MTD7 Ma thèse avec le Diploweb en 7 minutes

Par Pierre VERLUISE, le 26 mai 2016  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Pierre Verluise, Docteur en géographie politique de l’Université Paris IV Panthéon-Sorbonne. Directeur du Diploweb.com

MTD7 - 2016. Le Prix du Diploweb a été décerné à Juliette Denis « La fabrique de la Lettonie soviétique. Une soviétisation de temps de guerre, 1939-1949 » (Université Paris-Ouest Nanterre La défense, Histoire). Elle a également reçu le Prix du Public. Le Prix du CSFRS a été décerné à Béatrice Hainaut : « Émergence et promotion de la norme sur la sécurité des activités spatiales. Origine de la norme et rôle des puissances spatiales comme leaders normatifs. » (Université Paris II Panthéon Assas, Science Politique). Félicitations aux lauréates.

LA première édition de Ma thèse avec le Diploweb en 7 minutes (MTD7), s’est tenue le 25 mai 2016 sur le campus parisien de GEM, en partenariat avec le CSFRS. Plus de 140 personnes ont assisté à un concours de très haute tenue et à un grand moment d’intelligence du monde. Tous les candidats ont offert une prestation de très haut niveau et il a été très difficile de les départager, aussi bien pour le jury que pour le public.

Le Prix du Diploweb a été décerné à Juliette Denis « La fabrique de la Lettonie soviétique. Une soviétisation de temps de guerre, 1939-1949 » (Université Paris-Ouest Nanterre La défense, Histoire). Elle a également reçu le Prix du Public. Le Prix du CSFRS a été décerné à Béatrice Hainaut : « Émergence et promotion de la norme sur la sécurité des activités spatiales. Origine de la norme et rôle des puissances spatiales comme leaders normatifs. » (Université Paris II Panthéon Assas, Science Politique).

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Toutes nos félicitations aux candidats et aux lauréates, nos remerciements chaleureux à nos partenaires (GEM et le CSFRS) et notre gratitude aux deux chevilles ouvrières de cette réussite : Cyril et Tanguy. Sans eux, rien ne se serait fait. Ils ont pendant quatre mois assuré au jour le jour le montage de cette innovation, notamment les relations avec les candidats et la communication, avec l’assistance de Marc Terrone.

Nous exprimons également toute notre reconnaissance à l’équipe vidéo du Diploweb, Selma Mihoubi et Fabien Herbert, comme à Vincent Guyottot (pour le CSFRS) qui nous a fait l’amitié de venir installer sa caméra pour fixer cette première mondiale. Un grand merci, enfin, à Léa Gobin et Manon Perreaut pour leur aide précieuse à l’accueil du public. Un public à la fois nombreux et de qualité, expert, attentif et chaleureux. Comme à chacune des Conférences géopolitiques organisées par le Diploweb. Rejoignez-nous pour la prochaine ! Bienvenue.

Pierre Verluise, Directeur du Diploweb

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MTD7, de quoi s’agit-il ?

Ma Thèse avec le Diploweb en 7 minutes (MTD7’) est une initiative du Diploweb.com, en partenariat avec GEM et le CSFRS.

Elle s’inscrit dans notre tradition de découvreur de talents. Ce projet s’inspire directement de "Ma Thèse en 180 secondes", organisé par le CNRS.

Ce “concours” offre aux doctorants et jeunes docteurs la possibilité de prendre la parole pour partager leur passion pour leur sujet et la recherche avec un public profane.

L’idée est simple, donner 7 minutes à plusieurs doctorants et jeunes docteurs en Géographie, Géopolitique, Histoire, Science Politique, Démographie et Stratégie pour leur permettre de partager leur cheminement de chercheur et leurs travaux dans un style non académique et ludique devant un public de passionnés.

Trois prix sont attribués :

. le Prix du Diploweb : Un chèque de 1.000 € pour le lauréat du Prix du Diploweb ; Publication d’un article sur le Diploweb ; Diffusion de la prestation (vidéo) sur le Diploweb ; Invitation à présenter le travail au Festival de Géopolitique de Grenoble (GEM) .

