Actualité des livres géopolitiques

Par Pierre VERLUISE, Selma MIHOUBI, le 16 juin 2016  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Selma Mihoubi, Journaliste et doctorante à l’Institut Français de Géopolitique (IFG) de l’Université Paris VIII. Pierre Verluise, Docteur en Géographie politique de l’Université Paris IV, est Directeur du Diploweb.com.

Les livres géopolitiques sont nécessaires à la compréhension du monde. Le Diploweb.com en présente ici une veille spécialisée, unique sur la Toile, vue chaque mois par plusieurs milliers de personnes qualifiées. Le Diploweb.com ne touche aucune commission des éditeurs ou libraires.

Les éditeurs qui souhaitent faire connaître leurs nouveautés doivent adresser un exemplaire à Diploweb.com, 1 avenue Lamartine, 94300, Vincennes, France. Pour communiquer leur programme, les éditeurs doivent adresser un courriel à l’adresse suivante redactiondiploweb [at] gmail.com . La rédaction reste juge seule de ses choix.

. Samuel Arlaud, Yves Jean, Introduction à la géographie rurale, Paris, Armand Colin, à paraître (janvier 2017).

Cette introduction a pour objectif d’analyser de la façon la plus complète possible les systèmes agraires français, leurs mutations récentes et les enjeux de développement. La première partie décrit la manière dont les sociétés rurales françaises se sont constituées et le fonctionnement des systèmes territoriaux. La deuxième partie aborde les mutations récentes des fonctions du rural dans le cadre d’une démarche pédagogique. Enfin la dernière partie vient faire le point sur les politiques territoriales actuelles, les acteurs et les enjeux de développement.
Chaque chapitre renvoie à un débat d’actualité (politiques d’aménagement du territoire, OGM, agriculture-environnement, nouvelles mobilités et le multirésidentialisme, représentations liées aux paysages, nouvelles relations villes-campagnes) et est assorti d’une étude de cas.

. Paul Claval, L’aventure occidentale : modernité et globalisation, Paris, Sciences humaines éditions, à paraître (septembre 2016).

Dans cet essai, l’auteur combine les concepts de modernité et de globalisation pour aborder l’histoire et la géographie occidentales depuis le XVIIe siècle. Il explore les conséquences de cette combinaison et pointe les craintes qu’elle suscite, avant de donner des clés pour le futur.

. Ilya Yashine, Le rapport Nemtsov. Poutine et la guerre, Paris, Actes Sud, 2016.

Boris Nemtsov, dirigeant du parti Parnas, l’un des principaux opposants russes, préparait un rapport sur « Poutine et la guerre » dans lequel il entendait montrer comment le maître du Kremlin avait préparé la guerre contre l’Ukraine.
Au début de cette année, Boris Nemtsov avait commencé à rassembler des informations dans ce but, convaincu qu’en Russie, à part Vladimir Poutine et son entourage, personne n’avait besoin de cette guerre.
Boris Nemtsov n’a pas eu le temps d’achever ce réquisitoire. Il a été abattu par des tueurs, le 27 février 2015, sous les murs du Kremlin.
Ce rapport est donc basé sur les informations qu’il avait réunies et sélectionnées. Ses notes manuscrites, les documents rassemblés par lui, ont tous été utilisés pour la rédaction finale de ce rapport qui restera comme une réponse prémonitoire à l’impudente propagande du pouvoir.
Mais on le sait bien depuis Anna Politkovskaya assassinée et tant d’autres — en Russie, le courage politique se paie au prix fort.

. Bonnie Campbell, Jean-Jacques Gabas, Denis Pesche, Vincent Ribier (dir.), Les transformations politiques de coopération. Secteurs agricoles et miniers au Canada et en France, Paris, Karthala, 2016.

Au cours des décennies écoulées, les politiques de coopération au développement des États dits du Nord ont connu de profondes transformations. Celles-ci s’expliquent par la place croissante de nouveaux acteurs étatiques (Chine, Brésil, Inde…) et privés (fondations, entreprises…). Parallèlement, le régime international de l’aide et de la coopération a évolué dans un sens libéral. Ces différentes grandes lignes d’évolution entraînent une forte diversité des politiques selon les secteurs et les pays. Il est nécessaire pour identifier ces transformations de procéder à des analyses plus fines.

Les contributions de cet ouvrage ont été conduites selon une approche pluridisciplinaire (des sciences politiques à la sociologie, en passant par l’économie), seule susceptible de traiter les processus complexes régissant les politiques de coopération. En effet, ces dernières supposent la prise en compte de multiples niveaux (multilatéral, bilatéral, local) et de jeux d’acteurs aux comportements et intérêts divergents.

Pour mener à bien ces recherches dans les cas du Canada et de la France, des pays a priori très différents quant à leurs traditions administratives et à leur histoire, cet ouvrage se concentre sur l’étude de deux secteurs clés pour un grand nombre de pays les moins avancés (PMA)  : l’agriculture et les mines. Il ressort de cet examen que la longue histoire de coopération menée par ces deux pays pèse fortement sur leurs politiques actuelles. Malgré un contexte international où les règles et les normes tendent à s’homogénéiser, les politiques de coopération du Canada et de la France apparaissent toujours marquées par leurs traditions économiques et sociales.

. Juan-Luis Klein, Frédéric Lasserre, Le Monde dans tous ses États. Une approche géographique, Montréal, PUQ, 2016.

Science du territoire, la géographie aborde le rapport de la société à l’espace. Mondialisation aidant, l’ancrage territorial des collectivités humaines est en constante mouvance, et de nouveaux équilibres (ou déséquilibres) se créent à l’échelle tant régionale que mondiale. Le monde est ainsi tout sauf homogène, d’où l’importance de l’approche géographique pour comprendre les changements qui l’affectent.

Cet ouvrage passe en revue les principaux bouleversements qui traversent l’ «  espace-monde  » contemporain. La première partie expose les enjeux écologiques, politiques, économiques et sociaux d’un monde en mutation. La seconde partie présente les grands espaces où se met en scène la mondialisation  : l’Amérique du Nord, l’Amérique latine, l’Europe, l’ex-URSS, l’Asie du Nord-Est, l’Asie du Sud-Est, l’Asie du Sud, l’Océanie, le Moyen-Orient et l’Afrique. Cette troisième édition du Monde dans tous ses États, augmentée, entièrement mise à jour et repensée dans une perspective pédagogique, est enrichie de plusieurs capsules d’approfondissement, de nombreuses cartes originales ainsi que de tableaux de données sur la superficie, la démographie et la situation socioéconomique des pays.

. Marie Redon, Géraud Magrin, Emmanuel Chauvin, Laetitia Perrier Bruslé, Émilie Lavie (dir.), Ressources mondialisées. Essais de géographie politique, Paris, Publications de la Sorbonne, 2015.

La société 2.0 qui fait l’air du temps mondialisé ne se réduit pas à l’information numérique et aux flux immatériels. Elle se fonde sur la mobilisation d’énergies et de matières éminemment tangibles : hydrocarbures et minerais, eau, terres, biodiversité. Enrôlées dans la grande circulation mondiale du marché ou, au contraire, préservées au nom de leurs valeurs patrimoniales et environnementales, ou encore au nom de la protection des équilibres environnementaux planétaires, les ressources de la nature sont au cœur des enjeux sociaux et politiques du monde contemporain. Cet ouvrage vise à rendre plus intelligibles ces ressources et les rapports de pouvoir qu’elles induisent, en les appréhendant comme des constructions sociales. La géographie politique et la géographie critique de l’environnement, ici croisées, montrent comment les sociétés mettent en valeur ces matières physiques, mais aussi comment des éléments plus immatériels – discours sur la nature, les paysages, le patrimoine, ou encore l’aide humanitaire – contribuent à la production de ressources. Les ressources ici étudiées éclairent la rencontre de logiques locales et d’enjeux relevant d’autres niveaux – qu’ils soient nationaux, régionaux et, très souvent, mondiaux. Un chapitre introductif balise cet itinéraire en douze essais, nourris de données de terrain variées, portant tous sur des sujets d’actualité. Trois axes de réflexion, autour des formes spatiales, de la disponibilité (pénurie ou abondance) et des régulations environnementales des ressources rendent possibles des comparaisons entre les cas d’étude, situés en Europe, en Russie, en Amérique latine et en Afrique.

. Éric Glon, Bernard Pecqueur (dir.), Au coeur des territoires créatifs. Proximités et ressources territoriales, Rennes, PUR, 2016.

Les proximités organisées et territorialisées émergent dans les maillages, les collaborations formelles et informelles, dans la vivacité des pratiques démocratiques locales et dans le sens que les acteurs donnent collectivement au devenir du territoire. Par la diversité des exemples et des réflexions, ce livre montre que les proximités et les ressources territoriales peuvent être au cœur de territoires créatifs et font apparaître des ressources inattendues et inédites.

. Angela Demian, La nation impossible ? Construction nationale en République de Moldova et au delà. Préface de Dominique Schnapper, Paris, éd. L’Harmattan.

« Cet ouvrage est exceptionnel par son ampleur et sa qualité. Consacré à la construction problématique d’une nation démocratique en République de Moldova depuis la fin de l’Union Soviétique, il dépasse par ses qualités un objet qui pourrait paraître limité. Or Angela Demian le transforme en une étude exemplaire et une réflexion profonde et argumentée sur la constitution de toutes les nations (...). Le lecteur sera heureux de lire un ouvrage accessible à tous, même à ceux qui ignorent l’histoire de la Moldavie et de son destin divisé et déchiré, mais qui entendent comprendre la logique de la construction nationale, ses difficultés et ses limites. » (Extrait de la préface de Dominique Schnapper)

. Jean-François Lionnet, L’Afrique au kaléiodoscope, coll. Les Géonautes, éd. Artisans-voyageurs éditeurs, 2016.

Au fond du kaléidoscope que Jean-François Lionnet dresse vers le bleu du ciel pour regarder « son » Afrique se composent et se décomposent une vingtaine d’instantanés totalement hétérogènes. Ils ont été engrangés du Niger à l’Afrique du Sud et de la Côte d’Ivoire à la Tanzanie par un africaniste de cœur. D’abord en responsable de missions, puis en tant que chargé d’affaires dans deux pays, plus tard encore comme ambassadeur dans trois Etats du sous-continent … mais toujours en fureteur attentif et généralement bienveillant, il a sillonné cette partie du monde avec passion pendant quelque vingt-cinq ans.

Bref, des « Mémoires d’ambassadeur » qui n’osent pas dire leur nom ? L’auteur ne l’a pas voulu : dans les chapitres qui composent ce petit livre, en dehors évidemment d’une préface et d’une postface volontairement très personnelles, pas un seul « je » n’apparaît. Ne se découvrent que des tableautins crayonnés sur le vif : Jean-François Lionnet y fait la part belle, tour à tour, au récit de voyageur, à la réflexion géopolitique, à l’anatomie d’un conflit, au portrait de personnalité, au déroulé d’un coup d’Etat, à l’explication sociologique, à l’esquisse dérangeante...

Croquées sur un quart de siècle, entre 1980 et 2005 environ, ces vignettes ont volontairement été laissées telles qu’écrites alors, de façon que la vérité du moment serve de référence à qui s’interroge aujourd’hui sur les permanences et les mutations d’un monde dont il connait absolument tout ou, au contraire, dont il ne sait strictement rien.

. Dominique Kerouedan, Joseph Brunet-Jailli (dir.), Santé mondiale. Enjeux stratégique. Jeux diplomatiques. Paris, Presses de Sciences Po.

La santé est devenue, au fil de la mondialisation, un sujet de politique étrangère, de sécurité internationale, de gouvernance mondiale. Elle n’est qu’un terrain parmi ceux que les puissances utilisent pour gagner en influence, en prestige, en pouvoir. Cet ouvrage révèle le contenu, masqué par un discours s’adressant à l’émotion, d’interventions en matière de santé de plus en plus déterminées par les intérêts des États occidentaux et de leurs groupes de pression ainsi que par les logiques des industries multinationales. Ainsi se dessine, par exemple, une géopolitique du médicament qui prend en otage non seulement les populations et les malades, mais aussi les décideurs nationaux et les dirigeants des institutions internationales.

Réunissant des chercheurs d’Afrique, d’Amérique latine, du Proche-Orient et d’Europe ainsi que des diplomates et acteurs de terrain, cet ouvrage examine des situations nationales variées, sous l’angle de la santé publique, des relations internationales, de la sociologie, de la science politique, du droit et de l’éthique. Il montre notamment en quoi l’intervention discriminante des bailleurs dans le domaine de la santé se révèle un véritable obstacle au développement des pays bénéficiaires et accroît, en dépit des discours, l’iniquité.

Dominique Kerouedan, Joseph Brunet-Jailly (dir.), avec Francis Akindès, Hubert Balique, Achille Bassilekin, Eric Chevallier, Laurent Fabius, Pierre Gentile, Gustavo Gonzalez-Canali, Kappoori Madhavan Gopakumar, Mukesh Kapila, Bassma Kodmani, Bernard Kouchner, Claire Magone, Aya Thérèse N’Dri-Yoman , Michel Pletschette, Irene Raciti, Philippe Ryfman, Pierre Salignon, Deisy Ventura.

. Samuel B. H. Faure, Défense européenne. Emergence d’une culture stratégique commune, édition Athéna

Dans le débat public, le politique, le citoyen ou le scientifique perçoivent généralement la défense européenne comme un idéal à atteindre, une absurdité à combattre ou un instrument politique. Cet ouvrage propose une lecture différente en considérant plutôt la politique de défense comme un fait social.

S’appuyant sur une enquête par entretiens et questionnaires auprès d’agents militaires, politiques et administratifs européens, Samuel B. H. Faure montre l’émergence d’une culture stratégique commune et propre aux agents de la défense européenne.

. Alia Gana, Gilles Van Hamme (dir.), Élections et territoires en Tunisie. Enseignements des scrutins post-révolution (2011-2014), Paris, Karthala, à paraître (juillet 2016).

Pionnière des « soulèvements arabes », la Tunisie est aujourd’hui le seul pays à poursuivre l’« expérience de démocratisation politique » entamée suite à la « révolution » de l’hiver 2010-2011. Les élections libres et concurrentielles de 2011 et de 2014 constituent un fait marquant de ce processus de changement.

. Guillaume Lagagne, Théorie des relations internationales. Des idées aux États, Paris, Ellipses, 2016.

Le conflit en Syrie est-il avant tout un affrontement entre un dictateur et son peuple ? Ou plutôt une guerre de religion opposant sunnites et alaouites ? Tout simplement une compétition entre milices pour la possession des richesses du pays ? Ou encore un effet collatéral de la rivalité de l’Iran et de l’Arabie saoudite ? C’est à de telles questions que souhaite répondre cette Théorie des relations internationales. Après avoir présenté les principales idées qui permettent d’éclairer les rapports internationaux, elle applique cette grille d’analyse aux États et aux grandes questions géopolitiques.

. Fernanda Moscarelli, Développement durable en France. Enseignements à partir des Schémas de Cohérence Territoriale (SCoT) Grenoblois et Montpelliérain, Paris, L’Harmattan, 2016.

Le Schéma de Cohérence Territoriale (SCoT) est l’instrument central de l’aménagement des agglomérations urbaines françaises, qui associe le rôle d’assemblage de plusieurs politiques sectorielles et de coordination multi-scalaire aux objectifs de conception de villes durables. Cette étude met en évidence la constitution d’une vision planificatrice à une échelle plus large que celle traitée par la planification antérieurement, une meilleure prise en compte des enjeux environnementaux et une meilleure maîtrise de l’étalement urbain par les deux SCoTs (celle de Montpellier et celle de Grenoble), agissant pour la construction de villes plus durables.

. Frédérick Madore, La construction d’une sphère publique musulmane en Afrique de l’Ouest, Paris, Hermann, 2016.

L’islam a connu une progression fulgurante au Burkina Faso depuis les dernières décennies. Ce pays, autrefois qualifié de « fille aimée de l’Église », compte aujourd’hui plus de 60 % de musulmans. Outre leur importance numérique, ceux-ci se sont montrés dynamiques depuis le tournant des années 1990, notamment avec un foisonnement associatif particulièrement important, comme en témoignent les 240 associations islamiques officielles à l’échelle nationale. Ouagadougou, la capitale, compte à elle seule plus de 600 mosquées.
Afin de saisir les profondes mutations qu’a subies l’islam burkinabé, les relations internes souvent tendues entre ses tendances et les rapports complexes qu’a entretenus cette religion avec l’État depuis l’indépendance, l’auteur a fait deux séjours au Burkina Faso, allant à la rencontre de trois générations d’imams et de prêcheurs.

. Pascal Menoret, Royaume d’asphalte. Jeunesse en révolte à Riyad, Paris, Armand Colin, 2016.

Comment les villes se font et se défont-elles ? Quelles violences implique le règne, partout dans le monde, de la ville-voiture ? Comment la délinquance juvénile révèle-t-elle des lignes de fracture politiques et géopolitiques ? Comment un chercheur européen entre-t-il en empathie avec les sociétés arabes contemporaines ? Fruit de quatre années d’enquête ethnographique à Riyad, ce livre apporte des réponses à ces questions. Il montre comment, dans une ville répressive et livrée aux promoteurs, les jeunes Saoudiens créent des espaces de liberté et de révolte. Et comment, quand la politique est traitée comme un crime, seuls les délinquants font vraiment de la politique. Élu livre de l’année 2014 par The Economist.

. La 27e région, Les villages du futur, Paris, La Documentation française, 2016.

Vers une coproduction des politiques publiques. Ou comment penser à la fois la transformation des villages et celle de l’action publique.
Dévitalisées les régions rurales en France ? Cet ouvrage qui rend compte des projets en cours et des démarches abouties nous montre tout le contraire ! Il présente les travaux menés deux ans durant par une équipe de designers et de professionnels des sciences humaines et sociales en région Bourgogne. A partir des pratiques, des usages et des témoignages des habitants - et ceux de collectivités - ils ont imaginé d’autres formes de politiques publiques rurales. Pourquoi aborder la ruralité par le village ? Parce que le terme "villages" introduit d’emblée la notion de diversité (forme, taille, équipements, positionnement géographique,...) et fait écho à des identités multiples (villages du Morvan, des plateaux du Châtillonnais, des pays désindustrialisés de Saône-et-Loire ou villages viticoles du Chalonnais). Le village permet aussi de questionner les relations entre les différentes institutions territoriales (collectivités locales, services de l’État et assimilés). Le village enfin, c’est un écosystème complet qui permet d’aborder la ruralité dans une approche systémique en s’affranchissant des politiques sectorielles (agriculture, artisanat, économie sociale et solidaire, culture,...). Parcourir ces pages, c’est découvrir un foisonnement d’initiatives locales. Un ouvrage vivant et généreusement illustré.

. Eric Dacheux, Sans les citoyens, l’Europe n’est rien, Paris, L’Harmattan, 2016.

D’après les responsables européens la défiance de l’Union européenne tient à un déficit d’information entre les institutions et les citoyens. La thèse défendue dans ce livre est que les citoyens se défient de l’Union car elle a sacrifié la volonté des peuples sur l’autel de la gouvernance. Vouloir persuader les citoyens que l’Union qui s’est faite sans eux est la démocratie qu’ils attendaient est voué à l’échec. Le but de ce livre est de comprendre cet échec pour proposer une nouvelle conception de la communication publique capable de redynamiser une démocratie mal-en-point.

. Frédéric Lassere, Emmanuel Gonon, Eric Mottet, Manuel de géopolitique. Enjeux de pouvoirs sur des territoires, coll. U, Paris, Armand Colin, 2e édition, 2016.

La géopolitique est un terme à la mode, mais il est souvent utilisé de manière simplificatrice dès qu’il s’agit de désigner des questions politiques, sociales ou militaires complexes. Car la géopolitique est bien plus que l’étude des relations internationales : elle repose sur une méthodologie précise, qui étudie les rivalités et enjeux de pouvoir sur des territoires entre acteurs aux intérêts divergents. Sa base est donc principalement géographique, tout en convoquant également d’autres domaines.

La nouvelle édition de cet ouvrage dresse le bilan des concepts, méthodes et outils propres à l’analyse géopolitique, et met en perspective les théories des différentes écoles fondatrices de la discipline. À travers de nombreuses études de cas (Afrique des Grands Lacs, mer de Chine du Sud, géopolitique des ressources…), il vient illustrer la pertinence et la fécondité de l’approche géopolitique pour appréhender la grande diversité des problématiques actuelles.

Table des matières : De la méthode en géopolitique. Les objets de la géopolitique - Concepts fondamentaux de l’analyse géopolitique - L’analyse multiscalaire et multidimensionnelle. Un domaine scientifique en mouvement. De la géopolitique matérialiste - L’école étatiste ou géoréaliste - L’école géographique. Champs d’application. Frontières : ruptures et interfaces - La géopolitique des ressources - Géopolitique et géoéconomie.

. Michel Boivin, Le Pakistan, anthropologie d’une République islamique, Paris, Teraedre, 2016.
Le Pakistan et l’Islam prend le contre-pied de l’image du Pakistan véhiculée par les médias et par nombre de spécialistes en sciences politiques. Il ne s’agit pas pour autant de nier ou de banaliser les nombreux défis auxquels le Pakistan est confronté, mais plutôt de les situer dans une approche anthropologique. C’est par exemple le cas des actions violentes comme les attentats terroristes qui ne cessent de croître. La violence a été une problématique située au cœur de l’anthropologie depuis les origines de cette discipline des sciences sociales. Ce déplacement met en lumière le caractère fortement patriarcal de cette société fragmentée où l’islam reste encore largement instrumentalisé et manipulé par les groupes sociaux dominants. Elle permet de surcroît de mettre à jour des processus qui témoignent de la flexibilité de l’islam vis-à-vis des cultures locales. Ici encore, la référence au thème anthropologique de la religion comme culture permettra d’expliquer pourquoi une culture comme la culture soufie est encore si prégnante dans la société pakistanaise.

. Jean-Pierre Le Goff, La barbarie douce. La mondialisation aveugle des entreprises et de l’école, Paris, La Découverte, 2016.
Depuis les années 1980, la « modernisation » est partout à l’ordre du jour. Mais au nom de la nécessaire adaptation aux « mutations du monde contemporain », c’est bien souvent une véritable « barbarie douce » que cette modernisation aveugle installe au cœur des rapports sociaux. C’est ce que montre Jean-Pierre Le Goff dans ce livre, dans deux champs particulièrement concernés par le phénomène : l’entreprise et l’école. La barbarie douce s’y développe avec les meilleures intentions du monde, l’« autonomie » et la « transparence » sont ses thèmes de prédilection. Elle déstabilise individus et collectifs, provoque stress et angoisse, tandis que les thérapies en tout genre lui servent d’infirmerie sociale. L’auteur met à nu la stupéfiante rhétorique issue des milieux de la formation, du management et de la communication. Et explique comment elle dissout les réalités dans une « pensée chewing-gum » qui dit tout et son contraire, tandis que les individus sont sommés d’être autonomes et de se mobiliser en permanence. L’auteur montre que cette barbarie douce a partie liée avec le déploiement du libéralisme économique et avec la décomposition culturelle qui l’a rendue possible. Et il explore les pistes d’une reconstruction possible pour que la modernisation tant invoquée puisse enfin trouver un sens.

. Émilie Aunis, Joachim Benet, Arnaud Mège, Isabelle Prat (dir.), Les territoires de l’autochtonie. Penser la transformation des rapports sociaux au prisme du « local », Rennes, PUR, 2016.
« Être du coin », « venir d’ici », « être du cru », « être un enfant du pays », autant d’expressions qui traduisent le poids de l’appartenance locale pour les individus et les collectifs. La valorisation du « local » est aujourd’hui un argument qui tend à devenir de plus en plus récurrent et prégnant dans les discours, qu’ils soient politiques, commerciaux ou ordinaires. Face à la production de ces discours, cet ouvrage propose un éclairage scientifique à partir d’enquêtes empiriques variées.

. Cédric Gaydu, La démocratie participative locale. L’institution du budget participatif de la ville de Paris, Paris, L’Harmattan, 2016.
Le budget participatif est un procédé de gouvernance démocratique qui ne cesse d’essaimer dans le monde. Il consiste à associer le citoyen à la planification de l’utilisation des finances publiques locales. Cet ouvrage se propose d’analyser, dans un premier temps, les fondements du budget participatif avant d’en présenter le fonctionnement dans le cadre parisien. Censé remobiliser les citoyens en leur permettant de décider directement de l’affectation d’une partie des deniers publics, ce mécanisme doit œuvrer à retisser un lien de confiance vis-à-vis des gouvernants et réhabiliter le sens de l’intérêt général indispensable dans une démocratie moderne.

. François Dubet, Inégalités et justice sociale, Paris, La Découverte, 2016.
La seule dénonciation globale des inégalités sociales ne suffit pas, car toutes les inégalités ne se « valent » pas : certaines sont visibles, d’autres moins, certaines sont perçues comme injustes, d’autres non. Il faut donc pouvoir décrire et mesurer les inégalités sociales, mais aussi savoir ce que nous en faisons et comment elles affectent plus ou moins profondément la vie et l’action des individus.

En effet, si la conscience des inégalités semble s’accentuer, elle ne débouche pas pour autant sur des formes d’action collective véritablement intégrées et organisées. Pour comprendre ce paradoxe, il faut savoir comment ceux qui les subissent vivent avec les inégalités sociales, comment ils s’en accommodent plus ou moins, comment l’expérience des injustices est construite… Il faut aussi connaître les principes de justice mobilisés par les individus pour comprendre quelles peuvent être leurs réactions face aux injustices. Les sciences sociales, leurs analyses et les critiques qu’elles développent sont susceptibles de nous aider à y voir plus clair et à peser sur la vie politique et sociale. C’est là tout l’objectif de ce livre original, qui contient les contributions des meilleurs spécialistes de la question.

. Guillaume Devin, Méthodes de recherche en relations internationales, Paris, Presses de Sciences Po, 2016.
Étudier les faits sociaux que sont les relations internationales, tenter de les décrire, de les interpréter, de les comparer, demande immanquablement au chercheur d’effectuer un choix de méthodes et d’outils. Or, paradoxalement, alors que les ouvrages théoriques traitant des relations internationales sont relativement nombreux, la présentation des divers moyens de l’enquête empirique demeure peu développée.
Cet ouvrage réunit une vingtaine de chercheurs et d’enseignants et offre un panorama de données, de ressources et de méthodes utiles pour mener une recherche sur les relations internationales et la fonder de la manière la plus rigoureuse possible.
On y trouvera une réflexion critique sur la construction et l’usage des banques de données, sur la pratique des entretiens, sur le recours à la cartographie, sur l’analyse des discours et des images ou sur l’emploi de diverses méthodes quantitatives.
Guide pratique pour le chercheur, ce livre s’adresse aussi à un public plus général, intéressé par les études sur les relations internationales et qui se demande légitimement comment sont produites les conclusions des « experts ».

. Yves Ternon, Génocide. Anatomie d’un crime, Paris, Armand Colin, 2016.
Génocide. Ce néologisme, créé par Rafael Lemkin en 1943 pour signifier la destruction des Juifs d’Europe, assassinés pour ce qu’ils étaient, n’appartient hélas pas au passé. Avant la Shoah, le monde avait été témoin du génocide des Arméniens en 1915 ; plus près de nous, en 1994, les Tutsi furent également les victimes de ces destructions de masse. Yves Ternon s’est consacré depuis les années 1960 à l’étude de la médecine allemande sous le national-socialisme. Il est depuis devenu un historien de premier plan sur la question du crime de génocide.

Cet ouvrage, qui constitue la synthèse de ses recherches sur la question, est consacré dans un premier temps à « décortiquer » les sources idéologiques, juridiques et historiques ; dans un second temps, aux paramètres ayant conduit à leur application visant à la destruction du peuple arménien de l’Empire ottoman, des Juifs d’Europe et des Tutsi du Rwanda. La préface de l’historienne Annette Becker revient sur le parcours d’Yves Ternon, parcours ayant abouti à cette réflexion autour de la genèse du racisme biologique et du crime de génocide.

Une réflexion nécessaire à l’heure où le monde est de nouveau plongé dans d’autres formes de violences.

. Michel Foucher, Le retour des frontières, Paris, CNRS éditions, 2016. 5 euros

Le retour des frontières, dans les faits et les consciences, est une bonne nouvelle.À condition de l’interpréter et d’en user avec discernement. Celles-ci n’avaient jamais disparu, sauf sur nos cartes mentales de voyageur européen. Une frontière n’est pas un tracé abstrait mais une institution, et la franchir aisément ne l’annule pas. Abolir les frontières, c’est faire disparaître les États. Un monde sans frontières est un monde barbare, ce que l’horreur daechite nous a rappelé.

Michel Foucher, géographe et diplomate, dirige la chaire de géopolitique appliquée au Collège d’études mondiales.

Assister à la conférence de présentation de Michel Foucher, le 5 octobre à 18 h à Paris

Plus d’informations sur le site de CNRS éditions

. Jacques Brasseul, Cécile Lavard-Meyer, Économie du développement. Les enjeux d’un développement à visage humain, Paris, Armand Colin, 2016.

L’économie du développement est-elle toujours légitime et nécessaire après l’émergence et le décollage de nombreux pays du tiers monde ? Les indépendances en Asie et en Afrique, les succès et les échecs des politiques de développement proposées aux trois quarts de la population mondiale ont, en leur temps, renforcé l’importance de cette discipline. Le passage au XXIe siècle, marqué par la mondialisation des économies, les changements politiques et la croissance rapide de pays du Sud, n’a pas rendu obsolète l’économie du développement. Malgré la réduction sans précédent de la pauvreté dans le monde depuis 1990 et le phénomène de rattrapage du Nord par le Sud, les inégalités tendent à s’accroître au sein des nations et près de la moitié des Africains restent pauvres. Il est donc indispensable, pour que l’économie serve au mieux les aspirations des êtres humains, de continuer à s’interroger sur les causes et les caractéristiques du sous-développement, ainsi que sur les différents modèles et théories du développement. C’est ce que propose ce livre, à jour des données les plus récentes et illustré de nombreux graphiques.

. Dominique Pestre (dir.), Le gouvernement des technosciences. Gouverner le progrès et ses dégâts depuis 1945, La Découverte, 2016.

Ce livre décrit comment le progrès technique et ses effets sociaux et environnementaux ont été gérés depuis l’après-guerre dans le monde. Il analyse, de 1945 à 2014, la mutation des technosciences, de l’ordre économique et financier, des écosystèmes. Historiens, ses auteurs partent des noeuds de pouvoir et observent comment se sont reconfigurés les rapports entre États, société civile et marchés dans toutes sortes d’espaces de gouvernement, légaux comme scientifiques, politiques comme économiques, locaux comme globaux. S’appuyant sur des études documentées – transformations du gouvernement des substances chimiques, des thérapies et de la santé publique, du changement climatique, de l’environnement et de la biosphère, de la « faim dans le monde », de l’eau, etc. –, cet ouvrage soulève aussi des questions plus théoriques : la complexité de ce qu’il faut entendre sous le vocable « néolibéral », ce qu’implique penser en termes de gouvernement, le rôle central du calcul coût/bénéfice dans le gouvernement du progrès. Il revient enfin sur ces manières de gérer les hommes et les choses qui se donnent souvent aujourd’hui comme inéluctables et transparentes, reposant sur l’expertise et l’« efficience », et faisant appel – ironie suprême – à la « participation » des populations, à leur engagement et leur devoir de s’adapter. Un livre essentiel pour comprendre les enjeux d’une évolution, celle du gouvernement des technosciences, qui ont durablement façonné les sociétés contemporaines.

. Nicolas Bernard, Géographie du nautisme, Rennes, PUR, 2016.

Cet ouvrage étudie les différents aspects du nautisme sous des angles géographiques, économiques et sociaux. Il identifie la structuration et les dynamiques des spatialités nautiques : pôles, réseaux, diffusion, requalification des espaces… Le nautisme ne peut en effet se résumer à un ensemble confus de pratiques, d’acteurs, d’équipements, d’institutions, de filières industrielles et commerciales. Il constitue un système complexe et organisé, au même titre que le tourisme ou le sport.

. Michel Taly, Les coulisses de la politique fiscale, Paris, PUF, à paraître (septembre 2016).

Ce livre n’a pas pour objet de proposer une réforme fiscale, mais de dégager les conditions d’une réforme réussie. La première partie est consacrée à la méthode de la réforme. Comment créer un débat sur les finalités d’une réforme avant de discuter de ses modalités ? Comment trouver le bon compromis entre les impératifs politiques et les contraintes techniques ? Quel rôle pour le Parlement ? Comment procéder à l’évaluation des mesures a priori et a posteriori ? Comment organiser la concertation ? Quel est le prix de la simplicité ? La seconde partie passe en revue, impôt par impôt, ses enjeux. Il ne s’agit pas de dire ce qu’il faudrait faire, mais de montrer comment notre vision collective de ces enjeux est polluée par des dogmes qui empêchent toute évolution, car le réseau de contraintes est tel que s’y conformer conduit fatalement à un dispositif complexe qui perd toute cohérence. Desserrer ce réseau de contraintes est un préalable absolu à une réforme fiscale efficace.

. Sarah Lamort, Europe, terre d’asile ? Défis de la protection des réfugiés au sein de l’Union européenne, Paris, PUF, 2016.

Durant la décennie 1990, de nouveaux défis se sont imposés aux États européens dans le domaine de l’asile. La transformation des flux de migration forcée et la construction d’un espace de libre circulation conduisent à porter la question des réfugiés au sein de l’arène européenne. La politique d’asile de l’Union européenne est élaborée afin de répondre à l’échelle européenne aux défis de la protection et des flux spontanés dans un contexte de fermeture des frontières à l’immigration économique. Plus de quinze ans après son coup d’envoi, le bilan est négatif. L’espace européen de l’asile reste un espace hétérogène au sein duquel la répartition des charges est particulièrement inéquitable. Les politiques de contrôle des frontières extérieures de l’Union conduisent à faire émerger un nouveau défi dans le domaine de la protection : celui de l’accès à l’espace européen. Aussi, l’UE porte désormais de manière systématique ses intérêts migratoires au sein de sa coopération avec les États non membres. La coopération qu’elle mène actuellement avec la Turquie dans le domaine de l’asile illustre la portée et les limites de telles politiques.

. Philippe Subra, Zones à défendre. De Sivens à Notre-Dame-des-Landes, Paris, Nouvelles de l’Aube, 2016.

En 2012, l’opinion publique découvrait une nouvelle forme de contestation des projets d’aménagement, les ZAD – ou «   Zones À Défendre   ». Que nous dit-il de l’évolution de la contestation des projets et des politiques d’aménagement ? S’agit-il d’un épiphénomène, né des conditions très spécifiques de quelques conflits particuliers, d’une poussée de fièvre qui retombera dès que l’on aura trouvé les bons remèdes, ou de quelque chose de nouveau, signe d’une radicalisation durable de la contestation environnementale  ?
Un livre qui tombe à point nommé pour comprendre les enjeux du débat.

. Javiera Medina, Maira Mora et François Soulages (dir.), Frontières & dictatures. Images, regards – Chili, Argentine, Paris, L’Harmattan, 2016.

Septembre 2013 : commémoration des 40 ans du coup d’Etat au Chili. Mars 2016 : commémoration des 40 ans du coup d’Etat en Argentine. Deux dates "anniversaire" qui donnent lieu à un ensemble d’images et de récits... mais aussi à une sorte d’officialisation de la mémoire. Cette recherche, qui s’inscrit dans le projet Frontières Géopolitiques & Géoartistiques, étudie également la notion de "frontières", utilisée idéologiquement par les dictatures pour circonscrire un territoire national et figer les identités de chacune et de chacun.

. Geneviève Barré, Quand les entreprises chinoises se mondialisent : Haier, Huawei et TCL, Paris, CNRS, 2016.

Les entreprises chinoises figurent aujourd’hui parmi les leaders de l’économie mondialisée. C’est l’une des réussites les plus marquantes de la transformation de la Chine au cours des trente dernières années. Mais quels en sont les secrets et les ressorts profonds ? L’auteur mène l’enquête au sein de trois géants mondiaux d’origine chinoise : Haier dans l’électroménager, Huawei dans les télécommunications, et TCL dans la télévision et le multimédia. Ces entreprises ont réussi à prendre l’avantage sur leurs rivaux européens, américains ou asiatiques, en développant des compétences avancées à la fois technologiques et managériales.

Geneviève Barré analyse les stratégies de ces entreprises : leur réussite repose à la fois sur un soutien marqué de l’État, la volonté et l’engagement personnel des chefs d’entreprise, des efforts importants en R&D et innovation, mais aussi un regard, une organisation, une politique de gestion des ressources humaines résolument tournés vers les meilleures pratiques internationales. Elles sont les pionnières d’une nouvelle voie chinoise de mondialisation : un soutien massif de l’État à l’innovation et à l’internationalisation – c’est la politique du go-global lancée par Deng Xiaoping – avec l’accueil des investissements étrangers sur le sol chinois et le soutien aux investissements chinois à l’étranger. Leurs stratégies sont ambitieuses, flexibles et offensives, elles misent sur le potentiel humain, le management des connaissances et les technologies de pointe.

. Virginie Chaillou-Atrous, Jean-François Klein, Antoine Resche (dir.), Les négociants européens et le monde, Rennes, PUR, 2016.

L’histoire des négociants est, par essence, une histoire transnationale et connectée. En dépit de cela, les patrons de maisons de commerce ont été longtemps des laissés-pour-compte de l’historiographie. Cet ouvrage évalue la place et le rôle joué par les négociants européens dans la mise en connexion des hommes et des territoires du XVIe au XXe siècle, participant aux bases d’une pré-mondialisation que l’on semble découvrir aujourd’hui comme un fait accompli.

. Éric Agrikoliansky, Les Partis politiques en France, Paris, Armand Colin, 2016.

Cet ouvrage présente l’histoire et la sociologie des partis politiques français depuis la fin du xixe siècle jusqu’à aujourd’hui. Il propose de nombreux outils pédagogiques indispensables à une connaissance précise des grands courants qui ont composé et composent le paysage politique français : chronologies, tableaux des résultats électoraux, portraits des principaux leaders.
Cette nouvelle édition mise à jour offre une synthèse claire et accessible des outils théoriques nécessaires à l’analyse sociologique de l’activité des partis et des évolutions qui affectent le système politique français dans son ensemble.

. Pierre-Yves Beaurepaire, Silvia Marzagalli, Atlas de la Révolution Française, Paris, Autrement, 2016.

Une histoire, illustrée de cartes, de la circulation, à la fin du XVIIIe siècle, des idées qui ont conduit à la Révolution française, de ses dynamiques politiques, économiques, sociales et culturelles, en France et en Europe.

. Philippe Moreau-Defarges, La mondialisation, Paris, PUF, 2016.

La mondialisation, ce terme aujourd’hui à la mode, n’est pas un phénomène récent. Elle résulte de l’européanisation du monde, c’est-à-dire de l’expansion des nations européennes dans leur mouvement de conquête.
L’auteur se propose à la fois de démystifier ce phénomène fondateur de la modernité occidentale, en montrant qu’il n’est porteur d’aucun sens de l’histoire, et d’en étudier les enjeux les plus actuels. En effet, la mondialisation implique l’explosion de nouveaux conflits entre ses différents acteurs (individus, États), et la quête de normes universelles qui instaurent un équilibre inédit entre le monde et ses régions. Elle est aussi toujours plus inclusive : la crise des années 2000 et l’ampleur de ses conséquences en sont une expression. Et une brûlante invitation à repenser la gouvernance mondiale.

. Matthieu Petithomme, Un mur et des hommes. Nationalisme et politique à Chypre du Nord, Paris, L’Harmattan, 2016.

Qu’est-ce que vivre dans un "Etat de facto" veut dire ? Ce livre plonge le lecteur dans les représentations sociales des Chypriotes turcs, peuple méconnu vivant dans un territoire en marge du droit international. Divisée depuis 1974, l’île a vu se consolider la "République turque de Chypre du Nord", indépendante depuis 1983. A partir d’une enquête ethnographique, l’auteur dresse un portrait exhaustif de Chypre du Nord : rapport ambivalent des citoyens à leur "Etat", dépendance à l’égard de la Turquie, militarisation du territoire, omniprésence du nationalisme.

. Christophe Lafaye, L’armée française en Afghanistan. Le génie au combat (2001-2012), Paris, CNRS Éditions, 2016.

L’Afghanistan marque pour l’armée française le retour des combats de haute intensité. Entre 2001 et 2014, 70 000 militaires s’y rendent, faisant de ce théâtre d’opérations un véritable creuset pour une nouvelle génération du feu après celle de la guerre d’Algérie.
La compréhension de ce conflit se révèle indispensable pour appréhender les nouveaux défis qui attendent une armée de Terre en pleine mutation. Pour le Génie, cette opération signe le retour au premier plan des savoir-faire liés aux opérations de contre-guérilla. Dès 2003, les talibans utilisent des engins explosifs improvisés pour faire peser une menace lourde sur les troupes déployées au sol. Le Génie se dote d’une chaîne complète de moyens pour lutter contre ces bombes artisanales, responsables de plus de la moitié des pertes de la coalition occidentale. Un ouvrage décisif pour comprendre l’engagement français en Afghanistan, au plus près du terrain.

. Hervé Théry, Le Brésil. Pays émergé, Paris, Armand Colin, 2016.

Si le Brésil a attiré tous les regards depuis qu’il a obtenu l’organisation de la Coupe du Monde de football en 2014 et celle des Jeux olympiques en 2016, l’intérêt s’est récemment transformé en forte inquiétude : entré en récession économique en 2015, victime à répétition d’attaques de virus exotiques, son système politique vit une crise sans précédent et les Brésiliens doutent de leur avenir. Mais au-delà des hauts et bas de la conjoncture, le Brésil a pourtant tout d’un grand : géant latino (8,5 millions de km2 pour plus de 200 millions d’habitants), doté de ressources naturelles et agricoles exceptionnelles et d’une population jeune et qualifiée, il a affirmé sa montée en puissance géopolitique aussi bien à l’échelle du continent sud-américain que sur la scène internationale. Pays dit « émergent », le Brésil semble bien aujourd’hui « émergé ». Cet ouvrage vient dresser le portrait original d’un pays dont le potentiel de survie ne cesse de surprendre et de fasciner.

. Christophe Jaffrelot (dir.), Pakistan at the crossroads : domestic dynamics and external pressures (religion, cluture and public life), New-York, Columbia University Press, 2016.

In Pakistan at the Crossroads, top international scholars assess Pakistan’s politics and economics and the challenges faced by its civil and military leaders domestically and diplomatically. Contributors examine the state’s handling of internal threats, tensions between civilians and the military, strategies of political parties, police and law enforcement reform, trends in judicial activism, the rise of border conflicts, economic challenges, financial entanglements with foreign powers, and diplomatic relations with India, China, Iran, Saudi Arabia, Afghanistan, and the United States.
In addition to ethnic strife in Baluchistan and Karachi, terrorist violence in Pakistan in response to the American-led military intervention in Afghanistan and in the Federally Administered Tribal Areas by means of drones, as well as to Pakistani army operations in the Pashtun area, has reached an unprecedented level. There is a growing consensus among state leaders that the nation’s main security threats may come not from India but from its spiraling internal conflicts, though this realization may not sufficiently dissuade the Pakistani army from targeting the country’s largest neighbor. This volume is therefore critical to grasping the sophisticated interplay of internal and external forces complicating the country’s recent trajectory.

. Elizabeth Picard, Liban-Syrie, intimes étrangers. Un siècle d’intéractions sociopolitiques, Paris, Actes Sud, 2016.

Quelle perspective adopter pour comprendre l’histoire du Liban et de la Syrie depuis leur fondation comme États il y a près d’un siècle ? Comment analyser l’évolution des relations syro-libanaises ? À travers ses recherches sur les relations entre la Syrie et le Liban, sur les plans politique, économique, social et culturel, Elizabeth Picard nous donne les clés pour mieux comprendre les enjeux actuels, notamment depuis le déclenchement du soulèvement syrien.

. Pierre-Alexandre Beylier, Canada/Etats-Unis. Les enjeux d’une frontière, Rennes, PUR, 2016.

Cet ouvrage donne à voir comment la frontière américano-canadienne s’est construite et est devenue, à l’aube du 11 septembre 2001, « la plus longue frontière non-défendue au monde ». Il analyse ensuite le concept de frontière intelligente et le faisceau de forces qui ont sous-tendu sa mise en place afin de réfléchir, enfin, sur ce que cette frontière nous apprend sur la relation soi-disant spéciale que partagent les États-Unis et le Canada.

. Christophe Stener et Les Clionautes, Le conflit en Irak et en Syrie, expliqué aux lycéens, BOD, 2016.

L’ambition de cet ouvrage est de présenter aux lycéens l’ensemble des dimensions du conflit irako-syrien pour leur permettre d’en comprendre les origines, les enjeux et les perspectives. Cet ouvrage collectif donne, dans un langage simple, aux lycéens une compréhension de l’histoire longue, des enjeux économiques, démographiques, religieux et géostratégiques, et des circonstances de l’établissement d’un Etat islamique, qui font de ce conflit le plus dramatique depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Le rôle d’internet dans la propagande et le recrutement djihadiste y est analysé. L’engagement militaire de la France, les actions intérieures de lutte et de prévention contre le terrorisme sont présentés de manière détaillée.

. Nacima Baron-Yelles, Stéphane Boissellier, François Clément, Flocel Sabaté, Reconnaître et délimiter l’espace localement au Moyen-âge. Limites et frontières, Lille, Septentrion, 2016.

Les limites et les frontières ne sont pas une anecdote érudite ou formelle. Tout d’abord, la vie des êtres humains a été délimitée et précisée par les limites juridictionnelles locales (communautés d’habitants, seigneuries et paroisses) et par les aires d’influence des communautés urbaines. Treize cas, concentrés en France et s’étendant jusqu’au Bas-Rhin et la côte atlantique portugaise en passant par la Catalogne, sont ici analysés par de prestigieux historiens, afin de saisir les axes qui permettent de reconnaître et de délimiter l’espace local depuis la fin de l’Empire romain jusqu’à la fin du Moyen Âge. Il s’agit d’une période de formation pour l’identité européenne, où le profil territorial joua un rôle essentiel qu’il faut connaître afin de saisir de façon appropriée les racines du présent.

. Dominique Vidal, Le Brésil. Terre de possibles, Rennes, PUR, 2016.

Le Brésil s’est imposé comme une des puissances émergentes d’un monde globalisé. Si les faits à l’origine de ce nouveau statut international sont incontestables, le simple constat de l’émergence occulte pourtant les nombreuses dynamiques qui font l’originalité profonde du pays. Sa trajectoire au cours du vingtième siècle enseigne en effet qu’il a surtout été une terre de possibles, non seulement pour ses habitants, mais aussi en ce qui concerne les formes d’existence collective.

. Jean-Jacques Fontaine, 2016, Rio de Janeiro et les Jeux Olympiques. Une cité réinventée, Paris, L’Harmattan, 2016.

Rio de Janeiro s’est mis la tête à l’envers pour recevoir les Jeux olympiques de l’été 2016. Pour l’occasion, la Cidade maravilhosa a entrepris une des plus grandes refontes urbaines de son histoire. Mais voilà, si tout avait bien commencé, en 2012 une crise politique et économique sans précédent à ébranlé les certitudes d’un avenir que tout le monde peignait en rose. Dans ce contexte, quel héritage laisseront les J.O. à la ville et à ses habitants ?

. Adam Baczko, Gilles Doronsoro, Arthur Quesnay, Syrie : Anatomie d’une guerre civile, CNRS édition, 2016.

Voici la première étude de terrain consacrée à la guerre civile en Syrie, des premières manifestations pacifiques jusqu’aux affrontements actuels. Nourri d’entretiens menés avec les syriens eux-mêmes lors de trois séjours prolongés, cet ouvrage est une véritable plongée dans l’enfer syrien. En 2011, le mouvement de protestation, dont est issue l’insurrection, tendait à l’origine à inclure des groupes minoritaires divers. Mais la formation de groupes politico-militaires à partir de 2012-2013 rompt cette logique inclusive. L’insurrection se différencie politiquement avec une polarisation croissante entre les groupes les plus radicaux et les groupes issus de l’Armée Syrienne Libre. Alimentée de l’extérieur, cette politisation opère selon deux registres, l’islam politique sous ses différentes formes, et notamment celle du califat, et le communautaire, dans le cas des enclaves kurdes du PKK. Quels sont les effets de la guerre sur la société syrienne ? Quelles nouvelles hiérarchies communautaires et sociales résultent de la violence généralisée ? Comment les trajectoires sociales des Syriens pris dans la guerre sont-elles affectées ? Comment se structure l’économie de guerre alors que le pays est divisé entre le régime, l’insurrection, le PKK et l’Etat islamique ? Un livre unique qui combine une recherche de terrain - rare sur le conflit syrien - et une réflexion pionnière sur l’émergence de l’Etat islamique.

. Maxime Lefebvre, La politique étrangère européenne, coll. QSJ, 2e édition, 2016.

Si l’Union européenne est dotée par le traité de Maastricht d’une « politique étrangère et de sécurité commune », la pratique et les négociations menées depuis 1992 pour la renforcer révèlent surtout le chemin qu’il reste à parcourir pour la rendre efficiente. L’Union est aujourd’hui représentée par une présidence bicéphale et un « haut représentant » – qu’on n’a pas voulu nommer « ministre des Affaires étrangères » –, elle n’a pas de service diplomatique mais un service « pour l’action extérieure », pas d’ambassades mais des « délégations », pas d’armée mais une « politique de sécurité et de défense commune ». Les enjeux ne sont pourtant pas minces : peser dans le partenariat transatlantique, coopérer avec les puissances en défendant mieux ses valeurs et ses intérêts, penser sa sécurité, muscler ses capacités économiques, diplomatiques et militaires, dépasser ses propres divergences, constituer en somme une « puissance européenne ».

. Philippe Subra, La géopolitique locale. Territoires, acteurs, conflits, Paris, Armand Colin, à paraître (juin 2016).

Aéroport de Notre-Dame-des-Landes, barrage de Sivens, dossier du Grand Paris, redécoupage des régions, rivalités électorales… jamais les questions d’aménagement et de gouvernance du territoire n’ont suscité autant de débats, de controverses, de mobilisations. Sous leur aspect technique, ces conflits sont d’ordre politique, ou plus exactement géopolitique, car ce qui s’y joue à chaque fois, c’est l’usage et le contrôle d’un territoire que se disputent des acteurs aux intérêts contradictoires. Cet ouvrage montre comment l’approche géopolitique permet de mieux comprendre ces réalités. Après un rappel des concepts et des raisonnements de la démarche géopolitique, il analyse les grands conflits autour des projets et politiques d’aménagement du territoire, tire le bilan des pratiques de concertation, analyse les questions de gouvernance et d’organisation territoriale ainsi que les stratégies de conquête électorale. Assorti de plus de 50 cartes et schémas explicatifs et de 8 études de cas, il constitue un outil sans équivalent de compréhension et d’analyse d’un certain nombre d’évolutions auxquelles est confrontée la société française.

. Tristan Mattelart (dir.), Géopolitique des télévisions trasnationales d’information, Paris, Mare & Martin, à paraître (juillet 2016).
Informations à venir.

. Claude Raffestin, Géographie buissonière, Genève, Héros-Limite, 2016.

Un voyage à travers une géographie refondée, repoussant les limites de la discipline en s’appuyant sur le politique, la sociologie, l’anthropologie ou la géopolitique.

. René-Paul Desse, Sophe Lestrade (dir.), Mutations de l’espace marchand, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2016.

Etude des transformations spatiales du commerce sous l’effet conjugué des nouvelles technologies et de l’ouverture internationale croissante des modèles. Ces questions sont abordées à différentes échelles (nationale, régionale, urbaine) à partir d’études de cas dans les pays développés (France, Belgique, Etats-Unis) mais aussi émergents (Philippines, Turquie, Algérie, Togo).

. Sophie Dubuisson-Quellier (dir)., Gouverner les conduites, Paris, Presses de Sciences Po, 2016.

« Manger, bouger », « J’éco-rénove, j’économise », « Les médicaments génériques, c’est génial », « Fumer tue »…
Que fait l’État lorsqu’il s’immisce ainsi dans nos vies privées et cherche à orienter nos pratiques ? A-t-il une légitimité pour le faire ? Quels sont les acteurs et les instruments de ce gouvernement des conduites ? Comment les intéressés réagissent-ils ?
Dans sa lutte contre l’obésité, le réchauffement climatique, le surendettement ou encore le déficit de la Sécurité sociale pour ne citer que quelques exemples, l’État cherche moins à exercer un contrôle direct sur les individus ou à transférer sa responsabilité qu’à intervenir dans la régulation économique. À agir par plutôt que sur la demande. Finement articulés à des instruments plus classiques comme la contractualisation ou la réglementation, taxes, labels, prix, nudges ou autres étiquettes lui permettent de s’appuyer sur les mécanismes du marché que sont l’intérêt et la concurrence, d’orienter les pratiques des entreprises, et in fine les comportements des citoyens…

. Denis Alland, Manuel de droit international public, Paris, PUF, 2016.

Le droit international public est une discipline qui a aujourd’hui envahi la plupart des secteurs de l’activité humaine. Si les États en sont les sujet originaires, ils ont perdu le monopole des relations internationales qui fut longtemps le leur, concurrencés qu’ils sont désormais par les organisations internationales et la promotion de sujets internes dans le domaine des Droits de l’homme, des investissements internationaux ou de la responsabilité pénale internationale. Le consentement des États – exprimé par diverses sources (traités, coutumes) et procédés (actes unilatéraux, etc.) – conduit à former les obligations et droits internationaux qui constituent la trame essentielle du droit international public. Ce dernier est appelé de façon de plus en plus pressante à s’appliquer dans la vie quotidienne des sujets internes, c’est pourquoi l’accent est mis sur la question de son application dans le droit interne, devenue capitale. Par ailleurs, cet ouvrage expose l’essentiel des régimes de responsabilité internationale, des sanctions internationales et du règlement pacifique des différends.

. Leila Seurat, Le Hamas et le monde, Paris, CNRS éditions, 2015.

Comment comprendre l’identité profonde du Hamas, mouvement surmédiatisé et pourtant méconnu, obsédé par la culture du secret, pièce maîtresse de la géopolitique au Moyen-Orient et brandon de discorde entre musulmans ? Par une fine analyse de sa politique étrangère, Leila Seurat propose des clés inattendues pour pénétrer la « boîte noire » de l’organisation islamiste. Né dans le creuset des Frères musulmans, le Hamas revendique une souveraineté que lui dénient la plupart des acteurs de la communauté internationale. Mélange d’exceptionnalité et de banalité, sa diplomatie revêt un caractère hybride, à la croisée de la force et du droit. Grâce à une excellente connaissance du terrain palestinien et de ses acteurs, Leila Seurat jette un éclairage stimulant sur cette configuration inédite, qui écorne l’image répandue d’un mouvement unifié et vertical.
Une étude à rebours des idées reçues sur la politique du Hamas, entrepreneur d’idéologie et stratège pragmatique, intransigeant et négociateur, parti de gouvernement et force en exil, organisation sunnite paradoxalement alliée à la plus chiite des puissances régionales, l’Iran.

. Alexandra Novosseloff (dir.), Le Conseil de sécurité des Nations Unies. Entre impuissance et toute puissance, Paris, CNRS, 2016.

À quoi sert le Conseil de sécurité de l’ONU ? Quel est son bilan ? Quels sont ses pouvoirs, ses méthodes ? Quel rôle pour la France en son sein ? Peut-on, faut-il le réformer, et comment ? Le droit de veto est-il légitime ?

Cet organe majeur de la société internationale, juridiquement maître de la guerre et de la paix, politiquement tributaire des grandes puissances, est souvent méconnu, critiqué, décrié. À tort ou à raison ? Le présent ouvrage réunit les contributions de diplomates et universitaires spécialistes de ces questions.

. Immanuel Wallerstein, Randall Collins, Michael Mann, Georgi Derluguian, Craig Calhoun, Le Capitalisme a-t-il un avenir ?, Paris, La Découverte, 2016.

On a souvent dit qu’il était plus facile de penser la fin du monde que celle du capitalisme. Pourtant, ce système présente aujourd’hui des signes de rupture qui permettent d’en anticiper le déclin imminent, et ce en recourant non pas au prophétisme, mais beaucoup plus simplement aux sciences sociales. C’est ce que démontrent ici cinq des plus éminents chercheurs internationaux.
Dans une langue qu’ils ont voulue accessible à tous, s’appuyant sur des idées fortes de Marx, Braudel ou Weber, ils explorent une série de tendances « lourdes » des sociétés contemporaines, telles que l’approfondissement des crises économiques et écologiques, le déclin probable des classes moyennes, les contradictions et désarticulations du système politique international ou encore les problèmes d’externalisation des coûts sociaux et environnementaux liés au fonctionnement du capitalisme mondial. Ils tirent également les enseignements historiques et sociologiques de la chute du bloc soviétique et des mutations actuelles de la Chine.
Pour cette pléiade d’universitaires prestigieux, les limites internes et externes de l’expansion du « système monde » capitaliste sont sur le point d’être atteintes. Face à son déclin accéléré et multidimensionnel, il est urgent de penser sérieusement à ce qui peut et devrait lui succéder. L’ouvrage rappelle ainsi que les sciences sociales, lorsqu’elles explorent rigoureusement la réalité, peuvent également aider à imaginer un autre avenir.

. Laurent Martin (dir.), Les censures dans le monde, XIXe-XXIe siècle, Rennes, PUR, 2016.

Cet ouvrage offre des synthèses sur la censure du XIXe siècle à nos jours, dans de nombreux pays. Pourquoi censure-t-on ?, qui censure et comment ?, que fait-on avec ou contre la censure ? Cet ouvrage adopte une vision très large des phénomènes censoriaux tout en s’interrogeant sur les distinctions nécessaires qu’il convient d’opérer entre eux.

. Joseph Laroche (dir.), Passage au crible de la scène mondiale. L’actualité internationale 2015, Paris, L’Harmattan, 2016.

Cette publication réunit des textes portant sur l’actualité internationale de l’année 2015. Elle éclaire le lecteur sur les lignes de force parcourant la scène mondiale. Parmi elles, sont abordées les stratégies entrepreneuriales de l’Etat chinois et le manque de gouvernances sectorielles, qu’il s’agisse de la question migratoire, de la santé publique ou bien encore l’internet. Le livre montre également combien l’environnement est désormais instrumentalisé par différents types d’acteurs. Enfin, il consacre une dernière partie à la déterritorialisation d’un défi majeur qui bouleverse actuellement la planète : la violence mondialisée de l’islamisme.

. Luigi Bobbio, Patrice Melé, Vincente Ugalde, Entre conflit et concertation. Gérer les déchets en France, en Italie et au Mexique, Paris, ENS Éditions, 2016.

Les sociétés contemporaines sont marquées par la généralisation de conflits d’aménagement. Dans le domaine de la gestion des déchets, les oppositions à l’implantation d’équipements (décharges, incinérateurs ou plateformes de compostage) se multiplient malgré le renforcement des normes environnementales et la mise en place de procédures d’information, de concertation et de participation. Cet ouvrage se propose d’étudier cet apparent paradoxe à partir de l’analyse de situations de conflit / participation dans trois contextes nationaux (en France, en Italie et au Mexique) caractérisés par le blocage des décisions publiques malgré une grande diversité de modalités d’intervention.

Quels sont les impacts des procédures et des documents de planification  ? Quels sont les référents spatiaux et territoriaux mobilisés par les opposants  ? Quels sont les usages du droit  ? Sur la base d’une analyse des dimensions temporelles, territoriales et juridiques des situations étudiées, les travaux réunis ici interrogent les relations entre conflit et concertation.

. Jacobo Grajales, Gouverner dans la violence. Le paramilitarisme en Colombie, Paris, Karthala, 2016.

Entre le début des années 1980 et le milieu des années 2000, des groupes paramilitaires ont développé leur emprise sur de larges pans du territoire colombien. Apparus à la confluence de la criminalité et de la contre-insurrection, ils ont entretenu des liens forts avec les milieux de la politique et de l’économie, légale comme illégale.
Malgré cette domination institutionnelle et armée, leur déclin a été rapide. Après leur démobilisation partielle entre 2003 et 2006, et à la suite de la crise majeure qu’ont déclenchée les révélations relatives à leurs alliances politiques, la majorité de leurs leaders ont été extradés aux États-Unis, où ils ont dû faire face à des accusations de trafic de narcotiques. Eux qui se voulaient bandits politiques ont finalement été traités en simples trafiquants de drogue.
Alors que la violence est généralement vue comme la cause de la faillite des États dans les pays du Sud, cet ouvrage propose une approche sociologique non normative des rapports entre la violence et le politique. À partir d’études locales, il montre comment les paramilitaires ont participé en Colombie à la répression des opposants, au partage des ressources publiques, à la mise en exploitation capitaliste de zones marginales. À l’échelle nationale, il analyse la manière dont cette même violence est devenue un problème public qu’ont pris en charge les politiques de sécurité, non sans transformer les usages de la justice pénale. Il confirme ainsi que les groupes armés sont ancrés dans le processus historique de formation de l’État, en renouvelant un débat classique et en conférant au cas colombien de « gouvernement dans la violence » une portée paradigmatique.
Jacobo Grajales est maître de conférences en science politique à l’Université de Lille 2 et membre du CERAPS (Centre d’études et de recherches administratives, politiques et sociales). Ses recherches actuelles portent sur les rapports entre les situations de post-conflit et l’économie politique du foncier en milieu rural.

. Jean-Paul Charvet, Michel Sivignon, Géographie humaine. Questions et enjeux du monde contemporain, Paris, Armand Colin, 2016.

Abordant chacune des grandes thématiques de la discipline, cet ouvrage apporte des pistes de réflexion aux interrogations actuelles du monde contemporain en s’appuyant sur les résultats les plus récents des recherches scientifiques.

. Claire Rodier, Catherine Poitevin (collab.), Migrants & réfugiés. Réponse aux indécis, aux inquiets et aux réticents, Paris, La Découverte, 2016.

L’arrivée en grand nombre de réfugiés et de migrants en Europe, après un parcours épuisant, les nombreux morts en Méditerranée, dont celle, très médiatisée, du petit Aylan Kurdi en septembre 2015, ont souvent ému et « bousculé » la population européenne. Toutefois, après les premiers élans de compassion et de solidarité, les inquiétudes et les réticences s’expriment, et de multiples questions émergent : quelle différence entre réfugiés et migrants ? Combien sont-ils en proportion de la population européenne ? Pourquoi cet afflux soudain et va-t-il s’arrêter ? Ne va-t-il pas favoriser le terrorisme ? La France et l’Europe ont-elles la capacité d’accueillir cet afflux de migrants, compte tenu de la crise économique ? Les murs sont-ils utiles ? Faut-il supprimer l’espace Schengen ? Qu’est-ce qu’un hotspot ? Combien coûte la surveillance des frontières ? Ne vaudrait-il pas mieux les aider à rester chez eux ?
C’est pour répondre sans tabou à ces interrogations légitimes, et à bien d’autres, que ce petit livre a été conçu. Présenté sous forme de questions-réponses, il permet de comprendre ce qui se joue pour nos sociétés, notre vision du monde et nos choix politiques face au destin des migrants.

. Yassine Essid, La face cachée de l’islamisation. La Banque Islamique, Paris, L’Aube, 2016.

Un projet de renouveau a pris racine depuis les années 1970 dans les pays producteurs de pétrole disposant des liquidités nécessaires à l’application effective d’une économie islamique régie par les normes juridiques, organisationnelles et éthiques de l’islam.
La finance islamique (dont les modalités de fonctionnement se sont imposées dans les esprits occidentaux à la faveur de la crise financière de 2008) constituerait le premier jalon d’une islamisation non pas seulement économique, mais totale et totalitaire des sociétés arabes, surtout à la faveur de l’arrivée des islamistes en politique.
Cet ouvrage entend dénoncer la finance islamique, conçue non pas uniquement comme alternative au modèle de développement économique occidental permettant de rendre compatible l’islam avec la modernité, mais comme un élément déterminant et dangereux, constitutif du radicalisme islamiste. Une analyse fouillée et édifiante.

. James K. Galbraith, Crise grecque, tragédie européenne, Paris, Seuil, 2016.

L’enjeu de la crise grecque dépasse largement la Grèce. C’est l’avenir de l’Union européenne qui s’y dessine. Tandis que les Grecs avaient mandaté Alexis Tsipras pour rejeter les plans d’austérité et renégocier la dette, l’Europe a fait bloc pour refuser toute concession et imposer la poursuite d’une politique insoutenable. L’histoire de cette crise est une véritable tragédie européenne, que l’auteur met ici en évidence. Galbraith, ami de longue date de Yanis Varoufakis, a résidé en quasi-permanence à Athènes au cours des six mois clés de cette tragédie. Il a animé une équipe conseillant Tsipras et Varoufakis, accompagné ces derniers à Bruxelles et à Berlin. Ce livre donne à voir et à comprendre ce moment essentiel de notre histoire, en reprenant les analyses développées par l’auteur à chaque étape des négociations. On y découvrira comment la rationalité économique, soutenue par les Grecs, s’est trouvée anéantie par les calculs politiques de leurs partenaires, inconscients du fait qu’ils ruinaient ainsi le projet européen.

. Pierre Pagney, L’incertitude climatique et la guerre, Paris, L’Harmattan, 2016.

Le climat impose des incertitudes que, aussi perfectionnés qu’ils soient, les modèles ne réussiront pas à maîtriser complètement. C’est à cette incertitude climatique que la décision militaire peut être affrontée. Dans cet ouvrage l’auteur présente des événements militaires terrestres dont certains ont été des échecs largement liés au climat, d’autres, contrôlés, mais tous marqués d’une incertitude parfois due aux effets du réchauffement climatique. Deux cas de figure sont envisagés dans l’optique de l’affrontement humain : l’Arctique et les régions sèches et peuplées de l’arc de crise saharo-arabique.

. Florent Kohler, Chloé Thierry , Géographie physique et enjeux d’environnement, Rennes, PUR, 2016.

Comment expliquer que deux communes, de taille et de peuplement équivalents, exerçant les mêmes activités agricoles, se trouvent quarante ans plus tard l’une, bastion de l’altermondialisme, érigeant ses haies et ses bosquets en emblèmes, tandis que l’autre s’enorgueillit de son virage périurbain, de sa quatre-voies, du triplement de sa population ?

. Christian Montès, Pascale Nédélec, Atlas des États-Unis, un colosse au pieds d’argile, Paris, Autrement, 2016.
Un portrait des Etats-Unis depuis l’affirmation de l’Etat-nation en 1785, permettant de comprendre ce qui reste encore à accomplir : métissage des populations, dynamisme économique, rapport aux armes, engagement militaire, construction territoriale, relations avec Cuba, etc.

. Alberta Andreotti, Francisco Javier Moreno Fuentes, Patrick Le Galès, Un monde à la carte. Les villes européennes des cadres supérieurs, Paris, PUF, 2016.

Les cadres supérieurs urbains de Milan, Madrid, Paris et Lyon sont en train de devenir une classe sociale « émergente », mobile dans le cadre européen, se représentant comme l’avant garde de leur pays dans le monde. Mais ils sont en même temps profondément enracinés dans leur quartier, dans leur ville, où ils ont leurs amis, des liens familiaux très denses et sont très présents. Leur mobilité transnationale est relative : ils ne partent pas pour très longtemps, pas très loin, et ils reviennent souvent là où ils ont habité. Ils adoptent souvent des stratégies résidentielles sur le long terme qui intègrent des liens hérités et le souhait de vivre à proximité de la famille. Ils utilisent aussi les services publics, sur lesquels ils réussissent à exercer un certain contrôle afin de les adapter à leurs besoins. La transnationalisation se fait sous forme « d’exit partiel », on part un peu et on revient en valorisant les ressources accumulées à l’étranger. Cette transnationalisation est orientée à la fois par le choix et les idées des individus (plus favorables à la libéralisation et au marché), ou par les pressions des grandes entreprises pour lesquelles ils travaillent.

. Diane-Gabrielle Tremblay, Juan-Luis Klein, Jean-Marc Fontan, Initiatives locales et développement socioterritorial, Québec, TÉLUQ, 2016.

Cet ouvrage, qui en est ici à sa 2e édition, porte sur les initiatives locales et s’intéresse à la problématique du développement socioterritorial, ainsi que du développement socioéconomique des villes ou des régions. Il présente les concepts d’économie sociale, et d’autres concepts associés aux modalités du développement local et socioterritorial (grappes, clusters, milieux innovateurs, etc.). Il expose aussi un certain nombre de cas d’initiatives locales (le technopôle Angus, la Cité du multimédia, le Lab créatif, la Tohu, le cinéma Beaubien et les centres d’artistes autogérés) et invite à une réflexion générale sur ce type de développement, sur le rôle du territoire, sur le rôle de la collectivité, de l’État et des organismes communautaires.

. Antoine Glaser, Arrogant comme un français en Afrique, Paris, Fayard, 2016.

La France se réveille en Afrique avec la gueule de bois. Elle pensait que tout y était encore sous son contrôle et que sa « science africaine » était infaillible. Tout cela n’est qu’un leurre : les destinées politiques, religieuses, sociales et économiques de ce continent lui ont complètement échappé. Par arrogance, les dirigeants français ne se sont jamais véritablement intéressés à la complexité de l’Afrique. Quant à ceux qui s’y sont installés tout au long de la guerre froide – coopérants venus pour enseigner ou militaires y vivant en famille –, ils ont plus souvent cherché à former des Africains à leur image qu’à comprendre leurs spécificités et leurs désirs. D’ailleurs, en France même, n’aime-t-on pas que les Afro-Français qui nous ressemblent ? Aujourd’hui, la France paie cher cette arrogance. Les anciennes générations lui reprochent son ingratitude, tandis que les jeunes diplômés refoulés aux portes des consulats préfèrent poursuivre leurs études ailleurs. Les plus grands groupes industriels français perdent des contrats qu’ils pensaient leur être dus et des parts de marché face à leurs concurrents chinois. Les congrégations catholiques françaises sont vivement concurrencées par les Églises de réveil (évangéliques, pentecôtistes, charismatiques…), sans parler de l’expansion de l’islamisme radical. La méconnaissance de l’Afrique et des Africains a conduit la France à des analyses anachroniques et à sous-estimer la richesse de ce continent et de sa diaspora. C’est ce mépris qu’Antoine Glaser s’emploie à dénoncer ici. Il est temps de cesser de donner des leçons et d’apprendre de l’Afrique !


Le livre recommandé par le Diploweb.com pour le mois de mai

. Jean-François Gayraud, L’art de la guerre financière, éd. Odile Jacob, sortie le 14 avril 2016

Pierre Verluise, Directeur du Diploweb.com : "Voici un ouvrage qui révèle les dessous de la "planète finance". De façon accessible et passionnante, J-F Gayraud explique les pratiques nocives liées à la déréglementation engagée dans les années 1980 et à l’irresponsabilité des acteurs bancaires, institutionnels et politiques. Il démontre comment les dettes privées des banques fragilisées par leurs pratiques frauduleuses voire criminelles sont devenues des dettes publiques... "justifiant" en aval des politiques sociales dévastatrices pour réduire les déficits publics, par exemple en Grèce. L’Allemagne ne sort par grandie de sa présentation des mesures imposées à Athènes. L’auteur pointe les connivences entre financiers, politiques et médias pour la fabrication et la diffusion de grilles de lecture trompeuses. Voici donc une lecture indispensable pour qui souhaite "reprendre la main" sur sa compréhension de la guerre financière."

4e de couverture

Les guerres financières existent.

Ce sont de vraies guerres qui tuent et paupérisent les peuples, comme on l’a vu en Grèce. Cette situation stratégique inédite s’explique par la nouvelle puissance des acteurs financiers : banques d’affaires, fonds d’investissements, milliardaires de Wall Street.

Depuis les années 1980, une finance dérégulée, mondialisée et en partie toxique s’est bâti de vastes principautés immatérielles, surplombant les économies et lançant des raids sur des États captifs et des populations tétanisées. Malgré sa responsabilité dans la crise de 2008, la finance-puissance continue d’étendre son emprise, dans l’ombre, usant de stratégies empruntant à l’art de la guerre.

Ce livre en décrypte les ruses et les tactiques. Au-delà, il donne au citoyen des raisons d’espérer : il existe des moyens pour libérer les États et les peuples de ce Léviathan d’un genre nouveau. Là où la Grèce a dû plier face aux banques, l’Islande a su s’extirper du joug de la haute finance par une insurrection démocratique.

Jean-François Gayraud s’est conquis un large public avec Le Monde des mafias, La Grande Fraude, Géostratégie du crime (avec François Thual) et Le Nouveau Capitalisme criminel, tous publiés aux éditions Odile Jacob.

Plus d’informations sur le site des éditions Odile Jacob


. Roberto d’Arienzo, Chris Younès, Annarita Lapenna, Mathias Rollot (dir.), Ressources urbaines latentes. Pour un renouveau écologique des territoires, Genève, Métispresses, 2016.

À l’ère de l’Anthropocène, nos villes semblent concentrer en leur sein tous les composants de la crise écologique en cours. Elles regorgent pourtant de ressources qui permettraient de résoudre une partie des problèmes que leur développement actuel suscite. Les matières déchues, les espaces bâtis, mais aussi les savoirs ancestraux et les pratiques culturelles représentent autant d’opportunités qui peuvent et doivent ouvrir de nouvelles perspectives d’action pour accompagner nos sociétés vers les nombreux changements qui se profilent. Déceler ces potentialités requiert intelligence et méthode, en raison notamment de leur nature latente, imperceptible, enfouie. Complément des recherches récentes sur le thème du recyclage dans les milieux urbains (Recycler l’urbain. Pour une écologie des milieux habités, MētisPresses, 2014), Ressources urbaines latentes nous amène à faire un pas en arrière pour diriger notre regard sur les conditions qui existent en amont de ces projets et pratiques de recyclage.

. Thomas Sterner, Les instruments de la politique environnementale, Paris, Fayard, 2016.

Le développement de l’économie mondiale se heurte à de multiples limites planétaires entrelacées : réchauffement climatique, perte de la biodiversité, acidification des océans, épuisement des ressources naturelles, etc. Assumer la responsabilité de vivre dans l’Anthropocène, c’est considérer l’ensemble des ressources naturelles et des écosystèmes dans une perspective de développement durable. Comment choisir les instruments économiques adaptés aux échelles locales et internationales pour gérer l’économie globale sans atteindre les seuils écologiques critiques ?

. Samuel Delépine, Atlas des Tsiganes, Paris, Autrement, 2016.

« Améliorer notre connaissance sur les Tsiganes, c’est comprendre leur diversité, contre les idées reçues, contre le rejet. » Atlas des Tsiganes. Les dessous de la question rom. Près de 100 cartes et infographies inédites pour analyser la question rom, déconstruire les clichés et explorer la diversité des populations tsiganes. Roms, Sintí, Gitans, Manouches... une mosaïque de populations à l’histoire complexe et tourmentée. La réalité de leurs conditions de vie : accès au logement, à l’emploi, à l’école et aux soins. Le statut des gens du voyage, une particularité française qui a longtemps maintenu une catégorie de citoyens à part. Sans cesse à la une de l’actualité, la « question rom », ou la construction politique d’un problème public européen. Un panorama historique, sociologique, politique, culturel et religieux indispensable pour mieux connaître les populations tsiganes, ces « éternels indésirables » si souvent victimes de discriminations et préjugés.

. Charles Le cœur, Géographie physique et enjeux d’environnement, Paris, Bréal, 2016.

Le « petit frère » d’Eléments de géographie physique, un manuel référent auprès des professeurs et des étudiants Collection Grand amphi géographie : tout en un, l’équivalent des manuels scolaires pour le premier cycle universitaire - un cours très structuré composé de repères pédagogiques (présentation des objectifs et méthodes du chapitre + bibliographie organisée en ouvrages de références et en ouvrages et articles spécialisés en français + notes et encadrés pour comprendre tous les éléments - des exercices à chaque chapitre pour vérifier l’acquisition des connaissances et faire travailler les étudiants sur les divers types de documents comme aux examens.

. Yves Lenoir, La comédie atomique. L’histoire occultée des dangers des radiations, Paris, La Découverte, 2016.
Des promesses de l’" énergie atomique " civile des années 1950 , objet d’une intense propagande au niveau mondial, bien oubliée, jusqu’à la minoration des effets des catastrophes de Tchernobyl, il y a juste 30 ans, et de Fukushima en 2011, pourquoi un tel déni des effets différés de la radioactivité ? Cette passionnante enquête historique révèle comment s’est construit, peu à peu, un système international hors normes édictant les vérités officielles, en dehors de tout contrôle démocratique. Le bilan humain de la catastrophe de Tchernobyl d’avril 1986 a été définitivement figé avec le rapport adopté en 2006 par l’ONU et les gouvernements biélorusse, russe et ukrainien. Ce bilan minore considérablement le nombre de victimes, car il " ignore " de nombreuses séquelles constatées chez les millions de personnes exposées aux retombées radioactives et chez les 800 000 " liquidateurs " de l’accident. Et, en octobre 2011 un expert russe qui avait coordonné la rédaction de ce rapport a affirmé au Japon que la santé de la population touchée par les rejets radioactifs de la catastrophe de Fukushima, en mars 2011, ne serait pas affectée... Comment expliquer cette scandaleuse culture du déni des effets de la radioactivité ? En se plongeant dans les archives, en remontant aux premiers usages intensifs des rayons X et du radium. C’est ce qu’a fait Yves Lenoir pour ce livre où il retrace la surprenante histoire de la construction progressive d’un système international de protection radiologique hors normes au sein de l’ONU, qui minore systématiquement les risques et les dégâts des activités nucléaires. On apprend ainsi comment les promesses de l’" énergie atomique " civile ont fait l’objet dans les années 1950 d’une intense propagande au niveau mondial : non seulement cette énergie satisfera sans danger les besoins de l’humanité, mais l’usage généralisé de faibles doses de radioactivité permettra de décupler la production agricole ! Surtout, Yves Lenoir révèle que les normes de protection des travailleurs de l’énergie atomique ou des populations qui pourraient être exposées après un accident nucléaire ont été définies par une poignée d’experts, en dehors de tout contrôle démocratique. Il explique leurs méthodes pour construire une " vérité officielle " minimisant les conséquences de Tchernobyl. Et comment ces procédés ont été mis en œuvre, en accéléré, après Fukushima. Une remarquable enquête historique, riche de nombreuses révélations.

. Frédéric Farah, Thomas Porcher, TAFTA, l’accord du plus fort, Paris, Max Milo, 2016.
Aujourd’hui à Bruxelles et aux États-Unis, se joue la signature d’un traité qui risque de changer radicalement la vie de centaines de millions de citoyens américains et européens. Son nom, TAFTA. Son but, abaisser le plus possible les barrières du commerce – notamment les normes – entre nos deux continents pour faciliter les échanges. Les négociations ont déjà commencé et portent sur des règlementations concernant l’ensemble de notre vie (alimentation, santé, droits sociaux,…). Pourtant, elles se font sans nous, sans nos élus, mais avec des représentants des multinationales. Ce livre présente les enjeux de TAFTA et en identifie les risques potentiels, afin que les citoyens s’approprient ces questions et exigent un vrai débat démocratique.

. Fazil Zeylanov, Le conflit du Haut-Karabakh, une paix juste ou une guerre inévitable, Paris, L’Harmattan, 2016.
Le Haut-Karabakh s’est embrasé à plusieurs reprises au cours du XXe siècle. Voici une approche historique, géopolitique et juridique de ce conflit actuellement "gelé" qui peut se rallumer à tout moment. Etant donné son caractère interétatique, les intérêts des grandes puissances et des Etats voisins, tels que la Russie, les Etats-Unis, la Turquie, et l’Iran, liés à la position géostratégique du Caucase et aux ressources naturelles de la mer Caspienne, ne sont pas de nature à favoriser le règlement du conflit.

. Jean-Luc Domenach, Les fils de princes. Une génération au pouvoir en Chine, Paris, Fayard, 2016.

A partir de 1927, les leaders communistes ne sont plus en sécurité et leurs enfants, sur lesquels reposent les espoirs politiques, doivent être protégés. Mao, Zhou Enlai et les autres préfèrent garantir leur survie en les envoyant en URSS, chez des parents éloignés, ou dans de modestes fermes. Ce n’est qu’en 1949 que ces rejetons rejoignent Pékin, après des années de privations, de souffrance et d’exil. S’ouvrent alors pour eux les portes des Murs rouges de Zhongnanhai, dépendance de la cité interdite dans laquelle les clans familiaux des plus grands révolutionnaires sont réunis. Fêtes, loisirs et abondance rythment leur quotidien au sein de cette enceinte où ils font l’objet des plus grands soins. Ce sont les princes de la nouvelle aristocratie rouge. Les purges révolutionnaires n’auront pas raison d’eux : ils sont formés dans les meilleures universités et le réseau colossal qu’ils ont développé dans la cour de Mao leur permet de prétendre aux meilleurs postes. Économie, politique, défense, la caste prend bientôt, et dans tous les domaines, la place des anciens leaders affaiblis, jusqu’à devenir, aujourd’hui, les maîtres de la Chine. C’est l’histoire de ces princes rouges que nous raconte Jean-Luc Domenach dans cet ouvrage passionnant, enquête historique inédite sur cette élite à la tête d’un des empires les plus puissants du monde.

. Elsa Richard, L’adaptation aux changements climatiques. Les réponses de l’action publique territoriale, Rennes, PUR, 2016.

Cet ouvrage présente les modalités de déclinaison territoriale de l’adaptation aux changements climatiques dans l’action publique locale en France. En s’appuyant sur quatre études de cas, Elsa Richard discute l’hypothèse d’une nécessaire territorialisation de l’adaptation aux changements climatiques, et les conséquences de l’intégration de cette adaptation sur les façons de faire et de penser les politiques d’aménagement à l’échelle locale.

. Pierre Laederich, Les stratagèmes (Sextus Julius Frontinus), Paris, Economica, 2016.

Synthèse sans équivalent de l’art militaire gréco-romain, les Stratagèmes sont consacrés aux ruses de guerre et divers procédés obliques permettant de vaincre dans l’économie des forces – à l’instar du Traité de Sun Zi dont les enseignements sont très proches. Machiavel s’en inspira étroitement pour son Art de la Guerre. Avec De la guerre, de Clausewitz, ce sont les quatre livres clés de la science stratégique. Paradoxalement, ce dernier paraît moins d’actualité que Frontin, Sun Zi ou Machiavel en ce XXIe siècle si troublé. Face à la multiplicité des conflits dispersés, doublés de contre-attaques indirectes au moyen, notamment, d’actes de terrorisme à l’échelle planétaire, les enseignements de Frontin reviennent au premier plan : plus que jamais, les stratégies exigent de concilier l’impératif de la sécurité et l’économie des forces dans un contexte de contraintes budgétaires, l’adaptation la plus fine au terrain, à l’adversaire et aux circonstances. Et pour ce faire, il faut souvent délaisser maints principes des théories stratégiques.

. Clélia Gasquet-Blanchard, Ebola, géographie d’une crise sanitaire, Rennes, PUR, 2016.

À travers l’analyse d’épidémies ayant sévi au Gabon et en République du Congo, ce livre développe une approche visant à « dénaturaliser » les épidémies de fièvre hémorragique à virus Ebola (FHVE). Que l’on convoque la notion de risque ou que l’on inspecte les interventions humanitaires associées à la gestion des épidémies de FHVE, celles-ci sous-tendent des enjeux de pouvoir et de représentations prégnants qui structurent la géographie sociale de cette maladie.

. Jean-Pierre Cabestan, La politique internationale de la Chine. Entre intégration et volonté de puissance, Paris, Presses de Sciences Po, 2016.
Deuxième puissance mondiale depuis 2010, la Chine est pétrie d’ambitions. Forte de son économie désormais mondialisée, elle n’entend pas seulement ravir aux États-Unis la première place mais aussi bouleverser l’ordre international établi après 1945.
A-t-elle véritablement les moyens de ses ambitions ? Peut-être, si l’on en croit le déploiement d’outils économiques, diplomatiques, militaires et idéologiques pour accroître son influence sur la scène mondiale ; si l’on observe les transformations de sa politique étrangère et de sécurité depuis le début des années 2000 – surtout depuis 2012 et l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping – si, encore, on décrypte ses relations avec ses principaux partenaires et voisins, comme le fait cet ouvrage, pays par pays, à l’aide de sources de première main.
Mais la persistance d’un régime autoritaire, nationaliste, antioccidental et de plus en plus arrogant confère un caractère inachevé à son intégration dans la communauté internationale et perpétue les sources de conflits avec l’extérieur, en particulier avec les Etats-Unis et le Japon.
Plus forte, la Chine se sent aussi plus fragile. Dépendante de l’extérieur et perméable aux idéologies occidentales, elle connaît actuellement un ralentissement économique qui menace la stabilité sociale, voire celle de son régime politique. Autant de vulnérabilités qui risquent de peser sur sa politique internationale dont cet ouvrage dresse un panorama unique.

. Pierre Blanc, Jean-Paul Chagnollaud, Atlas de Moyen-Orient, aux racines de la violence, Paris, Autrement, 2016.
« La situation au Moyen-Orient n’est pas une crise de plus mais un basculement historique. » Plus de 120 cartes pour comprendre les origines multiples des violences du Moyen-Orient, cet ensemble géopolitique allant de la Turquie au Yémen, et de l’Égypte à l’Iran. Les racines historiques des conflits actuels, depuis l’effondrement de l’Empire ottoman. Les impasses politiques des régimes autoritaires et les dérives nationalistes, islamistes et sionistes. Pétrole, gaz, eau, terres : des ressources stratégiques très disputées. Les intérêts et les stratégies des grandes puissances dans la région. Dans les conflits du Moyen-Orient, en Syrie, au Yémen, en Irak, en Israël-Palestine, c’est le destin d’États, de peuples et de sociétés civiles parfois en lambeaux qui est en jeu. Pour espérer rétablir une stabilité dans la région, il est indispensable de comprendre les origines de la violence.

. Hervé Raimana Lallemant-Moe, Assistance environnementale, et changements climatiques dans le Pacifique sud, Paris, L’Harmattan, 2016.
Le changement climatique et la pollution mondiale menacent fortement les Petits États Insulaires du Pacifique Sud (PEIPS). Dotés de moyens techniques limités, ces États et collectivités extrêmement vulnérables sont pour certains menacés de disparition. L’assistance internationale constitue indubitablement une solution. Malheureusement, son effectivité actuelle pour le moins limitée appelle à la création d’un principe juridique unifié et cohérent en droit international de l’environnement.

. Collectif d’auteurs, La Chine, puissance maritime, Coll. Mappe et sa carte géante, éd. Ateliers Henry Dougier.

Avec 14 500 kilomètres de cotes, la République populaire de Chine s’impose comme une puissance maritime dans un espace au cœur de la mondialisation.

Dans ce nouveau « grand jeu » d’Asie-Pacifique, les États-Unis tentent de se rapprocher de voisins critiques envers l’unilatéralisme de Pékin, qui considère la mer de Chine méridionale comme un territoire souverain. Le géant asiatique argue qu’il y navigue depuis des siècles et, alors que les archipels Paracels et Spratly réserveraient d’importantes richesses en hydrocarbures, il fait construire des îlots artificiels pour assurer sa présence.

Car, pour la République populaire, la mer est une source de puissance diplomatique et économique : les régions côtières sont les plus riches du pays, attirant de plus en plus de populations de l’intérieur dans les grands ports, à l’instar de Shenzhen ou de Tianjin. L’accident dans cette ville industrielle du 12 août 2015 rappelle les défis environnementaux auxquels fait face le pays.

Plus sur le site de l’éditeur

. François Heisbourg, Comment perdre la guerre contre le terrorisme, Coll. Les essais, éd. Stock, 2016.

Ce livre est écrit par un homme en colère. Colère naturellement à l’encontre des auteurs d’actes de terrorisme et envers ceux qui les soutiennent. Mais colère aussi devant les insuffisances, les défaillances, les manquements qui empêchent la lutte contre le terrorisme et ses conséquences d’avoir l’efficacité que le citoyen est en droit d’attendre. C’est de cela qu’il sera question dans ce livre que j’espérais ne jamais avoir à écrire.

Car il est possible de perdre ce que les pouvoirs publics appellent la « guerre contre le terrorisme » : en suivant les « dix commandements » analysés ici, cette contre-performance est réalisable. Est-il encore temps de changer de stratégie ?

. Collectif d’auteurs, Himalaya Peuples menacés, richesses convoitées, Coll. Mappe et sa carte géante, Ateliers Henry Dougier.

Dans les années 1970, le personnage de bande dessinée Jonathan, créé par le dessinateur suisse Cosey, voyageait dans des sociétés méconnues vivant au cœur de l’Himalaya.

C’est sur ses traces que nous découvrons la plus haute montagne du monde, ses ressources, comme l’eau ou le tourisme (l’ascension des montagnes est un sacré défi !), enfin les brassages culturels qu’elle a paradoxalement permis. Aujourd’hui, l’Himalaya est au cœur d’enjeux géopolitiques stratégiques, alimentant le “grand jeu” entre ma Chine et l’Inde, notamment autour du Cachemire. Sans oublier le Népal, le Bhoutan et le Tibet, à l’honneur dans ce tome consacré au “toit du monde”.

Plus sur le site de l’éditeur

. Hein G. Kiessling, Les services secrets indiens et pakistanais : des frères ennemis, Paris, Nouveau Monde éditions, à paraître (août 2016).

Une mine d’informations sur la guerre secrète que se livrent les services de renseignement du sous-continent indien, sur les réseaux islamistes, la politique intérieure et extérieure des deux puissances nucléaires que sont l’Inde et le Pakistan. L’Inter-Services-Intelligence, (ISI), le service secret pakistanais a une réputation sulfureuse : prolifération nucléaire, fuite d’Oussama Ben Laden après l’intervention américaine en Afghanistan, affaire Daniel Pearl, attentats de Mumbaï en Inde en novembre 2008... Ce service civil (en fait inféodé à l’armée) a été soupçonné de manipulations électorales, de participations aux coups d’Etat militaire et d’assassinats politiques (notamment Ali Bhutto et Benazir Bhutto). Face à lui, la Research & Analysis wing (R&AW) indienne, a longtemps subi l’influence du KGB. Les deux organisations se livrent - souvent par le biais de mouvements séparatistes ou d’organisations terroristes - une guerre secrète ininterrompue sur différents fronts : Népal, Bengladesh, Afghanistan, Cachemire. La R&AW a joué un rôle important dans les guerres civiles au Sri Lanka et dans la question Sikh en Inde même.

. Nicolas Lambert, Christine Zanin, Manuel de cartographie. Principes, méthodes, applications, Paris, Armand Colin, à paraître (mai 2016).

Cet ouvrage est un manuel de cartographie complet, en phase avec les évolutions techniques et scientifiques récentes. Le fil conducteur du manuel est basé sur la nature subjective des cartes, largement admise par la communauté scientifique depuis les années 1990. Il permettra notamment de décrire les composantes de la carte et d’indiquer les règles importantes à suivre lors de la construction cartographique mais également celles qu’il faut mettre à mal afin d’en améliorer le message et sa communication. Les 4 phases de la construction cartographique (conception, sélection, représentation, mise en scène) y seront largement détaillées. Au-delà de l’aspect technique de la construction cartographique, ce manuel s’appuiera également sur des réalisations cartographiques inédites permettant de donner aux étudiants des éléments palpables et opérationnels concrets.

. Yassin Al-Haj Saleh, La question syrienne, Paris, Sindbad-Actes Sud, à paraître (mai 2016).

Ce recueil d’articles jamais réunis en un seul volume propose une analyse en profondeur de la crise syrienne dans ses dimensions locale, régionale et internationale par l’intellectuel syrien le plus en vue de nos jours. Ancien prisonnier politique (1980-1996), Yassin Al-Haj Saleh est actuellement réfugié politique en Turquie, où il dirige un centre de recherches.

. Jean-Luc Racine (dir.), Asie 2015-2016, Paris, La Documentation Française, 2015.

En 2014, l’Asie connaît un certain nombre d’inflexions : la double transition afghane, une alternance en Indonésie, une autre en Inde, avec le retour au pouvoir de la droite nationaliste. Elle demeure aussi marquée par plusieurs grandes tendances structurelles qui concernent aussi bien la conduite délicate des réformes économiques que la question de la gouvernance. Celle-ci appelle des réponses contrastées : nouveau coup d’État militaire en Thaïlande, renouvellement anticipé pour Shinzo Abe au Japon, stabilité des régimes présidentiels en Asie centrale. Avec partout, pour toile de fond, la montée en puissance de la Chine, où l’accentuation de la lutte contre la corruption se conjugue avec un renforcement de la répression. L’ombre de ce pays est certes plus ou moins intense selon les secteurs, les régions, les pays. Mais la Chine est partout présente, suscitant chez ses voisins des politiques nationales visant à préserver des marges de manœuvre, y compris en matière de défense, qu’ils soient ou non proches des États-Unis. Alors que le mandat du président Xi n’en est qu’à ses débuts, les voies que suivra Pékin pèseront de plus en plus lourd sur le destin de l’Asie.

. Sébastien Vannier, Berlin. Laboratoire d’innovations, Paris, Ateliers Henry Dougier, 2016.
Berlin, l’attrayante capitale allemande, accueille depuis des années la jeunesse du monde entier : artistes, créateurs et jeunes entrepreneurs viennent apporter un nouvel élan à une métropole qui, sans oublier les nombreuses cicatrices du passé, bouillonne d’imagination pour bâtir son avenir. Ecologie, logement, mobilité, digitalisation, culture : Berlin veut profiter de son dynamisme et de ses ressources pour se lancer dans les projets qui définiront les contours des métropoles des prochaines décennies.

. Olivier Guillard, Géopolitique de l’Inde, Paris, PUF, 2016.
Doit-on parler d’une seule Inde ou de plusieurs ? Evoque-t-on le même pays lorsqu’il est question des high-tech cities de Bangalore et Hyderabad, de la vigoureuse croissance économique de la "plus grande démocratie du monde", de la magie colorée de Bollywood ? Pense-t-on à la même Inde lorsque l’on se penche sur la permanence de l’extrême pauvreté, des tensions intercommunautaires, d’une insurrection maoïste en expansion et d’une kyrielle de mouvements séparatistes agitant le Nord-Est ? Incredible India, c’est tout cela à la fois, le brillant et l’attirant, l’ambitieux et le performant, mais aussi un immense chantier à peine entamé. Accommoder ces deux Indes si proches et si lointaines dans une seule matrice, tel est le défi lancé à ce titan débonnaire que d’aucuns rêvent à terme - un peu hâtivement sans doute - en rival stratégique de la Chine.

. Catherine Withol de Wenden, Madeleine Benoit-Guyod (dir.), Atlas des migrations. Un équilibre mondial à inventer, Paris, Autrement, 2016.

Plus de 100 cartes et infographies pour comprendre les phénomènes migratoires et interroger nombre d’idées reçues. Les migrations concernent 220 millions de personnes dans le monde et continuent d’augmenter. Pauvreté, conflits, économie, tourisme : quels sont les facteurs réels de cette mobilité ? Pays émergents, droit d’asile, main-d’œuvre, déplacés environnementaux et apatrides, développement des bidonvilles à travers le monde : impact et conséquences des flux migratoires. Dans cette nouvelle édition entièrement mise à jour, Catherine Wihtol de Wenden souligne la nécessité de regarder les migrations à l’échelle planétaire et esquisse l’idée d’un nouvel équilibre mondial à inventer.

. Maxime Lefebvre, La politique étrangère européenne, Paris, PUF, 2016.

Si l’Union européenne est dotée par le traité de Maastricht d’une « politique étrangère et de sécurité commune », la pratique et les négociations menées depuis 1992 pour la renforcer révèlent surtout le chemin qui reste à parcourir pour la rendre efficiente. L’Union est aujourd’hui représentée par une présidence bicéphale et un « haut représentant » — qu’on n’a pas voulu nommer « ministre des Affaires étrangères » —, elle n’a pas de service diplomatique mais un service « pour l’action extérieure », pas d’ambassades mais des « délégations », pas d’armée mais une « politique de sécurité et de défense commune ».
Les enjeux ne sont pourtant pas minces : peser dans le partenariat transatlantique, coopérer avec les puissances en défendant mieux ses valeurs et ses intérêts, penser sa sécurité, muscler ses capacités économiques, diplomatiques et militaires, dépasser ses propres divergences, constituer en somme une « puissance européenne.

. Olivier Zajec, Nicolas John Spykman, l’invention de la géopolitique américaine, PUPS, 2016.

Mars 1942. En plein conflit mondial, un professeur américain de relations internationales développe la théorie géopolitique du rimland censée garantir la domination de Washington sur le monde d’après-guerre. Pour les historiens, Nicholas Spykman partage ainsi avec Kennan la réputation d’avoir inspiré la stratégie du containment anticommuniste de la Guerre froide, qui triomphe à partir de 1947. Le réalisme dur de cet « élève de Machiavel », accusé d’être la voix « de la destruction et du nihilisme », lui vaudra d’intenses critiques.

Toujours cité, jamais étudié, Spykman méritait-il ces jugements ? Ancien agent secret néerlandais, théoricien cosmopolite passé de la sociologie interactionnelle à la politique internationale, partisan de la Société des Nations, fondateur du premier département de Relations internationales de Yale avec le soutien de la fondation Rockefeller, agnostique, polyglotte et dandy, qui était-il réellement ? Jusqu’ici, personne – y compris aux États-Unis – ne s’était encore penché sur son parcours intrigant. Fondée sur des documents inédits, cette biographie intellectuelle comble ce vide en reconstituant l’ensemble de son parcours et en analysant l’histoire de la fascination-répulsion qui marqua la réception des théories géopolitiques allemandes aux États-Unis, des prémisses de la Seconde Guerre mondiale à la naissance du bipolarisme. La « géopolitique » telle que la pensait Spykman a-t-elle réellement eu une influence sur la manière dont la Guerre froide a été menée ? Inattendue, la conclusion à laquelle parvient cette biographie intellectuelle inédite ouvre la voie à une réévaluation de la période cruciale de l’entre-deux-guerres, qui prépara l’accession des États-Unis au rang de première puissance mondiale.

Olivier Zajec est maître de conférences en science politique à l’université Jean Moulin Lyon III (CLESID – EA 4586). Saint-cyrien, diplômé cum laude de Sciences Po Paris, agrégé et docteur en histoire (université Paris-Sorbonne), il est directeur du Cours de géopolitique de l’École de guerre (Direction de l’enseignement militaire supérieur) où il enseigne également la théorie de la stratégie.

Plus sur le site des PUPS.

. Hervé Le Bras, Le Nouvel Ordre électoral. Tripartisme contre démocratie, Paris, Seuil, 2016.

Le tripartisme bouscule le jeu politique français, la gauche et la droite étant désormais talonnées par un Front national à 28 %. On prédisait un effondrement de la gauche, mais ? première surprise ?, elle a fait jeu égal avec la droite au premier tour des départementales de 2015, puis l’a doublée aux régionales. Deuxième surprise : au second tour, le tripartisme provoque des duels d’une nature inédite. Grâce à une méthode statistique et cartographique nouvelle, Hervé Le Bras passe au crible les résultats électoraux des communes, des cantons et des régions. La formation de « fronts républicains » peut-elle perdurer dans ce nouveau contexte ? Quel est l’impact de la division de la gauche sur cette recomposition ? Quelle est la porosité entre la droite et l’extrême droite ? Répondre à toutes ces questions, c’est comprendre les bouleversements politiques français depuis vingt ans. C’est aussi définir les termes de la prochaine présidentielle et des législatives qui l’accompagneront.

. Morgan Larhant, Les finances de l’ONU, ou la crise permanente, Paris, Presses de Sciences Po, 2016.

Le financement des Nations unies a toujours été un sujet houleux et un enjeu de rivalités entre États membres. Tout au long de soixante-dix ans d’une histoire émaillée de crise, l’ONU a vu ses membres s’évertuer, sciemment ou non, à l’affaiblir financièrement, n’hésitant jamais à utiliser l’arène budgétaire pour prolonger les débats.

. Romain Felli, La Grande Adaptation. Climat, capitalisme et catastrophe, Paris, Seuil, 2016.

Nous sommes entrés dans l’ère de l’adaptation.
Dès les années 1970, certains plaidaient déjà pour une « adaptation » des sociétés aux changements climatiques plutôt que pour de coûteuses réductions d’émissions de gaz à effet de serre. Aujourd’hui, derrière la façade des sommets environnementaux, la réalité est celle d’un climat et d’écosystèmes qui se dérèglent, préparant une régression des conditions d’habitation humaine de la Terre.
Sociétés, territoires, individus sont désormais sommés de « s’adapter » à ces transformations inexorables. L’auteur nous fait comprendre comment, au lieu de contribuer à la solidarité et à la sécurité sociale et de résister aux conséquences de ces changements, le capitalisme utilise le choc climatique pour étendre le pouvoir du marché au nom de l’adaptation.
La catastrophe : un nouveau business ?

. Philippe Braillard, Mohammad-Reza Djalili, Les relations internationales, Paris, PUF, 2016.

Si l’État, en tant que territoire délimité par des frontières, est ce qui fonde la dimension internationale des liens et des rapports entre les pays, l’étude de la diplomatie et des politiques étrangères ne suffit pas à rendre compte de l’ensemble des interactions qu’entretiennent les nations. Considérant l’intensification et la diversification des échanges, économiques, humains, culturels, cet ouvrage privilégie un large champ d’investigation, tel que l’exige toute étude pertinente des relations internationales contemporaines.

Paradigmes d’analyse, acteurs, interdépendance des enjeux et des zones géopolitiques, processus de décision et de règlement des conflits : autant de questions traitées ici, à la lumière de l’histoire et du présent.

. Yohan Ariffin, Pierre de Senarclens, La politique internationale. Théorie et enjeux contemporains, Paris, Armand Colin, 2015.

Cet ouvrage offre une analyse critique des principaux cadres en vigueur dans l’étude des relations internationales contemporaines pour comprendre les rapports de conflit et de coopération entre États, les clivages entre le Nord et le Sud, le rôle des institutions intergouvernementales, des ONG et des entreprises transnationales. Cette 6e édition rend compte de l’émergence de certains pays, de l’affirmation du G20 et de la recomposition des rapports entre puissances.


Le livre recommandé par le Diploweb.com en avril 2016

. Gérard Chaliand, Pourquoi perd-on la guerre ? Un nouvel art occidental. éd. Odile Jacob, 2016.

Pierre Verluise, Directeur du Diploweb.com : "Voici un livre puissamment pensé et argumenté, parfaitement écrit. A partir des leçons de l’histoire, Gérard Chaliand explique les raisons de l’enlisement occidental. Homme de terrain et de plume, Gérard Chaliand sait partager le meilleur de sa réflexion et de son expérience unique."

4e de couverture

Depuis le retrait du Vietnam, le bilan militaire de la puissance américaine et de ses alliés occidentaux est sans conteste négatif : conflits coûteux, résultats militaires médiocres, conséquences politiques désastreuses.

Conjuguant l’histoire, la géopolitique et l’observation du terrain, Gérard Chaliand rappelle quels étaient les ingrédients de la victoire – et donc les raisons actuelles de l’échec, notamment au Moyen-Orient.

Voulons-nous vraiment gagner ces guerres ? À quel prix ?

« Dans cet essai percutant, Gérard Chaliand jette un regard lucide et décapant sur les interventions militaires occidentales […]. La profondeur historique de sa vision et la force de son analyse éclairent d’un jour nouveau l’imbroglio syrien. » Hubert Védrine.

« Le livre-choc de Gérard Chaliand arrive à point nommé. Il appelle au sursaut immédiat : les peuples occidentaux ne sont pas condamnés à l’éternelle défaite ! » Général Vincent Desportes.

Stratégiste, géopoliticien, Gérard Chaliand est un observateur engagé des conflits irréguliers sur quatre continents. Témoin de longue durée en Afghanistan, où il a enquêté dans diverses provinces, ainsi qu’en Irak, où il se rend régulièrement depuis 2000, notamment chez les Kurdes, y compris ceux de Syrie.

Il a enseigné à l’ENA, à l’École de guerre ainsi qu’à Harvard, à Berkeley et à Singapour. Plus de vingt de ses livres sont traduits en anglais et dans une douzaine d’autres langues.

Plus d’informations sur le site des éditions Odile Jacob


. Jean-Sylvestre Mongrenier et Françoise Thom, Géopolitique de la Russie, Paris, PUF, 2016.

Parce qu’elle s’étend de l’Est européen à l’océan Pacifique, entre l’extrême-ouest et l’extrême-est de l’« Eurasie », la Russie est à la croisée des grandes aires géopolitiques mondiales. Au sud, le Moyen-Orient est perçu comme un arc de crise en proie à l’islamisme, dont les contrecoups se répercutent dans le Caucase, en Asie centrale et dans les républiques musulmanes de la Volga. Au nord, l’océan Arctique semble retrouver la valeur géostratégique qui était la sienne pendant la guerre froide. À cette immensité répondent les ambitions du pouvoir russe. Son projet ? Redonner à la Russie un statut de puissance mondiale, en opposition à l’Occident.

Expliquer la géopolitique vue de Moscou, montrer son enracinement dans l’histoire, éclairer les implications de ces conceptions et leurs modalités pratiques en analysant l’évolution des politiques russes, tel est l’objectif de cet ouvrage.

Le Diploweb.com est la seule revue en ligne à offrir gratuitement une veille des livres, revues et conférences géopolitiques... sans jamais toucher de commission des éditeurs, libraires et organisateurs. Faites de connaître ce service unique à vos vrais amis ! Et soutenez l’indépendance du Diploweb.com

. Thomas Snegaroff, Alexandre Andorra, Géopolitique des États-Unis d’Amérique, Paris, PUF, 2016.

Richesse et pauvreté, prédation et sanctuarisation, sécheresse et blizzard, interventionnisme et isolationnisme : l’Amérique est le pays du « tout ou rien », que l’on a souvent tendance à peindre à grands traits, ou même à dédaigner pour sa jeunesse et son absence supposée d’histoire. Dans un style accessible et alerte, les deux auteurs nous entraînent dans l’histoire des États-Unis sous toutes leurs facettes : géographie, sociologie, culture, politique, économie, diplomatie, sécurité, armée... Allant à l’encontre des idées reçues, ils expliquent de manière pédagogique la diversité et la complexité de la première puissance mondiale. Les élections présidentielles de 2016 et la fin de la présidence de Barack Obama, dont la politique étrangère fut l’une des plus fines et des plus complexes de l’histoire américaine, incitent à dresser un bilan de la position américaine dans le monde. Un monde à la fois plus pacifique et plus conflictuel, avec moins d’extrême pauvreté et plus d’inégalités, oscillant entre internationalisme et populismes.

. Franck Vallérugo (dir.), Jean-Pierre Gonguet, Jean-Michel Guénod, EuropaCity, l’aventure d’un projet, Paris, L’Aube, 2016.

Étonnant, innovant, perturbant, EuropaCity, le projet d’Auchan, fascine.
Le groupe de la grande distribution porte le seul projet privé labellisé Grand Paris. Trois milliards d’euros d’investissements.

Son constat  ? Le commerce physique est en crise, totalement bousculé par le numérique. Il doit proposer une expérience nouvelle où culture, loisirs et lien social prennent le pas sur l’acte d’achat  ; il doit se réenchanter, faire rêver.

Ce que veut faire Auchan avec ce mégachantier de 80 hectares à Gonesse, à côté de Roissy, où, en 2024, 12 000 employés accueilleront les 30 millions de visiteurs attendus. Un projet extrêmement déstabilisant car en perpétuel mouvement dans un monde où l’on aime les choses finies et bien cadrées. Il n’a pas été facile à faire accepter depuis 2007. Il suscitera encore beaucoup de controverses.

Un journaliste, Jean-Pierre Gonguet, un professeur de l’ESSEC, Franck Vallérugo, et un urbaniste architecte, Jean-Michel Guénod, se sont plongés dans le dossier, ont rencontré toutes les parties prenantes et les meilleurs spécia¬listes pour comprendre ce qui se joue avec ce projet.
Comment anticiper le commerce du futur  ? Comment un lieu de culture, de loisirs et d’échanges peut-il devenir un élément structurant du Grand Paris  ? Peut-il même «  faire ville  »  ? Le privé peut-il, lui aussi, être un aménageur intelligent du territoire  ? Quelle est la spécificité du Grand Paris dans l’affrontement des villes mondialisées  ? Ce sont quelques-unes des questions essentielles posées par ce projet hors norme.

. Juan Branco, L’ordre et le monde. Critique de la Cour pénale internationale, Paris, Fayard, 2016.

