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Synthèse de l’actualité internationale de juillet et août 2020

Par Axelle DEGANS*, le 1er septembre 2020.

Voici une précieuse synthèse de l’actualité internationale de juillet et août 2020 qui sera fort utile à tous ceux qui veulent disposer d’un point de l’actualité géopolitique, suivent la spécialité #HGGSP voire préparent un concours. Pour ne rien manquer, et recevoir nos alertes sur des documents importants, le plus simple est de s’abonner gratuitement à notre Lettre d’information hebdomadaire ou au compte twitter de veille géopolitique @diploweb (plus de 15 700 followers). Avec deux bonus vidéo et la thèse de doctorat d’Axelle Degans !

Le sort des urnes durant l’été 2020

Le président russe Vladimir Poutine a organisé durant l’été 2020 un referendum pour pouvoir éventuellement prolonger son mandat jusqu’à l’horizon 2036. Comme l’URSS, la Russie post-soviétique de V. Poutine deviendra-t-elle une gérontocratie ?

En Pologne, le président sortant, Andrzej Duda, est réélu à la magistrature suprême.

En Biélorussie, le président sortant Alexandre Loukachenko est réélu, mais ces élections ont été qualifiées par Bruxelles de « ni libres, ni justes ».

Japon : Shinzo Abe démissionne

Le premier ministre japonais, Shinzo Abe, démissionne fin août 2020 pour raison de santé. Il est l’un de ceux à avoir occupé ce poste le plus longtemps. Ce conservateur – membre du parti du PLD – a exercé un mandat marqué par le nationalisme et la lutte contre une situation économique morose. Il a tenu un discours de fermeté vis-à-vis de Pékin qui a multiplié les coups de force en mer de Chine orientale autour des ilots Senkaku, a proposé – sans succès – une révision constitutionnelle pour moderniser le statut de l’armée et multiplié les visites au sanctuaire Yasukuni - où reposent les âmes des soldats morts pour l’empereur lors de la Seconde Guerre mondiale - provoquant l’ire de ses voisins. Sa politique économique, les Abenomics, est composée de « trois flèches » pour sortir l’archipel de la déflation : un assouplissement monétaire, une relance budgétaire et, une troisième flèche qui n’a pas été décochée, des réformes structurelles. Il est aussi le premier ministre qui a signé un accord de libre-échange avec l’Union européenne, et les États-Unis avec l’accord transpacifique. Sa succession est ouverte.

À l’Est, du nouveau…

Alors que le président russe V. Poutine a obtenu la possibilité de prolonger son mandat, l’Extrême-Orient russe est le siège d’une contestation anti-poutine durant l’été 2020. Les manifestants dénoncent la relégation de cette province à onze fuseaux horaires de Moscou, les difficultés économiques croissantes, la corruption et plus généralement l’arbitraire.

En Biélorussie, l’inamovible président Alexandre Loukachenko a été réélu durant l’été 2020 à la magistrature suprême pour un sixième mandat. Il a face à lui une opposition féminine animée par Svetlana Tikhanovskaïa secondée par Veronika Tseptkalo et Maria Kolesnikova. La situation s’est considérablement tendue après le refus de Loukachenko d’unir Biélorussie et Russie, le Kremlin a resserré son étreinte économique plongeant la petite république dans des difficultés aggravées par la crise sanitaire. Les manifestations défient le pouvoir en place et la répression les amplifie. Ainsi deux cent mille manifestants se sont réunis dans la capitale biélorusse. Svetlana Tikhanovskaïa organise, depuis son exil lituanien, un « comité de transition » en prévision de possibles nouvelles élections. Il semble plus difficile à Alexandre Loukachenko de préparer une succession en faveur de son fils. Moscou se dit prêt à intervenir, y compris au niveau militaire, pour « stabiliser » son voisin.

Alexeï Navalny, opposant déclaré au président russe, est hospitalisé en août 2020 en Allemagne dans une situation inquiétante. Il est tout à fait possible qu’il ait été victime d’un empoisonnement politique, une pratique courante de la Russie poutinienne.

Axelle Degans

Union européenne : un moment charnière ?

