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La crise en Russie

Par Philippe CONDE , le 10 octobre 2009  Imprimer l'article  Information sur l'article Télécharger l'article au format PDF

Docteur en Economie Internationale, ROSES/Faculté de sciences économiques, Université Paris I Panthéon-Sorbonne

Géopolitique de la Russie. Voici un vaste tour d’horizon de la crise économique en Russie et de possibles incidences politiques et diplomatiques.

« La Russie ne sera jamais aussi forte qu’elle voudrait l’être mais ne sera jamais aussi faible que le voudraient les autres. » Baron Otto Eduard Leopold von Bismarck (1815- 1898). [1]

DURANT les huit premières années du XXIème siècle, la Fédération de Russie a connu le plus long et le plus remarquable cycle d’expansion depuis la fin de l’URSS en 1991. La croissance économique annuelle moyenne a atteint 7% entre 2000 et juin 2008. Jusqu’en juillet 2008, le pays a accumulé environ 600 milliards de dollars de réserves de change (soit 40% de la richesse nationale), ce qui plaçait la Russie à la troisième place mondiale en la matière, derrière le Japon et la Chine. En janvier 2008, le pays effectuait son entrée dans le club des dix principales économies mondiales aux côtés du Brésil, de l’Inde, du Mexique ou de la Corée du Sud.

Le boom du cours des matières premières alimenté par une forte demande mondiale, dont celle provenant d’une économie chinoise en surchauffe, allié à une faiblesse historique du dollar américain ont fortement contribué au retour de la croissance russe. La flambée du cours du baril de pétrole, qui a atteint un pic de 147 dollars en juillet 2008, soit une multiplication par dix de son prix par rapport au printemps 1998, a joué un rôle décisif dans la sortie de crise de la Russie postsoviétique. Cette situation montre que l’économie russe demeure encore très dépendante du secteur énergétique qui représente 30% du PNB, 40% des recettes du budget fédéral (premier contributeur) et plus de 50% des devises du pays. Jusqu’en juillet 2008, en dépit de cette forte dépendance énergétique et des tensions sur le marché pétrolier, la majorité des analystes et des investisseurs restaient optimistes sur la poursuite de la croissance de l’économie russe et de celle du cours de l’or noir.

Ce regain de puissance économique a entraîné un durcissement des positions diplomatiques russes, les dirigeants étant convaincus que la Russie n’avait plus besoin de l’Occident. En février 2007, la 43ème conférence sur la sécurité de Munich a permis au président Vladimir Poutine d’exprimer l’étendue des divergences avec l’Occident et les Etats-Unis en particulier (élargissement de l’OTAN, nucléaire iranien, bouclier antimissiles en Europe orientale, militarisation de l’espace par Washington, ingérence occidentale dans les affaires intérieures russes…). Selon le maître du Kremlin « la Russie a une histoire de plus de mille ans. Et elle a pratiquement toujours usé du privilège de mener une politique extérieure indépendante. Nous n’avons toujours pas, aujourd’hui encore, l’intention de modifier cette tradition. » [2]

Cependant, la guerre russo-géorgienne (8-12 août 2008) et la reconnaissance par Moscou des indépendances abkhaze et sud-ossète (26 août 2008) ont entraîné une forte indignation parmi les gouvernements occidentaux et miné durablement la confiance des investisseurs étrangers dans l’économie russe. A partir d’octobre 2008, la propagation de la crise financière américaine à l’ensemble du monde et l’effondrement des cours du pétrole sont venus réfuter la position officielle de Moscou selon laquelle le pays demeurait un « îlot de stabilité ».

Depuis janvier 2009, la Fédération de Russie et les pays occidentaux traversent une crise économique d’une ampleur inédite depuis les années 1990 pour la première et depuis les années 1930 pour les seconds [3] .

Cette crise aura des répercussions sur les structures économique, sociale et politique de la Russie. Ainsi, le « contrat social » - moins de libertés politiques en échange d’une meilleure distribution des fruits de la croissance économique, mis en place par Vladimir Poutine lors de son accession au Kremlin en mars 2000 - pourrait-il connaître quelques ajustements.

Traditionnellement désintéressée par les affaires de la cité et méfiante envers les institutions du pays, la population russe pourrait, en temps de crise, demander d’exercer davantage ses droits garantis par la Constitution du pays.

Causes et effets présents et futurs

La guerre russo-géorgienne et la reconnaissance des républiques sécessionnistes de Géorgie par Moscou en août 2008 ont entrainé une fuite massive des capitaux étrangers de Russie. Avant la crise, les autorités russes avaient sous-estimé le degré d’intégration économique et financière de leur pays dans l’économie mondiale [4]. Or les investisseurs étrangers détenaient 70% des valeurs cotées sur la place moscovite.

L’appel de Condoleeza Rice, secrétaire d’Etat américaine, à sanctionner la Russie au lendemain de la reconnaissance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud a pu être interprété par les investisseurs, anglo-saxons particulièrement, comme un signal pour vendre leurs actifs russes.
Au cours des quatre derniers mois de 2008, le désengagement massif des investisseurs étrangers a provoqué l’effondrement de la place financière de Moscou qui a perdu 72% de sa valeur et a entraîné une fuite de capitaux évaluée par la Banque centrale de Russie à 132 milliards de dollars sur l’ensemble de l’année (contre un afflux de 82,4 milliards en 2007).

