Moyen-Orient. L’Iran au cœur des tensions régionales

Par Pierre PAHLAVI, le 29 avril 2018  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Professeur titulaire au Collège des forces canadiennes de Toronto (Ontario), Pierre Pahlavi est actuellement directeur du département de la sécurité et des affaires internationales et directeur adjoint du département des études de la défense. Egalement membre de l’Observatoire sur le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord de la Chaire Raoul-Dandurand, UQAM (Québec).

Le Moyen-Orient est une vraie poudrière et la situation plus délétère que jamais. Comment en est-on arrivé là et la guerre est-elle inévitable ?

La montée en puissance de l’Iran

PARMI les nombreuses raisons qui sous-tendent l’aggravation des tensions régionales, l’une des principales est la montée en puissance de la République islamique iranienne et son retour au centre de la scène régionale. Totalement isolé sur le plan diplomatique et marginalisé par ses capacités conventionnelles au sortir du conflit avec l’Irak (1980-1988), l’Iran du début des années 1990 adopte une stratégie multifacette et hybride qui lui a permis de progressivement s’enraciner au Liban, de satelliser la Syrie et de créer par ce biais une frontière virtuelle avec Israël. Durant cette période, son influence reste cependant cloisonnée par l’Irak de Saddam Hussein, le Conseil de coopération du Golfe (GCC) et le régime des Taliban [1]. Autant de cadenas que les Occidentaux font sauter dans les années 2000 en délogeant tour à tour Saddam et les Taliban et en permettant à l’Iran de développer son influence en Irak et en Afghanistan.

En 2011, le Printemps arabe offre de nouvelles opportunités d’expansion de la sphère d’influence iranienne en entraînant la chute des régimes arabes laïques et anti-iraniens et en favorisant l’éclosion de régimes mieux disposés à l’égard de Téhéran (c’est notamment le cas de l’Égypte de Mohamed Morsi). Le repli des Saoudiens, la bunkerisation des Israéliens et l’annonce, par le président B. Obama, de la volonté américaine de se désengager de la région pour se reconcentrer sur le fameux « pivot asiatique » offrent une marge de manœuvre accrue aux stratèges iraniens et un bac à sable considérablement élargi pour les Pasdarans désormais plus actif que jamais au Levant et en Mésopotamie mais également dans la péninsule arabique, en Afrique du Nord, à la pointe de l’Afrique et au Sahel.

L’accord nucléaire de 2015 vient couronner le tout en ouvrant la possibilité d’une réintégration de l’Iran au sein de l’échiquier régional et d’un rapprochement avec l’Occident. À partir de là, les observateurs n’hésitent plus à qualifier l’Iran de superpuissance régionale et à évoquer une « Pax iranica » pour décrire la nouvelle configuration de pouvoir au Moyen-Orient. Mais, en même temps que l’influence iranienne atteignait son paroxysme, une ligne rouge venait d’être franchie aux yeux des rivaux régionaux de l’Iran : Israël et les pétromonarchies arabes du GCC. Selon une logique de jeu à somme nulle, ces puissances estiment que tout gain de la partie iranienne s’accompagne nécessairement d’une perte sèche pour leurs propres intérêts. Très vite il devient urgent pour elles de contrecarrer le rapprochement irano-occidental et l’expansion de l’influence régionale de Téhéran.

