Actualité des livres géopolitiques

Par Julie MATHELIN, Marie-Caroline REYNIER, Pierre VERLUISE, le 7 juillet 2021  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Marie-Caroline Reynier étudie les relations internationales à Sciences Po Paris. Julie Mathelin, étudiante en Master géopolitique à l’Institut catholique de Paris (ICP). Pierre Verluise, docteur en Géopolitique est directeur des publications du Diploweb.com.

Les livres géopolitiques sont nécessaires à la compréhension du monde. Le Diploweb.com en présente ici une veille spécialisée, unique sur la Toile, vue chaque mois par plusieurs milliers de personnes qualifiées. Le Diploweb.com ne touche aucune commission des éditeurs ou libraires.

Les éditeurs qui souhaitent faire connaître leurs nouveautés doivent adresser un exemplaire à Diploweb.com, 1 avenue Lamartine, 94300, Vincennes, France. Pour communiquer leur programme, les éditeurs doivent adresser un courriel à l’adresse suivante redactiondiploweb [at] gmail.com . La rédaction reste juge seule de ses choix.

. Florent Parmentier, Pierre Verluise (sous la dir.), "Géopolitique de l’Europe trois décennies après l’ouverture du Rideau de fer", éd. Diploweb via Amazon

Trois décennies après l’ouverture du Rideau de fer, c’est maintenant l’heure des bilans et perspectives sans complaisance. Et si nous acceptions de décentrer notre regard, afin d’appréhender les dynamiques géopolitiques sur le temps long ? N’assiste-t-on pas à une redéfinition de l’Europe et à l’émergence de nouvelles règles du jeu ?

La pandémie qui ouvre la décennie 2020 rend plus que jamais nécessaire une approche géopolitique et stratégique de l’Union européenne, de l’Europe géographique et du vaste monde. Les auteurs rassemblés en donnent les clés.

Sous la direction de Florent PARMENTIER et Pierre VERLUISE. Avec des contributions de Arnaud BALVAY, Céline BAYOU, Cyrille BRET, Gérard-François DUMONT, Sylvain KAHN, Fabien LAURENCON, Olivier MARTY, Florent PARMENTIER, Orane SUTRE, Pierre VERLUISE.

Voir le livre de Florent Parmentier, Pierre Verluise (sous la dir.), "Géopolitique de l’Europe trois décennies après l’ouverture du Rideau de fer", éd. Diploweb via Amazon


. Hugo Billard, Frédéric Encel, cartographie de Paul Gallet, Atlas des frontières. Retour des fronts, essor des murs, éd. Autrement, 2021.

Les frontières sont multiformes : ni naturelles ni artificielles, ouvertes ou fermées, fronts ou murailles, politiques ou économiques…
Comment sont-elles gérées, renégociées ou instrumentalisées en fonction d’intérêts économiques ou de passions géopolitiques ?
• Héritages de l’histoire, elles sont le fruit de rivalités de pouvoir : comment se sont-elles imposées depuis l’Antiquité ?
• Dessiner les frontières, établir les fronts, bâtir les murs… n’a rien d’anodin. Leurs représentations ne sont-elles qu’artifice et subjectivité ?
• La frontière n’est pas, ou plus, seulement une limite entre deux États : quelles sont les nouvelles frontières de notre monde globalisé ?
• Les crises perturbent le statut des frontières : comment agissent-elles sur les nouveaux rapports de forces régionaux et planétaires ?
Les plus de 100 cartes et documents inédits de cet atlas sont l’expression des enjeux politiques, culturels ou géopolitiques de cet « objet » à la fois ancien et moderne et toujours si convoité.

. Bertrand Badie, Dominique Vidal, La France, une puissance contrariée. L’état du monde 2022, Paris, La découverte, août 2021.

La politique étrangère française est depuis longtemps sous le feu des projecteurs, tour à tour présentée comme le vestige d’une gloire passée, la marque d’une présence maintenue dans un monde qui n’a plus de limites, ou le signe d’une arrogance blessée par une succession d’échecs. Le débat reste vif, rehaussé par la présidentialisation, chaque locataire de l’Élysée voulant faire de sa propre diplomatie le gage de son succès et de son prestige…

Et pourtant, cette politique reste peu étudiée, regardée avec une série d’a priori jamais évalués : l’effectivité de la grandeur gaullienne et sa perception à l’extérieur, la fonction de l’arsenal nucléaire en un temps post-bipolaire énigmatique, la revendication de prés carrés ou de zones d’influence, un souverainisme rhétorique malmené par la mondialisation, un essor notable de la politique d’affichage et de communication… Existe-t-il d’ailleurs un principe qui organise l’ensemble de ces traits, et le logiciel qui lui est associé correspond-il au contexte international actuel ?

Pour comprendre comment la France s’insère dans un monde dont elle est de plus en plus tributaire, les auteurs répondent à trois grandes questions, axes majeurs de l’ouvrage. Comment cette politique s’inscrit-elle dans l’histoire ? Ses instruments sont-ils adaptés, ou répondent-ils à d’autres considérations, économiques, politiques, administratives et idéologiques ? Peut-on en mesurer les résultats et la pertinence, eu égard aux grands enjeux contemporains ? Ces analyses éclairantes esquissent, en creux, la possibilité d’une autre politique.


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Avec un livre géopolitique Diploweb, le monde s’ouvre à vous ! C’est aussi un cadeau utile qui fait toujours plaisir !

. Axelle Degans, "La synthèse de l’actualité internationale 2020. Réussite aux concours 2021 !", éd. Diploweb via Amazon

. Florent Parmentier, Pierre Verluise (sous la dir.), "Géopolitique de l’Europe trois décennies après l’ouverture du Rideau de fer", éd. Diploweb via Amazon

. Patrice Gourdin, "Manuel de géopolitique, éd. Diploweb via Amazon"

. Pierre Verluise (dir.), "Géopolitique du monde de Trump. La stratégie du chaos ?" éd. Diploweb via Amazon

. Axelle Degans, "La synthèse de l’actualité internationale 2019. Réussite aux concours 2020 !", éd. Diploweb via Amazon

. P. Verluise (dir.), « Histoire, Géographie et Géopolitique de la Russie et de ses frontières », éd. Diploweb via Amazon

. P. Verluise (dir.), "Histoire, Géographie et Géopolitique de l’Union européenne. A l’heure du Brexit".

. P. Verluise (dir.), "Histoire, Géographie et Géopolitique de l’Asie. Les dessous des cartes, enjeux et rapports de force".

. L. Chamontin, "Ukraine et Russie : pour comprendre"

. P. Verluise (dir.), "Histoire, Géographie et Géopolitique du Proche et du Moyen-Orient. Les dessous des cartes, enjeux et rapport de force"

. P. Verluise (dir.), "Histoire, Géographie et Géopolitique de la mondialisation contemporaine. Les dessous des cartes, enjeux et rapports de force"

. S. Schmit, "Histoire, Géographie et Géopolitique de l’Amérique latine : Un sous-continent en pleine transition politique, énergétique et commerciale. Dossiers et fiches pays"

. L. Bloch, "L’Internet, vecteur de puissance des États-Unis ? : Géopolitique du cyberespace, nouvel espace stratégique"

. G-F Dumont, P. Verluise, "The Geopolitics of Europe : From the Atlantic to the Urals"


. François Gemenne, Aleksandar Rankovic et Atelier de cartographie de Sciences Po, Atlas de l’Anthropocène (2ème édition), Paris, Presses de Sciences Po, septembre 2021.

« Atlas, dans la mythologie, représente un géant capable de tenir la Terre sur ses épaules sans en être écrasé. Mais quand Gérard Mercator publie en 1538 ce qu’il décide d’appeler un Atlas, le rapport des forces s’est complètement inversé : un "Atlas" est un ensemble de planches, imprimées sur du papier, quelque chose que l’on feuillette et que le cartographe tient dans sa main ; ce n’est plus la Terre que l’on a sur le dos et qui nous écrase, mais la Terre que l’on domine, que l’on possède et que l’on maîtrise totalement. Près de cinq siècles après, voilà que la situation s’inverse à nouveau : paraît un "Atlas" qui permet aux lecteurs de comprendre pourquoi il est tout à fait vain de prétendre dominer, maîtriser, posséder la Terre, et que le seul résultat de cette idée folle, c’est de risquer de se trouver écrasé par Celle que personne ne peut porter sur ses épaules. » Bruno Latour

Changement climatique, érosion de la biodiversité, évolution démographique, urbanisation, pollution atmosphérique, détérioration des sols, catastrophes naturelles, accidents industriels, crises sanitaires, mobilisations sociales, sommets internationaux… Voici le premier atlas réunissant l’ensemble des données sur la crise écologique de notre temps.

. Jean-Pierre Cabestan, Demain la Chine : guerre ou paix ?, Paris, Gallimard, septembre 2021.

Développement économique vertigineux, montée en puissance impressionnante, modernisation militaire sans précédent, passions nationalistes souvent incandescentes, confrontation de plus en plus intense avec les États-Unis, tous ces ingrédients connus semblent conduire immanquablement la Chine à la guerre.

Les causes immédiates d’un conflit armé ne manquent pas : les prétentions de Pékin en mer de Chine du Sud, le conflit territorial sino-japonais autour des Senkaku (Diaoyu) et surtout la volonté farouche de Xi Jinping de réunifier Taiwan à la République populaire constituent les principaux barils de poudre qui peuvent à tout moment exploser. De fait, les prédictions d’un affrontement militaire dans le détroit de Formose d’où la Chine sortirait vainqueur se multiplient.

Pour l’heure, ce que l’on observe avant tout est une utilisation de plus en plus fréquente par le gouvernement chinois de ce qu’on appelle les « zones grises » entre la paix et la guerre. Cette stratégie s’est étendue, en 2020, à la longue frontière sino-indienne. Ce nouveau modus operandi permet aussi à l’Armée populaire de libération (APL) et aux autres agences de sécurité chinoises d’améliorer leur capacité de projection de forces et leur préparation au combat. Mais les enjeux d’une guerre ouverte, et pas uniquement avec les États-Unis, restent énormes, incitant l’APL à d’abord envisager des « opérations extérieures » plus limitées et moins dangereuses.

Pour ces raisons, bien que nul ne puisse contrôler les passions humaines, et sans pour autant exclure l’irruption de crises militaires, la Chine et les États-Unis s’orientent plus vers une guerre froide d’un nouveau type que vers une guerre chaude qui pourrait rapidement se nucléariser.

. Jonathan Brunstedt, The Soviet Myth of World War II. Patriotic Memory and the Russian Question in the USSR, Cambridge, Cambridge University Press, juin 2021.

How did a socialist society, ostensibly committed to Marxist ideals of internationalism and global class struggle, reconcile itself to notions of patriotism, homeland, Russian ethnocentrism, and the glorification of war ? In this provocative new history, Jonathan Brunstedt pursues this question through the lens of the myth and remembrance of victory in World War II – arguably the central defining event of the Soviet epoch. The book shows that while the experience and legacy of the conflict did much to reinforce a sense of Russian exceptionalism and Russian-led ethnic hierarchy, the story of the war enabled an alternative, supra-ethnic source of belonging, which subsumed Russian and non-Russian loyalties alike to the Soviet whole. The tension and competition between Russocentric and ’internationalist’ conceptions of victory, which burst into the open during the late 1980s, reflected a wider struggle over the nature of patriotic identity in a multi-ethnic society that continues to reverberate in the post-Soviet space. The book sheds new light on long-standing questions linked to the politics of remembrance and provides a crucial historical context for the patriotic revival of the war’s memory in Russia today.

. Marc-Antoine Pérouse de Montclos, L’islam d’Afrique. Au-delà du djihad, Paris, Vendémiaire Editions, août 2021.

Démarrée en 2013 avant de s’ensabler au Sahara, l’intervention de l’armée française au Sahel, d’abord au Mali, puis dans les pays voisins, a jeté une lumière crue sur la résilience de groupes djihadistes qui sont également actifs au Nigeria, au Mozambique, à la frontière de l’Ouganda et dans la Corne de l’Afrique. La lutte contre le terrorisme a alors amené la communauté internationale à s’interroger sur la dérive d’un continent menacé par l’État islamique et gangrené par les idées subversives d’un salafisme d’origine saoudienne.

La perception de la radicalisation et de la politisation d’un islam influencé par l’évolution de la situation au Moyen-Orient méconnaît cependant les spécificités de la religion musulmane au sud du Sahara. Historiquement, l’Afrique a connu de nombreux djihads qui n’étaient pas moins violents qu’aujourd’hui, du califat de Sokoto au Nigeria jusqu’à l’Empire toucouleur du Mali en passant par la Mahdiyya au Soudan ou l’insurrection du « mollah fou » en Somalie. Quant aux confréries soufies, il leur est aussi arrivé de revendiquer l’application d’une charia dont le rigorisme n’avait rien à envier au puritanisme du wahhabisme de l’Arabie saoudite…
Spécialiste des conflits armés de la région, Marc-Antoine Pérouse de Montclos démonte une à une, à l’aune de l’histoire et des études de terrain les plus récentes, ces idées fausses qui nous empêchent de comprendre les risques géopolitiques auxquels se trouve aujourd’hui confrontée une bonne partie de l’Afrique.

. Régis Koetschet, Diplomate dans l’Orient en crise. Jérusalem et Kaboul, 2002-2008, Paris, Hémisphères Editions, août 2021.

« Dans la tête d’un diplomate » : tel aurait pu être le sous-titre de ce récit, qui nous fait toucher du doigt le travail diplomatique dans sa diversité politique et culturelle, au cœur d’un Orient sous haute tension sécuritaire, celui de « l’après-11 septembre » dans deux avant-postes exposés : Jérusalem où Régis Koetschet a été consul général de 2002 à 2005 et l’Afghanistan où il a représenté la France de 2005 à 2008. Deux implantations diplomatiques insérées, comme il l’écrit, « dans un environnement de violence. Celle de la guerre et du terrorisme, des représailles, de l’occupation, de la criminalité, de la drogue. S’y ajoute la violence de la pauvreté, de l’intégrisme religieux et de la misère sociale. »
Nous voici conviés à de multiples découvertes et confrontations, car à Jérusalem comme à Kaboul, le diplomate est à la croisée d’un double cheminement, difficile, parfois baroque, souvent douloureux : l’abord d’histoires millénaires, de spiritualités ardentes, de brillantes civilisations dans l’écrin de leurs paysages. Mais aussi une histoire qui s’écrit au jour le jour, entre guerre et paix, droit et faits accomplis, développement et corruption.
La rencontre, marquée par de prégnantes ignorances mutuelles, entre un monde de souffrances et d’humiliations et les exigences et les impatiences de l’action diplomatique, soulève nombre de questions et de lucides observations. On pratique presque au quotidien la complexité palestinienne, jusqu’à la mort de Yasser Arafat et l’avènement de Mahmoud Abbas et on accompagne un pouvoir afghan écartelé entre ses solidarités traditionnelles et les engagements de la coalition internationale.
Régis Koetschet, de Jérusalem à Kaboul, de Gaza à Bâmiyân, s’attache à éclairer ces différentes temporalités et les faire coïncider au service d’un objectif de dialogue et de compréhension. Mais un ambassadeur n’est pas seulement immergé dans son terrain de mission : il représente un pouvoir politique, une tradition, des intérêts, des influences, des ambitions qui peuvent prendre la forme de hâtives certitudes parisiennes, de délicates frilosités européennes ou d’un brutal réalisme de puissance. Il faut alors essayer d’expliquer, plaider une complexité dont on sait qu’elle dérange dans une approche de la vie internationale de plus en plus binaire.
Ce passionnant récit renoue avec le terrain et les acteurs de cet Orient en crise, des ruelles de la Ville sainte aux contreforts bleutés de l’Hindou Kouch ; rehaussé d’une note d’espoir portée par une vraie confiance humaniste et par une profonde empathie avec les cultures apprises dans le temps long. C’est aussi une façon vivante de découvrir la fonction diplomatique dans son quotidien et son savoir-faire.
« La diplomatie par la peau » comme la revendique l’auteur.

. Julian Fernandez, Relations internationales (3ème édition), Paris, Dalloz, août 2021.

Les relations internationales connaissent aujourd’hui une accumulation sans précédent de crises et de transitions. Le terrorisme, le réchauffement climatique ou les pandémies bousculent nos repères traditionnels et les distinctions habituelles entre paix et guerre, sécurité nationale et internationale, intérêts propres à chacun et communauté de destin. L’époque est aussi au renouveau de la compétition stratégique, à l’affaiblissement conséquent de l’ordre dit « libéral » du siècle dernier, à l’exploitation politique et économique de nouveaux espaces tels que le numérique.

Ce précis revient alors sur les principales caractéristiques du monde contemporain afin d’aider le lecteur à mieux apprécier l’actualité internationale. Les grands acteurs de la scène internationale, ceux qui font le monde tel qu’il est, sont d’abord identifiés. Leurs moyens d’action sont ensuite discutés, en mettant l’accent sur la dialectique entre le droit et la puissance. Enfin, les grandes tendances de l’histoire récente des relations internationales sont présentées (occidentalisation, américanisation, et restructuration progressive autour de l’opposition entre les États-Unis et la Chine).

Cet ouvrage, couronné par l’Institut de France, est désormais une référence pour les étudiants en première année de faculté, de grandes écoles, ou pour ceux qui préparent les concours administratifs.

Troisième édition entièrement revue et enrichie.

. Kevin Mazur, Revolution in Syria. Identity, Networks, and Repression, Cambridge, Cambridge University Press, juin 2021.

How does protest advancing diverse claims turn into violent conflict occurring primarily along ethnic lines ? This book examines that question in the context of Syria, drawing insight from the evolution of conflict at the local level. Kevin Mazur shows that the challenge to the Syrian regime did not erupt neatly along ethnic boundaries, and that lines of access to state-controlled resources played a critical structuring role ; the ethnicization of conflict resulted from failed incumbent efforts to shore up network ties and the violence that the Assad regime used to crush dissent by challengers excluded from those networks. Mazur uses variation in the political and demographic characteristics of locales to explain regime strategies, the roles played by local intermediaries, the choice between non-violent and violent resistance, and the salience of ethnicity. By drawing attention to cross-ethnic ties, the book suggests new strategies for understanding ostensibly ethnic conflicts beyond Syria.

. Lauric Henneton, Atlas historique des États-Unis, Paris, Autrement, juillet 2021.

Cet atlas inédit offre plus de 100 cartes et documents pour raconter les États-Unis du XVIe siècle à nos jours : Du XVIe au XVIIIe siècle, la naissance d’un pays : les vagues successives d’immigration et l’expansion territoriale qu’elles engendrent. Au XIXe, les mutations d’une ampleur et d’une rapidité inédites : la jeune Amérique devient une puissance grâce à l’urbanisation, l’industrialisation et une nouvelle immigration. Le XXe siècle est marqué par d’importantes crises auxquelles succèdent une immense prospérité et un rôle géopolitique toujours plus incontournable. Enfin, un XXIe siècle qui débute en révélant des failles dans les institutions et des inégalités grandissantes.

Les Américains réussiront-ils à réinventer, une fois de plus, le « rêve américain » ?

. Stéphanie Beucher, Annette Ciattoni, Dictionnaire de Géopolitique, Paris, Hatier, août 2021.

La référence indispensable pour comprendre les dynamiques, les rivalités et les conflits à l’œuvre sur la planète.

Plus de 235 entrées, définitions ou articles, pour comprendre le vocabulaire, les thèmes et les notions de la Géopolitique. 100 cartes couleur, des bibliographies ciblées, des zooms sur des questions d’actualité. Une équipe d’auteurs pluridisciplinaire : géopoliticiens, historiens, géographes, politologues, économistes. Un outil pratique et facile d’accès pour les étudiants du supérieur (classes préparatoires, université, écoles de management…) et les lycéens en spécialité géopolitique.

. Tarun Chhabra, Rush Doshi, Ryan Hass, Emilie Kimball, Global China. Assessing China’s Growing Role in the World, Washington, Brookings Institution Press, juin 2021.
In 2005, a senior official in the George W. Bush administration expressed the hope that China would emerge as a “responsible stakeholder” on the world stage. A dozen years later, the Trump administration dramatically shifted course, instead calling China a “strategic competitor” whose actions routinely threaten U.S. interests.
Both assessments reflected an underlying truth : China is no longer just a “rising” power. It has emerged as a truly global actor, both economically and militarily. Every day its actions affect nearly every region and every major issue, from climate change to trade, from conflict in troubled lands to competition over rules that will govern the uses of emerging technologies.
To better address the implications of China’s new status, both for American policy and for the broader international order, Brookings scholars conducted research over the past two years, culminating in a project : Global China : Assessing China’s Growing Role in the World. The project is intended to furnish policy makers and the public with hard facts and deep insights for understanding China’s regional and global ambitions.
The initiative draws not only on Brookings’s deep bench of China and East Asia experts, but also on the tremendous breadth of the institution’s security, strategy, regional studies, technological, and economic development experts.
Areas of focus include the evolution of China’s domestic institutions ; great power relations ; the emergence of critical technologies ; Asian security ; China’s influence in key regions beyond Asia ; and China’s impact on global governance and norms.
Global China : Assessing China’s Growing Role in the World provides the most current, broad-scope, and fact-based assessment of the implications of China’s rise for the United States and the rest of the world.

. Véronique Corinus, Daniela Ricci, Regards sur les migrations. Mobilités africaines entre écrit et écran, Paris, L’Harmattan, mai 2021.

Le cinéma, depuis de nombreuses décennies, cherche à saisir les divers aspects du phénomène migratoire, soucieux de traduire la tension des départs, la dureté des itinéraires, le désenchantement des arrivées mais aussi la richesse des rencontres multiculturelles. Le présent ouvrage entend interroger la manière dont les cinéastes issus des communautés africaines et diasporiques parviennent à en rendre compte, confrontés aux conditions de production, création et réception qui leur sont propres, dans un monde globalisé simultanément à l’origine d’inclusions et exclusions humaines et techniques.

. Adam Baczko, La guerre par le droit. Les tribunaux Taliban en Afghanistan, Paris, CNRS Editions, septembre 2021.

Et si les Taliban, aux capacités militaires et technologiques bien inférieures à celles des armées occidentales, avaient gagné la guerre par le droit ? Tandis que la coalition internationale a mis sur pied un système juridique inadapté et miné par la corruption, les Taliban ont installé des centaines de tribunaux dans les campagnes : en insistant sur le respect des procédures, l’impartialité des juges et l’application des verdicts, ce système de justice s’est imposé comme une des rares sources de prévisibilité dans le quotidien des Afghans.

“Le tribunal des Taliban est pour tous, mais le tribunal du gouvernement est seulement pour les gens riches”, confie un habitant de la province du Wardak. De quelles manières les Taliban ont-ils gagné la confiance de la population ? Comment sont-ils parvenus à se mettre en position de réguler les rapports sociaux ? Et avec quelles conséquences pour la société afghane ?

Nourrie par un travail de terrain au long cours dans différentes provinces en Afghanistan, cette enquête offre de nouvelles perspectives sur un pays en guerre depuis quatre décennies et propose une réflexion novatrice sur la place du droit dans les guerres civiles.

. Barbara Jankowski, Anne Muxel and Mathias Thura, La Sociologie Militaire. Héritages et nouvelles perspectives, Berne, Berlin, Bruxelles, New York, Vienne, Peter Lang, mai 2021.

Les contributions réunies dans cet ouvrage montrent les nombreuses évolutions qui ont touché les armées au cours de la dernière décennie en France, notamment depuis leur professionnalisation. Nombre de transformations récentes redéfinissent en effet leurs périmètres d’action, leurs liens au pouvoir politique, leurs modalités de recrutement, leurs moyens opérationnels, ainsi que le théâtre de leurs interventions dans le monde.

L’ouvrage actualise et renouvelle les approches comme les outils de connaissance du monde militaire. Il revient sur les enjeux classiques du champ d’étude de la sociologie militaire afin d’entretenir l’héritage intellectuel et scientifique constitué jusqu’ici, et montre les problématiques sociales et politiques actuelles qui la concernent au vu de toutes les transformations et adaptations de l’institution militaire dans la période récente. Il ouvre la voie à des pistes de recherches originales s’appuyant sur les récents acquis des sciences sociales et politiques.

. Ervand Abrahamian, Oil Crisis in Iran. From Nationalism to Coup d’Etat, Cambridge, Cambridge University Press, juin 2021.

Focusing on the turbulent twenty-eight months between April 1951 and August 1953, this book, based on recently declassified CIA and US State Department documents from the Mossadeq administration tell the story of the Iranian oil crisis, which would culminate in the coup of August 1953. Throwing fresh light on US involvement in Iran, Ervand Abrahamian reveals exactly how immersed the US was in internal Iranian politics long before the 1953 coup, in parliamentary politics and even in saving the monarchy in 1952. By weighing rival explanations for the coup, from internal discontent, a fear of communism and oil nationalization, Abrahamian shows how the Truman and Eisenhower administrations did not differ significantly in their policies towards Mossadeq, and how the surprising main obstacle to an earlier coup was the shah himself. In tracing the key involvement of the US and CIA in Iran, this study shows how the 1953 coup would eventually pave the way to the 1979 Iranian revolution, two of the most significant and widely studied episodes of modern Iranian history. This book will be of an important reference for students and scholars of African studies, politics, human security, and anthropology and the sociology of the state.

. Laurent Hassid, Une géopolitique de la Slovénie, Paris, Editions La Route de la Soie, juin 2021.

Dans un lointain passé, Laurent Hassid a toujours pensé que la première fois où il se rendrait en Yougoslavie, ce serait par les montagnes en franchissant l’un des cols du sud de l’Autriche, avec d’intimidant lacets. Il en avait identifié un en particulier : le Würzenpass (Korensko sedlo en slovène).

À l’époque, ces territoires slaves de l’autre côté de la montagne revêtaient un grand mystère avec des noms paraissant imprononçables qui, en l’absence de Google Maps ou Earth, donnaient l’apparence d’une véritable muraille entre les mondes germaniques et slaves.

Laurent Hassid s’interrogeant sur les frontières a décidé de produire un ouvrage très documenté sur la Slovénie, à la fois récit sur les frontières, sur l’histoire, sur la politique, nous interrogeons avec lui ce qu’est, mais aussi ce que pourrait être "une géopolitique de la Slovénie". Un livre passionnant préfacé par Barthélémy Courmont.

. Seth J. Frantzman, Drone Wars : Pioneers, Killing Machines, Artificial Intelligence, and the Battle for the Future, New York, Bombardier Books, juin 2021.

Drones are transforming warfare through the use of artificial intelligence, drone swarms, and surveillance—leading to competition between the US, China, Israel, and Iran. Who will be the next drone superpower ?
In the battle for the streets of Mosul in Iraq, drones in the hands of ISIS terrorists made life hell for the Iraq army and civilians. Today, defense companies are racing to develop the lasers, microwave weapons, and technology necessary for confronting the next drone threat. Seth J. Frantzman takes the reader from the midnight exercises with Israel’s elite drone warriors, to the CIA headquarters where new drone technology was once adopted in the 1990s to hunt Osama bin Laden.
This rapidly expanding technology could be used to target nuclear power plants and pose a threat to civilian airports. In the Middle East, the US used a drone to kill Iranian arch-terrorist Qasem Soleimani, a key Iranian commander. Drones are transforming the battlefield from Syria to Libya and Yemen. For militaries and security agencies—the main users of expensive drones—the UAV market is expanding as well ; there were more than 20,000 military drones in use by 2020. Once the province of only a few militaries, drones now being built in Turkey, China, Russia, and smaller countries like Taiwan may be joining the military drone market. It’s big business, too—$100 billion will be spent over the next decade on drones. Militaries may soon be spending more on drones than tanks, much as navies transitioned away from giant vulnerable battleships to more agile ships. The future wars will be fought with drones and won by whoever has the most sophisticated technology.

. Thomas Juneau, Le Yémen en guerre, Montréal, Presses universitaires de Montréal, août 2021.

Que comprendre de la tragédie qui frappe le Yémen depuis 2015 ? Quelles sont les causes et les conséquences de cette guerre qui continue de faire des milliers de victimes et dont la complexité des enjeux est apparemment inextricable ? Initialement un conflit intérieur entre le mouvement houthiste et le gouvernement central, la guerre qui fait rage au Yémen s’internationalise en 2015 lorsque l’Arabie saoudite et ses partenaires interviennent en soutien au gouvernement central afin de contrer les houthistes, eux-mêmes proches de l’Iran. Jonglant entre les multiples factions ennemies ou amies, et les motivations souvent contradictoires des acteurs, l’auteur montre comment les puissances extérieures ont profité de la faiblesse de l’État central pour faire du Yémen un théâtre de leurs affrontements. Il analyse l’internationalisation de la guerre et brosse un tableau très sombre des perspectives de stabilisation du pays.


Un ouvrage recommandé par Diploweb.com

. Hugo Billard, Dictionnaire des prépas, Paris, PUF, juin 2021

Avec plus de 300 notices, ce dictionnaire explore les concepts essentiels qui constituent le socle des programmes d’histoire contemporaine, de géographie et de géopolitique, mais aussi d’économie, de droit et de civilisation des concours d’entrée aux écoles de commerce. Ces notices mettent au jour l’origine de chaque concept, son contexte d’émergence et sa postérité en soulignant les transformations qu’il a pu connaître. Elles éclairent aussi les auteurs ou acteurs qui ont porté ces notions fondamentales. Qu’il s’agisse d’un penseur (Raymond Aron, Pierre Bourdieu, Francis Fukuyama, Antonio Gramsci...), d’un fait (Doctrine Truman, Révolutions de couleur...), d’une idéologie (Marxisme, Gaullisme...), d’un espace (Frontière, Occident, Tiers monde, Village planétaire...) ou d’une période (Guerre froide, Trente Glorieuses...), chaque entrée est accessible, incarnée et territorialisée. Ce dictionnaire est un outil indispensable pour tous ceux qui préparent les concours des écoles de commerce et les étudiants des premiers cycles de l’enseignement supérieur. Il révèle les continuités, les ruptures temporelles et spatiales, les évolutions à l’œuvre dans des pratiques de société interdépendantes et mouvantes. Ses notices sont autant de clés de compréhension permettant de décrypter les grands enjeux du monde contemporain.

Ouvrage dirigé par Hugo Billard, professeur d’histoire géographie et géopolitique en classes préparatoires ECG au lycée Saint-Michel-de Picpus (Paris). Avec les contributions de : Maxime Lefebvre, diplomate et professeur associé à l’ESCP Europe. Florian Louis, professeur d’histoire en classes préparatoires au lycée Michelet (Vanves). Arnaud Pautet, professeur d’histoire géographie et géopolitique, et d’économie en classes préparatoires ECG au lycée Sainte-Marie (Lyon). Charlotte Ruggeri, professeure de géographie en classes préparatoires aux lycées Hoche (Versailles) et Jacques-Prévert (Boulogne-Billancourt).


. Serge Sur, Relations internationales, Précis Domat, 7e édition, LGDJ, juin 2021

Les relations internationales restent dominées par les rapports entre États. La puissance - capacité de faire, de faire faire, d’empêcher de faire, de refuser de faire - est leur principe organisateur. Droit international, organisations intergouvernementales sont des instruments pour la coopération et la compétition internationales, qui toujours coexistent. Celles-ci permettent de gérer les problèmes de la société internationale : paix et sécurité, questions politiques, relations économiques, culturelles, défis environnementaux...
Des acteurs non étatiques - firmes transnationales, ONG, médias, mais aussi groupes criminels, terroristes... - sont de plus en plus présents dans les relations internationales. Ils contribuent à définir leurs priorités et parfois concurrencent, voire affrontent les États. Ils peuvent en être partenaires, mais sont aussi perturbateurs. Leur régulation est l’un des enjeux contemporains.
Constantes et transformations de la société internationale, structures et ruptures, sont les axes dominants du présent ouvrage. Si la puissance est le principe organisateur des relations internationales, le déficit de puissance qui les caractérise aussi est leur principe désorganisateur. Il explique que, par delà la rhétorique de la mondialisation, nombre de problèmes restent ouverts, voire sans solutions rationnelles prévisibles. Le désordre international est une marque des premières décennies du XXIe siècle.

Cet ouvrage est destiné aux étudiants, experts, universitaires, et plus largement à tous ceux qui s’intéressent aux défis de notre temps, internationaux par nature.

Serge Sur est professeur émérite de l’Université Panthéon-Assas, où il a fondé et dirigé le Centre Thucydide - Analyse et recherche en relations internationales (1999-2012), et l’Annuaire Français de Relations Internationales (AFRI, 2000-2020). Il est rédacteur en chef de Questions internationales, revue bimestrielle de La Documentation française, depuis 2003.

. Laurent Fourchard, Classify, Exclude, Police. Urban Lives in South Africa and Nigeria, Oxford, Wiley, avril 2021.

The cities of South Africa and Nigeria are reputed to be dangerous, teeming with slums, and dominated by the informal economy but we know little about how people are divided up, categorised and policed. Colonial governments assigned rights and punishments, banned categories considered problematic (delinquents, migrants, single women, street vendors) and give non-state organisations the power to police low-income neighbourhoods. Within this enduring legacy, a tangle of petty arrangements has developed to circumvent exclusion to public places and government offices. In this unpredictable urban reality – which has eluded all planning – individuals and social groups have changed areas of public action through exclusion, violence and negotiation.

In combining historical and ethnographic methods, Classify, Exclude, Police explores the effects and limits of public action, and questions the possibility of comparison between cities often perceived as incommensurable. Focusing on state formation, urbanization, and daily lives, Laurent Fourchard addresses debates and controversies in comparative urban studies, history, political science, and urban anthropology. The book provides a systematic, comparative approach to the practices, processes, arrangements used to create boundaries, direct violence, and produce social, racial, gender, and generational differences.

. Jean-Marie Guéhenno, Le premier XXIe siècle. De la globalisation à l’émiettement du monde, Paris, Flammarion, septembre 2021.

Le « premier XXIe siècle », comme la première version d’un logiciel insuffisamment testé, révèle chaque jour de nouvelles failles : nous sommes loin du triomphalisme qui saisit les démocraties en 1989 quand le mur de Berlin est tombé. L’individu qui croyait changer le monde est de plus en plus écrasé par lui. Il a perdu confiance dans la politique, et l’utopie identitaire remplace l’utopie politique.

Comment en est-on arrivé là dans des sociétés aussi différentes que l’Amérique de Trump, le Brésil de Bolsonaro, l’Inde de Modi ou le Royaume-Uni de Boris Johnson ? Jean-Marie Guéhenno va au-delà des explications économiques : la crise des démocraties - à laquelle l’élection de Biden ne met pas fin - est une crise des sociétés. Une société qui n’est plus définie que par une seule dimension - que ce soit celle de la réussite matérielle, de la nation, ou de la religion - est une société malade.

Cette crise se produit alors que le nouvel " âge des données " de l’internet et de l’intelligence artificielle bouscule les hiérarchies du savoir et de la puissance ; comme l’invention du livre, il peut conduire à une Seconde Renaissance, riche de promesses, mais aussi de conflits. La Chine et les entreprises géantes de l’internet, avec des objectifs différents et chacune à leur manière, développent une capacité de contrôle des esprits qui fait secrètement envie à des individus auxquels leur propre liberté fait peur, mais peut aussi déboucher sur des confrontations violentes.

Un autre avenir est possible : une écologie repensée, des institutions qui organisent une nouvelle séparation des pouvoirs, une Europe qui ne cherche pas à être un super-Etat, sont quelques-unes des voies explorées par ce livre ambitieux et novateur.

. Jean-Pierre Estival, La guerre du gaz en Méditerranée : géopolitique du partage de la mer. Indomptable Turquie, Europe humiliée : le jeu trouble des pays arabes et d’Israël, Paris, L’Harmattan, mai 2021.

Une guerre qui ne dit pas son nom vient d’éclater entre pays riverains de la Méditerranée orientale pour l’appropriation des riches réserves de gaz marin dont leurs économies ont besoin. Certains justifient ces conquêtes en évoquant le Droit de la mer mais d’autres, comme la Turquie, préfèrent le recours à la force violente. L’Europe médusée est sans réaction tandis que Etats-Unis et la Russie s’épient et que par le jeu des alliances les pays arabes commencent à s’impliquer.

. Rebecca Tapscott, Arbitrary States. Social Control and Modern Authoritarianism in Museveni’s Uganda, Oxford, Oxford University Press, juillet 2021.

In recent years, scholars have noted the rise of a particular type of authoritarianism worldwide, in which rulers manipulate institutions designed to implement the rule of law so that they instead facilitate the exercise of arbitrary power. Even as scholars puzzle over this seemingly new phenomenon, scholarship on African politics offers helpful answers.

This book places literature on the post-colonial African state in conversation with literature on modern authoritarianism, using this to frame over ten months of qualitative field research on Uganda’s informal security actors - including vigilante groups, local militias, and community police. Based on this research, the book presents an original framework - called “institutionalized arbitrariness” - to explain how modern authoritarian rulers project arbitrary power even in environments of relatively functional state institutions, checks and balances and the rule of law. In regimes characterized by institutionalized arbitrariness, the state’s stochastic assertions and withdrawals of power inject unpredictability into the political relationship between both local authorities and citizens. This arrangement makes it difficult for citizens to predict which authority, if any, will claim jurisdiction in a given scenario, and what rules will apply. This environment of pervasive political unpredictability limits space for collective action and political claim-making, while keeping citizens marginally engaged in the democratic process. The book is grounded in empirical research and literature theorizing the African state, while seeking to inform a broader debate about contemporary forms of authoritarianism, state-building, and state consolidation.

. Séverine Awenengo Dalberto, Richard Banégas, Identification and Citizenship in Africa. Biometrics, the Documentary State and Bureaucratic Writings of the Self, Londres, Routledge, avril 2021.

In the context of a global biometric turn, this book investigates processes of legal identification in Africa “from below”, asking what this means for the relationship between citizens and the state.

Almost half of the population of the African continent is thought to lack a legal identity, and many states see biometric technology as a reliable and efficient solution to the problem. However, this book shows that biometrics, far from securing identities and avoiding fraud or political distrust, can even participate in reinforcing exclusion and polarizing debates on citizenship and national belonging. It highlights the social and political embedding of legal identities and the resilience of the documentary state. Drawing on empirical research conducted across 14 countries, the book documents the processes, practices, and meanings of legal identification in Africa from the 1950s right up to the biometric boom. Beyond the classic opposition between surveillance and recognition, it demonstrates how analysing the social uses of IDs and tools of identification can give a fresh account of the state at work, the practices of citizenship, and the role of bureaucracy in the writing of the self in African societies.
This book will be of an important reference for students and scholars of African studies, politics, human security, and anthropology and the sociology of the state.

. Stéphane Paquin, La mondialisation : une maladie imaginaire, Montréal, Les Presses de l’Université de Montréal, mars 2021.

Depuis une trentaine d’années, on a tendance à amplifier, parfois grossièrement, la portée de la mondialisation et à en déformer la réalité. Selon plusieurs sources, l’accélération de la mondialisation conduit à l’avènement d’un monde « sans frontières », exacerbant la concurrence entre les nations.
Ces critiques face à la mondialisation sont-elles justifiées ? C’est en examinant les données sur la performance économique et sociale des pays sociaux-démocrates et libéraux, en décortiquant la situation de l’emploi et en expliquant les inégalités qui y sévissent que nous pouvons cerner la portée de la mondialisation dans nos vies. Les conclusions sont claires : l’État-providence est bien vivant et la social-démocratie est toujours le modèle économique et social le plus performant.

. Anouche Beaudoin, Droit international des villes, Paris, Eyrolles, juin 2021.

Quelles sont les manifestations juridiques internationales de l’urbanisation du monde ?

L’ouvrage a pour but de proposer des points de repère dans ce vaste paysage et de créer des catégories (d’acteurs, d’instruments juridiques, de relations, de normes...) permettant d’intégrer et de comprendre au mieux ces dimensions juridiques qui, prises ensemble, constituent un véritable droit international des villes. De la construction des villes à leur gouvernance, en passant par leurs relations internationales et les services publics qu’elles assument, de nombreux instruments internationaux façonnent en effet le milieu physique et politique à la fois le plus universel et le plus proche de nos vies.

Droit international des villes est le premier ouvrage qui propose un cadre permettant d’appréhender, penser, et enseigner cette matière nouvelle.

. Antoine Bernard de Raymond, Delphine Thivet, Un monde sans faim. Gouverner la sécurité alimentaire, Paris, Presses de Sciences Po, juin 2021.

Cet ouvrage restitue l’épaisseur historique et institutionnelle du problème de la faim dans le monde, et montre en quoi les différentes initiatives prises depuis 2008 ont réussi, ou échoué, à en infléchir la trajectoire.

En 2008, malgré une production agricole très élevée, le monde connaît une grave crise alimentaire, provoquant des « émeutes de la faim » dans une quarantaine de pays. Une mobilisation massive de la communauté internationale s’ensuit, à l’issue de laquelle un consensus fait jour : la sécurité alimentaire ne peut plus être seulement envisagée sous l’angle des quantités produites et des questions de développement, elle doit aussi prendre en compte les aspects sanitaires, sociaux, climatiques et environnementaux. Que l’on appelle à une nouvelle révolution verte, à une diversification radicale de l’alimentation ou à des interventions transversales dans les secteurs de la santé et de la protection sociale, aucune approche ne peut en outre faire l’impasse sur les rapports de pouvoir entre les acteurs des différents systèmes alimentaires.

Et si, pour relever le défi de nourrir neuf milliards d’êtres humains en 2050, le levier le plus efficace était une transformation de nos modes d’alimentation ?

. Boussad Addad, Souveraineté numérique européenne. Innovations, échecs, et espoirs de 1900 à nos jours, Paris, VA Editions, juin 2021.

La crise du coronavirus a été un révélateur de l’extrême fragilité de l’Occident, notamment l’Europe très durement touchée à la fois sanitairement et économiquement. Pour expliquer la situation, un terme revient souvent dans les débats : la souveraineté. « Il faut reconquérir notre souveraineté sanitaire et pouvoir fabriquer nous-mêmes les médicaments, les kits de test, et les masques », tels sont les mots martelés ici et là. Tout ou presque vient en effet de la Chine.

Le confinement a aussi révélé notre dépendance aux outils de télétravail et autres services de cloud, fournis pour l’écrasante majorité par les Américains. L’incompréhension a atteint son apogée quand on a confié l’hébergement des données médicales des Français à l’américain Microsoft. La « souveraineté numérique » est alors sur toutes les bouches.

Comment en est-on arrivé là ? Ce livre est comme une expédition en quête de réponses. Il se veut comme une autopsie d’un échec, celui de l’Europe, numériquement à la traine actuellement. On découvre pourtant que les opportunités n’ont pas manqué dans l’histoire, malgré une chute brutale qui s’appelle la Seconde Guerre mondiale.

Cet ouvrage illustre également à travers le récit de grands événements historiques le rôle qu’a joué la souveraineté numérique sur l’échiquier international et le sort des États.

. Elie Cohen, Richard Robert, La valse européenne. Les trois temps de la crise, Paris, Fayard, mars 2021.

De l’Europe improbable à l’Europe révélée par les crises : un art de décider à contretemps, horripilant parfois, mais dont la puissance réformatrice apparaît a posteriori. Un hommage à la résilience de la construction européenne.

Crise de l’euro, crise migratoire, Brexit, et maintenant Covid-19... Depuis une décennie, l’Europe est en crise permanente et suscite des réactions contradictoires : rejet des interventions touchant à la souveraineté nationale, mais demande urgente de solidarité sans condition.

La réponse de l’Europe se joue en trois temps. Elle déçoit d’abord : son intervention est tardive et inadaptée. Mais après ce temps de retard, la machine communautaire se réveille et l’action prend de la consistance. Enfin, l’Union franchit les lignes jaunes et, comme surprise par son audace, se prend à s’imaginer en puissance à l’égal de la Chine ou des États-Unis.

Cette valse à trois temps est au cœur de ce livre, avec sa dramaturgie et ses personnages-types. Elle laisse aussi percevoir les craquements du monde ancien qui avait sacralisé la règle.

Ni Léviathan supranational, ni syndic des nations, le projet européen se révèle dans l’épreuve lorsque l’Europe passe au politique, c’est-à-dire à la décision. C’est cette souveraineté partagée qui lui permettra d’apporter une réponse politique à un monde discordant, habité de nouveaux rapports de force.

. Louis Gautier, Mondes en guerre – Tome IV. Guerre sans frontières. 1945 à nos jours, Paris, Passés composés, mars 2021.

Explorer la diversité des pratiques guerrières sur tous les continents depuis la préhistoire jusqu’à nos jours, telle est l’ambition des Mondes en guerre. Dès l’Antiquité, objet du premier volume, la formation d’empires alimenta un vaste processus de confrontations et d’échanges militaires, avant que l’ère des Grandes Découvertes, au départ du second volume, ne déclenche l’intégration de tous les continents dans un espace martial unifié. La séquence des guerres mondiales et impériales, de 1870 à 1945, que traite le troisième tome, vit ensuite la sujétion du globe aux grandes puissances militaires.

Ce quatrième tome marque le terme de cette histoire des Mondes en guerre : à partir de 1945, l’arme nucléaire change la donne et les défis de sécurité se mondialisent. Cette période est qualifiée parfois de « longue paix », ce qui ne signifie pourtant pas, loin s’en faut, l’absence de conflits importants et meurtriers : de la guerre froide et des guerres de décolonisation aux interventions de maintien de la paix sous l’égide de l’ONU, en passant par la lutte contre le terrorisme et l’émergence de nouveaux champs d’action (spatial ou cyber), le monde au quotidien semble même avoir basculé dans un temps de ni guerre ni paix caractérisé par la fréquence des opérations militaires. Après des premiers chapitres posant la trame événementielle, les auteurs livrent des réflexions aussi bien culturelles, politiques, juridiques, stratégiques que techniques et donnent à lire toutes les nuances et contradictions de ce quatrième âge de la guerre.

. Maurice Vaïsse, Les relations internationales depuis 1945, 17ème édition, Paris, Armand Colin, mai 2021.

Débouchant directement sur l’actualité la plus immédiate, cet ouvrage présente une synthèse globale des relations politiques internationales depuis 1945.
La fin de la Deuxième Guerre mondiale marque une césure majeure dans les rapports entre nations. Face au déclin des États européens, on assiste à l’ascension des États-Unis et de l’Union soviétique, qui visent à constituer autour d’eux des blocs homogènes. Tandis que se développe la guerre froide, les peuples colonisés s’émancipent de la tutelle de l’Europe. Il n’y a plus guère de lieu sur la planète qui ne participe peu ou prou aux relations internationales.
Des années 1960 aux années 1980, le monde bipolaire fait place à un monde multipolaire, où aux lieux traditionnels de conflits s’ajoutent de nouveaux terrains d’affrontement et de nouveaux enjeux.
Les événements révolutionnaires des années 1989-1991 mettent un terme à la guerre froide. Dominée par l’hyperpuissance américaine, la communauté internationale est à la recherche d’un nouvel ordre mondial que le 11 septembre 2001 rend encore plus improbable.
Le début du XXIe siècle est marqué par le phénomène de la mondialisation et l’ascension des puissances émergentes, en particulier de la Chine. Loin des espoirs de paix de la décennie 1990, les défis à l’ordre international replongent le monde des années 2010 dans un cycle de tensions et de violences.

. Alexandra Goujon, Ukraine : de l’indépendance à la guerre, Paris, Cavalier bleu, novembre 2021.

Revenue sur le devant de la scène internationale depuis une dizaine d’années, l’Ukraine semble constituer le théâtre d’une nouvelle Guerre froide qui cristallise les tensions entre la Russie et les nations occidentales. Les événements récents sont aussi l’occasion de mesurer combien notre connaissance de ce pays est lacunaire, se limitant souvent aux clichés d’une Ukraine berceau de la Russie, terre des Cosaques, grenier à blé de l’URSS, d’un Est pro-russe opposé à un Ouest patriote pro-ukrainien, et d’une suite de gouvernants entachés par une corruption massive.

. Amaël Cattaruzza, Pierre Sintès, Géopolitique des conflits, Paris, Bréal, juillet 2021.

De la lutte contre le terrorisme aux conflits d’aménagement, des guerres urbaines à la cybersécurité, des murs- frontières aux conflits sociaux, ce manuel a pour objectif de former le lecteur aux outils de la géopolitique. Cette nouvelle édition actualisée montre les transformations rapides des conflits contemporains (multiplication des acteurs et des représentations, imbrication toujours plus forte des échelles locales, nationales, internationales, transnationales, émergence de nouvelles thématiques économiques, environnementales).

A travers de nombreux exemples d’actualité, tout le panorama des nouvelles formes de conflictualité contemporaines est ainsi décrit dans cet ouvrage.

. Centre Thucydide, Annuaire français des relations internationales. Editions 2021, Paris, Panthéon-Assas, juin 2021.

L’AFRI a une vocation généraliste. Il s’intéresse aux relations internationales dans toutes leurs dimensions : politiques, stratégiques, économiques, culturelles, technologiques, etc. Il rassemble dans un esprit pluridisciplinaire les spécialistes, universitaires et chercheurs, diplomates, experts, français ou étrangers.

. Jean Audouin, Churchill m’a tué. Une enquête à travers l’indicible histoire grecque contemporaine, Paris, L’harmattan, janvier 2020.

À 83 ans, Kostas avait pourtant survécu aux rafles des Allemands, aux milices de Churchill, à la guerre civile et aux camps de concentration grecs, aux bombardements au napalm des Américains, aux règlements de comptes entre factions communistes, à la dictature des colonels... Alors, comment avait-il pu tomber du 7e étage de l’immeuble parisien où il coulait une retraite paisible ? Théo, son petit-fils, réfutant les hypothèses de la police qui favorise la thèse du suicide ou de l’accident, va recomposer le puzzle et remonter le cours de la vie mouvementée de son grand-père à travers les soubresauts de l’histoire grecque contemporaine. Il lui faudra délaisser son nid douillet parisien pour entreprendre un véritable voyage initiatique de Paris à Paros à la rencontre de ses vraies racines et de son identité.

. Olivier Piton, Kamala Harris, pionnière d’Amérique, Paris, Plon, septembre 2021.

La première biographie française de Kamala Harris, la première femme vice-présidente des Etats-Unis. Qui se cache vraiment derrière cette pionnière qui bouscule toutes les certitudes et dont les actes et les paroles sont désormais scrutés au microscope ? Au-delà du symbole, Kamala Harris pourra-t-elle incarner le futur apaisé d’une Amérique au bord de l’implosion ? " Si je suis la première femme à occuper ce poste, je ne serai pas la dernière.
" C’est ainsi que Kamala Harris a conclu son discours après la victoire de Joe Biden aux élections présidentielles américaines. Quelques semaines plus tard, cette fille d’un père jamaïcain et d’une mère immigrée indienne marquait l’histoire de son pays en devenant la première femme à occuper le poste de vice-présidente. Une enfance marquée par la contre-culture californienne, une ascension au mérite où, après des études en sciences politiques et en droit, la native d’Oakland, dans la baie de San Francisco, accède au prestigieux poste d’adjointe de district avant de diriger le département des enquêtes criminelles de San Francisco.
Puis, une élection au poste de sénatrice de Californie qui la révèle au grand public et, enfin, une candidature à la primaire démocrate de 2020 qui conduit Joe Biden à la choisir comme colistière pour gagner l’élection présidentielle de 2020. Mais au-delà de ce parcours hors norme où cette femme de 56 ans a brisé avec une facilité déconcertante tous les plafonds de verre, qui se cache vraiment derrière cette pionnière qui bouscule toutes les certitudes et dont les actes et les paroles sont désormais scrutés au microscope ? Au-delà du symbole que représente son élection, Kamala Harris pourra-t-elle incarner le futur apaisé d’une Amérique au bord de l’implosion ?

. Xavier Ricard Lanata, Demain la Planète. Quatre scénarios de déglobalisation, Paris, PUF, mai 2021.

La déglobalisation est aujourd’hui un processus mondial et inexorable. La question n’est plus de savoir si elle a lieu, mais quelle forme l’emportera. Car si les processus de mondialisation se poursuivent, la déglobalisation est devenue le « moteur » le plus puissant, parmi ceux qui régissent l’économie mondiale contemporaine.
Xavier Ricard Lanata examine dans cet ouvrage l’ensemble des mécanismes de la déglobalisation qui pourraient mettre fin à un vaste mouvement intégrateur entamé il y a cinq siècles. Il envisage également plusieurs scénarios économiques possibles, allant d’une relocalisation mondiale de la production au développement d’une compétition agressive entre les États-Unis et la Chine en passant par la mise en place de nouveaux accords internationaux ou de larges blocus. Son analyse révèle combien nous ne sommes pas condamnés à l’impuissance face à ce renversement historique, qui pourrait constituer une opportunité unique de réenchâsser l’économie dans le politique afin de concevoir une « altermondialisation non globale ». Ainsi l’auteur propose une voie nouvelle, à la fois « mondialiste » et « déglobaliste », comme la clé d’un avenir commun possible sur une Terre mise en partage.

. Michel Nazet et Michel Beshara (dir.) Histoire, Géographie et Géopolitique du monde contemporain. ECG1, Illustrateur : Pascal Orcier, éd. Ellipses, 2021

Le programme de 1e année d’histoire géographie et géopolitique du monde contemporain en classes préparatoires aux grandes écoles de commerce a été fortement rénové et actualisé.

Afin de répondre aux attentes de ce nouveau programme, cet ouvrage vous propose :

Un cours complet qui couvre tout le programme de façon synthétique avec, pour chaque chapitre officiel, des fiches thématiques sur les grandes dates à retenir, les principaux lieux de la mondialisation, les idées reçues sur la question...
Des fiches méthodes qui vous rappellent à chaque fois les attentes aux concours avec les erreurs usuelles commises par les étudiants (extraits de copies d’élèves commentées).
Des exercices attendus aux concours : une dissertation corrigée accompagnée d’un croquis, un commentaire de carte, des exemples de khôlles.
Des cartes élaborées par un cartographe professionnel et d’autres faites à main levée, notamment les cartes de synthèse et les croquis accompagnant les dissertations.
Une bibliographie avec un ouvrage indispensable développé, des revues, des sites Internet, des films…
Un lexique qui vous donne, enfin, de façon claire et succincte les définitions à connaître et à utiliser dans vos copies.


Actualité des livres géopolitiques
Ma thèse avec le Diploweb en 7 minutes
Conception : Pierre Verluise et Richard Coffre. Réalisation : Richard Coffre.

. Anne Gonon, Christian Galan, Occupy Tôkyô – Sealds, Le mouvement oublié, Paris, Bord de l’eau, juillet 2021.

L’ouvrage traite d’un mouvement d’opposition aux réformes néolibérales conduit par des jeunes étudiants Japonais qui acquiert les connaissances sur la démocratie à travers leurs pratiques de mobilisation.

. Antoine Garapon, Jean Lassègue, Le droit sans l’espace ? Justice digitale II , Paris, PUF, aout 2021.

Le droit se structurait autour de découpages fondateurs ayant pour fondement une répartition spatiale (droit interne/droit international, espace public/espace privé par exemple). Or le numérique substitue à ces divisions spatiales porteuses de légalité une nouvelle division plus radicale qui oppose la totalité de l’espace d’une part et une nouvelle écriture du droit fondée sur le calcul ne relevant pas de l’espace de l’autre : la révolution numérique envisage l’espace comme un tout uniformisé, sans localité ni diversité à partir d’un point de vue extérieur, celui d’un fonctionnement algorithmique hors de tout espace.

La légalité qui émane de ce nouveau partage est d’un tout autre ordre que l’ancienne, d’autant plus difficile à saisir qu’elle est en cours de construction et qu’il s’agit encore d’une proto-légalité. Ce nouveau " partage du monde " prend de court le droit comme le politique, en redéfinissant la plus-value économique, en offrant de nouvelles armes à la contestation sociale, en renouvelant les instruments de contrôle politique et en disqualifiant les récits collectifs au profit du calcul ; sans toutefois parvenir à éliminer le partage de l’espace qui reste l’acte fondateur des communautés humaines et de leur droit, seul moyen d’éviter la propagation de la violence.

. Constantin Pikramenos, Savvas Kalenderidis, Mili Istihbarat Teskilati. Le service secret turc – La guerre sur tous les fronts, Paris, VA éditions, mai 2021.

Qu’est-ce vraiment que le MIT, le service du renseignement turc ? Quel est le rôle joué par le MIT dans la stratégie néo-ottomane de Recep Tayyip Erdogan ?? Est-il autorisé à " liquider " des opposants à l’étranger ? Quelle a été son implication dans l’assassinat des trois militantes kurdes du PKK à Paris en 2013 ? Comment fonctionne-t-il ? Quelles sont ses méthodes ? Quelles sont son histoire et son origine ? Quelles sont ses opérations au Moyen-Orient, en Afrique, aux États-Unis, en Europe et finalement comment opère-t-il dans l’Hexagone ? Ce livre apporte des réponses à ces questions importantes pour mettre en pleine lumière ce qu’est le MIT qui se dissimule derrière un immense voile de secrets.

Lorsqu’Erdogan accuse Macron d’être " en état de ? mort cérébrale ? " et que la marine turque cible des frégates françaises au large de la Libye, comprendre le fonctionnement du renseignement turc devient une nécessité urgente pour les élites politiques françaises, mais aussi pour le citoyen curieux... Un livre éclairant pour mieux comprendre la politique agressive du néo-sultan Erdogan.

. Julie Alix, Olivier Cahn, Terrorisme et infraction politique, Paris, Mare et Martin Editions, juin 2021.

Nos travaux consacrés à la "guerre contre le terrorisme" ont révélé les limites épistémologiques de l’exclusion du terrorisme du domaine de l’infraction politique. Y remédier imposait une étude pluridisciplinaire. Les contributions rassemblées en première partie de l’ouvrage exposent l’appréhension par les sciences juridiques, politiques et sociales du rapport entre ces notions, mal définies par le droit, et établissent la pérennité d’une question qui travaille les sciences criminelles depuis le XIXè siècle et les imperfections des justifications et des réponses juridiques apportées.
La seconde partie propose de redéfinir l’infraction politique comme une expression du droit de la démocratie de se défendre, y compris contre le terrorisme.

. Lucien Bitterlin, Histoire des barbouzes – au cœur de la lutte contre l’OAS, Paris, Nouveau Monde, août 2021.

El Biar, janvier 1962. Quelques semaines avant la signature des Accords d’Evian, sur les hauteurs d’Alger, la villa Andréa, connue pour être le poste de commandement du groupe para-policier des " barbouzes " , est la cible d’un attentat particulièrement meurtrier : le bilan est de 19 morts. Derrière cette irruption de violence, les hommes du commando Delta de l’OAS, dirigé par Roger Degueldre. Dans les mois qui suivent, c’est une guerre à mort qui oppose l’OAS et les barbouzes.
Leur fondateur et commandant raconte dans ce témoignage unique l’engagement de ses hommes pour défendre la position gaulliste en Algérie. Il relate les étapes successives qui ont mené à la formation du groupe, explique comment il a été amené à constituer un service de renseignements parallèle, à organiser des " contre-plastiquages " , à tenter de démanteler les réseaux de l’OAS par son propre Service Action.
Lui-même a survécu par miracle à des mitraillages et plastiquages, et vu nombre de ses hommes éliminés. L’Histoire des barbouzes est le récit de deux années de guerre civile entre Français sur le territoire algérien, dont le bilan a été très lourd. Il montre bien l’hostilité d’une partie de l’administration et de la police française envers les barbouzes, qui les a obligés à entrer en clandestinité.
C’est une histoire de violence extrême, et le rappel d’une vérité difficile sur une des périodes les plus sanglantes de la décolonisation. Ancien chef du Mouvement pour la Communauté (MPC) en Algérie, Lucien Bitterlin (1932-2017) a, dès 1959, milité puis combattu pour l’autodétermination des Algériens. Il est resté jusqu’à sa mort en 2017 un fervent défenseur de la relation franco-arabe.

. Arnaud Pautet, Les grands penseurs de l’économie – comprendre les débats politiques contemporains, Paris, Eyrolles, août 2021.

Véritable introduction à la macroéconomie, cet ouvrage offre une relecture des oeuvres de six auteurs clés de l’économie politique contemporaine : Adam Smith, Joseph A. Schumpeter, John M. Keynes, Karl Polanyi et Milton Friedman. Parce qu’il est le meilleur connaisseur et le plus virulent critique de cette économie politique, le choix a été fait de leur associer Karl Marx. Confrontés aux mutations enfantées par les révolutions industrielles, aux grandes crises économiques contemporaines ou aux conséquences des guerres industrielles, ils questionnent l’intervention étatique nécessaire pour lubrifier le marché et le rendre efficient, le risque d’épuisement de la croissance et son contournement par l’innovation, et surtout la dose tolérable d’inégalités dans une société. Chacun, à sa manière, refuse les grilles de lecture de son temps, le conformisme intellectuel et la pensée économique mainstream. Ils sont en somme des penseurs de l’alternative.

. Difraoui aiem El, Le Djihadisme, Paris, Que sais-je, août 2021.

Le " djihadisme ", tout le monde en parle. Mais qui sait ce que le terme recouvre réellement ? En quoi et comment les djihadistes ont-ils détourné des symboles et des concepts-clés de l’islam ? Comment lutter contre la radicalisation et l’extrémisme en Europe et dans le monde ? Asiem El Difraoui retrace l’histoire de cette mouvance, de son invention en 1979 en Afghanistan jusqu’à Daesh, en passant par le 11 Septembre, l’invasion américaine de l’Irak, les conséquences des " Printemps arabes ", le désastre syrien et les attentats de Paris. Décryptant l’idéologie et la propagande djihadistes, il apporte une contribution importante pour comprendre ce fléau aux multiples facettes.

. Kader a.Abderrahim, Les 11 septembre – celui des Américains, des Chiliens, des Catalans et tous les autres, Paris, Bibliomonde, aout 2021.

La date du 11 septembre renvoie depuis deux décennies aux attentats de 2001 dont l’image des tours jumelles en flamme a saturé l’espace médiatique. Depuis, on en oublierait le chagrin des Chiliens qui ont perdu leurs proches et leur liberté après le coup d’État du 11 septembre 1973. La page n’est pas encore totalement tournée, l’opportunité de changer la constitution du Chili héritée de la dictature vient juste de s’offrir à eux. Le processus historique est en cours. Quant aux Catalans, chaque 11 septembre, un à deux millions d’entre-eux se retrouvent dans la rue avec l’espoir, qui n’est pas partagé par tous, de voir leur pays obtenir son indépendance. Le géopolitologue Cyril Trépier nous explique les ressorts de ce mouvement, à ce jour, inabouti. Cet ouvrage nous raconte aussi qu’il existe, ailleurs dans le monde, d’autres 11-Septembre, moins médiatiques mais tout aussi prégnants localement, en Éthiopie, en Écosse, en Russie, au Brésil, en Lettonie, au Pakistan, en Argentine.

. Pierre Raffard, Géopolilitique de l’alimentation – l’assiette, porte ouverte sur le monde, Paris, Cavalier bleu, août 2021.

Arme de domination et de conquête, l’alimentation est au coeur de la géopolitique. Enjeu de souveraineté, enjeu humanitaire, elle est aussi, à chaque maillon de la chaîne, un outil de contrôle des bouches et des esprits. De l’industrialisation de l’agriculture à l’émergence de multinationales agroalimentaires, du soft power des chefs à l’uniformisation des goûts, l’alimentation est en passe de devenir un bien économique comme un autre, modelée par la mondialisation.

Dans le même temps, des contre-pouvoirs en façonnent d’autres contours : bio, circuits courts, roman national culinaire autour de produits emblématiques... autant d’acteurs impliqués dans chaque étape de l’acte alimentaire qui décident aujourd’hui de ce que nous mangeons.

. Mikaa Mered, Hydrogène – Enjeux économiques et géopolitiques, Paris , PUF, août 2021.

