10/2013 Actualité internationale

Par Axelle DEGANS, le 1er novembre 2013  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Agrégée d’histoire, co-auteure de Les grandes questions internationales, éd. Studyrama 2013 et auteure du livre Les pays émergents : de nouveaux acteurs, Ed. Ellipses, collection CQFD, 2011. Professeure d’histoire, de géographie et de géopolitique en classes préparatoires économiques et commerciales au Lycée Dessaignes (Blois).

Synthèse de l’actualité internationale d’octobre 2013 qui sera fort utile à tous ceux qui veulent disposer d’un point de l’actualité géopolitique ou préparent un concours. Le Diploweb se tiendra à leur côté durant les prochains mois. Pour ne rien manquer, le mieux est de s’abonner à notre page facebook.com/geopolitique ou notre compte twitter.com/diploweb.

Débrancher Big Brother… ?

AUX ETATS-UNIS des manifestations réclament la fin du Patriot Act, décidé par G.W. Bush, qui permet à Washington d’écouter les conversations et de prendre connaissances de messages de ses concitoyens à des fins de lutte contre le terrorisme. Cette manifestation intervient en plein psychodrame transatlantique à propos des écoutes dévoilées par E. Snowden. Les Etats-Unis d’Obama espionnent… leurs alliés européens, des lignes des ambassades européennes, jusqu’au téléphone portable de la chancelière Angela Merkel ! Doit-on comprendre que les Européens ne sont pas considérés, par Washington, comme fiables dans la lutte contre le terrorisme, ou pire ? Cet espionnage ne se limite pas à la sphère diplomatique mais concerne aussi le domaine industriel…

Des Etats paralysés au sein des pays les plus riches de la planète

En Italie, Silvio Berlusconi (ancien président du conseil, âgé de 77 ans) risquant de perdre son immunité parlementaire et donc la prison, pousse les ministres de son parti à démissionner du gouvernement. Il met ainsi son pays au bord de l’abîme pour des considérations purement personnelles, ce qui provoque en plus des tensions dans la zone euro.

Aux Etats-Unis, la chambres des représentants, dominée par les républicains et instrumentalisée par le Tea party, s’oppose à l’Obama care et entame une épreuve de force avec l’administration Obama. L’incapacité des démocrates et des républicains à s’entendre, pour voter un budget, met en péril le bien commun de la population du pays. Le « shutdown » n’a pu être évité et 800 000 fonctionnaires se sont retrouvés au chômage. Si ce n’est pas le premier « shutdown » que connaissent les Etats-Unis, il intervient après la dégradation à l’été 2011 de la note AAA de la dette américaine par Standard and Poor’s pour les mêmes raisons d’absence de consensus politique, et pose clairement la question du bon fonctionnement des institutions américaines. Le « shutdown  » fait vaciller Wall Street, et le défaut de paiement des Etats-Unis a même été envisagé –c’est le risque d’une crise économique mondiale si les Bons du Trésor perdaient de leur crédibilité comme le dollar-… pour des raisons politiques. Tokyo et Pékin qui détiennent un peu de moins de la moitié de la dette américaine et de nombreux autres avoirs en dollars ont fait savoir, à l’exécutif américain, leur préoccupation. Un compromis a été trouvé in extremis, sans porter atteinte l’Obama care, permettant au Trésor américain d’emprunter sur les marchés financiers jusqu’au 7 février 2014. Une Amérique irresponsable ?

La chaise vide de l’Arabie saoudite

Riyad a été choisi comme membre non permanent du Conseil de sécurité de l’ONU mais dédaigne cet honneur. L’Arabie saoudite entend ainsi protester contre l’impuissance onusienne en Syrie… mais aussi face au réchauffement des relations américano-iraniennes. Téhéran est, en effet, considéré par Riyad comme un dangereux voisin.

Des tensions toujours très sensibles…

Peshawar, au Pakistan a été le théâtre de violents attentats qui ont provoqué la mort de près d’une centaine de personnes. En Irak, plus de mille personnes ont perdu la vie dans des attentats au cours du mois de septembre 2013, le 30 septembre pas moins de 12 voitures piégées ont explosé dans différents quartiers de Bagdad. Plus de 640 personnes sont mortes dans des attentats lors du seul mois d’octobre 2013.

Le Mali n’en a pas fini avec la violence (attentats à Gao ou Tombouctou), la réconciliation entre Nord et Sud du pays reste à réaliser. Pour faire face au climat d’insécurité toujours présent, la France laisse 3 000 soldats aux côtés de la Minusma. Le 24 octobre 2013, une nouvelle offensive anti-terroriste, d’environ 1 500 hommes, est lancée dans le Nord-Mali.

…des raisons d’espérer ?

Le dialogue entre Washington et Téhéran est renoué, plus de 30 ans après la rupture qui date de la prise en otage des diplomates américains à Téhéran (en réaction à l’accueil dans un hôpital américain du Shah d’Iran) en 1980. Les deux exécutifs ont à travailler à un accord sur le dossier du nucléaire, ces négociations ont effectivement repris. Le nouveau président iranien, Hassan Rohani espère ainsi alléger les sanctions qui pèsent sur son pays. Cette reprise de contact, synonyme d’espoir, entraîne la désapprobation de certain lobbys pro-israéliens, et de l’Arabie saoudite, les interlocuteurs privilégiés des Etats-Unis dans la région.

Le climat, une impérieuse nécessité ?

