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Pourquoi tracer des frontières ? Entretien avec JB Veber

Par Ivan SAND , Jean-Baptiste VEBER*, le 21 juin 2026.

David Périer et Jean-Baptiste Veber ont récemment publié « Tracer des frontières. Dix histoires de cartes au cœurs de conflits contemporains », aux éditions Novice. Très documenté, leur ouvrage détaille dix cas pratiques de tracés de frontières aux quatre coins du monde. Au travers des événements qui ont abouti à ces découpages territoriaux, les deux auteurs analysent les dynamiques qui influencent l’établissement d’une frontière et apportent un éclairage novateur aux tensions que ces tracés peuvent encore générer de nos jours. Jean-Baptiste Veber répond aux questions d’Ivan Sand pour Diploweb.

Ivan Sand (I. S.) : Quelle est la principale idée reçue sur les frontières que votre travail permet de déconstruire ?

Jean-Baptiste Veber (J-B V.) : Nous passons notamment au crible l’idée que « Les frontières sont intangibles ». Dans les discours nationalistes voire patriotes, l’idée que les frontières sont faites pour durer éternellement, qu’elles délimitent une nation et son territoire, déterminées une bonne fois pour toute, constitue une construction juridique et intellectuelle, mais aucunement une réalité naturelle ou historique. Intellectuelle car l’idée rassure les politiques comme les peuples quant à la stabilité de leur pays. Juridique car, du moins depuis 1945, la charte des Nations Unies interdit de remettre en cause les frontières entre états-nations. Précisons que les frontières de 1945 ne sont pas établies de toute éternité mais que précisément, elles actent une « mise à jour », une actualisation qui fait suite au plus grand bouleversement géopolitique de tous les temps. Elles reposent essentiellement sur un rapport de force à un instant T, entre les principales puissances certes, mais aussi entre les peuples qui arrivent à s’ériger au rang d’acteurs géopolitiques locaux, régionaux ou mondiaux. Les frontières sont faites pour évoluer et certaines écoles de pensée, politique, économique philosophique, internationaliste, ne songent qu’à provoquer leur abolition, du moins leur limitation maximale.

Les frontières sont internationales et multiculturelles. Depuis toujours les communautés constituées doivent établir entre elles des limites, principalement dans le souci d’éviter les conflits. Cependant, la conception de la frontière telle qu’appliquée de nos jours – rigide, imperméable, source d’inégalités et de conflits, définissant le « pré carré » de chaque peuple, selon l’expression de Vauban et de Louis XIV pour parler de leurs guerres et de leurs fortifications destinées à sanctuariser le territoire, le « jardin » du royaume de France – découle de la domination européenne puis étasunienne sur le monde. Elle correspond à une façon occidentale de répartir les dominations politiques à l’échelle de la planète. C’est le modèle occidental du Traité de Westphalie qui découpe l’Europe selon les premières frontières confessionnelles (1648) ou plus tard celui du « partage du gâteau » de la conférence de Berlin en 1885, qui découpe l’Afrique sans égard pour les peuples et leurs histoires, du moins pas assez, principalement en fonction d’intérêts européens. Au demeurant, c’est la loi du plus fort et il existe peu d’exemples historiques d’un dépassement de cette réalité dans la distribution de la puissance.

Mais justement, la frontière n’est pas seulement tracée par le plus fort, elle n’est pas que le résultat de la loi du plus fort. De nombreux autres facteurs rentrent en compte, dont la loi du plus fort bien sûr. Mais il faut insister sur la « loi du plus faible », celui que tout le monde veut protéger, qui de ce fait peut-être source d’alliances, de coalitions, d’ententes, de solidarités de diverses formes. Ce « plus faible » qu’on ne peut pas éliminer, du moins qu’on ne peut plus éliminer, depuis l’émergence d’un droit international et de la définition, entre autres, du crime de génocide. De toute façon, lorsqu’on regarde l’histoire, la frontière revêt une dimension le plus souvent contractuelle. Seuls les empires veulent s’en affranchir et aucun n’a jamais réussi à atteindre véritablement son but – l’unification mondiale sous une même loi, une même culture, une même religion. Prenons l’empire chinois, tout au long de son histoire menacée sur sa « frontière » nord par les peuples dont sont issus de grands conquérants tels que Gengis Khan ou Tamerlan. Malgré la « barbarie » de ces peuples, la « civilisation » chinoise fut toujours obligée de composer avec eux. En témoignent les fluctuations historiques du tracé de la Grande Muraille. Si l’on regarde l’Europe, les déplacements de frontières, parfois microscopiques, rien que depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, sont aussi très nombreux, ainsi entre des « pays frères » tels que la France et l’Italie, l’Espagne ou la Suisse.

