Climat, innovation et pic pétrolier
Le bon, la brute et le truand

Par Patrick ALLARD, le 12 novembre 2013  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Consultant auprès d’une institution française. Les analyses de l’auteur n’engagent que lui-même.

Géopolitique du changement climatique. Le changement climatique et l’énergie sont aussi difficilement séparables que des siamois réunis par la tête. Jusqu’ici, les politiques climatiques restent principalement des politiques d’atténuation, reposant sur la maîtrise de la production et de la consommation d’énergie. Il ne faut pas chercher plus loin la raison de l’association fréquente dans les medias et dans les discours des politiques entre les menaces climatiques et la raréfaction des ressources en combustible fossiles, symbolisée par l’annonce du peak oil, le plafonnement imminent de la production pétrolière mondiale.

Or, les experts du Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC) excluent explicitement dans leurs travaux l’hypothèse que la raréfaction des combustibles fossiles fera obstacle aux scénarios d’émission qui rendent nécessaire la coopération des Etats pour prévenir toute altération dangereuse du climat terrestre.

L’association du changement climatique et de la prophétie du peak oil a vraisemblablement contribué à sensibiliser l’opinion publique aux politiques énergétiques nécessaires pour atténuer les risques climatiques. Mais, au risque de plus en plus évident d’exposer des mesures prises au nom d’une expertise scientifique robuste aux effets dévastateurs du démenti apporté par la révolution des gaz et huiles de schiste aux Etats-Unis aux thèses prophétiques à défaut d’être scientifiques du peak oil et de la raréfaction imminente des ressources énergétiques fossiles dans le monde.

So convenient a thing it is to be a reasonable creature, since it enables one to find or make a reason for everything one has a mind to do.”
Benjamin Franklin, Autobiography, 1789.


I. Les travaux du GIEC excluent que les émissions de gaz à effet de serre soient limitées par la raréfaction des combustibles fossiles.

SELON LE GIEC, l’augmentation d’origine humaine de la concentration des gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère terrestre a très vraisemblablement modifié les conditions des échanges d’énergie entre la terre et le soleil au point de provoquer des changements déjà perceptibles dans le climat de la planète, dont les manifestations devraient se confirmer et s’amplifier dans les décennies à venir. Selon la version préliminaire (non officielle) du 5ème rapport d’évaluation du GIEC [1] (dont la remise est prévue en 2013), la température moyenne de la surface du globe a augmenté de 0.8°C sur la période 1901–2010, dont 0.5°C sur la période 1979–2010. En l’absence de mesures permettant de la limiter, la croissance des émissions de GES pourrait entraîner, d’ici la fin du siècle, des transformations du climat dangereuses pour la santé, la prospérité et la sécurité des sociétés humaines.

Or, l’usage des combustibles fossiles est de loin la source principale des émissions de GES à l’origine de l’augmentation d’origine humaine de la concentration du CO2, elle-même principal facteur de la modification de l’effet de serre entraînant les changements du climat en cours. L’énergie, en tant qu’elle requiert l’utilisation de combustibles fossiles pour le chauffage, le transport ou la production industrielle, est à l’origine de plus des ¾ des émissions totales de tous les gaz à effet de serre.

Tous les scénarios de projection du climat d’ici à la fin du siècle réalisés par le GIEC font l’hypothèse d’une hausse plus ou moins importante des émissions de GES associées à la combustion de carburants fossiles. C’est le cas des projections les plus récentes comme des projections publiées en 2007. Celles-ci comportaient un scénario de quasi-stabilisation des émissions cumulées ; mais les autres scénarios envisageaient une multiplication par deux, quatre ou cinq des émissions cumulées associées à la combustion de carburant fossiles, avec une évolution à la hausse des émissions jusqu’à un point d’inflexion plus ou moins précoce, entre 2040 et 2080 [2].

Les travaux du GIEC supposent une abondance suffisante de combustible fossiles, au moins jusqu’au point d’inflexion. Il en va a fortiori de même de scénarios catastrophes, anticipant une forte hausse de la température moyenne du globe à un horizon rapproché, à l’instar de l’étude publiée par la Banque mondiale à la veille de la conférence de Doha, en décembre 2012 [3].

Le GIEC s’est posé la question de savoir si le sous-sol de la planète recélait suffisamment de combustibles fossiles pour permettre la réalisation des scénarios d’émissions les plus dommageables pour le climat. La réponse qu’il a apportée à cette question est positive. Selon une position constante du GIEC, “ il existe des ressources importantes qui, grâce aux progrès technologiques et à la volonté de la société à payer plus pour y avoir accès, peuvent être convertis en combustibles à l’avenir. En outre, il est estimé que de grandes quantités de pétrole non conventionnel sont disponibles (par exemple, les huiles lourdes, les goudrons de sables, argiles) de même que pour le gaz (par exemple, les hydrates de méthane)” [4]. Les scénarios d’émissions du GIEC excluent le manque de ressources comme facteur d’atténuation des changements climatiques. Le 4ème rapport d’évaluation du GIEC considère mais écarte la perspective d’une pénurie mondiale de carburants fossiles à l’horizon de ses projections (fin du XXIème siècle). Il admet que la production pétrolière conventionnelle finira par atteindre un pic, mais la date de réalisation et les conséquences du phénomène paraissent trop incertaines aux rédacteurs du rapport pour être prises en compte dans les projections d’émissions. Le rapport tient compte des ressources non conventionnelles de gaz et de pétrole dans ses projections. Il souligne qu’un éventuel manque de sécurité de l’approvisionnement en pétrole et en gaz pour les nations consommatrices pourrait générer un déplacement vers le charbon, l’énergie nucléaire ou les énergies renouvelables. L’influent rapport rédigé par Nicholas Stern partage la même analyse sur l’abondance des ressources en combustibles fossiles : “Il y a assez de combustibles fossiles dans le sol pour satisfaire la consommation mondiale à un coût raisonnable au moins jusqu’en 2050” [5].

