Livres géopolitiques 2011

31 décembre 2011  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

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2011

Les livres géopolitiques de l’année 2011 sont présentés ci-dessous de façon chronologique inversée. Autrement dit, les livres publiés en janvier 2011 se trouvent pied de page et deux publiés en décembre 2011 en haut de page.


. Le grand Atlas encyclopédique du monde. Edition 2012
Grenoble, Glénat (Atlas Éditions), 2011. 544 pages.

. Laurent Baridon, Un atlas imaginaire. Cartes allégoriques et satiriques, Paris, Citadelles, 2011. 200 pages.

. Catherine Girac-Marinier, Atlas socio-économique des pays du monde 2012, Paris, Larousse, 2011. 351 pages.

. Victor Bergasa & Collectif, Le monde en Espagne, l’Espagne dans le monde. Immigration et altérité à l’époque contemporaine,
Paris, L’Harmattan, 2011, 176 pages.

. Fabrice Balanche, Atlas du Proche-Orient arabe,
Paris, PUPS, 2011, 132 pages.

. Jean-Christophe Victor, Le dessous des cartes. Volume 3. 5 DVD
Paris, Arte éditions, 2011.

. Eric Delbecque, L’influence ou les guerres secrètes. De la propagande à la manipulation, Paris, Vuibert, 2011, 295 pages


Le livre recommandé par le Diploweb.com pour le mois de décembre 2011 :

. Christophe-Alexandre Paillard, Les nouvelles guerres économiques, éd. Ophrys, 2011, 633 p.

Pierre Verluise, Directeur du Diploweb.com : "Christophe Alexandre Paillard offre ici un impressionnant tour d’horizon des problématiques géopolitiques d’aujourd’hui, voire de demain. Cette lecture sera bénéfique à tous ceux qui veulent construire leur compréhension sur du solide."

4e de couverture :

Les liens entre les problématiques économiques et les questions de sécurité ont toujours été étroits. Avec la mondialisation et l’extrême sophistication des rapports économiques mondiaux, il est de plus en plus nécessaire de disposer de points de repère clefs pour comprendre les nouveaux enjeux géoéconomiques du monde.

Cet ouvrage est à la fois :

. un précis exhaustif.

. un ensemble d’exposés, de fiches techniques et de fiches de lecture couvrant l’ensemble des thématiques liées aux enjeux de sécurité et d’économie du monde contemporain.

. un aide mémoire indispensable sur les questions d’économie et de sécurité.

. une référence pour les étudiants, les auditeurs des instituts spécialisés ou les élèves de l’école de guerre.

. Il permet également de satisfaire la curiosité de tout un chacun sur ces questions éminemment complexes.

L’auteur, Christophe-Alexandre Paillard est Directeur des affaires juridiques, des affaires internationales et de l’expertise technologique de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL). Il est également maître de conférence à l’Institut d’études politiques de Paris, enseignant à l’ENA (politique européenne de l’énergie), chercheur associé de l’université Bernardo O’Higgins (Santiago, Chili) et intervenant régulier au sein d’organismes tels que l’IHEDN, la FRS ou l’HCFDC. Administrateur civil hors classe, ancien élève de l’Ecole nationale d’administration, ancien auditeur de l’Institut diplomatique des Affaires étrangères (2004), il est diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris, titulaire d’un DESS de sociologie des organisations et d’une maîtrise d’histoire russe (Paris IV Sorbonne).

Il est l’auteur ou co-auteur d’ouvrages sur les questions économiques et les matières premières comme Géopolitique du pétrole - publié aux Editions TECHNIP en 2005. Il est également l’auteur de nombreux articles sur les questions économiques et de défense dans de nombreuses revues spécialisées.


. Vorapheth Kham, Asean de a a Z Histoire Géopolitique Concepts Personnages, Harmattan, décembre 2011.

. Anna Dimitrova et Eddy Fougier, La géopolitique en 1000 QCM. Université, Classes préparatoires, IEP. Coll. Optimum. Paris, éd. Ellipses, décembre 2011.

. Jean-Luc Sauron, L’Europe est-elle toujours une bonne idée ? Paris, éd. Gualino lextenso, décembre 2011, 95 p.

Au gré des soubresauts successifs de la crise de la zone euro depuis mai 2010, les questions européennes font les « Unes » des journaux et le cœur des « Vingt heures ».

La pérennisation ou la disparition de l’Union européenne et de ses valeurs sont en jeu. Le risque est, en effet, grand de voir l’Europe se briser sur l’écueil de la renationalisation de l’espace économique et sur l’absence d’un vouloir vivre ensemble des Européens.
La montée en puissance du thème de la démondialisation témoigne de cette volonté de certains en Europe d’échapper à la réalité et à ses contraintes. La démondialisation mène l’Europe dans une impasse. Elle n’est pas solution, elle aggrave le problème. De même, l’Europe-forteresse méconnaît le caractère déjà très hétérogène de sa population et la nécessité d’avoir une politique d’immigration dynamique et attirante pour des migrants bien utiles à la puissance future du continent européen. C’est toute une civilisation qui est à remettre sur pied.

Seule la construction d’une Europe fédérale, ambitieuse, adaptée aux temps actuels et ancrée dans la mondialisation apportera le cadre nécessaire à l’épanouissement d’une solidarité et d’un patriotisme européen. Cette grande aventure sera aussi celle de nos enfants ; elle redonnera à l’Europe sa place comme acteur central du XXIe siècle sur les plans politique, économique et civilisationnel.

Pour y parvenir, personne n’a de solution miracle. Il faut donc débattre et, pour cela, disposer d’éléments de réflexion solides sur un élément clé du débat présidentiel de 2012. Il faut remettre du désir dans la construction européenne. C’est ce que vous apporte ce livre qui propose un chemin original et par étapes vers les Etats-Unis d’Europe.

Jean-Luc Sauron Haut fonctionnaire et professeur à l’université Paris Dauphine, Jean-Luc Sauron est un des spécialistes reconnus des affaires européennes auxquelles il a participé et qu’il suit depuis une vingtaine d’années. Il prend part régulièrement comme intervenant et expert aux émissions de télévision et de radio traitant de l’actualité européenne.

. Carsignol, Anouk, L’Inde et sa diaspora. Influences et intérêts croisés à l’île Maurice et au Canada, Paris : Presses Universitaires de France ; Genève : Graduate Institute Publications, 2011, 328 p., ISBN : 978-2-13-059256-3, 29 euros.

Après avoir longtemps dénigré ses émigrés, l’Inde a récemment entrepris de les réhabiliter en leur consacrant une cérémonie annuelle fastueuse (Pravasi Bharatiya Divas), des prix prestigieux, ainsi que des statuts inédits leur octroyant de nouveaux droits. Au-delà des paillettes et des discours, quelle est la véritable nature des relations entre l’Inde et sa diaspora ? Quels sont les intérêts en jeu dans ce nouveau partenariat ? Quelles sont les conséquences de cette politique diasporique sans précédent sur la production de l’indianité, en Inde et à l’étranger ?

A la lumière de deux communautés d’origine indienne, l’une établie à l’île Maurice, l’autre au Canada, cet ouvrage examine l’influence de l’Inde et des Etats d’installation sur les modes d’affirmation et de mobilisation en diaspora, nourrissant tantôt le mythe de la « communauté modèle », tantôt celui de la « minorité martyre ». Il met également en lumière la participation croissante des Indiens de la diaspora au processus de construction nationale de leurs pays d’origine et d’installation.

La production conjointe de l’indianité par l’Etat d’origine, l’Etat d’installation et la diaspora répond ainsi à des influences réciproques et des convergences d’intérêts. Elle satisfait d’une part aux besoins d’intégration, de valorisation ou de victimisation des entrepreneurs diasporiques dans leur pays de résidence ; elle contribue d’autre part à façonner, à l’île Maurice et au Canada, l’image de sociétés multiculturelles ; elle participe enfin, par des moyens non conventionnels, à l’affirmation de l’Inde comme puissance émergente sur la scène internationale.

Anouck Carsignol a obtenu un doctorat en relations internationales de l’Institut de hautes études internationales et du développement à Genève. Elle est chercheuse affiliée au Centre de sciences humaines de New Delhi, où elle travaille sur le phénomène de formation identitaire par la diaspora et par l’Etat, ainsi que sur les politiques de la mémoire. Elle s’intéresse en particulier aux communautés indiennes établies au Canada et dans les sociétés insulaires indianocéaniques, et a consacré plusieurs articles à la relation ambivalente entre l’Inde et sa diaspora.


Le livre recommandé par le Diploweb.com pour le mois de novembre 2011 :

. Pierre Buhler, La puissance au XXIe siècle. Les nouvelles définitions du monde. Préface de Hubert Védrine. Paris, CNRS éditions, 508 p., novembre 2011

Pierre Verluise, Directeur du Diploweb.com : "Ce livre présente une large réflexion sur le concept de puissance, ses évolutions et ses dynamiques. Il cerne notamment les relations entre puissance et Etat, Droit, géographie, population, argent... On lira avec un intérêt particulier les pages qui concerne l’Europe et la puissance."

4ème de couverture :

Effondrement de dictatures au Maghreb, crises des dettes souveraines, terrorisme mondialisé, affaire Wikileaks… Ces convulsions sans lien évident se succèdent à un rythme effréné, détraquant nos grilles de lecture, affolant la boussole de notre jugement. Annoncent-elles un ordre nouveau ? Peut-on leur trouver un sens ?

L’histoire a connu des phases d’accélération vertigineuses qui, avec le recul, s’emboîtent dans une parfaite continuité. Quelquefois visible, quelquefois dissimulé, le fil rouge de ce continuum est la puissance, qui en tisse la trame et qui, aujourd’hui comme hier, définit l’ordre du monde.

La puissance au xxie siècle explore les transformations de ce concept central du système international, en examine les fondements, en dégage les règles, énonçant cette « grammaire de la puissance » qui gouvernera sa redistribution au xxie siècle.

Au coeur de cette notion il y a le rapport à l’innovation, dont les avancées soudaines ébranlent vigoureusement le statu quo. L’« âge de l’information » est ainsi synonyme d’affaiblissement d’un monopole de la puissance jusqu’alors largement logé dans les mains des États. Ceux-ci sauront-ils appliquer à leur profit la grammaire subtile et changeante de la puissance ?


. J-C Victor, Le dessous des cartes, tome 3, Paris, Tallandier, 17 novembre 2011.

. Ardavan Amir- Aslani, Géopolitique et faits religieux,
Nouveau Monde Editions, 17 novembre 2011.

. Benoît Pélopidas, Renoncer à l’arme nucléaire, Paris, Presses de Science Po, 17 novembre 2011.

. Jean-François Gayraud, François Farcy, Le renseignement criminel, CNRS, 10 novembre 2011.

Trafics de drogues et d’êtres humains, contrebandes, contrefaçons, fraudes financières, crimes écologiques, guérillas reconverties dans le narco-trafic, corruptions… Dans un monde instable, comment lutter efficacement contre les nouvelles criminalités organisées qui se jouent des frontières et profitent de la mondialisation pour se développer ? Comment prévenir et réprimer ces fléaux qui menacent la sécurité des Etats ?
François Farcy et Jean-François Gayraud montrent pourquoi et comment le renseignement peut s’avérer utile pour, sinon déraciner, du moins combattre plus efficacement cette criminalité protéiforme et de plus en plus transnationale. Une nouvelle approche qui exige une remise en cause radicale des vieilles analyses stratégiques qui stérilisent l’action. Le renseignement criminel doit en effet s’appuyer sur une vision : l’anticipation, et sur une méthodologie qui articule les
métiers de la recherche et de l’analyse au plan stratégique (art des rapports de force) et tactique (art des moyens). Une étude novatrice qui dresse un état des lieux inquiétant, mais aussi l’exploration de nouveaux remèdes.

