Manuel de géopolitique

13 – Les clivages ethniques

Par Patrice GOURDIN, le 29 octobre 2015  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Docteur en histoire, professeur agrégé de l’Université, Patrice Gourdin enseigne à l’École de l’Air. Il intervient également à l’Institut d’Études Politiques d’Aix-en-Provence. Membre du Conseil scientifique du Centre géopolitique, l’association à laquelle le Diploweb.com est adossé.

Le 1er site géopolitique francophone publie un ouvrage de référence : Patrice Gourdin, "Manuel de géopolitique", éd. Diploweb.com, 2015. ISBN : 979-10-92676-04-4. Voici le chapitre : Les clivages ethniques.

L’appartenance ethnique peut contribuer, également, à diviser une société, et les crises ou les conflits comportant cette dimension abondent dans l’actualité.

L’ethnie (ou tribu, dans la seconde acception du terme) se définit comme un groupe d’individus qui se rattachent (biologiquement ou, cas le plus fréquent, symboliquement) à un ensemble de familles, de clans ou de tribus (première acception du terme), utilisant la même langue, partageant une culture commune et privilégiant l’endogamie. À l’origine, les Grecs nommaient ethnos un groupe qui n’avait pas encore atteint le stade de l’organisation politique, la polis. La souveraineté partagée et l’obéissance aux lois fondaient, à leurs yeux, la supériorité de la seconde. Il demeure donc, dans la représentation occidentale, une connotation péjorative attachée au qualificatif d’“ethnique“. Les sciences sociales contemporaines éliminent cette hiérarchisation et analysent sans préjugés les mécanismes d’interrelations qui débouchent sur ces distinctions entre les groupes. L’analyse géopolitique ne doit pas perdre de vue le fait que le partage d’un même territoire, qu’il s’agisse de celui du peuplement d’origine ou de quartiers en zone urbaine, contribue au renforcement de la cohésion de l’ethnie ainsi qu’au maintien de son particularisme. Ce lien entre l’identité et le territoire conserve d’ailleurs une très grande force. Lors des troubles post-électoraux au Kenya, début 2008, par exemple, on observa de grands mouvements migratoires internes : les membres des différentes communautés ethniques qui se trouvaient en butte à des violences eurent le réflexe de retourner sur la terre de leurs ancêtres [1].

13 – Les clivages ethniques
Patrice Gourdin, Manuel de géopolitique
Edition Diploweb.com

L’identité d’une collectivité réside, le plus souvent, dans l’affirmation de ses différences, parfois jusqu’à la diabolisation de l’“autre“, ce qui rend le phénomène ethnique potentiellement belligène dès lors que deux ou plusieurs ethnies se côtoient, notamment à l’intérieur d’une même construction politique. Ce caractère central de la différence éclaire la signification des viols de masse commis lors d’affrontements comportant un caractère ethnique (Bosnie-Herzégovine, Darfour, par exemple) : les enfants conçus de cette manière perdent tout ou partie des spécificités qui fondent l’identité du groupe visé ; bien plus, ils acquièrent tout ou partie de celles des agresseurs. Il en résulte que, paradoxalement, l’extermination passe par la fécondation. Dans d’autres cas, comme au Nord-Kivu (République démocratique du Congo), elle passe par la mutilation des organes génitaux des fillettes et des femmes [2]. Enfin, partout, le viol peut satisfaire une pulsion sexuelle tout en apportant la mort au moyen de la contamination par le sida. Dans tous ces cas de figure, le viol constitue une arme de guerre.

Comme forme d’organisation politique, la tribu tend à s’effacer au profit de l’ethnie dans certaines parties du monde. En effet, la première ne peut exister que si elle jouit d’une très grande liberté d’action. Au fur et à mesure que la tribu se fond dans l’État – ou que ce dernier la démantèle –, l’ethnie prend le relais. Ses caractéristiques, avant tout culturelles, ne placent pas cette dernière directement en concurrence permanente et violente avec l’État [3]. Elle peut même en devenir le fondement, si elle s’affirme comme nation, en assurant alors la cohésion et la stabilité de la société. En témoigne l’exemple kirghize. Certains membres de la tribu des Kypchak réclamèrent la reconnaissance officielle de leur existence en tant que nation. Cela souleva une polémique car la majorité des Kirghizes, tout en demeurant fiers de leur tribu d’origine, accordent plus d’importance à leur appartenance nationale commune. Satisfaire la revendication des nationalistes kipchaks risquerait de susciter un éclatement de la nation kirghize, déjà fragilisée par des fractures religieuses ou régionales, entre autres [4]. En revanche, si l’État s’avère défaillant, l’ethnie apparaît comme le recours naturel, s’oppose, voire s’insurge et de graves conflits peuvent en résulter. De même, lorsque l’identité politique revêt la forme du nationalisme ethnique [5], ce dernier peut attiser des rivalités intercommunautaires pour le contrôle du pouvoir, tout comme des conflits inter-nationaux pour le contrôle des territoires, à l’image de ceux qui ravagèrent l’Europe entre 1914 et 1918, puis entre 1939 et 1945. Toutefois, le nationalisme peut dépasser l’ethnie ou ne se fonde pas toujours sur elle. Il en résulte alors une forme de nationalisme qui regroupe tous les individus vivant à l’intérieur des frontières d’un État, sans tenir compte de leur origine ethnique ou de leur appartenance religieuse. Il s’agit de celle des États-Unis, par exemple.