Climat, innovation et pic pétrolier
Carte des émissions de dioxyde de carbone
Emissions de C02 en 2007, en millions de tonnes et en tonnes par habitant. Questions internationales, n°38, 2009


2. Les adeptes de la théorie du « pic pétrolier » opposent une critique virulente aux scénarios d’émissions du GIEC.

Les tenants de la théorie du « pic pétrolier » forment une coterie internationale, composée principalement de géologues retraités du service de grandes compagnies pétrolières. Elle est animée par l’Association for the study of peak oil and gas (ASPO) qui se consacre à la diffusion et au développement des thèses sur le profil d’évolution de la production des ressources naturelles non-renouvelables formulées dans les années 1950 par Marion King Hubbert. Dès la publication du rapport de 2007 du GIEC, Kjell Aleklett, professeur de physique à l’université d’Uppsala et président de l’Aspo, déplorait l’absence de débat [6] sur la compatibilité des projections d’émissions de GES dans le futur avec la quantité des ressources disponibles en carburants fossiles : « Dans le débat actuel sur le climat (...), la quantité de combustibles fossiles disponibles ne semble pas être un problème. Le problème, c’est que nous allons utiliser des quantités excessives dans les années à venir. La question de savoir si les quantités de combustibles fossiles nécessaires pour produire les changements climatiques redoutés seront disponibles n’est même pas évoquée » [7].

L’approche de Hubbert et de ses disciples fait l’impasse sur l’analyse des décisions des agents économiques qui exploitent la ressource. Pour eux, l’effort de recherche est constant de même que le délai entre découverte et mise en exploitation des gisements [8]. En outre, leur démarche ignore les mécanismes d’équilibre des marchés et ne font aucune place aux ajustements des quantités par les prix. Ainsi, l’ouvrage de référence de l’Aspo, The Peak of the Oil Age [9], se contente de critiquer les projections d’offre de pétrole en 2030 faites par l’AIE en 2008, pour les corriger de manière significative à la baisse (d’un quart), tout en reprenant les projections de demande de l’AIE, faisant ainsi apparaître un déséquilibre entre l’offre et la demande à l’horizon de 2030, dont l’Aspo ne juge pas utile d’expliquer ni la formation ni la persistance.

A l’économie, les tenants de la théorie du pic pétrolier substituent non pas la géologie mais la mathématique. « En fait, explique un disciple français, la production de pétrole doit passer par un maximum. C’est vrai pour tout gisement de pétrole pris individuellement, pour un pays, ou pour le monde dans son ensemble. Cela découle d’un théorème de mathématiques (…) » [10]. La théorie du pic pétrolier part d’une assertion apparemment banale, selon laquelle la production cumulée d’une ressource est bornée par les réserves totales.. A la suite d’Hubbert, qui s’est inspiré des travaux du mathématicien belge P.F. Verhulst destinés à affiner la conception malthusienne de l’évolution de la population [11], ses disciples glosent à l’infini sur les propriétés d’une fonction mathématique (la fonction logistique) qui pose que l’extraction issue d’un stock initial donné (et donc qui ne se renouvelle pas en cours de route) commencer à zéro, passe par un maximum lorsque la moitié de la ressource a extraire pour décliner ensuite vers zéro. Hubbert et ses disciples appliquent la même fonction mathématique aux découvertes des gisements de ressources, de sorte que les deux courbes sont semblables, l’une devançant l’autre d’un délai constant.

Séduisante, la théorie n’est pas fondée sur une logique économique, laquelle s’accommode mal avec l’idée de l’exploitation d’une ressource jusqu’à l’épuisement total, ce qui est un non-sens évident : quel mortel pourrait le savoir ? Elle n’est pas pour autant fondée sur une logique géologique ou technique : sinon, il faudrait admettre qu’en tout temps, en tout lieu et pour toute ressource non renouvelable, l’exploitation obéit aux mêmes contraintes géologiques, qu’elle est gouvernée par les mêmes paramètres immuables, qu’elle évolue dans le temps selon une même loi mathématique. La référence à la loi des grands nombres [12] n’est pas recevable, car la condition d’indépendance des observations n’est manifestement pas vérifiée dans le cas de productions issues de gisements dont les opérateurs sont exposés à un environnement économique partagé.