Docteur en droit, le commissaire François Gayraud est l’auteur de plusieurs ouvrages sur la police et les mafias. François Farcy est Commissaire divisionnaire de la Police fédérale belge.

. Maurice Vaisse, Frédéric Bozo, Pierre Mélandri, La France et l’Otan, André Versaille éditeur, 2 novembre, 650 p.

Le retour de la France dans l’Otan, une nouveauté ? Non, c’est la troisième fois au moins que l’on peut parler de tentative de réintégration de la France dans la structure intégrée de l’Otan ! Déjà en 1995-1996, avec l’arrivée de Jacques Chirac à la présidence de la République, il en avait été très fortement question : trente ans après la sortie, c’était bien le moment de faire le point sur l’événement de 1966, ses prodromes, ses modalités et ses suites. Au cours des articles qui vont suivre, tous les aspects de cette question des rapports de la France avec l’Otan sont passés en revue : diplomatiques, bien sûr, mais aussi militaires ; sans oublier les questions de politique intérieure et d’opinion publique et les réactions des Etats-Unis et des principaux pays européens à la décision du général de Gaulle, qui avait accueilli favorablement le traité de Washington, mais rejetait l’organisation et surtout l’intégration. On le sait, la tentative de Jacques Chirac a échoué et l’on a assisté à une réintégration rampante. Est-ce que, cette fois, ce sera la bonne ? La France reviendra-t-elle à part entière dans l’Alliance ?

. Karoline Postel-Vinay, Le G20, laboratoire d’un monde émergent, Presses de Science Po, octobre 2011.

Le Groupe des Vingt (G20) forme un aréopage hétéroclite à l’image de la métamorphose du monde. Ni groupe du Nord, comme le G8, ni groupe du Sud, comme le G77, il réunit des pays développés et des "émergents" qui sont à la fois riches et pauvres (Inde, Brésil), des démocraties et des régimes autoritaires (Chine, Russie), des gouvernements laïcs et religieux (Arabie Saoudite, Indonésie). Contrairement aux autres clubs réservés aux Etats, il comprend aussi une organisation régionale, l’Union européenne, vingtième membre du G20. En diversifiant ses interlocuteurs - agences de l’ONU, monde des entreprises, partenaires sociaux -, il répond à une demande croissante de participation au plan international. II a favorisé une redistribution du pouvoir, longtemps réclamée, au sein du FMI. Pourrait-il aider aussi
l’ONU à se réformer ? Ni directoire global d’un nouvel ordre mondial, ni cellule de crise d’économies en faillite, le G20 apparaît plus certainement comme le lieu d’observation, d’invention et d’expérimentation de nouveaux modes de coopération internationaux au sein d’un monde doublement "émergent".

Karoline Postel-Vinay est directrice de recherche à Sciences Po, au Centre d’études et de recherches internationales. Elle est notamment l’auteure de L’Occident et sa bonne parole. Nos représentations du monde, de l’Europe coloniale à l’Amérique hégémonique (2005).

. Sous la direction d’Isabelle Backouche, Fabrice Ricoli, Sylvie Tissot & Vincent Veschambre Étudier la dimension spatiale d’un monde social traversé par les inégalités, Rennes, Presses Universitaires de Rennes Editions, 2011. 353 pages.

. Guillaume Protière, La réforme territoriale, une politique de faux-semblant ? Paris, L’Harmattan, 2011. 158 pages

. Vatthana Pholsena, Laos : Un pays en mutation, Paris, Belin, 2011. 192 pages.

. Sébastien Colin, La Chine et ses frontières, Paris, Armand Colin, 2011. 285 pages.

À l’heure où la Chine s’impose sur la scène internationale, le pays semble paradoxalement fragilisé à l’échelle de ses frontières et de ses régions frontalières. Lieux de coopérations avec les pays voisins, où la Chine gagne progressivement en influence, celles-ci sont en effet le théâtre de vives tensions. Litiges territoriaux (entre la Chine et l’Inde, dans les mers de Chine orientale et méridionale), proximité de zones de forte instabilité (Corée du Nord, Birmanie, Asie centrale), épineuses questions de Taiwan, du Xinjiang et surtout du Tibet ne cessent ainsi d’interroger et de remettre en question la puissance et l’unité même de la nation chinoise.

Après un retour sur le long processus de délimitation frontalière, cet ouvrage éclairant analyse le défi majeur que représente aujourd’hui pour la Chine la sécurisation de ses frontières et de son environnement régional. Car derrière ces enjeux nationaux et internationaux, c’est bien son destin géopolitique qui est en train de se jouer.

Sébastien Colin est géographe et maître de conférences à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales (INALCO). Ses enseignements portent sur la géographie et la géopolitique de la Chine, de la péninsule coréenne et de l’Asie orientale. Il est membre des équipes ASIEs et HSTM de l’INALCO.

. Pascal Boniface & Hubert Védrine, Atlas de la France
Paris, Armand Colin, 2011, 128 pages.

Après les succès de l’Atlas du monde global et de l’Atlas crises et des conflits, Pascal Boniface et Hubert Védrine s’intéressent à la France, « ce vieux pays ». Entre l’excès de prétention et la sous-estimation de soi, la France actuelle a du mal à trouver le juste milieu, alors même qu’elle demeure une puissance qui a une influence mondiale. Comment la France s’est-elle construite ? Quels sont ses atouts pour affronter la mondialisation et quelles relations entretient-elle avec les principaux États (partenaires historiques, pays émergents) ? Servi par une cartographie originale et pédagogique cet ouvrage revient également sur les clichés et stéréotypes véhiculés dans les autres pays. De ce portrait minutieux se dégage un certain nombre de pistes pour penser le rôle économique, culturel et politique de la France au XXIe siècle.

. Georges Duby, Grand atlas historique. L’histoire du monde en 520 cartes, Paris, Larousse, 2011, 388 pages.

. Beau Riffenburgh & Stéphanie Alglave, La grande aventure de la cartographie, Paris, National Geographic Editions, 2011, 96 pages

. Géode Caraïbes (collectif), La Caraïbe, un espace pluriel en questions, Paris, Karthala, 2011, 330 pages.

. Yann Richard, Clarisse Didelon & Gilles Van Hamme, Le territoire européen, Paris, Puf, 2011, 256 pages.

Comment l’idée d’Europe émerge-t-elle en même temps que s’affirment les identités nationales et malgré les lignes de fracture d’un territoire européen mal défini ? Quels sont les processus à l’oeuvre dans la construction du territoire européen ? L’aire fonctionnelle de l’Europe ne dessine-t-elle pas un espace plus vaste que l’Europe elle-même ?

Cet ouvrage aborde la question de l’Europe comme celle d’un objet politique et territorial en construction en dépit de fortes lignes de tension internes. Par ailleurs, l’Europe est également analysée comme un espace qui occupe une place particulière au sein de l’espace mondial.

. Xavier Raufer (dir.), Jean-François Gayraud, Pascal Junghans, Noël Pons, Charles Prats, La finance pousse-au-crime, Paris, Choiseul, novembre 2011, 144 p.

Et si, dans le monde de l’après-Guerre froide, la finance globalisée était devenue plus qu’un objet de convoitise, l’épicentre même d’une prédation géante et largement impunie ? Avec la crise des subprimes, Wall Street a révélé un visage inquiétant : celui d’élites « en cols blancs » certes cupides et arrogantes, mais aussi truqueuses et fraudeuses. Profitant de la dérégulation, la finance américaine a importé dans l’univers policé de la haute finance les pires méthodes du banditisme classique, celui des « cols bleus ». Elle s’est transformée en véritable « scène de crimes » dont les auteurs resteront largement impunis. Les États appelés à la rescousse de banques irresponsables ont vu leur dettes souveraines plonger, la croissance stagner, l’inflation et le chômage augmenter.Pourtant, deux ans après cette crise majeure, tout semble presque oublié et revenu à la « normale » : business as usual. Les grands financiers ont repris leurs mauvaises habitudes puisqu’aucune réforme essentielle de la finance internationale n’a réellement vu le jour.Une certitude donc : la prochaine crise financière à forte dimension frauduleuse n’est plus désormais qu’une question de date.

. Andreï Soldatov et Irina Borogan, Les héritiers du KGB. Enquête sur les nouveaux boyards, Collection Les Moutons noirs, François Bourin éditeur, novembre 2011.

Avec la disparition de l’Union soviétique en 1991 et la dissolution du KGB, un nouveau service de sécurité est né des cendres du précédent : le FSB. Au fil d’une enquête fascinante, Andreï Soldatov et Irina Borogan en pénètrent le monde secret. Ils dévoilent comment ses agents sont devenus « les nouveaux boyards » de la Russie.
Soutenus par Vladimir Poutine, qui fut l’un des leurs, ces hommes ont bâti une puissance plus obscure que celle du KGB. Le Kremlin les a déployés pour intimider l’opposition politique, pour imposer de nouveau l’autorité de l’État et perpétrer des meurtres au-delà des frontières.

Il les utilise pour s’assurer du contrôle des richesses du pays, les plaçant au coeur des rouages économiques et médiatiques stratégiques. Mais ils ont aussi accumulé des maladresses et des erreurs catastrophiques…

. Jean-Paul Maréchal, Chine/USA, le climat en jeu, Paris, Choiseul, novembre 2011, 112 p.

Le changement climatique d’origine humaine constitue l’une des menaces majeures qui pèsent sur le futur proche de l’humanité. Or, malgré l’urgence des mesures à prendre, aucun accord contraignant entre les principaux États pollueurs ne parvient à être adopté. Et cela notamment parce que ni les États-Unis ni la Chine ne sont disposés à accepter un accord qui les contraindrait à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.L’objet de cet essai est de décrypter les enjeux de cette impasse, de la replacer dans une perspective historique, de mettre en évidence les blocages qui font qu’aucun des deux premiers pollueurs du monde n’a pour le moment intérêt à faire preuve d’exemplarité. Il s’agira également d’identifier les facteurs susceptibles de constituer des pistes de solution à un problème dont la gravité ne saurait être minimisée.

. Jacobo Machover , Raul et Fidel La tyrannie des frères ennemis, Paris, François Bourin éditeur, novembre 2011.

Raúl Castro a pris officiellement les rênes de Cuba en 2008, mais il exerçait déjà le pouvoir depuis 2006. Qui est le « jeune frère » de Fidel ? Quelles relations les deux hommes ont-ils entretenues depuis leur enfance dans la conquête et dans l’exercice du pouvoir ? Que peut-on attendre de cette transition quasi dynastique ?
Jacobo Machover, connaisseur de longue date des arcanes du régime, passe au scanner l’histoire des deux frères. Il montre pourquoi Raúl ne peut pas être le Gorbatchev de La Havane. Il ne poursuit qu’un seul but : conserver le pouvoir conquis avec son frère en 1959, fût-ce au prix de quelques aménagements.