L’Allemagne prend, le 1er juillet 2020, la présidence tournante du Conseil de l’Union pour une durée de six mois. Les défis sont immenses. La négociation du Brexit n’est pas l’échéance la moins importante. Au niveau économique, les dossiers primordiaux sont nombreux : négociation du budget (avec le Brexit pour nouvelle donne) qui s’annonce très délicate, négociation du plan de relance ne l’est pas moins car les divergences sont fortes entre les pays qui veulent pas trop dépenser (Pays-Bas, Autriche, Danemark, Suède, Finlande) et ceux qui ont une vision plus généreuse, négociations avec la Chine et les États-Unis (les principaux partenaires commerciaux hors-Europe des pays de l‘Union), la place du « pacte vert » à l’heure de la crise économique consécutive de la crise sanitaire du coronavirus. L’UE est-elle capable de relever les défis de l’économie numérique ? Les défis géopolitiques sont au moins aussi pressants. Comment faire évoluer la structure de l’Union : vers davantage de fédéralisme (budget et plan de relance ambitieux y amènent de manière implicite), vers une Union davantage confédérale ? Il s’agit aussi de s’entendre sur l’identité européenne et le projet communautaire alors que les relations géopolitiques internationales sont de plus en plus tendues entre les principales puissances de la planète, au moment où les périls montent dans l’environnement de l’Union (terrorisme, défi migratoire, tensions en Méditerranée orientale, aux marges orientales de l’Europe…). Définir la Chine comme un « rival systémique » est une première étape, les prochains mois seront cruciaux pour savoir si cette analyse se traduit dans les faits. La question de la souveraineté européenne se pose au travers de sa souveraineté économique et géopolitique dont la récente crise sanitaire a montré la vulnérabilité. Enfin, les intérêts allemands sont-ils toujours en concordance avec les intérêts de l’UE ? Après que la cour de Karlsruhe ait, au printemps 2020, menacé l’achat d’obligations d’État par la Banque centrale européenne, le Bundestag l’a légitimé.

Le sommet de Bruxelles a de nouveau donné lieu à des tractations qui, pour permettre l’adoption d’un plan de relance, autorisent un rabais au bénéfice des pays « frugaux » pour accepter un plan de relance dont ils contestent le montant et, in fine, l’utilité. Les rabais obtenus par les uns seront compensés par un accroissement de la contribution des autres, comme la France. Ce plan de relance pose fondamentalement la question du contrôle des aides et donc du degré d’indépendance, pour ne pas dire de souveraineté, des États membres. L’accord prévoit un plan de relance de 750 milliards d’euros, pour aider les Européens à faire face à la crise, basé sur un emprunt commun – ce qui est inédit – qui fait progresser l’Union vers davantage de fédéralisme. Ces fonds feront en revanche défaut aux autres projets européens, définis comme essentiels avant la crise sanitaire, tels la défense ou la recherche… ou la santé pourtant cruciales pour l’avenir de l’Union.

La souveraineté de l’Union européenne passe, elle, par une augmentation sensible de ses fonds propres, la taxation des GAFAM pourrait en être un outil. Comme le prélèvement d’une taxe à l’échelle européenne, ou d’une taxe sur les activités boursières, à partir de 2021 l’Union taxe les déchets plastiques pour avoir davantage de ressources financières.

En attendant, Donald Trump continue sa politique de rapatriement des « boys », une partie des troupes déployées en Allemagne dans le cadre de l’OTAN, et de redéploiement des soldats vers les pays d’Europe centrale et orientale mais aussi l’Italie et la Belgique qui accueille, à Mons, le commandement de l’OTAN. Cette annonce est très mal prise en Allemagne, accusée par le président américain de ne pas participer suffisamment aux charges militaires.

Bruxelles prend des sanctions contre le Cambodge mais reste discrète avec la Chine…

L’Union européenne décide de prendre durant l’été 2020 des sanctions commerciales en réponse à la dérive autoritaire actuelle du Cambodge. Le gouvernement khmer interdit le plus important parti politique d’opposition du pays. Le Cambodge bénéficiait d’un accès facilité au marché communautaire, une partie de ses exportations sera de nouveau sujette aux taxes douanières. Bruxelles espère inciter ainsi le Cambodge à renouer avec des pratiques plus démocratiques, quid de la Chine qui vient d’imposer une loi de sécurité nationale à Hong Kong ?

