Actualité des livres géopolitiques

Par Margaux SCHMIT, Pierre VERLUISE, le 1er février 2017  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Margaux Schmit est étudiante en Master de Droit international Sciences Politiques à Paris II Panthéon Assas lors duquel elle a effectué un échange à la Queen Mary University of London après l’obtention de Licences de Sciences politiques et de Droit franco-allemand de l’université du même nom et une CPGE Littéraire au Lycée Molière (Paris). Selma Mihoubi, Journaliste et doctorante à l’Institut Français de Géopolitique (IFG) de l’Université Paris VIII. Pierre Verluise, Docteur en Géographie politique de l’Université Paris IV, est Directeur des publications du Diploweb.com.

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Les livres géopolitiques sont nécessaires à la compréhension du monde. Le Diploweb.com en présente ici une veille spécialisée, unique sur la Toile, vue chaque mois par plusieurs milliers de personnes qualifiées. Le Diploweb.com ne touche aucune commission des éditeurs ou libraires.

Les éditeurs qui souhaitent faire connaître leurs nouveautés doivent adresser un exemplaire à Diploweb.com, 1 avenue Lamartine, 94300, Vincennes, France. Pour communiquer leur programme, les éditeurs doivent adresser un courriel à l’adresse suivante redactiondiploweb [at] gmail.com . La rédaction reste juge seule de ses choix.


. Céline Bayou et Eric Le Bourhis, Les Lettons, Paris, Atelier Henry Dougier, février 2017.

Il existe une âme lettone si puissante qu’elle semble transcender le triple éclatement apparemment constitutif de ce peuple. Les Lettons courageux et cléments ? Le premier éclatement, historique, semble le prouver : après une période d’alternance entre soumission à la Russie, velléités d’indépendances, indépendance acquise et perdue, la Lettonie acquière son indépendance définitive en 1990, il y a tout juste vingt-sept ans. L’exemple de Marina Kosteņecka, écrivain et engagée pour l’indépendance de la Lettonie est évocateur. Elle se décrit comme « passeuse entre les lettons et la communauté russe » et marque la cohabitation des russes et des lettons en Lettonie du sceau de la confiance mutuelle et du pacifisme. Les Lettons ouverts d’esprit ? Assurément. Le second éclatement constitutif de ce peuple est géographique. De par leur histoire, les Lettons ont été déportés, poussés à l’exil ou démis de leur liberté de mouvements. Aujourd’hui, ils partent d’eux-mêmes mais reviennent. Vaira Vīķe-Freiberga, ancienne présidente de la Lettonie en est la preuve vivante. Après cinquante-quatre années par monts et par vaux, elle rentre et est élue. Les Lettons fidèles ? Très certainement. Fidèles à leurs traditions ancestrales, fidèle à la nature restée quasiment vierge, point focal de leur civilisation et de leurs traditions, portée aux nues comme le dieu d’une religion païenne. L’agriculture écologique et biologique, n’est pas une question, c’est une évidence, en témoigne Jānis Sietiņsons, apiculteur biologique. Ainsi, Les Lettons semblent détenir la capacité de jouer des contradictions, avec finesse et nuance, … sans incohérence.


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Actualité des livres géopolitiques
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. Béatrice Giblin (dir.), La ville, lieu de conflits, coll. Perspectives géopolitiques, 9e Festival de géopolitique (2017), Paris, Armand Colin, 2017.


Livre recommandé par Diploweb.com en février 2017

. François Géré, La pensée stratégique française contemporaine, Paris, Economica, février 2017.

Pierre Verluise, Directeur des publications du Diploweb.com : "Le Diploweb.com vous recommande chaleureusement cet ouvrage novateur. François Géré, avec maîtrise et pédagogie, met en lumière plusieurs des grands stratèges français du XXe siècle : de Lattre, Ailleret, Beaufre, Gallois et Poirier. Il s’agit à la fois de nourrir la réflexion publique et de stimuler la recherche académique sur les archives déposées par F. Géré au Centre de Documentation de l’Ecole militaire (CDEM, Paris). Avec ce livre, la relève a le pied à l’étrier. Le Diploweb.com est fier d’avoir été associé à la genèse de ce projet scientifique et de cet ouvrage."

4e de couverture

L’adaptation est le destin de la pensée militaire. Il lui faut en permanence combiner l’analyse de rapports de puissance instables avec les mutations de l’armement, associer politique et technique pour construire une stratégie durable et efficace. L’été 1945 voit le crépuscule des vieilles puissances européennes et l’aube de l’âge atomique. Comment dès lors penser les armes de la France ? Comment créer, organiser et orienter les moyens ? Et pour servir quelles fins ? Telle fut la préoccupation des stratèges dont nous présentons ici une analyse fondée sur des archives souvent inédites.

Inlassables pédagogues d’incontournables ruptures dans la pratique de la guerre, ils ont été aussi les théoriciens des constantes de la pratique stratégique et les observateurs des filiations de la pensée stratégique faite d’immuables principes auxquels ont obéi et obéiront encore petites et grandes guerres. Les enjeux, les formes, les acteurs et les lieux varieront mais dans la conservation obligée des éléments primordiaux de toute action humaine organisée en milieu conflictuel. À travers une réflexion étendue sur la seconde moitié du 20e siècle et au-delà, de Lattre, Ailleret, Beaufre, Gallois et Poirier ont établi la pensée stratégique de la France sur une base de granite. À leurs successeurs de frayer avec une rigueur aussi exigeante les voies complémentaires de la continuité et du renouvellement.

François Géré, professeur agrégé et docteur habilité en histoire des relations internationales et stratégiques contemporaines dirige depuis 2001 l’Institut Français d’Analyse Stratégique (IFAS) qui étudie outre les stratégies nucléaires, la défense antimissiles, notamment en Iran et en Chine. Il a été l’assistant-disciple du général Poirier durant vingt ans. Ensemble, ils ont publié en 2001 La réserve et l’attente, aux éditions Economica.

Voir plus sur le site des éditions Economica


. Pascal Lamy, Nicole Gnesotto avec Jean-Michel Baer, Où va le monde ? Paris, Odile Jacob, février 2017.

Où va le monde ? Comment en est-on arrivé là ?

Pourquoi le désordre, la violence, le chaos donnent-ils le sentiment d’être les nouvelles règles du système international, alors que la paix, la prospérité, la liberté, la règle du droit étaient données, il y a à peine vingt ans, comme les promesses de la fin de la guerre froide ?

Quelles dynamiques dominent aujourd’hui le monde ?

Le marché ou la force ? L’économie ou la géopolitique ?

La première va-t-elle réussir à pacifier le monde et l’unir dans un destin commun ?

La seconde finira-t-elle par casser l’unification des marchés au profit de désordres et de rivalités incontrôlés ?

Pascal Lamy et Nicole Gnesotto n’ont pas les mêmes réponses, sauf sur l’Europe, et en débattent ici avec Jean-Michel Baer.

Un livre lumineux pour comprendre les enjeux du nouveau désordre mondial.

Proche de Jacques Delors, Pascal Lamy a été commissaire européen, puis directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Il a publié, chez Odile Jacob, Quand la France s’éveillera.

Nicole Gnesotto est professeur titulaire de la chaire sur l’Union européenne au Conservatoire national des arts et métiers, et présidente du conseil d’administration de l’Institut des hautes études de défense nationale.

Jean-Michel Baer a été journaliste à Libération, membre du cabinet de Jacques Delors, directeur de la Culture puis de la Recherche en sciences sociales à la Commission européenne.

. Fatiha Dazi-Héni, L’Arabie Saoudite en 100 questions, Paris, Tallandier, février 2017.

L’Arabie Saoudite est sous le feu de l’actualité. Mais connaît-on vraiment ce pays ? Le royaume inquiète à la mesure de notre méconnaissance et des nombreux préjugés véhiculés à son égard. Plus que jamais, il est opportun de mieux comprendre la réalité de ce qu’est le royaume d’Arabie Saoudite. À travers cet essai, la politologue Fatiha Dazi-Héni pose d’abord les bases historiques nécessaires à la compréhension des enjeux d’aujourd’hui. Sont également développées les dimensions culturelles, religieuses, sociologiques, politiques, économiques de l’Arabie Saoudite, ainsi que les relations que ce pays entretient avec le reste du monde. Qui est Ibn Saoud, fondateur de l’actuelle dynastie ?Qu’est-ce que le wahhabisme ?Quel est le rôle et la place de la femme dans la société ? Mis à part le pétrole, quels sont ses atouts économiques ? Pourquoi le vice-prince héritier Mohammed Ben Salmane veut-il changer le pacte économique et social ?La question palestinienne constitue-t-elle encore un enjeu ? Quelle place pour l’Arabie Saoudite dans le contexte du retour en grâce de l’Iran ?Pourquoi l’Arabie Saoudite est-elle si engagée dans le conflit syrien ?Peut-on parler de la fin de l’âge d’or pour l’Arabie Saoudite et les monarchies du Golfe ?Quelle est la teneur de la relation franco-saoudienne ? Quelle est l’influence de l’islam wahhabite saoudien en France ?

. Stéphane Thépot, Racines choisies, les paysans résistent, Paris, Ateliers Henry Dougier, février 2017.

Dans l’Aveyron, statistiques et observations minutieuses contredisent la « fin des paysans » qu’annonçait Henri Mendras en 1967. L’Aveyronnais, image d’Épinal d’une paysannerie rétrograde et patriarcale, terre de naissance ou d’adoption de révolutionnaires et de révolutions agricoles, se lève désormais comme la vitrine d’une paysannerie dynamique, innovante, féminisée, attrayante et fière. A la suite d’un André Valadier, sauveur de la vache d’Aubrac ou d’un José Bové, voix engagée pour la cause des agriculteurs et frondeur anti OGM médiatisé : esprit d’initiative, détermination et ténacité concentrés à l’échelle locale sont présentés dans cet ouvrage comme le terreau qui fut nécessaire à une renaissance de la terre.

