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La Bulgarie d’hier à l’organisation de l’Eurovision. Entretien avec M. Dumoulin

Par Marie DUMOULIN, Pierre VERLUISE*, le 30 mai 2026.

La Bulgarie a été mise en avant par sa victoire à l’Eurovision 2026 et la visite de son Premier ministre Roumen Radev à l’Elysée le 27 mai 2026. Forte d’une histoire prestigieuse, membre de l’OTAN depuis 2004, membre de l’UE depuis 2007... la Bulgarie gagne a être mieux connue. C’est dans ce contexte que Madame l’ambassadrice de France en Bulgarie, Marie Dumoulin, apporte un éclairage documenté bienvenu, y compris sur la relation bilatérale. Propos recueillis par Pierre Verluise pour Diploweb.com.

Pierre Verluise (P. V. ) : Madame l’Ambassadrice, comment expliquez-vous le paradoxe suivant. La Bulgarie est membre de l’OTAN depuis 2004 et membre de l’UE depuis 2007. L’histoire de la Bulgarie est à la fois glorieuse face aux Ottomans et ambiguë durant la Shoah et dans son rapport à l’URSS. La philosophie mondiale compte nombre de personnalités d’origine bulgare comme Tzvetan Todorov ou Ivan Krastev. La littérature bulgare contemporaine est passionnante, avec un superbe effort de traduction vers le français par Marie Vrinat-Nikolov. Et pourtant… la Bulgarie semble marquée par un déficit d’image dans ce qu’on appelait « l’Ouest » durant la Guerre froide. Ce diagnostic vous semble-t-il exact et si oui, comment expliquer ce déficit d’image ?

Marie Dumoulin (M. D. ) : La Bulgarie est en effet trop peu connue en France et on ne peut que saluer le travail de ceux qui, à l’instar de Marie Vrinat-Nikolov, s’efforcent de mieux faire connaître la culture bulgare, et notamment sa création littéraire contemporaine. La Bulgarie offre ce paradoxe : elle est à la fois un Etat aux racines profondes et anciennes, comme en témoignent la richesse de son patrimoine archéologique et les strates successives qui se révèlent dans ses villes, qu’il s’agisse de Sofia (l’ancienne Serdika des Thraces puis des Romains) ou de Plovdiv, parfois considérée comme la ville vivante la plus ancienne d’Europe puisque ses origines remontent au 6ème millénaire avant notre ère ; et en même temps c’est un Etat qui, aujourd’hui, se considère comme jeune au regard des conditions de son accession à l’indépendance à la fin du 19ème siècle. La séquence historique allant de la libération de la domination ottomane en 1878 jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, a été pour la Bulgarie à la fois une période d’essor et de modernisation mais aussi de turbulences politiques et territoriales du fait des secousses du monde de l’époque - guerres balkaniques et mondiales, essor des totalitarismes fascistes et communistes. La période qui a suivi la Seconde Guerre mondiale, durant laquelle la Bulgarie s’est, de fait, trouvée sous la tutelle de l’Union soviétique jusqu’en 1990 a suspendu son parcours vers une souveraineté pleine et entière. Cette histoire complexe a laissé des traces et explique sans doute que la Bulgarie, qui a accédé à l’Union européenne depuis près de vingt ans, soit encore trop souvent perçue comme un « nouvel » Etat membre, voire comme un « petit » Etat membre. Or elle a des atouts indéniables qui en font un pays clé du Sud-Est de l’Europe et un maillon essentiel de l’ensemble européen dans cette partie de l’UE. La Bulgarie est aujourd’hui un carrefour stratégique des flux notamment commerciaux entre l’Europe et l’Asie. Le poste frontière bulgaro-turc de Kapitan Andreevo est l’un des plus importants au monde en termes de volume annuel de transit par voie terrestre. Les ports de Varna et Bourgas sont fondamentaux pour l’accès de l’Union européenne à la mer Noire. Cela implique des besoins importants en termes d’infrastructures de connectivité pour améliorer les communications Nord-Sud et Est-Ouest dans cette partie de l’Europe. De nombreux industriels européens ont ainsi choisi de s’implanter en Bulgarie, et notamment sur le site de Plovdiv qui accueille des filiales d’entreprises du secteur aéronautique comme l’entreprise française Latécoère ou l’allemand Liebherr, qui produisent à Plovdiv des éléments pour les avions Airbus. La Bulgarie développe aussi avec ses voisins grec et roumain un projet de corridor gazier Sud-Nord pour garantir l’approvisionnement de l’Europe centrale et de l’Ukraine et s’affranchir du gaz russe. Enfin, la Bulgarie recèle un fort potentiel en termes d’innovation, grâce à son vivier d’ingénieurs très qualifiés dans les technologies de pointe notamment dans l’IA, la robotique, ou encore le spatial.

