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Actualité du livre géopolitique

Par Pierre VERLUISE, Quentin MARQUES, le 10 octobre 2014  Imprimer l'article  Information sur l'article Télécharger l'article au format PDF

Les livres géopolitiques sont nécessaires à la compréhension du monde. Le Diploweb.com en présente ici une veille spécialisée, vue plus de 2 000 fois par mois. Le Diploweb.com ne touche aucune commission des éditeurs ou libraires.

Les éditeurs qui souhaitent faire connaître leurs nouveautés doivent adresser un exemplaire à Diploweb.com, 1 avenue Lamartine, 94300, Vincennes, France. Pour communiquer leur programme, les éditeurs doivent adresser un courriel à l’adresse suivante redactiondiploweb [at] gmail.com . La rédaction reste juge seule de ses choix.

. Gérard-François Dumont et Pierre Verluise, Géopolitique de l’Europe, classes préparatoires commerciales, nouveau programme, 2e édition. Ed. Sedes-Armand Colin, 1er septembre 2014.

De tous les continents, l’Europe est celui dont la définition suscite régulièrement les plus vives controverses. Où commence-t-elle ? Où s’arrête-t-elle ?

Actualité du livre géopolitique

Cette géopolitique de l’Europe traite du territoire composite qui s’étend de l’Atlantique à la vaste Russie. Sa configuration en a été profondément remodelée depuis la fin de la Guerre froide. L’Union européenne des 28 y est l’un des acteurs, aux côtés d’un ensemble d’États et d’institutions qui concourent à une dynamique européenne complexe. La méthode, délibérément pluridisciplinaire, permet d’en comprendre les ramifications et d’en analyser les enjeux présents et futurs. Cette édition, parfaitement actualisée, tient compte de la dimension géopolitique des événements les plus récents.

Le recteur Gérard-François Dumont est professeur à l’Université de Paris IV Sorbonne, directeur de la revue Population & Avenir. Pierre Verluise est professeur en CPGE, chargé de cours à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, directeur du site Diploweb.com.

Plus sur le site de l’éditeur


. Jacques Follorou, Démocraties sous contrôle. La victoire posthume de Oussama Ben Laden, Paris, CNRS éditions.

Le 2 mai 2011, l’opinion occidentale a pu croire que la mort du chef d’Al-Qaida signifiait que le danger était écarté. Pourtant, au coeur de nos cités, de nos démocraties et de nos États, un mal sans visage, sournois et plus dévastateur poursuivait son oeuvre. De son vivant, Ben Laden se félicitait des effets de ce poison lent : ces démocraties qu’il connaissait bien allaient se renier et compromettre leurs propres valeurs.

Recours à la torture, prisons secrètes de la CIA, frappes de drones, reniement du droit international en sont les pires exemples. L’anti-terrorisme triomphant s’est s’imposé comme seule doctrine officielle en matière de sécurité en Occident. Mais cette obsession de la menace terroriste a constitué un formidable rideau de fumée pour que s’édifient, à l’abri des regards, de vastes complexes sécuritaires n’ayant que marginalement à voir avec la lutte contre les djihadistes : les États-Unis, mais aussi la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne ont dépensé des sommes colossales dans la construction de systèmes mondiaux de surveillance. La menace terroriste a été ainsi un formidable alibi pour édifier, à l’insu de tout débat démocratique, des machines sécuritaires d’autant plus vastes qu’elles ont épousé la révolution technologique en matière de communication et de surveillance. La vie de tout individu est aujourd’hui numérisée donnant à ces puissances technologiques d’État les moyens de tout savoir.

Les enjeux industriels et financiers sont tels et l’idéologie sécuritaire s’est incrustée à un tel point dans les esprits que le pouvoir politique semble avoir renoncé à toute volonté de restaurer des espaces de liberté perdue…

. Pierre Berthelet, Chaos international et sécurité globale La sécurité en débats, EPU, 2014. ISBN : 9782342027921

Nous traversons une période dangereuse dit-on. Les conflits augmentent, la grande criminalité prospère, les violences se multiplient et la petite délinquance explose. Affaibli, l’État n’arrive plus à protéger la société contre la montée des nouveaux périls : immigration incontrôlée, finance noyautée par les organismes mafieux, cybercriminalité, menaces invisibles, hybrides et transnationalisées... Le monde est décrit comme un "vaste désordre" caractérisé par l’accroissement des massacres ethniques, l’émergence de banlieues comme des territoires de non-droit, le développement d’un "terrorisme apocalyptique" et la propagation inexorable de "zones grises". Un conflit des cultures et des religions s’annonce au moment où l’Occident est en proie à une crise de valeurs.

Mais que penser de ce discours sur le chaos international et sur le désordre planétaire ? Quelles conclusions tirer et comment comprendre la sécurité globale comme réponse au danger ? Au fond, nos sociétés sont-elles si menacées que cela ? Courent-elles réellement à leur perte ? Richement documenté, "Chaos international et sécurité globale. La sécurité en débats" éclaire cette question complexe en menant une analyse approfondie à partir d’une synthèse féconde des réflexions existantes sur le sujet.

. Anne-Clémentine Larroque, Géopolitique des islamismes, Coll. QSJ, PUF, 2014.

L’islamisme désigne plusieurs réalités : des mouvements idéologiques, des groupes politiques, des partis politiques, des groupes terroristes et enfin des groupes ou individus isolés qui peuvent se trouver en pays musulman comme en « terre mécréante ».

Des Frères musulmans aux salafistes du monde arabe, des Ouïghours indépendantistes de Chine, aux islamistes indonésiens ou philippins, jusqu’aux islamistes de France, d’Angleterre et des États-Unis, l’onde de choc islamiste fait parler d’elle dans le monde entier. Associée très largement par les médias au terrorisme djihadiste, l’islamisme ne saurait s’y réduire : depuis 2011, des groupes islamistes ont pris la direction d’État de manière démocratique (en Turquie, en Tunisie, au Maroc, brièvement en Égypte). Cette légitimation politique marque une reconnaissance des idées islamistes dans le monde arabo-musulman. Pour la communauté internationale, l’islamisme n’est pas toujours porteur de craintes : en 2011, par exemple, le prix Nobel de la Paix fût remis à une militante yéménite issue du mouvement islamiste Al-Islah. En somme, si l’islamisme grandit, l’idée d’une internationale islamiste est bien une illusion. Prendre en compte cette pluralité est indispensable à la compréhension de ce phénomène. Cet ouvrage explicite les origines et fondements des doctrines islamistes sunnites comme chiites et donne les bases nécessaires à toute réflexion sur le sujet. Il montre surtout combien appréhender les islamismes d’aujourd’hui exige une étude géographiquement et politiquement très ancrée de chaque mouvance.

Anne-Clémentine Larroque est maître de conférences en Relations internationales à Sciences-Po

. Thierry Lentz , Yves Bruley (dir.), Diplomaties au temps de Napoléon, Paris, CNRS éditions, 2014.

Au vu des guerres menées par l’Empereur, le rôle de la diplomatie et des diplomates à l’époque napoléonienne peut paraître marginal. Il n’en est rien : pour Napoléon, la guerre était bien la continuation de la politique. Du traité de Campo-Formio à celui de Tilsit, des accords territoriaux aux traités de commerce, les diplomates furent des acteurs essentiels de l’action extérieure du Consulat et de l’Empire. Si la question de la continuité ou de la rupture de la diplomatie napoléonienne avec celles de l’Ancien régime et de la Révolution française se pose d’emblée, celle de la contradiction entre l’idée de puissance, la volonté de paix, le désir de gloire, d’une part, et la nécessaire régulation de la vie internationale, d’autre part, est révélatrice d’ambiguïtés qu’il convient d’examiner. Qui animait la politique diplomatique et avec quels moyens ? Plus concrètement, quelle influence réelle eurent les cinq ministres des Relations extérieures – Reinhard, Talleyrand, Champagny, Maret et Caulaincourt – ou les chevilles ouvrières – la Besnardière, Hauterive, Bignon, etc.- face à la volonté de Napoléon lui-même ? Quelle était la conception du « droit international » de l’empereur et en quoi heurtait-elle ou se conformait-elle aux idées du temps ? Peu abordée par les historiens, la place de la diplomatie dans la politique impériale est révélée ici dans toute sa dimension.

. Jean-François Gayraud, François Farcy, Le renseignement criminel, Paris, Biblis, 2014.

Trafic de drogues, d’armes et d’êtres humains, contrebande, contrefaçon, fraude financière, crime écologique, mafia, guérilla passée au narcotrafic, bande criminelle de quartiers, corruption… Comment prévenir et juguler ces fléaux qui menacent la sécurité des citoyens, des États, de l’Europe ? François Farcy et Jean-François Gayraud montrent pourquoi et comment le renseignement est indispensable pour combattre efficacement des criminalités protéiformes et toujours plus transnationales. Une approche nouvelle exigeant la remise en cause radicale de tactiques usées, lentes et stérilisantes. Pour la première fois, un ouvrage offre une étude rigoureuse et novatrice pour analyser et combattre les nouvelles criminalités nourries par la mondialisation.

. Pierre Blanc et Jean-Paul Chagnollaud, Violence et politique au Moyen-Orient, Presses de Sciences Po, 2014.

Le Moyen-Orient est une des régions les plus instables au monde. Guerres civiles en Syrie et en Irak, transition politique douloureuse en Égypte, occupation massive de la Palestine par Israël, tensions récurrentes au Liban : autant d’exemples d’un état de violence qui a la particularité de s’exporter hors des foyers où il se déploie.

La désertion du politique, dont la légitimité se fonde sur le dialogue, le compromis et la référence au droit, laisse le champ libre à un déferlement de violence multiforme dans cette région. Pour en décrypter les mécanismes, les auteurs prennent en compte cinq dimensions : les conflits territoriaux, les enfermements idéologiques, les replis identitaires, la résilience des autoritarismes et le contournement du droit international. Une réflexion sur cet espace géopolitique majeur, que le déni du politique fait sombrer dans le chaos.

. Rémy Leveau, Denis Bauchard, La démocratie est-elle soluble dans l’islam ?, Paris, CNRS éditions, 2014

Les attentats du 11 septembre 2001 ont brutalement posé la question des libertés politiques dans le monde arabe. Ces pays musulmans ne seraient-ils que des « démocraties sans démocrates » ? La frustration de populations réprimées serait-elle une cause de la « violence islamiste » ?

L’Occident voit dans la réforme de ces régimes autoritaires les prémices d’un rempart contre l’hyperterrorisme. Il cherche à convaincre – par la force si besoin – les gouvernements arabes d’organiser des élections, d’améliorer le statut de la femme, de protéger les minorités… bref, de s’ouvrir à LA DÉMOCRATIE. Démarche difficile s’il en est car, au XXIe siècle, la notion de pouvoir en islam fait toujours débat, en particulier en raison de l’imbrication du religieux et du politique.

Cet ouvrage vient précisément éclairer la place du politique en « terre d’islam » sous différents angles – histoire, anthropologie, sociologie, science politique. Il dresse un tableau vivant de la situation au Maroc, en Égypte, en Arabie saoudite, en Iran et en Turquie.

Avec les contributions de : Madawi Al-Rasheed, Hicham Ben Abdallah El Alaoui, Hamit Bozarslan, Mohammed El Oifi, Richard Falk, Nader Fergany, Abdou Filaly-Ansary, Yves Gonzalez-Quijano, Abdellah Hammoudi, Farhad Khosrokhavar, Henry Laurens, Malika Zeghal.

. Michel Aglietta et Virginie Coudert, Le dollar et le système monétaire international, La Découverte, 2014.

Le dollar occupe une position dominante dans le système monétaire international. Comment se manifeste cette position par rapport aux autres grandes monnaies ? Quelles en sont les causes et les enjeux pour l’économie mondiale ?

En émettant la monnaie internationale dominante, les États-Unis disposent d’un « privilège exorbitant ». Dans le système de Bretton Woods, le dollar était le pivot des relations de change. Il est remarquable que le passage aux changes flottants ait préservé cette asymétrie. La structure des relations monétaires l’explique. Car la liquidité dépend d’effets de réseaux qui confortent les positions dominantes.

Mettre en évidence cette persistance découle de l’analyse des processus historiques qui forment les monnaies internationales. Aussi sa remise en cause dépend-elle de l’évolution mondiale qui affirme de nouvelles puissances hors de l’orbite occidentale. Parce que la monnaie est un bien public, la concurrence des devises pour la liquidité internationale est un processus instable. Avec l’internationalisation du renminbi (yuan) réapparaîtra vers la fin de l’actuelle décennie le besoin de règles monétaires mutuellement acceptées.

. David Siritzky, Parlons d’Europe en 30 questions, coll. doc’ en poche, nouvelle édition 2014, Paris, La Documentation française.

Voici une porte d’entrée à la fois facile et intelligente pour comprendre l’Union européenne. L’auteur fait oeuvre de pédagogue et il faut l’en remercier. Elections européenne, Union bancaire, crise de l’euro, pacte transatlantique d libre échange... tout pour comprendre l’essentiel.

. Pascal Baylocq, Philippe Charlez, Gaz et pétrole de schiste... en questions, Technip, 2014.

En six ans les États-Unis ont réduit d’un tiers leur dépendance pétrolière et sont devenus presque autosuffisants en gaz. Cette « révolution des gaz et pétrole de schistes », leur a permis de redevenir l’un des pays les plus compétitifs au monde.

Cette nouvelle donne aura à moyen terme des conséquences géopolitiques majeures. L’ensemble des flux pétroliers, gaziers et charbonniers seront profondément modifiés. Pendant que les importations américaines en provenance du golfe Persique se réduiront fortement, celles de la Chine et de l’Inde augmenteront significativement. Les États-Unis devenant exportateur de gaz, la Russie devra chercher de nouveaux débouchés. En Europe, les ressources semblent importantes. Mais la réalisation d’un grand projet demandera la levée de plusieurs verrous d’ordre géologique (les roches mères européennes sont-elles aussi bonnes que ses « consœurs » américaines ?), économique (l’Europe sera-t-elle capable de développer ses ressources à des coûts acceptables ?) mais aussi sociétal. Dans une Europe fortement urbanisée, fracturation hydraulique, approvisionnement en eau, microséismes et impact en surface représentent pour certaines parties prenantes autant de « menaces ». Changer cette perception demandera à la fois pédagogie et transparence vis-à-vis des communautés locales. Dans cet ouvrage qui se veut accessible aux non spécialistes, Philippe Charlez et Pascal Baylocq répondent en 20 questions à « tout ce que vous voulez savoir sur les gaz et pétrole de schistes sans oser le demander ».

. Guillaume Charon, Gaz de schiste : la nouvelle donne énergétique, Technip, 2014.

Enjeux techniques, économiques, écologiques et géostratégiques. « Gaz de schiste : la fin » ; « Le mirage évanoui » ; « Des coûts de production élevés »,« Le gaz de schiste vous rend heureux » ; « Miracle en Californie » ; « Le gaz de schiste sauve l’industrie américaine »… Le développement des gaz de schiste est au cœur des débats. Toutefois le sujet et ses enjeux restent difficiles à appréhender. Les nouvelles contradictoires se télescopent tandis que la rhétorique et la posture se substituent trop souvent à l’expertise et à l’objectivité. Dépassionnant le débat et au terme de deux années d’une analyse approfondie, l’auteur lève le voile sur l’industrie du gaz de schiste et explique, pas à pas, comment cette ressource transforme en profondeur le monde énergétique et les rapports de force économiques et géopolitiques. Destiné à un public de spécialistes et de décideurs politiques, cet ouvrage apporte des réponses claires, argumentées et chiffrées aux questions qui agitent le débat : combien d’éoliennes pour remplacer une production de gaz de schiste ? Quels sont les risques environnementaux ? Comment les éviter ? Quelles retombées économiques pour les consommateurs, les industriels ou les États ? Quel est l’impact du gaz de schiste sur le prix de l’énergie ? Pourquoi les majors ont-elles raté le virage ? Pourquoi certains pays producteurs s’opposent au gaz de schiste ? Dans quels pays le gaz de schiste va-t-il se développer ?

Gaz non conventionnel, Exploration et production, Transport stockage et commercialisation, Coûts de production du gaz non conventionnel – Exemples de simulations, Bilan économique du gaz non conventionnel, Stratégie des acteurs, Bilan environnemental, Débat, Panorama mondial.

. Pierre Blanc, Jean-Paul Chagnollaud, Violence et politique au Moyen-Orient, Presses sciences po, 2014.

Le Moyen-Orient est une des régions les plus instables au monde. Guerres civiles en Syrie et en Irak, transition politique douloureuse en Égypte, occupation massive de la Palestine par Israël, tensions récurrentes au Liban : autant d’exemples d’un état de violence qui a la particularité de s’exporter hors des foyers où il se déploie.

La désertion du politique, dont la légitimité se fonde sur le dialogue, le compromis et la référence au droit, laisse le champ libre à un déferlement de violence multiforme dans cette région. Pour en décrypter les mécanismes, les auteurs prennent en compte cinq dimensions : les conflits territoriaux, les enfermements idéologiques, les replis identitaires, la résilience des autoritarismes et le contournement du droit international. Une réflexion sur cet espace géopolitique majeur, que le déni du politique fait sombrer dans le chaos. Chapitre 1 Les violences territoriales : Les violences premières ou la marque du colonialisme, Les violences dérivées ou la marque des nationalismes, Israël-Palestine : un foyer actif de violence territoriale, L’épuisement des violences territoriales ? Chapitre 2 La violence des idéologies : La victoire du sionisme radical ?, Le nationalisme arabe : de la libération à l’exclusion, L’islam est-il la solution ?, Désamorcer les violences idéologiques, Chapitre 3 Quand la différence induit la violence : État-nation et épuration ethnique, État-nation affrontements communautaires et minorités, État-nation communautés et intégration citoyenne, « Etmaintenant, on va où ? ». Chapitre 4 Les systèmes autoritaires : L’asabiyya : un concept évolutif, Le trompe-l’oeil des institutions, Quand la violence se fait indirecte : la violence économique, Quand la violence se fait directe : la violence physique, Un autoritarisme à forte résilience. Chapitre 5 La force et la stratégie : L’ONU marginalisée, Des traités instrumentalisés, Une justice pénale ignorée, La preuve par la paix.

. Marianne Bastrid-Brugière (dir.), Une autre émergence ?, Hermann, 2014.

L’émergence de la Chine et de l’Inde depuis vingt ans n’est-elle qu’une émergence économique ? Derrière l’élan continu de la croissance économique, n’y a-t-il pas des ressorts internes, encore trop méconnus ? Dans quel état d’esprit les populations y vivent elles le bouleversement des modes de vie ? Quelles expressions les changements en cours trouvent-ils dans les représentations, les sentiments, l’imaginaire des habitants ? Avec quels espoirs et quelles ambitions ? De la créativité technique à la création littéraire, cet ouvrage explore les forces humaines mobilisées par les deux grandes puissances asiatiques du XXIe siècle, et recherche la dynamique profonde de leur émergence.

. Jean-Vincent Holeindre, Jean Baechler (dir.), Penseurs de la stratégie, Hermann, 2014.

La guerre s’inscrit dans un espace à trois dimensions, politique, instrumentale et opérationnelle. La stratégie vise l’appropriation des moyens aux fins. La fin du politique est la paix, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, où elle peut être gagnée par l’équilibre ou la conquête : la « grande stratégie » tend à cette fin par des moyens militaires et diplomatiques. La fin des opérations est la victoire, en gagnant ou en ne perdant pas : la stratégie opérationnelle choisit entre l’attaque et la défense pour décider les tactiques et conduire les opérations. La dimension instrumentale porte sur l’outil militaire et ses modes d’emploi : elle exige une réflexion stratégique.

Les stratégies politique et opérationnelle relèvent de l’agir, qui vise des objectifs à travers les incertitudes des circonstances. Elles exigent vision, fermeté, prudence. La stratégie instrumentale relève du connaître et vise le général, pour accroître l’efficacité de l’outil militaire. Les penseurs de la stratégie sont donc des praticiens ou des théoriciens. Ce florilège illustre la diversité des conceptions de la stratégie dans ses trois dimensions politique, théorique et opérationnelle.

. Jean-Vincent Holeindre, Jean Baechler (dir.), Guerre et politique, Hermann, 2014.

Faire de la guerre un sujet central des sciences de l’homme et de la société, et le faire de telle manière que soit inauguré un courant de pensée et de recherche original et fécond sur le long terme, tel est l’objectif de cette collection d’ouvrages qui reprennent les Actes de colloques et de journées d’étude, organisée, sous la direction de M. Jean Baechler, par l’Académie des Sciences morales et politiques, avec le soutien de la Fondation Simone et Cino Del Duca de l’Institut de France.

Dans ce premier livre, il convenait de préciser la place et le lieu de la guerre dans le dispositif humain et, pour ce faire, de montrer qu’elle est, d’abord et de part en part, un phénomène qui relève du politique, en un sens encore plus profond, s’il est possible, que l’apophtegme célèbre de Clausewitz de la guerre comme continuation de la politique par d’autres moyens. Si la paix par la justice est la fin du politique, alors le politique s’exerce sur deux espaces distincts. L’un est intérieur, où des dispositifs et des procédures appropriés favorisent la résolution des conflits sans le recours à la violence. L’autre est extérieur, où au moins deux espaces de pacification tendancielle se rencontrent au risque de succomber à des conflits violents, faute des dispositifs et des procédures idoines : la guerre y est virtuelle. Depuis au moins dix mille ans, l’humanité est soumise aux contraintes de ces deux espaces. Sont ainsi examinés successivement le concept de guerre, les types de guerre, la guerre et la construction politique, les régimes politiques et la guerre, la guerre et les logiques politiques.

Ouvrage publié dans la collection L’Homme et la guerre, une collection de l’Académie des sciences morales et politique.

. Régis Debray, Renaud Girard, Que reste-t-il de l’Occident ?, Grasset, 2014.

À la manière des contes philosophiques, cet ouvrage se présente comme un échange épistolaire entre le philosophe Régis Debray et le reporter international Renaud Girard sur le déclin présumé de l’Occident. La diversité des expériences, des angles, des points de convergence et de divergence entre les deux auteurs fait de ce petit livre rapide et brillant la synthèse la plus stimulante qui soit sur l ?un des plus grands sujets de notre avenir.

. Pierre Rousselin, Démocratie en danger, Comment sera le monde dans 10 ans ?, First, 2014.

. Michel Agier (dir.), Un monde de camps, La découverte, octobre 2014.

Les camps se multiplient et se banalisent partout sur la planète. Ils sont aujourd’hui des milliers, dessinant peu à peu un nouveau paysage mondial. Gouvernements nationaux et agences internationales adoptent de plus en plus systématiquement cette solution pour « regrouper » les réfugiés humanitaires, pour « parquer », faire « transiter », « retenir » ou mettre à l’écart les « déplacés » et les migrants, les « clandestins » et autres indésirables.

Douze millions de personnes vivent ainsi dans ces camps, des millions d’autres dans des campements de fortune, au creux des forêts, dans les interstices des villes, le long des frontières ; d’autres encore sont piégées dans des centres de rétention, des zones d’attente ou de transit. Si ces « hors-lieux » sont des espaces de parias, nombre d’entre eux s’inscrivent dans la durée et se transforment au fil du temps : la vie s’y renouvelle, s’y attache, et l’emporte le plus souvent sur la mort ou le dépérissement. En vingt-cinq monographies qui forment une sorte de tour du monde des camps (du plus ancien, à Chatila au Liban, au plus grand, à Dadaab au Kenya, qui regroupe 450 000 habitants, en passant par le plus informel, à Canaan en Haïti, ou le plus précaire, à Calais), cet ouvrage fait découvrir la vie intime et quotidienne de leurs habitants. Loin d’être l’« exception » que l’on évoque généralement dans un cadre humanitaire ou sécuritaire pour en justifier l’existence, les camps font durablement partie des espaces et des sociétés qui composent le monde aujourd’hui.

. Bertrand Collomb, La France dans le monde - Coffret (3 Vol.), Hermann, 21 novembre 2014.

Académiciens, chefs d’entreprises, diplomates, universitaires, politiques, mais aussi archevêque, romancier, réalisateur de cinéma ou chef cuisinier : près de trente personnalités ont été mises à contribution pour dresser un tableau inédit et actuel de « la France dans le monde ». Un tableau qui tient à la fois de la grande fresque et du portrait, tant l’identité française est singulière, et qui prend la forme d’un triptyque, celle du coffret "La France dans le monde" correspondant à trois volumes : Tome I, Une puissance moyenne ?, analyse le rôle politique de la France dans le monde et en Europe. Tome II, Les Français dans l’économie mondialisée, étudie la société française confrontée à la mondialisation. Tome III, Histoires de succès mondiaux, présente l’expérience des entreprises françaises leaders mondiaux dans leurs secteurs. Cette vaste enquête, unique en son genre, a été réalisée par l’Académie des sciences morales et politiques.

. Julien Wagner, Chine/Afrique - Le grand pillage, Eyrolles, 21 novembre 2014.

Depuis 20 ans, La Chine prend pied en Afrique, exploitant les ressources tout en vendant ses marchandises à bas coût. C’est une nouvelle colonisation, violemment capitaliste, à laquelle se livre la Chine sur un continent au réel potentiel de croissance. L’échange est largement perdant pour l’Afrique : pillage des richesses, nouveaux liens de dépendance, entretien de la corruption, catastrophes écologiques...

. Didier Destremau, Les armes du printemps arabe, Riveneuve, 4 décembre 2014.

La zone arabe est dans l’œil du cyclone depuis les premières manifestations à Tunis, Bahrein, le Caire ou Damas. La révolution, la contre révolution, la répression, les combats, les menaces extérieures, les guerres civiles conduisent à une course à l’armement de tous côtés. Trois ans après le début de ce qu’on appelle le « Printemps arabe », un état des lieux des armées officielles et des forces armées rebelles en présence s’impose.

. Gilles Ardinat, Comprendre la mondialisation en 10 leçons. 2e édition mise à jour, Ellipses, 2014. La « mondialisation » est omniprésente dans les médias et les discours politiques. Ce sujet, vaste et complexe, suscite chaque jour de nouveaux ouvrages, des articles et des débats. Pourtant, ce concept est le plus souvent mal défini, voire incompris.

Ce manuel de culture générale propose une synthèse des principaux travaux consacrés à la mondialisation. Il permet d’aborder tous les aspects du sujet : histoire, économie, géographie, sciences politiques, écologie... En effet, la mondialisation n’est pas uniquement un phénomène économique, elle influence en profondeur l’ensemble de la société (culture, religion, mode de vie).

Cet ouvrage traite de la mondialisation de façon structurée et pédagogique grâce à 10 parties thématiques et un glossaire de plus de 160 entrées. Chaque leçon est complétée par des extraits de textes – citations d’auteurs et d’acteurs importants. Il s’adresse aux étudiants et à toutes les personnes soucieuses de comprendre ce sujet incontournable et passionnant.

. Sophie Bessis, La double impasse. L’universel à l’épreuve des fondamentalismes religieux et marchand, la Découverte, octobre 2014. Le grand tournant conservateur des années 1980 a fait émerger deux systèmes idéologiques qui ont prospéré sur l’épuisement de la modernité et qu’on peut qualifier de fondamentalismes. D’un côté, les apôtres du marché globalisé veulent inclure dans sa sphère toutes les activités humaines. De l’autre, de nouvelles hégémonies religieuses et identitaires tentent de reconquérir des sociétés que les évolutions mondiales plongent dans l’anomie. Entre les deux versions, plus complémentaires que concurrentes, de la réaction postmoderne, y a-t-il place pour un nouvel universalisme capable de conjurer cette double impasse ?

Sophie Bessis propose dans ce livre quelques réponses à cette question. Pour ce faire, elle explore l’histoire heurtée de la modernité dans le monde arabe. Refusant de réduire celui-ci à sa spécificité supposée, elle s’interroge sur le sens qu’on peut donner à ses convulsions et sur la part d’universel que portent ses aspirations. Elle questionne, en regard, l’essor des pensées différentialistes en Occident, y voyant l’abandon par ce dernier d’universaux dont il a longtemps fait sa propriété. Sous quelles formes le Sud peut-il reprendre à son compte un projet de modernité, au-delà de ses contradictions et des régressions qu’il connaît ?

. Niall Ferguson, Civilisations, Nous et le reste du monde, Saint-Simon, 2014.

C’est en visitant les chantiers pharaoniques de la mégapole de Chongqing, en Chine, que Niall Ferguson a été saisi d’une révélation : et si nous étions en train de vivre la fin de la domination occidentale sur le monde ? Fasciné par le destin des empires, l’historien britannique s’est demandé par quel miracle l’Europe de l’Ouest, déchirée par les guerres du Moyen-Age, avait pu prendre le dessus sur la Chine, l’Inde, l’Empire Ottoman, alors au faîte de leur puissance, pour imposer au monde ses normes et son mode de vie.

Les clefs de ce miracle, ces six « applis fatales » qui fondèrent pour cinq siècles la suprématie de l’Occident, Niall Ferguson les analyse ici : ce sont la concurrence, source d’innovation ; la science, garante de la domination militaire ; le droit de propriété, pilier de la démocratie représentative ; la médecine, source de mieux-être collectif ; la société de consommation, moteur de l’industrialisation ; enfin, l’éthique du travail, ciment des institutions.

Mais demain ?... Les mêmes causes qui ont fait la grandeur de l’Occident peuvent-elles causer sa décadence ? Comment maintenir cette supériorité, quand le reste du monde a peu ou prou fait siennes les recettes du miracle occidental ? Comment enfin empêcher que le déclin relatif de l’Occident ne devienne absolu et irréversible ?

A ces questions, dont dépend notre devenir, l’auteur du best-seller L’irrésistible ascension de l’argent, apporte sa réponse, qui ne manquera pas de faire débat : le principal ennemi de l’Occident n’est autre que lui-même. Il ne tient qu’à lui de retrouver son rang, en reprenant confiance dans la solidité et la supériorité de ses institutions.

Niall Ferguson est né le 18 avril 1964 à Glasgow. C’est un des plus grands historiens britanniques de sa génération. Professeur à Harvard et à l’Université d’Oxford, ses travaux portent sur l’histoire de l’économie et de la finance. Il est notamment l’auteur des best-sellers The House of Rothschild (Penguin Books, 1998) et de L’irrésistible ascension de l’argent (Saint-Simon, 2009), qui ont été adaptés en documentaires pour la BBC. Père de quatre enfants il vit aujourd’hui aux Etats-Unis avec sa seconde épouse, la députée hollandaise d’origine somalienne Ayaan Hirsi Ali.

. Eddy Fougier et Anna Dimitrova, Introduction aux relations internationales, Ellipses, 2014.

Cet ouvrage se veut une introduction aux relations internationales la plus accessible et compréhensible possible. Il est structuré en cinq grandes parties qui abordent chacune de façon synthétique les principales thématiques des relations internationales. La première partie intitulée « Histoire des relations internationales contemporaines » est une mise en perspective historique des relations internationales contemporaines. « Droit international et organisations internationales » aborde le cadre juridique et institutionnel des relations internationales autour des enjeux du droit international et des institutions internationales et régionales. La troisième partie, « Les principaux États dans le système international » est consacrée aux principaux acteurs des relations internationales que sont encore les États. La quatrième partie, « Conflits et tensions dans le monde » s’intéresse aux principales zones de conflits et de tensions dans le monde. Enfin, la cinquième et dernière partie intitulée « Les principales menaces pour l’ordre international » traite des grandes menaces qui pèsent sur l’ordre international actuel. 

. Dionet-Grivet Suzanne, Géopolitique de l’eau, Ellipses Marketing, octobre 2014. (2e éd.)

Raréfaction de l’eau, inégalités des hommes face à la ressource, l’eau des villes et l’eau des champs, pollutions, conflits de l’eau et hydrodiplomatie, nécessité d’une gestion concertée… autant de thèmes abordés clairement et simplement.

Largement illustré de cartes et schémas, et grâce à de nombreux exemples pris à travers le monde, l’ouvrage est un outil précieux pour comprendre les défis et enjeux de cette ressource essentielle à la vie.

Chapitre 1 : La raréfaction de l’eau, source de tensions.

Chapitre 2 : Les usages de l’eau : l’agriculture première consommatrice.

Chapitre 3 : Les enjeux géopolitiques : conflits de l’eau et hydrodiplomatie.

Chapitre 4 : La nécessité d’une révolution bleue.

. Elie Barnavi, Dix thèses sur la guerre, Flammarion, 2014.

Dix thèses de débat sur un sujet éternel. Le regard d’un historien doublé de celui d’un citoyen-soldat : "La guerre a accompagné toute ma vie, elle a pénétré ma façon de m’exprimer et de penser."

. Franck Tétart (dir.) Grand atlas 2015. Comprendre le monde en 200 cartes, Paris, Autrement. Un outil indispensable pour comprendre le monde. Un panorama géopolitique complet. Des cartes entièrement mises à jour. Les événements vus par la presse du monde entier.

. Alexis Bautzmann (dir.) Atlas géopolitique mondial 2015, Argos.

Avec plus de 280 cartes et graphiques couvrant les cinq continents, l’Atlas géopolitique mondial constitue un outil d’analyse et de compréhension sans équivalent dont le contenu est intégralement renouvelé à chaque nouvelle édition. Des discordes russo-européennes sur l’Ukraine aux tensions géopolitiques dans le Golan, du naufrage de l’Etat centrafricain à la menace grandissante de Boko Haram au Nigéria et au Cameroun, sans oublier le défi du troisième âge pour le continent africain, le miracle économique indonésien, le « Grand jeu » énergétique sur les côtes du Baloutchistan ou encore le lobbying et la culture de l’argent aux Etats-Unis, c’est près d’une centaine de thèmes originaux qui sont traités à travers des analyses détaillées et des cartes et graphiques précis, actualisés et didactiques. Désormais, rien de ce qui rend le monde complexe et passionnant ne vous sera totalement étranger.

. Pierre Salama, Des pays toujours émergents ? Coll. Doc en poche, place au débat. Paris, la Documentation française, septembre 2014.

Les pays émergents ont montré durant les dernières décennies une croissance que bien des pays industrialisés leur ont enviée. Or, aujourd’hui, le ralentissement économique, voire la crise, menace la plupart de ces pays. Assiste-t-on à un retournement de situation ? Le miracle économique se transforme-t-il en mirage ? Place au débat analyse la situation sans omettre d’évoquer les nouvelles puissances émergentes (exemple de l’Argentine) et aborde des questions-clés : baisse de la pauvreté, émergence de classes moyennes, coûts environnementaux de la croissance, etc.). Une synthèse à la fois dense et accessible.

. Florent Parmentier. Les chemins de l’Etat de droit. La voie étroite entre Europe et Russie. Coll. La bibliothèque du citoyen, Les Presses de SciencesPo, 2014.

En novembre 2013, les révoltés ukrainiens de la place Maïdan revendiquaient la constitution d’un État « normal », débarrassé des ingérences des oligarques et des agissements d’un président contre lequel ne s’exerçait aucun contre-pouvoirs. De semblables appels ont retenti à plusieurs reprises dans des pays situés entre l’Europe et la Russie, comme la Moldavie ou la Géorgie. L’Europe peut-elle répondre à l’attente suscitée par son modèle politique ? Ou, au contraire, faut-il voir dans la force d’inertie et dans les héritages culturels les facteurs de résilience de régimes plus ou moins autoritaires dans la région, soutenus par la Russie ?

Préface par jacques Rupnik

Introduction

Chapitre 1. L’État de droit : idées et institutions À quoi se rattache le concept d’État de droit ? L’attention européenne portée aux institutions formelles

Chapitre 2. L’optimisme institutionnel des acteurs européens L’élargissement européen, expérience historique de l’optimisme institutionnel La volonté européenne d’exporter l’État de droit à l’Est

Chapitre 3. L’optimisme institutionnel européen et ses insuffisances Pourquoi aller au-delà de l’élargissement projeté L’optimisme institutionnel face à la contrainte géopolitique

Chapitre 4. L’hypothèse du pessimisme culturel pour le voisinage oriental De quoi le pessimisme culturel est-il le nom ? Les multiples héritages de l’État de droit Existe-t-il des pré-requis culturels à l’État de droit ?

Chapitre 5. Le pessimisme culturel à l’épreuve des révolutions colorées Les révolutions colorées comme moment de rupture Régime hybride et résistance à l’État de droit : la révolution comme mouvement

Conclusion Les chemins de l’État de droit, de Tbilissi à Tunis en passant par Kiev

Entre pessimisme de raison et optimisme de la volonté, Florent Parmentier propose une analyse d’actualité sur les possibilités d’émergence d’un État de droit dans les pays d’Europe de l’Est et du Caucase, condition sine qua non de leur modernisation et d’un éventuel rapprochement profond et durable avec l’Union européenne.

Voir sur le site de l’éditeur

. Sébastien Velut (dir.), Amérique latine, 2014-2015, coll. Mondes émergents, La documentation française, 2014

Cette nouvelle édition fait le bilan annuel de la situation politique, économique, sociale et démographique des pays de l’Amérique latine en 2013. Si la région a bien changé depuis le début des années 2000, elle n’a pas non plus été totalement transformée. Trouver des réponses adaptées conciliant dynamiques de marché et équité sociale, donner à l’Amérique latine un second souffle, requiert des citoyens et des dirigeants non seulement une vision de l’avenir mais aussi une capacité à relire leur passé. Le début de l’année 2013 a été, dans une Amérique latine depuis plusieurs années encline à l’optimisme, marqué par une consécration : celle de l’Argentin Jorge Mario Bergoglio, élu pape sous le nom de François. Cette désignation pose la question de la place de la région dans le contexte global. Les optimistes estiment que la région a trouvé des réponses appropriées aux défis de la mondialisation et aux attentes de ses populations. Les autres mettent en avant des difficultés économiques, des inégalités sociales persistantes. Cinq pays (le Venezuela, le Paraguay, le Brésil, la Colombie et le Pérou) font l’objet d’un article particulier. En fin d’ouvrage, une fiche signalétique par pays en présente la synthèse politique, économique, sociale et environnementale.

Voir sur le site de l’éditeur

. Thierry de Montbrial (dir.) et Philippe Moreau Defarges (dir.), Ramses 2015 – Le Défi des émergents, Dunod, 2014.
RAMSES 2015 a pour fil rouge les conséquences de l’avènement des pays émergents - la nouvelle vague des émergents -, et en particulier les implications de cette montée en puissance pour l’Occident. Il propose au total 58 entrées : par pays ou par thème. Les Repères. Le monde en cartes (16 pages quadri). Le monde en chiffres : 150 pays. Chronologie.
Le Rapport annuel mondial sur le système économique et les stratégies (RAMSES) constitue une analyse approfondie et prospective de l’actualité : il fournit les clés et les repères indispensables pour décrypter la géopolitique à l’échelle mondiale.

Les Perspectives de Thierry de Montbrial, synthèse originale de l’année écoulée, couvrent l’ensemble du champ des relations internationales.
3 parties – Émergences et redistribution des équilibres planétaires, Enjeux entre puissances établies et pays émergents, Questions continentales et mondiales – regroupent 58 entrées analysant les enjeux de la zone ou de la question concernée.

Les Repères proposent un appareil documentaire qui complète les textes : chronologie, statistiques, cartes originales en couleurs créées pour RAMSES, suivies d’un index méthodologique.

Porté par l’équipe de l’Ifri et ses collaborateurs extérieurs, le RAMSES 2015, rénové dans sa maquette et sa structure, et consacré au phénomène majeur de l’émergence de la puissance, est l’ouvrage indispensable pour l’étudiant, l’enseignant, le journaliste, le diplomate, le manager ou toute personne qui veut comprendre notre monde en mutation.

. Yves Colombel et Daniel Oster, La France, Territoires et aménagement face à la mondialisation, Nathan, 2014.
Ce manuel se compose de quinze chapitres autonomes qui offrent ensemble une synthèse des enjeux contemporains et peuvent aussi être utilisés individuellement pour faire le point sur un thème particulier. Des renvois permettent au lecteur d’établir des passerelles entre les chapitres.
Pour chacun des chapitres :
une courte introduction qui permet de présenter les contextes et les enjeux,
des repères chronologiques,
des définitions des termes clés,
des cartes,
des " zooms " qui offrent des éclairages précis sur des problématiques particulières.
L’ouvrage a été rédigé par une équipe regroupant des enseignants de classes préparatoires, des universitaires et des chercheurs qui ont eu une ambition d’allier la rigueur scientifique à l’accessibilité de leurs propos.

. Collectif, La cartographie aux concours des grandes écoles, Nathan, 2014.
Dans la collection « Nouveaux Continents », ce nouvel ouvrage consacré à la cartographie propose les quarante cartes qui permettent de dresser un état des lieux très complet de la mondialisation et de la géopolitique contemporaines. Ouvrage clé pour lire, réaliser et décrypter les cartes, ce manuel s’adresse aux étudiants des classes préparatoires ECS, aux étudiants en IEP, ainsi qu’aux personnes se préparant à de nombreux concours et examens. Les quarante cartes proposées sont réparties en trois ensembles : - enjeux planétaires ; - grandes régions du monde ; - dynamiques infra-continentales. Réalisées en quatre couleurs, ces cartes permettent un apprentissage méthodique de la réalisation et du commentaire cartographiques dont les fondements sont rappelés dans le chapitre préliminaire (« Principes et méthodes de la cartographie »). S’adressant principalement à un public d’étudiants, en particulier à ceux qui préparent les concours des grandes écoles, l’ouvrage sert aussi àmémoriser les principaux aspects de la mondialisation et des enjeux géopolitiques de la planète grâce au commentaire qui accompagne chaque carte. Enseignants en classes préparatoires, les auteurs se sont fondés sur leur expérience pour proposer un ouvrage utile et rigoureux permettant une préparation optimale aux concours.

. Frédéric Encel, Géopolitique du Printemps arabe, PUF, 8 octobre 2014.
Pour la première fois en France, un ouvrage est consacré au Printemps arabe sous son angle géopolitique, c’est-à-dire qu’il se penche sur ses causes, son déroulement, ses conséquences et ce qu’il a révélé du monde contemporain.

Les cyniques disaient que les Arabes ne s’intéressaient pas à la démocratie. Les complaisants affirmaient que les islamistes étaient appelés à prendre le pouvoir au Maghreb et au Proche-Orient pour le conserver longtemps. Tous se fourvoyèrent. Le grand mouvement de contestation, déclenché fin 2010 en Tunisie et qui a balayé une partie du monde arabe, les a surpris tour à tour. Le terme de « Printemps arabe » correspond-il à une vraie réalité ? Quel en fut le moteur principal ? Pourquoi certains régimes ont chuté et pas d’autres ? Comment Assad peut-il impunément poursuivre sa répression meurtrière ? Quel rôle jouent les occidentaux, la Russie et les autres puissances ? Pourquoi les islamistes ont échoué à garder le pouvoir là où ils l’avaient conquis ? Où en est la guerre sunnites-chiites ? Les réponses à ces questions, et à bien d’autres, nécessitent sérieux, clarté et pondération. Car directement ou pas, elles nous concernent tous.

Chapitre I – Un monde arabe en crise profonde
Chapitre II – Nature et déroulement du Printemps arabe
Chapitre III – Ce que le Printemps arabe a révélé des grandes puissances
Chapitre IV – Hypothèses et perspectives

. Bertrand Badie et Dominique Vidal, L’Etat du monde 2015 – Nouvelles Guerres, La Découverte, septembre 2014.
Congo, Somalie, Nigéria, Mali, Centrafrique, Syrie, Irak, Israël-Palestine, Ukraine... La fin de la guerre froide n’a pas laissé la place à un monde de paix. Deux décennies plus tard, plusieurs dizaines de conflits armés ensanglantent la planète. Si elles ressurgissent dans certaines parties de l’Europe, la plupart des guerres se déroulent aujourd’hui dans les pays du Sud. Et leur nature a profondément changé. Seule une minorité d’entre elles peuvent être décrites comme des conflits interétatiques. Les autres mettent aux prises un État, souvent déliquescent, et une ou plusieurs rébellions, avec pour enjeu le contrôle du pouvoir, du territoire ou des ressources naturelles.

Les divisions ethniques et religieuses alimentent ces nouveaux conflits. Mais ils s’enracinent surtout dans les conséquences de la mondialisation, qui enrichit les plus riches et appauvrit les plus pauvres. Dans la plupart des cas, les guerres du XXIe siècle procèdent de la décomposition institutionnelle et sociale, tout en s’inscrivant dans le cadre des rivalités entre les grandes puissances, anciennes ou nouvelles.
Véritable « roman de l’actualité internationale », L’État du monde révèle, au-delà de l’immédiateté de l’événement, les grandes tendances des changements à l’oeuvre sur la planète.

. Thomas Hippler, L’Etat du monde 2015 – Drones, le triomphe d’une nouvelle arme  ?, La Découverte, septembre 2014.
Le nombre de drones est en augmentation constante dans le monde. Les États-Unis, de très loin les mieux équipés en la matière, disposent aujourd’hui de plus de 600 appareils. D’autres nations investissent également dans cette nouvelle technologie d’armement : soixante-seize pays posséderaient déjà des drones et on peut estimer que ces armes continueront à se répandre. Un de leurs avantages réside dans leur prix, très compétitif par rapport aux avions de combat : un drone du type Reaper M-9 coûte 10,5 millions de dollars, contre 150 millions de dollars pour un avion de chasse F-22. Aussi les dépenses liées à l’acquisition de matériaux et à la recherche dans le domaine des engins volants sans pilote embarqué ne cessent-elles d’augmenter. En ce qui concerne les seuls États-Unis, le budget dans ce domaine est passé de 667 millions de dollars en 2001 à 4,5 milliards en 2012. À l’échelle mondiale, il s’élève actuellement à 6,6 milliards de dollars.

Si, pour l’heure, la plus grosse partie des dépenses est liée aux emplois militaires, l’utilisation civile des drones se développe elle aussi rapidement.

. Laurent Gayer, L’Etat du monde 2015 – Guerres sans fin(s) ou désordres ordonnés  ?, La Découverte, septembre 2014.
Tandis que le nouvel interventionnisme militaire s’écarte de plus en plus de la guerre conventionnelle pour s’apparenter à une police globale, les techniques de maintien de l’ordre en interne tendent à se militariser, tant du point de vue des personnels (avec l’implication croissante d’unités d’élites composées ou placées sous le commandement de militaires) que des équipements (avec l’accès à des armes de guerre supposées faire pièce à l’armement de leurs adversaires). Dans ce contexte, la frontière entre la guerre et le maintien de l’ordre devient de plus en plus ténue. Du point de vue de la contre-insurrection, forces rebelles, terroristes et organisations criminelles s’inscrivent désormais sur un même continuum et demandent à être « traitées » avec les mêmes méthodes. Ce répertoire du maintien de l’ordre permet de banaliser le recours à la force contre certains groupes ou populations « à risque », mais aussi de le prolonger ad aeternam : contrairement à la guerre, le maintien de l’ordre est une entreprise permanente.

. Marielle Debos, L’Etat du monde 2015 – Milices et sous-traitance de l’(in)sécurité, La Découverte, septembre 2014.
Désignant originellement des citoyens mobilisés occasionnellement par l’État pour venir en appui aux forces régulières, le terme milice est désormais employé à propos de groupes armés qui ont peu de choses en commun sinon un supposé manque de discipline, un discours peu idéologique et des pratiques prédatrices. Que les milices se constituent pour assurer la protection de civils ou pour prélever des ressources, qu’elles soient mobilisées par l’État ou qu’elles remettent en cause son autorité, leur formation et leurs interventions obéissent à des logiques politiques. Après une analyse des principales approches des mobilisations miliciennes dans les sociétés en guerre, cet article s’interroge sur la frontière floue entre les forces régulières et les milices. La dernière partie montre que l’intervention des milices s’inscrit dans les reconfigurations contemporaines des modes de production et de gestion de la violence sur la scène internationale.

. Claire Rodier, L’Etat du monde 2015 – La gestion militaro-sécuritaire des migrations, La Découverte, septembre 2014.
« L’Europe est en guerre contre un ennemi qu’elle s’invente. » Tel est le slogan de campagne choisi en 2013 par une coalition d’organisations de défense des droits des migrants pour demander la suppression de l’agence Frontex, chargée depuis 2004 de la surveillance des frontières extérieures de l’Union européenne (UE). Pour métaphorique qu’elle soit, la formule n’en attire pas moins l’attention sur les formes qu’ont prises, au cours des trois dernières décennies, les politiques mises en place par les États industrialisés pour lutter contre l’immigration irrégulière, notamment dans le domaine des contrôles frontaliers.

. Dominique Vidal, L’Etat du monde 2015 – Panorama des conflits contemporains, La Découverte, septembre 2014.
L’ouverture du Mur de Berlin puis, deux ans plus tard, la disparition de l’Union soviétique mirent un terme à cette gestion bipolaire de la planète. Au point que certains crurent à l’avènement d’une architecture unipolaire du monde autour de la superpuissance victorieuse, promise au statut d’Empire américain. C’était l’époque où un Francis Fukuyama pronostiquait la « fin de l’Histoire ».

Cette vision s’est révélée trompeuse. De crise en crise, la mondialisation a progressivement montré ses limites : la liberté quasi-totale donnée aux marchés a conduit à des secousses en série, de la crise asiatique (1998) à celle des subprimes (2008). Et, après le 11 Septembre, l’Empire s’est embourbé en Irak et en Afghanistan. Non seulement son déploiement de forces ne lui a pas permis de sortir de l’impasse, mais il a plongé ces deux pays dans un chaos durable et renforcé le rôle de l’Iran, tout en entachant profondément l’image de l’Amérique dans le monde.

C’est dire que nous sommes entrés dans une phase historique nouvelle, dont, outre les menaces qui pèsent sur l’avenir même de la vie sur Terre, trois facteurs majeurs se conjuguent pour ébranler l’hégémonie occidentale : la crise du capitalisme financier, devenue systémique ; la poussée des pays émergents, à commencer par les « BRICS » dont le PIB cumulé dépasserait dès 2020 celui du G7 ; et l’irruption des sociétés capables de secouer les dictatures, voire de les renverser.

. Nicolas Righetti, Transnistrie, un pays qui n’existe pas, Favre, 18 septembre 2014.

. Fabrizio Maccaglia et Marie-Anne Matard-Bonucci, Atlas des mafias - Acteurs, trafics et marchés dans le monde d’aujourd’hui, Autrement, 17 septembre 2014.

. Laurent Artur du Plessis , Djihad nucléaire , Godefroy, 26 septembre 2014.
Derrière les pudeurs médiatiques et politiques, le tableau lucide des dangers qui nous guettent. Dans la plupart des pays musulmans, un marasme économique frustrant et la propagation du djihad depuis les révolutions arabes de 2011 porteront les islamistes radicaux au pouvoir, par les urnes ou la violence. Les appareils d’Etat tombés entre leurs mains aiguillonneront et épauleront les réseaux terroristes pour déstabiliser l’Occident : déraillements de TGV par la pose de parpaings sur les voies ; crashs d’avions de ligne causés par des explosifs introduits dans leurs soutes ou transportés par des modèles réduits télécommandés venant les percuter, ou bien par des tirs de missiles sol-air ; empoisonnement de l’alimentation en eau courante et sabotage des circuits électriques des mégapoles ; sabotage d’installations industrielles de type Seveso faisant des milliers de morts, et de centrales nucléaires mal gardées provoquant de nouveaux Tchernobyl...
Le laxisme occidental concernant la course de l’Iran à la bombe suscitera une prolifération nucléaire, notamment au Proche Orient. Le terrorisme s’en servira : cela ira du dépôt dans les grandes villes de matières radioactives dites "sales" à celui de bombes atomiques dont l’explosion pourrait être commandée par un simple téléphone portable. Ces actions terroristes infligeront de lourds dommages économiques, fortement aggravés par leur impact psychologique.