Entre Fidel et Raúl s’est tissée une étrange relation où se mêlent rivalités, influences et calculs. L’opportunisme de l’aîné et le dogmatisme du cadet se sont combinés pour assurer la longévité d’un régime communiste fondé sur la répression à tous les niveaux de la société.

Aujourd’hui l’homme de l’ombre, celui qui a mis en place un dispositif totalitaire naguère au service des intérêts soviétiques, est en pleine lumière, tandis que Fidel s’efface peu à peu en s’interrogeant curieusement sur ses erreurs…

Un livre indispensable pour comprendre l’aspiration à la liberté des Cubains.


Le livre recommandé par le Diploweb.com pour le mois d’octobre 2011 :

. Michel Dévoluy, L’euro est-il un échec ? Paris, coll. Débats réflexeeurope, La documentation française, 10 octobre 2011

Pierre Verluise, Directeur du Diploweb.com : "Voici un livre qui ose aborder de front une question que beaucoup se posent. Ecrit clairement, cet ouvrage contribue à éclairer - et alimenter - le débat".

4ème de couverture :

Indéniable réussite sur le plan technique, l’euro s’est imposé comme une monnaie internationale de référence. Toutefois, depuis sa création, il ne cesse d’essuyer des critiques et souffre d’une défiance récurrente de la part des citoyens européens. La récente crise économique et financière n’a fait qu’exacerber ces tensions depuis longtemps perceptibles. Sous une pression d’ampleur inédite, l’Union économique et monétaire peut-elle se solder par un échec ?

Pour répondre à cette question délicate, l’auteur de cet ouvrage revient aux origines de l’euro et s’interroge : quels étaient les gains attendus d’une monnaie unique ? L’Union en a-t-elle réellement bénéficié ? Quelles conditions devaient être remplies pour que cette entreprise exigeante soit couronnée de succès ? Sont-elles aujourd’hui réunies ? Quels choix concrets, de nature politique, théorique et technique l’Union a-t-elle effectués en la matière ? Sont-ils pertinents ? Faut-il aller au-delà des inflexions actuelles et envisager des perspectives plus audacieuses ?

Michel Dévoluy est professeur d’économie à l’Université de Strasbourg. Il est co-responsable de l’Observatoire des politiques économiques en Europe (Opee).


. Michel Nazet (coord.), Olivier Favry, Roger Favry, Europe et Russie, un passé pour quel futur ? Coll. Géopolitique des continents, prépas ECS, éd. Ellipses, octobre 2011, 271 p.

Un cours complet composé de tous les outils nécessaires pour réviser les données essentielles, acquérir la méthode...
Et réussir les concours : L’essentiel : une introduction pour recadrer les problématiques. Les dates indispensables : une chronologie pour aborder le sujet. Les chiffres incontournables : les statistiques pour mémoriser les données essentielles. Des cartes étapes : pour assimiler les grands repères. Des cartes de synthèse : pour faire un bilan du thème abordé. Des dissertations et des sujets de khôlle : pour se préparer efficacement au concours.
Les 100 mots du continent : un lexique pour maîtriser le vocabulaire indispensable. Les lieux de la géopolitique : pour cibler les points stratégiques du continent. Une bibliographie enrichie : livres, sites, films, musique... pour étudier le continent autrement.

. François-Xavier Priollaud et David Siritky, Que reste-il de l’influence française en Europe ? Coll. Réflexeeurope, La Documentation française, 10 octobre 2011.

Longtemps habituée à concevoir l’Europe comme un jardin à la française, en raison de son rôle fondateur dans la construction européenne et de son poids politique, économique et démographique, la France s’angoisse aujourd’hui de voir son influence décliner au sein des institutions européennes. S’il est évident qu’elle pèse moins dans l’Union à Vingt-Sept que dans l’Europe des Six, est-elle pour autant moins présente que d’autres grands États aux atouts comparables ? Sans céder au discours « décliniste » ambiant, les auteurs de cet ouvrage répondent de manière convaincante à cette question en examinant méthodiquement les déterminants de l’influence française. Plutôt que de nier le recul de celle-ci, attesté par des éléments objectifs, ils en relativisent l’ampleur et esquissent les stratégies qui permettraient de redonner à la France le rôle de premier plan qu’elle a eu en Europe.

. Corinne Vadcar (coord.), Russie : un "far east" prometteur ? Coll. International, Chambre de commerce et d’industrie de Paris.

Après ces années de crise, le marché russe reprend le chemin de la croissance, un peu plus tardivement que les autres pays émergents. Pour autant, les axes de modernisation et de diversification de l’économie sont aujourd’hui mieux identifiés et font l’objet d’une volonté politique affirmée. Dans ce contexte, des positions sont réellement à prendre par les entreprises françaises, quelle que soit leur taille, dans un certain nombre d’activités.

Toutefois, le marché russe est devenu fortement concurrentiel. Les entreprises ne sauraient s’y rendre et mener un projet commercial ou économique sans connaître particulièrement les clefs, les secteurs et les règles d’entrée de celui-ci. Cet ouvrage s’emploie à en faire un large décryptage dans une logique de partenariat entre les entreprises russes et françaises.

. Lukas Macek, L’élargissement met-il en péril le projet européen ? Coll. Réflexeeurope, La Documentation française, 10 octobre 2011.

En une cinquantaine d’années, la construction européenne a connu six vagues d’élargissement et acquis une dimension continentale. Certains voient dans le changement d’échelle du projet européen, qui concerne aujourd’hui vingt-sept États contre six à l’origine, la source de tous les maux qui affectent l’Union européenne : blocages institutionnels, lenteur décisionnelle, perte de cohésion, délocalisations, dumping social... Or, la liste des pays candidats à l’adhésion (Croatie, Islande, Turquie...) est encore longue.
À trop s’élargir, l’Union ne compromet-elle pas sa capacité à s’approfondir, mettant ainsi en péril la réalisation d une Europe politique ?

Cette question, aussi ancienne que le processus d’élargissement lui même, mobilise désormais les opinions publiques et bouleverse les clivages politiques traditionnels. Pour y répondre, l’auteur de cet ouvrage dresse un historique et un bilan des élargissements passés. Il en tire également des leçons pour l’avenir, et se demande comment et jusqu’où l’Union peut raisonnablement étendre ses frontières : pour pouvoir dire non à ses voisins, ne doit-elle pas clarifier au préalable le sens et la finalité mêmes du projet européen ?


Le livre recommandé par le Diploweb.com pour le mois de septembre 2011 :

. Pierre Conesa, La fabrication de l’ennemi ou comment tuer avec sa conscience pour soi, préface de Michel Wieviorka, Paris, Robert Laffont, septembre 2011.

Pierre Verluise, Directeur du Diploweb.com : " Voici un livre dont la réflexion est à la fois nourrie par une expérience des cercles du pouvoir et une distance analytique volontiers critique. Le tout rédigé de manière ciselée. A lire sans tarder".

4ème de couverture :

" Nous allons vous rendre le pire des services, nous allons vous priver d’ennemi ! ", avait prédit en 1989 Alexandre Arbatov, conseiller diplomatique de Mikhaïl Gorbatchev. L’ennemi soviétique avait toutes les qualités d’un " bon " ennemi : solide, constant, cohérent. Sa disparition a en effet entamé la cohésion de l’Occident et rendu plus vaine sa puissance.

Pour contrer le chômage technique qui a suivi la chute du Mur, les Etats (démocratiques ou pas), les think tanks stratégiques, les services de renseignements et autres faiseurs d’opinion ont consciencieusement " fabriqué de l’ennemi " et décrit un monde principalement constitué de menaces, de risques et de défis.
L’ennemi est-il une nécessité ? Il est très utile en tout cas pour souder une nation, asseoir sa puissance et occuper son secteur militaro-industriel. On peut dresser une typologie des ennemis de ces vingt dernières années : ennemi proche (conflits frontaliers : Inde-Pakistan, Grèce-Turquie, Pérou-Equateur), rival planétaire (Chine), ennemi intime (guerres civiles : Yougoslavie, Rwanda), ennemi caché (théorie du complot : juifs, communistes), Mal absolu (extrémisme religieux), ennemi conceptuel, médiatique.

Comment advient ce moment " anormal " où l’homme tue en toute bonne conscience ? Avec une finesse d’analyse et une force de conviction peu communes, Pierre Conesa explique de quelle manière se crée le rapport d’hostilité, comment la belligérance trouve ses racines dans des réalités, mais aussi dans des constructions idéologiques, des perceptions ou des incompréhensions. Car si certains ennemis sont bien réels, d’autres, analysés avec le recul du temps, se révèlent étonnamment artificiels.

Quelle conséquence tirer de tout cela ? Si l’ennemi est une construction, pour le vaincre, il faut non pas le battre, mais le déconstruire. Il s’agit moins au final d’une affaire militaire que d’une cause politique. Moins d’une affaire de calibre que d’une question d’hommes.

Pierre Conesa, agrégé d’histoire et ancien élève de l’ENA, fut membre du Comité de réflexion stratégique du ministère de la Défense. Enseignant à Science-Po.


. Mikhaïl Khodorkovski, Paroles libres, éd. Fayard, septembre 2011.

Traduit du russe par : Galia Ackerman, le présent recueil rassemble articles, échanges épistolaires avec trois grands écrivains russes contemporains (Lioudmila Oulitskaïa, Boris Akounine, Boris Strougatski) et interviews de Mikhaïl Khodorkovski, qui, après avoir été l’un des hommes les plus riches et les plus puissants de la Russie, purge depuis 2005 une peine de prison pour " fraude fiscale ", dont un dernier procès vient encore en 2010 de démontrer le caractère grossièrement fabriqué.

. Yannick Mireur, Le monde d’Obama, Paris, Choiseul, septembre 2011.

Les nations et les peuples se réapproprient l’histoire. Telle est la marque de notre époque, tandis qu’aux États-Unis le premier président noir tente de rétablir l’attractivité de la démocratie américaine après la déroute de l’après-11 septembre. Le monde vit ainsi un paradoxe : le recul relatif de l’Amérique et la fin de l’âge occidental, mais la victoire d’un principe au coeur de la pensée euro-américaine moderne, l’émancipation, dont Obama est un exemple politique unique. Ce président historique fut longtemps en quête de lui-même, méditant sa propre expérience américaine. Il est aujourd’hui en intelligence instinctive avec ce monde où s’affirme la résilience des peuples, et qui est aussi un monde post-américain. Curieuse alchimie du cours des choses. Le discours du Caire de juin 2009 a voulu exprimer sa compréhension des complexités du monde contemporain, tout particulièrement dans le monde arabe et musulman. Et signaler une nouvelle relation de l’Amérique au monde. Les événements de 2011 ont ouvert une page historique nouvelle, pleinement en phase avec le discours de ce singulier président américain. Mais le défi principal pour la paix et la stabilité mondiales reste la Chine. Échappe-t-elle à cette force qui surgit ? À la résilience des peuples ?

Yannick Mireur est spécialiste des États-Unis, docteur en relations
internationales de la Fletcher School of Law and Diplomacy de Boston.


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. Jean-François Jamet, L’Europe peut-elle se passer d’un gouvernement économique ? Coll. Débats réflexeeurope, Paris, La Documentation française, 10 octobre 2011.

