Actualité des livres géopolitiques

Par Margaux SCHMIT, Pierre VERLUISE, le 16 mars 2017  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Margaux Schmit est étudiante en Master de Droit international Sciences Politiques à Paris II Panthéon Assas lors duquel elle a effectué un échange à la Queen Mary University of London après l’obtention de Licences de Sciences politiques et de Droit franco-allemand de l’université du même nom et une CPGE Littéraire au Lycée Molière (Paris). Pierre Verluise, Docteur en Géographie politique de l’Université Paris IV, est Directeur des publications du Diploweb.com.

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Les livres géopolitiques sont nécessaires à la compréhension du monde. Le Diploweb.com en présente ici une veille spécialisée, unique sur la Toile, vue chaque mois par plusieurs milliers de personnes qualifiées. Le Diploweb.com ne touche aucune commission des éditeurs ou libraires.

Les éditeurs qui souhaitent faire connaître leurs nouveautés doivent adresser un exemplaire à Diploweb.com, 1 avenue Lamartine, 94300, Vincennes, France. Pour communiquer leur programme, les éditeurs doivent adresser un courriel à l’adresse suivante redactiondiploweb [at] gmail.com . La rédaction reste juge seule de ses choix.


Un livre édité par Diploweb.com, formats Kindle et broché

L’instabilité du monde post-guerre froide et le contexte des attentats rendent plus que jamais nécessaire l’approche géopolitique de la mondialisation. Voici rassemblés de nombreux textes de référence rédigés par une vingtaine d’experts renommés afin d’offrir des grilles de lectures adossées à la recherche, aussi bien aux lecteurs intéressés par un monde en mouvements qu’aux candidats aux concours.

L’écriture est précise, lisible et passionnante. Sélectionnés et organisés en prenant en compte les attentes des programmes des concours (ECS, IEP), ces documents permettront à la fois de construire une vision informée des enjeux internationaux et d’argumenter une réflexion personnelle.

Dirigé par Pierre VERLUISE, Docteur en géopolitique de l’Université de Paris - Sorbonne, chargé de cours à la Sorbonne et professeur en CPGE, Chercheur associé à la Fondation pour la Recherche Stratégique (FRS), auteur ou co-auteur d’une vingtaine d’ouvrages, Fondateur du Diploweb.com et Directeur de ses publications.

Avec des contributions de : Sébastien ABIS, Pierre ABOMO, Pierre AFFUZI, Patrick ALLARD, Thierry BERTHIER, Charlotte BEZAMAT-MANTES, Arnaud BLIN , Laurent BLOCH, Viviane du CASTEL, Thierry GARCIN, Jean-François GAYRAUD , Cynthia GHORRA-GOBIN , Yan GIRON, Frédéric LASSERRE, Sarah LELONG, Fanny MIALLET , Christophe-Alexandre PAILLARD, Vincent PIOLET, Thierry POUCH, Jean-Louis TERRIER, Pierre VERLUISE.

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. Pierre Grosser, L’histoire du monde se fait en Asie, Paris, Odile Jacob, à paraître (mai 2017).

Pierre Grosser nous présente ici un aspect totalement méconnu de l’histoire du XXe siècle : le rôle absolument crucial joué dès 1905 par l’Asie sur la scène du monde. Sait-on par exemple que la victoire du Japon face à la Russie en 1905 a été déterminante pour les jeux d’alliances, et donc pour le déclenchement de la première guerre mondiale ? Ou encore que la Mandchourie, dans les années 30, a préfiguré les camps de la seconde guerre mondiale ? La guerre froide, dès les années 50, n’est-elle pas d’emblée et pour longtemps asiatique ? Et n’est-ce pas également en Asie que se sont jouées les recompositions post-guerre froide ? S’appuyant largement sur des archives inédites ainsi que des travaux d’historiens japonais, vietnamiens, chinois ou coréens, Pierre Grosser rappelle que les grandes puissances étaient des empires asiatiques (y compris les Etats-Unis !), montre que tout ce qui se passait en Asie avait des conséquences pour l’Europe et, surtout, restitue aux pays asiatiques leur pleine dimension d’acteur. Un livre qui renouvelle profondément notre lecture des relations internationales et de la géopolitique au XXe siècle.

. Mark S. Hamm et Ramon Spaaij,The Age of Lone Wolf Terrorism , New-York, Columbia Press University, à paraître (mai 2017).

The lethality of lone-wolf terrorism has reached an all-time high in the United States. Isolated individuals using firearms with high-capacity magazines are committing brutally efficient killings with the aim of terrorizing others, yet there is little consensus on what connects these crimes and the motivations behind them. In The Age of Lone Wolf Terrorism, terrorism experts Mark S. Hamm and Ramón Spaaij combine criminological theory with empirical and ethnographic research to map the pathways of lone-wolf radicalization, helping with the identification of suspected behaviors and recognizing patterns of indoctrination.

Reviewing comprehensive data on these actors, including more than two hundred terrorist incidents, Hamm and Spaaij find that a combination of personal and political grievances lead lone wolves to befriend online sympathizers—whether jihadists, white supremacists, or other antigovernment extremists—and then announce their intent to commit terror when triggered. Hamm and Spaaij carefully distinguish between lone wolves and individuals radicalized within a group dynamic. This important difference is what makes this book such a significant manual for professionals seeking richer insight into the transformation of alienated individuals into armed warriors. Hamm and Spaaij conclude with an analysis of recent FBI sting operations designed to prevent lone-wolf terrorism in the United States, describing who gets targeted, strategies for luring suspects, and the ethics of arresting and prosecuting citizens.

. Martine Mespoulet (dir.), Quantifier les territoires, Rennes, Presses universitaires de Rennes, avril 2017.

La montée en puissance de l’action publique territoriale en France depuis les années 1980 s’est inscrite dans un double mouvement de décentralisation et d’européanisation des politiques publiques. L’analyse des politiques publiques locales et de leurs caractéristiques a fait l’objet de différents travaux de recherche. Sur la base de cas précis, les contributions à cet ouvrage s’efforcent de dégager les particularités des questionnements et des procédures et outils de quantification mobilisés dans les politiques sociales territoriales.

. Serge Pautot, France-Algérie, du côté des deux rives, Paris, L’Harmattan, avril 2017.

Les relations entre une ancienne colonie, fière de son indépendance acquise au prix du sang, et le pays colonisateur ne sont jamais simples. La France et l Algérie sont deux grands pays méditerranéens, ils ont toujours de nombreuses raisons d entretenir des relations constructives, aussi bien sur le plan politique, économique que culturel. Cet ouvrage recense l état des relations du côté des deux rives depuis 1830. Il s agit d un vaste panorama oeuvrant à consolider les rapports entre ces deux pays, rédigé par un fervent défenseur de l union France-Algérie.

. Marina De Castro, La terreur, un concept psycho-stratégique, Paris, L’Harmattan, février 2017.

Cet ouvrage tente de comparer la dissuasion nucléaire et le terrorisme à travers le prisme de la terreur. Même si ces deux notions peuvent, de prime abord, paraître diamétralement opposées, elles revêtent néanmoins bon nombre de similitudes. La terreur est un véritable concept psycho-stratégique, à la fois légitimée lorsquelle émane de l Etat et paradoxalement réprimée lorsquelle procède d’entités sub-étatiques. Par cette approche comparative, tentons aujourd’ hui de mieux comprendre la terreur qui s est emparée de nos sociétés afin de mieux pouvoir la combattre demain.

. Marc-Antoine Pérouse de Montclos, L’Afrique, nouvelle frontière du djihad ?, Paris, La Découverte, à paraître (mai 2017).

Les mouvements « djihadistes » réveillent de vieilles hantises chez les Occidentaux. Alors que les puissances coloniales s’inquiétaient déjà, au XIXe siècle, de la « guerre sainte » lancée par les « mahométans » en Afrique, les mouvements armés contemporains remettent au goût du jour la vieille antienne du « péril musulman ». L’inquiétude est d’autant plus grande que l’explosion démographique du continent, bientôt plus peuplé que le monde arabe, en fera une des principales terres d’islam du XXIe siècle. Dans ce contexte, plaide Marc-Antoine Pérouse de Montclos, il est urgent de mettre ces phénomènes en perspective, en cessant, pour commencer, d’y appliquer les mêmes grilles de lectures « antiterroristes ». Ce livre clair et solidement argumenté dresse ainsi un panorama des mouvements dits « djihadistes » en rappelant leurs origines, historiques et sociales. Loin d’être les tentacules d’une monstrueuse « Internationale Terroriste », comme l’imaginent certains amateurs de fantasmes globalisés, ces mouvements puisent d’abord leurs racines dans des dynamiques locales. L’auteur propose une analyse innovante de ces groupes insurrectionnels en s’appuyant non seulement sur des considérations religieuses mais aussi sur des données économiques, sociologiques et politiques. Également nourri d’entretiens avec des leaders musulmans, des combattants et des responsables des services de sécurité, ce livre établit finalement un bilan critique des réponses militaires apportées à la « menace terroriste » au Sahel. Marc-Antoine Pérouse de Montclos, politologue, est directeur de recherche à l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD). Spécialiste reconnu du continent africain, il est notamment l’auteur de Les Humanitaires dans la guerre : des idéaux à l’épreuve de la politique (La Documentation française, 2013).


Le livre recommandé par Diploweb.com pour le mois de mai 2017

. Philippe Huberdeau, La construction européenne est-elle irréversible ?, coll. Réflexeeurope, La documentation française, 2017.

Pierre Verluise, Directeur des publications du Diploweb.com : "Le livre de Philippe Huberdeau est éblouissant d’intelligence. Avec un plan remarquablement habile, il fait preuve d’une maitrise complète de son sujet des années 1950 à nos jours. Cet ouvrage répondra aux besoins de toutes les générations. L’auteur avance des réflexions utiles sur les temps à venir. "

4e de couverture

Une vision claire et actualisée des débats sur le processus de retrait du Royaume-Uni et sur l’avenir de l’UE.

Le Brexit ne serait-il pas annonciateur d’une réversibilité de la construction européenne ? L’édifice bâti sur des « solidarités de fait » est-il suffisamment robuste d’un point de vue économique, juridique et politique pour résister à une conjonction de crises (terrorisme, pression migratoire, dérèglements financiers, montée des populismes) ? La relance de l’UE par le processus amorcé lors du Sommet des Vingt-Sept à Bratislava en septembre 2016 parviendra-t-elle à restaurer la confiance des citoyens dans le projet européen et à renouer avec la vision des pères fondateurs ? Cet ouvrage donne une vision synthétique des débats sur le processus de retrait du Royaume-Uni et sur l’avenir de l’UE à la lumière des enseignements tirés de soixante ans d’histoire européenne.

. Voir le livre de Philippe Huberdeau, La construction européenne est-elle irréversible ?, coll. Réflexeeurope, sur le site de La documentation française


. Xavier Pasco, Le nouvel âge spatial : de la Guerre froide au New Space, Paris, CNRS Editions, à paraître (avril 2017).
Durant la Guerre froide, les Etats-Unis et l’URSS rivalisent d’ingéniosité pour conquérir l’espace. Il s’agit avant tout de communication politique et de propagande idéologique. Au XXIe siècle, les investissements publics sur les grands programmes d’exploration spatiale sont de plus en plus contestés. L’auteur étudie ici ce changement radical de paradigme et les perspectives qu’il ouvre.

. Astou Fall, Traitement juridictionnel du crime de génocide et des crimes contre l’humanité commis au Rwanda, Paris, L’Harmattan, avril 2017.
Pour reconstruire le Rwanda, où près d’un million de personnes majoritairement Tutsi ont été malmenées, les nouvelles autorités du pays ont fait de la justice la première condition d’un espoir de paix. Trois instances judiciaires ont été activées de manière concomitante : les tribunaux classiques rwandais (relayés par des juridictions coutumières dites Gacaca), le Tribunal pénal international pour le Rwanda (créé par le Conseil de sécurité des Nations Unies), et les juridictions nationales étrangères chargées de traquer les fugitifs. Il s’agit ici d’étudier ce modèle de justice multiniveaux, et de tirer un bilan provisoire.


Un livre édité par Diploweb.com, format Kindle et broché

Il importe d’avoir une vision d’ensemble de la géopolitique de l’Internet, intégrant notamment le rôle historique et central des Etats-Unis dans son développement. En effet, l’Internet est depuis plusieurs décennies un nouveau vecteur de puissance pour les Etats-Unis. Dès lors, rien d’étonnant que la Toile devienne le lieu d’une bataille.

Précédemment responsable de l’informatique scientifique de l’Institut Pasteur, Directeur du Système d’Information de l’Université Paris-Dauphine, Laurent Bloch est auteur de plusieurs ouvrages sur les systèmes d’information et leur sécurité. Il se consacre à la recherche en cyberstratégie.


. Reza Rokoee, L’Iran autrement, Paris, L’Harmattan, avril 2017.
Ce livre entreprend une analyse de la pensée philosophique en Iran et propose une lecture de quelques problématiques actuelles. L’ouvrage offre un aperçu de l’histoire des idées en Iran moderne et contemporain et s’intéresse notamment à la question d’iconoclasme à travers le syndrome qualifié d’iconophobie.

. Pierre Sintès, En présence du passé : Géopolitique de la mémoire aux frontières de la Grèce, Aix-en-Provence, Publications de l’Université de Provence, mars 2017.
Analyse des mutations qui ont touché la Grèce et les Balkans depuis une dizaine d’années, notamment du renforcement des références au passé et à la mémoire face à la mondialisation. L’auteur ne cherche pas à réduire ce territoire à ce phénomène d’ethnicisation mais montre comment cette situation peut permettre d’expliquer les relations entre le passé et le présent dans l’Europe contemporaine.

. Filip Reyntjens, Le génocide des Tutsi au Rwanda, Paris, PUF, avril 2017.

Le génocide perpétré au Rwanda d’avril à juillet 1994 a été exceptionnel par son envergure, sa rapidité et son mode opératoire : plus d’un demi-million de Tutsi ont été exterminés en cent jours. Les victimes sont généralement tombées sous les coups d’un très grand nombre d’assassins ayant eu recours à des armes rudimentaires. Quels ont été les ressorts d’une telle tragédie ? Quelles en ont été les causes, lointaines ou plus immédiates ? Comment s’est-elle déroulée ? Quelles séquelles a-t-elle laissées ? Ce génocide n’appartient pas qu’à l’histoire : il reste un enjeu politique contemporain, tant au Rwanda qu’ailleurs dans la région et de par le monde, notamment en France. Les débats restent intenses ; les oppositions, souvent violentes. Filip Reyntjens, en s’appuyant sur des faits communément admis, offre des clés de lecture pour une interprétation plus sobre de ce qu’on a appelé le « dernier génocide du XXe siècle ».

. Adolphe-Dieumerci Bonyanga Bokele, Le défi de l’autodétermination africaine, Paris, L’Harmattan, mars 2017.

À l’encontre d’une approche afropessimiste, l’auteur de ce livre pense qu’il y aurait plutôt en Afrique noire un grave problème d’organisation à résoudre, dans le sens de la rationnalisation des actions et modes de vie en société. Pour sortir de l’impasse, l’organisation émancipatrice implique qu’au-delà de la logique formelle de l’action rationnelle en vue d’une fin utile ou pratique, les acteurs intéressés soient capables de se libérer des préjugés, habitudes et illusions ancrés dans leur monde vécu socio-culturel.

. Gwendal Châton, Introduction à Raymond Aron, Paris, La Découverte, mars 2017.

Cet ouvrage constitue une introduction à la pensée politique de Raymond Aron (1905-1983). Après être revenu sur l’itinéraire intellectuel et politique complexe de celui qui se définissait comme un « spectateur engagé », il présente et analyse ses contributions à différents champs du savoir : la sociologie des sociétés modernes, la théorie des régimes politiques, la philosophie politique, l’étude des relations internationales et la philosophie de l’histoire.
Ce livre a pour ambition de faciliter l’accès d’une nouvelle génération de lecteurs à la pensée de ce « classique méconnu ». Il repose sur une relecture qui se veut distanciée et sereine de l’ensemble de l’œuvre, et sur la prise en compte des acquis récents de la recherche française et internationale. Ce faisant, il vise aussi à dresser un panorama des différentes interprétations se déployant actuellement au sein des études aroniennes.

. Jean-Vincent Holeindre, La ruse et la force : une autre histoire de la stratégie, Paris, Perrin, février 2017.

Au VIIIe siècle avant J.C., Homère expose de manière frappante la dualité qui fonde la stratégie. Dans l’Iliade et l’Odyssée, le poète grec met en scène la guerre à travers deux personnages phares. Achille, héros de la force, est un guerrier : son honneur est au-dessus de tout. Ulysse, héros de la ruse, est un stratège : seule la victoire compte. Cette combinaison de la force et de la ruse semble structurer dès l’origine l’histoire de la stratégie en occident. Pourtant, la force a davantage attiré l’attention des historiens. Dans l’ouvrage de Victor Davis Hanson, Le Modèle occidental de la guerre, la ruse n’apparaît jamais comme un élément majeur de la stratégie. Au contraire, elle fait figure de repoussoir. Cet « orientalisme » militaire et stratégique n’est évidemment pas recevable, tout simplement parce qu’il ne reflète pas la réalité historique et se fait l’écho d’un discours idéologique. Il s’agit donc d’en finir avec cette lecture afin de comprendre ce que la stratégie, dans le monde occidental, doit à la ruse, en identifiant les moments clés de son histoire, de l’antiquité grec aux mouvements terroristes du XXIe. Se déploie ainsi une histoire longue de la stratégie qui met en scène, pour la première fois et de manière systématique, le dialogue ininterrompu de la ruse et de la force.