Il est clair que c’est de sa nature purement mathématique que la théorie de Hubbert et de ses disciples tire sa force et ses vertus prédictives. L’extrapolation grâce à la courbe d’Hubbert des découvertes et de la production futures permet de calculer la date du pic de la production, qui est indiquée par le point où la production cumulée atteint la moitié des ressources totales. Alternativement, l’observation de l’évolution du ratio production sur production cumulée permet d’inférer le montant des réserves récupérables grâce à une estimation économétrique élémentaire des paramètres de la courbe d’Hubbert.

En sélectionnant de manière ad-hoc les données utilisées [13], les disciples de Hubbert affirment être en mesure de calculer le montant des réserves ultimes (assimilé au montant de production cumulée pour lequel la production s’annule) sans être dépendants des données publiées par les compagnies pétrolières ou les agences spécialisées. Ils affichent des estimations de réserves de pétrole ultimement récupérables constamment révisées à la hausse au fil des ans et caractérisées par des écarts systématiquement négatifs, permanents et quasi constants, par rapport aux estimations des compagnies ou des agences publiques spécialisées. C’est ce qui permet aux membres de l’Aspo de se poser en critiques des estimations « officielles » (et, comme on l’a vu, des projections d’émissions de GES du GIEC). En matière pétrolière, « les données publiques sont soit politiques, soit financières, et sont pour la plupart orientées », tonne Jean Laherrère, un ancien de Total.

Mais qui peut sérieusement croire que l’initié, en l’occurrence un géologue en chambre éclairé par la révélation d’Hubbert, soit en mesure de faire des prédictions certaines, sur la hauteur et la date du pic ou, plus fort encore, sur le montant des réserves ultimes recelées par la croute terrestre. Et soit en droit d’accabler d’imprécations le reste de l’humanité sourd à ses prophéties apocalyptiques.

Comme le souligne le Pr Giraud, « la thèse de Hubbert ne devrait pas être utilisée en prévision, sauf lorsque nous nous approchons de la fin des réserves économiquement récupérables. Toutefois, si tel est le cas, nous n’en avons plus vraiment besoin » [14]. Autrement dit, la principale limite à l’utilisation de la méthode d’Hubbert en prévision est qu’elle excelle à prévoir le passé plutôt que le futur, car elle ne repose sur rien d’autre que l’extrapolation des données passées. Ses prédictions sont affectées de marges d’erreurs considérables, qu’il s’agisse de la date et du niveau du pic de production ou du montant des réserves récupérables, soumises à révision, dans un sens ou dans l’autre, en fonction de l’évolution de la production. La prédiction initiale d’Hubbert, qui portait sur la production américaine de pétrole et qui a tant contribué à la popularité de sa méthode, a été correctement datée mais elle a sous-estimé d’un quart le niveau de production à cette date. En outre, Hubbert a pronostiqué des réserves ultimes inférieures à la production cumulée à ce jour (plus de 200 Giga barils aujourd’hui) et toujours pas épuisées. L’application de la méthode à d’autres régions de production a donné des résultats contrastés, parfois tout à fait erronées. Au niveau mondial, les prévisions du Peak oil, parfois risiblement précises (le jour de Thanksgiving 2005, selon le Pr Deffeyes), s’étagent, selon les auteurs, sur une vaste plage de temps et elles ont glissé au fil des ans quand elles n’ont pas été requalifiées de manière opportuniste : l’Aspo parle désormais de « pic pétrolier » conventionnel.

Pourtant, sans doute stimulée par la prolifération des pronostics de « pic » culminant avec le Peak Everything de Richard Heinberg (2007), l’Aspo a élargi la gamme de ses pronostics dérivés de la méthodologie de Hubbert à d’autres pics, plus ou moins imminents : aujourd’hui ou même hier pour le pétrole conventionnel, demain (2019) pour le charbon, après-demain (2030) pour le gaz, ce qui lui permet de confirmer ses critiques des scénarios d’émissions du GIEC : « Tous les scénarios d’émission publiés au cours des 10 dernières années sont erronés »., martèle Aleklett [15]. Les projections préliminaires associées au prochain rapport d’évaluation du GIEC ne sont pas mieux accueillies : « Il est choquant d’observer que le GIEC ne tient pas compte des projections énergétiques officielles et de constater que les décideurs politiques n’ont pas conscience du fossé qui sépare la réalité et les données introduites dans les modèles du GIEC tranche Jean Laherrère à leur propos [16].

3. Le « pic pétrolier » au secours des politiques climatiques ?

Dans une logique à la Hubbert, la raréfaction des ressources de combustibles fossiles fait obstacle au changement climatique. Certains tenants du pic pétrolier en tirent la conclusion que la pénurie d’énergie fossile est « une bonne nouvelle pour le climat ». C’est la thèse que développe dans un livre un professeur émérite en géologie de l’université de Montpellier, membre d’Aspo France [17]. La même question : « la raréfaction des énergies fossiles offrira-t-elle une solution spontanée au problème du climat ? » a été également posée au sein du Conseil économique pour le développement durable (qui a pour mission d’éclairer, par la confrontation des analyses économiques, l’élaboration et l’évaluation des politiques dans les domaines de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement) [18].