La forte chute des valeurs boursières a fait fondre la capitalisation des groupes énergétiques et miniers russes qui s’étaient engagés, avec l’accord tacite du Kremlin, dans des politiques d’acquisitions agressives à l’étranger, afin de constituer de véritables groupes transnationaux.

A partir du mois d’octobre 2008, la crise financière internationale a progressivement contaminé la sphère réelle et engendré une récession économique mondiale. Les prix des matières premières et de l’énergie, principaux moteurs de la croissance russe, ont fortement chuté. Le cours du pétrole a perdu plus de 50% de sa valeur entre janvier 2008 (96 dollars le baril) et décembre 2008 (44,6 dollars le baril), mettant en péril la situation des finances publiques russes.

Cette nouvelle crise mondiale a révélé l’extrême vulnérabilité de l’économie russe aux fluctuations des cours des matières premières, en raison de son manque de diversification industrielle. Entre 2000 et juillet 2008, la flambée des cours de l’énergie a accentué la dépendance russe vis-à-vis du pétrole et du gaz. En 2006, les exportations de ces énergies fossiles représentaient 48% des ventes à l’étranger contre 35% en 1997. Au niveau des importations, pour les mêmes années, les produits alimentaires et les biens d’équipement et de transport constituaient respectivement 54,5% et 42,6% du total des achats sur le marché mondial [5]. En dépit de la forte dévaluation du rouble en 1998, qui a accru la compétitivité-prix des produits russes, les industriels n’ont pas réussi à améliorer leurs positions sur les marchés occidentaux. Ainsi, en 2008, les exportations de produits manufacturés, armements exclus, ont représenté moins de 10% du total, et étaient exclusivement destinées aux Etats de la CEI (Communauté des Etats indépendants) et aux pays en voie de développement.

L’étude de la productivité montre que la Russie n’est pas compétitive sur les marchés des pays développés. Sur la période 1998-2007, malgré une augmentation annuelle de 6%, la productivité russe n’a atteint que 26% du niveau américain en 2007 [6]. Selon les branches, seules 10 à 40% des entreprises sont compétitives et uniquement grâce à la faiblesse de leurs coûts. En 2007, les dépenses russes en recherche et développement se sont élevées à 1,4% du PIB, soit un niveau semblable à celui de la Chine. Mais contrairement à cette dernière, l’essentiel de la recherche est financé par l’Etat à des fins militaires. Comme à l’époque soviétique, le passage aux applications civiles demeure très problématique. Chaque année, seule une quantité infinitésimale de produits nouveaux est mise sur le marché, à la disposition des consommateurs et par conséquent, à la différence de la Chine, le nombre de brevets déposés demeure négligeable (1,6% des dépôts mondiaux contre 7,3% pour l’Empire du Milieu, en 2006).

Depuis octobre 2008, les mécanismes à l’œuvre dans l’économie russe contredisent donc l’idée de Jacques Sapir selon laquelle « Le régime de croissance qui semble s’être mis en place en Russie ces dernières années marque une rupture avec le modèle rentier de production de matières premières qui semblait devoir s’imposer dans la période 1992-1998. » [7]

Dès 2000, les autorités ont amorcé une diversification de l’économie, par le biais de la constitution de holdings publics dans les secteurs de l’aéronautique, de l’espace, du nucléaire ou des nanotechnologies, mais son impact sur la structure des exportations ne se vérifiera qu’à plus long terme [8] .
C’est la raison pour laquelle la Russie traverse une crise économique aussi profonde, comme nous le montrent les indicateurs présentés ci-dessous. Le déclin amorcé au dernier trimestre 2008 s’est accéléré durant les six premiers mois de 2009.

La crise en Russie
Russie : principaux indicateurs macroéconomiques 2006-2009

Ainsi, entre janvier et juin 2009, le PIB, la production industrielle et les investissements ont diminué de plus de 10%, par rapport à 2008. L’effondrement des cours du pétrole a entraîné un déficit du budget fédéral pour la première fois depuis 1999 (voir tableau ci-dessus).
A la fin du premier semestre 2009, les mesures de relance du gouvernement, évaluées à 96 milliards de dollars, n’avaient toujours pas réussi à stimuler l’économie puisque la production a continué de s’effondrer de 17,1% en mai contre 16,9% en avril en rythme annuel. La situation était particulièrement dramatique dans le secteur automobile : la production de camions a chuté de 71,8% et celle de véhicules de tourisme de 63,9% en rythme annuel au mois de mai.

Dans ces conditions, la Banque Mondiale, tout comme le Ministère russe des finances, estiment que le PIB de la Russie devrait se contracter de 8,5% en 2009.

Cette mauvaise performance aura des conséquences néfastes sur le budget fédéral dont le déficit pourrait atteindre 9% du PIB sur l’ensemble de l’année 2009. La population est aussi durement touchée, par l’augmentation du chômage (de 6,1% à la fin 2008 à 9,7% en mai 2009) et de la pauvreté. D’après la Banque Mondiale « la crise provoquera une redistribution des revenus et de la richesse. La part de la population vulnérable a atteint 20,9% contre 18,3% auparavant (soit une augmentation de 3,6 millions de personnes). Et la classe moyenne devrait perdre 6,2 millions de personnes, soit 10% de ses effectifs  ».