Le GIEC tire de nouveau la sonnette d’alarme, révisant à la hausse l’élévation du niveau des mers, de plus de 3 millimètres par an depuis 1993 (moins de 2 au début du XXème siècle). Le réchauffement climatique provoque la fonte des glaciers… Le GIEC estime que les « coups de chaleur » seront plus nombreux alors que les pluies seront plus fortes dans les régions humides. Ces prévisions alarmistes ont incité les pays européens à diminuer leurs émissions de GES. Les Etats-Unis d’Obama n’ont pas été la hauteur des promesses électorales, même si aujourd’hui le président veut agir sur les centrales thermiques au charbon. La Chine, qui est l’un des principaux pollueurs de la planète, reste bien timorée dans sa politique pour limiter les GES, sa population reste peu concernée par ce problème malgré une pollution problématique dans des villes comme Harbin (Nord du pays) où l’on ne voit plus clair en plein jour, les concentrations en particules fines y ont dépassé 40 fois le seuil fixé par l’OMS.

De la difficulté à organiser un grand happening international

Des manifestations dénoncent au Brésil les sommes dépensées pour l’organisation du prochain mondial, au détriment des investissements dans le secteur éducatif (une grève de plus de 50 jours des enseignants de Rio contre le nouveau plan de carrière et de salaires, décidé par les édiles de la ville) ou médical. Le Qatar défraie la chronique. On apprend les conditions scandaleuses de travail d’employés immigrés, surtout népalais, qui travaillent par une chaleur de 50°C sans avoir forcément accès à de l’eau, logés dans des lieux surpeuplés… des conditions de travail qui rappellent en Europe celles du XIXème siècle, de l’exploitation de la main d’œuvre, le tout pour un salaire de misère. Une cinquantaine d’ouvriers sont décédés en construisant les infrastructures de la Coupe du monde de 2022.

A Sotchi, en Russie, à quelques mois des jeux olympiques d’hiver la police traque les immigrés venus des anciennes républiques soviétiques d’Asie centrale pour les expulser sans que leur travail ait été payé par des employeurs qui leur ont confisqué leurs papiers. Ces jeux promettent pourtant d’être les plus chers de l’histoire…

Le temps des accords de libre-échange… sans l’OMC

Alors qu’à Bruxelles les Européens accueillent un nouveau round de négociations en vue des accords transatlantiques de libre-échange, l’Asie se réunit à Bali pour négocier avec le continent américain un partenariat trans-pacifique (TPP) pour parvenir à terme à la création d’une zone de libre-échange Asie-Pacifique (FTAAP) représentant globalement les membres de l’APEC. Ce dernier accord représenterait près de la moitié du commerce mondial, mais il achoppe encore aujourd’hui sur de nombreux points. Le 18 octobre 2013, l’UE et le Canada ont conclu un accord de libre-échange ouvrant les marchés publics canadiens, baissant les droits de douane, l’UE importera davantage de viande de bœuf… Ces négociations commerciales concernant l’Europe, l’Amérique et l’Asie contournent de fait l’OMC.

L’Union européenne face au défi de l’immigration

Lampedusa devient le réceptacle de flux migratoires en provenance de Libye. Les drames humains se succèdent et se ressemblent, le 3 octobre 2013 plus de 360 naufragés sont morts non loin des plages de Lampedusa. Les autorités locales et italiennes sont désemparées et n’obtiennent que peu de soutien et de considération de la part des autorités communautaires. Le président du conseil italien, Enrico Letta, propose une opération militaro-humanitaire, « Mare sicuro », et dénonce l’inaction des autorités libyennes sur le dossier des migrations. Après avoir été le berceau d’une première internationalisation des économies, la Méditerranée est un espace de fracture qui suscite désormais davantage la peur que la générosité en Europe.

Berlin s’inquiète d’un autre défi migratoire, celui des demandes d’asile en provenance de Bulgarie et de Roumanie, prévoyant 100 à 180 000 nouvelles arrivées en 2014. L’Allemagne souhaite encadrer la libre circulation des citoyens européens, une des bases de l’Europe de Schengen. La divergence de ces priorités explique aussi que les plaintes italiennes soient peu entendues.

En France, l’histoire de Léonarda secoue le monde politique et l’opinion publique.

Jean qui rit et Jean qui pleure…

Airbus peut s’enorgueillir de remporter un contrat avec Japan Airlines pourtant abonnée aux Boeing. La commande porte sur une trentaine d’A350, et une option sur une vingtaine d’autres. Un nouveau « contrat historique ». Une bonne nouvelle pour cette entreprise européenne. La FNAC ouvre une franchise au Qatar, qui devrait être suivie par d’autres. En Afrique du Sud, Alstom a remporté un « contrat du siècle » de près de 4 milliards d’euros pour construire 600 trains de banlieue. EDF, Areva (pour la technologie) et des chinois CGN et CNNC (pour les finances) vont construire deux réacteurs EPR en Angleterre à Hinkley Point. Une bonne nouvelle pour les entreprises françaises, et une crédibilité nouvelle pour les acteurs chinois…

Alcatel-Lucent annonce un vaste plan de licenciement concernant 15 000 salariés à travers le monde (sur 72 000 employés) dont 900 en France, soit 10% du personnel. Les fermetures de sites ou l’externalisation d’activités concernent des emplois parfois très qualifiés, notamment dans la recherche…une bien mauvaise nouvelle à tous points de vue. PSA se porte mal, pénalisé par la morosité du marché européen. Il s’agit de « sauver » le constructeur français… ce sauvetage passerait par une prise de participation de l’Etat français dans le capital de PSA comme par celle du constructeur chinois Dongfeng… et par de nouveaux sacrifices de la part des salariés (flexibilité, fin de la prime d’ancienneté…).

Octobre 2013-Degans/Diploweb.com


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Voir une présentation d’un ouvrage auquel Axelle Degans a contribué "Les grandes questions internationales", L. Briday, A. Chaffel, P. Dallenne, A. Degans, éd. Studyrama


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