. Esther Benbassa et Jean-Christophe Attias (dir.), Nouvelles relégations territoriales, Paris, CNRS éditions, février 2017.

Le débat public paraît plus que jamais dominé par une « géographisation » simpliste des problématiques territoriales et par une idée erronée, quoique répandue, selon laquelle le « périurbain » serait inéluctablement un bassin de relégation et un réservoir du vote FN. Or pour ouvrir la voie à une action véritablement efficace, en une période où le super-territoire, la Métropole, semble être devenu le nouveau sésame de l’intégration, il faut analyser « fractures » et « relégations » avec quelque rigueur. Et surtout ne pas se contenter de recycler l’opposition ville/campagne pour s’en tenir à une vision binaire et statique occultant un monde à la fois plus complexe et plus dynamique. Déjà faudrait-il se mettre d’accord sur le sens des mots employés pour en parler. Qu’entend-on finalement par « périurbain » ou encore par « banlieue » ? Y a-t-il derrière ces mots des réalités stables et homogènes ? Il est permis d’en douter. De fait, seule l’articulation de nouveaux concepts, évoquant des formes de vie plutôt que de simples ancrages territoriaux, paraît en mesure de décrire toutes les mobilités à l’œuvre. Réunissant acteurs de terrain et chercheurs, cet ouvrage tente un diagnostic, évalue les actions déjà engagées et formule des propositions. En une période de refonte de la politique de la ville et de réforme territoriale, l’enjeu d’une telle approche croisée, intégrant les questions sociales, économiques et environnementales, paraît crucial.

. Mansour Nasasra, The Naqab Bedouins, a Century of Politics and Resistance, New-York, Columbia University Press, avril 2017.

Conventional wisdom positions the Bedouins in southern Palestine and under Israeli military rule as victims or passive recipients. In The Naqab Bedouins, Mansour Nasasra rewrites this narrative, presenting them as active agents who, in defending their community and culture, have defied attempts at subjugation and control. The book challenges the notion of Bedouin docility under Israeli military rule and today, showing how they have contributed to shaping their own destiny. The Naqab Bedouins represents the first attempt to chronicle Bedouin history and politics across the last century, including the Ottoman era, the British Mandate, Israeli military rule, and the contemporary schema, and document its broader relevance to understanding state-minority relations in the region and beyond. Nasasra recounts the Naqab Bedouin history of political struggle and resistance to central authority. Nonviolent action and the strength of kin-based tribal organization helped the Bedouins assert land claims and call for the right of return to their historical villages. Through primary sources and oral history, including detailed interviews with local indigenous Bedouins and with Israeli and British officials, Nasasra shows how this Bedouin community survived strict state policies and military control and positioned itself as a political actor in the region.

. Cemil Aydin, The Idea of the Muslim World, Cambridge (MA, Etats-Unis), Harvard University Press, avril 2017.

When President Barack Obama visited Cairo in 2009 to deliver an address to Muslims worldwide, he followed in the footsteps of countless politicians who have taken the existence of a unified global Muslim community for granted. But as Cemil Aydin explains in this provocative history, it is a misconception to think that the world’s 1.5 billion Muslims constitute a single religio-political entity. How did this belief arise, and why is it so widespread ? The Idea of the Muslim World searches for the intellectual origins of a mistaken notion and explains its enduring allure for non-Muslims and Muslims alike. Conceived as the antithesis of Western Christian civilization, the idea of the Muslim world emerged in the late nineteenth century, when European empires ruled the majority of Muslims. It was inflected from the start by theories of white supremacy, but Muslims had a hand in shaping the idea as well. Aydin reveals the role of Muslim intellectuals in envisioning and essentializing an idealized pan-Islamic society that refuted claims of Muslims’ racial and civilizational inferiority. After playing a key role in the politics of the Ottoman Caliphate, the idea of the Muslim world survived decolonization and the Cold War, and took on new force in the late twentieth century. Standing at the center of both Islamophobic and pan-Islamic ideologies, the idea of the Muslim world continues to hold the global imagination in a grip that will need to be loosened in order to begin a more fruitful discussion about politics in Muslim societies today.

. Serge Berthier, Vivre à Hong Kong, Paris, L’Archipel, à paraître (avril 2017).
« Hong Kong est une île déserte avec guère plus d’une maison dessus », écrivait en 1841 Lord Palmerston, secrétaire britannique aux Affaires étrangères. C’est aujourd’hui une mégalopole de 7 millions d’habitants pour une superficie de plus de 1 100 km2. Une ville-monde, un monstre, un mythe qui fascine. Pour y avoir vécu pendant près de trente ans, Serge Berthier parvient pourtant à la démythifier et à nous la rendre accessible, voire compréhensible. Vingt ans après la rétrocession de Hong Kong à la Chine, il en retrace d’abord l’histoire, celle d’un territoire au passé chaotique et mouvementé. Dans une approche plus intime, il propose une promenade dans les rues de la ville, ainsi que les portraits d’habitants emblématiques, auxquels il donne la parole.

. Nicolas Escach, Les Danois, Paris, Ateliers Henry Dougier, à paraître (avril 2017).
« Modèle danois », « méthode danoise », « voie danoise », un parfum d’utopie semble souffler sur un petit pays d’Europe du Nord qui cristallise à la perfection notre quête insatisfaite de communion et de bonheur. Le Danemark est devenu un réservoir inépuisable de bonnes pratiques, des quartiers alternatifs de Copenhague jusqu’à l’île écologique de Samsø où s’invente une société décarbonée. Toutes ces innovations sont le produit d’un peuple ingénieux et pragmatique qui a su tourner à son avantage la moindre contrainte. Audacieux par nécessité, les Danois ouvrent par de petits décalages les voies nouvelles de entrepreneuriat, de l’action politique, de l’art culinaire ou de l’éducation. La capacité de résilience et l’ancrage sont les deux qualités les plus communément partagées au Danemark. Un Danois aspire avant tout à une vie tranquille. Il passe son temps à construire des coquilles rassurantes où il se sentira chez lui.

. Fernando Reinars, Al-Qaeda’s Revenge, New-York, Columbia University Press, à paraître (avril 2017).
Al-Qaeda’s Revenge tells the full story behind the events of March 11, 2004, when an al-Qaeda-inspired terrorist cell bombed commuter trains in Madrid, killing 191 people and injuring more than 1,800. The book’s detailed narrative runs from the development of an al-Qaeda conspiracy in Spain through the 2007 trial and conviction of the 3/11 bombers, concluding with the thwarting in 2008 of an al-Qaeda bomb plot in Barcelona. Fernando Reinares’s account draws on privileged access to judicial and intelligence documents and personal interviews with officials in Spain and elsewhere. His analysis ultimately links the Madrid bombing to members of al-Qaeda’s senior leadership and connects the planning of 9/11 to the acts of 3/11. Al-Qaeda’s Revenge is Spain’s counterpart to The 9/11 Commission Report, a bestseller that has definitively showed al-Qaeda—and not, as initially suspected, the Basque separatist organization ETA—to be responsible for a horrific crime that fundamentally changed the way Spain and Europe have responded to the threat of modern terrorism.


Les ouvrages particulièrement recommandés par Diploweb.


. Lucie Sauvé (dir.), Education, environnement, écocitoyenneté, Québec (Canada), Presses universitaires du Québec, mars 2017.
Si au cours des 40 dernières années le champ de l’éducation relative à l’environnement s’est largement déployé, la nature des enjeux socio-écologiques actuels appelle à un nouvel examen des assises de ce champ et à l’explicitation des courants qui émergent. Le présent ouvrage offre donc une mise à jour de plusieurs fondements de l’action éducative en matière d’environnement. Au fil des chapitres, les auteurs proposent un « patrimoine » de repères contemporains pour inspirer et fonder cette action, c’est-à-dire toute forme d’éducation ayant trait au rapport personnel et social au milieu de vie : l’éducation à la nature, à la conservation, à la santé environnementale, au développement durable, etc. Ces repères sauront rejoindre les enseignants en formation initiale et continue, de même que toutes les personnes qui œuvrent dans les domaines de la formation, de l’éducation spécialisée, de l’animation, de l’interprétation, de la médiation ou de la communication.

. Bernard Heyberger, Les chrétiens d’Orient, Paris, PUF, mars 2017.
Qui sont les coptes d’Égypte, les maronites du Liban, les assyro-chaldéens, les syriaques et les melkites ? Des « chrétiens d’Orient » ? L’expression, pour le moins floue, masque une grande diversité de peuples, de cultures, de traditions… Vivant dans des sociétés à majorité musulmane, mais entretenant depuis longtemps des contacts avec l’Occident, ils sont au centre de l’actualité et des préoccupations depuis qu’ils sont pris pour cible par les combattants islamistes. Dans ce tour d’horizon de l’Antiquité à nos jours, Bernard Heyberger s’attaque aux idées reçues qui ont trop tendance à les placer dans une position réductrice de passivité. De fait, les chrétiens d’Orient ont, depuis les débuts du christianisme et à leur manière, contribué à façonner le visage du Proche-Orient, dont ils restent des acteurs vivants.

. Marina De Castro, La terreur, un concept psycho-stratégique, Paris, L’Harmattan, mars 2017.
Cet ouvrage tente de comparer la dissuasion nucléaire et le terrorisme à travers le prisme de la terreur. Même si ces deux notions peuvent, de prime abord, paraître diamétralement opposées, elles revêtent néanmoins bon nombre de similitudes. La terreur est un véritable concept psycho-stratégique, à la fois légitimée lorsqu’elle émane de l’Etat et paradoxalement réprimée lorsqu’elle procède d’entités sub-étatiques. Par cette approche comparative, tentons aujourd’hui de mieux comprendre la terreur qui s’est emparée de nos sociétés afin de mieux pouvoir la combattre demain.

. Georges Corm, La nouvelle question d’Orient, Paris, La Découverte, mars 2017.
Dans cet essai, Georges Corm entreprend, à la suite de ses précédents ouvrages, une nouvelle plongée historique dans le destin tragique des sociétés de l’Est de la Méditerranée et du monde arabe, carrefour stratégique et géopolitique convoité par les grandes puissances coloniales depuis le XIXe siècle. Une vaste littérature avait été produite à cette époque sur la « question d’Orient », alors qu’il s’agissait en fait des rivalités implacables entre puissances européennes avides de se partager les vastes territoires de l’Empire ottoman. Cet ouvrage rétablit les continuités et les ruptures entre cette ancienne question d’Orient et la « nouvelle question d’Orient », débutant après la Seconde Guerre mondiale et donnant naissance à son tour à des violences ininterrompues, aujourd’hui à leur paroxysme.
Georges Corm dénonce aussi bien les tendances hégémoniques de l’Alliance atlantique que le « chaos mental » qui s’est souvent installé à ses yeux auprès des grands décideurs et dans les analyses des médias dominants pour légitimer à nouveau les interventions des puissances occidentales en Orient. Celles-ci ne sont qu’un rebondissement amplifié de l’ancienne question d’Orient, leur cadre intellectuel étant aujourd’hui actualisé par la théorie du « choc des civilisations », héritage de l’ancien racisme de nature coloniale. Le développement exponentiel du terrorisme en provenance de cette partie du monde est le résultat de ce dérèglement de la raison. Il peut se comparer aux effets que produit le dérèglement climatique en termes de catastrophes naturelles, elles-mêmes dues à une déraison économique et consumériste que rien ne semble pouvoir arrêter.

. Mohamed Benhammou, Les services de renseignements : quelles transformations après le 11 septembre 2001 ?, Paris, L’Harmattan, mars 2017.
Les services de renseignements ont tenté de s’adapter à l’évolution du contexte géopolitique post- guerre froide et suite aux attentats du 11 septembre 2001. La spécificité de cette ère est la montée de nouvelles menaces et de nouveaux acteurs dans un contexte globalisé : l’ennemi est invisible et diffus, la nouvelle guerre est asymétrique. La présente étude propose une grille de lecture des transformations qu’ont connues ces services aux Etats - Unis et en France.


Livre recommandé par Diploweb.com en avril 2017

. Pascal Lamy, Nicole Gnesotto avec Jean-Michel Baer, Où va le monde ? Paris, Odile Jacob, 2017.

Pierre Verluise, Directeur des publications du Diploweb.com : "Voici une lecture particulièrement utile pour disposer d’une ample vision actualisée de notre monde, distinguer ses lignes de forces, ses risques de ruptures et réfléchir à des pistes de solutions. Pascal Lamy et Nicole Gnesotto font preuve d’une grande maitrise de leur sujet et offrent aux lecteurs un panorama lucide des tensions géoéconomiques et géopolitiques à l’oeuvre. Un candidat aux concours qui ne lirait pas cet ouvrage serait difficile à pardonner, tant il présente un éclairage à la fois informé et problématisé du monde. A sa place dans toutes les bonnes bibliothèques."

4e de couverture

Où va le monde ? Comment en est-on arrivé là ?

Pourquoi le désordre, la violence, le chaos donnent-ils le sentiment d’être les nouvelles règles du système international, alors que la paix, la prospérité, la liberté, la règle du droit étaient données, il y a à peine vingt ans, comme les promesses de la fin de la guerre froide ?

Quelles dynamiques dominent aujourd’hui le monde ?

Le marché ou la force ? L’économie ou la géopolitique ?

La première va-t-elle réussir à pacifier le monde et l’unir dans un destin commun ?

La seconde finira-t-elle par casser l’unification des marchés au profit de désordres et de rivalités incontrôlés ?

Pascal Lamy et Nicole Gnesotto n’ont pas les mêmes réponses, sauf sur l’Europe, et en débattent ici avec Jean-Michel Baer.

Un livre lumineux pour comprendre les enjeux du nouveau désordre mondial.

Proche de Jacques Delors, Pascal Lamy a été commissaire européen, puis directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Il a publié, chez Odile Jacob, Quand la France s’éveillera.

Nicole Gnesotto est professeur titulaire de la chaire sur l’Union européenne au Conservatoire national des arts et métiers, et présidente du conseil d’administration de l’Institut des hautes études de défense nationale.

Jean-Michel Baer a été journaliste à Libération, membre du cabinet de Jacques Delors, directeur de la Culture puis de la Recherche en sciences sociales à la Commission européenne.


. Béatrice Giblin, Le paradoxe français. Entre fierté nationale et hantise du déclin. Préface d’Yves Lacoste. Paris, éd. Armand Colin.

Les Français n’ont pas le moral. Situation économique incertaine, climat social préoccupant, sentiment d’insécurité, perte de puissance au sein de la communauté internationale... autant d’éléments qui viennent entretenir pour certains la nostalgie d’une grandeur passée, pour d’autres un réel pessimisme quant à leur avenir.

Dans le même temps, les Français ont toujours été perçus et se définissent eux-mêmes comme un peuple « arrogant ». Cette supposée arrogance est en fait liée à la très singulière histoire de la France, patrie des droits de l’homme, terre d’immigration, « Grande Nation » porteuse de valeurs républicaines et laïques, histoire dont ils sont légitimement fiers.

Mal à l’aise avec l’idée de « nation » et avec les symboles qui lui sont liés, les Français semblent ainsi aujourd’hui tiraillés entre fierté et autodénigrement, dans un contexte où « l’identité nationale » se cherche une définition et où la France, pour ce qu’elle représente, est prise pour cible.

Cet essai singulier et citoyen vient éclairer ce paradoxe.

Béatrice Giblin est géographe, fondatrice de l’Institut français de géopolitique de l’université Paris VIII et directrice de la revue Hérodote.


. Philippe Huberdeau, La construction européenne est-elle réversible ? Coll. Réflexeeurope, Paris, La documentation française, 2017.

Le Brexit n’est-il pas annonciateur d’une réversibilité de la construction européenne ? L’édifice bâti sur des « solidarités de fait » est-il suffisamment robuste pour résister à une conjonction de crises (terrorisme, pression migratoire, dérèglements financiers, montée des populismes) et se confronter à des acteurs comme Vladimir Poutine ou Donald Trump, souhaitant la fin de l’Union européenne ?
Le présent ouvrage de la collection Réflexe Europe vise à donner au lecteur une vision synthétique des débats sur le processus de retrait du Royaume-Uni et sur l’avenir de l’UE à la lumière des enseignements tirés de soixante ans d’histoire européenne.
Cette collection a pour objectifs de remettre en perspective les controverses qui émaillent l’histoire de la construction européenne et de cerner les enjeux et les défis actuels.

Partie 1 : Le Brexit : un saut vers l’inconnu.
Partie 2 : Quarante ans de progrès (1951 – 1991).
Partie 3 : La fin de l’histoire ? (1992 – 2017).
Partie 4 : L’Europe : quelle finalité aujourd’hui ?

Philippe Huberdeau est conseiller des Affaires étrangères et administrateur à la Commission européenne. Il a enseigné les questions européennes à Sciences Po Paris, à l’École polytechnique et à l’INALCO.

. Edouard Pfimlin, Drones et robots. La guerre des futurs. Paris, éd. Studyrama, 2017.