Confrontée à une crise économique et financière sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale, l’Union européenne n’a pas su, jusqu’à présent, apporter des réponses rapides, cohérentes et crédibles. Alors que l’endettement de certains États membres atteint un seuil critique et menace la pérennité de la zone euro, n’est-il pas urgent pour elle de mieux coordonner ses choix de politique économique et de rendre ceux-ci plus lisibles et plus transparents ? Dans un langage très accessible aux non-économistes, l’auteur de cet ouvrage explique les enjeux d un « gouvernement économique européen ». Il souligne aussi les obstacles de nature économique, politique ou institutionnelle qu’il faudrait surmonter pour parvenir à l’ instaurer. Enfin, considérant que la logique fondatrice de la construction européenne s’est essoufflée, il met en exergue les orientations nouvelles qui permettraient à l Europe d’éviter les excès du marché et des États, de répondre plus efficacement aux crises, de résister à la concurrence internationale et d investir dans son avenir.

Jean-François Jamet est un ancien élève de l’Ecole normale supérieure et de l’Université Harvard. Il enseigne l’économie politique de l’Union européenne à Sciences Po.

. A. Dubresson, S. Moreau, J.-P. Raison & J.-F. Steck, L’Afrique subsaharienne. Une géographie du changement. 3e édition
Paris, Armand Colin, 2011

. Michel Battiau, L’enjeu industriel dans le monde, Paris, Ellipses, 2011. 192 pages

. Jean-Louis Tissier, Marie-Claire Robic & Philippe Pinchemel, Deux siècles de géographie française. Une anthologie, Paris, CTHS, 2011. 600 pages

. Catherine Rollet, Introduction à la démographie, Paris, Armand Colin, 2011. (3e éd.), 128 pages

. Eric Auburtin, Alain Joyeux, Stéphane Dubois, Pascal Brenneur, Bruno Billmann & Laëtitia Laumonier, Réussir l’épreuve d’Histoire Géographie Géopolitique du monde contemporain : Classes prépas commerciales ECS, Paris, Publications de la Sorbonne, 2011, 336 pages

. Hélène Blais, Florence Deprest & Pierre Singaravélou, Territoires impériaux. Une histoire spatiale du fait colonial, Paris, Publications de la Sorbonne, 2011, 336 pages

. François Heisbourg & Xavier Pasco, Espace militaire. L’Europe entre souveraineté et coopération, Paris, Choiseul, 2011. 160 pages

La coopération européenne dans le domaine de la défense constitue aujourd’hui un impératif. À l’heure où bougent les lignes géopolitiques, où les budgets nationaux de défense ne cessent de diminuer, l’Europe tente à grand peine de s’organiser pour relever collectivement les défis technologiques et militaires.

Bien que restée discrète, la coopération spatiale militaire est un bon exemple de cet effort. C’est aussi un bon cas d’école pour en percevoir à la fois les limites et les potentialités demeurées inexplorées. Cet ouvrage revient sur cette courte histoire inaugurée au début des années 1990 par quelques pays, parmi lesquels la France a joué et joue encore un rôle majeur. Il ressort d’une analyse basée sur les témoignages d’acteurs centraux le constat de progrès difficiles mais opiniâtres, témoins des balbutiements d’une véritable identité de défense européenne.

François Heisbourg est conseiller spécial à la Fondation pour la recherche stratégique et président du Conseil d’administration de l’International Institute for Strategic Studies de Londres et du Centre de politique de sécurité de Genève.

Xavier Pasco est maître de recherche à la Fondation pour la Recherche Stratégique, professeur associé à l’Université de Marne-La-Vallée et Research Fellow au Space Policy Institute à l’université George Washington (Washington D.C., États-Unis).

. Alain Nonjon, L’Afrique des nouvelles convoitises, Paris, Ellipses, 2011.

. Marie-Claude Smouts & Guillaume Devin, Les organisations internationales, Paris, Armand Colin, 2011, 253 pages.

L’activité multilatérale mobilise aujourd’hui l’essentiel de la politique extérieure. Dans un monde façonné par la libéralisation des échanges et la mondialisation de l’information, aucun domaine de l’activité humaine n’échappe désormais au besoin de concertation à l’échelle planétaire. Chaque problème nouveau engendre, à plus ou moins longue échéance, une nouvelle instance internationale baptisée selon les circonstances, forum, conseil, groupe, comité, organisation... Jamais les formes de coopération n’ont été aussi diverses. Jamais les institutions internationales n’ont été aussi nombreuses. Elles possèdent toutes leur trajectoire particulière, leur organisation, leur degré d’autonomie variable vis-à-vis de leurs membres, rendant l’ensemble du système difficile à saisir dans tous ses détails.
D’où l’intérêt du présent ouvrage, sans équivalent en langue française, qui fait le choix d’une approche globale et privilégie l’étude des organisations internationales comme phénomène social majeur. Il souligne ainsi le mouvement propre à ces organisations et propose une nouvelle manière de lire la transformation des relations internationales.

Guillaume Devin est professeur des Universités à l’IEP de Paris (Sciences Po). Marie-Claude Smouts est directrice de recherche honoraire au CNRS/CERI-Sciences Po.

. Georges Mutin, L’eau dans le monde arabe. Enjeux et conflits,
Paris, Ellipses, 2011, 176 pages

. Philippe Boulanger, Géographie militaire et géostratégie,
Paris, Armand Colin, 2011, 302 pages

Depuis la fin de l’antagonisme des deux blocs et l’espoir de voir la paix s’imposer sur tous les continents, sous l’effet de la mondialisation et de l’accélération des échanges, une nouvelle géographie des rivalités et des tensions se dessine. Terrorisme international, guerres de frontières, conflits pour la maîtrise des ressources énergétiques sont autant de crises qui bouleversent l’équilibre sécuritaire et militaire hérité de la période post-guerre froide.

Pour comprendre ces mutations et la complexité de ce nouvel ordre géostratégique, cet ouvrage dresse un état des lieux des grandes dynamiques contemporaines ; croissance des dépenses militaires mondiales et développement de l’intelligence économique comme arme stratégique ; limites de l’hyperpuissance américaine et reconstruction de puissances militaires vieillissantes (Russie) ; émergence de nouveaux acteurs stratégiques (Chine, Inde).

Car si les conflits tendent à diminuer, leur nature change et des zones de tension et de chaos ("zones grises"), échappant à tout contrôle, font leur apparition. Si les organisations internationales interviennent désormais davantage dans des opérations de consolidation de la paix et de reconstruction, elles doivent aujourd’hui faire face à de nouveaux défis (terrorisme, prolifération des armes nucléaires) et enjeux actuels (préservation de l’environnement en temps de guerre).

Philippe Boulanger, professeur des universités en géographie, spécialiste des questions de défense et de géographie militaire, est professeur associé aux Ecoles militaires de Saint-Cyr-Coëtquidan et à l’Ecole de guerre (Paris).

. Christian Bouquet, Côte d’Ivoire. Le désespoir de Kourouma,
Paris, Armand Colin, 2011.

La Côte d’Ivoire, après des années de crise politique, a semblé renouer avec le processus démocratique. Les élections présidentielles tant attendues ont enfin eu lieu en octobre 2010. Elles ont été marquées par une participation massive et ont relancé les rêves de paix immortalisés par les romans d’Ahmadou Kourouma.

Pourtant, la victoire d’Alassane Ouattara a été contestée par Laurent Gbagbo, chef de l’État sortant. Et de nouveau le spectre de la guerre civile a plané sur le pays. Après six mois de crise post-électorale et une sanglante bataille d’Abidjan, l’arrestation de Gbagbo en avril 2011 a laissé Ouattara face au défi immense de réconcilier et de reconstruire son pays.

En revenant sur les éléments factuels et en remontant aux sources de "l’ivoirité", cet ouvrage indispensable propose, dans sa troisième édition actualisée, les clés de compréhension d’un conflit devenu hors-norme.

Christian Bouquet est professeur de géographie politique et du développement à l’université Michel de Montaigne (Bordeaux 3). Sa carrière de conseiller chargé de la coopération auprès des ambassades de France l’a conduit à passer plus de trente ans dans les pays d’Afrique subsaharienne et de l’océan Indien. C’est sa dernière affectation à Abidjan qui lui a permis de vivre au cœur de la crise ivoirienne.

. Bérengère Marques-Pereira & David Garibay, La politique en Amérique latine. Histoires, institutions et citoyennetés, Paris, Armand Colin, 2011, 320 pages

L’Amérique latine est en train de vivre une transformation démocratique sans précédent. Pour la première fois de son histoire, la sortie des dictatures et les passages à la démocratie politique vont de pair avec un ébranlement des multiples réseaux de tutelle que furent le patrimonialisme, le clientélisme, le corporatisme, et débouchent à la fois sur des processus d’individuation des citoyens et sur la revendication d’identités collectives. La reconnaissance de la diversité ethnique et de l’égalité de genre constituent les ingrédients d’une culture anti-autoritaire.

S’appuyant sur l’histoire, mais aussi sur une analyse comparatiste, cet ouvrage s’attache à distinguer les points communs unissants l’évolution de ces régimes, mais aussi les singularités de chaque pays. Il offre un panorama complet des régimes et des systèmes politiques en œuvre en Amérique latine. Il intéressera principalement les étudiants en sciences politique, en histoire, en géographie, en sociologie, en langues et civilisations, mais aussi tous ceux qui se passionnent pour ce continent en pleines mutations.

Bérengère Marques-Pereira est professeure de l’Université libre de Bruxelles en sciences politiques et sociales. David Garibay est maître de conférences en science politique à l’Université Lumière Lyon 2, chercheur à Triangle (UMR CNRS 5206)

. Georges-Goulven Le Cam, L’Australie. Au-delà du rêve,
Rennes, PUR, 2011, 374 pages.

Plus de deux siècles après l’arrivée des premiers colons britanniques à l’autre bout du Monde, l’Australie fascine encore la vieille Europe. Mérite-t-elle, toutefois, son titre officieux de "Pays Chanceux" ? L’éthique égalitaire du "fair go" a-t-elle gommé les injustices et permis aux faibles et démunis de la nation de trouver une digne place sous le soleil des antipodes ?

Ce voyage dans l’espace et le temps donnera à l’esprit curieux quelques outils pour répondre à ces questions. On découvrira tout à tour les us fascinants d’une culture aborigène millénaire, les efforts d’une société jadis carcérale pour se réinventer en pôle d’émigration, le combat des suffragettes pour s’arroger l’accès aux urnes, le démantèlement de la politique raciste de l’Australie blanche... Mais on se heurtera aussi, en contrepoint de ses progrès, aux limites de l’utopie australienne - aux dangers qui pèsent sur les libertés dans un pays sans charte des droits, au sexisme structurel d’une société encore friande d’héroïsme viril, aux affres des communautés tribales du désert. Certes, l’économie australe, accrochée à la locomotive chinoise, se porte bien. Mais cette santé ne peut masquer de graves failles. A bien des égards, le Lucky Country est passé de l’autre côté du rêve...

Professeur à l’université de Rennes II Georges-Goulven Le Cam étudie l’histoire et la société australiennes depuis de nombreuses années. Auteur de plusieurs ouvrages, dont L’Australie : naissance d’une nation (2000) et Nouvelle-Zélande : un Eden de feu (2009), il est, depuis 2009, détaché auprès de l’université de Melbourne.

. Olivier Zajec, La nouvelle impuissance américaine : Essai sur dix années d’autodissolution stratégique, Editions de l’Oeuvre, août 2011.

