et après la crise économique et financière de 2008.
Comment évoluent les politiques publiques en temps de crise ? Traditionnellement, deux visions s’opposent : certaines analyses mettent en avant la continuité, tandis que d’autres insistent sur la brutalité des changements opérés. La réalité est plus nuancée : de grandes variations s’observent selon les secteurs et les échelles, comme le montre cette étude de l’action publique dans les différents pays de l’Union européenne avant, pendant et après la crise économique et financière de 2008.
Trois grandes leçons s’en dégagent : tout d’abord, les principaux changements se sont produits aux niveaux supranationaux, signe d’un renforcement des politiques publiques internationales et européennes ; ensuite, des dynamiques antérieures portées par des acteurs réformateurs dans des domaines tels que l’emploi et la protection sociale se sont amplifi ées ; enfin, les usages politiques de la crise ont joué un rôle clé dans les variations constatées entre continuité et changement. Le cadre comparatif et international que propose cet ouvrage se révèle précieux pour comprendre l’action publique menée durant les crises, jusqu’à celle de la Covid-19.

. Pierre Conesa, Le Lobby saoudien en France – Comment vendre un pays invendable, Paris, Denoël, avril 2021.

L’Arabie saoudite rivalise avec la Corée du Nord en matière d’atteintes aux droits de l’homme ; d’absence totale de droits de la femme ; d’usage de la torture ; d’intolérance religieuse absolue ; d’interventions militaires extérieures (Bahreïn, Yémen) ; d’absence de liberté de conscience, de la presse et de liberté d’opinion, etc. Une spécificité supplémentaire propre à l’Arabie : la peine de mort pour "blasphème" et l’athéisme assimilé à du terrorisme.
Longtemps le régime s’est recroquevillé dans sa superbe indifférence avant que la guerre au Yémen ou l’assassinat de Khashoggi ne l’obligent à soigner son image. La solution a donc consisté à contracter avec toutes les sociétés internationales de relations publiques et les cabinets de lobbying, en particulier aux Etats-Unis et en France.

. Anne Choquet, Camille Escudé-Joffres, Frédéric Lasserre, Géopolitique des pôles – vers une appropriation des espaces polaires ? Paris, Le cavalier bleu, avril 2021.
Les régions polaires sont engagées dans un processus de changements climatiques majeurs qui font redouter une cristallisation des rivalités pour l’accès aux richesses minières et énergétiques, ainsi qu’aux nouvelles routes maritimes dégagées par la fonte de la banquise. Ainsi, serions-nous à l’aube d’une nouvelle Guerre froide, voire d’un conflit armé. Or, une analyse précise de la situation et des acteurs en présence montre que ces scénarios catastrophe sont grandement exagérés.
Plutôt que l’affirmation de la souveraineté individuelle des Etats, on assiste en effet à la mise en place d’une coopération au travers de traités internationaux spécifiques et d’instances de dialogue. Car l’enjeu est avant tout de gérer les impacts dévastateurs des changements climatiques au regard desquels la question de savoir à qui appartiennent les pôles est bien dérisoire...

. Adèle Sutre, Géopolitique des tsiganes – des façons d’être au monde, entre circulation et ancrages, Paris, Le Cavalier Bleu, avril 2021.
Qui sont les Tsiganes ? Quels points communs entre des familles manouches d’Auvergne, des Roms de Roumanie ou de Finlande, des Sinti allemands, des Gitans espagnols ou de Camargue, des Zingari italiens, des Gypsies anglais, des Roms australiens, américains ou argentins, des Tchinganés turcs ? Déclinées au pluriel, les géopolitiques des mondes tsiganes, dans cet ouvrage, proposent des clés de lecture pour penser des façons d’être au monde diverses, bien que généralement perçues de l’extérieur comme homogènes.
En regardant le monde contemporain à la lumière du passé, Adèle Sutre cherche à rendre compte de toute l’importance des processus historiques dans la compréhension des enjeux contemporains.

. Fayçal Hatri, Droit du contentieux international aérien, Paris, L’harmattan, mars 2021.
Responsabilité du transporteur, commerce d’aéronefs et des services aériens, terrorisme aérien transfrontalier, souveraineté aérienne, utilisation des drones ou encore pollution aéronautique sont autant de questions à fort potentiel litigieux. Le fait international aérien possède une prédisposition « conflictogène ». Les interactions entre acteurs aéronautiques génèrent des différends internationaux complexes où le politique s’imbrique au juridique, l’économique au sanitaire, le technologique à l’environnemental, le sécuritaire au symbolique. Le mécanisme international de solution des différends aériens apporte, cependant, des règlements peu congruents en la matière. Élaboré autour du Conseil de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), ce mécanisme répond peu aux besoins des justiciables aux dépens d’une atomisation du contentieux international aérien autour d’une multitude de juridictions internationales. Cette fragmentation jurisprudentielle a légitimé l’idée d’une juridiction internationale spécialisée.

. Olivier Nay, Histoire des idées politiques – 3ème édition – La pensée politique occidentale de l’Antiquité à nos jours, Paris, Armand Colin, juin 2021.
Comment les hommes comprennent-ils leur époque Comment envisagent-ils leur avenir ? Quelle influence leurs idées exercent-elles sur la société ? Quel lien existe-t-il entre la philosophie, le droit, la religion et les grandes luttes politiques qui divisent le corps social ? Dans une perspective ouverte sur l’histoire sociale et politique, l’auteur procède à une analyse rigoureuse des grands débats philosophiques et juridiques qui ont contribué à la formation de la pensée occidentale.
La troisième édition de cet ouvrage, véritable référence dans le domaine, qui présente un vaste panorama des idées politiques de l’Antiquité gréco-romaine à nos jours, est enrichi d’un chapitre inédit entièrement consacré à la question des pensées dites " dissidentes " : féminisme contemporain, pensée environnementaliste, nouvelles radicalités intellectuelles... Une somme de connaissances incontournable pour tous les passionnés des idées.

. Savvas Kalenteridis, Constantin Pikramenos, Le service secret turc – guerre sur tous les fronts, Paris, VA Editions, avril 2021.
Qu’est-ce vraiment que le MIT, le service du renseignement turc ? Quel est le rôle joué par le MIT dans la stratégie néo-ottomane de Recep Tayyip Erdogan ? Est-il autorisé à " ? liquider ? " des opposants à l’étranger ?? Quelle a été son implication dans l’assassinat des trois militantes kurdes du PKK à Paris en 2013 ?? Comment fonctionne-t-il ? Quelles sont ses méthodes ?? Quelles sont son histoire et son origine ? Quelles sont ses opérations au Moyen-Orient, en Afrique, aux Etats-Unis, en Europe et finalement comment opère-t-il dans l’Hexagone ? Ce livre apporte des réponses à ces questions importantes pour mettre en pleine lumière ce qu’est le MIT qui se dissimule derrière un immense voile de secrets.
Lorsqu’Erdogan accuse Macron d’être " en état de ? mort cérébrale ? " et que la marine turque cible des frégates françaises au large de la Libye, comprendre le fonctionnement du renseignement turc devient une nécessité urgente pour les élites politiques françaises, mais aussi pour le citoyen curieux... Un livre éclairant pour mieux comprendre la politique agressive du néo-sultan Erdogan.

. Sylvie Matelly, Géopolitique de l’économie- 40 fiches illustrées pour comprendre le monde, Paris, Eyrolles, avril 2021.
Qu’est-ce que l’économie à l’ère de la mondialisation ? Quels sont ses enjeux géopolitiques ? Peut-on parler de guerre économique ? Ces questions traversent l’histoire contemporaine et resurgissent au fil de l’actualité. Des clichés à la réalité, cet ouvrage nous parle de lieux, de faits et de chiffres pour nous aider à y voir plus clair. Spécialiste incontesté, l’auteur propose 40 fiches documentées pour cerner les enjeux et les défis de la région. L’ensemble est illustré de cartes, graphiques et tableaux.

. Roland Pourtier, Congo, un fleuve à la puissance contrariée, CNRS édition, 2021.

Fleuve le plus puissant au monde après l’Amazonie, le Congo draine un immense bassin partagé entre neuf États. Il a donné son nom à deux d’entre eux. Au cœur d’une histoire tumultueuse qui mit en contact les sociétés d’Afrique équatoriale et l’Europe, soumis à une exploitation coloniale brutale, il n’a cessé d’être convoité pour ses richesses naturelles. «  Potentiellement  » riches, les pays riverains du grand fleuve comptent en réalité parmi les plus pauvres du monde.
Ce paradoxe de la puissance contrariée, tant par la nature qui a coupé le fleuve de son ouverture atlantique que par le cours d’une histoire souvent chaotique, constitue le fil conducteur d’un voyage fascinant aux pays du Congo. L’auteur les a parcourus durant trois décennies. Il en montre les mutations comme les freins au développement, et interroge les promesses de l’or blanc, de l’or vert, de l’or bleu. Il livre en six tableaux le fruit d’une réflexion sans tabou, murie au carrefour de la géohistoire, de l’anthropologie économique, de la politique, de la culture et des arts. Cet essai de géographie globale propose des clés essentielles pour comprendre la complexité du bassin du Congo dans son rapport au monde.

Roland Pourtier, géographe, professeur honoraire de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, a consacré l’essentiel de ses recherches aux pays du bassin du Congo.

. Jean-Dominique Giuliani et Pascale Joannin, Atlas permanent de l’Union européenne, 5e édition, éd. Marie B.
L’Union européenne, avec ses 27 États membres et ses 447 millions d’habitants, est l’une des principales puissances économiques et commerciales mondiales. Mais elle reste encore trop largement méconnue.

La Fondation Robert Schuman met à la disposition de tous une nouvelle édition de son Atlas permanent de l’Union européenne qui reflète les derniers changements politiques et économiques intervenus dans l’Union européenne et chacun de ses États membres.

La 5ème édition de cet ouvrage, unique en son genre, élaboré par les experts de la Fondation :
. propose une vue complète et facile d’accès, de l’Union européenne, de la zone Euro et de chacun de ses 27 États membres et leurs territoires d’Outre-mer ;
. synthétise l’essentiel de l’histoire et des réalités politiques et économiques ;
. offre plus de 50 cartes physiques et géopolitiques de l’Europe.

. Damien Degeorges, Terres rares : enjeu géopolitique du XXIè siècle – Chine – États-Unis – Europe – Japon – Groenland, Paris, L’Harmattan, février 2021.

Août 2019. Tandis que la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis bat son plein et que la partie chinoise menace de fermer le robinet des si stratégiques terres rares, groupe de métaux dont elle assure une très large part de la production mondiale, le président des Etats-Unis, Donald J. Trump, provoque une onde de choc mondiale en se montrant intéressé par rachat du Groenland, territoire autonome danois qui n’est pourtant pas à vendre.

C’est que les ambitions chinoises avaient au fil des années fini par s’approcher trop dangereusement d’intérêts vitaux américains via cette île de l’Arctique des plus stratégiques pour la défense américaine. D’aucuns ont alors lu dans ce renouveau de l’intérêt américain pour un achat du Groenland un message indirect : "achetons" le Groenland, au demeurant riche en terres rares, avant que les Chinois ne le fassent.

De par leurs caractéristiques, les terres rares sont incontournables, à la fois à l’ère numérique mais également et surtout dans un siècle où l’économie faiblement émettrice en gaz à effet de serre s’affirme comme préalable à toute croissance. D’où une demande croissante et un enjeu qui ne cesse de s’affirmer lors de tensions géopolitiques impliquant la Chine et un autre grand consommateur de terres rares.

. Franck Galland, Guerre et eau. L’eau, enjeu stratégique des conflits modernes, Paris, Robert Laffont, mars 2021.

De la Première Guerre mondiale à aujourd’hui, le premier essai destiné au grand public sur l’importance stratégique des ressources en eau dans la conduite de la guerre. Des premiers combats de 1914 à l’engagement actuel des armées françaises dans la bande saharo-sahélienne, l’eau est une composante stratégique des opérations militaires. Sa maîtrise a ainsi influencé le sort de plus d’une bataille de la Première Guerre mondiale.
Elle fut également un enjeu crucial de la guerre du Désert durant la Seconde et au centre de la planification du Débarquement en 1944. Après 1945, les ressources en eau sont devenues progressivement des cibles et des armes de destruction dans de multiples conflits, jusqu’aux affrontements récents avec Daesh en Irak et en Syrie. Aujourd’hui, sur fond de bouleversement climatique, de pression démographique et d’explosion de la demande, certaines régions du monde sont confrontées à une rareté grandissante des ressources disponibles.

Cela pose des questions essentielles en matière de sécurité hydrique, alimentaire, énergétique et environnementale. L’eau est ainsi devenue un enjeu de sécurité collective. Prenant appui sur des archives militaires et sur des sources diplomatiques inédites, cet essai offre à la fois un éclairage nouveau sur les conflits qui ont traversé et traversent notre monde et une meilleure compréhension des enjeux géopolitiques que portent les ressources naturelles.

. Hervé Lejeune, Afriques : le saut du léopard – Regards sur le présent et le futur des Afriques, Paris, L’Harmattan, mars 2021.

L’Afrique n’est pas une. Certains parlent même de "léopardisation" pour dire ses multiples visages, ses histoires, ses géographies, ses peuples et ses économies très diverses. Cet ouvrage, qui regroupe des articles publiés par l’AIDOP (Agence internationale diplomatie et opinion publique), est organisé en cinq parties envisageant les marges de manoeuvre, les hommes et les femmes de demain, les maux qui "empêchent" , les dépendances et les Afriques.
Il s’agit d’abord de regarder vers l’avenir, sans occulter les réalités présentes.

. Moussa Mara, Cultivons nos Afriques – Pour une renaissance culturelle africaine, Paris, Débats Publics, mars 2021.

La culture doit être l’un des plus ambitieux projets africains au XXIe siècle. Au moment où la mondialisation et la pandémie de Covid-19 accélèrent tous les processus de dématérialisation des économies, il nous faut envisager la culture africaine comme une boussole capable de montrer aux Africains et au reste du monde un nouveau cap.

Prise dans son acception la plus large, englobant la littérature, les arts vivants, les langues, les arts plastiques, les productions audiovisuelles et cinématographiques, la musique ou l’architecture, la culture doit faire l’objet d’une promotion et d’une stratégie de développement à l’échelle continentale portée par une volonté commune. Il s’agit d’une double révolution, spirituelle et économique, que les civilisations africaines, dans leur formidable diversité, doivent mener pour construire le XXIe siècle.

Ode aux richesses éternelles de l’Afrique, à sa jeunesse, à ses talents, à sa créativité, le texte de Moussa Mara est un manifeste qui invite à œuvrer collectivement à une renaissance culturelle du continent africain, source d’inspiration pour les civilisations du monde entier.

. Olivier d’Auzon, Piraterie maritime d’aujourd’hui – Afrique et Indo-Pacifique, Paris, VA éditions, mars 2021.

Plus que jamais tributaires de la maritimisation des échanges et de nos modes de vie, l’actualité des menaces maritimes pèse sur nos économies globalisées. Terrorisme, piraterie, cybercrime, trafic organisé d’êtres humains, narcotrafic international, trafic illicite de déchets, d’armes ou encore de biens contrefaits, fraudes, pêche illégale, pollution expriment les multiples facettes d’une activité criminelle.
Quelle est, en Afrique, comme dans le reste du monde, l’importance du domaine maritime pour l’économie ? Est-ce un élément vital de l’économie et, dans de nombreux cas, un élément central de la sécurité et de la souveraineté alimentaires ? La piraterie se poursuit-elle au large des côtes somaliennes et a-telle été vaincue ? Ce livre démontre pourquoi l’insécurité maritime a un coût stratégique et économique (vulnérabilité du commerce mondial, prolifération des réseaux criminels, augmentation des assurances pour les armateurs), mais aussi un coût humain (équipages menacés, populations locales empêchées de vivre du commerce de leur pêche).
Il explique pourquoi la coopération dans le domaine de la sécurité maritime constitue un élément essentiel du partenariat qu’entretient la France avec les pays riverains du golfe de Guinée, de l’océan Indien comme de l’Indo-Pacifique.

. Sébastien Philippe, Tomas Statius, Toxique – Enquête sur les essais nucléaires français en Polynésie, Paris, Coédition PUF/Disclose, mars 2021

Entre 1966 et 1996, la France a procédé à 193 essais nucléaires en Polynésie. Le dernier sous la présidence de Jacques Chirac. En trente ans, le programme a laissé des traces : dans la société polynésienne, dans les corps de ses habitants et de nombreux vétérans, dans l’environnement de ce territoire vaste comme l’Europe. Grâce à l’exploitation de 2 000 pages d’archives déclassifiées, de centaines d’heures de calculs et des dizaines de témoignages, ce livre présente le résultat d’une enquête de plus de deux ans sur cette expérience collective, traumatique et encore taboue.
Fruit d’une collaboration inédite entre un scientifique expert du nucléaire, un journaliste du média d’investigation Disclose et Interprt, un collectif d’architectes spécialisés dans l’analyse criminalistique, ce travail met au jour ce qui a longtemps été caché au public : les conséquences sanitaires et environnementales des essais nucléaires français dans le Pacifique.

. Albert Soued, Quand le Moyen-Orient verra-t-il la paix ?, Paris, Les éditions de l’histoire, avril 2021.

L’ensemble des chroniques dans cet ouvrage, toutes parues et classées ici par thématiques, proposent une analyse exhaustive d’une situation complexe "chaotique : celle qui, depuis déjà un siècle, caractérise le Moyen-Orient, empenné dans ses multiples convulsions, tiraillé au travers des crises qui secouent la Libye, la Syrie, l’Egypte, l’Iran, le Liban, le Qatar, l’Arabie-saoudite, au milieu desquels Israël reste menacé et enclavé.
Cette situation a pris une ampleur insoupçonnée et menaçante depuis une vingtaine d’années. La principale difficulté des solutions à l’occidentale, c’est que, localement, on raisonne et on agit autrement. Ne tenant pas compte de ce décalage, les ingérences étrangères ont souvent mis de l’huile sur le feu. Finalement, se pose la question : la paix est-elle possible ? Pour Albert Soued, compte tenu de ce qui se produit depuis des décennies, elle reste peut-être une promesse illusoire.

. Anne Choquet, Camille Escudé-Joffres, Frédéric Lasserre, Géopolitique des pôles – Vers une appropriation des espaces, Paris, Cavalier Bleu, avril 2021.

Les régions polaires sont engagées dans un processus de changements climatiques majeurs qui font redouter une cristallisation des rivalités pour l’accès aux richesses minières et énergétiques, ainsi qu’aux nouvelles routes maritimes dégagées par la fonte de la banquise. Ainsi, serions-nous à l’aube d’une nouvelle Guerre froide, voire d’un conflit armé. Or, une analyse précise de la situation et des acteurs en présence montre que ces scénarios catastrophe sont grandement exagérés.
Plutôt que l’affirmation de la souveraineté individuelle des Etats, on assiste en effet à la mise en place d’une coopération au travers de traités internationaux spécifiques et d’instances de dialogue. Car l’enjeu est avant tout de gérer les impacts dévastateurs des changements climatiques au regard desquels la question de savoir à qui appartiennent les pôles est bien dérisoire...

. Christophe Juhel, Conflits politiques et religieux en Afrique subsaharienne, Paris, Presses universitaires de Perpignan, avril 2021.

Cet ouvrage présente des diagnostics et des préconisations émanant des meilleurs spécialistes de la question, en Afrique de l’ouest, des conflits en Afrique subsaharienne. Sont étudiées les formes que prend la conflictualité dans cette partie du monde (terrorisme, trafics de drogues, crises politiques, affrontements ethniques, criminalité ordinaire...), ainsi que les réponses qui sont apportées par les pouvoirs publics (administrations en charge du maintien de l’ordre et de la sécurité, protection des personnes vulnérables, problèmes posés du point de vue de la protection des droits de l’homme...).

. Hasni Abidi, Le Moyen-Orient selon Joe Biden, Paris, Erick Bonnier, avril 2021.

Le Moyen-Orient est-il démocrate ou républicain ? L’arrivée de Joe Biden à la Maison Blanche provoque des réactions contrastées dans la région. Certains Etats redoutent une rupture dans la politique étrangère américaine, d’autres relativisent l’impact d’une nouvelle administration et évoquent une redéfinition des choix et des priorités de la politique américaine au Moyen-Orient. La décision de Joe Biden de faire appel à Antony Blinken pour le département d’Etat et à Jake Sullivan pour la direction de la Sécurité nationale dénote une volonté de traduire en partie les promesses électorales en matière de politique étrangère : le retour à l’approche multilatérale, une collaboration étroite avec les alliés traditionnels de Washington et la préservation des intérêts américains.
Le président américain change, mais les intérêts américains au Moyen-Orient ne changent pas.

. Xavier Crettiez, Nathalie Duclos, Violences politiques – Théories, formes, dynamiques, Paris, Armand Colin, avril 2021.

Guerres, attentats, radicalisation, mouvements de révolte sociale... l’actualité nationale et internationale est fortement marquée par des manifestations de violences politiques extrêmes dans un contexte de chamboulement de l’ordre mondial et d’incertitudes sur l’avenir. Pour comprendre ces phénomènes et les mettre à distance, cet ouvrage propose une grille de lecture complète des violences politiques, en convoquant les apports de la sociologie politique et de celle de l’action collective.
Après une présentation des grands modèles théoriques d’explication de la violence (théories fonctionnalistes, marxistes, identitaires, émotionnelles, de la frustration...), il propose une typologie précise des violences extrêmes (terrorisation, conflictualités, etc.) et vient interroger l’activation de la violence en démocratie à des fins d’interpellation politique.

. Hélène Tordjman, La croissance verte contre la nature. Critique de l’écologie marchande, Paris, La Découverte, mars 2021.

Fabriquer de toutes pièces des micro-organismes n’ayant jamais existé pour leur faire produire de l’essence, du plastique, ou absorber des marées noires ; donner un prix à la pollinisation, à la beauté d’un paysage ou à la séquestration du carbone par les forêts en espérant que les mécanismes de marché permettront de les protéger ; transformer l’information génétique de tous les êtres vivants en ressources productives et marchandes… Telles sont quelques-unes des « solutions » envisagées aujourd’hui sous la bannière de la transition écologique, du Pacte vert européen ou du Green New Deal pour répondre tout à la fois à la crise climatique, au déclin de la biodiversité et à la dégradation de la biosphère. Sont-elles vraiment en mesure de préserver la planète ?
En disséquant les ressorts idéologiques, techniques et économiques de ce nouveau régime de « croissance verte », Hélène Tordjman montre que ses promoteurs s’attachent plutôt à sauvegarder le modèle industriel qui est la cause de la catastrophe en cours. Alors que de nouvelles générations de carburants « biosourcés » intensifient une logique extractiviste et contreproductive et que l’élargissement du droit de la propriété intellectuelle à toutes les sphères du vivant permet à quelques firmes de s’approprier l’ensemble de la chaîne alimentaire, l’attribution de prix aux « services écosystémiques », le développement de dispositifs de compensation écologique ou les illusions d’une finance prétendument verte stimulent un processus aveugle de marchandisation de la nature.
Loin d’opérer la rupture nécessaire avec le système économique qui nous conduit à la ruine, ce mouvement témoigne en réalité d’une volonté de maîtrise et d’instrumentalisation de toutes les formes de vie sur Terre et d’une foi inébranlable dans les mécanismes de marché. Refuser cette fuite en avant est le premier pas à engager pour tracer enfin une autre voie.

. Houda Laroussi, La Tunisie en pandémie. De la corruption à la solidarité, Paris, L’Harmattan, février 2021.

Cet essai montre que la pandémie que nous vivons actuellement est devenue un phénomène social qui imprime profondément les comportements individuels et collectifs et témoigne d’un virage sans précédent dans le cours des sociétés. Ce « coronavirage » constitue pour l’auteure l’occasion de se pencher sur la société tunisienne, appréhendée dans un nouveau cadre géopolitique marqué par un contexte de rivalités américano-chinoises et d’affaiblissement de l’Europe. La gestion de la pandémie révèle la permanence de la corruption politique et financière et la recrudescence du marché parallèle et des pratiques informelles. Dans cette perspective, l’auteure en appelle à un nouveau projet d’économie sociale et solidaire, qui prendrait place dans la construction d’un troisième secteur, en complémentarité avec le secteur public et le secteur privé, venant se substituer aux actuelles pratiques informelles et clandestines.

. INJEP, Génération désenchantées ? – Jeunes et démocratie, Paris, La Documentation Française, mars 2021.

Les analyses rassemblées dans ce livre présentent un tableau approfondi des valeurs juvéniles et de leurs évolutions. En s’appuyant sur de solides enquêtes, ce rapport de l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (INJEP) aborde différentes entrées sur la démocratie en observant plus particulièrement les évolutions entre les différentes vagues de l’enquête européennes sur les valeurs.
Ses analyses s’intéressent aussi bien aux valeurs politiques qu’au rapport des jeunes aux normes sociales, au travail, à la famille, à l’écologie. Elles examinent aussi les différenciations à l’oeuvre selon l’âge, le niveau d’études, le genre et l’origine. Quelles sont les variations sociodémographiques observées ? Et parmi les jeunes, observe-t-on sur ces sujets beaucoup d’homogénéité ou au contraire peut-on identifier plusieurs jeunesses ?

. Jean-Numa Ducange, Quand la Gauche européenne pensait la Nation – Nation, nationalités et socialismes à la Belle Époque, Paris, Fayard, mars 2021.

La gauche doit-elle défendre la nation ? Crise du projet européen, mises en cause des frontières, retour des nationalismes et xénophobie font chaque jour l’actualité. Le dépassement des frontières nationales, qui semblait un temps aller de soi, n’était-il pas une erreur de diagnostic ? Dans des sociétés plurielles, comment peuvent coexister des populations qui ne disposent pas, à l’origine, d’une histoire partagée ? Toutes ces interrogations furent débattues par la gauche européenne au cours de son histoire.
Dans cet essai novateur élaboré à partir du monde germanophone, Jean-Numa Ducange restitue ce grand débat qui occupa les têtes pensantes du socialisme, comme le quotidien des militants. Dans la seconde moitié du xixe siècle, les premiers partis socialistes durent se confronter à une évidence : l’extension du marché et du capitalisme, pas plus que les luttes des travailleurs à l’échelle internationale, n’ont conduit à la disparition des nations.
Le Parti social-démocrate allemand n’est à l’époque pas seul à proposer des solutions, mais nul n’a alors plus d’influence à l’étranger : de Paris à Moscou, il fascine. Surtout, lui et son alter ego autrichien sont confrontés aux problèmes posés par la coexistence de multiples nationalités, tandis que la question coloniale s’impose sur le devant de la scène.

. Julie Alix, Olivier Cahn, Terrorisme et infraction politique, Paris, Mare et Martin Éditions, mars 2021.

Nos travaux consacrés à la "guerre contre le terrorisme" ont révélé les limites épistémologiques de l’exclusion du terrorisme du domaine de l’infraction politique. Y remédier imposait une étude pluridisciplinaire. Les contributions rassemblées en première partie de l’ouvrage exposent l’appréhension par les sciences juridiques, politiques et sociales du rapport entre ces notions, mal définies par le droit, et établissent la pérennité d’une question qui travaille les sciences criminelles depuis le XIXè siècle et les imperfections des justifications et des réponses juridiques apportées.
La seconde partie propose de redéfinir l’infraction politique comme une expression du droit de la démocratie de se défendre, y compris contre le terrorisme.

. Patrick Hassenteufel, Sabine Saurugger, Les politiques publiques dans la crise. 2008 et ses suites, Paris, Les Presses de Sciences Po, février 2021.

Une étude de l’action publique dans les différents pays de l’Union européenne avant, pendant et après la crise économique et financière de 2008.
Comment évoluent les politiques publiques en temps de crise ? Traditionnellement, deux visions s’opposent : certaines analyses mettent en avant la continuité, tandis que d’autres insistent sur la brutalité des changements opérés. La réalité est plus nuancée : de grandes variations s’observent selon les secteurs et les échelles, comme le montre cette étude de l’action publique dans les différents pays de l’Union européenne avant, pendant et après la crise économique et financière de 2008.
Trois grandes leçons s’en dégagent : tout d’abord, les principaux changements se sont produits aux niveaux supranationaux, signe d’un renforcement des politiques publiques internationales et européennes ; ensuite, des dynamiques antérieures portées par des acteurs réformateurs dans des domaines tels que l’emploi et la protection sociale se sont amplifiées ; enfin, les usages politiques de la crise ont joué un rôle clé dans les variations constatées entre continuité et changement. Le cadre comparatif et international que propose cet ouvrage se révèle précieux pour comprendre l’action publique menée durant les crises, jusqu’à celle de la Covid-19.

. Frédéric Charillon (sous la dir.), La France dans le monde, CNRS éditions, février 2021.
Puissance globale ou acteur européen ? Référence culturelle mondiale ou nation oubliée ? Le rang de la France dans le monde, ainsi que sa marge de manœuvre, posent aujourd’hui de nombreuses questions.
Les bouleversements géopolitiques récents, comme la montée en puissance de l’Asie, le Brexit ou le développement de populismes illibéraux, impliquent la redéfinition de l’action extérieure de la France. Du couple franco-allemand à l’alliance atlantique, en passant par le rapport aux Suds marqué par l’héritage colonial, c’est toute la relation de la France à ses voisins plus ou moins proches qui est étudiée ici. Les instruments à sa disposition sont aussi passés au crible : l’outil diplomatique, la compétence militaire, bien sûr, mais aussi la promotion de son modèle laïc.
Un livre pour mieux comprendre et penser le rôle international de la France, adapté aux temps qui viennent.

. Antoine Maire, La Mongolie contemporaine. Chronique politique, économique et stratégique d’un pays nomade, CNRS édition, février 2021

La Mongolie est principalement connue en Europe pour les conquêtes du plus illustre de ses empereurs, Gengis khan, ou pour la survivance d’un nomadisme pastoral. Ces deux éléments expliquent l’attrait d’un nombre grandissant de touristes en quête d’exotisme et d’authenticité, et suscitent une production littéraire variée, notamment de nombreux récits de voyage. Ce pays, qui a connu des bouleversements importants au cours des dernières décennies, reste pourtant méconnu en France, et ailleurs dans le monde. Une étude consacrée aux évolutions politiques, économiques et stratégiques s’imposait.
La Mongolie se distingue par quatre caractéristiques majeures : la centralité du secteur minier, l’héritage du socialisme, l’enclavement géographique, et le nomadisme pastoral. Ces éléments ont été au cœur des mutations de ce pays après sa révolution démocratique de l’hiver 1989-1990. Après avoir été le second pays au monde à adopter un mode de développement socialiste, la Mongolie a embrassé la démocratie et le capitalisme lors d’un processus de transition non-violent, exposant le pays à des défis économiques, sociaux et identitaires importants.
À quoi ressemble donc la Mongolie d’aujourd’hui ? Quelle est l’articulation entre les dynamiques économiques et politiques de ce pays asiatique richement doté en matières premières ? Quels sont les grands enjeux géopolitiques auxquels font face les autorités ? Quelle nouvelle stratégie de sécurité ont-elles élaborée face à leurs deux voisins géants, la Chine et la Russie ? Dressant le portrait de cette «  nouvelle  » Mongolie, Antoine Maire nous introduit à son parcours original et complexe, loin des clichés parfois véhiculés sur ce pays.

Antoine Maire est chercheur associé à la Fondation pour la Recherche Stratégique (FRS). Il a été chargé de mission au ministère des Armées, où il a suivi les évolutions stratégiques en Asie du Nord-Est, et notamment en Mongolie. Il a publié Les Mongols, insoumis (Ateliers Henry Dougier, 2016).

. Laurence Duboys Fresney, Atlas des Français. Plus de 180 cartes et graphiques. éd. Autrement, 2021

En 2021, les Français sont désormais bien entrés dans le XXIe siècle. À quoi ressemble aujourd’hui notre société ? Les discriminations face à l’emploi s’atténuent-elles pour les enfants de l’immigration ? Quels sont les bastions qui restent à conquérir pour les « petites-filles du baby-boom » ? Quels sont les nouveaux visages de la délinquance, et le sentiment d’insécurité est-il rationnel ? Quels sont les départements qui profitent le plus des mouvements de population ?
Droit à l’éducation, accès au logement, pouvoir d’achat, éclatement de la classe moyenne, épargne, place des femmes, des jeunes et des seniors, services publics, influence de la religion, accès au numérique ou équilibre entre travail et loisirs : le bilan que dresse l’auteur met en lumière la complexité et les paradoxes de la société française. L’impact de la pandémie comme accélérateur du changement social est également abordé dans un premier état des lieux.
Grâce à 180 cartes, graphiques et infographies présentant les résultats des dernières enquêtes et statistiques de l’Observatoire français des conjonctures économiques de Sciences Po, cet atlas passionnant dévoile les grandes tendances mais aussi les constantes des transformations à l’œuvre.

. Bernard Rougier, Figures du jihad mondial, Paris, PUF, mars 2021.

Avant-propos inédit de Bernard Rougier Dans la première partie, " Qu’est-ce que le salafisme ? ", l’auteur se propose d’expliquer le salafisme en restituant les dimensions théologiques, sociales et politiques d’un phénomène complexe. Ce mouvement a acquis une forte visibilité en France ces dernières années et les figures emblématiques du terrorisme international s’en réclament pour justifier leur lutte contre l’Occident.
Cet ouvrage restitue les dimensions théologiques, sociales et politiques d’un phénomène complexe. Il montre comment des influences religieuses ayant leur origine dans la péninsule arabique parviennent à modifier les comportements de certains musulmans et pourquoi cette forme de pratique religieuse se développe. La seconde partie, L’Oumma en fragments, répond à une double ambition : proposer une grille de lecture des formes d’action militante au Moyen-Orient et l’appliquer à plusieurs séquences de mobilisations ancrées dans l’espace du Nord-Liban, à travers une étude en situation du comportement de ses principaux acteurs.
L’hypothèse théorique porte sur l’existence dans l’espace de crise du Levant (Palestine, Liban, Syrie) d’un triangle militant structuré autour de trois modèles d’engagement : le résistant (mouqâwim), le combattant (mouqâtil) et le combattant du jihâd (moujâhid). Ces trois figures, qui disposent chacune de leurs règles et de leurs modalités propres d’action, s’affrontent sur le sens et le statut de l’islam sunnite dans la région.

. Christian Kabore, Marc Roch, Burkina Faso, un rempart au Sahel – Entretiens avec Michael Darmon, Paris, L’Archipel, mars 2021.

Du fait de sa situation géopolitique, le Burkina Faso joue un rôle essentiel dans la guerre contre le djihadisme. Son président, Roch Marc Christian Kaboré, évoque pour la première fois les luttes et les enjeux du conflit en cours au Sahel, bataille qui se déroule sous les yeux de l’Europe. En première ligne de la guerre contre le terrorisme, le Burkina Faso est un rempart au cœur du Sahel. Pour la première fois, son président, Roch Marc Christian Kaboré, évoque le théâtre militaire où se jouent la sécurité et l’équilibre de l’Occident.
A la tête du G5 Sahel ces dernières années, le Burkina Faso, où s’élabore une mutation démocratique inédite dans cette région du monde, est un pays soumis à de multiples tensions internes. Le président Kaboré a fait évoluer ce pays d’un régime fort vers un État de droit se fondant sur une Constitution garante de la vie démocratique. La lutte contre la pauvreté et le développement économique sont des préoccupations quotidiennes, mais l’espoir vient du sous-sol : le Burkina possède la plus grande réserve de manganèse au monde ; la future reprise en main de son exploitation par l’exécutif burkinabé recèle un fort potentiel de croissance.
Sur le plan extérieur, le Burkina Faso est devenu un carrefour géopolitique. Les grandes puissances y sont présentes et les services de renseignement occidentaux suivent de près la bataille incessante contre le djihadisme. Une course contre la montre est engagée : si les Etats du Sahel s’effondrent, un nouvel État islamique prendrait pied au sud de l’Europe. Attentats, prises d’otages, opérations militaires...
 : pour la première fois, un dirigeant du Sahel raconte la guerre secrète qui se livre dans cette région du monde, depuis l’intérieur des sommets internationaux et des cellules de crise.

. Henri Clément, Les mercenaires au Congo – 1965-1968, Paris, Histoire et Collections, mars 2021.

Si de nombreux ouvrages ont raconté les débuts de l’indépendance du Congo Belge, l’échec de l’indépendance du Katanga et l’assassinat de Patrice Lumumba, quasiment rien n’avait été écrit les évènements depuis la prise pouvoir par le général Mobutu, jusqu’à la fin des mercenaires, soit juillet 1965 à juillet 1968. Ce livre est une synthèse des différentes actions politiques et militaires qui s’y superposèrent dans le plus grand désordre.
Mais aussi et surtout l’histoire des mercenaires qui tentèrent durant trois années de rétablir un semblant d’ordre dans un pays totalement déchiré. Grâce à eux, Mobutu a pu s’installer au pouvoir avec la complicité active des Etats-Unis et de la CIA. Lorsque les " Affreux ", pour de multiples raisons de politique intérieure et panafricaine, devinrent inutiles, il fallut trouver une solution pour s’en débarrasser.
Voici leur histoire abondamment illustrée de photos en majorité inédites et de cartes pour situer toutes les opérations dans ce pays en flamme. Pour réaliser cet ouvrage, l’auteur Henri Clément a consulté toutes les archives disponibles et rassemblé les témoignages d’anciens mercenaires ou colons qui avaient jusqu’à maintenant gardé le silence.

. Marc Feix, Bâtir ensemble l’Europe – Cinquante ans du Saint-Siège au Conseil de l’Europe, Paris, Cerf, mars 2021.

L’Église catholique s’est impliquée dans la construction européenne dès son origine. A l’occasion du cinquantième anniversaire de la Mission permanente du Saint-Siège au Conseil de l’Europe à Strasbourg, des journées interdisciplinaires organisées par la Faculté de théologie catholique de l’Université de Strasbourg ont exploré certains aspects de sa présence et de l’engagement des chrétiens dans la conscience collective qui rassemble les peuples et les Etats du continent.
La géographie, la politique ou l’économie ne forgent pas à elles seules une histoire commune. Les convictions et les croyances y contribuent pour leur part. Cet ouvrage aborde d’abord les questions relatives aux chrétiens dans la construction européenne : présence institutionnelle et autres engagements chrétiens campent le paysage religieux européen général au moment où le projet européen est mis en question.
Il interroge ensuite les principes et fondements. L’exégèse biblique et la théologie permettent de réfléchir aux nouveaux rapports entre foi et politique et les éléments qui peuvent contribuer à la construction de la " maison commune européenne " et notamment du point de vue de la défense des droits humains fondamentaux et le respect de la dignité de la personne. Enfin, l’attention portée aux questions éthiques (bioéthique, nouvelles technologies, accueil des migrants...), à l’éducation et la culture, donne l’occasion d’illustrer l’engagement des chrétiens en ces domaines au sein d’organisations internationales.

. Yvonnick Denoël, Les espions du Vatican – De la Seconde Guerre mondiale à nos jours, Paris, Nouveau monde, mars 2021.

Officiellement, le Vatican n’a pas de service d’espionnage... Mais cela ne veut pas dire que personne ne s’y occupe de renseignement ! Le Saint-siège a toujours été la cible de services secrets étrangers. Persuadés que le Vatican dispose d’un réseau de renseignement sans équivalent, ils veulent soit en percer les secrets, soit s’en faire un allié. Pendant la Seconde Guerre mondiale et la guerre froide, Rome a été un véritable nid d’espions de toutes nationalités.

Sous couverture de diverses institutions comme la secrétairerie d’État, certains monsignori ou simples prêtres se sont impliqués dans des missions allant de la chasse aux " taupes " à la diplomatie secrète, en passant par des enquêtes sur les assassinats de prêtres ou des scandales susceptibles d’éclabousser l’Église, mais aussi des missions à haut risque de l’autre côté du rideau de fer. Pour la première fois, ce livre raconte de façon aussi complète que possible 80 années de guerres secrètes et de coups tordus.
L’ouverture des archives de nombreux services ayant travaillé contre ou avec le Vatican permet de lever le voile sur des affaires longtemps ignorées. L’infiltration de prêtres russophones en Union soviétique sous Staline, presque tous démasqués par le KGB, les négociations secrètes menées par Jean XXIII avec Khrouchtchev par des intermédiaires peu conventionnels, les relations étroites du cardinal Montini, futur Paul VI, avec la CIA, l’infiltration agressive du Vatican par les différents services du bloc de l’est, les fonds secrets de la banque du Vatican destinés à combattre le communisme en Amérique du Sud, puis à soutenir la lutte de Solidarnosc en Pologne...
Ces épisodes et bien d’autres dessinent une autre histoire de la papauté contemporaine. La chute du communisme a marqué la victoire personnelle de Jean-Paul II, sans doute le pape qui s’est le plus impliqué personnellement via une petite cellule de prêtres polonais dans des opérations secrètes à haut risque. Mais elle n’a pas marqué la fin de l’histoire : l’ouvrage aborde également les affrontements souterrains qui ont opposé certains groupes au sein de l’Église (comme les Jésuites et l’Opus Dei), avec des méthodes dignes des services secrets et l’implication de la CIA.
Il revient enfin sur les affaires financières controversées de l’Église dans les années 1970-80 et leurs effets non encore expliqués à ce jour. Historien et spécialiste du renseignement, Yvonnick Denoël a notamment publié chez Nouveau Monde éditions Histoire secrète du XXe siècle, Le Livre noir de la CIA, Les guerres secrètes du Mossad et Mémoires d’espions.

. Fondation Sefacil, Yann Alix, Michèle Montantin, José M. Pagés Sánchez (dir.) Les Océanides, Dinámicas portuarias en el Caribe y América Latina. Ports in transition to face global challenges.

Ce septième tome en téléchargement gratuit au format PDF met en perspective combien les espaces portuaires latino-caribéens ont consolidé leur rôle fondamental dans le développement socio-économique des Amériques.
Les expertises de 68 contributeurs en provenance de 12 pays et en trois langues soulignent l’impérieuse nécessité de projeter des coopérations régionales cohérentes au service des populations et des territoires, sans jamais nuire à l’environnement. Télécharger gratuitement

. Frédéric Charillon, La France dans le monde, Paris, CNRS Éditions, février 2021.

La France dans le monde puissance globale ou acteur européen ? Référence culturelle mondiale ou nation oubliée ? Le rang de la France dans le monde, ainsi que sa marge de manoeuvre, posent aujourd’hui de nombreuses questions. Les bouleversements géopolitiques récents, comme la montée en puissance de l’Asie, le Brexit ou le développement de populismes illibéraux, impliquent la redéfinition de l’action extérieure de la France.
Du couple franco-allemand à l’alliance atlantique, en passant par le rapport aux Suds marqué par l’héritage colonial, c’est toute la relation de la France à ses voisins plus ou moins proches qui est étudiée ici. Les instruments à sa disposition sont aussi passés au crible : l’outil diplomatique, la compétence militaire, bien sûr, mais aussi la promotion de son modèle laïc. Un livre pour mieux comprendre et penser le rôle international de la France, adapté aux temps qui viennent.

. Jacques Didier Lavenir Mvom, L’Afrique de la défense et de la sécurité. Contribution pour l’émergence d’une nouvelle approche des questions de défense et de sécurité en Afrique, Paris, L’Harmattan, février 2021.

Quelles sont la réalité et la pertinence de la mise en oeuvre de la politique africaine commune de défense et de sécurité de l’Union africaine ? Est-elle toujours inspirée de la vision des pères fondateurs de l’Organisation panafricaine lors de sa création en 1963 ? Confrontée aux exigences sécuritaires et aux défis du XXIe siècle, la suggestion faite lors des indépendances a-t-elle été démentie ? Cependant, l’option qui a été prise pour le règlement des crises internes en Afrique, induisant les opérations de maintien de la paix comme une approche exclusive de règlement des crises internes du continent empêche d’aller vers la création d’une véritable armée pour la défense territoriale du continent contre des agressions extérieures.

En l’état actuel des performances de la Force africaine en attente, des limites sont perceptibles. L’opérationnalisation de la politique africaine commune de défense et de sécurité présente d’autres limites puisque des pans entiers de la sécurité sont absents dans l’architecture de paix et de sécurité de l’UA, à l’exemple des services de police, des services des douanes, de la protection de l’environnement, de la protection ou de la défense civile...

Cet ouvrage re-conceptualise la politique africaine commune de défense et de sécurité, dans le sens suggéré par les premiers panafricanistes et dont les raisons de la proposition de la défense territoriale africaine semblent jusque-là vérifiées.

. Jean-Claude Cousseran, Philippe Hayez, Nouvelles leçons sur le renseignement, Paris, Odile Jacob, février 2021.

Comment fonctionnent les systèmes nationaux de renseignement ? De quels moyens disposent-ils ? Face aux défis nouveaux que sont le terrorisme international, l’espionnage économique, les cyberattaques, voire les cyberguerres, comment sont élaborées et conduites les politiques de renseignement ? Avec quels succès et quels échecs ? La mise en oeuvre des techniques du renseignement est-elle compatible avec l’exigence démocratique ? Comment définir ce que pourraient être des relations vertueuses entre l’exécutif et les professionnels du renseignement ? Telles sont quelques-unes des questions essentielles auxquelles ce livre, le premier du genre en langue française, écrit par deux professionnels reconnus, s’efforce de répondre.
Pour la première fois, la pratique réelle du renseignement sort de l’ombre où elle était confinée. Très complet, fourmillant d’exemples et reposant sur de larges comparaisons internationales, cette nouvelle édition, à jour et enrichie, d’un ouvrage devenu de référence passionnera tous ceux qui s’intéressent au renseignement d’État mais aussi à l’intelligence économique.

. Jean-Marc Le Page, La bombe atomique – De Hiroshima à Trump, Paris, Passés Composés, février 2021.

Voici une histoire totale et inédite des " crises nucléaire ", à savoir les moments où le monde manqua d’être détruit par la bombe atomique. Des explosions nucléaires au Japon en 1945 à la très récente escalade entre l’Iran et les États-Unis, en passant par la crise du détroit de Formose entre Taïwan et la Chine populaire (1954), Dien Bien Phu (1954), celle des missiles du Cuba (1962) ou encore celle de la guerre du Kippour (1973), l’auteur dévoile les coulisses diplomatiques et militaires de ces instants où l’humanité retint son souffle.
Au cours de cette enquête sans précédent, fondée sur des témoignages de première main, on croise les principaux dirigeants des soixante-dix dernières années, Truman, Staline, Mao, de Gaulle, etc., mais aussi des femmes et des hommes des services secrets, James Bond méconnus et géniaux, qui ont, parfois, permis d’éviter le pire grâce à leur professionnalisme et à leur patriotisme. Odyssée glaçante et fascinante, ce livre est aussi une contribution sans précédent sur les doctrines nucléaires, lesquelles éclairent de façon décisive les tournants de la deuxième moitié du XXe siècle.

. Matthieu Auzanneau, Or noir - La grande histoire du pétrole, Paris, La Découverte, janvier 2021.

Depuis les premiers puits désormais à sec jusqu’à la quête frénétique d’un après-pétrole, du cartel secret des firmes anglo-saxonnes (les "Sept Soeurs") jusqu’au pétrole de schiste, Or noir retrace l’irrésistible ascension de la plus puissante des industries. Ce livre éclaire d’un jour inattendu des événements cruciaux - l’émergence de l’URSS, la crise de 1929, les deux guerres mondiales, les chocs pétroliers, les guerres d’Irak, la crise de 2008, etc. -, bousculant au passage beaucoup de fausses certitudes. Le pétrole, notre source primordiale et tarissable de puissance, est présent à l’origine des plus grands déchaînements du siècle passé. Or la fin de ce carburant de l’essor de l’humanité devrait se produire bien avant que ce siècle ne s’achève. De gré ou de force. Et nul ne peut dire où cette fin nous conduira.

. Laurence Badel, Diplomaties européennes, XIXe - XXIe siècle, Presses de Sciences Po, février 2021.

L’Europe de la diplomatie, dont cet ouvrage propose une histoire inédite, est celle de la cohabitation de ses grands, moyens et petits États, conjuguant diplomatie de puissance, diplomatie commerciale et diplomatie des valeurs, des empires multinationaux aux États-nations.

Les diplomaties européennes se caractérisent par la variété des pratiques, que ce soit dans la formation des personnels, la place faite aux femmes, la culture et la langue de négociation ou encore la manière de construire des réseaux et d’affirmer les identités.

L’Europe de la diplomatie, dont cet ouvrage propose une histoire inédite, est d’abord celle de la cohabitation de ses grands, moyens et petits États, conjuguant diplomatie de puissance, diplomatie commerciale et diplomatie des valeurs. Elle est aussi, des empires multinationaux aux États-nations, celle des coopérations qui se recomposent dans un cadre régional tout en se confrontant aux pratiques d’autres sphères.

La profonde transformation contemporaine du métier de diplomate doit se lire au regard de ces traditions, exposées à la complexité accrue des missions et à l’affirmation d’acteurs paradiplomatiques. Des usages propres à l’Union européenne se mettent en place lentement.

Pour autant, les rapports de puissance entre les États de l’Europe et le caractère éminemment politique de leurs échanges économiques et culturels demeurent.

. Anne Choquet, Camille Escudé-Joffres, Frédéric Lasserre, Géopolitique des pôles – Vers une appropriation des espaces, Paris, Cavalier bleu, avril 2021.

Les régions polaires sont engagées dans un processus de changements climatiques majeurs qui font redouter une cristallisation des rivalités pour l’accès aux richesses minières et énergétiques, ainsi qu’aux nouvelles routes maritimes dégagées par la fonte de la banquise. Ainsi, serions-nous à l’aube d’une nouvelle Guerre froide, voire d’un conflit armé. Or, une analyse précise de la situation et des acteurs en présence montre que ces scénarios catastrophe sont grandement exagérés.

Plutôt que l’affirmation de la souveraineté individuelle des Etats, on assiste en effet à la mise en place d’une coopération au travers de traités internationaux spécifiques et d’instances de dialogue. Car l’enjeu est avant tout de gérer les impacts dévastateurs des changements climatiques au regard desquels la question de savoir à qui appartiennent les pôles est bien dérisoire...

. Éric Mottet, La puissance décomplexée de la Chine, Montréal, PU Montréal, mars 2021.

Dans moins d’une génération, l’ordre géopolitique et géoéconomique mondial sera manifestement différent de celui que nous connaissons aujourd’hui, ces dynamiques à l’oeuvre étant le résultat de la puissance décomplexée de la Chine et des « nouvelles routes de la soie ». Amorcé en 2013, le mégaprojet Belt and Road Initiative (BRI), avec pour objectif le déploiement à partir de la Chine d’un ensemble multiforme d’initiatives économiques, commerciales, géopolitiques, diplomatiques et normatives, suscite spéculations et inquiétudes. Il vise la construction d’importantes infrastructures de transport reliant la Chine au reste du monde, tout en développant des flux commerciaux et en améliorant la connectivité entre la Chine et des régions qu’elle vise pour ce faire. À la fois projet commercial ambitieux, plan « civilisationnel » pour faire de la Chine une puissance d’envergure mondiale, le BRI annonce irrémédiablement un nouveau rapport de force international.

. François Bolot, Jean-François Bolot, Influence des grandes épidémies sur le cours de l’histoire. Pour mieux comprendre la pandémie, un texte de 1979, Paris, L’harmattan, février 2021.