De l’Arctique à la Lune (et Mars ! ), en passant par les espaces insulaires et les zones tempérées, le développement de l’hydrogène-énergie est au coeur de la transition énergétique mondiale. Sans maîtrise de l’hydrogène à très grande échelle, il est impossible d’atteindre les objectifs de l’Accord de Paris sur le Climat. Au carrefour des enjeux du "monde d’après", l’hydrogène s’impose comme l’une des solutions les plus prometteuses pour se rapprocher des objectifs de l’Accord de Paris.

Encore très mal connu, victime à la fois de préjugés anciens (sécurité, explosivité, rendements faibles, coûts élevés) et de campagnes de dénigrement venant tant du secteur des hydrocarbures que du secteur de la batterie électrique, ce vecteur énergétique monte pourtant en puissance. Selon plusieurs rapports prospectifs de référence publiés entre 2019 et 2020, le secteur de l’hydrogène pourrait créer plus de 30 millions d’emploi et peser plus de 2500 milliards de dollars en rythme annuel d’ici 2050, dont le tiers en Europe.
L’hydrogène promet d’accélérer le secteur des énergies renouvelables et de décarboner les usages les plus polluants mais aussi de poser des débats géopolitiques fondamentaux pour l’avenir de la géopolitique de l’énergie. Depuis 2015, près de 30 pays industrialisés ont construit ou entamé des démarches pour constituer une feuille de route hydrogène. Le secteur engrange des succès. Les décideurs et le grand public sont et seront amenés à s’intéresser à l’hydrogène-énergie.

. Stéphane Rosière, Géographie politique et géopolitique. Grammaire de l’espace politique – 3 ème édition, Paris, Ellipses, août 2021.
En tant que géographe, Stéphane Rosière apporte ici un éclairage essentiel sur les disciplines éminemment spatiales que sont la géographie politique et la géopolitique. Il les présente de manière tout à fait originale en tant que savoirs distincts, mais formant, ensemble, un tout cohérent. La géographie politique est l’étude du "cadre politique" qui est formé de territoires de lignes - frontières et réseaux -, et de pôles structurants.
Cette discipline, trop marginale en France, est surtout développée dans les pays anglo-saxons. La connaissance du cadre politique est pourtant nécessaire à tout raisonnement géopolitique. La géopolitique est l’étude de l’espace considéré comme "enjeu". A ce titre, elle implique alors une connaissance des acteurs, de leurs représentations territoriales, de leurs pratiques de l’espace, et de leurs motivations.
La finalité de cet ouvrage est donc de présenter l’essentiel des concepts opératoires pour mener à bien des analyses de géographie politique ou de géopolitique. Il a ainsi pour ambition d’être une véritable "grammaire" de l’espace politique en proposant des définitions claires et rigoureuses, et une méthodologie cohérente pour ces deux disciplines. Cette approche paraît nécessaire alors que chercheurs et citoyens sont confrontés à une mondialisation non pacifiée, à un monde fragmenté et parcouru de tensions.

. Arnaud Dolidier, Tout le pouvoir à l’assemblée. Une histoire du mouvement ouvrier espagnol pendant la transition (1970-1979), Paris, Syllepse, mai 2021.

Dès le début des années 1970, les luttes ouvrières et sociales se multiplient, et par ailleurs la dictature veut devenir plus présentable ; une "transition" avant l’heure qui s’amorce sous la pression populaire. Après la mort de Franco, en 1975, la "transition" s’organise dans le bon ordre avec la participation du PSOE et du PCE et de leurs syndicats associés. Cependant, de nombreux travailleur·euses et habitant·es des quartiers populaires veulent voir satisfaites leurs revendications sociales et changer de société.
Cette contestation sociale prend la forme de multiples assemblées, pratiquement permanentes et qui décident et organisent ce mouvement social original. C’est l’histoire de ce mouvement que nous propose Arnaud Dolidier. Revenant sur les luttes sociales sous le franquisme qui ont préparé l’éclosion de ce mouvement, il fait ensuite le récit de cette turbulente période. Appuyé sur d’abondantes sources, cet ouvrage retrace pas à pas les débats qui l’ont traversé et suit les expériences qui ont été menées, notamment deux d’entre elles, étudiées plus en détail.
Cet ouvrage restitue le rythme des palpitations de ces assemblées ouvrières et populaires qui devront faire face à une sanglante répression. La grève chez Harry-Walker, à Barcelone, en 1970, donne le ton. Bien d’autres suivront, elles aussi largement documentées et commentées ici. Elles touchent différents secteurs professionnels, et se déroulent aussi bien à Madrid qu’à Valladolid, en Catalogne ou qu’au Pays basque.
La grève générale de Vitoria ou la lutte de Roca sont particulièrement emblématiques de cette période. C’est une période d’intenses débats : boycott ou détournement des élections syndicales de Franco ? Priorité à l’unité ouvrière ou à la construction des outils partisans ? Le pacte de la Moncloa, validé par la droite et la gauche, mais aussi par certains syndicats, constituera un tournant. Cette expérience "assembléiste" a marqué les mémoires et a connu des résurgences en Espagne, dont la plus récente est le mouvement des indigné·es (2011) qui a secoué l’Espagne.

. Cédric Lewandowski, Le Nucléaire, Paris, PUF, avril 2021.

Échange entre spécialistes ou controverse souvent stérile entre tenants et opposants, un débat sur le nucléaire est toujours passionné. De fait, quel rôle cette énergie joue-t-elle dans la souveraineté nationale ? Quels sont ses atouts dans la lutte contre le réchauffement climatique ? Dix ans après Fukushima, il est intéressant de donner des clefs de lecture, objectives et accessibles, d’un sujet complexe et polémique.

Après un historique de la radioactivité pendant la première moitié du XXe siècle et de ses développements industriels, Cédric Lewandowski offre un panorama de l’énergie nucléaire dans le monde en 2021. Coût du nucléaire, sûreté des centrales, démantèlement des installations, gestion des déchets… Autant d’aspects essentiels ici abordés pour mieux appréhender le nucléaire aujourd’hui.

. Claude Lefebvre, Guillaume Weiszberg, Introduction à la prohibition des armes de destruction massive, Paris, L’harmattan, mai 2021.

Ce court ouvrage peut être conçu comme une préparation à l’étude de son prédécesseur Les armes de destruction massive et leur interdiction. Menaces nucléaires, radiologiques, biologiques, chimiques, explosives de masse. Les ADM, qui sont apparues au cours du XXe siècle, se sont particulièrement développées pendant toute la période de la guerre froide et ont pris un essor absolument remarquable dans les années 1970 et 1980 sans véritablement émouvoir l’opinion publique qui était bien loin d’imaginer qu’elles auraient pu provoquer, si elles avaient été utilisées, l’extermination de la vie sur la planète. Cet ouvrage vise à faire prendre conscience du réel danger que représentent les ADM : elles doivent absolument être éradiquées de notre monde de manière radicale et définitive, afin que plus personne ne soit tenté d’ouvrir à nouveau cette boîte de Pandore sans jamais pouvoir la refermer.

. Franck Petiteville, Les organisations internationales, Paris, La découverte, mai 2021.

Depuis 1945, les États ont multiplié les organisations internationales (ONU, Banque mondiale, OMS, OMC, etc.). Aucun enjeu des relations internationales n’échappe désormais à la compétence de ces organisations.
Comment interpréter leur prolifération avec le temps ? Comment s’adaptent-elles aux changements du système international ? Quelles fonctions exercent-elles ? De quel pouvoir disposent-elles face aux États ? Comment se construit leur légitimité ? Quelle est leur contribution aux grands enjeux des relations internationales (paix et sécurité, droits humains, globalisation, environnement) ?
Alors que le multilatéralisme est aujourd’hui mis à l’épreuve par le « retour » de l’État souverain et les rivalités entre grandes puissances, ce livre donne les clefs d’une mise en perspective historique, sociologique et théorique de la centralité des organisations internationales dans le monde globalisé.

. Philippe Zittoun, Sébastien Chailleux, L’État sous pression. Enquête sur l’interdiction française du gaz de schiste, Paris, Sciences Po Les presses, mai 2021.

Les auteurs s’attaquent à cette boîte noire -la fabrique des politiques publiques- à partir d’un exemple très frappant pour lequel ils ont mené une vaste enquête : l’interdiction du gaz de schiste, votée en 2011 malgré les ambitions des groupes pétroliers et l’opinion des experts, contre l’avis de l’administration, du chef de l’État et même de l’UE Lire la suite
Comment l’État fonctionne-t-il quand il est sous pression ? Lorsqu’il est pris en étau entre les intérêts économiques, les mobilisations de citoyens, les conflits internes et les luttes politiques, le tout dans un contexte de connaissances incertaines et d’emballement médiatique ? Pourquoi les décisions qu’il prend dans ce type de situation donnent-elles souvent une impression d’incohérence, voire d’instabilité ? Y aurait-il un décalage entre les discussions qui se mènent dans les coulisses et les déclarations officielles, ou est-ce plus complexe ?
Les auteurs s’attaquent à cette boîte noire — la fabrique des politiques publiques — à partir d’un exemple très frappant pour lequel ils ont mené une vaste enquête : l’interdiction du gaz de schiste, votée en 2011 malgré les ambitions des groupes pétroliers et l’opinion des experts, contre l’avis de l’administration, du chef de l’État et même de l’Union européenne.
S’appuyant sur des entretiens avec les principaux protagonistes et sur la consultation exclusive des archives gouvernementales, ils décrivent les multiples espaces politico-bureaucratiques, publics et discrets, où a pris place le débat et se sont déployées les batailles argumentaires, toujours indissociables des luttes de pouvoir, sur le sujet. Leur approche pragmatique éclaire d’un jour nouveau la politique en train de se faire.

. Stéphane Paquin, Introduction à l’économie politique internationale, Paris, Armand Colin, mai 2021.
L’économie politique internationale (EPI) transpose au niveau global la question fondatrice de la science politique contemporaine : "Qui gouverne ? " Cette discipline mêlant science politique, économie et histoire s’intéresse ainsi aux questions de pouvoir et à l’irruption des enjeux et acteurs économiques dans les relations internationales. Cet ouvrage sans équivalent en langue française dresse un panorama clair et accessible des principaux thèmes de l’EPI : la souveraineté ou la capacité d’intervention des Etats, la mondialisation et ses composantes (multinationales, commerce international, finance internationale, organisations économiques internationales ou relations Nord-Sud).
Il aborde également, à travers de nombreuses études de cas, les grandes questions contemporaines : quel est l’impact de l’expansion de la Chine sur le commerce international et les délocalisations ? Pourquoi la finance internationale est-elle si instable ? Les multinationales globales surpassent-elles les gouvernements en termes de pouvoir ? La montée de l’insécurité économique favorise-t-elle les populismes ?

. Alexis Troudé, Instables Balkans - Une zone grise aux portes de l’Europe, Paris, Lignes de repères, juillet 2021.

Dans le nouvel ordre mondial qui se dessine, l’instabilité persistante des Balkans fait peser un vrai risque sur la paix et la sécurité. Alors que cette région du monde est à nos frontières, nous, Européens, continuons à l’ignorer.

Depuis la fin des guerres dans l’ex Yougoslavie, la région les Balkans peine à se stabiliser. Enjeu d’une lutte entre grandes puissances, Russie, Etats-Unis et désormais Chine, cette vaste zone demeure une zone grise. Elle est ouverte à tous les trafics : armes, drogues, cigarettes, blanchiment d’argent notamment. La « route des Balkans » demeure un vecteur massif de migrations vers l’Europe occidentale, au moment où des foyers d’islamisme radical prospèrent.

Or, montre cette enquête, la situation risque fort de se dégrader. Les gouvernements en place dans la région, souvent corrompus et peu soutenus par l’Union européenne et l’Occident, tardent à prendre la mesure des risques. Ils se laissent séduire par les sirènes venues de la Turquie ou de l’Iran, trop heureux d’y pousser leurs pions.
Alors que nous tardons à nous protéger efficacement, il est temps de prendre conscience des risques pour la paix du facteur Balkans.


. Amaël Cattaruzza, Pierre Sintès, Géopolitique des conflits - 2è édition, Paris, Bréal, juillet 2021.

De la lutte contre le terrorisme aux conflits d’aménagement, des guerres urbaines à la cybersécurité, des murs- frontières aux conflits sociaux, ce manuel a pour objectif de former le lecteur aux outils de la géopolitique. Cette nouvelle édition actualisée montre les transformations rapides des conflits contemporains (multiplication des acteurs et des représentations, imbrication toujours plus forte des échelles locales, nationales, internationales, transnationales, émergence de nouvelles thématiques économiques, environnementales).

A travers de nombreux exemples d’actualité, tout le panorama des nouvelles formes de conflictualité contemporaines est ainsi décrit dans cet ouvrage.

. Thibault Muzergues, Europe champ de bataille. De la guerre impossible à une paix improbable, Paris, Bord de l’eau, juin 2021.

Dans cet ouvrage provocateur et richement documenté, Thibault Muzergues nous oblige à faire face à nos vieux démons, et à de préoccupantes réalités : si l’Europe (occidentale) a pu vivre en paix depuis 75 ans, cette période constitue une exception dans l’histoire d’un continent marqué par la guerre, et d’une certaine façon fait pour elle.

. Emmanuel Lincot, Géopolitique du patrimoine – L’Asie d’Abou Dabi au Japon, Paris, MKF, avril 2021.

Le patrimoine s’avère un extraordinaire vivier pour l’élaboration d’une nouvelle diplomatie. Le contexte géopolitique actuel nous incite en effet à repenser le patrimoine non plus sur le mode des représentations postcoloniales, mais bien d’après d’autres critères, moins univoques que le rapport idéologiquement stérile qu’entretiennent à ce sujet les pays du Nord et ceux du Sud. A travers 5 cas emblématiques du continent asiatique (Abou Dhabi et son environnement régional ; Le Monde chinois ; Le vandalisme en terres d’Islam ; Le Japon et l’ambivalente question patrimoniale ; Un patrimoine partagé entre l’Inde et le Pakistan), Emmanuel Lincot, chercheur associé à l’IRIS, aborde la question du soft power aussi bien que des luttes d’influences sous un angle inédit pour penser une nouvelle diplomatie internationale.

. Marc Hecker, Elie Tenenbaum, La guerre de vingts ans. Djihadisme et contre-terrorisme au XXème siècle, Paris, Robert Laffont, avril 2021.

Vingt ans, déjà, que les tours du World Trade Center se sont effondrées. Qui aurait cru alors que, deux décennies plus tard, la guerre globale contre le terrorisme se poursuivrait sans issue en vue ? Des sables du Sahara aux jungles d’Asie du Sud-Est, des plaines irakiennes aux montagnes afghanes, les pays occidentaux et leurs alliés continuent de pourchasser des djihadistes à la détermination sans faille. La menace n’est pas cantonnée à ces contrées lointaines : l’Europe - et singulièrement la France - a payé un lourd tribut à ce long conflit. Al-Qaida a fait preuve d’une résilience remarquable et de nouveaux groupes, comme l’Etat islamique, sont apparus. La chute du " califat " proclamé par Daech n’a pas signé la fin de cette organisation, et encore moins celle de son idéologie mortifère. Le monde compterait deux à trois fois plus de combattants djihadistes aujourd’hui qu’au début du siècle. Ce constat d’une interminable guerre d’usure interroge : qu’avons-nous fait de ces vingt ans ? En dépit des centaines de milliers de vies perdues et des sommes considérables dépensées, pourquoi la menace est-elle encore si élevée ? Fruit de plusieurs années d’enquêtes de terrain, cet ouvrage exceptionnel constitue la première histoire de la guerre contre le terrorisme de 2001 à aujourd’hui. Décryptant les dynamiques stratégiques de cet affrontement, les auteurs expliquent pourquoi il est si difficile de casser la spirale de la violence et tirent de ces deux décennies de lutte des leçons essentielles pour l’avenir.

. Philippe Moreau Defarges, Introduction à la géopolitique, Paris, Points, juin 2021.

Introduction à la géopolitique Au début du xxe siècle, la géopolitique s’épanouit comme " science " en quête des lois géographiques de la puissance. Si elle s’efface comme idéologie justificatrice après l’effondrement de l’Allemagne hitlérienne, elle reste une clé remarquable pour saisir les problématiques internationales, qui entremêlent l’histoire et la géographie. L’ouvrage étudie d’abord l’évolution de la géopolitique et les débats qu’elle a suscités chez les principaux acteurs du système mondial puis explicite, dans un second temps, la dimension géopolitique des grandes questions internationales : guerres, multiplication des échanges, essor des organisations internationales.

Enfin, après la géopolitique classique, centrée sur l’Etat, on en vient au foisonnement contemporain des géopolitiques. Philippe Moreau Defarges Ancien diplomate, chercheur à l’Institut français des relations internationales (IFRI) et enseignant à Sciences Po Paris, il est l’auteur de très nombreux ouvrages et articles sur les questions internationales, la mondialisation et la construction européenne.

. Thomas Pean, Guérillas en Amérique latine (1959-1989), Paris, VA Editions, mars 2021.
En janvier 1959, la guérilla castriste prend le pouvoir à Cuba. En décembre 1989, les forces armées des États-Unis interviennent au Panama contre le gouvernement de Manuel Noriega. Entre ces deux dates, le modèle révolutionnaire cubain inspire les guérillas révolutionnaires d’Amérique Latine. Véritable modèle ou repoussoir pour ses ennemis politiques, le régime de Fidel Castro devient ainsi le chef de file de l’action révolutionnaire dans la région. Au-delà de ce premier constat, cet ouvrage aborde également l’importance de la réalité locale de chaque pays dans l’émergence et l’évolution des mouvements de guérillas. En effet, les traditions politiques, les crises internes et les caractéristiques locales tendent à produire un paysage révolutionnaire hétérogène dans son ensemble. Les guérillas sont ainsi le produit de l’influence révolutionnaire cubaine et du contexte national dans lequel elles se développent. Ce livre présente les situations nationales selon une classification inédite : les Etats révolutionnaires, les dictatures contre-révolutionnaires, les conflits armés, la « Guerre Sale » et les foyers révolutionnaires périphériques. L’impasse progressive dans laquelle se trouve la plupart de ces pays dans les années 1970-1980 contribue à amorcer un changement au cours des décennies suivantes à travers différents processus transitoires.

. Samy Cohen, Israël, une démocratie fragile, Paris, Fayard, mars 2021.
Retraçant l’histoire de cette démocratie depuis la création de l’État aux années Netanyahu, Samy Cohen montre qu’Israël ne fut jamais une démocratie libérale, mais hybride, fragile et fragmentée. L’abondante littérature qui analyse les dérives populistes dans le monde laisse curieusement de côté Israël, où elles sont pourtant patentes. À plusieurs reprises au cours des douze dernières années, cette démocratie s’est trouvée au bord du gouffre. Retraçant la trajectoire de la « seule démocratie du Proche-Orient », de sa naissance aux années Netanyahu, Samy Cohen montre combien elle est hybride, fragile et fragmentée. La société a éclaté en deux camps. L’un, attaché aux valeurs libérales, est prêt à des compromis avec les Palestiniens, quand l’autre, sensible aux sirènes nationalistes et religieuses, reste indifférent à l’État de droit. Qui l’emportera ? C’est l’avenir de la démocratie israélienne qui est en jeu.

. Ardavan Amir-Aslani, Le siècle des défis – Grands enjeux géostratégiques internationaux, Paris, L’Archipel, avril 2021.

Les crises de ce début de siècle, et celles que nous essuyons encore (conflits, crise sanitaire, etc.), redessinent la carte géopolitique. Ardavan Amir-Aslani, spécialiste de géopolitique, analyse ces enjeux cruciaux pour un monde en pleine transition. Quelle carte pour le monde du XXIe siècle ? Si le XXe siècle a été le siècle des excès et celui de l’affrontement de deux idéologies dominantes, démocratie et capitalisme contre dictatures fascistes et communistes, le XXIe siècle a d’ores et déjà fait voler ce clivage en éclats, révélant de nouveaux enjeux déterminants pour l’avenir de l’humanité.
Le nouveau siècle sera celui de la résolution d’interminables conflits - israélo-palestinien, indo-pakistanais - où la domination d’un territoire est devenue la condition sine qua non de l’existence d’un Etat. Celui d’une guerre idéologique entre Orient et Occident, mais aussi d’une guerre au sein de l’Islam entre sunnites et chiites. Celui d’une résurrection des grands empires - turc, iranien, russe, chinois - et de nouvelles influences régionales et mondiales.
Sera-t-il le siècle du basculement ? d’un glissement du modèle démocratique dominant vers des régimes autoritaires ou des " démocratures " ? Verra-t-il l’émergence de nouveaux modèles de société plus justes, ou au contraire la résurgence d’anciennes puissances impérialistes adaptées à la modernité ? Catalyseur de tous ces questionnements, la crise de la Covid-19 semble déjà placer l’humanité face à ces nouveaux défis.

. Bertrand Duccini, Djihadisme, une pornographie de la violence, Paris, L’aube, avril 2021.

On ne peut pas comprendre le terrorisme islamiste sans l’articuler à la manière dont toute civilisation est conditionnée par la sexualité. En observant la violence ¬djihadiste sous ce prisme, la psychanalyse nous fournit une clé pour comprendre l’anomie terroriste dans laquelle le monde semble irrémédiablement s’enfoncer. Comme l’a démontré Sade, la prostitution généralisée est l’horizon inéluctable de la société marchande inaugurée par la " mort de Dieu " . Cette marchandisation des corps se manifeste aujourd’hui sous la forme d’une pornographie envahissante. Certains sont donc tentés d’envisager le fondamentalisme religieux comme une résistance obscurantiste à la marche du progrès. C’est d’ailleurs ainsi que l’islamisme actuel se présente : comme un retour à une forme ancienne de société. Mais ne serait-il pas plutôt en train de fabriquer, d’une manière très moderne, une pornographie de la violence ? Bertrand Duccini est titulaire d’un doctorat en études psychanalytiques, psychothérapeute pour enfants et adolescents. Par ailleurs diplômé de l’Institut national des langues et civilisations orientales, il est titulaire d’un DEA d’histoire du Liban contemporain et a vécu plusieurs années au Moyen-Orient.

. Camille Lefèbvre, Des pays au crépuscule, Paris, Fayard, avril 2021.

Au début du xxe siècle, quatre-vingts militaires français accompagnés de six cents tirailleurs envahissent deux puissantes villes du Sahara et du Sahel. La France, comme plusieurs autres pays européens, considère alors les territoires africains comme des espaces à s’approprier. Elle se substitue par la force aux gouvernements existants, au nom d’une supériorité civilisationnelle fondée sur le racisme. Depuis le cœur de ces deux villes, grâce à une documentation exceptionnelle, Camille Lefebvre examine comment s’est imposée la domination coloniale. Militaires français, tirailleurs, mais aussi les sultans et leur cour, les lettrés et les savants de la région, sans oublier l’immense masse de la population, de statut servile ou libre, hommes et femmes : tous reprennent vie, dans l’épaisseur et la complexité de leurs relations. Leur histoire révèle la profondeur des mondes sociaux en présence ; elle retisse les fils épars et fragmentés des mondes enchevêtrés par la colonisation. Les sociétés dans lesquelles nous vivons, en France comme au Niger, sont en partie issues des rapports de domination qui se sont alors noués ; s’intéresser à la complexité de ce moment nous donne des outils pour penser notre présent.

. Cédric Lewandowski, Le Nucléaire, Paris, PUF, avril 2021.

Échange entre spécialistes ou controverse souvent stérile entre tenants et opposants, un débat sur le nucléaire est toujours passionné. De fait, quel rôle cette énergie joue-t-elle dans la souveraineté nationale ? Quels sont ses atouts dans la lutte contre le réchauffement climatique ? Dix ans après Fukushima, il est intéressant de donner des clefs de lecture, objectives et accessibles, d’un sujet complexe et polémique. Après un historique de la radioactivité pendant la première moitié du XXe siècle et de ses développements industriels, Cédric Lewandowski offre un panorama de l’énergie nucléaire dans le monde en 2021. Coût du nucléaire, sûreté des centrales, démantèlement des installations, gestion des déchets… Autant d’aspects essentiels ici abordés pour mieux appréhender le nucléaire aujourd’hui.

. Clémence Fourton, Les Royaume-Uni, un pays en crises ? Paris, Le Cavalier bleu, avril 2021.

Le Royaume-Uni des dernières décennies est indissociable des crises multiples qu’il a et continue à affronter, et qui trouvent leur expression ultime dans le Brexit. Crise économique et aggravation des inégalités sociales, nationalisme exacerbé, velléités de sécession de l’Ecosse, instabilité de l’Irlande, services publics exsangues, syndicats laminés par quinze ans de thatcherisme et perte d’influence sur la scène diplomatique européenne et mondiale... Contextualisant le processus du Brexit au regard du temps long de l’histoire britannique, Clémence Fourton analyse ces dynamiques à l’oeuvre qui expliquent comment le Royaume-Uni en est arrivé là.

. Yves Buffetaut, Atlas de la Première Guerre mondiale. La chute des empires européens, Paris, Autrement, avril 2021.
Cet atlas retrace les origines, les enjeux et les conséquences de la Grande Guerre, dans toutes ses dimensions et à toutes les échelles. Les combats en Europe, les tensions au Moyen-Orient, les révolutions russes et l’implication des États-Unis attestent de la dimension internationale du conflit. Les grandes batailles ont marqué plus localement les pays : la Marne, les Dardanelles, Verdun, la Somme. La chute des empires, la création de nouveaux États et les rapports entre vainqueurs et vaincus sèment les germes du prochain conflit mondial. Grâce à plus de 80 cartes et infographies, l’auteur analyse cette période charnière de l’histoire du monde que fut la Première Guerre mondiale.

. Adèle Sutre, Géopolitique des tsiganes. Des façons d’être au monde, entre circulation et ancrages, Paris, Cavalier Bleu, avril 2021.

Qui sont les Tsiganes ? Quels points communs entre des familles manouches d’Auvergne, des Roms de Roumanie ou de Finlande, des Sinti allemands, des Gitans espagnols ou de Camargue, des Zingari italiens, des Gypsies anglais, des Roms australiens, américains ou argentins, des Tchinganés turcs ? Déclinées au pluriel, les géopolitiques des mondes tsiganes, dans cet ouvrage, proposent des clés de lecture pour penser des façons d’être au monde diverses, bien que généralement perçues de l’extérieur comme homogènes. En regardant le monde contemporain à la lumière du passé, Adèle Sutre cherche à rendre compte de toute l’importance des processus historiques dans la compréhension des enjeux contemporains.

. Kai Strittmatter, Dictature 2.0. Quand la Chine surveille son peuple (et demain le monde), Paris, Tallandier, mai 2021.

Xi Jinping concentre aujourd’hui un pouvoir plus important que Mao. Ce livre choc raconte la réalité de cette néo-dictature, remodelée par les nouvelles technologies.

La Chine arrive à un État de surveillance numérique parfait. Les technologies les plus modernes, notamment l’intelligence artificielle, propulsent son économie dans le futur. Elles recueillent, relient et exploitent, dans de gigantesques banques de données, chaque pas et pensée de plus d’un milliard de citoyens et de tous les visiteurs. L’objectif ? Le contrôle total de la population, avec pour étalon le « crédit social », un système fondé sur les bonus décernés par le Bureau de la fiabilité. Ainsi émerge une Chine nouvelle, mettant au pas ses minorités et aspirant à façonner un Internet et l’ordre mondial à sa mesure. Il est temps de nous inquiéter de ce défi pour nos démocraties.

. Lukas Aubin, La Sportokratura sous Vladimir Poutine. Une géopolitique du sport russe, Paris, Bréal, mai 2021.

Pourquoi la Russie vient-elle d’être exclue pendant 2 ans des compétitions sportives internationales ? Comment le sport est devenu entre 2000 et 2020 un instrument de soft power incontournable pour les autorités russes ? Qui gouverne le sport en Russie ? Pourquoi Vladimir Poutine se met-il en scène régulièrement en train de faire du hockey sur glace ou de pratiquer le judo ? Ce livre propose de répondre à ces questions grâce au concept original de " sportokratura " : un néologisme formé par l’auteur qui désigne le système politico-économico-sportif russe unique au monde construit depuis 20 ans par V. Poutine. Véritable exploration de la mécanique du système russe actuel, cet essai révèle ainsi les liens qui existent en Russie entre sport, politique et économie. Un regard inédit sur la géopolitique du sport russe sous Vladimir Poutine à l’intérieur et à l’extérieur du pays.

. Marc Hecker, Elie Tenenbaum, La Guerre de vingt ans. Djihadisme et contre-terrorisme au XXIème siècle, Paris, Robert Laffont, avril 2021.

Vingt ans, déjà, que les tours du World Trade Center se sont effondrées. Qui aurait cru alors que, deux décennies plus tard, la guerre globale contre le terrorisme se poursuivrait sans issue en vue ? Des sables du Sahara aux jungles d’Asie du Sud-Est, des plaines irakiennes aux montagnes afghanes, les pays occidentaux et leurs alliés continuent de pourchasser des djihadistes à la détermination sans faille.

La menace n’est pas cantonnée à ces contrées lointaines : l’Europe - et singulièrement la France - a payé un lourd tribut à ce long conflit. Al-Qaida a fait preuve d’une résilience remarquable et de nouveaux groupes, comme l’Etat islamique, sont apparus. La chute du " califat " proclamé par Daech n’a pas signé la fin de cette organisation, et encore moins celle de son idéologie mortifère. Le monde compterait deux à trois fois plus de combattants djihadistes aujourd’hui qu’au début du siècle.

Ce constat d’une interminable guerre d’usure interroge : qu’avons-nous fait de ces vingt ans ? En dépit des centaines de milliers de vies perdues et des sommes considérables dépensées, pourquoi la menace est-elle encore si élevée ? Fruit de plusieurs années d’enquêtes de terrain, cet ouvrage exceptionnel constitue la première histoire de la guerre contre le terrorisme de 2001 à aujourd’hui. Décryptant les dynamiques stratégiques de cet affrontement, les auteurs expliquent pourquoi il est si difficile de casser la spirale de la violence et tirent de ces deux décennies de lutte des leçons essentielles pour l’avenir.

. Philippe Moreau Defarges, Introduction à la géopolitique, Paris, Points, avril 2021.

Introduction à la géopolitique Au début du xxe siècle, la géopolitique s’épanouit comme " science " en quête des lois géographiques de la puissance. Si elle s’efface comme idéologie justificatrice après l’effondrement de l’Allemagne hitlérienne, elle reste une clé remarquable pour saisir les problématiques internationales, qui entremêlent l’histoire et la géographie. L’ouvrage étudie d’abord l’évolution de la géopolitique et les débats qu’elle a suscités chez les principaux acteurs du système mondial puis explicite, dans un second temps, la dimension géopolitique des grandes questions internationales : guerres, multiplication des échanges, essor des organisations internationales.
Enfin, après la géopolitique classique, centrée sur l’Etat, on en vient au foisonnement contemporain des géopolitiques. Philippe Moreau Defarges Ancien diplomate, chercheur à l’Institut français des relations internationales (IFRI) et enseignant à Sciences Po Paris, il est l’auteur de très nombreux ouvrages et articles sur les questions internationales, la mondialisation et la construction européenne.

. Samantha Besson, Reconstruire l’ordre institutionnel international, Paris, Fayard, avril 2021.

À l’heure où les États sont toujours plus concurrencés par des institutions nombreuses aux pouvoirs divers sur la scène internationale, Samantha Besson invite à re-poser la question institutionnelle en droit international pour contribuer ainsi à reconstruire l’ordre institutionnel mondial.
Les États n’agissent plus seuls sur la scène internationale. Interviennent désormais à leurs côtés, voire parfois à leur place, d’autres institutions comme les organisations internationales, les entreprises multinationales, les organisations non gouvernementales, les régions, ou encore les villes globalisées. Or, on ne dispose d’aucune indication claire, et encore moins d’un « droit international des institutions », permettant de répondre aux trois questions essentielles de l’organisation sociale et politique que sont la représentation, la règlementation et la responsabilité. Quelles institutions peuvent agir pour qui sur le plan international ? À quelles conditions leurs décisions peuvent-elles prétendre lier juridiquement, et avoir la légitimité de le faire ? Et, quelles institutions doivent répondre envers qui, et comment, de la violation du droit international ? Le temps est venu de reconstruire l’ordre institutionnel international.

. Franck Petiteville, Les organisations internationales, Paris, La Découverte, mai 2021.

Depuis 1945, les États ont multiplié les organisations internationales (ONU, Banque mondiale, OMS, OMC, etc.). Aucun enjeu des relations internationales n’échappe désormais à la compétence de ces organisations.
Comment interpréter leur prolifération avec le temps ? Comment s’adaptent-elles aux changements du système international ? Quelles fonctions exercent-elles ? De quel pouvoir disposent-elles face aux États ? Comment se construit leur légitimité ? Quelle est leur contribution aux grands enjeux des relations internationales (paix et sécurité, droits humains, globalisation, environnement) ?
Alors que le multilatéralisme est aujourd’hui mis à l’épreuve par le « retour » de l’État souverain et les rivalités entre grandes puissances, ce livre donne les clefs d’une mise en perspective historique, sociologique et théorique de la centralité des organisations internationales dans le monde globalisé.

. Frédéric Lert, Benjamin Vinot-Préfontaine, Ciels de combat – Témoignages inédits de pilotes de chasse de l’armée de l’air, Paris, Nimrod, mai 2021.

Afghanistan, Libye, Mali, Irak, Syrie... Les pilotes et navigateurs de combat de l’Armée de l’air accumulent depuis vingt-cinq ans les missions de guerre sous les latitudes les plus improbables. Mais si l’environnement géostratégique a considérablement changé en l’espace d’une génération, les fondamentaux de la vie des équipages ont finalement peu varié, avec toujours comme ingrédients principaux le travail, l’abnégation, le courage, la recherche incessante de la perfection, le tout mâtiné d’une bonne dose d’ironie grinçante et de traditions plus ou moins absconses...
En rassemblant une centaine de récits très différents, portés par la personnalité et l’expérience de chacun de leurs auteurs, Ciels de combat offre un témoignage authentique et unique, vécu de l’intérieur, sur le quotidien de ces équipages de chasse et les opérations réelles qu’ils conduisent. Ciels de combat entraîne le lecteur dans les missions de guerre les plus récentes en levant le voile sur la technicité extrême qui caractérise aujourd’hui le métier de chasseur.

. Jeef Mudimbi Kapilu, L’opposition politique et la conquête du pouvoir en république démocratique du Congo, Paris, L’Harmattan, avril 2021.

Ce livre présente les origines et le statut légal de l’opposition politique en République Démocratique du Congo en dégageant ses failles. Ces dernières se situent dans l’inefficacité des actions (stratégies) de l’opposition congolaise à conquérir et à exercer le plus longtemps possible le pouvoir politique conformément aux dispositions légales en vigueur. Ceci constitue une bonne leçon à tirer par l’opposition politique pour l’efficacité de ses actions ou de ses stratégies dans le futur.

. Michel Rocard, Faire la paix, Paris, Double Ponctuation, mai 2021.

"Faire la paix" est sans doute l’un des tout derniers textes inédits de Michel Rocard. Sa devise "Penser clair, parler vrai, agir juste" y est ici parfaitement illustrée. L’ancien Premier ministre y revient sur sa gestion de la crise néocalédonienne après l’épisode sanglant de la grotte d’Ouvéa, en 1988, et sur la signature des accords de Matignon qui ont permis de préserver la paix sur l’archipel océanien. D’une façon plus large, Michel Rocard s’y fait aussi théoricien de l’art et la manière d’instaurer la paix - des préceptes qui rendent ce texte profondément original et singulièrement moderne, susceptibles de s’appliquer à de nombreux types de conflits.

. Patrick Hassenteufel, Sabine Saurugger, Les politiques publiques dans la crise. 2008 et ses suites, Les presses de Sciences Po, Paris, février 2021.

Une étude de l’action publique dans les différents pays de l’Union européenne avant, pendant et après la crise économique et financière de 2008.
Comment évoluent les politiques publiques en temps de crise ? Traditionnellement, deux visions s’opposent : certaines analyses mettent en avant la continuité, tandis que d’autres insistent sur la brutalité des changements opérés. La réalité est plus nuancée : de grandes variations s’observent selon les secteurs et les échelles, comme le montre cette étude de l’action publique dans les différents pays de l’Union européenne avant, pendant et après la crise économique et financière de 2008.
Trois grandes leçons s’en dégagent : tout d’abord, les principaux changements se sont produits aux niveaux supranationaux, signe d’un renforcement des politiques publiques internationales et européennes ; ensuite, des dynamiques antérieures portées par des acteurs réformateurs dans des domaines tels que l’emploi et la protection sociale se sont amplifi ées ; enfin, les usages politiques de la crise ont joué un rôle clé dans les variations constatées entre continuité et changement. Le cadre comparatif et international que propose cet ouvrage se révèle précieux pour comprendre l’action publique menée durant les crises, jusqu’à celle de la Covid-19.

. Pierre Conesa, Le Lobby saoudien en France – Comment vendre un pays invendable, Paris, Denoël, avril 2021.

L’Arabie saoudite rivalise avec la Corée du Nord en matière d’atteintes aux droits de l’homme ; d’absence totale de droits de la femme ; d’usage de la torture ; d’intolérance religieuse absolue ; d’interventions militaires extérieures (Bahreïn, Yémen) ; d’absence de liberté de conscience, de la presse et de liberté d’opinion, etc. Une spécificité supplémentaire propre à l’Arabie : la peine de mort pour "blasphème" et l’athéisme assimilé à du terrorisme.
Longtemps le régime s’est recroquevillé dans sa superbe indifférence avant que la guerre au Yémen ou l’assassinat de Khashoggi ne l’obligent à soigner son image. La solution a donc consisté à contracter avec toutes les sociétés internationales de relations publiques et les cabinets de lobbying, en particulier aux Etats-Unis et en France.

. Anne Choquet, Camille Escudé-Joffres, Frédéric Lasserre, Géopolitique des pôles – vers une appropriation des espaces polaires ? Paris, Le cavalier bleu, avril 2021.
Les régions polaires sont engagées dans un processus de changements climatiques majeurs qui font redouter une cristallisation des rivalités pour l’accès aux richesses minières et énergétiques, ainsi qu’aux nouvelles routes maritimes dégagées par la fonte de la banquise. Ainsi, serions-nous à l’aube d’une nouvelle Guerre froide, voire d’un conflit armé. Or, une analyse précise de la situation et des acteurs en présence montre que ces scénarios catastrophe sont grandement exagérés.
Plutôt que l’affirmation de la souveraineté individuelle des Etats, on assiste en effet à la mise en place d’une coopération au travers de traités internationaux spécifiques et d’instances de dialogue. Car l’enjeu est avant tout de gérer les impacts dévastateurs des changements climatiques au regard desquels la question de savoir à qui appartiennent les pôles est bien dérisoire...

. Adèle Sutre, Géopolitique des tsiganes – des façons d’être au monde, entre circulation et ancrages, Paris, Le Cavalier Bleu, avril 2021.
Qui sont les Tsiganes ? Quels points communs entre des familles manouches d’Auvergne, des Roms de Roumanie ou de Finlande, des Sinti allemands, des Gitans espagnols ou de Camargue, des Zingari italiens, des Gypsies anglais, des Roms australiens, américains ou argentins, des Tchinganés turcs ? Déclinées au pluriel, les géopolitiques des mondes tsiganes, dans cet ouvrage, proposent des clés de lecture pour penser des façons d’être au monde diverses, bien que généralement perçues de l’extérieur comme homogènes.
En regardant le monde contemporain à la lumière du passé, Adèle Sutre cherche à rendre compte de toute l’importance des processus historiques dans la compréhension des enjeux contemporains.

. Fayçal Hatri, Droit du contentieux international aérien, Paris, L’harmattan, mars 2021.
Responsabilité du transporteur, commerce d’aéronefs et des services aériens, terrorisme aérien transfrontalier, souveraineté aérienne, utilisation des drones ou encore pollution aéronautique sont autant de questions à fort potentiel litigieux. Le fait international aérien possède une prédisposition « conflictogène ». Les interactions entre acteurs aéronautiques génèrent des différends internationaux complexes où le politique s’imbrique au juridique, l’économique au sanitaire, le technologique à l’environnemental, le sécuritaire au symbolique. Le mécanisme international de solution des différends aériens apporte, cependant, des règlements peu congruents en la matière. Élaboré autour du Conseil de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), ce mécanisme répond peu aux besoins des justiciables aux dépens d’une atomisation du contentieux international aérien autour d’une multitude de juridictions internationales. Cette fragmentation jurisprudentielle a légitimé l’idée d’une juridiction internationale spécialisée.

. Olivier Nay, Histoire des idées politiques – 3ème édition – La pensée politique occidentale de l’Antiquité à nos jours, Paris, Armand Colin, juin 2021.
Comment les hommes comprennent-ils leur époque Comment envisagent-ils leur avenir ? Quelle influence leurs idées exercent-elles sur la société ? Quel lien existe-t-il entre la philosophie, le droit, la religion et les grandes luttes politiques qui divisent le corps social ? Dans une perspective ouverte sur l’histoire sociale et politique, l’auteur procède à une analyse rigoureuse des grands débats philosophiques et juridiques qui ont contribué à la formation de la pensée occidentale.
La troisième édition de cet ouvrage, véritable référence dans le domaine, qui présente un vaste panorama des idées politiques de l’Antiquité gréco-romaine à nos jours, est enrichi d’un chapitre inédit entièrement consacré à la question des pensées dites " dissidentes " : féminisme contemporain, pensée environnementaliste, nouvelles radicalités intellectuelles... Une somme de connaissances incontournable pour tous les passionnés des idées.

. Savvas Kalenteridis, Constantin Pikramenos, Le service secret turc – guerre sur tous les fronts, Paris, VA Editions, avril 2021.
Qu’est-ce vraiment que le MIT, le service du renseignement turc ? Quel est le rôle joué par le MIT dans la stratégie néo-ottomane de Recep Tayyip Erdogan ? Est-il autorisé à " ? liquider ? " des opposants à l’étranger ?? Quelle a été son implication dans l’assassinat des trois militantes kurdes du PKK à Paris en 2013 ?? Comment fonctionne-t-il ? Quelles sont ses méthodes ?? Quelles sont son histoire et son origine ? Quelles sont ses opérations au Moyen-Orient, en Afrique, aux Etats-Unis, en Europe et finalement comment opère-t-il dans l’Hexagone ? Ce livre apporte des réponses à ces questions importantes pour mettre en pleine lumière ce qu’est le MIT qui se dissimule derrière un immense voile de secrets.
Lorsqu’Erdogan accuse Macron d’être " en état de ? mort cérébrale ? " et que la marine turque cible des frégates françaises au large de la Libye, comprendre le fonctionnement du renseignement turc devient une nécessité urgente pour les élites politiques françaises, mais aussi pour le citoyen curieux... Un livre éclairant pour mieux comprendre la politique agressive du néo-sultan Erdogan.

. Sylvie Matelly, Géopolitique de l’économie- 40 fiches illustrées pour comprendre le monde, Paris, Eyrolles, avril 2021.
Qu’est-ce que l’économie à l’ère de la mondialisation ? Quels sont ses enjeux géopolitiques ? Peut-on parler de guerre économique ? Ces questions traversent l’histoire contemporaine et resurgissent au fil de l’actualité. Des clichés à la réalité, cet ouvrage nous parle de lieux, de faits et de chiffres pour nous aider à y voir plus clair. Spécialiste incontesté, l’auteur propose 40 fiches documentées pour cerner les enjeux et les défis de la région. L’ensemble est illustré de cartes, graphiques et tableaux.

. Roland Pourtier, Congo, un fleuve à la puissance contrariée, CNRS édition, 2021.

Fleuve le plus puissant au monde après l’Amazonie, le Congo draine un immense bassin partagé entre neuf États. Il a donné son nom à deux d’entre eux. Au cœur d’une histoire tumultueuse qui mit en contact les sociétés d’Afrique équatoriale et l’Europe, soumis à une exploitation coloniale brutale, il n’a cessé d’être convoité pour ses richesses naturelles. «  Potentiellement  » riches, les pays riverains du grand fleuve comptent en réalité parmi les plus pauvres du monde.
Ce paradoxe de la puissance contrariée, tant par la nature qui a coupé le fleuve de son ouverture atlantique que par le cours d’une histoire souvent chaotique, constitue le fil conducteur d’un voyage fascinant aux pays du Congo. L’auteur les a parcourus durant trois décennies. Il en montre les mutations comme les freins au développement, et interroge les promesses de l’or blanc, de l’or vert, de l’or bleu. Il livre en six tableaux le fruit d’une réflexion sans tabou, murie au carrefour de la géohistoire, de l’anthropologie économique, de la politique, de la culture et des arts. Cet essai de géographie globale propose des clés essentielles pour comprendre la complexité du bassin du Congo dans son rapport au monde.

Roland Pourtier, géographe, professeur honoraire de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, a consacré l’essentiel de ses recherches aux pays du bassin du Congo.

. Jean-Dominique Giuliani et Pascale Joannin, Atlas permanent de l’Union européenne, 5e édition, éd. Marie B.
L’Union européenne, avec ses 27 États membres et ses 447 millions d’habitants, est l’une des principales puissances économiques et commerciales mondiales. Mais elle reste encore trop largement méconnue.

La Fondation Robert Schuman met à la disposition de tous une nouvelle édition de son Atlas permanent de l’Union européenne qui reflète les derniers changements politiques et économiques intervenus dans l’Union européenne et chacun de ses États membres.

La 5ème édition de cet ouvrage, unique en son genre, élaboré par les experts de la Fondation :
. propose une vue complète et facile d’accès, de l’Union européenne, de la zone Euro et de chacun de ses 27 États membres et leurs territoires d’Outre-mer ;
. synthétise l’essentiel de l’histoire et des réalités politiques et économiques ;
. offre plus de 50 cartes physiques et géopolitiques de l’Europe.

. Damien Degeorges, Terres rares : enjeu géopolitique du XXIè siècle – Chine – États-Unis – Europe – Japon – Groenland, Paris, L’Harmattan, février 2021.

Août 2019. Tandis que la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis bat son plein et que la partie chinoise menace de fermer le robinet des si stratégiques terres rares, groupe de métaux dont elle assure une très large part de la production mondiale, le président des Etats-Unis, Donald J. Trump, provoque une onde de choc mondiale en se montrant intéressé par rachat du Groenland, territoire autonome danois qui n’est pourtant pas à vendre.

C’est que les ambitions chinoises avaient au fil des années fini par s’approcher trop dangereusement d’intérêts vitaux américains via cette île de l’Arctique des plus stratégiques pour la défense américaine. D’aucuns ont alors lu dans ce renouveau de l’intérêt américain pour un achat du Groenland un message indirect : "achetons" le Groenland, au demeurant riche en terres rares, avant que les Chinois ne le fassent.

De par leurs caractéristiques, les terres rares sont incontournables, à la fois à l’ère numérique mais également et surtout dans un siècle où l’économie faiblement émettrice en gaz à effet de serre s’affirme comme préalable à toute croissance. D’où une demande croissante et un enjeu qui ne cesse de s’affirmer lors de tensions géopolitiques impliquant la Chine et un autre grand consommateur de terres rares.

. Franck Galland, Guerre et eau. L’eau, enjeu stratégique des conflits modernes, Paris, Robert Laffont, mars 2021.

De la Première Guerre mondiale à aujourd’hui, le premier essai destiné au grand public sur l’importance stratégique des ressources en eau dans la conduite de la guerre. Des premiers combats de 1914 à l’engagement actuel des armées françaises dans la bande saharo-sahélienne, l’eau est une composante stratégique des opérations militaires. Sa maîtrise a ainsi influencé le sort de plus d’une bataille de la Première Guerre mondiale.
Elle fut également un enjeu crucial de la guerre du Désert durant la Seconde et au centre de la planification du Débarquement en 1944. Après 1945, les ressources en eau sont devenues progressivement des cibles et des armes de destruction dans de multiples conflits, jusqu’aux affrontements récents avec Daesh en Irak et en Syrie. Aujourd’hui, sur fond de bouleversement climatique, de pression démographique et d’explosion de la demande, certaines régions du monde sont confrontées à une rareté grandissante des ressources disponibles.

Cela pose des questions essentielles en matière de sécurité hydrique, alimentaire, énergétique et environnementale. L’eau est ainsi devenue un enjeu de sécurité collective. Prenant appui sur des archives militaires et sur des sources diplomatiques inédites, cet essai offre à la fois un éclairage nouveau sur les conflits qui ont traversé et traversent notre monde et une meilleure compréhension des enjeux géopolitiques que portent les ressources naturelles.

. Hervé Lejeune, Afriques : le saut du léopard – Regards sur le présent et le futur des Afriques, Paris, L’Harmattan, mars 2021.

L’Afrique n’est pas une. Certains parlent même de "léopardisation" pour dire ses multiples visages, ses histoires, ses géographies, ses peuples et ses économies très diverses. Cet ouvrage, qui regroupe des articles publiés par l’AIDOP (Agence internationale diplomatie et opinion publique), est organisé en cinq parties envisageant les marges de manoeuvre, les hommes et les femmes de demain, les maux qui "empêchent" , les dépendances et les Afriques.
Il s’agit d’abord de regarder vers l’avenir, sans occulter les réalités présentes.

. Moussa Mara, Cultivons nos Afriques – Pour une renaissance culturelle africaine, Paris, Débats Publics, mars 2021.

La culture doit être l’un des plus ambitieux projets africains au XXIe siècle. Au moment où la mondialisation et la pandémie de Covid-19 accélèrent tous les processus de dématérialisation des économies, il nous faut envisager la culture africaine comme une boussole capable de montrer aux Africains et au reste du monde un nouveau cap.

Prise dans son acception la plus large, englobant la littérature, les arts vivants, les langues, les arts plastiques, les productions audiovisuelles et cinématographiques, la musique ou l’architecture, la culture doit faire l’objet d’une promotion et d’une stratégie de développement à l’échelle continentale portée par une volonté commune. Il s’agit d’une double révolution, spirituelle et économique, que les civilisations africaines, dans leur formidable diversité, doivent mener pour construire le XXIe siècle.

Ode aux richesses éternelles de l’Afrique, à sa jeunesse, à ses talents, à sa créativité, le texte de Moussa Mara est un manifeste qui invite à œuvrer collectivement à une renaissance culturelle du continent africain, source d’inspiration pour les civilisations du monde entier.

. Olivier d’Auzon, Piraterie maritime d’aujourd’hui – Afrique et Indo-Pacifique, Paris, VA éditions, mars 2021.

Plus que jamais tributaires de la maritimisation des échanges et de nos modes de vie, l’actualité des menaces maritimes pèse sur nos économies globalisées. Terrorisme, piraterie, cybercrime, trafic organisé d’êtres humains, narcotrafic international, trafic illicite de déchets, d’armes ou encore de biens contrefaits, fraudes, pêche illégale, pollution expriment les multiples facettes d’une activité criminelle.
Quelle est, en Afrique, comme dans le reste du monde, l’importance du domaine maritime pour l’économie ? Est-ce un élément vital de l’économie et, dans de nombreux cas, un élément central de la sécurité et de la souveraineté alimentaires ? La piraterie se poursuit-elle au large des côtes somaliennes et a-telle été vaincue ? Ce livre démontre pourquoi l’insécurité maritime a un coût stratégique et économique (vulnérabilité du commerce mondial, prolifération des réseaux criminels, augmentation des assurances pour les armateurs), mais aussi un coût humain (équipages menacés, populations locales empêchées de vivre du commerce de leur pêche).
Il explique pourquoi la coopération dans le domaine de la sécurité maritime constitue un élément essentiel du partenariat qu’entretient la France avec les pays riverains du golfe de Guinée, de l’océan Indien comme de l’Indo-Pacifique.

. Sébastien Philippe, Tomas Statius, Toxique – Enquête sur les essais nucléaires français en Polynésie, Paris, Coédition PUF/Disclose, mars 2021

Entre 1966 et 1996, la France a procédé à 193 essais nucléaires en Polynésie. Le dernier sous la présidence de Jacques Chirac. En trente ans, le programme a laissé des traces : dans la société polynésienne, dans les corps de ses habitants et de nombreux vétérans, dans l’environnement de ce territoire vaste comme l’Europe. Grâce à l’exploitation de 2 000 pages d’archives déclassifiées, de centaines d’heures de calculs et des dizaines de témoignages, ce livre présente le résultat d’une enquête de plus de deux ans sur cette expérience collective, traumatique et encore taboue.
Fruit d’une collaboration inédite entre un scientifique expert du nucléaire, un journaliste du média d’investigation Disclose et Interprt, un collectif d’architectes spécialisés dans l’analyse criminalistique, ce travail met au jour ce qui a longtemps été caché au public : les conséquences sanitaires et environnementales des essais nucléaires français dans le Pacifique.

. Albert Soued, Quand le Moyen-Orient verra-t-il la paix ?, Paris, Les éditions de l’histoire, avril 2021.

L’ensemble des chroniques dans cet ouvrage, toutes parues et classées ici par thématiques, proposent une analyse exhaustive d’une situation complexe "chaotique : celle qui, depuis déjà un siècle, caractérise le Moyen-Orient, empenné dans ses multiples convulsions, tiraillé au travers des crises qui secouent la Libye, la Syrie, l’Egypte, l’Iran, le Liban, le Qatar, l’Arabie-saoudite, au milieu desquels Israël reste menacé et enclavé.
Cette situation a pris une ampleur insoupçonnée et menaçante depuis une vingtaine d’années. La principale difficulté des solutions à l’occidentale, c’est que, localement, on raisonne et on agit autrement. Ne tenant pas compte de ce décalage, les ingérences étrangères ont souvent mis de l’huile sur le feu. Finalement, se pose la question : la paix est-elle possible ? Pour Albert Soued, compte tenu de ce qui se produit depuis des décennies, elle reste peut-être une promesse illusoire.

. Anne Choquet, Camille Escudé-Joffres, Frédéric Lasserre, Géopolitique des pôles – Vers une appropriation des espaces, Paris, Cavalier Bleu, avril 2021.

Les régions polaires sont engagées dans un processus de changements climatiques majeurs qui font redouter une cristallisation des rivalités pour l’accès aux richesses minières et énergétiques, ainsi qu’aux nouvelles routes maritimes dégagées par la fonte de la banquise. Ainsi, serions-nous à l’aube d’une nouvelle Guerre froide, voire d’un conflit armé. Or, une analyse précise de la situation et des acteurs en présence montre que ces scénarios catastrophe sont grandement exagérés.
Plutôt que l’affirmation de la souveraineté individuelle des Etats, on assiste en effet à la mise en place d’une coopération au travers de traités internationaux spécifiques et d’instances de dialogue. Car l’enjeu est avant tout de gérer les impacts dévastateurs des changements climatiques au regard desquels la question de savoir à qui appartiennent les pôles est bien dérisoire...

. Christophe Juhel, Conflits politiques et religieux en Afrique subsaharienne, Paris, Presses universitaires de Perpignan, avril 2021.

Cet ouvrage présente des diagnostics et des préconisations émanant des meilleurs spécialistes de la question, en Afrique de l’ouest, des conflits en Afrique subsaharienne. Sont étudiées les formes que prend la conflictualité dans cette partie du monde (terrorisme, trafics de drogues, crises politiques, affrontements ethniques, criminalité ordinaire...), ainsi que les réponses qui sont apportées par les pouvoirs publics (administrations en charge du maintien de l’ordre et de la sécurité, protection des personnes vulnérables, problèmes posés du point de vue de la protection des droits de l’homme...).

. Hasni Abidi, Le Moyen-Orient selon Joe Biden, Paris, Erick Bonnier, avril 2021.

Le Moyen-Orient est-il démocrate ou républicain ? L’arrivée de Joe Biden à la Maison Blanche provoque des réactions contrastées dans la région. Certains Etats redoutent une rupture dans la politique étrangère américaine, d’autres relativisent l’impact d’une nouvelle administration et évoquent une redéfinition des choix et des priorités de la politique américaine au Moyen-Orient. La décision de Joe Biden de faire appel à Antony Blinken pour le département d’Etat et à Jake Sullivan pour la direction de la Sécurité nationale dénote une volonté de traduire en partie les promesses électorales en matière de politique étrangère : le retour à l’approche multilatérale, une collaboration étroite avec les alliés traditionnels de Washington et la préservation des intérêts américains.
Le président américain change, mais les intérêts américains au Moyen-Orient ne changent pas.

. Xavier Crettiez, Nathalie Duclos, Violences politiques – Théories, formes, dynamiques, Paris, Armand Colin, avril 2021.

Guerres, attentats, radicalisation, mouvements de révolte sociale... l’actualité nationale et internationale est fortement marquée par des manifestations de violences politiques extrêmes dans un contexte de chamboulement de l’ordre mondial et d’incertitudes sur l’avenir. Pour comprendre ces phénomènes et les mettre à distance, cet ouvrage propose une grille de lecture complète des violences politiques, en convoquant les apports de la sociologie politique et de celle de l’action collective.
Après une présentation des grands modèles théoriques d’explication de la violence (théories fonctionnalistes, marxistes, identitaires, émotionnelles, de la frustration...), il propose une typologie précise des violences extrêmes (terrorisation, conflictualités, etc.) et vient interroger l’activation de la violence en démocratie à des fins d’interpellation politique.

. Hélène Tordjman, La croissance verte contre la nature. Critique de l’écologie marchande, Paris, La Découverte, mars 2021.

Fabriquer de toutes pièces des micro-organismes n’ayant jamais existé pour leur faire produire de l’essence, du plastique, ou absorber des marées noires ; donner un prix à la pollinisation, à la beauté d’un paysage ou à la séquestration du carbone par les forêts en espérant que les mécanismes de marché permettront de les protéger ; transformer l’information génétique de tous les êtres vivants en ressources productives et marchandes… Telles sont quelques-unes des « solutions » envisagées aujourd’hui sous la bannière de la transition écologique, du Pacte vert européen ou du Green New Deal pour répondre tout à la fois à la crise climatique, au déclin de la biodiversité et à la dégradation de la biosphère. Sont-elles vraiment en mesure de préserver la planète ?
En disséquant les ressorts idéologiques, techniques et économiques de ce nouveau régime de « croissance verte », Hélène Tordjman montre que ses promoteurs s’attachent plutôt à sauvegarder le modèle industriel qui est la cause de la catastrophe en cours. Alors que de nouvelles générations de carburants « biosourcés » intensifient une logique extractiviste et contreproductive et que l’élargissement du droit de la propriété intellectuelle à toutes les sphères du vivant permet à quelques firmes de s’approprier l’ensemble de la chaîne alimentaire, l’attribution de prix aux « services écosystémiques », le développement de dispositifs de compensation écologique ou les illusions d’une finance prétendument verte stimulent un processus aveugle de marchandisation de la nature.
Loin d’opérer la rupture nécessaire avec le système économique qui nous conduit à la ruine, ce mouvement témoigne en réalité d’une volonté de maîtrise et d’instrumentalisation de toutes les formes de vie sur Terre et d’une foi inébranlable dans les mécanismes de marché. Refuser cette fuite en avant est le premier pas à engager pour tracer enfin une autre voie.

. Houda Laroussi, La Tunisie en pandémie. De la corruption à la solidarité, Paris, L’Harmattan, février 2021.

Cet essai montre que la pandémie que nous vivons actuellement est devenue un phénomène social qui imprime profondément les comportements individuels et collectifs et témoigne d’un virage sans précédent dans le cours des sociétés. Ce « coronavirage » constitue pour l’auteure l’occasion de se pencher sur la société tunisienne, appréhendée dans un nouveau cadre géopolitique marqué par un contexte de rivalités américano-chinoises et d’affaiblissement de l’Europe. La gestion de la pandémie révèle la permanence de la corruption politique et financière et la recrudescence du marché parallèle et des pratiques informelles. Dans cette perspective, l’auteure en appelle à un nouveau projet d’économie sociale et solidaire, qui prendrait place dans la construction d’un troisième secteur, en complémentarité avec le secteur public et le secteur privé, venant se substituer aux actuelles pratiques informelles et clandestines.

. INJEP, Génération désenchantées ? – Jeunes et démocratie, Paris, La Documentation Française, mars 2021.

Les analyses rassemblées dans ce livre présentent un tableau approfondi des valeurs juvéniles et de leurs évolutions. En s’appuyant sur de solides enquêtes, ce rapport de l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (INJEP) aborde différentes entrées sur la démocratie en observant plus particulièrement les évolutions entre les différentes vagues de l’enquête européennes sur les valeurs.
Ses analyses s’intéressent aussi bien aux valeurs politiques qu’au rapport des jeunes aux normes sociales, au travail, à la famille, à l’écologie. Elles examinent aussi les différenciations à l’oeuvre selon l’âge, le niveau d’études, le genre et l’origine. Quelles sont les variations sociodémographiques observées ? Et parmi les jeunes, observe-t-on sur ces sujets beaucoup d’homogénéité ou au contraire peut-on identifier plusieurs jeunesses ?

. Jean-Numa Ducange, Quand la Gauche européenne pensait la Nation – Nation, nationalités et socialismes à la Belle Époque, Paris, Fayard, mars 2021.

La gauche doit-elle défendre la nation ? Crise du projet européen, mises en cause des frontières, retour des nationalismes et xénophobie font chaque jour l’actualité. Le dépassement des frontières nationales, qui semblait un temps aller de soi, n’était-il pas une erreur de diagnostic ? Dans des sociétés plurielles, comment peuvent coexister des populations qui ne disposent pas, à l’origine, d’une histoire partagée ? Toutes ces interrogations furent débattues par la gauche européenne au cours de son histoire.
Dans cet essai novateur élaboré à partir du monde germanophone, Jean-Numa Ducange restitue ce grand débat qui occupa les têtes pensantes du socialisme, comme le quotidien des militants. Dans la seconde moitié du xixe siècle, les premiers partis socialistes durent se confronter à une évidence : l’extension du marché et du capitalisme, pas plus que les luttes des travailleurs à l’échelle internationale, n’ont conduit à la disparition des nations.
Le Parti social-démocrate allemand n’est à l’époque pas seul à proposer des solutions, mais nul n’a alors plus d’influence à l’étranger : de Paris à Moscou, il fascine. Surtout, lui et son alter ego autrichien sont confrontés aux problèmes posés par la coexistence de multiples nationalités, tandis que la question coloniale s’impose sur le devant de la scène.

. Julie Alix, Olivier Cahn, Terrorisme et infraction politique, Paris, Mare et Martin Éditions, mars 2021.

Nos travaux consacrés à la "guerre contre le terrorisme" ont révélé les limites épistémologiques de l’exclusion du terrorisme du domaine de l’infraction politique. Y remédier imposait une étude pluridisciplinaire. Les contributions rassemblées en première partie de l’ouvrage exposent l’appréhension par les sciences juridiques, politiques et sociales du rapport entre ces notions, mal définies par le droit, et établissent la pérennité d’une question qui travaille les sciences criminelles depuis le XIXè siècle et les imperfections des justifications et des réponses juridiques apportées.
La seconde partie propose de redéfinir l’infraction politique comme une expression du droit de la démocratie de se défendre, y compris contre le terrorisme.

. Patrick Hassenteufel, Sabine Saurugger, Les politiques publiques dans la crise. 2008 et ses suites, Paris, Les Presses de Sciences Po, février 2021.

Une étude de l’action publique dans les différents pays de l’Union européenne avant, pendant et après la crise économique et financière de 2008.
Comment évoluent les politiques publiques en temps de crise ? Traditionnellement, deux visions s’opposent : certaines analyses mettent en avant la continuité, tandis que d’autres insistent sur la brutalité des changements opérés. La réalité est plus nuancée : de grandes variations s’observent selon les secteurs et les échelles, comme le montre cette étude de l’action publique dans les différents pays de l’Union européenne avant, pendant et après la crise économique et financière de 2008.
Trois grandes leçons s’en dégagent : tout d’abord, les principaux changements se sont produits aux niveaux supranationaux, signe d’un renforcement des politiques publiques internationales et européennes ; ensuite, des dynamiques antérieures portées par des acteurs réformateurs dans des domaines tels que l’emploi et la protection sociale se sont amplifiées ; enfin, les usages politiques de la crise ont joué un rôle clé dans les variations constatées entre continuité et changement. Le cadre comparatif et international que propose cet ouvrage se révèle précieux pour comprendre l’action publique menée durant les crises, jusqu’à celle de la Covid-19.