La robotisation du champ de bataille est en marche, fruit d’une histoire déjà ancienne. L’utilisation des drones, ces avions sans pilote commandés à distance, s’intensifie. Plus de 90 pays ont des drones militaires et une dizaine d’entre eux ont des drones armés, c’est-à-dire qui peuvent frapper depuis les airs des cibles au sol, au premier rang desquels les États-Unis. Mais si les drones aériens sont les plus connus, sur terre et sur mer, les robots se développent aussi très vite et pas seulement dans les pays riches.
Jusqu’à présent, les robots restent contrôlés à distance par un opérateur humain. Cependant les progrès technologiques rapides et l’avancée de l’intelligence artificielle font craindre l’apparition de robots militaires entièrement autonomes, dont certains pourraient tuer sans contrôle humain. Déjà les drones aériens de combat sont en développement pour une mise en service à l’horizon 2025-2030. Ces robots ne font l’objet d’aucune règlementation internationale et leurs systèmes ne permettent pas un contrôle fiable et sans faille de leurs actions. La question de leur contrôle et de leur interdiction se pose sans quoi l’humanité est menacée.

. Yves Petit, La politique agricole commune (PAC) au coeur de la construction européenne, Coll. Réflexeeurope, Paris, La documentation française, 2017.

La politique agricole commune (PAC), doyenne des politiques communes de l’Union européenne, a connu depuis sa création, en 1962, des mutations de grande ampleur. Adoptée à la fin de l’année 2013, sa dernière réforme s’applique à la période 2014-2020. Elle lui confère, cette fois, une nouvelle dimension axée sur les enjeux fondamentaux que sont l’environnement et le climat. Cet ouvrage offre une vision à la fois complète et renouvelée de cette politique, mise en perspective de ses origines à nos jours et dont les fondements juridiques et le fonctionnement sont exposés ici avec rigueur et clarté. L’auteur démontre ainsi que la PAC est devenue une politique présentant de nombreuses interférences avec les autres politiques de l’Union européenne ; son champ d’intervention s’est considérablement élargi, au point d’en faire une véritable « politique carrefour ». Enfin, l’ouvrage aborde également la dimension externe de cette politique qui doit trouver une juste place dans les relations internationales de l’Union européenne, l’agriculture demeurant plus que jamais un sujet majeur sur le plan mondial.

. Antoine Brès, Béatrice Mariolle et Francis Beaucire, Territoire frugal : la France des campagnes à l’heure des métropoles, Les Acacias (Suisse), Metispresses, mars 2017.
Les caractéristiques spatiales et les pratiques locales des territoires qui s’étendent au-delà de l’urbain aggloméré restent encore, pour l’essentiel, à explorer. L’équipe FRUGAL – associant des chercheurs issus de l’architecture, de la géographie, de l’urbanisme, de l’écologie et de l’économie – a entrepris d’étudier ces figures dispersées de l’urbain généralisé, en partant du constat que toute politique d’aménagement durable doit impliquer l’ensemble des composantes du territoire. Quatorze périmètres, situés entre des villes de plus de 20 000 habitants, ont ainsi été identifiés et soumis à l’observation microlocale, permettant d’analyser les établissements humains et les dispositifs d’imbrication des espaces bâtis et ouverts. Territoire frugal présente les résultats de trois années de relevés cartographiques, d’investigations et d’enquêtes sur le terrain. Si les données statistiques collectées révèlent la vulnérabilité écologique, économique et sociale de nos urbanités, nous confrontant à l’épuisement de la nature et de ses ressources, elles fournissent également une base essentielle au développement d’une véritable recherche pluridisciplinaire et aux études qualitatives des territoires, notamment en termes morphologiques et ethnographiques.

. Bérenger Boureille, Le Front du mépris : le FN et les catégories populaires, Paris, Stock, mars 2017.
En mars 2014, le Front national a conquis onze villes. Loin de ses ancrages méridionaux, il a fait basculer des bastions ouvriers du Nord, de l’Est. Il a surgi à Mantes-la-Ville, cité autrefois industrielle des confins de l’Île-de-France. Mon histoire personnelle s’enracine là. Et désormais s’y joue un avenir collectif bien incertain. La stratégie municipale du FN est mensongère mais prudente, simple, transposable à l’échelle nationale et toujours sans réponse. Des gens qui furent fiers de ce qu’ils étaient, confiants en l’avenir, ne voient plus d’autre horizon que de servir de marchepied à leur bourreau. L’extrême-droite ne fut jamais que mépris de classe, hantise de la culture ouvrière et de ses réalisations politiques. Mais il nous fallait être lucides, et nous fûmes parfois complices de la mise à sac du meilleur de nos énergies. À nous de redonner espoir et désir. Un essai batailleur, où le point de vue personnel s’appuie sur l’étude du terrain. Pour comprendre la réalité de l’extrême-droite aujourd’hui.

. Christophe Badel et Claire Levasseur, Atlas de l’Empire romain, Paris, Autrement, mars 2017.
« Par quels moyens les Romains ont-ils pu se rendre maîtres de presque tout le monde habité ? » Polybe. Plus de 100 cartes, plans et schémas pour comprendre les origines et les implications de l’impérialisme romain.

. Alexis Vrignon, La naissance de l’écologie politique en France, Rennes, Presses universitaires de Rennes, mars 2017.
Au confluent de l’histoire politique et de l’histoire environnementale, mobilisant des archives inédites, cet ouvrage décrit la genèse et la construction des mouvements écologistes, sur le terrain et dans les urnes. Tout au long des années soixante-dix, les militants de cette nébuleuse s’efforcent d’en promouvoir l’unité. Animés par l’aspiration commune à redéfinir les rapports entre l’homme et la nature pour transformer la société, ces mouvements n’en sont pas moins très divers dans leur positionnement politique, leur répertoire d’action et leur approche des enjeux environnementaux : bref, dans leur culture écologique.

. Hubert Morelle, De la Russie à l’URSS : édification et écroulement de l’Empire russe (878-1991), Paris, L’Harmattan, mars 2017.
En décembre 1991, la fin de l’Union Soviétique marque un tournant majeur dans l’histoire millénaire de la Russie. Au-delà de la signification politique de cet évènement, ses conséquences sont aussi humaines car des millions de personnes se trouvent soudain citoyens d’un pays qu’ils ne reconnaissaient pas comme le leur.

. Josiah Ober, L’énigme grecque : histoire d’un miracle économique (Vie-III siècle avant JC), Paris, La Découverte, mars 2017.
Pourquoi refaire l’histoire de la Grèce classique, du VIe siècle av. J.-C. à Alexandre le Grand ? D’abord, parce que l’on dispose d’une masse d’informations nouvelles sur les 1 035 cités-États qui s’étendaient de l’Espagne à la mer Noire, des données exploitées ici pour la première fois de manière systématique. Ensuite, parce que, contrairement à ce que les historiens ont longtemps cru, le monde grec a connu une croissance économique qui restera sans équivalent jusqu’à la Renaissance, rendue possible par l’invention de la démocratie et des droits civiques, sur fond d’innovations institutionnelles, techniques et culturelles (théâtre, philosophie, mathématiques, etc.) permanentes. Enfin, parce que les Grecs ont expérimenté toutes les ressources de la démocratie : élection, limitation des mandats, tirage au sort, etc. Ils ont réfléchi aux relations entre citoyens et dirigeants, au rôle des experts, aux moyens de réduire le pouvoir de nuisance des démagogues, à la place de la religion. Autant de questions qui sont à l’origine de l’« efflorescence grecque » et au cœur du débat démocratique actuel. Pour Josiah Ober, il est important de savoir comment les Grecs eux-mêmes pensaient leur système politique, leur économie : Aristote ou Thucydide sont non seulement des informateurs précieux, mais aussi des partenaires de pensée. Sans négliger l’histoire événementielle : le lecteur est plongé dans les guerres avec le redoutable Grand Roi perse, assiste aux péripéties de la guerre du Péloponnèse qui oppose Sparte à Athènes. On comprendra mieux comment Philippe II de Macédoine puis son fils Alexandre le Grand ont pu, grâce à l’héritage des cités grecques, construire un gigantesque empire qui s’étendra jusqu’aux rives de l’Indus.

. Nadia Marzouki, Islam, an American religion, New-York, Columbia Press University, à paraître (avril 2017).
Islam : An American Religion demonstrates how Islam as formed in the United States has become an American religion in a double sense—first through the strategies of recognition adopted by Muslims and second through the performance of Islam as a faith. Nadia Marzouki investigates how Islam has become so contentious in American politics. Focusing on the period from 2008 to 2013, she revisits the uproar over the construction of mosques, legal disputes around the prohibition of Islamic law, and the overseas promotion of religious freedom. She argues that public controversies over Islam in the United States primarily reflect the American public’s profound divisions and ambivalence toward freedom of speech and the legitimacy of liberal secular democracy.

. Dominique Moïsi, Le nouveau déséquilibre du monde, Paris, Editions de l’Observatoire, mars 2017.
Un recueil de chroniques parues entre 2008 et 2016 dans « Les Echos » qui font un état des lieux de l’évolution des relations internationales : la crise identitaire de l’Europe, l’implosion du Moyen-Orient ou les Etats-Unis face aux divisions.

. Pascal Boniface, Les relations internationales de 1945 à nos jours, Paris, Eyrolles, mars 2017.
De 1945 à nos jours, Pascal Boniface retrace de façon directe, claire et vivante, 70 ans de relations internationales. Il met ainsi en lumière les précédents, les choix et les biais géopolitiques qui permettent de décrypter l’actualité et de percevoir le monde dans sa globalité. Foisonnante et explosive, la période contemporaine ne cesse de nous surprendre : cet essai didactique constitue la référence indispensable des lecteurs désireux de prendre du recul pour aborder la mondialisation de façon éclairée et le présent en connaissance de cause.

. Hélène Blanc (dir.), Le roman de Renata, Paris, Ginkgo, mars 2017.
Véritable thriller politique, la vie de Renata Lesnik, dissidente moldave, n’est ni un roman russe, ni une fiction. Après une captivante autobiographie – Mariée au KGB – ou l’incroyable histoire d’une femme qui réussit à fuir l’URSS tout en bernant les kagébistes, voici la seconde partie de sa vie de réfugiée politique en France, « le pays qui lui a donné la liberté et la dignité ». Ayant résisté au totalitarisme soviétique, – ce qui lui vaut d’être condamnée à mort en 1983 sous Andropov –, ce témoin gênant poursuit son combat humaniste contre le régime dictatorial de Vladimir Poutine suscitant la haine de ceux qui craignent la Vérité. Parce que la russophilie n’empêche ni la lucidité, ni la pertinence, ses analyses, ses conférences, ses articles, ses livres, ses déclarations dans les médias français et étrangers la mettent à nouveau en danger. Traquée, toujours sur le fil du rasoir, Renata s’est affirmée comme l’un des plus brillants experts de l’URSS et de la Russie post-soviétique. Voici « l’autopsie » de l’incroyable vie d’une femme au courage exemplaire, disparue en décembre 2013. Le roman de Renata est l’hommage de sa consœur et amie, la russologue Hélène Blanc, celle qui la connaissait sans doute le mieux, hommage auquel se sont joints quelques proches par leurs lettres à Renata...

. Serge Audier, La société écologique et ses ennemis, Paris, La Découverte, mars 2017.
Alors que monte la prise de conscience du péril environnemental, les obstacles à une véritable mutation écologique des sociétés contemporaines restent massifs et les modèles alternatifs peinent à s’imposer. Les traditions intellectuelles de la gauche semblent souvent impuissantes à apporter des réponses. Pire, n’ont-elles pas contribué, par leur culte des « forces productives », à l’impasse actuelle ? La généalogie intellectuelle proposée par Serge Audier revient sur des évidences trompeuses, notamment celle qui voudrait que les mouvements émancipateurs n’aient abordé que très tardivement les enjeux écologiques. On redécouvre certes peu à peu des voix minoritaires qui, de Henry D. Thoreau à William Morris, avaient manifesté très tôt un souci inédit de la nature. Mais en les érigeant en héros solitaires, on contribue à occulter une nébuleuse beaucoup plus large et méconnue qui, entre socialisme et anarchisme, a esquissé les traits d’une « société écologique ». L’objectif de ce livre est d’exhumer et de reconstituer une pensée sociale de la nature et de l’émancipation, construite aux marges du « grand récit » socialiste et républicain.
De fait, cette tendance dissidente a été ignorée, marginalisée, voire combattue par les courants hégémoniques, qui ont souvent vu dans l’écologie un conservatisme traditionaliste ou un romantisme réactionnaire… Si les « ennemis » de la « société écologique » se trouvent bien entendu du côté des forces du capitalisme, il serait faux et dangereux d’oublier qu’ils font aussi partie de l’histoire même de la gauche et du socialisme dans ses orientations majoritaires, encore prégnantes.

. Hicham Houdaïfa, Extrémisme religieux : plongée dans les milieux radicaux au Maroc, Lille, En toutes lettres, février 2017.
L’école, le seul rempart. Études islamiques : des zaouïas à l’université. Le grand voyage d’Abou Hafs École publique : Réformer pour ne (presque) rien changer. Bir Chifa, le quartier de tous les extrêmes. Jihadistes marocains : de l’Afghanistan à la Syrie Bilmawen : radicalisme contre rites ruraux Niqab : Simple tissu ou posture idéologique ? El Principe : jihad, trafic et discriminations.

. Patrice Moundounga Mouity, Réflexions sur des problématiques géopolitiques, Saint-Denis, Edition Connaissances et Savoirs, février 2017.
S’il est une partie du monde qui suscite un grand intérêt aussi bien dans la géostratégie mondiale que dans la préservation de la biodiversité universelle, c’est bien le golfe de Guinée. Du fait de la montée du terrorisme et de l’instabilité du Moyen-Orient, cette partie de l’espace monde est devenue une zone hautement stratégique, d’autant qu’elle est considérée aujourd’hui comme la seconde province pétrolière mondiale. Ce livre s’attache ainsi à analyser la question du différend frontalier de l’îlot de Mbanié en rapport avec les revendications de souveraineté maritime, principalement entre deux pays de la région spécifique qu’est le golfe de Guinée : le Gabon et la Guinée Équatoriale. Mais le cas de São Tomé-et-Principe n’est pas en reste. Après la politique intérieure gabonaise, Patrice Moundounga Mouity élargit son champ d’analyse à la géopolitique maritime. Espace nourricier et stratégique caractérisé par une grande diversité de richesses, dont des ressources halieutiques, minières et énergétiques, le Gabon bleu ne cesse d’attirer les convoitises. En abordant les enjeux maritimes autour du Gabon et ses voisins, l’ouvrage entend situer le contexte de crise dont le golfe de Guinée a été le théâtre au cours de ces dernières décennies, traduisant ainsi l’urgence d’une prise en compte véritable des questions maritimes dans la sous-région d’Afrique centrale.


Livre recommandé par Diploweb.com pour le mois de mars 2017

. Céline Bayou et Eric Le Bourhis, Les Lettons, Paris, Atelier Henry Dougier, février 2017.

Pierre Verluise, Directeur des publications du Diploweb.com : "Voici un rare mélange d’intelligence et de coeur, de rigueur et d’ouverture. Céline Bayou et Eric Le Bourhis ont réalisé - en quatre langues - des entretiens avec des Lettons aux parcours très divers pour nous donner à comprendre ce pays de la Baltique. Avoir été écorchés par l’histoire - notamment par l’Allemagne nazie et l’URSS - ne les empêche pas de faire preuve d’une résilience extraordinaire. Il s’agit donc à la fois de mieux connaitre ce peuple - devenu membre de l’OTAN et de l’UE - et de bénéficier d’une leçon de vie."

En savoir plus sur "Les Lettons", sur le site de l’éditeur

Il existe une âme lettone si puissante qu’elle semble transcender le triple éclatement apparemment constitutif de ce peuple. Les Lettons courageux et cléments ? Le premier éclatement, historique, semble le prouver : après une période d’alternance entre soumission à la Russie, velléités d’indépendances, indépendance acquise et perdue, la Lettonie acquière son indépendance définitive en 1990, il y a tout juste vingt-sept ans. L’exemple de Marina Kosteņecka, écrivain et engagée pour l’indépendance de la Lettonie est évocateur. Elle se décrit comme « passeuse entre les lettons et la communauté russe » et marque la cohabitation des russes et des lettons en Lettonie du sceau de la confiance mutuelle et du pacifisme. Les Lettons ouverts d’esprit ? Assurément. Le second éclatement constitutif de ce peuple est géographique. De par leur histoire, les Lettons ont été déportés, poussés à l’exil ou démis de leur liberté de mouvements. Aujourd’hui, ils partent d’eux-mêmes mais reviennent. Vaira Vīķe-Freiberga, ancienne présidente de la Lettonie en est la preuve vivante. Après cinquante-quatre années par monts et par vaux, elle rentre et est élue. Les Lettons fidèles ? Très certainement. Fidèles à leurs traditions ancestrales, fidèle à la nature restée quasiment vierge, point focal de leur civilisation et de leurs traditions, portée aux nues comme le dieu d’une religion païenne. L’agriculture écologique et biologique, n’est pas une question, c’est une évidence, en témoigne Jānis Sietiņsons, apiculteur biologique. Ainsi, Les Lettons semblent détenir la capacité de jouer des contradictions, avec finesse et nuance, … sans incohérence.

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Actualité des livres géopolitiques
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. Timothy Mitchell, Carbon Democracy : le pouvoir politique à l’ère du pétrole, Paris, La Découverte, à paraître (mars 2017).