Cependant, dans le discours des ONG, des médias, voire des experts spécialisés (IFP, AIE) et des énergéticiens (Shell, Total), la lutte contre le changement climatique a été étroitement associée au thème de la raréfaction des ressources naturelles, en particulier au déclin prochain de la production pétrolière, évoquée dès le milieu des années 2000 dans les principaux médias français.

Fréquente dans les discours de la société civile, l’association du changement climatique et du pic pétrolier l’est également dans le discours des politiques, bien au-delà de la mouvance écologique. Sa matrice est le rapport Bruntland, Notre avenir à tous, rédigé en 1987 : « L’ultime limite du développement pourrait bien être celle imposée par la disponibilité́ de ressources énergétiques et par la capacité́ de la biosphère à supporter les sous-produits dégagés par l’utilisation de l’énergie. Ces limites seront peut-être atteintes plus rapidement que celles imposées par diverses autres ressources. Tout d’abord, il y a les problèmes d’approvisionnement : épuisement des ressources pétrolières, coût économique et écologique de l’exploitation du charbon, dangers du nucléaire. Ensuite, il y a les problèmes d’émission : précipitations acides et accumulation de gaz carbonique qui provoque le réchauffement de la planète » [19].

Les leaders de la précédente majorité ont fait des références précises au jumelage des menaces, de Nicolas Sarkozy : « Le XXIème siècle sera le siècle de la fin du pétrole » (9 octobre 2008) à François Fillon : « Il y a la question du réchauffement climatique, qui risque de provoquer des dégâts bien plus graves que n’importe quel accident technologique. Il y a la raréfaction des ressources énergétiques, notamment des ressources en matière de pétrole et de gaz (27 mars 2012) ou Jean-Louis Borloo : « Si la patrouille climat ne passe pas, il y aura la patrouille pétrole derrière » (12 mars 2012), précédés par Dominique de Villepin : « Nous sommes confrontés à un changement global qui additionne le réchauffement climatique, la perte de biodiversité et la raréfaction des ressources (14 novembre 2005). La nouvelle majorité, plus prudente sur la datation du pic pétrolier : « je ne sais pas si le pic de production a été atteint, certains le disent » (François Hollande, 14 décembre 2010), évoque la « rareté des énergies fossiles » et « l’obligation écologique de réduire nos consommations de CO2 », parmi les facteurs qui imposent à la France de « réussir la transition énergétique » (François Hollande, « Réussir la transition énergétique », Le Monde, 28 novembre 2011).

Le couplage de la thématique du changement climatique et de la raréfaction des ressources énergétiques est relayé par de multiples acteurs publics. Un argumentaire en faveur du développement responsable du nucléaire civil présenté sur le site du MAE relève « la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre dans le contexte du réchauffement climatique, la perspective d’une raréfaction des ressources énergétiques et l’exigence accrue de sécurité des approvisionnements énergétiques » parmi les facteurs conduisant les États à lancer ou relancer - un programme électronucléaire ». Enfin, au plan local ou dans une perspective d’aménagement du territoire, l’évocation jumelée des deux menaces auxquelles l’action publique doit faire face est largement répandue, notamment dans les villes affichant une vocation « verte ». Enfin, les experts en matière de sécurité et de prospective se sont également intéressés à la double thématique du changement climatique et de raréfaction des ressources naturelles, en essayant d’anticiper les conséquences de raretés accrues sur la prospérité économique, sur les risques de conflits pour l’appropriation des ressources, sur les risques d’agitation sociale et d’instabilité politique, en termes également de contraintes sur la logistique militaire.

L’association du changement climatique et de la théorie du pic pétrolier tient largement à la hausse forte et soutenue des prix entre la fin des années 1990 et la crise de 2007-2008. Succédant à une longue phase de baisse des prix inaugurée par le contre-choc pétrolier du milieu des années 1980, à peine interrompue par la première guerre du Golfe et renforcée par la crise asiatique, la tendance continue à la hausse des prix depuis le début des années 2000 a incité à en rechercher les causes structurelles. L’annonce, dès 1998, de la fin du pétrole à bon marché par les fondateurs de l’ASPO a attiré l’attention des experts pétroliers et des financiers sur les thèses d’Hubbert et favorisé l’établissement d’un consensus largement mimétique autour de la proximité du pic pétrolier.

Mais, le couplage de deux thématiques potentiellement contradictoires témoigne aussi des motivations des acteurs.

