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12/2012 Actualité internationale

Par Axelle DEGANS, le 31 décembre 2012  Imprimer l'article  Information sur l'article

Agrégée d’histoire, co-auteure de Les grandes questions internationales, éd. Studyrama 2013 et auteure du livre Les pays émergents : de nouveaux acteurs, Ed. Ellipses, collection CQFD, 2011. Professeure d’histoire, de géographie et de géopolitique en classes préparatoires économiques et commerciales au Lycée Dessaignes (Blois).

Une synthèse de l’actualité internationale de décembre 2012 qui sera fort utile à tous ceux qui veulent disposer d’un point de l’actualité géopolitique ou préparent un concours. Bonne lecture et tous nos voeux pour 2013 !

Venezuela : Hugo Chavez a des soucis de santé

ALORS que son parti, le Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV) remporte les élections régionales avec 20 Etats sur 23, Hugo Chavez s’est rendu à Cuba pour une nouvelle opération de son cancer. Quelques semaines après avoir été réélu, il désigne, pour la première fois, son successeur, Nicolas Maduro. Le Venezuela se prépare donc doucement à l’après-Chavez, mais est-il mûr pour autant pour l’après-chavisme ?

En France, un terrain social miné

Le Conseil d’orientation des retraites (COR) prévient que la réforme de 2010 est déjà insuffisante à l’horizon 2018, c’est-à-dire demain. En 2020, tout régime confondu, le déficit du régime des retraites devrait représenter 1% du PIB (plus de 22 milliards d’euros), la situation devant empirer encore en 2030 avec un déficit prévu de plus de 26 milliards, la situation d’équilibre n’étant attendu qu’en 2060 avec la disparition des derniers papy-boomers. (Cf. Carte L’UE en 2060, perspectives démographiques ?) Quels sont les pistes de réflexion ? Un relèvement de l’âge de la retraite à 63 ans (mais le gouvernement de Jean-Marc Ayrault vient de le rétablir à 60 ans pour ceux qui ont une carrière longue…), ou un allongement de la durée de cotisation à 42 ans voire plus, ou encore une augmentation des cotisations prélevées sur les actifs et même une baisse des pensions… Aucune mesure populaire, aucune mesure que la gauche n’a soutenue jusqu’à aujourd’hui. Il faut se souvenir qu’en 1991 Michel Rocard se base sur un Livre Blanc des retraites pour annoncer une nécessaire et douloureuse réforme du système de retraite pour le pérenniser… le président François Mitterrand préfère alors se séparer de son premier ministre enterrant ainsi toute velléité de réforme jusqu’à Edouard Balladur en 1993. Le gouvernement Ayrault va-t-il évoluer sur ce thème brûlant ? Il doit par ailleurs trouver 10 milliards d’économies pour l’année 2013 (et même 10 autres milliards si on se souvient du pacte de compétitivité (cf. Actualité Internationale de novembre 2012) : où tailler ? La politique familiale (elle représente 9 milliards d’euros) est évoquée, pourtant elle permet à la France d’être une « exception démographique » en Europe en renouvelant ses générations, ce qui est très précieux pour l’avenir (il suffit de penser au drame démographique de l’Allemagne), c’est donc une politique qui fonctionne bien, faut-il l’amoindrir au risque de la sacrifier (ampleur des répercutions psychologiques sur les couples) ? La politique du logement est aussi évoquée, avec la perspective de mettre en péril le secteur du bâtiment, même si les aides ont gonflé artificiellement le montant des loyers et la valeur de l’immobilier. Faut-il alors économiser sur les collectivités territoriales, parfois impécunieuses, mais massivement à gauche ? Un dilemme donc pour le gouvernement dont l’exercice du pouvoir s’avère périlleux.

