Retour à l'accueil du site | Retour à l'article

Actualité des livres géopolitiques

Par Julie MATHELIN, Pierre VERLUISE*, le 14 mai 2020.

Les livres géopolitiques sont nécessaires à la compréhension du monde. Le Diploweb.com en présente ici une veille spécialisée, unique sur la Toile, vue chaque mois par plusieurs milliers de personnes qualifiées. Le Diploweb.com ne touche aucune commission des éditeurs ou libraires.

Les éditeurs qui souhaitent faire connaître leurs nouveautés doivent adresser un exemplaire à Diploweb.com, 1 avenue Lamartine, 94300, Vincennes, France. Pour communiquer leur programme, les éditeurs doivent adresser un courriel à l’adresse suivante redactiondiploweb [at] gmail.com . La rédaction reste juge seule de ses choix.

. Florent Parmentier, Pierre Verluise (sous la dir.), "Géopolitique de l’Europe trois décennies après l’ouverture du Rideau de fer", éd. Diploweb via Amazon

Trois décennies après l’ouverture du Rideau de fer, c’est maintenant l’heure des bilans et perspectives sans complaisance. Et si nous acceptions de décentrer notre regard, afin d’appréhender les dynamiques géopolitiques sur le temps long ? N’assiste-t-on pas à une redéfinition de l’Europe et à l’émergence de nouvelles règles du jeu ?

La pandémie qui ouvre la décennie 2020 rend plus que jamais nécessaire une approche géopolitique et stratégique de l’Union européenne, de l’Europe géographique et du vaste monde. Les auteurs rassemblés en donnent les clés.

Sous la direction de Florent PARMENTIER et Pierre VERLUISE. Avec des contributions de Arnaud BALVAY, Céline BAYOU, Cyrille BRET, Gérard-François DUMONT, Sylvain KAHN, Fabien LAURENCON, Olivier MARTY, Florent PARMENTIER, Orane SUTRE, Pierre VERLUISE.

Voir le livre de Florent Parmentier, Pierre Verluise (sous la dir.), "Géopolitique de l’Europe trois décennies après l’ouverture du Rideau de fer", éd. Diploweb via Amazon


. Jean-Pierre Payot, Climat, l’alerte impossible, Paris, L’Harmattan, mai 2020.

Les derniers rapports scientifiques sur le réchauffement climatique et sur la biodiversité sont alarmants. Pourtant, malgré leur gravité, nous ne semblons pas suffisamment intégrer ces constats officiels pour passer vraiment à l’action. Comment expliquer ce « mal-entendu » ? Notre processus de développement débridé nous a déplacés dans un environnement hors-sol où la nature a été réduite à l’état de concept. Dès lors, déconnectés de la réalité écologique de notre planète, nous sommes devenus sourds à ses appels. Pire, l’alerte climatique, souvent perçue comme anxiogène et culpabilisante, menace de devenir un véritable repoussoir.

Jean-Pierre Payot est agrégé d’histoire géographie. Passionné des grandes questions de notre temps, il articule sa mission d’enseignant avec ses recherches en géopolitique et environnement.

Le livre de Jean-Pierre Payot, Climat, l’alerte impossible, sur le site des éditions L’Harmattan


. Laurent Delcourt, Le Brésil de Bolsonaro : le grand bond en arrière, Paris, Syllepse, juillet 2020.

Pourquoi et comment un médiocre parlementaire d’extrême droite, nostalgique de la dictature militaire, ouvertement raciste, misogyne et homophobe a-t-il pu se hisser à la tête du plus grand pays d’Amérique latine ? L’arrivée de Bolsonaro à la présidence du Brésil n’est ni un événement fortuit, ni une parenthèse sans lendemain. Portée par une lame de fond, elle est à la fois le produit des circonstances et la conséquence d’un travail de conquête et de formatage de l’opinion par de nouvelles droites radicales et militantes.

Dans un contexte marqué par une profonde crise économique, morale et institutionnelle, ces courants ont exploité les frustrations et les ressentiments de la société brésilienne, pour s’imposer aux affaires. Avec l’appui des vieilles oligarchies et des secteurs les plus conservateurs, ils entendent aujourd’hui solder l’héritage du "lulisme" et dicter leur agenda ultralibéral, rétrograde et autoritaire.

Révision des droits sociaux, démantèlement des protections environnementales, privatisation des entreprises publiques, réalignement de la politique étrangère sur les Etats-Unis, croisade morale et sécuritaire..., le tournant engagé risque de réduire à néant les progrès démocratiques engrangés au terme de plusieurs décennies de luttes. Sonnée et divisée, la gauche s’est jusqu’à présent montrée impuissante à contrer la vague réactionnaire.

Elle devra, coûte que coûte, retrouver son unité et proposer un nouveau projet mobilisateur pour éviter que le pays, champion toutes catégories des inégalités, ne s’enfonce dans l’abîme.


Découvrez les livres géopolitiques publiés par Diploweb : des références disponibles via Amazon sous deux formats, Kindle et papier broché

Avec un livre géopolitique Diploweb, le monde s’ouvre à vous ! C’est aussi un cadeau utile qui fait toujours plaisir !

. Florent Parmentier, Pierre Verluise (sous la dir.), "Géopolitique de l’Europe trois décennies après l’ouverture du Rideau de fer", éd. Diploweb via Amazon

. Patrice Gourdin, "Manuel de géopolitique, éd. Diploweb via Amazon"

. Pierre Verluise (dir.), "Géopolitique du monde de Trump. La stratégie du chaos ?" éd. Diploweb via Amazon

. Axelle Degans, "La synthèse de l’actualité internationale 2019. Réussite aux concours 2020 !", éd. Diploweb via Amazon

. P. Verluise (dir.), « Histoire, Géographie et Géopolitique de la Russie et de ses frontières », éd. Diploweb via Amazon

. P. Verluise (dir.), "Histoire, Géographie et Géopolitique de l’Union européenne. A l’heure du Brexit".

. P. Verluise (dir.), "Histoire, Géographie et Géopolitique de l’Asie. Les dessous des cartes, enjeux et rapports de force".

. L. Chamontin, "Ukraine et Russie : pour comprendre"

. P. Verluise (dir.), "Histoire, Géographie et Géopolitique du Proche et du Moyen-Orient. Les dessous des cartes, enjeux et rapport de force"

. P. Verluise (dir.), "Histoire, Géographie et Géopolitique de la mondialisation contemporaine. Les dessous des cartes, enjeux et rapports de force"

. S. Schmit, "Histoire, Géographie et Géopolitique de l’Amérique latine : Un sous-continent en pleine transition politique, énergétique et commerciale. Dossiers et fiches pays"

. L. Bloch, "L’Internet, vecteur de puissance des États-Unis ? : Géopolitique du cyberespace, nouvel espace stratégique"

. G-F Dumont, P. Verluise, "The Geopolitics of Europe : From the Atlantic to the Urals"


. Maryse Deguergue, Environnement et santé : progrès scientifiques et inégalités sociales, Paris, Éditions de la Sorbonne, juillet 2020.

Le progrès scientifique et technologique a été longtemps accompagné d’une connotation positive, tant il a contribué à l’amélioration du bien-être individuel et collectif au XXème siècle. Le présent ouvrage tend à montrer que la réalité du XXIème siècle est peut-être sensiblement différente des représentations traditionnelles de l’idée de progrès et se propose d’explorer l’une de ses faces sombres, celle des inégalités qu’il génère.

Le changement climatique aujourd’hui - ou le voisinage des installations polluantes à travers les âges - et les injustices environnementales qu’ils produisent, les bulles technologiques, les déserts médicaux ou les expérimentations en santé, pouvant aller jusqu’à l’augmentation technologique des êtres humains, révèlent des inégalités qu’il est intéressant de débusquer dans les deux secteurs de l’environnement et de la santé, choisis, pour le premier en ce qu’il est présenté comme victime du progrès, pour le second en ce qu’il est reconnu comme la voie triomphale du progrès.

Il est apparu aussi nécessaire de relier ces inégalités à la question sociale, que les actuels soulèvements populaires posent de manière aiguë, et qui doit être traitée par le droit. Les différents contributeurs, par un croisement des disciplines juridique, sociologique, philosophique, géographique, ont mis en lumière la gravité de certaines situations discriminatoires engendrées par le progrès. Leurs réflexions peuvent contribuer à préparer l’entrée dans l’ère de la robotique, avant que les droits des robots viennent coexister avec les droits de l’Humanité ou les concurrencer...

. Ronan Farrow, Paix en guerre – La fin de la diplomatie et le déclin de l’influence américaine, Paris, LGF/Livre de Poche, juillet 2020.

La politique étrangère des Etats-Unis subit une mutation désastreuse, modifiant pour toujours le rôle de l’Amérique dans le monde. Les institutions diplomatiques souffrent de drastiques coupes budgétaires et les émissaires qui ont permis les plus fines négociations et protégé partout leurs expatriés sont démis de leurs fonctions du jour au lendemain. Alors que, à Washington, les bureaux du ministère des Affaires étrangères se vident, dans le reste du monde, ce sont l’industrie et l’armée qui reprennent les rênes.

Fondé sur des documents jamais dévoilés, enrichi d’interviews exclusives (de Henry Kissinger à Hillary Clinton), Paix en guerre nous alerte sur une profession en voie d’extinction, celle des défenseurs de la paix. Raconter la politique étrangère de son pays à la manière d’un grand reportage, seul un journaliste américain pouvait être capable de cette prouesse. Un extraordinaire pouvoir d’évocation.

. Sandra Birtel, Blanchiement d’argent, financement du terrorisme, corruption – État de la coopération internationale des cellules de renseignement financier, Paris, Legitech, juillet 2020.

Le coût des pots de vin versés dans le monde chaque année représente entre 1 500 et 2 000 milliards de dollars, soit 2 % du Produit Intérieur Brut (PIB) mondial. D’un point de vue régional, la corruption coûterait à l’Europe entre 179 et 990 milliards d’euros par an. D’après le Fonds Monétaire International (FMI), le volume du blanchiment d’argent représenterait entre 2 et 5 % du PIB mondial. Face à ces chiffres mirobolants, force est de constater la nécessité de lutter efficacement et urgemment contre le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et la corruption. C’est là l’une des missions principales des Cellules de renseignement financier. Cependant, comment se met en place la coopération entre ces Cellules à l’échelle européenne ou plus encore à l’échelle mondiale ? Quelles sont les différences entre les différentes CRF nationales ? C’est ce que nous allons voir dans cet ouvrage en comparant le fonctionnement de plus d’une dizaine de cellules du monde.

. François DosSantos, Quel avenir pour EDF ? – 30 questions pour éclairer le débat ? Paris, Éditions de l’Atelier, juillet 2020.

L’année 2020 va être l’occasion d’un Meccano politico-financier à EDF. Un nouvel acte de la libéralisation du secteur se profile avec le projet Hercule, qui propose de scinder l’entreprise en deux, séparant l’activité de production, placée sous contrôle de l’Etat, et l’activité commerciale, ouverte au privé. EDF est à un tournant de son histoire. Son parc nucléaire doit être renouvelé, des dividendes très généreux ont été distribués aux actionnaires alors que les besoins d’investissement sont importants.

Que paye-t-on dans sa facture ? Quelles sont les spécificités de ce secteur où la production ne se stocke pas et où les investissements se font sur des cycles très longs avec des retours sur investissement très lents ? EDF est-elle endettée ? Qu’a-t-on fait avec les recettes de l’électricité ? L’intérêt général prime-il toujours dans les choix ? La concurrence crée-t-elle de la valeur où n’est-ce qu’un transfert de rente légalisé ? Peut-on faire confiance aux règles de marché pour planifier les investissements ? Ce livre donne à un large public les clés pour comprendre le débat actuel sur l’avenir d’EDF et l’enjeu de l’électricité dans la société.

Il fait un bilan de la déréglementation du secteur depuis vingt ans et recentre le débat sur la question du service public plutôt que sur les techniques de production (nucléaire versus énergies renouvelables intermittentes).

. Hervé Ascensio, Droit international économique, Paris, PUF, juin 2020.

Le droit international économique est une discipline juridique portant sur la gouvernance et la régulation de l’économie mondiale. Il permet notamment d’expliquer le contenu des traités de commerce et d’investissement, la fonction de l’OMC et du FMI, les techniques juridiques de régulation des marchés. Un premier volet de l’ouvrage est consacré au fonctionnement systémique du droit international économique, c’est-à-dire ses sources, institutions et mécanismes de règlement des différends. Un second volet s’attache aux principaux domaines concernés, à savoir le commerce de marchandises et de services, les investissements étrangers, la stabilité monétaire et financière internationale. D’autres thèmes sont abordés au fil de l’ouvrage, tels que la fiscalité internationale, la responsabilité sociétale des entreprises, le développement durable. La connaissance du droit international économique permet de comprendre la place du droit dans la globalisation économique, ses mutations, ses limites.

. Amélie Ferey, Assassinats ciblés – Critique d’un libéralisme armé, Paris, CNRS, juin 2020.

Comment fait-on la guerre au XXIe siècle ? Principalement par drones, en éliminant l’ennemi avant qu’il ne nuise. Au Yémen, en Afghanistan, en Palestine ou au Pakistan, ces opérations dites d’" assassinats ciblés " surviennent à l’abri des regards. Pratiques d’abord largement décriées en Europe et outre-Atlantique, elles se sont banalisées à partir des années 2000 dans le contexte de la guerre contre le terrorisme.

Elles questionnent pourtant la conception traditionnelle d’une violence légitime en démocratie. Quels sont les arguments mobilisés par les gouvernements, notamment en Israël et aux Etats-Unis, pour faire accepter ce droit de tuer ? Combinant enquête de terrain et recherches, Amélie Férey examine minutieusement les processus de légalisation et de légitimation dans les démocraties de cette guerre qui ne dit pas son nom.

L’auteure discute les arguments avancés par ceux qui utilisent ces assassinats : sont-ils si différents des assassinats politiques ? Appartiennent-ils vraiment au registre de la guerre préventive ? Ont-ils un rôle dissuasif ? Respectent-ils le cadre légal international ? Amélie Férey livre ici une analyse décisive pour comprendre les enjeux de ces pratiques qui font désormais partie intégrante du paysage stratégique contemporain.

. Marie-Hélène Labbé, La quête nucléaire de l’Iran, Paris, PU Paris-Sorbonne, juin 2020.

Janvier 2020 : Qassem Soleimani tué par un drone américain, crise diplomatique entre les Etats-Unis et l’Irak, bombardements par l’Iran de bases irakiennes abritant des soldats américains... Jamais les suites de l’accord de Vienne de 2015 et leur remise en question par Donald Trump n’ont été autant d’actualité. La quête nucléaire de l’Iran, poursuivie depuis cinquante ans, a connu une route contrastée, alternant accélérations brusques et ralentissements parfois mystérieux.

L’opacité du régime théocratique des mollahs ne facilite pas la compréhension des décisions prises en Iran ; en tout état de cause, le dernier mot revient au Guide suprême. Les réponses des Etats occidentaux sont ainsi le plus souvent décalées par rapport aux intentions iraniennes, offrant souvent des avantages ou faisant des concessions quand Téhéran durcit sa position et multipliant les sanctions sans que leur objectif soit toujours clair : changement de régime ou inflexion de la politique iranienne ? Toute négociation ne saurait oublier le glorieux passé de la Perse qui nourrit le nationalisme iranien, dont la recherche de la bombe est un élément fondamental.

Spécialiste de la prolifération nucléaire, Marie-Hélène Labbé offre un éclairage sur une situation complexe et dangereuse.

. Adrien Schu, Demain, la guerre ? Etude sur le risque de guerre entre les États-Unis, la Chine et la Russie, Paris, Le Bord de l’eau, juin 2020.

Après plus d’un demi-siècle d’absence, la guerre entre grandes puissances pourrait-elle signer son retour ? Alors que la dégradation des relations entre les Etats-Unis, la Chine et la Russie a désormais été actée, cet ouvrage entend s’interroger sur le risque du déclenchement d’une guerre, globale ou régionale, entre eux d’ici à 2030.

Certaines évolutions technologiques pourraient-elles venir remettre en cause la stabilité de l’équilibre nucléaire, garant de la paix depuis 1945 ? Les projets américains, notamment dans le domaine des défenses anti-missile balistique, sont-ils sur le point de rendre caduc les dissuasions nucléaires chinoise et russe ? Se dirige-t-on en réaction vers une nouvelle course aux armements nucléaires ?

Sur le plan conventionnel, comment Pékin et Moscou pourraient-ils chercher à contourner la supériorité militaire américaine ? Dans quelle mesure le développement de leurs capacités dites de « déni d’accès » renforce la probabilité d’un conflit armé au niveau régional ?

. Benjamin Bürbaumer, Le souverain et le marché – Théories contemporaines de l’impérialisme, Paris, Amsterdam éditions, juin 2020.

Le récit d’une mondialisation apaisée ou heureuse qui s’était affirmé à la fin du XXe siècle s’est épuisé : depuis les années 2000, l’impérialisme est de nouveau "sur toutes les lèvres", comme l’écrivait déjà Hobson en 1902. L’exacerbation des logiques expansionnistes observée depuis la fin de la guerre froide a conduit à la reformulation d’une série de questions et d’hypothèses incontournables pour qui souhaite comprendre les relations internationales : les Etats modernes sont-ils nécessairement sous la domination de l’un d’entre eux, qui organise non pas seulement sa propre économie, mais le capitalisme dans son ensemble ? Ou bien peut-on envisager l’existence d’une coalition supranationale qui organise le capitalisme au niveau mondial, instaurant une lutte des classes globale ? A moins que les Etats les plus puissants ne soient dans l’incapacité d’organiser le capitalisme mondial de façon collective, la dynamique du capital se heurtant notamment à la permanence de souverainetés territoriales, nourrissant des rivalités et des conflits qui ne cessent de menacer la stabilité du système dans son ensemble.

Explorant les réponses apportées à ces questions par certains courants théoriques anglo-saxons encore peu connus en France, cet ouvrage propose à la fois une introduction éclairante à certaines thématiques centrales de l’étude des relations internationales et des analyse novatrices de leurs développements récents.



. Kabiné Komara, Water, a crucial issue in international relations, Paris, Le Cherche-Midi, juin 2020.

Without water, what would we be ? Whatever form it takes, it scoffs at borders and often links very different cultures, regions and countries together, in this way becoming a source of opportunities, but also the object of numerous desires. "Once upon a time there was a river. Here is the story of wisdom. Once upon a time there was the great Senegal River. Born in Guinea, it runs downstream to Mali, enters Senegal, and borders Mauritania before flowing into the sea.

These four countries, all equally sons of this thirst- quenching, irrigating, energy-giving water, could have fought each other. Or ignore each other, each taking from it without concern for the others. These four countries decided otherwise. Thus was born a common development agency. Thus was created this incomparable tool of wisdom. An exception in a world increasingly torn by conflicts focused on water.

Here is the story of this wisdom, told by its principal artisan. Here is a model to follow. Take a leaf out of this book, Mekong and Brahmaputra (notably) ! ’ Erik Orsenna, of the Académie française.

. Roland Lombardi, Poutine d’Arabie – Ou comment et pourquoi la Russie est devenue incontournable en Méditerranée, Paris, VA Éditions, juin 2020.

La chute de l’URSS a partiellement éloigné Moscou du monde arabe de 1991 aux années 2000. Durant cette décennie, la Russie s’est effacée de la scène internationale et l’influence russe dans cette zone a nettement diminué. Or, à partir de l’arrivée au pouvoir en 1999 de Vladimir Poutine, ce dernier entreprit méthodiquement de refaire de son pays une puissance mondiale. En Méditerranée et au Moyen-Orient plus qu’ailleurs, Moscou cherchera de nouveau à peser sur le destin de la région.
Dès les débuts des printemps arabes et suite à l’intervention occidentale en Libye pour renverser Kadhafi en 2011, le Kremlin se lança alors dans une politique proactive. En effet, échaudé par l’affaire libyenne, où les Russes se sont sentis floués, ils vont d’abord en Syrie, soutenir diplomatiquement Assad aux prises avec un soulèvement populaire qui dégénérera très vite en guerre civile. Puis, le 30 septembre 2015, les forces militaires russes interviendront directement dans le conflit syrien.
Alors que plusieurs observateurs prédisaient un nouvel Afghanistan pour Moscou et son inévitable échec dans sa politique moyen-orientale, force est de constater qu’il n’en fut rien. Aujourd’hui, en 2019, que cela nous plaise ou non, et par suite de ses succès militaires et diplomatiques en Syrie, la Russie est devenue incontournable. Elle reste le maître du jeu et est même à présent le nouveau "  ; juge de paix  ; " de la région vers qui tous les grands acteurs, Israéliens, Egyptiens, Saoudiens, Iraniens, Turcs et autres, se tournent à présent.
Dans Poutine d’Arabie, Roland Lombardi nous explique comment et pourquoi nous en sommes arrivés là...

. Bernard Stiegler, Collectif internation, Bifurquer, Paris, Les liens qui libèrent, juin 2020.

Ce livre remarquablement documenté - tant par ses idées et propositions que par les pratiques qui essaiment déjà dans certaines villes ou certains pays - dessine le monde tel qu’il devrait être pour répondre aux grandes crises sanitaires, climatiques, sociales, économiques ou psychiques. En ces temps de graves périls, il nous faut bifurquer : il n’y a pas d’alternative. La pandémie qui a paralysé le monde en quelques semaines révèle désormais comme une évidence l’extraordinaire et effroyable vulnérabilité de l’actuel "modèle de développement", ainsi que la potentielle multiplication des risques systémiques combinés qui s’y accumulent.

Elle prouve que ce modèle est condamné à mort, et qu’il nous condamnera à mort avec lui, où que nous soyons dans le monde, si nous ne le changeons pas. Le travail collectif à l’origine de cet ouvrage a établi que ce modèle destructif de développement atteint ses limites ultimes et que sa toxicité, de plus en plus massive et multidimensionnelle (sanitaire, environnementale, mentale, épistémologique, économique), est engendrée avant tout par le fait que l’économie industrielle actuelle repose sur un modèle physique dépassé qui dissimule systémiquement que l’enjeu fondamental de l’ère Anthropocène est la prise en compte de l’entropie.

Bifurquer, cela signifie : reconstituer une économie politique réarticulant les savoirs et les pratiques locales avec les circuits macroéconomiques, et en repensant la territorialité à ses différentes échelles de localité ; développer cette économie de la contribution sur la base d’un revenu contributif décorrélé de l’emploi et revalorisant le travail comme activité de savoir ; refonder le droit et la comptabilité des Etats et des entreprises en agençant à travers des démarches d’expérimentation économique et sociale, et dans des territoires laboratoires, les économies associatives, coopératives et marchandes locales réticulées, et articulées avec le commerce international ; réévaluer la recherche dans l’optique du long terme, indépendamment des intérêts à court terme des pouvoirs aussi bien politiques qu’économiques ; réorienter au service des territoires et de leurs coopérations les technologies numériques...

. Nicolas Martin-Breteau, Corps politiques – Sport et mouvement pour les droits civiques aux États-Unis (1890-1980), Paris, EHESS, juin 2020.

Le corps noir étant la cible première de l’oppression raciste, les Africains-Américains ont fait du corps sportif une dimension essentielle, bien que souvent négligée, de leur résistance politique. Nicolas Martin-Breteau propose une histoire renouvelée de la manière dont le sport noir américain, depuis la fin du XIXe siècle, a participé aux longues luttes pour la dignité et la justice raciales aux États-Unis.

À la fin du XIXe siècle, la violence raciste dirigée contre la communauté africaine-américaine a détruit les avancées historiques obtenues par l’abolition de l’esclavage une génération plus tôt. Nicolas Martin-Breteau retrace ici la manière dont les Africains-Américains ont utilisé le sport pour leur intégration dans la société américaine. L’éducation physique s’est ainsi faite éducation politique afin de renforcer la fierté raciale à l’intérieur du groupe puis démanteler les préjugés raciaux à l’extérieur.

Corps politiques montre comment Washington a constitué le berceau méconnu de ce programme d’élévation individuelle et de libération collective qui continue d’influencer les mobilisations antiracistes noires aux États-Unis.

. Wolf Lepenies, Svetlana Tamitegama, Le pouvoir en Méditerranée – Un rêve français pour une autre Europe, Paris, Maison des Sciences de l’Homme, juin 2020.

Nourrir une "ambition pour la Méditerranée" est une composante essentielle de la politique française depuis la fin de l’empire napoléonien. Cette politique, qui vise à former une coalition entre les divers peuples de la "mer privilégiée" (comme l’appelait Fernand Braudel), s’offre comme un contrepoids à l’influence de l’Allemagne sur l’Europe. C’est ainsi que pour tenir tête aux empires slaves et germaniques, plusieurs générations de décideurs politiques ont envisagé de créer un "Bloc latin" , une "Union méditerranéenne" ou bien encore, sous un intitulé particulièrement agressif et significatif, un "Empire latin" .

Le présent ouvrage traite de ces tentatives, de leurs soubassements et de leurs ressorts. Il s’attache à décrire la construction et la propagation des stéréotypes culturels nord-sud depuis le xviiie siècle jusqu’à nos jours, s’intéresse au "Système de la Méditerranée" des saint-simoniens du début xixe siècle, et s’attarde sur la période des deux guerres mondiales. Wolf Lepenies révèle dans la vieille rivalité franco-allemande des ressentiments profondément enracinés entre un Nord protestant soi-disant austère et un Sud catholique où règnerait légèreté et joie de vivre - idées reçues anciennes qui aident à comprendre les coalitions et les lignes de front européennes qui sont encore à l’origine des politiques actuelles.

. Yves Lebahy, Défis pour la Bretagne ? Un nécessaire contrat social, Paris, Skol Vreizh, juin 2020.

Les prémices de la crise actuelle sont apparues il y a une quinzaine d’années : la crise climatique et ses conséquences à venir étaient établis, la dérégulation de nos économies, générée par la mondialisation, était aussi à l’oeuvre ; la crise de 2008 n’a fait qu’exacerber ses effets. Enfin, la déréliction amorcée de nos systèmes politiques, nationaux et européens, prend aujourd’hui un ampleur inquiétante ; l’avenir de nos démocraties est en jeu.
Dans un tel contexte, la société bretonne est, comme d’autres, bousculée. En dépit des apparences, son état est alarmant ; il a été souligné dans "Où va la Bretagne ? " (2018) Mais, au-delà des constats, nous devons réagir. Forte de nombreux atouts, la population bretonne a, pour peu qu’elle le veuille, la capacité à prendre en main son destin. Elle doit définir un projet de société novateur, seul apte à assurer son identité et son originalité.
Ne pas engager cette révolution nécessaire et radicale, c’est assurément subir l’uniformisation en cours et, à brève échéance, accepter sa disparition. Aussi doit-elle repenser ses fondements, sa relation à la nature, valoriser ses héritages, en particulier culturels, choisir des options qui garantissent une vie sociale responsable et plus démocratique sur le plan politique : un véritable nouveau contrat social ! C’est un immense défi.
Si nul ne peut prétendre donner une marche à suivre, cet ouvrage, tout au moins, propose d’ouvrir le débat sur les nécessaires transformations de la société bretonne afin de lui permettre de perdurer.

. Ouvrage Collectif, La France. Atlas géographique et géopolitique, Paris, Autrement, juin 2020.

Un atlas de référence pour préparer les concours.

La France fait face à de nombreux défis. Saura-t-elle s’adapter et se réinventer ? Cet atlas, riche de plus de 150 cartes et documents, dresse le portrait du territoire métropolitain et ultramarin à toutes les échelles et dans toutes ses dimensions : Les dynamiques de peuplement des territoires et les disparités d’installation des 67 millions de Français. Les environnements contraints entre valorisation et protection. Les cadres de vie qui se renouvellent en profondeur, tant dans les espaces urbains que ruraux. Les profondes mutations, sectorielles et territoriales, de l’appareil productif français, pour lesquelles l’échelle locale tient une place croissante. Les acteurs de l’aménagement qui s’adaptent au fil des réformes pour mener des politiques d’aménagement et de développement. La valorisation des territoires et de leur patrimoine qui fait parfois face à des contestations locales. La puissance française, qui reste un acteur majeur sur l’échiquier géopolitique européen et mondial. Les enjeux des nouvelles grandes régions : trouver leur place et mener des politiques à toutes les échelles.

. Alaa El Aswany, Le syndrome de la dictature, Paris, Actes Sud, juin 2020.

Après le retour à un pouvoir autoritaire en Egypte et l’écriture du roman J’ai couru vers le Nil, consacré aux acteurs de la révolution égyptienne, Alu El Aswany s’est livré à une réflexion fouillée sur la dictature, qu’il nous expose ici. Inlassable chroniqueur et militant de la cause démocratique, fervent pédagogue, il conduit une analyse clinique de la dictature, tant comme système idéologique que comme réalité persistante et insoutenable pour de nombreux peuples.

Il ne s’agit pas d’une autopsie de la démocratie, mais bel et bien de la radiographie d’un mal récurrent à la fois dans notre histoire et dans notre monde contemporain. En neuf chapitres, étayés par de nombreux faits et anecdotes historiques, il étudie le syndrome, ses causes, ses symptômes, sa propagation, la prévention possible. Concret, précis, volontiers provocateur, toujours libre, l’auteur, qui s’attaque aux racines du mal, et rappelle ce faisant que la dictature est loin d’être l’apanage des pays arabes, délivre également un message d’espoir, professant sa confiance en l’humanité.

Et fait, en filigrane, une nouvelle déclaration d’amour à son pays, l’Egypte, et à ses compatriotes.

. Jean-Paul Charvet, Michel Sivignon, Anne-Lise Humain-Lamoure, Géographie humaine. Mondialisation, inégalités sociales et enjeux environnementaux, Paris, Armand Colin, juin 2020.

Les effets de la mondialisation se font sentir dans des domaines et sur des espaces toujours plus nombreux, à toutes les échelles géographiques. Toutefois, sous l’effet d’un poids démographique croissant, de la progression des inégalités économiques, sociales et territoriales, et de la nécessaire prise en compte des enjeux climatiques, ce phénomène mondial d’une ampleur inégalée semble atteindre ses limites. La surconsommation de terres agricoles par les étalements urbains de métropoles aux populations multimillionnaires ou encore l’accès aux ressources n’en sont que quelques exemples. La nouvelle édition de cet ouvrage thématique présente et analyse les principaux défis auxquels la planète est aujourd’hui confrontée : inégalités dans les domaines de la croissance démographique et de la santé, nouveaux développements des réseaux urbains et de transports, localisations et délocalisations d’activités, avenir de l’agriculture et des espaces ruraux en relation avec les évolutions de la demande alimentaire... Elle vient ainsi mettre en évidence la fécondité de la géographie humaine, qui étudie les modalités d’organisation de l’espace par les sociétés, pour éclairer l’ensemble de ces transformations.

. Ouvrage collectif, Rester vivants, qu’est-ce qu’une civilisation après le coronavirus ? Paris, Fayard, juin 2020.

Ce livre regroupe les tribunes et entretiens d’une vingtaine de grands penseurs de notre temps publiés dans Le Figaro pendant le confinement. Philosophes, essayistes, universitaires, romanciers, personnalités politiques, économistes, sociologues… leurs analyses et enseignements sont autant de balises et de repères pour nous accompagner et nous aider à traverser la crise, tout en nous invitant à imaginer ensemble le monde qui nous attend.

Un minuscule virus, en quelques semaines, a placé le monde face à lui-même ; il a réveillé les sentiments contraires de l’homme moderne.

Dès le premier jour, Le Figaro a voulu placer sa réflexion à la hauteur du moment. Le journal a sollicité intellectuels, écrivains, historiens et politiques pour qu’ils aident les français à comprendre les temps difficiles qui s’annonçaient.

Sans se dérober, des voix illustres ont accepté le difficile exercice qui consiste à penser la crise sanitaire incroyable que traversent l’Europe et le monde.

Ce livre rassemble leurs textes ; ils resteront pour longtemps le témoignage d’un moment historique.

Tous nous disent que ce pays conserve des penseurs qui ne jargonnent pas mais qui écrivent avec grâce, esprit, férocité et précision. Avec eux, malgré les incertitudes, malgré les souffrances, malgré les doutes, la vie l’emporte toujours sur la peur.

. Yolène Dilas-Rocherieux, Rien n’est à personne. Du communisme au commun, retour aux origines, Paris, Vendémiaire, mai 2020.

Rien n’est à personne : la formule pourrait résumer la doctrine communiste, fondamentalement hostile à la propriété privée, au nom d’une égalité radicale. Mais quelle est la véritable origine de ce programme révolutionnaire ? S’agit-il d’une invention utopiste du XIXe siècle, en réaction au sentiment de dépossession des classes ouvrières ? Ou d’une forme d’organisation naturelle des sociétés primitives avant le sacre de l’individu et du progrès ? La question est d’importance, car après la chute du bloc soviétique, qui a paru sonner le glas de cette idéologie, on la voit aujourd’hui réapparaître alors que la notion de « commun » devient le ferment des luttes écologistes ou anticapitalistes. Le communisme serait-il donc la solution aux défis du XXIe siècle ?
Des communautés villageoises archaïques aux zadistes, en passant par la République guaranie créée par les jésuites au Paraguay au XVIIe siècle, par Marx, Lénine et Rosa Luxemburg, une synthèse sur une vision du monde et du partage de ses richesses.

. Alex Jordanov, Les guerres de l’ombre de la DGSI – Plongée au cœur des services secrets français, Paris, Nouveau monde, juin 2020.

Pour la première fois, des officiers de la DGSI (Direction Générale de la Sécurité Intérieure), racontent avec franchise leur travail sur le terrain. Nous les accompagnons dans leurs surveillances et l’espionnage de djihadistes, le recrutement de sources, le démantèlement de réseaux terroristes, la manipulation rocambolesque d’un responsable du programme d’armement syrien... Ces missions ont lieu tous les jours, sous nos yeux, mais nous ne les voyons pas.

Ce carnet de bord, rédigé sur plusieurs années, offre une radiographie sans précédent des succès et des ratages du renseignement intérieur. On y découvre comment la France a échappé à un attentat chimique qui aurait été bien plus meurtrier que ceux du 13 novembre 2015. Comment certaines figures du djihadisme mondial sont passées entre les mailles du filet sécuritaire. Comment les réorganisations des services et stratégies de carrière de la hiérarchie mettent parfois à mal les missions les mieux préparées.

Au cours du récit, on croise des services secrets " amis " et parfois concurrents, comme le Mossad ou la CIA. On traque les tentatives russes ou chinoises de recrutement au coeur des industries stratégiques française, ou les nationalistes corses aux marges du banditisme. On subit les contrecoups de la guerre feutrée entre services français en charge de la lutte antiterroriste. Coups tordus, ordres venus " d’en haut " , parfois très politiques, grand banditisme, trafics au nom de la raison d’Etat...

Cette plongée inédite au coeur des services nous fait entrer dans un monde terrifiant de vérité auquel nous n’avions jamais eu accès. Alex Jordanov est journaliste d’investigation et documentariste. Il a travaillé notamment pour Capa et " Le Vrai Journal " de Canal+ et sillonné de nombreux pays du Moyen-Orient. Il a déjà publié chez Nouveau Monde éditions Merah, l’itinéraire secret (2015), ainsi que dans L’Obs, First Look Media et le New Yorker.

. Christophe Soullez, Les services secrets. Histoire, méthodes et organisation du renseignement, Paris, Eyrolles, juin 2020.

Communément évoquée à travers l’expression "services secrets", l’activité de renseignement consiste à recueillir, exploiter et diffuser des informations afin d’éclairer les choix stratégiques d’un pays mais aussi de préserver ses capacités militaires et civiles. Il fait aujourd’hui l’objet de mises en cause de plus en plus fréquentes, en particulier dans le contexte de la lutte contre le terrorisme.

Pour cerner une réalité obscure, mal connue et mal comprise, cet ouvrage conçu par un spécialiste présente l’histoire, les acteurs et les méthodes du renseignement, en France et dans le monde, des origines à nos jours. Augmentée et mise à jour, cette nouvelle édition relate les grandes affaires qui ont marqué l’histoire des services secrets.

. Jean-Claude Rennwald, Suisse-Europe : la séparation après un flirt ?, Suisse, Livreo-alphil, juin 2020.

La Suisse n’est-elle pas à la veille d’une dangereuse séparation d’avec l’Union européenne (UE), alors que son flirt (les accords bilatéraux I) avec celle-ci ne remonte qu’à une vingtaine d’années ? C’est la question qui constitue le centre de cet ouvrage. L’acceptation d’une initiative lancée par l’Union démocratique du centre, qui exige que la Suisse règle de manière autonome l’immigration des étrangers, aurait des conséquences économiques et sociales dramatiques, avec d’importantes pertes d’emplois à la clé.

Mais Jean-Claude Rennwald ne se contente pas d’analyser cette initiative. Il la situe dans un contexte plus large, en remontant au refus de la Suisse d’adhérer à l’Espace économique européen, en 1992 (qui aurait été une forme de concubinage avec l’UE), avant de s’interroger sur les enjeux d’un accord-cadre entre la Suisse et l’UE et sur les conséquences pour la Suisse d’une adhésion (c’est-à-dire d’un mariage) à l’UE.

Enfin, l’auteur s’interroge sur l’évolution démocratique, économique et sociale de l’UE, sur son élargissement par trop rapide, sur la progression des forces écologistes et nationales-populistes lors des élections de 2019 au Parlement européen, pour se demander, in fine, si le socialisme et le syndicalisme sont " solubles dans l’Europe ".

. Jean-Michel Guérin, De Sun Tzu à James Bond – Miscellanées de l’espionnage, Paris, Mareuil éditions, juin 2020.

De quoi parle un espion ? D’histoires d’espion... Michel Guérin, jeune retraité de la DGSI, où il a occupé le poste de directeur-adjoint, nous propose ses Miscellanées de l’espionnage, de Sun Tzu à Poutine, en passant par James Bond. Ce livre explore, sous différentes rubriques, le monde du renseignement et plus précisément celui de l’espionnage, par l’évocation d’affaires célèbres, voire historiques, ou d’autres, moins retentissantes.
En passant par des termes professionnels qui vont des techniques anciennes aux plus récentes, à travers des figures d’espions réels (M) ou fictifs (OSS 117), l’auteur couvre un large spectre de connaissances liées à l’espionnage. Conçues comme des miscellanées et librement choisies pas l’auteur, elles visent à guider le lecteur, sous une forme ludique, dans cet univers mystérieux et confidentiel. La seule concession à la forme académique du dictionnaire est l’ordre alphabétique sous lequel sont présentés les articles, afin de faciliter la recherche du lecteur lorsque qu’ils comportent des notions ou des noms faisant l’objet eux-mêmes d’une présentation.
Un livre utile à ceux qui voudraient enrichir, un tant soit peu, leur culture sur cette activité si particulière.

. Lucie Delabie, État de droit et dispositifs juridiques relatifs à la lutte contre le terrorisme, Paris, Mare et Martin Éditions, juin 2020.

Les spécialistes de la guérilla le savent bien : le cycle de la répression et des représailles est un cercle vicieux. Le contre-terrorisme, dans les démocraties contemporaines tout au moins, ne comporte pas de représailles contre les populations. Mais il est souvent composé d’un arsenal juridique répressif qui, s’il ne sort pas nécessairement du cadre formel de l’Etat de droit, peut en transformer le sens et affaiblir le standard matériel de protection des libertés.

A presque chaque attentat succède une nouvelle mesure ou la tentation d’un nouvel outil répressif, dur et initialement cantonné au domaine du contre-terrorisme que certains proposent ensuite d’appliquer à d’autres domaines. C’est ce glissement progressif des mesures d’exception du contre-terrorisme vers le reste du droit que cet ouvrage étudie dans une perspective comparative qui sort du cadre franco-français pour s’intéresser à d’autres pays comme l’Italie, le Royaume-Uni ou encore la Turquie et à la dimension supranationale.

. Pascal Le Pautremat, Géopolitique de l’eau, Paris, L’Esprit du temps, juin 2020.

L’eau source de vie...et de survie. Entre surpopulation et mutations environnementales, entre jeux de puissance et rapports de forces interétatiques, L’eau est devenue un vecteur d’enjeux à la fois multiples et combinés. Ainsi, de nouvelles politiques de gestion rationnelle et équilibrée des ressources aquifères s’imposent toujours davantage, afin d’améliorer la qualité de l’eau, d’en réduire le gaspillage et de réutiliser les eaux usées.
D’autre part, il s’agit d’opter pour une nouvelle économie basée sur la politique de désalinisation afin de s’adapter aux aléas climatiques et maintenir un volume d’eau disponible pour répondre aux demandes polymorphes dans un monde ou les contrastes de ressources en eau sont de plus en plus prononcés. Enfin, il s’agit de veiller à ce que les crispations entre Etats, autour de bassins fluviaux, véritables préoccupations géostratégiques, ne deviennent pas, demain, de nouvelles causes de conflits.
Approches didactiques, exemples concrets, appuyés par des analyses internationales, l’ouvrage se veut une synthèse de la situation actuelle à propos d’une question capitale pour le devenir de la Vie terrestre.

. Anaïs Voy-Gillis, L’Union européenne à l’épreuve des nationalismes, Paris, Éditions du Rocher, juin 2020.

Du Brexit aux élections européennes de 2019, en passant par la qualification de Marine Le Pen pour le second tour de l’élection présidentielle de 2017, les partis nationalistes-identitaires ont le vent en poupe dans toute l’Union européenne. V. Orbán, M. Salvini ou M. Le Pen sont les dirigeants de ces partis qui, ensemble, pourraient menacer l’édifice européen. Ces partis siègent au sein de différents groupes au Parlement européen.

S’ils s’accordent sur l’immigration, d’autres sujets constituent de véritables lignes de fractures. Anaïs Voy-Gillis, analysant leurs stratégies, questionne le mythe d’une grande coalition nationaliste-identitaire et prouve que ces partis défendent, avant tout, des visions nationales. Leur progression électorale s’explique par plusieurs facteurs, notamment l’idée de trois crises (économique, migratoire, représentativité) ayant montré les fragilités de l’édifice européen.

Au-delà des discours, ces partis ont réussi à construire une représentation du monde excluante, mais cohérente, répondant aux questionnements d’une partie de la population. Anaïs Voy-Gillis est docteur en géographie de l’Institut Français de Géopolitique. Ses recherches concernent la montée des nationalismes et des droites extrêmes en Europe.

. Didier Combeau, Être américain aujourd’hui – Les enjeux d’une élection présidentielle, Paris, Gallimard, juin 2020.

A la fois fer de lance du progressisme et haut lieu du conservatisme, patrie de #MeToo mais aussi de Donald Trump, les Etats-Unis n’en finissent pas d’étonner et de surprendre. Tous les quatre ans, l’élection du président focalise l’attention, d’abord sur les personnalités candidates aux primaires, puis sur celles des deux challengers. Leurs noms nous sont familiers, mais nous connaissons souvent moins bien leurs idées et les philosophies qui les portent.

Pourtant, elles irriguent nos mentalités et continuent d’exacerber les imaginations au-delà des frontières. De la question de l’immigration à celle de l’assurance santé, de la problématique de l’avortement à celle de l’environnement, des tensions interraciales au fléau de la violence, Didier Combeau explore ici les fractures qui parcourent la société américaine et se traduisent par un rejet de plus en plus viscéral de l’adversaire politique.

Il donne en termes simples les clefs indispensables à la compréhension du subtil fonctionnement du fédéralisme, de l’équilibre des pouvoirs, et d’un système électoral sujet à polémiques, qui peine à asseoir la légitimité d’un président parfois élu à la minorité des voix. L’étude des joutes qui opposent conservateurs et progressistes se prolonge dans une réflexion sur l’identité politique et nationale du premier soft power mondial.

. Éric Beynel, Claire Robert, La raison des plus forts- Chronique du procès France Telecom, Paris, Éditions de l’Atelier, juin 2020.

Le 6 mai 2019 s’est ouvert le procès France Télécom. Didier Lombard, ex-président du groupe, comparaissait aux côtés de son ancien bras droit, Louis-Pierre Wenès, et de l’ex-directeur des ressources humaines Olivier Barberot pour des faits de harcèlement moral ayant conduit à de multiples suicides entre 2007 et 2010. Au premier rang des parties civiles, le syndicat Sud Solidaires, à l’origine de la plainte contre la direction de l’entreprise en 2009.

Porte-parole du syndicat, Eric Beynel a lancé une démarche éditoriale inédite de suivi du procès conviant chaque jour une personnalité (scientifique, écrivain, chercheur, artiste), à écrire ou dessiner un "rapport d’étonnement. Ces contributions ont été mises en ligne quotidiennement par le syndicat, en collaboration avec le journal en ligne Basta. Qu’ils soient écrits par un auteur de polar ou un juriste, ces textes dégagent une incroyable puissance.

En mettant en scène ces chroniques, ce livre propose un véritable objet de littérature, chaque audience constituant un épisode haletant, une plongée dans l’espace ritualisé, tragique, du tribunal, dans la salle 2. 01 du palais de Justice flambant neuf de la porte de Clichy. A gauche le camp des avocats des parties civiles, à droite celui des prévenus, qui déborde d’avocats, deux fois plus nombreux.

Au centre des débats, des hommes, des femmes immolés, défenestrés sur leurs lieux de travail, pendus à leur domicile... Les dirigeants de France Télécom paraissant patauger dans leurs explications, et leurs contradictions...

. Frédéric Lefebvre, Bernard Chaussegros, Covid-19 : et après ? – 10 commandements pour un nouveau contrat humaniste et durable, Paris, Robert Laffont, juin 2020.

Une crise sanitaire inédite nous a frappés, révélant les failles de notre société, réveillant les consciences et générant une formidable opportunité. Nous devons être au rendez-vous de ce kairos ! Frédéric Lefebvre et Bernard Chaussegros dévoilent " dix commandements " pour préparer l’après. Il est vital d’en finir avec la dépendance économique et technologique de notre pays, de réinventer la gouvernance, d’humaniser et de désintermédier le pilotage de l’Etat.

Le temps est venu de changer radicalement notre économie, de construire un partenariat fort entre le public et le privé, d’aller vers un modèle plus humain et moins destructeur de ressources, grâce notamment au revenu universel et au télétravail. Notre société doit davantage impliquer les citoyens dans l’économie du pays (citoyens actionnaires, par exemple), donner un toit aux plus fragiles et veiller à l’équilibre des territoires.

Les maîtres mots de cette profonde transformation sociétale sont l’anticipation, la prévention et la priorité donnée à l’humain pour plus de solidarité et plus de liberté. Il y a urgence et les auteurs appellent à l’unité autour d’un Nouveau Contrat humaniste et durable.

. Michel Foucher, Le retour des frontières, Paris, CNRS, juin 2020.

La diffusion rapide du virus SARS-CoV2 nous a récemment rappelé la fonction protectrice de la frontière. Mais au-delà de cette situation pandémique, comment interpréter le retour des frontières constaté depuis quelques années ? Contrairement à ce que l’on croit souvent, cette réaffirmation des frontières, quand elles ne sont pas réduites à des murs mais envisagées en tant que limites, est une bonne nouvelle.

Car une frontière a une histoire, c’est une institution issue de conflits et de traités, de négociations et de décisions. Abolir les frontières, c’est faire disparaître les Etats. Or, un monde sans frontières est un monde barbare, ce que l’horreur daechite nous avait rappelé.

. Aurélien Boutaud, Natacha Gondran, Les limites planétaires, Paris, La découverte, mai 2020.

La question des limites environnementales a traversé les XIXe et XXe siècles sans vraiment parvenir à s’imposer. La donne serait-elle en train de changer en ce début de XXIe siècle ? Face à la multiplication des atteintes portées au « système Terre », la communauté scientifique s’est lancée depuis quelques années dans un projet aussi urgent qu’ambitieux : proposer aux décideurs et au grand public un aperçu des principales variables qui déterminent l’équilibre des écosystèmes à l’échelle planétaire. Au-delà du climat et de la biodiversité, ces travaux abordent également des questions moins connues du grand public, comme le déséquilibre des cycles biogéochimiques, le changement d’affectation des sols, l’introduction de polluants d’origine anthropique dans les écosystèmes ou encore l’acidification des océans. Autant d’enjeux pour lesquels la communauté scientifique essaie aujourd’hui de déterminer des frontières à ne pas dépasser si l’humanité veut éviter les risques d’effondrement.

. Florian Guillemin, Risques et périls – 50 catastrophes qui ont bouleversé l’histoire, Paris, First, mai 2020.

" ICEBERG, DROIT DEVANT ! " Le naufrage du Titanic est probalement l’une des catastrophes les plus connues de l’Histoire. Mais le Titanic ce n’est pas juste Kate Winslet survivant grâce à une planche et Léonardo DiCaprio agonisant dans l’eau. C’est aussi un drame qui a vu naître la première convention établissant des normes de sécurité internationales sur les navires. Car les catastrophes naturelles et industrielles ne sont pas uniquement des événements dramatiques qui font les choux gras des médias et du cinéma.

Ce sont surtout des événements qui marquent l’Histoire. Saviez-vous que l’éruption du volcan de Santorin en 1600 av. J. -C. - qui a fait disparaître la ville d’Akrotiri - avait inspiré le mythe de l’Atlantide ? Ou encore que l’incendie du Bazar de la Charité en 1897 était à l’origine des progrès considérables de la médecine légale ? De l’Antiquité à nos jours, entre ouragans, tremblements de terre, inondations et épidémies, découvrez comment les 50 plus grandes tragédies de l’Histoire ont bouleversé son cours !

. Jacques Véron, Faut-il avoir peur de la population mondiale ?, Paris, Seuil, juin 2020.

Faut-il avoir peur de la population mondiale ?

Le climat change, la pollution s’intensifie, la déforestation se poursuit, la pression sur les terres est toujours plus forte… Est-ce le fait d’une croissance démographique trop rapide à l’échelle de la planète ? Pour réduire la pression environnementale, suffirait-il que la population mondiale se stabilise ou décroisse ? Clairement non. Que peut-on faire alors ?

De façon didactique Jacques Véron décrypte l’ensemble des questions démographiques planétaires et démonte les clichés simplificateurs, rassurants ou menaçants. Un livre pour se faire sa propre opinion sur les possibilités de (ré)concilier population, environnement et développement économique.

. Jean-Félix de Bujadoux, Les réformes territoriales, Paris, PUF, juin 2020.

Près de soixante ans après le découpage du territoire métropolitain en vingt-deux régions, la réforme territoriale conduite en 2014 a modifié en profondeur la carte des régions françaises.

Si, déjà sous l’Ancien Régime, l’État royal a cherché à « mesnager » le territoire grâce à une administration de plus en plus étoffée, l’État libéral du XIXe siècle a laissé la révolution industrielle creuser les inégalités spatiales. Il faudra attendre le XXe siècle pour que le pouvoir politique se pose en modernisateur de la société et en planificateur de l’économie. Au XXIe siècle, confronté à la fois aux effets de la construction européenne, de la décentralisation et du néo-libéralisme, l’État « post-jacobin », régulateur et péréquateur, a désormais la charge de garantir la cohésion et la compétitivité de la France dans la mondialisation.

Aussi paraît-il opportun de remettre en perspective plusieurs siècles de réformes territoriales, qui ont contribué à dessiner le visage de la France.

. Matthieu Fau-Nougaret, Faratiana Esoavelomandroso, Lovamalala Randriativy, Madagascar et l’intégration régionale. État des lieux, défis et perspectives, Paris, l’Harmattan, mai 2020.

L’intégration régionale est un phénomène touchant tous les continents. Madagascar participe au mouvement d’intégration régionale. Ce phénomène intégratif régional a de nombreuses implications juridiques, économiques, politiques, culturelles, sans que pour autant la cohérence soit assurée. Comment renforcer le commerce intra-zone ? Comment assurer la sécurité juridique pour les opérateurs économiques ? Comment faire face aux conséquences économiques et budgétaires de l’intégration pour l’île Rouge ?

. Alain Colin de Verdière, Une introduction à la dynamique des océans et du climat, Paris, EPS Sciences, mai 2020.

Les enjeux cruciaux du rôle de l’océan dans le changement climatique ont été soulignés depuis longtemps déjà lors des conférences des Nations Unies. L’auteur, chercheur universitaire, propose dans ce cadre une réflexion nouvelle sur les plus récentes connaissances dans les domaines des Sciences de l’Océan et du Climat.

Cette introduction synthétique à la Dynamique des Océans et du Climat se décline en deux tomes. Les marées océaniques, la circulation générale des océans, le Gulf Stream, la circulation thermohaline, les océans polaires, les tourbillons océaniques et les jets équatoriaux forment le matériau de base du tome 1 « Océans ». Le tome 2 « Climat » replace l’océan dans ses interactions avec l’atmosphère (et les glaces). La dynamique de l’atmosphère, la variabilité naturelle du climat, les climats du passé, le cycle du carbone, le lien entre le réchauffement climatique et la croissance actuelle des gaz à effets de serre sont abordés avec le même souci de simplicité et d’unité.

Cet ouvrage s’adresse aux étudiants en Sciences de la Terre et de l’Univers, en Océanographie, en Météorologie, en Physique et en Mathématiques, les outils nécessaires selon les parcours étant rappelés dans des annexes. Les passionnés par la mer, le climat et ceux qui veulent participer aux enjeux d’adaptation des sociétés humaines au changement climatique sans se laisser enfermer par des raisonnements simplistes y trouveront les notions et références scientifiques indispensables.

. Frédéric Martel, Mainstream – Enquête sur la guerre globale de la culture et des médias, Paris, Flammarion, juin 2020.

Depuis plus de dix ans, Mainstream est devenu le livre de référence des études sur les industries culturelles, les médias et le numérique. Avec cet ouvrage, le terme " mainstream " (dominant, populaire) est entré dans la langue courante et le concept de " soft power " a été révélé. A travers les blockbusters, les best-sellers, les hits ou les réseaux sociaux, une bataille mondiale pour l’influence culturelle et digitale est en cours.

De Hollywood à Bollywood, de la Chine à l’Afrique subsaharienne, du Mexique au Japon, cette enquête sans précédent a été menée sur le terrain dans trente pays pendant cinq ans. Dans toutes les capitales de l’entertainment, Frédéric Martel analyse le jeu des acteurs, les logiques des groupes et suit la circulation des contenus sur les cinq continents. A l’âge numérique, tout s’accélère. Mainstream raconte cette nouvelle guerre globale de la culture et des médias.

Best-seller inattendu, le livre a été traduit dans une trentaine de pays - il est lui-même devenu " mainstream ".

. Frédérick Guillaume Dufour, La Sociologie du nationalisme. Relations, cognition, comparaisons et processus, Québec, Presses de l’Université du Québec, mai 2020.

La sociologie du nationalisme propose une introduction au champ d’étude de la sociologie du nationalisme. Puisant ses inspirations théoriques dans la tradition wébérienne, dans la sociologie historique et dans l’analyse politique contextualisée, ce livre illustre et met en relief les relations sociales, les modes de cognition, les stratégies comparatives et les processus sociaux qui sont étroitement liés à l’analyse du nationalisme.

. Magali Talandier, Les enjeux économiques de la résilience urbaine, Grenoble, Presses universitaires de grenoble, mai 2020.

La notion de résilience pour qualifier la capacité d’une ville à affronter un choc, y compris économique, n’est pas nouvelle, mais elle revêt, en pleine crise du coronavirus, une dimension toute particulière.

Les villes, en tant que systèmes urbains, ont toujours été au cœur des bouleversements que les sociétés ont connus. Pour autant, les fondements du paradigme économique qui gouverne les villes sont restés les mêmes. L’essor des capacités productives exportatrices et l’accroissement des valeurs ajoutées guident encore l’action locale en matière d’économie.

Corollaire d’un monde globalisé qui atteint ses limites, la crise sanitaire ébranle ces fondamentaux et en demande une révision profonde. Ainsi, au cœur de la crise, les ambitions de relocalisation industrielle, de souveraineté économique, d’autonomie alimentaire semblent avoir remplacé (au moins temporairement) celles liées à la croissance et à la compétitivité.

. Marie-Hélène Labbé, La quête nucléaire de l’Iran, Paris, PU Paris-Sorbonne, juin 2020.

Janvier 2020 : Qassem Soleimani tué par un drone américain, crise diplomatique entre les Etats-Unis et l’Irak, bombardements par l’Iran de bases irakiennes abritant des soldats américains... Jamais les suites de l’accord de Vienne de 2015 et leur remise en question par Donald Trump n’ont été autant d’actualité. La quête nucléaire de l’Iran, poursuivie depuis cinquante ans, a connu une route contrastée, alternant accélérations brusques et ralentissements parfois mystérieux.

L’opacité du régime théocratique des mollahs ne facilite pas la compréhension des décisions prises en Iran ; en tout état de cause, le dernier mot revient au Guide suprême. Les réponses des Etats occidentaux sont ainsi le plus souvent décalées par rapport aux intentions iraniennes, offrant souvent des avantages ou faisant des concessions quand Téhéran durcit sa position et multipliant les sanctions sans que leur objectif soit toujours clair : changement de régime ou inflexion de la politique iranienne ? Toute négociation ne saurait oublier le glorieux passé de la Perse qui nourrit le nationalisme iranien, dont la recherche de la bombe est un élément fondamental.

Spécialiste de la prolifération nucléaire, Marie-Hélène Labbé offre un éclairage sur une situation complexe et dangereuse.

. Sandrine Turgis, Les données numériques des migrants et des réfugiés sous l’angle du droit européen, Rennes, Presses universitaires de Rennes, mai 2020.

Les données numériques des migrants et des réfugiés, entendues notamment comme leurs données à caractère personnel sous format numérique, correspondent à une réalité complexe examinée dans le présent ouvrage sous l’angle du droit européen, à savoir le droit de l’Union européenne, le droit du Conseil de l’Europe et le droit interne des États européens. Au cœur d’enjeux fondamentaux, elles peuvent être mobilisées, d’une part, dans le cadre du contrôle aux frontières et de la politique européenne d’asile et d’immigration et, d’autre part, dans le cadre de l’assistance aux migrants et aux réfugiés ainsi que dans le contentieux de l’asile. Les problématiques soulevées par ces données sont traitées selon une approche à la fois théorique et pragmatique.

. Edgar Morin, L’entrée dans l’ère écologique, Paris, Éditions de l’Aube, mai 2020.

Un manifeste en faveur de l’évolution des modes de vie et d’une politique française plus écologique, nécessaires à la protection et à la préservation de la Terre et de l’espèce humaine.

. Albert Soued, Quand le Moyen-Orient verra-t-il la paix ?, Paris, Les éditions de l’Histoire, mai 2020.

L’ensemble des chroniques dans cet ouvrage, toutes parues et classées ici par thématiques, proposent une analyse exhaustive d’une situation complexe "chaotique : celle qui, depuis déjà un siècle, caractérise le Moyen-Orient, empenné dans ses multiples convulsions, tiraillé au travers des crises qui secouent la Libye, la Syrie, l’Egypte, l’Iran, le Liban, le Qatar, l’Arabie-saoudite, au milieu desquels Israël reste menacé et enclavé.

Cette situation a pris une ampleur insoupçonnée et menaçante depuis une vingtaine d’années. La principale difficulté des solutions à l’occidentale, c’est que, localement, on raisonne et on agit autrement. Ne tenant pas compte de ce décalage, les ingérences étrangères ont souvent mis de l’huile sur le feu. Finalement, se pose la question : la paix est-elle possible ? Pour Albert Soued, compte tenu de ce qui se produit depuis des décennies, elfe reste peut-être une promesse illusoire.

. Guillaume Devin, Franck Petiteville, Simon Tordjman, L’Assemblée générale des Nations unies, Paris, Les presses de Sciences Po, mai 2020.

Souvent éclipsée par le Conseil de sécurité, volontiers taxée de "bavarde" , l’Assemblée générale des Nations unies n’est pourtant pas qu’une scène où viennent se produire, le temps d’un discours, les dirigeants mondiaux. Epicentre d’intenses négociations diplomatiques depuis plus de soixante-quinze ans, elle fait entendre sa voix sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, les droits humains, la sécurité, le développement, l’environnement...

Au cœur de l’architecture onusienne dont elle irrigue les institutions, seul forum où tous les pays sont représentés sur un pied d’égalité, l’Assemblée est le centre politique du multilatéralisme et le creuset où se forgent les références communes de notre planète. Cette institution politique mondiale méritait bien un premier ouvrage de référence en langue française.

. Pierre Bance, La Fascinante Démocratie du Rojava. Le contrat social de la Fédération de la Syrie du Nord, Paris, Noir et Rouge, mai 2020.

Pour mettre en place une société se réclamant des Droits de l’homme et de l’écologie sociale, fondée sur la commune autonome et le fédéralisme, les acteurs civils et politiques de la Fédération démocratique de la Syrie du Nord s’appuient sur un texte constituant, le Contrat social. Ils tentent de concilier dans un même système politique, démocratie directe et démocratie parlementaire. Si les progrès en matière de droits et libertés sont considérables, le fonctionnement démocratique des institutions fédérales est entravé par le contexte géopolitique.

Les autorités comme la population sont-elles en capacité de dépasser le stade d’une social-démocratie libertaire, pour parvenir à une société sans Etat ou avec si peu d’Etat, le but annoncé ?

. Rémi Lefevre, Les primaires : de l’engouement au désenchantement ?, Paris, La documentation française, mai 2020.

Les primaires ouvertes ont été célébrées à la fois comme une avancée démocratique et un outil performant sur le plan électoral. Adoptées par le parti socialiste en 2011, elles sont pourtant devenues le mode de désignation du candidat à l’élection présidentielle du parti socialiste, de la droite Républicaine et des écologistes lors des deux dernières élections de 2012 et 2017. Elles sont célébrées comme une innovation démocratique car elles donnent un nouveau pouvoir aux "sympathisants", et non pas qu’aux adhérents, et parce qu’elles contribuent à mettre en débat les propositions des partis.

Les primaires ne renforcent-elles pas la présidentialisation et la personnalisation de la vie politique ? Ne contribuent-elles pas à hystériser le débat public ? N’affaiblissent-elles pas des partis politiques qu’elles cherchent à re-légitimer mais dont elles affaiblissent les fonctions traditionnelles (programmatiques notamment) ? Les primaires sont- elles un vrai renouveau démocratique ? Exacerbation de la politique spectacle ou nouvelle chance pour le débat ?

. Charles-Philippe David, Olivier Schmitt, La guerre et la paix. Approches et enjeux de la sécurité et de la stratégie. 4ème édition, Paris, SciencesPo Les Presses, mai 2020.

Les grandes puissances reprennent leur compétition stratégique, Donald Trump répand sa vision isolationniste du monde, le terrorisme s’internationalise, la Chine devient le nouveau géant, la Russie retrouve son agressivité, les guerres se font cybernétiques… Autant de signes que l’ordre international tel que nous le connaissons a vécu.

Si un terme devait résumer la période charnière que nous vivons, ce serait celui du recul des relations internationales : recul de la sécurité, de la stabilité et du multilatéralisme.

Pour mieux comprendre la reconfiguration en cours du système mondial, cet ouvrage de référence présente, de manière pédagogique et critique, les concepts fondamentaux des études de stratégie et de sécurité, et revient sur les mutations du caractère de la guerre, les possibilités de régulation des conflits et les stratégies de paix au XXIe siècle.

. François Heisbourg, Le Temps de prédateurs- La Chine, l’Amérique, la Russie et nous, Paris, Odile Jacob, mai 2020.

"Comment la France et l’Europe, menacées par le déclin économique et démographique sur toile de fond de crise politique et morale, peuvent-elles se défendre face à ces nouveaux prédateurs que sont la Chine - désormais superpuissance consciente de son rang historique -, la Russie - insatisfaite de l’ordre postsoviétique sur notre continent -, voire les États-Unis ? Pour tenter de répondre à cette question, il faut d’abord reconnaître les terrains de chasse de la prédation moderne.

C’est à partir de là que nous pourrons apprécier les logiques de comportement des fauves avant d’analyser les options stratégiques qui s’offrent à nous, Européens, si nous ne voulons pas être leur proie". F. H. François Heisbourg analyse les différentes formes de prédation - commerciale, industrielle, financière, bien sûr, mais aussi idéologique et politique -, souligne les retournements de l’Histoire - comment les pays européens sont passés de prédateurs à proies - et appelle nos pays à rassembler leurs forces pour résister à la prédation. Un livre écrit de main de maître, un appel urgent à penser la stratégie.

. Frédéric Lasserre, Eric Mottet, Barthélémy Courmont, Les nouvelles routes de la soie – Géopolitique d’un grand projet chinois, Québec, PU Québec, mai 2020.

En 2013, le président chinois Xi Jinping annonçait un projet d’envergure qui permettrait à la Chine de s’afficher sur la scène internationale comme la deuxième puissance économique mondiale. Les nouvelles routes de la soie qui comprennent deux dimensions complémentaires, à savoir une route terrestre et une ceinture maritime, posent toutefois des enjeux géopolitiques à plusieurs échelles qui ne relèvent pas que des relations internationales : le projet propose de restructurer l’ensemble des relations économiques en Asie, ainsi qu’entre l’Asie, l’Europe et l’Afrique.