L’élite industrielle, majoritairement constituée d’oligarques ayant fait fortune pendant la transition des années 1990, a également subi les effets de la crise. Entre août et octobre 2008 les 25 russes les plus riches ont perdu 230 milliards de dollars en raison de la chute de leurs actifs cotés à la Bourse de Moscou [9]. En conséquence, comme la majorité d’entre eux s’était endettée vis-à-vis des banques privées et publiques russes, comme la Sberbank, mais aussi étrangères pour financer leur expansion à l’international, en déposant en garantie une partie des actions de leurs groupes, ils se sont trouvés dans l’incapacité d’honorer leurs engagements. Leurs entreprises tels les groupes sidérurgiques se sont trouvées en situation de faillite virtuelle et leurs propriétaires ont dû demander l’aide de l’Etat.

Les sociétés du groupe détenu par Oleg Deripaska, jadis première fortune de Russie, cumuleraient une dette bancaire de 25 à 28 milliards de dollars, dont 14 milliards pour Rusal (aluminium) et 1,3 milliard pour Gaz (automobile) [10]. Afin de sauver ces entreprises de la faillite, les autorités russes ont opéré des injections de fonds à hauteur de 50 milliards de dollars, ce qui donnera un droit de regard à l’Etat sur leur gestion. La crise offre à l’Etat l’opportunité d’accroitre son poids dans l’économie et d’engager une nouvelle redistribution de la propriété à son avantage. Pour Olga Krychtanovskaïa, spécialiste des élites à l’académie russe des sciences « Les problèmes des milliardaires entraînent le renforcement du rôle de l’Etat, car presque toutes les ressources naturelles sont concentrées entre ses mains » [11]. Les gagnants de la redistribution pourraient être les oligarques proches de Vladimir Poutine. A l’issue de la crise, une oligarchie poutinienne pourrait remplacer celle qui a prospéré sous l’ère Eltsine, à moins que le président Medvedev ne parvienne à créer une nouvelle élite politique pour contrebalancer l’influence des siloviki [12].

Contestation de la population et popularité de l’exécutif

Depuis décembre 2008, dans ce contexte de grave crise économique, les manifestations des salariés impayés ou licenciés tendent à se multiplier. Le 22 décembre, à Vladivostok, la police a violemment dispersé 3 000 manifestants qui protestaient contre l’augmentation des droits de douane sur les automobiles et les camions d’occasion, de respectivement 50% et 100%. Cette hausse est intervenue le 12 janvier 2009 et avait pour but de protéger l’industrie nationale [13].

Le 2 juin 2009, à Pikaliovo, petite ville de 22 000 habitants située à 200 kilomètres de Saint-Pétersbourg, les ouvriers de l’usine de ciment, détenue par le milliardaire Oleg Deripaska, ont bloqué l’autoroute fédérale menant à la capitale impériale pour réclamer leurs arriérés de plusieurs mois de salaire. Le problème n’a été résolu que par le déplacement, très médiatisé, du premier ministre Vladimir Poutine. Ce dernier a contraint l’oligarque à signer un contrat l’engageant à reprendre la production et a ordonné à la banque publique Vnechtorgbank de verser le montant correspondant aux arriérés de salaires sur le compte de l’usine.

Cette situation pourrait créer un précédent et servir de « modèle » pour d’autres villes minées par des problèmes socio-économiques. Cela pourrait être particulièrement le cas dans les cités où une seule entreprise emploie plus de 10% de la population comme Ouralvagonzavod (matériel militaire, ferroviaire, machinisme agricole…) à Nijni Taguil (Oural), Baïkalsk (cellulose et papier ; usine fermée depuis novembre 2008), dans la ville éponyme (région d’Irkoutsk, en Sibérie orientale), ou AvtoVAZ (Lada) à Togliati (région de Samara).

Mais en réalité, la probabilité pour qu’un tel scénario survienne à nouveau demeure très faible, puisque comme l’a justement remarqué Laure Delcourt « ces manifestations restent strictement encadrées ; car les autorités n’entendent pas, comme l’a indiqué le président Medvedev, tolérer une instabilité sociale persistante dans un contexte de grave crise économique. » [14]

Dans ce cas, les protestations qui viendront à se produire, d’ici au retour de la croissance prévue pour 2010, auront un impact extrêmement limité sur l’attitude des autorités dont la cote de confiance n’a que très faiblement diminué depuis le début de la crise.

En effet, en février 2009, selon un sondage du Centre d’étude de l’opinion publique russe (VTsIOM) 69% des personnes interrogées avaient une opinion favorable du président Dmitri Medvedev et 74% une opinion positive de son premier ministre Vladimir Poutine. En juin 2009, malgré la forte dégradation de la situation économique et sociale (chute du PIB de 10,1% et augmentation du chômage, qui atteint 9,7% de la population active durant les cinq premiers mois de l’année), la popularité du président s’élevait à 68% et celle du premier ministre demeurait supérieure à 70% [15]. Selon Vladimir Belaeff, président du Global Society Institute de San Francisco, « la question de l’adéquation des institutions politiques russes face à la sévérité de la crise présente doit avoir une réponse affirmative. Evidemment, il n’y a pas de système parfait, et comme aux Etats-Unis, dans l’Union européenne et dans d’autres sociétés complexes, la Russie peut et devrait examiner continuellement et travailler à améliorer sa gouvernance. La gouvernance économique russe dans des conditions d’anxiété exceptionnelle est généralement plus efficiente […]. » [16]

