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Actualité du livre géopolitique

8 juin 2013  Imprimer l'article  Information sur l'article

Les livres géopolitiques sont nécessaires à la compréhension du monde. Le Diploweb.com en présente ici une veille spécialisée. Le Diploweb.com ne touche aucune commission des éditeurs ou libraires.

Les éditeurs qui souhaitent faire connaître leurs nouveautés doivent adresser un exemplaire à Diploweb.com, 1 avenue Lamartine, 94300, Vincennes, France. La rédaction reste juge seule de ses choix.

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Actualité du livre géopolitique

Ce dossier rassemble les contributions de 5 experts des questions européennes et internationales. Ils vous invitent à laisser de côté "la petite musique" de la construction européenne et à mettre le doigt là où ça fait mal.

Thierry Garcin s’interroge : allons-nous vers une Europe de plus en plus éclatée ? Franck Tétart poursuit la réflexion : les nationalismes régionaux conduisent-ils vers une fragmentation accrue de l’Europe ? Pierre Verluise répond à la question : la crise a-t-elle stoppé le « rattrapage » économique des nouveaux États membres ? Pierre Berthelet explique pourquoi la réforme de la gouvernance Schengen coince. Pierre Verluise aborde la question qui fâche : quelles sont les modalités de suspension d’un Etat membre de l’Union européenne qui serait en contradiction avec les valeurs de l’Union ?

Des experts reconnus apportent des réponses claires et documentées. Citoyens, étudiants et enseignants y trouveront leur compte.

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. Thierry Garcin, Géopolitique de l’Arctique, éd. Economica, 2013

L’Arctique est devenu un véritable enjeu des relations internationales. C’est un théâtre qui s’ouvre et un nouvel objet de convoitise. Mais c’est aussi un monde complexe, que la grande presse a beaucoup simplifié. Raison de plus pour identifier les grands dossiers et évaluer les logiques de puissance à l’œuvre, à moyen et à long termes.

Dix chapitres, clairement subdivisés, identifient les questions clés. Vingt encadrés précisent des points essentiels. Un cahier en couleurs central de seize cartes familiarise le lecteur avec cette nouvelle problématique.

. Emmanuel Lincot, Esquisse de Chine, éd. Belin, 2013.

Cet essai aborde l’épopée des relations franco-chinoises sous un angle inédit. Avec humour et sans complaisance, l’auteur s’interroge sur la nature des enjeux et des liens que cultivent la France et la Chine. Lieux de mémoire, singularités nationales, anthropologie culturelle sont tour à tour étudiés. Émergent des figures majeures de l’histoire, ainsi que des trajectoires politiques divergentes ou complémentaires, mais qui laissent rarement indifférent.

Esquisse de Chine interroge ainsi la nature des relations complexes entre ces deux grands pays, relations dont la singularité est réelle. Trop imprévisible ou trop prévisible, nous croyons que cette singularité est engluée dans l’urgence du seul présent. Or, celle-ci ne demande qu’à se porter vers le futur. À travers les tableaux ici brossés se devinent les configurations d’un monde en devenir  : plus de liberté pour la Chine, plus de sagesse pour la France. Cet ouvrage trace aussi les linéaments possibles de nos conduites pour les temps à venir.

Fondateur de la Chaire des Etudes Chinoises Contemporaines (CECC) et Vice Doyen chargé des Affaires Internationales (Institut Catholique de Paris), Emmanuel Lincot est spécialiste d’histoire culturelle contemporaine de la Chine. Rédacteur en chef de la revue Monde Chinois Nouvelle Asie, il a vécu en Chine cinq ans. Il s’est rendu en Asie plus d’une centaine de fois. Il a notamment publié : Peinture et pouvoir en Chine (1979-2009) : une histoire culturelle, 2010 ; Carnets Ouïgours de Chine, 2009 ; La figure de l’artiste et le statut de son oeuvre en Chine contemporaine, 2009 ; Regard sur la Chine, 2008 ; Arts, propagandes et résistances en Chine contemporaine, 2008.

. Jean-Luc Racine (dir.) Asie, édition 2013-2014. Coll. Mondes émergents. Paris, La documentation française, 2013.

L’Asie ne cesse de se métamorphoser. En témoigne cette nouvelle édition de la collection « Mondes émergents ». Selon le principe de la collection, l’ouvrage est consacré aux principales évolutions que le continent a connues, ces douze derniers mois.

L’Asie, où la Chine occupe la première place, se reste la principale zone de croissance du monde, bien que ses résultats soient moins brillants qu’auparavant. Ce nouveau numéro de « Mondes émergents » commence par un bilan des quatre pays clés de la région asiatique : Chine, Japon, Inde et Indonésie. Ensuite, deux « points chauds » sont analysés en détail : l’Afghanistan, en proie à de graves problèmes de gouvernance, et la Birmanie, occupée à définir son modèle de transition. En outre, l’ouvrage se penche sur deux questions transversales : l’une, géopolitique, porte sur la stratégie américaine du « pivot asiatique » ; l’autre, économique, interroge le parcours des pays d’Asie à l’heure de la crise qui frappe les pays occidentaux. Il se clôt sur la chronologie 2012.

. Ulrich Beck, Non à l’Europe allemande. Vers un printemps européen ? Préface de Daniel Cohn-Bendit, éd. Autrement, 2013.

Comment en sommes-nous arrivés là ? Peut-on venir à bout de la crise européenne ? L’union politique est-elle envisageable ? Pour Ulrich Beck, nous avons trop longtemps mis de côté la question dune société commune au profit de l’économie. Le célèbre sociologue allemand dénonce la politique d’austérité menée par Angela Merkel, qu’il nomme merkiavélisme en référence au Prince de Machiavel. Ulrich Beck appelle de ses voeux un réveil démocratique et pose les principes d’un contrat social européen, seule alternative possible à cette « Europe allemande » vouée à l’échec.

. Gilles Darmois, Le partage de la rente pétrolière. Etat des lieux et bonnes pratiques. Editions technip, 2013.

Il y a 60 ans, une industrie cartellisée pouvait dicter sa loi aux États producteurs. La création de l’OPEP puis les avancées contractuelles ont contribué à rééquilibrer les termes du partage. Aujourd’hui les États peuvent obtenir des conditions favorables de partage de la rente pétrolière, sous réserve de bien analyser leurs besoins et leurs forces. Ce livre décrit l’évolution des modalités de partage de la rente pétrolière :

. le fonctionnement de l’industrie de l’exploration-production et les trois types de rente pétrolière. Il introduit la question des réserves, sous ses aspects technico-économiques et politiques ;

. les deux principales modalités de relations entre un État pétrolier et une compagnie internationale ;

. les options d’organisation qu’un État producteur peut retenir pour tirer le maximum de son potentiel pétrolier ;

. les développements des modalités contractuelles ;

. les recommandations aux États sur les avantages et défauts des diverses options contractuelles.

Cet ouvrage s’adresse à la fois à un public curieux de comprendre les enjeux du partage de la rente pétrolière et à un public averti (professeurs, étudiants, ingénieurs, chercheurs...) souhaitant développer et approfondir ses connaissances sur le sujet.

Table des matières : Préface. Unités, abréviations et monnaies. Introduction. 1. L’industrie d’exploration-production, la rente pétrolière, les réserves. 2. Les deux principales formes contractuelles. 3. Organisation pour un Etat producteur. 4. De 1980 à 2010. 5. Proposition de meilleures pratiques contractuelles, depuis l’appel d’offres jusqu’à l’abandon. Conclusion : enrichir le pays ou ses dirigeants ? Exercices. Corrigé des exercices. Annexe au chapitre 2 : calcul pour la concession angolaise. Table des figures et tableaux. Bibliographie. Index.

. Dušan T. Batakovic’, Les sources françaises de la démocratie serbe. Préface de Georges-Henri Soutou, CNRS édition, 2013.

Georges-Henri Soutou, Membre de l’Institut : « Nous avons affaire ici, au-delà du titre même de ce livre, à une véritable histoire du développement politique et institutionnel de la Serbie avant 1914, dans le contexte de ses rapports avec la France.