25 juin 2014. Douze ans après sa création, la Cour pénale internationale rend définitive la première condamnation de son histoire. La personne concernée ? Un ancien chasseur d’okapis, nommé général à vingt-six ans pour être envoyé à La Haye et donner l’impression au monde que la République démocratique du Congo coopère avec l’institution.
Maigre résultat, pour une Cour censée s’attaquer aux plus grands criminels de son temps. Saluée unanimement à sa création, l’institution ne s’est jamais montrée à la hauteur de ses ambitions. Progressivement affaiblie, soumise aux desiderata des grandes puissances, elle est très rapidement devenue l’actrice de son propre drame, jusqu’à faire s’interroger aujourd’hui sur le bien-fondé de son existence.

À travers un récit haletant croisant droit et philosophie, Juan Branco retrace le devenir d’une organisation qui aurait dû tenir le monde entre ses mains. Il en montre la déliquescence, découverte au fur et à mesure de ses expériences auprès du premier Procureur de la Cour, au Quai d’Orsay puis comme chercheur et journaliste dans l’Afrique des Grands Lacs. Une mise à nu sans concessions d’un système dévoré par ses insuffisances et ses compromissions, et aujourd’hui sur le point de basculer.

. Julien Gargani, Crises environnementales et crises socio-économiques , Paris, L’Harmattan, 2016.

Les crises environnementales et les crises socio-économiques affectent notre quotidien. Face à ces crises "naturelles" répétitives, l’intérêt porté à notre environnement et à son évolution s’accroît. Parallèlement, les crises socio-économiques et financières se produisent et se reproduisent sans sembler vouloir s’arrêter. Comment réduire la vulnérabilité de nos sociétés vis-à-vis de ces crises ? Comment adapter nos sociétés pour les rendre moins vulnérables ? Le premier pas passe par la description du fonctionnement des interactions entre société, nature et technique.

. Flavine Bardet, Cent ans de choc des civilisations : les leçons oubliées de 1914, Bordeaux, PUB, 2016.

Cette anthologie du premier géopoliticien américain présente l’avenir du monde vu du début du XXe siècle. Y sont évoqués, pour la première fois en traduction française, la redistribution des cartes du pouvoir sur la scène internationale, la montée en puissance de la Chine, les ambitions des États-Unis pour le XXe siècle, mais aussi l’avenir du Vieux Continent pris entre ces deux grands pôles de développement. Enfin et surtout, le monde arabo-musulman et la nécessaire ingérence européenne, prémices du « choc des civilisations » de l’Islam et de la Chrétienté, sont largement évoqués sous les termes de « collision des civilisations ». Alfred Thayer Mahan (1840-1914) demeure un auteur peu connu dans le paysage universitaire français, malgré un renom certain dans le domaine de l’histoire militaire et des sciences politiques. Peu traduit, peu étudié en France, Mahan fut pourtant le père d’une école de pensée géopolitique tout à fait originale, et ses idées eurent un poids de toute première importance entre la fin du XIXe siècle et les batailles de la Première Guerre mondiale.

« Auteur à succès » de son temps, ses ouvrages sur la puissance maritime inspirèrent la plupart des dirigeants des grandes nations impérialistes au début du XXe siècle. Les textes réunis ici, outre leur portée théorique géopolitique, ouvrent une fenêtre sur la vision qu’entretenaient certains Occidentaux au début du siècle précédent de l’Asie, et plus particulièrement du monde musulman. Toute la question pour Mahan revenait à se demander comment accroître la richesse de l’Ouest sans déclencher la grande guerre de civilisations qu’il voyait poindre à l’horizon de son siècle.

. Claire Bosseboeuf, Les collectivités territoriales et leurs musées. Recherches sur le développement et les modalités de gestion et de gouvernance d’un service public, Aix-en-Provence, PUAM, 2016.

La loi du 4 janvier 2002 relative aux musées de France a consacré la vocation de service public du musée, issue d’une tradition historique qui implique que les musées sont à majorité gérés par des personnes publiques, celles-ci étant majoritairement des collectivités territoriales. Or, parmi les nombreuses études existant sur les musées, peu se sont intéressées à la situation des musées territoriaux. Il paraissait donc pertinent d’appréhender les musées en tant que services publics locaux, et le plus possible du point de vue des collectivités territoriales. Ceux-ci ne se présentent-ils pas, alors, comme une expression du principe de libre administration ? Dans ce cadre, les deux parties de l’étude ont pour objet de montrer la place importante et croissante des musées territoriaux dans les politiques de développement du territoire, mais dans un cadre déterminé par l’État ; et de mettre en avant le fait que leur gestion, qui passe majoritairement par la régie directe, peut s’inscrire dans le cadre des différents modes de gestion des services publics locaux.

. Jean-Jacques Bavoux, La géographie. Objets, méthodes, débats, Paris, Armand Colin, 2016.
On n’a jamais autant parlé de géographie. Mais, si elle a beaucoup à dire sur la mondialisation, l’aménagement des territoires, les changements climatiques, l’emprise du cyberespace, l’explosion de la mobilité ou les tensions internationales, elle reste cependant une science méconnue. Cet ouvrage vient combler ce manque. En montrant la richesse des approches géographiques et le dynamisme de leurs tendances les plus actuelles, cette nouvelle édition entièrement remaniée et enrichie présente l’ensemble des méthodes, bouleversées par les évolutions de la cartographie (géomatique, SIG, télédétection), l’essor de l’informatique (e-géographie, webmapping, globes virtuels) et la prise en compte nouvelle des représentations et comportements spatiaux. Elle s’interroge sur les objectifs de la géographie et son utilité dans la société, étudiant en profondeur la manière dont elle est enseignée et ses rapports avec la politique, l’écologie, l’économie ou la culture. Un manuel à l’attention de tous les étudiants en géographie, des enseignants qui s’interrogent sur les métamorphoses de leur discipline, et de tous ceux qui, dans leur vie professionnelle, ou leur vie tout court, ont rapport avec les dimensions spatiales et territoriales.

. Jacques Delorme, Crises : économies émergentes et grands pays de l’OCDE, Paris, L’Harmattan, 2016.
Ce recueil d’articles consacré à l’économie internationale, particulièrement des pays émergents, expose des problèmes structurels non résolus à ce jour et des défis plus conjoncturels qui laissent place à des extrapolations, rarement des prévisions. Il est l’aboutissement d’un travail mené au Cycle des Hautes Etudes en Développement Economique (CHEDE).

. Sébastien-Yves Laurent, Bertran Warsfel (dir.), Transformations et réformes de la sécurité et du renseignement en Europe, Bordeaux, PUB, 2016.

La relance de réformes en matière de défense et de sécurité est intervenue après que les États européens ont consommé la fin de la guerre froide durant la décennie 1990. Mais la réduction des budgets de défense et l’adhésion des pays d’Europe centrale et orientale à l’OTAN n’ont pas suffi à créer un nouveau cadre pour l’Europe de la défense et de la sécurité. Afin de s’adapter au nouveau contexte stratégique marqué principalement par le terrorisme transnational et des conflits gelés et pour tenir compte également du nouveau cadre institutionnel et politique institué par le Traité de Lisbonne, la dernière décennie a été marquée par la nécessité d’engager une transformation profonde des dispositifs de défense et de sécurité. À la croisée du droit, de la science politique et de l’analyse géopolitique, les dix-neuf textes de ce volume abordent les trois dimensions classiques de la sécurité : préventive et prospective – il est fait une très grande place au champ du renseignement – enfin coercitive, que ce soit dans sa dimension intérieure ou extérieure, civile ou militaire. Trois caractéristiques émergent très nettement : l’enjeu politique, l’enjeu budgétaire et économique, enfin l’enjeu pratique et opérationnel. Cet ouvrage qui réunit les analyses expertes d’universitaires et de praticiens aborde le sujet entre construction institutionnelle et politique d’une Europe de la défense et de la sécurité par le haut et sa réalisation par le bas, sur un plan opérationnel.

. Thierry Paquot, Terre urbaine. Cinq défis pour le devenir urbain de la planète, Paris, La Découverte, 2016.
En ce début de siècle, un constat s’impose : l’urbanisation est planétaire. Un standard de vie, plus ou moins homogène, se répand partout, avec son cortège de normes de consommation, de comportements types, de valeurs collectives et de pratiques individuelles qui déséquilibrent les écosystèmes. C’est cette révolution aux expressions paradoxales que Thierry Paquot explore ici sous ses multiples formes territoriales – bidonville, mégalopole, enclave résidentielle sécurisée, ville moyenne, global city, urbain diffus… L’auteur pointe les défis à relever : la « bonne » occupation des sols face à l’extension des zones urbaines et à la réduction des terres agricoles ; la « bonne » manière de se déplacer, dans un monde confronté à la pénurie probable de pétrole et à la multiplication des mobilités ordinaires (tourisme de masse, shopping, pratiques sportives…) ; la « bonne » façon d’assurer à tous un confort urbain minimal, en favorisant une décroissance raisonnée de certaines consommations ; la « bonne » gouvernance, qui exige l’invention de nouvelles pratiques démocratiques ; la « bonne » habitabilité entre soi et les autres. Seule une écologie existentielle respectueuse de la diversité culturelle, de l’éventail des croyances et des rites, de l’incroyable différence des temporalités qui régissent et animent la vie de tout homo urbanus peut assurer à tous un devenir urbain.

. Bernard Hourcade, Yves Lacoste, Géopolitique de l’Iran. Les défis d’une renaissance, Paris, Armand Colin, 2016.

On caractérise trop souvent l’Iran par son identité forte (Grande civilisation, nationalisme , chiisme, poésie, Ispahan…) et les mythes qui lui sont liés. Mais pour comprendre l’Iran d’aujourd’hui, c’est d’autres facteurs qui doivent être pris en compte : émergence du pays en tant que république et islamique, émergence des monarchies pétrolières voisines dominées par l’Arabie saoudite, avènement d’une bourgeoisie moyenne citadine et instruite qui n’existait pas il y a quarante ans et qui est désormais au cœur des politique nationales. Cette nouvelle édition propose ainsi une analyse fine et allant à contre-courant des idées reçues en étudiant les rapports de forces entre héritages nationaux, idéologies islamiques, et mondialisation. Car la géopolitique de l’Iran n’est pas liée à seulement l’un de ces facteurs et, contrairement a ce qu l’on entend trop souvent, il n’y a pas de guerre « sunnite/chiite » ou « persan/ arabe » : ce sont les acteurs du conflit, pas la cause. La situation géopolitique iranienne est d’abord et avant tout d’origine politique : la rivalité entre deux Etats émergents.

. Katja Banik, Les relations Chine-Europe : à la croisée des chemins, Paris, L’Harmattan, 2016.

Notre monde globalisé traverse un moment décisif de son histoire. Non seulement l’internationalisation de la Chine bouleverse les enjeux géopolitiques mondiaux, mais les nombreuses crises économiques, politiques et sociales provoquent également un sentiment généralisé d’insécurité et d’impuissance face à la complexité des événements actuels. Cette publication propose d’analyser les relations entre l’UE et la Chine et de questionner la pérennité d’un pouvoir qui oppose valeurs et mercantilisme.

. Hamit Bozarslan, Histoire de la Turquie contemporaine, Paris, La Découverte, 2016.
La Turquie, candidate depuis 2004 à l’entrée dans l’Union européenne, occupe souvent la « une » de l’actualité. Dirigée par un gouvernement conservateur, elle dispose de structures formellement démocratiques, mais connaît, notamment depuis le tournant des années 2010, un virage autoritaire. Ouverte sur le monde, elle ne s’enferme pas moins dans un syndrome de « forteresse assiégée », dont la « sécurité nationale » serait menacée aussi bien par les ennemis extérieurs qu’intérieurs. Ses politiques étrangères, notamment dans le monde arabe, contrastent souvent avec les alliances qui la lient à l’Occident. Ce livre apporte des clefs pour comprendre cette situation et ses contradictions, en suivant l’évolution du pays tout au long du XXe siècle et au début du XXIe siècle. En proposant une information fiable et une lecture synthétique de l’histoire récente de la Turquie, il permet aux lecteurs de langue française de mieux comprendre la place que ce pays occupe sur la scène mondiale.

. Thomas Snégaroff et Alexandre Andorra, Géopolitique des États-Unis, Paris, PUF, à paraître (juin 2016).
Une histoire des Etats-Unis et un bilan de sa position dans le monde et de la présidence de Barack Obama. Etudie les contrastes qui régissent le pays : richesse et pauvreté, prédation et sanctuarisation, interventionnisme et isolationnisme, etc.

. Pierre Vermeren, Le choc des décolonisations. De la guerre d’Algérie aux Printemps Arabes, Paris, Odile Jacob, 2015.

Le temps semble loin où notre pays était un empire. Les territoires autrefois colonisés ont été rendus à eux-mêmes et sont désormais maîtres de leur histoire. C’est contre cette vision simpliste et historiquement fausse que s’insurge Pierre Vermeren : les révolutions arabes de 2011 et 2012 sont la conséquence directe, le dernier chapitre de l’histoire de la décolonisation. De guerre lasse, dans un mélange de bonne conscience et de culpabilité, l’État et les élites de France ont laissé leurs successeurs à la tête du Maroc, de l’Algérie, de la Tunisie et des pays d’Afrique agir en toute impunité. Le silence et l’aveuglement de la France, mais aussi de l’Europe tout entière, ont permis dans ces anciennes colonies l’accaparement des richesses, la confiscation des libertés et la soumission des peuples. Pierre Vermeren apporte aux événements les plus récents, qu’il s’agisse des explosions de colère au Maghreb comme de la lutte contre le djihadisme, l’éclairage irremplaçable de l’histoire. Pierre Vermeren est professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris-I-Panthéon- Sorbonne, spécialiste des mondes arabes et africains du Nord et de la décolonisation.

. Benoît Mafféï et Rodolphe Greggio, Après la COP21. Géopolitiques de la transition énergétique, Paris, Technip, 2016.
La transition énergétique est l’un des principaux défis auxquels l’humanité sera confrontée tout au long du XXIe siècle. Elle répond à un double impératif : trouver des sources alternatives d’énergie permettant de remédier à l’épuisement des énergies non renouvelables et limiter le recours aux énergies carbonées afin de diminuer tendanciellement les émissions de gaz à effet de serre. C’est un processus long, très complexe et à l’issue incertaine, dont l’avenir de l’humanité est tributaire.
Établissant le constat que la seconde mondialisation, comme la première un siècle plus tôt, n’a été rendue possible que par un recours accru au charbon, l’ouvrage étudie les perspectives s’offrant au pétrole et au gaz naturel, traite de l’essor des énergies renouvelables, met en évidence les limites à l’électrification des systèmes productifs et logistiques, analyse les stratégies énergétiques de l’Allemagne (pionnière de la transition énergétique) et de l’Afrique, s’intéresse enfin aux énergies du futur, tout en refusant l’amalgame entre science et fiction.
Les deux auteurs, parfaitement indépendants, présentent un diagnostic raisonné de la transition énergétique qui ne verse ni dans un pessimisme porteur de désespoir, ni dans un optimisme dénué de fondement.
Au lendemain de l’importante étape franchie en décembre 2015 à Paris, l’adoption d’un accord global non contraignant par la COP21, une grande part du chemin reste à parcourir : cet ouvrage en dresse la feuille de route.

. Benjamin Lemoine, L’ordre de la dette. Enquête sur les infortunes de l’État et la prospérité du marché, Paris, La Découverte, 2016.

Pourquoi la dette publique occupe-t-elle une telle place dans les débats économiques contemporains, en France et ailleurs ? Comment s’est-elle imposée comme la contrainte suprême qui justifie toutes les politiques d’austérité budgétaire et qui place les États sous surveillance des agences de notation ? À rebours de ceux qui voient la dette comme une fatalité et une loi d’airain quasi naturelle, Benjamin Lemoine raconte dans ce livre comment, en France, l’« ordre de la dette » a été voulu, construit et organisé par des hommes politiques, des hauts fonctionnaires et des banquiers, de gauche comme de droite – parmi lesquels François Bloch-Lainé, Charles de Gaulle, Antoine Pinay, Valéry Giscard d’Estaing, Michel Pébereau, Laurent Fabius, Lionel Jospin, Dominique Strauss-Kahn… Autrement dit, il fut le fruit d’un choix politique. Ce livre reconstitue la généalogie détaillée de ce choix stratégique, et prend la mesure de la grande transformation de l’État dans l’après-guerre. On réalise alors à quel point les nouveaux rapports entre finance privée et finances publiques sont au cœur des mutations du capitalisme, dans lequel l’État est devenu un acteur de marché comme les autres, qui crée et vend ses produits de dette, construisant par là sa propre prison.

. Pierre Vaudelin, Afriquéconomie : entre défis urbains et énergence économique, Paris, L’Harmattan, 2016.

L’Afrique noire veut aujourd’hui construire, par ses classes dirigeantes économiques et politiques, un nouvel avenir économique s’appuyant sur des institutions dirigeantes fortes dont l’éthique gouvernementale intransigeante permettra largement de trouver un chemin d’indépendance au niveau économique et social. L’univers de la débrouillardise est celui de l’Afrique contemporaine, et selon l’auteur, c’est dans le cadre de cet environnement que ce continent, avec ses forces vives, trouvera les outils intelligents et inhérents à la société africaine afin de devenir un continent émergent.

. Frédéric Neyrat, La part inconstructible de la Terre. Critique du géo-constructivisme, Paris, Seuil, 2016.
La conquête de l’espace est terminée ? Non, une nouvelle planète est apparue : la Terre. Ce livre nous fait entrer dans le monde inquiétant des apprentis-sorciers et des puissants businessmen qui rêvent d’une Terre post-naturelle qu’on pourrait reconstruire et piloter grâce aux prouesses d’une ingénierie absolue. Frédéric Neyrat nous conduit au cœur de la pensée constructiviste qui domine aujourd’hui les sciences humaines et sociales, de Philippe Descola à Bruno Latour. Ce courant a abattu la césure nature-culture pour la remplacer par une nature hybride, toujours anthropisée et intégrée dans les réseaux technico-financiers. Et si, en déniant toute altérité à la nature, cette approche n’était que le prêt-à-penser du projet géo-constructiviste d’une Terre 2.0 ? Réinterrogeant le rapport nature-culture, et critiquant le mythe fusionnel de toute-puissance technologique, l’auteur propose alors une nouvelle philosophie de la nature et de la Terre : une écologie de la séparation, en prenant acte de ce qui n’est pas constructible dans la nature et en reconnaissant la Terre dans sa singularité.

. Didier Giorgini, Géopolitique des religions, Coll. Major, Paris, PUF, 2016.

Le présent ouvrage se propose de lire les grandes dynamiques mondiales et de voir comment les religions les portent ou sont portées par elles. Davantage qu’un catalogue des géopolitiques de chacune d’entre elles, on verra quels sont les liens entre religions et identités, religions et territoires, religions et économie, religions et mondialisation. Il ne s’agit pas de proposer un inventaire des conflits présentant une dimension religieuse mais de s’attacher à montrer quelles logiques sont à l’œuvre. On verra ainsi comment, en tentant de mettre en place des lois éternelles dans le monde d’aujourd’hui, les croyants contribuent à créer le monde de demain.

. Des cartes pour éclairer la part du religieux dans les grandes dynamiques du monde actuel.

. Des clefs pour comprendre l’impact du fait religieux dans la géostratégie et l’intelligence économique.

. Une lecture des grandes dynamiques religieuses, entre les religions et entre croyance et incroyance.

. Axelle Degans, Actualité internationale 2015, éd. Diploweb.com, 2016. ISBN : 979-10-92676-07-5 Téléchargement pdf gratuit.

Actualité des livres géopolitiques
A. DEGANS, Actualité internationale 2015
Copyright Degans/Diploweb.com

. Eric Mottet, Frédéric Lasserre, Barthélémy Courmont, Géopolitique des ressources minières en Asie du Sud Est, Montréal, Presses Universitaires du Québec, 2015.

Le secteur minier apparaît depuis quelques années comme un élément central et fondamental dans le processus de développement de bien des pays, dont ceux de l’Asie du Sud-Est. En effet, il s’impose de plus en plus comme un atout stratégique pour les pays de la région. Sources de richesses et de rivalités, les ressources minières sont ainsi intégrées dans les politiques nationales de développement. Cet ouvrage traite du développement du secteur minier en Asie du Sud-Est, particulièrement en Indonésie, au Laos et au Viêt Nam, ainsi que des menaces et des opportunités qu’offre ce secteur aux pays de la région en tentant d’ancrer l’analyse dans leurs contextes mondiaux, régionaux, nationaux et locaux. Pourquoi les ressources minières de l’Asie du Sud-Est sont-elles de plus en plus convoitées ? Quels rôles joue l’industrie minière dans les politiques développementalistes instaurées par les gouvernements de la région ? Quelle en est la forme juridique ? Quelles sont les formes que prend le débat géopolitique sur la manière de gérer les ressources minières ? Quelles sont les retombées économiques, sanitaires et environnementales de l’extraction minière pour les communautés ? Les auteurs apportent des réponses à ces questions, afin d’expliquer la géopolitique minière qui caractérise les pays de l’Asie du Sud-Est et agit sur les populations, ainsi que les solutions (ou règles) que les gouvernements tentent d’appliquer.

. Edouard Pflimlin et Patrice Vidal, Réussir les questions internationales aux concours. Dissertations corrigées. Méthodologie. Actualité récente. Levallois-Perret, Studyrama, 2016.

L’épreuve de questions internationales, qu’elle soit sous forme de dissertation ou d’oral, est de plus en plus répandue. Cet ouvrage a pour objectif de vous permettre d’appréhender cette épreuve et de vous y préparer efficacement. Ce livre pratique propose des dissertations corrigées traitant des grandes questions internationales (Drone et robots, les conflits du futur ? La France est-elle encore une grande puissance ? La souveraineté économique a-t-elle encore un sens à l’heure de la mondialisation des économies ? La lutte contre le terrorisme international est-elle devenue le principal enjeu sécuritaire ? …). De plus, il permettra d’acquérir toute la méthodologie nécessaire ainsi que les connaissances essentielles sur les grands thèmes d’actualité. Conçu initialement pour les élèves des grandes écoles (Sciences Po, ENA) ainsi que pour les concours administratifs de catégorie A, cet ouvrage peut être utile au-delà à tous les étudiants qui suivent des études de journalisme ou qui préparent l’accès aux écoles de commerce et master en sciences sociales.

. José Manuel Lamarque, Objection. Manifeste pour en finir avec la pensée unique, Jacques-Marie Laffont éditeur, 2016.

Le manifeste de José Manuel Lamarque, journaliste (France Inter, Méridien d’Europe) est un appel au réveil des citoyens, à sortir de leur servitude face à un système annihilant où seuls l’acquis, le profit et le paraître comptent. Son abécédaire égrène une somme de valeurs et de vertus qui sont en train de disparaître sur l’autel du rendement et des prébendes. Au passage, il renferme quelques intrus afin d’aiguiser les comportements soumis à la doxa du lecteur... Pour l’auteur, ce qui semble inutile est en fait la base de notre civilisation et le ferment de l’Humanité. Aujourd’hui, l’utile n’est pas agréable, il n’est que l’expression d’une vulgaire accoutumance à un faux progrès. A force de confondre succès et prestige, à trop mélanger les genres, l’être humain perd l’essentiel de sa vie, voire même son âme, pour des victoires fugaces et une éphémère ascension crépusculaire.

. Guy Baudelle, Géographie du peuplement, Paris, Armand Colin, à paraître (avril 2016).

2e édition Ce manuel décrit et explique le peuplement de la terre : où habite la population de la planète ? Pourquoi vit-on là plutôt qu’ailleurs ? Pourquoi de telles solitudes et des concentrations si impressionnantes ? Pourquoi d’aussi grands contrastes de densité dans des milieux physiques analogues ? Des ressources limitées entravent-elles le peuplement ? Le surpeuplement menace-t-il l’environnement ? Ce thème de la répartition de la population est fréquemment abordé à l’étranger, car il est d’une très grande utilité pédagogique. Il permet en effet une analyse globale qui intègre les apports des différentes branches de la géographie et évite la coupure entre géographie physique et humaine. Cet ouvrage, sans équivalent en langue française, offre une approche renouvelée de la géographie générale du globe en reprenant aussi bien les apports de la géographie classique que ceux de la géographie théorique ou de la géographie historique. Il pose les jalons d’une théorie générale du peuplement terrestre. La grande simplicité du texte, l’abondance de l’illustration, la synthèse très claire de multiples travaux font de ce livre, le complément indispensable des manuels de démographie et de géographie de la population. Guy Baudelle est professeur de géographie à l’université de Rennes-II.

. Damien Augias, Aménagement et développement des territoires, Levallois-Perret, Studyrama, à paraître (avril 2016).
L’histoire de l’aménagement du territoire en France est à bien des égards celle d’une révolution silencieuse. Lorsqu’est créée la Délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale, la DATAR, au faîte de la période gaullienne, en 1963, c’est essentiellement l’État qui est réputé incarner cette politique volontariste, de répartition équitable des richesses et des infrastructures sur le territoire national. Au contraire, aujourd’hui et depuis les années 1980, ce sont les collectivités territoriales qui, à la faveur des lois des différentes vagues de décentralisation, sont en première ligne pour le développement économique, social, culturel et l’aménagement de leurs territoires. La création, depuis 2012, d’un ministère dédié à « l’égalité des territoires », terme inédit dans les décrets d’attributions jusqu’alors, plaide en ce sens car l’État et les collectivités territoriales ont un rôle commun à jouer pour atteindre cet objectif qui correspond non seulement à l’intérêt général mais également à l’efficience économique de territoires de plus en plus mis en concurrence dans un contexte de mondialisation et de métropolisation (les deux phénomènes étant étroitement liés). Après un bref éclairage sur l’histoire de l’aménagement depuis les années 1960, cet ouvrage cherche à offrir des synthèses utiles à la compréhension des enjeux géographiques, politiques, économiques et juridiques des recompositions spatiales de la France à l’aune de la décentralisation et des réformes territoriales actuelles.

. Nicolas Pinet (dir.), Figures de la révolte : rébellions latino-américaines (16è-20è siècles), Paris, Syllepse, 2016.
Contre une vision du passé latino-américain ne retenant que les grands faits et dates d’une histoire présentée comme linéaire et sans aspérités – une « histoire des vainqueurs » –, Figures de la révolte propose de faire retour sur les moments d’achoppement et de vacillation des pouvoirs en place, sur les révoltes qui en ont fait trembler les fondations, de l’époque coloniale à nos jours.
Des luttes des communautés d’esclaves noirs en fuite contre la Couronne espagnole (Panamá, 16e siècle) aux pillages des demeures des principales personnalités politiques de Santiago del Estero (Argentine, 1993), jugées responsables de la crise en cours ; du soulèvement de Túpac Amaru au Pérou (1780-1781) aux Bogotazo (1948), Cordobazo (1969) et Caracazo(1989), cet ouvrage collectif offre la première approche précise et documentée d’une série de révoltes et d’émeutes de groupes subalternes se soulevant contre les injustices subies.
Figures de la révolte intéressera tout spécialement les lecteurs et lectrices curieux du passé et présent de l’Amérique latine et désirant aller au-delà des approches souvent superficielles et parfois caricaturales fréquemment proposées par les grands médias. Il intéressera aussi toutes celles et ceux que l’actualité des révoltes urbaines, en France (2005), en Angleterre (2011), dans le monde arabe (2010-) et au-delà, pousse à prendre du recul pour tenter de mieux saisir les dynamiques en jeu, en s’appuyant sur l’analyse de cas précis et documentés. Quand bien même chaque événement est à la fois extra-ordinaire et singulier, leur mise en miroir fait apparaître nombre de points communs, éléments d’une grammaire provisoire et fragmentaire de la révolte.
Si, à la différence d’Haïti (1791-1804), les révoltes présentées dans cet ouvrage n’ont pas fait basculer l’histoire, elles ouvrent, de manière temporaire, des espaces-temps autres, une brèche dans le système des pouvoirs en place où se déploient des expériences de liberté originales.

. Samuel Depraz, Ute Cornec (dir.), Acceptation sociale et développement des territoires, Paris, ENS Éditions, 2016.

La notion d’acceptation sociale, tout en restant peu formalisée par la recherche en sciences humaines, est en réalité omniprésente dans les politiques de développement des territoires. Les études d’impact, les politiques participatives, la quête d’une bonne gouvernance territoriale ou d’une durabilité sociale dans la décision publique sont des démarches qui visent toutes, implicitement, à réduire les contestations de la part de la société civile face aux projets de développement, donc à améliorer l’acceptation sociale par une association plus étroite aux processus de transformation du territoire.
Cependant, ces dispositifs ne sauraient se réduire à des mesures d’ordre technique et institutionnel qui garantiraient automatiquement une meilleure adhésion aux projets. De nombreuses composantes subjectives régissent la réception sociale des innovations ainsi que les attitudes qui en résultent.
Cet ouvrage vise donc à mettre en lumière les critères d’acceptabilité des projets de développement territorial. Dans une approche comparative franco-allemande stimulante, les auteurs développent toute une série de méthodes d’analyse qui interrogent, notamment, la dimension visuelle des projets, les rapports interpersonnels de pouvoir ou encore les représentations et pratiques du territoire, autant de leviers dont l’identification peut aider les chercheurs comme les praticiens du territoire à mieux comprendre les tensions et conflits sociaux.

. Antoine S. Bailly, Hubert Béguin, Introduction à la géographie humaine, Paris, Armand Colin, 2016.

Ce manuel constitue une introduction de base à la géographie humaine. Pour initier les étudiants à la géographie classique et à la nouvelle géographie, il traite, en termes généraux, de l’histoire de la discipline, de ses idéologies, de ses problématiques et de ses démarches scientifiques. Par souci d’illustration, il applique concepts et théories aux sociétés rurales, industrielles, urbaines, et aux risques de nos sociétés. Témoignage de l’évolution d’une discipline en pleine mutation au sein des sciences économiques et sociales, cette nouvelle édition intègre les apports scientifiques des nouveaux courants de la géographie humaine.

. Ludovic François, Romain Zerbib (dir.), Influentia. Êtes-vous sous influence ?, Panazol, Lavauzelle, 2016.
Influentia est le premier ouvrage entièrement dédié au décryptage des stratégies d’influence (relations publiques, lobbying, publicité, gestion de crise, communication politique, etc.)
Les organisations, qu’elles soient politiques ou économiques, évoluent au sein d’un environnement de plus en plus instable et complexe dans lequel, pour se développer, elles doivent provoquer des attitudes favorables. Quelles armes, outils et méthodes utilisent-elles pour maintenir leur position, influer sur les marchés et façonner l’opinion ? Comment orientent-elles les comportements des élus, des citoyens et des consommateurs ? Comment imposent-elles des idées et des convictions Au-delà des questions techniques, l’ouvrage s’intéresse également aux problématiques éthiques que soulève l’omniprésence des professionnels de l’influence dans notre société ultra médiatisée.

. Justine Brabant, « Qu’on nous laisse combattre, et la guerre finira ». Avec les combattants du Kivu, Paris, La Découverte, 2016.
Lorsque le Congo se fraie un chemin jusque dans les colonnes de nos journaux, c’est souvent pour raconter les mêmes histoires tragiques : les trafics de minerais qui alimentent les groupes armés, les milliers de femmes violées, les colonnes de réfugiés fuyant une guerre qui semble ne jamais s’arrêter. Et pourtant, nous ne savons rien ou presque de ceux qui font cette guerre. Pourquoi se battent-ils ? Pourquoi se sont-ils engagés dans une série de conflits qui a fait des millions de morts depuis vingt ans ? D’où viennent ces combattants dont on nous dit qu’ils violent et pillent sans scrupules ? Comment sont-ils organisés, de quoi ont-ils peur, à quoi rêvent-ils lorsqu’ils ne sont pas en train de se battre ? Les réponses à ces questions, Justine Brabant est allée les chercher, pendant trois ans, sur les sentiers du Kivu, province de l’est du Congo. Elle livre ici la chronique de ses rencontres. Bergers devenus colonels, chefs insurgés de père en fils ou civils qui transportent leur vie dans un sac à dos : elle s’est plongée dans le quotidien de ces hommes – et de ces femmes – dont certains n’ont jamais connu la paix et qui ont la guerre pour seul horizon. Rompant avec les récits habituels sur la « violence aveugle » et les « conflits ethniques », l’auteure décrit un monde où les frontières se brouillent entre civils et combattants, entre rebelles et forces de l’ordre, entre militaires et humanitaires. Son enquête offre par là même une réflexion originale sur ces guerres qui durent depuis si longtemps qu’on a fini, nous aussi, par ne plus les voir.

. Mathieu Guidère, L’Etat islamique en 100 questions, Paris, Tallandier, 2016.

Que signifie l’acronyme Daech ? Qu’est-ce que le Califat ? Qu’est-ce qu’un État islamique ? Quelle est l’origine de cette organisation ? Qui est Al-Baghdadi ? Quels sont les groupes qui lui ont fait allégeance ? Comment l’EI finance-t-il ses activités ? Qui le soutient ? Qui sont les califettes ? Quelle est la relation de l’EI avec l’Arabie saoudite ? Pourquoi l’EI séduit-il les jeunes Français ?

Après une année noire marquée par une double série d’attentats à Paris, en janvier et en novembre 2015, il était nécessaire de demander à l’un des meilleurs spécialistes français du monde musulman et du terrorisme de répondre aux nombreuses questions qui se posent au sujet de l’organisation « État islamique » (EI), également connue sous l’acronyme « Daech ». Tous les aspects sont abordés dans ce livre en 100 questions : de l’histoire à la religion en passant par les modes de recrutement, le financement, la géopolitique et la sécurité. Mathieu Guidère expose dans un style précis et didactique les tenants et les aboutissants de la nouvelle donne mondiale, à partir de son expérience du terrain et de sa connaissance approfondie des mouvements islamistes contemporains.

. François Gemenne, Dina Ionesco, Daria Mokhnacheva, Atlas des migrations environnementales, Paris, Presses de Sciences Po, à paraître ( mi-mars 2016).

Catastrophes géophysiques ou météorologiques, hausse du niveau des mers, désertification, dégradation des écosystèmes : chaque année, des millions de personnes quittent leurs terres pour des raisons environnementales. Un phénomène que le changement climatique en cours ne va qu’amplifier.

À l’aide de plus de 100 cartes, graphiques et diagrammes et de nombreuses études de cas concrets, cet ouvrage pionnier, coordonné par trois des meilleurs experts des migrations environnementales, dresse un état des lieux inédit et propose des pistes pour répondre à ce grand défi du XXIe siècle.

Car mieux comprendre ces migrations, c’est mettre au jour la manière dont les causes environnementales se mêlent à d’autres facteurs – politiques, socio-économiques, psychologiques – qui poussent les individus à la migration temporaire ou à l’exode. C’est anticiper les mouvements de population et permettre leur accompagnement raisonné. C’est contribuer à l’indispensable adaptation aux conséquences du changement climatique.

. Clotilde Barbet, Les rébellions touarègues au Nord Mali. Entre idées reçues et réalités, Paris, L’Harmattan, 2016.

Les Touaregs du Mali n’ont de cesse de revendiquer leurs spécificités territoriales, ethniques, culturelles ou religieuses, mais cela ne suffit pas à expliquer les difficultés rencontrées par le pouvoir en place à Bamako pour maintenir la stabilité. L’auteur appréhende cette réalité avec un regard neutre, fondé sur une approche historique et méthodique. L’observation historique rejoint l’actualité et permet de saisir toutes les dimensions, au-delà de la question touarègue, des mouvements séparatistes ou rebelles, et de leur dérive "djihadiste".

. François Bafoil (dir.), L’énergie éolienne en Europe. Conflits, démocratie, acceptabilité sociale, Paris, Presses de Sciences Po, 2016.

Partout en Europe, l’installation d’éoliennes provoque des conflits qui engagent une multitude d’acteurs publics, privés ou associatifs, au sein de coalitions locales, régionales ou nationales, elles-mêmes soumises à de fortes contraintes juridiques, économiques, environnementales ou privées. Les innovations institutionnelles, financières et politiques issues de la résolution de ces conflits reflètent la vivacité de la démocratie locale et la variété de la notion d’acceptabilité sociale.

Fruit d’une coopération entre chercheurs en sciences sociales et ingénieurs, cet ouvrage analyse différents cas en Grande-Bretagne, en France, au Pays-Bas, en Allemagne et en Pologne – autant d’exemples de pays centralisés, régionalisés ou décentralisés. Il met au jour les préalables minimum à respecter avant l’installation d’éoliennes et élabore un référentiel d’aide à la décision.

. Philippe Moreau Defarges, Relations internationales. Questions régionales, Paris, Seuil, 2016.

Crise de la zone euro, soulèvements arabes, ascension de la Chine, déclin du Japon, nouveau dépeçage de l’Afrique… Tous les enjeux internationaux prennent source dans des problématiques régionales. Chaque partie du monde ? Europe, Moyen-Orient, Asie centrale… ? est modelée par une combinaison de dynamiques géographiques, culturelles, religieuses, économiques, politiques. Ce tome 1 étudie méthodiquement ces processus régionaux, en s’interrogeant sur les spécificités de chacun : par exemple, en Europe, tensions entre aspirations supranationales et permanences nationales ; au Moyen-Orient, influence de l’islam ; en Asie, revanches contre les humiliations de l’Occident hégémonique ; en Afrique, héritage des frontières étatiques tracées par les colonisateurs…
Cette septième édition, actualisée et refondue pour les points les plus brûlants, fournit tous les repères essentiels : dates clés, chiffres significatifs, points de vue et logiques des protagonistes, éventuellement solutions envisagées, encadrés sur les organisations régionales.

. Bertrand Badie, Nous ne sommes plus seuls au monde. Un autre regard sur l’"ordre international", Paris, La Découverte, 2016.

On nous répète à l’envi que le monde serait devenu de plus en plus complexe et indéchiffrable. À l’ordre de la Guerre froide aurait succédé un nouveau désordre géopolitique menaçant de sombrer dans le « chaos ». Affaiblissement des États-Unis, émergence de nouveaux géants économiques, irruption des prétendus « États voyous » et d’organisations terroristes incontrôlables : autant de sujets d’inquiétude nourrissant parfois la nostalgie d’un ordre ancien… qui n’a pourtant jamais eu la stabilité qu’on lui prête.

Dans cet ouvrage tranchant, Bertrand Badie rompt avec les explications paresseuses ou consensuelles. Il nous rappelle que nous ne sommes plus seuls au monde, qu’il est temps de se départir des catégories mentales de la Guerre froide et de cesser de traiter tous ceux qui contestent notre vision de l’ordre international comme des « déviants » ou des « barbares ». Il interpelle la diplomatie des États occidentaux, qui veulent continuer à régenter le monde à contresens de l’histoire, et en particulier celle d’une France qui trop souvent oscille entre arrogance, indécision et ambiguïté. Le jeu de la puissance est grippé. L’ordre international ne peut plus être régulé par un petit club d’oligarques qui excluent les plus faibles, méconnaissent les exigences de sociétés et ignorent les demandes de justice qui émergent d’un monde nouveau où les acteurs sont plus nombreux, plus divers et plus rétifs aux disciplines arbitraires. Pour cette raison, cet ouvrage offre aussi des pistes pour penser un ordre international sinon juste, en tout cas moins injuste.


Livre recommandé par le Diploweb.com en février 2016

. Catherine Durandin, La Guerre froide, Coll. QSJ n°4042, PUF, février 2016.

Pierre Verluise, Directeur du Diploweb.com : "Avec une écriture à la fois précise, fluide et nuancée, Catherine Durandin sait rendre aux années de la Guerre froide leurs reliefs. Une ouvrage à conseiller aux étudiants et enseignants qui doivent connaître de manière vivante une page d’histoire que les "jeunes générations" ont bien du mal à saisir. "

4e de couverture

Conflit atypique entre les États-Unis et l’URSS, alliés conjoncturels de 1941 à 1945, la guerre froide est l’histoire d’une opposition entre deux idéologies irréconciliables : le libéralisme et le communisme. Analysant le processus d’entrée dans la guerre froide, la logique profonde des crises de Corée et de Cuba ou encore la course au nucléaire, Catherine Durandin passe en revue l’évolution des stratégies militaires, les étapes du dialogue américano-soviétique – entre chantages et accords ponctuels – et la façon dont les populations ont vécu le conflit. Avec le mur de Berlin, le bloc soviétique a éclaté et l’URSS s’est effondrée. Mais depuis que l’OTAN s’étend à l’Europe centrale et orientale, la guerre froide est-elle réellement derrière nous ?

Ancienne élève de l’ENS, agrégée d’histoire et docteur ès lettres, Catherine Durandin est professeur émérite à l’INALCO. Elle est l’auteur de Que veut la Russie ? et du Déclin de l’armée française (Paris, Bourin Éditeur, 2010 et 2012).


. Christine Liefooghe, Dominique Mons, Didier Paris (dir.), Lille, métropole créative ? Nouveaux liens, nouveaux lieux, nouveaux territoires, Lille, Septentrion, à paraître (fin avril 2016).

L’économie de la connaissance et de la créativité représente un enjeu majeur pour les villes européennes marquées par la révolution industrielle et les mutations du XXe siècle. Comment Lille Métropole, laboratoire du renouveau urbain, relève-t-elle ce défi ? De la bifurcation métropolitaine des années 1990 à la Capitale européenne de la culture en 2004, toute une série de projets urbains ont métamorphosé l’agglomération lilloise. Comment transformer l’essai pour répondre aux nouvelles exigences d’une économie de la connaissance qui articule désormais innovation technologique, culture et créativité ? De nouveaux lieux (learning centres, fablabs, friches artistiques...) favorisent la rencontre entre des milieux intellectuels et sociaux différents. De nouveaux liens se créent autour de projets artistiques, économiques ou universitaires. La métropole créative qui émerge de ces expériences parvient-elle à articuler les enjeux de compétitivité, du vivre ensemble et de l’équité territoriale ?

. Mohammad-Reza Djalili, Thierry Kellner, L’Iran en 100 questions, Paris, Tallandier, 2016.

Qui sont les Perses ? Pourquoi la révolution de 1978-1979 est-elle devenue « islamique » ? Quel est le rôle des Gardiens de la révolution ? Pourquoi l’Iran est-il devenu chiite ? Qui est Hassan Rohani ? Le Mouvement vert est-il sans lendemain ? L’homosexualité « existe-t-elle » en Iran ? Comment est-on parvenu à résoudre la question du nucléaire iranien ? Iran-Arabie Saoudite : une nouvelle « guerre froide » ? Depuis trois mille ans, l’Iran rayonne dans tout l’Orient. Des splendeurs de Persépolis au raffinement d’Ispahan, le pays fascine par son histoire, sa tradition ancestrale et son immense patrimoine culturel. Mais, depuis la révolution khomeyniste, le pays inquiète car la République islamique mêle le politique et le religieux sans assouplir les libertés de son peuple ni garantir son développement économique dans une région en plein chaos. En 100 questions concises et didactiques, Mohammad-Reza Djalili et Thierry Kellner décryptent les enjeux majeurs d’un géant mal aimé mais plus que jamais incontournable sur l’échiquier géopolitique moyen-oriental.

. Christiant Harbulot, Fabricants d’intox. La guerre mondialisée des propagandes, Paris, Lemieux, 2016.

La guerre de l’information fait rage : vidéos de l’État islamique, propagande et contre-propagande en Ukraine, affrontements d’images entre le Hamas et Israël, polémiques visuelles sur les multiples rebondissements de la guerre civile en Syrie,…
Les fabricants d’intox œuvrent dans tous les camps. Il ressort de ce constat que la franchise, pas plus que l’abjection, ne sont des clés de succès. L’auteur rapporte des récits édifiants et des histoires méconnues, analyse et documente ces nouvelles guerres de propagande, qu’elles soient étatiques, militaires, citoyennes ou économiques. Un objectif : désintoxiquer le citoyen et lui apprendre à se prémunir de tous ces enfumages sophistiqués dont il est parfois la cible, parfois la victime collatérale.

. Virginie De Luca Barrusse, La population de la France, Paris, La Découverte, 2016.

Au 1er janvier 2014, la France comptait 66 millions d’habitants, dont 63,9 millions vivant dans la métropole. La population de la France représente 13 % de celle de l’Union européenne. Ces quelques chiffres ne suffisent bien sûr pas à résumer une situation démographique qui résulte de nombreux processus sociaux et de multiples interactions.
L’objectif de ce livre est d’analyser et d’expliquer l’évolution de la population métropolitaine. Quelle est la situation démographique de l’Hexagone ? Que doit-elle à l’évolution de la mortalité, dont la baisse caractérise le dernier siècle, et à celle de la natalité, bien mieux contrôlée que par le passé ? Les évolutions de la conjugalité ont conduit à de profondes modifications des formes familiales : quelles sont-elles ? Enfin, quels sont les apports des flux migratoires à la configuration démographique actuelle ?

. Pablo Iglesias, La démocratie face à Wall Street, Paris, Les Arènes, 2015.

Podemos, le mouvement espagnol des Indignés, est devenu la troisième force politique nationale en moins de deux ans. Mais face au « parti de Wall Street », son leader Pablo Iglesias préfère la stratégie subtile du jeu d’échecs à la violence d’un combat de boxe perdu d’avance.
Sa génération, celle des trentenaires, est en état d’urgence. Elle possède la fraîcheur et l’enthousiasme qu’ont perdus les partis politiques traditionnels. Déjà à l’œuvre dans les mairies de Madrid et Barcelone, elle appelle à une refondation démocratique de l’Europe et de la zone euro.
Ce livre interpelle les jeunes Européens souvent en marge de la politique conventionnelle mais qui veulent une régulation pacifique à la crise et non le chaos. La génération des Indignés ne veut plus « se tromper d’ennemi » et rêve, par-delà l’échec grec, d’une nouvelle Europe, légitime et démocratique.

. Moussa Boureima, Gestion intégrée de l’eau et politiques de développement en Afrique de l’Ouest, Paris, L’Harmattan, 2016.

La vision africaine 2025 de l’eau fait de cette ressource naturelle un outil contribuant à la réduction de la pauvreté, au développement socioéconomique, à la coopération régionale et à l’environnement. La CEDEAO lui dédie une politique exclusive et lui accorde une place prépondérante dans sa politique agricole, lui consacre une plateforme de dialogue sur les grandes infrastructures hydrauliques. L’UMOA en fait le cheval de bataille de sa politique agricole, une orientation stratégique pour la gestion des eaux partagées, la gestion de la transhumance transfrontalière et la gestion des ressources halieutiques. Voici une contribution à la connaissance des politiques internationales pour l’eau.

. Stéphanie Barral, Capitalismes agraires. Économie politique de la grande plantation en Indonésie et en Malaisie, Paris, Presses de Sciences Po, 2015.

Présentation synthétique et historique du développement des grandes plantations en Malaisie et Indonésie, principalement de palmiers à huile, et met en lumière l’implantation et l’évolution du capitalisme agraire dans ces pays à travers l’étude des politiques économiques agricoles et leurs conséquences sur les ouvriers du secteur.

. Guillaume Fourmont (dir.), La Chine et la mer, Paris, Ateliers Henry Dougier, à paraître (fin mars 2016).
Avec 14 500 kilomètres de cotes, la République populaire de Chine s’impose comme une puissance maritime dans un espace au cœur de la mondialisation.
Dans ce nouveau « grand jeu » d’Asie-Pacifique, les États-Unis tentent de se rapprocher de voisins critiques envers l’unilatéralisme de Pékin, qui considère la mer de Chine méridionale comme un territoire souverain. Le géant asiatique argue qu’il y navigue depuis des siècles et, alors que les archipels Paracels et Spratly réserveraient d’importantes richesses en hydrocarbures, il fait construire des îlots artificiels pour assurer sa présence.
Car, pour la République populaire, la mer est une source de puissance diplomatique et économique : les régions côtières sont les plus riches du pays, attirant de plus en plus de populations de l’intérieur dans les grands ports, à l’instar de Shenzhen ou de Tianjin. L’accident dans cette ville industrielle du 12 août 2015 rappelle les défis environnementaux auxquels fait face le pays.

. Dorothée Kohler, Jean-Daniel Weisz, Industrie 4.0. Les défis de la transformation numérique du modèle industriel allemand, Paris, La Documentation française, à paraître (mars 2016).

Une nouvelle révolution industrielle et sociale, la révolution numérique, est en marche. Les processus de production, les relations des entreprises avec leurs clients et l’organisation du travail s’en trouvent bouleversés. L’Allemagne, inquiète de l’invasion de Google dans l’industrie, est passée de la peur à l’offensive en déployant dès 2011 le concept « Industrie 4.0 » et en signant l’avènement d’une quatrième révolution industrielle.
L’objectif de ce livre est de décrypter les enjeux de la diffusion du numérique dans l’industrie, cas concrets à l’appui, d’identifier les facteurs de réussite et les freins au déploiement de l’Industrie 4.0 dans le Mittelstand, de révéler les dynamiques d’acteurs et les stratégies industrielles à l’œuvre.

. Hugo Sada, Atlas de la francophonie, Gambais, Lignes de Repères, à paraître (mars 2016).

La francophonie, largement méconnue, devient pourtant un cheval de bataille majeur, en géopolitique et en commerce international. Un atlas avec un ensemble inédit d’analyses, infographies et cartes, pour saisir la modernité de la francophonie.
Hugo Sada, spécialiste reconnu de la francophonie, a été notamment conseiller et délégué auprès de l’OIF.

. Jean-Robert Jouanny, Que veut Poutine ? Comprendre la politique étrangère de la Russie, Paris, Seuil, à paraître (mars 2016).

La politique étrangère de Vladimir Poutine est interprétée à tort comme celle d’un pouvoir sûr de lui-même. En réalité, elle ne fait que refléter les fragilités de la Russie depuis l’effondrement de l’Union soviétique. C’est la thèse de ce brillant essai : bien que conscient de ses faiblesses, le pays ne parvient pas à dépasser les complexes qui le hantent. Sur la scène internationale, Vladimir Poutine a certes rendu la Russie incontournable. Secrètement, sa force et son insolence séduisent. Mais que cherche-t-il au juste ? Restaurer l’empire déchu ? Disputer aux autres civilisations le contrôle du monde ? Quelles sont les vulnérabilités qu’il essaie de masquer ? Comment déchiffrer l’idéologie et les principes directeurs de sa politique étrangère ? Les réponses à ces questions permettent à l’auteur de donner un nouvel éclairage au positionnement de Moscou sur les grands dossiers d’aujourd’hui : la bataille pour l’« étranger proche », la rivalité avec le monde occidental ou encore la lutte d’influence dans « l’étranger lointain ». Une synthèse indispensable pour comprendre les ressorts de la politique étrangère russe contemporaine.

. Karim Fertikh, Mathieu Hauchecorne et Nicolas Bué (dir.), Les programmes politiques. Genèses et usages, Rennes, PUR, 2016.
En se penchant sur la genèse historique des programmes et sur les programmes de la gauche française durant les années 1970 et 1980, cet ouvrage montre que, loin de constituer de simples catalogues de mesures d’action publique bien identifiables et stabilisées, les programmes et leurs significations sont sans cesse retravaillés et modifiés, interprétés et défaits par ceux qui les mobilisent. L’étude des programmes politiques proposée dans cet ouvrage renouvelle ainsi le regard qui est porté sur la vie politique et sur les idées politiques.

. Anna Bednik, Extractivisme. Voyage au cœur de la planète-marchandise, Lyon, Passager clandestin, 2016.
Montagnes déchiquetées et entonnoirs béants des mines à ciel ouvert, forages pétroliers et gaziers au milieu de la jungle ou en pleine mer, roche fracturée en grande profondeur pour extraire des hydrocarbures de schiste, fleuves déportés de leurs lits, forêts, terres et villages inondés pour produire de l’électricité, silence mortifère des champs-usines de végétaux destinés au bétail, à la fabrication de carburants ou de papier… Pour fournir, chaque année, plus de 70 milliards de tonnes de différentes « ressources naturelles » aux chaînes de production-consommation de marchandises (parmi lesquelles les gadgets technologiques et leurs mondes prétendument immatériels, mais également les technologies « vertes » déployées à grande échelle), on détruit les derniers écosystèmes préservés, on multiplie les « zones de sacrifice » et on fait grossir les rangs des sacrifiés, en broyant leurs cultures, leurs territoires – « espaces pour être » – et leurs vies. C’est cette face cachée de la croissance et du développement économiques que ce livre met en lumière, en complétant les perspectives critiques habituelles qui placent l’accent sur la menace de l’épuisement des ressources et sur la catastrophe climatique. Il se propose d’enrichir la définition de l’extractivisme, terme né en Amérique latine, et pose les bases d’une analyse globale de ce phénomène en s’intéressant aussi aux bouleversements et à l’éradication de modes de vie et de cultures humaines. Il nous amène à la rencontre de celles et ceux qui lui résistent et qui, au cours de leurs combats à armes inégales, sont chaque jour plus nombreux à questionner la modernité marchande et ses promesses, et à construire l’alternative, ici et maintenant. Un livre qui élabore de façon claire et rigoureuse une critique théorique d’un modèle fondé sur le productivisme, mais qui propose aussi, à travers des témoignages concrets, un large panorama des expériences de résistances et des « nouvelles » formes de coexistence homme/nature parfois nées de ces luttes.

. Renaud Girard, Le monde en guerre. 50 clés pour comprendre, Paris, Carnets Nord, 2016.
Notre monde contemporain est profondément marqué par les conflits, qui prennent des formes nouvelles, multiples. Crise ukrainienne, guerre civile en Syrie, guerre froide entre l’Iran et les pétromonarchies du Golfe, attaques terroristes islamistes, guerre économique… Renaud Girard décrypte ces bouleversements avec expertise stratégique et indépendance d’esprit. 50 chroniques, agrémentées de repères historiques, de chronologies et de cartes, pour revivre les événements majeurs depuis janvier 2014 et comprendre les enjeux géopolitiques d’aujourd’hui. Né à New York en 1955, normalien, énarque, Renaud Girard est correspondant de guerre au Figaro depuis 1984. Il a couvert pratiquement tous les conflits des trente dernières années (Afghanistan, Bosnie, Cambodge, Colombie, Croatie, Gaza, Haïti, Irak, Kosovo, Libye, Rwanda, Somalie, Syrie, Ukraine…). Il a aussi traité les grandes crises mondiales, diplomatiques, économiques, financières.

. Collectif, Péchés capitaux. Les 7 impasses de la diplomatie française, Paris, éditions du Cerf, 2016.
L’Europe, la Russie, les États-Unis, le Moyen-Orient, l’Amérique latine, l’Afrique, l’Asie : la vérité sur les impasses de la diplomatie française. Y a-t-il encore un pilote dans l’avion ? Le cri d’alarme du Club des Vingt. La révélation du Club des Vingt : trois anciens ministres des affaires étrangères, dix anciens ambassadeurs, secrétaires généraux ou directeurs politiques du Quai d’Orsay, deux anciens responsables du renseignement, cinq spécialistes de géopolitique réunis, par-delà leurs appartenances politiques, pour analyser, critiquer et orienter l’action internationale de la France.
Le Club des Vingt réunit diverses personnalités ayant agi dans le domaine des relations internationales. En tant que ministres des Affaires Étrangères : Hervé de Charette, Roland Dumas, Hubert Védrine ; ambassadeurs et cadres du Quai d’Orsay : Denis Bauchard, Hervé Bourges, Bertrand Dufourcq, Pierre Morel, François Nicoullaud, Gabriel Robin ; responsables stratégiques : Jean-Claude Cousseran, Vincent Desportes, Jean-Louis Gergorin ; experts : Rony Brauman, Jean-François Colosimo, Renaud Girard, Henri Laurens (Collège de France), Michel Foucher (Ihdn) ; et conseiller à l’Élysée : Régis Debray. Il est présidé par Francis Gutmann, ambassadeur de France. Son objet, non- partisan, est l’analyse et l’avis d’ordre géopolitique. Ce livre, qui révélera son existence, est appelé à faire débat.

. Isabelle Autissier, Erik Orsenna, Passer par le nord. La nouvelle route maritime, Paris, Gallimard, à paraître (mai 2016).

Un état des lieux géopolitique, économique et écologique sur cette région en plein bouleversement.

. Florence Chaltiel, Stéphane Guillon, Le système décisionnel de l’Union européenne, Paris, La Documentation Française, à paraître (avril 2016).

Cette nouvelle édition largement refondue décrit de façon très pédagogique toute la diversité du système décisionnel de l’Union européenne. Que décide-t-on au sein de l’UE ? Comment sont élaborées et exécutées les décisions et avec quels contrôles ? Quels acteurs interviennent dans ces processus complexes ? Les deux auteurs, experts et praticiens en la matière, analysent aussi les évolutions de ce système décisionnel, notamment au regard de l’importance prise aujourd’hui par l’intervention du lobbying privé ou public.

. Julien Serre, Les États fragiles, Levallois-Perret, Studyrama, à paraître (avril 2016).
Les États fragiles se caractérisent par une incapacité à exercer certaines fonctions essentielles pour répondre aux besoins fondamentaux des citoyens. Cet ouvrage présente les racines de la fragilité, le rôle et les limites de l’assistance internationale, les solutions émergentes dans un monde globalisé et des études de cas (Libye, République centrafricaine, terrorisme, etc.)

. Philippe Hugon, Géopolitique de l’Afrique, Paris, Armand Colin, à paraître (avril 2016).
L’Afrique est devenue ces dernières années un acteur géopolitique incontournable des relations internationales.
Apres un tableau de l’histoire précoloniale et coloniale, cet ouvrage analyse, a l’échelle du continent, mais en insistant sur la diversité des acteurs qui s’y côtoient, ses champs économiques, sociopolitiques et culturels. Il en explique enfin les défis actuels majeurs : paix et sécurité, enjeux alimentaires, développement durable. Cette synthèse de l’Afrique d’aujourd’hui satisfait aux attentes des lycéens, étudiants de classes préparatoires et des IEP.

. Guillaume Devin, Marie-Claude Smouts, Les organisation internationales, Paris, Armand Colin, à paraître (mars 2016).

L’objet de cet ouvrage est d’apporter ce que la Toile ne fournit pas : une problématique donnant une intelligibilité au phénomène des organisations internationales afin d’accéder a une connaissance plus fine de leur place dans le système international. Il ne dresse pas un catalogue des organisations internationales mais les présente selon les besoins de l’analyse pour ce qu’elles nous apprennent sur une question précise. Leur action dans les domaines-clés de la coopération internationale (sécurité, environnement, commerce, droits de l’homme, etc.) ne fait pas l’objet d’études de cas juxtaposées, comme on le voit dans la plupart des ouvrages. Elle est abordée dans le souci d’illustrer telle ou telle interaction des OI avec le système international. La démarche s’écarte de l’approche institutionnelle classique. Elle se situe dans une perspective socio-historique privilégiant les jeux d’acteurs en mouvement plutôt que les règles et structures.

. Alexandre Defay, Géopolitique du Proche-Orient, Paris, PUF, à paraître (mars 2016).
Le Proche-Orient, ou l’on regroupe l’Egypte, la Syrie, le Liban, l’Irak, la Jordanie et Israel, occupe une place centrale sur l’échiquier géopolitique mondial. Au cour des tensions qui marquent cette région, se trouve le conflit israélo-palestinien entre, depuis septembre 2000, dans une nouvelle phase paroxystique.
Au-delà de l’horreur de l’enchainement inlassable des attentats-suicides, des tirs de missiles et des représailles israéliennes dans les Territoires, cet ouvrage explique comment, en un peu plus d’un siècle, le Proche-Orient est devenu le lieu d’affrontement de visions multiples et contradictoires, d’enjeux stratégiques avoues ou dissimules, mais aussi de perceptions et de convictions identitaires, sociales, culturelles et religieuses, fortes et antagonistes.

. Boubacar Diallo, Les armées d’Afrique de l’Ouest face à la menace des groupes politico-militaires, Paris, L’Harmattan, 2016.
Les armées des pays de l’Afrique de l’Ouest sont appelées de nos jours à intervenir au sein d’alliances régionales dans des conflits qui dépassent les limites des frontières de leurs États. Dans ces combats, dits asymétriques, les opposant à des combattants sous-équipés poursuivant des buts religieux ou politiques, ces armées régulières font face à des défis inédits sur des territoires qu’elles ne maîtrisent pas ou peu. Répondre à ces enjeux décisifs et concrets est l’objectif de ce livre car face aux guérillas ou au terrorisme, c’est l’efficacité de ces alliances régionales entre armées qui permettra la construction pérenne de la paix.

. Pierre Verluise (dir.), Géopolitique de la Russie et de son environnement, livre pdf gratuit, éd. Diploweb.com, 2016, 429 pages.

429 pages de référence sur la géopolitique de la Russie, à travers l’espace et le temps. Un document pdf gratuit, désormais incontournable pour saisir les ruptures et les continuités d’un pays-continent bien décidé à s’imposer.

Comprendre la géopolitique de la Russie – 17 millions de km2 – et de son environnement à la fois dans la profondeur de l’espace et dans l’épaisseur du temps. Voici l’objectif de cette sélection de 39 documents aux signatures prestigieuses. Il s’agit de proposer des points d’appuis et des références.

Par la grâce de la recherche et du numérique, voici rassemblés des auteurs comme Michel Heller, Irina Alberti, Stephan Wilkanowicz, François Thom, Céline Bayou, Jean-Sylvestre Mongrenier, Philippe de Suremain, Christophe-Alexandre Paillard, Maxime Lefebvre, Patrice Gourdin, Laurent Chamontin, Florent Parmentier, Cyrille Bret, Kévin Limonier et tant d’autres. L’abondance et la qualité de cet ouvrage pdf mis à disposition des lecteurs du Diploweb.com témoigne du soin apporté au suivi de ce pays-continent. 429 pages pour saisir - gratuitement - un pays-continent décidé à ne pas se laisser oublier.

Télécharger gratuitement Géopolitique de la Russie et de son environnement

. Joseph Brunet-Jailly, Dominique Kerouedan, Santé mondiale. Enjeu stratégique, jeux diplomatiques, Paris, Presses de Sciences Po, à paraître (avril 2016).

À partir d’exemples pris en Europe, en Afrique, en Amérique latine, au Proche-Orient, et les examinant sous l’angle de la santé publique, de l’économie politique, de la sociologie et de la science politique, les auteurs montrent en quoi l’intervention des bailleurs dans le domaine de la santé peut se révéler un véritable obstacle au développement.

. Philippe Lavigne Delville, Aide internationale et sociétés civiles au Niger, Paris, Karthala, 2016.
Fruit d’une longue enquête, cet ouvrage propose une lecture originale des rapports entre aide internationale et sociétés civiles au Niger. Il étudie dynamiques complexes du secteur associatif, les tensions qui le traversent, ainsi que la façon dont l’Union européenne définit, en tâtonnant, sa politique envers ces « acteurs non étatiques ».

. Frédéric Encel (dir.), Gaz naturel, la nouvelle donne ?, Paris, PUF, 2016.
Quel rôle jouera dans les prochaines années le gaz, par rapport au pétrole, au charbon et aux énergies bio ?

. Denis Chartier, Estienne Rodary (dir.), Manifeste pour une géographie environnementale. Géographie, écologie, politique, Paris, Presses de Sciences Po, 2016.

La géographie française s’est toujours refusée à aborder la question écologique sous un angle véritablement politique. Pourtant, devant les crises environnementales qui se multiplient et face au spectre de l’écolo-scepticisme qui hante la pensée politique française, la géographie peut et doit se refonder.
Ce Manifeste pour une géographie environnementale marque une volonté collective de dépasser les pratiques individualisées pour interroger la place épistémologique et politique d’une géographie confrontée à l’irruption de l’environnement. Il aborde l’histoire de la discipline dans ses relations aux politiques de la nature, développe des comparaisons internationales, notamment avec la political ecology, et introduit les grands domaines d’investigation d’une géographie à l’appareillage conceptuel renouvelé par les politiques de l’Anthropocène.
Il montre que les géographes doivent abandonner une position surplombante pour accepter que leur discipline soit transformée par l’environnement, seul moyen pour elle d’être scientifiquement et politiquement pertinente dans le monde d’aujourd’hui.

. Pierre Ménat, Un ambassadeur dans la révolution tunisienne, Paris, Pepper - L’Harmattan, 2016.
Ce livre n’est pas seulement le témoignage attendu de Pierre Ménat, ambassadeur de France au moment de la Révolution, qui, en 2011, mit fin au régime de Ben Ali. Il constitue aussi une formidable contribution à l’analyse du métier, peu connu, d’ambassadeur. Les projets de coopération, la gestion des flux migratoires, les jeux politiques et médiatiques ainsi que la vie de la communauté française à l’étranger sont en effet le menu quotidien de notre diplomatie. Dans une période de crise intense comme celle qu’a vécue la Tunisie, le témoignage de cet ambassadeur sous le feu des critiques est passionnant. Les révélations de Pierre Ménat méritent le détour. Au contact des dirigeants et opposants tunisiens, mais aussi des Présidents Chirac et Sarkozy, ainsi que de personnalités françaises telles que Bertrand Delanoë, Bernard Kouchner, Alain Juppé ou Frédéric Mitterrand, son récit s’avère précieux, tant d’un point de vue historique que pour la compréhension de la mécanique contemporaine des relations internationales.

. Jérôme Creel (dir.), L’économie européenne 2016, Paris, La Découverte, 2016.
L’OFCE propose pour la première fois dans la collection « Repères » un bilan accessible et rigoureux de l’économie européenne. L’édition 2016 présente l’état de la conjoncture, celle des politiques communes, les principales tendances et les grands problèmes. La crise grecque témoigne de l’échec de la gouvernance européenne. Quelles leçons en tirer et comment l’améliorer, tant du point de vue budgétaire que monétaire ? Au-delà, faut-il contrôler les écarts de compétitivité et les déséquilibres commerciaux et, si oui, comment ? Faut-il changer les règles budgétaires ? Un plan d’investissement européen sera-t-il suffisant pour relancer l’activité et sera-t-il le précurseur d’une meilleure coordination des politiques européennes ? Le changement climatique ne peut-il pas être une opportunité à saisir pour l’UE afin de renouveler son projet d’intégration ? Des références bibliographiques ainsi que de nombreux tableaux et graphiques complètent l’ouvrage.

. Marie-Pierre Richard, La citoyenneté locale en Suède, Lille, Septentrion, à paraître (fin mars 2016).

En débat dans la plupart des pays européens, la citoyenneté au niveau local a acquis en Suède une forte légitimité ; déclinée par des collectivités territoriales qui mettent en application l’État-providence grâce à des institutions efficaces, elle se caractérise par des services qui restent de qualité en dépit des restrictions budgétaires et de la privatisation de services publics. Sa recomposition actuelle ébranle cependant le mythe égalitaire qui a été la base de la vie politique et sociale suédoise et la citoyenneté locale actuelle doit répondre aux défis des nouvelles conditions économiques et environnementales, de l’apparition de l’extrême-droite, de la montée des inégalités, notamment socio-ethniques et des nouvelles formes du vivre-ensemble créées par l’immigration et le multiculturalisme. Fondé sur des études et documents inédits en France, cet ouvrage pose les enjeux, voire les dilemmes, de la transformation de la citoyenneté dans un pays qui, d’une part, donne de nombreux droits aux résidents indépendamment de leur nationalité et qui est, d’autre part, l’un des plus généreux en matière d’accueil des populations étrangères.

. Laurent Leblond, Le couple franco-allemand : une relation passionnelle, CreateSpace, 2013.
Les relations franco-allemandes ont connu un bouleversement extraordinaire grâce au projet européen. Elles ont changé avec la réunification allemande, puis avec la prépondérance politique de Berlin en Europe. L’exemple de la République Fédérale est souvent cité en France, mais il a ses limites, avec la croissance des inégalités. Cinquante ans après la signature du traité de l’Elysée par le général de Gaulle et le chancelier Adenauer, où en est le couple franco-allemand ? Face au nouveau désordre mondial, la France et l’Allemagne sont à même de surmonter une fois de plus leurs divergences et de parvenir avec leurs partenaires de l’Union à un accord sur l’avenir de l’Europe. Une Europe où l’entente franco-allemande est synonyme de paix et de démocratie. Si les déclarations sur "l’amitié franco-allemande" peuvent sembler trop rituelles, elles font partie du côté rassurant de la relation avec un partenaire à la fois apprécié et critiqué, proche et différent.

. Caecilia Pieri, Bagdad : la construction d’une capitale moderne (1914-1960), Beyrouth, Presses de l’Ifpo, 2015.
Entre l’imagerie orientaliste qui fait de Bagdad un mirage évanoui, celle des guerres qui tendrait à la transformer en repoussoir et l’obstacle d’un régime qui a fonctionné trente ans comme un écran entre l’Irak et le reste du monde, peut-on avoir aujourd’hui une vision claire de la ville moderne ?
Ce livre identifie les principales mutations du paysage architectural et urbain à Bagdad entre la Première Guerre mondiale et l’établissement de la première république irakienne, en interrogeant les multiples enjeux de la construction d’une capitale moderne. Il envisage l’interaction entre pratiques urbaines et formes architecturales comme l’un des paradigmes d’une identité complexe, et croise plusieurs approches : analyse du contexte historique et politique, décryptage des modèles et processus créatifs, enquête sur la modernisation d’une société.
En grande partie inédite, son iconographie est riche de plus de 800 illustrations : photographies anciennes et récentes, dessins, plans, cartes, documents autographes, archives diverses.

. Louise Fines, Les crimes environnementaux et l’innocence persécutrice, Paris, L’Harmattan, 2016.
Paradoxe pour le moins étonnant, alors que même que les crimes contre l’environnement sont graves et génèrent beaucoup de victimes, seule une faible proportion de ces dossiers explosifs est véritablement saisie par les instances judiciaires. Qu’en est-il de la capacité des accusés à développer des argumentations crédibles aptes à convaincre autrui du bien-fondé de leurs actions, et donc de l’inutilité d’initier des procédures à leur endroit ?

. François Clemenceau, Hilary Clinton de A à Z. Une femme à la Maison Blanche ?, Monaco, éditions du Rocher, 2016.
Les spécialistes sont unanimes : Hillary Clinton a toutes les chances de devenir le 45eprésident des États-Unis le 8 novembre prochain. Sauf coup de théâtre, elle devrait obtenir l’investiture du Parti démocrate bien que son adversaire Bernie Sanders se montre plus coriace que prévu. Or, pour l’instant, au Parti républicain, malgré la percée du milliardaire populiste Donald Trump, il n’y a pas de personnalité capable de la battre. Une campagne présidentielle américaine n’est jamais gagnée d’avance, Hillary Clinton le sait mieux que quiconque. Mais l’arrivée d’une première femme à la tête de la première puissance du monde serait bien plus qu’un symbole, une révolution pour les États-Unis.
Conçu comme un dictionnaire, ce portrait en 100 mots de la future présidente se démarque résolument des publications existantes et va souvent plus au fond des choses qu’une biographie classique. Que sait-on au juste de son caractère, de ses racines familiales et politiques, de sa foi méthodiste ? Quel est son rapport au pouvoir, au sexe, à l’argent ? D’où viennent ses idées de gauche et de droite ? Qu’a-t-elle appris au cours de ces décennies de pouvoir pour revenir plus forte sur le champ de bataille ?
Hillary Clinton de A à Z s’adresse au vaste public qui, sans être mordu de politique, veut mieux connaître cette femme au destin exceptionnel.

. Lucie Bonnet, Métamorphoses du logement social. Habitat et citoyenneté, Rennes, PUR, 2016.
Qu’est-ce qu’un logement doit assurer à ceux qui sont logés ? Cet ouvrage étudie la manière dont les politiques du logement ont traité de cette question. Des enquêtes permettent de suivre ces politiques dans le détail de leur réalisation, à travers les mesures destinées aux personnes dites défavorisées ou les organisations du logement social. En entrant dans le détail des procédures, des scènes et gestes observés, le livre analyse comment différentes conceptions de ce qu’un logement assure structurent l’action publique.

. Thomas Fouquet, Transition humanitaire au Sénégal, Paris, Karthala, 2015.

Cet ouvrage est le fruit d’échanges et de débats collectifs entre des universitaires, des acteurs non gouvernementaux et des acteurs institutionnels sur les pratiques humanitaires, les principes qui les soustendent et l’ensemble des enjeux qui s’y rapportent. Il souligne la nécessité d’une réflexion éthique transposée et appliquée au champ humanitaire.

. Geneviève Férone-Creuzet, Le crépuscule fossile, Paris ; Stock, 2015.

De quoi fossile est-il le nom ? D’une source d’énergie, d’une civilisation, d’un modèle économique, d’un système de valeurs ?
Parmi les énergies fossiles, le pétrole a été le maître de tous les arbitrages géopolitiques, économiques et financiers, au point de créer une nouvelle civilisation : la civilisation fossile, dominée par une nouvelle race de seigneurs. Cette civilisation est entrée dans un crépuscule, un long crépuscule flamboyant dans lequel ces élites, relayées par des lobbys in fluents, con¬fites dans leur toute puissance, tentent encore de ranimer la flamme d’une croissance éternelle. Quel paradoxe : eux qui ont tant contribué à l’accélération de l’histoire humaine, prenant des risques inconsidérés, sont aujourd’hui à la tête des forces conservatrices uniquement focalisées sur la préservation de leur rente. Comment dès lors lutter contre ces forces adverses et faire émerger une conception nouvelle du bien commun ? Un nouveau modèle de civilisation postfossile ?

. Sylvie Aprile, Cristina Cassina, Philippe Darriulat, René Leboutte (dir.), Europe de papier. Projets européens au XIXème siècle, Villeneuve d’Ascq, Septentrion, 2016.

L’Europe n’a pas surgi du néant au XXe siècle. Présente dans la pensée politique et les relations internationales depuis le XVIe siècle, elle suscite, entre 1815 et 1870, un foisonnement de projets – une « Europe de papier » – que cet ouvrage ambitionne d’exhumer. Résultat d’une recherche internationale, les contributions ici regroupées montrent qu’il y a bien eu au XIXe siècle naissance d’un véritable dessein européen, politique et institutionnel, qui souhaitait transcender tout autant les projets de « paix perpétuelle » du siècle des Lumières que les expériences révolutionnaires et impériales. Œuvre de réformateurs sociaux, de démocrates, de pacifistes, de libéraux, mais aussi de conservateurs ou de catholiques, parfois intransigeants et désireux d’unifier la « chrétienté », cette « Europe de papier » est le reflet d’un XIXe qui n’est pas seulement celui de l’industrialisation ou de l’État-Nation. Comment maintenir la paix ? Comment unir les Européens ? Comment l’élargir vers la Méditerranée ou l’Amérique ? Quelle capitale choisir ? Ces questions alors posées restent débattues. Qualifiés hâtivement d’utopiques, oubliés aujourd’hui, même si les penseurs de l’entre-deux guerres s’y réfèrent souvent, ces projets n’en furent pas moins, derrière un certain nombre de figures tutélaires comme Victor Hugo ou Giuseppe Mazzini, autant de réflexions et de plans, ancrés dans l’ombre portée de l’Empire napoléonien, des expériences nationales, qui participèrent au débat politique de ce siècle. Ils sont toujours d’actualité.

. Thierry Bros, After The US gaz shale revolution, Paris, Technip, 2015.
The first part of the book provides basic knowledge and gives needed tools to better understand this industry, that often stands, in sandwich, between upstream oil and utilities. After extensive research, publication and teaching, the author shares his insights on fundamental issues all along the gas chain and explains the price mechanisms ranging from oil-indexation to spot.
The second part looks into the future of worldwide gas balance. To supply growing markets, the major resource holder, Russia, is now in direct competition with the major gas producer, the US. China has the potential not only to select the winner but also to decide the pricing principle for all Asian buyers in 2020. As China is a new and growing gas importer and has a lower price tolerance than historical Asian buyers (Japan and South Korea), it is highly possible that, against basic geography, China selects waterborne US LNG vs. close Russian pipe gas, to achieve lower import price. Europe, so risk adverse that it won’t be able to take any decision regarding shale gas production on this side of 2020, should see its power fading on the energy scene and would rely more on Russia. Gas geopolitics could tighten Russia stronghold on Europe, on one side, and create a flourishing North America-Asian trade…
This book is accessible to all and will particularly interest readers seeking a global gas perspective where economics and geopolitics mix. It can be read as an economic novel where billions of $ are invested to shape tomorrow energy world or as a geopolitical thriller where Russia and the US compete to impose their respective agenda, leaving China to select the winner…

. Eugène Berg, La Russie pour les nuls, ed. First, 2016

De la révolution russe à aujourd’hui, la Russie n’a jamais cessé de fasciner, voire de surprendre. On croît la connaître, mais elle est à la fois proche et lointaine, immense, variée, insaisissable et ne laisse jamais indifférent. Des événements d’Ukraine à la coupe du monde de football de 2018, la Russie, dont 2017 marquera le centième anniversaire de la Révolution d’Octobre, ne quittera pas la une de l’actualité. C’est cette Russie d’hier, d’aujourd’hui et de demain, vivante, réelle, que ce livre décrit en y mêlant faits historiques, évènements marquants, politique et économie, société et vie quotidienne, tout en restituant les couleurs de ce pays, sa culture, sa littérature, sa cuisine, son humour, les sports, la mode, le cinéma. On a dit de Pouchkine qu’il était une « goutte de sang noir tombé sur la neige russe ». Ce livre veut montrer cette âme russe, cette couleur rouge, mot qui signifie en russe à la fois "beau" et "rouge". D’où la Place rouge, la belle place avec son fameux guide "Nathalie" chantée par Gilbert Bécaud...

. Marc Lemaire, Dans le piège de la guerre insurrectionnelle. L’Occident à l’épreuve du communisme hier, de l’islamisme aujourd’hui, Paris, L’Harmattan, 2016.

Depuis que Georges Bush a proclamé la "croisade contre le terrorisme", la menace qu’il prétendait réduire a gagné en force et infiltré massivement l’Occident. Apparenté au communisme combattant du XXe siècle et au nazisme, l’islamisme est une idéologie politique totalitaire et non un courant religieux. Le retour sur l’histoire que propose cet essai permettra de percer le secret de sa force, secret qui tient à l’exploitation qu’il sait faire des terrains insurrectionnels. Pour le vaincre, il faudra lui opposer les principes et les outils de la stratégie contre-insurrectionnelle et non les moyens de la guerre de destruction.

. Hélène Combes, David Garibay et Camille Goirand (dir.), Les lieux de la colère. Occuper l’espace pour contester, de Madrid à Sanaa, Paris, Karthala, 2016.

Dans bien des capitales, des places majestueuses, chargées d’histoire et de symboles, sont investies par des manifestants : les étudiants de la place Tian-An-Men à Pékin, les Indignés sur la Puerta del Sol à Madrid, les mères de disparus sur la Place de Mai à Buenos Aires, les contestataires sur le Zócalo de Mexico… Cette centralité de l’espace dans la construction de la contestation a été notée par de nombreux observateurs au cours des révoltes arabes et du mouvement Occupy. Or, en dépit de cette apparente évidence du lieu, la dimension spatiale n’a que rarement fait l’objet d’une attention en tant que telle dans la sociologie des mobilisations. Cet ouvrage s’attaque à cet angle mort. Il propose au lecteur de comprendre l’importance des lieux physiques et vécus et leurs effets sur l’action collective en suivant des mobilisations très variées – locales ou nationales-, d’hier ou d’aujourd’hui, de la péninsule arabique à la Bretagne, de New York à la Seine-Saint-Denis, de l’Amazonie péruvienne à Madrid.

. Pierre Merlin, L’urbanisme, Paris, PUF, 2016.
L’urbanisme, terme apparu récemment dans la langue (au début du XXe siècle), n’est pas aisé à définir. Il a suscité de nombreuses « théories » dont aucune n’a fait l’unanimité. Peut-être cette difficulté s’explique-t-elle par le caractère essentiellement pluridisciplinaire d’une activité qui vise à créer dans le temps une disposition ordonnée de l’espace, en re-cherchant harmonie, bien-être et économie. En effet, l’urbanisme relève autant de l’art que de l’architecture, de l’économie que de la sociologie, de l’histoire que de la géographie, du droit que de l’ingénierie. Quelle est l’histoire de l’urbanisme depuis son origine, et en quoi consiste concrètement sa pratique en France depuis la loi « Solidarité et renouvellement urbains » de 2000 ?

. Hadrien Saiag, Monnaies locales et économie populaire en Argentine, Paris, Karthala, 2016.

À l’heure où la crise grecque relance la réflexion sur les formes alternatives de la monnaie et de la financiarisation et remet en mémoire le précédent de l’Argentine, cette ethnographie du trueque vient à point nommé. Elle pose la question du pluralisme monétaire, de la diversité de ses institutions et de ses pratiques.

. Laurence Dahan-Gaida, Circulation des savoirs et reconfiguration des idées. Perspectives croisées France-Brésil, Stock, 2016.

Les circulations transnationales de savoirs sont un phénomène majeur du nouveau régime mondialisé de la connaissance, où l’intensification des transferts culturels remet en question le cadre strictement national de l’histoire intellectuelle. Parallèlement, la porosité toujours plus grande entre les disciplines a suscité un bouleversement des configurations qui relient les savoirs, entraînant une crise des anciens découpages et l’apparition d’un nouveau paysage cognitif. Les études réunies dans cet ouvrage cherchent à décrypter le nouvel espace historique, culturel et scientifique en train d’émerger de ces dynamiques, grâce à une approche à la fois interdisciplinaire et transculturelle. Croisant le point de vue de chercheurs venus du Brésil et d’Europe, il cherche notamment à cerner la contribution des pays du Sud dans la production contemporaine des connaissances et le changement des rapports de pouvoir/savoir qui s’y expriment.

. Gilles Paché & Mustapha El Khayat, Invitation aux flux. Entre transport et espace, Aix-en-Provence, Presses universitaires d’Aix Marseille, à paraître (février 2016).

Tant les Hommes que les organisations sont directement concernés par des questions relatives au transport et à l’espace. Les territoires, au sein desquels et entre lesquels se pensent de multiples déplacements, sont des marqueurs de tendances économiques lourdes en termes de flux de personnes et de biens. Si la tentation est grande d’imaginer la généralisation d’espaces globalisés grâce à l’amélioration des technologies de transport et, plus largement, logistiques, force est d’admettre une réalité plus complexe, marquée par un ancrage territorial combinant proximité et éloignement, transport diffus et transport massifié, logiques institutionnelles et logiques opérationnelles. Des questionnements qui ont jalonné la riche carrière du professeur Daniel L’Huillier, l’un des précurseurs en France de l’analyse socio-économique du transport et des territoires. Rédigé en son honneur, l’ouvrage permet au lecteur, qu’il soit étudiant, chercheur ou praticien, de s’immerger dans des débats majeurs sur les interactions entre transport et espace.

. Jean Radvanyi et Marlène Laruelle, La Russie. Entre peurs et défis, Paris, Armand Colin, à paraître (février 2016).

La Russie fait peur. Un président américain n’hésita pas à parler de l’URSS comme d’un « empire du mal » et la crise ukrainienne a remis cette notion au goût du jour à propos, cette fois-ci, de la Russie. On parle du « pouvoir de nuisance » du pays alors que d’autres évoquent une « impuissance génétique » des Russes à la démocratie. La Russie de l’ère Poutine ne cesse d’inspirer la méfiance, et jamais son image n’a été aussi négative. Or dans le même temps, c’est la Russie elle-même qui a peur. Vingt-cinq ans après la fin de l’URSS, le pays, ses élites, sa société civile sont traversés par toute une série de hantises. Les ébranlements successifs traversés dans les années 1980-1990 ont remis en cause bien des certitudes acquises et, partagé entre des aspirations réformatrices et la crainte d’une société libérale, le pays semble tenté par le repli dans un nouvel isolement.

Cet essai vient analyser l’ensemble des facteurs géographiques, historiques, politiques, culturels et géostratégiques qui permettent de comprendre ce qui agite profondément la Russie d’aujourd’hui.

. Stéphane Courtois (dir.), Communisme 2015. La guerre des mémoires, Paris, Vendémiaires, 2015.

L’effondrement du système communiste en 1989-1991 a bouleversé l’histoire de l’Europe aussi bien que de l’Asie. Depuis, les témoins ont pu s’exprimer, les archives se sont ouvertes, révélant l’ampleur de la terreur et des crimes commis contre les populations. Une véritable guerre des mémoires a dès lors débuté : mémoire glorieuse des communistes, ex-communistes et néo-communistes (révolution d’Octobre, Front populaire, guerre d’Espagne, victoire de 1945) contre mémoire tragique des victimes, depuis la guerre civile russe jusqu’au génocide cambodgien des Khmers rouges, en passant par la famine ukrainienne, les annexions soviétiques, la déportation des « peuples punis », la communisation forcée de l’Europe centrale et orientale, la terrible famine du Grand Bond en avant maoïste et la Révolution culturelle chinoise…. Au total, des dizaines de millions de morts.

Cette guerre des mémoires, qui dure maintenant depuis un quart de siècle, constitue un enjeu fondamental pour l’unité de l’Union européenne, mais aussi pour les relations de l’Europe avec la Russie et la Chine. À terme, seul un grand travail historique permettra de déboucher sur ce que Paul Ricœur nommait « la juste mémoire » – une véritable mémoire européenne commune.

. Hassan Bousetta, Sonia Gsir, Marc Jacquemain, Marco Martineiello, Marc Poncelet (dir.), Villes connectées. Pratiques transnationales, dynamiques identitaires et diversité culturelle, Liège, Presses Universitaires de Liège, 2015.

Les migrations font aujourd’hui partie du quotidien de toutes les grandes métropoles. Par les mouvements qu’elles impriment, elles rapprochent des territoires éloignés et finissent par former des espaces sociaux transnationaux connectant pays d’origine et de destination. Les villes post-migratoires sont à bien des égards des lieux de connexion et d’expérimentation. Elles sont le lieu où se tissent des liens complexes entre acteurs et territoires en apparence éloignés. Les pratiques sociales liées à la mobilité humaine s’inscrivent dans la ville, la modifient et façonnent les contours d’une globalisation par le bas.

Cet ouvrage rassemble une série de contributions scientifiques originales qui visent à mieux comprendre comment les migrations internationales transforment tant les sociétés d’origine au Sud que les sociétés d’arrivée au Nord. Les différentes recherches présentées ici invitent à se prémunir contre une idée reçue : celle selon laquelle le contact interculturel que produisent la rencontre et la coexistence de populations migrantes et non-migrantes se jouerait uniformément sur le mode de la conflictualité et du rejet. À bien des égards, il se joue aussi sur le mode de la création et du partage, du rapprochement et de l’éloignement. C’est précisément l’une des originalités de cette publication que de considérer les migrants comme des acteurs inventifs et créatifs. En ouvrant une perspective large sur les migrations, le transnationalisme et les identités, l’ouvrage apporte un regard original et ouvre la voie à une meilleure compréhension de ce phénomène contemporain qu’est la construction d’une urbanité transnationale, mobile et diverse.

. Saïd Haddad (dir.), Les armées dans les révolutions arabes : positions et rôles. Perspectives théoriques et études de cas, Rennes, PUR, 2016.

Cet ouvrage mobilise les acquis de la sociologie militaire et de la science politique et étudie un certain nombre de cas (Algérie, Égypte, Irak, Libye, Syrie et Tunisie), décryptant les rapports au politique de l’institution militaire dans ces pays. À travers cette revue des armées arabes, sont soulignées non seulement l’incertitude des processus politiques en cours mais également celle des cadres analytiques.

. David Goeurry et Philippe Sierra, Introduction à l’analyse des territoires. Concepts, outils, applications, Paris, Armand Colin, 2016.

Cet ouvrage propose une introduction transversale et complète à la notion de territoire. Il a pour objectif d’apporter les bases théoriques indispensables pour comprendre les phénomènes de territorialisation. Il en présente d’abord les quatre clés de lecture classiques (géoenvironnementale, géoéconomique, géopolitique et géoculturelle) avant d’interroger les processus qui renouvellent la question territoriale (mondialisation, métropolisation et intégration régionale). Il conclut sur les pratiques des aménageurs à travers la question du rapport entre pouvoirs publics et territoires, et celle des outils et méthodes du diagnostic territorial. Chaque chapitre articule définitions, réflexion géohistorique, références scientifiques et grands débats contemporains, et est assorti d’une étude de cas afin de proposer des exemples diversifiés d’un point de vue géographique et méthodologique.

. Vincent Bloch, Cuba, une révolution, Paris, Vendémiaire, 2016.

« Cette fois, c’est la révolution pour de vrai » : tels furent les premiers mots prononcés publiquement par Fidel Castro à Santiago de Cuba, après la fuite du général Fulgencio Batista. Le nouveau leader entendait faire table rase du passé, et s’employa d’emblée à produire une idéologie et à refondre le droit. Soulignant l’inachèvement du projet national, son gouvernement put compter sur des appuis aux motifs divergents. Il composa avec des logiques d’action concurrentes : épurations, démonstrations de force, stratégies traditionnelles de captation de prébendes, mobilisations étudiante et syndicale, activisme catholique-réformiste, initiatives citoyennes, mais aussi repli sur la sphère privée… C’est ainsi que, peu à peu, dans un contexte de guerre froide, se constituèrent les règles et se dessinèrent les stratégies individuelles qui fournirent un ancrage à une nouvelle forme de vie en commun.
Cette enquête portant sur la période 1952-1989 associe des approches philosophique, sociologique et anthropologique pour situer le régime castriste par rapport au nationalisme cubain, aux populismes latino-américains et aux expériences totalitaires du XXe siècle.

. Massensen Cherbi, Algérie, coll. Monde arabe / Monde musulman dirigée par M. Guidère, éd. de Boeck supérieur, 2015

Histoire, société, politique, économie, religion et culture… L’ouvrage clé pour comprendre l’actualité de l’Algérie. L’Algérie, plus grand pays d’Afrique, est un acteur politique et économique central du Maghreb et du bassin méditerranéen. Issu d’une riche histoire mélangeant un fond berbère encore vivace et des influences punique, latine, arabe et française, le pays est libre depuis 1962, à l’issue d’une longue guerre contre la France. Mais la mainmise des militaires sur la politique algérienne a anéanti les espoirs suscités par l’indépendance. Traumatisée par une ouverture démocratique avortée en 1992 et par la décennie de guerre civile qui s’en est suivie, l’Algérie a observé avec défiance les tumultes du « Printemps arabe » chez ses voisins. Dans un environnement régional et international incertain, le régime joue plus que jamais la carte de la sécurité et de la stabilité, tout en achetant la paix sociale par une redistribution clientélaire du revenu des hydrocarbures.

. Thibault Cadro, Emirats arabes unis, coll. Monde arabe / Monde musulman dirigée par M. Guidère, éd. de Boeck supérieur, 2015.

Histoire, société, politique, économie, religion et culture… L’ouvrage clé pour comprendre l’actualité des Émirats arabes unis. Les Émirats arabes unis sont nés en 1971 de la fédération de sept émirats voisins, chacun gouverné par une dynastie locale. Malgré l’instabilité régionale, le régime héréditaire des cheikhs a su préserver l’ordre social, contribuant à l’image d’un pays sûr et prospère. L’exploitation des hydrocarbures a engagé un développement sans précédent, permettant la modernisation des infrastructures publiques et des conditions de vie, ainsi que la diversification de l’économie. Cependant, des inégalités persistent au sein d’une société qui conserve les caractéristiques d’un système tribal conservateur. La baisse des cours du pétrole, la dépendance à l’égard des migrants et leur afflux massif figurent parmi les facteurs qui pourraient fragiliser cette jeune nation.

. Etienne F. Augé, Liban, coll. Monde arabe / Monde musulman dirigée par M. Guidère, éd. de Boeck supérieur, 2015

Histoire, société, politique, économie, religion et culture… L’ouvrage clé pour comprendre l’actualité du Liban.

Terre des légendaires Phéniciens inventeurs de l’alphabet, successivement assujetti aux différents empires de la région, le Liban possède une histoire millénaire fascinante, sans cesse réinventée. Il n’existe pas un, mais plusieurs Liban, tant les différentes communautés ethniques et religieuses qui le composent coexistent tant bien que mal. Le pays du Cèdre lutte chaque jour pour sa survie, pris dans la tourmente des luttes intestines politico-religieuses et des conflits régionaux. Malgré le changement de donne géopolitique au cours de la dernière décennie, le pays doit sans cesse lutter pour son indépendance et veiller au maintien de son fragile équilibre et de sa spécificité démocratique dans un Moyen-Orient dominé par les dictatures et miné par la guerre.

. Houda Baïr, Cartographie et représentations de l’espace en Tunisie au XIXe siècle (1830-1881), Bordeaux, PUB, à paraître (fin février 2016).

Comment se forme le savoir cartographique sur un territoire national et de quels usages sociaux et politiques ce travail scientifique devient-il l’enjeu ? C’est à cette double question centrale que cet ouvrage s’attache à répondre. Houda Baïr prend pour terrain de recherche la Tunisie du XIXe siècle : elle y suit d’abord l’activité pionnière de voyageurs cartographes pour donner à voir comment s’opère le passage de l’itinéraire à la carte. Elle étudie aussi le processus d’adoption de la carte par les autorités civiles et militaires, pour la formation des officiers à l’Ecole polytechnique du Bardo, pour la représentation des villes ou lors de négociations qui visent à fixer la frontière avec l’Algérie voisine, devenue colonie française. Fruit d’un savoir scientifique, la carte est également porteuse de nouveaux modes de gestion politique du territoire.

. Olivier Zajec, Introduction à la géopolitique, Paris, Rocher, à paraître (mi-février 2016).

Illustrée de nombreuses cartes en couleurs, et de cas contemporains, cette introduction simplifiée et pédagogique permet une première approche de l’histoire, des outils et des perspectives de la géopolitique.

. Benoît Durieux, La guerre pour ceux qui la font. Stratégie et incertitude, Paris, Rocher, à paraître (mars 2016).

Une collaboration inédite entre des officiers européens qui ont choisi de prendre le temps de réfléchir à leur métier, pour analyser les défis de demain. Dans cet ouvrage, ils livrent leurs réflexions, leurs interrogations, leurs convictions.

. Jimena Paz Obregón Iturra et Jorge Muñoz R. (dir.), Le 11 septembre chilien. Le coup d’Etat à l’épreuve du temps, 1973-2013, Rennes, PUR, 2016.

Au Chili, quarante ans après, les échos dissonants du coup d’État civilo-militaire de 1973 résonnent toujours. L’ambition de cet ouvrage consiste à explorer tout un pan de la réalité chilienne, de fond en comble traversé par ces contradictions majeures. En replaçant les phénomènes sur la durée, il porte le regard sur la très singulière transition politique made in Chile, avec ses nombreuses ambivalences et ses énigmes persistantes.

. Karsten Giese et Laurence Marfaing (dir.), Entrepreneurs africains et chinois. Les impacts sociaux d’une rencontre particulière, Paris, Karthala, 2015.

On le sait, nombreux sont les petits entrepreneurs chinois qui se sont installés en Afrique. Ce qui est moins connu, c’est qu’un grand nombre d’opérateurs économiques africains ont choisi la Chine pour y chercher des occasions d’affaires. Ce livre se penche sur cette rencontre et ses impacts sur les sociétés africaines et chinoises.

. Jean-Marie Breton, Olivier Dehoorme et Jean-Marie Furt (dir.), Espaces et environnements littoraux et insulaires. Accessibilité-Vulnérabilité-Résilience, Paris, Karthala, 2015.
Les rivages littoraux, continentaux et insulaires, sont des espaces particulièrement attractifs et par conséquent, fortement convoités. Les régions littorales concentrent environ 60 % de la population mondiale ; le total de population résidente dans cet espace devrait atteindre 7 milliards d’individus en 2025. La concentration des populations et des activités s’est accentuée au cours du XXe siècle avec le processus de littoralisation et la croissance des échanges maritimes internationaux qui caractérisent l’économie mondialisée. Soumis aux pressions démographiques et à l’urbanisation, mais aussi écosystèmes singuliers, vulnérables et d’une remarquable biodiversité, les espaces et environnements insulaires et littoraux constituent des terrains d’études riches d’enseignements dont les clés de lectures sont dans une large mesure généralisables. Ces espaces privilégiés, interfaces entre terre et mer, ouverture sur l’économie mondialisée, concentrent des activités traditionnelles et renouvelées, plus ou moins compatibles. Ce sont des secteurs des plaines côtières consacrés à l’agriculture et à l’élevage, aux pratiques traditionnelles autour de la pêche, aux activités artisanales et à la pêche industrielle. De nouvelles activités se greffent dans des zones portuaires de plus en plus imposantes pour répondre aux défis de la concurrence dans la mondialisation. Les pratiques touristiques, toujours plus massives, se concentrent dans ces espaces privilégiés. Entre concurrences spatiales et partages des ressources littorales et halieutiques, ces espaces fragiles et limités nécessitent donc de reconsidérer les projets territoriaux, car leurs aménagements sont au cœur d’enjeux économiques, environnementaux et politiques au sens large. Cet ouvrage, à travers des contributions d’auteurs de différentes origines à l’endroit de territoires insulaires eux-mêmes divers, présente et analyse à cet effet, à partir d’études de cas concrètes, les enjeux et dilemmes de la mise en tourisme des espaces et environnement littoraux et insulaires, au regard de la dialectique opérationnelle de leur protection et de leur conservation confrontée aux exigences de leur valorisation et de leur exploitation.

. Yann Mens, 30 questions pour comprendre les tensions dans le monde musulman, éd. Les petits matins, janvier 2016

Le jihad est-il une obligation religieuse ? Les sunnites et les chiites se haïssent-ils ? L’islam est-il compatible avec la démocratie ? Quelle est la différence entre al-Qaïda et l’Etat islamique ? La Tunisie peut-elle devenir un modèle pour le monde arabe ? Quelles sont les ambitions de Téhéran ? Les talibans vont-ils reprendre le pouvoir en Afghanistan ? Pourquoi de jeunes Français partent-ils combattre en Syrie ? Depuis les révolutions arabes de 2011 jusqu’aux attentats de janvier 2014 à Paris en passant par la mainmise de mouvements jihadistes sur de vastes territoires ou par l’accord sur le programme nucléaire iranien, les soubresauts de l’actualité rappellent chaque jour les lourdes tensions qui traversent le monde musulman. L’auteur nous offre ici les clés pour comprendre ce qui, dans ces événements, relève (ou pas) de l’influence des textes sacrés, des théologiens, des identités confessionnelles ou de l’instrumentalisation de la religion par des Etats, des partis, des groupes armés... Des clés qui se trouvent notamment dans l’histoire, ancienne ou plus récente, de la région et de ses relations tourmentées avec l’Occident.

Yann Mens est journaliste à Alternatives économiques.

. Jean-Joseph Boillot, L’économie de l’Inde, Paris, La Découverte, à paraître (mi-janvier 2016).

Alors que la Chine connaît en 2015 les premiers soubresauts de sa mutation postdécollage, certains voient l’Inde prendre le relais pour les trente prochaines années. Est-ce crédible ? En dépit d’une croissance qui s’est accélérée, l’Inde bute sur un ensemble de contradictions qui obèrent le développement, comme la pauvreté de masse et les inégalités. Il en résulte une lenteur de la transition industrielle et de forts goulets d’étranglement dans les infrastructures. Faut-il pour autant ignorer l’Inde ? Certainement pas. À la différence de nombreuses économies émergentes, les structures de la plus grande démocratie du monde lui confèrent une forte résilience face aux tensions internes comme externes. Le modèle indien continuera de s’affirmer comme un modèle de développement unique, qu’il faut connaître et comprendre pour se repérer dans le monde de demain. Au-delà des notions d’innovation frugale, de gradualisme dans les réformes ou de tension entre démocratie et société de castes, quelles sont les caractéristiques de ce modèle, qui suscite trop souvent des jugements extrêmes ?

. Christel Cournil & Chloé Vlassopoulos (dir.), Mobilité humaine et environnement. Du global au local, Versailles, éditions Quae, 2015.

Qu’ils soient subits ou progressifs, qu’ils s’exercent au Nord comme au Sud, les changements environnementaux impactent les sociétés humaines. Ils génèrent aujourd’hui des mobilités et des migrations humaines. Cet ouvrage présente le potentiel des politiques publiques et des instruments juridiques, utilisés en réponse à ces mouvements de population, fréquemment imprévus. Véritables défis pour la gouvernance internationale, il convient de s’interroger sur les réalités des migrations environnementales. Parmi les raisons qui amènent des populations à partir et à changer d’espace de vie, les changements de l’environnement ne côtoient-ils pas d’autres causes ? L’économique, le social ou le politique sont-ils absents des facteurs explicatifs ? À partir d’événements récents, les auteurs nous proposent un panorama des types de déplacements qui surviennent d’ores et déjà dans les pays en développement et dans les pays dits développés. Les deux approches, globale et locale, rendent visibles l’écart entre les discours et les initiatives à l’échelle internationale, mais aussi la réalité et la diversité des terrains où l’enjeu des migrations environnementales reste peu présent dans les intérêts politiques.
Rédigé par un collectif pluridisciplinaire, cet ouvrage est une contribution scientifique, unique et rigoureuse, à l’un des débats majeurs pour les prochaines décennies. Cet ouvrage s’adresse à des chercheurs et des enseignants, mais aussi à un public plus large intéressé par les savoirs traitant des migrations et des enjeux environnementaux qui les génèrent.

. Jean-Baptiste Jangène Vilmer, La responsabilité de protéger, Paris, PUF, 2015.
La communauté internationale doit-elle à tout prix protéger les populations civiles menacées ?

. Dominique Herbet & Carola Hähnel (dir.), Fuite et expulsions des Allemands : transnationalité et représentations, XIXe - XXIe siècle, Villeneuve d’Ascq, Septentrion, 2015.

L’histoire de la fuite et des expulsions, entre 1944 et 1950, d’environ 12 à 14 millions d’Allemands vivant dans les territoires de l’Est, a constitué un élément majeur de la question allemande jusqu’à la fin de la Guerre froide et l’unification allemande. Depuis une quinzaine d’années, dans un contexte géopolitique différent, ces événements animent de nouveau des débats dans l’espace public en Allemagne, mais également en Pologne et en République tchèque. Ce livre est le premier en France à regrouper des contributions de spécialistes internationaux. Il inter¬roge la représentation de cette thématique dans les médias et les musées, dans la littérature ainsi que dans les débats mémoriels, tout en se basant sur des analyses historiographiques éclairant les enjeux d’un tel retour sur ce passé. En choisissant une perspective transnationale, inscrivant ces événements dans l’histoire européenne des déplacements forcés, le livre propose aussi une réflexion sur la construction d’une mémoire européenne commune.

. Cyril Trépier, Géopolitique de l’indépendantisme en Catalogne, Paris, L’Harmattan, 2016.
En octobre 2015, les députés indépendantistes catalans du Parlement autonome de Catalogne ont déclaré qu’ils engageaient un processus institutionnel pour la proclamation d’une république catalane indépendante. Qui sont ces indépendantistes ? Et pourquoi veulent-ils se séparer de l’Espagne ? Un livre nécessaire pour mieux comprendre qui sont les joueurs, côté indépendantiste, d’un conflit géopolitique majeur pour l’Espagne, mais aussi pour l’Union européenne.

. Hubert Bonin, Françoise Taliano-Des Garets, Matthieu Trouvé, Le Royaume-Uni, l’Europe et le monde, Villeneuve d’Ascq, Septentrion, 2015.
Le Royaume-Uni, l’Europe et le monde est un recueil d’essais permettant de nourrir les réflexions sur la spécificité politique, diplomatique, culturelle et économique des Îles britanniques par rapport au continent et à la France. Les études sur le rayonnement et la puissance (notamment thalassocratique) du Royaume-Uni servent de points d’appui à des débats autour de la capacité à rester partie prenante dans l’échiquier mondial. L’insertion dans l’Union européenne a contribué d’ailleurs à attiser les débats. Mais la compétition porte aussi sur les enjeux culturels, l’anglophonie face à la francophonie ou l’originalité du modèle patrimonial britannique, par exemple. Ces essais veulent ainsi stimuler les parcours historiques de la « grandeur » britannique et les réflexions autour de la pérennité de l’originalité anglaise. Tout à la fois orienté vers l’histoire britannique, de façon délibérément comparative, et vers l’histoire des relations internationales, ce recueil contribuera à stimuler l’esprit d’ouverture critique.

. Constance Colonna-Cesari, Dans les secrets de la diplomatie vaticane, Paris, Seuil, à paraître (début février 2016).
Premier pape latino-américain de l’histoire, François donne à l’Église catholique un nouveau souffle. Porté par une popularité exceptionnelle, il multiplie les discours et les gestes très médiatiques, mais il travaille aussi dans l’ombre à des actions souterraines et méconnues, celles qui occupent la diplomatie vaticane. Servie par des hommes d’excellence, cette dernière opère actuellement un remarquable retour en force. Le présent ouvrage lève le voile sur les objectifs et la stratégie d’une puissance spirituelle dotée de moyens temporels sans équivalent dans le monde.
Il révèle les dessous, dignes d’un thriller, du spectaculaire succès de la médiation secrète sur le rapprochement entre Cuba et les Etats-Unis annoncé en décembre 2014, et le nouveau pacte scellé avec l’Amérique démocrate de Barack Obama. Il éclaire les enjeux d’une position tranchée sur le conflit israélo-palestinien, les raisons d’une opposition à une intervention militaire dans la guerre civile en Syrie et, au contraire, l’évolution vers un recours aux armes pour la défense des minorités victimes de l’État islamique comme des autres cibles de cette « troisième guerre mondiale en morceaux » qui frappe partout dans le monde, selon le pape. Mais de la crise russo-ukrainienne aux défis posés à l’Union européenne, du Venezuela post-Chavez, jusqu’à l’Afrique et plus encore la Chine, l’auteure démontre que la diplomatie vaticane sait aussi se faire Realpolitik…

. Josepha Laroche, La théorie des conflits internationaux. I. Les réalistes, Montréal, Québec, Liber, à paraître (mi-janvier 2016).

On discerne quatre grands cadrages théoriques qui permettent d’analyser les conflits internationaux et d’en rendre compte dans toute leur complexité  : le réalisme, le paradigme marxiste, le transnationalisme et le constructivisme. C’est au premier d’entre eux que ce livre est consacré, le premier d’une série dédiée aux quatre cadrages théoriques traitant des conflits internationaux. Si la théorie réaliste plonge ses racines dans la tradition philosophique la plus ancienne, vieille de plusieurs siècles, elle garde aujourd’hui encore une forte présence dans l’ensemble des sciences sociales. La première partie de l’ouvrage est dédiée à ses précurseurs et la seconde étudie l’œuvre de ses principaux représentants. Sont ainsi étudiés et analysés, entre autres, les écrits de Machiavel, Hobbes, Rousseau, Clausewitz, Kissinger, Aron et Krasner sur les relations étatiques et la politique internationale. Pour les précurseurs de la théorie réaliste, les puissances politiques se trouvent structurellement en situation de rivalité et la guerre apparaît inévitable. Les théoriciens contemporains entendent se départir de toute approche normative et morale afin d’analyser la politique internationale telle quelle est, plutôt que de prescrire ce qu’elle devrait être. Par-delà les spécificités de chacun des théoriciens, l’auteur souligne la grande cohérence de cette matrice explicative, qui s’articule autour de quelques notions clés (puissance, anarchie, intérêt, rivalité, alliances, sécurité), et à travers deux axes successifs : la rivalité et l’équilibre.

. Jean Baechler (dir.), Guerre et religion, Paris, Hermann, à paraître (fin janvier 2016).
Le présent volume illustre et précise les liens entre les notions de guerre, de politique et de religion dans deux directions principales. L’une examine la liaison selon les deux perspectives possibles, soit que le politique et la guerre mettent une religion donnée à leur service ou que, à l’inverse, la religion se serve de la guerre pour s’imposer. L’autre s’efforce de saisir ce lien dans les contextes culturels et historiques les plus variés, depuis les sociétés primitives jusqu’aux États-Unis contemporains, en prenant en compte aussi bien les religions ethniques ou civiques que celles à vocation universelle. Le cas particulier de la guerre inter- ou intrareligieuse n’est pas oublié. La période la plus récente a souligné que, loin des illusions des Lumières, le thème retenu est d’une actualité continuée, car le politique et le religieux structurent naturellement l’humain et succombent périodiquement à la tentation de se servir l’un de l’autre.

. Dominique de Font-Réaulx et Charlotte Chastel-Rousseau, Le Louvre Abu Dhabi, nouveau musée universel ?, Paris, PUF, à paraître (fin janvier 2016).