Ceci est un « livre à thèse », une thèse forte et iconoclaste, qui déplace radicalement notre vision de l’histoire du XXe siècle : les contours et les transformations des régimes politiques dits « démocratiques » ont été largement déterminés par les propriétés géophysiques des principales énergies carbonées, le charbon d’abord, puis le pétrole. Ainsi, la pesanteur du charbon, la nécessité de l’extraire des mines puis de le charger dans des convois, etc. ont donné à ses producteurs un pouvoir considérable ; en utilisant la menace d’en interrompre les flux, ils créèrent syndicats et partis de masse, à l’origine des premières démocraties de l’ère moderne. En face, les classes dominantes ont cherché à organiser la transition énergétique à l’échelle mondiale. En effet, grâce à sa fluidité, sa légèreté et son exceptionnelle concentration en énergie, le pétrole permettait de contourner les réseaux et pouvoirs anciens. Un autre régime s’est ainsi progressivement mis en place, dans lequel la vie politique s’est retrouvée anémiée, la paix sociale et la prospérité des « démocraties » occidentales ont reposé sur l’autoritarisme moyen-oriental, et où la croissance illimitée s’est transformée en religion. Aujourd’hui, ce système est au bord de l’effondrement et nous pose une question cruciale : comment les énergies postpétrole pourront-elles donner naissance à des régimes réellement démocratiques ?

. Mohammed-Reza Djalili et Thierry Kellner, Histoire de l’Iran contemporain, Paris, La Découverte, mars 2017.

Étrange pays que ce grand État chiite, qui n’a jamais rompu avec son passé pré islamique et qui, malgré son particularisme – son insularité, disent certains –, a toujours exercé un rayonnement culturel bien au-delà de ses frontières. Curieux destin que celui de ce vieil empire aujourd’hui entouré de jeunes États, objet pendant tout le XIXe et le début du XXe siècle de rivalités entre puissances russe et britannique, et qui est aussi la première nation du Moyen-Orient à s’être dotée d’une Constitution moderne obtenue à la suite d’une révolution dès 1906. Précurseur dans la nationalisation de ses ressources pétrolières, l’Iran est également le premier pays à connaître une révolution islamique qui provoque un séisme politique sans précédent à travers le monde musulman et au-delà. Aujourd’hui, alors que ses voisins tentent d’endiguer la montée de l’islamisme radical, il cherche la voie pour sortir d’une révolution religieuse. L’histoire contemporaine de l’Iran, à la fois laboratoire politique pour le monde et nation à part, du point de vue identitaire et historique, vaut d’être connue. Le présent ouvrage a pour ambition d’initier le lecteur à cette histoire foisonnante et méconnue de l’Iran des deux derniers siècles (1796-2017).

. Esther Benfredj, Ismaël contre Israël : genèse du conflit israélo-arabe, Paris, Editions Desclée de Brouwer, à paraître (mars 2017).

La Palestine a-t-elle été à la fois promise aux Arabes et aux Juifs pendant la Première Guerre mondiale comme il est d’usage de le penser ? Comment l’intervention des grandes puissances et de la communauté internationale - la Société des Nations puis l’Organisation des Nations unies - a-t-elle en partie scellé le sort de cet Orient complexe ? Et quel rôle tiennent les nationalismes arabes et le sionisme nés à la fin du XIXe siècle au sein du conflit israélo-arabe ? Cette guerre qui a pris des proportions démesurées, idéologiquement internationalement, semble ne pas avoir d’issue. Au-delà de la simple lutte territoriale, le conflit israélo-arabe ne tiendrait-il pas d’une haine fratricide qui trouverait sa source dans la Genèse, à travers le désir de vengeance ressenti par Ismaël, l’enfant adultérin d’Abraham, à l’égard de son frère légitime Isaac, père d’Israël ? Une brillante synthèse qui met en lumière un siècle d’occasions manquées entre Arabes et Juifs, et propose une réflexion historique et géopolitique subtile. À titre de repère, une chronologie retrace en fin d’ouvrage les moments clés du conflit de l’Antiquité à nos jours, et une série de cartes matérialise ses mutations et son évolution au XXe siècle.

. Nicolas Bernard, Caroline Blondy et Philippe Duhamel (dir.), Tourisme et périphéries : la centralité des lieux en question, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, mars 2017.

À l’heure de la mondialisation du tourisme, une réflexion géographique s’impose sur le rôle de ce phénomène capable de transformer la donne pour les territoires qu’il investit. Le tourisme interpelle aussi bien les territoires centraux comme les plus marginaux, qui voient en lui une panacée capable de renforcer leur rang ou de transformer une périphéricité en centralité, même temporaire. Cet ouvrage permet de comprendre cette dualité aujourd’hui inhérente aux périphéries.

. Maurice Mengho, Géographie du Congo, Paris, L’Harmattan, mars 2017.

Cet ouvrage est un recueil de travaux de recherche originaux produits par des enseignants - chercheurs à l’université Marien Ngouabi et des chercheurs évoluant dans d’autres structures scientifiques et techniques. Ils couvrent plusieurs domaines de la géographie du Congo si chère au Professeur Bonaventure Maurice Mengho. Les travaux qu’il rassemble relèvent de la géographie et de l’environnement. Ils constituent des éléments de connaissance, de réflexion et d’analyse sur le Congo.

. Didier Lombard, Nouvelle économie, nouvelle industrie, Paris, Odile Jacob, mars 2017.

Que faire face au déclin de notre industrie et au risque de son déclassement dans la compétition économique mondiale ? D’abord et avant tout renouveler les grandes infrastructures, celles des transports, de la production d’énergie, des télécommunications. Mais aussi tirer parti de l’explosion du numérique, lame de fond qui révolutionne toutes les filières industrielles et redistribue mondialement toutes les cartes. Or la France dispose d’atouts majeurs pour réussir : une expertise scientifique et technologique reconnue, un savoir-faire industriel et, surtout, une jeunesse instruite et compétente. L’ensemble de l’économie tirera profit de cette refondation industrielle pour peu que, dans sa mise en œuvre, l’on s’affranchisse de la tyrannie du court terme et du low cost et que l’on sache conjuguer les efforts des grands groupes, des PME et des start-up innovantes. Une vision et un programme pour la nécessaire et urgente renaissance industrielle.

. Kaushik Basu, Au-delà du marché : vers une nouvelle pensée économique, Paris, Editions de l’Atelier, février 2017.

« Au-delà du marché. Vers une nouvelle pensée économique », est la traduction de Beyond the Invisible Hand : Groundwork for a New Economics (Princeton University Press 2011, Poche 2016), écrit par l’influent économiste indien Kaushik Basu, ancien Chef économiste et vice-président de la Banque mondiale, dont la pensée reste encore méconnue en France. Ce livre est le regard éclairé et profond d’un éminent économiste venu d’ailleurs sur le monde actuel. Dans ce livre, il dénonce la religion du marché et impose un changement de paradigme en économie. Il invite à une révolution dans le champ de la micro-économie sans jamais perdre de vue la perspective globale de la macro-économie et pose les jalons d’une nouvelle pensée économique constitutive d’un système économique plus juste et durable.

. Béatrice Giblin (dir.), La ville, lieu de conflits, coll. Perspectives géopolitiques, 9e Festival de géopolitique (2017), Paris, Armand Colin, 2017.


Livre recommandé par Diploweb.com en février 2017

. François Géré, La pensée stratégique française contemporaine, Paris, Economica, février 2017.

Pierre Verluise, Directeur des publications du Diploweb.com : "Le Diploweb.com vous recommande chaleureusement cet ouvrage novateur. François Géré, avec maîtrise et pédagogie, met en lumière plusieurs des grands stratèges français du XXe siècle : de Lattre, Ailleret, Beaufre, Gallois et Poirier. Il s’agit à la fois de nourrir la réflexion publique et de stimuler la recherche académique sur les archives déposées par F. Géré au Centre de Documentation de l’Ecole militaire (CDEM, Paris). Avec ce livre, la relève a le pied à l’étrier. Le Diploweb.com est fier d’avoir été associé à la genèse de ce projet scientifique et de cet ouvrage."

4e de couverture

L’adaptation est le destin de la pensée militaire. Il lui faut en permanence combiner l’analyse de rapports de puissance instables avec les mutations de l’armement, associer politique et technique pour construire une stratégie durable et efficace. L’été 1945 voit le crépuscule des vieilles puissances européennes et l’aube de l’âge atomique. Comment dès lors penser les armes de la France ? Comment créer, organiser et orienter les moyens ? Et pour servir quelles fins ? Telle fut la préoccupation des stratèges dont nous présentons ici une analyse fondée sur des archives souvent inédites.

Inlassables pédagogues d’incontournables ruptures dans la pratique de la guerre, ils ont été aussi les théoriciens des constantes de la pratique stratégique et les observateurs des filiations de la pensée stratégique faite d’immuables principes auxquels ont obéi et obéiront encore petites et grandes guerres. Les enjeux, les formes, les acteurs et les lieux varieront mais dans la conservation obligée des éléments primordiaux de toute action humaine organisée en milieu conflictuel. À travers une réflexion étendue sur la seconde moitié du 20e siècle et au-delà, de Lattre, Ailleret, Beaufre, Gallois et Poirier ont établi la pensée stratégique de la France sur une base de granite. À leurs successeurs de frayer avec une rigueur aussi exigeante les voies complémentaires de la continuité et du renouvellement.

François Géré, professeur agrégé et docteur habilité en histoire des relations internationales et stratégiques contemporaines dirige depuis 2001 l’Institut Français d’Analyse Stratégique (IFAS) qui étudie outre les stratégies nucléaires, la défense antimissiles, notamment en Iran et en Chine. Il a été l’assistant-disciple du général Poirier durant vingt ans. Ensemble, ils ont publié en 2001 La réserve et l’attente, aux éditions Economica.

Voir plus sur le site des éditions Economica


. Collectif, Californie l’eldorado américain ?, Paris, Ateliers Henry Dougier, mars 2017.
La Californie est l’une des plus grandes puissances économiques du monde, notamment dans le secteur de l’agriculture et des hautes technologies, tout en restant une référence internationale en matière d’enseignement supérieur. Toutefois, alors que Barack Obama termine son second mandat de président, la Californie résume aussi à elle seule les maux de la société américaine : endettement, inégalité, surexploitation des ressources (notamment de l’eau), accès au logement et à la santé.

. Collectif, Iran, une société en ébullition, Paris, Ateliers Henry Dougier, mars 2017.
Souvent réduite à son expression politique, un régime islamique depuis 1979, l’actuelle République est pourtant l’héritière d’une histoire millénaire et sa société riche d’identités et de croyances très variées où coexistent chiites, zoroastriens et sunnites. L’Iran est aujourd’hui confronté à de nombreux défis notamment économiques (hausse des prix, chômage, monopole des pasdarans), mais aussi sociaux. Cette société, de plus en plus connectée et ouverte sur le monde, notamment via l’art et les réseaux sociaux, aspire au changement et à un avenir meilleur. Le régime, lui, pour sa survie, préfère s’adapter. Pour combien de temps ?

. Collectif, Toute la géopolitique du monde contemporain de 1913 à nos jours, coll. Concours et examens, éd. Sup Foucher, 2017.

Toute la géopolitique du monde contemporain : pratique et synthétique, ce mémento regroupe l’essentiel pour réviser et préparer son concours d’accès aux grandes écoles ECS, IEP…
Un véritable guide des notions-clés de géopolitique à la portée de tous.
Un mémento pratique structuré en fiches thématiques pour analyser et comprendre les grandes problématiques et les tendances du monde actuel.
Largement illustré avec des cartes, chronologies et graphiques classés par thème autour des savoirs fondamentaux.

. Jean-Pierre Filiu, Le miroir de Damas, Paris, La Découverte, à paraître (mars 2017).
Notre monde a abandonné la Syrie et son peuple à une horreur inimaginable. Et cette horreur ne semble nous toucher que par ses « effets collatéraux », les attaques terroristes menées sur notre sol.
Pour qu’une telle indifférence soit devenue possible, il a fallu occulter tout ce qui dans l’histoire de la Syrie résonne dans notre propre mémoire. Il n’en est que plus urgent de renouer le lien avec la part de l’histoire universelle qui s’est déroulée là-bas. Qu’on le veuille non, Damas nous tend aujourd’hui son miroir. Dans ce livre alerte, inspiré, Jean-Pierre Filiu revisite en Syrie un passé aussi intimement mêlé au nôtre. Il évoque des figures que l’on croit familières, saint Paul, Saladin ou Abdelkader, et nous en fait découvrir bien d’autres, du « chemin de Damas » à l’« Orient compliqué ». La descente aux enfers de la Syrie, de ses femmes et de ses hommes, n’est ni une affaire d’Arabes, ni le solde de querelles immémoriales. Elle est épouvantablement moderne, car les bourreaux de ce temps, qu’ils soient jihadistes ou pro-Assad, n’invoquent un glorieux passé qu’à l’aune de leur projet totalitaire.

. David T. Buckley, Faithful to Secularism : The Religious Politics of Democracy in Ireland, Senegal, and the Philippines, New-York, Columbia University Press, mars 2017.
Religion and democracy can make tense bedfellows. Secular elites may view religious movements as conflict-prone and incapable of compromise, while religious actors may fear that anticlericalism will drive religion from public life. Yet such tensions are not inevitable : from Asia to Latin America, religious actors coexist with, and even help to preserve, democracy. In Faithful to Secularism, David T. Buckley argues that political institutions that encourage an active role for public religion are a key part in explaining this variation. He develops the concept of "benevolent secularism" to describe institutions that combine a basic division of religion and state with extensive room for participation of religious actors in public life. He traces the impact of benevolent secularism on religious and secular elites, both at critical junctures in state formation and as politics evolves over time. Buckley shows how religious and secular actors build credibility and shared norms over time, and explains how such coalitions can endure challenges from both religious revivals and periods of anticlericalism. Faithful to Secularism tests this institutional theory in Ireland, Senegal, and the Philippines, using a blend of archival, interview, and public opinion data. These case studies illustrate how even countries with an active religious majority can become and remain faithful to secularism.

. Jean-Marc Chaumet et Thierry Pouch, La Chine au risque de la dépendance alimentaire, Rennes, Presses universitaires de Rennes, mars 2017.
Ce livre analyse l’origine et surtout les conséquences de la dépendance alimentaire de la Chine. Est-elle en mesure d’inverser le processus, au moins dans le secteur des grains ? Sinon, Pékin devrait poursuivre sa stratégie de diversification de ses approvisionnements alimentaires (investissements directs à l’étranger, achats ou locations de terres dans d’autres pays, importations massives et sécurisées par des partenariats commerciaux…). Les répercussions géoéconomiques de cette posture seraient porteuses de tensions géopolitiques.

. Jean-Paul Chagnollaud et Pierre Blanc, L’invention tragique du Moyen-Orient, Paris, Autrement, février 2017.
La poudrière du Moyen-Orient ne semble pas près de s’éteindre. À l’impasse israélo-palestinienne, à l’instabilité libanaise, se sont ajoutés ces dernières années le terrorisme djihadiste et la guerre civile en Syrie et en Irak. Parmi les origines essentielles de la tragédie, la reconfiguration territoriale et politique, opérée dans les années 1920 : les frontières nouvelles ont divisé les peuples, et ces États créés de toutes pièces ont mis en place, pour la plupart, des régimes autoritaires. Tout le processus de construction nationale s’en est trouvé affecté. Un essai lumineux sur ce puzzle infiniment complexe qu’est devenu le Moyen-Orient aujourd’hui.

. Fatiha Dazi-Héni, L’Arabie Saoudite en 100 questions, Paris, Tallandier, février 2017.

L’Arabie Saoudite est sous le feu de l’actualité. Mais connaît-on vraiment ce pays ? Le royaume inquiète à la mesure de notre méconnaissance et des nombreux préjugés véhiculés à son égard. Plus que jamais, il est opportun de mieux comprendre la réalité de ce qu’est le royaume d’Arabie Saoudite. À travers cet essai, la politologue Fatiha Dazi-Héni pose d’abord les bases historiques nécessaires à la compréhension des enjeux d’aujourd’hui. Sont également développées les dimensions culturelles, religieuses, sociologiques, politiques, économiques de l’Arabie Saoudite, ainsi que les relations que ce pays entretient avec le reste du monde. Qui est Ibn Saoud, fondateur de l’actuelle dynastie ?Qu’est-ce que le wahhabisme ?Quel est le rôle et la place de la femme dans la société ? Mis à part le pétrole, quels sont ses atouts économiques ? Pourquoi le vice-prince héritier Mohammed Ben Salmane veut-il changer le pacte économique et social ?La question palestinienne constitue-t-elle encore un enjeu ? Quelle place pour l’Arabie Saoudite dans le contexte du retour en grâce de l’Iran ?Pourquoi l’Arabie Saoudite est-elle si engagée dans le conflit syrien ?Peut-on parler de la fin de l’âge d’or pour l’Arabie Saoudite et les monarchies du Golfe ?Quelle est la teneur de la relation franco-saoudienne ? Quelle est l’influence de l’islam wahhabite saoudien en France ?

. Stéphane Thépot, Racines choisies, les paysans résistent, Paris, Ateliers Henry Dougier, février 2017.

Dans l’Aveyron, statistiques et observations minutieuses contredisent la « fin des paysans » qu’annonçait Henri Mendras en 1967. L’Aveyronnais, image d’Épinal d’une paysannerie rétrograde et patriarcale, terre de naissance ou d’adoption de révolutionnaires et de révolutions agricoles, se lève désormais comme la vitrine d’une paysannerie dynamique, innovante, féminisée, attrayante et fière. A la suite d’un André Valadier, sauveur de la vache d’Aubrac ou d’un José Bové, voix engagée pour la cause des agriculteurs et frondeur anti OGM médiatisé : esprit d’initiative, détermination et ténacité concentrés à l’échelle locale sont présentés dans cet ouvrage comme le terreau qui fut nécessaire à une renaissance de la terre.