A l’approche du Salon de l’Agriculture, entraînons le lecteur à la rencontre des paysans aveyronnais. Tantôt, c’est Lionel Sabrié, membre de la coopérative Jeune Montagne de Laguiole, qui, de son exploitation familiale en GAEC, voit la transition vers l’agriculture biologique comme la suite directe de la labellisation. Léon Maillé, lui, accepte de transmettre en héritage son troupeau de brebis à Marlène et Florian, couple mayennais de paysans néophytes, loin du modèle de l’exploitation familiale transmise de père en fils. Marie-Thérèse Lacombe, elle, combat pour la place et l’indépendance des femmes du monde agricole et des agricultrices. Autant de problématiques nationales voire globales, qui se jouent d’abord localement et quotidiennement.

. Fweley Diangitukwa, Comment mettre fin à une dictature solidement installée, Paris, L’Harmattan, février 2017.

Ce livre est une réflexion sur la tyrannie. Il s’adresse à tous les citoyens du monde qui cherchent à se débarrasser d’une dictature solidement installée mais qui ne trouvent pas la voie à suivre ou la solution idéale. Le contexte étant différent, d’un pays à l’autre et d’une dictature à l’autre, il est bien nécessaire de choisir la recette sinon les recettes la/les plus adaptée(s) au contexte national. Mais dans toutes les circonstances, trois forces doivent absolument se rencontrer pour qu’il y ait un véritable changement : le nombre de participants qui créent une grande union, l’intelligence qu’on appelle stratégie et la détermination qui permet d’aller jusqu’au bout de la vision commune.

. Amaël Cattaruzza et Aurélie Boissière, Atlas des guerres et conflits, Paris, Autrement, février 2017.

Cet atlas géopolitique des conflits armés contemporains jette un éclairage sur les évolutions de la nature de la guerre : privatisation, rôle croissant des civils, nouvelles cibles militaires, combattants privés, trafic et mutation des armes, abandon des champs de bataille en rase campagne au profit des villes, dimension écologique, etc.

. Jacques Gravereau, La Chine conquérante : enquête sur une étrange superpuissance, Paris, Eyrolles, janvier 2017.

La Chine est devenue la deuxième puissance économique mondiale. Elle projette d’accéder bientôt au premier rang, en se dotant chemin faisant des attributs d’une hyperpuissance en matières technologique et militaire. Dans ce cas, la porte lui serait ouverte pour faire régner ses normes et son ordre sur le globe. C’est-à-dire sur nous. C’est l’ambition affichée dans son nouveau discours à l’usage du monde, qui chauffe à blanc les masses chinoises déstabilisées par la croissance à marche forcée des dernières décennies. Mais il peut y avoir bien loin entre le rêve et la réalité. Jacques Gravereau décrit avec beaucoup de finesse la Chine d’aujourd’hui, sa culture si particulière, les forces qui expliquent son ascension vertigineuse et les faiblesses qui en font un géant aux pieds d’argile. Il lève ainsi un coin du voile sur le mode de pensée chinois, et donne les clés pour comprendre de l’intérieur ce pays si éloigné des standards occidentaux. Un livre d’une pertinence rare, vivant et habité, qui nous mène de la petite vieille vendeuse de glace à Pékin au début des années 1980, pionnière du "capitalisme" chinois, aux discours conquérants de Xi Jinping lors des défilés militaires grandioses de ces dernières années.

. Morgan Donot, Dario Rodriguez et Yeny Serrano, Leaders et leaderships dans les démocraties contemporaines, Strasbourg, Presses universitaires de Strasbourg, janvier 2017.

"Leader" et "leadership" sont des expressions prégnantes dans le vocabulaire politique contemporain. Mais que recouvrent exactement ces deux termes ? Sont-ils différenciables, et si oui, sur quels critères ? La figure du leader se construit et se manifeste en discours et le leadership, qui lui est associé, est un produit de cette construction tout en étant la source d’une nouvelle création.
S’appuyant sur des études de cas issues des continents américain et européen, cet ouvrage examine la question de la construction du leadership en démocratie. Des notions telles que "charisme", "populisme" et "leadership" permettent aux auteurs d’analyser les caractéristiques associées aux leaders démocratiques ainsi que les styles de leadership mis en œuvre par des personnalités politiques contemporaines. L’ouvrage s’inscrit volontairement dans une approche comparative et pluridisciplinaire. Cette approche permet de mettre en relation les mécanismes linguistiques, discursifs et argumentatifs convoqués dans la co-construction tant de la figure du leader que du leadership qui lui est associé, avec des savoirs provenant de disciplines diverses, telles que la science politique, les sciences du langage, les sciences de l’information et de la communication, ou encore l’histoire.

. Michel Marbeau, La Société des Nations – Vers un monde multilatéral, 1919-1946, Tours, Les presses universitaires François Rabelais, à paraître (mars 2017).

Née à la fin de la première grande conflagration mondiale, morte à la seconde, la Société des Nations (1919-1946) fut la première organisation internationale d’envergure, fruit de l’espoir utopique d’un monde apaisé. Sa mémoire est frappée d’une légende noire car, dans l’imaginaire collectif, la SdN est coupable d’avoir échoué à enrayer la marche vers la seconde guerre mondiale. Accusée d’inertie bureaucratique, vilipendée pour son incapacité à imposer des règlements pacifiques, la Société des Nations a été désignée comme bouc émissaire des échecs de la sécurité collective. Cette Société des Nations ridiculisée et honnie est pourtant mère de l’ONU.
La Société des Nations a-t-elle été un échec ou une réussite ? La réponse est loin d’être évidente. Son échec résulte des contradictions et de l’irrésolution du monde de l’entre-deux-guerres, les États membres n’ayant pas su s’entendre ou ayant privilégié un nationalisme étroit. En revanche, la Société des Nations a largement contribué au renouveau des relations internationales en s’employant à créer une diplomatie ouverte. Son œuvre technique, d’une très grande variété, est une incontestable réussite, et le prélude aux organisations internationales contemporaines.

. Daniel Chartier (dir.), Frontières – Actes du colloque québéco-norvégien, Québec (Canada), Presses de l’Université du Québec, à paraître (mars 2017).

D’emblée, la notion de « frontière » met de l’avant les découpages, les définitions, les limites. Elle est ainsi foncièrement pluridisciplinaire, voire métadisciplinaire. Comme la notion elle-même, la collaboration en études littéraires entre le Québec et la Norvège à la source de ce livre s’ancre dans une dimension territoriale et géopolitique, mais ouvre sur les enjeux qui en découlent. C’est ainsi beaucoup plus largement une réflexion sur les consensus et les interférences entre différents champs disciplinaires que le lecteur trouvera dans les chapitres qui composent cet ouvrage. À la fois fondatrice et arbitraire, la frontière s’avère un point d’observation fertile des circulations et des carrefours, une notion clé dont l’actualité ne cesse de marteler l’importance, et qu’il faut repenser dans ses dimensions concrètes mais aussi symboliques pour aborder l’imaginaire contemporain.

. Chloé Maurel, Une brève histoire de l’ONU – Au fil de ses dirigeants, Vulaines sur Seine, Editions du Croquant, à paraître (mars 2017).

L’histoire de l’Organisation des nations unies est retracée à travers les Secrétaires généraux qui se sont succédé. L’ouvrage présente en outre des encadrés sur des acteurs internationaux ayant prononcé des discours à la tribune de l’ONU ainsi qu’une analyse de ces allocutions. Les grandes actions de l’organisation et de ses agences sont également étudiées.

. Andrew G. Walder, China Under Mao – A Revolution Derailed, Cambridge (MA, Etats-Unis), Harvard University Press, à paraître (mars 2017).

China’s Communist Party seized power in 1949 after a long period of guerrilla insurgency followed by full-scale war, but the Chinese revolution was just beginning. China Under Mao narrates the rise and fall of the Maoist revolutionary state from 1949 to 1976—an epoch of startling accomplishments and disastrous failures, steered by many forces but dominated above all by Mao Zedong.
Mao’s China, Andrew Walder argues, was defined by two distinctive institutions established during the first decade of Communist Party rule : a Party apparatus that exercised firm (sometimes harsh) discipline over its members and cadres ; and a socialist economy modeled after the Soviet Union. Although a large national bureaucracy had oversight of this authoritarian system, Mao intervened strongly at every turn. The doctrines and political organization that produced Mao’s greatest achievements—victory in the civil war, the creation of China’s first unified modern state, a historic transformation of urban and rural life—also generated his worst failures : the industrial depression and rural famine of the Great Leap Forward and the violent destruction and stagnation of the Cultural Revolution.
Misdiagnosing China’s problems as capitalist restoration and prescribing continuing class struggle against imaginary enemies as the solution, Mao ruined much of what he had built and created no viable alternative. At the time of his death, he left China backward and deeply divided.

. James Barr, Une ligne dans le sable – Le conflit franco-britannique qui façonna le Moyen-Orient, Paris, Editions Perrin et le Ministère de la Défense, février 2017.

Comment la France et la Grande-Bretagne se sont-elles partagé le Moyen-Orient ? A travers une analyse novatrice, James Barr montre que, des accords Sykes-Picot, en 1916, à 1948, tout a été mis en place pour dynamiter la région : la Syrie à feu et à sang, la montée des extrêmes terroristes, le statut de Jérusalem et la maîtrise du canal de Suez en ont tour à tour été les détonateurs.

. Michael Lucken, The Japanese and the War – Expectation, Perception, and the Shaping of Memory, New-York (NY, Etats-Unis), février 2017.

Memories of World War II exert a powerful influence over Japan’s culture and society. In The Japanese and the War, Michael Lucken details how World War II manifested in the literature, art, film, funerary practices, and education reform of the time. Concentrating on the years immediately before and after (1937 to 1952), Lucken explores the creation of an idea of Japanese identity that still resonates in everything from soap operas to the response to the Fukushima nuclear disaster.
Lucken defines three distinct layers of Japan’s memory of World War II : the population’s expectations at the beginning, the trauma caused by conflict and defeat, and the politics of memory that arose after Japan lost to the Allied powers. Emphasizing Japanese-language sources, Lucken writes a narrative of the making of Japanese cultural memory that moves away from Western historical modes and perspectives. His approach also paints a new portrait of the U.S. occupation, while still maintaining a cultural focus. Lucken sets out to capture the many ways people engage with war, but particularly the full range of Japan’s experiences, which, he argues, the Japanese state has yet to fully confront, leading to a range of tensions at home and abroad.