Comment cette vaste ambition chinoise se décline-t-elle ?

. Giogio Sacchetti, Sans frontière-Umberto Marzocchi, 1900-1986, penseur et acteur de l’anarchisme international, Paris, Libertaires Editions, avril 2020.

Umberto Marzocchi a traversé le XXème siècle en militant : membre de l’Union syndicale italienne dès 17 ans, puis des Soldats du peuple, il est contraint à l’exil, combat en Espagne lors de la guerre civile, puis dans le maquis français. Il dirige plusieurs associations antifascistes de la CGT italienne, est un des promoteurs de la ligue pour le désarmement unilatéral et un des fondateurs de l’Internationale des Fédérations anarchistes.

A 77 ans, à la chute du franquisme, il est, pour la dernière fois de sa vie, arrêté en Espagne où il aidait à la reconstitution de la Fédération anarchiste Ibérique. L’auteur, Giorgio Sacchetti, est enseignant-chercheur, spécialiste du syndicalisme.

. Jacques Véron, Faut-il avoir peur de la population mondiale ?, Paris, Points. Essais, mai 2020.

Faut-il avoir peur de la population mondiale ? Le climat change, la pollution s’intensifie, la déforestation se poursuit, la pression sur les terres est toujours plus forte... Est-ce le fait d’une croissance démographique trop rapide à l’échelle de la planète ? Pour réduire la pression environnementale, suffirait-il que la population mondiale se stabilise ou décroisse ? Clairement non. Que peut-on faire alors ? De façon didactique Jacques Véron décrypte l’ensemble des questions démographiques planétaires et démonte les clichés simplificateurs, rassurants ou menaçants.

Un livre pour se faire sa propre opinion sur les possibilités de (ré)concilier population, environnement et développement économique. Jacques Véron Démographe, spécialiste des relations entre population et environnement, il est directeur de recherche émérite à l’Institut national d’études démographiques (INED).

. Lofti Chawqui, Défis marocains – Mouvements sociaux contre capitalisme prédateur, Paris, Syllepse, mais 2020.

Le Maroc pourra-t-il éviter des contestations majeures, plus profondes et plus radicales, que celle amorcée en 2011 par le Mouvement du 20 ? février dans le sillage des processus révolutionnaires qu’a connu la région ? Les résistances populaires dans le Rif, la multiplication des mouvements sociaux, les nouvelles formes d’organisation et d’action attestent de l’ébullition sociale qui couve au Maroc.
La monarchie en place voit, au-delà des apparences, son mode de domination ébranlé et atteindre ses limites. Son modèle de développement basé sur un capitalisme patrimonial, distribuant prébendes et entretenant un clientélisme élargi, adossé à un régime policier, connaît une crise majeure renforcée par son insertion dans la mondialisation actuelle. Ce capitalisme de copinage, en grande partie prédateur, déstabilise les rapports de l’Etat marocain au corps social, sape les fondements de sa légitimité.
Analyser et comprendre ces particularités marocaines dans ses différentes facettes, c’est ce que cet ouvrage propose dans un premier temps. Pour autant, malgré l’émergence de la question sociale comme question politique fondatrice ouvrant de nouvelles possibilités politiques, aucune alternative ne semble se dessiner tant les forces candidates à la transformation du système restent enfermées dans des schémas qui relèvent d’une autre réalité historique, celle du siècle passé.
La société marocaine contemporaine offre une nouvelle complexité sociale que l’auteur se propose de déchiffrer et propose d’en tirer des éléments de réflexion nécessaires à un projet d’émancipation du 21e siècle en partant des défis actuels et de ce que nous apprennent les mouvements sociaux.

. Anaïs Voy-Gillis, Olivier Lluansi, Vers la renaissance industrielle, coll. Lignes de repères, chez Editions Marie B, avril 2020. Sur le site de l’éditeur.

Nous sommes heureux de vous annoncer la publication de « La renaissance industrielle » le 7avril sous un format e-book, en attendant une sortie en format papier dès la réouverture des librairies. Ces réflexions ont été conduites peu avant la crise sanitaire liée au coronavirus. Il est clair que cette crise sera un accélérateur des tendances qu’elles dessinent.

Elle conduit en effet, avec une violence inouïe, à prendre conscience de notre dépendance industrielle à l’égard de l’Asie, en particulier de la Chine. Dans un premier temps, une partie de nos entreprises a souffert de la fermeture des marchés asiatiques, puis des ruptures d’approvisionnements. Demain, encore convalescentes, elles devront faire face à la férocité de l’impérialisme industriel chinois clairement assumé depuis quelques années désormais. La situation sera d’autant plus propice à une arrivée massive de produits en provenance d’Asie que nos autorités auront la tentation d’une relance par la demande et la consommation.

Naturellement, cette situation appelle à une relocalisation d’activités en Europe et une réorganisation des chaînes de valeur. Au-delà des considérations économiques, il s’agit également d’un impératif écologique. Le modèle selon lequel des composants font parfois plusieurs fois le tour du monde n’est plus soutenable et menace sur le long terme l’existence même de l’humanité. Ainsi, nous devons nous saisir de cette crise pour revoir nos manières de produire et de consommer. La renaissance de l’industrie nationale et européenne que nous appelons de nos vœux correspond à un profond changement de paradigme.

Ce livre se veut résolument optimiste, mais nous savons pertinemment que la période de sortie de crise sera fatale pour de nombreuses entreprises de notre tissu productif. Celui-ci est fragilisé par quarante ans de désindustrialisation, par le désintérêt dont il fut victime dans une société qui se voulait post-industrielle et par la crise économique et financière de 2008/2009. La trésorerie de nombreuses entreprises n’y résistera pas, malgré une volonté sincère de les sauver toutes.

La question ne sera alors plus seulement celle de la souveraineté économique de notre pays, mais aussi celle de la cohésion nationale et territoriale. Les usines qui fermeront à la suite de cette crise ne rouvriront pas tout de suite, voire jamais. Or, ces usines contribuent de manière essentielle au développement de nombreux territoires et si elles venaient à péricliter, c’est l’ensemble desdits territoires qui seraient alors en crise. Ainsi-delà des faillites d’entreprise que la crise pourrait induire, des territoires pourraient également être « en faillite ». De nouveaux « Gilets jaunes » seraient susceptibles de manifester crescendo leur désarroi face au sentiment d’être abandonnés par la nation et d’être des « laissés pour compte ».

Cet ouvrage vise à offrir un récit des causes de la désindustrialisation de la France et de la logique d’une renaissance d’une industrie forte au service d’un dessein qui la transcende : contribuer à la souveraineté économique de la nation, à la cohésion sociale et territoriale de la France. Ce socle de réflexions, de mises en cohérence et en perspective, devra se prolonger désormais par une proposition de stratégie industrielle collective, dans laquelle les acteurs ne sont plus seulement l’État et ses prolongements, mais également les entreprises elles-mêmes, les territoires qui les accueillent et la famille de l’industrie. Collectivement nous avons tous un rôle à jouer dans la renaissance de l’industrie.

Anaïs Voy-Gillis est docteure en géographie. Ses travaux portent sur les enjeux et les déterminants de la réindustrialisation de la France. Simultanément à ses recherches, elle travaille au sein du cabinet June Partners et conduit des missions de conseil opérationnel auprès de clients industriels.

Olivier Lluansi consultant expert en matière industrielle auprès de différentes institutions publiques (Commission européenne, présidence de la République) ou entreprises (Saint Gobain, Ernst and Young) a été délégué aux Territoires d’industrie auprès du ministre de l’Economie et des finances et de la ministre en charge de la Cohésion des territoires.

Sur le site de l’éditeur.

. Aya Laurie Kouadio, Les « microbes ». Nouveau visage de la criminalité urbaine à Abidjan, Paris, L’Harmattan, avril 2020.

Ce livre propose une approche originale du défi sécuritaire qui touche la Côte d’Ivoire depuis les années 2012-2013 : considérer comme socialement ordinaire un phénomène qui est apparu et a touché des villes et des pays bien avant qu’il ne frappe la Côte d’Ivoire. Cette volonté se fonde sur un constat : les "microbes" ne sont que la métamorphose de manifestations violentes plus anciennes ; et sur un parti pris : les enfants délinquants sont avant tout des enfants.

. Grégoire Chamayou, La société ingouvernable. Une généalogie du libéralisme autoritaire, Paris, La fabrique éditions, mars 2020.

Partout, ça se rebiffait. Les années 1970, a-t-on dit à droite et à gauche, du côté de Samuel Huntington comme de Michel Foucault, ont été ébranlées par une gigantesque « crise de gouvernabilité ».

Aux États-Unis, le phénomène inquiétait au plus haut point un monde des affaires confronté simultanément à des indisciplines ouvrières massives, à une prétendue « révolution managériale », à des mobilisations écologistes inédites, à l’essor de nouvelles régulations sociales et environnementales, et – racine de tous les maux – à une « crise de la démocratie » qui, rendant l’État ingouvernable, menaçait de tout emporter.

C’est à cette occasion que furent élaborés, amorçant un contre-mouvement dont nous ne sommes pas sortis, de nouveaux arts de gouverner dont ce livre retrace, par le récit des conflits qui furent à leurs sources, l’histoire philosophique.

On y apprendra comment fut menée la guerre aux syndicats, imposé le « primat de la valeur actionnariale », conçu un contre-activisme d’entreprise ainsi qu’un management stratégique des « parties prenantes », imaginés, enfin, divers procédés invasifs de « détrônement de la politique ».

. Franck Vindevogel, L’Amérique des prisons. Origines et bilan d’une incarcération de masse, Paris, Septentrion, avril 2020.

Les États-Unis représentent aujourd’hui environ 5 % de la population mondiale mais emprisonnent à eux seuls près de 25 % de tous les détenus au monde. Pour une nation qui a toujours érigé la liberté au coeur de son système de valeurs, en venir à afficher le plus fort taux d’incarcération de la planète soulève bien des interrogations.

En adoptant une approche à la fois politique, sociologique, historique et culturelle, cet ouvrage offre une analyse rigoureuse mais claire et accessible d’un phénomène encore méconnu et mal compris. En s’appuyant sur de nombreux travaux de recherche, l’auteur apporte ici les clefs de compréhension de l’exception américaine et dresse un bilan de cette grande expérimentation aux conséquences inattendues.

Cette étude est riche d’enseignements pour tous ceux qui s’intéressent aux politiques de lutte contre la criminalité mais révèle aussi beaucoup sur le fonctionnement de la société américaine et les défis auxquels elle se trouve aujourd’hui confrontée.

. Laurent Mucchielli, La France telle qu’elle est. Pour en finir avec la complaisante nationaliste, Paris, Fayard, mars 2020.

L’identité française est-elle menacée ? Une immigration africaine massive est-elle à nos portes ? L’islam est-il contraire aux lois de la République et est-il en train de s’insinuer sournoisement un peu partout avec ses voiles, sa nourriture hallal et ses terroristes ? Les descendants des immigrés sont-ils responsables des violences qui accablent depuis des décennies les banlieues ? C’est ce qu’affirment les nationalistes racistes depuis toujours, et ce n’est pas surprenant de leur part. Ce qui l’est davantage, c’est l’audience croissante dont jouissent ces idées dans le débat public.

Démontrant l’inanité de ces discours, ce livre parcourt l’histoire de France depuis la Révolution de 1789. Il montre que nous sommes un pays d’immigration qui ne s’assume pas, que l’ampleur et les vraies raisons de ces migrations sont largement méconnues, que la peur de la violence ou de la subversion que porterait en elle cette immigration relève du fantasme, que notre roman national doit être sérieusement révisé, et qu’il est urgent de nous déprendre des deux types de nationalismes empêchant de penser la France telle qu’elle est pour affronter ensemble les défi s économiques, sociaux et environnementaux de demain.

. Laurent de Sutter, Théorie du Kamikaze, Paris, Eyrolles, mai 2020.

Et si nous nous trompions ? Et si les attentats-suicides n’avaient rien à voir avec la guerre ? Et s’ils n’avaient rien à voir avec la religion ? Et si, même, ils n’avaient rien à voir avec quelqu’idéologie que ce fût ? Que se passerait-il si, en réalité, ce dont les kamikazes se voulaient les terrifiants acteurs était une simple surenchère appartenant au domaine des images ?

En posant cette question, retraçant l’arc courant des premières explosions-suicides à la fin du XIXe siècle, jusqu’aux attentats meurtriers de Paris, en passant par les kamikazes japonais ou les auteurs de la destruction du World Trade Center, à New York, le 11 septembre 2001, c’est toute une histoire du flash visuel provoqué par la détonation des bombes portées, ou conduites, par les terroristes de l’absolu qui se trouve rejouée avec brio par Laurent de Sutter.

Une histoire qui rejoindrait celle des spectateurs des médias de la post-modernité, ne quittant leur apathie organisée qu’au moment où un show plus violent que les autres finit par leur rappeler que quelque part, le réel les attend.

. Stéphane Foucart, Comment l’économie est devenue religion, Paris, Folio, mars 2020.

Partout dans le monde, les responsables jurent lutter contre le changement climatique. Dans le même temps, ils favorisent les activités qui en sont la cause, pensant qu’une croissance matérielle infinie est possible dans un monde fini. Cette croyance est issue de la pensée économique dominante, qui semble avoir pris, dans l’Occident post-religieux, la place du sacré. Jusqu’à remplir toutes les fonctions d’une religion d’État.
Son culte a pour principe divin le Marché, dont l’appétit n’est apaisé que par la croissance. Il a pour valeur cardinale la liberté d’entreprendre, pour idéal l’équilibre et pour credo l’infinitude du monde, condition à la satisfaction des dieux. Il a ses temples, ces Bourses où valsent les indices, reflets des humeurs divines. Il a ses rites de consommation ; il a son clergé – la finance – et ses archiprêtres – les banquiers centraux, seuls capables d’apaiser la colère des dieux.
L’économie a acquis l’autorité dont était investie la religion. Elle ne s’attaque plus à l’astronomie et à la biologie, comme le christianisme avant elle, mais s’en prend à l’écologie et à toutes les sciences qui fixent des limites au Marché. Une fascinante enquête au cœur du système économique qui nous régit.

. Alain Garrigou, La politique en France. De 1940 à nos jours, Paris, La Découverte, avril 2020.

Alain Garrigou retrace ici l’histoire politique récente de la France selon une vision globale de notre temps, saturé par les médias et pourtant souvent dominé par l’amnésie. Il se propose d’en donner des instruments factuels et conceptuels. Il a pour ambition de réaliser une autobiographie collective des générations d’aujourd’hui, des plus anciennes qui ont vécu toute la séquence envisagée (1940 à nos jours) jusqu’aux plus jeunes qui vivent dans le présent, avec les schèmes et souvenirs de leurs aînés. En ce sens, la réflexion s’attache à ce monde que nous habitons, mais qui tout aussi bien nous habite.

L’ouvrage est organisé selon un ordre chronologique nécessaire à des étudiants et à tous les lecteurs soucieux de situer les noms et les faits qui ont marqué l’histoire du pays depuis trois quarts de siècle, une histoire riche, mouvementée, scandée par une succession de « crises ». Toutefois, le récit rompt avec les façons classiques et commodes de découper le temps politique, mêmes justifiées comme 1945, 1958 ou 1981, afin de mieux mettre en perspective les enchaînements et les causes.

. Béatrice Hibou, La bureaucratisation néolibérale, Paris, La Découverte, avril 2020.

Qu’est ce que la bureaucratisation néolibérale ? Un mode de fonctionnement qui repose sur un usage systématique de normes, de règles, de procédures, de codes ou de catégorisations, bref de formalités principalement issues d’une certaine conception du marché et de l’entreprise et qui envahissent notre quotidien. Scandale des subprimes, développement du microcrédit et de l’auto-entreprenariat, recours au benchmarking, dictature du new public management, montée en puissance du droit de la propriété intellectuelle sont autant de symptômes de ces nouvelles modalités de formalisation.

Au-delà des débats normatifs sur le bienfait ou les dangers de ce processus de rationalisation, l’analyse pluridisciplinaire menée dans ce livre suggère que la bureaucratisation néolibérale est l’un des lieux d’énonciation du politique, de l’exercice du pouvoir et de la domination, des luttes et des conflits. Sont alors mis en exergue son ambivalence, ses modalités de diffusion, d’éclatement et de réinvention permanente, ses catégories de compréhension et de mécompréhension, les jeux qu’elle autorise, les façons dont elle s’articule à d’autres logiques. La bureaucratisation néolibérale n’apparaît ainsi pas comme un dispositif stabilisé ; elle est traversée de batailles de pouvoir car s’y opposent des conceptions du monde puisant dans des répertoires et des imaginaires différents.

Cette édition numérique reprend, à l’identique, l’édition originale de 2013.

. Jean-Jacques Marie, Vivre dans la Russie de Lénine, Paris, Vendémiaire, avril 2020.

1917. Le chaos dans lequel la guerre a plongé la Russie tsariste débouche sur une première révolution en février, puis une seconde en octobre, quand les bolcheviks de Lénine parviennent au pouvoir. L’économie est dévastée. Depuis des mois déjà, pendant que les usines ferment les unes après les autres, les soldats désertent et ravagent les campagnes, qui, soumises à des réquisitions désordonnées, cessent bientôt d’approvisionner les villes.

En butte à la faim, au froid, au choléra, au typhus et à la guerre civile, le pays se défend par tous les moyens, dans un mélange de détresse et d’espoir. Voyageurs fuyant les villes affamées, mourant de froid dans des trains bondés, bandes d’enfants orphelins errant, privés de tout secours, bureaucratie inefficace et corrompue… Mais aussi jeunes communistes, écrivains, artistes rêvant de construire un monde nouveau. Entre les deux, la masse des paysans, menacés eux aussi par une effroyable famine qui peut même les réduire au cannibalisme.

Le récit du quotidien de la population, au cours des sept années terribles durant lesquelles, pour la première fois, un État tenta de renverser le capitalisme et d’allumer la mèche de la révolution mondiale.

. Mathieu Baudin, Dites à l’avenir que nous arrivons, Paris, Alisio, mai 2020.

L’âge de la pierre ne s’est pas arrêté par manque de pierres ; pas plus que l’on a renoncé à la marine à voile parce que le vent était tombé. En réponse à tous ceux qui, pris de vertige devant les métamorphoses actuelles, pensent que la fin est proche, ce livre est un cri d’optimisme offensif : la fin d’UN monde n’est pas la fin DU monde. Nous nous trouvons à la jonction entre un « monde d’avant » qui montre partout les signes de son obsolescence, pétri par la croyance dépassée d’une croissance infinie dans un monde fini, et un « monde d’après », émergeant de toutes parts. C’est le moment de changer de regard, de rendre mobile son esprit pour faire advenir demain à l’aune de ce qu’il pourrait être de mieux. Biodiversité, sécurité alimentaire, climat, énergie, démocratie, santé… : soyons conscients que l’avenir ne se prévoit pas mais qu’il se prépare. « C’est la conjonction des intelligences et des sagesses du monde qui peut à la fois nous sauver du désastre et ouvrir une nouvelle ère de l’aventure humaine. » Patrick Viveret

Historien et prospectiviste, Mathieu Baudin est le directeur de l’Institut des Futurs souhaitables, une école de la réinvention dont la mission est d’« ouvrir les futurs pour libérer le présent ». Auteur, conférencier, chroniqueur TV, il voyage dans le temps depuis plus de 20 ans entre futur, passé et présent pour permettre à chacun d’être acteur de son époque. En collaboration avec Carole Babin-Chevaye, auteure du blog Monde des Possibles et facilitatrice.

. Ouvrage Collectif, Pour Fariba Adelkhah et Roland Marchal, Paris, Presses de Sciences Po, mars 2020.

Fariba Adelkhah est incarcérée en Iran depuis juin 2019. Dans cet ouvrage de combat, ses collègues analysent de telles situations de crise, rappellent la fragilité de l’indépendance scientifique et les périls qu’encourent les universitaires sur de nombreux terrains internationaux pour faire avancer la connaissance.
Fariba Adelkhah et Roland Marchal, chercheurs au Centre de recherches internationales (CERI) de Sciences Po, ont été arrêtés en Iran au début du mois de juin 2019.
Après neuf mois et demi de détention, Roland Marchal est rentré à Paris, le 21 mars 2020. Fariba Adelkhah demeure incarcérée dans la prison d’Evin, au nord de Téhéran.
Ses collègues se mobilisent pour sa libération. Dans cet ouvrage de combat, ils utilisent les outils de la recherche pour analyser de telles situations de crise politique et diplomatique, rappellent la fragilité de l’indépendance scientifi que et les périls qu’encourent quotidiennement des centaines d’universitaires sur de nombreux terrains internationaux pour faire avancer la connaissance.

. François Chaubet, Sabine Jansen, Laurent Martin, Générations du XXe siècle. La France et les Français au miroir du monde, Paris, CNRS Éditions, mars 2020.

Ses nombreuses responsabilités collectives n’ont pas fait obstacle à la construction d’une œuvre ample et profonde. Comment articuler histoire politique et histoire culturelle ? Quelles sont les forces vives qui activent le changement social ? Comment passe-t-on de l’histoire nationale à l’histoiremonde ? Comment les Français vivent-ils au miroir de la globalisation ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles Jean-François Sirinelli a apporté des réponses nuancées mais fermes, formulées dans une langue précise et imagée dont la qualité s’avère partie intégrante du travail de compréhension de l’historien.

Autant attaché à la production du savoir qu’à sa transmission, Jean-François Sirinelli a fait naître de nombreuses vocations et a marqué plusieurs générations d’historiens de sensibilités variées. Ce recueil en témoigne de façon éclatante.

Associant des études et des témoignages de ses amis et collègues, il rend hommage à l’homme, épris de curiosité et de dialogue, autour des quatre grandes thématiques (histoire culturelle, histoire intellectuelle, histoire politique et culturelle, histoire culturelle des relations internationales) qu’il a explorées tout au long de son œuvre.

. François Mabille, Christophe Ventura, Religions : l’ère des nouvelles influences, Paris, Armand Colin/Iris éditions, mars 2020.

S’il est coutumier d’évoquer le « retour du religieux » dans nos sociétés, cette affirmation dit néanmoins peu de choses du rôle des facteurs et des acteurs religieux dans les mutations politiques contemporaines, les relations internationales, la géographie des pouvoirs globaux, les conflits et les guerres. Le religieux constitue-t-il un déterminant des relations internationales ? Quelle cartographie mondiale des religions se dessine progressivement à travers l’étude des concurrences religieuses et des bouleversements démographiques internationaux ? Le religieux est-il l’expression d’une crise des États et de la citoyenneté dans la mondialisation ?

L’expression « résurgence globale du religieux » est ainsi loin d’être cohérente quand on analyse les buts, objectifs et tactiques suivis par les différents acteurs en présence. A-t-on affaire à une cause unique, ou à un phénomène unique ? Doit-on assimiler et rassembler l’ensemble des processus identifiés sous la même étiquette ? Peut-on englober à ce point des phénomènes apparaissant dans des traditions religieuses différentes ? Sans prétendre à l’exhaustivité, ce numéro de La Revue internationale et stratégique aborde ces sujets dans une perspective transversale et régionale. Il tente d’en délimiter les contours et de laisser entrevoir certaines des réactions étatiques, au cœur même des appareils diplomatiques.

. Ouvrage collectif, Pour la recherche urbaine, Paris, CNRS Éditions, mars 2020.

L’urbanisation à l’échelle planétaire et la conscience croissante des problèmes écologiques font de l’«  urbain  » un objet privilégié pour l’action publique et la recherche. C’est en effet grâce à la perspective urbaine que nous parvenons aujourd’hui à une meilleure compréhension des sociétés contemporaines et des milieux de vie.

En articulant les dimensions sociales, écologiques, politiques et matérielles, les recherches actuelles apportent de nouvelles connaissances sur les théories et définitions de l’urbain, les populations urbaines et la production de leur cadre de vie. Les enjeux sont de taille. Ils touchent à la qualité de vie des citadins et à la forme de nos sociétés : diversification des populations, accroissement des inégalités, recompositions des flux, des échelles et des pouvoirs urbains, changements de l’environnement planétaire, etc.

Le présent ouvrage, qui repose sur un important travail collectif sur les villes des Nords et des Suds, propose un panorama engagé de ces enjeux présents et, surtout, à venir pour la recherche urbaine.

. Raul Magni-Berton, Sophie Panel, Le choix des armes, Paris, Presses de Sciences Po, mars 2020.

L’ouvrage fait le bilan de 30 ans de recherches sur les causes profondes des conflits internes, désormais plus nombreux et plus meurtriers que les guerres interétatiques. Il met au jour la diversité des facteurs, économiques, démographiques et politiques, qui poussent individus & organisations à renoncer à la lutte pacifique pour prendre les armes.
Pourquoi les insurrections armées et guerres civiles frappent-elles le plus souvent les pays pauvres ? Sont-elles vraiment plus fréquentes lorsqu’il y a diversité ethnique, et plus rares dans les démocraties ? Quel rôle jouent les ressources minières, les élections ou le réchauffement climatique dans leur déclenchement ?Les auteurs font le bilan de trente ans de recherches sur les causes profondes des conflits internes, désormais plus nombreux et plus meurtriers que les guerres interétatiques. Ils mettent au jour la diversité des facteurs, économiques, démographiques et politiques, qui poussent individus et organisations à renoncer à la lutte pacifique pour prendre les armes.

. Sylvestre Huet, Le Climat en 100 questions, Paris, Tallandier, mai 2020.

Les calottes de glace sont-elles éternelles ? Comment le climat des 1 000 dernières années a-t-il évolué ? En quoi le changement produit par l’homme est-il inédit ? Comment les gaz à effet de serre influencent-ils le climat ? La sécurité alimentaire est-elle en danger ? La France est-elle un bon élève du climat ? Le changement climatique en cours constitue un défi majeur pour l’humanité. La température a augmenté d’1,2° C en moins d’un siècle. Le niveau marin grimpe sous l’effet du réchauffement des eaux et de la fonte des glaces. Les vagues de chaleur battent des records de température, la biodiversité est durement touchée. Pourtant, depuis le premier rapport du GIEC, puis la signature de la convention-cadre de l’ONU en 1992, le CO2 continue de monter. Parce que les politiques à déployer réclament des transformations économiques, sociales, culturelles et technologiques d’une telle envergure qu’elles se heurtent à des intérêts puissants, aux menaces sur nos emplois et nos modes de vie. En 100 questions/réponses, ce livre donne les repères indispensables pour comprendre l’évolution climatique de la Terre et les risques concrets pour nos sociétés afin que chaque citoyen prenne la mesure des changements en cours et agisse.

. Bernard Bégaud, La France malade du médicament, Paris, Éditions de l’observatoire, mars 2020.

Le gaspillage dans le domaine pharmaceutique se chiffre à plus de dix milliards d’euros par an. Un véritable scandale sanitaire et politique.

Certes, les découvertes de ces cent vingt dernières années dans le domaine pharmaceutique ont transformé le paysage de la santé publique. Mais l’usage injustifié ou non conforme des médicaments est à l’origine d’un véritable gaspillage et, plus grave, de la moitié des effets indésirables survenant en France, souvent fatals.

À qui attribuer la faute de ces prescriptions irrationnelles ? Au-delà du lobby de l’industrie pharmaceutique, lancée dans une course au profit, n’oublions pas la part de responsabilité des autorités sanitaires qui ont autorisé, remboursé et ont, seules, pouvoir de décision.

Fort d’une expérience de plus de trente ans dans la pharmacovigilance, participant à de nombreux groupes d’expertise sur les plus graves affaires liées au médicament, le professeur Bernard Bégaud nous ouvre les tiroirs d’un monde opaque. Il revient en outre sur plusieurs scandales qui ont éveillé les soupçons des Français : Médiator, surconsommation d’anxiolytiques et d’antibiotiques, dérives du traitement de l’obésité…

Entre délégitimation de la parole scientifique, inaction des acteurs publics et ultralibéralisme des grandes firmes, Bernard Bégaud dénonce une passivité globale endémique.

. Edgar Morin, Sur la crise, Paris, Champs essais, mars 2020.

Écologie, économie, politique… Il n’est pas de domaine qui ne soit hanté par l’idée de crise.

Et pourtant, ce mot galvaudé, synonyme d’incertitude et de rupture, s’est comme vidé de l’intérieur, jusqu’à devenir « grossier et creux ».

Avec clarté et sagesse, Edgar Morin tente de lui redonner un peu d’épaisseur et de faire émerger une conscience de la crise en analysant les bouleversements qui ont secoué le XXe siècle, pour réfléchir ensuite à notre entrée dans le XXIe siècle, entre chaos et renaissance.

En envisageant la crise comme une sorte de laboratoire pour étudier in vitro l’évolution de la société, Edgar Morin interroge le destin de l’identité humaine et rend possible l’avènement d’une nouvelle vision du monde.

. Florian Louis, Atlas historique du Moyen-Orient, Paris, Autrement, mars 2020.

Un carrefour cosmopolite au destin singulier...

De Sumer à Daech, quelle est l’histoire de ce que nous appelons le « Moyen-Orient » ?

Dans l’Antiquité, le Moyen-Orient a connu nombre de révolutions culturelles : naissance de l’agriculture, de la ville, de l’écriture…

C’est une terre d’empires et de conquérants : Égypte pharaonique, Perse, arabisation et islamisation, croisades au Moyen Âge

L’Empire ottoman puis les puissances occidentales marquent durablement la région jusqu’aux indépendances

La deuxième moitié du XXe et le début du XXIe siècle sont le moment

des recompositions territoriales et des révolutions.

. Jérôme Lefilliâtre, Mister K. Petites et grandes affaires de Daniel Kretinsky, Seuil, mars 2020.

Inconnu hors de son pays il y a encore deux ans, le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky est apparu sur les radars européens en 2018 à la faveur d’une offensive éclair sur les médias français,dont Le Monde. L’homme d’affaires a fait fortune dans l’énergie, et a investi, à contre-courant, dans des mines et des centrales à charbon, devenant ainsi l’un des plus gros pollueurs du continent européen.

Entrepreneur vorace et ambitieux, Kretinsky, 44 ans, diversifie désormais ses acquisitions. Il a pris récemment une participation conséquente dans le groupe français Casino et est devenu le premier actionnaire du mastodonte allemand Metro ; il lorgne désormais sur les géants français EDF et Engie.

Dans cette enquête fouillée, Jérôme Lefilliâtre retrace le parcours d’un homme pressé, avide de reconnaissance dans un monde des affaires où les grandes réussites économiques se bâtissent souvent à l’ombre de puissants alliés politiques. En passe de devenir l’un des grands personnages du capitalisme français, Kretinsky intrigue. Qui est vraiment ce Mister K. se proclamant, haut et fort, francophile, démocrate, libéral et pro-européen ? Pourquoi a-t-il choisi la France pour terrain de jeux ?

. Paul Jorion, Vincent Burnand-Galpin, Comment sauver le genre humain, Paris, Fayard, mars 2020.

À titre individuel, nous n’avons jamais été aussi riches et en aussi bonne santé. Au même moment, la survie de l’espèce humaine dans son ensemble n’a jamais été aussi menacée. En dépassant la capacité de charge de notre environnement, nous mettons en cause aujourd’hui notre propre existence.

Que faire ? Les tentations sont nombreuses : celle du repli sur soi du survivalisme, celle de la fuite en avant du transhumanisme, celles aussi hélas de l’eugénisme et de l’exterminisme visant à éliminer une partie de la population jugée nuisible ou inutile.

Relevons la tête tant qu’il en est encore temps et réalisons qu’un autre avenir est possible : la rébellion contre l’extinction est désormais en marche, poursuivons-la, soutenons-la de la feuille de route que l’on trouvera ici. Mettons à profit nos connaissances, mobilisons les citoyens du monde, et engageons nos États dans un effort de guerre. Seule une entreprise de cet ordre est à même de garantir une véritable transition humaniste, sociale et écologique vers un monde remis à neuf. Cette fois sur une base de pérennité.

. Philippe Boulanger, La géographie, reine des batailles, Éditions Perrin, mars 2020.

La géographie a toujours été une préoccupation des princes et des stratèges. La connaissance de l’environnement physique, des itinéraires, des ressources, des cités fortifiées, des populations à administrer, notamment, est en effet un des fondements des conquêtes et de la gouvernance territoriale : c’est chose entendue depuis l’Antiquité – Sun Tzu, en particulier, y consacre de longs développements dans L’Art de la guerre et Jules César, dans La Guerre des Gaules, atteste de l’exploitation tactique du terrain dans la manœuvre. Il a fallu cependant attendre le xixe siècle pour rationaliser les éléments de connaissances géographiques en Europe et assister à la naissance d’une géographie purement militaire : elle devient, parmi d’autres, un moyen de lutter contre l’occupation de territoires par les armées napoléoniennes. Engagements militaires sur plusieurs théâtres d’opérations, sécurisation du territoire national face à la menace terroriste, bouleversements géopolitiques et géostratégiques régionaux, cartographies des infections, des virus et des bactéries, gestion des catastrophes naturelles, appui à la connaissance des zones à reconstruire, connaissance des cultures locales… Aujourd’hui au cœur de la révolution numérique et cartographique, et forte de nouveaux outils de haute technologie – comme les satellites de navigation permettant la géolocalisation en temps réel –, la géographie militaire connaît de profondes mutations.
Philippe Boulanger analyse ces changements avec maestria et nous guide dans ces territoires peu connus de l’historien, revenant sur l’invention de cette géographie spécifique, sur ses liens avec les opérations militaires et sur son avenir.

. Yolène Dilas-Rocherieux, Rien n’est à personne. Du communisme au commun retour aux origines, Paris, Vendémiaire, avril 2020.

Rien n’est à personne : la formule pourrait résumer la doctrine communiste, fondamentalement hostile à la propriété privée, au nom d’une égalité radicale. Mais quelle est la véritable origine de ce programme révolutionnaire ? S’agit-il d’une invention utopiste du XIXe siècle, en réaction au sentiment de dépossession des classes ouvrières ? Ou d’une forme d’organisation naturelle des sociétés primitives avant le sacre de l’individu et du progrès ? La question est d’importance, car après la chute du bloc soviétique, qui a paru sonner le glas de cette idéologie, on la voit aujourd’hui réapparaître alors que la notion de « commun » devient le ferment des luttes écologistes ou anticapitalistes. Le communisme serait-il donc la solution aux défis du XXIe siècle ?
Des communautés villageoises archaïques aux zadistes, en passant par la République guaranie créée par les jésuites au Paraguay au XVIIe siècle, par Marx, Lénine et Rosa Luxemburg, une synthèse sur une vision du monde et du partage de ses richesses.

. Andrew Roberts, Churchill, Paris, Éditions Perrin, avril 2020.

De Churchill, croit-on, tout a été dit – en premier lieu lui par lui-même. Et pourtant, Andrew Roberts est parvenu à exhumer des articles de presse, des correspondances privées, des journaux intimes – le moindre n’étant pas celui du roi Georges VI, jusque-là sous clé – qui ne figurent dans aucune des mille biographies environ déjà consacrées à ce personnage essentiel de la Grande-Bretagne et du XXe siècle. Tout cela lui permet de proposer un récit extrêmement enlevé, fondé sur une abondance de citations désormais « classiques », mais également souvent peu connues voire inédites qui apportent un éclairage parfois convergent, parfois contrasté sur l’homme Churchill. Démêlant le vrai du faux, tordant le cou aux nombreux mythes voire aux calomnies qui lui collent à la peau, mais relevant les critiques justifiées dont il est loin d’être exempt, Roberts brosse avec maestria le portrait de ce « Vieux Lion » dont toute la vie avant 1940 n’a fait que préparer le grand œuvre que demeurent ses années de guerre.

Il livre là ce qui est sans doute la meilleure biographie de ce géant de l’histoire.

. Arne Naess, Une écosophie pour la vie. Introduction à l’écologie profonde, Paris, Points, mars 2020.

Étonnamment méconnue en France, l’écosophie d’Arne Næss, philosophe majeur du XXe siècle, est ici présentée à travers dix textes accessibles et sensibles. On y apprend ce qu’est véritablement l’écologie profonde (deep ecology) par opposition à l’écologie superficielle : née d’une relation intime avec la montagne, cette pensée restitue à tous les êtres vivants et à la nature une valeur intrinsèque, indépendamment de leur utilité pour les êtres humains. Prolongeant la pensée de Spinoza, Næss montre que l’affection pour tout ce qui est vivant ou " écosophie " – et non le rapport objectivant, gestionnaire ou dominateur sur la nature – est au cœur du développement personnel, de la formation de l’identité sociale... et d’une société plus juste.

. Michaël Moreau, Les plumes du pouvoir, Paris, Plon, mars 2020.

On les appelle « les plumes ». Elles vivent recluses au cœur du pouvoir. Elles écrivent les discours des présidents et des grandes figures politiques. Elles trouvent les mots qui pourraient marquer l’Histoire, et les formules qui feront date. Qui sont-elles ? Comment les interventions des puissants se préparent-elles ? Cette enquête raconte les arcanes de la politique et les dessous de la Ve République, au travers de l’art oratoire.

Comment Emmanuel Macron a-t-il changé sa façon d’écrire et de dire les discours après la crise des « gilets jaunes » ? Comment Nicolas Sarkozy a-t-il réagi quand, au moment de prononcer son intervention au pupitre, il en manquait encore des pages ? Pourquoi 106 versions ont-elles été nécessaires à l’allocution télévisée d’au revoir de Jacques Chirac ?

Le lecteur pénètre dans la fabrique des discours et assiste à de drôles de séances de relecture dans le Salon vert de l’Elysée. Des batailles homériques éclatent entre des conseillers qui se disputent sur les expressions à placer dans la bouche d’un Président. Certains discours ont changé la société et la vie de leur orateur. Mais on découvre aussi des plagiats, des interventions ratées ou écrites dans la tempête. Et même des discours rédigés mais jamais prononcés, comme celui d’un candidat à la présidentielle hésitant à se retirer avant de se raviser. Ces textes ont été dits au Vel’ d’Hiv, devant la Knesset ou au Bundestag. Ils ont rendu hommage à des victimes d’attentats, à des figures de l’Histoire ou à Johnny Hallyday. Ils ont dénoncé « le monde de la finance » ou proclamé que l’Homme Africain n’était « pas assez entré dans l’Histoire ». Ils ont annoncé l’abolition de la peine de mort, la déchéance de nationalité, la dissolution de l’Assemblée ou des adieux à la politique.

Les « plumes » ont accepté de témoigner sans masque, comme la plupart des grandes personnalités politiques. Certains discours sont devenus des moments d’Histoire. Tous ont une histoire.

. Olivier Fillieule, Lilian Mathieu, Cécile Pechu, Dictionnaire des mouvements sociaux, Paris, Presses de Sciences Po, avril 2020.

Ce premier dictionnaire consacré à la sociologie des mouvements sociaux a pour ambition d’offrir une synthèse pratique et maniable des concepts clés dans ce domaine, aux étudiants, enseignants du secondaire et du supérieur, et aux professionnels.Concepts canoniques ou notions plus récemment développées reflètent la variété des courants et des paradigmes qui se sont succédé ou qui coexistent aujourd’hui. Chacune des soixante-dix-sept notices, rédigées dans une langue claire et accessible, vise un objectif pédagogique, en offrant une présentation générale et historique de la matière traitée, en proposant une analyse synthétique de ses usages et de ses enjeux, le tout dans une perspective internationale et en s’appuyant sur des exemples les plus divers. Des renvois vers d’autres articles du dictionnaire permettent au lecteur de se reporter facilement aux notions connexes et délargir ainsi sa connaissance. Une brève bibliographie regroupe à la suite de chaque notice les quelques références jugées fondamentales. La bibliographie générale constitue un outil de référence indispensable. Les auteurs, spécialistes internationalement reconnus ou jeunes chercheurs aux travaux en cours ou récemment achevés, sinscrivent dans les débats les plus contemporains. Leur diversité garantit au lecteur le point de vue le plus ouvert possible sur ce champ de recherches et de réflexions dont ce dictionnaire dresse un panorama immédiatement accessible.

. Reza Afchar Naderi, Chants patriotiques d’Iran, Paris, L’Harmattan, mars 2020.

Partie intégrante du patrimoine de langue persane, le chant patriotique iranien prend ses racines dans l’histoire la plus ancienne de ce pays et s’appuie en premier sur l’oeuvre monumentale de Ferdowsi, jusqu’à survivre encore, aujourd’hui, dans notre siècle postmoderne. De ce long parcours, l’auteur retient la période contemporaine avec comme point de départ la Révolution constitutionnelle. Par la suite, les poèmes des plus grands noms de la poésie persane seront mis en musique par des compositeurs célèbres et interprétés par des icônes de la chanson iranienne. Le lecteur découvrira ainsi, à travers cet ouvrage, un volet essentiel du patrimoine iranien, ciment d’un patriotisme qui ne cesse de s’exprimer d’une convulsion à l’autre de son histoire millénaire.

. Victor Komla Alipui, Le rôle de la monnaie dans le développement économique et social de l’Ouest africain, Paris, l’Harmattan, mars 2020.

La question posée ici est celle de la thèse de la neutralité de la monnaie dans l’économie, comme le soutient la théorie monétaire classique. Si cette thèse n’est pas prouvée, si la monnaie n’est pas neutre, peut-elle contribuer au développement des pays de l’Afrique de l’Ouest ? La réponse non plus n’est pas neutre. Elle peut donc promouvoir le développement des pays ouest-africains.

. Michel Foucher, Atlas des mondes francophones, Paris, Éditions Marie B, mars 2020.

Oui, il est nécessaire de faire l’éloge des francophonies : éloge d’une langue vivante, diverse mais respectueuse de ses origines et de son histoire, à l’heure où une certaine paresse intellectuelle, dans un monde standardisé, pourrait conduire au renoncement... Plus qu’une simple cartographie, l’ambition de l’ouvrage est d’offrir une perspective à l’affirmation de la langue française dans le monde : prendre acte de sa présence sur tous les continents, constater son exposition à une multitude d’autres langues, promouvoir enfin l’écoute, le dialogue et la transmission culturelle.

Cela suppose de ne pas renoncer à la défendre en France même, où la menace une mondialisation largement anglo-américaine. A travers ses analyses, l’auteur révèle la géographie de la langue française : sa diffusion historique, ses locuteurs dans le monde, les enjeux du dénombrement et de l’apprentissage, le rôle de l’Organisation Internationale de la Francophonie. Il insiste sur la force du polycentrisme et porte le regard sur les francophonies hors de France, celles du Nord comme celles du Sud, et sur les littératures-monde.

L’influence d’une langue se manifeste dans sa capacité à produire, partager des idées et les mettre en oeuvre(s). Exaltant chantier, afin que la langue française "ne cesse de devenir cette puissance formulatrice qui exprime le monde pour le transfigurer" (Alain Borer).

. Banerjee Abhjit, Esther Duflo, Christophe Jaquet, Économie utile pour des temps difficiles, Paris, Seuil, mars 2020.

Face aux inégalités qui explosent, aux désastres politiques et aux catastrophes environnementales qui menacent de toutes parts, cet ouvrage montre que tout n’est pas perdu. Si des choix de politiques publiques nous ont menés où nous sommes, rien n’empêche d’en faire d’autres. À condition de dresser, d’abord, un constat honnête. Ces pages traquent les fausses évidences sur toutes les questions les plus pressantes : immigration, libre-échange, croissance, inégalités, changement climatique. Elles montrent où et quand les économistes ont échoué, aveuglés par l’idéologie.

Mais l’ouvrage ne fait pas que renverser les idées reçues. Il répond à l’urgence de temps troublés en offrant un panel d’alternatives aux politiques actuelles. Une bonne science économique peut faire beaucoup. Appuyée sur les dernières avancées de la recherche, sur des expériences et des données fiables, elle est un levier pour bâtir un monde plus juste et plus humain.

. Elsa Godart, Éthique de la sincérité. Survivre à l’ère du mensonge, Paris, Armand Colin, mars 2020.

Nombreux sont ceux qui désormais se réclament sans cesse "de vérité" ou encore d’"authenticité" pour assoir leur légitimité alors même que se joue une glorification de la transparence. Que ce soit dans le management au coeur des organisations ou du point de vue politique ou encore dans nos échanges les plus simples avec les autres, la sincérité est devenue un véritable "prétexte" qui garantirait le bien-fondé de certaines décisions ou actions.

Ansi en est-il de celui qui, parlant ou agissant sous couvert de "sincérité", devient légitime, intouchable, crédible. Pour autant, qu’est-ce qu’être sincère ? Est-ce seulement possible ? A l’heure des réseaux sociaux, entre illusion et vérité, quel sens donner à la sincérité, cette valeur-refuge incontournable, voire une vertu capable de "panser" notre contemporain.

L’auteur nous donne à travers son essai les clefs pour mieux vivre le virage, parfois douloureux, de la contemporénéité. Elle nous livre ici une véritable éthique de vie.

. Elsa Grangier, Rêver grand. Ces enfants qui s’engagent pour la planète, Paris, Seuil, mars 2020.

Ensemble, nous avons rêvé grand ! Et nos rêves nous ont conduits bien au-delà de nos espérances : jusqu’au Parlement européen et aux Nations unies. Il nous aura fallu un an pour fédérer 310 jeunes de 10 pays d’Europe et écrire la première Déclaration européenne des droits de la planète et du vivant."

Ils s’appellent Soujoud, Maélys, Thomas, Rémy, Osswa, Yasmin, Noémi, Elmezoir, Bilal, Sana, Kati, Houcine, Léon... Ils ont aujourd’hui 12 ans pour la plupart d’entre eux. Ils habitent le quartier de Beauregard à Poissy et veulent sauver la planète. En octobre 2018, ils se constituent en lobby en réaction à la démission de Nicolas Hulot. Ils travaillent, rencontrent des experts et des responsables politiques, font des propositions concrètes et... déplacent des montagnes. Tout cela hors du temps scolaire, avec le soutien indéfectible de leur ancienne enseignante de CM2, Anaïs Willocq, et d’Elsa Grangier, réalisatrice, qui raconte cette extraordinaire aventure éducative et citoyenne.

Ce récit est celui d’une jeunesse qui s’engage pour l’environnement. Une jeunesse qui se mobilise, dans la rue, dans les écoles, sur les réseaux sociaux. Une jeunesse qui déborde d’énergie et d’intelligence pour agir. Une jeunesse qui se lève, encouragée par des adultes décidés à mettre leurs compétences et leur temps à leur service. Une jeunesse qui nous réveille et nous redonne espoir !

Elsa Grangier, révélée dans l’émission Les Maternelles sur France 5, est journaliste. Coordinatrice de cette aventure hors du commun, elle l’a aussi filmée et coproduite. Sa série documentaire, Le Lobby de Poissy, primée au Green Award Festival de Deauville, est visible sur Lumni.

. Éric Toussaint, Capitulation entre adultes. Grèce 2015 : une alternative était possible, Paris, Syllepse, mars 2020.

L’année 2015 marquera l’histoire de la Grèce, de l’Europe et de la gauche. Ce livre ne se satisfait pas de la narration dominante des grands médias et des créanciers. Il ne se satisfait pas non plus de l’interprétation donnée par Yanis ­Varoufakis, ­l’ex-ministre des finances du gouvernement Syriza, dans son livre ­Conversations­ entre adultes adapté au cinéma par ­Costa-Gavras. Alors que pour la première fois au 21e siècle, un parti de gauche radicale avait été élu pour former un gouvernement, il est ­essentiel d’analyser la politique mise en oeuvre par ­Yanis Varoufakis et Alexis Tsipras. ­

Éric Toussaint, qui a coordonné les travaux de la ­Commission d’audit de la dette mise en place par la présidente du Parlement grec en 2015, a vécu de près les évènements qui ont ­secoué ­l’Europe­ cette année-là. Éric Toussaint montre qu’à chaque étape du chemin de croix qui fut celui du peuple grec de février à juillet 2015, il était possible d’opter pour une autre politique. Les mesures qu’il aurait fallu mettre en pratique et les initiatives qu’il était possible de prendre sont identifiées et clairement argumentées.

Elles dépassent le cadre grec et alimentent la réflexion sur les batailles politiques pour l’émancipation sociale. Une victoire était possible et ­l’issue que nous avons connue n’était pas inéluctable. Ce livre invite à réfléchir à la ­stratégie à mettre en oeuvre dans le reste de l’Europe.

. Jean-Michel Auxiètre, L’homosexualité au front durant la Grande Guerre. Témoignage dérangeant du caporal Moret, Paris l’Harmattan, mars 2020.

Sujet tabou, l’homosexualité durant la Grande Guerre n’a pratiquement jamais été abordée. Le patriotisme et l’honneur souffraient de ces pratiques "contre nature" et il convenait donc de les taire. Longtemps soumise à la loi du silence, l’armée a peu à peu dévoilé ses secrets et le Service Historique de la Défense a rendu disponibles les dossiers des conseils de guerre et les archives. C’est ainsi qu’a pu être étudié le cas du caporal Moret, fusillé le 10 mars 1915 pour "abandon de poste en présence de l’ennemi". En fait, il avait quitté sa tranchée pour tenter de rendre compte à l’aumônier des actes homophiles auxquels se livraient les hommes de son escouade. L’auteur livre un ouvrage hybride où la fiction complète habilement les données authentiques sur lesquelles il s’appuie.

. Michel Wieviorka, Pour une démocratie de combat, Paris, Robert Laffont, mars 2020.

Déclin des systèmes et des partis classiques, mise en cause de la représentation politique, montée du populisme et des nationalismes, emprise des fake news, tentation de la violence... : force est de constater la fragilité, aujourd’hui, de la démocratie. Alors que soufflent les vents mauvais de l’extrémisme, de l’autoritarisme, du racisme, de l’antisémitisme, du terrorisme, comment défendre ce bien commun qui nous semblait acquis mais ne l’est pas ?

Face à ces maux qui minent nos sociétés et qu’il décrypte en profondeur, Michel Wieviorka interroge la place et le rôle des sciences humaines et sociales. Il y invite le meilleur de sa discipline – la raison, la connaissance de l’histoire, l’imagination sociologique, l’esprit critique – à se mettre (se remettre ?) au service de l’idéal démocratique.

Pour une démocratie de combat est un ouvrage pionnier qui conjugue une orientation authentiquement citoyenne, des propositions théoriques et méthodologiques exigeantes et des pistes concrètes pour une démocratie vivante et active. Indispensable en ces temps de perte de repères, de fureur et de démoralisation : à coup sûr un livre de référence.

. Simon-Pierre Thiery, Le regain des campagnes. Les ruraux et leurs collectivités locales, Paris, l’Harmattan, janvier 2020.

Certains parlent d’abandon des campagnes, de désertification, de paupérisation, de régression des services publics. Cet ouvrage montre au contraire que les campagnes occupent aujourd’hui une place valorisée dans l’évolution économique et sociale du pays, dans le sillage de la loi NOTRE de 2015. Il évoque les réalisations des élus ruraux, la question de la justice fiscale, l’évolution des rapports entre les élus, les associations et les collectifs citoyens. Les décisions se prenant encore trop loin et les moyens restant faibles, des propositions sont faites pour une réforme du système de répartition des ressources. Enfin quatre questions sont posées : faut-il supprimer les communes ou en faire des arrondissements des communautés de communes ? Comment mobiliser des ressources nouvelles ? Comment encourager la démocratie locale ? Quelle place pour l’Europe et les entreprises multinationales dans le monde rural de demain ?

. Thomas Porcher, Les délaissés. Comment transformer un bloc divisé en force majoritaire, Paris, Fayard, février 2020.

Des Etats-Unis à la France en passant par l’Italie et le Royaume-Uni, partout les cadeaux fiscaux en faveur des plus riches se multiplient au même rythme que les coupes budgétaires pour les plus pauvres. Une minorité d’individus, s’accaparant déjà une importante partie des richesses, semble tout mettre en œuvre pour en récupérer encore plus. De l’autre côté, la majorité de la population subit la dégradation des services publics, les fins de mois difficiles, la précarité et le manque d’espérance.
Des gilets jaunes aux banlieusards en passant par les cadres et les agriculteurs, cette majorité délaissée est multiple, et sa division est largement instrumentalisée par la minorité dominante et les partis politiques qui veulent s’assurer une base électorale. La lutte des classes a laissé place à une lutte entre pauvres. Et le système, intrinsèquement inégalitaire et destructeur pour la planète, ne tient qu’à ces dissensions.
Pour sortir de l’impasse, il faut que les différentes catégories que forment « les délaissés » se constituent en une classe majoritaire à même de soutenir une lutte commune : celle d’en finir avec le modèle économique actuel pour proposer un autre projet répondant aux urgences sociale et écologique.

. Bernard Lecomte, Les secrets du Kremlin, Paris, Tempus, février 2020.

Le Kremlin. Derrière ses murailles de brique rouge, combien la célèbre forteresse moscovite a-t-elle abrité de complots, de crimes et de trahisons ? Depuis la révolution de 1917, elle est le centre et le symbole de l’Empire soviétique fondé par Lénine et Trotski, conforté par Staline, géré par Khrouchtchev et Brejnev, mis à bas par Gorbatchev et restauré, tant bien que mal, par Poutine. Un siècle de grandeur, de terreur et de mensonges !

Combien d’énigmes, d’ombres, d’interrogations et de secrets reste-t-il derrière ses remparts ? Bernard Lecomte mène l’enquête avec brio et livre seize épisodes fracassants et emblématiques de ce monde de feu et de sang, où se côtoient le drame et le romanesque.

. Éric Dacheux, Daniel Goujon, Défaire le capitalisme, refaire la démocratie, Toulouse, Érès, mars 2020.

Passer de la critique sociale et écologique de l’économie de marché à la construction d’un nouveau cadre théorique : telle est l’ambition de cet ouvrage. L’économie est une des composantes de la société, qui, en démocratie, doit être soumise à son mode de régulation principal : la délibération dans l’espace public.

. Hélène Harter, François Durpaire, Adrien, La civilisation américaine, Paris, PUF, février 2020.

Peut-on parler d’une civilisation américaine ? Comment définir l’American Way of life ? Pourquoi nous fascine-t-elle ? Quels liens a-t-elle noués avec l’Europe, l’Amérique latine, l’Afrique et l’Asie ? Sommes-nous tous devenus des Américains ? Sur quels fondements repose l’antiaméricanisme ? L’histoire nous aide-t-elle à comprendre le présent et à imaginer le futur ?

Autant de questions que les auteurs de cet ouvrage s’efforcent d’aborder sans préjugés ni parti pris. Ils nous invitent à découvrir les Américains, les fondements, les complexités, les transformations de leur société, les forces et les faiblesses de leur économie, l’extraordinaire richesse de leur vie culturelle, leurs comportements politiques, les orientations de leur politique étrangère.


Axelle Degans, La synthèse de l’actualité internationale 2019. Réussite aux concours 2020 ! éd. Diploweb via Amazon

. Ludivine Bantigny, « La plus belle avenue du monde », une histoire sociale et politique des Champs-Élysées, Paris, La Découverte, mars 2020.

« Voie royale » ou « voie de gloire », les Champs-Élysées sont l’objet de fantasmes qui les dépeignent depuis des siècles en avenue du luxe mondial, du plaisir et du pouvoir. En réalité, c’est un espace contesté, traversé par une forte conflictualité politique et sociale. La « prise » des Champs par les Gilets jaunes, de samedi en samedi, l’a plus que jamais révélé.

Face aux superlatifs et à la cohorte de noms prestigieux qui dessinent une véritable mythologie, ce livre invite à déplacer le regard et à en explorer les coulisses, à contrechamp : la pauvreté et la précarité au cœur de l’opulence, le travail invisible, jusque dans l’intimité des palaces, les arrière-salles et les scandales du Fouquet’s, jusqu’à son pillage.

Recherche inédite à l’appui, fondée sur des archives foisonnantes et de nombreux entretiens, il plonge dans l’ambiguïté et la tension singulière des Champs-Élysées : avenue aristocratique et populaire, luxueuse et déviante, ostentatoire dans ses habits d’apparat, mais mise à nu parfois dans les moments de révolte et d’insurrection.

Les Champs sont un concentré de richesses, de démesure et d’inégalités. Mais aussi un lieu intensément politique, comme une métaphore du monde tel qu’il est et tel qu’il est disputé, attaqué, refusé. « La plus belle avenue du monde » serait-elle aussi la plus rebelle ?

. Olivier Dabène, L’Amérique latine à l’époque contemporaine, Paris, Armand Colin, mars 2020.

L’étude des difficultés qu’ont rencontrées les différents pays d’Amérique latine à trouver un ordre politique stable, compatible avec un développement économique harmonieux, de la fin du 19e siècle à nos jours, constitue le fil conducteur de cet ouvrage. Ni étude thématique, ni strict suivi chronologique, il s’organise autour de quelques périodes historiques dont les caractéristiques politiques, économiques, sociales et culturelles scandent l’évolution du continent. Ainsi sont examinés l’entrée de l’Amérique latine dans l’ère moderne (1870-1914), les années de prospérité (1914-1930), le temps du populisme (1930-1950), le séisme de la révolution cubaine (1950-1970), les années sombres (1968-1979), les transformations politiques et économiques des années 1980 et 1990, les caractéristiques contradictoires du tournant du siècle et, enfin, l’instabilité et la radicalisation politiques actuelles.

À travers de constants va-et-vient entre les descriptions s’appliquant à l’ensemble des pays du continent et les illustrations de cas particuliers confirmant ou infirmant la tendance générale, il prend en compte dans l’explication de l’évolution des sociétés les facteurs tant internes qu’externes, sans omettre les contraintes du système inter-américain et le poids des États-Unis.

. Sami Bouarfa, François Brelle, Caroline Coulon, Quelles agricultures irriguées demain ? Pour des projets d’irrigation durable, Tours, Éditions Quae, mars 2020.

L’irrigation, qui consiste à agir sur le cycle naturel de l’eau pour conduire les cultures dans des contextes géographiques où les pluies sont soit insuffisantes soit aléatoires, est indispensable à la sécurité alimentaire mondiale. Pour autant, les enjeux d’une agriculture irriguée durable sont multiples pour répondre aux nécessités actuelles et futures. Gestion intégrée de la ressource en eau, équité sociale pour les agriculteurs par rapport à l’allocation des terres et de l’eau, viabilité économique et financière des systèmes irrigués, gouvernance de l’eau, économie d’eau et valorisation des eaux usées, pratiques agro-écologiques pour concilier productivité et défis environnementaux, sont autant de dimensions dont il est nécessaire de tenir compte. Cet ouvrage apporte des éclairages sur ces différents défis, à partir de retours d’expériences issus de plusieurs décennies d’actions de développement international de l’agriculture irriguée.

. Michel Foucher, "Les frontières", la Documentation photographique n°8133, CNRS éditions 2020. Sur Amazon.

Alors que le monde n’a jamais été aussi perméable à la circulation des personnes, des biens et des images, les frontières non seulement ne s’effacent pas mais connaissent dans plusieurs points du globe un processus de fermeture et de durcissement. Ce dossier apporte une définition claire des frontières et met en évidence leur extrême variété en fonction du degré d’ouverture ou de fermeture, du type de tracé et du support. Les frontières sont pensées tant comme des lignes de séparation pouvant faire l’objet de contentieux, que comme une ressource. Les populations peuvent en effet jouer des différences de prix, de taux de change, de salaires. Ce dossier met donc également l’accent sur les zones frontières qui sont, parfois simultanément, des zones de conflit difficiles à sécuriser et des lieux d’échange et de négoce.

Voir sur Amazon le livre de Michel Foucher, "Les frontières", la Documentation photographique n°8133, CNRS éditions 2020.

. Collectif Hémisphère éditions, Conflits armés et patrimoine, Paris, Hémisphères, février 2020.

Cet ouvrage est le fruit du dernier colloque [octobre 2019] consacré à la protection du patrimoine africain, organisé par la Direction générale des patrimoines du ministère de la Culture en association avec l’état-major spécialisé pour l’outre-mer et l’étranger [EMSOME] du ministère des Armées.

Conflits armés et patrimoine aura permis d’aborder la question de la sauvegarde et du respect du patrimoine culturel, matériel et immatériel, en situation de conflit armé, dans une perspective générale et au fil d’éclairages particuliers, notamment sur la situation du Nord-Mali et de l’Angola pendant la guerre civile. Mais aussi de souligner l’importance de la sensibilisation à cette sauvegarde, au travers de la valorisation de monuments, de sites et de musées, ou encore de projets originaux comme la création d’une unité "Patrimoine" dans les opérations militaires françaises.

. Collectif, sous la direction de Daniel Béhar et Aurélien Delpirou, Atlas du Grand Paris. Une métropole en mutations, Paris, Autrement, février 2020.

Rêvé, critiqué, retardé mais réalisé… C’est le « plus grand projet urbain d’Europe ».
L’agglomération parisienne est entrée dans un cycle accéléré de transformations. S’il fait l’objet de tous les superlatifs, le projet du Grand Paris suscite de vives controverses.
Avec plus de 100 cartes et documents, cet atlas explore ces enjeux en rendant compte des mutations dans leur diversité et leur complexité.
La métropolisation du Grand Paris : gouvernance, économie, extension urbaine et croissance des mobilités.
L’histoire de la mutation urbaine : un siècle de projets, de la commune à la région
Les multiples visages de la transformation urbaine : projets, grandes opérations, rôle des acteurs publics et privés.
L’aménagement de la métropole ou le développement d’une ville-monde : logement, santé, enseignement, tourisme, culture, sport… Où et pour qui ?
La métropole en transitions : défi écologique, nouvelles générations et nouveaux usages.
Un projet emblématique des tensions et des contradictions liées à la métropolisation généralisée des sociétés contemporaines.

. Clément Therme (dir.), L’Iran et ses rivaux. Entre nation et révolution, éd. Passés composés, 2020

De gendarme du Golfe sous le règne du Shah (1941-1979), l’Iran devint une République islamique apparaissant comme une puissance déstabilisatrice pour nombre de ses voisins arabes et sunnites, ou pour Israël. La nature de la politique internationale de Téhéran n’a cessé de questionner les spécialistes. Après la Révolution, la République islamique a construit ses relations en s’appuyant sur l’idéologie islamiste, tout en prenant en considération les questions de sécurité. Plus récemment, Téhéran est devenu un partenaire de la Russie dans la lutte contre le djihadisme sunnite ; mais l’aide iranienne contre cette idéologie est en elle-même porteuse de dangers futurs selon les États-Unis, puisqu’elle favorise l’émergence d’un chiisme paramilitaire depuis l’intervention américaine en Irak (2003) et les débuts de la crise syrienne (2011). Cet ouvrage montrera donc les relations de l’Iran depuis 1941, s’intéressant aussi bien aux rivaux de l’Iran qu’aux nouveaux partenariats, nés notamment de la priorité donnée par Téhéran à son opposition à Washington, tant sur les affaires régionales qu’internationales.

. Alice Ekman, Rouge vif. L’idéal communiste chinois, Edition de l’Observatoire, 2020.

« La Chine n’est plus communiste » : la rumeur s’est répandue, comme une évidence. Mais ne serait-ce pas le plus grand malentendu de notre époque ?
Malgré l’ouverture économique de 1978, les mesures d’internationalisation des entreprises d’État, l’établissement de relations diplomatiques avec les puissances occidentales, la Chine demeure fidèle à ses racines rouges. « Le communisme est un idéal vers lequel nous devons tous tendre » affirment aujourd’hui encore les cadres du Parti.

Renforcé par l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping en 2013, le Parti communiste chinois s’infiltre au quotidien dans toutes les strates de la société : politique et économique, bien sûr, mais aussi culturelle, artistique, éducative, sociale ou religieuse, et ambitionne d’étendre cette influence à l’international.
Il fallait bien sept années d’observation et plus de 400 entretiens menés par Alice Ekman auprès de hauts cadres du Parti et fonctionnaires, diplomates, représentants d’entreprises, chercheurs et étudiants pour parvenir à comprendre la Chine contemporaine, son fonctionnement, ses évolutions récentes et sa stratégie de puissance, dans un contexte périlleux de tensions avec les États-Unis et de rapprochement avec la Russie. Car, alors que l’idéal libéral est de plus en plus contesté, la Chine cherche désormais à s’imposer comme une puissance de référence, une « solution » pour le monde, selon les propres mots de Xi Jinping, pour un jour parvenir à la « disparition ultime du capitalisme et la victoire finale du socialisme ».

. Avner Cohen, Israël et la bombe. L’histoire du nucléaire israélien, Coll. Résistances, éditions Demi Lune, 2020.