Fondé en mars 2007 par la signature d’un accord intergouvernemental liant la France et les Émirats Arabes Unis, le Louvre Abu Dhabi se conçoit, en écho à la fondation du Louvre, comme le premier musée universel dans le monde arabe. Ce geste culturel et diplomatique fort et singulier appelle à interroger la notion même d’universalisme, marquée par l’esprit des Lumières qui avait présidé à la création du Museum central au Louvre et teintée d’un occidentalisme conquérant. La volonté de créer un Louvre Abu Dhabi étant venue des Émirats eux-mêmes, sa naissance permet une analyse nouvelle. Issu de la réflexion initiée lors de la journée d’études organisée au musée du Louvre le 15 octobre 2011, cet ouvrage réunit des essais historiques et prospectifs sur un sujet historique qui connaît aujourd’hui une actualité manifeste.

. Thomas Kirszbaum, En finir avec les banlieues ? Le désenchantement de la politique de la ville, Paris, L’Aube, 2015.
Parler de la « crise » des banlieues suggère que nous ferions face à un problème provisoire dont il serait possible de venir à bout par un traitement adapté.
Pourtant la leçon des historiens est claire : les banlieues sont depuis toujours aux marges de la ville, mais au cœur d’une question sociale, urbaine et politique en perpétuelle recomposition. Ce livre mêle des réflexions de jeunes chercheurs novateurs et de personnalités incontournables sur la question des banlieues.
Dans une perspective à la fois historique et comparative avec d’autres pays européens, il essaie de faire évoluer un débat bloqué depuis trop longtemps. Car la croyance française d’une crise passagère alimente une constante désillusion sur l’efficacité́ de la politique de la ville.

. Bernard Rougier et Stéphane Lacroix, Egypt’s Revolutions. Politics, religion and social movements, Basingstoke, Palgrave Macmillan, 2015.

Where is Egypt headed ? Did the people ’bring down the government,’ as the thousands of demonstrators in Tahrir Square claimed in January 2011 ? What has taken place since the fall of the Mubarak regime the following month ? Why was political Islam, although it triumphed in the first free elections ever held in Egypt, overwhelmingly rejected during massive demonstrations in June 2013 ? Is authoritarian rule making a final comeback since the bloody crackdown on the Muslim Brotherhood, Field Marshall al-Sisi’s rise to the presidency, and the arrest of revolutionary activists ? Has the country become the first front in a regional counter-revolution backed by the Gulf monarchies ? Can jihadist violence, which is more active than ever, contaminate the entire Islamist spectrum, beginning with the Muslim Brotherhood’s militant base, which is pondering what action to take while its leadership rots in prison ? This volume is the first to describe the ongoing dynamics in the country since the outbreak of revolution. Written by Egyptian, American, and French specialists who have experienced Egypt’s turmoil first hand, it sheds light on a demographic, political and cultural giant whose upheavals and crises have sent ripples throughout the Arab and Muslim world.

. Scott Barrett, Carlo Carraro, Jaime de Melo (dir.), Vers une politique du climat réaliste et efficace, Paris, Economica, 2015.
La publication de cet ouvrage, écrit à l’occasion de la 21ème Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (COP21) à Paris, réunit les points de vue de 49 experts sur les difficultés d’aboutir à un accord ambitieux à la hauteur des enjeux et sur ce qu’il faudrait décider pour que les institutions nécessaires soient mises en place pour que nous intensifions réellement nos efforts dans la lutte contre le changement climatique. La quasi-totalité des pays du monde étant réunis dans une démarche inédite pour s’engager à réduire ou à maîtriser leurs propres émissions de gaz à effet de serre nourrit l’espoir d’une prise de conscience demeure même si l’expérience des 25 dernières années incite en effet à la prudence, aucun accord coopératif mondial ayant été adopté sur la limitation du changement climatique...

. Catherine Bréchignac, Gabriel De Broglie et Mireille Delmas-Marty (dir.), L’environnement et ses métamorphoses, Paris, Hermann, 2015.
À la métamorphose de l’environnement par le développement des sociétés humaines s’ajoute désormais la métamorphose de nos sociétés, notamment des systèmes de droit, par la nécessité de prendre en charge des risques qui menacent toute la planète. Qu’il s’agisse des institutions compétentes ou des secteurs de l’environnement visés, on observe un renouvellement des valeurs protégées par le droit international ainsi que des acteurs concernés.
Dans la continuité de la pensée d’Édouard Bonnefous, les textes ici réunis ont pour dessein d’ouvrir un chemin vers un nouvel humanisme, dans la perspective d’un nouvel accord international sur le climat attendu en décembre 2015 à Paris (COP21). Pour la première fois, cet accord devrait concerner tous les pays et être suffisamment ambitieux pour limiter le réchauffement du globe à 2°C par rapport à l’ère préindustrielle, contre la trajectoire actuelle de 4°C.

. Patrick Howlett-Martin, Brazil : the disputed rise of a regional power (2003-2015), Paris, l’Harmattan, 2015.
One of the key elements in Brazil´s foreign policy is his challenge to the distribution of power on the international level. The current system of world governance is considered unfavorable to developing countries and unfavorable to Brazilian interests. Hence Brazil’s efforts with developing countries and its BRICS partners to work together to replace hegemony and unilateralism with a greater democratization of world governance.

. Philippe Moreau Defarges, Relations internationales. Questions mondiales, Paris, Seuil, à paraître (fin-décembre 2015).
En ces années 2000, la mondialisation est bien une révolution planétaire : formation d’un système économique réellement mondial ; déplacement des grands pôles de puissance, avec, notamment, l’émergence des colosses asiatiques ; crises et conflits liés à la démocratisation et au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ; transformations de la guerre et de la violence ; recherche difficile de formes de gouvernance globale.
Le présent ouvrage fournit un ensemble complet de clés pour mettre en perspective ces bouleversements : qu’est-ce qu’un ordre international. Pourquoi change-t-il ? À quoi la force sert-elle ? De quelle manière assurer et construire la paix ? Comment gérer des crises économiques planétaires ? La démarche est pédagogique : définition et explication des notions ; données essentielles ; présentation des arguments et thèses en présence ; enfin, état le plus actuel de la question. Encadrés, cartes, références bibliographiques complètent ces analyses.


. Gérard-François Dumont et Pierre Verluise, Géopolitique de l’Europe. De l’Atlantique à l’Oural, coll. Major, Paris, Presses Universitaires de France (PUF). ISBN : 978-2-13-062622-0 Disponible le 11 mars 2015.

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L’Europe, cette région du monde allant de l’océan Atlantique à la Russie, voit s’exercer au XXIe siècle de nouvelles rivalités de pouvoir. L’étude de ces dernières suppose d’abord une exacte connaissance des caractéristiques géographiques et de l’histoire récente de l’Europe, faite de divisions, de réunifications et de dissensions. La compréhension des paramètres géopolitiques de l’Europe passe aussi par le décryptage de l’Union européenne, de ses atouts, de ses contradictions et de ses faiblesses. Mais elle suppose également l’analyse des autres Europe, soit les pays candidats à l’Union européenne, et ceux qui s’y refusent, sans oublier les batailles pour des « dépouilles » de l’ex-URSS, comme l’Ukraine. Batailles qui appellent à comprendre la stratégie d’une Russie paradoxale mais en quête de puissance. Enfin, l’analyse permet d’illustrer les défis de l’Europe par neuf scénarios de prospective géopolitique.

Ce livre a été sélectionné comme Livre du Festival géopolitique.

Gérard-François Dumont, Recteur. Professeur à l’Université Paris-Sorbonne. Directeur de la revue Population & Avenir et vice-président de l’Académie de géopolitique de Paris. Pierre Verluise, Directeur du Diploweb.com. Distinguished Professor à GEM. Professeur en CPGE, chargé de cours à l’Université Panthéon-Sorbonne. Chercheur associé à la FRS.

Commander à la FNAC


. Olga V. Alexeeva, Les Chinois à Saint-Petersbourg. Histoire et portrait d’une communauté en mutation, Montréal, PUQ, 2015.
De deux à cinq millions de Chinois seraient présents aujourd’hui sur le territoire russe. Qui sont ces migrants ? Quelles raisons les poussent à choisir la Russie comme pays d’accueil ? Quelles sont leurs activités principales et comment s’insèrent-elles dans les tissus économiques locaux ? Qu’en est-il de la vie associative au sein de cette population  ? Quelle politique la Russie a-t-elle adoptée à l’égard de cette nouvelle population  ? Comment la population locale russophone réagit-elle à la présence de migrants chinois en Russie ?
Basé sur des informations qualitatives et quantitatives originales recueillies lors de quatre missions de terrain en Chine et en Russie, cet ouvrage dresse le portrait de la communauté chinoise à Saint-Pétersbourg et, à travers elle, celui de la diaspora chinoise en Russie. L’auteure analyse le processus de formation d’une communauté ethnique, son évolution dans le temps et en fonction des différents facteurs sociopolitiques et économiques, sa place au sein de la société d’accueil et ses perspectives de développement.

. Nathalie Caron et Guillaume Marche (dir.), La politisation du religieux en modernité, Rennes, PUR, 2015.

À rebours des approches habituelles, cet ouvrage étudie le déplacement du religieux dans le politique, processus de sécularisation entamé depuis l’époque moderne. Il porte sur l’espace anglo-saxon (États-Unis, Nouvelle-Zélande, Irlande, Royaume-Uni), historiquement marqué par le protestantisme et d’autres modèles que la « laïcité à la française ».

. Mokhtar Lamari et Johann Lucas Jacob (dir.), Adaptation aux changements climatiques en zones côtières. Politiques publiques et indicateurs de suivi des progrès dans sept pays occidentaux, Montréal, PUQ, 2015.

Les changements climatiques entraînent des perturbations importantes en milieu côtier, manifestées notamment par l’augmentation du niveau de la mer ou encore par l’intensification des événements météorologiques extrêmes. Des mesures d’adaptation doivent ainsi être prises par les pays afin de contrer ces effets néfastes et de gouverner efficacement les changements climatiques. Ces mesures et stratégies novatrices sont encore insuffisamment évaluées pour apprécier les progrès réalisés et distinguer celles qui sont efficaces de celles qui ne le sont pas.
Le présent ouvrage dresse un portrait analytique des efforts consentis en matière de conception et d’utilisation d’indicateurs d’adaptation aux changements climatiques (ACC) en zones côtières. L’étude se fonde sur des investigations empiriques et systématiques dans le contexte d’un ensemble de pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), soit le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la France, les États-Unis, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et le Canada.

. Danièle Bordeleau, Les finances locales moteurs du développement, Paris, Riveneuve, 2015.

Le déficit de ressources financières et leur gestion défaillante constituent un obstacle avéré du développement des collectivités locales. Ces ressources ont pour vocation d’alimenter les investissements et le fonctionnement des services publics. Elles doivent aussi leur permettre de faire face à leurs nouvelles responsabilités dans le cadre de la décentralisation. Ainsi, les résultats de l’étude menée en 2010 par le Département Administration-Gestion de l’Université Senghor aboutissent à un constat amer ; celui de leur grande faiblesse. Les causes de cette situation sont multiples : mécanismes de mobilisation des ressources inadéquats, méconnaissance du potentiel fiscal de leur territoire, transferts étatiques irréguliers ou même absents, manque de personnel formé et expérimenté, etc. Cependant, les échanges lors du Séminaire international autour des résultats de la recherche sur les cinq villes africaines étudiées (Bamako, Casablanca, Cotonou, Douala, Ouagadougou) ouvrent des perspectives réalistes pour assurer un financement durable et leur développement.

. Antonin Cohen, Bernard Lacroix et Philippe Riutort, Nouveau manuel de science politique, Paris, La Découverte, 2015.

Cette nouvelle édition propose une présentation, entièrement revue et augmentée, des connaissances disponibles en science politique. Unique manuel collectif en langue française, mobilisant l’expertise de plus de 80 auteurs, il réunit les meilleurs spécialistes des nombreux thèmes abordés. La diversité de ces thèmes, des objets les plus classiques de la discipline aux thèmes les plus contemporains, le traitement novateur de certaines questions, l’attention particulière accordée aux relations transnationales et à la politique comparée, la discussion des auteurs de sociologie, l’historicisation des processus sociaux qui ont donné corps à la politique moderne font de cet ouvrage un outil de travail indispensable et incomparable. Il s’adresse aux étudiants en science politique et aux étudiants de droit, histoire, sociologie, économie ayant des options de science politique au programme dans le cadre de leur cursus LMD, au sein des universités comme des instituts d’études politiques, en France et dans les pays francophones. Par sa clarté pédagogique et son exhaustivité thématique et bibliographique, il est destiné aux étudiants de tous niveaux, de la L1 au M2 (incluant la préparation aux concours).

. Christian Deblock, Joël Lebullenger et Stéphane Paquin (dir.), Un nouveau pont sur l’Atlantique. L’accord économique et commercial global entre l’Union Européenne et le Canada, Montréal, PUQ, 2015.

L’Accord économique et commercial global (AECG) marque un tournant dans les relations entre le Canada et l’Union européenne. Les négociations ont été longues, parfois difficiles, mais les deux parties en sont finalement parvenues à une entente, officialisée à Ottawa le 26 septembre 2014. Depuis, le processus de ratification suit son cours, et tout indique qu’il sera long et complexe.
Malgré les interrogations et les incertitudes qui demeurent au sujet de l’AECG, notamment sur sa mise en œuvre, cet accord est à n’en pas douter ambitieux et pionnier. Par son contenu, sa portée et ses dispositions réglementaires, il va non seulement favoriser les échanges, les affaires et la circulation des personnes entre les deux rives de l’Atlantique, mais également rapprocher, pour la première fois, le modèle économique de type contractuel de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) du modèle de type communautaire de l’Union européenne.
Le présent ouvrage retrace l’historique des négociations et met en lumière les nombreux obstacles qui ont dû être surmontés pour en arriver à un accord, mais aussi ceux qui vont se dresser jusqu’à sa ratification et sa mise en œuvre. Il présente le contenu et les principales dispositions de l’AECG, ce qui fait son originalité et ce qui le distingue de l’ALENA. Enfin, il ouvre la discussion sur les nouveaux accords dits de troisième génération qui, comme l’AECG, visent l’inter-connexion économique et introduisent à cet effet des mécanismes de coopération réglementaire d’un type nouveau.

. Sami Bargaoui, Simona Cerutti, Isabelle Grangaud (dir.), Appartenance locale et propriété au nord et au sud de la Méditerranée, Aix-en-Provence, Iremam, 2015.
Cet ouvrage, issu d’une rencontre entre des chercheurs travaillant sur des espaces géographiques variés, de Tunisie, d’Italie, d’Algérie, de France et de Turquie restitue, au plus près de l’expérience des acteurs eux-mêmes, les voies pratiquées pour acquérir et pouvoir revendiquer des droits d’appartenance. Dans ce processus, la propriété s’est révélée être un terrain décisif : ces études montrent à quel point, dans ces sociétés apparemment très éloignées, l’accès différentiel aux biens ne dessine pas seulement des hiérarchies économiques ou des primautés symboliques, mais crée des prérogatives qui investissent plus largement les individus. La faiblesse ou au contraire les privilèges qui définissent l’appartenance à des groupes sexuels ou à des groupes d’âge sont largement charpentés sur des possibilités différentielles de disposer de biens et de les transmettre. Et surtout, dans un large éventail de cas, la condition de « citoyen » ou de sujet d’un pouvoir central est étroitement liée à la reconnaissance de cette capacité à transmettre. En somme, dans les sociétés modernes au nord et au sud de la Méditerranée, ce recueil nous montre le rapport aux choses crée des relations et des liens. Les capacités d’exercice des droits de propriété dessinent les contours de communautés locales et, en conséquence, celles de communautés territoriales plus vastes. C’est une approche originale à la « citoyenneté » qui est présentée ici, qui met en relief des aires « de compatibilité » entre des terrains d’analyse apparemment très éloignés. Quantité d’idées reçues sur les prétendues « spécificités culturelles » caractérisant ces différentes aires géographiques sont ainsi mises en discussions ; ce qui ouvre un terrain de dialogue inattendu et fructueux.
Ouvrage électronique.

. Anne-Clémentine Larroque, Géopolitique des islamismes, Paris, PUF, 2015.

Des Frères musulmans à l’EIIL, des Ouïghours indépendantistes de Chine aux islamistes d’Indonésie, mais aussi de France, d’Angleterre et des États-Unis, l’onde de choc islamiste fait parler d’elle dans le monde entier. Et si le terrorisme djihâdiste est au centre de toutes les préoccupations, l’islamisme ne saurait s’y réduire : depuis 2011, des groupes islamistes ont pris la direction d’États de manière démocratique (en Turquie, en Tunisie, au Maroc, brièvement en Égypte). En somme, qu’il soit politique, terroriste ou missionnaire, l’islamisme grandit, mais l’idée d’une internationale islamiste est bien une illusion. Prendre en compte cette pluralité est indispensable à la compréhension de ce phénomène. Cet ouvrage explicite les origines et fondements des doctrines islamistes sunnites comme chiites et donne les bases nécessaires à toute réflexion sur le sujet. Il montre surtout combien appréhender les islamismes d’aujourd’hui exige une étude géographiquement et politiquement ancrée de chaque mouvance.
. François Legouy et Sylvaine Boulanger, Atlas de la vigne et du vin. Un nouveau défi de la mondialisation, Paris, Armand Colin, 2015.
« Dieu n’avait fait que l’eau, mais l’homme a fait le vin » (Victor Hugo). De son apparition au VIe millénaire avant notre ère sur les montagnes caucasiennes, à sa diffusion grâce aux marchands phéniciens à l’ensemble du bassin méditerranéen, puis sa conquête du nouveau monde sous l’impulsion des grandes découvertes, l’histoire du vin est inextricablement liée à celle des hommes. Produit agricole, culturel, gastronomique, mais aussi économique voire même politique, le vin constitue un objet géographique de premier plan et, aujourd’hui, un acteur à part entière de la mondialisation. Cet atlas, fruit de la collaboration de géographes, d’historiens et de géologues, propose, à travers plus de 150 cartes, graphiques et une trentaine de photographies originales, une étude globale inédite des vins et vignobles du monde. Après avoir montré comment la viticulture s’est diffusée pour constituer une vraie civilisation de la vigne et du vin, il analyse la richesse du vignoble français – modèle vitivinicole par excellence – et les caractéristiques régionales des pays d’Europe, premier pôle d’échanges. Il aborde enfin la diversité des situations des nouveaux pays viticoles, qui viennent bouleverser les équilibres mondiaux.

. Jacques Comby (dir.), Emmanuelle Romanet-Da Fonseca (collab.), Peurs dans la ville. Urbanisme et sécurité dans l’agglomération lyonnaise, XIXe-XXIe siècle, Rennes, PUR, 2015.
Ce livre met en lumière les effets des préoccupations sécuritaires sur la conception, la gestion et l’usage des espaces urbains. Effectué par une équipe pluridisciplinaire, il renouvelle l’approche des problèmes de la ville sécuritaire. L’agglomération de Lyon, terrain d’étude, est précurseur en matière de prévention des risques. Cette étude porte sur plusieurs siècles et multiplie les approches, en tenant compte de toutes les échelles et de tous les lieux de l’agglomération : des immeubles aux quartiers et espaces verts, du centre-ville aux banlieues.

. Nathalie Brack, Jean-Michel de Waele, Jean-Benoît Pilet, Les démocraties européennes. Institutions, élections et partis politiques, Paris, Armand Colin, 2015.

L’Europe traverse actuellement une crise profonde et complexe, qui affecte tant l’Union européenne que les États qui la composent. Dans ce contexte, il est crucial de comprendre les systèmes politiques différents qui structurent, directement et indirectement, la vie de plus de 500 millions de citoyens. Cet ouvrage propose une analyse des régimes politiques des 28 États membres de l’Union européenne avec, en trame de fond, un questionnement relatif à l’émergence d’un modèle européen de démocratie. Cette nouvelle édition, mise à jour pour tenir compte des derniers développements politiques et institutionnels, montre que les démocraties européennes, bien que partageant certaines similitudes, portent aussi la trace de leur trajectoire nationale propre.

. Jérémie Cavé, La ruée vers l’ordure. Conflits dans les mines urbaines de déchets, Rennes, PUR, 2015.

Qu’est-ce qu’un déchet aujourd’hui dans une ville ordinaire de pays émergent, ce que les habitants jettent ou bien ce que personne ne récupère ? Cet ouvrage se focalise sur les conflits d’appropriation auxquels les déchets donnent lieu à Vitória (Brésil) et à Coimbatore (Inde). En déployant une écologie politique, l’auteur dévoile un renversement en cours : les déchets sont de plus en plus perçus comme des ressources potentielles et les villes comme de véritables « mines urbaines ».

. François Heisbourg, Secrètes histoires. La naissance du monde moderne, Paris, Stock, 2015.

Nous savons tous, en gros, que le monde actuel, avec ses dés, ses crises endémiques et ses acteurs en quête de puissance ou de revanche, est né de l’effondrement de l’URSS et du triomphe en trompe-l’oeil des États-Unis. Mais nous ignorons les histoires, petites ou grandes, qui ont accompagné ou précédé les décisions les plus spectaculaires. Nous ne connaissons pas le « dessous des cartes ». À travers des exemples puisés dans sa propre expérience de conseiller au plus haut niveau, François Heisbourg révèle quelques-uns de ces secrets : certains sont piquants, d’autres dénotent beaucoup d’aveuglement de la part des décideurs, et on apprend aussi que la paix du monde a tenu parfois à bien peu de chose, au courage d’un marin soviétique, par exemple.

. Matthieu Drevelle, Pierre-Henri Emangard, Atlas de la France périurbaine, Paris, Économica, 2015.

La périurbanisation touche en France la quasi-totalité des agglomérations urbaines, même de taille relativement petite, et beaucoup d’études et de travaux de recherche ont été menés sur cette question depuis de nombreuses années. Mais pour autant, connaît-on bien le phénomène, notamment dans ses modalités spatiales ? Contrairement aux idées reçues, la périurbanisation présente une étonnante diversité géographique. L’objet de cet atlas du périurbain est tout d’abord d’analyser cette diversité sur 70 agglomérations françaises provinciales, selon cinq critères : l’intensité, la portée, l’hétérogénéité, le grain et la morphologie. Cette analyse typologique permet en particulier de mettre en évidence trois formes dominantes de périurbanisation : satellitaire, linéaire et dispersée. On découvre ce faisant une étonnante et insoupçonnée géographie régionale, découpant la France en régions contrastées selon les grands axes cardinaux du pays. Il en résulte que la desserte par transport public de l’espace périurbain exige une densité de réseau très variable...

. Yahia H. Zoubir, Gregory White, North African politics : change and continuity, Londres, Routledge, 2015.

In the aftermath of the turmoil that shook North Africa in late 2010 and early 2011, commentators and analysts have sought explanations to the factors that triggered the uprisings and to understand why a region, seemingly characterized by relative stability for decades, would suddenly erupt in convulsions. Had an underlying dynamism in the region overwhelmed what were ostensibly stable authoritarian regimes ? What were the connections to events and dynamics beyond the region, such as countries in the Middle East, international commodity markets, and environmental factors, amongst others ? Why had allies abetted authoritarianism for so long, and what were the implications for such alliances ?
North African Politics : Change and continuity brings together experts to explore these questions, providing in-depth analyses of important developments in the region, which build upon and complement the 2008 companion volume,North Africa : Politics, Region and the Limits of Transformation. This 21-chapter volume is a key contribution that responds to the need in the Anglo-American sphere for sustained, critical studies on North Africa and examines political, economic, security, social and military aspects of the region. Focused studies on individual countries allow detailed discussion of regional factors. The book also examines extrinsic, trans-regional dynamics, such as North Africa’s influential interdependencies with the Levant and the Gulf, Europe, Sahelian and sub-Saharan Africa, and North America. Its innovative approach provides new perspectives on North Africa, extending its research scope to include Egypt and exploring China’s evolving role in the region.
Providing an important contribution in the assessment of the ever-shifting political and social tectonics within and beyond North Africa, North African Politics is an essential resource for students, scholars and policy makers in Middle Eastern and North African Studies, and beyond.

. Catherine Rouvière, Retourner à la terre. L’utopie néo-rurale en Ardèche depuis les années 1960, Rennes, PUR, 2015.

Ce livre étudie pourquoi, à partir des années soixante, les espaces désertifiés du territoire français voient arriver par vagues successives des populations urbaines désireuses de retourner à la terre. Quels sont les ressorts de cette démarche empreinte d’utopie et qu’expriment-ils à l’égard de la société globale ? Comment s’effectuent la rencontre forcée puis l’acculturation entre anciens et nouveaux paysans ? Quels en sont les résultats aux échelles locale et nationale ?

. Frédéric Landy, Aurélie Varre, L’inde, du développement à l’émergence, Paris, Armand Colin, 2015.

L’Inde étonne par ses contrastes : croissance économique forte mais pauvreté persistante, démocratie durable mais normes et pratiques sociales souvent très hiérarchisées, agglomérations de 20 millions d’habitants mais population encore largement rurale, géant des services informatiques mais tissu industriel parfois obsolète, identité indienne forte mais société hétérogène et segmentée… Comment donc caractériser la puissance indienne, autrefois pays en développement et désormais « pays émergent », d’ores et déjà grande puissance économique et géopolitique ? Pour tenter de cerner le paradoxe indien, cet ouvrage propose une géographie complète et inédite du géant démographique mondial : défis de la superficie et de la démographie, diversité des territoires, villes et campagnes, inégalités régionales, systèmes productifs… Il analyse également les dynamiques qui ont accompagné l’émergence du pays sur la scène internationale. Assorti de nombreux encadrés et d’une cartographie originale appuyée sur les données les plus récentes, ce manuel apporte les clés de compréhension d’un pays acteur désormais incontournable de la mondialisation et pourtant largement méconnu.

. Maurice de Langlois, L’Europe, une puissance désarmée, Paris, Economica, 2015.

L’Europe d’aujourd’hui est mise à mal par des événements qu’elle contrôle de plus en plus difficilement. Crise financière, crise identitaire et crise sécuritaire provoquent des réflexes de repli nationaliste qui pourraient nous renvoyer aux périodes les plus noires de notre histoire.
Cet ouvrage, écrit après dix années passées au chevet de la politique de sécurité et de défense commune, a vocation à rappeler la raison d’être de l’Europe. Civilisation d’une grande richesse et porteuse de valeurs intellectuelles et spirituelles incomparables, elle est désormais en paix depuis soixante-dix ans.
La construction européenne, bien critiquable sous de nombreux aspects, est une réalité et un impératif. La nier serait une grave erreur. La soutenir nécessite de la doter de tous les attributs d’une grande puissance, en particulier d’une capacité de sécurité et de défense autonome qui la crédibilise au sein d’un monde globalisé, cela dans le respect des spécificités des États qui la composent.

. Florence Charpigny & Bruno Dumons (dir.), Rhône-Alpes. La construction d’une région, XIXe-XXe siècle, Rennes, PUR, 2015.

À l’heure où le pouvoir central a décidé la fusion de la région Rhône-Alpes avec la région Auvergne, il est utile de porter un regard rétrospectif sur ce qui a construit un espace régional depuis deux siècles, dénommé autour du fleuve et d’un espace de montagne, les Alpes. Il y a là une volonté de proposer aux citoyens un travail de mémoire sur le cadre spatial et les dynamiques qui ont donné une identité à ce territoire.

. André Mach, Groupes d’intérêt et pouvoir politique, Lausanne, Presses Polytechniques et Universitaires Romandes (PPUR), 2015.

Dotés de ressources souvent bien supérieures à celles des partis, les principaux groupes d’intérêt représentent des acteurs politiques incontournables, bénéficiant d’un accès privilégié aux différentes arènes du pouvoir fédéral. Dès la fin du 19e siècle, ils s’affirment comme des acteurs centraux de la vie politique et économique suisse. Tout en retraçant les raisons de leur importance en Suisse, l’ouvrage présente une première synthèse de la riche mosaïque des divers lobbies et des multiples facettes de leurs activités en faveur de leurs membres et de la collectivité (prestations, organisation de la vie sociale et économique) ainsi que de leurs stratégies d’influence en direction des autorités politiques.
Un accent particulier est mis sur leurs transformations récentes avec des exemples concrets de l’action de ces groupes. En réponse aux profondes mutations socio-économiques observées depuis le début des années 1990, marquées par des pressions internationales accrues ainsi que par une médiatisation et une professionnalisation croissantes de la vie politique, les groupes d’intérêt ont dû se réorganiser en profondeur et adapter leurs stratégies.

. Hervé Coutau-Bégarie, Bréviaire stratégique, Paris, Rocher, à paraître (février 2015).

Le Bréviaire stratégique d’Hervé Coutau-Bégarie, lecture célèbre dans les milieux militaires français, est l’initiation à la stratégie la plus synthétique et la plus suggestive qui soit. Une lecture essentielle, un grand classique, par le plus éminent des stratégistes français, disparu au début de l’année 2012.

. Pierre-Henri Allain, Reconversion énergétique, la Bretagne en pointe, Paris, Henry Dougier, 2015.

À l’extrême pointe de l’Europe, la Bretagne doit composer avec deux particularités majeures : un environnement très riche mais fragile et un territoire enclavé qui ne peut compter que sur ses propres forces. Face à cette double contrainte, elle fait preuve ces dernières années d’une inventivité étonnante, tirant le meilleur parti de ses ressources naturelles – la mer, le soleil, le vent – pour se placer parmi les régions françaises les plus innovantes. C’est ici que le tout premier prototype d’hydrolienne de l’hexagone, destinée à puiser l’énergie de la houle et de l’océan, a été mis au point. Ici aussi qu’une poignée de paysans ont insufflé une nouvelle vitalité au monde rural en se rassemblant pour produire des énergies propres. Ici encore que de modernes Robinson expérimentent une existence en autarcie sur une île déserte tandis que de jeunes citadins réinventent de nouvelles formes du vivre ensemble. Autant d’initiatives et d’aventures technologiques, écologiques, environnementales, mais avant tout humaines, qui témoignent d’une volonté farouche de vivre, produire, consommer, travailler, partager, autrement.

. Marc Wiel, Grand Paris. Vers un plan B, Paris, La Découverte, 2015.

Ce livre est d’une actualité brûlante puisque la Métropole du Grand Paris verra le jour en 2016. Mais il ne confond pas vitesse et précipitation et fait le pari de l’intelligence, en prenant le temps de comprendre l’origine des aléas quotidiens vécus par les Franciliens. Il ose dynamiter des mythes, parler de « handicap mégapolitain », distinguer grandeur et obésité, toujours plus et toujours mieux. Il mise sur l’invention de mécanismes inédits de régulation et sur la création de nouveaux espaces de collaboration entre territoires quand débats et disputes portent surtout sur les périmètres et les compétences. Il démontre qu’il est vain de vouloir, comme c’est aujourd’hui prévu, piloter séparément logement et transports. En cela, il constitue un véritable plan B face aux démarches en cours. Au-delà du Grand Paris, le livre est une leçon d’urbanisme pour les métropoles françaises (Bordeaux, Marseille, Lyon, Lille, etc.) qui cherchent, chacune à leur façon, à explorer des voies alternatives. Il offre aussi une leçon de démocratie à destination des territoires dont les modalités de gouvernance doivent avoir pour objectif de concilier unité et diversité.

. Rémi Dormois, Les politiques urbaines. Histoire et enjeux contemporains, Rennes, PUR, 2015.

Ce manuel vise à aider les étudiants, les professionnels et plus généralement les personnes intéressées par l’évolution des villes à mieux comprendre l’histoire et les enjeux contemporains des politiques urbaines. Il se veut avant tout un ouvrage pédagogique. Chaque chapitre thématique fait le point sur l’état des connaissances relatives aux acteurs, aux instruments et aux objectifs mis à l’agenda du domaine d’action analysé.

. Irène Bono, Béatrice Hibou, Hamza Meddeb & Mohamed Tozy, L’État d’injustice au Maghreb, Maroc et Tunisie, Paris, Karthala, 2015.

Les « Printemps arabes » ont reposé avec force la question de l’injustice sociale dans cette partie du monde. Mais l’étude serrée des situations du Maroc et de la Tunisie relativise la pertinence de l’événement comme aune d’analyse. Les mouvements contestataires l’ont souvent précédé et n’en ont pas toujours procédé. Par ailleurs, les péripéties des années 2011-2014 ont redéfini la question de l’injustice sociale à travers le rapport des partis ou des organisations islamiques à l’État, à la nation, au néolibéralisme, à l’exercice du pouvoir. Il convient de remonter en amont des Printemps arabes pour comprendre les politiques publiques d’inclusion des pauvres, la mise à distance de territoires stigmatisés, la construction idéologique de vrais (ou faux) problèmes, tels que la « jeunesse », l’« employabilité » de la main-d’oeuvre ou les « rentes » économiques. En définitive, c’est le processus même de formation de l’État qui se voit requalifié comme une matrice d’inégalité légitime, en permanente mutation au gré des rapports de force et des luttes sociales.
Fruit d’une réflexion collective et d’un travail de terrain au long cours, cet ouvrage permet de repenser le politique en dehors de la logorrhée exaltant (ou disqualifiant) les Printemps arabes. Il replace ces derniers dans leur profondeur historique. À la confluence de la sociologie politique et de l’anthropologie, il ouvre de nombreuses pistes comparatives au-delà du seul Maghreb.

. Catherine Wihtol de Wenden, Camille Schmoll, Hélène Thiollet, Migrations en Méditerranée, Paris, CNRS Éditions, 2015.

La mort de migrants et de réfugiés tentant d’atteindre les portes de l’Europe par la Méditerranée a mis en évidence les contradictions et la fragilité de l’Europe face aux crises qui touchent le Moyen-Orient et l’Afrique, dans un contexte marqué par une récession économique globale. À travers ses diverses contributions, cet ouvrage rappelle que l’Europe forme, avec la rive sud de la Méditerranée, un espace migratoire régional, où chaque État est pays de départ, d’accueil, de transit, et souvent tout cela à la fois.
En Méditerranée, trois espaces migratoires se structurent autour de trois types de mobilités : des migrations de travail, des migrations de transit, et des migrations forcées des demandeurs d’asile. L’analyse des pratiques des migrants et des politiques de contrôle de la mobilité dans une région qui constitue l’une des plus grandes lignes de fracture du monde, est au cœur de cet ouvrage. En identifiant les éléments de continuité et de rupture, les auteurs interrogent l’évolution des systèmes migratoires sur la longue, moyenne et courte durée, les transformations des formes de mobilité, ainsi que les changements institutionnels, culturels, politiques, économiques et sociaux qui les accompagnent et les déterminent. Ils reviennent sur les effets de frontières, de géographies et d’histoires migratoires, les appartenances et les identités locales, nationales, régionales et transnationales, tout en proposant de dépasser une vision euro-centrée. Un éclairage précieux sur la crise migratoire.

. Philippe Lavigne Delville, Aide internationale et sociétés civiles au Niger, Paris, Karthala, 2015.

Fruit d’une longue enquête, cet ouvrage propose une lecture originale des rapports entre aide internationale et sociétés civiles au Niger. Les premiers chapitres éclairent les dynamiques complexes et ambivalentes des organisations associatives au Niger, dans leur histoire, leurs rapports à l’État et à l’aide. L’auteur décrit les difficultés d’institutionnalisation des petites organisations, prises dans une double précarité des ressources financières et des ressources humaines, et soumises à des financements par mise en concurrence. A partir des débats sur un projet de « charte de la société civile », il montre les tensions qui traversent le secteur associatif, met en perspective les critiques récurrentes sur son opportunisme et sa politisation, explicite les enjeux de sa régulation.
Consacrés aux interventions en faveur des organisations de la société civile, les chapitres suivants interrogent la façon dont, suite aux Accords de Cotonou signés en 2000, la Délégation de l’Union européenne à Niamey a défini sa politique envers les « acteurs non étatiques » et comment elle l’a traduite sous forme de projet. Reconstituant l’histoire de la formulation de son « Projet d’appui à la société civile », entre 2002 et 2008, l’auteur décrit l’invention tâtonnante d’une politique, entre ambiguïtés de conceptions politiques et poids des dispositifs bureaucratiques.
Cet ouvrage représente un apport important, tant au débat sur la société civile en Afrique qu’à celui sur la façon dont les institutions d’aide définissent leurs politiques et leurs projets de développement. Il intéressera aussi bien les chercheurs en sciences sociales que les responsables associatifs et les praticiens du développement.

. Gilles Paché & Mustapha El Khayat, Invitation aux flux. Entre transport et espace, Aix-en-Provence, Presses Universitaires AMU, à paraître (janvier 2016).

Tant les Hommes que les organisations sont directement concernés par des questions relatives au transport et à l’espace. Les territoires, au sein desquels et entre lesquels se pensent de multiples déplacements, sont des marqueurs de tendances économiques lourdes en termes de flux de personnes et de biens. Si la tentation est grande d’imaginer la généralisation d’espaces globalisés grâce à l’amélioration des technologies de transport et, plus largement, logistiques, force est d’admettre une réalité plus complexe, marquée par un ancrage territorial combinant proximité et éloignement, transport diffus et transport massifié, logiques institutionnelles et logiques opérationnelles. Des questionnements qui ont jalonné la riche carrière du professeur Daniel L’Huillier, l’un des précurseurs en France de l’analyse socio-économique du transport et des territoires. Rédigé en son honneur, l’ouvrage permet au lecteur, qu’il soit étudiant, chercheur ou praticien, de s’immerger dans des débats majeurs sur les interactions entre transport et espace.

. Collectif, Chine/Russie, quelles stratégies ?, Paris, Ginkgo, à paraître (fin 2015).

Le monde bipolaire d’hier a disparu il y’a un quart de siècle, laissant temporairement place au règne unilatéral de l’hyper - puissance américaine, qui s’est aussitôt efforcée d’unifier le monde de Vancouver à Vladivostok comme une seule aire de coprospérité et de démocratie libérale. Outre les frictions que cette fiction a pu engendrer en se déployant, deux mouvements sont venus la contrarier. Du monde musulman, d’une part, a surgi un rejet violent de cette mondialisation-là, auquel l’Amérique a dû faire face par la force, mais qui n’en continue pas moins de s’affirmer, parfois cruellement. Il occupe les esprits et focalise les stratégies. Mais dans le même temps, d’autre part, s’est dessiné un mouvement beaucoup plus ample, d’abord perçu comme un bienfait, celui qui a conduit de plus en plus de pays émergents à représenter ensemble le premier foyer de croissance dans le monde, et le quart du PIB global de la planète. Il s’agit là d’un basculement tectonique des équilibres du monde, auquel la Chine prend une part majeure. Cette transformation silencieuse positive, inverse de la bruyante et destructrice insurrection islamiste mais parallèle à elle, remet en jeu à voix de moins en moins feutrées le magistère de l’Occident.

Deuxième Grand déchu, la Russie a d’abord assez longtemps cherché à trouver sa place dans le nouveau monde animé par le projet occidental d’un monde unifié à l’enseigne du G8. Rebutée, elle est encline à dériver vers le nouveau pôle qui se dessine autour de la Chine, le monde multipolaire et coopératif des émergents. Bien des attaches l’amarrent encore à l’Europe, mais si elle déhalait, désamarrée, du côté des forces nouvelles, la face du monde en serait changée à terme. Dans ce grand basculement de la prépondérance américaine vers l’influence des émergents, c’est l’Union Européenne qui détient les clés d’un équilibre désiré par tous. Elle semble les avoir temporairement égarées.

. Ernesto Laclau, La guerre des identités, Paris, La Découverte, 2015.

Grand inspirateur des stratégies politiques des gauches latinoaméricaines et aujourd’hui de Podemos en Espagne, Ernesto Laclau analyse dans ce livre les conséquences d’un prodigieux basculement politique initié dans les années 1990. Entre la fin du XVIIIe et la fin du XXe siècle, l’objectif premier de la lutte politique est resté celui de la libération : peuples, classes ou individus, tous les sujets de l’action politique n’aspiraient qu’à s’émanciper. Cette visée de la libération affirmait en même temps le principe de l’égalité de tous les êtres humains, dessinant ainsi la figure de l’universalisme : dans les « jeux de langage » de la politique moderne, l’égalité l’emportait sur les différences. Or, miné par ses contradictions internes, ce discours de l’émancipation s’est décomposé : la guerre des identités – de genre, d’origine, ou de culture – a pris le pas sur la lutte pour l’égalité. Partout, c’est la revendication de l’identité culturelle qui s’est affirmée et l’a emporté sur l’idéal d’égalité.
Pour comprendre ce qui se joue désormais à l’échelle planétaire, pour définir de nouveaux objectifs politiques prenant le relais de la tradition de la gauche, c’est l’ensemble des catégories centrales du discours politique hérité – la libération, l’universalisme, le particularisme, le pouvoir, l’idéologie, etc. – qu’il importe de soumettre à un examen critique. C’est ce à quoi s’emploie, avec une rare rigueur, cet ouvrage qui rassemble les éléments d’une théorie générale du politique organisée à partir du concept central d’hégémonie.

. Gildas Simon (dir.), Dictionnaire des migrations internationales. Approche géohistorique, Paris, Armand Colin, 2015.

Les migrations internationales et leurs effets constituent aujourd’hui un phénomène d’une réelle ampleur et d’une complexité sans précédent.
Cet ouvrage collectif vise à rendre ces mouvements actuels de population plus intelligibles en les replaçant dans le contexte géohistorique de chaque État et sous l’analyse croisée de l’émigration et de l’immigration. Cette approche originale, inscrite dans le temps long – des Grandes Découvertes aux temps présents –, montre l’universalité mais aussi la très grande diversité de ces phénomènes. Elle rend possible les comparaisons de pays à pays, tant à l’intérieur des grandes régions du monde qu’entre celles-ci.
Rédigé par une équipe internationale et multidisciplinaire de 150 auteurs (géographes, historiens, démographes, sociologues, anthropologues, politologues), cet ouvrage de référence fortement documenté, accessible à tous publics, vient éclairer d’un jour nouveau un sujet d’actualité permanent.

. Rémi de Bercegol, Petites villes et décentralisation en Inde, Rennes, PUR, 2015.

Cet ouvrage s’intéresse aux effets des lois de décentralisation de 1992 dans des petites villes en Inde. Étant donné l’échec des précédentes politiques, cette réforme a suscité d’importants espoirs de changement. Mais les effets de cette gestion dans les petites municipalités, essentielles au développement régional, restent encore mal connus. En contribuant à combler cette lacune, ce livre offre une meilleure appréhension d’une partie négligée de l’urbanisation et sera utile pour les étudiants, les chercheurs et les planificateurs travaillant sur les villes du Sud.

. Isabelle Hajek, Philippe Hamman & Jean-Pierre Lévy (dir.), De la ville durable à la nature en ville, Lille, Septentrion, 2015.

Les projets de « ville durable » se sont aujourd’hui multipliés à travers le monde. Comment interpréter cet engouement généralisé ? Est-ce une nouvelle façon de concevoir les relations entre sociétés urbaines et environnements naturels ?
Dans un contexte d’accélération de l’urbanisation, plutôt que d’acter l’inauguration de nouvelles politiques urbaines, la nécessité d’une analyse des pratiques, représentations et discours de la durabilité urbaine, assortie d’un recul critique s’imposent. C’est l’objectif de cet ouvrage. Il rassemble les travaux actuels de spécialistes en géographie, sociologie et urbanisme, ainsi qu’en architecture, agronomie, lettres, paysagisme, et interroge les dynamiques socio-spatiales de diffusion et de traduction du mot d’ordre désormais mondial de « durabilité urbaine », sur des aires différenciées, en conjuguant les regards « macro » et « micro ». Confrontant de façon originale villes du nord et villes du sud, l’ouvrage donne des clés de compréhension sur la façon dont le projet de « ville durable » a pu devenir le symbole de ce contre quoi il est censé lutter : un « verdissement » inégal de la ville, facteur de ségrégation sociale. Si une ville naturalisée apparaît bien au cœur de la « ville durable », elle procède moins de l’application d’un paradigme idéologique, d’une régulation politique « par le haut » que d’une mosaïque d’initiatives, croisant ambiances, pratiques sociales et récits ordinaires.

. Pierre-Noël Giraud & Timothée Ollivier, Économie des matières premières, Paris, La Découverte, 2015. L’analyse économique des marchés de matières premières pose différentes questions cruciales. L’épuisement des ressources naturelles constitue-t-il une limite à la croissance économique et démographique ? Quelles sont les causes de l’envolée des prix des matières premières à la fin des années 2000 ? Est-on entré dans un « super-cycle » avec tendance croissante des prix ? Existe-t-il encore des matières premières « stratégiques » ?
Pourquoi les cours des matières premières fluctuent-ils à ce point ? La « financiarisation » des marchés amplifie-t-elle les fluctuations ? Comment faire pour les atténuer ? Les pays pauvres peuvent-ils se développer en exportant des matières premières ? Comment éviter les « trappes à pauvreté » qu’engendre la dégradation des ressources renouvelables et échapper à la « malédiction de la rente » ?
Cet ouvrage traite des principales questions controversées d’économie politique des ressources naturelles et des matières premières.

. Frédéric Encel, Gaz naturel, la nouvelle donne, Paris, PUF, à paraître (février 2015).

En raison de ses nombreux atouts, le gaz naturel sera devenu la première source mondiale d’énergie avant le milieu du XXIe siècle. Abondante, facile à mettre en œuvre, permettant de produire une électricité bon marché et de plus en plus facile à transporter, cette ressource s’avère particulièrement attractive pour les pays émergeants, qui font face à de nouveaux besoins, comme pour les pays matures, qui cherchent à faire évoluer leurs mix énergétiques. Il reste cependant encore de nombreux défis à relever durant les deux prochaines décennies. Tout d’abord, d’importants enjeux géopolitiques entourent le déploiement de nouveaux gazoducs régionaux et continentaux, notamment dans des régions sensibles. Ensuite, la lente révolution du gaz naturel liquéfié (GNL), qui va progressivement mondialiser les marchés du gaz et faire converger les prix internationaux. Certains monopoles régionaux s’en trouveront fortement remis en cause. Enfin, l’autre révolution, celle des gaz non conventionnels, en tête desquels le gaz de schiste fait office de semeur de trouble. Manne divine pour certains pays, épouvantail pour d’autres, sa répartition géographique bouscule l’ordre établi. Et, à plus long terme, d’autres réserves encore moins conventionnelles sont déjà en embuscade, telles que les hydrates de méthanes.

. Jean de Kervasdoue (dir.), Politiques de santé, idées, innovations et illusions, Paris, Economica, 2015.

De la science politique à l’économie, de la gestion hospitalière à la prospective, du droit à la géographie, des innovations réussies aux échecs retentissants, cet ouvrage fait le point de très nombreux débats français et mondiaux portant sur le financement et l’organisation des soins médicaux.
Il montre la distance, voire le fossé, entre les chercheurs et la classe politique. Il illustre la permanence des débats où, en vain, les politiciens espèrent trouver une solution qui leur épargnera la responsabilité de choisir. De même, plusieurs articles décrivent comme il est difficile d’apprendre des tentatives malheureuses, fussent-elles « innovantes », des autres pays et comment des modes jargonnesques, voire insensées, traversent des frontières pour faire partout les mêmes ravages.
De manière plus positive, plusieurs chapitres illustrent la façon dont certaines innovations, notamment dans le domaine de la gestion, « réussissent » … en quelque sorte ! En effet, en prenant l’exemple du Programme de Médicalisation du Système d’Information (PMSI), le lecteur peut voir évoluer, sur plusieurs décennies, cette innovation au gré des intérêts dominants.
Toutefois, au-delà de l’intérêt de chacun des très nombreux thèmes, ces « mélanges » sont avant tout une illustration riche et documentée des difficiles relations du « savant et du politique » dans le domaine de la santé.

. Antoine Brès, Figures discrètes de l’urbain. À la rencontre des réseaux et des territoires, Genève, MétisPresse, 2015.

En s’appuyant sur différentes expertises et travaux de recherche, Figures discrètes de l’urbain renouvelle l’appréhension de deux enjeux de l’urbanisme contemporain suscitant les plus vives controverses : la relation entre mobilité et urbanité et le rapport ville-campagne.
Par un renversement de point de vue, Antoine Brès postule que la question centrale n’est plus aujourd’hui d’intégrer le mouvement à la ville, mais de déterminer comment les mobilités, dans leur diversité et leurs multiples combinaisons, participent à construire l’urbain. L’auteur, refusant de se plier aux injonctions de la ville compacte, propose également d’aborder les territoires d’urbanisation dispersée pour ce qu’ils sont, en même temps que leurs processus spécifiques d’évolution.
Ce « petit manuel de l’urbain généralisé » ambitionne de contribuer à appréhender de manière spécifique nos espaces du quotidien, leur texture et leur grain, et à esquisser les pistes de leur (ré)agencement pérenne.

. Phlippe Joutard, Histoire et mémoires, conflits et alliances, Paris, La Découverte, 2015.

Aujourd’hui, il est partout question de commémoration, de devoir ou d’abus de mémoire. Rapport personnel, affectif au passé, la mémoire semble avoir tout envahi. Culturelle, historique, religieuse, artistique, elle peut se montrer exclusive et nuire au vivreensemble. Mais elle est aussi capable de susciter la résistance à l’oppression, de sauver une minorité, d’assurer la cohésion d’un groupe, d’une société, d’une nation. Autre rapport au passé, à vocation universelle cette fois, l’histoire se tient à distance. Fruit de la rationalité, elle cherche modestement et obstinément une parcelle de vérité.
Tout semble donc opposer histoire et mémoires ; les conflits se sont d’ailleurs multipliés, surtout en France. Le pari de l’auteur est pourtant d’en affirmer l’indispensable alliance et d’en proposer les conditions. Les mémoires ont déjà transformé les livres d’histoire, offrant à l’événement et à la biographie une nouvelle jeunesse. Ainsi, l’histoire orale a donné à comprendre, de l’intérieur, les invisibles, restés à l’écart de l’écriture. Les mémoires obligent les historiens à questionner leur métier, leur fournissent de nouveaux objets d’étude et la possibilité de saisir une réalité jusque-là inaccessible. En contrepartie, l’histoire demeure le seul moyen d’apaiser les mémoires blessées, de permettre aux mémoires concurrentes de cohabiter. La meilleure manière de vaincre l’oubli et de se prémunir des excès mémoriels.

. Emmanuel Bioteau & Karine Féniès-Dupont (dir.), Le développement solidaire des territoires. Expériences en Pays de la Loire, Rennes, PUR, 2015.

Comment considérer les rapports et les apports aux dynamiques des territoires des entreprises de l’économie sociale et solidaire (ESS) ? L’enjeu de la co-construction est ici essentiel, permettant de mieux comprendre les mécanismes de contribution de l’ESS aux dynamiques de développement local et la capacité d’ancrage de l’ESS dans les territoires.

. François Bernard Huyghe, Olivier Kempf & Nicolas Mazzuchi, Gagner les cyberconflits, au-delà du technique, Paris, Economica, 2015.

Le cyberespace couvre trois couches : physique (les matériels), logique (les logiciels) et sémantique (l’information qui circule dans le cyberespace). Les études sur la cyberconflictualité se concentrent le pus souvent sur la couche logique. Or, la couche sémantique, absolument déterminante, constitue l’objectif final de bien des cyberagressions.
Malgré les points communs, on ne peut réduire l’action dans la couche sémantique à la guerre de l’information ou à la communication stratégique : une cyberstratégie se dirige en premier lieu contre l’adversaire, même si cette action peut passer aussi par le public. Elle n’est pas non plus une simple subversion : la majorité des cyberagressions (le livre est fondé sur l’analyse d’une quarantaine de cas) combine des actions dans les trois couches et sont composites (espionnage, sabotage et subversion).
Gagner le cyberconflit suppose bien sûr des calculs et des computations dans la couche logique. Mais il n’est pas un virus, pas un ver, pas un maliciel, aussi évolué soit-il, qui n’atteigne son but si la dimension sémantique a été omise du calcul stratégique.

. Olivier David, La population mondiale, Paris, Armand Colin, 2015.

L’humanité compte aujourd’hui plus de 7 milliards d’individus, et les projections les plus récentes en annoncent 9,5 milliards en 2050. L’intensité de cette croissance est néanmoins très disparate d’une région à l’autre du monde : en effet, si elle est très soutenue dans certains pays, d’autres doivent faire face à un immobilisme et à un vieillissement sans précédent. Cet ouvrage propose une introduction simple aux notions et concepts utilisés en géographie de la population. Assorti de nombreuses illustrations et de repères faciles à mémoriser, il permet d’aborder et comprendre la grande variété des dynamiques démographiques.

. Philippe Moreau Defarges, Relations internationales. Questions mondiales, Paris, Seuil, à paraître (fin-novembre 2015).

En ces années 2000, la mondialisation est bien une révolution planétaire : formation d’un système économique réellement mondial ; déplacement des grands pôles de puissance, avec, notamment, l’émergence des colosses asiatiques ; crises et conflits liés à la démocratisation et au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ; transformations de la guerre et de la violence ; recherche difficile de formes de gouvernance globale.
Le présent ouvrage fournit un ensemble complet de clés pour mettre en perspective ces bouleversements : qu’est-ce qu’un ordre international. Pourquoi change-t-il ? À quoi la force sert-elle ? De quelle manière assurer et construire la paix ? Comment gérer des crises économiques planétaires ? La démarche est pédagogique : définition et explication des notions ; données essentielles ; présentation des arguments et thèses en présence ; enfin, état le plus actuel de la question. Encadrés, cartes, références bibliographiques complètent ces analyses.

. Jean-Yves Camus, Nicolas Lebourg, Les Droites extrêmes en Europe, Paris, Seuil, à paraître (début-novembre 2015).

La fin du XXe siècle a vu, à la droite de l’échiquier politique, l’émergence de partis extrêmes ou radicaux, en rupture avec les traditions nazie ou fasciste, et dont l’objectif est bien la conquête du pouvoir par la voie électorale et démocratique. Ces mouvements permettent de penser les mutations de l’extrême droite et son adaptation aux temps présents.
Ce livre définit et décrit les différentes familles de cette partie du spectre idéologique, avec une attention particulière portée aux 28 pays membres de l’UE, sans négliger la Russie. Il revient ainsi sur l’histoire récente de ces partis ou mouvances, leur programme idéologique et, au-delà, leur vision du monde. Leurs résultats électoraux et la sociologie de leur électorat y sont exposés de façon à faire émerger le « minimum commun » qui les rassemble, même si leur hétérogénéité et le poids des spécificités nationales ne permettent pas de parler d’une « internationale de l’extrême droite ».
Contrairement aux idées les plus paresseuses, Jean-Yves Camus et Nicolas Lebourg montrent qu’on fait fausse route en expliquant la montée des partis nationalistes, populistes et xénophobes, par la seule variable de la crise économique. Leur audience croissante est plutôt le symptôme d’un très profond questionnement des cadres traditionnels de l’identité européenne, de la représentation politique et des références libérales ou conservatrices des droites de gouvernement.

. Patrick Troude-Chastenet, Les marges politiques, Bordeaux, PUB, 2015.

Pourquoi faut-il distinguer la marginalité de l’extrémisme ? Quand, comment et pourquoi les idées de la droite radicale peuvent-elles être recyclées par la droite républicaine ? Qu’existe-t-il de commun entre les néo-situationnistes de l’Encyclopédie des Nuisances et les courants ésotéristes de la Nouvelle Droite française ? Quelles sont les principales composantes idéologiques de la mouvance décroissantiste ? Pourquoi le personnalisme gascon a-t-il été si longtemps ignoré des historiens des idées alors qu’il incarnait la tendance la plus novatrice des mouvements non conformistes des années 1930 ? Le Tea Party n’est-il qu’un artefact produit par la chaîne Fox News ou a-t-il eu et aura-t-il un rôle à jouer un rôle au sein de la droite américaine ? Que sait-on, en France, des théories libertariennes dont se réclame notamment Clint Eastwood ? Est-il possible de déconstruire, à partir de la pensée de Jacques Derrida, la catégorie des marges politiques ? Ce livre entend répondre à ces questions, et à bien d’autres, d’un point de vue scientifique mais aussi dans un langage accessible au plus grand nombre.

. Hans Stark & Nele Katharina Wissmann, L’Allemagne change ! Risques et défis d’une mutation, Lille, Presses Universitaires du Septentrion, 2015.

L’Allemagne est entrée dans un processus de transformation profonde. Confrontée aux mutations démographiques d’une société vieillissante, elle doit assurer la survie de son système de retraite et une intégration accélérée d’immigrants, attirés par le succès de son modèle économique. Elle doit maintenir les équilibres internes d’une société atomisée, face aux multiples revendications légitimes de ses différentes composantes, qu’il s’agisse des femmes aspirant aux responsabilités qui leur reviennent, des personnes âgées, toujours plus nombreuses, des homosexuels, en quête de reconnaissance ou des minorités religieuses, tiraillées entre l’assimilation et la rupture. L’Allemagne du XXIe siècle doit aussi repenser son rapport au passé, omniprésent. Elle doit juguler désert rural et fuite vers les grandes villes, en particulier Berlin, aimant et point de fixation. Et elle ne peut éviter le débat portant sur une structure fédérale dépassée face à la réalité d’une économie éclatée entre pôles de haute compétitivité et régions en déclin qui transcendent les Länder. Grande puissance industrielle, elle doit relever le double défi du numérique et d’une politique d’enseignement tendant vers l’excellence - sans négliger la précarité croissante de ses populations défavorisées, enfermées dans les structures dites de « Hartz-IV ». Enfin, puissance « civile » par excellence, elle doit accepter le rôle international qui lui incombe, y compris sur le plan militaire, sans tomber dans les travers du passé.

. Nadia Benalouache & Kévin Duruisseau (dir.), La transition énergétique en Méditerranée, Aix en Provence, PUP, 2015.

En termes politiques, la transition énergétique est intrinsèquement liée à la construction d’un système énergétique durable. Les sciences humaines et sociales, quant à elles, appréhendent ce processus comme un véritable anthropo-système, multidimensionnel et multiforme, et confèrent ainsi à son étude une dimension supplémentaire. Ce numéro propose un aperçu de cette nouvelle démarche épistémologique par un choix de contributions, émanant de jeunes chercheurs, centrées sur les enjeux que revêt plus particulièrement cette transition au sein de l’espace méditerranéen. À partir de cadres spatio-temporels divers, la complexité du processus est analysée au prisme de la mise en œuvre des politiques publiques, des stratégies d’acteurs et des logique(s) de gouvernance qu’elle sous-tend, dans un contexte traversé d’enjeux environnementaux spécifiques.

. Mathieu Guidère, Lynne Franjié & Claire Levasseur (cartographie), Atlas des pays arabes, un monde en effervescence, Paris, Autrement, 2015.

Plus de 120 cartes, graphiques et chronologies originales pour découvrir le monde arabe, son histoire et ses convulsions. Le développement de l’identité musulmane et de la culture arabe en quatorze siècles d’histoire. Les problématiques ethniques et religieuses peuvent-elles empêcher la transition démocratique ? L’essor économique, social et culturel du monde arabe aujourd’hui : quels enjeux, quels obstacles ? Quelques années après le Printemps arabe, qui a bouleversé la géopolitique mondiale, cette nouvelle édition propose une analyse complète et accessible d’un monde arabe qui occupe le devant de la scène internationale et connaît de profonds changements.

. Gilles Luneau & François-Marie Bréon, Atlas du climat. Face aux défis du réchauffement, Paris, Autrement, 2015.

Plus de 100 cartes et infographies pour appréhender la complexité du climat, saisir les enjeux du réchauffement et les moyens d’y répondre. Le fonctionnement du climat, perturbé par les émissions croissantes de gaz à effet de serre depuis la révolution industrielle. Les innombrables conséquences du réchauffement : augmentation des catastrophes naturelles, migrations ou disparitions d’espèces, bouleversement de l’agriculture et de la pêche, problèmes sanitaires et réfugiés climatiques... Privilégier les énergies non-carbonées, développer les transports propres, changer de modèle agricole, multiplier les gestes citoyens : lutter contre le changement climatique est possible. Alors que les sommets sur le climat s’enchaînent, il est temps que la politique internationale se mette au diapason de l’urgence climatique pour relever le plus grand défi du XXIe siècle : préserver notre planète.


Le livre recommandé par le Diploweb.com pour octobre 2015

. François Géré, La France au cœur du monde, Paris, UPPR, 2015. 4,49 €, ISBN : 978-2-37168-036-4

P. Verluise, Directeur du Diploweb.com : "François Géré a su trouver le juste équilibre entre une analyse rigoureuse de la situation de la France dans le monde et la démonstration qu’il existe de nombreux atouts à faire valoir. Nous disposons ainsi d’un livre à la fois éclairant et mobilisateur, accessible à un grand public intéressé par la situation et l’avenir de la France."

Un spectre hante les Français : le déclin. La baisse relative du potentiel brut de la France est indéniable à mesure qu’émergent d’énormes masses démographiques et que, de plus en plus lourd, pèsent des économies en plein essor. 1% de la population mondiale, 5% du PIB global. Cette situation engendre deux réactions psychologiques opposées. Un auto-dénigrement masochiste et, à l’inverse, une extrême fierté nationale qui vit comme une revanche chaque succès, fût-il éphémère, comme si l’angoisse du déclin s’en trouvait momentanément apaisée. Pourtant les atouts restent colossaux : un espace considérable avec une zone économique maritime de 11 millions de Km2, des industries très performantes (aéronautique, nucléaire, tourisme) ; des résultats brillants dans l’exportation du luxe et des savoir-faire agroalimentaires. Un rayonnement architectural, littéraire et cinématographique. Au sein de l’Union européenne, la France contribue puissamment à l’élaboration et à l’adoption de normes et de standards mondiaux conformes à ses intérêts et adaptés à ses capacités. Les compétences sont donc là. L’esprit d’entreprise n’est pas éteint. L’aptitude à l’innovation reste considérable. Beaucoup dépend d’une cohérence administrative et gouvernementale susceptible de surmonter les blocages ici, d’accommoder, là, les divisions, d’en finir avec des pratiques et des organismes périmés. Affaire d’État ? Non, plutôt d’état d’esprit, sans doute insuffisamment insufflé dans la formation des futurs responsables. Si elle entend maintenir son rang et accroître sa prospérité, la France n’a d’autre choix que la qualité des entreprises, la cohérence des choix et la cohésion des décisions. Comme les autres nations historiquement dominantes, la France est prise dans le bouleversement de la redistribution de la puissance dans l’âge de l’information-communication. Il appartient aux citoyens de choisir des dirigeants à la hauteur des enjeux. C’est cela gouverner : maintenir le bon cap dans la tourmente pour atteindre les bons ports.

Voir le livre de F. Géré sur le site de l’éditeur


. Antoine Böhm, De Gandhi à Daech : histoires honorables ou infâmes de guérillas, d’insurrections et de déstabilisations, Paris, Don Quichotte, à paraître (février 2016).

Un panorama de quinze groupes insurrectionnels, des coups d’Etat de Mao Zedong et de Gandhi aux déroutes de Che Guevara et de Patrice Lumumba en passant par Daech et les Anonymous. Il révèle la diversité des formes de lutte et des moyens d’y mettre un terme.

. Guillaume Lagane, Théorie des relations internationales, Paris, Ellipses, à paraître (février 2016).

Le conflit en Syrie est-il avant tout un affrontement entre un dictateur et son peuple ? Ou plutôt une guerre de religion opposant sunnites et alaouites ? Tout simplement une compétition entre milices pour la possession des richesses du pays ? Ou encore un effet collatéral de la rivalité de l’Iran et de l’Arabie saoudite ? C’est à de telles questions que souhaite répondre cette Théorie des relations internationales. Après avoir présenté les principales idées qui permettent d’éclairer les rapports internationaux, elle applique cette grille d’analyse aux Etats et aux grandes questions géopolitiques.

. Paul Dahan, Diplomates : au cœur de la négociation, Paris, CNRS, à paraître (fin-janvier 2016).

" Gouverner, c’est prévoir ! ", dit la sagesse des nations. Dans quelle mesure le diplomate concourt-il à cet objectif ? Pour répondre à cette question, douze diplomates français relatent dans cet ouvrage une négociation internationale à laquelle ils ont participé. Autant d’aventures singulières, qui montrent que les victoires diplomatiques sont souvent constituées d’une série de minuscules avancées : une suggestion judicieuse ici, une amabilité là, une sage concession à un moment, une obstination bienvenue à un autre, un tact à toute épreuve, et une patience qu’aucune folie, aucune provocation, aucune bévue ne peut troubler Droit maritime, sécurité et coopération en Europe, traité franco-allemand sur les forces conventionnelles, nucléaire iranien : quels que soient les sujets abordés par les différents témoignages ici réunis, tous s’accordent à considérer que la négociation est un apprentissage permanent.

. Mohamed-Chérif Ferjani, Religion et démocratisation en Méditerranée, Paris, Riveneuve, à paraître (fin-janvier 2016).

L’avènement de la démocratie a remis en question la conception commune à toutes les traditions religieuses où l’ordre politique « juste » et « légitime » doit être l’incarnation d’un ordre supérieur selon la volonté de(s) Dieu(x). Les autorités religieuses ont alors recherché des principes de démocratie dans les faits fondateurs des différentes religions, après et en même temps que d’autres adeptes des mêmes traditions continuaient à la rejeter comme un système de gouvernement « sans Dieu(x) », « sans foi ni loi » et ne pouvant que conduire à la « perdition » des sociétés qui l’adoptent. Les contributions ici réunies montrent, chacune à sa façon et par delà les différences inhérentes à chaque tradition, époque ou pays, de profondes similitudes. Partout, depuis le XVIIIe siècle, les processus de démocratisation, et la sécularisation qui les ont accompagnés, ont engendré une idéologisation de la religion en conflit avec les institutions et les formes traditionnelles. Pour certaines traditions, cette réaction est encore dominante ; les processus de démocratisation n’étant encore qu’à leur début. Pour d’autres, les conquêtes démocratiques et les échecs enregistrés par les idéologies religieuses ont conduit à une marginalisation de ce dernier phénomène au profit de l’apparition d’expressions politiques se référant à la religion tout en intégrant l’idée démocratique. Qu’en sera-t-il à l’avenir, avec l’accélération et l’intensification des processus de mondialisation ?

. Frédéric Jordan, L’armée française au Tchad et au Niger. À Madama, sur les traces de Lerclerc, Paris, Nuvis, 2015.

L’épopée du Maréchal LECLERC, notamment sur la terre africaine de 1940 à 1942, demeure un symbole fort pour les militaires français qui trouvent dans ces combats l’inspiration propre à l’audace, à l’opiniâtreté et à la force morale. Plus de soixante-dix ans plus tard, l’armée française est de nouveau déployée, depuis 2013, dans la bande sahélo-saharienne pour combattre un nouvel ennemi, le terrorisme islamiste, qui porte la violence et l’insécurité dans des pays amis et ce, tout en s’affranchissant des frontières si étendues de cette partie du monde. C’est dans ce contexte, qu’au printemps 2014, le groupement tactique Koufra du lieutenant-colonel Frédéric JORDAN reçoit la mission de reconnaître le poste de MADAMA au Niger, à quelques encablures de la frontière libyenne, avec sa colonne constituée d’unités françaises, nigériennes et tchadiennes. Cette force tripartite conduira avec succès l’opération Barkhane en parcourant près de 4200 km en trente-et-un jours malgré une chaleur écrasante, un terrain très rude et la menace permanente de rencontrer des groupes armés terroristes. De la capitale tchadienne jusqu’à Madama en passant par les contreforts du Tibesti, ce groupement va suivre les pas des anciens des troupes de Leclerc et traverser des lieux chargés d’histoire. Mais ils feront surtout preuve, au cœur de ces contrées désertiques, des mêmes qualités de planificateurs et de tacticiens pour remplir la mission et remporter le défi logistique qui s’impose à eux.
Une aventure militaire et humaine au cœur de l’Afrique qui plonge le lecteur dans le quotidien du soldat français de l’armée de Terre en opérations et illustre une réflexion sur le commandement, les principes de la guerre, la spécificité du métier et les enseignements de l’histoire militaire.

. Jean-Pierre Liégeois, Roms et Tsiganes, Paris, La Découverte, 2015.

Roms, Tsiganes, Gitans, Manouches, Gens du voyage… On en parle quotidiennement. Mais sait-on qu’ils forment la minorité la plus importante d’Europe ? Sait-on qu’ils ont une langue, une culture ? La connaissance qu’on en a passe à travers le filtre de préjugés qui se sont sédimentés au cours de mille ans d’histoire et viennent inspirer puis justifier les actions menées à leur égard. Cette minorité transnationale existe par la force d’une organisation sociale qui a permis sa survie dans la dispersion et face à des traitements coercitifs : rejet, esclavage, envoi aux galères, extermination, assimilation. Il s’agit de communautés dynamiques, qui vivent une mutation profonde et se positionnent aujourd’hui en tant que partenaires des institutions nationales et internationales. Roms et Tsiganes sont au cœur des enjeux sociopolitiques du XXIe siècle marqué par l’émergence des minorités et par le développement de la mobilité dans une Europe qui se voudrait sans frontières. Ils sont également au centre des réflexions sur le multiculturalisme.

. Ardavan Amir-Aslani, Iran, le sens de l’histoire, Paris, Éditions du Moment, à paraître (mi-janvier 2015).

Le grand bouleversement du rapprochement entre l’Iran de Rohani et l’Amérique d’Obama décrypté.
Depuis le rapprochement entre l’Iran de Rohani et l’Amérique d’Obama, les cartes stratégiques sont totalement rebattues au Moyen et Proche-Orient, voire dans les pays du golfe persique. Les Américains ont semble-t-il compris que les chiites ne sont pas leurs ennemis et, a posteriori, ont revu leur copie sur les attentats du 11 septembre. En revanche, l’Islam sunnite est devenu un danger pour un grande partie du monde arabe, pour l’Europe et l’Occident de manière générale, en témoigne les visées hégémoniques de Daech qui ne cesse de s’étendre et de se renforcer. Il découle des deux premiers points que l’Occident a intérêt à s’appuyer sur Téhéran pour combattre l’Etat Islamique (EI) et, en quelque sorte, refaire de l’Iran le gendarme de la région, comme à l’époque du Shah, avant la révolution et l’installation de la « mollahchie ». C’est ce grand bouleversement que l’Europe et notamment la diplomatie française a du mal à comprendre, que l’auteur décortique dans cet ouvrage. Un grand bouleversement dont il va falloir prendre la mesure si l’on veut être en capacité de combattre le terrorisme qui cible tous les pays revendiquant des valeurs et une civilisation aux antipodes de celles des djihadistes de Daech ou d’Al-Qaida.

. André Siegfried, Les États-Unis d’aujourd’hui, Paris, Armand Colin, à paraître (mi-novembre 2015).

Académicien, géographe, historien, sociologue, André Siegfried est considéré comme le père fondateur de la science politique française. Siegfried se méfie des théories et des généralisations auxquelles il préfère les voyages, l’étude de terrain qui, seule, permet l’observation des comportements humains.En faisant appel à la méthode inductive du reporter, il annonce la modernité d’une démarche globale qui allie histoire, démographie, psychologie sociale, sociologie, économie et géographie. Fruit de ses nombreux voyages outre-Atlantique, Les Etats-Unis d’aujourd’hui paraît en 1927 dans le contexte américain d’avant la crise de 1929. Siegfried a pour originalité de proposer une vision européenne d’une société américaine mal connue en France, et c’est ce point de vue à la fois informé et novateur qui séduit aussi les Américains à qui l’ouvrage servira de révélateur en leur faisant prendre conscience de leur véritable identité. C’est ce texte majeur que l’américaniste renommé Jean-Michel Lacroix invite à découvrir et dont les échos frappent, dans le contexte actuel de la mondialisation, par leur étonnante modernité.

. Eleonora Elguezabal, Frontières urbaines, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2015.

À partir d’une enquête réalisée dans les « copropriétés fermées » de Buenos Aires (Argentine), l’ouvrage montre que leurs frontières ne sont pas étanches et rigides comme le suppose la notion d’enclave, mais plutôt labiles – changeantes, toutes relatives – et poreuses – traversées jour après jour par de nombreux employés subalternes de service. En explorant ces labilités et porosités, ce sont des mondes sociaux hétérogènes, conflictuels et dynamiques, qui se donnent à voir.

. Carole André-Dessornes, 1915-2015. Un siècle de tragédies et de traumatismes au Moyen-Orient, Paris, L’Harmattan, 2015.

L’intention de cet ouvrage n’est pas de présenter une liste exhaustive de tous les conflits ou autres crimes de masse, mais de dresser une typologie de conflits les plus marquants et de voir en quoi cela a eu des retombées sur les individus et les sociétés. L’année 1915 est le point de départ de ce travail, année de lancement du triple génocide Arménien, assyrien et grec pontique, pour finir en 2015, avec l’ascension de Daech dans la région.

. Didier Kassaï, Tempête sur Bangui, Paris, La Boite à Bulles, 2015.

Depuis dix ans, la République centrafricaine enchaîne guerres civiles et coups d’Etat. Tant et si bien que les médias occidentaux finissent par oublier ses citoyens qui n’ont souvent que leurs jambes pour courir. Ceci jusqu’au conflit le plus violent et le plus meurtrier de cette dernière décennie : celui des rebelles de la SELEKA contre le président Bozizé, en 2013.
Dans ce paysage chaotique, avant l’intervention des forces françaises, Didier Kassaï, artiste centrafricain, survit jour après jour ; il zigzague entre les grenades, les tirs de kalachnikov et les coups de machettes. Mais avec une farouche opiniâtreté, Didier poursuit son activité artistique comme un acte de résistance discret, et nous livre ici les chroniques de Bangui pris dans la tempête.

. Philippe Boulanger, Géographie militaire et géostratégie. Enjeux et crises du monde contemporain, Paris, Armand Colin, 2015.

Sous l’effet de la mondialisation et de l’accélération des échanges, une nouvelle géographie des rivalités et des tensions s’est dessinée depuis la fin de l’antagonisme des blocs. Les conflits, moins nombreux, sont désormais d’une tout autre nature (terrorisme international, tensions pour la maîtrise des ressources énergétiques, prolifération nucléaire…) et bouleversent profondément l’équilibre sécuritaire et militaire mondial. Pour mesurer l’ampleur de ces mutations, cet ouvrage présente un état des lieux et une analyse claire des grandes dynamiques actuelles : croissance des dépenses militaires mondiales, développement de l’intelligence économique comme arme stratégique ; limites de l’hyperpuissance américaine, reconstruction de puissances militaires vieillissantes (Russie), émergence de nouveaux acteurs stratégiques (Chine, Inde) et de nouvelles formes de menaces (terrorisme à revendication étatique, cyberguerres, armes de destruction massive), multiplication de zones de tension et de chaos échappant à tout contrôle international… Appuyée sur les données chiffrées les plus récentes, cette édition entièrement revue et augmentée offre une grille de lecture indispensable pour comprendre le nouvel ordre mondial, dans un environnement géostratégique toujours plus complexe.

. Bernard Salvaing (dir.), Pouvoirs anciens, pouvoirs modernes dans l’Afrique d’aujourd’hui, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2015.

Cet ouvrage examine l’influence sur les États actuels d’Afrique subsaharienne des conceptions du pouvoir héritées du passé : l’hypothèse de base est que les évolutions ressenties depuis 1960 sont largement conditionnées par la culture politique africaine ancienne, ce qui permet de mieux comprendre l’écart entre le fonctionnement des États et leurs constitutions libérales.

. Collectif, Amazonie. Préserver et exploiter, Paris, Henry Dougier, 2015.

Cette publication se présente comme une carte très grand format (68 x 100 cm), "L’Amazonie en dangers", avec au dos 16 pages de textes (25 x 17 cm) sur des problématiques liées au sujet principal : Brésil : une dynamique rurale à risque ; Colombie : au coeur d’une Amazonie autochtone ; Populations isolées : les derniers Indiens d’Amérique ; De l’Eldorado à l’or noir ; La déforestation : un processus au long cours ; L’Amazone face au changement climatique.

. Claudio Ingerflom, Le tsar c’est moi. L’imposture permanente d’Ivan le Terrible à Vladimir Poutine. Paris, PUF, 2015

Entre le début du XVIIe et le XXe siècle, la Russie a connu plusieurs centaines de faux tsars et tsarévitchs dont l’un fut couronné. L’imposture s’est répandue dans toutes les sphères de la vie politique, sociale et culturelle du pays : fausse législation, faux dignitaires de la cour et de l’Église, faux révolutionnaires, faux Lénine, faux fils de Staline… Dans la plupart des cas, l’accueil de la population leur fut favorable, et trois grandes insurrections généralisées à l’échelle de l’Empire se déroulèrent sous la bannière d’un faux tsar. L’imposture russe étonne par sa démesure, car les faits ici racontés tantôt arrachent un sourire franc, tantôt laissent un goût amer dans tous les cas, ils surprennent. Ce livre reconstitue pour la première fois toute l’histoire de ce phénomène, sous la Russie autocratique puis communiste, avant d’identifier les composantes anciennes qui pèsent lourdement sur le présent. Parce qu’il montre que l’imposture a été sa norme politique pendant plus de quatre siècles, ce livre offre une histoire nouvelle de la Russie, soulignant ce qu’elle a en commun avec l’histoire européenne, mais aussi, en élucidant la spécificité de son histoire politique, ce par quoi elle est depuis toujours radicalement différente de la nôtre.

. Arnaud Dubien (dir.) Russie 2015. Regards de l’Observatoire franco-russe, éd. Cherche Midi, 2015

Quelles sont les véritables raisons de la crise économique que traverse la Russie et comment y fait-elle face ? Quel impact les sanctions occidentales et les contre-mesures russes ont-elles sur l’agriculture, les industries de défense ou le commerce extérieur de la Russie ? La confrontation entre Moscou et les Occidentaux à propos de l’Ukraine sera-t-elle durable ? Assiste-t-on à l’émergence d’un axe Moscou-Pékin ? Où en est l’armée russe en 2015 ? Quel est l’état d’esprit des citoyens de Russie et comment interpréter la « vague conservatrice » à l’oeuvre dans le pays ? Quels sont, vus du Kremlin, les enjeux politiques et stratégiques liés à Internet ? Comment se déroule l’intégration de la Crimée à l’espace russe ?

Russie 2015, troisième rapport annuel de l’Observatoire franco-russe, a pour ambition de fournir l’analyse la plus complète possible de la situation en Russie. Économie, politique intérieure et société, régions, politique étrangère et « miscellanées franco-russes », illustrant l’ancienneté, la diversité et la richesse exceptionnelle des relations entre nos deux pays, font de cet ouvrage un document de référence.

. Jean-François de Raymond, L’esprit de la diplomatie. Du particulier à l’universel, Manitoba/Les Belles Lettres, 2015

La diplomatie, cette institution dont la pratique met en oeuvre la politique d’affaires étrangères, est l’une des plus anciennes marques de civilisation. Pourtant elle ne s’est pas encore rendue inutile, et ses processus, ses détours et ses résultats conduisent à s’interroger sur sa nature et sur son sens. Il s’agit de retrouver ses fondements et ses objectifs au-delà des mythes et des mystifications, des préjugés et des opinions, de découvrir ses fonctions dans les relations bilatérales et les enceintes multilatérales : l’information discrète, la négociation permanente, la dynamique de la représentation, la logique de la réciprocité et l’exigence de la reconnaissance. Cette réflexion originale sur l’esprit de la diplomatie est documentée par des exemples historiques et contemporains, et illustrée par des figures de personnalités célèbres ou méconnues. En s’appuyant sur la tradition de la pensée classique, elle analyse des processus de la pratique diplomatique dont elle identifie le sens et les conditions, et elle constitue une contribution à la philosophie de la diplomatie qui intéressera aussi bien les historiens que les philosophes, en même temps que les praticiens, diplomates et chefs d’entreprises. Les questions actuelles relatives à l’information (ouverte, discrète ou secrète), les négociations économiques, écologiques (le climat en 2015), scientifiques, culturelles, ainsi que la pratique quotidienne de la diplomatie, trouvent ici des éclairages sur leur signification et leur portée.

Jean-François de Raymond a suivi alternativement une carrière de professeur d’université et de diplomate (en Grèce, au ministère des Affaires étrangères, au cabinet du secrétaire d’État chargé des Droits de l’homme, en Suède et au Canada). Membre étranger de la Société royale du Canada, il est professeur associé à l’université Laval à Québec et à l’université du Québec à Chicoutimi. Il poursuit des travaux d’histoire de la philosophie et de la diplomatie.

. Pierre Sintès, Amaël Cattaruzza, Géopolitique des conflits, Paris, Bréal, à paraître (mi-janvier 2016)

Un ouvrage de synthèse pour comprendre la notion de conflits, les différents types de conflits (frontières et conflits, villes et conflits) et les conflits actuels (Ukraine, Syrie, conflits et ressources, émeutes de la faim…) Un ouvrage qui reprend en la développant une ancienne question de CAPES d’histoire-géo. Un volume pour les étudiants en géopolitique et en écoles de journalisme .
Amaël Cattaruzza est docteur en géographie, maître de conférences aux écoles de Saint-Cyr Coëtquidan (détaché de l’université Paris IV-Sorbonne). Spécialiste de géopolitique, il travaille sur les pays d’ex-Yougoslavie et sur les dynamiques de fragmentation territoriale dans le monde. Pierre Sintès est agrégé et docteur en géographie. Il est également maître de conférences à l’université de Provence et chercheur rattaché à la Maison méditerranéenne des sciences de l’Homme. Il y mène des recherches sur les migrations internationales et les mobilités géographiques notamment en Grèce et dans les Balkans contemporains.

. Christian Buchet, Livre noir de la mer, Paris, Éditions du Moment, à paraître (mi-novembre 2015)

La mer n’est pas en soi un univers hostile, elle contient bien au contraire la quasi-totalité des solutions pour un avenir plus que durable, désirable. C’est l’homme qui, en la fourvoyant, l’amène à transformer ce champ de promesses en menaces. Il est primordial d’en prendre conscience. La piraterie, le narcotrafic, l’immigration maritime, l’acidification des océans, les marées blanches, les mammifères marins et autres cétacés en danger, la submersion des côtes sont autant de thèmes abordés par l’auteur dans cet essai engagé. Christian Buchet, en spécialiste de la question, pose la mer en tant que bien commun de l’humanité. Qu’il est urgent d’enfin protéger.

. Collectif, Guerre Froide, les dessous d’une guerre qui n’a pas eu lieu, Waterloo, Jourdan, à paraître (fin-octobre 2015).

« Il ne fait aucun doute qu’à partir de maintenant, la Russie est toute-puissante en Europe. » Journal de Sir Alan Brooke, chef d’État-major de l’Empire, au 24 mai 1945 « La guerre entre les Russes et les démocraties approche et, en fait, a déjà commencé, et l’Allemagne sera invitée à y prendre part. » Goronwy Rees, membre des services secrets britanniques, juillet 1945 Pour les Alliés, une fois la Seconde Guerre mondiale finie ou presque, la menace soviétique était bien plus importante et plus proche que ce que le grand public pensait. Dans les nations démocratiques, on commençait déjà à démobiliser : aucune urgence de ce type ne pressait l’Union soviétique. La question qui se posait était de savoir ce que serait la situation sur le continent européen quand les armées britannique et américaine se seraient retirées, que les Français n’auraient plus qu’une poignée de divisions et que les Russes, eux, auront choisi de conserver une armée active de deux ou trois cents divisions. À partir de là, les deux camps vont raidir tout en se partageant l’Europe. Il vont aussi se regarder en chien de faïence, à tout moment prêts à se bondir dessus au moindre soupçon.

Ce livre nous raconte cette période qui va de 1945 à la chute du mur de Berlin, où les différents état-majors furent sans cesse sur le pied de guerre. Une période où les force armées se préparèrent sans arrêt à en découdre. Où la course aux armements atteint des sommets jamais égalé, chaque bloc ayant la possibilité de détruire des dizaines de fois la planète entière.

Surtout, nous partons, à travers des documents désormais accessibles aux chercheurs, à la découverte des opérations secrètes destinées à connaitre les ressources du camps adverse ou à lui porter des coups. Le livre d’une guerre ignorée jusqu’ici, une guerre secrète entre deux blocs.

. Ronald Hatto, Le maintien de la paix : l’ONU en action, Paris, Armand Colin, 2015

Le maintien de la paix, inventé par l’ONU des Nations unies pour répondre à la crise de Suez en 1956, est né dans l’improvisation et n’a cessé de se développer jusqu’à devenir un outil incontournable de gestion des conflits. Pendant la Guerre froide, l’ONU a été sollicitée à plusieurs reprises pour tenter de résoudre des conflits qui auraient pu conduire les deux superpuissances à s’affronter directement. À partir de 1989, les casques bleus ont été déployés dans un grand nombre de pays pour accomplir des tâches toujours plus ambitieuses. L’ONU reste pourtant soumise à la volonté de ses États membres qui financent ses activités et fournissent le personnel civil et militaire nécessaire à la conduite des opérations. Cet ouvrage contribue à une meilleure connaissance du maintien de la paix. L’analyse proposée, retrace ses origines après 1945 et vise à démontrer son utilité comme mécanisme de gestion des conflits armés, malgré les nombreuses limitations que lui impose la politique internationale.

. Pascal Marchand, Atlas géopolitique de la Russie, le grand retour sur la scène internationale, Paris, Autrement, 2015

Synthèse sur la Russie contemporaine, ses atouts territoriaux, énergétiques et techniques, ses revendications territoriales, les freins à son développement, ses relations avec ses voisins européens et asiatiques, etc.

. Rémy Marion et Farid Benhammou, Géopolitique de l’Ours polaire, Saint-Claude-de-Diray, Hesse, 2015

L’ours polaire incarne à lui seul les grands enjeux environnementaux, à commencer par le réchauffement climatique. Or, par essence, les questions environnementales sont conflictuelles et territoriales.
La protection de l’ours polaire génère des questions pour sa survie, sa protection et sa gestion. Mais il partage, en situation extrême, des territoires avec des sociétés humaines autochtones et non autochtones, ce qui pose inévitablement des questions de cohabitation et de sécurité publique. Avec l’autonomie croissante de communautés locales comme les Inuit, surgissent alors les bases d’une géopolitique locale impliquant l’ours polaire.
Le statut de protection de l’espèce émane cependant d’échelles nationales puis internationales. Des tensions opposent protecteurs et partisans de l’exploitation de l’Arctique, unique milieu de vie du plus grand carnivore terrestre. Il en est de même des grands enjeux internationaux dans lequel l’ours polaire se trouve impliqué : contrôle territorial, ressources pétrolières et minières, voies maritimes stratégiques et commerciales, changements climatiques. Cet animal « géopolitique » se retrouve alors ballotté entre les rôles de victime, de façade ou d’étendard.
L’ours polaire et l’espèce humaine sont à la croisée des chemins…

. Dario Battistella, Un monde unidimentionnel, Paris, Presses de Sciences Po, 2015

Pendant les vingt premières années qui ont suivi la fin de la guerre froide, l’ordre mondial a été celui d’un « monde unidimensionnel », synonyme de prééminence matérielle des États-Unis et d’hégémonie normative du libéralisme international sur la gouvernance mondiale. Stratégiquement pacifique parce que composé d’un système interétatique unipolaire sur le plan de la puissance, idéologiquement pacifié parce que constitué d’une société internationale unitive sur le plan de la légitimité, cet ordre est-il menacé par le revivalisme islamiste, le révisionnisme russe, l’ascension chinoise ? C’est à cette question que tente de répondre cette deuxième édition, enrichie d’une postface.

. Olivier Hanne et Guillaume Larabi, Djihad au Sahel : menaces, opérations militaires, coopération régionale, Paris, Bernard Giovanangeli, 2015

Depuis la chute du colonel Kadhafi en octobre 2011, le Sahel est devenu l’une des plus grandes zones de déstabilisation du monde : essor des trafics, enlèvements, attentats. Les groupes terroristes, impulsés par le jihadisme international, ont fait des pays du Sahel leur terrain de contrebande et de violence, jusqu’à envahir le nord du Mali en 2012. Face à des États africains défaillants, des sociétés fractionnées et des armées locales mal préparées, les jihadistes ont pu s’installer durablement dans la région. En dépit des dernières opérations françaises, leurs capacités de nuisance ne sont nullement détruites. Pourtant, depuis 2014, en raison des dangers qui les menacent, les pays du Sahel ont lancé avec le concours de la France une coopération régionale qui se démarque des démarches antérieures infructueuses et tentent d’élaborer une ambitieuse stratégie de contre-terrorisme. Malgré ses difficultés et sa discrétion, ce front commun peut, à terme, constituer une clé de pacification pour toute l’Afrique. L’ouvrage rappelle les facteurs qui ont amené à la déstabilisation sahélienne, identifie les menaces et décrit comment les États et les armées locales, en lien avec la France, organisent le contre-terrorisme. Olivier Hanne est agrégé et docteur en Histoire, chercheur-associé à l’université d’Aix-Marseille, il travaille comme expert auprès des Écoles militaires de Saint-Cyr-Coëtquidan et à l’École supérieure internationale de Guerre de Yaoundé (Cameroun). Guillaume Larabi est Saint-cyrien, issu des troupes de Marine, il a mené de nombreuses missions en outre-mer, au Tchad et en République démocratique du Congo. Il est actuellement instructeur à l’École supérieure internationale de Guerre de Yaoundé (Cameroun).

. Florian Fizaine, Les métaux rares. Opportunité ou menace ? Enjeux et perspectives associés à la transition énergétique, Paris, Technip, 2015

La transition énergétique est devenue une nécessité vitale face au réchauffement climatique dont les coûts socio-économiques et écologiques font de plus en plus consensus. La transition énergétique comporte aussi une importante face cachée due aux conséquences en termes de matières premières issues d’un déploiement à grande échelle des énergies renouvelables et, plus généralement, des énergies décarbonées. À moyen et long termes, ces « effets secondaires » pourraient peut-être se révéler pires que le mal que les énergies décarbonées entendent par ailleurs corriger aujourd’hui. Une première alerte s’est produite en 2010 avec la crise provoquée par l’embargo temporaire chinois sur les terres rares. Dans ces conditions, ne prenons-nous pas le risque de simplement déplacer le problème ? L’auteur se propose d’analyser les problématiques économiques, techniques, financières et géopolitiques liées aux métaux (rares) dans le contexte d’un développement massif des énergies vertes. Il dresse au travers d’une argumentation chiffrée et documentée, un large tableau des risques amenés par une transition énergétique trop axée sur la décarbonisation du mix énergétique à l’échelle mondiale. Cet ouvrage s’adresse à la fois à un large public désireux de comprendre les enjeux liés au versant matières premières de la transition énergétique et à un public averti (étudiants, professeurs, chercheurs, décideurs…) souhaitant approfondir ses connaissances sur le sujet.

. Raymond Woessner, L’Union Indienne, Paris, Atlande, à paraître (fin-octobre 2015)

Contenu : Traitant du sujet de Géographie des territoires du CAPES d’Histoire-Géographie et de l’agrégation de Géographie pour les sessions 2016 et 2017, cet ouvrage offre un panorama complet de l’Inde sous le regard du géographe. Public : Candidats au CAPES d’Histoire-Géographie et à l’agrégation de Géographie, et leurs enseignants. Outils : pour retrouver rapidement une définition, une date, un chiffre, une référence.

. Béligh Nabli, Géopolitique de la Méditerranée, Paris, Armand Colin

Mer commune depuis l’Antiquité romaine, la méditerranée constitue le berceau de la culture occidentale et des trois grandes religions monothéistes. C’est désormais, et avant tout, à la fois un espace de conflits (migration, religions, territoires), mais aussi de coopération (énergie, transport). La mondialisation s’y trouve résumée pour le meilleur et le pire et l’Europe y joue une partie de son avenir. Des origines aux développements politiques récents, cet ouvrage invite à repenser la coopération entre le Nord et le Sud du bassin méditerranéen autour d’un projet intégrateur qui devra avoir une dimension politique assumée, dans le sens des aspirations démocratiques des peuples arabes.

. Bouchra Rahmouni-Benhida (dir.), L’Afrique : nouvelle frontière de la croissance ?, Paris, Technip, 2015

L’Afrique a repris aujourd’hui sa place dans le concert des nations, ce qui lui redonne un nouvel intérêt stratégique. Elle connaît une croissance économique dynamique et dépasse le prisme déformant du continent victime, tortionnaire ou mendiant. La rapidité des mutations en cours est impressionnante et fait véritablement émerger une nouvelle Afrique.
Cette région du monde, qui va de l’océan Atlantique à la mer Rouge et de la mer Méditerranée à l’océan Indien, n’est plus un continent délaissé, mais un continent convoité. C’est la nouvelle frontière de la croissance.
Saisir les opportunités sur ce continent suppose une connaissance précise du contexte géopolitique, géo-économique et de l’entrepreneuriat. Celui-ci prend de l’ampleur, tant sur le plan politique que sociétal. C’est un vaste domaine qui regroupe des secteurs et des réalités différents. Sur la base d’approfondissement, d’analyse détachée et de prospective, ce livre collectif fait un état des lieux d’éléments-clés liés à l’entrepreneuriat en Afrique tel que les secteurs porteurs, l’intelligence économique, les african valleys, les réseaux d’affaires et l’innovation sociale.
Cette mise en perspective de l’actualité économique et géopolitique de l’Afrique contemporaine offre une grille de lecture pertinente à court et moyen terme. L’ouvrage permet de comprendre les évolutions et les transformations rapides d’une Afrique complexe, en mettant en avant les lignes essentielles et les grandes problématiques.

. Olivier Godard, La justice climatique mondiale, Paris, La Découverte, 2015

Des négociations internationales ont été lancées à la fin des années 1980 afin de prévenir le risque d’une « interférence dangereuse avec le système climatique de la planète ». Après des débuts convaincants, les États ont peiné à s’accorder sur l’ampleur et la répartition des efforts et sur l’architecture de l’action future. C’est dans un contexte très politisé entre Nord et Sud qu’a été posée depuis le début la question de la justice climatique mondiale (responsabilité des pays, droits à réparation et à compensation, partage équitable d’un « budget carbone » restreint). Ce livre retrace les idées-forces et les oppositions sur deux plans : les conceptions avancées autour de la négociation climat ; la discussion parallèle en philosophie morale et politique. Il suit et discute les arguments. Il traque les fausses évidences de l’intuition, en particulier sur la responsabilité historique des pays. Il met finalement en lumière le caractère irréconciliable des conceptions cosmo-politiques et internationales de la justice mondiale.

. Chang Tai-Lin, Les relations entre Taïwan et l’Union européenne. Séminaire d’études taïwanaises. Apports d’une diplomatie non conventionnelle. Academia L’Harmattan, Louvain la Neuve.

Les relations entre l’Europe et Taiwan présentent une configuration tout à fait particulière compte tenu du statut international spécifique de l’île depuis 1971. Influencées par de nombreux facteurs régionaux et globaux, parmi lesquels on doit faire figurer l’état des rapports entre la Chine et l’île, mais aussi des relations entre l’Union européenne et la Chine et entre les États-Unis et la Chine, voire entre l’Union européenne et les États-Unis, elles font la part belle à la diplomatie informelle et aux relations économiques, culturelles et scientifiques. Après le rappel de quelques éléments du contexte historique, économique, international et institutionnel qui caractérise Taiwan, l’ouvrage analyse successivement l’état des relations de Taiwan et de l’Union européenne, plus particulièrement du point de vue économique, l’impact des relations triangulaires Taiwan- Chine-Europe et Taiwan-États-Unis-Chine, la question spécifique du commerce des armes et enfin les évolutions perceptibles dans la politique européenne en Asie Orientale et l’impact potentiel de l’Economic Cooperation Framework Agreement (ecfa) sur celle-ci. Une importante bibliographie complète le travail.

. Hadrien Rozier, L’action internationale des métropoles en question. Entre activité et pratiques de coopération, Paris, L’Harmattan, 2015

A l’aune de la récente recomposition de la carte territoriale, les métropoles sont devenues des acteurs de premier plan, dotées de compétences renforcées et de nouveaux enjeux. Parmi ceux-là, l’action internationale semble aujourd’hui se conjuguer entre attractivité du territoire à usage compétitif d’une part, et coopération décentralisée d’autre part. La présente étude pose sur le sujet un questionnement essentiel : sous quelle forme pourrait-on faire de l’action internationale une politique publique locale ?

. Edith Mukakayumba, Jules Lamarre (dir.), La géographie en action, une collaboration entre la science et le politique, Montréal, Presses Universitaires du Québec, 2015

Une géographie qui ne prend pas en compte l’humain, d’une manière ou d’une autre, signe en quelque sorte sa propre mort. Si la spécialisation en géographie permet aux chercheurs d’explorer plus à fond des champs particuliers et d’acquérir une expertise reconnue, l’absence d’une vision d’ensemble tue les fondements qui procurent une cohérence à la discipline.
Les auteurs de cet ouvrage remettent à l’avant-plan l’approche géographique globale, seule perspective capable d’appréhender l’articulation des processus mondiaux. Ils montrent que, bien que le débat sur l’importance de l’approche globale en géographie ne soit pas nouveau, celui-ci mérite d’être constamment entretenu pour le bien-être de la discipline. Ils révèlent également l’ampleur des efforts qui ont été fournis par de grands regroupements scientifiques auprès d’organismes internationaux afin de réaliser l’arrimage entre le scientifique et le politique grâce à l’approche globale. Enfin, des études de cas prouvent non seulement qu’il est possible d’étudier les répercussions néfastes, à l’échelle mondiale, de nos comportements quotidiens dans divers domaines, mais aussi que cette étude est devenue indispensable.

. Bernard Debarbieux, L’espace de l’imaginaire – Essais et détours, Paris, CNRS Éditions, 2015

Match de football ou manifestation, slogan comme "Fiers d’être Marseillais", aménagement des parcs naturels, récits utopiques, institution de la frontière, orientalisme, spatialisation des ethnies dans les colonies, écriture des guides touristiques, cosmopolitisme, éloge du local en écologie... Qu’y a-t-il donc de commun entre tous ces éléments ? Tous relèvent d’une construction imaginaire. L’imaginaire est l’arrière-plan de nos schémas de pensées et d’actions collectives. Plus que l’attribut d’une société, il est la condition même de son existence, il est un instituant fondamental et indispensable de notre façon de concevoir, de penser le monde, et de nous penser en son sein. Aucune expérience individuelle, aucune réalité sociale, n’existant indépendamment de l’espace concret dans lequel elles se déploient, l’étude de la spatialité des imaginaires sociaux permet de porter sur nos sociétés un regard original, et éclairant.

. Martin Vanier, Demain les territoires. Capitalisme réticulaire et espace politique, Paris, Hermann, 2015

Territoires ! Qui n’a pas remarqué le pouvoir de ce mot aujourd’hui dans la société française ? En une génération, celle de la décentralisation et de la mondialisation, tout est devenu territorial : les problèmes, les solutions, les principes et les idéaux collectifs.
Dans le même temps, la société, ses organisations, ses activités et pratiques n’ont jamais été autant de réseaux et en réseaux. Les opérateurs de réseaux, publics ou privés, contrôlent une part croissante du fonctionnement des territoires et de leurs collectivités publiques. Les territoires sont débordés et leur efficacité politique s’épuise.
Entre pouvoir des territoires et puissance des réseaux, cet essai tente une relecture de l’espace politique de la société bousculée par le capitalisme réticulaire. Il propose de favoriser l’hybridation des réseaux et des territoires dans la pensée aménagiste, dans les collectivités territoriales elles-mêmes et dans l’exercice de la démocratie.

. Christian Grataloup, Géohistoire de la mondialisation. Le temps long du monde, Paris, Armand Colin, 2015.

La prise de contrôle de l’Amérique par une poignée d’Européens marque le début de la construction d’un Monde qui s’achève au XXe siècle. Il aurait certainement pu en être autrement. Gengis Khan ou Zheng He initièrent des mondialisations bien différentes. Ces logiques géographiques très anciennes n’ont jamais totalement disparu sous l’aventure européenne et ressurgissent aujourd’hui vigoureusement. Et si le Monde nous paraît si évolutif, c’est bien parce que le récit unique de l’Occident n’était pas sans amnésie. Alors que s’affirme la Chine, qu’un islam se rêve comme une autre mondialisation, que le rôle de l’Europe devient plus modeste, il est nécessaire de situer le Monde contemporain dans le temps long de sa genèse. L’empreinte européenne, qui durera longtemps encore, peut étonner aujourd’hui : pourquoi l’Europe fut-elle à l’origine de notre mondialisation ? De quelles dynamiques multimillénaires fut-elle le prolongement ? Pourquoi n’est-ce seulement qu’au début du XXIe siècle que la Chine, l’Inde et bientôt d’autres sociétés s’affirment à l’échelle du Monde ? La troisième édition de cet ouvrage montre, plus encore que les précédentes, que l’histoire globale est devenue incontournable et qu’elle doit tenir compte, dans la longue durée, de la diversité mondiale, de sa géographie et de l’unité de l’humanité. Les questions « Quand » et « Où », particulièrement quand l’histoire est prise à l’échelle du Monde, deviennent un couple indivisible, celui de la géohistoire.

. Philippe Vitel, L’énergie nucléaire après Fukishima, La Seyne-sur-Mer, Association du Livre en Seyne, 2015.

Philippe VITEL est député de la deuxième circonscription du Var depuis 2002. Il est membre de l’Assemblée Parlementaire de l’OTAN où il occupe la fonction de Rapporteur Spécial de la Commission Sciences et Technologies. Suite à la catastrophe de Fukushima qui marque indéniablement un tournant en matière de perspectives de production d’énergie nucléaire, Philippe Vitel analyse son impact sur les différentes politiques menées de part le monde. Il examine les progrès récents de la technologie dans ce domaine et les tendances actuelles et à venir sur la production énergétique mondiale.

. Dimitri Delionanes, Athènes : histoire d’une révolution annoncée. L’itinéraire géopolitique d’Alexis Tsipras, Le Bouscat, L’Esprit du Temps, 2015.

Dimitri Delioanes nous raconte l’histoire stupéfiante d’Alexis Tsipras, contestataire devenu le premier leader de la gauche radicale européenne à assumer la tâche de gouverner un pays et à acquérir la stature d’homme d’État. Ce livre est une plongée dans l’histoire de la Grèce et de la gauche grecque. Tsipras qui vient de l’eurocommunisme reste un europhile convaincu ; il ne veut pas sortir de la zone euro ou de l’Union européenne, comme l’ont montré les derniers événements, mais travailler au contraire à une réorientation de celle-ci contre les politiques d’austérité qui ont mené son pays à la ruine. Son parti Syriza s’efforce de fédérer autour de lui un espace politique et social aussi large que possible contre l’oligarchie clientéliste au pouvoir qui s’employa pendant de nombreuses années à exploiter la crise dans le sens de ses intérêts. Ce livre est encore la description prenante du cauchemar socioéconomique qu’a vécu pendant des années la Grèce et dont elle a voulu sortir.

. Dario Battistella, Théories des relations internationales, Paris, Presses de Sciences Po, 2015.

Destiné aux étudiants et aux enseignants en relations internationales et en science politique, ainsi qu’aux diplomates et aux journalistes, cet ouvrage se propose d’éclairer la compréhension du monde contemporain à partir des théories des relations internationales.
Pédagogique et exhaustif, il rappelle l’environnement intellectuel et historique de cette discipline savante, présente ses principaux paradigmes, concepts et débats structurants, avant de s’interroger sur les liens entre théorie et pratique, sur les défis que posent les mutations de ce début de XXIe siècle et sur l’état de l’art en France. Chaque chapitre est accompagné de bibliographies commentées qui, jointes à la bibliographie générale, renvoient le lecteur aux textes fondamentaux et de seconde main qui compléteront ce tour d’horizon.
Actualisée, cette cinquième édition met à jour l’ensemble des analyses et des bibliographies.

. Gérard Chaliand, Jean-Pierre Rageau, Géopolitique des empires, Paris, Flammarion, 2015.
Une chronologie des empires, depuis l’Antiquité, pour comprendre la composition du monde, les différentes puissances en place et leur histoire

. Michel Korinman, Où va l’Amérique Latine ? Le cauchemar de Bolivar, Le Bouscat, L’Esprit du Temps, 2015.

Cet ouvrage présente les points clés de la situation géostratégique de l’Amérique Latine.
L’Amérique latine, divisée et fragmentée, n’a jamais été aussi éloignée du rêve bolivarien d’une seule et unique nation de la Haute-Californie à la Terre de Feu. La vraie question reste de savoir qui, des trois candidats au pouvoir géopolitique dans cet espace, l’emportera. Le Brésil en tant que champion de l’intégration du Sud à condition de surmonter les réticences des voisins ? Les États-Unis en commençant par réintégrer Cuba (et même le Venezuela post-Chévez) au sein du "deuxième pilier", cette fois panaméricain ? La Chine (et les autres pays d’Asie orientale) en vue d’une recolonisation à travers des chantiers pharaoniques ?

. Paul Anselin, La France et les Touaregs. De la colonisation à la 3ème guerre mondiale, Paris, Temporis, 2015.

Renseigné aux meilleures sources, cet essai analyse l’onde de choc géopolitique que provoque l’offensive djihadiste au coeur de l’Afrique, du pays des Touaregs aux confins du Sahel et du Sahara en passant par le Mali et ses proches voisins algériens, libyens, nigériens, mauritaniens ou sénégalais... Et bien au-delà, jusqu’au pourtour méditerranéen, et aux portes de l’Europe, au point d’y voir les prémices d’une troisième guerre mondiale déclinée "par morceaux".
On y découvre le territoire naturel des Touaregs, leur culture, leur histoire agitée, celle de ces mythiques tribus des hommes bleus du désert dans leur diversité querelleuse, de ces farouches résistants à la conquête coloniale, de ces rebelles au pouvoir central issu de la décolonisation... mais une histoire qui est aussi celle d’un Islam tolérant et d’une revendication identitaire et politique encore inachevée entre autonomie et indépendance.
Cet ouvrage nous emmène enfin aux côtés des militaires et des acteurs politiques des opérations Serval et Barkhane, sur les pistes d’une intervention militaire française saluée pour sa pertinence et son efficacité, appelée à s’inscrire dans la durée... où les Touaregs, ennemis des djihadistes - c’est la conviction que l’auteur de ce livre nous propose de partager - peuvent être nos meilleurs alliés dans la guerre implacable déclarée à l’Occident.

. Mohamed Amara, Le Mali rêvé, Paris, L’Harmattan, 2015.

Dans cet essai sur les racines de la violente crise politique qui agite le Mali depuis 2012, l’auteur démontre que l’une des premières causes réside dans les fragiles soubassements du système politique malien. Depuis les années 1960, il est en proie aux visions fantaisistes et aux promesses démocratiques illusoires de représentants irresponsables, corrompus et acteurs directs du narcoterrorisme. Loin d’être un cri de désespoir, cette analyse vise à panser les blessures d’un pays riche et multiculturel.

. Florian Fizaine, Les métaux rares : opportunité ou menace ? Enjeux et perspectives associés à la transition énergétique, Paris, Technip, 2015.

La transition énergétique est devenue une nécessité vitale face au réchauffement climatique dont les coûts socio-économiques et écologiques font de plus en plus consensus.
La transition énergétique comporte aussi une importante face cachée due aux conséquences en termes de matières premières issues d’un déploiement à grande échelle des énergies renouvelables et, plus généralement, des énergies décarbonées.
À moyen et long termes, ces « effets secondaires » pourraient peut-être se révéler pires que le mal que les énergies décarbonées entendent par ailleurs corriger aujourd’hui. Une première alerte s’est produite en 2010 avec la crise provoquée par l’embargo temporaire chinois sur les terres rares.
Dans ces conditions, ne prenons-nous pas le risque de simplement déplacer le problème ?
L’auteur se propose d’analyser les problématiques économiques, techniques, financières et géopolitiques liées aux métaux (rares) dans le contexte d’un développement massif des énergies vertes. Il dresse au travers d’une argumentation chiffrée et documentée, un large tableau des risques amenés par une transition énergétique trop axée sur la décarbonisation du mix énergétique à l’échelle mondiale.
Cet ouvrage s’adresse à la fois à un large public désireux de comprendre les enjeux liés au versant matières premières de la transition énergétique et à un public averti (étudiants, professeurs, chercheurs, décideurs…) souhaitant approfondir ses connaissances sur le sujet.


Livre recommandé par le Diploweb.com en septembre 2015

. Collectif, Arctique. Climat et enjeux stratégiques, Paris, Henry Dougier, 2015.

P. Verluise, Directeur du Diploweb.com : "Cette publication se présente comme une carte très grand format (68 x 100 cm), "L’Arctique, enjeux émergents et nouvelles vulnérabilités", avec au dos 16 pages de textes (25 x 17 cm) sur des problématiques liées au sujet principal. Par exemples : La Norvège, une terrasse vers le Grand Nord ; L’ambition russe ; Le rêve arctique de la Chine. L’ensemble se déplie et se replie facilement, se lit confortablement et se range sans difficulté. Une réalisation dirigée par Guillaume Fourmont et Laure Flavigny. En combinant ainsi carte et textes, les ateliers Henry Dougier ont inventé un produit innovant qui a toute sa place dans les bibliothèques individuelles et collectives."