. Frédéric Charillon (sous la dir.), La France dans le monde, CNRS éditions, février 2021.
Puissance globale ou acteur européen ? Référence culturelle mondiale ou nation oubliée ? Le rang de la France dans le monde, ainsi que sa marge de manœuvre, posent aujourd’hui de nombreuses questions.
Les bouleversements géopolitiques récents, comme la montée en puissance de l’Asie, le Brexit ou le développement de populismes illibéraux, impliquent la redéfinition de l’action extérieure de la France. Du couple franco-allemand à l’alliance atlantique, en passant par le rapport aux Suds marqué par l’héritage colonial, c’est toute la relation de la France à ses voisins plus ou moins proches qui est étudiée ici. Les instruments à sa disposition sont aussi passés au crible : l’outil diplomatique, la compétence militaire, bien sûr, mais aussi la promotion de son modèle laïc.
Un livre pour mieux comprendre et penser le rôle international de la France, adapté aux temps qui viennent.

. Antoine Maire, La Mongolie contemporaine. Chronique politique, économique et stratégique d’un pays nomade, CNRS édition, février 2021

La Mongolie est principalement connue en Europe pour les conquêtes du plus illustre de ses empereurs, Gengis khan, ou pour la survivance d’un nomadisme pastoral. Ces deux éléments expliquent l’attrait d’un nombre grandissant de touristes en quête d’exotisme et d’authenticité, et suscitent une production littéraire variée, notamment de nombreux récits de voyage. Ce pays, qui a connu des bouleversements importants au cours des dernières décennies, reste pourtant méconnu en France, et ailleurs dans le monde. Une étude consacrée aux évolutions politiques, économiques et stratégiques s’imposait.
La Mongolie se distingue par quatre caractéristiques majeures : la centralité du secteur minier, l’héritage du socialisme, l’enclavement géographique, et le nomadisme pastoral. Ces éléments ont été au cœur des mutations de ce pays après sa révolution démocratique de l’hiver 1989-1990. Après avoir été le second pays au monde à adopter un mode de développement socialiste, la Mongolie a embrassé la démocratie et le capitalisme lors d’un processus de transition non-violent, exposant le pays à des défis économiques, sociaux et identitaires importants.
À quoi ressemble donc la Mongolie d’aujourd’hui ? Quelle est l’articulation entre les dynamiques économiques et politiques de ce pays asiatique richement doté en matières premières ? Quels sont les grands enjeux géopolitiques auxquels font face les autorités ? Quelle nouvelle stratégie de sécurité ont-elles élaborée face à leurs deux voisins géants, la Chine et la Russie ? Dressant le portrait de cette «  nouvelle  » Mongolie, Antoine Maire nous introduit à son parcours original et complexe, loin des clichés parfois véhiculés sur ce pays.

Antoine Maire est chercheur associé à la Fondation pour la Recherche Stratégique (FRS). Il a été chargé de mission au ministère des Armées, où il a suivi les évolutions stratégiques en Asie du Nord-Est, et notamment en Mongolie. Il a publié Les Mongols, insoumis (Ateliers Henry Dougier, 2016).

. Laurence Duboys Fresney, Atlas des Français. Plus de 180 cartes et graphiques. éd. Autrement, 2021

En 2021, les Français sont désormais bien entrés dans le XXIe siècle. À quoi ressemble aujourd’hui notre société ? Les discriminations face à l’emploi s’atténuent-elles pour les enfants de l’immigration ? Quels sont les bastions qui restent à conquérir pour les « petites-filles du baby-boom » ? Quels sont les nouveaux visages de la délinquance, et le sentiment d’insécurité est-il rationnel ? Quels sont les départements qui profitent le plus des mouvements de population ?
Droit à l’éducation, accès au logement, pouvoir d’achat, éclatement de la classe moyenne, épargne, place des femmes, des jeunes et des seniors, services publics, influence de la religion, accès au numérique ou équilibre entre travail et loisirs : le bilan que dresse l’auteur met en lumière la complexité et les paradoxes de la société française. L’impact de la pandémie comme accélérateur du changement social est également abordé dans un premier état des lieux.
Grâce à 180 cartes, graphiques et infographies présentant les résultats des dernières enquêtes et statistiques de l’Observatoire français des conjonctures économiques de Sciences Po, cet atlas passionnant dévoile les grandes tendances mais aussi les constantes des transformations à l’œuvre.

. Bernard Rougier, Figures du jihad mondial, Paris, PUF, mars 2021.

Avant-propos inédit de Bernard Rougier Dans la première partie, " Qu’est-ce que le salafisme ? ", l’auteur se propose d’expliquer le salafisme en restituant les dimensions théologiques, sociales et politiques d’un phénomène complexe. Ce mouvement a acquis une forte visibilité en France ces dernières années et les figures emblématiques du terrorisme international s’en réclament pour justifier leur lutte contre l’Occident.
Cet ouvrage restitue les dimensions théologiques, sociales et politiques d’un phénomène complexe. Il montre comment des influences religieuses ayant leur origine dans la péninsule arabique parviennent à modifier les comportements de certains musulmans et pourquoi cette forme de pratique religieuse se développe. La seconde partie, L’Oumma en fragments, répond à une double ambition : proposer une grille de lecture des formes d’action militante au Moyen-Orient et l’appliquer à plusieurs séquences de mobilisations ancrées dans l’espace du Nord-Liban, à travers une étude en situation du comportement de ses principaux acteurs.
L’hypothèse théorique porte sur l’existence dans l’espace de crise du Levant (Palestine, Liban, Syrie) d’un triangle militant structuré autour de trois modèles d’engagement : le résistant (mouqâwim), le combattant (mouqâtil) et le combattant du jihâd (moujâhid). Ces trois figures, qui disposent chacune de leurs règles et de leurs modalités propres d’action, s’affrontent sur le sens et le statut de l’islam sunnite dans la région.

. Christian Kabore, Marc Roch, Burkina Faso, un rempart au Sahel – Entretiens avec Michael Darmon, Paris, L’Archipel, mars 2021.

Du fait de sa situation géopolitique, le Burkina Faso joue un rôle essentiel dans la guerre contre le djihadisme. Son président, Roch Marc Christian Kaboré, évoque pour la première fois les luttes et les enjeux du conflit en cours au Sahel, bataille qui se déroule sous les yeux de l’Europe. En première ligne de la guerre contre le terrorisme, le Burkina Faso est un rempart au cœur du Sahel. Pour la première fois, son président, Roch Marc Christian Kaboré, évoque le théâtre militaire où se jouent la sécurité et l’équilibre de l’Occident.
A la tête du G5 Sahel ces dernières années, le Burkina Faso, où s’élabore une mutation démocratique inédite dans cette région du monde, est un pays soumis à de multiples tensions internes. Le président Kaboré a fait évoluer ce pays d’un régime fort vers un État de droit se fondant sur une Constitution garante de la vie démocratique. La lutte contre la pauvreté et le développement économique sont des préoccupations quotidiennes, mais l’espoir vient du sous-sol : le Burkina possède la plus grande réserve de manganèse au monde ; la future reprise en main de son exploitation par l’exécutif burkinabé recèle un fort potentiel de croissance.
Sur le plan extérieur, le Burkina Faso est devenu un carrefour géopolitique. Les grandes puissances y sont présentes et les services de renseignement occidentaux suivent de près la bataille incessante contre le djihadisme. Une course contre la montre est engagée : si les Etats du Sahel s’effondrent, un nouvel État islamique prendrait pied au sud de l’Europe. Attentats, prises d’otages, opérations militaires...
 : pour la première fois, un dirigeant du Sahel raconte la guerre secrète qui se livre dans cette région du monde, depuis l’intérieur des sommets internationaux et des cellules de crise.

. Henri Clément, Les mercenaires au Congo – 1965-1968, Paris, Histoire et Collections, mars 2021.

Si de nombreux ouvrages ont raconté les débuts de l’indépendance du Congo Belge, l’échec de l’indépendance du Katanga et l’assassinat de Patrice Lumumba, quasiment rien n’avait été écrit les évènements depuis la prise pouvoir par le général Mobutu, jusqu’à la fin des mercenaires, soit juillet 1965 à juillet 1968. Ce livre est une synthèse des différentes actions politiques et militaires qui s’y superposèrent dans le plus grand désordre.
Mais aussi et surtout l’histoire des mercenaires qui tentèrent durant trois années de rétablir un semblant d’ordre dans un pays totalement déchiré. Grâce à eux, Mobutu a pu s’installer au pouvoir avec la complicité active des Etats-Unis et de la CIA. Lorsque les " Affreux ", pour de multiples raisons de politique intérieure et panafricaine, devinrent inutiles, il fallut trouver une solution pour s’en débarrasser.
Voici leur histoire abondamment illustrée de photos en majorité inédites et de cartes pour situer toutes les opérations dans ce pays en flamme. Pour réaliser cet ouvrage, l’auteur Henri Clément a consulté toutes les archives disponibles et rassemblé les témoignages d’anciens mercenaires ou colons qui avaient jusqu’à maintenant gardé le silence.

. Marc Feix, Bâtir ensemble l’Europe – Cinquante ans du Saint-Siège au Conseil de l’Europe, Paris, Cerf, mars 2021.

L’Église catholique s’est impliquée dans la construction européenne dès son origine. A l’occasion du cinquantième anniversaire de la Mission permanente du Saint-Siège au Conseil de l’Europe à Strasbourg, des journées interdisciplinaires organisées par la Faculté de théologie catholique de l’Université de Strasbourg ont exploré certains aspects de sa présence et de l’engagement des chrétiens dans la conscience collective qui rassemble les peuples et les Etats du continent.
La géographie, la politique ou l’économie ne forgent pas à elles seules une histoire commune. Les convictions et les croyances y contribuent pour leur part. Cet ouvrage aborde d’abord les questions relatives aux chrétiens dans la construction européenne : présence institutionnelle et autres engagements chrétiens campent le paysage religieux européen général au moment où le projet européen est mis en question.
Il interroge ensuite les principes et fondements. L’exégèse biblique et la théologie permettent de réfléchir aux nouveaux rapports entre foi et politique et les éléments qui peuvent contribuer à la construction de la " maison commune européenne " et notamment du point de vue de la défense des droits humains fondamentaux et le respect de la dignité de la personne. Enfin, l’attention portée aux questions éthiques (bioéthique, nouvelles technologies, accueil des migrants...), à l’éducation et la culture, donne l’occasion d’illustrer l’engagement des chrétiens en ces domaines au sein d’organisations internationales.

. Yvonnick Denoël, Les espions du Vatican – De la Seconde Guerre mondiale à nos jours, Paris, Nouveau monde, mars 2021.

Officiellement, le Vatican n’a pas de service d’espionnage... Mais cela ne veut pas dire que personne ne s’y occupe de renseignement ! Le Saint-siège a toujours été la cible de services secrets étrangers. Persuadés que le Vatican dispose d’un réseau de renseignement sans équivalent, ils veulent soit en percer les secrets, soit s’en faire un allié. Pendant la Seconde Guerre mondiale et la guerre froide, Rome a été un véritable nid d’espions de toutes nationalités.

Sous couverture de diverses institutions comme la secrétairerie d’État, certains monsignori ou simples prêtres se sont impliqués dans des missions allant de la chasse aux " taupes " à la diplomatie secrète, en passant par des enquêtes sur les assassinats de prêtres ou des scandales susceptibles d’éclabousser l’Église, mais aussi des missions à haut risque de l’autre côté du rideau de fer. Pour la première fois, ce livre raconte de façon aussi complète que possible 80 années de guerres secrètes et de coups tordus.
L’ouverture des archives de nombreux services ayant travaillé contre ou avec le Vatican permet de lever le voile sur des affaires longtemps ignorées. L’infiltration de prêtres russophones en Union soviétique sous Staline, presque tous démasqués par le KGB, les négociations secrètes menées par Jean XXIII avec Khrouchtchev par des intermédiaires peu conventionnels, les relations étroites du cardinal Montini, futur Paul VI, avec la CIA, l’infiltration agressive du Vatican par les différents services du bloc de l’est, les fonds secrets de la banque du Vatican destinés à combattre le communisme en Amérique du Sud, puis à soutenir la lutte de Solidarnosc en Pologne...
Ces épisodes et bien d’autres dessinent une autre histoire de la papauté contemporaine. La chute du communisme a marqué la victoire personnelle de Jean-Paul II, sans doute le pape qui s’est le plus impliqué personnellement via une petite cellule de prêtres polonais dans des opérations secrètes à haut risque. Mais elle n’a pas marqué la fin de l’histoire : l’ouvrage aborde également les affrontements souterrains qui ont opposé certains groupes au sein de l’Église (comme les Jésuites et l’Opus Dei), avec des méthodes dignes des services secrets et l’implication de la CIA.
Il revient enfin sur les affaires financières controversées de l’Église dans les années 1970-80 et leurs effets non encore expliqués à ce jour. Historien et spécialiste du renseignement, Yvonnick Denoël a notamment publié chez Nouveau Monde éditions Histoire secrète du XXe siècle, Le Livre noir de la CIA, Les guerres secrètes du Mossad et Mémoires d’espions.

. Fondation Sefacil, Yann Alix, Michèle Montantin, José M. Pagés Sánchez (dir.) Les Océanides, Dinámicas portuarias en el Caribe y América Latina. Ports in transition to face global challenges.

Ce septième tome en téléchargement gratuit au format PDF met en perspective combien les espaces portuaires latino-caribéens ont consolidé leur rôle fondamental dans le développement socio-économique des Amériques.
Les expertises de 68 contributeurs en provenance de 12 pays et en trois langues soulignent l’impérieuse nécessité de projeter des coopérations régionales cohérentes au service des populations et des territoires, sans jamais nuire à l’environnement. Télécharger gratuitement

. Frédéric Charillon, La France dans le monde, Paris, CNRS Éditions, février 2021.

La France dans le monde puissance globale ou acteur européen ? Référence culturelle mondiale ou nation oubliée ? Le rang de la France dans le monde, ainsi que sa marge de manoeuvre, posent aujourd’hui de nombreuses questions. Les bouleversements géopolitiques récents, comme la montée en puissance de l’Asie, le Brexit ou le développement de populismes illibéraux, impliquent la redéfinition de l’action extérieure de la France.
Du couple franco-allemand à l’alliance atlantique, en passant par le rapport aux Suds marqué par l’héritage colonial, c’est toute la relation de la France à ses voisins plus ou moins proches qui est étudiée ici. Les instruments à sa disposition sont aussi passés au crible : l’outil diplomatique, la compétence militaire, bien sûr, mais aussi la promotion de son modèle laïc. Un livre pour mieux comprendre et penser le rôle international de la France, adapté aux temps qui viennent.

. Jacques Didier Lavenir Mvom, L’Afrique de la défense et de la sécurité. Contribution pour l’émergence d’une nouvelle approche des questions de défense et de sécurité en Afrique, Paris, L’Harmattan, février 2021.

Quelles sont la réalité et la pertinence de la mise en oeuvre de la politique africaine commune de défense et de sécurité de l’Union africaine ? Est-elle toujours inspirée de la vision des pères fondateurs de l’Organisation panafricaine lors de sa création en 1963 ? Confrontée aux exigences sécuritaires et aux défis du XXIe siècle, la suggestion faite lors des indépendances a-t-elle été démentie ? Cependant, l’option qui a été prise pour le règlement des crises internes en Afrique, induisant les opérations de maintien de la paix comme une approche exclusive de règlement des crises internes du continent empêche d’aller vers la création d’une véritable armée pour la défense territoriale du continent contre des agressions extérieures.

En l’état actuel des performances de la Force africaine en attente, des limites sont perceptibles. L’opérationnalisation de la politique africaine commune de défense et de sécurité présente d’autres limites puisque des pans entiers de la sécurité sont absents dans l’architecture de paix et de sécurité de l’UA, à l’exemple des services de police, des services des douanes, de la protection de l’environnement, de la protection ou de la défense civile...

Cet ouvrage re-conceptualise la politique africaine commune de défense et de sécurité, dans le sens suggéré par les premiers panafricanistes et dont les raisons de la proposition de la défense territoriale africaine semblent jusque-là vérifiées.

. Jean-Claude Cousseran, Philippe Hayez, Nouvelles leçons sur le renseignement, Paris, Odile Jacob, février 2021.

Comment fonctionnent les systèmes nationaux de renseignement ? De quels moyens disposent-ils ? Face aux défis nouveaux que sont le terrorisme international, l’espionnage économique, les cyberattaques, voire les cyberguerres, comment sont élaborées et conduites les politiques de renseignement ? Avec quels succès et quels échecs ? La mise en oeuvre des techniques du renseignement est-elle compatible avec l’exigence démocratique ? Comment définir ce que pourraient être des relations vertueuses entre l’exécutif et les professionnels du renseignement ? Telles sont quelques-unes des questions essentielles auxquelles ce livre, le premier du genre en langue française, écrit par deux professionnels reconnus, s’efforce de répondre.
Pour la première fois, la pratique réelle du renseignement sort de l’ombre où elle était confinée. Très complet, fourmillant d’exemples et reposant sur de larges comparaisons internationales, cette nouvelle édition, à jour et enrichie, d’un ouvrage devenu de référence passionnera tous ceux qui s’intéressent au renseignement d’État mais aussi à l’intelligence économique.

. Jean-Marc Le Page, La bombe atomique – De Hiroshima à Trump, Paris, Passés Composés, février 2021.

Voici une histoire totale et inédite des " crises nucléaire ", à savoir les moments où le monde manqua d’être détruit par la bombe atomique. Des explosions nucléaires au Japon en 1945 à la très récente escalade entre l’Iran et les États-Unis, en passant par la crise du détroit de Formose entre Taïwan et la Chine populaire (1954), Dien Bien Phu (1954), celle des missiles du Cuba (1962) ou encore celle de la guerre du Kippour (1973), l’auteur dévoile les coulisses diplomatiques et militaires de ces instants où l’humanité retint son souffle.
Au cours de cette enquête sans précédent, fondée sur des témoignages de première main, on croise les principaux dirigeants des soixante-dix dernières années, Truman, Staline, Mao, de Gaulle, etc., mais aussi des femmes et des hommes des services secrets, James Bond méconnus et géniaux, qui ont, parfois, permis d’éviter le pire grâce à leur professionnalisme et à leur patriotisme. Odyssée glaçante et fascinante, ce livre est aussi une contribution sans précédent sur les doctrines nucléaires, lesquelles éclairent de façon décisive les tournants de la deuxième moitié du XXe siècle.

. Matthieu Auzanneau, Or noir - La grande histoire du pétrole, Paris, La Découverte, janvier 2021.

Depuis les premiers puits désormais à sec jusqu’à la quête frénétique d’un après-pétrole, du cartel secret des firmes anglo-saxonnes (les "Sept Soeurs") jusqu’au pétrole de schiste, Or noir retrace l’irrésistible ascension de la plus puissante des industries. Ce livre éclaire d’un jour inattendu des événements cruciaux - l’émergence de l’URSS, la crise de 1929, les deux guerres mondiales, les chocs pétroliers, les guerres d’Irak, la crise de 2008, etc. -, bousculant au passage beaucoup de fausses certitudes. Le pétrole, notre source primordiale et tarissable de puissance, est présent à l’origine des plus grands déchaînements du siècle passé. Or la fin de ce carburant de l’essor de l’humanité devrait se produire bien avant que ce siècle ne s’achève. De gré ou de force. Et nul ne peut dire où cette fin nous conduira.

. Laurence Badel, Diplomaties européennes, XIXe - XXIe siècle, Presses de Sciences Po, février 2021.

L’Europe de la diplomatie, dont cet ouvrage propose une histoire inédite, est celle de la cohabitation de ses grands, moyens et petits États, conjuguant diplomatie de puissance, diplomatie commerciale et diplomatie des valeurs, des empires multinationaux aux États-nations.

Les diplomaties européennes se caractérisent par la variété des pratiques, que ce soit dans la formation des personnels, la place faite aux femmes, la culture et la langue de négociation ou encore la manière de construire des réseaux et d’affirmer les identités.

L’Europe de la diplomatie, dont cet ouvrage propose une histoire inédite, est d’abord celle de la cohabitation de ses grands, moyens et petits États, conjuguant diplomatie de puissance, diplomatie commerciale et diplomatie des valeurs. Elle est aussi, des empires multinationaux aux États-nations, celle des coopérations qui se recomposent dans un cadre régional tout en se confrontant aux pratiques d’autres sphères.

La profonde transformation contemporaine du métier de diplomate doit se lire au regard de ces traditions, exposées à la complexité accrue des missions et à l’affirmation d’acteurs paradiplomatiques. Des usages propres à l’Union européenne se mettent en place lentement.

Pour autant, les rapports de puissance entre les États de l’Europe et le caractère éminemment politique de leurs échanges économiques et culturels demeurent.

. Anne Choquet, Camille Escudé-Joffres, Frédéric Lasserre, Géopolitique des pôles – Vers une appropriation des espaces, Paris, Cavalier bleu, avril 2021.

Les régions polaires sont engagées dans un processus de changements climatiques majeurs qui font redouter une cristallisation des rivalités pour l’accès aux richesses minières et énergétiques, ainsi qu’aux nouvelles routes maritimes dégagées par la fonte de la banquise. Ainsi, serions-nous à l’aube d’une nouvelle Guerre froide, voire d’un conflit armé. Or, une analyse précise de la situation et des acteurs en présence montre que ces scénarios catastrophe sont grandement exagérés.

Plutôt que l’affirmation de la souveraineté individuelle des Etats, on assiste en effet à la mise en place d’une coopération au travers de traités internationaux spécifiques et d’instances de dialogue. Car l’enjeu est avant tout de gérer les impacts dévastateurs des changements climatiques au regard desquels la question de savoir à qui appartiennent les pôles est bien dérisoire...

. Éric Mottet, La puissance décomplexée de la Chine, Montréal, PU Montréal, mars 2021.

Dans moins d’une génération, l’ordre géopolitique et géoéconomique mondial sera manifestement différent de celui que nous connaissons aujourd’hui, ces dynamiques à l’oeuvre étant le résultat de la puissance décomplexée de la Chine et des « nouvelles routes de la soie ». Amorcé en 2013, le mégaprojet Belt and Road Initiative (BRI), avec pour objectif le déploiement à partir de la Chine d’un ensemble multiforme d’initiatives économiques, commerciales, géopolitiques, diplomatiques et normatives, suscite spéculations et inquiétudes. Il vise la construction d’importantes infrastructures de transport reliant la Chine au reste du monde, tout en développant des flux commerciaux et en améliorant la connectivité entre la Chine et des régions qu’elle vise pour ce faire. À la fois projet commercial ambitieux, plan « civilisationnel » pour faire de la Chine une puissance d’envergure mondiale, le BRI annonce irrémédiablement un nouveau rapport de force international.

. François Bolot, Jean-François Bolot, Influence des grandes épidémies sur le cours de l’histoire. Pour mieux comprendre la pandémie, un texte de 1979, Paris, L’harmattan, février 2021.

Cette étude historique (publiée initialement en 1979) des épidémies est accompagnée de la description de leurs symptômes par deux médecins réanimateurs. Elle permet de revivre les difficultés que les pays doivent affronter pour se maintenir. Lors des guerres, les épidémies font souvent plus de morts que les armes. Les foyers d’origine des virus sont historiquement connus : choléra du Bengale, variole d’Éthiopie, peste de Malaisie et de Mongolie, lèpre de Perse et sarrasine. Il apparaît qu’une épidémie peut en chasser une autre : la peste fait disparaître la variole et la fièvre jaune par exemple. Les découvertes médicales ont identifié les agents vecteurs et trouvé des remèdes : en 1820, le paludisme transmis par le moustique ; en 1894, la peste transmise par la puce du rat ; en 1908, le typhus transmis par le pou ; et en 1914, le vaccin contre la typhoïde.

. Jean-Louis Ricaud, Énergie nucléaire : le vrai risque, Paris, Fayard, février 2021.

La population de la planète va continuer de croître et son niveau de vie de s’améliorer, conduisant d’ici 2050 à une hausse de la consommation mondiale d’énergie de l’ordre de 50 %. L’énergie nucléaire, associée aux énergies hydraulique, éolienne ou solaire, constitue la seule solution disponible pour satisfaire ce besoin en énergie, qui permette de réduire la place des combustibles fossiles et donc de limiter les rejets de CO2. Mais, comme toute activité humaine, l’industrie nucléaire comporte des risques ; toutefois, ces risques sont parfaitement maîtrisables, et bien mieux maîtrisés que dans beaucoup d’autres industries. Le recours à l’énergie nucléaire devrait ainsi apparaître incontournable aux gouvernements, notamment européens et français, qui ont placé la neutralité carbone au cœur de leurs stratégies. Ce choix de l’énergie nucléaire – qui est recommandé aussi bien par le GIEC que par l’Agence internationale de l’énergie – doit s’accompagner d’une gouvernance irréprochable, prérequis fondamental à l’adhésion de l’opinion publique à son usage dans le long terme. Finalement, le vrai risque pour les décennies à venir serait de ne pas tirer parti des performances démontrées de l’énergie nucléaire, énergie totalement décarbonée, économiquement abordable, "environnementalement" acceptable, et de continuer à utiliser des systèmes énergétiques coûteux et polluants. C’est à cette réflexion stratégique que ce livre a l’ambition de contribuer.

. Marion Van San, Daesh : comment un État a organisé la vie intime de ses citoyens, Paris, Boîte à Pandore, mars 2021.

Un ouvrage fort qui décrypte un phénomène de société méconnu, une architecture sociale et humaine qui valorise, encourage et régule sous couvert de piété les pulsions sexuelles. L’Etat Islamique, et la doctrine salafo-whahabbite sur laquelle il s’était bâti, a la particularité de faire entrer le dogme religieux, et donc le contrôle social, jusque dans l’intimité de ses adhérents. La religion gère donc le mariage et la sexualité.

Pour éclairer non seulement une des raisons des départs vers la zone syrienne, mais aussi l’attrait de cette doctrine sur des jeunes pourtant tous éduqués dans des Etats démocratiques aux mœurs ouvertes, Marion Van San a enquêté sur la sphère de l’intime auprès de jeunes femmes parties faire le djihad. A son grand étonnement, et à celui des lecteurs, elle livre, dans un ouvrage solide, nourri de nombreux témoignages, la schizophrénie dans laquelle l’EI plongeait ses adeptes.

En zone irako-syrienne, sur les réseaux sociaux de recrutement, on ne parlait pas beaucoup de religion mais bien de sexe. Et, contrairement aux idées reçues de lutte pour la ouma, de la défense du prophète de l’islam ou de l’installation d’un califat pieux, la sociologue décrypte une architecture sociale et humaine qui ne fait que valoriser, encourager et réguler sous couvert de piété les pulsions sexuelles.

. Michel Foucher, Arpenter le monde. Mémoires d’un géographe politique, Paris, Robert Laffont, février 2021.

Un demi-siècle autour du monde par l’un des plus grands géographes français. Riche de ses voyages dans quelque cent vingt-cinq pays - les deux tiers des Etats membres des Nations unies -, Michel Foucher explore ici les voies d’une géographie vécue comme active et engagée : en chercheur et cartographe, consultant et diplomate, analyste et témoin impliqué. Enquêtes de terrain et entretiens forment, pour ce grand spécialiste des frontières, la matière première de la géographie - une géographie débouchant sur une géopolitique appliquée.

Car Michel Foucher en est convaincu : il est souvent possible d’anticiper les tensions si l’on donne aux représentations spatiales leur juste place dans l’imaginaire des peuples et des acteurs publics. Après une longue carrière, le temps était venu pour lui de procéder à ce que les officiers de l’armée de terre nomment un " retour d’expérience ", ou " retex " - analyse sans concession des succès et des échecs.

Confrontant les passés étudiés aux présents observés, ces Mémoires dessinent une carte passionnante des enjeux du monde contemporain.

. Anne-Cécile Robert, L’Afrique au secours de l’Occident, Paris, Éditions de l’Atelier, mars 2021.

Entre les discours selon lesquels l’Afrique ne seraient pas " entrée dans l’histoire ", ceux qui ne se fondent que sur l’orthodoxie économique opposant Nord développé et Sud qui ne le serait pas, et des visions archaïques bien souvent héritées du passé colonial, le continent africain souffre, en Occident, d’une réputation peu enviable. Une réputation aussi fausse que condescendante et que symbolisait déjà, en son temps, le Négrologie de Stephen Smith.

A l’opposé de ces visions étriquées, l’ouvrage d’Anne-Cécile Robert repose sur une connaissance profonde des réalités culturelles, économiques et politiques du continent, comme des regards qui sont portés sur lui. En posant ouvertement la question " et si, à l’inverse des croyances les plus diffuses, il était possible que l’Occident ai besoin de l’Afrique et non le contraire ? ", Anne-Cécile Robert inverse le champ d’analyse et permet d’interroger nos propres modèles économiques (en crise depuis des années) et auxquels l’Afrique pourrait fournir des réponses, notamment quant à la transition vers un modèle plus harmonieux dans l’équilibre entre les êtres humains et leur environnement.

. Chantal Roromme, Comment la Chine conquiert le monde. Le rôle du pouvoir symbolique, Montreal, PUM, novembre 2020.

Quels facteurs constituent la puissance actuelle de la Chine, qui est apparemment en pleine ascension ? Quelle est cette « menace chinoise » et en quoi ébranle-t-elle les bases de l’hégémonie américaine et celles de l’ordre mondial libéral ? Est-ce en raison des craintes inspirées par sa puissance militaire, comme le voudrait la perspective axée sur le hard power, ou à cause de l’attrait magnétique du rayonnement de sa culture, selon la théorie du soft power ? Ce livre, richement documenté et écrit dans une langue bien maîtrisée, apporte une contribution importante à l’un des plus grands débats contemporains en relations internationales. En présentant un cadre théorique original, inspiré de l’optique symbolique, l’auteur offre une explication à la fois plus intégrale et plus nuancée que celles que proposent les deux perspectives conventionnelles en relations internationales. Il explique avec brio la fascination paradoxale grandissante exercée par la puissance asiatique non seulement sur les pays en développement et ceux anciennement communistes, mais également sur un nombre croissant de pays démocratiques et industrialisés en Occident.

. Christian Kabore, Marc Roch, Burkina Faso, un rempart au Sahel – Entretiens avec Michel Darmon, Paris, L’Archipel, mars 2021.

Du fait de sa situation géopolitique, le Burkina Faso joue un rôle essentiel dans la guerre contre le djihadisme. Son président, Roch Marc Christian Kaboré, évoque pour la première fois les luttes et les enjeux du conflit en cours au Sahel, bataille qui se déroule sous les yeux de l’Europe. En première ligne de la guerre contre le terrorisme, le Burkina Faso est un rempart au coeur du Sahel. Pour la première fois, son président, Roch Marc Christian Kaboré, évoque le théâtre militaire où se jouent la sécurité et l’équilibre de l’Occident.
A la tête du G5 Sahel ces dernières années, le Burkina Faso, où s’élabore une mutation démocratique inédite dans cette région du monde, est un pays soumis à de multiples tensions internes. Le président Kaboré a fait évoluer ce pays d’un régime fort vers un Etat de droit se fondant sur une Constitution garante de la vie démocratique. La lutte contre la pauvreté et le développement économique sont des préoccupations quotidiennes, mais l’espoir vient du sous-sol : le Burkina possède la plus grande réserve de manganèse au monde ; la future reprise en main de son exploitation par l’exécutif burkinabé recèle un fort potentiel de croissance.
Sur le plan extérieur, le Burkina Faso est devenu un carrefour géopolitique. Les grandes puissances y sont présentes et les services de renseignement occidentaux suivent de près la bataille incessante contre le djihadisme. Une course contre la montre est engagée : si les Etats du Sahel s’effondrent, un nouvel Etat islamique prendrait pied au sud de l’Europe. Attentats, prises d’otages, opérations militaires... : pour la première fois, un dirigeant du Sahel raconte la guerre secrète qui se livre dans cette région du monde, depuis l’intérieur des sommets internationaux et des cellules de crise.

. Frédéric Frachon, Philippe Gensou, La France va-t-elle sortir de l’histoire ? Pourquoi et comment il faut agir, maintenant, Paris, VA Éditions, janvier 2021.

Bien que la définition actuelle de la sécurité nationale française apparaisse pertinente et adaptée, son application dans les faits demeure hétérogène et inégale. La sécurité économique ne bénéficie pas d’un soutien à la hauteur des enjeux et notre indépendance stratégique souffre d’un manque de vision et de cohérence à long terme. La gouvernance et la coordination des politiques publiques sont bien souvent inefficaces, par défaut d’une véritable remise en cause en tirant les leçons des échecs passés.

Nous assistons pourtant chaque jour aux joutes informationnelles et bras de fer juridiques de pays tiers en recherche de puissance, caractérisant une guerre globalisée sur le terrain économique. Sur cet échiquier mondial où la France doit manœuvrer au mieux de ses intérêts vitaux, une posture intellectuelle idéologique trop naïve, essentiellement défensive, ne lui permet plus de relever ce défi de la mondialisation en accroissant ses richesses.

C’est avec lucidité que la France doit reconnaître puis s’approprier les formats modernes revêtus par la puissance, faute de quoi elle sortira tout simplement de l’histoire. Il est plus que temps de réagir !

. Micheline Calmy-Rey, Pour une neutralité active – De la Suisse à l’Europe, Paris, PPUR, mars 2021.

La neutralité de certains Etats, dont la Suisse, revient épisodiquement dans le débat politique, mais elle est souvent mal comprise et source de confusions. Forte de son expérience de ministre des Affaires étrangères et de présidente de la Confédération suisse, Micheline Calmy-Rey propose une mise au point éclairante et engagée. Défini par le droit international comme une promesse de non-intervention militaire en cas de guerre, le concept de neutralité doit être revisité à l’aune des nouvelles menaces - politiques, économiques, sociales, technologiques, climatiques - qui fragilisent l’équilibre mondial.

A l’heure où le multilatéralisme des Nations Unies se confronte à la défiance de plusieurs grandes puissances, Micheline Calmy-Rey plaide pour une interprétation contemporaine de la neutralité, active, investie d’une mission de promotion de la paix et résolument éloignée du mythe du repli. Elle y voit non seulement un positionnement stratégique pour la Suisse, mais aussi une source d’inspiration pour une Union européenne plus puissante et plus présente dans un monde polarisé.

Préface de François Hollande Contributions de Jean Ziegler et Roger Köppel.

. Stéphane Jettot, François-Joseph Ruggiu, L’Angleterre à l’époque moderne. Des Tudors aux derniers Stuarts, Paris, Armand Colin, mars 2021.

La période comprise entre le XVIe siècle et le XVIIIe siècle marque une phase essentielle dans l’émergence de l’Angleterre comme puissance majeure, soucieuse de se distinguer de ses voisins continentaux. La rupture avec la Papauté, la victoire sur l’Invincible Armada, l’exécution de Charles Ier en 1649 ou la Glorieuse Révolution de 1689 sont autant d’événements dont la mémoire conserve la trace jusqu’à nos jours. Attentif à restituer les luttes, les réformes politiques et religieuses qui marquent la période, ce livre dépeint en outre les évolutions sociales et culturelles d’une population transformée par les migrations et la croissance urbaine.
Soucieux de présenter les derniers développements historiographiques, il précise le cadre européen des réformes britanniques, met en lumière le développement des actions civiques, souligne le rôle des colonies et donne aux voisins britanniques (Gallois, Irlandais, Écossais) toute leur place. Afin de restituer le renouvellement des connaissances et de l’analyse sur cette période, Un large choix de sources – archives, imprimés, iconographie – permet, à travers les annexes, d’approfondir les problématiques essentielles en s’initiant à la technique du commentaire de document. Enfin, un ensemble d’outils pédagogiques : chronologie, glossaire et bibliographie, donne les clefs nécessaires pour pénétrer plus avant dans l’histoire foisonnante de l’Angleterre à l’époque moderne.

. Alain Lempereur, Puissance de la médiation. Contre la guerre civile – A la rencontre des joies d’une paix durable, Paris, Descartes & Cie, janvier 2021.

Comment inverser les spirales d’escalade, ramener la paix dans un conflit collectif et même en guerre civile ; en somme, rapprocher des adversaires de longue date ? Comment les aider à se reparler, s’écouter, négocier et s’accorder ? L’intensité des conflits partout dans le monde, au Moyen Orient ou en Afrique, en Amérique ou en Europe, appelle à un changement radical pour moins s’agresser, s’ignorer ou se détruire.
La médiation a le pouvoir d’y contribuer. C’est dans l’Afrique des Grands Lacs que l’auteur a facilité des rencontres entre représentants de forces ennemies. Il en présente le récit dans ce livre. Comment agit-il, en pleine conscience des contextes sensibles où il intervient ? Comment des parties qui se haïssent arrivent-elles déjà à se réunir dans un même espace, à recréer la confiance, à dialoguer, à s’expliquer et se reconnaître, sans renoncer à leurs convictions ? Comment, par le dialogue, saisissent-elles le pouvoir inouï d’une négociation responsable et en tirent-elles des joies inespérées ? En consacrant quelques jours de leur vie à une telle rencontre improbable, des opposants, sensibilisé par un tiers extérieur, ont redécouvert l’humanité de leurs ennemis.
Cette expérience nouvelle a mobilisé des expériences de communication et des jeux de rôles. Des échanges approfondis ont favorisé des relations apaisées, mais aussi des solutions mutuellement bénéfiques. Ces ateliers de médiation ont transformé la manière dont nombre de participants ont négocié leur sortie du conflit. L’auteur, réaliste, prouve aussi que le succès ne se vérifie qu’une fois que les accords obtenus sont exécutés dans les faits et consacrés dans la durée.

. Antoine-Joseph Assaf, L’islam radical – Histoire, pensée, géopolitique, Paris, Eyrolles, mars 2021.

Assassinat d’otages, menace terroriste, engagement "djihadiste" de jeunes Européens... L’ "Etat islamique", visage d’épouvante de l’islam radical, synonyme de barbarie, embrase les esprits et laisse perplexe. Pour éclairer l’actualité de façon constructive, et tracer un pont entre l’Orient et l’Occident, cet ouvrage propose un retour historique et une analyse philosophique du radicalisme, aux sources millénaires et religieuses.
Il produit aussi une analyse géopolitique des formes contemporaines de l’islam radical. Enfin, il dresse le bilan géostratégique de la situation internationale depuis le 11 septembre.

. Dominique Chevalier, Mariette Sibertin-Blanc, Géographies de la colère. Ronds-points et pré carrés, Paris, l’Harmattan, janvier 2021.

Ce numéro de Géographie et cultures ambitionne de questionner les traductions spatiales de ces colères. À la faveur d’un mouvement inédit en France difficile à comprendre et à décrypter avec des grilles classiques des sciences humaines et sociales, les différents articles analysant les logiques spatiales des Gilets jaunes traduisent un besoin de renouvellement des cadres de compréhension : les ronds-points périphériques deviennent des pôles de luttes et parfois de violences policières, la cartographie devient participative en demeurant un outil de combat, le périurbain n’est (toujours) pas une périphérie homogène. Des échos sont clairement identifiables dans d’autres colères issues de l’injustice de traitement : l’accès aux services publics, la violence faite aux femmes, aux Noirs (aux États-Unis).

. Pascal Martinet, Qatar, l’enfer du décor – la face cachée de la démesure,Paris, La Boite à Pandore, janvier 2021.

Le surprenant témoignage d’un journaliste français qui s’est glissé cinq années durant dans les coulisses des médias de l’émirat. Embauché à la télévision qatarie, l’auteur, journaliste français, a vécu cinq ans à Doha, lui donnant l’occasion de découvrir la réalité d’un pays tiraillé entre tradition fondamentaliste et modernité mondialisée. Il découvre un apartheid de fait, avec des Qataris intouchables et des centaines de milliers d’ouvriers/esclaves qui ramassent les miettes d’une folle richesse.

Avec son équipe de journalistes venus des quatre coins de la planète, l’auteur a accès aux coulisses d’une société fermée, pleine de contradictions et de situations absurdes. Son récit, fait de rencontres improbables, est tout à la fois drôle et désespérant. Passé en quelques décennies d’une société du peu à un monde du trop, le Qatar est un miroir déformé et grotesque de notre monde moderne.

. Véronique Molinari, Philippe Gréciano, Delphine Deschaux-Dutard, L’Europe et le monde anglophone. Une relation ambigüe ? , éd. Mare et Martin Editions, 2021.

Les relations internationales se sont complexifiées depuis que le Royaume-Uni ne fait plus partie de l’Union européenne. Si les questions soulevées par le Brexit et par les turbulences transatlantiques sous l’ère Trump se posent en termes historiques, politiques et stratégiques, il s’agit avant tout d’une remise en question des fondements et des actions de l’Europe. Quelles sont les priorités de l’Europe ? Quelles leçons tirer du passé ? Quelles sont ses relations avec le monde anglophone ? Pour répondre à ces questions, ce livre fait le point sur la situation et propose quelques pistes de réflexion sur un sujet d’actualité.

. Willy Buiron, La politique française de lutte contre le terrorisme depuis le 11 septembre 2001, Paris, L’Harmattan, janvier 2021.

Théorisé par Bernard Lewis puis revitalisé par Samuel Huntington, "Le choc des civilisations" se concrétise militairement sous la forme d’une "guerre contre le terrorisme". Depuis les attentats du 11 septembre 2001, la France est partie en guerre dans une aire géographique "islamique", de l’Afghanistan à la Mauritanie. Mais le territoire national est aussi frappé par le terrorisme islamiste avec une régularité navrante depuis 2015.

L’islamisme constitue le terreau et la matrice idéologiques du terrorisme. Les déploiements militaires et les victimes du terrorisme auraient pu être moindres si les gouvernements successifs n’avaient pas volontairement ou naïvement permis à l’islamisme de se développer, comme l’explique le rapport d’information du Sénat n°595 du 7 juillet 2020. Pour autant, l’Etat français refuse de considérer les terroristes islamistes comme des ennemis intérieurs alors que, depuis 2001, ils sont la caution des expéditions militaires françaises.

En outre, l’Etat français se refuse à faire de l’islamisme un délit. La politique française de lutte contre le terrorisme conduit au choc entre Islam et Occident. La France mène des opérations militaires en terre d’Islam au nom de la lutte contre le terrorisme islamiste et, en France, l’islamisme adopte une stratégie de séparatisme. La France a déjà perdu une partie de son territoire, les "quartiers de reconquête républicaine".

Les islamistes les désignent comme la "terre d’Islam" (Dar al-Islamiyyah), ou la terre sur laquelle la guerre doit être menée pour y imposer l’islamisme (Dar al-Harb).

. Arnold Ruge, La fondation de la démocratie en Allemagne, Paris, UGA éditions, mars 2021.

Aux sources d’une pensée démocratique et socialiste ou social-démocrate en Allemagne, longtemps occultée par le(s) marxisme(s) et par la pensée antilibérale et antidémocratique, voire crypto-nazie, ce texte intéressera ceux qui, au sujet du " couple franco-allemand " en Europe, souhaitent réfléchir au-delà des clichés sommairement pessimistes ou naïvement optimistes. Alors que l’échec des révolutions de 1848 est général, Arnold Ruge, hégélien de gauche et député au Parlement de Francfort, exprime l’espoir d’une " seconde révolution " plus radicale que la première, celle de mars 1848, et qui fonderait une république sociale et démocratique.
La formule est du socialiste français Louis Blanc, avec qui Ruge, avant sa rupture avec Marx, fut en contact à Paris en 1843-1844. Opposé au despotisme ancien, au libéralisme bourgeois et au communisme et anticipant, en citant Proudhon, sur les projets autogestionnaires du xxe siècle, Ruge propose la suppression du salariat et un coopératisme généralisé avec maintien d’un Etat régulateur.

. AFD, L’économie africaine 2021, Paris, La Découverte, janvier 2021.

Pour la deuxième année consécutive, l’AFD propose dans la collection « Repères » des analyses inédites sur les principaux enjeux économiques et sociaux qui touchent le continent africain en 2021.
La pandémie de Covid-19 a bouleversé la planète : quels en sont les impacts en Afrique ? Les performances économiques restent à étudier au-delà du contexte immédiat : peut-on déjà parler d’une émergence du continent africain ? Pour développer le secteur privé, faut-il dépasser les seules réformes de l’environnement des affaires ? Quels sont les défis majeurs auxquels l’Afrique doit faire face pour répondre aux aspirations d’une population particulièrement jeune arrivant sur le marché du travail ? Alors qu’il est le premier pourvoyeur d’emplois dans la région, comment le secteur agricole en Afrique de l’Ouest doit-il se réinventer pour concilier deux objectifs fondamentaux : obtenir de meilleurs rendements et préserver la biodiversité et l’environnement ? À l’heure où l’ECO succède au franc CFA, se pose à nouveau la question du choix du régime de change, vers plus ou moins de flexibilité.

. Frédéric Mérand, Un sociologue à la Commission européenne, Paris, Presses de Sciences Po, janvier 2021.

Pendant quatre ans, de 2015 à 2019, Frédéric Mérand s’est glissé derrière les façades lisses du Berlaymont, le siège de la Commission européenne à Bruxelles, afin d’observer et de comprendre comment l’Europe se « fait » concrète-ment. À la manière d’un ethnographe, il s’est immiscé dans l’équipe de Pierre Moscovici, commissaire européen aux affaires économiques sous les présidences Hollande puis Macron. Il a partagé les bureaux des femmes et des hommes en charge de la politique de la zone euro, les a suivis dans les couloirs et à la cantine de leur immeuble bruxellois, a participé à leurs réunions, de Strasbourg à Washington et de Paris à Athènes, les a interrogés sur leurs stratégies et leurs méthodes pour tenir le cap entre les luttes partisanes et les jeux diplomatiques. Il a recueilli leurs peurs et leurs étonnements, leurs espoirs et leurs déceptions lors des tempêtes qu’ils ont traversées, de la crise grecque aux scandales d’évasion fiscale et à la menace populiste italienne.

Le regard singulier d’un sociologue nord-américain sur nos pratiques communautaires et nationales et sur une Commission européenne qui se révèle bien plus politique que technocratique.

. Gaston M’Bemba-Ndoumba, Femmes et petits commerces du fleuve Congo entre Brazzaville et Kinshasa, Paris, L’Harmattan, janvier 2021.

Brazzaville et Kinshasa sont les deux capitales les plus rapprochées du monde. Seul le fleuve Congo les sépare sur cinq kilomètres. De part et d’autre, un seul et même peuple qui vibre au son de la musique congolaise, apprécie la S.A.P.E., parle des langues soeurs et doit l’essentiel de ses échanges à des femmes qui franchissent le fleuve chaque jour avec leurs marchandises. C’est à ces commerçantes que ce livre est consacré. Ces femmes qui travaillent sans compter et font face à mille tracasseries. Ce sont elles qui servent de pont entre ces deux villes : Kinshasa, qui ne dort jamais et Brazzaville, l’ancienne capitale de la France libre.

. Jean de La Guerivière, Stephen Smith, L’Afrique en 100 questions. 2,5 milliards de voisins en 2050, Paris, Tallandier, février 2021.

Sommes-nous tous Africains, émigrés du « berceau de l’humanité » ? Qu’a été, ou qu’est toujours, la Françafrique ? Comment « l’Islam noir tolérant » a-t-il donné naissance au djihadisme au Sahel ? L’Internet et la téléphonie mobile révolutionnent-ils le quotidien africain ? Comment expliquer la percée de la Chine en Afrique ?

Faire le tour d’un continent sept fois plus vaste que l’Union européenne en explorant son histoire, sa culture, ses évolutions sociales, économiques, politiques et géopolitiques, ses épreuves du passé — esclavage, colonisation, guerres — et ses promesses d’avenir, tel est le pari ambitieux de ce livre.

L’exceptionnelle jeunesse de l’Afrique marque ses réalités contemporaines : 40 % de ses habitants ont moins de 15 ans. Le quasi-doublement de sa population d’ici à 2050 va décupler les défis comme les opportunités. L’Afrique trouvera-t-elle les moyens pour nourrir, loger, former et employer tous ses jeunes ?

Le niveau de son développement, de sa stabilité politique et de son état sanitaire, le rythme de l’émigration ou sa contribution à la (dé-)pollution de la planète concernent plus que jamais l’Europe et le reste du monde. Voici 100 clés pour mieux comprendre les enjeux présents et futurs de la « jeune Afrique ».

. Stéphane La Branche, Énergie et écologie : les sept profils socioénergétiques, Grenoble, PUG, janvier 2021.

Tant qu’on ignorera la diversité des profils, les messages ne seront pas entendus par ceux à qui ils s’adressent.
Depuis une décennie environ, la sociologie s’attaque à la question climato-énergétique en se penchant notamment sur les interactions entre l’enjeu énergétique, les individus et les organisations. De nos recherches, incluant environ 300 entretiens semi-directifs et plusieurs questionnaires, sur les pratiques et les représentations sociales de l’énergie, nous pouvons tirer quelques résultats instructifs sur les interactions complexes entre ces acteurs et l’énergie.

. Anne Groutel, Les deux Irlandes & la diaspora. Un attachement intéressé, Caen, PU Caen, février 2021.

Au lendemain de la partition, la distance se creuse peu à peu entre l’Irlande et sa diaspora en Amérique du Nord. Cependant, à partir des années 1960, les deux Irlandes, désireuses d’attirer des investissements étrangers, décident, chacune de leur côté, de faire appel à l’élite entrepreneuriale de la diaspora aux Etats-Unis. Les autorités irlandaises parviennent ainsi à tisser de puissants réseaux.
Au fil des décennies, elles se sont efforcées de pérenniser cette collaboration. Cet ouvrage de civilisation irlandaise met en lumière le rôle discret, mais néanmoins essentiel, que ces hommes d’affaires de premier plan ont joué dans le développement économique des deux Irlandes à des moments charnières de leur histoire récente. Cette étude dévoile l’influence grandissante de magnats irlando-américains sur la politique économique irlandaise et la nature complexe de leur relations avec les dirigeants irlandais où se mêlent bons sentiments, intérêt mutuel et rapports de force plus ou moins tangibles.

. Cédric Tellenne, Géopolitique des énergies, Paris, La Découverte, février 2021.

L’énergie se prête bien à l’analyse géopolitique, conçue comme l’étude des relations entre pouvoirs et territoires. Rien n’est possible dans le monde sans recours à l’énergie, et les rivalités et conflits que son exploitation toujours croissante suscitent sont omniprésents à toutes les échelles de l’analyse géographique, de l’international au local. Cet ouvrage s’intéresse aux effets de la transition énergétique et écologique en cours sur la transformation de ces rapports de forces, mais également sur les reconfigurations des échanges internationaux et de la coopération interétatique.
Les alternatives aux hydrocarbures s’élaborent depuis les années 1970, mais la révolution actuelle des pétroles et gaz de schiste bouleverse en profondeur la question des énergies sous un angle géoéconomique, géopolitique et environnemental. Ainsi, à l’ère de l’économie numérique et des territoires " virtuels ", la matérialité des énergies nous ramène à l’essentiel, c’est-à-dire les pieds sur terre, au coeur d’un " grand jeu " sans cesse réinventé au sein duquel les Etats font leur retour après des décennies de déréglementation.

. Gilles Dorronsoro, Le gouvernement transational de l’Afghanistan, Paris, Karthala, février 2021.

La défaite des Talibans dans le sillage des attentats du 11 septembre ouvre deux décennies d’investissement occidental en Afghanistan. Des centaines de milliards, pour l’essentiel consacrés à l’entretien des forces occidentales, des dizaines de milliers de morts, dont plusieurs milliers de la coalition, montrent l’importance de ce conflit pour les Etats-Unis qui en font le symbole de leur hégémonie mondiale. Mais, derrière les discours sur la construction d’une « démocratie de marché », se profile un gouvernement transnational qui contourne les acteurs afghans au point d’interdire tout processus démocratique, couvre des fraudes électorales massives, routinise la captation des ressources au profit des entreprises occidentales et des élites afghanes. Les tensions communautaires et sociales s’accroissent à un point jusque-là inconnu dans la société afghane. Les Talibans, capitalisant sur le ressentiment populaire contre les élites au pouvoir, mettent en échec une alliance occidentale qui dissimule, derrière une augmentation des moyens, son incapacité à définir une stratégie cohérente. Après vingt ans de conflit, al-Qaïda est toujours présent en Afghanistan, et le retrait américain ne fait qu ouvrir une nouvelle période d’une guerre civile vieille de quarante ans. Ce nouvel essai de Gilles Dorronsoro propose une analyse critique impitoyable des impasses de l’expertise orientaliste et sécurocrate dont la portée comparative, bien au-delà du seul cas afghan, est d’une haute actualité.

. Jean Picq, La République – la force d’une idée, Paris, Les Presses de Sciences Po, février 2021.

Appeler à ce que "vive la République ! " , c’est rappeler qu’elle peut mourir. La réduire à un slogan, c’est perdre de vue l’idée forte qui la guide : la recherche du bien commun. Ancrée dans la longue histoire européenne, cette idée n’a pas attendu la Révolution française pour s’incarner, sous sa forme moderne, dans les Provinces-Unies du XVIe siècle. Bien avant 1789, ce sont les révolutions anglaises et américaine qui ont fait émerger les grands principes de vie collective.
En France, proclamée trois fois, la République a souvent vacillé, et il a fallu attendre la troisième du nom pour que les grandes libertés publiques soient instaurées. Il est important de garder à l’esprit cette histoire tumultueuse si nous voulons préserver l’héritage républicain. La République est fragile et doit sans cesse s’adapter : inscrire son avenir dans l’Europe, rééquilibrer ses institutions, inventer des modes de décision plus proches des citoyens, redonner à l’école sa puissance d’intégration, faire vivre la laïcité, répondre au défi écologique.

. Yves Mayaud, Infractions, poursuites pénales et indemnisation, Paris, Dalloz, janvier 2021.

L’ouvrage est consacré au terrorisme concernant sa définition juridique et son régime pénal (poursuites et indemnisations) Criminalité redoutée à la fois pour ses manifestations et ses conséquences et tristement actuelle, le terrorisme est un "acte de guerre dans une société en paix", ce qui rend la maîtrise difficile. La réponse du droit pénal va dans le sens d’un renforcememnt de l’arsenal répressif et d’une meilleure protection et reconnaissance (notamment indemnitaire) des victimes.

. Pascal Gauchon, Jean-Marc Huissoud, Les 100 lieux de la géopolitique. 7è édition, Paris, Que sais-je ?, février 2021

Il est des lieux d’où rayonne la puissance ; ils procurent aux souverains qui s’y succèdent cadre monumental et légitimité. Il en est d’autres, fréquentés par les marchands, les militaires et les brigands, où s’entrecroisent les routes du monde. Et d’autres, chargés d’histoire et de passion, pour lesquels les peuples sont prêts à se battre. La géopolitique ne s’écrit pas seulement avec des mots, mais avec des lieux.
De New York à La Mecque, de Suez à Malacca, du Pays basque au Chiapas, de l’Afrique à l’Europe et de l’Antarctique au Sinaï, 100 lieux sont présentés avec les enjeux qu’ils incarnent. Ils constituent le meilleur moyen pour pénétrer dans la géopolitique du monde actuel.

. Jean-Christophe Gay, La France d’Outre-mer. Terres éparses, sociétés vivantes, Paris, Armand Colin, janvier 2021.

Souvent réduite à l’image d’un paradis exotique, aux dévastations des cyclones ou aux tumultes sociaux, la France d’outre-mer (FOM) est largement méconnue. Cette ignorance, qui l’écarte du « récit national » et qui se combine parfois à une nostalgie de la France coloniale, tend à faire de ces terres éparses un ensemble indifférencié et immuable. Or, la FOM connaît des mutations spectaculaires et rapides depuis le début des années 2000, notamment sur les plans statutaire, démographique et socio-économique. Comme champ d’innovations sociales et d’expérimentations juridiques, elle permet d’apprécier sous un jour différent la République française.

Cet ouvrage, en révélant une FOM dynamique, analyse la diversité croissante de ses territoires à plusieurs échelles. Inégalités, disparités, déséquilibres socio-spatiaux, autochtonie, vulnérabilités ou modèles de développement sont au centre d’une réflexion ayant pour toile de fond le legs colonial. Une décolonisation sans indépendance quoique patente se combine à une sujétion économique et à un assistanat qui ne le sont pas moins.
Si l’histoire de la relation à la Métropole est capitale pour comprendre la FOM, un regard décentré et novateur permet de renouveler son approche. De nombreuses cartes originales, des données et un traitement statistique inédits viennent ici appuyer la démonstration.

. Gabriel Martinez-Gros, De l’autre côté des croisades. L’Islam entre croisés et Mongols, Paris, Passés composés, janvier 2021.

Pour les historiens arabes les plus lucides, ce que nous appelons les croisades entre dans le récit plus vaste de l’effondrement de l’Empire islamique, la grande offensive des « Francs » en Méditerranée constituant l’une des deux mâchoires de la tenaille qui prend en étau l’Islam aux XIIe-XIIIe siècles. L’autre mâchoire, de loin la plus redoutée, se resserre à l’est avec les invasions mongoles. L’Empire islamique est ainsi le lieu où se confrontent trois constructions impériales ; à l’est l’histoire chinoise domine pour un petit siècle, le cœur de l’Empire mongol se trouvant à Pékin. À l’ouest, Saint Louis s’impose comme le fondateur de l’Empire franc, dont le centre est à Rome, après la vague des guerriers fondateurs que sont Godefroy de Bouillon, Baudouin, Amaury ou Roger de Sicile.

C’est donc à un décentrement du monde que nous invite Gabriel Martinez-Gros. À travers une réflexion profondément originale, nourrie de ses précé-dents travaux sur la question impériale, l’histoire de l’Islam et la pensée historique arabe, l’auteur propose une fascinante nouvelle lecture des croisades, de l’Empire islamique et de la puissance mongole.

. Jean Balazuc, Les troupes indigènes. Ils sont morts pour la France, Paris, l’Harmattan, janvier 2021.

Pendant 130 ans, des troupes indigènes ont été des troupes d’élite de l’Armée française. Dès le début de la colonisation de l’Algérie, l’Armée française a fait appel à des indigènes pour renforcer ses effectifs en Algérie : zouaves, chasseurs d’Afrique, tirailleurs, spahis. Ces troupes ont participé à la conquête de l’Algérie, à la guerre de Crimée en 1854-1855, à la campagne d’Italie en 1859, à la guerre du Mexique de 1862 à 1867, à la guerre franco-prussienne de 1870-1871. Sûr de leur fidélité, le chef d’état-major a envoyé des détachements des régiments de l’armée d’Afrique dans toutes les expéditions coloniales. Les troupes indigènes ont gagné la reconnaissance de la France dans les deux guerres mondiales 1914-1918 et 1939-1945.

. N’Zambi Georges, Les clés de compréhension des questions économiques contemporaines, Paris, Ellipses, janvier 2021.

Ce livre permet d’éclairer, informer et sensibiliser aux grands enjeux économiques contemporains. Les différents chapitres qui le composent permettent respectivement de mettre en lumière les différentes solutions permettant de conjurer le péril climatique, saisir l’ampleur de la crise économique née de la Covid-19 et ses multiples implications,d’éclairer la problématique de développement du continent africain, saisir les différents enjeux liés au développement de l’intelligence artificielle, mettre en exergue les multiples implications consécutives à l’avènement des cryptomonnaies.

Destiné à tous ceux qui souhaitent parfaire leur culture économique, ce livre s’adresse singulièrement aux étudiants de l’enseignement supérieur et aux personnes soucieuses d’élargir leur horizon intellectuel.

. Olivier Bauer, La francophonie de l’avenir, Paris, Autrement, décembre 2021.

La Francophonie a une âme. Et cette âme n’est pas uniforme ni monocorde. Elle bruit d’autres âmes. Elle a traversé bien des frontières et s’est laissé imprégner par l’esprit et le rythme d’autres langues [...] Et si nous voulons alimenter et entretenir le feu de la Francophonie, il faudra mettre le français à la croisée des langues et des imaginaires, mais aussi au défi des avancées scientifiques, des évolutions socio-économiques et des urgences environnementales. À ce prix seulement, nous verrons l’âme de la Francophonie grandir, se déployer et vibrer au chant de l’universel.

. Xavier Leonetti, Smartsécurité et Cyberjustice, Paris, PUF, février 2021.

Aujourd’hui, chacun a le loisir de comparer la société qui se dessine à la société orwellienne de Big Brother. Tel Janus, le progrès présente deux visages : l’un, rassurant, d’une technologie améliorant la sécurité quotidienne, tandis que l’autre, plus inquiétant, révèle l’image d’une technologie pouvant être dévoyée ou mal maîtrisée. En réalité, les innovations numériques constituent une rupture stratégique douce dont les effets apparaissent avec le temps.
En particulier, s’agissant des fonctions de sécurité et de justice, l’intelligence artificielle révolutionne progressivement les approches traditionnelles de l’ordre public, de l’enquête ou du jugement. Cette tendance traduit notre entrée dans une société du refus des risques, qui nous conduit à les prévenir et les prédire sur le modèle assurantiel d’un univers " probabilisable ". Désormais, l’ensemble des informations disponibles (OpenData) sont collectées, triées et analysées afin de nous garantir des aléas.
L’enjeu réside alors dans la régulation de ces nouveaux outils par les autorités publique et judiciaire.

. Anne Cheng, Penser en Chine, Paris, Gallimard, février 2021.

Que se passe-t-il en Chine ? Les publications se multiplient à foison sur la dictature du Parti communiste, ses ambitions, sa volonté de contrôler la pensée et d’exercer la plus sourcilleuse des censures. Mais que se pense-t-il en Chine ? L’originalité profonde de cet ouvrage collectif, qui rassemble les meilleurs spécialistes des différentes questions traitées, est de présenter au lecteur occidental les débats, enjeux, directives et chemins de traverse qui constituent la vie intellectuelle et politique.
Quatre parties permettent de découvrir au plus près la circulation des idées, officielles comme alternatives, dans leur volonté de penser et dire autrement. Projections de la Chine-monde : le débat essentiel est celui qui se conduit sur la différence de nature entre la philosophie chinoise et les valeurs universelles, et qui est au fondement du fantasme d’un Empire-monde et de la propagande du parti à travers la multiplication dans le monde des Instituts Confucius.
Récit national et réécritures de l’histoire : face au grand récit unique que le Parti veut imposer, nombre d’historiens soulignent la pluralité d’approches, la difficile application à l’histoire de la Chine des grandes étapes historiques imaginées par Marx et Engels, sachant que des contre-récits au discours officiel sont portés par le cinéma. Modes de contrôle de la société civile : la vie intellectuelle se déploie sur fond des rapports de force entre le Parti et la société civile.
Elle passe depuis 1989 par l’essor d’intellectuels non- institutionnels, de groupes plus ou moins formels de parole où chacun dit la réalité de sa vie, loin des récits officiels ; mais aussi par le système du crédit social, plus complexe que la simple vidéo-surveillance des populations, et la vitalité d’une religion bouddhiste qui doit à chaque instant négocier sa place et son rôle avec le Parti. Points de tensions : la réalité résiste à son enfermement dans les grilles de la pensée officielle : le socialisme aux caractéristiques chinoises est ni plus ni moins qu’un capitalisme d’Etat ; l’intégration harmonieuse des peuples a le visage du génocide des Musulmans au Xinjiang, "nouvelle frontière" de la purification nationale ; les conflits de l’eau au Tibet font rage au détriment de la population ethnique locale.
Enfin, l’image que la Chine entend donner d’elle est fortement fissurée par les crises sanitaires et environnementales, dont la dernière en date sévit encore partout dans le monde.