. Barthélémy Courmont, L’après Ben Laden : L’ennemi sans visage, Bourrin éditeur, août 2011.

La mort d’Oussama Ben Laden semble refermer une parenthèse ouverte il y a dix ans avec les attentats du 11 septembre 2001. Mais la réalité est malheureusement différente. Si le fondateur d’Al-Qaida a incarné le terrorisme transnational, son élimination ne marque pas un tournant dans la lutte contre les organisations terroristes. Se jouant de la mondialisation pour mieux recruter tout en restant invisible, renouvelant en permanence leurs modes d’action et frappant de manière toujours imprévisible, les groupes terroristes ne se font désormais connaître qu’une fois qu’ils ont sévi, c’est-à-dire trop tard. Cette transformation progressive puise dans les méthodes de la guérilla et s’appuie de plus en plus sur des kamikazes n’ayant pas nécessairement de liens entre eux. L’organisation s’est muée en nébuleuse et l’ennemi n’a plus de visage, mais il n’en est que plus dangereux. Très bien documenté et volontairement percutant, cet ouvrage dresse le portrait des groupes terroristes transnationaux et propose une grille de lecture que les services de renseignements tardent encore à appliquer. Le message est simple : ce n’est qu’en comprenant mieux le terrorisme, ses fondements actuels et ses modes d’action, que les démocraties pourront mieux le combattre.

Barthélémy Courmont est professeur de science politique à Hallym University (Chuncheon, Corée du Sud), chercheur associé à l’IRIS et directeur associé sécurité et défense à la chaire Raoul Dandurand en études stratégiques et diplomatiques (Université du Québec à Montréal).

. Moïse Tsayem-Demaze, Géopolitique du développement durable, PU Rennes, août 2011.

Cet ouvrage fait le point sur les problèmes environnementaux internationaux qui mobilisent les États depuis la Conférence de Rio de Janeiro au Brésil en 1992 : changements climatiques, déforestation, érosion de la biodiversité, sécheresse et désertification. Il analyse l’avènement du développement durable, proposé sous les auspices de l’ONU comme solution à ces problèmes environnementaux internationaux.

Les textes fondateurs du développement durable, en particulier le rapport Brundtland, les conventions internationales sur l’environnement, les accords de Copenhague et de Cancun, sont décryptés. Des cartes permettent de se rendre compte de la géographie de la ratification de ces traités internationaux, fournissant ainsi des enseignements géopolitiques sur l’adhésion des États aux préoccupations environnementales internationales et au leitmotiv du développement durable.

Alliant la synthèse géographique dans une perspective internationale et l’analyse des désaccords entre les pays développés et les pays en développement, l’ouvrage éclaire la géopolitique du développement durable et permet de disposer de connaissances fondamentales en la matière. Les perspectives esquissées sont utiles pour suivre l’évolution des débats et des négociations internationales sur les problèmes environnementaux planétaires et sur la mise en oeuvre du développement durable au niveau international.

. Xavier Raufer, Demain les guerres, Plon, août 2011.

. Géopolitique du monde contemporain, Nathan, août 2011.

. Frédéric Charillon et autres, Afrique du Nord-Moyen Orient 2011-2012, Documentation française, août 2011.

. Gérard Aboit, Les services secrets français, Tallandier, août 2011.

. Maurice Vaïsse, Les relations internationales depuis 1945, Armand Colin, août 2011 (12e édition).

. Franck Tétart, Géographie des conflits : Capes - Agrégation, Sedes, juillet 2011.

Terme polymorphe et polysémique, un conflit recouvre différentes réalités : politiques, économiques ou sociales. À côté de la guerre, forme classique du conflit entre États, il peut se dérouler entre personnes, groupes sociaux, avec ou sans violence, sur terre, en mer, dans les airs, dans des milieux naturels très différents, voire également dans « le cyberespace ».
L’impact des espaces et des milieux est considérable, faisant du conflit un enjeu et un objet pour les géographes, d’autant qu’avec le développement de l’analyse géopolitique, le raisonnement géographique met en relief rapports de force et rivalités de pouvoir sur les territoires.
À l’exposé des grandes problématiques, l’ouvrage associe tout un ensemble d’études régionales très précises, confiées aux meilleurs spécialistes. Il intéressera principalement les candidats aux concours de l’enseignement et, au-delà, tous ceux qui cherchent à comprendre les enjeux et les évolutions des conflits contemporains.

Frank Tétart a dirigé cette publication, avec les contributions de Anne-Laure Amilhat Szary, Lionel Baixas, Philippe Boulanger, Mélanie Fournier, Alain Gascon, Sylvain Guyot, Pascal Marchand, Simon Minkowski, Paul-David Régnier, Irène Salenson, Jean-Loup Samaan.

. Gabrielle Foy, Influence de la communauté Allemande sur la géopolitique Argentine de 1850 a nos jours, L’Harmattan, juillet 2011.

. Maie Gerardot (dir.), Dictionnaire des conflits, Atlande, juillet 2011.

Traitant du sujet de Géographie du CAPES d’Histoire-Géographie et des agrégations d’Histoire et de Géographie pour les années 2011/2012 et 2012/2013, ce dictionnaire complète le manuel qu’Atlande consacre à ce sujet mais s’adresse aussi à un public plus large à la recherche de références sur l’actualité internationale.
En près de 500 articles il traite des conflits actuels, tant armés que politiques, à l’échelle de la planète, des continents, de différents pays mais aussi à celle d’un quartier ou d’une région. Très clair, il explicite également des notions et concepts clefs.

. Richard Rosière, Géographie des conflits armés & des violences politiques, Paris, Ellipses, juillet 2011.

Cet ouvrage présente les différentes formes des conflits armés et évalue leur impact et leurs implications politiques et spatiales. Il distingue la guerre inter-étatique, ou guerre « classique » opposant des États par le biais de leurs armées respectives, et les conflits intra-étatiques, ou guerres civiles, désormais la manifestation la plus courante de la violence armée dans le monde. Au-delà de la guerre, l’ouvrage présente aussi la violence politique, notamment les phénomènes liés aux soulèvements, aux révolutions et à la répression. La dimension démographique n’est pas oubliée, car la transformation du peuplement implique différents crimes de masse (massacres, génocides, nettoyages ethniques). Enfin, l’analyse de la dimension économique des guerres, considérées comme facteurs d’appauvrissement ou d’enrichissement, souligne la relation décisive entre économie et guerre. Entre la représentation exagérément optimiste d’une société pacifiée par la mondialisation et la vision pessimiste d’un monde structuré par la violence, il importe de dépasser le simple clivage guerre/paix et de souligner au contraire la variété des formes de violences armées dans les sociétés contemporaines.

. Anne Bretagnolle, Renaud Le Goix et Céline Vacchiani-Marcuzzo, Métropoles et mondialisation, Documentation photographique n°8082, Paris, Documentation française, juillet 2011. ISSN : 0419-5361

Les grandes villes jouent désormais aussi un rôle majeur dans la mondialisation. Métropoles du Nord et métropoles émergentes se livrent d’ailleurs une compétition sur tous les fronts : l’économie, l’innovation technologique, la culture ou le marketing urbain. Les habitants et les quartiers des centres urbains ont à subir eux-mêmes les impacts de la globalisation : accroissement des inégalités urbaines, transformation des centres-villes, surenchères foncières. Les auteurs de ce dossier proposent une réflexion renouvelée sur ces enjeux, en lien avec le nouveau programme de géographie de quatrième de la rentrée 2011. Comme tous les dossiers de la Documentation phototographique, ce numéro offre une iconographie de qualité, accompagnée de cartes, d’encadrés, d’indications statistiques...

. Sophie Boisseau du Rocher (dir.), Asie 2011-2012. Catastrophes naturelles, dynamisme socio-économique et questionnements politiques. Coll. Mondes émergents, Paris, La Documentation française, juillet 2011.

Croissance élevée, intégration à la mondialisation, poursuite de la régionalisation... Année après année, l’Asie confirme sa montée en puissance, en dépit des pesanteurs, tensions et aléas dramatiques. De la Chine à l’Indonésie, alors que les révolutions arabes incitent les pouvoirs asiatiques à envisager des politiques alternatives, la priorité consiste à consolider les trajectoires de développement. De plus, les tensions n’empêchent ni les rapprochements ni les négociations dans les domaines géostratégique et économique. Et si la Chine n’a pas encore amorcé son basculement vers un statut de puissance mondiale, elle s ý prépare, tandis qu’une concurrence se met en place entre Pékin et Washington.

. Philippe Deprédurand, L’Union européenne et la mer. Ou les limbes d’une puissance maritime, préface de Pierre Verluise, Coll. Diplomatie et stratégie, Paris, L’Harmattan, juin 2011.

L’Europe est un continent lié à la mer, par sa géographie comme par son histoire. Alors que reculent les puissances maritimes traditionnelles, l’UE peut-elle devenir une puissance de la mer ? Liant l’aventure communautaire future à une meilleure appropriation des enjeux de la mer, cet essai se termine par des propositions de débat, dans une perspective "d’élargissement à l’Ouest" et de dépassement par l’UE des limbes de la puissance maritime.

. Marjorie Jaouen, La politique européenne de cohésion, Coll. Réflexe europe, Paris, La Documentation française, juin 2011

La politique européenne de cohésion sociale (appelée aussi " politique régionale ") a été lancée au milieu des années quatre-vingt pour aider les régions et les groupes sociaux les plus défavorisés à surmonter le choc du Marché unique. Elle représente aujourd’hui plus d’un tiers du budget européen et elle a su démontrer sa valeur ajoutée. Néanmoins, de nombreux défis se posent à elle et dans cette Union à vingt-sept, et sur fond de crise économique majeure, l’exercice de solidarité est mis à rude épreuve. Alors que l’Union européenne vient d’adopter sa stratégie pour 2020, la politique européenne de cohésion parviendra-t-elle à préserver ses spécificités tout en opérant sa mue ? Tels sont la situation, les enjeux et les perspectives de réforme, très clairement présentés et explicités dans cette nouvelle édition de " Réflexe Europe ".

. Frédéric Charillon, La politique étrangère de la France, Coll. Etudes, Paris, La Documentation française, juillet 2011.

Panorama des lignes de forces de la politique étrangère française au cours des 50 dernières années : de l’héritage gaulliste jusqu’à la réinvention de l’action extérieure face aux bouleversements géopolitiques successifs et à l’émergence de nouveaux acteurs. Avec également une réflexion sur la politique extérieure de la France mise en œuvre depuis 2007. Les annexes, très riches comportent les discours marquants et les déclarations de politique étrangère des présidents de la République française de la Ve République.

. Colonel Jean-Luc Lefebvre, Stratégie spatiale. Penser la guerre des étoiles : une vision française. Esprit du Livre Editions, 23 juin 2011, 404 pages ISBN-13 : 978-2363181824. Un ouvrage richement illustré.

