Le missile d’Obama

Par Jean-Dominique GIULIANI, le 17 septembre 2009  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Président la Fondation Robert Schuman, célèbre laboratoire d’idées français qui oeuvre pour la promotion de l’Europe et les recherches européennes.

BARACK OBAMA vient d’abattre au missile l’un des symboles de l’unilatéralisme de son prédécesseur, en renonçant à installer en Pologne et en République tchèque des antimissiles américains.

Pas seulement parce qu’il n’est pas efficace d’exciter les frustrations existentielles d’une Russie de moins en moins démocratique et de plus en plus révisionniste. Le meilleur moyen de la convaincre d’abandonner ses pratiques brutales d’un autre âge, c’est de l’obliger à partager avec nous des intérêts communs.

Pas seulement parce que l’efficacité de ces systèmes d’armes et notamment une garantie à 100% contre des agressions balistiques, reste à démontrer. On sent bien que le symbole était plus fort que l’arme elle-même.

Mais aussi parce qu’il ne peut y avoir de relations transatlantiques qu’équilibrées dans un dialogue partagé et égalitaire entre l’Europe et les Etats-Unis. La 1ère puissance militaire ne peut donner que ce qu’elle a et c’est insuffisant pour régler les grandes questions stratégiques de la planète. Le Soft Power européen est souvent plus efficace que beaucoup de missiles, même s’il doit vraisemblablement évoluer lui-même vers moins d’idéalisme et plus de capacités militaires.

Enfin, les Européens se voient adresser un message clair : leur sécurité dépend d’abord d’eux-mêmes et de leur volonté à définir, défendre et promouvoir leurs intérêts propres. Ils ne doivent plus s’en remettre à d’autres pour assurer leur défense.

La Pologne et la République tchèque reçoivent une autre leçon : le temps est fini des "alliances de revers" et des petits jeux personnels. Quand on est membre de l’Union européenne, on ne prend pas la décision d’accepter de telles installations sans au moins en parler avec ses partenaires priviligiés. Les alliés les plus proches sont toujours les plus surs parce qu’ils partagent plus facilement une même vision stratégique.

Les Etats membres de l’Union européenne doivent donc en tirer les conséquences : l’Europe politique doit progresser, l’intégration s’accélérer pour permettre à l’Europe de la défense de garantir la sécurité de l’Europe.

Cela passe par une alliance, l’OTAN, réformée et rééquilibrée et par une Europe plus unie.
Merci M. Obama !

Copyright septembre 2009-Giuliani


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