. Cédric Tellenne, Géopolitique des énergies, Paris, La Découverte, février 2021.

L’énergie se prête bien à l’analyse géopolitique, conçue comme l’étude des relations entre pouvoirs et territoires. Rien n’est possible dans le monde sans recours à l’énergie, et les rivalités et conflits que son exploitation toujours croissante suscitent sont omniprésents à toutes les échelles de l’analyse géographique, de l’international au local. Cet ouvrage s’intéresse aux effets de la transition énergétique et écologique en cours sur la transformation de ces rapports de forces, mais également sur les reconfigurations des échanges internationaux et de la coopération interétatique.
Les alternatives aux hydrocarbures s’élaborent depuis les années 1970, mais la révolution actuelle des pétroles et gaz de schiste bouleverse en profondeur la question des énergies sous un angle géoéconomique, géopolitique et environnemental. Ainsi, à l’ère de l’économie numérique et des territoires " virtuels ", la matérialité des énergies nous ramène à l’essentiel, c’est-à-dire les pieds sur terre, au coeur d’un " grand jeu " sans cesse réinventé au sein duquel les Etats font leur retour après des décennies de déréglementation.

. Gilles Kepel, Alliances et ruptures – En Méditerranée et au Moyen-Orient, Paris, Gallimard, février 2021.

L’an 2020, marqué par la Covid-19 et l’effondrement du marché pétrolier, est celui de tous les bouleversements depuis le Moyen-Orient jusqu’aux banlieues de l’Europe. Le conflit israélo-palestinien se fragmente avec, d’un côté, "l’entente d’Abraham", qui va de Washington à Abou Dhabi et Khartoum en passant par Jérusalem, agrège le Caire et Riyad, et lorgne sur Bagdad ; de l’autre "l’axe fréro-chiite" qui rassemble Hamas, Qatar, Turquie et Iran, avec le soutien ponctuel de Moscou.
Dans ces convulsions sismiques, Beyrouth explose, réfugiés et clandestins affluent en Europe, et le président turc Erdogan tente de refaire d’Istanbul le centre de l’islam mondial. Enfin, le terrorisme frappe à nouveau, en France et en Autriche, au nom d’un jihadisme sans organisation. Il s’appuie sur une atmosphère créée par des entrepreneurs de colère mobilisant foules et réseaux sociaux du monde musulman face à l’Occident -alors que Joe Biden doit restaurer la confiance des alliés de l’Amérique.
Poursuivant la réflexion engagée dans Sortir du Chaos, succès français et international, Gilles Kepel propose, cartes et chronologie à l’appui, la mise en perspective indispensable de l’actualité pour comprendre les grandes transformations de demain.

. Hakim El Karoui, Benjamin Hodayé, Les militants du djihad – Portrait d’une génération, Paris, Fayard, janvier 2021.

Alors que s’achève une décennie scandée par de nombreux départs pour la Syrie et de multiples attentats, le djihadisme continue d’ensanglanter la France et de menacer l’avenir. Mais qui sont vraiment ceux qui ont consacré leur vie, et parfois leur mort, à cette cause ? Quel itinéraire les a conduits à cet engagement extrême ? A partir d’une enquête inédite par son ampleur rassemblant plus de 1 400 profils issus de quatre pays (France, Royaume-Uni, Belgique et Allemagne), ce livre brosse le portrait d’une génération de militants : ces femmes et ces hommes européens, ces musulmans parfois convertis qui, de 2010 à 2019, ont choisi le djihadisme.
Grâce à la profondeur de leurs données, Hakim El Karoui et Benjamin Hodayé dépassent les débats passionnés, souvent fondés sur des cas isolés. Ils étudient les parcours des djihadistes suivant trois axes : sociologique, puisque ces individus viennent presque tous des mêmes milieux sociaux, et que leurs failles personnelles peuvent les rendre vulnérables aux discours radicaux ; religieux et idéologique, pour décrypter les chemins spirituels qui peuvent mener au djihadisme, notamment via l’influence du salafisme ; militant, en reconstituant les réseaux à l’échelle locale, ce qui révèle la mécanique exacte du recrutement.
Ainsi sont réunis les fils des parcours individuels, qui forment une toile inquiétante. Car le djihadisme n’a pas été vaincu. Ses racines sont toujours là, chaque attentat nous le rappelle douloureusement. Et l’analyse prospective présentée est alarmante, même si beaucoup de progrès ont déjà été faits. Reste désormais à prévenir ce phénomène et à désengager ses militants. Normalien, agrégé de géographie, ancien conseiller du Premier ministre (2002-2005), Hakim El Karoui est Senior Fellow de l’Institut Montaigne et est notamment l’auteur de Réinventer l’Occident (Flammarion, 2010), de L’Islam, une religion française (Gallimard, 2018) et des rapports "Un islam français est possible" (2016), "La Fabrique de l’islamisme" (2018) et "Les quartiers pauvres ont un avenir" (2020).

. Ibrahima Konaté, Confran, berceau des grands empires du Mali, Paris, L’Harmattan, décembre 2020.

Ce livre traite des origines des grands conquérants du Mali à partir des Konaté et Keïta depuis l’arrivée de l’Islam en Afrique au VIIe siècle jusqu’à la période coloniale à l’indépendance des pays africains. L’ouvrage relate le fruit d’une civilisation orale transmise de père en fils par les griots qui peuvent remonter à plusieurs générations, assorties d’images et de témoignages des acteurs de cette période riche et mouvementée. Enfin, des archives familiales y sont présentées.

. Véronique Molinari, Philippe Gréciano, Delphine Deschaux-Dutard, L’Europe et le monde anglophone : une relation ambiguë, Paris, Mare et Éditions, janvier 2021.

Les relations internationales se sont complexifiées depuis que le Royaume-Uni ne fait plus partie de l’Union européenne. Si les questions soulevées par le Brexit et par les turbulences transatlantiques sous l’ère Trump se posent en termes historiques, politiques et stratégiques, il s’agit avant tout d’une remise en question des fondements et des actions de l’Europe. Quelles sont les priorités de l’Europe ? Quelles leçons tirer du passé ? Quelles sont ses relations avec le monde anglophone ? Pour répondre à ces questions, ce livre fait le point sur la situation et propose quelques pistes de réflexion sur un sujet d’actualité.

. Georges-Henri Soutou (dir.), L’action extérieure de la France, PUF, 2020.

Si encore fin 2017, nous paraissions nous trouver dans un univers relativement prévisible, où la mondialisation se développait de façon irrésistible, en 2019, la donne a profondément changé : la crise économique revient, les Etats-Unis ont entamé une guerre commerciale avec la Chine et l’Europe et leur président n’hésite pas à rompre avec une série d’orientations fondamentales de la politique américaine depuis les années 1950, le Moyen-Orient est plus agité que jamais et la puissance commerciale de la Chine inquiète de plus en plus les Européens. En 2017, il s’agissait d’adapter la France à la mondialisation, en 2019 il s’agit de la préparer au temps d’arrêt de cette dernière. Et peut-être à une nouvelle récession mondiale. La plupart des paramètres de l’action extérieure de la France s’en trouvent très sérieusement remis en cause.

Durant un an, l’Académie des sciences morales et politiques a engagé une réflexion sur l’organisation, les moyens et l’action des pouvoirs publics dans le domaine de la politique extérieure de la France, que ce soit sous l’angle historique, culturel, militaire ou géopolitique. Cet ouvrage est le fruit des contributions des académiciens et de personnalités invitées au cours de cette année de réflexion sur les enjeux et les modalités de l’action extérieure de la France.

. Antoine Courmont, Quand la donnée arrive en ville – Open data et gouvernance urbaine, PUG, janvier 2021.

Gouverner la ville et /ou gouverner les données ? En quoi les données participent-elles à recomposer la gouvernance urbaine ? Ces dernières années, les données sont devenues un enjeu central pour de nombreuses métropoles, qui en fonction d’elles, développent des stratégies, mettent en oeuvre des instruments, transforment leur organisation et créent de nouveaux métiers. En s’appuyant sur une enquête ethnographique de quatre années au sein d’une collectivité française, le livre propose une analyse, au plus près des acteurs, sur la manière dont la gouvernance urbaine est modifiée par ce phénomène nouveau de la mise en circulation des données.

Au point de se demander si, à l’ère du numérique, les données ne sont pas devenues un outil de pouvoir à maîtriser pour gouverner la ville...

. Franck Gaudichaud, Thomas Posado, Gouvernements progressistes en Amérique latine (1998-2018), La fin d’un âge d’or, Rennes, PU Rennes, janvier 2021.

Le "virage à gauche" de l’Amérique latine a suscité un intérêt à la fois politique et académique. Aujourd’hui, le reflux - voir la fin - de ces gouvernements progressistes est réel. Dans cet ouvrage collectif de recherche, nous proposons un bilan critique de ces expériences, essentiellement pour la période 1998-2018. Au niveau géopolitique, la tutelle étasunienne a été bousculée et la Chine est montée en puissance.

Les politiques économiques ont été empreintes de la dépendance aux matières premières et à diverses formes d’extractivisme. Nous étudions également le rapport aux mouvements sociaux, dans les quartiers, les syndicats ou le champ de l’éducation. Si l’on peut distinguer des caractéristiques communes, nous proposons aussi une analyse de conjonctures spécifiques : du géant brésilien où les ultra-conservateurs connaissent une dynamique fulgurante, à la crise vénézuélienne dont il est difficile d’entrevoir une issue, en passant par la répression de l’exécutif d’Ortega au Nicaragua, la coalition sociale-démocrate longtemps au pouvoir en Uruguay ou la présidence d’Evo Morales en Bolivie.

Nous avons ainsi recueilli les contributions des meilleurs spécialistes de la région, articulées avec les enquêtes de terrain de jeunes chercheurs, pour proposer une compréhension globale de la conjoncture actuelle de l’Amérique latine, au-delà des clichés dont elle est souvent victime.

. Frédéric Mérand, Un sociologue à la Commission européenne, Paris, Presses de Sciences Po, janvier 2021.

" Chercheur embarqué ", Frédéric Mérand a pu faire une immersion au sein du cabinet du commissaire européen Moscovici entre l’été 2015 et l’automne 2019. Passant deux mois par an au Berlaymont , il a suivi l’évolution de chaque dossier (crise du Grexit, surveillance budgétaire, taxe sur les GAFA, etc.) presque en temps réel. De la cantine aux rencontres internationales, il a observé le commissaire et son cabinet.

Il a recueilli au quotidien, leurs stratégies et leurs espoirs mais aussi leurs étonnements, leurs craintes et leurs déceptions. L’objectif, scientifique, n’était pas de savoir si la politique menée fut bonne ou mauvaise, mais de comprendre et de raconter comment elle s’est faite dans les pratiques. Un voyage unique dans les arcanes de la politique européenne.

. Gilles Kepel, Sortir du chaos – Les crises en Méditerrannée et au Moyen-Orient, Paris, Gallimard, février 2021.

L’horreur du "califat " de Daesh au Levant entre 2014 et 2017 et son terrorisme planétaire ont été une conséquence paradoxale des "printemps arabes" de 2011. Pourtant ceux-ci avaient été célébrés dans l’enthousiasme des slogans démocratiques universels et de la "révolution 2. 0". Comment s’est installé ce chaos, et peut-on en sortir pour de bon après l’élimination militaire de l’"Etat islamique" ? Ce livre replace les événements en contexte, depuis la guerre d’octobre 1973 (du "Kippour" ou du "Ramadan"), suivie de l’explosion des prix du pétrole et de la prolifération du jihad, à travers ses trois grandes phases depuis l’Afghanistan et Al-Qaïda.

Puis il propose le premier récit complet rétrospectif des six principaux soulèvements arabes, de la Tunisie à la Syrie. Il expose enfin lignes de faille et pressions migratoires en Méditerranée et au Moyen-Orient, et éclaire les choix décisifs qu’auront à faire Emmanuel Macron, Donald Trump ou Vladimir Poutine, ainsi que les peuples et les dirigeants de cette région - mais aussi les citoyens de l’Europe.

Nourri de quatre décennies d’expérience, de séjours sur le terrain, avec des cartes inédites, Sortir du chaos est de la plume de Passion arabe et offre la précision de Terreur dans l’Hexagone - les deux grands succès récents de l’auteur.

. Jean de Gliniasty, Petite Histoire des relations franco-russes, Paris, L’inventaire, février 2021.

La France et la Russie ont noué, depuis la fin du XVIe siècle, des relations exceptionnelles dans les domaines culturel, intellectuel, économique et parfois politique. Elles constituent aujourd’hui un thème de débat enflammé à Paris et sont une priorité de la diplomatie d’Emmanuel Macron. Ambassadeur de France en Russie de 2009 à 2013, Jean de Gliniasty directeur de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), offre au lecteur un historique des relations entre les deux pays, ainsi qu’une réflexion sur leur évolution.

. Thomas Gomart, Guerres invisibles – nos prochains défis géopolitiques, Paris, Tallandier, janvier 2021.

Après avoir décrypté dans L’Affolement du monde, les principaux enjeux auxquels nous sommes confrontés, Thomas Gomart analyse dans ce nouvel essai les grands défis géopolitiques et géoéconomiques - visibles et invisibles - qui se dessinent.
La pandémie mondiale a modifié les équilibres entre Asie et Occident et scellé la rupture entre la Chine et les Etats-Unis, accentuant la désoccidentalisation du monde. Deux lignes de fond convergent : la dégradation environnementale et la propagation technologique, sur lesquelles se joueront les principales rivalités stratégiques, les activités économiques et les transformations politiques et sociales.
Cet essai captivant et accessible vise à éclairer le lecteur sur les conséquences des grands mouvements de fond qui se déroulent sous nos yeux - guerre environnementale, rivalités commerciales et inégalités - et à mettre en lumière les mécanismes invisibles de la compétition des puissances en abordant les guerres souterraines que livrent les systèmes financiers, les paradis fiscaux, les mafias, les incubateurs technologiques, la suprématie des Gafas sur les Etats, les services de renseignements etc...
Pour aller au bout de son analyse, l’auteur avance pour chaque chapitre, les « intentions cachées » des grandes puissances : Etats-Unis, Chine, Europe... Enfin, il se penche plus précisément sur la manière dont la France pourrait relever ces défis majeurs et quel rôle elle peut encore jouer dans ce « nouveau grand jeu » qui semble nous échapper de plus en plus.

. Alain Lempereur, Puissance de la médiation contre la guerre civile, Paris, Descartes&Cie, janvier 2021.

Comment inverser les spirales d’escalade, ramener la paix dans un conflit collectif et même en guerre civile ; en somme, rapprocher des adversaires de longue date ? Comment les aider à se reparler, s’écouter, négocier et s’accorder ? L’intensité des conflits partout dans le monde, au Moyen Orient ou en Afrique, en Amérique ou en Europe, appelle à un changement radical pour moins s’agresser, s’ignorer ou se détruire.

La médiation a le pouvoir d’y contribuer. C’est dans l’Afrique des Grands Lacs que l’auteur a facilité des rencontres entre représentants de forces ennemies. Il en présente le récit dans ce livre. Comment agit-il, en pleine conscience des contextes sensibles où il intervient ? Comment des parties qui se haïssent arrivent-elles déjà à se réunir dans un même espace, à recréer la confiance, à dialoguer, à s’expliquer et se reconnaître, sans renoncer à leurs convictions ? Comment, par le dialogue, saisissent-elles le pouvoir inouï d’une négociation responsable et en tirent-elles des joies inespérées ? En consacrant quelques jours de leur vie à une telle rencontre improbable, des opposants, sensibilisé par un tiers extérieur, ont redécouvert l’humanité de leurs ennemis.

Cette expérience nouvelle a mobilisé des expériences de communication et des jeux de rôles. Des échanges approfondis ont favorisé des relations apaisées, mais aussi des solutions mutuellement bénéfiques. Ces ateliers de médiation ont transformé la manière dont nombre de participants ont négocié leur sortie du conflit. L’auteur, réaliste, prouve aussi que le succès ne se vérifie qu’une fois que les accords obtenus sont exécutés dans les faits et consacrés dans la durée.

. Christophe Vuilleumier, Le renseignement dans les pays neutres, Paris, Slatkine, janvier 2021.

Militaire, économique ou politique, les services de renseignement ont connu au cours du XXe siècle des phases successives, inhérentes aux époques, aux tensions internationales, aux nationalités des services concernés ainsi qu’aux pays dans lesquels ils ont étendu leurs activités. Les pays neutres, comme la Suisse, durant les deux guerres mondiales, ont joué en l’occurrence des rôles éminemment importants en raison des espaces de négociation qu’ils ont représentés et des situations spécifiques qu’ils occupaient.
Ces aspects sont étudiés depuis quelques années seulement, grâce à l’ouverture d’archives, longtemps classifiées. Cet ouvrage, issu du colloque de Genève 2018 de l’ASHSM, porte sur plusieurs thématiques méconnues, comme le développement de l’espionnage allemand sur le sol de la Confédération après la Première Guerre mondiale, l’existence des services de renseignement polonais en Suisse pendant la Seconde Guerre mondiale, le fonctionnement des services de renseignement helvétique au cours de ce conflit, ou l’activité des services secrets étrangers en Suisse durant la Guerre froide.

. Kamala Marius, L’Inde, une puissance vulnérable, Paris, Bréal, février 2021.

En dépit de la montée en puissance du nationalisme hindou et à l’exception de la période d’état d’urgence (1975-1977), la République indienne essaie de préserver depuis près de soixante-dix ans un système démocratique et laïc (séculariste) grâce à un pouvoir judiciaire indépendant qui fait respecter l’autorité de la loi et les droits fondamentaux. Même si l’Inde, ce géant démographique de 1,350 milliard d’habitants sans compter sa diaspora (28 millions de personnes), a rattrapé la France en étant la 6e puissance économique mondiale, cette croissance est très inégalement répartie tant sur le plan socioéconomique que géographique.

Comment ce pays émergent entre puissance et vulnérabilité arrivera-t-il à relever les nombreux défis en matière de justice sociale et environnementale et à maintenir cette stabilité dans un environnement régional et mondial troublé ?

. Khadija Mohsen-Finan, Tunisie, l’apprentissage de la démocratie, Paris, Nouveau monde, janvier 2021.

En janvier 2011, une foule compacte investit les rues de Tunis et prend des allures de peuple insurgé. Le départ de Ben Ali, le 14 janvier 2011, lui donne la conviction qu’elle est en train de jouer un rôle majeur dans la vie politique du pays. Le peuple entend renouveler les élites et mettre fin aux clientélismes. Rapidement, l’union nationale laisse place à des affrontements, certains voulant conserver des pans du passé politique, ou sur la question de la place de l’islam.

Les élections législatives et présidentielles de 2011 et de 2019 qui encadrent cette décennie de transition auront finalement été les seuls moments où le clivage " moderniste" / islamiste laissait place à la volonté populaire, dans un élan révolutionnaire ou dans le cadre d’un populisme qui s’impose sur la scène politique en 2019. Historienne et politologue, Khadija Finan brosse l’histoire de cette décennie sans pareille en l’inscrivant dans l’histoire longue de la Tunisie.

Elle met l’accent sur sa singularité : la transition tunisienne, unique dans la région, constitue au coeur du monde arabe un laboratoire de modernité politique. L’auteure s’attache à montrer les difficultés inhérentes à l’apprentissage de la démocratie dans un pays qui a tourné la page de l’autoritarisme, sans rompre avec son passé politique. Le comportement des acteurs politiques, comme les attentes citoyennes attestent de cette ambivalence.

Cet essai décrit l’émergence de forces politiques, dans une démocratie balbutiante et fragilisée par les luttes de pouvoir entre formations antagonistes qui paralysent le pays. La précarité économique est aggravée par la situation sécuritaire puis par la pandémie de coronavirus. La transition doit également prendre en compte les effets de la géopolitique régionale, avec le soutien du Qatar aux islamistes d’Ennahda, et l’appui des Emirats arabes unis au camp moderniste.

Khadija Mohsen-Finan enseigne sur le Maghreb à l’université de Paris 1 (Panthéon-Sorbonne). Elle est l’auteure de nombreux articles et ouvrages, parmi lesquels Le Maghreb dans les relations internationales (CNRS 2011), L’Image de la femme au Maghreb (Actes Sud 2008) et, avec Pierre Vermeren, Dissidents du Maghreb (Belin, 2018).

. Frédéric Thomas, Soulèvements populaires – Points de vue du Sud, Paris, Syllepse, janvier 2021.

La simultanéité, l’ampleur et la radicalité des soulèvements populaires de l’automne 2019 au Chili, en Equateur et au Liban surprennent. Elles obligent à réévaluer d’autres mouvements, débutés plus tôt et toujours en cours – en Haïti, au Soudan, en Algérie, à Hong Kong... –, et à porter un regard plus attentif sur la conflictualité sociale dans le monde. Au-delà des affinités relevées, la coïncidence dans le temps et la diffusion dans l’espace marquent-elles un nouveau "printemps des peuples" ? Si les revendications et les modes d’action convergent jusqu’à un certain point, le développement des luttes demeure tributaire du mode de gestion étatique de la contestation et de la cohésion des élites au pouvoir.

Et les soubassements politiques et moraux de ces mobilisations sont ancrés dans des histoires nationales, dont l’héritage est revendiqué. Le visage des révoltes – celui d’une jeunesse urbaine précarisée au sein de laquelle les femmes jouent un rôle important –, ainsi que l’évidence médiatique de ressorts communs – l’utilisation des réseaux sociaux, le recours aux cultures populaires, la spontanéité et l’horizontalité des modes d’organisation...
– méritent d’être interrogés. Ces soulèvements répondent à des contextes particuliers, mais traduisent aussi de nouvelles circulations internationales des luttes. Assiste-t-on dès lors à une mondialisation de la protestation sociale ?

. S. Gajic, Le jeu des négociations entre l’Union européenne et la Serbie. Les critères politiques (2000-2020), Paris, Coédition Fondation Varenne, décembre 2020.

La Serbie n’est certainement pas ce que l’on pourrait désigner comme étant un Etat typique de l’Europe centrale et du Sud-Est. Alliée fidèle de la Russie et de la Chine, elle a subi les plus longues sanctions internationales en Europe et des bombardements de l’OTAN. Depuis la chute du régime de Milosevic en 2000, l’enfant terrible du continent a vocation à adhérer à l’Union européenne, or la tendance n’est clairement pas à l’élargissement.
Face aux nombreuses crises, l’UE parait impuissante à plusieurs égards. Toutefois, malgré les doutes de part et d’autre, Bruxelles ne peut pas se permettre de ne pas tendre la main à la Serbie qui a une place centrale dans les Balkans. Belgrade s’est ainsi engagé à aligner sa législation sur l’acquis. Or, sur fond d’acculturation et de déculturation juridique, des voix s’élèvent contre les réformes en chaîne dans le seul but d’intégrer l’organisation européenne.
L’un des objectifs de cette thèse est d’éclairer la nature et l’avancée de ces réformes à travers les critères politiques d’adhésion. L’étude des négociations entre Bruxelles et Belgrade est aussi l’occasion d’apporter un éclairage sur le fonctionnement de l’organisation européenne et de constater les limites de l’ambiguïté constructive chère à l’UE.

. Antoine Ullestad, Les frontières extérieures de l’Union européenne – Étude de l’internationalisation du marché intérieur, Paris, l’Harmattan, octobre 2020.

La mondialisation interroge la frontière et le dogme qui veut qu’elle soit un objet indépassable. La représentation d’une ligne nette et tranchée séparant de manière catégorique et intemporelle un dedans et un dehors n’est peut-être plus la seule forme juridique possible de la frontière. L’établissement d’un village-global ayant fait disparaître toute forme de démarcation n’est peut-être pas non plus irrémédiable (ou irréversible ?).

Et si la mondialisation était l’occasion d’adjoindre à cette notion vieille comme le temps un ensemble de nouveaux éléments définitionnels susceptibles de la mettre en adéquation et en tension avec les évolutions instables de l’économie, les configurations sécuritaires changeantes du temps présent et les impératifs idéologiques fluctuants des sociétés actuelles ? La mondialisation est ainsi l’occasion de penser la frontière autrement et de se confronter sincèrement à deux questions : quelle frontière recherchons-nous ? Et de quelle frontière avons-nous besoin ?

. Dilma Rousseff, Qui croit, lutte – Discours devant le sénat brésilien lors du procès en destitution suivi de Le Coup d’état, un processus, Paris, Unes, novembre 2020.

Le 29 août 2016, la présidente Dilma Rousseff prononce un discours historique devant le Sénat brésilien. Alors qu’elle est l’objet d’une procédure de destitution pour des opérations comptables liées à la gestion du déficit de l’Etat brésilien, son ultime plaidoirie ne parvient pas à convaincre la chambre haute de son innocence. Son éviction met fin à un règne de treize ans du Parti des Travailleurs à la tête de l’exécutif fédéral, et constitue une étape essentielle dans la profonde crise qui touche le Brésil depuis 2013.

Dilma Rousseff, qui avait succédé à Lula dans un climat d’euphorie économique et sociale, a vu la situation du pays se dégrader et les scandales de corruption toucher jusqu’à son propre camp. Au lendemain de sa réélection surprise, l’opposition conservatrice se lance à corps perdu dans des procédures juridiques visant à la renverser, pendant que s’amorce l’essor irrésistible de l’extrême droite fondé sur le rejet de la classe politique.

Ce discours est un témoignage solennel laissé à l’histoire. Il affirme, au-delà de ses erreurs et des compromissions de son parti, que la présidente a été victime d’un coup d’Etat dont la forme juridique est adaptée au discrédit qui frappe la violence politique explicite. En rappelant son parcours personnel et les principes de la Constitution, Dilma Rousseff incarne la résistance au nom de l’Etat de Droit et de la souveraineté populaire.

En s’élevant à la hauteur de son mandat et de la postérité, elle encourage à surmonter l’injustice et à préparer les prochaines luttes.

. Dipesh Chakrabarty, Provincialiser l’Europe – La pensée postcoloniale et la différence historique, Paris, Amsterdam Éditions, novembre 2020.

L’Europe n’est plus le centre du monde. Pourtant, les catégories de pensée et les concepts politiques occidentaux continuent de régir les discours produits sur les mondes non occidentaux, perpétuant l’idée selon laquelle l’histoire de l’ensemble des sociétés humaines devrait être lue au prisme de l’évolution de ce continent. Or le capitalisme n’a pas réussi à unifier l’humanité. S’il s’est mondialisé, il ne s’est pas universalisé.

D’où la nécessité de provincialiser l’Europe, autrement dit de reconnaître que l’appareil scientifique occidental ne suffit pas à comprendre nombre d’éléments des sociétés et des cultures des pays du Sud. Dipesh Chakrabarty montre dans ce classique de la pensée postcoloniale que le temps historique est pluriel, que les sociétés participent de temporalités hétérogènes constitutives d’une multiplicité irréductible de manières d’être au monde.

Ce faisant, il invite à penser la diversité des formes que peut prendre la modernité politique ainsi que des futurs qui se construisent aujourd’hui.

. Marc Trévidich, Le roman du terrorisme, Paris, Flammarion, novembre 2020.

"Je ne sais pas grand-chose de mes ancêtres, sinon qu’ils remontent au début de l’humanité, dès que l’homme voulut posséder du pouvoir sur ses semblables et que la mort lui fit peur". Un acte terroriste ne se réduit pas au chaos qu’il provoque : il répond et s’articule, depuis la nuit des temps et sur tous les continents, autour de sept préceptes, sept piliers fondateurs. Dans ce livre, qui retrace l’histoire du terrorisme depuis sa naissance dans la Perse du XIe siècle jusqu’à aujourd’hui, le juge Marc Trévidic décortique cette méthode d’action et de pensée en s’appuyant sur son expérience en tant que juge d’instruction au pôle antiterroriste.

Le roman du terrorisme est un récit captivant sur le sujet le plus brûlant de notre époque, qui donne la parole à la méthode terroriste elle-même. C’est en effet le terrorisme personnifié qui s’exprime dans ce texte d’une rationalité glaçante et d’une ironie mordante, illustrant son propos d’exemples véridiques et de faits inédits.

. Philippe Ratte, Les nouveaux déséquilibres du monde, Paris, Ginkgo, décembre 2020.

L’une des caractéristiques de ce début de XXIe siècle est sans doute la multiplication de ce que l’on appelle les menaces globales. Les déséquilibres de toutes natures se sont ajoutés les uns aux autres. Aujourd’hui, leur accumulation finit par donner à notre planète un tour préoccupant, voire inquiétant. Armes de destruction massive, terrorisme, migrations, mondialisation : les défis que l’humanité doit affronter ne manquent pas.
Elles ont toutes en commun d’avoir quelque chose à voir avec des problèmes d’identité. En revanche, le dérèglement climatique, la pandémie de covid 19, relèvent d’une toute autre catégorie. Il ne s’agit plus d’une question de perception au sein de certains groupes humains mais d’un problème objectif qui impacte toute la population du globe. C’est donc dans une ambiance internationale passablement désenchantée, que la Fondation pour la Prospective et l’Innovation a consacré son Forum annuel du Futuroscope pour 2020 à réfléchir à cette évolution.

. Antoine Courmont, Quand la donnée arrive en ville – Open Data et gouvernance urbaine, Paris, PUG, janvier 2021.

Gouverner la ville et /ou gouverner les données ? En quoi les données participent-elles à recomposer la gouvernance urbaine ? Ces dernières années, les données sont devenues un enjeu central pour de nombreuses métropoles, qui en fonction d’elles, développent des stratégies, mettent en oeuvre des instruments, transforment leur organisation et créent de nouveaux métiers. En s’appuyant sur une enquête ethnographique de quatre années au sein d’une collectivité française, le livre propose une analyse, au plus près des acteurs, sur la manière dont la gouvernance urbaine est modifiée par ce phénomène nouveau de la mise en circulation des données.

Au point de se demander si, à l’ère du numérique, les données ne sont pas devenues un outil de pouvoir à maîtriser pour gouverner la ville...

. Gabriel Amvane, L’efficacité du maintien de la paix en Afrique par l’ONU et l’Union Africaine, Paris, L’Harmattan, novembre 2020.

Maintenir la paix et la sécurité internationales est le but primordial de la Charte des Nations Unies au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Toutefois un continent, l’Afrique, s’illustre par un nombre de conflits très important et par les efforts continuels de l’Organisation des Nations Unies à y maintenir la paix, efforts soutenus au niveau régional par l’Union africaine. La persistance des conflits armés sur le continent conduit à se questionner sur l’efficacité du maintien de la paix en Afrique par l’ONU et l’Union africaine, ainsi que sur les mécanismes mis en place par les deux organisations. Pour répondre à cette question, les deux grandes spécificités du maintien de la paix sont abordées : l’aspect institutionnel et l’aspect matériel, envisagé l’un et l’autre du point de vue de leur efficacité.

. Georges-Henri Soutou, L’action extérieure de la France, Paris, PUF, novembre 2020.

Si encore fin 2017, nous paraissions nous trouver dans un univers relativement prévisible, où la mondialisation se développait de façon irrésistible, en 2019, la donne a profondément changé : la crise économique revient, les États-Unis ont entamé une guerre commerciale avec la Chine et l’Europe et leur président n’hésite pas à rompre avec une série d’orientations fondamentales de la politique américaine depuis les années 1950, le Moyen-Orient est plus agité que jamais et la puissance commerciale de la Chine inquiète de plus en plus les Européens. En 2017, il s’agissait d’adapter la France à la mondialisation, en 2019 il s’agit de la préparer au temps d’arrêt de cette dernière. Et peut-être à une nouvelle récession mondiale. La plupart des paramètres de l’action extérieure de la France s’en trouvent très sérieusement remis en cause.

Durant un an, l’Académie des sciences morales et politiques a engagé une réflexion sur l’organisation, les moyens et l’action des pouvoirs publics dans le domaine de la politique extérieure de la France, que ce soit sous l’angle historique, culturel, militaire ou géopolitique. Cet ouvrage est le fruit des contributions des académiciens et de personnalités invitées au cours de cette année de réflexion sur les enjeux et les modalités de l’action extérieure de la France.

. Gilles Dorronsoro, Le gouvernement transnational de l’Afghanisatn – Une si prévisible défaite, Paris, Karthala, décembre 2020.

Ce nouvel essai de Gilles Dorronsoro propose une analyse critique impitoyable des impasses de l’expertise orientaliste et sécurocrate dont la portée comparative, bien au-delà du seul cas afghan, est d’une haute actualité.

. Michel Catal, L’Europe et l’Afrique. Conflits nationaux et coopérations régionales, des indépendances à nos jours, Rennes, PUR, 2020.

Ce volume est consacré à l’histoire des relations entre l’Europe et l’Afrique depuis les indépendances jusqu’aux temps présents, tout particulièrement les crises, les conflits et les coopérations qui opposent ou associent les États et les organisations de coopération régionale. Les questions politiques et militaires, mais également les questions économiques sont au cœur de cette étude, dans une perspective résolument tournée vers l’histoire des relations internationales.

. Philippe Bruyerre, La puissance du vent. Des moulins à vent aux éoliennes modernes, Paris, Presses Universitaires du Mirail, novembre 2020.

L’éolienne est une machine de production présente depuis 1180 en Occident qui, dès l’origine, met en œuvre un principe physique et une architecture globale qu’elle conserve encore aujourd’hui. L’histoire proposée dans le livre s’articule autour de quatre scènes techniques, chacune située à une époque et dans un lieu précis et présentant un type particulier d’éolienne : moulins à huile à Lille aux XVIIIe et XIXe siècles, moulin électrique au Danemark au tournant du XXe siècle, aérogénérateurs en France dans les années 1950 et éoliennes modernes en Allemagne du Nord à la fin du XXe siècle. Pour chacune de ces scènes, les dynamiques techniques et les dynamiques socio-économiques qui façonnent l’éolienne sont présentées à partir d’une analyse historique détaillée. Sur la base de ces histoires, deux indicateurs de long terme sont définis donnant un éclairage nouveau sur l’histoire de cette machine, articulant recherche technique d’efficacité et exigence sociale de régularité de production.

. Jean-Sylvestre Mongrenier, Géopolitique de l’Europe, QSJ n°4177, Humensis, 2020

Si l’Europe ne constitue pas un acteur géostratégique global, elle n’est pas non plus réductible à une simple expression géographique. Berceau de la civilisation occidentale, elle est située à la croisée des menaces, dont certaines portent sur son existence même.
Face à cette situation paradoxale, quels leviers mettre en œuvre ? Une confédération européenne fondée sur la libre collaboration des nations et le « partage du fardeau » au sein de l’Alliance atlantique ne pourrait-elle pas relever les défis qui se posent à elle ?
Jean-Sylvestre Mongrenier livre ici une étude rigoureuse, conduite à différentes échelles spatiales et temporelles, de l’environnement stratégique du Vieux Continent, dont les tenants et les aboutissants sont plus que jamais d’actualité.

. Jean-Sylvestre Mongrenier, Le monde vu de Moscou. Géopolitique de la Russie et de l’Eurasie postsoviétique, PUF, 2020

Étendue de la Baltique à l’océan Pacifique, voisine de l’Europe, du Grand Moyen-Orient et de la Chine, la Russie incarne « l’Eurasie ». Ce concept désormais central dans le discours géopolitique du Kremlin a une fonction polémologique. Alors qu’un arc de crise parcourt la « plus grande Méditerranée », Moyen-Orient compris, et que l’Arctique fait figure de nouveau front stratégique, le projet révisionniste russe consiste à retrouver un statut de puissance globale, à la mesure de son immensité et en opposition à l’Occident.
Dans ce dictionnaire géopolitique complet et pédagogique, Jean-Sylvestre Mongrenier multiplie les perspectives sur la Russie et l’Eurasie postsoviétique en 550 entrées. Il propose une éclairante analyse des rapports de force et permet de comprendre les représentations géopolitiques à travers lesquelles les dirigeants russes pensent le monde pour y agir.

. Alexandre Austin, Des sanctions imposées à l’Iran et de leurs effets, Paris, L’Harmattan, octobre 2020.

Traditionnellement utilisés par les Etats dans le cadre des conflits armés, les embargos et sanctions internationales sont aujourd’hui souvent mis en oeuvre en temps de paix. Après la révolution iranienne de 1979, l’ordre géopolitique mondial a subi des bouleversements. La rupture consommée avec les États-Unis marqua le commencement d’une lutte de pouvoir au Moyen-Orient et d’une politique d’endiguement de la « menace iranienne », accusée de nuire à la stabilité régionale et d’entretenir des ambitions nucléaires hostiles. Cependant, les effets de ces sanctions, loin d’obtenir les résultats escomptés, interrogent quant à l’impact sur la population, notamment sa partie la plus pauvre. L’ouvrage traite d’une opposition fondamentale, celle de la première puissance mondiale et d’un État non-aligné, ainsi que de ses implications universelles.

. Céline Marangé, Maud Quessard, Les guerres de l’information à l’ère numérique, Paris, PUF, janvier 2021.

Depuis la révolution numérique, les conflits géopolitiques se déploient dans des espaces virtuels dont la nature est en constante évolution. Qu’ils soient démocratiques ou autoritaires, les Etats adaptent leur stratégie de puissance de façon à mieux maîtriser les effets de la propagation instantanée de l’information, ainsi que ses nouvelles possibilités de manipulation. Certains utilisent le cyber et les médias pour porter atteinte à la souveraineté de leurs adversaires et perturber le fonctionnement de leur société et de leurs infrastructures de défense.

Cet ouvrage étudie les trois dimensions qui caractérisent les guerres de l’information. Il explore le fonctionnement technique des conflits informationnels (couches basses de l’Internet, ciblage et amplification). Il examine ensuite les stratégies de plusieurs acteurs-clef de la scène internationale (Chine, Russie, États-Unis, Grande Bretagne, France, Japon), mais aussi d’Etats pivots (Iran, Israël) et de pays relativement isolés (Corée du Nord, Qatar).

Enfin, il s’interroge sur les réponses juridiques et institutionnelles apportées pour répondre à la désinformation et réguler ces nouveaux espaces de conflictualité.

. Christophe Dickès, Les lois de la politique étrangère selon Jacques Bainville, Paris, L’artilleur, novembre 2020.

Connu pour sa remarquable biographie de Napoléon et son Histoire de France, constamment rééditées jusqu’à nos jours, Jacques Bainville fut aussi un analyste hors pair de la politique internationale. La diffusion de ses idées et de ses écrits allait bien au-delà de sa famille politique, l’Action française. Bainville considérait que la politique est régie par des lois et qu’elle est toujours l’oeuvre des hommes. De l’expérience de ceux-ci et des grandes permanences de l’histoire, il est possible de déduire le futur et de se prémunir par l’action des dangers qu’il recèle.

Dans un livre prophétique. Les conséquences politiques de la paix, publié en 1919, Bainville annonça tout l’entre-deux-guerres : l’avènement de Hitler, l’Anschluss, l’invasion de la Tchécoslovaquie, le pacte germano-soviétique, l’agression contre la Pologne et la nouvelle guerre européenne qui s’ensuivit. Jacques Bainville ne fut pas écouté. Il mourut en 1936, avant la catastrophe que la France n’avait pas su conjurer.

. François de Teyssier, Gilles Baudier, La Construction de l’Europe, Paris, Que sais-je ?, février 2021.

Cet ouvrage part d’une idée simple : pour comprendre la construction de l’Europe, il faut réfléchir à son histoire ; pour saisir les raisons de certaines évolutions, il faut évoquer des principes économiques ; pour envisager l’avenir, il faut comprendre les enjeux politiques. Aussi les auteurs présentent-ils l’Europe selon trois dimensions : culture, espace, puissance. La première partie, " Culture et histoire ", analyse les événements ayant marqué depuis l’Antiquité la construction de l’Europe ; la deuxième, " Espaces et organisations ", explique le fonctionnement de l’Union européenne ; enfin, " L’Europe puissance " ouvre des perspectives sur l’avenir de la construction européenne en ce début de troisième millénaire.

. Yann Le Bohec, La première marine de guerre romaine. Des origines à 241 av.J-C, Paris, Illustoria, novembre 2020.

Le grand historien grec Polybe a affirmé que les Romains n’avaient pas de marine militaire en 264 av. J.-C., au moment où ils ont engagé la première guerre punique, et qu’ils ont créé des navires et des flottes à la suite de miracles. Comme il écrivait bien, ses lecteurs l’ont cru sur parole.

Mais les miracles n’ont pas leur place en histoire. De plus, des textes et des faits contredisent cette affirmation. Les Romains ont eu très tôt la maîtrise de la mer, ce qui leur a permis de vaincre les Carthaginois à plusieurs reprises et de remporter ce conflit.

C’est ce que nous prouve ce livre.
"Lorsqu’ils [les Romains] décidèrent de faire passer leurs troupes [en Sicile], à Messine, ils ne possédaient pas de vaisseaux pontés, ni de transports, pas même un petit bateau, mais seulement des bâtiments à cinquante rames et des trirèmes, qu’ils avaient empruntés à Tarente, à Locres, à Élée et à Naples," POLYBE (1,3).

. Bénédicte Renaud-Boulesteix, Modernité politique et bien commun. La pensée anti-libérale catholique et la crise du libéralisme dans l’entre-deux-guerres, Paris, Herman, novembre 2020.

La Première Guerre mondiale et ses suites ont profondément déstabilisé les rapports d’équilibre des puissances européennes. La profondeur de cette remise en cause se mesure dans l’analyse critique portée par les anti-libéraux sur la faillite d’un système moral et politique. Parmi ceux-là, certains penseurs catholiques proposèrent une alternative à l’ordre libéral durant l’entre-deux guerres. Rouvrant à nouveaux frais la question de l’unité théologico-politique au sein de la cité moderne, ces penseurs n’eurent de cesse de définir les fondements moraux d’une vie collective orientée vers la réalisation d’un bien commun, gage d’une paix solide, selon eux.

Un tel effort, s’il doit être pris au sérieux dans les questions qu’il pose, révèle des limites irréductibles à sa validité théorique et pratique, soulignant ainsi la force et la fragilité d’une paix libérale et démocratique.

. Hervé Drévillon, André Loez, Mondes en guerre – Tome III. Guerres mondiales et impériales. 1870-1945, Paris, Passés Composés, octobre 2020.

Explorer la diversité des pratiques guerrières sur tous les continents depuis la préhistoire jusqu’à nos jours, telle est l’ambition des Mondes en guerre. Dès l’Antiquité, objet du premier volume, la formation d’empires alimenta un vaste processus de confrontations et d’échanges militaires, avant que l’ère des Grandes Découvertes, au départ du second volume, ne déclenche l’intégration de tous les continents dans un espace martial unifié.

Ce troisième tome explore les guerres mondiales et impériales entre 1870 et 1945, séquence historique où la puissance nouvelle des armes industrielles marque tant d’espaces, de l’Afrique colonisée aux tranchées de la Somme, des steppes de Russie aux immensités du Pacifique. À travers une analyse sur la longue durée d’une période marquée par la sujétion du globe aux grandes puissances militaires, et par une approche thématique – les combattants, les armes, les empires, les mobilisations, les refus ou encore les crimes de guerre –, les auteurs, sous la direction d’André Loez, mêlent histoire au ras du sol, donnant leur place à tous les acteurs ordinaires, et questionnement global sur l’importance des guerres pour les sociétés qui les traversent. Texte, iconographie et cartes inédites permettent ainsi de saisir, dans leur diversité, les expériences humaines de la guerre dans le monde.

. Jean-Claude Camus, Billets en guerre. 1938-1948, Paris, Autrement, novembre 2020.

De 1938 à 1948, la France a connu la guerre, l’Occupation, la Libération et enfin le temps de la reconstruction. Au cours de ces dix années, les billets des Français ont porté les signes de cette histoire, révélant les lignes de fracture entre pays ennemis mais aussi entre nations alliées. Depuis les billets patriotiques imaginés par la Banque de France la veille du conflit aux billets des zones d’occupation française, en passant par ceux conçus par les Américains pour le débarquement et par ceux de la France libre, ce livre propose, au cours d’un récit passionnant et richement illustré, un éclairage inédit de la Seconde Guerre mondiale.

. Olivier Aim, Les théories de la surveillance. Du panoptique aux Surveillance Studies, Paris, Armand Colin, novembre 2020.

Vidéosurveillance de rue, compteurs connectés, fichiers numériques, puces RFID, lois sur le renseignement, géolocalisation, programme « Prism » de la NSA, reconnaissance faciale, traçage, recommandations et offres prédictives de la grande distribution… la surveillance est omniprésente dans les débats publics et semble avoir investi l’ensemble des territoires de la vie quotidienne, accréditant la thèse de l’avènement d’une véritable société de la surveillance généralisée.

Fantasme sécuritaire ou panique liberticide, la surveillance est également devenue un objet de réflexion scientifique, ouvrant un champ de recherche et d’analyse en plein développement : les Surveillance Studies.
En privilégiant une démarche pluridisciplinaire (littérature, philosophie, science politique, sociologie, sciences de la communication) et en prenant en compte les évolutions médiatiques de la société ( écrans, réseaux, plateformes), cet ouvrage propose un panorama complet des théories de la surveillance, des textes fondateurs (Bentham, Taylor, Weber, Foucault, Deleuze…) aux notions les plus récentes (« vigilance », « sousveillance », « capitalisme de surveillance », « shareveillance », « exposition »).
Depuis ces premières approches essentiellement organisationnelles, le champ s’est ouvert à la complexité des enjeux sociaux, politiques et personnels de la nouvelle « économie de la visibilité » numérique, laissant entrevoir l’émergence contemporaine d’une véritable « culture » de la surveillance.

. Yadh Ben Achour, L’islam et la démocratie. Une révolution intérieure, Paris, Gallimard, décembre 2020.

Yadh Ben Achour envisage dans ce livre le "défi démocratique" qu’ont aujourd’hui à relever les sociétés musulmanes. Un défi d’autant plus crucial à ses yeux qu’il est un fervent défenseur de l’universalité démocratique. Il se montre très critique à l’égard des faux-semblants de la prétendue "démocratie islamique" et en appelle contre elle à la longue tradition de l’islam libéral, dont il fait remonter les racines aux penseurs classiques de l’islam, Averroès en tête.
L’obstacle principal à la démocratisation dans les sociétés musulmanes actuelles, montre-t-il, est constitué par un phénomène plus social que religieux, "l’orthodoxie de masse" . Ce qui ne l’empêche pas de déboucher sur une conclusion optimiste : une révolution intérieure est en cours, par laquelle s’opère une lente appropriation des valeurs démocratiques au sein du peuple des croyants.

. Yves Plasseraud, Les Pays Baltiques. Le pluralisme en héritage, éd. Harmeline, 2020

Cet ouvrage présente l´histoire des nombreux peuples qui se sont installés au fil des siècles sur les rives orientales de la mer Baltique des origines jusqu´à nos jours, peuples que l´on apprend à redécouvrir depuis l´indépendance des pays Baltes. Ainsi, si le multiculturalisme est un phénomène récent en Europe occidentale, il est en revanche très ancien dans certains territoires de l´Europe centrale et orientale. C´est le la cas avec les pays Baltes où le il constitue un héritage historique. Néanmoins, le nouveau contexte géopolitique voit de nouvelles menaces peser sur l´avenir des ces « petits États » de la Baltique. Le livre, complété par plusieurs annexes est enrichi de nombreuses cartes et illustrations, visant à donner une approche concrète du destin de ces peuples attachants et trop méconnus

. Daniel Chartier, Olga Lavrenova, Dmitry Zamyatin, Ekatarina Romanova, Oksana Dobjanskaya, Géocultures. Méthodologies russes sur l’Arctique, Québec, Isberg, novembre 2020.

Les articles traduits et réunis dans ce livre témoignent de la vitalité des réflexions sur l’Arctique dans un contexte culturel et social en Sibérie. Nous avons peu de contacts avec les chercheurs russes dans le cadre de la recherche sur le Nord et l’Arctique, et moins encore avec ceux qui vivent dans les territoires froids de la Sibérie. Aussi, les relations avec la République Sakha — la Yakoutie — révèlent un intéressant potentiel de coopération, notamment dans le domaine de l’éducation, des études autochtones, des études culturelles et dans la compréhension générale du monde froid circumpolaire. La Yakoutie, avec ses écarts thermiques spectaculaires et ses records de froid en milieu urbain, mais également avec la prise en main, par les Autochtones, des institutions culturelles et du savoir, permet de mieux saisir la complexité de l’espace culturel arctique.

. Eric Verdeil, Thomas Ansart, Benoît Martin, Patrice Mitrano, Antoine Rio, Atelier de cartographie de Sciences Po, Atlas des mondes urbains, Les Presses de Sciences Po, 2020

Aux sources classiques des organisations internationales et des réseaux de villes, les auteurs de cet Atlas des mondes urbains ont confronté l’éventail des nouvelles possibilités offertes par le numérique, multiplié les échelles et se sont affranchis des spatialités territoriales usuelles. Voici une cartographie inédite de la planète des citadins.

Sept humains sur dix vivent en ville. Des mégapoles se forment sur tous les continents. Partout le bâti s’étale et se standardise, les mondes ruraux disparaissent, les modes de vie s’uniformisent et, dans le même temps, les inégalités se creusent. La généralisation de l’urbain réchauffe la planète, détruit la biodiversité et nous rend encore plus vulnérables face au changement climatique. Mais les villes sont aussi notre bien commun. Elles sont des lieux de production de richesses, d’innovation, de création culturelle, de solidarité et de résilience. Elles fascinent par leur gigantisme, leurs foules et leurs innombrables activités, laissant dans l’ombre une autre réalité : la myriade de villes petites et intermédiaires qui composent l’essentiel des mondes urbains d’aujourd’hui. Celles des pays dits en développement, en particulier, dont les « basses technologies » sont loin d’affecter autant l’avenir de la planète que les métropoles mondialisées.

Pour explorer les mondes urbains, les auteurs de cet atlas ont défriché de multiples champs hétéroclites. Aux sources classiques des organisations internationales et des réseaux de villes, ils ont confronté l’éventail des nouvelles possibilités offertes par le numérique, multiplié les échelles et se sont affranchis des spatialités territoriales usuelles. Voici une cartographie inédite de la planète des citadins.

. Christine Ockrent, La guerre des récits, éd. L’Observatoire, 2020.

La Covid-19 ébranle les grandes puissances qui prétendent à la supériorité de leur modèle.
Xi Jinping a-t-il réussi son pari ? D’une catastrophe sanitaire née sur son sol, il veut faire la démonstration de l’excellence du système chinois. Aide et propagande se confondent. Donald Trump a-t-il perdu sa réélection à force de nier l’évidence et d’ajouter au chaos d’un pays en pleines convulsions raciales et sociales ? La première puissance du monde constate la faillite de son propre modèle. Tout à son obsession de réécrire la grande histoire russe, Vladimir Poutine conforte son pouvoir aux dépens du pacte social passé avec son peuple. La course au vaccin devient une compétition géopolitique. En Europe, nos démocraties découvrent les limites du chacun pour soi et d’une Union incapable de protéger les populations. Le sursaut provoqué par Angela Merkel et Emmanuel Macron serait-il le premier chapitre d’un récit européen à l’aune de nos défis communs ?
Partout dans le monde, les dirigeants sont jugés selon leur capacité à juguler la pandémie et à en gérer les conséquences. À leur opinion publique et au-delà de leurs frontières, ils proposent ou imposent leur propre récit. Accélérées, déformées, manipulées par les réseaux sociaux, information et désinformation sont inextricablement mêlées.
Sur tous les fronts, la guerre des récits bat son plein.

. Arnaud Chomette, Actu 2021. Comprendre le monde du XXIe s. Ellipses, 2020

En 50 questions, ce livre éclaire les grands enjeux du monde du XXIe siècle, en lien avec les sujets suivants :Mondialisation, Mutations politiques, Conflits, Europe et Russie, Moyen-Orient et Afrique, Asie, Amérique, Durabilité.
Cet ouvrage est destiné aux étudiants en classes préparatoires ECS, en sciences politiques, en droit, en école de journalisme, à ceux qui préparent les concours administratifs ainsi qu’à tous ceux qui veulent mieux comprendre notre monde en pleine mutation.

. Kevin Parthenay, Crises en Amérique latine. Les démocraties déracinées (2009-2019), Paris, Armand Colin, octobre 2020.

Chili, Pérou, Argentine, Équateur, Brésil, Bolivie,

Venezuela, Nicaragua, Colombie... aux mois d’octobre et novembre 2019, la quasi-totalité des pays d’Amérique latine se sont embrasés sous les feux de mouvements de contestations politiques et sociales d’une ampleur inouïe. La simultanéité des évènements a alors été perçue par la communauté internationale comme un véritable « automne des peuples » latino-américains.

Malgré leur synchronisation et la similarité de certaines revendications, ces diverses explosions ont des origines et des effets profondément divergents, et viennent ponctuer dix ans de crises politiques.

Dix années séparent en effet l’exil forcé du Hondurien Manuel Zelaya en 2009 à celui du Bolivien Evo Morales en 2019. Dix années au cours desquelles la fin de l’ère progressiste sur le continent n’aura pas été qu’un long fleuve tranquille et où les démocraties auront été durement mises à l’épreuve.

Pour mieux comprendre les dynamiques politiques à l’oeuvre et leurs conséquences géopolitiques, cet ouvrage revient sur cette décennie de crises, et interroge la place internationale de l’Amérique latine aujourd’hui, à la fois fragilisée par l’épidémie de Covid-19 et située à un véritable carrefour démocratique de son histoire.

. Marta Torre-Schaub, Justice climatique. Procès et actions, Paris, CNRS, novembre 2020.

En juin 2019, la France déclarait l’état d’urgence climatique. L’enjeu, initialement politique et économique, est devenu juridique et citoyen mais également médiatique. La crise climatique a appelé à de nouvelles formes de mobilisation de la société civile, le droit devenant le bras armé de cette lutte. L’objectif de la justice climatique est double. D’abord, lutter contre les inégalités créées par le changement climatique.

Ensuite, sensibiliser la communauté internationale à la nécessité absolue d’agir de manière ambitieuse. C’est à l’étude de ces nombreuses actions en justice climatique que ce livre est consacré.

. Pascal Ory, Qu’est-ce qu’une nation ? Une histoire mondiale, Paris, Gallimard, novembre 2020.

« Oui, "qu’est-ce qu’une nation ?" On reprend ici la question posée au XIXe siècle par Ernest Renan en se plaçant dans une perspective résolument planétaire ; une autre manière de faire de l’histoire globale.

Car rien n’y fait : de la Révolution d’Octobre à la Pandémie de 2020 la nation, qu’on disait moribonde ou -pire- dépassée, est plus vivante que jamais. On ne compte plus, à la surface de la terre, les mouvements de "libération nationale", de l’Écosse à la Catalogne, de la Palestine au Kurdistan. Sans la nation comme clé d’interprétation l’histoire du monde depuis trois siècles serait incompréhensible. Sans elle l’irréductibilité de la Norvège ou de la Suisse, du Brésil ou de l’Afrique du sud resterait opaque. Sans elle le destin des puissances d’aujourd’hui, des États-Unis à la Chine, de l’Inde au Japon, devient illisible. Il n’y a rien de plus mondial que le national.

On la disait imaginée, voire imaginaire : elle est construite, assurément, mais ni plus ni moins que l’international, le monde ou l’humanité, toutes ces fictions utiles grâce auxquelles -et à cause desquelles- les individus et les sociétés vivent et meurent. Quant à son imaginaire, il touche à l’essentiel, puisqu’il est celui d’une rencontre entre l’identité et la souveraineté : un peuple y devient le Peuple.

Voilà pourquoi on a beau "déconstruire" la nation tous les matins, elle se reconstruit tous les soirs. Cette résistibilité aux vieilles prophéties religieuses ou laïques, libérales ou marxistes, méritait l’attention. Méritait un livre. »

. Samuel Alizon, Évolution, écologie et pandémies – Faire dialoguer Pasteur et Darwin, Paris, Seuil, novembre 2020.

Comment de nouvelles maladies infectieuses apparaissent-elles ? Pourquoi certains antibiotiques cessent-ils d’être efficaces ? Quels impacts peuvent avoir les changements de mode de vie ou les politiques de santé publique sur la virulence des agents pathogènes ? La pandémie du nouveau coronavirus humain, après celles du VIH ou de bactéries multi-résistantes, illustre de manière éclatante l’importance et la rapidité de l’évolution des microbes.

À l’approche pasteurienne, qui décortique les mécanismes cellulaires pour apporter des réponses au niveau individuel, il est nécessaire d’associer une approche darwinienne qui étudie la dynamique des populations au sein de leurs environnements : seule une démarche intégrant les deux approches permettra de maîtriser les agents infectieux et de trouver des traitements tant originaux que durables.

. Yannick Brun-Picard, La notion d’interface en géographie. Conceptualiser l’indissociable lien au support terrestre, Paris, L’Harmattan, novembre 2020.

Positionner les interfaces comme objets de la géographie est une démarche particulière aux marges des pratiques courantes de la géographie. La conceptualisation du lien indissociable au support terrestre renforce l’originalité de l’entreprise. Les interfaces dans leur diversité sont abordées par la reconnaissance de l’influence de Camille Vallaux et de l’humanisme géographique. La géographicité, la trame de construction, la matérialité et la conscientisation contribuent à la présentation d’interfaces d’ensauvagement, mémorielles ou environnementales. Cette pluralité donne accès à des enseignements propices à des mises en œuvre des interfaces efficientes au cœur de la géographie.

. Éric Verdeil, Thomas Ansart, Benoît Martin, Patrice Mitrano, Antoine Rio, Atlas des mondes urbains, Paris, Presses de Sciences Po, octobre 2020.

Aux sources classiques des organisations internationales et des réseaux de villes, les auteurs de cet Atlas des mondes urbains ont confronté l’éventail des nouvelles possibilités offertes par le numérique, multiplié les échelles et se sont affranchis des spatialités territoriales usuelles. Voici une cartographie inédite de la planète des citadins.

Sept humains sur dix vivent en ville. Des mégapoles se forment sur tous les continents. Partout le bâti s’étale et se standardise, les mondes ruraux disparaissent, les modes de vie s’uniformisent et, dans le même temps, les inégalités se creusent. La généralisation de l’urbain réchauffe la planète, détruit la biodiversité et nous rend encore plus vulnérables face au changement climatique. Mais les villes sont aussi notre bien commun. Elles sont des lieux de production de richesses, d’innovation, de création culturelle, de solidarité et de résilience. Elles fascinent par leur gigantisme, leurs foules et leurs innombrables activités, laissant dans l’ombre une autre réalité : la myriade de villes petites et intermédiaires qui composent l’essentiel des mondes urbains d’aujourd’hui. Celles des pays dits en développement, en particulier, dont les « basses technologies » sont loin d’affecter autant l’avenir de la planète que les métropoles mondialisées.

Pour explorer les mondes urbains, les auteurs de cet atlas ont défriché de multiples champs hétéroclites. Aux sources classiques des organisations internationales et des réseaux de villes, ils ont confronté l’éventail des nouvelles possibilités offertes par le numérique, multiplié les échelles et se sont affranchis des spatialités territoriales usuelles. Voici une cartographie inédite de la planète des citadins.

. Marc Lazar, Guillaume Plantin, Xavier Ragot, Le Monde d’aujourd’hui. Les sciences sociales au temps de la Covid, Paris, Presses de Sciences Po, octobre 2020.

Dès le déclenchement de ce « fait social total » que fut la pandémie de Covid-19, la communauté scientifique de Sciences Po s’est lancée dans des analyses collectives et interdisciplinaires pour tenter de comprendre sa signification. Lire la suite

Sidérant, impensable, incompréhensible, un événement-monde comme la pandémie de Covid-19, au moment où il se produit, prend autant de sens différents que d’acteurs chargés de le gérer et d’en parler : responsables politiques, scientifiques, médecins, médias, réseaux sociaux… Dans cette cacophonie interprétative, les sciences sociales sont d’une grande utilité. Dès le déclenchement de ce « fait social total », la communauté scientifique de Sciences Po s’est lancée dans des analyses collectives et interdisciplinaires pour tenter de comprendre sa signification. Il n’est pas seulement nécessaire d’éclairer les aspects éruptifs et disruptifs de telles crises, mais aussi de saisir ce qu’elles révèlent de nos sociétés et ce qu’elles leur font, alors que nous devons apprendre à exister avec le coronavirus, peut-être pour longtemps.

. Marie-Cécile Naves, La démocratie féministe. Réinventer le pouvoir, Paris, Calmann-Levy, octobre 2020.

Comment penser le monde après Donald Trump et Jair Bolsonaro ? Comment expliquer l’aura d’Alexandria Ocasio-Cortez, de Jacinda Ardern ou de Greta Thunberg ?

Le pouvoir prédateur sur les autres et la planète, incarné par les populismes néofascistes et le néolibéralisme, n’est pas une fatalité. Avec les crises démocratiques, environnementales, sanitaires et sociales que nous traversons, ce sont à la fois les récits, les agendas et les styles politiques qui doivent être questionnés. Le féminisme figure parmi les réponses. Fort d’une histoire plurielle, sur tous les continents, il est de plus en plus inclusif et transversal. Sur les plans théorique, pratique et programmatique, en multipliant les terrains d’expression et de revendication, il propose de renouveler les cadres de pensée pour construire un nouvel universel.

Par l’onde de choc qui est la sienne, dont #MeToo n’est qu’un exemple, le féminisme, avec d’autres approches du réel, jette les bases d’un projet durable et solidaire. Il promeut aussi un nouveau leadership, fondé sur la coopération et la responsabilité collective. Dans des contextes de crise, le féminisme est indispensable au renouveau démocratique, à l’émergence d’une nouvelle forme de pouvoir, de l’action publique à l’entreprise, en passant par l’art ou encore le sport.

L’ouvrage, clair et documenté, offre une grille de lecture de nos sociétés dans leur complexité. Il invite à repolitiser le monde, à recréer du commun, du débat, en s’appuyant sur l’imagination, le savoir et l’engagement de toutes et de tous.

. Muriel Rambour, Sûreté et sécurité des installations nucléaires civiles, Paris, Mare et Martin Éditions, novembre 2020.

Si la sûreté des installations est un questionnement originel pour le secteur nucléaire, la problématique de leur sécurité est devenue sensible dans un contexte national et mondial troublé. Pour aborder ces thématiques complémentaires, l’ouvrage croise les approches d’universitaires et de praticiens du nucléaire dans une perspective pluridisciplinaire. Il dépeint le cadre juridique et technique de la sûreté nucléaire visant à prévenir les accidents et à limiter leurs conséquences.

La réflexion aborde également la sécurité des installations, c’est-à-dire les conditions de leur protection face aux menaces intentionnelles (intrusions, survols aériens, cyberattaques, malveillance interne) susceptibles d’affecter leur fonctionnement.

. Pascal Dupeyrat, Sécurité économique et souverainetés industrielles, Paris, PUF, octobre 2020.

Alors que la mondialisation s’est bâtie sur les bénéfices attendus de la liberté d’investissement, elle n’a pourtant pas effacé la compétition entre nations. Ces rivalités étatiques prennent ainsi la forme d’une guerre économique où les entreprises sont autant acteurs que cibles. La France est traversée par cette dynamique. C’est pourquoi le temps du retour de l’État dans le jeu des fusions-acquisitions d’entreprises sensibles est venu. Des politiques de sécurité économique et un dispositif de sécurité nationale (décret IEF) s’appliquent ainsi à toutes les opérations d’investissements étrangers liées aux secteurs stratégiques. Dans ce contexte, sociétés et investisseurs s’efforcent d’aborder leurs négociations dans un jeu où les pouvoirs publics s’invitent désormais autour de la table.

. Georges-Henri Soutou, L’action extérieure de la France – Entre ambition et réalisme, Paris, PUF, novembre 2020.

Si encore fin 2017, nous paraissions nous trouver dans un univers relativement prévisible, où la mondialisation se développait de façon irrésistible, en 2019, la donne a profondément changé : la crise économique revient, les Etats-Unis ont entamé une guerre commerciale avec la Chine et l’Europe et leur président n’hésite pas à rompre avec une série d’orientations fondamentales de la politique américaine depuis les années 1950, le Moyen-Orient est plus agité que jamais et la puissance commerciale de la Chine inquiète de plus en plus les Européens.