Le grand livre de Dušan T. Batakovic’, dont les conclusions sont toujours actuelles, montre admirablement l’évolution progressive et la modernisation d’un pays qui doit résoudre à la fois son problème politique interne et son problème national, cas fréquent à cette époque. Mais la Serbie disposait d’une base de départ, la démocratie agraire, qui n’existait pas ailleurs dans cette partie de l’Europe. Elle recevait d’autre part des influences multiples, françaises mais aussi britanniques, et pas seulement russes et austro-hongroises. Ce qui contribue à expliquer la situation très particulière de la Serbie dans cette partie du monde. Plus que d’autres pays de la région, la Serbie s’est montrée très tôt ouverte aux influences de l’Europe occidentale, et on comprend que l’alliance privilégiée franco-serbe reposait sur des réalités profondes, et pas seulement sur des considérations tactiques transitoires. »

. Jean-Claude Zarka, L’essentiel des institutions de l’Union européenne, 2013-2014, 15e édition, Gualino lextenso éditions, 2013.

Ce livre présente en 11 chapitres l’ensemble des connaissances nécessaires à la compréhension du rôle et des mécanismes d’action des différents acteurs institutionnels de l’Union européenne ainsi que le régime qui s’applique aux actes juridiques de l’Union. Il tient compte des évolutions les plus récentes avec notamment le traité TSCG, le MES et l’entrée de la Croatie. Au total, une présentation synthétique, rigoureuse et pratique du Droit des Institutions de l’UE.

Jean-Claude Zarka, docteur en droit, est Maître de conférences à l’Université Toulouse 1 Capitole. Il est l’auteur de nombreux livres et articles sur les institutions européennes.


Le livre recommandé par le Diploweb.com pour le mois de mai 2013

. Gérard Chaliand, avec la collaboration de Michel Jan, Vers un nouvel ordre du monde, Seuil, 2013

P. Verluise, Directeur du Diploweb : "Une écriture limpide pour expliquer de façon lucide et accessible les nouvelles lignes de force du monde. Une documentation solide, enrichie par la pratique du terrain, voilà les caractéristiques de ce bel ouvrage."

4e de couverture

Le déclin relatif de ce qu on appelle l’Occident est désormais un fait qui ne semble plus discutable. La crise actuelle, jointe à la montée très dynamique de l Asie, Chine en tête, est à l’origine de la fracture et de la recomposition géopolitique en cours.

Contrairement à certaines idées toutes faites, la période que nous traversons n’a pas commencé avec la chute du Mur de Berlin et la fin de la Guerre froide, mais trouve sa source en 1979 : à cette date, les questions coloniales sont à peu près réglées, le déclin du communisme s’accélère, mais l’année est surtout marquée par deux faits majeurs, la révolution khomeyniste et le grand tournant initié par Deng Xiaoping. Aujourd hui, la fracture géopolitique que révèle ce livre provient de deux bouleversements essentiels : l’évolution de la dimension démographique globale, où l’Occident ne cesse de reculer par rapport au reste de la planète, et la crise économique mondialisée, qui a vu l’accès aux premiers rangs des pays dits émergents, et qui sont pour la plupart des pays "réémergents". En analysant le parcours et les évolutions des grandes puissances actuelles (Etats-Unis, Europe, Chine, Inde, Turquie et Moyen-Orient...), cet ouvrage s interroge également sur l avenir géopolitique mondial, et les destins possibles de l Europe. Il dessine les contours du monde de demain.

Gérard Chaliand, historien, poète, traducteur et géostratège, est aujourd hui l’un des plus éminents spécialistes des conflits internationaux, auteur d’une vingtaine d’études comme Anthologie mondiale de la stratégie (Robert Laffont, 1990), Voyage dans quarante ans de guérillas (Lignes de Repères, 2006), Les guerres irrégulières (Folio Actuel, 2008)... sans oublier de nombreux titres au Seuil. Il est également conseiller auprès du Centre d’analyse et de prévision du ministère des Affaires étrangères français depuis 1984. Michel Jan, sinologue réputé, membre du groupe de réflexion Asie 21 auteur d’une dizaine d’ouvrages sur la Chine et sur l’Asie centrale dont La grande muraille de Chine (Imprimerie Nationale, 2000), a écrit les chapitres consacrés à la Chine.


. Barthélémy Courmont et Eric Mottet (dir.), Repenser la multipolarité. Post-face de Charles-Philippe David. Coll. Géopolitique. Canada, Québec, éd. Septentrion

Équilibre des puissances, impérialisme, unipolarité, bipolarité et multipolarité figurent au nombre des appellations permettant de définir les rapports de force dans les relations internationales. L’hégémonie américaine, issue de la fin de la Guerre froide, semble vouée à disparaître. La montée en puissance de nouveaux pôles, la Chine au premier rang, impose de nouvelles règles. Sera-t-il davantage difficile de maîtriser toute forme de gouvernance internationale ?

Repenser la multipolarité s’interroge sur le sens que les acteurs internationaux donnent à ce concept et sur les tensions qui peuvent directement découler des nouvelles conceptions des relations internationales.

Barthélémy Courmont est professeur de science politique à Hallym University (Chuncheon, Corée du Sud), chercheur-associé à l’IRIS et directeur-associé sécurité et défense à la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques (UQAM). Il a notamment signé La tentation de l’Orient (Septentrion, 2010) et Chine, la grande séduction (Éditions Choiseul, 2009).

Éric Mottet est professeur de géopolitique au département de géographie de l’Université du Québec à Montréal et directeur de l’Observatoire de géopolitique de la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques. Il a notamment dirigé Géopolitique et virages de la F1 (Septentrion, 2012) et Géopolitique de la Coupe du monde de football 2010 (Septentrion, 2010).

Ont aussi collaboré à cet ouvrage Philippe Beaulieu-Brossard, Pierre-Alain Clément, Colin Geraghty, Vincent Joubert, Frédéric Lasserre, Irving Lewis, Pierre-Louis Malfatto, Carmen Mboumba Nzamba, Barah Mikaïl, Joël Plouffe, Yann Roche, Jean-Loup Samaan, Julien Tourreille et Pierre Verluise.

. Laurence Briday, Alain Chaffel, Pierre Dallenne et Axelle Degans, Les grandes questions internationales. Prépa, Concours & examens, Sciences Po, éd. Studyrama, 2013.

Cet ouvrage a pour ambition de vous aider à mieux connaître les thèmes qui animent aujourd’hui les débats internationaux, de l’économie mondiale en passant par la crise à la situation des Etats les plus stratégiques, sans oublier le rôle de la France.

Les thèmes abordés ne se veulent évidemment pas exhaustifs, mais entendent couvrir un spectre suffisamment large des enjeux internationaux. Chaque sujet est traité de manière synthétique, complète et actualisée, à partir d’une problématique claire. Volontairement accessible à tous, cet ouvrage intéressera principalement les étudiants préparant un examen (IEP, classes préparatoires, études universitaires, concours de la fonction publique catégorie A...) ou tous ceux qui souhaitent enrichir leur culture générale. Voir sur le site des éditions Studyrama


Le livre évènement du nouvel élargissement de l’UE

. Pierre Verluise, Géopolitique des frontières européennes. Elargir, jusqu’où ? Illustré de 20 cartes, éd. Argos, diffusion Puf, 9 janvier 2013, 192 p. ISBN : 9 782366 140064, 14,90 €.

L’incertitude qui règne sur la délimitation des frontières de l’Union européenne contribue à nourrir une inquiétude que les élites européennes sous-estiment volontiers. À l’image d’un boomerang cette préoccupation alimente une prise de distance croissante à l’égard de l’Union européenne.

Cet ouvrage propose des réponses claires et précises aux questions suivantes :

. jusqu’où l’Union européenne compte-t-elle encore s’élargir ?

. quelles relations l’UE entretient-elle aujourd’hui avec des pays de l’Est qui étaient hier considérés comme des ennemis ?