« (…) Une contribution majeure à la connaissance de l’histoire nucléaire globale. » Benoît PÉLOPIDAS, préfacier du livre, CERI à Sciences-Po

« (...) Le livre d’Avner Cohen présente un intérêt exceptionnel. Première étude universitaire sur l’histoire du projet, richement documentée, elle dévoile certains des principaux mystères entourant les événements, à la lumière de nombreuses sources jusqu’ici inexploitées. (...) » Uri BAR-JOSEPH, Jewish History

« Un ouvrage d’érudition, comprenant plus de 1 200 notes, et qui pourtant se lit comme un roman. (...) Il n’a pas été facile à Avner Cohen d’écrire ce livre. Il a dû briser le code du silence qui entoure toute discussion sur les armes nucléaires dans son pays. Mais il a fait plus qu’un superbe travail en retraçant l’histoire politique du programme nucléaire israélien depuis le commencement dans les années 1950 jusqu’à l’acceptation par les États-Unis dans les années 1970, et en analysant en détail comment cette politique d’"opacité nucléaire" a évolué, et ce qui l’a rendue possible : il a réalisé un exploit (...) » Lawrence KOLB, New York Times Book Review

. S. Abis, M. Brun, Le Déméter 2020, Club Démeter, Iris éditions, 2020

L’agriculture, l’alimentation et les mondes ruraux sont au cœur des grandes questions géostratégiques et sociétales. Produire et se nourrir déterminent les dynamiques de sécurité collective et de développement humain. La complexité de ces enjeux nécessite des analyses et des solutions forcément plurielles et résolument audacieuses. Le Déméter 2020 vise à éclairer ces débats à travers des grilles de lecture innovantes qui mêlent politique, économie, environnement et sciences. Des conséquences agricoles du Brexit aux bactéries du microbiote jusqu’aux champs des agriculteurs cubains et au marché mondialisé du cannabis, l’ouvrage ne s’impose pas de limite temporelle, géographique ou thématique. Cette 26e édition interroge également le rôle de l’agriculture dans les ambitions de puissance, en Europe et dans le monde, à l’heure où la compétition des acteurs s’intensifie et où les attentes des consommateurs se diversifient.
Le Déméter replace ainsi les problématiques agricoles et alimentaires au cœur des questions géopolitiques et des grandes innovations qui bousculent déjà la planète.

18 analyses thématiques et de nombreux encadrés
10 fiches Repères sur les échanges, les marchés et les produits
Infographies, statistiques, cartes mondiales, régionales et thématiques

. Bruno Tertrais, Le choc démographique, éd. Odile Jacob, 2020.

Sommes-nous prêts au choc démographique qui s’annonce. ?

Vieillissement rapide de la population mondiale, urbanisation effrénée, immigration toujours plus importante… Ce n’est pas seulement le profil de notre quotidien qui change, mais aussi les équilibres stratégiques.

La Chine peut-elle devenir la première puissance mondiale alors qu’elle s’apprête à « . vieillir avant même d’être devenue riche. ». ? Les États-Unis passeront-ils au second rang alors qu’ils vont conserver leur dynamisme démographique. ? Le déclin de l’Europe est-il inéluctable. ? Y aura-t-il vraiment une « . ruée. » des jeunes Africains vers le Vieux Continent. ?

C’est à ces questions que répond Bruno Tertrais, à rebours des fantasmes et sans démagogie. Tandis que la crainte de l’islam devient universelle et alimente la thèse d’un « . choc démographique des civilisations. », que l’Afrique et le Proche-Orient semblent soumis à une instabilité durable, il explique comment ces évolutions pourraient, paradoxalement, augurer d’un monde plus pacifique.

La démographie est une affaire politique. : ce livre nous en donne les clés.

Bruno Tertrais est politologue, directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique. Il a également publié aux éditions Odile Jacob Le Président et la Bombe (2016) et La Revanche de l’Histoire (nouvelle édition 2019)

. Pascale Froment, La Méditerranée, Documentation photographique, n°8132, CNRS édition.

La Méditerranée a quelque chose d’insaisissable. Elle est à la fois frontière, zone de contact et de rencontres, périphérie dans la mondialisation mais aussi centre par bien des aspects. Elle est directement concernée par les grands enjeux contemporains. Ce dossier offre au lecteur d’en explorer les transformations plus récentes entre ruptures et continuités. Il tente d’en saisir les dynamiques et de discerner, derrière les accélérations et les bouleversements hypervisibles et médiatisés, les changements imperceptibles, silencieux certes, mais de grande envergure.

MYTHES, RELECTURES
Imaginaires spatiaux
Bord à bord : changement de focale
Islam méditerranéen et chrétientés d’Orient
Insularités et îléités
Patrimoines culinaires
Femmes et espaces publics

TERRITOIRES MONDIALISÉS
Sous-traitances en chaîne
Géographies discrètes de la mondialisation
Oasis, entre local et global
Istanbul, “ville-monde”
Capitales culturelles
Exclusions

LES ROUTES : FLUIDITÉS ET FRONTIÈRES
Ports, routes et trafics
Le premier gisement touristique du monde
Frontières : réalités et représentations
Camps, hospots et squats
Le Maroc, carrefour de mobilités
Villes refuges, villes rebelles

VERS D’AUTRES HORIZONS
Villes en révolution : Le Caire
Tensions sur les ressources
Une mer de plastique
Dés-intégration
Softpower et “langue du milieu”

. Hala Bayoumi et Karine Bennafla (dir.) Atlas de l’Egypte contemporaine, CNRS édition, 2020

Alors qu’il existe plusieurs atlas de l’Égypte ancienne, aucun atlas de l’Égypte contemporaine n’avait encore été publié. Cet ouvrage vient donc combler un vide, en offrant au grand public un panorama illustré de l’Égypte au début du XXIe siècle.

Réunissant les contributions d’une cinquantaine de chercheur.e.s, il présente, sous une forme cartographiée et vulgarisée, les faits saillants et les enjeux de l’Égypte actuelle en matière politique, géopolitique, économique, démographique, sociale, environnementale et culturelle. Il s’appuie, à cette fin, sur des ressources documentaires inédites : les cartes notamment, qui exploitent les résultats du recensement officiel égyptien de 2017, offrent une version actualisée du territoire.

Pour mieux connaître et comprendre l’Égypte d’aujourd’hui.

. Florence Chaltiel et Serge Guillon, Le système décisionnel de l’Union européenne, La documentation française, 2020

La manière dont sont prises les décisions au sein des institutions européennes suscite de nombreuses interrogations. Dans un contexte de « déficit démocratique » souvent objet de surenchères, répondre à la question « Qui décide quoi et comment ? » est d’autant plus essentiel. Afin d’éclairer le débat, cet ouvrage se propose d’analyser méthodiquement l’intégralité du système décisionnel européen, de la prise des décisions à l’exécution et au contrôle de leur mise en oeuvre au niveau de chaque pays membre. Les auteurs se livrent à une description précise non seulement des institutions impliquées, mais aussi des organes non institutionnels et des représentants de la société civile qui interviennent dans la décision. Le lobbying, qu’il soit privé ou public, occupe une place grandissante et doit dès lors être mieux encadré.

Le lecteur peut ainsi suivre le processus, certes complexe mais néanmoins démocratique aux yeux de ses concepteurs, qui aboutit à l’adoption des normes européennes rythmant désormais une part croissante de notre activité quotidienne. Publié au lendemain des élections européennes de mai 2019, l’ouvrage revient sur l’activation de l’article 50 du traité sur l’Union européenne dont l’objet (retrait d’un État membre de l’UE) trouve, avec le Brexit, matière à s’appliquer.

Florence Chaltiel est professeure de droit public à Sciences Po Grenoble. Elle est l’auteure des deux premières éditions de cet ouvrage et de plusieurs liures sur l’Union européenne parmi lesquels « Quelle Europe après le traité de Lisbonne ? » (LGDJ, 2008).

Serge Guillon est haut fonctionnaire, ancien Secrétaire général des affaires européennes et ancien conseiller Europe du Premier ministre. Directeur pédagogique du cycle des hautes études européennes à l’École nationale d’administration, il a enseigné les questions européennes dans plusieurs universités et grandes écoles.

. Alexis Bautzmann (dir.), Atlas géopolitique mondial 2020, éditions du Rocher, 2020.

Avec près de 300 cartes et graphiques couvrant les cinq continents, l’Atlas géopolitique mondial 2020 constitue un outil d’analyse et de compréhension sans équivalent, dont le contenu est renouvelé chaque année. Dans cette nouvelle édition, une place particulière est consacrée à l’Union européenne, marquée par les élections de mai 2019 et déstabilisée par le « Brexit ». Mais les auteurs n’oublient aucun recoin de la planète, abordant des sujets au coeur de l’actualité, comme les tensions dans le golfe Persique ou la crise politique au Venezuela, et d’autres oubliés, tels que les inégalités en Chine ou la place de la jeunesse en Amérique latine. Ainsi, rien de ce qui rend le monde complexe et passionnant ne vous sera totalement étranger.

. Matthieu Alfré (dir.), Le meilleur de l’actualité 2019-2020, éd. Dunod, 2020

Le meilleur de l’actualité 2019-2020 fait la synthèse de tous les événements majeurs de l’année 2019 et vous accompagne dans la préparation de vos concours et examens 2020 !

36 Fiches Actualité pour décrypter et synthétiser les grands évènements de l’année, leur contexte et leurs enjeux.
7 Fiches Débats pour décoder et discuter des grandes questions de société.
7 Fiches Portraits pour découvrir les personnalités qui ont fait l’actualité.
Des chronologies thématiques pour une vision d’ensemble de 2019.
Toutes les fiches sont illustrées des dates, chiffres marquant et cartes indispensables.
+ de 200 QCM corrigés pour réviser vos connaissances.

+ 16 Fiches Data en couleur et détachables : les données clés de l’année pour réviser.

. Emmanuel Saez, Gabriel Zucman, Le triomphe de l’injustice. Richesse, évasion fiscale et démocratie, Paris, Seuil, février 2020.

Pour la première fois depuis plus d’un siècle, les milliardaires américains paient moins d’impôts, en proportion de leurs revenus, que chacun des autres groupes sociaux.

Écrit par deux économistes qui ont révolutionné l’étude des inégalités, ce livre présente une analyse au scalpel de cette grande transformation.

Mêlant récit historique et analyse économique, Emmanuel Saez et Gabriel Zucman analysent les choix (et non-choix) qui ont conduit au triomphe de cette injustice fiscale, de l’exonération progressive des revenus du capital au développement d’une nouvelle industrie de l’évasion fiscale, en passant par l’engrenage de la concurrence fiscale internationale. Avec clarté et concision, ils expliquent comment l’Amérique, qui a été à la pointe du combat pour la justice fiscale pendant la moitié du XXe siècle, a tourné le dos à sa propre tradition.

Si l’on veut éviter que l’Europe ne s’enfonce dans la dérive inégalitaire et oligarchique qui a amené Donald Trump au pouvoir, il y a urgence à tirer les leçons de cette histoire. Car même si ce phénomène a été extrême de l’autre côté de l’Atlantique, le déclin de la progressivité fiscale dans un contexte de montée des inégalités n’est en rien spécifique aux États-Unis, et appelle des solutions globales.

Le Triomphe de l’injustice propose une refondation de l’impôt à la fois visionnaire et pragmatique, à même d’apporter des solutions concrètes aux défis inégalitaires contemporains et de réconcilier la mondialisation et la justice économique.

. Jeanne Marie Laskas, Monsieur le président. Barack Obama et les citoyens américains en toutes lettres, Paris, Fayard, février 2020.

Chaque soir, pendant huit ans, le président Barack Obama a lu et répondu personnellement à une sélection de lettres écrites par des citoyens, entretenant ainsi un dialogue ininterrompu avec le peuple américain. La journaliste Jeanne Marie Laskas raconte l’histoire de cette correspondance exceptionnelle et en donne à lire une sélection savoureuse. Tout en montrant comment cette correspondance a contribué à façonner la présidence Obama, elle dresse le tableau d’une nation à une époque charnière de son histoire.

. Jonathan Curiel, Vite ! Les Nouvelles tyrannies de l’immédiat ou l’urgence de ralentir, Paris, Plon, février 2020.

Réflexion sur la tyrannie de l’immédiat qui a pénétré tous les domaines : politique, économie, société, médias, relations humaines, avec la sensation permanente d’être dépassé. Se fondant sur des exemples allant de la téléréalité à la philosophie, l’auteur explore les manifestations de cet impératif d’immédiateté ainsi que les voies pour en sortir.

. Sophie Bernard, Le nouvel esprit du salariat. Rémunérations, autonomie, inégalités, Paris, PUF, février 2020.

Nous assistons depuis les années 1970 à une déstabilisation du salariat en France, mis en péril par la multiplication des formes d’emplois précaires et l’expansion du travail indépendant. Dans un tel contexte, l’évolution des formes de rémunération et de mobilisation de la main-d’œuvre contribue à fragiliser les salariés. Ce nouvel esprit du salariat, foyer central de diffusion des valeurs individualistes et méritocratiques qui irriguent la société, promeut l’avènement d’un travailleur autonome et responsable. Mais faut-il l’envisager comme un progrès, tel que le présentent les employeurs, ou comme une nouvelle forme de sujétion des travailleurs ? L’enquête de Sophie Bernard, menée durant près de vingt ans auprès de populations variées dans un panel d’entreprises, analyse les mutations qui s’opèrent au cœur du salariat stable. Elle met au jour le développement de profondes injustices mais aussi le déni du lien de subordination, potentiellement risqué pour les salariés, mis au profit des performances de l’entreprise.

. Anonyme, Alerte. Un haut responsable de l’administration Trump parle,Paris, Grasset, février 2020.

"Quand Donald Trump a été élu à cette fonction en 2016, beaucoup de gens ne savaient pas à quoi s’attendre. À présent, nous savons à quoi nous attendre. Nous le savons tous.

Dans l’histoire de la démocratie américaine, nous avons eu des présidents indisciplinés. Nous avons eu des présidents inexpérimentés. Nous avons eu des présidents amoraux. Jusqu’à présent, nous n’avons jamais eu le tout en même temps.

Ce livre veut mettre en lumière la réalité de l’administration Trump et questionner l’aptitude de l’actuel président à continuer de diriger les États-Unis d’Amérique. J’écris ces lignes à la veille de ce qui pourrait être l’élection la plus importante de nos vies à tous."

Sous couvert d’anonymat, pour la première fois, un haut responsable de l’administration Trump parle...

. Bernard Ravet, Les galériens de la République, Paris, Kero, janvier 2020.

8 français sur 10 déclarent faire confiance aux maires - ce sont les derniers élus à résister à la défiance voire à la colère populaires. Et pourtant, ils n’en peuvent plus : un maire sur deux ne se représentera pas aux Municipales de 2020. Parmi eux, une majorité d’élus des villes de moins de 1 000 habitants, qui représentent près des trois quarts des communes françaises.

Que se passe-t-il dans nos villages pour que les élus soient à ce point écoeurés par l’exercice du pouvoir ?

Adjoint au maire de Châtillon-en-Diois dans la Drôme, Bernard Ravet conte dans ce livre les mille et un tracas que subissent les élus locaux, ces "galériens" de la vie publique. De la part d’un Etat qui empile les normes, les échelons administratifs et les lois qui privent les maires de toute marge de manoeuvre, au lieu de les écouter et de les aider. De la part de collectivités territoriales paralysées par les enjeux politiciens. De la part, aussi, de citoyens toujours plus pressés, exigeants et indifférents au bien commun, qui attendent tout et tout de suite de leurs édiles.

L’histoire qui se joue à Châtillon, 550 habitants, jolie bourgade médiévale chantée par Giono, est celle de tous nos villages : celle d’un délitement de notre démocratie. Car, comme le soulignait le sénateur Philippe Bas après la mort du maire de Signes, écrasé par une camionnette alors qu’il luttait contre une décharge sauvage : "La commune, c’est une petite République dans la grande, c’est là que se forge la citoyenneté dans notre pays.".

Et si la crise démocratique pouvait se résorber en repartant des territoires ?

. Bertrand Cassoret, Transition énergétique. Ces vérités qui dérangent ! , Paris, De Boeck Supérieur, février 2020.

Entre énergies fossiles, nucléaire ou décroissance, avons-nous encore le choix ? Un livre rédigé sans militantisme, avec une rigueur toute scientifique pour permettre à chacun de se faire une opinion simple et claire des débats actuels sur la transition énergétique.

Stopper le réchauffement climatique et les pollutions dues aux énergies fossiles, sortir du nucléaire et conserver notre train de vie : par quels moyens ? Grâce aux énergies renouvelables et aux économies d’énergie ? Une réponse pour le moins optimiste des défenseurs de la croissance verte !

La réalité est autrement plus complexe. Aucun scénario de transition ne prétend que les énergies renouvelables pourront remplacer un jour les fossiles et le nucléaire sans réduction drastique de notre consommation. Entre énergies fossiles, nucléaire ou décroissance, avons-nous encore le choix ?

Une enquête édifiante menée de main de maître par Bertrand Cassoret.

Cette seconde édition est une mise à jour systématique des nombreuses informations collectées lors de la 1re édition. Tous les tableaux et schémas sont également actualisés.

. Mona Ozouf, De Révolution en République. Les chemins de la France, Paris, Gallimard, février 2020.

« Qui s’intéresse à la Révolution française rencontre toujours, peu ou prou, l’ivresse que procure l’idée, ou l’espérance, d’une société régénérée et d’un homme neuf. Mais c’est pour découvrir l’ingéniosité mise par les hommes à résister à la refonte autoritaire de leurs vies. La Révolution, qui a fendu en deux l’histoire nationale, réserve le même sort à ses historiens.
Fille de la Révolution, la République hérite de cette ambivalence. Tout ce Quarto raconte comment elle a dû composer avec les particularités religieuses, régionales et sociales, renoncer au modèle républicain pur, apporter des correctifs à l’esprit d’uniformité. Elle n’a pu se pérenniser en France qu’en se prêtant à ces accomodements.
Aujourd’hui, la France que dessine ce livre semble se dérober à nos yeux. L’idée révolutionnaire a cessé de déterminer nos choix et nos affrontements. Et perdant ses ennemis, la République a perdu la ferveur militante que lui donnaient leurs anathèmes. L’école, hier dépositaire de l’identité nationale, est aujourd’hui l’objet d’un profond désarroi.
Toutefois, il arrive à l’histoire de réanimer des enjeux engourdis, et l’apparition de menaces inédites peut redonner de l’éclat à des idées qui semblaient avoir perdu leur force inspiratrice. Et comme nous avons appris à quel point nos héritages conditionnent notre liberté, il n’est pas inutile de remettre nos pas dans les chemins buissonniers que, de Révolution en République, les Français ont dû emprunter. » Mona Ozouf.

. Naomi Oreskes et Éric M. Conway, L’effondrement de la civilisation occidentale, Paris, L.L.L, février 2020.

L’effondrement a eu lieu, et nous ne nous y sommes pas préparés...
En 2093, deux historiens se penchent sur les raisons de l’effondrement de la civilisation occidentale qui a eu lieu au milieu du XXIe siècle. Le constat est accablant. Alors que les rapports de l’époque, notamment ceux du GIEC, annonçaient déjà le pire, rien ne fut fait pour conjurer ces prévisions. Réchauffement climatique, hausse du niveau des océans, perte de la biodiversité, etc. L’incapacité de penser le monde de manière systémique, l’aveuglement des gouvernants acquis à l’idéologie néolibérale et la puissance des lobbys provoquèrent l’anéantissement de l’ordre social.

. Samuel Hayat, Démocratie, Paris, Anamosa, février 2020.

A quoi sert le mot démocratie - ou plutôt à qui sert-il ? Dans cet essai incisif, il s’agit de redonner toute sa force au mot, en mettant en lumière les différents plans sur lesquels se joue le combat autour de la démocratie entre les puissants et le peuple, afin d’éclairer ce qui fait démocratie.
"Le parti, le syndicat, le mouvement, l’organisation, le groupe affinitaire, l’association, aucune forme n’est prémunie de la captation oligarchique, mais aucune n’y est non plus condamnée. La démocratie est le pouvoir d’un peuple qui ne cesse de se reconstruire dans l’expérience collective d’un refus d’être gouverné. Ce refus préfigure un temps nouveau, celui du gouvernement du peuple et de la fin de la domination sociale.
Adhérer à la démocratie au sens fort suppose de l’effectuer, c’est-à-dire de prendre parti, sans garantie de victoire. Là est le sujet collectif que cette compréhension de la démocratie construit : un nous partisan, fondé sur un commun attachement à la démocratie réelle, cette forme de gouvernement et de société qui repose sur la capacité de n’importe qui à prendre parti, pour mettre en échec collectivement les relations de pouvoir qui nous enserrent. Là est le pari de la démocratie, la condition pour que s’effectue, de manière toujours différente et inattendue, le pouvoir du peuple".

. Firouzeh Nahavandi, Iran, Paris, De Boeck supérieur, février 2020.

Aux portes de l’Europe se déploie un monde arabe et musulman en pleine mutation depuis 2011, l’année des « printemps arabes ». Cet ouvrage invite à une (re)découverte de l’Iran à travers son histoire, sa société, sa politique, son économie, sa culture.

Héritier d’une histoire millénaire, l’Iran, théocratie constitutionnelle depuis 1979, est aujourd’hui à la croisée des chemins.

Sur le plan national, la situation est préoccupante. Les atteintes aux droits de l’Homme et une économie chancelante, malgré les richesses en hydrocarbures, pèsent sur la population – en particulier la jeunesse et les femmes de plus en plus éduquées – et donnent lieu à des manifestations auxquelles le régime répond par la répression.

Sur le plan international, malgré une position géostratégique privilégiée au Moyen-Orient, l’influence de l’Iran et ses interventions dans la région sont contestées et ses ambitions questionnées par la communauté internationale. Par ailleurs, les espoirs ouverts par la signature, en 2015, des Accords sur le nucléaire ont pris fin, notamment en raison du retrait des États-Unis et de la gestion douteuse du pouvoir iranien. Cette situation ne fait que complexifier les problèmes auxquels fait face la République islamique.

. Jean-Michel Dewailly, Pour une géographie vraiment partagée, Paris, l’Harmattan, février 2020.

Comment se fait-il que d’aussi nombreux intellectuels, personnalités des médias, politiciens, élites de la France, étalent autant leur a-géographie, y compris beaucoup de ceux qui devraient promouvoir la géographie ? S’appuyant sur des dizaines d’exemples, ce petit livre, sorte de bêtisier géographique de nos dirigeants, ne laisse pas d’inquiéter au moment où la mondialisation, la transition écologique, l’aménagement des territoires, le développement des pays pauvres, le problème de l’eau, la lutte contre le réchauffement climatique, les questions de migrations devraient au contraire donner une vigueur nouvelle à cette discipline méconnue et parfois maltraitée.

. Maryan Guisy, Panorama de nos mœurs politiques. Quand les romanciers d’hier chroniquent le monde d’aujourd’hui, Paris, Vendémiaire, mars 2020.

Ambitions personnelles, manœuvres électorales, règlements de comptes internes aux partis, suspicion portée sur toute une classe politique du fait des malversations avérées de certains de ses membres, mondanités parisiennes, fascination pour l’homme fort ou providentiel, pour la vie privée des dirigeants aussi, rébellions contre l’arrogance de la caste au pouvoir, contre les taxes, contre la censure, exigence de plus de démocratie, insurrections embrasant la rue, irrépressible voix des foules… Assurément, nous n’avons rien inventé : ce panorama de nos mœurs politiques est trait pour trait celui qu’ont dessiné les écrivains du XIXe siècle, qui dans ce paysage neuf d’une république naissante ont tout décrit de ce qui fait notre actualité.

On se souvient de Lucien Leuwen et d’Eugène de Rastignac, d’Eugène Rougon et de Bel-Ami, mais au-delà de ces figures emblématiques c’est toute la société de leur temps, et tous les rouages de la démocratie représentative que Stendhal, Balzac, Zola ou Maupassant, ces pionniers du roman politique, ont impitoyablement analysés.

Pour qui veut comprendre les mouvements sociaux d’aujourd’hui, le discrédit de la parole publique, les mensonges des uns, la révolte des autres, il n’est que de lire L’Argent ou Le Député d’Arcis…

. Olivier Dabêne, L’Amérique Latine à l’époque contemporaine, Paris, Armand Colin, mars 2020.

L’étude des difficultés qu’ont rencontrées les différents pays d’Amérique latine à trouver un ordre politique stable, compatible avec un développement économique harmonieux, de la fin du 19e siècle à nos jours, constitue le fil conducteur de cet ouvrage. Ni étude thématique, ni strict suivi chronologique, il s’organise autour de quelques périodes historiques dont les caractéristiques politiques, économiques, sociales et culturelles scandent l’évolution du continent. Ainsi sont examinés l’entrée de l’Amérique latine dans l’ère moderne (1870-1914), les années de prospérité (1914-1930), le temps du populisme (1930-1950), le séisme de la révolution cubaine (1950-1970), les années sombres (1968-1979), les transformations politiques et économiques des années 1980 et 1990, les caractéristiques contradictoires du tournant du siècle et, enfin, l’instabilité et la radicalisation politiques actuelles.

À travers de constants va-et-vient entre les descriptions s’appliquant à l’ensemble des pays du continent et les illustrations de cas particuliers confirmant ou infirmant la tendance générale, il prend en compte dans l’explication de l’évolution des sociétés les facteurs tant internes qu’externes, sans omettre les contraintes du système inter-américain et le poids des États-Unis.

. Philippe Artières, La banderole. Histoire d’un objet politique, Paris, Autrement, janvier 2020.
Annoncer, militer, célébrer, revendiquer, dénoncer…
La banderole s’infiltre partout. À la fois document et geste, on l’aperçoit dans les gradins des stades, agitée par les supporters, ou brandie par des fidèles dans des processions religieuses. Mais de Nancy à Santiago, de Londres à Gdańsk, la banderole et sa puissance graphique sont surtout mises au service des villes en révolte.

Quel pouvoir peut avoir une parole silencieuse ? Comment cet instrument politique est-il mis en scène ? Quel avenir peut-on imaginer pour la banderole à l’heure où les formes de l’écrit se renouvellent ?
En explorant la plasticité incroyable des messages contestataires, Philippe Artières démontre qu’en filigrane de l’histoire de la banderole se dessine celle, captivante, des luttes sociales aux XXe et XXIe siècles.

. Vincent Lehmuller, La stratégie immunitaire. Un autre chemin vers la victoire, Paris, Nuvis, février 2020.

Aujourd’hui, l’enjeu n’est plus de conquérir la puissance mais de la conserver ; il ne s’agit plus seulement de protéger nos intérêts stratégiques par la recherche d’une victoire décisive, mais de garantir la non-défaite. En ce sens, en cohérence avec les atouts et moyens de la France, la stratégie "immunitaire" proposée par l’auteur prône un modèle d’engagement plus préventif que curatif. Cette nouvelle façon de faire la guerre, plus constructive que destructrice, propose un autre chemin vers la victoire.

. Agence française du développement, L’économie africaine 2020, Paris, La Découverte, janvier 2020.

Un éclairage pluridisciplinaire sur les tendances macroéconomiques des différentes régions d’Afrique ainsi que sur les enjeux structurels majeurs : nouvelles formes d’urbanisation, financement des infrastructures et des services publics, bénéfice de l’industrialisation ou encore liens entre le développement et les migrations.

. Cyril de Sousa Cardoso, Emmanuelle Galou, Aurore Kervella, Patrick Kwok, Data power. Comprenez et exploitez la valeur de la donnée, Paris, Éditions Eyrolles, janvier 2020.

La data est un enjeu de pouvoir : l’organisation qui la maîtrise et la développe accède à une source de création de valeur majeure, en même temps qu’à une aide précieuse à la prise de décision. Mais comment mettre en place une stratégie dans des entreprises, organisations publiques ou associations qui, souvent, n’ont que peu de culture data ?

À la fois introduction et guide de mise en oeuvre, cet ouvrage permet de faire les premiers pas :

. Comprendre ce qu’est la data et les différents modes de traitement de la donnée.

. Anticiper l’impact de la data pour vous : marketing, industrie, médias, finance, médecine, territoire, politique, etc.

. Utiliser la data dans votre business : explorer, apprendre, modéliser. prédire.

. Décoder les enjeux et les perspectives de la data : IA, loT, questions écologiques, enjeux de propriété intellectuelle, etc.

Rédigé par quatre auteurs experts, Data power donne une vision large et concrète des enjeux et des applications de la donnée aujourd’hui.

. Emmanuel Todd, Les luttes des classes en France au XXIè siècle, Paris, Seuil, janvier 2020.

Macron et les Gilets jaunes ont ouvert une page nouvelle de l’histoire de France, qui mêle retour des luttes sociales et apathie politique, sursaut révolutionnaire et résignation devant les dégâts de l’euro, regain démocratique et menace autoritaire.

Pour la comprendre, Emmanuel Todd examine, scrupuleusement et sans a priori, l’évolution rapide de notre société depuis le début des années 1990 : démographie, inégalités, niveau de vie, structure de classe, performance éducative, place des femmes, immigration, religion, suicide, consommation d’antidépresseurs, etc.

Les faits surprendront. Les interprétations que propose l’auteur doivent, quant à elles, beaucoup à Marx, mais à un Marx mis « sous surveillance statistique ». À gauche, comme à droite, elles paraîtront à beaucoup étonnantes, amusantes, contrariantes, ou angoissantes. Cet empirisme sans concession conduit même Emmanuel Todd à réviser radicalement certaines de ses analyses antérieures.

À la lecture de ce livre riche, stimulant, provocateur, la vie politique des années 1992-2019 prend tout son sens : une longue comédie politique où s’invitent les classes sociales.

Bienvenue donc dans cette France du XXIe siècle, paralysée mais vivante, où se côtoient et s’affrontent des dominés qui se croient dominants, des étatistes qui se croient libéraux, des individus égarés qui célèbrent encore l’individu-roi, avant l’inéluctable retour de la lutte des classes.

. François Ramade, Introduction à l’écologie de la conservation. La protection de la nature pour une humanité durable, Paris, Lavoisier, janvier 2020.

La crise écologique globale, dont les changements climatiques ne sont qu’un des aspects, certes le plus perceptible, confronte de nos jours l’humanité de façon sans cesse plus inquiétante à un défi planétaire : celui de sa propre survie.

L’érosion permanente, voire l’éradication de surfaces toujours plus étendues d’habitats naturels et la régression de la biodiversité marquée par une accélération constante de la disparition d’espèces vivantes constituent aussi une des conséquences les plus redoutables de cette crise car elle affecte directement l’homme. Les populations, déjà trop nombreuses, consomment de façon irréfléchie et excessive les ressources naturelles planétaires, bien au-delà de leur taux de renouvellement spontané.

Cet ouvrage a pour objet de faire une analyse approfondie des modalités par lesquelles l’humanité contemporaine dégrade de façon croissante les écosystèmes et leur biodiversité. Il explique les mécanismes en œuvre ainsi que les conséquences immédiates et à long terme qui en découlent pour l’avenir de la biosphère.

Il ne se limite pas au seul exposé des effets négatifs de l’action de la civilisation moderne mais propose aussi des solutions à la crise écologique globale, au travers d’incontournables mesures de préservation de la nature et de ses ressources, qui seules permettraient d’assurer la pérennité de la civilisation humaine.

Fondé sur une importante bibliographie, ce livre dispose d’une abondante illustration en couleur, ainsi que d’un lexique en fin de texte qui explique les termes d’écologie plus spécialisés auxquels il fait recours.

Outre son lectorat universitaire de base : étudiants, enseignants et chercheurs des différentes disciplines concernées, il s’adresse plus particulièrement à tous les naturalistes amateurs, aux agents des organismes publics et associatifs, experts des bureaux d’études, impliqués dans les problématiques de protection de l’environnement et au delà à tous les citoyens préoccupés par la protection de la nature et de ses ressources.

. Luis Martinez, The State in North Africa. After the Arab Uprisings, Paris, CERI, janvier 2020.

Ever since independence, revolts and riots in North Africa have structured relations between society and the state. While the state has always managed to restore order, the unexpected outbreak of the Arab Spring revolts has presented a real challenge to state stability. Taking a long-term historical perspective, this book analyses how public authorities have implemented policies to manage the Maghreb’s restive societies, viewed at first as ‘retrograde’ and then as ‘radicalised’.

National cohesion has been a major concern for post-colonial leaders who aim to build strong states capable of controlling the population. Historically, North African nations found colonial oppression to be the very bond that united them, but what continues to hold these communities and nation-states together after independence ? If public interest is not at the heart of the state’s actions, how can national loyalties be maintained ? Luis Martinez analyses how states approach these questions, showing that the fight against jihadist groups both helps to reconstruct essential ties of state belonging and also promotes the development of a border control policy. He highlights the challenges posed by fragile political communities and weak state instruments, and the response of leaders striving to build peaceful pluralistic nations in North Africa.

. Renaud Duterme, Petit manuel pour une géographie de combat, Paris, La Découverte, janvier 2020.

Si l’histoire du capitalisme est largement documentée, sa logique spatiale, elle, l’est beaucoup moins. Cette dernière est pourtant fondamentale à la compréhension de ce système et de ses contradictions. Le présent ouvrage s’inscrit donc dans une discipline, la géographie radicale, qui spatialise la question des rapports de forces produits par le capitalisme.

L’auteur met au jour les logiques capitalistes à l’oeuvre dans les phénomènes spatiaux qui constituent les objets d’étude de la géographie, à savoir la mondialisation, les inégalités de développement économique, mais aussi l’aménagement du territoire, les replis identitaires, les mouvements migratoires et les questions écologiques.

Il est nécessaire pour quiconque s’intéresse au fonctionnement du capitalisme de se réapproprier la géographie comme outil permettant d’envisager une sortie démocratique des impasses produites par ce système. Une géographie populaire ou, mieux, une géographie de combat qui permet d’articuler la lutte à l’échelle locale aux dynamiques globales.

. Charles Thépaut, Le monde arabe en morceaux. Des printemps arabes à Daech , Paris, Armand Colin, janvier 2020.

Véritable boîte à outils pour suivre l’actualité politique arabe, cet ouvrage s’appuie sur l’histoire longue des pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient afin d’en expliquer les dernières crises : soulèvements de 2011, chute de régimes autoritaires, émergence de Daech, affrontements confessionnels, etc.

Mêlant synthèse de la recherche académique, cartes ou anecdotes de terrain, ce manuel de politique arabe décrypte l’évolution d’une région fragmentée, dont le destin est plus que jamais lié à celui de l’Europe. Le Maghreb reste un voisin mal connu. Les conflits en Syrie, en Libye et au Yémen, ou encore la reconquête irakienne contre Daech, amplifient la perception européenne d’un espace constamment en guerre. Les fortunes du Golfe alimentent les polémiques sur le rôle de ces pays dans l’économie mondiale et dans la diffusion de conceptions religieuses rigoristes.

S’il faut comprendre les conflits autant que la place de la religion dans les pays arabes, il est aussi important de porter son regard au-delà des chocs les plus spectaculaires. Derrière les violences qui crèvent l’écran, les sociétés se transforment en silence et dessinent tant bien que mal leur avenir.

. Christian Salmon, L’Ère du clash, Paris, Pluriel, janvier 2020.

« La vie politique, sociale ne s’ordonne plus en séquences ou feuilletons. Elle n’est plus rythmée par l’intrigue mais par l’imprévisibilité, l’irruption, la surprise, une logique de la rupture qui relève davantage d’une sismographie politique que du storytelling. On est passés de la story au clash, de l’intrigue à la transgression sérielle, du suspense à la panique, de l’argument au fake, de la séquence à une suite intemporelle de chocs. Fini le storytelling ? Bienvenue dans l’ère du clash ! »

Un ouragan emporte nos sociétés hyperconnectées et hypermédiatisées. Le vent a tourné, nous l’éprouvons tous fortement. L’époque n’est plus seulement à la manipulation et au formatage des esprits, comme encore au milieu des années 2000, quand régnait sur le discours médiatico-politique le storytelling.

L’explosion du Web, l’éclosion des premiers réseaux sociaux créaient l’environnement favorable à la production et à la diffusion d’histoires. Or, de même que l’inflation ruine la confiance dans la monnaie, l’inflation des stories a érodé la confiance dans les récits. Le triomphe de l’art de raconter des histoires, mis au service des acteurs politiques, a entraîné, de manière fulgurante, le discrédit de la parole publique...

Dans le brouhaha des réseaux et la brutalité des échanges, la story n’est plus la clé pour se distinguer. La conquête de l’attention, comme celle du pouvoir, passe désormais par l’affrontement, la rupture, la casse des « vérités ». Désormais, viralité et rivalité vont de pair. Fini le storytelling ? Bienvenue dans l’ère du clash !

. Clément Therme, L’Iran et ses rivaux. Entre nation et révolution, Paris, Passés Composés, février 2020.

De gendarme du Golfe sous le règne du Shah (1941-1979), l’Iran devint une République islamique apparaissant comme une puissance déstabilisatrice pour nombre de ses voisins arabes et sunnites, ou pour Israël. La nature de la politique internationale de Téhéran n’a cessé de questionner les spécialistes. Après la Révolution, la République islamique a construit ses relations en s’appuyant sur l’idéologie islamiste, tout en prenant en considération les questions de sécurité. Plus récemment, Téhéran est devenu un partenaire de la Russie dans la lutte contre le djihadisme sunnite ; mais l’aide iranienne contre cette idéologie est en elle-même porteuse de dangers futurs selon les États-Unis, puisqu’elle favorise l’émergence d’un chiisme paramilitaire depuis l’intervention américaine en Irak (2003) et les débuts de la crise syrienne (2011). Cet ouvrage montrera donc les relations de l’Iran depuis 1941, s’intéressant aussi bien aux rivaux de l’Iran qu’aux nouveaux partenariats, nés notamment de la priorité donnée par Téhéran à son opposition à Washington, tant sur les affaires régionales qu’internationales.

. Fabien Mathieu, Gilles Vermot Desroches, Profit and Planet. How innovation can help build a better world, Ayming, Ayming Institute, janvier 2020.

There can be little doubt that we are either on the cusp of a great transformation or a great disaster. For decades, we have heard warnings about climate change and the future of the planet. Meanwhile, growing inequalities have fueled social tensions.

Too often portrayed as the embodiment of the problem, the corporate world is in fact our only hope. In this timely book, Fabien Mathieu and Gilles Vermot Desroches argue that the only realistic way of meeting the challenges we face is through a business-led innovation revolution. Contrary to what we are often told, we don’t need to choose between the profit motive and the future of the planet : the former can help guarantee the latter.

It is possible to be profitable without destroying the planet and eroding social bonds. In any case, if we don’t preserve the environment we live and work in, there will be no profits to be made. It has long been unthinkable to consider investing in a project without looking into the economic fundamentals and projected earnings. It will soon be impossible to envisage backing projects that don’t have a positive social and environmental impact. It’s a challenge that concerns us all : this time it’s personal, not just business.

. Jacques Brasseul, Petite histoire des faits économiques. Des origines à nos jours, Paris, Armand Colin, janvier 2020.

L’histoire économique a connu un renouveau depuis un demi-siècle grâce à l’analyse économique, aux théories institutionnalistes et aux approches globales. Cette nouvelle édition, revue et actualisée, présente, en s’appuyant sur ces acquis, une version synthétique de l’évolution économique du monde depuis l’origine des civilisations jusqu’aux premières décennies du XXIe siècle.

Elle aborde en premier lieu les problèmes de la discipline elle-même, puis remonte à la fin de la préhistoire pour exposer de façon chronologique les traits de l’économie antique, puis médiévale, avant d’arriver aux Temps modernes et à la révolution industrielle. Le livre insiste ensuite sur l’évolution au XIXe siècle, l’extension de l’industrialisation et les mutations économiques et sociales qu’elle entraîne, puis la mondialisation d’avant 1914.

Le XXe siècle et la période actuelle font l’objet des derniers chapitres, depuis les guerres mondiales, la crise de 1929 et la montée des totalitarismes jusqu’à l’évolution plus favorable qui suit : paix globale, montée des échanges, intégration de l’Europe, nouvelle révolution technologique et développement au Sud, avant d’aborder les difficultés actuelles, depuis la crise de 2008.

. Julien Weisbein, Introduction à la socio-histoire des idées politiques, Paris, De Boeck supérieur, avril 2020.

Libéralisme, conservatisme, socialisme... Cet ouvrage vise à replacer les auteurs et leurs oeuvres dans ces courants et idéologies, et plus généralement dans une socio-histoire de l’État moderne et des sociétés contemporaines.

Samuel Hayat est chargé de recherche 1ère classe au Centre national de recherche scientifique (CNRS) et Centre d’études et de recherches administratives, politiques et sociales (CERAPS) de l’Université de Lille. Julien Weisbein est Maître de conférences de science politique à Sciences-Po Toulouse, et chercheur au Laboratoire des sciences sociales du politique (LaSSP).

. Arnaud Chomette, Actu 2020 Comprendre le monde du XXIè siècle, Paris, Ellipses, janvier 2020.

En 50 questions, ce livre éclaire les grands enjeux du monde du XXIe siècle, en lien avec les sujets suivants : Mondialisation, Mutations politiques, Conflits, Europe et Russie, Moyen-Orient et Afrique, Asie, Amérique, Durabilité de nos modes de vie. Cet ouvrage est destiné aux étudiants en classes préparatoires ECS, en sciences politiques, en droit, en école de journalisme, à ceux qui préparent les concours administratifs ainsi qu’à tous ceux qui veulent mieux comprendre notre monde en pleine mutation.

. Béligh Nabli, L’État. Droit et Politique, Paris, Armand Colin, janvier 2020.

Qu’est-ce que l’État ? Au-delà de la formule prêtée à Louis XIV – « L’État, c’est moi ! » – cette question fondamentale se pose dans des termes sans cesse renouvelés. Construit mais inachevé, l’État n’est pas un produit fini ou un modèle absolu et définitif. Au contraire, il est foncièrement appelé à évoluer dans l’espace et dans le temps. « On nous change notre État ! », s’exclamait déjà Maurice Hauriou à la fin du XIXe siècle. Aussi ce manuel vise-t-il à appréhender l’objet étatique dans ses traits ontologiques (et immuables ?) comme dans ses mutations contemporaines.

À partir essentiellement du cas de la France, l’État est ici étudié à travers sa construction (théorique, historique, politique et juridique), son organisation (répartition verticale et horizontale du pouvoir), son action (via les finalités et les moyens de ses missions et fonctions) et son statut (sur le plan international). Non seulement, ces approches se veulent didactiques et complémentaires, mais elles mobilisent à la fois les sciences juridiques et politiques. Autant de caractéristiques qui font l’originalité de ce manuel sur l’État.

. Frédéric Angleviel, Poulo Condore. Un bagne français en Indochine , Paris, Vendémiaire, janvier 2020.

Surnommé « le bagne d’où l’on ne revient pas », le pénitencier de l’archipel de Poulo Condore, dans la mer de Chine, ouvrit ses portes en 1861 pour ne les fermer qu’en 1993, soit près de quarante ans après la fin de la guerre d’Indochine. Ce fut le deuxième bagne français, derrière celui de Guyane : 40 000 prisonniers y furent relégués durant toute la période coloniale. La moitié y trouvèrent la mort dans des conditions atroces : manque de nourriture, travail forcé, épidémies… Officiellement réservé aux pirates, membres des sociétés secrètes ou trafiquants d’opium, Poulo Condore fut en réalité un outil de répression politique, destiné à faire disparaître les opposants à l’autorité française, qui représentaient plus des deux tiers des détenus.

Dans la période suivant la partition du Vietnam en 1954, l’archipel, renommé Con Dao, servit, avec le soutien des États-Unis, à l’emprisonnement des combattants de la réunification révolutionnaire. L’indépendance totale du Vietnam en 1975 n’entraîna pas la fermeture du pénitencier où furent cette fois envoyés, durant deux décennies, les derniers adversaires du nouveau régime.

Méconnu des Français, contrairement à ceux de Guyane ou de Nouvelle-Calédonie, ce lieu de relégation d’une terrible cruauté occupe une place fondamentale dans la mémoire collective vietnamienne d’aujourd’hui.

. Henri Leclerc, La Parole et l’action, Paris, Pluriel, février 2020.

Un engagement social fort et un goût pour les affaires médiatisées : Henri Leclerc, le plus grand avocat pénaliste français, revient sur les grandes affaires de soixante ans de carrière.

. Jean-Christophe Picard, La colère et le courage. Plaidoyer contre la corruption, pour une République éthique, Paris, Armand Colin, janvier 2020.

Corruption, fraude fiscale, gaspillage de l’argent public… Les affaires continuent ! Avec l’explosion de la dette publique et le creusement des inégalités, le flot ininterrompu des scandales est de plus en plus insupportable. Leur coût est tel que même assumé par l’ensemble des contribuables, l’impact sur chacun est énorme : des impôts et taxes supplémentaires, des prestations sociales diminuées et des services publics de moins bonne qualité. Surtout, la succession des affaires abîme l’indispensable lien de confiance entre élus et électeurs.

Ce passionnant ouvrage ne se contente pas de dresser un état des lieux implacable des failles de notre République. Il évoque les solutions à mettre en oeuvre pour mettre fin aux abus. Président de la République, parlementaires, élus locaux, candidats, militants, citoyens… tous les acteurs de la vie politique ont un rôle à jouer !

Une République plus éthique est à portée de main. La recette qui déclenche tous les grands changements n’a besoin que de deux ingrédients : la colère et le courage. « La colère face aux choses telles qu’elles sont. Et le courage nécessaire pour les changer. »

. Philippe Riutort, Les classiques de la sociologie, Paris, PUF, janvier 2020.

L’ouvrage vise à présenter huit auteurs, devenus des classiques de la pensée sociologique, qui ont fortement influencé l’histoire de la discipline et qui exercent toujours, aujourd’hui, une grande influence. Il s’agit d’Emile Durkheim, Max Weber, Georg Simmel, Robert K. Merton, Erving Goffman, Pierre Bourdieu, Raymond Boudon et Norbert Elias.
Après une rapide présentation biographique, trois thèmes majeurs de l’œuvre sont analysés pour chacun des auteurs et, enfin, une mise en perspective est proposée, à partir des débats engendrés et de la postérité de l’œuvre.

. Hugo Micheron, Le jihadisme français : Quartiers, Syrie, Prisons, Paris, Gallimard, janvier 2020.

Cinq ans après les attentats qui ont ensanglanté la France - de la tuerie de Charlie Hebdo au massacre du Bataclan -, ce livre est le premier récit de l’intérieur du processus qui a vu croître le jihadisme français. Né dans les "cités" enclavées des banlieues populaires, il a mené ses activistes, en passant par le "califat" de Daech au Levant, jusqu’aux prisons de l’Hexagone. A partir de quatre-vingts entretiens avec des terroristes incarcérés, Hugo Micheron analyse la nature du jihadisme français. Loin d’être coupée du reste de la société, la prison est en interaction constante avec les quartiers. Dans quel terreau français se creuse le jihadisme ? Comment se transplante-t-il dans le jihad syrien ? Comment s’épanouit-il dans les prisons de l’Hexagone ? Voici le récit édifiant d’une emprise moderne, méthodique, qui a bouleversé les profondeurs de la société.

. Antoine Garapon, Pierre Servan-Schreiber, Deals de justice. Le marché américain de l’obéissance mondialisée, Paris, PUF, janvier 2020.

Corruption, blanchiment, évasion fiscale, contournement des sanctions internationales… Les autorités de régulation américaines traquent ces pratiques chez les entreprises transnationales qui, si elles sont avérées, peuvent entraîner des sanctions considérables : procès à rallonges, mises en causes personnelles, pénalités astronomiques et, plus grave encore, préjudice porté à la réputation de l’entreprise.

Devant ces menaces et la perspective de se voir interdire l’accès au marché américain, mieux vaut souvent coopérer en mettant en œuvre une nouvelle logique. L’entreprise suspectée doit alors renoncer à se défendre judiciairement, pratiquer elle-même des enquêtes internes poussées, s’acquitter d’amendes colossales et mettre en place des processus de compliance lourds et coûteux ; en bref : acheter la paix avec les autorités américaines. Cette justice sans la Justice n’a-t-elle pas le mérite de l’efficacité ? Ne préfigure-t-elle pas aussi un nouveau mode de régulation globale ? N’annonce-t-elle pas un nouveau régime d’obéissance mondialisée où l’on demande à chacun – sujet ou entreprise – de se faire le juge et le dénonciateur de lui-même ?

. Barthélémy Courmont, L’Asie du Sud-Est contemporaine, Québec, PUQ, janvier 2020.

L’Asie du Sud-Est est l’une des régions les plus effer­vescentes de la planète. Forte d’une population de 650 millions d’habitants et d’une croissance économique élevée, son attractivité dépasse largement les frontières asiatiques ; le monde entier s’intéresse désormais aux développements de ce territoire dont l’influence ne fera qu’augmenter dans les prochaines décennies. Son développement économique accéléré est favorable à l’émergence de nouveaux enjeux d’ordres politique, économique, démographique, territorial, social et environnemental, qui, une fois mis bout à bout, peuvent accentuer les contrastes économiques et sociaux, voire les déséquilibres d’une région soumise aux défis de l’intégration.

Le présent ouvrage brosse un tableau des différentes dynamiques de l’Asie du Sud-Est. Sans être exhaustif, ce portrait prend appui sur les trajectoires suivies depuis un demi-siècle et fournit des clés de compréhension des problématiques actuelles. Il consiste en une analyse pluridisciplinaire de l’Asie du Sud-Est contemporaine dans sa globalité. Si chaque thème abordé offre l’occasion de se pencher plus particulièrement sur un des pays de la zone (car d’importantes disparités subsistent parfois entre les pays), c’est l’approche régionale et transversale qui reste privilégiée, afin de mettre en relief les réalités qui sont celles de l’Asie du Sud-Est.

Cet ouvrage s’adresse aussi bien aux chercheurs et aux étudiants qu’aux journalistes, ainsi qu’à toute personne curieuse de découvrir l’Asie du Sud-Est d’aujourd’hui.

. Gérard Davet, Fabrice Lhomme, Apocalypse now. Les années Fillon, Paris, Fayard, janvier 2020.

La suite de l’histoire secrète, riche en témoignages et en documents inédits, de la droite française, de 2014 à aujourd’hui, qui débute par l’« exécution » du soldat Copé, se poursuit par le décisif déjeuner Jouyet-Fillon et son corollaire, la « providentielle » affaire Fillon, pour déboucher sur le paysage dévasté de la droite française... 1 306 400 euros ; soit le montant global des sommes perçues indûment par le couple Fillon depuis 1981, selon les enquêteurs. Cet argent a le goût de la défaite en 2017, pour la droite française.

De la débâcle, plutôt. Après La Haine. Les années Sarko, voici donc le second tome de notre fresque politique, relatant cette fois la période 2014-2019.

L’affaire Fillon sera jugée à partir de février 2020, les dossiers Bygmalion, Azibert et d’autres encore suivront bientôt. La droite ne s’en remettra pas, déballage de linge sale garanti. Car tous ces scandales politico-judiciaires sont nés de guerres fratricides, notre enquête l’atteste. Elle est nourrie de témoignages sans filtre, de documents exclusifs et, aussi, de spectaculaires révélations.
C’est la fin d’une époque, de fureur et de sang, laissant la droite française vitrifiée.
Apocalypse Now.

. Sylvain Waserman, Chroniques du Perchoir. Pensées et confidences d’un vice-président de l’Assemblée nationale, Paris, Armand Colin, janvier 2020.

Vice-président de l’Assemblée nationale depuis le 28 juin 2017, l’auteur nous livre ses impressions sous forme de chroniques. Témoin de tant d’heures de débats depuis son perchoir, il a pu se forger une vision sur notre démocratie et sur ce que l’on doit réinventer. De situations parfois ubuesques en passant par les incidents, voire les crises, ces "Chroniques du perchoir" partent de ces événements pour déboucher sur une réflexion de la part de l’auteur balayant tous les sujets sociétaux (montée du RN, Gilets jaunes, etc.). Il nous donne un aperçu unique sur l’Assemblée, y mêlant également des événements qui le touchent de près (attentat de Strasbourg par exemple).

. Julia Cagé, Le prix de la démocratie, Paris, Folio actuel, janvier 2020.

Une personne, une voix : la démocratie repose sur une promesse d’égalité qui trop souvent vient se fracasser sur le mur de l’argent. Financement des campagnes, dons aux partis politiques, prise de contrôle des médias : le jeu démocratique est de plus en plus capturé par les intérêts privés. Se fondant sur une étude inédite des financements politiques privés et publics dans une dizaine de pays sur plus de cinquante ans, Julia Cagé passe au scalpel l’état de la démocratie, décortique les modèles nationaux, et fait le récit des tentatives - souvent infructueuses, mais toujours instructives - de régulation des relations entre argent et politique. En France, l’État a mis en place un système de réductions fiscales permettant aux plus riches de se voir rembourser l’essentiel de leurs dons aux partis politiques, alors que les plus pauvres, eux, paient plein pot. Ces dérives ne viennent pas d’un complot savamment orchestré mais de notre manque collectif d’implication. La question du financement de la démocratie n’a jamais véritablement été posée ; celle de la représentation des classes populaires doit l’être sur un mode plus radical. Pour sortir de l’impasse, voici des propositions qui révolutionnent la façon de penser la politique, des réformes innovantes pour une démocratie retrouvée.

. Guillaume Debré, L’art de gouverner selon Donald Trump, Paris, Fayard, janvier 2020.

13 421 : C’est le nombre de tweets que Donald Trump a publiés depuis qu’il siège à la Maison-Blanche.

Autoproclamé l’« Ernest Hemingway des 140 signes », ce président hors norme ne peut s’empêcher de pianoter sur son téléphone sécurisé. Avec ses deux pouces, il critique, vilipende et terrorise la planète entière. « Crétin », « psycho », « pourri » font maintenant partie du lexique présidentiel, sans parler de l’accusation de « Fake News ! », qu’il utilise sans cesse.

Cette litanie de tweets est à l’image de la présidence de Donald Trump : déroutante. L’homme fascine autant qu’il répugne. Incroyable bête politique au flair électoral redoutable, ce trublion politique reste difficilement saisissable. Mais, qu’on le veuille ou non, ce chef d’État omniprésent et imprévisible structure aujourd’hui le paysage politique américain.

Plus obscure est sa pensée politique. Populiste ? Nationaliste ? Ou tout simplement pragmatique ?

Entre élucubrations et éructations, les tweets de Trump forment un croquis inédit, une silhouette plus qu’un portrait. Leur analyse, couplée à celle de ses rapports avec son entourage et son administration, de ses décisions et de ses sorties dans les médias, éclaire le logiciel politique de ce président transgressif.

Guillaume Debré montre avec brio comment Donald Trump façonne, jour après jour, un nouvel art de gouverner.

. Valérie Niquet, Le Japon. Un modèle en déclin ? en 100 questions, Paris, Tallandier, janvier 2020.

Que signifie « l’exceptionnalisme » japonais ? Le pays est-il toujours une grande puissance industrielle ? Les traditions bloquent-elles les évolutions sociales ? Quelles sont les conséquences de la chute du taux de natalité ? Les relations sino-japonaises sont-elles vouées au conflit ? Le Japon peut-il être un acteur majeur sur la scène internationale ?

Après avoir dominé la scène économique mondiale jusqu’à la fin du xxe siècle, le Japon semble céder la place au miracle chinois. Ses défis sont aujourd’hui multiples : croissance stagnante, population vieillissante, condition des femmes difficile, sentiment de déclin et d’entre-soi, loin d’un monde globalisé et pluriel.

Pourtant, le Japon conserve une efficacité et une capacité de résilience hors normes héritées de ses multiples épreuves : bombardements atomiques en 1945, tremblements de terre, catastrophe de Fukushima… Terre d’innovations constantes, place financière incontournable, le pays le plus « occidental » d’Asie affirme ses valeurs libérales et démocratiques, son attachement à sa politique strictement défensive, tout en affichant une ambition plus importante en matière de sécurité.

À l’heure où commence l’ère Reiwa (« Belle harmonie »), Valérie Niquet nous donne les clés pour mieux comprendre ce pays qui fascine autant qu’il déroute, ses spécificités, ses limites, mais aussi ses atouts qui prouvent qu’il est loin d’être hors course.

. Michelle Perrot, Les femmes ou les silences de l’histoire, Paris, Champs histoire, janvier 2020.

Les femmes font aujourd’hui du bruit ? C’est en regard du silence dans lequel les a tenues la société depuis des siècles. Silence des exploits guerriers ou techniques, silence des livres et des images, silence surtout du récit historique qu’interroge justement l’historienne. Car derrière les murs des couvents ou des maisons bourgeoises, dans l’intimité de leurs journaux ou dans les confidences distraites du passé, dans les murmures de l’atelier ou du marché, dans les interstices d’un espace public peu à peu investi, les femmes ont agi, vécu, souffert et travaillé à changer leurs destinées. Qui mieux que Michelle Perrot pouvait nous le montrer ? Historienne des grèves ouvrières et du monde du travail, explorant les prisons dès les années 1970, Michelle Perrot s’est attachée très tôt à l’histoire des femmes. Elle les a suivies au long du XIXe et du XXe siècles, traquant les silences de l’histoire et les moments où ils se dissipaient. Ce sont quelques-unes de ces étapes que nous restitue ce livre.

. Pierre Rosanvallon, Le siècle du populisme – Histoire, théorie, critique, Paris, Seuil, janvier 2020.

Le phénomène du populisme n’a pas encore été véritablement pensé. C’est en effet surtout à caractériser sociologiquement les électeurs populistes que se sont attachés la plupart des livres sur le sujet ; ou à discuter ce dont il est le symptôme (le désenchantement démocratique, les inégalités galopantes, la constitution d’un monde des invisibles, etc.) ; ou encore à sonner le tocsin sur la menace qu’il représenterait.
Cet ouvrage propose de le comprendre en lui-même, comme une idéologie cohérente qui offre une vision puissante et attractive de la démocratie, de la société et de l’économie. S’il exprime une colère et un ressentiment, sa force tient au fait qu’il se présente comme la solution aux désordres du présent. Il est pour cela l’idéologie ascendante du xxie siècle, à l’heure où les mots hérités de la gauche semblent dorénavant résonner dans le vide.
L’auteur en présente une théorie documentée, en retrace l’histoire dans celle de la modernité démocratique et en développe une critique approfondie et argumentée. Il permet ainsi d’en finir avec les stigmatisations impuissantes et dessine les grandes lignes de ce que pourrait être une alternative mobilisatrice à ce populisme.

. Antoine Violet-Surcouf, Cyberdjihadisme, Paris, VA Press, janvier 2020.

Dans leur guerre contre les démocraties et les valeurs occidentales, Internet représente une arme de prédilection pour les combattants islamistes les plus radicaux. Champ de bataille à part entière, le Web et ses divers outils – comme les réseaux sociaux ou applications de messagerie – sont avant tout vecteurs de communication, de propagande et de recrutement pour les djihadistes. Internet participe également au financement des organisations djihadistes et pourrait, demain, être directement mis à profit pour frapper leurs adversaires. Conférant, ainsi, une réalité au cyberterrorisme le plus dévastateur. Si le cyberdjihadisme inquiète légitimement médias et services de renseignement, il n’a, paradoxalement, jamais fait l’objet d’une tentative d’analyse globale, que celle-ci porte sur sa genèse, ses évolutions passées et à venir, ou encore sur les dangers que fait planer l’activisme islamiste se déployant sur Internet. Sans prétendre à l’exhaustivité quant à un phénomène aussi diffus qu’évolutif, le présent ouvrage se propose de replacer le cyberdjihadisme dans sa profondeur historique, avant d’évaluer les menaces qu’il représente et, enfin, d’avancer un ensemble de réponses permettant de le combattre sur son propre terrain.

. Alexis Clotaire Némoiby Bassole, Abdoul Mounirou Ouedraogo, Le nord du Burkina Faso à l’épreuve du changement climatique, Paris, L’Harmattan, décembre 2019.

Le livre propose un regard socio-anthropologique des mutations des pratiques agricoles paysannes face au changement climatique. À travers des observations et des entretiens menés auprès des agriculteurs de Gambo, au Yatenga, dans la région du Nord au Burkina Faso, des autorités publiques en charge de l’agriculture et des acteurs privés, sont répertoriées les mutations opérées au sein des rites agraires et des labours communautaires sous l’effet respectif de la modification du calendrier hivernal et de l’incertitude climatique.

. Alix Defrain-Meunier, Le comité chargé des ONG, gardien de l’accès de la société civile à l’ONU, Paris, L’Harmattan, décembre 2019.

Depuis 1946, le Comité des ONG est chargé d’examiner les demandes d’accréditation permettant à ces acteurs non étatiques de bénéficier d’un statut consultatif auprès de l’ONU. Supposé sélectionner les ONG sur des critères précis et leur permettre d’entrer au sein des Nations Unies, ce Comité est pourtant régulièrement accusé de s’être transformé en une arène politisée, verrouillée par des Etats qui s’empressent de les en empêcher. Comment les ONG sont-elles sélectionnées par ce comité ? Cet organe est-il assujetti à la domination d’États hostiles à la société civile ? Comment les ONG, accréditées ou sans statut consultatif, peuvent-elles participer aux travaux de l’ONU ?

. Éric Geerkens, Nicolas Hatzfeld, Isabelle Lespinet-Moret, Xavier Vigna, Les enquêtes ouvrières dans l’Europe contemporaine, Paris, La découverte, décembre 2019.

S’il est un spectre qui hante l’Europe des XIXe et XXe siècles, c’est bien celui de la classe ouvrière. En témoignent les innombrables enquêtes qui lui sont consacrées : elles disent combien la « question sociale », telle qu’elle s’invente avec l’industrialisation, est d’abord une inquiétude sur la condition ouvrière et son évolution. Ces mondes ouvriers, si prompts aux soulèvements, constituent une énigme que de multiples enquêtes visent à résoudre, le plus souvent pour conjurer une menace.

Ce livre propose un voyage étonnant à ses lecteurs en les conduisant, par les yeux des enquêteurs, dans les taudis de Manchester, les cités minières du Borinage ou les usines Mirafiori de Turin. Il éclaire d’un jour nouveau des figures illustres des sciences sociales : Frédéric Le Play, Max Weber ou Maurice Halbwachs ; mais il les fait aussi voisiner avec des artistes (Zola et les écrivains naturalistes, les cinéastes autour de Chris Marker) et avec des collectifs soudés par un engagement – féministes, jocistes ou révolutionnaires.

En explorant ce qui mêla indissociablement pratiques scientifiques et passions politiques, l’ouvrage offre une contribution originale à une histoire transnationale de l’Europe contemporaine.

. Karl Coplan, Live Sustainably Now. A low-carbon vision of the good life, New-York, Columbia University Press, décembre 2019.

Any realistic response to climate change will require reducing carbon emissions to a sustainable level. Yet even people who already recognize that the climate is the most urgent issue facing the planet struggle to understand their individual responsibilities. Is it even possible to live with a sustainable carbon footprint in modern American society—much less to live well ? What are the options for those who would like to make climate awareness part of their daily lives but don’t want to go off the grid or become a hermit ?

In Live Sustainably Now, Karl Coplan shares his personal journey of attempting to cut back on carbon without giving up the amenities of a suburban middle-class lifestyle. Coplan chronicles the joys and challenges of a year on a carbon budget—kayaking to work, hunting down electric-car charging stations, eating a Mediterranean-style diet, and enjoying plenty of travel on weekends and vacations while avoiding long-distance flights. He explains how to set a personal carbon cap and measure your actual footprint, with his own results detailed in monthly diary entries. Presenting the pros and cons of different energy, transportation, and lifestyle options, Live Sustainably Now shows that there does not have to be a trade-off between the ethical obligation to maintain a sustainable carbon footprint and the belief that life should be fulfilling and fun. This powerful and persuasive book provides an individual-level blueprint for a carbon-sustainable tweak to the American dream.

. Marie Gibert-Flutre, Les envers de la métropolisation. Les ruelles de Hô Chí Minh Ville, Vietnam, Paris, CNRS Éditions, décembre 2019.

Tours, grands projets immobiliers, multiplication de shopping malls et nouvelles infrastructures de transport sont autant de symboles de la métropolisation accélérée de Hô Chí Minh Ville aujourd’hui. Cette métropole de près de 12 millions d’habitants est entrée dans « l’ère de la grande dimension », redéfinissant alors l’espace public de la cité, ses pratiques et ses conceptions.

Cependant, à rebours de sa progressive verticalisation, c’est le long de ruelles (hẻm) que vit 85 % de la population de la ville. Les ruelles demeurent la scène de l’ordinaire urbain. Une scène avec ses codes, ses rythmes propres et la diversité de ses acteurs. Outre la forme particulière que ces quartiers très denses impriment à la ville, les ruelles constituent des espaces vécus au sens fort. À l’interface entre le public et le privé, entre le collectif et l’individuel, une culture spatiale spécifique s’y développe, associant des activités extrêmement diverses et des lieux de sociabilité foisonnants. Les ruelles constituent alors autant de fenêtres ouvertes sur la petite mécanique métropolitaine vietnamienne du quotidien. Les mutations y sont moins spectaculaires – y compris au sens littéral de leur mise en spectacle –, mais tout aussi profondes et révélatrices des transformations de la société vietnamienne et de sa quête de « modernité » dans un pays au régime politique autoritaire.