Selon le think tank britannique Centre for economics and business research, le PIB du Royaume Uni pourrait dépasser le PIB français (5ème en 2012) en 2013 ou en 2014 du fait des « difficultés de l’euro » et des conséquences économiques du projet de taxe à 75% sur les hauts revenus. En 2022 les 4 premières puissances économiques, pour le PIB, seraient les Etats-Unis, suivis de la Chine, du Japon et de l’Inde. Le Royaume-Uni se classerait à la huitième position, juste devant la France.

Un Proche-Orient toujours sous tension

Après que l’ONU ait reconnu les territoires palestiniens comme Etat observateur, Jérusalem annonce la poursuite de la colonisation avec la construction de 1 500 logements à Jérusalem-Est, projet gelé depuis 2010 suite à la crise grave qu’il a provoqué avec Washington. L’Union européenne se dit consternée par ce nouveau projet de colonisation. On peut s’interroger sur le pouvoir de négociation du quartette (Etats-Unis, Russie, UE, Nations Unies) et même sa légitimité, certains hauts responsables palestiniens n’hésitent pas à le qualifier d’ « inutile ». Israël connait une nouvelle phase d’instabilité politique après l’annonce de la retraite politique d’Ehud Barak et le retrait du gouvernement d’Avigdor Lieberman

Le « printemps arabe » à l’épreuve de la réalité

Deux ans après le déclenchement du « printemps arabe » en Tunisie avec l’immolation de Mohammed Bouazizi à Sidi Bouzid, les lendemains déchantent. La Tunisie peine a garder une situation stable malgré une élection démocratique qui porte au pouvoir une coalition entre modérés comme Moncef Marzouki et les membres du parti Ennahda. En Egypte, le nouveau président élu en juin 2012, Mohammed Morsi, issu des rangs des Frères musulmans, affronte une fronde populaire sur la place Tahrir qui rappelle celle qui l’a porté au pouvoir. La cour constitutionnelle, fait rarissime, fait grève pour dénoncer les pressions qu’elle subit. Le 22 décembre 2012, le referendum sur la Constitution la valide mais avec une très faible participation (32%). La Syrie est toujours en proie à une sanglante guerre civile qui aurait déjà fait plus de 30 000 morts, voire plus de 40 000 selon les sources. Partout la situation économique est inquiétante. Les revenus du tourisme se sont effondrés (Tunisie, Égypte) et les gouvernements ont impérativement besoin d’une amélioration pour consolider leur pouvoir. Tunis attend avec grande insistance un rapprochement économique avec l’UE, l’Egypte un nouveau prêt du FMI, l’Algérie accueille François Hollande, président de la République française.
L’OTAN approuve le déploiement du Patriot, système de défense antiaérien, en Turquie pour protéger ce pays d’éventuels tirs de missiles ou d’armes chimiques depuis la Syrie.

L’Asie au centre des préoccupations

Les litiges frontaliers avec la Chine se multiplient tout au long de cette année. Son intransigeance reste intacte à propos des îles Senkaku qu’elles revendiquent vis-à-vis de Tokyo. Ses avions viennent de les survoler ce qui ne manque pas de déclencher l’ire de Tokyo. Pékin a aussi un différent avec les Philippines, ses revendications sont aussi centrées sur la mer de Chine méridionale où la société PetroVietnam accuse la Chine de couper les câbles d’exploration de ses navires. Enfin les nouveaux passeports chinois comprennent une carte intégrant au territoire national des îlots de mer de Chine méridionale que Pékin conteste à ses voisins. Cette attitude inquiète ces derniers, le nouveau premier ministre japonais promet la fermeté sur le dossier des Senkaku, et les Etats-Unis apparaissent plus que jamais comme une puissance « utile » en Asie pacifique face à l’émergence de la Chine qui, même si elle s’affirme « pacifique », le parait de moins en moins.

Le Japon change de premier ministre, Shinzo Abe doit affronter une situation économique dégradée et un contexte asiatique très tendu. La troisième puissance économique mondiale connait à son tour, après les Etats-Unis et la Chine, un renouvellement de son exécutif. La Corée du Sud élit un nouveau président, Park Geun-hye, la première femme à la tête de l’exécutif coréen.