En 2017, il s’agissait d’adapter la France à la mondialisation, en 2019 il s’agit de la préparer au temps d’arrêt de cette dernière. Et peut-être à une nouvelle récession mondiale. La plupart des paramètres de l’action extérieure de la France s’en trouvent très sérieusement remis en cause. Durant un an, l’Académie des sciences morales et politiques a engagé une réflexion sur l’organisation, les moyens et l’action des pouvoirs publics dans le domaine de la politique extérieure de la France, que ce soit sous l’angle historique, culturel, militaire ou géopolitique.

Cet ouvrage est le fruit des contributions des académiciens et de personnalités invitées au cours de cette année de réflexion sur les enjeux et les modalités de l’action extérieure de la France.

. Jalal Amérique Latine Husseini, Véronique Bontemps, Nicolas Dot-Pouillard, Abaher El Sakka, Penser la Palestine en réseaux, Paris, Presses de l’Ifpo, novembre 2020.

Penser la question palestinienne à partir de réseaux, penser le concept de réseaux à travers la question palestinienne : cet ouvrage entend répondre à deux préoccupations majeures. Il interroge un concept de plus en plus usité dans les sciences sociales ces dernières années ; il questionne aussi des dynamiques palestiniennes qui ne sont pas forcément manifestes. Les différents chapitres de cet ouvrage montrent ainsi comment des Palestiniens ont défié des contraintes territoriales par le net, fonctionnent en réseau dans l’ombre de l’institution proto-étatique de l’Autorité nationale palestinienne, reproduisent ou luttent contre les hiérarchies de statuts à Ramallah, créent de la citoyenneté dans les contraintes de la diaspora au prisme du statut de réfugié, étendent la Palestine, à travers l’art, du local au global, mais aussi comment des "internationaux" tissent de nouvelles sociabilités et modes d’agir dans les Territoires palestiniens occupés ou perpétuent les usages et les significations d’une lutte palestinienne qui est aussi un symbole transcontinental.

Ce sont autant d’usages des réseaux qui font émerger, plus que des discours, des pratiques du quotidien dans certains cas, des modes d’agir militants dans d’autres, créatifs et flexibles, prenant place dans des mondes palestiniens quadrillés par des réseaux de contraintes particulièrement "inflexibles" .

. Michel Dron, Philippe Kim Bonbled, COVID-19 et agriculture – Une opportunité pour la transition agricole et alimentaire ?, Paris, Presses de Mines, novembre 2020.

Bousculant nos connaissances scientifiques en matière de virologie et d’épidémiologie, la pandémie du COVID-19 a provoqué un confinement mondial qui a eu immédiatement de graves conséquences socio-économiques. Paradoxalement elle semble être un catalyseur des grandes mutations en cours dans les filières agricoles et alimentaires françaises : agroécologie, territorialisation, numérique, circuits courts, transition alimentaire.

Elle invite à la réflexion sur l’évolution de l’Union Européenne et de sa politique agricole commune. Elle oblige à revoir les relations Nord-Sud en matière de sécurité alimentaire mondiale. Interpellée par ces événements, l’Académie d’agriculture de France s’est mobilisée autour d’un groupe de réflexion qui a travaillé durant le grand confinement par visioconférence et alimenté un Forum académique numérique.

Ce sont ces contributions et des propositions concrètes pour une mutation accélérée et positive du monde agricole, qui vous sont communiquées dans cet ouvrage. Avec la crise du COVID, l’Académie d’agriculture de France s’est muée en une société savante 4.0 !

. Natacha Gagné, A la reconquête de la souveraineté – mouvements autochtones en Amérique latine et en Océanie, Paris, Hermann, novembre 2020.

Au gré des processus de décolonisation et d’autodétermination, la définition "classique" de la souveraineté, qui a pour assise l’autorité suprême et l’intégrité des Etats ainsi que la non- ingérence dans leurs affaires internes, est remise en question. Chez plusieurs peuples autochtones, le concept est investi de nouvelles significations qui recouvrent une multiplicité de droits sociaux, économiques, culturels et politiques.

En vertu de cette compréhension élargie, la souveraineté ne se réduit plus à celle de l’Etat, mais elle met en jeu le droit de ces peuples à s’autodéterminer dans divers domaines et à négocier leurs interdépendances. Elle recouvre des réalités et des demandes qui varient en fonction des contextes, et les vocables utilisés pour en parler varient aussi : quand certains parlent de souveraineté, d’autres préfèrent parler d’autonomie, d’indépendance, de décolonisation ou encore recourir à des concepts dans leur propre langue et issus de leur histoire.

Plusieurs raisons historiques, contextuelles et stratégiques président à ces choix. Cet ouvrage est consacré à ces expressions variées de la souveraineté, plus particulièrement dans deux régions du monde : l’Océanie et l’Amérique latine.

. Rémi Lefèbvre, Emmanuel Taïeb, Séries politiques, le pouvoir entre fiction et vérité, Paris, De Boeck Supérieur, novembre 2020.

Basé sur des séries « politiques » récentes et populaires, ce livre analyse et déconstruit l’image qu’elles donnent du jeu politique. Un décryptage transversal des phénomènes de pouvoir et de l’activité politique dans les séries.

Les séries donnent souvent des visées prosaïques à l’activité politique (les intérêts personnels passant avant l’intérêt général) et leurs fictions sont généralement porteuses d’une critique sociale et politique.

La dérision peut être le point de vue central (Kaamelott, Veep) ou elles peuvent se présenter comme des « modes d’emploi » d’un « réel » plausible (House of Cards, Occupied). Leur succès permet parfois même d’en faire un usage politique dans la réalité (le mouvement Podemos prend prétexte de Game of Thrones pour avancer des idées, des élus du PS se réclament de Baron Noir, des militantes féministes de Borgen ou The Handmaid’s Tale).
Comment le passage à la fiction transforme-t-il l’activité politique ? Comment analyser ces représentations du pouvoir ? En quoi les séries, par leur acuité et leur pertinence, aiguisent-elles l’appréhension du politique, et donc enrichissent le regard des sciences sociales ?
Une nouvelle façon de regarder ces séries… et le politique !

. Vincent Commandant, Traquer la terreur : au cœur des réseaux terroristes, du profilage à la neutralisation, Paris, Éditions Pierre de Taillac, novembre 2020.

À travers sept cas historiques, l’auteur analyse les tactiques qui permettent de contrer le terrorisme. Les modes d’action ennemis, que ce soit ceux du Vietminh, de l’IRA ou de Daesh, ainsi que les réponses des forces de sécurité sont présentés en se fondant sur des témoignages des personnes présentes sur le terrain.

. Abdenour Keramane, La coopération énergétique euro-méditerranéenne. Enjeux et perspectives, Paris, l’Harmattan, octobre 2020.

Les découvertes pétrolières et gazières des années 1950 dans les pays d’Afrique du Nord et du Bassin méditerranéen ont aiguisé l’appétit des compagnies européennes. La décolonisation, la volonté des pays nouvellement indépendants de disposer des richesses de leur sous-sol, la création de compagnies nationales pour les exploiter, ont sensiblement modifié la situation. Les mêmes projets ont alors poussé les partenaires des deux côtés de la Méditerranée à s’engager dans la voie de la coopération dans la recherche de l’intérêt mutuel. L’auteur établit un bilan provisoire et reprend l’idée d’une coopération étendue à l’Afrique subsaharienne, autour de l’exploitation du gisement solaire du Sahara, de la problématique énergie-climat-développement dans les régions arides, des infrastructures à créer ou à consolider entre l’Europe et l’Afrique.

. Annie Chaloux, Catherine Gauthier, Hugo Séguin, Philippe Simard, La crise climatique à l’aube d’un monde incertain, Québec, Presses universitaires du Québec, octobre 2020.

La crise de la COVID-19 est un choc violent porté à un système socioéconomique mondial déjà en transition vers des sociétés carbo­neutres. Un coup d’arrêt a été donné à la mondialisation, à la libre circulation des biens et services et au fonctionnement du libre marché. Du point de vue de l’action et de la recherche sur la transition énergétique et écologique, il est pour le moment difficile d’imaginer quels seront les contours d’un monde post-pandémie, et notamment quelle « nouvelle normale » en émergera.

La crise climatique à l’aube d’un monde incertain dresse un état des lieux du monde pré-COVID-19 que nous venons de quitter et offre des clés de compréhension des principaux enjeux climatiques et énergétiques actuels. Il analyse les bouleversements dans l’économie politique mondiale générés par les mesures de réduction des émissions de GES et passe en revue les objectifs de l’Accord de Paris, la montée des énergies renouvelables, la détérioration de l’environnement d’affaire des industries fossiles, la mise en place de grandes politiques publiques et les nombreuses incohérences et incompatibilités entre les engagements politiques et les réalités sur le terrain. S’adressant aux étudiants, aux professionnels et aux gestionnaires de domaines variés, le présent ouvrage conclut finalement par une question au cœur des réflexions critiques actuelles : et si l’économie de marché que nous connaissons était l’une des causes profondes de la crise climatique ?

. Claire Somaglino, Atlas de l’Égypte ancienne, Paris, Autrement, octobre 2020.

Nous connaissons de l’Égypte les pyramides, les hiéroglyphes et les pharaons, mais que savons-nous de sa vie sociale, culturelle ou politique ?
Le développement de cette civilisation, en interaction avec le Nil du cœur de l’Afrique à son delta en Méditerranée.
Durant l’Ancien Empire, la société se structure, dirigée par le roi et une élite royale qui exploite les ressources du territoire.
Les rois du Moyen Empire se rapprochent des dieux et font appel au loyalisme de l’élite régionale pour asseoir leur pouvoir sur toute l’Égypte.
Les pharaons du Nouvel Empire doivent, eux, faire face aux autres grands empires : leur domination sur la population passe notamment par l’assimilation aux divinités.
Les guerres civiles de l’époque tardive affaiblissent les dirigeants, qui perdent peu à peu leur influence au profit de leaders extérieurs.
Cet atlas, grâce à plus de 70 cartes et documents, retrace l’histoire passionnante des trente dynasties qui se sont succédées, depuis 3000 av. J.-C. jusqu’à la conquête d’Alexandre en 332 av. J.-C.

. Craig L.Symonds, Histoire navale de la seconde guerre mondiale, Paris, Éditions Perrin, octobre 2020.

Sur la Seconde Guerre mondiale ont été écrits des milliers voire des centaines de milliers d’ouvrages, dans des dizaines de langues. Nombre d’entre eux traitent certes des dimensions maritimes du conflit, de la place qu’ont occupée la Royal Navy, la Kriegsmarine et la marine des États-Unis, du rôle des diverses marines sur tel théâtre d’opérations ou au cours de telle bataille, tout particulièrement en Méditerranée et dans le Pacifique, mais aucun avant celui-ci n’avait évalué l’impact des forces maritimes de l’ensemble des nations belligérantes sur le cours du conflit dans sa globalité, et même sur son issue. Pourtant, il n’y eut pas une guerre dans l’Atlantique et une autre dans le Pacifique, une troisième en Méditerranée et une autre encore dans l’Océan Indien ou en mer du Nord. Dresser la chronique de ce conflit en blocs géographiques distincts permettrait sans doute de simplifier les choses, mais ce n’est pas ainsi que la guerre s’est déroulée ou que les principaux responsables ont eu à la conduire. Les pertes de navires durant la bataille de l’Atlantique affectèrent en effet la disponibilité des unités de transports de troupe pour celle de Guadalcanal ; les convois en direction de l’île de Malte assiégée, en Méditerranée, privaient ceux de l’Atlantique d’une partie de leurs escortes ; la poursuite du cuirassé Bismarck imposa de ponctionner des forces basées en Islande, à Gibraltar et en Grande-Bretagne. La trame chronologique et spécifiquement navale choisie par Craig L. Symonds permet de mettre en lumière à quel point les événements maritimes ont tracé et orienté en profondeur le cours de cette guerre.

Du traité naval germano-britannique de 1935 à la signature de l’Acte de capitulation japonais signé sur le USS Missouri en septembre 1945, en passant par la bataille de l’Atlantique où se distinguèrent les U-Boote allemands, celle de Méditerranée, l’attaque de Pearl Harbor, les batailles de la mer du Corail, de Midway, les opérations amphibies « Torch » et « Overlord » ou encore la bataille du golfe de Leyte et l’assaut amphibie sur l’île d’Iwo Jima, l’auteur dresse une synthèse inégalée du conflit sans omettre l’étude des percées technologiques – concernant les avions, les torpilles, le décryptage, le radar et finalement l’énergie atomique – qu’il a induit.

Fort de nombreuses sources inédites, il laisse en outre les acteurs historiques s’exprimer d’eux-mêmes, afin de raconter la Seconde Guerre mondiale en mer telle que les contemporains l’ont vécue : une seule histoire gigantesque et complexe impliquant des dirigeants nationaux, des stratèges, des commandants de flottes et des capitaines de navires, des mécaniciens, des servants de tourelles, des pilotes d’avions, des marins de la marine marchande et des Marines américains, et un drame humain aux dimensions planétaires qui a exercé un impact durable, démesuré sur l’histoire du monde.

Un futur classique.

. François Bougon, Hong Kong, l’insoumise. De la perle de l’Orient à l’emprise chinoise, Paris, Tallandier, octobre 2020.

Depuis sa création en 1841 par les Britanniques, le « port parfumé » est devenu un mythe, symbole fascinant de la rencontre entre l’Orient et l’Occident. Cette terre fut aussi un lieu perpétuel de confrontations et de résistances pour les rebelles de tout bord. Alors qu’un vent de révolte souffle et que l’étau chinois se resserre, François Bougon nous éclaire sur Hong Kong, dont la liberté est plus que jamais mise à l’épreuve.

Des pirates aux guerres de l’opium, en passant par les mouvements des dockers, le renversement des Qing par Sun Yat-sen, la prise de guerre japonaise, les réfugiés politiques chinois fuyant le communisme, l’ex-colonie britannique – terre de sept millions d’habitants et troisième place financière mondiale – a toujours eu une vie mouvementée aux marches de l’empire. Aujourd’hui, elle tente de se dresser contre l’emprise de la Chine de Xi Jinping.

Le territoire aurait pourtant dû bénéficier jusqu’en 2047 d’un haut degré d’autonomie. Mais la loi sécuritaire votée par le régime en juin 2020 sonne le glas du principe « un pays, deux systèmes » imaginé par Deng Xiaoping et Margaret Thatcher. Elle menace l’identité de sa jeunesse, ses libertés et ses aspirations démocratiques. Le monde a désormais les yeux rivés sur le sort de Hong Kong, enjeu d’une nouvelle guerre froide entre Pékin et Washington. Il était temps de raconter l’histoire de cette belle insoumise.

. Gilles Dorronsoro, Le gouvernement transnational en Afghanistan. Une si prévisible défaite, Paris, Éditions Karthala, décembre 2020.

La défaite des Taliban dans le sillage des attentats du 11 septembre ouvre deux décennies d’investissement occidental en Afghanistan. Des centaines de milliards, pour l’essentiel consacrés à l’entretien des forces occidentales, des dizaines de milliers de morts, dont plusieurs milliers de la coalition, montrent l’importance de ce conflit pour les Etats-Unis qui en font le symbole de leur hégémonie mondiale.
Mais, derrière les discours sur la construction d’une « démocratie de marché », se profile un gouvernement transnational qui contourne les acteurs afghans au point d’interdire tout processus démocratique, couvre des fraudes électorales massives, routinise la captation des ressources au profit des entreprises occidentales et des élites afghanes. Les tensions communautaires et sociales s’accroissent à un point jusque-là inconnu dans la société afghane. Les Taliban, capitalisant sur le ressentiment populaire contre les élites au pouvoir, mettent en échec une alliance occidentale qui dissimule, derrière une augmentation des moyens, son incapacité à définir une stratégie cohérente. Après vingt ans de conflit, al-Qaïda est toujours présent en Afghanistan, et le retrait américain ne fait qu’ouvrir une nouvelle période d’une guerre civile vieille de quarante ans.
Ce nouvel essai de Gilles Dorronsoro propose une analyse critique impitoyable des impasses de l’expertise orientaliste et sécurocrate dont la portée comparative, bien au-delà du seul cas afghan, est d’une haute actualité.

. Anne-Laure Amilhat Szary, Grégory Hamez, Frontières, Paris, Armand Colin, octobre 2020.

Cet ouvrage prépare à la nouvelle question de géographie au programme du CAPES d’histoire-géographie et également de l’agrégation de géographie et celle d’histoire.

. Christophe Oberlin, Les dirigeants israéliens devant la Cour pénale internationale. L’enquête, Paris, Erick Bonnier, octobre 2020.

Le tournant du XXIe siècle fut marqué par deux événements contradictoires. Les attentats du 11 septembre 2001, point de départ d’un déchaînement militaire inouï aboutissant à la destruction de pays entiers sous couvert de lutte contre le terrorisme ; mais aussi, passée inaperçue, l’entrée en fonction de la première Cour pénale permanente en charge des crimes de guerre en avril 2002. Une concrétisation de l’aspiration des peuples à davantage de droit et de justice, protestation silencieuse de 60 puis 123 pays face à la stratégie du chaos.

Vingt ans plus tard, tandis que la plus extrême violence continue à s’abattre sur le Proche-Orient, est annoncée une ouverture d’enquête par la procureure de la Cour pénale internationale sur les crimes commis dans l’Etat de Palestine. Un choc qui fait hurler la partie israélienne et américaine, et en même temps stupéfie les victimes qui ont du mal à y croire. Ainsi le fracas des bombardements couvre depuis des années le cliquetis discret du métronome du droit qui oscille imperturbablement.

Les dirigeants israéliens ne sont plus les maîtres de l’horloge.

. Gérard Chaliand, Des guérillas au reflux de l’Occident, Paris, Passé composés, octobre 2020.

Ce livre retrace, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, nombre de mutations d’ordre politique, stratégique, psychologique et démographique dont l’actualité ne peut rendre compte, à commencer par la transformation de la guérilla en guerre révolutionnaire ou la naissance d’un tiers-mondisme pulvérisant le mythe de la supériorité raciale. Dans le même temps, l’Union soviétique dépérissait devant les avancées américaines, tandis que l’Europe restait divisée sur le plan politique et impuissante sur le plan militaire. Ainsi, depuis la guerre américaine menée au Vietnam, l’auteur de ce livre n’a, pour l’essentiel, assisté qu’à une série de reculs occidentaux, ponctués par nombre d’échecs de tentatives révolutionnaires mal pensées et de guérillas mal organisées, dont il porte ici témoignage. Pour mieux comprendre cette séquence historique passionnante, matrice du XXIe siècle, Gérard Chaliand offre 50 ans d’expériences de terrain et de réflexions académiques, à travers des textes originaux et d’autres plus anciens, mais ici rassemblés dans une perspective de longue durée. « Gérard Chaliand jette un regard lucide et décapant sur les interventions militaires occidentales », Hubert Védrine.

. Florence Fournet, Gérard Salem, Atlas mondial de la santé, Paris, Autrement, octobre 2020.

Au-delà des définitions médicales, la santé se joue d’abord dans les populations et sur les territoires. La géographie de la santé permet ainsi d’appréhender les dynamiques sanitaires et leurs enjeux à toutes les échelles, mondiale autant que locale.

Comprendre les concepts et méthodes mobilisés :vulnérabilité des populations, viabilité des systèmes de soins, définition des politiques publiques…

Définir les grandes fractures et inégalités territoriales face à l’offre de soins ou à l’accès aux traitements.

Déterminer les défis sanitaires actuels, de la malbouffe aux épidémies.

Face à l’émergence de nouvelles maladies – impact du changement climatique, antibiorésistances… –, et alors que la planète affronte une pandémie inédite, cet atlas, richement illustré par plus de 110 cartes et documents, fait le point sur un sujet brûlant.

. François-Xavier Fauvelle, Leçons de l’histoire de l’Afrique, Paris, Fayard, septembre 2020.

Dans un texte engagé, François-Xavier Fauvelle affronte les défis d’une histoire de l’Afrique. Contre le déni d’historicité, la fascination pour les origines ou une grille de lecture « ethnique », l’historien doit faire place à la diversité des mondes africains et de leurs trajectoires au cours des millénaires.

S’il n’est jamais superflu de rappeler que les sociétés africaines sont faites de la même étoffe historique que toutes les sociétés, c’est parce que les passés de l’Afrique sont restés longtemps méconnus. Être historien ou archéologue de l’Afrique, dès lors, consiste à désencombrer le passé autant qu’à en saisir la diversité : richesse de la littérature orale et de la documentation écrite, pluralité des langues et des religions, inventivité technique et sociale, cohabitation des formes politiques. Attentif aux multiples trajectoires historiques qui s’y manifestent, François-Xavier Fauvelle invite à écouter ce que nous apprend l’histoire de l’Afrique.

. François Reynaert, La grande histoire des Nouveaux Mondes, Paris, Fayard, octobre 2020.

Christophe Colomb, les cow-boys et les Indiens, les vahinés, Martin Luther King, Fidel Castro... François Reynaert nous emmène, par cette nouvelle brillante synthèse, dans ce que les Européens, en les découvrant, ont vu comme des « Nouveaux Mondes » : les Amériques et l’Océanie.
Lorsque l’on évoque l’histoire des Grandes Découvertes, les noms de Colomb, de Cortés ou de Moctezuma nous viennent à l’esprit. Si l’on aborde l’Amérique latine, la liste s’allonge : Bolívar, Perón, Zapata, Fidel Castro, Pinochet ou Hugo Chávez. N’aurait-on pas plaisir à voir toutes ces personnalités replacées dans leur contexte ?
Tant de films, de séries, de romans nous ont raconté la révolution américaine, la guerre de Sécession, les cow-boys et les Indiens ou les luttes de Martin Luther King que l’on croit tout savoir de l’histoire des États-Unis. Est-on sûr d’en comprendre précisément les ressorts ?
À l’inverse, la connaissance générale que l’on a de l’histoire de l’Océanie se résume à fort peu : des vahinés et des cocotiers. Quel dommage ! Depuis l’aventure du peuplement de cet immense espace par des populations en pirogue jusqu’aux grandes batailles qui s’y sont déroulées au XXe siècle, elle est pourtant d’une richesse inouïe.
François Reynaert nous emmène dans ce que les Européens, en les découvrant, ont vu comme
des « Nouveaux Mondes » : l’Amérique et l’Océanie. Avec le talent de conteur qui a fait le succès de ses précédents livres, il nous offre une synthèse claire et accessible de plusieurs millénaires d’histoire. Il nous fait voyager des grands empires précolombiens à l’Amérique de Trump, des premiers Polynésiens au Pacifique du XXIe siècle.

. Béatrice Hibou, Mohamed Tozy, Tisser le temps politique au Maroc. Imaginaire de l’État à l’âge néolibéral, Paris, Karthala, septembre 2020.

Le Maroc inspire des lieux communs. Il serait un prototype d’immobilisme politique, dans la main autoritaire et conservatrice du « commandeur des croyants », en mal de démocratie, mais à l’ombre d’un islam somme toute modéré. Trente années d’enquêtes de terrain, d’entretiens, de dépouillement d’une vaste documentation primaire et d’observation participante permettent à Béatrice Hibou et Mohamed Tozy de montrer comment les changements démographiques et environnementaux, ainsi que les processus de naturalisation du néolibéralisme, ont transformé les façons de gouverner les hommes et les territoires du royaume.

À partir des types-idéaux de l’Empire et de l’État-nation, les auteurs dégagent la pluralité des modes de gouvernement et de domination à l’oeuvre au Maroc en insistant sur leur osmose continuelle. Il n’est pas question d’un passage de l’empire chérifien (XVIIe-XIXe siècle) à l’État-nation, dont le protectorat français aurait jeté les fondements, ni de la perpétuation d’une tradition impériale résiduelle au coeur de l’État moderne. Il s’agit bel et bien d’un assemblage de ces deux logiques, qui déjà coexistaient dans les siècles précédents, et dont le jeu simultané est sous-jacent au gouvernement néolibéral contemporain. L’Empire et l’État-nation ne se présentent pas sous la forme d’une alternative ni d’une contradiction. Ils constituent deux ressorts d’une même domination qui ne se réduit pas à la seule figure du roi. Ils sont en tension continue, une tension dont procède l’historicité de l’imaginaire politique marocain et qui en tisse le temps singulier. Une démonstration fondamentale de sociologie historique comparée de l’État.

. Cyril Cordoba, Au-delà du rideau de bambou – Relations culturelles et amitiés politiques sino-suisses (1949-1989), Paris, Alphil éditions, octobre 2020.

"Les communistes pourraient donner au mot "culture" et tout ce qu’il implique une définition polyvalente allant d’une représentation d’acrobates au chantage politique" . Tels sont les termes employés en 1959 par la diplomatie helvétique pour évoquer ses échanges avec la Chine de Mao Zedong, lorsque la "peur du Rouge" régnait en maître. Pourtant, entre 1949 et 1989 de nombreuses relations culturelles et politiques ont tout de même existé entre les deux pays.

Mais celles-ci se tenaient généralement à l’abri du regard des diplomates suisses et de la police fédérale. Dans cette histoire des relations sino-suisses durant la Guerre froide, Cyril Cordoba analyse comment la République populaire de Chine a tenté de développer son influence et son prestige à l’étranger à l’aide d’organisations qui agissaient en marge des circuits officiels : les associations d’amitié.

Ces groupes prochinois ont joué un rôle de premier plan dans toutes les rencontres culturelles entre les deux pays (matchs de ping-pong, tournées de l’opéra de Pékin, jumelages de villes, diffusion du Petit Livre rouge). Qui étaient ces amis de la Chine et quel a été leur rôle politique ? Quelle était exactement la nature de leurs relations avec les autorités chinoises ? Quelle était la position de la Confédération face à ces organisations sur lesquelles elle n’avait aucun contrôle, et qui ont longtemps été des interlocutrices privilégiées de la RPC ? A travers toutes ces questions, l’auteur propose un regard inédit sur les stratégies du soft power - diplomatie d’influence ou pouvoir de séduction - chinois, en analysant comment la propagande chinoise a mis en place un système clientéliste d’ampleur internationale au cœur de la Guerre froide.

. Edgar Morin, Vers l’abîme ? 10 essais pour penser l’avenir, Paris, Champs essais, septembre 2020.

« Nous ne devons plus continuer sur la route du “développement”. Il nous faut changer de voie, il nous faut un nouveau commencement. » C’est ce que martèle inlassablement Edgar Morin, qui anticipe et déplore les conséquences désastreuses engendrées par les progrès incontrôlables de la science, la surconsommation, la détérioration de la biosphère et l’absence cruelle de solidarité entre les hommes.

En une série de 10 essais, dont le point commun est d’aborder, à vif, la question de l’avenir de la planète et de notre irresponsabilité collective, Edgar Morin, l’un des plus grands intellectuels de notre temps, nous appelle de toute urgence à penser autrement pour agir autrement. Pourquoi ne pas oser émettre l’hypothèse que la crise actuelle pourrait conduire à une transformation en profondeur de notre société ?

. Jean-Sylvestre Mongrenier, Le monde vu de Moscou, Paris, PUF, octobre 2020.

Entre Baltique et Pacifique, la Russie constitue un ensemble sans équivalent. Elle incarne " l’Eurasie ", une notion désormais centrale dans le discours géopolitique russe. Au sud, le Moyen-Orient est perçu comme un arc de crise. Au nord, l’océan Arctique fait figure de nouveau front stratégique. A l’est, la Chine, l’Asie, puis les Etats-Unis. Au sud-ouest, l’Iran, la Turquie... A la mesure de ces immensités, le projet russe consiste à retrouver un statut de puissance globale, en opposition à l’Occident.

L’approche raisonnée de ce " phénomène " géopolitique suppose la connaissance des lieux et espaces où s’exerce la puissance, la compréhension des rapports bilatéraux, la saisie des représentations à travers lesquels les dirigeants voient et pensent le monde. Ce dictionnaire géopolitique multiplie les perspectives sur la Russie et l’Eurasie postsoviétique en 550 entrées. Un ouvrage géopolitique sans équivalent aujourd’hui.

. Jérôme Fourquet, L’archipel français – Naissance d’une nation multiple et divisée, Paris, Points, octobre 2020.

En quelques décennies, tout a changé. La France, à l’heure des gilets jaunes, n’a plus rien à voir avec cette nation une et indivisible structurée par un référentiel culturel commun. Or la dynamique de cette métamorphose révèle un archipel d’îles s’ignorant les unes les autres. Le socle de la France d’autrefois, sa matrice catho-républicaine, s’est complètement disloqué. Jérôme Fourquet envisage d’abord les conséquences anthropologiques et culturelles de cette érosion.

Mais, plus encore, ces mutations profondes de la nouvelle France induisent un effet d’" archipelisation " de la société tout entière : sécession des élites, autonomisation des catégories populaires, formation d’un réduit catholique, instauration d’une société multiculturelle de fait, dislocation des références culturelles communes. Dans ce contexte de fragmentation sans précédent, on comprend mieux la crise que traverse notre système politique, où l’agrégation des intérêts particuliers au sein de coalitions larges est tout simplement devenue impossible.

Jérôme Fourquet Analyste politique, expert en géographie électorale, il est directeur du département Opinion à l’IFOP.

. Patrick Artus, Olivier Pastré, L’économie post-covid. Les huit ruptures qui nous feront sortir de la crise, Paris, Fayard, octobre 2020.

Le point de vue éclairé de deux économistes d’aujourd’hui, sur cette crise inédite du Covid-19 qui met les Etats devant des responsabilités fortes.
Penser l’après-Covid est vital. Deux scénarios sont envisageables. Le premier est celui d’une aggravation de la crise sanitaire, économique et sociale, faute de réponses adaptées. Le scénario alternatif est celui de la maîtrise, même imparfaite, de la pandémie et d’une refondation de l’économie mondiale sur des bases plus saines et durables.
Pour définir où se fixera le curseur entre ces deux scénarios, tout dépendra des politiques économiques et sanitaires mises en œuvre – de l’entreprise à l’économie mondiale en passant par un nouveau paradigme du travail et de l’emploi. Première solution : le repli sur soi, le protectionnisme et la guerre des monnaies, terreau de tous les populismes. Seconde solution : la prise de conscience que la coopération et la solidarité sont les seuls piliers d’une sortie de crise par le haut.
La politique à mettre en œuvre ne peut pas être réformiste. Il faut des ruptures. Ce livre court et incisif en propose huit (revenu universel de base, transition énergétique, décentralisation, syndicalisme...). Il dessine ainsi le « chemin de crête » étroit qu’il est possible de suivre pour sortir de cette crise historique de manière équitable et pérenne.

. Gaïdz Minassian, Les sentiers de la victoire. Peut-on encore gagner une guerre ?, Paris, Passés Composés, septembre 2020.

Que signifie « gagner une guerre » aujourd’hui ? Et comment définir la victoire au cours de l’histoire ? Si la question de la victoire est au centre de la réflexion stratégique actuelle, elle n’en demeure pas moins sans réponse. C’est dans cet esprit que Gaïdz Minassian propose une réflexion aussi subtile que novatrice, sur la longue durée. Cet essai s’ouvre sur un dialogue entre Achille, incarnation de la force, et Ulysse, personnalisation de la ruse, en présence d’Hector venu en observateur les voir s’invectiver sur les ambivalences de la victoire du Néolithique à nos jours. Puis, après avoir proposé une grille d’analyse des plus pertinentes, l’auteur revisite les trois dernières décennies d’hubris et ses impossibles victoires lors des interventions onusiennes ou des « guerres contre le terrorisme ». Enfin, et c’est toute l’originalité de ce livre, il se demande si, pour mieux comprendre cette disparition de la victoire telle que nous la concevons, il ne convient pas d’abord de renoncer à la puissance et à la ruse, pour endosser une éthique d’humilité. En somme, abandonner Achille et Ulysse pour retrouver Hector, tel est le propos de ce livre ambitieux et fondamentalement original appelé à devenir un incontournable des études sur la guerre et la paix.

. Bertrand Badie, Inter-socialités. Le monde n’est plus géopolitique, Paris, CNRS Éditions, septembre 2020.

De Paris à Téhéran, d’Alger à Santiago ou de Bagdad à Port-au-Prince : tout au long de l’année 2019, ces villes ont été le théâtre de manifestations populaires qui ont toutes replacé le social au centre du jeu international, laissant la politique dans l’impuissance. En 2020, la circulation d’un virus mortifère, transmis par des millions d’interactions sociales, défiait tous les gouvernements de la planète. Alors que le social semblait naguère régi par le politique, les deux instances semblent avoir aujourd’hui échangé leurs attributs. Les relations internationales sont devenues inter-sociales.

L’arène internationale ne se limite plus à une simple juxtaposition d’États mais est sous l’emprise d’un tissu social qui conditionne de plus en plus l’action des dirigeants. C’est l’analyse de cette conquête sociale de l’international qui est au centre de ce livre. Car les conflits actuels ne sont plus dominés par le choc des armées, mais alimentés par des phénomènes de souffrance sociale comme la pauvreté, l’insécurité alimentaire, les rivalités communautaires. Et derrière ces mouvements populaires, les entrepreneurs d’opinion, médias, réseaux sociaux, lanceurs d’alertes, acteurs privés en tous genres remodèlent les relations internationales à leur gré…

Les relations inter-sociales conduisent à une nouvelle lecture du monde et de ses enjeux, elles inspirent l’urgence de nouvelles politiques étrangères et de nouvelles diplomaties.

. Julian Fernandez, Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, Les opérations extérieures de la France, Paris, Biblis inédit, octobre 2020.

Depuis le début du XXIe siècle, les opérations extérieures de la France (opex), c’est-à-dire les interventions de ses forces armées à l’étranger, se sont multipliées. Des milliers de soldats sont aujourd’hui déployés sur plusieurs théâtres extérieurs, notamment au Sahel et au Levant. Alors que ces opérations doivent faire face à des défis croissants dans une période d’intensification et de diversification des menaces, cet ouvrage fait le point sur le cadre d’intervention des opex et tire quelques leçons de retours d’expérience. Croisant des regards militaires et civils, théoriques et pratiques, dans une approche globale et pluridisciplinaire (histoire, droit, science politique, sociologie), il permet de mieux saisir cette dimension importante et pourtant méconnue de la politique étrangère de la France.

. Julien Weisbein, Samuel Hayat, Introduction à la socio-histoire des idées politiques, Paris, De Boeck Supérieur, octobre 2020.

Alors que la démocratie contemporaine est fondée sur le débat d’idées, il est parfois difficile de s’y retrouver entre les différents courants : libéralisme, conservatisme, socialisme... Pour les étudiants en droit, en science politique, en histoire, tout comme pour les citoyens, il est important de savoir identifier ces idéologies, les lier à des grands auteurs et aux controverses du passé pour mieux en saisir l’actualité.

Ce livre vise à replacer les auteurs et leurs oeuvres dans ces courants, et plus généralement dans une sociohistoire de l’Etat moderne et des sociétés contemporaines. Il décrit et analyse ainsi, des révolutions du XVIIIe siècle jusqu’à nos jours, les soubassements sociaux, institutionnels et théoriques des idées politiques contemporaines.

. Michael Maschek, Pour comprendre la crise au Liban 2019-2020, Paris, l’Harmattan, septembre 2020.

Ce livre est composé de 20 textes portant sur des moments clefs de la crise au Liban, que l’auteur tente de décrypter dans sa « biodiversité » politique, clanique, religieuse et culturelle. La paupérisation et les frustrations, nées après la guerre civile de 1975 à 1990, annonçaient, par toute une série de mouvements sociétaux et contestataires, le mouvement d’octobre 2019. Cette chronique démarra quand, parmi les ministres du gouvernement Hariri, un nom familier remit l’horloge du temps une quarantaine d’années en arrière. Ce personnage se trouvait être l’un de ces fils à papa pur jus, rejeton d’une famille de dirigeants politiques libanais qui prétendent encore et toujours représenter l’élite dirigeante du pays.

. Sébastien Abis, Pierre Blanc, Géopolitique de l’agriculture – 40 fiches illustrées pour comprendre le monde, Paris, Eyrolles, octobre 2020.

L’agriculture est à la fois la plus ancienne activité humaine et la seule qui détermine encore la vie des populations. Se nourrir reste un impératif vital et la première fonction de l’agriculture est bien de pouvoir répondre à ce premier des défis du développement humain. L’activité agricole, c’est aussi près de 40% des emplois directs dans le monde, ce qui situe son importance humaine. Étant données ces deux fonctions (sécurité alimentaire et emploi massif), l’agriculture est depuis toujours géopolitique, car elle est ainsi un facteur central de stabilité.

Si l’agriculture est un facteur essentiel à la paix, elle aussi au cœur des relations internationales pour la coopération ou la compétition. Encore plus que par le passé, elle deviendra un instrument de pouvoir. Question plurielle et transversale, elle mérite d’être examinée à l’aune de l’analyse stratégique à l’heure où de nombreux Etats dans le monde en font un pilier de leur développement, de leur souveraineté et de leur politique étrangère.

. Alessia Lo Porto-Lefébure, Les mandarins 2.0, Paris, Presses de Sciences Po, septembre 2020.

Une grande partie de la bureaucratie chinoise se forme depuis le début du siècle à l’aide de méthodes pédagogiques et de contenus d’inspiration américaine. L’ouvrage interroge le sens de cet emprunt chargé de valeurs politiques si éloignées de celles portées par l’État-parti. Lire la suite

La Chine de Xi Jinping se présente sur la scène internationale comme un modèle de modernisation alternatif à celui du monde occidental. Pourtant, une grande partie de la bureaucratie chinoise se forme depuis le début du siècle à l’aide de méthodes pédagogiques et de contenus d’inspiration américaine, sous l’égide d’enseignants revenus de l’étranger. Plusieurs milliers d’agents du secteur public s’inscrivent tous les ans dans un master en administration publique (MPA pour Master in Public Administration), un programme promu par la Harvard Kennedy School et arrivé en Chine avec le nouveau siècle.

En suivant le fil de cette formation et grâce à une centaine d’entretiens, la plupart réalisés sur place en chinois, Alessia Lo Porto-Lefébure interroge le sens de cet emprunt chargé de valeurs politiques si éloignées de celles portées par l’État-parti. Elle donne à voir comment la classe dirigeante négocie au quotidien la modernisation économique du pays et le maintien d’un régime autoritaire.

. Arthur Quesnay, La guerre civile irakienne. Ordres partisans et politiques identitaires à Kirkouk (2003-2020), Paris, Karthala, octobre 2020.

Le gouvernorat de Kirkouk, dans le nord de l’Irak, est l’une des provinces les plus touchées par la guerre depuis des décennies, bien avant l’invasion américaine de 2003. Il a notamment été au centre de la question kurde. Il constitue donc l’un des meilleurs points d’observation des transformations de la société irakienne, et notamment du rôle qu’y jouent les partis politiques, à la fois producteurs de violence et intermédiaires obligés entre la population et les institutions étatiques. Ces partis mettent en œuvre des politiques d’ingénierie démographique et imposent de nouvelles hiérarchies identitaires. Leurs réseaux militants détournent les ressources de l’État, lequel reste l’enjeu majeur des affrontements. Enfin, la guerre contre Daech, à partir de juin 2014, a radicalisé leurs projets et intensifié le conflit, conduisant paradoxalement à un retour de l’État par le biais des milices.

En analysant minutieusement les dynamiques locales, ce livre, fruit de plusieurs années de recherche de terrain, dépasse les lectures communautaristes ou géopolitiques du conflit irakien qui tendent aujourd’hui à prévaloir. Il apporte une contribution originale et importante au débat sur la place de la guerre dans la formation de l’État.

. Camille Goirand, Angélica Muller, Documenter les violences. Usages publics du passé dans la justice transitionnelle, IHEAL, septembre 2020.

Le 10 décembre 2014 à Brasilia, la Commission nationale de la vérité (CNV) remettait son rapport à la présidente Dilma Rousseff. Pendant deux ans, la CNV s’est consacrée à ouvrir et organiser les archives de la répression intervenue pendant la période autoritaire, à établir les faits relatifs aux violations graves des droits humains et à en identifier les responsables. Ses travaux ont suscité de larges controverses au Brésil, où la mémoire de la dictature révèle de profonds clivages.

A la lumière de cas situés en Colombie, en Argentine, au Chili, à Cuba, en Côte d’Ivoire et en Europe de l’est, et en faisant le pari d’une approche pluridisciplinaire, cet ouvrage met le cas du Brésil en perspective pour interroger la production de la connaissance et de la mémoire sur les régimes d’exception du passé. Quel rôle pour les universitaires ? Dans quelles conditions conserver et rendre accessibles les archives des régimes d’exception ? Quel statut donner aux connaissances produites par les commissions de vérité et par les processus judiciaires relatifs aux violations des droits humains ? Historiens, politistes et juristes, les auteurs dressent les contours des enjeux démocratiques représentés par les usages conflictuels des références aux passés autoritaires, les politiques de mémoire et la conservation des archives.

. Delphine Minoui, Les passeurs de livres de Daraya – Une bibliothèque secrète en Syrie, Paris, Points, septembre 2020.

" Un ouvrage magnifique où les mots ont plus de force que les armes. " Elle Bachar al-Assad s’était juré de les enterrer vivants, d’ensevelir leur ville et leurs espoirs. Daraya, un des berceaux du printemps syrien de 2011, à sept kilomètres de Damas, est devenu un tombeau à ciel ouvert. Mais sous les bombes, les derniers insoumis assiégés ont bâti une forteresse de papier pour résister : pendant quatre années de blocus, Ahmad, Shadi, Hussam ou Omar ont exhumé des milliers d’ouvrages ensevelis sous les décombres de la ville et les ont rassemblés dans une bibliothèque secrète, calfeutrée dans un sous-sol.

Au coeur du chaos, un refuge où la parole circule, contre les atrocités, l’absurde, l’oubli... Delphine Minoui est grand reporter au Figaro et spécialiste du Moyen-Orient. Lauréate du prix Albert-Londres 2006 pour ses reportages en Iran et en Irak, elle sillonne le monde arabo-musulman depuis vingt ans. Son ouvrage Je vous écris de Téhéran est disponible en Points.

. François Bourguignon, Économie de la mondialisation. Une reconfiguration en marche, Paris, De Boeck Supérieur, septembre 2020.

Ce manuel introduit le lecteur à l’analyse économique de la mondialisation. Sont présentés : développements théoriques les plus récents, clés de compréhension du phénomène, données empiriques et principaux débats engendrés par la mondialisation.

La mondialisation cristallise les oppositions entre les partisans inconditionnels du libre marché et une partie de la société civile qui redoute ses effets dévastateurs. Mais dans quelle mesure ses implications positives ou négatives sont-elles fondées sur des faits objectifs ?

Cet ouvrage répond d’une manière exhaustive à la question.

Il présente les développements théoriques les plus récents sur ce processus majeur.

Il mobilise de multiples données statistiques.

Il rend compte des principaux débats engendrés tant par la mondialisation que par la démondialisation.

Ces éclairages sont destinés à tous ceux qu’intéressent les transformations de l’économie mondiale, en particulier les étudiants en économie ou en sciences politiques et les candidats aux concours des grandes écoles ou aux concours administratifs.

. Jacques Follorou, La guerre secrète du renseignement, Paris, Plon, septembre 2020.

L’espionnage dans tous ses états. L’espionnage a épousé la révolution numérique. C’est aujourd’hui une vérité communément admise. Les ingérences russes via Internet et les réseaux sociaux dans les campagnes présidentielles du monde entier, notamment aux Etats-Unis ; les recrutements massifs du renseignement chinois sur LinkedIn, les révélations d’Edward Snowden, l’ex-agent de la NSA américaine, sur la collecte massive de données dans le monde par son pays - les exemples font légion.

Le renseignement technique a pris le pouvoir. Pourtant, le renseignement humain, à la John Le Carré, n’a pas disparu. Il occupe même encore une part importante de cette face cachée des relations internationales, secrètes et violentes. C’est la principale information fournie par cet ouvrage qui recense près de dix ans d’enquêtes exclusives sur l’espionnage dans le monde. Il montre comment l’Occident a baissé la garde face à l’espionnage russe redevenu très agressif, notamment en Europe.

Il permet de plonger au coeur de cette guerre invisible, à Djibouti, à Bangkok, à Bruxelles, à Paris, à Genève ou aux Emirats arabes unis. Il rappelle que dans le monde du renseignement, il n’y pas d’amis, comme l’atteste l’attaque informatique américaine contre l’Elysée en 2012 ou les infiltrations du Mossad en France. Une vérité confirmée par l’un des personnages les plus importants du renseignement français des quinze dernières années.

. Jean-Sylvestre Mongrenier, Le monde vu de Moscou, Paris, PUF, septembre 2020.

Entre Baltique et Pacifique, la Russie constitue un ensemble sans équivalent. Elle incarne " l’Eurasie ", une notion désormais centrale dans le discours géopolitique russe. Au sud, le Moyen-Orient est perçu comme un arc de crise. Au nord, l’océan Arctique fait figure de nouveau front stratégique. A l’est, la Chine, l’Asie, puis les Etats-Unis. Au sud-ouest, l’Iran, la Turquie... A la mesure de ces immensités, le projet russe consiste à retrouver un statut de puissance globale, en opposition à l’Occident.

L’approche raisonnée de ce " phénomène " géopolitique suppose la connaissance des lieux et espaces où s’exerce la puissance, la compréhension des rapports bilatéraux, la saisie des représentations à travers lesquels les dirigeants voient et pensent le monde. Ce dictionnaire géopolitique multiplie les perspectives sur la Russie et l’Eurasie postsoviétique en 550 entrées. Un ouvrage géopolitique sans équivalent aujourd’hui.

. Matthieu Noucher, Laurent Polidori, Atlas critique de la Guyane, Paris, CNRS Éditions, septembre 2020.

La carte n’est pas le territoire. Œuvre de l’esprit, interprétation de l’espace, elle est restée longtemps l’apanage du pouvoir, l’expression des dominants, véhiculant des représentations partiales, douteuses ou orientées. Une mise en ordre qui fabrique parfois l’ordre bien réel de nos sociétés. Dressé dans les années 1970, ce constat critique bouleverse encore aujourd’hui la lecture des cartes.

Cet atlas s’inscrit dans ce mouvement intellectuel en plein essor : il se veut être un exercice de cartographie critique appliquée à un espace donné. Les auteurs, géographes spécialistes de la discipline, ont choisi la Guyane – mais leur méthode pourrait s’appliquer à n’importe quel «  terrain  » – parce qu’elle forme un espace singulier, une «  île  » méconnue, rebelle aux méthodes classiques de représentation (par l’immensité du massif amazonien, difficilement accessible). Région à forts enjeux politiques et économiques, ses cartes voient s’affronter des visions très différentes, des divergences de regards sur l’Histoire.

Cet ouvrage questionne des cartes existantes en procédant à une analyse virtuose de tous les grands problèmes de leur fabrique (confiner, délimiter, détecter, collecter, nommer) à leur usage (mesurer, planifier, révéler, figer, relier). Il traite aussi des thèmes cruciaux de cet espace en produisant pour ce faire des cartes originales sur les frontières, le littoral, la forêt, les circulations, l’orpaillage, la toponymie, la topographie, le foncier, l’urbanisme, les relations géopolitiques, la biodiversité… Tandis que les deux derniers chapitres «  Imaginer, la Guyane par les cartes  » et «  Oublier, le blanc des cartes  » réinterrogent la carte jusque dans la logique de ses suppositions ou de ses omissions.

En multipliant les points de vue, cet atlas fait émerger les co-vérités d’un territoire, divers, complexe à décrire, sans jamais pouvoir y arriver complètement, comme s’il y avait pour cette «  île  » et le monde en général une impossibilité, un «  in-cartographiable  » irréductible.

. Benoît Thery, Le management intercultural en Afrique. La Renaissance, Québec, Éditions EMS, septembre 2020.

Cet ouvrage se veut d’abord une présentation des cultures africaines et de leur large convergence, qui puise dans l’histoire de l’Afrique et de ses valeurs pour déboucher sur son actualité et la façon de s’y adapter. Après la « Renaissance » de l’Europe, qui a été aussi pour elle la période de découverte de l’Afrique par les Portugais, l’ouvrage conclut sur la « Renaissance » de l’Afrique, qui est celle d’aujourd’hui, et qui demande aussi une renaissance des relations avec le continent.

L’ouvrage s’appuie sur une large documentation et une bibliographie d’auteurs africains et européens. Cette approche rigoureuse n’empêche pas quelques passages plus poétiques, tirés notamment d’auteurs du continent, pour mieux faire percevoir « l’âme de l’Afrique ».

. Collectif, Atlas géopolitique mondial édition 2021, Paris, Éditions du Rocher, septembre 2020.

Avec près de 300 cartes et graphiques couvrant les cinq continents, l’Atlas géopolitique mondial 2021 constitue un outil d’analyse sans équivalent dont le contenu est intégralement renouvelé chaque année. Cette nouvelle édition aborde plus de 80 événements marquants de l’actualité internationale, ainsi que des sujets moins médiatisés mais tout aussi nécessaires à la compréhension des grands enjeux mondiaux.

La sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, les contestations au Moyen-Orient dix ans après les "printemps arabes", le terrorisme au Sahel ou les effets de l’épidémie de Covid-19 sur les économies d’Asie du Sud-Est y sont étudiés, tout comme le retour de la Russie en Afrique, la violence au Salvador, la puissance technologique chinoise ou encore les enjeux géopolitiques et environnementaux des terres rares.

Un atlas incontournable pour tous ceux qui s’intéressent aux relations internationales et souhaitent en saisir de manière claire et accessible toute la complexité.

. Martha Nussbaum, Les émotions démocratiques. Comment former le citoyen du XXIe siècle ?, Paris, Flammarion, septembre 2020.

Une crise silencieuse frappe aujourd’hui les démocraties du monde. L’éducation se plie aux exigences du marché de l’emploi, de la rentabilité et de la performance, délaissant la littérature, l’histoire, la philosophie et les arts... En un mot : les humanités. Mais pour Martha Nussbaum, celles-ci ne sont ni un vestige du passé ni un supplément d’âme pour happy few.

Dans ce manifeste original et argumenté, elle montre comment les humanités nous font accéder à la culture des émotions, à ce qu’elle appelle l’« imagination narrative ».

Les œuvres d’art notamment, en développant notre esprit critique et nos capacités d’empathie, nous aident à nous identifier au « faible » au lieu de le stigmatiser et à éprouver du respect au lieu de l’agressivité et de la peur qui naissent inévitablement de la vulnérabilité.

Ce n’est pas à coup d’idées abstraites que s’imposeront l’égalité et la liberté, nous dit Martha Nussbaum... C’est en formant, par le biais des « émotions démocratiques », le citoyen du XXIe siècle.

. Pierre Savy, Histoire des Juifs. Un voyage en 80 dates de l’Antiquité à nos jours, Paris, PUF, septembre 2020.

Cet ouvrage, composé de quatre-vingt textes courts consacrés à des dates-clés, propose un voyage à travers le monde et plus de trois millénaires d’une histoire extraordinairement riche, complexe et mouvementée. Un voyage qui permet de découvrir des individus et des familles unis (ou non) par une foi, une appartenance, des traits culturels, des pratiques, mais aussi par une histoire commune.

La chronologie plurimillénaire du peuple juif ne se réduit pas à une quête qui, de l’exil au retour en Israël – où vit désormais la moitié de la population juive mondiale –, ferait de l’expérience diasporique une vaste parenthèse. De 1207 avant notre ère à 2015, chaque texte est consacré à une date de l’histoire des Juifs, heureuse ou tragique, interne à la vie des communautés ou relevant de l’histoire générale ; célèbre, comme l’expulsion d’Espagne en 1492, ou méconnue. Elles forment un exceptionnel panorama de l’histoire et de la culture juive.

. Sonia Darthou, Athènes. Histoire d’une cité entre mythe et politique, Paris, Passés composés, septembre 2020.

Les mythes s’avèrent intimement liés à l’histoire de la cité d’Athènes. Omniprésents, foisonnants et réactualisés au cours des siècles, ils surgissent dans tous les espaces du paysage pour construire le passé comme le présent politique. Grâce à la mythologie, les Athéniens s’ancrent et se réinventent en permanence. Au banquet, les vases à boire circulent entre les buveurs, entraînant une cohorte d’images qui voyage de main en main, donnant ainsi à voir les grands mythes de la cité. Sur les décrets de l’Assemblée du peuple, c’est la figure d’Athéna qui fait écho au texte des hommes. Sur la porte de la maison, le père accroche, à la naissance de son fils, une couronne d’olivier, cet arbre mythique qui inscrit le nouveau-né dans la communauté de ses frères athéniens. Au théâtre et au tribunal, les mythes rappellent les modèles des héros et dramatisent la condition humaine face aux citoyens assemblés. Quant aux pièces de monnaie athéniennes, frappées de l’effigie d’Athéna et de ses symboles, elles véhiculent parfaitement combien il est difficile de tracer une frontière entre mythe et politique. C’est tout le propos de l’auteure, qui a choisi de raconter une Athènes surprenante où discours et images mythiques contribuent à façonner les grands enjeux de la cité.

. William Genieys, Gouverner à l’abri des regards – La réussite de l’Obamacare, Paris, Les Presses de Sciences Po, septembre 2020.

L’Affordable Care Act de 2010 a permis à vingt millions de citoyens américains de bénéficier d’une couverture maladie. Réforme la plus ambitieuse en matière de santé depuis les années 1960 aux Etats-Unis, l’Obamacare est aussi une réussite politique. Même Donald Trump n’est pas parvenu à la faire abroger. Ce succès tient au travail de fond, à l’abri des regards, d’un petit groupe de "gardiens des politiques de santé", habitués de longue date aux arcanes washingtoniennes et fins connaisseurs des rouages du système de santé américain.

En périphérie du pouvoir sous la présidence de George Bush Jr. puis au sein de l’administration fédérale sous celle de Barack Obama, ces insiders échaudés par l’échec de la réforme Clinton au début des années 1990 ont usé de leurs ressources politiques pour faire évoluer un système devenu obsolète. S’ils n’ont pu mettre en place une couverture universelle, du moins ont-ils accru les capacités de régulation de l’Etat fédéral dans le domaine de la santé, créant par là-même la possibilité de futures améliorations.
L’enquête de William Genieys met au jour le rôle de ces nouvelles élites politiques américaines qui oeuvrent pour que l’Etat fédéral soit au service non pas des lobbyistes, mais de l’intérêt général. William Genieys est directeur de recherche CNRS au Centre d’études européennes et de politique comparée de Sciences Po.

. Pierre Vermeren, Le Maroc. Un royaume de paradoxes. Coll. En 100 questions, éd. Tallandier, 2020

Qui est Mohammed VI ? Est-ce le roi qui dirige ? L’islam marocain est-il un garde-fou contre l’islamisme ? Les Marocaines sont-elles libres ou soumises ? À quoi aspire la jeunesse marocaine ? Pourquoi la France envoie-t-elle ses imams se former au Maroc ? Le Maroc est-il un modèle pour le monde arabe ?
Royaume arabo-berbère à la longue histoire islamique, dynastique et impériale, le Maroc se voit comme le plus occidental des pays arabes et africains. Jouant au maximum de son soft power, il est au mieux avec tous les États du monde, exceptés l’Algérie et l’Iran. S’il aspire à devenir une démocratie, le Maroc veut aussi être une grande puissance islamique, avec à sa tête le chef le plus prestigieux de l’islam politique. Ami de tous, protégé par ses alliés, dominant ses opposants et affichant un nationalisme décomplexé, le roi Mohammed VI a-t-il remporté la partie après vingt ans de règne ? Restent néanmoins plusieurs ombres au tableau : misère du monde rural, manque de formation, lutte contre le radicalisme religieux et le terrorisme, repli du pays dans ses frontières. En fin connaisseur, Pierre Vermeren décrypte les paradoxes d’un royaume qui se rêve en pays d’exception.

Pierre Vermeren, ancien élève de l’École normale supérieure et agrégé d’histoire, est historien et professeur des universités à Paris 1/Panthéon-Sorbonne.

. Charles-Philippe David et Elisabeth Vallet, Comment Trump a-t-il changé le monde ? CNRS édition, 2020

Depuis l’élection de Trump, le monde a changé. L’arrivée à la tête des États-Unis de ce magnat de l’immobilier a bouleversé les équilibres mondiaux et entériné le recul des relations internationales, à tel point qu’il pourrait être irréversible. L’abandon du leadership qu’avaient exercé tous ses prédécesseurs sans aucune exception a créé les conditions propices à des situations extraordinairement préoccupantes et menaçantes pour l’ordre mondial : fin du multilatéralisme, durcissement des frontières, compétition commerciale exacerbée, réarmement généralisé, fragilisation des grands traités mondiaux, ébranlement de la démocratie et de ses institutions, etc.
L’ensemble de l’architecture du système international repose sur la mise en œuvre d’une diplomatie américaine engagée et soutenue. Un monde qui en serait exempt deviendrait instable. La présidence Trump, dit-on souvent, est atypique. Sur de nombreux plans, à l’évidence, elle constitue un tournant dans l’histoire. Mais qu’en est-il des effets de cette politique à l’échelle internationale ?

Charles-Philippe David est professeur titulaire de science politique à l’université du Québec à Montréal (UQAM) et président de l’Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand ...

Élisabeth Vallet est professeure agrégée en études internationales au Collège militaire Royal de Saint-Jean et professeure associée à l’université du Québec à Montréal (UQAM).

. Charles Zorgbibe, Les éminences grises... dans l’ombre des princes qui nous gouvernent, éditions de Fallois

Dans le théâtre politique, le rôle d’éminence grise est l’un des plus convoités : c’est le conseiller caché du prince. Ce rôle fut créé par un grand acteur, Richelieu, pour un autre grand acteur, le Père Joseph : « éminence », parce que Richelieu avait demandé pour son ami le chapeau de cardinal ; « grise , car c’était la couleur de la robe de capucin que portait ce dernier.

L’expression franchit les frontières. Elle est appliquée en Allemagne au baron Holstein qui, à Berlin, fait et défait les chanceliers sous Guillaume II. Au temps de Roosevelt, elle est reprise, aux États-Unis pour Harry Hopkins, également surnommé « le Raspoutine de la Maison Blanche ». En France, au XXe siècle, le Père Joseph renaît sous les traits de Jacques Foccart, au cœur du premier cercle gaullien puis de François de Grossouvre, dans l’entourage de François Mitterrand.

D’autres personnalités marquantes, qui s’étaient illustrées, parfois, loin de la politique, ont contribué à infléchir le cours de l’Histoire, de Beaumarchais, qui apporta le soutien de la cour de France aux insurgés américains, à Jean Monnet le Père de l’Europe moderne.

À travers seize portraits inoubliables, Charles Zorgbibe nous révèle – ou nous rappelle – l’action secrète de ces hommes de l’ombre qui ont, pour une part souvent déterminante, façonné le monde où nous vivons.

. Collectif, Grand Atlas 2021, Paris, Autrement, août 2020.

Un ouvrage indispensable pour comprendre le monde.

Plus de 100 cartes inédites et mises à jour et 50 infographies et documents. Un tour d’horizon complet des grands enjeux internationaux. En partenariat avec Courrier international et Franceinfo.

. Éric Heyer, Pascal Lokiec, Dominique Méda, Une autre voie possible. Vers un modèle social-écologique, Paris, Champs actuel, septembre 2020.

La France serait le seul des grands pays d’Europe à avoir un taux de chômage élevé, une croissance faible et une dette abyssale. Nous serions les seuls à avoir conservé un Code du travail lourd et rigide, un modèle social affreusement coûteux, et à ne pas encore avoir mené les réformes permettant de nous adapter à la mondialisation et à la révolution technologique.

Ce discours est radicalement faux. Il masque les vraies raisons de nos difficultés : les dysfonctionnements du capitalisme financier et les mauvaises décisions de politique économique. Incapables de se confronter à cette réalité, les pays européens ont imposé depuis deux décennies des mesures d’austérité qui ont aggravé les inégalités de manière inacceptable et accru la vulnérabilité de tous les systèmes. La crise sanitaire de 2020, en engendrant un choc économique d’une extrême violence, a révélé et exacerbé les disparités internes à notre société.

Un autre projet est possible. Conjuguant trois disciplines – économie, droit, sociologie – et mobilisant les études les plus récentes, ce livre réfute les explications simplistes, propose un diagnostic puissant et dessine une autre voie qu’il est urgent d’emprunter.

. Frédéric Encel, Les 100 mots de la guerre, Paris, PUF, septembre 2020.

Pourquoi fait-on la guerre ? Comment la pratiquait-on avant et pendant l’apocalyptique XXe siècle ? À quoi ressembleront celles de demain ?
Venue du fond des âges, mais paradoxalement assez peu fréquente – et d’ailleurs moins meurtrière, sur les temps longs, que les famines et les épidémies –, la guerre est à la fois passionnante dans ses nombreux et divers déroulements (stratégies, innovations et philosophies), et hideuse par les débauches de souffrances, de haines et d’appauvrissements qu’elle engendre.
Toute guerre est-elle pour autant une « connerie » ? Certaines ne peuvent-elles pas être justes ? Dans tous les cas, afin de mieux promouvoir la paix, Frédéric Encel propose de regarder la guerre bien en face.

. Gisèle Maheux, Glorya Pellerin, Segundo Enrique Quintriqueo Millán, Lily Bacon, La décolonisation de la scolarisation des jeunes Inuit et des Premières Nations, Québec, PUQ, septembre 2020.

Au Québec, les difficultés institutionnelles à scolariser les jeunes Inuit et ceux des Premières Nations jusqu’à la fin du secondaire ne peuvent plus être ignorées. Il en est de même pour la formation postsecondaire. Au Chili, les conditions institutionnelles nécessaires à la mise en pratique de la politique d’éducation interculturelle bilingue sont souvent absentes. Ces entraves, voire ces échecs systémiques, sont mises en évidence par de nombreux rapports émanant d’organismes autochtones, de gouvernements et de travaux de chercheurs.

Les auteurs du présent ouvrage souhaitent mettre au jour une diversité d’approches et de perspectives d’analyse, de compréhension et d’action développées par des universitaires et leurs partenaires des Premiers Peuples favorisant la réussite scolaire et éducative de tous les jeunes. Ce livre offre un examen tant de la situation générale de l’éducation des populations autochtones que de situations particulières de travail en collaboration université-communauté pour le développement de projets éducatifs. La question de l’articulation des savoirs du patrimoine culturel des Premiers Peuples et des savoirs valorisés par les sociétés englobantes et dominantes est au coeur des réflexions et des récits d’actions de ce collectif.

Ce livre s’adresse à toute personne qui a un intérêt pour l’éducation et la formation des jeunes des Premiers Peuples, et plus précisément pour les questions de scolarisation de base, de formation à l’enseignement, d’administration ou de politiques publiques en éducation.

. Konrad Paul Liessman, La haine de la culture – pourquoi les démocraties ont besoin de citoyens cultivés, Paris, Armand Colin, septembre 2020.

Tout le monde parle de culture, de formation, d’éducation. C’est devenu une doctrine laïque du salut permettant de résoudre tous les problèmes - de la lutte contre la pauvreté à l’intégration des migrants, du changement climatique à la lutte contre le terrorisme. Mais alors que la culture est devenue un slogan omniprésent dans notre société, les revendications culturelles sérieuses sont paradoxalement ressenties comme des provocations élitistes issues d’un âge révolu.

Konrad Paul Liessmann, philosophe autrichien dont ce livre est la première oeuvre traduite en français, dénonce la barbarie intellectuelle engendrée par le primat de l’économie et de la technologie, particulièrement dévastateur depuis l’avènement du réseau informatique mondial. Réfléchissant au discours moralisateur du politiquement correct, qui confond instruction et compétences, il pointe un renversement des valeurs - mortel pour l’Europe - conduisant à une véritable haine de la formation classique du citoyen à la liberté.