Le changement climatique fait de l’Arctique un nouvel eldorado : passage des bateaux par le pôle Nord, accès facilité aux richesses de la dorsale de l’océan Arctique. D’où l’importance de la propriété des mers au-delà des limites des huit pays riverains : Canada, Danemark (Groenland), États-Unis (Alaska), Finlande, Islande, Norvège, Russie et Suède. Certaines puissances convoitant les eaux arctiques qui pourraient devenir bien communes, une partie d’échecs mondiale se joue autour du « continent » de glace.


. Philippe Cardène & Brigitte Dumortier, L’Inde : une géographie, Paris, Armand Colin, 2015 (à paraître mi-octobre).

L’Union indienne est au programme de géographie du CAPES et de l’agrégation. Cet ouvrage réunit des spécialistes internationalement reconnus de l’Inde à laquelle ils consacrent leurs recherches et dont ils ont une expérience vécue. Il bénéficie aussi des compétences d’universitaires que leurs thématiques ont amenés à s’intéresser à l’Inde. Cela permet de présenter à différentes échelles, à partir des dernières données disponibles et des recherches les plus récentes, les grands enjeux démographiques, économiques, sociaux, environnementaux, politiques et stratégiques d’un pays émergent. Les contradictions et les paradoxes, les progrès spectaculaires et les retards persistants, les inégalités sociales et les disparités spatiales d’un pays en mutation sont analysées à partir de sources de première main par des auteurs qui allient rigueur scientifique et souci didactique. Des textes clairs, étayés par de nombreux tableaux, graphiques et cartes facilement mobilisables, proposent une géographie de l’Inde des villes et des campagnes, des plaines et des montagnes, des littoraux et des espaces de l’intérieur. L’objectif est de mieux faire comprendre, au-delà des idées reçues, les défis auxquels est confrontée cette grande démocratie.

. Soraya Boudia & Emmanuel Henry (dir.), La mondialisation des risques. Une histoire politique et transnationale des risques sanitaires et environnementaux, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2015.

Qu’il s’agisse de catastrophes comme Bhopal, Tchernobyl ou Fukushima, des effets délétères des polluants chimiques ou des épidémies, les risques se déploient à l’échelle du monde. Ce livre interroge les mécanismes et les enjeux de la mondialisation des risques sanitaires et environnementaux. L’analyse, fondée sur des enquêtes ou des études de cas, se déploie de la fin du XIXe siècle jusqu’à la période contemporaine. Elle suit ce processus de globalisation, de régulation des risques et l’évolution des conditions d’expertise scientifique.

. Pascal Boniface & Hubert Vedrine, Atlas du monde global. 100 cartes pour comprendre un monde chaotique, Paris, Armand Colin, 2015.

De quelle manière l’histoire, les flux commerciaux, les enjeux écologiques, les religions, le terrorisme structurent le monde tel qu’il nous apparaît aujourd’hui ? Communauté internationale, clash des civilisations, monde chaotique, où en sont les relations internationales entre les grandes puissances ? À contre-pied du parti pris occidental et de la vision anxiogène véhiculée par certains médias, Pascal Boniface et Hubert Védrine remettent de la logique là où il semble n’y avoir que désordre. En réintroduisant de la raison et du recul dans l’analyse d’un monde complexe, ils montrent qu’une des clés de l’avenir est de prendre en compte la diversité des visions du monde selon les pays et les peuples. En 100 cartes claires et détaillées, les auteurs jettent un regard inédit et englobant sur la planète (États-Unis, Chine, Inde, Europe, Afrique du Sud…) et sur les enjeux du monde contemporain.

. Céline Laronde-Clérac, Alice Mazeaud & Agnès Michelot, Les risques naturels en zones côtières. Xynthia : enjeux politiques, questionnements juridiques, Rennes, PUR, 2015.

Cet ouvrage propose une analyse critique du modèle français de gouvernance des risques naturels en zones côtières. La tempête Xynthia et ses conséquences juridiques sont mis en perspective dans le contexte plus large du développement d’une « culture du risque ». L’étude examine également les responsabilités juridiques impliquées, les dispositifs d’indemnisation prévus et la capacité des pouvoir publics à anticiper les risques de submersion des littoraux.

. André Louchet & Frédéric Miotto, Atlas des mers et des océans, conquêtes, tensions explorations, Paris, Autrement, 2015.

Présentation des espaces maritimes, des conséquences environnementales et politiques de l’exploitation de leurs ressources, et des spécificités des grandes régions maritimes du monde.

. Jean-Benoît Bouron & Pierre-Marie Georges, Les territoires ruraux en France, Paris, Ellipses, 2015.
Vécus et appropriés par des populations qui les habitent au quotidien ou les pratiquent occasionnellement, les espaces ruraux français sont des territoires en mouvement. L’importance des changements a longtemps été éclipsée par une image d’Épinal faisant de la campagne un espace immobile. Les auteurs proposent une lecture des mutations passées et actuelles pour montrer que le rural n’est plus un espace en creux défini comme l’inverse de la ville ; au contraire, les campagnes sont l’espace de la ruralité, entendue comme un mode d’habiter le territoire et un ensemble de représentations. Le regain démographique des espaces ruraux depuis une dizaine d’années traduit certes un « désir de campagne » mais cache aussi d’importantes disparités dans l’espace. Revendiqués ou fragilisés, en développement ou en déclin, les territoires ruraux sont pluriels. Donner à lire cette pluralité en explicitant le vocabulaire et les méthodes de la géographie, tout en apportant des informations précises à ceux qui veulent aller plus loin, tels sont les objectifs de cet ouvrage. En présentant les thèmes propres à l’étude géographique de l’espace rural et des éclairages régionaux incluant les départements et régions d’outre-mer, il s’adresse tout autant aux étudiants en géographie, aux candidats aux concours (agro-véto, enseignement…) et aux professionnels du territoire qu’aux curieux désireux de réactualiser leur connaissance de la géographie française.

. Frank Tétart & Cyrille Suss, Atlas des religions, passions identitaires et tensions géopolitiques, Paris, Autrement, 2015.

Panorama de la diffusion mondiale des religions, de l’évolution des pratiques religieuses, et de l’instrumentalisation politique des identités religieuses.

. Christopher Goscha, Indochine ou Vietnam ?, Paris, Vendémiaire, 2015.

« L’Indochine française est formée de cinq merveilleux départements : la Cochinchine, le Cambodge, l’Annam, le Tonkin, le Laos »… Tel était le message que l’on pouvait trouver dans un ouvrage destiné, à la fin du XIXe siècle, aux enfants des écoles de cette nouvelle colonie française.
Puis vinrent la Seconde Guerre mondiale et les décolonisations, dans un mouvement de l’histoire qui paraît simple et linéaire : de l’effondrement d’un empire à l’indépendance des territoires conquis, d’une mosaïque de peuples arbitrairement réunis à la construction d’États modernes… Pourtant, les anciens colonisés continuèrent longtemps à se penser eux-mêmes comme des Indochinois. Un effet de l’éducation dispensée pendant des décennies, sans doute. Mais aussi de l’expansionnisme vietnamien, et de la longue association de ce peuple avec les colonisateurs dans l’administration des territoires. De fait, les Vietnamiens, tous horizons politiques confondus, furent bien plus enclins qu’on ne le croit à construire leur nouvelle identité sur l’ancien modèle colonial. Beaucoup trouvèrent dans la révolution et la lutte pour l’indépendance un motif d’asseoir leur domination sur les autres États de la région…
Une étude inédite sur l’identité indochinoise, qui invite à repenser l’histoire coloniale de la péninsule.

. Eric Frécon et Arnaud Pautet (coord.), Asie de l’Est et du Sud-Est. De l’émergence à la puissance. 50 fiches. Paris, Ellipses, 2015.

Une approche pluridisciplinaire : histoire, géographie, économie, géopolitique, développement durable, culture… Des fiches en double page pour une lecture simplifiée des problématiques, avec tous les outils indispensables : chronologie, glossaire, l’essentiel à retenir… Un cahier central avec les cartes de synthèse en couleur. Des exemples nombreux. Des sujets corrigés. Une bibliographie sélective. Un lexique pour les mots essentiels.

. Sylvie Matelli et Bastien Nivet, L’Europe peut-elle faire face à la mondialisation ? Coll. réflexeeurope, Paris, La documentation française, 2015.

La mondialisation de l’économie inquiète les Européens. Elle est accusée de favoriser l’explosion des inégalités, d’exercer une pression à la baisse sur les salaires, de détruire les emplois les moins qualifiés, de favoriser les délocalisations d’activités industrielles et les fuites de capitaux vers les économies émergentes à forte croissance. Après un vaste mouvement de dérégulation financière, la crise récente a par ailleurs souligné la faiblesse des États membres, pris individuellement, face aux acteurs transnationaux et mondialisés que sont les marchés financiers, les agences de notation ou les firmes multinationales.

L’Union européenne, dont le marché intérieur est fondé sur la libre circulation des biens, des services, des personnes et des capitaux, et qui promeut au niveau international le principe du libre-échange, est-elle bien armée pour faire face aux effets négatifs de la mondialisation ? A-t-elle tiré profit de ses effets positifs ? La crise a-t-elle changé la donne et exige-t-elle d’adopter des solutions de type protectionniste, comme le plaident certains observateurs ?

. Jean-Paul Ney, Pourquoi ils font le djihad ? Enquête sur la #générationmerah, Paris, éditions du Rocher, 2015.

P. Verluise, Diploweb.com : "Voici un ouvrage informé, construit à partir de beaucoup de contacts sur le terrain, de plusieurs côtés. Si certains partis pris d’écriture peuvent se discuter, il n’en demeure pas moins que l’auteur connait son sujet et le partage avec efficacité."

4e de couverture

Qui sont ces ados qui adorent Ben Laden et nourrissent une admiration sans faille aux gangsters, aux terroristes, à Mohamed Merah et à Scarface ? Qui sont ceux qui s’identifient à la cause palestinienne et importent ce conflit en France ? Parmi eux, des jeunes hommes désemparés, à bout de souffle, que seul les religieux extrémistes reçoivent avec bienveillance, parmi eux, des jeunes désespérés, préférant mourir loin de la France, en Irak ou en Syrie, nouvelles terres de djihad... L’auteur a plongé discrètement pendant plusieurs années au coeur des gangs, des cités, des prisons, des lieux de culte et des services de police pour mieux comprendre : émeutes, braquages, embuscades, voyoucratie, guerre des gangs, trafics... Il fait ici un rapport sans concessions de ses multiples reportages en immersion totale. Il évoque le face à face avec une jeunesse perdue dans des messages de violence et qui s’identifie elle-même comme "étrangère" à la France. Face à eux, une génération d’identitaires ultra-violents, qui ont pour idole Anders Behring Breivik, terroriste aux yeux bleus. Une majorité plus silencieuse et discrète qui est partie en croisade. Les médias en parlent moins, les spécialistes aussi, mais elle est toute aussi dangereuse...

. Béligh Nabli, Géopolitique de la Méditerranée, Paris, Armand Colin, 2015 (à paraître mi-octobre).

Mer commune depuis l’Antiquité romaine, la méditerranée constitue le berceau de la culture occidentale et des trois grandes religions monothéistes. C’est désormais, et avant tout, à la fois un espace de conflits (migration, religions, territoires), mais aussi de coopération (énergie, transport). La mondialisation s’y trouve résumée pour le meilleur et le pire et l’Europe y joue une partie de son avenir. Des origines aux développements politiques récents, cet ouvrage invite à repenser la coopération entre le Nord et le Sud du bassin méditerranéen autour d’un projet intégrateur qui devra avoir une dimension politique assumée, dans le sens des aspirations démocratiques des peuples arabes.

. Nacima Baron et Barbara Loyer, L’Espagne en crise(s), Paris, Armand Colin, 2015 (à paraître mi-octobre).

Depuis 2008, l’Espagne est confrontée à une crise économique profonde qui a révélé les faiblesses du système politique mis en place en 1975, à la fin de la dictature franquiste. Les réformes nécessaires pour surmonter les impasses de son modèle de développement ou le déclin démographique annoncé fragilisent la structure d’un pouvoir vacillant et discrédité par l’opinion publique. Entre mouvements « indignés », exacerbation des velléités indépendantistes, émergence de nouveaux partis, le pays apparaît aujourd’hui comme un territoire fragmenté et socialement fracturé. Quarante ans après sa transition démocratique, l’Espagne va-t-elle entrer dans une nouvelle phase de son histoire ? Pour saisir ce « moment » collectif crucial pour la société espagnole et l’ampleur des défis à venir, cette géopolitique de l’Espagne au XXIe siècle propose une grille de lecture inédite et originale pour construire une vision globale des enjeux européens actuels.

. Frédéric Encel, Géopolitique du sionisme. Stratégies d’Israël , Paris, Armand Colin, 2015 (à paraître mi-octobre).

Comment des intellectuels laïcs dispersés en Europe orientale ont-ils convaincu, dans le second XIXe siècle, des milliers de leurs compatriotes d’aller peupler la terre de leurs ancêtres, désormais lointaine, désolée et occupée par un puissant empire ? Comment un mouvement politique squelettique, dépourvu de richesses, d’assise territoriale et d’alliances étatiques a-t-il bâti une diplomatie efficace, des institutions démocratiques, des infrastructures performantes puis un État souverain viable en un demi-siècle à peine ? Comment Israël, État-nation du peuple juif et fruit du sionisme, a-t-il élaboré ses stratégies de survie et de consolidation dans un Proche- Orient instable et hostile ? La nouvelle édition augmentée de cet ouvrage traite en outre des grandes récentes évolutions : guerres avec le Hamas, printemps arabe, reconnaissance de l’État palestinien par les Nations unies, succès électoraux de Netanyahou, rapports difficiles avec Obama, etc.

. François Gemenne, Géopolitique du climat. Négociations, stratégies, impacts , Paris, Armand Colin, 2015 (à paraître mi-octobre).

Le changement climatique est devenu un sujet de politique internationale, dont les enjeux dépassent largement la seule question écologique pour englober l’ensemble des équilibres mondiaux, et notamment les rapports Nord-Sud. Cet ouvrage, solidement référencé et engagé, examine la dimension géopolitique du réchauffement global. Quels sont les pays responsables ou réputés tels ? quels sont ceux qui en subiront l’impact le plus fortement ? Quels sont les déplacements de populations engagés ou à prévoir ? Les risques pour la sécurité internationale ? Avant la conférence cruciale de Paris, cet ouvrage est donc indispensable pour comprendre les enjeux de la négociation et les nouvelles modalités de la coopération internationale sur le sujet.

. Arnaud Pautet (coord.), Moyen-Orient. Chaos et recompositions, Paris, Ellipses, 2015.
« Le monde arabe possède la propriété exceptionnelle de n’être peuplé que sur ses marges : l’intérieur de la carte du peuplement est vide. Les fortes concentrations démographiques sont entrecoupées d’immensités pratiquement dépeuplées. » (Boustani et Fargue). Ce propos introduit adéquatement l’étude des densités au Moyen-Orient. L’ouvrage présente une approche multidisciplinaire : histoire, géographie, économie, géopolitique, développement durable, culture... Un cahier central avec des cartes de synthèse en couleur.

. Julien Thorez (dir.), Asie centrale. Des indépendances à la mondialisation, Paris, Ellipses, 2015

50 fiches de géopolitique autour d’une région à l’articulation des mondes iranien, turc, russe et chinois. Une approche multidisciplinaire : histoire, géographie, économie, géopolitique, développement durable, culture...Un cahier central avec des cartes de synthèse en couleur.

. Jean-Félix de Bujadoux, Les réformes territoriales , Paris, PUF, 2015 (à paraître mi-octobre).

Près de soixante ans après le découpage du territoire métropolitain en vingt-deux régions, la réforme territoriale conduite en 2014 vient modifier en profondeur la carte des régions françaises. Si, déjà sous l’Ancien Régime, l’État royal a cherché à « mesnager » le territoire grâce à une administration de plus en plus étoffée, l’État libéral du XIXe siècle a laissé la révolution industrielle creuser les inégalités spatiales. Il faudra attendre le XXe siècle pour que le pouvoir politique se pose en modernisateur de la société et en planificateur de l’économie. Au XXIe siècle, confronté à la fois aux effets de la construction européenne, de la décentralisation et du néo-libéralisme, l’État « post-jacobin », régulateur et péréquateur, a désormais la charge de garantir la cohésion et la compétitivité de la France dans la mondialisation. Aussi, à la veille des prochaines élections régionales, paraît-il opportun de remettre en perspective plusieurs siècles de réformes territoriales, qui ont contribué à dessiner le visage de la France.

. Paul Claval, Penser le monde en géographe. Soixante ans de réflexion , Paris, L’Harmattan, 2015.

La géographie classique des années 50 n’éclaire qu’imparfaitement des sociétés dont l’urbanisation et l’industrialisation s’accélèrent. En relisant avec une distance critique ses travaux, Paul Claval présente un panorama complet des évolutions de la discipline qui se doit de rendre compte de la diversité des hommes, de leurs problèmes d’identité, du sens qu’ils donnent aux paysages et territoires dans lesquels ils vivent : ce tournant culturel conduit à une analyse approfondie des réalités humaines.

. Philippe Cadène et Isabelle Milbert, Inde et Asie du Sud. A la recherche d’un équilibre, Paris, Ellipses, 2015.

La formation des huit États constituant l’Asie du Sud est née sous l’action du pouvoir colonial à partir d’une mosaïque de royaumes et d’empires issus d’une longue histoire. La Partition de l’Empire des Indes est un fait marquant de l’organisation politique dans le sous-continent.

. Michele Pordeus Ribeiro et Morgan Donot (dir.), Discursos politicos en América Latina. Representaciones e imaginarios , Rosario (Argentine), Homo Sapiens, 2015.
A partir de los anos 2000, una nueva realidad latinoamericana, caracterizada por la consolidacion de la democracia en una gran parte de la region y por el ascenso al poder de dirigentes de iziquierda, despierta numerosos interrogantes respecto de las representaciones e imaginarios como condiciones sine qua non del ser-juntos.

. Pierre Razoux, The Iran-Iraq war , États-Unis, Harvard University Press, 2015.

From 1980 to 1988, Iran and Iraq fought the longest war of the twentieth century. The tragedies included the slaughter of child soldiers, the use of chemical weapons, the striking of civilian shipping in the Gulf, and the destruction of cities. The Iran-Iraq War offers an unflinching look at a conflict seared into the region’s collective memory but little understood in the West. Pierre Razoux shows why this war remains central to understanding Middle Eastern geopolitics, from the deep-rooted distrust between Sunni and Shia Muslims, to Iran’s obsession with nuclear power, to the continuing struggles in Iraq. He provides invaluable keys to decipher Iran’s behavior and internal struggle today.
Razoux’s account is based on unpublished military archives, oral histories, and interviews, as well as audio recordings seized by the U.S. Army detailing Saddam Hussein’s debates with his generals. Tracing the war’s shifting strategies and political dynamics—military operations, the jockeying of opposition forces within each regime, the impact on oil production so essential to both countries—Razoux also looks at the international picture. From the United States and Soviet Union to Israel, Europe, China, and the Arab powers, many nations meddled in this conflict, supporting one side or the other and sometimes switching allegiances.

The Iran-Iraq War answers questions that have puzzled historians. Why did Saddam embark on this expensive, ultimately fruitless conflict ? Why did the war last eight years when it could have ended in months ? Who, if anyone, was the true winner when so much was lost ?

. Pierre Kamdem, Éléments d’une géopolitique des migrations au Cameroun. Territorialité migrante, citoyenneté et frontières , Paris, L’Harmattan, 2015.

Cet ouvrage vise à mettre en relief quelques éléments d’une géopolitique de la mobilité structurant les démarches de construction et de production de figures de migrants au Cameroun. Il prend appui sur les travaux de recherche dont le fil conducteur articule expressions de territorialité migrante, besoins de citoyenneté en mobilité et stratégies de contournement des obstacles liées aux frontières. Grâce aux outils et méthodes s’appuyant sur la pluridisciplinarité, il s’agit ici de repérer les effets d’ambiguïté de la frontière sur la territorialité en migration.

. Pierre Dallenne, Axelle Degans, Lionel Pourty, Histoire, Géographie, Géopolitique. Tout le programme en 80 fiches. Concours d’entrée aux grandes écoles. ECS1, ECS2. Coll. Atout concours, pour faire la différence, Paris, Ellipses, 2015.

Destiné aux candidats préparant les concours d’entrée des Écoles de Management, Atout Concours offre une synthèse par discipline. Véritables outils de révisions et de repères, les ouvrages sont construits autour de fiches thématiques mettant en perspective enjeux, concepts et fondamentaux du programme.

Autant d’atouts décisifs pour une réussite optimale.

Pour chaque fiche :

. Une citation : pour se mettre en condition

. L’enjeu de la question : pour cerner la problématique

. Les notions essentielles et incontournables à savoir : pour s’assurer les bases des connaissances

. Des sujets possibles sur le thème : pour commencer à s’entraîner

. Un exemple : pour rendre concret le thème étudié

. Pour aller plus loin : focus, zoom, livre décrypté… pour se distinguer dans une copie.

. Alexandra Novosseloff et Frank Neisse, Des murs entre les hommes. Nouvelle édition, Paris, La Documentation française, (à paraître début-octobre).

Plus encore que les frontières, les murs séparent les hommes et sont symboles d’échec et de repli des nations sur elles-mêmes. Dans cette nouvelle édition mise à jour de leur ouvrage paru en 2007, les auteurs - Alexandra Novosseloff et Frank Neisse - proposent un récit dense en observations, témoignages et récits avec des photos aussi insolites que poignantes qui mèneront le lecteur des « Peacelines » de Belfast à la barrière électrifiée au Cachemire, du « Berm » au Sahara occidental au mur-frontière entre les États-Unis et le Mexique. Un ouvrage d’actualité, largement illustré de plus de 200 photos dont 150 inédites et souvent insolites. Il sera disponible en version papier, en pdf et en version e-pub enrichie de vidéos, d’encadrés, d’interviews, etc.

. Landry Signe, L’innovation en stratégies de développement en Afrique. Acteurs nationaux, régionaux et internationaux de 1960 à nos jours, Paris, Karthala, 2015.

Ce livre s’intéresse à la question de l’innovation politique et institutionnelle en Afrique subsaharienne. Il propose une analyse du rôle des acteurs internationaux, régionaux et nationaux dans l’émergence et les trajectoires des stratégies de développement depuis 1960 – stratégies incluant les plans quinquennaux, les programmes d’ajustement structurel, les filets de sécurité sociale, les objectifs du millénaire pour le développement et les plus récentes stratégies de réduction de la pauvreté et de croissance. Une analyse comparée de neuf pays francophones apporte de la substance empirique aux arguments théoriques. Il s’agit du Bénin, du Burkina Faso, du Cameroun, du Congo, de la Côte d’Ivoire, du Mali, du Niger, du Sénégal et du Togo, auxquels il faut ajouter des acteurs régionaux et internationaux comme le Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique, le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et les Nations unies.

. Bertrand Badie, Dominique Vidal, Un monde d’inégalités. L’état du monde 2016, Paris, La Découverte, 2015.
Depuis plusieurs années, et singulièrement après la crise financière de 2008, les inégalités sont redevenues un thème d’actualité. Des best-sellers internationaux se consacrent à cette question trop longtemps négligée. Des ONG publient des chiffres alarmistes qui illustrent le fossé croissant entre les pauvres, qui paraissent toujours plus nombreux et vulnérables, et les ultra-riches, qui ne savent plus comment dépenser leurs gigantesques fortunes. D’Athènes à New York, de Madrid à Hong Kong, les mouvements populaires qui placent la lutte contre les « inégalités » au cœur de leur programme se multiplient et prennent de l’ampleur.

Mais, derrière les slogans, comment appréhender et mesurer précisément ces inégalités qui pèsent de plus en plus sur l’agenda international ? Politiques, économiques, sociales, raciales, culturelles ou sexuelles : comment s’enchevêtrent les différentes facettes de l’inégalité ? Pourquoi les institutions internationales, elles-mêmes très inégalitaires, échouent presque toujours à atteindre les objectifs qu’elles se sont fixés en matière de « développement » ? Pourquoi l’accès à l’alimentation, au logement, à l’éducation ou à la santé reste-t-il à ce point inégalitaire ? L’injustice ressentie par de nombreuses populations favorise-t-elle les conflits et la violence politique ?

Grâce aux chercheurs et journalistes réunis autour de Bertrand Badie et Dominique Vidal, cette édition 2016 de L’état du monde propose de nouvelles perspectives pour comprendre les inégalités contemporaines aux échelles mondiale, régionale et nationale. S’appuyant sur de solides ressources statistiques et sur d’innombrables exemples, sur les cinq continents, les spécialistes qui ont contribué à ce volume en décortiquent les mécanismes et fournissent ainsi quelques pistes pour tenter de les combattre.

. Marie-Soleil Frère (dir.), Médias d’Afrique. 25 années de pluralisme de l’information (1990-2015) , Paris, Karthala, 2015.

Un quart de siècle s’est écoulé depuis les « transitions démocratiques » qui, au début des années 1990, ont ramené le pluralisme politique et médiatique en Afrique subsaharienne. Libéralisé, le champ des médias a connu des transformations spectaculaires, avec l’apparition de milliers de journaux privés, puis de centaines de stations de radio et de télévision. Plus récemment, l’arrivée du téléphone portable et le développement d’Internet ont contribué à bousculer davantage la circulation de l’information. Et le mouvement des « révolutions arabes » a entraîné des mutations dans un certain nombre de pays du nord du continent.

. François-Michel Le Tourneau, Martine Droulers, Amazonie , préserver et exploiter , Paris, Henry Dougier, 2015.

Terre longtemps mystérieuse pour les Européens, l’Amazonie a été "découverte" à partir du XVIe siècle, explique Martine Droulers (CNRS), qui brosse un portrait géo-historique de cet espace naturel. Ce dernier, d’une richesse unique au monde, est toutefois menacé par l’activité humaine : comment protéger et se développer ?
Telle est la base de réflexion de François-Michel Le Tourneau (CNRS), qui aborde de nombreuse questions, notamment économiques.

. Johnny Vianney Bissakonou, L’autre version de la crise Centrafricaine , Paris, L’Harmattan, 2015

La bipolarisation de la crise centrafricaine en conflit "chrétiens versus musulmans" détourne l’attention du monde sur les origines, la vraie nature et les auteurs instigateurs de ce drame. Cet ouvrage allume les projecteurs sur tous ceux qui ont joué une partition non négligeable dans ce mélodrame. Autant d’éléments qui permettront au lecteur d’avoir une vision panoramique de la guerre en Centrafrique. Cet ouvrage, c’est aussi la guerre racontée par les témoins oculaires et le regard d’un journaliste sur le traitement de l’information en période de conflit.

. Karine Bennafla (dir.), Acteurs et pouvoir dans les villes du Maghreb et du Moyen-Orient , Paris, Karthala, 2015.

Cet ouvrage offre un état des lieux de la diversité du gouvernement des villes dans le monde arabe et musulman en évoquant les différents acteurs, leurs pouvoirs respectifs et leur marge de manoeuvre dans le contexte très particulier des soulèvements de 2011. Au-delà de cette contingence révolutionnaire, une question principale sert de fil conducteur : quelles sont les réorganisations induites par la mondialisation, le néolibéralisme et la transition politique sur la gestion et l’aménagement urbains ?

. Sabine Dullin et Étienne Forestier-Peyrat , Les frontières mondialisées , Paris, PUF, 2015 (à paraître mi-octobre).

Une réflexion sur les mutations du système contemporain des frontières à l’heure de la mondialisation. La question des frontières est d’une actualité souvent brûlante, qu’il s’agisse des pourtours de l’Europe, de la mise sous observation de zones transfrontalières perçues comme dangereuses, du contrôle des migrants ou de l’érection de murs. Il apparaît alors crucial d’étudier les processus contemporains de mise à distance, mais aussi de durcissement des frontières, au sein d’un monde globalisé en les reliant avec les expériences passées de constructions impériales et nationales et de marquage spatial de la souveraineté. Différentes dimensions de la frontière mondialisée se distinguent alors : l’espace de violence et de contrôle, la disparition et réapparition de « zones grises » dans l’interstice des États, la frontière comme ressource politique, identitaire et économique.


. Jean-Baptiste Noé,
Géopolitique du Vatican , Paris, PUF, 2015 (à paraître mi-octobre).

Rares sont les États qui ont une politique mondiale, c’est-à-dire des intérêts diplomatiques et géopolitiques sur l’ensemble des continents. Les États-Unis, l’Angleterre, la France, la Russie, de par leur histoire et leur capacité de déploiement militaire, peuvent y prétendre. Dans cette courte liste figure un État souvent oublié et pourtant omniprésent dans les relations internationales : le Vatican. Ce n’est pas sa géographie qui fonde sa puissance, ni son économie, et encore moins sa démographie et ses ressources naturelles. Le Vatican a une véritable volonté de puissance, qui repose sur une organisation mondiale et une intégration de plus en plus forte dans les réseaux internationaux. Sa présence géopolitique et sa puissance diplomatique résident dans la force spirituelle et culturelle d’un État qui, tout en représentant les catholiques du monde, parvient à parler au monde entier.

. René Schwok, L’Union Européenne favorise-t-elle vraiment la paix ? , Paris, Réflexe Europe, 2015 (à paraître fin septembre).
La question de la paix est omniprésente dans les textes et les discours sur l’Union européenne. Le Prix Nobel de la paix lui a été accordé en 2012. Mais, qu’en est-il réellement ? Cet ouvrage vise à faire le tour des approches et controverses existantes sur le rapport de l’UE à la paix.

. Alain Fogue Tedom, Géostratégie américaine en Afrique (1993-2014), Paris, L’Harmattan, 2015

Débuté dès 1993 par l’amorce d’une politique africaine des États-Unis sous la présidence de Bill Clinton, le projet géostratégique américain en Afrique noire fait un procès sans concession des puissances européennes, et notamment de la France, coupables de n’avoir pas su, pu, ou voulu aider l’Afrique noire à se développer, pendant que ces puissances exerçaient une tutelle stratégique, politique, militaire, et économique sur les États de cette région. Le projet géostratégique américain, dont l’analyse, dans cet ouvrage, va jusqu’en 2014, permet de cerner la logique des États stratégiquement émancipés ; il souligne l’ampleur du chemin que doivent encore accomplir les Africains et les États africains pour arrimer le continent aux dures exigences de la compétition, dans un monde où seule la quête de la puissance régule les interactions entre États, nonobstant les civilités diplomatiques. Le danger est de ne pas procéder à ce travail de fond dont la difficultés est réelle, compte tenu de l’histoire de la naissance et de l’évolution de l’État en Afrique noire, et des obstacles liés à la pleine conscience que les partenaires étrangers des Etats africains peuvent avoir de la menace que représentera leur éventuel éveil stratégique, pour la définition et la défense de leurs intérêts en terre africaine. En effet, l’Afrique et les Africains risquent de demeurer longtemps dans la thèse, peu développeuse, du complot international qui, tout en déresponsabilisant les dirigeants et l’élite, exhorte inutilement les populations à la haine de l’étranger et notamment de l’Occident.

. Thibault Cadro, Emirats Arabes Unis , De Boeck Supérieur, 2015

Aux portes de l’Europe se déploie un monde arabe et musulman en pleine mutation depuis 2011, l’année des « printemps arabes ». Cet ouvrage invite à une (re)découverte des EAU à travers leur histoire, société, politique, économie et culture.

. Viviane Du Castel, Les terres rares : entre défis géopolitiques et dépendance géostratégique, Paris, L’Harmattan, 2015

La demande mondiale de terres rares étant importante, cet ouvrage constate la nécessité de réduire la dépendance européenne et propose différentes solutions. Pour l’auteur, les enjeux des terres rares à l’horizon 2030 laissent apparaitre des scénarii de risques de rupture d’approvisionnement comprenant des hausses des prix et une nécessaire adaptabilité des états, favorisant une nouvelle lutte d’influence sur les principaux pays producteurs. De nouvelles stratégies se mettent donc en place.

. Pierre Pascallon (dir.), Quel avenir pour la dissuasion nucléaire française ? , Paris, L’Harmattan, 2015.

L’arme nucléaire est au coeur des défis et des changements géostratégiques d’aujourd’hui, avec, pour nous Français, les questions suivantes liées : Faut-il ou non à l’avenir maintenir notre force de dissuasion face aux défis et changements géostratégiques ? Si la réponse est positive, quels choix, quelles modifications faut-il apporter à cette dissuasion nucléaire maintenue pour bien prendre en compte les défis et les changements géostratégiques de notre monde multipolaire et dangereux ?

. Paul Reuss, Parlons nucléaire en 30 questions , Paris, Doc’en poche, 2015.

Ce livre répond aux questions que l’on se pose sur le nucléaire, notamment depuis l’accident de Fukushima en 2011 et notamment sur la sécurité des centrales nucléaires en France.

. Larbi Chouika, Eric Gobe, Histoire de la Tunisie depuis l’indépendance , Paris, La Découverte, 2015.
Des années Bourguiba (1956-1987) au révolutions arabes, en passant par la présidence Ben Ali (1987-2011), retour sur l’histoire contemporaine, sociale et politique, de ce petit pays ouvert sur l’Occident et la modernité qui aborde, depuis la révolution de Jasmin, un nouveau cycle politique.

. Abdenour Benantar, Salim Chena (dir.), La sécurité en méditerranée occidentale, face aux bouleversements au Maghreb et au Sahara , Paris, L’Harmattan, 2015.

Depuis 2011 les enjeux de sécurité qui traversent la Méditerranée se recomposent à un rythme effréné. Les organisations internationales et les Etats font face à des défis sans précédents : transnationalisation du terrorisme, effondrement de la Libye, transitions inachevées, intensifications des mobilités humaines, interventions étrangères au Maghreb et au Sahel. Cette nouvelle configuration impose de repenser les conditions de la sécurité dans la région dans un contexte changeant.

. Floran Augagneur, Jeanne Fagnani (dir.), Environnement et inégalités sociales , Paris, Doc’en poche, 2015.

Cet ouvrage reprend en format de poche le dossier « Enjeux environnementaux, protection sociale et inégalités sociales » paru dans la Revue française des affaires sociales (RFAS 2015/1-2). Ce texte fait le point sur les conséquences du réchauffement mondial et notamment ses effets sur la santé, le développement humain et les inégalités sociales qu’il peut engendrer. Il s’ouvre sur un entretien avec Nicolas Hulot, envoyé spécial du président de la République pour la protection de la planète. Les auteurs éclairent les rapports entre enjeux environnementaux et inégalités en s’appuyant notamment sur les notions de « justice environnementale » et de « justice globale ».

. Vincent Piolet, Paradis fiscaux : enjeux géopolitiques , Paris, Technip, 2015.

Cet ouvrage traite le sujet des paradis fiscaux sous un angle inédit : celui de la géopolitique. Loin d’être un nouveau catalogue des différentes techniques de l’évasion fiscale – tentative vouée généralement à l’échec tant l’astuce des fiscalistes est sans limite et la réglementation en perpétuel changement –, loin d’être une démonstration apportant une impossible solution définitive aux dérives de la finance offshore, ce livre retrace par l’histoire les enjeux géopolitiques qui ont toujours dominé le sujet des paradis fiscaux. Si, depuis la crise économique de 2008, l’opinion publique a pris conscience du phénomène, l’actualité nous montre que l’on est loin des déclarations du président français de l’époque affirmant : « Les paradis fiscaux, c’est fini ! ». SwissLeaks, LuxLeaks, affaire UBS, etc., chaque mois apporte son lot de scandales. La raison en est simple : les paradis fiscaux ne sont pas un problème pour les grandes puissances tant qu’elles réussissent à conserver leur pré carré offshore. Toucher à ces territoires, c’est toucher à leur contrôle sur le système financier mondial et donc à leur souveraineté. Loin d’être à la marge, la finance offshore est au coeur du capitalisme financier et chaque puissance lutte pour gagner en influence ; le règlement FATCA américain en est un parfait exemple. Ni sujet financier ou fiscal, ni sujet juridique, les paradis fiscaux sont le nouveau grand jeu des rivalités de pouvoir géopolitique entre puissances impliquant aussi certains lobbies industriels et financiers. Destiné au plus grand nombre et illustré de cas concrets, l’angle inédit proposé satisfera autant le lecteur curieux que le connaisseur souhaitant un éclairage nouveau. Il est temps de considérer le paradis fiscal comme une représentation, une construction géopolitique, afin que le débat soit enfin abordé sous son vrai visage.

. Michel Nazet, Comprendre l’actualité géopolitique et des relations internationales , Paris, Ellipses, 2015.

Cette mise en perspective de l’actualité économique et géopolitique du monde contemporain offre une grille de lecture pertinente à court et moyen terme. L’ouvrage permet de comprendre les évolutions et les transformations rapides d’un monde complexe, en mettant en avant les lignes essentielles et les grandes problématiques.

Grâce à une approche régionale et une quarantaine de thèmes, ce livre donne aux étudiants toutes les clés pour réussir leurs concours : la France et ses défis ; le Qatar, ou la nouvelle grammaire de la puissance ; l’Afrique et la mondialisation ; le Sahel, nouvelle poudrière ; les États-Unis d’Obama I ; le Brésil post-Lula ; le Japon, la longue crise d’une grande puissance… autant de thèmes d’actualité qu’il est nécessaire d’analyser pour en saisir les enjeux.

. Massensen Cherbi, Algérie , Paris, De Boeck Supérieur, 2015.

Aux portes de l’Europe se déploie un monde arabe et musulman en pleine mutation depuis 2011, l’année des « printemps arabes ». Cet ouvrage invite à une (re)découverte de l’Algérie à travers son histoire, sa société, sa politique, son économie, sa culture.

. Frank Tetart, Grand atlas 2016 – comprendre le monde en 200 cartes , Paris, Autrement, 2015.

Retrouvez le Grand Atlas 2016, un outil indispensable pour comprendre le monde. Composé de 200 cartes entièrement mises à jour, il dresse un panorama géopolitique complet du monde d’aujourd’hui. Ce nouveau millésime du « grand frère » des atlas répond à la demande d’un grand public éclairé, des étudiants et des familles en quête d’un ouvrage complet sur l’actualité mondiale.
Quelles guerres et conflits agitent le monde ? Sur terre, en mer (piraterie) et dans le cyberespace, les tensions sont multiples et complexes. Idéologies religieuses, menaces nucléaires et corruption rebattent les cartes des conflits mondiaux. Dans le contexte de la Conférence Climat Paris 2015, comment venir au secours de la planète ? Les défis de la démographie, du réchauffement, de l’accès à l’eau et de la préservation des milieux façonnent les rapports de force de demain. Quelle est la face cachée de la mondialisation ? Inégalités, endettement, immigration clandestine, argent sale : les vices d’un monde globalisé. Le dossier spécial est consacré à l’avancée des droits de l’homme et des libertés au XXIe siècle : liberté de la presse, peine de mort, esclavage moderne, trafic d’êtres humains, égalité des sexes.

. Arnaud Blin et Gustavo Marin (dir.), Dictionnaire de la Gouvernance mondiale, éd. Nuvis, 2015.

Après l’ère des empires et celle de l’omnipotence de l’Etat-Nation, le IIIe millénaire nous projette vers une nouvelle période de l’histoire, celle de la gouvernance mondiale. Aujourd’hui, les enjeux, qu ils soient géopolitiques, économiques ou environnementaux, sont des enjeux planétaires qui réclament des solutions collectives impliquant les Etats mais aussi toutes les parties prenantes participant activement à l’identification et à la résolution de problèmes de plus en plus nombreux auxquels l’humanité doit impérativement faire face. Derrière le terme un tant soit peu mystérieux de « gouvernance mondiale » se cachent une réflexion dynamique et, surtout, des actions concrètes. Ce dictionnaire, premier du genre sur ce thème, tente de définir les enjeux de la gouvernance mondiale ainsi que ses attentes, ses potentialités et toute la pensée autour de laquelle s’organise, de manière formelle mais aussi informelle, la mise en oeuvre de stratégies qui cherchent à répondre aux menaces du moment et à celles de demain. A travers plus d’une centaine d’entrées, cet ouvrage couvre les thématiques qui préoccupent les spécialistes et les acteurs de la gouvernance mondiale, telles que le droit international, les droits de l’homme ou l’interdépendance. Il recense aussi toute l’historique de la pensée globale et explore des domaines sortant des sentiers battus et que l’on n’associe pas habituellement à la problématique de la gouvernance : ainsi de la poésie, du football ou encore du ressentiment.


Le livre recommandé par le Diploweb.com en août 2015

. Florian Louis, Les grands théoriciens de la géopolitique. De quoi la géopolitique est-elle le nom ? , coll. Major, PUF. 2014.

Pierre Verluise, Directeur du Diploweb.com : "Voici un ouvrage très utile, très clair. Il présente de façon précise les grands théoriciens de la géopolitique... dont tout le monde parle... sans les avoir vraiment lu. Il permet de ne pas faire de confusion. En outre, cette lecture sur les grandes problématiques de la matière est stimulante pour l’esprit du lecteur, donne de nouvelles idées. Cet ouvrage sera à sa place dans toutes les bonnes bibliothèques."

4e de couverture

Une histoire des idées géopolitiques depuis les origines de la discipline jusqu’à nos jours, organisée en une série de biographies intellectuelles de ses principaux théoriciens.

La géopolitique a une histoire. Faite d’audaces théoriques et de vives controverses, celle-ci n’avait jamais été retracée dans son intégralité. C’est désormais chose faite grâce à cet ouvrage qui en dresse la généalogie intellectuelle en s’attachant à l’œuvre de ceux qui, depuis les fondateurs (Ratzel, Mahan, Mackinder, Spykman) jusqu’aux auteurs les plus contemporains (Huntington, Nye, Lacoste, Luttwak), ont contribué à en infléchir le cours. C’est également l’occasion de mettre en lumière l’apport déterminant quoique largement ignoré d’auteurs comme Jean Gottmann ou Carl Schmitt, et d’introduire le lecteur francophone aux dernières tendances de la discipline (critical geopolitics anglo-saxonne). Plus qu’une simple galerie de portraits, c’est donc un véritable panorama critique de l’histoire des idées géopolitiques qui est ici proposé. Grâce à de nombreux extraits traduits pour la première fois en français, ce sont tous les concepts cruciaux de la discipline qui se trouvent explicités et mis en perspective : Heartland, Rimland, Lebensraum, Grossraum, etc. Il en ressort le visage inédit d’une discipline dont le foisonnement n’a d’égal que la diversité.


. Nadia Hamour, La Méditerranée : histoire, géopolitique, Paris, Ellipses, 2015 (à paraître début août).

Présentation de la région méditerranéenne, dans ses contrastes et ses partages, ses richesses et ses fragilités.

. Laurent Carroué, Claude Ruiz & Didier Collet, L’Asie, Paris, Breal, 2015 (à paraître mi-juillet).

Un nouveau manuel réalisé en concertation avec des enseignants et après avoir rencontré de nombreux étudiants de classes préparatoires. Cet ouvrage, en lien direct avec le programme, rassemble les connaissances et a été conçu par des professeurs en classes préparatoires. Cet ouvrage a été conçu comme un manuel scolaire avec des repères en introduction équivalents aux pré-requis, un cours clair, très structuré avec un plan conçu pour être mémorisé, des synthèses ou résumés pour permettre à l’étudiant d’organiser rapidement ces révisions, des schémas et graphiques accompagnés de données chiffrées, des cartes problématiques à l’instar de ce qui leur est demandé aux concours.

. Chloé Maurel, Histoire des idées des Nations Unies, Paris, L’Harmattan, juin 2015.

Ce livre aborde l’histoire des Nations unies de façon originale, par une histoire de ses concepts : l’auteur identifie 20 notions-clés que l’ONU a créées, promues ou favorisées, et qui se sont ensuite imposées au niveau international. Par cette histoire des idées, ce livre dresse un historique des 70 ans d’existence de cette agence internationale. L’auteur dresse le constat des réussites et des atouts de l’ONU, pointe ses difficultés et suggère des pistes pour une évolution positive de celle-ci.

. Collectif, Atlas socio-économique des pays du monde, Paris, Larousse, juin 2015.

À la fin du XIXe siècle, toutes les terres émergées étaient réparties entre une trentaine de pays. À l’issue de la Seconde Guerre mondiale, le monde compte moins de quatre-vingts États. L’un des faits majeurs de la deuxième moitié du XXe siècle reste la multiplication du nombre des États, pour aboutir à l’effectif d’aujourd’hui. Dans le contexte actuel où la crise ravive le souci de la gouvernance mondiale, il est utile de rappeler les dernières créations qui sont la marque de l’achèvement de la période de l’après-Seconde Guerre mondiale. Après la vague des indépendances pour les pays colonisés et en dehors de l’Érythrée en 1993 et du Timor oriental en 2002, c’est en Europe et en Asie, durant ces trente dernières années, qu’ont eu lieu les grands changements ; dislocation de l’empire soviétique, chute du mur de Berlin, division de la Tchécoslovaquie et implosion des pays des Balkans. Événement fondamental, la chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989, précédée par l’ouverture du rideau de fer entre la Hongrie et l’Autriche le 27 juin 1989, amorce la réunification allemande et ouvre la voie au démantèlement du bloc soviétique. Votée le 23 août 1990, la création de l’Allemagne réunifiée est effective le 3 octobre 1990. En 1991, la Communauté des États indépendants (CEI) est créée, séparant ainsi la Russie des autres pays de l’ancienne URSS. On dénombre alors 15 nouveaux États : la Fédération de Russie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, le Turkménistan, l’Ouzbékistan, la Géorgie, l’Arménie, (Azerbaïdjan, l’Ukraine, la Biélorussie, la Moldavie, l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie. Dans les Balkans, les tensions entre les six républiques de l’ex-Yougoslavie, exacerbées après la mort de Tito, entraînent, à partir de 1991, une période de conflits qui aboutissent à l’indépendance de la Croatie et de la Slovénie, puis à celle de la Bosnie-Herzégovine, toutes trois reconnues par la Communauté européenne et par le Conseil de sécurité de l’ONU en 1992. La Macédoine, qui a proclamé son indépendance en 1991, ne sera admise à l’ONU qu’en 1993. La République fédérale de Yougoslavie devient en 2003 la Serbie-et-Monténégro, avant que le Monténégro ne devienne indépendant en 2006. Le Kosovo se proclame indépendant en 2008 ; il est reconnu par les États-Unis et par plusieurs États de l’Union européenne, dont la France. La Tchécoslovaquie, en 1993, se divise en deux États, la Slovaquie et la République tchèque. La cession du Soudan a donné naissance à un nouvel État, le Soudan du Sud, qui a proclamé son indépendance en juillet 2011. Aujourd’hui la liste mondiale des États souverains compte 196 pays, dont Taïwan et le Kosovo, qui ne sont pas reconnus par l’ensemble de la communauté internationale.

. Louise Fines, Entre sphères légales et réseaux illégaux. Le jeu de la collusion, Paris, L’Harmattan, juin 2015.

Des exemples récents tout à fait exemplaires et extraordinaires constituent une occasion à nulle autre pareille d’étudier le phénomène de la collusion en tenant compte de ses multiples facettes. Ainsi, la conspiration dans l’industrie de l’équipement électrique lourd (États-Unis), les manipulations du Libor par les institutions bancaires participantes (niveau international), les tractations développées par l’industrie du tabac en vue de camoufler les effets de la nicotine sur la santé des usagers (niveau international) et les schèmes de collusion couplés à la corruption qui se sont développés dans la Ville de Laval (Province de Québec) révèlent l’importance d’aborder ces crimes sous l’angle de réseaux illégaux, en dépit de l’appartenance des conspirateurs à des sphères résolument légales. En effet, par leur sophistication, leur ampleur et leur récurrence, les conduites criminelles des élites sont susceptibles de mettre en péril les fondements mêmes de la démocratie. En l’occurrence, nous sommes confrontés à l’existence d’un monde où le contournement des lois apparaît nécessaire pour se maintenir au pouvoir, quelle que soit l’arène envisagée, financière, économique, politique.

. Collectif, Représenter l’espace, Paris, Atlante, juin 2015.

Traitant du sujet d’Histoire thématique de l’agrégation de Géographie pour les sessions 2013 et 2014, cet ouvrage réunit des contributions de spécialistes de géographie culturelle, de sémiologie graphique, de systèmes d’information géographique, de géométrie de l’espace, d’histoire de la cartographie et de didactique des sciences.

. Maïa Ponsonnet, Pierre Grundmann, Australie. Histoire, société, culture, Paris, La Découverte, juin 2015.

Désert de poussière, patrie de Nicole Kidman et de Rupert Murdoch, ou berceau de l’une des plus grandes traditions artistiques de l’humanité ? L’Australie n’est jamais exactement - ou jamais seulement -, telle qu’on l’imagine. Une île déserte ? C’est un pays dur, aride, mais aussi le royaume du surf et des promenades en forêts tropicales. Une petite Amérique ? L’Australie est l’alliée des États-Unis, mais son histoire la lie plus qu’intimement à la Grande-Bretagne. Un urbanisme ultramoderne ? On connaît les fronts de mer bordés de gratte-ciel, l’opéra de Sydney ; on connaît moins les marchés aux poissons, les quartiers asiatiques, les façades victoriennes et les jardinets des banlieues bien loties. Quant aux Aborigènes, que font-ils lorsqu’ils ne peignent pas ces toiles fabuleuses ? Qu’ont-ils vécu avant l’arrivée des colons, et depuis ? Ce guide invite le lecteur à découvrir un pays kaléidoscope, souvent surprenant.

. Alain Roux, La Chine contemporaine, Paris, Armand Colin, juin 2015.

En 1898, la Chine était encore l’Empire du Milieu avec ses mandarins aux idées surannées, ses paysans aux outils séculaires, ses vaines révoltes contre l’oppression étrangère et son rejet d’un monde dont elle avait cessé d’être le centre. Au début du XXIe siècle, la Chine est devenue une puissance de premier ordre, en voie de modernisation malgré ses contrastes interrégionaux et ses criantes inégalités sociales. Comment expliquer cette prodigieuse transformation ? Par le récit des événements politiques, sociaux et économiques, ce livre restitue le processus complexe d’une longue et douloureuse quête de la modernité. Documents originaux commentés et rappels chronologiques complètent l’analyse d’un siècle de révolutions traversé par la violence et les utopies meurtrières.

. Antoine Coppolani, Charles-Philippe David & Jean-François Thomas (dir.), La fabrique de la paix, Paris, Hermann, juin 2015.

Ce livre analyse les processus de paix autour de trois questions étroitement liées. Est-il possible de dégager un schéma, un modèle ou des similitudes dans les façons de parvenir à la paix ? A contrario, quelle typologie peut-on établir pour les échecs, les déraillements et les effondrements du processus de paix ? Enfin, la paix peut-elle être imposée ? La dimension internationale a été valorisée, tant par l’origine des auteurs que par les sujets traités dans les textes ici rassemblés. Toutefois, la « fabrique de la paix » ne se cantonne pas dans ces aspects et à ces niveaux gouvernementaux. La réflexion est ouverte au « vécu concret » comme à la question, par exemple, de la pacification des mémoires. La comparaison des processus de paix sur des périodes très différentes est une façon de faire ressortir les continuités, mais aussi les particularités plus marquées, ce qui invite alors à rechercher des explications. L’histoire s’ouvre ici à d’autres disciplines comme l’histoire de l’art, la sémantique, la philosophie, l’anthropologie. La paix, comme décision politique, n’est pas seulement le résultat d’un rapport de forces militaires, elle exprime une image de soi et des autres. Elle est plus que la fin de la guerre.

. Angélica Montes Montoya, La représentation du sujet noir dans l’historiographie colombienne. Le cas de Carthagène des Indes (1811-1815), Paris, L’Harmattan, 2015.

Quelle est l’image de la population noire dans le récit historique des Indépendances en Amérique latine et comment cette image a-t-elle été construite ?
Cet essai montre, à partir du cas colombien, quelle représentation des Noirs a été fabriquée par ses historiens du XXe siècle, et interroge la contextualisation des discours historiques, la relation entre récit historique et parcours de l’historien, et les conséquences des discours historiques dans l’ordre du politique comme des représentations socio-raciales.

. Sébastien Abis, Géopolitique du blé, Paris, Armand Colin, 2015.

Moins doré que l’or, moins médiatisé que le pétrole, et pourtant si vous saviez… Regards géopolitiques sur le monde contemporain L’Etat stratégique du monde Risques probables et avérés Géopolitique et agriculture Géopolitique : le grand retour de l’agriculture Des défis considérables devant nous Des tendances à mettre en perspective L’accessibilité des ressources au 21e siècle Géohistoire d’un grain au cœur du pouvoir Le blé, déjà central durant l’Antiquité Le blé dans l’Histoire de France Grains de blé au milieu des guerres du XXe siècle Géographie et géoéconomie du blé Le blé, production et territoires Le blé, demandes et utilisations Le blé, commerce et logistique Hégémonie sans faim L’Europe, grenier à blé dans la durée ? L’Amérique du Nord (Etats-Unis et Canada) La mer Noire, potentiel et limites Soifs de blé L’Amérique latine, ou la malédiction du blé ? L’Asie, des besoins en blé en croissance ? Afrique du nord et Moyen-Orient, l’hyperdépendance jusqu’où ? Controverses et inconnues Quelles réponses face aux contraintes naturelles et climatiques ? Commerce inévitable, marchands responsables Vers une meilleure gouvernance mondiale ? Que veut-faire la France de son blé ? Le blé, pétrole doré de la France Des paysages hexagonaux aux tables mondiales Commerce et développement : cap au Sud de la Méditerranée.

. Sarah Perez, Iran-Israël : une guerre technologique, les coulisses d’un conflit, Paris, Bourin, 2015.

Juin 2010 : un virus informatique du nom de Stuxnet paralyse un cinquième des centrifugeuses atomiques iraniennes et rend cet immense complexe subitement inopérant. Certains analystes affirment que cette cyber-attaque, d’origine – supposée – israéloaméricaine, a retardé de plusieurs années la capacité de l’Iran à créer ses premières bombes nucléaires.
En développant son programme, la République islamique, qui n’a jamais caché son hostilité vis-à-vis d’Israël, se heurte de plein fouet à la doctrine sécuritaire de l’Etat hébreu, qui n’acceptera jamais d’être menacé sans réagir. Dans les faits, la guerre entre ces deux puissances du Moyen- Orient a déjà commencé : course à l’armement, assassinats d’ingénieurs, virus informatiques... C’est une guerre « probatoire », une guerre invisible. Est-il encore possible de freiner ou arrêter ce face-à-face qui menace d’aboutir à un affrontement réel et généralisé ?

. Daniel Lagot (dir.), Droit international, guerre et paix, Paris, L’Harmattan, 2015.

Ces contributions de juristes, de personnalités de l’humanitaire, d’analystes géopolitiques apportent des informations simples, mais peu connues, sur le droit international relatif aux conflits armés, ses ambiguïtés et ses problèmes. Sont examinés, entre autres problèmes de la justice internationale et de la "responsabilité de protéger" la question des armes chimiques ou nucléaires et le cas des conflits, telscelui de la Palestine, de la Libye, de la Syrie, de l’Ukraine..., ainsi que les questions posées par les mouvements islamistes extrémistes.

. Hubert Bonin, Les concessions hydroélectriques dans le grand Sud-Ouest, Paris, Septentrion, 2015.

L’histoire des concessions contribue à la compr鬬hension des débats actuels sur les énergies renouvelables et l’hydroélectricité, mais la concession des barrages intéresse aussi l’histoire de l’économie d’énergie, des entreprises, des techniques et du droit.
La France a connu plusieurs grandes aventures hydroélectriques, dans les Alpes, la vallée du Rhône et celle du Rhin. Notre livre porte sur les Pyrénées et le Massif central : des compagnies ferroviaires et la Société hydroélectrique du Midi (SHEM) y ont construit des barrages et des réseaux. Le déploiement technique, économique et juridique des équipements hydroélectriques des Pyrénées et du Massif central est reconstitué sur un siècle grâce aux méthodes de l’histoire d’entreprise. Le rôle des ingénieurs, des techniciens et ouvriers y apparaît central.
Les parties prenantes aux projets de développement de la houille blanche (compagnies ferroviaires, élus locaux, industriels, ingénieurs, techniciens et salariés énergéticiens ou cheminots, sociétés de bâtiment-travaux publics) sont également présentées pour chaque période chronologique.
Ainsi, ce livre déploie la vie régionale du grand Sud-Ouest à travers la restitution de son patrimoine industriel, tout en interrogeant les bases économiques et juridiques d’un modèle énergétique, incarné par la SHEM et EDF.

. Jean-Paul Chagnollaud (dir.), Communautés en exil. Arméniens, Kurdes et Chrétiens d’Orient en territoires franciliens, Paris, Bibliothèque de l’iReMMO, 2015.

Pris dans une actualité tragique, le Moyen-Orient est observé au prisme de ses minorités : persécutions des Chrétiens d’Orient, résistance armée des Kurdes, centenaire du génocide arménien. Les textes présentés ici sont issus d’une rencontre entre chercheurs et acteurs de la société civile. Ils illustrent la diversité des diasporas. Ce faisant, ils dessinent une universalité du déracinement et contribuent à une meilleure compréhension de la préservation d’une culture en exil.

. René N’Guettia Kouassi, L’Afrique : un géant qui refuse de naître. La solution, c’est de tout reprendre à zéro, Paris, L’Harmattan, 2015.

Tout le monde est unanime à reconnaître l’immensité des ressources en tout genre dont regorge l’Afrique pour devenir un des géants de la planète. Et pourtant elle ne parvient toujours pas à se positionner sur la voie de la croissance forte et du développement durable. Que faire pour sortir de cet immobilisme aux relents pathologiques ? Cet ouvrage propose à l’Afrique de reprendre tout à zéro et met en lumière des thérapies appropriées qui lui permettront d’avoir une voix audible et respectée.

. Philippe Debout, Catherine Meur-Ferec, Valérie Morel & Guy Baron, Géographie des mers et des océans, Paris, Armand Colin, 2015.

La Géographie des mers et des océans porte un regard sur des espaces qui couvrent plus des deux tiers de notre planète et s’inscrit dans une réalité contemporaine de « L’impossibilité d’un monde sans horizon marin ». Parallèlement à une approche thématique développée dans les douze chapitres, et abordant pratiquement tous les champs de la géographie des mers et des océans (géographie physique, des transports, sociale, de la pêche, de l’énergie, du tourisme, de l’environnement, géopolitique, géohistoire…), la part belle est donnée à l‘analyse multiscalaire révélant l’articulation, l’imbrication et la complexité des problématiques et des enjeux.
Mouvement, partage et devenir sont trois dynamiques qui relient les chapitres les uns aux autres. Le mouvement est une caractéristique à la fois physique et anthropique des espaces marins, flux incessants d’eau, d’hommes, de marchandises. La notion de partage apparaît aussi comme une problématique constante des mers et des océans. Le devenir de ces espaces est lié aux enjeux géopolitiques et à la protection d’un milieu marin de plus en plus exploité.
Les auteurs privilégient une relation étroite entre approche disciplinaire et contenu scientifique, et associent les échelles globales et locales en s’appuyant sur une cartographie riche et variée.
Cet ouvrage s’adresse aux étudiants des cycles de Licence et Master, aux étudiants préparant les concours du Capes Histoire-Géographie et des Agrégations de Géographie et d’Histoire, et à tous les publics curieux d’une Géographie des mers et océans.

. Mathieu Petithomme, Dépolitiser l’Europe. Comment les partis dominants évitent le conflit sur l’intégration européenne, Paris, L’Harmattan, 2015.

Comment les partis politiques se saisissent-ils des questions européennes ? Voici étudiée l’adaptation et les stratégies des pays européens au développement de l’U.E. Les idées d’une "européanisation" croissante et d’une montée de l’euroscepticisme sont remises en cause. Comment les partis dominants développent-ils des stratégies pour éviter le conflit sur l’intégration européenne ? Maintenir des lignes politiques floues et nationaliser cet enjeu permet aux partis d’agir librement au niveau européen, tout en évitant une politisation de l’U.E ; on interdit aux citoyens ordinaires d’accroitre leur connaissance de l’UE par la critique et le débat public.

. Laëtitia Dablanc & Antoine Frémont, La métropole logistique. Le transport de marchandises et le territoire des grandes villes, Paris, Armand Colin, 2015.

Le transport des marchandises est indissociable de l’activité urbaine. Insérées dans l’économie mondiale, et lieux de naissance de nouvelles façons de produire et de consommer, les métropoles dépendent de services logistiques qu’elles veulent de plus en plus efficaces, mais dont elles redoutent les conséquences. Si la logistique a un impact important sur le développement des plus grandes villes, elle reste encore méconnue, et les nuisances environnementales et sociales qu’elle engendre mal appréhendées par les responsables locaux : hausse des émissions atmosphériques et du trafic de camions et camionnettes, conflits d’usage sur les voiries, dégradation des paysages urbains.
La morphologie des espaces métropolitains évolue également sous l’effet des activités logistiques. Les entrepôts se concentrent dans les très grandes métropoles par effet de polarisation, mais s’étalent toujours plus loin en périphérie.
Cet ouvrage vient faire le bilan de recherches récentes sur les flux de marchandises au sein des espaces métropolitains. Il met en évidence le fonctionnement de la métropole logistique et la dimension spatiale des questions abordées, et vient montrer que la problématique renvoie clairement à des choix d’aménagement, d’urbanisme et in fine de politiques publiques, et constitue donc un enjeu fondamental pour l’avenir des grandes villes.

. Service central de prévention de la corruption, La prévention de la corruption en France : état des lieux, chiffres clés, perspectives, jurisprudence. Rapport 2014, Paris, La Documentation française, 2015 (à paraître en juillet).

. Jean Petit, La bataille de Notre Dame-des-Landes. Eléments de langage, Paris, L’Harmattan, 2015.

Cet essai aborde les éléments de langage mis en place par le pouvoir lorsqu’il est confronté comme c’est le cas à Notre-Dame-Des-Landes à une opposition massive. Sur quelles thématiques l’oligarchie s’appuie-t-elle pour "convaincre" la population ? Quels aspects sont invoqués dans les discours politiques pour diviser les opposants ? Quels éléments du débat relèvent davantage de la manipulation que de la confrontation de points de vue ? Derrière la réalisation de cette infrastructure, c’est une conception du monde qui se joue, un ordre social.

. Jean-Bédel Norodom Kiari (dir.), De l’intégration régionale en Afrique centrale (1960-2010). Une analyse de cinquante années de pratique, Paris, L’Harmattan, 2015.

L’intégration en Afrique centrale laisse à penser que, pour les dirigeants qui ont mis leurs peuples entre parenthèses, le mouvement est tout et la fin n’est rien. La question demeure alors : quel devenir pour l’intégration régionale en Afrique centrale, c’est-à-dire comment repenser celle-ci économiquement, politiquement et culturellement ?

. Thierry Bangui, La mal gouvernance en Afrique centrale. Malédiction des ressources naturelles ou déficit de leadership ?, Paris, L’Harmattan, 2015.

Qui s’intéresse à l’Afrique constatera que ses différentes régions ne connaissent pas le même niveau de (sous)développement. Certaines progressent mieux que d’autres. L’Afrique centrale est l’exemple d’une région à la traîne et la raison fondamentale se trouve dans la gouvernance. L’auteur aborde la problématique sous tous les angles, en traitant de nombreuses questions inhérentes à la gouvernance politique, économique et sociale, tant au niveau communautaire que des États.

. Myriam Aït-Aoudia & Antoine Roger (dir.), La logique du désordre. Relire la sociologie de Michel Dobry, Paris, Presses de Sciences Po, 2015.

Comment l’ordre politique se délite-t-il ? De quoi sont faites les crises et comment en rendre raison ? Ces questions sont au cœur du maître-ouvrage de Michel Dobry, Sociologie des crises politiques, publié en 1986, qui a inspiré des générations de chercheurs par ses thèses en rupture avec la façon dont les sciences sociales analysaient les phénomènes révolutionnaires et les transitions politiques.
Dialogue critique autour des principes d’analyse et des choix épistémologiques qui font l’originalité de cette démarche sociologique, La Logique du désordre discute la façon dont Michel Dobry envisage les acteurs sociaux et leur action ; sa conception de la causalité et de l’historicité des processus politiques ; les conditions sous lesquelles ses concepts et systématisations s’exportent sur des terrains imprévus tels que les relations internationales ; la pertinence de ses propositions pour appréhender les « jeux politiques routiniers ». Autant de questions et d’objections auxquelles Michel Dobry répond dans un texte final qui présente sa perspective relationnelle.
Une relecture des thèses de Michel Dobry qui en montre toute l’actualité, et une introduction indispensable à Sociologie des crises politiques.

. Paul Reuss, Parlons nucléaire en 30 questions, Paris, La Documentation française, 2015 (2e édition, à paraître fin juin).

. Bruno Lecoquierre, Le Sahara, un désert mondialisé, Paris, La Documentation photographique, 2015 (à paraître fin juin).

Du Sahara, on n’a bien souvent qu’une image fantasmée : des dunes de sable traversées par quelques nomades enturbannés. Zone grise de la mondialisation, ce désert est aujourd’hui soumis à de multiples tensions : lieu de conflits autour des ressources, aire bordée d’États faillis ou fragilisés, refuge de groupes armés et espace de circulations migratoires. Habité, urbanisé, le Sahara est un territoire d’une complexité géographique passionnante à découvrir !

. Hervé Le Bras, Le miroir aux alouettes, Paris, Autrement, 2015 (à paraître en octobre).

Le vote FN est une fabrication. En ce sens qu’il y a une matière, l’électorat, et un artisan, les dirigeants du parti qui s’adaptent et se sont adaptés l’un à l’autre. La matière est travaillée par une double angoisse, celle du rétrécissement de la patrie, éprouvée par les Allemands en 1930 et les Russes aujourd’hui, et celle du blocage de l’ascension sociale. L’artisan pétrit ces deux angoisses en peur de l’immigration puis en frustration de l’abandon du peuple par l’État et les élites. Il ne propose aucun programme cohérent ni réaliste. Il donne seulement une forme simple, voire simpliste à ce malaise. À l’aide de cartes précises, l’ouvrage suit ainsi la progression de l’électorat du FN dans les territoires les plus atteints par les deux angoisses. Il détaille les caractéristiques sociales, démographiques, éducatives de cet électorat pour montrer que loin de proposer des solutions, le parti FN, tel un miroir, renvoie aux électeurs l’image de leur trouble en l’accentuant. Dès lors ces derniers, prenant leur reflet pour la réalité font un pari sur l’arrivée au pouvoir du FN. Un pari comme ceux que l’on prend aux courses ou à la loterie : on sait qu’en moyenne on y perdra, mais qu’on a une petite chance de tirer le gros lot, ce que n’offrent plus les partis traditionnels qui limitent dans des marges étroites, c’est-à-dire raisonnables, les espoirs de gains des parieurs. Voici pourquoi et comment le populisme ne peut coexister avec la République.

. Thierry Charles, Les nouvelles perspectives de la souveraineté, Paris, L’Harmattan, 2015.

Kundera proclame en 1967 que la frontière, donc la nationalité, est une blague. En 2014, l’exemple de la Crimée donne espoir à d’autres indépendantistes européens : la Vénitie, l’Écosse, la Sardaigne, la Catalogne... Au cœur de l’Europe, des lignes de partage héritées de l’Antiquité romaine et du Moyen Âge ressurgissent, tandis que d’anodines limites régionales se revendiquent en frontières nationales. Le principe de souveraineté reste un immense enjeu politique : il y va de la paix et de la stabilité du monde à plus ou moins long terme, c’est l’un des grands enjeux décisifs de notre siècle.

. Frédéric Encel, Petites leçons de diplomatie internationale, Paris, Autrement, 2015 (à paraître en septembre).

. Pierre Pascallon, Quel avenir pour la dissuasion nucléaire française face aux défis et aux changements géostratégiques d’aujourd’hui et de demain ?, Paris, L’Harmattan, 2015.

L’arme nucléaire est au cœur des défis et des changements géostratégiques d’aujourd’hui, avec, pour nous Français, les questions suivantes liées : Faut-il ou non à l’avenir maintenir notre force de dissuasion face aux défis et changements géostratégiques ? Si la réponse est positive, quels choix, quelles modifications faut-il apporter à cette dissuasion nucléaire maintenue pour bien prendre en compte les défis et les changements géostratégiques de notre monde multipolaire et dangereux ?


Le livre recommandé par le Diploweb.com en mai 2015

. Jean-François Daguzan, La fin de l’Etat-Nation ? De Barcelone à Bagdad, Paris, CNRS Editions, 2015.

Pierre Verluise, Directeur du Diploweb.com : "Ce livre est né d’une étude initialement publiée sur le Diploweb.com. La réflexion a été poursuivie et l’écriture encore épurée. Un travail de référence. "

4e de couverture

Face à la solidité des États-Nations, nul ne semblait plus être en mesure de contester la validité de cette entité politique qui structure en profondeur les relations internationales. Or, depuis une décennie, des organisations terroristes ont pour objectif final de détruire l’État-Nation en cherchant à instituer de nouveaux espaces, sur une base surtout religieuse mais parfois aussi ethnique ou idéologique, qui dépassent les frontières admises. C’est le cas de l’État Islamique en Irak et au Levant (Daesh). C’est également le cas des rebelles pro-russes dans l’Est de l’Ukraine, qui revendiquent un État sur une base anti-occidentale. Ces conflits violents, difficiles à comprendre dans leur totalité, annoncent-ils une remise en cause générale du concept même d’État-Nation ? Préfigurent-ils de nouvelles formes de revendication territoriale qui déboucheraient sur la constitution d’États qui ne seraient plus « nationaux » mais religieux ou ethniquement purs ? Ce nouveau livre de la collection « Débats », incisif et argumenté, répond à ces questions.


. Thierry Sanjuan & Madeleine Benoit-Guyod (cartographie), Atlas de la Chine, une grande puissance sous tension, Paris, Autrement, 2015.

Un portrait de la Chine multipliant les points d’entrée et variant les échelles d’analyse : de la société civile à la géopolitique, des valeurs et pratiques sociales aux stratégies politiques internationales. Sujets de société abordés par thèmes : santé, criminalité, encadrement social et répression politique, etc. Cet ouvrage illustre le développement et la modernisation du pays.

. Jean-Bernard Auby, Jean-François Auby & Rozen Noguellou, Droit des collectivités locales, Paris, Puf, 2015 (à paraître en juillet).

Le but de ce manuel n’est pas de constituer un traité du droit de l’administration locale décentralisée, mais d’analyser les structures essentielles de ce droit en évolution permanente, de fixer les idées sur ce qu’impliquent la décentralisation et une émancipation juridique des collectivités territoriales qui s’inscrit dans une dimension historique au long cours marquée, dans un premier temps, par la construction d’un État centralisé, puis, depuis la fin de l’Empire, par la longue marche vers la décentralisation. Les dernières modifications juridiques ont été intégrées.

. Bernadette Mérenne-Schoumaker & Claire Levasseur (cartographie), Atlas mondial des matières premières. Des besoins croissants, des ressources limitées, Paris, Autrement, 2015.

100 cartes et infographies pour mieux appréhender la question des matières premières et expliquer en quoi leur gestion est l’un des principaux défis du XXIe siècle. Grands métaux industriels, hydrocarbures, pierres précieuses, métaux rares, produits agricoles, bois et même eau douce : toutes ces matières premières sont devenues des biens marchandisés. Quels choix stratégiques faire dans un contexte d’épuisement des ressources et d’instabilité des marchés, en limitant les atteintes à l’environnement ? Acteurs, enjeux socio-économiques et environnementaux : une contribution originale à la réflexion sur la crise mondiale. Pour nourrir les hommes, répondre à leurs besoins énergétiques et préserver l’environnement, la route est encore longue. Il faudra réguler, faire plus avec moins et mettre en place une économie réellement durable et solidaire des matières premières.

. Asmara Klein, Camille Laporte & Marie Saiget (dir.), Les bonnes pratiques des organisations internationales, Paris, Presses de Sciences Po, 2015 (à paraître mi-juin).

Comme les entreprises, les organisations internationales recourent aux bonnes pratiques pour améliorer leur action, former leurs collaborateurs, renforcer leur expertise et, ainsi, légitimer leur présence sur un terrain de plus en plus concurrencé par les acteurs non étatiques.
De l’OCDE à la Banque mondiale, en passant par ONU Femmes ou ONUSIDA, rares sont les organismes qui échappent au phénomène. Mais si les bonnes pratiques, fruits de l’expérience, séduisent par leur aspect pragmatique, elles prennent des formes très différentes selon les institutions et les politiques dans lesquelles elles s’inscrivent.
En explorant leur émergence et leurs usages dans des domaines aussi variés que la santé, l’éducation, l’aide au développement ou la protection de l’environnement, l’ouvrage apporte une synthèse sur ce nouvel outil de gouvernance internationale, sur sa raison d’être et ses effets sur l’action multilatérale.

. Auriane Guilbaud, Business partners : Firmes privées et gouvernance mondiale de la santé, Paris, Presses de Sciences Po, 2015 (à paraître mi-juin).

Très actives dans le domaine de la santé mondiale depuis la fin des années 1990, les firmes multinationales – principalement pharmaceutiques– sont aujourd’hui engagées au sein de partenariats public-privé internationaux. Quel est leur rôle et quelles actions mettent-elles en œuvre ? Sont-elles capables de coopérer avec les États, les ONG, les organisations internationales et les fondations privées ?
Centré sur la lutte contre le VIH/sida, la tuberculose, le paludisme et les maladies tropicales négligées – à l’origine de dynamiques de coopération originales –, ce livre retrace l’insertion des entreprises dans la gouvernance sanitaire internationale par le biais d’organisations institutionnelles et de mécanismes de coopération liés au marché. Il montre qu’il s’agit d’un processus progressif qui, d’acteurs autonomes, a vu ces firmes devenir sujets de régulation, puis partenaires.
Une enquête inédite qui permet de mieux comprendre la participation des acteurs marchands au multilatéralisme et leur capacité à modifier le fonctionnement de la gouvernance sanitaire internationale.

. Jean Baechler, Jacques de Larosière, Michel Pébereau & Jean-Claude Trichet, Recréer le système monétaire international, Paris, Hermann, 2015 (à paraître mi-juillet).

Depuis le démantèlement du système de Bretton Woods, nous ne sommes plus dans un système de change fixe, mais ajustable : les monnaies sont librement convertibles et leurs parités fluctuent, entre autres, au gré des politiques monétaires et économiques. L’instabilité est inscrite au cœur de ce « non-système » comme le qualifie, non sans provocation, Jacques de Larosière, pour qui un véritable système monétaire international aurait non seulement pour effet d’« harmoniser les politiques monétaires », mais libérerait les banquiers centraux des possibles pressions politiques. Autrement dit, l’absence de contrainte internationale a engendré des excès en tous genres et des erreurs notoires. Restaurer un cadre contraignant permettrait de remédier à bien des déséquilibres et assainirait le secteur financier dans son ensemble. L’enjeu de la recréation d’un système monétaire international n’est donc pas seulement financier, économique et politique ; il est aussi philosophique.
Sont ici expliquées les défaillances du système monétaire actuel, et proposées des solutions concrètes, pragmatiques et applicables pour les « réparer ».

. Gilles Boëtsch , Lamine Gueye , Enguerran Macia & Yannick Jaffré (dir.), Santé et sociétés en Afrique de l’Ouest, Paris, Editions du CNRS, 2015 (à paraître mi-juin).

L’étude des questions liées à la santé est forcément interdisciplinaire. Les approches environnementales, anthropologiques, médicales et sociales doivent être croisées et coordonnées si l’on veut aboutir à des résultats novateurs prenant en compte toute la complexité des phénomènes sanitaires. Cet ouvrage décrit et analyse les relations complexes entre état de santé et environnements spécifiques (urbains, sahéliens…), dynamiques sociales, changements climatiques, modification des paysages et des systèmes agronomiques ou sylvo-pastoraux, évolutions socio-démographiques et urbanisation, changements des comportements alimentaires et des modes de vie, modification des pathologies, transformations de la structure familiale et des liens socio-affectifs, vieillissement de la société.
Un panorama complet de la gestion de la santé en Afrique de l’Ouest.

. Johanna Siméant (dir.), Guide de l’enquête globale en sciences sociales, Paris, Editions du CNRS, 2015.

Guerre, diaspora, ONG… Les objets, espaces et discours de l’international bouleversent les approches et appellent à des méthodes d’enquête spécifiques. C’est le propos de ce guide, outil pour chercheurs et étudiants qui voudraient s’aventurer en sociologie de l’international. Un ouvrage didactique et accessible, à la manière du Métier de sociologue de Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron, combinant textes théoriques des grands auteurs et mise en perspective d’extraits couvrant tel aspect ou exemple précis de la démarche d’enquête.
Compétition pour la suprématie culturelle des élites intellectuelles, marché des savoirs et de l’expertise, circulations des biens culturels, foires et salons internationaux… Autant de thèmes traités dans cet ouvrage, qui invite à adapter les sciences sociales aux défis du monde globalisé.

. Patrick Widloecher, Réconcilions économie et écologie. Pour une nouvelle économie verte en faveur de la croissance, Paris, La Documentation française, 2015.

Nous devons faire face aujourd’hui à de nombreux défis économiques, écologiques et climatiques. Convaincus que d’autres alternatives s’offrent à nous, nombreux sont les citoyens et les collectivités qui participent à une croissance plus soutenable avec d’autres critères que la seule augmentation du PIB : bien être, préservation de l’environnement, qualité de vie, santé. De fait, l’économie verte est non seulement créatrice de valeurs mais aussi d’emplois et de progrès. Cet ouvrage propose un nouveau regard sur les liens entre économie et écologie, illustré par des exemples concrets collectés en France, mais aussi en Allemagne, en Italie, aux Pays-Bas, au Danemark, au Japon et aux États-Unis.

. Bertrand Barré & Bernadette Mérenne-Schoumaker, Cartographie d’Anne Bailly, Atlas des énergies mondiales. Quels choix pour demain ?, Paris, Autrement, 2015.

Une synthèse des enjeux sur les énergies aujourd’hui, notamment celui d’allier développement des sociétés et contraintes environnementales.

. Jean-Pierre Derriennic, Essai sur les injustices, Paris, Hermann, 2015 (à paraître mi-juin).

La lutte contre les inégalités n’est pas un danger pour la liberté, mais la condition de la liberté du plus grand nombre. Jean-Pierre Derriennic le montre en partant des études contemporaines sur la justice, de John Rawls à Amartya Sen, et sur le fonctionnement des sociétés humaines, de Raymond Boudon à Thomas Piketty.
La question de la justice doit être abordée en évaluant les conséquences des lois et des institutions politiques. La complexité des sociétés et les antinomies de l’action empêchent de faire une théorie unifiée de la justice. Il faut plutôt identifier des injustices afin de tenter de les corriger.
Dans cette perspective, l’auteur propose des réformes qui pourraient rendre nos sociétés moins injustes. Certaines de ces propositions ont été faites depuis longtemps, comme une allocation universelle, qui remplacerait les actuels programmes d’aide sociale en générant moins d’effets pervers. D’autres sont plus originales : un nouveau mode de scrutin vraiment égalitaire, qui inciterait les dirigeants politiques à tenir compte des préoccupations de tous les citoyens, ou de nouvelles façons d’organiser la solidarité internationale.

. Jean-Pierre Olivier de Sardan (dir.), Elections au village. Une ethnographie de la culture électorale au Niger, Paris, Karthala, 2015.

Cette analyse ethnographique détaillée des élections locales au Niger intègre celles-ci dans leurs contextes locaux, politiques, sociaux, culturels. Cette démarche originale explique qu’il s’agisse du second volume d’une série sur Les pouvoirs locaux au Niger.
Il s’agit d’un apport majeur à la socio-anthropologie des processus électoraux (en Afrique et au-delà), qui repose sur des enquêtes approfondies menées sur douze sites au sein d’un même pays par des chercheurs de ce pays, connaissant particulièrement bien les contextes locaux et utilisant une problématique commune. Un tel comparatisme intensif de proximité est peu fréquent dans les méthodes qualitatives. Portant sur l’ensemble du processus électoral, depuis l’établissement des listes électorales jusqu’à l’élection des maires par les conseils municipaux, les résultats témoignent de comportements largement partagés par les militants des partis politiques et les cadres de l’administration, et dessinent ainsi les traits principaux d’une culture électorale nigérienne, très moderne, fondée sur des normes pratiques contournant bien souvent le code électoral, mais témoignant d’une réelle appropriation de l’institution électorale à travers diverses techniques de jeu avec les règles du jeu. Ont contribué à cet ouvrage : A. Elhadji Dagobi, E. Hahonou, O. Hamani, N. Issaley, O. Makama Bawa, M. Moha, A. Mohamadou, H. Moussa Ibrahim, J.-P. Olivier de Sardan, A. Oumarou, M. Tidjani Alou, I. Younoussi.

. Xavier Bougarel, Survivre aux empires. Islam, identité nationale et allégeances politiques en Bosnie-Herzégovine, Paris, Karthala, 2015.

Entre 1992 et 1995, la Bosnie-Herzégovine a été le théâtre d’une guerre sanglante, symbolisée par le siège de Sarajevo et le massacre de Srebrenica. Depuis, elle reste tiraillée entre les aspirations divergentes de ses trois communautés bosniaque (musulmane), serbe (orthodoxe) et croate (catholique). Toutefois, l’histoire post-ottomane de la Bosnie-Herzégovine n’est pas seulement marquée par la montée des idéologies nationalistes, mais aussi par la rémanence des logiques impériales. Du reste, de 1918 à 1992, la Yougoslavie fut-elle autre chose qu’un petit Empire sud-slave ?
Dans ce contexte, l’histoire des musulmans bosniens reste singulière. Jusqu’aux années 1960, ceux-ci restent en effet étrangers à toute identification nationale et se replient sur leur identité religieuse. En 1968 seulement, la Yougoslavie communiste reconnaît l’existence d’une nation musulmane. Mais, dans le même temps, la modernisation accélérée de la société bosnienne se traduit par sa sécularisation rapide. En 1993, alors que la guerre fait rage, le nom national « Musulman » est abandonné au profit du nom « Bosniaque », mais la mise en avant de l’islam comme élément central de la nouvelle identité bosniaque s’accompagne de diverses tentatives de réislamisation. Finalement, les dirigeants bosniaques n’assurent la survie de leur communauté qu’en internationalisant le conflit bosnien et, jusqu’à aujourd’hui, ils restent confrontés aux paradoxes constitutifs de l’identité nationale bosniaque.
Basé sur de nombreux séjours sur le terrain et sur une connaissance intime des sources écrites, cet ouvrage constitue une analyse novatrice de l’histoire post-ottomane et post-communiste des musulmans bosniens. Il explore des aspects méconnus de la crise yougoslave, rend compréhensibles les ambiguïtés autour desquelles s’est constituée l’identité nationale bosniaque, reconstitue les transformations de l’islam bosnien, de la fin de l’époque ottomane à nos jours. Ce faisant, il renouvelle les réflexions sur les guerres et les après-guerres de l’espace yougoslave, sur la constitution des identités nationales et la force des héritages impériaux en Europe de l’Est, et sur la présence de l’islam en Europe.
Xavier Bougarel est chercheur au CNRS, rattaché au Centre d’études turques, ottomanes, balkaniques et centrasiatiques à Paris, et au Centre Marc Bloch à Berlin. Il est l’auteur de Bosnie, anatomie d’un conflit (1996) et, avec Nathalie Clayer, de Les musulmans de l’Europe du Sud-Est. Des empires aux États-nations (2013). Il a co-dirigé plusieurs ouvrages collectifs dont The New Bosnian Mosaic (2007) et Investigating Srebrenica (2012).

. Nathalie Ruffie, L’interculturalité dans les opérations militaires. Le cas américain en Irak et en Afghanistan, Paris, Editions du Cygne, 2015.

Les facteurs humains et sociaux sont aujourd’hui une donnée essentielle dans la planification et l’exécution des conflits. Ils furent pertinents dans les expériences passées (Malaisie, Viet Nam, Algérie, etc.) mais ayant été vécus comme de mauvaises expériences par les puissances occidentales, ils furent mis de côté. Les théâtres irakiens et afghans ont remis au goût du jour et ont fini d’institutionnaliser la doctrine de contre-insurrection dans laquelle la place de la population, la compréhension et l’atteinte de ses perceptions sont des objectifs primordiaux.
Ce livre traite des modalités d’actions et les relations qu’entretiennent alors les forces en présence avec les différents acteurs locaux. Tout en gardant la puissance de feu comme nécessaire à l’engagement des forces, d’autres éléments comme la diplomatie, l’économie, la religion, etc. sont dorénavant pris en compte sur l’échiquier stratégique des interventions. L’argument principal étant que la mauvaise perception des traits ethniques, religieux, sociaux des populations peut avoir des répercussions dramatiques sur la mission.
Actuellement, il est possible d’affirmer que les Etats-Unis ont pris en compte, et tentent d’améliorer cette prise de conscience, en ce qui concerne l’environnement humain des opérations.
Que ce soit la mise en place de programmes spécifiques socioculturels adaptés aux terrains, la formation et l’entrainement des soldats avant projection ou encore les interactions avec les milieux informatiques, ce livre s’efforce d’analyser les moyens et les connaissances institutionnels américains créés à partir de cette prise de conscience.

. Christophe Jaffrelot, The Pakistan Paradox. Instability and Resilience, Hurst & Co, collection "Comparative Politics and International Studies", 2015.

. Béatrice Hibou, The Bureaucratization of the World in the Neoliberal Era. An International and Comparative Perspective, Palgrave Macmillan, collection "International Relations and Political Economy", 2015.

. Viviane du Castel, Choix énergétiques : quels enjeux ?, Paris, L’Harmattan, 2015.

Les choix énergétiques s’inscrivent dans une géopolitique en mutation, dans un contexte d’instabilité mondiale. Nombreux sont les pays qui ont été ou sont confrontés à des choix énergétiques, souvent induits par des évènements extérieurs. D’une façon générale, choix énergétiques et choix politiques sont intimement liés. Au-delà des problématiques énergétiques globales, c’est la transition énergétique qui préoccupe les dirigeants. Toutes ces avancés vers de nouveaux choix se dirigent-elles pour autant vers une politique énergétique commune aux 28 États de l’Union européenne ?

. Moïse Tsayem Demaze, Les relations nord-sud pour atténuer le changement climatique : Du développement propre à la déforestation évitée, Paris, L’Harmattan, 2015.

Le "développement propre" et la "déforestation évitée" sont des concepts et des mécanismes politiques qui relèvent de la lutte contre le changement climatique. En quoi engendrent-ils des relations Nord-Sud ? Pour répondre, l’ouvrage utilise une approche géopolitique. De nombreuses cartes illustrent la coopération entre pays développés et pays en développement. Les recherches présentées soulignent les difficultés de la mise en oeuvre des concepts et des politiques internationales de réduction des émissions de gaz à effet de serre (EGES) et mettent en évidence le hiatus et les déperditions entre le niveau international, national et local.

. François Lafargue, Géopolitique de l’Afrique du Sud. Une nation en construction, Coll. Major, PUF

L’Afrique du Sud évoque principalement pour le public français les Zoulous, l’or, le diamant, Nelson Mandela et les lois de ségrégation raciale qui portaient le nom lugubre d’apartheid, mises en place au milieu du XXe siècle. Une étude géopolitique de l’Afrique du Sud, vingt ans après les premières élections démocratiques, s’impose. La puissance économique de l’Afrique du Sud (elle assure 1/5e du PIB du continent) et ses réserves en minerais et en métaux précieux lui confèrent une place particulière sur la scène internationale.

Ce pays a également une ambition militaire et politique et participe à de nombreuses opérations de maintien de la paix en Afrique. L’Afrique du Sud est une démocratie, la presse bénéficie d’une réelle liberté, les syndicats ont des droits reconnus, les scrutins électoraux qui se tiennent aux échéances prévues ne sont pas entachés de fraude. Mais cette réussite pourrait n’être qu’une parenthèse, car elle reste très fragile et la pérennité des institutions démocratiques n’est guère assurée. Cet ouvrage présente l’Afrique du Sud du XXIe siècle, les atouts et les faiblesses d’une nation en construction.

. Chérif Amir, Histoire secrète des Frères musulmans, Préface d’Alain Chouet, éd. Ellipses, 2015.

Le mouvement des Frères musulmans a pour objectif de recréer le califat islamique disparu en 1923 et de soumettre le monde à un islam radical régi par la charia. Dans cette perspective, son idéologie extrémiste et sectaire prône le jihad armé, laquelle est servie par une organisation solide, totalement dévouée à l’atteinte de ces buts depuis plus de huit décennies, par tous les moyens, y compris les plus violents.

Car en effet, derrière une façade pouvant laisser croire à une certaine respectabilité, la confrérie n’est qu’un mouvement terroriste ayant fait de très nombreuses victimes. Né en Egypte en 1928, à l’initiative d’Hassan El-Banna, le mouvement n’a cessé d’essayer de prendre le pouvoir dans ce pays, perturbant profondément son évolution historique et politique, coopérant tour à tour avec le pouvoir en place ou s’y opposant le plus souvent. La lutte entre la confrérie, les pouvoirs successifs et le peuple est donc une composante majeure de l’histoire moderne de l’Egypte.

Ce livre dresse un récit complet et inédit de l’histoire des Frères musulmans depuis leur création, décrit leurs tentatives de prise de pouvoir en Egypte, leurs succès et leurs défaites. Il présente leur idéologie radicale et met en lumière leur admiration non dissimulée pour Hitler et le nazisme. Cet ouvrage décrit également les ramifications internationales de la confrérie, ses « fi liales » dans les autres pays musulmans, les groupes terroristes qui en sont issus et jusqu’à ses relations avec l’Iran des ayatollahs.

Surtout, il rétablit la vérité sur ce que furent réellement le « printemps égyptien » de 2011 et l’année pendant laquelle le pays fut gouverné par cette confrérie terroriste, avant que Mohamed Morsi ne soit déposé par une révolution populaire. Enfin, il aborde le rôle central d’Abdel Fattah El-Sisi, le nouveau chef d’Etat égyptien.

Un ouvrage riche de révélations qui met en lumière des faits généralement méconnus en Occident et qui entraînera le lecteur dans les coulisses de l’histoire de l’Egypte, au coeur même de l’une des organisations les plus secrètes de l’islam, adepte du jihad.

. Stéphanie Treillet, L’économie du développement. De Bandoeng à la mondialisation, Paris, Armand Colin, 2015.

L’économie du développement est un domaine de recherche relativement nouveau, et ce manuel a été pionnier sur le sujet. La thématique touche désormais à nombre de débats engendrés par la mondialisation de l’économie, la pauvreté, l’endettement croissant des populations, l’instabilité financière. Tous ces thèmes sont convoqués par la réflexion sur le "développement durable" dont cette 3e édition de l’ouvrage présente l’état et les enjeux.

. Pierre-Yves Baudot et Anne Revillard (dir.), L’État des droits. Politique des droits et pratiques des institutions, Paris, Presses de Sciences Po, 2015.

Droit au logement, droits des malades, égalité des droits et des chances, participation et citoyenneté des personnes handicapées, droit à un revenu minimum, etc. La référence aux droits subjectifs n’a cessé de gagner en importance dans la production législative, en France comme dans d’autres pays occidentaux.
L’État peut-il garantir la réalité de ces nouveaux droits reconnus aux individus ? De quelles capacités les acteurs publics disposent-ils pour les mettre en oeuvre ? Comment les revendications en termes de droits contribuent-elles à transformer les modalités d’intervention étatiques et à déplacer les frontières de l’action publique ?
L’ouvrage enquête sur cet « État des droits », à partir de différents cas nationaux, en Belgique, au Canada, en France et en Suède et dans divers secteurs de l’action publique – handicap, discriminations, santé, logement, politiques scolaires. Il montre comment des institutions étatiques, par leurs pratiques quotidiennes, font ou défont les droits des individus. Il prête une attention particulière aux nouvelles organisations (Ombudsman, maisons départementales des personnes handicapées, Halde) qui, hors de l’arène judiciaire, participent de cette politique des droits via des dispositifs de médiation, d’accès aux droits ou d’attribution des droits.
Une exploration fine des pratiques des droits dans l’action publique, enrichie des apports du droit, de la sociologie et de la science politique.

. Jean-Frédéric Morin et Amandine Orsini, Politique internationale de l’environnement, Paris, Presses de Sciences Po, 2015 (à paraître fin juin).

Controverses scientifiques, sommets mondiaux, débats Nord/Sud, mouvements sociaux, équité intergénérationnelle, efficacité de la coopération, etc. La politique internationale de l’environnement constitue un domaine foisonnant qui ne cesse de s’enrichir depuis la fin du XXe siècle.
Cet ouvrage permet de s’initier et de mieux comprendre les débats qui animent les spécialistes de la gouvernance internationale de l’environnement. Les changements climatiques sont-ils des facteurs de déclenchement de conflits armés ? La coopération multilatérale doit-elle être considérée comme un échec ? Les firmes transnationales peuvent-elles devenir les alliées des ONG ? La souveraineté nationale est-elle un obstacle à la coopération internationale dans le domaine de l’environnement ?
Résolument pédagogique, il favorise la compréhension de concepts et de réalités complexes en proposant des tableaux, des cartes, des diagrammes, des repères chronologiques, des encadrés, un lexique et des liens vers des ressources spécialisées.

. François Gemenne, L’enjeu mondial. L’environnement, Paris, Presses de Sciences Po, 2015 (à paraître en septembre).

Notre entrée dans l’Anthropocène, cette nouvelle époque géologique dans laquelle les humains seraient les principales forces de changements sur la planète, impose un profond renouvellement des sciences sociales. Face à la crise environnementale mondiale, qui ne connaît pas de frontières, la géopolitique est au premier chef concernée par cette révolution : sa gouvernance ne peut plus être pensée séparément des politiques environnementales.
Cette nouvelle édition d’Enjeu mondial rend compte de la diversité et de la pluralité des recherches en relations internationales de l’environnement dans la sphère académique francophone. Sous la direction scientifique de François Gemenne, elle associe des chercheur(e)s français(es) et étranger(e)s et aussi des contributions de philosophes, d’économistes, de sociologues et d’historiens (Bruno Latour, Brice Lalonde, Didier Bigo, Daniel Compagnon, etc.). Ensemble, ils dressent un panorama des enjeux et des problématiques soulevés par les nouvelles politiques de la Terre : le changement climatique, la biodiversité, le gaz de schiste, les migrations, l’eau ou les forêts, etc.

. Antoine Coppolani, Charles-Philippe David et Jean-François Thomas (dir.), La fabrique de la paix. Acteurs, processus, mémoire, Paris, Hermann, 2015 (à paraître en juin).

Ce livre analyse les processus de paix autour de trois questions étroitement liées. Est-il possible de dégager un schéma, un modèle ou des similitudes dans les façons de parvenir à la paix ?
A contrario, quelle typologie peut-on établir pour les échecs, les déraillements et les effondrements du processus de paix ? Enfin, la paix peut-elle être imposée ? La dimension internationale a été valorisée, tant par l’origine des auteurs que par les sujets traités dans les textes ici rassemblés. Toutefois, la « fabrique de la paix » ne se cantonne pas dans ces aspects et à ces niveaux gouvernementaux. La réflexion est ouverte au « vécu concret » comme à la question, par exemple, de la pacification des mémoires.
La comparaison des processus de paix sur des périodes très différentes est une façon de faire ressortir les continuités, mais aussi les particularités plus marquées, ce qui invite alors à rechercher des explications.
L’histoire s’ouvre ici à d’autres disciplines comme l’histoire de l’art, la sémantique, la philosophie, l’anthropologie. La paix, comme décision politique, n’est pas seulement le résultat d’un rapport de forces militaires, elle exprime une image de soi et des autres. Elle est plus que la fin de la guerre.

. Bernard Squarcini, Etienne Pellot, Renseignement français : nouveaux enjeux, éd. Ellipses, 2015.

En Syrie comme ailleurs, le renseignement sert-il, d’abord, à faire la guerre ? Les services d’écoute de la NSA américaine (National Security Agency) et les grandes oreilles françaises, menacent-elles les libertés civiles et politiques ? Les « fadettes » mettent-elles en danger la liberté de la presse ? Les attaques de Toulouse et Montauban, comme celles des « loups solitaires » de Boston, de Londres et du quartier de la Défense à Paris, pouvaient-elles être anticipées ? Liés à l’actualité politique nationale et internationale, symptomatiques de notre monde globalisé, ces diff érents dossiers ramènent tous, peu ou prou, aux services de renseignement, à leurs missions et leurs méthodes de travail. En Grande-Bretagne, et plus généralement dans le monde anglo-saxon, les espions sont considérés comme exerçant un « métier de seigneur ». Malédiction gauloise et mal français récurrent, ils sont toujours, dans notre pays, assimilés aux « barbouzes », aux coups tordus, à des « affaires » - objets de toutes les instrumentalisations politiques. Cinq ans après une réforme majeure qui a débouché sur la création de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), aux lendemains d’un rapport parlementaire important dédié à la communauté française du renseignement, il est grand temps de refaire l’état des lieux des services spéciaux. Ni réquisitoire, ni pamphlet, ni manifeste, ce livre à quatre mains est d’abord un hommage aux hommes et femmes de l’ombre. Il pointe les nouveaux enjeux du renseignement français, ouvre des perspectives et propose une Feuille de route pour la défense de la France et de ses intérêts à l’étranger.

. Jean-Luc Domenach, Mao, sa cour et ses complots. Derrière les murs rouges, Paris, Fayard, 2015 (à paraître en juin).

En 1949, après leur grande victoire militaire, les dirigeants communistes s’installent dans le palais impérial à Pékin ; ils aménagent un vaste ensemble résidentiel, bientôt entouré d’un long mur rouge. Quelques centaines de familles y habitent, protégées par des gardes surarmés. Plus le temps passe, plus elles jouissent de conditions de vie exceptionnelles : nourriture abondante, fêtes et loisirs. Pendant ce temps, le reste du pays traverse la famine, affronte les catastrophes naturelles et subit les effets d’une collectivisation inefficace.
Mao, non moins jouisseur que ses compagnons, mais redoutant un coup d’État, attaque plusieurs fois ces cadres repus avides de privilèges. En révélant l’obsession du pouvoir, la soif des plaisirs et le poids des relations personnelles, Jean-Luc Domenach bouleverse notre regard sur le totalitarisme version chinoise.
Grâce à lui, le lecteur sait désormais que le communisme a été autant un moteur qu’un masque, une manière de cacher derrière de belles idées la quête sinistre d’une domination vaine. Il découvre aussi que les protagonistes de cette terrible histoire sont les parents des dirigeants actuels. Ce passé engage donc notre avenir.
Jean-Luc Domenach est directeur de recherche à Sciences Po, où il a dirigé pendant plus de dix ans le CERI (Centre d’études et de recherches internationales). Il est l’un des meilleurs connaisseurs de la Chine, où il a vécu de nombreuses années, et l’auteur de plusieurs ouvrages, parmi lesquels Comprendre la Chine d’aujourd’hui (Perrin, 2008) et La Chine m’inquiète (Perrin, 2009).

. Nicolas Colin et Henri Verdier, L’âge de la multitude. Entreprendre et gouverner après la révolution numérique, Paris, Armand Colin, 2015.

Et si nous étions devenus, sans le savoir, les principaux acteurs de l’économie numérique ? Si nos vies, nos interactions, nos créations étaient la source déterminante de la valeur et de la croissance ?
Un monde nouveau, né de la révolution numérique, consacre le règne de milliards d’individus désormais instruits, équipés et connectés. Ensemble, ils forment une puissante multitude qui bouleverse l’ancien ordre économique et social. Loin d’être l’affaire des seules entreprises technologiques, l’économie numérique est au contraire dominée par ceux — entreprises, administrations, associations — qui ont su s’allier à cette multitude. Après la révolution numérique, l’enjeu stratégique est de susciter, de recueillir et de valoriser la créativité des individus.
Tel est le sens de cet essai, souvent radical et décapant, qui invite entrepreneurs et politiques à comprendre et à utiliser la valeur considérable créée par chacun d’entre nous.
Cette deuxième édition révisée est précédée d’une nouvelle préface.

. Maurice Vaïsse, Les relations internationales depuis 1945, Paris, Armand Colin, 2015.

Débouchant directement sur l’actualité la plus immédiate, cet ouvrage présente une synthèse globale des relations politiques internationales depuis 1945.
La fin de la Deuxième Guerre mondiale marque une césure majeure dans les rapports entre nations. Face au déclin des États européens, on assiste à l’ascension des États-Unis et de l’Union soviétique, qui visent à constituer autour d’eux des blocs homogènes. Tandis que se développe la guerre froide, les peuples colonisés s’émancipent de la tutelle de l’Europe. Il n’y a plus guère de lieu sur la planète qui ne participe peu ou prou aux relations internationales.
Des années 1960 aux années 1980, le monde bipolaire fait place à un monde multipolaire, où aux lieux traditionnels de conflits s’ajoutent de nouveaux terrains d’affrontement et de nouveaux enjeux.
Les événements révolutionnaires des années 1989- 1991 mettent un terme à la guerre froide. Dominée par l’hyperpuissance américaine, la communauté internationale est à la recherche d’un nouvel ordre mondial que le 11 septembre 2001 rend encore plus improbable.
Le début du XXIe siècle est marqué par le phénomène de la mondialisation et l’ascension des puissances émergentes, en particulier de la Chine. Loin des espoirs de paix de la décennie 1990, les défis à l’ordre international replongent le monde des années 2010 dans un cycle de tensions et de violences.

. Leyla Dakhli, Histoire du Proche-Orient contemporain, Paris, La Découverte, 2015.

Retraçant l’histoire du Proche-Orient au XXe siècle en portant le regard sur les sociétés, cette synthèse entend situer les révolutions de 2011-2012 dans une généalogie des luttes dans la région. Contre la vision d’un monde arabe secoué de guerres et de soubresauts plus ou moins irrationnels, l’auteure écrit ici l’histoire des sociétés et des changements qui les affectent de la fin de l’Empire ottoman aux États modernes, en passant par la période de domination coloniale de l’entre-deux-guerres.
Cette histoire commence par une révolution, celle menée au sein de l’Empire par les Jeunes-Turcs, et s’achève dans le cycle révolutionnaire actuel, marqué par l’expression de volontés fortes d’émancipation, mais aussi par des résistances et des violences immenses. Elle propose une chronologie de la région qui s’articule autour des moments de contestation et d’élaboration de voies nouvelles pour les sociétés et pour les États : luttes féministes, idéologies nationales ou transnationales, parcours de migrations, luttes ouvrières, mouvements de jeunesse, mouvements culturels...

. Marjorie Galy, Erwan Le Nader et Pascal Combemale, Les sciences économiques et sociales. Histoire, enseignement, concours, Paris, La Découverte, 2015.

Croissance et développement, mondialisation, politiques économiques et sociales, emploi et chômage, diversité des cultures, socialisation, inégalités, mobilité sociale, etc. : voilà cinquante ans que les sciences économiques et sociales (SES) forment les lycéens de la « série ES » du baccalauréat général à mieux appréhender le monde dans lequel ils vivent. Cette discipline scolaire originale contribue à la construction de la citoyenneté et de l’esprit critique, grâce aux apports de différentes sciences sociales, l’économie et la sociologie principalement.
Cet ouvrage explore les dimensions historique, épistémologique, didactique et pédagogique des SES, considérées comme autant de facettes solidaires du même projet. Le lecteur y trouvera de nombreux éléments sur la genèse de la discipline, ses controverses (quant aux contenus, finalités et méthodes d’enseignement, ou quant à sa place dans le système éducatif), mais aussi une pluralité de réflexions, appuyées sur des travaux d’élèves et des séquences pédagogiques d’enseignants, quant à la manière de conduire les apprentissages et de les évaluer.

. Gilles Luneau et José Bové, Hold-up à Bruxelles. Les lobbies au cœur de l’Europe, Paris, La Découverte, 2015 (à paraître en juin).

Député européen, un sport de combat ? Dans ce livre, à travers des cas concrets vécus au quotidien, José Bové livre la réalité des couloirs de Bruxelles : batailler pour l’indépendance des agences de contrôle infiltrées par les multinationales, révéler un complot de l’industrie du tabac contre la directive sanitaire en préparation, défendre les paysans face à la politique agricole commune instrumentalisée par les firmes agroalimentaires et agrochimiques, fédérer la lutte contre l’exploitation des gaz de schiste en Europe, dénoncer les accords de libre-échange… Le livre braque aussi le projecteur sur les connivences dont bénéficient, au plus haut niveau de l’organigramme administratif, les lobbyistes de l’industrie.
En s’appuyant sur des exemples précis et documentés, José Bové décrypte les mécanismes de prise de décision, les bras de fer avec la Commission européenne, les logiques des États. Et, en dévoilant le jeu européen, il nous place aussi face à nos responsabilités de citoyens.

. Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), OECD Foreign Bribery Report. An Analysis of the Crime of Bribery of Foreign Public Officials, Paris, La Documentation française, 2015.

This report endeavours to measure, and to describe, transnational corruption based on data from the 427 foreign bribery cases that have been concluded since the entry into force of the OECD Anti-Bribery Convention in 1999.

. Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), OECD Economic Surveys : India 2014, Paris, La Documentation française, 2015.

OECD’s 2014 Economic Survey of India examines recent economic developments, policies and prospects. Special chapters cover health, the manufacturing sector and economic participation of women.

. Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), Social Cohesion Policy Review of Viet Nam, Paris, La Documentation française, 2015.

This report examines the effects of recent economic growth in Viet Nam on social cohesion. It finds that recent rapid economic growth in Viet Nam has not resulted in an increase in overall inequality, but the level of inequality was already high. Growth was not particularly inclusive, benefiting most the middle class and the richest households, and favouring less households in the bottom 20th percentile. While a majority of households experienced upward income mobility, downward absolute income mobility affected one in five households. Economic growth was not particularly job rich with employment growth lagging behind economic expansion.

. Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), OECD Reviews of Innovation Policy : France 2014, Paris, La Documentation française, 2015.

This report compares the performance of the French innnovation systems with that of other countries and presents the conclusions of interviews with 30 key actors in the French research and innovation system. During the past ten years, this system has undergone profound changes, and the report highlights the governments plan to dynamise and reform the system.

. Alain Prinzhofer et Eric Deville, L’hydrogène naturel. La prochaine révolution énergétique ? Une énergie inépuisable et non polluante, Paris, Belin, 2015.

Ce livre raconte une découverte exceptionnelle, celle de la production en quantité d’hydrogène naturel par notre planète. Il y a 5 ans, les auteurs de ce livre, géologues, ont été contactés par une équipe russe qui prétendait que ce gaz s’échappait du sol un peu partout sur le continent de la Russie. Après une période de doute, les chercheurs français confirment la réalité de ces émanations. Mieux, les images par satellite leur permettent de détecter des flux abondants d’hydrogène sur tous les continents !
C’est une surprise de taille car les spécialistes ont toujours considéré que le gaz hydrogène ne pouvait pas se former dans le sous-sol.
Par rapport aux énergies fossiles (pétrole, gaz et charbon), les atouts de ce gaz naturel sont multiples : sa combustion ne libère pas de gaz carbonique un gaz à effet de serre qui contribue au réchauffement de la planète, sa production dans le sous-sol est continue alors que les réserves d’hydrocarbures s’épuisent, son exploitation ne nécessite pas de forage profond, enfin il semble produit en abondance sur tous les continents.
Comment expliquer que l’hydrogène émane du sous-sol et avec de tels flux ? Quelles seraient les conditions de son exploitation ? Le fait d’en trouver dans des quantités telles rend-il envisageable une récupération industrielle ? C’est à ces questions et bien d’autres que répond ce livre. Alors, sommes-nous à l’aube d’une nouvelle révolution énergétique ?

. Jean-Luc Racine (dir.), Asie, 2015-2016. Coll. Mondes émergents, Paris, La documentation française.

Grands acteurs : Chine, Japon, Inde, Asie du Sud-Est. Focus Thaïlande, Asie centrale. Transversales : politiques de défense. Situation économique. Chronologie.

. Delphine Hassan, Chypre, Paris, Puf, 2015 (à paraître en juin).