Pour comprendre la stratégie spatiale, il faut d’abord connaître le milieu et en délimiter le domaine. Il faut ensuite évaluer l’enjeu stratégique de l’espace, aussi bien pour lui-même qu’en relation avec les activités terrestres. Il faut enfin imaginer les possibilités d’un combat depuis, contre et dans l’espace. Stratégie spatiale éclaire le profane et nourrit la réflexion de l’expert. Il explicite les concepts établis, comme la militarisation et l’arsenalisation de l’espace et innove avec la « martialisation de l’espace ». Il montre comment les moyens spatiaux constituent une composante essentielle de la maîtrise de l’information, clé de la puissance au XXIe siècle. Il visite les armements actuels et explore ceux de demain en identifiant les ruptures technologiques les plus prometteuses. Il énonce enfin un certain nombre de principes et pose les bases d’une stratégie future utilisant la Lune et les points de Lagrange. Au terme de cette oeuvre à la fois didactique et fouillée, un glossaire de 500 termes et des annexes spécialisées renforcent l’intérêt pour un ouvrage de référence essentiel au professionnel et accessible à un large public. En synthèse, cette étude constitue une incontournable « ouverture de domaine » de la réflexion stratégique appliquée à un milieu invisible, mais devenu incontournable, tant dans notre vie quotidienne que dans notre manière de faire la guerre.

. François Géré, Dictionnaire de la désinformation, Paris, éd. Armand Colin, 2011.

300 entrées. Mini-essais thématiques. Des exemples, des analyses de cas concrets.

Désinformation. Le mot sent le soufre, attisant tous les fantasmes, des plus archaïques aux plus contemporains.

En une vingtaine d’années, l’usage de ce terme qui jusqu’alors se limitait aux spécialistes du renseignement et de la propagande a connu un développement exceptionnel lié aux médias de masse puis aux nouveaux vecteurs de communication (Internet, Facebook, etc.). Il est désormais courant d’invoquer la désinformation pour s’en déclarer victime et rejeter sur l’adversaire la responsabilité d’une manœuvre occulte, par définition invérifiable, sauf accident. Dans tous les domaines stratégiques (politiques, militaires, économiques) la désinformation s’est insinuée, troublant l’esprit public, sapant les bases de la démocratie qui, pour survivre, doit rapidement réaffirmer et consolider le rôle de l’information et la valeur du savoir.

François Géré, directeur de recherches à Paris 3, président de l’Institut français d’analyse stratégique (IFAS) étudie depuis 1985 le rôle de la propagande et de l’action psychologique dans les situations de crise, de guerre et de plus en plus, en période de paix.

. Jean-François Gayraud, La Grande Fraude. Crime, subprimes et crises financières, Paris, Odile Jacob, mai 2011.

Et si la crise financière dont nous subissons encore les effets était bel et bien une vaste fraude ?

Voici un "autre récit" du krach. En tout cas, pas celui proposé en général par les économistes ou les financiers.

Décryptant les mécanismes ayant permis une succession d’actes criminels, reprenant les événements pièce par pièce et les replaçant dans une histoire plus longue, Jean-François Gayraud va ainsi au-delà de la stigmatisation de quelques boucs émissaires ou de la dénonciation de certains excès. Des politiques aveugles et dogmatiques de dérégulation des marchés ont ouverts la voie à des comportements criminels de grande ampleur au point de déclencher la crise des "subprimes". Dès lors, pour lui, il est impossible d’envisager un vrai assainissement, une reconstruction durable de la finance si ce diagnostic criminel n’est pas fait.

Après la globalisation des phénomènes mafieux et la pénétration du monde du spectacle, Jean-François Gayraud poursuit son exploration des criminalités organisées qui gangrènent les sociétés contemporaines.

Auteur notamment du "Monde des Mafias", commissaire divisionnaire de la Police nationale, en poste au Conseil supérieur de la formation et de la recherche stratégiques (CSFRS), Jean-François Gayraud est docteur en droit, diplômé de l’Institut d études politiques de Paris et de l’Institut de criminologie de Paris.

. Conseil d’Analyse Economique, L’émergence de la Chine : impact économique et implications de politique économique, Paris, La Documentation française, juin 2011.

Ce rapport revient sur la place de la Chine dans l’économie mondiale et propose une analyse de sa stratégie. Les auteurs proposent ici, de relever le pari chinois et de participer au développement des relations commerciales avec cet État, sans pour autant sous-estimer les risques et les difficultés d’une telle stratégie. Plusieurs propositions se dégagent, présentées ici en détail. L’axe majeur étant que l’attention des gouvernements devrait se porter sur l’ouverture du marché chinois, encore trop protégé, ainsi que sur le climat des affaires - notamment la protection des droits de propriété intellectuelle, encore très imparfaite. Compte tenu des fortes incertitudes, mais aussi du fort potentiel pour les débouchés commerciaux et technologiques, les auteurs plaident pour un réel engagement des état- majors des entreprises françaises.

. Jean-Luc Sauron et alii, Comprendre l’Union européenne, Institutions, Politiques, Droit. Formation Administration Concours. Catégorie A. Paris, La Documentation française, 2011.

. G20 : les enjeux de la présidence française. Regards sur l’actualité, n° 371, Paris, La Documentation française, 2011.

. Eric L’Helgoualc’h, Panique aux frontières, Enquête sur cette Europe qui se ferme, Postface de Pierre Henry, Paris, Max Milo Editions, 9 juin 2011, 320 pages, 18,90 €

Le débarquement chaque année de milliers de migrants réveille en Europe la peur d’une « invasion » étrangère. Certains gouvernements européens réclament le renforcement des contrôles aux portes de l’espace Schengen tandis que d’autres veulent rétablir les frontières nationales. L’Union européenne, espace de libre circulation des personnes et de promotion des droits de l’homme, semble peu à peu gagnée par une hostilité croissante à l’égard des étrangers. Quelle est la réalité des événements qui se déroulent aujourd’hui à nos frontières ?

L’auteur a enquêté pendant un an sur le terrain, où il a rencontré responsables, migrants, dirigeants politiques et militants associatifs. Il nous livre un récit vif et éclairant, fruit d’une exploration sans détour de cette question complexe. Pour comprendre, par-delà les peurs.

Éric L’Helgoualc’h, consultant en communication, diplômé en droit communautaire, a longtemps travaillé pour touteleurope.fr, l’un des principaux sites français d’information sur les questions européennes. Il a également publié des chroniques pour nonfiction.fr, liberation.fr, rue89.com. Pierre Henry, Directeur Général de France terre d’asile, est spécialiste des questions d’immigration, de développement et d’asile.

. Jacques Barrat et alii, Géopolitique de la Cote d’Ivoire, éd. SPM, juin 2011.

. Bruno Cautrès, Nicolas Monceau, La Turquie en Europe : L’opinion des Européens et des Turcs, Paris, Les Presses de Sciences Po, juin 2011, 172 p.

. Maurice Vaïsse, et alli. La France et l’Otan, André Versaille éditeur, 650 p.

Le retour de la France dans l’Otan, une nouveauté ? Non, c’est la troisième fois au moins que l’on peut parler de tentative de réintégration de la France dans la structure intégrée de l’Otan ! Déjà en 1995-1996, avec l’arrivée de Jacques Chirac à la présidence de la République, il en avait été très fortement question : trente ans après la sortie, c’était bien le moment de faire le point sur l’événement de 1966, ses prodromes, ses modalités et ses suites. Au cours des articles qui vont suivre, tous les aspects de cette question des rapports de la France avec l’Otan sont passés en revue : diplomatiques, bien sûr, mais aussi militaires ; sans oublier les questions de politique intérieure et d’opinion publique et les réactions des Etats-Unis et des principaux pays européens à la décision du général de Gaulle, qui avait accueilli favorablement le traité de Washington, mais rejetait l’organisation et surtout l’intégration. On le sait, la tentative de Jacques Chirac a échoué et l’on a assisté à une réintégration rampante. Est-ce que, cette fois, ce sera la bonne ? La France reviendra-t-elle à part entière dans l’Alliance ?

. Christophe Jaffrelot, Philippe Esper, Christian de Boissieu, Pierre Delvolvé, Un monde sans Europe ?, Paris, Fayard, juin 2011.

Des menaces de toutes formes, nombreuses et diffuses, pèsent sur le monde, dans le monde sur l’Europe, dans l’Europe sur la France : sécuritaires, climatiques, énergétiques, démographiques, idéologiques…

Quelles sont les possibilités pour l’Europe d’y faire face, alors qu’ Henry Kissinger observait, avec ironie, il y a trente-cinq ans, ne pas savoir à quel numéro appeler l’Europe ? Catherine Ashton aurait récemment communiqué la référence d’un standard téléphonique branché en boucle sur le répondeur suivant : « For Germany, press one ; for France, press two ; for England, press three ; for Italy, press four ; for Poland, press five… , for Malta, press twenty-seven ». Ce qui est le constat à la fois de la division et de l’impuissance de l’Europe.

Le Conseil économique de la défense, composé d’une centaine de personnalités de l’entreprise, de l’économie, de l’international, de l’université, des administrations civiles ou militaires et de la politique, s’est interrogé sur l’hypothèse et le risque d’« un monde sans Europe ».

L’identification des tensions et des menaces doit aider à déterminer les solutions permettant à l’Europe, et donc à la France dans l’Europe, d’y faire face.

L’étude dirigée par Philippe Esper, animée par Christian de Boissieu, Pierre Delvolvé, Christophe Jaffrelot et conseillée par Pierre Hassner, propose, à partir d’analyses factuelles, des solutions et ouvre des voies pour notre pays et quelques pays européens « qui le veulent et qui le peuvent ».

. Jean-Christophe Notin, La Guerre de l’ombre des Français en Afghanistan : 1979-2011, Fayard, mai 2011, 960 p.

. Arnaud Lafolie, Le monde arabe tel qu’il est, Editions de l’Oeuvre, mai 2011

. Jean-Paul Betbèze et Jean-Dominique Giuliani, Les 100 mots de l’Europe, Coll. QSJ n°3896, Paris, PUF, mai 2011.

Le projet européen, unique dans l’histoire du monde, paraît toujours plus complexe, alors qu’il s’agit d’avoir, ensemble, plus de croissance et d’emploi. Traités, règlements, négociations et compromis se mêlent pour en brouiller le sens et la réalité.

La crise économique renforce la nécessité de mieux comprendre ses codes et ses arcanes, conçus avant tout pour offrir à ses États membres plus d’efficacité, mais souvent difficiles à décrypter.
Car la construction européenne, avec l’euro, sa monnaie unique, ses lois, ses institutions et leurs décisions, rythment désormais la vie quotidienne des Européens. Voici 100 mots pour l’appréhender simplement.

. Amérique latine 2011. L’Amérique latine est bien partie, coll. Emergents, Paris, Documentation française.

L’Amérique latine en 2011 : prudente, solide, dynamique, inventive,
Georges Couffignal.

L’Amérique latine dans un ordre mondial en mutation, Alain Rouquié

Barack Obama et les Amériques : entre espoirs anciens et nouveaux risques, Laurence Whitehead.

La crise mondiale : un test réussi de « l’émancipation macro-économique » de l’Amérique latine ? Christian Ghymers

La politique étrangère de la France vis-à-vis de l’Amérique latine, Georges Couffignal.

L’élection présidentielle de 2010 au Brésil : la victoire d’une candidate improbable, Stéphane Monclaire.

Colombie : le début d’une nouvelle ère politique ? Sophie Daviaud.

Les agricultures latino-américaines : dynamiques et enjeux de développement, Martine Guibert et Sébastien Velut.

Sexualités et politiques en Amérique latine, Mario Pecheny et Rafael de la Dehesa.

Amérique latine : une course aux armements ? Rut Diamint.