Les frontières naturelles n’existent pas, c’est-à-dire des sortes de délimitations décidées de toute éternité, tombées du ciel par l’opération du Saint-Esprit pour partager deux peuples, deux pays. Cependant, les réalités naturelles peuvent guider, présider, orienter le tracé de la frontière : les Pyrénées en sont un bon exemple, alors qu’elles partagent ce que certains considèrent comme deux pays à ses extrémités orientales et occidentales, la Catalogne et le Pays basque. Mais des pouvoirs plus puissants, les royaumes de France et d’Espagne, les ont utilisés presque comme contreforts naturels l’un contre l’autre. Parfois ce peut être un fleuve, tel que le Rhin, qui joue un double rôle de délimitation et d’axe de transport. Certaines évidences naturelles favorisent l’établissement de frontière si nécessaire : par exemple l’Himalaya entre les mondes indiens et chinois – qui donnent d’ailleurs lieu à des disputes sur les plus hauts sommets de la planète. La nature n’a pas créé de frontière en somme, mais elle peut les favoriser.

Les frontières servent principalement à l’enveloppe extérieure des états. Certains pays, notamment les Etats-Unis, utilisent l’outil juridique de la frontière pour gérer des situations internes : ainsi, les réserves amérindiennes, en accordant toute souveraineté aux populations natives y résidant, sont des frontières intérieures à un état. D’autres exemples, moins aboutis, existent en Amérique du Sud, Australie et Canada notamment, permettant à deux civilisations dont le fonctionnement est irréductiblement contradictoire de subsister au sein d’un même pays. Bien sûr ces réserves ont beaucoup de défauts, toutefois elles sont la preuve que l’outil juridique frontière peut être utilisé différemment et dans un dessein de protection, non de séparation.

On oublie trop souvent que les frontières « à l’européenne », celles des états-nations qui couvrent toute la surface de la planète, à l’origine sont une invention juridique destinée à ramener la paix entre confessions différentes, car inventées en 1648, à l’issue du traité de Westphalie, cherchant à mettre un terme aux affrontements religieux anciens d’un siècle et demi en Europe. Bien sûr, l’évolution historique en a fait un outil d’affrontement, notamment avec le développement des nationalismes et l’unification des états tels que la Grèce, l’Allemagne, l’Italie au XIXe siècle.

Les frontières, selon les régions du monde, ne sont plus des territoires « cul de sac », notamment en Europe : les frontières, avec le développement de la supranationalité à l’européenne, sont devenus des interfaces économiques et culturels, des lieux d’échanges et de stimulations multiformes, des territoires dans lesquels se construisent un mode de développement d’avenir.

Souvent pour le bien ou la stabilité de la majorité, les frontières se construisent au détriment d’une minorité.

I.S. : Pourquoi avez-vous choisi de traiter cette question au travers de différents cas pratiques ?

J-B V.  : Notre volonté est d’humaniser la question de territoires qui vus de loin, au prisme de la géopolitique, ne sont pas suffisamment perçus comme des espaces du quotidien, riches d’une humanité complexe, divisé, écartelée parfois pour des raisons qui dépassent l’entendement, la raison, la capacité d’acceptation d’un humain à l’échelle de son existence.

Plus simplement, nous voulons rappeler, tout en montrant l’utilité et l’actualité de cet outil juridique, que souvent pour le bien ou la stabilité de l’ensemble, de la majorité, les frontières se construisent au détriment d’une minorité.