Le problème est que tous les sondages effectués auprès de la population russe, et ceux réalisés en février et juin 2009 ne font pas exception à la règle, révèlent un fossé incommensurable entre la confiance dans les dirigeants de l’exécutif et dans celle de la politique menée. Ainsi, en février 2009, même si 74% des sondés avaient une opinion positive du chef du gouvernement, 15% des personnes interrogées seulement approuvaient sa politique économique. De même en 2006, Vladimir Poutine, alors au Kremlin, jouissait de la confiance de 77% des sondés et 44% des personnes accordaient leur confiance au gouvernement dirigé par Mikhaïl Fradkov. Toutefois, 65% se disaient insatisfaits de l’état général des affaires dans le pays et 63% désavouaient la politique du gouvernement. De même, en 2005, l’examen de la popularité des institutions montrait que les russes continuaient de les considérer avec méfiance : l’Eglise orthodoxe réunissait 16% d’avis favorables, l’armée 14%, la Douma 2%, les partis politiques 1% et les exécutifs locaux 0,5% [17].

En fait, les différentes études sociologiques menées pendant la période postsoviétique montrent que le fossé qui séparait, du temps de l’URSS, les élites politiques de la société ne s’est absolument pas réduit. A partir de 2000, la mise en place d’un système fondé sur la « verticale du pouvoir » qui avait pour objectif de renforcer le pouvoir central, très affaibli sous l’ère Eltsine durant les années 1990, en permettant la transmission rapide des instructions du Kremlin vers les niveaux inférieurs de l’administration (régional, municipal, local) a surtout participé à éloigner davantage le pouvoir des citoyens. En septembre 2004, suite à la tragique prise d’otages dans une école de Beslan en Ossétie du Nord, la suppression de l’élection des gouverneurs au suffrage universel a accentué la dichotomie entre sphère étatique et sphère citoyenne. Depuis lors, les dirigeants régionaux ne rendent plus compte de leurs actions qu’au seul Président de la Fédération de Russie, et non plus à leurs administrés. Eugène B. Rumer montre que « Poutine a effectivement rétréci la base de soutien de la branche exécutive et l’a rendue hautement dépendante de sa popularité personnelle. Au lieu d’élargir la base de son soutien et de celui de son gouvernement, il a crée quelque chose qui ressemble à une pyramide inversée sur laquelle la fondation - la vaste bureaucratie gouvernementale – repose sur la pointe de la pyramide – Poutine ». [18]

Autrement dit, l’édifice dans lequel Vladimir Poutine a investi une énergie si extraordinaire pendant les huit années de sa double présidence afin de remettre le pays en mouvement repose non pas sur une base mais sur une pointe, ce qui constitue un équilibre hautement instable et donc porteur d’incertitude. La population, épuisée par les soubresauts de la transition, semble se contenter de cet équilibre précaire préférable à l’état anarchique durant les années 1990. Et il a surtout permis d’accompagner un cycle de croissance économique robuste d’une durée de 8 ans, record inégalé depuis les années 1960 en Russie. Par ailleurs, cette relative stabilité a aussi participé au retour de Moscou sur la scène internationale. Ces raisons expliquent largement, quelles que soient les limites (elles sont nombreuses) du système mis en place, la reconnaissance du peuple russe envers Vladimir Poutine.

Le verrouillage du système politique, une des conséquences de la « verticale du pouvoir », par le clan des siloviki, c’est-à-dire par des personnes issues, comme Vladimir Poutine, de l’ancien KGB, mais aussi des ministères de l’intérieur et de la défense, offre une garantie de sa perpétuation, au moins à court terme. Il peut paraître intéressant d’analyser le comportement du système dans une situation inédite, celle de crise économique, tandis qu’il a déjà prouvé son efficacité relative en période de forte croissance économique (2000-2008).

Vers un nouvel accès d’autoritarisme du régime politique ?

Olga Krychtanovskaya montre que l’arrivée de Vladimir Poutine au Kremlin s’est accompagnée de l’accession d’un nombre important de militaires et d’anciens membres des services secrets à tous les niveaux hiérarchiques du pouvoir, entre 10 et 70 %, selon les échelons. Elle met en avant l’émergence d’une « militocratie » potentiellement dangereuse parce qu’elle est caractérisée par un mode de gestion non démocratique qu’elle pourrait éventuellement appliquer à l’ensemble de la société [19].

Depuis 2000, la Russie est devenue un pays moins démocratique au sens occidental, puisque les partis politiques non loyaux au Kremlin ont été exclus de la Douma consécutivement à la loi augmentant de 5 à 7% le seuil légal de représentation et que les autorités ont limité l’accès de l’opposition aux médias nationaux. D’autre part, l’élection des gouverneurs régionaux au suffrage universel a été supprimée au profit d’une nomination présidentielle selon des critères hautement opaques. Enfin, la séparation des pouvoirs telle que prévue par Montesquieu n’a jamais réellement existé, même sous les présidences de Boris Eltsine (1990-1999).

Depuis janvier 2009, la grave récession dans laquelle est entrée la Russie a gelé les réformes politiques, qui pourraient mener à une plus grande libéralisation, la priorité étant donnée à la stabilisation de la situation économique et sociale.