. comment s’organisent les relations de l’UE avec le Sud ?

Ainsi, le lecteur peut disposer d’une vision géopolitique des frontières de l’Union européenne

Pierre Verluise est Directeur du site Diploweb.com. Directeur de recherche à l’IRIS, P. Verluise étudie l’Union européenne et ses frontières. Il enseigne la géopolitique à la Sorbonne (MRIAE). Il a créé le séminaire géopolitique de l’Europe à l’École de guerre. Distinguished Professor de Géopolitique à GEM.

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. Xavier Paulès, La Chine, des guerres de l’opium à nos jours, Coll. Documentation photographique n°8093, Mai-Juin 2013, Paris, La documentation Française.

Un document synthétique, pratique, richement illustré. A utiliser sans modération.

. Xavier Raufer, Géopolitique de la mondialisation criminelle. La face obscure de la mondialisation. Coll. Major, série Géopolitique. PUF, 10 avril 2013.

La mondialisation, universel bienfait ? Pas vraiment. Comme tout phénomène humain, la mondialisation est semblable à la « langue d’Ésope » – la meilleure et la pire des choses à la fois. La meilleure face de la mondialisation est sans cesse vantée par ses thuriféraires, pour l’essentiel des libéraux proches du monde des affaires, et par les médias qu’ils possèdent souvent : c’est la « mondialisation heureuse » qu’on nous vante depuis les années 1990. Sa face obscure, ces mêmes intérêts tentent de la noyer dans le silence, ou bien, quand la réalité est trop grave pour être tue ou niée, ce « pire » est morcelé et présenté comme un épiphénomène (une collection de « fait divers ») étranger à la mondialisation. Alors qu’en Europe, le terrorisme islamiste se dissipe (aucun attentat en 2012 selon Europol), alors qu’à l’échelle européenne la toxicomanie baisse chez les jeunes, quelle est aujourd’hui cette « face criminelle de la mondialisation » ? Quel est son avenir ?

Xavier Raufer est docteur en géographie/géopolitique et directeur des études du Département de recherche sur les menaces criminelles contemporaines (Paris II). Il est également professeur associé au Centre de recherche sur le terrorisme et le crime organisé à l’université de sciences politiques et de droit de Pékin. Il a publié dernièrement Les nouveaux dangers planétaires (CNRS-Éditions).

. Edwin Le Héron, A quoi sert la Banque centrale européenne ? Coll. Réflexe Europe, Paris, La documentation française, 2013.

Depuis sa création en 1999, la Banque centrale européenne (BCE) fait l’objet de controverses récurrentes : son indépendance vis-à-vis du pouvoir politique et sa mission centrale de stabilité des prix concentrent la plupart des critiques. L’auteur répond dans ce nouvel ouvrage de la collection « Réflexe Europe, série Débats », aux différentes questions que l’on peut se poser sur le rôle, la place et l’avenir de la BCE au sein des institutions européennes. La Banque centrale européenne est l’institution communautaire qui définit et met en œuvre la politique monétaire de la zone euro. Elle a mis fin aux guerres des monnaies en Europe et a assuré à l’euro un statut international. La crise financière récente a permis aussi de mesurer son importance cruciale en cas de turbulences financières. La BCE est pourtant régulièrement l’objet de jugements sévères. Quel peut être son avenir dans une Union économique et monétaire bancale que seul un fédéralisme économique et solidaire permettrait de sauvegarder ?

. L’Union européenne. Institutions politiques. Paris, La documentation française, 4e édition, 2013.

. Jean-Baptiste Vouilloux, La démilitarisation de l’Europe. Un suicide stratégique, Coll. Stratégie, éd. Argos, 2013.

Pour parler de l’Europe de la défense avec les yeux ouverts.

Persuadés que le reste du monde adoptera leur modèle d’intégration pacifique, les Européens renoncent aux attributs de la puissance guerrière, héritage d’une longue histoire troublée. Animée par des forces profondes de nature politique, culturelle et sociale, la démilitarisation de l’Europe n’est pas un épiphénomène ou une dynamique passagère. Elle prend racine dans une tentation de « sortir de l’Histoire » et s’inscrit dans l’évolution des sociétés postmodernes. Depuis 2009, les Etats membres de l’Union Européenne réduisent leur budget de défense de manière constante et déterminée. Cette démilitarisation se traduit déjà par des déficits capacitaires et opérationnels.

Le problème est que cette atrophie, que l’on justifie par la crise financière de 2008, est loin de s’appliquer aux autres parties du globe. Ce désarmement unilatéral ne comporterait-t-il pas une part de danger, dans un monde où les tensions se multiplient ?

Dans cet ouvrage informé, Jean-Baptiste Vouilloux suggère que le mouvement n’est pas inéluctable, à condition que les Européens appréhendent avec lucidité la nouvelle donne stratégique et remettent en perspective l’outil militaire et leurs intérêts de long terme.

. Mehdi Lazar, Le Qatar aujourd’hui. La singulière trajectoire d’un riche émirat, éd. Michalon, 2013.

Un excellent ouvrage.

Incontournable Qatar. Agaçant, visible, ambitieux : les adjectifs ne manquent pas pour qualifier un émirat qui ne laisse pas indifférent. De la chaîne de télévision Al-Jazeera à ses investissements massifs dans le sport, l’industrie et la finance en passant par son activité diplomatique, l’émirat qatari est omniprésent dans les médias. Que cherche donc le Qatar ? Comment et pourquoi un pays géographiquement et démographiquement aussi faible est-il devenu aussi visible ? La réponse est à la fois dans la géographie du Qatar et dans l’histoire du Moyen-Orient. L’émirat a considérablement changé au cours de ces cinquante dernières années. À quoi ressemble-t-il aujourd’hui ? Immensément riche de son gaz, composé à 85% d’immigrés, le Qatar est un pays où l’avènement de la société de consommation ne s’est pas traduit par un changement des structures sociales. Un pays où le poids des fragilités géographiques et géopolitiques pèse sur les choix diplomatiques et économiques. Un pays, enfin, qui s’interroge sur le rythme à donner aux réformes politiques. Dans cette étude complète et détaillée, Mehdi Lazar propose de retracer la montée en puissance de l’émirat à travers ses lignes de force et de faiblesse et tente ainsi de comprendre les raisons de sa surexposition.

Mehdi Lazar est géographe et spécialiste du Qatar. Il est chercheur associé au laboratoire Géographie-cités et docteur de l’université Panthéon-Sorbonne.

. Rapport Schuman sur l’Europe. L’état de l’Union 2013. Paris, éditions Lignes de Repères.

Une lecture indispensable pour distinguer l’essentiel de l’accessoire, comprendre et donner du sens.

Une source unique : les plus hautes personnalités et les meilleurs experts développent leurs analyses et passent en revue l’Union européenne et ses politiques – gouvernance, fédéralisme, régulation financière, budget, mondialisation, modèle social,...

Un outil pratique : plus de 35 cartes inédites, une synthèse de l’Europe politique et juridique, un ensemble complet de statistiques commentées sur l’Europe.

Cette 7ème édition contient un entretien exclusif avec José-Manuel Barroso, président de la Commission européenne, et des contributions d’A. Lamassoure, J. Ackermann, S. Serfaty, M. Lemoine, P. Perrineau, et d’autres experts parmi les meilleurs connaisseurs des dossiers européens.

. Georges Couffignal (dir.), Amérique latine, 2012 année charnière, édition 2013, Paris, la Documentation française, 2013.

Même si, dans quantité de domaines, les trajectoires nationales sont de plus en plus singulières et distinctes, l’Amérique latine continue à se vouloir « une », à être considérée comme un « tout ». La démocratie s’enracine, certes de manière parfois imparfaite, les sociétés civiles s’affirment, la corruption est de moins en moins tolérée.

D’une façon générale, la croissance est toujours soutenue, la pauvreté recule. Et le relatif désintérêt des États-Unis incite certains pays à s’émanciper désormais de l’ancienne puissance tutélaire et à se tourner, comme le Brésil, vers l’Asie, notamment vers la Chine.