. Sabrina Mervin et Nabil Mouline (dir.), Islams politiques – Courants, doctrines et idéologies, Paris, CNRS Editions, février 2017.

Réformisme, salafisme, wahhabisme, Frères musulmans, djihadisme, chiismes, alaouites, zaydites, ibadites, ismaéliens, soufis… Depuis les attentats, journalistes, politiques et experts, reconnus ou autoproclamés, saturent les médias avec la question de « l’islam », parfois envisagé comme un facteur explicatif unique et tranché des conflits contemporains, parfois éludé des analyses. Un terrain des idées dangereux où s’opposent les partisans du « tout-à-voir » et du « rien-à-voir ». Partant de l’histoire, cet ouvrage déconstruit les idées reçues et analyse de manière synthétique les doctrines et les enjeux contemporains des principaux courants de l’islam, par le prisme du « théologico-politique ». Tenant compte des derniers acquis de la recherche, des encadrés présentent leurs textes fondateurs et les évènements ou personnages qui sont essentiels à la compréhension de leurs idéologies. Un livre de référence accessible pour ceux qui veulent comprendre ces islams qui changent le monde.

. Michael Goebel, Paris, capitale du tiers monde – Comment est néé la révolution anticoloniale (1919-1939), Paris, La Découverte, février 2017.

Ce livre retrace l’expansion, au cours de l’entre-deux-guerres, de l’anti-impérialisme mondial, mouvement dans lequel Paris joua un rôle de tout premier plan. La Ville Lumière accueillit en effet d’innombrables futurs leaders tiers-mondistes qui vinrent y faire, sans même le savoir, leur formation politique – formation qui, en retour, les mènera vers l’une des plus fantastiques déflagrations révolutionnaires de l’histoire. Dans ce Paris incroyablement cosmopolite où affluaient les âmes errantes venues du monde entier, on pouvait ainsi croiser Hô Chi Minh, Zhou Enlai, Léopold Sédar Senghor, C. L. R. James, George Padmore, Messali Hadj ou le révolutionnaire indien M. N. Roy. En étudiant le contexte sociopolitique parisien dans lequel ces apprentis activistes évoluaient, ce livre nous plonge dans des complots d’assassinat prétendument ourdis par des étudiants chinois, dans des manifestations menées par des nationalistes latino-américains, ou simplement dans la vie quotidienne des ouvriers algériens, sénégalais ou vietnamiens.
Sur la base de rapports de police et autres sources de première main, Michael Goebel montre le rôle de force motrice essentiel joué par les mouvements migratoires et les interactions vécues au sein des milieux immigrés dans le développement de l’opposition à l’ordre impérial mondial, qui a fait se croiser les histoires de peuples issus de trois continents. S’appuyant sur les travaux de l’histoire globale et impériale, et sur les études des questions migratoires et « raciales » en France, ce livre ne propose rien de moins qu’une compréhension renouvelée des origines de l’idée de tiers monde et de tiers-mondisme.

. David A. Moss, Democracy, A Case Study, Cambridge (MA, Etats-Unis), Harvard University Press, février 2017.

To all who declare that American democracy is broken—riven by partisanship, undermined by extremism, and corrupted by wealth—history offers hope. In nearly every generation since the nation’s founding, critics have made similar declarations, and yet the nation is still standing. When should we believe the doomsayers ? In Democracy : A Case Study, historian David Moss adapts the case study method made famous by Harvard Business School to revitalize our conversations about governance and democracy and show how the United States has often thrived on political conflict.
Democracy’s nineteen case studies were honed in Moss’s Harvard course, which is among the institution’s most highly rated. Each one presents readers with a pivotal moment in U.S. history and raises questions facing key decision makers at the time : Should delegates to the Constitutional Convention support James Madison’s proposal for a congressional veto over state laws ? Should President Lincoln resupply Fort Sumter ? Should Florida lawmakers approve or reject the Equal Rights Amendment ?
These vibrant cases ask readers to weigh choices and consequences, wrestle with momentous decisions, and come to their own conclusions. They provoke us to rethink which factors make the difference between constructive and destructive conflict, and they provide an opportunity to reengage the passionate debates that are crucial to a healthy society. Democracy : A Case Study invites us all to experience American history anew and come away with a deeper understanding of our democracy’s greatest strengths and vulnerabilities as well as its extraordinary resilience over time.

. Jean-François Pérouse, Istanbul planète – La ville-monde du XXIe siècle, La Découverte, Paris, février 2017.

Istanbul est un continent urbain inconnu, trop souvent réduit à quelques prétendus hauts lieux – de plus en plus perdus dans l’immensité métropolitaine environnante – extraits d’un imaginaire réducteur, aux figures par trop rebattues. Il y a pourtant urgence à sortir des lieux communs pour prendre la mesure de l’organisme urbain monstrueux devenu ces deux dernières décennies la principale métropole du bassin méditerranéen, au pouvoir attractif croissant. Mégapole choyée par un pouvoir qui l’a promue en vitrine de sa puissance et de son identité refabriquée, mégapole qui fascine un « arrière-pays » de plus en plus vaste et diversifié, Istanbul a radicalement changé de dimensions et de fonctions. Outre l’étalement vertigineux qui la caractérise, aux conséquences catastrophiques pour son environnement, elle est le théâtre de profondes transformations physiques, économiques et culturelles. Laboratoire de la « Nouvelle Turquie », Istanbul est à la fois le lieu de la reconstruction de la référence ottomane – source de fierté –, le lieu où les paillettes du tourisme mondial côtoient la tension autoritaire installée par le régime, et le terrain d’expérimentation de nouvelles façons de vivre, entre économie de la consommation et tentations de repli autour d’identités collectives réinventées.

. Jacques Frémeaux, La Question d’Orient, Paris, CNRS Editions, à paraître (février 2017).

Depuis le XVIIIe siècle et jusqu’à aujourd’hui, la zone qui s’étend des Balkans à l’Afghanistan cristallise les tensions. Ce vaste espace a ainsi constitué, depuis l’entrée des flottes de la tsarine Catherine II en Méditerranée (1770), un champ disputé par la Russie et l’Angleterre, avant de se retrouver, après 1945, au cœur du conflit opposant la Russie et les États-Unis. Mais, d’ouest en est, ce sont surtout des peuples qui se succèdent, qui se cherchent et se déchirent entre les séductions de la modernité et le refus que lui oppose la tradition. L’« Orient », qui s’affirme toujours plus comme exclusivement musulman, devient alors un objet de fascination et de peur pour un « Occident » dominateur et manipulateur.

. Marc Goutalier, Une histoire stratégique des frontières arabes, Paris, Edition du Félin, à paraître (février 2017).

Un siècle après avoir été négligemment tracées sur la carte, nombre de frontières du Moyen-Orient sont devenues celles d’États menacés de décomposition. Les territoires irakien, syrien ou libanais sont redevenus le terrain de jeu des empires qui ont jalonné leur histoire et façonné leur territoire. Derrière ce chaos, c’est en réalité l’ensemble du monde arabe qui est en proie à une remise en cause profonde de ses frontières depuis le « Printemps » de 2011.

Frappés par la guerre civile, Irak, Syrie, Libye ou Yémen ont-ils jamais eu un sens ? Leurs frontières et celles de leurs voisins sont-elles aussi artificielles qu’elles le paraissent ? Pourquoi les États arabes semblent-ils enfermés entre la dictature des militaires et celle des religieux ? Que veulent vraiment l’Iran, la Russie, la Turquie et les pays occidentaux qui s’activent dans la région ?

Afin de répondre à ces questions majeures qui font désormais la une de l’actualité, Marc Goutalier nous invite à une plongée passionnante à travers l’espace et le temps, en offrant d’indispensables outils pour comprendre les dessous d’une carte dont l’avenir nous concerne tous.

. Ahmet Insel, La nouvelle Turquie d’Erdogan, Paris, La Découverte, février 2017.

À la suite du coup d’État avorté de l’été 2016, Recep Tayyip Erdogan a lancé une très vaste opération de purge des différents services de l’État – mais aussi de la société civile. Cette reprise en main est l’aboutissement d’un long processus. Depuis 2002, la Turquie est dirigée par l’AKP (Parti de la justice et du développement) et par son leader charismatique. Ce pouvoir « musulman-démocrate » a profondément modifié le pays mais le bilan de ce long règne est ambivalent. Les avancées sur le front de la démocratisation ont progressivement laissé place à un autoritarisme rampant et à une politique de réislamisation de la société. Les négociations avec l’Union européenne sont au point mort. Des pas courageux pour la résolution du problème kurde ont été remplacés par une nouvelle offensive répressive, qui s’est étendue à l’ensemble des revendications démocratiques et a révélé le visage autoritaire du pouvoir et sa volonté de mise en place d’un régime présidentiel fort, clairement revendiquée.
Dans cet essai documenté, Ahmet Insel nous éclaire sur les facteurs d’ascension de l’AKP, la stratégie politique et la persistance des succès électoraux d’Erdogan malgré les affaires de corruption, l’installation progressive de l’arbitraire et la lutte avec la communauté Gülen. Il montre ainsi les tourments de la société turque, tiraillée entre les conflits ethniques, religieux et culturels, entre peur de perdre son identité socio-historique et désir d’être dans le monde moderne.

. Alexandra Liarsou, Les métamorphoses de l’écologie, Paris, L’Harmattan, janvier 2017.

A la fois science fondamentale et appliquée, reliée à des problématiques sociales, économiques, politiques ainsi qu’à une organisation administrative, légale et réglementaire, l’écologie suscite controverses et passions. Cet ouvrage clair et incisif donne une vue d’ensemble critique et concrète du périmètre de cette science en mutation, de ses contraintes, de ses limites et apports, de son instrumentalisation sociale et des débats qui en résultent.

. Boualem Kadri et Danielle Pilette, Le Tourisme métropolitain renouvelé, Québec (Canada), Presses de l’Université du Québec, janvier 2017.