Laurent Artur du Plessis nous prévient : si nous ne prenons pas au sérieux ces menaces et si nous ne nous y préparons pas, le pire est devant nous.

. Arnaud Dubien, Russie 2014, Regards de l’Observatoire franco-russe, Paris, Cherche midi, 2014, ISBN : 978-2-7491-3576-2.

Comment expliquer le ralentissement de la croissance russe en 2013 ? Quelles réformes ont été engagées dans les industries spatiales et navales ? La libération de l’ancien patron de Ioukos Mikhaïl Khodorkovski annonce-t-elle une ouverture politique de la part de Vladimir Poutine ? Dans quelles valeurs la société russe se reconnaît-elle ? Quels sont les enjeux de la réforme controversée de l’Académie des sciences ? La Russie a-t-elle une stratégie en Arctique ? Pourquoi les Jeux Olympiques de Sotchi ont-ils coûté plus cher que prévu ? Les crises syrienne et ukrainienne illustrent-elles le « retour » du Kremlin sur la scène internationale ou les limites de son influence ?

Russie 2014, deuxième rapport annuel de l’Observatoire franco-russe, a pour ambition de fournir l’analyse la plus complète possible de la situation en Russie. Économie, politique intérieure et société, régions, politique étrangère et « miscellanées franco-russes », illustrant l’ancienneté, la diversité et la richesse exceptionnelle des relations entre nos deux pays, font de cet ouvrage un document de référence.

. Olivier Kempf, L’Otan au XXIe siècle. La transformation d’un héritage, édition du Rocher, août 2014, 613 p.

Depuis vingt ans, l’Alliance n’a cessé de s’adapter à son environnement : opérations menées sur trois continents, accueil des pays de l’ancien bloc de l’Est, invention d’un dialogue avec l’Union Européenne ou les Nations-Unies, nouvelles procédures opérationnelles, modification radicale de son organisation ou réponses aux questions nouvelles comme la cyberdéfense, le terrorisme ou la défense anti-missile... En mutation permanente, le domaine d’action de l’Alliance Atlantique va bien au-delà de la relation entretenue avec la France. Les enjeux liés à l’OTAN sont bien plus intéressants que ce prisme réducteur, et il est temps de comprendre enfin comment s’est transformé ce qui n’était encore récemment qu’un héritage de la guerre froide. Cet ouvrage novateur et rigoureux décrit précisément cette formidable adaptation. Il trouve le ton juste qui permet sans complaisance de comprendre les permanences, de distinguer les évolutions, de pointer les lacunes et de situer les perspectives. Cette deuxième édition, revue et augmentée, constitue la synthèse la plus _ complète à ce jour sur l’OTAN, cet acteur incontournable des relations internationales contemporaines. L’auteur, spécialiste reconnu de la question, adopte un ton pédagogique qui répondra aux attentes et aux interrogations du citoyen comme du professionnel.


. Catherine Durandin, OTAN, Histoire et fin ? Ed. Diploweb, 2013

Le livre complet au format pdf. 2,2 Mo

PDF - 2.2 Mo
C. Durandin. L’OTAN, histoire et fin ?
Le livre complet au format pdf. Diploweb.com 2013. Tous droits réservés.

. Abdelasiem El Difra, Carnets égyptiens, Paris, PUF, 2014.

Depuis la chute d’Hosni Moubarak, l’Égypte traverse une des périodes les plus chahutées de son histoire. L’auteur, qui voyage dans le pays depuis son enfance, nous relate les grandes lueurs d’espoir des Égyptiens, mais aussi le prix qu’ils sont prêts à payer pour rendre possible une nouvelle Égypte, qu’ils rêvent tous de manières très différentes. Les descriptions des personnages et des situations permettent de dresser l’état des lieux d’un pays en plein mouvement, au sein duquel les tensions sociales, religieuses et ethniques longtemps occultées éclatent en plein jour. Ce portrait de l’Égypte contemporaine va à la rencontre des hommes et des femmes de toutes les classes sociales (de l’élite richissime réfugiée au bord de la mer Rouge jusqu’aux très pauvres des bidonvilles du Caire), de tous les groupes politiques et religieux (révolutionnaires laïques, Frères musulmans, salafistes et chrétiens), des ethnies diverses (des bédouins rebelles du nord du Sinaï jusqu’aux Nubiens de la Haute-Égypte qui rêvent de leur retour sur les berges du Nil).

À travers les déceptions comme les profondes aspirations des Égyptiens, il nous fournit des clés de compréhension souvent négligées par les médias pour éclaircir la féroce lutte de pouvoir qui se déroule au Caire. Le pays plurimillénaire est-il sur le chemin d’un retour vers une dictature militaire ou prend-il la douloureuse route d’une transition démocratique ? Des questions dont les réponses pèseront sur tout le monde arabe.

Abdelasiem El Difraoui, germano-égyptien, a gagné de nombreux prix internationaux pour ses reportages et documentaires, notamment pour Le Siège de Bagdad, qu’il a réalisé, et pour Tahrir 2011, qu’il a coproduit. Il a conseillé le gouvernement allemand en matière de politique étrangère et est actuellement senior fellow à l’Institut de recherches sur la politique des médias et de la communication de Berlin. Il a particulièrement travaillé sur le rôle des médias pendant les printemps arabes et est l’auteur d Al-Qaida par l’image (Puf, 2013).

. Bruno Cautrès, Les européens aiment-ils (toujours) l’Europe ? Coll. réflexeeurope, Paris, La Documentation française, 2014.

Jamais le désamour des Européens à l’égard de l’Union européenne n’a semblé aussi fort qu’aujourd’hui. Il est bien attesté par les données empiriques (enquêtes d’opinion, sondages), et s’est manifesté concrètement dans les rues des pays les plus touchés par la crise des dettes souveraines de la zone euro (Grèce, Espagne, notamment). Toutefois, dans le même temps, peu de citoyens européens souhaitent réellement voir leur pays sortir de l’Union. Comment expliquer un tel paradoxe ? La thèse du "déficit démocratique européen", qui revient à l’envi à chaque élection européenne, est-elle satisfaisante ? La construction européenne n’est-elle pas minée par un mal plus profond ? Les Européens aiment-ils toujours l’Europe ?

L’objet de ce livre est d’analyser de manière assez complète la situation actuelle, et de présenter de façon critique les modèles explicatifs qui ont été élaborés pour comprendre de quelle manière le soutien des citoyens à l’UE est progressivement passé depuis le début des années 1990 du « consens permissif » au « dissensus contraint ». Cet ouvrage dresse enfin quelques perspectives pour sortir de l’ornière actuelle.

. Alain Nonjon, Géopolitique des continents. Europe, Afrique, Proche-Orient, Moyen-Orient, Amériques, Asie, prépas ECS - 2e année, Ellipses, 2014.
Pour donner de l’épaisseur à ce nouveau programme ambitieux mais exaltant, les auteurs de cet ouvrage ont décidé de donner aux étudiants des moyens proportionnés à ces ambitions :
Un unique volume qui couvre tout le programme, de façon synthétique… mais offrant un cours complet.
Une équipe d’enseignants rodés au terrain de la préparation et à la mise en avant des problématiques (trois ou quatre par chapitre).
Une maquette simple, axée sur ce qu’il faut retenir, ce dont il faut débattre, ce qu’il faut hiérar chiser dans le temps (des chronologies épurées), ce qui doit être évalué (chiffres clés), ce qui doit bien s’énoncer (lexique en fin d’ouvrage).
Un souci constant de déboucher sur une réfl exion originale éloignée des clichés, avec un rappel en fin de chapitre des idées reçues débattues.
Des bibliographies commentées et ciblées : un ouvrage indispensable décrypté, des livres, des sites, des films…
Une préparation explicite aux quatre types d’exercices demandés aux candidats : des cartes croquis de synthèse conformes aux exigences des concours, des cartes commentées, des dissertations et des questions d’oral… rédigées et structurées.

. Frédéric Buchy, Pierre Dallenne et Axelle Degans, Un monde multipolaire. Géopolitique et géoéconomie, Ellipses, 2014.
La mondialisation, creuset de l’interdépendance n’a pas généré un monde uniformisé. La crise des années 2000 a bousculé la domination sans partage de l’Occident et de ses valeurs. Une nouvelle donne s’est installée avec l’émergence de nouvelles puissances, le basculement du centre de gravité de l’économie mondiale, de nouvelles conflictualités.
En 24 chapitres les auteurs tentent de restituer ces changements, les configurations des rapports espace/pouvoir, les enjeux d’une nouvelle gouvernance mondiale… l’épaisseur du monde qui vient.

. Pascal Gauchon et Jean-Marc Huissoud, Les 100 mots de la géopolitique, PUF, 2014.
La géopolitique allemande, d’« Espace vital » à « Ennemi ». La géographie anglo-saxonne, de « Heartland » à « Choc des civilisations ». La géopolitique française, de « Territoire » à « État-nation ». La géoéconomie, de « Délocalisation » à « Village global »… En 100 définitions, cet ouvrage propose une approche complète d’une discipline qui, partant des relations internationales, a investi les champs de la géographie, de l’économie et de la sociologie.
Construit sous forme de chapitres organisés (les notions de base, les acteurs, les armes, les enjeux et le monde actuel), le livre pourra être lu d’une traite ou utilisé à la manière d’un lexique, grâce à l’index, chaque fois qu’un terme précis sera recherché.

. Gérard-François Dumont et Pierre Verluise, Géopolitique de l’Europe. De l’Atlantique à l’Oural, PUF, décembre 2014.

L’Europe, cette région du monde allant de l’océan Atlantique à la Russie, voit s’exercer au XXIe siècle de nouvelles rivalités de pouvoir. L’étude de ces dernières suppose d’abord une exacte connaissance des caractéristiques géographiques et de l’histoire récente de l’Europe, faite de divisions, de réunifications et de dissensions. La compréhension des paramètres géopolitiques de l’Europe passe aussi par le décryptage de l’Union européenne, de ses atouts, de ses contradictions et de ses faiblesses.

Mais elle suppose également l’analyse des autres Europe, soit les pays candidats à l’Union européenne, mais encore ceux qui s’y refusent, sans oublier les batailles pour des « dépouilles » de l’ex-URSS, comme l’Ukraine. Batailles qui appellent à comprendre la stratégie d’une Russie paradoxale en quête de puissance. Enfin, l’analyse permet d’illustrer les défis de l’Europe par neuf scénarios de prospective géopolitique.

Cette édition, parfaitement actualisée, tient compte de la dimension géopolitique des événements les plus récents (crise de l’euro, politiques 2014-2020 de l’UE, élections européennes, Ukraine, Russie…).
Ce livre est enrichi de nombreuses cartes et figures. Il compte aussi une riche bibliographie et un index géographique.

. Pierre Royer, Géopolitique des mers et des océans, PUF, 2014.
Les océans ont beau constituer 70 % de la surface terrestre, leur rôle est souvent sous-estimé. Qui a conscience que plus de 80 % du commerce mondial se fait par voie maritime et que 90 % des communications internationales empruntent des câbles sous-marins ? Qui se doute des effets cataclysmiques qu’aurait l’interruption du trafic maritime en quelques semaines ? Les routes maritimes sont pourtant les artères de la mondialisation, et c’est ce qui justifie l’intérêt constant que leur portent les grandes puissances.
Loin d’être un luxe la puissance navale est une condition impérative de la liberté : liberté de commercer, d’agir pour protéger ses intérêts, de résister aux chantages sur l’accès aux ressources car, comme le disait Walter Raleigh : « Qui tient la mer tient le commerce du monde qui tient le commerce tient la richesse qui tient la richesse du monde tient le monde lui-même. »

. Jean-Marie Bouissou, Géopolitique du Japon, PUF, 2014.
Le Japon contemporain est une nation brutalisée et miraculée qui doit aujourd’hui faire face à de multiples enjeux et à des choix stratégiques. Sacrifier les multiples intérêts qui entravent la redynamisation de son économie, ou décliner. S’ouvrir à l’immigration et investir massivement pour relancer la natalité, ou décliner. Moderniser le système de gouvernance auquel ses dirigeants doivent leur place, ou décliner. Lutter pour maintenir son rang, ou accepter le retour de la Chine en position dominante en Asie. Forcer sa nature pour s’adapter à un monde qui le bouscule afin d’y prendre toute sa part, comme il l’a fait par deux fois, ou devenir une Ile des Vieillards vivant du revenu de ses (considérables) avoirs accumulés grâce au « miracle » d’après-guerre. Un troisième rebond devrait advenir, si le passé est gage de l’avenir. Mais l’est-il ?


. Pierre Verluise, The Geopolitics of the European Union Borders. Where should the expansion stop ?, translation : Alan Fell, Eska, 2014

Pierre Verluise delivers a master stroke with this work that operates on two levels : as a manual of geopolitics and an essay on the Eastern and Southern borders of the European Union. Thorough and informative, it steps outside the box of back-slapping political correction.

P. Verluise, The Geopolitics of the European Union Borders.

This work offers clear, precise answers to the following questions :

. How far does the European Union still plan to expand ?

. What relations does the EU now entertain with the Eastern countries that were so recently perceived as enemies ?

. How is the EU organizing its relations with the South ?

Director of the geopolitical Web site Diploweb.com. Pierre Verluise closely monitors the development of the European Union and its borders. He is a lecturer in geopolitics at the Sorbonne. He founded the seminar on European geopolitics at the French “War College”. He is Distinguished Professor of Geopolitics at GEM. 

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. Alexandre Defay, La Géopolitique, PUF, 2014.
Avec la naissance de l’État, trois mille ans avant notre ère, l’espace géographique acquiert une dimension politique. Désormais, l’espace n’est plus seulement façonné et cloisonné par la diversité du milieu naturel et par celle du peuplement, mais aussi par l’exercice de souverainetés étatiques concurrentes. Il devient le théâtre et l’enjeu de rivalités pour le contrôle de voies stratégiques, de ressources vitales, mais aussi de territoires ou de lieux symboliques.
Alors que les débuts de cette discipline ont été entachés par ses compromissions avec le IIIe Reich et ses alliés, aujourd’hui, l’approche géopolitique offre un regard renouvelé sur le monde en tentant de décrire et d’expliquer les rivalités de pouvoir sur l’espace réel ou rêvé grâce à des outils et concepts que cet ouvrage présente.

. Vanessa Ratignier et Pierre Péan, Une France sous influence, Fayard, 2014.
Nombre d’États du Golfe lorgnent sur le patrimoine français et tentent, des pétrodollars plein les poches, d’acheter tout ce qui peut l’être avant épuisement de l’or noir. Jusqu’ici nos dirigeants leur avaient résisté - du moins en apparence -, offusqués par tant d’audace. Mais, avec le Qatar, c’est une tout autre histoire. La France est devenue le terrain de jeu sur lequel la famille Al-Thani place et déplace ses pions politiques, diplomatiques, économiques, immobiliers ou industriels.

Dans son enquête au cœur du pouvoir, Vanessa Ratignier, avec le concours de Pierre Péan retrace l’histoire d’un partenariat ancien qui a mal tourné : la France est désormais « sous influence », comme si elle était devenue une chasse gardée de l’émirat.
Nos élites, maniant l’art du double langage, amalgament depuis des années intérêt général et enjeux personnels, si bien qu’on se demande parfois où s’arrête le mélange des genres. Cette situation, qui rappelle le pire de la Françafrique, marque l’avènement d’une Qatar-France oublieuse de nos valeurs et héritière des tares du petit émirat.

Journaliste indépendante, Vanessa Ratignier est auteur des séries documentaires Manipulations, une histoire française (France 5, 2011) et Qatar (France 5, 2014), qu’elle a écrites avec Pierre Péan, écrivain-enquêteur, auteur notamment de La République des mallettes (Fayard, 2011).

. Jean-François Colosimo, Des hommes en trop, Les Chrétiens d’Orient, Fayard, 3 septembre 2014.

Coptes, Chaldéens, Arméniens… Nul ne peut plus ignorer leur tragédie. Les journalistes en font leur une, l’opinion s’en émeut, les publicistes l’exploitent. Nul ne sait pourtant vraiment qui ils sont. Hier encore médiateurs entre l’Orient et l’Occident, ces chrétiens des origines sont devenus les otages de la globalisation. Retour du religieux en politique, choc des civilisations, implosion des cultures, éradication des mémoires, sort des minorités, liberté de conscience, avenir de la démocratie, universalité de la laïcité : les voilà placés au cœur des plus graves enjeux planétaires. Or, de notre crise, ils ne sont pas que le signe, mais aussi le prisme.
En rappelant combien ils incarnent le christianisme des sources, en reprenant les heures glorieuses et terribles de leur chronique deux fois millénaire, en montrant comment ils ont résisté aux invasions et aux massacres, aux croisades et aux djihads, et comment seul le règne des idéologies au XXe siècle a inauguré leur déclin, c’est toute une page méconnue de notre histoire que livre ici Jean-François Colosimo. Mais aussi de notre présent le plus brûlant. A l’heure où la sécularisation semble triompher au Nord, et l’intégrisme au Sud, à l’heure aussi où les urnes paraissent consacrer l’islamisme tandis que l’islam lui-même sombre dans une guerre civile entre sunnites et chiites, il n’est d’autre urgence que de renouveler la traditionnelle « Question d’Orient » qui, aujourd’hui comme hier, commande notre vision du monde. Et notre action sur lui. Car c’est aussi de l’avenir des chrétiens d’Orient que dépend notre futur.

. Xavier Fontanet, Pourquoi pas nous ?, Fayard, 3 septembre 2014.
Napoléon, la veille des grandes batailles, expliquait à ses soldats la stratégie du lendemain. C’était pour lui une marque de respect et le gage de l’efficacité de tous dans les moments forts. Si on fait de même, les Français répondront présent, et s’ils peuvent exprimer pleinement leurs talents, ils seront capables de faire de grandes choses. Aujourd’hui, le monde politique infantilise et isole les Français en voulant les protéger et décider à leur place. Sommes-nous prêts à construire ensemble une stratégie et à faire confiance à chaque Français pour l’exécuter ?
Ce livre peut être lu par tout le monde ; il ne prend appui sur aucune théorie politique ou économique, il fait appel avant tout au bon sens ; il demande simplement de la curiosité d’esprit. Ce n’est pas par le dogme que l’on réussira, mais par l’initiative, l’expérimentation et le réalisme.

L’Allemagne, le Canada et la Nouvelle-Zélande ont connu ces périodes de doute profond ; l’histoire de leur retournement ouvre des pistes et montre qu’il est possible de sortir de l’ornière. Si eux ont réussi, alors pourquoi pas nous ?
Xavier Fontanet est l’ancien président d’Essilor International. Diplômé des Ponts et Chaussées et du MIT (Massachusetts Institute of Technology), il a commencé sa carrière au Boston Consulting Group puis est devenu directeur général de Bénéteau, directeur de la restauration du groupe Wagons-lits, directeur général d’Essilor de 1991 à 1996 et PDG de 1996 à 2010. Il est également professeur affilié de stratégie à HEC.

. Sébastien-Yves Laurent, Atlas du renseignement, Géopolitique du pouvoir, Les Presses Sciences Po, 2014.
Le renseignement dans sa double dimension, intérieure (policière) et internationale (espionnage), a longtemps relevé de la compétence exclusive de l’État. Le développement des coopérations internationales, les changements politiques d’après guerre froide, la demande de transparence des sociétés post-démocratiques, le développement exponentiel de l’information ouverte lié à Internet ont profondément bouleversé les conditions dans lesquelles s’exerce cette activité à l’heure de la souveraineté partagée.
Sur un sujet qui fascine et qui n’avait jamais été cartographié, le premier Atlas du renseignement :
. Une passionnante rétrospective de l’histoire du renseignement, de Pearl Harbor au 11 septembre, de l’intoxication massive comme préparation au Débarquement à Wikileaks, des Covert actions de la CIA durant la guerre froide à l’influence du KGB en Afrique ou en Amérique latine, des assassinats des membres de Septembre noir à la guerre en Irak, des « expulsions » de diplomates russes au Patriot act.
. Une présentation des problématiques contemporaines du renseignement, de ses effets sur les politiques publiques, de sa part d’ombre, de ses échecs (guerre de Kippour, Al Quaïda), des questions juridiques et éthiques que ses pratiques soulèvent.
. 65 cartes, diagrammes et tableaux (carte du KGB en Afrique, frise chronologique des assassinats, graphique des stations d’écoute, etc.)
. 34 chapitres thématiques, un texte facilement abordable
. Un format à l’italienne avec une répartition texte/image 50/50

. Jean Baechler et Jean-Vincent Holeindre (dir.), Guerre et politique, Hermann, 2014.
Faire de la guerre un sujet central des sciences de l’homme et de la société, et le faire de telle manière que soit inauguré un courant de pensée et de recherche original et fécond sur le long terme, tel est l’objectif de cette collection d’ouvrages qui reprennent les Actes de colloques et de journées d’étude, organisée, sous la direction de M. Jean Baechler, par l’Académie des Sciences morales et politiques, avec le soutien de la Fondation Simone et Cino Del Duca de l’Institut de France.
Dans ce premier livre, il convenait de préciser la place et le lieu de la guerre dans le dispositif humain et, pour ce faire, de montrer qu’elle est, d’abord et de part en part, un phénomène qui relève du politique, en un sens encore plus profond, s’il est possible, que l’apophtegme célèbre de Clausewitz de la guerre comme continuation de la politique par d’autres moyens. Si la paix par la justice est la fin du politique, alors le politique s’exerce sur deux espaces distincts. L’un est intérieur, où des dispositifs et des procédures appropriés favorisent la résolution des conflits sans le recours à la violence. L’autre est extérieur, où au moins deux espaces de pacification tendancielle se rencontrent au risque de succomber à des conflits violents, faute des dispositifs et des procédures idoines : la guerre y est virtuelle. Depuis au moins dix mille ans, l’humanité est soumise aux contraintes de ces deux espaces. Sont ainsi examinés successivement le concept de guerre, les types de guerre, la guerre et la construction politique, les régimes politiques et la guerre, la guerre et les logiques politiques.
Ouvrage publié dans la collection L’Homme et la guerre, une collection de l’Académie des sciences morales et politique.

. Collectif, Nouvelles guerres : l’état du monde 2015, La Découverte, 4 septembre 2014.
Dans la plupart des cas, les guerres du XXIe siècle procèdent de la décomposition institutionnelle et sociale des Etats, tout en s’inscrivant dans le cadre des rivalités entre les grandes puissances, anciennes ou nouvelles. Elles mettent aux prises un Etat et une ou plusieurs rébellions, en mêlant différents des enjeux : le contrôle du pouvoir, la maîtrise d’un territoire.

. Jean-Pierre Facennec, Atlas des energies, Armand Collin, 8 octobre 2014.
Gaz de schiste, crises nucléaires, éolien, biomasse : l’énergie est au coeur de l’actualité. Indispensable au développement de l’humanité, elle est donc convoitée et source de nombreux conflits. Mais de quoi parle-t-on exactement ? Le pétrole pèse bien plus en France que le nucléaire. Quels sont les états des ressources, les enjeux économiques et surtout, les défis mondiaux ?

. Marc Sagaie et Laurent Léger, Au coeur des ventes d’armes, Max Milo, 2 octobre 2014.
Marc Sagaie fut longtemps un acteur incontournable pour qui souhaitait recourir à l’armement français. De l’Inde à Karachi, du Chili à la Malaisie, de Taïwan aux salles de réunion de Bercy, il livre un témoignage renversant du microcosme politico-industriel qui pourrait bien faire vaciller les plus hauts responsables publics. Il débute sa carrière au ministère des finances, puis intègre le prestigieux corps des ingénieurs de l’armement.
Fort de ces expériences, il décrit de l’intérieur et à la première personne, les modes d’organisation et de fonctionnement d’un grand groupe dont l’opacité vole en éclats pour la première fois. Il décrypte et livre les dessous du marché international des armes, du rôle douteux des intermédiaires, de l’implication cruciale du politique. Il fait vivre de l’intérieur le microcosme de l’armement français, où se croisent hommes de pouvoir et personnages sulfureux, et fait comprendre au lecteur les règles de ce monde si particulier, dont la première est le silence.

. Collectif, Les espaces protégés : entre conflits et acceptation, Belin, 1er septembre 2014.
Cet ouvrage s’intéresse à tous les types d’espaces protégés (parc national, parc naturel régional, réserve naturelle, etc.) qui couvrent actuellement 13 % des terres émergées, soit 21 millions de km². Il propose une palette d’analyses et un panorama mondial des crispations sociales et politiques liées à la présence d’espaces protégés. Qu’il s’agisse de réserve naturelle marine, de réserve de développement durable des confins de la forêt amazonienne, de parc au sein de denses mégapoles, les espaces protégés s’inscrivent dans des contextes de peuplement et de développement contrastés. Ces exemples sont étudiés sous l’angle des conflits environnementaux et de l’acceptation par les populations. Pourquoi les espaces protégés s’accompagnent-ils fréquemment de tensions, comment les prévenir et tenter de les résoudre ? En essayant de s’approprier (ou de rejeter) l’espace protégé existant ou en gestation, les acteurs impliqués modèlent ce territoire en fonction de leurs aspirations. La dimension sociale inhérente aux espaces protégés se déploie ici dans toute sa richesse et sa complexité. Par l’analyse des espaces protégés, c’est la compréhension de nos sociétés contemporaines dans leurs rapports à l’environnement qui se dessine. Les coordinateurs sont issus du Laboratoire EDYTEM (Environnements, Dynamiques et Territoires de la Montagne) UMR 5204 CNRS/Université de Savoie. Lionel Laslaz, est maître de conférences en géographie à l’Université de Savoie. Il a notamment dirigé l’Atlas mondial des espaces protégés. Les sociétés face à la nature (Autrement, 2012). Christophe Gauchon, est professeur de géographie à l’Université de Savoie. Membre du Conseil National pour la Protection de la Nature, il étudie les processus de patrimonialisation et les logiques de protection en montagne. Mélanie Duval, est chargée de recherche à l’Université de Savoie. Après une thèse sur les gorges de l’Ardèche et le Karst slovène, elle travaille sur l’art rupestre et les dynamiques touristiques au sein d’espaces protégés sud-africains. Stéphane Héritier, est maître de conférences en géographie à l’Université Jean Monnet de Saint-Étienne. Ses recherches portent sur l’environnement et le patrimoine au Canada, aux États-Unis, au Mexique, en Australie et en Nouvelle-Zélande.

. Gregor Mathias, Les guerres africaines de François Hollande, Delaube, 2014.
François Hollande arrive à l’Élysée avec des idées simples de non-ingérence dans les affaires africaines, de refus de toute connivence avec les chefs d’État rétifs à la démo­cratie et avec la volonté d’ignorer les dictateurs africains. Mais les crises malienne et centrafricaine l’obligent à changer radicalement de posture… et les interventions de l’armée française se dessinent dès à présent comme le principal succès du début de ce quinquennat.
Après le naufrage diplomatique de Nicolas Sarkozy, qui a déstabilisé l’image de la France en Afrique et dans une grande partie du Sahel par le biais d’une campagne militaire en Libye aux conséquences mal ­maîtrisées, ­François Hollande a saisi l’occasion de réparer une partie des ­erreurs de son prédécesseur. Comment, pourquoi, à quelles conditions humaines, économiques et politiques  : l’auteur nous dévoile le dessous des cartes. Et nous amène à nous interroger sur les défis à relever pour que la France retrouve pleinement une place en Afrique – un enjeu considé­rable pour l’avenir de l’Afrique et de la France.

. Josiane Auvret-Finck , Vers une relance de la politique de sécurité et de défense commune ?, Larcier, 2014.
Instaurée en juin 1999 par le Conseil européen de Cologne et matérialisée, depuis 2003, la politique européenne de sécurité et de défense (PESD) qui, avec l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, est devenue la politique de sécurité et de défense commune (PSDC), constitue la plus récente des politiques communes. Elle a accompli des progrès rapides et substantiels faisant de l’UE un acteur majeur dans la gestion des crises internationales.
En dépit de ses acquis et des nouveaux moyens prévus par le Traité de Lisbonne, la PSDC semble se déliter, victime à la fois de la crise des dettes souveraines et du manque de volonté politique des États membres. La perspective d’un déclin stratégique de l’Europe est évoquée par de nombreux experts, par le Parlement européen et des Parlements nationaux. Elle s’accompagnerait d’une remise en cause de la crédibilité de l’UE en tant qu’acteur global sur la scène internationale et affecterait sa légitimité en tant qu’entité protectrice de ses citoyens.
C’est dans ce contexte que le Conseil européen a décidé de remettre à son ordre du jour les questions militaires ainsi que la coopération entre les États membres en matière de défense.
L’initiative en faveur d’une relance de la PSDC invite à une réflexion collective en vue de cerner le champ de la réforme et dégager des orientations de nature à garantir la pérennité, l’efficacité et le développement de cette politique consubstantielle à l’union politique.
L’ouvrage est axé sur trois thématiques : la réforme du cadre conceptuel, institutionnel et financier ; l’européanisation des capacités ; le développement des synergies fonctionnelles et la coopération internationale.

. Université Panthéon-Assas, Annuaire français des relations internationales 2014, Université Panthéon-Assas, 2014.
L’Annuaire français des relations internationales (AFRI) a une vocation généraliste. Il s’intéresse aux relations internationales dans toutes leurs dimensions – politiques, stratégiques, économiques, culturelles, technologiques... Il rassemble dans un esprit pluridisciplinaire les spécialistes, universitaires et chercheurs, diplomates, experts, français ou étrangers.
L’annuaire comprend deux parties :
. Les Etudes traitent de sujets divers, en liaison avec les événements de l’année de référence, mais aussi avec des thèmes plus permanents, regroupés sur une base thématique.
. Les Rubriques régulières comprennent actuellement douze entrées, chacune sous la direction d’un responsable, comportant chacune deux ou trois articles : la France dans les relations internationales ; la France et la construction européenne ; le couple franco-allemand ; l’UE acteur des relations internationales ; les Etats-Unis dans les relations internationales ; l’Afrique dans les relations internationales ; politiques juridiques extérieures ; désarmement, maîtrise des armements, non-prolifération ; stratège et défense ; crises et conflits internationaux ; économie politique internationale ;mondialisation, multilatéralisme et gouvernance globale ; médias et société internationale ; science, technologies et relations internationales.

. Hélène Blanc (dir.), Goodbye Poutine. Union européenne, Russie, Ukraine, tirage limité éd. VIP par Magna Europa en juillet 2014. Disponible sur le site de la Procure.

. Paul Bacot et Albane Geslin (dir.), Insularité et sécurité. L’ïle entre sécurité et conflictualité. Coll. Etudes stratégiques internationales, éd. Bruylant.

« Espace de terres entouré d’eau de tous côtés », telle est la définition classique de l’île (Littré). Mais derrière cette conception simple, se cache une très grande diversité de situations insulaires. L’insularité est, en effet, un phénomène tout à la fois spatial et social : jouent non seulement les influences maritimes, l’isolement des terres continentales, mais également l’occupation humaine (dans ses différentes approches quantitatives et qualitatives).

Si la thématique de l’insularité a fréquemment été traitée par les chercheurs, elle ne l’a que rarement été sous l’angle de la sécurité et de la conflictualité.

L’option choisie dans cet ouvrage est la multidisciplinarité. Sont en effet présents aussi bien des politistes, des économistes, des sociologues que des juristes.

Plusieurs thématiques sont étudiées : la diversité des situations insulaires et des statuts des îles, les discours et représentations de l’insularité, les usages stratégiques de l’insularité tant au regard des contraintes internes que des stratégies internationales. Cet ouvrage est l’occasion d’aborder, entre autres exemples, aussi bien des questions militaires, juridiques, de souveraineté, linguistiques ou environnementales.

L’ouvrage rassemble les contributions de Paul Bacot, Michèle Bacot-Décriaud, Stéphane Corcuff, Thierry Fortin, Albane Geslin, Jean-François Guilhaudis, Houchag Hassan-Yari, Thomas Hippler, Stanislav J. Kirschbaum, Sabine Lavorel, Jean-François Rioux et Josiane Tercinet.

. Eddy Fougier, Anna Dimitrova, Introduction aux relations internationales, Collection Les bleus, Paris, Ellipses, 2014

Cet ouvrage se veut une introduction aux relations internationales la plus accessible et compréhensible possible.

Il est structuré en cinq grandes parties qui abordent chacune de façon synthétique les principales thématiques des relations internationales. La première partie intitulée « Histoire des relations internationales contemporaines » est une mise en perspective historique des relations internationales contemporaines. « Droit international et organisations internationales » aborde le cadre juridique et institutionnel des relations internationales autour des enjeux du droit international et des institutions internationales et régionales. La troisième partie, « Les principaux États dans le système international » est consacrée aux principaux acteurs des relations internationales que sont encore les États. La quatrième partie, « Conflits et tensions dans le monde » s’intéresse aux principales zones de conflits et de tensions dans le monde. Enfin, la cinquième et dernière partie intitulée « Les principales menaces pour l’ordre international » traite des grandes menaces qui pèsent sur l’ordre international actuel.

. Collectif, Géopolitique de l’Europe, classes préparatoires commerciales, Nathan, 2014.

Ouvrage conforme au nouveau programme d’histoire, géographie et géopolitique de la seconde année des classes préparatoires commerciales. Ce manuel consacré à la géopolitique de l’Europe se compose de 19 chapitres courts et très structurés. Pour chaque chapitre, on trouve une courte introduction permettant de présenter les contextes et enjeux, des repères chronologiques, des définitions de termes clés, des cartes viennent éclairer le propos, et des "zooms" offrent des éclairages précis sur des problématiques particulières.

. Collectif, Géopolitique des Amériques, classes préparatoires commerciales, Nathan, 2014.

Ouvrage conforme au nouveau programme d’histoire, géographie et géopolitique de la seconde année des classes préparatoires commerciales. Ce manuel consacré à la géopolitique des Amériques se compose de 19 chapitres courts et très structurés. Pour chaque chapitre, on trouve une courte introduction permettant de présenter les contextes et enjeux, des repères chronologiques, des définitions de termes clés, des cartes viennent éclairer le propos, et des "zooms" offrent des éclairages précis sur des problématiques particulières.

. Collectif, Géopolitique de l’Asie, classes préparatoires commerciales, Nathan, 2014.

Ouvrage conforme au nouveau programme d’histoire, géographie et géopolitique de la seconde année des classes préparatoires commerciales. Ce manuel consacré à la géopolitique de l’Asie se compose de 19 chapitres courts et très structurés. Pour chaque chapitre, on trouve une courte introduction permettant de présenter les contextes et enjeux, des repères chronologiques, des définitions de termes clés, des cartes viennent éclairer le propos, et des "zooms" offrent des éclairages précis sur des problématiques particulières.

. Collectif, Géopolitique de l’Afrique et du Moyen-Orient, classes préparatoires commerciales, Nathan, 2014.

Ouvrage conforme au nouveau programme d’histoire, géographie et géopolitique de la seconde année des classes préparatoires commerciales. Ce manuel consacré à la géopolitique de l’Europe se compose de 19 chapitres courts et très structurés. Pour chaque chapitre, on trouve une courte introduction permettant de présenter les contextes et enjeux, des repères chronologiques, des définitions de termes clés, des cartes viennent éclairer le propos, et des "zooms" offrent des éclairages précis sur des problématiques particulières.

. Sébastien Velut, Amérique latine 2014-2015, Documentation Française, 20 août 2014. Nouvelle édition de l’annuaire établi depuis une dizaine d’années en partenariat avec l’Institut des hautes études de l’Amérique latine (IHEAL), principal centre d’enseignement supérieur, en France, sur la région concernée. Parmi les articles au sommaire : une analyse des troubles politico-sociaux survenus en 2013 au Brésil ; un texte éclairant les raisons de la persistance, en Colombie, des différends portant sur la propriété de la terre, et qui expliquent que la guérilla, quoique en déclin, perdure ; un texte politique sur l’Uruguay ; un article sur la dimension politique et sociale des musiques andines, etc. En complément : les vingt fiches-pays qui clôturent traditionnellement le numéro.

. Cyril Maré et Rémy Raher, Géopolitique de l’Arctique , L’Harmattan, 2014.
Danger planétaire, la diminution de la calotte glacière n’émeut pourtant pas les chefs d’Etats. Les Russes y ayant planté un drapeau en 2007 pour imposer un acte de souveraineté, déclenchent une réaction sans précédent des Etats riverains qui cherchent alors à étendre leur propriété terrestre. L’Arctique se trouve ainsi dans une position paradoxale face au réchauffement climatique. Ailleurs, les effets de ce phénomène sont dénoncés et craints. Ici, les Etats riverains attendent avec impatience d’exploiter les ressources d’un océan dont le plateau continental est immense.

. Thomas Flichy de la Neuville, Iran, au-delà de l’islamisme , éd de L’aube, 2013.
Avec l’élection du nouveau président iranien, le moment est venu de mieux comprendre les attentes de l’Iran. Et ce, bien au-delà de l’islamisme. Car en Iran les invasions ont forgé une culture allant à rebours de notre propre histoire et, parmi les raisons expliquant l’échec des pourparlers nucléaires, celle-ci n’a pas été assez étudiée. Nous avons trop pris l’habitude de ne compter les cultures que pour un agrément ou une illusion. Leur méconnaissance nous empêche de penser le monde comme il est... Car si la modernité nous a éloignés, il existe en réalité de fortes harmoniques entre la culture iranienne contemporaine et celle de la France classique qui ne sont pas assez exploitées. Les Lettres persanes ne doivent pas être oubliées. Un essai passionnant qui décortique certaines vérités trop souvent ignorées.

. Sebastian Santander, L’Afrique, nouveau terrain de jeu des émergents , Karthala, 2014.
Délaissé jusqu’il y a peu par la mondialisation car considéré comme une « cause perdue » de l’économie internationale, le continent africain est désormais courtisé tant par les puissances industrielles traditionnelles (États-Unis, Europe) que par toute une série d’acteurs émergents (Brésil, Chine, Inde, Russie, Afrique du Sud). Depuis les années 2000, ces derniers se sont dotés de stratégies africaines et les liens tissés avec le continent sont devenus aussi divers que nombreux allant de la diplomatie à l’économique en passant par le commerce et/ou la coopération au développement, universitaire et/ou militaire. Les raisons de ce rapprochement sont multiples : nécessité d’investir de nouveaux marchés et appétit pour les importantes ressources naturelles de l’Afrique, recherche d’appuis ou d’alliances dans les tractations internationales ou de voix alliées au sein des instances multilatérales ; besoin d’étendre leur périmètre d’influence ainsi que d’accroître leur visibilité et reconnaissance internationales. Les émergents deviennent des acteurs incontournables en termes de commerce, d’investissement, d’aide au développement ou d’influence politique. Cet ouvrage se propose de saisir la complexité des relations qui lient ces acteurs à l’Afrique, de voir dans quel sens l’activisme des émergents sur l’arène africaine remodèle le continent et les rapports de forces qui s’y déploient, et de déterminer si l’arrivée des émergents sur le continent contribue à son désenclavement international ou si, au contraire, il engendre plutôt de nouvelles dépendances. De manière plus générale, l’ouvrage s’intéresse à savoir si l’expansion africaine des émergents est l’expression d’une tendance plus globale caractérisée par le décentrage progressif du pouvoir mondial.

. Jean Pisani-Ferry, Quelle France dans dix ans ? , Fayard, 2014.
Les Français ne sont pas le plus mal loti des peuples, que ce soit en termes de niveau ou de qualité de vie. Pourtant, ils sont les plus pessimistes quant à leur avenir. Désunis et comme paralysés, ils se sentent mis à l’écart du progrès et peinent à se projeter dans l’avenir.
Pouvons-nous inverser la tendance ? Quels buts la France peut-elle rêver d’atteindre dans dix ans ? Quelles priorités doit-elle se fixer ? Quels moyens doit-elle se donner ?
Ces questions, le président de la République et le Premier ministre les ont posées à Jean Pisani-Ferry et aux équipes de France Stratégie (Commissariat général à la stratégie et à la prospective). Pour y répondre, ceux-ci ne se sont pas contentés d’un travail en chambre. Ils ont interrogé les Français. Ils ont sillonné le pays à la recherche des initiatives qui préparent nos lendemains. Ils ont recueilli les propositions des jeunes. Ils ont dialogué avec des parlementaires de tout bord. Ils ont écouté les think tanks, les partenaires sociaux et les associations. Ils ont confronté leurs analyses à celles des meilleurs experts français et internationaux.
Cet ouvrage offre au lecteur l’essentiel d’un travail ambitieux, rigoureux et exemplaire.
Jean Pisani-Ferry est, depuis le 1er mai 2013, commissaire général à la stratégie et à la prospective. Il a été directeur de Bruegel, centre de recherche et de débat sur les politiques économiques en Europe qu’il a contribué à fonder en 2005 à Bruxelles. Il est l’auteur du Réveil des démons. La crise de l’euro et comment nous en sortir (Fayard, 2011).
France Stratégie, nom d’usage du Commissariat général à la stratégie et à la prospective, conseille le gouvernement pour la détermination des grandes orientations de l’avenir de la nation au travers de ses quatre métiers : évaluer, anticiper, débattre, proposer.

. Philippe Subra et Yves Lacoste, Géopolitique de l’aménagement du territoire (2e édition) , Armand Colin, 2014.
Affrontements autour du projet de nouvel aéroport de Notre-Dame-des-Landes, contestation des permis d’exploration de gaz de schiste, fermetures d’usines, émeutes en banlieue... autant d’événements qui illustrent la crise profonde que traverse le modèle français d’aménagement du territoire.
Mais cette crise économique, urbaine, sociale et culturelle, est surtout une crise géopolitique. L’emploi du terme peut surprendre, car il est associé à des conflits entre États sur des questions de frontières ou entre groupes ethniques. Ici pas de massacres ou d’armées en mouvement, mais des manifestations et du lobbying. Les acteurs sont différents – élus locaux, entreprises, chambres de commerce, administrations, associations –, mais les rivalités qui les opposent portent elles aussi sur des territoires. Chaque conflit, chaque débat sur un projet ou une politique d’aménagement est l’occasion de rediscuter de l’intérêt général. Comment intégrer les nouvelles aspirations de la société, l’apparition de nouveaux acteurs et de nouvelles pratiques, comme la concertation, pour renforcer l’efficacité de l’action publique ? C’est à l’exploration de cette question qu’est consacré cet ouvrage.
Philippe Subra est géographe, professeur à l’Institut français de géopolitique de l’université Paris 8 où il dirige le master professionnel de Géopolitique. Il est membre du comité de rédaction de la revue Hérodote.

. Hervé Théry, Le Brésil, pays emergé , Armand Colin, 2014.
Entre fantasmes exotiques et réalités, le Brésil a toujours suscité un vif intérêt voire une irrésistible attraction, qui s’est accrue ces dernières années : intérêt structurel dans tous les pays développés, notamment en France, en raison de la forte croissance économique de ce géant latino-américain (8,5 millions de km2 pour plus de 196 millions d’habitants) ; intérêt conjoncturel pour un pays qui s’est vu attribuer coup sur coup l’organisation de la Coupe du Monde (en 2014) et des Jeux olympiques (en 2016) ; intérêt politique lié à l’espoir incarné par le charismatique « Lula », et par celle dont il a voulu qu’il lui succède, Dilma Rousseff…
En revenant sur les raisons de la montée en puissance du Brésil, aussi bien sur le plan interne (ressources naturelles et agricoles, population jeune et qualifiée, institutions solides, etc.) qu’externe (jeu géopolitique sur le continent sud-américain, avec les autres pays BRICS, sur la scène internationale), cet ouvrage abondamment documenté, et rédigé par un observateur attentif de la culture brésilienne, dresse le portrait original d’un pays désormais « émergé ».
Hervé Théry est directeur de recherches au CNRS-Creda, professeur invité à l’université de São Paulo et codirecteur de la revue Confins.

. Antoine Arjakovsky, Russie Ukraine. De la guerre à la paix ? Ed. Parole et silence, Collège des Bernardins, Paris, juin 2014. ISBN-13 : 978-2889183302

Samuel Huntington s’est trompé. Les guerres nouvelles ne sont pas entre les civilisations mais entre ceux qui croient au choc des civilisations et ceux qui pensent qu’il existe des valeurs universelles. Vladimir Poutine et les Russes qui le soutiennent font partie du premier groupe. Violer le droit international devient légitime ici au nom de l’intégration de l’Ukraine russophone à la Russie. Arseni Yatséniouk et la « génération Maïdan » font partie du second groupe. Au nom de la justice et de la dignité humaine un pays se rassemble aujourd’hui pour créer un Etat-nation bi-culturel. La clef du conflit entre la Russie et l’Ukraine se trouve dans les mythologies divergentes des deux peuples. Comprendre cette clef permet de trouver des issues à la guerre russo-ukrainienne. La communauté internationale a un rôle essentiel à jouer. Mais ceci demande d’agir vite, avec résolution, et en acceptant de reposer la question des fondements spirituels de la démocratie et du droit international.

. Jean-Luc Racine (dir.), Asie, 2014-2015. Coll. Mondes émergents. Grands acteurs ; Focus sur la Corée du Nord ; Le pivot français vers l’Asie ; Les Brics asiatiques. Chronologie, l’année 2013. Paris, La Documentation française.

Une référence incontournable pour tous ceux qui ont a étudier l’Asie.

. Charles Crettien et Roland Dumas, Nouveaux enjeux internationaux, guerre ou paix , Le Cherche Midi, 2014.
En mars 2012, Vladimir Poutine, réélu président de la Fédération de Russie, annonce dans la presse moscovite les fondements de sa politique de défense. Elle tourne le dos à toutes les tentatives de détente et de désarmement initiées sous Gorbatchev. La guerre civile en Syrie apporte la tragique démonstration des dangers qui menacent l’équilibre international alors que nous n’avions pas prêté attention ni voulu considérer la nouvelle politique d’un pays, la Russie, qui démontre, en septembre 2013, qu’elle joue un rôle déterminant sur la scène internationale. Roland Dumas et Charles Crettien analysent le drame syrien, la situation au Moyen Orient, au Sahel, au Maghreb, en Afrique et partout dans le monde où ces nouveaux enjeux internationaux doivent être appréhendés en gardant en tête les leçons du conflit syrien comme celles des interventions militaires en Afghanistan, en Irak, en Libye, au Mali. Ils soulignent les dangers que représente l’irruption des religions dans le contexte international. Ils condamnent les improvisations d’une diplomatie française discréditée, le manque d’analyse et les attitudes bellicistes, stériles et dangereuses de son chef. Ils appellent au retour d’une politique internationale fondée sur le dialogue, y compris avec la Russie. Ils refusent de croire que la guerre puisse être une solution.

. Auteurs divers, Géostratégie et armement au XXIe siècle, Actes du colloque Sécurité et armement , La Documentation française, 2014.
Cet ouvrage collectif présente les rapports des dix groupes de réflexion qui, au cours des deux dernières années ont travaillé au sein de l’association. Ces travaux ont servis de support aux 10e Entretiens : « Armement et sécurité » qui se sont déroulés le 16 mai 2014 à Paris. Leur retranscription traduit ici la qualité de ces échanges. Les principaux débats ont abordé les points suivants : quelles stratégies pour la France et l’Union européenne face aux ambitions des puissances émergentes ? Quelle stratégie pour assurer la pérennité de notre accès aux ressources énergétiques ? Face au monde nouveau qui se met en place, quelles forces armées et, surtout, quels armements pour demain ? Quelle gouvernance et quelles perspectives pour l’armement, notamment terrestre ? Comment combattre efficacement dans les espaces virtuels ? Avec quelles armes « immatérielles » ? Autant de questions auxquelles, dans cet ouvrage collectif, les auteurs, proches de l’armement, de la défense et de la sécurité, apportent en toute indépendance leurs analyses et leurs propositions.

. Alain Bauer et Christophe Soullez, Le Terrorisme pour les Nuls , First, 2014.
Alain Bauer est criminologue, spécialiste des questions de sécurité. Il a également été Grand Maître du Grand Orient de France de 2000 à 2003. Il est l’auteur d’une vingtaine sur la criminalité. Christophe Soullez, est criminologue, chef du département de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) à l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (INHESJ) depuis 2004.

. Dominique Jolly, Chine, colosse aux pieds d’argile, Quand la Chine vacillera , Maxima L Mesnil, 2014.
De retour de Chine où il a passé une année au cœur du monde des affaires, Dominique Jolly rectifie dans ce livre l’image donnée de ce pays par une littérature trop complaisante. Derrière la façade du succès économique, industriel, financier et peut-être bientôt technologique, se cachent bien des fragilités, des désillusions, des menaces que nous aurions tort de ne pas reconnaître. L’histoire récente de la Chine a été marquée par de multiples drames (fin tragique de l’Empire, guerre avec le Japon, guerre civile, calamiteux grand "bond en avant" qui déclencha une des plus grandes famines de l’histoire de l’humanité, folie de la révolution culturelle. Le pays semble ainsi plus enclin à des changements brusques qu’à des changements progressifs. Dans ces zones sombres où des menaces existent, il y a ainsi peut-être plus à craindre d’une rupture que d’un délitement progressif. L’objectif de cet ouvrage est de relever ce qui ne va pas, sans oublier ce qui va bien. Après les fragilités du modèle économique, l’auteur examine les distorsions sociétales grandissantes et finalement les risques politiques. Ce livre est sur la Chine, mais il n’est pas sino-centré. Aujourd’hui, quoi qu’il puisse se passer en Chine, c’est le monde entier qui en sentira les répercussions.

. Victor Chauvet, Le triangle diplomatique , L’Harmattan, 2014.
La fonte des glaces en Arctique attise les convoitises des pays circumpolaires et des firmes pétrolières du monde entier. Le Groenland, de par son statut juridique méconnu et sa situation en plein cœur de l’océan glacial Arctique, occupe une place stratégique majeure de carrefour maritime et d’El Dorado énergétique. Ces enjeux géopolitiques et la légitimité de l’Union européenne au sein du territoire polaire invitent les auteurs de cet ouvrage à analyser la complexité des acteurs en Arctique et de sa gouvernance.

. Philippe Wodka-Gallien, Essai nucléaire, La force de frappe française au XXIe siècle : défis, ambitions et stratégie , Lavauzelle, 2014.
La France est une force nucléaire depuis le 13 février 1960, jour de son premier essai atomique. Un demi-siècle plus tard, les Français vivent sous la protection d’une force de dissuasion nucléaire bâtie en souveraineté. Leur force de frappe rassemble en 2014 quatre sous-marins nucléaires lanceurs d’engins de nouvelle génération (les SNLE-NG) et une force de cinquante chasseurs-bombardiers dotés du missile ASMP-A. En patrouille, les sous-marins embarquent seize engins balistiques. Ses instruments de frappe disposent de 300 têtes nucléaires. Quelle est la mission de cette force atomique ? La stratégie de dissuasion est-elle encore pertinente dans le contexte de sécurité du XXIè siècle ? Cette stratégie a-t-elle encore une signification pour un pays européen comme la France ? La force de frappe est-elle encore à la portée financière de notre pays ? Quels bénéfices en retirer ? Conçu durant la guerre froide, cet arsenal nucléaire sert-il encore à quelque chose ? La force nucléaire remet-elle en cause l’équipement des forces conventionnelles ? Qu’en est-il des perspectives de désarmement ? Ce petit livre cherche à répondre à toutes ces interrogations. Très libre, le ton de cet essai est celui du citoyen qui cherche à mieux comprendre l’ambition nucléaire militaire française. L’angle choisi remet en perspective les fondements d’une politique de défense fondée sur la dissuasion, qu’ils soient politiques, militaires, technologiques, industriels, voire culturels. Ce libre propos est aussi un voyage au cœur de l’univers de la force de frappe française. Le verdict est clair : la dissuasion se présente comme un réducteur d’incertitudes. Elle projette le concept français de défense loin dans l’avenir, compte tenu d’un environnement international instable qui renoue avec les logiques de puissance et de course aux armements.