Cette étude historique (publiée initialement en 1979) des épidémies est accompagnée de la description de leurs symptômes par deux médecins réanimateurs. Elle permet de revivre les difficultés que les pays doivent affronter pour se maintenir. Lors des guerres, les épidémies font souvent plus de morts que les armes. Les foyers d’origine des virus sont historiquement connus : choléra du Bengale, variole d’Éthiopie, peste de Malaisie et de Mongolie, lèpre de Perse et sarrasine. Il apparaît qu’une épidémie peut en chasser une autre : la peste fait disparaître la variole et la fièvre jaune par exemple. Les découvertes médicales ont identifié les agents vecteurs et trouvé des remèdes : en 1820, le paludisme transmis par le moustique ; en 1894, la peste transmise par la puce du rat ; en 1908, le typhus transmis par le pou ; et en 1914, le vaccin contre la typhoïde.

. Jean-Louis Ricaud, Énergie nucléaire : le vrai risque, Paris, Fayard, février 2021.

La population de la planète va continuer de croître et son niveau de vie de s’améliorer, conduisant d’ici 2050 à une hausse de la consommation mondiale d’énergie de l’ordre de 50 %. L’énergie nucléaire, associée aux énergies hydraulique, éolienne ou solaire, constitue la seule solution disponible pour satisfaire ce besoin en énergie, qui permette de réduire la place des combustibles fossiles et donc de limiter les rejets de CO2. Mais, comme toute activité humaine, l’industrie nucléaire comporte des risques ; toutefois, ces risques sont parfaitement maîtrisables, et bien mieux maîtrisés que dans beaucoup d’autres industries. Le recours à l’énergie nucléaire devrait ainsi apparaître incontournable aux gouvernements, notamment européens et français, qui ont placé la neutralité carbone au cœur de leurs stratégies. Ce choix de l’énergie nucléaire – qui est recommandé aussi bien par le GIEC que par l’Agence internationale de l’énergie – doit s’accompagner d’une gouvernance irréprochable, prérequis fondamental à l’adhésion de l’opinion publique à son usage dans le long terme. Finalement, le vrai risque pour les décennies à venir serait de ne pas tirer parti des performances démontrées de l’énergie nucléaire, énergie totalement décarbonée, économiquement abordable, "environnementalement" acceptable, et de continuer à utiliser des systèmes énergétiques coûteux et polluants. C’est à cette réflexion stratégique que ce livre a l’ambition de contribuer.

. Marion Van San, Daesh : comment un État a organisé la vie intime de ses citoyens, Paris, Boîte à Pandore, mars 2021.

Un ouvrage fort qui décrypte un phénomène de société méconnu, une architecture sociale et humaine qui valorise, encourage et régule sous couvert de piété les pulsions sexuelles. L’Etat Islamique, et la doctrine salafo-whahabbite sur laquelle il s’était bâti, a la particularité de faire entrer le dogme religieux, et donc le contrôle social, jusque dans l’intimité de ses adhérents. La religion gère donc le mariage et la sexualité.

Pour éclairer non seulement une des raisons des départs vers la zone syrienne, mais aussi l’attrait de cette doctrine sur des jeunes pourtant tous éduqués dans des Etats démocratiques aux mœurs ouvertes, Marion Van San a enquêté sur la sphère de l’intime auprès de jeunes femmes parties faire le djihad. A son grand étonnement, et à celui des lecteurs, elle livre, dans un ouvrage solide, nourri de nombreux témoignages, la schizophrénie dans laquelle l’EI plongeait ses adeptes.

En zone irako-syrienne, sur les réseaux sociaux de recrutement, on ne parlait pas beaucoup de religion mais bien de sexe. Et, contrairement aux idées reçues de lutte pour la ouma, de la défense du prophète de l’islam ou de l’installation d’un califat pieux, la sociologue décrypte une architecture sociale et humaine qui ne fait que valoriser, encourager et réguler sous couvert de piété les pulsions sexuelles.

. Michel Foucher, Arpenter le monde. Mémoires d’un géographe politique, Paris, Robert Laffont, février 2021.

Un demi-siècle autour du monde par l’un des plus grands géographes français. Riche de ses voyages dans quelque cent vingt-cinq pays - les deux tiers des Etats membres des Nations unies -, Michel Foucher explore ici les voies d’une géographie vécue comme active et engagée : en chercheur et cartographe, consultant et diplomate, analyste et témoin impliqué. Enquêtes de terrain et entretiens forment, pour ce grand spécialiste des frontières, la matière première de la géographie - une géographie débouchant sur une géopolitique appliquée.

Car Michel Foucher en est convaincu : il est souvent possible d’anticiper les tensions si l’on donne aux représentations spatiales leur juste place dans l’imaginaire des peuples et des acteurs publics. Après une longue carrière, le temps était venu pour lui de procéder à ce que les officiers de l’armée de terre nomment un " retour d’expérience ", ou " retex " - analyse sans concession des succès et des échecs.

Confrontant les passés étudiés aux présents observés, ces Mémoires dessinent une carte passionnante des enjeux du monde contemporain.

. Anne-Cécile Robert, L’Afrique au secours de l’Occident, Paris, Éditions de l’Atelier, mars 2021.

Entre les discours selon lesquels l’Afrique ne seraient pas " entrée dans l’histoire ", ceux qui ne se fondent que sur l’orthodoxie économique opposant Nord développé et Sud qui ne le serait pas, et des visions archaïques bien souvent héritées du passé colonial, le continent africain souffre, en Occident, d’une réputation peu enviable. Une réputation aussi fausse que condescendante et que symbolisait déjà, en son temps, le Négrologie de Stephen Smith.

A l’opposé de ces visions étriquées, l’ouvrage d’Anne-Cécile Robert repose sur une connaissance profonde des réalités culturelles, économiques et politiques du continent, comme des regards qui sont portés sur lui. En posant ouvertement la question " et si, à l’inverse des croyances les plus diffuses, il était possible que l’Occident ai besoin de l’Afrique et non le contraire ? ", Anne-Cécile Robert inverse le champ d’analyse et permet d’interroger nos propres modèles économiques (en crise depuis des années) et auxquels l’Afrique pourrait fournir des réponses, notamment quant à la transition vers un modèle plus harmonieux dans l’équilibre entre les êtres humains et leur environnement.

. Chantal Roromme, Comment la Chine conquiert le monde. Le rôle du pouvoir symbolique, Montreal, PUM, novembre 2020.

Quels facteurs constituent la puissance actuelle de la Chine, qui est apparemment en pleine ascension ? Quelle est cette « menace chinoise » et en quoi ébranle-t-elle les bases de l’hégémonie américaine et celles de l’ordre mondial libéral ? Est-ce en raison des craintes inspirées par sa puissance militaire, comme le voudrait la perspective axée sur le hard power, ou à cause de l’attrait magnétique du rayonnement de sa culture, selon la théorie du soft power ? Ce livre, richement documenté et écrit dans une langue bien maîtrisée, apporte une contribution importante à l’un des plus grands débats contemporains en relations internationales. En présentant un cadre théorique original, inspiré de l’optique symbolique, l’auteur offre une explication à la fois plus intégrale et plus nuancée que celles que proposent les deux perspectives conventionnelles en relations internationales. Il explique avec brio la fascination paradoxale grandissante exercée par la puissance asiatique non seulement sur les pays en développement et ceux anciennement communistes, mais également sur un nombre croissant de pays démocratiques et industrialisés en Occident.

. Christian Kabore, Marc Roch, Burkina Faso, un rempart au Sahel – Entretiens avec Michel Darmon, Paris, L’Archipel, mars 2021.

Du fait de sa situation géopolitique, le Burkina Faso joue un rôle essentiel dans la guerre contre le djihadisme. Son président, Roch Marc Christian Kaboré, évoque pour la première fois les luttes et les enjeux du conflit en cours au Sahel, bataille qui se déroule sous les yeux de l’Europe. En première ligne de la guerre contre le terrorisme, le Burkina Faso est un rempart au coeur du Sahel. Pour la première fois, son président, Roch Marc Christian Kaboré, évoque le théâtre militaire où se jouent la sécurité et l’équilibre de l’Occident.
A la tête du G5 Sahel ces dernières années, le Burkina Faso, où s’élabore une mutation démocratique inédite dans cette région du monde, est un pays soumis à de multiples tensions internes. Le président Kaboré a fait évoluer ce pays d’un régime fort vers un Etat de droit se fondant sur une Constitution garante de la vie démocratique. La lutte contre la pauvreté et le développement économique sont des préoccupations quotidiennes, mais l’espoir vient du sous-sol : le Burkina possède la plus grande réserve de manganèse au monde ; la future reprise en main de son exploitation par l’exécutif burkinabé recèle un fort potentiel de croissance.
Sur le plan extérieur, le Burkina Faso est devenu un carrefour géopolitique. Les grandes puissances y sont présentes et les services de renseignement occidentaux suivent de près la bataille incessante contre le djihadisme. Une course contre la montre est engagée : si les Etats du Sahel s’effondrent, un nouvel Etat islamique prendrait pied au sud de l’Europe. Attentats, prises d’otages, opérations militaires... : pour la première fois, un dirigeant du Sahel raconte la guerre secrète qui se livre dans cette région du monde, depuis l’intérieur des sommets internationaux et des cellules de crise.

. Frédéric Frachon, Philippe Gensou, La France va-t-elle sortir de l’histoire ? Pourquoi et comment il faut agir, maintenant, Paris, VA Éditions, janvier 2021.

Bien que la définition actuelle de la sécurité nationale française apparaisse pertinente et adaptée, son application dans les faits demeure hétérogène et inégale. La sécurité économique ne bénéficie pas d’un soutien à la hauteur des enjeux et notre indépendance stratégique souffre d’un manque de vision et de cohérence à long terme. La gouvernance et la coordination des politiques publiques sont bien souvent inefficaces, par défaut d’une véritable remise en cause en tirant les leçons des échecs passés.

Nous assistons pourtant chaque jour aux joutes informationnelles et bras de fer juridiques de pays tiers en recherche de puissance, caractérisant une guerre globalisée sur le terrain économique. Sur cet échiquier mondial où la France doit manœuvrer au mieux de ses intérêts vitaux, une posture intellectuelle idéologique trop naïve, essentiellement défensive, ne lui permet plus de relever ce défi de la mondialisation en accroissant ses richesses.

C’est avec lucidité que la France doit reconnaître puis s’approprier les formats modernes revêtus par la puissance, faute de quoi elle sortira tout simplement de l’histoire. Il est plus que temps de réagir !

. Micheline Calmy-Rey, Pour une neutralité active – De la Suisse à l’Europe, Paris, PPUR, mars 2021.

La neutralité de certains Etats, dont la Suisse, revient épisodiquement dans le débat politique, mais elle est souvent mal comprise et source de confusions. Forte de son expérience de ministre des Affaires étrangères et de présidente de la Confédération suisse, Micheline Calmy-Rey propose une mise au point éclairante et engagée. Défini par le droit international comme une promesse de non-intervention militaire en cas de guerre, le concept de neutralité doit être revisité à l’aune des nouvelles menaces - politiques, économiques, sociales, technologiques, climatiques - qui fragilisent l’équilibre mondial.

A l’heure où le multilatéralisme des Nations Unies se confronte à la défiance de plusieurs grandes puissances, Micheline Calmy-Rey plaide pour une interprétation contemporaine de la neutralité, active, investie d’une mission de promotion de la paix et résolument éloignée du mythe du repli. Elle y voit non seulement un positionnement stratégique pour la Suisse, mais aussi une source d’inspiration pour une Union européenne plus puissante et plus présente dans un monde polarisé.

Préface de François Hollande Contributions de Jean Ziegler et Roger Köppel.

. Stéphane Jettot, François-Joseph Ruggiu, L’Angleterre à l’époque moderne. Des Tudors aux derniers Stuarts, Paris, Armand Colin, mars 2021.

La période comprise entre le XVIe siècle et le XVIIIe siècle marque une phase essentielle dans l’émergence de l’Angleterre comme puissance majeure, soucieuse de se distinguer de ses voisins continentaux. La rupture avec la Papauté, la victoire sur l’Invincible Armada, l’exécution de Charles Ier en 1649 ou la Glorieuse Révolution de 1689 sont autant d’événements dont la mémoire conserve la trace jusqu’à nos jours. Attentif à restituer les luttes, les réformes politiques et religieuses qui marquent la période, ce livre dépeint en outre les évolutions sociales et culturelles d’une population transformée par les migrations et la croissance urbaine.
Soucieux de présenter les derniers développements historiographiques, il précise le cadre européen des réformes britanniques, met en lumière le développement des actions civiques, souligne le rôle des colonies et donne aux voisins britanniques (Gallois, Irlandais, Écossais) toute leur place. Afin de restituer le renouvellement des connaissances et de l’analyse sur cette période, Un large choix de sources – archives, imprimés, iconographie – permet, à travers les annexes, d’approfondir les problématiques essentielles en s’initiant à la technique du commentaire de document. Enfin, un ensemble d’outils pédagogiques : chronologie, glossaire et bibliographie, donne les clefs nécessaires pour pénétrer plus avant dans l’histoire foisonnante de l’Angleterre à l’époque moderne.

. Alain Lempereur, Puissance de la médiation. Contre la guerre civile – A la rencontre des joies d’une paix durable, Paris, Descartes & Cie, janvier 2021.

Comment inverser les spirales d’escalade, ramener la paix dans un conflit collectif et même en guerre civile ; en somme, rapprocher des adversaires de longue date ? Comment les aider à se reparler, s’écouter, négocier et s’accorder ? L’intensité des conflits partout dans le monde, au Moyen Orient ou en Afrique, en Amérique ou en Europe, appelle à un changement radical pour moins s’agresser, s’ignorer ou se détruire.
La médiation a le pouvoir d’y contribuer. C’est dans l’Afrique des Grands Lacs que l’auteur a facilité des rencontres entre représentants de forces ennemies. Il en présente le récit dans ce livre. Comment agit-il, en pleine conscience des contextes sensibles où il intervient ? Comment des parties qui se haïssent arrivent-elles déjà à se réunir dans un même espace, à recréer la confiance, à dialoguer, à s’expliquer et se reconnaître, sans renoncer à leurs convictions ? Comment, par le dialogue, saisissent-elles le pouvoir inouï d’une négociation responsable et en tirent-elles des joies inespérées ? En consacrant quelques jours de leur vie à une telle rencontre improbable, des opposants, sensibilisé par un tiers extérieur, ont redécouvert l’humanité de leurs ennemis.
Cette expérience nouvelle a mobilisé des expériences de communication et des jeux de rôles. Des échanges approfondis ont favorisé des relations apaisées, mais aussi des solutions mutuellement bénéfiques. Ces ateliers de médiation ont transformé la manière dont nombre de participants ont négocié leur sortie du conflit. L’auteur, réaliste, prouve aussi que le succès ne se vérifie qu’une fois que les accords obtenus sont exécutés dans les faits et consacrés dans la durée.

. Antoine-Joseph Assaf, L’islam radical – Histoire, pensée, géopolitique, Paris, Eyrolles, mars 2021.

Assassinat d’otages, menace terroriste, engagement "djihadiste" de jeunes Européens... L’ "Etat islamique", visage d’épouvante de l’islam radical, synonyme de barbarie, embrase les esprits et laisse perplexe. Pour éclairer l’actualité de façon constructive, et tracer un pont entre l’Orient et l’Occident, cet ouvrage propose un retour historique et une analyse philosophique du radicalisme, aux sources millénaires et religieuses.
Il produit aussi une analyse géopolitique des formes contemporaines de l’islam radical. Enfin, il dresse le bilan géostratégique de la situation internationale depuis le 11 septembre.

. Dominique Chevalier, Mariette Sibertin-Blanc, Géographies de la colère. Ronds-points et pré carrés, Paris, l’Harmattan, janvier 2021.

Ce numéro de Géographie et cultures ambitionne de questionner les traductions spatiales de ces colères. À la faveur d’un mouvement inédit en France difficile à comprendre et à décrypter avec des grilles classiques des sciences humaines et sociales, les différents articles analysant les logiques spatiales des Gilets jaunes traduisent un besoin de renouvellement des cadres de compréhension : les ronds-points périphériques deviennent des pôles de luttes et parfois de violences policières, la cartographie devient participative en demeurant un outil de combat, le périurbain n’est (toujours) pas une périphérie homogène. Des échos sont clairement identifiables dans d’autres colères issues de l’injustice de traitement : l’accès aux services publics, la violence faite aux femmes, aux Noirs (aux États-Unis).

. Pascal Martinet, Qatar, l’enfer du décor – la face cachée de la démesure,Paris, La Boite à Pandore, janvier 2021.

Le surprenant témoignage d’un journaliste français qui s’est glissé cinq années durant dans les coulisses des médias de l’émirat. Embauché à la télévision qatarie, l’auteur, journaliste français, a vécu cinq ans à Doha, lui donnant l’occasion de découvrir la réalité d’un pays tiraillé entre tradition fondamentaliste et modernité mondialisée. Il découvre un apartheid de fait, avec des Qataris intouchables et des centaines de milliers d’ouvriers/esclaves qui ramassent les miettes d’une folle richesse.

Avec son équipe de journalistes venus des quatre coins de la planète, l’auteur a accès aux coulisses d’une société fermée, pleine de contradictions et de situations absurdes. Son récit, fait de rencontres improbables, est tout à la fois drôle et désespérant. Passé en quelques décennies d’une société du peu à un monde du trop, le Qatar est un miroir déformé et grotesque de notre monde moderne.

. Véronique Molinari, Philippe Gréciano, Delphine Deschaux-Dutard, L’Europe et le monde anglophone. Une relation ambigüe ? , éd. Mare et Martin Editions, 2021.

Les relations internationales se sont complexifiées depuis que le Royaume-Uni ne fait plus partie de l’Union européenne. Si les questions soulevées par le Brexit et par les turbulences transatlantiques sous l’ère Trump se posent en termes historiques, politiques et stratégiques, il s’agit avant tout d’une remise en question des fondements et des actions de l’Europe. Quelles sont les priorités de l’Europe ? Quelles leçons tirer du passé ? Quelles sont ses relations avec le monde anglophone ? Pour répondre à ces questions, ce livre fait le point sur la situation et propose quelques pistes de réflexion sur un sujet d’actualité.

. Willy Buiron, La politique française de lutte contre le terrorisme depuis le 11 septembre 2001, Paris, L’Harmattan, janvier 2021.

Théorisé par Bernard Lewis puis revitalisé par Samuel Huntington, "Le choc des civilisations" se concrétise militairement sous la forme d’une "guerre contre le terrorisme". Depuis les attentats du 11 septembre 2001, la France est partie en guerre dans une aire géographique "islamique", de l’Afghanistan à la Mauritanie. Mais le territoire national est aussi frappé par le terrorisme islamiste avec une régularité navrante depuis 2015.

L’islamisme constitue le terreau et la matrice idéologiques du terrorisme. Les déploiements militaires et les victimes du terrorisme auraient pu être moindres si les gouvernements successifs n’avaient pas volontairement ou naïvement permis à l’islamisme de se développer, comme l’explique le rapport d’information du Sénat n°595 du 7 juillet 2020. Pour autant, l’Etat français refuse de considérer les terroristes islamistes comme des ennemis intérieurs alors que, depuis 2001, ils sont la caution des expéditions militaires françaises.

En outre, l’Etat français se refuse à faire de l’islamisme un délit. La politique française de lutte contre le terrorisme conduit au choc entre Islam et Occident. La France mène des opérations militaires en terre d’Islam au nom de la lutte contre le terrorisme islamiste et, en France, l’islamisme adopte une stratégie de séparatisme. La France a déjà perdu une partie de son territoire, les "quartiers de reconquête républicaine".

Les islamistes les désignent comme la "terre d’Islam" (Dar al-Islamiyyah), ou la terre sur laquelle la guerre doit être menée pour y imposer l’islamisme (Dar al-Harb).

. Arnold Ruge, La fondation de la démocratie en Allemagne, Paris, UGA éditions, mars 2021.

Aux sources d’une pensée démocratique et socialiste ou social-démocrate en Allemagne, longtemps occultée par le(s) marxisme(s) et par la pensée antilibérale et antidémocratique, voire crypto-nazie, ce texte intéressera ceux qui, au sujet du " couple franco-allemand " en Europe, souhaitent réfléchir au-delà des clichés sommairement pessimistes ou naïvement optimistes. Alors que l’échec des révolutions de 1848 est général, Arnold Ruge, hégélien de gauche et député au Parlement de Francfort, exprime l’espoir d’une " seconde révolution " plus radicale que la première, celle de mars 1848, et qui fonderait une république sociale et démocratique.
La formule est du socialiste français Louis Blanc, avec qui Ruge, avant sa rupture avec Marx, fut en contact à Paris en 1843-1844. Opposé au despotisme ancien, au libéralisme bourgeois et au communisme et anticipant, en citant Proudhon, sur les projets autogestionnaires du xxe siècle, Ruge propose la suppression du salariat et un coopératisme généralisé avec maintien d’un Etat régulateur.

. AFD, L’économie africaine 2021, Paris, La Découverte, janvier 2021.

Pour la deuxième année consécutive, l’AFD propose dans la collection « Repères » des analyses inédites sur les principaux enjeux économiques et sociaux qui touchent le continent africain en 2021.
La pandémie de Covid-19 a bouleversé la planète : quels en sont les impacts en Afrique ? Les performances économiques restent à étudier au-delà du contexte immédiat : peut-on déjà parler d’une émergence du continent africain ? Pour développer le secteur privé, faut-il dépasser les seules réformes de l’environnement des affaires ? Quels sont les défis majeurs auxquels l’Afrique doit faire face pour répondre aux aspirations d’une population particulièrement jeune arrivant sur le marché du travail ? Alors qu’il est le premier pourvoyeur d’emplois dans la région, comment le secteur agricole en Afrique de l’Ouest doit-il se réinventer pour concilier deux objectifs fondamentaux : obtenir de meilleurs rendements et préserver la biodiversité et l’environnement ? À l’heure où l’ECO succède au franc CFA, se pose à nouveau la question du choix du régime de change, vers plus ou moins de flexibilité.

. Frédéric Mérand, Un sociologue à la Commission européenne, Paris, Presses de Sciences Po, janvier 2021.

Pendant quatre ans, de 2015 à 2019, Frédéric Mérand s’est glissé derrière les façades lisses du Berlaymont, le siège de la Commission européenne à Bruxelles, afin d’observer et de comprendre comment l’Europe se « fait » concrète-ment. À la manière d’un ethnographe, il s’est immiscé dans l’équipe de Pierre Moscovici, commissaire européen aux affaires économiques sous les présidences Hollande puis Macron. Il a partagé les bureaux des femmes et des hommes en charge de la politique de la zone euro, les a suivis dans les couloirs et à la cantine de leur immeuble bruxellois, a participé à leurs réunions, de Strasbourg à Washington et de Paris à Athènes, les a interrogés sur leurs stratégies et leurs méthodes pour tenir le cap entre les luttes partisanes et les jeux diplomatiques. Il a recueilli leurs peurs et leurs étonnements, leurs espoirs et leurs déceptions lors des tempêtes qu’ils ont traversées, de la crise grecque aux scandales d’évasion fiscale et à la menace populiste italienne.

Le regard singulier d’un sociologue nord-américain sur nos pratiques communautaires et nationales et sur une Commission européenne qui se révèle bien plus politique que technocratique.

. Gaston M’Bemba-Ndoumba, Femmes et petits commerces du fleuve Congo entre Brazzaville et Kinshasa, Paris, L’Harmattan, janvier 2021.

Brazzaville et Kinshasa sont les deux capitales les plus rapprochées du monde. Seul le fleuve Congo les sépare sur cinq kilomètres. De part et d’autre, un seul et même peuple qui vibre au son de la musique congolaise, apprécie la S.A.P.E., parle des langues soeurs et doit l’essentiel de ses échanges à des femmes qui franchissent le fleuve chaque jour avec leurs marchandises. C’est à ces commerçantes que ce livre est consacré. Ces femmes qui travaillent sans compter et font face à mille tracasseries. Ce sont elles qui servent de pont entre ces deux villes : Kinshasa, qui ne dort jamais et Brazzaville, l’ancienne capitale de la France libre.

. Jean de La Guerivière, Stephen Smith, L’Afrique en 100 questions. 2,5 milliards de voisins en 2050, Paris, Tallandier, février 2021.

Sommes-nous tous Africains, émigrés du « berceau de l’humanité » ? Qu’a été, ou qu’est toujours, la Françafrique ? Comment « l’Islam noir tolérant » a-t-il donné naissance au djihadisme au Sahel ? L’Internet et la téléphonie mobile révolutionnent-ils le quotidien africain ? Comment expliquer la percée de la Chine en Afrique ?

Faire le tour d’un continent sept fois plus vaste que l’Union européenne en explorant son histoire, sa culture, ses évolutions sociales, économiques, politiques et géopolitiques, ses épreuves du passé — esclavage, colonisation, guerres — et ses promesses d’avenir, tel est le pari ambitieux de ce livre.

L’exceptionnelle jeunesse de l’Afrique marque ses réalités contemporaines : 40 % de ses habitants ont moins de 15 ans. Le quasi-doublement de sa population d’ici à 2050 va décupler les défis comme les opportunités. L’Afrique trouvera-t-elle les moyens pour nourrir, loger, former et employer tous ses jeunes ?

Le niveau de son développement, de sa stabilité politique et de son état sanitaire, le rythme de l’émigration ou sa contribution à la (dé-)pollution de la planète concernent plus que jamais l’Europe et le reste du monde. Voici 100 clés pour mieux comprendre les enjeux présents et futurs de la « jeune Afrique ».

. Stéphane La Branche, Énergie et écologie : les sept profils socioénergétiques, Grenoble, PUG, janvier 2021.

Tant qu’on ignorera la diversité des profils, les messages ne seront pas entendus par ceux à qui ils s’adressent.
Depuis une décennie environ, la sociologie s’attaque à la question climato-énergétique en se penchant notamment sur les interactions entre l’enjeu énergétique, les individus et les organisations. De nos recherches, incluant environ 300 entretiens semi-directifs et plusieurs questionnaires, sur les pratiques et les représentations sociales de l’énergie, nous pouvons tirer quelques résultats instructifs sur les interactions complexes entre ces acteurs et l’énergie.

. Anne Groutel, Les deux Irlandes & la diaspora. Un attachement intéressé, Caen, PU Caen, février 2021.

Au lendemain de la partition, la distance se creuse peu à peu entre l’Irlande et sa diaspora en Amérique du Nord. Cependant, à partir des années 1960, les deux Irlandes, désireuses d’attirer des investissements étrangers, décident, chacune de leur côté, de faire appel à l’élite entrepreneuriale de la diaspora aux Etats-Unis. Les autorités irlandaises parviennent ainsi à tisser de puissants réseaux.
Au fil des décennies, elles se sont efforcées de pérenniser cette collaboration. Cet ouvrage de civilisation irlandaise met en lumière le rôle discret, mais néanmoins essentiel, que ces hommes d’affaires de premier plan ont joué dans le développement économique des deux Irlandes à des moments charnières de leur histoire récente. Cette étude dévoile l’influence grandissante de magnats irlando-américains sur la politique économique irlandaise et la nature complexe de leur relations avec les dirigeants irlandais où se mêlent bons sentiments, intérêt mutuel et rapports de force plus ou moins tangibles.

. Cédric Tellenne, Géopolitique des énergies, Paris, La Découverte, février 2021.

L’énergie se prête bien à l’analyse géopolitique, conçue comme l’étude des relations entre pouvoirs et territoires. Rien n’est possible dans le monde sans recours à l’énergie, et les rivalités et conflits que son exploitation toujours croissante suscitent sont omniprésents à toutes les échelles de l’analyse géographique, de l’international au local. Cet ouvrage s’intéresse aux effets de la transition énergétique et écologique en cours sur la transformation de ces rapports de forces, mais également sur les reconfigurations des échanges internationaux et de la coopération interétatique.
Les alternatives aux hydrocarbures s’élaborent depuis les années 1970, mais la révolution actuelle des pétroles et gaz de schiste bouleverse en profondeur la question des énergies sous un angle géoéconomique, géopolitique et environnemental. Ainsi, à l’ère de l’économie numérique et des territoires " virtuels ", la matérialité des énergies nous ramène à l’essentiel, c’est-à-dire les pieds sur terre, au coeur d’un " grand jeu " sans cesse réinventé au sein duquel les Etats font leur retour après des décennies de déréglementation.

. Gilles Dorronsoro, Le gouvernement transational de l’Afghanistan, Paris, Karthala, février 2021.

La défaite des Talibans dans le sillage des attentats du 11 septembre ouvre deux décennies d’investissement occidental en Afghanistan. Des centaines de milliards, pour l’essentiel consacrés à l’entretien des forces occidentales, des dizaines de milliers de morts, dont plusieurs milliers de la coalition, montrent l’importance de ce conflit pour les Etats-Unis qui en font le symbole de leur hégémonie mondiale. Mais, derrière les discours sur la construction d’une « démocratie de marché », se profile un gouvernement transnational qui contourne les acteurs afghans au point d’interdire tout processus démocratique, couvre des fraudes électorales massives, routinise la captation des ressources au profit des entreprises occidentales et des élites afghanes. Les tensions communautaires et sociales s’accroissent à un point jusque-là inconnu dans la société afghane. Les Talibans, capitalisant sur le ressentiment populaire contre les élites au pouvoir, mettent en échec une alliance occidentale qui dissimule, derrière une augmentation des moyens, son incapacité à définir une stratégie cohérente. Après vingt ans de conflit, al-Qaïda est toujours présent en Afghanistan, et le retrait américain ne fait qu ouvrir une nouvelle période d’une guerre civile vieille de quarante ans. Ce nouvel essai de Gilles Dorronsoro propose une analyse critique impitoyable des impasses de l’expertise orientaliste et sécurocrate dont la portée comparative, bien au-delà du seul cas afghan, est d’une haute actualité.

. Jean Picq, La République – la force d’une idée, Paris, Les Presses de Sciences Po, février 2021.

Appeler à ce que "vive la République ! " , c’est rappeler qu’elle peut mourir. La réduire à un slogan, c’est perdre de vue l’idée forte qui la guide : la recherche du bien commun. Ancrée dans la longue histoire européenne, cette idée n’a pas attendu la Révolution française pour s’incarner, sous sa forme moderne, dans les Provinces-Unies du XVIe siècle. Bien avant 1789, ce sont les révolutions anglaises et américaine qui ont fait émerger les grands principes de vie collective.
En France, proclamée trois fois, la République a souvent vacillé, et il a fallu attendre la troisième du nom pour que les grandes libertés publiques soient instaurées. Il est important de garder à l’esprit cette histoire tumultueuse si nous voulons préserver l’héritage républicain. La République est fragile et doit sans cesse s’adapter : inscrire son avenir dans l’Europe, rééquilibrer ses institutions, inventer des modes de décision plus proches des citoyens, redonner à l’école sa puissance d’intégration, faire vivre la laïcité, répondre au défi écologique.

. Yves Mayaud, Infractions, poursuites pénales et indemnisation, Paris, Dalloz, janvier 2021.

L’ouvrage est consacré au terrorisme concernant sa définition juridique et son régime pénal (poursuites et indemnisations) Criminalité redoutée à la fois pour ses manifestations et ses conséquences et tristement actuelle, le terrorisme est un "acte de guerre dans une société en paix", ce qui rend la maîtrise difficile. La réponse du droit pénal va dans le sens d’un renforcememnt de l’arsenal répressif et d’une meilleure protection et reconnaissance (notamment indemnitaire) des victimes.

. Pascal Gauchon, Jean-Marc Huissoud, Les 100 lieux de la géopolitique. 7è édition, Paris, Que sais-je ?, février 2021

Il est des lieux d’où rayonne la puissance ; ils procurent aux souverains qui s’y succèdent cadre monumental et légitimité. Il en est d’autres, fréquentés par les marchands, les militaires et les brigands, où s’entrecroisent les routes du monde. Et d’autres, chargés d’histoire et de passion, pour lesquels les peuples sont prêts à se battre. La géopolitique ne s’écrit pas seulement avec des mots, mais avec des lieux.
De New York à La Mecque, de Suez à Malacca, du Pays basque au Chiapas, de l’Afrique à l’Europe et de l’Antarctique au Sinaï, 100 lieux sont présentés avec les enjeux qu’ils incarnent. Ils constituent le meilleur moyen pour pénétrer dans la géopolitique du monde actuel.

. Jean-Christophe Gay, La France d’Outre-mer. Terres éparses, sociétés vivantes, Paris, Armand Colin, janvier 2021.

Souvent réduite à l’image d’un paradis exotique, aux dévastations des cyclones ou aux tumultes sociaux, la France d’outre-mer (FOM) est largement méconnue. Cette ignorance, qui l’écarte du « récit national » et qui se combine parfois à une nostalgie de la France coloniale, tend à faire de ces terres éparses un ensemble indifférencié et immuable. Or, la FOM connaît des mutations spectaculaires et rapides depuis le début des années 2000, notamment sur les plans statutaire, démographique et socio-économique. Comme champ d’innovations sociales et d’expérimentations juridiques, elle permet d’apprécier sous un jour différent la République française.

Cet ouvrage, en révélant une FOM dynamique, analyse la diversité croissante de ses territoires à plusieurs échelles. Inégalités, disparités, déséquilibres socio-spatiaux, autochtonie, vulnérabilités ou modèles de développement sont au centre d’une réflexion ayant pour toile de fond le legs colonial. Une décolonisation sans indépendance quoique patente se combine à une sujétion économique et à un assistanat qui ne le sont pas moins.
Si l’histoire de la relation à la Métropole est capitale pour comprendre la FOM, un regard décentré et novateur permet de renouveler son approche. De nombreuses cartes originales, des données et un traitement statistique inédits viennent ici appuyer la démonstration.

. Gabriel Martinez-Gros, De l’autre côté des croisades. L’Islam entre croisés et Mongols, Paris, Passés composés, janvier 2021.

Pour les historiens arabes les plus lucides, ce que nous appelons les croisades entre dans le récit plus vaste de l’effondrement de l’Empire islamique, la grande offensive des « Francs » en Méditerranée constituant l’une des deux mâchoires de la tenaille qui prend en étau l’Islam aux XIIe-XIIIe siècles. L’autre mâchoire, de loin la plus redoutée, se resserre à l’est avec les invasions mongoles. L’Empire islamique est ainsi le lieu où se confrontent trois constructions impériales ; à l’est l’histoire chinoise domine pour un petit siècle, le cœur de l’Empire mongol se trouvant à Pékin. À l’ouest, Saint Louis s’impose comme le fondateur de l’Empire franc, dont le centre est à Rome, après la vague des guerriers fondateurs que sont Godefroy de Bouillon, Baudouin, Amaury ou Roger de Sicile.

C’est donc à un décentrement du monde que nous invite Gabriel Martinez-Gros. À travers une réflexion profondément originale, nourrie de ses précé-dents travaux sur la question impériale, l’histoire de l’Islam et la pensée historique arabe, l’auteur propose une fascinante nouvelle lecture des croisades, de l’Empire islamique et de la puissance mongole.

. Jean Balazuc, Les troupes indigènes. Ils sont morts pour la France, Paris, l’Harmattan, janvier 2021.

Pendant 130 ans, des troupes indigènes ont été des troupes d’élite de l’Armée française. Dès le début de la colonisation de l’Algérie, l’Armée française a fait appel à des indigènes pour renforcer ses effectifs en Algérie : zouaves, chasseurs d’Afrique, tirailleurs, spahis. Ces troupes ont participé à la conquête de l’Algérie, à la guerre de Crimée en 1854-1855, à la campagne d’Italie en 1859, à la guerre du Mexique de 1862 à 1867, à la guerre franco-prussienne de 1870-1871. Sûr de leur fidélité, le chef d’état-major a envoyé des détachements des régiments de l’armée d’Afrique dans toutes les expéditions coloniales. Les troupes indigènes ont gagné la reconnaissance de la France dans les deux guerres mondiales 1914-1918 et 1939-1945.

. N’Zambi Georges, Les clés de compréhension des questions économiques contemporaines, Paris, Ellipses, janvier 2021.

Ce livre permet d’éclairer, informer et sensibiliser aux grands enjeux économiques contemporains. Les différents chapitres qui le composent permettent respectivement de mettre en lumière les différentes solutions permettant de conjurer le péril climatique, saisir l’ampleur de la crise économique née de la Covid-19 et ses multiples implications,d’éclairer la problématique de développement du continent africain, saisir les différents enjeux liés au développement de l’intelligence artificielle, mettre en exergue les multiples implications consécutives à l’avènement des cryptomonnaies.

Destiné à tous ceux qui souhaitent parfaire leur culture économique, ce livre s’adresse singulièrement aux étudiants de l’enseignement supérieur et aux personnes soucieuses d’élargir leur horizon intellectuel.

. Olivier Bauer, La francophonie de l’avenir, Paris, Autrement, décembre 2021.

La Francophonie a une âme. Et cette âme n’est pas uniforme ni monocorde. Elle bruit d’autres âmes. Elle a traversé bien des frontières et s’est laissé imprégner par l’esprit et le rythme d’autres langues [...] Et si nous voulons alimenter et entretenir le feu de la Francophonie, il faudra mettre le français à la croisée des langues et des imaginaires, mais aussi au défi des avancées scientifiques, des évolutions socio-économiques et des urgences environnementales. À ce prix seulement, nous verrons l’âme de la Francophonie grandir, se déployer et vibrer au chant de l’universel.

. Xavier Leonetti, Smartsécurité et Cyberjustice, Paris, PUF, février 2021.

Aujourd’hui, chacun a le loisir de comparer la société qui se dessine à la société orwellienne de Big Brother. Tel Janus, le progrès présente deux visages : l’un, rassurant, d’une technologie améliorant la sécurité quotidienne, tandis que l’autre, plus inquiétant, révèle l’image d’une technologie pouvant être dévoyée ou mal maîtrisée. En réalité, les innovations numériques constituent une rupture stratégique douce dont les effets apparaissent avec le temps.
En particulier, s’agissant des fonctions de sécurité et de justice, l’intelligence artificielle révolutionne progressivement les approches traditionnelles de l’ordre public, de l’enquête ou du jugement. Cette tendance traduit notre entrée dans une société du refus des risques, qui nous conduit à les prévenir et les prédire sur le modèle assurantiel d’un univers " probabilisable ". Désormais, l’ensemble des informations disponibles (OpenData) sont collectées, triées et analysées afin de nous garantir des aléas.
L’enjeu réside alors dans la régulation de ces nouveaux outils par les autorités publique et judiciaire.

. Anne Cheng, Penser en Chine, Paris, Gallimard, février 2021.

Que se passe-t-il en Chine ? Les publications se multiplient à foison sur la dictature du Parti communiste, ses ambitions, sa volonté de contrôler la pensée et d’exercer la plus sourcilleuse des censures. Mais que se pense-t-il en Chine ? L’originalité profonde de cet ouvrage collectif, qui rassemble les meilleurs spécialistes des différentes questions traitées, est de présenter au lecteur occidental les débats, enjeux, directives et chemins de traverse qui constituent la vie intellectuelle et politique.
Quatre parties permettent de découvrir au plus près la circulation des idées, officielles comme alternatives, dans leur volonté de penser et dire autrement. Projections de la Chine-monde : le débat essentiel est celui qui se conduit sur la différence de nature entre la philosophie chinoise et les valeurs universelles, et qui est au fondement du fantasme d’un Empire-monde et de la propagande du parti à travers la multiplication dans le monde des Instituts Confucius.
Récit national et réécritures de l’histoire : face au grand récit unique que le Parti veut imposer, nombre d’historiens soulignent la pluralité d’approches, la difficile application à l’histoire de la Chine des grandes étapes historiques imaginées par Marx et Engels, sachant que des contre-récits au discours officiel sont portés par le cinéma. Modes de contrôle de la société civile : la vie intellectuelle se déploie sur fond des rapports de force entre le Parti et la société civile.
Elle passe depuis 1989 par l’essor d’intellectuels non- institutionnels, de groupes plus ou moins formels de parole où chacun dit la réalité de sa vie, loin des récits officiels ; mais aussi par le système du crédit social, plus complexe que la simple vidéo-surveillance des populations, et la vitalité d’une religion bouddhiste qui doit à chaque instant négocier sa place et son rôle avec le Parti. Points de tensions : la réalité résiste à son enfermement dans les grilles de la pensée officielle : le socialisme aux caractéristiques chinoises est ni plus ni moins qu’un capitalisme d’Etat ; l’intégration harmonieuse des peuples a le visage du génocide des Musulmans au Xinjiang, "nouvelle frontière" de la purification nationale ; les conflits de l’eau au Tibet font rage au détriment de la population ethnique locale.
Enfin, l’image que la Chine entend donner d’elle est fortement fissurée par les crises sanitaires et environnementales, dont la dernière en date sévit encore partout dans le monde.

. Cédric Tellenne, Géopolitique des énergies, Paris, La Découverte, février 2021.

L’énergie se prête bien à l’analyse géopolitique, conçue comme l’étude des relations entre pouvoirs et territoires. Rien n’est possible dans le monde sans recours à l’énergie, et les rivalités et conflits que son exploitation toujours croissante suscitent sont omniprésents à toutes les échelles de l’analyse géographique, de l’international au local. Cet ouvrage s’intéresse aux effets de la transition énergétique et écologique en cours sur la transformation de ces rapports de forces, mais également sur les reconfigurations des échanges internationaux et de la coopération interétatique.
Les alternatives aux hydrocarbures s’élaborent depuis les années 1970, mais la révolution actuelle des pétroles et gaz de schiste bouleverse en profondeur la question des énergies sous un angle géoéconomique, géopolitique et environnemental. Ainsi, à l’ère de l’économie numérique et des territoires " virtuels ", la matérialité des énergies nous ramène à l’essentiel, c’est-à-dire les pieds sur terre, au coeur d’un " grand jeu " sans cesse réinventé au sein duquel les Etats font leur retour après des décennies de déréglementation.

. Gilles Kepel, Alliances et ruptures – En Méditerranée et au Moyen-Orient, Paris, Gallimard, février 2021.

L’an 2020, marqué par la Covid-19 et l’effondrement du marché pétrolier, est celui de tous les bouleversements depuis le Moyen-Orient jusqu’aux banlieues de l’Europe. Le conflit israélo-palestinien se fragmente avec, d’un côté, "l’entente d’Abraham", qui va de Washington à Abou Dhabi et Khartoum en passant par Jérusalem, agrège le Caire et Riyad, et lorgne sur Bagdad ; de l’autre "l’axe fréro-chiite" qui rassemble Hamas, Qatar, Turquie et Iran, avec le soutien ponctuel de Moscou.
Dans ces convulsions sismiques, Beyrouth explose, réfugiés et clandestins affluent en Europe, et le président turc Erdogan tente de refaire d’Istanbul le centre de l’islam mondial. Enfin, le terrorisme frappe à nouveau, en France et en Autriche, au nom d’un jihadisme sans organisation. Il s’appuie sur une atmosphère créée par des entrepreneurs de colère mobilisant foules et réseaux sociaux du monde musulman face à l’Occident -alors que Joe Biden doit restaurer la confiance des alliés de l’Amérique.
Poursuivant la réflexion engagée dans Sortir du Chaos, succès français et international, Gilles Kepel propose, cartes et chronologie à l’appui, la mise en perspective indispensable de l’actualité pour comprendre les grandes transformations de demain.

. Hakim El Karoui, Benjamin Hodayé, Les militants du djihad – Portrait d’une génération, Paris, Fayard, janvier 2021.

Alors que s’achève une décennie scandée par de nombreux départs pour la Syrie et de multiples attentats, le djihadisme continue d’ensanglanter la France et de menacer l’avenir. Mais qui sont vraiment ceux qui ont consacré leur vie, et parfois leur mort, à cette cause ? Quel itinéraire les a conduits à cet engagement extrême ? A partir d’une enquête inédite par son ampleur rassemblant plus de 1 400 profils issus de quatre pays (France, Royaume-Uni, Belgique et Allemagne), ce livre brosse le portrait d’une génération de militants : ces femmes et ces hommes européens, ces musulmans parfois convertis qui, de 2010 à 2019, ont choisi le djihadisme.
Grâce à la profondeur de leurs données, Hakim El Karoui et Benjamin Hodayé dépassent les débats passionnés, souvent fondés sur des cas isolés. Ils étudient les parcours des djihadistes suivant trois axes : sociologique, puisque ces individus viennent presque tous des mêmes milieux sociaux, et que leurs failles personnelles peuvent les rendre vulnérables aux discours radicaux ; religieux et idéologique, pour décrypter les chemins spirituels qui peuvent mener au djihadisme, notamment via l’influence du salafisme ; militant, en reconstituant les réseaux à l’échelle locale, ce qui révèle la mécanique exacte du recrutement.
Ainsi sont réunis les fils des parcours individuels, qui forment une toile inquiétante. Car le djihadisme n’a pas été vaincu. Ses racines sont toujours là, chaque attentat nous le rappelle douloureusement. Et l’analyse prospective présentée est alarmante, même si beaucoup de progrès ont déjà été faits. Reste désormais à prévenir ce phénomène et à désengager ses militants. Normalien, agrégé de géographie, ancien conseiller du Premier ministre (2002-2005), Hakim El Karoui est Senior Fellow de l’Institut Montaigne et est notamment l’auteur de Réinventer l’Occident (Flammarion, 2010), de L’Islam, une religion française (Gallimard, 2018) et des rapports "Un islam français est possible" (2016), "La Fabrique de l’islamisme" (2018) et "Les quartiers pauvres ont un avenir" (2020).

. Ibrahima Konaté, Confran, berceau des grands empires du Mali, Paris, L’Harmattan, décembre 2020.

Ce livre traite des origines des grands conquérants du Mali à partir des Konaté et Keïta depuis l’arrivée de l’Islam en Afrique au VIIe siècle jusqu’à la période coloniale à l’indépendance des pays africains. L’ouvrage relate le fruit d’une civilisation orale transmise de père en fils par les griots qui peuvent remonter à plusieurs générations, assorties d’images et de témoignages des acteurs de cette période riche et mouvementée. Enfin, des archives familiales y sont présentées.

. Véronique Molinari, Philippe Gréciano, Delphine Deschaux-Dutard, L’Europe et le monde anglophone : une relation ambiguë, Paris, Mare et Éditions, janvier 2021.

Les relations internationales se sont complexifiées depuis que le Royaume-Uni ne fait plus partie de l’Union européenne. Si les questions soulevées par le Brexit et par les turbulences transatlantiques sous l’ère Trump se posent en termes historiques, politiques et stratégiques, il s’agit avant tout d’une remise en question des fondements et des actions de l’Europe. Quelles sont les priorités de l’Europe ? Quelles leçons tirer du passé ? Quelles sont ses relations avec le monde anglophone ? Pour répondre à ces questions, ce livre fait le point sur la situation et propose quelques pistes de réflexion sur un sujet d’actualité.

. Georges-Henri Soutou (dir.), L’action extérieure de la France, PUF, 2020.

Si encore fin 2017, nous paraissions nous trouver dans un univers relativement prévisible, où la mondialisation se développait de façon irrésistible, en 2019, la donne a profondément changé : la crise économique revient, les Etats-Unis ont entamé une guerre commerciale avec la Chine et l’Europe et leur président n’hésite pas à rompre avec une série d’orientations fondamentales de la politique américaine depuis les années 1950, le Moyen-Orient est plus agité que jamais et la puissance commerciale de la Chine inquiète de plus en plus les Européens. En 2017, il s’agissait d’adapter la France à la mondialisation, en 2019 il s’agit de la préparer au temps d’arrêt de cette dernière. Et peut-être à une nouvelle récession mondiale. La plupart des paramètres de l’action extérieure de la France s’en trouvent très sérieusement remis en cause.

Durant un an, l’Académie des sciences morales et politiques a engagé une réflexion sur l’organisation, les moyens et l’action des pouvoirs publics dans le domaine de la politique extérieure de la France, que ce soit sous l’angle historique, culturel, militaire ou géopolitique. Cet ouvrage est le fruit des contributions des académiciens et de personnalités invitées au cours de cette année de réflexion sur les enjeux et les modalités de l’action extérieure de la France.

. Antoine Courmont, Quand la donnée arrive en ville – Open data et gouvernance urbaine, PUG, janvier 2021.

Gouverner la ville et /ou gouverner les données ? En quoi les données participent-elles à recomposer la gouvernance urbaine ? Ces dernières années, les données sont devenues un enjeu central pour de nombreuses métropoles, qui en fonction d’elles, développent des stratégies, mettent en oeuvre des instruments, transforment leur organisation et créent de nouveaux métiers. En s’appuyant sur une enquête ethnographique de quatre années au sein d’une collectivité française, le livre propose une analyse, au plus près des acteurs, sur la manière dont la gouvernance urbaine est modifiée par ce phénomène nouveau de la mise en circulation des données.

Au point de se demander si, à l’ère du numérique, les données ne sont pas devenues un outil de pouvoir à maîtriser pour gouverner la ville...

. Franck Gaudichaud, Thomas Posado, Gouvernements progressistes en Amérique latine (1998-2018), La fin d’un âge d’or, Rennes, PU Rennes, janvier 2021.

Le "virage à gauche" de l’Amérique latine a suscité un intérêt à la fois politique et académique. Aujourd’hui, le reflux - voir la fin - de ces gouvernements progressistes est réel. Dans cet ouvrage collectif de recherche, nous proposons un bilan critique de ces expériences, essentiellement pour la période 1998-2018. Au niveau géopolitique, la tutelle étasunienne a été bousculée et la Chine est montée en puissance.

Les politiques économiques ont été empreintes de la dépendance aux matières premières et à diverses formes d’extractivisme. Nous étudions également le rapport aux mouvements sociaux, dans les quartiers, les syndicats ou le champ de l’éducation. Si l’on peut distinguer des caractéristiques communes, nous proposons aussi une analyse de conjonctures spécifiques : du géant brésilien où les ultra-conservateurs connaissent une dynamique fulgurante, à la crise vénézuélienne dont il est difficile d’entrevoir une issue, en passant par la répression de l’exécutif d’Ortega au Nicaragua, la coalition sociale-démocrate longtemps au pouvoir en Uruguay ou la présidence d’Evo Morales en Bolivie.

Nous avons ainsi recueilli les contributions des meilleurs spécialistes de la région, articulées avec les enquêtes de terrain de jeunes chercheurs, pour proposer une compréhension globale de la conjoncture actuelle de l’Amérique latine, au-delà des clichés dont elle est souvent victime.

. Frédéric Mérand, Un sociologue à la Commission européenne, Paris, Presses de Sciences Po, janvier 2021.

" Chercheur embarqué ", Frédéric Mérand a pu faire une immersion au sein du cabinet du commissaire européen Moscovici entre l’été 2015 et l’automne 2019. Passant deux mois par an au Berlaymont , il a suivi l’évolution de chaque dossier (crise du Grexit, surveillance budgétaire, taxe sur les GAFA, etc.) presque en temps réel. De la cantine aux rencontres internationales, il a observé le commissaire et son cabinet.

Il a recueilli au quotidien, leurs stratégies et leurs espoirs mais aussi leurs étonnements, leurs craintes et leurs déceptions. L’objectif, scientifique, n’était pas de savoir si la politique menée fut bonne ou mauvaise, mais de comprendre et de raconter comment elle s’est faite dans les pratiques. Un voyage unique dans les arcanes de la politique européenne.

. Gilles Kepel, Sortir du chaos – Les crises en Méditerrannée et au Moyen-Orient, Paris, Gallimard, février 2021.