. Agence française de développement, Atlas de l’Afrique AFD, Paris, Armand Colin, août 2020.

Tantôt fantasmée, tantôt redoutée, l’Afrique demeure un continent méconnu et, trop souvent encore, caricaturé. Pourtant cet espace, qui accueillera un tiers de la population mondiale dans à peine une génération, a vécu ces dernières années des transformations sociales, économiques, environnementales, d’une ampleur et d’une rapidité spectaculaires.

Cet atlas a pour ambition de porter un autre regard sur l’Afrique, au plus proche du terrain et de son actualité : celui d’un continent pluriel, dynamique et qui, face à ses défis entreprend, innove et inspire déjà le reste du monde.

À travers une centaine de cartes et graphiques, fruit d’un travail de collecte et d’agrégation inédit de données, sont ici présentés de façon concrète les enjeux, les paradoxes et les perspectives d’un continent où, pour de nombreux observateurs, se jouera une grande partie du destin de l’humanité.

. Daniel Meier, Les frontières, au-delà des cartes – Sécurité, migration, mondialisation, Paris, Éditions le Cavalier Bleu, septembre 2020.

Les frontières structurent notre espace de mouvement. Lieux de la mondialisation, elles s’effacent pour favoriser les échanges. Lieux des migrations, elles trient les individus, acceptent les bons, rejettent les indésirables. Lieux barrière contre les épidémies, elles enferment et confinent... Oscillation permanente entre flux et contrôle, les frontières d’aujourd’hui constituent un prisme original pour appréhender le monde dans lequel nous vivons et les rapports que nous entretenons entre nous.

. François Jost, Médias : sortir de la haine, Paris, CNRS Éditions, septembre 2020.

Les Français comme les Européens ont de moins en moins confiance dans leurs médias, suspectés d’être liés au pouvoir politique ou aux puissances de l’argent.

Dans les manifestations, les journalistes passent pour les «  nouveaux ennemis du peuple  », tandis que, chez eux, de plus en plus de citoyens éteignent le poste pour éviter ces trop pesantes informations. La rupture semble consommée.

Contre-pouvoirs indispensables de nos sociétés démocratiques, les médias sont pourtant l’affaire de tous et il est urgent de réapprendre à naviguer à travers ces eaux méconnues. Et dans cette traversée, il n’est sans doute pas meilleur guide que François Jost.

Passant en revue les causes historiques, philosophiques et sociologiques de cette défiance, il met au jour les racines de la haine et se demande finalement s’il est possible d’en sortir. Et comment.

Après la Méchanceté en actes à l’ère numérique (2018), ce nouveau livre constitue un véritable manuel de survie médiatique, accessible au plus grand nombre : toutes les chausse-trappes de l’info y sont dévoilées, tandis que sont fournis les outils pour une critique enfin utile des médias.

Une œuvre salutaire pour se départir de la paranoïa ambiante.

. Frédéric Lasserre, Eric Mottet, Barthélémy Courmont, Les nouvelles routes de la soie- Géopolitique d’un grand projet chinois, Paris, PU Québec, septembre 2020.

En 2013, le président chinois Xi Jinping annonçait un projet d’envergure qui permettrait à la Chine de s’afficher sur la scène internationale comme la deuxième puissance économique mondiale. Les nouvelles routes de la soie qui comprennent deux dimensions complémentaires, à savoir une route terrestre et une ceinture maritime, posent toutefois des enjeux géopolitiques à plusieurs échelles qui ne relèvent pas que des relations internationales : le projet propose de restructurer l’ensemble des relations économiques en Asie, ainsi qu’entre l’Asie, l’Europe et l’Afrique.

Comment cette vaste ambition chinoise se décline-t-elle ?

. Kévin de la Croix, Veronica Mitroi, Écologie politique de la pêche- Temporalités, crises, résistances et résiliences dans le monde de la pêche, Paris, PU Paris Ouest, septembre 2020

Quelle peut être la contribution de la political ecology à la compréhension des crises successives et de plus en plus alarmantes qui affectent les systèmes de pêches maritimes et continentaux dans le monde ? En réunissant de façon inédite des travaux réalisés par des géographes, sociologues, anthropologues et économistes, cet ouvrage montre la nécessité d’aller au-delà des retranchements techniques et experts qui impliquent des modalités de gestion univoques.

La déconstruction des discours dominants implique de s’intéresser aux ancrages territoriaux et aux enjeux multiscalaires, aux temporalités et aux rythmes, aux rapports de pouvoir et aux orientations économiques et politiques inhérentes à toute pratique de pêche. A partir des terrains d’étude situés en Europe, Afrique et Polynésie, l’ouvrage invite à replacer ces questionnements au coeur des réflexions sur la résilience des systèmes de pêche.

. Philippe Hugon, Jean-Christophe Servant, Géopolitique de l’Afrique – 40 fiches illustrées pour comprendre le monde, Paris, Eyrolles, septembre 2020.

Quel avenir pour l’Afrique ? L’Afrique est-elle entrée dans l’histoire ? La colonisation a-t-elle aujourd’hui une influence ? Quelles trajectoires depuis les indépendances ? L’Afrique est-elle bien ou mal partie ? Ces questions traversent l’histoire contemporaine et resurgissent au fil de l’actualité. Des clichés à la réalité, ce guide illustré nous parle de lieux, de faits et de chiffres pour nous aider à y voir plus clair.
Spécialiste incontesté, l’auteur propose 40 fiches thématiques et documentées, réparties comme suit : 10 éclairages différents, 10 grands défis, 10 principales puissances et 10 leviers d’action.


. Michel Nazet , Nathalie Coste Trin Dinh , Marie Tissier, Spécialité Histoire-Géographie-Géopolitique et Sciences politiques - Terminale - Nouveaux programmes, Paris, Ellipses, juin 2020, 320 p.

Parce que la méthodologie est essentielle pour réussir avec succès ses épreuves du baccalauréat et que la réforme mise en place au lycée vise un parcours de l’élève de la classe de Seconde aux études supérieures, Parcours et méthodes est la collection indispensable aux lycéens souhaitant réviser sereinement et efficacement.

Dans cet ouvrage, vous trouverez :

Des cours complets et documentés, assortis de zooms spécifiques sur les éléments essentiels à retenir,

Des fiches méthode claires, détaillant chaque point à maîtriser pour produire la meilleure des copies,

Des exercices corrigés par un professeur de l’Éducation Nationale.

Le livre de Michel Nazet , Nathalie Coste Trin Dinh , Marie Tissier, Spécialité Histoire-Géographie-Géopolitique et Sciences politiques - Terminale - Nouveaux programmes, éd. Ellipses sur le site d’Amazon


. Jean-Pierre Payot, Climat, l’alerte impossible, Paris, L’Harmattan, mai 2020.

Les derniers rapports scientifiques sur le réchauffement climatique et sur la biodiversité sont alarmants. Pourtant, malgré leur gravité, nous ne semblons pas suffisamment intégrer ces constats officiels pour passer vraiment à l’action. Comment expliquer ce « mal-entendu » ? Notre processus de développement débridé nous a déplacés dans un environnement hors-sol où la nature a été réduite à l’état de concept. Dès lors, déconnectés de la réalité écologique de notre planète, nous sommes devenus sourds à ses appels. Pire, l’alerte climatique, souvent perçue comme anxiogène et culpabilisante, menace de devenir un véritable repoussoir.

Jean-Pierre Payot est agrégé d’histoire géographie. Passionné des grandes questions de notre temps, il articule sa mission d’enseignant avec ses recherches en géopolitique et environnement.

Le livre de Jean-Pierre Payot, Climat, l’alerte impossible, sur le site des éditions L’Harmattan


. Laurent Delcourt, Le Brésil de Bolsonaro : le grand bond en arrière, Paris, Syllepse, juillet 2020.

Pourquoi et comment un médiocre parlementaire d’extrême droite, nostalgique de la dictature militaire, ouvertement raciste, misogyne et homophobe a-t-il pu se hisser à la tête du plus grand pays d’Amérique latine ? L’arrivée de Bolsonaro à la présidence du Brésil n’est ni un événement fortuit, ni une parenthèse sans lendemain. Portée par une lame de fond, elle est à la fois le produit des circonstances et la conséquence d’un travail de conquête et de formatage de l’opinion par de nouvelles droites radicales et militantes.

Dans un contexte marqué par une profonde crise économique, morale et institutionnelle, ces courants ont exploité les frustrations et les ressentiments de la société brésilienne, pour s’imposer aux affaires. Avec l’appui des vieilles oligarchies et des secteurs les plus conservateurs, ils entendent aujourd’hui solder l’héritage du "lulisme" et dicter leur agenda ultralibéral, rétrograde et autoritaire.

Révision des droits sociaux, démantèlement des protections environnementales, privatisation des entreprises publiques, réalignement de la politique étrangère sur les Etats-Unis, croisade morale et sécuritaire..., le tournant engagé risque de réduire à néant les progrès démocratiques engrangés au terme de plusieurs décennies de luttes. Sonnée et divisée, la gauche s’est jusqu’à présent montrée impuissante à contrer la vague réactionnaire.

Elle devra, coûte que coûte, retrouver son unité et proposer un nouveau projet mobilisateur pour éviter que le pays, champion toutes catégories des inégalités, ne s’enfonce dans l’abîme.

. Maryse Deguergue, Environnement et santé : progrès scientifiques et inégalités sociales, Paris, Éditions de la Sorbonne, juillet 2020.

Le progrès scientifique et technologique a été longtemps accompagné d’une connotation positive, tant il a contribué à l’amélioration du bien-être individuel et collectif au XXème siècle. Le présent ouvrage tend à montrer que la réalité du XXIème siècle est peut-être sensiblement différente des représentations traditionnelles de l’idée de progrès et se propose d’explorer l’une de ses faces sombres, celle des inégalités qu’il génère.

Le changement climatique aujourd’hui - ou le voisinage des installations polluantes à travers les âges - et les injustices environnementales qu’ils produisent, les bulles technologiques, les déserts médicaux ou les expérimentations en santé, pouvant aller jusqu’à l’augmentation technologique des êtres humains, révèlent des inégalités qu’il est intéressant de débusquer dans les deux secteurs de l’environnement et de la santé, choisis, pour le premier en ce qu’il est présenté comme victime du progrès, pour le second en ce qu’il est reconnu comme la voie triomphale du progrès.

Il est apparu aussi nécessaire de relier ces inégalités à la question sociale, que les actuels soulèvements populaires posent de manière aiguë, et qui doit être traitée par le droit. Les différents contributeurs, par un croisement des disciplines juridique, sociologique, philosophique, géographique, ont mis en lumière la gravité de certaines situations discriminatoires engendrées par le progrès. Leurs réflexions peuvent contribuer à préparer l’entrée dans l’ère de la robotique, avant que les droits des robots viennent coexister avec les droits de l’Humanité ou les concurrencer...

. Ronan Farrow, Paix en guerre – La fin de la diplomatie et le déclin de l’influence américaine, Paris, LGF/Livre de Poche, juillet 2020.

La politique étrangère des Etats-Unis subit une mutation désastreuse, modifiant pour toujours le rôle de l’Amérique dans le monde. Les institutions diplomatiques souffrent de drastiques coupes budgétaires et les émissaires qui ont permis les plus fines négociations et protégé partout leurs expatriés sont démis de leurs fonctions du jour au lendemain. Alors que, à Washington, les bureaux du ministère des Affaires étrangères se vident, dans le reste du monde, ce sont l’industrie et l’armée qui reprennent les rênes.

Fondé sur des documents jamais dévoilés, enrichi d’interviews exclusives (de Henry Kissinger à Hillary Clinton), Paix en guerre nous alerte sur une profession en voie d’extinction, celle des défenseurs de la paix. Raconter la politique étrangère de son pays à la manière d’un grand reportage, seul un journaliste américain pouvait être capable de cette prouesse. Un extraordinaire pouvoir d’évocation.

. Sandra Birtel, Blanchiement d’argent, financement du terrorisme, corruption – État de la coopération internationale des cellules de renseignement financier, Paris, Legitech, juillet 2020.

Le coût des pots de vin versés dans le monde chaque année représente entre 1 500 et 2 000 milliards de dollars, soit 2 % du Produit Intérieur Brut (PIB) mondial. D’un point de vue régional, la corruption coûterait à l’Europe entre 179 et 990 milliards d’euros par an. D’après le Fonds Monétaire International (FMI), le volume du blanchiment d’argent représenterait entre 2 et 5 % du PIB mondial. Face à ces chiffres mirobolants, force est de constater la nécessité de lutter efficacement et urgemment contre le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et la corruption. C’est là l’une des missions principales des Cellules de renseignement financier. Cependant, comment se met en place la coopération entre ces Cellules à l’échelle européenne ou plus encore à l’échelle mondiale ? Quelles sont les différences entre les différentes CRF nationales ? C’est ce que nous allons voir dans cet ouvrage en comparant le fonctionnement de plus d’une dizaine de cellules du monde.

. François DosSantos, Quel avenir pour EDF ? – 30 questions pour éclairer le débat ? Paris, Éditions de l’Atelier, juillet 2020.

L’année 2020 va être l’occasion d’un Meccano politico-financier à EDF. Un nouvel acte de la libéralisation du secteur se profile avec le projet Hercule, qui propose de scinder l’entreprise en deux, séparant l’activité de production, placée sous contrôle de l’Etat, et l’activité commerciale, ouverte au privé. EDF est à un tournant de son histoire. Son parc nucléaire doit être renouvelé, des dividendes très généreux ont été distribués aux actionnaires alors que les besoins d’investissement sont importants.

Que paye-t-on dans sa facture ? Quelles sont les spécificités de ce secteur où la production ne se stocke pas et où les investissements se font sur des cycles très longs avec des retours sur investissement très lents ? EDF est-elle endettée ? Qu’a-t-on fait avec les recettes de l’électricité ? L’intérêt général prime-il toujours dans les choix ? La concurrence crée-t-elle de la valeur où n’est-ce qu’un transfert de rente légalisé ? Peut-on faire confiance aux règles de marché pour planifier les investissements ? Ce livre donne à un large public les clés pour comprendre le débat actuel sur l’avenir d’EDF et l’enjeu de l’électricité dans la société.

Il fait un bilan de la déréglementation du secteur depuis vingt ans et recentre le débat sur la question du service public plutôt que sur les techniques de production (nucléaire versus énergies renouvelables intermittentes).

. Hervé Ascensio, Droit international économique, Paris, PUF, juin 2020.

Le droit international économique est une discipline juridique portant sur la gouvernance et la régulation de l’économie mondiale. Il permet notamment d’expliquer le contenu des traités de commerce et d’investissement, la fonction de l’OMC et du FMI, les techniques juridiques de régulation des marchés. Un premier volet de l’ouvrage est consacré au fonctionnement systémique du droit international économique, c’est-à-dire ses sources, institutions et mécanismes de règlement des différends. Un second volet s’attache aux principaux domaines concernés, à savoir le commerce de marchandises et de services, les investissements étrangers, la stabilité monétaire et financière internationale. D’autres thèmes sont abordés au fil de l’ouvrage, tels que la fiscalité internationale, la responsabilité sociétale des entreprises, le développement durable. La connaissance du droit international économique permet de comprendre la place du droit dans la globalisation économique, ses mutations, ses limites.

. Amélie Ferey, Assassinats ciblés – Critique d’un libéralisme armé, Paris, CNRS, juin 2020.

Comment fait-on la guerre au XXIe siècle ? Principalement par drones, en éliminant l’ennemi avant qu’il ne nuise. Au Yémen, en Afghanistan, en Palestine ou au Pakistan, ces opérations dites d’" assassinats ciblés " surviennent à l’abri des regards. Pratiques d’abord largement décriées en Europe et outre-Atlantique, elles se sont banalisées à partir des années 2000 dans le contexte de la guerre contre le terrorisme.

Elles questionnent pourtant la conception traditionnelle d’une violence légitime en démocratie. Quels sont les arguments mobilisés par les gouvernements, notamment en Israël et aux Etats-Unis, pour faire accepter ce droit de tuer ? Combinant enquête de terrain et recherches, Amélie Férey examine minutieusement les processus de légalisation et de légitimation dans les démocraties de cette guerre qui ne dit pas son nom.

L’auteure discute les arguments avancés par ceux qui utilisent ces assassinats : sont-ils si différents des assassinats politiques ? Appartiennent-ils vraiment au registre de la guerre préventive ? Ont-ils un rôle dissuasif ? Respectent-ils le cadre légal international ? Amélie Férey livre ici une analyse décisive pour comprendre les enjeux de ces pratiques qui font désormais partie intégrante du paysage stratégique contemporain.

. Marie-Hélène Labbé, La quête nucléaire de l’Iran, Paris, PU Paris-Sorbonne, juin 2020.

Janvier 2020 : Qassem Soleimani tué par un drone américain, crise diplomatique entre les Etats-Unis et l’Irak, bombardements par l’Iran de bases irakiennes abritant des soldats américains... Jamais les suites de l’accord de Vienne de 2015 et leur remise en question par Donald Trump n’ont été autant d’actualité. La quête nucléaire de l’Iran, poursuivie depuis cinquante ans, a connu une route contrastée, alternant accélérations brusques et ralentissements parfois mystérieux.

L’opacité du régime théocratique des mollahs ne facilite pas la compréhension des décisions prises en Iran ; en tout état de cause, le dernier mot revient au Guide suprême. Les réponses des Etats occidentaux sont ainsi le plus souvent décalées par rapport aux intentions iraniennes, offrant souvent des avantages ou faisant des concessions quand Téhéran durcit sa position et multipliant les sanctions sans que leur objectif soit toujours clair : changement de régime ou inflexion de la politique iranienne ? Toute négociation ne saurait oublier le glorieux passé de la Perse qui nourrit le nationalisme iranien, dont la recherche de la bombe est un élément fondamental.

Spécialiste de la prolifération nucléaire, Marie-Hélène Labbé offre un éclairage sur une situation complexe et dangereuse.

. Adrien Schu, Demain, la guerre ? Etude sur le risque de guerre entre les États-Unis, la Chine et la Russie, Paris, Le Bord de l’eau, juin 2020.

Après plus d’un demi-siècle d’absence, la guerre entre grandes puissances pourrait-elle signer son retour ? Alors que la dégradation des relations entre les Etats-Unis, la Chine et la Russie a désormais été actée, cet ouvrage entend s’interroger sur le risque du déclenchement d’une guerre, globale ou régionale, entre eux d’ici à 2030.

Certaines évolutions technologiques pourraient-elles venir remettre en cause la stabilité de l’équilibre nucléaire, garant de la paix depuis 1945 ? Les projets américains, notamment dans le domaine des défenses anti-missile balistique, sont-ils sur le point de rendre caduc les dissuasions nucléaires chinoise et russe ? Se dirige-t-on en réaction vers une nouvelle course aux armements nucléaires ?

Sur le plan conventionnel, comment Pékin et Moscou pourraient-ils chercher à contourner la supériorité militaire américaine ? Dans quelle mesure le développement de leurs capacités dites de « déni d’accès » renforce la probabilité d’un conflit armé au niveau régional ?

. Benjamin Bürbaumer, Le souverain et le marché – Théories contemporaines de l’impérialisme, Paris, Amsterdam éditions, juin 2020.

Le récit d’une mondialisation apaisée ou heureuse qui s’était affirmé à la fin du XXe siècle s’est épuisé : depuis les années 2000, l’impérialisme est de nouveau "sur toutes les lèvres", comme l’écrivait déjà Hobson en 1902. L’exacerbation des logiques expansionnistes observée depuis la fin de la guerre froide a conduit à la reformulation d’une série de questions et d’hypothèses incontournables pour qui souhaite comprendre les relations internationales : les Etats modernes sont-ils nécessairement sous la domination de l’un d’entre eux, qui organise non pas seulement sa propre économie, mais le capitalisme dans son ensemble ? Ou bien peut-on envisager l’existence d’une coalition supranationale qui organise le capitalisme au niveau mondial, instaurant une lutte des classes globale ? A moins que les Etats les plus puissants ne soient dans l’incapacité d’organiser le capitalisme mondial de façon collective, la dynamique du capital se heurtant notamment à la permanence de souverainetés territoriales, nourrissant des rivalités et des conflits qui ne cessent de menacer la stabilité du système dans son ensemble.

Explorant les réponses apportées à ces questions par certains courants théoriques anglo-saxons encore peu connus en France, cet ouvrage propose à la fois une introduction éclairante à certaines thématiques centrales de l’étude des relations internationales et des analyse novatrices de leurs développements récents.



. Kabiné Komara, Water, a crucial issue in international relations, Paris, Le Cherche-Midi, juin 2020.

Without water, what would we be ? Whatever form it takes, it scoffs at borders and often links very different cultures, regions and countries together, in this way becoming a source of opportunities, but also the object of numerous desires. "Once upon a time there was a river. Here is the story of wisdom. Once upon a time there was the great Senegal River. Born in Guinea, it runs downstream to Mali, enters Senegal, and borders Mauritania before flowing into the sea.

These four countries, all equally sons of this thirst- quenching, irrigating, energy-giving water, could have fought each other. Or ignore each other, each taking from it without concern for the others. These four countries decided otherwise. Thus was born a common development agency. Thus was created this incomparable tool of wisdom. An exception in a world increasingly torn by conflicts focused on water.

Here is the story of this wisdom, told by its principal artisan. Here is a model to follow. Take a leaf out of this book, Mekong and Brahmaputra (notably) ! ’ Erik Orsenna, of the Académie française.

. Roland Lombardi, Poutine d’Arabie – Ou comment et pourquoi la Russie est devenue incontournable en Méditerranée, Paris, VA Éditions, juin 2020.

La chute de l’URSS a partiellement éloigné Moscou du monde arabe de 1991 aux années 2000. Durant cette décennie, la Russie s’est effacée de la scène internationale et l’influence russe dans cette zone a nettement diminué. Or, à partir de l’arrivée au pouvoir en 1999 de Vladimir Poutine, ce dernier entreprit méthodiquement de refaire de son pays une puissance mondiale. En Méditerranée et au Moyen-Orient plus qu’ailleurs, Moscou cherchera de nouveau à peser sur le destin de la région.
Dès les débuts des printemps arabes et suite à l’intervention occidentale en Libye pour renverser Kadhafi en 2011, le Kremlin se lança alors dans une politique proactive. En effet, échaudé par l’affaire libyenne, où les Russes se sont sentis floués, ils vont d’abord en Syrie, soutenir diplomatiquement Assad aux prises avec un soulèvement populaire qui dégénérera très vite en guerre civile. Puis, le 30 septembre 2015, les forces militaires russes interviendront directement dans le conflit syrien.
Alors que plusieurs observateurs prédisaient un nouvel Afghanistan pour Moscou et son inévitable échec dans sa politique moyen-orientale, force est de constater qu’il n’en fut rien. Aujourd’hui, en 2019, que cela nous plaise ou non, et par suite de ses succès militaires et diplomatiques en Syrie, la Russie est devenue incontournable. Elle reste le maître du jeu et est même à présent le nouveau "  ; juge de paix  ; " de la région vers qui tous les grands acteurs, Israéliens, Egyptiens, Saoudiens, Iraniens, Turcs et autres, se tournent à présent.
Dans Poutine d’Arabie, Roland Lombardi nous explique comment et pourquoi nous en sommes arrivés là...

. Bernard Stiegler, Collectif internation, Bifurquer, Paris, Les liens qui libèrent, juin 2020.

Ce livre remarquablement documenté - tant par ses idées et propositions que par les pratiques qui essaiment déjà dans certaines villes ou certains pays - dessine le monde tel qu’il devrait être pour répondre aux grandes crises sanitaires, climatiques, sociales, économiques ou psychiques. En ces temps de graves périls, il nous faut bifurquer : il n’y a pas d’alternative. La pandémie qui a paralysé le monde en quelques semaines révèle désormais comme une évidence l’extraordinaire et effroyable vulnérabilité de l’actuel "modèle de développement", ainsi que la potentielle multiplication des risques systémiques combinés qui s’y accumulent.

Elle prouve que ce modèle est condamné à mort, et qu’il nous condamnera à mort avec lui, où que nous soyons dans le monde, si nous ne le changeons pas. Le travail collectif à l’origine de cet ouvrage a établi que ce modèle destructif de développement atteint ses limites ultimes et que sa toxicité, de plus en plus massive et multidimensionnelle (sanitaire, environnementale, mentale, épistémologique, économique), est engendrée avant tout par le fait que l’économie industrielle actuelle repose sur un modèle physique dépassé qui dissimule systémiquement que l’enjeu fondamental de l’ère Anthropocène est la prise en compte de l’entropie.

Bifurquer, cela signifie : reconstituer une économie politique réarticulant les savoirs et les pratiques locales avec les circuits macroéconomiques, et en repensant la territorialité à ses différentes échelles de localité ; développer cette économie de la contribution sur la base d’un revenu contributif décorrélé de l’emploi et revalorisant le travail comme activité de savoir ; refonder le droit et la comptabilité des Etats et des entreprises en agençant à travers des démarches d’expérimentation économique et sociale, et dans des territoires laboratoires, les économies associatives, coopératives et marchandes locales réticulées, et articulées avec le commerce international ; réévaluer la recherche dans l’optique du long terme, indépendamment des intérêts à court terme des pouvoirs aussi bien politiques qu’économiques ; réorienter au service des territoires et de leurs coopérations les technologies numériques...

. Nicolas Martin-Breteau, Corps politiques – Sport et mouvement pour les droits civiques aux États-Unis (1890-1980), Paris, EHESS, juin 2020.

Le corps noir étant la cible première de l’oppression raciste, les Africains-Américains ont fait du corps sportif une dimension essentielle, bien que souvent négligée, de leur résistance politique. Nicolas Martin-Breteau propose une histoire renouvelée de la manière dont le sport noir américain, depuis la fin du XIXe siècle, a participé aux longues luttes pour la dignité et la justice raciales aux États-Unis.

À la fin du XIXe siècle, la violence raciste dirigée contre la communauté africaine-américaine a détruit les avancées historiques obtenues par l’abolition de l’esclavage une génération plus tôt. Nicolas Martin-Breteau retrace ici la manière dont les Africains-Américains ont utilisé le sport pour leur intégration dans la société américaine. L’éducation physique s’est ainsi faite éducation politique afin de renforcer la fierté raciale à l’intérieur du groupe puis démanteler les préjugés raciaux à l’extérieur.

Corps politiques montre comment Washington a constitué le berceau méconnu de ce programme d’élévation individuelle et de libération collective qui continue d’influencer les mobilisations antiracistes noires aux États-Unis.

. Wolf Lepenies, Svetlana Tamitegama, Le pouvoir en Méditerranée – Un rêve français pour une autre Europe, Paris, Maison des Sciences de l’Homme, juin 2020.

Nourrir une "ambition pour la Méditerranée" est une composante essentielle de la politique française depuis la fin de l’empire napoléonien. Cette politique, qui vise à former une coalition entre les divers peuples de la "mer privilégiée" (comme l’appelait Fernand Braudel), s’offre comme un contrepoids à l’influence de l’Allemagne sur l’Europe. C’est ainsi que pour tenir tête aux empires slaves et germaniques, plusieurs générations de décideurs politiques ont envisagé de créer un "Bloc latin" , une "Union méditerranéenne" ou bien encore, sous un intitulé particulièrement agressif et significatif, un "Empire latin" .

Le présent ouvrage traite de ces tentatives, de leurs soubassements et de leurs ressorts. Il s’attache à décrire la construction et la propagation des stéréotypes culturels nord-sud depuis le xviiie siècle jusqu’à nos jours, s’intéresse au "Système de la Méditerranée" des saint-simoniens du début xixe siècle, et s’attarde sur la période des deux guerres mondiales. Wolf Lepenies révèle dans la vieille rivalité franco-allemande des ressentiments profondément enracinés entre un Nord protestant soi-disant austère et un Sud catholique où règnerait légèreté et joie de vivre - idées reçues anciennes qui aident à comprendre les coalitions et les lignes de front européennes qui sont encore à l’origine des politiques actuelles.

. Yves Lebahy, Défis pour la Bretagne ? Un nécessaire contrat social, Paris, Skol Vreizh, juin 2020.

Les prémices de la crise actuelle sont apparues il y a une quinzaine d’années : la crise climatique et ses conséquences à venir étaient établis, la dérégulation de nos économies, générée par la mondialisation, était aussi à l’oeuvre ; la crise de 2008 n’a fait qu’exacerber ses effets. Enfin, la déréliction amorcée de nos systèmes politiques, nationaux et européens, prend aujourd’hui un ampleur inquiétante ; l’avenir de nos démocraties est en jeu.
Dans un tel contexte, la société bretonne est, comme d’autres, bousculée. En dépit des apparences, son état est alarmant ; il a été souligné dans "Où va la Bretagne ? " (2018) Mais, au-delà des constats, nous devons réagir. Forte de nombreux atouts, la population bretonne a, pour peu qu’elle le veuille, la capacité à prendre en main son destin. Elle doit définir un projet de société novateur, seul apte à assurer son identité et son originalité.
Ne pas engager cette révolution nécessaire et radicale, c’est assurément subir l’uniformisation en cours et, à brève échéance, accepter sa disparition. Aussi doit-elle repenser ses fondements, sa relation à la nature, valoriser ses héritages, en particulier culturels, choisir des options qui garantissent une vie sociale responsable et plus démocratique sur le plan politique : un véritable nouveau contrat social ! C’est un immense défi.
Si nul ne peut prétendre donner une marche à suivre, cet ouvrage, tout au moins, propose d’ouvrir le débat sur les nécessaires transformations de la société bretonne afin de lui permettre de perdurer.

. Ouvrage Collectif, La France. Atlas géographique et géopolitique, Paris, Autrement, juin 2020.

Un atlas de référence pour préparer les concours.

La France fait face à de nombreux défis. Saura-t-elle s’adapter et se réinventer ? Cet atlas, riche de plus de 150 cartes et documents, dresse le portrait du territoire métropolitain et ultramarin à toutes les échelles et dans toutes ses dimensions : Les dynamiques de peuplement des territoires et les disparités d’installation des 67 millions de Français. Les environnements contraints entre valorisation et protection. Les cadres de vie qui se renouvellent en profondeur, tant dans les espaces urbains que ruraux. Les profondes mutations, sectorielles et territoriales, de l’appareil productif français, pour lesquelles l’échelle locale tient une place croissante. Les acteurs de l’aménagement qui s’adaptent au fil des réformes pour mener des politiques d’aménagement et de développement. La valorisation des territoires et de leur patrimoine qui fait parfois face à des contestations locales. La puissance française, qui reste un acteur majeur sur l’échiquier géopolitique européen et mondial. Les enjeux des nouvelles grandes régions : trouver leur place et mener des politiques à toutes les échelles.

. Alaa El Aswany, Le syndrome de la dictature, Paris, Actes Sud, juin 2020.

Après le retour à un pouvoir autoritaire en Egypte et l’écriture du roman J’ai couru vers le Nil, consacré aux acteurs de la révolution égyptienne, Alu El Aswany s’est livré à une réflexion fouillée sur la dictature, qu’il nous expose ici. Inlassable chroniqueur et militant de la cause démocratique, fervent pédagogue, il conduit une analyse clinique de la dictature, tant comme système idéologique que comme réalité persistante et insoutenable pour de nombreux peuples.

Il ne s’agit pas d’une autopsie de la démocratie, mais bel et bien de la radiographie d’un mal récurrent à la fois dans notre histoire et dans notre monde contemporain. En neuf chapitres, étayés par de nombreux faits et anecdotes historiques, il étudie le syndrome, ses causes, ses symptômes, sa propagation, la prévention possible. Concret, précis, volontiers provocateur, toujours libre, l’auteur, qui s’attaque aux racines du mal, et rappelle ce faisant que la dictature est loin d’être l’apanage des pays arabes, délivre également un message d’espoir, professant sa confiance en l’humanité.

Et fait, en filigrane, une nouvelle déclaration d’amour à son pays, l’Egypte, et à ses compatriotes.

. Jean-Paul Charvet, Michel Sivignon, Anne-Lise Humain-Lamoure, Géographie humaine. Mondialisation, inégalités sociales et enjeux environnementaux, Paris, Armand Colin, juin 2020.

Les effets de la mondialisation se font sentir dans des domaines et sur des espaces toujours plus nombreux, à toutes les échelles géographiques. Toutefois, sous l’effet d’un poids démographique croissant, de la progression des inégalités économiques, sociales et territoriales, et de la nécessaire prise en compte des enjeux climatiques, ce phénomène mondial d’une ampleur inégalée semble atteindre ses limites. La surconsommation de terres agricoles par les étalements urbains de métropoles aux populations multimillionnaires ou encore l’accès aux ressources n’en sont que quelques exemples. La nouvelle édition de cet ouvrage thématique présente et analyse les principaux défis auxquels la planète est aujourd’hui confrontée : inégalités dans les domaines de la croissance démographique et de la santé, nouveaux développements des réseaux urbains et de transports, localisations et délocalisations d’activités, avenir de l’agriculture et des espaces ruraux en relation avec les évolutions de la demande alimentaire... Elle vient ainsi mettre en évidence la fécondité de la géographie humaine, qui étudie les modalités d’organisation de l’espace par les sociétés, pour éclairer l’ensemble de ces transformations.

. Ouvrage collectif, Rester vivants, qu’est-ce qu’une civilisation après le coronavirus ? Paris, Fayard, juin 2020.

Ce livre regroupe les tribunes et entretiens d’une vingtaine de grands penseurs de notre temps publiés dans Le Figaro pendant le confinement. Philosophes, essayistes, universitaires, romanciers, personnalités politiques, économistes, sociologues… leurs analyses et enseignements sont autant de balises et de repères pour nous accompagner et nous aider à traverser la crise, tout en nous invitant à imaginer ensemble le monde qui nous attend.

Un minuscule virus, en quelques semaines, a placé le monde face à lui-même ; il a réveillé les sentiments contraires de l’homme moderne.

Dès le premier jour, Le Figaro a voulu placer sa réflexion à la hauteur du moment. Le journal a sollicité intellectuels, écrivains, historiens et politiques pour qu’ils aident les français à comprendre les temps difficiles qui s’annonçaient.

Sans se dérober, des voix illustres ont accepté le difficile exercice qui consiste à penser la crise sanitaire incroyable que traversent l’Europe et le monde.

Ce livre rassemble leurs textes ; ils resteront pour longtemps le témoignage d’un moment historique.

Tous nous disent que ce pays conserve des penseurs qui ne jargonnent pas mais qui écrivent avec grâce, esprit, férocité et précision. Avec eux, malgré les incertitudes, malgré les souffrances, malgré les doutes, la vie l’emporte toujours sur la peur.

. Yolène Dilas-Rocherieux, Rien n’est à personne. Du communisme au commun, retour aux origines, Paris, Vendémiaire, mai 2020.

Rien n’est à personne : la formule pourrait résumer la doctrine communiste, fondamentalement hostile à la propriété privée, au nom d’une égalité radicale. Mais quelle est la véritable origine de ce programme révolutionnaire ? S’agit-il d’une invention utopiste du XIXe siècle, en réaction au sentiment de dépossession des classes ouvrières ? Ou d’une forme d’organisation naturelle des sociétés primitives avant le sacre de l’individu et du progrès ? La question est d’importance, car après la chute du bloc soviétique, qui a paru sonner le glas de cette idéologie, on la voit aujourd’hui réapparaître alors que la notion de « commun » devient le ferment des luttes écologistes ou anticapitalistes. Le communisme serait-il donc la solution aux défis du XXIe siècle ?
Des communautés villageoises archaïques aux zadistes, en passant par la République guaranie créée par les jésuites au Paraguay au XVIIe siècle, par Marx, Lénine et Rosa Luxemburg, une synthèse sur une vision du monde et du partage de ses richesses.

. Alex Jordanov, Les guerres de l’ombre de la DGSI – Plongée au cœur des services secrets français, Paris, Nouveau monde, juin 2020.

Pour la première fois, des officiers de la DGSI (Direction Générale de la Sécurité Intérieure), racontent avec franchise leur travail sur le terrain. Nous les accompagnons dans leurs surveillances et l’espionnage de djihadistes, le recrutement de sources, le démantèlement de réseaux terroristes, la manipulation rocambolesque d’un responsable du programme d’armement syrien... Ces missions ont lieu tous les jours, sous nos yeux, mais nous ne les voyons pas.

Ce carnet de bord, rédigé sur plusieurs années, offre une radiographie sans précédent des succès et des ratages du renseignement intérieur. On y découvre comment la France a échappé à un attentat chimique qui aurait été bien plus meurtrier que ceux du 13 novembre 2015. Comment certaines figures du djihadisme mondial sont passées entre les mailles du filet sécuritaire. Comment les réorganisations des services et stratégies de carrière de la hiérarchie mettent parfois à mal les missions les mieux préparées.

Au cours du récit, on croise des services secrets " amis " et parfois concurrents, comme le Mossad ou la CIA. On traque les tentatives russes ou chinoises de recrutement au coeur des industries stratégiques française, ou les nationalistes corses aux marges du banditisme. On subit les contrecoups de la guerre feutrée entre services français en charge de la lutte antiterroriste. Coups tordus, ordres venus " d’en haut " , parfois très politiques, grand banditisme, trafics au nom de la raison d’Etat...

Cette plongée inédite au coeur des services nous fait entrer dans un monde terrifiant de vérité auquel nous n’avions jamais eu accès. Alex Jordanov est journaliste d’investigation et documentariste. Il a travaillé notamment pour Capa et " Le Vrai Journal " de Canal+ et sillonné de nombreux pays du Moyen-Orient. Il a déjà publié chez Nouveau Monde éditions Merah, l’itinéraire secret (2015), ainsi que dans L’Obs, First Look Media et le New Yorker.

. Christophe Soullez, Les services secrets. Histoire, méthodes et organisation du renseignement, Paris, Eyrolles, juin 2020.

Communément évoquée à travers l’expression "services secrets", l’activité de renseignement consiste à recueillir, exploiter et diffuser des informations afin d’éclairer les choix stratégiques d’un pays mais aussi de préserver ses capacités militaires et civiles. Il fait aujourd’hui l’objet de mises en cause de plus en plus fréquentes, en particulier dans le contexte de la lutte contre le terrorisme.

Pour cerner une réalité obscure, mal connue et mal comprise, cet ouvrage conçu par un spécialiste présente l’histoire, les acteurs et les méthodes du renseignement, en France et dans le monde, des origines à nos jours. Augmentée et mise à jour, cette nouvelle édition relate les grandes affaires qui ont marqué l’histoire des services secrets.

. Jean-Claude Rennwald, Suisse-Europe : la séparation après un flirt ?, Suisse, Livreo-alphil, juin 2020.

La Suisse n’est-elle pas à la veille d’une dangereuse séparation d’avec l’Union européenne (UE), alors que son flirt (les accords bilatéraux I) avec celle-ci ne remonte qu’à une vingtaine d’années ? C’est la question qui constitue le centre de cet ouvrage. L’acceptation d’une initiative lancée par l’Union démocratique du centre, qui exige que la Suisse règle de manière autonome l’immigration des étrangers, aurait des conséquences économiques et sociales dramatiques, avec d’importantes pertes d’emplois à la clé.

Mais Jean-Claude Rennwald ne se contente pas d’analyser cette initiative. Il la situe dans un contexte plus large, en remontant au refus de la Suisse d’adhérer à l’Espace économique européen, en 1992 (qui aurait été une forme de concubinage avec l’UE), avant de s’interroger sur les enjeux d’un accord-cadre entre la Suisse et l’UE et sur les conséquences pour la Suisse d’une adhésion (c’est-à-dire d’un mariage) à l’UE.

Enfin, l’auteur s’interroge sur l’évolution démocratique, économique et sociale de l’UE, sur son élargissement par trop rapide, sur la progression des forces écologistes et nationales-populistes lors des élections de 2019 au Parlement européen, pour se demander, in fine, si le socialisme et le syndicalisme sont " solubles dans l’Europe ".

. Jean-Michel Guérin, De Sun Tzu à James Bond – Miscellanées de l’espionnage, Paris, Mareuil éditions, juin 2020.

De quoi parle un espion ? D’histoires d’espion... Michel Guérin, jeune retraité de la DGSI, où il a occupé le poste de directeur-adjoint, nous propose ses Miscellanées de l’espionnage, de Sun Tzu à Poutine, en passant par James Bond. Ce livre explore, sous différentes rubriques, le monde du renseignement et plus précisément celui de l’espionnage, par l’évocation d’affaires célèbres, voire historiques, ou d’autres, moins retentissantes.
En passant par des termes professionnels qui vont des techniques anciennes aux plus récentes, à travers des figures d’espions réels (M) ou fictifs (OSS 117), l’auteur couvre un large spectre de connaissances liées à l’espionnage. Conçues comme des miscellanées et librement choisies pas l’auteur, elles visent à guider le lecteur, sous une forme ludique, dans cet univers mystérieux et confidentiel. La seule concession à la forme académique du dictionnaire est l’ordre alphabétique sous lequel sont présentés les articles, afin de faciliter la recherche du lecteur lorsque qu’ils comportent des notions ou des noms faisant l’objet eux-mêmes d’une présentation.
Un livre utile à ceux qui voudraient enrichir, un tant soit peu, leur culture sur cette activité si particulière.

. Lucie Delabie, État de droit et dispositifs juridiques relatifs à la lutte contre le terrorisme, Paris, Mare et Martin Éditions, juin 2020.

Les spécialistes de la guérilla le savent bien : le cycle de la répression et des représailles est un cercle vicieux. Le contre-terrorisme, dans les démocraties contemporaines tout au moins, ne comporte pas de représailles contre les populations. Mais il est souvent composé d’un arsenal juridique répressif qui, s’il ne sort pas nécessairement du cadre formel de l’Etat de droit, peut en transformer le sens et affaiblir le standard matériel de protection des libertés.

A presque chaque attentat succède une nouvelle mesure ou la tentation d’un nouvel outil répressif, dur et initialement cantonné au domaine du contre-terrorisme que certains proposent ensuite d’appliquer à d’autres domaines. C’est ce glissement progressif des mesures d’exception du contre-terrorisme vers le reste du droit que cet ouvrage étudie dans une perspective comparative qui sort du cadre franco-français pour s’intéresser à d’autres pays comme l’Italie, le Royaume-Uni ou encore la Turquie et à la dimension supranationale.

. Pascal Le Pautremat, Géopolitique de l’eau, Paris, L’Esprit du temps, juin 2020.

L’eau source de vie...et de survie. Entre surpopulation et mutations environnementales, entre jeux de puissance et rapports de forces interétatiques, L’eau est devenue un vecteur d’enjeux à la fois multiples et combinés. Ainsi, de nouvelles politiques de gestion rationnelle et équilibrée des ressources aquifères s’imposent toujours davantage, afin d’améliorer la qualité de l’eau, d’en réduire le gaspillage et de réutiliser les eaux usées.
D’autre part, il s’agit d’opter pour une nouvelle économie basée sur la politique de désalinisation afin de s’adapter aux aléas climatiques et maintenir un volume d’eau disponible pour répondre aux demandes polymorphes dans un monde ou les contrastes de ressources en eau sont de plus en plus prononcés. Enfin, il s’agit de veiller à ce que les crispations entre Etats, autour de bassins fluviaux, véritables préoccupations géostratégiques, ne deviennent pas, demain, de nouvelles causes de conflits.
Approches didactiques, exemples concrets, appuyés par des analyses internationales, l’ouvrage se veut une synthèse de la situation actuelle à propos d’une question capitale pour le devenir de la Vie terrestre.

. Anaïs Voy-Gillis, L’Union européenne à l’épreuve des nationalismes, Paris, Éditions du Rocher, juin 2020.

Du Brexit aux élections européennes de 2019, en passant par la qualification de Marine Le Pen pour le second tour de l’élection présidentielle de 2017, les partis nationalistes-identitaires ont le vent en poupe dans toute l’Union européenne. V. Orbán, M. Salvini ou M. Le Pen sont les dirigeants de ces partis qui, ensemble, pourraient menacer l’édifice européen. Ces partis siègent au sein de différents groupes au Parlement européen.

S’ils s’accordent sur l’immigration, d’autres sujets constituent de véritables lignes de fractures. Anaïs Voy-Gillis, analysant leurs stratégies, questionne le mythe d’une grande coalition nationaliste-identitaire et prouve que ces partis défendent, avant tout, des visions nationales. Leur progression électorale s’explique par plusieurs facteurs, notamment l’idée de trois crises (économique, migratoire, représentativité) ayant montré les fragilités de l’édifice européen.

Au-delà des discours, ces partis ont réussi à construire une représentation du monde excluante, mais cohérente, répondant aux questionnements d’une partie de la population. Anaïs Voy-Gillis est docteur en géographie de l’Institut Français de Géopolitique. Ses recherches concernent la montée des nationalismes et des droites extrêmes en Europe.

. Didier Combeau, Être américain aujourd’hui – Les enjeux d’une élection présidentielle, Paris, Gallimard, juin 2020.

A la fois fer de lance du progressisme et haut lieu du conservatisme, patrie de #MeToo mais aussi de Donald Trump, les Etats-Unis n’en finissent pas d’étonner et de surprendre. Tous les quatre ans, l’élection du président focalise l’attention, d’abord sur les personnalités candidates aux primaires, puis sur celles des deux challengers. Leurs noms nous sont familiers, mais nous connaissons souvent moins bien leurs idées et les philosophies qui les portent.

Pourtant, elles irriguent nos mentalités et continuent d’exacerber les imaginations au-delà des frontières. De la question de l’immigration à celle de l’assurance santé, de la problématique de l’avortement à celle de l’environnement, des tensions interraciales au fléau de la violence, Didier Combeau explore ici les fractures qui parcourent la société américaine et se traduisent par un rejet de plus en plus viscéral de l’adversaire politique.

Il donne en termes simples les clefs indispensables à la compréhension du subtil fonctionnement du fédéralisme, de l’équilibre des pouvoirs, et d’un système électoral sujet à polémiques, qui peine à asseoir la légitimité d’un président parfois élu à la minorité des voix. L’étude des joutes qui opposent conservateurs et progressistes se prolonge dans une réflexion sur l’identité politique et nationale du premier soft power mondial.

. Éric Beynel, Claire Robert, La raison des plus forts- Chronique du procès France Telecom, Paris, Éditions de l’Atelier, juin 2020.

Le 6 mai 2019 s’est ouvert le procès France Télécom. Didier Lombard, ex-président du groupe, comparaissait aux côtés de son ancien bras droit, Louis-Pierre Wenès, et de l’ex-directeur des ressources humaines Olivier Barberot pour des faits de harcèlement moral ayant conduit à de multiples suicides entre 2007 et 2010. Au premier rang des parties civiles, le syndicat Sud Solidaires, à l’origine de la plainte contre la direction de l’entreprise en 2009.

Porte-parole du syndicat, Eric Beynel a lancé une démarche éditoriale inédite de suivi du procès conviant chaque jour une personnalité (scientifique, écrivain, chercheur, artiste), à écrire ou dessiner un "rapport d’étonnement. Ces contributions ont été mises en ligne quotidiennement par le syndicat, en collaboration avec le journal en ligne Basta. Qu’ils soient écrits par un auteur de polar ou un juriste, ces textes dégagent une incroyable puissance.

En mettant en scène ces chroniques, ce livre propose un véritable objet de littérature, chaque audience constituant un épisode haletant, une plongée dans l’espace ritualisé, tragique, du tribunal, dans la salle 2. 01 du palais de Justice flambant neuf de la porte de Clichy. A gauche le camp des avocats des parties civiles, à droite celui des prévenus, qui déborde d’avocats, deux fois plus nombreux.

Au centre des débats, des hommes, des femmes immolés, défenestrés sur leurs lieux de travail, pendus à leur domicile... Les dirigeants de France Télécom paraissant patauger dans leurs explications, et leurs contradictions...

. Frédéric Lefebvre, Bernard Chaussegros, Covid-19 : et après ? – 10 commandements pour un nouveau contrat humaniste et durable, Paris, Robert Laffont, juin 2020.

Une crise sanitaire inédite nous a frappés, révélant les failles de notre société, réveillant les consciences et générant une formidable opportunité. Nous devons être au rendez-vous de ce kairos ! Frédéric Lefebvre et Bernard Chaussegros dévoilent " dix commandements " pour préparer l’après. Il est vital d’en finir avec la dépendance économique et technologique de notre pays, de réinventer la gouvernance, d’humaniser et de désintermédier le pilotage de l’Etat.

Le temps est venu de changer radicalement notre économie, de construire un partenariat fort entre le public et le privé, d’aller vers un modèle plus humain et moins destructeur de ressources, grâce notamment au revenu universel et au télétravail. Notre société doit davantage impliquer les citoyens dans l’économie du pays (citoyens actionnaires, par exemple), donner un toit aux plus fragiles et veiller à l’équilibre des territoires.

Les maîtres mots de cette profonde transformation sociétale sont l’anticipation, la prévention et la priorité donnée à l’humain pour plus de solidarité et plus de liberté. Il y a urgence et les auteurs appellent à l’unité autour d’un Nouveau Contrat humaniste et durable.

. Michel Foucher, Le retour des frontières, Paris, CNRS, juin 2020.

La diffusion rapide du virus SARS-CoV2 nous a récemment rappelé la fonction protectrice de la frontière. Mais au-delà de cette situation pandémique, comment interpréter le retour des frontières constaté depuis quelques années ? Contrairement à ce que l’on croit souvent, cette réaffirmation des frontières, quand elles ne sont pas réduites à des murs mais envisagées en tant que limites, est une bonne nouvelle.

Car une frontière a une histoire, c’est une institution issue de conflits et de traités, de négociations et de décisions. Abolir les frontières, c’est faire disparaître les Etats. Or, un monde sans frontières est un monde barbare, ce que l’horreur daechite nous avait rappelé.

. Aurélien Boutaud, Natacha Gondran, Les limites planétaires, Paris, La découverte, mai 2020.

La question des limites environnementales a traversé les XIXe et XXe siècles sans vraiment parvenir à s’imposer. La donne serait-elle en train de changer en ce début de XXIe siècle ? Face à la multiplication des atteintes portées au « système Terre », la communauté scientifique s’est lancée depuis quelques années dans un projet aussi urgent qu’ambitieux : proposer aux décideurs et au grand public un aperçu des principales variables qui déterminent l’équilibre des écosystèmes à l’échelle planétaire. Au-delà du climat et de la biodiversité, ces travaux abordent également des questions moins connues du grand public, comme le déséquilibre des cycles biogéochimiques, le changement d’affectation des sols, l’introduction de polluants d’origine anthropique dans les écosystèmes ou encore l’acidification des océans. Autant d’enjeux pour lesquels la communauté scientifique essaie aujourd’hui de déterminer des frontières à ne pas dépasser si l’humanité veut éviter les risques d’effondrement.

. Florian Guillemin, Risques et périls – 50 catastrophes qui ont bouleversé l’histoire, Paris, First, mai 2020.

" ICEBERG, DROIT DEVANT ! " Le naufrage du Titanic est probalement l’une des catastrophes les plus connues de l’Histoire. Mais le Titanic ce n’est pas juste Kate Winslet survivant grâce à une planche et Léonardo DiCaprio agonisant dans l’eau. C’est aussi un drame qui a vu naître la première convention établissant des normes de sécurité internationales sur les navires. Car les catastrophes naturelles et industrielles ne sont pas uniquement des événements dramatiques qui font les choux gras des médias et du cinéma.

Ce sont surtout des événements qui marquent l’Histoire. Saviez-vous que l’éruption du volcan de Santorin en 1600 av. J. -C. - qui a fait disparaître la ville d’Akrotiri - avait inspiré le mythe de l’Atlantide ? Ou encore que l’incendie du Bazar de la Charité en 1897 était à l’origine des progrès considérables de la médecine légale ? De l’Antiquité à nos jours, entre ouragans, tremblements de terre, inondations et épidémies, découvrez comment les 50 plus grandes tragédies de l’Histoire ont bouleversé son cours !

. Jacques Véron, Faut-il avoir peur de la population mondiale ?, Paris, Seuil, juin 2020.

Faut-il avoir peur de la population mondiale ?

Le climat change, la pollution s’intensifie, la déforestation se poursuit, la pression sur les terres est toujours plus forte… Est-ce le fait d’une croissance démographique trop rapide à l’échelle de la planète ? Pour réduire la pression environnementale, suffirait-il que la population mondiale se stabilise ou décroisse ? Clairement non. Que peut-on faire alors ?

De façon didactique Jacques Véron décrypte l’ensemble des questions démographiques planétaires et démonte les clichés simplificateurs, rassurants ou menaçants. Un livre pour se faire sa propre opinion sur les possibilités de (ré)concilier population, environnement et développement économique.

. Jean-Félix de Bujadoux, Les réformes territoriales, Paris, PUF, juin 2020.

Près de soixante ans après le découpage du territoire métropolitain en vingt-deux régions, la réforme territoriale conduite en 2014 a modifié en profondeur la carte des régions françaises.

Si, déjà sous l’Ancien Régime, l’État royal a cherché à « mesnager » le territoire grâce à une administration de plus en plus étoffée, l’État libéral du XIXe siècle a laissé la révolution industrielle creuser les inégalités spatiales. Il faudra attendre le XXe siècle pour que le pouvoir politique se pose en modernisateur de la société et en planificateur de l’économie. Au XXIe siècle, confronté à la fois aux effets de la construction européenne, de la décentralisation et du néo-libéralisme, l’État « post-jacobin », régulateur et péréquateur, a désormais la charge de garantir la cohésion et la compétitivité de la France dans la mondialisation.

Aussi paraît-il opportun de remettre en perspective plusieurs siècles de réformes territoriales, qui ont contribué à dessiner le visage de la France.

. Matthieu Fau-Nougaret, Faratiana Esoavelomandroso, Lovamalala Randriativy, Madagascar et l’intégration régionale. État des lieux, défis et perspectives, Paris, l’Harmattan, mai 2020.

L’intégration régionale est un phénomène touchant tous les continents. Madagascar participe au mouvement d’intégration régionale. Ce phénomène intégratif régional a de nombreuses implications juridiques, économiques, politiques, culturelles, sans que pour autant la cohérence soit assurée. Comment renforcer le commerce intra-zone ? Comment assurer la sécurité juridique pour les opérateurs économiques ? Comment faire face aux conséquences économiques et budgétaires de l’intégration pour l’île Rouge ?

. Alain Colin de Verdière, Une introduction à la dynamique des océans et du climat, Paris, EPS Sciences, mai 2020.

Les enjeux cruciaux du rôle de l’océan dans le changement climatique ont été soulignés depuis longtemps déjà lors des conférences des Nations Unies. L’auteur, chercheur universitaire, propose dans ce cadre une réflexion nouvelle sur les plus récentes connaissances dans les domaines des Sciences de l’Océan et du Climat.

Cette introduction synthétique à la Dynamique des Océans et du Climat se décline en deux tomes. Les marées océaniques, la circulation générale des océans, le Gulf Stream, la circulation thermohaline, les océans polaires, les tourbillons océaniques et les jets équatoriaux forment le matériau de base du tome 1 « Océans ». Le tome 2 « Climat » replace l’océan dans ses interactions avec l’atmosphère (et les glaces). La dynamique de l’atmosphère, la variabilité naturelle du climat, les climats du passé, le cycle du carbone, le lien entre le réchauffement climatique et la croissance actuelle des gaz à effets de serre sont abordés avec le même souci de simplicité et d’unité.

Cet ouvrage s’adresse aux étudiants en Sciences de la Terre et de l’Univers, en Océanographie, en Météorologie, en Physique et en Mathématiques, les outils nécessaires selon les parcours étant rappelés dans des annexes. Les passionnés par la mer, le climat et ceux qui veulent participer aux enjeux d’adaptation des sociétés humaines au changement climatique sans se laisser enfermer par des raisonnements simplistes y trouveront les notions et références scientifiques indispensables.

. Frédéric Martel, Mainstream – Enquête sur la guerre globale de la culture et des médias, Paris, Flammarion, juin 2020.

Depuis plus de dix ans, Mainstream est devenu le livre de référence des études sur les industries culturelles, les médias et le numérique. Avec cet ouvrage, le terme " mainstream " (dominant, populaire) est entré dans la langue courante et le concept de " soft power " a été révélé. A travers les blockbusters, les best-sellers, les hits ou les réseaux sociaux, une bataille mondiale pour l’influence culturelle et digitale est en cours.

De Hollywood à Bollywood, de la Chine à l’Afrique subsaharienne, du Mexique au Japon, cette enquête sans précédent a été menée sur le terrain dans trente pays pendant cinq ans. Dans toutes les capitales de l’entertainment, Frédéric Martel analyse le jeu des acteurs, les logiques des groupes et suit la circulation des contenus sur les cinq continents. A l’âge numérique, tout s’accélère. Mainstream raconte cette nouvelle guerre globale de la culture et des médias.

Best-seller inattendu, le livre a été traduit dans une trentaine de pays - il est lui-même devenu " mainstream ".

. Frédérick Guillaume Dufour, La Sociologie du nationalisme. Relations, cognition, comparaisons et processus, Québec, Presses de l’Université du Québec, mai 2020.

La sociologie du nationalisme propose une introduction au champ d’étude de la sociologie du nationalisme. Puisant ses inspirations théoriques dans la tradition wébérienne, dans la sociologie historique et dans l’analyse politique contextualisée, ce livre illustre et met en relief les relations sociales, les modes de cognition, les stratégies comparatives et les processus sociaux qui sont étroitement liés à l’analyse du nationalisme.

. Magali Talandier, Les enjeux économiques de la résilience urbaine, Grenoble, Presses universitaires de grenoble, mai 2020.

La notion de résilience pour qualifier la capacité d’une ville à affronter un choc, y compris économique, n’est pas nouvelle, mais elle revêt, en pleine crise du coronavirus, une dimension toute particulière.

Les villes, en tant que systèmes urbains, ont toujours été au cœur des bouleversements que les sociétés ont connus. Pour autant, les fondements du paradigme économique qui gouverne les villes sont restés les mêmes. L’essor des capacités productives exportatrices et l’accroissement des valeurs ajoutées guident encore l’action locale en matière d’économie.

Corollaire d’un monde globalisé qui atteint ses limites, la crise sanitaire ébranle ces fondamentaux et en demande une révision profonde. Ainsi, au cœur de la crise, les ambitions de relocalisation industrielle, de souveraineté économique, d’autonomie alimentaire semblent avoir remplacé (au moins temporairement) celles liées à la croissance et à la compétitivité.

. Marie-Hélène Labbé, La quête nucléaire de l’Iran, Paris, PU Paris-Sorbonne, juin 2020.

Janvier 2020 : Qassem Soleimani tué par un drone américain, crise diplomatique entre les Etats-Unis et l’Irak, bombardements par l’Iran de bases irakiennes abritant des soldats américains... Jamais les suites de l’accord de Vienne de 2015 et leur remise en question par Donald Trump n’ont été autant d’actualité. La quête nucléaire de l’Iran, poursuivie depuis cinquante ans, a connu une route contrastée, alternant accélérations brusques et ralentissements parfois mystérieux.

L’opacité du régime théocratique des mollahs ne facilite pas la compréhension des décisions prises en Iran ; en tout état de cause, le dernier mot revient au Guide suprême. Les réponses des Etats occidentaux sont ainsi le plus souvent décalées par rapport aux intentions iraniennes, offrant souvent des avantages ou faisant des concessions quand Téhéran durcit sa position et multipliant les sanctions sans que leur objectif soit toujours clair : changement de régime ou inflexion de la politique iranienne ? Toute négociation ne saurait oublier le glorieux passé de la Perse qui nourrit le nationalisme iranien, dont la recherche de la bombe est un élément fondamental.

Spécialiste de la prolifération nucléaire, Marie-Hélène Labbé offre un éclairage sur une situation complexe et dangereuse.

. Sandrine Turgis, Les données numériques des migrants et des réfugiés sous l’angle du droit européen, Rennes, Presses universitaires de Rennes, mai 2020.

Les données numériques des migrants et des réfugiés, entendues notamment comme leurs données à caractère personnel sous format numérique, correspondent à une réalité complexe examinée dans le présent ouvrage sous l’angle du droit européen, à savoir le droit de l’Union européenne, le droit du Conseil de l’Europe et le droit interne des États européens. Au cœur d’enjeux fondamentaux, elles peuvent être mobilisées, d’une part, dans le cadre du contrôle aux frontières et de la politique européenne d’asile et d’immigration et, d’autre part, dans le cadre de l’assistance aux migrants et aux réfugiés ainsi que dans le contentieux de l’asile. Les problématiques soulevées par ces données sont traitées selon une approche à la fois théorique et pragmatique.

. Edgar Morin, L’entrée dans l’ère écologique, Paris, Éditions de l’Aube, mai 2020.

Un manifeste en faveur de l’évolution des modes de vie et d’une politique française plus écologique, nécessaires à la protection et à la préservation de la Terre et de l’espèce humaine.

. Albert Soued, Quand le Moyen-Orient verra-t-il la paix ?, Paris, Les éditions de l’Histoire, mai 2020.

L’ensemble des chroniques dans cet ouvrage, toutes parues et classées ici par thématiques, proposent une analyse exhaustive d’une situation complexe "chaotique : celle qui, depuis déjà un siècle, caractérise le Moyen-Orient, empenné dans ses multiples convulsions, tiraillé au travers des crises qui secouent la Libye, la Syrie, l’Egypte, l’Iran, le Liban, le Qatar, l’Arabie-saoudite, au milieu desquels Israël reste menacé et enclavé.

Cette situation a pris une ampleur insoupçonnée et menaçante depuis une vingtaine d’années. La principale difficulté des solutions à l’occidentale, c’est que, localement, on raisonne et on agit autrement. Ne tenant pas compte de ce décalage, les ingérences étrangères ont souvent mis de l’huile sur le feu. Finalement, se pose la question : la paix est-elle possible ? Pour Albert Soued, compte tenu de ce qui se produit depuis des décennies, elfe reste peut-être une promesse illusoire.

. Guillaume Devin, Franck Petiteville, Simon Tordjman, L’Assemblée générale des Nations unies, Paris, Les presses de Sciences Po, mai 2020.

Souvent éclipsée par le Conseil de sécurité, volontiers taxée de "bavarde" , l’Assemblée générale des Nations unies n’est pourtant pas qu’une scène où viennent se produire, le temps d’un discours, les dirigeants mondiaux. Epicentre d’intenses négociations diplomatiques depuis plus de soixante-quinze ans, elle fait entendre sa voix sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, les droits humains, la sécurité, le développement, l’environnement...

Au cœur de l’architecture onusienne dont elle irrigue les institutions, seul forum où tous les pays sont représentés sur un pied d’égalité, l’Assemblée est le centre politique du multilatéralisme et le creuset où se forgent les références communes de notre planète. Cette institution politique mondiale méritait bien un premier ouvrage de référence en langue française.

. Pierre Bance, La Fascinante Démocratie du Rojava. Le contrat social de la Fédération de la Syrie du Nord, Paris, Noir et Rouge, mai 2020.

Pour mettre en place une société se réclamant des Droits de l’homme et de l’écologie sociale, fondée sur la commune autonome et le fédéralisme, les acteurs civils et politiques de la Fédération démocratique de la Syrie du Nord s’appuient sur un texte constituant, le Contrat social. Ils tentent de concilier dans un même système politique, démocratie directe et démocratie parlementaire. Si les progrès en matière de droits et libertés sont considérables, le fonctionnement démocratique des institutions fédérales est entravé par le contexte géopolitique.

Les autorités comme la population sont-elles en capacité de dépasser le stade d’une social-démocratie libertaire, pour parvenir à une société sans Etat ou avec si peu d’Etat, le but annoncé ?

. Rémi Lefevre, Les primaires : de l’engouement au désenchantement ?, Paris, La documentation française, mai 2020.