. Olivier d’Auzon aidé de Marc de Rodellec du Porzic, Piraterie maritime, L’Afrique à l’abordage , Lavauzelle, 2014.
Le drapeau noir flotte toujours sur les océans. Le Bureau maritime international (BMI) a recensé plus de 4 000 actes de piraterie dans les vingt dernières années. Le rapport du BMI, publié en janvier 2014, indique que les pirates ont été moins actifs sur les mers du monde en 2013. 264 incidents de piraterie ont été recensés l’an dernier, confirmant le mouvement de repli observé depuis quelques années, avec 297 faits observés en 2012 (-11 %) et 445 en 2011 (-41 %). Le 8 décembre 2008, les forces navales européennes l’opération Atalanta ont été déployées dans le golfe d’Aden afin de protéger cette route maritime, primordiale pour l’approvisionnement du monde occidental : chaque année 20 000 navires marchands transitent par cette zone et 2,2 millions de barils de pétrole y sont transportés chaque jour à destination de l’Europe. Outre les forces européennes, deux autres coalitions opèrent dans l’océan indien : celle de l’OTAN, baptisée Ocean Shield (quatre navires) et celle des Etats-Unis (six bâtiments). Sans oublier plusieurs marines nationales : russe, chinoise sud-coréenne, indienne, espagnole, saoudienne, japonaise. En 2014, chacun s’accorde à dire que le succès de l’Atalanta est indéniable. En un peu plus de quatre ans après le début de la mobilisation internationale, les résultats sont édifiants. Alors qu’au plus fort des actions de piraterie, jusqu’à 50 navires de commerce et un millier de marins étaient retenus en otage le long des côtes somaliennes, en janvier 2011, on ne comptait plus que 36 bateaux et 720 membres d’équipage. Un chiffre qui est tombé à 4 navires et 108 marins fin 2013. Par ailleurs, on ne saurait trop insister sur la généralisation des « Best Maritime Practices », une série de bonnes pratiques mises en œuvre par la Marine marchande pour éradiquer la Piraterie. Et si la piraterie somalienne recule, à l’ombre des médias, les actes perpétrés par les pirates sont en revanche en hausse de l’autre côté de l’Afrique, aux larges des côtes du Nigeria (31 incidents en 2013 contre 27 en 2012 et 10 en 2011).

. Biarnès Pierre, La route de la Soie. Une histoire géopolitique , Ellipses, 2014.
Comment ne pas rêver de la route de la Soie ? Depuis le Levant méditerranéen à la mer de Chine, en passant par l’Asie centrale et les déserts de Gobi et du Takla-Matan, la route de la Soie fait rêver et fascine depuis des siècles.
De ces contrées partirent de terribles conquérants, les Attila, Gengis Khan, Tamerlan… Mais s’y épanouirent aussi de brillantes civilisations.
Tout au long de cette route interminable, qui fut pendant plus de trois millénaires l’axe géopolitique du monde, circulèrent les caravanes de la soie et s’affrontèrent de nombreux peuples. Durant tout ce temps, la route de la Soie ne fut pas empruntée seulement par marchands et guerriers ; elle fut aussi celle des dieux.

. Sellin Corentin, L’Amérique du Nord. Entre intégration et fragmentation , Ellipses, 2014.

Une approche pluridisciplinaire : histoire, géographie, économie, géopolitique, développement durable, culture…
Des fiches en double page pour une lecture simplifiée des problématiques, avec tous les outils indispensables : chronologie, glossaire, l’essentiel à retenir…
Un cahier central avec les cartes de synthèse en couleur
Des exemples nombreux.
Des sujets corrigés.
Une bibliographie sélective.
Un lexique pour les mots essentiels.

. Christophe Ventura, L’éveil d’un continent, Géopolitique de l’Amérique latine et de la Caraïbe , Armand Colin, 2014.
Christophe Ventura montre que l’Amérique latine est l’un des piliers de la construction d’un nouvel espace géoéconomique Sud/Sud dont l’Asie sera le moteur. Il évalue le bilan d’une décennie de bouleversements économiques, sociaux et analyse les nouvelles formes d’intégration régionale qui cherchent à bâtir souveraineté et indépendance dans la région.

. Hugues Tertrais (Cartes : Cécile Marin), Atlas de l’Asie du Sud-Est les enjeux de la croissance , autrement, 2014.
Illustrée d’exemples, cette synthèse sur les onze pays de l’ASEAN (Association des nations d’Asie du Sud-Est) aborde les aspects politiques, économiques, religieux, industriels ou encore énergétiques de cette région dont l’importance devient vitale pour l’économie mondiale actuelle.

. François Bost, La France : mutations des systèmes productifs , Sedes, 2014.
La mondialisation, de même que la crise économique et financière contemporaine, a profondément affecté le système productif français, ses entreprises et ses territoires. Elles ont agi comme de véritables révélateurs de leurs handicaps et faiblesses, mais aussi de leurs atouts et points forts.
Des mutations considérables, tantôt subies, tantôt anticipées pour surmonter les défis et enjeux du XXIe siècle, accompagnent ce mouvement. Certaines étaient déjà en cours ; elles se sont alors accélérées : chute des effectifs dans l’industrie, tertiarisation de l’industrie, etc. D’autres se sont révélées à cette occasion : perte d’attractivité du « site » France, insuffisante compétitivité du système productif, effondrement du made in France, délocalisations et relocalisations des activités, refonte de la politique industrielle, réaffirmation du rôle clé de l’innovation et de la R & D, etc.
Ce sont ces dynamiques de changement et leurs effets sur les systèmes productifs et leurs territoires que se propose d’étudier cet ouvrage très documenté, assorti de cartes inédites et de nombreuses études de cas (agroalimentaire, automobile, énergie, etc.).
François Bost est agrégé de géographie, professeur à l’université de Reims Champagne-Ardenne (URCA) et membre du laboratoire HABITER (EA 2076). Spécialiste de géographie économique et industrielle, ses travaux portent sur la mondialisation de l’économie, les stratégies d’entreprises, les relations entreprises/ territoires, ainsi que sur le développement local et territorial. Il a notamment dirigé l’Atlas mondial des zones franches publié à La Documentation française en 2010.

. André et Jean Sellier, Atlas des peuples d’Europe centrale , La Découverte, 2014.
Les difficultés auxquelles se heurte l’Ukraine nous le rappellent : le destin des vingt peuples composant l’Europe centrale reste enraciné dans un passé complexe et chahuté. Une mise en perspective historique claire s’impose. C’est ce que propose cette sixième édition de l’Atlas des peuples d’Europe centrale, qui associe au récit de l’histoire millénaire de chaque peuple les cartes indispensables à la visualisation et à la lecture des événements.

. A.Rojey, Le Gaz naturel, de la production aux marchés , Technip, 2014.
Les atouts du gaz naturel sur le plan économique, sa souplesse d’utilisation, son caractère peu polluant ont assuré un développement rapide de cette source d’énergie. Parmi tous les combustibles fossiles, le gaz naturel est aussi celui qui émet le moins de dioxyde de carbone (CO2) et s’associe le mieux avec les énergies renouvelables. Ses ressources sont abondantes et les réserves exploitables commercialement sont revues largement à la hausse depuis le décollage de la production de gaz de schiste aux États-Unis.
Produire, traiter, transporter et utiliser du gaz, souvent situé dans des zones difficiles ou éloignées des sites de consommation, impliquait de surmonter des défis techniques considérables. Les technologies de pointe qu’il a fallu développer ont ouvert un large champ d’opportunités nouvelles : production de gaz en mer, croissance rapide du commerce international de GNL, cycles combinés, filières de valorisation GTL (Gas to Liquids).
Cet ouvrage présente de manière synthétique les informations techniques et économiques nécessaires pour acquérir une vision d’ensemble de la chaîne gazière. Il analyse également les perspectives d’avenir.
Il s’adresse ainsi à un vaste public d’étudiants, de chercheurs, d’ingénieurs et de décideurs économiques ainsi qu’à tous ceux qui voudraient mieux comprendre la problématique du gaz naturel, dont le rôle devient essentiel pour assurer une meilleure transition énergétique.

. Jean-Jacques Ikama, Comment partager la rente pétrolière ? Les enseignements d’une expérience africaine , Technip, 2014.
La rente pétrolière est depuis de nombreuses années à l’origine de conflits dans presque tous les pays producteurs de pétrole. La répartition des revenus pétroliers entre États producteurs et sociétés pétrolières continue de faire l’objet de nombreuses interrogations.
Cet ouvrage a l’ambition de :
. définir la rente pétrolière et clarifier les questions relatives à son appropriation ;
. révéler la raison fondamentale du partage de la rente pétrolière et expliquer les mécanismes de la répartition de cette rente entre pays producteurs et compagnies pétrolières ;
. analyser les résultats du partage et en constater les effets comme la spoliation, la pratique des préfinancements, le besoin d’amélioration des modalités ;
. examiner la pression fiscale subie par les compagnies pétrolières en vue d’en déterminer le niveau réel ;
. proposer un modèle de partage simple, flexible et équitable.
S’appuyant sur son expérience internationale et en prenant l’exemple du Congo, l’auteur lève le voile, de manière accessible, sur un domaine d’activité stratégique et complexe. Cet ouvrage s’adresse à la fois à un public curieux de comprendre les enjeux du partage de la rente pétrolière et à un public averti (professeurs, étudiants, chercheurs...) souhaitant développer et approfondir ses connaissances sur le sujet.

. Samuel Laurent, Al Qaïda en France , Seuil, 2014.
Une puissante organisation terroriste s’est implantée sur le sol français : un réseau qui se tient prêt à passer à l’action et qui est dirigé par un « émir » d’Al-Qaïda. Ces « labyrinthes de la terreur » sont dissimulés au c ur de notre quotidien. Les membres de ce réseau, parfaitement entraînés, savent rester anonymes et insoupçonnables. Ils communiquent dans le plus grand secret et disposent d’un arsenal terrifiant qui ne fait que croître. Pour obtenir ces informations, Samuel Laurent s’est lancé, seul, dans une aventure à très haut risque. Sa première étape le conduit à rencontrer des jeunes Français partis combattre en Syrie aux côtés des organisations islamistes. Les renseignements qu’il recueille vont alors le mener en Libye, en Turquie, au Liban, en Grande-Bretagne...À chaque étape, il s’entretient avec des combattants du Jihad, des opérateurs clandestins et des idéologues du salafisme. Mais c’est dans les montagnes de Somalie, avec les Shebabs d’Al-Qaïda, qu’il va prendre toute la mesure de la menace terroriste qui pèse désormais sur tous les habitants de notre pays. Consultant international, Samuel Laurent est avant tout un homme de terrain. Il sillonne depuis des années les régions contrôlées par Al-Qaïda, et possède des contacts inégalés au sein de cette organisation. Il est déjà l’auteur de Sahelistan (Seuil, 2013), salué par la critique.

. Bourgain Arnaud, et alii, L’intégration de l’Afrique dans l’économie mondiale , Karthala, 2014.
L’intégration de l’Afrique dans une économie-monde multipolaire est ambivalente. S’inscrivant dans des mouvements centrifuges et centripètes, dans le temps et dans l’espace, l’insertion de ce continent dans les relations économiques et financières internationales se caractérise par une diversité des situations nationales. Dans le cadre d’une mondialisation multidimensionnelle, l’Afrique a longtemps été considérée comme marginalisée et contrainte de s’y adapter. Elle apparaît, désormais, comme un de ses acteurs.
L’ouvrage interroge le sens et la portée de cette intégration. Quelles formes prend-elle ? Dans quelles dynamiques s’inscrit-elle ? La place de chaque pays et leur évolution y demeurent-elles contrastées, tant au plan quantitatif que qualitatif ?
Dans ce contexte, l’ouvrage présente quatre thématiques se rapportant à des mutations qui contribuent à renforcer, sous diverses formes, les composantes de l’intégration des pays africains dans l’économie mondiale : les liaisons Afrique-Asie, les modalités de l’exploitation des matières premières, les partenariats renouvelés avec l’Union européenne et les mouvements migratoires.
Arnaud Bourgain est économiste, associate-professor à l’Université de Luxembourg et membre du CREA (Centre for Research in Economic Analysis).
Jean Brot est économiste, secrétaire de rédaction de la revue Mondes en Développement, secrétaire général de l’Association Tiers-Monde.
Hubert Gérardin est économiste, maître de conférences à l’Université de Lorraine, membre du BETA Nancy (Bureau d’économie théorique et appliquée, UMR 7522 CNRS), directeur de publication de la revue Mondes en Développement et président de l’Association Tiers- Monde.

. Gana Alia, Richard Yann, La régionalisation du monde. Construction territoriale et articulation global/local , Karthala, 2014.
Spécialistes de plusieurs disciplines (géographie, science politique, sociologie), leur objectif est de décrire et d’expliquer à plusieurs échelles la régionalisation de l’espace mondial, en utilisant des approches tant théoriques et conceptuelles qu’empiriques.

. Antoine Arjakovsky, Ukraine - Entre Russie et Europe , Parole et Silence, 12 juin 2014.

. Philippe Lemarchand, La mondialisation, un dictionnaire , Atlande, 14 juin 2014.
Près de 1000 articles pour aborder tous les débats autour de la mondialisation. Des acteurs cruciaux mais méconnus (le BCG, la communauté de Sant’ Egidio, Olivier Dolfuss), des éléments clefs (détroits, drogues, dumping social), des définitions claires (rugosité, titrisation, westoxification), des aspects inattendus (couleur bleu, nylon, volapük), des incontournables (football, dette, changement climatique), des inédits (non-lieu, Fold it, lune).

. Jean-Christophe Notin, La guerre de la France au Mali , Tallandier, 19 juin 2014.

. Jean-Pierre Favennec, Atlas des énergies , Armand Colin, 20 août 2014.
Gaz de schiste, crises nucléaires, éolien, biomasse : l’énergie est au coeur de l’actualité. Indispensable au développement de l’humanité, elle est donc convoitée et source de nombreux conflits. Mais de quoi parle-t-on exactement ? Le pétrole pèse bien plus en France que le nucléaire. Quels sont les états des ressources, les enjeux économiques et surtout, les défis mondiaux ?

. Sébastien Velut, Amérique latine 2014 2015 , Documentation Française, 20 août 2014.
Nouvelle édition de l’annuaire établi depuis une dizaine d’années en partenariat avec l’Institut des hautes études de l’Amérique latine (IHEAL), principal centre d’enseignement supérieur, en France, sur la région concernée. Parmi les articles au sommaire : une analyse des troubles politico-sociaux survenus en 2013 au Brésil ; un texte éclairant les raisons de la persistance, en Colombie, des différends portant sur la propriété de la terre, et qui expliquent que la guérilla, quoique en déclin, perdure ; un texte politique sur l’Uruguay ; un article sur la dimension politique et sociale des musiques andines, etc. En complément : les vingt fiches-pays qui clôturent traditionnellement le numéro.

. Antonin Cohen, Le régime politique de l’Union européenne , La Découverte, 2014.
Ce « Repères » a pour ambition d’offrir une vision claire et concise du régime politique de l’Union européenne, souvent noyé dans un épais brouillard.
Il offre une description simple de ses institutions. Il donne une vision globale de sa production normative. Il présente une image limpide de ses rapports de force politique. Il fournit une analyse précise de ses élites dirigeantes.

. Jean et André Sellier, Atlas des peuples d’Europe centrale , La Découverte, 2014.
Cette sixième édition, entièrement refondue, à la cartographie renouvelée, dénoue l’histoire millénaire des vingt peuples de la région. La complémentarité du texte, alerte et précis, et des 145 cartes historiques rend l’ouvrage particulièrement didactique et accessible.

. Marie-Caroline Moulin, La gestion des crises « hors cadre » - "L’inconcevable n’est pas impensable !" , l’Harmattan, 2014.
Préface de Xavier Guilhou.
De nombreux événements a priori "inconcevables" (le 11 septembre, Fukushima, les printemps arabes etc.) font désormais partie de notre quotidien et affectent nos décisions. La dimension "hors cadre", qui met en mode échec tous les plans, doit être intégrée dans le pilotage des crises. La viabilité des concepts, la robustesse des modes d’organisation, la pertinence de la prise de décision doivent être questionnées. Cet ouvrage se livre ici à cet exercice.

. Philippe Wodka-Gallien, Essai nucléaire, La force de frappe française au XXIème siècle : défis, ambitions et stratégie , Lavauzelle, 2014.
La France est une force nucléaire depuis le 13 février 1960, jour de son premier essai atomique. Un demi-siècle plus tard, les Français vivent sous la protection d’une force de dissuasion nucléaire bâtie en souveraineté. Leur force de frappe rassemble en 2014 quatre sous-marins nucléaires lanceurs d’engins de nouvelle génération (les SNLE-NG) et une force de cinquante chasseurs-bombardiers dotés du missile ASMP-A. En patrouille, les sous-marins embarquent seize engins balistiques. Ses instruments de frappe disposent de 300 têtes nucléaires. Quelle est la mission de cette force atomique ? La stratégie de dissuasion est-elle encore pertinente dans le contexte de sécurité du XXIème siècle ? Cette stratégie a-t-elle encore une signification pour un pays européen comme la France ? La force de frappe est-elle encore à la portée financière de notre pays ? Quels bénéfices en retirer ? Conçu durant la guerre froide, cet arsenal nucléaire sert-il encore à quelque chose ? La force nucléaire remet-elle en cause l’équipement des forces conventionnelles ? Qu’en est-il des perspectives de désarmement ? Ce petit livre cherche à répondre à toutes ces interrogations.

. Olivier d’Auzon, Piraterie maritime, L’Afrique à l’abordage ! , Lavauzelle, 2014.
Le drapeau noir flotte toujours sur les océans. Le Bureau maritime international (BMI) a recensé plus de 4 000 actes de piraterie dans les vingt dernières années. Le rapport du BMI, publié en janvier 2014, indique que les pirates ont été moins actifs sur les mers du monde en 2013. 264 incidents de piraterie ont été recensés l an dernier, confirmant le mouvement de repli observé depuis quelques années, avec 297 faits observés en 2012 (-11 %) et 445 en 2011 (-41 %). Le 8 décembre 2008, les forces navales européennes l opération Atalanta ont été déployées dans le golfe d Aden afin de protéger cette route maritime, primordiale pour l approvisionnement du monde occidental : chaque année 20 000 navires marchands transitent par cette zone et 2,2 millions de barils de pétrole y sont transportés chaque jour à destination de l Europe. Outre les forces européennes, deux autres coalitions opèrent dans l océan indien : celle de l OTAN, baptisée Ocean Shield (quatre navires) et celle des Etats-Unis (six bâtiments). Sans oublier plusieurs marines nationales : russe, chinoise sud-coréenne, indienne, espagnole, saoudienne, japonaise. En 2014, chacun s accorde à dire que le succès de l Atalanta est indéniable…

. Isabelle Tisserand, Sécurité alternative - Une réponse aux futures menaces ? , l’Harmattan, mai 2014.
Préface de Francis Vallat.
Qu’est-ce que la sécurité doit être demain ? La sécurité alternative développe le concept selon lequel les Etats et les entreprises doivent être sécurisés avec la même exigence et prône un recrutement ciblé des professionnels et des volontaires pour limiter les risques humains inhérents aux métiers de la sécurité, de la sûreté et de la défense. La sécurité alternative doit contribuer à la survie de nos sociétés. Elle intéresse tous ceux qui agissent au quotidien pour la sécurité, ce besoin vital de l’humanité.

. Bertrand Piraudeau (dir.), Le football brésilien - Regards anthropologiques, géographiques et sociologiques , l’Harmattan, juin 2014.
Cet ouvrage décrit d’abord une brève histoire du football brésilien. Il analyse ensuite les mouvements migratoires des footballeurs professionnels brésiliens, les zones et les frontières dans la circulation globale des footballeurs et la part d’ombre dans le football brésilien. Enfin il souligne les centralités urbaines en relation avec les clubs de football brésiliens pour conclure sur une réflexion sur le paysage et l’identité à travers les stades brésiliens. Le livre est illustré par de nombreuses cartes, figures et photographies.

. Jacques Exbalin, Le réchauffement climatique et ses impacts, Tome I - Le réchauffement climatique global , l’Harmattan, juin 2014.
Dans le premier tome de cet ouvrage, tous les ingrédients sont réunis pour que le lecteur prenne conscience des réalités du changement climatique et agisse de façon responsable pour préparer un monde meilleur. Vivre autrement, consommer moins, mettre en œuvre une sobriété heureuse, joyeuse et participative : certains le font déjà, ce qui prouve que c’est possible !

. Jacques Exbalin, L e réchauffement climatique et ses impacts, Tome II - Le réchauffement climatique global , l’Harmattan, juin 2014.
Après que le premier tome ait exposé les réalités du changement climatique sur le plan global, le second invite le lecteur à s’intéresser plus particulièrement au cas de la France, avec notamment ses conséquences sur les massifs montagneux, l’agriculture, la viticulture, l’érosion des côtes, les animaux, les forêts, le développement de maladies... Un ouvrage scientifique, pédagogique, parfois humoristique, relu et corrigé par les meilleurs spécialistes de notre pays.

. Tony Jagu, La France a-t-elle encore envie d’avenir ? , l’Harmattan, juin 2014.
Les Gaulois sont-ils plus pessimistes que leurs voisins européens ? La schizophrénie française reste un frein aux réformes et aucune évolution notoire n’a ainsi été possible dans cet écartèlement idéologique entre économie du libre-échange et protectionnisme de l’emploi à vie et des avantages acquis. Les temps qui viennent risquent d’être sombres pour les jeunes générations, tant les peuples sont à la recherche de plus de démocratie, de valeurs humanistes pour se libérer du joug des futurs tortionnaires d’un système mondialisé.

. Firouzeh Nahavandi, L’Afghanistan , De Boeck, juin 2014.
L’Afghanistan paraît, de prime abord, très complexe et difficile à comprendre. Ses problèmes semblent être le résultat des ruptures qu’il a vécues depuis 1979. La paix est difficile à atteindre, les conflits et le manque de moyens compliquent la collecte des informations. La période de transition prend fin, mais les attentats et les affrontements se multiplient. A travers l’histoire, la géographie, l’économie et la culture du pays, l’ouvrage donne sens aux réalités auxquelles fait face l’Afghanistan aujourd’hui et permet de comprendre pourquoi, là-bas, l’histoire se répète.
Firouzeh Nahavandi est professeur à l’Université libre de Bruxelles où elle dirige le Centre d’Études de la Coopération internationale et du développement.

. Amzat Boukari-Yabara, Le Mali , De Boeck, juin 2014.
Le Mali est plus qu’un pays. C’est une civilisation qui ouvre sur toute l’Afrique de l’Ouest et du Nord des lignes de perspective qui méritent d’être revisitées. En cinq chapitres, cet ouvrage offre une entrée circonstanciée pour comprendre que les événements récents au Mali, aussi graves soient-ils, doivent nous inviter à réfléchir sur la capacité de résilience et de renaissance d’un pays classé arbitrairement parmi les plus pauvres économiquement de la planète.
Amzat Boukari-Yabara est docteur au Centre d’études africaines de l’EHESS. Il travaille sur l’histoire du panafricanisme et des mouvements révolutionnaires.

. Christian Cauvin, La fin du capitalisme et la nécessaire invention d’un monde nouveau , l’Harmattan, juin 2014.
Si le capitalisme est condamné parce qu’il atteint ses limites, il est nécessaire d’accélérer sa disparition, car le mouvement d’émancipation est le gage de la réussite future et de l’instauration d’une démocratie qui ne soit pas uniquement formelle. Demain la démocratie... mais après le capitalisme.

. Roger baillet, De Gaulle et Machiavel , l’Harmattan, juin 2014.
Au moment de la seconde édition de cet ouvrage, six présidents ont succédé au général De Gaulle, de durs conflits ont secoué la planète, des régimes dictatoriaux sont tombés, d’autres les ont remplacés : le regard impitoyable du penseur florentin Machiavel n’a rien perdu de son acuité et les analyses du fondateur de la Ve République ont toujours la même pertinence d’une pensée qui se tourne vers les civilisations du passé pour se projeter vers la maîtrise de l’avenir.

. Jordi Tejel Gorgas, La question Kurde : passé et présent , l’Harmattan, juin 2014.
La question kurde émerge au début du XXe siècle comme une question "minoritaire" liée à l’apparition des Etats-nations modernes au Moyen-Orient. De par sa nature transfrontalière, elle ne peut pas être comprise dans sa complexité si l’on néglige les connexions intra-kurdes et la gestion régionale du conflit kurde par les Etats concernés. Cet ouvrage repose sur une grille de lecture à plusieurs niveaux, proposant des interprétations fines et parfois paradoxales.

. Victor Chauvet, La triangulaire diplomatique : Danemark - Groenland - Union européenne - La politique énergétique, environnementale et l’intégration régionale dans l’espace polaire européen , l’Harmattan, juin 2014.
La fonte des glaces en Arctique attise les convoitises des pays circumpolaires et des firmes pétrolières du monde entier. Le Groenland, au statut juridique méconnu, occupe une place stratégique majeure de carrefour maritime et d’eldorado énergétique. Ces enjeux géopolitiques et la légitimité de l’Union européenne au sein du territoire polaire invitent à analyser la complexité des acteurs en Arctique et de sa gouvernance.


Livre recommandé par le Diploweb.com pour le mois de mai 2014

. Nicole Gnesotto, Faut-il enterrer la défense européenne, Paris, Coll. Réflexeeurope, La documentation française, 2014

Pierre Verluise, Directeur du Diploweb.com : "Quand un auteur de référence fait un classique, ça donne ça : un livre documenté mais accessible, utile et efficace. L’auteur arrive à rendre simple un sujet sur lequel on a beaucoup fait d’enfumage. Cela s’appelle faire oeuvre de salubrité publique. Merci Madame."

Les élections au Parlement européen auront lieu le 25 mai 2014. La problématique de la défense européenne sera-t-elle abordée à cette occasion ?

Dans un contexte où la mondialisation a transformé les enjeux de sécurité et mis en exergue l’impuissance des systèmes de sécurité nationaux, la question de la nécessité d’une défense européenne ne peut pourtant être évitée.

La mise en place d’une défense européenne se heurte à des obstacles multiples et n’en finit pas de décevoir ceux qui avaient placé en elle un espoir de rebond stratégique. Faut-il se résigner à cet état de fait ou, au contraire, opérer les dépoussiérages nécessaires pour saisir enfin les atouts manifestes dont dispose l’Union européenne dans ce secteur stratégique ?

Dans cet essai, Nicole Gnesotto considère qu’il est trop tôt pour enterrer la défense européenne. Définie jusqu’à présent comme la gestion commune des crises des autres, son bilan apparaît certes mitigé. Mais les progrès réalisés sont indéniables et les arguments en faveur d’une relance stratégique existent. Encore faudrait-il que l’Union accepte de définir son rôle politique dans la mondialisation, prenne conscience de ses nombreux atouts et surmonte les divergences profondes entre ses États membres - quitte à permettre à certains d’entre eux d’avancer plus vite que les autres.

Nicole Gnesotto est professeur du CNAM, titulaire de la chaire sur l’Union européenne, vice-présidente de Notre Europe-Institut Jacques Delors et spécialiste des questions de défense.


. André Loez, La Grande Guerre, Paris, La Découverte, 2014.

Un siècle après l’événement, la Grande Guerre reste d’une étonnante présence dans la mémoire, les productions culturelles et l’espace public. Elle suscite un foisonnement de recherches qui renouvellent les connaissances dans tous les domaines, des approches politiques et diplomatiques à l’histoire économique et sociale et, plus récemment, à celle des sensibilités, des identités ou de la violence. Ce livre en propose une synthèse précise et accessible. Il aborde des débats interprétatifs encore vifs : quelles sont les causes du conflit ? Quel sens donner aux entrées en guerre de 1914, et peut-on y lire une adhésion à la guerre ? Comment expliquer l’intensité de la violence ? S’agit-il déjà d’une guerre totale ? Pourquoi les combattants ont-ils obéi ou désobéi ? Quels ont été les effets sociaux du conflit ? Pourquoi son règlement est-il resté si fragile ?

Pour répondre à ces questions, l’ouvrage propose un récit complet et détaillé, attentif aux spécificités nationales, nourri de références bibliographiques, permettant une première approche comme une étude plus approfondie de la période. Il s’attache à restituer les logiques sociales qui ont permis aux États, aux sociétés et aux individus d’endurer l’immense épreuve de 1914-1918.

. Bernard Bruneteau, Les totalitarismes, Paris, Armand Colin, 2014.

Devenu un « classique » sur le sujet, ce manuel, à la faveur de cette 2e édition, rend compte des débats historiographiques les plus vifs et les plus récents. Éclairant la genèse de la logique totalitaire, il passe en revue ses ressorts intellectuels, sociaux et politiques et décrit des totalitarismes réels. À partir des pratiques de l’Italie fasciste, de l’Allemagne nazie et de l’URSS stalinienne, il montre que l’expérience totalitaire est tout à la fois unique et diverse. De nouveaux documents appuient l’exposé.

. Mathieu Fau-Nougaret, Luc Marius Ibriga (dir.), L’Architecture de Paix et de Sécurité en Afrique, Paris, L’Harmattan, 2014.

L’architecture de paix et de sécurité en Afrique (APSA) semblait être la réponse continentale la plus adaptée pour mettre un terme aux atteintes à la paix et à la sécurité sur le continent. Pourtant, l’actualité démontre que l’APSA n’a pas forcément produit les effets escomptés. S’agit-il d’un manque de volonté politique des Etats ? S’agit-il de lacunes en termes de formation des militaires censés pendre part à ces opérations ? L’APSA est-elle réellement adaptés à la nature des conflits africains ?

. Bruno Tertrais, La guerre, Paris, Puf, 2014 (à paraître en juin).

Guerre « juste », guerre « totale », guerre « conventionnelle », « guérillas »… : si la guerre est une constante de l’histoire des hommes, elle n’en est pas moins en évolution perpétuelle. Aujourd’hui, alors que le nombre de conflits est en diminution, c’est pourtant le thème du « retour de la guerre » qui domine les débats. Et tandis que les armées occidentales ont recours à des moyens de très haute technologie, les modes les plus primitifs du combat restent en vigueur dans de nombreux pays en développement.

Allant au-delà des idées reçues, cet ouvrage retrace les principales mutations de la guerre, examine les causes des conflits armés, en dresse le panorama contemporain. Il explicite les modes de régulation existants et s’interroge sur les formes de guerres à venir : y aura-t-il des « guerres de civilisation » ou des « guerres de ressources » ?

. Sylvie Mazzella, Sociologie des migrations, Paris, Puf, 2014.

En quarante ans, le nombre de migrants dans le monde a triplé. L’ampleur comme la nature des flux migratoires a changé. Des notions comme celles de « migrations pendulaires » ou de « risque migratoire » ont fait leur apparition. De nouvelles questions se posent, qui rendent indispensable de porter un regard neuf sur les migrations : les déboutés du droit d’asile, de plus en plus nombreux, forment-ils désormais une nouvelle catégorie d’apatrides ? Quel type de lien social engendre un mode de vie à cheval sur plusieurs pays ? Quelles conséquences a l’externalisation de la gestion des migrants aux frontières de l’Europe ? Ou encore, les migrations du Sud vers le Sud vont-elles supplanter celles du Sud vers le Nord ? En sociologue, Sylvie Mazzella fait le point des recherches sur les phénomènes migratoires. Elle met ainsi en relief les apports nécessaires de la sociologie de l’immigration et l’important renouvellement des connaissances que les approches transnationales ont permis.

. Ahmad Allam-Mi, Autour du Tchad en guerre, tractations politiques et diplomatiques, 1975-1990, Paris, L’Harmattan, 2014.

Cet ouvrage livre au jour le jour le témoignage d’un diplomate tchadien en activité durant les guerres du Tchad de 1975 à 1990. Il apporte des informations inédites sur les tractations diplomatiques, officielles et en coulisse entre Tchadiens, Libyens, autres Africains et Français en vue du règlement de la crise interne tchadienne et du conflit territorial opposant le Tchad et la Libye autour de la bande d’Aozou.

. Serge Sur, Les aventures de la mondialisation, Les relations internationales au début du XXIè siècle, Paris, La Documentation française, 2014.

A l’occasion des 10 ans de QI... Serge Sur, rédacteur en chef de Questions internationales, remet en perspective les thèmes abordés ces trois dernières années par la revue : analyses géocentrées (Sahel, pays du Golfe, AfPak), points sur de grandes puissances (Etats-Unis, Russie, Chine, Union européenne, Allemagne...) ou pays émergents (Brésil), problématiques actuelles (Villes mondiales, Printemps arabe), ou clés pour comprendre l’actualité (droit international, gouvernance, acteurs des relations internationales).

Ses essais inédits permettent de mettre à jour des connaissances indispensables pour comprendre les relations internationales aujourd’hui. Ils apportent un éclairage approfondi de l’actualité.

. Serge Berstein et Pierre Milza, L’Allemagne de 1870 à nos jours, Paris, Armand Colin, 2014.

La réunification de l’Allemagne a été l’épilogue d’une histoire agitée ayant vu se dérouler deux guerres mondiales, puis, en 1945, son effondrement qui lui fait vivre « l’année zéro ». Qu’attendent aujourd’hui les grandes puissances mondiales de ce pays qui a su, passé un apprentissage douloureux de la démocratie et de l’ouverture à l’Europe, prendre un essor économique remarquable malgré les aléas de la conjoncture mondiale ? Cette 8e édition inclut les dernières élections allemandes (septembre 2013) et comprend une bibliographie actualisée.

. Dominique Mongin, Crises et conflits au XXème siècle, Paris, Armand Colin, 2014.

Ce précis d’histoire permet aux étudiants d’avoir une vision globale des crises et conflits internationaux du 20e siècle et de comprendre leur résonnance aujourd’hui. Ils trouveront une mise en perspective des faits, les lignes de force selon un découpage chronologique suivant les 100 événements majeurs et référents du 20e siècle, un panorama de plusieurs grandes figures, une analyse de documents, une chronologie, un glossaire, des plans de dissertation commentés et un répertoire des sources.

. Pierre Bréchon, Frédéric Gonthier (dir.), Les valeurs des Européennes : évolutions et clivages, Paris, Armand Colin, 2014.
Suite de la grande enquête consacrée aux valeurs des Européens, illustrée par l’Atlas sorti au printemps 2013 et commentée ici dans le détail. Cette analyse des évolutions sur la longue période (1981-2008) des valeurs des Européens est traitée par grands domaines de valeurs et par thématique transversale.

. Bruno Marcel, Jacques Taïeb, Les grandes crises : 1873-1929-1973-2008 ?, Paris, Armand Colin, 2014 (à paraître en mai).
Si pour certains la crise appartient presque au passé, pour d’autres elle persiste. La problématique de sortie de crise s’en trouvant totalement renouvelée. La nouvelle édition de ce classique offre une mise à jour complète de l’ensemble des données chiffrées, un nouveau chapitre sur la crise des subprimes, les différences entre les pays dans la crise contemporaine.

. François Bost, La France : mutations des systèmes productifs, Paris, Sedes, 2014 (à paraître en mai).
Les appels à la réindustrialisation des territoires inscrivent cet ouvrage au cœur des débats actuels.

. Michel Foucher, Frontières d’Afrique : pour en finir avec un mythe, Paris, CNRS, 2014.
Il est temps d’en finir avec le mythe de cicatrices coloniales responsables de tous les maux, des conflits et du mal développement... Les frontières d’Afrique sont devenues des frontières africaines.


Livre recommandé par le Diploweb.com pour le mois d’avril 2014

. Laurent Chamontin, L’empire sans limites. Pouvoir et société dans le monde russe, préface d’Isabelle Facon, La Tour d’Aigues, éd. l’Aube, 2014.

Pierre Verluise, Directeur du Diploweb.com : "J’ai lu ce livre avec beaucoup de plaisir. Il s’agit d’une mise en perspective historique brillante de la relation spécifique de la Russie à l’espace. Bon connaisseur du pays, l’auteur sait rendre le propos vivant et clair. Chapeau bas. Il va sans dire que cette lecture s’impose pour saisir l’actualité. Les étudiants qui ont à découvrir la Russie gagneraient à utiliser cette synthèse de haute volée."

L’URSS a disparu à jamais, entraînant dans sa chute l’idéologie qui en faisait l’avant-garde éclairée du monde moderne. Pour autant, le passage à la démocratie et à l’économie de marché n’a pas produit les effets ­escomptés : les populations de Russie, de Biélorussie et d’Ukraine peuvent certes voyager, surfer sur Internet ou acheter une voiture, mais leur position vis à vis de l’État demeure précaire, et il n’y a pas eu de décollage économique à la chinoise. Cet ouvrage rend ce paradoxe intelligible en mettant en évidence le lien, éclipsé un temps par le communisme, qui relie le monde russe actuel et la civilisation dont il est issu, où l’individu, pris dans la démesure du territoire, peine à trouver sa place.

« Un excellent travail d’anthropologie historique. » Gérard Chaliand

« Ce qui séduit de prime abord dans cet ouvrage, c’est sa limpidité. » Isabelle Facon.

Sur le site de la FRS, préface d’Isabelle Facon et avant propos de l’auteur, au format pdf


. Serge Sur, Les aventures de la mondialisation. Les relations internationales au début du XXIe siècle, La documentation française, 2014.

Depuis 2003, la revue bimestrielle « Questions internationales » présente des mises en perspectives, des synthèses et des dossiers complets qui éclairent les grands thèmes de l’actualité internationale et européenne.

Cet ouvrage couvre les thèmes abordés au cours des années 2010-2013 par la revue, en reprenant les ouvertures des différents numéros pour en proposer une analyse informée et décapante.

L’ouvrage aborde de façon thématique les principaux domaines des relations internationales contemporaines : analyses géocentrées (Sahel, pays du Golfe, AfPak), points sur de grandes puissances (États-Unis, Russie, Chine, Union européenne, Allemagne...) ou pays émergents (Brésil), problématiques actuelles (villes mondiales, Printemps arabe), ou clés pour comprendre l’actualité (droit international, gouvernance, acteurs des relations internationales). Les analyses rédigées par les experts des régions concernées permettent de mettre à jour des connaissances indispensables pour comprendre les relations internationales aujourd’hui.

Serge Sur est professeur émérite à l’Université Panthéon-Assas (Paris 2). Il y a créé et animé le master Relations internationales, ainsi que le Centre Thucydide - Analyse et recherche en relations internationales. Il dirige l’Annuaire Français de Relations Internationales (AFRI) et est rédacteur en chef de la revue Questions internationales.

. Benjamin Gourisse, La violence politique en Turquie. L’Etat en jeu (1975-1980), Coll. Recherches internationales, Paris, éd. Karthala, 2014.

Cette enquête magistrale reconsidère le mythe de l’État « fort » en Turquie. Une leçon qui vaut pour l’Empire ottoman et le régime autoritaire kémaliste de l’entre-deux-guerres, mais qui permet surtout de mieux comprendre la crise politique qui s’est enclenchée en 2013.

. Paula Vasquez Lezema, Le chavisme : un militarisme compassionnel, Paris, Maison des Sciences de l’Homme, 2014.

Ce travail est une histoire du « chavisme » et constitue une lecture sociale, anthropologique et politique des vingt-cinq dernières années de l’histoire vénézuélienne. Ce livre examine la nature politique du régime qui gouverne le Venezuela depuis 1998. S’agit-il d’une démocratie ? En effet, ce régime néo populiste est souvent évoqué comme réfèrent pour les projets politiques alternatifs à la démocratie libérale et au néolibéralisme. Les analyses contenues dans ce livre visent les ambiguïtés et les enjeux politiques engendrés par les modifications des règles du jeu démocratique.
L’intérêt de ce livre est d’étudier les sociétés dont l’économie est fondée sur la rente pétrolière. L’État vénézuélien est un État rentier qui intervient dans tous les domaines de l’économie et qui se refuse à créer un État providence mais préfère des redistributions ciblées à destination de ses partisans. C’est un État rentier qui a multiplié ses promesses de redistribution en engendrant une demande sociale toujours grandissante, toujours insatisfaite, d’où une tension sociale permanente.

. Michel Peraldi, Ils ont volé la décentralisation ! Pamphlet argumenté pour que la décentralisation soit rendue aux citoyens, Paris, L’Harmattan, 2014.

L’ouvrage dénonce les dérives et les contradictions d’une décentralisation monopolisée par les élus et les techniciens au détriment des maires des petites communes et des citoyens perdus dans la complexité de l’administration territoriale. L’auteur propose des pistes pour achever ce chantier de trente ans en en simplifiant les niveaux, et surtout en y réintroduisant le citoyen et une pratique plus participative de la démocratie locale.

. William Guéraiche, Géopolitique de Dubaï et Émirats arabes unis, Nancy, Arbre bleu éditions, 2014.

Récemment choisie pour accueillir l’Exposition universelle de 2020, Dubaï semble jouir d’une notoriété aux allures de carte postale. Mais au-delà de ses buildings de verre, de ses luxueux hôtels, de sa compagnie aérienne (Emirates) et de son aéroport international, on sait peu de choses en Occident de cette cité-État et des Émirats arabes unis (EAU), la fédération dont elle est l’une des sept composantes.

Pour combler cette lacune, l’auteur, historien et géopolitologue enseignant depuis dix ans à Dubaï, nous livre ici la première étude complète en langue française sur cet espace géographique singulier. De la façon dont Dubaï et les EAU ont entrepris de se vendre comme une marque commerciale jusqu’aux relations politiques et commerciales qu’ils entretiennent avec le reste du monde, en passant par les modes de gouvernance ou les questions liées aux dépendances multiples et à l’importante immigration, aucun aspect n’est oublié. Ni thuriféraire ni contempteur, William Guéraiche adopte ici une démarche scientifique : il décrypte, analyse et dresse des perspectives sans rien passer sous silence mais sans éprouver le besoin de formuler des jugements. C’est là un des nombreux aspects qui font de ce livre un outil de connaissance nécessaire à toute personne désireuse de s’affranchir d’une vision du monde formatée par les stéréotypes.

. Jean-Jacques Fontaine, L’invention du Brésil : de crises en crises, un géant qui s’affirme, Paris, L’Harmattan, 2014.

L’envol du Brésil actuel est le résultat de naissances à répétition. Aujourd’hui première nation catholique et septième économie du monde, c’est une forte démocratie qui est pourtant toujours à la recherche des chemins de sa stabilité. Les manifestations populaires de 2013, si elles n’ont pas connu les lendemains espérés, annoncent une nouvelle période de mutation identitaire. Cet ouvrage propose une approche thématique de la réalité d’hier et d’aujourd’hui afin d’aborder la complexité de ce pays.

. Teresa Pullano, La citoyenneté européenne : un espace quasi-étatique, Paris, Presses Universitaires de Sciences Po, 2014.

La crise qui secoue la zone euro depuis 2008 a révélé les barrières qui séparent encore les Européens, notamment entre pays du Sud et pays du Nord. Devons-nous pour autant donner raison à ceux qui affirment qu’il n’existe pas de citoyens européens, mais seulement des citoyens nationaux ?

À rebours des théories dominantes, ce livre analyse les impacts et les effets de l’appartenance à l’Union – notamment à partir du droit et des pratiques de libre circulation – sur ceux qui habitent l’espace européen. Loin d’être une notion abstraite, la citoyenneté de l’Union produirait un espace quasi étatique, défini par les droits qu’il confère plutôt que par ses frontières.

L’idée même de citoyenneté, détachée de toute stabilité territoriale du fait des élargissements successifs, se trouverait désormais modifiée pour devenir une « citoyenneté sans État » dans un « territoire-devenir ».

Cet essai nous invite, comme l’écrit en préface Jean-Marie Donegani, à « repenser l’identité même de la démocratie, non plus souveraineté du peuple-un mais système de médiation et de négociation entre des sujets définis non plus par leur inscription dans un cadre stato-national mais parleur assentiment à une citoyenneté sans corps ni territoire ».

Une reconceptualisation forte et originale de la citoyenneté européenne.

. Merje Kuus, Geopolitics and Expertise : Knowledge and Authority in European Diplomacy, Wiley-Blackwell, 2014.

Geopolitics and Expertise is an in-depth exploration of how expert knowledge is created and exercised in the external relations machinery of the European Union.
Provides a rare, full-length work on transnational diplomatic practice.
Based on a rigorous and empirical study, involving over 100 interviews with policy professionals over seven years.
Focuses on the qualitative and contextual, rather than the quantitative and uniform.
Moves beyond traditional political science to blend human geography, international relations, anthropology, and sociology.

. Olivier Louis, Histoire du Pakistan de 1947 à nos jours : un lent cheminement vers l’abîme ? Paris, L’Harmattan, 2014.

Né de la partition de l’Empire des Indes en 1947, le Pakistan est allé de crise en crise sans parvenir à surmonter les contradictions résultant de cette partition mal pensée et mal réalisée. Le Pakistan est aussi une puissance nucléaire majeure dont dépendra l’issu du conflit en Afghanistan et, en tant que second pays musulman du monde, il jouera aussi un rôle majeur dans le destin de l’Islam. Retrouvera-t-il le chemin de la modernité emprunté au début de son histoire ou deviendra-t-il un Etat paria consumé par la violence ?

. Bartolomé Bennassar, Richard Marin, Histoire du Brésil : 1500-2013, Paris, Fayard, 2014 (à paraître en mai).

On a longtemps cru que Dieu était brésilien, tant la nature a pourvu ce pays-continent de ressources et d’agréments, et la géographie a joué un rôle important dans sa construction comme nation. Laboratoire précoce d’un intense métissage et de la mondialisation, le Brésil fascine. Cordialité, futebol, carnaval, samba, culte du corps, sensualité, plage… pour les clichés positifs. Déforestation de l’Amazonie, formidables écarts sociaux, violence et insécurité… pour le volet négatif. Simplificatrices, ces représentations disent en réalité trop peu de la complexité de la grande nation tropicale que seule éclaire l’histoire. Avec, depuis le bois-brésil qui lui a donné son nom, une succession d’activités motrices qui ont aménagé le territoire et attiré le peuplement, un processus singulier d’accession à l’indépendance, le maintien original de la forme impériale jusqu’en 1889 et un esclavage à grande échelle, ailleurs sans équivalent, le Brésil constitue un univers à part en Amérique latine. Depuis peu puissance émergente, il occupe désormais une position enviable sur les scènes économique et diplomatique mondiales et fait figure de futur géant de ce siècle.

. Josepha Laroche (dir.), Passage au crible de la scène mondiale : l’actualité internationale 2013, Paris, L’Harmattan, 2014.

Ce livre met l’accent sur les logiques de déstabilisation induites par des Etats comme la Centrafrique, la Corée du Nord, l’Iran ou bien encore le Mali, et aborde la question des sociétés civiles placées sous surveillance étatique. Il souligne les atteintes globales portées à la sécurité des personnes, traite de l’ingérence diplomatique par des acteurs non étatiques dans les domaines du désarmement chimique, de la justice internationale ou du réchauffement climatique.

. Stéphane Audouin-Rouzeau, La guerre au XXe siècle, doc. photographique, La documentation française, 2014.

Premier titre d’une nouvelle collaboration entre Doc’ en Poche et La Documentation photographique (DP) dans la série « Regard d’expert », La guerre au xxe siècle rassemble et propose une analyse et une typologie des différents types de conflits.

Guerres totales, conventionnelles, de décolonisation… le XXe siècle a connu des conflits qui ont touché des populations civiles dans des proportions inédites. Ces diverses expériences guerrières possèdent-elles une forme d’unicité ou se caractérisent-elles par d’irrémédiables spécificités ? Cinq historiens apportent ici leur contribution. Ce volume inaugural - en association avec la Documentation photographique - sur la guerre au XXe siècle, propose la reprise de synthèses, tirés de dossiers de la Documentation photographique et mis à jour par les auteurs lorsque l’état de la recherche le demandait. Il s’agit des dossiers suivants : La guerre d’Algérie ; la guerre au XXe siècle, l’expérience combattante ; la guerre au XXe siècle, l’expérience des civils ; la guerre froide.

. Paulo Brito, Viviane du Castel, Groenland entre indépendance et récupération géostratégique ? Enjeux, défis, opportunités, Paris, L’Harmattan, 2014.

Le Groenland occupe une place stratégique incontournable dans l’Arctique, nouvel espace de compétition et de coopération entre grandes puissances, riche en ressources énergétiques, minières et halieutiques. Ce pays inuit et danois est au carrefour des intérêts américains, canadiens, chinois, russes et de l’Union européenne. Le contrôle du Grand Nord est l’enjeu principal des stratégies nationales et régionales et le Groenland autonome ou indépendant y occupe une place centrale.

. Wirya Rehmany, Dictionnaire politique et historique des Kurdes, Paris, L’Harmattan, 2014.

Qui sont les Kurdes ? Quelle place occupent-ils dans le puzzle du Moyen-Orient ? Quels sont les enjeux géopolitiques de la lutte du peuple kurde pour la reconnaissance de ses droits nationaux ? Pourquoi constituent-ils, au XXIè siècle, la plus grande nation du monde sans Etat ? Cet ouvrage dresse le bilan de l’histoire des Kurdes sur plusieurs siècles, de la fondation de l’empire Mèdes au VIIè siècle avant J.-C. jusqu’au XXIè siècle.

. Faisal Almejfel, Les relations entre la France et l’Arabie saoudite, de 1967 à nos jours, Paris, L’Harmattan, 2014.

Depuis la guerre des Six jours en 1967, lorsque ses relations se détériorent avec Washington, l’Arabie Saoudite a pour habitude de se rapprocher de Paris. Mais le 11 septembre a modifié les relations internationales. Cet ouvrage montre l’impact de cet événement, le rôle de Paris dans son soutien à Riyad ; il examine les relations entre les deux pays à la lumière de certains dossiers régionaux et aborde les questions relatives aux échanges commerciaux, civils, militaires, culturels et universitaires.

. Marianne Hagelstein, Soft power et diplomatie culturelle : le cas de Taiwan, Paris, Academia, 2014.

Marginalisé sur la scène internationale depuis les années 1970 et la montée en puissance de la République de Chine au niveau mondial, Taiwan maintient néanmoins des relations avec l’extérieur en utilisant tous les ressorts de la diplomatie informelle. C’est en mettant à profit les avantages dont l’île dispose, notamment sa situation de carrefour culturel et de passerelle entre les mondes occidental et asiatique, chinois et aborigène, chinois et japonais, etc., que ce "soft power" s’exprime.

. René Cagnat, Il était une France - Conseils à mes petits-enfants et petits-neveux, Paris, éd. du Rocher, 2014.

Regard sur une lignée d’Alsaciens déchirés par les guerres, sous forme d’un récit explicatif à un jeune européen. L’auteur s’attache à transmettre ses valeurs et ses expériences.

. Eddy Fougier, Fiches d’actualité et de culture générale. Paris, Ellipses, 2014.

Cet ouvrage contient une trentaine de fiches d’actualité et de culture générale réparties en huit grandes thématiques : France, Économie – Mondialisation, Europe, Relations internationales, Géopolitique – Sécurité, Pouvoir, Enjeux globaux, Prospective.