En fin d’ouvrage, une fiche signalétique par pays en présente la synthèse politique, économique, sociale et environnementale.

. Arnaud Duval, Le dernier testament de Kim Jong-Il. Il était une fois la Corée du Nord. Coll. Document. Michalon, 2013.

. Jean-Charles Jauffret, La guerre inachevée. Afghanistan, 2001-2013, Paris, Autrement.

À la suite des élections américaines et en plein retrait des troupes occidentales d’Afghanistan, cette nouvelle édition revue et augmentée d’un ouvrage lauréat du prix du livre de Verdun en 2010 analyse l’un des plus grands conflits contemporains. Un remarquable essai d’histoire immédiate. Depuis octobre 2001 dans les montagnes afghanes, une guerre qui a mis du temps à dire son nom perdure, rappelant parfois les précédents algérien ou vietnamien. S’il ne s’agissait, au début, que de détruire les camps d’entraînement d’Al-Qaida et de désarmer les talibans, le conflit a vite basculé dans une guerre sordide faite d’attentats-suicides, d’engins piégés, de crimes de guerre et d’incessants combats entre une coalition suréquipée mais dépassée par un ennemi insaisissable. À la veille de leur retrait, qu’en est-il de l’engagement des forces françaises, de leur culture de guerre issue des vieilles recettes coloniales ? Terrain d’expérimentations tactiques et technologiques de tout ordre, cette « campagne d’Afghanistan » deviendra-t-elle celle qui aura vu la dernière génération du feu ? Quel type de narco-Etat la coalition laisse-t-elle derrière elle ? Quelles solutions auraient pu être mises en avant pour garantir l’avenir de ce pays où tout est désormais possible, de l’espoir d’une vie meilleure au cauchemar du retour des talibans ? Jean-Charles Jauffret aborde l’ensemble de ces questions en croisant les témoignages d’acteurs de cette guerre, et tirent les conclusions qui s’imposent sur la pratique militaire occidentale et sur l’avenir de l’Afghanistan.

. Yvette Veyret & Richard Laganier, Atlas des risques en France Prévenir les catastrophes naturelles et technologiques, Paris, Autrement, 2013.

100 cartes et infographies pour mieux appréhender les dangers qui menacent les populations et expliquer les moyens mis en oeuvre pour prévenir les catastrophes et réduire leurs impacts.

Tempêtes, séismes, inondations, accidents industriels : les réactions des sociétés face à ces phénomènes. - Comment la gestion du risque s’organise-t-elle ? Quels sont les enjeux, les acteurs, les coûts, les obstacles ? L’importance d’une analyse spécifique des risques naturels et technologiques selon les territoires, en métropole et en outre-mer. Concilier l’aménagement, le développement économique des territoires et la sécurité des individus : tel est l’enjeu, depuis quelques décennies, de la "culture du risque" en France.

. Dr. Muriel Salmona, Le livre noir des violences sexuelles, éd. Dunod, 10 avril 2013.

Les violences sexuelles, familiales, conjugales sont une réalité toujours peu prise en considération par les acteurs médico-sociaux et politiques. C’est aussi une dimension des réalités géopolitiques. Or les conséquences psychotraumatiques de ces violences sont énormes en terme de santé publique. Cet ouvrage entend dénoncer ce silence et cette démission pour permettre aux victimes d’être réellement et efficacement traitées. Un livre document qui éclaire, explique et interpelle !

Sommaire. Penser les violences sexuelles (un non sens traumatisant ; les mécanisme à l’origine des violences ; pourquoi les violences ne sont pas dénoncées ; le cycle infernal des violences). Les pathologies liées aux violences sexuelles (la mémoire traumatique ; la dissociation et l’anesthésie émotionnelle ; l’hypervigilance ; les conduites de contrôle et les conduites d’évitement ; les conduites dissociantes ; les autres conséquences psychotraumatiques). Survivre à la violence (pourquoi est-on choisi comme victime ? Pourquoi comment-on des violences ? Comment gérer sa mémoire traumatique ? Comment survivent les victimes ? Prise en charge et traitements. Glossaire. Bibliographie.

Muriel Salmona est psychiatre, spécialisée dans la clinique des psychotraumatismes. Elle est responsable de l’Antenne 92 et l’Institut de victimologie. Elle a fondé l’association Mémoire traumatique et victimologie. Extrêmement active, elle mène un combat largement relayé par les médias. Elle anime un blog (stop aux violences conjugales, familiales et sexuelles).

. Philippe Chassaigne & Marie-Claude Esposito, Londres. La ville-monde, Paris, Vendémiaire, 2013.

. David Blanchon, Atlas mondial de l’eau Défendre et partager notre bien commun (édition revue et augmentée), Paris, Autrement, 2013.

En 100 cartes et infographies, cet atlas propose une excellente synthèse sur la question de l’eau, traitant à la fois des ressources, de leur utilisation, de leur gestion et des défis à venir.

Un bien commun mal réparti, révélateur d’inégalités et de tensions sociales. Un défi à la fois sanitaire et social, économique et environnemental, mais surtout un choix politique. Une ressource irremplaçable à protéger des pollutions industrielles et agricoles, de la dégradation, de la surexploitation, de la marchandisation. Dans cette nouvelle édition entièrement remise à jour, David Blanchon démontre qu’il n’y a pas de fatalité et que des solutions existent afin de remédier aux pénuries locales, de mieux gérer l’eau, de généraliser son accès dans le Sud et de réduire la pollution au Nord.

David Blanchon est géographe et maître de conférences à l’université de Paris-X (Nanterre). Aurélie Boissière est cartographe géographe indépendante et travaille régulièrement pour Courrier international.

. Sous la direction de Philippe Norel et Laurent Testot Une histoire du monde global, Auxerre, Éditions Sciences Humaines, 2012.

Le présent a besoin d’une histoire, ou plutôt d’histoires plurielles, qui considèrent à parts égales le passé de toute l’humanité. Mieux comprendre ce qui s’est réellement joué entre les différentes parties d’un monde clivé par ses frontières est une nécessité vitale. Et celle-ci ne peut être mise en œuvre que dans une perspective élargie, qu’entend apporter l’histoire globale : une analyse innovante, jouant des échelles temporelles et géographiques, s’affranchissant des frontières disciplinaires. Depuis des millénaires, les humains ont été en connexion : par les échanges, les transferts de techniques et d’idées, la circulation des religions, les migrations, l’acclimatation des plantes comme par les conquêtes impériales, leurs crimes et leurs apports… Les textes réunis dans cet ouvrage esquissent, à travers différents thèmes (mondialisation, capitalisme, modernité, échanges, environnement…), une histoire de notre Monde, de nos passés divers qui se sont rencontrés depuis fort longtemps et qui, sinon, auraient à coup sûr été différents… En annexe, le géohistorien Vincent Capdepuy livre des analyses de documents comme autant d’exemples d’une « Histoire globale par les sources », afin de promouvoir l’enseignement d’une nouvelle histoire mondiale.

. Mohammad-Reza Djalili, Thierry Kellner, L’Iran, collection « 100 questions sur », Édition La Boétie, Paris, 2013, 292 p.

. Gael Baryin, Dans les mâchoires du chacal, mes amis touaregs en guerre au Nord-Mali, éditions le passager clandestin, 2013 - ISBN 9782916952888

Depuis bientôt 35 ans, Gael Baryin vit entre la France et le Nord du Mali, très exactement la région de Kidal. Dans l’urgence de l’intervention française de janvier, il a rédigé ce texte qui nous éclaire sur les enjeux de la guerre en cours.