Pour saisir le fonctionnement quotidien de ces « envers métropolitains », Marie Gibert- Flutre articule l’étude de leur morphologie et de leur gestion politique avec celle des pratiques sociales qui s’y déploient et des temporalités qui les structurent, à partir de l’étude de six quartiers de ruelles. Cette étude magistrale, à la croisée de la géographie, de l’anthropologie urbaine et de l’urbanisme, renouvelle et élargit en particulier la notion d’« espace public » – historiquement issue de la pensée urbaine occidentale – par sa confrontation avec le terrain vietnamien.

. Moïse Yanou Tchingankong, La logique de l’action publique globale. Une critique de la gouvernance euro-africaine des questions migratoires, Paris, Carrefours, décembre 2019.

Les controverses transnationales sur les migrations internationales sont dénuées de morale. C’est du moins une pratique en scène qu’une tendance moraliste de la régulation internationale de ce phénomène méconnait. Celle-ci biaise alors la découverte des subtilités empiriques que permettrait un rapport sociologique aux questions migratoires. L’idée du global en action tient compte de cette précaution épistémologique en prenant au sérieux les intérêts étatiques dans les enjeux migratoires.

. Federico Tarragoni, L’esprit démocratique du populisme, Paris, La Découverte, décembre 2019.

Et si la nature du populisme nous échappait encore ? L’actualité politique voit ce mot ressurgir régulièrement, mais, au-delà de sa charge polémique, que désigne-t-il exactement ? Depuis trente ans, les médias ressassent les mêmes poncifs : le populisme serait démagogique et autoritaire ; ni de droite ni de gauche, mais essentiellement xénophobe et nationaliste ; il menacerait nos démocraties, comme jadis le totalitarisme. Ce qu’il s’agit, au fond, de faire via cette instrumentalisation quotidienne, c’est de discréditer l’idée d’une démocratie alternative, hors des institutions établies, et de dénier au peuple une capacité propre à faire de la politique.

Il convient donc de reconstruire ce concept fourre-tout sur de nouvelles bases. De le débarrasser des jugements normatifs, de cartographier ses expériences historiques fondatrices et de le rapporter au contexte politique qui l’a vu émerger comme phénomène à part entière, l’Amérique latine. S’en dégage une découverte fondamentale : le populisme n’a rien à voir avec la démagogie, le nationalisme et le totalitarisme. C’est une idéologie, radicalement démocratique, de crise des démocraties représentatives libérales, qui possède ses propres logiques et contradictions internes.

L’enjeu de cette redéfinition est de taille : mieux comprendre les nouveaux conflits sociaux qui se saisissent de l’opposition peuple vs élite et sont en train de transformer profondément nos démocraties.

. François Cazals, Chantal Cazals, Intelligence artificielle. L’intelligence amplifiée par la technologie , Paris, De Boeck Supérieur, novembre 2019.

Pour comprendre ce nouveau phénomène, les auteurs se sont attachés à expliquer ce qu’est l’intelligence artificielle, son fonctionnement et ses limites actuelles. Ils ont sollicité des développeurs, chercheurs, utilisateurs et dessinent ainsi un panorama des acteurs de ce nouvel environnement. Comme chaque avancée technologique, l’intelligence artificielle nourrit des craintes parfois exagérées mais toujours légitimes. Pour permettre au lecteur de comprendre ce nouveau phénomène, les auteurs se sont attachés à expliquer simplement ce qu’est l’intelligence artificielle, son fonctionnement et ses limites actuelles. Ils ont sollicité des développeurs, chercheurs, utilisateurs et dressent ainsi un panorama des acteurs de ce nouvel environnement : des grands noms, connus, d’entreprises souvent américaines qui dominent le marché, mais également des entreprises plus petites, des start-ups, des institutions qui dessinent les contours d’un nouvel écosystème. Ils ont demandé à ces acteurs de l’intelligence artificielle quelles étaient les applications déjà développées ou en projet qui, selon eux, auront un impact sur nous, sur notre société, dans les années à venir. Ils les ont interrogés sur leurs craintes et les façons d’y répondre. Forts de ces témoignages, et sans ignorer les risques et les craintes inhérentes à toute transformation, les auteurs développent au fil des pages l’idée d’une IA à notre service, qui amplifie nos capacités à apprendre, comprendre, diagnostiquer, anticiper.

. Jean El Gammal, Jérôme Pozzi, Le Grand Est (1870-2019). Forces et cultures politiques , Lorraine, éditions universitaires de Lorraine, décembre 2019.

L’étude des forces et des cultures politiques dans le Grand Est de la fin du XIXe siècle à nos jours permet de mettre en perspective bien des données historiques et culturelles relevant de l’actualité, à l’échelle d’une région qui associe l’Alsace, la Lorraine et la Champagne-Ardenne depuis 2015. Elle se caractérise par sa grande diversité et constitue la majeure partie de ce qui est parfois appelé France de l’Est.

Les contributions réunies dans ce volume, à travers des exemples variés, sont l’oeuvre de chercheurs de plusieurs universités, parmi lesquels de nombreux doctorants. Réunies par Jean El Gammal et Jérôme Pozzi, qui enseignent l’histoire contemporaine à l’Université de Lorraine, elles concernent des personnalités, des courants et des familles politiques ayant marqué à des degrés divers l’histoire régionale et nationale depuis un siècle et demi.

. Jean-Pierre Filiu, Algérie, la nouvelle indépendance, Paris, Seuil, novembre 2019.

L’histoire de la nouvelle indépendance de l’Algérie s’écrit sous nos yeux, depuis ce 22 février 2019 où des foules de femmes et d’hommes ont exigé dans tout le pays de reprendre en main leur destin. Cette contestation populaire continue depuis de se mobiliser chaque vendredi, après avoir obtenu la démission du président Bouteflika, en poste depuis vingt ans, et le report d’une élection vidée de sens. Car elle aspire, au-delà de la sanction de tel ou tel dirigeant, à la refonte sur des bases enfin démocratiques du système en place depuis la fin, en 1962, de la domination française.

Cet essai, où la réflexion historique se nourrit de l’expérience de terrain, replace les événements en cours en Algérie dans la longue durée de son mouvement national. Il offre, pour la première fois, un cadre d’interprétation à une actualité foisonnante, s’interrogeant sur la portée stratégique de la non-violence, sur la place réelle des jeunes ou des femmes dans cette protestation, sur le poids d’une économie de rente, mais aussi sur le rôle central des supporters de football ou les tactiques des groupes islamistes. Il montre comment la hiérarchie militaire, jusqu’alors protégée dans son arbitraire par un pouvoir civil de façade, est contrainte de gérer ouvertement cette crise, avec une brutalité de plus en plus affichée.

. Pascal Perrineau, Le grand écart, Paris, Plon, novembre 2019.

La France vit-elle un changement profond de son paradigme démocratique ?

Au cours des trois dernières années, les vieux partis politiques ont presque disparu, le clivage entre la gauche et la droite s’est étiolé, de nouvelles forces et organisations ont émergé.

L’année 2019 a vu trois registres de la démocratie opérer et tenter de dialoguer : la démocratie directe des Gilets jaunes, la démocratie participative du grand débat national et la démocratie représentative issue des urnes lors des élections européennes. Or tout laisse penser que leur complémentarité se fait de façon plus conflictuelle et fragmentée qu’auparavant.

Fort de son expérience de garant du grand débat national – qui lui a permis d’entendre directement la parole de nombreux Français, leurs préoccupations comme leurs

revendications, mais aussi d’être au coeur de l’expérience du pouvoir politique et d’en approcher les intentions et les doutes –, Pascal Perrineau prend ici la mesure de l’état de santé démocratique du pays.
Et c’est le portrait d’une France politique changée, troublée, en certains points fracturée, dans un contexte de défiance politique majeure entre gouvernants et gouvernés, qui s’impose.

. Tatiana Brillant, La voix du Raid – négocier pour sauver des vies, Paris, Mareuil édition, novembre 2019.

Tatiana Brillant a été négociatrice au RAID. Pendant plus de 13 ans, elle fut le seul officier féminin à exercer ce métier au sein de cette prestigieuse unité d’élite.
" Sa mascotte est la panthère, sa devise tient en trois mots : " Servir sans faillir ". Tatiana n’y a jamais dérogé. Elle s’est imposée en prouvant que la négociation n’est pas une question de genre mais avant tout une affaire de spécialistes. C’est la crédibilité de l’interlocuteur ou de l’interlocutrice qui compte. Aussi, il est important d’avoir une diversité de profils, et à ce titre elle a fait la démonstration qu’il serait hautement fautif de prétendre pouvoir se passer des femmes. C’est ainsi qu’elle a été amenée à traiter des situations très délicates, avec des terroristes et des personnes radicalisées, de l’Afghanistan à la Côte d’Ivoire, du Bataclan à Magnanville. "
Extrait de la préface de Bernard Cazeneuve, ancien Premier ministre.

. Jean Guisnel, Histoire secrète de la DGSE, Paris, Robert Laffont, novembre 2019.

Voici, pour la première fois, une enquête complète sur la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), théâtre de la fameuse série "Le Bureau des légendes".

La DGSE n’a qu’un but : défendre les intérêts de la France. Pour cela, la loi l’autorise à " entraver " clandestinement, à l’étranger, les ennemis de notre pays. Si la Boîte, comme la surnomment ses 7 000 agents, baigne dans le secret, l’ouverture est très nette, et, paradoxalement, plus personne ne parle aujourd’hui de la DGSE sans évoquer sa spectaculaire vitrine, "Le Bureau des légendes", que notre enquête éclaire d’un jour nouveau.

Assassinats ciblés, infiltration croissante des services russes, chasse aux " taupes " chinoises, cyberguerre, opérations secrètes en Afrique..., autant d’histoires inédites, enfin révélées dans ce livre. C’est aussi le quotidien des agents secrets qui est dévoilé : de leur entrée dans le service, sur concours ou par contrat, à leur plongée dans l’espionnage sous une identité fictive – la fameuse " légende "...

. Anne Deysine, Les États-Unis et la démocratie , Paris, L’Harmattan, novembre 2019.

La présidence Trump n’est pas une aberration mais la convergence de forces profondes ; elle résulte d’une montée du populisme et d’attentes jamais prises en compte par les élites. Le rejet par le président de la vérité factuelle, ses attaques contre le Congrès, le pouvoir judiciaire et la presse ont un impact sur les institutions et la primauté du droit. Les politiques actuelles grignotent, voire détruisent des pans entiers de l’État-providence, les droits et libertés conquis dans les années 1960. Ce démantèlement a des conséquences sur les droits humains, le soft power et le rayonnement à l’international des États-Unis.

. Annie Chaloux, Hugo Séguin, Le fédéralisme canadien face aux enjeux environnementaux. Le Canada : un État ingouvernable ? Québec, PUQ, décembre 2019.

Gérer l’environnement au Canada est loin d’être une chose aisée. Les sensibilités à géométries variables au sein de la fédération font des enjeux environnementaux des sources de fortes tensions, d’autant plus que se juxtaposent de manière ambiguë les compétences constitutionnelles des divers paliers de gouvernement. De plus, l’absence de consensus autour d’une vision d’avenir pour le Canada de même que la difficulté qu’ont les autorités gouvernementales à assumer un leadership constant sur les questions environnementales génèrent trop souvent des décisions incomplètes, imparfaites et incohérentes. Ces insuccès alimentent le cynisme et le désabusement chez la population et la classe politique. En cette époque de dégradation rapide de l’environnement, il nous apparaît essentiel de nous interroger sur les causes profondes des tensions environnementales au Canada afin d’imaginer des solutions mieux adaptées au droit et aux règles applicables, aux institutions existantes et au jeu politique des acteurs concernés. Le présent ouvrage offre un éclairage sur ces dynamiques en s’attardant à la structure en place, aux différents protagonistes et à leurs interrelations en matière de gouvernance environnementale. Il explore également certains enjeux liés à la fragmentation des actions et aux difficultés d’arrimage des politiques environnementales canadiennes.

. Paul De Leusse, Afterbanking…, Paris, Débats publics, novembre 2019.

Auriez-vous imaginé, il y a de cela dix ans, un monde bancaire sur le point de connaitre d’aussi incroyables bouleversements ? Nous vivons aujourd’hui une véritable schizophrénie bancaire : chacun a besoin de son banquier, mais trop peu d’entre nous ont confiance en lui.

Serait-ce la fin d’une ère ? Plutôt le début d’une nouvelle ; celle de l’afterbanking, marquée par la reprise en main de la gestion de son argent par le consommateur. L’argent devient un produit de consommation comme les autres, dont chacun exige de garder le contrôle.

Alors que les banques traditionnelles peinent à restaurer leur image, les technologies digitales offrent de formidables opportunités pour développer l’inclusion financière, mieux comprendre les besoins des clients et leur offrir l’instantanéité et la transparence qu’ils demandent.

Paul de Leusse, Directeur Général Adjoint d’Orange, démontre dans cet essai comment de nouveaux acteurs, notamment les néobanques, posent les bases d’une nouvelle relation bancaire, placée sous le signe d’une confiance retrouvée, et donnent désormais le ton pour l’avenir du secteur.

Un livre fondateur... de l’afterbanking !

. Serge Latouche, La décroissance, Paris, Presses Universitaires de France, novembre 2019.

Tout notre système économique repose sur l’idée de croissance. Pour investir, se développer, lutter contre le chômage, rembourser la dette, améliorer nos conditions de vie, il faudrait encore de la croissance, toujours de la croissance… Mais comment « croître » indéfiniment dans un monde fini ? Quand toutes les ressources naturelles arrivent à épuisement ? Et si l’idée de croissance n’était qu’une croyance parmi d’autres ? Serge Latouche déconstruit méthodiquement une idéologie qui n’est qu’une hypothèque sur l’avenir. Il rappelle qu’à l’inverse le projet de la décroissance n’est pas un retour à l’âge de pierre ! En remettant en cause le productivisme et la philosophie de l’Homo œconomicus, il entend poser les conditions d’un changement profond de notre système de valeur.

La décroissance ? Un art de vivre bien, sobrement, en accord avec le monde, un art de vivre avec art.

. Vincent Bennecase, Les prix de la colère. Une histoire de la vie chère au Burkina Faso, Paris, éditions EHESS, novembre 2019.

Dans de nombreux pays, la « vie chère » occupe aujourd’hui une place centrale dans les difficultés matérielles et les sentiments d’injustice ressentis au quotidien par les classes populaires. Au Burkina Faso, l’augmentation du prix des biens de consommation courante a suscité des mobilisations parfois violentes depuis le début des années 2000. Elle alimente également un mécontentement diffus à l’encontre des autorités jugées responsables, comme si personne ne pouvait sérieusement croire que les prix résultaient du libre jeu de l’offre et de la demande. À partir d’une longue enquête menée dans les quartiers populaires de villes burkinabè, ce livre aborde un phénomène peu étudié : la place croissante des prix dans l’expression contemporaine de la colère populaire. Car au-delà de ce pays ouest-africain, il s’agit de proposer une réflexion plus générale sur l’évolution des modes de gouvernement et de leurs contestations à l’ère néolibérale.

. Thomas Tanase, Histoire de la papauté en Occident, inédit histoire, Folio, Gallimard, 2019.

L’histoire de la papauté est complexe et ne se résume pas à l’histoire de la religion catholique. Institution globale, cherchant à guider les sociétés, la papauté doit être réinsérée dans un cycle historique de long terme, celui qui a vu un espace marginal, désigné d’abord comme « chrétienté » puis comme « Occident », se développer avant de se projeter à la conquête du globe, jusqu’à la « mondialisation » actuelle.

Son rôle a souvent été esquivé par un compromis historiographique entre auteurs laïcs, soucieux de faire un récit du progrès dégagé de l’Église, et auteurs catholiques, désireux de faire l’histoire irénique et morale d’une papauté humanitaire au-dessus des États, des frontières et des guerres.
L’objet de cette réflexion sera au contraire d’envisager la papauté comme un acteur majeur à une échelle globale dans une histoire qui ne peut se réduire à un ordre linéaire et simpliste, celui d’un progrès scientifique, économique ou d’une sortie de la religion, une histoire dont on cherchera à redécouvrir toute la pluralité.

. Brun Patrice, Denécé Éric, Renseignement et espionnage pendant l’Antiquité et le Moyen-Âge, Paris, Ellipses, 2019.

Dès la plus haute Antiquité apparaissent de nombreuses preuves de l’existence d’organisations de renseignement dans toutes les grandes civilisations : au Moyen-Orient (Mésopotamie, Egypte, Perse), en Extrême-Orient (Inde et Chine) et en Europe (Grèce, Carthage et Rome). L’espionnage est attesté par des textes nombreux : la Bible ; les inscriptions des temples de Louxor ; les récits d’Hérodote et ceux des historiens romains ; et les deux plus anciens traités de stratégie au monde : L’Arthasastra de Kautilya (Inde) et L’Art de la Guerre de Sun Tse (Chine).

Au Moyen Âge, les pratiques du renseignement se pérenisent, notamment dans l’Empire byzantin et en Chine. Les Vikings y recourent systématiquement lors de leurs raids, tout comme les Normands pour la conquête de l’Angleterre. Pendant les Croisades, l’espionnage est pratiqué tant par les royaumes chrétiens que musulmans, comme pendant la guerre de Cent Ans. Les opérations clandestines s’observent également dans la péninsule ibérique lors de la Reconquista, dans l’Amérique préhispanique et au Japon, avec les mystérieux ninjas.

Ainsi, tout au long de l’Antiquité et du Moyen Âge, principautés, royaumes et empires qui s’affrontent pour la domination du monde conduisent des actions secrètes qui comportent tous les volets de l’espionnage moderne : espionnage, contre-espionnage, écritures secrètes, interception des courriers, assassinats ciblés... Ce sont quelques uns des plus beaux épisodes de l’histoire du renseignement de l’Antiquité et du Moyen Âge que ce livre propose au lecteur.

Trente contributions produites par vingt-cinq auteurs de haut niveau, universitaires reconnus et spécialistes du renseignement, font de ce travail une somme tout à fait originale et exceptionnelle.

. Julie Prin-Lombardo, Le renseignement à l’épreuve de l’Union européenne, Paris, éd. Nouveau monde

Le renseignement est une dimension incontournable des politiques de défense et de sécurité. Les attentats commis en Europe ont montré l’impérieuse nécessité des collaborations et coopérations des États membres.

Instrument au coeur de la souveraineté des États, le renseignement connaît aujourd’hui de nouveaux enjeux d’intégration aux processus de décision en matière de sécurité et de politique étrangère de l’Union européenne. Si une capacité renseignement proprement européenne n’existe pas encore, l’ouvrage propose une généalogie inédite des structures spécialisées de l’Union européenne depuis les années 1990 à travers le rôle du Situation Centre, devenu Intelligence Centre en 2012 et rattaché au Service européen pour l’action extérieure (SEAE). Par l’analyse des enjeux politiques, institutionnels et doctrinaux du développement d’un renseignement d’origine européenne (ROE), il montre que l’intégration de la fonction renseignement au plan communautaire est réalisée en étroite coordination avec les services des États membres. Car en matière de renseignement, l’Union européenne a bien plus besoin des États membres que l’inverse. L’histoire de cet équilibre délicat entre sécurité nationale et intérêts supranationaux met en lumière la primauté donnée par les acteurs du renseignement à la prise en charge des menaces, par-delà les évolutions politiques. La volonté de faire émerger une structure communautaire efficace et autonome, face à la prépondérance américaine en matière de renseignement, s’est d’abord structurée autour de réseaux informels entre acteurs du renseignement nationaux et européens.

Véritable état des lieux, cet ouvrage qui propose également des pistes d’évolution est destiné à devenir la référence sur la question du renseignement européen.

. Étienne N’Guessan, Les crises en Côte d’Ivoire. Enjeux économiques, géopolitiques et sécuritaires, Paris, L’Harmattan, novembre 2019.

Longtemps présentée comme un symbole de réussite économique, de stabilité sociale et politique, la Côte d’Ivoire connaît son premier coup d’État militaire le 24 décembre 1999, qui mit ainsi fin à la longue tradition de stabilité de ce pays au potentiel énorme. Cette nation bascula dès lors dans une succession de crises sans précédent. Quelles sont les raisons fondamentales de la rupture de l’équilibre d’antan au point d’en arriver aux graves troubles appelés « crises ivoiriennes » ? Un livre clair pour comprendre les racines des crises que la Côte d’Ivoire connaît depuis l’orée du XXIe siècle.

. Isidore Ndaywel E Nziem, Le Congo dans l’ouragan de l’histoire. Combats pour l’État de Droit, Paris, L’Harmattan, novembre 2019.

L’historien Isidore Ndaywel nous offre une histoire des luttes pour la dignité et le bien-être des Congolaises et des Congolais. Les populations congolaises, quelles que soient leurs faiblesses morales, intellectuelles et psychiques, ont fait preuve, au cours du temps, de courage, d’énergie et d’intelligence pour tenter de vaincre les obstacles à leur progrès collectif et de prendre en main leur destin national (extrait de l’avant-propos du Cardinal Laurent Monsengwo Pasinya).

. Jacqueline Morand-Devillier, Le droit de l’environnement, Paris, PUF, décembre 2019.

Le droit à un environnement de qualité, que la célèbre Déclaration de Stockholm de 1972 promeut au rang de droit de l’homme, n’est reconnu officiellement que depuis une époque récente. En effet, la protection de l’environnement s’est aujourd’hui banalisée, au point d’inspirer la réglementation d’activités quotidiennes : gestion de l’eau, de l’air, protection contre le bruit, élimination des déchets, etc. Cet ouvrage se propose d’exposer les principes fondamentaux, les institutions et les domaines du droit de l’environnement, afin d’éclairer la nature même d’un concept que le droit se donne pour mission de protéger.

. Mari Oiry Varacca, Montagnards dans la mondialisation. Réseaux diasporiques et mobilisations sociales dans l’Atlas (Maroc), les Highlands (Écosse) et les Alpes françaises, Grenoble, PUG, novembre 2019.

Dans le contexte actuel de mondialisation, les montagnes se trouvent au cœur d’un paradoxe.

Souvent présentées comme des régions « à la marge » fragilisées par une ouverture forcée, elles se révèlent aussi des espaces d’innovation sociale, dans lesquels des acteurs inventent des alternatives au modèle libéral. Dès lors, la mondialisation peut‑elle constituer une nouvelle ressource pour les montagnards, permettant des expérimentations fécondes ? Nourri d’exemples concrets et variés issus des montagnes d’Afrique (Atlas) et d’Europe (Alpes, Highlands), l’ouvrage déconstruit l’idée d’une inéluctable marginalisation des montagnes. Il s’intéresse notamment à la façon dont les montagnards, à travers la valorisation des patrimoines et des identités, s’efforcent d’inventer des alternatives aux systèmes économiques et politiques dominants.

. Michel Taube, La face cachée des Émirats Arabes Unis, Paris, Le Cherche-Midi, novembre 2019.

Il n’y a de plus belle vitrine que celle des Émirats arabes unis : plages paradisiaques, architecture avant gardiste, hymne à la tolérance...Et si nous traversions le miroir ? Quelques indices nous alertent en effet, des frasques de l’émir de Dubaï à l’inscription de ce pays des merveilles sur la liste européenne des paradis fiscaux, en passant par sa sale guerre menée au Yémen. Et pourtant, les Émirats sont l’un des pays les plus influents en France, en Europe et en Afrique, par exemple en Algérie aujourd’hui en pleine révolution... Faut-il s’étonner que les observateurs francophones se soient si peu intéressés à l’envers du décor ? Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir...Cet ouvrage propose une plongée dans les profondeurs d’un système occulte régi par une stratégie subtile de dissimulation, de mensonges... et d’infiltration. Une enquête complexe, menée notamment dans le monde arabe et les pays anglo-saxons, qui nous ouvre enfin les yeux : avec les Émirats, qu’on la joue à pile ou face, nous avons en main une autre pièce que celle que l’on croit détenir.

. Nathalie Lapeyre, Le nouvel âge des femmes au travail, Paris, Presses de Sciences Po, novembre 2019.

« Vous leur donnez votre point de vue, vous les faites participer. Ils se disent, elle a besoin de nous, même si vous n’en avez absolument pas besoin [rires], mais globalement ça marche. » « Faire la blonde » est l’une des ruses régulièrement employées par Marielle et d’autres jeunes ingénieures et manageuses d’Airbus pour être acceptée et obtenir des informations dans leur travail quotidien au sein de ce bastion masculin qu’est l’avionneur européen. Les témoignages et récits recueillis par Nathalie Lapeyre au fil de cinq ans d’enquête montrent un phénomène nouveau : le pragmatisme dont font preuve les jeunes générations de femmes cadres pour s’emparer des opportunités offertes par les récents dispositifs d’égalité professionnelle. Être inféodées aux hommes comme leurs aînées, très peu pour elles ! L’égalité, elles sont déterminées à la faire advenir, individuellement et surtout en groupe. Avec une bonne dose d’humour et de modestie, elles usent de leur réflexivité dans l’analyse des expériences ordinaires de la domination, au travail comme à la maison, pour développer des capacités d’action, voire d’empowerment, qui peuvent rejaillir sur l’ensemble des femmes d’Airbus. Bien conscientes de la fragilité de leurs acquis, masquant parfois leur réussite jusque dans leur famille, elles sont extrêmement lucides sur le chemin qu’il reste à parcourir.

. Emmanuel Droit, Les polices politiques du bloc de l’est. À la recherche de l’internationale tchékiste, 1955-1989, Paris, Gallimard, novembre 2019.

Il s’agit au départ d’une thèse sur la police politique en Europe de l’Est réalisée grâce a l’ouverture des archives de la Stasi et des archives de Varsovie sur lesquelles l’auteur a pu travailler. Le problème historique est clair : comment le modèle policer russe de la Tchéka puis du KGB a pu s’installer dans les pays au-delà du rideau de fer et constituer un réseau international. Produit de la Guerre froide, née de la volonté de l’URSS de coordonner l’activité des polices politiques communistes, l’Internationale tchékiste s’enracine dans une idéologie soviétique inventée au milieu des années 1920 à la mort du fondateur de la Tchéka, Felix Dzerjinski. Le tchékisme se caractérise par sa capacité de transferts vers les démocraties populaires après 1945 et par sa résilience idéologique. A plusieurs reprises dans le temps, il s’est réactualisé après la mort de Staline sous la houlette des différents chefs du KGB (dont Youri Andropov) avant d’être de nouveau mobilisé par le pouvoir exécutif dans la Russie post-soviétique à partir du milieu des années 1990. Dans le même temps, la permanence du tchékisme et de la figure du "Tchékiste" contraste avec les multiples dénominations qui se sont succédé pour désigner la police politique soviétique : de la Tcheka au FSB en passant par la GPU, SOGPU, le NKVD, le MBG et le KGB. Si chaque police politique défendait clairement des intérêts nationaux (relatifs à la question de la surveillance des frontières, de la lutte contre certains "ennemis"), ces derniers pouvaient parfaitement être compatibles avec un intérêt commun supérieur liant les membres du bloc de l’Est (mise en place de normes communes de sécurité dans les aéroports, harmonisation des contrôles aux frontières, coordination des politiques de lutte contre le terrorisme international...). Au lieu d’opposer schématiquement les dimensions internationale et nationale, il est préférable au contraire de les associer dans le cadre d’une analyse à l’échelle d’un espace géopolitique - le bloc de l’Est - encore trop souvent marqué par des clichés hérités de la Guerre froide.

. Hervé Fischer, L’âge hyper humaniste. Pour une éthique planétaire, Paris, éditions de l’Aube, novembre 2019.

Penser et construire l’humanisme des temps futurs. Hyperhumanisme pour plus d’humanisme grâce aux hyperliens numériques de l’internet et des médias sociaux : tel est le fondement de ce manifeste. Nous développons ainsi une conscienceaugmentée face aux catastrophes et aux violences insupportables dont nous sommes sans cesse informés, au niveau planétaire et en temps réel, qui immédiatement nous émeuvent, nous indignent, nous incitent à protester, à réagir solidairement, chaque fois que les droits fondamentaux et universels de l’homme sont bafoués.


Découvrez les livres géopolitiques publiés par Diploweb : des références disponibles via Amazon sous deux formats, Kindle et papier broché

. Patrice Gourdin, "Manuel de géopolitique, éd. Diploweb via Amazon"

. Pierre Verluise (dir.), "Géopolitique du monde de Trump. La stratégie du chaos ?" éd. Diploweb via Amazon

. Axelle Degans, "La synthèse de l’actualité internationale 2018. Réussite aux concours 2019 !" éd. Diploweb via Amazon

. P. Verluise (dir.), « Histoire, Géographie et Géopolitique de la Russie et de ses frontières », éd. Diploweb via Amazon

. P. Verluise (dir.), "Histoire, Géographie et Géopolitique de l’Union européenne. A l’heure du Brexit".

. P. Verluise (dir.), "Histoire, Géographie et Géopolitique de l’Asie. Les dessous des cartes, enjeux et rapports de force".

. L. Chamontin, "Ukraine et Russie : pour comprendre"

. P. Verluise (dir.), "Histoire, Géographie et Géopolitique du Proche et du Moyen-Orient. Les dessous des cartes, enjeux et rapport de force"

. P. Verluise (dir.), "Histoire, Géographie et Géopolitique de la mondialisation contemporaine. Les dessous des cartes, enjeux et rapports de force"

. S. Schmit, "Histoire, Géographie et Géopolitique de l’Amérique latine : Un sous-continent en pleine transition politique, énergétique et commerciale. Dossiers et fiches pays"

. L. Bloch, "L’Internet, vecteur de puissance des États-Unis ? : Géopolitique du cyberespace, nouvel espace stratégique"

. G-F Dumont, P. Verluise, "The Geopolitics of Europe : From the Atlantic to the Urals"


. Marion Ernwein, Les natures de la ville néolibérale. Une écologie politique du végétal urbain, Grenoble, Urga éditions, octobre 2019.

« Zéro phyto », gestion écologique : les espaces verts urbains longtemps conçus sur le mode « nature morte » de la tradition horticole se font de plus en plus vivants. Plus participatifs aussi, comme en témoigne la prolifé­ration des programmes de jardinage collectif. Cet ouvrage invite à com­prendre l’insertion de ces transforma­tions dans les nouvelles logiques de production de la ville et des services urbains. Sur la base d’enquêtes de terrain menées à Genève (Suisse) – auprès de responsables administratifs, politiques et associatifs, de travail­leurs de la nature, et de citadins-jar­diniers – il illustre la manière dont les politiques urbaines néolibérales faisant la part belle à l’événement, au managérialisme et aux partenariats publics-privés modèlent la ville vi­vante et le rôle qu’y jouent humains et non-humains. En détaillant le traitement réservé à différentes formes de végétaux – horticoles, vivriers, bio-divers – l’ouvrage développe des outils conceptuels pour une écologie politique du végétal urbain.

. Pascal Marchand, Atlas géopolitique de la Russie , Paris, Autrement,rééd. décembre 2019.

« La Russie est un rébus enveloppé de mystère au sein d’une énigme. Mais il y a peut-être une clé : l’intérêt national de la Russie. » (W. Churchill) Plus de 100 cartes et infographies pour comprendre les problématiques actuelles et les enjeux pour la Russie. Traditions, démographie, retards d’équipements : les faiblesses d’un géant. Énergies, industrie spatiale, aéronautique, nucléaire, armée : la puissance russe retrouvée. Basculement vers l’Asie et tensions avec l’Europe : la dérive géopolitique du continent. Crise ukrainienne, évolution des frontières, nouvel équilibre mondial : cet atlas met en perspective les intérêts géostratégiques de la Russie d’aujourd’hui.

. Vincent Bonnecase, Les prix de la colère. Une histoire de la vie chère au Burkina Faso, Paris, éditions EHESS, novembre 2019.

Dans de nombreux pays, la « vie chère » occupe aujourd’hui une place centrale dans les difficultés matérielles et les sentiments d’injustice ressentis au quotidien par les classes populaires. Au Burkina Faso, l’augmentation du prix des biens de consommation courante a suscité des mobilisations parfois violentes depuis le début des années 2000. Elle alimente également un mécontentement diffus à l’encontre des autorités jugées responsables, comme si personne ne pouvait sérieusement croire que les prix résultaient du libre jeu de l’offre et de la demande. À partir d’une longue enquête menée dans les quartiers populaires de villes burkinabè, ce livre aborde un phénomène peu étudié : la place croissante des prix dans l’expression contemporaine de la colère populaire. Car au-delà de ce pays ouest-africain, il s’agit de proposer une réflexion plus générale sur l’évolution des modes de gouvernement et de leurs contestations à l’ère néolibérale.

. Alexandre Fernandez, L’Amérique latine du XIXe siècle au XXIe siècle. État et mondialisation(s), Paris, PUB, novembre 2019.

Depuis 1492, l’Amérique s’inscrit dans la mondialisation. Au XIXe siècle, les États issus des indépendances et du démembrement des empires ibériques s’insèrent dans la division internationale du travail pilotée par la Grande-Bretagne. Si, à la veille de la Première Guerre mondiale, une certaine prospérité économique et une certaine modernité sociale – tout au moins dans les villes ¬– témoignent de cette insertion, elles masquent mal la fragilité des États et des sociétés latino-américaines. Dans les pays qui disposent d’une taille et/ou de ressources suffisantes, la recherche de solutions national-populaires marque les décennies centrales du XXe siècle. À partir de 1980, ce modèle entre en crise, tandis que les États-Unis renforcent leur leadership économique, politique et culturel sur l’ensemble du continent. Près de vingt ans après le début du XXIe siècle, passé l’euphorie des réussites des "économies émergentes", malgré de nouvelles expériences politiques nationales, et en dépit d’incontestables éléments positifs, la place subordonnée des États d’Amérique latine dans la géopolitique et la géo-économie mondiales perdure.

Découpé selon une progression chronologique, l’ouvrage, destiné en premier lieu aux étudiants de licence et aux élèves des classes préparatoires aux grandes écoles, propose une réflexion sur l’histoire mondiale de l’Amérique latine ouverte à un public bien plus large.

. Alexandre Kateb, Les économies arabes en mouvement. Un nouveau modèle de développement pour la région MENA, France, De Boeck Supérieur, novembre 2019.

Avec une population proche de celle de l’Europe, le monde arabe rassemble certains des États les plus riches et les plus pauvres de la planète. La couverture médiatique de cette région est dominée par les conflits et les crises internes au sein d’États défaillants tels que la Syrie, le Yémen, l’Irak et la Libye. Le chômage élevé des jeunes et la dépendance des pays arabes vis-à-vis de la rente pétrolière sont régulièrement pointés du doigt. Sans oublier la pénurie d’eau et de terres arables, dans une région très vulnérable au changement climatique. Pourtant, de Doha à Rabat et de Mascate à Alger, en passant par Riyad, Amman, Le Caire et Tunis, des progrès substantiels ont été accomplis en matière de développement. Le monde arabe est engagé dans une modernisation aux dimensions multiples. De la mise à niveau des systèmes financiers à l’investissement dans l’économie numérique, les industries high-tech et les énergies renouvelables, les initiatives ne manquent pas. En mobilisant plus efficacement leur capital humain, à travers une gouvernance refondée, les pays arabes pourraient accélérer leur transition vers un modèle de développement durable, adossé à une économie de la connaissance. Par ailleurs, les pays arabes ont amorcé un pivot vers l’Est et le Sud, comme en témoigne l’intensification de leurs échanges avec la Chine, l’Asie du Sud et du Sud-Est et l’Afrique subsaharienne. S’ils parviennent à relancer leur intégration régionale, ils pourraient faire de la région MENA un espace de paix et de prospérité partagée, au cœur de « nouvelles routes des épices et de la soie ». Dans ce contexte, l’Europe doit impérativement redéfinir ses relations avec les pays arabes, en intégrant ces nouvelles réalités géoéconomiques.

. Christian Gollier, Finance responsable pour une société meilleure, Paris, PUF, novembre 2019.

Pour le meilleur et pour le pire, dans notre société hyperfinanciarisée, les marchés orientent les comportements des épargnants, des entreprises et des gouvernements. Aujourd’hui, les experts de la finance s’interrogent sur la compatibilité de leurs décisions avec l’intérêt général, devenue incontournable dans un monde affrontant des défis majeurs tels que le changement climatique et la hausse des inégalités. Comment évaluer à l’aune du « bien commun » un projet d’investissement ou une politique publique ? Comment orienter le capital global vers les projets porteurs de valeur sociétale ? Dans cet ouvrage précis et accessible, Christian Gollier développe une méthode novatrice pour transformer nos aspirations morales en outils efficaces de gestion financière et bâtit ainsi un pont salutaire entre la théorie moderne de la finance, l’économie du bien commun et la théorie du choix social.

. Jean-jacques Urvoas, Le Sénat, Paris, PUF, novembre 2019.

Sa naissance fut hésitante. Sa composition est régulièrement critiquée. Son utilité, périodiquement contestée. Pourtant, le Sénat a su résister aux bourrasques, se trouvant un rôle singulier, d’ailleurs assez différent de celui d’indispensable contrepoids à l’Assemblée nationale que lui avait imaginé le général de Gaulle. Aujourd’hui, la « seconde chambre » conserve des détracteurs. Réformer le Sénat ? Peut-être, à condition de ne pas oublier qu’un parlement bicaméral est une horlogerie fine destinée à modérer les passions causées par le gouvernement des hommes. Jean-Jacques Urvoas nous montre combien le Sénat doit veiller à demeurer, selon l’heureuse formule de Maurice Schumann, « l’édit de Nantes permanent de la République ».

. Jean Weissenbach, Dépolluer la planète, Paris, CNRS éditions, novembre 2019.

Sols contaminés, eaux souillées, rejets toxiques, etc. Si la présence de polluants dans la biosphère remonte à la nuit des temps, l’augmentation de la population de la planète et l’accroissement des activités humaines ont provoqué une multiplication des cas de pollution depuis le début de l’ère industrielle. Que l’on parle de plastiques, d’hydrocarbures, de pesticides, d’arsenic… à chaque fois, le constat est le même : il est très difficile de décontaminer les sites pollués. La bio-remédiation pourrait néanmoins constituer une réponse efficace et naturelle à ce problème environnemental. Cette pratique consiste à mobiliser les organismes vivants (micro-organismes ou plantes) pour réaliser ou accélérer la dégradation des polluants, et les transformer en substances inoffensives.

Jean Weissenbach nous introduit de manière claire au fonctionnement de la bio-remédiation, et à la façon dont elle permet d’inactiver naturellement des polluants.

. Laurent Carroué, Géographie de la mondialisation. Crises et basculements du monde, Paris, Armand Colin, novembre 2019.

La mondialisation est l’objet d’une véritable mythification, suscitant les plus grands espoirs ou les pires craintes. Omniprésente dans l’actualité, jamais une notion n’a été autant utilisée dans les discours et les débats. Et pourtant, sa définition reste méconnue. Cet ouvrage a pour objectif de présenter la nature, les structures, les acteurs, les processus et les grandes dynamiques de la mondialisation. Si l’on a souvent tendance à la réduire à sa seule dimension économique, la mondialisation désigne avant tout un système de mise en relation des différents territoires, sociétés et ensembles géographiques pavant l’espace planétaire. Elle constitue ainsi une clé d’analyse géopolitique, géostratégique et géoéconomique indispensable pour rendre intelligible le monde contemporain : nouvelle architecture mondiale, grands défis d’avenir (démographiques, sociaux, environnementaux et de développement), nouvelles rivalités de puissance exacerbées, rôle des firmes transnationales, emballement des marchés et des échanges. Car loin d’homogénéiser l’espace mondial, la mondialisation se caractérise au contraire par des dynamiques hypersélectives, faisant exploser les inégalités, et dans lesquelles les États et les citoyens ont un rôle essentiel à jouer pour construire un nouvel ordre mondial plus juste et solidaire.

. Frédéric Lasserre, Éric Mottet et Barthélémy Courmont, Les nouvelles routes de la soie. Géopolitique d’un grand projet chinois, Québec, PUQ, novembre 2019.

En 2013, le président chinois Xi Jinping dévoilait son projet des nouvelles routes de la soie, entreprise d’une rare ampleur venue affirmer les nouvelles visées planétaires de son pays. C’était l’occasion, pour la Chine, de s’afficher sur la scène internationale comme la deuxième puissance économique mondiale, mais aussi d’établir son leadership en Asie. Ce projet d’envergure comprend deux facettes complémentaires : une route terrestre et une ceinture maritime. Ce grand programme de la Belt and Road Initiative est porteur d’espoir, mais aussi d’inquiétudes quant aux conséquences politiques et financières de projets aussi multiformes, stratégiques et souvent coûteux. Une analyse attentive montre qu’il existe des enjeux géopolitiques à plusieurs échelles qui ne relèvent pas que des relations internationales. Le projet se propose de restructurer l’ensemble des relations économiques en Asie, ainsi qu’entre l’Asie, l’Europe et l’Afrique. Comment cette vaste ambition chinoise se décline-t-elle ? Quelles sont ses dimensions en matière de transport, d’infrastructures et de finances publiques, de même que ses répercussions sur les échanges commerciaux ? C’est à ces questions que veut répondre le présent ouvrage, qui s’adresse au public, aux étudiants et aux chercheurs intéressés par les enjeux asiatiques contemporains, par la géopolitique ou par les transports et l’aménagement.


Livre recommandé par Diploweb.com pour le mois de novembre 2019

. Bjorn Berge, Atlas des pays qui n’existent plus. 50 Etats que l’histoire a rayé de la carte, éd. Autrement 2019.

Pierre Verluise, fondateur du Diploweb.com : "Le Diploweb.com vous recommande chaleureusement ce livre, extrêmement fécond intellectuellement. Il rappelle à chacun que l’ordre - et le désordre - du monde ne cessent d’évoluer. Que ce qui existe aujourd’hui peut disparaître demain, être détruit, digéré, réinventé, selon les cas. Une belle mise en page, des textes précis. Chaque Etat présenté est localisé par deux cartes à des échelles différentes. Bravo pour cette belle idée. Un cadeau originale pour les fêtes de fin d’année."

4e de couverture

Connaissez-vous la Carélie de l’Est, le royaume des Deux-Siciles, le Biafra, l’État libre d’Orange… ?

Aux XIXe et XXe siècles, de nombreux États ont vu le jour, mais d’autres ont proprement disparu. Qu’ils aient subsisté des dizaines d’années ou quelques semaines, les 50 pays présentés ici ont en commun une histoire surprenante : celle de ne plus exister.

Bjørn Berge nous plonge dans le récit vivant de la destinée funeste de ces États, mêlant la petite histoire à la grande avec talent grâce à des anecdotes… et une étonnante collection de timbres émis par tous ces pays, témoignages de leur existence, même brève, aux yeux du monde.


. Guibourg Delamotte (dir.), Le Japon dans le monde, CNRS édition, 2019.

Le Japon entretient avec la notion de puissance une relation complexe. Archipel, il inscrit dans sa Constitution de 1946 l’interdiction du maintien d’un potentiel de guerre, ce qui l’arrime durablement au camp occidental dont il a besoin pour assurer sa sécurité. Pourtant, la diplomatie japonaise a toujours réussi à jouir d’une relative autonomie, en partie grâce au miracle économique qu’a connu ce pays.
Dès la fin du XIXe siècle en effet, le Japon fait le pari de la modernité jusqu’à devenir la deuxième puissance économique mondiale. Mais en ce début de XXIe siècle, alors qu’il dispose d’un capital sympathie unique au monde, par le biais de sa culture, les défis sont nombreux. Comment préserver la croissance économique dans un contexte de déclin démographique ? Comment forcer la Corée du Nord à renoncer à son programme nucléaire ? Comment contenir la puissance maritime chinoise ? Comment réagir face à une administration américaine protectionniste et un régime chinois supposément libre-échangiste ?
Cet ouvrage offre un panorama du rayonnement du Japon dans le monde et de ses limites. Abordant d’abord les paramètres intérieurs de la puissance japonaise (aspects politiques, économiques et sociaux), l’ouvrage se focalise ensuite sur les défis sécuritaires (nature des menaces régionales) et les réponses apportées (alliance nippo-américaine, relation Japon-Union européenne), pour se concentrer enfin sur les instruments multilatéraux de la diplomatie de puissance japonaise.

Guibourg Delamotte est maitresse de conférences en science politique à l’Inalco, enseignante à Sciences Po Paris (PSIA), Habilitée à dirigée des recherches (HDR).

. Éric Hazan, La barricade. Histoire d’un objet révolutionnaire, Paris, Autrement, novembre 2019.

Comment les barricades fleurissent-elles ? En quoi bouleversent-elles la cartographie des villes ? Quelle tribune offrent-elles aux insurgés ? Depuis les guerres de Religion jusqu’à la Commune, ces amas d’objets disparates ont accompagné les revendications sociales et politiques des Français. Curieusement, que les barricades aient été victorieuses ou non, on semble avoir retranché leurs héros et leurs héroïnes du récit officiel. À Paris ou à Lyon, ce sont pourtant ces gamins, étudiants et cantinières, ces aristocrates ou prolétaires, maîtres fugaces d’un quartier de la ville, qui ont fait de la barricade un obstacle à la souveraineté. Un essai édifiant, qui fait singulièrement écho aux insurrections contemporaines.

. Kader A.Abderrahim, Victor pelpel, Géopolitique de l’état islamique, Paris, Eyrolles, novembre 2019.

Comment Daech s’est-il imposé au Moyen-Orient ? Quel impact a-t-il eu localement et à l’échelle mondiale ? Comment les États luttent-ils ? Ces questions traversent l’actualité. Des clichés à la réalité, cet ouvrage nous parle de lieux, de faits et de chiffres pour nous aider à y voir plus clair. Inspiré des recherches les plus récentes sur le sujet, il propose 40 fiches documentées pour cerner les enjeux et les défis de ce phénomène mondial. L’ensemble est illustré de cartes, graphiques et tableaux. "Ce livre constitue une précieuse mise en perspective. Il permet d’appréhender le phénomène Daech dans sa globalité, d’en saisir les nombreuses ramifications et d’en comprendre les multiples impacts."

. Olivier Feiertag, Michel Margairas, Les banques centrales pendant la Grande Guerre, Paris, Presses de Sciences Po, novembre 2019.

La Grande Guerre accouche de la banque centrale. Guerre totale, elle positionne les instituts d’émission en première ligne du front financier. Guerre mondiale, elle place les banques d’émission nationales au cœur du système des règlements internationaux. Largement ignoré par la théorie standard, ce fait est ici analysé à trois niveaux : à l’échelle des différentes places bancaires, d’abord, où la banque centrale s’impose comme la banque des banques et comme prêteur en dernier ressort ; à l’échelle des systèmes financiers nationaux, ensuite, où elle devient le banquier du Trésor ; à l’échelle internationale, enfin, à travers la gestion du contrôle des changes et la régularisation des cours des devises, en particulier sur les marchés des pays neutres.

. Pierre Robert, Fâché comme un français avec l’économie, Paris, Larousse, octobre 2019.

L’ignorance à l’égard de l’économie est immense, alors même que la France dispose de nombreux économistes de talents. Cette ignorance se retrouve dans la classe politique, qui accumule les idées fausses, les sophismes et les erreurs, pour le plus grand malheur du pays. Ayant enseigné de nombreuses années en classes préparatoires économiques et à l’Université de Versailles Saint-Quentin, Pierre Robert revient sur les causes et les conséquences de cette ignorance. Cela fait prendre de mauvais choix aux hommes politiques et cause de mauvais vote, repoussant ou déformant les réformes essentielles, créant du chômage et de l’insatisfaction. Malheureusement, beaucoup sont ignorants, mais croient savoir. Ce qui n’aide pas à résoudre la fracture économique qui parcourt notre pays.

. Annie Chaloux, Hugo Séguin, Le fédéralisme canadien face aux enjeux environnementaux. Le Canada : un État ingouvernable ? , Québec, PUQ, octobre 2019.

Gérer l’environnement au Canada est loin d’être une chose aisée. Les sensibilités à géométries variables au sein de la fédération font des enjeux environnementaux des sources de fortes tensions, d’autant plus que se juxtaposent de manière ambiguë les compétences constitutionnelles des divers paliers de gouvernement. De plus, l’absence de consensus autour d’une vision d’avenir pour le Canada de même que la difficulté qu’ont les autorités gouvernementales à assumer un leadership constant sur les questions environnementales génèrent trop souvent des décisions incomplètes, imparfaites et incohérentes. Ces insuccès alimentent le cynisme et le désabusement chez la population et la classe politique. En cette époque de dégradation rapide de l’environnement, il nous apparaît essentiel de nous interroger sur les causes profondes des tensions environnementales au Canada afin d’imaginer des solutions mieux adaptées au droit et aux règles applicables, aux institutions existantes et au jeu politique des acteurs concernés. Le présent ouvrage offre un éclairage sur ces dynamiques en s’attardant à la structure en place, aux différents protagonistes et à leurs interrelations en matière de gouvernance environnementale. Il explore également certains enjeux liés à la fragmentation des actions et aux difficultés d’arrimage des politiques environnementales canadiennes.

. Antoine Bailly, Robert Ferras, Éléments d’épistémologie de la géographie, Paris, Armand Colin, octobre 2019.

Comment définir la géographie ? Quels en sont les concepts opératoires ? Quelles interactions entretient-elle avec les disciplines voisines ? Quelle est la place de la géographie au sein du monde scientifique ? Et surtout quel est son rôle dans la compréhension du monde contemporain ? En présentant les grands textes fondateurs, les principales démarches et écoles de la discipline, ainsi que ses notions fondamentales, cette approche épistémologique de la géographie dresse un panorama de l’histoire de la géographie et de ses relations avec l’ensemble des sciences sociales. Véritable outil à l’attention des étudiants de premier cycle et des candidats aux concours de l’enseignement, la nouvelle édition de ce manuel de référence vient également éclairer les débats anciens et nouveaux, décrypter les positions idéologiques, analyser les héritages et les ruptures.

. Henri Lilen, La belle histoire des révolutions numériques. De l’électronique aux défis de l’intelligence artificielle, Paris, De Boeck Supérieur, octobre 2019.

Une histoire de l’électronique, de l’informatique, d’internet, de la robotique et de l’intelligence artificielle à travers un tour d’horizon chronologique et largement illustré des grandes étapes qui ont marqué leur évolution. Après l’invention de l’électronique et de l’informatique durant la première moitié du xxe siècle, celle du microprocesseur en 1971 bouleverse profondément notre société. Avènement du micro-ordinateur, de la robotique, d’Internet, de la téléphonie mobile ou des réseaux sociaux, les révolutions numériques se succèdent dès lors à un rythme effréné… jusqu’aux nouveaux défis de l’intelligence artificielle. Ce livre est une histoire moderne de nos défis les plus fous… Une immersion totale dans l’univers des nouvelles technologies !

. Hugues Tertrais, Atlas de l’Asie du Sud-Est, Paris, Autrement, octobre 2019.

Une région au cœur de la croissance mondiale. L’Asie du Sud-Est représente plus de 650 millions d’habitants répartis dans 11 pays. Autrefois théâtre de conflits, aujourd’hui lieu de croissance, cette Asie du contraste doit relever de nombreux défis : Composer avec des héritages historiques et politiques variés, s’accommoder de milieux naturels hétérogènes et parfois contraignants, construire un développement économique à partir de fortes disparités nationales. Les 80 cartes et infographies nous invitent à découvrir cette région, entre Inde et Chine, qui devient un carrefour vital de l’économie mondiale.

. Jean-Noël Jouzel, Pesticides. Comment ignorer ce que l’on sait, Paris, Presses de Sciences Po, octobre 2019.

Les pesticides sont des produits dangereux. Pour cette raison, ils comptent parmi les substances chimiques les plus surveillées et ce, depuis des décennies. Des agences d’évaluation des risques contrôlent leur mise sur le marché et assurent une toxico-vigilance de leurs effets sur la santé. Comment alors expliquer l’accumulation de données épidémiologiques qui attestent la sur-incidence de pathologies chroniques – maladies neurodégénératives, hémopathies malignes, cancers – parmi les populations humaines les plus exposées, et en particulier les agriculteurs ? Pourquoi des résultats aussi inquiétants ont-ils si peu de répercussion sur les autorisations de mise en vente ?

Le sociologue Jean-Noël Jouzel a mené l’enquête en France et aux États-Unis pour comprendre ce qui conduit les agences d’évaluation à ignorer volontairement certaines données scientifiques lorsqu’elles n’ont pas été élaborées selon les normes de la toxicologie réglementaire. Les industriels ont bien compris le profit qu’ils pouvaient tirer de cette routine normative. Ils ont en effet tout intérêt à suivre ce cadre, disposant par ailleurs des ressources matérielles nécessaires pour s’y conformer.

. Pauline Türk, Xavier Latour, Marie-Odile Diermer, Christian Vallar, Le juge et la sécurité internationale, Paris, Eyrolles, octobre 2019.

La crainte d’une libre circulation des données personnelles, la précipitation et la multiplication des lois sur la sécurité, le régime exceptionnel de l’état d’urgence qui s’est inscrit dans la durée et enfin le constat d’une augmentation des mesures de police administrative ont réactualisé les questions relatives à la sécurité et à l’office des juges en la matière. Cette montée en puissance des normes sécuritaires se heurte en effet intuitivement à la question de la protection des libertés. Ainsi se pose la question de savoir si l’inévitable tension entre sécurité et libertés peut être dépassée. C’est dans cette perspective que la commission du procès administratif, sous l’égide du Centre d’études et de recherche en droit administratif, fiscal et financier (CERDACFF) de la faculté de droit et de science politique de Nice, a organisé un colloque sur les rapports qu’entretiennent les juges et la sécurité nationale les 25 et 26 octobre 2018. Les contributions qui sont présentées dans cet ouvrage relatent les interventions d’universitaires et de magistrats, d’horizons juridiques ou étatiques divers. Ces visions croisées permettent d’aborder sous plusieurs angles les problématiques que soulève ce sujet afin de tenter de cerner l’environnement constitutionnel, européen, administratif et pénal du concept de sécurité nationale.

. Amine El Khatmi, Combats pour la France. Plongée d’un élu de terrain au plus près de ceux qui font la République, Paris, Fayard, octobre 2019.

Le cri d’alarme d’un fils d’immigrés marocains et élu de terrain (Parti socialiste) pour dénoncer la montée de l’islamisme, du communautarisme et la responsabilité de ceux qui s’en sont rendus complices. L’appel au sursaut pour une gauche républicaine et sociale de combat, féministe et universaliste, laïque et écologiste. « Fonctionnaires épuisés, classes populaires abandonnées, autorité de l’État contestée, liberté d’expression et laïcité menacées, Juifs et homosexuels attaqués, droits des femmes bafoués ; j’ai décidé de vous parler de cette France qui souffre, s’abîme et menace de faire sécession, pendant qu’une partie de la gauche se vautre dans le déni en feignant de ne pas voir les problèmes. Mais parce que je suis convaincu que nous pouvons nous en sortir, j’ai également décidé de vous parler du génie de notre devise républicaine, qui permet d’échapper à l’assignation identitaire, de cet idéal universaliste mondialement admiré, de notre patrimoine, de notre culture, de notre système de protection sociale, de ce goût immodéré pour l’irrévérence et la satire ; bref, de tout ce qui fait de la France un pays extraordinaire. Moi, Amine El Khatmi, Français, fils d’immigrés marocains et élu de terrain à Avignon, j’ai décidé de lancer un cri d’alarme et un appel au sursaut. Le cri d’alarme pour dénoncer la montée du communautarisme et des replis identitaires. L’appel au sursaut pour que se lève une gauche républicaine et sociale, féministe et universaliste, laïque et écologiste, qui en finira avec les atermoiements et les reniements qui ont conduit à l’impasse. Mais, pour cela, il faudra faire preuve de courage politique et oser des solutions radicales. Je propose notamment la mise sous tutelle des territoires perdus de la République. »

. Dominique Bourg, Le marché contre l’humanité, Paris, PUF, octobre 2019.

Nous avons longtemps considéré l’État et le marché comme deux réalités hétérogènes, l’une relevant de la sphère politique, souveraine, l’autre de la sphère économique, indépendante. Le néolibéralisme nous oblige pourtant à reconnaître l’apparition d’une souveraineté inédite puisque le marché globalisé a permis l’émergence de décideurs surpuissants, qui façonnent nos existences. Ce pouvoir nouveau échappe à tout contrôle démocratique et s’affirme au moment où nous devons affronter des menaces majeures : celles du réchauffement climatique, du déclin du vivant et de l’épuisement des ressources terrestres ; et celle du tout numérique, qui pourrait ruiner cette autre souveraineté proprement humaine que nous exerçons sur nous-mêmes en détruisant nos capabilités.

Ce livre montre que nous ne parviendrons à sauver nos libertés politiques, et en particulier la première de toutes, qui est de continuer à vivre sur une planète habitable, qu’en adoptant une conception renouvelée de la souveraineté et en rabattant drastiquement nos prétentions économiques.

. Philippe Hamman, Gouvernance et développement durable. Une mise en perspective sociologique, Paris, De Boeck Supérieur, octobre 2019.

Comment penser ensemble deux notions aussi complexes, sinon piégeuses, que la gouvernance et le développement durable, devenues essentielles pour saisir le fonctionnement de nos sociétés ?

L’ouvrage propose une synthèse à la fois théorique et empirique d’importantes recherches conduites par l’auteur sur la problématique de la durabilité, dont des contrats européens et nationaux sur les énergies renouvelables, la mobilité et le logement durables, la nature en ville ou encore la ville durable. Ancrées dans des méthodologies qualitatives et quantitatives en sciences sociales, et attentives aux interdépendances croissantes entre échelles d’action publique, ces études ont mobilisé des comparaisons territoriales et européennes. Tout au long des développements, la réflexion sociologique est enrichie par un dialogue approfondi avec de nombreuses sources francophones et anglophones, qui débouche sur une mise à distance critique. Après avoir questionné la notion de gouvernance de la durabilité, l’auteur dégage, de façon originale, une analyse conjointe de ses compositions concrètes hiérarchiques et non hiérarchiques, à l’exemple de la gouvernance publique et urbaine. Cette mise en perspective s’appuie sur une riche bibliographie, qui pourra également servir de guide au lecteur pour des recherches futures.

. Thierry Karsenti, Le numérique en éducation. Pour développer des compétences, Québec, PUQ, octobre 2019.

Le numérique fait chaque jour davantage partie de nos vies. Dans le domaine de l’éducation, impossible d’ignorer les nouvelles avenues qu’il rend possibles. En effet, dans un monde où les jeunes sont captivés par ses différentes plateformes, les enseignants et les formateurs n’ont d’autre choix que de lui réserver une place privilégiée dans leurs interventions éducatives. Cela permet aux apprenants de développer les diverses dimensions de la compétence numérique. L’intégration du numérique dans la formation prend plusieurs formes et sollicite une multitude d’habiletés, tant chez les enfants de la maternelle que chez les apprenants adultes. Le présent ouvrage, qui intéressera les enseignants et les formateurs des milieux scolaire et universitaire, s’inspire du Plan d’action numérique en éducation et en enseignement supérieur élaboré par le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES) du Québec. Il propose des résultats de recherche, des réflexions ainsi que des pistes d’action inhérentes à l’utilisation du numérique en éducation, et ce, du primaire au postsecondaire. Les auteurs montrent, par la méthode et la recherche, que la circulation de l’information sur le numérique est le gage d’une évolution des pratiques, du repérage des plus intéressantes d’entre elles, et qu’elle permet d’explorer les nouvelles connaissances dans le domaine, qui ne manquent pas de s’imposer d’abord à la société, puis à l’école.

. Romain Huët, Le vertige de l’émeute, Paris, PUF, octobre 2019.

Qu’est-ce que la violence émeutière ? Fascinante, inquiétante, elle accompagne depuis quelques années de nombreuses manifestations. À partir d’une immersion au sein des cortèges de tête entre 2012 et 2019 (Zad de Notre-Dame-Des-Landes, Loi Travail, Parcoursup, Gilets jaunes), Romain Huët saisit la dimension sensible de la violence et interroge ce geste politique aussi singulier qu’unanimement désapprouvé, entre simulacre, jeu et agressivité domestiquée. Comment se vit corporellement l’émeute ? Pourquoi suscite-t-elle chez ses participants d’aussi puissants affects : peurs, joies, ivresses, vertige ? En affichant son absurdité, l’émeute, envisagée comme une expérience charnelle du politique, témoigne à sa façon de notre monde commun.

. Christian de Perthuis, Le tic-tac de l’horloge climatique. Une course contre la montre pour le climat, Paris, De Boeck Supérieur, octobre 2019.

Pour contenir le réchauffement en dessous de 2° C, il faut changer les règles du jeu économique. Les instruments à utiliser concernent le climat, mais aussi la justice sociale et les autres facettes de la crise environnementale. Le recours aux énergies fossiles a été à la source de la croissance du XXe siècle et de ses impacts sur la planète. La sortie du règne des fossiles sera la grandeaffaire du xxie siècle. Cette transition énergétique a démarré, mais elle ne met pas nos sociétés à l’abri du risque climatique. En effet, son rythme n’est pas en phase avec le tic-tac de l’horloge climatique et elle ne permet pas de faire face à l’appauvrissement du milieu naturel qui réduit sa capacité d’absorption du CO2. Pour viser la neutralité carbone, il convient d’opérer une double mutation : accélérer la transition énergétique en désinvestissant des actifs liés aux énergies fossiles et protéger les puits de carbone terrestres et océaniques en investissant dans la diversité du vivant. Il faut simultanément se préparer au durcissement des impacts du réchauffement, inévitables compte-tenu du trop-plein de gaz à effet de serre déjà accumulé dans l’atmosphère. Au-delà des constats solidement documentés, la thèse de l’auteur est que lechangement climatique va contraindre nos sociétés à remettre en cause leurs modèles de croissance. Pour opérer ces mutations, il convient d’introduire une tarification carbone à grande échelle et des normes contraignantes. Pour mobiliser l’action du plus grand nombre, ces nouvelles régulations devront répondre à des critères rigoureux de justice climatique.

. Clément Brault, Romain Houeix, L’Amexique au pied du mur. Enquête au cœur d’un fantasme, Paris, Autrement, octobre 2019.

« Tout le paradoxe de ce mur est là : facile à escalader, il est plus symbolique qu’efficace. Le contourner à la nage ne poserait aucun problème à un nageur moyen. Pourtant, la barrière s’avance dans l’océan, comme un bras de terre n’appartenant à aucune des deux nations. » « Build that wall ! Finish that wall ! » Dans les meetings de Donald Trump, la construction du mur entre Mexique et États-Unis est plébiscitée avec ferveur. Mais dans la zone frontalière, que représente-t-il pour les deux pays ? Quelles sont les marques physiques de sa présence ? Pour connaître et peut-être mieux comprendre ce mur dont tout le monde parle sans savoir même à quoi il ressemble, deux journalistes ont choisi d’aller voir de quoi il retourne. Dans un roadtrip de 3 141 kilomètres, ils ont arpenté cette frontière d’est en ouest. Parcourant les rives du Rio Grande où les pays se font face, traversant l’aridité parfois mortelle du désert du Sonora, ce livre est une enquête, un témoignage qui confronte les fantasmes à la réalité ; celle d’un territoire complexe, aux habitants souvent hauts en couleur, où hostilité aux migrations et élans de solidarité s’entrechoquent et se renforcent, jusqu’à donner vie à cette région si singulière : l’Amexique.

. Regards de l’Observatoire franco-russe 2019. Russie 2019, éd. L’inventaire, 2019.

Créé en mars 2012 à l’initiative du Conseil économique de la Chambre de commerce et d’industrie franco-russe (CCIFR), l’Observatoire a pour vocation de produire une expertise approfondie sur la Russie et de promouvoir une meilleure connaissance des réalités françaises auprès des élites politiques et économiques de ce pays. Il publie des notes thématiques et un rapport annuel sur la Russie, organise des manifestations à Paris, Moscou et dans les régions russes. Il est dirigé par Arnaud Dubien, l’un des meilleurs spécialistes de la Russie contemporaine.

Le rapprochement entre la Russie et la Chine est-il en train de franchir un seuil ? Le Kremlin a-t-il atteint ses objectifs au Moyen-Orient ? Assiste-t-on au réveil de la société russe ? Quels sont les scénarios pour la succession de Vladimir Poutine en 2024 ? L’économie nationale peut-elle rebondir à court terme ? Comment le Kremlin gère-t-il les disparités de développement entre les régions du pays ? Quelles sont les priorités de Moscou dans l’Arctique ? Pourquoi la scène rap est-elle importante pour comprendre la Russie d’aujourd’hui ?

Russie 2019, septième rapport annuel de l’Observatoire, a pour ambition de fournir l’analyse la plus complète possible de la situation en Russie. Rassemblant les contributions d’une cinquantaine d’experts, cet ouvrage de référence s’articule autour de chapitres sur la diplomatie et la défense, la politique intérieure, l’économie et les régions, tandis que des miscellanées illustrent l’ancienneté et la richesse exceptionnelle des relations entre la France et la Russie.

. Denis Richet, La France moderne : l’esprit des institutions, Paris, Flammarion, octobre 2019.