. Le Prix du CSFRS : Un chèque de 1.000 € pour le lauréat du prix du CSFRS ; Publication d’un article sur le site du CSFRS ; Invitation à présenter le travail aux Assises du CSFRS.

. Prix du Public : Dotation sur la base des dons du public ; Publication d’un article sur le Diploweb ; Diffusion de la prestation (vidéo) sur le Diploweb.

Le jury de l’édition MTD7 - 2016

Pour attribuer le Prix du Diploweb et le Prix du CSFRS, nous avons réuni un jury indépendant :

. Eric Danon, Ambassadeur, Directeur général du Conseil Supérieur de la Formation et de la Recherche Stratégiques.

. Catherine Durandin, Historienne, ancienne élève de l’ENS, ancienne auditrice de l’IHEDN, professeur émérite à l’INALCO et membre du Centre de recherches CREE.

. Thierry Garcin, Producteur délégué à France-Culture (Les Enjeux internationaux), docteur en science politique et chercheur associé à Paris-Descartes.

. Jean-Marc Huissoud, Professeur de géopolitique à GEM, organisateur du Festival de Géopolitique de Grenoble et directeur du CEGG.

. Jean Christophe Ploquin, Rédacteur en chef La Croix , Ancien chargé du M.-O. et de l’U.E. puis chef du service international de La Croix. Auditeur de l’IHEDN.

. Pierre Verluise, Directeur du Diploweb. Docteur en Géopolitique, enseignant en Géographie politique à la Sorbonne et Distinguished Professor de Géopolitique à GEM. 

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MTD7 édition 2016 : Les 7 candidats sélectionnés sur 136 candidatures

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Juliette Denis : « La fabrique de la Lettonie soviétique. Une soviétisation de temps de guerre, 1939-1949 » (Université Paris-Ouest Nanterre La défense, Histoire). Juliette Denis a gagné le Prix du Diploweb et le Prix du Public.

Cette candidate se présente ainsi : « Les années 1940 en URSS ne sont ni simples, ni joyeuses. Et la Lettonie est sans doute un exemple extrême de la complexité et de la dureté de la période. Rappelons le petit pays indépendant tombe d’abord dans la sphère d’influence soviétique en 1939, puis est annexé à l’URSS en 1940, avant d’être occupé par les Nazis de 1941 à 1945, et enfin reconquis par l’Armée rouge. Il devient une république socialiste que le pouvoir stalinien cherche à soviétiser. « La fabrique de la Lettonie soviétique (1939-1949), une soviétisation de temps de guerre », tel est donc le titre de ma thèse. Mon objectif était triple 1) raconter un pan de l’histoire méconnu, ignoré des programmes scolaires et du grand public 2) éviter l’amalgame entre stalinisme du nazisme en caractérisant les méthodes soviétiques d’annexion 3) me plonger dans un univers inconnu à découvrir - l’ex-URSS, afin, à termes, pourquoi pas, de mieux comprendre le monde qui m’est familier et contemporain.

Mes directeurs, Annette Becker et Nicolas Werth, m’ont laissé toute latitude pour consulter des sources éloignées et improbables : en Lettonie certes, mais aussi surtout à Moscou, au Kazakhstan (pour rencontrer d’anciens déportés), en Californie, en Suisse (pour rencontrer d’anciens réfugiés)… J’ai exploré la Russie lors de séjours d’études avec mes étudiants russes, à Tver’, Vyborg, Pskov, pour étudier cette même période, riche en déplacements des frontières et des hommes. Avec une équipe de chercheurs, j’ai recueilli les voix d’anciens déportés en Sibérie (http://museum.gulagmemories.eu). Chacun des parcours biographiques informe et émeut. Il offre une entrée incarnée et sensible dans les bouleversements des années 1940. J’ai participé à la mise en place d’une exposition sur le Cinéma soviétique au Mémorial de la Shoah. Son objectif était de raconter comment les documentaires soviétiques ont présenté l’extermination des Juifs, entre restitution ou édulcoration. Les déplacements de population, le cinéma, les récits personnels : autant de thèmes et de supports que j’ai intégrés dans mes recherches pour compléter l’étude des archives.