L’horreur du "califat " de Daesh au Levant entre 2014 et 2017 et son terrorisme planétaire ont été une conséquence paradoxale des "printemps arabes" de 2011. Pourtant ceux-ci avaient été célébrés dans l’enthousiasme des slogans démocratiques universels et de la "révolution 2. 0". Comment s’est installé ce chaos, et peut-on en sortir pour de bon après l’élimination militaire de l’"Etat islamique" ? Ce livre replace les événements en contexte, depuis la guerre d’octobre 1973 (du "Kippour" ou du "Ramadan"), suivie de l’explosion des prix du pétrole et de la prolifération du jihad, à travers ses trois grandes phases depuis l’Afghanistan et Al-Qaïda.

Puis il propose le premier récit complet rétrospectif des six principaux soulèvements arabes, de la Tunisie à la Syrie. Il expose enfin lignes de faille et pressions migratoires en Méditerranée et au Moyen-Orient, et éclaire les choix décisifs qu’auront à faire Emmanuel Macron, Donald Trump ou Vladimir Poutine, ainsi que les peuples et les dirigeants de cette région - mais aussi les citoyens de l’Europe.

Nourri de quatre décennies d’expérience, de séjours sur le terrain, avec des cartes inédites, Sortir du chaos est de la plume de Passion arabe et offre la précision de Terreur dans l’Hexagone - les deux grands succès récents de l’auteur.

. Jean de Gliniasty, Petite Histoire des relations franco-russes, Paris, L’inventaire, février 2021.

La France et la Russie ont noué, depuis la fin du XVIe siècle, des relations exceptionnelles dans les domaines culturel, intellectuel, économique et parfois politique. Elles constituent aujourd’hui un thème de débat enflammé à Paris et sont une priorité de la diplomatie d’Emmanuel Macron. Ambassadeur de France en Russie de 2009 à 2013, Jean de Gliniasty directeur de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), offre au lecteur un historique des relations entre les deux pays, ainsi qu’une réflexion sur leur évolution.

. Thomas Gomart, Guerres invisibles – nos prochains défis géopolitiques, Paris, Tallandier, janvier 2021.

Après avoir décrypté dans L’Affolement du monde, les principaux enjeux auxquels nous sommes confrontés, Thomas Gomart analyse dans ce nouvel essai les grands défis géopolitiques et géoéconomiques - visibles et invisibles - qui se dessinent.
La pandémie mondiale a modifié les équilibres entre Asie et Occident et scellé la rupture entre la Chine et les Etats-Unis, accentuant la désoccidentalisation du monde. Deux lignes de fond convergent : la dégradation environnementale et la propagation technologique, sur lesquelles se joueront les principales rivalités stratégiques, les activités économiques et les transformations politiques et sociales.
Cet essai captivant et accessible vise à éclairer le lecteur sur les conséquences des grands mouvements de fond qui se déroulent sous nos yeux - guerre environnementale, rivalités commerciales et inégalités - et à mettre en lumière les mécanismes invisibles de la compétition des puissances en abordant les guerres souterraines que livrent les systèmes financiers, les paradis fiscaux, les mafias, les incubateurs technologiques, la suprématie des Gafas sur les Etats, les services de renseignements etc...
Pour aller au bout de son analyse, l’auteur avance pour chaque chapitre, les « intentions cachées » des grandes puissances : Etats-Unis, Chine, Europe... Enfin, il se penche plus précisément sur la manière dont la France pourrait relever ces défis majeurs et quel rôle elle peut encore jouer dans ce « nouveau grand jeu » qui semble nous échapper de plus en plus.

. Alain Lempereur, Puissance de la médiation contre la guerre civile, Paris, Descartes&Cie, janvier 2021.

Comment inverser les spirales d’escalade, ramener la paix dans un conflit collectif et même en guerre civile ; en somme, rapprocher des adversaires de longue date ? Comment les aider à se reparler, s’écouter, négocier et s’accorder ? L’intensité des conflits partout dans le monde, au Moyen Orient ou en Afrique, en Amérique ou en Europe, appelle à un changement radical pour moins s’agresser, s’ignorer ou se détruire.

La médiation a le pouvoir d’y contribuer. C’est dans l’Afrique des Grands Lacs que l’auteur a facilité des rencontres entre représentants de forces ennemies. Il en présente le récit dans ce livre. Comment agit-il, en pleine conscience des contextes sensibles où il intervient ? Comment des parties qui se haïssent arrivent-elles déjà à se réunir dans un même espace, à recréer la confiance, à dialoguer, à s’expliquer et se reconnaître, sans renoncer à leurs convictions ? Comment, par le dialogue, saisissent-elles le pouvoir inouï d’une négociation responsable et en tirent-elles des joies inespérées ? En consacrant quelques jours de leur vie à une telle rencontre improbable, des opposants, sensibilisé par un tiers extérieur, ont redécouvert l’humanité de leurs ennemis.

Cette expérience nouvelle a mobilisé des expériences de communication et des jeux de rôles. Des échanges approfondis ont favorisé des relations apaisées, mais aussi des solutions mutuellement bénéfiques. Ces ateliers de médiation ont transformé la manière dont nombre de participants ont négocié leur sortie du conflit. L’auteur, réaliste, prouve aussi que le succès ne se vérifie qu’une fois que les accords obtenus sont exécutés dans les faits et consacrés dans la durée.

. Christophe Vuilleumier, Le renseignement dans les pays neutres, Paris, Slatkine, janvier 2021.

Militaire, économique ou politique, les services de renseignement ont connu au cours du XXe siècle des phases successives, inhérentes aux époques, aux tensions internationales, aux nationalités des services concernés ainsi qu’aux pays dans lesquels ils ont étendu leurs activités. Les pays neutres, comme la Suisse, durant les deux guerres mondiales, ont joué en l’occurrence des rôles éminemment importants en raison des espaces de négociation qu’ils ont représentés et des situations spécifiques qu’ils occupaient.
Ces aspects sont étudiés depuis quelques années seulement, grâce à l’ouverture d’archives, longtemps classifiées. Cet ouvrage, issu du colloque de Genève 2018 de l’ASHSM, porte sur plusieurs thématiques méconnues, comme le développement de l’espionnage allemand sur le sol de la Confédération après la Première Guerre mondiale, l’existence des services de renseignement polonais en Suisse pendant la Seconde Guerre mondiale, le fonctionnement des services de renseignement helvétique au cours de ce conflit, ou l’activité des services secrets étrangers en Suisse durant la Guerre froide.

. Kamala Marius, L’Inde, une puissance vulnérable, Paris, Bréal, février 2021.

En dépit de la montée en puissance du nationalisme hindou et à l’exception de la période d’état d’urgence (1975-1977), la République indienne essaie de préserver depuis près de soixante-dix ans un système démocratique et laïc (séculariste) grâce à un pouvoir judiciaire indépendant qui fait respecter l’autorité de la loi et les droits fondamentaux. Même si l’Inde, ce géant démographique de 1,350 milliard d’habitants sans compter sa diaspora (28 millions de personnes), a rattrapé la France en étant la 6e puissance économique mondiale, cette croissance est très inégalement répartie tant sur le plan socioéconomique que géographique.

Comment ce pays émergent entre puissance et vulnérabilité arrivera-t-il à relever les nombreux défis en matière de justice sociale et environnementale et à maintenir cette stabilité dans un environnement régional et mondial troublé ?

. Khadija Mohsen-Finan, Tunisie, l’apprentissage de la démocratie, Paris, Nouveau monde, janvier 2021.

En janvier 2011, une foule compacte investit les rues de Tunis et prend des allures de peuple insurgé. Le départ de Ben Ali, le 14 janvier 2011, lui donne la conviction qu’elle est en train de jouer un rôle majeur dans la vie politique du pays. Le peuple entend renouveler les élites et mettre fin aux clientélismes. Rapidement, l’union nationale laisse place à des affrontements, certains voulant conserver des pans du passé politique, ou sur la question de la place de l’islam.

Les élections législatives et présidentielles de 2011 et de 2019 qui encadrent cette décennie de transition auront finalement été les seuls moments où le clivage " moderniste" / islamiste laissait place à la volonté populaire, dans un élan révolutionnaire ou dans le cadre d’un populisme qui s’impose sur la scène politique en 2019. Historienne et politologue, Khadija Finan brosse l’histoire de cette décennie sans pareille en l’inscrivant dans l’histoire longue de la Tunisie.

Elle met l’accent sur sa singularité : la transition tunisienne, unique dans la région, constitue au coeur du monde arabe un laboratoire de modernité politique. L’auteure s’attache à montrer les difficultés inhérentes à l’apprentissage de la démocratie dans un pays qui a tourné la page de l’autoritarisme, sans rompre avec son passé politique. Le comportement des acteurs politiques, comme les attentes citoyennes attestent de cette ambivalence.

Cet essai décrit l’émergence de forces politiques, dans une démocratie balbutiante et fragilisée par les luttes de pouvoir entre formations antagonistes qui paralysent le pays. La précarité économique est aggravée par la situation sécuritaire puis par la pandémie de coronavirus. La transition doit également prendre en compte les effets de la géopolitique régionale, avec le soutien du Qatar aux islamistes d’Ennahda, et l’appui des Emirats arabes unis au camp moderniste.

Khadija Mohsen-Finan enseigne sur le Maghreb à l’université de Paris 1 (Panthéon-Sorbonne). Elle est l’auteure de nombreux articles et ouvrages, parmi lesquels Le Maghreb dans les relations internationales (CNRS 2011), L’Image de la femme au Maghreb (Actes Sud 2008) et, avec Pierre Vermeren, Dissidents du Maghreb (Belin, 2018).

. Frédéric Thomas, Soulèvements populaires – Points de vue du Sud, Paris, Syllepse, janvier 2021.

La simultanéité, l’ampleur et la radicalité des soulèvements populaires de l’automne 2019 au Chili, en Equateur et au Liban surprennent. Elles obligent à réévaluer d’autres mouvements, débutés plus tôt et toujours en cours – en Haïti, au Soudan, en Algérie, à Hong Kong... –, et à porter un regard plus attentif sur la conflictualité sociale dans le monde. Au-delà des affinités relevées, la coïncidence dans le temps et la diffusion dans l’espace marquent-elles un nouveau "printemps des peuples" ? Si les revendications et les modes d’action convergent jusqu’à un certain point, le développement des luttes demeure tributaire du mode de gestion étatique de la contestation et de la cohésion des élites au pouvoir.

Et les soubassements politiques et moraux de ces mobilisations sont ancrés dans des histoires nationales, dont l’héritage est revendiqué. Le visage des révoltes – celui d’une jeunesse urbaine précarisée au sein de laquelle les femmes jouent un rôle important –, ainsi que l’évidence médiatique de ressorts communs – l’utilisation des réseaux sociaux, le recours aux cultures populaires, la spontanéité et l’horizontalité des modes d’organisation...
– méritent d’être interrogés. Ces soulèvements répondent à des contextes particuliers, mais traduisent aussi de nouvelles circulations internationales des luttes. Assiste-t-on dès lors à une mondialisation de la protestation sociale ?

. S. Gajic, Le jeu des négociations entre l’Union européenne et la Serbie. Les critères politiques (2000-2020), Paris, Coédition Fondation Varenne, décembre 2020.

La Serbie n’est certainement pas ce que l’on pourrait désigner comme étant un Etat typique de l’Europe centrale et du Sud-Est. Alliée fidèle de la Russie et de la Chine, elle a subi les plus longues sanctions internationales en Europe et des bombardements de l’OTAN. Depuis la chute du régime de Milosevic en 2000, l’enfant terrible du continent a vocation à adhérer à l’Union européenne, or la tendance n’est clairement pas à l’élargissement.
Face aux nombreuses crises, l’UE parait impuissante à plusieurs égards. Toutefois, malgré les doutes de part et d’autre, Bruxelles ne peut pas se permettre de ne pas tendre la main à la Serbie qui a une place centrale dans les Balkans. Belgrade s’est ainsi engagé à aligner sa législation sur l’acquis. Or, sur fond d’acculturation et de déculturation juridique, des voix s’élèvent contre les réformes en chaîne dans le seul but d’intégrer l’organisation européenne.
L’un des objectifs de cette thèse est d’éclairer la nature et l’avancée de ces réformes à travers les critères politiques d’adhésion. L’étude des négociations entre Bruxelles et Belgrade est aussi l’occasion d’apporter un éclairage sur le fonctionnement de l’organisation européenne et de constater les limites de l’ambiguïté constructive chère à l’UE.

. Antoine Ullestad, Les frontières extérieures de l’Union européenne – Étude de l’internationalisation du marché intérieur, Paris, l’Harmattan, octobre 2020.

La mondialisation interroge la frontière et le dogme qui veut qu’elle soit un objet indépassable. La représentation d’une ligne nette et tranchée séparant de manière catégorique et intemporelle un dedans et un dehors n’est peut-être plus la seule forme juridique possible de la frontière. L’établissement d’un village-global ayant fait disparaître toute forme de démarcation n’est peut-être pas non plus irrémédiable (ou irréversible ?).

Et si la mondialisation était l’occasion d’adjoindre à cette notion vieille comme le temps un ensemble de nouveaux éléments définitionnels susceptibles de la mettre en adéquation et en tension avec les évolutions instables de l’économie, les configurations sécuritaires changeantes du temps présent et les impératifs idéologiques fluctuants des sociétés actuelles ? La mondialisation est ainsi l’occasion de penser la frontière autrement et de se confronter sincèrement à deux questions : quelle frontière recherchons-nous ? Et de quelle frontière avons-nous besoin ?

. Dilma Rousseff, Qui croit, lutte – Discours devant le sénat brésilien lors du procès en destitution suivi de Le Coup d’état, un processus, Paris, Unes, novembre 2020.

Le 29 août 2016, la présidente Dilma Rousseff prononce un discours historique devant le Sénat brésilien. Alors qu’elle est l’objet d’une procédure de destitution pour des opérations comptables liées à la gestion du déficit de l’Etat brésilien, son ultime plaidoirie ne parvient pas à convaincre la chambre haute de son innocence. Son éviction met fin à un règne de treize ans du Parti des Travailleurs à la tête de l’exécutif fédéral, et constitue une étape essentielle dans la profonde crise qui touche le Brésil depuis 2013.

Dilma Rousseff, qui avait succédé à Lula dans un climat d’euphorie économique et sociale, a vu la situation du pays se dégrader et les scandales de corruption toucher jusqu’à son propre camp. Au lendemain de sa réélection surprise, l’opposition conservatrice se lance à corps perdu dans des procédures juridiques visant à la renverser, pendant que s’amorce l’essor irrésistible de l’extrême droite fondé sur le rejet de la classe politique.

Ce discours est un témoignage solennel laissé à l’histoire. Il affirme, au-delà de ses erreurs et des compromissions de son parti, que la présidente a été victime d’un coup d’Etat dont la forme juridique est adaptée au discrédit qui frappe la violence politique explicite. En rappelant son parcours personnel et les principes de la Constitution, Dilma Rousseff incarne la résistance au nom de l’Etat de Droit et de la souveraineté populaire.

En s’élevant à la hauteur de son mandat et de la postérité, elle encourage à surmonter l’injustice et à préparer les prochaines luttes.

. Dipesh Chakrabarty, Provincialiser l’Europe – La pensée postcoloniale et la différence historique, Paris, Amsterdam Éditions, novembre 2020.

L’Europe n’est plus le centre du monde. Pourtant, les catégories de pensée et les concepts politiques occidentaux continuent de régir les discours produits sur les mondes non occidentaux, perpétuant l’idée selon laquelle l’histoire de l’ensemble des sociétés humaines devrait être lue au prisme de l’évolution de ce continent. Or le capitalisme n’a pas réussi à unifier l’humanité. S’il s’est mondialisé, il ne s’est pas universalisé.

D’où la nécessité de provincialiser l’Europe, autrement dit de reconnaître que l’appareil scientifique occidental ne suffit pas à comprendre nombre d’éléments des sociétés et des cultures des pays du Sud. Dipesh Chakrabarty montre dans ce classique de la pensée postcoloniale que le temps historique est pluriel, que les sociétés participent de temporalités hétérogènes constitutives d’une multiplicité irréductible de manières d’être au monde.

Ce faisant, il invite à penser la diversité des formes que peut prendre la modernité politique ainsi que des futurs qui se construisent aujourd’hui.

. Marc Trévidich, Le roman du terrorisme, Paris, Flammarion, novembre 2020.

"Je ne sais pas grand-chose de mes ancêtres, sinon qu’ils remontent au début de l’humanité, dès que l’homme voulut posséder du pouvoir sur ses semblables et que la mort lui fit peur". Un acte terroriste ne se réduit pas au chaos qu’il provoque : il répond et s’articule, depuis la nuit des temps et sur tous les continents, autour de sept préceptes, sept piliers fondateurs. Dans ce livre, qui retrace l’histoire du terrorisme depuis sa naissance dans la Perse du XIe siècle jusqu’à aujourd’hui, le juge Marc Trévidic décortique cette méthode d’action et de pensée en s’appuyant sur son expérience en tant que juge d’instruction au pôle antiterroriste.

Le roman du terrorisme est un récit captivant sur le sujet le plus brûlant de notre époque, qui donne la parole à la méthode terroriste elle-même. C’est en effet le terrorisme personnifié qui s’exprime dans ce texte d’une rationalité glaçante et d’une ironie mordante, illustrant son propos d’exemples véridiques et de faits inédits.

. Philippe Ratte, Les nouveaux déséquilibres du monde, Paris, Ginkgo, décembre 2020.

L’une des caractéristiques de ce début de XXIe siècle est sans doute la multiplication de ce que l’on appelle les menaces globales. Les déséquilibres de toutes natures se sont ajoutés les uns aux autres. Aujourd’hui, leur accumulation finit par donner à notre planète un tour préoccupant, voire inquiétant. Armes de destruction massive, terrorisme, migrations, mondialisation : les défis que l’humanité doit affronter ne manquent pas.
Elles ont toutes en commun d’avoir quelque chose à voir avec des problèmes d’identité. En revanche, le dérèglement climatique, la pandémie de covid 19, relèvent d’une toute autre catégorie. Il ne s’agit plus d’une question de perception au sein de certains groupes humains mais d’un problème objectif qui impacte toute la population du globe. C’est donc dans une ambiance internationale passablement désenchantée, que la Fondation pour la Prospective et l’Innovation a consacré son Forum annuel du Futuroscope pour 2020 à réfléchir à cette évolution.

. Antoine Courmont, Quand la donnée arrive en ville – Open Data et gouvernance urbaine, Paris, PUG, janvier 2021.

Gouverner la ville et /ou gouverner les données ? En quoi les données participent-elles à recomposer la gouvernance urbaine ? Ces dernières années, les données sont devenues un enjeu central pour de nombreuses métropoles, qui en fonction d’elles, développent des stratégies, mettent en oeuvre des instruments, transforment leur organisation et créent de nouveaux métiers. En s’appuyant sur une enquête ethnographique de quatre années au sein d’une collectivité française, le livre propose une analyse, au plus près des acteurs, sur la manière dont la gouvernance urbaine est modifiée par ce phénomène nouveau de la mise en circulation des données.

Au point de se demander si, à l’ère du numérique, les données ne sont pas devenues un outil de pouvoir à maîtriser pour gouverner la ville...

. Gabriel Amvane, L’efficacité du maintien de la paix en Afrique par l’ONU et l’Union Africaine, Paris, L’Harmattan, novembre 2020.

Maintenir la paix et la sécurité internationales est le but primordial de la Charte des Nations Unies au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Toutefois un continent, l’Afrique, s’illustre par un nombre de conflits très important et par les efforts continuels de l’Organisation des Nations Unies à y maintenir la paix, efforts soutenus au niveau régional par l’Union africaine. La persistance des conflits armés sur le continent conduit à se questionner sur l’efficacité du maintien de la paix en Afrique par l’ONU et l’Union africaine, ainsi que sur les mécanismes mis en place par les deux organisations. Pour répondre à cette question, les deux grandes spécificités du maintien de la paix sont abordées : l’aspect institutionnel et l’aspect matériel, envisagé l’un et l’autre du point de vue de leur efficacité.

. Georges-Henri Soutou, L’action extérieure de la France, Paris, PUF, novembre 2020.

Si encore fin 2017, nous paraissions nous trouver dans un univers relativement prévisible, où la mondialisation se développait de façon irrésistible, en 2019, la donne a profondément changé : la crise économique revient, les États-Unis ont entamé une guerre commerciale avec la Chine et l’Europe et leur président n’hésite pas à rompre avec une série d’orientations fondamentales de la politique américaine depuis les années 1950, le Moyen-Orient est plus agité que jamais et la puissance commerciale de la Chine inquiète de plus en plus les Européens. En 2017, il s’agissait d’adapter la France à la mondialisation, en 2019 il s’agit de la préparer au temps d’arrêt de cette dernière. Et peut-être à une nouvelle récession mondiale. La plupart des paramètres de l’action extérieure de la France s’en trouvent très sérieusement remis en cause.

Durant un an, l’Académie des sciences morales et politiques a engagé une réflexion sur l’organisation, les moyens et l’action des pouvoirs publics dans le domaine de la politique extérieure de la France, que ce soit sous l’angle historique, culturel, militaire ou géopolitique. Cet ouvrage est le fruit des contributions des académiciens et de personnalités invitées au cours de cette année de réflexion sur les enjeux et les modalités de l’action extérieure de la France.

. Gilles Dorronsoro, Le gouvernement transnational de l’Afghanisatn – Une si prévisible défaite, Paris, Karthala, décembre 2020.

Ce nouvel essai de Gilles Dorronsoro propose une analyse critique impitoyable des impasses de l’expertise orientaliste et sécurocrate dont la portée comparative, bien au-delà du seul cas afghan, est d’une haute actualité.

. Michel Catal, L’Europe et l’Afrique. Conflits nationaux et coopérations régionales, des indépendances à nos jours, Rennes, PUR, 2020.

Ce volume est consacré à l’histoire des relations entre l’Europe et l’Afrique depuis les indépendances jusqu’aux temps présents, tout particulièrement les crises, les conflits et les coopérations qui opposent ou associent les États et les organisations de coopération régionale. Les questions politiques et militaires, mais également les questions économiques sont au cœur de cette étude, dans une perspective résolument tournée vers l’histoire des relations internationales.

. Philippe Bruyerre, La puissance du vent. Des moulins à vent aux éoliennes modernes, Paris, Presses Universitaires du Mirail, novembre 2020.

L’éolienne est une machine de production présente depuis 1180 en Occident qui, dès l’origine, met en œuvre un principe physique et une architecture globale qu’elle conserve encore aujourd’hui. L’histoire proposée dans le livre s’articule autour de quatre scènes techniques, chacune située à une époque et dans un lieu précis et présentant un type particulier d’éolienne : moulins à huile à Lille aux XVIIIe et XIXe siècles, moulin électrique au Danemark au tournant du XXe siècle, aérogénérateurs en France dans les années 1950 et éoliennes modernes en Allemagne du Nord à la fin du XXe siècle. Pour chacune de ces scènes, les dynamiques techniques et les dynamiques socio-économiques qui façonnent l’éolienne sont présentées à partir d’une analyse historique détaillée. Sur la base de ces histoires, deux indicateurs de long terme sont définis donnant un éclairage nouveau sur l’histoire de cette machine, articulant recherche technique d’efficacité et exigence sociale de régularité de production.

. Jean-Sylvestre Mongrenier, Géopolitique de l’Europe, QSJ n°4177, Humensis, 2020

Si l’Europe ne constitue pas un acteur géostratégique global, elle n’est pas non plus réductible à une simple expression géographique. Berceau de la civilisation occidentale, elle est située à la croisée des menaces, dont certaines portent sur son existence même.
Face à cette situation paradoxale, quels leviers mettre en œuvre ? Une confédération européenne fondée sur la libre collaboration des nations et le « partage du fardeau » au sein de l’Alliance atlantique ne pourrait-elle pas relever les défis qui se posent à elle ?
Jean-Sylvestre Mongrenier livre ici une étude rigoureuse, conduite à différentes échelles spatiales et temporelles, de l’environnement stratégique du Vieux Continent, dont les tenants et les aboutissants sont plus que jamais d’actualité.

. Jean-Sylvestre Mongrenier, Le monde vu de Moscou. Géopolitique de la Russie et de l’Eurasie postsoviétique, PUF, 2020

Étendue de la Baltique à l’océan Pacifique, voisine de l’Europe, du Grand Moyen-Orient et de la Chine, la Russie incarne « l’Eurasie ». Ce concept désormais central dans le discours géopolitique du Kremlin a une fonction polémologique. Alors qu’un arc de crise parcourt la « plus grande Méditerranée », Moyen-Orient compris, et que l’Arctique fait figure de nouveau front stratégique, le projet révisionniste russe consiste à retrouver un statut de puissance globale, à la mesure de son immensité et en opposition à l’Occident.
Dans ce dictionnaire géopolitique complet et pédagogique, Jean-Sylvestre Mongrenier multiplie les perspectives sur la Russie et l’Eurasie postsoviétique en 550 entrées. Il propose une éclairante analyse des rapports de force et permet de comprendre les représentations géopolitiques à travers lesquelles les dirigeants russes pensent le monde pour y agir.

. Alexandre Austin, Des sanctions imposées à l’Iran et de leurs effets, Paris, L’Harmattan, octobre 2020.

Traditionnellement utilisés par les Etats dans le cadre des conflits armés, les embargos et sanctions internationales sont aujourd’hui souvent mis en oeuvre en temps de paix. Après la révolution iranienne de 1979, l’ordre géopolitique mondial a subi des bouleversements. La rupture consommée avec les États-Unis marqua le commencement d’une lutte de pouvoir au Moyen-Orient et d’une politique d’endiguement de la « menace iranienne », accusée de nuire à la stabilité régionale et d’entretenir des ambitions nucléaires hostiles. Cependant, les effets de ces sanctions, loin d’obtenir les résultats escomptés, interrogent quant à l’impact sur la population, notamment sa partie la plus pauvre. L’ouvrage traite d’une opposition fondamentale, celle de la première puissance mondiale et d’un État non-aligné, ainsi que de ses implications universelles.

. Céline Marangé, Maud Quessard, Les guerres de l’information à l’ère numérique, Paris, PUF, janvier 2021.

Depuis la révolution numérique, les conflits géopolitiques se déploient dans des espaces virtuels dont la nature est en constante évolution. Qu’ils soient démocratiques ou autoritaires, les Etats adaptent leur stratégie de puissance de façon à mieux maîtriser les effets de la propagation instantanée de l’information, ainsi que ses nouvelles possibilités de manipulation. Certains utilisent le cyber et les médias pour porter atteinte à la souveraineté de leurs adversaires et perturber le fonctionnement de leur société et de leurs infrastructures de défense.

Cet ouvrage étudie les trois dimensions qui caractérisent les guerres de l’information. Il explore le fonctionnement technique des conflits informationnels (couches basses de l’Internet, ciblage et amplification). Il examine ensuite les stratégies de plusieurs acteurs-clef de la scène internationale (Chine, Russie, États-Unis, Grande Bretagne, France, Japon), mais aussi d’Etats pivots (Iran, Israël) et de pays relativement isolés (Corée du Nord, Qatar).

Enfin, il s’interroge sur les réponses juridiques et institutionnelles apportées pour répondre à la désinformation et réguler ces nouveaux espaces de conflictualité.

. Christophe Dickès, Les lois de la politique étrangère selon Jacques Bainville, Paris, L’artilleur, novembre 2020.

Connu pour sa remarquable biographie de Napoléon et son Histoire de France, constamment rééditées jusqu’à nos jours, Jacques Bainville fut aussi un analyste hors pair de la politique internationale. La diffusion de ses idées et de ses écrits allait bien au-delà de sa famille politique, l’Action française. Bainville considérait que la politique est régie par des lois et qu’elle est toujours l’oeuvre des hommes. De l’expérience de ceux-ci et des grandes permanences de l’histoire, il est possible de déduire le futur et de se prémunir par l’action des dangers qu’il recèle.

Dans un livre prophétique. Les conséquences politiques de la paix, publié en 1919, Bainville annonça tout l’entre-deux-guerres : l’avènement de Hitler, l’Anschluss, l’invasion de la Tchécoslovaquie, le pacte germano-soviétique, l’agression contre la Pologne et la nouvelle guerre européenne qui s’ensuivit. Jacques Bainville ne fut pas écouté. Il mourut en 1936, avant la catastrophe que la France n’avait pas su conjurer.

. François de Teyssier, Gilles Baudier, La Construction de l’Europe, Paris, Que sais-je ?, février 2021.

Cet ouvrage part d’une idée simple : pour comprendre la construction de l’Europe, il faut réfléchir à son histoire ; pour saisir les raisons de certaines évolutions, il faut évoquer des principes économiques ; pour envisager l’avenir, il faut comprendre les enjeux politiques. Aussi les auteurs présentent-ils l’Europe selon trois dimensions : culture, espace, puissance. La première partie, " Culture et histoire ", analyse les événements ayant marqué depuis l’Antiquité la construction de l’Europe ; la deuxième, " Espaces et organisations ", explique le fonctionnement de l’Union européenne ; enfin, " L’Europe puissance " ouvre des perspectives sur l’avenir de la construction européenne en ce début de troisième millénaire.

. Yann Le Bohec, La première marine de guerre romaine. Des origines à 241 av.J-C, Paris, Illustoria, novembre 2020.

Le grand historien grec Polybe a affirmé que les Romains n’avaient pas de marine militaire en 264 av. J.-C., au moment où ils ont engagé la première guerre punique, et qu’ils ont créé des navires et des flottes à la suite de miracles. Comme il écrivait bien, ses lecteurs l’ont cru sur parole.

Mais les miracles n’ont pas leur place en histoire. De plus, des textes et des faits contredisent cette affirmation. Les Romains ont eu très tôt la maîtrise de la mer, ce qui leur a permis de vaincre les Carthaginois à plusieurs reprises et de remporter ce conflit.

C’est ce que nous prouve ce livre.
"Lorsqu’ils [les Romains] décidèrent de faire passer leurs troupes [en Sicile], à Messine, ils ne possédaient pas de vaisseaux pontés, ni de transports, pas même un petit bateau, mais seulement des bâtiments à cinquante rames et des trirèmes, qu’ils avaient empruntés à Tarente, à Locres, à Élée et à Naples," POLYBE (1,3).

. Bénédicte Renaud-Boulesteix, Modernité politique et bien commun. La pensée anti-libérale catholique et la crise du libéralisme dans l’entre-deux-guerres, Paris, Herman, novembre 2020.

La Première Guerre mondiale et ses suites ont profondément déstabilisé les rapports d’équilibre des puissances européennes. La profondeur de cette remise en cause se mesure dans l’analyse critique portée par les anti-libéraux sur la faillite d’un système moral et politique. Parmi ceux-là, certains penseurs catholiques proposèrent une alternative à l’ordre libéral durant l’entre-deux guerres. Rouvrant à nouveaux frais la question de l’unité théologico-politique au sein de la cité moderne, ces penseurs n’eurent de cesse de définir les fondements moraux d’une vie collective orientée vers la réalisation d’un bien commun, gage d’une paix solide, selon eux.

Un tel effort, s’il doit être pris au sérieux dans les questions qu’il pose, révèle des limites irréductibles à sa validité théorique et pratique, soulignant ainsi la force et la fragilité d’une paix libérale et démocratique.

. Hervé Drévillon, André Loez, Mondes en guerre – Tome III. Guerres mondiales et impériales. 1870-1945, Paris, Passés Composés, octobre 2020.

Explorer la diversité des pratiques guerrières sur tous les continents depuis la préhistoire jusqu’à nos jours, telle est l’ambition des Mondes en guerre. Dès l’Antiquité, objet du premier volume, la formation d’empires alimenta un vaste processus de confrontations et d’échanges militaires, avant que l’ère des Grandes Découvertes, au départ du second volume, ne déclenche l’intégration de tous les continents dans un espace martial unifié.

Ce troisième tome explore les guerres mondiales et impériales entre 1870 et 1945, séquence historique où la puissance nouvelle des armes industrielles marque tant d’espaces, de l’Afrique colonisée aux tranchées de la Somme, des steppes de Russie aux immensités du Pacifique. À travers une analyse sur la longue durée d’une période marquée par la sujétion du globe aux grandes puissances militaires, et par une approche thématique – les combattants, les armes, les empires, les mobilisations, les refus ou encore les crimes de guerre –, les auteurs, sous la direction d’André Loez, mêlent histoire au ras du sol, donnant leur place à tous les acteurs ordinaires, et questionnement global sur l’importance des guerres pour les sociétés qui les traversent. Texte, iconographie et cartes inédites permettent ainsi de saisir, dans leur diversité, les expériences humaines de la guerre dans le monde.

. Jean-Claude Camus, Billets en guerre. 1938-1948, Paris, Autrement, novembre 2020.

De 1938 à 1948, la France a connu la guerre, l’Occupation, la Libération et enfin le temps de la reconstruction. Au cours de ces dix années, les billets des Français ont porté les signes de cette histoire, révélant les lignes de fracture entre pays ennemis mais aussi entre nations alliées. Depuis les billets patriotiques imaginés par la Banque de France la veille du conflit aux billets des zones d’occupation française, en passant par ceux conçus par les Américains pour le débarquement et par ceux de la France libre, ce livre propose, au cours d’un récit passionnant et richement illustré, un éclairage inédit de la Seconde Guerre mondiale.

. Olivier Aim, Les théories de la surveillance. Du panoptique aux Surveillance Studies, Paris, Armand Colin, novembre 2020.

Vidéosurveillance de rue, compteurs connectés, fichiers numériques, puces RFID, lois sur le renseignement, géolocalisation, programme « Prism » de la NSA, reconnaissance faciale, traçage, recommandations et offres prédictives de la grande distribution… la surveillance est omniprésente dans les débats publics et semble avoir investi l’ensemble des territoires de la vie quotidienne, accréditant la thèse de l’avènement d’une véritable société de la surveillance généralisée.

Fantasme sécuritaire ou panique liberticide, la surveillance est également devenue un objet de réflexion scientifique, ouvrant un champ de recherche et d’analyse en plein développement : les Surveillance Studies.
En privilégiant une démarche pluridisciplinaire (littérature, philosophie, science politique, sociologie, sciences de la communication) et en prenant en compte les évolutions médiatiques de la société ( écrans, réseaux, plateformes), cet ouvrage propose un panorama complet des théories de la surveillance, des textes fondateurs (Bentham, Taylor, Weber, Foucault, Deleuze…) aux notions les plus récentes (« vigilance », « sousveillance », « capitalisme de surveillance », « shareveillance », « exposition »).
Depuis ces premières approches essentiellement organisationnelles, le champ s’est ouvert à la complexité des enjeux sociaux, politiques et personnels de la nouvelle « économie de la visibilité » numérique, laissant entrevoir l’émergence contemporaine d’une véritable « culture » de la surveillance.

. Yadh Ben Achour, L’islam et la démocratie. Une révolution intérieure, Paris, Gallimard, décembre 2020.

Yadh Ben Achour envisage dans ce livre le "défi démocratique" qu’ont aujourd’hui à relever les sociétés musulmanes. Un défi d’autant plus crucial à ses yeux qu’il est un fervent défenseur de l’universalité démocratique. Il se montre très critique à l’égard des faux-semblants de la prétendue "démocratie islamique" et en appelle contre elle à la longue tradition de l’islam libéral, dont il fait remonter les racines aux penseurs classiques de l’islam, Averroès en tête.
L’obstacle principal à la démocratisation dans les sociétés musulmanes actuelles, montre-t-il, est constitué par un phénomène plus social que religieux, "l’orthodoxie de masse" . Ce qui ne l’empêche pas de déboucher sur une conclusion optimiste : une révolution intérieure est en cours, par laquelle s’opère une lente appropriation des valeurs démocratiques au sein du peuple des croyants.

. Yves Plasseraud, Les Pays Baltiques. Le pluralisme en héritage, éd. Harmeline, 2020

Cet ouvrage présente l´histoire des nombreux peuples qui se sont installés au fil des siècles sur les rives orientales de la mer Baltique des origines jusqu´à nos jours, peuples que l´on apprend à redécouvrir depuis l´indépendance des pays Baltes. Ainsi, si le multiculturalisme est un phénomène récent en Europe occidentale, il est en revanche très ancien dans certains territoires de l´Europe centrale et orientale. C´est le la cas avec les pays Baltes où le il constitue un héritage historique. Néanmoins, le nouveau contexte géopolitique voit de nouvelles menaces peser sur l´avenir des ces « petits États » de la Baltique. Le livre, complété par plusieurs annexes est enrichi de nombreuses cartes et illustrations, visant à donner une approche concrète du destin de ces peuples attachants et trop méconnus

. Daniel Chartier, Olga Lavrenova, Dmitry Zamyatin, Ekatarina Romanova, Oksana Dobjanskaya, Géocultures. Méthodologies russes sur l’Arctique, Québec, Isberg, novembre 2020.

Les articles traduits et réunis dans ce livre témoignent de la vitalité des réflexions sur l’Arctique dans un contexte culturel et social en Sibérie. Nous avons peu de contacts avec les chercheurs russes dans le cadre de la recherche sur le Nord et l’Arctique, et moins encore avec ceux qui vivent dans les territoires froids de la Sibérie. Aussi, les relations avec la République Sakha — la Yakoutie — révèlent un intéressant potentiel de coopération, notamment dans le domaine de l’éducation, des études autochtones, des études culturelles et dans la compréhension générale du monde froid circumpolaire. La Yakoutie, avec ses écarts thermiques spectaculaires et ses records de froid en milieu urbain, mais également avec la prise en main, par les Autochtones, des institutions culturelles et du savoir, permet de mieux saisir la complexité de l’espace culturel arctique.

. Eric Verdeil, Thomas Ansart, Benoît Martin, Patrice Mitrano, Antoine Rio, Atelier de cartographie de Sciences Po, Atlas des mondes urbains, Les Presses de Sciences Po, 2020

Aux sources classiques des organisations internationales et des réseaux de villes, les auteurs de cet Atlas des mondes urbains ont confronté l’éventail des nouvelles possibilités offertes par le numérique, multiplié les échelles et se sont affranchis des spatialités territoriales usuelles. Voici une cartographie inédite de la planète des citadins.

Sept humains sur dix vivent en ville. Des mégapoles se forment sur tous les continents. Partout le bâti s’étale et se standardise, les mondes ruraux disparaissent, les modes de vie s’uniformisent et, dans le même temps, les inégalités se creusent. La généralisation de l’urbain réchauffe la planète, détruit la biodiversité et nous rend encore plus vulnérables face au changement climatique. Mais les villes sont aussi notre bien commun. Elles sont des lieux de production de richesses, d’innovation, de création culturelle, de solidarité et de résilience. Elles fascinent par leur gigantisme, leurs foules et leurs innombrables activités, laissant dans l’ombre une autre réalité : la myriade de villes petites et intermédiaires qui composent l’essentiel des mondes urbains d’aujourd’hui. Celles des pays dits en développement, en particulier, dont les « basses technologies » sont loin d’affecter autant l’avenir de la planète que les métropoles mondialisées.

Pour explorer les mondes urbains, les auteurs de cet atlas ont défriché de multiples champs hétéroclites. Aux sources classiques des organisations internationales et des réseaux de villes, ils ont confronté l’éventail des nouvelles possibilités offertes par le numérique, multiplié les échelles et se sont affranchis des spatialités territoriales usuelles. Voici une cartographie inédite de la planète des citadins.

. Christine Ockrent, La guerre des récits, éd. L’Observatoire, 2020.

La Covid-19 ébranle les grandes puissances qui prétendent à la supériorité de leur modèle.
Xi Jinping a-t-il réussi son pari ? D’une catastrophe sanitaire née sur son sol, il veut faire la démonstration de l’excellence du système chinois. Aide et propagande se confondent. Donald Trump a-t-il perdu sa réélection à force de nier l’évidence et d’ajouter au chaos d’un pays en pleines convulsions raciales et sociales ? La première puissance du monde constate la faillite de son propre modèle. Tout à son obsession de réécrire la grande histoire russe, Vladimir Poutine conforte son pouvoir aux dépens du pacte social passé avec son peuple. La course au vaccin devient une compétition géopolitique. En Europe, nos démocraties découvrent les limites du chacun pour soi et d’une Union incapable de protéger les populations. Le sursaut provoqué par Angela Merkel et Emmanuel Macron serait-il le premier chapitre d’un récit européen à l’aune de nos défis communs ?
Partout dans le monde, les dirigeants sont jugés selon leur capacité à juguler la pandémie et à en gérer les conséquences. À leur opinion publique et au-delà de leurs frontières, ils proposent ou imposent leur propre récit. Accélérées, déformées, manipulées par les réseaux sociaux, information et désinformation sont inextricablement mêlées.
Sur tous les fronts, la guerre des récits bat son plein.

. Arnaud Chomette, Actu 2021. Comprendre le monde du XXIe s. Ellipses, 2020

En 50 questions, ce livre éclaire les grands enjeux du monde du XXIe siècle, en lien avec les sujets suivants :Mondialisation, Mutations politiques, Conflits, Europe et Russie, Moyen-Orient et Afrique, Asie, Amérique, Durabilité.
Cet ouvrage est destiné aux étudiants en classes préparatoires ECS, en sciences politiques, en droit, en école de journalisme, à ceux qui préparent les concours administratifs ainsi qu’à tous ceux qui veulent mieux comprendre notre monde en pleine mutation.

. Kevin Parthenay, Crises en Amérique latine. Les démocraties déracinées (2009-2019), Paris, Armand Colin, octobre 2020.

Chili, Pérou, Argentine, Équateur, Brésil, Bolivie,

Venezuela, Nicaragua, Colombie... aux mois d’octobre et novembre 2019, la quasi-totalité des pays d’Amérique latine se sont embrasés sous les feux de mouvements de contestations politiques et sociales d’une ampleur inouïe. La simultanéité des évènements a alors été perçue par la communauté internationale comme un véritable « automne des peuples » latino-américains.

Malgré leur synchronisation et la similarité de certaines revendications, ces diverses explosions ont des origines et des effets profondément divergents, et viennent ponctuer dix ans de crises politiques.

Dix années séparent en effet l’exil forcé du Hondurien Manuel Zelaya en 2009 à celui du Bolivien Evo Morales en 2019. Dix années au cours desquelles la fin de l’ère progressiste sur le continent n’aura pas été qu’un long fleuve tranquille et où les démocraties auront été durement mises à l’épreuve.

Pour mieux comprendre les dynamiques politiques à l’oeuvre et leurs conséquences géopolitiques, cet ouvrage revient sur cette décennie de crises, et interroge la place internationale de l’Amérique latine aujourd’hui, à la fois fragilisée par l’épidémie de Covid-19 et située à un véritable carrefour démocratique de son histoire.

. Marta Torre-Schaub, Justice climatique. Procès et actions, Paris, CNRS, novembre 2020.

En juin 2019, la France déclarait l’état d’urgence climatique. L’enjeu, initialement politique et économique, est devenu juridique et citoyen mais également médiatique. La crise climatique a appelé à de nouvelles formes de mobilisation de la société civile, le droit devenant le bras armé de cette lutte. L’objectif de la justice climatique est double. D’abord, lutter contre les inégalités créées par le changement climatique.

Ensuite, sensibiliser la communauté internationale à la nécessité absolue d’agir de manière ambitieuse. C’est à l’étude de ces nombreuses actions en justice climatique que ce livre est consacré.

. Pascal Ory, Qu’est-ce qu’une nation ? Une histoire mondiale, Paris, Gallimard, novembre 2020.

« Oui, "qu’est-ce qu’une nation ?" On reprend ici la question posée au XIXe siècle par Ernest Renan en se plaçant dans une perspective résolument planétaire ; une autre manière de faire de l’histoire globale.

Car rien n’y fait : de la Révolution d’Octobre à la Pandémie de 2020 la nation, qu’on disait moribonde ou -pire- dépassée, est plus vivante que jamais. On ne compte plus, à la surface de la terre, les mouvements de "libération nationale", de l’Écosse à la Catalogne, de la Palestine au Kurdistan. Sans la nation comme clé d’interprétation l’histoire du monde depuis trois siècles serait incompréhensible. Sans elle l’irréductibilité de la Norvège ou de la Suisse, du Brésil ou de l’Afrique du sud resterait opaque. Sans elle le destin des puissances d’aujourd’hui, des États-Unis à la Chine, de l’Inde au Japon, devient illisible. Il n’y a rien de plus mondial que le national.

On la disait imaginée, voire imaginaire : elle est construite, assurément, mais ni plus ni moins que l’international, le monde ou l’humanité, toutes ces fictions utiles grâce auxquelles -et à cause desquelles- les individus et les sociétés vivent et meurent. Quant à son imaginaire, il touche à l’essentiel, puisqu’il est celui d’une rencontre entre l’identité et la souveraineté : un peuple y devient le Peuple.

Voilà pourquoi on a beau "déconstruire" la nation tous les matins, elle se reconstruit tous les soirs. Cette résistibilité aux vieilles prophéties religieuses ou laïques, libérales ou marxistes, méritait l’attention. Méritait un livre. »

. Samuel Alizon, Évolution, écologie et pandémies – Faire dialoguer Pasteur et Darwin, Paris, Seuil, novembre 2020.

Comment de nouvelles maladies infectieuses apparaissent-elles ? Pourquoi certains antibiotiques cessent-ils d’être efficaces ? Quels impacts peuvent avoir les changements de mode de vie ou les politiques de santé publique sur la virulence des agents pathogènes ? La pandémie du nouveau coronavirus humain, après celles du VIH ou de bactéries multi-résistantes, illustre de manière éclatante l’importance et la rapidité de l’évolution des microbes.

À l’approche pasteurienne, qui décortique les mécanismes cellulaires pour apporter des réponses au niveau individuel, il est nécessaire d’associer une approche darwinienne qui étudie la dynamique des populations au sein de leurs environnements : seule une démarche intégrant les deux approches permettra de maîtriser les agents infectieux et de trouver des traitements tant originaux que durables.

. Yannick Brun-Picard, La notion d’interface en géographie. Conceptualiser l’indissociable lien au support terrestre, Paris, L’Harmattan, novembre 2020.

Positionner les interfaces comme objets de la géographie est une démarche particulière aux marges des pratiques courantes de la géographie. La conceptualisation du lien indissociable au support terrestre renforce l’originalité de l’entreprise. Les interfaces dans leur diversité sont abordées par la reconnaissance de l’influence de Camille Vallaux et de l’humanisme géographique. La géographicité, la trame de construction, la matérialité et la conscientisation contribuent à la présentation d’interfaces d’ensauvagement, mémorielles ou environnementales. Cette pluralité donne accès à des enseignements propices à des mises en œuvre des interfaces efficientes au cœur de la géographie.

. Éric Verdeil, Thomas Ansart, Benoît Martin, Patrice Mitrano, Antoine Rio, Atlas des mondes urbains, Paris, Presses de Sciences Po, octobre 2020.

Aux sources classiques des organisations internationales et des réseaux de villes, les auteurs de cet Atlas des mondes urbains ont confronté l’éventail des nouvelles possibilités offertes par le numérique, multiplié les échelles et se sont affranchis des spatialités territoriales usuelles. Voici une cartographie inédite de la planète des citadins.

Sept humains sur dix vivent en ville. Des mégapoles se forment sur tous les continents. Partout le bâti s’étale et se standardise, les mondes ruraux disparaissent, les modes de vie s’uniformisent et, dans le même temps, les inégalités se creusent. La généralisation de l’urbain réchauffe la planète, détruit la biodiversité et nous rend encore plus vulnérables face au changement climatique. Mais les villes sont aussi notre bien commun. Elles sont des lieux de production de richesses, d’innovation, de création culturelle, de solidarité et de résilience. Elles fascinent par leur gigantisme, leurs foules et leurs innombrables activités, laissant dans l’ombre une autre réalité : la myriade de villes petites et intermédiaires qui composent l’essentiel des mondes urbains d’aujourd’hui. Celles des pays dits en développement, en particulier, dont les « basses technologies » sont loin d’affecter autant l’avenir de la planète que les métropoles mondialisées.

Pour explorer les mondes urbains, les auteurs de cet atlas ont défriché de multiples champs hétéroclites. Aux sources classiques des organisations internationales et des réseaux de villes, ils ont confronté l’éventail des nouvelles possibilités offertes par le numérique, multiplié les échelles et se sont affranchis des spatialités territoriales usuelles. Voici une cartographie inédite de la planète des citadins.

. Marc Lazar, Guillaume Plantin, Xavier Ragot, Le Monde d’aujourd’hui. Les sciences sociales au temps de la Covid, Paris, Presses de Sciences Po, octobre 2020.

Dès le déclenchement de ce « fait social total » que fut la pandémie de Covid-19, la communauté scientifique de Sciences Po s’est lancée dans des analyses collectives et interdisciplinaires pour tenter de comprendre sa signification. Lire la suite

Sidérant, impensable, incompréhensible, un événement-monde comme la pandémie de Covid-19, au moment où il se produit, prend autant de sens différents que d’acteurs chargés de le gérer et d’en parler : responsables politiques, scientifiques, médecins, médias, réseaux sociaux… Dans cette cacophonie interprétative, les sciences sociales sont d’une grande utilité. Dès le déclenchement de ce « fait social total », la communauté scientifique de Sciences Po s’est lancée dans des analyses collectives et interdisciplinaires pour tenter de comprendre sa signification. Il n’est pas seulement nécessaire d’éclairer les aspects éruptifs et disruptifs de telles crises, mais aussi de saisir ce qu’elles révèlent de nos sociétés et ce qu’elles leur font, alors que nous devons apprendre à exister avec le coronavirus, peut-être pour longtemps.

. Marie-Cécile Naves, La démocratie féministe. Réinventer le pouvoir, Paris, Calmann-Levy, octobre 2020.

Comment penser le monde après Donald Trump et Jair Bolsonaro ? Comment expliquer l’aura d’Alexandria Ocasio-Cortez, de Jacinda Ardern ou de Greta Thunberg ?

Le pouvoir prédateur sur les autres et la planète, incarné par les populismes néofascistes et le néolibéralisme, n’est pas une fatalité. Avec les crises démocratiques, environnementales, sanitaires et sociales que nous traversons, ce sont à la fois les récits, les agendas et les styles politiques qui doivent être questionnés. Le féminisme figure parmi les réponses. Fort d’une histoire plurielle, sur tous les continents, il est de plus en plus inclusif et transversal. Sur les plans théorique, pratique et programmatique, en multipliant les terrains d’expression et de revendication, il propose de renouveler les cadres de pensée pour construire un nouvel universel.

Par l’onde de choc qui est la sienne, dont #MeToo n’est qu’un exemple, le féminisme, avec d’autres approches du réel, jette les bases d’un projet durable et solidaire. Il promeut aussi un nouveau leadership, fondé sur la coopération et la responsabilité collective. Dans des contextes de crise, le féminisme est indispensable au renouveau démocratique, à l’émergence d’une nouvelle forme de pouvoir, de l’action publique à l’entreprise, en passant par l’art ou encore le sport.

L’ouvrage, clair et documenté, offre une grille de lecture de nos sociétés dans leur complexité. Il invite à repolitiser le monde, à recréer du commun, du débat, en s’appuyant sur l’imagination, le savoir et l’engagement de toutes et de tous.

. Muriel Rambour, Sûreté et sécurité des installations nucléaires civiles, Paris, Mare et Martin Éditions, novembre 2020.

Si la sûreté des installations est un questionnement originel pour le secteur nucléaire, la problématique de leur sécurité est devenue sensible dans un contexte national et mondial troublé. Pour aborder ces thématiques complémentaires, l’ouvrage croise les approches d’universitaires et de praticiens du nucléaire dans une perspective pluridisciplinaire. Il dépeint le cadre juridique et technique de la sûreté nucléaire visant à prévenir les accidents et à limiter leurs conséquences.