Cette énergie et cette créativité ont sans doute contribué au succès de la chanteuse bulgare Dara, qui a réussi à séduire le public bien au-delà de la Bulgarie lors du concours de l’Eurovision du 17 mai 2026. Cette victoire, et l’organisation l’an prochain de l’Eurovision en Bulgarie, vont certainement contribuer à pallier le déficit d’image, que vous évoquiez dans votre question, et à renforcer l’attractivité de la Bulgarie.

P. V. : La Bulgarie est entrée dans l’UE en 2007, en même temps que la Roumanie, avec un décalage de trois ans avec le « grand élargissement de 2004 » à huit anciens pays communistes et deux îles méditerranéennes. Quelles étaient les raisons de cette entrée retardée, et les exigences pour l’adhésion ont-elles été globalement satisfaites ? Ou reste-t-il du chemin ? La Bulgarie reste régulièrement montrée du doigt comme le mauvais élève européen en matière de lutte contre la corruption. Que répondre à ceux qui estiment que son adhésion à l’UE était prématurée ? Quel est le bilan que l’on peut tirer de l’adhésion du pays à l’UE depuis bientôt 20 ans, notamment au regard des évolutions récentes telles que son entrée dans la zone € au 1er janvier 2026 ?

Marie Dumoulin
Marie Dumoulin est depuis septembre 2025 ambassadrice de France en Bulgarie.

M. D.  : La Bulgarie, comme la Roumanie, ont commencé leur trajectoire d’intégration européenne à peu près au même moment que les autres pays d’Europe centrale et orientale. Elles avaient toutefois des défis spécifiques à relever étant donné la structure de leurs économies et la manière dont se sont déroulées les transitions après 1989. Il est donc légitime que l’adhésion de ces deux pays ait eu lieu quelques années après celle des autres pays candidats. Il est vrai que la Bulgarie, comme du reste la Roumanie, a fait l’objet d’une procédure spécifique de suivi de la mise en œuvre de ses engagements en matière d’Etat de droit, qui s’est poursuivie jusqu’en 2023. La lutte contre la corruption demeure aujourd’hui un point d’attention pour la population bulgare, qui s’est massivement mobilisée en décembre 2025 pour protester contre les failles de la gouvernance publique. Elle a ainsi fait la démonstration qu’elle s’est pleinement emparée des valeurs de l’Union européenne et qu’elle souhaite vivre dans un Etat qui applique des standards élevés en matière de gouvernance. Le sentiment pro-européen est majoritaire en Bulgarie, avec, selon le dernier Eurobaromètre 65% des sondés qui ont une opinion positive de l’UE et 55% soutiennent l’introduction récente de l’Euro. Même s’il reste en deçà de la moyenne européenne, le niveau de vie de la population bulgare a connu un fort effet de rattrapage après l’adhésion : le PIB par habitant est passé d’un tiers de la moyenne européenne en 2007 à 68% aujourd’hui. De fortes inégalités subsistent entre les différentes régions de Bulgarie, qui se traduisent par une croissance plus rapide dans les villes – Sofia, bien sûr, dont le PIB par habitant dépasse aujourd’hui la moyenne européenne, mais aussi, de plus en plus des villes moyennes où se développe un tissu industriel dynamique, tiré notamment par les investissements étrangers. L’adhésion de la Bulgarie à la zone euro depuis le 1er janvier 2026 devrait renforcer la confiance de ces investisseurs et réduire le risque de change et les coûts de transaction, donc renforcer encore l’intégration de la Bulgarie dans les chaînes de valeurs européennes.

P. V. : La Bulgarie est membre de l’OTAN depuis 2004. Dans le contexte stratégique actuel, l’OTAN les rassure-t-elle ? Comment évolue la relation privilégiée mais concurrente avec la Russie ? Dans les sphères dirigeantes comme sur le terrain, quelles sont les possibles ambiguïtés ? Percevez-vous au sein de la population bulgare le sentiment d’être menacée et, si oui, par quoi / qui ?