Elles abordent les grands sujets au coeur de l’actualité et les principaux débats contemporains : la société de défiance, la crise des classes moyennes, les réformes du système de retraite français, la montée en puissance des économies émergentes, l’évolution de la pauvreté dans le monde, le chômage, la désindustrialisation, la crise de la dette souveraine en Europe, la globalisation économique, les institutions européennes, la fin de la guerre froide, les attentats du 11 septembre 2001, la nature des conflits contemporains, le printemps arabe, les conflits de l’« Arc de crise », la menace terroriste, la nébuleuse djihadiste, la justice pénale internationale, la faim dans le monde, le changement climatique ou encore le monde de demain. Chaque fiche comprend des encadrés explicatifs, des graphiques, des tableaux, des chronologies, ainsi qu’une bibliographie.

Cet ouvrage s’adresse aux étudiants des universités, des classes préparatoires aux grandes écoles et des Instituts d’Études Politiques. Il peut également satisfaire la curiosité d’un public plus large qui s’intéresse de près à l’actualité et à l’évolution du monde contemporain.

. Pascal Marchand, Géopolitique de la Russie. Une nouvelle puissance en Eurasie. Série Géopolitique de la Coll. Major, PUF, avril 2014.

Russie rime avec immensité, et ce depuis le XVIe siècle. Depuis, ses gouvernants ont toujours veillé à la couper du reste du monde, à y organiser un « autre monde », projet dont le dernier avatar a fait faillite en 1991.

La Russie d’aujourd’hui tourne le dos à mille ans d’histoire et a entrepris de se réinsérer dans le monde global. Cela signifie reconstruire toute une économie, tout un système de communications, toute une organisation spatiale. Mais on ne fait jamais table rase du passé. En effet, les structures et les mentalités infléchissent tous les projets, tandis que l’ampleur des investissements nécessaires impose une autre révolution : l’État ne peut plus tout et doit impliquer les acteurs privés, russes et étrangers.

Au Kremlin d’harmoniser, et non plus de diriger, l’entreprise. Dans un monde devenu multipolaire, à lui également de restaurer une dignité internationale, après la déchéance brutale de ce qui était il y a peu encore l’« autre grand » de la guerre froide. La nouvelle puissance russe sera d’abord économique.

Agrégé de géographie et docteur d’État, Pascal Marchand est professeur à l’université de Lyon II et chargé de cours à Sciences Po Lyon. Il a déjà publié plusieurs ouvrages sur la Russie dont un Atlas géopolitique de Russie (Autrement).


Le livre évènement sur les frontières de l’UE

. Pierre Verluise, Géopolitique des frontières européennes. Elargir, jusqu’où ? Illustré de 20 cartes, éd. Argos, diffusion Puf, 192 p. ISBN : 9 782366 140064, 14,90 €.

L’incertitude qui règne sur la délimitation des frontières de l’Union européenne contribue à nourrir une inquiétude que les élites européennes sous-estiment volontiers. À l’image d’un boomerang cette préoccupation alimente une prise de distance croissante à l’égard de l’Union européenne.

Cet ouvrage propose des réponses claires et précises aux questions suivantes :

. jusqu’où l’Union européenne compte-t-elle encore s’élargir ?

. quelles relations l’UE entretient-elle aujourd’hui avec des pays de l’Est qui étaient hier considérés comme des ennemis ?

. comment s’organisent les relations de l’UE avec le Sud ?

Ainsi, le lecteur peut disposer d’une vision géopolitique des frontières de l’Union européenne

Pierre Verluise est Directeur du site Diploweb.com. P. Verluise étudie l’Union européenne et ses frontières. Il enseigne la géopolitique à la Sorbonne (MRIAE). Il a créé le séminaire géopolitique de l’Europe à l’École de guerre. Distinguished Professor de Géopolitique à GEM.

. Commander le nouveau livre de Pierre Verluise, Géopolitique des frontières européennes (Argos) sur Amazon


. Bouchra Rahmouni Benhida (dir.) Le Maroc stratégique, Casa express édition

Conçu sous la direction de Bouchra Rahmouni Benhida, professeure et directrice de l’Institut de recherche en géopolitique et géoéconomie (IRGG) à l’ESCA, école de management de Casablanca, ce livre entend dresser un bilan de l’économie marocaine contemporaine et de ses perspectives depuis les Printemps arabes.

Chacune des contributions qui composent l’ouvrage à été écrite par un membre du think tank marocain AMIE Center (Association marocaine d’intelligence économique), créé en 2007.

« La question centrale de ce livre est la suivante : le Maroc peut-il être à la fois un pays émergent, moderne, islamiste et démocrate ? Les conditions économiques et géopolitiques de l’émergence sont analysées par huit auteurs, en particulier en termes de compétitivité, de politique commerciale et de bonne gouvernance. Apparaissent ainsi les lignes de force d’un modèle marocain au croisement d’influences diverses et d’une subtile stratégie de préservation et de modernisation. »

. Pierre Lascoumes, Laure Bonnaud, Jean-Pierre Le Bourhis, Emmanuel Martinais, Le développement durable : une nouvelle affaire d’État, Paris, Puf, 2014.

Le développement durable est devenu un slogan aussi flou que prégnant qui conduit souvent à des décisions inattendues. C’est le cas pour la fusion de deux frères ennemis : les ministères de l’équipement et de l’écologie. Le livre montre le contexte politique particulier qui a inscrit cette vaste réforme à la fois comme une action symétrique au Grenelle de l’environnement et comme l’affirmation d’une écologie de droite. Au-delà de ce volontarisme, il souligne l’importance des facteurs historiques et des enjeux professionnels qui ont rendu possible cette fusion présentée comme un modèle réussi de modernisation de l’Etat. L’analyse est menée à trois niveaux : la réforme des structures centrales du ministère ; celle des services territoriaux (essentiellement régionaux) ; enfin, celle des principaux acteurs ayant concrétisé cette vaste série de changements.

. Jean-Yves Grosclaude, Rajendra Kumar Pachauri, Laurence Tubiana, Regards sur la Terre 2014. Dossier : les promesses de l’innovation durable, Paris, Armand Colin, 2014.

Regards sur la Terre décrypte la complexité des processus qui composent le développement durable et en révèle toute la richesse.

La première partie dresse le bilan de l’année 2013 : retour sur les dates, les lieux et rapports clés qui ont structuré les débats et l’action en faveur d’un développement plus durable ; analyse des événements marquants, identification des acteurs majeurs, des enjeux et des perspectives dans les domaines du développement, de l’agro-écologie, de la biodiversité, du climat, de la gouvernance, etc.

Le Dossier 2014 a pour ambition de décortiquer et analyser les rouages de l’innovation, considérée comme la nouvelle clé du développement durable. Véhicules électriques, agriculture biologique, énergies renouvelables, e-learning : l’essor de ces technologies émergentes et modèles alternatifs génère l’espoir d’un développement plus décentralisé, frugal, flexible et démocratique, que les modèles déployés au cours du XXe siècle. L’innovation s’impose comme mot d’ordre des organisations internationales, gouvernements, entreprises, universités et de la société civile pour répondre aux défis économiques, sociaux et environnementaux de la planète. Quel est le véritable potentiel de ces innovations ? Comment et où se diffusent-elles ? Comment bousculent-elles les modèles conventionnels, dans l’agriculture, l’approvisionnement en eau et en énergie, les transports, l’éducation ? Leur ascension fulgurante, dans toutes les régions du monde, tient-elle ses promesses d’avènement d’une société plus durable et inclusive ? Au-delà de la technologie, quelles innovations institutionnelles sont nécessaires pour atteindre cet objectif ?

Fruit d’une coopération entre l’AFD (Agence française de développement), l’Iddri (Institut du développement durable et des relations internationales) et le TERI (The Energy and Resources Institute), Regards sur la Terre constitue un outil d’information et de compréhension indispensable.

. Georges Bensoussans, Mélanie Marie, Atlas de la Shoah : La mise à mort des Juifs d’Europe, 1939-1945, Paris, Autrement, 2014.

En une centaine de cartes et d’infographies, cet Atlas inédit retrace l’histoire de l’une des plus grandes tragédies du XXe siècle, la Shoah.
Les racines intellectuelles du génocide : le rôle joué par la diffusion de l’antisémitisme et du darwinisme racial en Europe au XIXe siècle.

Une approche géographique originale qui met en évidence la concentration spatiale des centres de mise à mort, les accélérations, la concomitance et la coordination des phases du génocide, et souligne ainsi son caractère planifié.

Une analyse à différentes échelles : du théâtre mondial à l’épicentre européen, des politiques d’États aux trajectoires individuelles.

La cartographie permet une appréhension plus globale de cet événement historique sans précédent. Elle invite à interroger autrement ses origines, sa chronologie, son déploiement géographique et ses conséquences démographiques.

. Benjamin Gourisse, La violence politique en Turquie : l’État en jeu (1975-1980), Paris, Karthala, 2014.

Entre le coup d’État militaire du 12 mars 1971 et celui du 12 septembre 1980, la Turquie a connu une période de violence paroxystique mettant aux prises des groupes radicaux de l’extrême droite et de l’extrême gauche. Cette quasi-guerre civile reste aujourd’hui comme une plaie ouverte dans l’histoire du pays. Elle a débouché sur l’instauration du régime militaire le plus dur que la Turquie ait subi, et dont elle n’est véritablement sortie que dans les années 2000.

L’analyse serrée et documentée des tactiques des différents protagonistes du conflit montre que leur investissement des institutions publiques, à commencer par la police, a conduit à une politisation croissante de l’État. Contrairement à un lieu commun, l’autonomie de celui-ci par rapport à la société doit être relativisée. L’État constitue bien plutôt l’arène primordiale des mobilisations politiques, dont il n’est pas parvenu, en l’occurrence, à endiguer le déchaînement, faute de ressources nécessaires.

Cette enquête magistrale reconsidère le mythe de l’État « fort » en Turquie. Une leçon qui vaut pour l’Empire ottoman et le régime autoritaire kémaliste de l’entre-deux-guerres, mais qui permet surtout de mieux comprendre la crise politique qui s’est enclenchée en 2013. De nouveau, les institutions publiques, telles que la magistrature et la police, semblent avoir été pénétrées par des forces particulières qui mettent à mal leur impartialité et nourrissent l’imaginaire de l’« État profond ». Le spectre de la violence hante toujours le pays, alors même que des élections démocratiques lui ont donné une majorité parlementaire stable depuis plus de dix ans.

Benjamin Gourisse est post-doctorant au CETOBAC (Centre d’études turques, ottomanes, balkaniques et centrasiatiques) et a co-dirigé, avec Marc Aymes et Élise Massicard, L’art de l’État en Turquie. Arrangements de l’action publique de la fin de l’Empire ottoman à nos jours (Karthala, 2014).

. Catherine Coquio, Jean-Luc Poueyto (dir.), Roms, Tsiganes, Nomades. Un malentendu européen, Paris, Karthala, 2014.

« Roms », « Tsiganes », « Nomades » : autant de mots équivoques par lesquels se reconduisent des malentendus qui se sont montrés meurtriers dans l’histoire. Au cours des XIXe et XXe siècles, sous l’effet de décisions politiques et d’institutions savantes, des classifications désignant des groupes « exotiques » jugés inaptes à la vie sociale ont fait de ceux-ci un problème. Sous le nom de « question rom », ce problème est devenu celui d’une vaste « minorité » à traiter à l’échelle européenne alors qu’un nouvel antitsiganisme se répand dans « l’Europe ouverte ». Le malentendu s’aggrave.

Cet ouvrage dresse un état présent des connaissances sur le sort des Tsiganes en Europe pendant la Seconde Guerre mondiale, sujet passé sous silence alors que d’importants travaux ont renouvelé les perspectives. On y passe ensuite au crible les catégories et représentations mobilisées à propos de cet « autre », afin de comprendre les ressorts sociaux, politiques et culturels de cette haine collective de moins en moins ambivalente, et les contradictions qu’elle révèle sur l’Europe comme système de valeurs et « civilisation ». Sciences humaines, droit, littératures, art, philologie et philosophie sont interrogés pour penser autrement les relations entre mondes tsiganes et non tsiganes, et la singularité des formes de vie.

Ce livre est issu du colloque international « Tsiganes, Nomades : un malentendu européen », qui s’est tenu à Paris et à Pau en octobre et novembre 2011. Il comprend trente-quatre contributions de disciplines différentes. Catherine Coquio est professeur de littérature comparée à l’Université Denis-Diderot (Paris 7, Cerilac), elle travaille sur les modes d’inscription et d’effacement de la violence historique et la teneur politique de l’art. Jean-Luc Poueyto est anthropologue du monde manouche, spécialiste de l’illettrisme et des relations entre écrit et oral ; membre de l’ITEM, il enseigne à l’Université de Pau.

. Rémy Porte, 1914. Une année qui a fait basculer le monde, Paris, Armand Colin, 2014.

« Quoi ? Parce qu’un archiduc a été assassiné à la fin du mois dernier dans un village bosniaque ? L’affaire n’est donc pas enterrée… comme le prince ? ». On peut sourire de cette remarque. Elle traduit pourtant, au premier degré, l’état d’esprit d’une partie de la population aux premiers jours d’août 1914. L’attentat de Sarajevo n’est qu’une étincelle, survenue dans un contexte particulier qui a favorisé le développement d’une crise qui n’était ni écrite, ni certaine.
À travers les mémoires des témoins, des acteurs, et en utilisant de très nombreux titres de la presse quotidienne de l’époque, l’auteur nous entraine à travers le premier semestre de l’année 1914. Certaines causes – complexes – de la guerre sont en germe. Puis, il nous raconte les premiers mois de guerre, de l’entrée en campagne à la fixation du front occidental, à l’avant comme à l’arrière, dans les états-majors comme au gouvernement et au parlement. Quand la politique, la diplomatie, l’économique, le culturel, le financier, l’industriel, le religieux et l’artistique croisent le militaire, l’année 1914 prend d’autres formes et d’autres couleurs. Et les choses ne sont peut-être pas aussi simples qu’on veut bien généralement le dire.

. Hillel Cohen, Les Palestiniens face à la conquête sioniste (1917-1948), Paris, L’Harmattan, 2014.

L’auteur explore, au jour le jour, région par région, famille par famille, les motifs qui ont conduit certains Arabes de Palestine à coopérer avec les institutions sionistes, dans le contexte colonial du mandat britannique. Il éclaire les méthodes de recrutement des collaborateurs, leur utilisation en vue de miner la société palestinienne de l’intérieur. Loin de tout jugement moral ou politique, il offre aussi une description vivante de la formation de l’identité palestinienne.

. Sébastien Gricourt et Gilles Pernet (dir.), Kosovo : récits sur la construction d’un État, Éditions Non-Lieu, 2014.

À travers les expériences des Français ayant occupé au Kosovo des fonctions officielles dans diverses institutions internationales (ambassadeurs, administrateurs, généraux, conseillers civils, etc.) au cours des quinze dernières années (de la fin de la guerre en 1999 jusqu’à aujourd’hui), cet ouvrage évoque les différentes étapes de la construction, ex nihilo, de l’État du Kosovo : les embûches rencontrées dans son édification, ses handicaps persistants, mais aussi ses atouts et ses perspectives européennes. Au-delà des récits fidèles, sans concession, de cadres internationaux sur leurs missions au Kosovo, apparaît en arrière plan la question, tant juridique que philosophique, de la pertinence de la construction d’un État « moderne » par la communauté internationale pour une société devant faire face à de nombreux défis, confrontée à l’héritage d’un passé dramatique comme aux réticences de l’Union européenne face à son élargissement.

Cet ouvrage collectif sur la part prise par la France dans l’aventure kosovare n’est pas à l’usage des seuls balkanologues. Il permet à tous ceux que les relations internationales passionnent de saisir comment se construit le monde qui vient.

. Mohamed Madi Djabakate, Le rôle de la Cour Pénale Internationale en Afrique, Paris, L’Harmattan, 2014.

Ce sont les relations difficiles, parfois houleuses entre la CPI et l’Afrique que l’auteur décortique avec neutralité et méthode. La CPI est-elle contre l’Afrique ? Les Africains seraient-ils plus auteurs des crimes poursuivis par la CPI que les dirigeants d’autres continents ? Les Africains saisiraient-ils plus souvent la CPI qu’ailleurs ?

. Mehdi Lazar, Sidi-Mohammed Nehad, L’Algérie aujourd’hui, Paris, Michalon, 2014.

Plus de cinquante ans après son indépendance, à quoi ressemble l’Algérie d’aujourd’hui ? Essentiellement abordé sous l’angle de la colonisation et des soubresauts qui ont rythmé les années post-indépendance, le plus grand pays d’Afrique reste méconnu. S’il dispose de ressources humaines, énergétiques et financières considérables, il est cependant traversé par de nombreuses fragilités – questions régionale et linguistique, situation de la jeunesse, difficultés à diversifier l’économie – que la situation politique ne permet pas de faire évoluer. La génération de la révolution a vieilli et une jeunesse en quête de liberté et de progrès la remplace, sans malgré tout parvenir à prendre les rênes du pays. Quel sera l’avenir de l’Algérie ? Quelle position occupe-t-elle dans la construction du grand Maghreb ? Quelles relations entretient-elle avec l’Europe ? Fondé sur une analyse géopolitique, historique et géographique, L’Algérie aujourd’hui offre un éclairage inédit sur la politique étrangère et intérieure d’un pays si proche et si lointain à la fois.

. Moktar Lakehal, Le grand livre de la politique, de la géopolitique et des relations internationales, Paris, L’Harmattan, 2014.

Cet ouvrage de référence présente 4000 notions, concepts, lois, doctrines, traités, protocoles, institutions... indispensables pour comprendre les discours politiques et y répondre. Plus de 1200 auteurs, personnalités et acteurs de la vie politique et diplomatique sont cités. Les termes sont définis avec concision, précision et clarté. Véritable guide du citoyen, il est le fruit de 40 années d’observation de la vie politique nationale et internationale.

. Béatrice Giblin (dir.), L’extrême droite en Europe, Paris, La Découverte, 2014.

La montée électorale, dès le début des années 1980, du Front national avait fait de la France une exception en Europe. Depuis, des États comme l’Autriche et la Belgique ont aussi connu la percée de partis politiques d’extrême droite, revendiquant la préférence nationale, dénonçant le cosmopolitisme, le multiculturalisme et, plus directement encore, la présence des étrangers. Les démocraties de l’Europe du Nord, qui semblaient échapper à cette poussée politique nationaliste, sont à leur tour touchées. Et si les scores de l’extrême droite sont encore faibles en Grande-Bretagne et en Espagne, les conditions de leur essor sont malheureusement bien présentes. Les ressorts communs à la montée de l’extrême droite en Europe, que sont l’immigration musulmane, la mondialisation (à laquelle la désindustrialisation et la montée du chômage sont associées) et l’Union européenne, ne suffisent cependant pas à effacer les particularités des situations nationales de chaque État. Hérodote avait choisi, en 2012, de présenter diverses situations européennes pour mieux les comprendre. Devant l’actualité et l’enjeu de cette question, cette édition rassemble de nombreux articles tirés de Hérodote n° 144, actualisés, voire totalement refondus afin de tenir compte des évolutions de fond importantes.

. Gérald Arboit (dir.), Pour une école française du renseignement, Paris, Ellipses, 2014.

Le renseignement occupe une place de plus en plus importante dans la sécurité de nos États. Dans le monde incertain et dangereux du XXIe siècle, les grands acteurs internationaux ont tous compris que pour garantir la paix et la sécurité, anticiper les nouvelles menaces ou sortir vainqueur des rivalités mondiales, des services performants, s’appuyant sur une culture du renseignement diffusée dans l’administration, les entreprises et la société civile, étaient un atout de premier ordre. Cependant, en France, le renseignement reste perçu négativement, victime d’une large méconnaissance et d’idées reçues. Les élites politiques et administratives, comme le public, ne connaissent de ces activités que quelques sombres affaires, assez peu représentatives de la réalité. L’une des raisons en est que le renseignement a longtemps a échappé à l’intérêt du monde académique, dont le rôle pour établir la légitimité de la discipline est essentiel. Toutefois, trente ans après les Etats-Unis, vingt après la Grande-Bretagne, le monde universitaire et de la recherche français a enfin franchi le pas et a fait du renseignement un sujet digne d’étude et de considération, développant progressivement recherches, enseignements et publications en la matière. Le présent ouvrage dresse le bilan de deux décennies de travaux académiques consacrés au renseignement et à l’intelligence économique et se penche sur l’apport des études et des enseignements universitaires à l’élaboration d’une culture française du renseignement. Il réunit à la fois les points de vue d’anciens dirigeants des services, de représentants de l’administration, d’universitaires reconnus et de chercheurs expérimentés. Tous observent que ce nouvel intérêt est encore partiel et fragile, car trop lié à des initiatives individuelles. Il doit donc être consolidé. Ensemble, ils ont donc souhaité lancer, dans le cadre de ce livre, un vibrant plaidoyer pour l’émergence d’une véritable école française du renseignement, combinant les réflexions de la communauté scientifique et des professionnels du renseignement afin d’éclairer le légitime débat public sur le fonctionnement de l’information de l’État.

. Hervé Théry, Le Brésil, pays émergé, Paris, Armand Colin, 2014.

Entre fantasmes exotiques et réalités, le Brésil a toujours suscité un vif intérêt voire une irrésistible attraction, qui s’est accrue ces dernières années : intérêt structurel dans tous les pays développés, notamment en France, en raison de la forte croissance économique de ce géant latino-américain (8,5 millions de km2 pour plus de 196 millions d’habitants) ; intérêt conjoncturel pour un pays qui s’est vu attribuer coup sur coup l’organisation de la Coupe du Monde (en 2014) et des Jeux olympiques (en 2016) ; intérêt politique lié à l’espoir incarné par le charismatique « Lula », et par celle dont il a voulu qu’il lui succède, Dilma Rousseff…

En revenant sur les raisons de la montée en puissance du Brésil, aussi bien sur le plan interne (ressources naturelles et agricoles, population jeune et qualifiée, institutions solides, etc.) qu’externe (jeu géopolitique sur le continent sud-américain, avec les autres pays BRICS, sur la scène internationale), cet ouvrage abondamment documenté, et rédigé par un observateur attentif de la culture brésilienne, dresse le portrait original d’un pays désormais « émergé ».

. Philippe Subra, Géopolitique de l’aménagement du territoire, Paris, Armand Colin, 2014 (2ème édition).

Affrontements autour du projet de nouvel aéroport de Notre-Dame-des-Landes, contestation des permis d’exploration de gaz de schiste, fermetures d’usines, émeutes en banlieue... autant d’événements qui illustrent la crise profonde que traverse le modèle français d’aménagement du territoire. Mais cette crise économique, urbaine, sociale et culturelle, est surtout une crise géopolitique. L’emploi du terme peut surprendre, car il est associé à des conflits entre États sur des questions de frontières ou entre groupes ethniques. Ici pas de massacres ou d’armées en mouvement, mais des manifestations et du lobbying. Les acteurs sont différents – élus locaux, entreprises, chambres de commerce, administrations, associations –, mais les rivalités qui les opposent portent elles aussi sur des territoires. Chaque conflit, chaque débat sur un projet ou une politique d’aménagement est l’occasion de rediscuter de l’intérêt général. Comment intégrer les nouvelles aspirations de la société, l’apparition de nouveaux acteurs et de nouvelles pratiques, comme la concertation, pour renforcer l’efficacité de l’action publique ? C’est à l’exploration de cette question qu’est consacré cet ouvrage.

. Alexis Bautzmann (dir.), Atlas géopolitique mondial, Paris, Argos, 2014.

. Anne-Laure Dupont, Atlas de l’Islam : lieux, pratiques et idéologies, Paris, Autrement, 2014.

L’ambition de cet atlas est de "photographier" l’islam d’aujourd’hui dans sa diversité. Qu’en est-il de cette religion d’un milliard de contemporains, élément de l’identité de nombreux Etats et idéologie globalisante pour certains ? Afin d’offrir une vision qui soit la plus juste et la plus sereine possible de l’islam, l’ouvrage commence par présenter les grandes dates de sa naissance, de la constitution de ses différentes branches et de son expansion jusqu’à aujourd’hui. On découvre ensuite les musulmans d’aujourd’hui, aussi bien dans les espaces où ils sont majoritaires que dans ceux où ils sont minoritaires. Dans un deuxième temps, l’auteur se penche sur les institutions et le culte musulman, s’intéressant à la fois à des lieux, à des pratiques et à des modes de sociabilité, avant de s’interroger sur la notion de "pays musulmans". Sont ainsi présentés la formation et le rapport à l’islam de quelques Etats contemporains, héritiers de l’Empire ottoman et des empires coloniaux russe et britannique, ainsi que les questions restées irrésolues dans les successions impériales et devenues de grandes causes islamiques, telles le Cachemire ou la Palestine. Enfin, est évoquée la montée, dans tous ces territoires recomposés au XXe siècle, de mouvements islamistes se réclamant d’une interprétation globalisante de l’islam et poussant parfois la logique de contestation jusqu’au jihâd.

. Matthieu Anquez, Géopolitique de l’Iran. Puissance dangereuse ou pays incompris ? éd. Argos, diffusion PUF.

L’Iran, volontiers caricaturé, reste mal connu en Occident. Est-il dirigé par une clique illuminée ou bien a-t-on affaire à un Etat rationnel et froidement calculateur ? Sa politique étrangère est-elle dictée par des considérations idéologiques autour de la révolution islamique ou bien est-elle avant tout pragmatique ? Le régime souhaite-t-il « rayer Israël de la carte », ou la réalité des relations entre Tel-Aviv et Téhéran est-elle plus complexe ?

En 2014, le retrait des troupes occidentales d’Irak et d’Afghanistan est à la fois une opportunité et un danger pour Téhéran. Sur le flanc ouest, la guerre civile syrienne provoque l’inquiétude des mollahs. Le pays reste menacé de frappes militaires israéliennes, voire occidentales. Jusqu’où ira Téhéran pour se protéger ? L’Iran veut-il réellement l’arme nucléaire ?

L’auteur est diplômé de l’IEP de Paris, analyste au cabinet CEIS.

Mateus Huzikowski, EUROPA ŚRODKOWA I WSCHODNIA Z PERSPEKTYWY FRANCUSKICH ŚRODOWISK EKSPERCKICH, Instytut Geopolityki, 2014.

Cel badań, których owocem jest niniejsza książka, to określenie stopnia zainteresowania francuskich specjalistów w dziedzinie polityki międzynarodowej obszarem Europy Środkowej i Wschodniej. W szczególności skłania do refleksji sposób postrzegania tego regionu przez francuskie ośrodki analityczne i badawcze.

Specjaliści z Francji prezentują stanowisko, które wiele mówi o nich samych, ale także o Europie Środkowej i Wschodniej. Ich punkt widzenia jest interesujący jako źródło wiedzy o francuskich badaniach stosunków międzynarodowych i o wzajemnym postrzeganiu rządów i społeczeństw. Niewątpliwie aktualnymi tematami - z powodu bieżących wydarzeń na Ukrainie - są dla francuskich ekspertów dalsze losy integracji europejskiej, kolejne rozszerzenia UE na wschód oraz rola Rosji w Eurazji i na świecie.

. Axel Rappolt, La présence militaire française au Liban (1978-2014), Témoignages inédits, Panazol, Lavauzelle, 2014.

Depuis 1978, la France est présente au Liban au sein de la FINUL qui veille -encore et toujours- sur le Liban depuis maintenant 36 ans ! L’ouvrage proposé n’est pas à coup sûr une histoire militaire du Liban dont l’étude nécessiterait plusieurs livres ou même une histoire de la FINUL dont d’éminents travaux universitaires ont traité, mais se propose de réaliser un ouvrage de synthèse en abordant : - dans une première partie, -la France au secours du Liban- de 1978 à 1986 en détaillant le rôle des différentes forces multinationales et groupes d’observateurs, - dans une deuxième partie, -le Liban par les autres puissances en présence : vers la guerre de 2006- ,débouchant inexorablement vers l’émergence de la FINUL II, - dans une troisième partie, -le Liban à la croisée des chemins- suite aux conséquences de la guerre civile syrienne et à ses dangers pour le Liban en dépit de l’accord russo-américain du 14 septembre 2013 et de la providentielle résolution 2118 du 27 septembre 2013 sur le démantèlement du stock d’armes chimiques syriennes avant la conférence de Genève 2 en novembre 2013 et le désarmement chimique de la Syrie en janvier 2014.

. Sylvain Schirmann (dir.), Intégration économique et gouvernance européenne depuis les années cinquante, Paris, L’Harmattan, 2014.

Même si les acteurs économiques pèsent lourd dans la plupart des grandes décisions, les instances européennes ont la volonté de construire un cadre auquel ils doivent s’adapter. Au fil de la démonstration s’esquisse un dépassement progressif des modèles nationaux dans lequel interviennent non seulement les responsables et les fonctionnaires européens, mais les diverses forces socio-économiques engagées dans ce processus. Ce mouvement général n’est toutefois pas uniforme et dépend du contexte.

. Jean-Pierre Luizard, Histoire politique du clergé chiite, XVIIIè-XXIème siècle, Paris, Fayard, 2014.

Contrairement à une idée reçue selon laquelle il n’y a pas de clergé en islam, le chiisme connaît depuis deux siècles un processus de cléricalisation rapide et sans limite. Parallèlement à leur organisation, les dirigeants religieux chiites font également preuve d’une implication croissante dans les affaires politiques. Comment fonctionne cette institution, la marja iyya, sorte de Vatican collégial pour les chiites du monde entier ? Pierre-Jean Luizard nous offre un éclairage historique sur une instance méconnue, mais extrêmement influente. Sa lutte contre l’expansionnisme européen et le colonialisme tout au long du XIXe et du XXe siècle, son opposition à la fondation d’un État-nation arabe en Irak sous mandat britannique, le soutien à Mosaddegh, la révolution islamique en Iran, l’essor du Hezbollah au Liban, les mouvements d’opposition à Bahreïn et dans le Golfe, enfin la reconstruction, sous patronage américain, d’un État irakien dominé par les partis religieux chiites sont autant d exemples du rôle majeur que cette direction religieuse entend jouer dans le champ du politique. Alors que les chiites sont souvent présents dans l’actualité, notamment en raison des conflits qui les opposent aux sunnites, leur clergé est encore appelé à se transformer pour faire face aux défis du XXIe siècle, en particulier à la sécularisation rapide des sociétés.

. Abdelasiem El Difraoui, Carnets égyptiens, Paris, Puf, 2014.

Depuis la chute d’Hosni Moubarak, l’Égypte traverse une des périodes les plus chahutées de son histoire. L’auteur, qui voyage dans le pays depuis son enfance, nous relate les grandes lueurs d’espoir des Égyptiens, mais aussi le prix qu’ils sont prêts à payer pour rendre possible une nouvelle Égypte, qu’ils rêvent tous de manières très différentes. Les descriptions des personnages et des situations permettent de dresser l’état des lieux d’un pays en plein mouvement, au sein duquel les tensions sociales, religieuses et ethniques longtemps occultées éclatent en plein jour. Ce portrait de l’Égypte contemporaine va à la rencontre des hommes et des femmes de toutes les classes sociales (de l’élite richissime réfugiée au bord de la mer Rouge jusqu’aux très pauvres des bidonvilles du Caire), de tous les groupes politiques et religieux (révolutionnaires laïques, Frères musulmans, salafistes et chrétiens), des ethnies diverses (des bédouins rebelles du nord du Sinaï jusqu’aux Nubiens de la Haute-Égypte qui rêvent de leur retour sur les berges du Nil). À travers les déceptions comme les profondes aspirations des Égyptiens, il nous fournit des clés de compréhension souvent négligées par les médias pour éclaircir la féroce lutte de pouvoir qui se déroule au Caire. Le pays plurimillénaire est-il sur le chemin d’un retour vers une dictature militaire ou prend-il la douloureuse route d’une transition démocratique ? Des questions dont les réponses pèseront sur tout le monde arabe.

. Lamia Oualalou, Brésil, Histoire, Société, Culture, Paris, La Découverte, 2014 (à paraître en avril 2014).

Brésil, « terre d’avenir ». L’expression de Stefan Zweig embrasse parfaitement la réalité d’un pays qui a toujours cru en son potentiel, malgré les difficultés et les inégalités. La patrie du football et de la samba se révèle beaucoup plus riche et complexe que ne le laissent paraître les clichés. La légendaire cordialité des Brésiliens peut ainsi laisser place à des explosions de violence dignes d’un pays en guerre. L’héritage de trois siècles d’esclavage marque les rapports sociaux de racisme et d’injustice. Pourtant, dans cette société, l’une des plus ouvertes au monde, les immigrés sont accueillis à bras ouverts, et toutes les religions cohabitent sans heurts. Pays foisonnant de ressources naturelles et de cultures, le Brésil a entrepris, depuis les années 1990, de s’imposer sur la scène internationale. Leader politique incontesté de l’Amérique du Sud, c’est désormais l’un des principaux défenseurs d’un monde multipolaire. Un pays émergent avec lequel il faut compter. À découvrir sans modération.

. Franck Galland, Le grand jeu : chroniques géopolitiques de l’eau, Paris, CNRS, 2014.

De la Chine aux confins algéro-marocains, de l’Iran au Yémen en passant par le bassin du Nil, Franck Galland analyse les perspectives sécuritaires et géopolitiques que recèle ce bien essentiel à la vie : l’eau.
Usages urbains et agricoles, complexité du couple eau/énergie, approvisionnement des villes, rivalités entre puissances, savoir-faire et technologies mobilisés par les « hommes de l’eau » que sont les techniciens et ingénieurs : la question hydraulique est devenue l’un des grands enjeux du XXIe siècle.
Source de conflit, l’eau peut également constituer un facteur de paix et de stabilité internationale, pour peu que les responsables politiques mettent concrètement en œuvre les principes d’« hydro-diplomatie ».
Ce livre explore également pour la première fois les conséquences du Printemps arabe sur les infrastructures en eau dans des pays qui manquent structurellement de ce bien précieux, comme la Libye, la Tunisie, la Syrie.

. Georges Sokoloff, Le retard russe, 882-2014, Paris, Fayard, 2014.
Vers l’an mil de notre ère, l’Europe et la Russie se trouvaient au même niveau de développement. Or, deux siècles et demi plus tard, surgissent les redoutables envahisseurs mongols. Dévastant une grande partie de l’Asie, ils ruinent également la Russie, alors centrée sur Kiev. Les options retenues ensuite par les tsars pour construire un nouvel Etat autour de Moscou -puissance militaire, tsarisme et féodalisme, « Idée russe » -étaient plus faites pour forger et défendre un empire que pour « rattraper » le retard pris entretemps sur l’Europe.

La Russie a gardé de ces avatars un profil économique et une culture politique qui ont souvent fait dire aux Occidentaux qu’elle n’était pas « normale ». Après le millénaire cruel qu’elle a vécu, n’est-elle pas plutôt « normalement différente » ?

Georges Sokoloff, éminent spécialiste de l’histoire russe, est professeur émérite à l’Institut national des langues et civilisations orientales et conseiller au CEPII (Centre d’études prospectives et d’informations internationales). Il est l’auteur aux éditions Fayard de La Puissance pauvre, de Métamorphose de la Russie, de La Démesure russe, mille ans d’histoire et de Nos ancêtres, les nomades, l’épopée indo-européenne.

. Jean-Jacques Konadje, L’ONU et le conflit en Côte-d’Ivoire, Les enjeux géopolitiques de l’intervention 2002-2010, Paris, L’Harmattan, 2014.
Au-delà du maintien de la paix, l’intervention de l’ONU dans la résolution du conflit intra-étatique ivoirien a été motivée par un faisceau d’enjeux géopolitiques d’ordres national et régional. Elle a par ailleurs permis de protéger les intérêts de certains pays. Cependant, cette intervention montrera ses limites à cause du soupçon d’ingérence générateur d’ultranationalisme, du frein de l’économie de guerre et des réalités complexes du terrain.

. Frantz Grenet, Recentrer l’Asie centrale, Paris, Fayard, Collège de France, 2014.
La notion d’Asie centrale a émergé tardivement dans la littérature géographique. C’est seulement à partir de 1825 qu’elle vient supplanter celle de « Tartarie », souvent associée à la terreur mongole et caractéristique d’une perception de l’Asie centrale comme foyer d’un péril prêt à fondre dans toutes les directions. Dans le même temps, la notion est à géométrie variable, même si depuis quelques décennies les archéologues s’accordent à englober sous ce terme les cinq républiques ex-soviétiques du Turkménistan, de l’Ouzbékistan, du Tadjikistan, du Kazakhstan et du Kirghizistan et de l’Afghanistan. Le renouvellement des études sur l’Asie centrale est d’abord dû à l’archéologie qui s’est constituée dans le courant du XXe siècle, principalement autour de deux composantes qui ont maintenant assez largement fusionné sur le terrain : l’école française portée par la Délégation archéologique française en Afghanistan et l’école soviétique des grandes « expéditions » pluridisciplinaires. De nouvelles perspectives de recherche ont également émergé grâce à la redécouverte des deux langues principales de la région, le sogdien et le bactrien, avec dans chaque cas une masse importante de textes où est encore peu représentée la création littéraire, dont l’existence nous est surtout connue par les arts figuratifs. L’actualité de la recherche reste marquée par le caractère souvent imprévisible des découvertes, souvent effectuées en dehors des fouilles régulières.

. Christel Cournil, Benoît Mayer, Les migrations internationales, Enjeux et gouvernance, Paris, Presses de Sciences Po, 2014.
L’homme s’est toujours adapté aux changements environnementaux en se déplaçant.
Sur une planète de 7 milliards d’habitants aux prises avec des événements climatiques sans précédent – réchauffement brutal, montée du niveau des mers, bouleversement des cycles météorologiques, multiplication des catastrophes –, le phénomène migratoire prend soudainement une ampleur alarmante.

On estime le nombre de « migrants climatiques » à 250 millions d’individus d’ici à 2050. Comment cet enjeu est-il aujourd’hui abordé et débattu ? Quels sont les mécanismes de gouvernance internationale existants et ceux qui doivent être mis au point dans les prochaines années ? Quel rôle le droit international peut-il et doit-il jouer ?
Face à cet immense défi pour la communauté internationale, cet ouvrage propose une synthèse des savoirs et des débats actuels, avec un accent particulier sur les questions juridiques et de gouvernance.

. Olivier Dard, Jens Ivo Engels, Frédéric Monier, Patronage et corruption politiques dans l’Europe contemporaine : Les coulisses du politique à l’époque contemporaine - XIXe-XXe siècles, Paris, Armand Colin, 2014.
Cet ouvrage est le deuxième d’une série de trois volumes réunis sous le titre "Les coulisses du politique dans l’Europe contemporaine". Ce projet vise à constituer une série consacrée à une autre histoire du politique dans un souci de transparence par rapport à ces phénomènes, à la fois montrés du doigt et tus, dissimulés. Rédigé par un collectif d’historiens qui éclairent d’un jour nouveau les critiques et les jugements pesant sur la scène actuelle du politique en en discréditant les acteurs, ce titre a pour ambition de mettre à la disposition des chercheurs, enseignants et étudiants les outils propres à décrypter cette "histoire du politique". Il est issu du colloque sur « Faveurs et corruption » à l’université de Lorraine à Metz en octobre 2012.

. Louis Lorme, Le nouvel âge de la citoyenneté mondiale, Paris, Puf, 2014.
La période contemporaine a changé la donne du cosmopolitisme. L’idéal ancien a toujours désigné la représentation personnelle qu’un individu pouvait se faire de lui-même ; or, aujourd’hui, il prend un sens nouveau. Ce livre cherche à établir que la citoyenneté mondiale gagne progressivement un sens juridique et politique. Être « citoyen du monde » n’est plus seulement une façon de parler, mais se met à désigner une nouvelle modalité de la citoyenneté. L’auteur cherche d’abord à montrer ce qui change à l’époque contemporaine pour qu’une telle acception juridique et politique de la citoyenneté mondiale devienne possible. Il explique ensuite la manière dont ce nouvel usage de la citoyenneté mondiale se traduit dans les faits, notamment en analysant l’idée de société civile mondiale. Il se demande alors quelles sont les réformes et les innovations qui, sur le plan institutionnel, donneraient plus de corps à la citoyenneté mondiale en ne négligeant pas de se demander si cela est réalisable et souhaitable. Il analyse enfin tout ce que ce nouvel usage de la citoyenneté mondiale change sur le concept de citoyenneté lui-même.

. Pierre Chaunu, Histoire de l’Amérique latine, Paris, Puf, 2014.
« Parler d’Amérique latine, c’est affirmer l’unité de ce monde, en opposition à l’Amérique anglo-saxonne, et des 215 millions d’hommes qui parlent dans leur immense majorité, plus ou moins déformées dans des bouches étrangères, les langues castillanes et portugaises. On pourrait écrire les histoires des Amériques latines, c’est l’histoire de l’Amérique latine que nous voulons écrire, parce qu’il faut choisir, parce que nous estimons aussi que l’unité l’emporte finalement sur la diversité. ».

L’Histoire de l’Amérique latine est un monument de l’historiographie française. La lire aujourd’hui n’est pas seulement un plaisir d’historien, c’est un devoir pour son approche et sa méthode. Pierre Chaunu prend de la hauteur et retrace l’histoire « d’une terre de 21 173 000 km2 » sur cinq siècles. En ressort un texte incontournable pour comprendre ce monde qui naît en 1492 et au sein duquel trois continents se sont rencontrés, donnant naissance à une identité à la fois unique et complexe.

. Pierre-Philippe Berson, Sous le soleil de Chavez, Enquête sur le Venezuela d’Hugo Chavez, Paris, L’Harmattan, 2014.
Un jeune journaliste français s’installe au Venezuela pour relater les derniers feux de la révolution d’Hugo Chavez. Entre récit d’aventures et chronique d’un pays tourmenté, ce livre dresse un bilan détonnant des années Chavez. Truffée d’anecdotes, cette enquête explore un pays ironique et extrême, désormais orphelin de son président hors-norme. Elle décrit un Venezuela loin des clichés en pointant les ravages et les bienfaits des quatorze années de pouvoir du Commandante.

. Arnaud Leveau, Géopolitique de la Corée du Sud. Une puissance paradoxale, éd. Argos, diffusion PUF.

Quinzième puissance économique mondiale, membre du G20, la Corée du Sud est en pleine ascension. Souffrant d’un déficit de reconnaissance au niveau international, le pays s’est engagé dans une ambitieuse politique de recherche et de développement, de conquête de nouveaux marchés extérieurs, de développement de son industrie militaire et de diffusion de sa culture à l’étranger.

Mais, coincée entre quatre géants (Chine, Japon, Russie et Etats-Unis) et prisonnière du face-à-face avec le frère ennemi nord-coréen, Séoul ne dispose pas encore d’une puissance politique en rapport avec son dynamisme économique. Pour y remédier, la Corée du Sud cherche à se présenter désormais comme un pilier de la sécurité en Asie du Nord-Est, et promeut son modèle de développement auprès des pays moins avancés d’Asie du Sud-Est, d’Asie Centrale et d’Afrique. Ce livre fait un point complet sur l’un des acteurs les plus dynamiques des nouvelles relations internationales.

L’auteur est Docteur en Science politique, il a été directeur adjoint de l’Institut de recherche sur l’Asie du Sud Est contemporaine.

. Pauline Schnapper, Le Royaume-Uni doit-il sortir de l’Union européenne ? Coll. réflexeeurope, La Documentation française, 2014.

. Bernadette Mérenne-Schoumaker, Energies et minerais, des ressources sous tension, Documentation photographique, n°8098, La Documentation française, 2014.

. Laura Baudin, Les cyberattaques dans les conflits armés, Paris, L’Harmattan, 2014. Quel Etat peut aujourd’hui dire qu’il n’a jamais fait l’objet de cyber-attaques, de façon directe ou indirecte ? Les attaques cybernétiques sont devenues une nouvelle arme pouvant être employée en prémices à l’éclatement d’un conflit en menaçant la stabilité des relations internationales. Ce livre tente de les définir pour établir une qualification et un encadrement juridique précis en droit international, et ainsi envisager une éventuelle sanction.

. Émilie Frenkiel, Parler politique en Chine : les intellectuels chinois, pour ou contre la démocratie, Paris, Puf, 2014.
Cet ouvrage porte sur une vingtaine d’intellectuels chinois et leurs propositions de réformes politiques. Ils interviennent dans la sphère publique pour dresser un bilan des « problèmes » urgents à résoudre afin de « sauver la Chine » et défendre certaines valeurs. Après avoir analysé le statut de ces chercheurs engagés et les contours de la liberté académique, cette enquête dresse le portrait intellectuel de deux générations d’un certain type d’intellectuels chinois, marqués par la Révolution culturelle et la sortie de la révolution. Si ces chercheurs se prennent au jeu technocratique, c’est très certainement parce qu’ils ont renoncé aux ruptures révolutionnaires et adhèrent plus ou moins au discours officiel sur le rôle primordial du Parti unique dans le développement et le maintien de la stabilité, étant donné la « qualité » insuffisante de la population.
Leur conception de la démocratie à introduire en Chine peut être qualifiée de conditionnelle : elle doit attendre son heure afin de s’assurer qu’elle sera une solution aux différentes crises (morale, sociale, rurale, nationale, procédurale etc.) et non un problème supplémentaire. Elle l’est également du fait qu’elle implique une prise de distance avec les définitions occidentales, ainsi opposées à une conception chinoise de la démocratie.

. Florian Louis, Les grands théoriciens de la géopolitique, Paris, Puf, 2014 (à paraître en avril).
La géopolitique a une histoire. Faite d’audaces théoriques et de vives controverses, celle-ci n’avait jamais été retracée dans son intégralité. C’est désormais chose faite grâce à cet ouvrage qui en dresse la généalogie intellectuelle en s’attachant à l’œuvre de ceux qui, depuis les fondateurs (Ratzel, Mahan, Mackinder, Spykman) jusqu’aux auteurs les plus contemporains (Huntington, Nye, Lacoste, Luttwak), ont contribué à en infléchir le cours. C’est également l’occasion de mettre en lumière l’apport déterminant quoique largement ignoré d’auteurs comme Jean Gottmann ou Carl Schmitt, et d’introduire le lecteur francophone aux dernières tendances de la discipline (critical geopolitics anglo-saxonne). Plus qu’une simple galerie de portraits, c’est donc un véritable panorama critique de l’histoire des idées géopolitiques qui est ici proposé. Grâce à de nombreux extraits traduits pour la première fois en français, ce sont tous les concepts cruciaux de la discipline qui se trouvent explicités et mis en perspective : Heartland, Rimland, Lebensraum, Grossraum, etc. Il en ressort le visage inédit d’une discipline dont le foisonnement n’a d’égal que la diversité.

. Christophe Jaffrelot (dir.), L’Inde contemporaine, Paris, Fayard, 2014.
Avec une décennie d’avance, l’Inde a fait une entrée remarquée dans le XXIe siècle. Depuis 1990 en effet, le renforcement du fédéralisme, de nouvelles alliances internationales, la libéralisation économique, une politique de discrimination positive mise en place en faveur des basses castes et la polarisation religieuse grandissante ont transformé le visage du sous-continent. À ces phénomènes qui conditionnent aujourd’hui encore la trajectoire indienne s’en ajoutent d’autres, à la temporalité plus lente : transition démographique, urbanisation croissante et effort de défense nationale accru. Autant de facteurs qui, analysés dans cet ouvrage par quelques-uns des plus éminents spécialistes, font de l’Inde une grande puissance émergente avec laquelle il faut désormais compter.

. Amaël Cattaruzza, Michel Foucher, Atlas des guerres et conflits, un tour du monde géopolitique, Paris, Autrement, 2014.
Près de 100 cartes et infographies pour comprendre la complexité des guerres et conflits passés, actuels et à venir.
Armes, enjeux, acteurs, terrains de combat : à quoi ressemble la guerre aujourd’hui ?
Un tour du monde des régions sous tension, avec de nombreux exemples d’actualité : Printemps arabes, conflit syrien, guerres au Mali et en Centrafrique...
Raréfaction des ressources, tensions identitaires exacerbées : quelles seront les guerres des prochaines décennies ?
Séparatisme, piraterie, terrorisme, crises sociales et écologiques, cyberattaques : les États sont confrontés à des menaces nouvelles et complexes. Saisir les grandes tendances des conflits contemporains permet de prendre conscience des défis politiques et écologiques à relever demain.

. Razmig Keucheyan, La nature est un champ de bataille : essai d’écologie politique, Paris, La Découverte, 2014.
Face à la catastrophe écologique annoncée, les bonnes âmes appellent l’humanité à « dépasser ses divisions » pour s’unir dans un « pacte écologique ». Cet essai s’attaque à cette idée reçue. Il n’y aura pas de consensus environnemental. Loin d’effacer les antagonismes existants, la crise écologique se greffe au contraire à eux pour les porter à incandescence. Soit la localisation des décharges toxiques aux États-Unis : si vous voulez savoir où un stock de déchets donné a le plus de chances d’être enfoui, demandez-vous où vivent les Noirs, les Hispaniques, les Amérindiens et autres minorités raciales. Interrogez-vous par la même occasion sur le lieu où se trouvent les quartiers pauvres... Ce « racisme environnemental » qui joue à l’échelle d’un pays vaut aussi à celle du monde.
« Marchés carbone », « droits à polluer », « dérivés climatiques », « obligations catastrophe » : on assiste à une prolifération des produits financiers « branchés » sur la nature. Faute de s’attaquer à la racine du problème, la stratégie néolibérale choisit de financiariser l’assurance des risques climatiques. C’est l’essor de la « finance environnementale » comme réponse capitaliste à la crise.
Surcroît de catastrophes naturelles, raréfaction de certaines ressources, crises alimentaires, déstabilisation des pôles et des océans, « réfugiés climatiques » par dizaine de millions à l’horizon 2050... Autant de facteurs qui annoncent des conflits armés d’un nouveau genre, auxquels se préparent aujourd’hui les militaires occidentaux. Fini la guerre froide, bienvenue aux « guerres vertes ». De La Nouvelle-Orléans au glacier Siachen en passant par la banquise de l’Arctique, l’auteur explore les lieux marquants de cette nouvelle « géostratégie du climat ».
Cet essai novateur de théorie politique fournit une grille de lecture originale et critique, indispensable pour saisir les enjeux de la crise écologique actuelle. À travers l’exposition édifiante des scénarios capitalistes face au désastre environnemental, il fait œuvre - salutaire - de futurologie critique.

. Robert Frank, La hantise du déclin : la France de 1920 à nos jours, Paris, Belin, 2014.
La France est hantée par son déclin, et l’a peut-être toujours été. Il serait donc possible de relire l’histoire du XXe siècle à l’aune de cette passion triste - et peut-être aussi, avec elle, l’histoire de la France du début du XXIe siècle. Cette crainte s’explique par la volonté du pays de se penser comme une grande puissance et de jouer ce rôle-là dans le monde. Ce désir est né avec la Révolution et le message universel et la Déclaration des Droits de l’homme mais cette "certaine idée de la France" a été mise à mal par l’histoire récente : la débâcle, en 1940, puis l’Occupation, la collaboration, et Vichy. Le déclin est devenu une réalité, une tragédie nationale. Ces années noires empoisonnent encore la mémoire. La thèse de l’Auteur est de montrer que ce recul de la France ne l’a pas empêchée d’opérer une révolution décisive : c’est en donnant la priorité à la modernisation intérieure, à la reconstruction économique, sur la politique de puissance à l’extérieur que le pays parvient à exercer son influence dans le monde. Cet ouvrage est un essai d’histoire globale qui part d’exemples précis, comme la monnaie, l’économie, la défense et la mémoire. La thèse générale est de montrer que la France, en comparaison avec l’Angleterre, a su s’adapter à son nouveau statut de puissance moyenne.