« Il me demande de quelle tribu je suis, chez moi, en France. Il y a un désert entre nous. Je lui explique que chez nous on n’a pas de tribus. Il me regarde, regarde le feu, reste silencieux un long moment. « Alors, si vous n’avez pas de tribus, comment vous faites pour savoir qui vous êtes ? » Je pourrais répondre qu’on a des psychanalystes mais ce serait beaucoup trop compliqué… » (Gael Baryin)

Un témoignage rare, qui permet de comprendre une situation complexe et que n’éclairent en rien les discours médiatiques et politiques actuels ; ce livre nous fait mesurer à quel point il est urgent, si c’est la paix qu’on souhaite pour le Mali, que le point de vue des Touaregs soit enfin pris en compte.


Le livre recommandé par le Diploweb.com pour le mois d’avril 2013

. Alexis Bautzmann, Atlas géopolitique mondial, édition 2013, éd. Argos.

Pierre Verluise, Directeur du Diploweb : "Voici un chef d’oeuvre d’intelligence : de superbes cartes réalisées par Laura Margueritte, commentées par des auteurs de la qualité de Sébastien Abis, Guillaume Fourmont, Thierry Pouch, Frank Tétart... Le tout placé sous la direction d’Alexis Bautzmann qui prouve depuis plusieurs années avec les publications d’Areion group (Diplomatie, Carto, Moyen-Orient...) ses compétences à la fois intellectuelles et managériales. Un bel outil, un document de référence à conseiller à tous ceux qui veulent interroger et comprendre le monde."

En près de 300 cartes en couleurs, l’Atlas géopolitique mondial offre un panorama complet de l’ensemble de l’actualité géopolitique, géoéconomique et géostratégique mondiale. La richesse de son support cartographique est inégalée en France. Il prend appui sur les magazines du groupe Areion (Carto, Diplomatie, Défense et sécurité internationale, Moyen-Orient…) qui garantissent au lecteur le plus large balayage international actuellement disponible dans la presse française. Outil indispensable à qui veut comprendre les bouleversements qui atteignent nos sociétés, l’Atlas géopolitique mondial traite de toutes les tendances de fond qui redessinent notre futur : origines et développement de la Crise économique mondiale ; relativisation du poids stratégique des puissances « occidentales » ; montée en puissance des radicalismes religieux ; extension de la prolifération nucléaire, biologique et chimique ; problèmes démographiques et migratoires ; rareté des ressources naturelles. En fournissant au lecteur des cartes prospectives, l’Atlas géopolitique mondial se démarque résolument des limites des autres ouvrages. L’ensemble des futurs est scruté : l’Union européenne est-elle condamnée à un inéluctable déclin ? Comment évoluera le flanc sud de la Méditerranée après le « printemps arabe » ? La Chine basculera-t-elle dans le chaos avant d’avoir réussi à stabiliser sa société et son modèle de développement ? Quels rapports de force dans le très opaque régime nord coréen ?


Le livre recommandé par le Diploweb.com pour le mois de mars 2013

. Maya Kandel, Mourir pour Sarajevo ? Les Etats-Unis et l’éclatement de la Yougoslavie, CNRS éditions, 2013.

Le colonel Michel Goya a écrit à propos de cet ouvrage : "Issu d’un travail de thèse récompensé en 2010 par le prix scientifique de l’Institut des hautes-études de défense nationale, Mourir pour Sarajevo ? est un document unique à la fois sur cette période sombre de l’histoire de l’Europe mais aussi sur les institutions américaines et leur fonctionnement. Dans un contexte de doute pour les nations de l’Europe et où les Etats-Unis sont encore persuadés, non sans raison, que le reste de l’univers a encore besoin d’eux, cette lecture est doublement indispensable à ceux que le monde intéresse."


. Jean-Marie Bouissou, François Godement & Christophe Jaffrelot, Les géants d’Asie en 2025, Chine, Japon, Inde, Arles, Philippe Picquier, 2013.

Il y a longtemps que l’Asie est le centre de gravité démographique du globe. Aujourd’hui, elle est essentielle à l’économie mondialisée. Demain, elle pourrait se trouver au coeur des équilibres géostratégiques et militaires de la planète. Trois des meilleurs spécialistes français se livrent ici à un exercice de prospective. Ils nous donnent leur vision de l’évolution des trois géants d’Asie dans les dix années à venir.

Quand nombre d’experts se contentent de prolonger les courbes de croissance, eux multiplient les hypothèses qui se répondent d’un chapitre à l’autre. Leurs scénarios se fondent sur une profonde connaissance du passé et du présent de la Chine, du Japon et de l’Inde, et des très nombreux facteurs de tous ordres (économique, démographique, politique, culturel, géostratégique) dont dépend leur avenir - et avec lui, le nôtre.

. Frédéric Encel, Perspectives énergétiques, Paris, Ellipses, 2013.

Dans un monde énergétique et géopolitique en pleine évolution, l’évaluation anticipée des grands enjeux énergétiques apparaît de plus en plus capitale. Croissance de la demande des pays émergents et tarissement de l’offre, épuisement des ressources fossiles et nouveaux gisements, tensions géopolitiques sur les routes de l’énergie, sûreté nucléaire post-Fukushima, contraintes sociétales et environnementales, investissements dans les nouvelles énergies... Alors que les mix énergétiques des nations développées et émergentes sont appelés à évoluer drastiquement au cours des prochaines décennies, les choix stratégiques dans chacune des filières énergétiques n’ont jamais été aussi cruciaux.

Perspectives énergétiques apporte un éclairage nouveau sur les enjeux énergétiques de la prochaine décennie grâce à une quinzaine d’articles originaux, rédigés par des chercheurs pluridisciplinaires spécialisés dans le domaine de l’énergie. Il s’adresse à un large public soucieux de mieux comprendre les problématiques spécifiques au secteur de l’énergie.

. Victor Piché (sous la direction de), Les théories de la migration, Paris, INED éditions, 2013.

Après un chapitre introductif expliquant les choix retenus replacés dans leur contexte, l’ouvrage s’articule autour de trois grandes parties. La première partie : Origines et causes des migrations, se consacre aux textes qui ont établi des théories explicatives sur les causes des migrations, qu’elles soient de nature individuelle (le choix de partir) ou structurelle (le contexte économique et social). La deuxième partie : Les effets et les conséquences des migrations, s’intéresse aux effets des migrations tant dans les pays développés que dans les pays en voie de développement. Quels sont les effets des courants migratoires sur l’emploi, sur les classes sociales, sur le niveau des salaires ? De façon plus profonde quels sont, à plus long terme, les impacts sociétaux et culturels ? La troisième partie : Les politiques migratoires, ouvre la discussion sur la dimension éminemment politique du phénomène migratoire en termes de gouvernance, de citoyenneté et d’intégration et soulève celle plus délicate de l’immigration clandestine.

. Hervé Kempf, Fin de l’Occident, naissance du monde, Paris, Seuil, 2013

Cessons de nous raconter des histoires sur "la crise" ! Et regardons de face le coeur du problème qui se pose à la société humaine en ce début du XXIe siècle : les contraintes écologiques interdisent que le niveau de vie occidental se généralise à l’échelle du monde. Il devra donc baisser pour que chacun ait sa juste part. Autrement dit, l’appauvrissement matériel de l’Occident est inéluctable. Comment allons-nous vivre cette mutation : en changeant nos sociétés pour nous adapter au mieux à ce nouveau monde, ou en nous opposant au sens de l’histoire, au prix d’un déchaînement de la violence ? Déjà en cours de traduction dans plusieurs langues, ce récit phosphorescent d’idées originales prend comme fil conducteur les tribulations de l’humanité depuis son apparition sur terre.

Captivant et à rebours du discours dominant, il nous invite à une dérangeante lucidité. Mais ce livre est également habité par un optimisme communicatif : oui, un nouveau monde est possible.

. Gérard-François Dumont, Manuel de géographie CM1-CM2, La Librairie des Ecoles, 2012, 26 rue Vercingétorix, 75014 Paris.

70 leçons pour découvrir les paysages et les territoires en France, en Europe et dans le monde. Le Recteur G-F Dumont se fait pédagogue pour les plus jeunes. C’est évidemment le plus difficile, mais il y arrive aussi.

. Yves Lacoste, Atlas géopolitique. Pour comprendre le monde de demain, Paris, Larousse, 2013. 191 pages.

