UE-27 Fécondité 2010 : quelles différences entre les pays membres ?

Par Pierre VERLUISE, le 11 mars 2011  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

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Avec une population de 501 millions d’habitants, l’Union européenne élargie pourrait sembler bien mieux placée que les États-Unis (309,6 millions mi-2010) . Il n’en est rien, parce que les dynamiques démographiques diffèrent considérablement. Dans les années 2000, alors que les États-Unis affichent un indice de fécondité de 2,1 enfants par femme – auquel s’ajoute un accroissement migratoire largement positif – l’Union européenne doit plus des quatre cinquièmes de son léger accroissement total à l’accroissement migratoire.

EN 2010, 26 pays membres sur 27 affichent un indice de fécondité inférieur au seuil de renouvellement estimé pour l’Europe géographique (2,09).

UE-27 Fécondité 2010 : quelles différences entre les pays membres ?
UE-27 , indice de fécondité 2010

16 pays membres de l’UE-27 présentent un indice de fécondité en deçà de la moyenne de l’Europe géographique, à savoir 1,6. Avec un indice de fécondité compris entre 1,3 et 1,5 enfant par femme, il s’agit des pays suivants, par ordre croissant : Roumanie, Portugal, Lettonie, Hongrie, Allemagne, Slovaquie, Pologne, Malte, Italie, Espagne, Autriche, Slovénie, République tchèque, Lituanie, Grèce et Chypre.

Un pays se singularise par un indice de fécondité prévu en 2010 placé au dessus du seuil de remplacement : l’Irlande (2,1). La France ne s’en situe pas très loin cependant (2).

Ironie tragique

Après plusieurs décennies d’auto-aveuglement les institutions européennes ont enfin admis depuis quelques années que les perspectives démographiques de l’Union européenne sont un défi majeur. En effet, le poids relatif de l’UE à l’échelle mondiale devrait diminuer significativement et sa population vieillir de façon massive mais variable selon les États.

Ironie tragique de l’histoire, la crise économique de 2009-2010 vient menacer les bonnes résolutions tardives des Etats membres et des institutions communautaires. En effet, certains pays dont les déficits publics ont explosé sont maintenant tentés de couper dans les budgets destinés à une politique de la population, notamment dans son volet familial. L’Espagne a annoncé une mesure drastique comme chacun sait, supprimant le 31 décembre 2010 une prime à la naissance de 2 500 euros. Bien évidemment, la crise économique a aussi des effets sur les flux migratoires intra et extra-communautaires.

Quoi qu’il en soit, après avoir longtemps fait l’autruche en matière de démographie certains pays membres de l’UE risquent de manquer de la marge de manœuvre budgétaire nécessaire pour mettre en œuvre les différents volets d’une politique de la population dont ils ont enfin compris la nécessité.

Copyright Mars 2011-Verluise/Diploweb.com


Plus

. François Verluise, L’UE en 2060, perspectives démographiques (carte commentée) Voir

. François Verluise, Retraites : l’exemple allemand ? Voir

. Gérard-François Dumont et Pierre Verluise, Géopolitique de l’Europe , Paris, Sedes, 2009, pp. 215-221. Voir


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