Internet : que faire pour défendre nos chances ?

Par Laurent BLOCH, le 20 mai 2015  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Précédemment responsable de l’informatique scientifique de l’Institut Pasteur, Directeur du Système d’Information de l’Université Paris-Dauphine, Laurent Bloch est auteur de plusieurs ouvrages sur les systèmes d’information et leur sécurité. Il se consacre à la recherche en cyberstratégie.

En matière d’Internet, quels sont les atouts de la France ? Et de l’Union européenne ? Les atouts de la France et de l’Union européenne sont-ils valorisés pour optimiser leurs poids relatifs, si oui comment, sinon pourquoi ? Pour l’heure, quels sont les gagnants de cette situation ? À l’échelle de la France, que faudrait-il faire d’ici 2030 ? À l’échelle de l’UE ?

Laurent Bloch, auteur de "Révolution cyberindustrielle en France", coll. Cyberstratégie, Paris, Economica (2015) apporte des réponses aux questions du Diploweb.com. Illustré d’une carte sous deux formats.

En matière d’Internet, quels sont les atouts de la France ? Et de l’Union européenne ?

Éducation et formation

Avec près de 2 500 000 étudiants et assimilés et près de 45 % d’une classe d’âge dotée d’un diplôme de l’enseignement supérieur la France, malgré les difficultés de son système éducatif, est encore une grande puissance intellectuelle. À l’échelle de l’Union européenne les chiffres sont respectivement de près de 20 millions d’étudiants, et près de 40 % d’une classe d’âge diplômée de l’enseignement supérieur. De ces effectifs, un quart est engagé dans des études scientifiques et techniques [1], [2] .

La France compte 320 000 ingénieurs en informatique [3] . Pour l’ensemble des spécialités, notre pays délivre chaque année 33 000 diplômes d’ingénieur, alors qu’il en faudrait plus de 40 000, essentiellement dans les secteurs informatique et électronique [4].

En 2012 l’UEa consacré 1,97 % de son PIB à la recherche et au développement, contre 1,98 % pour la Chine (environ 225 milliards d’euros, contre 178 milliards d’euros pour la Chine). La France, avec 2,23 % (2,28 % en 1995 !) occupe une position médiane entre la Finlande (3,55 %) et la Grèce (0,69 %). En tête du classement on trouve la Corée du Sud (4,36 %) devant Israël (4,25 %) [5].

Infrastructure industrielle

Aussi ignoré que ce soit par le grand public et par les milieux dirigeants, la France possède des entreprises de premier plan dans le domaine de l’informatique et des réseaux, et qui ne sont pas celles que l’on cite toujours mais qui nous ont menés d’échec en échec à grand renfort de subventions publiques ou dissimulées et de marchés protégés. Avant d’y revenir plus en détail, voici une brève énumération des vrais acteurs français et européens de la révolution cyberindustrielle.

Commençons par le plus fondamental, les microprocesseurs : le franco-italien STMicroelectronics est un acteur d’envergure mondiale, à la pointe de la technique et couronné de succès (si l’on regarde en Europe, on trouve aussi NXP Semiconductors et Infineon Technologies, respectivement issus de Philips et de Siemens).

Dans le domaine de l’informatique en nuage, la France possède des opérateurs de premier plan, comme OVH et Gandi.

Si on élargit l’horizon à l’Europe, on trouve en Grande-Bretagne un acteur majeur de la révolution cyberindustrielle : l’entreprise de conception de microprocesseurs ARM. Ce sont à l’heure actuelle les microprocesseurs les plus répandus dans le monde, selon toute vraissemblance ce sont eux qui animent votre téléphone, votre tablette, votre box d’accès à l’Internet, et peut-être aussi les différents robots installés dans votre auto, votre machine à laver, votre téléviseur... Ceci étant dit, ARM ne fabrique aucun processeur, mais se contente de les concevoir et d’en concéder la licence de fabrication à Samsung, STMicroelectronics, TSMC, Global Foundries, qui sont des géants de cette industrie, ou encore à AMD ou Qualcomm, qui ne fabriquent rien non plus mais qui intègrent les circuits de conception ARM à d’autres, conçus par eux ou acquis ailleurs, et qui les font fabriquer par les précédents.

On ne bâtit pas en un jour une entreprise de R&D et un outil de production comme ceux de Cisco. Huaweï l’a fait : en 25 ans. Mais d’autres voies apparaissent. Les routeurs actuels, sauf les modèles d’entrée de gamme, comportent des dispositifs matériels spécialisés pour assurer un débit élevé au transfert de données (le plan de données), mais le progrès des composants permet d’ores et déjà d’implanter la gestion des règles de routage (le plan de contrôle) en logiciel, de ne confier au matériel que la circulation des données et de centraliser le contrôle du routage sur une plate-forme logicielle. Des standards ouverts comme OpenFlow permettent d’envisager des développements sur des bases entièrement nouvelles, on appelle cela des réseaux définis en logiciel (Software-Defined Networks).