Le culte d’Aphrodite se répandit d’est en ouest, comme la révolution néolithique, dont Chypre fut l’un des plus anciens foyers. Ses richesses en cuivre permirent d’élaborer une industrie métallurgique importante, qui attira les plus grandes puissances : Mycéniens, Phéniciens, Assyriens... Au cœur de tous les conflits, des guerres médiques à la guerre froide, Chypre participa activement à la victoire d’Alexandre le Grand, puis passa dans l’orbite de l’Égypte de Ptolémée. Attirée par ses nombreuses ressources, Rome y apporta la paix et y développa l’architecture. À l’orée du christianisme, l’Église de Chypre, apostolique, devient autocéphale. Sa vitalité est fondamentale, malgré les raids arabes et la domination franque. Lieu de passage des Croisades, de Richard Cœur de Lion à Frédéric II ou saint Louis, Chypre fut le refuge des derniers chrétiens d’Orient et connut son apogée. Le dernier roi Lusignan la transmit à Venise, qui dut ensuite la céder aux Ottomans. Entre hellénisme et islam, deux communautés se développent. Protectorat puis colonie britannique, Chypre devient indépendante en 1960. La complexité géopolitique de sa situation aboutit à la partition de l’île depuis 1974.

. Mathieu Guidère, Terreur – La nouvelle ère. Des Twin Towers à Charlie, Paris, Autrement, 2015.

Janvier 2015. Le monde entier assiste avec sidération aux attentats de Paris. Près de quinze ans après le 11 septembre, les modes d’action du terrorisme et ses acteurs ont beaucoup évolué et la radicalisation gagne les jeunes Occidentaux.
Qui sont les nouveaux commanditaires ? Quelles sont leurs stratégies de recrutement ? Quelles solutions s’offrent à nous pour lutter contre cette radicalisation ? Spécialiste de l’islamisme radical et du terrorisme, Mathieu Guidère mène l’enquête et propose un état des lieux depuis la disparition de Ben Laden en 2011. D’Al-Qaida à Boko Haram, en passant par les loups solitaires, les cellules dormantes et les programmes de déradicalisation, l’ouvrage donne des clés de compréhension pour envisager l’avenir avec lucidité et intelligence.

. Anne Le Fur, Pratiques de la cartographie, Paris, Armand Colin, 2015 (2e édition).

Si les productions cartographiques ont considérablement évolué avec les nouvelles technologies de l’information et de la communication, la construction d’une carte se fait toujours avec un même langage, fondé sur la perception visuelle. Cet ouvrage, indispensable aux étudiants, vient faire le point sur ces pratiques, en quatre temps :
– l’analyse des paramètres mis en œuvre pour réaliser une carte, dans une recherche permanente d’efficacité graphique.
– le rappel des fondements de la cartographie pour montrer la spécificité du langage cartographique.
– la restitution précise des étapes de la construction d’une carte, en illustrant les procédures.
– la présentation d’une sélection des logiciels de cartographie et des outils informatiques disponibles.

. Sandrine Feydel et Christophe Bonneuil, Prédation. Nature, le nouvel eldorado de la finance, Paris, La Découverte, 2015 (à paraître en mai).

La protection de l’environnement devient un marché particulièrement juteux. On connaît déjà le business du développement durable et de la croissance verte. Un pas supplémentaire est toutefois en passe d’être franchi : désormais, les terres, les forêts, les animaux et les végétaux sont transformés en produits bancaires et financiers. De fait, selon le vieil adage « tout ce qui est rare est cher », les espèces vivantes en voie de disparition, les terres et les écosystèmes menacés prennent de la valeur. La nature devient alors un capital sur lequel il est possible de spéculer.

Cette enquête raconte l’histoire de la mainmise économique et bancaire sur les ressources vivantes à l’échelle planétaire, une véritable entreprise de prédation. Elle révèle que des banques et des fonds d’investissement achètent aujourd’hui d’immenses zones naturelles riches en espèces animales et végétales en danger, partout dans le monde, pour les échanger sur des marchés. Elle dévoile également le rôle crucial des lobbies, qui s’activent auprès des institutions européennes et internationales pour favoriser le développement de cette branche financière du green business.
Sandrine Feydel et Christophe Bonneuil nous conduisent en Ouganda, au Brésil, en Amazonie, aux États-Unis et en Malaisie, où des bio-banques « protègent » désormais des écosystèmes en danger. Ils décrivent les dangers auxquels se trouvent alors exposés les populations locales et leur environnement naturel. Ils montrent enfin que ce sont souvent les entreprises les plus destructrices de l’environnement, comme les industries minières et pétrolières, qui s’intéressent à ces marchés, et que les institutions financières responsables de la crise des subprimes en 2008 n’en ont décidément tiré aucune leçon et nous préparent un « krach vert »…

. Philippe Charlez et Pascal Baylocq, The Shale Oil and Gas Debate, Paris, Technip, 2015.

In the space of six years, the United States have reduced their dependence on oil by a third and have become almost self-sufficient in terms of gas supply. This “shale oil and gas revolution”, a sudden and unexpected earthquake in the energy world, enabled the US to become one of the most competitive countries in the world. Exporting this revolution could double the world gas reserves and boost those of oil by 20%. Outside North America, the main reservoirs are thought to be in China, Russia and Argentina.
In the medium term, this new state of affairs will have major geopolitical consequences, fundamentally altering oil, gas and coal imports. While US imports from the Persian Gulf rapidly dwindle, those of China and India will significantly increase and as the United States becomes a gas exporter, Russia will have to find alternative markets. Although it is not ranked in the “top 10”, Europe is thought to have vast resources. Yet for the realization of a major European project, a number of geological (are European source rocks as high quality as their US counterparts ?), economic (will Europe be able to develop its resources at an acceptable cost ?) and societal barriers will have to be overcome. On a densely-populated, urban continent, hydraulic fracturing, water supply, microseisms and surface impact represent a battery of “threats” for the stakeholders. Changing this perception will require both pedagogy and transparency regarding the local communities. This has to be a win/win situation and not a case of give and take.
In this work, written in the form of 20 questions for non-specialists, Philippe Charlez and Pascal Baylocq give you the answers to “everything you always wanted to know about shale oil and gas but never dared to ask".

. Alexandra Laignel-Lavastine, La pensée égarée. Islamisme, populisme, antisémitisme : essai sur les penchants suicidaires de l’Europe, Paris, Grasset, 2015.

Par quel chemin de capitulation en est-on arrivé aux sanglantes journées de Janvier-2015 ? Pour comprendre l’égarement de notre début de siècle, cet essai vigoureux explore plus d’une décennie de « trahison des clercs ». Celle d’ intellectuels passés maîtres dans l’art de s’aveugler par incapacité à admettre que le Mal puisse parfois surgir du camp du camp des anciens damnés de la terre- réputé être celui du Bien.
Entre illusions politiquement correctes et tentations politiquement abjectes, nous faisons le lit d’une Europe d’extrême droite.
Bien-pensants et mal-pensants, qui s’imaginent croiser le fer, ne voient-ils pas qu’ils ne cessent de faire monter ensemble les deux plus grands périls de l’époque : le national-populisme d’un côté, l’islamisme de l’autre ?
Deux mondes en crise se retrouvent aux prises sur le Vieux Continent : l’européen, désemparé par son basculement dans la mondialisation et le musulman, hanté par sa grandeur perdue. Là réside l’explosive nouveauté de notre temps.

. Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), OECD Economic Surveys : Portugal 2014, Paris, La Documentation française, 2015.

OECD’s 2014 Economic Survey of Portugal examines recent economic developments, policies and prospects. Special chapters cover boosting export performance and reducing inequality and poverty.

. Jean-Luc Feugier, Marie-Hélène Pradines et Maros Sefcovic, La fonction publique européenne en perspective, Paris, La Documentation française, 2015.

Les deux réformes importantes du statut du fonctionnaire de 2004 et de 2013 ont permis à la fonction publique européenne de connaître des évolutions majeures. L’objectif étant de développer de véritables politiques de ressources humaines dans un contexte de forte contrainte budgétaire, un défi de taille si l’on considère la grande diversité des institutions que cette fonction publique doit servir. Ce nouveau titre de la collection « Réflexe Europe » répondra aux attentes d’un public attentif aux évolutions de l’Union européenne et de son administration.

. Ariette Delamarre, Claude Lacour et Muriel Thoin, 50 ans d’aménagement du territoire, Paris, La Documentation française, 2015.

Un ouvrage de synthèse très clair et très complet, qui retrace cinq décennies d’aménagement du territoire et esquisse les pistes de développements pour le XXIe siècle.

Des métropoles d’équilibre aux aides dédiées aux territoires ruraux, des politiques en faveur territoires de montagne à l’aménagement des littoraux, des schémas de transport au développement des infrastructures numériques…, cet ouvrage de synthèse retrace les grandes étapes de la politique d’aménagement du territoire sur ces cinq dernières décennies. Incluant notamment des repères chronologiques et des cartes, il permet d’acquérir les connaissances de base en ce domaine porté au départ par un acteur prépondérant –l’Etat- puis partagé avec les collectivités locales et l’Europe.

. Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), Towards green growth in southeast Asia, Paris, La Documentation française, 2015.

Carried out in consultation with officials and researchers from across the region, Towards Green Growth in Southeast Asia provides a framework for regional leaders to design their own solutions to move their countries towards green growth. Some key policy recommendations are : scaling up existing attempts to strengthen governance and reform countries’ economic structure ; mainstreaming green growth into national development plans and government processes ; accounting for the essential ecosystem services provided by natural capital, ending open-access natural resource exploitation ; and guiding the sustainable growth of cities to ensure well-being and prosperity.

. Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), Energy, Climate Change and Environment. 2014 Insights, Paris, La Documentation française, 2015.

How can we accelerate the transition from (i.e. "unlock") existing high-emissions infrastructure ? What are the best ways to design cost-effective emissions trading systems that fit with national circumstances ? What are some alternative energy-specific metrics that support near-term emissions reductions and long-term decarbonisation of the energy sector ?
And, in the special focus of this report, can curbing local air pollution help reconcile energy priorities with environmental sustainability, including greenhouse gas mitigation ? Addressing these questions will help inform decisions that can boost decarbonisation of the energy sector while taking into account security and economic objectives.
This report also features an update of key energy and emissions statistics for ten world regions that should interest energy practitioners and climate policy makers alike.

. Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), The Competitiveness of Global Port-Cities, Paris, La Documentation française, 2015.

Ports and cities are historically strongly linked, but the link between port and city growth has become weaker. Economic benefits often spill over to other regions, whereas negative impacts are localised in the port-city. How can ports regain their role as drivers of urban economic growth and how can negative port impacts be mitigated ? Those are the questions that this report aims to answer.

. Emilija Pundziute-Gallois, Diplomatie de l’arrogance. Le cas de la Russie dans les pays baltes, Paris, L’Harmattan, 2015.

Pour expliquer certains problèmes de relations internationales, il est utile d’étudier la diplomatie en tant que phénomène social. Ce travail définit et décrit la diplomatie de l’arrogance en étudiant le cas des relations entre la Russie et les pays baltes. Elle se manifeste dans un contexte d’inégalité objective entre les États, renforcé par la certitude subjective de la supériorité du sien. Elle se manifeste alors par un agenda et des thèmes diplomatiques imposés par la partie forte, pour démontrer sa puissance et se construire une image valorisante au détriment de l’autre.

. Rodrigue Abi Khalil, Mondialisation et gouvernance mondiale : quelles perspectives ?, Paris, L’Harmattan, 2015.

Droit international... droit mondial ? Un droit qui mette en réseau des Etats dont les conceptions juridiques divergent, s’opposent, se confrontent, ou bien un droit harmonisé par la voix concertée des nations et de leurs peuples différenciés ? Une éthique mondiale du droit pourrait-elle estomper et réduire la cacophonie des intérêts particuliers ?

. Bruno Muxagato, Politique étrangère du Brésil au XXIe siècle, L’action autonomiste et universaliste d’une puissance mondialisée, Paris, L’Harmattan, 2015.

Lors de la dernière décennie, le Brésil a opéré une projection internationale sans précédent dans l’histoire du pays, essentiellement grâce à l’action diplomatique volontariste du président Lula. La politique extérieure brésilienne a combiné les relations Sud-Nord et Sud-Sud, dans le but d’affirmer le pays en tant qu’acteur global. L’auteur se propose ici d’explorer la question centrale de l’insertion du géant sud-américain dans le jeu mondial.

. Olivier Marty et Pascal Courtade, Les questions internationales en 11 leçons, Paris, Ellipses, 2015.

Directement issu d’un enseignement dispensé de 2012 à 2014 en Master à l’Institut d’études politiques de Paris, Les questions internationales en onze leçons éveillent et confortent les connaissances d’étudiants intéressés par cette matière composite mêlant histoire, droit et science politique.
Ce manuel couvre les grandes thématiques (droit international, gouvernance mondiale, sécurité, biens publics mondiaux, prolifération) et régions (Moyen-Orient, Asie, Amériques, Afrique, Russie, Chine) en suivant le programme de l’épreuve de l’ENA.
Il constitue ainsi une solide préparation aux concours administratifs.
Chacune des onze leçons dévoile deux dissertations complétées par cinq plans détaillés, permettant au lecteur de se familiariser avec près de 80 sujets mis à jour. Des conseils méthodologiques et une présentation actualisée de la diplomatie française jalonnent également l’ouvrage.

. Cyrille P. Coutansais, L’empire des mers. Atlas historique de la France maritime, Paris, CNRS Editions, 2015 (à paraître fin mai).

« Dieu a donné à la France l’empire des mers » : Richelieu fondait cette conviction sur un royaume ouvert sur trois mers — Manche, Méditerranée et mer du Nord —, un océan — l’Atlantique — et des peuples marins aussi audacieux qu’expérimentés — Bretons, Normands, Basques ou Provençaux.
Comment expliquer alors que notre pays, aussi richement pourvu d’atouts, n’ait saisi qu’en partie le destin maritime qui s’offrait à lui ? L’aventure du grand large a longtemps été en butte à la préférence continentale : les Normands sillonnaient les côtes du Brésil quand les guerres d’Italie occupaient nos souverains, Louis XIV laissa passer sa chance de maîtriser les mers pour mieux se consacrer à sa gloire terrestre et Louis XV négligea un empire sur lequel le soleil ne se couchait jamais. Napoléon III relança certes une ambition maritime mais la perte de l’Alsace-Lorraine conduisit la France à se tourner de nouveau vers le continent.
De Philippe Auguste à Charles de Gaulle, des tentatives d’implantation en Floride à la conquête de la Louisiane, du premier arsenal de Rouen à Port 2000 au Havre, de la bataille de l’Écluse à celle de Guetaria, des Bretons sillonnant le Pacifique aux porte-conteneurs de la CMA-CGM, des premiers bâtiments à vapeur aux sous-marins nucléaires, cet atlas déploie la grande épopée de la France des mers et de ses marins.
Un livre richement illustré pour revisiter un passé glorieux et découvrir les nouveaux atouts d’une nation.


Le livre géopolitique recommandé par le Diploweb.com en mars 2015

. Mathieu Guidère, Etat du monde arabe, éd. de boeck, 2015

Pierre Verluise, Directeur du Diploweb.com : "Voici une très utile synthèse de la situation dans les pays du monde arabe après les changements induits par les révolutions. L’auteur fait le point de manière méthodique, par sous ensembles régionaux. Une oeuvre pédagogique qui sera appréciée par tous ceux qui cherchent à comprendre et nuancer leurs propos."

4e de couverture

Dresser l’état du monde arabe, un pari audacieux étant donné les évènements et la complexité des situations locales : déploiement du groupe Daech, attentats de Paris et de Copenhague en 2015... Avec un focus sur "l’état des forces islamistes". Voir sur le site de l’éditeur


. Marc Belissa et Marc Deleplace (dir.), Réussir le CAPES d’histoire-géographie, Paris, Ellipses, 2015.

Le guide complet pour réussir son CAPES : les différentes épreuves, des conseils, un planning de travail et plus de 10 sujets corrigés pour préparer l’écrit et l’oral.

. Pascal Gauchon et Jean-Marc Huissoud, Les 100 lieux de la géopolitique, Paris, Puf, 2015.

Il est des lieux d’où rayonne la puissance ils procurent aux souverains qui s’y succèdent cadre monumental et légitimité. Il en est d’autres, fréquentés par les marchands, les militaires et les brigands, où s’entrecroisent les routes du monde. Et d’autres, chargés d’histoire et de passion, pour lesquels les peuples sont prêts à se battre.
La géopolitique ne s’écrit pas seulement avec des mots, mais avec des lieux. De New York à La Mecque, de Suez à Malacca, du Pays basque au Chiapas, de l’Afrique à l’Europe et de l’Antarctique au Sinaï, 100 lieux sont présentés avec les enjeux qu’ils incarnent. Ils constituent le meilleur moyen pour pénétrer dans la géopolitique du monde actuel.

. Réjane Sénac, L’égalité sous conditions. Genre, parité, diversité, Paris, Presses de Sciences Po, 2015 (à paraître en mai).
Que disent les usages contemporains de la parité et de la diversité, ainsi que les controverses sur la prétendue théorie du genre, du principe d’égalité à la française ? En quoi permettent-ils de comprendre la persistance des inégalités sociales et économiques malgré l’égalité proclamée dans le droit ?
L’analyse croisée de rapports, de discours, de données quantitatives et d’enquêtes qualitatives montre qu’en transformant les facteurs d’exclusion puis de discrimination en facteurs d’inclusion, la promotion de la parité et de la diversité porte une égalité sous conditions de performance de la différence.
Les politiques d’inclusion au nom de la richesse des différences ne remettent en effet pas en cause le rôle central que joue la complémentarité sexuée et racialisée dans l’ordre politique. Elles l’utilisent au contraire comme une justification et une condition. En se réappropriant les approches critiques, en particulier féministes et postcoloniales, ces politiques contribuent au tournant néolibéral, allant jusqu’à marchandiser le principe d’égalité.
Afin que l’égalité retrouve une épaisseur politique, n’est-il pas temps de dénoncer cette ruse de la raison néolibérale qui consiste à la paralyser, voire à l’empoisonner, en l’exaltant ?

. Thomas Boccon-Gibod et Caterina Gabrielli (dir.), Normes, institutions et régulation publique, Paris, Hermann, 2015 (à paraître en mai).

Très présente dans le débat politique depuis le début de la crise financière, la notion de régulation demande à être éclaircie. Issue des sciences de la vie et des systèmes mécaniques, son application au droit et à la société est loin d’aller de soi. Qu’est-ce au juste qui devrait être régulé, par qui, et comment ? La diversité des dimensions du problème et la polysémie de la notion demandent un éclairage pluridisciplinaire, de la philosophie au droit public en passant par la sociologie politique. Mais, au-delà même de l’aspect de la question, ses enjeux sont bien d’ordre politique, et invitent à élucider les normes et les institutions qui organisent la vie commune. Comment les normes sociales se traduisent-elles dans les institutions gouvernementales ? Et par là, quelle forme peut encore prendre la démocratie dans l’idéal d’un tel gouvernement automatique de la société par elle-même ?

. Caroline Fourest, Eloge du blasphème, Paris, Grasset, 2015.

Après l’immense émotion qui a suivi l’attentat contre Charlie Hebdo, Caroline Fourest revient sur ces voix qui, au nom de la « responsabilité », de la peur d’ « offenser » ou du soupçon d’ « islamophobie », n’ont pas voulu « être Charlie ».
Dans cet essai pédagogique sans concessions, elle recadre les débats sur la liberté d’expression et alerte sur les dangers d’une mondialisation de l’intimidation. Elle clarifie la ligne de fracture entre laïcité à la française et relativisme anglo-saxon. Entre droit au blasphème et incitation à la haine. Entre Charlie et Dieudonné. Entre rire du terrorisme, et rire avec les terroristes.

. Raphaëlle Bacqué, Richie, Paris, Grasset, 2015.

Richie. C’est ainsi que ses étudiants le surnommaient, scandant ce prénom, brandissant sa photo, comme s’il s’agissait d’une rock star ou d’un gourou. Le soir de sa mort énigmatique dans un hôtel de New-York, une foule de jeunes gens se retrouva, une bougie à la main, devant le temple de la nomenklatura française, Sciences Po. Quelques jours plus tard, le visage mélancolique de Richard Descoings couvrait la façade de l’église Saint-Sulpice. Sur le parvis, politiques, grands patrons et professeurs défilèrent silencieusement, comme si l’on enterrait un roi secret. Au premier rang, l’épouse et le compagnon pleurèrent ensemble sa disparition.
Après des années d’enquête, Raphaëlle Bacqué nous livre ce destin balzacien : l’ascension vertigineuse au cœur de la vie politique française d’un fils de bonne famille, amateur de transgression. Un de ces hommes qui traversent leur temps et le transforment. Il a fait de Sciences Po le vivier de tous les pouvoirs. Distribuant à l’élite des cours rémunérés, faisant de son conseil d’administration une pièce maîtresse de l’échiquier politique, le Tout Paris l’adorait. Mais il a aussi ouvert les amphithéâtres aux élèves des banlieues. Envoyé ses étudiants dans les universités les plus prestigieuses du monde. Changé la vie de milliers de jeunes gens. Tout juste s’interrogeait-on sur ce directeur homosexuel, pourtant marié à une femme dont il avait fait sa principale adjointe.
Monarque éclairé mais omnipotent, encensé par les médias puis brûlé avec le même entrain, personne ne l’a percé à jour. Raphaëlle Bacqué nous entraîne aujourd’hui sur ses pas ; dans les boîtes du Marais, les cabinets ministériels de la gauche et les salons sarkozystes, dans les soirées étudiantes déjantées, les bureaux du conseil d’Etat, les couloirs de la Cour des comptes et les plus grandes universités du monde.

. Cyrille Chevrillon, Les 100 000 familles. Plaidoyer pour l’entreprise familiale, Paris, Grasset, 2015.

Le mythe des « 200 familles » qui s’enrichiraient sur le dos de la collectivité a fait beaucoup de mal à la France. Ce sont aujourd’hui 100.000 familles qui possèdent plus de 80% des entreprises hexagonales et produisent 60% de la richesse nationale.
Vision de long terme, solidarité, pérennité du projet, proximité avec le tissu économique local, plus grande liberté vis-à-vis des marchés financiers, relations sociales plus harmonieuses, souplesse d’adaptation, rapidité de décision et de mouvement, diversité du recrutement et patriotisme : autant d’atouts par rapport aux entreprises cotées en bourse, détenues par des actionnaires professionnels (fonds d’investissements ou autres) qui se retrouvent sous la pression constante de leurs actionnaires avides de dividendes à court-terme.
L’ignorance et le mépris dans lesquels sont tenues les entreprises familiales en France vont de pair avec l’hypertrophie des grandes entreprises et des services de l’Etat. Conséquences : le déclin de notre industrie et des créations d’emplois, ainsi que l’impuissance à remonter dans le train de la croissance.
En puisant dans son itinéraire personnel ainsi que dans l’observation d’autres entreprises familiales, en France, en Italie ou en Allemagne, l’auteur démontre ici la pertinence de ce modèle pour dynamiser le rebond économique de notre pays.
Préface de Michel Barnier, ancien Ministre et Vice-président de la Commission Européenne (2010-2014)

. Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), Open Government in Latin America, Paris, La Documentation française, 2015.

Latin American governments have embarked upon substantial open government reforms in recent years. Working with the Open Government Partnership (OGP), progress has been made. The OECD - as an official multilateral partner organisation of the OGP - has conducted a regional stocktaking exercise of open government strategies and practices. Its main findings are reflected in this report, allowing Latin American countries to compare and benchmark against good international practice.

. Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), Reviews of Innovation Policy : France 2014, Paris, La Documentation française, 2015.

This report compares the performance of the French innnovation systems with that of other countries and presents the conclusions of interviews with 30 key actors in the French research and innovation system. During the past ten years, this system has undergone profound changes, and the report highlights the governments plan to dynamise and reform the system.

. Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), Women in Business 2014. Accelerating Entrepreneurship in the Middle East and North Africa Region, Paris, La Documentation française, 2015.

Women in Business 2014 summarises the progress made by the OECD-MENA Women Business Forum (WBF) since the publication of its first report in 2012. In 2012, five groups of actions had been identified as priorities to be carried out by governments, international stakeholders, financial and business support organisations, as well as statistical agencies. In two years, the WBF has developed inputs for three of these areas of priority actions. The WBF’s contributions are growing along with its increased recognition as a hub which spurs concrete improvements in the business climate for women entrepreneurs in the MENA region.

. Pierre Sadran, La République territoriale. La singularité française en question, Paris, La Documentation française, 2015.

Affirmation des métropoles, nouveau découpage régional, rationalisation de l’organisation et des compétences… Les collectivités territoriales en France connaissent depuis 2014 d’importants bouleversements. Ceux-ci s’inscrivent dans la longue histoire des relations de l’État à ses territoires, que le seul terme de « décentralisation » ne suffit pas définir. Concilier attachement à l’unité de la République et reconnaissance de la diversité des territoires caractérise cette singulière République territoriale. Cette synthèse historique, politique et juridique s’emploie à dégager ses tensions, ses lignes de force et ses fragiles équilibres.

. Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), Comment va la vie dans votre région ? Mesurer le bien-être régional et local pour les politiques publiques, Paris, La Découverte, 2015.

Ce rapport dresse un tableau complet du bien-être dans 362 régions de l’OCDE à travers un examen des aspects les plus importants qui déterminent la vie des personnes : l’emploi, le revenu, le logement, la santé, l’accès aux services, l’environnement, la sécurité et l’engagement civique. Le rapport souligne que les disparités en matière de conditions matérielles et de qualité de vie sont souvent plus importantes entre régions d’un même pays qu’entre pays différents. Alors qu’en moyenne les gens sont plus riches, vivent plus longtemps et bénéficient d’une meilleure qualité de l’air qu’il y a quinze ans, de nombreux pays de l’OCDE ont vu s’accentuer l’écart entre leurs régions les plus performantes et les moins performantes.

. Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), Women in Public Life. Gender, Law and Policy in the Middle East and North Africa, Paris, La Documentation française, 2015.

The report undertakes an analysis of the existing legal barriers for gender equality in public life, including with regard to political and economic rights, freedom of movement, labour law, family law, access to justice and gender-based violence and provides focused policy-recommendations to close legal and institutional gaps. The report has been prepared by the OECD, in partnership with Centre for Arab Women Training and Research (CAWTAR) and with the support of the Arab Administrative Development Organisation (ARADO) and covers the following countries : Algeria, Egypt, Morocco, the Palestinian Authority, Jordan, Lebanon, Tunisia, the United Arab Emirates and Yemen.

. Camiliar Strandsbjerg, Religion et transformations politique au Bénin. Les spectres du pouvoir, Paris, Karthala, 2015 (à paraître en mai).

Au Bénin, en 1990, l’instauration d’un système politique démocratique correspond au retour du religieux dans l’espace politique. Comme dans de nombreux pays africains, on assiste plus particulièrement à une montée en puissance du mouvement néo-pentecôtiste, notamment dans les sphères étatiques. Si le lien entre pouvoir politique et religion a longtemps été considéré comme une particularité africaine, l’émergence pentecôtiste ne constitue en rien un phénomène spécifiquement africain, mais s’inscrit dans des transformations globales de l’ère néolibérale.
En partant du cas béninois et d’une analyse des discours politiques – principalement ceux de l’ex-président Mathieu Kérékou qui se distingue, entre autres, par le fait d’avoir été à la tête d’un régime militaro-marxiste (1972-1989) puis d’un système démocratique (2001-2006) –, Camilla Strandsbjerg s’interroge sur la manière dont les références et idées religieuses participent à la construction de nouvelles catégories politiques et au façonnement idéologique du pouvoir.
Basée principalement sur des matériaux issus d’une enquête ethnographique, mais aussi sur des sources écrites et audiovisuelles, cette analyse accorde un intérêt particulier aux dynamiques reliant les discours politiques officiels et les interprétations populaires. Cette approche historique et anthropologique permet de comprendre les transformations politico-religieuses actuelles dans une perspective de longue durée, en mettant l’accent sur la complexité des rapports entre pouvoir politique et fait religieux.

. Nancy Thede (dir.), Hybridité politique et résistances dans les pays du Sud. Trajectoires inattendues de la démocratie locale, Paris, Karthala, 2015 (à paraître en mai).

La vague de démocratisation qui a déferlé sur de nombreux pays du Sud depuis les années 1990 a apporté son lot de surprises. La démocratie locale – participative dans beaucoup de cas – s’est révélée bien plus complexe que prévu. En effet, il s’agit le plus souvent de fusions inédites entre des institutions de la démocratie libérale et des processus politiques plus anciens, généralement qualifiés de « traditionnels ». Si ces formes politiques hybrides donnent lieu à des innovations démocratiques, ces dernières n’épousent pas forcément les contours de la démocratie libérale.
Cet ouvrage propose une conversation à plusieurs niveaux autour du concept d’hybridité politique : conversation entre le local et le national d’abord, entre l’Afrique et l’Amérique latine ensuite, et enfin entre l’anthropologie et la science politique. Un autre apport de ce livre est de croiser les corpus analytiques anglophones et francophones (et, dans une moindre mesure, hispanophones), et également de faire résonner théorie et études de terrain.
L’un des objectifs est de réfléchir à la systématisation d’un concept encore sous-théorisé : l’hybridité politique – et pourtant essentiel pour saisir les multiples résultats inattendus de la troisième vague de démocratisation. Les études de cas mettent en dialogue, et parfois en débat, des processus en cours dans les pays andins – Bolivie, Équateur, Pérou – et en Afrique de l’Ouest – Sénégal, Bénin, Mali. Ce nouveau regard fait émerger des réflexions interpellant les certitudes simplificatrices sur la nature de la démocratie et de la participation politique.

. Matthieu Ansaloni, Le tournant environnemental de la politique agricole commune. Débats et coalitions en France, en Hongrie et au Royaume-Uni, Paris, L’Harmattan, 2015.

Après avoir retracé, à l’échelle européenne, la définition des mesures agro-environnementales, l’auteur compare les politiques agro-environnementales menées dans différent pays d’Europe. L’analyse suggérée repose sur une vaste enquête empirique, conjuguant les méthodes sociologiques et ethnographique. Cet ouvrage propose une lecture originale d’une politique européenne : il considère ses changements aux échelles européenne, nationale et régionale et les analyse à travers l’examen des débats publics qui les ont générés.

. Cosimo Lacirignola (dir.), Terre et mer : ressources vitales pour la Méditerranée, Paris, L’Harmattan, 2015.

L’année 2015 marque le 20è anniversaire de la Déclaration de Barcelone qui avait donné naissance au partenariat euro-méditerranéen. L’accès aux ressources naturelles et à l’alimentation demeure aujourd’hui au cœur des débats. Cet ouvrage centré sur l’espace méditerranéen se propose d’analyser le potentiel socio-économique des secteurs agricoles et halieutiques et questionne nos habitudes alimentaires et notre responsabilité sociale et environnementale face aux ressources vitales que sont la terre et la mer. (Des articles en français et en anglais).

. Claude Devès (dir.), Vivre et travailler dans les espaces à faible densité. Quelles stratégies de développement ?, Paris, L’Harmattan, 2015.

Au moment où le fait métropolitain semble concentrer toute l’attention des pouvoirs publics, il est utile de faire le point sur l’avenir des territoires "interstitiels", ruraux pour la plupart. En effet, l’actuelle réforme territoriale oriente vers une réorganisation des territoires autour d’une métropole ou d’une ville-région, mais pose en même temps la question du devenir de ces espaces : seront-ils aspirés par le fait métropolitain et pourront-ils en bénéficier ou sont-ils condamnés à un lent et inexorable dépérissement ?

. Pierre Verborg, Envoyez les hélicos ! Carnets de guerre. Côte d’Ivoire. Libye. Mali. Ed. du Rocher, 2015.

Des nuits de combats redoutables vont suivre. Au coeur des équipages de l’aviation légère de l’armée de Terre (ALAT), au coeur de l’action, les hommes et les femmes du groupement aéromobile (GAM) s’engagent derrière leur « patron », le lieutenant-colonel Pierre Verborg, chef charismatique, audacieux, atypique et résolument novateur. Avec une conscience aiguë du danger et la connaissance du risque permanent de la mort, ils embarquent sur le bâtiment de projection et de commandement Tonnerre. Nuit après nuit, en mode « hibou », l’engagement est total, les combats d’une haute intensité, les hommes prêts à tout pour réussir des missions aux limites du possible. Réflexion, capacité d’analyse de l’adversaire, maîtrise tactique et technique, faculté d’adaptation, solutions originales et efficaces, tout est réuni pour une réussite collective, dans une dynamique de victoire. L’ALAT, arme singulière et redoutable, par ses succès opérationnels, s’impose comme une arme de contact de portée stratégique. Dénominateur commun entre Terre, Air et Mer, elle peut, par sa mobilité et ses capacités d’action, emporter la décision sur des terrains d’opération improbables. Un récit haletant et poignant, dans un style alerte et efficace, un plongeon dans l’action avec des Hommes d’exception pour des missions d’exception. Un exemple pour tous. Un livre essentiel.

Le Colonel Pierre Verborg est officier de carrière dans l’aviation légère de l’Armée de terre et totalise plus de 3 300 heures de vol. Il a participé à de très nombreuses opérations en métropole et à l’étranger et a commandé le bataillon d’hélicoptères de manoeuvre et d’assaut du 5e régiment d’hélicoptères de combat.

. Jean-Luc Feugier et Marie-Helène Pradines, La fonction publique européenne en perspective, coll. Réflexeeurope, Paris, La documentation française, 2015.

Ce nouveau titre de la collection aborde la fonction publique européenne sous un angle original, à mi-chemin entre un manuel de droit et une présentation de la politique des institutions européennes en matière de ressources humaines. Dans le contexte de la récente réforme du statut de la fonction publique européenne, ce document met utilement en lumière l’organisation de l’administration européenne, afin de servir de guide aux personnes qui souhaitent y faire carrière. En effet, les métiers de la fonction publique européenne sont d’une grande diversité et ils attirent de nombreux candidats car les missions proposées y sont valorisantes, les salaires attractifs et les carrières évolutives.

. Bénédicte Laumond, Police et surveillance de l’extrême-droite en Allemagne, Paris, L’Harmattan, 2015.

Cet ouvrage permet au lecteur de découvrir comment notre voisin allemand organise la surveillance et la répression policière de l’extrémisme de droite. L’auteure commence par dresser un panorama de l’extrême-droite allemande contemporaine, avant de consacrer une large place à l’analyse critique du fonctionnement des institutions de sécurité en charge de lutter contre l’extrémisme de droite. Elle s’appuie sur une recherche de terrain menée entre Berlin, la Saxe, le Brandebourg et la ville de Dortmund.

. Gérard Piouffre, Un crime de guerre en 1915 ? Le torpillage du Lusitania, Paris, Vendémiaire, 2015.

7 mai 1915, 14 h 25 : le Lusitania sombre dans les eaux froides de l’Atlantique, au large de l’Irlande. Une torpille lancée par un sous-marin allemand vient de le frapper à tribord, entraînant la mort de plus de la moitié des 2 165 civils américains et britanniques présents à bord.
Six jours plus tôt, lorsque le luxueux paquebot de la Cunard Line quittait le port de New York pour Liverpool, tous, passagers et membres d’équipage, se sentaient pourtant bien loin du conflit qui sévissait en Europe. Immédiatement après le drame, l’opinion publique américaine se déchaîne, dénonçant un « assassinat de masse » froidement orchestré par le Kaiser et le gouvernement allemand à l’encontre d’un pays neutre. Mais n’avait-on pas averti le commandant que tout navire circulant dans les eaux territoriales britanniques risquait d’être détruit ? Et celui-ci n’était-il pas au courant qu’une cargaison d’explosifs et de munitions illégale avait été chargée dans les cales ?
Un siècle après ce terrible naufrage, les historiens n’ont pas fini de s’interroger sur les mystères du Lusitania.
Retraçant la traversée du grand paquebot, les procès qui suivirent la catastrophe et les débats qu’elle souleva, l’auteur revient sur un événement qui infléchit de façon décisive le cours de la Grande Guerre ; deux ans plus tard, les États-Unis entraient dans le conflit.

. Alain Messager, Le sabre et la poussière. Essais sur le postmodernisme et la guerre, Paris, L’Harmattan, 2015.

Un quart de siècle après la chute de l’empire soviétique, alors que les effectifs et budgets militaires ont considérablement décru, l’armée française n’a eu de cesse de s’engager dans de nouveaux conflits. Comment le soldat peut-il trouver ses repères si l’on proclame la paix perpétuelle tout en lui demandant de faire la guerre ? Comment l’engagement collectif peut-il faire sens dans une société qui place l’individu au-dessus de tout ? Que valent la vie et la mort si l’économie règne sans partage ?

. Barthélémy Courmont, Le Japon de Hiroshima. L’abîme et la résilience, Paris, Vendémiaire, 2015 (à paraître en mai).

Le 6 août 1945, un bombardier américain largue sur Hiroshima la première bombe atomique de l’histoire, qui fait immédiatement plusieurs dizaines de milliers de morts, plusieurs centaines de milliers dans les semaines qui suivent. Soixante-dix ans après, les polémiques n’ont pas cessé. Opération indispensable pour amener à la reddition un adversaire déterminé à se battre jusqu’au bout ? Ou crime de guerre sans précédent ? Ultime étape du conflit, ou avertissement lancé à Staline par Truman dans la perspective de la guerre froide ?
Au-delà de ces polémiques, et de l’horreur, ce qui n’a jamais été traité en français, c’est la façon dont les Japonais ont vécu, écrit, filmé Hiroshima, comment ils se sont approprié cette catastrophe. Comment cette destruction sans équivalent a pu devenir pour eux le ciment d’une nouvelle cohésion culturelle et sociale. Comment, du fond de l’abîme, les générations suivantes ont accédé à la résilience.

. Mamadou Bamba, Les menaces émergentes à la paix et à la sécurité en Afrique de l’ouest et du centre : de 1990 à nos jours, Paris, L’Harmattan, 2015.

Cet ouvrage apporte des éléments de réponse aux questions que soulève la problématique de la paix et de la sécurité dans ces deux sous-régions du Continent, si différentes et si proches l’une de l’autre par la géographie, les similitudes socio-historiques et le caractère transnational des défis qui émergeront sur l’un des territoires communautaires et qui ne manqueraient d’atteindre l’autre.

. May Maalouf Monneau, Le Liban : de l’Etat inachevé à l’invention d’une nation, Paris, L’Harmattan, 2015.

L’histoire du Liban est forgée par les tensions et les guerres. L’Etat libanais, qui a bientôt cent ans, peine à trouver la bonne expression politique pour gérer sa société multireligieuse. Depuis sa création, deux Liban vivent et s’affrontent : le Liban politique et le Liban social. La problématique libanaise est celle d’un divorce entre l’Etat et la société. Une fracture capitale à saisir pour déchiffrer l’évolution tortueuse et parfois douloureuse de ce pays.

. Denis Crouzet et Jean-Marie Le Gall, Au péril des guerres de religion, Paris, Puf, 2015 (à paraître en mai).

À la lueur des événements dramatiques récents, deux historiens se replongent dans l’histoire des Guerres de religion du XVIe siècle pour en tirer des leçons éclairantes.
Si les ressorts de Daech et des terroristes cherchent à provoquer une nouvelle forme de guerre de religions, les auteurs refusent fermement tout amalgame, mais aussi toute ambiguïté entre terrorisme et Islam.
Loin de tenir les attentats pour des épiphénomènes de l’anticolonialisme, du tiers-mondisme, du racisme, des problèmes de banlieue ou des relations internationales, ils considèrent avec sérieux la dimension eschatologique du projet théologico-politique des assassins.
Quelle place accorder encore au rire et à la communication dans un contexte traumatique, tant au 16e siècle qu’au 21e ?
Comment enseigner le fait religieux aujourd’hui ?

. André Kisalu Kiala, Angola, la trajectoire dramatique d’un pays, Paris, L’Harmattan, 2015.

De 1961 à 2002, l’Angola n’a cessé de faire la guerre. L’auteur observe ici les dissensions des chefs à la recherche de toujours plus de pouvoir et d’argent. Il relève le cynisme des puissances étrangères qui montent dirigeants et chefs de guerre les uns contre les autres afin d’exploiter à leur profit les richesses de l’Angola. Jusqu’à quel point les antagonismes des chefs locaux sont-ils soutenus ? Ces situations peu ou mal médiatisées en Occident prennent-elles aussi au piège les pays avoisinants ?

. Pierre Delort, Le Big Data, Paris, Puf, 2015.

Notre époque produit quantité de données. Toutes ces données, utiles pour la conduite de machines, la surveillance d’ouvrages d’art ou pour notre vie sociale, économique, sentimentale... laissent des traces ou des scories. Ces traces maillent le monde et sont conservées de manière croissante. Le Big Data (ou mégadonnées) y trouve des modèles pouvant améliorer les décisions ou opérations et transformer les firmes.
C’est ainsi que nos recherches sur Google ou Wikipedia peuvent constituer des alertes avancées d’épidémies, les données d’exploitation de moteurs d’avion Rolls-Royce permettent de mieux les maintenir ou les concevoir, nos courses de taxi informent sur les endroits où les arrêter et les lieux où sortir, nos relations sur un réseau social informent sur la qualité de notre crédit… et que la publicité évolue vers l’avant commercial.
Cet ouvrage est une invitation à penser ce qu’une approche par les mégadonnées modifie dans la recherche, l’innovation, la vie des entreprises et dans notre vie quotidienne. Ni eldorado, ni miroir aux alouettes, le Big Data est loin de n’être qu’une mode.

. Ambroise Zagre, Approche critique du développement en Afrique subsaharienne, Paris, L’Harmattan, 2015.

Le sous-développement de l’Afrique subsaharienne constitue une préoccupation majeure pour les pays concernés, la communauté internationale, les milieux intellectuels et la société civile. Cet ouvrage interroge la notion de développement et envisage l’avenir de ce sous-continent vers un nouveau paradigme de développement : l’"auto-développement humain", capacité des sociétés à se développer en comptant d’abord sur leurs forces intérieures, leur capacité de création et leurs potentialités matérielles et spirituelles.

. Dominique Kobou, Un concept du Sénat ivoirien, Paris, L’Harmattan, 2015.

Les crises politiques et militaires en Côte d’Ivoire proviennent en partie de la faiblesse de ses institutions nationales, incapables des maintenir la stabilité. De l’Indépendance jusqu’au multipartisme en 1990, elles ont été conçues dans une logique de parti unique centré autour du président Houphouët-Boigny. Elles doivent désormais être repensées pour permettre à toutes les tendances politiques majeures de cohabiter, notamment avec un Sénat élu à la proportionnelle au Parlement et des élections de mi-mandat.

. Georges Balandier, Recherche du politique perdu, Paris, Fayard, 2015 (à paraître en mai).

« Le politique ne se supprime pas, il se dégrade. Il laisse alors un vide où s’expriment la plainte et l’attente d’un autre monde. C’est dans ce vide aussi que la violence fait irruption et réveille le sentiment d’insécurité. »
Dans ce court essai, Georges Balandier se penche sur l’effacement du politique au cœur de nos démocraties, il décrypte cette perte à la fois dans l’histoire de la Ve République et dans l’analyse du mal-être démocratique. Il lit la disparition du politique sous l’éclairage des différences, en opposant « pouvoir gouvernant » et « pouvoir du symbolique », en constatant la nécessaire référence à l’espace, au territoire politique ; en montrant la démocratie sous l’aspect de la civilisation en action. En considérant, à partir de la tragédie de janvier 2015 à Paris, la confrontation du besoin de sécurité avec le désir démocratique.
Un bref détour par l’anthropologie politique, par des références de l’ailleurs, donne à ce parcours son orientation et sa force singulière.

. Sylvain Cypel, Un nouveau rêve américain, Paris, Autrement, 2015.

Une enquête sur les mutations économiques et sociales que traversent la démocratie et la population américaine en 2014. L’auteur pointe la crise économique, l’explosion des minorités, l’importance des femmes qui gagnent en droits, en statut et en autonomie, et le recul de la domination du "mâle blanc".

. André Philippart, Un milieu social face à la pauvreté. Pourquoi et comment reconstruire l’équité du système social par l’intervention citoyenne, Paris, L’Harmattan, 2015.

La pauvreté au 21ème siècle dans l’UE est un désastre. L’un des remèdes, outre l’emploi, est de stimuler la coopération public/privé par le volontariat, le bénévolat et des fonctions complémentaires rémunérées. Le défi est un retour à l’équilibre économique et à une meilleure justice sociale sans seuil de pauvreté.

. Matthieu Ansaloni, Le tournant environnemental de la politique agricole commune. Débats et coalitions en France, en Hongrie et au Royaume-Uni, Paris, L’Harmattan, 2015.

Après avoir retracé, à l’échelle européenne, la définition des mesures agro-environnementales, l’auteur compare les politiques agro-environnementales menées dans différent pays d’Europe. L’analyse suggérée repose sur une vaste enquête empirique, conjuguant les méthodes sociologiques et ethnographique. Cet ouvrage propose une lecture originale d’une politique européenne : il considère ses changements aux échelles européenne, nationale et régionale et les analyse à travers l’examen des débats publics qui les ont générés.

. Ingrid Nyström et Patricia Vendramin, Le boycott, Paris, Presses de Sciences Po, 2015.

Boycott du thé anglais à l’époque de la Révolution américaine, boycott qui a donné son nom à ce mode d’action (celui du capitaine Boycott dans l’Irlande du XIXe siècle), boycott des bus d’Alabama contre la ségrégation raciale dans les années 1960, boycott mondial de l’Afrique du Sud de l’Apartheid ou des produits israéliens aujourd’hui : qu’il soit un moyen de pression idéologique, une arme des pauvres et des exclus ou parfois même un levier utilisé par les puissants, le boycott fait de longue date partie de l’arsenal protestataire.
Cette forme de contestation connaît aujourd’hui un regain de popularité, y compris dans sa variante consumériste.- Offrant une réponse au sentiment d’impuissance des individus, des ONG, voire des États face à une économie mondialisée, il s’inscrit parfaitement dans les formes contemporaines d’engagement militant : distancié, par projet, mobilisant des individus souvent jeunes, en réseau, à l’échelle locale, nationale, mondiale, etc.
Quelles sont les conditions de succès d’un boycott ? Comment y réagissent les entreprises ou le législateur ? Certains pays, certaines cultures sont-ils plus ouverts à ce type de militantisme ? Une alliance entre consommateurs, citoyens et travailleurs est-elle possible ? ;
Mode d’action d’une société civile mondialisée et forte de son pouvoir d’achat, le boycott pourrait au XXIe siècle s’avérer aussi déterminant que le fut la grève pour le mouvement ouvrier.

. Fouad Khoury-Helou, L’Amérique et le Moyen-Orient. Le Moyen-Orient otage des enjeux internationaux, Paris, Hermann, 2015.

Ce livre s’adresse à tout lecteur désireux de comprendre l’histoire du Moyen-Orient, ainsi que les interactions avec l’Occident qui ont abouti à la situation actuelle, souvent faite d’une grande incompréhension. Il en propose une lecture différente, à mi-chemin entre une perception « occidentale » et une perception « arabo-islamique ».
Sans jamais verser dans l’accusation et en proposant une explication rationnelle et pragmatique des politiques occidentales, l’auteur établit les responsabilités de l’Occident et des États-Unis dans le cours de l’histoire moyen-orientale. Il montre qu’Israël semble partager, plus qu’on ne le croit, un destin commun avec les pays arabo-islamiques, à savoir une forte dépendance à l’égard de la politique américaine.
La montée en puissance de l’islamisme politique n’est donc en grande partie que la résultante indirecte de ces enjeux, bien qu’elle s’inscrive dans l’identité religieuse et politique des pays concernés.

. Marie-Claude Esposito et Christine Manigand (dir.), L’Union européenne : un espace politique à la croisée des chemins, Paris, L’Harmattan, 2015.

Grâce aux regards combinés d’historiens, de politistes, d’économistes et de juristes, ce volume dresse un état des lieux de la construction européenne braquant l’objectif successivement sur les citoyens, les institutions et les politiques publiques mises en place tout en réinterrogeant des notions convenues ou des idées reçues sur l’Union Européenne.

. Ahmet Insel, La nouvelle Turquie d’Erdogan, Du rêve démocratique à la dérive autoritaire, Paris, La Découverte, 2015 (à paraître en mai).

Depuis 2002, la Turquie est dirigée par l’AKP (Parti de la justice et du développement) et par son leader charismatique, Recep Tayyip Erdogan. Ce pouvoir « musulman-démocrate » a profondément modifié le pays : urbanisation, forte croissance de l’économie, négociations avec l’Union européenne, rôle majeur au Moyen-Orient, etc.
Pour autant, le bilan de ce long règne est ambivalent. Les avancées sur le front de la démocratisation ont progressivement laissé place à un autoritarisme rampant et à une politique de réislamisation de la société. L’armée turque a perdu son rôle de tutelle du régime, au prix de procès politiques fortement entachés d’irrégularités. Depuis 2008, les négociations avec l’UE piétinent. Des pas courageux pour résoudre le problème kurde ont été suivis par des mesures répressives, qui se sont étendues à l’ensemble des revendications démocratiques. Les protestations de Gezi, en 2013, ont révélé le visage autoritaire du pouvoir et les mutations en cours de la société.
Dans cet essai documenté, Ahmet Insel nous éclaire sur les facteurs d’ascension de l’AKP, la stratégie politique et la persistance des succès électoraux d’Erdogan malgré les affaires de corruption et la lutte ouverte avec la communauté Gülen. Il montre ainsi que la société turque est constamment tiraillée entre culpabilités refoulées et désir de libération, entre peur de perdre son identité socio-historique et volonté d’être pleinement dans le monde moderne.

. Marie-Hélène Bacqué, Carole Biewener, L’empowerment, une pratique émancipatrice ?, Paris, La Découverte, 2015 (à paraître en mai).

Attention, livre important pour celles et ceux qui questionnent l’incapacité des politiques et des experts à répondre aux défis de notre époque troublée. Et qui s’interrogent sur la façon dont les citoyen(ne)s peuvent construire des alternatives. Ce questionnement est en effet à l’origine, dans les États-Unis d’après guerre, du concept d’empowerment, désignant le « pouvoir d’agir » des individus et des collectifs. Ce concept a connu depuis un succès planétaire dans le monde anglophone. Mais il n’a percé que plus récemment dans les autres espaces culturels, dans les milieux du travail social comme dans la littérature du management.
D’où l’utilité de ce livre qui synthétise la foisonnante littérature anglophone sur la notion d’empowerment. Il retrace sa genèse, l’histoire de ses multiples variantes et celle des pratiques sociales qu’elles ont nourries. Des mouvements féministes du Nord et du Sud jusqu’aux programmes de la Banque mondiale et de l’ONU, la notion est utilisée aussi bien dans une perspective radicale d’émancipation que pour conforter les visions néolibérales ou social-libérales. Défendant résolument sa version émancipatrice, les auteures en expliquent les limites, mais aussi son importance pour éclairer les débats contemporains sur la démocratie.

. Philippe David, Togo 1990-1994 ou le droit maladroit. Chronique d’un effort de transition démocratique, Paris, Karthala, 2015.

Au Togo, trois ans et demi seulement ont séparé les premières colères populaires de 1991 contre le régime autocratique du général Eyadema, en place depuis 1967, et l’achèvement définitif, en mai 1994, d’une transition démocratique généreuse mais chaotique, maintes fois contrariée et finalement ratée. Le lecteur trouvera ici le récit scrupuleux et précis d’une période douloureuse, confuse et souvent sanglante, observée sur place et jour après jour jusqu’en septembre 1992. Témoin direct des événements, l’auteur est d’abord attentif au conditionnement juridique des évolutions politiques du pays.
Au début des années 1990 et après plusieurs autres pays africains, le Togo s’engage à son tour dans une Conférence nationale, bientôt « souveraine ». Si cette dernière est jugée brouillonne par l’auteur, elle n’en reste pas moins, à ses yeux, courageuse et finira par accoucher quand même d’une transition tout à fait possible. Il décrit comment le président Eyadema, vilipendé et refusant de participer, cacha finalement bien son jeu, en soufflant le chaud et le froid, même s’il finira par accepter l’expérience proposée. Il analyse par ailleurs le rôle de l’armée qui, inquiète de sa survie, se livra à des exactions importantes comportant son lot de séquestration, d’humiliation et de répression. Il montre aussi, comment les tout nouveaux ministres et hauts-conseillers, inexpérimentés, succombèrent rapidement parfois à la facilité ou au désengagement.
L’auteur revient sur ces nombreux commentateurs, journalistes et citoyens de bonne foi qui ont dénoncé les dérives mais souvent en vain. Il témoigne de cette multiplication de textes juridiques s’empilant les uns sur les autres, mal ficelés, ambigus ou inopérants. Il constate à son tour un amenuisement progressif des chances des patriotes de la transition de voir le processus électoral et constitutionnel aboutir à une quatrième République, certes non exempte d’avancées démocratiques mais qui saura assurer la sauvegarde d’un régime autoritaire pendant de longues années encore.
Philippe David est magistrat, breveté de l’ENFOM, membre de l’Académie des Sciences d’Outre-mer et fondateur de l’association « Images et Mémoires », Coopérant et fonctionnaire international en Afrique pendant trente ans. Il était en poste au Togo pendant la période de cette transition démocratique. Il est l’auteur, aux éditions Karthala, de plusieurs ouvrages dont « Villages noirs » et visiteurs africains et malgaches en France et en Europe (1870-1940) et d’Ernest Noirot, un administrateur colonial hors normes (1851-1913).

. Yves Grafmeyer et Jean-Yves Authier, Sociologie urbaine, Paris, Belin, 2015.

La ville est aujourd’hui à la fois territoire et unité de vie collective, milieu et enjeu, cadre physique et nœud de relations entre les êtres sociaux. Ce livre montre comment les concepts et les méthodes de la sociologie peuvent être mobilisés pour l’étude de la vie urbaine.
Cette dernière est saisie dans les tensions qui la traversent : tensions entre distance et proximité, entre localisation et mobilité, entre diversité et intégration, entre lignes de force qui commandent le devenir des villes et la gestion collective.
Comment s’organisent de nos jours les coexistences en milieu urbain et la mise en cohérence des actions publiques ? À l’heure où les ancrages territoriaux des citadins se diversifient et où les espaces sociaux se fragmentent, dans quelle mesure la ville fait-elle encore société ? Cette 4e édition actualisée apporte toutes les réponses nécessaires.

. Anastasia Touati et Jérôme Crozy (dir.), La densification résidentielle au service du renouvellement urbain : filières, stratégies et outils, Paris, La Documentation française, 2015.

La densification résidentielle est aujourd’hui considérée comme un atout pour la construction de villes « durables ». Malgré la multiplication des textes de loi visant un développement urbain plus dense, la mise en oeuvre au niveau local des politiques de densification doit encore relever de nombreux défis, que ce soit d’un point de vue politique, social ou même d’un point de vue strictement économique. Comment construire plus de logements pour tous dans les zones bien desservies en transports et proches des lieux d’activités économiques et des services ? Comment réorganiser la production de logements de manière à préserver les espaces naturels et agricoles, à dégager des trames vertes et bleues ? La densification résidentielle constitue un enjeu majeur des politiques de gestion de la croissance urbaine.
Cet ouvrage s’adresse à un public large d élus, de techniciens ou encore de chercheurs. Il introduit une approche panoramique des processus de densification résidentielle à l’oeuvre aujourd’hui ainsi que des éléments de compréhension sur ses enjeux et ses modes de production. Il propose un décryptage des mesures de densification urbaine que ce soit en matière de typologies morphologiques, de marchés, de filières, de modes de gouvernance entre acteurs publics et privés, etc. L’attention particulière qu’il porte à la mise en oeuvre d’opérations de densification au niveau local se traduit également par la présentation des outils et des ressources dont disposent les collectivités (documents d’urbanisme, méthodologies, acteurs locaux, etc.) pour mener leurs propres politiques territoriales de densification.

. Commission nationale consultative des Droits de l’Homme, La lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie, Paris, La Documentation française, 2015.

Dans cette édition 2014, la CNCDH fait état de la recrudescence des actes racistes, particulièrement ceux motivés par le mobile antisémite, du rejet croissant des pratiques liées à l’islam dans leurs manifestations tant dans l’espace public que dans la sphère privée, de la virulence et de la banalisation du racisme anti-Roms qui va jusqu’à entraver leur accès aux droits fondamentaux, ou encore de la prolifération préoccupante des discours de haine sur Internet. Sur tous ces sujets lourds d inquiétude, le rapport formule des préconisations qui ont en commun l’éducation par la déconstruction des préjugés conduisant au racisme et à l’antisémitisme.
Les événements tragiques qui ont marqué l’année 2014 entrent en résonance avec les attentats perpétrés en région parisienne au début de l’année 2015.

. Georges Corm, Pour une lecture profane des conflits. Sur le retour du « religieux » dans les conflits contemporains au Moyen-Orient, Paris, La Découverte, 2015.

C’est à une réflexion de fond qu’invite ce livre, pour comprendre les logiques de guerre qui déchirent le Proche et le Moyen-Orient depuis la fin de la guerre froide. Des conflits le plus souvent justifiés par la thèse débilitante du « choc des civilisations » et de la lutte contre le terrorisme « transnational » islamiste. Cette thèse a imposé une vision binaire du monde qui n’en finit plus d’enfler, au point de fabriquer toujours plus de violence.
Georges Corm donne ici les clés pour comprendre les mécanismes ayant permis depuis les années 1990 de paralyser les oppositions aux guerres injustes et d’étouffer la pensée objective du réel et de ses complexités : la puissance des représentations médiatiques (et académiques) portées par la manipulation de la mémoire et de l’histoire, l’instrumentalisation de prétendues valeurs politico-religieuses pour susciter des conflits, la relation perverse entre les intérêts géopolitiques de certains États et leur prétention à défendre dans l’ordre international des idéaux religieux, l’application sélective du droit international aux situations conflictuelles. D’où l’accent mis ici sur la nécessité d’une lecture profane des conflits face aux « fanatismes civilisationnels » et sur la problématique de la laïcité et de la liberté, dans sa version républicaine « à la française ».

. Georges Corm, Pensée et politique dans le monde arabe. Contextes historiques et problématiques, XIXe-XXIe siècles, Paris, La Découverte, 2015.

Cet ouvrage expose les multiples facettes de la pensée politique arabe depuis le XIXe siècle, inscrite dans la richesse d’une culture trop méconnue. Avec ce vaste panorama, vivant et érudit, Georges Corm atteste la vitalité de cette pensée et des grandes controverses qui l’ont traversée. Il montre que ses acteurs, loin d’être fi gés dans le carcan théologico-politique décrit par certains récits canoniques sur les Arabes et l’islam, ont souvent exprimé une pensée critique forte, sur les plans religieux et philosophique, anthropologique et politique.
Inscrivant l’œuvre de ces penseurs dans le maelström des bouleversements géopolitiques et socioéconomiques ayant marqué le monde arabe depuis deux siècles, il explique comment les puissantes hégémonies externes, militaires, académiques et médiatiques ont contribué à marginaliser la pensée critique arabe. Cela a facilité l’installation hégémonique de la pensée islamiste, instrumentalisée par certains régimes arabes comme par leurs protecteurs occidentaux. En retraçant finement les avatars successifs du nationalisme arabe moderniste, confronté à partir des années 1950 au double défi de la création de l’État d’Israël et de la manne pétrolière, Georges Corm donne les clés pour comprendre les révoltes libertaires arabes de 2011, ainsi que les contre-révolutions et interventions externes qui les ont suivies.
Un guide précieux pour se familiariser avec la complexité de la pensée arabe, exposée ici de façon claire et exhaustive. Un guide d’autant plus utile que le retour à la paix dans la région dépend largement de la reconnaissance de la puissante dynamique de cette pensée à la fois critique et profane, loin de l’image politico-religieuse sclérosée qui en est souvent donnée.

. Erik Neveu, Sociologie politique des problèmes publics, Paris, Armand Colin, 2015.

« Foulard islamique », disparition des abeilles, vieillissement de la population : comment des faits ou des dossiers deviennent-ils « problèmes », dont s’emparent les médias ou les partis en campagne ? Une tradition sociologique née aux États-Unis au début du XXe siècle est venue montrer que la réponse n’était pas dans une gravité objective des « faits ». Les brutalités sur les enfants n’ont été que tardivement constituées en problème public, alors que l’usage de la margarine suscitait jusqu’à des référendums. C’est donc vers l’activité des entrepreneurs de problèmes qu’il faut se tourner. Qui sont-ils (think tanks, haut-fonctionnaires, mouvements sociaux) ? Comment justifie-t-on de l’importance d’un problème ? Pourquoi certains problèmes suscitent-ils plus l’attention médiatique que d’autres ? Comment des cadrages viennent-ils les mettre en récit pour qu’ils soient au diapason des sensibilités sociales ? Quels tris président à leur prise en charge (ou non) par les politiques publiques ? Est-ce là la fin du processus ? Dense en exemples pratiques proposés sous formes d’encadrés et en outils théoriques, ce manuel aide à penser comment s’alimentent nos conversations, les « Unes » des médias et l’agenda des politiques.

. Philippe Boulanger, Géographie militaire et géostratégie. Enjeux et crises du monde contemporain, Paris, Armand Colin, 2015.

Sous l’effet de la mondialisation et de l’accélération des échanges, une nouvelle géographie des rivalités et des tensions s’est dessinée depuis la fin de l’antagonisme des blocs. Les conflits, moins nombreux, sont désormais d’une tout autre nature (terrorisme international, tensions pour la maîtrise des ressources énergétiques, prolifération nucléaire…) et bouleversent profondément l’équilibre sécuritaire et militaire mondial. Pour mesurer l’ampleur de ces mutations, cet ouvrage présente un état des lieux et une analyse claire des grandes dynamiques actuelles : croissance des dépenses militaires mondiales, développement de l’intelligence économique comme arme stratégique ; limites de l’hyperpuissance américaine, reconstruction de puissances militaires vieillissantes (Russie), émergence de nouveaux acteurs stratégiques (Chine, Inde) et de nouvelles formes de menaces (terrorisme à revendication étatique, cyberguerres, armes de destruction massive), multiplication de zones de tension et de chaos échappant à tout contrôle international… Appuyée sur les données chiffrées les plus récentes, cette édition entièrement revue et augmentée offre une grille de lecture indispensable pour comprendre le nouvel ordre mondial, dans un environnement géostratégique toujours plus complexe.

. Gilles Bibeau, Généalogie de la violence. Le terrorisme : piège pour la pensée, Montréal, Editions Mémoire d’encrier, 2015.

Quelles sont les fractures historiques à l’origine des conflits que nous vivons actuellement ? À qui profitent ces guerres tant médiatisées ? Que penser et quoi espérer de notre monde ? Gilles Bibeau pose avec sérénité ces questions, remonte aux sources de la violence, et tente des éléments de réponse. Comment terrorisme et contre-terrorisme s’engendrent-ils mutuellement dans le face-à-face de deux folies guerrières ? D’où vient cette passion de la violence ? Gilles Bibeau analyse la manière dont les États souverains exercent leur droit de tuer et de mener la guerre au nom de la sécurité et de la paix. Il dénonce les dérives patriotiques, le nouage du politique, du religieux, du militaire, et déconstruit le mythe d’une violence s’exprimant à travers la course effrénée aux armements de plus en plus sophistiqués. De la guerre froide à la guerre anti-terroriste de Barack Obama, Généalogie de la violence dévoile les enjeux idéologiques, politiques, anthropologiques et éthiques que posent les procédures de construction de l’ennemi.

. Jean-Charles Antoine, A armes illégales. Le trafic d’armes à feu en France, éd. du Plateau, 2015.

De Jacques Mesrine à Antonio Ferrara, du gang des Lyonnais aux banlieues de Seine-Saint-Denis et des clans marseillais aux frères Kouachi, les filières clandestines du trafic d’armes à feu ont permis pendant des décennies aux membres du grand banditisme et des cellules terroristes de mener à bien leurs actions. La nature de ces armes, leur disponibilité, leur nombre même ainsi que les situations complexes qui ont permis de les obtenir ont nettement évolué depuis la chute du monde bipolaire et ces dernières années. Alors que la population française peut être amenée à croire que les armes de guerre circulent quotidiennement au vu et au su de tous dans les rues de Marseille et les banlieues lyonnaise ou lilloise, la réalité est peut-être tout autre. Comment un fusil d’assaut de type Kalachnikov, produit il y a deux ou trois décennies au sud de Belgrade, peut-il se retrouver dans les mains d’un adolescent de 16 ans dans les rues des quartiers Nord de Marseille ? Comment un lance-roquettes M-82 serbe atterrit-il dans le véhicule de deux frères radicalisés venus assassiner des journalistes en plein Paris ? Pourquoi est-il si difficile de comptabiliser l’ensemble des armes à feu détenues illégalement en France ? Est-il si facile de retravailler un fusil d’assaut neutralisé pour le rendre de nouveau apte au tir ? Les filières habituelles du marché noir sont-elles si étendues et aisées à contacter ? Et finalement, aucune solution n’est-elle envisageable pour enrayer ce phénomène ?

Ce livre, fondé sur une analyse terrain menée plus d’une décennie durant, a pour but d’apporter des réponses à ces questions que le lecteur se pose, que l’ensemble de la population française commence à se poser après les événements de janvier 2015. Une telle évolution dans la course aux armements individuels au sein des milieux délinquants français est certes inquiétante. Mais des solutions se profilent, dans le respect des libertés individuelles et du débat de société.

. Pierre Legendre, Fantômes de l’Etat en France, Paris, Fayard, 2015 (à paraître mi-avril).

Quel est l’état de la France ?
À l’époque où fleurissent les doctrines enchanteresses de la transparence totale et planétaire, l’obscure question du centralisme revient sur le tapis. Bavarder pour ne rien en dire de significatif mobilise de nouveau les gouvernants et leurs conseillers, les spécialistes du débat public et les fabricants du « story-telling » approprié.
En vérité, la vieille Nation qui inventa le mot « bureaucratie » est confrontée une fois de plus à la viabilité de ses montages anciens, rafistolés depuis plusieurs décennies par accumulation de mesures en trompe-l’œil. Mais aujourd’hui, sous la férule de la tyrannie du Marché et du Management généralisé, souffle non plus le zéphyr de la scolastique pro- ou anti-jacobine, mais l’ouragan de la Mondialisation, autant dire un vent de panique…
Au vu et au su d’observateurs extérieurs, l’État français se momifie. Le Monument lézardé de l’Administration mériterait d’être revisité au XXIe siècle par les experts, perplexes devant les trésors si bien conservés : le joyau révolutionnaire du département ou les anciens habits de la fonction publique. Aller à la rencontre des fantômes, c’est faire d’utiles découvertes sur nos manières institutionnelles toujours en vigueur.
Sans faire retour sur la logique centraliste et ses effets, à l’œuvre dans la conception du pouvoir, son organisation et sa pratique, le dépérissement de l’État se poursuivra, incompris. Gouverner à coups d’expédients gestionnaires ne sera d’aucun remède sans l’interrogation nécessaire sur le sens qui fait la vitalité du lien social et, au-delà de l’Hexagone, la sincérité de l’allégeance à l’Europe.
Éloigné de la République des idées simples, ce livre appartient au genre scrutateur. Il est à la tâche de se réapproprier ce qui, du passé, nous échoit, et donc de mettre au jour les sédiments politiques et juridiques, mais aussi religieux, sur lesquels repose un très vieux bâti : l’habitat de la Nation française.

. Nilüfer Göle, Musulmans au quotidien. Une enquête européenne sur les controverses autour de l’islam, Paris, La Découverte, 2015 (à paraître en avril).

Après les tragiques attentats de janvier 2015 à Paris, les débats sur les rapports entre l’identité européenne et l’islam ont été inévitablement relancés. Au risque, avec l’émotion légitime provoquée par ces crimes, d’accroître les préjugés et la confusion quant à la perception de la présence musulmane en Europe. D’où l’intérêt et l’importance de la mise en perspective proposée dans ce livre.
De façon très accessible, Nilüfer Göle synthétise les résultats d’une enquête de terrain conduite de 2009 à 2013 auprès de « musulmans ordinaires » et de leurs concitoyens non musulmans dans vingt et une villes européennes. Son but était d’interroger les réactions aux controverses de l’heure : prières de rue, minarets « agressifs », « caricatures danoises », foulard ou burqa des femmes, invocation de la charia, consommation halal, rapport aux juifs et au judaïsme, etc. Elle apporte ainsi des réponses souvent inattendues à des questions simples : qu’en est-il réellement du vécu quotidien des musulmans d’Europe, jeunes nationaux « issus de l’immigration » ou convertis ? Comment vivent-ils les attaques « islamophobes » et concilient-ils prescriptions religieuses et adhésion aux normes sociales de sociétés laïques ? Quelle place la culture musulmane y occupe-t-elle désormais ?
Grâce à son dispositif d’enquête original, Nilüfer Göle bouscule bien des idées reçues et montre que les controverses ont paradoxalement contribué à l’émergence d’une culture publique alternative. Du hip-hop islamique au « jambon halal », la nouvelle manière d’être musulman en Europe passe par une stylisation islamique des modes de vie modernes, en rien contradictoire avec les valeurs culturelles européennes. Un vrai message d’espoir, fondé sur l’enquête et non sur l’idéologie

. Les Economistes Atterrés, Changer l’Europe !, Arles, Actes Sud, 2015.

Après leur fameux Manifeste – vendu à plus de 100 000 exemplaires –, les Économistes atterrés récidivent dans un opus traitant d’une Europe à la dérive. Ils s’attachent à proposer des solutions novatrices et constructives sur des questions aussi diverses que l’euro, la réforme des institutions financières, la convergence fiscale, la transition écologique, les nouvelles politiques industrielles, les institutions publiques ou la question du fédéralisme.

. Jean Viard, La France dans le monde qui vient. La grande métamorphose, La Tour-d’Aigues, Editions de l’Aube, 2015.

Pour Jean Viard, au-delà de la crise qui nous déstabilise, jamais la société n’a changé aussi vite. Mais pour le comprendre, il faut analyser à la fois le recul de nos grandes appartenances de classes et de nations, le rôle nouveau de l’art de vivre, du bonheur privé, des habitus et des identités. Comprendre notre culture de mobilité, le réchauffement climatique, la place nouvelle du travail, la pression d’un monde en permanence co-informé et le développement extraordinaire d’une société collaborative, liée par des réseaux tous les jours plus nombreux. Oui  : le monde s’unifie, la terre chauffe, la société se morcelle… mais internet nous relie.
Comment alors penser les formes politiques de cette société et de ce monde-là  ? Comment penser cet individu devenu plus tribal que social  ? De quelle manière réinventer du récit politique  ?
Un livre résolument positif, optimiste, qui insiste sur l’urgence de penser et de retrouver un récit commun.

. Philippe Bannier, L’Etat islamique et le bouleversement de l’ordre régional, Paris, Editions du Cygne, 2015.

L’émergence de l’« État islamique » au cœur du Moyen-Orient continue d’interroger sur ses origines, ses capacités et son avenir. Sa visibilité médiatique correspond-elle à sa puissance ? Quelles sont les réalités d’une organisation dont les leaders cultivent le goût du secret, et quels sont leurs projets ?
L’« État islamique » a grandi avec la guerre civile syrienne et le chaos qui sévit en Irak depuis 2003. Ses leaders ont réalisé leurs principaux faits d’armes lors de la décennie précédente, à commencer par le calife auto-proclamé Abou Bakr Al-Baghdadi. Alors que les puissances régionales soufflent toujours plus sur les braises communautaires via leurs clients locaux, des milliers d’Européens empruntent le chemin de la Syrie pour y mener le djihad et continuent d’alimenter le climat de violence qui y règne.
À l’heure où les révoltes arabes de 2011, qui avaient suscité de nombreux espoirs dans la région et au-delà, sont remises en cause dans certains pays, ce livre cherche à expliquer l’un des phénomènes les plus marquants de la scène régionale en ce début de XXIe siècle.

. Roman Stadnicki, Villes arabes, cités rebelles, Paris, Editions du Cygne, 2015.

Théâtres des soulèvements populaires depuis 2011, les villes du monde arabe concentrent aujourd’hui tous les regards, chacun y guettant le signe d’un prochain bouleversement. Ce livre se propose de restituer l’importance d’espaces urbains plus ou moins périphériques – Suez et Tanta en Égypte, Constantine en Algérie, Nabatiyeh au Liban, Homs et Lattaquié en Syrie, Douz en Tunisie, Kiffa en Mauritanie, etc. –, où peuvent se lire les indices du monde arabe de demain.
De même, les capitales sont saisies d’abord dans l’intimité de leurs habitants – espaces de loisirs à Ramallah à l’ombre de l’occupation, compounds politisés de la banlieue du Caire, lieux de rencontres clandestines et interdites à Rabat et à Tunis, etc. – en hommage à la manière dont la ville s’invente au quotidien, dans les milieux les plus insolites.
Plutôt qu’aux destructions des guerres, l’ouvrage s’intéresse donc aux constructions – politique s, sociales, culturelles et identitaires – qui font l’urbanité dans cette région du monde, une urbanité en mouvement, une urbanité rebelle.

. François Hermet, Mayotte, Etat des lieux, enjeux et perspectives. Regards croisés sur le dernier-né des départements français, Paris, L’Harmattan, 2015.

Pendant des dizaines d’années, Mayotte n’a pensé qu’à la départementalisation : c’est chose faite depuis le 31 mars 2011. Bien que légitime ce combat politique d’un demi-siècle a vraisemblablement occulté tous les autres, en particulier celui relatif au développement de cet étroit territoire. Mayotte reste aujourd’hui la région française la moins avancée au plan économique et social. Par son positionnement interdisciplinaire, cet ouvrage propose une analyse globale des spécificités de Mayotte.

. Marie-Liesse Lefranc, L’Inde, pharmacie du Sud. Son rôle en matière de santé mondiale et commerce international, Paris, L’Harmattan, 2015.

Surnommée "la pharmacie du Sud", l’Inde produit aujourd’hui une grande partie des médicaments génériques contre le sida, le cancer et la tuberculose distribués dans les pays en développement. Elle devient donc à la fois un acteur incontournable du commerce pharmaceutique et un interlocuteur central des négociations commerciales et sanitaires internationales. Par l’étude historique et sociologique de ces éléments, cet ouvrage livre une réflexion intéressante sur l’émergence indienne.

. Jean-Baptiste Jeangène Vilmer et Franck Gouéry, Erythrée, un naufrage totalitaire¸Paris, Puf, 2015 (à paraître fin avril).

Souvent décrite comme « la Corée du Nord de l’Afrique », l’Érythrée est l’un des États les plus fermés du monde. Après 30 ans de lutte pour l’indépendance, le conflit avec l’Éthiopie est toujours latent. Il est difficile d’y entrer et d’en sortir, il n’y a ni presse indépendante ni journaliste étranger, le président concentre tous les pouvoirs, la Constitution n’est jamais entrée en vigueur et le régime (d’inspiration maoïste) justifie son autoritarisme par un état d’urgence et d’exception permanent. Le rêve d’indépendance concrétisé en 1993 s’est transformé en cauchemar : une prison à ciel ouvert, que les jeunes rêvent de fuir. Une grande partie des migrants naufragés sur les côtes européennes, à Lampedusa et ailleurs, sont des Érythréens.
Considérée comme un État paria sur la scène internationale, isolée régionalement, menant une politique étrangère agressive et déstabilisatrice, accusée de soutenir plusieurs groupes armés dont les milices Al-Chabab en Somalie, l’Érythrée est en état de siège, isolée à la fois à l’intérieur, de sa population, et à l’extérieur, dans la région et par rapport au reste du monde.
Agrémenté de plusieurs dizaines de photos, ce document propose une analyse politique de ce pays si particulier, sur la construction de son État, sa militarisation, son économie, sa politique étrangère et son rapport aux droits humains, et l’échec consommé de son modèle politique totalitaire.

. Anne-Laure Amilhat-Szary, Qu’est-ce qu’une frontière aujourd’hui ? PUF, 2015.

La frontière, ligne de partage traditionnelle entre les territoires, est remise en question de multiples manières. Il faut repenser la frontière.

Les frontières représentent aujourd’hui un enjeu complexe dans la vie des personnes. Elles relient et divisent, elles se font mobiles, s’individualisent aussi, laissant circuler librement certains et retenant d’autres. Qu’elles s’ouvrent ou se ferment, elles font l’objet de politiques publiques spécifiques et constituent un levier privilégié du capitalisme marchand. Elles sont le lieu d’exacerbation des processus politiques, sociaux, économiques actuels, un laboratoire de notre époque.

Pour l’heure, les frontières internationales restent les supports d’une citoyenneté qui elle-même fonde la démocratie… Mais la façon dont nos limites vacillent met en évidence le devenir incertain de nos systèmes politiques. Comprendre ce qu’est une frontière aujourd’hui, c’est ainsi interroger l’avenir de nos sociétés et reformuler notre relation au monde.

. Fabrice Monnier, Atatürk, Paris, CNRS Editions, 2015 (à paraître début avril).

Atatürk demeure l’icône de la Turquie moderne. Nul ne conteste qu’il fut un chef de guerre hors pair et un législateur inspiré. Mais il était aussi un tyran sans scrupules et le persécuteur implacable des minorités religieuses. Jeune Turc ambitieux, officier d’état-major plein d’allant, preux de l’islam, ardent républicain, politicien madré… Les contradictions ont la vie dure dès qu’il s’agit d’évoquer la figure à multiples facettes du fondateur de la première république laïque en « terre d’islam », personnage énigmatique et paradoxal. Nourri des recherches les plus récentes, l’ouvrage de Fabrice Monnier retrace cette vie menée tambour battant, dans le contexte d’un Empire ottoman en faillite où les passions politiques, le jeu cynique des grandes puissances, l’intolérance religieuse et les rivalités ethniques entraînent mouvements de populations, déportations et assassinats de masse.
Un livre essentiel pour comprendre la Turquie d’aujourd’hui.

. Sébastien Denis et Xavier Sené, Images d’armées. Un siècle de cinéma et de photographie militaires 1915-2015, Paris, CNRS Editions, 2015.

Images au service de l’armée ? « Cinéma d’État » au service du politique ? Mise en scène ? Fiction ? Document ? Propagande ?
Depuis la première guerre mondiale, les armées françaises se sont dotées des structures et des outils leur permettant de produire leurs propres images des conflits et des combattants. Créées en 1915, les sections photographique et cinématographique de l’armée, puis les célèbres « SCA » service cinématographique des armées) et « ECPA » (établissement cinématographique et photographique des armées) sont les prédécesseurs de l’Établissement de communication et de production audiovisuelle de la Défense (ECPAD).
Ce livre interroge l’histoire et les sources visuelles ou archivistiques du cinéma et de la photographie aux armées depuis leur apparition pendant la Grande Guerre jusqu’aux engagements dans les conflits les plus récents. Les chercheurs analysent aussi le temps de paix et la mise en scène du lien armées-nation. Ils accordent également une place importante aux opérations extérieures en examinant, en particulier, le rôle des soldats et officiers chargés d’en donner une image interne et publique.
Une plongée exceptionnelle dans le patrimoine historique de l’ECPAD.

. Daniel Tanuro, L’impossible capitalisme vert, Paris, La Découverte, 2015.

D’un côté, 3 milliards de gens vivent dans des conditions indignes de l’humanité. Enseignement, santé, énergie, eau, alimentation, mobilité, logement : individuellement leurs besoins sont modestes mais, au total, ils sont énormes. Comment les satisfaire sans augmenter la production ? De l’autre, deux cents ans de productivisme ont mené le système climatique au bord de l’infarctus. La réalité nous impose de réduire radicalement les émissions de gaz à effet de serre. Donc la production matérielle. Comment stabiliser le climat tout en satisfaisant le droit légitime au développement de celles et ceux qui n’ont rien, ou si peu… et qui sont en même temps les principales victimes du réchauffement ? C’est le casse-tête du siècle.
Dans ce livre, Daniel Tanuro propose de réconcilier l’écologie et le projet socialiste, parce que le capitalisme ne saura rien résoudre. Si l’on n’est pas capable d’articuler lutte sociales et écologiques, le capitalisme causera des catastrophes humaines et environnementales de grande ampleur. Quelles erreurs ceux qui se réclament du socialisme ont-ils commises pour que cette articulation semble aujourd’hui si difficile ?

. Michel Derdevet, Energie, l’Europe en réseaux. Douze propositions pour une politique commune en matière d’infrastructures énergétiques, Paris, La Documentation française, 2015.

Les réseaux énergétiques sont appelés à jouer un rôle central en France comme en Europe. Leur extension et leur renforcement constituent l’une des conditions de la réussite de la transition énergétique et de la sécurité d approvisionnement des consommateurs. De plus, ils se révèlent être un formidable levier de relance de la croissance économique. Il s’agit donc aussi de développer des filières clefs pour l’innovation et la compétitivité française et européenne au sein de la concurrence mondiale. Pour répondre à ces différents enjeux, ce rapport au président de la République présente douze propositions concrètes autour de nouvelles coopérations européennes.

. Yves Jegourel et Max Maurin, Le financement de l’économique française. Quel rôle pour les acteurs publics ?, Paris, La Documentation française, 2015.

L’État et l’Union européenne jouent aujourd’hui un rôle très important dans le financement de l’économie française : politique budgétaire, mesures de soutien de l’État, politique monétaire de la Banque centrale européenne, financement de l’innovation, fonds souverains, capitalisme d’État...
Ce volume inédit des « études de la DF » analyse l’ensemble des instruments, des actions et des mécanismes utilisés par la puissance publique pour intervenir et favoriser le financement de l’économie.

. Fondation nationale Entreprise et Performance, Réconcilions économie et énergie - Pour une nouvelle économie verte en faveur de la croissance, Paris, La Documentation française, 2015.

Nous devons faire face aujourd’hui à de nombreux défis économiques, écologiques et climatiques. Convaincus que d’autres alternatives s’offrent à nous, nombreux sont les citoyens et les collectivités qui participent à une croissance plus soutenable avec d’autres critères que la seule augmentation du PIB : bien être, préservation de l’environnement, qualité de vie, santé. De fait, l’économie verte est non seulement créatrice de valeurs mais aussi d’emplois et de progrès. Cet ouvrage propose un nouveau regard sur les liens entre économie et écologie, illustré par des exemples concrets collectés en France, mais aussi en Allemagne, en Italie, aux Pays-Bas, au Danemark, au Japon et aux États-Unis.

. Roman Krakovský, Réinventer le monde. L’espace et le temps en Tchécoslovaquie communiste, Paris, Presses de la Sorbonne, 2015.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les nouveaux régimes centre-est européens, suivant l’exemple soviétique, promettent à des peuples désabusés d’accomplir une véritable révolution sociale et de faire advenir un monde nouveau. La transformation des manières de vivre l’espace et le temps est au cœur de cette entreprise. La planification est censée produire une accélération du temps, les nouvelles sociabilités doivent rompre avec le rythme hebdomadaire séculier. Les transferts de propriété bouleversent le fonctionnement de l’espace public et réduisent la sphère privée à peau de chagrin. Dans la culture politique, l’espace-temps met en scène les nouvelles valeurs du régime et la vision d’une société à venir.
À travers l’exemple tchécoslovaque, Roman Krakovský explore la façon dont le pouvoir communiste a voulu dominer les manières de penser et d’agir en maîtrisant les cadres sociaux et comment les populations ont vécu et réagi à ces changements au quotidien. En reconstituant l’horizon temporel et spatial de l’individu sous le communisme, il fait apparaître les contours de la dernière grande tentative européenne de réinventer le monde.
Ce travail a été récompensé par le prix d’histoire sociale de la Fondation Mattei Dogan – Fondation de la Maison des sciences de l’homme (Paris) et The Fraenkel Prize in Contemporary History de The Wiener Library (Londres).
Roman Krakovský est historien-anthropologue, chercheur associé au CERCEC (EHESS) et à l’IHTP. Il enseigne l’histoire contemporaine à l’Université de Genève et à Sciences Po. Ses recherches portent sur l’analyse des mécanismes de cohésion sociale en Europe centrale et orientale.

. Stéphane Taillat, Joseph Henrotin et Olivier Schmitt, Guerre et stratégies : approches, concepts, Paris, Puf, 2015 (à paraître début avril).

Cet ouvrage constitue la meilleure synthèse disponible en français sur le thème des études stratégiques. Les chapitres, rédigés par les meilleurs experts français et étrangers, reviennent sur l’histoire intellectuelle de la discipline et son développement, abordent les principaux concepts théoriques (dissuasion, coercition, etc.), et offrent une grille de lecture complète des enjeux de sécurité internationaux. Les nombreuses références et la bibliographie raisonnée placée en fin de chaque chapitre permettent au lecteur intéressé de prolonger sa réflexion. Résolument pluridisciplinaire, l’ouvrage accueille des contributions d’historiens, de politistes, d’internationalistes, de juristes, de philosophes et de sociologues, montrant ainsi la vitalité intellectuelle de ce domaine d’études. Il offre ainsi au chercheur, au décideur civil comme militaire et au citoyen des outils d’analyse pertinents pour comprendre le monde contemporain.

. Jeanne Favret-Saada, Comment produire une crise mondiale avec douze petits dessins, Paris, Fayard, 2015.

Le 30 septembre 2005, le journal danois Jyllands-Posten publie une enquête sur l’autocensure des artistes danois qui comporte des articles et des dessins représentant le Prophète de l’islam. L’un d’eux deviendra l’emblème de l’affaire : il montre la tête de Mahomet coiffée d’un turban contenant une bombe à la mèche allumée. Le caricaturiste vise les justifications coraniques des terroristes, mais il va être accusé d’avoir insulté le Prophète, l’islam, et un milliard trois cents millions de musulmans.
L’auteur a enquêté au Danemark en 2006 et reconstitué les faits avec minutie, depuis les hésitations de la politique danoise d’intégration des immigrés jusqu’à la coalition de quelques imams radicaux, qui s’emparent de la publication des dessins pour internationaliser une crise locale en s’alliant à de hauts responsables égyptiens et moyen-orientaux.
Dans cette nouvelle édition, l’auteur inscrit l’affaire des « caricatures de Mahomet » dans une séquence historique ouverte depuis un quart de siècle par la condamnation à mort du romancier britannique Salman Rushdie en 1989 et poursuivie en 2015 par l’assassinat des collaborateurs du journal satirique français Charlie Hebdo, démontrant comment les conflits sur le droit à la satire et, au-delà, sur le droit à la liberté d’expression, ont aujourd’hui changé d’échelle et de méthode.
Jeanne Favret-Saada est anthropologue, directrice d’études honoraire à l’École Pratique des Hautes Études, section des sciences religieuses. Elle a notamment publié Les Mots, la mort, les sorts (Gallimard, 1977).

. Emmanuel Laurentin (dir.), Histoire d’une République fragile (1905-2015), Paris, Fayard, 2015.

Comment l’histoire longue de la République française, de ses promesses et de ses impasses, peut-elle aider à comprendre les attentats de janvier 2015 ? Que s’est-il passé, de la décolonisation à la fin des années 1980, quand la France s’est mise à rêver d’une République métissée ? Pourquoi les politiques se sont-ils montrés aussi surpris, dans les années 1990, du retour des religions dans l’espace public ? Comment la question de l’identité nationale a-t-elle resurgi dans le débat public depuis une quinzaine d’années ?
Le terrorisme n’est pas un phénomène nouveau en France : depuis les années 1880 et tout au long du XXe siècle, la République a essuyé toutes sortes de contestations et d’attentats. Au cours de son histoire mouvementée, elle a sans cesse dû s’adapter aux mutations de la société française, et entendre ses revendications.

. José Bové et Gilles Luneau, L’alimentation en otage, Paris, Autrement, 2015.

Selon les auteurs, les multinationales, avec la complicité des politiques, imposent un modèle agricole industriel aux conséquences sanitaires, environnementales et socio-économiques dramatiques. Dans cet essai, ils analysent les rouages, les enjeux et les acteurs de ce scandale.

. Matthieu Auzanneau, Or noir : la grande histoire du pétrole, Paris, La Découverte, 2015.

Depuis les premiers puits désormais à sec jusqu’à la quête frénétique d’un après-pétrole, du cartel secret des firmes anglo-saxonnes (les « Sept Sœurs ») jusqu’au pétrole de schiste, Or noir retrace l’irrésistible ascension de la plus puissante des industries.
Dans cette fresque passionnante, on croise les personnages centraux des cent dernières années - Churchill, Clemenceau, Roosevelt, Staline, Hitler, De Gaulle, Kissinger, sans oublier les présidents George Bush père et fils... -, mais aussi John Rockefeller, probablement l’homme le plus riche de tous les temps, ainsi que des personnalités moins connues ayant joué des rôles décisifs, tels Calouste Gulbenkian, Abdullah al-Tariki ou Marion King Hubbert. Ce livre éclaire d’un jour inattendu des événements cruciaux - l’émergence de l’URSS, la crise de 1929, les deux guerres mondiales, les chocs pétroliers, les guerres d’Irak, la crise de 2008, etc. -, bousculant au passage beaucoup de fausses certitudes. Le pétrole, notre source primordiale et tarissable de puissance, est présent à l’origine des plus grands déchaînements du siècle passé, comme du sucre versé sur une fourmilière.
Jusqu’à une date récente, l’emprise du pétrole s’oubliait ; elle allait tellement de soi. Croissance, climat, guerre, terrorisme : cette emprise ressurgit aujourd’hui à travers de gigantesques menaces. Or notre avenir dépend de celui que nous donnerons au pétrole, ou bien de celui qu’il nous imposera. La fin du pétrole, en tant que carburant de l’essor de l’humanité, devrait se produire bien avant que ce siècle ne s’achève. De gré ou de force. Et nul ne peut dire où cette fin va nous conduire...

. Maurice Bertrand et Antonio Donini, L’ONU, Paris, La Découverte, 2015.

L’ONU pose avec constance un problème insoluble. Elle incarne le rêve de la paix mondiale, de l’éradication de la pauvreté et de l’ignorance, du respect des droits de l’homme, mais elle est impuissante à le réaliser.
Ce livre explique les raisons de l’impuissance et de la marginalisation de l’ONU. Il évoque les difficultés de la construction de la paix dès l’origine. Il traite aussi de ses activités en matière économique et sociale. Il interroge également le rôle de l’ONU en termes de sécurité de 1945 à 1985, en expliquant que, au-delà de l’opposition Est-Ouest, c’est la structure même de l’organisation qui ne lui a pas permis d’être un instrument de négociation utilisable. D’où une déception des espoirs qu’avait suscités l’idée d’un accord entre les membres permanents du Conseil de sécurité à la fin de la guerre froide.
Le développement des opérations de « maintien de la paix » a conduit à beaucoup plus d’échecs que de succès. Le mépris des décisions du Conseil de sécurité par les États-Unis a permis les interventions tragiques en Afghanistan et en Irak.
Après les échecs successifs des tentatives de réforme, quelles sont encore les méthodes possibles d’établissement d’un consensus mondial ?

. Luke Harding, Le dossier Snowden : Les services secrets au cœur d’un scandale planétaire, Paris, Belin, 2015.

En 2013, Edward Snowden, jeune agent de la NSA (Services secrets américains), décide de révéler au monde entier les dérives de l’espionnage d’État, qui viole les libertés individuelles des particuliers comme des chefs d’État. En faisant ces révélations, Snowden risque sa liberté et même sa vie. Au fil d’innombrables péripéties, il confie ses dossiers à un journaliste du Guardian afin d’en assurer la diffusion, quoi qu’il lui arrive.
Le livre raconte tout le déroulement de l’affaire jusqu’à l’arrivée de Snowden à Moscou où il a trouvé asile. C’est une succession d’épisodes dignes d’un roman d’espionnage, : traque, menaces, intimidations exercées sur les journalistes, destruction de disques durs... Ce récit haletant est aussi un témoignage inédit sur le fonctionnement des services secrets internationaux, leurs ententes et leurs rivalités.

. Augustin Jérémie Doui-Wawaye, L’insécurité en République centrafricaine : quel rôle pour le droit international ?, Paris, L’Harmattan, 2015.

En République centrafricaine tout porte à croire que la solution à une crise se trouve au bout du fusil. C’est pourquoi chaque coup d’État en chasse un autre. Et l’usurpation du pouvoir est marquée par la terreur, la cupidité et le mépris du droit et des règles morales. La République centrafricaine produit donc une insécurité incontrôlable tant à l’intérieur du territoire que pour la stabilité de la sous-région d’Afrique centrale. Le droit international doit agir.

. Hilaire de Prince Pokam, Migration chinoise et développement au Cameroun, Paris, L’Harmattan, 2015.

Cette étude vise à explorer le rôle de la migration chinoise dans le processus de développement depuis l’établissement des relations diplomatiques entre le Cameroun et la République Populaire de Chine. Les migrants chinois au Cameroun créent avec le pays d’origine et le pays d’accueil une structure sociale triangulaire dynamisée par leurs multiples activités et contribuent à la réussite de la stratégie "gagnant-gagnant-gagnant". Ils sont à la fois acteurs, effets et enjeux de la mondialisation.

. Olivier Chardavoine, La politique publique d’intelligence économique, Paris, L’Harmattan, 2015.

Depuis vingt ans, l’intelligence économique se diffuse en France. Aujourd’hui, les concepts sont à peu près définis, les structures publiques et les moyens en place, les chefs d’entreprises plus réceptifs au message. A l’heure où la France est confrontée au défi de la compétitivité, l’assistance de la puissance publique au profit des entreprises privées peut constituer un levier du relèvement. Ce livre révèle le panorama étendu de l’action de l’Etat et des collectivités en matière d’intelligence économique.

. Marc Gjidara, Pourquoi et comment la Yougoslavie a disparu ? Chroniques d’une dislocation annoncée (1979-1991), Paris, L’Harmattan, 2015.

Cet ouvrage rassemble une série de chroniques écrites année après année durant la période 1979-1991, décrivant la dégradation progressive de la situation intérieure de la Yougoslavie et annonçant pratiquement sa disparition. Ces études éclairent la nature véritable d’un État resté totalitaire depuis son origine et dont le sort était prévisible. La Yougoslavie s’est disloquée pour avoir refusé de suivre le nouveau cours politique amorcé en Europe de l’Est.

. Abderrahmane Mebtoul et Camille Sari (dir.), Quelle gouvernance et quelles institutions au Maghreb face aux enjeux géostratégiques ?, Paris, L’Harmattan, 2015.

Les auteurs de cet ouvrage, par la diversité de leurs origines et leurs parcours respectifs, ont tenté d’aborder tous les aspects de la construction maghrébine : l’histoire, la sociologie, le droit, les institutions, les problèmes sociétaux, l’immigration et les aspirations de la jeunesse, la relation avec l’Union européenne, les réglementations commerciales et douanières, etc. L’objectif est de susciter un débat au profit de l’intégration du Maghreb, car d’importants enjeux géo-stratégiques se dessinent à l’horizon 2015-2020.

. Jamil Sayah, L’acte II de la révolution tunisienne : la Constitution, Paris, L’Harmattan, 2015.

"L’acte est historique", "une nouvelle page de l’histoire de la Tunisie est en train de s’écrire". C’est par des formules aussi solennelles qu’équivoques que l’adoption de la nouvelle Constitution tunisienne a été accueillie par les médias et observateurs nationaux et internationaux. Cet ouvrage revient sur l’élaboration de cette Constitution, de 2011 à 2014, sur son contexte de création et son contenu, du point de vue des islamistes qui gouvernaient, de l’opposition dite moderniste et de la société civile. Malgré la "grisaille" qui a entouré sa naissance, la nouvelle Constitution tunisienne est-elle porteuse des Lumières ?

. Ewa Bogalska-Martin, Etre noir au Brésil aujourd’hui. Identités et mémoires en mutation, Paris, L’Harmattan, 2015.

Traditionnellement, l’identité nationale au Brésil fut construite autour de l’idée de démocratie raciale, allant de pair avec le développement d’une "spécificité positive" du peuple brésilien issu du métissage entre Blancs, Noirs et Indiens. Or, sous l’impulsion du président Lula, le pays connaît un tournant dans le traitement de la question ethnique. La préservation des minorités invisibles dans l’histoire et la culture brésilienne officielle s’exprime aujourd’hui avec force.

. François Bourguignon, Pauvreté et développement dans un monde globalisé, Paris, Fayard, 2015 (à paraître fin mars).

Depuis les années 1960, l’essor de certains pays, en Asie notamment, a contribué à masquer le faible développement de l’Amérique latine, voire le retard d’autres pays, comme l’Afrique subsaharienne. Aujourd’hui, plus d’un milliard d’habitants dans le monde vivent encore dans la pauvreté.
Les acteurs politiques privilégient actuellement la mise en œuvre d’interventions au niveau des populations pauvres plutôt que de politiques macro-économiques et structurelles adaptées. François Bourguignon entreprend d’interroger le bien-fondé de ce choix, d’évaluer les savoirs acquis et d’identifier la nature des contraintes politiques dans le contexte de la mondialisation.
Chercheur au Centre national de la recherche scientifique et directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales, François Bourguignon a également été économiste en chef puis vice-président de la Banque mondiale, et directeur de l’École d’économie de Paris. Il a été professeur invité au Collège de France sur la chaire annuelle Savoirs contre pauvreté pour l’année académique 2013-2014.

. Naomi Klein, Tout peut changer. Capitalisme et changement climatique, Arles, Actes Sud, 2015.

Oubliez tout ce que vous croyez savoir sur le réchauffement climatique. La « vérité qui dérange » ne tient pas aux gaz à effet de serre, la voici : notre modèle économique est en guerre contre la vie sur Terre.
Au-delà de la crise écologique, c’est bien une crise existentielle qui est en jeu – celle d’une humanité défendant à corps perdu un mode de vie qui la mène à sa perte. Pourtant, prise à rebours, cette crise pourrait bien ouvrir la voie à une transformation sociale radicale susceptible de faire advenir un monde non seulement habitable, mais aussi plus juste.
On nous a dit que le marché allait nous sauver, alors que notre dépendance au profit et à la croissance nous fait sombrer chaque jour davantage. On nous a dit qu’il était impossible de sortir des combustibles fossiles, alors que nous savons exactement comment nous y prendre – il suffit d’enfreindre toutes les règles du libre marché : brider le pouvoir des entreprises, reconstruire les économies locales et refonder nos démocraties. On nous a aussi dit que l’humanité était par trop avide pour relever un tel défi. En fait, partout dans le monde, des luttes contre l’extraction effrénée des ressources ont déjà abouti et posé les jalons de l’économie à venir. Naomi Klein soutient ici que le changement climatique est un appel au réveil civilisationnel, un puissant message livré dans la langue des incendies, des inondations, des tempêtes et des sécheresses. Nous n’avons plus beaucoup de temps devant nous. L’alternative est simple : changer... ou disparaître. Tant par l’urgence du sujet traité que par l’ampleur de la recherche effectuée, l’auteur de No Logo et de La Stratégie du choc signe ici son livre le plus important à ce jour.

. Céline Braconnier et Nonna Mayer, Les inaudibles. Sociologie politique des précaires, Paris, Presses universitaires de Sciences Po, 2015 (à paraître mi-mars).

Ce livre va au-devant d’une population oubliée et hétérogène, celle des « précaires » : travailleurs pauvres, chômeurs en fin de droits, mères seules avec enfants, bénéficiaires des minima sociaux ou personnes en hébergement d’urgence. Il s’appuie sur une enquête réalisée lors de l’élection présidentielle de 2012, qui cherchait à comprendre et à mesurer l’impact de la précarité sur les rapports des individus à la politique, et sur des entretiens effectués dans des centres d’accueil de jour et lieux de distribution alimentaire à Paris, Grenoble et Bordeaux.
La lutte quotidienne pour la survie incite aux comportements individualistes, à la « débrouille » plus qu’à l’action collective. Elle suscite un profond sentiment d’injustice face aux riches, mais ne pousse pas à la révolte. Le lien avec la politique institutionnelle n’est pourtant pas rompu : les hommes et les femmes en situation de précarité suivent la campagne présidentielle, expriment des préférences, font davantage confiance à François Hollande qu’à Nicolas Sarkozy et plus à Marine le Pen qu’au candidat du Front de gauche.
Ces positions se traduisent néanmoins rarement en bulletins de vote. Faute de dispositifs leur facilitant l’accès à l’espace public, les individus en situation de précarité demeurent, la plupart du temps, inaudibles.

. André Louchet, Océans. Bilan et perspectives, Paris, Armand Colin, 2015.

La conception que l’homme a de l’océan a radicalement changé depuis une quarantaine d’années. Sur le plan géophysique, il s’est révélé être la structure la plus jeune et la plus fugitive du monde. Sur le plan géopolitique, le remaniement des routes maritimes après la fermeture du Canal de Suez et l’ouverture des routes de l’Arctique ont totalement remis en question l’armement maritime et révolutionné les transports. Parallèlement, face à la perspective d’une raréfaction des ressources alimentaires, minérales ou énergétiques, l’océan est perçu comme jouant un rôle central. Cet ouvrage vient faire le bilan géographique de l’ensemble de ces questions.

. Anne Ciattoni & Yvette Veyret, Les fondamentaux de la géographie, Paris, Armand Colin, 2015 (3e édition).

Cet ouvrage didactique aborde les thèmes fondamentaux de la géographie d’aujourd’hui. Chacun des dix chapitres est structuré de manière claire et pédagogique : une analyse sous forme de cours, une synthèse du thème abordé, les références bibliographiques essentielles, une étude de cas à partir de documents.
L’ensemble est complété par la présentation des outils nécessaires au géographe et par un lexique rassemblant les définitions clés.
Un manuel indispensable pour acquérir les bases de la discipline ou actualiser ses connaissances.

. Alain Cariou, L’Asie centrale. Territoires, sociétés et environnement, Paris, Armand Colin, 2015.

L’Asie centrale, située au cœur du plus massif des continents, est souvent perçue comme un espace intermédiaire, un « bout du monde » écartelé entre les grandes puissances russe et chinoise. Pourtant, depuis la chute du communisme et l’ouverture de la Chine au marché mondial, elle apparaît comme une région émergente et en pleine mutation.
Pour la première fois, un ouvrage propose d’étudier l’Asie centrale comme une entité à part entière à partir d’un cadre régional inédit, de la mer Caspienne à l’Ouest chinois, soit un continuum géographique regroupant les cinq républiques post-soviétiques (Kazakhstan, Kirghizstan, Ouzbékistan, Tadjikistan et Turkménistan) et la Région autonome ouïgoure du Xinjiang.
Construit sur une approche thématique, il aborde les dimensions culturelle, géohistorique, environnementale et socio-économique des territoires et des sociétés. La première partie vient interroger l’identité de l’Asie centrale (cultures, religions, recompositions territoriales et défis du développement). La deuxième partie aborde les questions environnementales (contexte physique et mise en valeur des milieux, crises écologiques et désertification). La dernière partie fait le point sur les dynamiques démographiques et leurs conséquences spatiales à l’égard d’espaces urbains et ruraux en pleine évolution.
Des analyses à différentes échelles spatiales et une abondante cartographie originale permettent de saisir l’émergence d’une aire géographique méconnue confrontée aux défis du développement et de la mondialisation.

. Hugues Tertrais, L’Asie pacifique au XXe siècle, Paris, Armand Colin, 2015.

Le XXe siècle aura beaucoup chahuté l’Asie. On s’inquiéta d’abord d’un improbable « péril jaune », alors que le Japon de Meiji prenait ses marques dans le sillage de l’Europe ; l’empire chinois se trouvait alors au plus bas, mais la foule asiatique était là, dans les campagnes et la misère : elle allait connaître une succession d’expériences sociales et politiques hors du commun, parfois tragiques, où se rencontrent et se heurtent les États, les idéologies et les peuples. La première moitié du siècle est dominée par la montée en puissance du Japon et l’apogée des empires coloniaux. Après 1945 et la « déconstruction » des empires, vient le temps des révolutions, des guerres de libération et du communisme. Une croissance économique insolente clôt le siècle. Comme régénérée par un siècle de crises et de chaos, l’Asie écrit une nouvelle partition.

. Antoine Frémont et Anne Frémont-Vanacore, Géographie des espaces maritimes, Paris, La Documentation photographique, 2015.

Les mers et les océans sont d’immenses espaces naturels. Mais ils sont aussi le lieu d’activités humaines intenses et croissantes, et prennent, de fait, le statut d’espaces maritimes. De gigantesques porte-conteneurs les sillonnent quotidiennement ; leurs ressources (halieutiques, hydrocarbures, minérales) sont de plus en plus exploitées ; ils sont le théâtre, sinon l’objet, de tensions et de convoitises entre États. Les espaces maritimes sont enfin au cœur des enjeux globaux auxquels l’humanité sera confrontée tout au long du XXIe siècle.

. Catherine Carré et Jean-Claude Deutsch, L’eau dans la ville. Une amie qui nous fait la guerre, La Tour-d’Aigues, Editions de l’Aube, 2015.

L’eau est vitale pour les hommes. Mais la montée en puissance des villes complique les relations entre l’eau et l’homme. Rareté de la ressource, risque d’inondation, problèmes technologiques... L’eau, bien public, doit-elle être gérée par le public ? Trustée par de grandes entreprises privées ? Quid de l’eau dans les pays du Sud ? La gestion urbaine de l’eau est au cœur de nombreux débats nationaux et internationaux, car l’eau est un enjeu majeur, aussi bien du point de vue de la préservation de l’environnement que du bon fonctionnement du milieu urbain.
Un essai documenté, précis, sur une question centrale trop souvent ignorée, qui fait comprendre la complexité du sujet et expose clairement les enjeux.

. Gérard Fellous, Daech – Etat islamique. Cancer d’un monde arabo-musulman en recomposition. Un conflit international long et incertain, Paris, L’Harmattan, 2015.

Qui sont-ils, ces djihadistes qui ont répandu le sang dans le monde, de Paris à Canberra, de Toronto à Niamey ? Dans la galaxie du terrorisme international, l’Etat islamique - Daech, occupe une place à part. Quelles sont les modifications profondes que Daech et les djihadistes imposent aux Etats de la région, dont la majorité a manqué le tournant des "Printemps arabes" ? Une recomposition profonde, après les épisodes historiques de la colonisation, des indépendances et des dictatures. Pour comprendre ce phénomène nouveau qui marquera le début du XXIe siècle. Pour résister à ses assauts. Pour faire reculer le fanatisme religieux. Pour protéger la démocratie, la liberté, l’égalité, la laïcité, la fraternité et le vivre-ensemble, il nous faut préalablement connaitre le véritable visage de ceux qui tentent de les mettre en terre. C’est l’objet de cette étude géopolitique.

. Ellen Wasylina, Ukraine : prémices de guerre froide en Europe ?, Paris, L’Harmattan, 2015.

La crise ukrainienne préfigure les prochaines guerres, froides ou chaudes, en Europe. L’Ukraine n’est pas qu’un théâtre géopolitique séculaire des tensions Est-Ouest, mais bien une pièce nouvelle que ses acteurs (Europe, Russie, Etats-Unis, Chine, Asie centrale) seront amenés à rejouer, avec quelques variations, dans les années à venir. Ce sont les nouvelles règles du jeu international qui sont de décryptées à travers l’analyse de la situation ukrainienne, appelée à devenir la matrice des conflits de demain.

. Patrice Obert, Chroniques des élections européennes de 2014. Pour une alternative républicaine, Paris, L’Harmattan, 2015.

L’Europe est mal connue, mal aimée, et pourtant notre chance aujourd’hui. Dans ce livre, Patrice Obert explique pourquoi il décide de se présenter pour la première fois comme candidat sur une liste citoyenne. À travers de courts récits, il décrit le déroulement d’une campagne et le ressenti des citoyens rencontrés face aux militants politiques. Une réflexion indispensable pour comprendre les résultats des prochaines élections de 2015 en Europe et pour proposer une alternative politique républicaine, européenne et humaniste face à la montée des extrémismes.

. Laure Lévêque, Philippe Bonfils, Yusuf Kocoglu, Thierry Santolini et Delphine van Hoorebeke (dir.), L’espace euro-méditerranéen entre conflits et métissages. Rencontres, échanges, représentations¸ Paris, L’Harmattan, 2015.

A lire l’actualité, l’espace euro-méditerranéen évoque aujourd’hui massivement une zone de conflits culturels, religieux ou économiques, plus ou moins ouverts, jusqu’à menacer le vivre ensemble de communautés que caractérisent pourtant, sur la longue durée, des pratiques d’échanges qui ont assuré, d’une rive à l’autre, une cohabitation renouvelée, sinon toujours pacifique. L’ouvrage essaie de mettre l’accent sur leurs points de convergence, sans angélisme, mais fort d’une perspective humaniste.

. Nicolas Escach (dir.), Géographie des mers et des océans. Capes/Agrégation, Histoire-Géographie, Paris, Dunod, 2015.