Le tourisme métropolitain renouvelé se distingue à la fois du tourisme urbain et du tourisme métropolitain traditionnel. Le premier est spécialisé et de niche, le second met en scène la vie quotidienne tout en proposant des événements ayant souvent lieu dans des espaces publics représentatifs de l’histoire de la métropole.

Dans sa formule renouvelée, le tourisme métropolitain est à la mesure ou à la démesure du gigantisme de la taille, du métissage démographique, des ressources et des réseaux des nouvelles métropoles, souvent d’Orient et du Sud. Il s’insère dans la construction et la reconstruction du territoire, s’ancre dans le spectaculaire et promeut les innovations, tant sociales que technologiques. Il est le fruit de la gouvernance et de l’exercice du leadership métropolitain, impliquant à la fois les collectivités locales, l’État national, les intérêts des entreprises oeuvrant dans différents secteurs et ceux des groupes de pression. Aujourd’hui, les entreprises du secteur numérique, des finances et du divertissement propulsent les nouvelles formes du tourisme métropolitain, qu’elles inscrivent dans de nouveaux réseaux auxquels font même appel les entreprises touristiques traditionnelles.

Selon les auteurs de cet ouvrage, la mise en tourisme n’apparaît plus comme un simple outil de définition du produit, mais comme un processus inclusif, y compris d’acteurs métropolitains de différents secteurs d’activités. Étudiants et professionnels du domaine du tourisme découvriront que l’expérience touristique renouvelée s’ancre tant dans l’ordinaire que l’extraordinaire, selon les multiples propositions, mesurées et démesurées, de la métropole.

. Christian Destremau, Churchill et la France, Paris, Editions Perrin et le Ministère de la Défense, janvier 2017.

« Français, c’est moi, Churchill, qui vous parle. » Le lundi 21 octobre 1940, les auditeurs français de la BBC entendent pour la première fois la voix du Premier ministre qui s’adresse directement à eux, et, au surplus, dans leur langue. En revanche, ce n’est pas la première fois qu’ils entendent le nom du plus célèbre Anglais du XXe siècle. La relation entre Churchill et la France ne se résume pas aux séjours de Winston dans les luxueuses villas de la Côte d’Azur ou aux liens établis avec de Gaulle. Très tôt, en effet, Churchill a baigné dans l’histoire de France et a été initié à la langue française. C’est ensuite par ses activités politiques et militaires qu’il ne cessera d’entretenir une relation privilégiée avec la France, plus qu’avec les Français, qu’il connaît en réalité bien mal. Car la France de Churchill, c’est une histoire pleine de bruits et de fureur, c’est Jeanne d’Arc, Napoléon, c’est la solidité du poilu et la Première Guerre mondiale, c’est Clemenceau et la force de la volonté et du verbe. Parfois admiratif du génie français, parfois exaspéré par les « frogs » – « Les Français sont vraiment une nation méprisable », dit-il au moment de l’affaire Dreyfus –, l’hexagone aura toujours une place particulière dans la vie et l’imaginaire du Britannique. Et si, déclare-t-il un jour, « le Tout-Puissant dans son infinie sagesse, n’a pas jugé bon de créer les Français à l’image des Anglais », il sait bien que, sans cette France turbulente et imprévisible, il n’aurait sans doute pas connu un tel destin.

. Guy Mvelle, Antonio Guterres au Secrétariat général de l’ONU – Les attentes impatientes de l’Afrique, Paris, L’Harmattan, janvier 2017.

L’arrivée d Antonio Guterres à la tête de l’ONU est un espoir en soi, en raison de sa parfaite connaissance du système onusien, et surtout du fait de sa longue expérience capitalisée dans le domaine humanitaire. Mais celui qui est considéré par certains comme un ami de l Afrique est également un produit du système, ce qui ne constitue pas un certificat de garantie en terme d’efficacité, d’indépendance dans l’action, et de démocratie internationale. Son discours reste jusqu’ici très généraliste, et ne met pas le continent noir au coeur de ses préoccupations. Ce premier quinquennat du Portugais s’annonce à la fois comme un challenge redoutable après les mandats très critiqués de Ban Ki-Moon, et comme un horizon plein de doutes pour l’Afrique.

. Adrien Jaulmes (dir.), Le monde en 2035 vu par la CIA, Paris, Equateurs, janvier 2017.

Jamais l’Histoire n’a connu de telles accélérations qu’aujourd’hui. Il nous faut des instruments précis pour comprendre et décrypter le monde des vingt prochaines années. C’est l’objectif de ce Rapport du Conseil National du Renseignement qui fournit analyses et perspectives à la CIA. Pour mener ce travail impartial et sans tabou, 2500 personnes de tous horizons (stratèges, chercheurs, économistes, spécialistes du renseignement et de la prospective) ont été interrogées. Intitulé le « Paradoxe du progrès », ce Rapport vient d’être remis au président Trump. Malgré leurs formidables opportunités économiques et technologiques, jamais nos sociétés n’ont été menacées par autant de périls. Nous vivons dans un monde de plus en plus intégré et interdépendant. Comment les États-Unis dirigés par Donald Trump exerceront-ils leur leadership ? La Russie demeurera-t-elle agressive si son économie faiblit ? Comment l’Europe va-t-elle affronter sa crise d’identité et la montée des populismes ? Les classes moyennes des pays développés vont-elles continuer de s’appauvrir ? Dans les vingt prochaines années, la population chinoise continuera à vieillir et l’Afrique connaîtra la croissance démographique la plus élevée au monde. Les entreprises privées enverront des hommes dans l’espace menacé par la militarisation des Etats. Comment affronter le réchauffement climatique, les cyber-attaques et les actes terroristes ? Autant de pistes, de scénarios ici analysés, et de réponses apportées. Ce Rapport captivant est un concentré de réflexions uniques sur le monde actuel et de demain. Préface d’Adrien Jaulmes (Prix Albert Londres, grand reporter au Figaro et spécialiste des questions internationales).

. Olivier Compagnon et Diogo Cunha (dir.), Les intellectuels et le politique au Brésil (XIXe siècle et XXe siècles), Limoges, Lambert-Lucas, septembre 2016.

Les rapports entre les intellectuels et le politique au Brésil ont toujours été complexes. Le pays a longtemps été caractérisé par une immense population rurale, misérable et analphabète, dominée par des structures locales archaïques, tandis que les lettrés des métropoles s’attribuaient le rôle de porteurs de la « conscience nationale » et d’agents naturels de la construction de l’État, ayant pour mission de fonder puis réformer, guider et valoriser la Nation. La victoire de Vargas en 1930 accélère l’entrée des intellectuels dans le monde politique. Les régimes autoritaires qui suivent, Estado Novo de 1937 à 1945 et dictature militaire de 1964 à 1979 ont pu compter sur le soutien d’une part importante des élites culturelles du pays. Depuis la fin des années 1970, sociologues et historiens se sont penchés sur cet acteur incontournable de la vie politique brésilienne, donnant naissance à un grand nombre d’ouvrages sur le sujet. Centrées d’abord sur l’« ère Vargas », les recherches se sont étendues à d’autres thèmes et périodes : rapports entre hommes de lettres et pouvoir impérial, rôle des écrivains de la Première République, importance de la « Génération de 1870 », activité des intellectuels de gauche pendant la dictature militaire... Cependant, malgré la multiplication, l’ampleur et la profondeur de ces études, les différents aspects, acteurs et périodes de cette histoire sont loin d’être épuisés.

. Gérard Blier, Les ports de guerre français, Paris, Economica, janvier 2017.

Dans les conflits qui ont ensanglanté le monde, la guerre sur mer a joué souvent un rôle important. C’est particulièrement vrai pour la France, bordée par trois mers et un océan. Des galères et vaisseaux à voiles aux bâtiments en acier et aux sous-marins nucléaires, leur construction, leur réparation et leur maintenance ont nécessité des infrastructures particulières et puissamment équipées. Il a paru dès lors opportun de s’intéresser à l’histoire des ports militaires français. Au fil des siècles ceux de Brest, de Toulon, de Rochefort, de Cherbourg, et d’autres en particulier outre-mer, ont permis l’essor de notre flotte de guerre. Ils ont été associés à ses succès, à ses échecs aussi. Dans cet ouvrage, au-delà des données tactiques ou stratégiques, le contexte économique et la dimension humaine sont largement évoqués. Par ailleurs de nombreux croquis et cartes éclairent le lecteur.

. Catherine Larrère, Les inégalités environnementales, Paris, PUF, janvier 2017.

Le risque environnemental est-il égalisateur ? Certains voudraient le croire. Ainsi Ulrich Beck écrivait-il, en 1986, dans La Société du risque : « La pénurie est hiérarchique, le smog est démocratique. » Mais si la globalité des dégradations environnementales expose l’humanité entière à un destin commun, cela n’empêche pas que les populations humaines, entre les pays comme à l’intérieur de chacun d’entre eux, sont très inégalement affectées par ces dégradations et y contribuent de manières tout aussi inégales. De façon générale, ce sont les plus vulnérables qui sont les plus touchées, tout en étant les moins responsables de la situation.

L’objectif de ce livre est donc de faire apparaître parallèlement la dimension environnementale des inégalités sociales et les effets inégalitaires des politiques écologiques. Il propose une approche pluridisciplinaire, car ce phénomène ne se réduit pas à un déterminisme simple. Il s’agit de comprendre comment ces inégalités, qui se creusent autant par le haut que par le bas, sont aussi un obstacle à une transition écologique réussie.

. Thierry de Montbrial, Thomas Gomart, Notre intérêt national : Quelle politique étrangère pour la France ?, Odile Jacob, 2017.