Les tensions internationales

Le bras de fer continue durant l’été 2020 entre Pékin et le camp « prodémocratie » de Hong Kong qui a rejoint le 1er juillet 1997 le giron de la République populaire de Chine, et qui en a défié l’autorité il y a tout juste une année. La loi de sécurité nationale fait fi des accords de cette rétrocession (« un pays, deux systèmes ») et permet à Pékin de resserrer son étreinte sur l’ile car elle permet l’emprisonnement - y compris à vie – pour circonvenir à tout ce qui menacerait la sécurité. Le parti Demosisto fondé par Joshua Wong a préféré se saborder, Hong Kong a perdu de facto son autonomie judicaire et donc une bonne partie de son autonomie administrative. Les arrestations d‘opposants à ce coup de force se multiplient. Les protestations internationales de soutien à Hong Kong ont été bien faibles, et quasiment inaudibles dans les pays de l’UE. Pékin a décidé, sous prétexte de coronavirus, de reporter les élections législatives.

La Turquie, membre de l’OTAN, candidate à l’UE - est devenue un épicentre de tensions internationales. Pour des raisons de politique intérieure – dont les répercutions internationales n’échappent à personne – le président Erdogan touche à un symbole du modèle turc laïc mis en place à Atatürk en organisant une prière musulmane durant l’été 2020 dans le musée Sainte-Sophie d’Istanbul (ancienne basilique Sainte Sophie). Le monde orthodoxe le vit très mal. Ankara témoigne aussi d’une certaine agressivité à l’international comme en témoigne le récent incident entre une frégate française, Le Courbet, « illuminé » trois fois par le radar de conduite de tir d’un navire militaire turc venant ravitailler des combattants en Libye. « Dans les armées françaises, l’illumination radar est considérée comme un acte de guerre car c’est la dernière action avant l’ouverture du feu. En théorie, cela provoque le déclenchement immédiat du feu de celui qui est illuminé », a expliqué une source militaire française. Ce « différent » provoque de forts tiraillements au sein de l’OTAN, d’autant que la Turquie et la France ne soutiennent pas les mêmes camps et que la récente intervention turque est en train de modifier la donne sur le terrain. Pourtant, le soutien à la France reste relativement réduit. Ankara développe une politique internationale assez agressive comme le montre aussi ses forages en Méditerranée orientale. Face à la politique de prédation des ressources d’Ankara la marine grecque (UE et OTAN) est mise en état d’alerte. La Grèce n’est pas la seule à condamner cette politique agressive de forage sous-marins, Chypre et l’Égypte les dénoncent aussi.

Les relations sont très tendues entre la France et Pékin. Les États-Unis mettent fin au statut spécial dont bénéficiait Hong Kong pour ses relations commerciales. Les États-Unis décident de fermer le consulat chinois de Houston, au Texas, dans le cadre d’enquêtes menées sur des actes d’espionnage. Dans un tout autre contexte, un lieutenant-colonel français en poste en Italie auprès de l’OTAN est accusé d’avoir espionné pour la Russie. Il aurait espionné pour le compte du renseignement militaire russe (GRU) auquel il aurait livré des documents confidentiels de l’OTAN.

Un secrétaire d’État américain s’est rendu à Taiwan, une première depuis 1979. Cela montre le soutien de Washington à une ile très inquiète de l’évolution de la situation de Hong Kong. Le gouvernement américain interdit son marché intérieur à l’équipementier chinois Huawei et réfléchit au sort de Tiktok et We Chat.

Des colosses aux pieds d’argile ?

Les États-Unis ont proposé durant l’été 2020 à l’ONU de prolonger l’embargo sur les ventes d’armes à l’Iran mais le Conseil de sécurité s’y est opposé. Un camouflet pour D. Trump. L’économie américaine est par ailleurs durement touchée par la crise sanitaire, les récentes émeutes à caractère racial montrent la fragilisation sociétale de la première puissance mondiale.