« Relier l’histoire des lois et des règlements à la vie mouvante de la société et de l’État, nous intéresser moins aux institutions en elles-mêmes qu’à leur esprit » : telle est la visée de Denis Richet, qui unit indissociablement histoire sociale et histoire de l’État en décryptant le complexe institutionnel des trois siècles modernes, de la Réforme à la Révolution. Faut-il parler d’un « Ancien Régime » quand les contemporains le vivaient comme moderne ? Faut-il isoler les institutions de l’époque, alors qu’elles s’enracinaient dans un monde socio-culturel en perpétuelle évolution ? En répondant à ces questions, c’est tout un système – l’absolutisme français – que Denis Richet explore dans ce livre majeur, pour en révéler la genèse, l’épanouissement et la crise.

. Gérard Araud, Passeport diplomatique. Quarante ans au quai d’Orsay, Paris, Grasset, octobre 2019.

Après trente-sept ans passés au Quai d’Orsay à occuper les postes les plus prestigieux de la diplomatie française, Gérard Araud analyse ici la longue séquence historique dont il a été un acteur et un témoin privilégié : « Ma carrière, commencée un an après l’élection de Ronald Reagan et conclue deux ans après celle de Donald Trump, s’est inscrite dans un moment particulier de l’histoire qu’à défaut d’un autre terme, j’appelle le « néo-libéralisme ». Fondé, en économie, sur la souveraineté du marché, sur la méfiance vis-à-vis de l’État et sur l’ouverture des frontières et, en politique étrangère, sur la conviction de la supériorité des valeurs de l’Occident. » Ses mémoires se lisent comme un essai, clair et érudit, confrontant les analyses pour expliquer l’effondrement d’un monde et comprendre celui qui vient. A la théorie s’ajoute un grand art du trait et du portrait. L’ambassadeur, à la manière d’un moraliste, incarne les anecdotes, conte incidents et situations cocasses, distille conseils aux jeunes diplomates et avis sur les ministres et les Présidents qu’il a servis. Haut-fonctionnaire iconoclaste, connu pour son franc-parler, son humour fin et sans concession, Gérard Araud emmène le lecteur dans les coulisses de la diplomatie : il nous donne le sentiment, soudain, d’être au cœur de la machine, d’en comprendre les rouages et les complexités (le chapitre des négociations sur le nucléaire iranien, notamment, est particulièrement passionnant).

Un ouvrage incontournable pour ceux qui veulent comprendre comment se fait la politique de notre pays sur la scène internationale.

. Jean-Christian Petitfils, Histoire de la France, Paris, Pluriel, novembre 2019.

Dans une fresque vivante et colorée, Jean-Christian Petitfils redonne vie à ceux qui, grandes figures héroïques comme petites gens, ont écrit l’histoire de la nation, et retrace ainsi un roman national de la France.

. Yann Echinard, Fabien Labondance, La crise dans tous ses états, Paris, Presses universitaires de Grenoble, octobre 2019.

Depuis 2007, les pays occidentaux connaissent une crise sans précédent, dont nul ne connaît précisément l’issue. Aujourd’hui, avec le recul, une douzaine d’économistes, de juristes, de hauts fonctionnaires fait le point sur cette crise, en analysant ses facteurs, ses spécificités ainsi que les réactions des autorités afin d’en tirer les leçons. Décrivant sa singularité par rapport aux crises passées, ce livre explore le rôle joué par les politiques économiques et monétaires, les organismes internationaux, la coopération entre États et les organisations régionales dans l’évolution du phénomène. Étudiant aussi bien l’Europe que le Sud-Est asiatique, les Nations unies que l’Organisation mondiale du commerce, les auteurs présentent les principaux enseignements à tirer de la crise économique mondiale en développant des analyses historiques, politiques, institutionnelles ou économiques, et nous livrent un regard éclairant sur le contexte mondial actuel.

. Aurélien Delpirou, Stéphane Mourlane, Atlas de l’Italie contemporaine, Paris, Autrement, septembre 2019.

L’Italie oscille entre traditions et modernité, entre inertie et ruptures brutales. L’Italie, en proie à des difficultés pour renouveler son modèle économique, fait face à de nouvelles fractures sociales et territoriales. Le double regard de l’historien et du géographe éclaire ici la complexité des réalités italiennes depuis le XIXe siècle : Un territoire soumis à de nombreuses contraintes - aléas naturels, inégalités de développement - et pourtant mis en valeur depuis l’âge du Bronze. Une population confrontée à de nouveaux enjeux, entre crise de la fécondité, nouvelle pauvreté et immigration massive. Un État qui fait face à une défiance généralisée et une instabilité gouvernementale à l’origine d’une montée des populismes. Un pays à la culture millénaire, berceau de l’héritage culturel européen. Une Italie qui tente de se faire une place dans le paysage géopolitique mondial. Les quelque 130 cartes et documents révèlent ainsi l’Italie et les Italiens d’aujourd’hui et renouvellent, loin des stéréotypes, notre vision sur ce pays si proche et pourtant si méconnu.

. Clara Loïzzo, Camille Tiano, L’Arctique, A l’épreuve de la mondialisation et du changement climatique, Paris, Armand Colin, octobre 2019.

Si l’Arctique est souvent perçu comme un bout du monde glacé, peuplé de rares autochtones et d’ours polaires faméliques, son étude révèle qu’il concentre bon nombre d’enjeux auxquels sont ou seront confrontées toutes les régions de la planète. Enjeux environnementaux, car l’Arctique est menacé par le réchauffement climatique, et les conséquences sur son écosystème y sont plus radicales qu’ailleurs. Enjeux sociaux et politiques à travers les revendications post-coloniales des populations autochtones, et qui sont particulièrement riches de débats et d’innovations en termes de gouvernance. Enjeux économiques autour d’une région dont les nombreuses ressources (halieutiques, minières, énergétiques) attirent les convoitises dans un contexte de mondialisation des échanges et d’épuisement de certaines réserves. Enjeux géopolitiques, enfin, pour ce « nouveau théâtre de la puissance » qu’est l’Arctique, zone charnière entre États-Unis, Europe et Russie, et objet d’intérêt croissant de la part de la Chine. Cet ouvrage présente l’ensemble des défis posés à ce territoire méconnu, et pourtant véritable laboratoire de l’avenir de la Terre.

. Philippe Corcuff, Théories sociologiques contemporaines. France, 1980-2020, Paris, Armand Colin, octobre 2019.

Quelles ont été les principales théories discutées dans la sociologie française au cours des décennies 1980-2010 ? Cette période a renouvelé les concepts sociologiques dans un double sens relationnaliste (en termes de relations sociales) et constructiviste (au sens de la construction sociale de la réalité). Elle l’a fait en s’appropriant une série de travaux internationaux (Elias, Berger et Luckmann, l’ethnométhodologie, Giddens…), dans la consolidation de la théorie critique de Bourdieu, en créant deux nouveaux paradigmes (la sociologie des sciences et des techniques de Callon et Latour ainsi que la sociologie pragmatique de Boltanski et Thévenot), en essaimant dans des cadres transversaux (études de genre, socio-histoire, sociologies de l’individu, sociologie économique, intersectionnalité…) et en renouvelant les débats épistémologiques (Passeron, etc.). Un moment important de l’histoire de la sociologie française qui contribue à dessiner ce qu’elle sera demain.

. Richard Sylvan Routley, Gérald Hess, Aux origines de l’éthique environnementale, Paris, septembre 2019.

« A-t-on besoin d’une nouvelle éthique, d’une éthique environnementale ? » : telle est la question soulevée en 1973 par Richard Sylvan Routley dans ce texte fondateur qui marque l’entrée de la nature dans le domaine de la morale et constitue l’acte de naissance d’un nouveau champ de la philosophie pratique. À l’aide d’une expérience de pensée restée célèbre – dite du « dernier homme » –, le philosophe australien y formule une critique redoutable des théories morales anthropocentrées de l’environnement, insuffisantes pour répondre aux enjeux écologiques. Une « nouvelle éthique » est donc requise pour modifier profondément le rapport de l’homme à la nature. Il est indispensable de reconnaître l’idée d’une valeur intrinsèque de la nature, indépendante des intérêts et des besoins humains mais porteuse de la respon¬sabilité morale de l’homme envers elle. Édition, introduction et commentaires par Gérald Hess, maître d’enseignement et de recherche en éthique et philosophie de l’environnement à l’université de Lausanne (Suisse).

. Sarah Abdelnour, Dominique Méda, Les nouveaux travailleurs des applis, Paris, PUF, septembre 2019.

Deliveroo, Uber, Etsy, Foule Factory, etc.  : autant d’applications et de plateformes en ligne qui prétendent bouleverser nos façons de consommer. Mais qu’en est-il de nos manières de travailler  ?
Plus qu’une innovation technique, les plateformes numériques apparaissent comme le lieu d’une redéfinition des règles du jeu en matière d’emploi et de travail. Entre marchandisation des activités de loisir et gratuité du travail, le «  capitalisme de plate­formes  » participe de l’émergence de formes renouvelées, voire exacerbées, de sujétion des travailleurs. Loin des idéaux d’une prétendue «  économie du partage  », n’assiste-t-on pas au déploiement de nouvelles dynamiques du capitalisme avancé  ? À partir d’enquêtes sur les chauffeurs et livreurs, ou encore sur les chefs à domicile, cet ouvrage met au jour la tâcheronnisation des travailleurs et l’extension du domaine du travail, tout en analysant les résistances et les régulations de ces nouvelles activités.

. Thomas Piketty, Capital et idéologie, Paris, Seuil, septembre 2019.

Toutes les sociétés humaines ont besoin de justifier leurs inégalités : il faut leur trouver des raisons, faute de quoi c’est l’ensemble de l’édifice politique et social qui menace de s’effondrer. Les idéologies du passé, si on les étudie de près, ne sont à cet égard pas toujours plus folles que celles du présent. C’est en montrant la multiplicité des trajectoires et des bifurcations possibles que l’on peut interroger les fondements de nos propres institutions et envisager les conditions de leur transformation. À partir de données comparatives d’une ampleur et d’une profondeur inédites, ce livre retrace dans une perspective tout à la fois économique, sociale, intellectuelle et politique l’histoire et le devenir des régimes inégalitaires, depuis les sociétés trifonctionnelles et esclavagistes anciennes jusqu’aux sociétés postcoloniales et hypercapitalistes modernes, en passant par les sociétés propriétaristes, coloniales, communistes et sociales-démocrates. À l’encontre du récit hyperinégalitaire qui s’est imposé depuis les années 1980-1990, il montre que c’est le combat pour l’égalité et l’éducation, et non pas la sacralisation de la propriété, qui a permis le développement économique et le progrès humain. En s’appuyant sur les leçons de l’histoire globale, il est possible de rompre avec le fatalisme qui nourrit les dérives identitaires actuelles et d’imaginer un socialisme participatif pour le XXIe siècle : un nouvel horizon égalitaire à visée universelle, une nouvelle idéologie de l’égalité, de la propriété sociale, de l’éducation et du partage des savoirs et des pouvoirs.

. Alain Dieckhoff, Christophe Jaffrelot, Elise Massicard (dir.), Populismes au pouvoir, Les Presses de SciencesPo, septembre 2019.

Force de contestation jusqu’aux années 1990, le populisme est aujourd’hui aux commandes de plusieurs États, en Europe, dans les Amériques, en Asie, au Moyen-Orient. Ce phénomène majeur, qui hante le paysage politique contemporain et se globalise, pénètre aussi bien les démocraties établies et récentes que les régimes plus fermés.
Qu’il soit considéré comme une idéologie « molle », un style politique ou une stratégie électorale, le populisme favorise partout la personnalisation du pouvoir ainsi qu’un autoritarisme plus ou moins assumé, et son succès repose toujours sur un antagonisme facile entre des élites qui seraient corrompues et un peuple supposé « pur ».
L’Enjeu mondial se penche sur la façon dont les populistes conquièrent le pouvoir, l’exercent et le conservent. Il examine les bases sociales des « pouvoirs populistes » de même que les forces qui leur résistent. Car le populisme peut aussi n’être qu’un moment, contrecarré par de robustes institutions défendant l’État de droit.
Coréalisée par le CERI, l’Atelier de cartographie et les Presses de Sciences Po, la collection « L’Enjeu mondial » propose les analyses de spécialistes illustrées de façon claire et pédagogique par des cartes et des graphiques en couleurs, et enrichies des données les plus récentes.

. Amaël Cattaruzza, avec la collaboration de Kevin Limonier, Introduction à la géopolitique, Armand Colin, septembre 2019.

Si la géopolitique est devenue un terme à la mode et constitue aujourd’hui une grille de lecture du monde indispensable, elle désigne avant tout un savoir géographique : l’étude de l’espace politique et de ses enjeux. Elle repose ainsi sur des méthodes et des notions précises (acteurs, territoires, rivalités de pouvoir) qui permettent d’éclairer les grandes thématiques contemporaines (frontières, identités, guerres, environnement, cyberespace). Cet ouvrage propose l’ensemble des connaissances nécessaires pour s’initier au raisonnement géopolitique. Il s’organise en trois temps forts :
INTRODUCTION : questions essentielles, objectifs de connaissances par chapitre, grille d’analyse géopolitique, lectures indispensables et notions clés à maîtriser.
COURS : savoirs fondamentaux assortis d’exemples localisés, de définitions et de focus thématiques, d’une page d’entraînement et d’une étude de cas mobilisant des documents géographiques.
MÉTHODES : méthodologie détaillée de chaque type d’exercice, avec son application commentée.

. Bruno Alomar, Sébastien Daziano, Thomas Lambert, Julien Sorin, Grandes questions européennes, Paris, Armand Colin, septembre 2019.

L’Union européenne a connu ces dernières années de profondes mutations. L’élargissement aux États d’Europe de l’Est, la réforme des institutions, timide avec le traité de Nice, plus substantielle avec le traité de Lisbonne, ont renouvelé tant la place de l’Union dans le monde que la conduite de ses politiques publiques et le fonctionnement de ses institutions. Parallèlement, l’Europe traverse une série de crises profondes (économique, Brexit, migratoire) et une remise en cause inédite de beaucoup des principes sur lesquels elle est fondée. L’approche, pluridisciplinaire, fait une large part à l’histoire de l’Union et évoque les différents aspects de la construction européenne. L’ouvrage traite tour à tour des dimensions institutionnelle, juridique, économique et géopolitique de l’Union tout en abordant l’ensemble des politiques conduites au niveau européen. L’action de l’Union est ainsi appréhendée dans sa globalité. Clair et pédagogique, cet ouvrage est destiné principalement aux étudiants, notamment dans la perspective des concours administratifs. Il s’adresse également à tous ceux qui s’intéressent aux questions européennes.

. Dario Battistella, Théories des relations internationales. 6ème édition mise à jour, Paris, Les Presses de Sciences po, septembre 2019.

Destiné aux étudiants et aux enseignants en relations internationales et en science politique, ainsi qu’aux diplomates et aux journalistes, cet ouvrage se propose d’éclairer la compréhension du monde contemporain à partir des théories des relations internationales. Pédagogique et exhaustif, il rappelle l’environnement intellectuel et historique de cette discipline, présente ses principaux paradigmes, concepts et débats structurants, avant de s’interroger sur les liens entre théorie et pratique, sur les défis que posent les mutations de ce début de XXIe siècle et sur l’état de l’art en France. Chaque chapitre est accompagné de bibliographies commentées qui, jointes à la bibliographie générale, renvoient le lecteur aux textes fondamentaux et de seconde main qui compléteront ce tour d’horizon. Actualisée, cette sixième édition met à jour l’ensemble des analyses et des bibliographies. Cette sixième édition, augmentée de deux chapitres sur l’apport des études féministes et sur la diplomatie, met à jour l’ensemble des analyses et des bibliographies de ce vaste champ d’étude.

. David Autissier, Denis Debrosse, Valérie Lehmann, Emily Métais-Wiersh, Démocratie participative digitale. Angoulême expérimente les projets participatifs digitaux, Québec, PUQ, septembre 2019.

Quels sont les secteurs aujourd’hui qui ne sont pas encore impactés par le digital ?
L’émergence des modes collaboratifs et des applications dédiées appelées Civic Tech montre que la sphère publique est concernée tant par la recherche d’efficacité de son action qu’au titre de la participation.On parle dorénavant de démocratie participative digitale pour signifier des dispositifs participatifs et digitaux dans l’environnement public. Cela regroupe une multitude d’actions très disparates qui sont autant d’expéri- mentations pour nos futurs systèmes de gouvernance, systèmes qui sont au cœur de la démocratie et de la liberté. Ce livre propose une analyse de la participation dans les systèmes publics ainsi qu’un panorama à date des offres digitales des Civic Tech. A partir de l’expérience de la ville d’Angoulême sur les projets participatifs digitaux, ce livre interroge le lecteur sur la place de la participation dans la vie publique et ce que pourrait être la démocratie participative digitale.

. Frédéric Sudre, Les grands arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme, Paris, PUF, septembre 2019.

La Convention européenne des droits de l’homme, signée à Rome le 4 novembre 1950 et ratifiée par la France le 3 mai 1974, fonde la protection européenne des droits de l’homme. C’est une charte vivante des droits et des libertés enrichie par une jurisprudence visant au « développement » des droits de l’homme, qui contribue à la formation d’un droit commun aux pays européens. Ce manuel reproduit des extraits significatifs des arrêts de la Cour et mentionne la portée de la jurisprudence européenne en droit interne.

. Geoffroy de Lasagnerie, L’art de la révolte Snowden, Assange, Manning, Paris, Pluriel, octobre 2019.

Edward Snowden, Julian Assange et Chelsea Manning sont les figures essentielles des luttes qui se jouent autour des secrets d’État et de la surveillance de masse, des libertés à l’ère d’Internet, de la guerre et du terrorisme. Pour Geoffroy de Lagasnerie, ils sont bien plus que des lanceurs d’alerte : ce sont des personnages exemplaires qui réinventent un art de la révolte. La pratique de l’anonymat permise par WikiLeaks, les gestes de fuite et les demandes d’asile de Snowden ou d’Assange rompent avec les formes traditionnelles de la contestation. Dès lors, ces modes d’action nous conduisent à nous interroger sur le fonctionnement de l’espace démocratique, sur les notions de citoyenneté, d’État, de prise de parole, de collectif. La théorie contemporaine a concentré son attention sur les rassemblements populaires comme Occupy, les Indignés ou les printemps arabes. Et si c’étaient les démarches solitaires de Snowden, d’Assange, de Manning qui constituaient les foyers où s’élabore une conception inédite de la politique ?

. Louis Demers, Jean Bernatchez, Michel Umbriaco, De l’administration à la gouvernance des universités : progrès ou recul ? L’expérience du Québec, Québec, PUQ, septembre 2019.

Dans un contexte d’internationalisation et de concurrence, que deviennent les universités québécoises ? Demeurent-elles un lieu de réflexion critique sur la société ou voient-elles leur rôle restreint à celui de moteur de l’économie du savoir ? Sont-elles dirigées dans un esprit collégial ou entrepreneurial ? Voilà autant de questions auxquelles répond le présent collectif en proposant d’abord une vue d’ensemble des phénomènes qui ont pavé la voie à l’avènement de la gouvernance des universités, pour ensuite décrire des manifestations concrètes de ces phénomènes dans les établissements québécois. En explorant les jalons de son histoire, tant occidentale que québécoise, les auteurs arrivent à caractériser les contours de l’université d’aujourd’hui, qui devient de plus en plus entrepreneuriale et, conséquemment, de moins en moins collégiale et libre. Trois études de cas concernant des établissements québécois – Université du Québec en Outaouais, Université du Québec à Montréal et Université de Montréal – viennent étayer leurs interprétations. Sont également présentées les premières données d’une recherche visant à analyser les perceptions des administrateurs universitaires en poste au Québec sur les universités et sur leur propre rôle. Cet ouvrage, qui s’adresse à tous les acteurs du monde universitaire, tente donc, ultimement, de répondre à la question suivante : la gouvernance des universités… progrès ou recul ?

. Cédric Tellenne, Introduction à la géopolitique, Paris, La Découverte, septembre 2019.

Née dans les dernières décennies du XIXe siècle, la géopolitique est l’étude des effets de la géographie (humaine et matérielle) sur la politique internationale et les relations internationales. En voici une introduction synthétique et rigoureuse. Si la " vieille géopolitique ", de Ratzel à Spykman, a laissé l’image d’une pseudoscience mise au service d’idéologies impérialistes et bellicistes, comment comprendre le renouveau de la géopolitique actuelle ? C’est que, dans un contexte post-guerre froide, les grandes lignes de fractures idéologiques ont laissé la place à de nouvelles rivalités pour les territoires et leurs ressources, mobilisant une multitude d’acteurs, étatiques et non étatiques, avec une grande diversité d’outils à leur disposition, d’ordre politique, militaire, économique, culturel... Sans compter que l’interconnexion et les interdépendances des différentes parties de la planète font désormais qu’un simple conflit local peut avoir des répercussions à l’échelle de continents entiers, voire du monde, et inversement. La géopolitique permet d’éclairer ces enjeux, avec les regards croisés de l’historien et du géographe.

. Christian Harbulot, Manuel d’intelligence économique, Paris, PUF, septembre 2019.

L’intelligence économique se développe en France depuis une trentaine d’années. Le durcissement des affrontements concurrentiels, la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, et l’émergence de menaces multiformes soulignent la nécessité d’une nouvelle grille de réflexion des types d’affrontements du XXIe siècle. Mode de pensée et d’action incontournable, l’intelligence économique s’est imposée comme une démarche innovante dans l’enseignement supérieur.

Cette troisième édition a été entièrement réécrite pour prendre en compte les nouveaux champs informationnels qui conditionnent un management de l’information efficient : développement de l’intelligence artificielle, influence grandissante du numérique, montée en puissance de la cyber¬sécurité ; mais aussi l’absolue nécessité de développer une culture de contre-intelligence et d’intégrer l’intelligence juridique aux processus de décision. Ce manuel intéressera les spécialistes de l’intelligence économique soucieux d’enrichir et de mettre à jour leurs connaissances, les décideurs souhaitant acquérir de nouvelles grilles de lecture, mais aussi les étudiants des instituts d’études politiques, d’écoles de commerce et d’ingénieurs, ou en sciences humaines et en droit.

. Eric Chol, Gilles Fontaine, Il est midi à Pékin, Paris, Fayard, septembre 2019.

Les auteurs racontent, à partir d’un ou plusieurs lieux dans chaque fuseau horaire, comment la métamorphose de la Chine transforme le monde. Cette démarche inédite permet de mesurer la vitesse à laquelle la planète s’est mise à l’heure chinoise. Aux quatre coins du globe, la suprématie chinoise comme on ne vous ne l’a jamais racontée. L’achat du célèbre Waldorf Astoria à New York ; une téléréalité culinaire à Colmar ; la pêche sur les côtes ghanéennes ; l’utilisation de WeChat lors des élections australiennes ; la diplomatie des raviolis sur le rocher du Pacifique ; l’impact global du pharaonique projet des Nouvelles routes de la soie… Qu’il s’agisse de mettre la main sur de nouvelles sources d’énergie, de diffuser son « softpower » culturel ou d’afficher ses ambitions géopolitiques et militaires, la Chine est partout à la manœuvre. Non seulement elle s’est bel et bien réveillée, mais elle aspire à redevenir l’empire du Milieu flamboyant qu’elle a été : celui qui donne l’heure au reste de la planète. Cette métamorphose et les conséquences de l’expansion chinoise dans notre vie quotidienne, Éric Chol et Gilles Fontaine en rendent compte grâce à un récit original et efficace : à partir d’un ou plusieurs lieux dans chaque fuseau horaire, ils tissent un ensemble de scènes vivantes, de Hollywood à la Polynésie, de la pampa argentine au Groenland. Leur démarche inédite offre un panorama de l’omniprésence chinoise ; elle révèle une image instantanée du monde quand sonne midi à Pékin.

. Luis Martinez, L’Afrique du Nord après les révoltes arabes, Paris, Presses de Sciences Po, septembre 2019.

Surpris par l’irruption des « révoltes arabes », les régimes autoritaires d’Afrique du Nord ont, pour la plupart, fait preuve d’une certaine robustesse. Pour combien de temps encore ? Fin connaisseur de la région, Luis Martinez fait le point sur la situation de pays tels que l’Algérie, le Maroc, la Libye et la Tunisie. Il montre qu’en s’arcboutant aux deux fonctions héritées du pouvoir colonial, maintien de l’ordre et extraction des ressources naturelles, ces États ont omis de placer l’intérêt général au cœur de leur action. Incapables de se départir d’une obsession sécuritaire – partagée par la communauté internationale –, les yeux braqués sur la bande sahélo-saharienne, nouvel épicentre du jihadisme, leurs gouvernants paraissent ignorer le véritable défi qui se pose à eux : répondre à la colère d’une jeunesse nombreuse et au chômage, et gagner la loyauté d’un peuple qui paie le prix de la corruption, de modèles erronés de développement économique et d’une absence d’État-providence.

. Pascal Boniface, Hubert Vedrine, Atlas des crises et des conflits, Paris, Armand Colin, septembre 2019.

Crises et conflits ne cessent de se multiplier et font la une de l’actualité. Mais le rythme quotidien de l’information ne permet pas toujours de les situer dans le temps long, d’en connaître les racines historiques, d’en saisir les enjeux stratégiques et d’envisager les scénarios futurs. Cet atlas est un outil indispensable pour comprendre de façon simple un monde complexe.
Textes précis, cartographie éclairante, les auteurs décryptent avec lucidité et pédagogie les crises et conflits qui ébranlent la planète et sa population.

. Pierre Singaravélou, Sylvain Venayre, Histoire du Monde au XIXe siècle, Paris, Pluriel, septembre 2019.

Prolongeant l’entreprise initiée par l’Histoire du monde au XVe siècle dirigée par Patrick Boucheron, l’équipe d’une centaine d’historiens dirigés par Pierre Singaravélou et Sylvain Venayre se propose d’écrire la première Histoire du monde au XIXe siècle en langue française. Par des objets, des dates et des thèmes clés, ils racontent comment nous sommes devenus contemporains.En Europe et dans les Amériques, le XIXe siècle a longtemps été défini comme l’époque de la « modernité ». Mais qu’en est-il lorsque, abandonnant l’étalon de l’Occident, on change de point de vue ? Car le monde est avant tout l’objet d’expériences contrastées auxquelles ce livre convie le lecteur. Il le guide à travers les circulations de cette ère nouvelle, des migrations à l’expansion coloniale. Il le conduit au fil des « temps du monde » scandés par des événements à la résonnance planétaire, de l’indépendance d’Haïti (1804) à la révolution chinoise (1911). Il l’entraîne aussi au cœur d’un « magasin du monde » qu’approvisionnent bibelots, cartes, tatouages, ivoire, opium, dévoilant des processus historiques qui installent le lointain dans l’intime et le quotidien. Il le transporte, enfin, dans les « provinces du monde » – indienne, sud-américaine, ottomane, européenne, etc. – qui révèlent l’existence de « modernités » alternatives. Réunissant les contributions de près de cent historiennes et historiens, cet ouvrage fait entendre les voix d’un passé pluriel et nous laisse une certitude : celle d’être alors devenus, ensemble, et pour la première fois, contemporains.

. Arnaud Pautet, Histoire du monde contemporain. XIXe et XXe siècles. Chronologie 1 date – 1 carte, Paris, Autrement, septembre 2019.

Associer chronologie et cartographie pour comprendre l’histoire autrement : 120 évènements politiques ou culturels qui ont fait l’histoire de France. 120 cartes ou documents pour assimiler en un coup d’œil les enjeux de l’événement. Quand et que s’est-il passé ? Les faits, les enjeux, les conséquences. Où cela s’est-il passé ? Une carte, pour localiser les lieux fondamentaux, les dynamiques et les rapports de force. Qui a participé ? Une biographie des personnages incontournables. Ce qu’on en a dit ! Une citation, pour mettre en contexte l’événement. Qu’a apporté l’événement dans l’histoire ? Une mise en perspective pour montrer la portée de l’événement dans le temps long.

. Assemblée nationale, préface de Richard Ferrand, La Révolution s’affiche, Paris, Fayard, septembre 2019.

À l’occasion du 230e anniversaire de la Révolution française, l’Assemblée nationale a décidé de rendre publics des documents exceptionnels : des affiches récoltées entre 1789 et 1798. Publiées pour la première fois, elles sont le témoin rare de la vigueur du débat public dans cette période dramatique, creuset de notre modernité politique. Ce qui fut véritablement révolutionnaire en 1789, ce ne fut pas la réunion des États généraux, le 5 mai ; ni même la prise de la Bastille, le 14 juillet : ce fut, le 17 juin, l’apparition de l’Assemblée nationale, autrement dit la naissance d’une représentation élue qui incarnait collectivement la souveraineté, à côté et en dehors du roi. Entre le peuple et ses représentants, les affiches assuraient l’indispensable circulation sans laquelle il n’est pas de démocratie possible. Les citoyens, leurs sections, leurs clubs interpellaient les élus, réclamant des changements rapides ; les législateurs rendaient compte des débats et de leur action, dans le style enflammé de l’époque, quand ils ne démentaient pas les rumeurs et fausses nouvelles qui, déjà, troublaient l’opinion publique. « Se taire est un crime quand parler est utile », proclame en gros caractères l’une de ces belles affiches, témoignant de l’effervescence politique d’alors. Des royalistes aux babouvistes, en passant par les brissotins, les girondins, les jacobins, les hébertistes, toutes les tendances se trouvent représentées dans ce foisonnement de revendications et d’idées qu’illustre la collection de documents révolutionnaires constituée par l’ancien député Portiez de l’Oise (1765-1810). L’Assemblée nationale, née de la Révolution, se devait d’ouvrir au public ce fonds exceptionnel.

. Clotilde Champeyrache, La face cachée de l’économie, Paris, Presses Universitaires de France, août 2019.

Quelles sont les frontières entre économies légale et criminelle  ? Quels sont les territoires de la criminalité  ? Comment évoluent-ils dans un contexte mondial de massification des flux de marchandises, d’hommes et de capitaux  ? Peut-on lutter contre le trafic de stupéfiants tout en intégrant sa valeur ajoutée dans le Produit intérieur brut  ? Les politiques de prohibition doivent-elles être évaluées à la seule aune d’une analyse coûts-bénéfices  ?
Oligarques russes, économie au noir, entreprises mafieuses, corruption et criminalité en col blanc  : cet ouvrage dévoile les facettes les plus sombres de l’économie mondialisée, et révèle combien les sphères légale et illégale sont poreuses mais aussi à quel point le discours économique dominant, axé sur la toute-puissance du marché, banalise, voire favorise le développement des pratiques criminelles.

. Maxime Lefebvre, La politique étrangère de la France, Paris, Presses Universitaires de France, août 2019.

L’histoire de la politique étrangère de la France se confond avec celle de la construction de la nation. De la monarchie et l’empire napoléonien, notre diplomatie hérite la souveraineté et une certaine idée de la grandeur. Pourtant, du congrès de Vienne à la Seconde Guerre mondiale, le voisin allemand, devenu prépondérant en Europe, a largement rebattu les cartes face à une France diminuée. Depuis 1945, la position de cette dernière, engagée dans la construction européenne, n’est-elle pas celle d’une puissance moyenne d’influence mondiale ?
Maxime Lefebvre revient sur cette histoire, et plus largement sur les fondamentaux de notre politique étrangère : les forces et faiblesses de la puissance française, les acteurs et la chaîne de décision, les grandes orientations stratégiques.

. Morgane Labbé, La Nationalité, une histoire de chiffres. Politique et statistiques en Europe centrale (1848-1919), Paris, Presses Sciences Po, septembre 2019.

Lorsque l’historien consulte les archives administratives du XIXe siècle, il découvre avec étonnement de longues séries de chiffres sur les nationalités, les langues, les religions, comme autant de tableaux d’une Europe disparue. Il constate la précision des enregistrements des minorités et relève que ce travail bureaucratique méticuleux protégeait autant leurs droits qu’il dessinait le cadastre des minorités nationales et confessionnelles bientôt expulsées, assimilées, persécutées. À partir de l’exemple de la Pologne, territoire alors partagé entre la Prusse, la Russie et l’Autriche-Hongrie, l’auteure démontre que le recensement des populations, l’édification de cartes, le choix de critères démographiques, linguistiques et confessionnels ont servi des projets politiques plus divers que la littérature historique ne l’a longtemps laissé supposer. C’est ainsi qu’en 1919, par un retournement de l’histoire, les statistiques démographiques officielles des trois empires annexionnistes, réappropriées tant par les opposants polonais que par les experts de la Conférence de la paix, ont contribué à l’édification d’un nouvel État polonais.

. Firouzeh Nahavandi, Afghanistan, De Boeck Supérieur, août 2019.

Aux portes de l’Europe se déploie un monde arabe et musulman en pleine mutation depuis 2011, l’année des « printemps arabes ». Cet ouvrage invite à une (re)découverte de l’Afghanistan à travers son histoire, sa société, sa politique, son économie, sa culture. Histoire, société, politique, économie, religion et culture… L’ouvrage clé pour comprendre l’actualité de l’AFGHANISTAN. Pays enclavé mais occupant une position stratégique importante, l’Afghanistan a dû surmonter de nombreuses crises. Elles ont pourtant été sans commune mesure avec la rupture introduite par l’invasion soviétique de 1979. Depuis, le pays est pris dans une spirale de tourmentes et d’agitations dont il peine à sortir.
Sécurité et pauvreté sont des problèmes majeurs. L’économie est à reconstruire alors que le pays est un narco-État florissant. L’instabilité a conforté l’islam radical et les mouvements djihadistes se disputent le contrôle des régions. Or, le pouvoir ne dispose d’aucun levier sur le plan politique ou militaire pour faire pression sur les insurgés. Ironiquement, les Américains, qui étaient intervenus en 2001 pour chasser les talibans au pouvoir et combattre le terrorisme, ont commencé à négocier avec leurs ennemis d’antan. C’est sur ce pays complexe que se penche ce livre en essayant de construire des lignes de compréhension donnant sens aux réalités auxquelles il fait face.

. François Gemenne, Aleksandar Rankovic, Thomas Ansart, Benoît Martin, Patrice Mitrano, Antoine Rio, Atlas de l’Anthropocène, Presses de Sciences Po, août 2019.

« Atlas, dans la mythologie, représente un géant capable de tenir la Terre sur ses épaules sans en être écrasé. Mais quand Gérard Mercator publie en 1538 ce qu’il décide d’appeler un Atlas, le rapport des forces s’est complètement inversé : un "Atlas" est un ensemble de planches, imprimées sur du papier, quelque chose que l’on feuillette et que le cartographe tient dans sa main ; ce n’est plus la Terre que l’on a sur le dos et qui nous écrase, mais la Terre que l’on domine, que l’on possède et que l’on maîtrise totalement. Près de cinq siècles après, voilà que la situation s’inverse à nouveau : paraît un “Atlas” qui permet aux lecteurs de comprendre pourquoi il est tout à fait vain de prétendre dominer, maîtriser, posséder la Terre, et que le seul résultat de cette idée folle, c’est de risquer de se trouver écrasé par Celle que personne ne peut porter sur ses épaules. » Bruno Latour. Changement climatique, érosion de la biodiversité, évolution démographique, urbanisation, pollution atmosphérique, détérioration des sols, catastrophes naturelles, accidents industriels, crises sanitaires, mobilisations sociales, sommets internationaux… Voici le premier atlas réunissant l’ensemble des données sur la crise écologique de notre temps.

. Frank Tétart, Grand Atlas 2020, Autrement, août 2019.

Un ouvrage indispensable pour comprendre le monde : plus de 100 cartes inédites et mises à jour, un tour d’horizon complet des grands enjeux internationaux, en partenariat avec Courrier international et France Info.

. Nathalie Fau, Manuelle Franck, L’Asie du Sud-Est. Émergence d’une région, mutation des territoires, Armand Colin, septembre 2019.

Au carrefour de deux continents, l’Asie et l’Océanie, de deux géants démographiques, la Chine et le sous-continent indien, et de deux océans, l’Indien et le Pacifique, l’Asie du Sud-Est constitue l’extrémité tropicale du continent asiatique. Formée d’une péninsule et d’un chapelet d’îles, s’étalant sur 4 500 000 de km² et peuplée d’un peu plus de 600 000 millions d’habitants, cette région se compose aujourd’hui de onze pays, d’une considérable diversité de tailles, de populations, de géographies, de cultures et de niveaux de vie. Une telle complexité – socio-économique notamment – tend même à remettre en cause le statut de région de l’Asie du Sud-Est. Les auteurs de ce manuel se sont donc attachés à penser l’Asie du Sud-Est dans sa globalité afin d’en dégager des traits communs, en multipliant les approches transversales et multiscalaires, sans pour autant négliger de prendre en compte chaque pays dans ses spécificités. Parallèlement, deux grandes problématiques – la définition géographique de la région d’une part et son développement économique d’autre part– fondent le livre, construit autour de cinq parties : « L’émergence d’une région », « Les modèles de développement », « Les limites du développement », « Territoires de l’urbain » et « Intégration et géopolitique régionales ». L’ensemble des cartes, schémas, tableaux et graphiques proposés permettra au lecteur d’obtenir une connaissance précise et approfondie de cette nouvelle question du Capes et de l’agrégation.

. Roman Krakovsky, Le populisme en Europe Centrale et Orientale. Un avertissement pour le monde ? Fayard, septembre 2019.

En retraçant sur le temps long, du xixe au xxie siècle, l’histoire des populismes en Europe centrale et orientale, Roman Krakovsky éclaire d’une façon inédite les violences et politiques à l’œuvre aujourd’hui dans cette partie de l’Europe, foyer de dérives qui menacent de s’étendre au reste du continent. En 1989, la chute du communisme est saluée comme une victoire de la démocratie sur l’autoritarisme. Trente ans plus tard, c’est dans cette partie du continent qu’agissent les plus virulents mouvements du populisme européen. Comment comprendre un tel paradoxe ? Une manière d’y répondre est de replonger dans l’histoire. Cette perspective de longue durée est d’autant plus nécessaire que le populisme n’est pas un phénomène nouveau dans cette partie de l’Europe. Au xixesiècle, les narodniki russes promettent de sortir la paysannerie de son « arriération » et de la doter d’un droit de cité. Par la suite, les mouvements agraires semblent apporter des réponses au sous-développement et à la difficile construction, dans cet espace, de communautés politiques fortes, et les régimes communistes mobilisent certaines stratégies populistes. Aujourd’hui, les démocraties illibérales remettent en question le mode d’organisation de nos sociétés, issu des Lumières. En redonnant leur épaisseur historique aux dérives populistes à l’œuvre en Europe centrale et orientale en ce début de xxie siècle, Roman Krakovsky rappelle combien leur récente poussée peut servir d’avertissement pour le reste du continent.

. Bertrand Badie, Dominique Vidal, Fin du leadership américain ? L’État du monde 2020, Éditions La Découverte, août 2019.

En 1945, les États-Unis paraissent imbattables. Détenteurs exclusifs de l’arme atomique jusqu’en 1949, ils semblent dominer totalement le monde. À travers le plan Marshall puis la création de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), ils endossent le rôle de leader. Ils contrôlent le quart du commerce mondial et produisent la moitié de ce qu’ils consomment.

Le contraste est grand avec la situation actuelle. Il est vrai qu’entre-temps, les registres de puissance se sont diversifiés, les interventions militaires ont perdu de leur efficacité, et la mondialisation a définitivement brouillé les pistes, nouant des relations d’interdépendances inédites. On est ainsi passé, en quelque soixante-dix ans, d’un système quasi hégémonique à un système apolaire, fragmenté par une importante dynamique nationaliste, notamment depuis l’élection de Donald Trump.Après avoir retracé l’histoire de la domination américaine, du XIXe siècle à nos jours, les auteurs en mesurent la portée et les potentielles failles dans les domaines militaire, politico-diplomatique, commercial, économique, scientifique et culturel. Enfin, l’analyse des rapports de Washington avec Pékin, Moscou, Bruxelles, Tel-Aviv, Riyad, Téhéran, etc. ou de ses prises de position face au défi climatique interroge sur la puissance réelle des États-Unis, dans un monde complexe où cartes et atouts se redistribuent à grande vitesse.

. Philippe Mocellin, Philippe Mottet, Introduction à la géopolitique en 50 fiches - Défis, enjeux et conflits contemporains, Paris, Ellipses, 2019

L’ouvrage s’adresse aux étudiants de droit, de science politique, d’économie et des classes préparatoires ainsi qu’à tous les citoyens désireux de mieux cerner les contours d’un monde en pleine mutation.

Il propose un « tour du monde » géopolitique en 50 fiches, elles-mêmes organisées en 9 thèmes :

Le premier thème identifie les « écoles » de pensée qui traversent la discipline.
Les thèmes 2 à 8 abordent les défis, les enjeux et les conflits en cours, sur les différents continents, participant à l’entretien du « nouveau désordre » mondial d’aujourd’hui.
Les thèmes 7 à 9 présentent les problématiques de géopolitique du moment et les questionnements planétaires en débat, et proposent quelques axes de réflexion prospective.
Un ouvrage pour découvrir les différentes facettes de la géopolitique.

. Stéphane Gompertz, Un diplomate mange et boit pour son pays, éd. Odile Jacob, 2019.

Qu’est-ce exactement qu’être diplomate ? En quoi consiste ce métier souvent caricaturé, voire moqué, sinon décrié ?

Face aux nouvelles et inquiétantes fractures entre les États, face aux menaces pour la paix du monde, le métier de diplomate est pourtant plus essentiel que jamais.

Le métier de diplomate est multiple : il réunit analyse, représentation, négociation, action humanitaire, communication. Il peut être prestigieux ; il est parfois dangereux. Il requiert engagement et passion : rien d’humain ne lui est étranger.

. Vincent Satgé et Jean-Marc Laurent (dir.), Conflictualités modernes et postures de défense, Chaire défense et aérospatial, La documentation française, 2019.

Cet ouvrage dresse un constat global et actualisé de la conflictualité et étudie l’évolution des politiques de sécurité et de défense. Il analyse la symbiose entre diplomatie et défense où la puissance armée apparaît comme un des déterminants de la diplomatie.
Quelles sont les nouvelles formes de conflictualité et quelles approches la Défense peut–elle adopter pour y faire face ?

. Isabelle Guibert, Frédéric Jeannin, Les nouvelles frontières numériques. RGPD et politiques de protection des données, collection guerre de l’information, VA éditions, 2019.

L’Union européenne a mis en application le 25 mai 2018 son règlement sur la protection des données personnelles. Pourquoi ? Les données auraient-elles une valeur ? Celles qui sont désormais considérées comme le pétrole du XXIe siècle nous appartiennent, mais paradoxalement nous font désormais peur. En effet, pourquoi les grandes puissances mondiales légifèrent-elles sur la donnée, en allant crescendo, depuis plusieurs décennies ? D’aucuns évoquent, au titre du numérique, une quatrième révolution industrielle : quels en sont les enjeux ? Comment se positionner au mieux pour tirer avantage de nos données, tout en les protégeant ? Nous avons souvent l’impression que notre monde évolue désormais à la vitesse de la lumière. L’acronyme GAFAM, hier encore inconnu de la plupart d’entre nous, fait désormais partie de notre quotidien. Comment adapter notre posture — entreprises, acteurs publics, citoyens — en plein coeur de cette révolution numérique ? Ce livre offre au public une prise de recul ainsi qu’une grille de lecture pour comprendre cette révolution en cours, ses enjeux, la place de la donnée dans le XXIe siècle, ainsi que des pistes de réflexion sur les évolutions à venir dans le monde de la donnée et les réponses à y apporter, en particulier par la France

. Amélie Le Renard, Le privilège occidental. Travail, intimité et hiérarchies postcoloniales à Dubaï, Presses de Sciences Po, 2019.

Nul autre lieu que Dubaï, ville-carrefour d’une mondialisation néolibérale, n’incarne mieux les avantages associés à l’occidentalité et à la blanchité.Au travers des récits d’une centaine d’habitants, expatriés ou en contrat local, recueillis par l’auteure, les Occidentaux installés à Dubaï se profilent comme un groupe social à part entière. Ils partagent l’expérience d’être structurellement privilégiés tant sur le marché du travail que dans la sphère intime, même si des hiérarchies de genre, classe, race et sexualité les traversent : tous les titulaires d’un passeport occidental, notamment français, n’en bénéficient pas de la même manière. À Dubaï, l’occidentalité n’est pas seulement mobilisée pour classer, légitimer, regrouper et mettre à distance, elle l’est aussi pour se distinguer des autres élites de la ville globalisée, avec la conviction d’être en avance dans tous les domaines, professionnel, conjugal, familial et domestique.Un regard vif et singulier sur les reconfigurations actuelles de l’hégémonie occidentale.

. Eric Denécé, Histoire secrète des forces spéciales. De 1939 à nos jours , Nouveau Monde Éditions, juillet 2019.

Des Malouines à la guerre du Golfe, de l’Afrique au Kosovo, de l’Afghanistan à l’Irak, les forces spéciales ont été engagées dans tous les conflits modernes depuis une vingtaine d’années. Elles sont aujourd’hui à la pointe de la lutte contre le terrorisme. Unités d’élite, entraînées pour conduire des opérations par- ticulièrement périlleuses, leur polyvalence et leur discrétion leur permettent d’intervenir dans toutes les situations et d’ac- complir des missions réputées « impossibles ». Elles sont l’arme secrète des états-majors quand tout est compromis. Qu’elles se livrent à des actions de renseignement, de sabo- tage, qu’elles encadrent des mouvements de guérilla à l’étran- ger ou qu’elles interviennent pour la libération d’otages, leur fonction est toujours de surprendre l’ennemi et de lui infliger un maximum de dommages. Les forces spéciales sont composées de combattants excep- tionnels et disposent d’équipements à la pointe de la techno- logie. Popularisées depuis les années 1980 grâce au cinéma américain, elles fascinent toujours autant. Ce livre, proposé par le meilleur spécialiste français du sujet, décrit leur entraînement, leurs modes d’action lors de leurs incroyables opérations secrètes. Il évoque tour à tour les forces spéciales françaises, américaines, britanniques, russes, israéliennes et celles de nombreux autres pays qui ont coutume d’employer ces unités pour résoudre les conflits. Les chapitres, mêlant action, descriptions et illustrations, mettent en scène les unités des différents pays, présentées dans un contexte opérationnel précis : les Special Forces américaines en Afghanistan, les SAS britanniques en Irak, les forces spéciales françaises en Côte d’Ivoire, les Spetsnaz russes en Tchétchénie, les commandos israéliens à Gaza, etc. Un ouvrage indispensable pour comprendre le rôle de ces unités particulières qui sont de plus en plus sollicitées afin de faire face aux menaces terroristes et aux crises soudaines et violentes qui secouent la planète.

. François Reynaert, Voyage en Europe. De Charlemagne à nos jours , Fayard, juin 2019.

S’arrêter face au trône de Charlemagne, dans la cathédrale d’Aix-la-Chapelle, pour rêver d’un empire qui fonda l’Europe. Se promener dans les rues de Nuremberg, de Bruges, de Gênes pour raconter la résurrection des villes et l’invention de l’économie, au Moyen Âge. Arpenter les falaises de Sagres, au sud du Portugal, pour imaginer le prince Henri le Navigateur guettant à l’horizon le retour des caravelles. Retrouver, en Pologne, le chanoine Copernic, qui chamboula notre rapport à l’univers. Chercher, dans les couloirs de Westminster, l’âme du parlementarisme et dans la salle du Jeu de Paume à Versailles celle de la Révolution française. Profiter d’une promenade d’un bout du continent à l’autre, pour explorer son passé.
En ce début de XXIe siècle, les passions nationales flambent de nouveau. Nombre d’Européens n’imaginent plus l’avenir que dans le repli alors que notre histoire est indissociable de celle du continent. Un Espagnol et un Polonais, un Allemand et un Français ont en commun le Moyen Âge et ses châteaux, la Renaissance, les Lumières, les bouleversements consécutifs à la Révolution française, la révolution industrielle, les deux guerres mondiales. C’est une évidence, et elle est oubliée. Le but de cette promenade est de lui redonner force et vie.

. Lauriane Martinez-Sève, Nicolas Richdr, Grand Atlas de l’Antiquité grecque classique et hellénistique, Autrement, juin 2019.

L’Antiquité grecque du Ve au Ier siècle avant J.-C. Grâce à plus de 200 cartes et documents, cet atlas explore la diversité et la richesse du monde grec, de l’époque classique à la période hellénistique. Ressources, population, productions et échanges dans un espace d’abord balkanique et égéen qui s’élargit en Méditerranée puis au Proche-Orient. Un monde en pleine effervescence, où se côtoient une multitude de cités indépendantes et de grands empires. Puissance, rivalités et conflits : de la victoire athénienne sur les Perses à Marathon (490 av. J.-C.) aux conquêtes d’Alexandre le Grand puis à l’hégémonie romaine. De l’âge d’or des arts, des sciences et de la culture classiques à la culture hellénistique qui rassemble une mosaïque de peuples. Cet atlas dresse ainsi le tableau d’une civilisation fondatrice où se dessine déjà l’ébauche de notre monde.

. Louis Chauvel, Anne Lambert, Dominique Merllié, Françoise Milewski, Les mutations de la société française. Les grandes questions économiques et sociales , La Découverte, juin 2019.

Ce livre est le deuxième d’une série de trois volumes qui ont pour ambition de couvrir les principales questions économiques et sociales contemporaines, à l’échelle nationale, européenne et mondiale. Leur particularité est d’avoir été conçus et écrits par des spécialistes de ces questions – universitaires et chercheurs reconnus – pour des lycéens et des étudiants de premier cycle. Les textes ici réunis se distinguent par trois qualités majeures : il s’agit à chaque fois de synthèses de l’état des connaissances scientifiques ; leur clarté et leur lisibilité les rendent accessibles sans compromettre leur rigueur ; leur problématisation donne du sens aux questions traitées et suscite l’intérêt du lecteur.
Afin de mieux répondre encore aux interrogations sur le monde et notre société, en particulier celles qui se rapportent aux multiples crises auxquelles nous sommes confrontés, l’ouvrage a été non seulement actualisé et remanié, mais aussi enrichi par de nouvelles contributions.

. Michel Imbert, En revenant de Tiananmen, Babelio, juin 2019.

Pékin, 29 juillet 2008. On frappe à la porte de l’atelier d’artiste de Han Zuo : c’est Fa Lina, son amour de jeunesse. Cette femme, c’était le souvenir des odeurs de sang et de poudre, les clameurs de la foule, le grincement des chenilles de tanks. En mai 1989, tous deux faisaient partie des étudiants en rébellion sur la place Tiananmen. Aujourd’hui, Lina lui apprend que l’un d’entre eux vient d’être découvert assassiné et que la police soupçonne leur ancien leader, qui vient tout juste d’être libéré, de s’être ainsi vengé d’un ancien traître. Les Jeux Olympiques approchent, la chasse aux dissidents est ouverte. Les anciens membres du groupe se sentent menacés. Han et Lina vont chercher la vérité de ce qui s’est vraiment passé en 1989.

. Benjamin Haddad, Le paradis perdu. L’Amérique de Trump et la fin des illusions européennes, Paris, Grasset, 2019.

La fin de la guerre froide a ouvert une longue période d’optimisme libéral à laquelle semble succéder une ère de repli (Brexit, élection de Donald Trump…)
Donald Trump n’est ni un accident de l’histoire ni un phénomène passager. Il est le symptôme d’une transformation profonde de la puissance américaine en crise. "America First" est le slogan d’une Amérique fatiguée de porter l’ordre international et qui prône désormais le rapport de force brut, le protectionnisme économique et culturel. La personnalité du président Trump masque une rétractation structurelle déjà amorcée par Barack Obama. Ce livre analyse les forces historiques, géopolitiques comme intérieures, qui ont déterminé ce changement durable. Il n’y aura pas de retour au « paradis perdu » de l’ordre ancien.
L’histoire est de retour en Europe. Le modèle qu’elle promeut – multilatéralisme et coopération – est mis à mal par la multiplication des crises, la montée des nationalismes et le retrait américain. Si l’Europe est faible, Trump pourrait bien devenir la nouvelle norme des relations internationales : une crispation nationaliste et illibérale, incarnée par les « hommes forts », de Poutine à Erdogan. Seule une Europe souveraine, capable de défendre sans naïveté ses intérêts, peut répondre à ce nouveau défi.

Benjamin Haddad, 33 ans, est chercheur en relations internationales. Après avoir été l’un des rares Français à travailler depuis quatre ans pour des think tanks américains, il a été nommé directeur Europe du think tank Atlantic Council à Washington… Diplômé de Sciences Po Paris et d’HEC, il a enseigné les relations internationales à Sciences Po. Il a pu rencontrer au plus près les acteurs des administrations Obama et Trump, mais aussi voyager à travers les États-Unis et l’Europe (Bruxelles, Ukraine, pays baltes, Allemagne). Ce livre est le fruit de ces expériences.

. Maurice Vaïsse, Diplomatie étrangères en mutation, Paris, ed. A. Pedone, 2019

Connaissez-vous la Farnesina, le MID, l’Itamaraty ? Ces noms mythiques sont ceux des ministères italien, russe, brésilien des Affaires étrangères, dont le portrait est tracé dans cet ouvrage avec ceux de l’Allemagne, du Canada, de la Chine, des Etats-Unis, du Japon, du Royaume Uni et de la Turquie. Car on parle de politique étrangère, de relations internationales et on méconnait généralement les acteurs et les outils diplomatiques.

Après le portrait du Quai d’Orsay, dressé dans "Diplomatie française, acteurs et outils depuis 1980" (Odile Jacob, 2018), il semblait indispensable d’étudier les principales diplomaties étrangères.

Or, celles-ci, confrontées à la mondialisation, ont subi de profondes transformations au cours de ces quarante dernières années, comme le Quai d’Orsay.

Au-delà de la description des institutions, cet ouvrage permet ainsi d’analyser les défis que ces diplomaties doivent relever, en particulier la prééminence des chefs d’Etat ou de gouvernement, et les réponses divergentes : d’un côté, des diplomaties occidentales affectées par des coupes budgétaires et un déclin des diplomates dans l’appareil d’Etat, de l’autre, des diplomaties des Etats émergents, pour lesquels elles sont un instrument de puissance. Il s’agit donc d’une plongée fascinante dans le monde discret des chancelleries.

. Jeffrey E. Cohen, The President on Capitol Hill. A Theory of Institutional Influence, Columbia, Columbia University Press, juin 2019.

Can presidents influence whether Congress enacts their agenda ? Most research on presidential-congressional relations suggests that presidents have little if any influence on Congress. Instead, structural factors like party control largely determine the fate of the president’s legislative agenda. In The President on Capitol Hill, Jeffrey E. Cohen challenges this conventional view, arguing that existing research has underestimated the president’s power to sway Congress and developing a new theory of presidential influence. Cohen demonstrates that by taking a position, the president converts an issue from a nonpresidential into a presidential one, which leads members of Congress to consider the president’s views when deciding how to vote. Presidential position taking also converts the factors that normally affect roll call voting—such as party, public opinion, and policy type—into resources that presidents can leverage to influence the vote. By testing all House roll calls from 1877 to 2012, Cohen finds that not only do presidents have more influence than previously thought, but through their influence, they can affect the substance of public policy. The President on Capitol Hill offers a new perspective on presidential-congressional relations, showing that presidents are not simply captives of larger political forces but rather major players in the legislative process.

. Louis Favreau, Lucie Fréchette, Solidarité internationale. Écologie, économie et finance solidaire, Québec, PUQ, mai 2019.

Dans l’espace public, l’aide humanitaire occupe la première place de la coopération internationale. Elle panse les dégâts de toutes les crises. Cependant, une autre partie de cette coopération invente des transitions vers un développement durable au Sud. La solidarité internationale, adossée au développement d’économies de proximité, est désormais à l’ordre du jour. Comment en effet répondre aux enjeux planétaires telles l’urgence écologique, la montée des inégalités, la mise à mal des démocraties et la présence d’intégrismes religieux comblant le vide actuel d’horizon collectif ? Comment accompagner des communautés de plus en plus laissées à elles-mêmes par les États ? Depuis une décennie, un double virage, écologique et économique, traverse la coopération. Cet ouvrage présente l’itinéraire d’organisations de coopération internationale (OCI), de coopératives, de groupes de producteurs agricoles et de syndicats qui ont pris ce tournant en tissant la toile d’une solidarité économique favorisant sécurité alimentaire, accès au crédit et lutte contre la précarité énergétique. Une solidarité misant sur la finance solidaire ouvre ainsi un nouvel espace des possibles : l’épargne du Nord soutenant des investissements socioéconomiques au Sud qui réinventent l’espoir. Fruit condensé d’un long parcours de deux chercheurs engagés depuis des décennies dans ce domaine, cet ouvrage intéressera les intervenants et décideurs de la coopération internationale (OCI, municipalités, collèges et universités), les organisations sociales sensibles aux collaborations avec leurs équivalents au Sud, ainsi que les étudiants en développement international, en organisation communautaire et, plus généralement, en sciences sociales.

. Matthieu Alfré, Christophe Chabert, Méthodologie de la cartographie. Le monde en cartes, Paris, Autrement, juin 2019.

Une méthode unique pour réussir ses cartes et croquis : acquérir les bons réflexes est essentiel pour aborder sereinement l’épreuve de création et de réalisation des cartes et croquis. Cet ouvrage donne toutes les clés pour élaborer une carte dans les conditions du concours. Un ouvrage pour comprendre les enjeux géopolitiques mondiaux : une analyse des enjeux mondiaux et régionaux pour réviser efficacement les grands repères géopolitiques. Chaque carte est accompagnée d’un commentaire qui éclaire sa construction : explication du sujet, justification de la problématique, architecture de la légende, mise en perspective du sujet.

. Olivier Duhamel, Martial Foucault, Mathieu Fulla, Marc Lazar, La Ve République démystifiée, Paris, Presses Sciences Po, juin 2019.

Elle est née en 1958. Son père s’appelait Charles. Il voulait créer des institutions stables face au « régime des partis ». Elle a été révisée à 24 reprises. Elle vit une relation d’amour-haine avec les Français. Qui est-elle ? La Cinquième République.Le portrait sans préjugés qu’en dressent ici économistes, historiens, politistes et juristes montre qu’en soixante ans d’existence, la Cinquième République n’a pu survivre qu’en se métamorphosant. Aujourd’hui, le chef de l’État, ce « monarque républicain », est contraint par son ubiquité et enserré dans les mailles de plus en plus étroites du droit. Le Parlement, derrière l’apparence d’inefficacité que renvoie la médiatisation déformée de ses débats publics, travaille et tire profit de prérogatives récemment élargies. Face à la mondialisation et au renforcement de la construction européenne, l’État a su se recomposer pour conserver son autorité. Loin de voler en éclats sous le choc de la dernière campagne présidentielle, le système des partis a entamé sa mue. Une vision démystifiée de la Cinquième République, pour mieux comprendre la relation ambiguë des Français avec leurs institutions et réfléchir à leur avenir.

. Pierre-Yves Beaurepaire, Atlas de l’Europe moderne. De la Renaissance aux Lumières, Paris, Autrement, mai 2019.

Cet atlas saisit, à l’échelle du continent européen et de ses colonies, les dynamiques et les bouleversements qui ont eu lieu pendant trois siècles, du XVIe au XVIIIe siècle : Les révolutions intellectuelles, les découvertes et innovations scientifiques. L’entrée dans les guerres modernes. L’ouverture au monde et l’exploration de nouveaux territoires. Grâce à près de 120 cartes, cet atlas permet de comprendre comment l’Europe s’est transformée d’un point de vue politique, économique et culturel.



. Alain Nonjon, Michel Nazet, Hugo Billard (coord.), Géopolitique des continents, cartes en couleurs réalisées par Christophe Chabert, Ellipses, 3e édition
Pour donner de l’épaisseur au programme ambitieux mais exaltant de Géopolitique des continents, les auteurs de cet ouvrage ont décidé de donner aux étudiants en deuxième année de prépas ECS des moyens proportionnés à ces ambitions.
Un unique volume qui couvre tout le programme, de façon synthétique… mais offrant un cours complet et une mise en avant des problématiques (trois ou quatre par chapitre) ;
Une maquette simple, axée sur ce qu’il faut retenir, les idées reçues dont il faut débattre, ce qu’il faut hiérarchiser dans le temps (des chronologies épurées), ce qui doit être évalué (chiffres clés), ce qui doit bien s’énoncer (lexique en fin d’ouvrage) ;
Des bibliographies commentées et ciblées : un ouvrage indispensable décrypté, des livres, des sites, des films…
Une préparation explicite aux quatre types d’exercices demandés aux candidats : des cartes croquis de synthèse conformes aux exigences des concours, des cartes commentées, des dissertations et des questions d’oral… rédigées et structurées.
Un ouvrage complet, à la hauteur du programme pour se préparer de façon efficace aux concours.

. Claude Gauvard, La France au Moyen Age du Ve au XVe siècle, Paris, PUF, juin 2019.

Quels sont les événements historiques qui inaugurent, jalonnent et clôturent le Moyen Âge français ? Comment un ensemble de régions dominées par les Francs devient-il progressivement le royaume de France ? Quelles sont les valeurs sur lesquelles s’est construite la société médiévale et quelle a été leur évolution ? Parcourant mille ans d’histoire française dans un style clair et précis, Claude Gauvard visite la France médiévale, de la fin de l’Empire romain d’Occident jusqu’au crépuscule du XVe siècle. Évoquant tour à tour les aspects économiques, politiques, mais aussi sociaux et culturels de la France médiévale, l’historienne démontre avec brio à quel point cette période, éloignée des stéréotypes négatifs issus de la Renaissance, a ses valeurs propres fondées sur l’honneur, tout en préfigurant déjà l’État moderne.

. Catherine Teitgen-Colly, Le droit d’asile, Paris, PUF, mai 2019.

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Droits de l’homme ont profondément transformé le droit d’asile. Conçu jusque-là comme un droit de l’État souverain d’accorder, sur son territoire, sa protection à qui il le souhaitait, il s’affirme désormais comme un « droit à l’asile ». Même si, en Europe, il relève de l’Union européenne, la souveraineté des États sur leur territoire n’en reste pas moins préservé. Il en résulte une tension fondamentale d’un droit qui est à la fois un droit de l’État et un droit de l’individu. Ce sont ces dynamiques et ces tensions que Catherine Teitgen-Colly s’attache à comprendre, en retraçant l’histoire du droit d’asile et en analysant les diverses modalités de sa mise en œuvre, mais aussi les interrogations qu’il suscite aujourd’hui. Elle n’ignore ni l’ampleur des débats qu’il provoque ni le défi qu’il incombe à l’Union européenne de relever pour le garantir.

. Hubert Védrine, Comptes à rebours, Paris, Fayard, mai 2019.

Quatrième opus rassemblant des textes d’Hubert Védrine, "Comptes à rebours" met en lumière les convulsions du monde (crises écologique, migratoire, démographique, etc.) et explore les scénarios possibles. Dans un contexte de désordre géopolitique, Hubert Védrine dresse un état des lieux lucide du temps présent : les Occidentaux ont perdu le monopole de la conduite des affaires d’un monde semi-chaotique, sans gouvernance globale et agité de soubresauts constants. Quelles sont les lignes de conflit à venir ? Comment les prévenir ? L’Union européenne et la France seront-elles à la hauteur de cette nouvelle donne géopolitique ? Pour répondre à ces questions, le détour par une analyse clairvoyante des bouleversements à l’œuvre, de la conjonction de crises qu’ils provoquent et des scénarios de sortie possibles s’impose. C’est ce que propose Hubert Védrine dans ce nouvel essai, suivi de ses interventions publiques majeures entre 2013 et 2018. Après "Face à l’hyperpuissance", "Le Temps des chimère"s et "Dans la mêlée mondiale", il met au jour, en responsable expérimenté, les contradictions et les enjeux de notre époque pour que nous prenions conscience des urgences.

. Kris Nelscott, Que la guerre soit avec nous ! , Paris, L’Aube, juin 2019.

Nous sommes en 1969, quelques mois après l’assassinat de Martin Luther King. Smokey Dalton se retrouve lancé sur les traces de Daniel Kirkland, boursier à ­l’université de Yale, qui a disparu alors que la contestation étudiante se développe en pleine guerre du Viêt-nam. Dalton ne se sent plus en sécurité à Chicago, où les gangs font régner la terreur. Se rendre à Yale avec son fils Jimmy, alors que commencent les vacances d’été, lui paraît donc une excellente idée. Mais, très vite, le voyage se transforme en une lente et inéxorable descente aux enfers. Kris Nelscott explore une période trouble – et violente – de l’histoire des États-Unis, celle des Weathermen, ces étudiants jusqu’au-boutistes qui se lancèrent dans le terrorisme à l’intérieur du territoire américain.

. Pascal Demurger, L’entreprise du XXIe siècle sera politique ou ne sera plus, Paris, L’Aube, juin 2019.