La politique étrangère de la France est-elle encore guidée par l’idée d’intérêt national ?
Ce qui semble prévaloir depuis dix ans, ne serait-ce pas plutôt la référence aux valeurs et une rhétorique guerrière pour justifier l’aventure extérieure ?
Pourtant, la notion d’intérêt national était au cœur de notre tradition diplomatique du cardinal de Richelieu au général de Gaulle. Elle permettait de hiérarchiser nos valeurs et nos alliances.
S’appuyant sur les contributions de grands acteurs et penseurs de notre diplomatie, ce livre analyse la politique étrangère de la France à l’aune de l’intérêt national compris comme moteur et comme cadre d’action.
S’inscrivant dans le débat sur l’identité française, il évalue aussi la place de la France dans le monde et les relations complexes que les Français entretiennent avec la mondialisation.
Un enjeu fondamental pour la présidentielle et les cinq ans à venir.

Membre de l’Académie des sciences morales et politiques, auteur de nombreux ouvrages, Thierry de Montbrial a créé en 1979 l’Institut français des relations internationales (Ifri) dont il est le président, et, en 2008, la World Policy Conference (WPC).

Historien des relations internationales, Thomas Gomart est directeur de l’Ifri depuis 2015.

. Andrew L. Oros, Japan’s Security Renaissance, New-York, Columbia University Press, à paraître (mars 2017).

For decades after World War II, Japan chose to focus on soft power and economic diplomacy alongside a close alliance with the United States, eschewing a potential leadership role in regional and global security. Since the end of the Cold War, and especially since the rise of Prime Minister Shinzo Abe, Japan’s military capabilities have resurged. In this analysis of Japan’s changing military policy, Andrew L. Oros shows how a gradual awakening to new security challenges has culminated in the multifaceted "security renaissance" of the past decade. Despite openness to new approaches, however, three historical legacies—contested memories of the Pacific War and Imperial Japan, postwar anti-militarist convictions, and an unequal relationship with the United States—play an outsized role. In Japan’s Security Renaissance Oros argues that Japan’s future security policies will continue to be shaped by these legacies, which Japanese leaders have struggled to address. He argues that claims of rising nationalism in Japan are overstated, but there has been a discernable shift favoring the conservative Abe and his Liberal Democratic Party. Bringing together Japanese domestic politics with the broader geopolitical landscape of East Asia and the world, Japan’s Security Renaissance provides guidance on this century’s emerging international dynamics.

. Jana J. Jabbour, La Turquie, l’invention d’une diplomatie émergente, Paris, CNRS Editions, février 2017.

Depuis le début du siècle, grâce à son dynamisme économique et son volontarisme politique, la Turquie est parvenue à se positionner en acteur majeur du système international d’une part, en puissance régionale de l’autre. Le feuilleton, mais aussi le film turc, témoignent du succès de son soft power : ils pénètrent l’imaginaire du public, diffusent une certaine idée du pays et constituent par là un vecteur d’influence. Profitant d’un relatif retrait des États-Unis, cette montée en puissance s’accompagne d’une affirmation politique, économique et diplomatique. L’AKP, constitué d’une nouvelle élite, est déterminé à faire de la Turquie un pôle d’attraction économique incontournable. Et, dans un espace régional bouleversé, le pays s’est invité à la table des vieilles puissances, initiant une « guerre des diplomaties ». Quelle a été la genèse de cette nouvelle ère ? Quels en sont les concepts, les acteurs, les dynamiques ? Comment les équilibres politiques et économiques intérieurs influent-ils sur cette nouvelle diplomatie ? Quelle place pour la question kurde ? Quel avenir pour cette diplomatie émergente ? Quels rapports avec l’Europe ? Un ouvrage essentiel pour mieux connaître et comprendre la Turquie d’Erdoğan.

. Henry Laurens, Les crises d’Orient 1768-1914, Paris, Fayard, février 2017.

En ce début de xxie siècle, le cycle d’instabilités au Moyen-Orient commencé en 2003 et qui s’est accéléré depuis 2011 a pris une dimension particulièrement dangereuse. Et l’on se donne l’impression d’être dans une situation nouvelle. En réalité, le Moyen-Orient a connu, tout au long du xixe siècle, des crises dites d’Orient. Dans un jeu d’ingérences et d’implications entre acteurs locaux, régionaux et internationaux, au point que l’on ne sait plus qui manipulait l’autre, ces crises opposèrent des intérêts et des projections culturelles contradictoires, aussi bien des Européens sur les pays dits orientaux que de ces derniers vers ce que l’on appelait le « monde civilisé ». Les États affrontèrent une violence parfois extrême, répondant dans l’urgence par des solutions politiques souvent boiteuses.

. Pierre Billaud (dir.), La grande aventure du nucléaire militaire français, Paris, L’Harmattan, janvier 2017.

Cet ouvrage rassemble des écrits de Pierre Billaud et de ses collègues atomistes, couvrant l’aventure de la bombe atomique française, la redécouverte de la bombe à hydrogène, la contestation de la fausse paternité de la bombe H, et l’histoire de la Direction des Applications Militaires (la DAM), du CEA. Leur récit révèle au grand public pour la première fois le difficile mais passionnant parcours de cette recherche qui aura contribué au redressement de la France et à la paix mondiale.

. Anne-Cécile Douillet et Rémi Lefebvre, Sociologie politique du pouvoir local, Paris, Armand Colin, janvier 2017.

L’organisation territoriale est une question politique majeure, comme l’a illustré la récente réforme des régions en France et les vifs débats qu’elle a suscités. C’est en effet à l’échelle locale que le pouvoir politique semble le plus incarné, à travers les élus locaux et les administrations déconcentrées de l’État. Les réformes décentralisatrices ont également rendu les Pouvoirs locaux plus visibles. En s’intéressant aux relations de pouvoir et à la façon dont se déploie l’action publique au niveau infranational, cet ouvrage propose une analyse complète du pouvoir politique local. L’étude des collectivités territoriales, des élus qui sont à leur tête comme de leurs administrations, est en effet articulée à celle des groupes d’intérêts, des experts qui agissent auprès d’elles ou encore des mobilisations sociales locales. C’est ainsi à la fois la place des Pouvoirs locaux dans le système politique national et l’exercice localisé du pouvoir politique qui sont interrogés. À travers cette étude du pouvoir à l’échelle locale, c’est toute une réflexion sur les modalités d’exercice du pouvoir politique dans les démocraties représentatives qui est ici proposée.

. Hervé Le Bras, L’âge des migrations, Paris, Autrement, janvier 2017.

Des migrants fuyant la misère, les persécutions ou le changement climatique : telle est l’image qu’on nous renvoie sans cesse. Mais les migrants sont aussi, de plus en plus, des personnes compétentes et diplômées... L’homme migre depuis son apparition sur Terre - et ça lui a réussi. Le désir de changer de pays n’a jamais été aussi répandu qu’aujourd’hui. Contrairement aux idées reçues, les murs et les barrières que dressent les nations ne bloquent pas les migrants, mais les sélectionnent. Un nouvel équilibre mondial des compétences se met irrésistiblement en place. A rebours des fantasmes occidentaux contemporains sur l’« invasion » des migrants, Hervé Le Bras nous invite à poser sur les migrations un regard neuf, impartial et salutaire. 30 cartes et infographies en couleurs.

. Nicolas Roche, Pourquoi la dissuasion, Paris, PUF, janvier 2017.

Daesh et le terrorisme de masse n’épuisent pas le champ des menaces et des risques qui pèsent sur l’Europe et la France. Alors qu’en Europe l’évolution de la Russie et de sa stratégie militaire inquiète, qu’en Asie les dynamiques nucléaires sont centrales, et qu’au Moyen-Orient les tensions entre États restent vives au lendemain de l’accord nucléaire avec l’Iran, l’actualité internationale incite à se poser de nouveau des questions fondamentales sur le langage de la force et de la puissance. La place et le rôle de la dissuasion nucléaire font l’objet de débats passionnés, entre ceux qui estiment cette arme trop chère, immorale, dépassée et inutile pour faire face aux défis du moment, et ceux qui veulent préserver un équilibre politique et capacitaire global de nos politiques de défense. Se préparer à ce débat, c’est d’abord en maîtriser les aspects techniques, historiques et stratégiques. Sur le modèle des War Studies anglo-américaines, de nombreuses initiatives voient le jour dans le monde académique français. Pour accompagner un tel effort, cet ouvrage, aussi accessible et complet que possible, a pour objectif de permettre à chacun de se réapproprier une vraie grammaire nucléaire et stratégique.


Livre recommandé par Diploweb.com en janvier 2017

. Christian Lequesne, Ethnographie du Quai d’Orsay. Les pratiques des diplomates français, CNRS éditions, 12 janvier 2017.

Pierre Verluise, Directeur des publications du Diploweb : "Voici un livre rare. Rare par la qualité de son questionnement sur les pratiques des diplomates français. Rare par la capacité de C. Lequesne à observer en ethnographe les usages les plus divers du Quai d’Orsay, sans jamais perdre sa distance analytique. Rare par sa qualité d’écriture : l’ouvrage se lit avec un grand plaisir. Bref un ouvrage novateur agréable à lire. Que demander de plus ? Un mode d’emploi des modalités d’accès à la carrière diplomatique ? Il se trouve aussi dans cet ouvrage. Voici donc un ouvrage indispensable à toute personne qui s’intéresse à la diplomatie française."

4e de couverture

La diplomatie française, plus qu’une simple donnée des relations internationales, est un ensemble de pratiques. Au sein des ambassades et des directions du Quai d’Orsay, des hommes et des femmes sont les acteurs de la politique étrangère française, et les représentants de la France à l’étranger.

Après une enquête de trois ans menée au sein des institutions et auprès des agents, Christian Lequesne nous ouvre la « boîte » du Quai d’Orsay, et nous en décrypte ses codes et ses pratiques. Ni monographie détaillée des différents services du ministère des Affaires étrangères, ni série d’anecdotes croustillantes sur ses dysfonctionnements, cet ouvrage est une plongée dans le quotidien des diplomates.

Carrière des agents, héroïsation de la fonction, rapport au pouvoir politique, vie en ambassade, rôle du « dire », lieux d’influence, etc. : voici quelques-uns des aspects de la diplomatie en pratique évoqués dans cette Ethnographie du Quai d’Orsay, afin de donner à voir la fabrique de la politique étrangère de la France.