La réflexion aborde également la sécurité des installations, c’est-à-dire les conditions de leur protection face aux menaces intentionnelles (intrusions, survols aériens, cyberattaques, malveillance interne) susceptibles d’affecter leur fonctionnement.

. Pascal Dupeyrat, Sécurité économique et souverainetés industrielles, Paris, PUF, octobre 2020.

Alors que la mondialisation s’est bâtie sur les bénéfices attendus de la liberté d’investissement, elle n’a pourtant pas effacé la compétition entre nations. Ces rivalités étatiques prennent ainsi la forme d’une guerre économique où les entreprises sont autant acteurs que cibles. La France est traversée par cette dynamique. C’est pourquoi le temps du retour de l’État dans le jeu des fusions-acquisitions d’entreprises sensibles est venu. Des politiques de sécurité économique et un dispositif de sécurité nationale (décret IEF) s’appliquent ainsi à toutes les opérations d’investissements étrangers liées aux secteurs stratégiques. Dans ce contexte, sociétés et investisseurs s’efforcent d’aborder leurs négociations dans un jeu où les pouvoirs publics s’invitent désormais autour de la table.

. Georges-Henri Soutou, L’action extérieure de la France – Entre ambition et réalisme, Paris, PUF, novembre 2020.

Si encore fin 2017, nous paraissions nous trouver dans un univers relativement prévisible, où la mondialisation se développait de façon irrésistible, en 2019, la donne a profondément changé : la crise économique revient, les Etats-Unis ont entamé une guerre commerciale avec la Chine et l’Europe et leur président n’hésite pas à rompre avec une série d’orientations fondamentales de la politique américaine depuis les années 1950, le Moyen-Orient est plus agité que jamais et la puissance commerciale de la Chine inquiète de plus en plus les Européens.

En 2017, il s’agissait d’adapter la France à la mondialisation, en 2019 il s’agit de la préparer au temps d’arrêt de cette dernière. Et peut-être à une nouvelle récession mondiale. La plupart des paramètres de l’action extérieure de la France s’en trouvent très sérieusement remis en cause. Durant un an, l’Académie des sciences morales et politiques a engagé une réflexion sur l’organisation, les moyens et l’action des pouvoirs publics dans le domaine de la politique extérieure de la France, que ce soit sous l’angle historique, culturel, militaire ou géopolitique.

Cet ouvrage est le fruit des contributions des académiciens et de personnalités invitées au cours de cette année de réflexion sur les enjeux et les modalités de l’action extérieure de la France.

. Jalal Amérique Latine Husseini, Véronique Bontemps, Nicolas Dot-Pouillard, Abaher El Sakka, Penser la Palestine en réseaux, Paris, Presses de l’Ifpo, novembre 2020.

Penser la question palestinienne à partir de réseaux, penser le concept de réseaux à travers la question palestinienne : cet ouvrage entend répondre à deux préoccupations majeures. Il interroge un concept de plus en plus usité dans les sciences sociales ces dernières années ; il questionne aussi des dynamiques palestiniennes qui ne sont pas forcément manifestes. Les différents chapitres de cet ouvrage montrent ainsi comment des Palestiniens ont défié des contraintes territoriales par le net, fonctionnent en réseau dans l’ombre de l’institution proto-étatique de l’Autorité nationale palestinienne, reproduisent ou luttent contre les hiérarchies de statuts à Ramallah, créent de la citoyenneté dans les contraintes de la diaspora au prisme du statut de réfugié, étendent la Palestine, à travers l’art, du local au global, mais aussi comment des "internationaux" tissent de nouvelles sociabilités et modes d’agir dans les Territoires palestiniens occupés ou perpétuent les usages et les significations d’une lutte palestinienne qui est aussi un symbole transcontinental.

Ce sont autant d’usages des réseaux qui font émerger, plus que des discours, des pratiques du quotidien dans certains cas, des modes d’agir militants dans d’autres, créatifs et flexibles, prenant place dans des mondes palestiniens quadrillés par des réseaux de contraintes particulièrement "inflexibles" .

. Michel Dron, Philippe Kim Bonbled, COVID-19 et agriculture – Une opportunité pour la transition agricole et alimentaire ?, Paris, Presses de Mines, novembre 2020.

Bousculant nos connaissances scientifiques en matière de virologie et d’épidémiologie, la pandémie du COVID-19 a provoqué un confinement mondial qui a eu immédiatement de graves conséquences socio-économiques. Paradoxalement elle semble être un catalyseur des grandes mutations en cours dans les filières agricoles et alimentaires françaises : agroécologie, territorialisation, numérique, circuits courts, transition alimentaire.

Elle invite à la réflexion sur l’évolution de l’Union Européenne et de sa politique agricole commune. Elle oblige à revoir les relations Nord-Sud en matière de sécurité alimentaire mondiale. Interpellée par ces événements, l’Académie d’agriculture de France s’est mobilisée autour d’un groupe de réflexion qui a travaillé durant le grand confinement par visioconférence et alimenté un Forum académique numérique.

Ce sont ces contributions et des propositions concrètes pour une mutation accélérée et positive du monde agricole, qui vous sont communiquées dans cet ouvrage. Avec la crise du COVID, l’Académie d’agriculture de France s’est muée en une société savante 4.0 !

. Natacha Gagné, A la reconquête de la souveraineté – mouvements autochtones en Amérique latine et en Océanie, Paris, Hermann, novembre 2020.

Au gré des processus de décolonisation et d’autodétermination, la définition "classique" de la souveraineté, qui a pour assise l’autorité suprême et l’intégrité des Etats ainsi que la non- ingérence dans leurs affaires internes, est remise en question. Chez plusieurs peuples autochtones, le concept est investi de nouvelles significations qui recouvrent une multiplicité de droits sociaux, économiques, culturels et politiques.

En vertu de cette compréhension élargie, la souveraineté ne se réduit plus à celle de l’Etat, mais elle met en jeu le droit de ces peuples à s’autodéterminer dans divers domaines et à négocier leurs interdépendances. Elle recouvre des réalités et des demandes qui varient en fonction des contextes, et les vocables utilisés pour en parler varient aussi : quand certains parlent de souveraineté, d’autres préfèrent parler d’autonomie, d’indépendance, de décolonisation ou encore recourir à des concepts dans leur propre langue et issus de leur histoire.

Plusieurs raisons historiques, contextuelles et stratégiques président à ces choix. Cet ouvrage est consacré à ces expressions variées de la souveraineté, plus particulièrement dans deux régions du monde : l’Océanie et l’Amérique latine.

. Rémi Lefèbvre, Emmanuel Taïeb, Séries politiques, le pouvoir entre fiction et vérité, Paris, De Boeck Supérieur, novembre 2020.

Basé sur des séries « politiques » récentes et populaires, ce livre analyse et déconstruit l’image qu’elles donnent du jeu politique. Un décryptage transversal des phénomènes de pouvoir et de l’activité politique dans les séries.

Les séries donnent souvent des visées prosaïques à l’activité politique (les intérêts personnels passant avant l’intérêt général) et leurs fictions sont généralement porteuses d’une critique sociale et politique.

La dérision peut être le point de vue central (Kaamelott, Veep) ou elles peuvent se présenter comme des « modes d’emploi » d’un « réel » plausible (House of Cards, Occupied). Leur succès permet parfois même d’en faire un usage politique dans la réalité (le mouvement Podemos prend prétexte de Game of Thrones pour avancer des idées, des élus du PS se réclament de Baron Noir, des militantes féministes de Borgen ou The Handmaid’s Tale).
Comment le passage à la fiction transforme-t-il l’activité politique ? Comment analyser ces représentations du pouvoir ? En quoi les séries, par leur acuité et leur pertinence, aiguisent-elles l’appréhension du politique, et donc enrichissent le regard des sciences sociales ?
Une nouvelle façon de regarder ces séries… et le politique !

. Vincent Commandant, Traquer la terreur : au cœur des réseaux terroristes, du profilage à la neutralisation, Paris, Éditions Pierre de Taillac, novembre 2020.

À travers sept cas historiques, l’auteur analyse les tactiques qui permettent de contrer le terrorisme. Les modes d’action ennemis, que ce soit ceux du Vietminh, de l’IRA ou de Daesh, ainsi que les réponses des forces de sécurité sont présentés en se fondant sur des témoignages des personnes présentes sur le terrain.

. Abdenour Keramane, La coopération énergétique euro-méditerranéenne. Enjeux et perspectives, Paris, l’Harmattan, octobre 2020.

Les découvertes pétrolières et gazières des années 1950 dans les pays d’Afrique du Nord et du Bassin méditerranéen ont aiguisé l’appétit des compagnies européennes. La décolonisation, la volonté des pays nouvellement indépendants de disposer des richesses de leur sous-sol, la création de compagnies nationales pour les exploiter, ont sensiblement modifié la situation. Les mêmes projets ont alors poussé les partenaires des deux côtés de la Méditerranée à s’engager dans la voie de la coopération dans la recherche de l’intérêt mutuel. L’auteur établit un bilan provisoire et reprend l’idée d’une coopération étendue à l’Afrique subsaharienne, autour de l’exploitation du gisement solaire du Sahara, de la problématique énergie-climat-développement dans les régions arides, des infrastructures à créer ou à consolider entre l’Europe et l’Afrique.

. Annie Chaloux, Catherine Gauthier, Hugo Séguin, Philippe Simard, La crise climatique à l’aube d’un monde incertain, Québec, Presses universitaires du Québec, octobre 2020.

La crise de la COVID-19 est un choc violent porté à un système socioéconomique mondial déjà en transition vers des sociétés carbo­neutres. Un coup d’arrêt a été donné à la mondialisation, à la libre circulation des biens et services et au fonctionnement du libre marché. Du point de vue de l’action et de la recherche sur la transition énergétique et écologique, il est pour le moment difficile d’imaginer quels seront les contours d’un monde post-pandémie, et notamment quelle « nouvelle normale » en émergera.

La crise climatique à l’aube d’un monde incertain dresse un état des lieux du monde pré-COVID-19 que nous venons de quitter et offre des clés de compréhension des principaux enjeux climatiques et énergétiques actuels. Il analyse les bouleversements dans l’économie politique mondiale générés par les mesures de réduction des émissions de GES et passe en revue les objectifs de l’Accord de Paris, la montée des énergies renouvelables, la détérioration de l’environnement d’affaire des industries fossiles, la mise en place de grandes politiques publiques et les nombreuses incohérences et incompatibilités entre les engagements politiques et les réalités sur le terrain. S’adressant aux étudiants, aux professionnels et aux gestionnaires de domaines variés, le présent ouvrage conclut finalement par une question au cœur des réflexions critiques actuelles : et si l’économie de marché que nous connaissons était l’une des causes profondes de la crise climatique ?

. Claire Somaglino, Atlas de l’Égypte ancienne, Paris, Autrement, octobre 2020.

Nous connaissons de l’Égypte les pyramides, les hiéroglyphes et les pharaons, mais que savons-nous de sa vie sociale, culturelle ou politique ?
Le développement de cette civilisation, en interaction avec le Nil du cœur de l’Afrique à son delta en Méditerranée.
Durant l’Ancien Empire, la société se structure, dirigée par le roi et une élite royale qui exploite les ressources du territoire.
Les rois du Moyen Empire se rapprochent des dieux et font appel au loyalisme de l’élite régionale pour asseoir leur pouvoir sur toute l’Égypte.
Les pharaons du Nouvel Empire doivent, eux, faire face aux autres grands empires : leur domination sur la population passe notamment par l’assimilation aux divinités.
Les guerres civiles de l’époque tardive affaiblissent les dirigeants, qui perdent peu à peu leur influence au profit de leaders extérieurs.
Cet atlas, grâce à plus de 70 cartes et documents, retrace l’histoire passionnante des trente dynasties qui se sont succédées, depuis 3000 av. J.-C. jusqu’à la conquête d’Alexandre en 332 av. J.-C.

. Craig L.Symonds, Histoire navale de la seconde guerre mondiale, Paris, Éditions Perrin, octobre 2020.

Sur la Seconde Guerre mondiale ont été écrits des milliers voire des centaines de milliers d’ouvrages, dans des dizaines de langues. Nombre d’entre eux traitent certes des dimensions maritimes du conflit, de la place qu’ont occupée la Royal Navy, la Kriegsmarine et la marine des États-Unis, du rôle des diverses marines sur tel théâtre d’opérations ou au cours de telle bataille, tout particulièrement en Méditerranée et dans le Pacifique, mais aucun avant celui-ci n’avait évalué l’impact des forces maritimes de l’ensemble des nations belligérantes sur le cours du conflit dans sa globalité, et même sur son issue. Pourtant, il n’y eut pas une guerre dans l’Atlantique et une autre dans le Pacifique, une troisième en Méditerranée et une autre encore dans l’Océan Indien ou en mer du Nord. Dresser la chronique de ce conflit en blocs géographiques distincts permettrait sans doute de simplifier les choses, mais ce n’est pas ainsi que la guerre s’est déroulée ou que les principaux responsables ont eu à la conduire. Les pertes de navires durant la bataille de l’Atlantique affectèrent en effet la disponibilité des unités de transports de troupe pour celle de Guadalcanal ; les convois en direction de l’île de Malte assiégée, en Méditerranée, privaient ceux de l’Atlantique d’une partie de leurs escortes ; la poursuite du cuirassé Bismarck imposa de ponctionner des forces basées en Islande, à Gibraltar et en Grande-Bretagne. La trame chronologique et spécifiquement navale choisie par Craig L. Symonds permet de mettre en lumière à quel point les événements maritimes ont tracé et orienté en profondeur le cours de cette guerre.

Du traité naval germano-britannique de 1935 à la signature de l’Acte de capitulation japonais signé sur le USS Missouri en septembre 1945, en passant par la bataille de l’Atlantique où se distinguèrent les U-Boote allemands, celle de Méditerranée, l’attaque de Pearl Harbor, les batailles de la mer du Corail, de Midway, les opérations amphibies « Torch » et « Overlord » ou encore la bataille du golfe de Leyte et l’assaut amphibie sur l’île d’Iwo Jima, l’auteur dresse une synthèse inégalée du conflit sans omettre l’étude des percées technologiques – concernant les avions, les torpilles, le décryptage, le radar et finalement l’énergie atomique – qu’il a induit.

Fort de nombreuses sources inédites, il laisse en outre les acteurs historiques s’exprimer d’eux-mêmes, afin de raconter la Seconde Guerre mondiale en mer telle que les contemporains l’ont vécue : une seule histoire gigantesque et complexe impliquant des dirigeants nationaux, des stratèges, des commandants de flottes et des capitaines de navires, des mécaniciens, des servants de tourelles, des pilotes d’avions, des marins de la marine marchande et des Marines américains, et un drame humain aux dimensions planétaires qui a exercé un impact durable, démesuré sur l’histoire du monde.

Un futur classique.

. François Bougon, Hong Kong, l’insoumise. De la perle de l’Orient à l’emprise chinoise, Paris, Tallandier, octobre 2020.

Depuis sa création en 1841 par les Britanniques, le « port parfumé » est devenu un mythe, symbole fascinant de la rencontre entre l’Orient et l’Occident. Cette terre fut aussi un lieu perpétuel de confrontations et de résistances pour les rebelles de tout bord. Alors qu’un vent de révolte souffle et que l’étau chinois se resserre, François Bougon nous éclaire sur Hong Kong, dont la liberté est plus que jamais mise à l’épreuve.

Des pirates aux guerres de l’opium, en passant par les mouvements des dockers, le renversement des Qing par Sun Yat-sen, la prise de guerre japonaise, les réfugiés politiques chinois fuyant le communisme, l’ex-colonie britannique – terre de sept millions d’habitants et troisième place financière mondiale – a toujours eu une vie mouvementée aux marches de l’empire. Aujourd’hui, elle tente de se dresser contre l’emprise de la Chine de Xi Jinping.

Le territoire aurait pourtant dû bénéficier jusqu’en 2047 d’un haut degré d’autonomie. Mais la loi sécuritaire votée par le régime en juin 2020 sonne le glas du principe « un pays, deux systèmes » imaginé par Deng Xiaoping et Margaret Thatcher. Elle menace l’identité de sa jeunesse, ses libertés et ses aspirations démocratiques. Le monde a désormais les yeux rivés sur le sort de Hong Kong, enjeu d’une nouvelle guerre froide entre Pékin et Washington. Il était temps de raconter l’histoire de cette belle insoumise.

. Gilles Dorronsoro, Le gouvernement transnational en Afghanistan. Une si prévisible défaite, Paris, Éditions Karthala, décembre 2020.

La défaite des Taliban dans le sillage des attentats du 11 septembre ouvre deux décennies d’investissement occidental en Afghanistan. Des centaines de milliards, pour l’essentiel consacrés à l’entretien des forces occidentales, des dizaines de milliers de morts, dont plusieurs milliers de la coalition, montrent l’importance de ce conflit pour les Etats-Unis qui en font le symbole de leur hégémonie mondiale.
Mais, derrière les discours sur la construction d’une « démocratie de marché », se profile un gouvernement transnational qui contourne les acteurs afghans au point d’interdire tout processus démocratique, couvre des fraudes électorales massives, routinise la captation des ressources au profit des entreprises occidentales et des élites afghanes. Les tensions communautaires et sociales s’accroissent à un point jusque-là inconnu dans la société afghane. Les Taliban, capitalisant sur le ressentiment populaire contre les élites au pouvoir, mettent en échec une alliance occidentale qui dissimule, derrière une augmentation des moyens, son incapacité à définir une stratégie cohérente. Après vingt ans de conflit, al-Qaïda est toujours présent en Afghanistan, et le retrait américain ne fait qu’ouvrir une nouvelle période d’une guerre civile vieille de quarante ans.
Ce nouvel essai de Gilles Dorronsoro propose une analyse critique impitoyable des impasses de l’expertise orientaliste et sécurocrate dont la portée comparative, bien au-delà du seul cas afghan, est d’une haute actualité.

. Anne-Laure Amilhat Szary, Grégory Hamez, Frontières, Paris, Armand Colin, octobre 2020.

Cet ouvrage prépare à la nouvelle question de géographie au programme du CAPES d’histoire-géographie et également de l’agrégation de géographie et celle d’histoire.

. Christophe Oberlin, Les dirigeants israéliens devant la Cour pénale internationale. L’enquête, Paris, Erick Bonnier, octobre 2020.

Le tournant du XXIe siècle fut marqué par deux événements contradictoires. Les attentats du 11 septembre 2001, point de départ d’un déchaînement militaire inouï aboutissant à la destruction de pays entiers sous couvert de lutte contre le terrorisme ; mais aussi, passée inaperçue, l’entrée en fonction de la première Cour pénale permanente en charge des crimes de guerre en avril 2002. Une concrétisation de l’aspiration des peuples à davantage de droit et de justice, protestation silencieuse de 60 puis 123 pays face à la stratégie du chaos.

Vingt ans plus tard, tandis que la plus extrême violence continue à s’abattre sur le Proche-Orient, est annoncée une ouverture d’enquête par la procureure de la Cour pénale internationale sur les crimes commis dans l’Etat de Palestine. Un choc qui fait hurler la partie israélienne et américaine, et en même temps stupéfie les victimes qui ont du mal à y croire. Ainsi le fracas des bombardements couvre depuis des années le cliquetis discret du métronome du droit qui oscille imperturbablement.

Les dirigeants israéliens ne sont plus les maîtres de l’horloge.

. Gérard Chaliand, Des guérillas au reflux de l’Occident, Paris, Passé composés, octobre 2020.

Ce livre retrace, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, nombre de mutations d’ordre politique, stratégique, psychologique et démographique dont l’actualité ne peut rendre compte, à commencer par la transformation de la guérilla en guerre révolutionnaire ou la naissance d’un tiers-mondisme pulvérisant le mythe de la supériorité raciale. Dans le même temps, l’Union soviétique dépérissait devant les avancées américaines, tandis que l’Europe restait divisée sur le plan politique et impuissante sur le plan militaire. Ainsi, depuis la guerre américaine menée au Vietnam, l’auteur de ce livre n’a, pour l’essentiel, assisté qu’à une série de reculs occidentaux, ponctués par nombre d’échecs de tentatives révolutionnaires mal pensées et de guérillas mal organisées, dont il porte ici témoignage. Pour mieux comprendre cette séquence historique passionnante, matrice du XXIe siècle, Gérard Chaliand offre 50 ans d’expériences de terrain et de réflexions académiques, à travers des textes originaux et d’autres plus anciens, mais ici rassemblés dans une perspective de longue durée. « Gérard Chaliand jette un regard lucide et décapant sur les interventions militaires occidentales », Hubert Védrine.

. Florence Fournet, Gérard Salem, Atlas mondial de la santé, Paris, Autrement, octobre 2020.

Au-delà des définitions médicales, la santé se joue d’abord dans les populations et sur les territoires. La géographie de la santé permet ainsi d’appréhender les dynamiques sanitaires et leurs enjeux à toutes les échelles, mondiale autant que locale.

Comprendre les concepts et méthodes mobilisés :vulnérabilité des populations, viabilité des systèmes de soins, définition des politiques publiques…

Définir les grandes fractures et inégalités territoriales face à l’offre de soins ou à l’accès aux traitements.

Déterminer les défis sanitaires actuels, de la malbouffe aux épidémies.

Face à l’émergence de nouvelles maladies – impact du changement climatique, antibiorésistances… –, et alors que la planète affronte une pandémie inédite, cet atlas, richement illustré par plus de 110 cartes et documents, fait le point sur un sujet brûlant.

. François-Xavier Fauvelle, Leçons de l’histoire de l’Afrique, Paris, Fayard, septembre 2020.

Dans un texte engagé, François-Xavier Fauvelle affronte les défis d’une histoire de l’Afrique. Contre le déni d’historicité, la fascination pour les origines ou une grille de lecture « ethnique », l’historien doit faire place à la diversité des mondes africains et de leurs trajectoires au cours des millénaires.

S’il n’est jamais superflu de rappeler que les sociétés africaines sont faites de la même étoffe historique que toutes les sociétés, c’est parce que les passés de l’Afrique sont restés longtemps méconnus. Être historien ou archéologue de l’Afrique, dès lors, consiste à désencombrer le passé autant qu’à en saisir la diversité : richesse de la littérature orale et de la documentation écrite, pluralité des langues et des religions, inventivité technique et sociale, cohabitation des formes politiques. Attentif aux multiples trajectoires historiques qui s’y manifestent, François-Xavier Fauvelle invite à écouter ce que nous apprend l’histoire de l’Afrique.

. François Reynaert, La grande histoire des Nouveaux Mondes, Paris, Fayard, octobre 2020.

Christophe Colomb, les cow-boys et les Indiens, les vahinés, Martin Luther King, Fidel Castro... François Reynaert nous emmène, par cette nouvelle brillante synthèse, dans ce que les Européens, en les découvrant, ont vu comme des « Nouveaux Mondes » : les Amériques et l’Océanie.
Lorsque l’on évoque l’histoire des Grandes Découvertes, les noms de Colomb, de Cortés ou de Moctezuma nous viennent à l’esprit. Si l’on aborde l’Amérique latine, la liste s’allonge : Bolívar, Perón, Zapata, Fidel Castro, Pinochet ou Hugo Chávez. N’aurait-on pas plaisir à voir toutes ces personnalités replacées dans leur contexte ?
Tant de films, de séries, de romans nous ont raconté la révolution américaine, la guerre de Sécession, les cow-boys et les Indiens ou les luttes de Martin Luther King que l’on croit tout savoir de l’histoire des États-Unis. Est-on sûr d’en comprendre précisément les ressorts ?
À l’inverse, la connaissance générale que l’on a de l’histoire de l’Océanie se résume à fort peu : des vahinés et des cocotiers. Quel dommage ! Depuis l’aventure du peuplement de cet immense espace par des populations en pirogue jusqu’aux grandes batailles qui s’y sont déroulées au XXe siècle, elle est pourtant d’une richesse inouïe.
François Reynaert nous emmène dans ce que les Européens, en les découvrant, ont vu comme
des « Nouveaux Mondes » : l’Amérique et l’Océanie. Avec le talent de conteur qui a fait le succès de ses précédents livres, il nous offre une synthèse claire et accessible de plusieurs millénaires d’histoire. Il nous fait voyager des grands empires précolombiens à l’Amérique de Trump, des premiers Polynésiens au Pacifique du XXIe siècle.

. Béatrice Hibou, Mohamed Tozy, Tisser le temps politique au Maroc. Imaginaire de l’État à l’âge néolibéral, Paris, Karthala, septembre 2020.

Le Maroc inspire des lieux communs. Il serait un prototype d’immobilisme politique, dans la main autoritaire et conservatrice du « commandeur des croyants », en mal de démocratie, mais à l’ombre d’un islam somme toute modéré. Trente années d’enquêtes de terrain, d’entretiens, de dépouillement d’une vaste documentation primaire et d’observation participante permettent à Béatrice Hibou et Mohamed Tozy de montrer comment les changements démographiques et environnementaux, ainsi que les processus de naturalisation du néolibéralisme, ont transformé les façons de gouverner les hommes et les territoires du royaume.

À partir des types-idéaux de l’Empire et de l’État-nation, les auteurs dégagent la pluralité des modes de gouvernement et de domination à l’oeuvre au Maroc en insistant sur leur osmose continuelle. Il n’est pas question d’un passage de l’empire chérifien (XVIIe-XIXe siècle) à l’État-nation, dont le protectorat français aurait jeté les fondements, ni de la perpétuation d’une tradition impériale résiduelle au coeur de l’État moderne. Il s’agit bel et bien d’un assemblage de ces deux logiques, qui déjà coexistaient dans les siècles précédents, et dont le jeu simultané est sous-jacent au gouvernement néolibéral contemporain. L’Empire et l’État-nation ne se présentent pas sous la forme d’une alternative ni d’une contradiction. Ils constituent deux ressorts d’une même domination qui ne se réduit pas à la seule figure du roi. Ils sont en tension continue, une tension dont procède l’historicité de l’imaginaire politique marocain et qui en tisse le temps singulier. Une démonstration fondamentale de sociologie historique comparée de l’État.

. Cyril Cordoba, Au-delà du rideau de bambou – Relations culturelles et amitiés politiques sino-suisses (1949-1989), Paris, Alphil éditions, octobre 2020.

"Les communistes pourraient donner au mot "culture" et tout ce qu’il implique une définition polyvalente allant d’une représentation d’acrobates au chantage politique" . Tels sont les termes employés en 1959 par la diplomatie helvétique pour évoquer ses échanges avec la Chine de Mao Zedong, lorsque la "peur du Rouge" régnait en maître. Pourtant, entre 1949 et 1989 de nombreuses relations culturelles et politiques ont tout de même existé entre les deux pays.

Mais celles-ci se tenaient généralement à l’abri du regard des diplomates suisses et de la police fédérale. Dans cette histoire des relations sino-suisses durant la Guerre froide, Cyril Cordoba analyse comment la République populaire de Chine a tenté de développer son influence et son prestige à l’étranger à l’aide d’organisations qui agissaient en marge des circuits officiels : les associations d’amitié.

Ces groupes prochinois ont joué un rôle de premier plan dans toutes les rencontres culturelles entre les deux pays (matchs de ping-pong, tournées de l’opéra de Pékin, jumelages de villes, diffusion du Petit Livre rouge). Qui étaient ces amis de la Chine et quel a été leur rôle politique ? Quelle était exactement la nature de leurs relations avec les autorités chinoises ? Quelle était la position de la Confédération face à ces organisations sur lesquelles elle n’avait aucun contrôle, et qui ont longtemps été des interlocutrices privilégiées de la RPC ? A travers toutes ces questions, l’auteur propose un regard inédit sur les stratégies du soft power - diplomatie d’influence ou pouvoir de séduction - chinois, en analysant comment la propagande chinoise a mis en place un système clientéliste d’ampleur internationale au cœur de la Guerre froide.

. Edgar Morin, Vers l’abîme ? 10 essais pour penser l’avenir, Paris, Champs essais, septembre 2020.

« Nous ne devons plus continuer sur la route du “développement”. Il nous faut changer de voie, il nous faut un nouveau commencement. » C’est ce que martèle inlassablement Edgar Morin, qui anticipe et déplore les conséquences désastreuses engendrées par les progrès incontrôlables de la science, la surconsommation, la détérioration de la biosphère et l’absence cruelle de solidarité entre les hommes.

En une série de 10 essais, dont le point commun est d’aborder, à vif, la question de l’avenir de la planète et de notre irresponsabilité collective, Edgar Morin, l’un des plus grands intellectuels de notre temps, nous appelle de toute urgence à penser autrement pour agir autrement. Pourquoi ne pas oser émettre l’hypothèse que la crise actuelle pourrait conduire à une transformation en profondeur de notre société ?

. Jean-Sylvestre Mongrenier, Le monde vu de Moscou, Paris, PUF, octobre 2020.

Entre Baltique et Pacifique, la Russie constitue un ensemble sans équivalent. Elle incarne " l’Eurasie ", une notion désormais centrale dans le discours géopolitique russe. Au sud, le Moyen-Orient est perçu comme un arc de crise. Au nord, l’océan Arctique fait figure de nouveau front stratégique. A l’est, la Chine, l’Asie, puis les Etats-Unis. Au sud-ouest, l’Iran, la Turquie... A la mesure de ces immensités, le projet russe consiste à retrouver un statut de puissance globale, en opposition à l’Occident.

L’approche raisonnée de ce " phénomène " géopolitique suppose la connaissance des lieux et espaces où s’exerce la puissance, la compréhension des rapports bilatéraux, la saisie des représentations à travers lesquels les dirigeants voient et pensent le monde. Ce dictionnaire géopolitique multiplie les perspectives sur la Russie et l’Eurasie postsoviétique en 550 entrées. Un ouvrage géopolitique sans équivalent aujourd’hui.

. Jérôme Fourquet, L’archipel français – Naissance d’une nation multiple et divisée, Paris, Points, octobre 2020.

En quelques décennies, tout a changé. La France, à l’heure des gilets jaunes, n’a plus rien à voir avec cette nation une et indivisible structurée par un référentiel culturel commun. Or la dynamique de cette métamorphose révèle un archipel d’îles s’ignorant les unes les autres. Le socle de la France d’autrefois, sa matrice catho-républicaine, s’est complètement disloqué. Jérôme Fourquet envisage d’abord les conséquences anthropologiques et culturelles de cette érosion.

Mais, plus encore, ces mutations profondes de la nouvelle France induisent un effet d’" archipelisation " de la société tout entière : sécession des élites, autonomisation des catégories populaires, formation d’un réduit catholique, instauration d’une société multiculturelle de fait, dislocation des références culturelles communes. Dans ce contexte de fragmentation sans précédent, on comprend mieux la crise que traverse notre système politique, où l’agrégation des intérêts particuliers au sein de coalitions larges est tout simplement devenue impossible.

Jérôme Fourquet Analyste politique, expert en géographie électorale, il est directeur du département Opinion à l’IFOP.

. Patrick Artus, Olivier Pastré, L’économie post-covid. Les huit ruptures qui nous feront sortir de la crise, Paris, Fayard, octobre 2020.

Le point de vue éclairé de deux économistes d’aujourd’hui, sur cette crise inédite du Covid-19 qui met les Etats devant des responsabilités fortes.
Penser l’après-Covid est vital. Deux scénarios sont envisageables. Le premier est celui d’une aggravation de la crise sanitaire, économique et sociale, faute de réponses adaptées. Le scénario alternatif est celui de la maîtrise, même imparfaite, de la pandémie et d’une refondation de l’économie mondiale sur des bases plus saines et durables.
Pour définir où se fixera le curseur entre ces deux scénarios, tout dépendra des politiques économiques et sanitaires mises en œuvre – de l’entreprise à l’économie mondiale en passant par un nouveau paradigme du travail et de l’emploi. Première solution : le repli sur soi, le protectionnisme et la guerre des monnaies, terreau de tous les populismes. Seconde solution : la prise de conscience que la coopération et la solidarité sont les seuls piliers d’une sortie de crise par le haut.
La politique à mettre en œuvre ne peut pas être réformiste. Il faut des ruptures. Ce livre court et incisif en propose huit (revenu universel de base, transition énergétique, décentralisation, syndicalisme...). Il dessine ainsi le « chemin de crête » étroit qu’il est possible de suivre pour sortir de cette crise historique de manière équitable et pérenne.

. Gaïdz Minassian, Les sentiers de la victoire. Peut-on encore gagner une guerre ?, Paris, Passés Composés, septembre 2020.

Que signifie « gagner une guerre » aujourd’hui ? Et comment définir la victoire au cours de l’histoire ? Si la question de la victoire est au centre de la réflexion stratégique actuelle, elle n’en demeure pas moins sans réponse. C’est dans cet esprit que Gaïdz Minassian propose une réflexion aussi subtile que novatrice, sur la longue durée. Cet essai s’ouvre sur un dialogue entre Achille, incarnation de la force, et Ulysse, personnalisation de la ruse, en présence d’Hector venu en observateur les voir s’invectiver sur les ambivalences de la victoire du Néolithique à nos jours. Puis, après avoir proposé une grille d’analyse des plus pertinentes, l’auteur revisite les trois dernières décennies d’hubris et ses impossibles victoires lors des interventions onusiennes ou des « guerres contre le terrorisme ». Enfin, et c’est toute l’originalité de ce livre, il se demande si, pour mieux comprendre cette disparition de la victoire telle que nous la concevons, il ne convient pas d’abord de renoncer à la puissance et à la ruse, pour endosser une éthique d’humilité. En somme, abandonner Achille et Ulysse pour retrouver Hector, tel est le propos de ce livre ambitieux et fondamentalement original appelé à devenir un incontournable des études sur la guerre et la paix.

. Bertrand Badie, Inter-socialités. Le monde n’est plus géopolitique, Paris, CNRS Éditions, septembre 2020.

De Paris à Téhéran, d’Alger à Santiago ou de Bagdad à Port-au-Prince : tout au long de l’année 2019, ces villes ont été le théâtre de manifestations populaires qui ont toutes replacé le social au centre du jeu international, laissant la politique dans l’impuissance. En 2020, la circulation d’un virus mortifère, transmis par des millions d’interactions sociales, défiait tous les gouvernements de la planète. Alors que le social semblait naguère régi par le politique, les deux instances semblent avoir aujourd’hui échangé leurs attributs. Les relations internationales sont devenues inter-sociales.

L’arène internationale ne se limite plus à une simple juxtaposition d’États mais est sous l’emprise d’un tissu social qui conditionne de plus en plus l’action des dirigeants. C’est l’analyse de cette conquête sociale de l’international qui est au centre de ce livre. Car les conflits actuels ne sont plus dominés par le choc des armées, mais alimentés par des phénomènes de souffrance sociale comme la pauvreté, l’insécurité alimentaire, les rivalités communautaires. Et derrière ces mouvements populaires, les entrepreneurs d’opinion, médias, réseaux sociaux, lanceurs d’alertes, acteurs privés en tous genres remodèlent les relations internationales à leur gré…

Les relations inter-sociales conduisent à une nouvelle lecture du monde et de ses enjeux, elles inspirent l’urgence de nouvelles politiques étrangères et de nouvelles diplomaties.

. Julian Fernandez, Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, Les opérations extérieures de la France, Paris, Biblis inédit, octobre 2020.

Depuis le début du XXIe siècle, les opérations extérieures de la France (opex), c’est-à-dire les interventions de ses forces armées à l’étranger, se sont multipliées. Des milliers de soldats sont aujourd’hui déployés sur plusieurs théâtres extérieurs, notamment au Sahel et au Levant. Alors que ces opérations doivent faire face à des défis croissants dans une période d’intensification et de diversification des menaces, cet ouvrage fait le point sur le cadre d’intervention des opex et tire quelques leçons de retours d’expérience. Croisant des regards militaires et civils, théoriques et pratiques, dans une approche globale et pluridisciplinaire (histoire, droit, science politique, sociologie), il permet de mieux saisir cette dimension importante et pourtant méconnue de la politique étrangère de la France.

. Julien Weisbein, Samuel Hayat, Introduction à la socio-histoire des idées politiques, Paris, De Boeck Supérieur, octobre 2020.

Alors que la démocratie contemporaine est fondée sur le débat d’idées, il est parfois difficile de s’y retrouver entre les différents courants : libéralisme, conservatisme, socialisme... Pour les étudiants en droit, en science politique, en histoire, tout comme pour les citoyens, il est important de savoir identifier ces idéologies, les lier à des grands auteurs et aux controverses du passé pour mieux en saisir l’actualité.

Ce livre vise à replacer les auteurs et leurs oeuvres dans ces courants, et plus généralement dans une sociohistoire de l’Etat moderne et des sociétés contemporaines. Il décrit et analyse ainsi, des révolutions du XVIIIe siècle jusqu’à nos jours, les soubassements sociaux, institutionnels et théoriques des idées politiques contemporaines.

. Michael Maschek, Pour comprendre la crise au Liban 2019-2020, Paris, l’Harmattan, septembre 2020.

Ce livre est composé de 20 textes portant sur des moments clefs de la crise au Liban, que l’auteur tente de décrypter dans sa « biodiversité » politique, clanique, religieuse et culturelle. La paupérisation et les frustrations, nées après la guerre civile de 1975 à 1990, annonçaient, par toute une série de mouvements sociétaux et contestataires, le mouvement d’octobre 2019. Cette chronique démarra quand, parmi les ministres du gouvernement Hariri, un nom familier remit l’horloge du temps une quarantaine d’années en arrière. Ce personnage se trouvait être l’un de ces fils à papa pur jus, rejeton d’une famille de dirigeants politiques libanais qui prétendent encore et toujours représenter l’élite dirigeante du pays.

. Sébastien Abis, Pierre Blanc, Géopolitique de l’agriculture – 40 fiches illustrées pour comprendre le monde, Paris, Eyrolles, octobre 2020.

L’agriculture est à la fois la plus ancienne activité humaine et la seule qui détermine encore la vie des populations. Se nourrir reste un impératif vital et la première fonction de l’agriculture est bien de pouvoir répondre à ce premier des défis du développement humain. L’activité agricole, c’est aussi près de 40% des emplois directs dans le monde, ce qui situe son importance humaine. Étant données ces deux fonctions (sécurité alimentaire et emploi massif), l’agriculture est depuis toujours géopolitique, car elle est ainsi un facteur central de stabilité.

Si l’agriculture est un facteur essentiel à la paix, elle aussi au cœur des relations internationales pour la coopération ou la compétition. Encore plus que par le passé, elle deviendra un instrument de pouvoir. Question plurielle et transversale, elle mérite d’être examinée à l’aune de l’analyse stratégique à l’heure où de nombreux Etats dans le monde en font un pilier de leur développement, de leur souveraineté et de leur politique étrangère.

. Alessia Lo Porto-Lefébure, Les mandarins 2.0, Paris, Presses de Sciences Po, septembre 2020.

Une grande partie de la bureaucratie chinoise se forme depuis le début du siècle à l’aide de méthodes pédagogiques et de contenus d’inspiration américaine. L’ouvrage interroge le sens de cet emprunt chargé de valeurs politiques si éloignées de celles portées par l’État-parti. Lire la suite

La Chine de Xi Jinping se présente sur la scène internationale comme un modèle de modernisation alternatif à celui du monde occidental. Pourtant, une grande partie de la bureaucratie chinoise se forme depuis le début du siècle à l’aide de méthodes pédagogiques et de contenus d’inspiration américaine, sous l’égide d’enseignants revenus de l’étranger. Plusieurs milliers d’agents du secteur public s’inscrivent tous les ans dans un master en administration publique (MPA pour Master in Public Administration), un programme promu par la Harvard Kennedy School et arrivé en Chine avec le nouveau siècle.

En suivant le fil de cette formation et grâce à une centaine d’entretiens, la plupart réalisés sur place en chinois, Alessia Lo Porto-Lefébure interroge le sens de cet emprunt chargé de valeurs politiques si éloignées de celles portées par l’État-parti. Elle donne à voir comment la classe dirigeante négocie au quotidien la modernisation économique du pays et le maintien d’un régime autoritaire.

. Arthur Quesnay, La guerre civile irakienne. Ordres partisans et politiques identitaires à Kirkouk (2003-2020), Paris, Karthala, octobre 2020.

Le gouvernorat de Kirkouk, dans le nord de l’Irak, est l’une des provinces les plus touchées par la guerre depuis des décennies, bien avant l’invasion américaine de 2003. Il a notamment été au centre de la question kurde. Il constitue donc l’un des meilleurs points d’observation des transformations de la société irakienne, et notamment du rôle qu’y jouent les partis politiques, à la fois producteurs de violence et intermédiaires obligés entre la population et les institutions étatiques. Ces partis mettent en œuvre des politiques d’ingénierie démographique et imposent de nouvelles hiérarchies identitaires. Leurs réseaux militants détournent les ressources de l’État, lequel reste l’enjeu majeur des affrontements. Enfin, la guerre contre Daech, à partir de juin 2014, a radicalisé leurs projets et intensifié le conflit, conduisant paradoxalement à un retour de l’État par le biais des milices.

En analysant minutieusement les dynamiques locales, ce livre, fruit de plusieurs années de recherche de terrain, dépasse les lectures communautaristes ou géopolitiques du conflit irakien qui tendent aujourd’hui à prévaloir. Il apporte une contribution originale et importante au débat sur la place de la guerre dans la formation de l’État.

. Camille Goirand, Angélica Muller, Documenter les violences. Usages publics du passé dans la justice transitionnelle, IHEAL, septembre 2020.

Le 10 décembre 2014 à Brasilia, la Commission nationale de la vérité (CNV) remettait son rapport à la présidente Dilma Rousseff. Pendant deux ans, la CNV s’est consacrée à ouvrir et organiser les archives de la répression intervenue pendant la période autoritaire, à établir les faits relatifs aux violations graves des droits humains et à en identifier les responsables. Ses travaux ont suscité de larges controverses au Brésil, où la mémoire de la dictature révèle de profonds clivages.

A la lumière de cas situés en Colombie, en Argentine, au Chili, à Cuba, en Côte d’Ivoire et en Europe de l’est, et en faisant le pari d’une approche pluridisciplinaire, cet ouvrage met le cas du Brésil en perspective pour interroger la production de la connaissance et de la mémoire sur les régimes d’exception du passé. Quel rôle pour les universitaires ? Dans quelles conditions conserver et rendre accessibles les archives des régimes d’exception ? Quel statut donner aux connaissances produites par les commissions de vérité et par les processus judiciaires relatifs aux violations des droits humains ? Historiens, politistes et juristes, les auteurs dressent les contours des enjeux démocratiques représentés par les usages conflictuels des références aux passés autoritaires, les politiques de mémoire et la conservation des archives.

. Delphine Minoui, Les passeurs de livres de Daraya – Une bibliothèque secrète en Syrie, Paris, Points, septembre 2020.

" Un ouvrage magnifique où les mots ont plus de force que les armes. " Elle Bachar al-Assad s’était juré de les enterrer vivants, d’ensevelir leur ville et leurs espoirs. Daraya, un des berceaux du printemps syrien de 2011, à sept kilomètres de Damas, est devenu un tombeau à ciel ouvert. Mais sous les bombes, les derniers insoumis assiégés ont bâti une forteresse de papier pour résister : pendant quatre années de blocus, Ahmad, Shadi, Hussam ou Omar ont exhumé des milliers d’ouvrages ensevelis sous les décombres de la ville et les ont rassemblés dans une bibliothèque secrète, calfeutrée dans un sous-sol.

Au coeur du chaos, un refuge où la parole circule, contre les atrocités, l’absurde, l’oubli... Delphine Minoui est grand reporter au Figaro et spécialiste du Moyen-Orient. Lauréate du prix Albert-Londres 2006 pour ses reportages en Iran et en Irak, elle sillonne le monde arabo-musulman depuis vingt ans. Son ouvrage Je vous écris de Téhéran est disponible en Points.

. François Bourguignon, Économie de la mondialisation. Une reconfiguration en marche, Paris, De Boeck Supérieur, septembre 2020.

Ce manuel introduit le lecteur à l’analyse économique de la mondialisation. Sont présentés : développements théoriques les plus récents, clés de compréhension du phénomène, données empiriques et principaux débats engendrés par la mondialisation.

La mondialisation cristallise les oppositions entre les partisans inconditionnels du libre marché et une partie de la société civile qui redoute ses effets dévastateurs. Mais dans quelle mesure ses implications positives ou négatives sont-elles fondées sur des faits objectifs ?

Cet ouvrage répond d’une manière exhaustive à la question.

Il présente les développements théoriques les plus récents sur ce processus majeur.

Il mobilise de multiples données statistiques.

Il rend compte des principaux débats engendrés tant par la mondialisation que par la démondialisation.

Ces éclairages sont destinés à tous ceux qu’intéressent les transformations de l’économie mondiale, en particulier les étudiants en économie ou en sciences politiques et les candidats aux concours des grandes écoles ou aux concours administratifs.

. Jacques Follorou, La guerre secrète du renseignement, Paris, Plon, septembre 2020.

L’espionnage dans tous ses états. L’espionnage a épousé la révolution numérique. C’est aujourd’hui une vérité communément admise. Les ingérences russes via Internet et les réseaux sociaux dans les campagnes présidentielles du monde entier, notamment aux Etats-Unis ; les recrutements massifs du renseignement chinois sur LinkedIn, les révélations d’Edward Snowden, l’ex-agent de la NSA américaine, sur la collecte massive de données dans le monde par son pays - les exemples font légion.

Le renseignement technique a pris le pouvoir. Pourtant, le renseignement humain, à la John Le Carré, n’a pas disparu. Il occupe même encore une part importante de cette face cachée des relations internationales, secrètes et violentes. C’est la principale information fournie par cet ouvrage qui recense près de dix ans d’enquêtes exclusives sur l’espionnage dans le monde. Il montre comment l’Occident a baissé la garde face à l’espionnage russe redevenu très agressif, notamment en Europe.

Il permet de plonger au coeur de cette guerre invisible, à Djibouti, à Bangkok, à Bruxelles, à Paris, à Genève ou aux Emirats arabes unis. Il rappelle que dans le monde du renseignement, il n’y pas d’amis, comme l’atteste l’attaque informatique américaine contre l’Elysée en 2012 ou les infiltrations du Mossad en France. Une vérité confirmée par l’un des personnages les plus importants du renseignement français des quinze dernières années.

. Jean-Sylvestre Mongrenier, Le monde vu de Moscou, Paris, PUF, septembre 2020.

Entre Baltique et Pacifique, la Russie constitue un ensemble sans équivalent. Elle incarne " l’Eurasie ", une notion désormais centrale dans le discours géopolitique russe. Au sud, le Moyen-Orient est perçu comme un arc de crise. Au nord, l’océan Arctique fait figure de nouveau front stratégique. A l’est, la Chine, l’Asie, puis les Etats-Unis. Au sud-ouest, l’Iran, la Turquie... A la mesure de ces immensités, le projet russe consiste à retrouver un statut de puissance globale, en opposition à l’Occident.

L’approche raisonnée de ce " phénomène " géopolitique suppose la connaissance des lieux et espaces où s’exerce la puissance, la compréhension des rapports bilatéraux, la saisie des représentations à travers lesquels les dirigeants voient et pensent le monde. Ce dictionnaire géopolitique multiplie les perspectives sur la Russie et l’Eurasie postsoviétique en 550 entrées. Un ouvrage géopolitique sans équivalent aujourd’hui.

. Matthieu Noucher, Laurent Polidori, Atlas critique de la Guyane, Paris, CNRS Éditions, septembre 2020.

La carte n’est pas le territoire. Œuvre de l’esprit, interprétation de l’espace, elle est restée longtemps l’apanage du pouvoir, l’expression des dominants, véhiculant des représentations partiales, douteuses ou orientées. Une mise en ordre qui fabrique parfois l’ordre bien réel de nos sociétés. Dressé dans les années 1970, ce constat critique bouleverse encore aujourd’hui la lecture des cartes.

Cet atlas s’inscrit dans ce mouvement intellectuel en plein essor : il se veut être un exercice de cartographie critique appliquée à un espace donné. Les auteurs, géographes spécialistes de la discipline, ont choisi la Guyane – mais leur méthode pourrait s’appliquer à n’importe quel «  terrain  » – parce qu’elle forme un espace singulier, une «  île  » méconnue, rebelle aux méthodes classiques de représentation (par l’immensité du massif amazonien, difficilement accessible). Région à forts enjeux politiques et économiques, ses cartes voient s’affronter des visions très différentes, des divergences de regards sur l’Histoire.

Cet ouvrage questionne des cartes existantes en procédant à une analyse virtuose de tous les grands problèmes de leur fabrique (confiner, délimiter, détecter, collecter, nommer) à leur usage (mesurer, planifier, révéler, figer, relier). Il traite aussi des thèmes cruciaux de cet espace en produisant pour ce faire des cartes originales sur les frontières, le littoral, la forêt, les circulations, l’orpaillage, la toponymie, la topographie, le foncier, l’urbanisme, les relations géopolitiques, la biodiversité… Tandis que les deux derniers chapitres «  Imaginer, la Guyane par les cartes  » et «  Oublier, le blanc des cartes  » réinterrogent la carte jusque dans la logique de ses suppositions ou de ses omissions.

En multipliant les points de vue, cet atlas fait émerger les co-vérités d’un territoire, divers, complexe à décrire, sans jamais pouvoir y arriver complètement, comme s’il y avait pour cette «  île  » et le monde en général une impossibilité, un «  in-cartographiable  » irréductible.

. Benoît Thery, Le management intercultural en Afrique. La Renaissance, Québec, Éditions EMS, septembre 2020.

Cet ouvrage se veut d’abord une présentation des cultures africaines et de leur large convergence, qui puise dans l’histoire de l’Afrique et de ses valeurs pour déboucher sur son actualité et la façon de s’y adapter. Après la « Renaissance » de l’Europe, qui a été aussi pour elle la période de découverte de l’Afrique par les Portugais, l’ouvrage conclut sur la « Renaissance » de l’Afrique, qui est celle d’aujourd’hui, et qui demande aussi une renaissance des relations avec le continent.

L’ouvrage s’appuie sur une large documentation et une bibliographie d’auteurs africains et européens. Cette approche rigoureuse n’empêche pas quelques passages plus poétiques, tirés notamment d’auteurs du continent, pour mieux faire percevoir « l’âme de l’Afrique ».

. Collectif, Atlas géopolitique mondial édition 2021, Paris, Éditions du Rocher, septembre 2020.

Avec près de 300 cartes et graphiques couvrant les cinq continents, l’Atlas géopolitique mondial 2021 constitue un outil d’analyse sans équivalent dont le contenu est intégralement renouvelé chaque année. Cette nouvelle édition aborde plus de 80 événements marquants de l’actualité internationale, ainsi que des sujets moins médiatisés mais tout aussi nécessaires à la compréhension des grands enjeux mondiaux.

La sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, les contestations au Moyen-Orient dix ans après les "printemps arabes", le terrorisme au Sahel ou les effets de l’épidémie de Covid-19 sur les économies d’Asie du Sud-Est y sont étudiés, tout comme le retour de la Russie en Afrique, la violence au Salvador, la puissance technologique chinoise ou encore les enjeux géopolitiques et environnementaux des terres rares.

Un atlas incontournable pour tous ceux qui s’intéressent aux relations internationales et souhaitent en saisir de manière claire et accessible toute la complexité.

. Martha Nussbaum, Les émotions démocratiques. Comment former le citoyen du XXIe siècle ?, Paris, Flammarion, septembre 2020.

Une crise silencieuse frappe aujourd’hui les démocraties du monde. L’éducation se plie aux exigences du marché de l’emploi, de la rentabilité et de la performance, délaissant la littérature, l’histoire, la philosophie et les arts... En un mot : les humanités. Mais pour Martha Nussbaum, celles-ci ne sont ni un vestige du passé ni un supplément d’âme pour happy few.