Autre volonté, d’un point de vue géographique, montrer que les régions divisées ne le sont que rarement voire jamais en fonction d’une intelligence environnementale, sociétale, naturelle. Les divisions sont la conséquence du besoin jamais démenti à travers l’histoire de contrôle des humains sur leurs territoires.

I.S. : On oppose parfois frontière naturelle et frontière artificielle. Cette distinction est-elle pertinente ?

J-B V. : Cette distinction frontière naturelle et frontière artificielle peut être considérée comme pertinente dans certains cas mais infondées dans la plupart des autres configurations.

Bien sûr, les discours nationalistes soutiennent que les peuples ont des « frontières naturelles » correspondant en réalité à leur discours expansionnistes, justifiés a posteriori par les affrontements, revendications et autres rivalités géostratégiques. Ils s’appuient sur des arguments leur permettant de pousser le plus loin possible leurs velléités impérialistes. Par exemple, l’idée que le Rhin est une frontière naturelle n’est pas pertinente, même si la physionomie fluviale, la séparation physique entre deux régions peut facilement le laisser suggérer. C’est surtout à partir du XVIIe siècle une région qui doit servir de marche militaire, de territoire « tampon » entre le Royaume de France et le Saint-Empire, taillée sur un espace culturellement germanique – n’oublions pas, toutefois, que la France elle-même porte le nom d’un peuple tout aussi germanique. Néanmoins, la notion de « frontière naturelle » sert en ce cas le discours expansionniste. La frontière alsacienne est parfaitement artificielle – et tout à fait fondée, mais par l’histoire – le Rhin a beaucoup plus une vocation d’union, en tant qu’axe de communication que de séparation.

Il est plus facile de parler de frontières naturelles dans le cas des Pyrénées, des Alpes ou de la Manche, car l’environnement en ce cas enclave les territoires de part et d’autre de ces zones. Cependant nous insistons sur le fait qu’il n’existe pas de frontière naturelle au sens fondamental. L’environnement est un ensemble avec des climats et des territoires discontinus mais liés intimement les uns aux autres, s’influençant les uns les autres. Une formule qui a fait florès ces dernières années exprime bien cette idée : la pollution ne connaît pas de frontières et de ce fait le problème doit être traité mondialement, alors que tant qu’il sera traité de façon inégale d’une région à l’autre, ce sera comme d’écoper à la petite cuillère un bateau qui prend l’eau par vagues entières.

Les frontières sont des espaces de vies, de dynamiques, avec leurs flux, leurs atouts et leurs contraintes spécifiques.

En fait, ce n’est pas totalement infondée de parler de « frontière naturelle » car parfois, lorsqu’il s’agit de barrière majeure en termes d’installations de part et d’autre, les déserts tels que le Sahara, les massifs montagneux qui séparent les mondes indiens et chinois, on constate une logique primaire et évidente dans le fait que deux civilisations se développent et prospèrent de part et d’autre. On notera que cependant, dans les deux exemples cités, on trouve des populations « intermédiaires », des modes de vie spécifiques développés en raison d’espaces « entre deux » – ainsi les montagnards tibétains ou les nomades sahariens. Rares sont les endroits de la planète où l’homme, même en tout petit nombre, ne s’est pas installé. Bien souvent d’ailleurs, les frontières viennent rapidement structurer les territoires même les moins peuplés. Parfois, il est pratique et même rationnel d’adopter des caractéristiques naturelles comme zones de démarcation. Mais l’histoire montre que les frontières hermétiques, dans quelques situations que ce soit, sont source de conflits car l’on trouve toujours, en dehors des animaux et des éléments naturels, des humains pour les traverser et même pour construire leur vies spécifiquement dans ces endroits de limites, de confins, de fausses ruptures. Nous analysons précisément des études de cas pour montrer que la macro-politique, la macro-géostratégie diffèrent fortement de la micropolitique, de la « micro-géopolitique », et que les frontières sont des espaces de vies, de dynamiques, avec leurs flux, leurs atouts et leurs contraintes spécifiques.