. Aurélie Daher, Le Hezbollah, mobilisation et pouvoir, Paris, Puf, 2014.
Le Hezbollah, aujourd’hui principal parti politique libanais, reste une organisation mal connue. Diabolisé par certains, adulé par d’autres, il fascine d’autant plus qu’il ne se laisse pas aisément appréhender. Son affaiblissement voire sa disparition ont été maintes fois annoncés depuis sa création au début des années 1980 ; or, force est de constater qu’en près de trente années d’existence, il n’a cessé de monter en puissance, tant sur la scène régionale que sur l’échiquier politique libanais, comme son public lui voue aujourd’hui un soutien et une loyauté sans précédent.
Cet ouvrage a trois fonctions. Il donne une définition articulée du Hezbollah, dont il présente l’histoire, l’organisation interne et l’action sociale et politique. Il expose les ressorts et l’évolution de sa mobilisation au fil du temps, et retrace par la même occasion un autre parcours, politique mais surtout identitaire : celui de la communauté chiite, aujourd’hui première constituante de la société libanaise.
Basé essentiellement sur des sources primaires, dont de nombreux entretiens avec des cadres et militants du parti, ce texte offre un regard neuf et documenté sur le « phénomène Hezbollah » et la politique libanaise des dix dernières années.

. Hervé de Truchis, Désarmement nucléaire / Urgence, la guerre nucléaire est commencée, Paris, L’Harmattan, 2014.
Ce livre propose une manière réaliste de voir le problème nucléaire, à partir d’informations actuelles, d’analyses du passé depuis Hiroshima, et en s’appuyant sur des documents authentiques dont l’auteur donne toutes les sources. Il permet de considérer cet énorme problème sous un autre angle : peut-on continuer à croire que la paix est assurée, alors qu’une utilisation même partielle provoquerait des destructions humaines et matérielles considérables ?

. Ali Sedjari, Droits humains et développement des territoires, vers un nouveau modèle de gouvernance, Paris, L’Harmattan, 2014.
Le territoire est devenu une valeur où doivent s’exercer les fonctions essentielles de la démocratie participative et interactive selon un mode de gouvernance renouvelé, fondé sur la responsabilité, la communication, la négociation et le respect des droits humains. Ce livre met en évidence les relations intrinsèques entre les droits humains et le territoire.

. Michel Makinsky, L’économie réelle de l’Iran, Paris, L’Harmattan, 2014.
La crise économique, résultat des sanctions et de la politique d’Ahmadinejad, impose des défis ardus au président Rohani. Les instruments d’analyse macro-économiques classiques ne peuvent rendre compte qu’imparfaitement d’une économie iranienne fonctionnant selon des modalités spécifiques. Cet ouvrage décrit les orientations du nouveau gouvernement et décrit comment cette économie "vit" réellement. (Des contributions en français et en anglais).

. Cân-Liêm Luong, Le réfugié climatique : un défi politique et sanitaire, Paris, L’Harmattan, 2014.
Le prix à payer aujourd’hui, à cause du développement des civilisations, est un environnement dégradé, marqué principalement par le changement climatique et la montée des eaux. Les politiques nationales, aidées par les organisations internationales, ne sont pas à la mesure des migrations et des catastrophes annoncées, qui franchissent les frontières. En parallèle au statut de réfugié politique, il faudrait créer un statut de réfugié climatique, pour que ce migrant retrouve du bien-être et s’intègre au nouvel environnement qui a permis son arrivée.

. Arnaud Leveau, Géopolitique de la Corée du Sud, Paris, Argos, 2014 (à paraître en mars).
Quinzième puissance économique mondiale, membre du G20, la Corée du Sud est en pleine ascension. Souffrant d’un déficit de reconnaissance au niveau international, le pays s’est engagé dans une ambitieuse politique de recherche et de développement, de conquête de nouveaux marchés extérieurs, de développement de son industrie militaire et de diffusion de sa culture à l’étranger.
Mais, coincée entre quatre géants (Chine, Japon, Russie et Etats-Unis) et prisonnière du face-à-face avec le frère ennemi nord-coréen, Séoul ne dispose pas encore d’une puissance politique en rapport avec son dynamisme économique. Pour y remédier, la Corée du Sud cherche à se présenter désormais comme un pilier de la sécurité en Asie du Nord-Est, et promeut son modèle de développement auprès des pays moins avancés d’Asie du Sud-Est, d’Asie Centrale et d’Afrique.
Ce livre fait un point complet sur l’un des acteurs les plus dynamiques des nouvelles relations internationales.

. André Siegfried, Le Canada, puissance internationale, Paris, Armand Colin, 2014 (à paraître en mars).
Réédition du premier ouvrage socio-historique consacré au Canada (1937). Deux idées directrices structurent l’étude : - Le pays est divisé par un axe Est-Ouest sur lequel s’oriente de manière persistante le peuplement, la colonisation, les chemins de fer, et un axe Nord-Sud ; - La formation ethnique canadienne est hétérogène entre une civilisation canadienne française qui n’abdique pas, une civilisation britannique qui cherche ses exemples chez le puissant voisin américain. Ces problèmes, que le Canada contemporain ne semble pas avoir réglés, sont mis en lumière par l’introduction de Jean-Michel Lacroix.

. Réussir l’Epreuve d’Histoire Géographie Géopolitique 50 Sujets Concours Corrigés Prépa ECS Nouveau Programme, Paris, Ellipses, 2014.

. Benoît Collombat, David Servenay, Au nom de la France : guerres secrètes au Rwanda, Paris, La Découverte, 2014.
Que faisaient au Rwanda ces militaires français, avant et pendant le dernier génocide du XXe siècle ? Ont-ils joué un rôle, et lequel, dans l’attentat contre l’avion du président Habyarimana, cette « ténébreuse affaire » qui a déclenché le début des massacres le 6 avril 1994 ? Quelles opérations militaires clandestines ont été conduites au Rwanda ? Dans quel but ? Des armes ont-elles été vendues et livrées au gouvernement du génocide ? Auprès de qui ces soldats, dont le plus célèbre d’entre eux, Paul Barril, prenaient-ils leurs ordres à Paris ? Et que savaient les hauts responsables politiques et administratifs français de ce qui se préparait ?

Pour répondre à ces questions toujours brûlantes, Benoît Collombat et David Servenay ont retrouvé des archives inédites et rencontré les témoins : politiques, militaires, « barbouzes », etc., dont certains, vingt ans après les faits, ont souhaité témoigner pour l’Histoire.

Dans ce livre d’enquête, ils démontent les entreprises d’intoxication politico-médiatiques qui ont voulu exonérer la responsabilité de notre pays, et racontent l’engrenage qui a conduit la France à mener une diplomatie secrète aux confins de l’Afrique. Pour finir par compromettre son armée dans une guerre qui s’est accompagnée d’un génocide : le massacre planifié de près d’un million de Tutsi et Hutu modérés par le régime extrémiste de Kigali, durant l’été 1994.

. Pascal Marchand, Géopolitique de la Russie, Paris, PUF, 2014 (à paraître en avril). Russie rime avec immensité, et ce depuis le XVIe siècle. Depuis, ses gouvernants ont toujours veillé à la couper du reste du monde, à y organiser un « autre monde », projet dont le dernier avatar a fait faillite en 1991.
La Russie d’aujourd’hui tourne le dos à mille ans d’histoire et a entrepris de se réinsérer dans le monde global. Cela signifie reconstruire toute une économie, tout un système de communications, toute une organisation spatiale. Mais on ne fait jamais table rase du passé. En effet, les structures et les mentalités infléchissent tous les projets, tandis que l’ampleur des investissements nécessaires impose une autre révolution : l’État ne peut plus tout et doit impliquer les acteurs privés, russes et étrangers.
Au Kremlin d’harmoniser, et non plus de diriger, l’entreprise. Dans un monde devenu multipolaire, à lui également de restaurer une dignité internationale, après la déchéance brutale de ce qui était il y a peu encore l’« autre grand » de la guerre froide. La nouvelle puissance russe sera d’abord économique.

. Christian Malis, Guerre et stratégie au XXIe siècle. Enjeux mondiaux, armes futures : quelles ambition pour la France ?, Paris, Fayard, 2014. Un nouvel âge de la guerre se profile. Les technologies numériques, les robots et les armes furtives changent la donne. Sur le champ de bataille, la victoire ne dépendra plus du courage ou de la bravoure des combattants, mais de l’appui des meilleurs équipements techniques. Cette révolution se déroule alors même que les cartes sont redistribuées entre les grandes puissances. Quelles stratégies vont adopter les États-Unis, la Chine, l’Inde, la Russie ou la France ? Quels usages de la guerre vont s’imposer dans le proche avenir et à long terme ? Telles sont les questions que soulève Christian Malis dans ce livre foisonnant. Passant des usines de la marine brésilienne aux entrepôts de la direction générale à l’armement, ce livre décrit un monde où l’arme nucléaire ne sera qu’un engin parmi d’autres. Il nous invite à tourner nos regards vers l’espace, nouveau théâtre de combat où des flottes de robots feront bientôt régner la dissuasion.

. Jean-Pierre Cabestan, Le système politique chinois : vers un nouvel équilibre autoritaire, Paris, Presses de Sciences Po, 2014. Le système politique chinois reste dominé par un parti unique, mais les processus réels de décision sont mal connus.
Dans ce seul ouvrage de synthèse sur la question, l’auteur analyse les principales institutions du pays et leurs lienss avec une société qui conteste davantage le pouvoir et critique notamment la corruption des responsables. Mettant en avant la notion de « nouvel équilibre autoritaire », il démontre la capacité d’adaptation et de résistance du régime actuel tout en en soulignant les limites.

. François Bafoil, Ferenc Fodor, Dominique Leroux, L’accès à l’énergie en Europe : les précaires invisibles, Paris, Presses de Sciences Po, 2014. Les politiques de libéralisation du secteur de l’énergie en Europe de l’Ouest et de l’Est ont été menées après 1996 dans le but de faciliter la concurrence entre opérateurs, d’abaisser les prix, de renforcer les préférences des consommateurs et de faciliter l’accès de tous à l’énergie. Outre la concentration des opérateurs, elles ont généré l’exclusion de certains groupes sociaux et le surgissement d’une précarité énergétique que la Commission européenne définit comme « la difficulté ou l’incapacité pour un ménage de maintenir son logement à une température adéquate ainsi que de disposer d’autres services énergétiques essentiels pour un prix raisonnable ».
Cette précarité augmente en Europe, elle ne touche plus seulement des chômeurs et des personnes désocialisées, mais aussi des individus dotés d’un emploi, parfois propriétaires, donc « indécelables » par les services sociaux. De là des politiques publiques généralement mal ciblées, souvent à la charge des entreprises énergétiques et surtout des collectivités locales.

. Laurie Boussaguet, Sophie Jacquot, Pauline Ravinet, Dictionnaire des politiques publiques, Paris, Presses de Sciences Po, 2014. La 4e édition du dictionnaire de référence sur le sujet : l’ensemble des concepts clés, leur origine, leur développement, les usages et les débats qu’ils suscitent (réforme des retraites, taxe carbone, loi sur l’interdiction de la burqa, etc.).

. Bertrand Jacquillat, Vivien Levy-Garboua, Les 100 mots de la crise de l’euro, Paris, PUF, 2014 (à paraître en avril). La crise de l’euro a suivi et amplifié la crise financière de 2007-2008 survenue aux États-Unis. Si cette crise financière (puis économique) n’a pas été sans effet sur les banques européennes, la crise de l’euro proprement dite n’en est pas la conséquence directe : elle s’est déclenchée avec les premières inquiétudes quant à l’endettement de l’État grec et de certains autres pays du sud de l’Europe.
Aujourd’hui, les conséquences de la crise de la zone euro sont sensibles tant aux niveaux monétaire, bancaire, financier et économique qu’aux plans institutionnel et politique. Et c’est loin d’être fini.
Plusieurs interprétations ont été données pour expliquer cette crise. Elles sont d’autant plus difficiles à appréhender que les causes sont complexes, de natures diverses et souvent imbriquées. Pour mettre à plat les mécanismes qui ont conduit l’Europe à cette situation, cet ouvrage propose de revenir aux mots, ceux de la finance, ceux de la construction européenne, ceux des politiques économiques et des choix institutionnels, pour enfin présenter clairement les origines de la crise, ses développements et les pistes à suivre pour en sortir.

. Pierre Péan, Noires fureurs, blancs menteurs : Rwanda, 1990-1994, Paris, Fayard, 2014. Au printemps 1994, le monde est stupéfié par le déchaînement de fureur et de violence qui s’est emparé d’un petit pays africain, au cœur de la région des Grands Lacs, le Rwanda. Jamais le continent noir n’avait connu des massacres d’une telle ampleur. Très vite, les médias opposent victimes, les Tutsis, et bourreaux, les Hutus ; et ils désignent les coupables de cette folie meurtrière sans précédent, qualifiée de génocide : la communauté internationale, qui n’a pas su prévenir l’embrasement général ; et, en premier lieu, la France, soutien du président Habyarimana et du régime en place qui aurait armé les milices exterminatrices. Qui a tué Habyarimana le 6 avril 1994 dans un attentat qui a déclenché les massacres ? La question a ressurgi plus de dix ans après les faits. Instigateur aussi de cette guerre, Paul Kagame, actuel président du pays, « libérateur », chef des mercenaires tutsis armés en Ouganda. Pierre Péan démontre que le génocide de 1994 est un épisode dans une guerre civile et régionale ignorée, plus meurtrière encore, voulue depuis octobre 1990. Le FPR était prêt à tout pour conquérir le pouvoir à Kigali, y compris à sacrifier des centaines de milliers de Tutsis et de Hutus. Pierre Péan est journaliste d’investigation.

. Serge Berthier, Le choc : la Chine en marche, Woippy, Mettis Editions, 2014. Que connaissons-nous de la Chine ? Ou plutôt, qu’avons-nous compris, nous occidentaux, de ce pays ? Comment fonctionne-t-il ?
Il y a plusieurs années que l’économie de la Chine a dépassé l’économie américaine, seul le bloc Euro résiste pour le moment. Mais cela ne saurait durer. Après un hiatus de deux siècles, l’Empire du milieu est de retour. Qu’est-ce que cela signifie ? La Chine est-elle devenue une menace ?
Le choc décrit comment les choses se sont passées entre l’Europe et l’empire du milieu de 1610 à 1810.
Entre l’arrivée des Jésuites et l’invasion de Macao, deux siècles se sont écoulés. Pendant toute cette période, les rapports sont tortueux mais les relations, malgré l’incompréhension qui règne entre la Chine et l’Occident, restent convenables.
Véritable leçon d’histoire, Le choc est le premier volume de trois ouvrages qui nous mèneront jusqu’à la Chine contemporaine. Cet ouvrage s’arrête, en 1810, à la veille de la guerre que l’Occident fit en vain à la Chine dans l’espoir de la briser. L’auteur, Serge Berthier, analyse les faits avec pédagogie sans jamais porter de jugement. Sa
clé pour mieux appréhender cette puissance mondiale qui nous fait si peur.

. Nick Turse, Les nouvelles armes de l’empire américain, Paris, La Découverte, 2014. Barack Obama n’a pas rompu avec la politique va-t-en guerre de son prédécesseur, George W. Bush. Il a au contraire approfondi cette politique en lui fournissant de nouvelles armes et un nouveau visage. Dans cette enquête dévastatrice, Nick Turse montre comment le Pentagone et ses partenaires gouvernementaux, s’inspirant des préceptes classiques des guerres coloniales et tirant avantage des dernières avancées technologiques, ne cessent de peaufiner la recette de la guerre du XXIe siècle dont les six principaux ingrédients sont le développement des drones, l’utilisation de « soldats civils », le recours aux troupes supplétives, les opérations spéciales, les missions d’espionnage et la cyberguerre.

De l’Amérique latine à l’Afrique en passant par le Moyen-Orient et l’Asie, cette guerre se déploie chaque jour davantage, à mesure que se poursuit la militarisation de la CIA, que des bases secrètes de drones sortent de terre et que sont initiés des programmes de formation et d’entraînement pour les armées des pays « amis ». Si cette nouvelle doctrine est présentée comme la façon la plus sûre, la plus efficace, la plus éthique et la plus économique d’assurer la sécurité des citoyens américains, nous sommes encore loin d’avoir pris la mesure des ravages de ce nouvel âge de l’impérialisme. « Ce qui apparaît aujourd’hui comme une formule magique pourrait bientôt se révéler un désastre absolu, prévient Nick Turse. Un désastre dont on ne se rendra compte, malheureusement, qu’une fois qu’il sera trop tard. ».


Le livre recommandé par Diploweb.com pour le mois de février 2014

. Jean-François Gayraud, Le nouveau capitalisme criminel. Crises financières, narcobanques, trading de haute fréquence, préface de Paul Jorion, éd. Odile Jacob, 2014.

Pierre Verluise, Directeur du Diploweb : "Remarquablement documenté, puissamment pensé, rédigé avec talent : voici LE livre à lire pour comprendre - vraiment - les dimensions criminelles des crises financières et économiques présentes. Lorsque les cols blancs bien cravatés se comportent en gangsters des bas fonds, le crime systématique devient systémique. A lire pour ne pas vivre la crise idiot, voire réagir."

4e de couverture

Financiarisé, mondialisé et dérégulé à l’excès, le capitalisme n’est-il pas devenu criminogène, tant il offre désormais d’opportunités et d’incitations aux déviances frauduleuses ?

C’est ce qu’indique la dimension criminelle qu’ont prise certaines crises financières, au Japon, en Albanie, en Espagne ou encore au Mexique et en Colombie. C’est ce qu’implique l’extension du trading de haute fréquence, qui permet de négocier à la nanoseconde des milliers d’ordres de Bourse. Et c’est enfin ce qu’induit le blanchiment d’argent sale à travers les narcobanques.

Éclairant toujours plus profondément la géo-économie et la géopolitique du crime organisé, Jean-François Gayraud montre ici que, sur les marchés financiers, le crime est parfois si systématique qu’il en devient systémique dans ses effets. De curieuses coopérations et hybridations se nouent ainsi entre criminels en col blanc, gangsters traditionnels et hommes politiques corrompus.

Il s’interroge aussi sur le devenir de la finance : portée par sa seule volonté de puissance, par-delà le bien et le mal, n’est-elle pas en train de s’affranchir de la souveraineté des États ? Dès lors, face à des puissances financières aux arcanes si sombres, quelle liberté reste-t-il ?

Jean-François Gayraud est haut fonctionnaire de la police nationale. Il a publié Le Monde des mafias. Géopolitique du crime organisé, Showbiz, people et corruption, La Grande Fraude. Crime, subprimes et crises financières et Géo-stratégie du crime (avec François Thual).


. Françoise Ardillier-Carras (dir.), Philippe Boulanger, Didier Ortolland, cartographie Jean-Pierre Pirat, Hydrocarbures et conflits dans le monde, Paris, Technip, 2014.
Les questions énergétiques - où "l’or noir" tient une place éminente - sont, depuis longtemps, au cœur des enjeux politico-économiques mondiaux. Dans le contexte annoncé de la disparition des réserves de pétrole et de gaz au XXIe siècle, l’exploitation et les approvisionnements en hydrocarbures sont facteurs de tensions, voire de conflits interétatiques ou intra-étatiques. Entre réserves, conventionnelles ou non, et exploitation des gisements onshore et offshore, le "peak oil" est-il une réalité ? Quels équilibres se mettent en place entre dépendance et sécurité énergétique, sécurisation des grands réseaux d’échanges -continentaux et maritimes-, menaces terroristes et conflits armés, tensions financières mondiales, partage des mers et droit international ? Les hydrocarbures sont-ils les facteurs déclencheurs des futurs conflits ? Cet ouvrage, illustré de 20 cartes thématiques de référence, apporte un éclairage actualisé de la complexité de cette question en abordant les bouleversements géopolitiques liés à l’exploitation des hydrocarbures, la diversité des formes de conflits associée à ces ressources, les enjeux stratégiques des grands axes d’approvisionnement. La transition énergétique est engagée, de nouveaux équilibres se mettent en place, modifiant les perspectives et l’équilibre géostratégique mondial, à l’horizon 2030. Une mutation profonde des rapports de force dans le domaine de l’énergie est d’ores et déjà amorcée.

. Hubert Védrine, La France au défi, Paris, Fayard, 2014 (à paraître début mars).
La France va-t-elle réussir à surmonter ce découragement qui, depuis si longtemps, la conduit à redouter a priori toute réforme, à penser de façon irrationnelle qu’elle n’arrivera jamais à s’adapter à son avantage au monde nouveau ? Retrouvera-t-elle confiance en elle-même et en ses atouts, qui sont incomparables ? La défiance et le pessimisme généralisés seront-ils vaincus ? La classe politique osera-t-elle forger un consensus sur quelques mesures clés ? Embrassant économie, géopolitique et psychologie, Hubert Védrine porte un diagnostic lucide sur notre pays et cherche à définir les moyens de le sortir des pièges dans lesquels il s’est lui-même enfermé.

. José Bové, Gilles Luneau, Hold-up à Bruxelles : les lobbies au cœur de l’Europe, Paris, La Découverte, 2014.
Député européen, un sport de combat ? Dans ce livre, à travers des cas concrets vécus au quotidien, José Bové livre la réalité des couloirs de Bruxelles : batailler pour l’indépendance des agences de contrôle infiltrées par les multinationales, révéler un complot de l’industrie du tabac contre la directive sanitaire en préparation, défendre les paysans face à la politique agricole commune instrumentalisée par les firmes agroalimentaires et agrochimiques, fédérer la lutte contre l’exploitation des gaz de schiste en Europe, dénoncer les accords de libre-échange... Le livre braque aussi le projecteur sur les connivences dont bénéficient, au plus haut niveau de l’organigramme administratif, les lobbyistes de l’industrie : nichés aux postes clés des directions générales de la Commission, nombre de fonctionnaires européens sont là pour influencer les députés et les convaincre de satisfaire les exigences des multinationales. En s’appuyant sur des exemples précis et documentés, José Bové décrypte les mécanismes de prise de décision, les bras de fer avec la Commission européenne, les logiques des États. Le constat lucide qu’il dresse s’accompagne de propositions pour changer les règles du jeu, pour édifier une Europe fédérale et plus démocratique capable de résoudre les crises qui ravivent les replis nationalistes et les tentations autoritaires. En dévoilant le jeu européen, le député José Bové nous place aussi face à nos responsabilités de citoyens.

. Antoine Lefébure, L’Affaire Snowden : Comment les États-Unis espionnent le monde, Paris, La Découverte, 2014.
Il aura fallu la révolte du jeune Edward Snowden, informaticien travaillant pour la National Security Agency (NSA) américaine, pour que le monde entier découvre l’étendue de la surveillance menée en secret par les États-Unis : écoutes téléphoniques, interceptions d’e-mails, espionnage d’entreprises et de gouvernements alliés. Depuis juin 2013, Edward Snowden, puis ses relais Glenn Greenwald, journaliste britannique, et Laura Poitras, documentariste américaine, ont ainsi distillé dans la presse internationale les documents les plus secrets de la première puissance mondiale.
Créant un mouvement d’indignation parmi les citoyens, ces révélations poussent les gouvernements à s’interroger : la sécurité nationale est-elle la seule finalité des écoutes de la NSA ? Comment et pour qui travaille l’agence américaine ? Pourquoi utilise-t-elle les multinationales américaines afin de faire d’Internet un espace de surveillance généralisée ? Relatant en détail -et très pédagogiquement- les dessous méconnus de cette incroyable histoire, ce livre permet de comprendre les motivations de ses acteurs, l’enjeu des secrets révélés et leurs conséquences sur la marche du monde. Et il replace la dérive sécuritaire de la NSA depuis le 11 Septembre dans l’histoire également peu connue de la politique de surveillance des télécommunications mondiales des gouvernements américains depuis la Seconde Guerre mondiale.

. Grégory Bozonnet, Line Mazuir, E. Urtizverea, La culture : l’essentiel pour comprendre. Concours commun des IEP 2014, Épreuve de questions contemporaines, Paris, Ellipses, 2014.
En vous procurant cet ouvrage, vous avez fait un premier pas vers une préparation de l’épreuve de questions contemporaines à l’entrée des IEP. La lecture de ce livre doit vous permettre de trouver les éléments théoriques et illustratifs nécessaires pour tous les sujets possibles ayant trait à la culture. Au croisement de l’histoire, de la philosophie et des sciences politiques et administratives, ce thème souligne l’objectif pluridisciplinaire de Sciences Po. Cet ouvrage, écrit par des diplômés enseignant en institut d’études politiques, vise à présenter l’essentiel des savoirs indispensables à la réalisation d’une dissertation sur la culture. En dix chapitres, ce livre vous permet de vous approprier la méthodologie nécessaire, ainsi que les auteurs, exemples et citations, qui vous permettront de réussir cette épreuve. Pour aller plus loin, vous trouverez dix citations et dix textes sur la culture. Entraînez-vous avec notre sujet type et nos dix sujets de dissertations !

. Frédéric Gilli, Grand Paris : l’émergence d’une métropole, Paris, Presses de Sciences Po, 2014. Et si l’avenir de Paris était sa banlieue ? En dix ans, une vision nouvelle de la région parisienne s’est discrètement imposée. Le modèle hiérarchique d’une Île–de-France centrée sur Paris intra muros, administrée par l’État et gouvernant la France a cédé la place à une métropole auto-organisée, dans laquelle ont émergé de fortes polarités économiques et culturelles et se sont créés des réseaux multilatéraux à l’échelle européenne et mondiale. Ni Paris, ni l’État n’ont disparu, mais la banlieue s’affirme, les PME franciliennes s’émancipent, la jeunesse et la diversité de la population s’imposent. Transport, logement, inégalités, beaucoup reste à faire, mais la métropole du Grand Paris, créée en décembre 2013, esquisse un mode de gouvernance plus efficace et plus juste, avec pour enjeu qu’il soit pleinement démocratique. Une lecture indispensable pour comprendre cette mutation, pour appréhender les prochaines échéances franciliennes et pour apprécier la façon dont la France est entrée dans le XXIe siècle.

. Matthieu Anquez, Géopolitique de l’Iran : puissance dangereuse ou pays incompris ?, Argos, 2014 (à paraître fin février 2014).

Depuis l’écrasement sanglant de la « Révolution verte » ayant suivi les frauduleuses élections présidentielles iraniennes en juin 2009, l’Iran apparaît de plus en plus replié sur lui-même. Pourtant, de profondes évolutions internes sont en cours, écartant de plus en plus la vieille garde révolutionnaire au profit de l’entourage du Guide de la Révolution, Ali Khamenei, ainsi que des Pasdaran, les Gardiens de la révolution, garde prétorienne du régime islamique. Sur la scène internationale, le mouvement des révolutions arabes a permis le rapprochement avec certains Etats comme l’Egypte, et le retrait des troupes occidentales d’Irak et d’Afghanistan offre de réelles opportunités à Téhéran. Mais la guerre civile syrienne provoque l’inquiétude des mollahs, et le pays reste menacé de frappes militaires israéliennes, voire occidentales. Situé « au cœur du monde », l’Iran, volontiers caricaturé, reste mal connu en Occident. Est-il dirigé par une clique sanguinaire et illuminée, ou bien a-t-on affaire à un Etat rationnel, calculant avec froideur ? Sa politique étrangère est-elle dictée par des considérations idéologiques (exporter victorieusement la révolution islamique) ou bien est-elle avant tout pragmatique ? Le régime souhaite-t-il « rayer Israël de la carte », ou la réalité des relations entre Tel-Aviv et Téhéran est-elle bien plus complexe qu’on ne voudrait le croire ? L’Iran veut-il réellement l’arme nucléaire ? A toutes ces questions, ce livre synthétique et informé apporte des réponses claires et nuancées.


Le livre recommandé par Diploweb.com pour le mois de janvier 2014

. Renéo Lukic, La désintégration de la Yougoslavie et l’émergence de sept Etats successeurs, Canada, Presses universitaires de Laval.

Pierre Verluise, Directeur du Diploweb.com : "Lorsqu’un auteur arrive à faire l’unanimité d’experts comme Maurice Vaïsse, Paul Garde et Georges-Marie Chenu, il n’y a qu’une chose à faire : chapeau bas. Et lire cette référence sans tarder, puis la recommander aux bibliothèques que nous fréquentons. "

"Chaque fois que je me pose des questions sur les guerres de Yougoslavie, je me réfère à l’ouvrage de Renéo Lukic, car je sais que sur le plan factuel et celui de l’analyse, il m’apporte une réponse précise et documentée." Maurice Vaïsse, professeur émérite de relations internationales à Sciences Po Paris.

"Avant le livre de Renéo Lukic, on ne pouvait trouver dans aucune langue un ouvrage embrassant aussi largement toute l’histoire des crises yougoslaves sur l’ensemble de leur durée, et centré aussi résolument sur la recherche rigoureuse et impartiale de la causalité politique." Paul Garde, professeur émérite, Université de Provence, Aix-en-Provence.

"Après la chute du Mur et la disparition de l’URSS, les pays communistes de l’Europe se tournèrent pacifiquement vers l’Occident. Sauf la Yougoslavie ! Pour expliquer cette exception, le professeur Renéo Lukic expose et décrit les causes, internes et externes, du drame des " Balkans occidentaux ", leurs apparitions, leurs enchaînements et leurs interactions. Ce long travelling, conduit avec autorité et conviction, montre quel degré de complexité peut atteindre la " courte durée " en histoire." Georges-Marie Chenu, ancien ambassadeur de France en Croatie.


. Christophe Bêchet, Alfred von Schlieffen. L’homme qui devait gagner la grande guerre. Coll. Maîtres de la stratégie, éd. Argos

Lorsqu’il meurt en 1913, A. von Schlieffen, chef d’Etat-major de l’armée impériale allemande, a mis au point un plan de stratégie offensive sur deux fronts qui doit assurer la victoire au IIe Reich, mais que ses successeurs échouent à mener à bien. En revenant sur son parcours et sa formation, un spécialiste de la stratégie de la Première Guerre mondiale fait revivre l’histoire de cette offensive.

. Régis Genté, Poutine et le Caucase, éd. Buchet Chastel, 2014.

Le 21 mai 1864, dans la vallée de Krasnaïa Poliana, le Grand-duc Michel Nikolaïevitch offrait un banquet pour célébrer la fin de la conquête du Caucase par la Russie tsariste, là même où les tribus circassiennes venaient d’être massacrées. Cent cinquante ans après exactement, en février 2014, s’ouvrent les XXIIe Jeux olympiques d’hiver à Sotchi, dont une partie des compétitions se déroulent précisément à Krasnaïa Poliana. C’est là que Vladimir Poutine, en héritier de la Russie impériale, invite le monde entier à un nouveau banquet. Quel symbole ! Car le Caucase est bien le lieu, pour Poutine, de l’affirmation de la force et de la grandeur de la Russie. La guerre en Tchétchénie, le soutien aux indépendantismes d’Ossétie du Sud ou d’Abkhazie, allant jusqu’à la guerre contre la Géorgie, et aujourd’hui les JO à Sotchi, ne visent qu’à replacer la Russie sur le devant de la scène internationale. Et, finalement, la trêve olympique de Sotchi pourrait rester dans l’histoire comme un nouvel épisode des interminables conflits du Caucase, comme une façon de poursuivre la guerre par d’autres moyens en tâchant de sceller symboliquement les victoires du passé. Spécialiste de l’ancien espace soviétique, c’est à un véritable voyage au Caucase que nous convie Régis Genté, dans les pas des grands dirigeants russes, des derniers Tsars à Vladimir Poutine.

. Bertrand Badie, La fin des territoires, éditions du CNRS, 2014.
Le territoire, en tant que marqueur de souveraineté d’un Etat et support d’une citoyenneté, a longtemps été considéré comme le seul mode organisateur de la vie internationale. Cette construction est aujourd’hui ébranlée. De nouvelles dynamiques découlant de la mondialisation dépassent les frontières classiques et créent de nouveaux espaces. Migrations, investissements, circulations d’idées, solidarités transnationales, mobilisation politique des sociétés civiles en dessinent aujourd’hui les contours. Des termes inédits d’organisation du politique réinventent le principe de territorialité... quitte à le pervertir pour en faire un objet de revendication identitaire.

. Emmanuel Tawil, Relations internationales, Paris, Vuibert, 2014 (3ème édition).
Enseignées dans les facultés de droit et les instituts d’études politiques (IEP), les relations internationales sont une discipline en constante évolution. Ce manuel propose de les aborder selon une démarche qui se veut juridique. Il part du constat que, si le droit international ne suffit pas à comprendre les rapports entre acteurs du jeu mondial, sans le droit international ces mêmes rapports seraient incompréhensibles. L’ouvrage présente ainsi, de manière claire et précise, les institutions, les modalités et les finalités des relations internationales. Il aborde l’ensemble des thèmes qu’un cours de relations internationales développe, y compris les analyses historiques (histoire des relations internationales, histoire des doctrines) et la présentation synthétique des institutions européennes. Parfaitement actualisée, enrichie de nombreuses références, assortie de conseils méthodologiques et d’exercices pratiques, cette nouvelle édition couvre l’intégralité des programmes des cursus universitaires et des concours administratifs. Cet ouvrage s’adresse : aux étudiants en droit ; aux étudiants en science politique ; aux élèves des IEP ; aux candidats aux concours administratifs (ENA, ENM, ministère des Affaires étrangères, etc.).

. Philippe Lemarchand (dir.), Mondialisation, démondialisation, remondialisation : Un dictionnaire, Paris, Atlande, 2014.
Près de 1000 articles pour aborder tous les débats autour de la mondialisation. Des acteurs cruciaux mais méconnus (le BCG, la communauté de Sant’ Egidio, Olivier Dolfuss), des éléments clefs (détroits, drogues, dumping social), des définitions claires (rugosité, titrisation, westoxification), des aspects inattendus (couleur bleu, nylon, volapük), des incontournables (football, dette, changement climatique), des inédits (non-lieu, Fold it, lune).

. Georges Courade, Les Afriques au défi du XXIè siècle, Paris, Belin, 2014.
L’Afrique subsaharienne connaît depuis peu une accélération de son histoire. Bénéficiant d’un accroissement soudain de sa richesse, elle s’éveille pour s’affirmer, profitant du basculement géopolitique entamé par l’effondrement du mur de Berlin (1989) et poursuivi par la montée en puissance des pays émergents contestant avec succès le leadership d’un Occident vieillissant et dépressif.
Toujours lesté dans l’imaginaire mondial par le nombre de personnes pauvres et sous-alimentées, déplacées et réfugiées, le sous-continent cherche plus que jamais à affirmer son autonomie dans la décision et l’action en s’appuyant sur ses potentialités et en essayant de surmonter ses nombreux handicaps.
Cibles de l’action humanitaire et objets de la compassion internationale, les jeunes subsahariens reprennent malgré tout confiance en eux pour faire face au défi et au risque du gouvernement de soi.
Comment les Africains vont-ils construire cette deuxième indépendance qui s’annonce et utiliser cet enrichissement pour améliorer leur sort ?
Poursuivant la réflexion entamée dans L’Afrique des idées reçues, ce livre se propose d’explorer avec lucidité les itinéraires possibles des Afriques dans les champs de la géopolitique et de l’analyse sociétale, de l’économie et de l’histoire et dans les représentations qui en sont données.

. Yves Charles Zarka, Refonder le cosmopolitisme, Paris, PUF, 2014.
On ne saurait nier qu’il y a, aujourd’hui, un regain d’intérêt pour l’idée cosmopolitique. Il résulte de la conscience de l’extension au monde entier d’un certain nombre de problèmes qui relevaient, il y a encore quelques années, de dimensions locales, régionales ou nationales. En fait, ce que l’on appelle la mondialisation ou la globalisation sous-tend ce phénomène et semble, à bien des égards, à la source de cette réémergence. Ce qui n’est d’ailleurs pas sans ambiguïté, car le cosmopolitisme dans son sens originel et positif pourrait bien être l’opposé radical de la mondialisation économique, financière ou même culturelle. C’est pourquoi le cosmopolitisme est affecté aujourd’hui d’une grande équivoque : il peut être pensé dans le prolongement de la mondialisation ou, au contraire, comme sa critique radicale.

. Christian Deblock, De la nationalisation du monde à la globalisation, Paris, Hermann, 2014.
C’est la leçon inaugurale du séminaire d’économie politique internationale que nous proposons au lecteur dans cet ouvrage. Notre propos est de brosser le paysage de la globalisation et d’ouvrir une discussion sur les transformations du monde économique. Alors que les frontières deviennent de plus en plus poreuses et les économies de plus en plus interconnectées, nous passons à un autre temps du monde. C’est l’argument principal que nous défendons : après le temps de la nationalisation du monde, puis celui de son internationalisation, nous sommes en train d’entrer dans celui de la globalisation. Ce temps est d’abord celui de la crise qui ébranle nos certitudes et met à mal nos institutions. Mais c’est aussi celui de la transnationalisation, sorte de transition entre un monde encore centré sur les États et celui toujours plus ouvert qui se profile derrière la globalisation. C’est dans cette perspective que nous proposons de repenser notre temps. En regardant vers l’avenir, vers ce monde ouvert dont il nous revient de construire les instruments de sa régulation.

. Jacques Dalloz, La France et le monde depuis 1945, Paris, Armand Colin, 2014 (2ème édition).
Depuis 1945, l’Empire s’est écroulé, la France s’est progressivement intégrée dans l’Europe, son économie s’est ouverte au grand large. Ces changements ne doivent pas dissimuler les continuités. L’exemple de la force de dissuasion est significatif. C’est de Gaulle qui a fait de la France une puissance nucléaire, mais l’explosion de la bombe A avait été programmée par la IVe République ; quant à ses successeurs, quels qu’ils soient, ils ont maintenu la monarchie nucléaire installée par le Général. Continuité aussi dans la volonté de construire l’Europe tout en entendant demeurer puissance mondiale.
Cet ouvrage, en rendant compte de façon synthétique de la politique étrangère française de 1945 à 2002 – la guerre froide, l’intégration atlantique, la décolonisation, la construction européenne, les relations avec les deux superpuissances, les rapports Nord-Sud –, donne les références indispensables pour mettre en perspective et comprendre les événements les plus contemporains.

. Alvaro de Vasconcelos, La vague démocratique arabe : l’Europe et la question islamiste, Paris, L’Harmattan, 2014.
En 2011, les partis islamistes sont devenus des acteurs incontournables de la vague démocratique arabe, montrant leur importance comme alternative aux régimes autoritaires dans la région, ce que beaucoup d’Européens acceptent difficilement. L’auteur nous aide à comprendre comment l’ignorance de ces derniers à l’égard de l’islamisme politique est un obstacle à une politique éclairée de soutien aux mouvements démocratiques arabes. Il porte un regard original sur le 11 septembre, les caricatures de Mahomet, le choc des civilisations, l’islamisme politique et les motifs qui ont conduit les dirigeants européens à soutenir des dictateurs.

. Pierre Journoud (dir.), avec la collaboration d’Antoine Bondaz, Jeanne Briand et Laurent Quisefit, préface d’Alain Delissen, La guerre de Corée et ses enjeux stratégiques de 1950 à nos jours, Paris, L’Harmattan, 2014.
Le 25 juin 1950 éclatait la guerre de Corée. Celle-ci a durablement modelé le destin de la péninsule coréenne et a eu un impact décisif sur les politiques étrangères et de défense des grandes puissances mondiales et régionales. Elle n’a pourtant pas eu la place qu’elle méritait dans l’historiographie française des relations internationales contemporaines. Cet ouvrage permet d’éclairer l’actualité d’une péninsule régulièrement déchirée par les crises.

. Ali Sedjari (dir.), Gouvernance : risques et crises, Paris, L’Harmattan, 2014.
Depuis les années quatre-vingt, nous sommes entrés dans une "société de risque", aggravée par une succession de crises inquiétantes : politiques, économiques, financières et sociales. La gouvernance classique est en panne face à la faillite du système. Ce livre est une contribution au débat sur les conséquences inquiétantes des crises et des risques. C’est aussi un plaidoyer pour une prise de conscience globale en vue de la mise en place d’un nouveau système de gouvernance planétaire.

. Korine Amacher, Wladimir Berelowitch, Histoire et mémoire dans l’espace post-soviétique : Le passé qui encombre, Paris, L’Harmattan, 2014.
Dans l’espace postsoviétique, la quête d’une nouvelle construction nationale et la légitimation des nouveaux pouvoirs s’est appuyée sur une réécriture du passé et une réinterprétation de faits ou de personnages historiques. Si les dirigeants politiques jouent un rôle important dans ce processus, les intellectuels font aussi « usage » du passé. Les grandes tendances des représentations historiques depuis la chute du communisme sont appréhendées dans cet ouvrage collectif.

. Jacques Mistral, Guerre et paix entre les monnaies, Paris, Fayard, 2014.
L’histoire risque-t-elle de se répéter ? Est-ce au niveau des principales monnaies, le dollar, l’euro et le yuan, que pourrait se jouer la prochaine et la plus dramatique des séquences de la crise que nous vivons aujourd’hui ? Que l’on parle de l’Amérique et de la Chine ou de l’Allemagne et de l’Europe du Sud, la question des dettes et des déficits empoisonne à nouveau l’atmosphère internationale. Gouvernance inachevée de l’eurozone, fin problématique des excès monétaires aux Etats-Unis, insertion réticente de la Chine dans l’ordre monétaire mondial, dévaluation compétitive agressive au Japon : le cœur de la crise est aujourd’hui monétaire. L’histoire nous enseigne que la paix monétaire est le plus important des biens publics globaux. Ce livre, pour la première fois, formule des propositions concrètes pour éviter le retour tragique des guerres monétaires. Jacques Mistral est économiste, il a fait carrière dans l’université, la haute fonction publique et dans l’entreprise. Il enseigne aujourd’hui dans les universités de Harvard, du Michigan et de Nankin ; il est senior fellow à la Brookings Institution à Washington, conseiller spécial de l’IFRI à Paris et membre du Cercle des économistes.

. Pierre Blanc, Jean-Paul Chagnollaud, Sid-Ahmed Souiah, cartographie de Madeleine Benoît-Guyod, Atlas des Palestiniens : un peuple en quête d’un État, Paris, Autrement, 2014.
Atlas consacré au peuple qui, depuis le démantèlement de l’Empire ottoman et le mandat britannique en 1922, cherche, sans succès, à construire son Etat. Des documents géostratégiques montrent que la situation des Palestiniens a empiré après le printemps arabe et la guerre civile syrienne.

. Claude Meyer, La Chine, banquier du monde, Fayard, 2014.

Ressources naturelles, entreprises industrielles, filières technologiques : rien ne semble échapper à la boulimie d’acquisitions qui projette le dragon chinois aux quatre coins de la planète. Premier créancier des États-Unis, la Chine finance les déficits occidentaux, mais s’impose aussi auprès des pays pauvres comme une Banque mondiale bis. Après le rouleau compresseur des exportations, se profile une déferlante chinoise sur la finance. À quelles sources s’alimente cette puissance financière ? Qui sont les acteurs de cette offensive et quels en sont les objectifs ? Le yuan pourra-t-il détrôner le dollar ? Domination commerciale, expansion financière : le géant chinois va-t-il céder à la tentation hégémonique ? Cet essai s’efforce d’apporter des réponses solidement argumentées, sans procès d’intention mais aussi sans complaisance. Dans cet ouvrage essentiel, Claude Meyer fait le bilan de la puissance financière chinoise et la confronte aux stratégies du Parti communiste. Alliant analyse économique et prospective, il nous décrit le monde qui vient avec, en arrière-plan, cette énigmatique « renaissance du peuple chinois », dont le président Xi Jinping a fait son leitmotiv. Claude Meyer, docteur en économie et ancien dirigeant de banque, enseigne à Sciences-Po. Chercheur associé au CERI et au GEM, il a publié de nombreux ouvrages et articles sur l’Asie, dont Chine ou Japon, quel leader pour l’Asie ?, Presses de Sciences Po, 2010 (traduit en anglais, en chinois et en japonais).

. Jeanne Riva, Europe à géométrie variable : la survie de l’UE ? Paris, L’Harmattan, 2014.
Lequel de ces quatre scenarii prépare le mieux les Européens à surmonter les difficultés ? Le premier traite du maintien de la structure actuelle de l’UE sous le traité de Lisbonne, le deuxième suppose le retrait des compétences de l’UE pour ne favoriser qu’un marché commun de libre échange, le troisième envisage une union fédérale, le dernier envisage une Europe à géométrie variable.

. Benazir Bhutto. Pour une réconciliation. L’Islam, la démocratie et l’Occident. Editions Héloïse d’Ormesson, 2014.

« Nous sommes au début d’un long voyage au terme duquel le Pakistan renouera avec la démocratie, et j’espère que mon retour sera le catalyseur de ce changement. Nous devons croire aux miracles. » Benazir Bhutto, octobre 2007.

Emblème d’un Pakistan démocratique qu’elle a cherché coûte que coûte à rétablir, Benazir Bhutto démontre que l’extrémisme n’est pas inhérent à l’islam, mais une réponse à la dégradation sociale et politique que vivent les peuples musulmans. Pour endiguer la vague de radicalisme – frein à l’émergence de la démocratie –, et redécouvrir enfin les valeurs de tolérance et de justice au cœur de sa religion, elle défend un islam moderne et prône une coopération étroite entre monde musulman et Occident. Pour une réconciliation, qu’elle a achevé d’écrire la veille de son assassinat, constitue son testament politique.

Vous pouvez télécharger le premier chapitre sur le site de l’éditeur.

. Guillaume Klossa, Une jeunesse européenne, Paris, Grasset, 2014.
Notre jeunesse : c’est bien le titre que Guillaume Klossa pourrait donner à ce bref texte, fougueux et libre, qui est d’abord l’histoire d’une génération. Nés au début des années 70, ils devraient être les enfants de la liberté : ils auront connu la pilule, le féminisme, la fin du communisme ; mais aussi la crise économique, dévastatrice, tout au long de leur enfance. Leurs parents auront connu les Trente Glorieuses, inoubliables et presque irréelles, faites de machines à laver, de voitures performantes, de voies sur berge et bientôt de télématique. De cet héritage, il leur reste un confort, une paix, mais aussi une absence d’idées, ou d’idéologie, qui s’appelle : le désenchantement. Pourtant, nous dit Klossa, "notre génération" a eu de la chance : elle a vingt ans quand le Mur de Berlin s’effondre, trente et des poussières le 11 septembre, et une petite quarantaine quand Internet transforme la société et le monde. Au coeur de ces révolutions positives, il y a une générosité, des rencontre, un espoir mais cette génération, bizarrement, semble l’ignorer. Avec ses amis, dirigeants engagés, Matthieu Pigasse, Louis Dreyfus, philosophes, comme Cinthia Fleury, femmes d’influences et hommes d’affaires, penseurs ou scientifiques de haut vol comme Cédric Villani, Guillaume Klossa croit à son histoire, à notre histoire, et à celle de l’Europe. Ils ont fondé un think tank, Europa Nova, et ce livre est une sorte de feuille de route, d’engagement moral, de contrat avec soi-même.
La révolution n’est pas à faire : mais l’Europe, oui. Et c’est peut-être le véritable héritier de Jean Monnet que nous publions aujourd’hui.

. Jean-Jacques Cécile, Un espion français à l’Est 1962-2004, Monaco, Éditions du Rocher, 2014.
Dès que le mot « espionnage » est prononcé, le spectre de James Bond surgit qui masque la réalité propre à l’agent secret. Car loin des fastes qu’évoque le personnage de cinéma, c’est souvent une armée d’anonymes qui, au jour le jour, confère à ce métier ses lettres de noblesse. Pierre Bach est un de ces anonymes.
Entré dans la carrière militaire en 1962, il y restera pendant plus de quatre décennies, consacrant le plus clair de son temps à chatouiller l’ogre communiste jusque dans sa tanière. Qu’on en juge. Près de dix années de présence en Allemagne de l’Est où il espionne Soviétiques et forces nationales sous couvert d’appartenance à la Mission militaire française de liaison (MMFL). Il séjourne aussi quatre ans et demi en Hongrie puis trois ans sur le territoire d’une Croatie en pleine ébullition. À Budapest comme à Zagreb en tant que secrétaire d’attaché de Défense, il incarne le renseignement militaire hexagonal. Ce faisant, Pierre Bach côtoie la mort. Il est le témoin direct de l’assassinat d’un sous-officier français, l’adjudant-chef Mariotti, le 22 mars 1984 près de Halle, en Allemagne de l’Est. Là comme en ex-Yougoslavie, on lui tire dessus, il en réchappe. Il prête occasionnellement son concours à des opérations du SDECE puis de la DGSE, tandis que la très redoutée Stasi garde en permanence un œil sur lui.

. Aymeric Bonnemaison et Stéphane Dossé, Attention : Cyber ! Vers le combat cyber-électronique, Paris, Economica, 2013.
L’année 2013 fut marquée par les révélations d’Edward Snowden (PRISM) qui apprennent au grand public qu’il existe un système d’écoute mondialisé. Dans la continuité du précédent Livre blanc de la défense et de la sécurité nationale, celui de 2013 érige la cyberdéfense en priorité ce qui se traduit par une augmentation des effectifs et une adaptation législative avec la loi de programmation militaire.
Attention : cyber ! commencé en 2012 et dont l’essentiel de la rédaction fut achevé à l’été 2013, vous montrera que le cyber ne peut être séparé de la guerre électronique dans une optique opérationnelle. Vous comprendrez que les actions actuelles s’inscrivent dans une histoire vieille de 150 ans, notamment pour les écoutes anglo-saxonnes. Vous découvrirez un autre monde, en évolution perpétuelle, qui modèle les sociétés.

. François Burgat et Bruno Paoli, Pas de printemps pour la Syrie, Paris, La Découverte, 2013.
Depuis le déclenchement en mars 2011 de la révolte syrienne, sa brutale répression par le régime de Bachar el-Assad et la guerre civile internationalisée qui a suivi ont fait des dizaines de milliers de morts et des millions de déplacés. Bouleversant la lecture des transitions démocratiques arabes, ce conflit affecte également les équilibres d’une région stratégique. Cette nouvelle « guerre sans fin », alimentée par les jeux cyniques des grandes puissances et des États régionaux, se révèle d’autant plus malaisée à décrypter qu’elle fait l’objet de toutes sortes de désinformations.
C’est dire l’importance de cet ouvrage, qui réunit les contributions de vingt-huit spécialistes, membres ou familiers de l’Institut français du Proche-Orient (Ifpo) et fins connaisseurs de la Syrie et de la région. De façon très accessible et en privilégiant les informations recueillies au plus près des acteurs, ils apportent des clés indispensables pour comprendre les racines historiques et les ressorts politiques, économiques et idéologiques de la crise. Non sans exprimer des sensibilités différentes, échos de la diversité des réactions face à ce drame. Certains, qui avaient très tôt pointé les risques de dérives sectaires et d’instrumentalisation de la révolte par des puissances étrangères, craignent pour la Syrie un avenir d’« irakisation ». D’autres, sans écarter une telle issue, espèrent que l’extrémisme d’activistes des deux camps n’empêchera pas l’émergence d’une société civile capable de résister aux sirènes de la division confessionnelle ou du radicalisme islamiste.
Un livre indispensable pour en finir avec les simplifications sur la tragédie syrienne, et mieux percevoir ce que vivent ses acteurs et ses victimes.