Dans ce manifeste original et argumenté, elle montre comment les humanités nous font accéder à la culture des émotions, à ce qu’elle appelle l’« imagination narrative ».

Les œuvres d’art notamment, en développant notre esprit critique et nos capacités d’empathie, nous aident à nous identifier au « faible » au lieu de le stigmatiser et à éprouver du respect au lieu de l’agressivité et de la peur qui naissent inévitablement de la vulnérabilité.

Ce n’est pas à coup d’idées abstraites que s’imposeront l’égalité et la liberté, nous dit Martha Nussbaum... C’est en formant, par le biais des « émotions démocratiques », le citoyen du XXIe siècle.

. Pierre Savy, Histoire des Juifs. Un voyage en 80 dates de l’Antiquité à nos jours, Paris, PUF, septembre 2020.

Cet ouvrage, composé de quatre-vingt textes courts consacrés à des dates-clés, propose un voyage à travers le monde et plus de trois millénaires d’une histoire extraordinairement riche, complexe et mouvementée. Un voyage qui permet de découvrir des individus et des familles unis (ou non) par une foi, une appartenance, des traits culturels, des pratiques, mais aussi par une histoire commune.

La chronologie plurimillénaire du peuple juif ne se réduit pas à une quête qui, de l’exil au retour en Israël – où vit désormais la moitié de la population juive mondiale –, ferait de l’expérience diasporique une vaste parenthèse. De 1207 avant notre ère à 2015, chaque texte est consacré à une date de l’histoire des Juifs, heureuse ou tragique, interne à la vie des communautés ou relevant de l’histoire générale ; célèbre, comme l’expulsion d’Espagne en 1492, ou méconnue. Elles forment un exceptionnel panorama de l’histoire et de la culture juive.

. Sonia Darthou, Athènes. Histoire d’une cité entre mythe et politique, Paris, Passés composés, septembre 2020.

Les mythes s’avèrent intimement liés à l’histoire de la cité d’Athènes. Omniprésents, foisonnants et réactualisés au cours des siècles, ils surgissent dans tous les espaces du paysage pour construire le passé comme le présent politique. Grâce à la mythologie, les Athéniens s’ancrent et se réinventent en permanence. Au banquet, les vases à boire circulent entre les buveurs, entraînant une cohorte d’images qui voyage de main en main, donnant ainsi à voir les grands mythes de la cité. Sur les décrets de l’Assemblée du peuple, c’est la figure d’Athéna qui fait écho au texte des hommes. Sur la porte de la maison, le père accroche, à la naissance de son fils, une couronne d’olivier, cet arbre mythique qui inscrit le nouveau-né dans la communauté de ses frères athéniens. Au théâtre et au tribunal, les mythes rappellent les modèles des héros et dramatisent la condition humaine face aux citoyens assemblés. Quant aux pièces de monnaie athéniennes, frappées de l’effigie d’Athéna et de ses symboles, elles véhiculent parfaitement combien il est difficile de tracer une frontière entre mythe et politique. C’est tout le propos de l’auteure, qui a choisi de raconter une Athènes surprenante où discours et images mythiques contribuent à façonner les grands enjeux de la cité.

. William Genieys, Gouverner à l’abri des regards – La réussite de l’Obamacare, Paris, Les Presses de Sciences Po, septembre 2020.

L’Affordable Care Act de 2010 a permis à vingt millions de citoyens américains de bénéficier d’une couverture maladie. Réforme la plus ambitieuse en matière de santé depuis les années 1960 aux Etats-Unis, l’Obamacare est aussi une réussite politique. Même Donald Trump n’est pas parvenu à la faire abroger. Ce succès tient au travail de fond, à l’abri des regards, d’un petit groupe de "gardiens des politiques de santé", habitués de longue date aux arcanes washingtoniennes et fins connaisseurs des rouages du système de santé américain.

En périphérie du pouvoir sous la présidence de George Bush Jr. puis au sein de l’administration fédérale sous celle de Barack Obama, ces insiders échaudés par l’échec de la réforme Clinton au début des années 1990 ont usé de leurs ressources politiques pour faire évoluer un système devenu obsolète. S’ils n’ont pu mettre en place une couverture universelle, du moins ont-ils accru les capacités de régulation de l’Etat fédéral dans le domaine de la santé, créant par là-même la possibilité de futures améliorations.
L’enquête de William Genieys met au jour le rôle de ces nouvelles élites politiques américaines qui oeuvrent pour que l’Etat fédéral soit au service non pas des lobbyistes, mais de l’intérêt général. William Genieys est directeur de recherche CNRS au Centre d’études européennes et de politique comparée de Sciences Po.

. Pierre Vermeren, Le Maroc. Un royaume de paradoxes. Coll. En 100 questions, éd. Tallandier, 2020

Qui est Mohammed VI ? Est-ce le roi qui dirige ? L’islam marocain est-il un garde-fou contre l’islamisme ? Les Marocaines sont-elles libres ou soumises ? À quoi aspire la jeunesse marocaine ? Pourquoi la France envoie-t-elle ses imams se former au Maroc ? Le Maroc est-il un modèle pour le monde arabe ?
Royaume arabo-berbère à la longue histoire islamique, dynastique et impériale, le Maroc se voit comme le plus occidental des pays arabes et africains. Jouant au maximum de son soft power, il est au mieux avec tous les États du monde, exceptés l’Algérie et l’Iran. S’il aspire à devenir une démocratie, le Maroc veut aussi être une grande puissance islamique, avec à sa tête le chef le plus prestigieux de l’islam politique. Ami de tous, protégé par ses alliés, dominant ses opposants et affichant un nationalisme décomplexé, le roi Mohammed VI a-t-il remporté la partie après vingt ans de règne ? Restent néanmoins plusieurs ombres au tableau : misère du monde rural, manque de formation, lutte contre le radicalisme religieux et le terrorisme, repli du pays dans ses frontières. En fin connaisseur, Pierre Vermeren décrypte les paradoxes d’un royaume qui se rêve en pays d’exception.

Pierre Vermeren, ancien élève de l’École normale supérieure et agrégé d’histoire, est historien et professeur des universités à Paris 1/Panthéon-Sorbonne.

. Charles-Philippe David et Elisabeth Vallet, Comment Trump a-t-il changé le monde ? CNRS édition, 2020

Depuis l’élection de Trump, le monde a changé. L’arrivée à la tête des États-Unis de ce magnat de l’immobilier a bouleversé les équilibres mondiaux et entériné le recul des relations internationales, à tel point qu’il pourrait être irréversible. L’abandon du leadership qu’avaient exercé tous ses prédécesseurs sans aucune exception a créé les conditions propices à des situations extraordinairement préoccupantes et menaçantes pour l’ordre mondial : fin du multilatéralisme, durcissement des frontières, compétition commerciale exacerbée, réarmement généralisé, fragilisation des grands traités mondiaux, ébranlement de la démocratie et de ses institutions, etc.
L’ensemble de l’architecture du système international repose sur la mise en œuvre d’une diplomatie américaine engagée et soutenue. Un monde qui en serait exempt deviendrait instable. La présidence Trump, dit-on souvent, est atypique. Sur de nombreux plans, à l’évidence, elle constitue un tournant dans l’histoire. Mais qu’en est-il des effets de cette politique à l’échelle internationale ?

Charles-Philippe David est professeur titulaire de science politique à l’université du Québec à Montréal (UQAM) et président de l’Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand ...

Élisabeth Vallet est professeure agrégée en études internationales au Collège militaire Royal de Saint-Jean et professeure associée à l’université du Québec à Montréal (UQAM).

. Charles Zorgbibe, Les éminences grises... dans l’ombre des princes qui nous gouvernent, éditions de Fallois

Dans le théâtre politique, le rôle d’éminence grise est l’un des plus convoités : c’est le conseiller caché du prince. Ce rôle fut créé par un grand acteur, Richelieu, pour un autre grand acteur, le Père Joseph : « éminence », parce que Richelieu avait demandé pour son ami le chapeau de cardinal ; « grise , car c’était la couleur de la robe de capucin que portait ce dernier.

L’expression franchit les frontières. Elle est appliquée en Allemagne au baron Holstein qui, à Berlin, fait et défait les chanceliers sous Guillaume II. Au temps de Roosevelt, elle est reprise, aux États-Unis pour Harry Hopkins, également surnommé « le Raspoutine de la Maison Blanche ». En France, au XXe siècle, le Père Joseph renaît sous les traits de Jacques Foccart, au cœur du premier cercle gaullien puis de François de Grossouvre, dans l’entourage de François Mitterrand.

D’autres personnalités marquantes, qui s’étaient illustrées, parfois, loin de la politique, ont contribué à infléchir le cours de l’Histoire, de Beaumarchais, qui apporta le soutien de la cour de France aux insurgés américains, à Jean Monnet le Père de l’Europe moderne.

À travers seize portraits inoubliables, Charles Zorgbibe nous révèle – ou nous rappelle – l’action secrète de ces hommes de l’ombre qui ont, pour une part souvent déterminante, façonné le monde où nous vivons.

. Collectif, Grand Atlas 2021, Paris, Autrement, août 2020.

Un ouvrage indispensable pour comprendre le monde.

Plus de 100 cartes inédites et mises à jour et 50 infographies et documents. Un tour d’horizon complet des grands enjeux internationaux. En partenariat avec Courrier international et Franceinfo.

. Éric Heyer, Pascal Lokiec, Dominique Méda, Une autre voie possible. Vers un modèle social-écologique, Paris, Champs actuel, septembre 2020.

La France serait le seul des grands pays d’Europe à avoir un taux de chômage élevé, une croissance faible et une dette abyssale. Nous serions les seuls à avoir conservé un Code du travail lourd et rigide, un modèle social affreusement coûteux, et à ne pas encore avoir mené les réformes permettant de nous adapter à la mondialisation et à la révolution technologique.

Ce discours est radicalement faux. Il masque les vraies raisons de nos difficultés : les dysfonctionnements du capitalisme financier et les mauvaises décisions de politique économique. Incapables de se confronter à cette réalité, les pays européens ont imposé depuis deux décennies des mesures d’austérité qui ont aggravé les inégalités de manière inacceptable et accru la vulnérabilité de tous les systèmes. La crise sanitaire de 2020, en engendrant un choc économique d’une extrême violence, a révélé et exacerbé les disparités internes à notre société.

Un autre projet est possible. Conjuguant trois disciplines – économie, droit, sociologie – et mobilisant les études les plus récentes, ce livre réfute les explications simplistes, propose un diagnostic puissant et dessine une autre voie qu’il est urgent d’emprunter.

. Frédéric Encel, Les 100 mots de la guerre, Paris, PUF, septembre 2020.

Pourquoi fait-on la guerre ? Comment la pratiquait-on avant et pendant l’apocalyptique XXe siècle ? À quoi ressembleront celles de demain ?
Venue du fond des âges, mais paradoxalement assez peu fréquente – et d’ailleurs moins meurtrière, sur les temps longs, que les famines et les épidémies –, la guerre est à la fois passionnante dans ses nombreux et divers déroulements (stratégies, innovations et philosophies), et hideuse par les débauches de souffrances, de haines et d’appauvrissements qu’elle engendre.
Toute guerre est-elle pour autant une « connerie » ? Certaines ne peuvent-elles pas être justes ? Dans tous les cas, afin de mieux promouvoir la paix, Frédéric Encel propose de regarder la guerre bien en face.

. Gisèle Maheux, Glorya Pellerin, Segundo Enrique Quintriqueo Millán, Lily Bacon, La décolonisation de la scolarisation des jeunes Inuit et des Premières Nations, Québec, PUQ, septembre 2020.

Au Québec, les difficultés institutionnelles à scolariser les jeunes Inuit et ceux des Premières Nations jusqu’à la fin du secondaire ne peuvent plus être ignorées. Il en est de même pour la formation postsecondaire. Au Chili, les conditions institutionnelles nécessaires à la mise en pratique de la politique d’éducation interculturelle bilingue sont souvent absentes. Ces entraves, voire ces échecs systémiques, sont mises en évidence par de nombreux rapports émanant d’organismes autochtones, de gouvernements et de travaux de chercheurs.

Les auteurs du présent ouvrage souhaitent mettre au jour une diversité d’approches et de perspectives d’analyse, de compréhension et d’action développées par des universitaires et leurs partenaires des Premiers Peuples favorisant la réussite scolaire et éducative de tous les jeunes. Ce livre offre un examen tant de la situation générale de l’éducation des populations autochtones que de situations particulières de travail en collaboration université-communauté pour le développement de projets éducatifs. La question de l’articulation des savoirs du patrimoine culturel des Premiers Peuples et des savoirs valorisés par les sociétés englobantes et dominantes est au coeur des réflexions et des récits d’actions de ce collectif.

Ce livre s’adresse à toute personne qui a un intérêt pour l’éducation et la formation des jeunes des Premiers Peuples, et plus précisément pour les questions de scolarisation de base, de formation à l’enseignement, d’administration ou de politiques publiques en éducation.

. Konrad Paul Liessman, La haine de la culture – pourquoi les démocraties ont besoin de citoyens cultivés, Paris, Armand Colin, septembre 2020.

Tout le monde parle de culture, de formation, d’éducation. C’est devenu une doctrine laïque du salut permettant de résoudre tous les problèmes - de la lutte contre la pauvreté à l’intégration des migrants, du changement climatique à la lutte contre le terrorisme. Mais alors que la culture est devenue un slogan omniprésent dans notre société, les revendications culturelles sérieuses sont paradoxalement ressenties comme des provocations élitistes issues d’un âge révolu.

Konrad Paul Liessmann, philosophe autrichien dont ce livre est la première oeuvre traduite en français, dénonce la barbarie intellectuelle engendrée par le primat de l’économie et de la technologie, particulièrement dévastateur depuis l’avènement du réseau informatique mondial. Réfléchissant au discours moralisateur du politiquement correct, qui confond instruction et compétences, il pointe un renversement des valeurs - mortel pour l’Europe - conduisant à une véritable haine de la formation classique du citoyen à la liberté.

. Agence française de développement, Atlas de l’Afrique AFD, Paris, Armand Colin, août 2020.

Tantôt fantasmée, tantôt redoutée, l’Afrique demeure un continent méconnu et, trop souvent encore, caricaturé. Pourtant cet espace, qui accueillera un tiers de la population mondiale dans à peine une génération, a vécu ces dernières années des transformations sociales, économiques, environnementales, d’une ampleur et d’une rapidité spectaculaires.

Cet atlas a pour ambition de porter un autre regard sur l’Afrique, au plus proche du terrain et de son actualité : celui d’un continent pluriel, dynamique et qui, face à ses défis entreprend, innove et inspire déjà le reste du monde.

À travers une centaine de cartes et graphiques, fruit d’un travail de collecte et d’agrégation inédit de données, sont ici présentés de façon concrète les enjeux, les paradoxes et les perspectives d’un continent où, pour de nombreux observateurs, se jouera une grande partie du destin de l’humanité.

. Daniel Meier, Les frontières, au-delà des cartes – Sécurité, migration, mondialisation, Paris, Éditions le Cavalier Bleu, septembre 2020.

Les frontières structurent notre espace de mouvement. Lieux de la mondialisation, elles s’effacent pour favoriser les échanges. Lieux des migrations, elles trient les individus, acceptent les bons, rejettent les indésirables. Lieux barrière contre les épidémies, elles enferment et confinent... Oscillation permanente entre flux et contrôle, les frontières d’aujourd’hui constituent un prisme original pour appréhender le monde dans lequel nous vivons et les rapports que nous entretenons entre nous.

. François Jost, Médias : sortir de la haine, Paris, CNRS Éditions, septembre 2020.

Les Français comme les Européens ont de moins en moins confiance dans leurs médias, suspectés d’être liés au pouvoir politique ou aux puissances de l’argent.

Dans les manifestations, les journalistes passent pour les «  nouveaux ennemis du peuple  », tandis que, chez eux, de plus en plus de citoyens éteignent le poste pour éviter ces trop pesantes informations. La rupture semble consommée.

Contre-pouvoirs indispensables de nos sociétés démocratiques, les médias sont pourtant l’affaire de tous et il est urgent de réapprendre à naviguer à travers ces eaux méconnues. Et dans cette traversée, il n’est sans doute pas meilleur guide que François Jost.

Passant en revue les causes historiques, philosophiques et sociologiques de cette défiance, il met au jour les racines de la haine et se demande finalement s’il est possible d’en sortir. Et comment.

Après la Méchanceté en actes à l’ère numérique (2018), ce nouveau livre constitue un véritable manuel de survie médiatique, accessible au plus grand nombre : toutes les chausse-trappes de l’info y sont dévoilées, tandis que sont fournis les outils pour une critique enfin utile des médias.

Une œuvre salutaire pour se départir de la paranoïa ambiante.

. Frédéric Lasserre, Eric Mottet, Barthélémy Courmont, Les nouvelles routes de la soie- Géopolitique d’un grand projet chinois, Paris, PU Québec, septembre 2020.

En 2013, le président chinois Xi Jinping annonçait un projet d’envergure qui permettrait à la Chine de s’afficher sur la scène internationale comme la deuxième puissance économique mondiale. Les nouvelles routes de la soie qui comprennent deux dimensions complémentaires, à savoir une route terrestre et une ceinture maritime, posent toutefois des enjeux géopolitiques à plusieurs échelles qui ne relèvent pas que des relations internationales : le projet propose de restructurer l’ensemble des relations économiques en Asie, ainsi qu’entre l’Asie, l’Europe et l’Afrique.

Comment cette vaste ambition chinoise se décline-t-elle ?

. Kévin de la Croix, Veronica Mitroi, Écologie politique de la pêche- Temporalités, crises, résistances et résiliences dans le monde de la pêche, Paris, PU Paris Ouest, septembre 2020

Quelle peut être la contribution de la political ecology à la compréhension des crises successives et de plus en plus alarmantes qui affectent les systèmes de pêches maritimes et continentaux dans le monde ? En réunissant de façon inédite des travaux réalisés par des géographes, sociologues, anthropologues et économistes, cet ouvrage montre la nécessité d’aller au-delà des retranchements techniques et experts qui impliquent des modalités de gestion univoques.

La déconstruction des discours dominants implique de s’intéresser aux ancrages territoriaux et aux enjeux multiscalaires, aux temporalités et aux rythmes, aux rapports de pouvoir et aux orientations économiques et politiques inhérentes à toute pratique de pêche. A partir des terrains d’étude situés en Europe, Afrique et Polynésie, l’ouvrage invite à replacer ces questionnements au coeur des réflexions sur la résilience des systèmes de pêche.

. Philippe Hugon, Jean-Christophe Servant, Géopolitique de l’Afrique – 40 fiches illustrées pour comprendre le monde, Paris, Eyrolles, septembre 2020.

Quel avenir pour l’Afrique ? L’Afrique est-elle entrée dans l’histoire ? La colonisation a-t-elle aujourd’hui une influence ? Quelles trajectoires depuis les indépendances ? L’Afrique est-elle bien ou mal partie ? Ces questions traversent l’histoire contemporaine et resurgissent au fil de l’actualité. Des clichés à la réalité, ce guide illustré nous parle de lieux, de faits et de chiffres pour nous aider à y voir plus clair.
Spécialiste incontesté, l’auteur propose 40 fiches thématiques et documentées, réparties comme suit : 10 éclairages différents, 10 grands défis, 10 principales puissances et 10 leviers d’action.


. Michel Nazet , Nathalie Coste Trin Dinh , Marie Tissier, Spécialité Histoire-Géographie-Géopolitique et Sciences politiques - Terminale - Nouveaux programmes, Paris, Ellipses, juin 2020, 320 p.

Parce que la méthodologie est essentielle pour réussir avec succès ses épreuves du baccalauréat et que la réforme mise en place au lycée vise un parcours de l’élève de la classe de Seconde aux études supérieures, Parcours et méthodes est la collection indispensable aux lycéens souhaitant réviser sereinement et efficacement.

Dans cet ouvrage, vous trouverez :

Des cours complets et documentés, assortis de zooms spécifiques sur les éléments essentiels à retenir,

Des fiches méthode claires, détaillant chaque point à maîtriser pour produire la meilleure des copies,

Des exercices corrigés par un professeur de l’Éducation Nationale.

Le livre de Michel Nazet , Nathalie Coste Trin Dinh , Marie Tissier, Spécialité Histoire-Géographie-Géopolitique et Sciences politiques - Terminale - Nouveaux programmes, éd. Ellipses sur le site d’Amazon


. Jean-Pierre Payot, Climat, l’alerte impossible, Paris, L’Harmattan, mai 2020.

Les derniers rapports scientifiques sur le réchauffement climatique et sur la biodiversité sont alarmants. Pourtant, malgré leur gravité, nous ne semblons pas suffisamment intégrer ces constats officiels pour passer vraiment à l’action. Comment expliquer ce « mal-entendu » ? Notre processus de développement débridé nous a déplacés dans un environnement hors-sol où la nature a été réduite à l’état de concept. Dès lors, déconnectés de la réalité écologique de notre planète, nous sommes devenus sourds à ses appels. Pire, l’alerte climatique, souvent perçue comme anxiogène et culpabilisante, menace de devenir un véritable repoussoir.

Jean-Pierre Payot est agrégé d’histoire géographie. Passionné des grandes questions de notre temps, il articule sa mission d’enseignant avec ses recherches en géopolitique et environnement.

Le livre de Jean-Pierre Payot, Climat, l’alerte impossible, sur le site des éditions L’Harmattan


. Laurent Delcourt, Le Brésil de Bolsonaro : le grand bond en arrière, Paris, Syllepse, juillet 2020.

Pourquoi et comment un médiocre parlementaire d’extrême droite, nostalgique de la dictature militaire, ouvertement raciste, misogyne et homophobe a-t-il pu se hisser à la tête du plus grand pays d’Amérique latine ? L’arrivée de Bolsonaro à la présidence du Brésil n’est ni un événement fortuit, ni une parenthèse sans lendemain. Portée par une lame de fond, elle est à la fois le produit des circonstances et la conséquence d’un travail de conquête et de formatage de l’opinion par de nouvelles droites radicales et militantes.

Dans un contexte marqué par une profonde crise économique, morale et institutionnelle, ces courants ont exploité les frustrations et les ressentiments de la société brésilienne, pour s’imposer aux affaires. Avec l’appui des vieilles oligarchies et des secteurs les plus conservateurs, ils entendent aujourd’hui solder l’héritage du "lulisme" et dicter leur agenda ultralibéral, rétrograde et autoritaire.

Révision des droits sociaux, démantèlement des protections environnementales, privatisation des entreprises publiques, réalignement de la politique étrangère sur les Etats-Unis, croisade morale et sécuritaire..., le tournant engagé risque de réduire à néant les progrès démocratiques engrangés au terme de plusieurs décennies de luttes. Sonnée et divisée, la gauche s’est jusqu’à présent montrée impuissante à contrer la vague réactionnaire.

Elle devra, coûte que coûte, retrouver son unité et proposer un nouveau projet mobilisateur pour éviter que le pays, champion toutes catégories des inégalités, ne s’enfonce dans l’abîme.

. Maryse Deguergue, Environnement et santé : progrès scientifiques et inégalités sociales, Paris, Éditions de la Sorbonne, juillet 2020.

Le progrès scientifique et technologique a été longtemps accompagné d’une connotation positive, tant il a contribué à l’amélioration du bien-être individuel et collectif au XXème siècle. Le présent ouvrage tend à montrer que la réalité du XXIème siècle est peut-être sensiblement différente des représentations traditionnelles de l’idée de progrès et se propose d’explorer l’une de ses faces sombres, celle des inégalités qu’il génère.

Le changement climatique aujourd’hui - ou le voisinage des installations polluantes à travers les âges - et les injustices environnementales qu’ils produisent, les bulles technologiques, les déserts médicaux ou les expérimentations en santé, pouvant aller jusqu’à l’augmentation technologique des êtres humains, révèlent des inégalités qu’il est intéressant de débusquer dans les deux secteurs de l’environnement et de la santé, choisis, pour le premier en ce qu’il est présenté comme victime du progrès, pour le second en ce qu’il est reconnu comme la voie triomphale du progrès.

Il est apparu aussi nécessaire de relier ces inégalités à la question sociale, que les actuels soulèvements populaires posent de manière aiguë, et qui doit être traitée par le droit. Les différents contributeurs, par un croisement des disciplines juridique, sociologique, philosophique, géographique, ont mis en lumière la gravité de certaines situations discriminatoires engendrées par le progrès. Leurs réflexions peuvent contribuer à préparer l’entrée dans l’ère de la robotique, avant que les droits des robots viennent coexister avec les droits de l’Humanité ou les concurrencer...

. Ronan Farrow, Paix en guerre – La fin de la diplomatie et le déclin de l’influence américaine, Paris, LGF/Livre de Poche, juillet 2020.

La politique étrangère des Etats-Unis subit une mutation désastreuse, modifiant pour toujours le rôle de l’Amérique dans le monde. Les institutions diplomatiques souffrent de drastiques coupes budgétaires et les émissaires qui ont permis les plus fines négociations et protégé partout leurs expatriés sont démis de leurs fonctions du jour au lendemain. Alors que, à Washington, les bureaux du ministère des Affaires étrangères se vident, dans le reste du monde, ce sont l’industrie et l’armée qui reprennent les rênes.

Fondé sur des documents jamais dévoilés, enrichi d’interviews exclusives (de Henry Kissinger à Hillary Clinton), Paix en guerre nous alerte sur une profession en voie d’extinction, celle des défenseurs de la paix. Raconter la politique étrangère de son pays à la manière d’un grand reportage, seul un journaliste américain pouvait être capable de cette prouesse. Un extraordinaire pouvoir d’évocation.

. Sandra Birtel, Blanchiement d’argent, financement du terrorisme, corruption – État de la coopération internationale des cellules de renseignement financier, Paris, Legitech, juillet 2020.

Le coût des pots de vin versés dans le monde chaque année représente entre 1 500 et 2 000 milliards de dollars, soit 2 % du Produit Intérieur Brut (PIB) mondial. D’un point de vue régional, la corruption coûterait à l’Europe entre 179 et 990 milliards d’euros par an. D’après le Fonds Monétaire International (FMI), le volume du blanchiment d’argent représenterait entre 2 et 5 % du PIB mondial. Face à ces chiffres mirobolants, force est de constater la nécessité de lutter efficacement et urgemment contre le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et la corruption. C’est là l’une des missions principales des Cellules de renseignement financier. Cependant, comment se met en place la coopération entre ces Cellules à l’échelle européenne ou plus encore à l’échelle mondiale ? Quelles sont les différences entre les différentes CRF nationales ? C’est ce que nous allons voir dans cet ouvrage en comparant le fonctionnement de plus d’une dizaine de cellules du monde.

. François DosSantos, Quel avenir pour EDF ? – 30 questions pour éclairer le débat ? Paris, Éditions de l’Atelier, juillet 2020.

L’année 2020 va être l’occasion d’un Meccano politico-financier à EDF. Un nouvel acte de la libéralisation du secteur se profile avec le projet Hercule, qui propose de scinder l’entreprise en deux, séparant l’activité de production, placée sous contrôle de l’Etat, et l’activité commerciale, ouverte au privé. EDF est à un tournant de son histoire. Son parc nucléaire doit être renouvelé, des dividendes très généreux ont été distribués aux actionnaires alors que les besoins d’investissement sont importants.

Que paye-t-on dans sa facture ? Quelles sont les spécificités de ce secteur où la production ne se stocke pas et où les investissements se font sur des cycles très longs avec des retours sur investissement très lents ? EDF est-elle endettée ? Qu’a-t-on fait avec les recettes de l’électricité ? L’intérêt général prime-il toujours dans les choix ? La concurrence crée-t-elle de la valeur où n’est-ce qu’un transfert de rente légalisé ? Peut-on faire confiance aux règles de marché pour planifier les investissements ? Ce livre donne à un large public les clés pour comprendre le débat actuel sur l’avenir d’EDF et l’enjeu de l’électricité dans la société.

Il fait un bilan de la déréglementation du secteur depuis vingt ans et recentre le débat sur la question du service public plutôt que sur les techniques de production (nucléaire versus énergies renouvelables intermittentes).

. Hervé Ascensio, Droit international économique, Paris, PUF, juin 2020.

Le droit international économique est une discipline juridique portant sur la gouvernance et la régulation de l’économie mondiale. Il permet notamment d’expliquer le contenu des traités de commerce et d’investissement, la fonction de l’OMC et du FMI, les techniques juridiques de régulation des marchés. Un premier volet de l’ouvrage est consacré au fonctionnement systémique du droit international économique, c’est-à-dire ses sources, institutions et mécanismes de règlement des différends. Un second volet s’attache aux principaux domaines concernés, à savoir le commerce de marchandises et de services, les investissements étrangers, la stabilité monétaire et financière internationale. D’autres thèmes sont abordés au fil de l’ouvrage, tels que la fiscalité internationale, la responsabilité sociétale des entreprises, le développement durable. La connaissance du droit international économique permet de comprendre la place du droit dans la globalisation économique, ses mutations, ses limites.

. Amélie Ferey, Assassinats ciblés – Critique d’un libéralisme armé, Paris, CNRS, juin 2020.

Comment fait-on la guerre au XXIe siècle ? Principalement par drones, en éliminant l’ennemi avant qu’il ne nuise. Au Yémen, en Afghanistan, en Palestine ou au Pakistan, ces opérations dites d’" assassinats ciblés " surviennent à l’abri des regards. Pratiques d’abord largement décriées en Europe et outre-Atlantique, elles se sont banalisées à partir des années 2000 dans le contexte de la guerre contre le terrorisme.

Elles questionnent pourtant la conception traditionnelle d’une violence légitime en démocratie. Quels sont les arguments mobilisés par les gouvernements, notamment en Israël et aux Etats-Unis, pour faire accepter ce droit de tuer ? Combinant enquête de terrain et recherches, Amélie Férey examine minutieusement les processus de légalisation et de légitimation dans les démocraties de cette guerre qui ne dit pas son nom.

L’auteure discute les arguments avancés par ceux qui utilisent ces assassinats : sont-ils si différents des assassinats politiques ? Appartiennent-ils vraiment au registre de la guerre préventive ? Ont-ils un rôle dissuasif ? Respectent-ils le cadre légal international ? Amélie Férey livre ici une analyse décisive pour comprendre les enjeux de ces pratiques qui font désormais partie intégrante du paysage stratégique contemporain.

. Marie-Hélène Labbé, La quête nucléaire de l’Iran, Paris, PU Paris-Sorbonne, juin 2020.

Janvier 2020 : Qassem Soleimani tué par un drone américain, crise diplomatique entre les Etats-Unis et l’Irak, bombardements par l’Iran de bases irakiennes abritant des soldats américains... Jamais les suites de l’accord de Vienne de 2015 et leur remise en question par Donald Trump n’ont été autant d’actualité. La quête nucléaire de l’Iran, poursuivie depuis cinquante ans, a connu une route contrastée, alternant accélérations brusques et ralentissements parfois mystérieux.

L’opacité du régime théocratique des mollahs ne facilite pas la compréhension des décisions prises en Iran ; en tout état de cause, le dernier mot revient au Guide suprême. Les réponses des Etats occidentaux sont ainsi le plus souvent décalées par rapport aux intentions iraniennes, offrant souvent des avantages ou faisant des concessions quand Téhéran durcit sa position et multipliant les sanctions sans que leur objectif soit toujours clair : changement de régime ou inflexion de la politique iranienne ? Toute négociation ne saurait oublier le glorieux passé de la Perse qui nourrit le nationalisme iranien, dont la recherche de la bombe est un élément fondamental.

Spécialiste de la prolifération nucléaire, Marie-Hélène Labbé offre un éclairage sur une situation complexe et dangereuse.

. Adrien Schu, Demain, la guerre ? Etude sur le risque de guerre entre les États-Unis, la Chine et la Russie, Paris, Le Bord de l’eau, juin 2020.

Après plus d’un demi-siècle d’absence, la guerre entre grandes puissances pourrait-elle signer son retour ? Alors que la dégradation des relations entre les Etats-Unis, la Chine et la Russie a désormais été actée, cet ouvrage entend s’interroger sur le risque du déclenchement d’une guerre, globale ou régionale, entre eux d’ici à 2030.

Certaines évolutions technologiques pourraient-elles venir remettre en cause la stabilité de l’équilibre nucléaire, garant de la paix depuis 1945 ? Les projets américains, notamment dans le domaine des défenses anti-missile balistique, sont-ils sur le point de rendre caduc les dissuasions nucléaires chinoise et russe ? Se dirige-t-on en réaction vers une nouvelle course aux armements nucléaires ?

Sur le plan conventionnel, comment Pékin et Moscou pourraient-ils chercher à contourner la supériorité militaire américaine ? Dans quelle mesure le développement de leurs capacités dites de « déni d’accès » renforce la probabilité d’un conflit armé au niveau régional ?

. Benjamin Bürbaumer, Le souverain et le marché – Théories contemporaines de l’impérialisme, Paris, Amsterdam éditions, juin 2020.

Le récit d’une mondialisation apaisée ou heureuse qui s’était affirmé à la fin du XXe siècle s’est épuisé : depuis les années 2000, l’impérialisme est de nouveau "sur toutes les lèvres", comme l’écrivait déjà Hobson en 1902. L’exacerbation des logiques expansionnistes observée depuis la fin de la guerre froide a conduit à la reformulation d’une série de questions et d’hypothèses incontournables pour qui souhaite comprendre les relations internationales : les Etats modernes sont-ils nécessairement sous la domination de l’un d’entre eux, qui organise non pas seulement sa propre économie, mais le capitalisme dans son ensemble ? Ou bien peut-on envisager l’existence d’une coalition supranationale qui organise le capitalisme au niveau mondial, instaurant une lutte des classes globale ? A moins que les Etats les plus puissants ne soient dans l’incapacité d’organiser le capitalisme mondial de façon collective, la dynamique du capital se heurtant notamment à la permanence de souverainetés territoriales, nourrissant des rivalités et des conflits qui ne cessent de menacer la stabilité du système dans son ensemble.

Explorant les réponses apportées à ces questions par certains courants théoriques anglo-saxons encore peu connus en France, cet ouvrage propose à la fois une introduction éclairante à certaines thématiques centrales de l’étude des relations internationales et des analyse novatrices de leurs développements récents.



. Kabiné Komara, Water, a crucial issue in international relations, Paris, Le Cherche-Midi, juin 2020.

Without water, what would we be ? Whatever form it takes, it scoffs at borders and often links very different cultures, regions and countries together, in this way becoming a source of opportunities, but also the object of numerous desires. "Once upon a time there was a river. Here is the story of wisdom. Once upon a time there was the great Senegal River. Born in Guinea, it runs downstream to Mali, enters Senegal, and borders Mauritania before flowing into the sea.

These four countries, all equally sons of this thirst- quenching, irrigating, energy-giving water, could have fought each other. Or ignore each other, each taking from it without concern for the others. These four countries decided otherwise. Thus was born a common development agency. Thus was created this incomparable tool of wisdom. An exception in a world increasingly torn by conflicts focused on water.

Here is the story of this wisdom, told by its principal artisan. Here is a model to follow. Take a leaf out of this book, Mekong and Brahmaputra (notably) ! ’ Erik Orsenna, of the Académie française.

. Roland Lombardi, Poutine d’Arabie – Ou comment et pourquoi la Russie est devenue incontournable en Méditerranée, Paris, VA Éditions, juin 2020.

La chute de l’URSS a partiellement éloigné Moscou du monde arabe de 1991 aux années 2000. Durant cette décennie, la Russie s’est effacée de la scène internationale et l’influence russe dans cette zone a nettement diminué. Or, à partir de l’arrivée au pouvoir en 1999 de Vladimir Poutine, ce dernier entreprit méthodiquement de refaire de son pays une puissance mondiale. En Méditerranée et au Moyen-Orient plus qu’ailleurs, Moscou cherchera de nouveau à peser sur le destin de la région.
Dès les débuts des printemps arabes et suite à l’intervention occidentale en Libye pour renverser Kadhafi en 2011, le Kremlin se lança alors dans une politique proactive. En effet, échaudé par l’affaire libyenne, où les Russes se sont sentis floués, ils vont d’abord en Syrie, soutenir diplomatiquement Assad aux prises avec un soulèvement populaire qui dégénérera très vite en guerre civile. Puis, le 30 septembre 2015, les forces militaires russes interviendront directement dans le conflit syrien.
Alors que plusieurs observateurs prédisaient un nouvel Afghanistan pour Moscou et son inévitable échec dans sa politique moyen-orientale, force est de constater qu’il n’en fut rien. Aujourd’hui, en 2019, que cela nous plaise ou non, et par suite de ses succès militaires et diplomatiques en Syrie, la Russie est devenue incontournable. Elle reste le maître du jeu et est même à présent le nouveau "  ; juge de paix  ; " de la région vers qui tous les grands acteurs, Israéliens, Egyptiens, Saoudiens, Iraniens, Turcs et autres, se tournent à présent.
Dans Poutine d’Arabie, Roland Lombardi nous explique comment et pourquoi nous en sommes arrivés là...

. Bernard Stiegler, Collectif internation, Bifurquer, Paris, Les liens qui libèrent, juin 2020.

Ce livre remarquablement documenté - tant par ses idées et propositions que par les pratiques qui essaiment déjà dans certaines villes ou certains pays - dessine le monde tel qu’il devrait être pour répondre aux grandes crises sanitaires, climatiques, sociales, économiques ou psychiques. En ces temps de graves périls, il nous faut bifurquer : il n’y a pas d’alternative. La pandémie qui a paralysé le monde en quelques semaines révèle désormais comme une évidence l’extraordinaire et effroyable vulnérabilité de l’actuel "modèle de développement", ainsi que la potentielle multiplication des risques systémiques combinés qui s’y accumulent.

Elle prouve que ce modèle est condamné à mort, et qu’il nous condamnera à mort avec lui, où que nous soyons dans le monde, si nous ne le changeons pas. Le travail collectif à l’origine de cet ouvrage a établi que ce modèle destructif de développement atteint ses limites ultimes et que sa toxicité, de plus en plus massive et multidimensionnelle (sanitaire, environnementale, mentale, épistémologique, économique), est engendrée avant tout par le fait que l’économie industrielle actuelle repose sur un modèle physique dépassé qui dissimule systémiquement que l’enjeu fondamental de l’ère Anthropocène est la prise en compte de l’entropie.

Bifurquer, cela signifie : reconstituer une économie politique réarticulant les savoirs et les pratiques locales avec les circuits macroéconomiques, et en repensant la territorialité à ses différentes échelles de localité ; développer cette économie de la contribution sur la base d’un revenu contributif décorrélé de l’emploi et revalorisant le travail comme activité de savoir ; refonder le droit et la comptabilité des Etats et des entreprises en agençant à travers des démarches d’expérimentation économique et sociale, et dans des territoires laboratoires, les économies associatives, coopératives et marchandes locales réticulées, et articulées avec le commerce international ; réévaluer la recherche dans l’optique du long terme, indépendamment des intérêts à court terme des pouvoirs aussi bien politiques qu’économiques ; réorienter au service des territoires et de leurs coopérations les technologies numériques...

. Nicolas Martin-Breteau, Corps politiques – Sport et mouvement pour les droits civiques aux États-Unis (1890-1980), Paris, EHESS, juin 2020.

Le corps noir étant la cible première de l’oppression raciste, les Africains-Américains ont fait du corps sportif une dimension essentielle, bien que souvent négligée, de leur résistance politique. Nicolas Martin-Breteau propose une histoire renouvelée de la manière dont le sport noir américain, depuis la fin du XIXe siècle, a participé aux longues luttes pour la dignité et la justice raciales aux États-Unis.

À la fin du XIXe siècle, la violence raciste dirigée contre la communauté africaine-américaine a détruit les avancées historiques obtenues par l’abolition de l’esclavage une génération plus tôt. Nicolas Martin-Breteau retrace ici la manière dont les Africains-Américains ont utilisé le sport pour leur intégration dans la société américaine. L’éducation physique s’est ainsi faite éducation politique afin de renforcer la fierté raciale à l’intérieur du groupe puis démanteler les préjugés raciaux à l’extérieur.

Corps politiques montre comment Washington a constitué le berceau méconnu de ce programme d’élévation individuelle et de libération collective qui continue d’influencer les mobilisations antiracistes noires aux États-Unis.

. Wolf Lepenies, Svetlana Tamitegama, Le pouvoir en Méditerranée – Un rêve français pour une autre Europe, Paris, Maison des Sciences de l’Homme, juin 2020.

Nourrir une "ambition pour la Méditerranée" est une composante essentielle de la politique française depuis la fin de l’empire napoléonien. Cette politique, qui vise à former une coalition entre les divers peuples de la "mer privilégiée" (comme l’appelait Fernand Braudel), s’offre comme un contrepoids à l’influence de l’Allemagne sur l’Europe. C’est ainsi que pour tenir tête aux empires slaves et germaniques, plusieurs générations de décideurs politiques ont envisagé de créer un "Bloc latin" , une "Union méditerranéenne" ou bien encore, sous un intitulé particulièrement agressif et significatif, un "Empire latin" .

Le présent ouvrage traite de ces tentatives, de leurs soubassements et de leurs ressorts. Il s’attache à décrire la construction et la propagation des stéréotypes culturels nord-sud depuis le xviiie siècle jusqu’à nos jours, s’intéresse au "Système de la Méditerranée" des saint-simoniens du début xixe siècle, et s’attarde sur la période des deux guerres mondiales. Wolf Lepenies révèle dans la vieille rivalité franco-allemande des ressentiments profondément enracinés entre un Nord protestant soi-disant austère et un Sud catholique où règnerait légèreté et joie de vivre - idées reçues anciennes qui aident à comprendre les coalitions et les lignes de front européennes qui sont encore à l’origine des politiques actuelles.

. Yves Lebahy, Défis pour la Bretagne ? Un nécessaire contrat social, Paris, Skol Vreizh, juin 2020.

Les prémices de la crise actuelle sont apparues il y a une quinzaine d’années : la crise climatique et ses conséquences à venir étaient établis, la dérégulation de nos économies, générée par la mondialisation, était aussi à l’oeuvre ; la crise de 2008 n’a fait qu’exacerber ses effets. Enfin, la déréliction amorcée de nos systèmes politiques, nationaux et européens, prend aujourd’hui un ampleur inquiétante ; l’avenir de nos démocraties est en jeu.
Dans un tel contexte, la société bretonne est, comme d’autres, bousculée. En dépit des apparences, son état est alarmant ; il a été souligné dans "Où va la Bretagne ? " (2018) Mais, au-delà des constats, nous devons réagir. Forte de nombreux atouts, la population bretonne a, pour peu qu’elle le veuille, la capacité à prendre en main son destin. Elle doit définir un projet de société novateur, seul apte à assurer son identité et son originalité.
Ne pas engager cette révolution nécessaire et radicale, c’est assurément subir l’uniformisation en cours et, à brève échéance, accepter sa disparition. Aussi doit-elle repenser ses fondements, sa relation à la nature, valoriser ses héritages, en particulier culturels, choisir des options qui garantissent une vie sociale responsable et plus démocratique sur le plan politique : un véritable nouveau contrat social ! C’est un immense défi.
Si nul ne peut prétendre donner une marche à suivre, cet ouvrage, tout au moins, propose d’ouvrir le débat sur les nécessaires transformations de la société bretonne afin de lui permettre de perdurer.

. Ouvrage Collectif, La France. Atlas géographique et géopolitique, Paris, Autrement, juin 2020.

Un atlas de référence pour préparer les concours.

La France fait face à de nombreux défis. Saura-t-elle s’adapter et se réinventer ? Cet atlas, riche de plus de 150 cartes et documents, dresse le portrait du territoire métropolitain et ultramarin à toutes les échelles et dans toutes ses dimensions : Les dynamiques de peuplement des territoires et les disparités d’installation des 67 millions de Français. Les environnements contraints entre valorisation et protection. Les cadres de vie qui se renouvellent en profondeur, tant dans les espaces urbains que ruraux. Les profondes mutations, sectorielles et territoriales, de l’appareil productif français, pour lesquelles l’échelle locale tient une place croissante. Les acteurs de l’aménagement qui s’adaptent au fil des réformes pour mener des politiques d’aménagement et de développement. La valorisation des territoires et de leur patrimoine qui fait parfois face à des contestations locales. La puissance française, qui reste un acteur majeur sur l’échiquier géopolitique européen et mondial. Les enjeux des nouvelles grandes régions : trouver leur place et mener des politiques à toutes les échelles.

. Alaa El Aswany, Le syndrome de la dictature, Paris, Actes Sud, juin 2020.

Après le retour à un pouvoir autoritaire en Egypte et l’écriture du roman J’ai couru vers le Nil, consacré aux acteurs de la révolution égyptienne, Alu El Aswany s’est livré à une réflexion fouillée sur la dictature, qu’il nous expose ici. Inlassable chroniqueur et militant de la cause démocratique, fervent pédagogue, il conduit une analyse clinique de la dictature, tant comme système idéologique que comme réalité persistante et insoutenable pour de nombreux peuples.

Il ne s’agit pas d’une autopsie de la démocratie, mais bel et bien de la radiographie d’un mal récurrent à la fois dans notre histoire et dans notre monde contemporain. En neuf chapitres, étayés par de nombreux faits et anecdotes historiques, il étudie le syndrome, ses causes, ses symptômes, sa propagation, la prévention possible. Concret, précis, volontiers provocateur, toujours libre, l’auteur, qui s’attaque aux racines du mal, et rappelle ce faisant que la dictature est loin d’être l’apanage des pays arabes, délivre également un message d’espoir, professant sa confiance en l’humanité.

Et fait, en filigrane, une nouvelle déclaration d’amour à son pays, l’Egypte, et à ses compatriotes.

. Jean-Paul Charvet, Michel Sivignon, Anne-Lise Humain-Lamoure, Géographie humaine. Mondialisation, inégalités sociales et enjeux environnementaux, Paris, Armand Colin, juin 2020.

Les effets de la mondialisation se font sentir dans des domaines et sur des espaces toujours plus nombreux, à toutes les échelles géographiques. Toutefois, sous l’effet d’un poids démographique croissant, de la progression des inégalités économiques, sociales et territoriales, et de la nécessaire prise en compte des enjeux climatiques, ce phénomène mondial d’une ampleur inégalée semble atteindre ses limites. La surconsommation de terres agricoles par les étalements urbains de métropoles aux populations multimillionnaires ou encore l’accès aux ressources n’en sont que quelques exemples. La nouvelle édition de cet ouvrage thématique présente et analyse les principaux défis auxquels la planète est aujourd’hui confrontée : inégalités dans les domaines de la croissance démographique et de la santé, nouveaux développements des réseaux urbains et de transports, localisations et délocalisations d’activités, avenir de l’agriculture et des espaces ruraux en relation avec les évolutions de la demande alimentaire... Elle vient ainsi mettre en évidence la fécondité de la géographie humaine, qui étudie les modalités d’organisation de l’espace par les sociétés, pour éclairer l’ensemble de ces transformations.

. Ouvrage collectif, Rester vivants, qu’est-ce qu’une civilisation après le coronavirus ? Paris, Fayard, juin 2020.

Ce livre regroupe les tribunes et entretiens d’une vingtaine de grands penseurs de notre temps publiés dans Le Figaro pendant le confinement. Philosophes, essayistes, universitaires, romanciers, personnalités politiques, économistes, sociologues… leurs analyses et enseignements sont autant de balises et de repères pour nous accompagner et nous aider à traverser la crise, tout en nous invitant à imaginer ensemble le monde qui nous attend.

Un minuscule virus, en quelques semaines, a placé le monde face à lui-même ; il a réveillé les sentiments contraires de l’homme moderne.

Dès le premier jour, Le Figaro a voulu placer sa réflexion à la hauteur du moment. Le journal a sollicité intellectuels, écrivains, historiens et politiques pour qu’ils aident les français à comprendre les temps difficiles qui s’annonçaient.

Sans se dérober, des voix illustres ont accepté le difficile exercice qui consiste à penser la crise sanitaire incroyable que traversent l’Europe et le monde.

Ce livre rassemble leurs textes ; ils resteront pour longtemps le témoignage d’un moment historique.

Tous nous disent que ce pays conserve des penseurs qui ne jargonnent pas mais qui écrivent avec grâce, esprit, férocité et précision. Avec eux, malgré les incertitudes, malgré les souffrances, malgré les doutes, la vie l’emporte toujours sur la peur.

. Yolène Dilas-Rocherieux, Rien n’est à personne. Du communisme au commun, retour aux origines, Paris, Vendémiaire, mai 2020.

Rien n’est à personne : la formule pourrait résumer la doctrine communiste, fondamentalement hostile à la propriété privée, au nom d’une égalité radicale. Mais quelle est la véritable origine de ce programme révolutionnaire ? S’agit-il d’une invention utopiste du XIXe siècle, en réaction au sentiment de dépossession des classes ouvrières ? Ou d’une forme d’organisation naturelle des sociétés primitives avant le sacre de l’individu et du progrès ? La question est d’importance, car après la chute du bloc soviétique, qui a paru sonner le glas de cette idéologie, on la voit aujourd’hui réapparaître alors que la notion de « commun » devient le ferment des luttes écologistes ou anticapitalistes. Le communisme serait-il donc la solution aux défis du XXIe siècle ?
Des communautés villageoises archaïques aux zadistes, en passant par la République guaranie créée par les jésuites au Paraguay au XVIIe siècle, par Marx, Lénine et Rosa Luxemburg, une synthèse sur une vision du monde et du partage de ses richesses.

. Alex Jordanov, Les guerres de l’ombre de la DGSI – Plongée au cœur des services secrets français, Paris, Nouveau monde, juin 2020.

Pour la première fois, des officiers de la DGSI (Direction Générale de la Sécurité Intérieure), racontent avec franchise leur travail sur le terrain. Nous les accompagnons dans leurs surveillances et l’espionnage de djihadistes, le recrutement de sources, le démantèlement de réseaux terroristes, la manipulation rocambolesque d’un responsable du programme d’armement syrien... Ces missions ont lieu tous les jours, sous nos yeux, mais nous ne les voyons pas.

Ce carnet de bord, rédigé sur plusieurs années, offre une radiographie sans précédent des succès et des ratages du renseignement intérieur. On y découvre comment la France a échappé à un attentat chimique qui aurait été bien plus meurtrier que ceux du 13 novembre 2015. Comment certaines figures du djihadisme mondial sont passées entre les mailles du filet sécuritaire. Comment les réorganisations des services et stratégies de carrière de la hiérarchie mettent parfois à mal les missions les mieux préparées.

Au cours du récit, on croise des services secrets " amis " et parfois concurrents, comme le Mossad ou la CIA. On traque les tentatives russes ou chinoises de recrutement au coeur des industries stratégiques française, ou les nationalistes corses aux marges du banditisme. On subit les contrecoups de la guerre feutrée entre services français en charge de la lutte antiterroriste. Coups tordus, ordres venus " d’en haut " , parfois très politiques, grand banditisme, trafics au nom de la raison d’Etat...

Cette plongée inédite au coeur des services nous fait entrer dans un monde terrifiant de vérité auquel nous n’avions jamais eu accès. Alex Jordanov est journaliste d’investigation et documentariste. Il a travaillé notamment pour Capa et " Le Vrai Journal " de Canal+ et sillonné de nombreux pays du Moyen-Orient. Il a déjà publié chez Nouveau Monde éditions Merah, l’itinéraire secret (2015), ainsi que dans L’Obs, First Look Media et le New Yorker.