Ces projets m’ont permis d’expérimenter diverses formes de langage scientifique – outre celui, plus classique, propre à la rédaction d’une thèse ou d’articles scientifiques. C’est ce je continue à explorer dans l’enseignement en tant que professeur agrégé au lycée Romain Rolland à Ivry-sur-Seine, et comme enseignante à l’ENS Cachan, mon ancienne école. Mon implication comme historienne n’est jamais dissociée d’une réflexion sur la pédagogie, la transmission et, plus généralement, sur les relations entre passé et présent.  »

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Choralyne Dumesnil : « Des enseignements juridiques de l’Inde : voyage au-delà du miroir du droit. Réflexion à partir de l’étude du brevetage dans le secteur pharmaceutique » (Institut d’Etudes Politiques de Paris, Droit).

Cette candidate se présente ainsi :
« Partir. Loin.
Chercher mais comment ?
En creusant, avec une pelle et un seau.
En s’envolant, en parcourant, en posant des questions.
Chercher mais quoi ?
Regarder dans le miroir,
gratter, dessiner, renverser,
le briser.

Fascinée par ce que j’ai étudié, senti, aperçu de l’Inde lorsque j’y ai vécu, je n’avais qu’un souhait à mon retour en France, continuer à m’y plonger.

Agréable ? Douloureux ?
Palpitant.
Comme une histoire d’amour qui recommence tous les jours.

Cette thèse est le fruit de nombreux entretiens réalisés en Inde et d’une année d’échange universitaire à Harvard Law School (2011-2012) supervisée par le Professeur Yochai Benkler.

Celle qui m’avait porté à l’étude des brevets en Inde, Vandana Shiva, était persuadée de l’inadéquation de l’Inde (d’une Inde) à ce régime juridique. Ce dernier serait un nouvel outil de domination dans une ère post coloniale et ses principes seraient profondément contradictoires avec « une pensée de l’Inde » (l’une des pensées de l’Inde). Vraiment ? J’avais décidé d’aller trouver ce qu’il en était exactement.

Pour étudier l’argument de la post colonialité, il fallait comprendre le rapport de domination, ses mécanismes et conséquences. Ce que Shiva dénonçait, c’est la violation, il me fallait donc comprendre le viol.

Ainsi, j’ai rencontré des associations travaillant sur le sujet des violences sexuelles en Inde et aux Etats-Unis où j’ai observé le fonctionnement d’une clinique juridique et suivi un enseignement sur ce sujet.

Au fur et à mesure de l’écriture, je me rendais compte du caractère parfois insupportable de ce que je décrivais. Non parce que cela était faux. Mais parce que ces vérités là étaient trop violentes, trop douloureuses.

Afin de dépasser cela, j’ai écris un dialogue entre une petite fille et sa Maman. Le regard et les mots de l’enfant ont simplifié les équations qui semblaient insurmontables. Maman a pu décrire et expliquer la violence qui s’épanouissait devant elle, sans en être ensevelie.

Rentrée en France, j’ai mené des discussions sur « les violences sexuelles et sexistes » en lycée puis en prison et j’ai profité d’un stage auprès d’un juge en tant qu’élève avocate pour découvrir le quotidien du traitement judiciaire en France de ces violences.

Actuellement, avocate en stage pour le cabinet August&Debouzy, j’enseigne à l’Université Paris Dauphine le cours « Legal Aspects of Gender violence conflicts » en 2016 (cours obligatoire en licence 3).