Un rapport publié par Public Projects Institute, un think tank, proche du parti du pouvoir, Russie Unie, dirigé par Vladimir Poutine montre que « la crise financière requiert un leadership fort. Il serait plus honnête et réaliste de dire que la démocratisation du système politique russe ne peut être une priorité dans un avenir proche. […] En temps de guerre et de crise, un système politique qui réussit devient charismatique et donc inévitablement plus autoritaire. Une tempête nécessite un capitaine  ». [20]

La popularité de Vladimir Poutine et la domination qu’exerce son parti sur la scène nationale et régionale plaident en faveur de la continuité du régime issu des réformes de l’an 2000. Si la crise venait à se prolonger au cours de l’année 2010 ou si la croissance économique devait être faible à court terme (entre 1% et 2% l’an), l’agitation sociale pourrait s’aggraver. Dans ce cas les autorités pourraient décider d’un renforcement sécuritaire et d’une nouvelle limitation des libertés individuelles, notamment à travers un contrôle plus strict des médias et un regain de propagande nationaliste, afin de prévenir tout risque de déstabilisation.

Toutefois, le pire n’étant jamais certain dans l’histoire des hommes, sous la pression des événements, dans le but de sauvegarder le système et de calmer l’anxiété de la population, on pourrait assister à une timide libéralisation. Depuis son accession au Kremlin, en mai 2008, le président Dmitri Medvedev s’emploie à véhiculer une image moins rigide, plus libérale et plus moderne que son prédécesseur. En février 2008, au cours d’une intervention télévisée le président a suggéré à ses concitoyens l’ébauche d’un « nouveau contrat social » qui serait fondé sur davantage d’ouverture de la part de l’Etat en échange du soutien du peuple. [21]
En juin 2009, il a rencontré les dirigeants de trois petits partis politiques : Yabloko, Patriotes de Russie et Cause juste. Il les a incités à ne pas perdre l’espoir d’une représentation parlementaire future, en les assurant de son engagement envers le pluralisme politique. En ce sens, la nouvelle loi impulsée par Dmitri Medvedev, qui permet aux partis ayant obtenu entre 5% et 7% des voix aux élections législatives de décrocher un ou deux sièges à la Chambre basse du parlement, peut apparaître comme un progrès démocratique par rapport à l’ère Poutine.

Depuis les élections législatives de 2007, seuls quatre partis politiques sont représentés à la Douma. Deux d’entre-deux (Parti libéral démocrate et Russie juste) soutiennent le gouvernement, le parti communiste demeure dans l’opposition et le parti du gouvernement, Russie Unie, possède une majorité des deux tiers (315 sièges) à la Chambre basse, ce qui lui permettrait d’initier toute révision constitutionnelle ou de destituer le président Medvedev.

A moins de penser comme Vladimir Shveitser que sous l’effet de la crise économique et financière Russie Unie et Russie Juste n’éclatent en plusieurs petits partis aux intérêts divergents, Dmitri Medevedev continuera de se trouver prisonnier de la domination de Russie Unie, dans sa volonté de libéraliser plus en profondeur le système politique russe. [22]

Selon l’analyste Nikolai Petrov, les réformes entreprises par l’actuel président « sont des changements limités, décoratifs dont l’objet est de démontrer que quelque chose change, quelque chose s’améliore, quelque chose va en se démocratisant, mais ils ne modifient aucunement l’ensemble du modèle politique. » [23]

Des réformes ambitieuses comme le retour de l’élection des gouverneurs et/ou des sénateurs au suffrage universel sont a priori à exclure durant le mandat présidentiel, car cela supposerait un affrontement frontal entre Dmitri Medvedev et Vladimir Poutine (qui y demeure ouvertement opposé), aux conséquences potentiellement déstabilisatrices pour l’ensemble de la Russie.
C’est pourquoi, l’ouverture politique restera limitée à court terme et constituera davantage une variable d’ajustement qui sera fonction de l’évolution de la situation économique et sociale. Le but sera de canaliser les éventuels « mouvements d’humeur » de la population et de prévenir une crise de légitimité.

La crise économique n’a pas seulement des conséquences internes mais aussi des effets négatifs sur la capacité de projection extérieure de la puissance d’un pays, ce qui devrait pousser à une redéfinition des priorités. A cet égard, la recherche par le président des Etats-Unis, Barack Obama, d’une plus grande coopération de ses alliés européens montre que la crise issue des prêts hypothécaires (subprimes) américains a affaibli la position de Washington sur la scène internationale. A son tour, la Russie a dû réduire ses ambitions et adopter, au moins dans la phase aiguë de la crise, une posture moins offensive que celle affichée dans les discours antérieurs, même si les désaccords persistent avec l’Occident (bouclier antimissiles, élargissement de l’OTAN).

Conséquences de la crise sur la diplomatie russe

En dépit de la crise, Moscou continuera d’être le partenaire privilégié et l’allié stratégique de la plupart des anciennes républiques soviétiques. En règle générale, ces Etats font face à des situations économiques et sociales plus sévères qu’en Russie, ce qui les a poussés à solliciter son assistance financière. Dans cette optique, un fonds anticrise de 10 milliards de dollars a été créé pour lutter contre les effets de la crise dans les pays de la Communauté économique eurasiatique (Eurasec, constituée depuis 2000 par la Russie, le Bélarus, le Kazakhstan, le Kirghizstan et le Tadjikistan). La Russie contribue à hauteur de 7,5 milliards de dollars, le complément étant financé par les autres partenaires. En février 2009, le Kirghizstan a reçu un prêt de 2 milliards de dollars et une aide non remboursable de 150 millions de dollars en échange de la fermeture de la base militaire américaine de Manas, réclamée de longue date par Moscou, toujours très sensible à la présence de troupes occidentales dans une région considérée comme sa zone d’influence exclusive. [24]