«  Ce livre n’a qu’une seule ambition. Celle d’inviter le lecteur à se projeter dans un monde aux antipodes du nôtre et qui, pourtant, est déjà en train d’éclore. Un monde auquel les entreprises, assumant leur responsabilité politique, contribueraient positivement, au-delà de leur seul apport économique. Ce n’est pas un monde idéalisé, une utopie inaccessible. Je le sais, car j’ai la chance de diriger une entreprise qui en fait partie. D’ailleurs, ni ma nature ni mes fonctions ne me portent à la rêverie ou à l’idéologie. Mais mon souhait est de témoigner, et plus encore de convaincre. Témoigner, car je mesure combien une entreprise peut servir le bien commun et combien cette contribution peut nourrir sa propre performance. Convaincre, car si ce qui est bon pour l’entreprise est bon pour le monde, alors il y a urgence à généraliser ce modèle.  »

. Simon Deschamps, Sociabilité maçonnique et pouvoir colonial dans l’Inde britannique (1730-1921), Bordeaux, PUB, mai 2019.

En 1730, une première loge maçonnique voit le jour au Bengale à Fort William, le comptoir fortifié à partir duquel opère la Compagnie anglaise des Indes orientales. Dès lors, les loges coloniales se multiplient si bien qu’en l’espace d’une décennie, la franc-maçonnerie britannique trouve un ancrage permanent sur le sous-continent indien. Sa rhétorique universaliste vise à promouvoir une véritable fraternité entre les hommes. Pourtant, les premières loges sont composées essentiellement de coloniaux et se font rapidement le relais de l’impérialisme britannique, qui postulait la supériorité naturelle du peuple colonisateur. Cette contradiction apparente entre rhétorique universaliste et participation à l’entreprise coloniale soulève un certain nombre de questions. Comment la franc-maçonnerie s’implante-t-elle et se diffuse-t-elle dans l’Inde britannique ? Accepte-t-elle d’initier les autochtones ? Quels liens entretient-elle avec l’impérialisme britannique ? Enfin, comment parvint-elle à s’accommoder des tensions générées par la contradiction entre son idéal d’universalisme et d’égalité, et son adhésion à l’impérialisme britannique ? L’Inde coloniale, de par son mode d’administration et la grande diversité de ses populations locales, constitue un terrain d’étude privilégié pour examiner les interactions entre la franc-maçonnerie et le pouvoir colonial. Cet ouvrage tente d’offrir de nouveaux éclairages sur le fonctionnement de la franc-maçonnerie tout en proposant une façon originale de penser l’impérialisme britannique, axée sur le rôle des institutions culturelles.

. Alex Zamalin, Struggle on Their Minds. The Political Thought of African American Resistance, Columbia, Columbia University Press, juin 2019.

American political thought has been shaped by those who fought back against social inequality, economic exclusion, the denial of political representation, and slavery, the country’s original sin. Yet too often the voices of African American resistance have been neglected, silenced, or forgotten. In this timely book, Alex Zamalin considers key moments of resistance to demonstrate its current and future necessity, focusing on five activists across two centuries who fought to foreground slavery and racial injustice in American political discourse. Struggle on Their Minds shows how the core values of the American political tradition have been continually challenged—and strengthened—by antiracist resistance, creating a rich legacy of African American political thought that is an invaluable component of contemporary struggles for racial justice. Zamalin looks at the language and concepts put forward by the abolitionists David Walker and Frederick Douglass, the antilynching activist Ida B. Wells, the Black Panther Party organizer Huey Newton, and the prison abolitionist Angela Davis. Each helped revise and transform ideas about power, justice, community, action, and the role of emotion in political action. Their thought encouraged abolitionists to call for the eradication of slavery, black journalists to chastise American institutions for their indifference to lynching, and black radicals to police the police and to condemn racial injustice in the American prison system. Taken together, these movements pushed political theory forward, offering new language and concepts to sustain democracy in tense times. Struggle on Their Minds is a critical text for our contemporary moment, showing how the political thought that comes out of resistance can energize the practice of democratic citizenship and ultimately help address the prevailing problem of racial injustice.

. Amos Gitaï, La caméra est une sorte de fétiche. Filmer au Moyen-Orient, Paris, Fayard, avril 2019.

Amos Gitaï est l’un des grands réalisateurs qui filme depuis plus de quarante ans la vie au Proche et au Moyen-Orient ; par la caméra, il ausculte au plus près les maux de sociétés israélienne et palestinienne et a su restituer la violence subies par les vies ordinaires, de part et d’autre, dans un conflit bloqué, enlisé, durci par des évolutions politiques mauvaises.
La caméra est une sorte de fétiche. Ce n’est pas seulement une machine à reproduire, capable de répliquer le mouvement, la couleur et la texture parallèlement à un dispositif d’enregistrement du son. C’est une machine qui a acquis, dans la seconde moitié du xxe siècle, le pouvoir d’un objet cérémoniel qui atteste que l’événement a réellement eu lieu. La caméra devient le chroniqueur de notre époque, elle est en ce sens le fétiche moderne par excellence. Filmer, c’est prendre une série de décisions qui déterminent non seulement ce qui sera inclus dans le cadre, mais aussi ce qui n’y sera pas. Cela signifie que nos choix comprennent une part de mise à distance.

. Dominique Moïsi, Leçons de Lumières, Paris, L’Observatoire, mai 2019.

« En novembre 1989, je revenais de Berlin avec un petit bout du Mur qui trônait
triomphalement sur mon bureau. J’y voyais le symbole de la réconciliation entre mes trois identités : française, européenne et juive. Aujourd’hui c’est à travers ma triple identité de géopoliticien attaché à la paix, de citoyen amoureux de la démocratie et d’humaniste qui voit en l’Europe la clé de la liberté que j’ai écrit cet appel à la jeunesse européenne. Il ne s’agit pas de s’indigner, mais de se réveiller. Face aux crises actuelles, il n’existe qu’une seule réponse, l’Europe ; qu’une seule arme, l’esprit des Lumières. »

. Gunter Pauli, L’Economie bleue 3.0, Paris, L’Observatoire, mai 2019.

Le livre phare de Gunter Pauli, créateur du concept d’« économie bleue », qui s’inspire des écosystèmes naturels pour résoudre les crises économique, sociale et écologique. Pour l’entrepreneur Gunter Pauli, il est possible de révolutionner notre consommation et nos moyens de production tout en protégeant la nature. Son business model ? La nature elle-même ! Observer les phénomènes naturels, en comprendre le fonctionnement et les imiter afin d’apprendre à mieux cultiver et consommer ce que notre planète produit déjà sont en effet la clé de notre futur. Et cela fonctionne ! Créateur du concept novateur d’« économie bleue », Gunter Pauli donne ici des centaines d’exemples d’initiatives qui créent sans déchets, génèrent des emplois, et vont au-delà de la préservation ou de la conservation, car l’économie bleue ne recycle pas, elle régénère.

. Marion van Renterghem, Mon Europe, je t’aime moi non plus, Paris, Stock, mai 2019.

Il y a trente ans, je n’avais pas trente ans, le mur de Berlin tombait et on croyait à la fin de l’histoire. La démocratie allait enfin gagner l’Europe entière. Internet arrivait, le monde s’offrait en accès libre, c’était excitant, c’était beau. Trente ans plus tard, l’Europe promise comme un modèle de civilisation est traversée par des lignes de fractures, des sociétés coupées en deux, une agitation nationaliste et populiste nourrie par la peur, le malaise, le ressentiment. Qu’est-ce qui se passe ? De Budapest à Londres, Marion Van Renterghem a parcouru cette Europe d’humeur sombre. Elle a vu et écouté autant de citoyens ordinaires que de dirigeants politiques - un ministre de Viktor Orbán, une Présidente balte aux prises avec Vladimir Poutine, la première ministre d’Écosse, Tony Blair ou Emmanuel Macron. Son livre est un portrait vif, inquiet et facétieux, de ce que nous sommes en train de vivre : un moment-clé de notre histoire.

. Xavier Ragot, Civiliser le capitalisme, Paris, Fayard, avril 2019.

Il nous faut repenser le libéralisme économique pour réduire l’insécurité économique et défendre la démocratie. Une assurance chômage européenne et une gestion internationale des dettes publiques peuvent civiliser l’économie mondiale, comme nous l’avons fait avec nos États providence nationaux. La crise économique mondiale fait maintenant place à des crises politiques nationales, au retour des frontières et des murs. Cette situation est au moins en partie le résultat d’une sous-estimation des instabilités du capitalisme. Nos Etats providence ont permis de civiliser les capitalismes nationaux. Ils sont de plus en plus présents, sans réellement limiter les risques et inégalités issus de la mondialisation. S’appuyant sur l’histoire économique et sociale, aussi bien que sur une claire analyse du contexte économique contemporain, ce livre explore la possibilité d’une autre relation entre l’économie et la politique, en élargissant l’espace des solidarités. Il propose en particulier la création d’une assurance chômage européenne, compatible avec les systèmes nationaux et s’appuyant sur l’expérience des Etats-Unis. Contre le seul repli national, il existe un chemin économiquement cohérent pour préserver nos Etats providence.


Livre recommandé par Diploweb en juin 2019

. Ben Macintyre, L’espion et le traitre, traduit de l’anglais par Henri Bernard, Paris, éd. de Fallois, mai 2019.

Pierre Verluise, Fondateur du Diploweb.com : "Voici un ouvrage de référence pour approcher les coulisses du renseignement durant la fin de la Guerre froide. Documenté autant que peut l’être un récit public en la matière, écrit avec talent, traduit avec virtuosité, voici l’assurance d’excellents moments de lecture. Mieux qu’un enseignant ne saurait souvent le faire, B. Macintyre fait sentir l’ambiance singulière d’une époque majeure du XXe s. Félicitations aux éditions de Fallois pour cette belle publication.".

4e de couverture

On compte sur les doigts de la main les espions qui ont influé sur le cours de l’histoire. Le protagoniste du récit qu’on va lire, Oleg Gordievsky, est l’un d’entre eux

Tous ceux qui s’intéressent au monde du renseignement le savent déjà parfaitement, mais il demeure peu connu du grand public, en France en particulier.

L’Espion et le Traître permet à chacun de prendre la juste mesure de cette personnalité exceptionnelle.

Ce récit véridique qui égale et parfois dépasse en vigueur et en intensité les plus célèbres « thrillers » de John le Carré ou de Ian Fleming, s’est imposé l’an dernier en Angleterre comme la plus grande histoire d ‘espionnage de la Guerre froide.

Oleg Gordievsky, son héros, né à Moscou en 1938, vit aujourd’hui sous la protection des autorités britanniques avec un nom d’emprunt, dans le plus strict incognito. On comprendra aisément pourquoi au vu de son parcours.

Né dans une famille qui a fourni au KGB quelques-uns de ses plus fidèles serviteurs, il passe avec succès les épreuves qui donnent accès au prestigieux service secret soviétique. Une brillante carrière s’ouvre devant lui, celle, précisément, qui portera au sommet du pouvoir l’un de ses cadets, Vladimir Poutine (qu’il croisera d’ailleurs à ses débuts).

Mais la construction du mur de Berlin, les événements de Tchécoslovaquie, les tensions qui commencent à miner le monde soviétique lui inspirent quelques doutes sur la nature du régime dont son père et son frère aîné ont fait un modèle idéal. L’« Occident » l’intrique et l’attire.

À la faveur de ses premières affectations, dans les pays scandinaves, il ne tardera pas à entrevoir quelques-unes de ces réalités que la Pravda cache à ses lecteurs. Un pas de plus, et il prêtera une oreille attentive sinon complaisante aux propos engageants de quelques représentants des services secrets de Sa Majesté, le fameux MI6.

Il servira bientôt deux Maîtres : le faux, celui de Moscou, et le vrai, celui de Londres.

Son « Retournement » devient effectif au début des années 70. Dès lors, il ne cessera de procurer aux Anglais les renseignements les plus précieux sur le fonctionnement du KGB, sur l’état d’esprit des dirigeants soviétiques et sur les réseaux qu’ils entretiennent en Occident. En contrepartie, Londres lui fournira – avec mesure mais avec discernement – les informations qui peuvent le faire valoir auprès de sa hiérarchie.

Gordievsky parvient à maîtriser à la perfection les règles, mortelles pour les maladroits, de ce double jeu. Il parvient à un rang éminent au sein de l’ambassade d’URSS à Londres.

Jusqu’au jour où le KGB commence à être intrigué par les expulsions en rafales de ses « diplomates » , par les mésaventures de ses « compagnons de route » et par les hécatombes qui déciment ses réseaux. C’est un agent américain à leur solde, Aldrich Ames, qui, sans identifier immédiatement Gordievsky – car les Anglais n’ont jamais témoigné d’une confiance immodérée pour la CIA –, les mettra sur la piste de la taupe londonienne.

Rappelé à Moscou sous le prétexte d’une fallacieuse promotion, Gordievsky comprend que la partie est pour lui fort mal engagée. Il sait ce qui l’attend sans doute en guise de promotion : quelques séances de torture conclues par une balle dans la nuque. Il décide néanmoins d’affronter le Minotaure, parfaitement conscient de s’engager dans un voyage probablement sans retour.

Les Britanniques, reconnaissant leur dette à son égard, tiennent à sa disposition un plan d’évasion. Ce sera l’opération Pimlico, dont les chances de succès paraissent infimes : semer en plein Moscou les limiers du KGB, gagner un hypothétique refuge au nord de Leningrad, être « repêché » par un diplomate britannique et passer la frontière russo-finlandaise dans le coffre arrière de sa voiture. À première vue, c’est un défi au bon sens .

C’est le récit haletant de cet extravagant plan d’évasion qui occupe les derniers chapitres. Aucun bookmaker n’aurait misé un penny sur le succès de l’opération Pimlico. Et pourtant elle réussira.

Passé à l’Ouest, Gordievsky deviendra, en matière de relations avec la Russie soviétique, l’un des plus précieux conseillers de Margaret Thatcher et de Ronald Reagan.

L’intérêt de ce livre ne réside pas simplement dans la narration parfaitement maîtrisée de quelques épisodes spectaculaires.

Il nous fait vivre la réalité de ce « métier » environné de fantasmes mais aussi et surtout il nous fait pénétrer dans les coulisses les plus reculées de la vie diplomatique, là où se décide le sort de la Paix et de la Guerre.


. André Gorz, Penser l’avenir. Entretien avec François Noudelmann, Paris, La Découverte, mai 2019.

Penseur singulier, inspiré notamment par Jean-Paul Sartre, André Gorz (1923-2007) pose sans relâche la question fondamentale du sens de la vie et du travail, maintenant le cap sur la liberté et l’émancipation du sujet. Existentialiste, marxiste atypique, anticapitaliste, il est aussi l’un des premiers artisans de l’écologie politique. Au fil du temps, ses réflexions ont porté sur l’aliénation de l’homme contemporain, la question du travail à l’époque de l’automatisation, la libération de la vie tandis que s’imposaient l’urgence écologique et la nécessaire décroissance, la précarité et le dépassement du salariat. Une pensée audacieuse qui refuse le conformisme et le confort de positions établies pour explorer de nouveaux champs et rendre à l’humain toute sa place.
En 2005, François Noudelmann a mené un long entretien avec le philosophe, pour partie diffusé sur France Culture. Penser l’avenir restitue la totalité de ces échanges qui revisitent le parcours de Gorz, et offrent une introduction accessible à son œuvre.


Université Paris II. Centre Thucydide Ouvrages présélectionnés pour le Prix Albert Thibaudet 2019

Le Jury du prix Albert Thibaudet s’est réuni le 15 avril 2019. Il a établi la liste des ouvrages présélectionnés pour 2019. Le prix sera attribué le 3 juin, après délibération sur les rapports des membres concernant ces différents ouvrages.

Liste des ouvrages présélectionnés :

– BENTEGEAT Henri, Chefs d’Etat en guerre, Perrin, 2019

– BRUNETEAU Bernard, Combattre l’Europe, De Lénine à Marine le Pen, CNRS Editions, 2018

– COLON David, Propagande, La manipulation de masse dans le monde contemporain, Belin, 2019

– ERBLAND Brice, Robots tueurs, Que seront les soldats de demain, Armand Colin, 2018

– FILIU Jean-Pierre, Main basse sur Israël, Netanyahu et la fin du rêve sioniste, La découverte, 2019

– GODEMENT François, VASSELIER Abigaël, La Chine à nos portes, Une stratégie pour l’Europe, Odile Jacob, 2018

– GOMART Thomas, L’affolement du Monde, Taillandier, 2019

– GOYA Michel, Les Vainqueurs, Comment la France a gagné la Grande guerre, Taillandier, 2018

– HADDAD Benjamin, Le paradis perdu ? L’Amérique de Trump et la fin des illusions européennes, Grasset 2018

– LAÏDI Ali, Le droit, Nouvelle arme de guerre économique, Comment les Etats-Unis déstabilisent les entreprises européennes, Actes Sud, 2019

– LORRAIN Pierre, L’Ukraine, Une histoire entre deux destins, Bartillat, 2019

– De la MAISONNEUVE Eric, Les défis chinois, La Révolution Xi Jinping, Editions du Rocher, 2018

– PELLISTRANDI Benoît, Le labyrinthe catalan, Desclée de Brouwer, 2019

– SBAÏ Jalila, La politique musulmane de la France, Un projet chrétien pour l’Islam ? 1911-1953, CNRS Editions, 2018

– TANDONNET Maxime, André Tardieu, L’incompris, Perrin, 2019


. Laura Ulonati, Une histoire italienne, Paris, Gallimard, mai 2019.

« À son grand étonnement, il sottotenente Mancuso vivait fort mal cette guerre, plus prodigue en déconvenues qu’en aventures homériques. Désormais éloignée de ses bases arrière érythréennes, la troupe manquait de tout et ne progressait qu’avec une lenteur extrême à travers les paysages calcinés du Tigré.
Mancuso luttait à chaque instant pour ne pas tomber de son cheval, cette méchante carne qu’il talonnait avec d’autant plus de hargne qu’il voyait les askaris, impassibles, marcher dans cette intolérable fournaise sans même ciller. Sa peau, horriblement cloquée sous la morsure du solleone – ce soleil-lion affamé –, ressemblait désormais à cette terre craquelée d’où rien ne semblait devoir pousser, hormis le fléau des puces et des tiques qui le harcelaient sans répit. » De sa jeunesse vouée au culte de Mussolini, en passant par la seconde guerre d’Abyssinie, jusqu’à son retour en Italie et au désenchantement, le parcours d’Attalo Mancuso dresse un portrait exemplaire d’une époque. Presque un devoir de mémoire, contre l’insouciance des gens comme il faut pour qui tout cela était normal.

. Laurent Gaudé, Nous, l’Europe. Banquet des peuples, Paris, Actes Sud, mai 2019.

L’Europe, l’ancienne, celle d’un vieux monde bouleversé par la révolution industrielle, et l’Union européenne, belle utopie née sur les cendres de deux grandes guerres, sont l’alpha et l’oméga de ce texte en vers libres relatant un siècle et demi de constructions, d’affrontements, d’enthousiasmes, de défaites et d’espoirs. À l’heure où certains doutent, où d’autres n’y croient plus, ce récit européen humaniste rappelle qu’une mémoire commune, même douloureuse, est un ferment d’avenir. C’est donc d’une plume ardente que Laurent Gaudé compose une épopée invitant à la réalisation d’une Europe des différences, de la solidarité et de la liberté.

. Michaël Darmon, La politique est un métier, Paris, L’Observatoire, mai 2019.

La machine élyséenne s’est enrayée. Comment les crises qui jalonnent le quinquennat d’Emmanuel Macron ont-elles été gérées au Palais ? Emmanuel Macron ne porte plus l’espoir de la révolution démocratique pour laquelle il a été élu. Son projet de transformation est bloqué par une mobilisation inédite, sa popularité chute et les erreurs de communication ne font qu’augmenter la défiance vis-à-vis de l’exécutif. En l’espace d’une année, la confiance que les Français plaçaient en lui a volé en éclats. Au cœur de l’Élysée, centre de toutes les décisions, cette enquête révèle les raisons cachées du dérèglement : démissions au gouvernement, tensions au sein du cabinet, l’exercice vertical du pouvoir s’est retourné contre le président de la République. Celui qui voulait être le « maître des horloges » tente désormais de rattraper un tempo qui lui a échappé. La seconde partie du quinquennat s’ouvre sur cette interrogation : Emmanuel Macron est-il le premier représentant d’un monde nouveau ou le dernier du monde d’avant ? Alors qu’il avait cru pouvoir les contourner, le jeune président est allé à la rencontre des élus de cette ancienne ère. Michaël Darmon dresse le portrait en creux d’un président isolé, en quête de méthode, et qui, face aux épreuves, a compri que la politique est un métier.

. Pierre Odin, Pwofitasyon. Luttes syndicales et anticolonialisme en Guadeloupe et en Martinique, Paris, La Découverte, mai 2019.

Lorsque survinrent, au début de l’année 2009, de vastes mouvements de grève générale contre la vie chère à l’appel du Liyannaj Kont Pwofitasyon en Guadeloupe et du Kolectif 5-Févrié en Martinique, nombreuses furent les réactions d’étonnement face à la radicalité, l’ampleur et la durée de ces deux mobilisations. Que pouvait-il donc y avoir de si intolérable dans la cherté de la vie pour que, par milliers, les Antillais cessent le travail, descendent dans la rue et occupent les places ? Peu comprenaient, de l’extérieur, la volonté farouche de quelques organisations de travailleurs venues dénoncer la pwofitasyon, cette « exploitation outrancière, capitaliste et colonialiste », en exhibant publiquement les rouages les plus secrets de la machine qui semblait s’être alors enrayée. S’appuyant sur une enquête sociologique et historique mêlant entretiens, observations de terrain et travail dans les archives, cet ouvrage revient sur le rôle du syndicalisme dans les mobilisations en Guadeloupe et en Martinique, depuis la période tumultueuse des luttes révolutionnaires et anticolonialistes des années 1960-1970 jusqu’à nos jours, et sur la grève générale de l’hiver 2009, moment demeuré ouvert à tous les possibles.

. Quentin Jardon, Alexandria. Les pionniers oubliés du web, Paris, Gallimard, mai 2019.

« Je traque un homme depuis plusieurs mois. Sans relâche. Comme un chasseur affamé. Cet homme s’appelle Robert Cailliau. Il fuit les journalistes, il refuse les conférences, il se méfie comme de la peste de la moindre photo de lui qui pourrait se retrouver sur Facebook. Il veut juste disparaître des radars. À cette fin, il s’est retranché chez lui, dans les vastes forêts du Jura, à quelques kilomètres de Genève, là où tout a commencé il y a trente ans. » Seul homme à avoir cru dans la proposition d’un jeune Anglais. Tim Berners-Lee, consistant à créer un système d’informations partagé, le World Wide Web, Robert passe aussi, parfois, pour le co-inventeur d’une des plus grandes révolutions dans l’histoire de l’humanité. En remontant aux origines du Web, avant le règne de Google, Facebook, Instagram et Amazon, avant les désillusions et les empoignades, avant la ruée vers l’or, avant que l’Amérique s’en mêle, Quentin Jardon nous raconte la dernière utopie du XXe siècle.

. Sylvia Desazars de Montgailhard, Espagne. Les défis d’une démocratie, Paris, Henry Dougier, mai 2019.

Pendant ces quatre dernières décennies, l’Espagne a connu des mutations majeures. Elle s’est enrichie, sécularisée, européanisée, mondialisée, métissée, tout en conservant ses traits distinctifs : le sens de la famille et une façon de vivre solaire et chaleureuse, qui a su résister aux crises économiques successives et aux assauts du terrorisme, etarra puis djihadiste. Malgré ses succès évidents, la démocratie espagnole connaît aujourd’hui une véritable crise de la quarantaine : l’unité nationale et la pérennité de la monarchie sont remises en cause.
L’auteure retrace ici l’évolution du pays depuis 1978 et déchiffre ses nouveaux défis en donnant la parole à 12 grands témoins parmi lesquels José Luis Rodríguez Zapatero, ancien président du gouvernement ou Javier Solana, ministre de Felipe González puis secrétaire général de l’OTAN.

. Candice Nedelec, Parce qu’elles viennent de loin, Paris, Fayard, mai 2019.

Anne Hidalgo, Rama Yade, Sibeth Ndiaye, Najat Vallaud-Belkacem, Myriam El Khomri et Raquel Garrido ont débarqué en France durant leur enfance ou leur adolescence. Pour ce livre, elles ont confié à Candice Nédelec leurs souvenirs d’immigrées, l’intégration de leurs parents et la leur, leur volonté de prendre la nationalité française et leur désir de s’investir en politique. Elles sont anciennes ministres, maire de Paris, leaders de formations politiques, conseillère présidentielle. A priori, rien ne les prédestinait à de telles carrières. Nées à l’étranger, Anne Hidalgo, Rama Yade, Sibeth Ndiaye, Najat Vallaud-Belkacem, Myriam El Khomri et Raquel Garrido sont arrivées en France durant leur enfance ou leur adolescence. Pour ce livre, elles ont raconté à Candice Nedelec leurs souvenirs d’immigrées, la gifle du racisme, l’intégration de leurs parents et la leur, leur relation à la laïcité, leur entêtement à prendre la nationalité française et leur désir, enfin, de s’investir en politique. Des parcours singuliers qu’elles évoquent souvent pour la première fois.
Retour sur des itinéraires parfois très différents mais qui ont abouti à un processus commun : s’emparer des valeurs de la République pour infléchir le cours du destin et faire mentir les idées reçues.

. Frédéric Mauro, Olivier Jehin, Défendre l’Europe, Paris, Nuvis, avril 2019.

Porteuse d’une idée de dignité, d’indépendance et de liberté, l’idée d’une défense européenne mérite aujourd’hui d’être étudiée et débattue. C’est l’ambition de cet ouvrage.

. Marcel Dorigny, Jean-François Klein, Jean-Pierre Peyroulou, Pierre Singaravelou, Marie-Albane de Suremain, Fabrice Le Goff, Grand Atlas des empires coloniaux. Premières colonisations, empires coloniaux, décolonisations (XVe-XXIe siècles), Paris, Autrement, mai 2019.

Six siècles d’histoire, des premières colonisations à l’héritage colonial d’aujourd’hui. Nourri des apports les plus récents de l’historiographie, cet ouvrage permet de prendre la pleine mesure de l’histoire des colonisations, du XVe au XXIe siècle, tout en portant une attention particulière aux colonisés. Le déploiement sans précédent de cette conquête « civilisatrice », rapidement destructrice, qui a fondé de vastes empires coloniaux sur la traite négrière et l’esclavage. Les Empires s’étendent aux Amériques, à l’Afrique et à l’Asie pour connaître leur apogée au XIXe et au début du XXe siècle avant de s’écrouler aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale. Le phénomène des décolonisations, trop souvent réduit à la lutte pour l’indépendance politique, révèle une émancipation économique, des luttes sociales et de grands leaders. Projet d’histoire globale et connectée, cet atlas est riche de plus de 370 cartes et infographies originales qui en font un ouvrage de référence indispensable pour les étudiants comme pour les amateurs d’histoire.

. Michel Bertrand, L’Amérique ibérique. 1492-1708, Paris, Armand Colin, juin 2019.

Des premières découvertes espagnoles et portugaises du XVe siècle à la fin du XVIIIe siècle, cet ouvrage dresse le tableau de l’Amérique ibérique et de la société coloniale qui y est née. Après la morbidité de la conquête et des deux premiers siècles de la colonisation, des conditions démographiques favorables s’imposent, entre autres avec la présence toujours plus importante d’une main-d’œuvre esclave afro-américaine, qui permettent l’affirmation d’une nouvelle Amérique, métissée et urbaine. L’auteur explore sur trois siècles le monde colonial à travers les stratégies et les comportements des acteurs sociaux, les cadres d’activité et de vie, les courants religieux et philosophiques, les orientations économiques ainsi que la montée de l’opposition entre Créoles et Péninsulaires. Enfin, il interroge les révoltes, qui fleurissent au XVIIIe siècle, prémices des grands élans indépendantistes, et marquées par une grande diversité de natures et de motivations, comme aussi le poids de la révolution française qui va peser très lourd dans les ambiguïtés politiques des élites de l’Amérique ibérique et sapera les fondements de l’ordre colonial.

. Pierre-Yves Beaurepaire, Cyrille Suss, Atlas de l’Europe moderne. De la Renaissance aux Lumières, Paris, Autrement, mai 2019.

Cet atlas saisit, à l’échelle du continent européen et de ses colonies, les dynamiques et les bouleversements qui ont eu lieu pendant trois siècles, du XVIe au XVIIIe siècle : Les révolutions intellectuelles, les découvertes et innovations scientifiques, l’entrée dans les guerres modernes, l’ouverture au monde et l’exploration de nouveaux territoires. Grâce à près de 120 cartes, cet atlas permet de comprendre comment l’Europe s’est transformée d’un point de vue politique, économique et culturel.

. Roger Lenglet, Psychotropes et tueries de masse, Paris, Actes Sud, mars 2019.

Lanceur d’alerte chevronné, Roger Lenglet enquête ici sur les effets secondaires des médicaments psychotropes (hypnotiques et antidépresseurs) prescrits massivement.
Et si ces traitements participaient à la prolifération des coups de folie meurtriers, ces démences qui voient des gens ordinaires métamorphosés en tueurs enragés et suicidaires (pilotes de ligne, soldats, étudiants, automobilistes et mêmes adolescents menant des assassinats collectifs dans les écoles) ? Il lève aussi le voile sur les substances distribuées aux combattants de tous bords (militaires, terroristes, enfants soldats.) pour les rendre toujours plus endurants, insensibles et agressifs jusqu’à tuer sans remords. Des substances transformant les êtres humains en armes vivantes ou en marionnettes. La puissance destructrice de ce marché juteux n’a encore jamais fait l’objet d’une recherche aussi vaste. Celle-ci aborde non seulement de grandes affaires criminelles françaises, mais aussi quelques secrets du complexe militaro-industriel. En s’appuyant sur des études médico-scientifiques et des documents historiques explosifs, Roger Lenglet cherche des pistes d’action contre la banalisation, le trafic et les prescriptions non contrôlées de ces médicaments capables de fabriquer des tueurs.

. Thierry Noël, La Guerre des cartels. Trente ans de trafic de drogue au Mexique, Paris, Vendémiaire, juin 2019.

Chaque mois, plus de 2 500 personnes sont assassinées au Mexique. Des villes sont transformées en champs de bataille, que des bandes ennemies parsèment de signaux macabres adressés à leurs adversaires : corps décapités, démembrés, pendus sous des ponts… On n’en finit plus de découvrir des charniers où les cadavres de civils sont laissés à l’abandon. La violence semble avoir atteint dans l’ensemble du pays un paroxysme que même la mobilisation de l’armée peine à empêcher. Tandis que partout les trafiquants, les narcos, affichent leurs richesses, armes à la crosse dorée à l’or fin à la main, que des chansons populaires sont composées à leur gloire et que les plus célèbres d’entre eux, tels Joaquín Guzmán Loera, dit El Chapo, ont acquis une réputation légendaire. Comment en est-on arrivé là ? Pour la première fois, un historien français remonte aux racines du mal, depuis la fin des années 1970 et le déferlement de la cocaïne colombienne jusqu’à la constitution de cartels organisés en véritables multinationales de la drogue, infiltrant tous les rouages de l’État. En leur sein, les narcos se battent sans merci pour imposer leur autorité. Faisant du pays le théâtre d’une guerre civile qui ne dit pas son nom et totalise à ce jour plusieurs centaines de milliers de victimes.

. Christian Gollier, Le climat après la fin du mois, Paris, PUF, mai 2019.

L’humanité a rendez-vous avec son destin. L’exploitation des énergies fossiles qui a fondé notre prospérité nous met désormais en péril. Production de gaz à effet de serre, consommation énergétique à outrance, il devient urgent d’opérer un changement profond de notre mode de vie. Pour gagner cette guerre mondiale contre les dérèglements climatiques, d’indispensables sacrifices sont nécessaires, à commencer par l’application du principe pollueur—payeur. Les Français y sont-ils prêts ? Si la fin du mois passe avant la fin du monde, la responsabilité des citoyens envers les générations futures est cependant déjà engagée.
Loin des sentiers battus, Christian Gollier exprime ses espoirs et ses doutes quant à notre capacité à relever le défi climatique. S’il dresse un constat implacable, il propose aussi des solutions économiques concrètes pour préserver l’avenir de tous.

. Jacques Brasseul, Petite histoire des faits économiques. Des origines à nos jours, Paris, Armand Collin, mai 2019.

L’histoire économique a connu un renouveau depuis un demi-siècle grâce à l’analyse économique, aux théories institutionnalistes et aux approches globales. Cette nouvelle édition, revue et actualisée, présente, en s’appuyant sur ces acquis, une version synthétique de l’évolution économique du monde depuis l’origine des civilisations jusqu’aux premières décennies du XXIe siècle. Elle aborde en premier lieu les problèmes de la discipline elle-même, puis remonte à la fin de la préhistoire pour exposer de façon chronologique les traits de l’économie antique, puis médiévale, avant d’arriver aux Temps modernes et à la révolution industrielle. Le livre insiste ensuite sur l’évolution au XIXe siècle, l’extension de l’industrialisation et les mutations économiques et sociales qu’elle entraîne, puis la mondialisation d’avant 1914.
Le XXe siècle et la période actuelle font l’objet des derniers chapitres, depuis les guerres mondiales, la crise de 1929 et la montée des totalitarismes jusqu’à l’évolution plus favorable qui suit : paix globale, montée des échanges, intégration de l’Europe, nouvelle révolution technologique et développement au Sud, avant d’aborder les difficultés actuelles, depuis la crise de 2008.

. Jean-Samuel Beuscart, Éric Dagiral, Sylvain Parasie, Sociologie d’internet, Paris, Armand Collin, mai 2019.

Comment internet, désormais intimement lié à nos existences, modifie-t-il nos façons de se rencontrer, de travailler, de militer, de consommer ou de se cultiver ? Structuré en chapitres thématiques – interactions, sociabilités, médias, politique et économie –, le présent ouvrage revisite les promesses d’internet en matière de démocratisation, de transparence et d’empowerment des individus. Enfin, il fait également le point sur les méthodes d’enquêteque permet nternet.

. John F. Marra, Hot Carbon. Carbon-14 and a Revolution in Science, Columbia, Columbia University Press, juin 2019.

There are few fields of science that carbon-14 has not touched. A radioactive isotope of carbon, it stands out for its unusually long half-life. Best known for its application to estimating the age of artifacts—carbon dating—carbon-14 helped reveal new chronologies of human civilization and geological time. Everything containing carbon, the basis of all life, could be placed in time according to the clock of radioactive decay, with research applications ranging from archeology to oceanography to climatology. In Hot Carbon, John F. Marra tells the untold story of this scientific revolution. He weaves together the workings of the many disciplines that employ carbon-14 with gripping tales of the individuals who pioneered its possibilities. He describes the concrete applications of carbon-14 to the study of all the stuff of life on earth, from climate science’s understanding of change over time to his own work on oceanic photosynthesis with microscopic phytoplankton. Marra’s engaging narrative encompasses nuclear testing, the peopling of the Americas, elephant poaching, and the flax plants used for the linen in the Shroud of Turin. Combining colorful narrative prose with accessible explanations of fundamental science, Hot Carbon is a thought-provoking exploration of how the power of carbon-14 informs our relationship to the past.

. Lila Caimari, La cité du crime. Buenos Aires, 1880-1940, Paris, CNRS Editions, mai 2019.

Buenos Aires, la cité du crime. Ville portuaire aux bas-fonds menaçants, trottoirs aux mains des pickpockets, arrière-cours transformées en coupe-gorge, parfum de débauche et de transgression… De la Belle Époque à la fin des années 1930, la capitale argentine a joué à se faire peur. Chaque matin, la presse populaire inonde la ville d’histoires imprégnées de sang frais, pour la plus grande délectation d’un public à la recherche de sensations fortes. C’est cette relation collective à la peur, cette curiosité morbide attisée par les titres à grand tirage, le cinéma, la radio, qu’étudie Lila Caimari dans cet essai à mi-chemin entre l’histoire des mentalités et l’anthropologie du crime. Figures du cambrioleur, de l’arnaqueur, de l’anarchiste, du « pistolero », du criminel « passionnel »… Autant de constructions sociales donnant à lire l’imaginaire d’une société qui, à travers ces modèles, révèle ses propres hantises face à l’immigration massive, le matérialisme, l’affaiblissement de la religion, les changements dans la morale sexuelle… Autant d’enjeux venant éclairer à nouveaux frais les formes du contrôle social et les entrelacements noués entre peur du crime et critiques de la modernité.

. Adrien Louis, Leo Strauss, philosophe politique, Paris, CNRS Editions, mai 2019.

Leo Strauss (1899-1973) est certainement un penseur majeur du XXe siècle. Lui qui a rouvert des procès jugés depuis longtemps – la querelle des Anciens et des Modernes, ou encore l’opposition entre la raison et la révélation – fait l’objet de commentaires contradictoires, le présentant comme un penseur tantôt fondamentalement apolitique, uniquement soucieux de redonner sens à la vie philosophique, tantôt secrètement politique, servant les forces les plus conservatrices des États-Unis. Ce livre entreprend d’abord de retrouver en Strauss un des philosophes politiques les plus stimulants de son siècle, c’est-à-dire un philosophe soucieux de comprendre et d’éclairer les phénomènes politiques. Il faut toutefois convenir qu’abordée sous cet angle, son œuvre présente un singulier paradoxe. Car si Strauss plaide avec force pour un retour à la compréhension classique des régimes politiques, il se montre en même temps très réticent à analyser les différents régimes et clivages du monde moderne. Plus étonnant encore, alors qu’il en appelle à une science politique qui soit fidèle à l’appréhension citoyenne des phénomènes, il ne cesse de relativiser, à propos de son époque, les différences entre communistes, progressistes et conservateurs. En somme, entre sa conception de la bonne science politique, et sa manière presqu’apolitique de traiter de la modernité, il existe un déroutant hiatus. C’est ce problème plus spécifique que nous explorons ici.

. Danièle Sallenave, Jojo, le Gilet jaune, Paris, Gallimard, avril 2019.

Il y a ce que disent les Gilets jaunes. Il y a surtout ce qu’ils révèlent. Cette manière de parler d’eux, dans la presse, les médias, les milieux politiques, sur les réseaux sociaux ! Une distance, une condescendance, un mépris. Au miroir du mouvement des Gilets jaunes, l’élite politique, intellectuelle, culturelle a laissé voir son vrai visage. Début janvier 2019, le président promet d’éviter ces « petites phrases » qui risquent d’être mal interprétées, mais il rechute aussitôt. Les médias ne devraient pas, dit-il, donner sur leurs antennes « autant de place à Jojo le Gilet jaune qu’à un ministre ». Ainsi se révèlent l’étendue et la profondeur de la fracture qui sépare les « élites » des « gens d’en bas ». Fracture géographique, économique, politique et sociale. Et surtout fracture culturelle, entre les habitants des grandes villes, et tous les autres.
La violence et les embardées de langage de quelques-uns ont jeté le discrédit sur les Gilets jaunes. Il ne faudrait pas qu’une élite, assurée de sa légitimité, en tire argument pour occulter la force d’un mouvement qui a fait entendre une exigence de justice et d’égalité, parfois confuse, mais toujours profondément démocratique. Retrouvant ainsi l’inspiration des grands sursauts populaires qui ont marqué notre histoire.

. Didier Noyé, Résolution de conflits. 45 fiches opérationnelles, Paris, Eyrolles, mai 2019.

Pratique et basé sur l’expérience, ce guide opérationnel complet aborde en 45 fiches les outils, techniques et stratégies qui fonctionnent pour faire face à un conflit, développer une communication apaisée et restaurer une relation constructive. Mieux comprendre les situations conflictuelles et la dynamique des conflits. Prendre en compte la dimension émotionnelle et adaptez vos réactions. Gérer méthodiquement les conflits pour en obtenir une résolution précoce et positive. Mobiliser les ressources qui aident à régler ces situations de tension. Créer un contexte favorisant la prévention des conflits.

. Ece Temelkuran, Comment conduire un pays à sa perte, Paris, Stock, avril 2019.

« Comment et pourquoi un populiste sans pitié, avec l’aide d’une bande de sympathisants toujours plus nombreux, a pu mettre fin à la démocratie turque au cours de la nuit du 15 juillet 2016, est une histoire longue et compliquée. Le propos de ce livre n’est pas de raconter comment nous avons perdu notre statut de démocratie, mais d’essayer d’en tirer des leçons au profit du reste du monde. » Dans ce livre vivant, passionné et provocateur, Ece Temelkuran dissèque la montée du populisme à l’international. Elle révèle les schémas, explore les causes profondes et les différentes façons dont les pays, même les nôtres, peuvent sortir de la démocratie sans s’en apercevoir.

. Hervé Le Bras, Se sentir mal dans une France qui va bien, Paris, l’Aube, mai 2019.

94 % des Français s’estiment heureux de vivre dans leur pays, selon un sondage de mars 2018. Mais alors, pourquoi, six mois après, 280 000 Gilets jaunes déferlent-ils dans toute la France et, des semaines durant, crient-ils leur dénuement et leurs souffrances ? Pourquoi, surtout, recueillent-ils 70 % d’adhésion de l’opinion lors de leur première manifestation ? Comment résoudre cette contradiction entre l’importance du budget social de la nation, le sentiment immédiat de vivre heureux dans son pays et le sentiment contraire de souffrir de nombreuses carences sociales ? Ni partisan ni naïf, Hervé Le Bras propose une lecture fine de sondages et études, en compare les résultats dans différents pays européens. Partant du constat que la France est à la fois l’un des pays les plus égalitaires de l’Union européenne et l’un de ceux qui procèdent à la plus large redistribution sociale, le démographe s’interroge sur ce qui peut alors expliquer la contradiction entre l’état objectif du pays et le sentiment subjectif de ses habitants. Une lecture aussi passionnante que nécessaire.

. Patrice Arnaud, Les STO. Histoire des Français requis en Allemagne nazie, 1942-1945, Paris, CNRS Editions, mai 2019.

STO Trois initiales gravées dans la mémoire collective, qui disent l’humiliation, l’amertume, la peur des centaines de milliers de jeunes Français envoyés de force en Allemagne. Parmi eux, plusieurs personnalités devenues célèbres : Georges Brassens, Michel Galabru, Antoine Blondin, Cavanna, Raymond Devos… Patrice Arnaud signe une étude magistrale, nourrie d’archives inédites et de témoignages oraux, sur ces requis du travail obligatoire. Confinés dans des baraquements surpeuplés, soumis à un labeur harassant et à une surveillance de tous les instants, les « STO » établissent des rapports conflictuels, amicaux, voire amoureux avec la population allemande et les autres travailleurs étrangers. Parallèlement à cette histoire du quotidien, Patrice Arnaud analyse les politiques d’encadrement de cette main-d’oeuvre par l’État national-socialiste. Revenus en France, les requis seront stigmatisés, ce qui les incitera à défendre leur propre histoire, et à réclamer le statut de « déportés du travail ».

. Denis Maillard, Une colère française, Paris, L’Observatoire Editions, mars 2019.

En gagnant contre les partis et en ignorant les syndicats, Emmanuel Macron aurait tué les corps intermédiaires. Or, c’est parce que les corps intermédiaires n’existaient déjà plus qu’Emmanuel Macron a été élu. Et c’est parce qu’ils ne représentaient plus la société civile que les Gilets jaunes ont été possibles. Ceux-ci n’abattent pas le modèle français, ils prospèrent sur ses décombres ! Dans ce monde d’après la social-démocratie, d’autres rapports sociaux prennent le relai. De nouveaux intermédiaires s’affirment – avocats, coachs, médiateurs ou psys, même youtubeurs. Des formes beaucoup plus directes, imprévisibles et radicales de conflits s’imposent. Syndicats et partis doivent revoir leur manière de représenter ces citoyens-consommateurs-contribuables-travailleurs qui les ont rejetés. Nous sommes entrés dans un autre moment de notre histoire. Denis Maillard décrypte cette mutation récente, mais profonde, de la société française, pour tous ceux qui cherchent à la comprendre pour la domestiquer.

. François Garde, La Position des pôles. Petit traité de géopolitique subjective, Paris, Gallimard, avril 2019.

On peut penser son village, son pays, son continent dans les limites de leurs horizons respectifs. Qui veut penser la planète doit aussi se tourner vers les pôles. Les pôles définissent l’axe de rotation de notre planète. Nous découvrons aujourd’hui qu’en prêtant attention à ces zones extrêmes et remarquables, au-delà de la curiosité et de l’émerveillement ébahi qu’elles nous inspirent, nous nous exposons à des questionnements inédits et mesurons l’étendue de nos responsabilités. Grand arpenteur des paysages polaires, le romancier François Garde, qui fut administrateur supérieur des Terres australes et antarctiques françaises (2000-2005), tire de sa connaissance intime des extrémités boréales et australes, et de son plaisir à la faire partager, une juste vision de ce que ces espaces sont aussi devenus pour nous : une source d’inquiétude, une raison d’agir et le marqueur de notre destinée. Mais si les pôles ont leur géopolitique, indissociable de l’évolution globale de nos sociétés et du gouvernement du monde, ils ont aussi leur morale, faite d’obstination et de patience, d’humilité et de solidarité. C’est au nom de celle-ci que François Garde intervient dans le débat.

. Jean-Noël Castorio, Rome réinventée. L’Antiquité dans l’imaginaire occidental, de Titien à Fellini, Editions Vendémiaire, mai 2019.

Rome : un fantasme, une énigme, un grand livre d’images qui a traversé les siècles, jusqu’aux séries d’aujourd’hui, aux jeux vidéo ou aux bandes dessinées. Dès la Renaissance, artistes et écrivains n’ont cessé en effet de puiser à la source intarissable de l’Antiquité. Gustave Flaubert dédia plusieurs années de son existence à la rédaction de Salammbô, Federico Fellini retrouva son énergie créatrice lors du tournage du Satyricon, Cléopâtre, Spartacus ou Jules César donnèrent au cinéma ses plus grands succès publics, l’empereur Hadrien fournit à Marguerite Yourcenar la matière d’un best-seller et Oscar Wilde érigea l’éphèbe Antinoüs au rang de porte-étendard homosexuel. C’est l’objet de cet ouvrage que de montrer, à travers une dizaine d’œuvres d’art, comment la référence à l’histoire romaine a nourri l’imaginaire collectif occidental, dessiné les contours de notre univers culturel, structuré nos représentations politiques, notre conception de la religion, du destin, ou encore des rapports entre l’homme et la femme. Et comment l’effondrement de l’Empire n’a cessé d’être un miroir dans lequel les sociétés projetaient les angoisses de leur temps.

. Laurent Larcher, Rwanda, ils parlent. Témoignages pour l’histoire, Paris, Seuil, mars 2019.

25 ans après le génocide des Tutsis au Rwanda, ces entretiens inédits avec des acteurs de l’époque, hauts fonctionnaires, politiques, militaires, journalistes et prêtres français confirment le naufrage épouvantable de notre diplomatie, et la faillite morale de nos autorités. Laurent Larcher a rencontré ceux qui, depuis 25 ans, défendent sans sourciller leur action au Rwanda, et il restitue, sans filtre, leur version de l’Histoire. Sous l’effet des questions répétées du journaliste, et confronté, notamment, aux témoignages de Bernard Kouchner, Guillaume Ancel et d’un autre soldat de Turquoise, qui affirment que l’armée française a organisé des opérations offensives, après le début du génocide, contre le FPR de Kagamé, le discours officiel (la France ne savait pas, Turquoise est un modèle d’opération humanitaire) a commencé à se lézarder. Ces multiples entretiens sont, en soi, des documents précieux, un livre pour l’histoire. Mais ils sont aussi une nouvelle étape dans le dévoilement de l’implication de l’armée française dans le génocide des Tutsis. Ce livre fait entendre le fond de la pensée des principaux acteurs de cette implication, et permet de mesurer l’étendue de leur aveuglement. 25 ans après, rien n’a changé dans la conscience de ceux qui ont soutenu le régime meurtrier d’Habyarimana. Historien de formation, journaliste à La Croix, Laurent Larcher est reporter de guerre, spécialiste de l’Afrique subsaharienne, et auteur de plusieurs livres, dont Au nom de la France ? Les non-dits de notre diplomatie (2018).

. Philippe Pochet, À la recherche de l’Europe sociale, Paris, PUF, mai 2019.

Depuis le traité de Rome de 1957, l’Europe a mené une intégration toujours plus étroite entre ses États membres. Une vision troublée par le retrait d’un des membres de l’Union européenne, le Brexit annonçant alors la fin d’une expansion géographique constante. L’intégration européenne cependant ne s’est pas réalisée sans heurts : la crise de l’euro, la gestion des flux de réfugiés et de migrants, l’amorce d’une transition écologique ont mis à mal la solidarité qui devait devenir le ciment d’une construction politique. Mais si l’Europe est aujourd’hui en crise de projet et d’identité collective, sa fracture est source d’un débat nouveau ouvert sur son futur.
Bien plus qu’une analyse structurelle, Philippe Pochet apporte une perspective historique inédite et plaide dans cet ouvrage pour un éclairage socio-écologique qui prendrait en compte problématiques du passé et enjeux du futur.

. Rory Stewart, Les Marches. Aux frontières de l’identité britannique, Paris, Gallimard, mars 2019.

Rory Stewart longe à pied le mur d’Hadrien, bâti autour de l’an 120 aux confins de la Britannia romaine pour la protéger des incursions barbares. Sur cette frontière chevauchant celle qui sépare aujourd’hui l’Angleterre de l’Écosse, où le parti indépendantiste est majoritaire, il retrouve son père, Brian, pour un ultime dialogue. Écossais, ils ont servi la Couronne. Le père, sinophone, fut l’un des patrons des services secrets de Sa Majesté en Asie. Le fils, né à Hong Kong en 1973, arabisant, fut gouverneur adjoint en Irak après l’invasion de 2003. Il est député de la circonscription anglaise de Penrith and The Border et ministre. Cet infatigable marcheur a déjà parcouru 9 000 km en Afghanistan en 2002 ; le récit de ce périple est un « chef-d’œuvre tout simplement » selon le New York Times. La description lyrique de paysages sauvages égratignés par la modernité convoque Histoire et mémoire, nouant un dialogue passionné entre Brian et Rory. Ils confrontent leurs vies aux vestiges impériaux de Rome et de Londres, tissant un récit de filiation qui enfante les grands débats de notre temps. À l’heure où le Brexit déchire notre voisin et partenaire, où l’Europe se cherche au péril des nationalismes, populismes et mondialisation, ce document extraordinaire remet l’homme au cœur des enjeux politiques du Vieux Continent.

. Bernard Bruneteau, Génocides. Usages et mésusages d’un concept, Paris, CNRS Editions, mai 2019.

Si l’intention de détruire un groupe humain spécifique dans sa totalité distingue le génocide d’un crime de masse, comment qualifier la famine organisée par Staline en Ukraine au début des années trente, ou plus près de nous, les meurtrières opérations de « nettoyage ethnique » au Kurdistan et durant la guerre en ex-Yougoslavie ? Comment définir un génocide ? Et comment éviter l’instrumentalisation de cette notion, qui s’inscrit souvent dans le registre émotionnel au détriment de la jurisprudence définie par le droit international ? À l’ère des revendications mémorielles de toutes sortes qui investissent le débat public, Bernard Bruneteau s’interroge sur l’usage inflationniste du terme de génocide. Retraçant l’histoire du concept depuis sa création par Raphael Lemkin en 1944, il plaide pour une définition rigoureuse des pratiques génocidaires et met en garde contre les captations politiques qui menacent aujourd’hui de brouiller leur compréhension.

. Carmen Bernand, Histoire des peuples d’Amérique, Paris, Fayard, avril 2019.

Carmen Bernand propose une histoire magistrale et inédite des peuples originels de l’Amérique. En croisant méthode ethnologique et science historique, sources archéologiques et pratiques culturelles, elle retrace sur le temps long ce que furent ces populations, leurs réseaux, leur civilisation et comment leur mémoire a marqué et modelé l’Amérique latine contemporaine.
Comment raconter l’histoire des peuples originaires du nord, du centre et du sud de cet immense continent américain appelés « Indiens » par les conquistadores et missionnaires ? En ne se limitant pas à la seule période circonscrite aux sources écrites rédigées généralement par des chroniqueurs, des prêtres, des lettrés, fussent-ils d’origine indigène. Et en dépassant les barrières nationales, qui ne datent que du XIXe siècle.
Dans ce récit d’une richesse exceptionnelle et agrémenté d’illustrations, Carmen Bernand relève le défi avec brio. Elle s’intéresse aux trajets et réseaux d’échanges, à la violence sacerdotale et au sacrifice, qui est la dette que les hommes payent pour vivre, à la force agissante des signes sacrés gravés, peints, modelés sur des supports variés, à la Montagne sacrée, source de vie, et enfin au chamanisme, arrivé en Amérique avec les migrations asiatiques préhistoriques.
Coquillages, maïs, drogues, dieux ou temples ponctuent ce grand voyage qui nous entraîne sur la trace des Mayas, des Aztèques, des Incas et bien d’autres encore, depuis les origines jusqu’à la Conquête, de la période coloniale à la formation des États-nations modernes.

. Jacques Généreux, Introduction à la politique économique, Paris, Seuil, avril 2019.

Récessions, inflation, chômage, krach financier, crise de l’euro... Face à ces déséquilibres, que peuvent faire les gouvernements ? Quels objectifs guident leur action ? Comment fonctionnent les divers moyens d’intervention et à quelles conditions sont-ils efficaces ? Telles sont les questions abordées dans ce livre. Cette nouvelle édition entièrement actualisée introduit de nombreux schémas commentés pour décrire la chaîne complète des effets associée à chaque instrument d’intervention ; elle éclaire les débats contemporains (austérité ou relance, politique de l’offre ou de la demande, euro ou monnaie nationale…) et permet de comprendre pourquoi la conduite d’une politique économique est confrontée à des dilemmes spécifiques dans la zone euro.

. Olivier Guillard, Que faire avec la Corée du Nord ? Subir, Honnir ou punir ?, Paris, Nuvis, mars 2019.

Disposons-nous aujourd’hui des clefs de lecture pour décrypter avec certitude ce qu’ambitionne pour demain la Corée du Nord ? Est-il temps de modifier notre regard sur ce belliqueux acteur atomique et favoriser sa réintégration au sein de la communauté internationale ? Olivier Guillard, spécialiste français de l’Asie, interroge une histoire et une actualité brulante.

. Pierre-Alexis Blevin, Les paradis fiscaux, Paris, PUF, avril 2019.

Centres financiers offshore, zones franches, micro-États, provinces autonomes, États fédérés… Les paradis fiscaux ne sont ni tout à fait semblables ni tout à fait différents. Chacun est le fruit d’une histoire, d’une géographie ou d’un système politique particuliers. Il n’existe donc pas de paradis fiscal type, mais de multiples modèles s’adaptant constamment et proposant des régimes fiscaux incitatifs, où se mêlent secret bancaire, fiscalité et droit des sociétés.
Où sont les paradis fiscaux ? Quels sont les montages juridiques qui permettent de faire de l’optimisation, voire de l’évasion fiscales ? Quels sont les principaux dispositifs de lutte ? Autant de questions auxquelles Pierre-Alexis Blevin apporte des réponses précises, nourries de nombreux exemples. Où l’on verra en quoi, pour les États-nations qui tirent leurs ressources de l’impôt, les paradis fiscaux sont l’enfer de la mondialisation.

. Taina Tervonen, Au pays des disparus, Paris, Fayard, avril 2019.

Taina Tervonen remonte le fil de l’histoire d’un migrant anonyme, décédé à bord du chalutier clandestin qui a fait naufrage dans les eaux internationales, au large de la Libye. Sa piste l’emmène de Milan à Catane, en passant par le Niger et le Sénégal. Sur sa route, elle croise des centaines de destins brisés aux portes de l’Europe, et entend le désarroi de leurs proches face à l’impossible deuil. Une enquête, aussi bouleversante que vertigineuse, sur un des plus gros enjeux de notre temps. Un chalutier clandestin transportant 800 personnes en direction de l’Italie sombre dans les eaux internationales, au large de la Libye. Au lendemain du naufrage, Matteo Renzi s’engage devant la presse à remonter l’épave et à donner à chaque victime une sépulture digne et un nom. Lorsque la journaliste Taina Tervonen se rend à la morgue de Milan seize mois plus tard, pour rencontrer l’équipe en charge des identifications, elle découvre parmi les objets personnels des naufragés un téléphone Nokia jaune citron en trois morceaux et un bout de plastique, destiné à le protéger de l’eau. C’est tout ce qui reste de PM390047, dont le corps resté anonyme est enterré dans le carré des migrants du cimetière de Catane, en Sicile. Qui était-il ? Taina Tervonen décide de remonter le fil de son histoire, de Milan à Catane, en passant par le Niger et le Sénégal. Sur sa route, elle croise des dizaines de destins brisés aux portes de l’Europe, et entend le désarroi de leurs proches face à l’impossible deuil. Une enquête, aussi bouleversante que vertigineuse, sur un des plus gros enjeux de notre temps. Taina Tervonen est journaliste et réalisatrice. Elle a travaillé sur les disparus en Bosnie et en Méditerranée.

. Didier Gascuel, Pour une révolution dans la mer. De la surpêche à la résilience, Paris, Actes Sud, avril 2019.

En mer, sans doute plus tôt et plus fort qu’ailleurs, l’homme a percuté les limites de la biosphère. Au cours du xxe siècle, avec la généralisation de la surpêche, nous avons vidé la mer d’une partie de ses poissons et perturbé le fonctionnement des écosystèmes en profondeur. Mais les premières victimes sont les hommes eux-mêmes. La crise écologique, ce sont des ports qui se vident et des communautés humaines laissées à l’abandon. Cette histoire rarement évoquée nous concerne tous, pêcheurs, consommateurs et citoyens. Elle pose des questions nouvelles : peut-on exploiter une ressource naturelle de manière vraiment durable ? Sommes-nous capables de mettre des bornes à notre propre capacité d’autodestruction ? Que faudrait-il changer radicalement pour enfin assurer un avenir durable à l’exploitation des ressources vivantes de l’Océan ? À ces questions, Didier Gascuel apporte un nouvel éclairage. Il propose un diagnostic de la surexploitation des mers et des principes nouveaux pour mettre sur pied la “pêchécologie”, qui réconcilierait l’exploitation et la conservation, les hommes et leur territoire, le local et le global. La pêche maritime est un test de notre capacité à muter vers le durable et la résilience. C’est un morceau, petit mais significatif, de la grande histoire des hommes confrontés à leur propre crise écologique. Une révolution dans la mer est possible, pour qu’avec les poissons, les écosystèmes et la diversité du vivant, l’aventure humaine continue.

. Gerard Noiriel, Les Gilets jaunes à la lumière de l’histoire, Paris, L’Aube, avril 2019.

Que signifie le mouvement des «  Gilets jaunes  » ? Que représente-t-il ? Que pouvons-nous, que devons-nous faire de ce mouvement, de ses revendications ? Quel rôle ont joué les médias, les réseaux sociaux, dans son essor ? Quel ­avenir peut-il avoir, compte tenu notamment de la ­disparité de ses membres ? «  Les querelles sur la pertinence de la notion de “France périphérique” ou sur le sens à donner au mot “peuple” témoignent d’abord d’un retour de la question sociale, comme l’illustre cet entretien avec Gérard Noiriel. Or une grande partie de ­l’intelligentsia l’avait mise de côté, voire ­discréditée au profit d’une focalisation sur la question de l’identité. À force de n’être “pas la cause de tout”, les conditions sociales n’étaient plus la cause de rien. Les voilà qui reviennent, pour le meilleur et pour le pire, entre émancipation et réaction.  » Nicolas Truong.

. Jean Viard, L’implosion démocratique, Paris, L’Aube, avril 2019.

Trump, Brexit, Salvini, Bolsonaro, Catalogne, Gilets jaunes… Si chaque implosion politique est singulière, et nationale, se dessine pourtant, selon Jean Viard, le schéma commun d’un affrontement entre les métropoles, portées par la révolution numérique et écologique, et les anciens mondes du travail, installés de plus en plus souvent loin des grandes cités. Dix ans après le début de la crise de 2008, ce peuple-là se révolte. Ce, bien sûr, parce qu’on l’a oublié, ringardisé, dévalorisé, mais aussi parce qu’il n’a plus ni espoir ni futur. Cet essai développe une analyse fine de la situation actuelle et des bouleversements qui y ont mené. Surtout, il propose un nouveau modèle politique pour redonner du pouvoir aux milieux populaires et inventer une démocratie en continu. Et si le mouvement des Gilets jaunes permettait à la France de se trouver à l’avant-garde d’une refondation démocratique ? Sinon, sans révolution de notre projet commun, le risque est grand que cette révolte ne mène à des régimes de plus en plus autoritaires.

. Li Ma La Chine et la Grande Guerre, Paris, CNRS Éditions, avril 2019.

À l’été 1914, l’Europe prend feu. Face au brasier qui menace d’engloutir toutes les Grandes Puissances, la Chine se pare d’une neutralité de façade. Alors que la dynastie Qing vient d’être écartée, en 1912, la jeune République sait l’importance de son vivier humain et les contreparties politiques qu’elle peut en tirer. Avec l’espoir de compter parmi les vainqueurs, l’ancien Empire s’engage aux côtés des Alliés et envoie des centaines de milliers de travailleurs chinois en France et en Russie à partir de 1915 pour accomplir, derrière les lignes, les tâches les plus pénibles.
Dans ce livre, qui confronte pour la première fois des sources et des témoignages chinois, français, anglais et japonais, en partie inédits, l’historienne Li Ma ne se contente pas de raconter l’odyssée mondiale de ces ouvriers. Elle dresse le portrait de la Chine de 14-18, en revenant sur la tumultueuse histoire des décennies précédentes et en éclairant dans le détail ses relations avec les belligérants, en particulier avec le Japon et les États-Unis de Wilson. Elle analyse enfin les conséquences intérieures du conflit jusqu’au traité de Versailles à l’origine du Mouvement du 4 mai 1919 considéré depuis comme l’acte de naissance de la modernité chinoise.

. Nathalie Carcaud, Gilles Arnaud-Fassetta , Caroline Evain, Villes et rivières de France, Paris, CNRS Éditions, avril 2019.

Source, artère, exutoire, la rivière reste indissociable de la vie des villes. Depuis l’origine du « phénomène » urbain, villes et rivières entretiennent un lien organique puissant, vital, mais aussi ambivalent et marqué par les ruptures, les inondations, les catastrophes. Les rivières font et défont les villes qui, à leur tour, les façonnent, les recréent et les canalisent.
En 29 portraits, de Paris à Fort-de-France, cet ouvrage revisite l’une des relations primordiales du citadin à la nature. Pour chacun des sites étudiés, des spécialistes de géographie, d’urbanisme ou d’histoire urbaine, dressent un état de la situation présente, fournissant les données clés pour comprendre le paysage actuel, à travers une cartographie originale, et retracent leur dynamique depuis l’éclosion citadine jusqu’à l’époque contemporaine.
Un panorama unique des villes et rivières françaises d’aujourd’hui, pour rendre compte du passé et esquisser leurs avenirs possibles en 2050.

. Norbert Guterman, Leo Löwenthal, Les prophètes du mensonge. Étude sur l’agitation fasciste aux Etats-Unis, Paris, La Découverte, avril 2019.

« Ces étrangers, ennemis de l’Amérique, sont à l’image de ces parasites qui déposent leurs œufs dans le cocon d’un papillon et en dévorent les larves. » C’est ce genre de propos d’une rare violence, disséminés dans des journaux, pamphlets ou discours, qu’examine Les Prophètes du mensonge, en décryptant les techniques de persuasion et les motifs psychologiques de l’agitation fasciste des années 1940 aux États-Unis. Au-delà du contexte américain de cette époque, par une méthode novatrice empreinte de psychanalyse, les auteurs dégagent les thèmes récurrents, schèmes argumentatifs et procédés rhétoriques de cette démagogie pour en révéler le sens implicite et, surtout, la signification politique. L’ouvrage montre comment le malaise social engendré par les sociétés capitalistes modernes est ainsi exploité pour enflammer les esprits, détourner les émotions vers des « ennemis » – l’Autre, le Juif, les Rouges –, cibles faciles d’un discours de haine. L’agitation politique tranche ainsi avec l’activisme progressiste qui, lui, vise à changer effectivement les structures sociales et politiques à l’origine du malaise. Diagnostic cru sur le devenir de la démocratie, Les Prophètes du mensonge démonte les procédés qui étouffent les capacités de jugement et la pensée réflexive. Un manuel de résistance intellectuelle et politique contre la séduction des discours fascistes, d’une brûlante actualité.

. Amélie Poinssot, Dans la tête de Viktor Orbán, Paris, Actes Sud, mars 2019.