Ce manuel constitue un outil de travail adapté à vos besoins et aux exigences des concours. Le contenu proposé s’inscrit dans un cadre à la fois pédagogique, épistémologique et didactique, répondant ainsi aux nouvelles orientations des épreuves écrites et orales.
Cet ouvrage vous propose :
Une introduction problématique permettant de circonscrire le cadre de la question au programme et ses principaux enjeux.
13 chapitres thématiques qui analysent le processus de construction territoriale dans un contexte marin à travers quatre grandes parties : la dernière frontière, l’homme et la mer, l’économie-monde, entre mer et terre. Chaque chapitre est structuré en trois parties : problématisation, mesure et spatialisation, étude de cas accompagnée d’un croquis.
4 outils indispensables à la préparation des épreuves : un glossaire rassemblant les principaux concepts géographiques et techniques à connaître, un repère didactique sur l’enseignement de la géographie des mers et des océans, qui replace cette question dans les programmes du secondaire, un sujet de dissertation corrigé et un sujet d’oral commenté.


Le livre recommandé par le Diploweb.com pour le mois de février 2015

Pierre Verluise, Directeur du Diploweb.com : "Ce livre fait bien plus que tenir les promesses de son titre. Non seulement Laurent Bloch présente avec pédagogie et pertinence les enjeux de la révolution cyberindustrielle à conduire en France, mais il nous offre une géographie et une géopolitique de l’Internet. A mettre dans les mains de ceux qui ne veulent pas être des utilisateurs passifs. "

. Laurent Bloch, Révolution Cyberindustrielle en France, coll. Cyberstratégie, Economica, 2015.

Depuis vingt ans nous vivons une révolution culturelle engendrée par l’irruption dans toutes les activités humaines de l’Internet et par conséquent de l’informatique. Cette extension du monde informatisé crée un nouvel espace, le cyberespace. Les répercussions de cette révolution sont comparables à celles de l’invention de l’écriture. Les nations qui sauront en tirer profit en accomplissant leur révolution cyberindustrielle seront les grandes puissances de demain, celles qui la négligeront resteront sur le bord du chemin, comme autrefois la Chine et l’Empire Ottoman, laissés pour compte des révolutions industrielles du XIXe siècle.

La France est-elle prête pour cette révolution ? Elle dispose de nombreux atouts culturels, intellectuels et industriels, surtout si elle collabore avec ses partenaires européens, mais a-t-elle conscience du défi et veut-elle le relever ?

Ce livre propose une analyse des tenants et des aboutissants de la révolution cyberindustrielle, une description du cyberespace et des défis stratégiques qui s’y nouent et une analyse des positions françaises et européennes dans ce dispositif, face aux grandes puissances cyberindustrielles (États-Unis et Chine) et aux cyberdragons (Corée du Sud, Taïwan, Israël, Singapour).

Laurent Bloch, précédemment responsable de l’informatique scientifique de l’Institut Pasteur, Directeur du Système d’Information de l’université Paris-Dauphine et auteur de plusieurs ouvrages sur les systèmes d’information et leur sécurité, se consacre à la recherche en cyberstratégie.


. Chérif Amir, Histoire secrète des Frères musulmans, Paris, Ellipses, 2015.

Le mouvement des Frères musulmans a pour objectif de recréer le califat islamique disparu en 1923 et de soumettre le monde à un islam radical régi par la charia. Dans cette perspective, son idéologie extrémiste et sectaire prône le jihad armé, laquelle est servie par une organisation solide, totalement dévouée à l’atteinte de ces buts depuis plus de huit décennies, par tous les moyens, y compris les plus violents.

Car en effet, derrière une façade pouvant laisser croire à une certaine respectabilité, la confrérie n’est qu’un mouvement terroriste ayant fait de très nombreuses victimes. Né en Egypte en 1928, à l’initiative d’Hassan El-Banna, le mouvement n’a cessé d’essayer de prendre le pouvoir dans ce pays, perturbant profondément son évolution historique et politique, coopérant tour à tour avec le pouvoir en place ou s’y opposant le plus souvent. La lutte entre la confrérie, les pouvoirs successifs et le peuple est donc une composante majeure de l’histoire moderne de l’Egypte.

Ce livre dresse un récit complet et inédit de l’histoire des Frères musulmans depuis leur création, décrit leurs tentatives de prise de pouvoir en Egypte, leurs succès et leurs défaites. Il présente leur idéologie radicale et met en lumière leur admiration non dissimulée pour Hitler et le nazisme. Cet ouvrage décrit également les ramifications internationales de la confrérie, ses « filiales » dans les autres pays musulmans, les groupes terroristes qui en sont issus et jusqu’à ses relations avec l’Iran des ayatollahs.

Surtout, il rétablit la vérité sur ce que furent réellement le « printemps égyptien » de 2011 et l’année pendant laquelle le pays fut gouverné par cette confrérie terroriste, avant que Mohamed Morsi ne soit déposé par une révolution populaire. Enfin, il aborde le rôle central d’Abdel Fattah El-Sisi, le nouveau chef d’Etat égyptien.

Un ouvrage riche de révélations qui met en lumière des faits généralement méconnus en Occident et qui entraînera le lecteur dans les coulisses de l’histoire de l’Egypte, au cœur même de l’une des organisations les plus secrètes de l’islam, adepte du jihad.

. Michel Raimbaud, Tempête sur le Grand Moyen-Orient, Paris, Ellipses, 2015.

Extensible au gré des pulsions américaines, le Grand Moyen-Orient s’étend désormais de l’Atlantique à l’Indonésie, sur plus de 50 degrés de latitude. En raison de sa position stratégique aux confins de l’Eurasie autant que par sa richesse en gaz et pétrole, cette immense « ceinture verte » islamique détient un potentiel de puissance considérable et constitue un enjeu majeur. De son devenir, mis en question par la tempête actuelle, dépend en bonne partie la physionomie de notre monde de demain : sera-t-il unipolaire, aux ordres de l’Occident comme il l’a été depuis la fin de la guerre froide, ou multipolaire comme le préconisent les émergents ? Telle est la question posée.
Cet ouvrage est destiné à tous ceux qui s’intéressent aux peuples arabes et/ou musulmans, à leur histoire et leur avenir. Il vise également un public plus large, celui des personnes désireuses de comprendre les événements actuels et de démystifier ce vieux monde où l’on sème si facilement la mort et la destruction au nom du Bien, si ce n’est au nom de Dieu.

. Guillaume Devin (dir.), Dix concepts sociologiques en relations internationales, Paris, CNRS Editions, 2015.

Prendre au sérieux l’idée que les faits internationaux sont des faits sociaux, c’est admettre que les relations internationales doivent être appréhendées par les sciences sociales et non pas seulement par le corpus convenu des « théories des relations internationales », principalement d’origine anglo-américaine. Ce livre s’attache à l’apport de dix concepts-clés appartenant à l’œuvre de dix sociologues : la scène (Goffman), la structuration (Giddens), le champ (Bourdieu), l’interdépendance (Elias), la domination (Weber), la loyauté (Hirschman), la rationalité (Boudon), le conflit (Simmel), la réciprocité (Mauss) et l’intégration (Durkheim).

Cette démarche originale entend enrichir l’étude des relations internationales en encourageant un réflexe d’ouverture vers la sociologie et, plus généralement, vers d’autres sciences sociales.

. Michel Verpeaux, Christine Rimbault et Franck Waserman, Les collectivités territoriales et la décentralisation, Paris, La Documentation française, 2015.

Carte des régions redessinée, projet de loi portant nouvelle organisation territoriale de la République en débat au Parlement, dix métropoles créées à compter du 1er janvier 2015... Un an après la loi de modernisation de l’action publique et d’affirmation des métropoles du 27 janvier 2014, les collectivités territoriales connaissent à nouveau en 2015 des évolutions importantes. Analysant ces transformations et les enjeux de la décentralisation, cet ouvrage est organisé autour de six thèmes : la diversité des collectivités territoriales, les grands principes les régissant, leurs compétences, leurs finances, la démocratie locale et l’intercommunalité.

. Observatoire du dialogue et de l’intelligence sociale (ODIS), L’état social du monde 2015. Aux racines de la performance globale, Paris, La Documentation française, 2015.

Cette publication annuelle est devenue une référence indispensable pour la réflexion stratégique des décideurs de toutes les sphères : politique, économique, social, associative. Elle se décompose en trois parties : analyse statistique, analyse qualitative, propositions aux acteurs.

1 - Statistiques sur 175 pays : Les données publiques sont transformées en indices, regroupées dans des agrégats (maturité numérique, lien social, performances, santé), lesquels sont croisés dans des schémas autorisant la visualisation simplifiée d’analyses éclairantes.

Etablies depuis 2004, les corrélations en termes de performances, de lien social, de santé et de maturité numérique, forgent un nouveau regard sur le monde et l’entreprise, ainsi que sur le rôle des managers et dirigeants. L’étude propose une mise en perspective géo-historique de nos rapports au pouvoir et au savoir, pour repenser et mieux construire nos solidarités et nos responsabilités.

2 – Modèles d’analyse : A l’heure de la société globalisée, où l’espace et le temps se contractent, il convient de mettre en perspective géo-historique nos rapports au pouvoir et au savoir, pour repenser et mieux construire nos solidarités et nos responsabilités.

3 – Propositions aux acteurs : impliquer les citoyens dans la cité. Il s’agit ici de prendre en compte les spécificités de chacun, de quantifier les socio profils présents au sein d’une organisation ou d’un territoire, et d’organiser une réflexion collective génératrice d’une meilleure conscience des enjeux et productrice de consensus approfondis sur des projets innovants et ambitieux.

Cette nouvelle synthèse réalisée par l’ODIS à partir des nombreux forums citoyens, auditions de décideurs politiques, économiques et sociaux relève de l’éducation citoyenne.

. Mathieu Guidère, L’état du monde arabe, Bruxelles, De Boeck, 2015 (à paraître mi-mars).

Dresser l’état du monde arabe ? C’est le pari audacieux du nouvel ouvrage de Mathieu Guidère. Un défi indispensable étant donné les évènements, les évolutions rapides et la complexité des situations locales. Depuis 2011, les pays arabes et musulmans sont en pleine mutation, entre autres suite aux printemps arabes qui ont profondément modifié la situation géopolitique. Aujourd’hui, le monde arabe est au cœur d’une triste actualité suite au déploiement du groupe Daech, aux attentats de janvier 2015 à Paris et ceux de Copenhague le 14 février 2015. Comment en est-on arrivé là ? Cet ouvrage tente de le comprendre en dressant un panorama de l’histoire des pays les plus présents dans l’actualité internationale. Ainsi, un chapitre est consacré aux pays du Maghreb, un autre à ceux du Machrek et un troisième à l’Etat du Golfe.

Actualité oblige, « l’état des forces islamistes » est traité spécifiquement. Outre un aperçu historique des pays, permettant de remettre en contexte leur situation politique et sociale, Mathieu Guidère traite en parallèle les événements internationaux et les évolutions locales afin de présenter un état des lieux complet et critique.

L’analyse d’un passé mouvementé mêlée à celle des événements récents se veut essentielle pour enfin espérer un monde arabe nouveau en quête de paix et de prospérité. C’est donc une vision plus optimiste que Mathieu Guidère s’attache à mettre en lumière dans son nouvel ouvrage.

. Éric Mottet, Barthélémy Courmont, Frédéric Lasserre (dir.), La Chine et le Monde. Quelles nouvelles relations, quels nouveaux paradigmes ?, Presses de l’Université du Québec, 2015.

La Chine, première puissance mondiale, ne s’écrit plus au conditionnel et ne se conjugue même plus au futur  ; elle fait partie de notre présent. Incessamment, pour la première fois de l’histoire récente, la plus grande puissance économique mondiale ne sera pas un pays occidental et, surtout, ne se réclamera pas de la démocratie et n’adhérera pas, du moins officiellement, au capitalisme. La date à laquelle se fera la transition importe peu. Les vraies questions sont ailleurs. La Chine veut-elle être la première puissance mondiale  ? Le reste du monde acceptera-t-il le principe d’une Chine première puissance mondiale  ? À quoi ressemblera la Chine, première puissance mondiale  ?

Par l’étude de situations et de cas représentatifs, les auteurs de cet ouvrage donnent des clés de lecture pour comprendre la Chine d’aujourd’hui et de demain, à la fois dans ses dimensions interne et externe. Les uns s’interrogent sur la capacité des institutions chinoises à s’adapter au défi que représentent la modernisation technologique du pays et la transformation sociale qui l’accompagne  ; les autres, sur l’évolution éventuelle de la puissance diplomatique chinoise. Alors que certains exposent les tensions et les difficultés internes au pays, d’autres s’intéressent aux relations que la Chine entretient avec les régions frontalières, mais également avec les régions et les pays plus lointains. En somme, l’ouvrage met en lumière la difficile articulation entre le projet intérieur du Parti communiste chinois et sa stratégie extérieure.

. Gaidz Minassian, Le rêve brisé des Arméniens, Paris, Flammarion, 2015

A l’occasion du centenaire du génocide arménien en 1915, G. Minassian revient sur les origines du massacre au cours duquel 1 500 000 personnes furent tuées. Il reconstitue les événements à travers le parcours d’un groupes de jeunes Arméniens qui se sont battus pour la reconnaissance de leur identité et pour l’égalité entre les nationalités.

. Mohammed Anouar Moghira, Les armées arabes et le pouvoir d’Etat. Militaires du peuple ou du régime (XIX-XXIe siècle) ?, Paris, Karthala, 2015.

Discipline dans l’armée, discipline de l’armée : n’est-ce pas souvent pour avoir érigé son règlement en religion et s’être instituée conservatrice en chef des vertus oubliées que l’armée fait irrémédiablement irruption sur la scène politique du monde arabe ? Et pourquoi, dans cette région du monde, son poids a-t-il été et reste déterminant dans le déroulement du jeu politique et l’évolution des régimes ? L’histoire politique de ces pays donne-t-elle à comprendre ce phénomène, d’autant plus crucial à l’heure de la mondialisation, où la diplomatie est devenue stratégie générale. Comment saisir que l’armée est et reste la puissance qui crédite le militaire arabe d’un pouvoir sans égal ? L’objectif de ce livre est d’expliquer l’évolution du rôle politique des officiers militaires durant les différents pouvoirs autocratiques arabes et les coups d’état de la fin du XIXe à aujourd’hui (les Printemps arabes compris) ; de comprendre la spécificité du rôle extra-militaire de ces armées ; d’évaluer leur omniprésence aux niveaux décisionnels et de savoir pourquoi elles restent garantes de la stabilité de régime totalitaire.

. Vincent Duclert, La France face au génocide des Arméniens, Paris, Fayard, 2015.

En 1915, un événement – l’extermination des Arméniens ottomans – fait basculer le monde dans l’ère des tyrannies et des crimes de masse. Le traité de Lausanne signé avec la Turquie, huit ans plus tard, scelle la disparition de l’Arménie plurimillénaire, à l’exception de la Petite République des régions russes, soumise à la terreur stalinienne. Parmi les Alliés, la France porte une lourde responsabilité dans le premier génocide du XXe siècle et l’abandon des survivants.

Critiques d’une telle politique impériale, des savants, des écrivains, des intellectuels, des parlementaires et diplomates français, des hommes de foi, rejoints par leurs homologues belges et suisses, choisissent de défendre un devoir d’humanité. Dès la fin du XIXe siècle, ils s’engagent contre l’injustice des grands massacres qui se répètent dans l’Empire ottoman. À la suite de Séverine, Jaurès ou Anatole France, une majorité de dreyfusards se mobilisent. La solidarité devient une cause morale et politique majeure, débouchant sur la formation d’un large « parti arménophile ».
Dans cette étude passionnante, Vincent Duclert révèle l’histoire française de ce génocide tombé dans l’oubli. Il faudra attendre le 29 janvier 2001 pour que le Parlement, retrouvant la mémoire de ses engagements pour les Arméniens, adopte une loi de reconnaissance, tandis qu’intellectuels et historiens réinvestissent le champ de la connaissance du premier génocide.

Historien à l’École des hautes études en sciences sociales (CESPRA), Vincent Duclert est venu à l’étude du génocide des Arméniens par l’affaire Dreyfus, Jean Jaurès et la recherche sur les engagements démocratiques dont il est l’un des spécialistes.

. Charles-Philippe David (dir.), La politique étrangère des Etats-Unis. Fondements, acteurs, formulation, Paris, Presses universitaires de Sciences Po, 2015.

Aux États-Unis, l’élaboration de la politique étrangère implique une grande diversité d’acteurs, génère d’intenses débats et suppose de longs arbitrages. Tendance qui s’est encore amplifiée alors que se terminent les guerres des années 2000 et que se décident celles des années 2010.
Ce panorama complet du processus de formulation de la politique étrangère américaine en retrace à la fois l’histoire et la constitution, la culture, les approches, les institutions et les liens avec la société. Les auteurs intègrent les différentes approches de la science politique américaine et des relations internationales, prenant en compte le droit constitutionnel ou encore la science administrative pour analyser les fondements, décrire les mécanismes et identifier les acteurs de cette politique. Sont ainsi passées en revue l’influence de la présidence, des bureaucraties, du Conseil de sécurité nationale, du Congrès, de l’opinion publique et des médias, sans oublier celle des lobbies et des think tanks.

Pour cette troisième édition entièrement remaniée et actualisée, sans équivalent en langue française, Charles-Philippe David s’est entouré de sept experts reconnus de la politique extérieure des États-Unis.

. Sophie-Robin Olivier, Les contrats de travail flexibles, une comparaison internationale, Paris, Presses universitaires de Sciences Po, 2015.

Pour satisfaire une demande pressante de flexibilité, le CDI ou contrat de travail « standard » à temps plein et à durée indéterminée a laissé place à une multiplicité de contrats « atypiques ». La fragmentation des situations et la complexité toujours accrue qui en résultent, souvent décrites comme un problème de « segmentation du marché du travail », sont source d’inégalités et entraînent la disparition des protections attachées aux contrats standards.

Ce malaise n’est pas une exception française. La flexibilité des relations de travail s’est inscrite dans les contrats du travail de bien des systèmes juridiques : contrats aidés, contrats d’apprentissage, contrats de stage, contrats occasionnels y côtoient, parmi les plus atypiques, les contrats « zéro heure », les « minijobs » et, parmi les plus récentes inventions, le contrat de salarié-actionnaire.

En proposant une comparaison internationale du droit des contrats de travail flexibles, cet ouvrage révèle leur incidence sur les droits individuels et collectifs des travailleurs et montre comment, à travers le monde, les différents systèmes juridiques s’efforcent, avec plus ou moins de vigueur, de concilier flexibilité et droits des salariés.

. Marc Ferracci et Florian Guyot, Dialogue social et performance économique, Paris, Presses universitaires de Sciences Po, 2015.

Avec un taux d’adhésion syndicale très faible mais une forte proportion de salariés couverts par des accords collectifs, la France fait figure d’exception parmi les pays industrialisés. Malgré les prérogatives importantes des partenaires sociaux, la faible qualité des relations sociales et le manque de confiance entre les acteurs engendrent une intervention fréquente de l’État, et font obstacle à des réformes qui profiteraient aux individus les moins employables.

Peut-on établir une relation de cause à effet entre dialogue social et performance économique ? Quel est l’impact de l’action syndicale sur la productivité et la profitabilité des entreprises ? La négociation collective et le dialogue social ont-ils des effets sur les salaires, sur l’emploi et sur le niveau du chômage ? C’est à toutes ces questions que cet ouvrage veut répondre à partir d’études réalisées en Europe et ailleurs dans le monde.
À la lumière de ces études, les auteurs proposent des pistes d’évolution du système social français. Ils montrent qu’il est indispensable de renforcer et de moderniser le dialogue social si l’on veut inverser durablement la courbe du chômage en France.

. Hervé Baron, The Oil and Gas Engineering Guide, Paris, Technip, 2015.

This book provides the reader with :
. a comprehensive description of engineering for oil & gas projects,
. a description of the work of each engineering discipline, including illustrations of all common documents,
. an overall view of the plant design sequence and schedule,
. practical tools to manage and control engineering activities.
This book is designed to serve as a map to anyone involved with engineering activities.
It enables the reader to get immediately oriented in any engineering development, to know which are the critical areas to monitor and the proven methods to apply.
It will fulfill the needs of anyone wishing to improve engineering and project execution.

. Paul-David Régnier, Dictionnaire de géographie militaire, Paris, CNRS Editions, 2015.

Pourquoi les terroristes préfèrent-ils les aéroports aux ports ? Comment attaque-t-on un désert ? Quel est l’impact stratégique d’une opération humanitaire ? Comment défend-on un site nucléaire ? Les géographes sont-ils des espions ?

En associant les spécificités de la guerre moderne à la complexité des territoires et à la diversité des lieux, ce dictionnaire revient sur des notions fondamentales – blocus, frontière, guérilla, lutte anti-drogue, espace aérien – en les revisitant. Nourri d’exemples tirés des conflits les plus récents, il annonce le retour en France d’une discipline en pleine expansion outre-Atlantique : la géographie militaire.

. Sébastien Boussois (dir.), Moyen-Orient 2014 : bilan géopolitique, Paris, Editions du Cygne, 2015.

L’année 2014 a vu le Moyen-Orient terminer une boucle politique symbolique : trois ans après les « Printemps arabes », nous sommes en droit de nous interroger sur l’échec global ou localisé de ce formidable mouvement de démocratisation qui s’était enclenché en Tunisie en décembre 2010. Deux pays pionniers nous poussent au pessimisme et à une certaine nostalgie romantique du réveil arabe : le maréchal Sissi a été élu en 2014 président de la République arabe d’Égypte, fermant la parenthèse du flou politique post-révolutionnaire et la Tunisie a porté au pouvoir Beji Caïd Essebsi, 88 ans, chef du parti Nidaa Tounes, soutenu par d’anciens éléments du RCD, contre son rival Moncef Marzouki, ancien président allié aux Islamistes d’Ennahda.
Des décennies de dictature laïque avaient poussé les peuples arabes à croire en l’alternative incarnée par les islamistes et les porter au pouvoir. La crise économique et sociale grave que traversent le Monde, l’Europe, et par voie de fait le bassin méditerranéen, n’a bien sûr pas été résolue par les défenseurs de la charia.
C’est un monde méditerranéen pris entre espoirs et désillusions qui jongle entre conflits sans fin comme en Syrie, menaces inter-étatiques et intra-étatiques, démembrements d’État comme l’Irak, velléités d’indépendance éternelles pour certains comme les Kurdes, entre attirance pour le renouveau et crainte de l’avenir dans le même temps. Le choc géopolitique de cette année fut bien sûr la proclamation de l’État islamique (ISIS), ces hommes en noir agissant au nom du fait religieux et enfoncant un peu plus encore la région dans le chaos.

. Michel Eltchaninoff, Dans la tête de Vladimir Poutine, Arles, Actes Sud, 2015.

C’est presque passé inaperçu. Janvier 2014, en Russie, les hauts fonctionnaires, les gouverneurs des régions, les cadres du parti Russie unie reçoivent un singulier cadeau de Nouvel An de la part de l’administration présidentielle : des ouvrages de philosophie ! Des oeuvres de penseurs russes du xixe et du xxe siècle.

Si Gogol revenait, il décrirait ces imposants personnages, habitués aux restaurants chics et aux belles voitures, en train de peiner sur la lecture de pages emplies de spéculations sibyllines. Car il faut s’y mettre, et passer des soirées à s’arracher les cheveux. Le président lui-même a récemment cité ces auteurs dans des discours décisifs, et il faut essayer de comprendre ce qu’il a voulu dire. Les plus persévérants trouvent d’ailleurs dans ces livres des formules qui résonnent étrangement, et sentent comme une concordance des temps : le rôle du guide de la nation dans une démocratie authentique, l’importance d’être conservateur, le souci d’ancrer la morale dans la religion, la mission historique du peuple russe face à l’hostilité millénaire de l’Occident. Dans cet essai, Michel Eltchaninoff tente de répondre à la question que chacun se pose depuis l’annexion de la Crimée, magnifiée en Russie comme un acte fondateur : qu’est-ce que Poutine a dans la tête en ce début de siècle imprévisible ?

La philosophie russe devrait nous aider à comprendre sa stratégie alors même que les prophètes du conservatisme, de “la Voie russe” et de “l’empire eurasiatique” ont le vent en poupe au Kremlin.

. Jean-François Gleizes, Des territoires à penser, La Tour-d’Aigues, Editions de l’Aube, 2015.

Chaque culture exprime son potentiel en lien avec un sol et un climat. Chacune est « de quelque part ». Mais le monde change. Alors, nous avons interrogé 15 spécialistes du territoire et de son aménagement : en regardant à un horizon de quinze ans, comment la notion de « territoire » fonctionne-t-elle de votre point de vue ? Quel rôle joue-t-elle dans la construction d une vision de l avenir ? Quel cadre peut-elle offrir à la prise de décisions qui engagent l économie, le milieu naturel, les collectivités sociales ? Quelles places y tiennent les filières agricoles notamment les grandes cultures ? Leurs réponses font ce livre. Un ensemble passionnant.

. Gérard Fellous, Daech – « Etat islamique », Cancer d’un monde arabo-musulman en recomposition. Un conflit international long et incertain, Paris, L’Harmattan, 2015.

Qui sont-ils, ces djihadistes qui ont répandu le sang dans le monde, de Paris à Canberra, de Toronto à Niamey ? Dans la galaxie du terrorisme international, l’Etat islamique - Daech, occupe une place à part. Quelles sont les modifications profondes que Daech et les djihadistes imposent aux Etats de la région, dont la majorité a manqué le tournant des "Printemps arabes" ? Une recomposition profonde, après les épisodes historiques de la colonisation, des indépendances et des dictatures. Pour comprendre ce phénomène nouveau qui marquera le début du XXIe. siècle. Pour résister à ses assauts. Pour faire reculer le fanatisme religieux. Pour protéger la démocratie, la liberté, l’égalité, la laïcité, la fraternité et le vivre-ensemble, il nous faut préalablement connaitre le véritable visage de ceux qui tentent de les mettre en terre. C’est l’objet de cette étude géopolitique.

. Nabil El-Haggar, Pendant la crise, les crises continuent, Paris, L’Harmattan, 2015.

Cet ouvrage se propose d’apporter un éclairage sur la notion de crise en analysant ses usages à travers l’histoire, dans des champs disciplinaires aussi divers que le vivant, la science, les technologies, la politique, l’environnement. Il a aussi pour ambition de nourrir la réflexion : pourquoi l’homme reste-t-il incapable de prévenir les crises, quelle sera l’issue de cette crise et aussi les conséquences ? Avons-nous franchi un seuil irréversible ?

. Raymond Ebalé, L’Union européenne et les pays ACP : la fin d’une illusion ? Les accords de Cotonou : bilan et perspectives à l’horizon 2020, Paris, L’Harmattan, 2015.

Cet ouvrage essaye de baliser le chemin de l’avenir de la relation UE-ACP dans la perspective où l’accord de Cotonou, qui la régit depuis juin 2000, arrivera à son terme en 2020. Si du côté européen les pendules semblent déjà être mises à l’heure, du côté ACP par contre la sérénité n’est pas de mise tant le groupe constitué par les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique demeure toujours dans l’expectative et le tâtonnement.

. Hélène Blanc (dir.), Goodbye Poutine, Paris, éd. Ginkgo, 21 janvier 2015

« L’Ukraine, écrivait déjà Voltaire, a toujours aspiré à être libre. »

La raison d’être de ce livre est de faire découvrir un pays par trop méconnu et de tordre le cou à une désinformation savamment distillée par le Kremlin et ses relais… La Crimée, brutalement annexée en mars 2014, alors qu’au début du même mois le président russe affirmait le contraire, est-elle déjà passée par pertes et profits ? Fin 2013, Vladimir Poutine a ouvert la boîte de Pandore, déclenchant une déferlante prorusse à l’Est de l’Ukraine.

L’Union européenne, les Etats-Unis et le reste du monde ont-ils enfin réalisé à quel point la Russie est devenue dangereuse pour le monde libre  ? Depuis quinze ans, les avertissements de nombreux Russes clairvoyants ou d’observateurs européens avisés, sont restés lettre morte. Et les précédentes opérations néo-impérialistes du Kremlin, menées en toute impunité, n’ont pas suffi à guérir la cécité des leaders occidentaux. « Goodbye, Poutine » n’est pas un simple slogan qui reprend le « dégage » du Printemps Arabe ou du Maïdan 2013-2014.

Sous la direction de la russologue Hélène Blanc, les voix multiples, les regards croisés des meilleurs observateurs de l’Union européenne, de la Russie et de l’Ukraine, analysent la crise la plus grave qu’ait connue l’Europe. Leurs éclairages pluriels sont précieux pour notre avenir commun. Cette fois, malgré son double jeu et son double langage, le masque de Poutine est tombé.

Goodbye, Poutine…

. Jacques Guillaume (dir.), Espaces maritimes et territoires marins, Paris, Ellipses, 2015.

En quelques décennies, l’espace maritime a fait son entrée dans les préoccupations des territoires terrestres. Utilisé en premier lieu pour ses ressources vivantes et ses facilités de circulation, l’espace maritime est aujourd’hui sollicité par de nombreuses activités qui renforcent la substance des territoires institutionnels (mer territoriale, ZEE, plateau continental) et exacerbent les enjeux, en termes d’usages, risques et conflits.

Les États se doivent donc d’intervenir pour définir leur stratégie à l’égard des mers qui les bordent. Lentement, se dessinent des territoires marins, socialement imprégnés d’usages et de représentations souvent contradictoires, exigeant les arbitrages de l’action publique.
Cet ouvrage cerne les premiers pas de ce processus, conduisant à la pluralité des territoires marins, sans oublier les problèmes posés par la gestion future de la haute mer.

. Anne-Laure Amilhat-Szary, Qu’est-ce qu’une frontière aujourd’hui ?, Paris, Puf, 2015 (à paraître en mars).

Les frontières constituent aujourd’hui plus qu’un enjeu théorique dans la vie des personnes. Elles relient et divisent, elles se font mobiles, elles s’individualisent aussi, laissant circuler librement certains et en retenant d’autres. Elles sont un lieu d’exacerbation, une sorte de laboratoire de notre époque. Ainsi, qu’elle s’ouvre ou se ferme, la frontière est devenue un objet de politique publique mais aussi, du transfrontalier au complexe sécuritaro-industriel, une importante ressource pour les intérêts privés et un levier privilégié du capitalisme marchand.

Pour l’heure, les frontières internationales restent les supports d’une citoyenneté qui elle-même fonde la démocratie… Mais la façon dont nos limites vacillent met en évidence le devenir incertain de nos systèmes politiques. Comprendre ce qu’est une frontière aujourd’hui, c’est donc poser des questions fondamentales pour envisager l’avenir de nos sociétés, mais aussi pour reformuler les bases de notre relation au monde.

. Pierre-André Taguieff, La revanche du nationalisme, Paris, Puf, 2015 (à paraître en mars).

Depuis le milieu des années 1980, les formations politiques dites « populistes » ou « néopopulistes » de droite, sans perdre leur dimension protestataire et anti-élites, sont devenues de plus en plus identitaires, anti-européistes et anti-immigrés. On peut y voir l’apparition de nationalismes non classiques, qui ont substitué aux visées expansionnistes ou impérialistes des préoccupations défensives ou conservatrices, centrées sur la préservation des identités collectives supposées menacées. Dans ces nouvelles mobilisations nationalistes qui séduisent de plus en plus de citoyens, l’orientation xénophobe est moins politique que culturelle. L’ennemi principal n’est plus le pays voisin, rival menaçant, mais l’ensemble des forces et des flux censés mettre en péril les manières de vivre, de penser et de sentir des citoyens de telle ou telle communauté nationale. C’est à ce titre que l’« américanisation » ou l’« islamisation » des mœurs sont dénoncées. Loin d’avoir mis fin aux mobilisations nationalistes, la construction européenne et la mondialisation sont devenues les principales causes de ces réactions nationalistes non prévues par les experts. Cette évolution de nombreuses formations politiques vers une nouvelle forme de nationalisme, un néonationalisme idéologiquement compatible avec le néolibéralisme comme avec le social-étatisme (l’État-providence), a été masquée par le style populiste de leurs leaders, pratiquant l’appel au peuple contre le « système » ou les élites dirigeantes, ainsi que par un étiquetage polémique consistant à les inclure dans la catégorie diabolisante d’« extrême droite », interdisant toute analyse fine et non biaisée de leurs conditions d’apparition, de leurs traits distinctifs et des facteurs de leurs succès électoraux. Il est contre-productif de dénoncer ces formations politiques comme anti-démocratiques, alors que la plupart d’entre elles exigent plus de démocratie et d’engagement civique que n’en permettent aujourd’hui les démocraties représentatives, minées par l’érosion de la confiance entre gouvernants et gouvernés. S’il est légitime de s’interroger, non sans inquiétude, sur cette grande vague national-populiste qui balaie l’Europe depuis une trentaine d’années, il faut aussi reconnaître que la séduction croissante de ces mobilisations idéologiquement nationalistes et rhétoriquement populistes constitue un défi pour tous les citoyens soucieux de revivifier la démocratie sans restreindre le champ des libertés individuelles.

. Nicolas Hénin, Jihad Academy : Nos erreurs face à l’Etat islamique, Paris, Fayard, 2015.

À force de répéter que le pire est toujours certain, il finit par se réaliser. La menace terroriste nous a rattrapés. Que ce soit par l’invasion de l’Irak en 2003 ou la non-intervention en Syrie depuis 2011, nous avons alimenté la radicalisation. Et nous continuons de la nourrir, par nos compromissions diplomatiques avec des dictateurs, par notre refus d’entendre la souffrance des peuples, par notre incapacité à produire un contre-discours. Quelle est la responsabilité de nos sociétés dans la fabrique de ces nouveaux djihadistes ? Comment se forment-ils ? Comment avons-nous fait le jeu de l’État islamique et relayé sa propagande pour lui permettre de recruter au sein de nos quartiers toujours plus de candidats prêts à se battre au nom d’un islam fantasmé ? Nicolas Hénin livre ici un plaidoyer à charge contre l’Occident qui a, par ses erreurs ou son inaction, contribué au fiasco. Avec des pistes, aussi, pour tenter de réparer ce qui est encore possible.

Reporter indépendant (Le Point, Arte…), Nicolas Hénin a passé la plus grande partie de sa carrière entre l’Irak et la Syrie. De la chute de Bagdad à la prise de Raqqa, il a été témoin des événements qui ont conduit à l’émergence de l’État islamique et a fréquenté au plus près les djihadistes.

. Bernard Godard, La question musulmane en France, Paris, Fayard, 2015.

La Question musulmane en France développe un certain nombre de points qui sont le signe d’une évolution récente de l’islam à l’intérieur de nos frontières européennes.

Les évolutions géopolitiques du monde musulman, les échos de l’affrontement entre Israël et le Hamas bouleversent en effet en profondeur la réalité de l’islam dans notre société. Marqué par l’affirmation de deux hégémonies, marocaine et turque, sur nos propres communautés, l’islam traditionnel tend à être décrédibilisé depuis l’apparition d’un islam combattant, voire terroriste, apparu depuis l’affaire Merah et surtout depuis la guerre en Syrie. Celle-ci a suscité de nombreuses vocations djihadistes au cœur même de notre pays.

Quel est le rôle des imams, quelle place pour les mosquées dans la cité, pour les écoles coraniques, quelle est l’influence d’Internet dans cette évolution ? Voici quelques-unes des interrogations, parmi de nombreuses autres, que soulève ici Bernard Godard. Il analyse également en profondeur les arrière-plans de l’islamophobie et la guerre des cultures que ces questions génèrent au cœur de notre société.

Bernard Godard est un ancien fonctionnaire du ministère de l’Intérieur. De 1997 à 2014, il a été un acteur important des politiques publiques liées à l’islam en France. Titulaire d’un master 2 de sociologie des religions et d’un diplôme de l’Inalco, il est le co-auteur de plusieurs ouvrages sur l’islam et le monde arabo-musulman.

. Michel Rainelli, Le commerce international, Paris, La Découverte, 2015.

Comment a évolué le commerce international depuis un siècle ? Les théories traditionnelles peuvent-elles rendre compte de ces évolutions ? Quel rôle jouent les États dans la détermination des flux commerciaux ? Comment expliquer le commerce international de services ? Les stratégies des firmes permettent-elles d’expliquer les évolutions du commerce international ?
Le commerce international est devenu une grandeur macro économique objet d’un intérêt croissant pour les économistes, les décideurs politiques et les citoyens en raison de l’ouverture des économies nationales. L’ambition de cet ouvrage est de permettre de comprendre les débats actuels qui le concernent, notamment autour du libre-échange.

. Pierre-Jean Luizard, Le piège Daech, L’Etat islamique ou le retour de l’Histoire, Paris, La Découverte, 2015.

Le groupe État islamique, inconnu il y a encore quelques mois, a fait une entrée fracassante et sanguinaire dans l’actualité internationale. Profitant des crises en chaîne qui secouent l’Irak et la Syrie, « Daech » a pris le contrôle d’une vaste région et dispose aujourd’hui de gigantesques ressources financières. Sa volonté de construire un État le distingue nettement d’Al-Qaïda.

Rompant avec nombre de commentaires à chaud, l’historien Pierre-Jean Luizard, grand spécialiste de la région, essaie de comprendre les succès de l’État islamique, dans le contexte de déliquescence des États de la région, notamment l’Irak et la Syrie. Il met au jour des logiques moins visibles, locales autant que mondiales, sociales autant que religieuses, dont les racines remontent au début du siècle dernier, à l’époque où l’Europe dessinait les frontières actuelles du Moyen-Orient.

Dans cet essai qui fait dialoguer l’actualité immédiate et la grande Histoire, l’auteur explique pourquoi nous sommes aujourd’hui tombés dans le « piège Daech ».

. Marie Miran-Guyon, Guerres mystiques en Côte d’Ivoire, Paris, Karthala, 2015.

Exubérance des prophéties pentecôtistes en soutien au président Laurent Gbagbo, puissance ésotérique des chasseurs traditionnels de la rébellion pro-Guillaume Soro, malédictions proférées par des prêtresses baoulé, dissentiments entre catholiques, destruction de masques, assassinats d’imams : la Côte d’Ivoire du nouveau millénaire a été le théâtre de maintes violences politico-religieuses. Mais la communauté nationale n’a cessé, dans le même temps, de défricher des chemins vers la réconciliation, psalmodiant le caractère sacré de la paix.

Ce livre explore la dimension religieuse de l’histoire politique de la Côte d’Ivoire depuis le semi-échec du putsch militaire du 19 septembre 2002 jusqu’à l’après crise post-électorale de 2010-2011. Il analyse la fabrique croisée du politique et du religieux en temps de guerre et en temps de paix ; il interroge la part des hommes et de(s) Dieu(x) dans la dramaturgie des violences et des réconciliations à l’ivoirienne. Toutes les religions sont concernées, sans exclusive. Les diversités et les divisions internes des communautés ne sont pas gommées. Dans une empathie distanciée, le livre privilégie les données recueillies par rapport aux thèses et donne voix aux différents acteurs qui montrent, dans leurs registres polyphoniques, comment les crises ivoiriennes ne furent pas seulement la traduction militaire d’enjeux politiques, économiques et idéologiques mais aussi des guerres mystiques.

Marie Miran-Guyon est historienne et anthropologue, maître de conférences à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales et membre de l’Institut des Mondes Africains à Paris. Elle est par ailleurs rattachée, en 2013- 2014, à l’Institut de Recherche pour le Développement et à l’Université Alassane Ouattara en Côte d’Ivoire. Ses travaux sur les dynamiques musulmanes ont donné lieu à la publication d’Islam, histoire et modernité en Côte d’Ivoire (Karthala, 2006). Ses nouvelles recherches interrogent la contribution globale et plurielle du champ religieux ivoirien à l’écriture du destin national, passé et présent.

. Alain Tarrius, La mondialisation criminelle, La Tour-d’Aigues, Editions de l’Aube, 2015.

Des millions de gens circulent avec des titres touristiques pour effectuer leurs activités criminelles d’un pays à l’autre. Prostituées saisonnières suivant les flux touristiques ou échangeant «  leurs  » places de capitale en ­capitale, ­marché de la coke ou trafics les plus divers, souvent concentrés le long des frontières pour mieux échapper aux contrôles. L’auteur étudie ici les «  milieux criminels ­russo-italiens  ». Le fétichisme des marchandises-femmes-­drogues y est ­porté à son plus haut niveau. Les origines des «  marchandises  » – Balkans et Caucase pour les femmes, ­Afghanistan, ­Turquie, Géorgie pour l’héroïne –, des recruteurs – ­Géorgiens, ­Albanais ou Serbes –, des redistributeurs – Italie du Sud, Levant espagnol, routes françaises, nations nord-européennes –, se diversifient à l’échelle de la globalisation du marché européen.

Alain Tarrius suit, d’étape en étape, de frontière à frontière, ces circulations par des analyses multiples, globales et ­locales. Passionnant et inquiétant.

. Alain Tarrius, Etrangers de passage, Poor to poor, Peer to peer, La Tour-d’Aigues, Editions de l’Aube, 2015.

Chaque année plus nombreux, des étrangers de passage, des migrants, se mêlent aux habitants de quartiers pauvres de nos villes. Ils circulent avec des titres de tourisme. Dans cette course sans fin, ils font des commerces les plus divers qu’ils vendent aux pauvres des quartiers pauvres. Cette mondialisation par le bas du poor to poor, pour les pauvres par les pauvres, est une extraordinaire soupape d’économie parallèle, trop souvent inconnue. Le fétichisme de la marchandise inhérent à la globalisation des économies libérales leur offre le rôle d’entrepreneurs commerciaux nomades et cosmopolites à travers les enclaves urbaines ethniques de leurs circulations, suggérant les contours de peuples trans­européens sans nation. Surtout, cette mondialisation structure des appartenances souvent communautaires, ­ethniques, ­religieuses, passant de communautés immigrées en communautés immigrées. Une enquête documentée, passionnante et ­nécessaire.

. Gildas Simon (dir.), Dictionnaire des migrations internationales : approche géohistorique, Paris, Armand Colin, 2015.

Les migrations internationales et leurs effets constituent aujourd’hui un phénomène d’une réelle ampleur et d’une complexité sans précédent.
Cet ouvrage collectif vise à rendre ces mouvements actuels de population plus intelligibles en les replaçant dans le contexte géohistorique de chaque État et sous l’analyse croisée de l’émigration et de l’immigration. Cette approche originale, inscrite dans le temps long – des Grandes Découvertes aux temps présents –, montre l’universalité mais aussi la très grande diversité de ces phénomènes. Elle rend possible les comparaisons de pays à pays, tant à l’intérieur des grandes régions du monde qu’entre celles-ci.
Rédigé par une équipe internationale et multidisciplinaire de 150 auteurs (géographes, historiens, démographes, sociologues, anthropologues, politologues), cet ouvrage de référence fortement documenté, accessible à tous publics, vient éclairer d’un jour nouveau un sujet d’actualité permanent.

. Christian Grataloup, Introduction à la géohistoire, Paris, Armand Colin, 2015.

La « géohistoire », expression née sous la plume de Fernand Braudel, s’intéresse aux interactions entre les dimensions géographique et historique pour proposer une analyse des sociétés sur le temps long et à différentes échelles. À l’ère de la mondialisation, le croisement des perspectives spatiales et temporelles prend toute son importance et devient presque une nécessité. Ce manuel pédagogique propose une mise au point simple et critique sur les outils d’interface entre histoire et géographie. Assortie de cartes originales et de nombreuses définitions, cette introduction, première du genre, révèle toute la fécondité de l’approche géohistorique.

. Myriam Benraad, Irak, la revanche de l’histoire. De l’occupation étrangère à l’Etat islamique, Paris, Vendémiaire, 2015.

L’État islamique, ou Da‘ech, apparaît aujourd’hui, dans les médias et les représentations politiques, comme l’adversaire absolu de l’Occident, celui qui multiplie attentats et actes de barbarie, qui met le Moyen-Orient à feu et à sang et qu’il faut combattre à tout prix. À l’origine de cet état de guerre perpétuelle et de ce chaos dans lequel ont sombré les populations civiles, il y a, bien entendu, l’intervention américaine du printemps 2003, qui fit des sunnites, accusés d’avoir soutenu le régime de Saddam Hussein, des parias dans le jeu politique irakien, et qui a laissé derrière elle un champ de ruines. Mais il y a aussi, et c’est tout l’intérêt de cet ouvrage que de le démontrer, le partage du Moyen-Orient par les puissances coloniales britannique et française à la suite de la Première Guerre mondiale et du démembrement de l’Empire ottoman : c’est alors que furent créées ex nihilo des frontières qui convenaient aux autorités mandataires mais ne recouvraient aucune réalité historique. Une fois ce constat dressé, et les responsabilités de chacun établies, on comprend mieux les enjeux de l’effroyable désastre qui a frappé la région, et dont aucune analyse, privée de cette perspective de fond, ne permettrait de rendre compte.

. Gaïdz Minassian, Arméniens, Le temps de la délivrance, CNRS éditions, 2015.

Jamais le débat autour du génocide des Arméniens de 1915 n’a été aussi acerbe que ces dernières années entre défenseurs et opposants aux lois dites « mémorielles ».

Pourquoi cette question suscite-t-elle tant de passions ? Analyse approfondie de l’histoire et de la mémoire arméniennes, cet ouvrage explore les spécificités d’un peuple dont l’identité nationale ne peut pas se construire à partir du seul génocide. L’histoire a commencé avant et s’est poursuivie après. L’auteur appelle ainsi les Arméniens à désacraliser 1915 afin de libérer la pensée et désinhiber les comportements collectifs.

Par le passé, les empires successifs ont, en effet, empêché l’Arménie de développer une tradition de souveraineté au sein d’un territoire dont les frontières étaient trop mouvantes pour constituer un État aux fondations durables. Et la religion s’est souvent substituée à celui-ci pour organiser la société et nourrir une vision mythifiée d’une nation multiséculaire. Comment sortir de ces logiques de domination ?

S’affranchir de la mémoire, se délivrer du poids du passé et devenir le sujet de son propre destin : tels sont les enjeux actuels du peuple arménien.

Journaliste au Monde, Gaïdz Minassian est docteur en sciences politiques et enseignant à Sciences Po Paris.

. Vincent Adoumié (dir.), Géopolitique du monde contemporain, coll. HU, éd. Hachette supérieur, 2015

La géopolitique n’est pas qu’une simple contraction des deux mots " géographie " et " politique ". Elle va bien au-delà et se veut un outil efficace de décryptage du monde contemporain. Mais il faut en trouver les principales clés de lecture afin de pouvoir mieux comprendre les enjeux stratégiques, économiques et humains de notre planète. Géopolitique du monde contemporain traite de tous les aspects généraux : enjeux sociaux, humains, géoéconomiques, géostratégiques et environnementaux) de la géopolitique d’une manière claire et accessible ; est illustré par de nombreux documents (cartes, graphiques, textes) ; correspond au nouveau programme de première année des classes préparatoires économiques voie scientifique (ECS), aux programmes des principaux examens et concours de l’enseignement supérieur (premier cycle LMD, IEP, fonction publique), ainsi qu’à ceux des lycées.

. Philippe Clerc, Driss Guerraoui et Xavier Richet (dir.), Intégrations régionales et prospective des territoires, Comparaisons internationales, Paris, L’Harmattan, 2015.

La mondialisation en crise est en train de produire des impacts inédits sur la hiérarchisation des espaces économiques, ainsi que la montée des pays émergents. De telles évolutions incitent à reposer en termes nouveaux les dynamiques actuelles des intégrations régionales, à partir d’une prospective des territoires que la recomposition des alliances géostratégiques et géoéconomiques dans le monde impose. Une problématique cruciale pour le développement futur du système de l’économie mondiale.

. Mehmet Orhan, La violence politique dans l’espace kurde de Turquie, Paris, L’Harmattan, 2015.

Si le conflit kurde est considéré comme un problème historique du Moyen-Orient, l’apparition des mouvements nationalistes radicaux et de la violence au XXe siècle en ont été les facteurs les plus déterminants. Pourquoi, en Turquie, le mouvement kurde a-t-il abouti à la violence politique ? Qui sont ses acteurs et comment leurs actions se constituent-elles ? Comment se radicalisent-ils ? Quels sont les moyens utilisés ?

. Guilhem Penent, L’Europe spatiale. Le déclin ou le sursaut, Paris, Argos, 2015.

La France a-t-elle abandonné ses ambitions spatiales ? À première vue, ce n’est pas le cas : le Livre blanc de la Défense et de la Sécurité nationale de 2013 invite toujours à considérer l’Espace comme un domaine d’avenir. Dans le champ militaire en particulier, le Livre blanc relève que « l e libre accès et l’utilisation de l’espace sont des conditions de notre autonomie stratégique ».

Pour autant, le document n’offre pas réellement de feuille de route en mesure de passer du stade des diagnostics à celui des réalisations concrètes, alors même que la question de l’avenir du lanceur Ariane est posée.
Spécialiste de la stratégie spatiale, chercheur au programme Espace de l’Institut français des relations internationales, Guilhem Penent plaide dans ce livre pour une nouvelle ambition spatiale, à la fois française et européenne.

. Thierry Paquot, Désastres urbains. Les villes meurent aussi, Paris, La Découverte, 2015.

Grands ensembles, centres commerciaux, gratte-ciel, gated communities et « grands projets » sont les principaux dispositifs architecturalo-urbanistiques qui accompagnent l’accélération de l’urbanisation partout dans le monde. Emblématiques de la société productiviste et construits au nom du « progrès » et de la « marche de l’histoire », ces désastres urbains n’ont en réalité comme seule fonction que de rentabiliser des territoires désincarnés et interconnectés. Cette enquête montre - visites de lieux et de bâtiments, romans, essais, travaux techniques, films ou rapports officiels à l’appui - comment ils façonnent l’uniformisation des paysages urbains, amplifient les déséquilibres sociaux, économiques et écologiques et contribuent à l’enfermement et à l’assujettissement de leurs habitants. Sans compter qu’ils se combinent aujourd’hui aux catastrophes dites « naturelles » (ouragans, tsunamis, séismes, inondations...) pour créer une instabilité et une dangerosité sans équivalent historique. Ce livre combatif vise à fournir des outils critiques pour les contester et faire advenir dans un avenir proche des alternatives architecturales, des expérimentations urbaines et des modes de vie ouverts et libérés...

. Aïssa Kadri, Moula Bouaziz et Tramor Quemeneur (dir.), La guerre d’Algérie revisitée. Nouvelles générations, nouveaux regards, Paris, Karthala, 2015.

Soixante ans après « la Toussaint rouge » (1er novembre 1954), date du début de l’insurrection algérienne, l’historiographie connaît un renouvellement des questionnements. Cette dynamique de recherche est globalement portée par une jeune génération d’universitaires et de chercheurs qui, sans se démarquer totalement de la génération précédente, la renouvelle en grande partie. Celle de l’après-guerre d’Algérie avait posé les cadres généraux de l’histoire de la période et d’une certaine manière « dégrossi » l’histoire de ces années de feu, à travers de grandes « fresques » qui balisaient toute la période, mais plus rarement à travers des travaux ponctuels focalisés sur les principaux acteurs (biographies, portraits et engagements contextualisés).

Ces travaux apportent de nouveaux éclairages sur la compréhension de la guerre. Les approches explorent davantage les racines et les dimensions internationales du conflit. Sont ainsi abordés le rôle de la Hongrie, de l’Italie, d’Israël et de la Croix Rouge. Le caractère nouveau de ces recherches se retrouve également dans l’attention portée aux opinions publiques, à la communication et au rôle de l’imprimé (éditeurs et éditions), aux idéologies, aux représentations et aux pratiques des acteurs de la confrontation (théories et théoriciens de la guerre anti-subversive, combattants et opposants à la guerre), aux rapports hommes/ femmes dans les luttes (militantes et porteuses de valises).

Certaines études descendent jusqu’à la région, à la ville, au village sous forme de monographies, apportant un regard plus localisé et territorialisé sur le conflit (l’action politique en milieu rural, les Aurès, la Kabylie avec la Wilaya III, la manifestation du 14 juillet 1953 à Paris...). La dimension mémorielle est également revisitée non seulement dans une perspective intergénérationnelle, dans ce qu’elle traduit comme recompositions identitaires, mais aussi dans ce qu’elle laisse à voir comme imposition idéologique.

Aïssa Kadri est professeur émérite des universités. Moula Bouaziz est historien, politologue, chercheur, ses recherches portent sur les questions de violences politiques et de crise en Wilaya 3 pendant la guerre de libération nationale. Tramor Quemeneur est ATER à l’Université de Paris 8, ses recherches portent sur les désobéissances et les oppositions à la guerre d’Algérie.

. Florence Leray et Philippe Solal, L’actu 2015 pour les concours. Evénements, sujets et débats, Paris, Ellipses, 2015.

L’Actu 2015 pour les concours est un ouvrage qui reprend l’actualité jour après jour, mois après mois, pour toute l’année 2014, selon la forme d’une chronologie. Celle-ci est divisée en huit domaines différents : Culture générale, Politique française, Économie, Actualité internationale, Sciences et Techniques, Arts et Spectacles, Sport et Faits divers. Ces chronologies, riches et précises, permettront aux candidats préparant une épreuve de questions à choix multiples sur l’actualité des 12 derniers mois, de maîtriser l’ensemble des domaines sur lesquels pourront porter ces questions. En outre, une dissertation de culture générale complètement rédigée sera proposée chaque mois à partir d’un fait d’actualité décrit dans l’une des chronologies, fait dont les enjeux se révèlent particulièrement importants. Les informations données dans les chronologies seront ainsi rendues opératoires dans le cadre du traitement des épreuves de culture générale qui exigent l’élaboration d’une dissertation. Cet ouvrage ambitionne d’être l’instrument de préparation indispensable pour tous ceux qui souhaitent réussir leur épreuve de Culture générale pour les concours de la Fonction publique, des écoles de commerce, des grandes écoles ou encore des écoles de journalisme, aussi bien les épreuves se présentant sous forme de QCM que sous celle de la dissertation.

. Pierre-Bruno Ruffini, Science et diplomatie. Une nouvelle dimension des relations internationales, Paris, Editions du Cygne, 2015.

Les questions de science peuvent-elles influencer les relations diplomatiques entre pays ? La coopération scientifique internationale est-elle un facteur de paix ? Les chercheurs sont-ils de bons ambassadeurs de leur pays ? Le rayonnement scientifique est-il une forme particulière de l’influence culturelle sur la scène mondiale ? Les diplomates entendent-ils vraiment ce que disent les experts lorsqu’ils négocient sur l’avenir de la planète ? La diplomatie scientifique menace-t-elle l’indépendance du chercheur ? A quoi sert un attaché scientifique d’ambassade ?

Pour qui s’interroge sur les rapports entre la science et la diplomatie, les questions ne manquent pas et relèvent de registres variés. Ce livre en organise la compréhension autour d’un fil directeur, celui de la « diplomatie scientifique », qui prend place aujourd’hui dans les stratégies d’influence d’un nombre croissant de pays. Premier ouvrage de synthèse écrit sur ce sujet en émergence, Science et diplomatie s’appuie sur de nombreux exemples pris dans l’histoire et dans l’actualité des relations internationales pour analyser et discuter les rapports entre le monde des chercheurs et celui des diplomates.

. Sébastien Boussois, Gaza, l’impasse historique, Paris, Editions du Cygne, 2015.

Gaza a toujours été dans l’histoire régionale un carrefour stratégique et géopolitique majeur pour les grandes puissances locales. Sa population de pêcheurs, est l’héritière d’une longue tradition pluriculturelle, et le fruit des conquêtes des Égyptiens, en passant par les Philistins, les Babyloniens, les Perses, les Grecs, les Romains, les Byzantins, et les Arabes. Napoléon Bonaparte est aussi passé par Gaza luttant contre les Mamelouks, après l’Égypte. Sa culture vivante, ses sites archéologiques et son artisanat comme sa capacité de résistance à l’envahisseur à travers les âges sont aujourd’hui le témoin majeur de l’importance de la bande de Gaza. Ses habitants, malgré les épreuves et le drame qu’ils vivent aujourd’hui, résistent encore.

Les événements de décembre 2012 à ceux tragiques de juillet 2014, dans cette minuscule bande de terre surpeuplée coincée entre Israël et l’Égypte, doivent donc être réinscrits dans l’histoire ancienne et récente. Depuis 2007, on assiste à la lente asphyxie d’un territoire qui est devenu depuis l’accession du Hamas encore plus explosif qu’auparavant. Deux millions de Gazaouis vivent sous un blocus infernal imposé par Israël et l’Égypte et symbolisent la caisse de résonnance du conflit.


Diploweb.com, la Compil’

La rédaction du Diploweb.com développe actuellement un nouveau service : la Compil’.

Il s’agit de vous offrir au format pdf une compilation de documents mis en ligne sur le Diploweb.com, au sujet d’une problématique précise. Afin de vous faire gagner du temps et autoriser des rapprochements fructueux.

PDF - 1.1 Mo
La Compil’ 1. Géopolitiques des terrorismes
Voici un livre pdf composé de 19 contributions, dont G. Chaliand, P. Conesa, B. Puga... ISBN : 979-10-92676-01-3

Ce fichier pdf est facile à imprimer et aisé à archiver.

Vous pouvez faire connaître votre avis à diploweb.com [at ]gmail.com


. Laurie Boussaguet, Sophie Jacquot et Pauline Ravinet, Une French Touch dans l’analyse des politiques publiques ?, Paris, Presses universitaires de Sciences Po, janvier 2015.

Peut-on parler de « french touch » dans l’analyse des politiques publiques ?
Réunissant les réflexions des grands noms de la recherche française et internationale autour des politiques publiques, cet ouvrage propose un état des lieux sur l’analyse, en France, de l’action publique en s’appuyant sur les travaux fondateurs de Pierre Muller qui, à travers son parcours de recherche, a fortement contribué à la reconnaissance, à l’enracinement et au développement en France de cette discipline.
Partant de questions fondatrices de la science politique, telles que l’État, la place des acteurs dans les processus politiques ou la question du gouvernement des sociétés complexes, les auteurs posent la question d’une spécificité française dans l’analyse de l’action publique qui se définirait par une plus grande ouverture théorique et méthodologique et par une plus grande attention aux acteurs et aux représentations.
En conclusion, Pierre Muller livre des éléments d’analyse inédits sur la question du changement de l’action publique et identifie, pour cette discipline encore jeune, des pistes à explorer.

. Michel Capron, Françoise Quairel-Lanoizelée, L’entreprise dans la société. Une question politique, Paris, La Découverte, 2015.

Les rapports entre les entreprises et la société constituent un champ qui a été peu pris en compte par les sciences sociales. Pourtant, la vie quotidienne est largement déterminée par ce que font - ou ne font pas - les entreprises. Acteurs économiques omniprésents, elles jouent également un rôle de plus en plus important dans la vie de la Cité. L’observation et l’analyse de ces rapports, tant du point de vue de la société que de l’entreprise, s’imposent dans un contexte de mutations profondes des cadres de vie et d’évolution des systèmes économiques.
Les auteurs portent ce double regard en appréhendant les activités des entreprises sous l’angle des responsabilités qui en résultent. Ils scrutent les attentes de la société et les modes de réaction des entreprises à travers une vision sociohistorique qui en éclaire les déterminants.
Face à l’approche managériale de la responsabilité sociale de l’entreprise (RSE), ils développent l’idée d’une « redevabilité » des entreprises envers la société résultant de leurs impacts sur l’environnement naturel et humain et des ressources qu’elles s’y procurent. Leur réflexion débouche sur des interrogations sur le sens, la nature, le rôle et le pouvoir de l’entreprise dans la société d’aujourd’hui.

. Xavier Raufer, Cyber-criminologie, Paris, CNRS Editions, 2015.

« L’univers cybernétique est désormais l’un des principaux domaines de la fraude et du crime », a déclaré un expert anglais à la suite du piratage de 233 millions de fiches clients d’un géant du e-commerce. Aujourd’hui, les victimes de la cyber-criminalité se comptent par dizaines de millions, des stars d’Hollywood aux habitués des réseaux sociaux ou du commerce en ligne. Comment, à partir de quels ordinateurs et de quelles techniques les nouveaux gangs du net opèrent-ils ? C’est ce que révèle le nouveau livre de Xavier Raufer. Fondé sur des informations seulement connues des spécialistes, Cyber-criminologie dévoile la gravité d’un phénomène qui menace le citoyen ordinaire, les grandes entreprises, les États, les banques, etc. Piratage et vente clandestine de données personnelles, maliciels pénétrant les ordinateurs publics et privés, fraudes identitaires ou à la carte bancaire, sites marchands illicites cachés dans le dark web : le monde du cyber-crime est aussi florissant qu’insaisissable.
Xavier Raufer explique ici comment notre société hyper-connectée a donné naissance à un cyber-monde où prolifèrent hackers, mafias du net russes, chinoises ou iraniennes, hacktivists libertaires exploitant les failles de nos systèmes informatiques. Sans parler de la surveillance omniprésente des États comme l’affaire Prism l’a révélé. Des dangers qui vont de pair avec la croissance exponentielle du Net…

. Philippe Baumard, Le vide stratégique, CRNS Editions, 2015.

Et si la succession des crises depuis 2008 et des impasses où elles nous conduisent résultaient d’un vide stratégique ?
Produit d’une construction qui, depuis la Guerre froide, a remplacé l’art de la stratégie par celui de la tactique, le vide stratégique est la conséquence d’une information surabondante, d’un culte exagéré du calcul, de la dictature de l’immédiat. Les modèles sont désormais incapables d’expliquer et d’anticiper ce qui survient.
Après avoir rappelé les évolutions de la pensée stratégique, l’auteur montre comment sa disparition interdit de penser le futur pour se limiter au seul contrôle du présent. Devenu une source extraordinaire de profits pour la grande criminalité, les sociétés militaires privées ou les intermédiaires financiers, le vide stratégique est désormais l’un des facteurs d’impuissance pour les sociétés contemporaines.
Un essai brillant qui sonne comme un avertissement.

. Jean-François Sabouret (dir.), La dynamique du Japon. De Meiji à 2015, Paris, CNRS Editions, 2015.

1853 : les « bateaux noirs » du contre-amiral Perry forcent deux cent cinquante ans d’isolement nippon. De faible superficie, montagneux à 80 %, soumis à des séismes continus, à des typhons réguliers, constitué d’un ensemble d’îles éloignées et solitaires dans le Pacifique, le Japon possède peu de ressources et ne revient dans le jeu politique international que contraint et forcé.
1980 : le Japon est la deuxième des économies mondiales.
2014 : après des années de récession, un tsunami dévastateur et la catastrophe de Fukushima, le Japon tente de renouer avec sa dynamique économique. Destin extraordinaire, souvent qualifié de « miraculeux ». Mais le « miracle japonais » est-il toujours d’actualité ? Tout-puissant qu’il soit, le Japon saura-t-il relever les défis du XXIe siècle, face à la Chine et aux risques de conflagration dans l’Asie du Nord-Est ? Dans La dynamique du Japon, Jean-François Sabouret et une trentaine de spécialistes de six nationalités différentes livrent une analyse passionnante du destin japonais depuis 150 ans. Et démontrent que l’on peut être moderne sans être Occidental…

. Michel Dumoulin, L’Europe aux concours. Institutions politiques, Paris, La Documentation française, 2015.

La nouvelle édition de cet ouvrage propose le programme complet et synthétique de ce qu’il faut connaître sur l’Union européenne pour les concours. Les aspects historiques, institutionnels, juridiques et politiques de l’Union sont mis à la portée de tous. De nombreux encadrés et des graphiques clairs rendent l’ouvrage particulièrement adapté à la préparation aux concours et permettent d’acquérir ou d’approfondir les connaissances.

. Stefan Aykut et Amy Dahan, Gouverner le climat ? 20 ans de négociations climatiques , Paris, Presses universitaires de Sciences Po, 2015.

Depuis vingt ans, le problème climatique s’est hissé au sommet de l’agenda mondial, et un processus multilatéral s’est mis en place pour y répondre. Or, les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, responsables des dérèglements climatiques, ont atteint un niveau record en 2013.
Comment apprécier le bilan de ces négociations ? Revenant sur le traitement politique du changement climatique, du protocole de Kyoto à aujourd’hui, les auteurs proposent une analyse de ces enjeux et d’une gouvernance qui suscite autant d’attentes qu’elle crée de désillusions.
Est-il possible de changer de paradigme, alors que le monde connaît des accélérations majeures et se voit confronté à de multiples crises ? Dans quel cadre repenser le défi climatique pour y faire face et l’inscrire dans le champ des futurs ?
Une référence sur le changement climatique et les questions stratégiques qu’il pose : rapports entre science et politique et rôle des experts, évolution de la géopolitique du climat, transition énergétique en Europe, aux États-Unis et dans les grands pays émergents, articulations entre problème climatique et globalisation, entre adaptation et développement.

. Jean-Marc Berlière et Franck Liaigre, Camarade, la lutte continue ! De la résistance à l’espionnage communiste , Paris, Robert Laffont, 2015.

Ils sont passés de la Résistance à l’espionnage au profit des pays de l’Est : une enquête historique exceptionnelle.
Après-guerre, un certain nombre de résistants communistes participent activement à l’instauration de dictatures en Europe de l’Est. Les uns s’investissent dans des services de sécurité, d’autres optent pour l’espionnage des pays « capitalistes ». Pour tous, la lutte continue.
À partir d’archives inédites – issues de la justice militaire ou de la DST, conservées en France ou en Pologne –, Jean-Marc Berlière et Franck Liaigre, auteurs de livres qui ont déjà durement secoué les mythes et légendes de la Résistance communiste, ont mis au jour la première et la plus extraordinaire des affaires d’espionnage au profit des pays de l’Est. Ils ont mené pendant trois ans une enquête rigoureuse qui les a conduits de la Pologne à l’Espagne, de la Palestine au Japon, sur les traces de personnages aux destins complexes et fascinants.
Longtemps considérés en France comme des objets mineurs, encombrés de fantasmes, tout juste bons pour les journalistes et les amateurs de John Le Carré ou de Ian Fleming, l’espionnage et le renseignement n’ont fait leur entrée dans le champ des recherches historiques académiques que depuis peu. Ce livre passionnant démontre qu’il y a là un domaine dont l’exploration n’a pas fini d’apporter son lot de surprises et de révélations...

. Jean-Marc Berlière et Franck Liaigre, Liquider les traîtres. La face cachée du PCF 1941-1943 , Paris, Robert Laffont, 2015.

Un des secrets les mieux gardés du Parti communiste français.
Le PCF entretenait pendant l’Occupation une police politique – le détachement Valmy – chargée de l’assassinat des « renégats » et du châtiment des « traîtres ». Nul autre groupe d’action n’était aussi proche de la direction du Parti communiste clandestin, dont il constituait le bras armé.
Sur ordre de Jacques Duclos, ces « cadres spéciaux » organisèrent à Paris des attentats spectaculaires, dont celui du cinéma Rex, et exécutèrent ou tentèrent d’assassiner plusieurs dizaines de personnes.
La découverte et le dépouillement d’archives totalement inédites par les historiens Jean-Marc Berlière et Franck Liaigre ont mis en lumière l’existence de cette « Guépéou » du Parti. Ces documents ont permis aux auteurs de pénétrer les rouages méconnus du PC clandestin et, pour la première fois, de suivre au quotidien les policiers des RG dans la chasse implacable qu’ils menèrent contre ceux qu’ils appelaient « le groupe punitif communo-terroriste ».
Une enquête historique par les maîtres du genre qui se lit comme un roman et tord le cou à quelques épisodes légendaires de la Résistance communiste.

. Dauphine Recherches en Management, L’état des entreprises 2015 , Paris, La Découverte, 2015 (à paraître en janvier).

Pour la septième année consécutive, DRM propose dans ce « Repères » un regard pluriel sur le monde des entreprises en mettant l’accent sur les enjeux et tendances actuels.
Parmi les sujets traités cette année, des questions variées liées à l’actualité des entreprises sur l’expérience client, le marché du luxe, les stratégies de filière, la régulation des banques, la comptabilité verte, la gestion de la sécurité des entreprises et un regard renouvelé sur le lean manufacturing.
Des références bibliographiques sont fournies à la fin de chaque contribution et l’ouvrage s’achève par une chronologie des événements récents. L’ensemble fournit une synthèse actualisée, un véritable état annuel des entreprises.

. Olivier Charnoz, Jean-Michel Severino, L’aide publique au développement , Paris, La Découverte, 2015 (à paraître en janvier).

Née dans le contexte de la guerre froide et de la décolonisation, l’aide publique au développement (APD) se transforme depuis les années 1990 pour faire face aux défis de la mondialisation. Elle doit tout à la fois lutter contre la pauvreté et gérer les effets de l’intégration mondiale, qu’ils soient économiques, sociaux, éthiques ou environnementaux. Unique instrument de redistribution planétaire de ressources publiques, l’aide suscite des engagements passionnés, critiques ou enthousiastes.
Dans cette ébullition, il n’est pas facile de cerner son bilan réel et son avenir probable. La nouvelle édition de ce livre s’y emploie en exposant de façon précise et complète les mécanismes de cette politique publique singulière, avec ses plus récentes transformations.

. Ariane Zambiras, La politique inspirée. Controverses publiques et religion aux Etats-Unis , Paris, Karthala, 2015.

Les tensions qui se développent dans les démocraties contemporaines autour de l’articulation entre le religieux et le politique sont l’un des grands défis adressés à nos sociétés. Ces tensions nous invitent à penser les conditions du vivre-ensemble qui constituent notre socle démocratique, et à repenser les critères sur lesquels repose l’accord autour du bien commun, en cet âge de pluralisme culturel.
Les États-Unis sont régulièrement le théâtre de controverses publiques où s’affrontent plusieurs répertoires d’évaluation de la construction d’un sens de la justice : avortement, peine de mort, mariage gay, réchauffement de la planète et immigration sont tour à tour examinés pour comprendre les régimes de justification qui les sous-tendent.
Quel est le rôle joué par la religion dans la formation du jugement politique des Américains ordinaires ? Quels sont les effets politiques des croyances sur les individus ? Comment l’enchevêtrement des socialisations religieuse et politique, et l’hybridation des imaginaires qui en résulte, opèrent-ils ? Ce sont quelques-unes des questions que soulève l’auteur, au fil d’une exploration ethnographique dans un pays où l’éthique performante inspire la démocratie, mais qui interroge très directement le débat sur la laïcité française.

. Emile Jalley, Thomas Piketty « Marx du 21è siècle » ?, Paris, L’Harmattan, 2015.

Le livre de Thomas Piketty sur Le Capital du XXIe siècle renouvelle de façon originale, dans le contexte de notre époque, l’ouvrage classique de Karl Marx. Le capital national est distribué en proportion fortement décroissante sur la moitié supérieure de la population, cependant que la moitié inférieure n’en possède à peu près rien. Une nouveauté par rapport au XIXe siècle : la consolidation d’une large classe moyenne qui aspire à recevoir une partie plus grande du revenu du capital.

. Marion Carrel et Catherine Neveu (dir.), Citoyennetés ordinaires. Pour une approche renouvelée des pratiques citoyennes, Coll. Recherches internationales, Paris, Karthala, 2014.

Crise de la citoyenneté, ou cécité des observateurs ? Nous ne voyons plus toujours la citoyenneté telle qu’elle se pratique aujourd’hui, quitte à pleurer sur sa disparition. Ne s’agit-il pas plutôt de son renouvellement et de la pluralité de ses formes, que n’aide pas à saisir la sempiternelle référence à Jürgen Habermas ?

Une analyse anthropologique soucieuse des espaces, des lieux, des cadres à travers lesquels les citoyennetés contemporaines se transforment prend en compte les dimensions de l’interconnaissance, de l’émotion, de l’appartenance communautaire ou territoriale, du trouble, du conflit qui pèsent dans l’engagement civique effectif. Autant de « signaux faibles de la citoyenneté » qui, bien au-delà de l’échelle micro-locale ou de tout biais populiste, nous parlent de l’histoire, des représentations et de l’imaginaire du vivre ensemble, de l’idéal d’égalité, de la réalité des discriminations. Un ordinaire de la cité qui échappe à l’étude de ses lois, de ses institutions, de ses politiques publiques, mais qui est notre quotidien.

. Emile Jalley, Thomas Piketty, La mécanique des inégalités en France, Paris, L’Harmattan, 2015.

Les deux symptômes majeurs de la maladie française sont l’injustice fiscale et la crise de l’enseignement. La première tient à l’hypofiscalisation et l’hyperfiscalisation relatives des deux grandes classes, celle "d’en haut" et celle "d’en bas". L’inégalité scolaire tient à ce que le dispositif institutionnel de l’Education nationale a pour fonction réelle d’ouvrir le chemin, vers "le haut" et vers "le bas", à la distribution inégalitaire des revenus et des patrimoines.

. Ellen Wasylina, Ukraine : prémices de guerre froide en Europe ?, Paris, L’Harmattan, 2015.

La crise ukrainienne préfigure les prochaines guerres, froides ou chaudes, en Europe. L’Ukraine n’est pas qu’un théâtre géopolitique séculaire des tensions Est-Ouest, mais bien une pièce nouvelle que ses acteurs (Europe, Russie, Etats-Unis, Chine, Asie centrale) seront amenés a rejouer, avec quelques variations, dans les années à venir. Ce sont les nouvelles règles du jeu international que ce livre propose de décrypter à travers l’analyse de la situation ukrainienne, appelée à devenir la matrice des conflits de demain.

. Aliou Sow, Histoire et problème de l’intégration économique des Noirs en Afrique du sud. De la race à la classe, Paris, L’Harmattan, 2015.

Ce livre témoigne de l’actualité des dynamiques sociales et politiques en Afrique du Sud et de leurs conséquences économiques et sécuritaires sur les affaires intérieures d’une des économies africaines les plus fortes et de la place de l’Afrique dans les relations internationales. Le livre aborde également la question de l’émergence de nouveaux droits humains et leurs relations avec l’abus des droits et des libertés acquis de haute lutte, sans oublier l’évaluation des politiques publiques et des réformes institutionnelles majeures.

. Nader Vahabi, L’Iran de Mossadegh. Un regard conditionnel sur l’Histoire, Paris, L’Harmattan, 2015.

Pourquoi le gouvernement de Mossadegh élu démocratiquement, soutenu une semaine avant le coup d’Etat du 19 août 1953 par un référendum, n’a-t-il pas pu résister aux putschistes ? Que s’est-il passé ce jour-là ? Quel a été le corps social actif ? Pourquoi l’armée n’a-t-elle pas résisté ? Quelles erreurs Mossadegh a-t-il commises ? Quelles sont les conséquences de ce coup d’Etat sur la mémoire collective des Iraniens ? Dans le cas où le coup d’Etat aurait éclaté, l’Iran ne disposerait-il pas aujourd’hui d’une démocratie mature ?

. Hubert Védrine, La France au défi, Paris, Fayard, 2015 (à paraître fin janvier).

La France va-t-elle réussir à surmonter ce découragement qui, depuis si longtemps, la conduit à redouter a priori toute réforme, à penser de façon irrationnelle qu’elle n’arrivera jamais à s’adapter à son avantage au monde nouveau ?
Retrouvera-t-elle confiance en elle-même et en ses atouts, qui sont incomparables ? La défiance et le pessimisme généralisés seront-ils vaincus ? La classe politique osera-t-elle forger un consensus sur quelques mesures clés ?
Embrassant économie, géopolitique et psychologie, Hubert Védrine porte un diagnostic lucide sur notre pays et cherche à définir les moyens de le sortir des pièges dans lesquels il s’est lui-même enfermé.
Hubert Védrine fut pendant dix-neuf ans au cœur du pouvoir dont quatorze ans auprès de François Mitterrand à l’Élysée et cinq à la tête du Quai d’Orsay. Il a assisté à tous les événements internationaux des trente dernières années. Depuis, il voyage, écrit, enseigne et conseille.

. Philippe Le Corre et Alain Sepulchre, L’offensive chinoise en Europe, Paris, Fayard, 2015 (à paraître fin janvier).

Les entreprises chinoises sont parties à la conquête de l’Europe et ont fait leur entrée dans notre paysage, occupant une place grandissante dans l’économie européenne, employant déjà des milliers de salariés. Elles s’adaptent tant bien que mal à notre continent. Comment s’est effectuée cette « offensive » ? Ces entreprises sont-elles de bons employeurs au regard des pratiques occidentales ? Comment concilier ces derniers avec les recettes qui leur réussissent en Chine : relations privilégiées, rôle du politique et pression sociale ? À l’heure du réveil nationaliste, quel accueil est réservé à ces nouveaux venus ?
Philippe Le Corre et Alain Sepulchre ont travaillé pour ces grandes firmes. Dans un essai enlevé, ils répondent à ces grandes questions, et à bien d’autres, dépeignant finalement la rencontre dérangeante d’une puissance montante et d’un vieux continent secoué par la crise.
Philippe Le Corre, chercheur à la Brookings Institution (Washington), enseigne à Sciences Po depuis 2005. Il a été journaliste, correspondant en Asie de grands médias français pendant dix ans et est l’auteur de plusieurs ouvrages sur le monde chinois.
Alain Sepulchre est consultant international et expert senior Asie chez BCG, ex-McKinsey. Ancien dirigeant de Total en Chine, il est maître de conférences à l’université Paris-Dauphine et à la Chinese University de Hong Kong.

. Yasmine Siblot, Marie Cartier, Isabelle Coutant, Olivier Masclet et Nicolas Renahy, Sociologie des classes populaires contemporaines, Paris, Armand Colin, 2015 (à paraître mi-janvier).

Classes populaires, milieux populaires, quartiers populaires, électorat populaire… Autant d’expressions récurrentes dans les discours médiatiques et les débats politiques. Pourtant, la notion demeure floue, le « populaire » étant perçu tantôt comme une figure sociale inquiétante, tantôt comme une figure à revaloriser.
Revenant sur plusieurs décennies de recherches et s’appuyant sur des travaux récents, cet ouvrage propose une analyse sociologique inédite. Après un retour sur la constitution d’une sociologie des classes populaires en France et ses enjeux, chaque chapitre comporte un cadrage empirique et une mise en perspective théorique : qui sont les ouvriers et les employés aujourd’hui ? Quels conditions et modes de vie caractérisent ces hommes et ces femmes ? Quelles sont les dynamiques qui animent ces groupes et en modifient sans cesse les contours ?
Fondé sur des données historiques, statistiques et des enquêtes de terrain, enrichi de nombreux encadrés, ce manuel propose une lecture d’ensemble de la société française contemporaine, vue à partir des groupes populaires, qui en composent la majeure partie.

. Laurent Carroué, La planète financière, Paris, Armand Colin, 2015 (à paraître mi-février).

Il n’y a aucun manuel en géographie sur la finance, le système financier mondial et leurs territoires alors que l’actualité témoigne tous les jours de l’acuité des questions posées. L’objectif de cet ouvrage est donc d’apporter à la fois une véritable connaissance sur les phénomènes, processus ou acteurs à l’œuvre dans les économies et sociétés contemporaines, et une boîte à outils conceptuelle et méthodologique propre à la géographie dans ce domaine d’étude. Car loin d’être "déterritorialisé" ou "déspatialisé", le système financier est au contraire profondément ancré dans les réalités sociales, culturelles, économiques et géopolitiques qui organisent l’espace mondial. Après avoir abordé les questions de la production, de la mobilisation et de la circulation de la richesse aboutissant au(x) actuel(s) système(s) bancaire(s) et financier(s), l’ouvrage traitera l’émergence puis la crise du régime d’accumulation financière apparu dans les années 1975/1980 en en décortiquant les structures et fonctionnements. Seront ensuite analysés les grands acteurs, les grands marchés financiers et leurs territoires spécifiques. Enfin seront abordés les enjeux politiques et géopolitiques (nouveaux liens d’interdépendance, montée de la Chine, régulations mondiales en débat…).

. Frédéric Encel, Atlas géopolitique d’Israël. Les défis d’une démocratie en guerre, Paris, Autrement, 2015.

. Isabelle Attané, Wilfried Rault et Carole Brugeilles, Atlas des femmes. Les paradoxes de l’émancipation, Paris, Autrement, 2015 (à paraître mi-janvier).

. Karine Vanthuyne, La présence d’un passé de violences : Mémoires et identités autochtones dans le Guatemala de l’après-génocide, Paris, Hermann, 2015 (à paraître mi-janvier).


Le livre recommandé par le Diploweb.com pour le mois de décembre

. Renaud Dehousse (dir.), L’Union européenne, coll. Les Notices, La documentation française, 4e édition, 2014.

Pierre Verluise, Directeur du Diploweb.com : "Voici un bijou d’intelligence. Contre tous les partisans démagogues des innombrables théories du complot, les auteurs dirigés par Renaud Dehousse expliquent clairement le système politique européen, les politiques européennes et les relations de l’UE avec le vaste monde. Voici un document de référence, un outil de travail, presque un ami pour qui veut comprendre, voire expliquer, partager, débattre. Bref, être un citoyen. Et pourquoi pas un acteur informé ?"


. Jean-Pierre Filiu, Histoire de Gaza, Paris, Fayard, 2015 (à paraître fin janvier).

Trop longtemps l’histoire de la Palestine s’est écrite autour de Jérusalem et dans la mémoire de l’exil, comme si Gaza n’en était qu’un théâtre marginal. Or cette bande de 360 km2 doit être replacée au centre : non seulement elle a vu grandir nombre d’acteurs déterminants, mais elle concentre une densité inégalée de réfugiés, à partir de 1948-1949. Cette enclave que l’Égypte refusa alors d’annexer devint un pôle d’affirmation collective, puis la matrice des fedayines. Ce bout de territoire, qui fut durant des siècles le carrefour des empires, zone de contact entre le Levant et l’Egypte, ne doit pas aujourd’hui être réduit à une « prison à ciel ouvert ». La guerre qui l’a ravagé à l’été 2014, après deux autres guerres en cinq ans, prouve que, sans règlement de la question de Gaza, il n’est pas plus d’avenir pour la Palestine que de sécurité pour Israël. Relire l’histoire de Gaza, c’est dès lors retrouver la voie de la paix entre les peuples d’Israël et de Palestine, sur la base de la coexistence de deux États souverains.
Jean-Pierre Filiu est professeur des universités en histoire du Moyen-Orient contemporain à Sciences Po (Paris), après avoir enseigné à Columbia (New York) et Georgetown (Washington). Ses travaux sur le monde arabo-musulman ont été publiés dans une douzaine de langues. Son Histoire de Gaza a été saluée entre autres dans Le Monde (« Tout est parti de Gaza, tout viendra de Gaza ») et le Sunday Times (« Un chef-d’œuvre dans la littérature du conflit israélo-arabe »).

. Gérard Arnold et Sylvestre Huet, Le journalisme scientifique dans les controverses, Paris, CNRS éditions, 2014.

Du nucléaire aux gaz de schiste, en passant par les OGM et les nanotechnologies, les controverses sociotechniques se multiplient. Débordant le champ de la communauté scientifique, les débats entremêlent intérêts économiques, questions éthiques, problématiques sociales et politiques.
En diffusant ces controverses dans les différentes sphères de la société, les médias jouent un rôle essentiel.
Le journaliste scientifique a-t-il simplement vocation à rendre compte des controverses ? Est-il un acteur à part dans ces débats ? Comment rend-il compte des conflits inhérents et de leur dimension « extra-scientifique » ? Comment fonctionne la chaîne d’information scientifique face à de tels enjeux économiques et politiques ? Les relations entre acteurs, notamment au sein des rédactions, sont-elles reconfigurées en situation de controverse ?
Pour répondre à ces questions générales, trois études de ces controverses sont ici ciblées, renvoyant à des préoccupations citoyennes majeures : le changement climatique, les perturbateurs endocriniens et les organismes génétiquement modifiés.
Une analyse qui permet de mieux comprendre les controverses, les pratiques des journalistes scientifiques et leur place particulière dans une profession en mutation.

. Jean-François Sabouret, L’Asie-Monde – II. Chroniques sur l’Asie et le Pacifique 2011-2013, Paris, CRNS éditions, 2014.

L’Asie et le Pacifique. Immense région, neuve et ancienne à la fois, où vivent les deux tiers de l’humanité. Région de tous les superlatifs, de toutes les exceptions, de la Chine, renaissant perpétuellement des catastrophes et aléas de son Histoire, de l’Inde, continent à elle seule, ou du Japon, archipel des futurs. Une région qui tire la croissance mondiale et qui devient le centre du monde. Qui aurait pu dire que le PIB de l’Asie et du Pacifique ferait jeu égal avec celui de l’Union européenne ? Et demain ?
Cet ouvrage réunit les textes de chercheurs et de spécialistes publiés sur le site Internet du Réseau Asie et Pacifique (CNRS), entre 2011 et 2013. Il constitue la suite du volume paru en 2011 et couvrant la période 2002-2011. Ces travaux, couvrant les sciences humaines et sociales, disent le passé, avertissent de l’avenir, montrent la complexité de l’Asie et du Pacifique, leurs failles, leurs atouts, leurs enjeux. Ils révèlent les racines profondes et donc les fondements du dynamisme de ces nouvelles puissances qui pourraient bientôt prendre les commandes de l’avenir de l’humanité.
Une somme savante et accessible sur l’Asie et le Pacifique contemporains, qui rend sensibles les multiples aspects de ce formidable et inéluctable basculement du monde.

. Gaïdz Minassian, Arméniens. Le temps de la délivrance, Paris, CNRS éditions, 2015 (à paraître fin janvier).

Jamais le débat autour du génocide des Arméniens de 1915 n’a été aussi acerbe que ces dernières années entre défenseurs et opposants aux lois dites « mémorielles ».
Pourquoi cette question suscite-t-elle tant de passions ? Analyse approfondie de l’histoire et de la mémoire arméniennes, cet ouvrage explore les spécificités d’un peuple dont l’identité nationale ne peut pas se construire à partir du seul génocide. L’histoire a commencé avant et s’est poursuivie après. L’auteur appelle ainsi les Arméniens à désacraliser 1915 afin de libérer la pensée et désinhiber les comportements collectifs.
Par le passé, les empires successifs ont, en effet, empêché l’Arménie de développer une tradition de souveraineté au sein d’un territoire dont les frontières étaient trop mouvantes pour constituer un État aux fondations durables. Et la religion s’est souvent substituée à celui-ci pour organiser la société et nourrir une vision mythifiée d’une nation multiséculaire. Comment sortir de ces logiques de domination ?
S’affranchir de la mémoire, se délivrer du poids du passé et devenir le sujet de son propre destin : tels sont les enjeux actuels du peuple arménien.

. Thomas Kirszbaum (dir.), En finir avec les banlieues ? Le désenchantement de la politique de la ville, La Tour-d’Aigues, Editions de l’Aube, 2015 (à paraître début janvier).

Parler de la «  crise  » des banlieues suggère que nous ferions face à un problème provisoire dont il serait possible de venir à bout par un traitement adapté. Pourtant la leçon des historiens est claire  : les banlieues sont depuis toujours aux marges de la ville, mais au cœur d’une question sociale, urbaine et politique en perpétuelle recomposition. Ce livre mêle des réflexions de jeunes chercheurs novateurs et de personnalités incontournables sur la question des banlieues. Dans une perspective à la fois historique et comparative avec d’autres pays européens, il essaie de faire évoluer un débat bloqué depuis trop longtemps. Car la croyance française d’une crise passagère alimente une constante désillusion sur l’efficacité de la politique de la ville.

. Yannick Brun-Picard, Plus loin que le développement durable : la durabilité, Paris, L’Harmattan, 2014.

En partant d’une analyse contextuelle et critique du développement durable, cet ouvrage a pour objectif de démontrer la pertinence de l’emploi du concept de durabilité dans les projets d’aménagement et d’organisation des territoires. Cinq thématiques illustrent les potentialités de la mise en application de la durabilité (commercialisation, valorisation, diversification, agriculture et les enseignements). Elles sont synthétisées au sein de l’exemple transméditerranéen de l’activité développée par le groupe Pizzorno environnement, de gestion des déchets, entre la Provence et l’Afrique.

. Pierre Naves et Yamina Remichi (dir.), Le territoire saisi par les sciences sociales : des enjeux politiques et professionnels à la recherche. Regards sur l’Aquitaine, Paris, L’Harmattan, 2014.

Comment le territoire se construit-il comme variable explicative ou comme catégorie d’analyse dans les recherches sur les politiques publiques, l’éducation, les discriminations ? En croisant différentes approches, cet ouvrage fait apparaître non une définition unique du territoire, mais divers éléments qui servent de fondement à ce concept. Il s’interroge sur les évolutions de l’économie locale, le développement de certaines actions sociales et éducatives spécifiques à la région Aquitaine et à la ville de Bordeaux.

. Patrick Cockburn, Le retour des djihadistes, aux racines de l’Etat islamique, Sainte-Marguerite-sur-mer, Editions des Equateurs, 2014.

D’où vient le groupe Etat islamique qui attire aujourd’hui les desperados du monde entier ? Comment s’est-il formé ? Pourquoi l’Occident n’a-t-il rien vu venir ?
Sur le terrain depuis 1979, Patrick Cockburn retrace la progression fulgurante de ce djihad, qu’il compare à la montée du nazisme dans les années 1930. Comment ce mouvement s’est-il nourri des erreurs de l’Occident ? Pourquoi, au lendemain du 11 Septembre, les alliances avec l’Arabie Saoudite et le Pakistan n’ont-elles jamais été remises en cause alors que ces deux pays sont les principaux bailleurs de fonds du djihad ? Dans ce livre explosif, à rebours des idées reçues, Cockburn nous livre une analyse claire et inédite de la situation dans ce territoire de sang et redéfinit tous les futurs enjeux de la politique mondiale : au Moyen-Orient se joue l’avenir de l’Occident et de la démocratie.
Correspondant au Moyen-Orient pour le quotidien The Independent, Patrick Cockburn a publié trois livres sur l’histoire récente de l’Irak. En 2013, il est élu Correspondant étranger de l’année et Journaliste international de l’année.

. Bernard Boëne, Les sciences sociales, la guerre et l’armée. Objets, approches, perspectives, Paris, Presses de l’Université Paris-Sorbonne, 2014.

Ce livre explore la manière dont les sciences sociales ont traité de la guerre et des armées depuis le xixe siècle. L’ouvrage procède en trois temps. Le premier fournit un canevas conceptuel et théorique, assorti de la caractérisation de tendances longues gouvernées par le changement technologique et normatif lié à la Modernité. Il se clôt par une cartographie des thématiques du champ militaire. Le second examine les approches cognitives mises en œuvre dans la littérature du champ militaire, puis les postures de recherche que sous-tendent des positions de valeur. Il esquisse une sociologie des acteurs de la recherche en son sein. Le dernier s’intéresse aux mutations récentes qu’ont connues l’action et les institutions militaires, la recherche, et les scènes internationale et intérieures. Il s’agit alors de cerner le présent pour tenter de situer l’avenir, incertain mais marqué par une redéfinition du politique et de la place de la force en son sein.

. Chloé Berger, Palestine, coll. Monde arabe : Monde musulman, de boeck, 2014.

Pivot géopolitique, les territoires palestiniens sont au cœur de multiples enjeux, à la fois historiques, religieux, politiques et militaires. Depuis 1948, ils sont au cœur de crises, de guerres et de conflits sans cesse renaissants. Aujourd’hui encore, les Palestiniens demeurent un peuple sans État.

Aux espoirs soulevés par les accords d’Oslo et la mise en place d’une Autorité palestinienne dans les années 1990 ont succédé les désillusions et les affrontements des années 2000. Les conditions de vie dans les Territoires n’ont cessé de se dégrader. La société palestinienne, aux prises avec les problèmes politiques et sécuritaires, est plus fragmentée et plus fragilisée que jamais. Mais bien qu’elle se soit construite dans la guerre et par la guerre, elle n’en reste pas moins vivante et créative, luttant pour défendre ses traditions et sauvegarder son patrimoine.

Plus d’un demi-siècle après la nakba, les espoirs d’une paix durable avec Israël semblent minces et les perspectives de développement compromises, dans un contexte régional et international plus que jamais incertain.

. Roukiya Osman, Djibouti, coll. Monde arabe : Monde musulman, de boeck, 2014.

État jeune et prometteur à l’identité plurielle arabe, musulmane et africaine, Djibouti a connu une histoire mouvementée avant de devenir un acteur central de la sécurité et du développement dans la Corne de l’Afrique.

Grâce à sa position stratégique et à sa politique d’ouverture, le pays a réussi en quelques décennies à devenir un partenaire incontournable aussi bien pour les pays arabes que pour les pays occidentaux. Il présente aujourd’hui une stabilité et une croissance que lui envient ses voisins, mais qui ne profitent que trop peu à la population, qui vit encore très majoritairement dans des conditions de pauvreté extrême.

Les défis aux niveaux national et international sont donc nombreux pour concilier tradition et modernité et assurer sur le long terme le développement du pays et le bien-être des Djiboutiens.


. Pierre Verluise, Geopolityka granic Wspólnoty Europejskiej, Wydawnictwo Adam Marszałek, 2014, ISBN : 978-83-8019-016-0

Pierre Verluise, {Geopolityka granic Wspólnoty Europejskiej}, Wydawnictwo Adam Marszałek, 2014

Unia Europejska, światowa potęga gospodarcza, przechodzi kryzys. Obecny brak wewnętrznej jedności i koordynacji jest słabością, zagraża zdolności działania i wpływom UE w coraz bardziej konkurencyjnym świecie. Europa waha się : Partnerstwo ? Z kim ? Czy nadal rozszerzać Unię Europejską ? Czy te rozszerzenia, których już dokonano, były korzystne ? Czy przyjąć Turcję do Wspólnoty ? Co z Rosją ? Jakie zobowiązania mogą wyniknąć z dalszych rozszerzeń ? Badając kwestię granic geopolitycznych Europy, Pierre Verluise przedstawia aktualne rozważania – swoje i nie tylko. Jego nastawienie do badania konkretnych przypadków – Maroka, Turcji, Rosji itd. – sprawia, że lektura tej książki jest zarówno przyjemna, jak i konkretna.

Sur le site de l’éditeur


. Yasmina Touaibia, Egypte, coll. Monde arabe : Monde musulman, de boeck, 2014.

Héritière d’une civilisation millénaire façonnée par le sacré et construite autour du Nil, l’Égypte ne cesse de nourrir l’actualité et les imaginaires.

Majoritairement désertique mais bordé au nord par la Méditerranée et à l’est par la mer Rouge, le pays occupe une position géostratégique clé entre l’Afrique et les pays du Golfe, mais il subit de plein fouet les soubresauts du Moyen-Orient et les conséquences du conflit israélo-palestinien. Sa population, en constante croissance, peine à maîtriser son destin et connaît, depuis 2011, des hauts et des bas à tous les niveaux. Son économie, dépendante du tourisme et de l’investissement étranger, se trouve dans une situation difficile en raison d’une insécurité et d’une instabilité chroniques.

Malgré ses atouts indéniables, la succession d’élections et les changements de gouvernements, l’avenir du pays reste flou et incertain.

. Patrick Artus et Marie-Paule Virard, Croissance zéro, comment éviter le chaos ?, Paris, Fayard, 2015 (à paraître en janvier).

Cessons de nous voiler la face : les prévisions de croissance retrouvée que nous égrènent, depuis 2009, les gouvernements successifs sont une vaste plaisanterie. 2 % de croissance en 2016 : même pas en rêve ! Pas plus qu’en 2017, en 2018 ou en 2023… La croissance qu’a connue la France à la fin du XXe siècle, fondée sur les gains de productivité et le progrès technique, n’était pas la règle d’un monde nouveau mais l’exception d’une histoire têtue.
Ce livre démontre, au travers de brefs détours théoriques et de multiples anecdotes, que les rêves de croissance de nos gouvernants sont de funestes chimères. Faut-il pour autant se décourager ? Bien sûr que non. La France ne tombe pas. Elle est au seuil d’un nouveau modèle de développement. Soit elle refuse d’affronter cette réalité et Billancourt, désespéré, pourrait bien basculer dans la violence la plus légitime. Soit elle change de logiciel, elle s’adapte à son nouvel environnement et elle s’ouvre de nouvelles pistes de création de bien-être.
Ces nouvelles pistes peuvent permettre à notre pays, non pas de raser gratis dès demain, mais d’offrir à sa jeunesse des perspectives qui lui ôtent toute envie de s’enliser dans le triangle des Bermudes que délimitent aujourd’hui le repli sur soi, l’expatriation et la violence.
Chef économiste de Natixis, professeur à l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne, Patrick Artus est membre correspondant du Conseil d’analyse économique auprès du Premier ministre. Marie-Paule Virard est journaliste économique. Elle a notamment publié avec Patrick Artus Le capitalisme est en train de s’autodétruire, La France sans ses usines et Les Apprentis sorciers.

. Geoffroy de Lagasnerie, L’art de la révolte : Snowden, Assange, Manning, Paris, Fayard, 2015 (à paraître en janvier).

Edward Snowden, Julian Assange et Chelsea Manning ont fortement marqué l’actualité des dernières années. Ils représentent les figures exemplaires des luttes qui se jouent autour de la guerre et du terrorisme, des libertés civiles à l’ère d’Internet, des secrets d’Etat et de la surveillance de masse. Tous trois sont victimes d’une répression pénale d’une rare intensité.
Geoffroy de Lagasnerie puise dans l’examen de leur vie et de leurs combats des instruments pour élaborer une réflexion générale et novatrice sur la politique, la démocratie et la résistance. Et si, alors que la théorie contemporaine se concentre largement sur les grands mouvements populaires comme Occupy, les Indignés ou les printemps arabes, des démarches isolées comme celles-ci permettaient d’inventer une nouvelle scène politique et une manière inédite de penser la révolte et l’émancipation ? L’auteur montre comment la question de l’anonymat telle qu’elle est posée par WikiLeaks ou les pratiques de fuite et de demande d’asile de Snowden et d’Assange doivent nous questionner sur l’idée démocratique et la sédition, sur le rapport des « citoyens » à la Nation et à la Loi. Interrogeant les analyses classiques du pouvoir et de la souveraineté, il propose une investigation critique sur la logique des Etats et l’emprise qu’ils exercent sur nous.

. Laurent Bouvet, L’insécurité culturelle, sortir du malaise identitaire français, Paris, Fayard, 2015 (à paraître en janvier).

La crise économique ne suffit pas à expliquer le malaise français. Face aux bouleversements de l’ordre du monde et aux difficultés du pays, la montée du populisme et du Front national témoigne d’une inquiétude identitaire et culturelle. Comment vivre ensemble malgré nos différences ?
Laurent Bouvet, spécialiste des doctrines politiques et observateur attentif de la vie politique, examine l’origine de cette angoisse et ses effets. En décortiquant les représentations, vraies ou fausses, que nos concitoyens se font de la mondialisation, de l’Europe, de l’immigration, de l’islam ou des élites, il montre comment des dimensions culturelles se mêlent étroitement aux conditions matérielles.
Rompant avec l’aveuglement et le conformisme, Laurent Bouvet propose des pistes pour combattre ce mal qui ronge la société française : l’insécurité culturelle.
Laurent Bouvet est professeur de science politique à l’Université Versailles/Saint-Quentin-en-Yvelines. Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont Le Communautarisme. Mythes et réalités (Lignes de Repères, 2007) et Le Sens du peuple. La gauche, la démocratie, le populisme (Gallimard, 2012).

. Pierre Allary, Elsa Lafaye de Micheaux (dir.), Capitalismes asiatiques et puissance chinoise, Diversité et recomposition des trajectoires nationales, Paris, Presses universitaires de Sciences Po, 2015 (à paraître en janvier).

Aujourd’hui, tous les pays d’Asie de l’Est et du Sud-Est sont capitalistes, à l’exception de la Corée du Nord. En l’espace de vingt ans, les relations intra-régionales se sont intensifiées, et le monde asiatique s’est intégré au processus de mondialisation pour en devenir un acteur majeur.
Dans cette effervescence des capitalismes asiatiques, la Chine joue un rôle particulier. Son dynamisme économique, associé à la puissance de l’État, lui permet de disputer la position dominante dont bénéficiaient les États-Unis dans la région. Grâce à une remarquable compétitivité-coûts fondée à la fois sur l’exploitation des paysans devenus salariés et sur la compétence technique et organisationnelle des travailleurs protégés, elle diffuse ses exportations dans l’ensemble des pays voisins au point de leur imposer ses normes industrielles, quand elle n’acquiert pas des pans entiers de leur économie.
Face au nouvel hégémon chinois, ces pays sont contraints d’adapter leurs stratégies et leurs institutions, tout en conservant leur propre logique d’émergence. Ainsi se déploient et coexistent des formes nationales et diverses de capitalismes. Laboratoire des capitalismes contemporains et moteur de la croissance mondiale, l’Asie porte en elle les grandes transformations économiques et géopolitiques des décennies à venir.

. Anna Errelle, Dans la peau d’une djihadiste. Enquête au cœur des filières de recrutement de l’État islamique, Paris, Robert Laffont, 2015 (à paraître en janvier).

Une enquête-choc impossible à lâcher. Le livre qui aide à comprendre le vrai visage des terroristes de l’EI.

Convertie à l’islam, Mélanie rencontre sur Facebook le chef français d’une brigade islamiste. En quarante-huit heures, il tombe « amoureux » d’elle, l’appelle nuit et jour, la presse de venir faire son djihad en Syrie et dans la foulée la demande en mariage, lui faisant miroiter une vie paradisiaque... De « chats » Facebook en conversations Skype, Mélanie se prend au jeu et commence à préparer secrètement son départ.
Des jeunes Européennes comme Mélanie, chaque semaine plus nombreuses à se laisser embrigader via internet, l’auteur de ce livre en connaît des dizaines : c’est elle, Anna Erelle, qui se cache en réalité derrière le profil de « Mélanie ». Jeune reporter, elle travaille sur les réseaux de l’État islamique (EI) – dont la propagande numérique, le « djihad 2.0 », constitue l’une des armes les plus redoutables.
Pendant un mois, Anna se glisse ainsi dans la peau de Mélanie, et consacre ses journées à vérifier les confidences que son « prétendant » – proche d’Abou Bakr al-Baghdadi, le calife autoproclamé de l’EI – livre le soir derrière un écran d’ordinateur à sa « future épouse ». Dans une impatience grandissante que celle-ci le rejoigne. Ce voyage est l’ultime étape, la plus dangereuse, de son reportage, et Anna l’a planifié dans les moindres détails. Elle part, comme prévu. Mais tout va déraper...

. Pierre Signoles (dir.), Territoires et politiques dans les périphéries des grandes villes du Maghreb, Paris, Karthala, 2014.

Depuis la fin des années 1990, l’urbanisation se déroule à un rythme spectaculaire autour des métropoles et grandes villes du Maghreb. De fait, les périphéries y représentent aujourd’hui plus de la moitié des zones construites et concentrent une majorité de citadins : ménages en provenance des anciens quartiers (ville-centre et banlieue) ou d’autres villes ; individus et familles récemment arrivés de leurs campagnes ; migrants internationaux, etc. De plus, les grands projets immobiliers et d’infrastructure s’y sont multipliés. En quelques années, ces périphéries sont devenues des espaces stratégiques où se joue le devenir des villes et de leurs sociétés. Dans un contexte marqué par la raréfaction des réserves foncières et par la concurrence accrue entre les métropoles à l’échelle internationale, les enjeux sont à la fois économiques, sociaux et politiques.
L’ouvrage, qui s’appuie sur des travaux de terrain principalement conduits entre 2006 et 2011 à Tunis, Alger et Oran, Casablanca, Rabat-Salé et Fès, s’efforce de qualifier les tendances majeures de la gestion politique et territoriale de ces périphéries. Prenant acte de la « tyrannie de la contingence » (crise financière internationale, « printemps » arabes), ses auteurs montrent que l’aménagement et la gestion des villes de la région n’échappent pas aux grandes évolutions actuelles en matière de gouvernance et de fabrication urbaine, qu’il s’agisse de la montée en puissance de l’urbanisme de projet ou de la financiarisation et de la standardisation des modes d’intervention et de pilotage de l’action publique.
Une attention particulière est portée à la réhabilitation des quartiers populaires, dont les objectifs se sont déplacés (lutte contre les islamistes, valorisation d’un foncier parfois situé près des centres des villes) et aux modalités transformées en raison du renforcement des mobilisations habitantes au fil des années. Bien sûr, les périphéries ont progressivement été intégrées aux territoires de l’État, que cela se fasse de concert avec les grands projets d’aménagement ou, de façon plus classique, par le resserrement des mailles administratives et de gestion communale. C’est notamment le cas à Casablanca, où les périphéries sont devenues des lieux privilégiés pour la construction de nouveaux territoires politico-administratifs par les élites de proximité, qui montrent ainsi leurs capacités à mobiliser un certain nombre de ressources pour y acquérir ou y accroître leur légitimité.

. Marie Bridonneau, Lalibela, une ville éthiopienne dans la mondialisation. Recompositions d’un espace sacré, patrimonial et touristique, Paris, Karthala, 2014.

Cette recherche questionne les recompositions spatiales, sociales et politiques qui animent l’Éthiopie contemporaine à travers l’étude d’une petite ville sacrée, patrimoniale et touristique : Lalibela. Les églises de cette ville sont inscrites sur la Liste du patrimoine mondial de l’Unesco, contribuant ainsi à l’amarrer à l’espace mondial.
Dans cet ouvrage, l’espace est analysé dans le cadre particulier du resettlement, c’est-à-dire au cœur d’un temps particulier, celui de l’éviction des habitants installés autour de ces églises et de leur réinstallation en périphérie de la ville. L’analyse de la légitimation et de la mise en œuvre du resettlement met en évidence le poids de la puissance publique et celui de différents acteurs internationaux dans la réorganisation de l’espace local.
En insistant sur d’autres espaces et d’autres temps particuliers de célébrations religieuses, de fêtes culturelles ou de consultations publiques, il apparaît que Lalibela est une cité où les acteurs internationaux et les Éthiopiens particulièrement liés à l’espace mondialisé impulsent une ouverture au monde. Parallèlement, l’internationalisation de Lalibela se construit localement. Elle s’établit dans des paysages et de nouvelles formes spatiales élaborées avec le souci de renforcer l’attractivité touristique.
C’est dans ce cadre que certains citadins créent un nouveau rapport au monde et tirent profit de la possibilité d’interaction avec l’étranger offerte par l’activité touristique. Parallèlement à cette évolution, l’espace politique éthiopien se maintient et reste prégnant dans les dynamiques locales. Cet ouvrage montre plus généralement qu’à Lalibela les recompositions spatiales, sociales et politiques correspondent à une relation triangulaire entre l’espace social local, les pratiques de l’État éthiopien et de l’Église, et les logiques des acteurs mondialisés.

. Mitchell Cohen, Du rêve sioniste à la réalité israélienne, Paris, La Découverte, 2014.

Ce livre constitue une contribution essentielle à la compréhension politique de l’Israël moderne. Il présente une analyse historique originale de la lutte entre la gauche et la droite au sein du mouvement sioniste et de l’État hébreu.
Mitchell Cohen consacre de longs développements aux conflits politiques des années 1920 et 1930, marqués par la victoire décisive du travaillisme sioniste conduit par David Ben Gourion, sur l’aile droite des « révisionnistes » dirigés par Vladimir Jabotinsky. Il montre comment l’influence croissante des travaillistes et de leur programme de « constructivisme révolutionnaire » au sein du mouvement sioniste a rendu possible la naissance de l’État d’Israël. Mais il explique également que les racines de l’échec travailliste au cours des années 1970 plongent dans les conditions mêmes de leur victoire quatre décennies auparavant.
Il s’agit sans conteste de l’étude la plus fouillée de la dynamique interne du mouvement sioniste : l’idéologie de ses divers courants est décortiquée avec soin, et l’auteur brosse un portrait passionnant des personnalités qui les ont animés, au premier rang desquelles Ben Gourion et Jabotinsky.

. Thomas Piketty, L’économie des inégalités, Paris, La Découverte, 2015 (à paraître en janvier 2015).

L’inégalité est-elle pour l’essentiel la conséquence de la concentration du capital dans quelques mains, auquel cas la taxation et la redistribution du capital pourraient y mettre fin ? L’inégalité des salaires reflète-t-elle à peu près le jeu de l’offre et de la demande pour différents types de travail ? L’inégalité se transmet-elle principalement au niveau familial ? L’augmentation des dépenses d’éducation peut-elle diminuer de façon décisive l’inégalité des chances ? Les prélèvements sur les revenus élevés ont-ils atteint un niveau où toute redistribution supplémentaire réduirait dangereusement l’incitation au travail, ou ces effets sont-ils d’une ampleur négligeable ? Les systèmes modernes de prélèvements et de transferts assurent-ils une redistribution appréciable, ou est-il opportun de les réformer largement ? L’inégalité est-elle pour l’essentiel la conséquence de la concentration du capital dans quelques mains, auquel cas la taxation et la redistribution du capital pourraient y mettre fin ? L’inégalité des salaires reflète-t-elle à peu près le jeu de l’offre et de la demande pour différents types de travail ? L’inégalité se transmet-elle principalement au niveau familial ? L’augmentation des dépenses d’éducation peut-elle diminuer de façon décisive l’inégalité des chances ? Les prélèvements sur les revenus élevés ont-ils atteint un niveau où toute redistribution supplémentaire réduirait dangereusement l’incitation au travail, ou ces effets sont-ils d’une ampleur négligeable ? Les systèmes modernes de prélèvements et de transferts assurent-ils une redistribution appréciable, ou est-il opportun de les réformer largement ?
En utilisant les théories économiques, y compris les plus récentes, pour répondre à ce type de questions, ce livre remet en cause bon nombre d’idées reçues et contribue à des débats dont les enjeux sont essentiels.