Présentation du livre sur le site CNRS éditions


Compil’ Diploweb Spéciale concours

. Axelle Degans, Actualité internationale 2016, éd. Diploweb.com, 2017. ISBN : 979-10-92676-10-5

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A. Degans, Actualité internationale 2016
La synthèse de l’actualité internationale 2016, par Axelle Degans, pour réussir vos concours avec Diploweb.com

. Alexis Troude, Le facteur Balkans – La troisième guerre mondiale aux portes de l’Europe ? , Paris, Lignes de repères, à paraître (mars 2017).
Depuis la fin des guerres dans l’ex Yougoslavie, les Balkans peinent à se stabiliser. Enjeu d’une lutte entre grandes puissances, Russie et Etats-Unis en tête, cette vaste zone est de plus en plus une terre de trafics (armes, drogues, cigarettes, notamment), de migrations, d’islamisme radical et de blanchiment d’argent. Or, montre cette enquête, la situation ne fera que se dégrader, entre montée des nationalismes, séparatismes, repli de l’idéal européen et difficultés économiques.
Car l’instabilité des Balkans, à quelques heures de route de l’Europe, ne peut que nous concerner. Alors que nous tardons à nous protéger efficacement, il est temps de prendre conscience des risques pour la paix du facteur Balkans.

. Charles Thépaut, Le monde arabe en morceaux, Paris, Armand Colin, à paraître (février 2017).

Véritable boîte à outils pour suivre l’actualité politique arabe, cet ouvrage s’appuie sur l’histoire longue des pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient afin d’en expliquer les dernières crises : soulèvements de 2011, chute de régimes autoritaires, émergence de Daech, affrontements confessionnels, etc. Mêlant synthèse de la recherche académique, cartes ou anecdotes de terrain, ce manuel de politique arabe décrypte l’évolution d’une région fragmentée, dont le destin est plus que jamais lié à celui de l’Europe. Le Maghreb reste un voisin mal connu. Les conflits en Syrie, en Libye et au Yémen, ou encore la reconquête irakienne contre Daech, amplifient la perception européenne d’un espace constamment en guerre. Les fortunes du Golfe alimentent les polémiques sur le rôle de ces pays dans l’économie mondiale et dans la diffusion de conceptions religieuses rigoristes. S’il faut comprendre les conflits autant que la place de la religion dans les pays arabes, il est aussi important de porter son regard au-delà des chocs les plus spectaculaires. Derrière les violences qui crèvent l’écran, les sociétés se transforment en silence et dessinent tant bien que mal leur avenir.

. Philippe Fabry, Atlas des guerres à venir, Paris, Editions Godefroy Jean-Cyrille, à paraître (février 2017).

Dans Histoire du Siècle à venir, Philippe Fabry mettait au jour une méthode de comparaison historique basée non pas sur des similarités ponctuelles, comme les commentateurs de l’actualité en usent souvent, mais sur des trajectoires longues offrant plusieurs points de contrôle et permettant une prévision plus fiable. Aujourd’hui, dans l’Atlas des guerres à venir, il applique cette méthode à la situation géopolitique mondiale afin de rechercher les lignes de force des grands conflits à venir, et utilise les schémas historiques pour déterminer quelles seront les zones affectées, dans quelle ampleur et selon quelles modalités. A travers une cinquantaine de cartes amplement commentées sont ici illustrés les parallèles historiques et projetés leurs résultats appliqués au monde d’aujourd’hui pour les trois grandes régions qui seront touchées par les guerres à venir : l’Europe, l’Asie et le Moyen Orient. Une dernière partie est consacrée au rôle central des Etats-Unis dans l’ensemble de ces conflits à venir et à la position américaine dans l’ordre mondial qui en résultera. Dans un monde dont l’avenir paraît de plus en plus incertain à mesure que l’ordre mondial américain post-URSS s’estompe et laisse émerger de fortes tensions régionales, l’Atlas des guerres à venir vient éclaircir notre vision en présentant le champ restreint des possibles.

. Jean-Pierre Perrin, Djihad contre le rêve d’Alexandre en Afghanistan, Paris, Seuil, à paraître (février 2017).

Si, aujourd’hui, la défaite occidentale en Afghanistan renvoie aux échecs des envahisseurs précédents, lle met surtout en pièces le grand rêve eurasien, le rêve de fusion entre deux continents d’Alexandre Le Grand.Ainsi, le territoire du Gândhâra où prospéra l’extraordinaire civilisation née de la rencontre féconde entre la Grèce et l’Orient coïncide avec celui du jihadisme contemporain. Celui-là même qui vit la percée des talibans, la montée d’Oussama ben Laden, et même le passage de Mohammed Merah, venu s’entraîner au terrorisme avant de revenir en France.Au rêve d’Alexandre « si beau, perspicace, intemporel et généreux », écrivit Bouvier, a succédé le cauchemar jihadiste qui veut hâter l’Apocalypse nucléaire par le biais d’une guerre entre New Delhi et Islamabad. Est-ce un singulier hasard, une facétie tragique de l’Histoire, le retour d’un lointain passé refoulé et revanchard, ou une victoire de l’Ange des ténèbres sur l’Ange de Lumière ? Journaliste et correspondant de guerre à Libération, écrivain, Jean-Pierre Perrin a publié des romans policiers dont Chiens et louves (Série Noire, 1999) et des récits d’actualités dont Les Rolling Stones sont à Bagdad (Flammarion, 2003), qui relate les derniers mois de Saddam Hussein ; Jours de poussière (La Table ronde, 2002), consacré à l’Afghanistan en guerre et couronné par le Grand prix des lectrices de Elle ; La mort est ma servante (Fayard, 2013), un récit sur la Syrie actuelle, en forme d’hommage à Samir Kassir.

. Isabelle Cassiers, Kevin Maréchal, Dominique Méda, Vers une société post-croissance , éd. De l’Aube, janvier 2017.

Le terme post-croissance désigne l’entrée dans une ère que nous ne parvenons pas encore à nommer, si ce n’est par référence à celle que nous quittons. Les symptômes qui signent la fin d’une époque sont clairs et sans appel : la poursuite de la croissance économique ne constitue plus un projet de société crédible. Toutefois, y renoncer pose aux économistes (théoriciens et praticiens) des défis majeurs qui exigent de reprendre à leur racine, sous un éclairage transdisciplinaire, les questions dont ils traitent couramment. Ensemble, les neuf chercheurs réunis dans cet ouvrage s’interrogent : quels sont les problèmes majeurs qui surgissent à l’esprit dès lors que l’on abandonne un objectif de croissance continue ? Par où passe la transition vers un autre horizon ? Quels sont les courants de pensée et les modes de gouvernance susceptibles d’articuler un projet cohérent ? Chacun des auteurs apporte un regard spécifique, une pièce au puzzle qu’il s’agirait à l’avenir d’assembler.

. Nicolas Werth, Les révolutions russes, Paris, Que sais-je ?, PUF, 2017.

Février 1917. L’empire de Nicolas II s’enlise dans la guerre. Les failles de l’économie russe, dont la modernisation est restée inachevée, apparaissent au grand jour. Entre l’autocratie des Romanov et une société en pleine mutation, le fossé se creuse. Quelques jours suffiront pour renverser le tsar. Sa chute ouvre la voie à une expérience démocratique unique dans l’histoire multiséculaire de la Russie, une expérience qui durera moins de huit mois : en octobre 1917, les bolcheviks, conduits par Lénine, prennent le palais d’Hiver…
Ce sont ces événements de l’année 1917 que raconte avec passion Nicolas Werth. Dépassant le clivage entre les interprétations soviétique et libérale, il s’attache à analyser non pas une seule révolution politique, mais une multiplicité de révolutions sociales et nationales.

. Jean-Luc Martineau, Introduction à la prévention des conflits internationaux, Paris, L’Harmattan, janvier 2017.

Face au danger de la contagion des conflits internationaux, la communauté internationale a fait de l’anticipation des conflits une impérieuse nécessité. Des instruments juridiques, des acteurs, des techniques et des méthodologies sont mobilisés afin de détecter les conflits au plus tôt et d’en prévenir la survenance. Cet ouvrage expose l’ensemble des principes et activités qui en ressortent. Il examine leurs succès et leurs défaillances, et plaide pour une véritable culture de la prévention des conflits.

. Christian-Edmond Pout, Comprendre la justice transitionnelle, Paris, Editions du Cygne, janvier 2017.

Qu’y a-t-il de commun entre des pays tels que le Rwanda, l’Afrique du Sud, le Togo ou le Maroc ? Chacun d’eux a connu, à une certaine étape critique de son histoire contemporaine, un processus de justice transitionnelle. La justice transitionnelle consiste à penser les modalités de la transformation globale d’une société traumatisée après un conflit et à jeter les bases d’un nouveau contrat social. À l’heure où les efforts internationaux et les acquis de la lutte contre l’impunité sont défiés par des résistances opportunistes qui font leur lit dans l’ignorance des populations et une certaine forme de paresse intellectuelle, ce livre rend accessible une compréhension claire des quatre piliers de la justice transitionnelle : le droit à la vérité, le droit à la justice, le droit à la réparation, les garanties de non-répétition. Il propose également d’examiner quelques exemples de processus de justice transitionnelle en contexte africain et se termine par un lexique qui permet aux lecteurs d’appréhender une terminologie qui donne parfois lieu à des simplismes lourds de conséquences dans l’opinion.

. Ibrahim Kader Fofana, L’Afrique de l’Ouest face à la menace djihadiste, Paris, L’Harmattan, janvier 2017.
Préservée jusqu’à un passé relativement récent des effets néfastes du jihad international, l’Afrique de l’Ouest se trouve à ce jour dans le viseur d’Al-Qaida au Maghreb Islamique et de l’Etat islamique. L’auteur aborde ici la question du terrorisme en mettant en exergue ses causes profondes. L’ouvrage montre alors que les Etats ouest-africains ne viendront à bout de ce fléau qu’à travers la mutualisation des efforts à l’échelle sous-régionale, en prenant en compte les aspects politiques, économiques ou encore sociaux et religieux de la lutte contre le terrorisme.

. Pierre Lellouche, Une guerre sans fin ?, Paris, Editions du Cerf, janvier 2017.