A l’approche du Salon de l’Agriculture, entraînons le lecteur à la rencontre des paysans aveyronnais. Tantôt, c’est Lionel Sabrié, membre de la coopérative Jeune Montagne de Laguiole, qui, de son exploitation familiale en GAEC, voit la transition vers l’agriculture biologique comme la suite directe de la labellisation. Léon Maillé, lui, accepte de transmettre en héritage son troupeau de brebis à Marlène et Florian, couple mayennais de paysans néophytes, loin du modèle de l’exploitation familiale transmise de père en fils. Marie-Thérèse Lacombe, elle, combat pour la place et l’indépendance des femmes du monde agricole et des agricultrices. Autant de problématiques nationales voire globales, qui se jouent d’abord localement et quotidiennement.

. Fweley Diangitukwa, Comment mettre fin à une dictature solidement installée, Paris, L’Harmattan, février 2017.

Ce livre est une réflexion sur la tyrannie. Il s’adresse à tous les citoyens du monde qui cherchent à se débarrasser d’une dictature solidement installée mais qui ne trouvent pas la voie à suivre ou la solution idéale. Le contexte étant différent, d’un pays à l’autre et d’une dictature à l’autre, il est bien nécessaire de choisir la recette sinon les recettes la/les plus adaptée(s) au contexte national. Mais dans toutes les circonstances, trois forces doivent absolument se rencontrer pour qu’il y ait un véritable changement : le nombre de participants qui créent une grande union, l’intelligence qu’on appelle stratégie et la détermination qui permet d’aller jusqu’au bout de la vision commune.

. Amaël Cattaruzza et Aurélie Boissière, Atlas des guerres et conflits, Paris, Autrement, février 2017.

Cet atlas géopolitique des conflits armés contemporains jette un éclairage sur les évolutions de la nature de la guerre : privatisation, rôle croissant des civils, nouvelles cibles militaires, combattants privés, trafic et mutation des armes, abandon des champs de bataille en rase campagne au profit des villes, dimension écologique, etc.

. Jacques Gravereau, La Chine conquérante : enquête sur une étrange superpuissance, Paris, Eyrolles, janvier 2017.

La Chine est devenue la deuxième puissance économique mondiale. Elle projette d’accéder bientôt au premier rang, en se dotant chemin faisant des attributs d’une hyperpuissance en matières technologique et militaire. Dans ce cas, la porte lui serait ouverte pour faire régner ses normes et son ordre sur le globe. C’est-à-dire sur nous. C’est l’ambition affichée dans son nouveau discours à l’usage du monde, qui chauffe à blanc les masses chinoises déstabilisées par la croissance à marche forcée des dernières décennies. Mais il peut y avoir bien loin entre le rêve et la réalité. Jacques Gravereau décrit avec beaucoup de finesse la Chine d’aujourd’hui, sa culture si particulière, les forces qui expliquent son ascension vertigineuse et les faiblesses qui en font un géant aux pieds d’argile. Il lève ainsi un coin du voile sur le mode de pensée chinois, et donne les clés pour comprendre de l’intérieur ce pays si éloigné des standards occidentaux. Un livre d’une pertinence rare, vivant et habité, qui nous mène de la petite vieille vendeuse de glace à Pékin au début des années 1980, pionnière du "capitalisme" chinois, aux discours conquérants de Xi Jinping lors des défilés militaires grandioses de ces dernières années.

. Morgan Donot, Dario Rodriguez et Yeny Serrano, Leaders et leaderships dans les démocraties contemporaines, Strasbourg, Presses universitaires de Strasbourg, janvier 2017.

"Leader" et "leadership" sont des expressions prégnantes dans le vocabulaire politique contemporain. Mais que recouvrent exactement ces deux termes ? Sont-ils différenciables, et si oui, sur quels critères ? La figure du leader se construit et se manifeste en discours et le leadership, qui lui est associé, est un produit de cette construction tout en étant la source d’une nouvelle création.
S’appuyant sur des études de cas issues des continents américain et européen, cet ouvrage examine la question de la construction du leadership en démocratie. Des notions telles que "charisme", "populisme" et "leadership" permettent aux auteurs d’analyser les caractéristiques associées aux leaders démocratiques ainsi que les styles de leadership mis en œuvre par des personnalités politiques contemporaines. L’ouvrage s’inscrit volontairement dans une approche comparative et pluridisciplinaire. Cette approche permet de mettre en relation les mécanismes linguistiques, discursifs et argumentatifs convoqués dans la co-construction tant de la figure du leader que du leadership qui lui est associé, avec des savoirs provenant de disciplines diverses, telles que la science politique, les sciences du langage, les sciences de l’information et de la communication, ou encore l’histoire.

. Michel Marbeau, La Société des Nations – Vers un monde multilatéral, 1919-1946, Tours, Les presses universitaires François Rabelais, à paraître (mars 2017).

Née à la fin de la première grande conflagration mondiale, morte à la seconde, la Société des Nations (1919-1946) fut la première organisation internationale d’envergure, fruit de l’espoir utopique d’un monde apaisé. Sa mémoire est frappée d’une légende noire car, dans l’imaginaire collectif, la SdN est coupable d’avoir échoué à enrayer la marche vers la seconde guerre mondiale. Accusée d’inertie bureaucratique, vilipendée pour son incapacité à imposer des règlements pacifiques, la Société des Nations a été désignée comme bouc émissaire des échecs de la sécurité collective. Cette Société des Nations ridiculisée et honnie est pourtant mère de l’ONU.
La Société des Nations a-t-elle été un échec ou une réussite ? La réponse est loin d’être évidente. Son échec résulte des contradictions et de l’irrésolution du monde de l’entre-deux-guerres, les États membres n’ayant pas su s’entendre ou ayant privilégié un nationalisme étroit. En revanche, la Société des Nations a largement contribué au renouveau des relations internationales en s’employant à créer une diplomatie ouverte. Son œuvre technique, d’une très grande variété, est une incontestable réussite, et le prélude aux organisations internationales contemporaines.

. Daniel Chartier (dir.), Frontières – Actes du colloque québéco-norvégien, Québec (Canada), Presses de l’Université du Québec, à paraître (mars 2017).

D’emblée, la notion de « frontière » met de l’avant les découpages, les définitions, les limites. Elle est ainsi foncièrement pluridisciplinaire, voire métadisciplinaire. Comme la notion elle-même, la collaboration en études littéraires entre le Québec et la Norvège à la source de ce livre s’ancre dans une dimension territoriale et géopolitique, mais ouvre sur les enjeux qui en découlent. C’est ainsi beaucoup plus largement une réflexion sur les consensus et les interférences entre différents champs disciplinaires que le lecteur trouvera dans les chapitres qui composent cet ouvrage. À la fois fondatrice et arbitraire, la frontière s’avère un point d’observation fertile des circulations et des carrefours, une notion clé dont l’actualité ne cesse de marteler l’importance, et qu’il faut repenser dans ses dimensions concrètes mais aussi symboliques pour aborder l’imaginaire contemporain.

. Chloé Maurel, Une brève histoire de l’ONU – Au fil de ses dirigeants, Vulaines sur Seine, Editions du Croquant, à paraître (mars 2017).

L’histoire de l’Organisation des nations unies est retracée à travers les Secrétaires généraux qui se sont succédé. L’ouvrage présente en outre des encadrés sur des acteurs internationaux ayant prononcé des discours à la tribune de l’ONU ainsi qu’une analyse de ces allocutions. Les grandes actions de l’organisation et de ses agences sont également étudiées.

. Andrew G. Walder, China Under Mao – A Revolution Derailed, Cambridge (MA, Etats-Unis), Harvard University Press, à paraître (mars 2017).

China’s Communist Party seized power in 1949 after a long period of guerrilla insurgency followed by full-scale war, but the Chinese revolution was just beginning. China Under Mao narrates the rise and fall of the Maoist revolutionary state from 1949 to 1976—an epoch of startling accomplishments and disastrous failures, steered by many forces but dominated above all by Mao Zedong.
Mao’s China, Andrew Walder argues, was defined by two distinctive institutions established during the first decade of Communist Party rule : a Party apparatus that exercised firm (sometimes harsh) discipline over its members and cadres ; and a socialist economy modeled after the Soviet Union. Although a large national bureaucracy had oversight of this authoritarian system, Mao intervened strongly at every turn. The doctrines and political organization that produced Mao’s greatest achievements—victory in the civil war, the creation of China’s first unified modern state, a historic transformation of urban and rural life—also generated his worst failures : the industrial depression and rural famine of the Great Leap Forward and the violent destruction and stagnation of the Cultural Revolution.
Misdiagnosing China’s problems as capitalist restoration and prescribing continuing class struggle against imaginary enemies as the solution, Mao ruined much of what he had built and created no viable alternative. At the time of his death, he left China backward and deeply divided.

. James Barr, Une ligne dans le sable – Le conflit franco-britannique qui façonna le Moyen-Orient, Paris, Editions Perrin et le Ministère de la Défense, février 2017.

Comment la France et la Grande-Bretagne se sont-elles partagé le Moyen-Orient ? A travers une analyse novatrice, James Barr montre que, des accords Sykes-Picot, en 1916, à 1948, tout a été mis en place pour dynamiter la région : la Syrie à feu et à sang, la montée des extrêmes terroristes, le statut de Jérusalem et la maîtrise du canal de Suez en ont tour à tour été les détonateurs.

. Michael Lucken, The Japanese and the War – Expectation, Perception, and the Shaping of Memory, New-York (NY, Etats-Unis), février 2017.

Memories of World War II exert a powerful influence over Japan’s culture and society. In The Japanese and the War, Michael Lucken details how World War II manifested in the literature, art, film, funerary practices, and education reform of the time. Concentrating on the years immediately before and after (1937 to 1952), Lucken explores the creation of an idea of Japanese identity that still resonates in everything from soap operas to the response to the Fukushima nuclear disaster.
Lucken defines three distinct layers of Japan’s memory of World War II : the population’s expectations at the beginning, the trauma caused by conflict and defeat, and the politics of memory that arose after Japan lost to the Allied powers. Emphasizing Japanese-language sources, Lucken writes a narrative of the making of Japanese cultural memory that moves away from Western historical modes and perspectives. His approach also paints a new portrait of the U.S. occupation, while still maintaining a cultural focus. Lucken sets out to capture the many ways people engage with war, but particularly the full range of Japan’s experiences, which, he argues, the Japanese state has yet to fully confront, leading to a range of tensions at home and abroad.

. Sabrina Mervin et Nabil Mouline (dir.), Islams politiques – Courants, doctrines et idéologies, Paris, CNRS Editions, février 2017.

Réformisme, salafisme, wahhabisme, Frères musulmans, djihadisme, chiismes, alaouites, zaydites, ibadites, ismaéliens, soufis… Depuis les attentats, journalistes, politiques et experts, reconnus ou autoproclamés, saturent les médias avec la question de « l’islam », parfois envisagé comme un facteur explicatif unique et tranché des conflits contemporains, parfois éludé des analyses. Un terrain des idées dangereux où s’opposent les partisans du « tout-à-voir » et du « rien-à-voir ». Partant de l’histoire, cet ouvrage déconstruit les idées reçues et analyse de manière synthétique les doctrines et les enjeux contemporains des principaux courants de l’islam, par le prisme du « théologico-politique ». Tenant compte des derniers acquis de la recherche, des encadrés présentent leurs textes fondateurs et les évènements ou personnages qui sont essentiels à la compréhension de leurs idéologies. Un livre de référence accessible pour ceux qui veulent comprendre ces islams qui changent le monde.

. Michael Goebel, Paris, capitale du tiers monde – Comment est néé la révolution anticoloniale (1919-1939), Paris, La Découverte, février 2017.

Ce livre retrace l’expansion, au cours de l’entre-deux-guerres, de l’anti-impérialisme mondial, mouvement dans lequel Paris joua un rôle de tout premier plan. La Ville Lumière accueillit en effet d’innombrables futurs leaders tiers-mondistes qui vinrent y faire, sans même le savoir, leur formation politique – formation qui, en retour, les mènera vers l’une des plus fantastiques déflagrations révolutionnaires de l’histoire. Dans ce Paris incroyablement cosmopolite où affluaient les âmes errantes venues du monde entier, on pouvait ainsi croiser Hô Chi Minh, Zhou Enlai, Léopold Sédar Senghor, C. L. R. James, George Padmore, Messali Hadj ou le révolutionnaire indien M. N. Roy. En étudiant le contexte sociopolitique parisien dans lequel ces apprentis activistes évoluaient, ce livre nous plonge dans des complots d’assassinat prétendument ourdis par des étudiants chinois, dans des manifestations menées par des nationalistes latino-américains, ou simplement dans la vie quotidienne des ouvriers algériens, sénégalais ou vietnamiens.
Sur la base de rapports de police et autres sources de première main, Michael Goebel montre le rôle de force motrice essentiel joué par les mouvements migratoires et les interactions vécues au sein des milieux immigrés dans le développement de l’opposition à l’ordre impérial mondial, qui a fait se croiser les histoires de peuples issus de trois continents. S’appuyant sur les travaux de l’histoire globale et impériale, et sur les études des questions migratoires et « raciales » en France, ce livre ne propose rien de moins qu’une compréhension renouvelée des origines de l’idée de tiers monde et de tiers-mondisme.

. David A. Moss, Democracy, A Case Study, Cambridge (MA, Etats-Unis), Harvard University Press, février 2017.

To all who declare that American democracy is broken—riven by partisanship, undermined by extremism, and corrupted by wealth—history offers hope. In nearly every generation since the nation’s founding, critics have made similar declarations, and yet the nation is still standing. When should we believe the doomsayers ? In Democracy : A Case Study, historian David Moss adapts the case study method made famous by Harvard Business School to revitalize our conversations about governance and democracy and show how the United States has often thrived on political conflict.
Democracy’s nineteen case studies were honed in Moss’s Harvard course, which is among the institution’s most highly rated. Each one presents readers with a pivotal moment in U.S. history and raises questions facing key decision makers at the time : Should delegates to the Constitutional Convention support James Madison’s proposal for a congressional veto over state laws ? Should President Lincoln resupply Fort Sumter ? Should Florida lawmakers approve or reject the Equal Rights Amendment ?
These vibrant cases ask readers to weigh choices and consequences, wrestle with momentous decisions, and come to their own conclusions. They provoke us to rethink which factors make the difference between constructive and destructive conflict, and they provide an opportunity to reengage the passionate debates that are crucial to a healthy society. Democracy : A Case Study invites us all to experience American history anew and come away with a deeper understanding of our democracy’s greatest strengths and vulnerabilities as well as its extraordinary resilience over time.

. Jean-François Pérouse, Istanbul planète – La ville-monde du XXIe siècle, La Découverte, Paris, février 2017.

Istanbul est un continent urbain inconnu, trop souvent réduit à quelques prétendus hauts lieux – de plus en plus perdus dans l’immensité métropolitaine environnante – extraits d’un imaginaire réducteur, aux figures par trop rebattues. Il y a pourtant urgence à sortir des lieux communs pour prendre la mesure de l’organisme urbain monstrueux devenu ces deux dernières décennies la principale métropole du bassin méditerranéen, au pouvoir attractif croissant. Mégapole choyée par un pouvoir qui l’a promue en vitrine de sa puissance et de son identité refabriquée, mégapole qui fascine un « arrière-pays » de plus en plus vaste et diversifié, Istanbul a radicalement changé de dimensions et de fonctions. Outre l’étalement vertigineux qui la caractérise, aux conséquences catastrophiques pour son environnement, elle est le théâtre de profondes transformations physiques, économiques et culturelles. Laboratoire de la « Nouvelle Turquie », Istanbul est à la fois le lieu de la reconstruction de la référence ottomane – source de fierté –, le lieu où les paillettes du tourisme mondial côtoient la tension autoritaire installée par le régime, et le terrain d’expérimentation de nouvelles façons de vivre, entre économie de la consommation et tentations de repli autour d’identités collectives réinventées.

. Jacques Frémeaux, La Question d’Orient, Paris, CNRS Editions, à paraître (février 2017).

Depuis le XVIIIe siècle et jusqu’à aujourd’hui, la zone qui s’étend des Balkans à l’Afghanistan cristallise les tensions. Ce vaste espace a ainsi constitué, depuis l’entrée des flottes de la tsarine Catherine II en Méditerranée (1770), un champ disputé par la Russie et l’Angleterre, avant de se retrouver, après 1945, au cœur du conflit opposant la Russie et les États-Unis. Mais, d’ouest en est, ce sont surtout des peuples qui se succèdent, qui se cherchent et se déchirent entre les séductions de la modernité et le refus que lui oppose la tradition. L’« Orient », qui s’affirme toujours plus comme exclusivement musulman, devient alors un objet de fascination et de peur pour un « Occident » dominateur et manipulateur.

. Marc Goutalier, Une histoire stratégique des frontières arabes, Paris, Edition du Félin, à paraître (février 2017).

Un siècle après avoir été négligemment tracées sur la carte, nombre de frontières du Moyen-Orient sont devenues celles d’États menacés de décomposition. Les territoires irakien, syrien ou libanais sont redevenus le terrain de jeu des empires qui ont jalonné leur histoire et façonné leur territoire. Derrière ce chaos, c’est en réalité l’ensemble du monde arabe qui est en proie à une remise en cause profonde de ses frontières depuis le « Printemps » de 2011.