Par ailleurs, l’Arménie et l’Ukraine, dont les relations demeurent toujours tendues avec son grand voisin du nord en raison des crises gazières, ont aussi demandé l’aide de Moscou. Mais le creusement du déficit budgétaire russe a obligé la Russie à accroitre ses exigences en matière d’octroi de prêts à taux préférentiels, même à ses plus proches alliés. Ainsi, en mai 2009, le Ministre des finances, Alexeï Koudrine, a invité les autorités bélarusses à modifier leur politique macroéconomique, jugée trop laxiste, afin de prétendre au déblocage de la dernière tranche de 500 millions de dollars d’un crédit de 2 milliards de dollars accordé au troisième trimestre 2008. [25] Nous pouvons aussi considérer que cette nouvelle exigence n’est pas seulement d’ordre strictement économique. Le Kremlin s’attend à ce que les dollars investis auprès de ses alliés se traduisent rapidement en dividendes géopolitiques. Or cette attente n’est que rarement comblée.

Selon Fiodor Loukianov, à défaut de la transformer en une puissance mondiale, la crise économique doit aider la Russie à acquérir les compétences d’une puissance régionale : « Moscou possède encore toutes les conditions nécessaires pour jouer un rôle au sein des anciennes républiques soviétiques analogue à celui joué par Londres dans le Commonwealth britannique. Mais pour réaliser cela, la Russie doit d’abord sentir qu’elle peut agir comme un patron capable de donner sans attendre une récompense immédiate et faire preuve de magnanimité, tact et retenue. » [26]

En ce sens, la Russie gagnerait beaucoup à utiliser davantage l’outil du soft power (moyens structurels, culturels et idéologiques), car cela lui permettrait d’influencer le comportement de ses alliés de manière indirecte mais souvent plus efficace que ne l’a été l’emploi de méthodes fortes depuis l’éclatement de l’URSS.

Depuis la « révolution orange » ukrainienne en 2004, il semble que le Kremlin ait pris la mesure des avantages des méthodes douces pour influencer son « étranger proche ». Ainsi, en 2006, Moscou a consacré 7 millions de dollars afin de promouvoir dans cette région une forme de « démocratie » qui lui soit bienveillante. Le projet russe de soft power est d’exporter son modèle politique de « démocratie souveraine » en le présentant comme une alternative à la démocratie libérale européenne. La langue russe encore largement utilisée dans l’espace postsoviétique et les minorités russes locales peuvent contribuer, en tant que relais, à la diffusion et au succès de cette entreprise.

Cette nouvelle approche commence à donner des résultats probants en Moldavie notamment où l’appui de la minorité russe de Transnistrie et la russophilie des élites intellectuelles et politiques moldaves ont joué en faveur de la préservation de l’influence de Moscou. Ceci a permis à la Russie d’obtenir de Chisinau l’engagement de demeurer en dehors de l’OTAN, tout en endossant le rôle d’ultime arbitre dans la résolution du conflit gelé de Transnistrie.

Après la guerre éclair russo-géorgienne du début août 2008, la Géorgie est aussi devenue un exemple important de mise en œuvre du soft power russe. Ainsi le Kremlin participe-t-il au financement de la couverture média des groupes d’opposition qui cherchent à destituer le Président Mikhaïl Saakashvilli. L’objectif de cette campagne est de favoriser l’émergence d’un candidat présidentiel qui, à défaut d’être pro-russe, soit moins hostile à la Russie.

En Ukraine, contrairement à l’élection présidentielle de 2004, au cours de laquelle Vladimir Poutine avait ouvertement supporté le candidat « pro-russe » Viktor Yanoukovitch, le Kremlin ne soutiendra pas de candidat particulier en janvier 2010 mais favorisera plutôt une politique diplomatique ukrainienne qui prendra en compte les intérêts russes. En effet, comme dans le cas de l’actuel président géorgien, Moscou considère que tout autre président ukrainien que Viktor Youtchenko sera plus sensible au développement des relations économiques et politiques avec la Russie. Les autorités russes comptent aussi sur la russophilie d’une partie de la population ukrainienne pour influencer un vote favorable au renouveau des relations entre deux pays qui ont toujours en partage une histoire, une culture et des liens de sang. Les résultats de la prochaine élection présidentielle ukrainienne nous montreront dans quelle mesure l’analyse russe de la société ukrainienne s’est révélée juste.

En outre, toujours dans son rôle de puissance régionale, la Russie, tout en partageant les coûts avec ses alliés de l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), veut continuer à renforcer sa présence militaire chez ses voisins, notamment en Asie Centrale [27]. Moscou voudrait transformer l’OSTC en une organisation intégrée sur le modèle de l’OTAN. La création d’une force d’action rapide en Asie centrale, sous commandement unifié, a pour objet d’accroître la présence russe dans cette région stratégique tout en renforçant la dimension militaire de l’OSTC.

Toutefois, les 1er et 2 août 2009 lors du sommet informel de l’OSTC au Kirghizstan, le Bélarus a refusé de signer l’accord sur la création de cette force. De son côté, le Kirghizstan a octroyé la permission à la Russie d’ouvrir un centre d’entraînement militaire conjoint situé au nord de la ville d’Osh (aux confins de l’Ouzbékistan, du Tadjikistan et de l’Afghanistan), dans une région particulièrement volatile qui est considérée comme un havre de paix pour différents groupes islamistes et une porte d’entrée pour l’héroïne afghane. L’accord entre la Russie et le Kirghizstan devrait être formalisé en novembre 2009 et permettre de mieux contrôler cette région importante pour la stabilité future de ce pays d’Asie Centrale.