M. D.  : La Bulgarie a une histoire très différente d’autres pays d’Europe centrale et orientale et une relation à la Russie qui lui est spécifique. Seul pays à la fois slave et orthodoxe de l’UE, la Bulgarie a obtenu son indépendance de l’Empire ottoman au terme d’une guerre qui avait opposé celui-ci à la Russie à la fin du 19ème siècle. La Russie a donc, historiquement, l’image d’une puissance libératrice pour une grande partie de la population bulgare et la proximité linguistique et culturelle a longtemps été le fondement d’une relation forte entre les deux pays. La Russie a aussi, pendant longtemps, pu miser sur ses relations économiques avec la Bulgarie, notamment l’importance du tourisme russe pour ce secteur de l’économie bulgare, mais aussi les nombreuses dépendances héritées de la période socialiste, en particulier dans le domaine énergétique. L’invasion russe à grande échelle en Ukraine en février 2022 a conduit la Bulgarie à réduire drastiquement ces dépendances et a suscité de profonds questionnements dans la société bulgare. Le choix stratégique d’une orientation euro-atlantique n’a jamais été remis en cause et la Bulgarie joue pleinement son rôle au sein de l’UE et de l’OTAN, y compris en apportant un soutien significatif à l’Ukraine. La Bulgarie est affectée par les conséquences de la guerre en Ukraine et en particulier par les tensions en mer Noire. Elle a aussi été, dans les dernières années, en premier ligne de l’accueil des réfugiés venus du Proche et du Moyen Orient, notamment lors de la crise des réfugiés de 2015 et joue aujourd’hui un rôle central dans la protection des frontières extérieures de l’Union. Sans se sentir directement menacée, il me semble que la population bulgare est inquiète de la prolifération des crises dans le voisinage européen car elle a le sentiment d’être la première ligne de défense de l’UE et de l’OTAN. Il y a par conséquent, dans le pays, un profond désir de stabilité.

P. V. : Depuis la relance de la guerre russe en Ukraine (24 février 2022) et la montée en agressivité de la Russie à l’égard des pays de l’Union européenne, la mer Noire s’est imposée comme un espace clé de la sécurité européenne. A ce jour, quel rôle la Bulgarie y joue-t-elle ? Comment la France met-elle en œuvre sa stratégie pour la Mer Noire ? Existe-t-il des coopérations ou synergies ?

M. D.  : En tant qu’Etat riverain de la mer Noire, la Bulgarie a beaucoup œuvré pour que l’UE se dote d’une approche stratégique de cet espace. Avec la Roumanie, elle plaide aujourd’hui pour un renforcement de la capacité de l’Union européenne à anticiper et faire face aux crises sécuritaires en mer Noire. Elle joue aussi un rôle actif en matière de déminage, dans le cadre d’une initiative lancée conjointement avec la Roumanie et la Turquie. La France soutient cette initiative et s’efforce d’y contribuer par son expertise, car la question des mines déployées en mer Noire depuis 2022 constitue un vrai défi pour la sécurité de la navigation et des Etats riverains. Nous avons aussi soutenu les efforts de la Bulgarie et de la Roumanie auprès de l’UE et entretenons un dialogue régulier avec ces pays dans le cadre de notre stratégie pour la mer Noire. Cet espace recouvre pour l’Europe des enjeux de sécurité, de connectivité ou encore de préservation de l’environnement et de la biodiversité qui ne peuvent être traités par les seuls Etats riverains, a fortiori dans le contexte de la guerre de la Russie contre l’Ukraine. Le dialogue que nous entretenons avec la Bulgarie permet d’aborder tous ces sujets, et d’envisager des coopérations pour y faire face, dans un cadre bilatéral ou au sein de l’UE et de l’OTAN.

P. V. La Bulgarie a connu un nombre record d’élections législatives en 5 ans. Faut-il y voir un révélateur d’une instabilité politique devenue chronique ? Quelles en sont les conséquences sur la capacité de la Bulgarie à porter une ligne stratégique cohérente, notamment sur les dossiers européens et de sécurité ?