Dans le domaine de l’informatique en nuage, la France possède des opérateurs de premier plan, comme OVH et Gandi (Iliad s’y met également). Compte tenu de leur existence (et de leur indépendance), était-il judicieux que le gouvernement français envisage de financer à hauteur de 75 millions d’euros chacun un projet Orange-Thalès et un projet Bull-SFR de « cloud souverain » ?

Le logiciel libre, modèle économique original

Le logiciel libre est une illustration de la concurrence monopolistique : il est en position de monopole sur une niche du marché, grâce à un modèle économique original et à première vue paradoxal. L’ouverture de ce modèle permet à un acteur qui s’est laissé distancer de remonter dans le train en marche, même avec un investissement initial modeste. C’est ce qu’il faut à la France, dont la position dans le domaine du microprocesseur et fragile, et qui a perdu pied dans celui du système d’exploitation. Or, comme l’ont signalé de façon convergente des auteurs aussi différents que Pierre Bellanger et Tariq Krim, ce sont les deux domaines dont la maîtrise est cruciale pour qui veut exister (survivre) dans le cyberespace.

Un logiciel est dit libre si ses auteurs et ses utilisateurs bénéficient de quatre libertés fondamentales : liberté d’utilisation, liberté de copie, liberté de modification et liberté de redistribution. Parmi les logiciels libres les plus répandus on peut citer le système d’exploitation Linux, le navigateur Web Firefox, le système bureautique LibreOffice, le serveur Web Apache, le système multimédia VLC.

Comment peut-il y avoir une économie d’un bien que chacun peut se procurer gratuitement ? Josh Lerner et Jean Tirole furent parmi les premiers économistes à entreprendre d’élucider ce mystère. La pérennité étonnante et le succès du logiciel libre, au départ initiative d’une poignée de militants avant de devenir une industrie de grande envergure, tient pour une bonne part à la nature de la concurrence monopolistique qui régit l’informatique : le lancement d’un logiciel commercial n’est justifié que par un espoir raisonnable de lui assurer au moins un monopole de niche, sinon il peut être plus intéressant de le diffuser sous licence libre et de bénéficier des effets de réseau qu’il peut engendrer pour les autres productions de l’entreprise qui l’a créé. Un exemple spectaculaire de cette démarche est Android de Google, cocktail de logiciels libres et privatifs. Tirole et Lerner expliquent également qu’une entreprise peut permettre à ses salariés de consacrer une partie de leur temps à des projets libres pour bénéficier du surcroît de compétence et de visibilité acquis par cette participation.

Si beaucoup de logiciels libres sont nés de petits projets personnels ou de travaux universitaires, certains sont devenus la base de réalisations industrielles de grande ampleur dont les maîtres d’ouvrage sont enclins à les financer. Ainsi le développement du noyau Linux est-il soutenu par la participation de centaines d’ingénieurs d’IBM, Intel, Hewlett-Packard et même Microsoft, pour ne citer que quelques-uns. Beaucoup d’entreprises utilisent Linux pour leurs serveurs et Apache pour leurs sites Web, pendant que les logiciels de la plupart des routeurs sont dérivés de systèmes libres, Linux ou BSD. Le déploiement d’un logiciel libre est plus simple que celui d’un logiciel privé parce qu’il n’est pas complexifié par les dispositifs destinés à en empêcher la reproduction.

Un grand avantage du logiciel libre est son caractère coopératif et ouvert qui permet à un individu ou à une entreprise de pénétrer progressivement dans un domaine de compétence et de production sans avoir à consentir d’emblée des investissements importants à la rentabilité peu assurée. C’est particulièrement vrai pour le système d’exploitation, domaine stratégique dont l’industrie française est pratiquement absente depuis l’arrêt du développement des systèmes GCOS 7 de Bull, mais où les systèmes libres Linux et Open/Free/Net-BSD recueillent de nombreuses contributions d’ingénieurs et de chercheurs basés en France, ce qui entretient une communauté de compétences.

Le logiciel libre a aussi des vertus simplificatrices : il évite les coûts et les délais de transaction qui peuvent être pénalisants, par exemple dans le cadre des marchés publics français. Une grande partie de la complexité des logiciels commerciaux tient aux dispositifs destinés à les protéger de la contrefaçon, ce que le logiciel libre évite.