La Corée du Nord continue son chantage militaire en lançant un nouveau missile balistique à longue portée, immédiatement condamné de façon internationale. Pyongyang réaffirme ainsi son pouvoir de nuisance.

Le Japon montre de nombreux signes de faiblesse qui ne sont pas seulement d’ordre démographique. Les géants de l’électronique connaissent tous des difficultés qu’ils espèrent conjoncturelles. Panasonic est à la peine sur le marché du smartphone sur lequel la guerre des prix est féroce. L’action de Sony décroche en bourse après avoir été rétrogradée à la catégorie de « junk », cela fait déjà neuf années que son activité téléviseur est déficitaire… . La santé de Sharp n’est pas meilleure et cela ne doit rien à son vénérable âge puisqu’elle vient de fêter son centenaire. Il y a moins de trente années les firmes japonaises révolutionnaient le monde de l’électronique grand public du magnétoscope au lecteur DVD (dont elles donnent le standard international) en passant par le walkman ou le premier écran plat pour la télévision. Comment expliquer ce qui ressemble fort à une débâcle ? La force du yen n’est qu’une explication conjoncturelle, comme la situation économique des pays développés. Elles ont probablement sous-estimée la concurrence de leurs voisins sud-coréen et chinois, raté les dernières évolutions (tablette numérique ou liseuse) et doivent aujourd’hui se repenser en profondeur.

L’Inde est secouée par d’importantes manifestations, après le viol collectif d’une jeune étudiante de 23 ans. Cette réaction témoigne d’un sentiment assez général de ras-le-bol, mais envers quoi exactement ? La corruption généralisée, l’incompétence de la police et des politiques ou la violence faite aux femmes. Elles sont les victimes d’une violence qui apparait digne du Moyen-âge à une classe moyenne émergente. Elle s’est pleinement reconnue dans cette agression d’une jeune étudiante accompagnée par un ami ingénieur informaticien. Elle dénonce ici un système qui protège toujours les mêmes : les hommes et les plus riches.

Un développement durable en panne ?

En décembre 2012 s’est terminé la 18ème conférence onusienne sur le climat….dans l’indifférence générale, ou presque. L’accord signé à Doha, pour préparer l’après-Kyoto, est des plus décevants. Seuls l’Union européenne et environ une quinzaine d’Etats ne sont engagés à continuer à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) ce qui concerne moins d’un cinquième des émissions de CO2. Des pays comme les émergents ou bien encore les Etats-Unis, de très importants pollueurs, continuent à ne pas se sentir concernés, d’autres abandonnent la politique menée jusqu’ici : la Russie, le Japon par exemple. En période de crise, le développement durable fait moins recette, il faut espérer que la conjoncture économique s’améliore pour 2015, date à laquelle un accord contraignant devrait être signé. En attendant, les émissions de GES vont continuer à augmenter, les dérèglements climatiques probablement aussi…

Quelques rappels positifs pour finir l’année 2012 et entamer sereinement 2013

L’Union européenne a reçu le prix Nobel de la paix, car pour la première fois depuis bien longtemps notre continent a connu plus de 60 années sans conflits (pour sa partie occidentale) et œuvre pour la paix autour de lui.

. France 24, 10 décembre 2012 : Le Nobel de la paix remis à une Union Européenne divisée et en crise

Reportage de 3’ puis interview de Pierre Verluise, Directeur du Diploweb.com

L’ouverture du Louvre-Lens est une annexe d’un des plus grands musées du monde qui fait espérer un destin similaire à celui de Bilbao dynamisé par le musée Guggenheim. Un message d’espoir pour cet ancien pays minier.

Copyright Décembre 2012-Degans/Diploweb.com


Plus :

. Point d’actualité internationale de novembre 2012

. Point d’actualité internationale de janvier 2013

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Dernière mise à jour le mardi 26 août 2014