Le point tournant : l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis

L’élection de Donald Trump (novembre 2016) rebat les cartes et amorce un revirement spectaculaire de la situation au détriment de la réintégration de l’Iran dans le concert des nations. Dès son investiture en janvier 2017, le nouveau locataire de la Maison-Blanche opère un virage à 180° en rompant le dialogue avec l’Iran et en amorçant un rapprochement avec Israël et l’Arabie Saoudite. Particulièrement hostile à l’égard de l’accord de 2015, Trump le « dé-certifie » en attendant, pensent les experts, de l’abroger, très prochainement, au cours de l’année 2018. Le ton de Washington à l’égard de Téhéran se durcit d’autant plus que l’on passe d’une administration « populiste » (début 2017), à une administration « conservatrice » (fin 2017), pour finir en avril 2017 avec une équipe de plus en plus néo-conservatrice composée d’individus comme M. Pompeo et J. Bolton qui ne cachent pas leur détestation du régime iranien, voire leur volonté de s’en débarrasser. À nouveau perçu comme un État voyou et – pire – comme une extension de l’impérialisme russe, l’Iran doit être neutralisé et cantonné à sa sphère d’influence pré-2011.

Sur le terrain, l’adoption de ce que l’on pourrait appeler la « doctrine Trump » s’accompagne d’un réalignement et d’une polarisation marquée de la configuration géopolitique. D’un côté, l’Iran et l’allié russe qui s’efforcent de consolider les positions acquises en Syrie et, dans une moindre mesure, en Irak à l’aide d’une stratégie hybride appuyée sur des proxies (Hezbollah et autres milices chiites ou pro-iraniennes). De l’autre, les puissances du GCC et Israël qui, forts du soutien désormais indéfectible de Washington, oscillent entre une politique d’endiguement de l’Iran et une stratégie de « rollback » plus appuyée. C’est dans ce contexte qu’il faut analyser l’escalade croissant de la tension régionale depuis le mois de juin 2017.


L’Arabie Saoudite change de ton… et bombarde au Yémen la minorité chiite des Houtis alliés de Téhéran

Relativement contenue jusqu’à l’élection de Trump, l’intransigeance saoudienne à l’égard de l’Iran s’exprime désormais au grand jour. D’abord, sous la forme d’une guerre des mots, le prince héritier Mohammed ben Salmane, étant allé récemment jusqu’à comparer le Guide suprême à Hitler et le régime islamique à l’Allemagne expansionniste des années 1930. Au-delà de la joute verbale, l’escalade des tensions entre Téhéran et Riyad est bien réelle depuis l’adoption de la « doctrine Trump » et la rupture avec le Qatar (2017). Jusqu’ici limitée au Yémen et à la Syrie, la rivalité entre la République islamique d’Iran et le Royaume wahhabite est manifeste aux quatre coins de l’échiquier régional.

Au cours des derniers mois, avec les tirs de missiles du Yémen vers l’Arabie saoudite attribués à la minorité chiite des Houtis alliés de Téhéran, la tension est montée d’un cran. Riyad est même allé jusqu’à parler de « déclaration de guerre iranienne contre l’Arabie saoudite ». Début avril 2018, une nouvelle étape a été franchie avec les attaques chimiques dans la Ghouta orientale imputées à l’axe Téhéran-Damas-Moscou. Riyad a même envisagé de participer aux frappes occidentales même si, au final, Washington, Londres et Paris ont jugé préférable de ne pas associer les Saoudiens aux raids du 14 avril 2018.

Israël semblent avoir fait le choix d’un « rollback » musclé

La détérioration des relations entre l’Iran et Israël est encore plus préoccupante : à plusieurs égards, les deux pays semblent sur une trajectoire de collision frontale. Aux griefs habituels (programme nucléaire et développement des missiles balistiques) s’ajoutent désormais la crainte israélienne suscitée par la présence des forces iraniennes et pro-iraniennes dans la Goutha et sur le plateau du Golan c’est-à-dire aux frontières de l’État hébreu. Le Corps des gardiens de la révolution, la force Qods et le Hezbollah libanais ont en effet stationné des commandements et déployés des unités combattantes le long des hauteurs orientales du Golan.

Pour Israël, il n’y a "qu’une seule raison" pour l’Iran de se positionner en Syrie, et c’est "de construire une rampe de lancement pour une attaque contre Israël". Par ailleurs, les experts mettent en garde contre le "potentiel réel" d’une confrontation directe entre Israël et le Hezbollah qui pourrait entraîner l’Iran et entraîner la région dans un conflit ouvert. Traditionnellement limitée à une « Guerre froide » et clandestine par procuration, les relations israélo-iraniennes prennent de plus en plus la forme de frictions directes.