J’ai hâte de prêter ma voix à Maman et à la petite fille pour vous raconter ce voyage indien au-delà du miroir. »

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Laurent Griot : « L’organisation de la fonction sureté dans les grandes structures françaises » Université Paris II, Sciences de Gestion)

Présentation à venir

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Béatrice Hainaut : « Émergence et promotion de la norme sur la sécurité des activités spatiales. Origine de la norme et rôle des puissances spatiales comme leaders normatifs. » (Université Paris II Panthéon Assas, Science Politique). Béatrice Hainaut a gagné le prix du CSFRS.

Cette candidate se présente ainsi : "L’espace, je suis tombée dedans quand j’étais toute…grande ! A l’issue de mon Master en science politique, relations internationales, j’ai eu l’opportunité et l’envie de me lancer dans l’aventure spatiale. Ayant relevé ce défi, je souhaite à présent vous faire partager mes deux univers, académique et professionnel. Le faire dans le cadre de MTD7’ m’a vite séduite. L’idée de pouvoir faire connaître mon sujet de thèse et de partager 7 précieuses minutes avec un public m’a véritablement motivée. A l’annonce de ce « concours », j’ai immédiatement allumé mon ordinateur pour tenter de donner vie à un sujet qui me colle à la peau depuis plusieurs années. Je souhaitais le faire en alliant le sérieux du propos et l’humour qui caractérise mon état d’esprit. L’humour est comme l’espace extra-atmosphérique, un bien commun que l’on doit sauvegarder, partager et utiliser sans modération. Les applications spatiales font partie de notre quotidien. Les Etats ont intégrés l’importance stratégique de ce milieu fortement convoité. Ma thèse tente d’analyser les échanges diplomatico-stratégiques qui entourent notre bien commun. Vous connaissez Spoutnik, Neil Armstrong, les expérimentations à bord de la station spatiale internationale mais connaissez-vous de la même manière les collisions en orbite, les tests antisatellites et les utilisations militaires de l’espace ? Je vous propose de me suivre dans cet univers un peu moins enchanteur mais tout aussi passionnant ! L’espace reste, au lendemain de la guerre froide, un milieu compétitif et qui plus est, encombré. Actuellement une soixantaine d’Etats exploitent de manière directe ou indirecte les ressources liées à l’espace. Les initiatives privées se multiplient également. Pour tenter de réguler les activités spatiales et d’y assurer une certaine sécurité, les Européens proposent en 2008 d’y établir un code de conduite. Les Etats-Unis soutiennent ce code et en influencent le contenu. Faire adhérer un nombre significatif d’Etats à ce code est complexe, surtout lorsque ce dernier est promu par des pays occidentaux. L’enjeu est stratégique et conditionne l’espace de demain. Je m’interroge sur l’émergence et la promotion de cette norme sur la scène internationale. Cette thèse est une aventure diplomatico-stratégique qui fera vous interroger sur ce que les Etats souhaitent faire de notre bien commun. La guerre des étoiles aura-t-elle lieu ? Réponse le 25 mai."

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Vincent Henry : « La Moldavie, l’horizon indéfini. » (Université Paris Est, Science Politique).

Ce candidat se présente ainsi : "C’est par l’enseignement du français que j’ai découvert l’Europe centrale et orientale. C’est en entrant dans les classes de lycées ou d’universités de différents pays, en parlant avec des étudiants et des enseignants passionnés par notre culture que j’ai découvert les leurs.

Je suis resté plusieurs années dans cette partie du monde et j’ai eu la grande chance de circuler des pays Baltes à la Turquie, de l’Adriatique à l’Asie centrale, pèlerin d’une francophonie qui s’efforce d’y garder une place.

J’ai ainsi eu la possibilité d’observer des sociétés en pleine mutation, confrontées chacune à des problèmes spécifiques mais aussi à des évolutions communes, à la marche accélérée d’une histoire en train de s’écrire.