Frappés par la guerre civile, Irak, Syrie, Libye ou Yémen ont-ils jamais eu un sens ? Leurs frontières et celles de leurs voisins sont-elles aussi artificielles qu’elles le paraissent ? Pourquoi les États arabes semblent-ils enfermés entre la dictature des militaires et celle des religieux ? Que veulent vraiment l’Iran, la Russie, la Turquie et les pays occidentaux qui s’activent dans la région ?

Afin de répondre à ces questions majeures qui font désormais la une de l’actualité, Marc Goutalier nous invite à une plongée passionnante à travers l’espace et le temps, en offrant d’indispensables outils pour comprendre les dessous d’une carte dont l’avenir nous concerne tous.

. Ahmet Insel, La nouvelle Turquie d’Erdogan, Paris, La Découverte, février 2017.

À la suite du coup d’État avorté de l’été 2016, Recep Tayyip Erdogan a lancé une très vaste opération de purge des différents services de l’État – mais aussi de la société civile. Cette reprise en main est l’aboutissement d’un long processus. Depuis 2002, la Turquie est dirigée par l’AKP (Parti de la justice et du développement) et par son leader charismatique. Ce pouvoir « musulman-démocrate » a profondément modifié le pays mais le bilan de ce long règne est ambivalent. Les avancées sur le front de la démocratisation ont progressivement laissé place à un autoritarisme rampant et à une politique de réislamisation de la société. Les négociations avec l’Union européenne sont au point mort. Des pas courageux pour la résolution du problème kurde ont été remplacés par une nouvelle offensive répressive, qui s’est étendue à l’ensemble des revendications démocratiques et a révélé le visage autoritaire du pouvoir et sa volonté de mise en place d’un régime présidentiel fort, clairement revendiquée.
Dans cet essai documenté, Ahmet Insel nous éclaire sur les facteurs d’ascension de l’AKP, la stratégie politique et la persistance des succès électoraux d’Erdogan malgré les affaires de corruption, l’installation progressive de l’arbitraire et la lutte avec la communauté Gülen. Il montre ainsi les tourments de la société turque, tiraillée entre les conflits ethniques, religieux et culturels, entre peur de perdre son identité socio-historique et désir d’être dans le monde moderne.

. Alexandra Liarsou, Les métamorphoses de l’écologie, Paris, L’Harmattan, janvier 2017.

A la fois science fondamentale et appliquée, reliée à des problématiques sociales, économiques, politiques ainsi qu’à une organisation administrative, légale et réglementaire, l’écologie suscite controverses et passions. Cet ouvrage clair et incisif donne une vue d’ensemble critique et concrète du périmètre de cette science en mutation, de ses contraintes, de ses limites et apports, de son instrumentalisation sociale et des débats qui en résultent.

. Boualem Kadri et Danielle Pilette, Le Tourisme métropolitain renouvelé, Québec (Canada), Presses de l’Université du Québec, janvier 2017.

Le tourisme métropolitain renouvelé se distingue à la fois du tourisme urbain et du tourisme métropolitain traditionnel. Le premier est spécialisé et de niche, le second met en scène la vie quotidienne tout en proposant des événements ayant souvent lieu dans des espaces publics représentatifs de l’histoire de la métropole.

Dans sa formule renouvelée, le tourisme métropolitain est à la mesure ou à la démesure du gigantisme de la taille, du métissage démographique, des ressources et des réseaux des nouvelles métropoles, souvent d’Orient et du Sud. Il s’insère dans la construction et la reconstruction du territoire, s’ancre dans le spectaculaire et promeut les innovations, tant sociales que technologiques. Il est le fruit de la gouvernance et de l’exercice du leadership métropolitain, impliquant à la fois les collectivités locales, l’État national, les intérêts des entreprises oeuvrant dans différents secteurs et ceux des groupes de pression. Aujourd’hui, les entreprises du secteur numérique, des finances et du divertissement propulsent les nouvelles formes du tourisme métropolitain, qu’elles inscrivent dans de nouveaux réseaux auxquels font même appel les entreprises touristiques traditionnelles.

Selon les auteurs de cet ouvrage, la mise en tourisme n’apparaît plus comme un simple outil de définition du produit, mais comme un processus inclusif, y compris d’acteurs métropolitains de différents secteurs d’activités. Étudiants et professionnels du domaine du tourisme découvriront que l’expérience touristique renouvelée s’ancre tant dans l’ordinaire que l’extraordinaire, selon les multiples propositions, mesurées et démesurées, de la métropole.

. Christian Destremau, Churchill et la France, Paris, Editions Perrin et le Ministère de la Défense, janvier 2017.

« Français, c’est moi, Churchill, qui vous parle. » Le lundi 21 octobre 1940, les auditeurs français de la BBC entendent pour la première fois la voix du Premier ministre qui s’adresse directement à eux, et, au surplus, dans leur langue. En revanche, ce n’est pas la première fois qu’ils entendent le nom du plus célèbre Anglais du XXe siècle. La relation entre Churchill et la France ne se résume pas aux séjours de Winston dans les luxueuses villas de la Côte d’Azur ou aux liens établis avec de Gaulle. Très tôt, en effet, Churchill a baigné dans l’histoire de France et a été initié à la langue française. C’est ensuite par ses activités politiques et militaires qu’il ne cessera d’entretenir une relation privilégiée avec la France, plus qu’avec les Français, qu’il connaît en réalité bien mal. Car la France de Churchill, c’est une histoire pleine de bruits et de fureur, c’est Jeanne d’Arc, Napoléon, c’est la solidité du poilu et la Première Guerre mondiale, c’est Clemenceau et la force de la volonté et du verbe. Parfois admiratif du génie français, parfois exaspéré par les « frogs » – « Les Français sont vraiment une nation méprisable », dit-il au moment de l’affaire Dreyfus –, l’hexagone aura toujours une place particulière dans la vie et l’imaginaire du Britannique. Et si, déclare-t-il un jour, « le Tout-Puissant dans son infinie sagesse, n’a pas jugé bon de créer les Français à l’image des Anglais », il sait bien que, sans cette France turbulente et imprévisible, il n’aurait sans doute pas connu un tel destin.

. Guy Mvelle, Antonio Guterres au Secrétariat général de l’ONU – Les attentes impatientes de l’Afrique, Paris, L’Harmattan, janvier 2017.

L’arrivée d Antonio Guterres à la tête de l’ONU est un espoir en soi, en raison de sa parfaite connaissance du système onusien, et surtout du fait de sa longue expérience capitalisée dans le domaine humanitaire. Mais celui qui est considéré par certains comme un ami de l Afrique est également un produit du système, ce qui ne constitue pas un certificat de garantie en terme d’efficacité, d’indépendance dans l’action, et de démocratie internationale. Son discours reste jusqu’ici très généraliste, et ne met pas le continent noir au coeur de ses préoccupations. Ce premier quinquennat du Portugais s’annonce à la fois comme un challenge redoutable après les mandats très critiqués de Ban Ki-Moon, et comme un horizon plein de doutes pour l’Afrique.

. Adrien Jaulmes (dir.), Le monde en 2035 vu par la CIA, Paris, Equateurs, janvier 2017.

Jamais l’Histoire n’a connu de telles accélérations qu’aujourd’hui. Il nous faut des instruments précis pour comprendre et décrypter le monde des vingt prochaines années. C’est l’objectif de ce Rapport du Conseil National du Renseignement qui fournit analyses et perspectives à la CIA. Pour mener ce travail impartial et sans tabou, 2500 personnes de tous horizons (stratèges, chercheurs, économistes, spécialistes du renseignement et de la prospective) ont été interrogées. Intitulé le « Paradoxe du progrès », ce Rapport vient d’être remis au président Trump. Malgré leurs formidables opportunités économiques et technologiques, jamais nos sociétés n’ont été menacées par autant de périls. Nous vivons dans un monde de plus en plus intégré et interdépendant. Comment les États-Unis dirigés par Donald Trump exerceront-ils leur leadership ? La Russie demeurera-t-elle agressive si son économie faiblit ? Comment l’Europe va-t-elle affronter sa crise d’identité et la montée des populismes ? Les classes moyennes des pays développés vont-elles continuer de s’appauvrir ? Dans les vingt prochaines années, la population chinoise continuera à vieillir et l’Afrique connaîtra la croissance démographique la plus élevée au monde. Les entreprises privées enverront des hommes dans l’espace menacé par la militarisation des Etats. Comment affronter le réchauffement climatique, les cyber-attaques et les actes terroristes ? Autant de pistes, de scénarios ici analysés, et de réponses apportées. Ce Rapport captivant est un concentré de réflexions uniques sur le monde actuel et de demain. Préface d’Adrien Jaulmes (Prix Albert Londres, grand reporter au Figaro et spécialiste des questions internationales).

. Olivier Compagnon et Diogo Cunha (dir.), Les intellectuels et le politique au Brésil (XIXe siècle et XXe siècles), Limoges, Lambert-Lucas, septembre 2016.

Les rapports entre les intellectuels et le politique au Brésil ont toujours été complexes. Le pays a longtemps été caractérisé par une immense population rurale, misérable et analphabète, dominée par des structures locales archaïques, tandis que les lettrés des métropoles s’attribuaient le rôle de porteurs de la « conscience nationale » et d’agents naturels de la construction de l’État, ayant pour mission de fonder puis réformer, guider et valoriser la Nation. La victoire de Vargas en 1930 accélère l’entrée des intellectuels dans le monde politique. Les régimes autoritaires qui suivent, Estado Novo de 1937 à 1945 et dictature militaire de 1964 à 1979 ont pu compter sur le soutien d’une part importante des élites culturelles du pays. Depuis la fin des années 1970, sociologues et historiens se sont penchés sur cet acteur incontournable de la vie politique brésilienne, donnant naissance à un grand nombre d’ouvrages sur le sujet. Centrées d’abord sur l’« ère Vargas », les recherches se sont étendues à d’autres thèmes et périodes : rapports entre hommes de lettres et pouvoir impérial, rôle des écrivains de la Première République, importance de la « Génération de 1870 », activité des intellectuels de gauche pendant la dictature militaire... Cependant, malgré la multiplication, l’ampleur et la profondeur de ces études, les différents aspects, acteurs et périodes de cette histoire sont loin d’être épuisés.

. Gérard Blier, Les ports de guerre français, Paris, Economica, janvier 2017.

Dans les conflits qui ont ensanglanté le monde, la guerre sur mer a joué souvent un rôle important. C’est particulièrement vrai pour la France, bordée par trois mers et un océan. Des galères et vaisseaux à voiles aux bâtiments en acier et aux sous-marins nucléaires, leur construction, leur réparation et leur maintenance ont nécessité des infrastructures particulières et puissamment équipées. Il a paru dès lors opportun de s’intéresser à l’histoire des ports militaires français. Au fil des siècles ceux de Brest, de Toulon, de Rochefort, de Cherbourg, et d’autres en particulier outre-mer, ont permis l’essor de notre flotte de guerre. Ils ont été associés à ses succès, à ses échecs aussi. Dans cet ouvrage, au-delà des données tactiques ou stratégiques, le contexte économique et la dimension humaine sont largement évoqués. Par ailleurs de nombreux croquis et cartes éclairent le lecteur.

. Catherine Larrère, Les inégalités environnementales, Paris, PUF, janvier 2017.

Le risque environnemental est-il égalisateur ? Certains voudraient le croire. Ainsi Ulrich Beck écrivait-il, en 1986, dans La Société du risque : « La pénurie est hiérarchique, le smog est démocratique. » Mais si la globalité des dégradations environnementales expose l’humanité entière à un destin commun, cela n’empêche pas que les populations humaines, entre les pays comme à l’intérieur de chacun d’entre eux, sont très inégalement affectées par ces dégradations et y contribuent de manières tout aussi inégales. De façon générale, ce sont les plus vulnérables qui sont les plus touchées, tout en étant les moins responsables de la situation.

L’objectif de ce livre est donc de faire apparaître parallèlement la dimension environnementale des inégalités sociales et les effets inégalitaires des politiques écologiques. Il propose une approche pluridisciplinaire, car ce phénomène ne se réduit pas à un déterminisme simple. Il s’agit de comprendre comment ces inégalités, qui se creusent autant par le haut que par le bas, sont aussi un obstacle à une transition écologique réussie.

. Thierry de Montbrial, Thomas Gomart, Notre intérêt national : Quelle politique étrangère pour la France ?, Odile Jacob, 2017.

La politique étrangère de la France est-elle encore guidée par l’idée d’intérêt national ?
Ce qui semble prévaloir depuis dix ans, ne serait-ce pas plutôt la référence aux valeurs et une rhétorique guerrière pour justifier l’aventure extérieure ?
Pourtant, la notion d’intérêt national était au cœur de notre tradition diplomatique du cardinal de Richelieu au général de Gaulle. Elle permettait de hiérarchiser nos valeurs et nos alliances.
S’appuyant sur les contributions de grands acteurs et penseurs de notre diplomatie, ce livre analyse la politique étrangère de la France à l’aune de l’intérêt national compris comme moteur et comme cadre d’action.
S’inscrivant dans le débat sur l’identité française, il évalue aussi la place de la France dans le monde et les relations complexes que les Français entretiennent avec la mondialisation.
Un enjeu fondamental pour la présidentielle et les cinq ans à venir.

Membre de l’Académie des sciences morales et politiques, auteur de nombreux ouvrages, Thierry de Montbrial a créé en 1979 l’Institut français des relations internationales (Ifri) dont il est le président, et, en 2008, la World Policy Conference (WPC).

Historien des relations internationales, Thomas Gomart est directeur de l’Ifri depuis 2015.

. Andrew L. Oros, Japan’s Security Renaissance, New-York, Columbia University Press, à paraître (mars 2017).

For decades after World War II, Japan chose to focus on soft power and economic diplomacy alongside a close alliance with the United States, eschewing a potential leadership role in regional and global security. Since the end of the Cold War, and especially since the rise of Prime Minister Shinzo Abe, Japan’s military capabilities have resurged. In this analysis of Japan’s changing military policy, Andrew L. Oros shows how a gradual awakening to new security challenges has culminated in the multifaceted "security renaissance" of the past decade. Despite openness to new approaches, however, three historical legacies—contested memories of the Pacific War and Imperial Japan, postwar anti-militarist convictions, and an unequal relationship with the United States—play an outsized role. In Japan’s Security Renaissance Oros argues that Japan’s future security policies will continue to be shaped by these legacies, which Japanese leaders have struggled to address. He argues that claims of rising nationalism in Japan are overstated, but there has been a discernable shift favoring the conservative Abe and his Liberal Democratic Party. Bringing together Japanese domestic politics with the broader geopolitical landscape of East Asia and the world, Japan’s Security Renaissance provides guidance on this century’s emerging international dynamics.

. Jana J. Jabbour, La Turquie, l’invention d’une diplomatie émergente, Paris, CNRS Editions, février 2017.

Depuis le début du siècle, grâce à son dynamisme économique et son volontarisme politique, la Turquie est parvenue à se positionner en acteur majeur du système international d’une part, en puissance régionale de l’autre. Le feuilleton, mais aussi le film turc, témoignent du succès de son soft power : ils pénètrent l’imaginaire du public, diffusent une certaine idée du pays et constituent par là un vecteur d’influence. Profitant d’un relatif retrait des États-Unis, cette montée en puissance s’accompagne d’une affirmation politique, économique et diplomatique. L’AKP, constitué d’une nouvelle élite, est déterminé à faire de la Turquie un pôle d’attraction économique incontournable. Et, dans un espace régional bouleversé, le pays s’est invité à la table des vieilles puissances, initiant une « guerre des diplomaties ». Quelle a été la genèse de cette nouvelle ère ? Quels en sont les concepts, les acteurs, les dynamiques ? Comment les équilibres politiques et économiques intérieurs influent-ils sur cette nouvelle diplomatie ? Quelle place pour la question kurde ? Quel avenir pour cette diplomatie émergente ? Quels rapports avec l’Europe ? Un ouvrage essentiel pour mieux connaître et comprendre la Turquie d’Erdoğan.

. Henry Laurens, Les crises d’Orient 1768-1914, Paris, Fayard, février 2017.

En ce début de xxie siècle, le cycle d’instabilités au Moyen-Orient commencé en 2003 et qui s’est accéléré depuis 2011 a pris une dimension particulièrement dangereuse. Et l’on se donne l’impression d’être dans une situation nouvelle. En réalité, le Moyen-Orient a connu, tout au long du xixe siècle, des crises dites d’Orient. Dans un jeu d’ingérences et d’implications entre acteurs locaux, régionaux et internationaux, au point que l’on ne sait plus qui manipulait l’autre, ces crises opposèrent des intérêts et des projections culturelles contradictoires, aussi bien des Européens sur les pays dits orientaux que de ces derniers vers ce que l’on appelait le « monde civilisé ». Les États affrontèrent une violence parfois extrême, répondant dans l’urgence par des solutions politiques souvent boiteuses.

. Pierre Billaud (dir.), La grande aventure du nucléaire militaire français, Paris, L’Harmattan, janvier 2017.

Cet ouvrage rassemble des écrits de Pierre Billaud et de ses collègues atomistes, couvrant l’aventure de la bombe atomique française, la redécouverte de la bombe à hydrogène, la contestation de la fausse paternité de la bombe H, et l’histoire de la Direction des Applications Militaires (la DAM), du CEA. Leur récit révèle au grand public pour la première fois le difficile mais passionnant parcours de cette recherche qui aura contribué au redressement de la France et à la paix mondiale.

. Anne-Cécile Douillet et Rémi Lefebvre, Sociologie politique du pouvoir local, Paris, Armand Colin, janvier 2017.