Dans cette nouvelle édition revue et actualisée, particulièrement consacrée à l’analyse de l’actualité et des grands changements géopolitiques de ces dernières années, Yves Lacostes vous propose une approche originale des enjeux majeurs de notre temps. Par le biais de ses fameux diatopes, son objectif est d’analyser des phénomènes en les reliant les uns aux autres, à travers la superposition de cartes de différentes régions du monde à différentes échelles.

. Vincent Hugeux, Afrique : le mirage démocratique, Paris, CNRS Éditions, 2012, 80 p.

Il est de bon ton de considérer que la démocratie progresse en Afrique subsaharienne. Pour l’auteur, la réalité́ est beaucoup plus contrastée. Putsch militaires, coups d’État, refus de certains présidents de quitter le pouvoir ponctuent régulièrement la vie politique de nombreux pays africains. L’obsession de l’Occident pour des échéances électorales considérées comme une fin en soi et non comme l’aboutissement d’un long processus a créé́ une illusion dont il faut désormais se défaire : les simulacres électoraux auxquels on assiste suffisent à relativiser la démocratisation réelle du continent africain et témoignent de la bienveillance complice de la France, de l’Union européenne et des États-Unis. Ce respect formel des normes démocratiques masque mal un enlisement, voire une régression des pratiques politiques africaines. Les exemples sont nombreux : dérives dynastiques au Gabon, en RDC ou au Sénégal, refus de Laurent Gbagbo de quitter le pouvoir en Côte d’Ivoire, bricolages constitutionnels permettant à des chefs d’État d’être réélus indéfiniment, déni du fait ethnique qui demeure une réalité́ politique incontournable, acceptation du « modèle » rwandais associant croissance économique et répression des opposants. Le populisme, la réécriture magnifiée de l’Histoire et la martingale coloniale qui expliquerait les difficultés africaines actuelles : tout est bon pour alimenter le mirage démocratique en Afrique. Un essai dérangeant mais bienvenu au moment où̀, en un saisissant contraste, les peuples arabes se lancent, eux, dans l’aventure démocratique.


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. Mohamed-Ali Adraoui, Du golfe aux banlieues. Le salafisme mondialisé, PUF, mars 2013.

Cet ouvrage est le produit d’une immersion de plusieurs années parmi les groupes salafis français. Il met en perspective leur mode de vie, leurs conceptions religieuses, leur vision de la France et des enjeux contemporains, ainsi que leur rapport au politique.

Le salafisme n’en finit pas d’interpeller. Des bouleversements politiques dans le monde arabe à « l’affaire Mohamed Merah », en passant par le débat sur le voile intégral, ce courant de l’islam intrigue d’autant plus qu’il fait trop souvent l’objet d’analyses superficielles. De la diversité des mouvements affirmant emprunter la voie des Salaf Salih (« les Pieux Ancêtres ») à la manière dont les adeptes, majoritairement quiétistes dans notre société, envisagent leur rapport au politique, à l’économie ou aux débats français et internationaux, le présent ouvrage constitue l’une des premières tentatives pour faire la lumière sur une idéologie qui connaît un certain succès, notamment en banlieue. Il est issu d’une immersion de plusieurs années parmi les communautés salafies installées en France, mais dont l’ambition affichée est de rompre avec une société jugée « impie » pour gagner la « terre d’islam », promesse d’une vie en concordance avec les enseignements religieux. Pratique mondialisée, le salafisme apparaît comme la quête d’un « islam véritable » dont l’attrait auprès des jeunes générations doit être analysé. Au-delà de la critique de l’époque contemporaine, les salafis ne sont-ils pas plus modernes qu’ils le prétendent ?

. F. Douzet, et Béatrice Giblin, Des frontières indépassables ? Des frontières d’Etat aux frontières urbaines , Paris, Armand Colin, 2013.

Accroissement des mobilités et des échanges, instantanéité de l’information et de la communication, multiplication des réseaux (financiers, urbains, sociaux.) : la mondialisation semble avoir aboli toute notion d’espace et de temps entre les territoires et augurer l’ère d’un monde « sans frontières ». Pourtant, dans le même temps, les frontières ne cessent de se multiplier : construction de murs, renforcement des contrôles et des dispositifs sécuritaires, partition et création d’États, dynamiques ségrégatives au sein des villes ou encore frontières « mentales » propres aux réseaux sociaux. La notion même de frontière mérite donc d’être interrogée. Car si sa définition fut longtemps simple et admise de tous (limite du territoire sur lequel s’exerce la souveraineté nationale, institution établie par des décisions politiques et régie par des textes juridiques), désormais il n’en va plus de même. L’emploi de ce terme sert parfois à caractériser des limites qui n’ont plus rien à voir avec celles de l’exercice de la souveraineté nationale. Les meilleurs spécialistes de ces questions s’emparent de cette notion en proposant une approche novatrice de la frontière à différents niveaux d’analyse : des États aux quartiers « ghettos », en passant par les réseaux (cyberespace, migrations, trafics, etc.).

Une publication indispensable pour nourrir le débat intellectuel et politique sur l’ouverture et/ou la fermeture des frontières.

Frédérick Douzet est maître de conférences (HDR) à l’Institut français de géopolitique de l’université Paris 8, membre honoraire de l’Institut universitaire de France et membre du comité de rédaction de la revue de géographie et de géopolitique Hérodote.

Béatrice Giblin est professeure à l’Institut français de géopolitique et directrice de la revue de géographie et de géopolitique Hérodote.

Avec les contributions de David Amsellem, Philippe Boulanger, Kevin Braouezec, Diana Burgos-Vigna, Sébastien Colin, Mathilde Costil, Alix Desforges, Isabelle Feuerstoss, Thibaud De Fortescu, Michel Foucher, Agnès De Geoffroy, John Hanley, Yohann Le Moigne, Benjamin Leclère, Guilhem Marotte, Rodrigo Nieto Gomez, Côme Pérotin, Diane Reay, Charlotte Recoquillon, Isabelle Saint-Mézard et Alex Schafran.

. Sous la direction de Hans Stark, Martin Koopmann & Joachim Schield Les relations franco-allemandes dans une Europe unifiée. Réalisations et défis. Bordeaux, Presses Universitaires de Bordeaux, 2013.

Loin des sentiers battus et des discours convenus, cet ouvrage dresse ainsi un bilan des deux dernières décennies (depuis Maastricht) et revient en détail sur un grand nombre de défis auxquels se heurte la relation franco-allemande : la réforme des institutions européennes, la montée des résistances à l’Europe, l’élargissement à l’Est et l’ouverture sur le Sud méditerranéen, la coopération en matière de défense et de sécurité, la crise de l’euro, la crise économique, les défis de la globalisation, le nucléaire civil après Fukushima, les relations socioculturelles et la « perception de l’Autre ».

. Gilbert Ziebura, Les relations franco-allemandes dans une Europe divisée. Mythes et réalités, Bordeaux, Presses Universitaires de Bordeaux, 2013.

Peu de pays ont connu une histoire aussi conflictuelle que la France et l’Allemagne. Aussi la réconciliation fut-elle longue et difficile. Pourtant, les anciens « ennemis héréditaires » sont si bien parvenus à surmonter le passé que leur « modèle » de réconciliation est aujourd’hui étudié et envié partout dans le monde.

Gilbert Ziebura retrace l’histoire de ce processus, de Potsdam (1945) à Maastricht (1992), en analysant le rôle des différents « couples » emblématiques qui se sont succédé au cours de cette période : Adenauer-Schuman, de Gaulle-Adenauer, Schmidt-Giscard d’Estaing et Mitterrand-Kohl. Il démontre que la réconciliation n’est jamais allée de soi, qu’elle a été le fruit de compromis permanents et de la volonté de dépasser les clivages d’autrefois, mais qu’elle s’est aussi inscrite dans un contexte international marqué par la guerre froide et la construction européenne qui ne laissait d’autre choix aux Français et aux Allemands que de s’entendre. Il met en lumière les divergences d’intérêts qui se cachaient derrière le discours de l’amitié, divergences qui ont toujours existé et qui n’ont pas disparu aujourd’hui, alors que l’Union européenne traverse la crise la plus grave depuis sa création.