Peu à peu, l’impression d’accumuler souvenirs et impressions disparates tel un collectionneur un peu maniaque m’a semblé insuffisante. Le besoin m’est venu de réfléchir en profondeur à ces observations accumulées. L’idée d’une thèse s’est alors imposée comme étant la forme la plus aboutie pour donner un sens et une forme à cette expérience.
C’est sur la Moldavie que mon choix s’est porté ; parce que j’y ai créé des liens profonds mais aussi parce que ce pays est une synthèse instable de toutes les transformations et de tous les enjeux auxquels la région est confrontée.

Point de friction entre deux zones d’influences rivales, la Russie et l’Union Européenne, la Moldavie est devenue un enjeu symbolique où deux modèles de société se confrontent. L’Union Européenne pensait avoir gagné cette confrontation, las, le pays semble aujourd’hui hésiter sur la voie à suivre.

Ce territoire sur le fil du rasoir nous interroge et nous inquiète, nous qui pensions il y a peu que le chemin vers la démocratie à l’occidentale était linéaire et irréversible.

La Moldavie est souvent perçue comme un concentré de passions identitaires et politiques où les puissances voisines s’affrontent en coulisse. Partiellement justifiée, cette perception tend néanmoins à donner une image déformée de la réalité du pays car elle fait peu de cas du jeu politique local.

L’enjeu de mon travail est d’analyser comment la classe politique moldave utilise à dessein les confrontations géopolitiques pour accentuer les lignes de fractures au sein de la société et créer ainsi des fiefs électoraux immuables. Les incantations identitaires, les réinterprétations historiques ou l’utilisation des rivalités entre grandes puissances deviennent alors des moyens imparables de confisquer le débat public et de se maintenir au pouvoir.

A un moment où la région redevient une zone de tension brûlante, ce trouble théâtre d’ombres mérite, à mon sens, d’être décrypté attentivement."

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Matthieu Jeanne : « Paris, un enjeu capital. Rivalités de pouvoirs et stratégies d’acteurs pour le contrôle politique et l’aménagement de la capitale. » (Université Paris 8, Géographie, spécialité Géopolitique).

Ce candidat se présente ainsi : "Je suis docteur en géographie mention géopolitique depuis novembre 2015. Géographe de formation, j’enseigne l’histoire–géographie en Seine-Saint-Denis. J’ai par ailleurs produit à plusieurs reprises des cartes et des analyses électorales pour la presse écrite et audiovisuelle (France Inter, Le Nouvel Observateur).

Ma thèse prend ses racines au début des années 2000. Paris connaît alors un bouleversement politique majeur : pour la première fois de l’histoire, un maire de gauche, Bertrand Delanoë, est élu. Quelques mois plus tard, au niveau national, la gauche est évincée du second tour des élections présidentielles. Assez rapidement, les sociologues et les politistes imposent une analyse spatialisée du vote : affaiblie dans les espaces périurbains, la gauche trouverait son salut au cœur des grandes métropoles, grâce à l’émergence d’un « vote bobo ».

À Paris, à l’heure même où la gentrification transforme en profondeur les quartiers populaires, cette analyse séduit. Elle occulte pourtant un peu vite le « fait capitale » aux incidences politiques majeures. En effet, Paris demeure un lieu de pouvoir unique en France qui suscite d’importantes rivalités. Entre les formations politiques d’une part, mais également entre le pouvoir municipal et le pouvoir central.

Certes, il n’y a à Paris ni ligne de front, ni checkpoints. Pas non plus de miliciens l’arme à l’épaule. En réalité, la géopolitique dont il s’agit ici, moins violente et moins médiatisée, est d’un autre type. Ce qui se joue à Paris, c’est le contrôle électoral de la capitale et la façon dont le territoire est géré : le contenu des politiques d’aménagement, de logement, ou de transport. Or, ces enjeux créent d’intenses rivalités d’acteurs qu’il convient de prendre en compte. C’est le cas de la fronde menée depuis quelques mois contre la construction d’un centre d’hébergement d’urgence dans le 16e arrondissement. Celle-ci dépasse le cliché médiatique éculé du « village gaulois » résistant contre la mairie de Paris. Elle illustre en réalité un conflit d’aménagement local aux enjeux politiques complexes.