Dans le même temps, l’avenir de l’OSTC demeurera incertain tant que ses membres ne s’accorderont pas sur davantage d’intégration. D’autre part, à la faveur des opérations anti-piraterie au large de la Somalie, la Russie tente de rétablir sa présence navale en Mer Méditerranée. Ainsi, elle a entamé la modernisation et l’expansion de l’ancienne base soviétique de Tartous en Syrie. Dans un futur proche, une fois achevés les travaux de réhabilitation, elle pourrait accueillir une douzaine de navires de guerre qui fourniraient un soutien aux opérations dans la corne de l’Afrique. Sa position stratégique permettrait à terme d’améliorer substantiellement les capacités opérationnelles de la marine russe. En effet, les navires stationnés là pourraient atteindre, en l’espace de quelques jours, la Mer Rouge à travers le canal de Suez et l’Océan Atlantique après le franchissement du détroit de Gibraltar. L’expansion navale russe en dehors de l’espace postsoviétique fait partie d’une stratégie approuvée en janvier 2009, consistant à consolider ses positions sur le territoire des pays amis. Dans cette logique, on ne peut exclure, à moyen terme, l’établissement d’une nouvelle base au Yémen. En dépit des vents adverses, Moscou prépare, avec les moyens du moment, l’après-crise. Ces mouvements ont pour objectif de redonner à la Russie sa puissance passée en Méditerranée, voire dans le Golfe persique.

Conclusion

Depuis septembre 2008, la crise économique et financière mondiale a momentanément interrompu le bond en avant de l’économie russe qui avait redonné espoir en l’avenir économique et politique du pays, après la décennie perdue de la fin du XXème siècle.

Depuis la fin du premier semestre 2009, on constate une atténuation du choc. En juin 2009, la production a chuté en rythme annuel de 12,1% contre 17,1% le mois précédent. Environ 200 000 russes ont trouvé un emploi en juin, le nombre de chômeurs a diminué de 6,5 à 6,3 millions, représentant 8,3% de la population active. Mais, la situation demeure très fragile, car les ventes au détail ont baissé de 6,5%, ce qui constitue la plus forte chute annuelle depuis dix ans. La conquête de la confiance des consommateurs sera une bataille longue et progressive. En tout état de cause, la consommation qui avait été un des principaux moteurs de la croissance économique de la période 2000-2007, ne pourra jouer son rôle tant que la reprise économique ne sera véritablement installée.

Selon les prévisions du Ministère russe des finances et du Fonds monétaire international (FMI), le pays devrait sortir de la récession durant le troisième trimestre 2009 et la croissance économique devrait atteindre 1-1,6% en 2010. Mais cette croissance demeurera fortement tributaire de l’évolution des cours de l’énergie et des métaux sur le marché international. La hausse de ces cours sera elle-même dépendante des besoins chinois et du retour de la croissance dans l’Union européenne et aux Etats-Unis.

Ces multiples incertitudes montrent, une fois de plus, les dangers de la spécialisation russe fondée sur les matières premières et l’urgente nécessité de moderniser et diversifier la structure productive. Cette urgence est reconnue par les autorités russes puisque Dmitri Medvedev, lors de sa prise de fonction, en mai 2008, avait insisté sur le développement des quatre « i » : institutions, infrastructure, innovation et investissement. [28]

Un an après, en raison de la crise et de l’inertie du système, peu de progrès ont été réalisés. Dans le domaine de l’innovation le nombre de brevets déposés demeure insignifiant et celui des technologies russes utilisées dans l’économie a chuté de 60% entre 2000 et 2008. Selon Evguéni Iassine, ancien Ministre de l’économie durant les années 1990, la part des produits innovants ne représente que 0,5% en Russie contre 10 à 15% dans les pays développés. En conséquence, le pays doit multiplier par vingt ou trente les technologies avancées disponibles sur le marché.

Les investissements ont chuté de 18% au premier semestre 2009 et les investisseurs étrangers ont reculé devant le risque russe en retirant 132 milliards du pays en 2008.

L’état des infrastructures constitue l’autre obstacle majeur au retour d’une croissance plus élevée et plus équilibrée : 50% du réseau ferré a été construit avant 1916, un kilowatt heure d’électricité coûte 40% plus cher qu’en Allemagne et la pose d’un kilomètre d’asphalte sur une autoroute est quatre fois plus coûteux que dans l’Union européenne. Cette inflation de coûts peut s’expliquer par la structure monopolistique de l’économie et par l’existence d’un degré important de corruption endémique.

Enfin, les institutions demeurent très fragiles et incapables de jouer leur rôle d’allocation optimale des ressources, comme l’a démontré le très faible impact sur l’économie du plan de relance gouvernemental de 96 milliards de dollars. Les pratiques de corruption continuent, là aussi, à détourner une part importante des budgets alloués par l’Etat. [29]

C’est pourquoi, il est devenu impératif de réformer l’ensemble de l’administration d’Etat et de combattre farouchement la corruption.
La crise économique devrait fournir l’argument décisif en faveur de l’adoption d’un nouveau paradigme qui serait fondé sur l’innovation en économie et davantage de libéralisation en politique.
La diversification de la structure économique et une plus grande participation des citoyens à la vie de la cité, tout en tenant compte de la spécificité russe, sont parmi les moyens les plus efficaces pour développer le pays et renforcer son poids politique, à l’intérieur de sa zone naturelle, le continent eurasien, mais au-delà de peser sur le cours de l’histoire du monde.