Bonus Culture géopolitique

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Xi Jinping mène une nouvelle purge au sein du Parti communiste chinois (PCC) comme dans l’appareil judiciaire. Il veut un appareil judiciaire d’une loyauté sans faille à l’horizon du Congrès de 2022. Il n’est plus l’heure des divergences politique en Chine, comme le montre la répression à Hong Kong. La Chine est communiste et entend le rester, comme l’a démontré Alice Ekman dans son livre de référence « Rouge vif. L’idéal communiste chinois », (éditions de l’Observatoire, 2020). Si la politique internationale – bras de fer commercial avec les États-Unis, louanges de l’OMS sur la gestion de la crise sanitaire par la Chine, mise en scène de l’aide apportée par Pékin à différents pays frappés par le coronavirus – raffermit la position de Xi Jinping, sa campagne de reprise en main du PCC montre qu’il est contesté. Il vante aussi les bienfaits de la frugalité au nom de la lutte contre le gaspillage. Cette dernière campagne masque mal les ruptures d’approvisionnement au niveau alimentaire en raison de la crise sanitaire et de mauvaises récoltes qui rendent la Chine encore plus dépendante de ses importations. L’augmentation du prix des denrées alimentaires à l’été 2020 est certes liée à des difficultés d’approvisionnement mais aussi largement la conséquence de l’enrichissement de la population chinoise et donc de l’augmentation et de la diversification de la consommation alimentaire. La campagne en faveur de la frugalité trahit les difficultés de la Chine, les Chinois – qui ont encore en mémoire les terribles famines qui ont frappé le pays – y voient une forme de retour en arrière.

La deuxième vague du coronavirus : la crise économique

L’épidémie de coronavirus COVID-19 continue à se propager, affectant, pour ce que l’on peut en savoir, particulièrement le continent américain. Les pays les plus peuplés (États-Unis, Brésil) sont particulièrement touchés, notamment sous les effets d’un déficit de gouvernance, en corrélation avec d’autres facteurs.

Nous mesurons progressivement davantage l’impact économique de cette crise. Certains secteurs ont plus souffert que d’autres (restauration, tourisme, textile-habillement, secteur pétrolier et parapétrolier, le bâtiment …). Le secteur aéronautique paie aussi un lourd tribut du fait des difficultés des compagnies aériennes, comme Raymond Woessner l’avait annoncé sur le Diploweb.com dès le mois de mai 2020. Ainsi Airbus annonce un important plan de licenciements avec la disparition probable de 15 000 emplois. Plus de 4 000 emplois pourraient être ainsi directement menacés en France, un véritable trou d’air pour la région toulousaine. Plus de 600 000 emplois auraient supprimés depuis le début de l’année 2020 dans le monde.

Les économies nationales se contractent de façon inquiétante en France comme au Royaume-Uni (hors UE), aux États-Unis (le PIB diminuerait de plus de trente pour cent entre les deuxièmes trimestres 2019 et 2020) comme en Allemagne. Le PIB de la zone euro aurait baissé de 12,1% au deuxième trimestre 2020 mais 13,8% en France. Partout le chômage de développe, mettant davantage sous tension les personnes, les familles et les finances publiques.

Le Liban de mal en pis

La contestation de la société civile libanaise à l’automne 2019 a déjà conduit à un changement de l’exécutif libanais, mais il n’est que cosmétique. La situation économique s’est considérablement dégradée, la chute de la livre libanaise mettant à nu les graves manquements des structures économiques et financières du pays, comme d’un système politique corrompu. L’effondrement de la monnaie libanaise génère une forte inflation (plus de 90 % sur une année) pour tous les produits importés, or ils sont particulièrement nombreux car la base productive du pays est faible aussi bien au niveau industriel qu’agricole. Le modèle non-productif libanais a largement montré ses limites. Les Libanais peinent à subvenir à leurs besoins, y compris pour les biens de première nécessité, les coupures de courant sont chroniques… nombreux sont ceux qui choisissent le chemin de l’exil, ce qui rappelle d’autres heures dramatiques pour le pays du Cèdre, celles de la guerre civile.