. Élizabeth Crémieu et Bouchra Benhida, Géopolitique de la condition féminine, Paris, PUF, à paraître le 19 février 2014.
Malgré la vivacité des traditions patriarcales dans une grande partie du monde, de grands progrès ont été accomplis depuis soixante-dix ans : droits politiques et civils, accès à la contraception et à l’avortement, droit à l’éducation et au travail. Ces progrès de la condition féminine apparaissent aujourd’hui comme un des facteurs de la croissance, du développement, et donc de la puissance. Ils sont toutefois très inégaux selon les régions du monde et partout menacés : les crimes contre les femmes restent leur première cause de mortalité et l’essor des fondamentalismes religieux entraîne un recul des droits des femmes dans beaucoup de pays, car ces mouvements placent le contrôle des femmes et de leur sexualité au centre de leur programme. On est ici au cœur de la géopolitique, discipline qui étudie les rivalités de pouvoir qui s’exercent sur les territoires et les représentations qui y sont liées. Dans le monde actuel, sur certains territoires, les femmes sont invisibles et celles qui contestent leur infériorisation et leur enfermement courent les plus grands dangers. Or, cette violence faite aux femmes s’observe au niveau des pays, des régions, des villes, des banlieues, dans les pays du Nord comme dans ceux du Sud, et tend à se diffuser.

. Edgar Morin et Mauro Ceruti, Notre Europe, décomposition ou métamorphose ? Paris, Fayard, 2014.
« Dans un sens, ce livre prolonge et actualise mon Penser l’Europe ainsi que Barbarie et culture européennes. Mais il s’agit surtout d’une « repensée de l’Europe » en notre époque de crises conjuguées, dont la crise multidimensionnelle de l’Europe, en une grande crise de l’humanité qui n’arrive pas à se constituer en humanité. Cette repensée est l’œuvre de deux esprits frères, celui de Mauro Ceruti et le mien : je me retrouve en lui comme il se retrouve en moi. Notre communauté de pensée s’est ainsi trouvée concrétisée dans cette œuvre méditante et militante. » Edgar Morin.

. Claude Meyer, La Chine, banquier du monde, Paris, Fayard, 2014.
Ressources naturelles, entreprises industrielles, filières technologiques : rien ne semble échapper à la boulimie d’acquisitions qui projette le dragon chinois aux quatre coins de la planète. Premier créancier des États-Unis, la Chine finance les déficits occidentaux, mais s’impose aussi auprès des pays pauvres comme une Banque mondiale bis. Après le rouleau compresseur des exportations, se profile une déferlante chinoise sur la finance.
À quelles sources s’alimente cette puissance financière ? Qui sont les acteurs de cette offensive et quels en sont les objectifs ? Le yuan pourra-t-il détrôner le dollar ? Domination commerciale, expansion financière : le géant chinois va-t-il céder à la tentation hégémonique ? Cet essai s’efforce d’apporter des réponses solidement argumentées, sans procès d’intention mais aussi sans complaisance.
Dans cet ouvrage essentiel, Claude Meyer fait le bilan de la puissance financière chinoise et la confronte aux stratégies du Parti communiste. Alliant analyse économique et prospective, il nous décrit le monde qui vient avec, en arrière-plan, cette énigmatique « renaissance du peuple chinois », dont le président Xi Jinping a fait son leitmotiv.

. David Cumin et Jean-Paul Joubert, L’Allemagne et le nucléaire, Paris, L’Harmattan, 2014.
Depuis la catastrophe de Fukushima, le gouvernement allemand a décidé de renoncer au nucléaire civil. En 1990, il avait confirmé la même position pour le nucléaire militaire. Que signifie cette politique ? La RFA a conservé la possibilité technique d’acquérir une défense nucléaire autonome, au-delà de la restriction de sa souveraineté de 1949 à 1989. Depuis sa réunification, elle affirme une volonté d’indépendance et de retour à la puissance. Niveau technologique, stocks de matériaux fissiles... font de la RFA une puissance militaire "en filigrane".

. Jean Marcou et Füsun Türkmen, Vingt ans de changements en Turquie (1992-2012), Paris, L’Harmattan, 2014.
Depuis le début des années 1990, la Turquie s’est profondément transformée, aussi bien du fait du "retournement du monde", à la fin de la Guerre froide, que dans le cadre de sa candidature à l’Union européenne. La dernière décennie a aussi été marquée par le règne de l’AKP. Changement politique et social, nouvelle politique étrangère, rayonnement médiatique et culturel sont les principaux points de cette étude.

. Véronique Ancey, Gérard Azoulay, Chantal Crenn, Daniel Dormoy, André Mangu, André Thomashausen (dir.), Mobilités et migrations : figures et enjeux contemporains, Presses Universitaires de Sceaux, Paris, L’Harmattan, 2014.
Les migrations sont historiquement un élément central de la formation de la grande majorité des sociétés. Ces mobilités ne sont devenues migrations internationales qu’avec la constitution des Etats-nations, la fin des empires coloniaux et le découpage géopolitique de la planète. Les 230 millions de migrants questionnent les conceptions de l’Etat, de l’intégration économique et politique et du respect des droits humains.

. Catherine Wihtol de Wendel, Faut-il ouvrir les frontières ? Paris, Presses de Sciences Po, à paraître le 6 janvier 2014.
Alors que la mobilité est reconnue comme un facteur essentiel de développement humain, les deux tiers des habitants de la planète ne peuvent circuler librement. Quant aux pays traditionnels d’immigration, ils ont fermé leurs portes, si ce n’est bâti des murs ou installé des camps de rétention.
Les effets pervers de la fermeture des frontières sont pourtant légion. Aux victimes, aux sans-papiers et aux sans-droits, s’ajoutent les camps de réfugiés, l’économie maffieuse du passage, les déficits économiques et démographiques liés à l’absence de mobilité, sans parler des coûts exorbitants des politiques de fermeture et d’expulsion.
Face à ces paradoxes, ne vaudrait-il pas mieux inverser la logique ? Considérer que la liberté de circulation des personnes est un droit universel, tout en laissant aux États la possibilité de restreindre l’entrée sur leur territoire ?
Un droit de migrer commence à s’énoncer et à faire l’objet de dialogues multilatéraux. Souvent menés en marge des États, ils révèlent les inégalités criantes du régime des frontières en fonction de la provenance et de la destination des migrants.
Un plaidoyer pour un droit à la mobilité et pour l’avènement d’une diplomatie internationale des migrations.

. Michel Nazet, Comprendre l’actualité : géopolitique et relations internationales, Paris, Ellipses, 2013.
Cette mise en perspective de l’actualité économique et géopolitique du monde contemporain offre une grille de lecture pertinente à court et moyen terme. L’ouvrage permet de comprendre les évolutions et les transformations rapides d’un monde complexe, en mettant en avant les lignes essentielles et les grandes problématiques.

Grâce à une approche régionale et une quarantaine de thèmes, ce livre donne aux étudiants toutes les clés pour réussir leurs concours : la France et ses défis ; le Qatar, ou la nouvelle grammaire de la puissance ; l’Afrique et la mondialisation ; le Sahel, nouvelle poudrière ; les États-Unis d’Obama I ; le Brésil post-Lula ; le Japon, la longue crise d’une grande puissance… autant de thèmes d’actualité qu’il est nécessaire d’analyser pour en saisir les enjeux.

. Simon Tedga, Le cinquantenaire français des indépendances africaines : analyse d’une relation controversée, Paris, L’Harmattan, 2013.
L’Union pour la diversité républicaine a demandé et obtenu du président Nicolas Sarkozy que soit célébré en 2010 le cinquantenaire français des indépendances africaines avec un temps fort le 14 juillet de la même année. Le bombardement d’Abidjan par les forces armées françaises un an à peine après cette célébration a remis la Françafrique au centre de toute réflexion sur l’avenir de l’Afrique subsaharienne.

. Patrick Howlett-Martin, Politique étrangère du Brésil : une émergence contestée 2003-2013, Paris, L’Harmattan, 2013 (nouvelle édition).
Depuis les élections à la présidence de Luis Inacio Lula da Silva puis de Dilma Roussef, la diplomatie brésilienne, mieux armée idéologiquement et se rapprochant des grands pays émergents, défend un exercice plus équilibré de la gouvernance mondiale. L’auteur procède ici à une analyse précise, très documentée et actualisée, des ressorts et des priorités de la politique étrangère d’un pays émergent qui ambitionne d’être un joueur à part entière dans la cour des grands.

. Edyta Januszewska et Stéphane Rullac, Social Problems in Europe, Paris, L’Harmattan, 2013.
Social work in the twenty-first century faces the dilemmas of the modern world. Ever present problems, such as drug addiction, alcoholism, poverty, homelessness, social exclusion and ethnicity, and crime and terrorism, are becoming increasingly intricate and complex in today’s global environment. However, in addition to the old dilemmas there are now new crises and problems. This book is an attempt to respond to the problems of the modern world and to familiarize the reader with various aspects of coping with the challenges of postmodernity.


Le livre recommandé par Diploweb.com pour le mois de décembre 2013 et les fêtes de fin d’année

. Maxime Lefebvre, Plaidoyer pour une Europe des nations, Armand Colin, 2013.

La recommandation de Serge Sur, rédacteur en chef de Questions internationales : "Dans le labyrinthe de la construction et des débats européens, Maxime Lefebvre circule avec aisance et compétence. Clairement et vivement écrit, cet ouvrage contraste avec la langue de bois et le style bureaucratique qui caractérisent trop souvent, non seulement la littérature des institutions mais ce qui est écrit à leur sujet, mélange de logorrhée et de catéchisme. Il se lit avec intérêt et plaisir, et l’on ne saurait trop conseiller de ne pas bouder ce plaisir."

4e de couverture

L’Europe ne peut être comprise sans prendre en compte la diversité et l’identité des nations qui la composent. La crise de la zone euro, l’importance toujours redécouverte de la relation franco-allemande sont là pour le montrer.

Les différences entre la latinité et la germanité, entre le nord et le sud, entre l’est et l’ouest, entre les grands et les petits pays sont toujours bien présentes malgré l’approfondissement de la construction européenne depuis plus d’un demi-siècle.

L’Europe ne se fera pas contre, mais avec les nations. Elle ne peut ni se transformer en État fédéral, ni se déterminer uniquement en fonction de la mondialisation, des Nations Unies ou de l’Occident. Elle ne sortira de ses difficultés actuelles que si elle parvient à réinventer la coexistence de ses nations et à renforcer sa cohésion, en particulier à partir de l’union monétaire. En remettant les nations au coeur de la réflexion, cet ouvrage livre de nouvelles perspectives, pleines d’espoir pour le projet européen.

Sommaire : Introduction : réincarner l’Europe par les nations. 1. L’énigme de l’identité européenne. 2. La profondeur des nations. 3. La fédération d’États-nations. 4. Entre compétition et solidarité. 5. L’Europe et le monde. 6. Du rôle particulier de la France et de l’Allemagne. Conclusion : organiser le continent européen à partir des nations

Maxime Lefebvre est diplomate et professeur à l’Institut d’études politiques de Paris.

Voir une présentation de ce livre par Serge Sur


. Fazil Zeynalov, Azerbaïdjan, Paris, L’Harmattan, 2013.
L’Azerbaïdjan moderne est né en 1991. Ce pays a une situation géographique particulière, au carrefour de l’Eurasie et sur la célèbre route de la soie reliant l’Europe à l’Asie. Son histoire est riche en événements et témoigne de sa tradition étatique ancienne, de la richesse de ses villes, de la violence des invasions impériales... Aujourd’hui, ce pays laïc, confronté à une guerre avec l’Arménie, est au cœur des enjeux de la région. L’Azerbaïdjan est fermement engagé sur la voie de l’intégration européenne.

. Marie-José Ferreira dos Santos, Simele Rodrigues, Denis Rolland (dir.), Le Brésil, territoire d’histoire : historiographie du Brésil contemporaine, Paris, L’Harmattan, 2013.
Historiographie politique, historiographie économique et sociale, historiographie des relations internationales, telles sont les quatre composantes de cet ouvrage. Il rend compte de la recherche scientifique brésilienne aujourd’hui et la valorise internationalement.

. Serge Banyongen, Rôle et responsabilité des acteurs africains dans les relations sino-africaines, Paris, L’Harmattan, 2013.
Ce livre analyse en profondeur des rapports entre d’une part le gouvernement et les entreprises chinoises et d’autre part la société civile et le milieu des affaires avec le gouvernement chinois dans deux pays : le Sénégal et le Gabon. Voici une étude de terrain approfondie, afin d’établir un lien entre la présence chinoise et la réorganisation des rapports au sein des régimes politiques étudiés.

. Sylviane Sarah Oling, Entre Orient et Occident : de la complexité du monde, Paris, L’Harmattan, 2013.
Entretiens de l’auteur avec Paul Amar, Raymond Barre, André Chouraqui, Alain Jakubowicz. Cet ouvrage regroupe une douzaine d’entretiens de l’auteur avec des hommes, journalistes, politiques ou artistes, qui se sont exprimés sur des sujets majeurs, tels que la problématique du Proche-Orient ou le pouvoir de l’image et dont les paroles ont traversé le temps sans l’altérer. Ils laissent entrevoir des facettes peu ou pas connues de leur personnalité ou de leur histoire personnelle.

. Aurélie Daller, Le Hezbollah, Paris, PUF, 2013.
Un tour d’horizon approfondi du Hezbollah : son histoire, ses institutions d’action sociale, son organisation interne, la biographie de ses principaux dirigeants et son parcours politique, de sa création à nos jours.

. Melina Rocha Lukic et Carla Tomazini (dir.), L’analyse des politiques publiques au Brésil, Paris, L’Harmattan, 2013.
Une première partie, "Analyse des acteurs et des espaces de participation", donne des exemples de la mobilisation des acteurs politiques : mouvements sociaux, groupes d’intérêts organisés et médias. La deuxième, "Les politiques sociales au Brésil", porte sur les secteurs de la santé, de l’assistance et des transferts conditionnés. Enfin, "La Fédération et le territoire", se concentre sur les enjeux fédératifs qui apportent des problématiques spécifiques sur les politiques publiques au Brésil.

. Abdoul Hameth Ba, Jérôme Lombard, Dynamiques de développement et enjeux de gouvernance territoriale, Paris, L’Harmattan, 2013.
A partir d’espaces géographiques divers, les auteurs proposent des analyses sur les dynamiques spatiales, les comportements sociaux, les positionnements politiques, les stratégies des acteurs. Ils revisitent les concepts de gouvernance urbaine, de centralité, de ruralité et interrogent les modèles spatiaux, écologiques et politiques en cours dans le monde. Ainsi, ils montrent que partout, les relations entre espace rural et espace urbain se complexifient.

. La Norvège et l’or de la mer. Presses universitaires de Caen, Collection Symposia, 2013.
Actes du colloque international pluridisciplinaire tenu à l’université de Caen (19-20 novembre 2010) réunis par Christian Bank Pedersen et Håvard Astrup Bakke.

Les contributions réunies dans La Norvège et l’or de la mer proposent la première étude en français du rôle mondial que joue aujourd’hui ce très riche pays pétrolier scandinave dans les domaines de la géopolitique, de l’économie et de la pensée environnementale. Cette étude est assortie d’une présentation critique de l’histoire et de la culture norvégiennes. Souvent érigée en modèle démocratique et social, la Norvège doit faire face à certains dilemmes liés à ses immenses revenus, accumulés dans l’ultrapuissant fonds d’investissement – le fonds pétrolier – de l’État  : comment parvient-elle à concilier l’exploitation de ses ressources naturelles et son souci traditionnel de la protection de l’environnement  ? Sera-t-elle, à long terme, capable de garder l’équilibre entre son poids sur le marché global et son travail pour la démocratie dans le monde  ? Ces questions comptent parmi les problématiques abordées dans La Norvège et l’or de la mer.

. Marina Glamotchak, L’enjeu énergétique dans les Balkans : stratégie russe et sécurité européenne, Paris, Technip, 2013.
Avec l’effondrement du communisme qui a provoqué la rupture des équilibres issus du bipolarisme militaire de la guerre froide, la mutation du monde économique a, entre autres bouleversements, initié un nouveau rapport de force. Au point qu’un nouveau « Grand jeu » se déroule avec, cette fois, pour toile de fond l’approvisionnement énergétique de toute une partie de l’Europe.

C’est ce nouveau « Grand jeu » que Marina Glamotchak nous décrit ici de façon magistrale avec la double expertise qui est la sienne : celle d’une spécialiste de l’énergie et d’une experte des Balkans.
C’est que les Balkans représentent pour les Russes un enjeu essentiel : les exportations d’hydrocarbures constituent une source majeure de revenus en même temps qu’un excellent instrument d’influence géopolitique. Les positions qu’ils ont acquises dans le domaine de l’énergie, y compris le projet du gazoduc South Stream, doivent les aider à contrecarrer les mesures prises par l’Union européenne pour diversifier ses approvisionnements, principalement gaziers. L’Union Européenne veut échapper à une forme de dépendance envers Moscou ; une dépendance qui pèse encore sur certains pays de l’ancien bloc de l’Est, alimentant des tensions à répétition. Or, hormis l’élaboration de cinq projets concurrentiels de gazoducs du Corridor du Sud, l’Union européenne, a mis en place avec les pays de l’Europe du Sud-Est une « Communauté de l’énergie ».

« Pour les différentes nations des Balkans, l’avenir géopolitique et énergétique décrit par l’auteur est également passionnant. Ou bien ils se tourneront vers l’Union européenne, ou bien vers la Russie, pensera-t-on en général. Mais Marina Glamotchak laisse entrevoir une troisième hypothèse : ils feront les deux et la Russie, par le biais de l’énergie et grâce à South Stream, se retrouverait en quelque sorte ‘‘membre honoraire’’ de l’Union européenne  » indique Georges-Henri Soutou, Membre de l’Institut, dans sa préface.

. Pierre Jaquet, L’État palestinien face à l’impuissance internationale, Paris, L’Harmattan, 2013.
Selon le droit international, les Palestiniens ont le même droit à un Etat que les autres peuples de la région, mais actuellement il leur sera très difficile de parvenir à leurs fins, à cause de l’appui américain au gouvernement israélien. Depuis le début des négociations israélo-palestiniennes, Américains et Israéliens exigent que la sécurité reste aux mains de l’armée israélienne, ce qui ferait de la Palestine un ersatz d’Etat : la solution des deux Etats ne pourra pas être mise en œuvre si cette chausse-trappe n’est pas évitée.

. Abdul Naim Asas, Enjeux stratégiques de l’Afghanistan, Paris, L’Harmattan, 2013.
L’Afghanistan avance vers la paix malgré un certain nombre de défis à relever : sa géographie contrastée, son histoire tumultueuse, son identité culturelle mythique et la convoitise suscitée par ses terres au carrefour d’intérêts majeurs. Projeté au cœur des grands enjeux internationaux et des grandes menaces contemporaines, ce pays exorcisera-t-il ses peurs et s’intégrera-t-il pacifiquement dans l’histoire du XXIe siècle ?

. Mohammed Matmati (dir.), Basculement économique et géopolitique du monde, Paris, L’Harmattan, 2013.
Il n’est guère de période historique où les cartes de la géopolitique sont aussi rapidement rebattues qu’aujourd’hui. Dans les années 1960, l’affrontement était est-ouest et la domination nord-sud. Voyez le basculement du monde : après la première vague des BRICS (Brésil, Inde, Russie, Chine, Afrique du Sud), il s’en présente déjà une autre : Mexique, Turquie, Indonésie, Malaisie, Vietnam, Argentine, Iran, Maghreb, Afrique subsaharienne.

Ce livre tente de faire comprendre, par des thèmes transversaux et par des études de cas emblématiques, la nature et le degré, l’échelle et le gradient des vents nouveaux qui soufflent sur la planète. C’est ici que les fondamentaux de l’histoire, de la géographie, de l’économie et, plus encore, des aires culturelles, permettent de connaître pour reconnaître. Cet ouvrage collectif rédigé par des professeurs-chercheurs s’adresse aux passionnés de géopolitique, aux étudiants (ESC, IEP, IAE, Universités), aux dirigeants d’entreprises (des PME aux FMN), aux journalistes, spécialistes du risque géopolitique. Ils y trouveront informations et réflexions à développer à partir des pistes et des balises qu’il propose et allume sur la mappemonde…

. Mediterra 2014 : Logistique et commerce agro-alimentaires, un défi pour la Méditerranée, Paris, Presses de Sciences Po (à paraître le 30 janvier 2014).
Dans un contexte de mondialisation et d’une Méditerranée en plein bouleversement sociopolitique, le développement du commerce agricole méditerranéen est de plus en plus déterminé par les capacités des pays à se doter d’infrastructures modernes pour fluidifier les échanges et faciliter la circulation des marchandises. MEDITERRA 2014 explore l’ensemble de ces problématiques dans un cadre global visant à construire une croissance économique et une meilleure sécurité alimentaire pour les pays méditerranéens.


Le livre recommandé par le Diploweb.com pour le mois de novembre 2013

. Françoise Piotet, Marc Loriol, David Delfolie, Splendeurs et misères du travail des diplomates, éd. Hermann, 2013.

Pierre Verluise, Directeur du Diploweb.com : "Alors que le film Quai d’Orsay sort en salle, la publication de cet ouvrage tombe à pic. Les auteurs ouvrent les portes de la diplomatie à tous ceux qui s’intéressent à ce monde feutré mais au coeur du chaos du monde. Une étude construite sur de nombreux entretiens, valorisée par une recherche de très grande qualité comme une écriture fluide. Et un éditeur qui sait fabriquer un bel objet. En effet, ce livre est de belle facture, la couverture signifiante sans tomber dans la facilité, le papier de qualité, la bibliographie abondante. Voici ce qu’on appelle un livre de référence."

4e de couverture

Que font les diplomates ? Si on pressent que leur activité ne se limite pas aux réceptions mondaines illustrant une célèbre publicité, ce qu’ils font quotidiennement, leurs missions et les conditions dans lesquelles ils sont amenés à les remplir sont encore largement ignorées.

La première partie de l’ouvrage explore les différentes structures au sein desquelles travaillent les diplomates, la manière dont ils sont recrutés et formés, leurs parcours professionnels caractérisés par une forte mobilité géographique et des carrières plus ou moins brillantes, leurs conditions de travail parfois caractérisées par un environnement dangereux. Les grandes missions qui sont les leurs et la manière dont ils les remplissent : représenter la France, informer sur la marche du monde, négocier pour défendre et promouvoir les intérêts et la place de la France dans le monde, protéger et assister les Français à l’étranger sont l’objet de la seconde partie de l’ouvrage.

Aux termes du parcours, le travail essentiel accompli par les diplomates apparaît bien éloigné de ses représentations flamboyantes quand bien même il s’effectue parfois dans des locaux exceptionnels censés symboliser la grandeur de la nation.

Françoise Piotet, professeur émérite à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne y a dirigé l’Institut des Sciences Sociales du Travail et le laboratoire Georges Friedmann (UMR 8593) jusqu’en 2009. Ses travaux de recherche portent sur le travail, les politiques d’emploi, les conditions de travail, les qualifications et les relations professionnelles.

Marc Loriol, sociologue au CNRS (IDHE Paris I), a travaillé sur les métiers de service de la fonction publique (médecins, infirmières, aides-soignantes, travailleurs sociaux, conducteurs de bus, policiers, diplomates) avec une interrogation sur le rapport au métier, la gestion collective des risques psychosociaux et le travail relationnel. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur la fatigue et le stress au travail et sur les politiques sanitaires et sociales.

David Delfolie est docteur en sociologie de l’université Paris I Panthéon-Sorbonne. Ses travaux en cours portent sur l’histoire sociopolitique et le processus de transition postcoloniale de la Malaisie (État, société, islam), sur la sociologie du traitement médiatique de l’intervention militaire de l’Otan en Libye (France, Royaume-Uni, Allemagne), ainsi que sur les problématiques relatives aux liens entre la musique (production, pratiques, usages) et les phénomènes numériques.


. Pierre Micheletti, Les orphelins, Paris, éditions RFI et Factuel, 2013.
« Je ne sais ni lire ni écrire. C’est la main d’un docteur blanc qui a inscrit ces mots pour moi. Tu es Younis Ibrahim Jama, né au Darfour, au début de l’année 2003 du calendrier des chrétiens. Tu es le fils de Farid Mahmoud Jama et d’Abéïr Maha Abdullahi. Ta mère est morte dans notre village d’El Malam, tuée par les brigands janjawids et les soldats de Khartoum alors que tu avais six mois. Nous avons fui et traversé la frontière pour nous réfugier dans le village de Barkala où nous avons vécu des jours heureux jusqu’à cette funeste arrivée d’autres bandits venus de France. Ils t’ont pris à moi et t’ont amené en ce lointain pays où tu te trouves maintenant ». Dictateurs africains, rebelles, diplomates français, militants humanitaires, associations à la dérive… Dans ce choc des grandes causes et des histoires individuelles, de la générosité et du cynisme, de l’idéal et du politique, un roman, inspiré d’une affaire tristement célèbre, qui nous plonge au cœur des contradictions de l’action humanitaire.

Médecin, engagé dans l’action humanitaire depuis vingt-cinq ans, Pierre Micheletti a été le directeur des programmes et le président de Médecins du monde. Il est professeur associé à l’Institut d’études politiques de Grenoble et a notamment publié Humanitaire : S’adapter ou renoncer (Hachette).

. Jacques Simon, L’Occident méditerranéen, Paris, L’Harmattan, 2013.
La mondialisation de l’économie a élargi l’Union européenne et renforcé les relations avec tous les pays de la Méditerranée. Le processus de Barcelone, puis le projet de l’Union pour la Méditerranée n’ont pas abouti. La chute des régimes de Ben Ali, Moubarak et Kadhafi a provoqué une coupure entre les parties orientales et occidentales du monde arabe, créant les conditions pour la fondation d’une Union regroupant les 5 pays de la rive nord (Portugal, Espagne, France, Italie, Malte) et les 5 du sud (le Maghreb et son prolongement sahélien).

. Vincent Adoumié (dir.), Géographie de l’Europe, Paris, Hachette, 2013.
Après la Géographie de la France et les Régions françaises, deux manuels de référence en géographie, Vincent Adoumié complète la collection avec la Géographie de l’Europe, thème faisant l’objet d’un enseignement obligatoire pour les étudiants d’histoire et de géographie et les élèves des classes préparatoires littéraires et économiques et commerciales.
L’ouvrage propose une approche résolument actuelle et pragmatique (les découpages classiques –géographie historique, physique, économique, humaine et géopolitique– sont conservés afin que les lecteurs puissent retrouver le plus facilement possible les notions dont ils ont besoin).

. Frédérick Gagnon, Les sénateurs qui changent le monde : Le président de la Commission du Sénat américain sur les relations extérieures et la politique étrangère des États-Unis après 1945, Presses de l’Université de Laval, 2013.
La politique étrangère des États-Unis est le produit d’une pluralité de mécanismes, d’acteurs et de facteurs. Pourtant, peu d’études mettent en lumière le rôle de la législature fédérale du pays, le Congrès, dans la formulation et la conduite de cette politique. Cet ouvrage est l’un des premiers en langue française à combler en partie ce vide. Il porte sur les activités et l’influence de l’un des personnages les plus importants du Congrès : le président de la Commission du Sénat sur les relations extérieures (CSRE). L’auteur nuance la thèse de la « présidence impériale » et l’idée que le président des États-Unis mène la politique étrangère seul et à sa guise. Il étudie en profondeur les activités de trois présidents de la CSRE, soit Arthur Vandenberg (1947-1949), J. William Fulbright (1959-1975) et Jesse Helms (1995-2001), et déboulonne le mythe voulant que le président de la CSRE et le Congrès sont devenus des acteurs secondaires dans le domaine de la politique étrangère. Cet ouvrage permet ainsi de mieux comprendre le fonctionnement du Congrès et sa relation avec la Maison-Blanche. Il relate, en outre, quelques-uns des plus grands moments de l’histoire de la politique étrangère des États-Unis à partir d’un point de vue peu étudié jusqu’ici, celui de trois sénateurs dont les actions ont certainement contribué à changer le monde.

. Pierre Veltz, Mondialisation, villes et territoires : l’économie d’archipel, Paris, PUF, 2013.
Le poids économique de Tokyo est le double de celui du Brésil tout entier. L’économie moderne, loin de s’étaler ou de se dissoudre dans la télé-activité, s’accompagne d’une concentration sans précédent des activités dans un ensemble de mégacités fonctionnant en réseau. Une « économie d’archipel » émerge, qui croise transversalement le système des États-nations et des économies dites « nationales ».
Ce livre décrit ce mouvement en explorant, de manière très concrète, les liens qui le relient aux mutations de l’économie, à la mondialisation des entreprises et de la production, à la compétition par l’organisation et l’innovation. Il aborde aussi les enjeux politiques résultant du foisonnement des tissages horizontaux qui déstabilisent la belle ordonnance verticale et emboîtée de nos espaces institutionnels et imaginaires de référence.

. DVD-ROM, La Résistance polonaise en France

Base d’informations sur la Résistance polonaise en France, ce DVD-ROM est un outil de référence pour découvrir et comprendre cette page essentielle de notre histoire replacée dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale.

Co-édité par la Société historique et littéraire polonaise et la Fondation de la Résistance – département AERI, ce DVD-ROM comprend quatre entrées thématiques : « La Résistance de l’Armée polonaise », « La Résistance polonaise commandée de Londres et FFI », « La Résistance polonaise communiste FFI-FTPF », « La Résistance de la Communauté polonaise »,plus de 600 fiches biographiques et thématiques, un fonds exceptionnel de plus de 900 photographies dont de nombreux documents d’archives, tracts, affiches, journaux clandestins, des témoignages de résistants, des films d’époque...

Ce DVD-ROM est gratuit et peut être commandé auprès du département AERI (frais de port 4 euros pour 1 exemplaire). Tél : 01 45 66 62 72 contact@aeri-resistance.com


. Ali Kazancigil, Faruk Bilici et Deniz Akagul (dir.), La Turquie, d’une révolution à l’autre, Paris, Fayard, 2013.
La Turquie est le pays européen qui a le plus changé au cours des trente dernières années. Elle a connu une révolution sociale par le bas qui a intégré dans la modernité les populations que l’État kémaliste des années 1920-1950 avait laissées de côté. S’il reste encore bien des défis à relever et des problèmes à surmonter, le pays a changé d’échelle des points de vue géopolitiques et économiques, passant du statut de pays périphérique en développement à celui de puissance moyenne émergente. Réunissant quelques-uns des meilleurs spécialistes de la Turquie contemporaine, cet ouvrage fondamental brosse le portrait d’un acteur devenu incontournable dans sa région et au-delà, et questionne l’expérience turque, souvent citée comme source d’inspiration pour appréhender les sociétés arabo-musulmanes.

. Laurence Buzenot, Caraïbe et île Maurice : industrialisation et développement, Paris, L’Harmattan, 2013.
Comment expliquer le développement économique des îles de la Caraïbe et de l’île Maurice par le prisme de l’industrie ? Cet ouvrage analyse l’émergence et l’impact des activités industrielles dans ces espaces insulaires. L’industrialisation par les zones franches est aujourd’hui le terreau du développement territorial endogène.

Karoline Postel-Vinay, The G20 : A New Geopolitical Order, Basingstoke, Palgrave-Pivot, 2013.
The composition of the Group of Twenty or G20 reflects the metamorphosis of world politics. In contrast with other ’Gs’ (G8, G77) its members are both developed and emerging economies, democracies and authoritarian regimes, secular and religious governments. This book argues that the G20 is neither a global executive board for a new world order, nor is it just a crisis unit for failing economies. It is a laboratory for the observation, experimentation and invention of new forms of international cooperation that are redefining global politics.

. Émilie Frenkiel et Jean-Louis Rocca (dir.), La Chine en mouvements, Paris, PUF, 2013.
Censure, arrestations, hyper croissance, pollution, corruption, instabilité sociale, maintien du Parti unique : la République populaire de Chine est souvent présentée sous les traits d’un pays certes plus puissant et plus prospère, mais aussi plus agressif et répressif que jamais. Cet ouvrage a pour objectif de remettre en cause les paradigmes qui contribuent à cette vision manichéenne de la société chinoise. À travers quelques phénomènes récents – le développement du journalisme d’investigation, l’essor du monde associatif et de la protestation sociale, l’évolution de la politique de l’enfant unique, le rôle joué par Internet –, il donne l’image d’une société complexe, dynamique et néanmoins traversée par des contradictions lourdes d’incertitude. Dans ce cadre, le destin de la Chine ne dépend ni de l’influence d’une culture supposée éternelle, ni de lois historiques supposées incontournables, mais de la façon dont évolueront ces contradictions.

. Judit Maar et Julia Nyikos (dir.), Le clivage centre/périphérie dans une approche interdisciplinaire, Paris, L’Harmattan, 2013.
Cet ouvrage présente un examen critique de l’opposition "centre-périphérie", dans une approche pluridisciplinaire. Le thème fédérateur des transferts entre les deux moitiés de l’Europe interroge les disciplines sur l’état de leurs recherches dans l’appréhension des décalages-rattrapages-transferts sur le continent. Le recueil confronte une approche mono-disciplinaire conduisant au clivage centre-périphérie, à une approche pluridisciplinaire identifiant un ethos global centre-européen.

. Michel Deese, Les îles de la Caraïbe : enjeux et perspectives, Paris, L’Harmattan, 2013.
L’objectif de cet ouvrage est d’aborder ces îles, en dresser un diagnostic, à des échelles différentes et sur le temps long afin de comprendre les dynamiques contemporaines et les capacités insulaires à s’adapter voire à dépasser les crises. Sur ces espaces parfois étroits, données environnementales, sociales, économiques et géostratégiques se chevauchent, nécessitant leur prise en compte pour un développement durable et équilibré.

. Bernard Squarcini et Étienne Pellot, Renseignement français : nouveaux enjeux, Paris, Ellipses, 2013.
En Syrie comme ailleurs, le renseignement sert-il, d’abord, à faire la guerre ? Les services d’écoute de la NSA américaine (National Security Agency) et les grandes oreilles françaises menacent-elles les libertés civiles et politiques ? Les « fadettes » mettent-elles en danger la liberté de la presse ? Les attaques de Toulouse et Montauban, comme celles des « loups solitaires » de Boston, de Londres et du quartier de la Défense à Paris, pouvaient-elles être anticipées ? Liés à l’actualité politique nationale et internationale, symptomatiques de notre monde globalisé, ces différents dossiers ramènent tous, peu ou prou, aux services de renseignement, à leurs missions et leurs méthodes de travail. En Grande-Bretagne, et plus généralement dans le monde anglo-saxon, les espions sont considérés comme exerçant un « métier de seigneur ». Malédiction gauloise et mal français récurrent, ils sont toujours, dans notre pays, assimilés aux « barbouzes », aux coups tordus, à des « affaires » - objets de toutes les instrumentalisations politiques. Cinq ans après une réforme majeure qui a débouché sur la création de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), aux lendemains d’un rapport parlementaire important dédié à la communauté française du renseignement, il est grand temps de refaire l’état des lieux des services spéciaux. Ni réquisitoire, ni pamphlet, ni manifeste, ce livre à quatre mains est d’abord un hommage aux hommes et femmes de l’ombre. Il pointe les nouveaux enjeux du renseignement français, ouvre des perspectives et propose une feuille de route pour la défense de la France et de ses intérêts à l’étranger.

. Bernard Pénisson, Histoire de la pensée stratégique, de Sun Zi au nucléaire, Paris, Ellipses, 2013.
Véritable synthèse de la pensée des grands stratèges à travers l’histoire, cet ouvrage offre au lecteur, grand public comme étudiants soucieux de comprendre l’actualité géopolitique, une initiation claire et solide à la culture générale stratégique.

Chaque théorie est précédée d’une biographie de son auteur, car la pensée, même stratégique, n’est jamais désincarnée. Elle reflète l’expérience et la culture des stratégistes présentés, depuis Sun Zi jusqu’au général Poirier, en compagnie de Thucydide, César, Machiavel, Richelieu, Clausewitz, Jomini, Moltke, Foch et de bien d’autres.

De nombreux extraits et citations complètent l’ouvrage pour proposer au lecteur, au sein de cette pensée mouvante, quelques repères solides, les invariants de la stratégie, qui lui offriront des bases de réflexion.

. Jérôme Chenal, La ville ouest-africaine : modèles de planification de l’espace urbain, Genève, Métis Presses, 2013.
Croissance rapide, villes ingérables, crise urbaine, macrocéphalies : les villes d’Afrique de l’Ouest ne seraient plus planifiables, du moins pas avec les instruments classiques de l’urbanisme. Sans nier le rôle des méthodes participatives pour faire la ville, il semble nécessaire de revenir sur les plans, sur les modèles de villes, sur ce qu’ils véhiculent et sur la manière dont ils sont construits.

Mais il faut également descendre dans la rue, à même le sol, pour appréhender la ville dans toute son épaisseur. La ville ouest-africaine propose un regard sur une double échelle. A l’échelle urbaine, il s’agit d’analyser les parcours historiques, le développement spatial, les documents d’urbanisme, afin de faire émerger les grandes tendances qui se dessinent au-delà des plans. A l’échelle de l’espace public, la rue est analysée comme lieu de fixation des enjeux de la ville.

En innovant dans les méthodes, en testant des protocoles nouveaux, La ville ouest-africaine fait émerger une vision peu classique de Nouakchott, de Dakar et d’Abidjan, les trois terrains de cette investigation. La ville d’aujourd’hui, en Afrique ou ailleurs, doit réinterroger ses multiples dimensions sociales, économiques, culturelles, politiques, spatiales : pour cela, la recherche urbaine remet en question ses propres méthodes.

. Nils Andersson et Daniel Lagot (dir.), Droit international et conflits armés, Paris, L’Harmattan, 2013.
Ce livre présente les contributions de plusieurs juristes et autres personnalités sur le droit international, ses principes fondamentaux et la manière, souvent discutable, dont ils sont interprétés et/ou appliqués par les Nations Unies ou par divers États. Les analyses présentées, souvent en dehors des idées dominantes, mettent largement en cause les politiques occidentales. Ces analyses donneront des éléments d’information et de réflexion utiles sur ces questions.

. Anne Battistoni-Lemière, Anne Le Fur, Alain Nonjon, Cartes en mains. Méthodologie de la cartographie. Nouvelle édition mise à jour. Paris, Ellipses, 2013.

Un atlas. L’indispensable pour circonscrire les enjeux contemporains dans leurs cadres spatiaux, à des échelles variées, continentales et mondiales.

Une méthode. Toutes les épreuves de cartographie aux concours des écoles de commerce sont décortiquées dans leurs principes, leur finalité, leurs modalités, et surtout leur réalisation technique. Une démonstration par l’exemple. Un décryptage de 38 cartes ou croquis de synthèse structurés.

Un lexique. Les 100 mots-clés de la géopolitique les plus utilisés en cartographie.

Un ouvrage pour que cartes et croquis deviennent des outils au service de toute analyse géoéconomique ou géopolitique. Une référence pour réussir l’épreuve de cartographie aux concours et examens.

. Frank Tétart (dir.), Grand Atlas 2014. Comprendre le monde en 200 cartes, éd. Autrement.

Un outil pour comprendre où va le monde. Un panorama géopolitique complet et à jour. 200 cartes et plus de 80 infographies. Population : sommes-nous trop nombreux ? Ressources, énergies, climat : le grand chambardement. Le nouvel ordre mondial. Conflits, terrorismes : guerres d’un nouveau genre. La France face à la mondialisation.

Sous la direction de F. Tétart, docteur en géopolitique.

. F. Reyntjens, S. Vandeginste, M. Verpoorten (dir.), L’Afrique des Grands Lacs, annuaire 2012-2013, Paris, L’Harmattan, 2013.

Par l’analyse de thèmes d’actualité dans les domaines politique, social et économique, cet annuaire offre des clés pour une lecture de l’évolution de la région des Grands Lacs en 2012 et au premier semestre 2013.

. Le Bernard N’Zapa A Nai Colo Sissa, Laurent-Désiré Kabila : la longue marche pour un bref destin, Paris, L’Harmattan, 2013.

Cet ouvrage retrace la fin de vie du président Mobutu et l’arrivée de Laurent-Désiré Kabila à la présidence de la République Démocratique du Congo. L’auteur met en exergue le rôle prépondérant de l’Occident, et tout particulièrement des Etats-Unis, dans l’avènement au pouvoir de ce dernier. Il propose une analyse de ces événements dans le contexte géopolitique et économique de la région des Grands Lacs.

. Gaspard-Hubert Lonsi Koko, Ma vision pour le Congo-Kinshasa et la région des Grands Lacs, Paris, L’Harmattan, 2013.

« Ma vision pour le Congo-Kinshasa, c’est celle d’un pays capable de conjuguer le dynamisme économique avec la justice sociale ; c’est celle d’un pays qui fait le choix de la paix, de la croissance et de l’État de droit. C’est en surmontant les défis de la compétitivité et de la solidarité que les Congolais bâtiront le Congo-Kinshasa du troisième millénaire. C’est en privilégiant la conception républicaine qu’ils consolideront la cohésion nationale. Ainsi feront-ils triompher la démocratie. »
Pour Gaspard-Hubert Lonsi Koko, il est inimaginable qu’un projet puisse être viable dans la région des Grands Lacs tant que le Congo-Kinshasa n’a pas retrouvé sa pleine souveraineté, tant que la confiance n’est pas rétablie entre les peuples congolais, burundais et rwandais. En tout cas, les pays limitrophes ont plus besoin de la stabilité et du développement économique de leur grand voisin plutôt que de ses ressources naturelles. De plus, un Congo-Kinshasa pacifié servira in fine de vivier à la région des Grands Lacs et à toute l’Afrique centrale.

. Pierre Veltz, Paris, France, monde : repenser l’économie par le territoire, La Tour-d’Aigues, L’Aube, 2013.

Notre pays est à la croisée des chemins. Dans nos choix, l’histoire pèse très lourd  : le deuil de la « Grande nation » n’est pas facile. Mais la géographie compte aussi, puissamment. Le territoire – son extrême fragmentation politique, la montée des métropoles régionales, le rapport entre Paris et la France non parisienne – façonne en profondeur nos trajectoires. Pour Pierre Veltz, il faut en finir avec « Paris et le désert français ». La vitalité de Paris est essentielle pour le pays, et ne s’oppose pas à la décentralisation. Pierre Veltz explore les liens entre le contexte mondial, les mutations du territoire et Paris. Il montre surtout comment le territoire peut créer de nouveaux chemins de croissance, dans une société bouleversée par la révolution numérique et la conversion écologique. Nourri de son implication dans le projet du Grand Paris, Pierre Veltz propose ici une vision renouvelée, humaniste et offensive, de la politique économique.

. DATAR : 50 ans d’aménagement du territoire, Paris, La documentation française, 2013.

Créée en 1963, la DATAR fête cette année ses cinquante ans. Avec ce nouveau titre de la collection : « Territoires en mouvement », c’est ici l’occasion de retracer les grandes étapes de la politique d’aménagement du territoire sur les cinq décennies écoulées ; des métropoles d’équilibre aux reconversions industrielles, des grands schémas de transport au développement des infrastructures numériques, des premières aides en faveur des territoires de montagne à l’aménagement des littoraux… voici quelques repères clés pour mieux cerner ce grand chantier en constante évolution, porté à l’origine par un acteur prépondérant - l’État – puis en partenariat suite à la montée en puissance des collectivités territoriales et de l’Union européenne.

. Philippe Subra, Le Grand Paris : Géopolitique d’une ville mondiale, Paris, Armand Colin, 2013.

Faut-il faire du développement de la métropole parisienne une priorité absolue, comme le pensait Nicolas Sarkozy ? Ou considérer que d’autres questions sont tout aussi décisives : crise des banlieues, manque de logements, problème des transports ou encore lutte contre la pollution et le réchauffement climatique ?

Au bout de trois ans de conflit, l’État et la Région Île-de-France sont arrivés en 2011 à un accord sur la création d’un nouveau métro, le Grand Paris Express. Mais les inégalités de richesses entre populations et entre communes demeurent et la construction de logements continue de se heurter aux intérêts locaux. La question de la gouvernance de la métropole est loin d’être tranchée. L’Île-de-France demeure le champ de rivalités d’acteurs très fortes. Avec en arrière-plan les mutations spectaculaires que connaît le paysage politique régional : la conquête de l’ancienne banlieue rouge par le Parti socialiste, la crise du système UMP dans les Hauts-de-Seine, la concurrence entre écologistes et socialistes à Paris. L’auteur, spécialiste de géopolitique locale, analyse les enjeux actuels de la métropole à l’heure de la mondialisation, les rivalités entre acteurs institutionnels et la concurrence entre forces politiques pour le contrôle du pouvoir en Île-de-France.

. Zaki Laïdi, La Norme sans la force : l’énigme de la puissance européenne, Paris, Presses de Sciences Po, 2013.

En dépit de la montée en puissance des pays émergents, l’Europe reste la première puissance commerciale du monde et l’euro, en pleine tourmente, est toujours la seconde monnaie de réserve derrière le dollar. Elle demeure cependant en position d’influencer le jeu mondial par le pouvoir de ses normes dans des domaines aussi différents que l’environnement, la finance ou la protection sociale.
Sa « faiblesse » issue d’une réticence à recourir à la force, ne l’a pourtant pas empêché de remporter des succès en Libye, ou au Mali.
Contrairement à certaines idées reçues, l’Europe parvient à défendre ses intérêts quand ils sont directement en jeu. Mais parce qu’elle n’est pas un État, elle n’arrive pas à les fondre dans une stratégie globale qui lui donnerait plus de d’éclat et surtout de force.

. Zaki Laïdi, Le reflux de l’Europe, Paris, Presses de Sciences Po, 2013.

« Pourquoi le professeur s’est-il tant trompé ? » demandent malicieusement les Chinois. Pourquoi le monde ressemble-t-il de moins en moins à celui que l’Europe espérait voir émerger ? C’est à cette question que Zaki Laïdi tente de répondre en montrant comment la crise de l’euro a transformé l’Europe en risque pour le monde, et comment elle a perdu son leadership à l’OMC et sur la question climatique.
Mais c’est aussi sous la poussée des pays émergents et des États-Unis que l’influence de l’Europe reflue et que la realpolitik revient en force, tandis que le multilatéralisme, qui se voulait sa marque de fabrique dans le monde multipolaire, s’estompe.
Et pourtant, dans cette Europe sans consensus, les États membres s’affirment sur la scène internationale, que ce soit à travers des accords bilatéraux ou sur le plan militaire. Alors, des Européens sans Europe ?

. Thierry Balzacq et Frédéric Ramel (dir.), Traité de relations internationales, Paris, Presses de Sciences Po, 2013.

Longtemps qualifiées de « science américaine », les relations internationales sont l’un des secteurs les plus porteurs du marché universitaire mondial : offres de cours, programmes de recherche, intérêt des étudiants.
Fruit de la collaboration entre une soixantaine de chercheurs, seniors et juniors, ce traité embrasse tous les aspects des relations internationales, y compris dans leurs développements les plus récents. Il croise différentes approches de ce champ scientifique qu’il entend contribuer à renforcer et à dynamiser dans le monde francophone.
Ce panorama complet se décline en quatre parties : 1) l’histoire comparée des relations internationales en tant que discipline universitaire ; 2) l’analyse des modalités par lesquelles les autres disciplines, des mathématiques à la philosophie, l’appréhendent ; 3) l’état des savoirs dans les différentes branches du domaine ; 4) l’examen des canaux de diffusion des connaissances, de la pédagogie aux débats publics au sein de la Cité, sans oublier l’expertise et les nouveaux médias.
Portant l’ambition de renouveler la tradition ancienne du traité, cette somme inédite en langue française se veut à la fois la porte d’entrée de la discipline et sa référence pour tous les publics et acteurs concernés : étudiants, enseignants, chercheurs, politiciens, diplomates et experts, professionnels des associations et des organisations internationales.

. Jean-Marie Miossec, Rivages d’Europe : personnalité et avenir d’un continent ouvert, Paris, L’Harmattan, 2013.

Ce livre se veut une géopolitique du continent Europe. Quatre moments permettront de suivre ce projet d’identification de la personnalité et de l’avenir de l’Europe : On s’essaiera à dessiner la face de l’Europe ; on considérera que l’Europe s’est moulée sur ses rivages ; dans un troisième volet, c’est un bilan à jour de l’Europe ; enfin, l’Europe sans rivage se veut une analyse critique autour de la construction européenne.

. Louise Fines, Négociations et crimes en col blanc, Immunités réciproques, Paris, éd. L’Harmattan, 2013.

Quelles sont les actions qui modulent la visibilité du crime et qui affectent également les actions menées par les instances de contrôle pour y mettre un terme ? En ayant recours à cinq études de cas contemporaines (Film Recovery Systems ; Westray ; Ford ; l’affaire du syndrome de l’huile frelatée ; Transco), il s’agit de mieux comprendre les délais de réponse alors que des organisations commettent des crimes, alors que les signaux avertisseurs et des dénonciations ont systématiquement été ignorés.

. Kamel Mohanna, Un médecin libanais engagé dans la tourmente des peuples : Les choix difficiles, Paris, éd. L’Harmattan, 2013.

Né l’année de l’indépendance du Liban, en 1943, le docteur Kamel Mohanna a un parcours complexe : études de médecine en France, militant au sein de l’Association des étudiants arabes, défenseur de l’indépendance algérienne, il rejoint le Dhofar dans les années 60 où il participe à la marche des "médecins aux pieds-nus", puis retourne au Liban au milieu des camps de réfugiés palestiniens, et fonde en 1979 l’association médico-sociale Amel. Son itinéraire est emblématique de toute une génération d’Arabes qui s’est investie dans l’action à la fois nationale et humanitaire.

. Olivier Mongin, La ville des flux : l’envers et l’endroit de la mondialisation, Paris, éd. Fayard, 2013.

La mondialisation est avant tout urbaine. Devenue un gigantesque accélérateur de trajectoires individuelles, soumise aux impératifs de la vitesse, la ville des flux perd progressivement son attache avec le territoire. Elle oscille ainsi entre les friches urbaines des non-lieux que les flux contournent - les favelas de Rio ou Sao Paulo, les bidonvilles de Kinshasa et de Johannesburg - et le paroxysme de la communication des hyperlieux branchés sur les réseaux, où s’affichent les signes d’une modernité agressive et insolente - comme à Singapour, Doha ou Dubaï. Y a-t-il encore une place pour l’émergence de milieux qui cherchent à soumettre ces flux à l’exigence anthropologique de l’habiter, ainsi qu’à celle, politique, de l’agir ensemble - comme le symbolisent désormais la place Tahrir du Caire ou la place Taksim d’Istanbul ?

Pour déjouer les projections fonctionnalistes des architectes-urbanistes ainsi que les tentatives de planification des édiles et des aménageurs, pour résister aux nostalgies patrimoniales comme aux séductions des images futuristes, il faut être sensible aux pouvoirs de l’informel, celui des quartiers tremplins qui font des migrants les inventeurs de nouvelles pratiques urbaines, comprendre les raisons de l’attractivité des façades maritimes et des ports, et entendre l’enchevêtrement des récits de la ville invisible.

Olivier Mongin nous propose un panorama magistral des évolutions contemporaines de la ville et de la diversité des scénarios urbains, en nourrissant ses réflexions des réalisations des architectes et urbanistes, mais aussi des fulgurances des cinéastes.

. Xavier Bernier et Christophe Gauchon, Atlas des montagnes : espaces habités, mondes imaginés, Paris, éd. Autrement, 2013.