La plus évidente des motivations possibles procède des commodités rhétoriques procurées par le rapprochement des deux thématiques. Les menaces climatiques, en dépit des garanties scientifiques fournies par le GIEC, restent incertaines et lointaines dans leur calendrier et leurs manifestations. A l’inverse, les conséquences d’une raréfaction prochaine des sources d’énergie sont perceptibles par tout le monde comme une menace sur la vie de tous les jours. Le couplage des deux problématiques se présente comme un moyen de mobilisation de l’opinion en faveur des mesures de lutte contre le changement climatique, d’autant plus naturellement que les politiques climatiques sont en pratique focalisées sur l’atténuation des émissions et privilégient les programmes d’économie d’énergie ou de transition énergétique. Inversement, l’association avec le changement climatique procure un menu pratique de mesures à prendre pour anticiper la raréfaction des ressources énergétiques, notamment là encore, des mesures d’économie. Comme le souligne une étude du Centre International de Recherche sur l’Environnement et le Développement (Cired), les politiques de lutte contre le changement climatique peuvent contribuer à pallier la raréfaction du pétrole : “ Les politiques climatiques peuvent être considérés comme un moyen de se protéger des effets potentiellement négatifs de la rareté du pétrole sur l’économie mondiale (...) Le coût en termes de bien-être des politiques climatiques est donc considérablement réduit, ce qui incitate à adopter des objectifs climatiques plus rigoureux. Finalement, ce qui réduit le risque de futures pertes économiques dues à la pénurie de pétrole peut apparaître comme un avantage significatif des politiques climatiques à de nombreux décideurs” [20]. L’association des deux thématiques est souvent le fait des avocats de l’énergie nucléaire, comme Hubbert lui-même l’était, ou des énergies « vertes ».

Un second type de motivation est la justification de politiques de dépenses publiques. Face à la « grande dépression », les principales puissances économiques ont réagi en lançant des plans de soutien souvent massifs au regard de leur capacité d’endettement soutenable, dont la plupart comportaient une forte composante présentée comme « verte » sous la forme de travaux d’infrastructure ou de subventions à l’innovation pour la production et l’usage d’ énergies renouvelables. Selon les estimations de la banque HSBC, les fonds « verts » ont représenté plus de 15% des plans de relance des pays du G20, dont près de 60% pour les pays de l’UE et 38% pour la Chine [21].

Un troisième type de motivation relève de la promotion des mesures permettant d’endiguer la substitution du pétrole par le charbon dans l’après « pic pétrolier », en parant celles-ci de considérations éthiques telles que la lutte contre le changement climatique, pour en atténuer les aspects contraignants. « Lorsque le pétrole deviendra plus rare et plus cher, l’économie s’adaptera pour tenter de proposer le plus rapidement possible les solutions de remplacement les moins coûteuses (…) Les solutions les plus « économiques » (au sens de l’économie de court terme) sont aujourd’hui des solutions carbonées, qui émettront beaucoup de CO2 (…) Les seules solutions « éthiques », qui limiteront l’utilisation du charbon, conduisent à une décroissance de l’offre énergétique mondiale dès 2025 – 2030 (…) La sobriété sera-t-elle assumée librement dans le cadre de sociétés démocratiques, ou s’orientera-t-on vers des régimes totalitaires qui gèreront les pénuries de manière autoritaire ? » s’interrogent un expert climatique et deux ingénieurs dans la revue de l’X [22].

Une quatrième motivation a trait à des préférences pour des politiques technocratiques ou autoritaires, favorisées par les partisans de la thèse du « pic pétrolier », laquelle, on l’a dit, ne fait jouer aucun rôle aux prix dans la dynamique de la production ni dans celle de la demande. Selon Yves Cochet, « dans les années 2020, il est probable que les prix seront si hauts qu’il faudra organiser un rationnement pour l’énergie et pour l’alimentation, sous la forme de tickets ou de cartes carbone. Ce rationnement devra être équitable, sinon les gens se révolteront » [23].

Un dernier type de motivation, encore plus troublant, consiste à promouvoir des approches malthusiennes, communes au conservationisme environnemental et aux théoriciens du « pic pétrolier », où convergent des courants de pensée allant de la droite extrême aux écologistes radicaux, avocats de la décroissance, économique ou même démographique. On y rencontre le co-auteur, en 1972, de The Limits to Growth , Dennis Meadows, pour qui « Nous n’avons pas mis fin à la croissance, la nature va s’en charger ». Mais on y entend aussi des échos de cette « pensée trouble » que Bourdieu dénonçait chez Heidegger, comme dans ces propos d’un membre d’Aspo France, si convaincu de la contribution potentielle des pandémies à l’atténuation du changement climatique qu’il reproche au GIEC de n’avoir pas considéré de scénarios de recul de la population mondiale : « une décroissance rapide de la population comme conséquence d’une série d’épidémies majeures peut difficilement être qualifiée de vision radieuse. Cela étant, si nous nous limitons au problème du changement climatique, cela peut assurément en changer l’ampleur » [24].

4. Les surprises de l’innovation

L’irruption des gaz et des huiles de schiste dans le paysage énergétique mondial apporte un démenti cinglant aux prédictions d’un déclin imminent de la production des carburants fossiles.

Les gaz non conventionnels sont connus depuis longtemps ainsi que les techniques permettant de les exploiter. C’est la combinaison de deux de ces techniques, la fracturation hydraulique de la roche et le forage horizontal, qui a démultiplié les capacités d’extraction dans les années 2000, à la faveur d’un environnement de prix stimulant. Le premier forage horizontal, au Texas, date de 1929 mais la technique a été testée en URSS et en Chine dès les années 1950 et 1960. La fracturation hydraulique a commencé d’être utilisée en 1947 au Kansas. La première exploitation commercialement rentable des deux techniques a eu lieu en 1998, au Texas.