Fiches pays : l’Amérique latine en 2010.

. Yves-Marie Adeline, 1914. Une tragédie européenne, Paris, Ellipses, avril 2011.

. Philippe Lane, Présence française dans le monde. L’action culturelle et scientifique, coll. Etudes, Paris, Documentation française, avril 2011.

. Pascal Gauchon (dir.), Dictionnaire de géopolitique et de géoéconomie, PUF, coll. Major, 6 avril 2011, 688 p. 49 euros. ISBN : 978-2-13-057878-9

Près de 600 entrées, chacune comportant une définition claire, puis un exposé des faits, une problématisation et éventuellement une courte bibliographie.

. Plus de 70 cartes en deux couleurs.

. Les notions d’« Aide » à « Zone grise » en passant par « État-nation » et « Guerre économique ».

. Les auteurs d’« Ancel » à « Spykman » en passant par « Huntington » et « Lénine ».

. Les pays d’« Albanie » à « Zimbabwe » en passant par « France » et « Inde ».

. Les grands ensembles à toutes les échelles, d’« Afrique » à « Sahel » en passant par « Asie orientale » et « Monde
Baltique ».

. Les zones de tension d’« Abkhazie » à « Ulster » en passant par « Darfour » et « Tibet ».

. Les organisations internationales d’« ALENA » à « SAARC » en passant par « FMI » et « OTAN ».

. Et encore les principaux accords internationaux, les mouvements politiques, les grandes villes mondiales, les mers et océans, les détroits, les produits stratégiques, les guerres récentes et leurs enseignements stratégiques…

. Un site Internet qui permet d’avoir accès à des définitions et à des cartes complémentaires ainsi qu’à des actualisations.

Coordonné par Sylvia Delannoy et Jean-Marc Huissoud.

Une trentaine d’experts reconnus : C. Augagneur-Delaye – K. Bennafla – S. Brunel – S. Boisseau du Rocher – J.-P. Cabestan – S. Colin – O. David – G. Delamotte – M. Duchâtel – É. Duquesnoy – G.-F. Dumont – Y. Gervaise – F. Godement – O. Guillard – D. Hamon – T. Josseran – M. Lefebvre – P. Martin – É. Meyer – A. Michalec – F. Munier – F. Pichon – F. Raillon – P. Riutort – P. Royer – M. Sinaceur – T. Snégaroff – J.-L. Suissa – C. Tellenne – P. Touchard – P. Verluise – M.-S. de Vienne.

. David Rigoulet-Roze, L’Iran pluriel, Coll. Regards géopolitiques, Préface de François Géré, Paris, L’Harmattan, avril 2011.

Plutôt que de proposer un vaste panorama totalisant ne pouvant prétendre à l’exhaustivité, David Rigoulet-Roze a décidé de
privilégier quelques éclairages ciblés sur nombre d’éléments
particulièrement révélateurs de la complexité iranienne.

L’ouvrage constitue donc à cet égard une investigation fouillée,
composée de trois parties : la première présente certains ressorts
de la situation intérieure de l’Iran ; la deuxième élargit l’analyse
aux principales composantes de l’hétérogénéité interne du pays
et de son environnement immédiat ; enfin, la troisième partie
étudie la potentialité du chiisme iranien d’accroître son influence
sur l’ensemble du monde musulman.

Ainsi sont mises en relief plusieurs questions fondamentales :
Qu’est-ce donc qui sous-tend la prise de décision des dirigeants
iraniens ? Quelle peut-être la stratégie de l’Iran devant le
renforcement des sanctions votées par les Nations Unies ?
Quelles sont les fragilités internes de ce pays plurimillénaire ?
Comment mesurer l’étendue de son influence extérieure via les
ramifications du chiisme au sein du Moyen-Orient, voire au-delà
 ? Sur toutes ces questions, l’ouvrage procède à un travail
d’analyse approfondie et distanciée. Sans grande théorie
globalisante se voulant définitive, sans a priori non plus. Mais avec une volonté soucieuse d’approcher au plus près de la situation réelle, à travers l’exposition minutieuse des constituants et la confrontation
des différents points de vue. L’auteur fait ainsi converger, sur chacun des domaines choisis, d’innombrables sources qui, dans leur pluralité même, permettent précisément au lecteur de se faire un
jugement personnel.

David Rigoulet-Roze est enseignant et chercheur, spécialiste du Moyen-Orient et rattaché à l’Institut Français d’Analyse Stratégique (IFAS). Il est l’auteur de Géopolitique de l’Arabie Saoudite (Armand
Colin, 2005), ainsi que de nombreux articles sur le Moyen- Orient, notamment sur l’Iran.

. Frédéric Encel, Comprendre la géopolitique, Paris, Points, avril 2011, 256 p.

. Arnaud Leveau & Benoît de Tréglodé, L’Asie du Sud-Est 2011. Les événements majeurs de l’année, Paris, Les Indes savantes, avril 2011, 410 p.

. Olivier Piot, La révolution tunisienne. Dix jours qui ébranlèrent le monde arabe, Paris, Les petits matins, avril 2011, 150 p.

. Gaïdz Minassian, Eurasie, au coeur de la sécurite mondiale, Paris, Autrement, 6 avril 2011.

L’Eurasie, cette idée née en Russie après la chute des Empires, opère depuis quelques années un retour sur la scène mondiale, à travers notamment la coopération entre la Russie et la Turquie. Ces deux puissances sont considérées comme les poids lourds de cet espace sociohistorique sans unité politique, ni stratégique, mais immortalisé par les projets multilatéraux de la route de la soie. A cheval sur l’Europe et l’Asie, l’Eurasie se trouve au coeur de la sécurité mondiale. Renfermant une mosaïque de conflits, du terrorisme islamiste aux trafics de drogue, des guerres aux conflits gelés, des coups d’Etat aux crises de régime, des stratégies énergétiques divergentes aux tensions sociales, l’Eurasie reste un espace dangereux. Et pourtant, si l’enjeu eurasien se trouve à nouveau à l’agenda, il n’existe pas en France de base de données sur l’évolution des thématiques eurasiennes. Cet ouvrage vient donc combler un vide. Quel est l’état réel de l’Eurasie ? Le mot est sur toutes les lèvres, mais l’enveloppe reste assez vide. L’actualité a donc guidé la démarche : à partir des événements qui ont secoué, durant l’année 2010, la zone dans son ensemble, il est possible de reconstituer le film eurasien et de proposer un état des lieux analytique. Pour cela, il était nécessaire de s’entourer de ce que la communauté des chercheurs mais aussi des journalistes et des experts économiques compte de plus pertinent sur la région. Issus des principaux think tanks et écoles de recherche francophones sur l’international, ces spécialistes relèvent le défi eurasien et invitent le lecteur à parcourir ce voyage le long de la route de la soie.

Gaïdz Minassian, le directeur d’ouvrage, est chercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique, maître de conférences à Sciences po et journaliste à lemonde.fr. Bertrand Badie, le préfacier, est professeur des universités à Sciences po.

Voir un compte rendu sur ce site Voir

. Gérard Chaliand, Afghanistan : l’Occident dans l’impasse, éditions de l’Aube, 2 avril 2011.

Comme les Soviétiques naguère, les Américains et leurs alliés occidentaux sont dans l’impasse. Hier, comme aujourd’hui, le sanctuaire pakistanais constitue l’épicentre de la crise. Comment une opération militaire menée avec succès au lendemain du 11 septembre 2001 s’est-elle transformée en enlisement ? L’Afghanistan a été la victime collatérale de la guerre d’Irak avant de redevenir aujourd’hui le théâtre principal d’un conflit sans victoire possible sur le plan militaire. Les occidentaux peuvent-ils aujourd’hui, gagner des guerres irrégulières fondées sur l’usure dans lesquelles les insurgés apparaissent comme les plus motivés tandis que nos opinions publiques sont de plus en plus sensibles aux pertes humaines ? L’amour de la vie qui domine en Occident rend ainsi impossible des victoires sur des peuples prêts à la mort. Alors comment sortir de cette guerre impossible, tel est le propos de cet essai rapide et dense d’un des meilleurs spécialistes des guérillas et de géostratégie.

. Eric Canobbio, Mondes Arctiques, miroirs de la mondialisation, Documentation photographique, n°8080, mars-avril 2011, Paris, La Documentation française. Un document remarquablement intelligent.

Fonte de la calotte glaciaire, ressources énergétiques convoitées, nouvelles routes commerciales..., autant d’enjeux qui mettent l’Arctique au cœur des débats du XXIe siècle. Ce dossier présentera aussi des visages méconnus d’un Arctique habité afin de proposer un paysage complet des mondes polaires, nouveau thème du programme de géographie de seconde.

. Chahla Chafiq, Islam politique, sexe et genre. A la lumière de l’expérience iranienne. Paris, PUF, mars 2011.

. Carine Lahoud-Tatar, Islam et politique au Koweït, coll. Proche-Orient, Paris, PUF, mars 2011.

. Frédéric Charillon, Pierre-Alain Greciano, Patrice Liquière, La France en 2010, chronique politique, économique et sociale, Paris, La documentation française, 2011.

. Nabil Mouline, Les clercs de l’Islam. Autorité religieuse et pouvoir politique en Arabie Saoudite du XVIIe au XXIe siècle. Coll. Proche-Orient, Paris, PUF, février 2011.

. Carine Pina-Guerassimoff, La Chine dans le monde : panorama d’une ascension. Relations internationales de 1949 à nos jours, Paris, Ellipses, 2011.

Au XXIe siècle, la Chine reprend une place centrale dans les relations internationales et repart à la conquête du monde. Son ascension internationale, depuis la Seconde Guerre mondiale, est rapide et étonnante, et elle est présentée aujourd’hui, grâce à ses résultats économiques, comme la deuxième puissance mondiale après les Etats-Unis. On s’extasie devant la qualité de son organisation des JO ou de l’Expo universelle, on envie ses résultats économiques. Dans le même temps, on craint sa modernisation militaire, on s’inquiète de son poids démographique et on fustige, plus faiblement, son régime politique et sa conception des droits de l’homme. Cet ouvrage aborde donc l’évolution de la place de la Chine et de ses relations internationales avec l’Occident, l’Asie, ou les pays en développement. Il aborde également la question des Chines - Macao, Hong Kong, Taiwan et communautés chinoises émigrées. Chronologies et encadrés facilitent la lecture critique des analyses, des points de vue et des débats sur l’évolution et la position de la Chine sur la scène internationale.

Carine Pina-Guerassimoff, sinologue et politologue, est chercheur associé au Laboratoire SEDET-Université de Paris VII. Elle est chargée d’enseignement à l’UFR LCAO de l’Université de Paris VII-Denis Diderot, où elle enseigne les relations internationales de la Chine. Ses recherches portent également sur les migrations internationales chinoises. Auteur de nombreux articles et ouvrages, elle a notamment dirigé "Loin des yeux, près du coeur. Les Etats et leurs expatriés" avec A. de Tinguy et S. Dufoix aux Presses de Sciences Po en 2010.

. Bruno Tertrais, La menace nucléaire, Paris, Armand Colin, 2011. 160 p.