À l’heure de flux migratoires sans précédent dans l’histoire de l’humanité, qu’en est-il de la relation entre les mondes musulman et occidental ? À l’heure d’une mutation inédite de la guerre sous la forme d’un djihadisme planétaire, qu’en est-il des moyens d’assurer la paix ? À l’heure où l’islam entre en éruption face à la modernité, qu’en est-il de l’avenir de l’Europe et de la France ?
Sans préjugé mais aussi sans tabou, Pierre Lellouche montre que ces interrogations n’en font qu’une. Il inscrit cette question dans 1 500 ans d’histoire faite de proximités, de conflits et de renversements entre les deux rives de la Méditerranée. Mais cette fresque des événements passés vient éclairer une analyse lucide et informée des réalités présentes. Convoquant tour à tour Marc Bloch, Jacques Bainville, André Suarez ou Bernard Lewis, décryptant faits, cartes, rapports et statistiques, révélant les vrais enjeux des conflits du Proche-Orient qui sont devenus les nôtres,

. Christian Chavagneux et Ronen Palan, Les paradis fiscaux, Paris, La Découverte, janvier 2017.

Les paradis fiscaux sont au cœur des pratiques d’évasion fiscale des riches particuliers et des multinationales. Mais leur rôle est bien plus important : ils sont devenus des outils clés de la mondialisation économique et financière. Et ils sont l’un des éléments qui renforcent l’instabilité financière : qui sait qu’ils ont été présents dans chaque grand épisode de la crise des subprimes ?

Ce livre précise ce que sont les paradis fiscaux et quelle est l’ampleur du phénomène dans la mondialisation contemporaine. Il retrace les étapes qui ont soutenu leur émergence, de la fin du XIXe siècle jusqu’au boom des années 1990. Il présente les utilisateurs des paradis fiscaux et les instruments dont ils se servent. Il analyse les politiques publiques menées depuis les années 1920 pour lutter contre ces États parasites. Il montre en particulier comment le sujet a fini par devenir, depuis 2009, l’une des priorités du G20 et il revient en détail sur les avancées et les insuffisances des décisions prises aux niveaux mondial, européen et français. Il décrypte également les stratégies adoptées par les paradis fiscaux pour préserver leur offre d’opacité dans l’économie mondiale.

. Alice Pouyat, Les Argentins, Paris, Paris, Ateliers Henry Dougier, janvier 2017.

D’après le poète mexicain Octavio Paz « Les Argentins sont des Italiens qui parlent espagnol et se prennent pour des Français »… Mais encore ? Ces entretiens variés dévoilent un peuple qui surmonte avec humour et créativité la violence de crises politiques et économiques à répétition.

. Vincent Pouliot, L’ordre hiérarchique international, Paris, Sciences Po Les Presses, à paraître (février 2017).

À la table des négociations multilatérales, certains ambassadeurs ont plus de poids que d’autres en dépit du principe d’égalité souveraine qui fonde les rapports internationaux. Partant du constat que les différences de ressources matérielles entre les États ne suffisent pas à expliquer ce phénomène, Vincent Pouliot propose une visite guidée de la salle des machines de la politique mondiale. Il montre que les diplomates participent à des luttes de rang fondées tout autant sur leur savoir-faire respectif que sur les liens sociaux qu’ils nouent entre eux et sur l’idée que chacun a de son rôle, du « sens de sa place ». Ces manières de faire engendrent des ordres hiérarchiques complexes. La diplomatie n’est pas qu’un simple vernis social ou encore un rideau devant la scène. En connaître les ressorts aide à mieux comprendre la marche du monde.

. Jean-Manuel Escarnot, Djihadistan, c’est arrivé près de chez vous, Paris, Robert Laffont, à paraître (février 2017).

Les attentats de Charlie Hebdo, ceux du 13 novembre à Paris et du 22 mars 2016 à Bruxelles, confirment le top départ donné par Mohamed Merah à Toulouse, en mars 2012 : le Djihad n’a plus de frontières et ses partisans peuvent surgir à tous moments " près de chez vous ". L’auteur, adepte d’un journalisme en immersion, s’est plongé dans une enquête au plus près des policiers de l’antiterrorisme, dans les mosquées et les salles de prières, des familles de djihadistes et de ceux et celles qui cherchent l’antivirus.

. Michel Raimbaud, Tempête sur le grand Moyen-Orient, Paris, Ellipses, à paraître (février 2017).

Extensible au gré des pulsions américaines, le Grand Moyen-Orient s’étend désormais de l’Atlantique à l’Indonésie, sur plus de 50 degrés de latitude. En raison de sa position stratégique aux confins de l’Eurasie autant que par sa richesse en gaz et pétrole, cette immense « ceinture verte » islamique détient un potentiel de puissance considérable et constitue un enjeu majeur. De son devenir, mis en question par la tempête actuelle, dépend en bonne partie la physionomie de notre monde de demain : sera-t-il unipolaire, aux ordres de l’Occident comme il l’a été depuis la fin de la guerre froide, ou multipolaire comme le préconisent les émergents ? Telle est la question posée.

. Pierre Servent, Extension du Domaine de la Guerre, Paris, Tempus, à paraître (février 2017).

Cruellement frappée par le terrorisme, la France est entrée en guerre. Son ennemi : le salafisme totalitaire, incarné par l’État islamique, qui campe sur cinq continents. Nous avons pris désormais la tragique mesure de cette guerre d’un nouveau type qu’il nous faut livrer au plus loin, en Mésopotamie et au Sahel, et au plus près, au sein de nos villes. Notre pays n’est pas le seul à monter au front, mais il est une cible de choix, non par ce qu’il fait, mais par ce qu’il est.

Ce conflit nous invite à une mobilisation citoyenne puissante. Une mutation d’autant plus indispensable que l’esprit guerrier envahit la planète, aussi bien sur le terrain que sur la Toile : des familles partent faire le djihad ; des bandes armées bâtissent au nom d’Allah un proto-État criminel en Mésopotamie ; les Russes se taillent un État-croupion en Ukraine ; Pékin pousse ses pions navals en mer de Chine tandis que la Turquie rêve de restauration ottomane. Tout cela sous le regard de l’Iran et de l’Arabie saoudite qui se vouent une haine inextinguible et se font la guerre au Yémen. Face à des conflits très difficiles à déchiffrer et à leurs conséquences directes sur notre vie quotidienne, Pierre Servent nous livre des clés indispensables pour affronter un avenir incertain.

. Louise Fines, Géographie policière, ignorance concertée et propagande ennemie, Paris, L’Harmattan, 2017.

Trois études de cas (les starlight tours au Canada ; les manifestations qui se sont déroulées au sommet du G8 à Gênes ; et l’intervention déployée à l’encontre des grévistes à Marikana), servent de prétexte à explorer un phénomène historique : la neutralisation des personnes indésirables. En effet, à l’aune d’un idéal démocratique, il importe de mieux saisir les critères, circonstances et facteurs qui contribuent à faire en sorte que des individus sont classés dans la catégorie « personnes indésirables ».

. Robert McNally, Crude volatility : The History and the Future of Boom-Bust Oil Prices, New-York, Columbia University Press, 2017.

As OPEC has loosened its grip over the past ten years, the oil market has been rocked by wild price swings, the likes of which haven’t been seen for eight decades. Crafting an engrossing journey from the gushing Pennsylvania oil fields of the 1860s to today’s fraught and fractious Middle East, Crude Volatility explains how past periods of stability and volatility in oil prices help us understand the new boom-bust era. Oil’s notorious volatility has always been considered a scourge afflicting not only the oil industry but also the broader economy and geopolitical landscape ; Robert McNally makes sense of how oil became so central to our world and why it is subject to such extreme price fluctuations.
Tracing a history marked by conflict, intrigue, and extreme uncertainty, McNally shows how—even from the oil industry’s first years—wild and harmful price volatility prompted industry leaders and officials to undertake extraordinary efforts to stabilize oil prices by controlling production. Herculean market interventions—first, by Rockefeller’s Standard Oil, then, by U.S. state regulators in partnership with major international oil companies, and, finally, by OPEC—succeeded to varying degrees in taming the beast. McNally, a veteran oil market and policy expert, explains the consequences of the ebbing of OPEC’s power, debunking myths and offering recommendations—including mistakes to avoid—as we confront the unwelcome return of boom and bust oil prices.

. Michel Aglietta et Nicolas Leron, La double démocratie : une Europe politique pour la croissance, Paris, Seuil, 2017.

Nous avons un besoin absolu d’Europe. Le "Brexit" illustre la défiance des peuples à l’égard d’une Union européenne dont ils dénoncent l’autoritarisme technocratique. Attisé par la victoire de Trump, le repli nationaliste pourrait bien l’emporter.
En prenant pour point de départ la question de la démocratie, cet essai développe des propositions concrètes pour surmonter la crise européenne en commençant par rendre aux citoyens le pouvoir de se prononcer sur les grandes options économiques. La méthode des petits pas est révolue. Le contexte historique actuel appelle un nouvel acte fondateur, comme le furent l’institution du marché commun ou la création de l’euro. Cet acte, les auteurs le situent dans un budget européen, avec sa double dimension d’élément constitutif d’un ordre politique et de fonction d’investisseur en dernier ressort pour recouvrer une croissance soutenable.
Seul l’avènement d’une véritable puissance publique européenne peut permettre la revitalisation des démocraties nationales en desserrant l’étau réglementaire de l’UE. En concevant la possibilité d’un partage des responsabilités politiques entre ces deux niveaux, les auteurs envisagent la figure inédite d’une double démocratie.

. Nicolas Mazzuchi, Energie. Ressources, technologies et enjeux de pouvoir, Paris, Armand Colin, à paraître (février 2017).