. Rong Zhang-Fernandez, Précis de civilisation chinoise, de ses origines à nos jours, Paris, L’Harmattan, 2014.

La Chine, une superpuissance mondiale émergente, nous fascine aussi bien par son passé doté d’une civilisation de plusieurs millénaires que par son présent en voie de modernisation spectaculaire. Quelles sont les racines de cette civilisation et son évolution ? Quelles sont les principales formes de l’extraordinaire richesse du patrimoine culturel chinois ? Quel rôle cette tradition joue-t-elle dans le succès économique pour façonner les multiples visages de la réalité actuelle ?

. Roman Krakovsky, Réinventer le monde. L’espace et le temps en Tchécoslovaquie communiste, Paris, Publications de la Sorbonne, 2014.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les nouveaux régimes centre-est européens promettent à des peuples désabusés d’accomplir une véritable révolution sociale et de faire advenir un monde nouveau.
La transformation des manières de vivre l’espace et le temps est au cœur de cette entreprise. La planification est censée produire une accélération du temps, les nouvelles sociabilités doivent rompre avec le rythme hebdomadaire séculier. Les transferts de propriété bouleversent le fonctionnement de l’espace public et réduisent la sphère privée à peau de chagrin. Dans la culture politique, l’espace-temps met en scène les nouvelles valeurs du régime et la vision d’une société à venir.
À travers l’exemple tchécoslovaque, Roman Krakovský explore la façon dont le pouvoir communiste a voulu dominer les manières de penser et d’agir en changeant les cadres sociaux et comment les populations ont vécu et ont réagi à ces changements au quotidien. En reconstituant l’horizon temporel et spatial de l’individu sous le communisme, il fait apparaître les contours de la dernière grande tentative européenne de réinventer le monde.
Ce travail a été récompensé par le Prix d’histoire sociale de la Fondation Dogan – Fondation de la Maison des sciences de l’homme (Paris) et The Fraenkel Prize in Contemporary History de The Wiener Library (Londres).

. Gilles Dorronsoro et Olivier Grojean, Identités et politique. De la différenciation culturelle au conflit, Paris, Presses universitaires de Sciences Po, 2015 (à paraître en janvier).

Les conflits portés par des revendications identitaires – autonomie, indépendance, droits culturels – n’ont cessé d’augmenter depuis 1945 et vont parfois jusqu’à menacer l’existence des États. Loin d’avoir disparu dans les régimes démocratiques, ils sont particulièrement importants en Turquie, en Iran et au Pakistan et ce, malgré une construction étatique et un rapport aux minorités profondément différents.
Dans ces trois pays, l’identité ethnique ou religieuse est un principe quotidien de classement des individus et de hiérarchisation des groupes. Or, si les différences créent de la hiérarchie et de la rivalité, elles ne débouchent pas nécessairement sur des conflits. Comment passe-t-on alors de la simple « friction culturelle » au conflit identitaire ouvert ?
Effectuant des découpages territoriaux, cartographiant, recensant et classant les populations, imposant des normes d’enseignement et distribuant inégalement les ressources, les États produisent les conditions propices aux mobilisations identitaires. Le basculement dans la violence est dès lors fonction des politiques étatiques - de discrimination, d’ouverture ou de répression – qui organisent les rapports entre les groupes.

. Béatrice Hibou, La bureaucratisation néolibérale, Paris, La Découverte, 2014.

Qu’est ce que la bureaucratisation néolibérale ? Un mode de fonctionnement qui repose sur un usage systématique de normes, de règles, de procédures, de codes ou de catégorisations, bref de formalités principalement issues d’une certaine conception du marché et de l’entreprise et qui envahissent notre quotidien. Scandale des subprimes, développement du microcrédit et de l’auto-entreprenariat, recours au benchmarking, dictature du new public management, montée en puissance du droit de la propriété intellectuelle sont autant de symptômes de ces nouvelles modalités de formalisation.
Au-delà des débats normatifs sur le bienfait ou les dangers de ce processus de rationalisation, l’analyse pluridisciplinaire menée dans ce livre suggère que la bureaucratisation néolibérale est l’un des lieux d’énonciation du politique, de l’exercice du pouvoir et de la domination, des luttes et des conflits. Sont alors mis en exergue son ambivalence, ses modalités de diffusion, d’éclatement et de réinvention permanente, ses catégories de compréhension et de mécompréhension, les jeux qu’elle autorise, les façons dont elle s’articule à d’autres logiques. La bureaucratisation néolibérale n’apparaît ainsi pas comme un dispositif stabilisé ; elle est traversée de batailles de pouvoir car s’y opposent des conceptions du monde puisant dans des répertoires et des imaginaires différents.

. Chris Harman, Une histoire populaire de l’humanité. De l’âge de pierre au nouveau millénaire, Paris, La Découverte, 2015 (à paraître en janvier).

De la révolte de Spartacus à la guerre des Paysans, de la rébellion des Boxers en Chine à celle des Diggers et des Levellers en Angleterre, des luttes des ouvrières du textile dans l’Amérique de la fin du XIXe siècle à la révolution russe, ce livre adopte le point de vue des délaissé-e-s de l’histoire « officielle ». Il offre une formidable plongée dans les combats que n’ont cessé de mener les révolté-e-s, les dominé-e-s et les minorités du monde entier pour affirmer leurs droits et leur légitimité politiques.
Point ici de rois et de reines, de généraux, de ministres ou de prétendus « grands hommes », mais des femmes et des hommes ordinaires qui ont dû lutter, s’organiser, mettre en place des stratégies de résistance et de conquête contre des puissances et des systèmes oppressifs : le servage, le féodalisme, le colonialisme, le capitalisme. Et si aujourd’hui le système capitaliste semble avoir colonisé jusqu’aux corps et aux esprits, l’histoire, nous prévient Harman, réserve des surprises : elle est ouverte aux possibles et peut basculer, pour peu que les forces nécessaires soient capables de s’organiser, dans le sens d’une forme de société véritablement émancipatrice.

. Cyprien Boganda, Le business des faillites. Enquête sur ceux qui prospèrent sur les ruines de l’économie française, Paris, La Découverte, 2015 (à paraître en janvier).

En France, près de 180 entreprises font faillite... chaque jour ! Depuis le début de la crise de 2008, plus de 300 000 d’entre elles ont déposé le bilan, bouleversant la vie d’un million de salariés. Mais le malheur des uns fait les affaires d’une poignée d’autres. Les entreprises en difficulté attirent une faune hétéroclite, où se croisent fonds d’investissement, cabinets d’experts, managers de crise ou mandataires judiciaires. Aujourd’hui, quelques milliers de personnes « vivent » en France de la crise des entreprises. Et elles en vivent plutôt bien.
Ce « business » ne date pas d’hier. Dès les années 1980, des grands noms du capitalisme hexagonal tels que Bernard Arnault, François Pinault ou Vincent Bolloré ont bâti leur fortune en rachetant, sous l’oeil bienveillant des pouvoirs publics, des canards boiteux, qu’ils revendaient au prix fort après restructuration.
Depuis dix ans, la multiplication des plans sociaux a engendré une véritable industrie de la faillite. Dressant un portrait édifiant des acteurs de ce secteur en croissance et revenant sur les affaires qui ont défrayé la chronique ces dernières années (Danone, Doux, Heuliez, PSA, Samsonite, Florange, etc.), l’enquête de Cyprien Boganda révèle les dessous de cette machine qui prospère sur les ruines de l’économie française.

. Éric Foulquier et Christine Lamberts, Gouverner les ports de commerce à l’heure libérale. Regards sur les pays d’Europe du Sud, Paris, CRNS, 2014.

En 2008, le gouvernement français lance sa réforme de libéralisation des activités portuaires. Celle-ci impose la concession des terminaux au secteur privé et transforme profondément le rôle joué par les anciens ports autonomes dans leur territoire d’insertion. La France s’inscrit ainsi dans un processus de diffusion d’un modèle de gestion portuaire à l’échelle mondiale, initié dans l’Angleterre de Margaret Thatcher ou le Chili des Chicago boys dès le début des années 1980. Ce qui se joue sur les quais depuis trente ans s’inscrit dans un mouvement global de redéfinition du rôle des États dans les affaires économiques du monde.
La réflexion proposée dans cet ouvrage est le fruit d’un travail d’enquêtes menées auprès des acteurs entrepreneuriaux et institutionnels, entre 2009 et 2012, dans une dizaine de ports du sud de l’Europe occidentale (France, Italie, Espagne). Cette analyse interdisciplinaire en sciences humaines et sociales propose un éclairage sur les grands principes politiques et économiques ayant conduit à ces transformations et s’interroge sur l’évolution des conditions d’exercice des activités portuaires que l’ère libérale engage.

. Commission nationale française pour l’UNESCO, Diversité culturelle à l’ère du numérique, Paris, La Documentation Française, 2015 (à paraître en janvier).

En 2005, l’UNESCO adoptait la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, donnant ainsi une forme juridique à la question de la diversité culturelle. L’utilisation des technologies numériques redessine un paysage où la Convention de 2005 a plus que jamais sa place. Ce glossaire critique explore les relations qui lient la diversité culturelle et le numérique. Il aborde une soixantaine de termes, d’« agrégateur » à « virtuel » et propose des définitions des pratiques avec leurs usages. Véritable outil d’aide à la réflexion et à la décision, il s’adresse à la fois au grand public et à l’ensemble des acteurs et décideurs concernés par les questions de culture et d’éducation, et plus largement de gouvernance du numérique.

. Comité interministériel de prévention de la délinquance, Le maire et la prévention de la délinquance, Paris, La Documentation Française, 2014.

La politique de prévention de la délinquance connait d’importantes évolutions avec la mise en place d’une nouvelle stratégie nationale pour 2013-2017. Cet ouvrage aborde et développe six parties : le rôle du maire en matière de prévention de la délinquance, la gouvernance locale de cette politique, l’approche individualisée, les moyens d’action de la politique de prévention de la délinquance, l’appui financier de l’Etat et l’évaluation du dispositif. Les apports de la loi du 15 août 2014 relative à l’individualisation des peines et renforçant l’efficacité des sanctions pénales sont également présentés ici. Une publication destinée aux maires, coordonnateurs CLSPD (Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance), intercommunalités, conseils généraux, services de l’État, préfectures, parlementaires, associations, chercheurs en sciences sociales.

. Commission nationale consultative des Droits de l’homme (CNCDH), Les droits de l’homme en France. Regards portés par les instances internationales - Rapport 2012-2014, Paris, La Documentation Française, 2014.

Pour sa troisième édition, cet ouvrage rassemble et met en perspective les observations et recommandations faites à la France par les organisations internationales (ONU, OIT, OSCE, Organisation internationale de la francophonie, UNESCO, Conseil de l’Europe, UE) afin d’avoir une vision objective de la situation dans notre pays. A ce titre, il est conçu comme un outil de travail pour les diplomates français et étrangers, les ONG, les chercheurs et les universitaires. Le rapport se compose de deux livres : un premier relatif à la mise en oeuvre du droit international des droits de l’homme, et un second relatif à la mise en oeuvre du droit international humanitaire et du droit international pénal. Le premier livre compile et synthétise les regards portés par les instances internationales sur la situation française entre octobre 2011 et juin 2014. La seconde partie du premier livre présente de matière thématique les observations des instances internationales. Il s’agit d’une innovation par rapport aux précédentes éditions. L’analyse thématique permet de prendre en compte les évolutions du cadre normatif et de l’action publique. Aux observations des instances internationales ont été ajoutés les avis de la CNCDH et les données statistiques disponibles. Le second livre traite du droit international humanitaire et du droit international pénal. Un point d’opposition subsiste entre la France et les instances internationales : l’opposition entre la conception de l’égalité à la française, imprégnée d’universalisme et s’élevant contre le communautarisme et la prohibition des discriminations, promue par les instances internationales qui nécessite de prendre en compte la réalité des discriminations vécues par chacun, et de distinguer selon les communautés d’appartenance, qu’elles soient subies ou revendiquées.

. Edouard Valensi, La dissuasion nucléaire, Paris, L’Harmattan, 2014.

Cet ouvrage, qui conclut le cycle sur la dissuasion nucléaire, propose un mode de calcul réaliste de forces nucléaires et démontre que les arsenaux monstrueux que le XXe siècle nous a légués sont désormais sans objet.

. Georges-André Morin, La fin de l’Empire romain d’Occident, Monaco, Editions du Rocher, 2014.

Étape essentielle de l’Histoire de l’Europe, la fin de l’Empire romain d’Occident, en 476, marque la transition de l’Antiquité vers le Moyen Âge. Sur ses décombres se fixent les racines de l’Europe contemporaine. Cet événement - son contexte, son déroulement, ses acteurs - est pourtant mal connu.
Comment, à la fin du Ve siècle, disparaît l’institution impériale en Occident, et quelles en furent les conséquences immédiates ? Pourquoi, après le partage de 395, l’Empire sombre-t-il en Occident en moins d’un siècle et survit-il plus de mille ans en Orient ? Cette mort rapide était-elle inéluctable ? Autant de questions sur le thème de la fin d’une civilisation, auxquelles Georges-André Morin apporte une réponse claire et précise.
Chronique accessible et vivante, riche en personnages, en événements et en péripéties mouvementées, La Fin de l’Empire romain d’Occident offre au lecteur un aperçu novateur de cette période fondamentale mais mal connue.

. Stéphane Simonnet et Christophe Prime, Atlas de la Seconde Guerre mondiale. La France au combat : de la drôle de guerre à la Libération, Paris, Autrement, 2015 (à paraître en avril).

Membres scientifiques du Mémorial de Caen, les auteurs déroulent la chronologie des différentes étapes, célèbres ou méconnues, que traverse la France en guerre. Le théâtre d’opération se situe d’abord dans le nord de la France et de l’Europe (de Sedan à la bataille de Narvik en Norvège) : les Français et les Alliés affrontent les Allemands au cours de cette drôle de guerre, les tentatives de refoulement de l’armée allemande se terminant par l’invasion du territoire en juin 1940 et la grande division de la France. Les combats se déroulent dès lors sur deux types de fronts, en métropole avec les réseaux de la résistance, et sur le front international, avec les FFL et l’armée de Vichy : de la Tunisie à Bir-Hakeim, de la campagne de Syrie au Cameroun ou à Saint- Pierre et Miquelon. Les réseaux de la résistance intérieure et les FFL se rejoignent enfin pour arriver de 1944 à 1945 à la libération du territoire : fameux débarquements de Normandie et de Provence, opérations en Bretagne, en Bourgogne et dans les Vosges, jusqu’au combats tardifs (avril 1945) et moins connus à Royan, La Rochelle et dans les Alpes.
Une synthèse unique et un outil magnifique qui remet à l’honneur l’action locale des forces résistantes, souvent ignorée et anonyme, et qui montre une France déchirée luttant contre l’invasion nazie et les troupes de l’Axe, mais aussi contre ses ennemis intérieurs.

. Corinne Lepage et Xemartin Laborde, Atlas mondial du nucléaire. Une étape dans la transition énergétique, Paris, Autrement, 2015 (à paraître en avril).

Un bref historique du nucléaire civil dans le monde et des grandes conventions internationales montre que le choix français du « tout nucléaire » fut une exception mondiale. Il pointe aussi les nombreuses réglementations quoi cohabitent avec des zones de grande opacité. La cartographie des zones de pollution, de contamination et de risque d’accidents fait état de menaces écologiques et sanitaires majeures que plus personne ne peut contester. L’atlas compare les logiques à l’œuvre aux États-Unis, en Chine, au Moyen-Orient et beaucoup en Europe. Quels sont les États producteurs ? Où sont les centrales ? Comment gère-t-on les déchets ? Quel est l’état de vieillissement du parc des centrales ? Le nucléaire est une énergie non seulement dangereuse mais aussi extrêmement coûteuse. C’est la viabilité économique du nucléaire qui est ici questionnée. En prenant en compte les externalités du nucléaire, il apparaît que ce mode de production d’électricité est le plus subventionné de toutes les énergies. Dès lors, quel est le coût réel de l’énergie nucléaire ? Comment accomplir la mutation des emplois ? Quelle est l’économie du démantèlement ? Engagée, Corinne Lepage n’est jamais dans la dénonciation ou la posture idéologique. Mesurée et réaliste, elle choisit la forme de l’atlas, des faits et chiffres pour argumenter de façon pragmatique : que faire maintenant, et comment ?

. François Clemenceau, Hillary Clinton de A à Z, Monaco, Editions du Rocher, 2015 (à paraître mi-janvier).

Les spécialistes sont unanimes : Hillary Clinton a toutes les chances de devenir le prochain président des États-Unis. Sauf coup de théâtre, elle devrait obtenir l’investiture du Parti démocrate, et il n’y a toujours pas à ce stade, au Parti républicain, de personnalité capable de la battre. Une première femme pour diriger la première puissance du monde ? Plus qu’un symbole, ce serait une révolution !
Conçu comme un dictionnaire, ce portrait en 100 mots de la future présidente se démarque résolument des publications existantes et à venir.
De A comme Arkansas, état tremplin pour le couple Clinton à Yale, la grande université où tout a commencé pour l’ambitieuse Hillary Rodham, ce dictionnaire égraine les personnalités qui ont compté pour elle (Nixon, Albright, Kerry, Roosevelt), les lieux (Hollywood, Wall Street, Jérusalem), la famille, les évènements fondateurs, les passions aussi. Ce livre va souvent plus au fond des choses qu’une biographie classique. Tout en restant facile d’accès, Hillary Clinton de A à Z s’adresse au vaste public qui, sans être mordu de politique, veut mieux connaitre cette femme au destin exceptionnel.

. Hervé Beaumont
, Forces aériennes stratégiques – 50 ans de dissuasion nucléaire au service de la paix , Chaumont, Crépin-Leblond, 2014.

8 octobre 1964 — 8 octobre 2014. Depuis 50 ans, les Forces Aériennes Stratégiques, le plus ancien commandement de l’Armée de l’Air, assurent la dissuasion nucléaire de la France. Ce livre retrace la genèse, l’histoire de la doctrine nucléaire française en lien avec les contextes géopolitiques, la création, la mise en place, le fonctionnement, l’évolution des Forces Aériennes Stratégiques et de leurs missions nucléaires, de reconnaissance stratégique ou conventionnelles. En parallèle, le développement, la mise en oeuvre des vecteurs et des armes nucléaires françaises aéroportées constituant les systèmes d’arme sont également largement abordés : Mirage IV A/AN, Boeing C-135F, missiles Sol-Sol Balistiques Stratégiques, Mirage IV P/ASMP, Boeing C-135FR, Mirage 2000 N/ASMP/ ASMP-A et Rafale B F3/ASMP-A. Cette histoire en cours, assurée sans une seconde de discontinuité par le personnel au professionnalisme exceptionnel des Forces Aériennes Stratégiques, est abondamment illustrée par de nombreux documents et par des témoignages inédits. Edition reliée.

. Adriana Santiago (dir.), Haïti par lui-même, la reconquête de l’indépendance volée , Paris, Karthala, 2014.

Ce livre tient à la fois du témoignage et du manifeste. Il est le témoignage d’une volonté de vivre que les catastrophes d’origine naturelle ou humaine, en particulier celle du 12 janvier 2010, n’ont jamais ébranlée. Haïti est vivant, sous les ruines, dans les campagnes en partie ravagées par l’exploitation désordonnée des sols et des cultures, au fond des plaines rizicoles de l’Artibonite ou dans les Mornes, où se nichent les plantations de mangue ou de café. Haïti vit de mille et une initiatives solidaires, encouragées parfois par l’Étranger, portées toujours par des groupes locaux. Ceux-ci puisent dans les trésors d’inventivité du peuple haïtien des solutions pour pallier les carences, criantes et scandaleuses, de l’appareil d’État et des dispositifs d’aide qui demeurent trop exclusivement cantonnés à l’urgence, alors qu’il s’agit de « refonder » la démocratie haïtienne.
C’est également un manifeste. Un autre Haïti, qui se reconstruirait sur les cendres du vieil État miné par deux siècles de corruption, de clientélismes et de tutelle internationale, est possible. Le peuple haïtien peut surmonter ses divisions familiales, sociales, régionales et envisager, dans l’unité, une alternative politique et économique qui mette un terme au cycle en apparence interminable des dévastations de toute sorte. Les bâtisseurs d’un autre Haïti sont à l’œuvre, dans les quartiers populaires de Port-au-Prince, dans les campagnes, à l’échelon local et national.
Ainsi, les pages de cet ouvrage dressent d’Haïti un portrait à contre-courant. Il refuse de s’en tenir au registre des calamités qui s’abattent sur l’île, sans pour autant en nier l’existence. Il procède à la manière du peintre qui représente tout à la fois la face cachée et la face visible de son objet : il rassemble ainsi tous les traits qui en constituent la vérité profonde.
Ce livre reportage a été écrit et publié par ADITAL au Brésil, en 2013, afin de sensibiliser la population brésilienne sur le sort de la République d’Haïti alors qu’après le tremblement de terre, le Brésil prenait des responsabilités majeures dans la coordination de l’aide – le commandement de la Mission des Nations Unies pour Haïti (MINUSTAH) – et était confronté à l’arrivée de migrants haïtiens. C’est ce regard « Sud - Sud » que nous mettons en valeur aujourd’hui pour le « Nord ».

. Hélène Chaubin , La Corse à l’épreuve de la Guerre , Paris, Vendémiaire, 2015 (à paraître en janvier).

De 1939, début de la « drôle de guerre », jusqu’à la Libération de 1943, la guerre a été pour la Corse une expérience distincte de celle qu’a connue le territoire continental. Parce que les relations ont rapidement été coupées, les transports maritimes se faisant de plus en plus rares et aléatoires, et que la population a de ce fait subi des privations et une crise sanitaire sans équivalent. Parce que l’Occupation, à partir de novembre 1942, a été, comme en zone sud, essentiellement italienne, et qu’elle a accru les tensions entre irrédentistes favorables à un rattachement à la Péninsule et « patriotes » viscéralement hostiles à cet expansionnisme fasciste. Parce que les clivages politiques du continent ne s’y reproduisent pas à l’identique, et que ce sont essentiellement les appartenances claniques et familiales qui ont déterminé l’engagement dans le pétainisme, la Résistance ou la Collaboration. Parce que, enfin, l’île a été aux premières lignes d’une rivalité entre giraudistes et gaullistes qui y a été plus favorable aux premiers : Ajaccio ou Bastia sont plus proches d’Alger que de Londres, et c’est un corps expéditionnaire armé par les Américains, venu d’Afrique du Nord et composé de Légionnaires, de tirailleurs marocains, de goumiers et de spahis qui y a débarqué ce matin du 9 septembre pour soutenir l’effort des maquisards et ouvrir la voie de l’invasion de l’Italie.

. Bruno Palier, Les réformes de l’Etat-providence , Paris, Puf, 2014 (à paraître fin décembre).

Cet ouvrage vise à faire le point sur les développements de l’État-providence en Europe depuis son origine jusqu’aux réformes les plus récentes. Il s’agit de comprendre à la fois les différences entre les systèmes de protection sociale européens, et leurs évolutions.
Pour ce faire, l’ouvrage souligne qu’il convient d’analyser les fonctions sociales, économiques et politiques de chaque système de protection sociale et les resituer dans leurs contextes nationaux. Il dégage trois grandes familles de protection sociale, et quatre grandes phases d’évolution : l’émergence des systèmes au XIXe siècle, leur expansion dans les trente années qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale, marquée par une grande complémentarité entre politiques économiques keynésiennes, et expansion des programmes de protection sociale ; la période de remise en cause des systèmes traditionnels de protection sociale, du fait des changements économiques et sociaux profonds de la fin du XXe siècle, mais aussi de la domination d’une nouvelle pensée économique, néo-classique, qui débouche sur des politiques néo-libérales visant à réduire l’État-providence et développer des protections sociales privées.
L’ouvrage analyse en détail comment les différents régimes de protection sociale se sont ajustés à ces nouveaux contextes (économiques sociaux et idéologiques) et analyse quels sont les succès et échecs. Après avoir analysé les évolutions de chaque régime de protection sociale, il analyse en détail les principales réformes des retraites et des systèmes de santé. Le dernier chapitre souligne que, depuis le début du XXIe siècle, un nouveau modèle de politiques sociales est proposé, fondé sur l’investissement social, qui propose de donner de nouvelles fonctions économiques et sociales à la protection sociale, en se centrant sur les femmes et les enfants, et en se tournant vers la préparation de l’avenir.

. Antoine-Louis de Prémonville et Thomas Flichy de la Neuville, Géopolitique de l’Iran , Paris, Puf, 2015 (à paraître début janvier).

Les analyses contemporaines sur l’Iran se contentent souvent de jauger la puissance iranienne en termes purement matériels. Certes, l’Iran se trouve aujourd’hui au centre géopolitique de la planète, dans la mesure où il peut contrôler les réserves majeures d’hydrocarbures de la mer Caspienne et du golfe Persique, se présente comme un intermédiaire idéal entre la Chine et l’Occident et se révèle aussi comme la clef des paix afghane, irakienne et syrienne.
Toutefois, la force principale de l’Iran réside dans sa puissance créatrice. Celle-ci est intimement liée à l’existence d’un très ancien foyer poétique. Mais, dans l’équilibre entre sa puissance innovatrice et les limites démographiques, psychologiques et navales qui s’imposent à lui, force est de constater que l’Iran fait figure d’« empire confiné ». En réalité, seule une alliance savante avec l’empire morcelé des États de civilisation turque lui permettrait d’échapper au pillage énergétique et de renouer in fine avec la puissance.

. Guy Pervillé, La guerre d’Algérie , Paris, Puf, 2015 (à paraître début janvier).

Dans une perspective centrée sur la France, tout en montrant le point de vue algérien, et en partant de la chronologie des faits, cet ouvrage retrace l’histoire d’une décolonisation douloureuse. Il rappelle les origines lointaines et proches du conflit, puis l’extension du conflit, la guerre et enfin la difficile recherche de la paix. Cinquante ans après les accords d’Évian, il établit un bilan de la guerre et de nos difficultés à normaliser les rapports franco-algériens.

. Georges-Henri Soutou, L’Europe de 1815 à nos jours , Paris, Puf, 2015 (à paraître début janvier).

Cet ouvrage entend considérer l’Europe comme un tout et ne pas rester prisonnier des histoires nationales, pour comprendre le chemin parcouru depuis le Congrès de Vienne, de l’ère des nationalismes à l’Union européenne, c’est-à-dire à un espace international organisé très original (ni Etat centralisé, ni confédération, ni fédération), répondant aux normes de la démocratie libérale et jouissant d’un niveau de vie élevé. La réflexion est menée à partir de trois points de vue : celui du système européen et de son évolution progressive, depuis le « Concert européen » du XIXe siècle jusqu’à l’intégration européenne actuelle ; celui des grandes évolutions politiques, économiques, sociales et culturelles de l’Europe ; celui, enfin, de l’expérience historique unique de la démocratisation progressive de tout un continent. La méthode suivie insiste sur la notion de structures dans les relations internationales : structures d’équilibres géopolitiques, structures de relations diplomatiques, structures juridiques, structures de civilisation. Cette notion résume les recherches les plus avancées de la science historique actuelle dans ce domaine et permet de poser le problème de l’Europe, de son identité, de ses limites, de façon nouvelle.

. J.-F. Coustillière et P. Vallaud, Géopolitique et Méditerranée , Paris, L’Harmattan, 2014.

L’espace méditerranéen vient de connaître, à vingt ans d’intervalle, deux événements qui ont totalement bouleversé les relations internationales dans cet espace : la fin de l’affrontement Est-Ouest en 1991 et les révoltes arabes en 2011. La question des relations internationales en Méditerranée de la recherche de sécurité dans la région est centrale. Ce volume 1 a pour objet de rappeler les paramètres pérennes et les facteurs de tension ou de conflits qui agitent la région.

. Florent Sogni Zaou, La liberté de la presse au Congo-Brazzaville , Paris, L’Harmattan, 2014.

Dans la déclaration de Windhoek du 3 mai 1991, il est dit que la création, le maintien et le renforcement d’une presse indépendante, pluraliste et libre sont indispensables au progrès et à la préservation de la démocratie dans un pays, ainsi qu’au développement économique. Le Congo est partie prenante de ces textes, et la liberté de la presse y est garantie par la loi de la presse. Seulement, le doute persiste malgré l’absence de journalistes dans les geôles congolaises.

. Georges Bublex, Marx, du travestissement stalinien à l’échec ¸ Paris, L’Harmattan, 2014.

Le stalinisme, selon l’auteur, n’est pas une forme de communisme mais un travestissement des thèses de Marx. Totalitaire et liberticide, il pérennisait les « stratégies de la société capitaliste », il était composé d’une stratégie et d’une idéologie spécifiques qui ont mené l’URSS, et tous les partis communistes à sa suite, à l’échec et à la ruine. L’analyse politique du stalinisme, proposée dans cet ouvrage, est nécessaire à la renaissance de ces partis à la hauteur des enjeux.

. Laure Guirguis, Egypte : révolution et contre-révolution , Paris, Hermann, 2015 (à paraître fin janvier).

. Karim Atassi, Syrie, la force d’une idée. Architectures constitutionnelles des régimes politiques , Paris, L’Harmattan, 2014.
En moins d’un siècle d’existence, la Syrie a connu 7 constitutions permanentes, 5 constitutions provisoires, 2 constitutions et une charte panarabes, 3 arrangements à caractère constitutionnel et 4 projets de constitution. A travers l’analyse de ces textes, cette étude aborde de manière inédite les moments clefs de la construction de l’Etat syrien, ses acteurs fondamentaux, ses enjeux majeurs, ses acquis ou ses occasions manquées et débouche sur un décryptage des événements les plus actuels.

. Thierry de Montbrial,
La défense de l’Europe : entre alliance atlantique et Europe de la défense , Paris, Hermann, 2015 (à paraître mi-janvier).

. Mohamed Hachemi Abbès, Bourguiba et Nouira, Souvenirs et mémoires (volume I), Paris, L’Harmattan, 2014.

Cet ouvrage traite des parcours en solitaire et en commun du président Bourguiba et du leader Nouira. Dans ce premier volume, l’auteur propose un panorama global de l’histoire de la Tunisie jusqu’à l’occupation française en 1881. Puis il nous livre une lecture attentive des différentes péripéties du mouvement de libération nationale guidé par Bourguiba, mouvement couronné par l’indépendance en 1956.

. Mohamed Hachemi Abbès, Bourguiba et Nouira, Souvenirs et mémoires (volume II), Paris, L’Harmattan, 2014.

Après avoir abordé l’histoire de la Tunisie jusqu’en 1881 dans le volume 1, l’auteur nous fait part dans ce second volume de détails insolites et inédits sur la période de 1970 à 1980 qui a réuni Bourguiba et Nouira et durant laquelle le pays a connu une certaine stabilité. L’ouvrage comporte en outre les secrets de l’accaparement du pouvoir le 7 novembre 1987, date à laquelle on a relégué Bourguiba dans l’oubli, effaçant son souvenir et ses engagements.

. Réda Benkirane, Démographie et géopolitique , Paris, Hermann, 2015 (à paraître mi-janvier).

. Abdel Wedoud Ould Cheikh, Etat et société en Mauritanie, cinquante ans après l’indépendance , Paris, Karthala, 2014.

Le cinquantenaire des indépendances des anciennes colonies françaises d’Afrique subsaharienne, acquises pour la plupart en 1960, offrait l’occasion d’un bilan et d’une réflexion sur le devenir de ces formations politiques où l’héritage étatique postcolonial semblait généralement tenir davantage d’une greffe plus ou moins réussie que du développement d’une tradition de centralisation politique locale. Pour l’essentiel, cet ouvrage reprend des contributions présentées lors d’un colloque tenu à Nouakchott en novembre 2010 à l’occasion des cinquante ans d’indépendance de la Mauritanie (28 novembre 1960). L’introduction aborde la question des rapports entre histoire et mémoire dans le contexte d’une appropriation limitée, sinon marginale, de la mémoire étatique de la Mauritanie, fortement concurrencée par des identités de proximité à base « ethnique » et « tribale ». Elle propose des jalons pour l’écriture de cette histoire « commune » en même temps qu’un examen des fondements culturels et sociaux des formes particulières d’autoritarisme « sultanisme » et « pluralisme monolithique » que prend une administration des affaires publiques largement soumise aux effets du clientélisme et de la corruption. L’ouvrage propose également des développements substantiels sur le thème de la « tribu » et de « l’ethnie » dans leurs rapports à l’État, à la fois dans le contexte mauritanien et d’un point de vue plus général. Il brosse, par touches croisées et bien documentées, un tableau des évolutions qu’a connues la société mauritanienne depuis l’indépendance, qu’il s agisse de la situation socio-linguistique ; des progrès de la culture de soi et des nouvelles formes d’appropriation des corps et des esprits (en particulier parmi les femmes) ; des transformations des environnements urbains, tout spécialement de celui de la capitale, Nouakchott, à la croissance phénoménale ; ou des ouvertures sur les mondes extérieurs à travers la fonction d’espace de transit pour les migrants en partance vers d’improbables ailleurs.

. François Guéry, Archéologie du nihilisme, de Dostoïevski aux djihadistes , Paris, Grasset, 2015 (à paraître fin janvier).

Si le « nihilisme » a connu une sorte d’apothéose planétaire, le 11 septembre 2001, il fut aussi, ce jour-là, l’épilogue très provisoire d’une longue histoire – qui est précisément celle que cet ouvrage se propose de revisiter.
Depuis l’assassinat en 1881 du Tsar réformateur Alexandre II jusqu’à nos modernes djihadistes, des Démons de Dostoïevski à l’étrange « inversion des valeurs » nietzschéenne, de « la mort de Dieu » à toutes les apologies criminelles d’une violence rédemptrice, voici les coulisses d’une pensée qui n’en finit pas d’embraser le monde.
Camus, Ortega y Gasset, – mais également, et à l’inverse, Ernst Jünger ou Hermann Rauschning – sont tour à tour convoqués afin d’éclairer cette théorie du ravage. Du nazisme à l’islamisme, telle est cette passion de la destruction et de la rupture en tout qui, sous nos yeux, promet à l’Occident des lendemains de cendre…

. François Hulbert, Millefeuille territorial et décentralisation. De la commune à la région : plaidoyer pour une réforme , Paris, L’Harmattan, 2014.

Les structures d’organisation du territoire français se sont empilées au fil des années et s’inscrivent dans une pyramide au sommet de laquelle se situent Paris, l’État et le Gouvernement. L’auteur plaide pour une réorganisation des collectivités locales et régionales dans un nouveau partage du pouvoir politique et économique entre Paris, l’Ile-de-France et les Régions, faisant du pouvoir régional la voie de sortie du centralisme. Il formule 12 propositions qui constituent les pièces d’un nouvel édifice géopolitique à construire.


Le livre recommandé par le Diploweb.com pour le mois de novembre

. A. Bautzmann, G. Fourmont, L. Marguerite, Atlas géopolitique mondial, édition 2015, Argos

Pierre Verluise, Directeur du Diploweb.com : "Voici un bel ouvrage, bien pensé et bien réalisé. Il offre de nombreuses cartes actualisées en grand format sur les grandes régions du monde et les principales problématiques du moment (environnement, enjeux internationaux). Chaque carte est enrichie par un commentaire qui en explique les grandes lignes et apporte d’utiles compléments. Un beau cadeau pour les fêtes de fin d’année, à partir du niveau bachelier."

Voir sur le Diploweb.com un entretien exclusif au sujet de cet atlas.


. Claude Serfati, L’industrie française de défense , Paris, La Documentation française, 2014.

L’industrie française de défense reste peu connue. Or, elle occupe une place importante dans le système productif, et les grands groupes industriels de défense sont très présents dans la politique technologique conduite depuis la fin des années 1950. Cet ouvrage analyse les mécanismes de cette industrie de défense ; il souligne les singularités de son mode d’organisation, de fonctionnement et son importance liées à son caractère régalien. Dans le contexte géoéconomique prévalant depuis le début des années 2000, les enjeux de sécurité nationale ouvrent des perspectives importantes aux groupes de l’armement qui peuvent y trouver un « relais de croissance ». Les perspectives et les limites de la coopération internationale, ainsi que le volume des exportations d’armes et les conditions particulières de leur mise en œuvre sont également analysés dans cette étude.

. Fabrice Balanche, Géopolitique du Moyen-Orient , Paris, La Documentation française, 2014 (Documentation photographique n° 8102).

Le Moyen-Orient revêt une importance géopolitique majeure. Cette région détient la moitié des réserves d’hydrocarbures mondiales, abrite les lieux saints des trois religions monothéistes et se situe au carrefour des principales routes du commerce mondial. Depuis des décennies, les tensions et les conflits s’exacerbent. De plus, des acteurs non étatiques - les groupes islamistes - sont aussi maintenant entrés en scène. Face à ces crises, quel est le rôle des grandes puissances ? L’objectif de ce dossier est de proposer une trame - historique, politique, culturelle, sociale et économique - pour comprendre cet espace complexe.

. Ruth Mandel, L’angoisse cosmopolite , Paris, Hermann, 2014.

« Le livre de Ruth Mandel est peut-être le plus important à ce jour pour comprendre la complexité et les contradictions que vivent les musulmans dans l’Europe d’aujourd’hui. En étudiant les diverses communautés (dont les Turcs et les Kurdes) qui forment la présence turque en Allemagne et en traçant les contours ambigus de ce qui fait l’identité allemande après la Shoah et la réunification et qui oriente les débats sur la présence islamique, elle offre des réponses nuancées aux questions les plus troublantes sur l’évolution de la place de l’islam en Europe. L’étude de Mandel est destinée à devenir rapidement un ouvrage de référence pour quiconque souhaite étudier les rapports entre l’islam et l’Europe. » – Sander L. Gilman, Emory University.

. Dominique Darbon et Comi Toulabor (dir.), L’invention des classes moyennes africaines. Enjeux politiques d’une catégorie incertaine , Paris, Karthala, 2014.

Les sociétés africaines sont en mutations rapides. L’urbanisation, l’expansion de l’éducation et de la formation à tous les niveaux, l’augmentation tendancielle du niveau de vie depuis les années 1980, une confrontation constante au reste du monde et à ses modes de vie via les medias et la jeunesse de la population, affectent la structure sociale et notamment urbaine des sociétés africaines et redessinent leurs potentiels de marché.
De nouvelles dynamiques sociales et économiques, massives et collectives, sont à l’œuvre. L’expression « classes moyennes » popularisée dans les médias ne parvient pas à en saisir la complexité et les enjeux, notamment au niveau de prospérité le plus modeste. Elle permet cependant d’attirer l’attention sur ces évolutions, de constater qu’au-delà du poids considérable de la grande pauvreté et de la captation des richesses par un tout petit nombre d’élites, près de 350 millions d’Africains sortent de la pauvreté, se structurent et développent des stratégies et des actions de promotion sociale.
Les enjeux de ces mutations sociales massives sont considérables en termes de marché, mais aussi d’effets politiques pour les régimes en place et de système de gouvernance à développer pour répondre aux nouveaux besoins et aux nouvelles demandes urbaines. À partir de cas nationaux et sectoriels, cet ouvrage interroge précisément ces enjeux et les risques politiques que portent ces recompositions, notamment en matière de mobilisations sociales, de stabilité politique et de procédures de gouvernance.

. Hugo Pelaprat, Les grands thèmes de la culture générale , Paris, Ellipses, 2014.

Cet ouvrage présente les quinze grands thèmes de culture générale aux concours. Il s’adresse aux étudiants présentant des concours IEP, d’écoles de commerce, d’écoles de journalisme ou de communication. Tout étudiant souhaitant renforcer ses connaissances en culture générale et en philosophie politique pourra également consulter ce livre au cours de ses études. Les grands thèmes sont abordés de façon problématisée afin d’en présenter les grands enjeux, les paradoxes et d’en faire ressortir une problématique. L’accent est également mis sur l’histoire et le présent de la notion, avec la modernité et ses conséquences en toile de fond. Des textes de grands auteurs sont détaillés afin d’élargir la réflexion. Ils pourront également venir en appui et servir de référence dans le cadre d’une dissertation. Une dissertation sur la notion figure en fin de chapitre. Elle reprend les grands enjeux de la notion, les textes et apporte également de nouvelles pistes de réflexion. Le sujet est également analysé afin de montrer le travail de réflexion à mener en amont dans ce type d’épreuve. Des exemples originaux (films, séries, livres, etc.) sont proposés en fin de chapitre, afin de faire écho à une culture plus médiatisée et de rendre la notion plus concrète.

. Frédéric Charillon et Alain Dieckhoff (dir.) , Afrique du Nord-Moyen-Orient : l’échec du rêve démocratique , Paris, La Découverte, 2014.

Au cours des trois années qui ont suivi les printemps arabes de 2011, les espoirs démocratiques ont successivement laissé la place à plusieurs phases déroutantes. L’impression qui ressort aujourd’hui est celle d’une profonde déstabilisation régionale. Instabilité, échec démocratique (à l’exception de la Tunisie), mais néanmoins éveil durable des sociétés civiles apparaissent désormais comme les trois caractéristiques de ce tableau. En 2014, le sentiment de régression est fort, au sud et à l’est de la Méditerranée. Régression par rapport à des élections antérieures qui semblaient plus ouvertes, comme en Palestine, en Libye ou en Égypte. Régression, plus généralement, dans le dialogue politique qui, au-delà des urnes, voit ses acteurs choisir l’intransigeance. Régression, enfin, dans la conception du rapport au monde. Seule demeure la mobilisation de quelques sociétés civiles décidées à ne pas laisser disparaître les ressorts des mobilisations de 2011. Mais cette détermination démocratique par le bas pourrait à moyen terme, avant peut-être de triompher plus tard, entrer en collision avec les tendances autoritaires par le haut qui, pour l’heure, reprennent nettement la main.

. Panayotis Soldatos, Chronique sur une Union européenne en mal de réforme : repères d’orientation critique , Paris, L’Harmattan, 2014.

Ce livre propose la radioscopie d’une Union européenne en mal de réformes, déstabilisée par son élargissement hâtif et laxiste ainsi que les carences d’un leadership national qui, selon les cas, obscurcit les enjeux de la construction européenne, la prive d’une gouvernance forte et légitime, l’hypothèque par la déliquescence des finances publiques nationales, s’obstine à ignorer les impératifs de la globalisation et la logique des grands ensembles, démobilise le citoyen européen.

. Jean-Pierre Estival, Le monde arabo-musulman en pleine tourmente : les fautes inexcusables de l’Occident , Paris, L’Harmattan, 2014.

Le chaos créé dans les pays arabo-musulmans après les révolutions a favorisé les deux grandes nébuleuses djihadistes Al Nosra et Da’ech. Tant que ces groupes étaient circonscrits au champ de bataille syrien, l’Occident a fermé les yeux. L’invasion du quart de l’Irak a poussé l’Amérique à organiser dans la précipitation une contre-offensive avec des alliés qui pour certains ont aidé ces organisations djihadistes à prospérer. Les pyromanes jouent le rôle de pompier...L’auteur craint que cette situation n’aboutisse à une "somalisation" d’une des plus riches régions du globe.

. Maria Rostekova et Peter Terem (dir.), Politiques et coopérations dans l’espace euro-méditerranéen , Paris, L’Harmattan, 2014.

Depuis les années 1990, une plus grande interaction entre l’Europe et la Méditerranée est recherchée, en particulier par l’UE, dans l’objectif de créer une zone de prospérité partagée et de libre-échanges. Les "Printemps arabes" ont bouleversé la région et constituent un défi pour l’UE. Le plus important, en revenant à des logiques de cultures et de partage, semble bien de mettre en place des échanges et de favoriser des mobilités, concrétisations d’un espace qui reste à (re)construire. (Quelques articles en anglais).


. Dominique Vidal (dir.),
Palestine : le jeu des puissants , Arles, Actes Sud, 2014.

Toutes les grandes puissances ont joué à un moment ou à un autre un rôle important, voire décisif, dans l’affrontement israélo-arabe, et notamment dans son aspect proprement israélo-palestinien. Peu de conflits aussi ont été autant débattus dans les instances internationales, notamment depuis la guerre de 1967, et ont suscité de telles passions dans le monde. Sur le plan régional, les pays arabes s’y sont engagés avant et après la création d’Israël en 1948, et il a souvent été une pomme de discorde entre leurs gouvernements, mais aussi entre gouvernants et gouvernés. Des pays comme l’Iran ou la Turquie s’en sont saisis à leur tour, surtout ces dernières années, comme moyen de marquer leur rang de puissance régionale.
Le présent ouvrage, destiné au grand public, cherche à éclairer les facteurs qui ont déterminé jusqu’à présent les prises de décision de tous ces acteurs. Les auteurs y traitent successivement, d’une façon synthétique, des États-Unis, du Royaume-Uni, de l’Union soviétique (ainsi que de la Russie) et de la France. Sont ensuite analysés l’attitude des puissances régionales, le jeu complexe des pays arabes les plus concernés et les résolutions des Nations unies.

. Bernard Rougier et Stéphane Lacroix (dir.), L’Egypte en révolutions , Paris, Puf, 2015 (à paraître fin janvier).

Analyser l’évolution sociale et politique de l’Égypte pendant la période « révolutionnaire », qui commença avec la chute du président Hosni Moubarak en février 2011 et fut interrompue par la restauration autoritaire de l’été 2013 : tel est l’objet de ce livre, fruit du travail d’une équipe de chercheurs français, égyptiens et américains comptant parmi les meilleurs connaisseurs du pays. Divisé en trois parties, l’ouvrage se concentre en premier lieu sur les Frères musulmans et leur passage au pouvoir, de 2012 à mi-2013 ; puis il analyse le processus politique en place depuis 2011 et le rôle des acteurs institutionnels ; enfin, il s’intéresse aux mouvements sociaux et aux acteurs protestataires. Une mine d’informations pour qui veut avoir une vision pertinente de l’Egypte d’aujourd’hui et comprendre les dynamiques à l’œuvre et l’onde de choc d’une révolution arabe encore à ses débuts.

. François Lafargue, Géopolitique de l’Afrique du Sud, une nation en reconstruction , Paris, Puf, 2015 (à paraître fin janvier).

L’Afrique du Sud évoque principalement pour le public français les Zoulous, l’or, les diamants, Nelson Mandela et surtout les lois de ségrégation raciale qui portaient le nom lugubre d’Apartheid, mises en place au milieu du XXe siècle. Mais vingt ans après les premières élections démocratiques, quelle est la vraie figure de l’Afrique du sud ?
Sa puissance économique (elle assure 1/5e du PIB du continent africain) et ses réserves en minerais et métaux précieux lui confèrent une place particulière dans la vie internationale. Son ambition militaire et politique, qui se traduit par de nombreuses opérations de maintien de la paix en Afrique, n’est pas négligeable. Par ailleurs, il s’agit d’une démocratie, où la presse bénéficie d’une réelle liberté, où les syndicats ont des droits reconnus et où les scrutins électoraux ne sont pas entachés de fraude. Cependant cette réussite sera-t-elle pérenne, car l’Afrique du sud reste fragile et la pérennité de ses institutions démocratiques n’est guère assurée ?

. Antoine-Louis de Prémonville et Thomas Flichy de la Neuville, Géopolitique de l’Iran, de l’empire confiné au retour de la puissance , Paris, Puf, 2015 (à paraître fin janvier).

Les analyses contemporaines sur l’Iran se contentent souvent de jauger la puissance iranienne en termes purement matériels. Certes, l’Iran se trouve au centre géopolitique de la planète dans la mesure où il peut contrôler les réserves majeures d’hydrocarbures de la mer Caspienne et du golfe Persique, il se présente comme un intermédiaire idéal entre la Chine et l’Occident et se révèle aussi comme la clef des paix afghane, irakienne et syrienne. Toutefois, la force principale de l’Iran réside dans sa puissance créatrice. Celle-ci est intimement liée à l’existence d’un très ancien foyer poétique. Mais, dans l’équilibre entre sa puissance innovatrice et les limites démographiques, psychologiques et navales qui s’imposent à lui, force est de constater que l’Iran fait figure d’« empire confiné ». En réalité, seule une alliance savante avec l’empire morcelé des États de civilisation turque lui permettrait d’échapper au pillage énergétique et de renouer in fine avec la puissance.

. Eric Monnet et Claudia Shrag (dir.), L’Europe, crise de conscience , Paris, Puf, 2015 (à paraître fin janvier).

Les cinq dernières années ont bouleversé les fondements de l’Union Européenne. L’Union européenne et l’euro, autrefois symboles d’une promesse de paix et de prospérité pour l’Europe, en sont venus à incarner pendant la crise l’image d’une menace pesant sur le bien-être des citoyens européens et des États-membres. Face à la crise, les Européens pensent à nouveau en termes d’intérêts nationaux, exprimant une désillusion quant à l’existence d’un bien commun à l’échelle du continent. Ce volume réunit des économistes, des historiens et des spécialistes de science politique pour décrypter l’origine exacte de ce phénomène, ses conséquences sur les manières de vivre l’Europe et l’euro, et explorer les possibles évolutions du projet européen.

. André Grjebine, La dette publique. Comment s’en débarrasser , Paris, Puf, 2015 (à paraître mi-janvier).

La zone euro s’enfonce dans la déflation, le chômage, le sous-investissement. L’austérité budgétaire est pourtant présentée comme non seulement souhaitable mais inévitable, faute d’alternative crédible. Or, une autre politique, nécessairement audacieuse, est possible. Reprenant les projets de création monétaire développés en leur temps aussi bien par des économistes libéraux, comme Irving Fisher ou Milton Friedman, que par le néo-keynésien James Tobin, elle repose sur la monétisation des dettes publiques – c’est-à-dire leur rachat par la banque centrale. Après avoir étudié les fondements théoriques d’une telle politique, l’auteur examine les objections qui lui sont généralement opposées. Il montre que son application serait parfaitement concevable dans le contexte actuel, sans risque majeur. Il décrit enfin les modalités concrètes envisageables pour mettre en œuvre cette politique de
désendettement des États européens. L’Europe se trouve aujourd’hui dans une impasse. Cet ouvrage propose une politique radicalement différente pour en sortir. Rompre avec l’orthodoxie économique dominante paraît la seule solution pour retrouver le chemin de la croissance en Europe.

. Mikaël Nichanian, Détruire les Arméniens, histoire d’un génocide, Paris, Puf, 2015 (à paraître mi-janvier).

Cet ouvrage présente le génocide arménien, et plus largement ce que le langage diplomatique a nommé la « question arménienne ». Pour bien comprendre les racines du processus génocidaire, l’auteur remonte au début du règne du sultan Abdülhamid (1876-1909) et aux massacres de 1894-1896, qui provoquèrent la mort de plus de 100 000 Arméniens d’Anatolie sans réaction militaire de la part des Puissances européennes. Le régime constitutionnel qui succède en juillet 1908 à celui du sultan, sous la pression des officiers jeunes-turcs, est en théorie fondé sur l’égalité de tous les peuples de l’empire, mais il débouche très vite, dès avril 1909, sur les massacres de Cilicie durant lesquels plus de 20 000 Arméniens trouvèrent la mort. La montée des périls et des nationalismes qui touche également les élites ottomanes, notamment au cours des guerres balkaniques de 1912-1913, radicalise leurs positions idéologiques et incite les dirigeants jeunes-turcs à s’engager dans la guerre aux côtés de l’Allemagne pour se débarrasser de la tutelle des Puissances dans les affaires intérieures ottomanes. La destruction d’1,2 million d’Arméniens (sur 1,9 million) constitue un des aspects majeurs de cette politique d’émancipation, dans la mesure où ils sont considérés comme des agents infiltrés au service de puissances étrangères. Le processus génocidaire met ainsi en lumière l’aspect totalitaire de la politique jeune-turque, à la fois dans sa gestion de l’État et dans son projet de société devant aboutir à la naissance d’un « homme nouveau » turc par la destruction de toutes les populations non musulmanes d’Anatolie.

. Stéphane François, Les mystères du nazisme. Aux sources d’un fantasme contemporain , Paris, Puf, 2015 (à paraître en février).

Ce livre propose une promenade dans le monde étrange, déconcertant parfois et toujours foisonnant, de nos contemporains qui croient en l’existence de la nature occulte du nazisme. S’il est indéniable que certains responsables du parti nazi furent des adeptes des théories ésotériques, comme l’ont mis en lumière certains travaux scientifiques d’universitaires anglo-saxons ou allemands, le sujet –il est vrai piégé - a jusqu’ici été délaissé par les universitaires. De ce fait, l’étude des thèmes « occultistes » a été monopolisée par une foule de « chercheurs » indépendants, de farfelus, d’amateurs d’étrange et de fantastique, à commencer par Le Matin des magiciens de Berger et Pauwels, ou de militants politiques. La question des rapports entre l’occultisme et le nazisme est devenue un mythe agglutinant, agrégeant au fur et à mesure différents éléments, se transformant en un objet de fantasmes conspirationnistes tout autant qu’en vecteur d’une certaine idéologie néonazie. Stéphane François fait un point des connaissances, analyse la façon dont le sujet a été récupéré à la fois par la droite radicale et par la culture populaire, et explique les raisons de la création de ce mythe, sorte de catharsis cherchant à comprendre l’inacceptable. Passionnant.

. Yves Charbit et Maryse Gaimard, La bombe démographique en question , Paris, Puf, 2015 (à paraître en janvier).

La question de la population mondiale est le plus souvent présentée de manière alarmiste. Comment nourrir des effectifs de plus en plus nombreux, alors que les possibilités d’extension des ressources agricoles ne sont pas infinies ? Comment ne pas craindre un épuisement des ressources naturelles énergétiques ? Ce livre défend une position opposée, plus modeste, mais bien plus heuristique : il s’attache à contextualiser les faits démographiques. Rappelant le débat sur la « bombe démographique », il fournit les indispensables données de cadrage à l’échelon planétaire. En effet, d’une part, l’histoire des populations met en évidence un facteur majeur, celle de la violence proprement politique, qui est absente des écrits des spécialistes. D’autre part, les explications traditionnelles de la mortalité dans les pays en développement ne sont plus acceptables. La baisse de la fécondité, désormais acquise, se révèle bien plus complexe qu’on ne l’a longtemps cru. Ainsi, la population est-elle responsable du sous-développement ? Sommes-nous face à une bombe démographique ou à une explosion de la pauvreté ?

. Jang Jin-Sung, Cher Leader, Une plongée hallucinante dans le pays le plus énigmatique au monde, la Corée du Nord , Paris, Ixelles Editions, 2014.

À la fin des années 1990, Jang Jin-sung a tenu l’un des postes les plus élevés de la machine de propagande de la Corée du Nord et, par son action, il a aidé à resserrer l’emprise du régime sur son peuple. En tant que poète de cour, il a été un artisan zélé du développement du mythe fondateur du pays, responsable de la rédaction de poèmes épiques qui faisaient l’éloge de Kim Jong-il et glorifiait son régime. Il a également été un agent du contre-espionnage pour le département du Front uni, une section clé du Parti des travailleurs.
Jeune et ambitieux, son travail patriotique lui a assuré une relation privilégiée avec Kim Jong-il qui lui a accordé un statut spécial d’« Admis ». Dans un pays ravagé par la famine, cela signifiait des dispositions alimentaires particulières, un passe pour voyager et l’immunité contre toute poursuite. Il était au courant des secrets d’État et des politiques en matière militaire et diplomatique. Ainsi il put observer les mesures dévastatrices prises par l’un des hommes les plus puissants et insaisissables du pays : Im Tong-ok. Parce qu’il avait été « choisi » par Kim Jong-il lui-même, Jang Jin-sung avait toutes les raisons de se sentir satisfait de son sort et à l’abri des persécutions.
Une plongée inédite et saisissante dans la vie quotidienne en Corée du Nord, décrite par un membre de l’élite toute puissante
Mais Jan Jin-sung a été un enfant, un adolescent puis un adulte éduqué, et pour cette raison, il n’a jamais pu ignorer sa conscience et l’écart entre sa vie et celle de ceux qu’il voyait mourir de faim dans la rue. Après avoir enfreint les règles du régime, le propagandiste est contraint de fuir en Chine pour sauver sa peau : loin des mensonges et des manipulations, vers la vérité et la liberté.
Là-bas, Jang Jin-sung a échappé aux camps, mais il a connu la misère et l’insécurité, traqué par les autorités de son pays et parles policiers chinois. Il est finalement parvenu à rejoindre la Corée du Sud où il vit actuellement.
Ce livre témoigne de sa vie et de son action au sein de l’appareil d’État. Il relate également l’histoire d’un pays opaque et d’un peuple ployant sous la dictature.
Cher Leader fournit des révélations inédites sur la Corée du Nord qui ne pouvaient être décrites que par une personne travaillant au cœur du régime. C’est aussi le récit de la façon dont un membre éminent de l’élite de ce pays énigmatique est devenu le plus courageux et le plus virulent des dissidents.
Un document unique qui nous permet de pénétrer dans un univers stupéfiant où il est habituellement interdit d’entrer. Ce livre est la traduction française du best-seller Dear Leader.

. Régis Debray et Renaud Girard, Que reste-t-il de l’Occident ? , Grasset, 2014.

À la manière des contes philosophiques, cet ouvrage se présente comme un échange épistolaire entre le philosophe Régis Debray et le reporter international Renaud Girard sur le déclin présumé de l’Occident.
La diversité des expériences, des angles, des points de convergence et de divergence entre les deux auteurs fait de ce petit livre rapide et brillant la synthèse la plus stimulante qui soit sur l’un des plus grands sujets de notre avenir.

. Sophie Croisy (dir.), Globalization and “Minority” Cultures : the Role of “Minor” Cultural Groups in Shaping the Global Future, Boston/Leiden : Brill/Nijhoff, 2014.

Globalization and “Minority” Cultures : The Role of “Minor” Cultural Groups in Shaping Our Global Future is a collective work which brings to the forefront of global studies new perspectives on the relationship between globalization and the experiences of cultural minorities worldwide. These perspectives are crucial to the process of questioning contemporary global values and practices, and contribute to current debates in a variety of fields (politics, education, culture, the economy, etc.) on the causes, consequences and future of globalization. The book develops new theories and practices of transculturality that link different theoretical and cultural spheres (“minor” and “dominant”) in order to formulate new discussions and propositions about appropriate responses to give in defiance of the adverse effects of globalization.

Some chapters are in French.

. Thiaca Thiaw, La protection internationale des droits de l’homme dans les situations de crise en Afrique : Le droit à l’épreuve des faits, Paris, L’Harmattan, 2014.

Plusieurs pays d’Afrique subsaharienne sont, depuis de nombreuses années, déchirés par des instabilités chroniques qui ont fait le lit de violations massives des droits de l’homme. Après une étude des facteurs de ces instabilités, l’ouvrage présente la physionomie des violations des droits fondamentaux des populations civiles. Dans un deuxième temps, il aborde la question des solutions pratiques, institutionnelles, juridiques que la communauté internationale met en œuvre.

. Lionel Richard, Malheureux le pays qui a besoin d’un héros. La fabrication d’Adolf Hitler, Paris, Autrement, 2014.

Adolf Hitler, sa vie durant, s’est appliqué à construire son propre mythe. Détruisant sa correspondance et ses photographies de jeunesse, réduisant au silence les personnes qui l’ont côtoyé, il a ensuite minutieusement contrôlé son image et réécrit à sa manière son parcours biographique et politique, aidé par une propagande sans faille qui fonctionna pendant plus de vingt ans.
Soixante-dix ans après la mort du Führer, Lionel Richard, tel un enquêteur, part sur les traces du dictateur. Il décrypte et recoupe les écrits des journalistes et historiens de l’époque pour démêler le vrai du faux de chaque étape de la vie d’Hitler, de sa jeunesse vagabonde et oisive à son suicide, en passant par son coup d’État manqué en 1923 et son séjour en prison. Illustré par de nombreux documents et photographies rares, cet ouvrage saisit la véritable personnalité et raconte l’itinéraire réel de celui qui plongea le monde dans le chaos pendant la Seconde Guerre mondiale.

. Thomas Reverdy, La construction politique du prix de l’énergie. Sociologie d’une réforme libérale, Paris, Presses Universitaires de Sciences Po, 2014 (à paraître fin novembre).

La libéralisation des secteurs du gaz et de l’électricité, qui a mis fin à la tarification étatique fondée sur les coûts de production, s’est traduite par la mise en place de marchés « spots » où s’établissent les prix de référence pour les transactions avec les clients industriels.
Mais ces nouveaux marchés s’étant montrés particulièrement capricieux, les industriels consommateurs d’électricité ont été les premiers à en contester les prix. Les parlementaires français sont intervenus à plusieurs reprises pour reconcevoir l’organisation du marché de l’électricité et renégocier les exigences européennes. Quant aux clients industriels et aux fournisseurs de gaz, ils ont milité ensemble pour ralentir la formation d’un marché de gros et conserver les contrats à long terme avec les pays producteurs.
Ces controverses ont affecté les fondements cognitifs et normatifs de la réforme libérale et affaibli les autorités de régulation, forçant un retour du politique. L’intervention politique a donné la priorité au maintien de l’activité industrielle, au détriment des enjeux de la transition énergétique.
S’appuyant sur plusieurs enquêtes menées auprès des fournisseurs et des clients entre 2004 et 2010, l’ouvrage décrit l’importante infrastructure institutionnelle, organisationnelle et technique nécessaire pour transformer le gaz et l’électricité en marchandises et révèle le rôle fondamental des arbitrages politiques, y compris dans la conduite d’une réforme libérale et dans la conception d’un nouveau marché.

. Stanislas Jeannesson, La guerre froide, Paris, La Découverte, 2014 (à paraître en décembre).

La guerre froide naît en 1947 de l’émergence, à l’issue de la Seconde Guerre mondiale, de deux superpuissances, les États-Unis et l’URSS, dont les projets et les ambitions se révèlent vite antagonistes. Cet affrontement d’un type nouveau entre deux mondes que tout oppose prend des formes multiples (idéologiques, politiques, militaires, économiques, culturelles, etc.) et, en alternant les périodes de tension et de détente, marque en profondeur durant plus de quarante ans l’ensemble des relations internationales.
Quelles sont les responsabilités des États-Unis et de l’URSS dans les origines de la guerre froide ? Quelle est dans ce conflit la part des prétentions idéologiques et des considérations géostratégiques ? Comment expliquer que, malgré la course aux armements, cette « guerre » n’ait pas engendré de conflagration nucléaire ? Quel rôle purent jouer les pays du tiers monde ?
Sur ces questions et d’autres, les recherches récentes ont permis d’enrichir et de clarifier les débats.

. Marie-Monique Robin, Sacrée croissance ! Comment en sortir, Paris, La Découverte, 2014 (à paraître en décembre).

Nous sommes en 2034 : désormais journaliste et réalisatrice retraitée, Marie-Monique Robin rédige ce livre, qui raconte comment les humains ont réussi, vingt ans plus tôt, à éviter l’effondrement de leur civilisation. Cela grâce à un étonnant sursaut collectif sur venu le 14 avril 2014, après la publication du cinquième rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), annonçant les terribles catastrophes provoquées par le réchauffement climatique. Un sursaut relayé politiquement à l’échelle mondiale grâce à... François Hollande, qui avait soudain compris l’absurdité mortifère d’une course après l’« Arlésienne de la croissance »...
Une uchronie prospective, donc. Mais qui restitue d’abord, de façon remarquablement pédagogique, les enchaînements ayant conduit, au XXe siècle, à ériger en dogme absolu l’idéologie de la croissance économique. Révélant des épisodes méconnus de cette histoire, Marie-Monique Robin s’appuie notamment sur les analyses des économistes hétérodoxes interrogés pour son documentaire Sacrée Croissance ! (Arte, novembre 2014). Elle montre ensuite comment l’« intoxication de la croissance » a conduit au « grand gâchis » du début du XXIe siècle : épuisement des énergies fossiles et des minerais, crise alimentaire, financière et sociale, menace d’un krach écologique et d’une sixième extinction des espèces...
Surtout, elle raconte comment, dès cette époque, se multipliaient partout les initiatives très concrètes de « lanceurs d’avenir » préoccupés par le futur de leurs enfants : experts ou acteurs de terrain, dessinant la voie vers une société durable et plus équitable, en matière de production alimentaire (agriculture urbaine), d’énergie (villes en transition) et d’argent (monnaies locales et nouveaux indicateurs de richesse).

. Grégory Lassalle, L’Aventure. Les migrants africains sur la route de l’Europe , Paris, Karthala, 2014.
L’aventure est le nom donné par les Africains au voyage qu’ils entreprennent pour migrer en Europe.
Fin 2011, trois jeunes Ivoiriens (Loss, Madess et Moussa) rentrent clandestinement en Europe par la frontière gréco-turque. Grégory Lassalle les a suivis caméra à l’épaule pendant un an. Ce livre complète et précise son documentaire tourné en 2012.

De Nea Vyssa (poste frontière grec) à Paris, ce livre retrace l’itinéraire et les errances des trois migrants à travers l’Europe. La première partie explore les conditions de vie des migrants à Athènes, dans le quartier d’Omonia : leurs combines pour survivre dans l’attente de pouvoir poursuivre leur route ; leurs relations tendues avec la population grecque excitée par les militants xénophobes d’Aube dorée ; les conflits entre groupes de migrants... Puis nous suivons Loss, Madess et Moussa dans leurs différentes tentatives pour quitter la Grèce (par avion ou en train) et leurs pérégrinations à travers l’Europe (Macédoine, Serbie, Hongrie). Enfin, le livre se clôt sur leur arrivée en France, sur leurs espérances et leurs désillusions.
Au-delà du portrait singulier de ces trois migrants ivoiriens, le livre décrit, sans jamais porter de jugement, une réalité contemporaine, celle des migrations liées aux écarts de développement et montre que la route principale de l’immigration sub-saharienne vers la citadelle Europe passe par les Balkans.

. Roselyne Ringoot, Analyser les discours de presse, Paris, Armand Colin, 2014.

Cet ouvrage donne les clés nécessaires aux étudiants pour analyser la presse imprimée et la presse numérique, en s’attachant à définir des concepts, des méthodes et des matériaux à mettre en œuvre. Le fil conducteur est celui des identités discursives : identité éditoriale du journal, normes de l’écriture journalistique, genres journalistiques, interdiscours, genre de journalisme, type de récit, discours professionnel. Sa spécificité tient à ce qu’il met en regard les énoncés journalistiques et les scènes discursives qui régissent l’engendrement de l’information.
Au fil des cinq chapitres, l’auteur développe, tour à tour, le cadre théorique de l’analyse de discours, la construction de l’information, l’écriture journalistique, le discours des sources et le renouvellement éditorial.

. Vaclav Benda, La Polis parallèle et autres essais (1978-1989), Bruges, Desclée de Brouwer, 2014.

Recueil d’essais écrits et diffusés clandestinement entre 1978 et 1989, ce volume présente l’idée clef d’une des figures charismatiques de la dissidence tchécoslovaque des années 1970 et 1980, le penseur catholique conservateur Václav Benda. La « cité parallèle », dont il prône ici la mise en place, renonce à « réformer » ce qui ne peut pas l’être, pour édifier plutôt, en marge des institutions officielles, une autre vie politique, destinée à suppléer aux carences de l’État et à permettre à la société de se reconstruire. Il s’agit de repenser, à travers la praxis concrète de tous les jours dans les domaines de l’enseignement, de la culture, de la justice, de l’économie, etc., des structures qui représentent la manifestation la plus articulée de la « vie dans la vérité », familière aux lecteurs de Václav Havel et de Jan Patočka. Édifier la cité parallèle n’est pas un rêve propre à quelques illuminés qui rechercheraient leur confort personnel. Il s’agit, au contraire, du redressement de la respublica qui est pour Benda le devoir de tout homme - devoir que le lecteur contemporain trouvera d’une surprenante actualité.

. Philippe Guénet, Être yézidi réfugié en France, Identité culturelle et stratégies identitaires d’une minorité invisible, Paris, L’Harmattan, 2014.

Les Yézidis constituent un groupe ethnique et religieux minoritaire du Caucase du Sud où ils ont parfois fait l’objet de persécutions. Certains, pour cette raison, ont fait une demande d’asile en France et cet ouvrage vise à faire découvrir cette communauté mal connue, voire "invisible" bien que présente sur le territoire national. L’analyse d’entretiens menés par l’auteur avec cinq membres de la communauté, révèle la perception qu’a chacun de son identité culturelle et du processus d’acculturation.

. Gérard-Marie Messina et Augustin Emmanuel Ebongue (dir.), Médias et construction idéologique du monde par l’Occident, Paris, L’Harmattan, 2014.

La puissance des nations aujourd’hui se lit à travers leur capacité à mener la grande guerre de l’information, favorisée par le développement tous azimuts des technologies de l’information et de la communication. Les auteurs ont réuni ici des contributeurs des universités occidentales et africaines convaincus de la puissance de l’image en mondialisation, et surtout des enjeux de sa gestion, en termes d’affichage politique des Etats.

. Alexandre Rosada, Mémoires d’Algérie. Des Pieds-Noirs de Calédonie racontent…, Paris, L’Harmattan, 2014.

En Nouvelle-Calédonie, les Pieds-Noirs installés et enracinés depuis la fin de l’Algérie Française forment une des nombreuses communautés de la mosaïque calédonienne et ont œuvré à construire ce pays. Cet ouvrage recueille le ressenti de certains membres de cette communauté sur leur temps passé en Algérie Française, il est à la fois le témoignage de quelques-uns et aussi la transmission de leur mémoire aux générations futures.

. Alain Cognard, Misère de la démocratie. Pour une réingénierie de la politique, Paris, L’Harmattan, 2014.

Après un siècle de guerres planétaires, un siècle de pillage et d’escroquerie prend racine. Comment les peuples pourront-ils reprendre la main et retrouver un intérêt commun dans la poursuite d’une aventure humaine devenue si fragile ? La réponse tient dans le développement spectaculaire des compétences des individus et des groupes qui peuvent aujourd’hui commencer une réingénierie de la politique et évincer ceux qui profitent du système au lieu de le réformer.

. Aristide Foé, Les pays ACP dans le commerce mondial, Paris, L’Harmattan, 2014.

Depuis les années 2000, l’Union européenne négocie avec les pays ACP des Accords de Partenariat Économique (APE) en substitution aux anciens accords de Lomé et de Cotonou. Dans ce cadre, les pays du Sud concernés seraient amenés à ouvrir leurs marchés à la plupart des produits en provenance de l’Union européenne. Selon l’auteur, les pays africains n’ont rien à craindre des accords de partenariat économique. Il implore les gouvernements et autres autorités compétentes d’informer et sensibiliser leurs populations de la nécessité d’une relation nouvelle, gagnant/gagnant, avec les partenaires occidentaux.

. Eric Auburtin et Claude Mangin, La France. Espaces et territoires, Paris, Ellipses, 2014.

Cet ouvrage explore, de manière synthétique, les grandes tendances des dynamiques spatiales et territoriales françaises depuis la fin du XIXe siècle. Les deux premières parties organisent le propos selon une approche géo-historique des mutations des systèmes démographiques et productifs tenant compte de l’évolution du contexte spatial et géopolitique dans lequel la France s’insère. La troisième partie envisage plutôt une lecture dialectique des rapports centres/périphéries du territoire français à l’heure de la mondialisation, de la métropolisation et de l’intégration européenne. Les auteurs ont cherché notamment à incarner cette approche « géodynamique » des espaces et des territoires en réalisant près de 100 schémas et croquis selon une perspective multiscalaire. Ces derniers permettent de mémoriser plus facilement les configurations, anciennes et nouvelles, qui résultent de l’organisation de l’espace et de l’aménagement des territoires. S’adressant à tous les candidats aux concours – enseignement, administratifs, Grandes Écoles, IEP –, cet ouvrage sera aussi un outil indispensable pour les étudiants en géographie et sciences humaines.

. Albert O. Hirschman, Les passions et les intérêts. Justifications politiques du capitalisme avant son apogée, Paris, Puf, 2014.

Deux constatations sont à l’origine du présent essai. La première est que la science sociale de notre temps n’est pas parvenue à élucider la question des conséquences politiques de la croissance économique. La seconde est que ces conséquences sont souvent désastreuses quel que soit le régime (capitaliste, socialiste ou mixte) qui préside à la croissance. C’est sans doute ce deuxième fait qui a été déterminant. Cette étude, sous-titrée Justifications politiques du capitalisme avant son apogée, est une réflexion à la fois historique, politique, philosophique et économique sur les ressources de la pensée sociale des XVIIe et XVIIIe siècles. Intitulée « Comment, pour combattre les passions, on fera appel aux intérêts », la première partie est une analyse des différents systèmes de la pensée économique. La seconde est consacrée aux auteurs qui, comme Montesquieu et James Steuart, ont le mieux approfondi ces idées clefs. Enfin, ces analyses conduisent l’auteur à une nouvelle manière de concevoir l’esprit du capitalisme et les conditions qui l’ont vu naître, puis à esquisser quelques réflexions sur les leçons que nous pourrions en tirer aujourd’hui.

. Étienne Akamatsu, Julien Damon, Gilbert Guislain et Irène Pereira, La famille/La mondialisation, Paris, Puf, 2014 (à paraître en décembre).

Une introduction aux problématiques centrales autour des deux nouveaux thèmes proposés aux concours des Instituts de sciences politiques de province en 2015. Ouvrage de préparation à l’épreuve de « Questions contemporaines » (dissertation en 3 heures, coefficient 3) au concours commun des 7 IEP (Aix-en-Provence, Lille, Lyon, Rennes, Saint-Germain-en-Laye, Strasbourg, Toulouse), qui aura lieu fin mai 2015.

. Jacques Frémeaux, La question d’Orient, Paris, Fayard, 2014.

Depuis le XVIIIe siècle et jusqu’à aujourd’hui, la zone qui s’étend des Balkans à l’Afghanistan cristallise des tensions aussi bien internationales que propres à l’« Orient ». Ce sont ces tensions que Jacques Frémeaux analyse dans une synthèse innovante, en les replaçant dans le temps long. De la volonté de contrôle de la route des Indes à la convoitise des hydrocarbures qu’elle recèle, cette région n’a en effet cessé de faire l’objet d’affrontements entre lesgrandes puissances. Ce vaste espace, qui correspond presque exactement à l’antique empire d’Alexandre, a ainsi constitué, depuis l’entrée des flottes de la tsarine Catherine II en Méditerranée (1770), un champ disputé par la Russie et l’Angleterre, avant de se retrouver, après 1945, au cœur du conflit opposant la Russie et les États-Unis. Mais, d’ouest en est, ce sont surtout des peuples qui se succèdent, qui se cherchent et se déchirent entre les séductions de la modernité et le refus que lui oppose la tradition. L’« Orient », qui s’affirme toujours plus comme exclusivement musulman, devient alors un objet de fascination et de peur pour un « Occident » dominateur et manipulateur. Après le temps des empires (ottoman, persan et moghol des Indes) est venu celui des États-nations, souvent nés dans la douleur, comme Israël et le Pakistan. Mais aucun changement n’a mis fin au « grand jeu » géopolitique, jalonné d’épisodes majeurs, de l’occupation de l’Égypte par Bonaparte à la dernière guerre du Golfe, et dont de nouveaux chapitres s’écrivent sous nos yeux.

. Alexandre Soljenitsyne, Le Chemin des forçats, Paris, Fayard, 2014.

Récit en vers traduit du russe par Hélène Henry. Composé au bagne entre 1948 et 1952 ce long poème autobiographique constitue une étape essentielle dans l’édification de l’œuvre en prose qu’entreprendra Soljenitsyne une fois libéré. À l’origine, la forme versifiée était destinée à favoriser la mémorisation : le texte sitôt composé était appris par cœur, puis détruit. Le poème suit le « chemin » emprunté par son jeune héros : son enfance à Rostov-sur-le-Don dans une famille pauvre et persécutée, sa « double foi », chrétienne par tradition familiale, communiste par éducation et conviction et, surtout, son engagement dans les combats de la Seconde Guerre mondiale, jusqu’à son arrestation. Cette suite de portraits et de scènes décrivant une Russie stalinienne déchirée est aussi l’amorce de la quête historique, culturelle, morale, spirituelle que poursuivra, sa vie durant, l’auteur de l’Archipel du Goulag.

. Serge Latouche, Renverser nos manières de penser. Metanoïa pour le temps présent, Paris, Fayard, 2014.

« Jetant un regard rétrospectif sur mon parcours intellectuel, autour d’un objet envahissant et problématique, l’économie, il m’apparaît que mes efforts ont visé à produire ce que les Grecs appelaient une metanoïa, c’est-à-dire un renversement de la pensée. Aujourd’hui, il nous faut renverser nos manières de penser. Parce que le monde n’est plus vivable ainsi, que nous le savons mais restons pris dans les schémas capitalistes et productivistes, il nous faut réinventer notre imaginaire pour trouver une nouvelle perspective existentielle. Qui passera par l’après-développement, la décroissance et l’éco-socialisme. » S. L.

. Ignace Dalle, La Vè République et le monde arabe. Le désenchantement, Paris, Fayard, 2014.

En 1958, quand de Gaulle revient aux affaires, la France n’a plus de politique arabe. La guerre d’Algérie, l’expédition de Suez et la livraison à Israël de sa technologie nucléaire ont réduit à leur plus simple expression ses relations séculaires avec le monde arabe. Le Général rétablit les liens en restaurant la paix en Algérie et en offrant une troisième voie entre le soutien inconditionnel de Washington à Israël et l’appui de Moscou aux régimes socialisants. Mais c’est à l’initiative de Georges Pompidou que l’Europe des Neuf évoque pour la première fois, en 1973, « les droits légitimes » des Palestiniens. Si, par la suite, Paris a pu parfois faire entendre sa voix en ce domaine, c’est grâce à d’éminents ministres comme Michel Jobert, Claude Cheysson, Hubert Védrine ou Alain Juppé. Cependant, la France – pas plus que l’Europe – n’a guère pesé dans le règlement du contentieux israélo-arabe, encore moins depuis le réalignement de Nicolas Sarkozy sur Washington. Est-ce cette impuissance qui l’a conduite à se montrer trop souvent aussi affairiste et indifférente au respect des droits humains que ses partenaires dans ses relations avec les dictateurs ? Il est vrai que la donne a changé avec l’apparition de l’islamisme radical, les menaces qu’il fait peser, et, par ailleurs, avec la difficile intégration d’une immigration maghrébine dans un contexte de crise économique et de réflexes sécuritaires. La France a peut être encore un rôle à jouer, des idées à défendre, mais lesquelles ?

. Pierre Péan, Nouvelles affaires africaines. Mensonges et pillages au Gabon, Paris, Fayard, 2014.

En 1983, Pierre Péan publie Affaires africaines sur le rôle de ce qu’on appelle la Françafrique dans l’« émirat noir » regorgeant de pétrole, dominé par le groupe Elf. Le scandale créé par le livre vaut à son auteur menaces de mort, attentat à son domicile, et la rancœur d’Omar Bongo, « papa » indéboulonnable de son pays pendant quarante ans, témoin des relations incestueuses entre l’ex-colonie et Paris, notamment des subsides versés par le potentat de Libreville aux partis et au personnel politique de la métropole. Vers la fin de son règne, Bongo fait savoir à Péan que, le temps ayant fait son œuvre, il aimerait lui laisser son témoignage. Ce livre-là ne se fera pas, Bongo mourant en 2009. Mais Péan avait déjà pu glaner assez de confidences pour amorcer le présent ouvrage, entre autres sur les débuts de règne calamiteux du successeur d’Omar, Ali Bongo. Accusations de corruption, de détournement de fonds publics, d’assassinats, d’élections truquées avec la complicité de Paris, de « biens mal acquis » en France et ailleurs, de folie des grandeurs : tel est le bilan catastrophique du pouvoir gabonais. Outre Affaires africaines, Pierre Péan a consacré à cette région plusieurs ouvrages, dont Bokassa Ier, L’Argent noir, Noires fureurs, blancs menteurs et Carnages.

. Elie Cohen et Pierre-André Buigues, Le décrochage industriel, Paris, Fayard, 2014.

Alstom, Pechiney, Arcelor : pourquoi la désindustrialisation semble-t-elle frapper plus fortement la France ? Pourquoi l’automobile anglaise, donnée pour morte il y a quinze ans, est aujourd’hui plus performante et exportatrice que la nôtre ? Pourquoi avons-nous perdu notre place de premier exportateur agro-alimentaire européen ? Quand la France a fait le choix de l’Europe, elle n’a tiré aucune conséquence en matière de compétitivité, de finances publiques et de concurrence fiscale de son appartenance à la zone euro. Victime jusqu’ici de sa politique économique incohérente, elle peut encore rebondir et, comme d’autres pays, réussir sa ré-industrialisation. La France peut changer de cap si l’on écarte les suspects traditionnels (Bruxelles, une politique commerciale angélique, un euro surévalué), et que l’on établit les vraies causes du décrochage. Parler d’industrie, ce n’est pas céder à une vision nostalgique et régressive, c’est penser un écosystème fait de technologies, de services, d’intelligence dans les réseaux et de production manufacturière.

. Jacques Rupnik (dir.), Géopolitique de la démocratisation. L’Europe et ses voisinages, Paris, Presses universitaires de Sciences Po, 2014 (à paraître en novembre).

Le plus grand succès de l’Union européenne depuis vingt ans reste la diffusion de son modèle démocratique à l’Est du continent. Mais les plaques tectoniques de l’après 1989 sont en train de bouger. L’Europe redécouvre les limites (géo)politiques du droit et de la démocratisation. Son soft power fondé sur des normes partagées, sur le commerce et sur l’interdépendance, se voit remis en cause. L’Europe subit une double déstabilisation : à l’Est, où l’Ukraine où l’Ukraine est aux prises avec la Russie de Poutine ; au Sud, où l’effondrement des États et le chaos succèdent aux Printemps arabe. Ce retour brutal de la Realpolitik replace au premier plan les questions de sécurité, d’énergie et de de migrations, imposant à l’UE de revoir sa politique de voisinage. Si l’Europe veut avoir une influence géopolitique sur ses voisins, si elle a pour ambition d’être une « Europe espace », plus ouverte sur l’extérieur et mieux adaptée à la mondialisation, elle doit devenir une « Europe puissance », plus politique et plus stratégique. Écrit par les meilleurs spécialistes, cet ouvrage invite à repenser la relation entre le projet communautaire et ses frontières.

. Domenico Losurdo, Contre-histoire du libéralisme, Paris, La Découverte, 2014.

Le libéralisme continue aujourd’hui d’exercer une influence décisive sur la politique mondiale et de jouir d’un crédit rarement remis en cause. Si les « travers » de l’économie de marché peuvent à l’occasion lui être imputés, les bienfaits de sa philosophie politique semblent évidents. Il est généralement admis que celle-ci relève d’un idéal universel réclamant l’émancipation de tous. Or c’est une tout autre histoire que nous raconte ici Domenico Losurdo, une histoire de sang et de larmes, de meurtres et d’exploitation. Selon lui, le libéralisme est, depuis ses origines, une idéologie de classe au service d’un petit groupe d’hommes blancs, intimement liée aux politiques les plus illibérales qui soient : l’esclavage, le colonialisme, le génocide, le racisme et le mépris du peuple. Dans cette enquête historique magistrale qui couvre trois siècles, du XVIIe au XXe, Losurdo analyse de manière incisive l’oeuvre des principaux penseurs libéraux, tels que Locke, Burke, Tocqueville, Constant, Bentham ou Sieyès, et en révèle les contradictions internes. L’un était possesseur d’esclaves, l’autre défendait l’extermination des Indiens, un autre prônait l’enfermement et l’exploitation des pauvres, un quatrième s’enthousiasmait de l’écrasement des peuples colonisés... Assumer l’héritage du libéralisme et dépasser ses clauses d’exclusion est une tâche incontournable. Les mérites du libéralisme sont trop importants et trop évidents pour qu’on ait besoin de lui en attribuer d’autres, complètement imaginaires.

. Danielle Tartakowsky et Michel Pigenet, Histoire des mouvements sociaux en France. De 1814 à nos jours, Paris, La Découverte, 2014.

Cet ouvrage vient combler une lacune et relever un défi. Après que l’évanouissement des horizons d’attente a disqualifié les grands récits qui, jadis, prétendaient donner un sens aux mobilisations collectives, il semble désormais possible et nécessaire d’en entreprendre l’histoire hexagonale. Possible, car les travaux existent qui permettent d’en renouveler l’approche comme d’en explorer des aspects inédits. Nécessaire, parce que, de nouveau, la question sociale, mondialisée dans ses causes et ses manifestations, revient en force sur le devant de la scène publique, en quête d’interprétations, de relais, de connexions et de solutions. L’histoire développée ici s’attache, du XIXe siècle à nos jours, à tous les types de mouvements sociaux - révolutions, rébellions, émeutes, grèves, campagnes électorales, pétitions, etc. - et quels qu’en soient les acteurs - ouvriers, paysans, jeunes, catholiques, minorités sexuelles, etc. Centrée sur la France, elle n’en ignore pas les interactions coloniales et internationales. Attentive à cerner l’articulation du social avec le politique, le culturel, l’idéologique et le religieux, elle entend réintégrer les mobilisations collectives dans une histoire globale dont elles furent et demeurent des moments essentiels. En partenariat avec Le Mouvement social.

. Jean-Christophe Bureau et Sophie Thoyer, La politique agricole commune, Paris, La Découverte, 2014 (à paraître en novembre).

La politique agricole commune (Pac), qui fut au cœur de la construction européenne, divise aujourd’hui les États membres. On lui reproche son coût (près de 40 % du budget européen) et la répartition très inégalitaire de ses bénéfices. On l’accuse de nuire aux pays en développement, à l’environnement, et même d’être responsable de la dérive productiviste de l’agriculture industrielle. Pour - tant, vingt années de réformes ont modifié radicalement la Pac. Aujourd’hui, elle finance davantage des politiques en faveur de l’environnement et du développement rural et ne correspond plus tout à fait aux clichés véhiculés. Cet ouvrage apporte des éléments d’information sur le fonctionnement de la Pac et ses évolutions récentes. Il propose aussi des éléments d’analyse économique des réformes, avec pour objectif de permettre au lecteur de porter son propre jugement sur les critiques adressées à la Pac comme sur les différentes positions exprimées dans le débat européen sur son avenir.

. Immanuel Wallerstein, Randall Collins, Michael Mann, Georgi Derluguian, Craig Calhoun, Le capitalisme a-t-il un avenir ? Paris, La Découverte, 2014 (à paraître en novembre).

On a souvent dit qu’il était plus facile de penser la fin du monde que celle du capitalisme. Pourtant, ce système présente aujourd’hui des signes de rupture qui permettent d’en anticiper le déclin imminent, et ce en recourant non pas au prophétisme, mais beaucoup plus simplement aux sciences sociales. C’est ce que démontrent ici cinq des plus éminents chercheurs internationaux. Dans une langue qu’ils ont voulue accessible à tous, s’appuyant sur des idées fortes de Marx, Braudel ou Weber, ils explorent une série de tendances « lourdes » des sociétés contemporaines, telles que l’approfondissement des crises économiques et écologiques, le déclin probable des classes moyennes, les contradictions et désarticulations du système politique international ou encore les problèmes d’externalisation des coûts sociaux et environnementaux liés au fonctionnement du capitalisme mondial. Ils tirent également les enseignements historiques et sociologiques de la chute du bloc soviétique et des mutations actuelles de la Chine. Pour cette pléiade d’universitaires prestigieux, les limites internes et externes de l’expansion du « système-monde » capitaliste sont sur le point d’être atteintes. Face à son déclin accéléré et multidimensionnel, il est urgent de penser sérieusement à ce qui peut et devrait lui succéder. Cela exige de réfléchir d’un même tenant aux conséquences traumatiques du mode de production et d’échanges actuel et aux alternatives susceptibles d’émerger dans les décennies qui viennent. L’ouvrage rappelle ainsi que les sciences sociales, lorsqu’elles explorent rigoureusement la réalité, peuvent également aider à imaginer un autre avenir.

. Agence France Presse, L’annuel 2015 de l’AFP. Le monde en images, Paris, La Découverte, 2014 (à paraître en novembre).

Comme chaque année depuis 2001, L’Agence France-Presse propose un florilège de ses meilleures photos résumant l’actualité mondiale. Une année 2014 marquée par de multiples conflits, la menace du virus Ebola ou encore le Mondial de football au Brésil. 2014 a aussi coïncidé avec le 70ème anniversaire de l’AFP, dans le prolongement de son ancêtre l’Agence Havas, la doyenne des grandes agences de presse mondiales, fondée en 1835. Une nouvelle fois, ses photographes auront affronté des environnements très dangereux en couvrant guerres et conflits en Ukraine, en Syrie, en Irak ou en Afrique. Ils en ont tiré de saisissantes images. La rapide propagation d’Ebola a également mis sous tension le réseau de l’AFP, comme l’ensemble du globe. Le savoir-faire de l’AFP dans le domaine du sport est confirmé dans un ample cahier consacré au spectaculaire Mondial de « futebol » au Brésil, ainsi qu’aux Jeux Olympiques d’hiver de Sotchi. Célébrités et photos insolites complètent le livre. Innovations de cette édition : les circonstances de prise de vue de certaines photos racontées par leurs auteurs, et un clin d’œil à la mode du « selfie », qui a saisi jusqu’aux plus grands dirigeants de la planète. L’Agence France-Presse (AFP) est l’une des trois agences mondiales d’information, avec un réseau planétaire de deux cents bureaux dans cent cinquante pays « couvrant » l’actualité internationale 24 heures sur 24 en texte, photo, vidéo, texte, infographie et multimédia. Sa production mondiale de plus de 3 000 images par jour, assurée par quelque quatre cents photographes, est une référence mondiale couronnée chaque année de nombreux prix internationaux.

. Olivier Dard), Jens Ivo Engels, Andreas Fahrmeir et Frédéric Monier, Les coulisses du politique dans l’Europe contemporaine : Scandales et corruption à l’époque contemporaine, Paris, Armand Colin, 2014.

Cet ouvrage est le troisième et dernier de la série des trois volumes réunis sous le titre "Les coulisses du politique dans l’Europe contemporaine". Ce projet vise à constituer une série consacrée à une autre histoire du politique dans un souci de transparence par rapport à ces phénomènes, à la fois montrés du doigt et tus, dissimulés. Rédigé par un collectif d’historiens qui éclairent d’un jour nouveau les critiques et les jugements pesant sur la scène actuelle du politique en en discréditant les acteurs, ce titre a pour ambition de mettre à la disposition des chercheurs, enseignants et étudiants les outils propres à décrypter cette "histoire du politique".

. Patrick Moreau, Communisme : en Europe, l’éternel retour des communistes : 1989-2014, Paris, Vendémiaire, 2014.

Il y a un quart de siècle, le Mur de Berlin tombait par une nuit de novembre, avant que s’effondrent les dominos des démocraties populaires , puis qu’implose l’URSS elle-même, matrice et moteur du système communiste mondial. Ces événements semblaient inaugurer une nouvelle époque où la tragédie totalitaire et l’échec d’une utopie économique et sociale allaient laisser place à l’Etat de droit, à la démocratie parlementaire et à une économie de marché florissante. Force est de constater aujourd’hui que la situation est nettement plus contrastée. Les partis et groupes communistes, néo-communistes, ex-communistes et post-communistes de toutes obédiences sont toujours présents, par centaines, dans le paysage politique de l’espace européen, de l’Atlantique à l’Oural. Communisme a réuni 18 spécialistes de 16 pays européens pour suivre dans le détail l’évolution de ces partis communistes, tant à l’Ouest (France, Grèce, Irlande, Pays-Bas, Luxembourg, Portugal, Chypre) qu’à l’Est (République tchèque, Slovénie, RDA, Roumanie, Bulgarie, Russie, Biélorussie, Ukraine, Estonie). Une évolution qui va du maintien de la plus stricte orthodoxie marxiste-léniniste à la mutation en parti social-démocrate ou socialo-écologiste.

. Philippe Deboudt, Catherine Meur-Ferec et Valérie Morel, Géographie des mers et des océans, Paris, Sedes, 2014.

La Géographie des mers et des océans porte un regard sur des espaces qui couvrent plus des deux tiers de notre planète et s’inscrit dans une réalité contemporaine de « L’impossibilité d’un monde sans horizon marin ». Parallèlement à une approche thématique développée dans les douze chapitres, et abordant pratiquement tous les champs de la géographie des mers et des océans (géographie physique, des transports, sociale, de la pêche, de l’énergie, du tourisme, de l’environnement, géopolitique, géohistoire…), la part belle est donnée à l‘analyse multiscalaire révélant l’articulation, l’imbrication et la complexité des problématiques et des enjeux. Mouvement, partage et devenir sont trois dynamiques qui relient les chapitres les uns aux autres. Le mouvement est une caractéristique à la fois physique et anthropique des espaces marins, flux incessants d’eau, d’hommes, de marchandises. La notion de partage apparaît aussi comme une problématique constante des mers et des océans. Le devenir de ces espaces est lié aux enjeux géopolitiques et à la protection d’un milieu marin de plus en plus exploité. Les auteurs privilégient une relation étroite entre approche disciplinaire et contenu scientifique, et associent les échelles globales et locales en s’appuyant sur une cartographie riche et variée. Cet ouvrage s’adresse aux étudiants des cycles de Licence et Master, aux étudiants préparant les concours du Capes Histoire-Géographie et des Agrégations de Géographie et d’Histoire, et à tous les publics curieux d’une Géographie des mers et océans.

. Michèle Battesti (dir.), La piraterie au fil de l’histoire. Un défi pour l’Etat, Paris, Presses universitaires de Paris-Sorbonne, 2014.

Aux confins de l’histoire, de la géographie, de l’économie et de la diplomatie, la mer subit une criminalité qui lui est particulière, dont l’illustration la plus visible est la piraterie. Depuis les années 1990, elle a resurgi dans les statistiques mondiales alors qu’elle semblait reléguée à des temps archaïques, à un passé révolu de la marine à voiles et de l’île de la Tortue, réduite à hanter les romans et les films d’aventure. Le présent ouvrage dresse un état des lieux sur les principaux foyers actuels de la piraterie maritime, ces nouveaux avatars d’un phénomène immémorial et intemporel, tout en interrogeant l’Histoire universelle, de l’Antiquité à nos jours, pour appréhender les réussites et les échecs des pratiques piratiques, les facteurs favorisant leurs émergences, la réalité des menaces qu’elles font peser sur la liberté des mers et les moyens de lutte mis en œuvre par les États pour les éradiquer ou les contenir à un niveau supportable, le tout avec en arrière-plan la figure symbolique du pirate, chantre de tous les contre-pouvoirs.

. Eric Barrault & Siméon Montrose, Mer et Marine, Enjeux stratégiques et culturels du XXIe siècle. Pour un monde plus fluide, plus juste, plus durable, Paris, L’Harmattan, 2014.
Elément clé pour l’équilibre de notre climat, la mer est la première "assurance-vie" de la planète. L’épuisement des ressources des "30% verts" et la réflexion qui se met en place autour des "70% bleus" sont révélateurs de l’importance de ses enjeux pour notre civilisation en crise. Mais le rayonnement de la mer reste lié aux hommes et aux femmes, aux idées et aux convictions. Ce lien se manifeste par la formation du marin d’Etat, l’esprit des sauveteurs en mer, la force de la poésie ou d’une expérience spirituelle de la mer.

. Noël Bidoung, L’opération de paix des Nations Unies au Rwanda, Paris, L’Harmattan, 2014.
Dans la soirée du 6 avril 1994, un missile sol-air frappe de plein fouet l’avion présidentiel rwandais : tous les occupants, dont les chefs d’Etats rwandais et burundais, périssent dans l’attentat. La confusion et le chaos qui suivent sont le point de départ du génocide des Tutsis et de l’assassinat d’innombrables Hutus modérés. Mais où donc était la communauté internationale ? Et jusqu’à quand a-t-on laissé des centaines de milliers de personnes se faire massacrer en toute impunité ?

. Tasnim Butt, Pakistan, Bruxelles, De Boeck, 2014.
Souvent au cœur de l’actualité, le Pakistan traîne une réputation de pays dangereux. Malgré une alliance privilégiée, bien qu’intéressée, avec les États-Unis, il est en proie à des violences religieuses, ethniques et communautaires depuis le début des années 1980. Deuxième pays musulman le plus peuplé, c’est aussi le seul à disposer de l’arme atomique.
Au-delà de cette réalité contemporaine, le « pays des purs » est peu connu en Occident. Son histoire millénaire, qui se confond avec celle de l’Inde jusqu’en 1947, ne retient que rarement l’attention, tout comme la richesse de sa culture et la diversité de ses peuples. Longtemps sous le joug militaire, le Pakistan a rétabli la démocratie en 2008, mais n’en est pas stable pour autant. Les troubles sécuritaires, les défaillances énergétiques et leur retombées économiques ainsi que les affaires de corruption continuent de miner le développement du pays. Autant de défis que le gouvernement issu des urnes de 2013 peine à relever.

. Jean-Pierre Rocher, La France au XXè siècle, Paris, Ellipses, 2014.
Grâce à 50 sujets entièrement rédigés, cet ouvrage permet de réviser rapidement l’histoire de la France au XXe siècle.
Histoire politique, culturelle et institutionnelle, l’ouvrage aborde ces thèmes dans trois parties :
. Histoire générale – de 1880 à aujourd’hui.
. Société, économie et culture.
. Politique et institutions.
Véritable outil de travail pour les étudiants, il permet de préparer efficacement les examens et concours : Sciences Po, Grandes Écoles, Université.

. Bernard Gazier, John Maynard Keynes, Paris, Puf, 2014.
Considéré comme le plus grand économiste du XXe siècle, l’Anglais John Maynard Keynes (1883-1946) reste un auteur controversé. Après une période de domination presque sans partage durant les années 1960-1970, l’apport du fondateur de la macroéconomie moderne a été radicalement rejeté par de nombreux économistes, pour revenir au premier plan aujourd’hui.
En présentant les multiples facettes de cette personnalité hors du commun et en analysant la dynamique de son œuvre, cet ouvrage nous invite à mieux apprécier l’impact des concepts keynésiens sur la pensée économique contemporaine, et à tenter de cerner un homme qui, à l’égal de Christophe Colomb, Charles Darwin ou Sigmund Freud, fut d’abord un découvreur.

. Mélanie Albaret, Le Brésil et le Mexique aux Nations unies, Paris, Presses universitaires de Sciences Po, 2014.
États membres de l’ONU dès sa création fin 1945, le Brésil et le Mexique vont, au fil de leur histoire politique et de leur insertion dans le jeu multilatéral, user de postures d’abord passives, puis sélectives pour protéger leurs régimes autoritaires, et enfin actives pour émerger sur la scène internationale en tant que puissances moyennes.
Trois types de relations se démarquent ainsi à travers leur participation aux instances de l’ONU : l’amultilatéralisme, ou l’absence de formulation d’une politique multilatérale ; le multilatéralisme limité, ou positionnement aux marges du système ; la prise de parole multilatérale, marque d’une attitude plus coopérative, mais aussi d’une capacité de contestation et de proposition.
En soulignant les liens entre les scènes politiques nationale et internationale, l’ouvrage met en évidence les effets circulaires de la participation au multilatéralisme. Il montre également comment le multilatéralisme permet aux pays du Sud de devenir des acteurs à part entière dans le jeu international.

. Soraya Sidani, Intégration et déviance au sein du système international, Paris, Presses universitaires de Sciences Po, 2014.
Qu’un État refuse de ratifier les conventions multilatérales ou qu’il conteste l’ordre international, et l’on parle d’« État déviant », voire d’« État voyou », tels l’Iran, le Venezuela ou la Somalie. Mais quid des États-Unis ou de la Chine qui, par exemple, n’ont pas ratifié le Statut de Rome créant la Cour pénale internationale ?
Dans un espace mondial qui tend vers une intégration croissante et une densification des échanges entre États, le nombre de traités internationaux ratifiés permet de mesurer à la fois le degré d’intégration des États et leur marginalisation active ou subie. La déviance des États relève de postures distinctes, qu’il s’agisse d’écarts par rapport aux normes liés à d’importants handicaps structurels empêchant des États pauvres ou isolés d’exister sur la scène internationale, du choix de superpuissances de se positionner au-dessus du système ou encore de la volonté d’États émergents de se placer en outsider face à l’ordre imposé par les puissances dominantes.
Un éclairage précieux sur les modalités de la participation des États au système international, sur le rôle des Nations unies, des organisations régionales et des ONG, et une vision nouvelle des relations multilatérales dans un monde post-2001.

. Frédéric Vairel, Politique et mouvements sociaux au Maroc. La révolution désamorcée, Paris, Presses universitaires de Sciences Po, 2014 (à paraître en novembre).
Au Maroc, malgré la vigueur des mouvements protestataires et l’émulation des « printemps » arabes, la monarchie maintes fois chahutée n’a pas été renversée. Comment la révolution qui a emporté plusieurs gouvernants arabes a-t-elle pu ici être désamorcée ?
Dans la société marocaine, ce livre suit plus particulièrement les itinéraires de défenseurs des droits de l’homme, d’acteurs islamistes et de militantes féministes.
Il offre un état des lieux inédit des mobilisations marocaines, des stratégies que leurs acteurs adoptent face à la contrainte jamais démentie des forces de sécurité ainsi que de leurs relations avec l’action publique.
L’expérience marocaine permet de comprendre comment la monarchie, en altérant les institutions et en modifiant l’exercice du pouvoir, perpétue sa domination.

. Tania Rakhmanova, Au coeur du pouvoir russe. Enquête sur l’empire Poutine, Paris, La Découverte, 2014.
Vladimir Poutine est l’un des hommes les plus puissants de la planète et, jusqu’à présent, l’un des dirigeants les plus populaires de la Russie moderne. Pourtant, en 1999, il n’était encore qu’un obscur fonctionnaire du FSB, le service de renseignement russe. Comment est-il soudain devenu l’héritier du président Boris Eltsine ? Comment cet ancien lieutenant-colonel du KGB, totalement inconnu un an avant son élection à la tête de la Russie en 2000, est-il arrivé au pouvoir et a-t-il pu, depuis, en contrôler tous les rouages ?
Poursuivant dans ce livre la minutieuse enquête qu’elle avait conduite pour son film La Prise du pouvoir par Vladimir Poutine, Tania Rakhmanova révèle les dessous stupéfiants d’une « démocratie » transformée en régime autoritaire et liberticide dans les années 2000. Au fil d’épisodes dignes d’un roman d’espionnage, on découvrira le jeu des intrigues au coeur du Kremlin, les dégâts provoqués par une corruption généralisée ou la scandaleuse instrumentalisation de la guerre en Tchétchénie. Ainsi que les vrais ressorts de la nouvelle politique internationale de Moscou, notamment face à la guerre civile syrienne et à la crise ukrainienne de 2014. Mais aussi, fil rouge de cette enquête, la manipulation des médias. Entre désinformation et censure - sans parler des assassinats de journalistes -, le contrôle de la télévision est devenu l’instrument de pouvoir privilégié de la Russie de Poutine, conformément à son précepte : « Les gens n’ont pas besoin de savoir la vérité. Ce que vous ne montrez pas n’existe pas. »

. Benoît Collombat, David Servenay, Frédéric Charpier, Martine Orange, Erwan Seznec, Histoire secrète du patronat de 1945 à nos jours, Le vrai visage du capitalisme français, Paris, La Découverte, 2014.
Des Trente Glorieuses au capitalisme mondialisé d’aujourd’hui, en passant par le choc pétrolier de 1973, les nationalisations de 1981 et les privatisations de 1986 : derrière ces étapes bien connues de l’histoire récente de l’économie française, s’en cache une autre, plus secrète. Celle des hommes qui ont réellement fait le capitalisme français de l’après-guerre. C’est cette histoire que raconte ce livre : le rôle des anciens cadres de Vichy dans la Reconstruction, les liens du patronat avec le monde de la pègre, le financement secret des partis politiques, les dessous du paritarisme, les caisses noires des syndicats patronaux... Il plonge le lecteur dans les arcanes d’un véritable « système » né dans les années 1950 et toujours actif depuis...
Au gré des révélations qui rythment l’ouvrage, le lecteur découvrira des lobbyistes capables de se tailler des réglementations sur mesure au mépris de la santé des citoyens, un patronat qui a su mobiliser médias et intellectuels pour convertir les élites politiques aux « mérites » de la finance dérégulée. Ou le rôle central de personnages aussi puissants que discrets, au cœur de réseaux politiques et économiques méconnus. Enfin, cette somme remarquablement informée révèle les vraies origines de nombre de grandes fortunes françaises, d’hier et d’aujourd’hui : subventions extorquées à l’État, entreprises publiques bradées, rachats de sociétés dans des conditions obscures, affaires troubles dans la « Françafric » ou dans l’immobilier, montages financiers aux marges de la légalité, fraude fiscale, espionnage, etc. La légende de patrons conquérants, prenant tous les risques pour faire leur fortune à la force du poignet sort sérieusement écornée de ce magistral livre-enquête.

. Laurent Simula, Luc Simula, La dissertation économique, Préparation aux concours, Paris, La Découverte, 2014.
Aucun candidat ne peut espérer réussir sa dissertation d’économie en temps limité le jour du concours sans une préparation méthodique. Cet ouvrage propose un programme de travail liant en permanence l’apprentissage de la dissertation et de ses méthodes avec la maîtrise des connaissances et l’analyse de sujets clés.
Une première partie méthodologique définit les règles de la dissertation, les illustre avec de nombreux exemples et propose des activités et conseils pour les assimiler. Elle permet d’acquérir les savoir-faire nécessaires pour exploiter et valoriser les connaissances. La seconde partie est constituée de douze dissertations entièrement rédigées et commentées, abordant l’ensemble des programmes des concours.
Ce livre est conçu comme un guide de travail pour tous ceux qui se présentent à un concours ou un examen : étudiants des classes préparatoires aux écoles de commerce (ECE), aux écoles normales supérieures (BL) et aux IEP ; candidats au CAPES et à l’agrégation de sciences économiques et sociales et aux concours de la fonction publique ; étudiants en sciences économiques, IEP, AES et LEA.

. Michel Agier, Un monde de camps, Paris, La Découverte, 2014.
Les camps se multiplient et se banalisent partout sur la planète. Ils sont aujourd’hui des milliers, dessinant peu à peu un nouveau paysage mondial. Gouvernements nationaux et agences internationales adoptent de plus en plus systématiquement cette solution pour « regrouper » les réfugiés humanitaires, pour « parquer », faire « transiter », « retenir » ou mettre à l’écart les « déplacés » et les migrants, les « clandestins » et autres indésirables.
Douze millions de personnes vivent ainsi dans ces camps, des millions d’autres dans des campements de fortune, au creux des forêts, dans les interstices des villes, le long des frontières ; d’autres encore sont piégées dans des centres de rétention, des zones d’attente ou de transit. Si ces « hors-lieux » sont des espaces de parias, nombre d’entre eux s’inscrivent dans la durée et se transforment au fil du temps : la vie s’y renouvelle, s’y attache, et l’emporte le plus souvent sur la mort ou le dépérissement.
En vingt-cinq monographies qui forment une sorte de tour du monde des camps (du plus ancien, à Chatila au Liban, au plus grand, à Dadaab au Kenya, qui regroupe 450 000 habitants, en passant par le plus informel, à Canaan en Haïti, ou le plus précaire, à Calais), cet ouvrage fait découvrir la vie intime et quotidienne de leurs habitants. Loin d’être l’« exception » que l’on évoque généralement dans un cadre humanitaire ou sécuritaire pour en justifier l’existence, les camps font durablement partie des espaces et des sociétés qui composent le monde aujourd’hui.