. Christophe Soullez, Les services secrets. Histoire, méthodes et organisation du renseignement, Paris, Eyrolles, juin 2020.

Communément évoquée à travers l’expression "services secrets", l’activité de renseignement consiste à recueillir, exploiter et diffuser des informations afin d’éclairer les choix stratégiques d’un pays mais aussi de préserver ses capacités militaires et civiles. Il fait aujourd’hui l’objet de mises en cause de plus en plus fréquentes, en particulier dans le contexte de la lutte contre le terrorisme.

Pour cerner une réalité obscure, mal connue et mal comprise, cet ouvrage conçu par un spécialiste présente l’histoire, les acteurs et les méthodes du renseignement, en France et dans le monde, des origines à nos jours. Augmentée et mise à jour, cette nouvelle édition relate les grandes affaires qui ont marqué l’histoire des services secrets.

. Jean-Claude Rennwald, Suisse-Europe : la séparation après un flirt ?, Suisse, Livreo-alphil, juin 2020.

La Suisse n’est-elle pas à la veille d’une dangereuse séparation d’avec l’Union européenne (UE), alors que son flirt (les accords bilatéraux I) avec celle-ci ne remonte qu’à une vingtaine d’années ? C’est la question qui constitue le centre de cet ouvrage. L’acceptation d’une initiative lancée par l’Union démocratique du centre, qui exige que la Suisse règle de manière autonome l’immigration des étrangers, aurait des conséquences économiques et sociales dramatiques, avec d’importantes pertes d’emplois à la clé.

Mais Jean-Claude Rennwald ne se contente pas d’analyser cette initiative. Il la situe dans un contexte plus large, en remontant au refus de la Suisse d’adhérer à l’Espace économique européen, en 1992 (qui aurait été une forme de concubinage avec l’UE), avant de s’interroger sur les enjeux d’un accord-cadre entre la Suisse et l’UE et sur les conséquences pour la Suisse d’une adhésion (c’est-à-dire d’un mariage) à l’UE.

Enfin, l’auteur s’interroge sur l’évolution démocratique, économique et sociale de l’UE, sur son élargissement par trop rapide, sur la progression des forces écologistes et nationales-populistes lors des élections de 2019 au Parlement européen, pour se demander, in fine, si le socialisme et le syndicalisme sont " solubles dans l’Europe ".

. Jean-Michel Guérin, De Sun Tzu à James Bond – Miscellanées de l’espionnage, Paris, Mareuil éditions, juin 2020.

De quoi parle un espion ? D’histoires d’espion... Michel Guérin, jeune retraité de la DGSI, où il a occupé le poste de directeur-adjoint, nous propose ses Miscellanées de l’espionnage, de Sun Tzu à Poutine, en passant par James Bond. Ce livre explore, sous différentes rubriques, le monde du renseignement et plus précisément celui de l’espionnage, par l’évocation d’affaires célèbres, voire historiques, ou d’autres, moins retentissantes.
En passant par des termes professionnels qui vont des techniques anciennes aux plus récentes, à travers des figures d’espions réels (M) ou fictifs (OSS 117), l’auteur couvre un large spectre de connaissances liées à l’espionnage. Conçues comme des miscellanées et librement choisies pas l’auteur, elles visent à guider le lecteur, sous une forme ludique, dans cet univers mystérieux et confidentiel. La seule concession à la forme académique du dictionnaire est l’ordre alphabétique sous lequel sont présentés les articles, afin de faciliter la recherche du lecteur lorsque qu’ils comportent des notions ou des noms faisant l’objet eux-mêmes d’une présentation.
Un livre utile à ceux qui voudraient enrichir, un tant soit peu, leur culture sur cette activité si particulière.

. Lucie Delabie, État de droit et dispositifs juridiques relatifs à la lutte contre le terrorisme, Paris, Mare et Martin Éditions, juin 2020.

Les spécialistes de la guérilla le savent bien : le cycle de la répression et des représailles est un cercle vicieux. Le contre-terrorisme, dans les démocraties contemporaines tout au moins, ne comporte pas de représailles contre les populations. Mais il est souvent composé d’un arsenal juridique répressif qui, s’il ne sort pas nécessairement du cadre formel de l’Etat de droit, peut en transformer le sens et affaiblir le standard matériel de protection des libertés.

A presque chaque attentat succède une nouvelle mesure ou la tentation d’un nouvel outil répressif, dur et initialement cantonné au domaine du contre-terrorisme que certains proposent ensuite d’appliquer à d’autres domaines. C’est ce glissement progressif des mesures d’exception du contre-terrorisme vers le reste du droit que cet ouvrage étudie dans une perspective comparative qui sort du cadre franco-français pour s’intéresser à d’autres pays comme l’Italie, le Royaume-Uni ou encore la Turquie et à la dimension supranationale.

. Pascal Le Pautremat, Géopolitique de l’eau, Paris, L’Esprit du temps, juin 2020.

L’eau source de vie...et de survie. Entre surpopulation et mutations environnementales, entre jeux de puissance et rapports de forces interétatiques, L’eau est devenue un vecteur d’enjeux à la fois multiples et combinés. Ainsi, de nouvelles politiques de gestion rationnelle et équilibrée des ressources aquifères s’imposent toujours davantage, afin d’améliorer la qualité de l’eau, d’en réduire le gaspillage et de réutiliser les eaux usées.
D’autre part, il s’agit d’opter pour une nouvelle économie basée sur la politique de désalinisation afin de s’adapter aux aléas climatiques et maintenir un volume d’eau disponible pour répondre aux demandes polymorphes dans un monde ou les contrastes de ressources en eau sont de plus en plus prononcés. Enfin, il s’agit de veiller à ce que les crispations entre Etats, autour de bassins fluviaux, véritables préoccupations géostratégiques, ne deviennent pas, demain, de nouvelles causes de conflits.
Approches didactiques, exemples concrets, appuyés par des analyses internationales, l’ouvrage se veut une synthèse de la situation actuelle à propos d’une question capitale pour le devenir de la Vie terrestre.

. Anaïs Voy-Gillis, L’Union européenne à l’épreuve des nationalismes, Paris, Éditions du Rocher, juin 2020.

Du Brexit aux élections européennes de 2019, en passant par la qualification de Marine Le Pen pour le second tour de l’élection présidentielle de 2017, les partis nationalistes-identitaires ont le vent en poupe dans toute l’Union européenne. V. Orbán, M. Salvini ou M. Le Pen sont les dirigeants de ces partis qui, ensemble, pourraient menacer l’édifice européen. Ces partis siègent au sein de différents groupes au Parlement européen.

S’ils s’accordent sur l’immigration, d’autres sujets constituent de véritables lignes de fractures. Anaïs Voy-Gillis, analysant leurs stratégies, questionne le mythe d’une grande coalition nationaliste-identitaire et prouve que ces partis défendent, avant tout, des visions nationales. Leur progression électorale s’explique par plusieurs facteurs, notamment l’idée de trois crises (économique, migratoire, représentativité) ayant montré les fragilités de l’édifice européen.

Au-delà des discours, ces partis ont réussi à construire une représentation du monde excluante, mais cohérente, répondant aux questionnements d’une partie de la population. Anaïs Voy-Gillis est docteur en géographie de l’Institut Français de Géopolitique. Ses recherches concernent la montée des nationalismes et des droites extrêmes en Europe.

. Didier Combeau, Être américain aujourd’hui – Les enjeux d’une élection présidentielle, Paris, Gallimard, juin 2020.

A la fois fer de lance du progressisme et haut lieu du conservatisme, patrie de #MeToo mais aussi de Donald Trump, les Etats-Unis n’en finissent pas d’étonner et de surprendre. Tous les quatre ans, l’élection du président focalise l’attention, d’abord sur les personnalités candidates aux primaires, puis sur celles des deux challengers. Leurs noms nous sont familiers, mais nous connaissons souvent moins bien leurs idées et les philosophies qui les portent.

Pourtant, elles irriguent nos mentalités et continuent d’exacerber les imaginations au-delà des frontières. De la question de l’immigration à celle de l’assurance santé, de la problématique de l’avortement à celle de l’environnement, des tensions interraciales au fléau de la violence, Didier Combeau explore ici les fractures qui parcourent la société américaine et se traduisent par un rejet de plus en plus viscéral de l’adversaire politique.

Il donne en termes simples les clefs indispensables à la compréhension du subtil fonctionnement du fédéralisme, de l’équilibre des pouvoirs, et d’un système électoral sujet à polémiques, qui peine à asseoir la légitimité d’un président parfois élu à la minorité des voix. L’étude des joutes qui opposent conservateurs et progressistes se prolonge dans une réflexion sur l’identité politique et nationale du premier soft power mondial.

. Éric Beynel, Claire Robert, La raison des plus forts- Chronique du procès France Telecom, Paris, Éditions de l’Atelier, juin 2020.

Le 6 mai 2019 s’est ouvert le procès France Télécom. Didier Lombard, ex-président du groupe, comparaissait aux côtés de son ancien bras droit, Louis-Pierre Wenès, et de l’ex-directeur des ressources humaines Olivier Barberot pour des faits de harcèlement moral ayant conduit à de multiples suicides entre 2007 et 2010. Au premier rang des parties civiles, le syndicat Sud Solidaires, à l’origine de la plainte contre la direction de l’entreprise en 2009.

Porte-parole du syndicat, Eric Beynel a lancé une démarche éditoriale inédite de suivi du procès conviant chaque jour une personnalité (scientifique, écrivain, chercheur, artiste), à écrire ou dessiner un "rapport d’étonnement. Ces contributions ont été mises en ligne quotidiennement par le syndicat, en collaboration avec le journal en ligne Basta. Qu’ils soient écrits par un auteur de polar ou un juriste, ces textes dégagent une incroyable puissance.

En mettant en scène ces chroniques, ce livre propose un véritable objet de littérature, chaque audience constituant un épisode haletant, une plongée dans l’espace ritualisé, tragique, du tribunal, dans la salle 2. 01 du palais de Justice flambant neuf de la porte de Clichy. A gauche le camp des avocats des parties civiles, à droite celui des prévenus, qui déborde d’avocats, deux fois plus nombreux.

Au centre des débats, des hommes, des femmes immolés, défenestrés sur leurs lieux de travail, pendus à leur domicile... Les dirigeants de France Télécom paraissant patauger dans leurs explications, et leurs contradictions...

. Frédéric Lefebvre, Bernard Chaussegros, Covid-19 : et après ? – 10 commandements pour un nouveau contrat humaniste et durable, Paris, Robert Laffont, juin 2020.

Une crise sanitaire inédite nous a frappés, révélant les failles de notre société, réveillant les consciences et générant une formidable opportunité. Nous devons être au rendez-vous de ce kairos ! Frédéric Lefebvre et Bernard Chaussegros dévoilent " dix commandements " pour préparer l’après. Il est vital d’en finir avec la dépendance économique et technologique de notre pays, de réinventer la gouvernance, d’humaniser et de désintermédier le pilotage de l’Etat.

Le temps est venu de changer radicalement notre économie, de construire un partenariat fort entre le public et le privé, d’aller vers un modèle plus humain et moins destructeur de ressources, grâce notamment au revenu universel et au télétravail. Notre société doit davantage impliquer les citoyens dans l’économie du pays (citoyens actionnaires, par exemple), donner un toit aux plus fragiles et veiller à l’équilibre des territoires.

Les maîtres mots de cette profonde transformation sociétale sont l’anticipation, la prévention et la priorité donnée à l’humain pour plus de solidarité et plus de liberté. Il y a urgence et les auteurs appellent à l’unité autour d’un Nouveau Contrat humaniste et durable.

. Michel Foucher, Le retour des frontières, Paris, CNRS, juin 2020.

La diffusion rapide du virus SARS-CoV2 nous a récemment rappelé la fonction protectrice de la frontière. Mais au-delà de cette situation pandémique, comment interpréter le retour des frontières constaté depuis quelques années ? Contrairement à ce que l’on croit souvent, cette réaffirmation des frontières, quand elles ne sont pas réduites à des murs mais envisagées en tant que limites, est une bonne nouvelle.

Car une frontière a une histoire, c’est une institution issue de conflits et de traités, de négociations et de décisions. Abolir les frontières, c’est faire disparaître les Etats. Or, un monde sans frontières est un monde barbare, ce que l’horreur daechite nous avait rappelé.

. Aurélien Boutaud, Natacha Gondran, Les limites planétaires, Paris, La découverte, mai 2020.

La question des limites environnementales a traversé les XIXe et XXe siècles sans vraiment parvenir à s’imposer. La donne serait-elle en train de changer en ce début de XXIe siècle ? Face à la multiplication des atteintes portées au « système Terre », la communauté scientifique s’est lancée depuis quelques années dans un projet aussi urgent qu’ambitieux : proposer aux décideurs et au grand public un aperçu des principales variables qui déterminent l’équilibre des écosystèmes à l’échelle planétaire. Au-delà du climat et de la biodiversité, ces travaux abordent également des questions moins connues du grand public, comme le déséquilibre des cycles biogéochimiques, le changement d’affectation des sols, l’introduction de polluants d’origine anthropique dans les écosystèmes ou encore l’acidification des océans. Autant d’enjeux pour lesquels la communauté scientifique essaie aujourd’hui de déterminer des frontières à ne pas dépasser si l’humanité veut éviter les risques d’effondrement.

. Florian Guillemin, Risques et périls – 50 catastrophes qui ont bouleversé l’histoire, Paris, First, mai 2020.

" ICEBERG, DROIT DEVANT ! " Le naufrage du Titanic est probalement l’une des catastrophes les plus connues de l’Histoire. Mais le Titanic ce n’est pas juste Kate Winslet survivant grâce à une planche et Léonardo DiCaprio agonisant dans l’eau. C’est aussi un drame qui a vu naître la première convention établissant des normes de sécurité internationales sur les navires. Car les catastrophes naturelles et industrielles ne sont pas uniquement des événements dramatiques qui font les choux gras des médias et du cinéma.

Ce sont surtout des événements qui marquent l’Histoire. Saviez-vous que l’éruption du volcan de Santorin en 1600 av. J. -C. - qui a fait disparaître la ville d’Akrotiri - avait inspiré le mythe de l’Atlantide ? Ou encore que l’incendie du Bazar de la Charité en 1897 était à l’origine des progrès considérables de la médecine légale ? De l’Antiquité à nos jours, entre ouragans, tremblements de terre, inondations et épidémies, découvrez comment les 50 plus grandes tragédies de l’Histoire ont bouleversé son cours !

. Jacques Véron, Faut-il avoir peur de la population mondiale ?, Paris, Seuil, juin 2020.

Faut-il avoir peur de la population mondiale ?

Le climat change, la pollution s’intensifie, la déforestation se poursuit, la pression sur les terres est toujours plus forte… Est-ce le fait d’une croissance démographique trop rapide à l’échelle de la planète ? Pour réduire la pression environnementale, suffirait-il que la population mondiale se stabilise ou décroisse ? Clairement non. Que peut-on faire alors ?

De façon didactique Jacques Véron décrypte l’ensemble des questions démographiques planétaires et démonte les clichés simplificateurs, rassurants ou menaçants. Un livre pour se faire sa propre opinion sur les possibilités de (ré)concilier population, environnement et développement économique.

. Jean-Félix de Bujadoux, Les réformes territoriales, Paris, PUF, juin 2020.

Près de soixante ans après le découpage du territoire métropolitain en vingt-deux régions, la réforme territoriale conduite en 2014 a modifié en profondeur la carte des régions françaises.

Si, déjà sous l’Ancien Régime, l’État royal a cherché à « mesnager » le territoire grâce à une administration de plus en plus étoffée, l’État libéral du XIXe siècle a laissé la révolution industrielle creuser les inégalités spatiales. Il faudra attendre le XXe siècle pour que le pouvoir politique se pose en modernisateur de la société et en planificateur de l’économie. Au XXIe siècle, confronté à la fois aux effets de la construction européenne, de la décentralisation et du néo-libéralisme, l’État « post-jacobin », régulateur et péréquateur, a désormais la charge de garantir la cohésion et la compétitivité de la France dans la mondialisation.

Aussi paraît-il opportun de remettre en perspective plusieurs siècles de réformes territoriales, qui ont contribué à dessiner le visage de la France.

. Matthieu Fau-Nougaret, Faratiana Esoavelomandroso, Lovamalala Randriativy, Madagascar et l’intégration régionale. État des lieux, défis et perspectives, Paris, l’Harmattan, mai 2020.

L’intégration régionale est un phénomène touchant tous les continents. Madagascar participe au mouvement d’intégration régionale. Ce phénomène intégratif régional a de nombreuses implications juridiques, économiques, politiques, culturelles, sans que pour autant la cohérence soit assurée. Comment renforcer le commerce intra-zone ? Comment assurer la sécurité juridique pour les opérateurs économiques ? Comment faire face aux conséquences économiques et budgétaires de l’intégration pour l’île Rouge ?

. Alain Colin de Verdière, Une introduction à la dynamique des océans et du climat, Paris, EPS Sciences, mai 2020.

Les enjeux cruciaux du rôle de l’océan dans le changement climatique ont été soulignés depuis longtemps déjà lors des conférences des Nations Unies. L’auteur, chercheur universitaire, propose dans ce cadre une réflexion nouvelle sur les plus récentes connaissances dans les domaines des Sciences de l’Océan et du Climat.

Cette introduction synthétique à la Dynamique des Océans et du Climat se décline en deux tomes. Les marées océaniques, la circulation générale des océans, le Gulf Stream, la circulation thermohaline, les océans polaires, les tourbillons océaniques et les jets équatoriaux forment le matériau de base du tome 1 « Océans ». Le tome 2 « Climat » replace l’océan dans ses interactions avec l’atmosphère (et les glaces). La dynamique de l’atmosphère, la variabilité naturelle du climat, les climats du passé, le cycle du carbone, le lien entre le réchauffement climatique et la croissance actuelle des gaz à effets de serre sont abordés avec le même souci de simplicité et d’unité.

Cet ouvrage s’adresse aux étudiants en Sciences de la Terre et de l’Univers, en Océanographie, en Météorologie, en Physique et en Mathématiques, les outils nécessaires selon les parcours étant rappelés dans des annexes. Les passionnés par la mer, le climat et ceux qui veulent participer aux enjeux d’adaptation des sociétés humaines au changement climatique sans se laisser enfermer par des raisonnements simplistes y trouveront les notions et références scientifiques indispensables.

. Frédéric Martel, Mainstream – Enquête sur la guerre globale de la culture et des médias, Paris, Flammarion, juin 2020.

Depuis plus de dix ans, Mainstream est devenu le livre de référence des études sur les industries culturelles, les médias et le numérique. Avec cet ouvrage, le terme " mainstream " (dominant, populaire) est entré dans la langue courante et le concept de " soft power " a été révélé. A travers les blockbusters, les best-sellers, les hits ou les réseaux sociaux, une bataille mondiale pour l’influence culturelle et digitale est en cours.

De Hollywood à Bollywood, de la Chine à l’Afrique subsaharienne, du Mexique au Japon, cette enquête sans précédent a été menée sur le terrain dans trente pays pendant cinq ans. Dans toutes les capitales de l’entertainment, Frédéric Martel analyse le jeu des acteurs, les logiques des groupes et suit la circulation des contenus sur les cinq continents. A l’âge numérique, tout s’accélère. Mainstream raconte cette nouvelle guerre globale de la culture et des médias.

Best-seller inattendu, le livre a été traduit dans une trentaine de pays - il est lui-même devenu " mainstream ".

. Frédérick Guillaume Dufour, La Sociologie du nationalisme. Relations, cognition, comparaisons et processus, Québec, Presses de l’Université du Québec, mai 2020.

La sociologie du nationalisme propose une introduction au champ d’étude de la sociologie du nationalisme. Puisant ses inspirations théoriques dans la tradition wébérienne, dans la sociologie historique et dans l’analyse politique contextualisée, ce livre illustre et met en relief les relations sociales, les modes de cognition, les stratégies comparatives et les processus sociaux qui sont étroitement liés à l’analyse du nationalisme.

. Magali Talandier, Les enjeux économiques de la résilience urbaine, Grenoble, Presses universitaires de grenoble, mai 2020.

La notion de résilience pour qualifier la capacité d’une ville à affronter un choc, y compris économique, n’est pas nouvelle, mais elle revêt, en pleine crise du coronavirus, une dimension toute particulière.

Les villes, en tant que systèmes urbains, ont toujours été au cœur des bouleversements que les sociétés ont connus. Pour autant, les fondements du paradigme économique qui gouverne les villes sont restés les mêmes. L’essor des capacités productives exportatrices et l’accroissement des valeurs ajoutées guident encore l’action locale en matière d’économie.

Corollaire d’un monde globalisé qui atteint ses limites, la crise sanitaire ébranle ces fondamentaux et en demande une révision profonde. Ainsi, au cœur de la crise, les ambitions de relocalisation industrielle, de souveraineté économique, d’autonomie alimentaire semblent avoir remplacé (au moins temporairement) celles liées à la croissance et à la compétitivité.

. Marie-Hélène Labbé, La quête nucléaire de l’Iran, Paris, PU Paris-Sorbonne, juin 2020.

Janvier 2020 : Qassem Soleimani tué par un drone américain, crise diplomatique entre les Etats-Unis et l’Irak, bombardements par l’Iran de bases irakiennes abritant des soldats américains... Jamais les suites de l’accord de Vienne de 2015 et leur remise en question par Donald Trump n’ont été autant d’actualité. La quête nucléaire de l’Iran, poursuivie depuis cinquante ans, a connu une route contrastée, alternant accélérations brusques et ralentissements parfois mystérieux.

L’opacité du régime théocratique des mollahs ne facilite pas la compréhension des décisions prises en Iran ; en tout état de cause, le dernier mot revient au Guide suprême. Les réponses des Etats occidentaux sont ainsi le plus souvent décalées par rapport aux intentions iraniennes, offrant souvent des avantages ou faisant des concessions quand Téhéran durcit sa position et multipliant les sanctions sans que leur objectif soit toujours clair : changement de régime ou inflexion de la politique iranienne ? Toute négociation ne saurait oublier le glorieux passé de la Perse qui nourrit le nationalisme iranien, dont la recherche de la bombe est un élément fondamental.

Spécialiste de la prolifération nucléaire, Marie-Hélène Labbé offre un éclairage sur une situation complexe et dangereuse.

. Sandrine Turgis, Les données numériques des migrants et des réfugiés sous l’angle du droit européen, Rennes, Presses universitaires de Rennes, mai 2020.

Les données numériques des migrants et des réfugiés, entendues notamment comme leurs données à caractère personnel sous format numérique, correspondent à une réalité complexe examinée dans le présent ouvrage sous l’angle du droit européen, à savoir le droit de l’Union européenne, le droit du Conseil de l’Europe et le droit interne des États européens. Au cœur d’enjeux fondamentaux, elles peuvent être mobilisées, d’une part, dans le cadre du contrôle aux frontières et de la politique européenne d’asile et d’immigration et, d’autre part, dans le cadre de l’assistance aux migrants et aux réfugiés ainsi que dans le contentieux de l’asile. Les problématiques soulevées par ces données sont traitées selon une approche à la fois théorique et pragmatique.

. Edgar Morin, L’entrée dans l’ère écologique, Paris, Éditions de l’Aube, mai 2020.

Un manifeste en faveur de l’évolution des modes de vie et d’une politique française plus écologique, nécessaires à la protection et à la préservation de la Terre et de l’espèce humaine.

. Albert Soued, Quand le Moyen-Orient verra-t-il la paix ?, Paris, Les éditions de l’Histoire, mai 2020.

L’ensemble des chroniques dans cet ouvrage, toutes parues et classées ici par thématiques, proposent une analyse exhaustive d’une situation complexe "chaotique : celle qui, depuis déjà un siècle, caractérise le Moyen-Orient, empenné dans ses multiples convulsions, tiraillé au travers des crises qui secouent la Libye, la Syrie, l’Egypte, l’Iran, le Liban, le Qatar, l’Arabie-saoudite, au milieu desquels Israël reste menacé et enclavé.

Cette situation a pris une ampleur insoupçonnée et menaçante depuis une vingtaine d’années. La principale difficulté des solutions à l’occidentale, c’est que, localement, on raisonne et on agit autrement. Ne tenant pas compte de ce décalage, les ingérences étrangères ont souvent mis de l’huile sur le feu. Finalement, se pose la question : la paix est-elle possible ? Pour Albert Soued, compte tenu de ce qui se produit depuis des décennies, elfe reste peut-être une promesse illusoire.

. Guillaume Devin, Franck Petiteville, Simon Tordjman, L’Assemblée générale des Nations unies, Paris, Les presses de Sciences Po, mai 2020.

Souvent éclipsée par le Conseil de sécurité, volontiers taxée de "bavarde" , l’Assemblée générale des Nations unies n’est pourtant pas qu’une scène où viennent se produire, le temps d’un discours, les dirigeants mondiaux. Epicentre d’intenses négociations diplomatiques depuis plus de soixante-quinze ans, elle fait entendre sa voix sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, les droits humains, la sécurité, le développement, l’environnement...

Au cœur de l’architecture onusienne dont elle irrigue les institutions, seul forum où tous les pays sont représentés sur un pied d’égalité, l’Assemblée est le centre politique du multilatéralisme et le creuset où se forgent les références communes de notre planète. Cette institution politique mondiale méritait bien un premier ouvrage de référence en langue française.

. Pierre Bance, La Fascinante Démocratie du Rojava. Le contrat social de la Fédération de la Syrie du Nord, Paris, Noir et Rouge, mai 2020.

Pour mettre en place une société se réclamant des Droits de l’homme et de l’écologie sociale, fondée sur la commune autonome et le fédéralisme, les acteurs civils et politiques de la Fédération démocratique de la Syrie du Nord s’appuient sur un texte constituant, le Contrat social. Ils tentent de concilier dans un même système politique, démocratie directe et démocratie parlementaire. Si les progrès en matière de droits et libertés sont considérables, le fonctionnement démocratique des institutions fédérales est entravé par le contexte géopolitique.

Les autorités comme la population sont-elles en capacité de dépasser le stade d’une social-démocratie libertaire, pour parvenir à une société sans Etat ou avec si peu d’Etat, le but annoncé ?

. Rémi Lefevre, Les primaires : de l’engouement au désenchantement ?, Paris, La documentation française, mai 2020.

Les primaires ouvertes ont été célébrées à la fois comme une avancée démocratique et un outil performant sur le plan électoral. Adoptées par le parti socialiste en 2011, elles sont pourtant devenues le mode de désignation du candidat à l’élection présidentielle du parti socialiste, de la droite Républicaine et des écologistes lors des deux dernières élections de 2012 et 2017. Elles sont célébrées comme une innovation démocratique car elles donnent un nouveau pouvoir aux "sympathisants", et non pas qu’aux adhérents, et parce qu’elles contribuent à mettre en débat les propositions des partis.

Les primaires ne renforcent-elles pas la présidentialisation et la personnalisation de la vie politique ? Ne contribuent-elles pas à hystériser le débat public ? N’affaiblissent-elles pas des partis politiques qu’elles cherchent à re-légitimer mais dont elles affaiblissent les fonctions traditionnelles (programmatiques notamment) ? Les primaires sont- elles un vrai renouveau démocratique ? Exacerbation de la politique spectacle ou nouvelle chance pour le débat ?

. Charles-Philippe David, Olivier Schmitt, La guerre et la paix. Approches et enjeux de la sécurité et de la stratégie. 4ème édition, Paris, SciencesPo Les Presses, mai 2020.

Les grandes puissances reprennent leur compétition stratégique, Donald Trump répand sa vision isolationniste du monde, le terrorisme s’internationalise, la Chine devient le nouveau géant, la Russie retrouve son agressivité, les guerres se font cybernétiques… Autant de signes que l’ordre international tel que nous le connaissons a vécu.

Si un terme devait résumer la période charnière que nous vivons, ce serait celui du recul des relations internationales : recul de la sécurité, de la stabilité et du multilatéralisme.

Pour mieux comprendre la reconfiguration en cours du système mondial, cet ouvrage de référence présente, de manière pédagogique et critique, les concepts fondamentaux des études de stratégie et de sécurité, et revient sur les mutations du caractère de la guerre, les possibilités de régulation des conflits et les stratégies de paix au XXIe siècle.

. François Heisbourg, Le Temps de prédateurs- La Chine, l’Amérique, la Russie et nous, Paris, Odile Jacob, mai 2020.

"Comment la France et l’Europe, menacées par le déclin économique et démographique sur toile de fond de crise politique et morale, peuvent-elles se défendre face à ces nouveaux prédateurs que sont la Chine - désormais superpuissance consciente de son rang historique -, la Russie - insatisfaite de l’ordre postsoviétique sur notre continent -, voire les États-Unis ? Pour tenter de répondre à cette question, il faut d’abord reconnaître les terrains de chasse de la prédation moderne.

C’est à partir de là que nous pourrons apprécier les logiques de comportement des fauves avant d’analyser les options stratégiques qui s’offrent à nous, Européens, si nous ne voulons pas être leur proie". F. H. François Heisbourg analyse les différentes formes de prédation - commerciale, industrielle, financière, bien sûr, mais aussi idéologique et politique -, souligne les retournements de l’Histoire - comment les pays européens sont passés de prédateurs à proies - et appelle nos pays à rassembler leurs forces pour résister à la prédation. Un livre écrit de main de maître, un appel urgent à penser la stratégie.

. Frédéric Lasserre, Eric Mottet, Barthélémy Courmont, Les nouvelles routes de la soie – Géopolitique d’un grand projet chinois, Québec, PU Québec, mai 2020.

En 2013, le président chinois Xi Jinping annonçait un projet d’envergure qui permettrait à la Chine de s’afficher sur la scène internationale comme la deuxième puissance économique mondiale. Les nouvelles routes de la soie qui comprennent deux dimensions complémentaires, à savoir une route terrestre et une ceinture maritime, posent toutefois des enjeux géopolitiques à plusieurs échelles qui ne relèvent pas que des relations internationales : le projet propose de restructurer l’ensemble des relations économiques en Asie, ainsi qu’entre l’Asie, l’Europe et l’Afrique.

Comment cette vaste ambition chinoise se décline-t-elle ?

. Giogio Sacchetti, Sans frontière-Umberto Marzocchi, 1900-1986, penseur et acteur de l’anarchisme international, Paris, Libertaires Editions, avril 2020.

Umberto Marzocchi a traversé le XXème siècle en militant : membre de l’Union syndicale italienne dès 17 ans, puis des Soldats du peuple, il est contraint à l’exil, combat en Espagne lors de la guerre civile, puis dans le maquis français. Il dirige plusieurs associations antifascistes de la CGT italienne, est un des promoteurs de la ligue pour le désarmement unilatéral et un des fondateurs de l’Internationale des Fédérations anarchistes.

A 77 ans, à la chute du franquisme, il est, pour la dernière fois de sa vie, arrêté en Espagne où il aidait à la reconstitution de la Fédération anarchiste Ibérique. L’auteur, Giorgio Sacchetti, est enseignant-chercheur, spécialiste du syndicalisme.

. Jacques Véron, Faut-il avoir peur de la population mondiale ?, Paris, Points. Essais, mai 2020.

Faut-il avoir peur de la population mondiale ? Le climat change, la pollution s’intensifie, la déforestation se poursuit, la pression sur les terres est toujours plus forte... Est-ce le fait d’une croissance démographique trop rapide à l’échelle de la planète ? Pour réduire la pression environnementale, suffirait-il que la population mondiale se stabilise ou décroisse ? Clairement non. Que peut-on faire alors ? De façon didactique Jacques Véron décrypte l’ensemble des questions démographiques planétaires et démonte les clichés simplificateurs, rassurants ou menaçants.

Un livre pour se faire sa propre opinion sur les possibilités de (ré)concilier population, environnement et développement économique. Jacques Véron Démographe, spécialiste des relations entre population et environnement, il est directeur de recherche émérite à l’Institut national d’études démographiques (INED).

. Lofti Chawqui, Défis marocains – Mouvements sociaux contre capitalisme prédateur, Paris, Syllepse, mais 2020.

Le Maroc pourra-t-il éviter des contestations majeures, plus profondes et plus radicales, que celle amorcée en 2011 par le Mouvement du 20 ? février dans le sillage des processus révolutionnaires qu’a connu la région ? Les résistances populaires dans le Rif, la multiplication des mouvements sociaux, les nouvelles formes d’organisation et d’action attestent de l’ébullition sociale qui couve au Maroc.
La monarchie en place voit, au-delà des apparences, son mode de domination ébranlé et atteindre ses limites. Son modèle de développement basé sur un capitalisme patrimonial, distribuant prébendes et entretenant un clientélisme élargi, adossé à un régime policier, connaît une crise majeure renforcée par son insertion dans la mondialisation actuelle. Ce capitalisme de copinage, en grande partie prédateur, déstabilise les rapports de l’Etat marocain au corps social, sape les fondements de sa légitimité.
Analyser et comprendre ces particularités marocaines dans ses différentes facettes, c’est ce que cet ouvrage propose dans un premier temps. Pour autant, malgré l’émergence de la question sociale comme question politique fondatrice ouvrant de nouvelles possibilités politiques, aucune alternative ne semble se dessiner tant les forces candidates à la transformation du système restent enfermées dans des schémas qui relèvent d’une autre réalité historique, celle du siècle passé.
La société marocaine contemporaine offre une nouvelle complexité sociale que l’auteur se propose de déchiffrer et propose d’en tirer des éléments de réflexion nécessaires à un projet d’émancipation du 21e siècle en partant des défis actuels et de ce que nous apprennent les mouvements sociaux.

. Anaïs Voy-Gillis, Olivier Lluansi, Vers la renaissance industrielle, coll. Lignes de repères, chez Editions Marie B, avril 2020. Sur le site de l’éditeur.

Nous sommes heureux de vous annoncer la publication de « La renaissance industrielle » le 7avril sous un format e-book, en attendant une sortie en format papier dès la réouverture des librairies. Ces réflexions ont été conduites peu avant la crise sanitaire liée au coronavirus. Il est clair que cette crise sera un accélérateur des tendances qu’elles dessinent.

Elle conduit en effet, avec une violence inouïe, à prendre conscience de notre dépendance industrielle à l’égard de l’Asie, en particulier de la Chine. Dans un premier temps, une partie de nos entreprises a souffert de la fermeture des marchés asiatiques, puis des ruptures d’approvisionnements. Demain, encore convalescentes, elles devront faire face à la férocité de l’impérialisme industriel chinois clairement assumé depuis quelques années désormais. La situation sera d’autant plus propice à une arrivée massive de produits en provenance d’Asie que nos autorités auront la tentation d’une relance par la demande et la consommation.

Naturellement, cette situation appelle à une relocalisation d’activités en Europe et une réorganisation des chaînes de valeur. Au-delà des considérations économiques, il s’agit également d’un impératif écologique. Le modèle selon lequel des composants font parfois plusieurs fois le tour du monde n’est plus soutenable et menace sur le long terme l’existence même de l’humanité. Ainsi, nous devons nous saisir de cette crise pour revoir nos manières de produire et de consommer. La renaissance de l’industrie nationale et européenne que nous appelons de nos vœux correspond à un profond changement de paradigme.

Ce livre se veut résolument optimiste, mais nous savons pertinemment que la période de sortie de crise sera fatale pour de nombreuses entreprises de notre tissu productif. Celui-ci est fragilisé par quarante ans de désindustrialisation, par le désintérêt dont il fut victime dans une société qui se voulait post-industrielle et par la crise économique et financière de 2008/2009. La trésorerie de nombreuses entreprises n’y résistera pas, malgré une volonté sincère de les sauver toutes.

La question ne sera alors plus seulement celle de la souveraineté économique de notre pays, mais aussi celle de la cohésion nationale et territoriale. Les usines qui fermeront à la suite de cette crise ne rouvriront pas tout de suite, voire jamais. Or, ces usines contribuent de manière essentielle au développement de nombreux territoires et si elles venaient à péricliter, c’est l’ensemble desdits territoires qui seraient alors en crise. Ainsi-delà des faillites d’entreprise que la crise pourrait induire, des territoires pourraient également être « en faillite ». De nouveaux « Gilets jaunes » seraient susceptibles de manifester crescendo leur désarroi face au sentiment d’être abandonnés par la nation et d’être des « laissés pour compte ».

Cet ouvrage vise à offrir un récit des causes de la désindustrialisation de la France et de la logique d’une renaissance d’une industrie forte au service d’un dessein qui la transcende : contribuer à la souveraineté économique de la nation, à la cohésion sociale et territoriale de la France. Ce socle de réflexions, de mises en cohérence et en perspective, devra se prolonger désormais par une proposition de stratégie industrielle collective, dans laquelle les acteurs ne sont plus seulement l’État et ses prolongements, mais également les entreprises elles-mêmes, les territoires qui les accueillent et la famille de l’industrie. Collectivement nous avons tous un rôle à jouer dans la renaissance de l’industrie.

Anaïs Voy-Gillis est docteure en géographie. Ses travaux portent sur les enjeux et les déterminants de la réindustrialisation de la France. Simultanément à ses recherches, elle travaille au sein du cabinet June Partners et conduit des missions de conseil opérationnel auprès de clients industriels.

Olivier Lluansi consultant expert en matière industrielle auprès de différentes institutions publiques (Commission européenne, présidence de la République) ou entreprises (Saint Gobain, Ernst and Young) a été délégué aux Territoires d’industrie auprès du ministre de l’Economie et des finances et de la ministre en charge de la Cohésion des territoires.

Sur le site de l’éditeur.

. Aya Laurie Kouadio, Les « microbes ». Nouveau visage de la criminalité urbaine à Abidjan, Paris, L’Harmattan, avril 2020.

Ce livre propose une approche originale du défi sécuritaire qui touche la Côte d’Ivoire depuis les années 2012-2013 : considérer comme socialement ordinaire un phénomène qui est apparu et a touché des villes et des pays bien avant qu’il ne frappe la Côte d’Ivoire. Cette volonté se fonde sur un constat : les "microbes" ne sont que la métamorphose de manifestations violentes plus anciennes ; et sur un parti pris : les enfants délinquants sont avant tout des enfants.

. Grégoire Chamayou, La société ingouvernable. Une généalogie du libéralisme autoritaire, Paris, La fabrique éditions, mars 2020.

Partout, ça se rebiffait. Les années 1970, a-t-on dit à droite et à gauche, du côté de Samuel Huntington comme de Michel Foucault, ont été ébranlées par une gigantesque « crise de gouvernabilité ».

Aux États-Unis, le phénomène inquiétait au plus haut point un monde des affaires confronté simultanément à des indisciplines ouvrières massives, à une prétendue « révolution managériale », à des mobilisations écologistes inédites, à l’essor de nouvelles régulations sociales et environnementales, et – racine de tous les maux – à une « crise de la démocratie » qui, rendant l’État ingouvernable, menaçait de tout emporter.

C’est à cette occasion que furent élaborés, amorçant un contre-mouvement dont nous ne sommes pas sortis, de nouveaux arts de gouverner dont ce livre retrace, par le récit des conflits qui furent à leurs sources, l’histoire philosophique.

On y apprendra comment fut menée la guerre aux syndicats, imposé le « primat de la valeur actionnariale », conçu un contre-activisme d’entreprise ainsi qu’un management stratégique des « parties prenantes », imaginés, enfin, divers procédés invasifs de « détrônement de la politique ».

. Franck Vindevogel, L’Amérique des prisons. Origines et bilan d’une incarcération de masse, Paris, Septentrion, avril 2020.

Les États-Unis représentent aujourd’hui environ 5 % de la population mondiale mais emprisonnent à eux seuls près de 25 % de tous les détenus au monde. Pour une nation qui a toujours érigé la liberté au coeur de son système de valeurs, en venir à afficher le plus fort taux d’incarcération de la planète soulève bien des interrogations.

En adoptant une approche à la fois politique, sociologique, historique et culturelle, cet ouvrage offre une analyse rigoureuse mais claire et accessible d’un phénomène encore méconnu et mal compris. En s’appuyant sur de nombreux travaux de recherche, l’auteur apporte ici les clefs de compréhension de l’exception américaine et dresse un bilan de cette grande expérimentation aux conséquences inattendues.

Cette étude est riche d’enseignements pour tous ceux qui s’intéressent aux politiques de lutte contre la criminalité mais révèle aussi beaucoup sur le fonctionnement de la société américaine et les défis auxquels elle se trouve aujourd’hui confrontée.

. Laurent Mucchielli, La France telle qu’elle est. Pour en finir avec la complaisante nationaliste, Paris, Fayard, mars 2020.

L’identité française est-elle menacée ? Une immigration africaine massive est-elle à nos portes ? L’islam est-il contraire aux lois de la République et est-il en train de s’insinuer sournoisement un peu partout avec ses voiles, sa nourriture hallal et ses terroristes ? Les descendants des immigrés sont-ils responsables des violences qui accablent depuis des décennies les banlieues ? C’est ce qu’affirment les nationalistes racistes depuis toujours, et ce n’est pas surprenant de leur part. Ce qui l’est davantage, c’est l’audience croissante dont jouissent ces idées dans le débat public.

Démontrant l’inanité de ces discours, ce livre parcourt l’histoire de France depuis la Révolution de 1789. Il montre que nous sommes un pays d’immigration qui ne s’assume pas, que l’ampleur et les vraies raisons de ces migrations sont largement méconnues, que la peur de la violence ou de la subversion que porterait en elle cette immigration relève du fantasme, que notre roman national doit être sérieusement révisé, et qu’il est urgent de nous déprendre des deux types de nationalismes empêchant de penser la France telle qu’elle est pour affronter ensemble les défi s économiques, sociaux et environnementaux de demain.

. Laurent de Sutter, Théorie du Kamikaze, Paris, Eyrolles, mai 2020.

Et si nous nous trompions ? Et si les attentats-suicides n’avaient rien à voir avec la guerre ? Et s’ils n’avaient rien à voir avec la religion ? Et si, même, ils n’avaient rien à voir avec quelqu’idéologie que ce fût ? Que se passerait-il si, en réalité, ce dont les kamikazes se voulaient les terrifiants acteurs était une simple surenchère appartenant au domaine des images ?

En posant cette question, retraçant l’arc courant des premières explosions-suicides à la fin du XIXe siècle, jusqu’aux attentats meurtriers de Paris, en passant par les kamikazes japonais ou les auteurs de la destruction du World Trade Center, à New York, le 11 septembre 2001, c’est toute une histoire du flash visuel provoqué par la détonation des bombes portées, ou conduites, par les terroristes de l’absolu qui se trouve rejouée avec brio par Laurent de Sutter.

Une histoire qui rejoindrait celle des spectateurs des médias de la post-modernité, ne quittant leur apathie organisée qu’au moment où un show plus violent que les autres finit par leur rappeler que quelque part, le réel les attend.

. Stéphane Foucart, Comment l’économie est devenue religion, Paris, Folio, mars 2020.

Partout dans le monde, les responsables jurent lutter contre le changement climatique. Dans le même temps, ils favorisent les activités qui en sont la cause, pensant qu’une croissance matérielle infinie est possible dans un monde fini. Cette croyance est issue de la pensée économique dominante, qui semble avoir pris, dans l’Occident post-religieux, la place du sacré. Jusqu’à remplir toutes les fonctions d’une religion d’État.
Son culte a pour principe divin le Marché, dont l’appétit n’est apaisé que par la croissance. Il a pour valeur cardinale la liberté d’entreprendre, pour idéal l’équilibre et pour credo l’infinitude du monde, condition à la satisfaction des dieux. Il a ses temples, ces Bourses où valsent les indices, reflets des humeurs divines. Il a ses rites de consommation ; il a son clergé – la finance – et ses archiprêtres – les banquiers centraux, seuls capables d’apaiser la colère des dieux.
L’économie a acquis l’autorité dont était investie la religion. Elle ne s’attaque plus à l’astronomie et à la biologie, comme le christianisme avant elle, mais s’en prend à l’écologie et à toutes les sciences qui fixent des limites au Marché. Une fascinante enquête au cœur du système économique qui nous régit.

. Alain Garrigou, La politique en France. De 1940 à nos jours, Paris, La Découverte, avril 2020.

Alain Garrigou retrace ici l’histoire politique récente de la France selon une vision globale de notre temps, saturé par les médias et pourtant souvent dominé par l’amnésie. Il se propose d’en donner des instruments factuels et conceptuels. Il a pour ambition de réaliser une autobiographie collective des générations d’aujourd’hui, des plus anciennes qui ont vécu toute la séquence envisagée (1940 à nos jours) jusqu’aux plus jeunes qui vivent dans le présent, avec les schèmes et souvenirs de leurs aînés. En ce sens, la réflexion s’attache à ce monde que nous habitons, mais qui tout aussi bien nous habite.

L’ouvrage est organisé selon un ordre chronologique nécessaire à des étudiants et à tous les lecteurs soucieux de situer les noms et les faits qui ont marqué l’histoire du pays depuis trois quarts de siècle, une histoire riche, mouvementée, scandée par une succession de « crises ». Toutefois, le récit rompt avec les façons classiques et commodes de découper le temps politique, mêmes justifiées comme 1945, 1958 ou 1981, afin de mieux mettre en perspective les enchaînements et les causes.

. Béatrice Hibou, La bureaucratisation néolibérale, Paris, La Découverte, avril 2020.

Qu’est ce que la bureaucratisation néolibérale ? Un mode de fonctionnement qui repose sur un usage systématique de normes, de règles, de procédures, de codes ou de catégorisations, bref de formalités principalement issues d’une certaine conception du marché et de l’entreprise et qui envahissent notre quotidien. Scandale des subprimes, développement du microcrédit et de l’auto-entreprenariat, recours au benchmarking, dictature du new public management, montée en puissance du droit de la propriété intellectuelle sont autant de symptômes de ces nouvelles modalités de formalisation.

Au-delà des débats normatifs sur le bienfait ou les dangers de ce processus de rationalisation, l’analyse pluridisciplinaire menée dans ce livre suggère que la bureaucratisation néolibérale est l’un des lieux d’énonciation du politique, de l’exercice du pouvoir et de la domination, des luttes et des conflits. Sont alors mis en exergue son ambivalence, ses modalités de diffusion, d’éclatement et de réinvention permanente, ses catégories de compréhension et de mécompréhension, les jeux qu’elle autorise, les façons dont elle s’articule à d’autres logiques. La bureaucratisation néolibérale n’apparaît ainsi pas comme un dispositif stabilisé ; elle est traversée de batailles de pouvoir car s’y opposent des conceptions du monde puisant dans des répertoires et des imaginaires différents.

Cette édition numérique reprend, à l’identique, l’édition originale de 2013.

. Jean-Jacques Marie, Vivre dans la Russie de Lénine, Paris, Vendémiaire, avril 2020.

1917. Le chaos dans lequel la guerre a plongé la Russie tsariste débouche sur une première révolution en février, puis une seconde en octobre, quand les bolcheviks de Lénine parviennent au pouvoir. L’économie est dévastée. Depuis des mois déjà, pendant que les usines ferment les unes après les autres, les soldats désertent et ravagent les campagnes, qui, soumises à des réquisitions désordonnées, cessent bientôt d’approvisionner les villes.

En butte à la faim, au froid, au choléra, au typhus et à la guerre civile, le pays se défend par tous les moyens, dans un mélange de détresse et d’espoir. Voyageurs fuyant les villes affamées, mourant de froid dans des trains bondés, bandes d’enfants orphelins errant, privés de tout secours, bureaucratie inefficace et corrompue… Mais aussi jeunes communistes, écrivains, artistes rêvant de construire un monde nouveau. Entre les deux, la masse des paysans, menacés eux aussi par une effroyable famine qui peut même les réduire au cannibalisme.

Le récit du quotidien de la population, au cours des sept années terribles durant lesquelles, pour la première fois, un État tenta de renverser le capitalisme et d’allumer la mèche de la révolution mondiale.

. Mathieu Baudin, Dites à l’avenir que nous arrivons, Paris, Alisio, mai 2020.

L’âge de la pierre ne s’est pas arrêté par manque de pierres ; pas plus que l’on a renoncé à la marine à voile parce que le vent était tombé. En réponse à tous ceux qui, pris de vertige devant les métamorphoses actuelles, pensent que la fin est proche, ce livre est un cri d’optimisme offensif : la fin d’UN monde n’est pas la fin DU monde. Nous nous trouvons à la jonction entre un « monde d’avant » qui montre partout les signes de son obsolescence, pétri par la croyance dépassée d’une croissance infinie dans un monde fini, et un « monde d’après », émergeant de toutes parts. C’est le moment de changer de regard, de rendre mobile son esprit pour faire advenir demain à l’aune de ce qu’il pourrait être de mieux. Biodiversité, sécurité alimentaire, climat, énergie, démocratie, santé… : soyons conscients que l’avenir ne se prévoit pas mais qu’il se prépare. « C’est la conjonction des intelligences et des sagesses du monde qui peut à la fois nous sauver du désastre et ouvrir une nouvelle ère de l’aventure humaine. » Patrick Viveret

Historien et prospectiviste, Mathieu Baudin est le directeur de l’Institut des Futurs souhaitables, une école de la réinvention dont la mission est d’« ouvrir les futurs pour libérer le présent ». Auteur, conférencier, chroniqueur TV, il voyage dans le temps depuis plus de 20 ans entre futur, passé et présent pour permettre à chacun d’être acteur de son époque. En collaboration avec Carole Babin-Chevaye, auteure du blog Monde des Possibles et facilitatrice.

. Ouvrage Collectif, Pour Fariba Adelkhah et Roland Marchal, Paris, Presses de Sciences Po, mars 2020.

Fariba Adelkhah est incarcérée en Iran depuis juin 2019. Dans cet ouvrage de combat, ses collègues analysent de telles situations de crise, rappellent la fragilité de l’indépendance scientifique et les périls qu’encourent les universitaires sur de nombreux terrains internationaux pour faire avancer la connaissance.
Fariba Adelkhah et Roland Marchal, chercheurs au Centre de recherches internationales (CERI) de Sciences Po, ont été arrêtés en Iran au début du mois de juin 2019.
Après neuf mois et demi de détention, Roland Marchal est rentré à Paris, le 21 mars 2020. Fariba Adelkhah demeure incarcérée dans la prison d’Evin, au nord de Téhéran.
Ses collègues se mobilisent pour sa libération. Dans cet ouvrage de combat, ils utilisent les outils de la recherche pour analyser de telles situations de crise politique et diplomatique, rappellent la fragilité de l’indépendance scientifi que et les périls qu’encourent quotidiennement des centaines d’universitaires sur de nombreux terrains internationaux pour faire avancer la connaissance.

. François Chaubet, Sabine Jansen, Laurent Martin, Générations du XXe siècle. La France et les Français au miroir du monde, Paris, CNRS Éditions, mars 2020.

Ses nombreuses responsabilités collectives n’ont pas fait obstacle à la construction d’une œuvre ample et profonde. Comment articuler histoire politique et histoire culturelle ? Quelles sont les forces vives qui activent le changement social ? Comment passe-t-on de l’histoire nationale à l’histoiremonde ? Comment les Français vivent-ils au miroir de la globalisation ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles Jean-François Sirinelli a apporté des réponses nuancées mais fermes, formulées dans une langue précise et imagée dont la qualité s’avère partie intégrante du travail de compréhension de l’historien.

Autant attaché à la production du savoir qu’à sa transmission, Jean-François Sirinelli a fait naître de nombreuses vocations et a marqué plusieurs générations d’historiens de sensibilités variées. Ce recueil en témoigne de façon éclatante.

Associant des études et des témoignages de ses amis et collègues, il rend hommage à l’homme, épris de curiosité et de dialogue, autour des quatre grandes thématiques (histoire culturelle, histoire intellectuelle, histoire politique et culturelle, histoire culturelle des relations internationales) qu’il a explorées tout au long de son œuvre.