L’organisation territoriale est une question politique majeure, comme l’a illustré la récente réforme des régions en France et les vifs débats qu’elle a suscités. C’est en effet à l’échelle locale que le pouvoir politique semble le plus incarné, à travers les élus locaux et les administrations déconcentrées de l’État. Les réformes décentralisatrices ont également rendu les Pouvoirs locaux plus visibles. En s’intéressant aux relations de pouvoir et à la façon dont se déploie l’action publique au niveau infranational, cet ouvrage propose une analyse complète du pouvoir politique local. L’étude des collectivités territoriales, des élus qui sont à leur tête comme de leurs administrations, est en effet articulée à celle des groupes d’intérêts, des experts qui agissent auprès d’elles ou encore des mobilisations sociales locales. C’est ainsi à la fois la place des Pouvoirs locaux dans le système politique national et l’exercice localisé du pouvoir politique qui sont interrogés. À travers cette étude du pouvoir à l’échelle locale, c’est toute une réflexion sur les modalités d’exercice du pouvoir politique dans les démocraties représentatives qui est ici proposée.

. Hervé Le Bras, L’âge des migrations, Paris, Autrement, janvier 2017.

Des migrants fuyant la misère, les persécutions ou le changement climatique : telle est l’image qu’on nous renvoie sans cesse. Mais les migrants sont aussi, de plus en plus, des personnes compétentes et diplômées... L’homme migre depuis son apparition sur Terre - et ça lui a réussi. Le désir de changer de pays n’a jamais été aussi répandu qu’aujourd’hui. Contrairement aux idées reçues, les murs et les barrières que dressent les nations ne bloquent pas les migrants, mais les sélectionnent. Un nouvel équilibre mondial des compétences se met irrésistiblement en place. A rebours des fantasmes occidentaux contemporains sur l’« invasion » des migrants, Hervé Le Bras nous invite à poser sur les migrations un regard neuf, impartial et salutaire. 30 cartes et infographies en couleurs.

. Nicolas Roche, Pourquoi la dissuasion, Paris, PUF, janvier 2017.

Daesh et le terrorisme de masse n’épuisent pas le champ des menaces et des risques qui pèsent sur l’Europe et la France. Alors qu’en Europe l’évolution de la Russie et de sa stratégie militaire inquiète, qu’en Asie les dynamiques nucléaires sont centrales, et qu’au Moyen-Orient les tensions entre États restent vives au lendemain de l’accord nucléaire avec l’Iran, l’actualité internationale incite à se poser de nouveau des questions fondamentales sur le langage de la force et de la puissance. La place et le rôle de la dissuasion nucléaire font l’objet de débats passionnés, entre ceux qui estiment cette arme trop chère, immorale, dépassée et inutile pour faire face aux défis du moment, et ceux qui veulent préserver un équilibre politique et capacitaire global de nos politiques de défense. Se préparer à ce débat, c’est d’abord en maîtriser les aspects techniques, historiques et stratégiques. Sur le modèle des War Studies anglo-américaines, de nombreuses initiatives voient le jour dans le monde académique français. Pour accompagner un tel effort, cet ouvrage, aussi accessible et complet que possible, a pour objectif de permettre à chacun de se réapproprier une vraie grammaire nucléaire et stratégique.


Livre recommandé par Diploweb.com en janvier 2017

. Christian Lequesne, Ethnographie du Quai d’Orsay. Les pratiques des diplomates français, CNRS éditions, 12 janvier 2017.

Pierre Verluise, Directeur des publications du Diploweb : "Voici un livre rare. Rare par la qualité de son questionnement sur les pratiques des diplomates français. Rare par la capacité de C. Lequesne à observer en ethnographe les usages les plus divers du Quai d’Orsay, sans jamais perdre sa distance analytique. Rare par sa qualité d’écriture : l’ouvrage se lit avec un grand plaisir. Bref un ouvrage novateur agréable à lire. Que demander de plus ? Un mode d’emploi des modalités d’accès à la carrière diplomatique ? Il se trouve aussi dans cet ouvrage. Voici donc un ouvrage indispensable à toute personne qui s’intéresse à la diplomatie française."

4e de couverture

La diplomatie française, plus qu’une simple donnée des relations internationales, est un ensemble de pratiques. Au sein des ambassades et des directions du Quai d’Orsay, des hommes et des femmes sont les acteurs de la politique étrangère française, et les représentants de la France à l’étranger.

Après une enquête de trois ans menée au sein des institutions et auprès des agents, Christian Lequesne nous ouvre la « boîte » du Quai d’Orsay, et nous en décrypte ses codes et ses pratiques. Ni monographie détaillée des différents services du ministère des Affaires étrangères, ni série d’anecdotes croustillantes sur ses dysfonctionnements, cet ouvrage est une plongée dans le quotidien des diplomates.

Carrière des agents, héroïsation de la fonction, rapport au pouvoir politique, vie en ambassade, rôle du « dire », lieux d’influence, etc. : voici quelques-uns des aspects de la diplomatie en pratique évoqués dans cette Ethnographie du Quai d’Orsay, afin de donner à voir la fabrique de la politique étrangère de la France.

Présentation du livre sur le site CNRS éditions


Compil’ Diploweb Spéciale concours

. Axelle Degans, Actualité internationale 2016, éd. Diploweb.com, 2017. ISBN : 979-10-92676-10-5

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A. Degans, Actualité internationale 2016
La synthèse de l’actualité internationale 2016, par Axelle Degans, pour réussir vos concours avec Diploweb.com

. Alexis Troude, Le facteur Balkans – La troisième guerre mondiale aux portes de l’Europe ? , Paris, Lignes de repères, à paraître (mars 2017).
Depuis la fin des guerres dans l’ex Yougoslavie, les Balkans peinent à se stabiliser. Enjeu d’une lutte entre grandes puissances, Russie et Etats-Unis en tête, cette vaste zone est de plus en plus une terre de trafics (armes, drogues, cigarettes, notamment), de migrations, d’islamisme radical et de blanchiment d’argent. Or, montre cette enquête, la situation ne fera que se dégrader, entre montée des nationalismes, séparatismes, repli de l’idéal européen et difficultés économiques.
Car l’instabilité des Balkans, à quelques heures de route de l’Europe, ne peut que nous concerner. Alors que nous tardons à nous protéger efficacement, il est temps de prendre conscience des risques pour la paix du facteur Balkans.

. Charles Thépaut, Le monde arabe en morceaux, Paris, Armand Colin, à paraître (février 2017).

Véritable boîte à outils pour suivre l’actualité politique arabe, cet ouvrage s’appuie sur l’histoire longue des pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient afin d’en expliquer les dernières crises : soulèvements de 2011, chute de régimes autoritaires, émergence de Daech, affrontements confessionnels, etc. Mêlant synthèse de la recherche académique, cartes ou anecdotes de terrain, ce manuel de politique arabe décrypte l’évolution d’une région fragmentée, dont le destin est plus que jamais lié à celui de l’Europe. Le Maghreb reste un voisin mal connu. Les conflits en Syrie, en Libye et au Yémen, ou encore la reconquête irakienne contre Daech, amplifient la perception européenne d’un espace constamment en guerre. Les fortunes du Golfe alimentent les polémiques sur le rôle de ces pays dans l’économie mondiale et dans la diffusion de conceptions religieuses rigoristes. S’il faut comprendre les conflits autant que la place de la religion dans les pays arabes, il est aussi important de porter son regard au-delà des chocs les plus spectaculaires. Derrière les violences qui crèvent l’écran, les sociétés se transforment en silence et dessinent tant bien que mal leur avenir.

. Philippe Fabry, Atlas des guerres à venir, Paris, Editions Godefroy Jean-Cyrille, à paraître (février 2017).

Dans Histoire du Siècle à venir, Philippe Fabry mettait au jour une méthode de comparaison historique basée non pas sur des similarités ponctuelles, comme les commentateurs de l’actualité en usent souvent, mais sur des trajectoires longues offrant plusieurs points de contrôle et permettant une prévision plus fiable. Aujourd’hui, dans l’Atlas des guerres à venir, il applique cette méthode à la situation géopolitique mondiale afin de rechercher les lignes de force des grands conflits à venir, et utilise les schémas historiques pour déterminer quelles seront les zones affectées, dans quelle ampleur et selon quelles modalités. A travers une cinquantaine de cartes amplement commentées sont ici illustrés les parallèles historiques et projetés leurs résultats appliqués au monde d’aujourd’hui pour les trois grandes régions qui seront touchées par les guerres à venir : l’Europe, l’Asie et le Moyen Orient. Une dernière partie est consacrée au rôle central des Etats-Unis dans l’ensemble de ces conflits à venir et à la position américaine dans l’ordre mondial qui en résultera. Dans un monde dont l’avenir paraît de plus en plus incertain à mesure que l’ordre mondial américain post-URSS s’estompe et laisse émerger de fortes tensions régionales, l’Atlas des guerres à venir vient éclaircir notre vision en présentant le champ restreint des possibles.

. Jean-Pierre Perrin, Djihad contre le rêve d’Alexandre en Afghanistan, Paris, Seuil, à paraître (février 2017).

Si, aujourd’hui, la défaite occidentale en Afghanistan renvoie aux échecs des envahisseurs précédents, lle met surtout en pièces le grand rêve eurasien, le rêve de fusion entre deux continents d’Alexandre Le Grand.Ainsi, le territoire du Gândhâra où prospéra l’extraordinaire civilisation née de la rencontre féconde entre la Grèce et l’Orient coïncide avec celui du jihadisme contemporain. Celui-là même qui vit la percée des talibans, la montée d’Oussama ben Laden, et même le passage de Mohammed Merah, venu s’entraîner au terrorisme avant de revenir en France.Au rêve d’Alexandre « si beau, perspicace, intemporel et généreux », écrivit Bouvier, a succédé le cauchemar jihadiste qui veut hâter l’Apocalypse nucléaire par le biais d’une guerre entre New Delhi et Islamabad. Est-ce un singulier hasard, une facétie tragique de l’Histoire, le retour d’un lointain passé refoulé et revanchard, ou une victoire de l’Ange des ténèbres sur l’Ange de Lumière ? Journaliste et correspondant de guerre à Libération, écrivain, Jean-Pierre Perrin a publié des romans policiers dont Chiens et louves (Série Noire, 1999) et des récits d’actualités dont Les Rolling Stones sont à Bagdad (Flammarion, 2003), qui relate les derniers mois de Saddam Hussein ; Jours de poussière (La Table ronde, 2002), consacré à l’Afghanistan en guerre et couronné par le Grand prix des lectrices de Elle ; La mort est ma servante (Fayard, 2013), un récit sur la Syrie actuelle, en forme d’hommage à Samir Kassir.

. Isabelle Cassiers, Kevin Maréchal, Dominique Méda, Vers une société post-croissance , éd. De l’Aube, janvier 2017.

Le terme post-croissance désigne l’entrée dans une ère que nous ne parvenons pas encore à nommer, si ce n’est par référence à celle que nous quittons. Les symptômes qui signent la fin d’une époque sont clairs et sans appel : la poursuite de la croissance économique ne constitue plus un projet de société crédible. Toutefois, y renoncer pose aux économistes (théoriciens et praticiens) des défis majeurs qui exigent de reprendre à leur racine, sous un éclairage transdisciplinaire, les questions dont ils traitent couramment. Ensemble, les neuf chercheurs réunis dans cet ouvrage s’interrogent : quels sont les problèmes majeurs qui surgissent à l’esprit dès lors que l’on abandonne un objectif de croissance continue ? Par où passe la transition vers un autre horizon ? Quels sont les courants de pensée et les modes de gouvernance susceptibles d’articuler un projet cohérent ? Chacun des auteurs apporte un regard spécifique, une pièce au puzzle qu’il s’agirait à l’avenir d’assembler.

. Nicolas Werth, Les révolutions russes, Paris, Que sais-je ?, PUF, 2017.

Février 1917. L’empire de Nicolas II s’enlise dans la guerre. Les failles de l’économie russe, dont la modernisation est restée inachevée, apparaissent au grand jour. Entre l’autocratie des Romanov et une société en pleine mutation, le fossé se creuse. Quelques jours suffiront pour renverser le tsar. Sa chute ouvre la voie à une expérience démocratique unique dans l’histoire multiséculaire de la Russie, une expérience qui durera moins de huit mois : en octobre 1917, les bolcheviks, conduits par Lénine, prennent le palais d’Hiver…
Ce sont ces événements de l’année 1917 que raconte avec passion Nicolas Werth. Dépassant le clivage entre les interprétations soviétique et libérale, il s’attache à analyser non pas une seule révolution politique, mais une multiplicité de révolutions sociales et nationales.

. Jean-Luc Martineau, Introduction à la prévention des conflits internationaux, Paris, L’Harmattan, janvier 2017.

Face au danger de la contagion des conflits internationaux, la communauté internationale a fait de l’anticipation des conflits une impérieuse nécessité. Des instruments juridiques, des acteurs, des techniques et des méthodologies sont mobilisés afin de détecter les conflits au plus tôt et d’en prévenir la survenance. Cet ouvrage expose l’ensemble des principes et activités qui en ressortent. Il examine leurs succès et leurs défaillances, et plaide pour une véritable culture de la prévention des conflits.

. Christian-Edmond Pout, Comprendre la justice transitionnelle, Paris, Editions du Cygne, janvier 2017.

Qu’y a-t-il de commun entre des pays tels que le Rwanda, l’Afrique du Sud, le Togo ou le Maroc ? Chacun d’eux a connu, à une certaine étape critique de son histoire contemporaine, un processus de justice transitionnelle. La justice transitionnelle consiste à penser les modalités de la transformation globale d’une société traumatisée après un conflit et à jeter les bases d’un nouveau contrat social. À l’heure où les efforts internationaux et les acquis de la lutte contre l’impunité sont défiés par des résistances opportunistes qui font leur lit dans l’ignorance des populations et une certaine forme de paresse intellectuelle, ce livre rend accessible une compréhension claire des quatre piliers de la justice transitionnelle : le droit à la vérité, le droit à la justice, le droit à la réparation, les garanties de non-répétition. Il propose également d’examiner quelques exemples de processus de justice transitionnelle en contexte africain et se termine par un lexique qui permet aux lecteurs d’appréhender une terminologie qui donne parfois lieu à des simplismes lourds de conséquences dans l’opinion.

. Ibrahim Kader Fofana, L’Afrique de l’Ouest face à la menace djihadiste, Paris, L’Harmattan, janvier 2017.
Préservée jusqu’à un passé relativement récent des effets néfastes du jihad international, l’Afrique de l’Ouest se trouve à ce jour dans le viseur d’Al-Qaida au Maghreb Islamique et de l’Etat islamique. L’auteur aborde ici la question du terrorisme en mettant en exergue ses causes profondes. L’ouvrage montre alors que les Etats ouest-africains ne viendront à bout de ce fléau qu’à travers la mutualisation des efforts à l’échelle sous-régionale, en prenant en compte les aspects politiques, économiques ou encore sociaux et religieux de la lutte contre le terrorisme.

. Pierre Lellouche, Une guerre sans fin ?, Paris, Editions du Cerf, janvier 2017.

À l’heure de flux migratoires sans précédent dans l’histoire de l’humanité, qu’en est-il de la relation entre les mondes musulman et occidental ? À l’heure d’une mutation inédite de la guerre sous la forme d’un djihadisme planétaire, qu’en est-il des moyens d’assurer la paix ? À l’heure où l’islam entre en éruption face à la modernité, qu’en est-il de l’avenir de l’Europe et de la France ?
Sans préjugé mais aussi sans tabou, Pierre Lellouche montre que ces interrogations n’en font qu’une. Il inscrit cette question dans 1 500 ans d’histoire faite de proximités, de conflits et de renversements entre les deux rives de la Méditerranée. Mais cette fresque des événements passés vient éclairer une analyse lucide et informée des réalités présentes. Convoquant tour à tour Marc Bloch, Jacques Bainville, André Suarez ou Bernard Lewis, décryptant faits, cartes, rapports et statistiques, révélant les vrais enjeux des conflits du Proche-Orient qui sont devenus les nôtres,

. Christian Chavagneux et Ronen Palan, Les paradis fiscaux, Paris, La Découverte, janvier 2017.

Les paradis fiscaux sont au cœur des pratiques d’évasion fiscale des riches particuliers et des multinationales. Mais leur rôle est bien plus important : ils sont devenus des outils clés de la mondialisation économique et financière. Et ils sont l’un des éléments qui renforcent l’instabilité financière : qui sait qu’ils ont été présents dans chaque grand épisode de la crise des subprimes ?

Ce livre précise ce que sont les paradis fiscaux et quelle est l’ampleur du phénomène dans la mondialisation contemporaine. Il retrace les étapes qui ont soutenu leur émergence, de la fin du XIXe siècle jusqu’au boom des années 1990. Il présente les utilisateurs des paradis fiscaux et les instruments dont ils se servent. Il analyse les politiques publiques menées depuis les années 1920 pour lutter contre ces États parasites. Il montre en particulier comment le sujet a fini par devenir, depuis 2009, l’une des priorités du G20 et il revient en détail sur les avancées et les insuffisances des décisions prises aux niveaux mondial, européen et français. Il décrypte également les stratégies adoptées par les paradis fiscaux pour préserver leur offre d’opacité dans l’économie mondiale.

. Alice Pouyat, Les Argentins, Paris, Paris, Ateliers Henry Dougier, janvier 2017.

D’après le poète mexicain Octavio Paz « Les Argentins sont des Italiens qui parlent espagnol et se prennent pour des Français »… Mais encore ? Ces entretiens variés dévoilent un peuple qui surmonte avec humour et créativité la violence de crises politiques et économiques à répétition.