L’énergie est l’un des secteurs les plus stratégiques et souverains qui soient pour les décideurs politiques. Elle est le socle de toute économie et, par là, de la richesse de l’Etat. Au coeur des questions énergétiques, des questions politiques, des enjeux géopolitiques et internationaux. C’est aussi un secteur économique qui répond à des normes particulières et à des enjeux spécifiques où le rôle des grandes entreprises devient de plus en plus important.
L’auteur s’intéresse aux grands points de tension de la planète (zones riches en ressources, détroits, etc.), aux mécanismes de marché, aux questions de transit (terrestre et maritime), au rôle des Etats, des entreprises, mais aussi de la société civile. Il ne néglige aucune énergie, ni les aspects climatiques qui sont maintenant primordiaux pour comprendre les jeux de pouvoir et d’influence au niveau international.

. Emmanuel Bellanger, Julia Moro, Nogent-Sur-Marne, cité modèle. Histoire d’une banlieue résidentielle aux XIXe-XXe siècles, Paris, La Découverte, janvier 2017.

Ce livre retrace l’histoire d’une cité modèle de la banlieue résidentielle et met en perspective les transformations d’un territoire de l’entre-soi bourgeois, métamorphosé par l’urbanisation. Nogent-sur-Marne est en effet l’exemple d’une forme citadine typique des grandes agglomérations de la vieille Europe, où les résidents ont veillé à préserver l’esprit originel de la villégiature. Dans le Grand Paris des années 1900, ou dans celui des années 2000, la ville incarne la vie résidentielle dans une métropole où s’enracinent les disparités sociales et les ségrégations territoriales.
Mais Nogent, comme toutes les villes bourgeoises des bords de Marne, fut aussi l’eldorado des classes laborieuses, porté à l’écran en 1929 par Marcel Carné. On l’oublie parfois, mais cette ville a aussi été la cité d’accueil de populations venues d’ailleurs, à jamais attachées à la « Ritalie nogentaise » de François Cavanna.
L’histoire de ce territoire révèle également l’ambivalence des relations qu’entretiennent les banlieues avec leur capitale. Lorsque la « banlieue rouge » entretient un rapport conflictuel avec sa puissante voisine ombrageuse, la ville de Nogent s’efforce de devenir un véritable « petit Paris », qui célèbre chaque année la Fête du petit vin blanc où se pressent toutes les vedettes du moment, de Line Renaud et Annie Cordy à Yvette Horner. Ce livre, qui s’inscrit dans la tradition des monographies communales, dévoile aussi les contrastes et les dynamiques qui font et défont les mondes de la ville métropole.

. Alexandre Bevin, Sun Tzu ou l’art de gagner des batailles, Paris, Tallandier, janvier 2017.

Rédigé il y a 2 400 ans par un sage chinois nommé Sun Tzu, L’Art de la guerre est un grand classique de l’histoire militaire. Dans un style concis et imagé, ce livre rassemble des recommandations sur la manière de conduire une guerre.
Spécialiste mondialement reconnu, Bevin Alexander démontre, exemples à l’appui, comment les chefs qui ont appliqué – sans le savoir – les principes, maximes et conseils de Sun Tzu ont presque toujours remporté la victoire, et comment ceux qui y ont contrevenu ont, sans la moindre exception, connu l’échec.
De la guerre d’Indépendance américaine à Gettysburg, du débarquement de Normandie à la guerre de Corée, en passant par Waterloo, la Marne et les Ardennes, la démonstration, solidement documentée, argumentée et non dépourvue d’humour, est implacable.

. Olivier Da Lage, L’Inde, désir de puissance, Paris, Armand Colin, février 2017.

La population indienne dépassera celle de la Chine entre 2020 et 2030. Depuis les débuts de la libéralisation de l’économie indienne au début des années 90, la croissance de l’économie indienne a été spectaculaire, avec pour corollaire le développement d’une classe moyenne jeune et urbanisée. Les salaires et les perspectives d’avenir sont devenus suffisamment attrayants pour que s’esquisse un retour au pays d’une partie des NRI’s (Non Resident Indians). Mais le slogan de l’Inde qui brille (Shining India) utilisé par le BJP lors des élections 2004 s’est à l’époque retourné contre lui, car à côté de cette Inde qui réussit, une écrasante majorité de la population ne bénéficie pas encore des bienfaits de ce développement.
L’auteur présente les défis que doit relever cet Etat continent pour devenir la 6e puissance mondiale.

. Scientific United Nations Educational, History of Water and Humanity, Paris, UNESCO Publishing, February 2017.

To assemble, evaluate and promote appropriate examination of water management in history requires a bold and global initiative. To this end, the UNESCO International Hydrological Programme is pioneering a project to develop a systematic and transcultural interdisciplinary knowledge base. Water History and Humanity explores key issues and cultural developments in humanity’s relationships with water in a coherent, historical framework. The strength of this volume lies in its holistic anthropological approach, which
reveals how various cultures have used and conceptualized water across multiple contexts, and how our interactions with water have transformed the way we see ourselves and the world.

. Antoine Faure, Franck Gaudichaud, Maria Cosette Godoy H, Fablola Mirande P. et René Jara R. (dir.), Chili actuel : gouverner et résister dans une société néolibérale, Paris, L’Harmattan, janvier 2017.

Le mot « néolibéralisme » renvoie assez souvent au Chili. Pour toute une génération, le traumatisme du coup d’Etat de 1973 ne met pas simplement fin au rêve porté par le président Salvador Allende, et à "la voie chilienne au socialisme" : l’intervention militaire enclenche aussi la mise en oeuvre de mesures néolibérales sur le continent latino-américain, et plus généralement à l’échelle mondiale. Mais de quoi parle-t-on lorsque l’on affirme que le Chili est un pays « néolibéral » ? Depuis 40 ans, la question ne cesse d’alimenter réflexions et débats au sein des sciences sociales comme de la sphère publique (Des articles en Français et en Espagnol).

. Pierre Lorrain, Ukraine entre deux destins, Paris, Bartillat, janvier 2017.

Peut-on parler de malédiction ukrainienne ? Les crises succèdent aux crises et l’Ukraine surgit régulièrement dans l’actualité comme un diable de sa boîte et généralement, c’est dans un contexte de catastrophes, de rébellions contre le pouvoir ou de scandales : Tchernobyl, Révolution orange, EuroMaïdan, problèmes gaziers avec la Russie, élections à répétition, corruption, collusions entre oligarques et politiciens, instabilité politique chronique, etc. Tout cela sur fond de divisions et de rivalités persistances entre les deux parties du pays, l’est - globalement tourné vers la Russie - et l’ouest qui regarde l’Union européenne avec les yeux de Chimène. Expliquer les raisons de cette situation hors normes en plongeant dans l’histoire récente de l’Ukraine, tel est le propos de l’ouvrage. Il revient sur l’histoire mouvementée de cet État qui a toujours cherché à exister sans y parvenir de manière durable. Plusieurs questions se posent sur les mythes et les réalités de l’identité ukrainienne. Quelles sont les racines historiques du « peuple ukrainien » ? Et d’ailleurs, un seul peuple ou plusieurs ? Un chapitre sera consacré à chacune des étapes de la création de l’État ukrainien et à ses différents avatars jusqu’à aujourd’hui. La deuxième partie traitera des événements qui ont secoué l’Ukraine depuis novembre 2013 et qui, même s’ils n’ont pas dégénéré en guerre civile, ont provoqué l’une des crises internationales majeures en Europe depuis l’effondrement de l’Union soviétique. En réalité, il n’y a pas une seule crise mais plusieurs qui s’emboîtent à la manière des matriochki de l’artisanat. Un chapitre sera consacré à chacune d’entre elles, à savoir crise économique, crise politique, crise institutionnelle, crise internationale.

. Pierre-Jean Luizard, Le piège Daech, Paris, La Découverte, janvier 2017.

Le groupe État islamique, inconnu encore quelques mois auparavant, a fait une entrée fracassante et sanguinaire dans l’actualité au cours de l’année 2014. Profitant des crises en chaîne qui secouent l’Irak et la Syrie, Daech a pris le contrôle d’une vaste région et dispose aujourd’hui de gigantesques ressources financières. Recrutant ses combattants dans le monde entier, exécutant ses otages avec une particulière cruauté et maîtrisant parfaitement l’art de la propagande, l’organisation apparaît, à la une des journaux occidentaux, comme l’incarnation contemporaine de la "barbarie". Reléguant Al-Qaïda au second plan, Daech serait devenu le mouvement le plus puissant de la " planète djihad".
Rompant avec nombre de commentaires à chaud, l’historien Pierre-Jean Luizard, grand spécialiste de la région, analyse l’ascension fulgurante et le fonctionnement de l’État islamique. Derrière les responsables de l’organisation, à commencer par son énigmatique chef, Abou Bakr al-Baghdadi, derrière le "califat" que ce dernier a proclamé en juin 2014, se cachent des logiques moins visibles, locales autant que mondiales, sociales autant que religieuses, dont les racines remontent au début du siècle dernier, à l’époque où l’Occident dessinait les frontières actuelles du Moyen-Orient.
Dans cet essai qui fait dialoguer l’actualité immédiate et la grande Histoire, l’auteur explique pourquoi nous sommes aujourd’hui pris dans le "piège Daech", cet "État-monstre" que l’Occident a largement contribué à faire émerger. Il avertit : ce piège se refermera impitoyablement si l’on s’obstine dans une logique guerrière, et si l’on refuse de comprendre le bouleversement historique que vit l’ensemble de cette région.

. Mathieu Guidère, Atlas du terrorisme islamiste, d’Al-Qaida à Daech, Paris, Editions Autrement, janvier 2017.

Un atlas du terrorisme islamiste à l’échelle mondiale. Pour comprendre ses racines, l’auteur analyse les liens entre islam, islamisme, djihadisme et terrorisme. Il décrit les différentes formes d’attaques, les différents groupes et les différentes organisations.

. Collectif, Russie 2017, cent ans après, Paris, Autrement, 2017.

La Russie fait peur, elle fascine à la fois proche et lointaine. Le président Vladimir Poutine, dans les arcanes du pouvoir depuis l’époque soviétique, incarne aux yeux du peuple russe le réveil d’une nation soumise aux sanctions internationales et où le rêve d’une nouvelle révolution – un siècle après celle qui marqua le xxè siècle – semble impossible. Pourtant, les crises démographiques, économiques et diplomatiques qui traversent le Kremlin bousculent l’État le plus vaste de la planète.


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