À partir d’une enquête approfondie menée à Budapest et d’entretiens avec des conseillers actuels ou passés de Viktor Orbán, Amélie Poinssot nous fait entrer dans la tête de ce dirigeant d’un petit pays de près de 10 millions d’habitants, membre de l’UE depuis 2004. Comment l’étudiant en droit passionné par Solidarność, comment le fougueux libertaire qui prenait la parole en 1989 devant une foule immense pour exiger le départ des troupes soviétiques, s’est-il métamorphosé en chantre de l’“illibéralisme”, réélu triomphalement en 2018, ami de Poutine, coqueluche d’un Salvini ou d’un Bolsonaro ? À la différence des extrêmes droites occidentales, Viktor Orbán et son parti, le Fidesz, toujours membre du PPE, le grand parti de droite européen, n’ont jamais entendu se “normaliser” ni se “dédiaboliser” pour accéder ou se maintenir au pouvoir. C’est au contraire en parvenant aux plus hautes fonctions de l’État que leur discours s’est radicalisé et a fait peu à peu tomber toutes les digues du “politiquement correct”. Farouchement opposé – alors même qu’il n’envisage aucunement de quitter l’UE ni de perdre ses subventions – à toute politique européenne d’accueil des réfugiés, ne manquant jamais une occasion de mettre en avant les racines chrétiennes de son pays, bâtisseur d’un État autoritaire, Viktor Orbán fait sien l’héritage de la droite hongroise nationaliste de l’entre-deux-guerres. Avec lui au pouvoir, le prix Nobel Imre Kertész craignait le pire et notait déjà en 2001 : “Qu’elle est singulière cette Hongrie chrétienne, nationale, irrédente et démocratique ! Elle ne rappelle ni le pays des grands Hongrois du XIXe siècle, ni la démocratie, ni la liberté, mais la pire Hongrie pré-fasciste.”

. Gloria Origgi, Passions sociales, Paris, PUF, avril 2019.

Mouvements populistes, craintes millénaristes, indignation devant l’injustice, ressentiment social, colère, humiliation, solidarité et empathie vis-à-vis des plus vulnérables : les passions ont opéré un retour en force à la fois comme moteur et comme justification de l’action sociale. Elles font la une de l’information et sont à l’origine de la façon dont les gens agissent, votent, se révoltent, bouleversent les normes sociales et s’entretuent. Pourtant, cette omniprésence ne va pas de pair avec le développement d’une théorie sociale qui rendrait pleinement compte de leur rôle dans les comportements humains. Cet ouvrage réunit les meilleurs spécialistes de chaque discipline pour interroger le savoir contemporain en sciences sociales, en psychologie et en philosophie afin de mieux comprendre le rôle des passions quand elles sont mobiles de l’action sociale et politique. Il constitue un instrument inédit pour comprendre comment la peur, l’indignation, l’empathie ou l’humiliation peuvent expliquer les grandes transformations de notre époque.

. Henry Laurens, Orientales, Paris, CNRS Editions, avril 2019.

Voici réunis en un seul volume les quatre opus d’Orientales, recueils des grands textes de Henry Laurens et jalons essentiels pour comprendre les évolutions du monde arabe. Expédition d’Égypte, IIIe République et Islam, rencontre de civilisations au Levant, Méditerranée et Proche-Orient, question de Palestine, notion d’Empire dans l’histoire, printemps arabes, politique française au Liban, héritages des Frères musulmans…L’histoire contemporaine de l’Orient arabe éclaire puissamment les soubresauts de notre actualité. À l’heure de la lutte contre l’État islamique, de la guerre civile en Syrie, du regain de tension entre Israël et les Palestiniens, la mise en perspective historique de Henry Laurens permet de saisir les ruptures et les continuités, le jeu des alliances et la force des idéologies. Le récit fascinant de deux siècles d’Orient. Une fresque vivante que seules la passion d’un orientaliste, la clarté d’un savant et la force d’un conteur pouvaient peindre.

. Jonathan Haskel, Stian Westlake, Le capitalisme sans capital, Paris, PUF, avril 2019.

Une révolution tranquille a été amorcée au début du XXIe siècle. Pour la première fois, les principales économies mondiales ont investi davantage dans les actifs immatériels (la conception, la stratégie de marque, la R & D et les logiciels) que dans les actifs matériels (les machines et les bâtiments). Le Capitalisme sans capital n’est pas la simple histoire d’une prétendue nouvelle économie. Il montre que cette révolution a eu un impact considérable et sous-évalué dans les bouleversements économiques de la dernière décennie, qui vont de l’inégalité économique à une productivité stagnante. Jonathan Haskel et Stian Westlake explorent ce qui fait d’un système riche en actifs immatériels une économie fondamentalement différente du système classique, afin de répondre à la question : où va notre monde ?

. Laurent Perreau, Bourdieu et la phénoménologie. Théorie du sujet social, CNRS Éditions, avril 2019.

Le rapport de Bourdieu à la phénoménologie peut sembler, à première vue, de pure critique. Mais sa sociologie des pratiques doit aussi quelque chose à la phénoménologie, à Husserl, à Schütz ou encore à Merleau-Ponty. La première intention de cette enquête est ainsi d’examiner les conséquences de la reconversion des concepts et des analyses phénoménologiques dans la théorie et la pratique de la sociologie. La seconde intention qui anime cette étude est de rectifier certaines présentations purement déterministes ou objectivistes de l’œuvre de Bourdieu, en montrant qu’il élabore progressivement une conception renouvelée du « sujet ». Le rapport à la phénoménologie fonctionne comme une matrice de questionnements : ainsi en va-t-il des réflexions relatives à la normativité (sous la rubrique de l’habitus), à la temporalité et enfin à la réflexivité, qui sont ici méthodiquement examinées et composent une véritable théorie du sujet social.

. Yousra Abourabi, Maroc, Paris, De Boeck Supérieur, avril 2019.
Aux portes de l’Europe se déploie un monde arabe et musulman en pleine mutation depuis 2011, l’année des « printemps arabes ». Cet ouvrage invite à une (re)découverte du Maroc à travers son histoire, sa société, sa politique, son économie, sa culture. Chargé d’une histoire millénaire, le Maroc est un État monarchique qui s’est bâti au fil des conquêtes phéniciennes, romaines, berbères et arabes. Son avenir est aujourd’hui dépendant de facteurs incertains comme la libéralisation économique, les mouvements citadins qui bouleversent les normes sociétales ou l’émergence d’une nouvelle diplomatie africaine. Comprendre l’évolution du Maroc, c’est aussi saisir les nuances des pratiques religieuses d’aujourd’hui et l’organisation d’un pays jonglant entre héritage colonial, maintien d’un Makhzen séculaire et intégration dans des normes internationales. Le plus grand défi actuel du royaume est de réussir les réformes économiques ambitieuses qu’il a engagées tout en se reconstruisant une identité composant avec son passé et ses aspirations présentes.

. François-Michel Le Tourneau, L’Amazonie. Histoire, géographie, environnement, Paris, CNRS Editions, avril 2019.

« L’Amazonie n’existe pas » : c’est sur ce constat paradoxal que s’ouvre cet ouvrage, pour souligner que la dimension mythique et mythologique de cette région l’emporte souvent sur la réalité géographique. Tout commence par son nom, qui fait référence à une légende tirée de l’Antiquité grecque, à mille lieues du contexte de la forêt équatoriale que les voyageurs du XVIe siècle venaient d’aborder. Dès leur arrivée, les Européens ont eu du mal à comprendre l’Amazonie, déroutés par l’environnement, tant social que naturel, qu’ils découvraient. Mais plutôt que d’apprendre des sociétés locales à le décoder, ils ont cherché à l’analyser sur la base de leurs références culturelles. La profusion végétale et animale, l’analogie avec l’Éden perdu, les confortèrent dans l’idée que l’Amazonie était une nature vierge et ses habitants, dépourvus de civilisation. L’ouverture de la grande forêt aux scientifiques, à partir du XIXe siècle, n’a pas dissipé cette méprise. Deux visions oscillent alors, toutes deux encore très ancrées dans nos imaginaires : celle de « l’enfer vert », hostile à l’homme, qui demande à être dompté, et celle de la « forêt vierge », pure et intouchée, qu’il faut préserver en l’état. Mal informées sur l’Amazonie, les sociétés occidentales s’obstinent à y implanter des modèles de gestion en totale inadéquation avec son environnement, entraînant des conséquences dramatiques pour les équilibres écologiques non seulement sur le plan local mais aussi sur le plan régional, voire global. Consacré à l’Amazonie brésilienne qui représente près de 60 % de la forêt « amazonienne », cet ouvrage s’attache à étudier l’histoire longue des populations et de l’environnement en montrant que la vision occidentale relève d’un « malentendu » qu’il est urgent de lever. Une lecture essentielle à l’heure où les annonces du gouvernement Bolsonaro viennent réveiller les inquiétudes.

. Jean-Claude Cheynet, Byzance. L’Empire romain d’Orient, Paris, Armand Colin, avril 2019.

L’Empire romain d’Orient a vu le jour sur les rives du Bosphore, lorsque Constantin, premier empereur chrétien, fonda la nouvelle Rome, Constantinople. Pendant un millénaire, dans la continuité avec les institutions romaines, une civilisation brillante s’y est développée, au carrefour de l’Europe et de l’Asie. Elle a ainsi participé à la formation de l’Europe moderne, en conservant un État qui, ailleurs, s’était décomposé, en transmettant le droit, en maintenant tant bien que mal des relations avec le monde méditerranéen chrétien et musulman. Mais surtout, malgré les crises, elle a forgé un modèle politique, celui de la monarchie de droit divin. Byzance a laissé un triple héritage, temporel, qui passa aux Turcs, spirituel, qui resta aux peuples orthodoxes, et intellectuel, dont profita surtout l’Occident. Politique, militaire, économique, religieuse, intellectuelle et artistique, c’est toute la richesse de cet Empire que s’attache à présenter ici l’auteur.

. Jean-Noël Jeanneney, La République a besoin d’histoire III - 2010 – 2019, Paris, CNRS Éditions, avril 2019.

2010-2019 : interventions, engagements, analyses. Au fil des textes qui composent ce recueil, la voix libre de Jean-Noël Jeanneney confirme de quel prix peut être la complicité de Clio et de Marianne. Parmi le tohu-bohu d’un monde et d’une nation désorientés par tout ce qui, de jour en jour, surgit pour les bousculer, les défier, les angoisser, l’Histoire s’impose comme un fanal.
Plaidoyer pour une Europe de la culture ; évocation des pouvoirs de la radio, de la télévision et d’Internet ; célébration de la photographie ; débats sur la commémoration de la Grande Guerre, le « fascisme français » ou l’« affaire Maurras », réflexions sur le hasard en Histoire et salut aux prestiges de l’uchronie ; mise en perspective de la question du blasphème et des crimes djihadistes ; évaluation de l’émergence d’Emmanuel Macron ; hommage à quelques hautes figures. En multipliant les éclairages et en jouant de la concordance des temps, Jean-Noël Jeanneney s’interroge à nouveaux frais sur l’inscription du passé dans notre présent, au profit de la liberté et de l’action des citoyens, pour demain.

. Olivier Guillard, Que faire avec la Corée du Nord ? Subir, honnir ou punir ? , Paris, Nuvis, mars 2019.

Disposons-nous aujourd’hui des clefs de lecture pour décrypter avec certitude ce qu’ambitionne pour demain la Corée du Nord ? Est-il temps de modifier notre regard sur ce belliqueux acteur atomique et favoriser sa réintégration au sein de la communauté internationale ? Olivier Guillard, spécialiste français de l’Asie, interroge une histoire et une actualité brulante.

. Paul Arnould, Yvette Veyret, Claire Levasseur, Atlas du développement durable. Société, économie, environnement : un monde en transition, Paris, Autrement, mars 2019.

Le développement durable est une notion complexe, qui considère l’environnement dans son sens large : ressources, biodiversité, alimentation, santé, risques naturels et technologiques, gestion des déchets. Quels sont les nouveaux objectifs - sans cesse précisés - à atteindre et quelles sont les réponses apportées ? Le point sur l’état du monde et ses inégalités : population, ressources, santé, biodiversité, risques, migrations. La multiplication des réponses globales : grandes conférences internationales, législation, adaptation au changement climatique, tourisme durable, commerce équitable. L’inventivité des réponses locales : s’appuyant sur l’exemple français, l’atlas illustre les différentes échelles d’intégration du développement durable dans la gestion de l’environnement. Avec plus de 100 cartes et documents originaux, l’atlas propose un éclairage sur la mise en œuvre d’un développement « durable » pour la planète.

. Pascal Clerc, Florence Deprest, Guilhem Labinal, Didier Mendibil, Géographies. Épistémologie et histoire des savoirs sur l’espace, Paris, Armand Colin, avril 2019.

La géographie n’est pas une et ne l’a jamais été. Ses origines et son étymologie l’orientaient surtout vers les sciences de la nature et la description. Aujourd’hui, elle est largement tournée vers les sciences sociales, l’environnement et l’aménagement, et traite de nouvelles thématiques et de nouveaux concepts. À travers 48 courts chapitres, cet ouvrage propose de découvrir l’ensemble de ces évolutions. Après la présentation de quelques moments essentiels et débats majeurs de la discipline, sont étudiés les « Concepts et outils » des géographes et de ceux qui mobilisent des savoirs géographiques. La question des relations de la géographie avec d’autres disciplines ou pratiques intellectuelles est ensuite abordée. La dernière partie présente enfin quelques « Objets » géographiques et permet de mettre en perspective des savoirs exposés auparavant. Un ouvrage à l’attention des étudiants, des candidats aux concours de l’enseignement et des enseignants du secondaire.

. Pierre Gonneau, Aleksandr Lavrov, Ecatherina Rai, La Russie impériale. L’Empire des Tsars, des Russes et des Non-Russes (1689-1917), Paris, PUF, mars 2019.

De Pierre le Grand à Nicolas II, la Russie s’affirme comme un des acteurs majeurs du concert des nations européennes, empire multiethnique et multiconfessionnel à cheval sur deux continents et objet d’une quête identitaire entre nationalisme, spiritualité orthodoxe et mystique révolutionnaire. Pierre le Grand projette son empire sur la scène internationale et le remodèle, dans une transformation qui s’apparente à une réinvention complète du peuple russe. Puis, sous le sceptre de quatre impératrices, la Russie se porte à la tête des nations civilisées, tandis qu’au XIXe siècle, au contraire, le trône est occupé par des empereurs affichant un style de gouvernement masculin. Sous Alexandre Ier, le rayonnement du pays atteint son apogée avec la victoire remportée sur Napoléon, avant que son successeur, Nicolas Ier, s’attire une hostilité quasi générale dans son rôle de « gendarme de l’Europe ». La défaite de Crimée (1855) ouvre enfin une période de tension extrême. L’alliance avec la France, scellée à la veille du XXe siècle, ainsi que les défis logistiques et militaires auxquels la Russie est confrontée l’amènent au grand tournant d’octobre 1917.


Livre recommandé par Diploweb.com pour le mois de mars 2019

Pierre Verluise, Fondateur du Diploweb.com : "Avec une grande hauteur de vue et un véritable talent pédagogique, Nicole Gnesotto pointe les enjeux de l’Union européenne. Sans langue de bois, avec une plume acérée, elle fait un diagnostic lucide. Nicole Gnesotto ose aussi proposer des pistes pour l’avenir afin que nos héritiers ne soient pas mis en demeure de choisir entre l’ultralibéralisme des uns et le populisme autoritaire des autres. Un livre courageux et brillant, sans langue de bois."

. Nicole Gnesotto, L’Europe indispensable, CNRS éditions, 2019.

Comment une Europe démocratique, ouverte, libérale a-t-elle pu en quelques années engendrer des tendances profondes au repli et au souverainisme ? Pourquoi le besoin de fermeture et d’autorité le dispute-t-il désormais au désir d’ouverture et de liberté ? En réalité, nous avons failli collectivement, États membres et institutions européennes. Ne faudrait-il pas envisager de modifier certaines de nos politiques ? Prêter davantage attention au citoyen plutôt qu’au consommateur, à la démocratie plutôt qu’au libéralisme ? L’Europe ne combattra en effet le désamour des peuples qu’en inventant une troisième voie. Une Europe à la fois libérale et sociale, mondialisée et protectrice, afin que nos héritiers comme nous-mêmes ne soient jamais contraints de choisir entre deux pires : l’ultralibéralisme des uns et le populisme autoritaire des autres.


. Christophe Jaffrelot, L’Inde de Modi : national-populisme et démocratie ethnique, Paris, Fayard, mars 2019.

Au terme d’une longue enquête, Christophe Jaffrelot livre le portrait saisissant d’une Inde nationaliste, dont les dirigeants ont su profiter du jeu électoral pour exclure et mettre en place une véritable démocratie ethnique. En Inde comme dans bien d’autres pays, la nation ne se définit pas seulement sur le mode ouvert de la citoyenneté, mais aussi sur celui, fermé, de l’ethnicité. Le premier a longtemps été représenté par le parti du Congrès de Gandhi puis de Nehru, et le second par les nationalistes hindous, pour lesquels la communauté majoritaire, faite de fils du sol, incarne l’Inde éternelle, tandis que les chrétiens et les musulmans sont des pièces rapportées devant prêter allégeance aux symboles hindous pour être reconnus comme des Indiens à part entière. Né dans les années 1920, le nationalisme hindou n’a pris son essor que dans les années 1990 avant de conquérir le pouvoir en 2014. Ce tournant doit beaucoup au populisme de son leader, Narendra Modi, une personnalité atypique qui a d’abord gouverné la province du Gujarat – où il s’est imposé, suite au pogrom antimusulman de 2002, grâce à ses succès économiques et au soutien des milieux d’affaires, avant de conduire son parti, le BJP, à la victoire. En cinq ans, les nationalistes hindous ont changé la face de l’Inde. Non seulement ils ont mis au pas les tenants du sécularisme (universitaires, ONG), mais ils se sont aussi attaqués aux chrétiens et aux musulmans au point de les marginaliser dans les assemblées nationales et régionales, et, surtout, de mettre en place une police culturelle. Ce dispositif, s’il ne s’est pas traduit par des réformes constitutionnelles, donne aujourd’hui naissance à une démocratie ethnique de fait.

. Ece Temelkuran, Comment conduire un pays à sa perte, Paris, Éditions Stock, avril 2019.

« Comment et pourquoi un populiste sans pitié, avec l’aide d’une bande de sympathisants toujours plus nombreux, a pu mettre fin à la démocratie turque au cours de la nuit du 15 juillet 2016, est une histoire longue et compliquée. Le propos de ce livre n’est pas de raconter comment nous avons perdu notre statut de démocratie, mais d’essayer d’en tirer des leçons au profit du reste du monde. » Dans ce livre vivant, passionné et provocateur, Ece Temelkuran dissèque la montée du populisme à l’international. Elle révèle les schémas, explore les causes profondes et les différentes façons dont les pays, même les nôtres, peuvent sortir de la démocratie sans s’en apercevoir.

. Élodie Lemaire, L’oeil sécuritaire. Mythes et réalités de la vidéosurveillance, Paris, La Découverte, mars 2019.

Depuis les années 2000, les caméras de vidéosurveillance et de vidéoprotection ont envahi notre paysage urbain. Cette nouvelle manière de protéger la population fait couler beaucoup d’encre. Or les prismes dominants (sécuritéversus liberté) et les images mobilisées (du Panoptique à Big Brother, en passant par Minority Report), en disent plus sur les fantasmes collectifs que sur les réalités concrètes de ce dispositif. Dans ce récit d’enquête, au plus près des expériences et des représentations des acteurs publics et privés qui utilisent la vidéosurveillance au quotidien, Élodie Lemaire passe au crible les idées reçues sur cet œil sécuritaire, pour mieux en identifier les vrais dangers. En nous faisant pénétrer dans les salles de contrôle et les coulisses des tribunaux, l’auteure montre que les usages de la vidéosurveillance sont loin d’être conformes à sa réputation de « couteau suisse de la sécurité » ou de « reine des preuves ». Mais ces limites cachent d’autres dérives bien réelles, comme la banalisation d’une idéologie qui construit progressivement notre vision sécuritaire du monde social.

. Jean-Louis Brunaux, À la recherche d’Alésia. Des légendes grecques au lieu de mémoire, Paris, Armand Colin, mars 2019.

Le nom d’Alésia évoque pour beaucoup des souvenirs d’école, telle la gravure de Vercingétorix rendant ses armes à César. Cette bataille décisive appartient à la mémoire collective, même si elle s’est soldée par la défaite des Gaulois. Elle constitue en effet l’événement fondateur de l’histoire de France, une histoire qui s’enrichit encore au cours des deux millénaires qui lui succédèrent. Alésia est née de légendes grecques. Héraclès serait le fondateur de la ville tandis que les dieux gaulois se seraient installés sur ses montagnes bien avant cet affrontement digne des Titans entre le chef arverne et César. Jean-Louis Brunaux fait revivre l’histoire de ce lieu. Son récit, traversé par un souffle épique, rend à Alésia et à son jeune héros gaulois la place légitime qui leur revient dans notre Histoire.

. Kishore Mahbubani, L’Occident s’est-il perdu ? , Paris, Fayard, mars 2019.

À l’heure où de nouvelles puissances émergent, comment doit réagir l’Occident ? Kishore Mahbubani défend la thèse provocatrice que seul le fait que l’Occident admette son déclin permettra un succès stratégique à plus long terme. Après deux siècles d’hégémonie sans partage, la domination occidentale sur le monde a pris fin au début du XXIe siècle. Un nouvel ordre global se fait jour, dans lequel la Chine et l’Inde sont les deux premières puissances économiques. Comment l’Occident doit-il réagir à son nouveau statut ? Avec recul, clarté et franchise, Kishore Mahbubani démontre que ce n’est qu’en acceptant ce phénomène, et en cherchant à influencer le monde par la diplomatie plutôt qu’à le dominer par son interventionnisme, que l’Occident pourra conserver un rôle clé dans la géopolitique des temps futurs. S’il ne met pas en œuvre cette stratégie, il sera perdu – parce qu’il se sera perdu.

. Norbert Guterman, Leo Löwenthal, Les prophètes du mensonge. Étude sur l’agitation fasciste aux Etats-Unis, Paris, La Découverte, mars 2019.

« Ces étrangers, ennemis de l’Amérique, sont à l’image de ces parasites qui déposent leurs œufs dans le cocon d’un papillon et en dévorent les larves. » C’est ce genre de propos d’une rare violence, disséminés dans des journaux, pamphlets ou discours, qu’examine Les Prophètes du mensonge, en décryptant les techniques de persuasion et les motifs psychologiques de l’agitation fasciste des années 1940 aux États-Unis. Au-delà du contexte américain de cette époque, par une méthode novatrice empreinte de psychanalyse, les auteurs dégagent les thèmes récurrents, schèmes argumentatifs et procédés rhétoriques de cette démagogie pour en révéler le sens implicite et, surtout, la signification politique. L’ouvrage montre comment le malaise social engendré par les sociétés capitalistes modernes est ainsi exploité pour enflammer les esprits, détourner les émotions vers des « ennemis » – l’Autre, le Juif, les Rouges –, cibles faciles d’un discours de haine. L’agitation politique tranche ainsi avec l’activisme progressiste qui, lui, vise à changer effectivement les structures sociales et politiques à l’origine du malaise.
Diagnostic cru sur le devenir de la démocratie, Les Prophètes du mensonge démonte les procédés qui étouffent les capacités de jugement et la pensée réflexive. Un manuel de résistance intellectuelle et politique contre la séduction des discours fascistes, d’une brûlante actualité.

. Barbara Loyer, Géopolitique. Méthodes et concepts, Paris, Armand Colin, mars 2019.

Le terme de « géopolitique », s’il est employé dans toutes les disciplines, désigne avant tout un savoir géographique. Ce dernier s’intéresse aux causes des conflits et rivalités de pouvoir sur des territoires, à leurs évolutions et à leur résolution. Son champ d’étude, très singulier puisqu’il inclut des réalités à la fois objectives et subjectives, requiert donc une méthodologie précise. Cet ouvrage vient proposer l’ensemble des concepts, outils et méthodes à maîtriser pour mener des analyses géopolitiques fines et efficaces. Assorti de nombreux exemples et études de cas, traités à différentes échelles, il constitue une véritable initiation au raisonnement géopolitique, grille de lecture désormais incontournable de nos sociétés contemporaines.

. Ali Laïdi, Le Droit, nouvelle arme de guerre économique. Comment les Etats-Unis déstabilisent les entreprises européennes, Paris, Actes Sud, février 2019.

Aux États-Unis, le droit est devenu une arme économique. Une arme qui fait des ravages chez les ennemis, mais aussi chez les amis de Washington. Depuis une dizaine d’années, des entreprises européennes subissent les foudres des procureurs du département de la Justice et des directeurs des agences de régulation fi nancière. Les sociétés soupçonnées de corruption ou de violation des embargos (Cuba, Libye, Corée du Nord, Iran, etc.) se voient infliger des amendes qui se comptent en centaines de millions voire en milliards de dollars. Car l’utilisation de l’incontournable billet vert dans les transactions internationales place de facto les entreprises sous juridiction américaine. Siemens, ABN Amro, Technip, BNP, Alstom, Société générale… ce sont les multinationales européennes qui occupent le Top 10 des plus lourdes sanctions imposées par Washington, et dans lequel Airbus pourrait bientôt figurer. Certaines entreprises ne s’en sont pas relevées, et sont passées sous pavillon… américain. Le 11 septembre 2001 a marqué le début de cette répression économique : Washington a voté des textes qui prétendent s’appliquer à l’ensemble de la planète et a transformé d’anciennes lois censées lutter contre le terrorisme, la criminalité et la fraude en outils de compétition commerciale. Ce livre, fruit de deux ans d’enquête, montre comment l’Amérique a ouvert un nouveau front dans la guerre économique qui déstabilise l’Europe, tout particulièrement l’Allemagne et la France. Une déstabilisation qui ne fait que commencer.

. Edwy Plenel, La victoire des vaincus. À propos des gilets jaunes, Paris, La Découverte, mars 2019.

La révolte des gilets jaunes est un événement inédit, inventif et incontrôlable. Comme tout surgissement spontané du peuple, elle déborde les organisations, bouscule les commentateurs, affole les gouvernants. Comme toute lutte collective, elle s’invente dans une création politique autonome où l’auto-organisation est maître du jeu. Comme toute mobilisation populaire, elle brasse la France dans sa diversité, avec ses solidarités et ses préjugés, ses espoirs et ses aigreurs, ses beautés et ses laideurs. Prenant le contrepied de la morgue de classe qui s’est déchaînée face à un peuple rabaissé au rang de foule, cet essai veut en déchiffrer l’énigme en mêlant l’histoire immédiate et la longue durée. Né d’un refus de l’injustice fiscale et d’une exigence sociale d’égalité, ce mouvement s’est emparé de la question démocratique centrale, celle du pouvoir présidentiel qui confisque la volonté de tous. C’est cette audace républicaine qu’une répression policière sans équivalent lui fait payer. L’avenir n’est pas écrit, et le cours des événements dépendra de l’action de celles et ceux qu’ils convoquent. Aussi ce livre est-il une alarme face à la fuite en avant d’un pouvoir affolé qui, pour se légitimer, a choisi de jeter les gilets jaunes dans les bras de l’extrême droite. Si cette catastrophe advenait, en seraient aussi responsables tous les tenants d’une République démocratique et sociale qui auront préféré tenir à distance cet inédit, plutôt que de mener la bataille de l’égalité auprès des gilets jaunes.

. Jérôme Hélie, Les relations internationales dans l’Europe moderne. Conflits et équilibres européens 1453-1789, Paris, Armand Colin, mars 2019.

L’histoire politique à l’époque moderne est faite de guerres que leur grand nombre rend confuses en apparence. Le but de ce livre est donc avant tout de donner un tableau simple et clair des conflits qui ont façonné l’Europe alors qu’émergent des États qui cherchent à affirmer leur puissance par les armes et la diplomatie. Il ne s’agit pas simplement de recenser guerres et batailles, mais surtout de souligner les grands enjeux, dynastiques, territoriaux, politiques ou religieux. Les principaux affrontements sont analysés, en montrant comment ils ont modifié des équilibres aussi fragiles que complexes. Cette histoire des relations internationales ne saurait ainsi se limiter aux rivalités entre les grandes monarchies d’Occident, mais intègre l’ensemble des acteurs européens, de l’Empire ottoman jusqu’au Portugal, sans négliger le poids alors considérable de l’Europe du Nord et de l’Est. Le découpage chronologique proposé permet de considérer une longue période, depuis les grands bouleversements politiques du XVe siècle jusqu’à la veille de la Révolution française. Des cartes et des généalogies fournissent les éléments nécessaires à une rapide compréhension des événements.

. Lionel Astruc, L’art de la fausse générosité. La fondation Bill et Melinda Gates, Paris, Actes Sud, mars 2019.

Emblème de l’accumulation de richesses et géant de l’informatique, Bill Gates est devenu en quelques années une icône de la philanthropie. Mais en réalité ses opérations philanthropiques s’apparentent à un outil au service des multinationales les plus nocives pour l’environnement, la santé et la justice sociale et parfois également au service des intérêts économiques de Bill Gates lui-même. Première publication sur ce sujet en France, ce livre en apporte la preuve en suivant, depuis leur source, les flux financiers qui alimentent les actions dites « caritatives » de la fondation Bill et Melinda Gates.

. Martin Lamotte, Léonore Le Caisne, Stefan Le Courant, Fake news, mensonges et vérités, Paris, PUF, mars 2019.

La vérité est relative, paraît-il. Comment cette idée pour le moins contradictoire a-t-elle pu s’imposer dans l’espace public ? L’anthropologue cherche moins à établir des faits et leur vérité, que les conditions sociales de leur existence. Il s’inscrit en cela dans une démarche de compréhension de la vérité (ou des vérités) des personnes qu’il rencontre. Le collectif Monde Commun a fait ici le choix d’aborder la question de la vérité à partir d’enquêtes sur le terrain où, bien souvent, l’anthropologue est à la recherche d’une vérité auprès d’individus eux-mêmes aux prises avec ces questions : la quête par les membres d’un gang portoricain de la véritable histoire de leur héros fondateur ; les épreuves de vérité à la frontière que doit affronter le migrant ; la rumeur des voleurs de sexes en Afrique de l’Ouest et Centrale ; les mensonges de Trump et la socialité politique de l’indignation morale ; la « vérité anthropologique » de l’anthropologue et la « saisie subjective des subjectivités ».

. Shennette Garrett-Scott, Banking on Freedom. Black Women in U.S. Finance Before the New Deal, Columbia, Columbia University Press, mai 2019.

Between 1888 and 1930, African Americans opened more than a hundred banks and thousands of other financial institutions. In Banking on Freedom, Shennette Garrett-Scott explores this rich period of black financial innovation and its transformative impact on U.S. capitalism through the story of the St. Luke Bank in Richmond, Virginia : the first and only bank run by black women. Banking on Freedom offers an unparalleled account of how black women carved out economic, social, and political power in contexts shaped by sexism, white supremacy, and capitalist exploitation. Garrett-Scott chronicles both the bank’s success and the challenges this success wrought, including extralegal violence and aggressive oversight from state actors who saw black economic autonomy as a threat to both democratic capitalism and the social order. The teller cage and boardroom became sites of activism and resistance as the leadership of president Maggie Lena Walker and other women board members kept the bank grounded in meeting the needs of working-class black women. The first book to center black women’s engagement with the elite sectors of banking, finance, and insurance, Banking on Freedom reveals the ways gender, race, and class shaped the meanings of wealth and risk in U.S. capitalism and society.

. Florent Manet, Le crime en bleu. Essai de thalassopolitique. Préfaces du général d’armée Richard Lizurey et de l’amiral Christophe Prazuk, éd. Nuvis, 2019.

Et si les terroristes préparaient un Bataclan sur mer ?

Cette perspective redoutable illustre à elle-seule l’actualité des menaces maritimes qui pèsent sur nos économies globalisées et sur nos modes de vie. Terrorisme, piraterie, cybercrime, trafic organisé d’êtres humains, narco-trafic international, pêche illégale, pollution… telles sont les multiples facettes d’une activité criminelle organisée transnationale qu’analyse Florian Manet à la tête de la police judiciaire de la gendarmerie maritime. Ce praticien partage l’importance des enjeux attachés à la lutte contre cette « thalassocratie criminelle » qui met en risque les équilibres socio- économiques et géopolitiques jusqu’au cœur des territoires.

Commandant la section de recherches de la gendarmerie maritime, Florian Manet souligne dans ce livre l’importance des enjeux attachés à la lutte contre cette "thalassocratie criminelle" qui prospère dans les mécanismes spécifiques de l’écosystème maritime. Quels sont les ressorts et les manifestations de cette criminalisation de la haute mer, aujourd’hui en pleine expansion ?

Colonel de gendarmerie, Florian Manet, commande la section de recherches de la gendarmerie maritime : le service de police judiciaire de la mer. Ancien élève de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr, diplôme de l’Ecole de Guerre, ancien auditeur de l’IHEDN, il a commandé des unités opérationnelles aussi bien en métropole que dans les départements ou collectivités d’outre-mer ou dans le cadre d’opérations extérieures.

. Sébastien Abis (dir.) Le Déméter 2019, édition IRIS, 2019.

Mondialisation des échanges, urbanisation, instabilités géopolitiques, développement durable, logistique et e-commerce, innovations technologiques, formations des nouvelles générations, etc. : les grandes équations stratégiques de la sécurité ali­­men­taire, de la production agricole et de la consommation en France et dans le monde se font toujours plus complexes. Le Déméter 2019 propose une série d’analyses prospectives sur ces transformations et leurs conséquences sur les agricultures, les systèmes alimentaires et les ruralités. Les contributions à cette 25e édition du Déméter offrent des grilles de lecture pour comprendre ces recompositions et les trajectoires agricoles prises en Europe et en France, ainsi que l’émergence de puissances agricoles à travers le monde.

. 18 analyses thématiques et de nombreux encadrés
. 10 fiches Repères sur les échanges, les marchés, les produits et les techniques
. cartes mondiales, régionales et thématiques
. infographies et statistiques sur les dynamiques géoéco­nomiques et agricoles à l’œuvre en France et dans le monde

. Nicolas Haupais (dir.), La France et l’arme nucléaire, éd. Biblis, 2019.

La France dispose d’un arsenal de 300 têtes nucléaires. Cela fait d’elle le troisième possesseur mondial, loin derrière les États-Unis et la Russie. L’arme nucléaire constitue un élément essentiel de sa grandeur et de sa défense. Pourtant, elle n’a pas vocation à être employée et n’est aujourd’hui dirigée contre personne. Arme paradoxale, elle repose sur un principe, celui de la dissuasion : on la possède pour ne pas avoir à l’utiliser.
Comme elle renvoie à un imaginaire de destruction globale, l’arme nucléaire pose des problèmes éthiques évidents. Pour la rendre acceptable, la France l’érige en arme strictement défensive. Mais quel est son avenir dans un contexte international incertain et dangereux ?
Développement du programme nucléaire français, défis présents, entre prolifération et contrôle, modernisation des arsenaux, interdiction éventuelle : voici quelques-uns des thèmes abordés dans cet ouvrage rassemblant les meilleurs spécialistes.

. Alexandre Ménard, Armées françaises Trois milieux, trois cultures, Paris, Nuvis, février 2019.

L’objet de cet ouvrage est de plonger dans les cultures des trois armées françaises, afin d’en dégager les traits communs et les spécificités. Quel est le poids du milieu, de l’histoire, des traditions, des actes opérationnels dans la constitution d’une culture militaire ? Quelles sont les perceptions et les relations qu’elles entretiennent les unes aux autres ? Quels sont leurs rapports avec les personnels civils au sein des armées ? Autant de questions auxquelles doit savoir répondre celui qui veut comprendre et pénétrer le monde des armées.

. Anne de Tinguy, La Russie dans le monde, Paris, CNRS Éditions, mars 2019.

En 2024, à la fin de son quatrième mandat, qui pourrait être le dernier, Vladimir Poutine aura été au pouvoir sans discontinuer pendant 24 ans. Quel héritage cherchera-t-il à laisser ? Va-t-il modifier la trajectoire suivie jusqu’ici et chercher à donner la priorité au développement et à la modernisation de la Russie ? Va-t-il se donner les moyens de s’attaquer aux sources de vulnérabilités et de faiblesses de son pays en l’engageant sur la voie d’une nouvelle « perestroïka » ? Ou va-t-il continuer à mener une politique de puissance à l’international au détriment du développement intérieur ? La Russie est aujourd’hui à la croisée des chemins. L’annexion de la Crimée, puis son intervention en Syrie l’a propulsée sur le devant de la scène internationale. Va-t-elle pour autant dans « la bonne direction » ? Une grande partie de la population russe le pense, ou du moins le pensait jusqu’à l’impopulaire réforme des retraites annoncée à l’été 2018. Rien n’est moins sûr. Dans le domaine des relations extérieures, le succès coïncide avec l’échec : du fait de la politique qu’elle a menée, la Russie a perdu l’Ukraine et fragmenté l’espace postsoviétique qu’elle considère comme sa sphère d’influence, elle s’est aliénée une bonne partie de l’Occident, elle s’est engagée dans un incertain virage vers l’Asie, etc. Et en interne, elle peine à relever les immenses défis auxquels elle est confrontée. C’est en particulier le cas de la nécessaire modernisation du pays. Elle reste une économie de rente faiblement productive et dans le domaine scientifique et technique, elle est en perte de vitesse. Des vulnérabilités qui sont aggravées par les évolutions démographiques ainsi que par un conservatisme qui bride dans de nombreux domaines sa capacité de renouvellement et d’innovation. En se penchant sur le rapport au monde de la Russie, cet ouvrage a pour but de donner des éléments de réponse à ces questions et ainsi de contribuer à la compréhension de la trajectoire russe.

. Jérôme Fourquet, L’Archipel français. Naissance d’une nation multiple et divisée, Paris, Seuil, mars 2019.

En quelques décennies, tout a changé. La France, à l’heure des gilets jaunes, n’a plus rien à voir avec cette nation une et indivisible structurée par un référentiel culturel commun. Et lorsque l’analyste s’essaie à rendre compte de la dynamique de cette métamorphose, c’est un archipel d’îles ignorant les unes les autres qui se dessine sous les yeux fascinés du lecteur. C’est que le socle de la France d’autrefois, sa matrice catho-républicaine, s’est complètement disloqué. Jérôme Fourquet envisage d’abord les conséquences anthropologiques et culturelles de cette érosion, et il remarque notamment combien notre relation au corps a changé (le développement de pratiques comme le tatouage et l’incinération en témoigne) ainsi que notre rapport à l’animalité (le veganisme en donne la mesure). Mais, plus spectaculaire encore, l’effacement progressif de l’ancienne France sous la pression de la France nouvelle induit un effet d’« archipelisation » de la société tout entière : sécession des élites, autonomisation des catégories populaires, formation d’un réduit catholique, instauration d’une société multiculturelle de fait, dislocation des références culturelles communes (comme l’illustre, par exemple, la spectaculaire diversification des prénoms). À la lumière de ce bouleversement sans précédent, on comprend mieux la crise que traverse notre système politique : dans ce contexte de fragmentation, l’agrégation des intérêts particuliers au sein de coalitions larges est tout simplement devenue impossible. En témoignent, bien sûr, l’élection présidentielle de 2017 et les suites que l’on sait. Avec de nombreuses cartes, tableaux et graphiques originaux réalisés par Sylvain Manternach, géographe et cartographe.

. Pierre Singaravélou, L’école française d’Extrême-Orient, Paris, CNRS Éditions, mars 2019.

Institution phare de l’orientalisme français, l’École française d’Extrême-Orient, fondée en Indochine en 1898, reste largement méconnue. Elle est pourtant un formidable laboratoire pour observer la « science coloniale », ses conditions de production et ses usages politiques.
À travers cette étude historique, Pierre Singaravélou revient sur la dimension culturelle de la domination coloniale, mais aussi sur le foisonnement intellectuel qui caractérise l’Asie de la première moitié du XXe siècle. Exploration archéologique, collecte des manuscrits, étude du patrimoine linguistique, etc. : ces activités tous azimuts de l’École soulignent la richesse des connaissances co-produites par les savants français et les chercheurs autochtones dont le statut demeure subalterne. Et la découverte inattendue de la vente par l’École de certaines sculptures khmères d’Angkor dans les années 1930 démontre la perpétuation de pratiques prédatrices.
Un grand essai d’histoire sur l’orientalisme et les sciences humaines en situation coloniale.

. Renaud Piarroux, Choléra. Haïti 2010-2018 : histoire d’un désastre, Paris, CNRS Éditions, mars 2019.

Le 12 janvier 2010, Haïti est frappé par un séisme dévastateur, et sa capitale, Port-au-Prince, en partie détruite. Au mois d’octobre suivant, c’est une épidémie de choléra, d’une violence inouïe, qui frappe l’île. Or, le choléra n’avait alors jamais touché cette île. À la demande de l’ambassadeur de France en Haïti et du ministre de la Santé haïtien, le médecin français Renaud Piarroux, spécialiste de la dynamique des épidémies de choléra, s’y rend, pour en déterminer l’origine et dresser un plan de bataille. Mais ce qu’il croyait être une « simple » mission sanitaire va se révéler être un scandale politique et scientifique de grande ampleur. Politique, parce que l’épidémie a été apportée en Haïti par les casques bleus onusiens venus aider à la reconstruction du pays, responsabilité que l’ONU peine à endosser. Scientifique, parce que la doxa d’alors, c’est que le choléra voit son origine dans le réchauffement des eaux, dont il serait une conséquence « naturelle » : cela va se révéler faux, mais il faudra lutter pour le faire admettre. C’est le récit de ces batailles, menées dans un pays deux fois ravagé, que Renaud Piarroux nous conte ici : un récit à la première personne, très personnel, des colères, de l’impuissance surmontée, des rencontres marquantes. Les batailles sont remportées, et l’on espère que, après la saison des pluies de cette fin d’année 2018, le choléra pourra être déclaré éradiqué en Haïti.

. Vincent Lehmuller, La stratégie immunitaire. Un autre chemin vers la victoire, Paris, Nuvis, février 2019.

Aujourd’hui, l’enjeu n’est plus de conquérir la puissance mais de la conserver ; il ne s’agit plus seulement de protéger nos intérêts stratégiques par la recherche d’une victoire décisive, mais de garantir la non-défaite. En ce sens, en cohérence avec les atouts et moyens de la France, la stratégie "immunitaire" proposée par l’auteur prône un modèle d’engagement plus préventif que curatif. Cette nouvelle façon de faire la guerre, plus constructive que destructrice, propose un autre chemin vers la victoire.

. Érik Neveu, Sociologie du journalisme, Paris, La Découverte, février 2019.

Suspectés de « faire l’opinion », d’être trop proches des puissants ou au contraire sans cesse négatifs, les journalistes exercent une profession chahutée. Un exercice salutaire du droit de critique exige de comprendre la réalité du travail quotidien d’un métier de plus en plus éclaté selon les médias, statuts et titres. Cet ouvrage propose à qui veut saisir le quotidien du travail journalistique un état des recherches internationales et un ensemble de pistes de réflexion. Il éclaire les généalogies de la profession et propose une cartographie des journalismes français contemporains. Il invite à penser le travail journalistique dans un réseau de relations avec les autres acteurs de l’entreprise de presse, les sources et les publics. Il évoque les évolutions de l’écriture de presse et tente de reposer les termes du débat classique sur les pouvoirs du journalisme. Il propose enfin de saisir les contours d’une nouvelle écologie de la production de l’information à un moment où réseaux sociaux, sites Web et débats sur les fake news manifestent la recomposition des techniques et de l’art d’informer.

. François Heisbourg, Cet étrange nazi qui sauva mon père, Paris, Éditions Stock, février 2019.

C’est à un mystère que s’attelle ici François Heisbourg, relatant le parcours de l’étrange baron Franz von Hoiningen. Cet officier allemand qui traverse deux guerres mondiales, s’engage spontanément dans le parti nazi, puis sauve des centaines de Juifs et de résistants – dont le père de l’auteur –, qui s’évade d’Allemagne avec la Gestapo aux trousses après avoir été « mouillé » dans le complot contre Hitler, finit son odyssée dans les bras de sa femme au Luxembourg et disparaît de tous les écrans radar. Au point que ce récit aurait pu s’appeler « L’homme sans visage », tant il a été difficile de trouver une trace photographique de lui. Qui était-il ? Comment passe-t-on à un moment donné du mal au bien ? Quelle est l’alchimie de cette « banalité du bien » ?

. Jean-François Coustillière, Périls imminents en Méditerranée, Paris, l’Aube, février 2019.

La Méditerranée est un théâtre où se jouent conflits – religieux, armés, politiques – et drames – environnementaux, démographiques et économiques. Révélant l’envers du décor, Jean-François Coustillière éclaire motifs et stratégies, élargit le champ aux puissances internationales qui tiennent à protéger leurs intérêts en Méditerranée, scrute les rôles de la France et des pays européens. Ce livre est cru comme une autopsie, aussi clinique, aussi factuel : description de la scène du crime, observation des lésions, analyse des toxiques, examen des organes, cause probable du… ah, non, le «  patient  » n’est pas encore tout à fait mort et il subsisterait peut-être un espoir de le sauver. Mais qui peut arrêter les coupables et administrer les remèdes nécessaires ?

. Jean-Marie Bouissou, Les leçons du Japon. Un pays très incorrect, Paris, Fayard, mars 2019.

Plongée dans le Japon contemporain qui pourrait bien en étonner plus d’un et qui vaut d’être regardé de plus près, tant il est resté uni et homogène malgré une crise économique qui persiste. Un pays parfois dur et brutal, qui assume ses côtés politiquement incorrects, mais qui échappe aux fractures qui divisent la France. Le Japon vit depuis trente ans une crise économique et sociale multiforme. Sa dette publique est la plus élevée du monde. Les revenus stagnent, le taux de pauvreté est le double du nôtre, sa population diminue et vieillit massivement, sa jeunesse paraît démoralisée. Pourtant, le Japon se tient et se supporte fort bien lui-même. Il est dur et brutal sous certains aspects, mais le chômage y est inconnu, la délinquance négligeable et les services d’une qualité inimaginable. Ce qui divise les Français, à commencer par les religions et les médias, y conforte au contraire la cohésion nationale. Sportifs et célébrités en tous genres se doivent d’être exemplaires, sous peine d’être durement sanctionnés par l’opinion. Du haut en bas de la société, on s’excuse, souvent pour très peu et parfois pour beaucoup, et ce rituel qui, vu de chez nous, semble n’être que du théâtre a une réelle efficacité sur le moral de la communauté. On peut y voir le résultat d’un formatage omniprésent dès la petite enfance, dont le conformisme tue le dynamisme, la créativité et les rêves. Mais on peut aussi penser que la manière dont le Japon échappe aux fractures qui stressent la France, et à certains des maux qui pourrissent la vie des Français, vaut d’être regardée de plus près. Quitte à ce que les leçons que peut donner le Japon semblent attentatoires à ce qui est politiquement (et autrement) « correct ».

. Louis Favreau, Lucie Fréchette, Solidarité internationale. Écologie, économie et finance solidaire, Québec, PUQ, février 2019.

Dans l’espace public, l’aide humanitaire occupe la première place de la coopération internationale. Elle panse les dégâts de toutes les crises. Cependant, une autre partie de cette coopération invente des transitions vers un développement durable au Sud. La solidarité internationale, adossée au développement d’économies de proximité, est désormais à l’ordre du jour. Comment en effet répondre aux enjeux planétaires telles l’urgence écologique, la montée des inégalités, la mise à mal des démocraties et la présence d’intégrismes religieux comblant le vide actuel d’horizon collectif ? Comment accompagner des communautés de plus en plus laissées à elles-mêmes par les États ? Depuis une décennie, un double virage, écologique et économique, traverse la coopération. Cet ouvrage présente l’itinéraire d’organisations de coopération internationale (OCI), de coopératives, de groupes de producteurs agricoles et de syndicats qui ont pris ce tournant en tissant la toile d’une solidarité économique favorisant sécurité alimentaire, accès au crédit et lutte contre la précarité énergétique. Une solidarité misant sur la finance solidaire ouvre ainsi un nouvel espace des possibles : l’épargne du Nord soutenant des investissements socioéconomiques au Sud qui réinventent l’espoir. Fruit condensé d’un long parcours de deux chercheurs engagés depuis des décennies dans ce domaine, cet ouvrage intéressera les intervenants et décideurs de la coopération internationale (OCI, municipalités, collèges et universités), les organisations sociales sensibles aux collaborations avec leurs équivalents au Sud, ainsi que les étudiants en développement international, en organisation communautaire et, plus généralement, en sciences sociales.

. Pierre Bezbakh, Inflation et désinflation, Paris, La Découverte, février 2019.

Qu’est-ce que l’inflation ? Quelles en sont les principales causes ? À qui profite-t-elle et quels en sont les principaux effets ? La désinflation est-elle un phénomène conjoncturel indépendant des politiques économiques ? De quels moyens les gouvernements disposent-ils pour lutter contre l’inflation ? Comment les grands pays développés ont-ils réussi leur passage à la désinflation ? Peut-on envisager que la déflation suive la désinflation ? Y a-t-il des perdants lorsque les prix sont stables ? Peut-on imaginer qu’il y ait croissance économique sans inflation ? Quelles sont les relations économiques entre l’inflation, le chômage et la croissance ? Les phénomènes récents (mondialisation, concurrence accrue, émergence du géant chinois, fluctuation du cours des matières premières…) sont-ils de nature déflationniste ou, au contraire, porteurs de nouvelles tensions inflationnistes ? C’est à ces questions que cet ouvrage tente de répondre, en s’appuyant sur les faits, les théories et les leçons des expériences historiques.

. Pierre Veltz, La France des territoires, défis et promesses, Paris, l’Aube, février 2019.

À l’heure de la crise qui secoue notre pays, voici un livre provocateur. Sans nier les profondes divergences au sein de la société française ni leurs racines ou implications terri­toriales, Pierre Veltz fait le pari de l’optimisme, celui d’une France qui proteste mais aussi invente, au cœur des territoires, des chemins nouveaux pour faire face aux grands défis qui nous sollicitent, et d’abord celui de la conversion écologique. Il décrit le « tournant local » qui touche aussi bien notre économie que notre vie sociale, redéfinissant en creux l’agenda étatique, national et européen. Il ne plaide pas pour un retour régressif au territoire identitaire et fermé sur lui-même, mais au contraire pour une vision fluide et ouverte des interdépendances entre métropoles, villes moyennes et zones rurales.

. Christophe Jaffrelot, L’Inde contemporaine, Paris, Éditions Fayard, mars 2019.

Ouvrage de référence sur l’Inde aujourd’hui, complet et accessible, rédigé par les meilleurs spécialistes du sujet, illustré avec des cartes, outil indispensable pour comprendre les enjeux du sous-continent indien. Avec une décennie d’avance, l’Inde a fait une entrée remarquée dans le xxi siècle. Elle a amorcé de grandes réformes structurelles (politiques, économiques et sociales). Dans les années 1990-2000, le renforcement du fédéralisme, le rapprochement avec les États-Unis, la libéralisation économique et la politique de discrimination positive en faveur des basses castes ont changé le visage du pays. À ces phénomènes s’en ajoutent d’autres, à la temporalité plus lente mais dont l’impact est majeur : transition démographique, urbanisation rapide et effort de défense nationale. L’Inde est aujourd’hui confrontée à la montée en puissance des nationalistes hindous, au pouvoir depuis 2014, à une marginalisation de ses minorités religieuses et à une concentration du pouvoir lié à la centralisation administrative. À plus long terme, la crise agricole et les risques environnementaux hypothèquent son développement. Cet ouvrage est une synthèse indispensable à qui veut comprendre l’histoire contemporaine d’une grande puissance émergente avec laquelle il faut désormais compter.

. Christophe Prince, Nathalie Prince, Nietzsche au Paraguay, Paris, Flammarion, février 2019.

Paraguay, 1886. Virginio Miramontes, un aventurier solitaire, est recueilli en pleine jungle dans une étrange colonie peuplée d’une poignée de familles allemandes. C’est le projet fou d’Elisabeth Nietzsche, sœur du célèbre philosophe, et de son mari, le lugubre docteur Förster. Tous deux rêvent de créer dans ces terres vierges une nouvelle Allemagne digne de l’utopie aryenne balbutiante. Antisémitisme délirant, plan d’expansion démesurés, cultures et commerces impossible. Rien ne marche comme prévu, et la Nueva Germania court au désastre. La maladie rôde, la faim guette, la violence s’installe. Perdue dans ce microcosme entouré de barbelés, Elisabeth tient à son frère la chronique fantasmée de leur succès, passant ses jours à attendre les lettres de Nietzsche. Nietzsche au Paraguay révèle une face cachée de l’Histoire, celle d’une illusion folle, présage des massacres nazis un demi-siècle plus tard.

. Frederick M. Binder, David M. Reimers, Robert W. Snyder, All the Nations Under Heaven. Immigrants, Migrants, and the Making of New York. Revised Edition, Columbia, Columbia University Press, février 2019.

First published in 1996, All the Nations Under Heaven has earned praise and a wide readership for its unparalleled chronicle of the role of immigrants and migrants in shaping the history and culture of New York City. This updated edition of a classic text brings the story of the immigrant experience in New York City up to the present with vital new material on the city’s revival as a global metropolis with deeply rooted racial and economic inequalities. All the Nations Under Heaven explores New York City’s history through the stories of people who moved there from countless places of origin and indelibly marked its hybrid popular culture, its contentious ethnic politics, and its relentlessly dynamic economy. From Dutch settlement to the extraordinary diversity of today’s immigrants, the book chronicles successive waves of Irish, German, Jewish, and Italian immigrants and African American and Puerto Rican migrants, showing how immigration changes immigrants and immigrants change the city. In a compelling narrative synthesis, All the Nations Under Heaven considers the ongoing tensions between inclusion and exclusion, the pursuit of justice and the reality of inequality, and the evolving significance of race and ethnicity. In an era when immigration, inequality, and globalization are bitterly debated, this revised edition is a timely portrait of New York City through the lenses of migration and immigration.

. Jean-Claude Prager, Le grand Paris express. Les enjeux économiques et urbains, Paris, Éditions Économica, janvier 2019.

Le Grand Paris Express est un projet de très grande ampleur qui soulève nombre de discussions restées trop souvent très superficielles. Ce livre présente les différentes recherches économiques effectuées depuis une dizaine d’années pour mieux en appréhender les conséquences sur la mobilité, l’activité économique et l’organisation urbaine. Ces recherches, encore méconnues, se situent à la pointe de la connaissance actuelle sur le sujet, et illustrent l’importance de bien décrire et évaluer les effets des infrastructures de transports, surtout lorsqu’elles sont de taille aussi exceptionnelle que le Grand Paris Express, pour que la puissance publique puisse prendre ses décisions sur la base des informations les plus robustes. Tous les aspects utiles sont abordés, l’impact sur la mobilité et les grandes difficultés qu’ont les modèles de prévision classiques pour appréhender les conséquences de la mise en service d’une infrastructure performante telle que le Grand Paris Express, les effets de cet investissement sur l’emploi et sa croissance comme sur la transformation dans les tendances de la localisation des entreprises et des populations et ses conséquences en termes de productivité des entreprises et des services publics, le management des mégaprojets, dimension essentielle de leur réussite, ainsi que la comparaison avec le projet du Crossrail de Londres. Ce livre entend nourrir un débat fructueux et ouvert sur l’organisation de l’espace économique des villes et le rôle moteur des grandes infrastructures, à un niveau dépassant les jugements simplistes que malheureusement on rencontre encore trop souvent.

. Michael Marder, Political Categories. Thinking Beyond Concepts, Columbia, Columbia University Press, mars 2019.

Western philosophy has been dominated by the concept or the idea—the belief that there is one sovereign notion or singular principle that can make reality explicable and bring all that exists under its sway. In modern politics, this role is played by ideology. Left, right, or center, political schools of thought share a metaphysics of simplification. We internalize a dominant, largely unnoticeable framework, oblivious to complex, plural, and occasionally conflicting or mutually contradictory explanations for what is the case. In this groundbreaking work, Michael Marder proposes a new methodology for political science and philosophy, one which he terms “categorial thinking.” In contrast to the concept, no category alone can exhaust the meaning of anything : categories are so many folds, complications, respectful of multiplicity. Ranging from classical Aristotelian and Kantian philosophies to phenomenology and contemporary politics, Marder’s book offers readers a theoretical toolbox for the interpretation of political phenomena, processes, institutions, and ideas. His categorial apparatus encompasses political temporality and spatiality ; the revolutionary and conservative modalities of political actuality, possibility, and necessity ; quantitative and qualitative approaches to the study of political reality ; the meaning of political relations ; and various senses of political being. Under this lens, the political appears not as a singular concept but as a family of categories, allowing room for new, plural, and often antagonistic ideas about the state, the people, sovereignty, and power.

. Pankaj Mishra, L’Âge de la colère. Une histoire du présent, Paris, Éditions Zulma, avril 2019.

L’âge de la colère, c’est une guerre civile mondiale caractérisée par deux traits majeurs : l’individualisme et le mimétisme appropriatif. Brexit, élection de Donald Trump, nationalisme hindou de Narendra Modi, terrorisme islamiste, extrême droite omniprésente en Europe… les exemples ne manquent pas. Pour Pankaj Mishra, ces bouleversements ne sont pas le résultat de situations propres à chaque pays, encore moins d’un choc des civilisations. Il s’agit au contraire d’un mécanisme inhérent au modèle politique occidental acouché des Lumières – démocratie libérale et économie de marché – qui, depuis la chute du mur de Berlin, s’applique de manière brutale à des milliards d’individus. Depuis l’Europe du XVIIIe siècle, Pankaj Mishra explore la situation émotionnelle qui, de Rousseau et Tocqueville à nos jours, a fait émerger les mouvements de colère. Il montre comment les romantiques allemands et les anarchistes russes, détracteurs d’une société inégalitaire née de l’idéal libéral, ont influencé des leaders nationalistes du XXe siècle en Inde, en Turquie, en Iran ou en Chine. Mais les individus révoltés du XXIe se comptent par millions – un phénomène amplifié par les réseaux sociaux, les crises migratoires et une instabilité économique globale. Avec une écriture enlevée et des portraits saisissants – on notera la plongée dans l’Inde de Narendra Modi – L’Âge de la colère propose une analyse inattendue et décentrée de notre présent troublé.

. Yves Mény, Imparfaites démocraties. Frustrations populaires et vagues populistes, Paris, Presses de Sciences Po, mars 2019.

« La démocratie est un livre ouvert dont toutes les pages ne sont pas écrites. Les démocraties se sont inventées, modifiées, adaptées et on est loin d’avoir épuisé les ressources de l’imagination et de l’expérimentation. S’il y a une révolution à faire, c’est bien là. » Imparfaite par essence, la démocratie suscite critiques et désillusions. Cet état de crise, de remise en cause, permanente est son talon d’Achille, et aussi sa grandeur. Aujourd’hui, rien ne semble pouvoir endiguer la vague populiste qui déferle sur le monde. Partout, l’idéal de liberté, d’égalité et de fraternité recule, tandis que les peuples cèdent à la tentation de l’homme fort. Sommes-nous pour autant à la veille d’un effondrement démocratique ? Au regard des changements économiques et politiques en cours dans des pays comme l’Italie, les États-Unis, le Royaume Uni et la France, l’auteur fait plutôt le pari que les démocraties sauront se réinventer. Comme elles ont toujours su le faire depuis deux siècles, en incorporant des éléments exogènes tels que l’État de droit, le libéralisme politique ou l’État providence.

. Cécile Asanuma-Brice, Un siècle de banlieue japonaise. Au paroxysme de la société de consommation, Paris, Metispresses, février 2019.

Un siècle de banlieue japonaise apporte une réflexion inédite sur les processus d’urbanisation de l’une des sociétés de consommation les plus avancées de la planète, dans un pays dont la population doit, de surcroît, souvent faire face à des désastres naturels. De la fin du XIXe  siècle aux temps présents en passant par la crise de Fukushima, l’histoire de la production de l’espace nippon retracée ici nous permet de saisir l’évolution du rapport des Japonais à l’urbain et à leur milieu. Dans ce contexte, la formation du tissu urbain banlieusard qui entoure les villes, et notamment la capitale, est un phénomène particulièrement éloquent. Au Japon, logements publics et sociaux n’allant pas de pair, il est essentiel de saisir les motivations d’une réflexion liée au logement populaire en banlieue. Quelles sont les conséquences foncières, sociales et culturelles de la transformation de l’espace imposée par les politiques planificatrices de la seconde moitié du XXe siècle ? Un siècle de banlieue japonaise présente les premières initiatives externalisées dans le domaine du logement, les influences occidentales et les prises de position qui ont donné naissance au processus de création de la banlieue japonaise, ainsi que les grands mouvements d’idées sous-jacents. Afin d’illustrer les résultats concrets de ces phénomènes, l’auteure examine en profondeur la situation des cités de logements publics japonaises, qui exprime certes la mise en œuvre de la modernité dans l’aménagement spatial, mais entraîne également des réalités socioculturelles difficiles. De la naissance du noyau urbain de Tôkyô aux emprunts à l’Amérique de l’après-guerre, de la vague du bunka à l’apogée de Kôdan (l’organisme public du logement), en passant par l’évolution inexorable d’un village où les traditions disparaissent progressivement, Cécile Asanuma-Brice nous présente la poétique et la politique de l’urbain nippon. Elle nous invite de manière spéculaire à nous interroger sur la production de l’espace urbain occidental.

. David Motadel, Les musulmans et la machine de guerre nazie, Paris, La Découverte, février 2019.

Au plus fort de la Seconde Guerre mondiale, après les premiers revers militaires subis en Union soviétique et l’enlisement dans des territoires abritant de nombreux musulmans – l’Afrique du Nord, le Caucase, les Balkans et la Crimée –, les dirigeants nazis ont cédé à une sorte d’urgence stratégique. Ainsi ont-ils mis de côté certains de leurs préjugés racistes et tenté d’instrumentaliser l’« islam » – religion que Hitler et Himmler, notamment, admiraient car ils la jugeaient « autoritaire », « fanatique » et « conquérante » – pour en faire une force politique ralliée à leur cause. Les musulmans sont donc devenus la cible d’une propagande acharnée et sophistiquée, quoique totalement ignorante des cultures et contextes régionaux. Mais en postulant l’unité du monde musulman, en manipulant les textes sacrés ou en tentant de faire passer Hitler pour une figure centrale de l’eschatologie islamique, la machine de guerre nazie a fabriqué de toutes pièces un islam imaginaire. Fondé sur des sources inédites issues de quatorze pays, ce livre démonte avec précision la thèse d’une proximité idéologique entre nazis et musulmans à l’égard des juifs. Si des dizaines de milliers de soldats musulmans se sont effectivement enrôlés dans la Wehrmacht et la SS, ils l’ont presque toujours fait pour échapper à une misère plus grande encore, aux menaces de la violence nazie, ou pour se venger de leurs anciens oppresseurs.

. Fanny Lopez, L’ordre électrique. Infrastructures énergétiques et territoires, Paris, Metispresses, février 2019.

La maîtrise industrielle de l’électricité et l’ordre électrique qui en est directement issu ont façonné nos sociétés depuis plus d’un siècle. Ils ont permis une démulti-plication de la croissance et de la consommation, tout en menant à l’appropriation des milieux de vie. Aujourd’hui, un mouvement de profonde reconfiguration des territoires-ressources est à l’oeuvre, remettant en question nos modes de vie ainsi que la nature et l’échelle des infrastructures et des territoires qui nous permettent de subsister, alors même qu’un grand nombre de ces derniers sont fortement dégradés. La quête d’un sol et de l’autosuffisance n’a cessé de bousculer l’ordre électrique. Cet ouvrage propose une histoire critique de ses infrastructures, depuis leur avènement à la fin du XIXe siècle, suivi par leur rapide développement à grande échelle – les monuments du capitalisme électrique –, jusqu’aux crises récentes et aux transformations qui ont conduit à l’émergence d’une diversité infrastructurelle et d’une gouvernance plus locale. Les territoires à énergie positive, les micro-réseaux électriques de Londres, de Berlin ou de New York, les mini-centrales urbaines, rurales ou domestiques, qui redessinent des trajectoires productives de plus petite échelle, promeuvent des dynamiques de réappropriation et des nouveaux systèmes d’interconnexion. Ces réalisations bouleversent les hiérarchies sociotechniques héritées du passé et redéploient nos devenirs énergétiques urbains et territoriaux.

. Pierre Bergounioux, Faute d’égalité, Paris, Gallimard, mars 2019.

On attendait d’énergiques initiatives, des changements effectifs, de vrais événements. Ils ne se sont pas produits. Cinq décennies ont passé en vain, à vide, apparemment. Et puis ce qui aurait dû être et demeurait latent, absent fait irruption dans la durée. Pierre Bergounioux entreprend ici de saisir les origines et la signification du soulèvement social que la France a vécu ces derniers mois. Il enracine sa réflexion dans l’histoire des nations et des idées occidentales, en vertu de l’axiome selon lequel tout le passé est présent dans les structures objectives et la subjectivité des individus qui font l’histoire. Ainsi se poursuit, jusque dans les formes les plus contemporaines de la contestation, en pleine crise du capitalisme et de la représentation politique, le rêve égalitaire qui nous est propre.