. Vincent Pouliot, L’ordre hiérarchique international, Paris, Sciences Po Les Presses, à paraître (février 2017).

À la table des négociations multilatérales, certains ambassadeurs ont plus de poids que d’autres en dépit du principe d’égalité souveraine qui fonde les rapports internationaux. Partant du constat que les différences de ressources matérielles entre les États ne suffisent pas à expliquer ce phénomène, Vincent Pouliot propose une visite guidée de la salle des machines de la politique mondiale. Il montre que les diplomates participent à des luttes de rang fondées tout autant sur leur savoir-faire respectif que sur les liens sociaux qu’ils nouent entre eux et sur l’idée que chacun a de son rôle, du « sens de sa place ». Ces manières de faire engendrent des ordres hiérarchiques complexes. La diplomatie n’est pas qu’un simple vernis social ou encore un rideau devant la scène. En connaître les ressorts aide à mieux comprendre la marche du monde.

. Jean-Manuel Escarnot, Djihadistan, c’est arrivé près de chez vous, Paris, Robert Laffont, à paraître (février 2017).

Les attentats de Charlie Hebdo, ceux du 13 novembre à Paris et du 22 mars 2016 à Bruxelles, confirment le top départ donné par Mohamed Merah à Toulouse, en mars 2012 : le Djihad n’a plus de frontières et ses partisans peuvent surgir à tous moments " près de chez vous ". L’auteur, adepte d’un journalisme en immersion, s’est plongé dans une enquête au plus près des policiers de l’antiterrorisme, dans les mosquées et les salles de prières, des familles de djihadistes et de ceux et celles qui cherchent l’antivirus.

. Michel Raimbaud, Tempête sur le grand Moyen-Orient, Paris, Ellipses, à paraître (février 2017).

Extensible au gré des pulsions américaines, le Grand Moyen-Orient s’étend désormais de l’Atlantique à l’Indonésie, sur plus de 50 degrés de latitude. En raison de sa position stratégique aux confins de l’Eurasie autant que par sa richesse en gaz et pétrole, cette immense « ceinture verte » islamique détient un potentiel de puissance considérable et constitue un enjeu majeur. De son devenir, mis en question par la tempête actuelle, dépend en bonne partie la physionomie de notre monde de demain : sera-t-il unipolaire, aux ordres de l’Occident comme il l’a été depuis la fin de la guerre froide, ou multipolaire comme le préconisent les émergents ? Telle est la question posée.

. Pierre Servent, Extension du Domaine de la Guerre, Paris, Tempus, à paraître (février 2017).

Cruellement frappée par le terrorisme, la France est entrée en guerre. Son ennemi : le salafisme totalitaire, incarné par l’État islamique, qui campe sur cinq continents. Nous avons pris désormais la tragique mesure de cette guerre d’un nouveau type qu’il nous faut livrer au plus loin, en Mésopotamie et au Sahel, et au plus près, au sein de nos villes. Notre pays n’est pas le seul à monter au front, mais il est une cible de choix, non par ce qu’il fait, mais par ce qu’il est.

Ce conflit nous invite à une mobilisation citoyenne puissante. Une mutation d’autant plus indispensable que l’esprit guerrier envahit la planète, aussi bien sur le terrain que sur la Toile : des familles partent faire le djihad ; des bandes armées bâtissent au nom d’Allah un proto-État criminel en Mésopotamie ; les Russes se taillent un État-croupion en Ukraine ; Pékin pousse ses pions navals en mer de Chine tandis que la Turquie rêve de restauration ottomane. Tout cela sous le regard de l’Iran et de l’Arabie saoudite qui se vouent une haine inextinguible et se font la guerre au Yémen. Face à des conflits très difficiles à déchiffrer et à leurs conséquences directes sur notre vie quotidienne, Pierre Servent nous livre des clés indispensables pour affronter un avenir incertain.

. Louise Fines, Géographie policière, ignorance concertée et propagande ennemie, Paris, L’Harmattan, 2017.

Trois études de cas (les starlight tours au Canada ; les manifestations qui se sont déroulées au sommet du G8 à Gênes ; et l’intervention déployée à l’encontre des grévistes à Marikana), servent de prétexte à explorer un phénomène historique : la neutralisation des personnes indésirables. En effet, à l’aune d’un idéal démocratique, il importe de mieux saisir les critères, circonstances et facteurs qui contribuent à faire en sorte que des individus sont classés dans la catégorie « personnes indésirables ».

. Robert McNally, Crude volatility : The History and the Future of Boom-Bust Oil Prices, New-York, Columbia University Press, 2017.

As OPEC has loosened its grip over the past ten years, the oil market has been rocked by wild price swings, the likes of which haven’t been seen for eight decades. Crafting an engrossing journey from the gushing Pennsylvania oil fields of the 1860s to today’s fraught and fractious Middle East, Crude Volatility explains how past periods of stability and volatility in oil prices help us understand the new boom-bust era. Oil’s notorious volatility has always been considered a scourge afflicting not only the oil industry but also the broader economy and geopolitical landscape ; Robert McNally makes sense of how oil became so central to our world and why it is subject to such extreme price fluctuations.
Tracing a history marked by conflict, intrigue, and extreme uncertainty, McNally shows how—even from the oil industry’s first years—wild and harmful price volatility prompted industry leaders and officials to undertake extraordinary efforts to stabilize oil prices by controlling production. Herculean market interventions—first, by Rockefeller’s Standard Oil, then, by U.S. state regulators in partnership with major international oil companies, and, finally, by OPEC—succeeded to varying degrees in taming the beast. McNally, a veteran oil market and policy expert, explains the consequences of the ebbing of OPEC’s power, debunking myths and offering recommendations—including mistakes to avoid—as we confront the unwelcome return of boom and bust oil prices.

. Michel Aglietta et Nicolas Leron, La double démocratie : une Europe politique pour la croissance, Paris, Seuil, 2017.

Nous avons un besoin absolu d’Europe. Le "Brexit" illustre la défiance des peuples à l’égard d’une Union européenne dont ils dénoncent l’autoritarisme technocratique. Attisé par la victoire de Trump, le repli nationaliste pourrait bien l’emporter.
En prenant pour point de départ la question de la démocratie, cet essai développe des propositions concrètes pour surmonter la crise européenne en commençant par rendre aux citoyens le pouvoir de se prononcer sur les grandes options économiques. La méthode des petits pas est révolue. Le contexte historique actuel appelle un nouvel acte fondateur, comme le furent l’institution du marché commun ou la création de l’euro. Cet acte, les auteurs le situent dans un budget européen, avec sa double dimension d’élément constitutif d’un ordre politique et de fonction d’investisseur en dernier ressort pour recouvrer une croissance soutenable.
Seul l’avènement d’une véritable puissance publique européenne peut permettre la revitalisation des démocraties nationales en desserrant l’étau réglementaire de l’UE. En concevant la possibilité d’un partage des responsabilités politiques entre ces deux niveaux, les auteurs envisagent la figure inédite d’une double démocratie.

. Nicolas Mazzuchi, Energie. Ressources, technologies et enjeux de pouvoir, Paris, Armand Colin, à paraître (février 2017).

L’énergie est l’un des secteurs les plus stratégiques et souverains qui soient pour les décideurs politiques. Elle est le socle de toute économie et, par là, de la richesse de l’Etat. Au coeur des questions énergétiques, des questions politiques, des enjeux géopolitiques et internationaux. C’est aussi un secteur économique qui répond à des normes particulières et à des enjeux spécifiques où le rôle des grandes entreprises devient de plus en plus important.
L’auteur s’intéresse aux grands points de tension de la planète (zones riches en ressources, détroits, etc.), aux mécanismes de marché, aux questions de transit (terrestre et maritime), au rôle des Etats, des entreprises, mais aussi de la société civile. Il ne néglige aucune énergie, ni les aspects climatiques qui sont maintenant primordiaux pour comprendre les jeux de pouvoir et d’influence au niveau international.

. Emmanuel Bellanger, Julia Moro, Nogent-Sur-Marne, cité modèle. Histoire d’une banlieue résidentielle aux XIXe-XXe siècles, Paris, La Découverte, janvier 2017.

Ce livre retrace l’histoire d’une cité modèle de la banlieue résidentielle et met en perspective les transformations d’un territoire de l’entre-soi bourgeois, métamorphosé par l’urbanisation. Nogent-sur-Marne est en effet l’exemple d’une forme citadine typique des grandes agglomérations de la vieille Europe, où les résidents ont veillé à préserver l’esprit originel de la villégiature. Dans le Grand Paris des années 1900, ou dans celui des années 2000, la ville incarne la vie résidentielle dans une métropole où s’enracinent les disparités sociales et les ségrégations territoriales.
Mais Nogent, comme toutes les villes bourgeoises des bords de Marne, fut aussi l’eldorado des classes laborieuses, porté à l’écran en 1929 par Marcel Carné. On l’oublie parfois, mais cette ville a aussi été la cité d’accueil de populations venues d’ailleurs, à jamais attachées à la « Ritalie nogentaise » de François Cavanna.
L’histoire de ce territoire révèle également l’ambivalence des relations qu’entretiennent les banlieues avec leur capitale. Lorsque la « banlieue rouge » entretient un rapport conflictuel avec sa puissante voisine ombrageuse, la ville de Nogent s’efforce de devenir un véritable « petit Paris », qui célèbre chaque année la Fête du petit vin blanc où se pressent toutes les vedettes du moment, de Line Renaud et Annie Cordy à Yvette Horner. Ce livre, qui s’inscrit dans la tradition des monographies communales, dévoile aussi les contrastes et les dynamiques qui font et défont les mondes de la ville métropole.

. Alexandre Bevin, Sun Tzu ou l’art de gagner des batailles, Paris, Tallandier, janvier 2017.

Rédigé il y a 2 400 ans par un sage chinois nommé Sun Tzu, L’Art de la guerre est un grand classique de l’histoire militaire. Dans un style concis et imagé, ce livre rassemble des recommandations sur la manière de conduire une guerre.
Spécialiste mondialement reconnu, Bevin Alexander démontre, exemples à l’appui, comment les chefs qui ont appliqué – sans le savoir – les principes, maximes et conseils de Sun Tzu ont presque toujours remporté la victoire, et comment ceux qui y ont contrevenu ont, sans la moindre exception, connu l’échec.
De la guerre d’Indépendance américaine à Gettysburg, du débarquement de Normandie à la guerre de Corée, en passant par Waterloo, la Marne et les Ardennes, la démonstration, solidement documentée, argumentée et non dépourvue d’humour, est implacable.

. Olivier Da Lage, L’Inde, désir de puissance, Paris, Armand Colin, février 2017.

La population indienne dépassera celle de la Chine entre 2020 et 2030. Depuis les débuts de la libéralisation de l’économie indienne au début des années 90, la croissance de l’économie indienne a été spectaculaire, avec pour corollaire le développement d’une classe moyenne jeune et urbanisée. Les salaires et les perspectives d’avenir sont devenus suffisamment attrayants pour que s’esquisse un retour au pays d’une partie des NRI’s (Non Resident Indians). Mais le slogan de l’Inde qui brille (Shining India) utilisé par le BJP lors des élections 2004 s’est à l’époque retourné contre lui, car à côté de cette Inde qui réussit, une écrasante majorité de la population ne bénéficie pas encore des bienfaits de ce développement.
L’auteur présente les défis que doit relever cet Etat continent pour devenir la 6e puissance mondiale.

. Scientific United Nations Educational, History of Water and Humanity, Paris, UNESCO Publishing, February 2017.

To assemble, evaluate and promote appropriate examination of water management in history requires a bold and global initiative. To this end, the UNESCO International Hydrological Programme is pioneering a project to develop a systematic and transcultural interdisciplinary knowledge base. Water History and Humanity explores key issues and cultural developments in humanity’s relationships with water in a coherent, historical framework. The strength of this volume lies in its holistic anthropological approach, which
reveals how various cultures have used and conceptualized water across multiple contexts, and how our interactions with water have transformed the way we see ourselves and the world.

. Antoine Faure, Franck Gaudichaud, Maria Cosette Godoy H, Fablola Mirande P. et René Jara R. (dir.), Chili actuel : gouverner et résister dans une société néolibérale, Paris, L’Harmattan, janvier 2017.

Le mot « néolibéralisme » renvoie assez souvent au Chili. Pour toute une génération, le traumatisme du coup d’Etat de 1973 ne met pas simplement fin au rêve porté par le président Salvador Allende, et à "la voie chilienne au socialisme" : l’intervention militaire enclenche aussi la mise en oeuvre de mesures néolibérales sur le continent latino-américain, et plus généralement à l’échelle mondiale. Mais de quoi parle-t-on lorsque l’on affirme que le Chili est un pays « néolibéral » ? Depuis 40 ans, la question ne cesse d’alimenter réflexions et débats au sein des sciences sociales comme de la sphère publique (Des articles en Français et en Espagnol).

. Pierre Lorrain, Ukraine entre deux destins, Paris, Bartillat, janvier 2017.

Peut-on parler de malédiction ukrainienne ? Les crises succèdent aux crises et l’Ukraine surgit régulièrement dans l’actualité comme un diable de sa boîte et généralement, c’est dans un contexte de catastrophes, de rébellions contre le pouvoir ou de scandales : Tchernobyl, Révolution orange, EuroMaïdan, problèmes gaziers avec la Russie, élections à répétition, corruption, collusions entre oligarques et politiciens, instabilité politique chronique, etc. Tout cela sur fond de divisions et de rivalités persistances entre les deux parties du pays, l’est - globalement tourné vers la Russie - et l’ouest qui regarde l’Union européenne avec les yeux de Chimène. Expliquer les raisons de cette situation hors normes en plongeant dans l’histoire récente de l’Ukraine, tel est le propos de l’ouvrage. Il revient sur l’histoire mouvementée de cet État qui a toujours cherché à exister sans y parvenir de manière durable. Plusieurs questions se posent sur les mythes et les réalités de l’identité ukrainienne. Quelles sont les racines historiques du « peuple ukrainien » ? Et d’ailleurs, un seul peuple ou plusieurs ? Un chapitre sera consacré à chacune des étapes de la création de l’État ukrainien et à ses différents avatars jusqu’à aujourd’hui. La deuxième partie traitera des événements qui ont secoué l’Ukraine depuis novembre 2013 et qui, même s’ils n’ont pas dégénéré en guerre civile, ont provoqué l’une des crises internationales majeures en Europe depuis l’effondrement de l’Union soviétique. En réalité, il n’y a pas une seule crise mais plusieurs qui s’emboîtent à la manière des matriochki de l’artisanat. Un chapitre sera consacré à chacune d’entre elles, à savoir crise économique, crise politique, crise institutionnelle, crise internationale.

. Pierre-Jean Luizard, Le piège Daech, Paris, La Découverte, janvier 2017.

Le groupe État islamique, inconnu encore quelques mois auparavant, a fait une entrée fracassante et sanguinaire dans l’actualité au cours de l’année 2014. Profitant des crises en chaîne qui secouent l’Irak et la Syrie, Daech a pris le contrôle d’une vaste région et dispose aujourd’hui de gigantesques ressources financières. Recrutant ses combattants dans le monde entier, exécutant ses otages avec une particulière cruauté et maîtrisant parfaitement l’art de la propagande, l’organisation apparaît, à la une des journaux occidentaux, comme l’incarnation contemporaine de la "barbarie". Reléguant Al-Qaïda au second plan, Daech serait devenu le mouvement le plus puissant de la " planète djihad".
Rompant avec nombre de commentaires à chaud, l’historien Pierre-Jean Luizard, grand spécialiste de la région, analyse l’ascension fulgurante et le fonctionnement de l’État islamique. Derrière les responsables de l’organisation, à commencer par son énigmatique chef, Abou Bakr al-Baghdadi, derrière le "califat" que ce dernier a proclamé en juin 2014, se cachent des logiques moins visibles, locales autant que mondiales, sociales autant que religieuses, dont les racines remontent au début du siècle dernier, à l’époque où l’Occident dessinait les frontières actuelles du Moyen-Orient.
Dans cet essai qui fait dialoguer l’actualité immédiate et la grande Histoire, l’auteur explique pourquoi nous sommes aujourd’hui pris dans le "piège Daech", cet "État-monstre" que l’Occident a largement contribué à faire émerger. Il avertit : ce piège se refermera impitoyablement si l’on s’obstine dans une logique guerrière, et si l’on refuse de comprendre le bouleversement historique que vit l’ensemble de cette région.

. Mathieu Guidère, Atlas du terrorisme islamiste, d’Al-Qaida à Daech, Paris, Editions Autrement, janvier 2017.

Un atlas du terrorisme islamiste à l’échelle mondiale. Pour comprendre ses racines, l’auteur analyse les liens entre islam, islamisme, djihadisme et terrorisme. Il décrit les différentes formes d’attaques, les différents groupes et les différentes organisations.

. Collectif, Russie 2017, cent ans après, Paris, Autrement, 2017.

La Russie fait peur, elle fascine à la fois proche et lointaine. Le président Vladimir Poutine, dans les arcanes du pouvoir depuis l’époque soviétique, incarne aux yeux du peuple russe le réveil d’une nation soumise aux sanctions internationales et où le rêve d’une nouvelle révolution – un siècle après celle qui marqua le xxè siècle – semble impossible. Pourtant, les crises démographiques, économiques et diplomatiques qui traversent le Kremlin bousculent l’État le plus vaste de la planète.


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