L’internet, vecteur de puissance des Etats-Unis ?

Introduction géopolitique à l’Internet

Par Laurent BLOCH, le 23 mars 2017  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Précédemment responsable de l’informatique scientifique de l’Institut Pasteur, Directeur du Système d’Information de l’Université Paris-Dauphine. Il est auteur de plusieurs ouvrages sur les systèmes d’information et leur sécurité. Il se consacre à la recherche en cyberstratégie. Auteur de « Internet, vecteur de puissance des Etats-Unis », éd. Diploweb 2017.

L’Internet est-il un facteur de la puissance des États-Unis ? Si oui, comment ? pourquoi ? jusques à quand ? Le propos de ce livre est d’apporter des éléments de réponse à ces questions.

Laurent Bloch présente dans cette introduction sa démarche et son plan.

Diploweb.com, publie cet ouvrage de Laurent Bloch, L’Internet, vecteur de puissance des Etats-Unis ? pour proposer à chacun les éléments nécessaires à une juste appréciation de la situation. Ce livre est déjà disponible sur Amazon au format numérique Kindle et au format broché imprimé sur papier. Il sera publié ici sous forme de feuilleton, chapitre par chapitre, au rythme d’environ un par trimestre.

Introduction

L’Internet est-il un facteur de la puissance des États-Unis ? Si oui, comment ? pourquoi ? jusques à quand ?

Le propos de ce livre est d’apporter des éléments de réponse à ces questions.

Le premier chapitre retrace brièvement le processus de création de l’Internet, non pas comme on le lit souvent pour un objectif militaire, mais grâce à des financements militaires américains, et essentiellement par des citoyens américains, malgré d’importantes contributions européennes comme celle du Français Louis Pouzin [1]. Le fait d’être les inventeurs de l’Internet a conféré aux États-Unis une hégémonie dans ce domaine. Il serait déraisonnable d’espérer qu’ils se désaisissent de leur propre initiative.

Le second chapitre précise justement la nature de ce domaine qu’est l’Internet, et introduit à cette fin la notion de cyberespace, dont on donnera une définition et un modèle opérationnel. Le cyberespace sera notamment comparé aux autres espaces publics mondiaux (Global Commons) que sont la haute mer, l’espace aérien et l’espace extra-atmosphérique. Comment l’hégémonie s’exerce-t-elle dans le cyberespace ? Comment les États-Unis et les entreprises américaines y manœuvrent-ils ? Pourquoi est-ce désormais dans le cyberespace que se décide l’attribution de l’hégémonie globale ?

Les controverses liées au déroulement des élections présidentielles américaines de 2016 ont pu laisser croire que la Russie serait en mesure de contester la domination américaine du cyberespace : nous verrons qu’il n’en est rien, même en admettant que la Russie ait su tirer parti habilement de ses capacités dans une démarche classique du faible au fort. Si l’hégémonie américaine dans le cyberespace est effectivement soumise à des défis, ils viennent plutôt de l’Asie orientale, ainsi que des propres faiblesses internes de la société américaine, notamment de son système éducatif (cf. chapitre 7).


Un livre édité par Diploweb.com, format Kindle et broché


Le chapitre 3 analyse le fonctionnement des institutions de fait qui régissent le fonctionnement de l’Internet, et la position dominante qu’y occupent les Américains. Le chapitre 4 est consacré aux mégadonnées (Big Data) et à l’usage qu’en font des entreprises (presque toutes américaines) pour accroître leur puissance. Le chapitre 5 étudie les aspects juridiques des rapports de force dans le cyberespace. Aucune hégémonie politico-militaire durable n’est possible sans hégémonie culturelle : c’est l’objet du chapitre 6 consacré à l’hégémonie culturelle dans le cyberespace. Dans un univers économique où disposer de chercheurs et d’ingénieurs de haut niveau est un facteur de succès crucial, le système éducatif, objet du chapitre 7, joue un rôle décisif.

Pour comprendre les luttes de pouvoir dans le cyberespace il est nécessaire de les replacer dans leur contexte historique, et pour cela de revenir sur la guerre économique qui a opposé le Japon aux États-Unis au cours des années 1970 et 1980, résumée au chapitre 8. Nous tenterons d’extrapoler les leçons de ce conflit à l’hypothèse de conflits sino-américains et russo-américains dans l’avenir (voire dans le présent !).

Dans le cyberespace comme dans les autres espaces les questions topographiques exercent une grande influence sur l’issue des batailles, et nous examinerons au chapitre 9 les raisons qui font d’une position centrale un atout décisif dans le cyberespace ; cette position est occupée aujourd’hui par les États-Unis.

Pour comprendre toutes les péripéties qui se déroulent dans le cyberespace, aujourd’hui à l’avantage des États-Unis, il faut les replacer dans le contexte d’une révolution industrielle en cours depuis le milieu des années 1970, qui met l’informatique et l’Internet au cœur du système industriel contemporain, en lieu et place de l’électricité industrielle et du moteur à combustion interne qui dominaient la grande industrie du siècle précédent. Afin d’éclairer notre propos, nous avons ajouté à notre texte une annexe A qui explique succinctement la notion de révolution industrielle et comment elle s’applique à notre objet.

Beaucoup d’aspects des rapports de force décrits dans les lignes qui suivent sont difficiles à comprendre si l’on n’a pas une idée assez précise des aspects matériels du cyberespace, du montant colossal des investissements à consentir pour y occuper une position de puissance, de la lourdeur des infrastructures de l’Internet. Il faut prendre connaissance de ces réalités, ce qui fait l’objet de l’annexe B, pour comprendre que le cyberespace ne se résume pas à un espace « virtuel ».

Suite. Lire le chapitre 1 - Hégémonie des États-Unis sur l’Internet

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Plus, tout de suite

Ce livre de Laurent Bloch, L’Internet, vecteur de puissance des Etats-Unis ?, est déjà disponible sur Amazon au format numérique Kindle et au format broché imprimé sur papier. Il sera publié ici sous forme de feuilleton, chapitre par chapitre, au rythme d’environ un par trimestre.

[1Louis Pouzin, ingénieur et chercheur français, a inventé plusieurs artefacts importants toujours en usage dans l’informatique contemporaine : le shell pour communiquer avec un système d’exploitation, et surtout le datagramme, décrit au premier chapitre de ce livre, concept révolutionnaire à la base du fonctionnement de l’Internet.


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