. Pierre Musso, Le temps de l’Etat-Entreprise, Paris, Fayard, mars 2019.

Nous assistons à la montée en puissance de la grande Entreprise, rivale de l’Etat, depuis plusieurs siècles. Cette fois, elle semble en mesure de rivaliser avec sa puissance et d’opérer un basculement en sa faveur. Sans cette « grille de lecture », il est impossible de comprendre la « crise du politique » qui s’étire maintenant depuis plusieurs décennies et de comprendre les dernières évolutions locales aux Etats-Unis et en Europe dont sont symptomatiques les présidences de Donald Trump et Emmanuel Macron, et la résurgence de Silvio Berlusconi, entre autres. Personnages ayant surgi comme par effraction à la présidence de leur pays, perçus comme des « politiques » improbables, Berlusconi, Trump et Macron ont été bien rapidement étiquetés « populistes », « élitistes », « néo-libéraux ». Si ces trois figures, pourtant en phase avec l’époque, restent incompréhensibles, c’est qu’ils méritent que l’on formule d’autres hypothèses d’interprétation du phénomène qu’ils représentent. Berlusconi, Trump et Macron, antipolitiques en politique, sont des figures pionnières de l’État-Entreprise. Cette institution double se manifeste et apparaît aujourd’hui, tandis que l’État est plus affaibli que jamais, et à sa suite la politique et le système de la représentation. L’Entreprise, en premier lieu la grande Entreprise (big corporation), triomphe. Elle est à l’apogée de sa puissance. Ce livre met en perspective, sur la longue durée, la mutation profonde du politique en Occident et donne à voir ce qui se joue à l’arrière-plan, entre l’État (institution de la religion du politique) et l’Entreprise
(institution de la religion industrielle) : un lent processus de neutralisation de l’État qui s’accélère depuis la fin du xxe siècle et semble tendre à son démantèlement, au profit de l’Entreprise… À tout le moins assistons-nous à un transfert d’hégémonie. Le temps de l’État-Entreprise advient, temps de la mutation du pouvoir et du rapport de force entre les deux institutions désormais hybridées.

. Régis Debray, L’Europe fantôme, Paris, Gallimard, février 2019.

Pour mieux comprendre ce qui lui reste d’emprise sur les esprits, il faut rendre à l’idée sublime d’Union européenne son aura d’origine. Et rappeler à ceux de ses vingt-sept membres qui l’auraient oublié d’où vient la bannière bleue aux seulement douze étoiles d’or : du Nouveau Testament, Apocalypse de saint Jean, 12. L’emblème qui flotte au-dessus de nos têtes qui ne croient plus au Ciel remonte à l’an 95 de notre ère et célèbre l’imminent avènement du Royaume. Vision mystique engrisaillée, projet politique encalminé : les deux ne sont pas sans rapport.

. Conseil français des investisseurs en Afrique (CIAN), Les diasporas africaines. Accélératrices des économies du continent, Paris, Éditions Eyrolles, janvier 2019.

Un panorama inédit des retombées économiques des diasporas africaines. Alors que l’Afrique enregistre une croissance durable et bénéficie de sauts technologiques grâce au digital, les trois millions et demi de personnes des diasporas africaines de France se tournent de plus en plus vers le continent pour prendre part à cette dynamique. Beaucoup de projets, d’initiatives entrepreneuriales ou associatives voient le jour, des fonds importants sont investis. Mais quel est l’effet réel pour le continent africain ? En 2018, le Conseil français des investisseurs en Afrique (CIAN) a conduit une étude pour mieux cerner la réalité économique de ces diasporas africaines de France, leurs motivations et aspirations ainsi que leur impact. Cet ouvrage dresse un panorama inédit de ces diasporas et de leurs puissantes retombées économiques pour le continent africain.

. Henry Laurens, Les crises d’Orient tome 2. La naissance du Moyen-Orient 1914-1949, Paris, Fayard, février 2019.

Dans ce second volume des Crises d’Orient, Henry Laurens poursuit sa magistrale synthèse sur l’histoire des conflits et violences qui agitèrent le Moyen-Orient, de 1915 et la Première Guerre mondiale à 1949. Dans ce volume, Henry Laurens montre de manière originale comment la Première Guerre mondiale est aussi une guerre pour l’islam. L’Allemagne impériale cherche à organiser un jihad contre les empires coloniaux de la France, de la Grande-Bretagne et de la Russie quand Britanniques et Français tentent de prendre le contrôle des villes saintes de l’islam. À la faveur du Premier Conflit mondial, né de la question d’Orient, et de l’effondrement de l’Empire ottoman, une multitude d’États se constituent dont les élites travaillent avec acharnement à se libérer de la tutelle étrangère. Jusqu’à la Seconde Guerre mondiale toutefois, les Britanniques parviennent à maintenir leur monopole. Mais l’entrée en scène des États-Unis et de l’Union soviétique, qui reprend à son compte le Grand Jeu du tsarisme, déstabilisent la région. D’autant que la création d’Israël en 1948, soutenue par les Occidentaux, initie un nouveau cycle de conflits au Moyen-Orient. Ce livre révèle une fois de plus combien l’enjeu des ingérences et des implications a façonné la réalité politique de la région et créé de terribles tragédies humaines comme la destruction de la chrétienté anatolienne ou l’exode des Palestiniens. Les drames d’aujourd’hui y trouvent leurs origines.

. Julien Monange, La Légion arabe de 1917, Paris, CNRS Éditions, janvier 2019.

Recrutée pendant l’été 1917 pour appuyer et renforcer les colonnes tribales de l’émir Fayçal et du colonel Lawrence contre les Turcs, la première Légion arabe constitue une tentative audacieuse dans l’Orient en plein conflit mondial. Formée de prisonniers ottomans, de déserteurs ou encore de volontaires bédouins et levantins, elle est placée hiérarchiquement sous le commandement de diplomates européens, mais encadrée par un corps d’officiers arabes convertis à la cause du chérif Hussein, le nouveau « roi du Hedjaz ». Des conseillers militaires occidentaux sont chargés de son instruction tactique et tentent de discipliner cette troupe hétérogène. En lui affectant le célèbre orientaliste français Louis Massignon qui professe en son sein un oecuménisme panarabe contre le califat ottoman, ses créateurs Sykes et Picot ont voulu donner l’impression de favoriser la création d’une armée nationale arabe. Mais l’objectif d’une telle entreprise était en fait de canaliser le nationalisme chérifien et de casser son lien inconditionnel à l’Islam. Le récit inédit de sa courte histoire donne de nouvelles clefs de compréhension des rivalités impérialistes en Orient, lignes de fractures entre les Alliés sur l’attitude à avoir envers l’Islam et le nationalisme arabe pendant la Grande Guerre.

. Amatallah Hassan Abdulmughni, Manon Quérouil, La Reine de Sanaa, Paris, Fayard, février 2019.

Au Yémen, avant son exil, Ahmatullah était le Premier ministre d’un gouvernement inédit : un « Conseil des Enfants » qui siégeait au Parlement. Elle avait alors de grands espoirs pour son pays, notamment le débarrasser des extrémismes qui assujettissent femmes et enfants, pour enfin rétablir la paix. Mais la guerre a eu raison de ça aussi et l’a contrainte à l’exil. Dans ce récit, elle nous raconte son enfance dans un Yémen en proie aux violences et au fanatisme. Depuis toute petite, on répète à Amatallah Hassan Abdulmughni qu’elle vaut « dix hommes ». Vu d’ici, le compliment n’en est pas un. Mais au Yémen, c’est plus qu’une reconnaissance : un véritable blanc-seing pour forcer le destin. À 18 ans, Amatallah a déjà un passé d’adulte. Au Yémen, elle était le Premier ministre d’un gouvernement comme il n’en existe nulle part ailleurs : les 35 membres qui composaient ce « Conseil des Enfants » étaient tous mineurs et siégeaient au Parlement, aux côtés de leurs homologues adultes. Là-bas, Amatallah s’était fixé une mission, et non des moindres : ramener la paix dans son pays, en combattant notamment les milices chiites. Mariages forcés d’enfants, femmes cloîtrées ou contraintes à porter la burqa dès l’âge de 10 ans, les combats de la jeune fille n’avaient plus de limites. Ou presque. Depuis quelques mois, Amatallah s’est vue contrainte de quitter son pays. La guerre a rattrapé tous ses espoirs. C’est depuis son exil que, grâce à Manon Quérouil-Bruneel, elle nous raconte son enfance dans un Yémen en proie aux violences et à l’extrémisme. Un document passionnant.

. Pierre Cabanes, Le monde grec, Paris, Armand Colin, février 2019.

Cet ouvrage a pour vocation de fournir quelques notions claires aux lecteurs et aux lectrices qui prennent contact avec la Grèce antique. Il offre une présentation du monde grec antique, fondée sur l’étude des grandes structures de cet ensemble dont l’unité est beaucoup plus culturelle que politique. Sont décrites successivement la vie sociale en Grèce ancienne, les activités économiques des habitants, les formes d’État et de gouvernement qu’ils ont adoptées pour organiser la vie de leurs petites collectivités, la vie religieuse et culturelle qui les rapprochent. Une chronologie permet de situer dans le temps ces structures et incitera le lecteur à aller plus loin dans la découverte du monde grec ancien.

. Pierre Buhler, La puissance au XXIe siècle, éd. Biblis, 2019.

Qu’est-ce que la puissance en ce début de XXIe siècle ? C’est à une exploration des transformations de ce concept central du système international que nous convie cet ouvrage. Il en examine les fondements, en dégage les règles, révèle cette « grammaire de la puissance » qui, par ses constantes comme par ses formes nouvelles, gouvernera sa redistribution.

Croisant les regards, ceux de l’économie, de la démographie, du droit, de la géographie, de la philosophie politique, La puissance au XXIe siècle offre une clef de lecture de l’ordre du monde et de sa recomposition continue. La mondialisation, l’innovation, la prolifération, à la faveur de la révolution numérique, des logiques de réseaux, la montée en force, voire l’apparition, de nouveaux acteurs ont érodé le monopole des États, qui ont cependant su reprendre la main.

« Cet ouvrage s’impose comme une référence pour comprendre le concept de puissance à la lumière du temps présent. »
Libération

. Kevin Limonier, Vladimir Pawlotsky, La Russie, une puissance en renouveau ?, La documentation photographique n°8126, novembre- décembre 2018, La documentation française.

Derrière l’image d’une puissance conquérante dirigée par un pouvoir autoritaire, la Russie recèle de nombreuses contradictions. Vaste territoire aux identités multiples, le pays fait face à une démographie en berne et une économie qui peine à se diversifier. Ses ambitions n’en restent pas moins considérables.
Ce nouveau numéro de la Documentation photographique permet d’appréhender les forces et les faiblesses de la Russie à un moment où ce pays s’efforce de redevenir une puissance incontournable sur la scène internationale. Le lecteur se voit proposé un tour d’horizon complet et actualisé des multiples dimensions (économique, sociale, démographique, diplomatique, militaire…) d’un pays-continent trop souvent réduit à sa caricature.
Au sommaire :
Le point sur : Les multiples géographies de la Russie ; Le « système Poutine » ; Espace postsoviétique, « étranger proche », « monde russe » ; La Russie dans le monde : puissance ou influence ?
Thèmes et documents : Institutions et exercices du pouvoir ; De fortes inégalités territoriales ; Une société aux identités multiples ; Des atouts économiques ; La Russie, puissance mondiale ou régionale ? ; Les vecteurs de la puissance russe.

. Julien Durand de Sanctis, Philosophie de la stratégie française II. La stratégie africaine, Paris, Nuvis, décembre 2018.

Après un premier volume consacré à la "stratégie continentale", Julien Durand de Sanctis étudie dans ce deuxième volume la stratégie française en Afrique. La présence politique et militaire française dans ce continent éveille toute une série d’interrogations relatives à la formation des idées et des représentations à l’oeuvre dans l’élaboration d’une stratégie. Julien Durand de Sanctis nous livre ici une réflexion originale qui place la "matrice" africaine au cœur de la construction des représentations stratégiques coloniales et post-coloniales françaises.

. Cécile Desprairies, L’Héritage allemand de l’Occupation. Ces 60 dispositions toujours en vigueur, Paris, Armand Colin, février 2019.

Cour d’assises, diplôme d’avocat, délit de tentative de faux et usage de faux, statut du détective privé, énergie hydroélectrique, affichage des prix, jerrican, tri sélectif, remembrement, pommes de terre Bintje, carottes râpées, vache Holstein, nouvelles races de chien… autant de dispositions qui nous viennent de l’Occupation allemande et sont passées par Vichy. Si à la Libération, avec le rétablissement de la légalité républicaine, la plupart des mesures de l’Occupation allemande furent abolies, certaines ont été maintenues et, avec elles, des habitudes nées de la guerre. Comment l’expliquer ? N’aurait-on gardé de ce régime autoritaire et répressif que ce qui relevait du quotidien ? L’affaire est complexe et chacun se fera son opinion. Ce livre exerce en quelque sorte un droit d’inventaire et, pour chacune de ces mesures ou dispositions qui sont restées, revient sur les raisons de leur conception et leur devenir aujourd’hui. Un défi passionnant, enrichi d’illustrations inédites.

. Eric Vuillard, La guerre des pauvres, Paris, Actes Sud, janvier 2019.

1524, les pauvres se soulèvent dans le sud de l’Allemagne. L’insurrection s’étend, gagne rapidement la Suisse et l’Alsace. Une silhouette se détache du chaos, celle d’un théologien, un jeune homme, en lutte aux côtés des insurgés. Il s’appelle Thomas Müntzer. Sa vie terrible est romanesque. Cela veut dire qu’elle méritait d’être vécue ; elle mérite donc d’être racontée.

. François Reynaert, Voyage en Europe, Paris, Fayard, janvier 2019.

Un voyage dans plus d’un millénaire d’histoire de l’Europe, de Charlemagne à la construction européenne, redonnant force et vie à l’idée d’une identité partagée. Notre histoire est européenne. S’arrêter face au trône de Charlemagne, dans la cathédrale d’Aix-la-Chapelle, pour rêver d’un empire qui fonda l’Europe. Se promener dans les rues de Nuremberg, de Bruges, de Gênes pour raconter la résurrection des villes et l’invention de l’économie, au Moyen Âge. Arpenter les falaises de Sagres, au sud du Portugal, pour imaginer le prince Henri le Navigateur guettant à l’horizon le retour des caravelles. Retrouver, en Pologne, le chanoine Copernic, qui chamboula notre rapport à l’univers. Chercher, dans les couloirs de Westminster, l’âme du parlementarisme et dans la salle du Jeu de Paume à Versailles celle de la Révolution française. Profiter d’une promenade d’un bout du continent à l’autre, pour explorer son passé. En ce début de XXIe siècle, les passions nationales flambent de nouveau. Nombre d’Européens n’imaginent plus l’avenir que dans le repli alors que notre histoire est indissociable de celle du continent. Un Espagnol et un Polonais, un Allemand et un Français ont en commun le Moyen Âge et ses châteaux, la Renaissance, les Lumières, les bouleversements consécutifs à la Révolution française, la révolution industrielle, les deux guerres mondiales. C’est une évidence, et elle est oubliée. Le but de cette promenade est de lui redonner force et vie.

. Serge Moati, Il était une fois en Israël, Paris, Fayard, janvier 2019.

Dans cette histoire d’Israël, conçue comme un récit de vie, Serge Moati donne à chacun le pouvoir d’enfin comprendre et sentir ce pays, ses espérances et, hélas, ses éternels conflits. Une perspective unique sur l’actualité autant qu’un hymne pour la paix. La première fois que Serge Moati est allé en Israël, en 1958, c’était au kibboutz Regavim. Là-bas, le jeune garçon qu’il était a découvert l’« homme nouveau » des premiers sionistes, avec ses idéaux d’égalité et de fraternité. Avec les jeunes filles et garçons du camp, ils ont appris la lecture, le partage et l’amour. Un « âge d’or » qui l’a longtemps porté. Que reste-t-il, à l’heure où le pays fête ses soixante-dix ans, de cet Israël des origines ? De celui de Herzl et de Ben Gourion qui rêvaient d’un pays où les Juifs du monde pourraient trouver refuge, dans la paix et l’harmonie avec leurs voisins ? Où ensemble, ils pourraient vivre sur une terre qui appartient à tous ceux qui la travaillent ? Plus grand-chose, nous dit ici Serge Moati. De l’« homme nouveau » d’Israël, il ne reste presque rien. Depuis l’indépendance, jusqu’à la dernière intervention de Tsahal à Gaza de novembre 2018, en passant par les deux intifadas, la guerre du Kippour, la mort de Rabin, etc., Serge Moati revient sur les événements qui ont façonné le pays. Dans cette histoire d’Israël destinée à tous, il donne à chacun le moyen d’enfin comprendre le conflit qui déchire la région depuis soixante-dix ans. Une perspective unique sur l’actualité autant qu’un hymne à la paix.

. Hamit Bozarslan, Crise, violence dé-civilisation, CNRS éditions, 2019.

Nécessaire, le « savoir » appliqué à la crise et à la violence peut s’avérer dépourvu de toute capacité explicative et devenir parfaitement frustrant. L’exigence scientifique comme l’urgence citoyenne imposent certes le savoir comme un devoir ; toute société est obligée de comprendre ce qu’elle produit, y compris l’irrationnel ou l’horreur. Mais comment nier qu’étudier l’horreur, c’est déjà reconnaître, a posteriori, notre impuissance ? L’analyse critique est-elle d’une grande utilité quand elle ne dispose pas de moyens d’action ?
Ce livre s’intéresse à trois notions : la crise, la violence et la dé-civilisation. Elles constituent les trois angles morts de l’histoire du monde, tant la connaissance scientifique que l’on peut en avoir ne permet ni de les comprendre pleinement, ni de les combattre efficacement. Elles ont pourtant une dimension universelle et une histoire longue. Il importe de continuer à se pencher sur ces trois notions, car la crise ne conduit pas nécessairement au chaos, à la violence et à la destruction, et la dé-civilisation ne relève d’aucune fatalité. Une crise peut aussi présenter une chance inédite pour une société de développer une conscience critique sur son passé et se projeter dans un avenir radicalement différent de son présent.
En étudiant ces questions politiques, historiques et éthiques, fondamentales, Hamit Bozarslan revient sur l’histoire du monde, et s’interroge sur son avenir.

Hamit BOZARSLAN, Docteur en histoire et en sciences politiques, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales, Hamit Bozarslan est notamment l’auteur d’une Histoire de la Turquie (Tallandier, 2013) et de Sociologie politique du Moyen-Orient (La Découverte, 2011). Ses études actuelles portent sur la sociologie politique et historique du Moyen-Orient.

. Observatoire franco-russe, Russie 2018, Regards de l’Observatoire franco-russe, éd. L’observatoire, 2019.

Jusqu’où ira la confrontation entre Moscou et Washington ? Quelles sont les capacités réelles de l’armée russe ? Comment interpréter les résultats de la présidentielle du 18 mars ? Alexeï Navalny a-t-il un avenir politique ? A quoi ressemble la société russe au début du quatrième mandat de Vladimir Poutine ? Quelles sont les perspectives de l’économie russe ? Que retenir des développements récents au Tatarstan, au Daghestan et en Iakoutie ? Comment les ambassadeurs de France en poste à Saint-Pétersbourg puis à Moscou ont-ils vu la révolution bolchevique et le début de la " guerre froide " ? Russie 2018, sixième rapport annuel de l’Observatoire, a pour ambition de fournir l’analyse la plus complète possible de la situation en Russie. Rassemblant les contributions d’une cinquantaine d’experts, cet ouvrage de référence s’articule autour de chapitres sur la diplomatie, la politique intérieure, l’économie et les régions, tandis que des " miscellanées franco-russes " illustrent l’ancienneté et la richesse exceptionnelle des relations entre la France et la Russie.

. Jean-Dominique Giuliani, Pascale Joannin (dir.), Atlas permanent de l’Union européenne, éd. Marie B, 2019

Dans la perspective des prochaines élections européennes, la Fondation Robert Schuman met à la disposition de tous une nouvelle édition de son Atlas permanent de l’Union européenne. Citoyens, enseignants, étudiants, élèves ou simples curieux, cet ouvrage s’adresse à tous. La quatrième édition de cet ouvrage, unique en son genre, élaboré par les experts de la Fondation Robert Schuman propose une vue complète et facile d’accès, de l’Union, de la zone €uro et de chacun de ses 28 États membres. Elle synthétise l’essentiel de l’histoire et des réalités politiques et statistiques de l’Union et offre plus de 50 cartes physiques et géopolitiques de l’Europe.

Mis à jour à travers son site Internet en accès gratuit et illimité, l’ouvrage permet à chaque lecteur de disposer à tout moment de l’information politique et statistique la plus récente et la plus objective, sur l’Union européenne et ses États membres.

Plus que jamais, l’Atlas à mettre entre toutes les mains !

. Mediterra, Migrations et développement rural inclusif en Méditerranée, AFD, CIHEAM, éd. Les Presses de Sciences Po.

Les phénomènes migratoires occupent aujourd’hui une place essentielle dans les agendas politiques. Moins connus sont leurs effets sur les équilibres socioéconomiques des territoires d’origine et d’accueil, dans un contexte climatique déjà préoccupant.
Composante première des mouvements de population, la migration des campagnes vers les villes est une stratégie d’amélioration de vie pour les ménages grâce aux transferts matériels et immatériels de la part des migrants et constitue un des leviers de développement local, mais elle compromet aussi l’attractivité des territoires ruraux, notamment aux yeux des plus jeunes. Elle prive en outre les secteurs agricoles et agro-alimentaires d’un capital humain nécessaire.
À l’heure où resurgissent les crises alimentaires et où s’aggravent les tensions liées aux ressources naturelles dans l’espace afro-méditerranéen, les migrations peuvent également fragiliser la sécurité alimentaire et hydrique des territoires les plus pauvres.
Qu’ont été et que sont les tendances migratoires en Méditerranée ? Comment intégrer ces mobilités internes et internationales comme facteur de développement territorial ? Comment aborder les migrations des jeunes et des femmes ? Quels sont les liens entre migrations et environnement ? Quels rôles jouent les innovations et le secteur privé ? Quelles réponses peuvent apporter les acteurs de la coopération et du développement ?
La nouvelle édition du rapport Mediterra, codirigée par le Centre international de hautes études agronomiques méditerranéennes (CIHEAM) et l’Agence française de développement (AFD), donne la parole à des experts et à des institutions partenaires afin de mieux comprendre cette thématique complexe, d’identifier des solutions durables et pérennes.

. Barbara Stiegler, Il faut s’adapter. Sur un nouvel impératif politique, Paris, Gallimard, janvier 2019.

D’où vient ce sentiment diffus, de plus en plus oppressant et de mieux en mieux partagé, d’un retard généralisé, lui-même renforcé par l’injonction permanente à s’adapter au rythme des mutations d’un monde complexe ? Comment expliquer cette colonisation progressive du champ économique, social et politique par le lexique biologique de l’évolution ? La généalogie de cet impératif nous conduit dans les années 1930 aux sources d’une pensée politique, puissante et structurée, qui propose un récit très articulé sur le retard de l’espèce humaine par rapport à son environnement et sur son avenir. Elle a reçu le nom de « néolibéralisme » : néo car, contrairement à l’ancien qui comptait sur la libre régulation du marché pour stabiliser l’ordre des choses, le nouveau en appelle aux artifices de l’État (droit, éducation, protection sociale) afin de transformer l’espèce humaine et construire ainsi artificiellement le marché : une biopolitique en quelque sorte. Il ne fait aucun doute pour Walter Lippmann, théoricien américain de ce nouveau libéralisme, que les masses sont rivées à la stabilité de l’état social (la stase, en termes biologiques), face aux flux qui les bousculent. Seul un gouvernement d’experts peut tracer la voie de l’évolution des sociétés engoncées dans le conservatisme des statuts. Lippmann se heurte alors à John Dewey, grande figure du pragmatisme américain, qui, à partir d’un même constat, appelle à mobiliser l’intelligence collective des publics, à multiplier les initiatives démocratiques, à inventer par le bas l’avenir collectif. Un débat sur une autre interprétation possible du sens de la vie et de ses évolutions au cœur duquel nous sommes plus que jamais.

. Christophe Picard, Patrick Boucheron, Le monde musulman du XIe au XVe siècle, Paris, Armand Colin, janvier 2019.

L’ histoire du monde musulman entre le XIe et le XVe siècle est féconde et contrastée dans un monde immense qui s’étend du Gange au Tage. L’étude des principaux événements souligne la profonde mutation des sociétés et des États. Dans cette ère troublée, marquée par de nouvelles invasions, les signes d’une crise durable ne manquent pas tant sur le plan économique qu’intellectuel. Mais réduire cette période de l’histoire de l’Islam à un lent déclin serait méconnaître le dynamisme persistant des sociétés islamisées ainsi que l’expansion musulmane dans les Balkans et en Afrique de l’Est, et la diffusion de la religion d’Allâh autour de l’océan Indien. Des textes et des illustrations commentés, la chronologie ainsi que le glossaire permettent aux étudiants de trouver des précisions sur les événements et sur la civilisation islamique et de se familiariser avec une période mal connue de l’histoire médiévale.

. Ernesto Laclau, Chantal Mouffe, Hégémonie et stratégie socialiste, Paris, Fayard, janvier 2019.

« Nous avons compris qu’il était nécessaire de montrer que le socialisme n’impliquait pas un rejet total du modèle libéral démocratique. [Dans ce livre] nous redéfinissions le projet socialiste comme une radicalisation des principes éthico-politiques déjà inscrits dans la démocratie moderne, l’idée de liberté et d’égalité pour tous. Le projet socialiste – compris en terme de démocratie radicale et plurielle – ne devait pas, disions-nous, être envisagé en rupture avec les idéaux de la démocratie moderne, mais comme leur réalisation », Chantal Mouffe. Dès sa première publication en anglais en 1985, ce livre a suscité de nombreuses discussions et controverses, toujours pas apaisées. Penseurs à l’origine du mouvement post-marxiste, Ernesto Laclau et Chantal Mouffe y défendent une vision de l’émancipation conçue comme « radicalisation de la démocratie ». L’émergence de nouvelles luttes sociales et politiques, en lien avec les transformations du capitalisme, a rendu l’approche théorique qu’ils proposent plus pertinente que jamais pour envisager un projet de gauche capable de fédérer les demandes de la classe ouvrière et celles d’autres mouvements sociaux (féministes, antiracistes, écologistes, LGBT). Au moment où la crise de l’hégémonie néolibérale peut ouvrir la voie à des solutions autoritaires, ce texte fondateur fournit les bases philosophiques permettant de poser les questions politiques essentielles pour concevoir une stratégie populiste de gauche.

. Faranguis Habibi, La guerre m’a parlé de loin, Paris, Stock, février 2019.

1979-2019 : il y a exactement 40 ans, l’Iran a tourné une page de son histoire. La Révolution était un « matin de printemps », l’espoir gagnait le pays, pour les femmes notamment. Faranguis Habibi est témoin de ces années. Sa culture, ses yeux, son âme vivent en persan et en français. Alors, lorsque la guerre Iran-Irak fait dire à l’ayatollah Khomeini « La guerre est un don de Dieu », Faranguis. Habibi rejoint la France en fille de Victor Hugo, pour devenir une figure importante du féminisme iranien. Ce récit très personnel raconte l’expérience de l’exil, l’accueil d’un pays et les cauchemars qui demeurent. Une ode à la liberté.

. Mathieu Delahousse, La chambre des coupables, Paris, Fayard, janvier 2019.

La Chambre des coupables traite de paroles de djihadistes une fois ceux-là pris dans l’engrenage de la justice française, avant de recevoir leur verdict. Ils sont à peine majeurs et se sont rêvés djihadistes. Ils sont en prison et déjà sur le point d’en sortir. Ils ont voulu combattre la
France. Elle doit à la fois les punir, s’en protéger et les réintégrer. Celle-ci a 19 ans et a tenté de « monter à Paris » pour aller « tuer des gens » et faire « pire qu’au Bataclan ». Celui-là a quitté sa famille pour la Syrie, d’où il est revenu, plein de haine, décidé à frapper son propre pays. Ceux-là s’aimaient en France, mais s’imaginait un avenir meilleur au cœur de l’État Islamique.
Leur point commun est d’avoir entrepris le pire, et d’avoir échoué. Revenus vivants, sans gloire ni martyre, tous sont poursuivis pour association de malfaiteurs terroristes. Ils posent à la justice l’énigme de leur parcours, du mépris de soi à la détestation des autres, de l’illusion d’une vie meilleure à l’appel du mal radical. La justice découvre en eux à la fois des enfants et des ennemis de la société française. En nous emmenant au cœur des audiences, Mathieu Delahousse élève chaque enquête au rang d’un récit véritable. Il ne nous épargne aucune des questions auxquelles le juge devra répondre en quelques heures. Il nous fait participer à cette justice rendue en notre nom et pour notre avenir. Mathieu Delahousse est grand reporter spécialiste des affaires judiciaires. Il a déjà publié plusieurs ouvrages, notamment La chambre des innocents (Flammarion, 2017), consacré aux victimes d’erreurs judiciaires.

. Oleg Khlevniuk, Staline, Paris, Gallimard, janvier 2019.

« Cela fait plus de vingt ans que je me consacre à l’étude de Staline et des mécanismes qui ont sous-tendu son action. Une action qui aboutit à la destruction de millions de vies humaines. Malgré le caractère éprouvant, sur le plan émotionnel, de ce travail, je m’y suis tenu avec constance », écrit Oleg Khlevniuk en introduction à cette nouvelle biographie saluée par la critique internationale. Unanimement reconnu comme le plus éminent spécialiste russe du stalinisme, fort d’une connaissance exceptionnelle des grands fonds d’archives soviétiques, l’auteur suit la vie et le parcours de ce dictateur hors catégories. Il pose un regard neuf sur le « système de règles » de Staline, les mécanismes politiques de son ascension, les ressorts d’un mode de gouvernance fondé sur un interventionnisme de tous les instants et un travail quotidien titanesque.

. Bertrand Tillier, Déjouer la guerre ? Une histoire de l’art des tranchées (1914-1918), Strasbourg, PUS, février 2019.

Alors que la guerre de position figeait les fronts, les combattants s’adonnèrent à une intense activité artisanale et artistique destinée à tromper l’attente et le cafard. À l’aide d’un outillage de fortune et de matériaux issus de la guerre industrielle – l’aluminium des fusées, le laiton des douilles d’obus de tous calibres, les éclats de projectiles… –, ils conçurent avec ingéniosité des bijoux et des bibelots. Leurs formes, leurs motifs et leurs inscriptions, le souci décoratif dont ils étaient investis – à la flexion d’un naturalisme naïf, d’une recherche d’expressivité et de l’Art nouveau désormais acculturé – trouvaient leurs sources dans une perpétuation de l’art populaire et dans l’expérience brutale de la guerre moderne. Très en vogue sur le front où elle contribua à structurer relations et sociabilités, et à l’arrière où ses amateurs étaient nombreux, cette pratique condensa des valeurs sociales, des enjeux artistiques et des projections psychanalytiques que cet ouvrage interroge. Ce qu’on qualifie sans doute trop rapidement de bricolage ou d’artisanat a constitué une culture matérielle et visuelle, qui a été l’objet d’une patrimonialisation et qui irrigue encore l’art contemporain et actuel.

. Édouard Mehl, Descartes en Allemagne, 1619-1620. Le contexte allemand de l’élaboration de la science cartésienne, Strasbourg, PUS, mars 2019.

« J’étais alors en Allemagne, où l’occasion des guerres qui n’y sont pas encore finies m’avait appelé… ». C’est ainsi que l’auteur anonyme du Discours de la méthode (1637) entame le récit d’une autobiographie intellectuelle que la postérité s’accorde à regarder comme l’acte de naissance de la philosophie moderne. Pourtant, on ne sait presque rien des circonstances réelles qui entourent la naissance de ce projet. Au lieu de remonter jusqu’à cet événement initial depuis l’œuvre achevée de Descartes, qui n’en dit – et peut-être même n’en sait presque rien –, cette enquête cherche à l’éclairer du dehors, à partir de ces circonstances. En Allemagne, en 1619, Descartes a-t-il rencontré Kepler, le mathématicien Faulhaber, ou un quelconque représentant de la société Rose-Croix ? A-t-il visité Kassel, Butzbach, Linz ou Prague ? Cet ouvrage s’emploie à départager ces hypothèses, et surtout à en évaluer l’intérêt philosophique : qu’apportent-elles à l’intelligence du projet cartésien, et par extension, de toute la philosophie comme projet de fondation de la science mathématique de la nature ?

. Gaulle Yves, Carnet apocryphe de Charles de Gaulle, Paris, L’Observatoire, janvier 2019.

« S’il a beaucoup écrit et parlé, Charles de Gaulle n’a pas rédigé ce carnet de notes sur la République. Si j’ai pris le risque de prendre sa place, je sais que ce texte n’a rien d’imaginaire tant il demeure fidèle à ce que mon grand-père, dans ses mémoires, ses notes ou ses discours, a étudié, critiqué, élaboré pour aboutir à l’édification d’une construction politique enfin viable pour notre pays : la République, la sienne, désormais la nôtre. Au plus près de sa voix, j’ai tenté de faire que ce carnet fût le sien. Ce livre est donc le regard de ce qu’il aurait pu raconter sur son action comme sa pensée institutionnelles, cela dès sa jeunesse et jusqu’au dernier jour. Prenons-le comme tel et acceptons de le parcourir comme étant d’abord celui d’un spectateur engagé, lucide et visionnaire, à travers sa condition militaire, puis d’un fondateur génial, révolutionnaire, inventif dont la marque a durablement imprimé la vie de notre pays. »

. James C. Scott, Homo Domesticus. Une histoire profonde des premiers États, Paris, La Découverte, janvier 2019.

Aucun ouvrage n’avait jusqu’à présent réussi à restituer toute la profondeur et l’extension universelle des dynamiques indissociablement écologiques et anthropologiques qui se sont déployées au cours des dix millénaires ayant précédé notre ère, de l’émergence de l’agriculture à la formation des premiers centres urbains, puis des premiers États. C’est ce tour de force que réalise avec un brio extraordinaire Homo domesticus. Servi par une érudition étourdissante, une plume agile et un sens aigu de la formule, ce livre démonte implacablement le grand récit de la naissance de l’État antique comme étape cruciale de la « civilisation » humaine. Ce faisant, il nous offre une véritable écologie politique des formes primitives d’aménagement du territoire, de l’« autodomestication » paradoxale de l’animal humain, des dynamiques démographiques et épidémiologiques de la sédentarisation et des logiques de la servitude et de la guerre dans le monde antique. Cette fresque omnivore et iconoclaste révolutionne nos connaissances sur l’évolution de l’humanité et sur ce que Rousseau appelait « l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes ».

. Kyle Harper, Comment l’Empire romain s’est effondré. Le climat, les maladies et la chute de Rome, Paris, La Découverte, janvier 2019.

Comment Rome est-elle passée d’un million d’habitants à 20 000 (à peine de quoi remplir un angle du Colisée) ? Que s’est-il passé quand 350 000 habitants sur 500 000 sont morts de la peste bubonique à Constantinople ?
On ne peut plus désormais raconter l’histoire de la chute de Rome en faisant comme si l’environnement (climat, bacilles mortels) était resté stable. L’Empire tardif a été le moment d’un changement décisif : la fin de l’Optimum climatique romain qui, plus humide, avait été une bénédiction pour toute la région méditerranéenne. Les changements climatiques ont favorisé l’évolution des germes, comme Yersinia pestis, le bacille de la peste bubonique. Mais « les Romains ont été aussi les complices de la mise en place d’une écologie des maladies qui ont assuré leur perte ». Les bains publics étaient des bouillons de culture ; les égouts stagnaient sous les villes ; les greniers à blé étaient une bénédiction pour les rats ; les routes commerciales qui reliaient tout l’Empire ont permis la propagation des épidémies de la mer Caspienne au mur d’Hadrien avec une efficacité jusque-là inconnue. Le temps des pandémies était arrivé.
Face à ces catastrophes, les habitants de l’Empire ont cru la fin du monde arrivée. Les religions eschatologiques, le christianisme, puis l’islam, ont alors triomphé des religions païennes.

. Marc Fleurbaey, Manifeste pour le progrès social. Une meilleure société est possible, Paris, La Découverte, janvier 2019.

Déréglementation, crise économique, tensions sociales, déstabilisation démocratique, guerre : la période 1980-2030 va-t-elle rejouer le drame de 1890-1940, avec en outre la forte probabilité d’être suivie de cataclysmes environnementaux balayant tout sur leur passage dans la seconde moitié du siècle ? La situation paraît chaque jour plus alarmante et il est intolérable de constater l’écart entre les possibilités considérables, inégalées dans le passé, dont jouissent la plupart des sociétés du monde entier, et la piètre performance des institutions et des gouvernements. Les échecs institutionnels et les problèmes de gouvernance sont partout, dans le secteur privé comme dans le secteur public. Or nous pouvons faire beaucoup mieux, nous pouvons construire une société meilleure. S’appuyant sur le travail d’un panel mondial de chercheurs en sciences sociales, ce manifeste propose une vision fondée sur une nouvelle manière de penser et de réformer nos principaux piliers institutionnels : marchés, entreprises, politiques de protection sociale et mécanismes de délibération démocratique. Il délivre un message d’espoir et un appel à l’action, à un moment où de nouvelles menaces pèsent sur l’avenir et où les idéologies du siècle passé ont été discréditées. Ni la perte des illusions ni l’essor du capitalisme ne devraient justifier la fin de la quête de justice sociale.

. Alain Ruscio, Les communistes et l’Algérie. Des origines à la guerre d’indépendance, 1920-1962, Paris, La Découverte, février 2019.

C’est un paradoxe : l’histoire du communisme reste aujourd’hui encore, alors que ce mouvement n’a plus dans la vie politique ni le poids ni la force d’attraction d’antan, un objet de controverses à nul autre pareil, en « pour » et en « contre ». Cet état d’esprit atteint un paroxysme lorsqu’il s’agit d’évoquer les actions et analyses du communisme – français et algérien – face à la question coloniale en Algérie, des origines dans les années 1920 à la guerre d’indépendance (1954-1962). Et s’il était temps, écrit Alain Ruscio, de sortir des invectives ?
C’est l’ambition de cette somme exceptionnelle, qui propose une plongée dans les méandres – le mot s’impose – des politiques communistes des deux côtés de la Méditerranée (PCF et PCA) durant plus de quatre décennies. Des tout premiers temps, lorsque le jeune parti commençait à s’affirmer et tentait de briser le consensus colonial, aux tempêtes de la guerre d’Algérie, en passant par les espoirs et illusions du Front populaire. Les relations avec le nationalisme algérien, qui ne furent jamais simples, sont finement analysées, avec le récit d’un grand nombre d’épisodes ignorés ou mal connus et l’évocation de parcours de multiples acteurs, qui donne chair à cette saga.



. Catherine Hass, Aujourd’hui la guerre, Paris, Fayard, janvier 2019.

Dans cet essai innovant, Catherine Hass livre une riche analyse de ce que recouvre le terme de guerre aujourd’hui, souvent convoqué dans le contexte de violence actuel. Pour cela, elle convoque les grands acteurs de la pensée politique de la guerre moderne, Clausewitz, Carl Schmitt, Mao Zedong, jusqu’aux récents développements de l’Administration Bush. Le 13 novembre 2015, beaucoup d’acteurs politiques, médiatiques ou de témoins des attentats parisiens répétaient en boucle : « Nous sommes en guerre. » Cette expression ambigüe n’a pas permis de mieux comprendre ce qui s’était passé. Elle interroge d’autant plus si l’on considère que, durant les années 2000, l’on avait annoncé la fin de la guerre au profit de l’avènement d’« opérations de police » et d’« états de violence ». En s’attachant à restituer ce qui fut pensé sous le nom de guerre à partir des écrits de Clausewitz, Mao, Schmitt et l’administration Bush, Catherine Hass nous montre que la guerre n’apparaît pas ou ne disparaît pas selon les périodes mais qu’elle change de mode selon la politique à l’œuvre, redistribuant ses catégories – ami, ennemi, antagonisme, nation, révolution, terrorisme. Le pari de ce livre est que des pensées révolues de la guerre peuvent constituer une forme de recours pour réfléchir notre contemporain, à l’instar de la Syrie ou de Daech.

. Édouard Lynch, Insurrections paysannes. De la terre à la rue. Usages de la violence au XXe siècle, Paris, Éditions Vendémiaire, janvier 2019.

Jusqu’en 1931, la population rurale était majoritaire en France. La seconde révolution agricole a ensuite soumis les agriculteurs à une constante pression modernisatrice, dans une société de plus en plus ouverte sur l’Europe et sur le monde, de plus en plus centrée sur l’activité des villes et des industries. Face à cette inexorable marginalisation, la profession a su élaborer des modes de protestation spécifiques, essentiellement axés sur les mobilisations collectives et le recours à l’action directe. C’est la construction de ce modèle original de la manifestation paysanne qu’Édouard Lynch analyse ici, depuis la révolte de 1907 jusqu’aux nouveaux enjeux de l’agriculture, en passant par la tentation fascisante des années 1930, l’activisme des jeunes modernisateurs des années 1960, et mai 68. Défilés, assauts contre des bâtiments officiels, barrages de routes, destruction de denrées : à chaque fois, il s’agit tout autant d’occuper l’espace public et médiatique que d’user de violence contre les biens, dans le cadre d’une relation ambivalente avec l’État, les forces politiques et l’opinion. Des buts, des stratégies, des techniques dont les modalités résonnent au plus près des mouvements sociaux d’aujourd’hui.

. Jacques Cantier, Lire sous l’Occupation, Paris, CNRS Editions, janvier 2019.

Que lisait-on dans la France des années noires ? Comment expliquer la « faim de lecture » propre à la période de l’Occupation ? Quelle fut la part prise par le régime de Vichy dans la circulation, la diffusion, l’orientation des livres publiés ? Et celle de la Résistance dans la propagation des écrits clandestins ? Comment accéder à l’intimité des millions de lecteurs qui, cherchant à s’évader hors d’un quotidien éprouvant, trouvèrent alors refuge dans un ailleurs fait de phrases imprimées ? Stratégies et pratiques des éditeurs, querelles autour du patrimoine littéraire, réorganisation corporative de la chaîne du livre, listes d’interdictions et spoliations de l’occupant, écrivains partagés entre collaboration, accommodement, évitement, insoumission : Jacques Cantier signe la première histoire totale du livre et de la lecture entre 1939 et 1945, des politiques de censure mises en œuvre par Vichy à l’ébullition culturelle de la Libération.
Archives publiques, critiques littéraires, notes de lecture mais aussi écrits du for privé permettent de retrouver les traces intimes des actes de lecture : écoliers de la France rurale cherchant à élargir leur horizon, adolescents parisiens en quête d’initiation, prisonniers de guerre tentant de maintenir une vie de l’esprit, victimes de la persécution antisémite en quête de réarmement moral.

. Pascale Cornut St-Pierre, La Fabrique juridique des swaps. Quand le droit organise la financiarisation du monde, Paris, Presses de Sciences Po, janvier 2019.

Six fois et demie la valeur de la production mondiale : voilà ce que représentent aujourd’hui les marchés des swaps. Formidables outils de gestion du risque pour certains, instruments de spéculation éminemment suspects pour d’autres, ces produits dérivés lucratifs ont connu un succès fulgurant depuis leur invention au début des années 1980. Placés au rang des coupables lors de la crise de 2007-2008, ils sont emblématiques de la financiarisation de l’économie mondiale. Aux côtés des banquiers, des acteurs plus discrets ont œuvré pour permettre à ces contrats de flux financiers de prospérer en marge des grandes réglementations : les juristes. Par leur travail de construction d’un langage juridique propre aux swaps, de standardisation des contrats d’échange, d’interprétation des lois et d’argumentation devant les tribunaux, les éminents cabinets d’avocats américains et internationaux ont instauré les normes de ces nouveaux marchés. Leurs techniques essaimées dans le monde entier ont prodigué à l’industrie financière une autonomie considérable. Ils ont révolutionné la culture juridique du monde des affaires. Un voile est ici levé sur la dimension juridique, aussi déterminante que méconnue, de la globalisation financière.

. Sébastien Boussois, Pays du Golfe. Les dessous d’une crise mondiale, Paris, Armand Colin, février 2019.

Depuis l’été 2017, les pays du Golfe sont confrontés à une crise sans précédent : en rompant du jour au lendemain leurs relations diplomatiques avec le Qatar, accusé de soutenir l’Iran et de financer les organisations terroristes, l’Arabie saoudite, le Bahreïn, les Émirats arabes unis et l’Égypte ont fait voler en éclat l’apparente unité au sein du Conseil de coopération du Golfe.
Cette crise, tout d’abord régionale, est rapidement devenue mondiale, car elle implique désormais de nombreux acteurs extérieurs et cristallise de multiples lignes de fractures annonciatrices d’une possible nouvelle guerre froide. En interrogeant les origines profondes de la crise, ses enjeux pour les pays du Golfe dans un contexte de nécessaire reconversion économique, de guerre au Yémen et de rivalité croissante entre Arabie saoudite et Iran, cet ouvrage souligne l’importance fondamentale d’une stabilité de la zone, non seulement pour le Moyen-Orient, mais aussi pour l’Europe et tout l’Occident.

. Stéphane Coviaux, Romain Telliez, Le Moyen Âge en Occident. Ve-XVe siècle, Paris, Armand Colin, janvier 2019.

Panorama synthétique du Moyen Âge (Ve-XVe siècles), cet ouvrage veut répondre aux besoins spécifiques des étudiants de premier cycle. Il propose l’essentiel des connaissances à travers plusieurs sections - les événements politiques, les faits culturels et religieux, le contexte social et économique, les grandes figures de la période...- et s’appuie sur un choix de documents significatifs. Plans de dissertation, chronologie, glossaire, cartes et sources livresques et informatiques offrent des ressources pédagogiques et des repères précieux.

. Mohamed Benhammou, Bahreïn. Une perle dans un golfe chaud, Paris, L’Harmattan, décembre 2018.
Grâce à sa position géostratégique et en raison de son histoire, le Royaume de Bahreïn jouit d’une grande importance dans la région, faisant de lui un pays ouvert sur le monde. Doté d’institutions politiques et constitutionnels modernes, cet état se donne pour objectifs la prospérité économique, le développement humain, la cohésion nationale et la place du royaume dans l’échiquier régional et international. Le Bahreïn et ses partenaires du Golfe attachent une grande importance à la coopération pour faire face aux menaces qui pèsent sur leurs pays : ingérence de l’Iran, activisme sectaire, terrorisme et menaces contre la sécurité.

. Cristina Lunghi, Plaidoyer pour l’égalité. Année zéro, Paris, L’Harmattan, décembre 2018.
Dans un contexte chaotique, où il est question de changement de système et de société, à la veille des élections européennes, l’auteure propose une réflexion inspirante sur le monde tel qu’il se dessine. Son approche originale vise à porter un regard nouveau sur le monde à travers la question de l’égalité entre les femmes et les hommes. À travers son expertise dans le champ de l’entreprise mêlé à sa vie de femme, elle dresse un bilan à la fois historique et prospectif sur nos sociétés.

. Bryan C. Price, Targeting Top Terrorists. Understanding Leadership Removal in Counterterrorism Strategy, Columbia, Columbia University Press, january 2019.
When President Barack Obama announced the assassination of Osama bin Laden, many Americans hoped the killing of al-Qaida’s leader would sound the death knell for the organization. Since 9/11, killing and capturing terrorist leaders has been a central element in U.S. counterterrorism strategy. This practice, known as leadership decapitation, is based on the logic that removing key figures will disrupt the organization and contribute to its ultimate failure. Yet many scholars have argued that targeted killings are ineffective or counterproductive, questioning whether taking out a terror network’s leaders causes more problems than it solves. In Targeting Top Terrorists, Bryan C. Price offers a rich, data-driven examination of leadership decapitation tactics, providing theoretical and empirical explanations of the conditions under which they can be successful. Analyzing hundreds of cases of leadership turnover from over two hundred terrorist groups, Price demonstrates that although the tactic may result in short-term negative side effects, the loss of top leaders significantly reduces terror groups’ life spans. He explains vital questions such as : What factors make some terrorist groups more vulnerable than others ? Is it better to kill or capture terrorist leaders ? How does leadership decapitation compare to other counterterrorism options ? With compelling evidence based on an original dataset along with an in-depth case study of Hamas, Targeting Top Terrorists contributes to scholarship on terrorism and organizational theory and provides insights for policy makers and practitioners on some of the most pressing debates in the field.

. Corey Byrnes, Fixing Landscape. A Techno-Poetic History of China’s Three Gorges, Columbia, Columbia University Press, january 2019.

In 1994, workers broke ground on China’s Three Gorges Dam. By its completion in 2012, the dam had transformed the ecology of the Yangzi River, displaced over a million people, and forever altered a landscape immortalized in centuries of literature and art. The controversial history of the dam is well known ; what this book uncovers are its unexpected connections to the cultural traditions it seems to sever. By reconsidering the dam in relation to the aesthetic history of the Three Gorges region over more than two millennia, Fixing Landscape offers radically new ways of thinking about cultural and spatial production in contemporary China. Corey Byrnes argues that this monumental feat of engineering can only be understood by confronting its status as a techno-poetic act, a form of landscaping indebted to both the technical knowledge of engineers and to the poetic legacies of the Gorges as cultural site. Synthesizing methods drawn from premodern, modern, and contemporary Chinese studies, as well as from critical geography, art history, and the environmental humanities, Byrnes offers innovative readings of eighth-century poetry, paintings from the twelfth through twenty-first centuries, contemporary film, nineteenth-century British travelogues, and Chinese and Western maps, among other sources. Fixing Landscape shows that premodern poetry and visual art have something urgent to tell us about a contemporary experiment in spatial production. Poems and paintings may not build dams, but Byrnes argues that the Three Gorges Dam would not exist as we know it without them.

. Guy Mamou-Mani, L’apocalypse numérique n’aura pas lieu, Paris, L’Observatoire, janvier 2019.
Le numérique change notre vie : il est temps de nous en emparer pour construire le monde dans lequel nous voulons vivre ! Éducation, santé, intégration, emploi, service public, les nouvelles technologies sont partout, et cela effraie. Au point que la France, sous le coup d’angoisses irrationnelles, court un risque majeur : déserter le terrain numérique. La révolution numérique est peut-être la seule de l’histoire qui apporte une solution à chaque aspect de l’activité humaine. Encore faut-il mettre en place les politiques nécessaires à l’optimisation de ses bienfaits. Il n’est pas trop tard, mais il y a urgence. En replaçant l’homme au cœur de toute technologie, le numérique offre l’occasion d’améliorer l’existence non pas d’une poignée de personnes, mais de tous. Guy Mamou-Mani va encore plus loin : avec cette révolution, on ne change pas seulement d’outil, on change la condition humaine. Loin des discours catastrophistes, ce chef d’entreprise conscient des enjeux actuels brosse le tableau d’une industrie numérique par et pour l’homme et défend la vision optimiste d’une société portée par l’innovation.

. Olivier Benyahya, Frontières, Paris, Fayard, janvier 2019.
De l’attentat de la rue de Copernic en 1980 à celui du Bataclan en 2015, le narrateur s’interroge sur la façon dont les événements se transforment en récits. Décembre 2008. L’armée israélienne lance l’opération Plomb durci dans la bande de Gaza. Rendu public par les Nations Unies, un rapport fait peser sur l’État hébreu la menace d’une accusation de crimes de guerre. En avril 2011, pourtant, deux ans après sa publication, le document se voit partiellement remis en cause par son principal signataire, le juge Richard Goldstone. Les autres magistrats maintiennent leurs conclusions. Chargé par une revue de sonder les motivations du juge, W laisse ses investigations le conduire à une mise en abîme perturbante, par-delà les époques et les territoires. Témoin de ce cheminement, le commanditaire de l’enquête se trouvera lui-même appelé à revisiter une partie de sa propre existence : celle d’un homme rapatrié d’Algérie et devenu père sous les mandats de François Mitterrand. De l’attentat de la rue Copernic en 1980 à celui du Bataclan en 2015, Frontières interroge l’interpénétration du processus d’écriture et de l’intoxication mentale, l’imbrication des sources et des modalités de cryptage : la façon dont les événements se transforment en récits.

. Thierry Feuillet, Étienne Cossart, Hadrien Commenges, Manuel de géographie quantitative. Concepts, outils, méthodes, Paris, Armand Colin, janvier 2019.

À l’ère du big data, et du développement fulgurant des nouvelles technologies, jamais les données spatiales n’ont été si nombreuses et aussi facilement accessibles. Toutefois, leur compréhension et leur mobilisation ne sont pas sans difficulté.
Ce manuel a pour objectif d’apporter un cadre rigoureux de lecture et d’analyse des données spatiales, sous toutes leurs formes, dans une démarche de modélisation applicable à tout type de données ou de phénomènes s’exprimant dans l’espace. Après avoir présenté les théories, les concepts et les principales définitions de la géographie quantitative, il propose aux étudiants d’explorer de manière progressive les principales méthodes à connaître – des statistiques spatiales basiques aux techniques de modélisation spatiale les plus avancées.
Un ouvrage assorti de plus d’une soixantaine de figures originales en couleurs et de nombreuses applications empruntées à tous les champs de la discipline géographique.

. Catherine Mayeur-Jaouen, Voyage en Haute-Égypte. Prêtres, coptes et catholiques, Paris, CNRS Éditions, janvier 2019.

C’est en Haute-Égypte, la région la plus pauvre du pays, que nous emmène cet ouvrage, à la rencontre des coptes-catholiques, minorité de la minorité, au milieu d’une mer copte-orthodoxe et d’un océan musulman. C’est en suivant des prêtres égyptiens, de leur formation au séminaire, puis à Rome, jusqu’au retour dans leurs paroisses rurales, avant et après la révolution de 2011, que le lecteur découvre l’histoire de cette petite Église. Le livre retrace aussi l’histoire des contacts séculaires des coptes-catholiques avec des franciscains italiens et jésuites français. Le lecteur découvre enfin les communautés villageoises de cette région, pauvres et actives. Curés de campagne, les prêtres coptes-catholiques arbitrent les conflits, arrangent les mariages et luttent contre le sous-développement chronique de la Haute-Égypte délaissée par un État à la fois omniprésent et déficient. Ils défendent la cause des femmes dans une société patriarcale, représentent leurs paroissiens au milieu de tensions confessionnelles croissantes et face aux autorités administratives et politiques. Ce livre, comme le souligne Robert Solé dans sa préface, réussit à nous faire partager, de manière saisissante, la vie quotidienne des habitants de la vallée du Nil.

. Christophe Badel, Hervé Inglebert, Grand Atlas de l’Antiquité romaine, Paris, Autrement, janvier 2019.

Depuis sa création jusqu’à la chute de Rome, cet atlas retrace, au fil des cartes, l’histoire de l’empire romain et montre : comment les Romains ont contrôlé un territoire presque aussi vaste que le monde connu d’eux ; comment ils ont réussi à gérer cet empire durant plusieurs siècles, par des politiques administratives et territoriales originales ; comment la chute de Rome face aux barbares, longtemps perçue comme une rupture et la conséquence d’une période de décadence, se révèle en réalité le fruit d’un long et complexe processus militaire, politique et social. Cette nouvelle édition s’intègre dans une histoire des empires en plein renouvellement.
Grâce à plus de 200 cartes, repères chronologiques et tableaux dynastiques, cet atlas est un outil indispensable pour les étudiants et une véritable référence pour les amateurs d’histoire.

. Art Kleiner, Jeffrey Schwartz, Josie Thomson, The Wise Advocate. The Inner Voice of Strategic Leadership, Columbia, Columbia University Press, janvier 2019.

Leadership is the habit of making good choices. Even in difficult and uncertain circumstances, the most effective leaders focus their attention and overcome entrenched patterns of behavior to push an organization to new heights of success. This capability is no fluke : the latest research on the brain shows that we can pinpoint the mental activity associated with it—and cultivate it for our benefit. In this book, Art Kleiner, a strategy expert ; Jeffrey Schwartz, a research psychiatrist ; and Josie Thomson, an executive coach, give a transformative explanation of how cutting-edge neuroscience can help business leaders set a course toward better management. Mapping the functions of a manager onto established patterns of mental activity, they identify crucial brain circuits and their parallels in organizational culture. Strategic leaders, they show, play the role of wise advocates : able to go beyond day-to-day transactional behavior to a longer-term, broader perspective that articulates their organization’s deeper purpose. True leaders can play this influencer role in an organization because they have cultivated similar self-reflective habits in their own minds. Providing a powerful guide to decision strategies and their consequences, The Wise Advocate helps managers find their own inner voice and then make that voice ring out loud and clear, with a four-step program for practice and catalytic implications for management strategy, executive education, and business results.

. Pauline Guinard, Géographies culturelles. Objets, concepts, méthodes, Paris, Armand Colin, janvier 2019.

Partant du constat que l’espace et la culture sont inextricablement liés, la géographie culturelle cherche à comprendre le monde, non seulement tel qu’il est, mais aussi tel qu’il est vécu, représenté et imaginé par celles et ceux qui le pratiquent et l’habitent. Participant du « tournant culturel » qu’ont connu les sciences humaines et sociales à la fin du XXe siècle, elle a joué un rôle fondamental dans l’évolution de la géographie en lui permettant de s’ouvrir à de nouveaux objets d’études (peinture, cinéma, etc.) et de développer des méthodes novatrices (analyse d’images, cartographies sensibles, etc.) pour saisir la dimension immatérielle et symbolique des espaces. Cet ouvrage, assorti d’un cahier iconographique en couleurs, vise ainsi à présenter les objets, concepts et méthodes de ce champ, des plus connus (paysage, territoire) aux plus récents (genre, corps, émotion), afin de rendre compte de la diversité de la géographie culturelle contemporaine.

. Ernst Jünger, A German Officer in Occupied Paris. The War Journals, 1941-1945, Columbia, Columbia University Press, janvier 2019.

Ernst Jünger was one of twentieth-century Germany’s most important—and most controversial—writers. Decorated for bravery in World War I and the author of the acclaimed western front memoir Storm of Steel, he frankly depicted war’s horrors even as he extolled its glories. As a Wehrmacht captain during World War II, Jünger faithfully kept a journal in occupied Paris and continued to write on the eastern front and in Germany until its defeat—writings that are of major historical and literary significance. Jünger’s Paris journals document his Francophile excitement, romantic affairs, and fascination with botany and entomology, alongside mystical and religious ruminations and trenchant observations on the occupation and the politics of collaboration. While working as a mail censor, he led the privileged life of an officer, encountering artists such as Céline, Cocteau, Braque, and Picasso. His notes from the Caucasus depict the chaos after Stalingrad and atrocities on the eastern front. Upon returning to Paris, Jünger observed the French resistance and was close to the German military conspirators who plotted to assassinate Hitler in 1944. After fleeing France, he reunited with his family as Germany’s capitulation approached. Both participant and commentator, close to the horrors of history but often distancing himself from them, Jünger turned his life and experiences into a work of art. These wartime journals appear here in English for the first time, giving fresh insights into the quandaries of the twentieth century from the keen pen of a paradoxical observer.

. Alain Hugon, La Grande Migration. De l’Espagne à l’Amérique. 1492-1700, Paris, Éditions Vendémiaire, janvier 2019.

Ce fut la première vague massive d’émigration de l’histoire de l’humanité. De 1492 à la fin du XVIIe siècle, plus d’un demi-million d’Espagnols ont traversé l’Atlantique pour partir à la découverte d’un Nouveau Monde, bravant tous les dangers de la mer au péril de leur vie. Accompli par de jeunes hommes en quête d’or et de gloire, qui brûlaient de propager le christianisme ou espéraient tout simplement une vie meilleure, cet exode prit une telle ampleur que la monarchie espagnole tenta à tout prix de le contrôler et de limiter les départs. Car sur le territoire d’origine, ce mouvement de population se traduisit, notamment, par la désorganisation de familles réduites à espérer un retour incertain. À travers l’étude des archives et des émouvantes correspondances entretenues entre les deux rives de l’océan, cette aventure hors du commun, qui façonna la société d’arrivée tout autant qu’elle bouleversa la société de départ, s’écrit entre inquiétude de l’avenir et rêve de fabuleuses fortunes, nostalgie de la patrie et volonté de bâtir un destin d’exception.

. Jean-Claude Hocquet, Le sel. De l’esclavage à la mondialisation, Paris, CNRS Éditions, janvier 2019.

Le sel, généreusement dispensé par la nature, a joué un rôle fondamental dans les diverses cultures humaines. Indispensable à l’être vivant, présent dans chaque foyer, il donne saveur aux aliments, permet de les conserver et joue un rôle biologique important dans l’équilibre d’un organisme. Consommé par tous quotidiennement, on lui accorde également une valeur rituelle et symbolique, voire un pouvoir magique. Produit unique et abondant, il est néanmoins souvent caché, enfoui dans le sol ou bien en dissolution dans la mer. Les hommes ont donc fait preuve, depuis les temps préhistoriques, de beaucoup d’ingéniosité à l’extraire. Comment le sel est-il produit ? Où le trouve-t-on ? Comment s’échange-t-on cette denrée ? Qui en tire le meilleur profit ? En dix chapitres, dix études qui peuvent se lire séparément les unes des autres, le livre répond à ces questions. On découvrira la peine des esclaves et des forçats dans les bagnes du sel, le partage des revenus au détriment des sauniers, la construction d’une saline fortifiée aux portes de la Camargue, les efforts des Suisses longtemps démunis pour faire venir le précieux minéral, l’entrée du sel dans l’économie mondialisée dès la fin du Moyen Âge, les flottes des puissances maritimes du nord de l’Europe qui traversent l’Atlantique à la recherche de ce produit stratégique, l’instauration de la gabelle dans un grand nombre d’États, etc. Grand produit agricole, minier, industriel et commercial, le sel est entré précocement dans la révolution industrielle, il a ensuite ouvert les voies de la mondialisation, accompagnant une fois de plus une grande mutation de l’économie-monde et ce, bien avant la fin du XXe siècle.

. Jim Krane, Energy Kingdoms. Oil and Political Survival in the Persian Gulf, Columbia, Columbia University Press, janvier 2019.

After the discovery of oil in the 1930s, the Gulf monarchies—Saudi Arabia, Kuwait, Qatar, the United Arab Emirates, Oman, and Bahrain—went from being among the world’s poorest and most isolated places to some of its most ostentatiously wealthy. To maintain support, the ruling sheikhs provide their subjects with boundless cheap energy, unwittingly leading to some of the highest consumption rates on earth. Today, as summertime temperatures set new records, the Gulf’s rulers find themselves caught in a dilemma : can they curb their profligacy without jeopardizing the survival of some of the world’s last absolute monarchies ? In Energy Kingdoms, Jim Krane takes readers inside these monarchies to consider their conundrum. He traces the history of the Gulf states’ energy use and policies, looking in particular at how energy subsidies have distorted demand. Oil exports are the lifeblood of their political-economic systems—and the basis of their strategic importance—but domestic consumption has begun eating into exports while climate change threatens to render their desert region uninhabitable. At risk are the sheikhdoms’ way of life, their relations with their Western protectors, and their political stability in a chaotic region. Backed by rich fieldwork and deep knowledge of the region, Krane expertly lays out the hard choices that Gulf leaders face to keep their states viable.


Plus

Sélection des livres géopolitiques de l’année 2018

*

Julie Mathelin, étudiante en Master géopolitique à l’Institut catholique de Paris (ICP). Pierre Verluise, docteur en Géopolitique est directeur des publications du Diploweb.com.


Copyright DIPLOWEB sauf mention contraire


Citation / Quotation

Auteur / Author : Julie MATHELIN, Pierre VERLUISE

Date de publication / Date of publication : 14 mai 2020

Titre de l'article / Article title : Actualité des livres géopolitiques

Chapeau / Header : 

Les livres géopolitiques sont nécessaires à la compréhension du monde. Le Diploweb.com en présente ici une veille spécialisée, unique sur la Toile, vue chaque mois par plusieurs milliers de personnes qualifiées. Le Diploweb.com ne touche aucune commission des éditeurs ou libraires.

Les éditeurs qui souhaitent faire connaître leurs nouveautés doivent adresser un exemplaire à Diploweb.com, 1 avenue Lamartine, 94300, Vincennes, France. Pour communiquer leur programme, les éditeurs doivent adresser un courriel à l’adresse suivante redactiondiploweb [at] gmail.com . La rédaction reste juge seule de ses choix.

Nom de la revue, numéro, date / Journal name, volume, date : 

Grâce à cette sélection de livres, la revue en ligne Diploweb vous permet d’enrichir vos connaissances en matière de géopolitique.

Adresse internet / URL : https://www.diploweb.com/spip.php?article720

© Diploweb.com. sauf mention contraire.