Les primaires ouvertes ont été célébrées à la fois comme une avancée démocratique et un outil performant sur le plan électoral. Adoptées par le parti socialiste en 2011, elles sont pourtant devenues le mode de désignation du candidat à l’élection présidentielle du parti socialiste, de la droite Républicaine et des écologistes lors des deux dernières élections de 2012 et 2017. Elles sont célébrées comme une innovation démocratique car elles donnent un nouveau pouvoir aux "sympathisants", et non pas qu’aux adhérents, et parce qu’elles contribuent à mettre en débat les propositions des partis.

Les primaires ne renforcent-elles pas la présidentialisation et la personnalisation de la vie politique ? Ne contribuent-elles pas à hystériser le débat public ? N’affaiblissent-elles pas des partis politiques qu’elles cherchent à re-légitimer mais dont elles affaiblissent les fonctions traditionnelles (programmatiques notamment) ? Les primaires sont- elles un vrai renouveau démocratique ? Exacerbation de la politique spectacle ou nouvelle chance pour le débat ?

. Charles-Philippe David, Olivier Schmitt, La guerre et la paix. Approches et enjeux de la sécurité et de la stratégie. 4ème édition, Paris, SciencesPo Les Presses, mai 2020.

Les grandes puissances reprennent leur compétition stratégique, Donald Trump répand sa vision isolationniste du monde, le terrorisme s’internationalise, la Chine devient le nouveau géant, la Russie retrouve son agressivité, les guerres se font cybernétiques… Autant de signes que l’ordre international tel que nous le connaissons a vécu.

Si un terme devait résumer la période charnière que nous vivons, ce serait celui du recul des relations internationales : recul de la sécurité, de la stabilité et du multilatéralisme.

Pour mieux comprendre la reconfiguration en cours du système mondial, cet ouvrage de référence présente, de manière pédagogique et critique, les concepts fondamentaux des études de stratégie et de sécurité, et revient sur les mutations du caractère de la guerre, les possibilités de régulation des conflits et les stratégies de paix au XXIe siècle.

. François Heisbourg, Le Temps de prédateurs- La Chine, l’Amérique, la Russie et nous, Paris, Odile Jacob, mai 2020.

"Comment la France et l’Europe, menacées par le déclin économique et démographique sur toile de fond de crise politique et morale, peuvent-elles se défendre face à ces nouveaux prédateurs que sont la Chine - désormais superpuissance consciente de son rang historique -, la Russie - insatisfaite de l’ordre postsoviétique sur notre continent -, voire les États-Unis ? Pour tenter de répondre à cette question, il faut d’abord reconnaître les terrains de chasse de la prédation moderne.

C’est à partir de là que nous pourrons apprécier les logiques de comportement des fauves avant d’analyser les options stratégiques qui s’offrent à nous, Européens, si nous ne voulons pas être leur proie". F. H. François Heisbourg analyse les différentes formes de prédation - commerciale, industrielle, financière, bien sûr, mais aussi idéologique et politique -, souligne les retournements de l’Histoire - comment les pays européens sont passés de prédateurs à proies - et appelle nos pays à rassembler leurs forces pour résister à la prédation. Un livre écrit de main de maître, un appel urgent à penser la stratégie.

. Frédéric Lasserre, Eric Mottet, Barthélémy Courmont, Les nouvelles routes de la soie – Géopolitique d’un grand projet chinois, Québec, PU Québec, mai 2020.

En 2013, le président chinois Xi Jinping annonçait un projet d’envergure qui permettrait à la Chine de s’afficher sur la scène internationale comme la deuxième puissance économique mondiale. Les nouvelles routes de la soie qui comprennent deux dimensions complémentaires, à savoir une route terrestre et une ceinture maritime, posent toutefois des enjeux géopolitiques à plusieurs échelles qui ne relèvent pas que des relations internationales : le projet propose de restructurer l’ensemble des relations économiques en Asie, ainsi qu’entre l’Asie, l’Europe et l’Afrique.

Comment cette vaste ambition chinoise se décline-t-elle ?

. Giogio Sacchetti, Sans frontière-Umberto Marzocchi, 1900-1986, penseur et acteur de l’anarchisme international, Paris, Libertaires Editions, avril 2020.

Umberto Marzocchi a traversé le XXème siècle en militant : membre de l’Union syndicale italienne dès 17 ans, puis des Soldats du peuple, il est contraint à l’exil, combat en Espagne lors de la guerre civile, puis dans le maquis français. Il dirige plusieurs associations antifascistes de la CGT italienne, est un des promoteurs de la ligue pour le désarmement unilatéral et un des fondateurs de l’Internationale des Fédérations anarchistes.

A 77 ans, à la chute du franquisme, il est, pour la dernière fois de sa vie, arrêté en Espagne où il aidait à la reconstitution de la Fédération anarchiste Ibérique. L’auteur, Giorgio Sacchetti, est enseignant-chercheur, spécialiste du syndicalisme.

. Jacques Véron, Faut-il avoir peur de la population mondiale ?, Paris, Points. Essais, mai 2020.

Faut-il avoir peur de la population mondiale ? Le climat change, la pollution s’intensifie, la déforestation se poursuit, la pression sur les terres est toujours plus forte... Est-ce le fait d’une croissance démographique trop rapide à l’échelle de la planète ? Pour réduire la pression environnementale, suffirait-il que la population mondiale se stabilise ou décroisse ? Clairement non. Que peut-on faire alors ? De façon didactique Jacques Véron décrypte l’ensemble des questions démographiques planétaires et démonte les clichés simplificateurs, rassurants ou menaçants.

Un livre pour se faire sa propre opinion sur les possibilités de (ré)concilier population, environnement et développement économique. Jacques Véron Démographe, spécialiste des relations entre population et environnement, il est directeur de recherche émérite à l’Institut national d’études démographiques (INED).

. Lofti Chawqui, Défis marocains – Mouvements sociaux contre capitalisme prédateur, Paris, Syllepse, mais 2020.

Le Maroc pourra-t-il éviter des contestations majeures, plus profondes et plus radicales, que celle amorcée en 2011 par le Mouvement du 20 ? février dans le sillage des processus révolutionnaires qu’a connu la région ? Les résistances populaires dans le Rif, la multiplication des mouvements sociaux, les nouvelles formes d’organisation et d’action attestent de l’ébullition sociale qui couve au Maroc.
La monarchie en place voit, au-delà des apparences, son mode de domination ébranlé et atteindre ses limites. Son modèle de développement basé sur un capitalisme patrimonial, distribuant prébendes et entretenant un clientélisme élargi, adossé à un régime policier, connaît une crise majeure renforcée par son insertion dans la mondialisation actuelle. Ce capitalisme de copinage, en grande partie prédateur, déstabilise les rapports de l’Etat marocain au corps social, sape les fondements de sa légitimité.
Analyser et comprendre ces particularités marocaines dans ses différentes facettes, c’est ce que cet ouvrage propose dans un premier temps. Pour autant, malgré l’émergence de la question sociale comme question politique fondatrice ouvrant de nouvelles possibilités politiques, aucune alternative ne semble se dessiner tant les forces candidates à la transformation du système restent enfermées dans des schémas qui relèvent d’une autre réalité historique, celle du siècle passé.
La société marocaine contemporaine offre une nouvelle complexité sociale que l’auteur se propose de déchiffrer et propose d’en tirer des éléments de réflexion nécessaires à un projet d’émancipation du 21e siècle en partant des défis actuels et de ce que nous apprennent les mouvements sociaux.

. Anaïs Voy-Gillis, Olivier Lluansi, Vers la renaissance industrielle, coll. Lignes de repères, chez Editions Marie B, avril 2020. Sur le site de l’éditeur.

Nous sommes heureux de vous annoncer la publication de « La renaissance industrielle » le 7avril sous un format e-book, en attendant une sortie en format papier dès la réouverture des librairies. Ces réflexions ont été conduites peu avant la crise sanitaire liée au coronavirus. Il est clair que cette crise sera un accélérateur des tendances qu’elles dessinent.

Elle conduit en effet, avec une violence inouïe, à prendre conscience de notre dépendance industrielle à l’égard de l’Asie, en particulier de la Chine. Dans un premier temps, une partie de nos entreprises a souffert de la fermeture des marchés asiatiques, puis des ruptures d’approvisionnements. Demain, encore convalescentes, elles devront faire face à la férocité de l’impérialisme industriel chinois clairement assumé depuis quelques années désormais. La situation sera d’autant plus propice à une arrivée massive de produits en provenance d’Asie que nos autorités auront la tentation d’une relance par la demande et la consommation.

Naturellement, cette situation appelle à une relocalisation d’activités en Europe et une réorganisation des chaînes de valeur. Au-delà des considérations économiques, il s’agit également d’un impératif écologique. Le modèle selon lequel des composants font parfois plusieurs fois le tour du monde n’est plus soutenable et menace sur le long terme l’existence même de l’humanité. Ainsi, nous devons nous saisir de cette crise pour revoir nos manières de produire et de consommer. La renaissance de l’industrie nationale et européenne que nous appelons de nos vœux correspond à un profond changement de paradigme.

Ce livre se veut résolument optimiste, mais nous savons pertinemment que la période de sortie de crise sera fatale pour de nombreuses entreprises de notre tissu productif. Celui-ci est fragilisé par quarante ans de désindustrialisation, par le désintérêt dont il fut victime dans une société qui se voulait post-industrielle et par la crise économique et financière de 2008/2009. La trésorerie de nombreuses entreprises n’y résistera pas, malgré une volonté sincère de les sauver toutes.

La question ne sera alors plus seulement celle de la souveraineté économique de notre pays, mais aussi celle de la cohésion nationale et territoriale. Les usines qui fermeront à la suite de cette crise ne rouvriront pas tout de suite, voire jamais. Or, ces usines contribuent de manière essentielle au développement de nombreux territoires et si elles venaient à péricliter, c’est l’ensemble desdits territoires qui seraient alors en crise. Ainsi-delà des faillites d’entreprise que la crise pourrait induire, des territoires pourraient également être « en faillite ». De nouveaux « Gilets jaunes » seraient susceptibles de manifester crescendo leur désarroi face au sentiment d’être abandonnés par la nation et d’être des « laissés pour compte ».

Cet ouvrage vise à offrir un récit des causes de la désindustrialisation de la France et de la logique d’une renaissance d’une industrie forte au service d’un dessein qui la transcende : contribuer à la souveraineté économique de la nation, à la cohésion sociale et territoriale de la France. Ce socle de réflexions, de mises en cohérence et en perspective, devra se prolonger désormais par une proposition de stratégie industrielle collective, dans laquelle les acteurs ne sont plus seulement l’État et ses prolongements, mais également les entreprises elles-mêmes, les territoires qui les accueillent et la famille de l’industrie. Collectivement nous avons tous un rôle à jouer dans la renaissance de l’industrie.

Anaïs Voy-Gillis est docteure en géographie. Ses travaux portent sur les enjeux et les déterminants de la réindustrialisation de la France. Simultanément à ses recherches, elle travaille au sein du cabinet June Partners et conduit des missions de conseil opérationnel auprès de clients industriels.

Olivier Lluansi consultant expert en matière industrielle auprès de différentes institutions publiques (Commission européenne, présidence de la République) ou entreprises (Saint Gobain, Ernst and Young) a été délégué aux Territoires d’industrie auprès du ministre de l’Economie et des finances et de la ministre en charge de la Cohésion des territoires.

Sur le site de l’éditeur.

. Aya Laurie Kouadio, Les « microbes ». Nouveau visage de la criminalité urbaine à Abidjan, Paris, L’Harmattan, avril 2020.

Ce livre propose une approche originale du défi sécuritaire qui touche la Côte d’Ivoire depuis les années 2012-2013 : considérer comme socialement ordinaire un phénomène qui est apparu et a touché des villes et des pays bien avant qu’il ne frappe la Côte d’Ivoire. Cette volonté se fonde sur un constat : les "microbes" ne sont que la métamorphose de manifestations violentes plus anciennes ; et sur un parti pris : les enfants délinquants sont avant tout des enfants.

. Grégoire Chamayou, La société ingouvernable. Une généalogie du libéralisme autoritaire, Paris, La fabrique éditions, mars 2020.

Partout, ça se rebiffait. Les années 1970, a-t-on dit à droite et à gauche, du côté de Samuel Huntington comme de Michel Foucault, ont été ébranlées par une gigantesque « crise de gouvernabilité ».

Aux États-Unis, le phénomène inquiétait au plus haut point un monde des affaires confronté simultanément à des indisciplines ouvrières massives, à une prétendue « révolution managériale », à des mobilisations écologistes inédites, à l’essor de nouvelles régulations sociales et environnementales, et – racine de tous les maux – à une « crise de la démocratie » qui, rendant l’État ingouvernable, menaçait de tout emporter.

C’est à cette occasion que furent élaborés, amorçant un contre-mouvement dont nous ne sommes pas sortis, de nouveaux arts de gouverner dont ce livre retrace, par le récit des conflits qui furent à leurs sources, l’histoire philosophique.

On y apprendra comment fut menée la guerre aux syndicats, imposé le « primat de la valeur actionnariale », conçu un contre-activisme d’entreprise ainsi qu’un management stratégique des « parties prenantes », imaginés, enfin, divers procédés invasifs de « détrônement de la politique ».

. Franck Vindevogel, L’Amérique des prisons. Origines et bilan d’une incarcération de masse, Paris, Septentrion, avril 2020.

Les États-Unis représentent aujourd’hui environ 5 % de la population mondiale mais emprisonnent à eux seuls près de 25 % de tous les détenus au monde. Pour une nation qui a toujours érigé la liberté au coeur de son système de valeurs, en venir à afficher le plus fort taux d’incarcération de la planète soulève bien des interrogations.

En adoptant une approche à la fois politique, sociologique, historique et culturelle, cet ouvrage offre une analyse rigoureuse mais claire et accessible d’un phénomène encore méconnu et mal compris. En s’appuyant sur de nombreux travaux de recherche, l’auteur apporte ici les clefs de compréhension de l’exception américaine et dresse un bilan de cette grande expérimentation aux conséquences inattendues.

Cette étude est riche d’enseignements pour tous ceux qui s’intéressent aux politiques de lutte contre la criminalité mais révèle aussi beaucoup sur le fonctionnement de la société américaine et les défis auxquels elle se trouve aujourd’hui confrontée.

. Laurent Mucchielli, La France telle qu’elle est. Pour en finir avec la complaisante nationaliste, Paris, Fayard, mars 2020.

L’identité française est-elle menacée ? Une immigration africaine massive est-elle à nos portes ? L’islam est-il contraire aux lois de la République et est-il en train de s’insinuer sournoisement un peu partout avec ses voiles, sa nourriture hallal et ses terroristes ? Les descendants des immigrés sont-ils responsables des violences qui accablent depuis des décennies les banlieues ? C’est ce qu’affirment les nationalistes racistes depuis toujours, et ce n’est pas surprenant de leur part. Ce qui l’est davantage, c’est l’audience croissante dont jouissent ces idées dans le débat public.

Démontrant l’inanité de ces discours, ce livre parcourt l’histoire de France depuis la Révolution de 1789. Il montre que nous sommes un pays d’immigration qui ne s’assume pas, que l’ampleur et les vraies raisons de ces migrations sont largement méconnues, que la peur de la violence ou de la subversion que porterait en elle cette immigration relève du fantasme, que notre roman national doit être sérieusement révisé, et qu’il est urgent de nous déprendre des deux types de nationalismes empêchant de penser la France telle qu’elle est pour affronter ensemble les défi s économiques, sociaux et environnementaux de demain.

. Laurent de Sutter, Théorie du Kamikaze, Paris, Eyrolles, mai 2020.

Et si nous nous trompions ? Et si les attentats-suicides n’avaient rien à voir avec la guerre ? Et s’ils n’avaient rien à voir avec la religion ? Et si, même, ils n’avaient rien à voir avec quelqu’idéologie que ce fût ? Que se passerait-il si, en réalité, ce dont les kamikazes se voulaient les terrifiants acteurs était une simple surenchère appartenant au domaine des images ?

En posant cette question, retraçant l’arc courant des premières explosions-suicides à la fin du XIXe siècle, jusqu’aux attentats meurtriers de Paris, en passant par les kamikazes japonais ou les auteurs de la destruction du World Trade Center, à New York, le 11 septembre 2001, c’est toute une histoire du flash visuel provoqué par la détonation des bombes portées, ou conduites, par les terroristes de l’absolu qui se trouve rejouée avec brio par Laurent de Sutter.

Une histoire qui rejoindrait celle des spectateurs des médias de la post-modernité, ne quittant leur apathie organisée qu’au moment où un show plus violent que les autres finit par leur rappeler que quelque part, le réel les attend.

. Stéphane Foucart, Comment l’économie est devenue religion, Paris, Folio, mars 2020.

Partout dans le monde, les responsables jurent lutter contre le changement climatique. Dans le même temps, ils favorisent les activités qui en sont la cause, pensant qu’une croissance matérielle infinie est possible dans un monde fini. Cette croyance est issue de la pensée économique dominante, qui semble avoir pris, dans l’Occident post-religieux, la place du sacré. Jusqu’à remplir toutes les fonctions d’une religion d’État.
Son culte a pour principe divin le Marché, dont l’appétit n’est apaisé que par la croissance. Il a pour valeur cardinale la liberté d’entreprendre, pour idéal l’équilibre et pour credo l’infinitude du monde, condition à la satisfaction des dieux. Il a ses temples, ces Bourses où valsent les indices, reflets des humeurs divines. Il a ses rites de consommation ; il a son clergé – la finance – et ses archiprêtres – les banquiers centraux, seuls capables d’apaiser la colère des dieux.
L’économie a acquis l’autorité dont était investie la religion. Elle ne s’attaque plus à l’astronomie et à la biologie, comme le christianisme avant elle, mais s’en prend à l’écologie et à toutes les sciences qui fixent des limites au Marché. Une fascinante enquête au cœur du système économique qui nous régit.

. Alain Garrigou, La politique en France. De 1940 à nos jours, Paris, La Découverte, avril 2020.

Alain Garrigou retrace ici l’histoire politique récente de la France selon une vision globale de notre temps, saturé par les médias et pourtant souvent dominé par l’amnésie. Il se propose d’en donner des instruments factuels et conceptuels. Il a pour ambition de réaliser une autobiographie collective des générations d’aujourd’hui, des plus anciennes qui ont vécu toute la séquence envisagée (1940 à nos jours) jusqu’aux plus jeunes qui vivent dans le présent, avec les schèmes et souvenirs de leurs aînés. En ce sens, la réflexion s’attache à ce monde que nous habitons, mais qui tout aussi bien nous habite.

L’ouvrage est organisé selon un ordre chronologique nécessaire à des étudiants et à tous les lecteurs soucieux de situer les noms et les faits qui ont marqué l’histoire du pays depuis trois quarts de siècle, une histoire riche, mouvementée, scandée par une succession de « crises ». Toutefois, le récit rompt avec les façons classiques et commodes de découper le temps politique, mêmes justifiées comme 1945, 1958 ou 1981, afin de mieux mettre en perspective les enchaînements et les causes.

. Béatrice Hibou, La bureaucratisation néolibérale, Paris, La Découverte, avril 2020.

Qu’est ce que la bureaucratisation néolibérale ? Un mode de fonctionnement qui repose sur un usage systématique de normes, de règles, de procédures, de codes ou de catégorisations, bref de formalités principalement issues d’une certaine conception du marché et de l’entreprise et qui envahissent notre quotidien. Scandale des subprimes, développement du microcrédit et de l’auto-entreprenariat, recours au benchmarking, dictature du new public management, montée en puissance du droit de la propriété intellectuelle sont autant de symptômes de ces nouvelles modalités de formalisation.

Au-delà des débats normatifs sur le bienfait ou les dangers de ce processus de rationalisation, l’analyse pluridisciplinaire menée dans ce livre suggère que la bureaucratisation néolibérale est l’un des lieux d’énonciation du politique, de l’exercice du pouvoir et de la domination, des luttes et des conflits. Sont alors mis en exergue son ambivalence, ses modalités de diffusion, d’éclatement et de réinvention permanente, ses catégories de compréhension et de mécompréhension, les jeux qu’elle autorise, les façons dont elle s’articule à d’autres logiques. La bureaucratisation néolibérale n’apparaît ainsi pas comme un dispositif stabilisé ; elle est traversée de batailles de pouvoir car s’y opposent des conceptions du monde puisant dans des répertoires et des imaginaires différents.

Cette édition numérique reprend, à l’identique, l’édition originale de 2013.

. Jean-Jacques Marie, Vivre dans la Russie de Lénine, Paris, Vendémiaire, avril 2020.

1917. Le chaos dans lequel la guerre a plongé la Russie tsariste débouche sur une première révolution en février, puis une seconde en octobre, quand les bolcheviks de Lénine parviennent au pouvoir. L’économie est dévastée. Depuis des mois déjà, pendant que les usines ferment les unes après les autres, les soldats désertent et ravagent les campagnes, qui, soumises à des réquisitions désordonnées, cessent bientôt d’approvisionner les villes.

En butte à la faim, au froid, au choléra, au typhus et à la guerre civile, le pays se défend par tous les moyens, dans un mélange de détresse et d’espoir. Voyageurs fuyant les villes affamées, mourant de froid dans des trains bondés, bandes d’enfants orphelins errant, privés de tout secours, bureaucratie inefficace et corrompue… Mais aussi jeunes communistes, écrivains, artistes rêvant de construire un monde nouveau. Entre les deux, la masse des paysans, menacés eux aussi par une effroyable famine qui peut même les réduire au cannibalisme.

Le récit du quotidien de la population, au cours des sept années terribles durant lesquelles, pour la première fois, un État tenta de renverser le capitalisme et d’allumer la mèche de la révolution mondiale.

. Mathieu Baudin, Dites à l’avenir que nous arrivons, Paris, Alisio, mai 2020.

L’âge de la pierre ne s’est pas arrêté par manque de pierres ; pas plus que l’on a renoncé à la marine à voile parce que le vent était tombé. En réponse à tous ceux qui, pris de vertige devant les métamorphoses actuelles, pensent que la fin est proche, ce livre est un cri d’optimisme offensif : la fin d’UN monde n’est pas la fin DU monde. Nous nous trouvons à la jonction entre un « monde d’avant » qui montre partout les signes de son obsolescence, pétri par la croyance dépassée d’une croissance infinie dans un monde fini, et un « monde d’après », émergeant de toutes parts. C’est le moment de changer de regard, de rendre mobile son esprit pour faire advenir demain à l’aune de ce qu’il pourrait être de mieux. Biodiversité, sécurité alimentaire, climat, énergie, démocratie, santé… : soyons conscients que l’avenir ne se prévoit pas mais qu’il se prépare. « C’est la conjonction des intelligences et des sagesses du monde qui peut à la fois nous sauver du désastre et ouvrir une nouvelle ère de l’aventure humaine. » Patrick Viveret

Historien et prospectiviste, Mathieu Baudin est le directeur de l’Institut des Futurs souhaitables, une école de la réinvention dont la mission est d’« ouvrir les futurs pour libérer le présent ». Auteur, conférencier, chroniqueur TV, il voyage dans le temps depuis plus de 20 ans entre futur, passé et présent pour permettre à chacun d’être acteur de son époque. En collaboration avec Carole Babin-Chevaye, auteure du blog Monde des Possibles et facilitatrice.

. Ouvrage Collectif, Pour Fariba Adelkhah et Roland Marchal, Paris, Presses de Sciences Po, mars 2020.

Fariba Adelkhah est incarcérée en Iran depuis juin 2019. Dans cet ouvrage de combat, ses collègues analysent de telles situations de crise, rappellent la fragilité de l’indépendance scientifique et les périls qu’encourent les universitaires sur de nombreux terrains internationaux pour faire avancer la connaissance.
Fariba Adelkhah et Roland Marchal, chercheurs au Centre de recherches internationales (CERI) de Sciences Po, ont été arrêtés en Iran au début du mois de juin 2019.
Après neuf mois et demi de détention, Roland Marchal est rentré à Paris, le 21 mars 2020. Fariba Adelkhah demeure incarcérée dans la prison d’Evin, au nord de Téhéran.
Ses collègues se mobilisent pour sa libération. Dans cet ouvrage de combat, ils utilisent les outils de la recherche pour analyser de telles situations de crise politique et diplomatique, rappellent la fragilité de l’indépendance scientifi que et les périls qu’encourent quotidiennement des centaines d’universitaires sur de nombreux terrains internationaux pour faire avancer la connaissance.

. François Chaubet, Sabine Jansen, Laurent Martin, Générations du XXe siècle. La France et les Français au miroir du monde, Paris, CNRS Éditions, mars 2020.

Ses nombreuses responsabilités collectives n’ont pas fait obstacle à la construction d’une œuvre ample et profonde. Comment articuler histoire politique et histoire culturelle ? Quelles sont les forces vives qui activent le changement social ? Comment passe-t-on de l’histoire nationale à l’histoiremonde ? Comment les Français vivent-ils au miroir de la globalisation ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles Jean-François Sirinelli a apporté des réponses nuancées mais fermes, formulées dans une langue précise et imagée dont la qualité s’avère partie intégrante du travail de compréhension de l’historien.

Autant attaché à la production du savoir qu’à sa transmission, Jean-François Sirinelli a fait naître de nombreuses vocations et a marqué plusieurs générations d’historiens de sensibilités variées. Ce recueil en témoigne de façon éclatante.

Associant des études et des témoignages de ses amis et collègues, il rend hommage à l’homme, épris de curiosité et de dialogue, autour des quatre grandes thématiques (histoire culturelle, histoire intellectuelle, histoire politique et culturelle, histoire culturelle des relations internationales) qu’il a explorées tout au long de son œuvre.

. François Mabille, Christophe Ventura, Religions : l’ère des nouvelles influences, Paris, Armand Colin/Iris éditions, mars 2020.

S’il est coutumier d’évoquer le « retour du religieux » dans nos sociétés, cette affirmation dit néanmoins peu de choses du rôle des facteurs et des acteurs religieux dans les mutations politiques contemporaines, les relations internationales, la géographie des pouvoirs globaux, les conflits et les guerres. Le religieux constitue-t-il un déterminant des relations internationales ? Quelle cartographie mondiale des religions se dessine progressivement à travers l’étude des concurrences religieuses et des bouleversements démographiques internationaux ? Le religieux est-il l’expression d’une crise des États et de la citoyenneté dans la mondialisation ?

L’expression « résurgence globale du religieux » est ainsi loin d’être cohérente quand on analyse les buts, objectifs et tactiques suivis par les différents acteurs en présence. A-t-on affaire à une cause unique, ou à un phénomène unique ? Doit-on assimiler et rassembler l’ensemble des processus identifiés sous la même étiquette ? Peut-on englober à ce point des phénomènes apparaissant dans des traditions religieuses différentes ? Sans prétendre à l’exhaustivité, ce numéro de La Revue internationale et stratégique aborde ces sujets dans une perspective transversale et régionale. Il tente d’en délimiter les contours et de laisser entrevoir certaines des réactions étatiques, au cœur même des appareils diplomatiques.

. Ouvrage collectif, Pour la recherche urbaine, Paris, CNRS Éditions, mars 2020.

L’urbanisation à l’échelle planétaire et la conscience croissante des problèmes écologiques font de l’«  urbain  » un objet privilégié pour l’action publique et la recherche. C’est en effet grâce à la perspective urbaine que nous parvenons aujourd’hui à une meilleure compréhension des sociétés contemporaines et des milieux de vie.

En articulant les dimensions sociales, écologiques, politiques et matérielles, les recherches actuelles apportent de nouvelles connaissances sur les théories et définitions de l’urbain, les populations urbaines et la production de leur cadre de vie. Les enjeux sont de taille. Ils touchent à la qualité de vie des citadins et à la forme de nos sociétés : diversification des populations, accroissement des inégalités, recompositions des flux, des échelles et des pouvoirs urbains, changements de l’environnement planétaire, etc.

Le présent ouvrage, qui repose sur un important travail collectif sur les villes des Nords et des Suds, propose un panorama engagé de ces enjeux présents et, surtout, à venir pour la recherche urbaine.

. Raul Magni-Berton, Sophie Panel, Le choix des armes, Paris, Presses de Sciences Po, mars 2020.

L’ouvrage fait le bilan de 30 ans de recherches sur les causes profondes des conflits internes, désormais plus nombreux et plus meurtriers que les guerres interétatiques. Il met au jour la diversité des facteurs, économiques, démographiques et politiques, qui poussent individus & organisations à renoncer à la lutte pacifique pour prendre les armes.
Pourquoi les insurrections armées et guerres civiles frappent-elles le plus souvent les pays pauvres ? Sont-elles vraiment plus fréquentes lorsqu’il y a diversité ethnique, et plus rares dans les démocraties ? Quel rôle jouent les ressources minières, les élections ou le réchauffement climatique dans leur déclenchement ?Les auteurs font le bilan de trente ans de recherches sur les causes profondes des conflits internes, désormais plus nombreux et plus meurtriers que les guerres interétatiques. Ils mettent au jour la diversité des facteurs, économiques, démographiques et politiques, qui poussent individus et organisations à renoncer à la lutte pacifique pour prendre les armes.

. Sylvestre Huet, Le Climat en 100 questions, Paris, Tallandier, mai 2020.

Les calottes de glace sont-elles éternelles ? Comment le climat des 1 000 dernières années a-t-il évolué ? En quoi le changement produit par l’homme est-il inédit ? Comment les gaz à effet de serre influencent-ils le climat ? La sécurité alimentaire est-elle en danger ? La France est-elle un bon élève du climat ? Le changement climatique en cours constitue un défi majeur pour l’humanité. La température a augmenté d’1,2° C en moins d’un siècle. Le niveau marin grimpe sous l’effet du réchauffement des eaux et de la fonte des glaces. Les vagues de chaleur battent des records de température, la biodiversité est durement touchée. Pourtant, depuis le premier rapport du GIEC, puis la signature de la convention-cadre de l’ONU en 1992, le CO2 continue de monter. Parce que les politiques à déployer réclament des transformations économiques, sociales, culturelles et technologiques d’une telle envergure qu’elles se heurtent à des intérêts puissants, aux menaces sur nos emplois et nos modes de vie. En 100 questions/réponses, ce livre donne les repères indispensables pour comprendre l’évolution climatique de la Terre et les risques concrets pour nos sociétés afin que chaque citoyen prenne la mesure des changements en cours et agisse.

. Bernard Bégaud, La France malade du médicament, Paris, Éditions de l’observatoire, mars 2020.

Le gaspillage dans le domaine pharmaceutique se chiffre à plus de dix milliards d’euros par an. Un véritable scandale sanitaire et politique.

Certes, les découvertes de ces cent vingt dernières années dans le domaine pharmaceutique ont transformé le paysage de la santé publique. Mais l’usage injustifié ou non conforme des médicaments est à l’origine d’un véritable gaspillage et, plus grave, de la moitié des effets indésirables survenant en France, souvent fatals.

À qui attribuer la faute de ces prescriptions irrationnelles ? Au-delà du lobby de l’industrie pharmaceutique, lancée dans une course au profit, n’oublions pas la part de responsabilité des autorités sanitaires qui ont autorisé, remboursé et ont, seules, pouvoir de décision.

Fort d’une expérience de plus de trente ans dans la pharmacovigilance, participant à de nombreux groupes d’expertise sur les plus graves affaires liées au médicament, le professeur Bernard Bégaud nous ouvre les tiroirs d’un monde opaque. Il revient en outre sur plusieurs scandales qui ont éveillé les soupçons des Français : Médiator, surconsommation d’anxiolytiques et d’antibiotiques, dérives du traitement de l’obésité…

Entre délégitimation de la parole scientifique, inaction des acteurs publics et ultralibéralisme des grandes firmes, Bernard Bégaud dénonce une passivité globale endémique.

. Edgar Morin, Sur la crise, Paris, Champs essais, mars 2020.

Écologie, économie, politique… Il n’est pas de domaine qui ne soit hanté par l’idée de crise.

Et pourtant, ce mot galvaudé, synonyme d’incertitude et de rupture, s’est comme vidé de l’intérieur, jusqu’à devenir « grossier et creux ».

Avec clarté et sagesse, Edgar Morin tente de lui redonner un peu d’épaisseur et de faire émerger une conscience de la crise en analysant les bouleversements qui ont secoué le XXe siècle, pour réfléchir ensuite à notre entrée dans le XXIe siècle, entre chaos et renaissance.

En envisageant la crise comme une sorte de laboratoire pour étudier in vitro l’évolution de la société, Edgar Morin interroge le destin de l’identité humaine et rend possible l’avènement d’une nouvelle vision du monde.

. Florian Louis, Atlas historique du Moyen-Orient, Paris, Autrement, mars 2020.

Un carrefour cosmopolite au destin singulier...

De Sumer à Daech, quelle est l’histoire de ce que nous appelons le « Moyen-Orient » ?

Dans l’Antiquité, le Moyen-Orient a connu nombre de révolutions culturelles : naissance de l’agriculture, de la ville, de l’écriture…

C’est une terre d’empires et de conquérants : Égypte pharaonique, Perse, arabisation et islamisation, croisades au Moyen Âge

L’Empire ottoman puis les puissances occidentales marquent durablement la région jusqu’aux indépendances

La deuxième moitié du XXe et le début du XXIe siècle sont le moment

des recompositions territoriales et des révolutions.

. Jérôme Lefilliâtre, Mister K. Petites et grandes affaires de Daniel Kretinsky, Seuil, mars 2020.

Inconnu hors de son pays il y a encore deux ans, le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky est apparu sur les radars européens en 2018 à la faveur d’une offensive éclair sur les médias français,dont Le Monde. L’homme d’affaires a fait fortune dans l’énergie, et a investi, à contre-courant, dans des mines et des centrales à charbon, devenant ainsi l’un des plus gros pollueurs du continent européen.

Entrepreneur vorace et ambitieux, Kretinsky, 44 ans, diversifie désormais ses acquisitions. Il a pris récemment une participation conséquente dans le groupe français Casino et est devenu le premier actionnaire du mastodonte allemand Metro ; il lorgne désormais sur les géants français EDF et Engie.

Dans cette enquête fouillée, Jérôme Lefilliâtre retrace le parcours d’un homme pressé, avide de reconnaissance dans un monde des affaires où les grandes réussites économiques se bâtissent souvent à l’ombre de puissants alliés politiques. En passe de devenir l’un des grands personnages du capitalisme français, Kretinsky intrigue. Qui est vraiment ce Mister K. se proclamant, haut et fort, francophile, démocrate, libéral et pro-européen ? Pourquoi a-t-il choisi la France pour terrain de jeux ?

. Paul Jorion, Vincent Burnand-Galpin, Comment sauver le genre humain, Paris, Fayard, mars 2020.

À titre individuel, nous n’avons jamais été aussi riches et en aussi bonne santé. Au même moment, la survie de l’espèce humaine dans son ensemble n’a jamais été aussi menacée. En dépassant la capacité de charge de notre environnement, nous mettons en cause aujourd’hui notre propre existence.

Que faire ? Les tentations sont nombreuses : celle du repli sur soi du survivalisme, celle de la fuite en avant du transhumanisme, celles aussi hélas de l’eugénisme et de l’exterminisme visant à éliminer une partie de la population jugée nuisible ou inutile.

Relevons la tête tant qu’il en est encore temps et réalisons qu’un autre avenir est possible : la rébellion contre l’extinction est désormais en marche, poursuivons-la, soutenons-la de la feuille de route que l’on trouvera ici. Mettons à profit nos connaissances, mobilisons les citoyens du monde, et engageons nos États dans un effort de guerre. Seule une entreprise de cet ordre est à même de garantir une véritable transition humaniste, sociale et écologique vers un monde remis à neuf. Cette fois sur une base de pérennité.

. Philippe Boulanger, La géographie, reine des batailles, Éditions Perrin, mars 2020.

La géographie a toujours été une préoccupation des princes et des stratèges. La connaissance de l’environnement physique, des itinéraires, des ressources, des cités fortifiées, des populations à administrer, notamment, est en effet un des fondements des conquêtes et de la gouvernance territoriale : c’est chose entendue depuis l’Antiquité – Sun Tzu, en particulier, y consacre de longs développements dans L’Art de la guerre et Jules César, dans La Guerre des Gaules, atteste de l’exploitation tactique du terrain dans la manœuvre. Il a fallu cependant attendre le xixe siècle pour rationaliser les éléments de connaissances géographiques en Europe et assister à la naissance d’une géographie purement militaire : elle devient, parmi d’autres, un moyen de lutter contre l’occupation de territoires par les armées napoléoniennes. Engagements militaires sur plusieurs théâtres d’opérations, sécurisation du territoire national face à la menace terroriste, bouleversements géopolitiques et géostratégiques régionaux, cartographies des infections, des virus et des bactéries, gestion des catastrophes naturelles, appui à la connaissance des zones à reconstruire, connaissance des cultures locales… Aujourd’hui au cœur de la révolution numérique et cartographique, et forte de nouveaux outils de haute technologie – comme les satellites de navigation permettant la géolocalisation en temps réel –, la géographie militaire connaît de profondes mutations.
Philippe Boulanger analyse ces changements avec maestria et nous guide dans ces territoires peu connus de l’historien, revenant sur l’invention de cette géographie spécifique, sur ses liens avec les opérations militaires et sur son avenir.

. Yolène Dilas-Rocherieux, Rien n’est à personne. Du communisme au commun retour aux origines, Paris, Vendémiaire, avril 2020.

Rien n’est à personne : la formule pourrait résumer la doctrine communiste, fondamentalement hostile à la propriété privée, au nom d’une égalité radicale. Mais quelle est la véritable origine de ce programme révolutionnaire ? S’agit-il d’une invention utopiste du XIXe siècle, en réaction au sentiment de dépossession des classes ouvrières ? Ou d’une forme d’organisation naturelle des sociétés primitives avant le sacre de l’individu et du progrès ? La question est d’importance, car après la chute du bloc soviétique, qui a paru sonner le glas de cette idéologie, on la voit aujourd’hui réapparaître alors que la notion de « commun » devient le ferment des luttes écologistes ou anticapitalistes. Le communisme serait-il donc la solution aux défis du XXIe siècle ?
Des communautés villageoises archaïques aux zadistes, en passant par la République guaranie créée par les jésuites au Paraguay au XVIIe siècle, par Marx, Lénine et Rosa Luxemburg, une synthèse sur une vision du monde et du partage de ses richesses.

. Andrew Roberts, Churchill, Paris, Éditions Perrin, avril 2020.

De Churchill, croit-on, tout a été dit – en premier lieu lui par lui-même. Et pourtant, Andrew Roberts est parvenu à exhumer des articles de presse, des correspondances privées, des journaux intimes – le moindre n’étant pas celui du roi Georges VI, jusque-là sous clé – qui ne figurent dans aucune des mille biographies environ déjà consacrées à ce personnage essentiel de la Grande-Bretagne et du XXe siècle. Tout cela lui permet de proposer un récit extrêmement enlevé, fondé sur une abondance de citations désormais « classiques », mais également souvent peu connues voire inédites qui apportent un éclairage parfois convergent, parfois contrasté sur l’homme Churchill. Démêlant le vrai du faux, tordant le cou aux nombreux mythes voire aux calomnies qui lui collent à la peau, mais relevant les critiques justifiées dont il est loin d’être exempt, Roberts brosse avec maestria le portrait de ce « Vieux Lion » dont toute la vie avant 1940 n’a fait que préparer le grand œuvre que demeurent ses années de guerre.

Il livre là ce qui est sans doute la meilleure biographie de ce géant de l’histoire.

. Arne Naess, Une écosophie pour la vie. Introduction à l’écologie profonde, Paris, Points, mars 2020.

Étonnamment méconnue en France, l’écosophie d’Arne Næss, philosophe majeur du XXe siècle, est ici présentée à travers dix textes accessibles et sensibles. On y apprend ce qu’est véritablement l’écologie profonde (deep ecology) par opposition à l’écologie superficielle : née d’une relation intime avec la montagne, cette pensée restitue à tous les êtres vivants et à la nature une valeur intrinsèque, indépendamment de leur utilité pour les êtres humains. Prolongeant la pensée de Spinoza, Næss montre que l’affection pour tout ce qui est vivant ou " écosophie " – et non le rapport objectivant, gestionnaire ou dominateur sur la nature – est au cœur du développement personnel, de la formation de l’identité sociale... et d’une société plus juste.

. Michaël Moreau, Les plumes du pouvoir, Paris, Plon, mars 2020.

On les appelle « les plumes ». Elles vivent recluses au cœur du pouvoir. Elles écrivent les discours des présidents et des grandes figures politiques. Elles trouvent les mots qui pourraient marquer l’Histoire, et les formules qui feront date. Qui sont-elles ? Comment les interventions des puissants se préparent-elles ? Cette enquête raconte les arcanes de la politique et les dessous de la Ve République, au travers de l’art oratoire.

Comment Emmanuel Macron a-t-il changé sa façon d’écrire et de dire les discours après la crise des « gilets jaunes » ? Comment Nicolas Sarkozy a-t-il réagi quand, au moment de prononcer son intervention au pupitre, il en manquait encore des pages ? Pourquoi 106 versions ont-elles été nécessaires à l’allocution télévisée d’au revoir de Jacques Chirac ?

Le lecteur pénètre dans la fabrique des discours et assiste à de drôles de séances de relecture dans le Salon vert de l’Elysée. Des batailles homériques éclatent entre des conseillers qui se disputent sur les expressions à placer dans la bouche d’un Président. Certains discours ont changé la société et la vie de leur orateur. Mais on découvre aussi des plagiats, des interventions ratées ou écrites dans la tempête. Et même des discours rédigés mais jamais prononcés, comme celui d’un candidat à la présidentielle hésitant à se retirer avant de se raviser. Ces textes ont été dits au Vel’ d’Hiv, devant la Knesset ou au Bundestag. Ils ont rendu hommage à des victimes d’attentats, à des figures de l’Histoire ou à Johnny Hallyday. Ils ont dénoncé « le monde de la finance » ou proclamé que l’Homme Africain n’était « pas assez entré dans l’Histoire ». Ils ont annoncé l’abolition de la peine de mort, la déchéance de nationalité, la dissolution de l’Assemblée ou des adieux à la politique.

Les « plumes » ont accepté de témoigner sans masque, comme la plupart des grandes personnalités politiques. Certains discours sont devenus des moments d’Histoire. Tous ont une histoire.

. Olivier Fillieule, Lilian Mathieu, Cécile Pechu, Dictionnaire des mouvements sociaux, Paris, Presses de Sciences Po, avril 2020.

Ce premier dictionnaire consacré à la sociologie des mouvements sociaux a pour ambition d’offrir une synthèse pratique et maniable des concepts clés dans ce domaine, aux étudiants, enseignants du secondaire et du supérieur, et aux professionnels.Concepts canoniques ou notions plus récemment développées reflètent la variété des courants et des paradigmes qui se sont succédé ou qui coexistent aujourd’hui. Chacune des soixante-dix-sept notices, rédigées dans une langue claire et accessible, vise un objectif pédagogique, en offrant une présentation générale et historique de la matière traitée, en proposant une analyse synthétique de ses usages et de ses enjeux, le tout dans une perspective internationale et en s’appuyant sur des exemples les plus divers. Des renvois vers d’autres articles du dictionnaire permettent au lecteur de se reporter facilement aux notions connexes et délargir ainsi sa connaissance. Une brève bibliographie regroupe à la suite de chaque notice les quelques références jugées fondamentales. La bibliographie générale constitue un outil de référence indispensable. Les auteurs, spécialistes internationalement reconnus ou jeunes chercheurs aux travaux en cours ou récemment achevés, sinscrivent dans les débats les plus contemporains. Leur diversité garantit au lecteur le point de vue le plus ouvert possible sur ce champ de recherches et de réflexions dont ce dictionnaire dresse un panorama immédiatement accessible.

. Reza Afchar Naderi, Chants patriotiques d’Iran, Paris, L’Harmattan, mars 2020.

Partie intégrante du patrimoine de langue persane, le chant patriotique iranien prend ses racines dans l’histoire la plus ancienne de ce pays et s’appuie en premier sur l’oeuvre monumentale de Ferdowsi, jusqu’à survivre encore, aujourd’hui, dans notre siècle postmoderne. De ce long parcours, l’auteur retient la période contemporaine avec comme point de départ la Révolution constitutionnelle. Par la suite, les poèmes des plus grands noms de la poésie persane seront mis en musique par des compositeurs célèbres et interprétés par des icônes de la chanson iranienne. Le lecteur découvrira ainsi, à travers cet ouvrage, un volet essentiel du patrimoine iranien, ciment d’un patriotisme qui ne cesse de s’exprimer d’une convulsion à l’autre de son histoire millénaire.

. Victor Komla Alipui, Le rôle de la monnaie dans le développement économique et social de l’Ouest africain, Paris, l’Harmattan, mars 2020.

La question posée ici est celle de la thèse de la neutralité de la monnaie dans l’économie, comme le soutient la théorie monétaire classique. Si cette thèse n’est pas prouvée, si la monnaie n’est pas neutre, peut-elle contribuer au développement des pays de l’Afrique de l’Ouest ? La réponse non plus n’est pas neutre. Elle peut donc promouvoir le développement des pays ouest-africains.

. Michel Foucher, Atlas des mondes francophones, Paris, Éditions Marie B, mars 2020.

Oui, il est nécessaire de faire l’éloge des francophonies : éloge d’une langue vivante, diverse mais respectueuse de ses origines et de son histoire, à l’heure où une certaine paresse intellectuelle, dans un monde standardisé, pourrait conduire au renoncement... Plus qu’une simple cartographie, l’ambition de l’ouvrage est d’offrir une perspective à l’affirmation de la langue française dans le monde : prendre acte de sa présence sur tous les continents, constater son exposition à une multitude d’autres langues, promouvoir enfin l’écoute, le dialogue et la transmission culturelle.

Cela suppose de ne pas renoncer à la défendre en France même, où la menace une mondialisation largement anglo-américaine. A travers ses analyses, l’auteur révèle la géographie de la langue française : sa diffusion historique, ses locuteurs dans le monde, les enjeux du dénombrement et de l’apprentissage, le rôle de l’Organisation Internationale de la Francophonie. Il insiste sur la force du polycentrisme et porte le regard sur les francophonies hors de France, celles du Nord comme celles du Sud, et sur les littératures-monde.

L’influence d’une langue se manifeste dans sa capacité à produire, partager des idées et les mettre en oeuvre(s). Exaltant chantier, afin que la langue française "ne cesse de devenir cette puissance formulatrice qui exprime le monde pour le transfigurer" (Alain Borer).

. Banerjee Abhjit, Esther Duflo, Christophe Jaquet, Économie utile pour des temps difficiles, Paris, Seuil, mars 2020.

Face aux inégalités qui explosent, aux désastres politiques et aux catastrophes environnementales qui menacent de toutes parts, cet ouvrage montre que tout n’est pas perdu. Si des choix de politiques publiques nous ont menés où nous sommes, rien n’empêche d’en faire d’autres. À condition de dresser, d’abord, un constat honnête. Ces pages traquent les fausses évidences sur toutes les questions les plus pressantes : immigration, libre-échange, croissance, inégalités, changement climatique. Elles montrent où et quand les économistes ont échoué, aveuglés par l’idéologie.

Mais l’ouvrage ne fait pas que renverser les idées reçues. Il répond à l’urgence de temps troublés en offrant un panel d’alternatives aux politiques actuelles. Une bonne science économique peut faire beaucoup. Appuyée sur les dernières avancées de la recherche, sur des expériences et des données fiables, elle est un levier pour bâtir un monde plus juste et plus humain.

. Elsa Godart, Éthique de la sincérité. Survivre à l’ère du mensonge, Paris, Armand Colin, mars 2020.

Nombreux sont ceux qui désormais se réclament sans cesse "de vérité" ou encore d’"authenticité" pour assoir leur légitimité alors même que se joue une glorification de la transparence. Que ce soit dans le management au coeur des organisations ou du point de vue politique ou encore dans nos échanges les plus simples avec les autres, la sincérité est devenue un véritable "prétexte" qui garantirait le bien-fondé de certaines décisions ou actions.

Ansi en est-il de celui qui, parlant ou agissant sous couvert de "sincérité", devient légitime, intouchable, crédible. Pour autant, qu’est-ce qu’être sincère ? Est-ce seulement possible ? A l’heure des réseaux sociaux, entre illusion et vérité, quel sens donner à la sincérité, cette valeur-refuge incontournable, voire une vertu capable de "panser" notre contemporain.

L’auteur nous donne à travers son essai les clefs pour mieux vivre le virage, parfois douloureux, de la contemporénéité. Elle nous livre ici une véritable éthique de vie.

. Elsa Grangier, Rêver grand. Ces enfants qui s’engagent pour la planète, Paris, Seuil, mars 2020.

Ensemble, nous avons rêvé grand ! Et nos rêves nous ont conduits bien au-delà de nos espérances : jusqu’au Parlement européen et aux Nations unies. Il nous aura fallu un an pour fédérer 310 jeunes de 10 pays d’Europe et écrire la première Déclaration européenne des droits de la planète et du vivant."

Ils s’appellent Soujoud, Maélys, Thomas, Rémy, Osswa, Yasmin, Noémi, Elmezoir, Bilal, Sana, Kati, Houcine, Léon... Ils ont aujourd’hui 12 ans pour la plupart d’entre eux. Ils habitent le quartier de Beauregard à Poissy et veulent sauver la planète. En octobre 2018, ils se constituent en lobby en réaction à la démission de Nicolas Hulot. Ils travaillent, rencontrent des experts et des responsables politiques, font des propositions concrètes et... déplacent des montagnes. Tout cela hors du temps scolaire, avec le soutien indéfectible de leur ancienne enseignante de CM2, Anaïs Willocq, et d’Elsa Grangier, réalisatrice, qui raconte cette extraordinaire aventure éducative et citoyenne.

Ce récit est celui d’une jeunesse qui s’engage pour l’environnement. Une jeunesse qui se mobilise, dans la rue, dans les écoles, sur les réseaux sociaux. Une jeunesse qui déborde d’énergie et d’intelligence pour agir. Une jeunesse qui se lève, encouragée par des adultes décidés à mettre leurs compétences et leur temps à leur service. Une jeunesse qui nous réveille et nous redonne espoir !

Elsa Grangier, révélée dans l’émission Les Maternelles sur France 5, est journaliste. Coordinatrice de cette aventure hors du commun, elle l’a aussi filmée et coproduite. Sa série documentaire, Le Lobby de Poissy, primée au Green Award Festival de Deauville, est visible sur Lumni.

. Éric Toussaint, Capitulation entre adultes. Grèce 2015 : une alternative était possible, Paris, Syllepse, mars 2020.

L’année 2015 marquera l’histoire de la Grèce, de l’Europe et de la gauche. Ce livre ne se satisfait pas de la narration dominante des grands médias et des créanciers. Il ne se satisfait pas non plus de l’interprétation donnée par Yanis ­Varoufakis, ­l’ex-ministre des finances du gouvernement Syriza, dans son livre ­Conversations­ entre adultes adapté au cinéma par ­Costa-Gavras. Alors que pour la première fois au 21e siècle, un parti de gauche radicale avait été élu pour former un gouvernement, il est ­essentiel d’analyser la politique mise en oeuvre par ­Yanis Varoufakis et Alexis Tsipras. ­

Éric Toussaint, qui a coordonné les travaux de la ­Commission d’audit de la dette mise en place par la présidente du Parlement grec en 2015, a vécu de près les évènements qui ont ­secoué ­l’Europe­ cette année-là. Éric Toussaint montre qu’à chaque étape du chemin de croix qui fut celui du peuple grec de février à juillet 2015, il était possible d’opter pour une autre politique. Les mesures qu’il aurait fallu mettre en pratique et les initiatives qu’il était possible de prendre sont identifiées et clairement argumentées.

Elles dépassent le cadre grec et alimentent la réflexion sur les batailles politiques pour l’émancipation sociale. Une victoire était possible et ­l’issue que nous avons connue n’était pas inéluctable. Ce livre invite à réfléchir à la ­stratégie à mettre en oeuvre dans le reste de l’Europe.

. Jean-Michel Auxiètre, L’homosexualité au front durant la Grande Guerre. Témoignage dérangeant du caporal Moret, Paris l’Harmattan, mars 2020.

Sujet tabou, l’homosexualité durant la Grande Guerre n’a pratiquement jamais été abordée. Le patriotisme et l’honneur souffraient de ces pratiques "contre nature" et il convenait donc de les taire. Longtemps soumise à la loi du silence, l’armée a peu à peu dévoilé ses secrets et le Service Historique de la Défense a rendu disponibles les dossiers des conseils de guerre et les archives. C’est ainsi qu’a pu être étudié le cas du caporal Moret, fusillé le 10 mars 1915 pour "abandon de poste en présence de l’ennemi". En fait, il avait quitté sa tranchée pour tenter de rendre compte à l’aumônier des actes homophiles auxquels se livraient les hommes de son escouade. L’auteur livre un ouvrage hybride où la fiction complète habilement les données authentiques sur lesquelles il s’appuie.

. Michel Wieviorka, Pour une démocratie de combat, Paris, Robert Laffont, mars 2020.

Déclin des systèmes et des partis classiques, mise en cause de la représentation politique, montée du populisme et des nationalismes, emprise des fake news, tentation de la violence... : force est de constater la fragilité, aujourd’hui, de la démocratie. Alors que soufflent les vents mauvais de l’extrémisme, de l’autoritarisme, du racisme, de l’antisémitisme, du terrorisme, comment défendre ce bien commun qui nous semblait acquis mais ne l’est pas ?

Face à ces maux qui minent nos sociétés et qu’il décrypte en profondeur, Michel Wieviorka interroge la place et le rôle des sciences humaines et sociales. Il y invite le meilleur de sa discipline – la raison, la connaissance de l’histoire, l’imagination sociologique, l’esprit critique – à se mettre (se remettre ?) au service de l’idéal démocratique.

Pour une démocratie de combat est un ouvrage pionnier qui conjugue une orientation authentiquement citoyenne, des propositions théoriques et méthodologiques exigeantes et des pistes concrètes pour une démocratie vivante et active. Indispensable en ces temps de perte de repères, de fureur et de démoralisation : à coup sûr un livre de référence.

. Simon-Pierre Thiery, Le regain des campagnes. Les ruraux et leurs collectivités locales, Paris, l’Harmattan, janvier 2020.

Certains parlent d’abandon des campagnes, de désertification, de paupérisation, de régression des services publics. Cet ouvrage montre au contraire que les campagnes occupent aujourd’hui une place valorisée dans l’évolution économique et sociale du pays, dans le sillage de la loi NOTRE de 2015. Il évoque les réalisations des élus ruraux, la question de la justice fiscale, l’évolution des rapports entre les élus, les associations et les collectifs citoyens. Les décisions se prenant encore trop loin et les moyens restant faibles, des propositions sont faites pour une réforme du système de répartition des ressources. Enfin quatre questions sont posées : faut-il supprimer les communes ou en faire des arrondissements des communautés de communes ? Comment mobiliser des ressources nouvelles ? Comment encourager la démocratie locale ? Quelle place pour l’Europe et les entreprises multinationales dans le monde rural de demain ?

. Thomas Porcher, Les délaissés. Comment transformer un bloc divisé en force majoritaire, Paris, Fayard, février 2020.

Des Etats-Unis à la France en passant par l’Italie et le Royaume-Uni, partout les cadeaux fiscaux en faveur des plus riches se multiplient au même rythme que les coupes budgétaires pour les plus pauvres. Une minorité d’individus, s’accaparant déjà une importante partie des richesses, semble tout mettre en œuvre pour en récupérer encore plus. De l’autre côté, la majorité de la population subit la dégradation des services publics, les fins de mois difficiles, la précarité et le manque d’espérance.
Des gilets jaunes aux banlieusards en passant par les cadres et les agriculteurs, cette majorité délaissée est multiple, et sa division est largement instrumentalisée par la minorité dominante et les partis politiques qui veulent s’assurer une base électorale. La lutte des classes a laissé place à une lutte entre pauvres. Et le système, intrinsèquement inégalitaire et destructeur pour la planète, ne tient qu’à ces dissensions.
Pour sortir de l’impasse, il faut que les différentes catégories que forment « les délaissés » se constituent en une classe majoritaire à même de soutenir une lutte commune : celle d’en finir avec le modèle économique actuel pour proposer un autre projet répondant aux urgences sociale et écologique.

. Bernard Lecomte, Les secrets du Kremlin, Paris, Tempus, février 2020.

Le Kremlin. Derrière ses murailles de brique rouge, combien la célèbre forteresse moscovite a-t-elle abrité de complots, de crimes et de trahisons ? Depuis la révolution de 1917, elle est le centre et le symbole de l’Empire soviétique fondé par Lénine et Trotski, conforté par Staline, géré par Khrouchtchev et Brejnev, mis à bas par Gorbatchev et restauré, tant bien que mal, par Poutine. Un siècle de grandeur, de terreur et de mensonges !

Combien d’énigmes, d’ombres, d’interrogations et de secrets reste-t-il derrière ses remparts ? Bernard Lecomte mène l’enquête avec brio et livre seize épisodes fracassants et emblématiques de ce monde de feu et de sang, où se côtoient le drame et le romanesque.

. Éric Dacheux, Daniel Goujon, Défaire le capitalisme, refaire la démocratie, Toulouse, Érès, mars 2020.

Passer de la critique sociale et écologique de l’économie de marché à la construction d’un nouveau cadre théorique : telle est l’ambition de cet ouvrage. L’économie est une des composantes de la société, qui, en démocratie, doit être soumise à son mode de régulation principal : la délibération dans l’espace public.

. Hélène Harter, François Durpaire, Adrien, La civilisation américaine, Paris, PUF, février 2020.

Peut-on parler d’une civilisation américaine ? Comment définir l’American Way of life ? Pourquoi nous fascine-t-elle ? Quels liens a-t-elle noués avec l’Europe, l’Amérique latine, l’Afrique et l’Asie ? Sommes-nous tous devenus des Américains ? Sur quels fondements repose l’antiaméricanisme ? L’histoire nous aide-t-elle à comprendre le présent et à imaginer le futur ?

Autant de questions que les auteurs de cet ouvrage s’efforcent d’aborder sans préjugés ni parti pris. Ils nous invitent à découvrir les Américains, les fondements, les complexités, les transformations de leur société, les forces et les faiblesses de leur économie, l’extraordinaire richesse de leur vie culturelle, leurs comportements politiques, les orientations de leur politique étrangère.


Axelle Degans, La synthèse de l’actualité internationale 2019. Réussite aux concours 2020 ! éd. Diploweb via Amazon

. Ludivine Bantigny, « La plus belle avenue du monde », une histoire sociale et politique des Champs-Élysées, Paris, La Découverte, mars 2020.

« Voie royale » ou « voie de gloire », les Champs-Élysées sont l’objet de fantasmes qui les dépeignent depuis des siècles en avenue du luxe mondial, du plaisir et du pouvoir. En réalité, c’est un espace contesté, traversé par une forte conflictualité politique et sociale. La « prise » des Champs par les Gilets jaunes, de samedi en samedi, l’a plus que jamais révélé.

Face aux superlatifs et à la cohorte de noms prestigieux qui dessinent une véritable mythologie, ce livre invite à déplacer le regard et à en explorer les coulisses, à contrechamp : la pauvreté et la précarité au cœur de l’opulence, le travail invisible, jusque dans l’intimité des palaces, les arrière-salles et les scandales du Fouquet’s, jusqu’à son pillage.

Recherche inédite à l’appui, fondée sur des archives foisonnantes et de nombreux entretiens, il plonge dans l’ambiguïté et la tension singulière des Champs-Élysées : avenue aristocratique et populaire, luxueuse et déviante, ostentatoire dans ses habits d’apparat, mais mise à nu parfois dans les moments de révolte et d’insurrection.

Les Champs sont un concentré de richesses, de démesure et d’inégalités. Mais aussi un lieu intensément politique, comme une métaphore du monde tel qu’il est et tel qu’il est disputé, attaqué, refusé. « La plus belle avenue du monde » serait-elle aussi la plus rebelle ?

. Olivier Dabène, L’Amérique latine à l’époque contemporaine, Paris, Armand Colin, mars 2020.

L’étude des difficultés qu’ont rencontrées les différents pays d’Amérique latine à trouver un ordre politique stable, compatible avec un développement économique harmonieux, de la fin du 19e siècle à nos jours, constitue le fil conducteur de cet ouvrage. Ni étude thématique, ni strict suivi chronologique, il s’organise autour de quelques périodes historiques dont les caractéristiques politiques, économiques, sociales et culturelles scandent l’évolution du continent. Ainsi sont examinés l’entrée de l’Amérique latine dans l’ère moderne (1870-1914), les années de prospérité (1914-1930), le temps du populisme (1930-1950), le séisme de la révolution cubaine (1950-1970), les années sombres (1968-1979), les transformations politiques et économiques des années 1980 et 1990, les caractéristiques contradictoires du tournant du siècle et, enfin, l’instabilité et la radicalisation politiques actuelles.

À travers de constants va-et-vient entre les descriptions s’appliquant à l’ensemble des pays du continent et les illustrations de cas particuliers confirmant ou infirmant la tendance générale, il prend en compte dans l’explication de l’évolution des sociétés les facteurs tant internes qu’externes, sans omettre les contraintes du système inter-américain et le poids des États-Unis.

. Sami Bouarfa, François Brelle, Caroline Coulon, Quelles agricultures irriguées demain ? Pour des projets d’irrigation durable, Tours, Éditions Quae, mars 2020.

L’irrigation, qui consiste à agir sur le cycle naturel de l’eau pour conduire les cultures dans des contextes géographiques où les pluies sont soit insuffisantes soit aléatoires, est indispensable à la sécurité alimentaire mondiale. Pour autant, les enjeux d’une agriculture irriguée durable sont multiples pour répondre aux nécessités actuelles et futures. Gestion intégrée de la ressource en eau, équité sociale pour les agriculteurs par rapport à l’allocation des terres et de l’eau, viabilité économique et financière des systèmes irrigués, gouvernance de l’eau, économie d’eau et valorisation des eaux usées, pratiques agro-écologiques pour concilier productivité et défis environnementaux, sont autant de dimensions dont il est nécessaire de tenir compte. Cet ouvrage apporte des éclairages sur ces différents défis, à partir de retours d’expériences issus de plusieurs décennies d’actions de développement international de l’agriculture irriguée.

. Michel Foucher, "Les frontières", la Documentation photographique n°8133, CNRS éditions 2020. Sur Amazon.

Alors que le monde n’a jamais été aussi perméable à la circulation des personnes, des biens et des images, les frontières non seulement ne s’effacent pas mais connaissent dans plusieurs points du globe un processus de fermeture et de durcissement. Ce dossier apporte une définition claire des frontières et met en évidence leur extrême variété en fonction du degré d’ouverture ou de fermeture, du type de tracé et du support. Les frontières sont pensées tant comme des lignes de séparation pouvant faire l’objet de contentieux, que comme une ressource. Les populations peuvent en effet jouer des différences de prix, de taux de change, de salaires. Ce dossier met donc également l’accent sur les zones frontières qui sont, parfois simultanément, des zones de conflit difficiles à sécuriser et des lieux d’échange et de négoce.

Voir sur Amazon le livre de Michel Foucher, "Les frontières", la Documentation photographique n°8133, CNRS éditions 2020.

. Collectif Hémisphère éditions, Conflits armés et patrimoine, Paris, Hémisphères, février 2020.

Cet ouvrage est le fruit du dernier colloque [octobre 2019] consacré à la protection du patrimoine africain, organisé par la Direction générale des patrimoines du ministère de la Culture en association avec l’état-major spécialisé pour l’outre-mer et l’étranger [EMSOME] du ministère des Armées.

Conflits armés et patrimoine aura permis d’aborder la question de la sauvegarde et du respect du patrimoine culturel, matériel et immatériel, en situation de conflit armé, dans une perspective générale et au fil d’éclairages particuliers, notamment sur la situation du Nord-Mali et de l’Angola pendant la guerre civile. Mais aussi de souligner l’importance de la sensibilisation à cette sauvegarde, au travers de la valorisation de monuments, de sites et de musées, ou encore de projets originaux comme la création d’une unité "Patrimoine" dans les opérations militaires françaises.