M. D. : La Bulgarie a effectivement connu une forte instabilité avec huit élections législatives anticipées et seulement trois gouvernements réguliers d’une durée moyenne de 9 mois en l’espace de cinq ans. Les élections législatives du 19 avril 2026 ont conféré au parti « Bulgarie progressiste », nouvellement créé par l’ex-président Roumen Radev, une majorité absolue à l’assemblée, ce qui devrait permettre au pays de sortir de cette phase d’instabilité. Celle-ci a sans doute de nombreuses explications mais tient notamment, je crois, à la très grande fragmentation qu’avait connu le paysage politique au cours des dernières années, qui imposait de former des coalitions parfois très hétéroclites pour constituer des majorités, structurellement instables. Je crois aussi que le contexte de la guerre russe contre l’Ukraine a pu jouer un rôle dans cette fragmentation, car il a fait des questionnements géopolitiques un élément du débat de politique intérieur d’une manière beaucoup plus aiguë qu’auparavant, et a sans doute contribué à polariser ces débats. Cela étant, l’instabilité politique des dernières années a eu des conséquences sur la capacité des gouvernements successifs à conduire des réformes et mener à bien certains projets, mais elle n’a jamais remis en cause l’orientation du pays : le choix de la Bulgarie en faveur de l’UE et de l’OTAN ne s’est jamais démenti et la Bulgarie s’est toujours efforcée d’être un partenaire fiable et constructif dans ces deux enceintes. J’espère que la période à venir, qui devrait être marquée par une plus grande stabilité, permettra de travailler dans la durée avec le gouvernement bulgare à des projets structurants pour l’Union européenne, notamment pour renforcer son autonomie stratégique, qui constitue un objectif partagé entre la France et la Bulgarie.

P. V. : Comment la position bulgare évolue-t-elle quant aux conditions posées à l’ouverture de la procédure d’adhésion de la Macédoine du Nord à l’Union européenne ? Quels sont les ressorts de l’attitude de fermeté bulgare à cet égard ?

M. D.  : La Bulgarie est très reconnaissante à la France pour le rôle joué par notre pays, durant sa présidence de l’UE en 2022, afin d’aider à négocier un compromis avec la Macédoine du Nord en vue de permettre l’ouverture de négociations d’adhésion de ce pays à l’Union européenne. Elle estime aujourd’hui qu’il appartient à l’Union européenne d’obtenir de Skopje la mise en œuvre des différents points de ce compromis et se montre très stricte dans son souhait qu’il soit pleinement respecté. Cette attitude s’explique au moins en partie par la nature des enjeux, du point de vue de Sofia : la Bulgarie estime qu’existe en Macédoine du Nord une minorité bulgare dont les droits ne sont pas respectés, faute de reconnaissance officielle. Elle souhaite par conséquent que la Macédoine du Nord accorde cette reconnaissance, en l’inscrivant dans sa constitution, et élabore un plan de protection des droits des minorités, comme préalables à l’ouverture des négociations d’adhésion de la Macédoine du Nord à l’Union européenne. Il s’agit d’une question particulièrement sensible dans les deux pays, qui s’inscrit en outre dans un contexte lourd de malentendus et de regards divergents au sujet de l’interprétation de l’histoire de la péninsule balkanique. La « question macédonienne », qui a marqué l’histoire de la région depuis plus de 150 ans, ne saurait se régler d’un simple trait de plume. Mais il faut espérer qu’elle puisse être surmontée pour inscrire enfin la Macédoine du Nord dans la trajectoire européenne à laquelle elle aspire et permettre ainsi l’intégration des Balkans dans un ensemble européen apaisé.

P. V. : Enfin, vue depuis l’Ambassade de France en Bulgarie, comment se porte la relation bilatérale ? Dans les prochains mois, quels sont les sujets à suivre ?

M. D.  : La relation entre la France et la Bulgarie est, à l’image de ce pays, très diversifiée, dynamique et forte d’un très grand potentiel. Nos deux pays ont une histoire commune, qui s’incarne dans des figures qui ont marqué la relation culturelle franco-bulgare : Lamartine, qui séjourna à Plovdiv au retour de son voyage en Orient ; Romain Gary, dont le passage en tant que diplomate à l’Ambassade de France en Bulgarie de 1946 à 1948 a contribué à forger la pensée humaniste et antitotalitaire ; l’artiste de renommée mondiale Christo, ou encore Julia Kristeva et Tsvetan Todorov, qui ont marqué la scène intellectuelle française des dernières décennies. Cette relation s’incarne aussi dans la figure, très populaire en Bulgarie, de Sylvie Vartan qui a eu un véritable engagement pour son pays d’origine après le retour de la démocratie en 1990. Cet engagement est, du reste, concomitant de celui de la France en faveur d’une Bulgarie européenne et démocratique, qui trouve ses racines dans un événement qui a marqué la mémoire bulgare : la rencontre en janvier 1989, quelques mois avant l’effondrement du régime socialiste de Todor Jivkov, entre François Mitterrand et un groupe d’intellectuels et de dissidents bulgares, parmi lesquels le philosophe Jeliou Jelev, qui deviendra quelques mois plus tard le premier président élu démocratiquement de la République de Bulgarie.