Longtemps, le club des grandes puissances (États- Unis, Union Soviétique, Grande-Bretagne, France et Chine) est resté seul détenteur de l’arme nucléaire. Depuis, de nouvelles bombes ont fait leur apparition sur l’échiquier géopolitique : israélienne, indienne, pakistanaise… D’autres encore sont incertaines, et inquiètent : coréenne, iranienne… Qu’en est-il vraiment des risques de la prolifération nucléaire ? Faut-il la redouter ? Le terrorisme nucléaire est-il une véritable menace ? Quels sont les enjeux politiques de la bombe ? Le désarmement souhaité par certains est-il véritablement une solution ?
Autant de questions cruciales auxquelles Bruno Tertrais, maître de recherches à la Fondation de la recherche stratégique, répond de manière précise et claire.

. Hiên Do Benoit, Le Viêt Nam. Idées reçues, Paris, Le Cavalier Bleu, 2011. 128 p.

Après des décennies mouvementées, le Viêt Nam a désormais sa place parmi les « dragons » asiatiques. L’auteur analyse ici les particularités de la société vietnamienne et les enjeux de son dynamisme économique.

. Maxime Lefebvre, La politique étrangère européenne, QSJ n° 3901, PUF 2011.

Si l’Union européenne est dotée par le traité de Maastricht d’une « politique étrangère et de sécurité commune », la pratique et les négociations menées depuis 1992 pour la renforcer révèlent surtout le chemin qui reste à parcourir pour la rendre efficiente. L’Union est aujourd’hui représentée par une présidence bicéphale et un « Haut Représentant » – qu’on n’a pas voulu nommer « ministre des affaires étrangères » –, elle n’a pas de service diplomatique mais un service « pour l’action extérieure », pas d’ambassades mais des « délégations », pas d’armée mais une « politique de sécurité et de défense commune ».
Les enjeux ne sont pourtant pas minces : peser dans le partenariat transatlantique, coopérer avec les puissances en défendant mieux ses valeurs et ses intérêts, penser sa sécurité, muscler ses capacités économiques, diplomatiques et militaires, dépasser ses propres divergences, constituer en somme une « puissance européenne ».

Maxime Lefebvre est diplomate et professeur en questions internationales à Science Po. Il est notamment l’auteur, dans la collection « Que sais-je ? » de La politique étrangère américaine.

. Guillaume Breugnon, Géopolitique de l’Arctique nord-américain : enjeux et pouvoirs. Préface d’Eric Canobbio, Paris, Harmattan, ISBN : 978-2-296-13713-4, 212 pages, 20,5 €.

La fonte de la banquise ouvre des perspectives économiques et énergétiques aux nations circumpolaires de l’Arctique, pressées à l’idée de développer leur potentiel maritime, minier, pétrolier et gazier. Ces espoirs conduisent à un processus d’appropriation territoriale de l’Arctique sur lequel reposent des fondements identitaires profonds. Les litiges sur le passage du Nord-Ouest et en mer de Beaufort, opposant les Etats-Unis au Canada, mettent notamment en exergue leurs affinités et leurs divergences politiques.

. Roger Heacock, La Palestine. Un kaléidoscope disciplinaire. Paris, CNRS Editions, 2011. 154 pages, 12 x 19 cm, broché. 7,60 €

Une analyse radicalement novatrice de la réalité palestinienne. Le regard, lucide et stimulant, d’un grand spécialiste du conflit israélo-arabe, à rebours des interprétations partisanes qui dévoient trop souvent la compréhension d’une querelle enracinée dans l’histoire et la géographie. Car c’est en rappelant les liens étroits unissant la notion de temporalité à celle d’espace que Roger Heacock définit les spécificités de l’identité palestinienne. De Gaza à la Cisjordanie en passant par Jérusalem-Est, le temps est en effet synonyme d’attente : attente aux barrages, aux frontières, en exil, attente d’un État palestinien enfin viable et sécurisé, attente aussi, pour certains, d’une coexistence pacifique avec le voisin israélien. Une temporalité d’abord et surtout conditionnée par la relation intime et souvent tragique que les Palestiniens entretiennent avec la notion de spatialité et celle de territoire. De cet entrelacement découle aujourd’hui le discours qu’ils portent sur eux-mêmes et sur le monde extérieur : celui d’une société transnationale marquée par le problème central des réfugiés et engagée dans un long processus insurrectionnel.

Professeur d’histoire à l’université de Birzeit, Roger Heacock est l’auteur de nombreux ouvrages sur le problème israélo-palestinien.

. Oleg Serebrian, Autour de la mer Noire. Géopolitique de l’espace pontique. Perpignan, Coll. Initiation à la géopolitique, éd. Artège, 256 p.

De façon claire et concise, largement illustré de cartes essentielles, cet ouvrage rend compte de la multiplicité des mutations géopolitiques de l’espace pontique après la disparition de l’Union soviétique. La notion d’espace pontique permet d’aborder directement les problématiques des pays riverains de la mer Noire comme l’Ukraine, la Russie, la Géorgie, la Turquie, la Bulgarie et la Roumanie mais aussi des régions complexes comme le Caucase ou les Balkans... Cette étude, au delà des conflits et des tensions, met en évidence les lignes de force qui assurent une certaine stabilité dans la région. Elle nous permet d’en envisager l’avenir et de préciser les conditions qui permettront l’établissement d’une paix durable. AUTEUR : Politologue, diplomate, Oleg Serebrian était vice-recteur de l’Université Libre de Moldavie et porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de la République de Moldavie. Il est également l’auteur de plusieurs ouvrages sur la géopolitique et la géographie politique de l’Europe du Sud-Est.

Préface de François Frison-Roche, Chargé de recherche (CNRS) au Centre d’Études et de Recherches de Sciences Administratives et politiques (CERSA), Université Panthéon-Assas (Paris II) )
Chargé de cours à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales (INALCO)

. Michel Derczansky, Regards croisés sur le Proche-Orient. Paris, Yago, 2011. 320 pages, 13 x 20 cm, broché. 19 €

Le conflit israélo-palestinien donne souvent lieu à des analyses marquées par des partis-pris. Dans ce livre, des chercheurs, des journalistes et des hommes de terrain ont joint leurs compétences pour restituer une image fidèle de la réalité.
Au sommaire : le monde arabe et Israël, la scène politique palestinienne, les droits de l’homme, le futur de la société israélienne, le christianisme au Proche-Orient, la géopolitique du conflit, le rôle de l’Europe, l’identité juive en France, le sionisme et l’antisionisme, l’enjeu des médias, l’analyse de l’opinion publique, des entretiens avec les rédacteurs en chef du Monde, de Libération et du Figaro, sur la manière dont ils abordent le conflit...
Une approche interdisciplinaire novatrice, un dialogue entre des points de vue différents, des analyses de spécialistes à la portée de tous, une étude inédite de l’opinion et des médias en France : ce livre est une fenêtre ouverte vers un monde que nous feignons de comprendre mais qui ne cesse de nous échapper.

. Roland Pourtier, Afriques noires, Coll. Carré géographie, Paris, Hachette supérieur, 286 p.

Au sud du Sahara dont l’immensité désertique a longtemps filtré les contacts avec l’Afrique du Nord blanche, ouverte sur la Méditerranée, s’étend le pays des Noirs, le bled es soudan des Arabes. Là, dans des environnements tropicaux tantôt secs (Sahel et Kalahari) et tantôt humides (forêt équatoriale), torrides dans les plaines mais rafraîchis par l’altitude dans les pays de hautes terres, vit plus du dixième de l’humanité. Le continent noir est resté longtemps à l’écart des grands courants de l’histoire. Son ouverture au monde a été vécue dans la douleur : le traumatisme de la traite des esclaves puis celui de la colonisation ont perturbé en profondeur le cours de son développement social. Les jeunes Etats africains, déstabilisés par l’explosion démographique, la brutalité des mutations économiques, sociales, culturelles, ont été confrontés à une crise multiforme, faisant le lit d’un " afro-pessimisme " aujourd’hui dépassé. Cinq décennies après les indépendances, le début du XXIe siècle annonce en effet une ère nouvelle. L’Afrique est embarquée dans une mondialisation multicentrée dont la place prise par la Chine au sud du Sahara est l’exemple le plus frappant. Portée par une croissance soutenue bien qu’inégale selon les pays qui composent ce continent pluriel, elle retrouve les voies du développement. Par son approche géohistorique, cet ouvrage permet de comprendre comment l’Afrique d’aujourd’hui se construit sur le socle bigarré de ses cultures, les sédiments de modernité déposés par l’Europe, et sur le mouvement impulsé par la mondialisation contemporaine. Héritages et mutations s’inscrivent en filigrane dans l’ensemble du livre.

Roland Pourtier est professeur émérite de l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne où il a notamment enseigné la géographie de l’Afrique. Président de l’Association des géographes français, il est un des animateurs de la revue Afrique contemporaine et il a entre autres publié : Le Gabon (L’Harmattan, 1989) ; Atlas de la zone franc en Afrique subsaharienne (La Documentation française, 1995) ; Villes africaines (La Documentation photographique, 2000) ; Géopolitique de l’Afrique et du Moyen-Orient (Nathan, 2009).

. Pascal Lorot, Fragments géopolitiques, Choiseul, 2011.

« Un nouveau monde émerge, avec rapidité et fracas. L’Occident s’effondre tandis que le Brésil, la Chine, l’Inde, l’Iran ou encore laTurquie se frottent les mains et affûtent leurs stratégies de puissance. Sous forme de chroniques (parues dans le Nouvel économiste), Fragments géopolitiques rebondit sur toute l’actualité de ces dernières années. Dans un style parfois sarcastique, toujours mordant, Pascal Lorot décrypte les lignes de fractures et les grands enjeux de demain : guerre des terres, conflits pour la maîtrise de l’espace, courses au pétrole et aux matières stratégiques, émergence de nouvelles valeurs, explosion démographique, urbanisation accélérée, conflits ethno-religieux. Plus étonnant, la plume se saisit avec plaisir de sujets décalés, de petites respirations pour le lecteur.

Pascal Lorot est Président de l’Institut Choiseul. Docteur en économie et en science politique, Pascal Lorot est le président de l’Institut Choiseul, un think tank parmi les plus influents spécialisé sur les questions internationales. Directeur des revues Géoéconomie et Sécurité globale, il est l’auteur de près d’une vingtaine d’ouvrages. Pascal Lorot est éditorialiste au Nouvel économiste où il anime la chronique géopolitique.

. Joao Medeiros (dir.), Le mondial des nations. 30 chercheurs enquêtent sur l’identité nationale, Choiseul, 2011.

Cet ouvrage est né d’un pari scientifique ambitieux, et même un peu fou : visiter un maximum de nations sur les cinq continents et cartographier l’identité nationale de chacune d’entre elles.

Chercheurs, diplomates et journalistes, français et étrangers, ont ainsi interrogé le sentiment afghan, brésilien, marocain, israélien, chinois, yéménite, français..., pour nous offrir un voyage insolite, passionnant et troublant.

Le Mondial des nations se lit comme un grand livre de contes humains, définitivement originaux.

Joao Medeiros est docteur en science politique de l’IEP de Rennes, sociologue, professeur à l’Institut des Hautes études de Journalisme (HEJ) à Montpellier.

. Michel Dumoulin, L’Europe aux concours. Institutions. Politiques. Coll. Formation Administration Concours. La Documentation Française, 2011.

Clair et ludique. Idéal pour passer de bonnes soirées en actualisant ses connaissances, bien calé dans un fauteuil.


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