G. Ziebura analyse la relation franco-allemande dans sa dimension européenne et transatlantique, mais aussi dans sa dimension politique, économique et sociale – condition indispensable pour comprendre les enjeux actuels de la relation entre Paris et Berlin.

. Michel Deshaies, Atlas de l’Allemagne.Les contrastes d’une puissance en mutation, Paris, Autrement, 2013. 96 pages

. Sous la direction de Charles-Philippe David, Théories de la politique étrangère américaine. Auteurs, concepts et approches, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, 2013

Quand il s’agit de comprendre pourquoi les États-Unis agissent d’une façon ou d’une autre dans le monde, les débats sont généralement virulents, et souvent réducteurs. Les théories peuvent alors être très utiles pour éviter ces dérapages dans la mesure où elles permettent de structurer l’expression des enjeux et des arguments.

. Claude Chancel et Libin Liu Le Grix, Le grand livre de la Chine. Histoire, géographie, civilisation et pensée, économie et géopolitique, Eyrolle, 2013, 265 p.

Ce guide dresse un panorama inédit pour rendre compte de la réalité chinoise. Il aborde successivement histoire, géographie, civilisation, pensée, vie quotidienne et économie.

Conçu conjointement par un historien et un chef d’entreprise, validé et cautionné par une équipe de sinologues, il constitue un outil unique de découverte et d’étude.

. Christian Lequesne et Maurice Vaïsse (dir.), La politique étrangère de Jacques Chirac, éd. Riveneuve, 2013.

Que reste-t-il des douze années de présidence de Jacques Chirac (1995-2007) dans le monde ? Une politique étrangère active et pragmatique, que le président a toujours considérée comme au cœur de ses responsabilités : la suspension de la conscription, l’arrêt des essais nucléaires dans le Pacifique, l’opposition résolue à la guerre des Etats-Unis en Irak, le soutien au projet de Constitution européenne malgré le rejet de la population française. Les contributions de ce livre - écrites par les meilleurs spécialistes - s’appuient sur les archives, les mémoires et les témoignages des acteurs. Elles illustrent la densité d’une période marquée par l’attentat du 11 septembre, les guerres d’ex-Yougoslavie et d’Irak, la cohabitation en France.

Pendant le premier mandat de Jacques Chirac, la France semble reculer en Europe face à l’élargissement et au poids grandissant de l’Allemagne et elle est paralysée par la pesanteur de vieilles pratiques diplomatiques avec l’Afrique. Placé davantage sous le signe de la politique étrangère, le deuxième mandat est celui de l’opposition de Jacques Chirac à l’intervention en Irak, une décision qui divise l’Europe mais rehausse aussi le prestige de la France dans le monde non occidental.

Christian Lequesne est directeur du Centre d’études et de recherches internationales (CERI) et professeur de politique européenne à Sciences Po.

Maurice Vaïsse est professeur émérite des universités à Sciences Po, spécialiste de l’histoire des relations internationales. Il est également éditeur de la série la plus récente des Documents diplomatiques français.

. Assemblée nationale, Commission des affaires européennes, J. Pueyo et Y. Fromion, Rapport d’information, n°536, L’Europe de la défense à la veille du Livre blanc, 85 p.

. Yves Plasseraud, L’Europe et ses minorités, Coll. Europa, PUG, 2013.

Depuis des décennies, la question des minorités agite le continent européen, conduisant parfois à la guerre, voire à la guerre civile. Aujourd’hui, si l’Union européenne nous épargne les conflits majeurs que l’Europe a connus, la question des minorités reste préoccupante : séparatistes basques, nationalistes corses, mais aussi Roms, Ossètes ou Tchétchènes s’invitent régulièrement à la une des journaux. Mais au-delà de ces minorités historiques, il existe aussi des minorités plus récentes, issues de l’immigration de ce dernier demi-siècle.

Fort de son expérience internationale, Yves Plasseraud constate combien l’intégration de nouvelles minorités extra-européennes est difficile, à cause notamment de la précarité qui entraîne le rejet, le racisme et la xénophobie. Qui sont ces minoritaires européens, quelles sont leurs demandes, comment nos États peuvent-ils y répondre ? Quelles politiques adopter ? Comment rendre celles existantes efficaces ? Autant de questions sur lesquelles il est urgent de réfléchir. L’enjeu est de taille : l’Europe a besoin de cet apport démographique ; sa survie est à ce prix.

S’interrogeant sur une problématique majeure de la société contemporaine, cet ouvrage donnera aux étudiants et enseignants en science politique mais aussi à tout un chacun une vision historique et actuelle des enjeux fondamentaux que sont l’accueil de nouvelles populations et l’aménagement du statut des minorités autochtones.

. Marc-Antoine de Montclos, Les humanitaires dans la guerre. Coll. Les études, Paris, La documentation française, 2013.

L’aide à destination de régions en crise est une ressource politique pour les belligérants comme pour les pays donateurs. À partir de ce constat et de l’étude de plusieurs conflits survenus au XXe siècle, l’auteur ouvre le débat. Il donne de nombreux éléments d’information sur la façon dont les institutions humanitaires tentent de gérer de pareils dilemmes et propose de réfléchir aux effets de ces interventions.

Dans la tradition de la Croix-Rouge, l’aide humanitaire apportée aux victimes de conflits armés se présente comme neutre et apolitique. Mais la réalité est plus complexe : trop souvent rackettées et attaquées par les combattants, les organisations de secours peuvent alimenter les guerres par leurs effets d’entraînement économiques ou du fait qu’elles déchargent les belligérants de leurs obligations sociales en leur permettant de concentrer toutes les ressources locales vers l’action militaire. Paradoxalement, il arrive donc que les interventions humanitaires contribuent à prolonger les conflits.

Elles peuvent également être instrumentalisées par les États et les bailleurs de fonds. À l’épreuve du terrain, la neutralité et l’indépendance revendiquées par les organisations non gouvernementales doivent notamment se plier à des impératifs de coordination et d’efficacité qui les obligent à entretenir des relations ambiguës avec les militaires déployés dans le cadre d’opérations de paix.

Marc-Antoine Pérouse de Montclos est docteur en sciences politiques, chercheur à l’Institut de recherche pour le développement (IRD), enseignant à l’IEP de Paris

. Hervé Coutau-Bégarie, Bréviaire stratégique, Argos, janvier 2013.

Le Bréviaire stratégique d’Hervé Coutau-Bégarie, lecture célèbre dans les milieux militaires français et qui est édité ici pour la première fois, est l’initiation à la stratégie la plus synthétique et la plus suggestive qui soit. Le style très ciselé privilégie la clarté et, en dépit d’un niveau conceptuel élevé, l’ouvrage est d’un abord facile. Il offre une synthèse de la réflexion stratégique par l’apport de principes clairs, de définitions essentielles et de références fondamentales. Sous une forme identique aux pensées de Pascal ou à la Théorie du combat de Clausewitz, 555 courts paragraphes s’inscrivent dans l’enchaînement d’une démonstration, bien que chacun puisse être lu séparément. Vrai outil de travail pour tous les amateurs de stratégie, il part d’une réflexion sur la nature de la stratégie (essence, spécificité et évolution) pour conclure sur la personne du stratège, spécialiste de la dialectique des volontés utilisant la force pour régler leur conflit. Une lecture essentielle, un grand classique, par le plus éminent des stratégistes français, disparu au début de l’année 2012.