"La densité des phénomènes spatiaux et de leurs arrangements fait des montagnes du monde les lieux d’une évidente géodiversité où s’exprime la fantaisie des sociétés."
90 cartes et infographies pour mieux comprendre les liens tissés entre les sociétés et les montagnes du monde : une invitation à un grand voyage géographique.

. Des clés d’interprétation pour saisir la place des montagnes dans le monde à travers les grands enjeux contemporains : le développement économique, l’environnement, l’aménagement, la géopolitique.

. Une occasion de découvrir la diversité des montagnes : lieux d’aventures et de découvertes, habités ou simplement traversés, refuges de peuples opprimés ou théâtres de guerre.

. Une ouverture sur les montagnes magiques et sacrées, rêvées ou cauchemardées, transcendées par les arts.

Cet atlas se nourrit d’exemples choisis sur tous les continents, y compris ceux de l’imaginaire, et propose un regard neuf sur les pratiques associées aux mondes d’en haut.

Xavier Bernier et Christophe Gauchon sont enseignants-chercheurs en géographie à l’université de Savoie, au sein du laboratoire Edytem CNRS : Environnements, dynamiques et territoires de la montagne.

. Bruno Alomar, Sébastien Daziano et Thomas Lambert, Grandes questions européennes, Paris, éd. Sedes, 2013.

L’Union européenne a connu ces dernières années de profondes mutations. L’élargissement aux États d’Europe de l’Est, la réforme des institutions, timide avec le traité de Nice, plus substantielle avec le traité de Lisbonne, ont renouvelé tant la place de l’Union dans le monde que la conduite de ses politiques publiques et le fonctionnement de ses institutions. C’est dans ce contexte qu’a été rédigée la deuxième édition du présent ouvrage, après le succès de la première. L’approche, pluridisciplinaire, fait une large part à l’histoire de l’Union et aborde les différents aspects de la construction européenne. L’ouvrage traite tour à tour des dimensions institutionnelle, juridique, économique et géopolitique, tout en abordant l’ensemble des politiques conduites au niveau européen. L’action de l’Union est ainsi appréhendée dans sa globalité.

Cet ouvrage est destiné principalement aux étudiants, notamment dans la perspective des concours administratifs. Clair et pédagogique, il s’adresse également à tous ceux qui s’intéressent aux questions européennes et qui y trouveront des connaissances actualisées permettant de nourrir leur réflexion.

. Pierre Dallenne et Frédéric Buchy, La mondialisation : nouvelles dynamiques géopolitiques et géoéconomiques, Paris, éd. Ellipses, 2013.

Avec la Fin de l’Histoire, la phase d’hypermondialisation a bousculé les rapports de force géoéconomiques : États-Unis, Japon, Allemagne, Royaume-Uni, France et Italie (G6) étaient les principales puissances économiques au début des années 1980. Aujourd’hui, la Chine fait quasiment jeu égal avec les États-Unis en termes de PIB et les autres puissances émergentes talonnent ou dépassent les anciennes « économies-mondes » européennes du début du XXe siècle. Ce « basculement » du monde est à l’origine de défis et enjeux inédits : ruptures productives, hypertrophie de la finance, gouvernance mondiale, émergence et ré-émergence source de concurrences nouvelles, croissance démographique, urbanisation galopante, défis alimentaires, énergétiques, de l’eau et du développement durable... sans compter l’existence de nouvelles dynamiques géopolitiques qui conduisent à la naissance d’un monde fait de menaces plus que de risques.

En 21 chapitres et 22 cartes, les auteurs décryptent les problématiques et les enjeux géoéconomiques et géopolitiques d’un monde en construction.

Frédéric Buchy est professeur au lycée industriel et commercial de Tourcoing. Il intervient également en classes préparatoires économiques et commerciales au lycée Saint-Paul à Lille.

Pierre Dallenne est professeur en classes préparatoires économiques et commerciales au lycée Saint-Paul à Lille. En plus de ses fonctions d’enseignement, il en assure la direction pédagogique.

. Frédéric Lambert, Les mondialisations : les dessous d’un monde pluriel, Paris, éd. Ellipses, 2013.
L’ouvrage :
Une approche pluridisciplinaire : histoire, géographie, économie, géopolitique, développement durable, culture...
Des fiches en double page pour une lecture simplifiée des problématiques, avec tous les outils indispensables : chronologie, glossaire, l’essentiel à retenir...
Un cahier central avec les cartes de synthèse en couleur.
Des exemples nombreux.
Des sujets corrigés.
Une bibliographie sélective.
Un lexique pour les mots essentiels.
Le public :
Étudiants en classes préparatoires économiques et littéraires.
Étudiants à Sciences Po.
Étudiants en Licence.

. L’Atlas satellite, Paris, éd. Larousse, 2013.
Un atlas mondial pour découvrir la Terre grâce à 65 cartes et 50 images satellites époustouflantes.

Des cartes physiques : Une cartographie du monde à l’échelle 1/30 000 000. Une cartographie des continents à l’échelle 1/4 500 000. Et toutes les régions de France. 50 magnifiques photos satellites en 3D. Un zoom sur les grandes métropoles : Paris, New-York, Pékin, Moscou... La découverte de lieux emblématiques : le Vatican, le Taj Mahal, la barrière de Corail, le delta du Danube, les chutes du Niagara... Une précision au détail près grâce à un degré de résolution unique
Pour voir la Terre autrement !

. Michel Foucher (dir.), Atlas de l’influence française au XXIème siècle, Paris, éd. Robert Laffont, 2013.

En des domaines aussi divers que l’humanitaire, le droit international, l’archéologie, le code civil, l’art de vivre, la culture ou le luxe, la France exerce depuis des décennies une influence incontestable dans le monde. Cette influence est un instrument de pouvoir qui, s’il est utilisé à bon escient, peut être très bénéfique à l’Hexagone, aussi bien en termes d’image que d’un point de vue économique et stratégique.

Notamment à travers des comparaisons avec les autres puissances mondiales, l’atlas analyse la place réelle de notre pays, mais aussi la façon dont il est perçu d’une nation à l’autre. C’est ainsi que la France peut aussi bien évoquer avant tout le romantisme pour un Chinois que le positivisme pour un Brésilien. Au-delà d’un simple état des lieux, cet atlas affirme et démontre, cartes à l’appui, l’ampleur du pouvoir d’influence "à la française" à travers le monde.

Il trace aussi les contours futurs de ce pouvoir et les moyens de le redéployer le plus efficacement possible pour donner un nouveau souffle au rayonnement de la France dans le monde. Il ne s’agit plus, comme nous l’avons fait trop longtemps, de dispenser des leçons aux autres pays, mais bien plutôt de devenir une référence, une nation créative, un lieu d’initiative qui inspire et entraîne nos partenaires mondiaux.

. Corinne Balleix, La politique migratoire de l’Union européenne, Coll. Réflexe Europe, Paris, La documentation française, 2013.

Pierre Verluise, Directeur du Diploweb.com : "Dans un monde idéal, les commentateurs de la tragédie de Lampedusa s’imposeraient de lire cet ouvrage. A défaut, les citoyens le feront dans le monde réel."

Axée pour l’essentiel sur la maîtrise des frontières extérieures de l’Union et la lutte contre l’immigration irrégulière, mais aussi sur l’accueil des demandeurs d’asile, la régulation de l’immigration légale et l’intégration des migrants, la politique migratoire européenne n’en reste pas moins dominée par des États membres soucieux de décider souverainement qui peut entrer et séjourner sur leur territoire. Après avoir retracé les étapes marquantes de cette politique, l’auteur de cet ouvrage en dresse le bilan et en évalue la portée : certes, la gestion des frontières extérieures de l’Union est aujourd’hui régie par un ensemble de règles communes, auquel s’ajoutent des dispositifs opérationnels très intégrés ; mais est-elle pour autant efficace, solidaire au niveau européen et respectueuse des droits fondamentaux des migrants ? Que dire de l’accueil réservé aux ressortissants des pays tiers et de la protection accordée aux demandeurs d’asile ou aux réfugiés ? L’harmonisation des règles en matière d’immigration légale, notamment à dimension économique, est-elle suffisante ? Le modèle d’intégration « à double sens » promu par l’Union européenne a-t-il des manifestations tangibles ?


Le livre recommandé par le Diploweb.com pour le mois d’octobre 2013

. Pierre Razoux, La guerre Iran-Irak. Première guerre du Golfe 1980-1988, Paris, Perrin, 2013.

Pierre Verluise, Directeur du Diploweb.com : "Voici une somme impressionnante par la quantité et la qualité des sources utilisées, mais aussi par l’aisance de l’écriture ... et le plaisir de la lecture. Sur des pages particulièrement sombres, P. Razoux donne à chacun des clés de lecture indispensables pour saisir la mémoire géopolitique des acteurs."

4e de couverture

Un livre essentiel nourri aux meilleurs sources avec des archives inédites par l’un des meilleurs spécialistes actuels du Moyen Orient. Il permet de comprendre non seulement ce qui s’est joué à l’aube des années 1980 au Moyen Orient mais aussi les enjeux géopolitiques actuels.

La guerre Iran-Irak aura marqué un tournant dans l’histoire du Moyen-Orient. On ne peut pas comprendre la situation qui prévaut aujourd’hui dans le Golfe, le dossier nucléaire iranien ou les crises politiques à Bagdad et Téhéran, sans saisir les frustrations et craintes persistantes qui découlent directement de cette guerre. Terriblement meurtrière, elle a frappé à jamais l’imaginaire des protagonistes mais aussi des Occidentaux : en mémoire, les images dramatiques d’enfants envoyés au combat, les villageois gazés, les villes en ruines, les pétroliers en feu ou les tranchées ensanglantées.

Pour retracer cette histoire à la fois militaire et diplomatique, aux enjeux économiques certains, Pierre Razoux a eu accès à des sources inédites de première main, dont les fameuses bandes audio de Saddam Hussein. Il détaille ici les nombreuses affaires ? Irangate, Luchaire, Gordji, attentats en France, enlèvements au Liban ? toutes étroitement liées à ce conflit. Une histoire faite de rebondissements permanents au gré de l’attitude des pétromonarchies, de la Russie, de la Chine et des Etats-Unis, mais aussi caractérisée par la compromission de nombreuses nations, parmi lesquelles la France...

Directeur de recherches à l’Institut de recherche stratégique de l’Ecole militaire (IRSEM), spécialiste reconnu du Moyen-Orient, Pierre Razoux est l’auteur de plusieurs ouvrages de référence sur les conflits contemporains, notamment Tsahal ? Nouvelle histoire de l’armée israélienne (Perrin).


. Isabelle Feuerstoss, La Syrie et la France. Enjeux géopolitiques et diplomatiques, Paris, L’Harmattan, 2013.

Caractérisée en 2011 par le pacifisme des manifestants et l’aspect séculier des revendications démocratiques, la nature de la crise syrienne a depuis profondément changé. La répression massive et aveugle des forces armées de Bashar al-Assad ainsi que l’internationalisation du dossier ont progressivement transformé le soulèvement populaire en une guerre civile. Comment comprendre la ligne intransigeante de la politique française dès l’été 2011, inédite mais risquée (car fondée sur le pari de la chute inexorable du régime à court terme) et les réponses disproportionnées et violentes de Damas à l’égard de Paris ? Désormais, le sort du régime syrien est devenu un enjeu géopolitique de première importance pour les puissances régionales et internationales. En effet, compte tenu de l’importance stratégique de la Syrie dans l’équation moyen-orientale, la reconfiguration des rapports de force internes laisse présager des contrecoups à portée régionale, si ce n’est au-delà. Dans ce contexte, quel est l’avenir des relations entre la France et la Syrie ? Cet ouvrage se propose d’apporter quelques clefs permettant de mieux appréhender la complexité et la portée des enjeux en présence. Il est tiré d’une thèse.

Isabelle Feuerstoss est docteur en géopolitique et spécialiste de la Syrie où elle y a effectué de nombreux longs séjours. Arabisante, elle est chercheuse postdoctorale à l’Institut français de géopolitique (IFG) et au Pôle Méditerranée de l’université Paris VIII.

. Alain Nonjon (Coord.), Histoire, géographie et géopolitique du monde contemporain, nouveau programme prépas ECS 1ere année. L’essentiel du cours et les clés pour réussir. Paris, Ellipses, 2013.

Pour donner de l’épaisseur à ce nouveau programme ambitieux mais exaltant, les auteurs de cet ouvrage ont décidé de donner aux étudiants des moyens proportionnés à ces ambitions : un unique volume qui couvre tout le programme, de façon synthétique… mais offrant un cours complet.

Une équipe d’enseignants rodés au terrain de la préparation et à la mise en avant des problématiques (trois ou quatre par chapitre). Une maquette simple, axée sur ce qu’il faut retenir, ce dont il faut débattre, ce qu’il faut hiérar­chiser dans le temps (des chronologies épurées), ce qui doit être évalué (chiffres clés), ce qui doit bien s’énoncer (lexique en fin d’ouvrage).

Un souci constant de déboucher sur une réflexion originale éloignée des clichés, avec un rappel en fin de chapitre des idées reçues débattues.

Des bibliographies commentées et ciblées : un ouvrage indispensable décrypté, des livres, des sites, des films…

Une préparation explicite aux quatre types d’exercices demandés aux candidats : des cartes croquis de synthèse conformes aux exigences des concours, des cartes commentées, des dissertations et des questions d’oral… rédigées et structurées.

. Yves Doutriaux et Christian Lequesne, Les institutions de l’Union européenne après la crise de l’euro. Coll. Réflexe Europe. Paris, La documentation française, 9e édition entièrement revue et mise à jour.

Un livre de référence actualisé qu’il faut avoir à portée de main pour éviter d’avoir un propos dépassé par les évolutions des institutions européennes.

. Enseigner la mer. Des espaces maritimes aux territoires de la mondialisation. Coll. Trait d’Union, Université, collège, lycée. CNDP-CRDP, 2013. Un outil multisupport pour lier mise au point scientifique et application pédagogiques.

Un document référence, qui apporte une synthèse sur le vaste sujet de la mer. Le DVD-ROM contient de très nombreux documents et études de cas pour le collège et le lycée.

La mondialisation a accru l’importance géostratégique des mers et des océans : avec des conséquences économiques et écologiques, géographiques et politiques, maritimes et militaires. L’ouvrage présente un état de la recherche sous ces différents angles et décrit le mouvement de « territorialisation » des espaces maritimes qui les place au cœur des enjeux de puissance actuels. Adossé à cette mise au point scientifique, le DVD-Rom offre un ensemble de ressources exceptionnel (études de cas, cartes, animations, photographies, documents…) pour l’enseignant ou l’étudiant. Des séquences pédagogiques proposent d’enseigner ces questions maritimes en géographie, en histoire et en éducation civique. Appuyées sur les programmes du collège et du lycée, elles permettent aux élèves de construire progressivement une représentation de plus en plus complexe des espaces maritimes aujourd’hui. L’accent est particulièrement mis sur la relation étroite entre le contenu scientifique, l’approche didactique et les démarches pédagogiques adaptées aux ambitions des programmes.

. Henry Laurens et Mireille Delmas-Marty, Terrorismes. Histoire et droit. Coll. Biblis, éd. CNRS, 2013.

Le terrorisme, une « technique » de combat parmi d’autres ? Comment définir cette forme de violence dont l’apologie constitue un délit ? « Terroriste », Robespierre ? Et les nihilistes russes ? Et les combattants du Hezbollah, les poseurs de bombe du Hamas, les djihadistes d’Al-Qaïda ? Quelle est la vraie nature du terrorisme ? Et quel est son avenir ? Autant de questions fondamentales traitées en profondeur par les plus grands spécialistes du sujet, historiens, juristes, politologues. Voici donc, pour la première fois, un tour d’horizon complet du terrorisme tel qu’il fut et tel qu’il est devenu, enfant de l’âge des extrêmes, arme du faible contre le fort, violence accoucheuse d’histoire et de chaos.

. Isabella Damiani, Géopolitique de l’Asie centrale. Entre Europe et Chine : le coeur de l’Eurasie. Coll. Major. Paris, PUF, 2013.

Vingt ans après la chute de l’URSS, l’Asie centrale reste l’une des régions les plus méconnues de la planète. Son importance grandit cependant : cœur de l’Eurasie, maillon central d’une Route de la Soie réactivée, au contact de l’Afghanistan en guerre et du Xinjiang chinois rebelle, riche en hydrocarbures, la région retrouve toute la dimension qu’elle avait acquise au XIXe siècle, à l’époque du « Grand Jeu » opposant Russes et Britanniques.

L’ouvrage s’adresse à tous ceux qui veulent connaître une région aux enjeux croissants et multiples, et en particulier aux étudiants en géopolitique et dans les IEP.

. Une étude de l’ensemble des cinq ancien-nes républiques soviétiques (Kazakhstan, Kirghizstan, Tadjikistan, Turkménistan, Ouzbékistan) étendue jusqu’à l’Afghanistan septentrional et le Xinjiang chinois.

. Un portrait de l’Asie centrale en pleine évolution : ses conditions physiques et climatiques extrêmes, ses héritages culturels et religieux uniques, ses identités en reconstruction.

. Un panorama complet de la région, ses acteurs (clans, pouvoir politique, islam…), ses enjeux et ses conflits.

. Vingt ans après la chute du système géopolitique qui l’a créée, les relations de la zone avec les grandes puissances mondiales (Russie, Chine, États-Unis...) et régionales (Inde, Iran, Pakistan...).

Voir un extrait sur le Diploweb.com à propos du narcotrafic en Asie centrale


Le livre recommandé par le Diploweb.com pour le mois d’octobre 2013

. Maurice Vaïsse, Les relations internationales depuis 1945, Armand Colin, 2013, 13e édition.

Pierre Verluise, Directeur du Diploweb.com : "Voici un ouvrage classique qu’il faut avoir à portée de main pour mettre en perspective l’actualité, vérifier un fait, s’assurer d’une date, trouver une carte de référence. Ce manuel, équipé d’un index, est indispensable à l’étudiant en relations internationales ou géopolitique. Il fera aussi le plaisir de celui qui - un peu plus âgé - dispose de quelques éléments mais manque d’une vision d’ensemble claire et précise."


. Romain Thomas, Russie et Caucase. Jeux d’influence et nouveaux défis. Préface de Jean Radvanyi. Paris, Ellipses, 2013.

Une approche pluridisciplinaire : histoire, géographie, économie, géopolitique, développement durable, culture… Des fiches en double page pour une lecture simplifiée des problématiques, avec tous les outils indispensables : chronologie, glossaire, l’essentiel à retenir… Un cahier central avec les cartes de synthèse en couleur. Des exemples nombreux. Des sujets corrigés. Une bibliographie sélective. Un lexique pour les mots essentiels.

. Stéphane Audouin-Rouzeau (et alii), Etat de guerre. L’année 1914 à travers les publications officielles, La Documentation française, 2013.

. Maxime Lefebvre, Le jeu du droit et de la puissance Précis de relations internationales, Coll. Major, PUF, 2013

En quoi la politique de Barack Obama constitue-t-elle une rupture dans l’histoire des États-Unis ? L’Asie et l’Afrique sont-elles l’avenir du monde ? Entre printemps arabes, drame syrien, conflit israélo-palestinien et crise nucléaire iranienne, le Moyen-Orient peut-il se stabiliser ? Comment internet devient-il un enjeu majeur dans les relations internationales ? Où en est le chantier de la gouvernance mondiale au lendemain de la crise financière et économique de 2008 ? Quel sont les défis posés à l’Union européenne après le traité de Lisbonne et la crise de la zone euro ?

Autant de questions d’actualité que ce livre remet en perspective. Fidèle à son approche originale, il fournit une lecture d’ensemble des relations internationales en croisant toutes les disciplines : l’histoire, le droit, l’économie, la géopolitique. Il permet de rendre compte d’une mondialisation qui n’est plus seulement le fait des Etats mais fait de plus en plus de place aux institutions, aux entreprises et aux individus, et dans laquelle la puissance doit composer avec le droit.

Depuis sa première parution en 1997, ce manuel s’est vendu à près de 10000 exemplaires et est devenu une référence pour tous les étudiants qui cherchent à préparer les concours (ENA, concours du ministère des Affaires étrangères) ou les examens universitaires, et plus largement pour tous ceux qui veulent s’initier aux mécanismes et aux enjeux des relations internationales contemporaines.

Maxime Lefebvre est diplomate et professeur à l’Institut d’études politiques de Paris.


Le livre recommandé par le Diploweb.com pour le mois de septembre 2013

. Philippe Delivet, Les politiques européennes, coll. réflexeeurope, Paris, La documentation française, 2013.

Pierre Verluise, Directeur du Diploweb.com : "Voici un chef d’oeuvre d’intelligence et un bijou pédagogique. Un livre de référence, documenté, clair, actualisé, à recommander à tout citoyen qui veut - vraiment - comprendre le fonctionnement de l’UE."

Aujourd’hui encore, l’Union européenne reste trop souvent étudiée sous le seul angle de ses institutions ou de sa réglementation. Pourtant, elle conçoit et met en œuvre de nombreuses actions publiques, dans le cadre de stratégies pluriannuelles cohérentes et coordonnées, qui ont un impact direct sur l’agenda politique de ses États membres et sur la vie quotidienne de ses citoyens.

Mieux comprendre les politiques de l’Union est donc un impératif pour qui veut saisir le sens du projet européen. À cet égard, le chemin parcouru depuis l’origine de la construction européenne est saisissant : d’abord déployées dans le domaine économique (intégration économique et monétaire, marché unique, politiques sectorielles), les politiques européennes n’ont cessé de revêtir de nouvelles dimensions (judiciaire et pénale, sociale et environnementale, culturelle), sous le regard parfois inquiet d’États membres toujours solidement attachés à leur souveraineté.

Avec un réel souci pédagogique, l’auteur de cet ouvrage retrace l’histoire des politiques européennes et précise le cadre institutionnel, juridique et financier dans lequel celles-ci prennent place. Il dresse ensuite de façon synthétique et claire le panorama des politiques européennes actuelles en veillant, pour chacune d’elles, à souligner ses développements, son mode de prise de décision, ses principales réalisations et ses perspectives à moyen terme. Les étudiants, les enseignants et le simple citoyen trouveront ici un outil de compréhension efficace et actualisé.

Philippe Delivet est conseiller à la Direction de la législation et du contrôle du Sénat (Commission des affaires européennes), maître de conférences à Sciences Po Paris et chargé de cours sur les questions européennes à l’université Panthéon Assas Paris II et au Celsa Paris-Sorbonne.

Lire un entretien Philippe Delivet - Pierre Verluise sur le Diploweb.com


. Jean-Baptiste Jeangène Vilmer et Ryoa Chung (dir), Ethique des relations internationales, Paris, PUF, 2013.

Ce premier manuel d’éthique des relations internationales, en français, apporte un éclairage unique sur la question syrienne. Y a-t-il des guerres justes ? Existe-t-il un droit à la santé et une obligation de secourir ? Quels sont nos devoirs à l’égard des générations futures ? Le commerce international doit-il se soumettre à des contraintes morales ? Qui est garant de l’environnement et qui est responsable de sa dégradation ? Quels sont les défis éthiques auxquels doivent faire face les tribunaux pénaux internationaux ? Le monde serait-il meilleur sans frontières ? Qu’est-ce qu’un compromis acceptable en matière d’humanitaire ? Est-il seulement possible d’atteindre une gouvernance globale juste et efficace ? Ce ne sont que quelques-unes des nombreuses questions qui mettent en évidence la nature et le rôle des valeurs morales, des enjeux et des dilemmes éthiques dans les relations internationales. Réunissant une vingtaine d’auteurs internationaux, ce livre est le premier et le seul manuel d’éthique des relations internationales en français.

Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, philosophe et juriste, est chercheur à la Faculté de droit de l’université McGill. Il est notamment l’auteur de La Guerre au nom de l’humanité : tuer ou laisser mourir (Puf, 2012).

Ryoa Chung est professeur de philosophie à l’université de Montréal. Elle a notamment codirigé, avec Geneviève Nootens, Le Cosmopolitisme : enjeux et défis contemporains (Presses de l’Université de Montréal, 2010).

. Frédéric Charillon et Alain Dieckhoff (dir.), Afrique du Nord et Moyen-Orient. La double recomposition. Edition 2013-2014. Coll. Mondes émergents. Paris, La documentation française.

Le monde arabe a connu depuis janvier 2011 des mouvements de protestation d’une ampleur inégalée depuis un demi-siècle. Une grande partie des Etats de la région ont été affectés par cette mobilisation. L’édition 2013-2014 de la collection « Mondes émergents » poursuit son étude des conséquences du « printemps arabe » dans les relations internationales ainsi que du point de vue géopolitique.

En 2012, la configuration géographique du « printemps arabe » a été globalement stable. Les pays qui avaient été à l’avant-garde des mouvements ont continué à être travaillés par ces révoltes. En Tunisie, en Libye et en Égypte, les anciens régimes ont disparu. Un nouvel ordre politique y voit progressivement le jour, non sans tensions et difficultés, à des rythmes variables mais toujours avec une forte audience des mouvements se réclamant de l’islam et une fragmentation du camp laïc.

Ces recompositions internes ont naturellement des conséquences dépassant les frontières nationales. Elles posent la question de la stabilité politique d’ensemble et celle de la viabilité d’un pouvoir exercé par un parti religieux.

Or, sous la surface d’une stabilité des situations sud-méditerranéennes (aucun nouveau régime n’est tombé), les plaques tectoniques politiques et sociales se recomposent, le plus souvent dans la douleur, en tout cas dans l’incertitude. Une transition est toujours bien à l’œuvre, dont la temporalité a changé, mais dont la profondeur, se fait jour désormais.


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. Barthélémy Courmont, Géopolitique du Japon. Une puissance inquiète, Paris, Argos, 2013, 160 p.

Le Japon est-il entré dans une phase de déclin inévitable ? De manière cyclique, pour ne pas dire permanente, Tokyo s’interroge sur sa géopolitique. En panne de croissance, les Japonais observent avec inquiétude la montée en puissance d’une Chine ambitieuse, tandis que les Américains réinvestissent le Pacifique. Vus de Tokyo, les dilemmes d’aujourd’hui ressemblent à bien des égards à ceux d’hier. S’y ajoute cependant une dimension de crise interne très lourde de défis. Assommée par un tsunami dévastateur et une crise de son modèle énergétique, la société japonaise, qui pensait avoir trouvé un équilibre efficient entre traditions culturelles et dynamisme économique, voit se fendiller le consensus collectif qui faisait sa force. Pour saisir les mutations contemporaines du Japon, et mieux anticiper les positionnements internes et externes de ce pays aux trajectoires singulières, il est plus que jamais nécessaire de comprendre sa culture et son histoire.

C’est le défi que relève ici Barthélémy Courmont. Claire et précise, son analyse informée permet de mieux appréhender les particularités de cet archipel énigmatique, aujourd’hui à un tournant de son parcours de puissance.

. Sébastien Abis, Thierry Pouch, Agriculture et mondialisation. Un atout géopolitique pour la France. Coll. Nouveaux Débats, Paris, éd. Les Presses de SciencesPo, août 2013, 192 p.

La crise économique de 2007 a mis en relief les lourdes contraintes d’approvisionnement qu’éprouvent certaines régions du monde. Défis stratégiques et conflits d’intérêts se multiplient, alors que les enjeux alimentaires et écologiques vont s’amplifier. De nouveaux pays se mobilisent pour participer à cette nouvelle géoéconomie des ressources alimentaires.

Première puissance agricole et céréalière européenne, la France détient avec ce secteur – auquel elle doit redonner sens dans ses aspects sociaux, territoriaux et économiques – un avantage compétitif important. Ce rendez-vous géopolitique ne peut être manqué !

Enjeu majeur du XXIe siècle, fer de lance de la balance commerciale française, l’agriculture doit s’inscrire dans le débat sur la puissance de la France, dans une diplomatie agricole au service de son influence, de sa compétitivité et de ses devoirs de coopération.


Découvrez le 1er e-book publié par le Diploweb.com, L’Europe éclatée ? sous la direction de Pierre Verluise [Kindle]

Ce dossier rassemble les contributions de 5 experts des questions européennes et internationales. Ils vous invitent à laisser de côté "la petite musique" de la construction européenne et à mettre le doigt là où ça fait mal.

Thierry Garcin s’interroge : allons-nous vers une Europe de plus en plus éclatée ? Franck Tétart poursuit la réflexion : les nationalismes régionaux conduisent-ils vers une fragmentation accrue de l’Europe ? Pierre Verluise répond à la question : la crise a-t-elle stoppé le « rattrapage » économique des nouveaux États membres ? Pierre Berthelet explique pourquoi la réforme de la gouvernance Schengen coince. Pierre Verluise aborde la question qui fâche : quelles sont les modalités de suspension d’un Etat membre de l’Union européenne qui serait en contradiction avec les valeurs de l’Union ?

Des experts reconnus apportent des réponses claires et documentées. Citoyens, étudiants et enseignants y trouveront leur compte.

Voir L’Europe éclatée ? [Kindle] sur le site d’Amazon


. Claire Mouradian, L’Arménie, Paris, PUF, 2013. 128 p.

Malgré des siècles de dominations successives de toute nature, qui sont allées jusqu’au génocide, entrecoupées de tentatives parfois réussies d’indépendance, l’Arménie, n’abandonnant jamais la lutte pour le maintien de son identité, n’a cessé en ce sens d’être une Arménie arménienne. L’auteur évoque dans ces pages l’histoire de ce peuple maudit, courageux et finalement irréductible, de cette terre en perpétuelle reconquête, carrefour convoité entre l’Europe et l’Asie, enjeu passé et présent aux confins de trois empires (perse, russe, turc), rendant hommage à la grandeur d’une civilisation. Claire Mouradian est directrice de recherche au CNRS, au Centre d’études du Monde russe soviétique et post-soviétique, et chargée de cours à l’INALCO.

. Judith Assouly, Morale ou finance ? La déontologie dans les pratiques financières, Coll. Nouveaux Débats, Paris, éd. Les Presses de SciencesPo, août 2013

. Alain Rouquié, Le Mexique. Un état nord-américain, Paris, Fayard, 2013. 496 p.

L’histoire du Mexique a été marquée de manière indélébile par une fatalité géographique : sa frontière de plus de 3 000 kilomètres avec la première puissance mondiale. « Pire ami », les États-Unis sont depuis 1890 le premier partenaire commercial de leur voisin méridional, et plus de 10 millions de Mexicains vivent de l’autre côté du Río Bravo. Washington influence aussi, par action ou par omission, à travers l’opinion ou par des décisions gouvernementales, les grandes orientations de la politique mexicaine. Des deux côtés de la frontière, les optimistes saluent cette interdépendance. Les pessimistes, eux, craignent que l’avenir du Mexique ne soit à terme celui d’un « État libre associé », riche en ressources naturelles et humaines, mais dont la forte identité nationale serait en voie de dissolution. La singularité et l’ambiguïté du Mexique viennent de là. Premier pays de langue espagnole, l’un des deux grands d’Amérique latine, il était donné en modèle aux autres États du continent au début des années 1990. Il présente néanmoins aujourd’hui l’image d’un pays incertain, enlisé dans ses problèmes de sécurité interne, en proie à des crises économiques récurrentes et peu présent sur la scène internationale. Ce livre, richement documenté, issu d’une longue familiarité de l’auteur avec le pays, propose un portrait du Mexique contemporain dans toutes ses contradictions : celles d’un « pays du Sud en Amérique du Nord ». Il traite de l’exceptionnalité d’un grand émergent et de ses avenirs possibles.

Alain Rouquié, politologue et spécialiste de l’Amérique latine contemporaine, a été ambassadeur de France au Mexique et au Brésil. Il a notamment publié Le Brésil au XXIe siècle. Naissance d’un nouveau grand (Fayard, 2006) et À l’ombre des dictatures. La démocratie en Amérique latine (Albin Michel, 2010).

. Georges Couffignal, La Nouvelle Amérique latine. Laboratoire politique de l’Occident. Coll. Nouveaux Débats, Paris, éd. Les Presses de SciencesPo, août 2013.

. Sous la direction de Gilles Rouet & François Soulages, Frontières géoculturelles et géopolitiques, Paris, L’Harmattan, 2013. 184 p.

Les limites, bordures, frontières, seuils délimitent les réalités physiques comme les cadres conceptuels. Les frontières sont instables dans leur contenus, leurs réalités, leurs significations et leurs représentations. Chacun a besoin d’une géographie concrète, pas celle des cartes scolaires ou institutionnelles, ni celle des discours politiques, mais celle de l’appropriation et de la rencontre, par la lecture, l’image ou le voyage.

Il s’agit d’intégrer les dimensions et frontières géoculturelles, passages et transferts, qui incitent à l’échange alors que les murs ne peuvent (ne devraient) qu’aboutir à des transgressions. Le géoculturel est au cœur de la nécessaire appropriation d’un espace mythifié par une globalisation dévorante, absorbé dans une géopolitique omniprésente, imprégné par une normalisation utilitariste.

Cet ouvrage aborde les frontières de l’art, du temps, des textes et présente quelques exemples locaux qui permettent d’apprécier ces évolutions et d’en appréhender les enjeux.

. Sous la direction de Marlène Laruelle & Sébastien Peyrouse Eclats d’empires. Asie Centrale, Caucase, Afghanistan, Paris, Fayard, 2013. 440 p.

Guerre d’août 2008 entre la Géorgie et la Russie, changements de pouvoir violents au Kirghizstan en 2010, départ des troupes occidentales d’Afghanistan en 2014 : le Caucase, l’Asie centrale et l’Afghanistan continuent à occuper l’espace public et à susciter une attention inquiète.

La représentation occidentale de cette région, fondée sur le mythe des routes de la Soie et un orientalisme fantasmatique, semble avoir cédé la place à une appréhension timorée de ces « éclats d’empires » perçus comme des creusets du tumulte mondial. Or l’ouverture de l’espace postsoviétique et l’accès facilité à l’Afghanistan post-2001 ont profondément enrichi les savoirs sur ces pays.

Loin des clichés médiatiques qui se limitent aux situations de conflit, aux enjeux énergétiques et aux concurrences géopolitiques entre grandes puissances, une trentaine de chercheurs témoignent ici des avancées de cette connaissance. Transformations politiques sans précédent, changements sociaux et culturels de grande ampleur, intégration dans une économie mondialisée, développement de nouveaux partenariats stratégiques sont au cœur de cet ouvrage.

. Pierre Dallenne & Frédéric Buchy, La mondialisation Nouvelles dynamiques géopolitiques et géoéconomiques, Paris, Ellipses, 2013, 322 p.

Avec la Fin de l’Histoire, la phase d’hypermondialisation a bousculé les rapports de force géoéconomiques : États-Unis, Japon, Allemagne, Royaume-Uni, France et Italie (G6) étaient les principales puissances économiques au début des années 1980. Aujourd’hui, la Chine fait quasiment jeu égal avec les États-Unis en termes de PIB et les autres puissances émergentes talonnent ou dépassent les anciennes « économies-mondes » européennes du début du XXe siècle. Ce « basculement » du monde est à l’origine de défis et enjeux inédits : ruptures productives, hypertrophie de la finance, gouvernance mondiale, émergence et ré-émergence source de concurrences nouvelles, croissance démographique, urbanisation galopante, défis alimentaires, énergétiques, de l’eau et du développement durable... sans compter l’existence de nouvelles dynamiques géopolitiques qui conduisent à la naissance d’un monde fait de menaces plus que de risques.

En 21 chapitres et 22 cartes, les auteurs décryptent les problématiques et les enjeux géoéconomiques et géopolitiques d’un monde en construction.

Frédéric Buchy est professeur au lycée industriel et commercial de Tourcoing. Il intervient également en casses préparatoires économiques et commerciales au lycée Saint-Paul à Lille.

Pierre Dallenne est professeur en classes préparatoires économiques et commerciales au lycée Saint-Paul à Lille. En plus de ses fonctions d’enseignement, il en assure la direction pédagogique.

. Sous la direction d’Alexandre Rojey, Le gaz naturel. De la production aux marchés. Paris, Technip, 2013. 216 p.

. Gilles Andréani, Pierre Hassner (dir.), Justifier la guerre ? De l’humanitaire au contre-terrorisme (2e édition actualisée et augmentée), Paris, éd. Les Presses de SciencesPo, août 2013.

Avec Mats Berdal, Christoph Bertram, Pierre Buhler, Éric Chevallier, Ariel Colonomos, Vincent Desportes, Antoine Garapon, Michael J. Glennon, Stanley Hoffmann, Christian Mellon, Michael Quinlan, Adam Roberts, Ward Thomas.

. Ahmed Zoubdi, Les pays du sud dans le système mondial. Polarisation, démocratisation, intégration polycentrique, Paris, L’Harmattan, 2013.

. Sous la direction de Vincent Rodriguez, Nouvelle-Calédonie Des tabous, du nickel et des hommes. Paris, L’Harmattan, 2013. 172 p.

. Aurélien Liarte, L’altermondialisme : Théories et pratiques, Les éditions Ovadia, mai 2013

. Gilles Rouet, Quelles frontières pour quels usages ? Paris, L’Harmattan, 2013. 236 p.

. Ph. Lemarchand, P. Orcier, S. Herbert, N. Barbier, G. Billard, J. Heude, Ch. Montes & J.-M. Zaninetti, L’Amérique du Nord. Un atlas. , Neuilly-sur-Seine, Atlande, 2013. 157 p.

. Thibaut Klinger, Thèmes de culture générale. Géopolitique. Concours et examens 2013, Paris, Vuibert, 2013. 205 p.

Sommaire : Le « printemps arabe », un an après. La crise syrienne. - Quelle Lybie un an après la chute de Kadhafi ? Mali : crise du Sahel et du Sahara. La bombe iranienne : à quel jeu joue l’Iran ? La Russie de Poutine en 2012. Législatives en Géorgie : un événement géopolitique. Obama, « quatre ans de plus ». La crise de la zone euro, une crise géopolitique pour l’Europe.

. Frédéric Encel, De quelques idées reçues sur le monde contemporain. Précis de géopolitique à l’usage de tous, Paris, éd. Autrement, septembre 2013, 169 p.

La géopolitique, une discipline compliquée ? Le monde d’aujourd’hui, une affaire de spécialistes ? Certes pas ! Excellent pédagogue, Frédéric Encel s’empare d’une vingtaine d’idées reçues parmi les plus communément admises sur le monde contemporain : "La France n’est plus une grande puissance", "L’ONU ne fait rien !", "Les médias ne nous disent pas tout", "L’Occident a créé Israël à cause de la Shoah". Il démonte brillamment ces fausses évidences, offrant au passage une analyse percutante et accessible. Un ouvrage indispensable pour comprendre notre époque.

Frédéric Encel enseigne la géopolitique à l’ESG Management School et à Sciences Po Paris.

. Pierre Pahlavi (et allii), Les études stratégiques au XXIe siècle, Canada, éd. Athéna.

Les grands évènements qui ont marqué le début du XXIe siècle ont démontré que les études stratégiques représentent encore un domaine de recherche et de réflexion important et nécessaire. Mais ce siècle, en se dirigeant des époques précédentes, appelle les études stratégiques à se repenser. Les auteurs de ce collectif considèrent que trois enjeux méritent une plus grande attention pour renouveler ce champ d’analyse. D’abord, les diverses constructions théoriques dans le domaine sont souvent simplifiées au point où elles sont déconnectées de leur fondement. La notion de puissance, qui sous-entend l’usage potentiel de la force, trouve sa place et son utilité dans la mesure où elle n’est pas tributaire des choix normatifs et idéologiques des théories des relations internationales. Enfin, les études stratégiques ont longtemps ignoré le caractère sociologique de l’usage de la force, en se limitant à concevoir les organisations militaires et de sécurité comme des « boîtes noires » au service des décideurs politiques.

. Olivier Zajec, Introduction à l’analyse géopolitique, Paris, Argos, 2013, 140 p.

La « géopolitique » passionne. Autour d’un fleuve, d’un massif montagneux, d’une plaine fertile, d’un gisement de matières premières, d’une île bien placée, d’un détroit, les ambitions s’affrontent, les stratégies se confrontent, parfois jusqu’à la guerre, de siècles en siècles. Ossétie du sud, Iles Kouriles, Tibet, Ogaden, Cachemire, Iles Spratly, Kosovo, Pays basque...l’actualité est pleine de conflits déclarés, sourds ou larvés, « points chauds » parsemant le globe et remplissant les journaux télévisés. Révolutions arabes, montée en puissance chinoise, tensions sur les ressources rares...

Devant les soubresauts de l’actualité et les drames d’un monde instable, chacun souhaite comprendre les racines et la dynamique des conflits intra et inter-étatiques. Maîtriser la grille de lecture de ces enjeux apparaît essentiel. La méthode géopolitique prétend y aider. Pourtant, la discipline géopolitique proprement dite demeure méconnue : Pourquoi et comment s’est-elle imposée ? Qui sont les fondateurs de cette grille d’analyse ? Quels outils indispensables met-elle à notre disposition pour comprendre les permanences et les ruptures du monde contemporain ? C’est ce que nous fait découvrir cette introduction claire, synthétique et richement illustrée de cartes originales en couleur.

. Jean-Claude Zarka, Relations internationales, Paris, Ellipses, 5e édition, août 2013 Cet ouvrage, conçu comme un manuel, s’adresse en priorité aux étudiants (IEP, Droit, AES, Sciences économiques, licence d’Administration publique) et à tous ceux qui préparent les concours administratifs. Mais il est également destiné à tous les citoyens qui souhaitent mieux comprendre les questions internationales. Quelles sont les grandes conceptions des relations internationales ? Quelles sont les caractéristiques du monde de l’après-guerre froide ? Quelles sont les grandes conférences des Nations unies consacrées au développement ? Quel est le rôle des institutions internationales en matière de protection de l’environnement ?

. Régis Bénichi (dir.), Les grands mutations du monde au XXe siècle, Prépa HEC 1ère année, éd. Nathan, 2013.

Ce manuel consacré aux grandes mutations du monde au XXe siècle est conforme au nouveau programme des classes préparatoires aux grandes écoles.

Il s’adresse également aux étudiants en IEP, aux personnes se préparant à des concours, etc. ainsi qu’à ceux qui s’intéressent à l’évolution de notre monde.

Parfaitement à jour, il se compose de 20 chapitres courts et très structurés afin d’en rendre la lecture stimulante.

Pour chaque chapitre, une brève introduction permet de présenter le contexte et les enjeux. Une chronologie, des définitions des termes clés, des repères sur les grands personnages, des cartes et des schémas viennent éclairer le propos. Des « zooms » donnent accès aux grands textes et discours ou offrent des éclairages précis sur des problématiques particulières.

Cet ouvrage a été rédigé par une équipe regroupant des enseignants de classes préparatoires, des universitaires et des chercheurs qui ont eu pour ambition d’allier la rigueur scientifique à l’accessibilité de leurs propos.

. Wolfgang Krieger, Services secrets. Une histoire, des pharaons à la CIA, traduit de l’allemand par Tilman Chazal et Prune Le Bourdon CNRS éditions, 2013.

Agents secrets, techniques de codage, infiltrations, intox, manipulations… L’espionnage est une pratique presque aussi vieille que l’humanité, déjà mentionnée dans la Bible et L’Art de la guerre de Sun Tzu.

Le sabotage, la subversion, la déstabilisation de l’adversaire ? Autant de stratagèmes déjà rodés par Alexandre le Grand, Jules César, Gengis Khan, Guillaume le Conquérant, passés maîtres dans l’art du camouflage et de la désinformation. KGB, CIA, Stasi, Mossad et autres services d’espionnage ne feront que perfectionner ces pratiques. C’est en historien et en expert reconnu, que Wolfgang Krieger dévoile ce panorama sans précédent des espions de tous les pays et de tous les temps.

Spécialiste du renseignement, Wolfgang Krieger est professeur d’histoire à l’université de Marbourg (RFA).

. Thierry Garcin, Géopolitique de l’Arctique, éd. Economica, 2013

L’Arctique est devenu un véritable enjeu des relations internationales. C’est un théâtre qui s’ouvre et un nouvel objet de convoitise. Mais c’est aussi un monde complexe, que la grande presse a beaucoup simplifié. Raison de plus pour identifier les grands dossiers et évaluer les logiques de puissance à l’œuvre, à moyen et à long termes.

Dix chapitres, clairement subdivisés, identifient les questions clés. Vingt encadrés précisent des points essentiels. Un cahier en couleurs central de seize cartes familiarise le lecteur avec cette nouvelle problématique.

. Emmanuel Lincot, Esquisse de Chine, éd. Belin, 2013.

Cet essai aborde l’épopée des relations franco-chinoises sous un angle inédit. Avec humour et sans complaisance, l’auteur s’interroge sur la nature des enjeux et des liens que cultivent la France et la Chine. Lieux de mémoire, singularités nationales, anthropologie culturelle sont tour à tour étudiés. Émergent des figures majeures de l’histoire, ainsi que des trajectoires politiques divergentes ou complémentaires, mais qui laissent rarement indifférent.

Esquisse de Chine interroge ainsi la nature des relations complexes entre ces deux grands pays, relations dont la singularité est réelle. Trop imprévisible ou trop prévisible, nous croyons que cette singularité est engluée dans l’urgence du seul présent. Or, celle-ci ne demande qu’à se porter vers le futur. À travers les tableaux ici brossés se devinent les configurations d’un monde en devenir  : plus de liberté pour la Chine, plus de sagesse pour la France. Cet ouvrage trace aussi les linéaments possibles de nos conduites pour les temps à venir.

Fondateur de la Chaire des Etudes Chinoises Contemporaines (CECC) et Vice Doyen chargé des Affaires Internationales (Institut Catholique de Paris), Emmanuel Lincot est spécialiste d’histoire culturelle contemporaine de la Chine. Rédacteur en chef de la revue Monde Chinois Nouvelle Asie, il a vécu en Chine cinq ans. Il s’est rendu en Asie plus d’une centaine de fois. Il a notamment publié : Peinture et pouvoir en Chine (1979-2009) : une histoire culturelle, 2010 ; Carnets Ouïgours de Chine, 2009 ; La figure de l’artiste et le statut de son oeuvre en Chine contemporaine, 2009 ; Regard sur la Chine, 2008 ; Arts, propagandes et résistances en Chine contemporaine, 2008.

. Jean-Luc Racine (dir.) Asie, édition 2013-2014. Coll. Mondes émergents. Paris, La documentation française, 2013.

L’Asie ne cesse de se métamorphoser. En témoigne cette nouvelle édition de la collection « Mondes émergents ». Selon le principe de la collection, l’ouvrage est consacré aux principales évolutions que le continent a connues, ces douze derniers mois.

L’Asie, où la Chine occupe la première place, se reste la principale zone de croissance du monde, bien que ses résultats soient moins brillants qu’auparavant. Ce nouveau numéro de « Mondes émergents » commence par un bilan des quatre pays clés de la région asiatique : Chine, Japon, Inde et Indonésie. Ensuite, deux « points chauds » sont analysés en détail : l’Afghanistan, en proie à de graves problèmes de gouvernance, et la Birmanie, occupée à définir son modèle de transition. En outre, l’ouvrage se penche sur deux questions transversales : l’une, géopolitique, porte sur la stratégie américaine du « pivot asiatique » ; l’autre, économique, interroge le parcours des pays d’Asie à l’heure de la crise qui frappe les pays occidentaux. Il se clôt sur la chronologie 2012.

. Ulrich Beck, Non à l’Europe allemande. Vers un printemps européen ? Préface de Daniel Cohn-Bendit, éd. Autrement, 2013.

Comment en sommes-nous arrivés là ? Peut-on venir à bout de la crise européenne ? L’union politique est-elle envisageable ? Pour Ulrich Beck, nous avons trop longtemps mis de côté la question dune société commune au profit de l’économie. Le célèbre sociologue allemand dénonce la politique d’austérité menée par Angela Merkel, qu’il nomme merkiavélisme en référence au Prince de Machiavel. Ulrich Beck appelle de ses voeux un réveil démocratique et pose les principes d’un contrat social européen, seule alternative possible à cette « Europe allemande » vouée à l’échec.

. Gilles Darmois, Le partage de la rente pétrolière. Etat des lieux et bonnes pratiques. Editions technip, 2013.

Il y a 60 ans, une industrie cartellisée pouvait dicter sa loi aux États producteurs. La création de l’OPEP puis les avancées contractuelles ont contribué à rééquilibrer les termes du partage. Aujourd’hui les États peuvent obtenir des conditions favorables de partage de la rente pétrolière, sous réserve de bien analyser leurs besoins et leurs forces. Ce livre décrit l’évolution des modalités de partage de la rente pétrolière :

. le fonctionnement de l’industrie de l’exploration-production et les trois types de rente pétrolière. Il introduit la question des réserves, sous ses aspects technico-économiques et politiques ;

. les deux principales modalités de relations entre un État pétrolier et une compagnie internationale ;

. les options d’organisation qu’un État producteur peut retenir pour tirer le maximum de son potentiel pétrolier ;

. les développements des modalités contractuelles ;

. les recommandations aux États sur les avantages et défauts des diverses options contractuelles.

Cet ouvrage s’adresse à la fois à un public curieux de comprendre les enjeux du partage de la rente pétrolière et à un public averti (professeurs, étudiants, ingénieurs, chercheurs...) souhaitant développer et approfondir ses connaissances sur le sujet.

Table des matières : Préface. Unités, abréviations et monnaies. Introduction. 1. L’industrie d’exploration-production, la rente pétrolière, les réserves. 2. Les deux principales formes contractuelles. 3. Organisation pour un Etat producteur. 4. De 1980 à 2010. 5. Proposition de meilleures pratiques contractuelles, depuis l’appel d’offres jusqu’à l’abandon. Conclusion : enrichir le pays ou ses dirigeants ? Exercices. Corrigé des exercices. Annexe au chapitre 2 : calcul pour la concession angolaise. Table des figures et tableaux. Bibliographie. Index.

. Dušan T. Batakovic’, Les sources françaises de la démocratie serbe. Préface de Georges-Henri Soutou, CNRS édition, 2013.

Georges-Henri Soutou, Membre de l’Institut : « Nous avons affaire ici, au-delà du titre même de ce livre, à une véritable histoire du développement politique et institutionnel de la Serbie avant 1914, dans le contexte de ses rapports avec la France.

Le grand livre de Dušan T. Batakovic’, dont les conclusions sont toujours actuelles, montre admirablement l’évolution progressive et la modernisation d’un pays qui doit résoudre à la fois son problème politique interne et son problème national, cas fréquent à cette époque. Mais la Serbie disposait d’une base de départ, la démocratie agraire, qui n’existait pas ailleurs dans cette partie de l’Europe. Elle recevait d’autre part des influences multiples, françaises mais aussi britanniques, et pas seulement russes et austro-hongroises. Ce qui contribue à expliquer la situation très particulière de la Serbie dans cette partie du monde. Plus que d’autres pays de la région, la Serbie s’est montrée très tôt ouverte aux influences de l’Europe occidentale, et on comprend que l’alliance privilégiée franco-serbe reposait sur des réalités profondes, et pas seulement sur des considérations tactiques transitoires. »

. Jean-Claude Zarka, L’essentiel des institutions de l’Union européenne, 2013-2014, 15e édition, Gualino lextenso éditions, 2013.

Ce livre présente en 11 chapitres l’ensemble des connaissances nécessaires à la compréhension du rôle et des mécanismes d’action des différents acteurs institutionnels de l’Union européenne ainsi que le régime qui s’applique aux actes juridiques de l’Union. Il tient compte des évolutions les plus récentes avec notamment le traité TSCG, le MES et l’entrée de la Croatie. Au total, une présentation synthétique, rigoureuse et pratique du Droit des Institutions de l’UE.