Le gaz de schiste fournit aujourd’hui 32% de la consommation de gaz naturel des Etats-Unis, qui représente elle-même 30% de la consommation totale d’énergie. La production de pétrole de schiste a couvert 5% de la consommation de pétrole des Etats-Unis en 2012. En 2020, le gaz de schiste devrait représenter 38% de la consommation de gaz naturel des Etats-Unis, le pétrole de schiste 15 à 20% de la consommation de pétrole.

Le consensus sur la raréfaction des ressources en énergies fossiles, symbolisée par la thèse du pic pétrolier, s’est délité plus vite encore qu’il ne s’était installé. Les mêmes médias qui avaient popularisé de manière explicite ou dissimulées la problématique de l’ASPO s’interrogent désormais sur la fin du pic pétrolier. Les experts, les agences spécialisées et les compagnies pétrolières ralliées au concept, mais en le reportant assez loin dans le temps, le déclarent désormais sans objet. Les experts en géostratégie ne considèrent plus les raretés comme une tendance structurante. Aux Etats-Unis, le National Intelligence Council, entre les Global trends 2025 publiés en 2005 et les Global trends 2030 publiés en 2010, passe de l’assurance de la fin du pétrole pour 2025 à la perspective plus rassurante d’un monde non nécessairement voué à la rareté.

Les perspectives énergétiques mondiales publiées par l’AIE en 2012 écartent l’hypothèse d’insuffisance des ressources envisagée avec prudence par l’agence dans ses travaux antérieurs. L’agence souligne notamment que l’évolution des conditions de marché et le progrès technique permettront le transfert d’une partie des ressources recouvrables vers les réserves prouvées, s’agissant notamment de larges volumes de pétrole et de gaz non conventionnels, renforçant l’assurance que le montant de l’offre sera suffisant pour satisfaire la demande au cours des décennies à venir. Selon l’agence, “Le gaz naturel est sur le point d’entrer dans un âge d’or, mais ne le fera que si une proportion importante des vastes ressources mondiales de gaz non conventionnel - gaz de schiste, gaz de réservoir étanche et le méthane de houille - peut être développée de manière rentable et d’une manière acceptable pour l’environnement” [25]

La réponse des adeptes du pic pétrolier reflète trois niveaux de rigidité. Le premier niveau consiste à nier ou à minimiser la signification des ressources nouvellement exploitées, en leur appliquant des cycles d’Hubbert particulièrement courts et en les promettant, elles aussi, à un déclin prochain. Le deuxième niveau consiste à minimiser l’impact de la réévaluation des ressources exploitables sur le calendrier du pic, en rappelant que les paramètres des courbes à la Hubbert sont peu sensibles aux modifications du montant total des réserves : une augmentation de 50% des réserves ultimes déplacerait le pic d’une grosse décennie seulement [26]. Le dernier niveau consiste à affadir le message en prédisant un plateau de la production, accompagné pour faire bonne mesure, par l’anticipation de prix volatils. Ce qui revient à s’aligner, peu ou prou, sur les analyses des experts officiels et à renoncer au caractère prophétique du « pic ». Certains des disciples de Hubbert proposent désormais des modélisations reposant sur des cycles multiples ou même des fonctions multiples, qui permettent de mieux tenir compte des développements de la production pétrolière, mais au prix de perte de la simplicité et surtout, de la vigueur prophétique de la prédiction.

Conclusion.

L’essor de la production du gaz et du pétrole non conventionnel signe moins l’échec d’une théorie peu robuste que celui d’un raisonnement qui prétendait ignorer l’économie en postulant que le rapport de l’homme à la nature est un problème d’ingénieur. C’est méconnaître l’efficacité profonde des mécanismes de marché, c’est-à-dire de l’initiative décentralisée répondant aux signaux adressés par les prix relatifs, parfois avec le concours de l’Etat.

Les prix comptent, dans le secteur de l’énergie comme dans le reste de l’économie. On l’a observé dans les années 1970, lorsque l’envolée des prix du pétrole a stimulé la recherche et l’investissement dans la recherche de sources alternatives. On l’a vérifié dans les années 1980-1990, pendant lesquelles l’effondrement des prix de l’énergie a dissuadé l’arrivée sur le marché de nouvelles technologies et gelé l‘investissement et la recherche. On l’a encore constaté depuis le début du siècle, lorsque une nouvelle flambée des prix des énergies fossiles a ravivé l’intérêt pour les innovations envisagées dans les années 1970, tant pour les énergies renouvelables que pour les combustibles fossiles non conventionnels.