. François Mabille, Christophe Ventura, Religions : l’ère des nouvelles influences, Paris, Armand Colin/Iris éditions, mars 2020.

S’il est coutumier d’évoquer le « retour du religieux » dans nos sociétés, cette affirmation dit néanmoins peu de choses du rôle des facteurs et des acteurs religieux dans les mutations politiques contemporaines, les relations internationales, la géographie des pouvoirs globaux, les conflits et les guerres. Le religieux constitue-t-il un déterminant des relations internationales ? Quelle cartographie mondiale des religions se dessine progressivement à travers l’étude des concurrences religieuses et des bouleversements démographiques internationaux ? Le religieux est-il l’expression d’une crise des États et de la citoyenneté dans la mondialisation ?

L’expression « résurgence globale du religieux » est ainsi loin d’être cohérente quand on analyse les buts, objectifs et tactiques suivis par les différents acteurs en présence. A-t-on affaire à une cause unique, ou à un phénomène unique ? Doit-on assimiler et rassembler l’ensemble des processus identifiés sous la même étiquette ? Peut-on englober à ce point des phénomènes apparaissant dans des traditions religieuses différentes ? Sans prétendre à l’exhaustivité, ce numéro de La Revue internationale et stratégique aborde ces sujets dans une perspective transversale et régionale. Il tente d’en délimiter les contours et de laisser entrevoir certaines des réactions étatiques, au cœur même des appareils diplomatiques.

. Ouvrage collectif, Pour la recherche urbaine, Paris, CNRS Éditions, mars 2020.

L’urbanisation à l’échelle planétaire et la conscience croissante des problèmes écologiques font de l’«  urbain  » un objet privilégié pour l’action publique et la recherche. C’est en effet grâce à la perspective urbaine que nous parvenons aujourd’hui à une meilleure compréhension des sociétés contemporaines et des milieux de vie.

En articulant les dimensions sociales, écologiques, politiques et matérielles, les recherches actuelles apportent de nouvelles connaissances sur les théories et définitions de l’urbain, les populations urbaines et la production de leur cadre de vie. Les enjeux sont de taille. Ils touchent à la qualité de vie des citadins et à la forme de nos sociétés : diversification des populations, accroissement des inégalités, recompositions des flux, des échelles et des pouvoirs urbains, changements de l’environnement planétaire, etc.

Le présent ouvrage, qui repose sur un important travail collectif sur les villes des Nords et des Suds, propose un panorama engagé de ces enjeux présents et, surtout, à venir pour la recherche urbaine.

. Raul Magni-Berton, Sophie Panel, Le choix des armes, Paris, Presses de Sciences Po, mars 2020.

L’ouvrage fait le bilan de 30 ans de recherches sur les causes profondes des conflits internes, désormais plus nombreux et plus meurtriers que les guerres interétatiques. Il met au jour la diversité des facteurs, économiques, démographiques et politiques, qui poussent individus & organisations à renoncer à la lutte pacifique pour prendre les armes.
Pourquoi les insurrections armées et guerres civiles frappent-elles le plus souvent les pays pauvres ? Sont-elles vraiment plus fréquentes lorsqu’il y a diversité ethnique, et plus rares dans les démocraties ? Quel rôle jouent les ressources minières, les élections ou le réchauffement climatique dans leur déclenchement ?Les auteurs font le bilan de trente ans de recherches sur les causes profondes des conflits internes, désormais plus nombreux et plus meurtriers que les guerres interétatiques. Ils mettent au jour la diversité des facteurs, économiques, démographiques et politiques, qui poussent individus et organisations à renoncer à la lutte pacifique pour prendre les armes.

. Sylvestre Huet, Le Climat en 100 questions, Paris, Tallandier, mai 2020.

Les calottes de glace sont-elles éternelles ? Comment le climat des 1 000 dernières années a-t-il évolué ? En quoi le changement produit par l’homme est-il inédit ? Comment les gaz à effet de serre influencent-ils le climat ? La sécurité alimentaire est-elle en danger ? La France est-elle un bon élève du climat ? Le changement climatique en cours constitue un défi majeur pour l’humanité. La température a augmenté d’1,2° C en moins d’un siècle. Le niveau marin grimpe sous l’effet du réchauffement des eaux et de la fonte des glaces. Les vagues de chaleur battent des records de température, la biodiversité est durement touchée. Pourtant, depuis le premier rapport du GIEC, puis la signature de la convention-cadre de l’ONU en 1992, le CO2 continue de monter. Parce que les politiques à déployer réclament des transformations économiques, sociales, culturelles et technologiques d’une telle envergure qu’elles se heurtent à des intérêts puissants, aux menaces sur nos emplois et nos modes de vie. En 100 questions/réponses, ce livre donne les repères indispensables pour comprendre l’évolution climatique de la Terre et les risques concrets pour nos sociétés afin que chaque citoyen prenne la mesure des changements en cours et agisse.

. Bernard Bégaud, La France malade du médicament, Paris, Éditions de l’observatoire, mars 2020.

Le gaspillage dans le domaine pharmaceutique se chiffre à plus de dix milliards d’euros par an. Un véritable scandale sanitaire et politique.

Certes, les découvertes de ces cent vingt dernières années dans le domaine pharmaceutique ont transformé le paysage de la santé publique. Mais l’usage injustifié ou non conforme des médicaments est à l’origine d’un véritable gaspillage et, plus grave, de la moitié des effets indésirables survenant en France, souvent fatals.

À qui attribuer la faute de ces prescriptions irrationnelles ? Au-delà du lobby de l’industrie pharmaceutique, lancée dans une course au profit, n’oublions pas la part de responsabilité des autorités sanitaires qui ont autorisé, remboursé et ont, seules, pouvoir de décision.

Fort d’une expérience de plus de trente ans dans la pharmacovigilance, participant à de nombreux groupes d’expertise sur les plus graves affaires liées au médicament, le professeur Bernard Bégaud nous ouvre les tiroirs d’un monde opaque. Il revient en outre sur plusieurs scandales qui ont éveillé les soupçons des Français : Médiator, surconsommation d’anxiolytiques et d’antibiotiques, dérives du traitement de l’obésité…

Entre délégitimation de la parole scientifique, inaction des acteurs publics et ultralibéralisme des grandes firmes, Bernard Bégaud dénonce une passivité globale endémique.

. Edgar Morin, Sur la crise, Paris, Champs essais, mars 2020.

Écologie, économie, politique… Il n’est pas de domaine qui ne soit hanté par l’idée de crise.

Et pourtant, ce mot galvaudé, synonyme d’incertitude et de rupture, s’est comme vidé de l’intérieur, jusqu’à devenir « grossier et creux ».

Avec clarté et sagesse, Edgar Morin tente de lui redonner un peu d’épaisseur et de faire émerger une conscience de la crise en analysant les bouleversements qui ont secoué le XXe siècle, pour réfléchir ensuite à notre entrée dans le XXIe siècle, entre chaos et renaissance.

En envisageant la crise comme une sorte de laboratoire pour étudier in vitro l’évolution de la société, Edgar Morin interroge le destin de l’identité humaine et rend possible l’avènement d’une nouvelle vision du monde.

. Florian Louis, Atlas historique du Moyen-Orient, Paris, Autrement, mars 2020.

Un carrefour cosmopolite au destin singulier...

De Sumer à Daech, quelle est l’histoire de ce que nous appelons le « Moyen-Orient » ?

Dans l’Antiquité, le Moyen-Orient a connu nombre de révolutions culturelles : naissance de l’agriculture, de la ville, de l’écriture…

C’est une terre d’empires et de conquérants : Égypte pharaonique, Perse, arabisation et islamisation, croisades au Moyen Âge

L’Empire ottoman puis les puissances occidentales marquent durablement la région jusqu’aux indépendances

La deuxième moitié du XXe et le début du XXIe siècle sont le moment

des recompositions territoriales et des révolutions.

. Jérôme Lefilliâtre, Mister K. Petites et grandes affaires de Daniel Kretinsky, Seuil, mars 2020.

Inconnu hors de son pays il y a encore deux ans, le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky est apparu sur les radars européens en 2018 à la faveur d’une offensive éclair sur les médias français,dont Le Monde. L’homme d’affaires a fait fortune dans l’énergie, et a investi, à contre-courant, dans des mines et des centrales à charbon, devenant ainsi l’un des plus gros pollueurs du continent européen.

Entrepreneur vorace et ambitieux, Kretinsky, 44 ans, diversifie désormais ses acquisitions. Il a pris récemment une participation conséquente dans le groupe français Casino et est devenu le premier actionnaire du mastodonte allemand Metro ; il lorgne désormais sur les géants français EDF et Engie.

Dans cette enquête fouillée, Jérôme Lefilliâtre retrace le parcours d’un homme pressé, avide de reconnaissance dans un monde des affaires où les grandes réussites économiques se bâtissent souvent à l’ombre de puissants alliés politiques. En passe de devenir l’un des grands personnages du capitalisme français, Kretinsky intrigue. Qui est vraiment ce Mister K. se proclamant, haut et fort, francophile, démocrate, libéral et pro-européen ? Pourquoi a-t-il choisi la France pour terrain de jeux ?

. Paul Jorion, Vincent Burnand-Galpin, Comment sauver le genre humain, Paris, Fayard, mars 2020.

À titre individuel, nous n’avons jamais été aussi riches et en aussi bonne santé. Au même moment, la survie de l’espèce humaine dans son ensemble n’a jamais été aussi menacée. En dépassant la capacité de charge de notre environnement, nous mettons en cause aujourd’hui notre propre existence.

Que faire ? Les tentations sont nombreuses : celle du repli sur soi du survivalisme, celle de la fuite en avant du transhumanisme, celles aussi hélas de l’eugénisme et de l’exterminisme visant à éliminer une partie de la population jugée nuisible ou inutile.

Relevons la tête tant qu’il en est encore temps et réalisons qu’un autre avenir est possible : la rébellion contre l’extinction est désormais en marche, poursuivons-la, soutenons-la de la feuille de route que l’on trouvera ici. Mettons à profit nos connaissances, mobilisons les citoyens du monde, et engageons nos États dans un effort de guerre. Seule une entreprise de cet ordre est à même de garantir une véritable transition humaniste, sociale et écologique vers un monde remis à neuf. Cette fois sur une base de pérennité.

. Philippe Boulanger, La géographie, reine des batailles, Éditions Perrin, mars 2020.

La géographie a toujours été une préoccupation des princes et des stratèges. La connaissance de l’environnement physique, des itinéraires, des ressources, des cités fortifiées, des populations à administrer, notamment, est en effet un des fondements des conquêtes et de la gouvernance territoriale : c’est chose entendue depuis l’Antiquité – Sun Tzu, en particulier, y consacre de longs développements dans L’Art de la guerre et Jules César, dans La Guerre des Gaules, atteste de l’exploitation tactique du terrain dans la manœuvre. Il a fallu cependant attendre le xixe siècle pour rationaliser les éléments de connaissances géographiques en Europe et assister à la naissance d’une géographie purement militaire : elle devient, parmi d’autres, un moyen de lutter contre l’occupation de territoires par les armées napoléoniennes. Engagements militaires sur plusieurs théâtres d’opérations, sécurisation du territoire national face à la menace terroriste, bouleversements géopolitiques et géostratégiques régionaux, cartographies des infections, des virus et des bactéries, gestion des catastrophes naturelles, appui à la connaissance des zones à reconstruire, connaissance des cultures locales… Aujourd’hui au cœur de la révolution numérique et cartographique, et forte de nouveaux outils de haute technologie – comme les satellites de navigation permettant la géolocalisation en temps réel –, la géographie militaire connaît de profondes mutations.
Philippe Boulanger analyse ces changements avec maestria et nous guide dans ces territoires peu connus de l’historien, revenant sur l’invention de cette géographie spécifique, sur ses liens avec les opérations militaires et sur son avenir.

. Yolène Dilas-Rocherieux, Rien n’est à personne. Du communisme au commun retour aux origines, Paris, Vendémiaire, avril 2020.

Rien n’est à personne : la formule pourrait résumer la doctrine communiste, fondamentalement hostile à la propriété privée, au nom d’une égalité radicale. Mais quelle est la véritable origine de ce programme révolutionnaire ? S’agit-il d’une invention utopiste du XIXe siècle, en réaction au sentiment de dépossession des classes ouvrières ? Ou d’une forme d’organisation naturelle des sociétés primitives avant le sacre de l’individu et du progrès ? La question est d’importance, car après la chute du bloc soviétique, qui a paru sonner le glas de cette idéologie, on la voit aujourd’hui réapparaître alors que la notion de « commun » devient le ferment des luttes écologistes ou anticapitalistes. Le communisme serait-il donc la solution aux défis du XXIe siècle ?
Des communautés villageoises archaïques aux zadistes, en passant par la République guaranie créée par les jésuites au Paraguay au XVIIe siècle, par Marx, Lénine et Rosa Luxemburg, une synthèse sur une vision du monde et du partage de ses richesses.

. Andrew Roberts, Churchill, Paris, Éditions Perrin, avril 2020.

De Churchill, croit-on, tout a été dit – en premier lieu lui par lui-même. Et pourtant, Andrew Roberts est parvenu à exhumer des articles de presse, des correspondances privées, des journaux intimes – le moindre n’étant pas celui du roi Georges VI, jusque-là sous clé – qui ne figurent dans aucune des mille biographies environ déjà consacrées à ce personnage essentiel de la Grande-Bretagne et du XXe siècle. Tout cela lui permet de proposer un récit extrêmement enlevé, fondé sur une abondance de citations désormais « classiques », mais également souvent peu connues voire inédites qui apportent un éclairage parfois convergent, parfois contrasté sur l’homme Churchill. Démêlant le vrai du faux, tordant le cou aux nombreux mythes voire aux calomnies qui lui collent à la peau, mais relevant les critiques justifiées dont il est loin d’être exempt, Roberts brosse avec maestria le portrait de ce « Vieux Lion » dont toute la vie avant 1940 n’a fait que préparer le grand œuvre que demeurent ses années de guerre.

Il livre là ce qui est sans doute la meilleure biographie de ce géant de l’histoire.

. Arne Naess, Une écosophie pour la vie. Introduction à l’écologie profonde, Paris, Points, mars 2020.

Étonnamment méconnue en France, l’écosophie d’Arne Næss, philosophe majeur du XXe siècle, est ici présentée à travers dix textes accessibles et sensibles. On y apprend ce qu’est véritablement l’écologie profonde (deep ecology) par opposition à l’écologie superficielle : née d’une relation intime avec la montagne, cette pensée restitue à tous les êtres vivants et à la nature une valeur intrinsèque, indépendamment de leur utilité pour les êtres humains. Prolongeant la pensée de Spinoza, Næss montre que l’affection pour tout ce qui est vivant ou " écosophie " – et non le rapport objectivant, gestionnaire ou dominateur sur la nature – est au cœur du développement personnel, de la formation de l’identité sociale... et d’une société plus juste.

. Michaël Moreau, Les plumes du pouvoir, Paris, Plon, mars 2020.

On les appelle « les plumes ». Elles vivent recluses au cœur du pouvoir. Elles écrivent les discours des présidents et des grandes figures politiques. Elles trouvent les mots qui pourraient marquer l’Histoire, et les formules qui feront date. Qui sont-elles ? Comment les interventions des puissants se préparent-elles ? Cette enquête raconte les arcanes de la politique et les dessous de la Ve République, au travers de l’art oratoire.

Comment Emmanuel Macron a-t-il changé sa façon d’écrire et de dire les discours après la crise des « gilets jaunes » ? Comment Nicolas Sarkozy a-t-il réagi quand, au moment de prononcer son intervention au pupitre, il en manquait encore des pages ? Pourquoi 106 versions ont-elles été nécessaires à l’allocution télévisée d’au revoir de Jacques Chirac ?

Le lecteur pénètre dans la fabrique des discours et assiste à de drôles de séances de relecture dans le Salon vert de l’Elysée. Des batailles homériques éclatent entre des conseillers qui se disputent sur les expressions à placer dans la bouche d’un Président. Certains discours ont changé la société et la vie de leur orateur. Mais on découvre aussi des plagiats, des interventions ratées ou écrites dans la tempête. Et même des discours rédigés mais jamais prononcés, comme celui d’un candidat à la présidentielle hésitant à se retirer avant de se raviser. Ces textes ont été dits au Vel’ d’Hiv, devant la Knesset ou au Bundestag. Ils ont rendu hommage à des victimes d’attentats, à des figures de l’Histoire ou à Johnny Hallyday. Ils ont dénoncé « le monde de la finance » ou proclamé que l’Homme Africain n’était « pas assez entré dans l’Histoire ». Ils ont annoncé l’abolition de la peine de mort, la déchéance de nationalité, la dissolution de l’Assemblée ou des adieux à la politique.

Les « plumes » ont accepté de témoigner sans masque, comme la plupart des grandes personnalités politiques. Certains discours sont devenus des moments d’Histoire. Tous ont une histoire.

. Olivier Fillieule, Lilian Mathieu, Cécile Pechu, Dictionnaire des mouvements sociaux, Paris, Presses de Sciences Po, avril 2020.

Ce premier dictionnaire consacré à la sociologie des mouvements sociaux a pour ambition d’offrir une synthèse pratique et maniable des concepts clés dans ce domaine, aux étudiants, enseignants du secondaire et du supérieur, et aux professionnels.Concepts canoniques ou notions plus récemment développées reflètent la variété des courants et des paradigmes qui se sont succédé ou qui coexistent aujourd’hui. Chacune des soixante-dix-sept notices, rédigées dans une langue claire et accessible, vise un objectif pédagogique, en offrant une présentation générale et historique de la matière traitée, en proposant une analyse synthétique de ses usages et de ses enjeux, le tout dans une perspective internationale et en s’appuyant sur des exemples les plus divers. Des renvois vers d’autres articles du dictionnaire permettent au lecteur de se reporter facilement aux notions connexes et délargir ainsi sa connaissance. Une brève bibliographie regroupe à la suite de chaque notice les quelques références jugées fondamentales. La bibliographie générale constitue un outil de référence indispensable. Les auteurs, spécialistes internationalement reconnus ou jeunes chercheurs aux travaux en cours ou récemment achevés, sinscrivent dans les débats les plus contemporains. Leur diversité garantit au lecteur le point de vue le plus ouvert possible sur ce champ de recherches et de réflexions dont ce dictionnaire dresse un panorama immédiatement accessible.

. Reza Afchar Naderi, Chants patriotiques d’Iran, Paris, L’Harmattan, mars 2020.

Partie intégrante du patrimoine de langue persane, le chant patriotique iranien prend ses racines dans l’histoire la plus ancienne de ce pays et s’appuie en premier sur l’oeuvre monumentale de Ferdowsi, jusqu’à survivre encore, aujourd’hui, dans notre siècle postmoderne. De ce long parcours, l’auteur retient la période contemporaine avec comme point de départ la Révolution constitutionnelle. Par la suite, les poèmes des plus grands noms de la poésie persane seront mis en musique par des compositeurs célèbres et interprétés par des icônes de la chanson iranienne. Le lecteur découvrira ainsi, à travers cet ouvrage, un volet essentiel du patrimoine iranien, ciment d’un patriotisme qui ne cesse de s’exprimer d’une convulsion à l’autre de son histoire millénaire.

. Victor Komla Alipui, Le rôle de la monnaie dans le développement économique et social de l’Ouest africain, Paris, l’Harmattan, mars 2020.

La question posée ici est celle de la thèse de la neutralité de la monnaie dans l’économie, comme le soutient la théorie monétaire classique. Si cette thèse n’est pas prouvée, si la monnaie n’est pas neutre, peut-elle contribuer au développement des pays de l’Afrique de l’Ouest ? La réponse non plus n’est pas neutre. Elle peut donc promouvoir le développement des pays ouest-africains.

. Michel Foucher, Atlas des mondes francophones, Paris, Éditions Marie B, mars 2020.

Oui, il est nécessaire de faire l’éloge des francophonies : éloge d’une langue vivante, diverse mais respectueuse de ses origines et de son histoire, à l’heure où une certaine paresse intellectuelle, dans un monde standardisé, pourrait conduire au renoncement... Plus qu’une simple cartographie, l’ambition de l’ouvrage est d’offrir une perspective à l’affirmation de la langue française dans le monde : prendre acte de sa présence sur tous les continents, constater son exposition à une multitude d’autres langues, promouvoir enfin l’écoute, le dialogue et la transmission culturelle.

Cela suppose de ne pas renoncer à la défendre en France même, où la menace une mondialisation largement anglo-américaine. A travers ses analyses, l’auteur révèle la géographie de la langue française : sa diffusion historique, ses locuteurs dans le monde, les enjeux du dénombrement et de l’apprentissage, le rôle de l’Organisation Internationale de la Francophonie. Il insiste sur la force du polycentrisme et porte le regard sur les francophonies hors de France, celles du Nord comme celles du Sud, et sur les littératures-monde.

L’influence d’une langue se manifeste dans sa capacité à produire, partager des idées et les mettre en oeuvre(s). Exaltant chantier, afin que la langue française "ne cesse de devenir cette puissance formulatrice qui exprime le monde pour le transfigurer" (Alain Borer).

. Banerjee Abhjit, Esther Duflo, Christophe Jaquet, Économie utile pour des temps difficiles, Paris, Seuil, mars 2020.

Face aux inégalités qui explosent, aux désastres politiques et aux catastrophes environnementales qui menacent de toutes parts, cet ouvrage montre que tout n’est pas perdu. Si des choix de politiques publiques nous ont menés où nous sommes, rien n’empêche d’en faire d’autres. À condition de dresser, d’abord, un constat honnête. Ces pages traquent les fausses évidences sur toutes les questions les plus pressantes : immigration, libre-échange, croissance, inégalités, changement climatique. Elles montrent où et quand les économistes ont échoué, aveuglés par l’idéologie.

Mais l’ouvrage ne fait pas que renverser les idées reçues. Il répond à l’urgence de temps troublés en offrant un panel d’alternatives aux politiques actuelles. Une bonne science économique peut faire beaucoup. Appuyée sur les dernières avancées de la recherche, sur des expériences et des données fiables, elle est un levier pour bâtir un monde plus juste et plus humain.

. Elsa Godart, Éthique de la sincérité. Survivre à l’ère du mensonge, Paris, Armand Colin, mars 2020.

Nombreux sont ceux qui désormais se réclament sans cesse "de vérité" ou encore d’"authenticité" pour assoir leur légitimité alors même que se joue une glorification de la transparence. Que ce soit dans le management au coeur des organisations ou du point de vue politique ou encore dans nos échanges les plus simples avec les autres, la sincérité est devenue un véritable "prétexte" qui garantirait le bien-fondé de certaines décisions ou actions.

Ansi en est-il de celui qui, parlant ou agissant sous couvert de "sincérité", devient légitime, intouchable, crédible. Pour autant, qu’est-ce qu’être sincère ? Est-ce seulement possible ? A l’heure des réseaux sociaux, entre illusion et vérité, quel sens donner à la sincérité, cette valeur-refuge incontournable, voire une vertu capable de "panser" notre contemporain.

L’auteur nous donne à travers son essai les clefs pour mieux vivre le virage, parfois douloureux, de la contemporénéité. Elle nous livre ici une véritable éthique de vie.

. Elsa Grangier, Rêver grand. Ces enfants qui s’engagent pour la planète, Paris, Seuil, mars 2020.

Ensemble, nous avons rêvé grand ! Et nos rêves nous ont conduits bien au-delà de nos espérances : jusqu’au Parlement européen et aux Nations unies. Il nous aura fallu un an pour fédérer 310 jeunes de 10 pays d’Europe et écrire la première Déclaration européenne des droits de la planète et du vivant."

Ils s’appellent Soujoud, Maélys, Thomas, Rémy, Osswa, Yasmin, Noémi, Elmezoir, Bilal, Sana, Kati, Houcine, Léon... Ils ont aujourd’hui 12 ans pour la plupart d’entre eux. Ils habitent le quartier de Beauregard à Poissy et veulent sauver la planète. En octobre 2018, ils se constituent en lobby en réaction à la démission de Nicolas Hulot. Ils travaillent, rencontrent des experts et des responsables politiques, font des propositions concrètes et... déplacent des montagnes. Tout cela hors du temps scolaire, avec le soutien indéfectible de leur ancienne enseignante de CM2, Anaïs Willocq, et d’Elsa Grangier, réalisatrice, qui raconte cette extraordinaire aventure éducative et citoyenne.

Ce récit est celui d’une jeunesse qui s’engage pour l’environnement. Une jeunesse qui se mobilise, dans la rue, dans les écoles, sur les réseaux sociaux. Une jeunesse qui déborde d’énergie et d’intelligence pour agir. Une jeunesse qui se lève, encouragée par des adultes décidés à mettre leurs compétences et leur temps à leur service. Une jeunesse qui nous réveille et nous redonne espoir !

Elsa Grangier, révélée dans l’émission Les Maternelles sur France 5, est journaliste. Coordinatrice de cette aventure hors du commun, elle l’a aussi filmée et coproduite. Sa série documentaire, Le Lobby de Poissy, primée au Green Award Festival de Deauville, est visible sur Lumni.

. Éric Toussaint, Capitulation entre adultes. Grèce 2015 : une alternative était possible, Paris, Syllepse, mars 2020.

L’année 2015 marquera l’histoire de la Grèce, de l’Europe et de la gauche. Ce livre ne se satisfait pas de la narration dominante des grands médias et des créanciers. Il ne se satisfait pas non plus de l’interprétation donnée par Yanis ­Varoufakis, ­l’ex-ministre des finances du gouvernement Syriza, dans son livre ­Conversations­ entre adultes adapté au cinéma par ­Costa-Gavras. Alors que pour la première fois au 21e siècle, un parti de gauche radicale avait été élu pour former un gouvernement, il est ­essentiel d’analyser la politique mise en oeuvre par ­Yanis Varoufakis et Alexis Tsipras. ­

Éric Toussaint, qui a coordonné les travaux de la ­Commission d’audit de la dette mise en place par la présidente du Parlement grec en 2015, a vécu de près les évènements qui ont ­secoué ­l’Europe­ cette année-là. Éric Toussaint montre qu’à chaque étape du chemin de croix qui fut celui du peuple grec de février à juillet 2015, il était possible d’opter pour une autre politique. Les mesures qu’il aurait fallu mettre en pratique et les initiatives qu’il était possible de prendre sont identifiées et clairement argumentées.

Elles dépassent le cadre grec et alimentent la réflexion sur les batailles politiques pour l’émancipation sociale. Une victoire était possible et ­l’issue que nous avons connue n’était pas inéluctable. Ce livre invite à réfléchir à la ­stratégie à mettre en oeuvre dans le reste de l’Europe.

. Jean-Michel Auxiètre, L’homosexualité au front durant la Grande Guerre. Témoignage dérangeant du caporal Moret, Paris l’Harmattan, mars 2020.

Sujet tabou, l’homosexualité durant la Grande Guerre n’a pratiquement jamais été abordée. Le patriotisme et l’honneur souffraient de ces pratiques "contre nature" et il convenait donc de les taire. Longtemps soumise à la loi du silence, l’armée a peu à peu dévoilé ses secrets et le Service Historique de la Défense a rendu disponibles les dossiers des conseils de guerre et les archives. C’est ainsi qu’a pu être étudié le cas du caporal Moret, fusillé le 10 mars 1915 pour "abandon de poste en présence de l’ennemi". En fait, il avait quitté sa tranchée pour tenter de rendre compte à l’aumônier des actes homophiles auxquels se livraient les hommes de son escouade. L’auteur livre un ouvrage hybride où la fiction complète habilement les données authentiques sur lesquelles il s’appuie.

. Michel Wieviorka, Pour une démocratie de combat, Paris, Robert Laffont, mars 2020.

Déclin des systèmes et des partis classiques, mise en cause de la représentation politique, montée du populisme et des nationalismes, emprise des fake news, tentation de la violence... : force est de constater la fragilité, aujourd’hui, de la démocratie. Alors que soufflent les vents mauvais de l’extrémisme, de l’autoritarisme, du racisme, de l’antisémitisme, du terrorisme, comment défendre ce bien commun qui nous semblait acquis mais ne l’est pas ?

Face à ces maux qui minent nos sociétés et qu’il décrypte en profondeur, Michel Wieviorka interroge la place et le rôle des sciences humaines et sociales. Il y invite le meilleur de sa discipline – la raison, la connaissance de l’histoire, l’imagination sociologique, l’esprit critique – à se mettre (se remettre ?) au service de l’idéal démocratique.

Pour une démocratie de combat est un ouvrage pionnier qui conjugue une orientation authentiquement citoyenne, des propositions théoriques et méthodologiques exigeantes et des pistes concrètes pour une démocratie vivante et active. Indispensable en ces temps de perte de repères, de fureur et de démoralisation : à coup sûr un livre de référence.

. Simon-Pierre Thiery, Le regain des campagnes. Les ruraux et leurs collectivités locales, Paris, l’Harmattan, janvier 2020.

Certains parlent d’abandon des campagnes, de désertification, de paupérisation, de régression des services publics. Cet ouvrage montre au contraire que les campagnes occupent aujourd’hui une place valorisée dans l’évolution économique et sociale du pays, dans le sillage de la loi NOTRE de 2015. Il évoque les réalisations des élus ruraux, la question de la justice fiscale, l’évolution des rapports entre les élus, les associations et les collectifs citoyens. Les décisions se prenant encore trop loin et les moyens restant faibles, des propositions sont faites pour une réforme du système de répartition des ressources. Enfin quatre questions sont posées : faut-il supprimer les communes ou en faire des arrondissements des communautés de communes ? Comment mobiliser des ressources nouvelles ? Comment encourager la démocratie locale ? Quelle place pour l’Europe et les entreprises multinationales dans le monde rural de demain ?

. Thomas Porcher, Les délaissés. Comment transformer un bloc divisé en force majoritaire, Paris, Fayard, février 2020.

Des Etats-Unis à la France en passant par l’Italie et le Royaume-Uni, partout les cadeaux fiscaux en faveur des plus riches se multiplient au même rythme que les coupes budgétaires pour les plus pauvres. Une minorité d’individus, s’accaparant déjà une importante partie des richesses, semble tout mettre en œuvre pour en récupérer encore plus. De l’autre côté, la majorité de la population subit la dégradation des services publics, les fins de mois difficiles, la précarité et le manque d’espérance.
Des gilets jaunes aux banlieusards en passant par les cadres et les agriculteurs, cette majorité délaissée est multiple, et sa division est largement instrumentalisée par la minorité dominante et les partis politiques qui veulent s’assurer une base électorale. La lutte des classes a laissé place à une lutte entre pauvres. Et le système, intrinsèquement inégalitaire et destructeur pour la planète, ne tient qu’à ces dissensions.
Pour sortir de l’impasse, il faut que les différentes catégories que forment « les délaissés » se constituent en une classe majoritaire à même de soutenir une lutte commune : celle d’en finir avec le modèle économique actuel pour proposer un autre projet répondant aux urgences sociale et écologique.

. Bernard Lecomte, Les secrets du Kremlin, Paris, Tempus, février 2020.

Le Kremlin. Derrière ses murailles de brique rouge, combien la célèbre forteresse moscovite a-t-elle abrité de complots, de crimes et de trahisons ? Depuis la révolution de 1917, elle est le centre et le symbole de l’Empire soviétique fondé par Lénine et Trotski, conforté par Staline, géré par Khrouchtchev et Brejnev, mis à bas par Gorbatchev et restauré, tant bien que mal, par Poutine. Un siècle de grandeur, de terreur et de mensonges !

Combien d’énigmes, d’ombres, d’interrogations et de secrets reste-t-il derrière ses remparts ? Bernard Lecomte mène l’enquête avec brio et livre seize épisodes fracassants et emblématiques de ce monde de feu et de sang, où se côtoient le drame et le romanesque.

. Éric Dacheux, Daniel Goujon, Défaire le capitalisme, refaire la démocratie, Toulouse, Érès, mars 2020.

Passer de la critique sociale et écologique de l’économie de marché à la construction d’un nouveau cadre théorique : telle est l’ambition de cet ouvrage. L’économie est une des composantes de la société, qui, en démocratie, doit être soumise à son mode de régulation principal : la délibération dans l’espace public.

. Hélène Harter, François Durpaire, Adrien, La civilisation américaine, Paris, PUF, février 2020.

Peut-on parler d’une civilisation américaine ? Comment définir l’American Way of life ? Pourquoi nous fascine-t-elle ? Quels liens a-t-elle noués avec l’Europe, l’Amérique latine, l’Afrique et l’Asie ? Sommes-nous tous devenus des Américains ? Sur quels fondements repose l’antiaméricanisme ? L’histoire nous aide-t-elle à comprendre le présent et à imaginer le futur ?

Autant de questions que les auteurs de cet ouvrage s’efforcent d’aborder sans préjugés ni parti pris. Ils nous invitent à découvrir les Américains, les fondements, les complexités, les transformations de leur société, les forces et les faiblesses de leur économie, l’extraordinaire richesse de leur vie culturelle, leurs comportements politiques, les orientations de leur politique étrangère.


Axelle Degans, La synthèse de l’actualité internationale 2019. Réussite aux concours 2020 ! éd. Diploweb via Amazon

. Ludivine Bantigny, « La plus belle avenue du monde », une histoire sociale et politique des Champs-Élysées, Paris, La Découverte, mars 2020.

« Voie royale » ou « voie de gloire », les Champs-Élysées sont l’objet de fantasmes qui les dépeignent depuis des siècles en avenue du luxe mondial, du plaisir et du pouvoir. En réalité, c’est un espace contesté, traversé par une forte conflictualité politique et sociale. La « prise » des Champs par les Gilets jaunes, de samedi en samedi, l’a plus que jamais révélé.

Face aux superlatifs et à la cohorte de noms prestigieux qui dessinent une véritable mythologie, ce livre invite à déplacer le regard et à en explorer les coulisses, à contrechamp : la pauvreté et la précarité au cœur de l’opulence, le travail invisible, jusque dans l’intimité des palaces, les arrière-salles et les scandales du Fouquet’s, jusqu’à son pillage.

Recherche inédite à l’appui, fondée sur des archives foisonnantes et de nombreux entretiens, il plonge dans l’ambiguïté et la tension singulière des Champs-Élysées : avenue aristocratique et populaire, luxueuse et déviante, ostentatoire dans ses habits d’apparat, mais mise à nu parfois dans les moments de révolte et d’insurrection.

Les Champs sont un concentré de richesses, de démesure et d’inégalités. Mais aussi un lieu intensément politique, comme une métaphore du monde tel qu’il est et tel qu’il est disputé, attaqué, refusé. « La plus belle avenue du monde » serait-elle aussi la plus rebelle ?

. Olivier Dabène, L’Amérique latine à l’époque contemporaine, Paris, Armand Colin, mars 2020.

L’étude des difficultés qu’ont rencontrées les différents pays d’Amérique latine à trouver un ordre politique stable, compatible avec un développement économique harmonieux, de la fin du 19e siècle à nos jours, constitue le fil conducteur de cet ouvrage. Ni étude thématique, ni strict suivi chronologique, il s’organise autour de quelques périodes historiques dont les caractéristiques politiques, économiques, sociales et culturelles scandent l’évolution du continent. Ainsi sont examinés l’entrée de l’Amérique latine dans l’ère moderne (1870-1914), les années de prospérité (1914-1930), le temps du populisme (1930-1950), le séisme de la révolution cubaine (1950-1970), les années sombres (1968-1979), les transformations politiques et économiques des années 1980 et 1990, les caractéristiques contradictoires du tournant du siècle et, enfin, l’instabilité et la radicalisation politiques actuelles.

À travers de constants va-et-vient entre les descriptions s’appliquant à l’ensemble des pays du continent et les illustrations de cas particuliers confirmant ou infirmant la tendance générale, il prend en compte dans l’explication de l’évolution des sociétés les facteurs tant internes qu’externes, sans omettre les contraintes du système inter-américain et le poids des États-Unis.

. Sami Bouarfa, François Brelle, Caroline Coulon, Quelles agricultures irriguées demain ? Pour des projets d’irrigation durable, Tours, Éditions Quae, mars 2020.

L’irrigation, qui consiste à agir sur le cycle naturel de l’eau pour conduire les cultures dans des contextes géographiques où les pluies sont soit insuffisantes soit aléatoires, est indispensable à la sécurité alimentaire mondiale. Pour autant, les enjeux d’une agriculture irriguée durable sont multiples pour répondre aux nécessités actuelles et futures. Gestion intégrée de la ressource en eau, équité sociale pour les agriculteurs par rapport à l’allocation des terres et de l’eau, viabilité économique et financière des systèmes irrigués, gouvernance de l’eau, économie d’eau et valorisation des eaux usées, pratiques agro-écologiques pour concilier productivité et défis environnementaux, sont autant de dimensions dont il est nécessaire de tenir compte. Cet ouvrage apporte des éclairages sur ces différents défis, à partir de retours d’expériences issus de plusieurs décennies d’actions de développement international de l’agriculture irriguée.

. Michel Foucher, "Les frontières", la Documentation photographique n°8133, CNRS éditions 2020. Sur Amazon.

Alors que le monde n’a jamais été aussi perméable à la circulation des personnes, des biens et des images, les frontières non seulement ne s’effacent pas mais connaissent dans plusieurs points du globe un processus de fermeture et de durcissement. Ce dossier apporte une définition claire des frontières et met en évidence leur extrême variété en fonction du degré d’ouverture ou de fermeture, du type de tracé et du support. Les frontières sont pensées tant comme des lignes de séparation pouvant faire l’objet de contentieux, que comme une ressource. Les populations peuvent en effet jouer des différences de prix, de taux de change, de salaires. Ce dossier met donc également l’accent sur les zones frontières qui sont, parfois simultanément, des zones de conflit difficiles à sécuriser et des lieux d’échange et de négoce.

Voir sur Amazon le livre de Michel Foucher, "Les frontières", la Documentation photographique n°8133, CNRS éditions 2020.

. Collectif Hémisphère éditions, Conflits armés et patrimoine, Paris, Hémisphères, février 2020.

Cet ouvrage est le fruit du dernier colloque [octobre 2019] consacré à la protection du patrimoine africain, organisé par la Direction générale des patrimoines du ministère de la Culture en association avec l’état-major spécialisé pour l’outre-mer et l’étranger [EMSOME] du ministère des Armées.

Conflits armés et patrimoine aura permis d’aborder la question de la sauvegarde et du respect du patrimoine culturel, matériel et immatériel, en situation de conflit armé, dans une perspective générale et au fil d’éclairages particuliers, notamment sur la situation du Nord-Mali et de l’Angola pendant la guerre civile. Mais aussi de souligner l’importance de la sensibilisation à cette sauvegarde, au travers de la valorisation de monuments, de sites et de musées, ou encore de projets originaux comme la création d’une unité "Patrimoine" dans les opérations militaires françaises.

. Collectif, sous la direction de Daniel Béhar et Aurélien Delpirou, Atlas du Grand Paris. Une métropole en mutations, Paris, Autrement, février 2020.

Rêvé, critiqué, retardé mais réalisé… C’est le « plus grand projet urbain d’Europe ».
L’agglomération parisienne est entrée dans un cycle accéléré de transformations. S’il fait l’objet de tous les superlatifs, le projet du Grand Paris suscite de vives controverses.
Avec plus de 100 cartes et documents, cet atlas explore ces enjeux en rendant compte des mutations dans leur diversité et leur complexité.
La métropolisation du Grand Paris : gouvernance, économie, extension urbaine et croissance des mobilités.
L’histoire de la mutation urbaine : un siècle de projets, de la commune à la région
Les multiples visages de la transformation urbaine : projets, grandes opérations, rôle des acteurs publics et privés.
L’aménagement de la métropole ou le développement d’une ville-monde : logement, santé, enseignement, tourisme, culture, sport… Où et pour qui ?
La métropole en transitions : défi écologique, nouvelles générations et nouveaux usages.
Un projet emblématique des tensions et des contradictions liées à la métropolisation généralisée des sociétés contemporaines.

. Clément Therme (dir.), L’Iran et ses rivaux. Entre nation et révolution, éd. Passés composés, 2020

De gendarme du Golfe sous le règne du Shah (1941-1979), l’Iran devint une République islamique apparaissant comme une puissance déstabilisatrice pour nombre de ses voisins arabes et sunnites, ou pour Israël. La nature de la politique internationale de Téhéran n’a cessé de questionner les spécialistes. Après la Révolution, la République islamique a construit ses relations en s’appuyant sur l’idéologie islamiste, tout en prenant en considération les questions de sécurité. Plus récemment, Téhéran est devenu un partenaire de la Russie dans la lutte contre le djihadisme sunnite ; mais l’aide iranienne contre cette idéologie est en elle-même porteuse de dangers futurs selon les États-Unis, puisqu’elle favorise l’émergence d’un chiisme paramilitaire depuis l’intervention américaine en Irak (2003) et les débuts de la crise syrienne (2011). Cet ouvrage montrera donc les relations de l’Iran depuis 1941, s’intéressant aussi bien aux rivaux de l’Iran qu’aux nouveaux partenariats, nés notamment de la priorité donnée par Téhéran à son opposition à Washington, tant sur les affaires régionales qu’internationales.

. Alice Ekman, Rouge vif. L’idéal communiste chinois, Edition de l’Observatoire, 2020.

« La Chine n’est plus communiste » : la rumeur s’est répandue, comme une évidence. Mais ne serait-ce pas le plus grand malentendu de notre époque ?
Malgré l’ouverture économique de 1978, les mesures d’internationalisation des entreprises d’État, l’établissement de relations diplomatiques avec les puissances occidentales, la Chine demeure fidèle à ses racines rouges. « Le communisme est un idéal vers lequel nous devons tous tendre » affirment aujourd’hui encore les cadres du Parti.

Renforcé par l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping en 2013, le Parti communiste chinois s’infiltre au quotidien dans toutes les strates de la société : politique et économique, bien sûr, mais aussi culturelle, artistique, éducative, sociale ou religieuse, et ambitionne d’étendre cette influence à l’international.
Il fallait bien sept années d’observation et plus de 400 entretiens menés par Alice Ekman auprès de hauts cadres du Parti et fonctionnaires, diplomates, représentants d’entreprises, chercheurs et étudiants pour parvenir à comprendre la Chine contemporaine, son fonctionnement, ses évolutions récentes et sa stratégie de puissance, dans un contexte périlleux de tensions avec les États-Unis et de rapprochement avec la Russie. Car, alors que l’idéal libéral est de plus en plus contesté, la Chine cherche désormais à s’imposer comme une puissance de référence, une « solution » pour le monde, selon les propres mots de Xi Jinping, pour un jour parvenir à la « disparition ultime du capitalisme et la victoire finale du socialisme ».

. Avner Cohen, Israël et la bombe. L’histoire du nucléaire israélien, Coll. Résistances, éditions Demi Lune, 2020.

« (…) Une contribution majeure à la connaissance de l’histoire nucléaire globale. » Benoît PÉLOPIDAS, préfacier du livre, CERI à Sciences-Po

« (...) Le livre d’Avner Cohen présente un intérêt exceptionnel. Première étude universitaire sur l’histoire du projet, richement documentée, elle dévoile certains des principaux mystères entourant les événements, à la lumière de nombreuses sources jusqu’ici inexploitées. (...) » Uri BAR-JOSEPH, Jewish History

« Un ouvrage d’érudition, comprenant plus de 1 200 notes, et qui pourtant se lit comme un roman. (...) Il n’a pas été facile à Avner Cohen d’écrire ce livre. Il a dû briser le code du silence qui entoure toute discussion sur les armes nucléaires dans son pays. Mais il a fait plus qu’un superbe travail en retraçant l’histoire politique du programme nucléaire israélien depuis le commencement dans les années 1950 jusqu’à l’acceptation par les États-Unis dans les années 1970, et en analysant en détail comment cette politique d’"opacité nucléaire" a évolué, et ce qui l’a rendue possible : il a réalisé un exploit (...) » Lawrence KOLB, New York Times Book Review

. S. Abis, M. Brun, Le Déméter 2020, Club Démeter, Iris éditions, 2020

L’agriculture, l’alimentation et les mondes ruraux sont au cœur des grandes questions géostratégiques et sociétales. Produire et se nourrir déterminent les dynamiques de sécurité collective et de développement humain. La complexité de ces enjeux nécessite des analyses et des solutions forcément plurielles et résolument audacieuses. Le Déméter 2020 vise à éclairer ces débats à travers des grilles de lecture innovantes qui mêlent politique, économie, environnement et sciences. Des conséquences agricoles du Brexit aux bactéries du microbiote jusqu’aux champs des agriculteurs cubains et au marché mondialisé du cannabis, l’ouvrage ne s’impose pas de limite temporelle, géographique ou thématique. Cette 26e édition interroge également le rôle de l’agriculture dans les ambitions de puissance, en Europe et dans le monde, à l’heure où la compétition des acteurs s’intensifie et où les attentes des consommateurs se diversifient.
Le Déméter replace ainsi les problématiques agricoles et alimentaires au cœur des questions géopolitiques et des grandes innovations qui bousculent déjà la planète.

18 analyses thématiques et de nombreux encadrés
10 fiches Repères sur les échanges, les marchés et les produits
Infographies, statistiques, cartes mondiales, régionales et thématiques

. Bruno Tertrais, Le choc démographique, éd. Odile Jacob, 2020.

Sommes-nous prêts au choc démographique qui s’annonce. ?

Vieillissement rapide de la population mondiale, urbanisation effrénée, immigration toujours plus importante… Ce n’est pas seulement le profil de notre quotidien qui change, mais aussi les équilibres stratégiques.

La Chine peut-elle devenir la première puissance mondiale alors qu’elle s’apprête à « . vieillir avant même d’être devenue riche. ». ? Les États-Unis passeront-ils au second rang alors qu’ils vont conserver leur dynamisme démographique. ? Le déclin de l’Europe est-il inéluctable. ? Y aura-t-il vraiment une « . ruée. » des jeunes Africains vers le Vieux Continent. ?

C’est à ces questions que répond Bruno Tertrais, à rebours des fantasmes et sans démagogie. Tandis que la crainte de l’islam devient universelle et alimente la thèse d’un « . choc démographique des civilisations. », que l’Afrique et le Proche-Orient semblent soumis à une instabilité durable, il explique comment ces évolutions pourraient, paradoxalement, augurer d’un monde plus pacifique.

La démographie est une affaire politique. : ce livre nous en donne les clés.

Bruno Tertrais est politologue, directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique. Il a également publié aux éditions Odile Jacob Le Président et la Bombe (2016) et La Revanche de l’Histoire (nouvelle édition 2019)

. Pascale Froment, La Méditerranée, Documentation photographique, n°8132, CNRS édition.

La Méditerranée a quelque chose d’insaisissable. Elle est à la fois frontière, zone de contact et de rencontres, périphérie dans la mondialisation mais aussi centre par bien des aspects. Elle est directement concernée par les grands enjeux contemporains. Ce dossier offre au lecteur d’en explorer les transformations plus récentes entre ruptures et continuités. Il tente d’en saisir les dynamiques et de discerner, derrière les accélérations et les bouleversements hypervisibles et médiatisés, les changements imperceptibles, silencieux certes, mais de grande envergure.

MYTHES, RELECTURES
Imaginaires spatiaux
Bord à bord : changement de focale
Islam méditerranéen et chrétientés d’Orient
Insularités et îléités
Patrimoines culinaires
Femmes et espaces publics

TERRITOIRES MONDIALISÉS
Sous-traitances en chaîne
Géographies discrètes de la mondialisation
Oasis, entre local et global
Istanbul, “ville-monde”
Capitales culturelles
Exclusions

LES ROUTES : FLUIDITÉS ET FRONTIÈRES
Ports, routes et trafics
Le premier gisement touristique du monde
Frontières : réalités et représentations
Camps, hospots et squats
Le Maroc, carrefour de mobilités
Villes refuges, villes rebelles

VERS D’AUTRES HORIZONS
Villes en révolution : Le Caire
Tensions sur les ressources
Une mer de plastique
Dés-intégration
Softpower et “langue du milieu”

. Hala Bayoumi et Karine Bennafla (dir.) Atlas de l’Egypte contemporaine, CNRS édition, 2020

Alors qu’il existe plusieurs atlas de l’Égypte ancienne, aucun atlas de l’Égypte contemporaine n’avait encore été publié. Cet ouvrage vient donc combler un vide, en offrant au grand public un panorama illustré de l’Égypte au début du XXIe siècle.

Réunissant les contributions d’une cinquantaine de chercheur.e.s, il présente, sous une forme cartographiée et vulgarisée, les faits saillants et les enjeux de l’Égypte actuelle en matière politique, géopolitique, économique, démographique, sociale, environnementale et culturelle. Il s’appuie, à cette fin, sur des ressources documentaires inédites : les cartes notamment, qui exploitent les résultats du recensement officiel égyptien de 2017, offrent une version actualisée du territoire.

Pour mieux connaître et comprendre l’Égypte d’aujourd’hui.

. Florence Chaltiel et Serge Guillon, Le système décisionnel de l’Union européenne, La documentation française, 2020

La manière dont sont prises les décisions au sein des institutions européennes suscite de nombreuses interrogations. Dans un contexte de « déficit démocratique » souvent objet de surenchères, répondre à la question « Qui décide quoi et comment ? » est d’autant plus essentiel. Afin d’éclairer le débat, cet ouvrage se propose d’analyser méthodiquement l’intégralité du système décisionnel européen, de la prise des décisions à l’exécution et au contrôle de leur mise en oeuvre au niveau de chaque pays membre. Les auteurs se livrent à une description précise non seulement des institutions impliquées, mais aussi des organes non institutionnels et des représentants de la société civile qui interviennent dans la décision. Le lobbying, qu’il soit privé ou public, occupe une place grandissante et doit dès lors être mieux encadré.

Le lecteur peut ainsi suivre le processus, certes complexe mais néanmoins démocratique aux yeux de ses concepteurs, qui aboutit à l’adoption des normes européennes rythmant désormais une part croissante de notre activité quotidienne. Publié au lendemain des élections européennes de mai 2019, l’ouvrage revient sur l’activation de l’article 50 du traité sur l’Union européenne dont l’objet (retrait d’un État membre de l’UE) trouve, avec le Brexit, matière à s’appliquer.

Florence Chaltiel est professeure de droit public à Sciences Po Grenoble. Elle est l’auteure des deux premières éditions de cet ouvrage et de plusieurs liures sur l’Union européenne parmi lesquels « Quelle Europe après le traité de Lisbonne ? » (LGDJ, 2008).

Serge Guillon est haut fonctionnaire, ancien Secrétaire général des affaires européennes et ancien conseiller Europe du Premier ministre. Directeur pédagogique du cycle des hautes études européennes à l’École nationale d’administration, il a enseigné les questions européennes dans plusieurs universités et grandes écoles.

. Alexis Bautzmann (dir.), Atlas géopolitique mondial 2020, éditions du Rocher, 2020.

Avec près de 300 cartes et graphiques couvrant les cinq continents, l’Atlas géopolitique mondial 2020 constitue un outil d’analyse et de compréhension sans équivalent, dont le contenu est renouvelé chaque année. Dans cette nouvelle édition, une place particulière est consacrée à l’Union européenne, marquée par les élections de mai 2019 et déstabilisée par le « Brexit ». Mais les auteurs n’oublient aucun recoin de la planète, abordant des sujets au coeur de l’actualité, comme les tensions dans le golfe Persique ou la crise politique au Venezuela, et d’autres oubliés, tels que les inégalités en Chine ou la place de la jeunesse en Amérique latine. Ainsi, rien de ce qui rend le monde complexe et passionnant ne vous sera totalement étranger.