Une terrible déflagration a ravagé le 4 août 2020 une partie de la capitale libanaise faisant plus de 170 morts et plusieurs centaines de milliers de sans-abri. Le port libanais est, en outre hors d’usage ce qui ne peut qu’aggraver la grave crise économique que subit le pays, en défaut de paiement depuis le printemps. Les dégâts sont évalués à plusieurs milliards de dollars… le pays est en ruine dans tous les sens du terme, ce terrible accident ne fait que révéler la tragique incurie de la classe politique libanaise. Comment plus de 2 500 tonnes de nitrate d’ammonium ont-ils pu être à l’origine de cette catastrophe ? Comment le Liban en est arrivé là ? C’est un État failli, aux services publics déliquescents, déstabilisé par l’afflux de réfugiés depuis la Syrie en guerre civile (2011 - ), pris en otage par des élites corrompues et un Hezbollah -milice chiite- qui est un État dans l’État. Le président français E. Macron appelle à un sursaut des responsables politiques alors que la communauté internationale se mobilise en faveur du pays. Faudrait-il encore que les aides collectées ne disparaissent pas dans les méandres de la corruption. La crise économique et financière se double d’une crise politique et sanitaire du fait du coronavirus. Au niveau géopolitique, le drame libanais est l’occasion pour la France de revenir sur les devants de cette scène régionale, non sans maladresses. Le Liban se reconfine à la fin de l’été 2020 de façon assez stricte – couvre-feu en vigueur – pour faire face à une recrudescence de cas du coronavirus, alors que la mortalité reste, heureusement, faible. Un moyen de tenir la société libanaise alors qu’il n’y a plus de gouvernement ?

Au-delà, la crise libanaise, suite à l’explosion dans le port de Beyrouth, nous invite à reconsidérer les équilibres internationaux sous le prisme de la relation aux espaces océaniques. Cette approche singulière démontre l’importance du fait maritime aussi bien dans le dynamisme de la vie économique, dans le rayonnement international d’une puissance mais aussi dans la souveraineté d’un État.

Les tiraillements en Europe

L‘ex-roi d’Espagne, Juan Carlos, qui a succédé à Franco au milieu des années 1970 et a déjà été contraint en 2014 à l’abdication en faveur de son fils Felipe VI, a de surcroît quitté l’Espagne durant l’été 2020 pour fuir une procédure judiciaire sur des soupçons de corruption. Son beau-fils, et beau-frère de l’actuel roi, est déjà en prison pour des faits similaires. L’ancien monarque, âgé de 82 ans, a trouvé refuge aux Émirats arabes unis (EAU). Cette nouvelle affaire fragilise un pouvoir espagnol déjà mis à mal par les tentations sécessionnistes catalanes comme la gestion de la crise sanitaire. Le gouvernement est obligé de faire appel à l’armée face à l’augmentation des personnes touchées par le coronavirus.

La crise en Méditerranée orientale attise les clivages. La France témoigne de sa solidarité avec la Grèce à plusieurs reprises. La Grèce mène avec Chypre, la France et l’Italie un exercice maritime conjoint en Méditerranée orientale. Berlin, qui assume pour six mois la présidence tournante de l’Union, invite Athènes et Ankara à s’entendre, les mettant ainsi sur le même plan, en contradiction avec la position des autres pays de l’Union sus-cités.