En fait, même s’ils ont le soutien de Washington, les Israéliens n’ont pas attendu de feu vert pour prendre l’initiative - à raison d’une par mois depuis le début de l’année 2018. En février 2018, un drone iranien ait été abattu dans l’espace aérien israélien et un avion de combat israélien a été touché par un tir antiaérien de la Syrie lorsqu’il attaquait une base iranienne. Israël a riposté en frappant une douzaine d’autres cibles en Syrie, dont quatre autres installations militaires iraniennes. En mars 2018, Israël a reconnu ouvertement qu’il avait bombardé un réacteur nucléaire présumé en Syrie en 2007 : un message à peine voilé à destination de Téhéran. En avril 2018, l’aviation israélienne a été accusée par Téhéran et Moscou d’avoir bombardé la base T4 - une base soupçonnée de servir à la force Qods pour coordonner l’action des milices pro-iraniennes dans la région de la Ghouta proche d’Israël (faisant des victimes iraniennes incluant un colonel des Pasdaran). Tous ces éléments laissent penser que, considérant la stratégie d’endiguement de l’Iran inefficace, les Israéliens semblent avoir fait le choix d’un « rollback » plus musclé.

L’Iran et ses alliés

Les rivaux de l’Iran ne sont pas les seuls à agiter le chiffon rouge : les alliés de l’Iran, la Russie ou le Hezbollah gardent toutes les options sur la table, même s’ils n’ont pas vraiment intérêt à un embrasement généralisé. "Si les vies des officiers russes sont menacées, les forces armées de la Fédération de Russie exerceront des représailles ", a déclaré le général Valery Gerasimov, chef d’état-major des forces armées russes. Beaucoup d’analystes s’accordent à penser que si la Russie devait choisir entre Jérusalem et Téhéran, elle opterait pour la seconde. Moscou n’irait certes pas jusqu’à frapper des cibles israéliennes mais le déploiement des systèmes de défense antiaérien S300 et de bombardiers stratégiques russes sur le sol iranien suggère que l’usage de la force n’est pas exclu le cas échéant.

Quant à la République iranienne, elle adopte une rhétorique de plus en plus guerrière vis-à-vis de l’administration Trump et de ses alliés régionaux. Au lendemain des attaques du 10 avril 2018 contre le camp T4, un représentant du Guide suprême a menacé de détruire Israël et de réduire les villes d’Haïfa et de Tel-Aviv en poussière. Plus récemment, le Guide suprême a lui-même qualifié les frappes occidentales du 14 avril 2018 de « crime grave » passible des pires châtiments. Pour sa part, le président Rohani a surenchéri en estimant que ces frappes allaient nécessairement entraîner une déstabilisation encore plus grande du complexe de sécurité régionale.

Mais ce sont les menaces du Hezbollah libanais et de son leader qui se sont avéré les plus virulentes. Pour Hassan Nasrallah les Israéliens "doivent savoir qu’ils ont commis une erreur historique, ils se sont mis eux-mêmes en combat direct avec l’Iran" en frappant la base aérienne T4, dans le centre de la Syrie. Sur les ondes d’ « Al-Manar TV », Nasrallah a qualifié les frappes occidentales d’agression contre toute la Umma et a menacé Israël de Guerre sainte. Pour de nombreux experts, c’est l’escalade des tensions entre les miliciens du Hezbollah et les forces israéliennes qui pourraient constituer « l’étincelle » susceptible d’embraser toute la région.