Jean-Claude Zarka, docteur en droit, est Maître de conférences à l’Université Toulouse 1 Capitole. Il est l’auteur de nombreux livres et articles sur les institutions européennes.


Le livre recommandé par le Diploweb.com pour le mois de mai 2013

. Gérard Chaliand, avec la collaboration de Michel Jan, Vers un nouvel ordre du monde, Seuil, 2013

P. Verluise, Directeur du Diploweb : "Une écriture limpide pour expliquer de façon lucide et accessible les nouvelles lignes de force du monde. Une documentation solide, enrichie par la pratique du terrain, voilà les caractéristiques de ce bel ouvrage."

4e de couverture

Le déclin relatif de ce qu on appelle l’Occident est désormais un fait qui ne semble plus discutable. La crise actuelle, jointe à la montée très dynamique de l Asie, Chine en tête, est à l’origine de la fracture et de la recomposition géopolitique en cours.

Contrairement à certaines idées toutes faites, la période que nous traversons n’a pas commencé avec la chute du Mur de Berlin et la fin de la Guerre froide, mais trouve sa source en 1979 : à cette date, les questions coloniales sont à peu près réglées, le déclin du communisme s’accélère, mais l’année est surtout marquée par deux faits majeurs, la révolution khomeyniste et le grand tournant initié par Deng Xiaoping. Aujourd hui, la fracture géopolitique que révèle ce livre provient de deux bouleversements essentiels : l’évolution de la dimension démographique globale, où l’Occident ne cesse de reculer par rapport au reste de la planète, et la crise économique mondialisée, qui a vu l’accès aux premiers rangs des pays dits émergents, et qui sont pour la plupart des pays "réémergents". En analysant le parcours et les évolutions des grandes puissances actuelles (Etats-Unis, Europe, Chine, Inde, Turquie et Moyen-Orient...), cet ouvrage s interroge également sur l avenir géopolitique mondial, et les destins possibles de l Europe. Il dessine les contours du monde de demain.

Gérard Chaliand, historien, poète, traducteur et géostratège, est aujourd hui l’un des plus éminents spécialistes des conflits internationaux, auteur d’une vingtaine d’études comme Anthologie mondiale de la stratégie (Robert Laffont, 1990), Voyage dans quarante ans de guérillas (Lignes de Repères, 2006), Les guerres irrégulières (Folio Actuel, 2008)... sans oublier de nombreux titres au Seuil. Il est également conseiller auprès du Centre d’analyse et de prévision du ministère des Affaires étrangères français depuis 1984. Michel Jan, sinologue réputé, membre du groupe de réflexion Asie 21 auteur d’une dizaine d’ouvrages sur la Chine et sur l’Asie centrale dont La grande muraille de Chine (Imprimerie Nationale, 2000), a écrit les chapitres consacrés à la Chine.


. Barthélémy Courmont et Eric Mottet (dir.), Repenser la multipolarité. Post-face de Charles-Philippe David. Coll. Géopolitique. Canada, Québec, éd. Septentrion

Équilibre des puissances, impérialisme, unipolarité, bipolarité et multipolarité figurent au nombre des appellations permettant de définir les rapports de force dans les relations internationales. L’hégémonie américaine, issue de la fin de la Guerre froide, semble vouée à disparaître. La montée en puissance de nouveaux pôles, la Chine au premier rang, impose de nouvelles règles. Sera-t-il davantage difficile de maîtriser toute forme de gouvernance internationale ?

Repenser la multipolarité s’interroge sur le sens que les acteurs internationaux donnent à ce concept et sur les tensions qui peuvent directement découler des nouvelles conceptions des relations internationales.

Barthélémy Courmont est professeur de science politique à Hallym University (Chuncheon, Corée du Sud), chercheur-associé à l’IRIS et directeur-associé sécurité et défense à la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques (UQAM). Il a notamment signé La tentation de l’Orient (Septentrion, 2010) et Chine, la grande séduction (Éditions Choiseul, 2009).

Éric Mottet est professeur de géopolitique au département de géographie de l’Université du Québec à Montréal et directeur de l’Observatoire de géopolitique de la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques. Il a notamment dirigé Géopolitique et virages de la F1 (Septentrion, 2012) et Géopolitique de la Coupe du monde de football 2010 (Septentrion, 2010).

Ont aussi collaboré à cet ouvrage Philippe Beaulieu-Brossard, Pierre-Alain Clément, Colin Geraghty, Vincent Joubert, Frédéric Lasserre, Irving Lewis, Pierre-Louis Malfatto, Carmen Mboumba Nzamba, Barah Mikaïl, Joël Plouffe, Yann Roche, Jean-Loup Samaan, Julien Tourreille et Pierre Verluise.

. Laurence Briday, Alain Chaffel, Pierre Dallenne et Axelle Degans, Les grandes questions internationales. Prépa, Concours & examens, Sciences Po, éd. Studyrama, 2013.

Cet ouvrage a pour ambition de vous aider à mieux connaître les thèmes qui animent aujourd’hui les débats internationaux, de l’économie mondiale en passant par la crise à la situation des Etats les plus stratégiques, sans oublier le rôle de la France.

Les thèmes abordés ne se veulent évidemment pas exhaustifs, mais entendent couvrir un spectre suffisamment large des enjeux internationaux. Chaque sujet est traité de manière synthétique, complète et actualisée, à partir d’une problématique claire. Volontairement accessible à tous, cet ouvrage intéressera principalement les étudiants préparant un examen (IEP, classes préparatoires, études universitaires, concours de la fonction publique catégorie A...) ou tous ceux qui souhaitent enrichir leur culture générale. Voir sur le site des éditions Studyrama

. Xavier Paulès, La Chine, des guerres de l’opium à nos jours, Coll. Documentation photographique n°8093, Mai-Juin 2013, Paris, La documentation Française.

Un document synthétique, pratique, richement illustré. A utiliser sans modération.

. Xavier Raufer, Géopolitique de la mondialisation criminelle. La face obscure de la mondialisation. Coll. Major, série Géopolitique. PUF, 10 avril 2013.

La mondialisation, universel bienfait ? Pas vraiment. Comme tout phénomène humain, la mondialisation est semblable à la « langue d’Ésope » – la meilleure et la pire des choses à la fois. La meilleure face de la mondialisation est sans cesse vantée par ses thuriféraires, pour l’essentiel des libéraux proches du monde des affaires, et par les médias qu’ils possèdent souvent : c’est la « mondialisation heureuse » qu’on nous vante depuis les années 1990. Sa face obscure, ces mêmes intérêts tentent de la noyer dans le silence, ou bien, quand la réalité est trop grave pour être tue ou niée, ce « pire » est morcelé et présenté comme un épiphénomène (une collection de « fait divers ») étranger à la mondialisation. Alors qu’en Europe, le terrorisme islamiste se dissipe (aucun attentat en 2012 selon Europol), alors qu’à l’échelle européenne la toxicomanie baisse chez les jeunes, quelle est aujourd’hui cette « face criminelle de la mondialisation » ? Quel est son avenir ?

Xavier Raufer est docteur en géographie/géopolitique et directeur des études du Département de recherche sur les menaces criminelles contemporaines (Paris II). Il est également professeur associé au Centre de recherche sur le terrorisme et le crime organisé à l’université de sciences politiques et de droit de Pékin. Il a publié dernièrement Les nouveaux dangers planétaires (CNRS-Éditions).

. Edwin Le Héron, A quoi sert la Banque centrale européenne ? Coll. Réflexe Europe, Paris, La documentation française, 2013.

Depuis sa création en 1999, la Banque centrale européenne (BCE) fait l’objet de controverses récurrentes : son indépendance vis-à-vis du pouvoir politique et sa mission centrale de stabilité des prix concentrent la plupart des critiques. L’auteur répond dans ce nouvel ouvrage de la collection « Réflexe Europe, série Débats », aux différentes questions que l’on peut se poser sur le rôle, la place et l’avenir de la BCE au sein des institutions européennes.

La Banque centrale européenne est l’institution communautaire qui définit et met en œuvre la politique monétaire de la zone euro. Elle a mis fin aux guerres des monnaies en Europe et a assuré à l’euro un statut international. La crise financière récente a permis aussi de mesurer son importance cruciale en cas de turbulences financières. La BCE est pourtant régulièrement l’objet de jugements sévères. Quel peut être son avenir dans une Union économique et monétaire bancale que seul un fédéralisme économique et solidaire permettrait de sauvegarder ?

. L’Union européenne. Institutions politiques. Paris, La documentation française, 4e édition, 2013.

. Jean-Baptiste Vouilloux, La démilitarisation de l’Europe. Un suicide stratégique, Coll. Stratégie, éd. Argos, 2013.

Pour parler de l’Europe de la défense avec les yeux ouverts.

Persuadés que le reste du monde adoptera leur modèle d’intégration pacifique, les Européens renoncent aux attributs de la puissance guerrière, héritage d’une longue histoire troublée. Animée par des forces profondes de nature politique, culturelle et sociale, la démilitarisation de l’Europe n’est pas un épiphénomène ou une dynamique passagère. Elle prend racine dans une tentation de « sortir de l’Histoire » et s’inscrit dans l’évolution des sociétés postmodernes. Depuis 2009, les Etats membres de l’Union Européenne réduisent leur budget de défense de manière constante et déterminée. Cette démilitarisation se traduit déjà par des déficits capacitaires et opérationnels.

Le problème est que cette atrophie, que l’on justifie par la crise financière de 2008, est loin de s’appliquer aux autres parties du globe. Ce désarmement unilatéral ne comporterait-t-il pas une part de danger, dans un monde où les tensions se multiplient ?

Dans cet ouvrage informé, Jean-Baptiste Vouilloux suggère que le mouvement n’est pas inéluctable, à condition que les Européens appréhendent avec lucidité la nouvelle donne stratégique et remettent en perspective l’outil militaire et leurs intérêts de long terme.

. Mehdi Lazar, Le Qatar aujourd’hui. La singulière trajectoire d’un riche émirat, éd. Michalon, 2013.

Un excellent ouvrage.

Incontournable Qatar. Agaçant, visible, ambitieux : les adjectifs ne manquent pas pour qualifier un émirat qui ne laisse pas indifférent. De la chaîne de télévision Al-Jazeera à ses investissements massifs dans le sport, l’industrie et la finance en passant par son activité diplomatique, l’émirat qatari est omniprésent dans les médias. Que cherche donc le Qatar ? Comment et pourquoi un pays géographiquement et démographiquement aussi faible est-il devenu aussi visible ? La réponse est à la fois dans la géographie du Qatar et dans l’histoire du Moyen-Orient. L’émirat a considérablement changé au cours de ces cinquante dernières années. À quoi ressemble-t-il aujourd’hui ? Immensément riche de son gaz, composé à 85% d’immigrés, le Qatar est un pays où l’avènement de la société de consommation ne s’est pas traduit par un changement des structures sociales. Un pays où le poids des fragilités géographiques et géopolitiques pèse sur les choix diplomatiques et économiques. Un pays, enfin, qui s’interroge sur le rythme à donner aux réformes politiques. Dans cette étude complète et détaillée, Mehdi Lazar propose de retracer la montée en puissance de l’émirat à travers ses lignes de force et de faiblesse et tente ainsi de comprendre les raisons de sa surexposition.

Mehdi Lazar est géographe et spécialiste du Qatar. Il est chercheur associé au laboratoire Géographie-cités et docteur de l’université Panthéon-Sorbonne.

. Rapport Schuman sur l’Europe. L’état de l’Union 2013. Paris, éditions Lignes de Repères.

Une lecture indispensable pour distinguer l’essentiel de l’accessoire, comprendre et donner du sens.

Une source unique : les plus hautes personnalités et les meilleurs experts développent leurs analyses et passent en revue l’Union européenne et ses politiques – gouvernance, fédéralisme, régulation financière, budget, mondialisation, modèle social,...

Un outil pratique : plus de 35 cartes inédites, une synthèse de l’Europe politique et juridique, un ensemble complet de statistiques commentées sur l’Europe.

Cette 7ème édition contient un entretien exclusif avec José-Manuel Barroso, président de la Commission européenne, et des contributions d’A. Lamassoure, J. Ackermann, S. Serfaty, M. Lemoine, P. Perrineau, et d’autres experts parmi les meilleurs connaisseurs des dossiers européens.

. Georges Couffignal (dir.), Amérique latine, 2012 année charnière, édition 2013, Paris, la Documentation française, 2013.

Même si, dans quantité de domaines, les trajectoires nationales sont de plus en plus singulières et distinctes, l’Amérique latine continue à se vouloir « une », à être considérée comme un « tout ». La démocratie s’enracine, certes de manière parfois imparfaite, les sociétés civiles s’affirment, la corruption est de moins en moins tolérée.

D’une façon générale, la croissance est toujours soutenue, la pauvreté recule. Et le relatif désintérêt des États-Unis incite certains pays à s’émanciper désormais de l’ancienne puissance tutélaire et à se tourner, comme le Brésil, vers l’Asie, notamment vers la Chine.

En fin d’ouvrage, une fiche signalétique par pays en présente la synthèse politique, économique, sociale et environnementale.

. Arnaud Duval, Le dernier testament de Kim Jong-Il. Il était une fois la Corée du Nord. Coll. Document. Michalon, 2013.

. Jean-Charles Jauffret, La guerre inachevée. Afghanistan, 2001-2013, Paris, Autrement.

À la suite des élections américaines et en plein retrait des troupes occidentales d’Afghanistan, cette nouvelle édition revue et augmentée d’un ouvrage lauréat du prix du livre de Verdun en 2010 analyse l’un des plus grands conflits contemporains. Un remarquable essai d’histoire immédiate. Depuis octobre 2001 dans les montagnes afghanes, une guerre qui a mis du temps à dire son nom perdure, rappelant parfois les précédents algérien ou vietnamien. S’il ne s’agissait, au début, que de détruire les camps d’entraînement d’Al-Qaida et de désarmer les talibans, le conflit a vite basculé dans une guerre sordide faite d’attentats-suicides, d’engins piégés, de crimes de guerre et d’incessants combats entre une coalition suréquipée mais dépassée par un ennemi insaisissable. À la veille de leur retrait, qu’en est-il de l’engagement des forces françaises, de leur culture de guerre issue des vieilles recettes coloniales ? Terrain d’expérimentations tactiques et technologiques de tout ordre, cette « campagne d’Afghanistan » deviendra-t-elle celle qui aura vu la dernière génération du feu ? Quel type de narco-Etat la coalition laisse-t-elle derrière elle ? Quelles solutions auraient pu être mises en avant pour garantir l’avenir de ce pays où tout est désormais possible, de l’espoir d’une vie meilleure au cauchemar du retour des talibans ? Jean-Charles Jauffret aborde l’ensemble de ces questions en croisant les témoignages d’acteurs de cette guerre, et tirent les conclusions qui s’imposent sur la pratique militaire occidentale et sur l’avenir de l’Afghanistan.

. Yvette Veyret & Richard Laganier, Atlas des risques en France Prévenir les catastrophes naturelles et technologiques, Paris, Autrement, 2013.

100 cartes et infographies pour mieux appréhender les dangers qui menacent les populations et expliquer les moyens mis en oeuvre pour prévenir les catastrophes et réduire leurs impacts.

Tempêtes, séismes, inondations, accidents industriels : les réactions des sociétés face à ces phénomènes. - Comment la gestion du risque s’organise-t-elle ? Quels sont les enjeux, les acteurs, les coûts, les obstacles ? L’importance d’une analyse spécifique des risques naturels et technologiques selon les territoires, en métropole et en outre-mer. Concilier l’aménagement, le développement économique des territoires et la sécurité des individus : tel est l’enjeu, depuis quelques décennies, de la "culture du risque" en France.

. Dr. Muriel Salmona, Le livre noir des violences sexuelles, éd. Dunod, 10 avril 2013.

Les violences sexuelles, familiales, conjugales sont une réalité toujours peu prise en considération par les acteurs médico-sociaux et politiques. C’est aussi une dimension des réalités géopolitiques. Or les conséquences psychotraumatiques de ces violences sont énormes en terme de santé publique. Cet ouvrage entend dénoncer ce silence et cette démission pour permettre aux victimes d’être réellement et efficacement traitées. Un livre document qui éclaire, explique et interpelle !

Sommaire. Penser les violences sexuelles (un non sens traumatisant ; les mécanisme à l’origine des violences ; pourquoi les violences ne sont pas dénoncées ; le cycle infernal des violences). Les pathologies liées aux violences sexuelles (la mémoire traumatique ; la dissociation et l’anesthésie émotionnelle ; l’hypervigilance ; les conduites de contrôle et les conduites d’évitement ; les conduites dissociantes ; les autres conséquences psychotraumatiques). Survivre à la violence (pourquoi est-on choisi comme victime ? Pourquoi comment-on des violences ? Comment gérer sa mémoire traumatique ? Comment survivent les victimes ? Prise en charge et traitements. Glossaire. Bibliographie.

Muriel Salmona est psychiatre, spécialisée dans la clinique des psychotraumatismes. Elle est responsable de l’Antenne 92 et l’Institut de victimologie. Elle a fondé l’association Mémoire traumatique et victimologie. Extrêmement active, elle mène un combat largement relayé par les médias. Elle anime un blog (stop aux violences conjugales, familiales et sexuelles).

. Philippe Chassaigne & Marie-Claude Esposito, Londres. La ville-monde, Paris, Vendémiaire, 2013.

. David Blanchon, Atlas mondial de l’eau Défendre et partager notre bien commun (édition revue et augmentée), Paris, Autrement, 2013.

En 100 cartes et infographies, cet atlas propose une excellente synthèse sur la question de l’eau, traitant à la fois des ressources, de leur utilisation, de leur gestion et des défis à venir.

Un bien commun mal réparti, révélateur d’inégalités et de tensions sociales. Un défi à la fois sanitaire et social, économique et environnemental, mais surtout un choix politique. Une ressource irremplaçable à protéger des pollutions industrielles et agricoles, de la dégradation, de la surexploitation, de la marchandisation. Dans cette nouvelle édition entièrement remise à jour, David Blanchon démontre qu’il n’y a pas de fatalité et que des solutions existent afin de remédier aux pénuries locales, de mieux gérer l’eau, de généraliser son accès dans le Sud et de réduire la pollution au Nord.

David Blanchon est géographe et maître de conférences à l’université de Paris-X (Nanterre). Aurélie Boissière est cartographe géographe indépendante et travaille régulièrement pour Courrier international.

. Sous la direction de Philippe Norel et Laurent Testot Une histoire du monde global, Auxerre, Éditions Sciences Humaines, 2012.

Le présent a besoin d’une histoire, ou plutôt d’histoires plurielles, qui considèrent à parts égales le passé de toute l’humanité. Mieux comprendre ce qui s’est réellement joué entre les différentes parties d’un monde clivé par ses frontières est une nécessité vitale. Et celle-ci ne peut être mise en œuvre que dans une perspective élargie, qu’entend apporter l’histoire globale : une analyse innovante, jouant des échelles temporelles et géographiques, s’affranchissant des frontières disciplinaires. Depuis des millénaires, les humains ont été en connexion : par les échanges, les transferts de techniques et d’idées, la circulation des religions, les migrations, l’acclimatation des plantes comme par les conquêtes impériales, leurs crimes et leurs apports… Les textes réunis dans cet ouvrage esquissent, à travers différents thèmes (mondialisation, capitalisme, modernité, échanges, environnement…), une histoire de notre Monde, de nos passés divers qui se sont rencontrés depuis fort longtemps et qui, sinon, auraient à coup sûr été différents… En annexe, le géohistorien Vincent Capdepuy livre des analyses de documents comme autant d’exemples d’une « Histoire globale par les sources », afin de promouvoir l’enseignement d’une nouvelle histoire mondiale.

. Mohammad-Reza Djalili, Thierry Kellner, L’Iran, collection « 100 questions sur », Édition La Boétie, Paris, 2013, 292 p.

. Gael Baryin, Dans les mâchoires du chacal, mes amis touaregs en guerre au Nord-Mali, éditions le passager clandestin, 2013 - ISBN 9782916952888

Depuis bientôt 35 ans, Gael Baryin vit entre la France et le Nord du Mali, très exactement la région de Kidal. Dans l’urgence de l’intervention française de janvier, il a rédigé ce texte qui nous éclaire sur les enjeux de la guerre en cours.

« Il me demande de quelle tribu je suis, chez moi, en France. Il y a un désert entre nous. Je lui explique que chez nous on n’a pas de tribus. Il me regarde, regarde le feu, reste silencieux un long moment. « Alors, si vous n’avez pas de tribus, comment vous faites pour savoir qui vous êtes ? » Je pourrais répondre qu’on a des psychanalystes mais ce serait beaucoup trop compliqué… » (Gael Baryin)

Un témoignage rare, qui permet de comprendre une situation complexe et que n’éclairent en rien les discours médiatiques et politiques actuels ; ce livre nous fait mesurer à quel point il est urgent, si c’est la paix qu’on souhaite pour le Mali, que le point de vue des Touaregs soit enfin pris en compte.


Le livre recommandé par le Diploweb.com pour le mois d’avril 2013

. Alexis Bautzmann, Atlas géopolitique mondial, édition 2013, éd. Argos.

Pierre Verluise, Directeur du Diploweb : "Voici un chef d’oeuvre d’intelligence : de superbes cartes réalisées par Laura Margueritte, commentées par des auteurs de la qualité de Sébastien Abis, Guillaume Fourmont, Thierry Pouch, Frank Tétart... Le tout placé sous la direction d’Alexis Bautzmann qui prouve depuis plusieurs années avec les publications d’Areion group (Diplomatie, Carto, Moyen-Orient...) ses compétences à la fois intellectuelles et managériales. Un bel outil, un document de référence à conseiller à tous ceux qui veulent interroger et comprendre le monde."

En près de 300 cartes en couleurs, l’Atlas géopolitique mondial offre un panorama complet de l’ensemble de l’actualité géopolitique, géoéconomique et géostratégique mondiale. La richesse de son support cartographique est inégalée en France. Il prend appui sur les magazines du groupe Areion (Carto, Diplomatie, Défense et sécurité internationale, Moyen-Orient…) qui garantissent au lecteur le plus large balayage international actuellement disponible dans la presse française. Outil indispensable à qui veut comprendre les bouleversements qui atteignent nos sociétés, l’Atlas géopolitique mondial traite de toutes les tendances de fond qui redessinent notre futur : origines et développement de la Crise économique mondiale ; relativisation du poids stratégique des puissances « occidentales » ; montée en puissance des radicalismes religieux ; extension de la prolifération nucléaire, biologique et chimique ; problèmes démographiques et migratoires ; rareté des ressources naturelles. En fournissant au lecteur des cartes prospectives, l’Atlas géopolitique mondial se démarque résolument des limites des autres ouvrages. L’ensemble des futurs est scruté : l’Union européenne est-elle condamnée à un inéluctable déclin ? Comment évoluera le flanc sud de la Méditerranée après le « printemps arabe » ? La Chine basculera-t-elle dans le chaos avant d’avoir réussi à stabiliser sa société et son modèle de développement ? Quels rapports de force dans le très opaque régime nord coréen ?


Le livre recommandé par le Diploweb.com pour le mois de mars 2013

. Maya Kandel, Mourir pour Sarajevo ? Les Etats-Unis et l’éclatement de la Yougoslavie, CNRS éditions, 2013.

Le colonel Michel Goya a écrit à propos de cet ouvrage : "Issu d’un travail de thèse récompensé en 2010 par le prix scientifique de l’Institut des hautes-études de défense nationale, Mourir pour Sarajevo ? est un document unique à la fois sur cette période sombre de l’histoire de l’Europe mais aussi sur les institutions américaines et leur fonctionnement. Dans un contexte de doute pour les nations de l’Europe et où les Etats-Unis sont encore persuadés, non sans raison, que le reste de l’univers a encore besoin d’eux, cette lecture est doublement indispensable à ceux que le monde intéresse."


. Jean-Marie Bouissou, François Godement & Christophe Jaffrelot, Les géants d’Asie en 2025, Chine, Japon, Inde, Arles, Philippe Picquier, 2013.

Il y a longtemps que l’Asie est le centre de gravité démographique du globe. Aujourd’hui, elle est essentielle à l’économie mondialisée. Demain, elle pourrait se trouver au coeur des équilibres géostratégiques et militaires de la planète. Trois des meilleurs spécialistes français se livrent ici à un exercice de prospective. Ils nous donnent leur vision de l’évolution des trois géants d’Asie dans les dix années à venir.

Quand nombre d’experts se contentent de prolonger les courbes de croissance, eux multiplient les hypothèses qui se répondent d’un chapitre à l’autre. Leurs scénarios se fondent sur une profonde connaissance du passé et du présent de la Chine, du Japon et de l’Inde, et des très nombreux facteurs de tous ordres (économique, démographique, politique, culturel, géostratégique) dont dépend leur avenir - et avec lui, le nôtre.

. Frédéric Encel, Perspectives énergétiques, Paris, Ellipses, 2013.

Dans un monde énergétique et géopolitique en pleine évolution, l’évaluation anticipée des grands enjeux énergétiques apparaît de plus en plus capitale. Croissance de la demande des pays émergents et tarissement de l’offre, épuisement des ressources fossiles et nouveaux gisements, tensions géopolitiques sur les routes de l’énergie, sûreté nucléaire post-Fukushima, contraintes sociétales et environnementales, investissements dans les nouvelles énergies... Alors que les mix énergétiques des nations développées et émergentes sont appelés à évoluer drastiquement au cours des prochaines décennies, les choix stratégiques dans chacune des filières énergétiques n’ont jamais été aussi cruciaux.

Perspectives énergétiques apporte un éclairage nouveau sur les enjeux énergétiques de la prochaine décennie grâce à une quinzaine d’articles originaux, rédigés par des chercheurs pluridisciplinaires spécialisés dans le domaine de l’énergie. Il s’adresse à un large public soucieux de mieux comprendre les problématiques spécifiques au secteur de l’énergie.

. Victor Piché (sous la direction de), Les théories de la migration, Paris, INED éditions, 2013.

Après un chapitre introductif expliquant les choix retenus replacés dans leur contexte, l’ouvrage s’articule autour de trois grandes parties. La première partie : Origines et causes des migrations, se consacre aux textes qui ont établi des théories explicatives sur les causes des migrations, qu’elles soient de nature individuelle (le choix de partir) ou structurelle (le contexte économique et social). La deuxième partie : Les effets et les conséquences des migrations, s’intéresse aux effets des migrations tant dans les pays développés que dans les pays en voie de développement. Quels sont les effets des courants migratoires sur l’emploi, sur les classes sociales, sur le niveau des salaires ? De façon plus profonde quels sont, à plus long terme, les impacts sociétaux et culturels ? La troisième partie : Les politiques migratoires, ouvre la discussion sur la dimension éminemment politique du phénomène migratoire en termes de gouvernance, de citoyenneté et d’intégration et soulève celle plus délicate de l’immigration clandestine.

. Hervé Kempf, Fin de l’Occident, naissance du monde, Paris, Seuil, 2013

Cessons de nous raconter des histoires sur "la crise" ! Et regardons de face le coeur du problème qui se pose à la société humaine en ce début du XXIe siècle : les contraintes écologiques interdisent que le niveau de vie occidental se généralise à l’échelle du monde. Il devra donc baisser pour que chacun ait sa juste part. Autrement dit, l’appauvrissement matériel de l’Occident est inéluctable. Comment allons-nous vivre cette mutation : en changeant nos sociétés pour nous adapter au mieux à ce nouveau monde, ou en nous opposant au sens de l’histoire, au prix d’un déchaînement de la violence ? Déjà en cours de traduction dans plusieurs langues, ce récit phosphorescent d’idées originales prend comme fil conducteur les tribulations de l’humanité depuis son apparition sur terre.

Captivant et à rebours du discours dominant, il nous invite à une dérangeante lucidité. Mais ce livre est également habité par un optimisme communicatif : oui, un nouveau monde est possible.

. Gérard-François Dumont, Manuel de géographie CM1-CM2, La Librairie des Ecoles, 2012, 26 rue Vercingétorix, 75014 Paris.

70 leçons pour découvrir les paysages et les territoires en France, en Europe et dans le monde. Le Recteur G-F Dumont se fait pédagogue pour les plus jeunes. C’est évidemment le plus difficile, mais il y arrive aussi.

. Yves Lacoste, Atlas géopolitique. Pour comprendre le monde de demain, Paris, Larousse, 2013. 191 pages.

Dans cette nouvelle édition revue et actualisée, particulièrement consacrée à l’analyse de l’actualité et des grands changements géopolitiques de ces dernières années, Yves Lacostes vous propose une approche originale des enjeux majeurs de notre temps. Par le biais de ses fameux diatopes, son objectif est d’analyser des phénomènes en les reliant les uns aux autres, à travers la superposition de cartes de différentes régions du monde à différentes échelles.

. Vincent Hugeux, Afrique : le mirage démocratique, Paris, CNRS Éditions, 2012, 80 p.

Il est de bon ton de considérer que la démocratie progresse en Afrique subsaharienne. Pour l’auteur, la réalité́ est beaucoup plus contrastée. Putsch militaires, coups d’État, refus de certains présidents de quitter le pouvoir ponctuent régulièrement la vie politique de nombreux pays africains. L’obsession de l’Occident pour des échéances électorales considérées comme une fin en soi et non comme l’aboutissement d’un long processus a créé́ une illusion dont il faut désormais se défaire : les simulacres électoraux auxquels on assiste suffisent à relativiser la démocratisation réelle du continent africain et témoignent de la bienveillance complice de la France, de l’Union européenne et des États-Unis. Ce respect formel des normes démocratiques masque mal un enlisement, voire une régression des pratiques politiques africaines. Les exemples sont nombreux : dérives dynastiques au Gabon, en RDC ou au Sénégal, refus de Laurent Gbagbo de quitter le pouvoir en Côte d’Ivoire, bricolages constitutionnels permettant à des chefs d’État d’être réélus indéfiniment, déni du fait ethnique qui demeure une réalité́ politique incontournable, acceptation du « modèle » rwandais associant croissance économique et répression des opposants. Le populisme, la réécriture magnifiée de l’Histoire et la martingale coloniale qui expliquerait les difficultés africaines actuelles : tout est bon pour alimenter le mirage démocratique en Afrique. Un essai dérangeant mais bienvenu au moment où̀, en un saisissant contraste, les peuples arabes se lancent, eux, dans l’aventure démocratique.

. Mohamed-Ali Adraoui, Du golfe aux banlieues. Le salafisme mondialisé, PUF, mars 2013.

Cet ouvrage est le produit d’une immersion de plusieurs années parmi les groupes salafis français. Il met en perspective leur mode de vie, leurs conceptions religieuses, leur vision de la France et des enjeux contemporains, ainsi que leur rapport au politique.

Le salafisme n’en finit pas d’interpeller. Des bouleversements politiques dans le monde arabe à « l’affaire Mohamed Merah », en passant par le débat sur le voile intégral, ce courant de l’islam intrigue d’autant plus qu’il fait trop souvent l’objet d’analyses superficielles. De la diversité des mouvements affirmant emprunter la voie des Salaf Salih (« les Pieux Ancêtres ») à la manière dont les adeptes, majoritairement quiétistes dans notre société, envisagent leur rapport au politique, à l’économie ou aux débats français et internationaux, le présent ouvrage constitue l’une des premières tentatives pour faire la lumière sur une idéologie qui connaît un certain succès, notamment en banlieue. Il est issu d’une immersion de plusieurs années parmi les communautés salafies installées en France, mais dont l’ambition affichée est de rompre avec une société jugée « impie » pour gagner la « terre d’islam », promesse d’une vie en concordance avec les enseignements religieux. Pratique mondialisée, le salafisme apparaît comme la quête d’un « islam véritable » dont l’attrait auprès des jeunes générations doit être analysé. Au-delà de la critique de l’époque contemporaine, les salafis ne sont-ils pas plus modernes qu’ils le prétendent ?

. F. Douzet, et Béatrice Giblin, Des frontières indépassables ? Des frontières d’Etat aux frontières urbaines , Paris, Armand Colin, 2013.

Accroissement des mobilités et des échanges, instantanéité de l’information et de la communication, multiplication des réseaux (financiers, urbains, sociaux.) : la mondialisation semble avoir aboli toute notion d’espace et de temps entre les territoires et augurer l’ère d’un monde « sans frontières ». Pourtant, dans le même temps, les frontières ne cessent de se multiplier : construction de murs, renforcement des contrôles et des dispositifs sécuritaires, partition et création d’États, dynamiques ségrégatives au sein des villes ou encore frontières « mentales » propres aux réseaux sociaux. La notion même de frontière mérite donc d’être interrogée. Car si sa définition fut longtemps simple et admise de tous (limite du territoire sur lequel s’exerce la souveraineté nationale, institution établie par des décisions politiques et régie par des textes juridiques), désormais il n’en va plus de même. L’emploi de ce terme sert parfois à caractériser des limites qui n’ont plus rien à voir avec celles de l’exercice de la souveraineté nationale. Les meilleurs spécialistes de ces questions s’emparent de cette notion en proposant une approche novatrice de la frontière à différents niveaux d’analyse : des États aux quartiers « ghettos », en passant par les réseaux (cyberespace, migrations, trafics, etc.).

Une publication indispensable pour nourrir le débat intellectuel et politique sur l’ouverture et/ou la fermeture des frontières.

Frédérick Douzet est maître de conférences (HDR) à l’Institut français de géopolitique de l’université Paris 8, membre honoraire de l’Institut universitaire de France et membre du comité de rédaction de la revue de géographie et de géopolitique Hérodote.

Béatrice Giblin est professeure à l’Institut français de géopolitique et directrice de la revue de géographie et de géopolitique Hérodote.

Avec les contributions de David Amsellem, Philippe Boulanger, Kevin Braouezec, Diana Burgos-Vigna, Sébastien Colin, Mathilde Costil, Alix Desforges, Isabelle Feuerstoss, Thibaud De Fortescu, Michel Foucher, Agnès De Geoffroy, John Hanley, Yohann Le Moigne, Benjamin Leclère, Guilhem Marotte, Rodrigo Nieto Gomez, Côme Pérotin, Diane Reay, Charlotte Recoquillon, Isabelle Saint-Mézard et Alex Schafran.

. Sous la direction de Hans Stark, Martin Koopmann & Joachim Schield Les relations franco-allemandes dans une Europe unifiée. Réalisations et défis. Bordeaux, Presses Universitaires de Bordeaux, 2013.

Loin des sentiers battus et des discours convenus, cet ouvrage dresse ainsi un bilan des deux dernières décennies (depuis Maastricht) et revient en détail sur un grand nombre de défis auxquels se heurte la relation franco-allemande : la réforme des institutions européennes, la montée des résistances à l’Europe, l’élargissement à l’Est et l’ouverture sur le Sud méditerranéen, la coopération en matière de défense et de sécurité, la crise de l’euro, la crise économique, les défis de la globalisation, le nucléaire civil après Fukushima, les relations socioculturelles et la « perception de l’Autre ».

. Gilbert Ziebura, Les relations franco-allemandes dans une Europe divisée. Mythes et réalités, Bordeaux, Presses Universitaires de Bordeaux, 2013.

Peu de pays ont connu une histoire aussi conflictuelle que la France et l’Allemagne. Aussi la réconciliation fut-elle longue et difficile. Pourtant, les anciens « ennemis héréditaires » sont si bien parvenus à surmonter le passé que leur « modèle » de réconciliation est aujourd’hui étudié et envié partout dans le monde.

Gilbert Ziebura retrace l’histoire de ce processus, de Potsdam (1945) à Maastricht (1992), en analysant le rôle des différents « couples » emblématiques qui se sont succédé au cours de cette période : Adenauer-Schuman, de Gaulle-Adenauer, Schmidt-Giscard d’Estaing et Mitterrand-Kohl. Il démontre que la réconciliation n’est jamais allée de soi, qu’elle a été le fruit de compromis permanents et de la volonté de dépasser les clivages d’autrefois, mais qu’elle s’est aussi inscrite dans un contexte international marqué par la guerre froide et la construction européenne qui ne laissait d’autre choix aux Français et aux Allemands que de s’entendre. Il met en lumière les divergences d’intérêts qui se cachaient derrière le discours de l’amitié, divergences qui ont toujours existé et qui n’ont pas disparu aujourd’hui, alors que l’Union européenne traverse la crise la plus grave depuis sa création.

G. Ziebura analyse la relation franco-allemande dans sa dimension européenne et transatlantique, mais aussi dans sa dimension politique, économique et sociale – condition indispensable pour comprendre les enjeux actuels de la relation entre Paris et Berlin.

. Michel Deshaies, Atlas de l’Allemagne.Les contrastes d’une puissance en mutation, Paris, Autrement, 2013. 96 pages

. Sous la direction de Charles-Philippe David, Théories de la politique étrangère américaine. Auteurs, concepts et approches, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, 2013

Quand il s’agit de comprendre pourquoi les États-Unis agissent d’une façon ou d’une autre dans le monde, les débats sont généralement virulents, et souvent réducteurs. Les théories peuvent alors être très utiles pour éviter ces dérapages dans la mesure où elles permettent de structurer l’expression des enjeux et des arguments.

. Claude Chancel et Libin Liu Le Grix, Le grand livre de la Chine. Histoire, géographie, civilisation et pensée, économie et géopolitique, Eyrolle, 2013, 265 p.

Ce guide dresse un panorama inédit pour rendre compte de la réalité chinoise. Il aborde successivement histoire, géographie, civilisation, pensée, vie quotidienne et économie.

Conçu conjointement par un historien et un chef d’entreprise, validé et cautionné par une équipe de sinologues, il constitue un outil unique de découverte et d’étude.

. Christian Lequesne et Maurice Vaïsse (dir.), La politique étrangère de Jacques Chirac, éd. Riveneuve, 2013.

Que reste-t-il des douze années de présidence de Jacques Chirac (1995-2007) dans le monde ? Une politique étrangère active et pragmatique, que le président a toujours considérée comme au cœur de ses responsabilités : la suspension de la conscription, l’arrêt des essais nucléaires dans le Pacifique, l’opposition résolue à la guerre des Etats-Unis en Irak, le soutien au projet de Constitution européenne malgré le rejet de la population française. Les contributions de ce livre - écrites par les meilleurs spécialistes - s’appuient sur les archives, les mémoires et les témoignages des acteurs. Elles illustrent la densité d’une période marquée par l’attentat du 11 septembre, les guerres d’ex-Yougoslavie et d’Irak, la cohabitation en France.

Pendant le premier mandat de Jacques Chirac, la France semble reculer en Europe face à l’élargissement et au poids grandissant de l’Allemagne et elle est paralysée par la pesanteur de vieilles pratiques diplomatiques avec l’Afrique. Placé davantage sous le signe de la politique étrangère, le deuxième mandat est celui de l’opposition de Jacques Chirac à l’intervention en Irak, une décision qui divise l’Europe mais rehausse aussi le prestige de la France dans le monde non occidental.

Christian Lequesne est directeur du Centre d’études et de recherches internationales (CERI) et professeur de politique européenne à Sciences Po.

Maurice Vaïsse est professeur émérite des universités à Sciences Po, spécialiste de l’histoire des relations internationales. Il est également éditeur de la série la plus récente des Documents diplomatiques français.

. Assemblée nationale, Commission des affaires européennes, J. Pueyo et Y. Fromion, Rapport d’information, n°536, L’Europe de la défense à la veille du Livre blanc, 85 p.

. Yves Plasseraud, L’Europe et ses minorités, Coll. Europa, PUG, 2013.

Depuis des décennies, la question des minorités agite le continent européen, conduisant parfois à la guerre, voire à la guerre civile. Aujourd’hui, si l’Union européenne nous épargne les conflits majeurs que l’Europe a connus, la question des minorités reste préoccupante : séparatistes basques, nationalistes corses, mais aussi Roms, Ossètes ou Tchétchènes s’invitent régulièrement à la une des journaux. Mais au-delà de ces minorités historiques, il existe aussi des minorités plus récentes, issues de l’immigration de ce dernier demi-siècle.

Fort de son expérience internationale, Yves Plasseraud constate combien l’intégration de nouvelles minorités extra-européennes est difficile, à cause notamment de la précarité qui entraîne le rejet, le racisme et la xénophobie. Qui sont ces minoritaires européens, quelles sont leurs demandes, comment nos États peuvent-ils y répondre ? Quelles politiques adopter ? Comment rendre celles existantes efficaces ? Autant de questions sur lesquelles il est urgent de réfléchir. L’enjeu est de taille : l’Europe a besoin de cet apport démographique ; sa survie est à ce prix.

S’interrogeant sur une problématique majeure de la société contemporaine, cet ouvrage donnera aux étudiants et enseignants en science politique mais aussi à tout un chacun une vision historique et actuelle des enjeux fondamentaux que sont l’accueil de nouvelles populations et l’aménagement du statut des minorités autochtones.

. Marc-Antoine de Montclos, Les humanitaires dans la guerre. Coll. Les études, Paris, La documentation française, 2013.

L’aide à destination de régions en crise est une ressource politique pour les belligérants comme pour les pays donateurs. À partir de ce constat et de l’étude de plusieurs conflits survenus au XXe siècle, l’auteur ouvre le débat. Il donne de nombreux éléments d’information sur la façon dont les institutions humanitaires tentent de gérer de pareils dilemmes et propose de réfléchir aux effets de ces interventions.

Dans la tradition de la Croix-Rouge, l’aide humanitaire apportée aux victimes de conflits armés se présente comme neutre et apolitique. Mais la réalité est plus complexe : trop souvent rackettées et attaquées par les combattants, les organisations de secours peuvent alimenter les guerres par leurs effets d’entraînement économiques ou du fait qu’elles déchargent les belligérants de leurs obligations sociales en leur permettant de concentrer toutes les ressources locales vers l’action militaire. Paradoxalement, il arrive donc que les interventions humanitaires contribuent à prolonger les conflits.

Elles peuvent également être instrumentalisées par les États et les bailleurs de fonds. À l’épreuve du terrain, la neutralité et l’indépendance revendiquées par les organisations non gouvernementales doivent notamment se plier à des impératifs de coordination et d’efficacité qui les obligent à entretenir des relations ambiguës avec les militaires déployés dans le cadre d’opérations de paix.

Marc-Antoine Pérouse de Montclos est docteur en sciences politiques, chercheur à l’Institut de recherche pour le développement (IRD), enseignant à l’IEP de Paris

. Hervé Coutau-Bégarie, Bréviaire stratégique, Argos, janvier 2013.

Le Bréviaire stratégique d’Hervé Coutau-Bégarie, lecture célèbre dans les milieux militaires français et qui est édité ici pour la première fois, est l’initiation à la stratégie la plus synthétique et la plus suggestive qui soit. Le style très ciselé privilégie la clarté et, en dépit d’un niveau conceptuel élevé, l’ouvrage est d’un abord facile. Il offre une synthèse de la réflexion stratégique par l’apport de principes clairs, de définitions essentielles et de références fondamentales. Sous une forme identique aux pensées de Pascal ou à la Théorie du combat de Clausewitz, 555 courts paragraphes s’inscrivent dans l’enchaînement d’une démonstration, bien que chacun puisse être lu séparément. Vrai outil de travail pour tous les amateurs de stratégie, il part d’une réflexion sur la nature de la stratégie (essence, spécificité et évolution) pour conclure sur la personne du stratège, spécialiste de la dialectique des volontés utilisant la force pour régler leur conflit. Une lecture essentielle, un grand classique, par le plus éminent des stratégistes français, disparu au début de l’année 2012.

L’auteur : Hervé Coutau-Bégarie disparu en 2012 à l’âge de 55 ans, était directeur d’études à l’Ecole pratique des Hautes Etudes et directeur du cours d’introduction à la stratégie au Collège Interarmées de Défense (Ecole de Guerre). Pendant quinze ans, il aura formé des générations d’officiers à la science stratégique. Président de la Commission Française d’Histoire Militaire et de l’Institut de Stratégie Comparée, Membre de l’Académie royale des sciences navales de Suède, il a publié en trente ans une somme considérable d’articles et d’ouvrages sur la stratégie, traduits dans plus de douze langues, dont son monumental Traité de Stratégie, qui en est à sa septième édition. Il demeure célébré comme l’un des meilleurs stratégistes français.

. Etienne Grass, L’Europe sociale. Coll. réflexeeurope, La documentation française, 2013.

La Charte communautaire des droits sociaux fondamentaux, adopté en décembre 1989 par une déclaration commune de chefs d’Etat et de gouvernement (hors Royaume-Uni) a dressé les contours du modèle social européen. Cependant, depuis les années 2000, les équilibres politiques au sein de l’Union européenne ont évolué au détriment de la convergence sociale, la culture du dialogue social s’est dissipée et l’idée d’un modèle unique est aujourd’hui contestée. Dans ce contexte, le juge de l’Union semble devenu le principal moteur de l’Europe sociale à travers la reconnaissance de droits nouveaux au profit des salariés et des citoyens européens.

Comment consolider cet acquis communautaire dans une Union élargie fragilisée par les crises ? C’est à cette question de fond que cet ouvrage répond, après avoir abordé tour à tour les principaux apports de l’Europe sociale dans les domaines du travail, de la protection sociale et dans ses nouveaux champs d’intervention (pauvreté, handicap, égalité hommes-femmes). Et si l’Europe sociale parvenait finalement à se relancer en s’imposant comme la juste contrepartie au renforcement de la gouvernance économique de l’Union européenne ?

. Abdelassiem El Difraoui, Al-Qaida par l’image. La prophétie du martyre, Coll. Proche-Orient dirigée par Gilles Kepel, PUF, 2013.

Al-Qaida et la plupart des groupes alliés auraient probablement déjà disparu sans l’élaboration d’une stratégie de communication redoutable dont la production audiovisuelle est devenue l’instrument principal. L’analyse systématique de ce phénomène de propagande, probablement le plus important depuis le début du XXIe siècle, n’avait encore jamais été effectuée. Pourtant, son corpus visuel nous offre un aperçu extraordinaire de l’histoire du jihadisme global.

Après avoir analysé les principaux producteurs de la propagande jihadiste et présenté son langage visuel, Abdelasiem El Difraoui expose l’évolution du Grand Récit jihadiste et de sa production audiovisuelle des trois dernières décennies. Au-delà de la propagande, cette production détourne la mythologie de l’islam pour en créer une nouvelle au sein de laquelle le culte du martyre joue un rôle central est alors créée une nouvelle cosmologie qui élève Ben Laden au rang de prophète.

De cette analyse il ressort que, en dépit de leur échec à mobiliser les masses musulmanes, Al-Qaida et sa nébuleuse sont parvenues à créer des images et des symboles reconnus aujourd’hui par de nombreux croyants et qui pourraient continuer à inspirer les générations à venir.

Abdelasiem El Difraoui, germano-égyptien, est docteur de Sciences Po Paris. Il a gagné de nombreux prix internatio-naux pour ses reportages et documentaires, notamment pour Le Siège de Bagdad, qu’il a réalisé, et pour Tahrir 2011, qu’il a coproduit. Il a conseillé le gouvernement allemand en matière de politique étrangère et est actuellement senior fellow à l’Institut de recherches sur la politique des médias et de la communication de Berlin. Il a particulièrement travaillé sur le rôle des médias pendant les printemps arabes.

. Olivier Kempf, Géopolitique de la France. Entre déclin et renaissance, 8 cartes en couleurs, Paris, éd. Technip, 2013.

Alors que le public français se passionne pour la géopolitique, il n’existe pas d’ouvrage de référence sur la géopolitique de la France. Or, notre pays constitue un sujet éminemment géopolitique. Héritier d’une longue histoire, inventeur de l’État-nation, acteur européen central que ce soit par les guerres du passé ou la construction plus récente de l’Union, il a besoin que l’on comprenne sa géopolitique : c’est une tâche d’autant plus urgente que les bouleversements du monde mettent en question les dispositifs anciens et les certitudes héritées.

Le livre est divisé en deux grandes parties :

. La géopolitique intérieure : l’auteur y décrit la construction de la France, son cadre géographique qui incline mais ne décide pas, son histoire très riche mais reconstruite en une véritable géohistoire, enfin la question de la centralité de Paris et de l’État, ces deux passions françaises. Il s’agit ensuite de comprendre les structures de la nation : les Français, le rapport entre villes et campagnes, la géoécononomie de la France et sa culture.

. La géopolitique extérieure : il s’agit d’étudier la richesse et la complexité des liens entre la France et chacun de ses voisins, mais aussi la question européenne, les héritages coloniaux ou les rapports de la France avec le reste du monde. Le livre décrit les fondements de l’action extérieure, en passant en revue le dispositif militaire, les logiques de son utilisation à l’extérieur (des opérations aux alliances) avant de décrypter sa diplomatie et sa place dans l’ordre international, et son attitude face à la mondialisation et à l’émergence. Cet ouvrage permet d’analyser les logiques à l’oeuvre dans la géopolitique de la France, pour comprendre qu’elle a, d’une certaine façon, achevé son projet géopolitique et qu’il lui faut en concevoir un nouveau. Pour cela, bien saisir ce qu’on est et d’où l’on vient constitue un diagnostic indispensable pour définir une stratégie : en cela, cet ouvrage est un outil essentiel qui constitue d’emblée la référence sur le sujet. Un livre à la fois permanent et actuel.

. Cécile Calla et Claire Demesmay, Que reste-t-il du couple franco-allemand ? Coll. réflexeeurope, La documentation française, 2013.

Le 22 janvier 2013, sera célébré le cinquantième anniversaire du Traité de l’Elysée signé entre le chancelier allemand Konrad Adenauer et le président français Charles de Gaulle. Il fixait les objectifs d’une coopération accrue entre l’Allemagne et la France dans les domaines des relations internationales, de la défense et de l’éducation, institutionnalisant une relation privilégiée.

Qu’en reste-t-il aujourd’hui ? L’ouvrage de Cécile Calla et Claire Demesmay - spécialistes des relations franco-allemandes - revient sur l’histoire de ce couple incarné par leurs dirigeants respectifs, et constamment présenté, surtout dans l’Hexagone, comme le moteur fondamental de la construction européenne.

Amorcé à la fin de la Seconde Guerre mondiale, le rapprochement politique et civil entre la France et l’Allemagne reposait sur un savant équilibre. La chute du mur de Berlin et l’élargissement de l’Union européenne, par leurs répercussions géopolitiques, ont modifié en profondeur ses fondements. L’affirmation politique d’une Allemagne unifiée et économiquement dynamique, sur fond de perte d’influence française, alimentent aujourd’hui les interrogations.

Depuis 1963, les médias et les observateurs n’ont en fait eu de cesse de s’interroger sur la force, sur les soubresauts, voire sur la réalité même, du couple franco-allemand. Sans minimiser les divergences passées et présentes entre les deux pays, ni les défis qui les attendent dans un contexte de crises, les auteures montrent que l’ancrage de leur relation au sein de la société civile confère au couple franco-allemand une solidité au-delà des soubresauts politiques. Sans doute n’est-il plus désormais le moteur de la construction européenne, mais ce couple demeure, aujourd’hui comme hier, incontournable pour la faire progresser. Pour retrouver un nouveau souffle, il lui faudra cependant innover et échapper aux écueils du vase clos, de l’ennui et du repli.

Préface d’Alfred Grosser, professeur émérite des Universités à Sciences Po

Cécile Calla, ancienne correspondante pour Le Monde à Berlin est rédactrice en chef du magazine franco-allemand "Paris-Berlin ». Claire Demesmay est responsable du programme Relations franco-allemandes de l’Institut allemand de politique étrangère (DGAP)


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Dernière mise à jour le vendredi 24 octobre 2014