I.S. : De nombreuses frontières d’aujourd’hui ont été tracées par des puissances extérieures, souvent européennes. Comment expliquer qu’elles demeurent aujourd’hui ?

J-B V. : Les frontières issues de la colonisation européenne restent en place car elles sont largement héritées de l’ordre fixé en 1945. Les décolonisations ont multiplié les états, et les nouveaux états, formés par des élites indépendantistes formées dans les métropoles coloniales, ont repris les découpages administratifs des colonisateurs, leurs notions politiques, juridiques, géopolitiques. Malgré les critiques, l’Europe et ses états restent des modèles de construction politique, sans doute des plus aboutis – même si l’on connaît les défauts qui demeurent.

L’Europe continue d’évoluer politiquement avec l’UE, premier exemple efficace de supranationalité – comment user des frontières, tout en mettant en commun les problèmes qui ne sont pas pertinents à l’échelle nationale pour essayer de mieux les résoudre ? Depuis les années 1970, on voit fleurir partout à travers le monde des tentatives d’organisation supranationale entre états nations, en Asie du Sud, Afrique de l’Ouest, Amérique du Sud, Amérique du nord, beaucoup moins abouties mais qui essayent de copier, à la manière des frontières des états-nations, les modèles européens.

La frontière à l’européenne constitue tout simplement le modèle le plus solide, même si imparfait, des délimitations géopolitiques entre peuples, pays ou simplement régions de développement découpées plus ou moins arbitrairement.

Nous sommes convaincus que le problème ne réside pas dans les frontières mais dans les problèmes de gouvernance à l’intérieur des frontières, dont les dirigeants prennent sempiternellement comme explications de leurs difficultés le fait de leur héritage politique colonial. Tout ne doit pas être célébré, loin de là, mais le découpage du monde ne paraît pas le pire des problèmes. L’Afrique d’avant la colonisation était divisée en un nombre plus importants de peuples, plus ou moins encadrées par des états au sens où nous l’entendons, et les conflits n’étaient pas moins nombreux. Ce constat peut être fait aux quatre coins du monde.

I.S. : Vous avez également choisi de traiter d’exemples de frontières dîtes intérieures. Les dynamiques qui les régissent sont-elles différentes ?

J-B V.  : Tout dépend de la frontière intérieure dont on parle. Celles-ci sont plus ou moins radicales suivant l’exemple étudié. Celui choisit à propos des Etats-Unis est justement un cas d’école étonnant pour un esprit français dont l’autonomie même de certains territoires outre-mer est difficile à envisager ou du moins à comprendre. Les dynamiques d’une certaine façon sont les mêmes car les frontières séparent des territoires qui gagneraient sans doute à fonctionner d’un seul tenant, par « échange de bons procédés ».

Carte. Etats-Unis. Evolution des frontières et réserves indiennes
Carte extraite de David Périer et Jean-Baptiste Veber, « Tracer des frontières. Dix histoires de cartes au cœurs de conflits contemporains », éditions Novice. Droits réservés.

Comme nous le montrons pour les Etats-Unis, c’est particulièrement le cas dans les réserves amérindiennes, autour desquelles se confrontent deux civilisations profondément différentes. Si les frontières revêtent une utilité indéniable, elles sont aussi sources de difficultés socio-économiques majeures et de problèmes juridiques, difficilement solubles. Elles n’ont pas complètement rendu leur dignité aux natifs, elles leur ont permis de survivre, mais on a parfois le sentiment que cela s’arrête là – de la simple survivance, une sorte de muséification, qu’on peut relativiser grâce à certains exemples positifs et porteurs d’espoir de renaissance.


Bonus vidéo. Michel Foucher. Le retour des frontières (2016)

Lire la synthèse rédigée de cette vidéo Michel Foucher. Le retour des frontières (2016)


I.S. : Quelles sont selon vous les problématiques de frontière à suivre un futur proche ?