En retour, la révolution technologique en cours a provoqué des ajustements de prix aux effets puissants et de longue durée, intéressant le secteur énergétique mondial dans son ensemble et allant bien au-delà. L’afflux de gaz non conventionnels a pesé de manière décisive sur les prix du gaz naturel sur le marché américain (3,34 USD par millions de Btu en décembre 2012, contre moins de 2 USD en avril 2012 mais 13 USD en décembre 2005) et creusé un écart croissant avec les prix sur le marché européen (11,8 USD) et japonais (16,5 USD). Il a offert aux producteurs d’électricité américains un substitut économique et moins polluant au charbon, dont les prix domestiques et internationaux ont fortement baissé avec l’effondrement de la demande sur le marché américain. Il a contribué au rebond de la production de pétrole aux Etats-Unis (plus de 5,6 millions de barils/jour en 2012, en hausse de 13% par rapport à 2008) en incitant les entreprises exploitant les gisements schisteux marginaux à se reporter sur les liquides pour tirer profit de leurs prix plus élevés que les produits gazeux. De nombreux observateurs perçoivent les premiers signes d’un renouveau de l’industrie aux Etats-Unis à la faveur de la baisse du coût local de l’énergie, qu’une partie des milieux d’affaires a tenté, vainement, de réserver aux producteurs américains en poussant l’Administration à s’opposer à la construction d’usines de liquéfaction du gaz aux Etats-Unis.

Il a profondément modifié les conditions et la géographie des débouchés du GNL et contribué à saper le pouvoir de Gazprom sur ses clients, actuels en Europe et futurs en Asie. Il a enfin affecté les conditions de la transition vers les énergies vertes. En France, selon le bilan énergétique 2012 publié par RTE, la part des énergies renouvelables dans la production d’électricité française a progressé de 16,4%. Mais la production thermique générée par le charbon a également fortement progressé (35%) en raison de la compétitivité du charbon américain par rapport au gaz et de l’effondrement du prix du carbone sur le marché des droits d’émissions de GES. De ce fait, les émissions de CO2 du secteur électrique en 2012 sont supérieures de 7% à celles de 2011.

La réponse des producteurs aux signaux de prix est tout aussi aisément observable s’agissant les énergies renouvelables, comme l’illustre l’apparition de surcapacités au niveau mondial dans la fabrication des panneaux solaires, en réponse aux stimuli inclus dans les politiques publiques en faveur des énergies renouvelables.

Les politiques climatiques devront viser en priorité l’établissement d’un prix du carbone suffisamment élevé pour inciter au renforcement de l’efficacité énergétiques et au développement d’énergies renouvelables. Cela suppose aux Etats-Unis, la mise en place des instruments adaptés et,en Europe, la réforme des instruments existants mis à mal par la générosité des allocations de permis d’émissions et par la crise économique.

Le couplage du Pic pétrolier et du climat s’est révélé problématique dès lors que la révolution énergétique suscitée par l’essor de la production de gaz et de pétrole de schiste apporte un démenti aux prophéties des disciples de Hubbert. On peut observer un recul des préoccupations environnementales chez les Français. Celui-ci se manifeste principalement par une relégation de la pollution au troisième rang de leurs préoccupations en 2012, derrière le chômage ou les inégalités sociales, citée par 38% des personnes interrogées par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise énergétique (ADEME) sur les 3 problèmes les plus importants, contre 65% en 2006, en janvier 2012]. On assiste également a un recul sensible de la perception des risques liés au changement climatique dans l’opinion, jugés par 40% de sondés comme faisant partie des 3 menaces les plus importantes en 2012 contre 53% en 2008, dans un sondage réalisé pour le WWF en mars 2012.

L’évanouissement de la prophétie du pic pétrolier imminent prive les politiques de lutte contre le changement climatique des béquilles rhétoriques consistant à invoquer la nécessité de faire face à la raréfaction des combustibles fossiles.

Mais, comme le souligne l’AIE, "accroître la part du gaz dans le mix énergétique global ne suffira pas, en l’état actuel des technologies, à éviter un changement climatique grave, même si le gaz naturel a un rôle important à jouer en tant que complément des énergies faiblement carbonées et en tant qu’énergie flexible mobilisée pour soutenir le développement des énergies renouvelables". L’Agence internationale de l’énergie a calculé que le potentiel d’émissions des réserves de carburants fossiles telles qu’estimées en 2011 atteint 2 860 Gigatonnes de CO2, dont 1 800 pour le charbon, 630 pour le pétrole, 430 pour le gaz. Un scénario de stabilisation de la concentration du CO2 à 450 ppm d’ici 2100 implique que 2/3 des réserves disponibles en 2012 restent inexploitées d’ici 2050, en l’absence de mise en œuvre généralisée de mesures de capture et de séquestration du carbone [27].

Les politiques climatiques devront désormais être justifiées par leurs mérites propres, sans le secours de l’invocation de menaces tenant plus du millénarisme énergétique que de la prospective raisonnée. Le changement climatique, qui appelle la mise en œuvre résolue et dans la durée de mesures d’atténuation et d’adaptation, est une chose trop sérieuse pour être associée, même de manière rhétorique, à des thèses prophétiques.

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[1International Panel on Climate Change (IPCC), Technical Summary, IPCC WGI Fifth Assessment Report, First Order Draft, (version non-officielle), disponible sur le site :
scribd.com/doc/116938935/TechnicalSummary-WG1AR5-TS-FOD-All-Final.