Il est à noter que toutes les entreprises créées récemment avec grand succès, comme Google ou Facebook, ont choisi des logiciels libres pour leurs infrastructures, ce qui leur a permis de bénéficier des travaux de la collectivité. Les logiciels d’Apple ne sont pas libres, mais ils incorporent beaucoup de composants empruntés au libre, de préférence sous des licences plus libérales que la GNU Public License qui régit Linux et qui impose que tout logiciel publié sous son égide soit soumis aux mêmes termes, ce qui interdit d’utiliser des composants libres dans un logiciel non libre. La licence BSD (Berkeley Software Distribution) est moins stricte à cet égard. La plupart des logiciels qui font fonctionner l’Internet sont libres ou dérivés de logiciels libres, à commencer par presque toutes les implantations de TCP/IP, inspirées (c’est un euphémisme) de la version écrite initialement à Berkeley.

Territoire, marché, cadre réglementaire

La France bénéficie d’un territoire exceptionnel par sa position, son climat, sa diversité, son équipement en infrastructures (transport, énergie) et sa taille : elle n’est pas pour rien une des premières destinations touristiques du monde, mais c’est aussi un atout pour implanter des activités économiques novatrices et y attirer des talents internationaux. Cette appréciation peut, mutatis mutandis, être étendue au territoire européen dans son ensemble, comme les historiens l’ont remarqué depuis longtemps.

La France, comme l’Europe, constitue un marché de première importance. Aucune entreprise de dimension internationale ne peut négliger de s’y implanter. Ces qualités sont catalysées par la longue tradition d’État de droit dont notre pays et notre continent peuvent s’enorgueillir. En Europe, plus qu’ailleurs dans le monde, il est possible de faire respecter un contrat sans faire acte d’obédience, éventuellement assortie de cadeaux, aux puissances politiques du lieu. Il n’en va pas ainsi partout.

Démocratie et diversité

Même si l’on peut déplorer le vote lamentable par l’Assemblée Nationale française d’une loi sur le renseignement aussi calamiteuse qu’inefficace, mais fort heureusement à peu près inapplicable, l’Europe est un des rares endroits dans le monde où la protection des données personnelles et le secret de la correspondance ont un sens.

Cet état de fait participe d’un système plus large, la démocratie, qui confère la liberté de pensée et d’expression. En quoi cela contribue-t-il au potentiel économique français (et européen) ? À l’heure où la révolution cyberindustrielle en cours substitue chaque jour un peu plus le « cerveau d’œuvre » à la main d’œuvre, remplacée par des automates pour les travaux répétitifs, un climat de liberté intellectuelle est un véritable levier de productivité. Je renvoie simplement au livre de Jean-Jacques Salomon L’écrivain public et l’ordinateur. Mirages du développement (avec André Lebeau), où il rapporte d’une mission de consultant auprès du gouvernement iranien (à l’époque du Shah Reza Palhevi) la conversation qu’il eut avec un ministre qui lui demandait comment importer en Iran les effets industriels de la science et de la technologie occidentales, mais sans les à-côtés désagréables que sont la démocratie et le pluralisme politique : la réponse fut que c’était impossible, parce qu’il ne saurait y avoir de science vivante sans liberté de pensée. L’Union soviétique a eu beau déporter en Sibérie de pleins wagons de ses meilleurs scientifiques, elle a fini par s’effondrer, et les deux phénomènes sont tout sauf indépendants.

Les atouts de la France et de l’Union européenne sont-ils valorisés pour optimiser leurs poids relatifs, si oui comment, sinon pourquoi ?

Non, faute d’une prise de conscience des milieux dirigeants, des élites intellectuelles, économiques, politiques.

Pour l’heure, quels sont les gagnants de cette situation ?

États-Unis

Chine

Quatre cyberdragons

. Corée du Sud

. Taïwan

. Israël

. Singapour

Ces quatre pays ont en commun :

. un territoire exigu dépourvu de ressources naturelles ;

. des relations tendues avec des voisins peu amicaux et munis d’une certaine supériorité du point de vue démographique et géographique ;

. une obligation de tout miser sur la population, seul atout ;

. une concentration remarquable, qui découle du point précédent, sur l’éducation, la formation, la recherche et le développement.

La carte ci-dessous spatialise cette hiérarchie de l’Internet.

Internet : que faire pour défendre nos chances ?
Géopolitique de l’Internet : quelle hiérarchie de puissances ?
Cliquer sur la vignette pour agrandir la carte. Réalisation pour Diploweb.com : Charlotte Bezamat-Mantes.

La carte au format pdf haute qualité

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Géopolitique de l’Internet : quelle hiérarchie de puissances ?
Réalisation pour Diploweb.com : Charlotte Bezamat-Mantes

À l’échelle de la France, que faudrait-il faire d’ici 2030 ? À l’échelle de l’UE ?