L’auteur : Hervé Coutau-Bégarie disparu en 2012 à l’âge de 55 ans, était directeur d’études à l’Ecole pratique des Hautes Etudes et directeur du cours d’introduction à la stratégie au Collège Interarmées de Défense (Ecole de Guerre). Pendant quinze ans, il aura formé des générations d’officiers à la science stratégique. Président de la Commission Française d’Histoire Militaire et de l’Institut de Stratégie Comparée, Membre de l’Académie royale des sciences navales de Suède, il a publié en trente ans une somme considérable d’articles et d’ouvrages sur la stratégie, traduits dans plus de douze langues, dont son monumental Traité de Stratégie, qui en est à sa septième édition. Il demeure célébré comme l’un des meilleurs stratégistes français.

. Etienne Grass, L’Europe sociale. Coll. réflexeeurope, La documentation française, 2013.

La Charte communautaire des droits sociaux fondamentaux, adopté en décembre 1989 par une déclaration commune de chefs d’Etat et de gouvernement (hors Royaume-Uni) a dressé les contours du modèle social européen. Cependant, depuis les années 2000, les équilibres politiques au sein de l’Union européenne ont évolué au détriment de la convergence sociale, la culture du dialogue social s’est dissipée et l’idée d’un modèle unique est aujourd’hui contestée. Dans ce contexte, le juge de l’Union semble devenu le principal moteur de l’Europe sociale à travers la reconnaissance de droits nouveaux au profit des salariés et des citoyens européens.

Comment consolider cet acquis communautaire dans une Union élargie fragilisée par les crises ? C’est à cette question de fond que cet ouvrage répond, après avoir abordé tour à tour les principaux apports de l’Europe sociale dans les domaines du travail, de la protection sociale et dans ses nouveaux champs d’intervention (pauvreté, handicap, égalité hommes-femmes). Et si l’Europe sociale parvenait finalement à se relancer en s’imposant comme la juste contrepartie au renforcement de la gouvernance économique de l’Union européenne ?

. Abdelassiem El Difraoui, Al-Qaida par l’image. La prophétie du martyre, Coll. Proche-Orient dirigée par Gilles Kepel, PUF, 2013.

Al-Qaida et la plupart des groupes alliés auraient probablement déjà disparu sans l’élaboration d’une stratégie de communication redoutable dont la production audiovisuelle est devenue l’instrument principal. L’analyse systématique de ce phénomène de propagande, probablement le plus important depuis le début du XXIe siècle, n’avait encore jamais été effectuée. Pourtant, son corpus visuel nous offre un aperçu extraordinaire de l’histoire du jihadisme global.

Après avoir analysé les principaux producteurs de la propagande jihadiste et présenté son langage visuel, Abdelasiem El Difraoui expose l’évolution du Grand Récit jihadiste et de sa production audiovisuelle des trois dernières décennies. Au-delà de la propagande, cette production détourne la mythologie de l’islam pour en créer une nouvelle au sein de laquelle le culte du martyre joue un rôle central est alors créée une nouvelle cosmologie qui élève Ben Laden au rang de prophète.

De cette analyse il ressort que, en dépit de leur échec à mobiliser les masses musulmanes, Al-Qaida et sa nébuleuse sont parvenues à créer des images et des symboles reconnus aujourd’hui par de nombreux croyants et qui pourraient continuer à inspirer les générations à venir.

Abdelasiem El Difraoui, germano-égyptien, est docteur de Sciences Po Paris. Il a gagné de nombreux prix internatio-naux pour ses reportages et documentaires, notamment pour Le Siège de Bagdad, qu’il a réalisé, et pour Tahrir 2011, qu’il a coproduit. Il a conseillé le gouvernement allemand en matière de politique étrangère et est actuellement senior fellow à l’Institut de recherches sur la politique des médias et de la communication de Berlin. Il a particulièrement travaillé sur le rôle des médias pendant les printemps arabes.

. Olivier Kempf, Géopolitique de la France. Entre déclin et renaissance, 8 cartes en couleurs, Paris, éd. Technip, 2013.

Alors que le public français se passionne pour la géopolitique, il n’existe pas d’ouvrage de référence sur la géopolitique de la France. Or, notre pays constitue un sujet éminemment géopolitique. Héritier d’une longue histoire, inventeur de l’État-nation, acteur européen central que ce soit par les guerres du passé ou la construction plus récente de l’Union, il a besoin que l’on comprenne sa géopolitique : c’est une tâche d’autant plus urgente que les bouleversements du monde mettent en question les dispositifs anciens et les certitudes héritées.

Le livre est divisé en deux grandes parties :

. La géopolitique intérieure : l’auteur y décrit la construction de la France, son cadre géographique qui incline mais ne décide pas, son histoire très riche mais reconstruite en une véritable géohistoire, enfin la question de la centralité de Paris et de l’État, ces deux passions françaises. Il s’agit ensuite de comprendre les structures de la nation : les Français, le rapport entre villes et campagnes, la géoécononomie de la France et sa culture.

. La géopolitique extérieure : il s’agit d’étudier la richesse et la complexité des liens entre la France et chacun de ses voisins, mais aussi la question européenne, les héritages coloniaux ou les rapports de la France avec le reste du monde. Le livre décrit les fondements de l’action extérieure, en passant en revue le dispositif militaire, les logiques de son utilisation à l’extérieur (des opérations aux alliances) avant de décrypter sa diplomatie et sa place dans l’ordre international, et son attitude face à la mondialisation et à l’émergence. Cet ouvrage permet d’analyser les logiques à l’oeuvre dans la géopolitique de la France, pour comprendre qu’elle a, d’une certaine façon, achevé son projet géopolitique et qu’il lui faut en concevoir un nouveau. Pour cela, bien saisir ce qu’on est et d’où l’on vient constitue un diagnostic indispensable pour définir une stratégie : en cela, cet ouvrage est un outil essentiel qui constitue d’emblée la référence sur le sujet. Un livre à la fois permanent et actuel.

. Cécile Calla et Claire Demesmay, Que reste-t-il du couple franco-allemand ? Coll. réflexeeurope, La documentation française, 2013.

Le 22 janvier 2013, sera célébré le cinquantième anniversaire du Traité de l’Elysée signé entre le chancelier allemand Konrad Adenauer et le président français Charles de Gaulle. Il fixait les objectifs d’une coopération accrue entre l’Allemagne et la France dans les domaines des relations internationales, de la défense et de l’éducation, institutionnalisant une relation privilégiée.

Qu’en reste-t-il aujourd’hui ? L’ouvrage de Cécile Calla et Claire Demesmay - spécialistes des relations franco-allemandes - revient sur l’histoire de ce couple incarné par leurs dirigeants respectifs, et constamment présenté, surtout dans l’Hexagone, comme le moteur fondamental de la construction européenne.

Amorcé à la fin de la Seconde Guerre mondiale, le rapprochement politique et civil entre la France et l’Allemagne reposait sur un savant équilibre. La chute du mur de Berlin et l’élargissement de l’Union européenne, par leurs répercussions géopolitiques, ont modifié en profondeur ses fondements. L’affirmation politique d’une Allemagne unifiée et économiquement dynamique, sur fond de perte d’influence française, alimentent aujourd’hui les interrogations.

Depuis 1963, les médias et les observateurs n’ont en fait eu de cesse de s’interroger sur la force, sur les soubresauts, voire sur la réalité même, du couple franco-allemand. Sans minimiser les divergences passées et présentes entre les deux pays, ni les défis qui les attendent dans un contexte de crises, les auteures montrent que l’ancrage de leur relation au sein de la société civile confère au couple franco-allemand une solidité au-delà des soubresauts politiques. Sans doute n’est-il plus désormais le moteur de la construction européenne, mais ce couple demeure, aujourd’hui comme hier, incontournable pour la faire progresser. Pour retrouver un nouveau souffle, il lui faudra cependant innover et échapper aux écueils du vase clos, de l’ennui et du repli.

Préface d’Alfred Grosser, professeur émérite des Universités à Sciences Po

Cécile Calla, ancienne correspondante pour Le Monde à Berlin est rédactrice en chef du magazine franco-allemand "Paris-Berlin ». Claire Demesmay est responsable du programme Relations franco-allemandes de l’Institut allemand de politique étrangère (DGAP)


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Dernière mise à jour le mardi 18 juin 2013