Aujourd’hui, nos deux pays partagent des priorités importantes, notamment concernant l’Union européenne, qu’ils souhaitent plus forte, plus souveraine et plus compétitive. Nous avons par conséquent des convergences significatives dans les grands débats européens, qui se traduisent aussi par des projets de coopération ambitieux, en matière de défense, d’énergie, de connectivité ou encore d’innovation. Grâce au programme Security for action for Europe (SAFE) mis en place par l’Union européenne, la Bulgarie souhaite travailler avec la France à des projets très concrets. Ces projets permettront non seulement de renforcer et moderniser ses capacités de défense, mais aussi de contribuer à construire des partenariats industriels entre deux pays qui disposent traditionnellement d’une solide base industrielle de défense, donc de consolider, à terme, la base industrielle et technologique de défense européenne. Dans le domaine de l’énergie, la France et la Bulgarie partagent une même vision du nucléaire comme une source d’énergie fiable et décarbonée, permettant de sortir de la dépendance aux énergies fossiles, source de vulnérabilité aux chocs géopolitiques, et de diversifier nos approvisionnements pour gagner en souveraineté. Nous espérons pouvoir poursuivre et renforcer la coopération bilatérale sur ces sujets, mais aussi sur les énergies renouvelables : la Bulgarie se positionne comme un acteur important de l’électricité solaire et du stockage par batteries dans le Sud-est de l’Europe et envisage d’investir dans ses capacités de génération et de stockage hydroélectriques. D’importants investissements sont également prévus dans le domaine des infrastructures de transport et la connectivité, pour lesquels la France peut apporter l’expertise de ses opérateurs. Il y a là de nombreux champs de coopération particulièrement intéressants à explorer. Comme je l’ai déjà souligné, la Bulgarie dispose aussi d’un potentiel d’innovation insoupçonné, avec de nombreuses entreprises du secteur de la tech qui s’appuient sur de jeunes générations d’ingénieurs très bien formés pour développer des projets de haute technologie, de l’intelligence artificielle aux microsatellites en passant par des drones ou encore des technologies vertes. La France a tout à gagner à travailler avec la Bulgarie sur ces sujets et est déjà présente à travers une communauté French Tech très dynamique. Je crois que la France et la Bulgarie peuvent réellement œuvrer ensemble à consolider le potentiel d’innovation et de croissance en Europe, à renforcer la sécurité et la souveraineté de l’Union européenne dans toutes ses dimensions et à promouvoir une identité européenne riche de ses valeurs partagées et de sa diversité culturelle et linguistique.

Copyright Mai 2026-Dumoulin-Verluise / Diploweb.com

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Marie Dumoulin est depuis septembre 2025 ambassadrice de France en Bulgarie. Elle a précédemment occupé différents postes au sein du ministère des Affaires étrangères en France (direction de l’Europe continentale, Centre d’analyse, de prévision et de stratégie) et à l’étranger (Turkménistan, Algérie, Allemagne). Elle a dirigé pendant près de quatre ans le programme « Europe élargie » du Conseil européen ECFR (European Council on Foreign Relations).
Propos recueillis par Pierre Verluise, docteur en géopolitique, fondateur du Diploweb.com


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Auteur / Author : Marie DUMOULIN, Pierre VERLUISE

Date de publication / Date of publication : 30 mai 2026

Titre de l'article / Article title : La Bulgarie d’hier à l’organisation de l’Eurovision. Entretien avec M. Dumoulin

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La Bulgarie a été mise en avant par sa victoire à l’Eurovision 2026 et la visite de son Premier ministre Roumen Radev à l’Elysée le 27 mai 2026. Forte d’une histoire prestigieuse, membre de l’OTAN depuis 2004, membre de l’UE depuis 2007... la Bulgarie gagne a être mieux connue. C’est dans ce contexte que Madame l’ambassadrice de France en Bulgarie, Marie Dumoulin, apporte un éclairage documenté bienvenu, y compris sur la relation bilatérale. Propos recueillis par Pierre Verluise pour Diploweb.com.

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