J-B V. : Il ne faut pas oublier les rivalités traditionnelles, impériales, et d’une manière générale le fait que l’histoire parfois se répète, qu’elle « bégaye » souvent tragiquement. L’émergence d’une nouvelle sorte de Guerre Froide, entre les régimes autoritaires et les démocraties libérales, dans lequel l’UE a un rôle majeur à jouer, mais il lui faut pour cela des décideurs talentueux. Parallèlement, le déclin américain risque de multiplier les conflits traditionnels, notamment liés aux ressources et aux pullulements des régimes autoritaires, s’affirmant faussement démocratiques ou du moins populaires.

Je pense également à la question du partage des mers et des océans, qui d’un certain point de vue, sont presque aussi méconnues que l’espace – jusque-là où l’on arrive à envoyer des sondes ou des sous-marins, en somme.

Enfin, la question de la frontière est le symptôme du besoin de contrôle de l’homme sur son environnement et il est douteux qu’il accepte un jour de laisser l’environnement à sa liberté primaire, en acceptant de ne pas convoiter le jardin du voisin ou le pays contiguë.

En tout cas, les frontières ont beaucoup d’avenir, quant à le considérer beau et souhaitable, notre ouvrage ne verse pas dans le jugement moral, il nous donne aussi l’opportunité de montrer la diversité de l’environnement et des sociétés terrestres qui s’y sont développées.

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Plus :

. David Périer et Jean-Baptiste Veber, « Tracer des frontières. Dix histoires de cartes au cœurs de conflits contemporains », éditions Novice

4e de couverture

Dans cet essai, David Périer et Jean-Baptiste Véber se penchent sur « dix histoires de cartes » qui sont au cœur des conflits contemporains. De la conférence de Berlin aux accords Sykes-Picot, ils reviennent sur la manière dont les frontières ont été tracées à travers les siècles.

Les démarcations rectilignes en Afrique, le Sahara occidental, la naissance du Moyen-Orient, l’enclave angolaise de Cabinda et celle Kaliningrad en Russie, la division de Chypre, le désert de l’Atacama, la mer d’Asie orientale, les réserves amérindiennes, les auteurs détaillent les tractations politiques et les événements qui ont mené au partage de ces territoires.

Avec ce travail inédit, ils démythifient nombre d’idées reçues et expliquent pourquoi les divisions territoriales d’hier alimentent les tensions géopolitiques d’aujourd’hui, quand elles n’en sont pas à la racine même.

David Périer est professeur de géographie au lycée et en classes préparatoires. Il contribue régulièrement à la revue de culture générale L’Éléphant.

Jean-Baptiste Veber est professeur d’histoire géographie dans le secondaire et en préparation au concours des sciences politiques. Il est également romancier (Planète neuve, éd. Les presses littéraires) et auteur de roman graphique (Le Château de mon père, éd. La boite à bulles).

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Jean-Baptiste Veber est professeur d’histoire géographie dans le secondaire et en préparation au concours des sciences politiques. Il est également romancier (« Planète neuve », éd. Les presses littéraires) et auteur de roman graphique (« Le Château de mon père », éd. La boite à bulles). Jean-Baptiste Veber a récemment publié avec David Périer « Tracer des frontières. Dix histoires de cartes au cœurs de conflits contemporains », aux éditions Novice.
Propos recueillis par Ivan Sand, docteur en Géographie, membre du Conseil scientifique du Diploweb depuis 2022.


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Citation / Quotation

Auteur / Author : Ivan SAND , Jean-Baptiste VEBER

Date de publication / Date of publication : 21 juin 2026

Titre de l'article / Article title : Pourquoi tracer des frontières ? Entretien avec JB Veber

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David Périer et Jean-Baptiste Veber ont récemment publié « Tracer des frontières. Dix histoires de cartes au cœurs de conflits contemporains », aux éditions Novice. Très documenté, leur ouvrage détaille dix cas pratiques de tracés de frontières aux quatre coins du monde. Au travers des événements qui ont abouti à ces découpages territoriaux, les deux auteurs analysent les dynamiques qui influencent l’établissement d’une frontière et apportent un éclairage novateur aux tensions que ces tracés peuvent encore générer de nos jours. Jean-Baptiste Veber répond aux questions d’Ivan Sand pour Diploweb.

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