Un Sahel encore sous forte tension

La Libye est plus que jamais la terre des ingérences extérieures. Le maréchal Haftar est soutenu, notamment, par les Émiratis, les Russes et les Français inquiets de l’importance prise par les Frères musulmans. Le gouvernement d’union nationale de Fayez al-Sarraj est soutenu par le Qatar ou la Turquie qui contrevient à l’embargo sur les armes en direction de la Libye et envoie soldats et armes en échange d’un soutien de son allié en Méditerranée orientale. Alors qu’un cessez-le-feu est proclamé fin août 2020, la population dénonce la corruption généralisée qui sévit dans le pays.
Au Niger, six jeunes Français ont été assassinés dans la région de Kouré connue pour ses girafes… mais aussi pour être une région abritant nombre de djihadistes. La présence du dispositif G5 Sahel, et Barkhane n’empêche pas le Niger d’être de plus en plus vulnérable au risque djihadiste.
Un putsch s’est déroulé durant l’été 2020 à Bamako, une partie de l’armée a déposé le président malien Ibrahim Boubakar Keïta (IBK). Le colonel-major Ismaël Wagué – chef d’État-major adjoint de l’armée de l’Air - annonce une « transition politique civile » et l’organisation prochaine d’élections, et dénonce l’actuel chaos du pays . A la situation économique très fragile s’ajoute une situation politique délétère, le péril djihadiste a fortement cru et déstabilise le Mali, le pouvoir en place a montré son incurie. Le président IBK est devenu largement impopulaire à Bamako. Le pays est habitué aux coups d’État, le précédent – en date de 2012 – a débouché sur des élections qui avaient permis au président de parvenir au pouvoir. La communauté internationale a fermement condamné le putsch, le Conseil de sécurité de l’ONU se réunit pour déterminer la ligne à suivre. Le Mali est suspendu de l’organisation de la Francophonie (OIF).

Libye, Niger, Burkina Faso, Mali, la déstabilisation de la zone sahélienne préoccupe les pays voisins – comme l’Algérie – et la communauté internationale. L’actuel président du Niger Mahamadou Issoufou, au pouvoir depuis 2011 est lui-même de plus en plus contesté par la population, comme l’est celui du président burkinabé Roch Kaboré. La contestation de la rue en Algérie a provoqué un changement de pouvoir, sans que l’évolution soit terminée. Le pouvoir en Tunisie post-révolution du Jasmin (2011) reste fragile. Le chaos libyen reste d’une inquiétante actualité. En Côte d’Ivoire, l’actuel président Alassane Ouattara, 78 ans, brigue un troisième mandat alors que la Constitution n’en permet que deux.

L’actualité de la conquête spatiale

Les Émirats arabes unis (EAU) ont lancé une sonde Al-Amal (Espoir) qui devrait continuer son chemin jusqu’à la planète Mars. Les Émirats ont pour ambition de devenir une puissance spatiale qui compte.

Après avoir posé un engin lunaire – un « Lapin de jade » - sur la face cachée de la Lune, Pékin vient de lancer une sonde – Tianwen-1 -dont la mission est de se mettre en orbite autour de Mars au début de l’année 2021.

Après la Lune, Mars est redevenu l’objet de toutes les envies et de tous les rêves. Les Américains ne sont pas en reste avec le projet Persévérance qui vise à découvrir s’il existe de la vie sur Mars. La fusée Atlas V s’est élancé pour un périple de sept mois.

Anniversaire

Le Japon commémore avec une grande dignité le douloureux soixante-quinzième anniversaire des bombardements atomiques d’Hiroshima et Nagasaki.

Bonnes nouvelles

La fusée Ariane 5 a mis en orbite avec succès trois satellites géostationnaires.

Un accord de paix a été signé, sous l’égide des États-Unis, entre Israël et les Émirats arabes unis (EAU), en échange de quoi Tel-Aviv s’engage à mettre en suspens sa politique de colonisation de la Cisjordanie. A suivre…

Je me joins au Diploweb.com pour souhaiter à tous les enseignants et leurs étudiants candidats aux concours une rentrée aussi paisible que possible.

Copyright Août 2020-Degans/Diploweb.com


Bonus Diploweb Découvrez la thèse de doctorat d’Axelle Degans La sécurité économique de la France dans la mondialisation : une stratégie de puissance face aux nouveaux défis du XXIème siècle

Table des matières de la thèse disponible ci-dessous :

Première partie : Aux sources de la sécurité et de l’intelligence économique
Chapitre 1 : Les matrices idéologiques de la sécurité économique
Chapitre 2 : Un retard français…
Chapitre 3 : Les acteurs de l’intelligence et de la sécurité économiques
Deuxième partie : Les vecteurs de la sécurité économique
Chapitre 1 : Les éléments traditionnels de la sécurité économique
Chapitre 2 : La montée en puissance de vecteurs de plus en plus sophistiqués
Chapitre 3 : Le droit, nouveau champ de la sécurité économique
Troisième partie : La sécurité économique à l’épreuve des faits
Chapitre 1 : La sécurité économique, une nécessité face à la recrudescence des risques de cyberattaque
Chapitre 2 : La mise en œuvre de la sécurité économique
Chapitre 3 : L’Europe, une échelle légitime, efficiente et indispensable
Chapitre 4 : Perspective et prospectives pour la sécurité et l’intelligence économiques en France et en Europe

Télécharger au format PDF la thèse de doctorat d’Axelle Degans, « La sécurité économique de la France dans la mondialisation : une stratégie de puissance face aux nouveaux défis du XXIème siècle ».