. Matthieu Alfré (dir.), Le meilleur de l’actualité 2019-2020, éd. Dunod, 2020

Le meilleur de l’actualité 2019-2020 fait la synthèse de tous les événements majeurs de l’année 2019 et vous accompagne dans la préparation de vos concours et examens 2020 !

36 Fiches Actualité pour décrypter et synthétiser les grands évènements de l’année, leur contexte et leurs enjeux.
7 Fiches Débats pour décoder et discuter des grandes questions de société.
7 Fiches Portraits pour découvrir les personnalités qui ont fait l’actualité.
Des chronologies thématiques pour une vision d’ensemble de 2019.
Toutes les fiches sont illustrées des dates, chiffres marquant et cartes indispensables.
+ de 200 QCM corrigés pour réviser vos connaissances.

+ 16 Fiches Data en couleur et détachables : les données clés de l’année pour réviser.

. Emmanuel Saez, Gabriel Zucman, Le triomphe de l’injustice. Richesse, évasion fiscale et démocratie, Paris, Seuil, février 2020.

Pour la première fois depuis plus d’un siècle, les milliardaires américains paient moins d’impôts, en proportion de leurs revenus, que chacun des autres groupes sociaux.

Écrit par deux économistes qui ont révolutionné l’étude des inégalités, ce livre présente une analyse au scalpel de cette grande transformation.

Mêlant récit historique et analyse économique, Emmanuel Saez et Gabriel Zucman analysent les choix (et non-choix) qui ont conduit au triomphe de cette injustice fiscale, de l’exonération progressive des revenus du capital au développement d’une nouvelle industrie de l’évasion fiscale, en passant par l’engrenage de la concurrence fiscale internationale. Avec clarté et concision, ils expliquent comment l’Amérique, qui a été à la pointe du combat pour la justice fiscale pendant la moitié du XXe siècle, a tourné le dos à sa propre tradition.

Si l’on veut éviter que l’Europe ne s’enfonce dans la dérive inégalitaire et oligarchique qui a amené Donald Trump au pouvoir, il y a urgence à tirer les leçons de cette histoire. Car même si ce phénomène a été extrême de l’autre côté de l’Atlantique, le déclin de la progressivité fiscale dans un contexte de montée des inégalités n’est en rien spécifique aux États-Unis, et appelle des solutions globales.

Le Triomphe de l’injustice propose une refondation de l’impôt à la fois visionnaire et pragmatique, à même d’apporter des solutions concrètes aux défis inégalitaires contemporains et de réconcilier la mondialisation et la justice économique.

. Jeanne Marie Laskas, Monsieur le président. Barack Obama et les citoyens américains en toutes lettres, Paris, Fayard, février 2020.

Chaque soir, pendant huit ans, le président Barack Obama a lu et répondu personnellement à une sélection de lettres écrites par des citoyens, entretenant ainsi un dialogue ininterrompu avec le peuple américain. La journaliste Jeanne Marie Laskas raconte l’histoire de cette correspondance exceptionnelle et en donne à lire une sélection savoureuse. Tout en montrant comment cette correspondance a contribué à façonner la présidence Obama, elle dresse le tableau d’une nation à une époque charnière de son histoire.

. Jonathan Curiel, Vite ! Les Nouvelles tyrannies de l’immédiat ou l’urgence de ralentir, Paris, Plon, février 2020.

Réflexion sur la tyrannie de l’immédiat qui a pénétré tous les domaines : politique, économie, société, médias, relations humaines, avec la sensation permanente d’être dépassé. Se fondant sur des exemples allant de la téléréalité à la philosophie, l’auteur explore les manifestations de cet impératif d’immédiateté ainsi que les voies pour en sortir.

. Sophie Bernard, Le nouvel esprit du salariat. Rémunérations, autonomie, inégalités, Paris, PUF, février 2020.

Nous assistons depuis les années 1970 à une déstabilisation du salariat en France, mis en péril par la multiplication des formes d’emplois précaires et l’expansion du travail indépendant. Dans un tel contexte, l’évolution des formes de rémunération et de mobilisation de la main-d’œuvre contribue à fragiliser les salariés. Ce nouvel esprit du salariat, foyer central de diffusion des valeurs individualistes et méritocratiques qui irriguent la société, promeut l’avènement d’un travailleur autonome et responsable. Mais faut-il l’envisager comme un progrès, tel que le présentent les employeurs, ou comme une nouvelle forme de sujétion des travailleurs ? L’enquête de Sophie Bernard, menée durant près de vingt ans auprès de populations variées dans un panel d’entreprises, analyse les mutations qui s’opèrent au cœur du salariat stable. Elle met au jour le développement de profondes injustices mais aussi le déni du lien de subordination, potentiellement risqué pour les salariés, mis au profit des performances de l’entreprise.

. Anonyme, Alerte. Un haut responsable de l’administration Trump parle,Paris, Grasset, février 2020.

"Quand Donald Trump a été élu à cette fonction en 2016, beaucoup de gens ne savaient pas à quoi s’attendre. À présent, nous savons à quoi nous attendre. Nous le savons tous.

Dans l’histoire de la démocratie américaine, nous avons eu des présidents indisciplinés. Nous avons eu des présidents inexpérimentés. Nous avons eu des présidents amoraux. Jusqu’à présent, nous n’avons jamais eu le tout en même temps.

Ce livre veut mettre en lumière la réalité de l’administration Trump et questionner l’aptitude de l’actuel président à continuer de diriger les États-Unis d’Amérique. J’écris ces lignes à la veille de ce qui pourrait être l’élection la plus importante de nos vies à tous."

Sous couvert d’anonymat, pour la première fois, un haut responsable de l’administration Trump parle...

. Bernard Ravet, Les galériens de la République, Paris, Kero, janvier 2020.

8 français sur 10 déclarent faire confiance aux maires - ce sont les derniers élus à résister à la défiance voire à la colère populaires. Et pourtant, ils n’en peuvent plus : un maire sur deux ne se représentera pas aux Municipales de 2020. Parmi eux, une majorité d’élus des villes de moins de 1 000 habitants, qui représentent près des trois quarts des communes françaises.

Que se passe-t-il dans nos villages pour que les élus soient à ce point écoeurés par l’exercice du pouvoir ?

Adjoint au maire de Châtillon-en-Diois dans la Drôme, Bernard Ravet conte dans ce livre les mille et un tracas que subissent les élus locaux, ces "galériens" de la vie publique. De la part d’un Etat qui empile les normes, les échelons administratifs et les lois qui privent les maires de toute marge de manoeuvre, au lieu de les écouter et de les aider. De la part de collectivités territoriales paralysées par les enjeux politiciens. De la part, aussi, de citoyens toujours plus pressés, exigeants et indifférents au bien commun, qui attendent tout et tout de suite de leurs édiles.

L’histoire qui se joue à Châtillon, 550 habitants, jolie bourgade médiévale chantée par Giono, est celle de tous nos villages : celle d’un délitement de notre démocratie. Car, comme le soulignait le sénateur Philippe Bas après la mort du maire de Signes, écrasé par une camionnette alors qu’il luttait contre une décharge sauvage : "La commune, c’est une petite République dans la grande, c’est là que se forge la citoyenneté dans notre pays.".

Et si la crise démocratique pouvait se résorber en repartant des territoires ?

. Bertrand Cassoret, Transition énergétique. Ces vérités qui dérangent ! , Paris, De Boeck Supérieur, février 2020.

Entre énergies fossiles, nucléaire ou décroissance, avons-nous encore le choix ? Un livre rédigé sans militantisme, avec une rigueur toute scientifique pour permettre à chacun de se faire une opinion simple et claire des débats actuels sur la transition énergétique.

Stopper le réchauffement climatique et les pollutions dues aux énergies fossiles, sortir du nucléaire et conserver notre train de vie : par quels moyens ? Grâce aux énergies renouvelables et aux économies d’énergie ? Une réponse pour le moins optimiste des défenseurs de la croissance verte !

La réalité est autrement plus complexe. Aucun scénario de transition ne prétend que les énergies renouvelables pourront remplacer un jour les fossiles et le nucléaire sans réduction drastique de notre consommation. Entre énergies fossiles, nucléaire ou décroissance, avons-nous encore le choix ?

Une enquête édifiante menée de main de maître par Bertrand Cassoret.

Cette seconde édition est une mise à jour systématique des nombreuses informations collectées lors de la 1re édition. Tous les tableaux et schémas sont également actualisés.

. Mona Ozouf, De Révolution en République. Les chemins de la France, Paris, Gallimard, février 2020.

« Qui s’intéresse à la Révolution française rencontre toujours, peu ou prou, l’ivresse que procure l’idée, ou l’espérance, d’une société régénérée et d’un homme neuf. Mais c’est pour découvrir l’ingéniosité mise par les hommes à résister à la refonte autoritaire de leurs vies. La Révolution, qui a fendu en deux l’histoire nationale, réserve le même sort à ses historiens.
Fille de la Révolution, la République hérite de cette ambivalence. Tout ce Quarto raconte comment elle a dû composer avec les particularités religieuses, régionales et sociales, renoncer au modèle républicain pur, apporter des correctifs à l’esprit d’uniformité. Elle n’a pu se pérenniser en France qu’en se prêtant à ces accomodements.
Aujourd’hui, la France que dessine ce livre semble se dérober à nos yeux. L’idée révolutionnaire a cessé de déterminer nos choix et nos affrontements. Et perdant ses ennemis, la République a perdu la ferveur militante que lui donnaient leurs anathèmes. L’école, hier dépositaire de l’identité nationale, est aujourd’hui l’objet d’un profond désarroi.
Toutefois, il arrive à l’histoire de réanimer des enjeux engourdis, et l’apparition de menaces inédites peut redonner de l’éclat à des idées qui semblaient avoir perdu leur force inspiratrice. Et comme nous avons appris à quel point nos héritages conditionnent notre liberté, il n’est pas inutile de remettre nos pas dans les chemins buissonniers que, de Révolution en République, les Français ont dû emprunter. » Mona Ozouf.

. Naomi Oreskes et Éric M. Conway, L’effondrement de la civilisation occidentale, Paris, L.L.L, février 2020.

L’effondrement a eu lieu, et nous ne nous y sommes pas préparés...
En 2093, deux historiens se penchent sur les raisons de l’effondrement de la civilisation occidentale qui a eu lieu au milieu du XXIe siècle. Le constat est accablant. Alors que les rapports de l’époque, notamment ceux du GIEC, annonçaient déjà le pire, rien ne fut fait pour conjurer ces prévisions. Réchauffement climatique, hausse du niveau des océans, perte de la biodiversité, etc. L’incapacité de penser le monde de manière systémique, l’aveuglement des gouvernants acquis à l’idéologie néolibérale et la puissance des lobbys provoquèrent l’anéantissement de l’ordre social.

. Samuel Hayat, Démocratie, Paris, Anamosa, février 2020.

A quoi sert le mot démocratie - ou plutôt à qui sert-il ? Dans cet essai incisif, il s’agit de redonner toute sa force au mot, en mettant en lumière les différents plans sur lesquels se joue le combat autour de la démocratie entre les puissants et le peuple, afin d’éclairer ce qui fait démocratie.
"Le parti, le syndicat, le mouvement, l’organisation, le groupe affinitaire, l’association, aucune forme n’est prémunie de la captation oligarchique, mais aucune n’y est non plus condamnée. La démocratie est le pouvoir d’un peuple qui ne cesse de se reconstruire dans l’expérience collective d’un refus d’être gouverné. Ce refus préfigure un temps nouveau, celui du gouvernement du peuple et de la fin de la domination sociale.
Adhérer à la démocratie au sens fort suppose de l’effectuer, c’est-à-dire de prendre parti, sans garantie de victoire. Là est le sujet collectif que cette compréhension de la démocratie construit : un nous partisan, fondé sur un commun attachement à la démocratie réelle, cette forme de gouvernement et de société qui repose sur la capacité de n’importe qui à prendre parti, pour mettre en échec collectivement les relations de pouvoir qui nous enserrent. Là est le pari de la démocratie, la condition pour que s’effectue, de manière toujours différente et inattendue, le pouvoir du peuple".

. Firouzeh Nahavandi, Iran, Paris, De Boeck supérieur, février 2020.

Aux portes de l’Europe se déploie un monde arabe et musulman en pleine mutation depuis 2011, l’année des « printemps arabes ». Cet ouvrage invite à une (re)découverte de l’Iran à travers son histoire, sa société, sa politique, son économie, sa culture.

Héritier d’une histoire millénaire, l’Iran, théocratie constitutionnelle depuis 1979, est aujourd’hui à la croisée des chemins.

Sur le plan national, la situation est préoccupante. Les atteintes aux droits de l’Homme et une économie chancelante, malgré les richesses en hydrocarbures, pèsent sur la population – en particulier la jeunesse et les femmes de plus en plus éduquées – et donnent lieu à des manifestations auxquelles le régime répond par la répression.

Sur le plan international, malgré une position géostratégique privilégiée au Moyen-Orient, l’influence de l’Iran et ses interventions dans la région sont contestées et ses ambitions questionnées par la communauté internationale. Par ailleurs, les espoirs ouverts par la signature, en 2015, des Accords sur le nucléaire ont pris fin, notamment en raison du retrait des États-Unis et de la gestion douteuse du pouvoir iranien. Cette situation ne fait que complexifier les problèmes auxquels fait face la République islamique.

. Jean-Michel Dewailly, Pour une géographie vraiment partagée, Paris, l’Harmattan, février 2020.

Comment se fait-il que d’aussi nombreux intellectuels, personnalités des médias, politiciens, élites de la France, étalent autant leur a-géographie, y compris beaucoup de ceux qui devraient promouvoir la géographie ? S’appuyant sur des dizaines d’exemples, ce petit livre, sorte de bêtisier géographique de nos dirigeants, ne laisse pas d’inquiéter au moment où la mondialisation, la transition écologique, l’aménagement des territoires, le développement des pays pauvres, le problème de l’eau, la lutte contre le réchauffement climatique, les questions de migrations devraient au contraire donner une vigueur nouvelle à cette discipline méconnue et parfois maltraitée.

. Maryan Guisy, Panorama de nos mœurs politiques. Quand les romanciers d’hier chroniquent le monde d’aujourd’hui, Paris, Vendémiaire, mars 2020.

Ambitions personnelles, manœuvres électorales, règlements de comptes internes aux partis, suspicion portée sur toute une classe politique du fait des malversations avérées de certains de ses membres, mondanités parisiennes, fascination pour l’homme fort ou providentiel, pour la vie privée des dirigeants aussi, rébellions contre l’arrogance de la caste au pouvoir, contre les taxes, contre la censure, exigence de plus de démocratie, insurrections embrasant la rue, irrépressible voix des foules… Assurément, nous n’avons rien inventé : ce panorama de nos mœurs politiques est trait pour trait celui qu’ont dessiné les écrivains du XIXe siècle, qui dans ce paysage neuf d’une république naissante ont tout décrit de ce qui fait notre actualité.

On se souvient de Lucien Leuwen et d’Eugène de Rastignac, d’Eugène Rougon et de Bel-Ami, mais au-delà de ces figures emblématiques c’est toute la société de leur temps, et tous les rouages de la démocratie représentative que Stendhal, Balzac, Zola ou Maupassant, ces pionniers du roman politique, ont impitoyablement analysés.

Pour qui veut comprendre les mouvements sociaux d’aujourd’hui, le discrédit de la parole publique, les mensonges des uns, la révolte des autres, il n’est que de lire L’Argent ou Le Député d’Arcis…

. Olivier Dabêne, L’Amérique Latine à l’époque contemporaine, Paris, Armand Colin, mars 2020.

L’étude des difficultés qu’ont rencontrées les différents pays d’Amérique latine à trouver un ordre politique stable, compatible avec un développement économique harmonieux, de la fin du 19e siècle à nos jours, constitue le fil conducteur de cet ouvrage. Ni étude thématique, ni strict suivi chronologique, il s’organise autour de quelques périodes historiques dont les caractéristiques politiques, économiques, sociales et culturelles scandent l’évolution du continent. Ainsi sont examinés l’entrée de l’Amérique latine dans l’ère moderne (1870-1914), les années de prospérité (1914-1930), le temps du populisme (1930-1950), le séisme de la révolution cubaine (1950-1970), les années sombres (1968-1979), les transformations politiques et économiques des années 1980 et 1990, les caractéristiques contradictoires du tournant du siècle et, enfin, l’instabilité et la radicalisation politiques actuelles.

À travers de constants va-et-vient entre les descriptions s’appliquant à l’ensemble des pays du continent et les illustrations de cas particuliers confirmant ou infirmant la tendance générale, il prend en compte dans l’explication de l’évolution des sociétés les facteurs tant internes qu’externes, sans omettre les contraintes du système inter-américain et le poids des États-Unis.

. Philippe Artières, La banderole. Histoire d’un objet politique, Paris, Autrement, janvier 2020.
Annoncer, militer, célébrer, revendiquer, dénoncer…
La banderole s’infiltre partout. À la fois document et geste, on l’aperçoit dans les gradins des stades, agitée par les supporters, ou brandie par des fidèles dans des processions religieuses. Mais de Nancy à Santiago, de Londres à Gdańsk, la banderole et sa puissance graphique sont surtout mises au service des villes en révolte.

Quel pouvoir peut avoir une parole silencieuse ? Comment cet instrument politique est-il mis en scène ? Quel avenir peut-on imaginer pour la banderole à l’heure où les formes de l’écrit se renouvellent ?
En explorant la plasticité incroyable des messages contestataires, Philippe Artières démontre qu’en filigrane de l’histoire de la banderole se dessine celle, captivante, des luttes sociales aux XXe et XXIe siècles.

. Vincent Lehmuller, La stratégie immunitaire. Un autre chemin vers la victoire, Paris, Nuvis, février 2020.

Aujourd’hui, l’enjeu n’est plus de conquérir la puissance mais de la conserver ; il ne s’agit plus seulement de protéger nos intérêts stratégiques par la recherche d’une victoire décisive, mais de garantir la non-défaite. En ce sens, en cohérence avec les atouts et moyens de la France, la stratégie "immunitaire" proposée par l’auteur prône un modèle d’engagement plus préventif que curatif. Cette nouvelle façon de faire la guerre, plus constructive que destructrice, propose un autre chemin vers la victoire.

. Agence française du développement, L’économie africaine 2020, Paris, La Découverte, janvier 2020.

Un éclairage pluridisciplinaire sur les tendances macroéconomiques des différentes régions d’Afrique ainsi que sur les enjeux structurels majeurs : nouvelles formes d’urbanisation, financement des infrastructures et des services publics, bénéfice de l’industrialisation ou encore liens entre le développement et les migrations.

. Cyril de Sousa Cardoso, Emmanuelle Galou, Aurore Kervella, Patrick Kwok, Data power. Comprenez et exploitez la valeur de la donnée, Paris, Éditions Eyrolles, janvier 2020.

La data est un enjeu de pouvoir : l’organisation qui la maîtrise et la développe accède à une source de création de valeur majeure, en même temps qu’à une aide précieuse à la prise de décision. Mais comment mettre en place une stratégie dans des entreprises, organisations publiques ou associations qui, souvent, n’ont que peu de culture data ?

À la fois introduction et guide de mise en oeuvre, cet ouvrage permet de faire les premiers pas :

. Comprendre ce qu’est la data et les différents modes de traitement de la donnée.

. Anticiper l’impact de la data pour vous : marketing, industrie, médias, finance, médecine, territoire, politique, etc.

. Utiliser la data dans votre business : explorer, apprendre, modéliser. prédire.

. Décoder les enjeux et les perspectives de la data : IA, loT, questions écologiques, enjeux de propriété intellectuelle, etc.

Rédigé par quatre auteurs experts, Data power donne une vision large et concrète des enjeux et des applications de la donnée aujourd’hui.

. Emmanuel Todd, Les luttes des classes en France au XXIè siècle, Paris, Seuil, janvier 2020.

Macron et les Gilets jaunes ont ouvert une page nouvelle de l’histoire de France, qui mêle retour des luttes sociales et apathie politique, sursaut révolutionnaire et résignation devant les dégâts de l’euro, regain démocratique et menace autoritaire.

Pour la comprendre, Emmanuel Todd examine, scrupuleusement et sans a priori, l’évolution rapide de notre société depuis le début des années 1990 : démographie, inégalités, niveau de vie, structure de classe, performance éducative, place des femmes, immigration, religion, suicide, consommation d’antidépresseurs, etc.

Les faits surprendront. Les interprétations que propose l’auteur doivent, quant à elles, beaucoup à Marx, mais à un Marx mis « sous surveillance statistique ». À gauche, comme à droite, elles paraîtront à beaucoup étonnantes, amusantes, contrariantes, ou angoissantes. Cet empirisme sans concession conduit même Emmanuel Todd à réviser radicalement certaines de ses analyses antérieures.

À la lecture de ce livre riche, stimulant, provocateur, la vie politique des années 1992-2019 prend tout son sens : une longue comédie politique où s’invitent les classes sociales.

Bienvenue donc dans cette France du XXIe siècle, paralysée mais vivante, où se côtoient et s’affrontent des dominés qui se croient dominants, des étatistes qui se croient libéraux, des individus égarés qui célèbrent encore l’individu-roi, avant l’inéluctable retour de la lutte des classes.

. François Ramade, Introduction à l’écologie de la conservation. La protection de la nature pour une humanité durable, Paris, Lavoisier, janvier 2020.

La crise écologique globale, dont les changements climatiques ne sont qu’un des aspects, certes le plus perceptible, confronte de nos jours l’humanité de façon sans cesse plus inquiétante à un défi planétaire : celui de sa propre survie.

L’érosion permanente, voire l’éradication de surfaces toujours plus étendues d’habitats naturels et la régression de la biodiversité marquée par une accélération constante de la disparition d’espèces vivantes constituent aussi une des conséquences les plus redoutables de cette crise car elle affecte directement l’homme. Les populations, déjà trop nombreuses, consomment de façon irréfléchie et excessive les ressources naturelles planétaires, bien au-delà de leur taux de renouvellement spontané.

Cet ouvrage a pour objet de faire une analyse approfondie des modalités par lesquelles l’humanité contemporaine dégrade de façon croissante les écosystèmes et leur biodiversité. Il explique les mécanismes en œuvre ainsi que les conséquences immédiates et à long terme qui en découlent pour l’avenir de la biosphère.

Il ne se limite pas au seul exposé des effets négatifs de l’action de la civilisation moderne mais propose aussi des solutions à la crise écologique globale, au travers d’incontournables mesures de préservation de la nature et de ses ressources, qui seules permettraient d’assurer la pérennité de la civilisation humaine.

Fondé sur une importante bibliographie, ce livre dispose d’une abondante illustration en couleur, ainsi que d’un lexique en fin de texte qui explique les termes d’écologie plus spécialisés auxquels il fait recours.

Outre son lectorat universitaire de base : étudiants, enseignants et chercheurs des différentes disciplines concernées, il s’adresse plus particulièrement à tous les naturalistes amateurs, aux agents des organismes publics et associatifs, experts des bureaux d’études, impliqués dans les problématiques de protection de l’environnement et au delà à tous les citoyens préoccupés par la protection de la nature et de ses ressources.

. Luis Martinez, The State in North Africa. After the Arab Uprisings, Paris, CERI, janvier 2020.

Ever since independence, revolts and riots in North Africa have structured relations between society and the state. While the state has always managed to restore order, the unexpected outbreak of the Arab Spring revolts has presented a real challenge to state stability. Taking a long-term historical perspective, this book analyses how public authorities have implemented policies to manage the Maghreb’s restive societies, viewed at first as ‘retrograde’ and then as ‘radicalised’.

National cohesion has been a major concern for post-colonial leaders who aim to build strong states capable of controlling the population. Historically, North African nations found colonial oppression to be the very bond that united them, but what continues to hold these communities and nation-states together after independence ? If public interest is not at the heart of the state’s actions, how can national loyalties be maintained ? Luis Martinez analyses how states approach these questions, showing that the fight against jihadist groups both helps to reconstruct essential ties of state belonging and also promotes the development of a border control policy. He highlights the challenges posed by fragile political communities and weak state instruments, and the response of leaders striving to build peaceful pluralistic nations in North Africa.

. Renaud Duterme, Petit manuel pour une géographie de combat, Paris, La Découverte, janvier 2020.

Si l’histoire du capitalisme est largement documentée, sa logique spatiale, elle, l’est beaucoup moins. Cette dernière est pourtant fondamentale à la compréhension de ce système et de ses contradictions. Le présent ouvrage s’inscrit donc dans une discipline, la géographie radicale, qui spatialise la question des rapports de forces produits par le capitalisme.

L’auteur met au jour les logiques capitalistes à l’oeuvre dans les phénomènes spatiaux qui constituent les objets d’étude de la géographie, à savoir la mondialisation, les inégalités de développement économique, mais aussi l’aménagement du territoire, les replis identitaires, les mouvements migratoires et les questions écologiques.

Il est nécessaire pour quiconque s’intéresse au fonctionnement du capitalisme de se réapproprier la géographie comme outil permettant d’envisager une sortie démocratique des impasses produites par ce système. Une géographie populaire ou, mieux, une géographie de combat qui permet d’articuler la lutte à l’échelle locale aux dynamiques globales.

. Charles Thépaut, Le monde arabe en morceaux. Des printemps arabes à Daech , Paris, Armand Colin, janvier 2020.

Véritable boîte à outils pour suivre l’actualité politique arabe, cet ouvrage s’appuie sur l’histoire longue des pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient afin d’en expliquer les dernières crises : soulèvements de 2011, chute de régimes autoritaires, émergence de Daech, affrontements confessionnels, etc.

Mêlant synthèse de la recherche académique, cartes ou anecdotes de terrain, ce manuel de politique arabe décrypte l’évolution d’une région fragmentée, dont le destin est plus que jamais lié à celui de l’Europe. Le Maghreb reste un voisin mal connu. Les conflits en Syrie, en Libye et au Yémen, ou encore la reconquête irakienne contre Daech, amplifient la perception européenne d’un espace constamment en guerre. Les fortunes du Golfe alimentent les polémiques sur le rôle de ces pays dans l’économie mondiale et dans la diffusion de conceptions religieuses rigoristes.

S’il faut comprendre les conflits autant que la place de la religion dans les pays arabes, il est aussi important de porter son regard au-delà des chocs les plus spectaculaires. Derrière les violences qui crèvent l’écran, les sociétés se transforment en silence et dessinent tant bien que mal leur avenir.

. Christian Salmon, L’Ère du clash, Paris, Pluriel, janvier 2020.

« La vie politique, sociale ne s’ordonne plus en séquences ou feuilletons. Elle n’est plus rythmée par l’intrigue mais par l’imprévisibilité, l’irruption, la surprise, une logique de la rupture qui relève davantage d’une sismographie politique que du storytelling. On est passés de la story au clash, de l’intrigue à la transgression sérielle, du suspense à la panique, de l’argument au fake, de la séquence à une suite intemporelle de chocs. Fini le storytelling ? Bienvenue dans l’ère du clash ! »

Un ouragan emporte nos sociétés hyperconnectées et hypermédiatisées. Le vent a tourné, nous l’éprouvons tous fortement. L’époque n’est plus seulement à la manipulation et au formatage des esprits, comme encore au milieu des années 2000, quand régnait sur le discours médiatico-politique le storytelling.

L’explosion du Web, l’éclosion des premiers réseaux sociaux créaient l’environnement favorable à la production et à la diffusion d’histoires. Or, de même que l’inflation ruine la confiance dans la monnaie, l’inflation des stories a érodé la confiance dans les récits. Le triomphe de l’art de raconter des histoires, mis au service des acteurs politiques, a entraîné, de manière fulgurante, le discrédit de la parole publique...

Dans le brouhaha des réseaux et la brutalité des échanges, la story n’est plus la clé pour se distinguer. La conquête de l’attention, comme celle du pouvoir, passe désormais par l’affrontement, la rupture, la casse des « vérités ». Désormais, viralité et rivalité vont de pair. Fini le storytelling ? Bienvenue dans l’ère du clash !

. Clément Therme, L’Iran et ses rivaux. Entre nation et révolution, Paris, Passés Composés, février 2020.

De gendarme du Golfe sous le règne du Shah (1941-1979), l’Iran devint une République islamique apparaissant comme une puissance déstabilisatrice pour nombre de ses voisins arabes et sunnites, ou pour Israël. La nature de la politique internationale de Téhéran n’a cessé de questionner les spécialistes. Après la Révolution, la République islamique a construit ses relations en s’appuyant sur l’idéologie islamiste, tout en prenant en considération les questions de sécurité. Plus récemment, Téhéran est devenu un partenaire de la Russie dans la lutte contre le djihadisme sunnite ; mais l’aide iranienne contre cette idéologie est en elle-même porteuse de dangers futurs selon les États-Unis, puisqu’elle favorise l’émergence d’un chiisme paramilitaire depuis l’intervention américaine en Irak (2003) et les débuts de la crise syrienne (2011). Cet ouvrage montrera donc les relations de l’Iran depuis 1941, s’intéressant aussi bien aux rivaux de l’Iran qu’aux nouveaux partenariats, nés notamment de la priorité donnée par Téhéran à son opposition à Washington, tant sur les affaires régionales qu’internationales.

. Fabien Mathieu, Gilles Vermot Desroches, Profit and Planet. How innovation can help build a better world, Ayming, Ayming Institute, janvier 2020.

There can be little doubt that we are either on the cusp of a great transformation or a great disaster. For decades, we have heard warnings about climate change and the future of the planet. Meanwhile, growing inequalities have fueled social tensions.

Too often portrayed as the embodiment of the problem, the corporate world is in fact our only hope. In this timely book, Fabien Mathieu and Gilles Vermot Desroches argue that the only realistic way of meeting the challenges we face is through a business-led innovation revolution. Contrary to what we are often told, we don’t need to choose between the profit motive and the future of the planet : the former can help guarantee the latter.

It is possible to be profitable without destroying the planet and eroding social bonds. In any case, if we don’t preserve the environment we live and work in, there will be no profits to be made. It has long been unthinkable to consider investing in a project without looking into the economic fundamentals and projected earnings. It will soon be impossible to envisage backing projects that don’t have a positive social and environmental impact. It’s a challenge that concerns us all : this time it’s personal, not just business.

. Jacques Brasseul, Petite histoire des faits économiques. Des origines à nos jours, Paris, Armand Colin, janvier 2020.

L’histoire économique a connu un renouveau depuis un demi-siècle grâce à l’analyse économique, aux théories institutionnalistes et aux approches globales. Cette nouvelle édition, revue et actualisée, présente, en s’appuyant sur ces acquis, une version synthétique de l’évolution économique du monde depuis l’origine des civilisations jusqu’aux premières décennies du XXIe siècle.

Elle aborde en premier lieu les problèmes de la discipline elle-même, puis remonte à la fin de la préhistoire pour exposer de façon chronologique les traits de l’économie antique, puis médiévale, avant d’arriver aux Temps modernes et à la révolution industrielle. Le livre insiste ensuite sur l’évolution au XIXe siècle, l’extension de l’industrialisation et les mutations économiques et sociales qu’elle entraîne, puis la mondialisation d’avant 1914.

Le XXe siècle et la période actuelle font l’objet des derniers chapitres, depuis les guerres mondiales, la crise de 1929 et la montée des totalitarismes jusqu’à l’évolution plus favorable qui suit : paix globale, montée des échanges, intégration de l’Europe, nouvelle révolution technologique et développement au Sud, avant d’aborder les difficultés actuelles, depuis la crise de 2008.

. Julien Weisbein, Introduction à la socio-histoire des idées politiques, Paris, De Boeck supérieur, avril 2020.

Libéralisme, conservatisme, socialisme... Cet ouvrage vise à replacer les auteurs et leurs oeuvres dans ces courants et idéologies, et plus généralement dans une socio-histoire de l’État moderne et des sociétés contemporaines.

Samuel Hayat est chargé de recherche 1ère classe au Centre national de recherche scientifique (CNRS) et Centre d’études et de recherches administratives, politiques et sociales (CERAPS) de l’Université de Lille. Julien Weisbein est Maître de conférences de science politique à Sciences-Po Toulouse, et chercheur au Laboratoire des sciences sociales du politique (LaSSP).

. Arnaud Chomette, Actu 2020 Comprendre le monde du XXIè siècle, Paris, Ellipses, janvier 2020.

En 50 questions, ce livre éclaire les grands enjeux du monde du XXIe siècle, en lien avec les sujets suivants : Mondialisation, Mutations politiques, Conflits, Europe et Russie, Moyen-Orient et Afrique, Asie, Amérique, Durabilité de nos modes de vie. Cet ouvrage est destiné aux étudiants en classes préparatoires ECS, en sciences politiques, en droit, en école de journalisme, à ceux qui préparent les concours administratifs ainsi qu’à tous ceux qui veulent mieux comprendre notre monde en pleine mutation.

. Béligh Nabli, L’État. Droit et Politique, Paris, Armand Colin, janvier 2020.

Qu’est-ce que l’État ? Au-delà de la formule prêtée à Louis XIV – « L’État, c’est moi ! » – cette question fondamentale se pose dans des termes sans cesse renouvelés. Construit mais inachevé, l’État n’est pas un produit fini ou un modèle absolu et définitif. Au contraire, il est foncièrement appelé à évoluer dans l’espace et dans le temps. « On nous change notre État ! », s’exclamait déjà Maurice Hauriou à la fin du XIXe siècle. Aussi ce manuel vise-t-il à appréhender l’objet étatique dans ses traits ontologiques (et immuables ?) comme dans ses mutations contemporaines.

À partir essentiellement du cas de la France, l’État est ici étudié à travers sa construction (théorique, historique, politique et juridique), son organisation (répartition verticale et horizontale du pouvoir), son action (via les finalités et les moyens de ses missions et fonctions) et son statut (sur le plan international). Non seulement, ces approches se veulent didactiques et complémentaires, mais elles mobilisent à la fois les sciences juridiques et politiques. Autant de caractéristiques qui font l’originalité de ce manuel sur l’État.

. Frédéric Angleviel, Poulo Condore. Un bagne français en Indochine , Paris, Vendémiaire, janvier 2020.

Surnommé « le bagne d’où l’on ne revient pas », le pénitencier de l’archipel de Poulo Condore, dans la mer de Chine, ouvrit ses portes en 1861 pour ne les fermer qu’en 1993, soit près de quarante ans après la fin de la guerre d’Indochine. Ce fut le deuxième bagne français, derrière celui de Guyane : 40 000 prisonniers y furent relégués durant toute la période coloniale. La moitié y trouvèrent la mort dans des conditions atroces : manque de nourriture, travail forcé, épidémies… Officiellement réservé aux pirates, membres des sociétés secrètes ou trafiquants d’opium, Poulo Condore fut en réalité un outil de répression politique, destiné à faire disparaître les opposants à l’autorité française, qui représentaient plus des deux tiers des détenus.

Dans la période suivant la partition du Vietnam en 1954, l’archipel, renommé Con Dao, servit, avec le soutien des États-Unis, à l’emprisonnement des combattants de la réunification révolutionnaire. L’indépendance totale du Vietnam en 1975 n’entraîna pas la fermeture du pénitencier où furent cette fois envoyés, durant deux décennies, les derniers adversaires du nouveau régime.

Méconnu des Français, contrairement à ceux de Guyane ou de Nouvelle-Calédonie, ce lieu de relégation d’une terrible cruauté occupe une place fondamentale dans la mémoire collective vietnamienne d’aujourd’hui.

. Henri Leclerc, La Parole et l’action, Paris, Pluriel, février 2020.

Un engagement social fort et un goût pour les affaires médiatisées : Henri Leclerc, le plus grand avocat pénaliste français, revient sur les grandes affaires de soixante ans de carrière.

. Jean-Christophe Picard, La colère et le courage. Plaidoyer contre la corruption, pour une République éthique, Paris, Armand Colin, janvier 2020.

Corruption, fraude fiscale, gaspillage de l’argent public… Les affaires continuent ! Avec l’explosion de la dette publique et le creusement des inégalités, le flot ininterrompu des scandales est de plus en plus insupportable. Leur coût est tel que même assumé par l’ensemble des contribuables, l’impact sur chacun est énorme : des impôts et taxes supplémentaires, des prestations sociales diminuées et des services publics de moins bonne qualité. Surtout, la succession des affaires abîme l’indispensable lien de confiance entre élus et électeurs.

Ce passionnant ouvrage ne se contente pas de dresser un état des lieux implacable des failles de notre République. Il évoque les solutions à mettre en oeuvre pour mettre fin aux abus. Président de la République, parlementaires, élus locaux, candidats, militants, citoyens… tous les acteurs de la vie politique ont un rôle à jouer !

Une République plus éthique est à portée de main. La recette qui déclenche tous les grands changements n’a besoin que de deux ingrédients : la colère et le courage. « La colère face aux choses telles qu’elles sont. Et le courage nécessaire pour les changer. »

. Philippe Riutort, Les classiques de la sociologie, Paris, PUF, janvier 2020.

L’ouvrage vise à présenter huit auteurs, devenus des classiques de la pensée sociologique, qui ont fortement influencé l’histoire de la discipline et qui exercent toujours, aujourd’hui, une grande influence. Il s’agit d’Emile Durkheim, Max Weber, Georg Simmel, Robert K. Merton, Erving Goffman, Pierre Bourdieu, Raymond Boudon et Norbert Elias.
Après une rapide présentation biographique, trois thèmes majeurs de l’œuvre sont analysés pour chacun des auteurs et, enfin, une mise en perspective est proposée, à partir des débats engendrés et de la postérité de l’œuvre.

. Hugo Micheron, Le jihadisme français : Quartiers, Syrie, Prisons, Paris, Gallimard, janvier 2020.

Cinq ans après les attentats qui ont ensanglanté la France - de la tuerie de Charlie Hebdo au massacre du Bataclan -, ce livre est le premier récit de l’intérieur du processus qui a vu croître le jihadisme français. Né dans les "cités" enclavées des banlieues populaires, il a mené ses activistes, en passant par le "califat" de Daech au Levant, jusqu’aux prisons de l’Hexagone. A partir de quatre-vingts entretiens avec des terroristes incarcérés, Hugo Micheron analyse la nature du jihadisme français. Loin d’être coupée du reste de la société, la prison est en interaction constante avec les quartiers. Dans quel terreau français se creuse le jihadisme ? Comment se transplante-t-il dans le jihad syrien ? Comment s’épanouit-il dans les prisons de l’Hexagone ? Voici le récit édifiant d’une emprise moderne, méthodique, qui a bouleversé les profondeurs de la société.

. Antoine Garapon, Pierre Servan-Schreiber, Deals de justice. Le marché américain de l’obéissance mondialisée, Paris, PUF, janvier 2020.

Corruption, blanchiment, évasion fiscale, contournement des sanctions internationales… Les autorités de régulation américaines traquent ces pratiques chez les entreprises transnationales qui, si elles sont avérées, peuvent entraîner des sanctions considérables : procès à rallonges, mises en causes personnelles, pénalités astronomiques et, plus grave encore, préjudice porté à la réputation de l’entreprise.

Devant ces menaces et la perspective de se voir interdire l’accès au marché américain, mieux vaut souvent coopérer en mettant en œuvre une nouvelle logique. L’entreprise suspectée doit alors renoncer à se défendre judiciairement, pratiquer elle-même des enquêtes internes poussées, s’acquitter d’amendes colossales et mettre en place des processus de compliance lourds et coûteux ; en bref : acheter la paix avec les autorités américaines. Cette justice sans la Justice n’a-t-elle pas le mérite de l’efficacité ? Ne préfigure-t-elle pas aussi un nouveau mode de régulation globale ? N’annonce-t-elle pas un nouveau régime d’obéissance mondialisée où l’on demande à chacun – sujet ou entreprise – de se faire le juge et le dénonciateur de lui-même ?

. Barthélémy Courmont, L’Asie du Sud-Est contemporaine, Québec, PUQ, janvier 2020.

L’Asie du Sud-Est est l’une des régions les plus effer­vescentes de la planète. Forte d’une population de 650 millions d’habitants et d’une croissance économique élevée, son attractivité dépasse largement les frontières asiatiques ; le monde entier s’intéresse désormais aux développements de ce territoire dont l’influence ne fera qu’augmenter dans les prochaines décennies. Son développement économique accéléré est favorable à l’émergence de nouveaux enjeux d’ordres politique, économique, démographique, territorial, social et environnemental, qui, une fois mis bout à bout, peuvent accentuer les contrastes économiques et sociaux, voire les déséquilibres d’une région soumise aux défis de l’intégration.

Le présent ouvrage brosse un tableau des différentes dynamiques de l’Asie du Sud-Est. Sans être exhaustif, ce portrait prend appui sur les trajectoires suivies depuis un demi-siècle et fournit des clés de compréhension des problématiques actuelles. Il consiste en une analyse pluridisciplinaire de l’Asie du Sud-Est contemporaine dans sa globalité. Si chaque thème abordé offre l’occasion de se pencher plus particulièrement sur un des pays de la zone (car d’importantes disparités subsistent parfois entre les pays), c’est l’approche régionale et transversale qui reste privilégiée, afin de mettre en relief les réalités qui sont celles de l’Asie du Sud-Est.

Cet ouvrage s’adresse aussi bien aux chercheurs et aux étudiants qu’aux journalistes, ainsi qu’à toute personne curieuse de découvrir l’Asie du Sud-Est d’aujourd’hui.

. Gérard Davet, Fabrice Lhomme, Apocalypse now. Les années Fillon, Paris, Fayard, janvier 2020.

La suite de l’histoire secrète, riche en témoignages et en documents inédits, de la droite française, de 2014 à aujourd’hui, qui débute par l’« exécution » du soldat Copé, se poursuit par le décisif déjeuner Jouyet-Fillon et son corollaire, la « providentielle » affaire Fillon, pour déboucher sur le paysage dévasté de la droite française... 1 306 400 euros ; soit le montant global des sommes perçues indûment par le couple Fillon depuis 1981, selon les enquêteurs. Cet argent a le goût de la défaite en 2017, pour la droite française.

De la débâcle, plutôt. Après La Haine. Les années Sarko, voici donc le second tome de notre fresque politique, relatant cette fois la période 2014-2019.

L’affaire Fillon sera jugée à partir de février 2020, les dossiers Bygmalion, Azibert et d’autres encore suivront bientôt. La droite ne s’en remettra pas, déballage de linge sale garanti. Car tous ces scandales politico-judiciaires sont nés de guerres fratricides, notre enquête l’atteste. Elle est nourrie de témoignages sans filtre, de documents exclusifs et, aussi, de spectaculaires révélations.
C’est la fin d’une époque, de fureur et de sang, laissant la droite française vitrifiée.
Apocalypse Now.

. Sylvain Waserman, Chroniques du Perchoir. Pensées et confidences d’un vice-président de l’Assemblée nationale, Paris, Armand Colin, janvier 2020.

Vice-président de l’Assemblée nationale depuis le 28 juin 2017, l’auteur nous livre ses impressions sous forme de chroniques. Témoin de tant d’heures de débats depuis son perchoir, il a pu se forger une vision sur notre démocratie et sur ce que l’on doit réinventer. De situations parfois ubuesques en passant par les incidents, voire les crises, ces "Chroniques du perchoir" partent de ces événements pour déboucher sur une réflexion de la part de l’auteur balayant tous les sujets sociétaux (montée du RN, Gilets jaunes, etc.). Il nous donne un aperçu unique sur l’Assemblée, y mêlant également des événements qui le touchent de près (attentat de Strasbourg par exemple).

. Julia Cagé, Le prix de la démocratie, Paris, Folio actuel, janvier 2020.

Une personne, une voix : la démocratie repose sur une promesse d’égalité qui trop souvent vient se fracasser sur le mur de l’argent. Financement des campagnes, dons aux partis politiques, prise de contrôle des médias : le jeu démocratique est de plus en plus capturé par les intérêts privés. Se fondant sur une étude inédite des financements politiques privés et publics dans une dizaine de pays sur plus de cinquante ans, Julia Cagé passe au scalpel l’état de la démocratie, décortique les modèles nationaux, et fait le récit des tentatives - souvent infructueuses, mais toujours instructives - de régulation des relations entre argent et politique. En France, l’État a mis en place un système de réductions fiscales permettant aux plus riches de se voir rembourser l’essentiel de leurs dons aux partis politiques, alors que les plus pauvres, eux, paient plein pot. Ces dérives ne viennent pas d’un complot savamment orchestré mais de notre manque collectif d’implication. La question du financement de la démocratie n’a jamais véritablement été posée ; celle de la représentation des classes populaires doit l’être sur un mode plus radical. Pour sortir de l’impasse, voici des propositions qui révolutionnent la façon de penser la politique, des réformes innovantes pour une démocratie retrouvée.

. Guillaume Debré, L’art de gouverner selon Donald Trump, Paris, Fayard, janvier 2020.

13 421 : C’est le nombre de tweets que Donald Trump a publiés depuis qu’il siège à la Maison-Blanche.

Autoproclamé l’« Ernest Hemingway des 140 signes », ce président hors norme ne peut s’empêcher de pianoter sur son téléphone sécurisé. Avec ses deux pouces, il critique, vilipende et terrorise la planète entière. « Crétin », « psycho », « pourri » font maintenant partie du lexique présidentiel, sans parler de l’accusation de « Fake News ! », qu’il utilise sans cesse.

Cette litanie de tweets est à l’image de la présidence de Donald Trump : déroutante. L’homme fascine autant qu’il répugne. Incroyable bête politique au flair électoral redoutable, ce trublion politique reste difficilement saisissable. Mais, qu’on le veuille ou non, ce chef d’État omniprésent et imprévisible structure aujourd’hui le paysage politique américain.

Plus obscure est sa pensée politique. Populiste ? Nationaliste ? Ou tout simplement pragmatique ?

Entre élucubrations et éructations, les tweets de Trump forment un croquis inédit, une silhouette plus qu’un portrait. Leur analyse, couplée à celle de ses rapports avec son entourage et son administration, de ses décisions et de ses sorties dans les médias, éclaire le logiciel politique de ce président transgressif.

Guillaume Debré montre avec brio comment Donald Trump façonne, jour après jour, un nouvel art de gouverner.

. Valérie Niquet, Le Japon. Un modèle en déclin ? en 100 questions, Paris, Tallandier, janvier 2020.

Que signifie « l’exceptionnalisme » japonais ? Le pays est-il toujours une grande puissance industrielle ? Les traditions bloquent-elles les évolutions sociales ? Quelles sont les conséquences de la chute du taux de natalité ? Les relations sino-japonaises sont-elles vouées au conflit ? Le Japon peut-il être un acteur majeur sur la scène internationale ?

Après avoir dominé la scène économique mondiale jusqu’à la fin du xxe siècle, le Japon semble céder la place au miracle chinois. Ses défis sont aujourd’hui multiples : croissance stagnante, population vieillissante, condition des femmes difficile, sentiment de déclin et d’entre-soi, loin d’un monde globalisé et pluriel.

Pourtant, le Japon conserve une efficacité et une capacité de résilience hors normes héritées de ses multiples épreuves : bombardements atomiques en 1945, tremblements de terre, catastrophe de Fukushima… Terre d’innovations constantes, place financière incontournable, le pays le plus « occidental » d’Asie affirme ses valeurs libérales et démocratiques, son attachement à sa politique strictement défensive, tout en affichant une ambition plus importante en matière de sécurité.

À l’heure où commence l’ère Reiwa (« Belle harmonie »), Valérie Niquet nous donne les clés pour mieux comprendre ce pays qui fascine autant qu’il déroute, ses spécificités, ses limites, mais aussi ses atouts qui prouvent qu’il est loin d’être hors course.

. Michelle Perrot, Les femmes ou les silences de l’histoire, Paris, Champs histoire, janvier 2020.

Les femmes font aujourd’hui du bruit ? C’est en regard du silence dans lequel les a tenues la société depuis des siècles. Silence des exploits guerriers ou techniques, silence des livres et des images, silence surtout du récit historique qu’interroge justement l’historienne. Car derrière les murs des couvents ou des maisons bourgeoises, dans l’intimité de leurs journaux ou dans les confidences distraites du passé, dans les murmures de l’atelier ou du marché, dans les interstices d’un espace public peu à peu investi, les femmes ont agi, vécu, souffert et travaillé à changer leurs destinées. Qui mieux que Michelle Perrot pouvait nous le montrer ? Historienne des grèves ouvrières et du monde du travail, explorant les prisons dès les années 1970, Michelle Perrot s’est attachée très tôt à l’histoire des femmes. Elle les a suivies au long du XIXe et du XXe siècles, traquant les silences de l’histoire et les moments où ils se dissipaient. Ce sont quelques-unes de ces étapes que nous restitue ce livre.

. Pierre Rosanvallon, Le siècle du populisme – Histoire, théorie, critique, Paris, Seuil, janvier 2020.

Le phénomène du populisme n’a pas encore été véritablement pensé. C’est en effet surtout à caractériser sociologiquement les électeurs populistes que se sont attachés la plupart des livres sur le sujet ; ou à discuter ce dont il est le symptôme (le désenchantement démocratique, les inégalités galopantes, la constitution d’un monde des invisibles, etc.) ; ou encore à sonner le tocsin sur la menace qu’il représenterait.
Cet ouvrage propose de le comprendre en lui-même, comme une idéologie cohérente qui offre une vision puissante et attractive de la démocratie, de la société et de l’économie. S’il exprime une colère et un ressentiment, sa force tient au fait qu’il se présente comme la solution aux désordres du présent. Il est pour cela l’idéologie ascendante du xxie siècle, à l’heure où les mots hérités de la gauche semblent dorénavant résonner dans le vide.
L’auteur en présente une théorie documentée, en retrace l’histoire dans celle de la modernité démocratique et en développe une critique approfondie et argumentée. Il permet ainsi d’en finir avec les stigmatisations impuissantes et dessine les grandes lignes de ce que pourrait être une alternative mobilisatrice à ce populisme.

. Antoine Violet-Surcouf, Cyberdjihadisme, Paris, VA Press, janvier 2020.

Dans leur guerre contre les démocraties et les valeurs occidentales, Internet représente une arme de prédilection pour les combattants islamistes les plus radicaux. Champ de bataille à part entière, le Web et ses divers outils – comme les réseaux sociaux ou applications de messagerie – sont avant tout vecteurs de communication, de propagande et de recrutement pour les djihadistes. Internet participe également au financement des organisations djihadistes et pourrait, demain, être directement mis à profit pour frapper leurs adversaires. Conférant, ainsi, une réalité au cyberterrorisme le plus dévastateur. Si le cyberdjihadisme inquiète légitimement médias et services de renseignement, il n’a, paradoxalement, jamais fait l’objet d’une tentative d’analyse globale, que celle-ci porte sur sa genèse, ses évolutions passées et à venir, ou encore sur les dangers que fait planer l’activisme islamiste se déployant sur Internet. Sans prétendre à l’exhaustivité quant à un phénomène aussi diffus qu’évolutif, le présent ouvrage se propose de replacer le cyberdjihadisme dans sa profondeur historique, avant d’évaluer les menaces qu’il représente et, enfin, d’avancer un ensemble de réponses permettant de le combattre sur son propre terrain.


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Sélection des livres géopolitiques de l’année 2018

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Marie-Caroline Reynier étudie les relations internationales à Sciences Po Paris. Pierre Verluise, docteur en Géopolitique est directeur des publications du Diploweb.com.


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Citation / Quotation

Auteur / Author : Marie-Caroline REYNIER, Pierre VERLUISE

Date de publication / Date of publication : 4 mai 2022

Titre de l'article / Article title : Actualité des livres géopolitiques

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