C’est ainsi que séduit par la formation reçue à l’Institut de Français de Géopolitique, j’ai décidé d’appliquer au territoire parisien la démarche de géopolitique locale initiée par Béatrice Giblin dans ses travaux sur le bassin houiller du Nord-Pas-de-Calais. Celle-ci fait la part belle au raisonnement géographique et à l’analyse des représentations de l’ensemble des acteurs.

Aussi ma thèse ambitionne-t-elle de dépasser les simples constats sociologiques et d’apporter une réflexion géopolitique nouvelle sur le pouvoir municipal parisien. Celui-ci doit désormais être analysé comme un champ de rivalités qui déterminent, en partie, les dynamiques sociales et électorales de la ville. "

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Thomas Merle : « Les États autoproclamés (quasi-États) : modélisation à partir des cas de la périphérie de la Russie »
(Université de Reims Champagne-Ardennes, Géographie).

Ce candidat se présente ainsi  : "Passionné par la géopolitique, j’ai décidé après un baccalauréat scientifique de faire des études en histoire et en géographie. Séduit par la complémentarité forte entre les deux disciplines, j’ai poursuivi ce double parcours jusqu’en master 2 en 2013.

J’ai donc soutenu cette année-là un mémoire en histoire ancienne sur les petites cités à l’époque classique, qui s’intéressait en particulier à la Béotie, à sa structure (con)fédérale et au jeu d’équilibre diplomatique et géopolitique de Platées, petite cité tentant de survivre face à Thèbes, Sparte, Athènes et les Perses. J’ai également présenté la même année un mémoire de géographie sur les États non reconnus de l’ex URSS, qui s’appuyait notamment sur un gros travail de cartographie et sur un séjour en Transnistrie. Mon travail sur ces quasi États a été reconnu aux Prix Scientifiques de l’Institut des Hautes Études de la Défense Nationale en 2014.

C’est de là qu’est parti ma spécialisation sur quelque chose qui n’existe pas, sur ces États non reconnus mais qui fonctionnent tout autant que les vrais États, si ce n’est mieux que beaucoup d’entre eux (comme la Somalie, État de papier qui ne contrôle guère que sa capitale). Après un an consacré à préparer l’agrégation de géographie puis une année à enseigner en lycée, me voilà donc cette année inscrit en première année de thèse afin de proposer un modèle de l’État non reconnu et de sa structuration.

Je pourrais écrire ici des pages à ce sujet mais patience… Il faut que j’en garde un peu pour le 25 mai, jour où je vous ferai voyager dans un monde parallèle à celui que vous connaissez mais bien réel et plus près de nous que vous ne pouvez l’imaginer. Alors juste quelques mots…

Nous sommes en 2016 et l’URSS a disparu il y a 25 ans. Toute l’URSS ? Non ! À une centaine de kilomètres seulement de la frontière orientale de l’Union Européenne, un petit territoire de plus de 500 000 habitants résiste encore et toujours (ou presque). Effilée le long du Dniestr, la Transnistrie vit à l’ombre des statues de Lénine et du Soviet Suprême, avec ses timbres et sa monnaie que personne ne reconnaît. Et ce pays qui n’existe pas est loin d’être seul... Pour la suite de l’histoire, ce sera le 25 mai donc. J’espère parvenir ce jour-là à vous communiquer mon enthousiasme ; mais même si je n’y arrive pas, vous n’aurez pas tout perdu : peut-être trouverez-vous dans mes propos la destination de vos prochaines vacances ?
"

Voir l’album photo de MTD7 édition 2016

Voir la vidéo de la présentation de la gagnante du Prix du Diploweb et du Prix du Public de l’édition 2016

Voir la vidéo de la présentation de la gagnante du Prix du CSFRS

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| Dernière mise à jour le dimanche 25 septembre 2016 |
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