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[1] Baron Otto Eduard Leopold von Bismarck (1815- 1898). Artisan de l’unification de l’Allemagne par le déclenchement d’une série de guerres (notamment austro-prussienne en 1866 et franco-prussienne en 1870), premier chancelier de l’Empire allemand (1871 - 1890).

[2] Discours prononcé par Vladimir Poutine le 10 février 2007, lors de la conférence sur la sécurité de Munich, in http://www.alterinfo.net/Vladimir-P...

[3] David Lightman, « Congressional Budget Office compares downturn to Great Depression », McClatchy Washington Bureau, in http://www.mcclatchydc.com/251/stor..., January 27, 2009.

[4] Cette position a été parfaitement illustrée par le vice-premier ministre Serguei Narychkine, lors du 3e Forum d’affaires russo-singapourien, le 1er avril 2008, pour lequel « La Russie reste un îlot de stabilité dans la tourmente financière mondiale, dans lequel les investisseurs peuvent travailler en toute tranquillité. »

[5] http://devdata.worldbank.org/AAG/ru... pour les données, calculs de l’auteur.

[6] Le cabinet McKinsey a étudié la productivité dans cinq secteurs clés de l’économie Russe, l’acier, le commerce de détail, la banque de détail, la construction résidentielle et l’énergie électrique. Le secteur de l’acier est le plus productif (33% du niveau américain) et le secteur électrique le moins productif (15% du niveau américain). La moyenne des cinq secteurs atteignant 26% du niveau américain. http://www.mckinsey.com/mgi/reports...

[7] http://www.monde-diplomatique.fr/20...

[8] Ces structures ont été mises en place sous la double présidence de Vladimir Poutine afin de restructurer l’industrie et de promouvoir l’innovation. Mais dès le départ, ces groupes ont fait l’objet de vives critiques quant à leur taille et à leur manque de transparence. A cause de leur propriété étatique, les investisseurs continuent de les considérer comme une source d’inefficacité et de corruption. Durant l’été 2009, le président Dmitri Medvedev a aussi émis des doutes sur l’efficacité de ces groupes et suggéré de les transformer en sociétés par actions, en vue d’une privatisation future.

[9] RBC Daily, October 22, 2008. Par ailleurs, le nombre de milliardaires russes est passé de 101 en 2008 à 49 en février 2009.

[10] Vedomosti, 13 mars 2009.

[11] http://fr.rian.ru/russia/20081022/1...

[12] http://www.russiaprofile.org/page.p...

[13] En Extrême-Orient, 90% des véhicules d’occasion sont importés du Japon et ce commerce constitue une source importante de revenus pour la population de cette région située à 9 300 km de Moscou. http://en.rian.ru/russia/20081223/1...

[14] Laure Delcour, « Actualités de la Russie et de la CEI », n°13, février 2009, IRIS.

[15] http://www.20min.ch/ro/news/monde/s... et http://fr.rian.ru/russia/20090615/1...

[16] Russia Profile Weekly Experts Panel : Is Russia’s Political System Able to Handle the Crisis ? Introduced by Vladimir Frolov/Russia Profile. March 20, 2009. http://www.russiaprofile.org/page.p...’+Panel&articleid=a1237569894&print=yes

[17] Jean-Robert Raviot, « Démocratie à la russe », Ellipses, 2008.

[18] Eugene B. Rumer, « Russian foreign policy beyond Putin », AP 390, IISS, 2007.

[19] Olga Krychtanovskaya, « Anatomiâ rossijskoï elity », Moscou, Zakharov, 2005.

[20] http://www.moscowtimes.ru/article/1...

[21] Intervention accordée à la chaîne Rossia, le 15 février 2009.

[22] Vladimir Shveitser, «  Power and Parties in Post-Soviet Russia », Russia in Global Affairs, Vol. 7, n°2, April-June, 2009.

[23] Nikolaï Petrov, analyste politique au Centre Carnegie de Moscou, in http://www.themoscowtimes.com/artic...

[24] http://www.themoscowtimes.com/artic... Cependant, en juillet 2009, un nouvel accord a été signé entre le Kirghizstan et les Etats-Unis. La base militaire a été transformée en centre de transit et sera utilisée comme support logistique pour les opérations en Afghanistan.

[25] http://www.themoscowtimes.com/artic...

[26] http://www.themoscowtimes.com/artic... Fiodor Loukianov est éditeur de la revue géopolitique Russia in Global Affairs, consultable à l’adresse internet suivante : http://eng.globalaffairs.ru/

[27] L’OTSC est une organisation militaire fondée en 2000, sous l’égide de la Russie. Les Etats fondateurs sont la Russie, le Bélarus, l’ Arménie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, auxquels s’est joint l’Ouzbékistan en 2006. Elle a pour objet de garantir la sécurité de ses membres et de lutter contre le terrorisme et la mafia.

[28] Vedomosti, 8 mai 2009.

[29] Selon diverses organisations internationales (Banque Mondiale, FMI, OCDE), le coût annuel de la corruption en Russie s’élèverait à environ 300 milliards de dollars depuis 2005, soit 25% du PIB.



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