Une guerre possible mais pas inéluctable

Pour autant, la crise actuelle va-t-elle nécessairement déboucher sur un conflit ouvert entre les deux camps ? De prime abord, certains éléments n’incitent pas à l’optimisme. Comme les Balkans du début de XXe siècle, le Moyen-Orient est une véritable poudrière et, comme en 1914, le jeu des alliances pourrait déboucher vers un conflit régional voire mondial. Si un missile ou un obus de mortier du Hezbollah venait à frapper un jardin d’enfants ou un bus scolaire, cela se traduirait par d’importantes représailles israéliennes et, de là, on pourrait avoir une escalade vers une conflagration à grande échelle. De plus, le propre de ce type de rivalité « en zone grise » est le manque de clarté et de communication - ce qui laisse la place à des dérapages incontrôlés. Même avant ces incidents, l’International Crisis Group avait prévenu qu’une « guerre plus large ne pouvait être qu’une erreur de calcul ».

Cependant, plusieurs facteurs suggèrent au contraire qu’une conflagration régionale n’est pas inéluctable. D’abord, tous les protagonistes sont parfaitement conscients des dangers d’une spirale conflictuelle et des conséquences catastrophiques que pourrait avoir un affrontement direct. C’est pourquoi, ils se sont jusqu’à maintenant gardés de s’affronter directement en s’appuyant pour cela sur des proxies. Quand les forces spéciales américaines tuent des mercenaires russes, ce ne sont pas officiellement les États-Unis et la Russie qui s’affrontent. La manière dont ont été conduites les frappes du 14 avril 2018 et les précautions prises pour éviter les cibles russes et iraniennes sont symptomatiques de cette prudence occidentale. Malgré la rhétorique va-t-en-guerre de Trump, les Américains et leurs alliés européens sont réticents à s’embarquer dans un conflit qui pourrait déboucher sur la troisième guerre mondiale. Les spécialistes notent d’ailleurs une certaine confusion au sein des chancelleries occidentales et même une division à la Maison-Blanche entre les partisans de la manière forte et les réalistes.

Ensuite, il est permis de penser que ni Israël ni l’Iran ne veulent déclencher un conflit qui s’envenimerait et les engouffrerait dans un chaos régional. De fait, note Pierre Razoux, « Téhéran semble être entré dans une logique de consolidation de ses gains au Levant (Irak-Syrie-Liban) et non plus d’affrontement. C’est l’une des raisons qui incitent l’Iran à accepter une stratégie de dissuasion mutuelle avec Israël, chacun ayant intérêt à la stabilité régionale pour pousser au mieux et au plus vite ses intérêts énergétiques au Levant ».

Enfin, il faut garder à l’esprit que le rapport de force militaire entre l’Iran et ses rivaux régionaux est fondamentalement dissymétrique. Plus précisément, ce rapport de force est particulièrement désavantageux pour l’Iran sur le plan des capacités militaires conventionnelles. L’Iran possède plusieurs centaines de milliers d’hommes, mais n’a pas le matériel militaire de haute technologie pour accompagner leur déploiement. À l’inverse des Iraniens, les Saoudiens et les Israéliens ont accès à une technologie militaire dernier cri, mais, pour diverses raisons, n’ont pas les moyens et la légitimité requise pour déployer une force expéditionnaire à l’échelle régionale. Conscient de cette situation et les avantages qui peuvent en être tirés, l’Iran va donc tout faire pour essayer d’esquiver la confrontation directe avec ses rivaux en continuant à miser sur son approche hybride et asymétrique.

De sorte qu’une guerre ouverte, de type conventionnel, entre la République islamique et ses adversaires régionaux, bien que possible, demeure fort heureusement peu probable.

Copyright Avril 2018-Pahlavi/Diploweb.com


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[1NDLR : Taliban est le pluriel de « taleb » (instruit, dans le sens coranique) et ne prend donc jamais de « s ».

[2NDLR : Le 14 juillet 2015, l’Iran et les pays du « P 5+1 » (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) sont finalement parvenus à un compromis sur le nucléaire iranien, à l’occasion de négociations en Autriche, à Vienne.

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