. Amzat Boukari-Yabara, Africa Unite ! Une histoire du panafricanisme, Paris, La Découverte, 2014.
Sommes-nous africains ? Qu’est-ce que l’Afrique ? De cette double interrogation, née au XVIIIe siècle dans la diaspora africaine déportée aux Amériques, a émergé un vaste mouvement intellectuel, politique et culturel qui a pris le nom de panafricanisme au tournant du XXe siècle. Ce mouvement a constitué, pour les Africains des deux rives de l’Atlantique, un espace privilégié de rencontres et de mobilisations.
De la révolution haïtienne de 1791 à l’élection du premier président noir des États-Unis en 2008 en passant par les indépendances des États africains, Amzat Boukari-Yabara retrace, dans cette ambitieuse fresque historique, l’itinéraire singulier de ces personnalités qui, à l’image de W.E.B. Du Bois, Marcus Garvey, George Padmore, C.L.R. James, Kwame Nkrumah ou Cheikh Anta Diop, ont mis leur vie au service de la libération de l’Afrique et de l’émancipation des Noirs à travers le monde. Mêlant les voix de ces acteurs de premier plan, bientôt rejoints par quantité d’artistes, d’écrivains et de musiciens, comme Bob Marley ou Miriam Makeba, la polyphonie panafricaine s’est mise à résonner aux quatre coins du « monde noir », de New York à Monrovia, de Londres à Accra, de Kingston à Addis-Abeba.
Les mots d’ordre popularisés par les militants panafricains n’ont pas tous porté les fruits espérés. Mais, à l’heure où l’Afrique est confrontée à de nouveaux défis, le panafricanisme reste un chantier d’avenir, insiste Amzat Boukari-Yabara. Tôt ou tard, les Africains briseront les frontières géographiques et mentales qui brident encore leur liberté.

. Philippe Ryfman, Les ONG, Paris, La Découverte, 2014.
Les ONG font régulièrement l’actualité sur des terrains et des causes d’une infinie variété (humanitaire, développement, droits humains, environnement, santé, commerce équitable, RSE, enfance, éducation, etc.). Cependant, elles restent mal connues, même si elles suscitent une abondante littérature.
Ce livre s’attache, après avoir relevé leur ancrage historique, à souligner l’ambiguïté du terme, en dépit d’un activisme investissant continuellement des champs nouveaux. Il s’efforce de répondre aux principales questions les concernant : définition(s), domaines, financements, sociologie, gestion, gouvernance, concurrence, professionnalisation, ressources humaines, légitimité, transparence, place dans la « société civile », transnationalisation et réseaux internationaux... Enfin, si la croissance exponentielle des ONG du Sud et des pays émergents redessine le paysage non gouvernemental, ces organisations sont désormais en butte à l’hostilité d’un nombre significatif d’États, tout en étant plus que jamais partenaires d’autres États, d’organisations internationales, de l’Union européenne, de fondations ou d’entreprises.

. Wissam Alhaj, Nicolas Dot-Pouillard, Eugénie Rébillard, De la théologie à la libération ? Histoire du Jihad islamique palestinien, Paris, La Découverte, 2014.
Moins connu que le Fatah ou le Hamas, le Mouvement du Jihad islamique palestinien (MJIP) est un acteur central de la scène politique palestinienne. Retraçant l’histoire du mouvement depuis les années 1970, les auteurs montrent comment une poignée de jeunes intellectuels ont mobilisé des référents à première vue incompatibles, le nationalisme et l’islamisme, pour les mettre au service de la cause palestinienne. Ce faisant, ils racontent une histoire souterraine du mouvement national palestinien, où les cadres habituels, qui opposent trop souvent les chiites aux sunnites et les laïcs aux islamistes, s’effacent au profit d’une lecture originale des relations entre la gauche révolutionnaire et l’islam politique.
La trajectoire de cet « islamisme paradoxal » offre de nouvelles perspectives sur le monde arabe et musulman. Car l’histoire du MJIP est aussi celle d’un réseau transnational qui relie les Territoires palestiniens, l’Égypte, la Syrie, l’Irak, le Liban, etc. Ces nouveaux éclairages nous plongent au cœur des plus récents événements qui secouent la région : les opérations militaires à Gaza et au Liban, les affrontements entre le Hamas et le Fatah, les tensions entre l’Iran et les pays du Golfe, les divisions autour de la crise en Syrie...
Grâce à leur connaissance intime de la région, les auteurs ont mené une vaste enquête de terrain leur permettant de recueillir de nombreux témoignages inédits. Et d’offrir un autre regard sur la Palestine et le Proche-Orient.

. Dominique Pestre, Le gouvernement des technosciences. Gouverner le progrès et ses dégâts depuis 1945, Paris, La Découverte, 2014.
Ce livre décrit comment le progrès technique et ses effets sociaux et environnementaux ont été gérés depuis l’après-guerre dans le monde. Il analyse, de 1945 à 2014, la mutation des technosciences, de l’ordre économique et financier, des écosystèmes. Historiens, ses auteurs partent des nœuds de pouvoir et observent comment se sont reconfigurés les rapports entre États, société civile et marchés dans toutes sortes d’espaces de gouvernement, légaux comme scientifiques, politiques comme économiques, locaux comme globaux.
S’appuyant sur des études documentées - transformations du gouvernement des substances chimiques, des thérapies et de la santé publique, du changement climatique, de l’environnement et de la biosphère, de la « faim dans le monde », de l’eau, etc. -, cet ouvrage soulève aussi des questions plus théoriques : la complexité de ce qu’il faut entendre sous le vocable « néolibéral », ce qu’implique penser en termes de gouvernement, le rôle central du calcul coût/bénéfice dans le gouvernement du progrès. Il revient enfin sur ces manières de gérer les hommes et les choses qui se donnent souvent aujourd’hui comme inéluctables et transparentes, reposant sur l’expertise et l’« efficience », et faisant appel - ironie suprême - à la « participation » des populations, à leur engagement et leur devoir de s’adapter.
Un livre essentiel pour comprendre les enjeux d’une évolution, celle du gouvernement des technosciences, qui ont durablement façonné les sociétés contemporaines.

. Bernard Perret, L’évaluation des politiques publiques, Paris, La Découverte, 2014.
L’évaluation des politiques publiques est au cœur de toutes les réflexions sur la réforme de l’État. Mieux gérer l’argent public et rendre des comptes sur son utilisation sont des impératifs prégnants en période de rigueur budgétaire, dans une société où les exigences de transparence se font plus pressantes. Pour contribuer à l’amélioration de la gouvernance publique, l’évaluation ne peut se contenter de mesurer les coûts et les effets des politiques, elle doit viser aussi à en éclairer les enjeux, la logique et les mécanismes afin de permettre à tous d’en devenir les acteurs informés et responsables.
Ce livre présente les principes méthodologiques et les principaux outils techniques de l’évaluation, il propose une histoire comparée des pratiques et une analyse de leurs effets observés et potentiels.
L’évaluation est à la fois une activité scientifique et un ensemble de mécanismes institutionnels. Appréhender un tel objet suppose un va-et-vient permanent entre l’analyse politico-institutionnelle et la réflexion méthodologique, voire épistémologique.

. Denis Clerc, Déchiffrer l’économie, Paris, La Découverte, 2014.
À quoi servent la monnaie, la finance et les marchés ? Pourquoi les uns sont-ils pauvres et les autres riches ? D’où vient la croissance économique ? Très pédagogique, ce livre est devenu le grand classique de la formation économique pour étudiants et adultes, permettant de comprendre pourquoi les économistes sont devenus les grands sorciers du monde moderne.
C’est en même temps un livre citoyen, qui explique la crise de l’euro, les vices et les vertus du déficit public, les défis posés par la mondialisation, la montée des inégalités et les nombreuses péripéties économiques, du « pacte de responsabilité » à la transition énergétique. Car l’économie, ce sont aussi des questions de société à résoudre : comment concilier justice sociale et efficacité ? Produire toujours plus, est-ce possible ? Et souhaitable ? Le chômage est-il une fatalité ?
Cette 18e édition a été entièrement revue, mise à jour et complétée afin de continuer à éclairer tous ceux qui souhaitent plonger dans la boîte noire de l’économie.

. Philippe A. Charlez, Our energy future is not set in stone. How can the demand for oil and gas in 2035 be met ? Paris, Technip, 2014.
If technology is an undeniable catalyst for progress, then energy is its inevitable basic food. It is no coincidence that since the industrial revolution, economic growth has been fuelled first by coal, then by oil & gas. Although energy intensity reserves are still sizeable in emerging economies and the technological catalyst can partially dematerialize growth, it is unrealistic to separate growth from its basic food. And, even if the “fossil energies share” (oil/gas/coal) will lose a few percent to nuclear and renewable energies over the next decades, all the indicators point to a world mix in which the fossil energy share will still top 75% by 2035.
Driven by growth in emerging countries, the demand for oil and gas will continue to grow steadily. Even if there are enough oil and gas reserves to see us through the next three decades, will the industry be able to exploit and produce new resources that are increasingly complex to develop at a sufficient rate and which are often located in politically unstable countries ? Not to mention the added challenge of the growing numbers of stakeholders who are increasingly insistent on industrial safety, environment and societal issues ? In particular, will non-conventional resources, whose production growth could defer the oil & gas peaks by several decades, be able to withstand political and environmental lobbies ?
The evolution of oil & gas landscape over the past few years reveals a disturbing increase in the time required to develop large new fields and an accelerated decline of the production base due to the ageing of most of the mature-field facilities.
This book aims to analyze all the critical factors (technical, political, economic, social and human) that could potentially accelerate or delay the maintenance and redevelopment of mature producing fields as well as the discovery and development of new conventional and unconventional resources.
Insofar as in 2035, oil and gas still account for more than half of the world primary energy consumption, the appropriate management of these critical factors is crucial to ensuring, at least in the medium term, the ”Grail of Growth”. However, the hope of achieving the 450 ppm targets of Copenhagen has been shattered – bad news for the human population which is becoming more concerned with ensuring its short-term growth than with its long-term survival.
Our energy future is not set in stone.

. Michel Foucher, L’Arctique. La nouvelle frontière, Paris, CNRS, 2014.
En Arctique, avec le réchauffement climatique et le recul de la banquise, des ressources et opportunités inespérées s’annoncent. Faisant ainsi de cet espace un enjeu stratégique et économique pour les États côtiers que sont la Russie, le Canada, les États-Unis, le Danemark, la Norvège, la Suède, la Finlande et l’Islande. Les revendications des uns et des autres sur les plateaux continentaux, les riches fonds marins, ou les fameux passages du Nord-Ouest et du Nord-Est attisent de nombreuses querelles. Celles-ci portent plus sur des potentialités que sur des réalités prouvées de ressources exploitables, mais sont déjà l’objet de fortes tensions et conflits de souveraineté. C’est à l’analyse des bouleversements en cours ou à venir qu’est consacré cet ouvrage dirigé par Michel Foucher, réunissant géographes, politologues, stratégistes et juristes.

. Gisèle Berstein, Le Sénat sous la IIIè République (1920-1940), Paris, CNRS, 2014.
La première étude exhaustive sur un rouage essentiel de la vie politique sous la IIIe République.
À la fin du XIXe siècle, le Sénat devient l’un des piliers du régime républicain. Les hommes qui le composent, des notables essentiellement ruraux, sont très majoritairement radicaux ou républicains modérés, profondément attachés au caractère parlementaire des institutions, à la laïcité, au libéralisme économique et politique et à la défense nationale.
Comme le montre Gisèle Berstein dans cette vaste fresque, ces éléments constitutifs de la tradition républicaine se trouvent menacés dans l’entre-deux guerres par les troubles qui affectent la France. Ces dangers conduisent le Sénat, qui se considère comme le gardien du régime, à mener un incessant combat contre les empiètements du gouvernement sur le droit de contrôle de cette Assemblée, contre la poussée communiste et contre les risques d’étatisation qu’il croit discerner dans l’expérience du Front populaire.
La perte d’influence de la Haute-Assemblée annonce la crise du régime parlementaire. Le Sénat assiste impuissant au double échec de 1940 qu’il a tenté en vain d’éviter : la défaite militaire de la France devant l’Allemagne nazie et l’effondrement du régime républicain.

. Pierre-Antoine Chardel (dir.), Politiques sécuritaires et surveillance numérique, Paris, CRNS, 2014.
Les politiques sécuritaires sont aujourd’hui amplement privilégiées dans l’organisation de nos sociétés. Au nom de la lutte anti-terroriste, on voit se mettre en place des formes de surveillance de plus en plus sophistiquées. Par la traçabilité que les technologies numériques rendent possible (celle des puces RFID ou des multiples objets connectés), nous sommes susceptibles d’être surveillés dans la plupart des moments de notre vie. Le présent ouvrage interroge l’intensification des politiques sécuritaires dans les sociétés démocratiques en mettant en évidence le risque majeur qu’elle constitue pour nos équilibres politiques, sociaux et existentiels. Car si au nom de la sécurité, nous acceptons d’être de plus en plus surveillés, c’est en négligeant le fait que nous avons besoin de confiance, d’autonomie et de liberté pour nous inscrire solidement dans le monde. Pourquoi semblons-nous faire preuve si massivement d’une telle négligence ?

. Serge Berstein et Michel Winock (dir.), Fascisme français ? La controverse, Paris, La Découverte, 2014.
La France a-t-elle été le laboratoire du fascisme avant d’en être la plus pure réalisation avec le régime de Vichy ? C’est la thèse défendue de livre en livre par l’historien israélien Zeev Sternhell, objet d’une controverse à rebondissements.
Au-delà des querelles de personnes, et en se limitant strictement à la discussion intellectuelle, une mise au point dépassionnée s’impose. Serge Berstein et Michel Winock s’y emploient dans ce livre, avec le concours d’historiens français et étrangers.
Non, le fascisme ne prit jamais en France l’allure d’un mouvement de masse. Et, s’il y eut bien une « imprégnation fasciste » dans les années 1930, elle fut surtout le fait d’intellectuels dont Zeev Sternhell grossit l’influence.
Une analyse salutaire et sans concession qui déconstruit le mythe des « origines françaises du fascisme ».

. Jean-Noël Jeanneney, Grégoire Kauffmann, Les rebelles. Une anthologie, Paris, CNRS, 2014.
Hommes d’action, femmes en lutte, écrivains ou artistes, les rebelles ont, un jour, rompu avec les accommodements, les mensonges ou les préjugés de leur temps pour faire de leur vie un combat. S’ils se sont battus avec la plume, c’est qu’ils connaissaient le pouvoir des mots pour éveiller les consciences, résister à l’oppression et transformer le monde. Faire connaître ou redécouvrir ces grands textes est l’objet de cette anthologie. Plus de vingt spécialistes y abordent les formes et les acteurs les plus mémorables de la rébellion : les jansénistes, Voltaire, la contrerévolution, Victor Hugo, la révolution romantique, le Printemps des peuples, les abolitionnistes, Jean Jaurès, les anarchistes, Georges Clemenceau, Léon Blum, Charles de Gaulle, les résistants, Georges Bernanos, la révolution féministe, François Mauriac…
En se rebellant, ces voix de la liberté ont affirmé leur refus des immobilismes et des conformismes. Leurs écrits n’ont rien perdu de leur force ni de leur justesse, et restent des manuels d’insoumission pour les temps actuels.

. Catherine Brun (dir.), Guerre d’Algérie. Les mots pour la dire, Paris, CNRS, 2014.
C’est un lieu commun que les relais médiatiques et les commentateurs pressés manient encore avec gourmandise : la guerre dite d’Algérie aurait été une « guerre sans nom ». Dès l’origine, ce conflit a mobilisé des termes très divers visant à masquer la guerre derrière une prétendue « affaire intérieure » : dire ou écrire « événements », « pacification », « maintien de l’ordre », « opérations de police », ce n’est pas la même chose que de dire ou écrire « révolution », « guerre d’indépendance », « guerre de libération ». Pour chacune de ces options verbales, quels locuteurs, quand, où, pourquoi ? Quelle valeur d’usage ? Les textes rassemblés ici émanent d’universitaires, d’intellectuels, d’artistes : Étienne Balibar, Mathieu Belezi, Slimane Benaïssa, Messaoud Benyoucef, Catherine Brun, Jean Daniel, Daho Djerbal, Fatima Gallaire, Jeanyves Guérin, Jacques Guilhaumou, Pierre Guyotat, Julien Hage, Daniel Lançon, Francine Mazière, Gilbert Meynier, Edgar Morin, Bernard Noël, Nathalie Quintane, Régine Robin, Todd Shepard, Pierre Vermeren. Ils s’attachent à penser la charge souvent brutale, toujours vive, de termes dévoyés, de silences subis, d’abus de langage. Ils manifestent la diversité et la concurrence de désignations irréductibles et irréconciliables. Ils dénoncent les unanimismes de façade. Ils récusent les réductions et les simplifications consensuelles. Ils lient cette histoire et notre présent.

. Laurent Beurdeley, Le Maroc, un royaume en ébullition, Paris, Editions Non Lieu, 2014 (à paraître en novembre).
Le Maroc contemporain se cherche entre le modèle occidental et celui du Moyen-Orient, entre la modernité et le conservatisme. Alors que de nombreux ouvrages ont tendance à ne l’appréhender que sous le prisme du Palais, de ses réseaux, des petites histoires d’alcôves et des accointances diverses avec les anciennes puissances coloniales, celui-ci s’intéresse au vécu du citoyen lambda et aux bouillonnements d’une société moins figée qu’on ne le pense.
Dans le tourbillon des révolutions du printemps arabe, les jeunes du Mouvement du 20 Février ont réussi à réaliser ce qui, en 2010, relevait encore de l’impensable : bousculer l’élite dirigeante et interpeller l’ensemble de la société sur les problématiques de fond. Cette jeunesse que l’on présentait comme apolitique est parvenue à acculer la monarchie à se réformer. Un nouveau Maroc s’ébauche désormais. Le texte constitutionnel amendé en juillet 2011 revêt de riches potentialités qui devront être pleinement exploitées.
Comment la société marocaine pourra-t-elle gérer ses contradictions ? Quels défis devront relever les Marocains afin de s’extirper d’une situation qui apparaît encore trop souvent schizophrène ? Cet essai a pour ambition de mesurer les ingrédients qui agitent aujourd’hui le royaume. Les métamorphoses sociétales y sont appréciées à travers plusieurs dimensions : les relations hommes-femmes, les nouvelles formes de contestation sociale, la place de la religion dans la vie quotidienne, le rapport des Marocains au passé et à la mémoire, l’impact des nouvelles technologies, la création artistique, l’apparition de nouveaux acteurs sociaux. Sont également abordées les questions économiques et sociales incontournables pour les années à venir : la gestion de l’eau, la préservation des ressources naturelles, l’emploi des jeunes et leur formation, l’accès aux soins et à la protection sociale, la redistribution équitable des richesses, l’intégration des migrants, l’avenir commun autour de l’Union du Maghreb arabe.

. J.-J Arthur Malu-Malu, Le Congo Kinshasa, Paris, Karthala, 2014.
Au Congo-Kinshasa sont souvent associés les nombreux viols commis par des groupes armés et des soldats incontrôlés dans sa partie orientale. Pourtant, la République démocratique du Congo (le nom officiel du Congo-Kinshasa) est un pays complexe, qui ne peut se résumer aux guerres qui ont dévasté une infime partie de son territoire au cours de ces dernières années et qui, pour l’essentiel, dérivent du génocide rwandais de 1994. Ce pays immense dispose d’un sol fertile et d’un sous-sol riche. La RDC est attachante par sa diversité culturelle et artistique, par l’hospitalité légendaire de ses peuples ainsi que par la variété de ses paysages, de sa faune et de sa flore.
Dès le XVe siècle, les Portugais coopèrent avec le royaume Kongo. L’or, l’ivoire, le cuivre et… les esclaves les intéressent. Il faut attendre la deuxième moitié du XIXe siècle pour voir la Belgique, sous la houlette du roi Léopold II, l’emporter sur les autres nations européennes lancées dans une course effrénée à la colonisation. La Conférence de Berlin, qui attribue officiellement le territoire du Congo au roi des Belges en 1885, est une victoire majeure pour Léopold II. Celui-ci ne rêve que d’une chose : accroître la force de frappe économique de la Belgique en exploitant les richesses de cette terre lointaine.
L’inexorable marche vers l’indépendance est émaillée de révoltes et de violences. Depuis qu’il s’est défait du joug de la colonisation, le 30 juin 1960, le pays a connu des sécessions, des guerres et des assassinats politiques. Quatre présidents se sont succédé jusqu’ici aux commandes du Congo indépendant : Joseph Kasa-Vubu, Mobutu Sese Seko, Laurent-Désiré Kabila et Joseph Kabila. A chacun son style. Mais les grands défis d’hier sont presque les mêmes que ceux d’aujourd’hui. Le plus grand pays d’Afrique sub-saharienne a reculé en termes de développement et tarde à jouer le rôle qui aurait dû lui revenir tout naturellement. Un rôle de grande puissance à l’échelle du continent.

. Martine Sevegrand, Israël vu par les catholiques français (1945-1994), Paris, Karthala, 2014.
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, une certaine intelligentsia catholique française a entrepris de déraciner « l’enseignement du mépris », selon l’expression de Jules Isaac. Dans la déclaration conciliaire Nostra Aetate de 1965, le paragraphe consacré aux juifs représente l’aboutissement de leur travail et celui de quelques évêques et autres experts. En rappelant le lien entre le peuple du Nouveau Testament et la lignée d’Abraham, Vatican II a ainsi ouvert la voie à une véritable révolution pour le monde catholique.
Toutefois, le terme d’ « Israël » renvoie tout autant à une réalité religieuse que politique, puisqu’il existe sous la forme d’un État depuis 1948. Or, dès sa naissance et plus encore à partir de la guerre des Six-Jours, cet État a suscité de nombreux désaccords parmi les catholiques philosémites, au point qu’un antisionisme chrétien est apparu après 1967.
Exploitant des sources inédites à ce jour, Martine Sevegrand concentre son analyse sur un conflit politique et théologique parmi les catholiques français. Elle y traite des débats entre Jacques Maritain et Louis Massignon, mais aussi en Israël, entre les dominicains français qui ont pris parti pour l’État hébreu et ceux de l’École biblique qui ont défendu la cause des Palestiniens. Les points d’achoppement ont été et restent nombreux : Que faire, par exemple des textes bibliques sur le don de la « terre d’Israël » au peuple juif ? L’auteur nous fait également découvrir le rôle majeur – qui ne fut pas limité à l’Hexagone – de plusieurs évêques français comme Mgr Elchinger ou des cardinaux Decourtray, Etchegaray et Lustiger, nous offrant ici un éclairage neuf et d’une rare richesse après tant d’ouvrages parus sur le dialogue judéo-chrétien.

. Nathalie Kouame (dir.), Historiographies d’ailleurs, Paris, Karthala, 2014.
L’histoire : une discipline universelle ? On pourrait être tenté de le penser en observant la manière dont le métier d’historien s’exerce de nos jours dans le monde entier. Pourtant, lorsque les historiens d’Afrique, d’Amérique ou d’Asie se plient aujourd’hui aux exigences de la « science de l’histoire » élaborée par l’Occident moderne, leurs visions, leurs préoccupations et leurs savoir-faire restent comme chez leurs confrères occidentaux marqués par leur culture, leur histoire et les conditions sociopolitiques spécifiques de leur environnement.
Les particularismes historiographiques sont encore plus nets dans les récits du passé qui ont été élaborés et transmis par leurs prédécesseurs, avant le processus d’occidentalisation de la période contemporaine. Pendant des siècles, voire des millénaires, les civilisations non occidentales ont en effet produit des discours et des savoirs originaux sur le passé, souvent avec une profondeur et une finesse remarquables. Ce sont toutes ces historiographies d’ailleurs, anciennes ou actuelles, modernes ou traditionnelles, qui sont l’objet de cet ouvrage collectif qui vise à faire progresser en France la réflexion sur l’histoire mondiale de l’histoire.

. Philippe Oulmont et Maurice Vaïsse (dir.), De Gaulle et la décolonisation de l’Afrique subsaharienne, Paris, Karthala, 2014.
Le rôle du général de Gaulle dans le processus qui a conduit les états francophones de l’Afrique subsaharienne à l’indépendance et à la décolonisation, a fait déjà l’objet de nombreuses publications. Mais, plus d’un demi-siècle après, la recherche n’a pas fini de scruter cette période. Le lecteur trouvera ici à la fois les analyses d’historiens spécialistes et les recherches de praticiens du droit, de l’administration, de la finance et de la diplomatie, qui eux-mêmes étaient souvent aussi des témoins.
Connaître le rôle du général de Gaulle, c’est aussi mesurer la part de ceux qui furent de fidèles collaborateurs comme Jean Foyer ou Jacques Foccart, et des partenaires comme Léopold Sédar Senghor ou des adversaires comme Ahmed Sékou Touré.
On comprendra mieux ainsi l’approche personnelle d’un Charles de Gaulle qui, sans que rien ne l’y prédisposât, au terme d’un apprentissage de l’Afrique commencé au Cameroun, au Tchad et au Congo, depuis août 1940 jusqu’à ses derniers voyages africains de 1958 et 1959, n’a cessé de porter sur ce continent et ses peuples un regard amical, marqué de fulgurances et de réticences, non dénué parfois d’un scepticisme désabusé.
Jusqu’à son départ en 1969, cette relation affective a scellé une forme de fidélité chaleureuse et réciproque qui a résisté aux péripéties.

. Charles Pascal Tolno, Afrique du Sud. Le rendez-vous de la violence, Paris, L’Harmattan, 2014.
L’évolution des affaires du monde ayant imposé la libération des peuples colonisés, ceux qui ont des intérêts en Afrique du Sud ont trouvé une forme spéciale de gouvernement pour assurer le maintien définitif des Blancs sur cette terre trop riche pour être laissée aux autochtones seuls. L’Afrique du Sud vit ainsi sous ce régime politique et économique singulier caractérisé par un colonialisme d’un genre spécial parce qu’assorti d’un racisme odieux et officiel. Selon l’auteur, la priorité doit être donnée à « l’élimination de l’apartheid ».

. Mountaga Diagne, Pouvoir politique et espace religieux au Sénégal, Paris, L’Harmattan, 2014.
Cet ouvrage explore la diversité des formes de la gouvernance au Sénégal. En ciblant trois communautés et trois espaces différents, en termes de taille, de statut administratif, de référents symboliques, de rapports historiques avec l’Etat, cet ouvrage privilégie ce que peu d’études sur le politique et le religieux au Sénégal ont mené dans l’analyse des relations entre ces deux sphères : un regard croisé.

. Julien Salingue, La Palestine d’Oslo, Paris, L’Harmattan, 2014.
Le 13 septembre 1993, la poignée de mains entre Yasser Arafat et Yitzhak Rabin sur la pelouse de la Maison Blanche suscitait l’enthousiasme international. Deux décennies après les Accords d’Oslo, le « processus de paix » est en état de mort clinique. Le travail proposé ici se concentre sur une thématique trop souvent ignorée : l’échec de la construction de l’Autorité palestinienne comme pseudo-appareil d’Etat intégré au sein du dispositif de l’occupation israélienne.

. Pierre Dagbo Gode, La diplomatie africaine. Théorie et pratique, Paris, L’Harmattan, 2014.
Au cœur de l’actualité, la diplomatie intéresse autant le savant que le profane qui veut comprendre le comportement des acteurs politiques dans les relations internationales. Cet ouvrage se propose de revisiter les fondamentaux de la diplomatie africaine et restitue au plan scientifique l’état des connaissances théoriques et des approches pratiques qui peuvent en faciliter la compréhension dans un monde du XXIè siècle en plein bouleversement.

. Florentin Thevenet, L’exploitation du gaz de schiste en France, Paris, L’Harmattan, 2014.
Le gaz naturel devrait jouer un rôle croissant dans la balance énergétique globale des années à venir, en particulier grâce à l’exploitation du gaz de schiste. Que cache cette nouvelle énergie ? Au-delà des aspects purement financiers ou environnementaux, l’exploitation du gaz de schiste est-elle une fin en soi ou peut-elle être utilisée comme pilier d’une transition énergétique qui se fait attendre ?

. Patrick Hinnou, Négocier la démocratie en Afrique, Paris, L’Harmattan, 2014.
Comment les logiques des élites politiques s’accommodent-elles des forces sociales et des citoyens ordinaires au niveau des arènes locales ? A partir du département du Mono, cet ouvrage élucide l’appropriation du multipartisme intégral, questionne la domination masculine de la politique, met en mouvement les logiques enchâssées du vote, sonde les limites de la gouvernance locale et découvre la recette du made in Benin contre une société civile « attrape-tout ».

. Maurice Bonnot, Des Etats de facto, Paris, L’Harmattan, 2014.
Anomalies du système international, les États de facto, autoproclamés, non reconnus, existent malgré le vide juridique dans lequel ils sont relégués, tels l’Abkhazie, le Haut-Karabagh, le Kossovo, l’Ossétie du Sud, la République turque de Chypre nord, la Transnistrie, la RASD (République Arabe Sahraouie Démocratique). Nombre de leurs aspects sont d’une normalité avérée, loin des clichés de terres laissées à l’anarchie que certains se plaisent à opposer aux Etats souverains, ordonnées et stables.

. Joseph Macé-Scaron, La panique identitaire, Paris, Grasset, 2014.
« Verra-t-on bientôt une carte identitaire remplacer nos vieilles cartes d’identité ? Devra-t-on déclarer nos origines sur quatre générations, notre ethnie, notre religion ? “Sois et éternellement demeure”, garde l’étiquette qu’on t’a apposée et qui va t’accompagner toute ton existence ! Telle est l’injonction qui s’élève des temples anciens et modernes, des édifices religieux et des hypermarchés.
Ces dernières années, nos sociétés se sont transformées en gigantesques laboratoires pour identités devenues folles.
La panique identitaire est le nouveau fléau qui vise non pas le lointain mais le voisin, de la Seine aux rives du Gange, de Glasgow à Barcelone. Jamais la tentation de se construire dans le rejet d’autrui n’a été portée à un tel degré d’incandescence. Est-ce vraiment ce monde-là que nous désirons ? ».

. Anne Applebaum, Rideau de fer, Paris, Grasset, 2014.
Il y a deux manières de renouveler l’Histoire : poser de nouvelles questions sur des sujets apparemment rebattus et trouver de nouveaux documents ou de nouveaux témoins.
Dans ce livre magistral, Anne Applebaum accomplit les deux.
S’interrogeant sur le « Haut Stalinisme » (1944-1956), soit les douze années de soviétisation de l’ancien Lebensraum nazi (en se concentrant essentiellement sur trois pays emblématiques : Allemagne, Hongrie et Pologne), l’auteur renverse complètement le point de vue : non plus l’Est vu par l’Ouest mais l’Est vu par l’Est. Les sources archivistiques et orales inédites – lectures dans au moins cinq langues, entretiens, voyages, témoignages personnels – enrichissent considérablement les réponses aux questions que l’observateur contemporain de l’Europe de l’Est se pose face aux échecs ou aux revers de la démocratisation des nouvelles nations émancipées du joug soviétique depuis 1989.
Rideau de fer prend exactement la suite chronologique de l’ouvrage de Timothy Snyder, Terres de sang, consacré au nazisme et au stalinisme de 1933 à 1945 : il raconte, comme cela n’avait jamais été fait, la manière dont ces « terres de sang » ont été soviétisées (réparations économiques, nettoyages ethniques systématiques que l’on associe rarement à cette période de l’Histoire, récupération partielle de l’appareil policier hérité du nazisme, etc.).
Ce grand livre a été unanimement salué comme un des chefs-d’œuvre de l’Histoire récente.

. Alexandre Adler, Le califat du sang, Paris, Grasset, 2014.
Parfois les apocalypses sont de fer et de sang, forgées par les images, comme ce fut le cas le 11 septembre 2001. Nul n’a oublié cette décennie de « guerre sans fin », de Madrid à Londres, des grottes de Tora Bora aux grandes villes du Pakistan. Parfois ces apocalypses n’existent pas, et soudain, les voici devant nous, désordonnées, follement ressemblantes, telle une flamme courant de pays en pays, avec d’autres images, d’autres corps égorgés, d’autres présidents, d’autres combattants inconnus… Le Moyen Orient semble se désagréger, d’un coup, dans la haine et la fermeture au monde. Est-ce l’Islam dans sa pire radicalité ? Est-ce la haine de l’Occident, qui n’est pourtant plus incarné par Georges Bush ? Est-ce l’anarchie totale d’une région en déséquilibre depuis longtemps ? Ou bien est-ce l’instant de la grande reconfiguration ?
Cette dernière menace – incarnée par l’Etat islamique, transnational et d’une ambition illimitée - vient sans doute clore un cycle : tout semble détruit et angoissant, mais la fabrique de l’histoire est à l’œuvre : l’hésitation de l’Amérique ; la force de l’arc chiite ; le nouvel Iran et la nouvelle Egypte ; le jeu des grands voisins, Arabie saoudite, Turquie, Jordanie ; la prétendue guerre sans hommes... A la fin du compte, la question est de savoir si nous assistons à la naissance d’une plateforme insurrectionnelle à l’échelle d’un continent ou bien au contraire au dernier spasme d’un mouvement meurtrier.

. Yves Wintrebert, Han Huaiyuan, Chine. Une certaine vision de l’Histoire, La Tour-d’Aigues, éditions De l’Aube, 2014.
«  Après avoir fait rêver naguère l’intelligentsia européenne, la Chine suscite aujourd’hui à la fois admiration, interrogation et inquiétude. Yves Wintrebert et Han Huaiyuan apportent leur contribution à notre connaissance de la Chine en nous proposant une trentaine d’histoires tirées d’ouvrages vieux d’environ vingt-cinq siècles, bien connus des sinologues mais qui seront une découverte pour les non-spécialistes. Ils ont surtout eu l’idée originale de rapprocher ces histoires immémoriales d’autres histoires récentes, liées à l’actualité brûlante telle que la relatent jour après jour les médias.  » Alain Reynaud.

Grâce à ce livre, nous comprenons la culture chinoise du récit  : là où nous pensons en termes d’Histoire avec un grand H, eux entrecroisent des anecdotes qui tissent la trame de leur culture au-delà des siècles. Instructif et passionnant  !

. Sandrine Prévôt, Inde, comprendre la culture des castes, La Tour-d’Aigues, éditions De l’Aube, 2014.
En 2050, il est fort probable que l’Inde aura pris la ­première place économique devant la Chine et les États-Unis. Pourtant, nous comprenons mal cet immense pays. Aussi le projet de ce livre simple, clair, nourri de travail de ­terrain, est-il de nous y initier. L’auteure saisit cette société vivante, diversifiée, tolérante et violente. Elle évoque les croyances, la morale, les habitudes, les normes mais aussi ce qui est caché  : le rôle des castes et de la famille dans la mobilité sociale et dans les relations de travail, la religiosité quotidienne, la notion de temps, la ruralité en face des mégapoles, le monde des fêtes, le rapport au corps et à la sexualité, la place des femmes dans cette société patriarcale et le regard porté sur les ­Occidentaux…
Une lecture aussi instructive que passionnante.

. Youssef Seddik et Gilles Vanderpooten, Tunisie, la révolution inachevée, La Tour-d’Aigues, éditions De l’Aube, 2014.
«  Nous, nous nous contentons d’imaginer le Divin dans les sourires des enfants, dans leurs jeux et dans chacun de leurs élans pour grandir. Eux, ils brandissent un linceul pour nous apprendre que mourir vaut mieux que vivre. Eux, ils croient qu’aimer, c’est mal. Nous, nous croyons que rien ne mérite de livrer un combat si ce n’est pour l’amour et donc hors de toute violence. Eux, ils prétendent que le corps de la femme est un fardeau qu’elle se doit de porter dans la honte. Nous, nous croyons que les femmes, mais aussi nos mères, nos sœurs et nos épouses, sont les seules maîtresses de leur corps.  »
Tels sont quelques-uns des paradoxes qui minent la Tunisie, toujours en attente de sa nouvelle Constitution, mais aussi l’islam et les interprétations qui en sont faites. Youssef Seddik nous permet, dans ce livre d’entretiens, de mieux en comprendre la complexité, mais aussi la richesse. Une lecture éclairante.

. Philippe Frémeaux, La nouvelle alternative ? Enquête sur l’économie sociale et solidaire (3è édition, revue et augmentée), Paris, Les Petits Matins, 2014.
L’économie sociale et solidaire fait aujourd’hui figure de nouvelle alternative au capitalisme. De fait, son objectif premier n’est pas de dégager du profit, mais de produire des biens et services utiles à tous. Issue d’initiatives citoyennes, elle apporte la preuve que la recherche de l’enrichissement personnel n’est pas l’unique motif qui puisse donner envie d’entreprendre. Constitue-t-elle pour autant une force politique, un mouvement susceptible de transformer profondément notre économie et notre société ? Sa gouvernance, qui se veut démocratique, est-elle vraiment exemplaire ? A-t-elle vocation à s’étendre, à se généraliser ? Enfin, cette généralisation est-elle souhaitable ?
Autant de questions auxquelles l’auteur répond dans ce livre, nourri de nombreux exemples. Pour lui, il est temps de regarder « l’ESS » telle qu’elle est, et non dans sa version idéalisée : c’est à cette condition qu’on pourra apprécier dans quelle mesure et à quelles conditions elle peut contribuer à rendre l’économie plus démocratique, plus juste et plus soutenable.

. Pierre Piccinin da Prata et Domenico Quirico, Le pays du mal, otages du djihad en Syrie, 152 jours, Paris, L’Harmattan, 2014.
Historien et politologue, enseignant et reporter de guerre, spécialiste du monde arabo-musulman, Pierre Piccinin da Prata a couvert les terrains de toutes les révolutions du Printemps arabe. D’avril à septembre 2013, il a été retenu en otage par les Brigades islamistes al-Farouk, avec l’envoyé spécial du quotidien italien La Stampa, Domenico Quirico. Ce sont cinq mois de souffrances, de colère, d’enfermement à travers les villes en ruines et les campagnes ravagées que les auteurs nous livrent dans ce témoignage.

. Gustave René Biem, L’Afrique subsaharienne à l’aube du IIIè millénaire, Paris, L’Harmattan, 2014.
Cet ouvrage met en lumière les conditions dans lesquelles le partage de l’Afrique subsaharienne a été fait, la création des Etats coloniaux, ainsi que la décolonisation. Il met aussi en évidence les orientations et les choix politiques et sociaux souvent controversés des dirigeants des pays de la région qui ont eu pour conséquence l’instauration de la politique d’ajustements structurels et ses multiples plans.

. Jean-Philippe Brouant et Gérard Marcou Grale (dir.), Les collectivités territoriales et la politique du logement, Paris, L’Harmattan, 2014.
Loi Duflot, deuxième programme national de rénovation urbaine, plan Valls de relance de la construction... Depuis le plan Borloo de 2003 le logement est une urgence sociale, sans que les différents plans aient encore permis d’y répondre. Par le dialogue entre chercheurs et praticiens, cet ouvrage éclaire les enjeux et commente les dernières réformes du point de vue des collectivités territoriales : logement et urbanisme, mobilisation du foncier, logement locatif, rénovation urbaine et inclusion sociale.

. René Kahn, Roseline Le Squère et Jean-Michel Kosianski (dir.), Cultures régionales, développement économique. Des ressources territoriales pour les économies régionales, Paris, L’Harmattan, 2014.
Sous la pression de la mondialisation, des initiatives communautaires et d’une conjoncture économique préoccupante, les cultures et traditions régionales sont considérées comme des ressources mises au service de la croissance et du développement économiques. Cette valorisation économique, pratiquée de façon différente et avec des succès inégaux selon les pays et les régions, suscite des attentes très fortes et soulève beaucoup d’interrogations quant à leurs retombées économiques concrètes et leurs effets sur la dynamique culturelle.

. Dany Hellal, Un exemple de coopération nord-sud. Margny-lès-Compiègne et Méhanna, Paris, L’Harmattan, 2014.
Par ce témoignage, l’auteur a souhaité évoquer les jalons d’un échange Nord-Sud, qui pourrait être l’histoire de n’importe quelle commune autre que Margny ou Méhanna, afin de donner à de nouvelles générations l’envie d’entreprendre des échanges et des projets à taille humaine, dans un monde où tout semble difficile. La coopération décentralisée permet de s’enrichir les uns les autres par les différents savoir-faire et fait ici découvrir un continent ou "solidarité" et "sens du bonheur" ont toute leur authenticité.

. Lang Fafa Dampha, The United Nations, the Bretton Woods Institutions and African Reconstruction, Paris, L’Harmattan, 2014.
The United Nations and the Bretton Woods institutions were established in the immediate post-World War II period to preserve and promote international peace and security, cooperation, free trade in goods and services in the world as a factor of reconstruction and development after the overwhelming effects of the war. What is the relationship between Sub-Saharan Africa and the United Nations and the Bretton Woods institutions ? What are the roles of these institutions in African reconstruction and development ?

. Serge Latouche, Renverser nos manières de penser , Fayard, 5 novembre 2014.

Jetant un regard rétrospectif sur mon parcours intellectuel, autour d’un objet envahissant et problématique, l’économie, il m’apparaît que mes efforts ont visé à produire ce que les Grecs appelaient une metanoïa, c’est-à-dire un renversement de la pensée. Aujourd’hui, il nous faut renverser nos manières de penser. Parce que le monde n’est plus vivable ainsi, que nous le savons mais restons pris dans les schémas capitalistes et productivistes, il nous faut réinventer notre imaginaire pour trouver une nouvelle perspective existentielle. Qui passera par l’après-développement, la décroissance et l’éco-socialisme.

Serge Latouche, professeur émérite d’économie à l’Université d’Orsay, objecteur de croissance, est notamment l’auteur du Petit traité de la décroissance sereine (Mille et une nuits).

. François Lafargue, Géopolitique de l’Afrique du sud , Puf, 7 janvier 2014.

L’Afrique du Sud connaît depuis quinze ans une véritable métamorphose politique : L’abrogation des lois de la ségrégation, la libération de Nelson Mandela en février 1991, puis l’organisation du premier scrutin multiracial ont marqué ces dernières années. L’élection de Thabo Mbeki ; au printemps 1999, a parachevé ce processus institutionnel. Cette Géopolitique de l’Afrique du Sud rassemble et place en perspective les éléments permettant de saisir les différentes facettes de ce pays. L’Afrique du Sud est un territoire où la géographie est utilisée à des fins politiques et militaires. L’apartheid ne peut se résumer à une sinistre discrimination en fonction de la couleur de la peau. Il a consisté en un ambitieux projet géopolitique : rassembler les peuples noirs sur des fragments de territoires dénommés bantoustans, puis leur accorder une indépendance formelle. Le but était de partager le territoire pour ne pas partager le pouvoir. Il y a dix ans, nul ne se hasardait à prédire une évolution de l’Afrique du Sud sans séisme. Pourtant le démantèlement de l’apartheid a été mené de manière concertée. Malgré les séquelles du passé, tous les Sud-Africains, qu’ils soient Zoulous, Xhosa, Tswana, Afrikaners ou encore Métis, savent que la nouvelle Afrique du Sud ne pourra se construire qu’ensemble, pour que " la nation arc-en-ciel " ne soit pas qu’un rêve momentané.

. Pierre-Alexandre Bouclay, L’Ukraine, d’une révolution à l’autre , Editions du Rocher, 15 janvier 2015.

Récit et analyses du conflit qui oppose pro-Russes et pro-Européens en Ukraine, présenté par le reporter comme le premier stade d’une possible escalade des tensions en raison de l’intérêt stratégique du pays pour la Russie. A la fois récit de voyage et enquête de terrain, cet ouvrage replace la crise ukrainienne dans le contexte mondial.


. Gérard-François Dumont et Pierre Verluise, Géopolitique de l’Europe, classes préparatoires commerciales, nouveau programme, 2e édition. Ed. Sedes-Armand Colin, 2014.

De tous les continents, l’Europe est celui dont la définition suscite régulièrement les plus vives controverses. Où commence-t-elle ? Où s’arrête-t-elle ?

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Cette géopolitique de l’Europe traite du territoire composite qui s’étend de l’Atlantique à la vaste Russie. Sa configuration en a été profondément remodelée depuis la fin de la Guerre froide. L’Union européenne des 28 y est l’un des acteurs, aux côtés d’un ensemble d’États et d’institutions qui concourent à une dynamique européenne complexe. La méthode, délibérément pluridisciplinaire, permet d’en comprendre les ramifications et d’en analyser les enjeux présents et futurs. Cette édition, parfaitement actualisée, tient compte de la dimension géopolitique des événements les plus récents.

Le recteur Gérard-François Dumont est professeur à l’Université de Paris IV Sorbonne, directeur de la revue Population & Avenir. Pierre Verluise est professeur en CPGE, chargé de cours à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, directeur du site Diploweb.com.

Plus sur le site de l’éditeur


. Philippe Baumard, Le vide stratégique , CNRS, 15 janvier 2015.

Les trois crises majeures - sociale, économico-financière et énergétique – signent l’échec des modèles stratégiques et de tous leurs systèmes d’alerte. Pourtant, tous les signaux avant-coureurs étaient connus. D’où proviennent cette absence d’anticipation et ces réactions conçues dans l’improvisation ? Les auteurs montrent, exemples à l’appui, les racines de ces aveuglements successifs. Ils expliquent comment la dilution de la notion de puissance égare les grands Etats ou les grandes entreprises dans des logiques plus spectaculaires qu’efficaces et comment, au final, les « faits stratégiques » échappent aujourd’hui aux décideurs politiques ou industriels : la dictature de l’immédiateté prend le pas sur l’analyse stratégique. Alors qu’aucune vision de société n’émerge et que personne ne paraît capable de dire à quoi ressemblera demain notre univers actuel, les Strateges se bornent à recenser les craintes sans proposer les options. Pour combler ce grand vide stratégique, les auteurs plaident pour un renouveau de l’imagination stratégique qui passe par le refus de nos routines et l’acceptation assumée de l’inattendu, même le plus incongru.

. Francesca Galli, British, french and italian measures to deal with terrorism : a comparative study , Bruylant, 15 janvier 2015.

. Mario Bettati, Le trafic de drogue : contrôle international des stupéfiants , Editions Odile Jacob, 28 janvier 2015.

A partir d’une présentation des différents types de drogues, M. Bettati explique comment le développement des drogues de synthèse et leur vente sur Internet a bouleversé le marché. Après avoir fait le point sur les différents dispositifs juridiques existants, l’auteur montre comment la police et la douane coordonnent leurs efforts pour lutter contre un fléau de plus en plus multiforme.

. Collectif, Images économiques du monde 2015. Dossier - Russie : le retour de puissance ?, Armand Collin, 2014.

Sous la direction de François Bost, Laurent Carroué, Sébastien Colin, Christian Girault, Anne-Lise Humain-Lamoure, Olivier Sanmartin, David Teurtrie.

Le grand dossier : Russie : le retour de puissance ?
Les zooms thématiques : 1 milliard de touristes ?, La santé, encore un bien public ?, Les inégalités à l’aune d’une Coupe du Monde.
Le dossier spécial : Les élections municipales et européennes de 2014 en France

6 métropoles décryptées : Caracas, Khartoum, Kiev, Manama, Saint Paul-Minneapolis, Touba.

. Laurence Daziano, Les pays émergents. Approche géo-économique, Armand Collin, 2014.

L’émergence de nouvelles grandes puissances, réunies sous l’acronyme BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) constitue le phénomène le plus marquant de la décennie écoulée. Après cette première phase qui a vu la Chine devenir la deuxième économie mondiale, de nouvelles puissances s’imposent à leur tour au Sud, du Nigeria à l’Indonésie en passant par l’Éthiopie et le Vietnam, dans un monde de plus en plus globalisé. Ces nouveaux pays émergents sont en pleine croissance économique et démographique. Ils aspirent désormais à peser sur les affaires mondiales.

Structuré, clair, pédagogique, ce manuel aborde les principaux enjeux qui touchent les pays émergents : mondialisation, démographie, urbanisation, religion, changements climatiques, monnaies, entreprises…

Ce manuel est destiné aux étudiants de classes préparatoires, des IEP, des écoles de commerce ou en économie, mais aussi à tous ceux qui souhaitent comprendre les impacts de ces pays sur l’économie mondiale et les sociétés. Une chronologie claire et synthétique permet de mettre en perspective les événements marquants des pays émergents depuis la chute du mur de Berlin. De nombreux graphiques et cartes illustrent les démonstrations de l’auteur.

Laurence Daziano, économiste, est maître de conférences à Sciences Po et membre du Conseil scientifique de la Fondation pour l’innovation politique.

. Claude-Danièle Echaudemaison, Jean-Raphaël Chaponnière et Marc Lautier, Les économies émergentes d’Asie - Entre État et marché, Armand Colin, 2014.

Alors que la reprise se fait attendre en Europe et aux États-Unis où l’on redoute une stagnation séculaire, les économies émergentes d’Asie – de Séoul à Delhi – continuent de progresser. Quels sont les ressorts de ces dynamiques ? Existe-t-il un « modèle » asiatique de développement ? La montée en puissance de la Chine empêche-t-elle tout rattrapage ? La trajectoire de l’Inde illustre-t-elle l’existence d’une alternative à l’industrialisation ? Quels défis rencontre désormais la poursuite de la croissance en Asie ?

Après avoir replacé l’émergence de l’Asie dans la longue durée, cet ouvrage présente son socle institutionnel qui, inspiré des expériences d’industrialisation tardive du xixe siècle, encadre le dynamisme du marché pour atteindre les objectifs de l’État. Il analyse les changements de spécialisation industrielle qui fondent le « vol des oies sauvages » et l’irruption de l’Asie dans l’économie mondiale. Les auteurs examinent ensuite les processus d’intégration régionale et de creusement des inégalités liées à ces développements, les plus rapides de l’Histoire.

Jean-Raphaël CHAPONNIÈRE, ingénieur CNRS, a été économiste à l’AFD, conseiller économique auprès de l’ambassade de France en Corée, expert au NESDB (Thaïlande), chercheur à l’ISEAS (Singapour) et à l’INSEAD. Il est associé à Asie 21 (Futuribles) et à Asia Centre.

Marc LAUTIER est maître de conférences à l’Université Paris 13, membre du CEPN, UMR-CNRS. Il intervient sur les économies émergentes d’Asie dans plusieurs universités et a réalisé de nombreuses recherches dans cette région du monde.

Ouvrage publié sous la direction de Claude-Danièle Échaudemaison.

. Mohamed Salah Kasmi, Tunisie, L’Islam local face à l’Islam importé, L’Harmattan, 2014.

La Tunisie traverse la plus grande crise politique, sécuritaire et socio-économique depuis son indépendance en 1956. La nouvelle constitution, est un pas important sur le chemin de la transition démocratique mais la persistance de l’islamisme pèse sur son avenir. Quelle est la place de l’islam local dans la politique ? Quelles sont les menaces de l’islam importé, porteur de rigorisme étranger à la culture tunisienne ? Comment les Tunisiens résistent-ils à l’islamisme et au terrorisme ?

. Corentin Brustlein, Étienne De Durand, Élie Tenenbaum et Patrice Sauvé, La suprématie aérienne en péril. Menaces et contre-stratégies à l’horizon 2030, La Documentation Française, 2014.

Depuis la fin de la Guerre froide, la force aérienne incarne, plus que toute autre capacité militaire, la puissance occidentale. Or, dans les années à venir, les armées occidentales vont devoir faire face à des adversaires potentiels dotés de capacités défensives nettement plus performantes : missiles antiaériens modernes et intégrés dans des réseaux redondants, chasseurs de 5e génération, moyens d’agression à longue distance, drones ou encore cyber-attaques… Confrontées à des formes de contestation sophistiquées, technologiquement comme stratégiquement, les forces aériennes vont devoir réagir. Cet ouvrage présente ce que pourrait être la supériorité aérienne à l’horizon 2030.

. Zhang Qingmin, La Diplomatie chinoise : la politique étrangère de la République populaire de Chine, Editions Pages Ouvertes, 2014.

Présentation de la stratégie de la diplomatie globale chinoise depuis 1949.

. Pierre Rousselin, Démocraties en danger, First, 2014.

Que sera le monde en 2034 ? Cette question hante bien des esprits et les événements qui se produisent ici ou là sur la planète n’encouragent pas toujours à l’optimisme. Récemment encore, annexion de la Crimée par la Russie, troubles dans l’est Ukraine ou agissent des éléments prorusses, massacres au Soudan Sud, attentats meurtriers au Nigéria. Tous ces faits ont montré la fragilité de la démocratie et des libertés fondamentales qu’elle garantit.

L’exemple ukrainien, le dernier en date en Europe, est le plus parlant pour nous, mais d’autres régimes démocratiques sont en danger aux quatre coins de la planète. Dans ce livre de prospective écrit pour tous, Pierre Rousselin nous aide à comprendre les forces et les faiblesses des démocraties face aux bouleversements du monde. Car si « la démocratie est le pire des régimes à l’exception de tous les autres » selon Sir Winston Churchill, les démocraties sont-elles capables de faire face aux violences qui les menacent maintenant et dans le futur et d’assurer leur avenir et leur pérennité ? Continent par continent, Pierre Rousselin dresse le bilan de l’état démocratique de la planète et tente de nous en brosser les évolutions possibles et prévisibles pour les 20 années à venir.

Certes, son constat est sombre par moment, mais il a le mérite de nous inciter à plus de vigilance et d’exigence : si nous voulons vivre libres et en paix, la démocratie ne se négocie pas.

. Antoine-Louis De Prémonville et Thomas Flichy de La Neuville, Géopolitique de l’Iran, PUF, 7 janvier 2015.

. Alain Nonjon, L’Afrique, nouvelle frontière du XXIe siècle, Ellipses Marketing, 9 décembre 2014.
Cinquante fiches sur l’histoire, la géographie, la géopolitique, l’économie... du continent africain.

. Jacques Follorou, Démocraties sous contrôle. La victoire posthume de Oussama Ben Laden, Paris, CNRS éditions.

Le 2 mai 2011, l’opinion occidentale a pu croire que la mort du chef d’Al-Qaida signifiait que le danger était écarté. Pourtant, au coeur de nos cités, de nos démocraties et de nos États, un mal sans visage, sournois et plus dévastateur poursuivait son oeuvre. De son vivant, Ben Laden se félicitait des effets de ce poison lent : ces démocraties qu’il connaissait bien allaient se renier et compromettre leurs propres valeurs.

Recours à la torture, prisons secrètes de la CIA, frappes de drones, reniement du droit international en sont les pires exemples. L’anti-terrorisme triomphant s’est s’imposé comme seule doctrine officielle en matière de sécurité en Occident. Mais cette obsession de la menace terroriste a constitué un formidable rideau de fumée pour que s’édifient, à l’abri des regards, de vastes complexes sécuritaires n’ayant que marginalement à voir avec la lutte contre les djihadistes : les États-Unis, mais aussi la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne ont dépensé des sommes colossales dans la construction de systèmes mondiaux de surveillance. La menace terroriste a été ainsi un formidable alibi pour édifier, à l’insu de tout débat démocratique, des machines sécuritaires d’autant plus vastes qu’elles ont épousé la révolution technologique en matière de communication et de surveillance. La vie de tout individu est aujourd’hui numérisée donnant à ces puissances technologiques d’État les moyens de tout savoir.

Les enjeux industriels et financiers sont tels et l’idéologie sécuritaire s’est incrustée à un tel point dans les esprits que le pouvoir politique semble avoir renoncé à toute volonté de restaurer des espaces de liberté perdue…

. Pierre Berthelet, Chaos international et sécurité globale La sécurité en débats, EPU, 2014. ISBN : 9782342027921

Nous traversons une période dangereuse dit-on. Les conflits augmentent, la grande criminalité prospère, les violences se multiplient et la petite délinquance explose. Affaibli, l’État n’arrive plus à protéger la société contre la montée des nouveaux périls : immigration incontrôlée, finance noyautée par les organismes mafieux, cybercriminalité, menaces invisibles, hybrides et transnationalisées... Le monde est décrit comme un "vaste désordre" caractérisé par l’accroissement des massacres ethniques, l’émergence de banlieues comme des territoires de non-droit, le développement d’un "terrorisme apocalyptique" et la propagation inexorable de "zones grises". Un conflit des cultures et des religions s’annonce au moment où l’Occident est en proie à une crise de valeurs.

Mais que penser de ce discours sur le chaos international et sur le désordre planétaire ? Quelles conclusions tirer et comment comprendre la sécurité globale comme réponse au danger ? Au fond, nos sociétés sont-elles si menacées que cela ? Courent-elles réellement à leur perte ? Richement documenté, "Chaos international et sécurité globale. La sécurité en débats" éclaire cette question complexe en menant une analyse approfondie à partir d’une synthèse féconde des réflexions existantes sur le sujet.

. Anne-Clémentine Larroque, Géopolitique des islamismes, Coll. QSJ, PUF, 2014.

L’islamisme désigne plusieurs réalités : des mouvements idéologiques, des groupes politiques, des partis politiques, des groupes terroristes et enfin des groupes ou individus isolés qui peuvent se trouver en pays musulman comme en « terre mécréante ».

Des Frères musulmans aux salafistes du monde arabe, des Ouïghours indépendantistes de Chine, aux islamistes indonésiens ou philippins, jusqu’aux islamistes de France, d’Angleterre et des États-Unis, l’onde de choc islamiste fait parler d’elle dans le monde entier. Associée très largement par les médias au terrorisme djihadiste, l’islamisme ne saurait s’y réduire : depuis 2011, des groupes islamistes ont pris la direction d’État de manière démocratique (en Turquie, en Tunisie, au Maroc, brièvement en Égypte). Cette légitimation politique marque une reconnaissance des idées islamistes dans le monde arabo-musulman. Pour la communauté internationale, l’islamisme n’est pas toujours porteur de craintes : en 2011, par exemple, le prix Nobel de la Paix fût remis à une militante yéménite issue du mouvement islamiste Al-Islah. En somme, si l’islamisme grandit, l’idée d’une internationale islamiste est bien une illusion. Prendre en compte cette pluralité est indispensable à la compréhension de ce phénomène. Cet ouvrage explicite les origines et fondements des doctrines islamistes sunnites comme chiites et donne les bases nécessaires à toute réflexion sur le sujet. Il montre surtout combien appréhender les islamismes d’aujourd’hui exige une étude géographiquement et politiquement très ancrée de chaque mouvance.

Anne-Clémentine Larroque est maître de conférences en Relations internationales à Sciences-Po

. Thierry Lentz , Yves Bruley (dir.), Diplomaties au temps de Napoléon, Paris, CNRS éditions, 2014.

Au vu des guerres menées par l’Empereur, le rôle de la diplomatie et des diplomates à l’époque napoléonienne peut paraître marginal. Il n’en est rien : pour Napoléon, la guerre était bien la continuation de la politique. Du traité de Campo-Formio à celui de Tilsit, des accords territoriaux aux traités de commerce, les diplomates furent des acteurs essentiels de l’action extérieure du Consulat et de l’Empire. Si la question de la continuité ou de la rupture de la diplomatie napoléonienne avec celles de l’Ancien régime et de la Révolution française se pose d’emblée, celle de la contradiction entre l’idée de puissance, la volonté de paix, le désir de gloire, d’une part, et la nécessaire régulation de la vie internationale, d’autre part, est révélatrice d’ambiguïtés qu’il convient d’examiner. Qui animait la politique diplomatique et avec quels moyens ? Plus concrètement, quelle influence réelle eurent les cinq ministres des Relations extérieures – Reinhard, Talleyrand, Champagny, Maret et Caulaincourt – ou les chevilles ouvrières – la Besnardière, Hauterive, Bignon, etc.- face à la volonté de Napoléon lui-même ? Quelle était la conception du « droit international » de l’empereur et en quoi heurtait-elle ou se conformait-elle aux idées du temps ? Peu abordée par les historiens, la place de la diplomatie dans la politique impériale est révélée ici dans toute sa dimension.

. Jean-François Gayraud, François Farcy, Le renseignement criminel, Paris, Biblis, 2014.

Trafic de drogues, d’armes et d’êtres humains, contrebande, contrefaçon, fraude financière, crime écologique, mafia, guérilla passée au narcotrafic, bande criminelle de quartiers, corruption… Comment prévenir et juguler ces fléaux qui menacent la sécurité des citoyens, des États, de l’Europe ? François Farcy et Jean-François Gayraud montrent pourquoi et comment le renseignement est indispensable pour combattre efficacement des criminalités protéiformes et toujours plus transnationales. Une approche nouvelle exigeant la remise en cause radicale de tactiques usées, lentes et stérilisantes. Pour la première fois, un ouvrage offre une étude rigoureuse et novatrice pour analyser et combattre les nouvelles criminalités nourries par la mondialisation.

. Pierre Blanc et Jean-Paul Chagnollaud, Violence et politique au Moyen-Orient, Presses de Sciences Po, 2014.

Le Moyen-Orient est une des régions les plus instables au monde. Guerres civiles en Syrie et en Irak, transition politique douloureuse en Égypte, occupation massive de la Palestine par Israël, tensions récurrentes au Liban : autant d’exemples d’un état de violence qui a la particularité de s’exporter hors des foyers où il se déploie.

La désertion du politique, dont la légitimité se fonde sur le dialogue, le compromis et la référence au droit, laisse le champ libre à un déferlement de violence multiforme dans cette région. Pour en décrypter les mécanismes, les auteurs prennent en compte cinq dimensions : les conflits territoriaux, les enfermements idéologiques, les replis identitaires, la résilience des autoritarismes et le contournement du droit international. Une réflexion sur cet espace géopolitique majeur, que le déni du politique fait sombrer dans le chaos.

. Rémy Leveau, Denis Bauchard, La démocratie est-elle soluble dans l’islam ?, Paris, CNRS éditions, 2014

Les attentats du 11 septembre 2001 ont brutalement posé la question des libertés politiques dans le monde arabe. Ces pays musulmans ne seraient-ils que des « démocraties sans démocrates » ? La frustration de populations réprimées serait-elle une cause de la « violence islamiste » ?

L’Occident voit dans la réforme de ces régimes autoritaires les prémices d’un rempart contre l’hyperterrorisme. Il cherche à convaincre – par la force si besoin – les gouvernements arabes d’organiser des élections, d’améliorer le statut de la femme, de protéger les minorités… bref, de s’ouvrir à LA DÉMOCRATIE. Démarche difficile s’il en est car, au XXIe siècle, la notion de pouvoir en islam fait toujours débat, en particulier en raison de l’imbrication du religieux et du politique.

Cet ouvrage vient précisément éclairer la place du politique en « terre d’islam » sous différents angles – histoire, anthropologie, sociologie, science politique. Il dresse un tableau vivant de la situation au Maroc, en Égypte, en Arabie saoudite, en Iran et en Turquie.

Avec les contributions de : Madawi Al-Rasheed, Hicham Ben Abdallah El Alaoui, Hamit Bozarslan, Mohammed El Oifi, Richard Falk, Nader Fergany, Abdou Filaly-Ansary, Yves Gonzalez-Quijano, Abdellah Hammoudi, Farhad Khosrokhavar, Henry Laurens, Malika Zeghal.

. Michel Aglietta et Virginie Coudert, Le dollar et le système monétaire international, La Découverte, 2014.

Le dollar occupe une position dominante dans le système monétaire international. Comment se manifeste cette position par rapport aux autres grandes monnaies ? Quelles en sont les causes et les enjeux pour l’économie mondiale ?

En émettant la monnaie internationale dominante, les États-Unis disposent d’un « privilège exorbitant ». Dans le système de Bretton Woods, le dollar était le pivot des relations de change. Il est remarquable que le passage aux changes flottants ait préservé cette asymétrie. La structure des relations monétaires l’explique. Car la liquidité dépend d’effets de réseaux qui confortent les positions dominantes.

Mettre en évidence cette persistance découle de l’analyse des processus historiques qui forment les monnaies internationales. Aussi sa remise en cause dépend-elle de l’évolution mondiale qui affirme de nouvelles puissances hors de l’orbite occidentale. Parce que la monnaie est un bien public, la concurrence des devises pour la liquidité internationale est un processus instable. Avec l’internationalisation du renminbi (yuan) réapparaîtra vers la fin de l’actuelle décennie le besoin de règles monétaires mutuellement acceptées.

. David Siritzky, Parlons d’Europe en 30 questions, coll. doc’ en poche, nouvelle édition 2014, Paris, La Documentation française.

Voici une porte d’entrée à la fois facile et intelligente pour comprendre l’Union européenne. L’auteur fait oeuvre de pédagogue et il faut l’en remercier. Elections européenne, Union bancaire, crise de l’euro, pacte transatlantique d libre échange... tout pour comprendre l’essentiel.

. Pascal Baylocq, Philippe Charlez, Gaz et pétrole de schiste... en questions, Technip, 2014.

En six ans les États-Unis ont réduit d’un tiers leur dépendance pétrolière et sont devenus presque autosuffisants en gaz. Cette « révolution des gaz et pétrole de schistes », leur a permis de redevenir l’un des pays les plus compétitifs au monde.

Cette nouvelle donne aura à moyen terme des conséquences géopolitiques majeures. L’ensemble des flux pétroliers, gaziers et charbonniers seront profondément modifiés. Pendant que les importations américaines en provenance du golfe Persique se réduiront fortement, celles de la Chine et de l’Inde augmenteront significativement. Les États-Unis devenant exportateur de gaz, la Russie devra chercher de nouveaux débouchés. En Europe, les ressources semblent importantes. Mais la réalisation d’un grand projet demandera la levée de plusieurs verrous d’ordre géologique (les roches mères européennes sont-elles aussi bonnes que ses « consœurs » américaines ?), économique (l’Europe sera-t-elle capable de développer ses ressources à des coûts acceptables ?) mais aussi sociétal. Dans une Europe fortement urbanisée, fracturation hydraulique, approvisionnement en eau, microséismes et impact en surface représentent pour certaines parties prenantes autant de « menaces ». Changer cette perception demandera à la fois pédagogie et transparence vis-à-vis des communautés locales. Dans cet ouvrage qui se veut accessible aux non spécialistes, Philippe Charlez et Pascal Baylocq répondent en 20 questions à « tout ce que vous voulez savoir sur les gaz et pétrole de schistes sans oser le demander ».

. Guillaume Charon, Gaz de schiste : la nouvelle donne énergétique, Technip, 2014.

Enjeux techniques, économiques, écologiques et géostratégiques. « Gaz de schiste : la fin » ; « Le mirage évanoui » ; « Des coûts de production élevés »,« Le gaz de schiste vous rend heureux » ; « Miracle en Californie » ; « Le gaz de schiste sauve l’industrie américaine »… Le développement des gaz de schiste est au cœur des débats. Toutefois le sujet et ses enjeux restent difficiles à appréhender. Les nouvelles contradictoires se télescopent tandis que la rhétorique et la posture se substituent trop souvent à l’expertise et à l’objectivité. Dépassionnant le débat et au terme de deux années d’une analyse approfondie, l’auteur lève le voile sur l’industrie du gaz de schiste et explique, pas à pas, comment cette ressource transforme en profondeur le monde énergétique et les rapports de force économiques et géopolitiques. Destiné à un public de spécialistes et de décideurs politiques, cet ouvrage apporte des réponses claires, argumentées et chiffrées aux questions qui agitent le débat : combien d’éoliennes pour remplacer une production de gaz de schiste ? Quels sont les risques environnementaux ? Comment les éviter ? Quelles retombées économiques pour les consommateurs, les industriels ou les États ? Quel est l’impact du gaz de schiste sur le prix de l’énergie ? Pourquoi les majors ont-elles raté le virage ? Pourquoi certains pays producteurs s’opposent au gaz de schiste ? Dans quels pays le gaz de schiste va-t-il se développer ?

Gaz non conventionnel, Exploration et production, Transport stockage et commercialisation, Coûts de production du gaz non conventionnel – Exemples de simulations, Bilan économique du gaz non conventionnel, Stratégie des acteurs, Bilan environnemental, Débat, Panorama mondial.

. Pierre Blanc, Jean-Paul Chagnollaud, Violence et politique au Moyen-Orient, Presses sciences po, 2014.

Le Moyen-Orient est une des régions les plus instables au monde. Guerres civiles en Syrie et en Irak, transition politique douloureuse en Égypte, occupation massive de la Palestine par Israël, tensions récurrentes au Liban : autant d’exemples d’un état de violence qui a la particularité de s’exporter hors des foyers où il se déploie.

La désertion du politique, dont la légitimité se fonde sur le dialogue, le compromis et la référence au droit, laisse le champ libre à un déferlement de violence multiforme dans cette région. Pour en décrypter les mécanismes, les auteurs prennent en compte cinq dimensions : les conflits territoriaux, les enfermements idéologiques, les replis identitaires, la résilience des autoritarismes et le contournement du droit international. Une réflexion sur cet espace géopolitique majeur, que le déni du politique fait sombrer dans le chaos. Chapitre 1 Les violences territoriales : Les violences premières ou la marque du colonialisme, Les violences dérivées ou la marque des nationalismes, Israël-Palestine : un foyer actif de violence territoriale, L’épuisement des violences territoriales ? Chapitre 2 La violence des idéologies : La victoire du sionisme radical ?, Le nationalisme arabe : de la libération à l’exclusion, L’islam est-il la solution ?, Désamorcer les violences idéologiques, Chapitre 3 Quand la différence induit la violence : État-nation et épuration ethnique, État-nation affrontements communautaires et minorités, État-nation communautés et intégration citoyenne, « Etmaintenant, on va où ? ». Chapitre 4 Les systèmes autoritaires : L’asabiyya : un concept évolutif, Le trompe-l’oeil des institutions, Quand la violence se fait indirecte : la violence économique, Quand la violence se fait directe : la violence physique, Un autoritarisme à forte résilience. Chapitre 5 La force et la stratégie : L’ONU marginalisée, Des traités instrumentalisés, Une justice pénale ignorée, La preuve par la paix.

. Marianne Bastrid-Brugière (dir.), Une autre émergence ?, Hermann, 2014.

L’émergence de la Chine et de l’Inde depuis vingt ans n’est-elle qu’une émergence économique ? Derrière l’élan continu de la croissance économique, n’y a-t-il pas des ressorts internes, encore trop méconnus ? Dans quel état d’esprit les populations y vivent elles le bouleversement des modes de vie ? Quelles expressions les changements en cours trouvent-ils dans les représentations, les sentiments, l’imaginaire des habitants ? Avec quels espoirs et quelles ambitions ? De la créativité technique à la création littéraire, cet ouvrage explore les forces humaines mobilisées par les deux grandes puissances asiatiques du XXIe siècle, et recherche la dynamique profonde de leur émergence.

. Jean-Vincent Holeindre, Jean Baechler (dir.), Penseurs de la stratégie, Hermann, 2014.

La guerre s’inscrit dans un espace à trois dimensions, politique, instrumentale et opérationnelle. La stratégie vise l’appropriation des moyens aux fins. La fin du politique est la paix, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, où elle peut être gagnée par l’équilibre ou la conquête : la « grande stratégie » tend à cette fin par des moyens militaires et diplomatiques. La fin des opérations est la victoire, en gagnant ou en ne perdant pas : la stratégie opérationnelle choisit entre l’attaque et la défense pour décider les tactiques et conduire les opérations. La dimension instrumentale porte sur l’outil militaire et ses modes d’emploi : elle exige une réflexion stratégique.

Les stratégies politique et opérationnelle relèvent de l’agir, qui vise des objectifs à travers les incertitudes des circonstances. Elles exigent vision, fermeté, prudence. La stratégie instrumentale relève du connaître et vise le général, pour accroître l’efficacité de l’outil militaire. Les penseurs de la stratégie sont donc des praticiens ou des théoriciens. Ce florilège illustre la diversité des conceptions de la stratégie dans ses trois dimensions politique, théorique et opérationnelle.

. Jean-Vincent Holeindre, Jean Baechler (dir.), Guerre et politique, Hermann, 2014.

Faire de la guerre un sujet central des sciences de l’homme et de la société, et le faire de telle manière que soit inauguré un courant de pensée et de recherche original et fécond sur le long terme, tel est l’objectif de cette collection d’ouvrages qui reprennent les Actes de colloques et de journées d’étude, organisée, sous la direction de M. Jean Baechler, par l’Académie des Sciences morales et politiques, avec le soutien de la Fondation Simone et Cino Del Duca de l’Institut de France.

Dans ce premier livre, il convenait de préciser la place et le lieu de la guerre dans le dispositif humain et, pour ce faire, de montrer qu’elle est, d’abord et de part en part, un phénomène qui relève du politique, en un sens encore plus profond, s’il est possible, que l’apophtegme célèbre de Clausewitz de la guerre comme continuation de la politique par d’autres moyens. Si la paix par la justice est la fin du politique, alors le politique s’exerce sur deux espaces distincts. L’un est intérieur, où des dispositifs et des procédures appropriés favorisent la résolution des conflits sans le recours à la violence. L’autre est extérieur, où au moins deux espaces de pacification tendancielle se rencontrent au risque de succomber à des conflits violents, faute des dispositifs et des procédures idoines : la guerre y est virtuelle. Depuis au moins dix mille ans, l’humanité est soumise aux contraintes de ces deux espaces. Sont ainsi examinés successivement le concept de guerre, les types de guerre, la guerre et la construction politique, les régimes politiques et la guerre, la guerre et les logiques politiques.

Ouvrage publié dans la collection L’Homme et la guerre, une collection de l’Académie des sciences morales et politique.

. Régis Debray, Renaud Girard, Que reste-t-il de l’Occident ?, Grasset, 2014.

À la manière des contes philosophiques, cet ouvrage se présente comme un échange épistolaire entre le philosophe Régis Debray et le reporter international Renaud Girard sur le déclin présumé de l’Occident. La diversité des expériences, des angles, des points de convergence et de divergence entre les deux auteurs fait de ce petit livre rapide et brillant la synthèse la plus stimulante qui soit sur l ?un des plus grands sujets de notre avenir.

. Pierre Rousselin, Démocratie en danger, Comment sera le monde dans 10 ans ?, First, 2014.

. Michel Agier (dir.), Un monde de camps, La découverte, octobre 2014.

Les camps se multiplient et se banalisent partout sur la planète. Ils sont aujourd’hui des milliers, dessinant peu à peu un nouveau paysage mondial. Gouvernements nationaux et agences internationales adoptent de plus en plus systématiquement cette solution pour « regrouper » les réfugiés humanitaires, pour « parquer », faire « transiter », « retenir » ou mettre à l’écart les « déplacés » et les migrants, les « clandestins » et autres indésirables.

Douze millions de personnes vivent ainsi dans ces camps, des millions d’autres dans des campements de fortune, au creux des forêts, dans les interstices des villes, le long des frontières ; d’autres encore sont piégées dans des centres de rétention, des zones d’attente ou de transit. Si ces « hors-lieux » sont des espaces de parias, nombre d’entre eux s’inscrivent dans la durée et se transforment au fil du temps : la vie s’y renouvelle, s’y attache, et l’emporte le plus souvent sur la mort ou le dépérissement. En vingt-cinq monographies qui forment une sorte de tour du monde des camps (du plus ancien, à Chatila au Liban, au plus grand, à Dadaab au Kenya, qui regroupe 450 000 habitants, en passant par le plus informel, à Canaan en Haïti, ou le plus précaire, à Calais), cet ouvrage fait découvrir la vie intime et quotidienne de leurs habitants. Loin d’être l’« exception » que l’on évoque généralement dans un cadre humanitaire ou sécuritaire pour en justifier l’existence, les camps font durablement partie des espaces et des sociétés qui composent le monde aujourd’hui.

. Bertrand Collomb, La France dans le monde - Coffret (3 Vol.), Hermann, 21 novembre 2014.

Académiciens, chefs d’entreprises, diplomates, universitaires, politiques, mais aussi archevêque, romancier, réalisateur de cinéma ou chef cuisinier : près de trente personnalités ont été mises à contribution pour dresser un tableau inédit et actuel de « la France dans le monde ». Un tableau qui tient à la fois de la grande fresque et du portrait, tant l’identité française est singulière, et qui prend la forme d’un triptyque, celle du coffret "La France dans le monde" correspondant à trois volumes : Tome I, Une puissance moyenne ?, analyse le rôle politique de la France dans le monde et en Europe. Tome II, Les Français dans l’économie mondialisée, étudie la société française confrontée à la mondialisation. Tome III, Histoires de succès mondiaux, présente l’expérience des entreprises françaises leaders mondiaux dans leurs secteurs. Cette vaste enquête, unique en son genre, a été réalisée par l’Académie des sciences morales et politiques.

. Julien Wagner, Chine/Afrique - Le grand pillage, Eyrolles, 21 novembre 2014.

Depuis 20 ans, La Chine prend pied en Afrique, exploitant les ressources tout en vendant ses marchandises à bas coût. C’est une nouvelle colonisation, violemment capitaliste, à laquelle se livre la Chine sur un continent au réel potentiel de croissance. L’échange est largement perdant pour l’Afrique : pillage des richesses, nouveaux liens de dépendance, entretien de la corruption, catastrophes écologiques...

. Didier Destremau, Les armes du printemps arabe, Riveneuve, 4 décembre 2014.

La zone arabe est dans l’œil du cyclone depuis les premières manifestations à Tunis, Bahrein, le Caire ou Damas. La révolution, la contre révolution, la répression, les combats, les menaces extérieures, les guerres civiles conduisent à une course à l’armement de tous côtés. Trois ans après le début de ce qu’on appelle le « Printemps arabe », un état des lieux des armées officielles et des forces armées rebelles en présence s’impose.

. Gilles Ardinat, Comprendre la mondialisation en 10 leçons. 2e édition mise à jour, Ellipses, 2014. La « mondialisation » est omniprésente dans les médias et les discours politiques. Ce sujet, vaste et complexe, suscite chaque jour de nouveaux ouvrages, des articles et des débats. Pourtant, ce concept est le plus souvent mal défini, voire incompris.

Ce manuel de culture générale propose une synthèse des principaux travaux consacrés à la mondialisation. Il permet d’aborder tous les aspects du sujet : histoire, économie, géographie, sciences politiques, écologie... En effet, la mondialisation n’est pas uniquement un phénomène économique, elle influence en profondeur l’ensemble de la société (culture, religion, mode de vie).

Cet ouvrage traite de la mondialisation de façon structurée et pédagogique grâce à 10 parties thématiques et un glossaire de plus de 160 entrées. Chaque leçon est complétée par des extraits de textes – citations d’auteurs et d’acteurs importants. Il s’adresse aux étudiants et à toutes les personnes soucieuses de comprendre ce sujet incontournable et passionnant.

. Sophie Bessis, La double impasse. L’universel à l’épreuve des fondamentalismes religieux et marchand, la Découverte, octobre 2014. Le grand tournant conservateur des années 1980 a fait émerger deux systèmes idéologiques qui ont prospéré sur l’épuisement de la modernité et qu’on peut qualifier de fondamentalismes. D’un côté, les apôtres du marché globalisé veulent inclure dans sa sphère toutes les activités humaines. De l’autre, de nouvelles hégémonies religieuses et identitaires tentent de reconquérir des sociétés que les évolutions mondiales plongent dans l’anomie. Entre les deux versions, plus complémentaires que concurrentes, de la réaction postmoderne, y a-t-il place pour un nouvel universalisme capable de conjurer cette double impasse ?

Sophie Bessis propose dans ce livre quelques réponses à cette question. Pour ce faire, elle explore l’histoire heurtée de la modernité dans le monde arabe. Refusant de réduire celui-ci à sa spécificité supposée, elle s’interroge sur le sens qu’on peut donner à ses convulsions et sur la part d’universel que portent ses aspirations. Elle questionne, en regard, l’essor des pensées différentialistes en Occident, y voyant l’abandon par ce dernier d’universaux dont il a longtemps fait sa propriété. Sous quelles formes le Sud peut-il reprendre à son compte un projet de modernité, au-delà de ses contradictions et des régressions qu’il connaît ?

. Niall Ferguson, Civilisations, Nous et le reste du monde, Saint-Simon, 2014.

C’est en visitant les chantiers pharaoniques de la mégapole de Chongqing, en Chine, que Niall Ferguson a été saisi d’une révélation : et si nous étions en train de vivre la fin de la domination occidentale sur le monde ? Fasciné par le destin des empires, l’historien britannique s’est demandé par quel miracle l’Europe de l’Ouest, déchirée par les guerres du Moyen-Age, avait pu prendre le dessus sur la Chine, l’Inde, l’Empire Ottoman, alors au faîte de leur puissance, pour imposer au monde ses normes et son mode de vie.

Les clefs de ce miracle, ces six « applis fatales » qui fondèrent pour cinq siècles la suprématie de l’Occident, Niall Ferguson les analyse ici : ce sont la concurrence, source d’innovation ; la science, garante de la domination militaire ; le droit de propriété, pilier de la démocratie représentative ; la médecine, source de mieux-être collectif ; la société de consommation, moteur de l’industrialisation ; enfin, l’éthique du travail, ciment des institutions.

Mais demain ?... Les mêmes causes qui ont fait la grandeur de l’Occident peuvent-elles causer sa décadence ? Comment maintenir cette supériorité, quand le reste du monde a peu ou prou fait siennes les recettes du miracle occidental ? Comment enfin empêcher que le déclin relatif de l’Occident ne devienne absolu et irréversible ?

A ces questions, dont dépend notre devenir, l’auteur du best-seller L’irrésistible ascension de l’argent, apporte sa réponse, qui ne manquera pas de faire débat : le principal ennemi de l’Occident n’est autre que lui-même. Il ne tient qu’à lui de retrouver son rang, en reprenant confiance dans la solidité et la supériorité de ses institutions.

Niall Ferguson est né le 18 avril 1964 à Glasgow. C’est un des plus grands historiens britanniques de sa génération. Professeur à Harvard et à l’Université d’Oxford, ses travaux portent sur l’histoire de l’économie et de la finance. Il est notamment l’auteur des best-sellers The House of Rothschild (Penguin Books, 1998) et de L’irrésistible ascension de l’argent (Saint-Simon, 2009), qui ont été adaptés en documentaires pour la BBC. Père de quatre enfants il vit aujourd’hui aux Etats-Unis avec sa seconde épouse, la députée hollandaise d’origine somalienne Ayaan Hirsi Ali.

. Eddy Fougier et Anna Dimitrova, Introduction aux relations internationales, Ellipses, 2014.

Cet ouvrage se veut une introduction aux relations internationales la plus accessible et compréhensible possible. Il est structuré en cinq grandes parties qui abordent chacune de façon synthétique les principales thématiques des relations internationales. La première partie intitulée « Histoire des relations internationales contemporaines » est une mise en perspective historique des relations internationales contemporaines. « Droit international et organisations internationales » aborde le cadre juridique et institutionnel des relations internationales autour des enjeux du droit international et des institutions internationales et régionales. La troisième partie, « Les principaux États dans le système international » est consacrée aux principaux acteurs des relations internationales que sont encore les États. La quatrième partie, « Conflits et tensions dans le monde » s’intéresse aux principales zones de conflits et de tensions dans le monde. Enfin, la cinquième et dernière partie intitulée « Les principales menaces pour l’ordre international » traite des grandes menaces qui pèsent sur l’ordre international actuel.

. Dionet-Grivet Suzanne, Géopolitique de l’eau, Ellipses Marketing, octobre 2014. (2e éd.)

Raréfaction de l’eau, inégalités des hommes face à la ressource, l’eau des villes et l’eau des champs, pollutions, conflits de l’eau et hydrodiplomatie, nécessité d’une gestion concertée… autant de thèmes abordés clairement et simplement.

Largement illustré de cartes et schémas, et grâce à de nombreux exemples pris à travers le monde, l’ouvrage est un outil précieux pour comprendre les défis et enjeux de cette ressource essentielle à la vie.

Chapitre 1 : La raréfaction de l’eau, source de tensions.

Chapitre 2 : Les usages de l’eau : l’agriculture première consommatrice.

Chapitre 3 : Les enjeux géopolitiques : conflits de l’eau et hydrodiplomatie.

Chapitre 4 : La nécessité d’une révolution bleue.

. Elie Barnavi, Dix thèses sur la guerre, Flammarion, 2014.

Dix thèses de débat sur un sujet éternel. Le regard d’un historien doublé de celui d’un citoyen-soldat : "La guerre a accompagné toute ma vie, elle a pénétré ma façon de m’exprimer et de penser."

. Franck Tétart (dir.) Grand atlas 2015. Comprendre le monde en 200 cartes, Paris, Autrement. Un outil indispensable pour comprendre le monde. Un panorama géopolitique complet. Des cartes entièrement mises à jour. Les événements vus par la presse du monde entier.

. Alexis Bautzmann (dir.) Atlas géopolitique mondial 2015, Argos.

Avec plus de 280 cartes et graphiques couvrant les cinq continents, l’Atlas géopolitique mondial constitue un outil d’analyse et de compréhension sans équivalent dont le contenu est intégralement renouvelé à chaque nouvelle édition. Des discordes russo-européennes sur l’Ukraine aux tensions géopolitiques dans le Golan, du naufrage de l’Etat centrafricain à la menace grandissante de Boko Haram au Nigéria et au Cameroun, sans oublier le défi du troisième âge pour le continent africain, le miracle économique indonésien, le « Grand jeu » énergétique sur les côtes du Baloutchistan ou encore le lobbying et la culture de l’argent aux Etats-Unis, c’est près d’une centaine de thèmes originaux qui sont traités à travers des analyses détaillées et des cartes et graphiques précis, actualisés et didactiques. Désormais, rien de ce qui rend le monde complexe et passionnant ne vous sera totalement étranger.

. Pierre Salama, Des pays toujours émergents ? Coll. Doc en poche, place au débat. Paris, la Documentation française, septembre 2014.

Les pays émergents ont montré durant les dernières décennies une croissance que bien des pays industrialisés leur ont enviée. Or, aujourd’hui, le ralentissement économique, voire la crise, menace la plupart de ces pays. Assiste-t-on à un retournement de situation ? Le miracle économique se transforme-t-il en mirage ? Place au débat analyse la situation sans omettre d’évoquer les nouvelles puissances émergentes (exemple de l’Argentine) et aborde des questions-clés : baisse de la pauvreté, émergence de classes moyennes, coûts environnementaux de la croissance, etc.). Une synthèse à la fois dense et accessible.

. Florent Parmentier. Les chemins de l’Etat de droit. La voie étroite entre Europe et Russie. Coll. La bibliothèque du citoyen, Les Presses de SciencesPo, 2014.

En novembre 2013, les révoltés ukrainiens de la place Maïdan revendiquaient la constitution d’un État « normal », débarrassé des ingérences des oligarques et des agissements d’un président contre lequel ne s’exerçait aucun contre-pouvoirs. De semblables appels ont retenti à plusieurs reprises dans des pays situés entre l’Europe et la Russie, comme la Moldavie ou la Géorgie. L’Europe peut-elle répondre à l’attente suscitée par son modèle politique ? Ou, au contraire, faut-il voir dans la force d’inertie et dans les héritages culturels les facteurs de résilience de régimes plus ou moins autoritaires dans la région, soutenus par la Russie ?

Préface par jacques Rupnik

Introduction

Chapitre 1. L’État de droit : idées et institutions À quoi se rattache le concept d’État de droit ? L’attention européenne portée aux institutions formelles

Chapitre 2. L’optimisme institutionnel des acteurs européens L’élargissement européen, expérience historique de l’optimisme institutionnel La volonté européenne d’exporter l’État de droit à l’Est

Chapitre 3. L’optimisme institutionnel européen et ses insuffisances Pourquoi aller au-delà de l’élargissement projeté L’optimisme institutionnel face à la contrainte géopolitique

Chapitre 4. L’hypothèse du pessimisme culturel pour le voisinage oriental De quoi le pessimisme culturel est-il le nom ? Les multiples héritages de l’État de droit Existe-t-il des pré-requis culturels à l’État de droit ?

Chapitre 5. Le pessimisme culturel à l’épreuve des révolutions colorées Les révolutions colorées comme moment de rupture Régime hybride et résistance à l’État de droit : la révolution comme mouvement

Conclusion Les chemins de l’État de droit, de Tbilissi à Tunis en passant par Kiev

Entre pessimisme de raison et optimisme de la volonté, Florent Parmentier propose une analyse d’actualité sur les possibilités d’émergence d’un État de droit dans les pays d’Europe de l’Est et du Caucase, condition sine qua non de leur modernisation et d’un éventuel rapprochement profond et durable avec l’Union européenne.

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. Sébastien Velut (dir.), Amérique latine, 2014-2015, coll. Mondes émergents, La documentation française, 2014

Cette nouvelle édition fait le bilan annuel de la situation politique, économique, sociale et démographique des pays de l’Amérique latine en 2013. Si la région a bien changé depuis le début des années 2000, elle n’a pas non plus été totalement transformée. Trouver des réponses adaptées conciliant dynamiques de marché et équité sociale, donner à l’Amérique latine un second souffle, requiert des citoyens et des dirigeants non seulement une vision de l’avenir mais aussi une capacité à relire leur passé. Le début de l’année 2013 a été, dans une Amérique latine depuis plusieurs années encline à l’optimisme, marqué par une consécration : celle de l’Argentin Jorge Mario Bergoglio, élu pape sous le nom de François. Cette désignation pose la question de la place de la région dans le contexte global. Les optimistes estiment que la région a trouvé des réponses appropriées aux défis de la mondialisation et aux attentes de ses populations. Les autres mettent en avant des difficultés économiques, des inégalités sociales persistantes. Cinq pays (le Venezuela, le Paraguay, le Brésil, la Colombie et le Pérou) font l’objet d’un article particulier. En fin d’ouvrage, une fiche signalétique par pays en présente la synthèse politique, économique, sociale et environnementale.

Voir sur le site de l’éditeur

. Thierry de Montbrial (dir.) et Philippe Moreau Defarges (dir.), Ramses 2015 – Le Défi des émergents, Dunod, 2014.
RAMSES 2015 a pour fil rouge les conséquences de l’avènement des pays émergents - la nouvelle vague des émergents -, et en particulier les implications de cette montée en puissance pour l’Occident. Il propose au total 58 entrées : par pays ou par thème. Les Repères. Le monde en cartes (16 pages quadri). Le monde en chiffres : 150 pays. Chronologie.
Le Rapport annuel mondial sur le système économique et les stratégies (RAMSES) constitue une analyse approfondie et prospective de l’actualité : il fournit les clés et les repères indispensables pour décrypter la géopolitique à l’échelle mondiale.

Les Perspectives de Thierry de Montbrial, synthèse originale de l’année écoulée, couvrent l’ensemble du champ des relations internationales.
3 parties – Émergences et redistribution des équilibres planétaires, Enjeux entre puissances établies et pays émergents, Questions continentales et mondiales – regroupent 58 entrées analysant les enjeux de la zone ou de la question concernée.

Les Repères proposent un appareil documentaire qui complète les textes : chronologie, statistiques, cartes originales en couleurs créées pour RAMSES, suivies d’un index méthodologique.

Porté par l’équipe de l’Ifri et ses collaborateurs extérieurs, le RAMSES 2015, rénové dans sa maquette et sa structure, et consacré au phénomène majeur de l’émergence de la puissance, est l’ouvrage indispensable pour l’étudiant, l’enseignant, le journaliste, le diplomate, le manager ou toute personne qui veut comprendre notre monde en mutation.

. Yves Colombel et Daniel Oster, La France, Territoires et aménagement face à la mondialisation, Nathan, 2014.
Ce manuel se compose de quinze chapitres autonomes qui offrent ensemble une synthèse des enjeux contemporains et peuvent aussi être utilisés individuellement pour faire le point sur un thème particulier. Des renvois permettent au lecteur d’établir des passerelles entre les chapitres.
Pour chacun des chapitres :
une courte introduction qui permet de présenter les contextes et les enjeux,
des repères chronologiques,
des définitions des termes clés,
des cartes,
des " zooms " qui offrent des éclairages précis sur des problématiques particulières.
L’ouvrage a été rédigé par une équipe regroupant des enseignants de classes préparatoires, des universitaires et des chercheurs qui ont eu une ambition d’allier la rigueur scientifique à l’accessibilité de leurs propos.

. Collectif, La cartographie aux concours des grandes écoles, Nathan, 2014.
Dans la collection « Nouveaux Continents », ce nouvel ouvrage consacré à la cartographie propose les quarante cartes qui permettent de dresser un état des lieux très complet de la mondialisation et de la géopolitique contemporaines. Ouvrage clé pour lire, réaliser et décrypter les cartes, ce manuel s’adresse aux étudiants des classes préparatoires ECS, aux étudiants en IEP, ainsi qu’aux personnes se préparant à de nombreux concours et examens. Les quarante cartes proposées sont réparties en trois ensembles : - enjeux planétaires ; - grandes régions du monde ; - dynamiques infra-continentales. Réalisées en quatre couleurs, ces cartes permettent un apprentissage méthodique de la réalisation et du commentaire cartographiques dont les fondements sont rappelés dans le chapitre préliminaire (« Principes et méthodes de la cartographie »). S’adressant principalement à un public d’étudiants, en particulier à ceux qui préparent les concours des grandes écoles, l’ouvrage sert aussi àmémoriser les principaux aspects de la mondialisation et des enjeux géopolitiques de la planète grâce au commentaire qui accompagne chaque carte. Enseignants en classes préparatoires, les auteurs se sont fondés sur leur expérience pour proposer un ouvrage utile et rigoureux permettant une préparation optimale aux concours.

. Frédéric Encel, Géopolitique du Printemps arabe, PUF, 8 octobre 2014.
Pour la première fois en France, un ouvrage est consacré au Printemps arabe sous son angle géopolitique, c’est-à-dire qu’il se penche sur ses causes, son déroulement, ses conséquences et ce qu’il a révélé du monde contemporain.

Les cyniques disaient que les Arabes ne s’intéressaient pas à la démocratie. Les complaisants affirmaient que les islamistes étaient appelés à prendre le pouvoir au Maghreb et au Proche-Orient pour le conserver longtemps. Tous se fourvoyèrent. Le grand mouvement de contestation, déclenché fin 2010 en Tunisie et qui a balayé une partie du monde arabe, les a surpris tour à tour. Le terme de « Printemps arabe » correspond-il à une vraie réalité ? Quel en fut le moteur principal ? Pourquoi certains régimes ont chuté et pas d’autres ? Comment Assad peut-il impunément poursuivre sa répression meurtrière ? Quel rôle jouent les occidentaux, la Russie et les autres puissances ? Pourquoi les islamistes ont échoué à garder le pouvoir là où ils l’avaient conquis ? Où en est la guerre sunnites-chiites ? Les réponses à ces questions, et à bien d’autres, nécessitent sérieux, clarté et pondération. Car directement ou pas, elles nous concernent tous.

Chapitre I – Un monde arabe en crise profonde
Chapitre II – Nature et déroulement du Printemps arabe
Chapitre III – Ce que le Printemps arabe a révélé des grandes puissances
Chapitre IV – Hypothèses et perspectives

. Bertrand Badie et Dominique Vidal, L’Etat du monde 2015 – Nouvelles Guerres, La Découverte, septembre 2014.
Congo, Somalie, Nigéria, Mali, Centrafrique, Syrie, Irak, Israël-Palestine, Ukraine... La fin de la guerre froide n’a pas laissé la place à un monde de paix. Deux décennies plus tard, plusieurs dizaines de conflits armés ensanglantent la planète. Si elles ressurgissent dans certaines parties de l’Europe, la plupart des guerres se déroulent aujourd’hui dans les pays du Sud. Et leur nature a profondément changé. Seule une minorité d’entre elles peuvent être décrites comme des conflits interétatiques. Les autres mettent aux prises un État, souvent déliquescent, et une ou plusieurs rébellions, avec pour enjeu le contrôle du pouvoir, du territoire ou des ressources naturelles.

Les divisions ethniques et religieuses alimentent ces nouveaux conflits. Mais ils s’enracinent surtout dans les conséquences de la mondialisation, qui enrichit les plus riches et appauvrit les plus pauvres. Dans la plupart des cas, les guerres du XXIe siècle procèdent de la décomposition institutionnelle et sociale, tout en s’inscrivant dans le cadre des rivalités entre les grandes puissances, anciennes ou nouvelles.
Véritable « roman de l’actualité internationale », L’État du monde révèle, au-delà de l’immédiateté de l’événement, les grandes tendances des changements à l’oeuvre sur la planète.

. Thomas Hippler, L’Etat du monde 2015 – Drones, le triomphe d’une nouvelle arme  ?, La Découverte, septembre 2014.
Le nombre de drones est en augmentation constante dans le monde. Les États-Unis, de très loin les mieux équipés en la matière, disposent aujourd’hui de plus de 600 appareils. D’autres nations investissent également dans cette nouvelle technologie d’armement : soixante-seize pays posséderaient déjà des drones et on peut estimer que ces armes continueront à se répandre. Un de leurs avantages réside dans leur prix, très compétitif par rapport aux avions de combat : un drone du type Reaper M-9 coûte 10,5 millions de dollars, contre 150 millions de dollars pour un avion de chasse F-22. Aussi les dépenses liées à l’acquisition de matériaux et à la recherche dans le domaine des engins volants sans pilote embarqué ne cessent-elles d’augmenter. En ce qui concerne les seuls États-Unis, le budget dans ce domaine est passé de 667 millions de dollars en 2001 à 4,5 milliards en 2012. À l’échelle mondiale, il s’élève actuellement à 6,6 milliards de dollars.

Si, pour l’heure, la plus grosse partie des dépenses est liée aux emplois militaires, l’utilisation civile des drones se développe elle aussi rapidement.

. Laurent Gayer, L’Etat du monde 2015 – Guerres sans fin(s) ou désordres ordonnés  ?, La Découverte, septembre 2014.
Tandis que le nouvel interventionnisme militaire s’écarte de plus en plus de la guerre conventionnelle pour s’apparenter à une police globale, les techniques de maintien de l’ordre en interne tendent à se militariser, tant du point de vue des personnels (avec l’implication croissante d’unités d’élites composées ou placées sous le commandement de militaires) que des équipements (avec l’accès à des armes de guerre supposées faire pièce à l’armement de leurs adversaires). Dans ce contexte, la frontière entre la guerre et le maintien de l’ordre devient de plus en plus ténue. Du point de vue de la contre-insurrection, forces rebelles, terroristes et organisations criminelles s’inscrivent désormais sur un même continuum et demandent à être « traitées » avec les mêmes méthodes. Ce répertoire du maintien de l’ordre permet de banaliser le recours à la force contre certains groupes ou populations « à risque », mais aussi de le prolonger ad aeternam : contrairement à la guerre, le maintien de l’ordre est une entreprise permanente.

. Marielle Debos, L’Etat du monde 2015 – Milices et sous-traitance de l’(in)sécurité, La Découverte, septembre 2014.
Désignant originellement des citoyens mobilisés occasionnellement par l’État pour venir en appui aux forces régulières, le terme milice est désormais employé à propos de groupes armés qui ont peu de choses en commun sinon un supposé manque de discipline, un discours peu idéologique et des pratiques prédatrices. Que les milices se constituent pour assurer la protection de civils ou pour prélever des ressources, qu’elles soient mobilisées par l’État ou qu’elles remettent en cause son autorité, leur formation et leurs interventions obéissent à des logiques politiques. Après une analyse des principales approches des mobilisations miliciennes dans les sociétés en guerre, cet article s’interroge sur la frontière floue entre les forces régulières et les milices. La dernière partie montre que l’intervention des milices s’inscrit dans les reconfigurations contemporaines des modes de production et de gestion de la violence sur la scène internationale.

. Claire Rodier, L’Etat du monde 2015 – La gestion militaro-sécuritaire des migrations, La Découverte, septembre 2014.
« L’Europe est en guerre contre un ennemi qu’elle s’invente. » Tel est le slogan de campagne choisi en 2013 par une coalition d’organisations de défense des droits des migrants pour demander la suppression de l’agence Frontex, chargée depuis 2004 de la surveillance des frontières extérieures de l’Union européenne (UE). Pour métaphorique qu’elle soit, la formule n’en attire pas moins l’attention sur les formes qu’ont prises, au cours des trois dernières décennies, les politiques mises en place par les États industrialisés pour lutter contre l’immigration irrégulière, notamment dans le domaine des contrôles frontaliers.

. Dominique Vidal, L’Etat du monde 2015 – Panorama des conflits contemporains, La Découverte, septembre 2014.
L’ouverture du Mur de Berlin puis, deux ans plus tard, la disparition de l’Union soviétique mirent un terme à cette gestion bipolaire de la planète. Au point que certains crurent à l’avènement d’une architecture unipolaire du monde autour de la superpuissance victorieuse, promise au statut d’Empire américain. C’était l’époque où un Francis Fukuyama pronostiquait la « fin de l’Histoire ».

Cette vision s’est révélée trompeuse. De crise en crise, la mondialisation a progressivement montré ses limites : la liberté quasi-totale donnée aux marchés a conduit à des secousses en série, de la crise asiatique (1998) à celle des subprimes (2008). Et, après le 11 Septembre, l’Empire s’est embourbé en Irak et en Afghanistan. Non seulement son déploiement de forces ne lui a pas permis de sortir de l’impasse, mais il a plongé ces deux pays dans un chaos durable et renforcé le rôle de l’Iran, tout en entachant profondément l’image de l’Amérique dans le monde.

C’est dire que nous sommes entrés dans une phase historique nouvelle, dont, outre les menaces qui pèsent sur l’avenir même de la vie sur Terre, trois facteurs majeurs se conjuguent pour ébranler l’hégémonie occidentale : la crise du capitalisme financier, devenue systémique ; la poussée des pays émergents, à commencer par les « BRICS » dont le PIB cumulé dépasserait dès 2020 celui du G7 ; et l’irruption des sociétés capables de secouer les dictatures, voire de les renverser.

. Nicolas Righetti, Transnistrie, un pays qui n’existe pas, Favre, 18 septembre 2014.

. Fabrizio Maccaglia et Marie-Anne Matard-Bonucci, Atlas des mafias - Acteurs, trafics et marchés dans le monde d’aujourd’hui, Autrement, 17 septembre 2014.

. Laurent Artur du Plessis , Djihad nucléaire , Godefroy, 26 septembre 2014.
Derrière les pudeurs médiatiques et politiques, le tableau lucide des dangers qui nous guettent. Dans la plupart des pays musulmans, un marasme économique frustrant et la propagation du djihad depuis les révolutions arabes de 2011 porteront les islamistes radicaux au pouvoir, par les urnes ou la violence. Les appareils d’Etat tombés entre leurs mains aiguillonneront et épauleront les réseaux terroristes pour déstabiliser l’Occident : déraillements de TGV par la pose de parpaings sur les voies ; crashs d’avions de ligne causés par des explosifs introduits dans leurs soutes ou transportés par des modèles réduits télécommandés venant les percuter, ou bien par des tirs de missiles sol-air ; empoisonnement de l’alimentation en eau courante et sabotage des circuits électriques des mégapoles ; sabotage d’installations industrielles de type Seveso faisant des milliers de morts, et de centrales nucléaires mal gardées provoquant de nouveaux Tchernobyl...
Le laxisme occidental concernant la course de l’Iran à la bombe suscitera une prolifération nucléaire, notamment au Proche Orient. Le terrorisme s’en servira : cela ira du dépôt dans les grandes villes de matières radioactives dites "sales" à celui de bombes atomiques dont l’explosion pourrait être commandée par un simple téléphone portable. Ces actions terroristes infligeront de lourds dommages économiques, fortement aggravés par leur impact psychologique.

Laurent Artur du Plessis nous prévient : si nous ne prenons pas au sérieux ces menaces et si nous ne nous y préparons pas, le pire est devant nous.

. Arnaud Dubien, Russie 2014, Regards de l’Observatoire franco-russe, Paris, Cherche midi, 2014, ISBN : 978-2-7491-3576-2.

Comment expliquer le ralentissement de la croissance russe en 2013 ? Quelles réformes ont été engagées dans les industries spatiales et navales ? La libération de l’ancien patron de Ioukos Mikhaïl Khodorkovski annonce-t-elle une ouverture politique de la part de Vladimir Poutine ? Dans quelles valeurs la société russe se reconnaît-elle ? Quels sont les enjeux de la réforme controversée de l’Académie des sciences ? La Russie a-t-elle une stratégie en Arctique ? Pourquoi les Jeux Olympiques de Sotchi ont-ils coûté plus cher que prévu ? Les crises syrienne et ukrainienne illustrent-elles le « retour » du Kremlin sur la scène internationale ou les limites de son influence ?

Russie 2014, deuxième rapport annuel de l’Observatoire franco-russe, a pour ambition de fournir l’analyse la plus complète possible de la situation en Russie. Économie, politique intérieure et société, régions, politique étrangère et « miscellanées franco-russes », illustrant l’ancienneté, la diversité et la richesse exceptionnelle des relations entre nos deux pays, font de cet ouvrage un document de référence.

. Olivier Kempf, L’Otan au XXIe siècle. La transformation d’un héritage, édition du Rocher, août 2014, 613 p.

Depuis vingt ans, l’Alliance n’a cessé de s’adapter à son environnement : opérations menées sur trois continents, accueil des pays de l’ancien bloc de l’Est, invention d’un dialogue avec l’Union Européenne ou les Nations-Unies, nouvelles procédures opérationnelles, modification radicale de son organisation ou réponses aux questions nouvelles comme la cyberdéfense, le terrorisme ou la défense anti-missile... En mutation permanente, le domaine d’action de l’Alliance Atlantique va bien au-delà de la relation entretenue avec la France. Les enjeux liés à l’OTAN sont bien plus intéressants que ce prisme réducteur, et il est temps de comprendre enfin comment s’est transformé ce qui n’était encore récemment qu’un héritage de la guerre froide. Cet ouvrage novateur et rigoureux décrit précisément cette formidable adaptation. Il trouve le ton juste qui permet sans complaisance de comprendre les permanences, de distinguer les évolutions, de pointer les lacunes et de situer les perspectives. Cette deuxième édition, revue et augmentée, constitue la synthèse la plus _ complète à ce jour sur l’OTAN, cet acteur incontournable des relations internationales contemporaines. L’auteur, spécialiste reconnu de la question, adopte un ton pédagogique qui répondra aux attentes et aux interrogations du citoyen comme du professionnel.


. Catherine Durandin, OTAN, Histoire et fin ? Ed. Diploweb, 2013

Le livre complet au format pdf. 2,2 Mo

PDF - 2.2 Mo
C. Durandin. L’OTAN, histoire et fin ?
Le livre complet au format pdf. Diploweb.com 2013. Tous droits réservés.

. Abdelasiem El Difra, Carnets égyptiens, Paris, PUF, 2014.

Depuis la chute d’Hosni Moubarak, l’Égypte traverse une des périodes les plus chahutées de son histoire. L’auteur, qui voyage dans le pays depuis son enfance, nous relate les grandes lueurs d’espoir des Égyptiens, mais aussi le prix qu’ils sont prêts à payer pour rendre possible une nouvelle Égypte, qu’ils rêvent tous de manières très différentes. Les descriptions des personnages et des situations permettent de dresser l’état des lieux d’un pays en plein mouvement, au sein duquel les tensions sociales, religieuses et ethniques longtemps occultées éclatent en plein jour. Ce portrait de l’Égypte contemporaine va à la rencontre des hommes et des femmes de toutes les classes sociales (de l’élite richissime réfugiée au bord de la mer Rouge jusqu’aux très pauvres des bidonvilles du Caire), de tous les groupes politiques et religieux (révolutionnaires laïques, Frères musulmans, salafistes et chrétiens), des ethnies diverses (des bédouins rebelles du nord du Sinaï jusqu’aux Nubiens de la Haute-Égypte qui rêvent de leur retour sur les berges du Nil).

À travers les déceptions comme les profondes aspirations des Égyptiens, il nous fournit des clés de compréhension souvent négligées par les médias pour éclaircir la féroce lutte de pouvoir qui se déroule au Caire. Le pays plurimillénaire est-il sur le chemin d’un retour vers une dictature militaire ou prend-il la douloureuse route d’une transition démocratique ? Des questions dont les réponses pèseront sur tout le monde arabe.

Abdelasiem El Difraoui, germano-égyptien, a gagné de nombreux prix internationaux pour ses reportages et documentaires, notamment pour Le Siège de Bagdad, qu’il a réalisé, et pour Tahrir 2011, qu’il a coproduit. Il a conseillé le gouvernement allemand en matière de politique étrangère et est actuellement senior fellow à l’Institut de recherches sur la politique des médias et de la communication de Berlin. Il a particulièrement travaillé sur le rôle des médias pendant les printemps arabes et est l’auteur d Al-Qaida par l’image (Puf, 2013).

. Bruno Cautrès, Les européens aiment-ils (toujours) l’Europe ? Coll. réflexeeurope, Paris, La Documentation française, 2014.

Jamais le désamour des Européens à l’égard de l’Union européenne n’a semblé aussi fort qu’aujourd’hui. Il est bien attesté par les données empiriques (enquêtes d’opinion, sondages), et s’est manifesté concrètement dans les rues des pays les plus touchés par la crise des dettes souveraines de la zone euro (Grèce, Espagne, notamment). Toutefois, dans le même temps, peu de citoyens européens souhaitent réellement voir leur pays sortir de l’Union. Comment expliquer un tel paradoxe ? La thèse du "déficit démocratique européen", qui revient à l’envi à chaque élection européenne, est-elle satisfaisante ? La construction européenne n’est-elle pas minée par un mal plus profond ? Les Européens aiment-ils toujours l’Europe ?

L’objet de ce livre est d’analyser de manière assez complète la situation actuelle, et de présenter de façon critique les modèles explicatifs qui ont été élaborés pour comprendre de quelle manière le s