. Collectif, sous la direction de Daniel Béhar et Aurélien Delpirou, Atlas du Grand Paris. Une métropole en mutations, Paris, Autrement, février 2020.

Rêvé, critiqué, retardé mais réalisé… C’est le « plus grand projet urbain d’Europe ».
L’agglomération parisienne est entrée dans un cycle accéléré de transformations. S’il fait l’objet de tous les superlatifs, le projet du Grand Paris suscite de vives controverses.
Avec plus de 100 cartes et documents, cet atlas explore ces enjeux en rendant compte des mutations dans leur diversité et leur complexité.
La métropolisation du Grand Paris : gouvernance, économie, extension urbaine et croissance des mobilités.
L’histoire de la mutation urbaine : un siècle de projets, de la commune à la région
Les multiples visages de la transformation urbaine : projets, grandes opérations, rôle des acteurs publics et privés.
L’aménagement de la métropole ou le développement d’une ville-monde : logement, santé, enseignement, tourisme, culture, sport… Où et pour qui ?
La métropole en transitions : défi écologique, nouvelles générations et nouveaux usages.
Un projet emblématique des tensions et des contradictions liées à la métropolisation généralisée des sociétés contemporaines.

. Clément Therme (dir.), L’Iran et ses rivaux. Entre nation et révolution, éd. Passés composés, 2020

De gendarme du Golfe sous le règne du Shah (1941-1979), l’Iran devint une République islamique apparaissant comme une puissance déstabilisatrice pour nombre de ses voisins arabes et sunnites, ou pour Israël. La nature de la politique internationale de Téhéran n’a cessé de questionner les spécialistes. Après la Révolution, la République islamique a construit ses relations en s’appuyant sur l’idéologie islamiste, tout en prenant en considération les questions de sécurité. Plus récemment, Téhéran est devenu un partenaire de la Russie dans la lutte contre le djihadisme sunnite ; mais l’aide iranienne contre cette idéologie est en elle-même porteuse de dangers futurs selon les États-Unis, puisqu’elle favorise l’émergence d’un chiisme paramilitaire depuis l’intervention américaine en Irak (2003) et les débuts de la crise syrienne (2011). Cet ouvrage montrera donc les relations de l’Iran depuis 1941, s’intéressant aussi bien aux rivaux de l’Iran qu’aux nouveaux partenariats, nés notamment de la priorité donnée par Téhéran à son opposition à Washington, tant sur les affaires régionales qu’internationales.

. Alice Ekman, Rouge vif. L’idéal communiste chinois, Edition de l’Observatoire, 2020.

« La Chine n’est plus communiste » : la rumeur s’est répandue, comme une évidence. Mais ne serait-ce pas le plus grand malentendu de notre époque ?
Malgré l’ouverture économique de 1978, les mesures d’internationalisation des entreprises d’État, l’établissement de relations diplomatiques avec les puissances occidentales, la Chine demeure fidèle à ses racines rouges. « Le communisme est un idéal vers lequel nous devons tous tendre » affirment aujourd’hui encore les cadres du Parti.

Renforcé par l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping en 2013, le Parti communiste chinois s’infiltre au quotidien dans toutes les strates de la société : politique et économique, bien sûr, mais aussi culturelle, artistique, éducative, sociale ou religieuse, et ambitionne d’étendre cette influence à l’international.
Il fallait bien sept années d’observation et plus de 400 entretiens menés par Alice Ekman auprès de hauts cadres du Parti et fonctionnaires, diplomates, représentants d’entreprises, chercheurs et étudiants pour parvenir à comprendre la Chine contemporaine, son fonctionnement, ses évolutions récentes et sa stratégie de puissance, dans un contexte périlleux de tensions avec les États-Unis et de rapprochement avec la Russie. Car, alors que l’idéal libéral est de plus en plus contesté, la Chine cherche désormais à s’imposer comme une puissance de référence, une « solution » pour le monde, selon les propres mots de Xi Jinping, pour un jour parvenir à la « disparition ultime du capitalisme et la victoire finale du socialisme ».

. Avner Cohen, Israël et la bombe. L’histoire du nucléaire israélien, Coll. Résistances, éditions Demi Lune, 2020.

« (…) Une contribution majeure à la connaissance de l’histoire nucléaire globale. » Benoît PÉLOPIDAS, préfacier du livre, CERI à Sciences-Po

« (...) Le livre d’Avner Cohen présente un intérêt exceptionnel. Première étude universitaire sur l’histoire du projet, richement documentée, elle dévoile certains des principaux mystères entourant les événements, à la lumière de nombreuses sources jusqu’ici inexploitées. (...) » Uri BAR-JOSEPH, Jewish History

« Un ouvrage d’érudition, comprenant plus de 1 200 notes, et qui pourtant se lit comme un roman. (...) Il n’a pas été facile à Avner Cohen d’écrire ce livre. Il a dû briser le code du silence qui entoure toute discussion sur les armes nucléaires dans son pays. Mais il a fait plus qu’un superbe travail en retraçant l’histoire politique du programme nucléaire israélien depuis le commencement dans les années 1950 jusqu’à l’acceptation par les États-Unis dans les années 1970, et en analysant en détail comment cette politique d’"opacité nucléaire" a évolué, et ce qui l’a rendue possible : il a réalisé un exploit (...) » Lawrence KOLB, New York Times Book Review

. S. Abis, M. Brun, Le Déméter 2020, Club Démeter, Iris éditions, 2020

L’agriculture, l’alimentation et les mondes ruraux sont au cœur des grandes questions géostratégiques et sociétales. Produire et se nourrir déterminent les dynamiques de sécurité collective et de développement humain. La complexité de ces enjeux nécessite des analyses et des solutions forcément plurielles et résolument audacieuses. Le Déméter 2020 vise à éclairer ces débats à travers des grilles de lecture innovantes qui mêlent politique, économie, environnement et sciences. Des conséquences agricoles du Brexit aux bactéries du microbiote jusqu’aux champs des agriculteurs cubains et au marché mondialisé du cannabis, l’ouvrage ne s’impose pas de limite temporelle, géographique ou thématique. Cette 26e édition interroge également le rôle de l’agriculture dans les ambitions de puissance, en Europe et dans le monde, à l’heure où la compétition des acteurs s’intensifie et où les attentes des consommateurs se diversifient.
Le Déméter replace ainsi les problématiques agricoles et alimentaires au cœur des questions géopolitiques et des grandes innovations qui bousculent déjà la planète.

18 analyses thématiques et de nombreux encadrés
10 fiches Repères sur les échanges, les marchés et les produits
Infographies, statistiques, cartes mondiales, régionales et thématiques

. Bruno Tertrais, Le choc démographique, éd. Odile Jacob, 2020.

Sommes-nous prêts au choc démographique qui s’annonce. ?

Vieillissement rapide de la population mondiale, urbanisation effrénée, immigration toujours plus importante… Ce n’est pas seulement le profil de notre quotidien qui change, mais aussi les équilibres stratégiques.

La Chine peut-elle devenir la première puissance mondiale alors qu’elle s’apprête à « . vieillir avant même d’être devenue riche. ». ? Les États-Unis passeront-ils au second rang alors qu’ils vont conserver leur dynamisme démographique. ? Le déclin de l’Europe est-il inéluctable. ? Y aura-t-il vraiment une « . ruée. » des jeunes Africains vers le Vieux Continent. ?

C’est à ces questions que répond Bruno Tertrais, à rebours des fantasmes et sans démagogie. Tandis que la crainte de l’islam devient universelle et alimente la thèse d’un « . choc démographique des civilisations. », que l’Afrique et le Proche-Orient semblent soumis à une instabilité durable, il explique comment ces évolutions pourraient, paradoxalement, augurer d’un monde plus pacifique.

La démographie est une affaire politique. : ce livre nous en donne les clés.

Bruno Tertrais est politologue, directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique. Il a également publié aux éditions Odile Jacob Le Président et la Bombe (2016) et La Revanche de l’Histoire (nouvelle édition 2019)

. Pascale Froment, La Méditerranée, Documentation photographique, n°8132, CNRS édition.

La Méditerranée a quelque chose d’insaisissable. Elle est à la fois frontière, zone de contact et de rencontres, périphérie dans la mondialisation mais aussi centre par bien des aspects. Elle est directement concernée par les grands enjeux contemporains. Ce dossier offre au lecteur d’en explorer les transformations plus récentes entre ruptures et continuités. Il tente d’en saisir les dynamiques et de discerner, derrière les accélérations et les bouleversements hypervisibles et médiatisés, les changements imperceptibles, silencieux certes, mais de grande envergure.

MYTHES, RELECTURES
Imaginaires spatiaux
Bord à bord : changement de focale
Islam méditerranéen et chrétientés d’Orient
Insularités et îléités
Patrimoines culinaires
Femmes et espaces publics

TERRITOIRES MONDIALISÉS
Sous-traitances en chaîne
Géographies discrètes de la mondialisation
Oasis, entre local et global
Istanbul, “ville-monde”
Capitales culturelles
Exclusions

LES ROUTES : FLUIDITÉS ET FRONTIÈRES
Ports, routes et trafics
Le premier gisement touristique du monde
Frontières : réalités et représentations
Camps, hospots et squats
Le Maroc, carrefour de mobilités
Villes refuges, villes rebelles

VERS D’AUTRES HORIZONS
Villes en révolution : Le Caire
Tensions sur les ressources
Une mer de plastique
Dés-intégration
Softpower et “langue du milieu”

. Hala Bayoumi et Karine Bennafla (dir.) Atlas de l’Egypte contemporaine, CNRS édition, 2020

Alors qu’il existe plusieurs atlas de l’Égypte ancienne, aucun atlas de l’Égypte contemporaine n’avait encore été publié. Cet ouvrage vient donc combler un vide, en offrant au grand public un panorama illustré de l’Égypte au début du XXIe siècle.

Réunissant les contributions d’une cinquantaine de chercheur.e.s, il présente, sous une forme cartographiée et vulgarisée, les faits saillants et les enjeux de l’Égypte actuelle en matière politique, géopolitique, économique, démographique, sociale, environnementale et culturelle. Il s’appuie, à cette fin, sur des ressources documentaires inédites : les cartes notamment, qui exploitent les résultats du recensement officiel égyptien de 2017, offrent une version actualisée du territoire.

Pour mieux connaître et comprendre l’Égypte d’aujourd’hui.

. Florence Chaltiel et Serge Guillon, Le système décisionnel de l’Union européenne, La documentation française, 2020

La manière dont sont prises les décisions au sein des institutions européennes suscite de nombreuses interrogations. Dans un contexte de « déficit démocratique » souvent objet de surenchères, répondre à la question « Qui décide quoi et comment ? » est d’autant plus essentiel. Afin d’éclairer le débat, cet ouvrage se propose d’analyser méthodiquement l’intégralité du système décisionnel européen, de la prise des décisions à l’exécution et au contrôle de leur mise en oeuvre au niveau de chaque pays membre. Les auteurs se livrent à une description précise non seulement des institutions impliquées, mais aussi des organes non institutionnels et des représentants de la société civile qui interviennent dans la décision. Le lobbying, qu’il soit privé ou public, occupe une place grandissante et doit dès lors être mieux encadré.

Le lecteur peut ainsi suivre le processus, certes complexe mais néanmoins démocratique aux yeux de ses concepteurs, qui aboutit à l’adoption des normes européennes rythmant désormais une part croissante de notre activité quotidienne. Publié au lendemain des élections européennes de mai 2019, l’ouvrage revient sur l’activation de l’article 50 du traité sur l’Union européenne dont l’objet (retrait d’un État membre de l’UE) trouve, avec le Brexit, matière à s’appliquer.

Florence Chaltiel est professeure de droit public à Sciences Po Grenoble. Elle est l’auteure des deux premières éditions de cet ouvrage et de plusieurs liures sur l’Union européenne parmi lesquels « Quelle Europe après le traité de Lisbonne ? » (LGDJ, 2008).

Serge Guillon est haut fonctionnaire, ancien Secrétaire général des affaires européennes et ancien conseiller Europe du Premier ministre. Directeur pédagogique du cycle des hautes études européennes à l’École nationale d’administration, il a enseigné les questions européennes dans plusieurs universités et grandes écoles.

. Alexis Bautzmann (dir.), Atlas géopolitique mondial 2020, éditions du Rocher, 2020.

Avec près de 300 cartes et graphiques couvrant les cinq continents, l’Atlas géopolitique mondial 2020 constitue un outil d’analyse et de compréhension sans équivalent, dont le contenu est renouvelé chaque année. Dans cette nouvelle édition, une place particulière est consacrée à l’Union européenne, marquée par les élections de mai 2019 et déstabilisée par le « Brexit ». Mais les auteurs n’oublient aucun recoin de la planète, abordant des sujets au coeur de l’actualité, comme les tensions dans le golfe Persique ou la crise politique au Venezuela, et d’autres oubliés, tels que les inégalités en Chine ou la place de la jeunesse en Amérique latine. Ainsi, rien de ce qui rend le monde complexe et passionnant ne vous sera totalement étranger.

. Matthieu Alfré (dir.), Le meilleur de l’actualité 2019-2020, éd. Dunod, 2020

Le meilleur de l’actualité 2019-2020 fait la synthèse de tous les événements majeurs de l’année 2019 et vous accompagne dans la préparation de vos concours et examens 2020 !

36 Fiches Actualité pour décrypter et synthétiser les grands évènements de l’année, leur contexte et leurs enjeux.
7 Fiches Débats pour décoder et discuter des grandes questions de société.
7 Fiches Portraits pour découvrir les personnalités qui ont fait l’actualité.
Des chronologies thématiques pour une vision d’ensemble de 2019.
Toutes les fiches sont illustrées des dates, chiffres marquant et cartes indispensables.
+ de 200 QCM corrigés pour réviser vos connaissances.

+ 16 Fiches Data en couleur et détachables : les données clés de l’année pour réviser.

. Emmanuel Saez, Gabriel Zucman, Le triomphe de l’injustice. Richesse, évasion fiscale et démocratie, Paris, Seuil, février 2020.

Pour la première fois depuis plus d’un siècle, les milliardaires américains paient moins d’impôts, en proportion de leurs revenus, que chacun des autres groupes sociaux.

Écrit par deux économistes qui ont révolutionné l’étude des inégalités, ce livre présente une analyse au scalpel de cette grande transformation.

Mêlant récit historique et analyse économique, Emmanuel Saez et Gabriel Zucman analysent les choix (et non-choix) qui ont conduit au triomphe de cette injustice fiscale, de l’exonération progressive des revenus du capital au développement d’une nouvelle industrie de l’évasion fiscale, en passant par l’engrenage de la concurrence fiscale internationale. Avec clarté et concision, ils expliquent comment l’Amérique, qui a été à la pointe du combat pour la justice fiscale pendant la moitié du XXe siècle, a tourné le dos à sa propre tradition.

Si l’on veut éviter que l’Europe ne s’enfonce dans la dérive inégalitaire et oligarchique qui a amené Donald Trump au pouvoir, il y a urgence à tirer les leçons de cette histoire. Car même si ce phénomène a été extrême de l’autre côté de l’Atlantique, le déclin de la progressivité fiscale dans un contexte de montée des inégalités n’est en rien spécifique aux États-Unis, et appelle des solutions globales.

Le Triomphe de l’injustice propose une refondation de l’impôt à la fois visionnaire et pragmatique, à même d’apporter des solutions concrètes aux défis inégalitaires contemporains et de réconcilier la mondialisation et la justice économique.

. Jeanne Marie Laskas, Monsieur le président. Barack Obama et les citoyens américains en toutes lettres, Paris, Fayard, février 2020.

Chaque soir, pendant huit ans, le président Barack Obama a lu et répondu personnellement à une sélection de lettres écrites par des citoyens, entretenant ainsi un dialogue ininterrompu avec le peuple américain. La journaliste Jeanne Marie Laskas raconte l’histoire de cette correspondance exceptionnelle et en donne à lire une sélection savoureuse. Tout en montrant comment cette correspondance a contribué à façonner la présidence Obama, elle dresse le tableau d’une nation à une époque charnière de son histoire.

. Jonathan Curiel, Vite ! Les Nouvelles tyrannies de l’immédiat ou l’urgence de ralentir, Paris, Plon, février 2020.

Réflexion sur la tyrannie de l’immédiat qui a pénétré tous les domaines : politique, économie, société, médias, relations humaines, avec la sensation permanente d’être dépassé. Se fondant sur des exemples allant de la téléréalité à la philosophie, l’auteur explore les manifestations de cet impératif d’immédiateté ainsi que les voies pour en sortir.

. Sophie Bernard, Le nouvel esprit du salariat. Rémunérations, autonomie, inégalités, Paris, PUF, février 2020.

Nous assistons depuis les années 1970 à une déstabilisation du salariat en France, mis en péril par la multiplication des formes d’emplois précaires et l’expansion du travail indépendant. Dans un tel contexte, l’évolution des formes de rémunération et de mobilisation de la main-d’œuvre contribue à fragiliser les salariés. Ce nouvel esprit du salariat, foyer central de diffusion des valeurs individualistes et méritocratiques qui irriguent la société, promeut l’avènement d’un travailleur autonome et responsable. Mais faut-il l’envisager comme un progrès, tel que le présentent les employeurs, ou comme une nouvelle forme de sujétion des travailleurs ? L’enquête de Sophie Bernard, menée durant près de vingt ans auprès de populations variées dans un panel d’entreprises, analyse les mutations qui s’opèrent au cœur du salariat stable. Elle met au jour le développement de profondes injustices mais aussi le déni du lien de subordination, potentiellement risqué pour les salariés, mis au profit des performances de l’entreprise.

. Anonyme, Alerte. Un haut responsable de l’administration Trump parle,Paris, Grasset, février 2020.

"Quand Donald Trump a été élu à cette fonction en 2016, beaucoup de gens ne savaient pas à quoi s’attendre. À présent, nous savons à quoi nous attendre. Nous le savons tous.

Dans l’histoire de la démocratie américaine, nous avons eu des présidents indisciplinés. Nous avons eu des présidents inexpérimentés. Nous avons eu des présidents amoraux. Jusqu’à présent, nous n’avons jamais eu le tout en même temps.

Ce livre veut mettre en lumière la réalité de l’administration Trump et questionner l’aptitude de l’actuel président à continuer de diriger les États-Unis d’Amérique. J’écris ces lignes à la veille de ce qui pourrait être l’élection la plus importante de nos vies à tous."

Sous couvert d’anonymat, pour la première fois, un haut responsable de l’administration Trump parle...

. Bernard Ravet, Les galériens de la République, Paris, Kero, janvier 2020.

8 français sur 10 déclarent faire confiance aux maires - ce sont les derniers élus à résister à la défiance voire à la colère populaires. Et pourtant, ils n’en peuvent plus : un maire sur deux ne se représentera pas aux Municipales de 2020. Parmi eux, une majorité d’élus des villes de moins de 1 000 habitants, qui représentent près des trois quarts des communes françaises.

Que se passe-t-il dans nos villages pour que les élus soient à ce point écoeurés par l’exercice du pouvoir ?

Adjoint au maire de Châtillon-en-Diois dans la Drôme, Bernard Ravet conte dans ce livre les mille et un tracas que subissent les élus locaux, ces "galériens" de la vie publique. De la part d’un Etat qui empile les normes, les échelons administratifs et les lois qui privent les maires de toute marge de manoeuvre, au lieu de les écouter et de les aider. De la part de collectivités territoriales paralysées par les enjeux politiciens. De la part, aussi, de citoyens toujours plus pressés, exigeants et indifférents au bien commun, qui attendent tout et tout de suite de leurs édiles.

L’histoire qui se joue à Châtillon, 550 habitants, jolie bourgade médiévale chantée par Giono, est celle de tous nos villages : celle d’un délitement de notre démocratie. Car, comme le soulignait le sénateur Philippe Bas après la mort du maire de Signes, écrasé par une camionnette alors qu’il luttait contre une décharge sauvage : "La commune, c’est une petite République dans la grande, c’est là que se forge la citoyenneté dans notre pays.".

Et si la crise démocratique pouvait se résorber en repartant des territoires ?

. Bertrand Cassoret, Transition énergétique. Ces vérités qui dérangent ! , Paris, De Boeck Supérieur, février 2020.

Entre énergies fossiles, nucléaire ou décroissance, avons-nous encore le choix ? Un livre rédigé sans militantisme, avec une rigueur toute scientifique pour permettre à chacun de se faire une opinion simple et claire des débats actuels sur la transition énergétique.

Stopper le réchauffement climatique et les pollutions dues aux énergies fossiles, sortir du nucléaire et conserver notre train de vie : par quels moyens ? Grâce aux énergies renouvelables et aux économies d’énergie ? Une réponse pour le moins optimiste des défenseurs de la croissance verte !

La réalité est autrement plus complexe. Aucun scénario de transition ne prétend que les énergies renouvelables pourront remplacer un jour les fossiles et le nucléaire sans réduction drastique de notre consommation. Entre énergies fossiles, nucléaire ou décroissance, avons-nous encore le choix ?

Une enquête édifiante menée de main de maître par Bertrand Cassoret.

Cette seconde édition est une mise à jour systématique des nombreuses informations collectées lors de la 1re édition. Tous les tableaux et schémas sont également actualisés.

. Mona Ozouf, De Révolution en République. Les chemins de la France, Paris, Gallimard, février 2020.

« Qui s’intéresse à la Révolution française rencontre toujours, peu ou prou, l’ivresse que procure l’idée, ou l’espérance, d’une société régénérée et d’un homme neuf. Mais c’est pour découvrir l’ingéniosité mise par les hommes à résister à la refonte autoritaire de leurs vies. La Révolution, qui a fendu en deux l’histoire nationale, réserve le même sort à ses historiens.
Fille de la Révolution, la République hérite de cette ambivalence. Tout ce Quarto raconte comment elle a dû composer avec les particularités religieuses, régionales et sociales, renoncer au modèle républicain pur, apporter des correctifs à l’esprit d’uniformité. Elle n’a pu se pérenniser en France qu’en se prêtant à ces accomodements.
Aujourd’hui, la France que dessine ce livre semble se dérober à nos yeux. L’idée révolutionnaire a cessé de déterminer nos choix et nos affrontements. Et perdant ses ennemis, la République a perdu la ferveur militante que lui donnaient leurs anathèmes. L’école, hier dépositaire de l’identité nationale, est aujourd’hui l’objet d’un profond désarroi.
Toutefois, il arrive à l’histoire de réanimer des enjeux engourdis, et l’apparition de menaces inédites peut redonner de l’éclat à des idées qui semblaient avoir perdu leur force inspiratrice. Et comme nous avons appris à quel point nos héritages conditionnent notre liberté, il n’est pas inutile de remettre nos pas dans les chemins buissonniers que, de Révolution en République, les Français ont dû emprunter. » Mona Ozouf.

. Naomi Oreskes et Éric M. Conway, L’effondrement de la civilisation occidentale, Paris, L.L.L, février 2020.

L’effondrement a eu lieu, et nous ne nous y sommes pas préparés...
En 2093, deux historiens se penchent sur les raisons de l’effondrement de la civilisation occidentale qui a eu lieu au milieu du XXIe siècle. Le constat est accablant. Alors que les rapports de l’époque, notamment ceux du GIEC, annonçaient déjà le pire, rien ne fut fait pour conjurer ces prévisions. Réchauffement climatique, hausse du niveau des océans, perte de la biodiversité, etc. L’incapacité de penser le monde de manière systémique, l’aveuglement des gouvernants acquis à l’idéologie néolibérale et la puissance des lobbys provoquèrent l’anéantissement de l’ordre social.

. Samuel Hayat, Démocratie, Paris, Anamosa, février 2020.

A quoi sert le mot démocratie - ou plutôt à qui sert-il ? Dans cet essai incisif, il s’agit de redonner toute sa force au mot, en mettant en lumière les différents plans sur lesquels se joue le combat autour de la démocratie entre les puissants et le peuple, afin d’éclairer ce qui fait démocratie.
"Le parti, le syndicat, le mouvement, l’organisation, le groupe affinitaire, l’association, aucune forme n’est prémunie de la captation oligarchique, mais aucune n’y est non plus condamnée. La démocratie est le pouvoir d’un peuple qui ne cesse de se reconstruire dans l’expérience collective d’un refus d’être gouverné. Ce refus préfigure un temps nouveau, celui du gouvernement du peuple et de la fin de la domination sociale.
Adhérer à la démocratie au sens fort suppose de l’effectuer, c’est-à-dire de prendre parti, sans garantie de victoire. Là est le sujet collectif que cette compréhension de la démocratie construit : un nous partisan, fondé sur un commun attachement à la démocratie réelle, cette forme de gouvernement et de société qui repose sur la capacité de n’importe qui à prendre parti, pour mettre en échec collectivement les relations de pouvoir qui nous enserrent. Là est le pari de la démocratie, la condition pour que s’effectue, de manière toujours différente et inattendue, le pouvoir du peuple".

. Firouzeh Nahavandi, Iran, Paris, De Boeck supérieur, février 2020.

Aux portes de l’Europe se déploie un monde arabe et musulman en pleine mutation depuis 2011, l’année des « printemps arabes ». Cet ouvrage invite à une (re)découverte de l’Iran à travers son histoire, sa société, sa politique, son économie, sa culture.

Héritier d’une histoire millénaire, l’Iran, théocratie constitutionnelle depuis 1979, est aujourd’hui à la croisée des chemins.

Sur le plan national, la situation est préoccupante. Les atteintes aux droits de l’Homme et une économie chancelante, malgré les richesses en hydrocarbures, pèsent sur la population – en particulier la jeunesse et les femmes de plus en plus éduquées – et donnent lieu à des manifestations auxquelles le régime répond par la répression.

Sur le plan international, malgré une position géostratégique privilégiée au Moyen-Orient, l’influence de l’Iran et ses interventions dans la région sont contestées et ses ambitions questionnées par la communauté internationale. Par ailleurs, les espoirs ouverts par la signature, en 2015, des Accords sur le nucléaire ont pris fin, notamment en raison du retrait des États-Unis et de la gestion douteuse du pouvoir iranien. Cette situation ne fait que complexifier les problèmes auxquels fait face la République islamique.

. Jean-Michel Dewailly, Pour une géographie vraiment partagée, Paris, l’Harmattan, février 2020.

Comment se fait-il que d’aussi nombreux intellectuels, personnalités des médias, politiciens, élites de la France, étalent autant leur a-géographie, y compris beaucoup de ceux qui devraient promouvoir la géographie ? S’appuyant sur des dizaines d’exemples, ce petit livre, sorte de bêtisier géographique de nos dirigeants, ne laisse pas d’inquiéter au moment où la mondialisation, la transition écologique, l’aménagement des territoires, le développement des pays pauvres, le problème de l’eau, la lutte contre le réchauffement climatique, les questions de migrations devraient au contraire donner une vigueur nouvelle à cette discipline méconnue et parfois maltraitée.

. Maryan Guisy, Panorama de nos mœurs politiques. Quand les romanciers d’hier chroniquent le monde d’aujourd’hui, Paris, Vendémiaire, mars 2020.

Ambitions personnelles, manœuvres électorales, règlements de comptes internes aux partis, suspicion portée sur toute une classe politique du fait des malversations avérées de certains de ses membres, mondanités parisiennes, fascination pour l’homme fort ou providentiel, pour la vie privée des dirigeants aussi, rébellions contre l’arrogance de la caste au pouvoir, contre les taxes, contre la censure, exigence de plus de démocratie, insurrections embrasant la rue, irrépressible voix des foules… Assurément, nous n’avons rien inventé : ce panorama de nos mœurs politiques est trait pour trait celui qu’ont dessiné les écrivains du XIXe siècle, qui dans ce paysage neuf d’une république naissante ont tout décrit de ce qui fait notre actualité.

On se souvient de Lucien Leuwen et d’Eugène de Rastignac, d’Eugène Rougon et de Bel-Ami, mais au-delà de ces figures emblématiques c’est toute la société de leur temps, et tous les rouages de la démocratie représentative que Stendhal, Balzac, Zola ou Maupassant, ces pionniers du roman politique, ont impitoyablement analysés.

Pour qui veut comprendre les mouvements sociaux d’aujourd’hui, le discrédit de la parole publique, les mensonges des uns, la révolte des autres, il n’est que de lire L’Argent ou Le Député d’Arcis…

. Olivier Dabêne, L’Amérique Latine à l’époque contemporaine, Paris, Armand Colin, mars 2020.

L’étude des difficultés qu’ont rencontrées les différents pays d’Amérique latine à trouver un ordre politique stable, compatible avec un développement économique harmonieux, de la fin du 19e siècle à nos jours, constitue le fil conducteur de cet ouvrage. Ni étude thématique, ni strict suivi chronologique, il s’organise autour de quelques périodes historiques dont les caractéristiques politiques, économiques, sociales et culturelles scandent l’évolution du continent. Ainsi sont examinés l’entrée de l’Amérique latine dans l’ère moderne (1870-1914), les années de prospérité (1914-1930), le temps du populisme (1930-1950), le séisme de la révolution cubaine (1950-1970), les années sombres (1968-1979), les transformations politiques et économiques des années 1980 et 1990, les caractéristiques contradictoires du tournant du siècle et, enfin, l’instabilité et la radicalisation politiques actuelles.

À travers de constants va-et-vient entre les descriptions s’appliquant à l’ensemble des pays du continent et les illustrations de cas particuliers confirmant ou infirmant la tendance générale, il prend en compte dans l’explication de l’évolution des sociétés les facteurs tant internes qu’externes, sans omettre les contraintes du système inter-américain et le poids des États-Unis.

. Philippe Artières, La banderole. Histoire d’un objet politique, Paris, Autrement, janvier 2020.
Annoncer, militer, célébrer, revendiquer, dénoncer…
La banderole s’infiltre partout. À la fois document et geste, on l’aperçoit dans les gradins des stades, agitée par les supporters, ou brandie par des fidèles dans des processions religieuses. Mais de Nancy à Santiago, de Londres à Gdańsk, la banderole et sa puissance graphique sont surtout mises au service des villes en révolte.

Quel pouvoir peut avoir une parole silencieuse ? Comment cet instrument politique est-il mis en scène ? Quel avenir peut-on imaginer pour la banderole à l’heure où les formes de l’écrit se renouvellent ?
En explorant la plasticité incroyable des messages contestataires, Philippe Artières démontre qu’en filigrane de l’histoire de la banderole se dessine celle, captivante, des luttes sociales aux XXe et XXIe siècles.

. Vincent Lehmuller, La stratégie immunitaire. Un autre chemin vers la victoire, Paris, Nuvis, février 2020.

Aujourd’hui, l’enjeu n’est plus de conquérir la puissance mais de la conserver ; il ne s’agit plus seulement de protéger nos intérêts stratégiques par la recherche d’une victoire décisive, mais de garantir la non-défaite. En ce sens, en cohérence avec les atouts et moyens de la France, la stratégie "immunitaire" proposée par l’auteur prône un modèle d’engagement plus préventif que curatif. Cette nouvelle façon de faire la guerre, plus constructive que destructrice, propose un autre chemin vers la victoire.

. Agence française du développement, L’économie africaine 2020, Paris, La Découverte, janvier 2020.

Un éclairage pluridisciplinaire sur les tendances macroéconomiques des différentes régions d’Afrique ainsi que sur les enjeux structurels majeurs : nouvelles formes d’urbanisation, financement des infrastructures et des services publics, bénéfice de l’industrialisation ou encore liens entre le développement et les migrations.

. Cyril de Sousa Cardoso, Emmanuelle Galou, Aurore Kervella, Patrick Kwok, Data power. Comprenez et exploitez la valeur de la donnée, Paris, Éditions Eyrolles, janvier 2020.

La data est un enjeu de pouvoir : l’organisation qui la maîtrise et la développe accède à une source de création de valeur majeure, en même temps qu’à une aide précieuse à la prise de décision. Mais comment mettre en place une stratégie dans des entreprises, organisations publiques ou associations qui, souvent, n’ont que peu de culture data ?

À la fois introduction et guide de mise en oeuvre, cet ouvrage permet de faire les premiers pas :

. Comprendre ce qu’est la data et les différents modes de traitement de la donnée.

. Anticiper l’impact de la data pour vous : marketing, industrie, médias, finance, médecine, territoire, politique, etc.

. Utiliser la data dans votre business : explorer, apprendre, modéliser. prédire.

. Décoder les enjeux et les perspectives de la data : IA, loT, questions écologiques, enjeux de propriété intellectuelle, etc.

Rédigé par quatre auteurs experts, Data power donne une vision large et concrète des enjeux et des applications de la donnée aujourd’hui.

. Emmanuel Todd, Les luttes des classes en France au XXIè siècle, Paris, Seuil, janvier 2020.

Macron et les Gilets jaunes ont ouvert une page nouvelle de l’histoire de France, qui mêle retour des luttes sociales et apathie politique, sursaut révolutionnaire et résignation devant les dégâts de l’euro, regain démocratique et menace autoritaire.

Pour la comprendre, Emmanuel Todd examine, scrupuleusement et sans a priori, l’évolution rapide de notre société depuis le début des années 1990 : démographie, inégalités, niveau de vie, structure de classe, performance éducative, place des femmes, immigration, religion, suicide, consommation d’antidépresseurs, etc.

Les faits surprendront. Les interprétations que propose l’auteur doivent, quant à elles, beaucoup à Marx, mais à un Marx mis « sous surveillance statistique ». À gauche, comme à droite, elles paraîtront à beaucoup étonnantes, amusantes, contrariantes, ou angoissantes. Cet empirisme sans concession conduit même Emmanuel Todd à réviser radicalement certaines de ses analyses antérieures.

À la lecture de ce livre riche, stimulant, provocateur, la vie politique des années 1992-2019 prend tout son sens : une longue comédie politique où s’invitent les classes sociales.

Bienvenue donc dans cette France du XXIe siècle, paralysée mais vivante, où se côtoient et s’affrontent des dominés qui se croient dominants, des étatistes qui se croient libéraux, des individus égarés qui célèbrent encore l’individu-roi, avant l’inéluctable retour de la lutte des classes.

. François Ramade, Introduction à l’écologie de la conservation. La protection de la nature pour une humanité durable, Paris, Lavoisier, janvier 2020.

La crise écologique globale, dont les changements climatiques ne sont qu’un des aspects, certes le plus perceptible, confronte de nos jours l’humanité de façon sans cesse plus inquiétante à un défi planétaire : celui de sa propre survie.

L’érosion permanente, voire l’éradication de surfaces toujours plus étendues d’habitats naturels et la régression de la biodiversité marquée par une accélération constante de la disparition d’espèces vivantes constituent aussi une des conséquences les plus redoutables de cette crise car elle affecte directement l’homme. Les populations, déjà trop nombreuses, consomment de façon irréfléchie et excessive les ressources naturelles planétaires, bien au-delà de leur taux de renouvellement spontané.

Cet ouvrage a pour objet de faire une analyse approfondie des modalités par lesquelles l’humanité contemporaine dégrade de façon croissante les écosystèmes et leur biodiversité. Il explique les mécanismes en œuvre ainsi que les conséquences immédiates et à long terme qui en découlent pour l’avenir de la biosphère.

Il ne se limite pas au seul exposé des effets négatifs de l’action de la civilisation moderne mais propose aussi des solutions à la crise écologique globale, au travers d’incontournables mesures de préservation de la nature et de ses ressources, qui seules permettraient d’assurer la pérennité de la civilisation humaine.

Fondé sur une importante bibliographie, ce livre dispose d’une abondante illustration en couleur, ainsi que d’un lexique en fin de texte qui explique les termes d’écologie plus spécialisés auxquels il fait recours.

Outre son lectorat universitaire de base : étudiants, enseignants et chercheurs des différentes disciplines concernées, il s’adresse plus particulièrement à tous les naturalistes amateurs, aux agents des organismes publics et associatifs, experts des bureaux d’études, impliqués dans les problématiques de protection de l’environnement et au delà à tous les citoyens préoccupés par la protection de la nature et de ses ressources.

. Luis Martinez, The State in North Africa. After the Arab Uprisings, Paris, CERI, janvier 2020.

Ever since independence, revolts and riots in North Africa have structured relations between society and the state. While the state has always managed to restore order, the unexpected outbreak of the Arab Spring revolts has presented a real challenge to state stability. Taking a long-term historical perspective, this book analyses how public authorities have implemented policies to manage the Maghreb’s restive societies, viewed at first as ‘retrograde’ and then as ‘radicalised’.

National cohesion has been a major concern for post-colonial leaders who aim to build strong states capable of controlling the population. Historically, North African nations found colonial oppression to be the very bond that united them, but what continues to hold these communities and nation-states together after independence ? If public interest is not at the heart of the state’s actions, how can national loyalties be maintained ? Luis Martinez analyses how states approach these questions, showing that the fight against jihadist groups both helps to reconstruct essential ties of state belonging and also promotes the development of a border control policy. He highlights the challenges posed by fragile political communities and weak state instruments, and the response of leaders striving to build peaceful pluralistic nations in North Africa.

. Renaud Duterme, Petit manuel pour une géographie de combat, Paris, La Découverte, janvier 2020.

Si l’histoire du capitalisme est largement documentée, sa logique spatiale, elle, l’est beaucoup moins. Cette dernière est pourtant fondamentale à la compréhension de ce système et de ses contradictions. Le présent ouvrage s’inscrit donc dans une discipline, la géographie radicale, qui spatialise la question des rapports de forces produits par le capitalisme.

L’auteur met au jour les logiques capitalistes à l’oeuvre dans les phénomènes spatiaux qui constituent les objets d’étude de la géographie, à savoir la mondialisation, les inégalités de développement économique, mais aussi l’aménagement du territoire, les replis identitaires, les mouvements migratoires et les questions écologiques.

Il est nécessaire pour quiconque s’intéresse au fonctionnement du capitalisme de se réapproprier la géographie comme outil permettant d’envisager une sortie démocratique des impasses produites par ce système. Une géographie populaire ou, mieux, une géographie de combat qui permet d’articuler la lutte à l’échelle locale aux dynamiques globales.

. Charles Thépaut, Le monde arabe en morceaux. Des printemps arabes à Daech , Paris, Armand Colin, janvier 2020.

Véritable boîte à outils pour suivre l’actualité politique arabe, cet ouvrage s’appuie sur l’histoire longue des pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient afin d’en expliquer les dernières crises : soulèvements de 2011, chute de régimes autoritaires, émergence de Daech, affrontements confessionnels, etc.

Mêlant synthèse de la recherche académique, cartes ou anecdotes de terrain, ce manuel de politique arabe décrypte l’évolution d’une région fragmentée, dont le destin est plus que jamais lié à celui de l’Europe. Le Maghreb reste un voisin mal connu. Les conflits en Syrie, en Libye et au Yémen, ou encore la reconquête irakienne contre Daech, amplifient la perception européenne d’un espace constamment en guerre. Les fortunes du Golfe alimentent les polémiques sur le rôle de ces pays dans l’économie mondiale et dans la diffusion de conceptions religieuses rigoristes.

S’il faut comprendre les conflits autant que la place de la religion dans les pays arabes, il est aussi important de porter son regard au-delà des chocs les plus spectaculaires. Derrière les violences qui crèvent l’écran, les sociétés se transforment en silence et dessinent tant bien que mal leur avenir.

. Christian Salmon, L’Ère du clash, Paris, Pluriel, janvier 2020.

« La vie politique, sociale ne s’ordonne plus en séquences ou feuilletons. Elle n’est plus rythmée par l’intrigue mais par l’imprévisibilité, l’irruption, la surprise, une logique de la rupture qui relève davantage d’une sismographie politique que du storytelling. On est passés de la story au clash, de l’intrigue à la transgression sérielle, du suspense à la panique, de l’argument au fake, de la séquence à une suite intemporelle de chocs. Fini le storytelling ? Bienvenue dans l’ère du clash ! »

Un ouragan emporte nos sociétés hyperconnectées et hypermédiatisées. Le vent a tourné, nous l’éprouvons tous fortement. L’époque n’est plus seulement à la manipulation et au formatage des esprits, comme encore au milieu des années 2000, quand régnait sur le discours médiatico-politique le storytelling.

L’explosion du Web, l’éclosion des premiers réseaux sociaux créaient l’environnement favorable à la production et à la diffusion d’histoires. Or, de même que l’inflation ruine la confiance dans la monnaie, l’inflation des stories a érodé la confiance dans les récits. Le triomphe de l’art de raconter des histoires, mis au service des acteurs politiques, a entraîné, de manière fulgurante, le discrédit de la parole publique...

Dans le brouhaha des réseaux et la brutalité des échanges, la story n’est plus la clé pour se distinguer. La conquête de l’attention, comme celle du pouvoir, passe désormais par l’affrontement, la rupture, la casse des « vérités ». Désormais, viralité et rivalité vont de pair. Fini le storytelling ? Bienvenue dans l’ère du clash !

. Clément Therme, L’Iran et ses rivaux. Entre nation et révolution, Paris, Passés Composés, février 2020.

De gendarme du Golfe sous le règne du Shah (1941-1979), l’Iran devint une République islamique apparaissant comme une puissance déstabilisatrice pour nombre de ses voisins arabes et sunnites, ou pour Israël. La nature de la politique internationale de Téhéran n’a cessé de questionner les spécialistes. Après la Révolution, la République islamique a construit ses relations en s’appuyant sur l’idéologie islamiste, tout en prenant en considération les questions de sécurité. Plus récemment, Téhéran est devenu un partenaire de la Russie dans la lutte contre le djihadisme sunnite ; mais l’aide iranienne contre cette idéologie est en elle-même porteuse de dangers futurs selon les États-Unis, puisqu’elle favorise l’émergence d’un chiisme paramilitaire depuis l’intervention américaine en Irak (2003) et les débuts de la crise syrienne (2011). Cet ouvrage montrera donc les relations de l’Iran depuis 1941, s’intéressant aussi bien aux rivaux de l’Iran qu’aux nouveaux partenariats, nés notamment de la priorité donnée par Téhéran à son opposition à Washington, tant sur les affaires régionales qu’internationales.

. Fabien Mathieu, Gilles Vermot Desroches, Profit and Planet. How innovation can help build a better world, Ayming, Ayming Institute, janvier 2020.

There can be little doubt that we are either on the cusp of a great transformation or a great disaster. For decades, we have heard warnings about climate change and the future of the planet. Meanwhile, growing inequalities have fueled social tensions.

Too often portrayed as the embodiment of the problem, the corporate world is in fact our only hope. In this timely book, Fabien Mathieu and Gilles Vermot Desroches argue that the only realistic way of meeting the challenges we face is through a business-led innovation revolution. Contrary to what we are often told, we don’t need to choose between the profit motive and the future of the planet : the former can help guarantee the latter.

It is possible to be profitable without destroying the planet and eroding social bonds. In any case, if we don’t preserve the environment we live and work in, there will be no profits to be made. It has long been unthinkable to consider investing in a project without looking into the economic fundamentals and projected earnings. It will soon be impossible to envisage backing projects that don’t have a positive social and environmental impact. It’s a challenge that concerns us all : this time it’s personal, not just business.

. Jacques Brasseul, Petite histoire des faits économiques. Des origines à nos jours, Paris, Armand Colin, janvier 2020.

L’histoire économique a connu un renouveau depuis un demi-siècle grâce à l’analyse économique, aux théories institutionnalistes et aux approches globales. Cette nouvelle édition, revue et actualisée, présente, en s’appuyant sur ces acquis, une version synthétique de l’évolution économique du monde depuis l’origine des civilisations jusqu’aux premières décennies du XXIe siècle.

Elle aborde en premier lieu les problèmes de la discipline elle-même, puis remonte à la fin de la préhistoire pour exposer de façon chronologique les traits de l’économie antique, puis médiévale, avant d’arriver aux Temps modernes et à la révolution industrielle. Le livre insiste ensuite sur l’évolution au XIXe siècle, l’extension de l’industrialisation et les mutations économiques et sociales qu’elle entraîne, puis la mondialisation d’avant 1914.

Le XXe siècle et la période actuelle font l’objet des derniers chapitres, depuis les guerres mondiales, la crise de 1929 et la montée des totalitarismes jusqu’à l’évolution plus favorable qui suit : paix globale, montée des échanges, intégration de l’Europe, nouvelle révolution technologique et développement au Sud, avant d’aborder les difficultés actuelles, depuis la crise de 2008.

. Julien Weisbein, Introduction à la socio-histoire des idées politiques, Paris, De Boeck supérieur, avril 2020.

Libéralisme, conservatisme, socialisme... Cet ouvrage vise à replacer les auteurs et leurs oeuvres dans ces courants et idéologies, et plus généralement dans une socio-histoire de l’État moderne et des sociétés contemporaines.

Samuel Hayat est chargé de recherche 1ère classe au Centre national de recherche scientifique (CNRS) et Centre d’études et de recherches administratives, politiques et sociales (CERAPS) de l’Université de Lille. Julien Weisbein est Maître de conférences de science politique à Sciences-Po Toulouse, et chercheur au Laboratoire des sciences sociales du politique (LaSSP).

. Arnaud Chomette, Actu 2020 Comprendre le monde du XXIè siècle, Paris, Ellipses, janvier 2020.

En 50 questions, ce livre éclaire les grands enjeux du monde du XXIe siècle, en lien avec les sujets suivants : Mondialisation, Mutations politiques, Conflits, Europe et Russie, Moyen-Orient et Afrique, Asie, Amérique, Durabilité de nos modes de vie. Cet ouvrage est destiné aux étudiants en classes préparatoires ECS, en sciences politiques, en droit, en école de journalisme, à ceux qui préparent les concours administratifs ainsi qu’à tous ceux qui veulent mieux comprendre notre monde en pleine mutation.

. Béligh Nabli, L’État. Droit et Politique, Paris, Armand Colin, janvier 2020.

Qu’est-ce que l’État ? Au-delà de la formule prêtée à Louis XIV – « L’État, c’est moi ! » – cette question fondamentale se pose dans des termes sans cesse renouvelés. Construit mais inachevé, l’État n’est pas un produit fini ou un modèle absolu et définitif. Au contraire, il est foncièrement appelé à évoluer dans l’espace et dans le temps. « On nous change notre État ! », s’exclamait déjà Maurice Hauriou à la fin du XIXe siècle. Aussi ce manuel vise-t-il à appréhender l’objet étatique dans ses traits ontologiques (et immuables ?) comme dans ses mutations contemporaines.

À partir essentiellement du cas de la France, l’État est ici étudié à travers sa construction (théorique, historique, politique et juridique), son organisation (répartition verticale et horizontale du pouvoir), son action (via les finalités et les moyens de ses missions et fonctions) et son statut (sur le plan international). Non seulement, ces approches se veulent didactiques et complémentaires, mais elles mobilisent à la fois les sciences juridiques et politiques. Autant de caractéristiques qui font l’originalité de ce manuel sur l’État.

. Frédéric Angleviel, Poulo Condore. Un bagne français en Indochine , Paris, Vendémiaire, janvier 2020.

Surnommé « le bagne d’où l’on ne revient pas », le pénitencier de l’archipel de Poulo Condore, dans la mer de Chine, ouvrit ses portes en 1861 pour ne les fermer qu’en 1993, soit près de quarante ans après la fin de la guerre d’Indochine. Ce fut le deuxième bagne français, derrière celui de Guyane : 40 000 prisonniers y furent relégués durant toute la période coloniale. La moitié y trouvèrent la mort dans des conditions atroces : manque de nourriture, travail forcé, épidémies… Officiellement réservé aux pirates, membres des sociétés secrètes ou trafiquants d’opium, Poulo Condore fut en réalité un outil de répression politique, destiné à faire disparaître les opposants à l’autorité française, qui représentaient plus des deux tiers des détenus.

Dans la période suivant la partition du Vietnam en 1954, l’archipel, renommé Con Dao, servit, avec le soutien des États-Unis, à l’emprisonnement des combattants de la réunification révolutionnaire. L’indépendance totale du Vietnam en 1975 n’entraîna pas la fermeture du pénitencier où furent cette fois envoyés, durant deux décennies, les derniers adversaires du nouveau régime.

Méconnu des Français, contrairement à ceux de Guyane ou de Nouvelle-Calédonie, ce lieu de relégation d’une terrible cruauté occupe une place fondamentale dans la mémoire collective vietnamienne d’aujourd’hui.

. Henri Leclerc, La Parole et l’action, Paris, Pluriel, février 2020.

Un engagement social fort et un goût pour les affaires médiatisées : Henri Leclerc, le plus grand avocat pénaliste français, revient sur les grandes affaires de soixante ans de carrière.

. Jean-Christophe Picard, La colère et le courage. Plaidoyer contre la corruption, pour une République éthique, Paris, Armand Colin, janvier 2020.

Corruption, fraude fiscale, gaspillage de l’argent public… Les affaires continuent ! Avec l’explosion de la dette publique et le creusement des inégalités, le flot ininterrompu des scandales est de plus en plus insupportable. Leur coût est tel que même assumé par l’ensemble des contribuables, l’impact sur chacun est énorme : des impôts et taxes supplémentaires, des prestations sociales diminuées et des services publics de moins bonne qualité. Surtout, la succession des affaires abîme l’indispensable lien de confiance entre élus et électeurs.

Ce passionnant ouvrage ne se contente pas de dresser un état des lieux implacable des failles de notre République. Il évoque les solutions à mettre en oeuvre pour mettre fin aux abus. Président de la République, parlementaires, élus locaux, candidats, militants, citoyens… tous les acteurs de la vie politique ont un rôle à jouer !

Une République plus éthique est à portée de main. La recette qui déclenche tous les grands changements n’a besoin que de deux ingrédients : la colère et le courage. « La colère face aux choses telles qu’elles sont. Et le courage nécessaire pour les changer. »

. Philippe Riutort, Les classiques de la sociologie, Paris, PUF, janvier 2020.

L’ouvrage vise à présenter huit auteurs, devenus des classiques de la pensée sociologique, qui ont fortement influencé l’histoire de la discipline et qui exercent toujours, aujourd’hui, une grande influence. Il s’agit d’Emile Durkheim, Max Weber, Georg Simmel, Robert K. Merton, Erving Goffman, Pierre Bourdieu, Raymond Boudon et Norbert Elias.
Après une rapide présentation biographique, trois thèmes majeurs de l’œuvre sont analysés pour chacun des auteurs et, enfin, une mise en perspective est proposée, à partir des débats engendrés et de la postérité de l’œuvre.

. Hugo Micheron, Le jihadisme français : Quartiers, Syrie, Prisons, Paris, Gallimard, janvier 2020.

Cinq ans après les attentats qui ont ensanglanté la France - de la tuerie de Charlie Hebdo au massacre du Bataclan -, ce livre est le premier récit de l’intérieur du processus qui a vu croître le jihadisme français. Né dans les "cités" enclavées des banlieues populaires, il a mené ses activistes, en passant par le "califat" de Daech au Levant, jusqu’aux prisons de l’Hexagone. A partir de quatre-vingts entretiens avec des terroristes incarcérés, Hugo Micheron analyse la nature du jihadisme français. Loin d’être coupée du reste de la société, la prison est en interaction constante avec les quartiers. Dans quel terreau français se creuse le jihadisme ? Comment se transplante-t-il dans le jihad syrien ? Comment s’épanouit-il dans les prisons de l’Hexagone ? Voici le récit édifiant d’une emprise moderne, méthodique, qui a bouleversé les profondeurs de la société.

. Antoine Garapon, Pierre Servan-Schreiber, Deals de justice. Le marché américain de l’obéissance mondialisée, Paris, PUF, janvier 2020.

Corruption, blanchiment, évasion fiscale, contournement des sanctions internationales… Les autorités de régulation américaines traquent ces pratiques chez les entreprises transnationales qui, si elles sont avérées, peuvent entraîner des sanctions considérables : procès à rallonges, mises en causes personnelles, pénalités astronomiques et, plus grave encore, préjudice porté à la réputation de l’entreprise.

Devant ces menaces et la perspective de se voir interdire l’accès au marché américain, mieux vaut souvent coopérer en mettant en œuvre une nouvelle logique. L’entreprise suspectée doit alors renoncer à se défendre judiciairement, pratiquer elle-même des enquêtes internes poussées, s’acquitter d’amendes colossales et mettre en place des processus de compliance lourds et coûteux ; en bref : acheter la paix avec les autorités américaines. Cette justice sans la Justice n’a-t-elle pas le mérite de l’efficacité ? Ne préfigure-t-elle pas aussi un nouveau mode de régulation globale ? N’annonce-t-elle pas un nouveau régime d’obéissance mondialisée où l’on demande à chacun – sujet ou entreprise – de se faire le juge et le dénonciateur de lui-même ?

. Barthélémy Courmont, L’Asie du Sud-Est contemporaine, Québec, PUQ, janvier 2020.

L’Asie du Sud-Est est l’une des régions les plus effer­vescentes de la planète. Forte d’une population de 650 millions d’habitants et d’une croissance économique élevée, son attractivité dépasse largement les frontières asiatiques ; le monde entier s’intéresse désormais aux développements de ce territoire dont l’influence ne fera qu’augmenter dans les prochaines décennies. Son développement économique accéléré est favorable à l’émergence de nouveaux enjeux d’ordres politique, économique, démographique, territorial, social et environnemental, qui, une fois mis bout à bout, peuvent accentuer les contrastes économiques et sociaux, voire les déséquilibres d’une région soumise aux défis de l’intégration.

Le présent ouvrage brosse un tableau des différentes dynamiques de l’Asie du Sud-Est. Sans être exhaustif, ce portrait prend appui sur les trajectoires suivies depuis un demi-siècle et fournit des clés de compréhension des problématiques actuelles. Il consiste en une analyse pluridisciplinaire de l’Asie du Sud-Est contemporaine dans sa globalité. Si chaque thème abordé offre l’occasion de se pencher plus particulièrement sur un des pays de la zone (car d’importantes disparités subsistent parfois entre les pays), c’est l’approche régionale et transversale qui reste privilégiée, afin de mettre en relief les réalités qui sont celles de l’Asie du Sud-Est.

Cet ouvrage s’adresse aussi bien aux chercheurs et aux étudiants qu’aux journalistes, ainsi qu’à toute personne curieuse de découvrir l’Asie du Sud-Est d’aujourd’hui.

. Gérard Davet, Fabrice Lhomme, Apocalypse now. Les années Fillon, Paris, Fayard, janvier 2020.

La suite de l’histoire secrète, riche en témoignages et en documents inédits, de la droite française, de 2014 à aujourd’hui, qui débute par l’« exécution » du soldat Copé, se poursuit par le décisif déjeuner Jouyet-Fillon et son corollaire, la « providentielle » affaire Fillon, pour déboucher sur le paysage dévasté de la droite française... 1 306 400 euros ; soit le montant global des sommes perçues indûment par le couple Fillon depuis 1981, selon les enquêteurs. Cet argent a le goût de la défaite en 2017, pour la droite française.

De la débâcle, plutôt. Après La Haine. Les années Sarko, voici donc le second tome de notre fresque politique, relatant cette fois la période 2014-2019.

L’affaire Fillon sera jugée à partir de février 2020, les dossiers Bygmalion, Azibert et d’autres encore suivront bientôt. La droite ne s’en remettra pas, déballage de linge sale garanti. Car tous ces scandales politico-judiciaires sont nés de guerres fratricides, notre enquête l’atteste. Elle est nourrie de témoignages sans filtre, de documents exclusifs et, aussi, de spectaculaires révélations.
C’est la fin d’une époque, de fureur et de sang, laissant la droite française vitrifiée.
Apocalypse Now.

. Sylvain Waserman, Chroniques du Perchoir. Pensées et confidences d’un vice-président de l’Assemblée nationale, Paris, Armand Colin, janvier 2020.

Vice-président de l’Assemblée nationale depuis le 28 juin 2017, l’auteur nous livre ses impressions sous forme de chroniques. Témoin de tant d’heures de débats depuis son perchoir, il a pu se forger une vision sur notre démocratie et sur ce que l’on doit réinventer. De situations parfois ubuesques en passant par les incidents, voire les crises, ces "Chroniques du perchoir" partent de ces événements pour déboucher sur une réflexion de la part de l’auteur balayant tous les sujets sociétaux (montée du RN, Gilets jaunes, etc.). Il nous donne un aperçu unique sur l’Assemblée, y mêlant également des événements qui le touchent de près (attentat de Strasbourg par exemple).

. Julia Cagé, Le prix de la démocratie, Paris, Folio actuel, janvier 2020.

Une personne, une voix : la démocratie repose sur une promesse d’égalité qui trop souvent vient se fracasser sur le mur de l’argent. Financement des campagnes, dons aux partis politiques, prise de contrôle des médias : le jeu démocratique est de plus en plus capturé par les intérêts privés. Se fondant sur une étude inédite des financements politiques privés et publics dans une dizaine de pays sur plus de cinquante ans, Julia Cagé passe au scalpel l’état de la démocratie, décortique les modèles nationaux, et fait le récit des tentatives - souvent infructueuses, mais toujours instructives - de régulation des relations entre argent et politique. En France, l’État a mis en place un système de réductions fiscales permettant aux plus riches de se voir rembourser l’essentiel de leurs dons aux partis politiques, alors que les plus pauvres, eux, paient plein pot. Ces dérives ne viennent pas d’un complot savamment orchestré mais de notre manque collectif d’implication. La question du financement de la démocratie n’a jamais véritablement été posée ; celle de la représentation des classes populaires doit l’être sur un mode plus radical. Pour sortir de l’impasse, voici des propositions qui révolutionnent la façon de penser la politique, des réformes innovantes pour une démocratie retrouvée.

. Guillaume Debré, L’art de gouverner selon Donald Trump, Paris, Fayard, janvier 2020.

13 421 : C’est le nombre de tweets que Donald Trump a publiés depuis qu’il siège à la Maison-Blanche.

Autoproclamé l’« Ernest Hemingway des 140 signes », ce président hors norme ne peut s’empêcher de pianoter sur son téléphone sécurisé. Avec ses deux pouces, il critique, vilipende et terrorise la planète entière. « Crétin », « psycho », « pourri » font maintenant partie du lexique présidentiel, sans parler de l’accusation de « Fake News ! », qu’il utilise sans cesse.

Cette litanie de tweets est à l’image de la présidence de Donald Trump : déroutante. L’homme fascine autant qu’il répugne. Incroyable bête politique au flair électoral redoutable, ce trublion politique reste difficilement saisissable. Mais, qu’on le veuille ou non, ce chef d’État omniprésent et imprévisible structure aujourd’hui le paysage politique américain.

Plus obscure est sa pensée politique. Populiste ? Nationaliste ? Ou tout simplement pragmatique ?

Entre élucubrations et éructations, les tweets de Trump forment un croquis inédit, une silhouette plus qu’un portrait. Leur analyse, couplée à celle de ses rapports avec son entourage et son administration, de ses décisions et de ses sorties dans les médias, éclaire le logiciel politique de ce président transgressif.

Guillaume Debré montre avec brio comment Donald Trump façonne, jour après jour, un nouvel art de gouverner.

. Valérie Niquet, Le Japon. Un modèle en déclin ? en 100 questions, Paris, Tallandier, janvier 2020.

Que signifie « l’exceptionnalisme » japonais ? Le pays est-il toujours une grande puissance industrielle ? Les traditions bloquent-elles les évolutions sociales ? Quelles sont les conséquences de la chute du taux de natalité ? Les relations sino-japonaises sont-elles vouées au conflit ? Le Japon peut-il être un acteur majeur sur la scène internationale ?

Après avoir dominé la scène économique mondiale jusqu’à la fin du xxe siècle, le Japon semble céder la place au miracle chinois. Ses défis sont aujourd’hui multiples : croissance stagnante, population vieillissante, condition des femmes difficile, sentiment de déclin et d’entre-soi, loin d’un monde globalisé et pluriel.

Pourtant, le Japon conserve une efficacité et une capacité de résilience hors normes héritées de ses multiples épreuves : bombardements atomiques en 1945, tremblements de terre, catastrophe de Fukushima… Terre d’innovations constantes, place financière incontournable, le pays le plus « occidental » d’Asie affirme ses valeurs libérales et démocratiques, son attachement à sa politique strictement défensive, tout en affichant une ambition plus importante en matière de sécurité.

À l’heure où commence l’ère Reiwa (« Belle harmonie »), Valérie Niquet nous donne les clés pour mieux comprendre ce pays qui fascine autant qu’il déroute, ses spécificités, ses limites, mais aussi ses atouts qui prouvent qu’il est loin d’être hors course.

. Michelle Perrot, Les femmes ou les silences de l’histoire, Paris, Champs histoire, janvier 2020.

Les femmes font aujourd’hui du bruit ? C’est en regard du silence dans lequel les a tenues la société depuis des siècles. Silence des exploits guerriers ou techniques, silence des livres et des images, silence surtout du récit historique qu’interroge justement l’historienne. Car derrière les murs des couvents ou des maisons bourgeoises, dans l’intimité de leurs journaux ou dans les confidences distraites du passé, dans les murmures de l’atelier ou du marché, dans les interstices d’un espace public peu à peu investi, les femmes ont agi, vécu, souffert et travaillé à changer leurs destinées. Qui mieux que Michelle Perrot pouvait nous le montrer ? Historienne des grèves ouvrières et du monde du travail, explorant les prisons dès les années 1970, Michelle Perrot s’est attachée très tôt à l’histoire des femmes. Elle les a suivies au long du XIXe et du XXe siècles, traquant les silences de l’histoire et les moments où ils se dissipaient. Ce sont quelques-unes de ces étapes que nous restitue ce livre.

. Pierre Rosanvallon, Le siècle du populisme – Histoire, théorie, critique, Paris, Seuil, janvier 2020.

Le phénomène du populisme n’a pas encore été véritablement pensé. C’est en effet surtout à caractériser sociologiquement les électeurs populistes que se sont attachés la plupart des livres sur le sujet ; ou à discuter ce dont il est le symptôme (le désenchantement démocratique, les inégalités galopantes, la constitution d’un monde des invisibles, etc.) ; ou encore à sonner le tocsin sur la menace qu’il représenterait.
Cet ouvrage propose de le comprendre en lui-même, comme une idéologie cohérente qui offre une vision puissante et attractive de la démocratie, de la société et de l’économie. S’il exprime une colère et un ressentiment, sa force tient au fait qu’il se présente comme la solution aux désordres du présent. Il est pour cela l’idéologie ascendante du xxie siècle, à l’heure où les mots hérités de la gauche semblent dorénavant résonner dans le vide.
L’auteur en présente une théorie documentée, en retrace l’histoire dans celle de la modernité démocratique et en développe une critique approfondie et argumentée. Il permet ainsi d’en finir avec les stigmatisations impuissantes et dessine les grandes lignes de ce que pourrait être une alternative mobilisatrice à ce populisme.

. Antoine Violet-Surcouf, Cyberdjihadisme, Paris, VA Press, janvier 2020.

Dans leur guerre contre les démocraties et les valeurs occidentales, Internet représente une arme de prédilection pour les combattants islamistes les plus radicaux. Champ de bataille à part entière, le Web et ses divers outils – comme les réseaux sociaux ou applications de messagerie – sont avant tout vecteurs de communication, de propagande et de recrutement pour les djihadistes. Internet participe également au financement des organisations djihadistes et pourrait, demain, être directement mis à profit pour frapper leurs adversaires. Conférant, ainsi, une réalité au cyberterrorisme le plus dévastateur. Si le cyberdjihadisme inquiète légitimement médias et services de renseignement, il n’a, paradoxalement, jamais fait l’objet d’une tentative d’analyse globale, que celle-ci porte sur sa genèse, ses évolutions passées et à venir, ou encore sur les dangers que fait planer l’activisme islamiste se déployant sur Internet. Sans prétendre à l’exhaustivité quant à un phénomène aussi diffus qu’évolutif, le présent ouvrage se propose de replacer le cyberdjihadisme dans sa profondeur historique, avant d’évaluer les menaces qu’il représente et, enfin, d’avancer un ensemble de réponses permettant de le combattre sur son propre terrain.


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| Dernière mise à jour le mercredi 15 septembre 2021 |
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