PDF - 13.7 Mo
Thèse de doctorat d’Axelle Degans, « La sécurité économique de la France dans la mondialisation : une stratégie de puissance face aux nouveaux défis du XXIème siècle ». (13,7 Mo)
Thèse en géopolitique sous la direction de François Bost soutenue à l’Université de Reims Champagne Ardenne (URCA) le 2 décembre 2019.

Plus pour réussir

Extraits du catalogue des livres géopolitiques publiés par Diploweb pour la réussite aux concours.

. Florent Parmentier, Pierre Verluise (sous la dir.), "Géopolitique de l’Europe trois décennies après l’ouverture du Rideau de fer", éd. Diploweb via Amazon

. Axelle Degans, "La synthèse de l’actualité internationale 2019. Réussite aux concours 2020 !", éd. Diploweb via Amazon

. Patrice Gourdin, "Manuel de géopolitique, éd. Diploweb via Amazon"

. Pierre Verluise (dir.), "Géopolitique du monde de Trump. La stratégie du chaos ?" éd. Diploweb via Amazon

. Pierre Verluise (dir.), "Histoire, Géographie et Géopolitique de la RUSSIE et de ses frontières" , éd. Diploweb via Amazon

. P. Verluise (dir.), "Histoire, Géographie et Géopolitique de l’Union européenne. A l’heure du Brexit".

. P. Verluise (dir.), "Histoire, Géographie et Géopolitique de l’Asie. Les dessous des cartes, enjeux et rapports de force".

. P. Verluise (dir.), "Histoire, Géographie et Géopolitique du Proche et du Moyen-Orient. Les dessous des cartes, enjeux et rapport de force"

. P. Verluise (dir.), "Histoire, Géographie et Géopolitique de la mondialisation contemporaine. Les dessous des cartes, enjeux et rapports de force"

. S. Schmit, "Histoire, Géographie et Géopolitique de l’Amérique latine : Un sous-continent en pleine transition politique, énergétique et commerciale. Dossiers et fiches pays"

. L. Chamontin, "Ukraine et Russie : pour comprendre"

. L. Bloch, "L’Internet, vecteur de puissance des États-Unis ? : Géopolitique du cyberespace, nouvel espace stratégique"

. G-F Dumont, P. Verluise, "The Geopolitics of Europe : From the Atlantic to the Urals"


Bonus Culture géopolitique

Bonus vidéo. Vidéo. E-festival de géopolitique, GEM. Anne E. Deysine : La révolution numérique à l’assaut de la démocratie américaine ?

Super bonus Diploweb.com : le résumé de la vidéo clé en main

*

Docteure en Géopolitique de l’Université de Reims Champagne-Ardenne. Agrégée d’histoire, Professeure de chaire supérieure au lycée Faidherbe (Lille) où elle enseigne la géopolitique en classes préparatoires économiques et commerciales. Auteure de nombreux ouvrages.


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Auteur / Author : Axelle DEGANS

Date de publication / Date of publication : 1er septembre 2020

Titre de l'article / Article title : Synthèse de l’actualité internationale de juillet et août 2020

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Voici une précieuse synthèse de l’actualité internationale de juillet et août 2020 qui sera fort utile à tous ceux qui veulent disposer d’un point de l’actualité géopolitique, suivent la spécialité #HGGSP voire préparent un concours. Pour ne rien manquer, et recevoir nos alertes sur des documents importants, le plus simple est de s’abonner gratuitement à notre Lettre d’information hebdomadaire ou au compte twitter de veille géopolitique @diploweb (plus de 15 700 followers). Avec deux bonus vidéo et la thèse de doctorat d’Axelle Degans !

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