Enseigner l’informatique

Introduire sérieusement l’enseignement de l’informatique dans l’Éducation nationale, au moins à partir du lycée, pour toutes les sections. Par informatique il faut entendre la science informatique (programmation, réseau, système d’exploitation), pas les usages de la technique (bureautique ou création de sites Web). Les Anglais le font, nous devons en faire autant. Si nous manquons de professeurs avant la mise en place, nécessaire, d’un CAPES et d’une agrégation d’informatique, il est possible de recruter et de former à l’enseignement des ingénieurs attirés par cette seconde carrière. Et en attendant ces évolutions nécessaires, il faut continuer à faire fond sur les dispositifs éducatifs efficaces : classes préparatoires aux grandes écoles, écoles d’ingénieurs, formations en apprentissage et en alternance.

Favoriser les cyberentreprises innovantes

Créer un environnement favorable aux entreprises créatives dans le domaine. Imiter le Small Business Act américain, qui réserve une part fixe de la commande publique aux PME. Ne pas surtaxer les activités innovantes pour mettre sous perfusion les activités moribondes. Réformer la formation professionnelle permanente, qui est aujourd’hui un repaire de gabegie et de détournements de fonds. Restaurer un climat de confiance en cessant d’annoncer à un rythme soutenu des modifications réglementaires intenables et sans cesse rectifiées.

Pour un État stratège mais non colbertiste

Les interventions étatiques des décennies passées se sont révélées contre-productives, en partie parce qu’inspirées de principes adaptés à la précédente révolution industrielle, tels que la politique du champion national. Cela ne disqualifie pas a priori toute intervention étatique, par exemple pour améliorer la position de l’industrie des composants électroniques dans le domaine de l’armement, mais suggère d’y procéder avec prudence, en évitant le style colbertiste.

Participer aux instances internationales

L’orientation de la révolution cyberindustrielle fait l’objet de débats entre chercheurs et ingénieurs dans un certain nombre d’organismes et de conférences, au premier rang desquels l’Internet Engineering Task Force (IETF), l’Internet Research Task Force (IRTF), l’ICANN, le RIPE-NCC et quelques autres. Stimuler et au besoin financer la participation de chercheurs et d’ingénieurs français à ces instances serait plus productif que de mener des combats d’arrière-garde à l’UIT. Il en va de même pour les groupes de travail, souvent informels, autour des principaux logiciels libres, et pour les conférences, souvent de très bon niveau, consacrées à la sécurité informatique.

Coopérer avec les Européens, seul moyen d’obtenir la taille critique

De telles initiatives verraient leurs chances de succès accrues si elles étaient coordonnées avec celles de nos partenaires européens. Les expériences passées telles qu’Unidata, STMicroelectronics ou, dans un autre domaine, Airbus, n’ont pas laissé que de bons souvenirs à ces partenaires. Les dirigeants français, ancrés dans la tradition du patron de droit divin, ont une réputation d’arrogance que ne viennent pas toujours conforter des résultats exceptionnels. Les retards dans la mise au point de l’Airbus A380 en sont un exemple. Est-il possible de réformer de tels traits culturels, ou faudra-t-il attendre d’avoir touché le fond pour remonter ? L’auteur veut croire qu’avec autant de bonnes cartes dans son jeu et dans ceux de ses partenaires européens nous saurons prendre notre place au premier rang de la révolution cyberindustrielle, en profitant surtout de nos traditions de créativité intellectuelle dans un climat de liberté de pensée qui fait défaut à certains de nos rivaux.

Copyright Mai 2015-Bloch/Diploweb.com


Plus

Laurent Bloch, "Révolution cyberindustrielle en France", coll. Cyberstratégie, Paris, Economica (2015)

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4e de couverture

Depuis vingt ans nous vivons une révolution culturelle engendrée par l’irruption dans toutes les activités humaines de l’Internet et par conséquent de l’informatique. Cette extension du monde informatisé crée un nouvel espace, le cyberespace. Les répercussions de cette révolution sont comparables à celles de l’invention de l’écriture. Les nations qui sauront en tirer profit en accomplissant leur révolution cyberindustrielle seront les grandes puissances de demain, celles qui la négligeront resteront sur le bord du chemin, comme autrefois la Chine et l’Empire Ottoman, laissés pour compte des révolutions industrielles du XIXe siècle.

La France est-elle prête pour cette révolution ? Elle dispose de nombreux atouts culturels, intellectuels et industriels, surtout si elle collabore avec ses partenaires européens, mais a-t-elle conscience du défi et veut-elle le relever ?

Ce livre propose une analyse des tenants et des aboutissants de la révolution cyberindustrielle, une description du cyberespace et des défis stratégiques qui s’y nouent et une analyse des positions françaises et européennes dans ce dispositif, face aux grandes puissances cyberindustrielles (États-Unis et Chine) et aux cyberdragons (Corée du Sud, Taïwan, Israël, Singapour).

Voir le livre de Laurent Bloch, "Révolution cyberindustrielle en France", coll. Cyberstratégie, sur le site des éditions Economica

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| Dernière mise à jour le mercredi 28 septembre 2016 |
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