[2Voir IPCC, Technical Summary, IPCC WGI Fifth Assessment Report, TFE.7, Figure 1, p. 92. Les scenarios sont décrits in J. Rogelj, M. Meinshausen & R. Knutti, “Global warming under old and new scenarios using IPCC climate sensitivity range estimates”, Nature Climate Change, 2, pp. 248–253 ; disponible sur le site :
www.iac.ethz.ch/people/knuttir/papers/rogelj12natcc.pdf

[3Voir Potsdam Institute for Climate Impact Research and Climate Analytics, Turn Down the Heat. Why a 4C Warmer World must be avoided, A Report for the World Bank, novembre 2012 ; disponible sur le site : climatechange.worldbank.org/sites/default/files/Turn_Down_the_Heat_Executive_Summary_English.pdf.

[4IPCC Special Report on Carbon dioxide Capture and Storage, 2005, p. 64

[5Stern Review on the Economics of Climate Change, 2006, p. 185.

[6Les rapports du GIEC sont soumis à un processus d’examen et d’amendements ouverts aux experts gouvernementaux et académiques au cours duquel duquel les remarques des partisans du pic pétrolier ont été entendues et sèchement rejetées par les experts du GIEC. Voir IPCC Synthesis Report Fourth Assessment Report. Formal Government and Expert Review of First Order Draft ; disp. sur le site :
ipcc.ch/publications_and_data/pdf/ar4/comments/Comments_Topic3.pdf

[7Kjell Aleklett, “Global warming exaggerated, insufficient oil, natural gas and coal”, Dagens Nyheter , 18 mai 2007, disp. sur le site Energy Bulletin, associé à l’ASPO : http://www.energybulletin.net.

[8Sur ce point, voir Pierre-Noël Giraud, professeur à l’Ecole nationale supérieure des mines – Paris, A note on Hubbert’s hypotheses and techniques, 2011 ; disp. sur le site : hal-ensmp.archivesouvertes.fr/docs/00/58/91/33/PDF/CWP_1103.pdf

[9Kjell Aleklett, Mikael Höök, Kristofer Jakobsson, Michael Lardelli, Simon Snowden, Bengt Söderbergh , The Peak of the Oil Age - The Uppsala World Energy Outlook, 2009.

[10Jean-Marc Jancovici, Le pic, c’est encore loin papa ?, Manicore, juillet 2012 ; disponible sur le site : manicore.com/documentation/petrole/pic_passe_petrole.html

[11Cf. P.F. Verhulst, Notice sur la loi que la population suit dans son accroissement, in Correspondance mathématique et physique, tome 4, société belge de librairie, 1838, pp . 113-121.

[12En statistiques, la loi des grands nombres exprime le fait que les caractéristiques d’un échantillon aléatoire se rapprochent d’autant plus des caractéristiques statistiques de la population que la taille de l’échantillon augmente.

[13Hubbert n’a pas tenu compte des données de production pétrolière américaine avant 1900. En utilisant toutes les données disponibles, qui remontent à 1859, la méthode de Hubbert « prévoit » l’épuisement de la production américaine en 1990 et la fin de découvertes en 1981. Un de ses disciples, le Pr. Deffeyes estime une équation pour la production mondiale sur la période 1983-2003, ignorant les données des années antérieures. Il chiffre les réserves ultimes à 2500 Giga barils. Estimées en tenant compte des données disponibles depuis 1950, les réserves tombent à 1 500 Giga barils, à peu près le total produit depuis le milieu du XIXème siècle.

[14Giraud, op. cit.

[15Cité in Paddy Manning ; “Emissions scenarios are based on flawed assumptions, says energy expert”, Sidney Morning Herald, 27 novembre 2010 .

[16Cf. Jean Laherrère , Updating IPCC SRES 40 2000 energy scenarios with present data and 2008 IEA & 2009 EIA forecasts, septembre 2009.

[17Voir Adolphe Nicolas, Énergies : une pénurie au secours du climat ?, Paris, Belin, 2011.

[18Cf. Patrick Criqui et Jean-Marie Martin-Amouroux, « La raréfaction des énergies fossiles offrira-t-elle une solution spontanée au problème du climat ?, in Les économistes et la croissance verte. De l’évaluation à l’action, Conseil économique pour le développement durable, mai 2012, pp. 49-53.

[19P. 51, disponible sur le site du Ministère des affaires étrangères.

[20J. Rozenberg, S. Hallegatte, A. Vogt-Schilb, O. Sassi, C. Guivarch, H. Waisman, and J.-C. Hourcade, “Climate policies as a hedge against the uncertainty on future oil supply”, Climatic Change, 101(3), 2010.

[21A Climate for Recovery. The colour of stimulus goes green, HSBC, 25 février 2009.

[22P.R. Bauquis, H. Le Treut, B. Rogeaux, « Changement Climatique, pétrole et gaz : les mêmes échéances », La Jaune et la rouge, septembre 2009.

[23Interview dans la revue Silence, n° 379, mai 2010.

[24J.M. Jancovici, « Energie et changement climatique : à propos de deux évolutions opposées », Journal de Physique - proceedings, volume 121, Janvier 2005

[25EIA, Golden Rules for a Golden Age of Gas. World Energy Outlook Special Report, décembre 2012.

[26Cf. A. A. Bartlett, “An analysis of U.S. and world oil production patterns using Hubbert-style curves,” Math. Geol. , n°32, 1, 2000.

[27Cf. AIE, World Energy Outlook 2012, p. 259.


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