Contrairement à une idée reçue, l’État-nation n’est ni le mode naturel, ni la forme la plus répandue d’organisation des hommes. La plupart d’entre eux vivaient dans des empires regroupant diverses ethnies, notamment en Europe (Empire romain, Empire carolingien, Autriche – puis Autriche-Hongrie –, Russie – puis URSS –, par exemple), mais aussi en Asie (Empire chinois, Empire perse, Empire moghol, Empire ottoman, par exemple), en Afrique (Éthiopie, empire du Mali, Empire songhaï, Empire toucouleur, par exemple) et en Amérique (Empire inca, Empire espagnol, par exemple). À l’exemple de la Birmanie, pays qui compterait plus de 135 groupes et sous-groupes ethniques, les guerres d’expansion menées par ces empires ne résultaient pas prioritairement de motivations ethniques :
« l’esprit de conquête qui guidait les expéditions militaires des royaumes birmans reléguait au second plan les catégories ethniques : les rois bamar ne se battaient pas contre des Shan ou des Kachin considérés sous cette forme globale qui n’existait pas encore, mais contre des structures politiques autonomes […] potentiellement dangereuses. À la suite des administrateurs coloniaux et des missionnaires, les historiens britanniques, “pris dans leur propre monde intellectuel et politique“ selon l’expression d’Aung Thwin [historien], interprétèrent ces conflits comme des luttes interethniques [6] ».

Soit, mais il n’en demeure pas moins vrai que :
« La Birmanie présente aujourd’hui le cas extrême en Asie du Sud-Est d’un pays qui n’a pas pu unifier son territoire depuis l’indépendance (1948), essentiellement à cause des conflits interethniques [7] ».

Depuis 1948, le pays se trouve en proie à de multiples rébellions, dont beaucoup revêtent, au moins en partie, un caractère ethnique. Cela résulterait de l’administration coloniale britannique ainsi que du fait que la plupart des dirigeants birmans sont animés « par un chauvinisme “grand birman“, un bouddhisme radical et des visées centralisatrices excessives [8] ».

De fait, les empires tendent soit à discriminer les populations soumises, soit à les assimiler en procédant à une homogénéisation culturelle. Cette dernière peut s’opérer par la contrainte : sinisation actuelle du Tibet et du Xinjiang [9], par exemple. Rome avait réussi, plus habilement, à identifier la romanisation à une promotion, ce qui en faisait une faveur recherchée par les élites indigènes et garantissait d’efficaces relais à la domination.

En Europe, au XIXe siècle, l’affirmation de l’État ainsi que la révolution industrielle bouleversèrent les modes de vie et de pensée, donnant naissance, entre autres phénomènes, à l’affirmation des identités nationales et, souvent, à la revendication d’un État propre à chaque nation. Mais, en Europe comme ailleurs, les populations ne se trouvent pas toujours juxtapo-sées ; souvent elles s’entremêlent sur le territoire. De là naquirent et naissent encore d’innombrables et parfois inexpiables conflits dès lors qu’une ethnie majoritaire confisque (ou donne l’impression de confisquer) le pouvoir et les ressources au détriment de la (ou des) minorité(s) qui réside(nt) à l’intérieur des mêmes frontières. Hormis un accord politique garantissant un partage équitable, il n’existe pas de solution satisfaisante.

Cette “équité“ semble, parfois, passer par un système de type fédéral avec redistribution. Ainsi fonctionnait la Fédération de Yougoslavie créée en 1945-1946 par Tito : les peuples constitutifs (les “nationalités“) étaient à la fois citoyens égaux d’un même État et distincts les uns des autres par l’appartenance à une République formée en tenant compte de leur histoire et de leur culture. Le gouvernement fédéral veillait à rééquilibrer les niveaux de vie entre les différentes entités. Toutefois, ce système explosa en 1991 : la façade fédérale masquait un fonctionnement totalitaire. Le parti communiste contrôlait l’ensemble de l’édifice politique et imposait une lecture unique autant que biaisée de l’histoire des Yougoslaves. Tito exerçait son pouvoir absolu sur le tout. La dictature réprimait les aspirations nationalistes sans jamais les éradiquer complètement. Dès que l’emprise du “centre“ faiblit, elles resurgirent, menant le pays à sa dislocation sanglante (Serbes contre Croates, Serbes contre Bosniaques, Serbes contre Albanais, Croates contre Bosniaques). La même observation vaut pour l’ex-URSS  : cette fédération totalitaire ne survécut pas à la libéralisation politique lancée par Mikhaïl Gorbatchev en 1986 : 15 États lui succédèrent fin 1991, sans effusion de sang cette fois-ci. L’on observe que le recours à un système fédéral largement fondé sur les ethnies, la Constitution Lyttleton de 1954, n’a pas stabilisé le Nigeria. Dès son indépendance, en 1960, le pays connut des affrontements à connotation ethnique et ne parvint jamais à la paix intérieure. Le point paroxystique fut la guerre du Biafra (1967-1970). Le Nigeria se dota alors de 12 États (19 en 1976, 21 en 1987, 30 en 1991, 36 depuis 1999) dirigés par des gouverneurs élus et d’un système de redistribution fondé sur l’égalité et réparti selon le poids démographique. Cela ne suffit pas. D’une part, en dépit de leur multiplication, les États fédérés connaissent à leur tour des revendications ethniques. Le processus tourne à l’atomisation du pays. D’autre part, la répartition du budget suscite d’incessantes récriminations. L’observation vaut également pour l’Union indienne, elle aussi engagée dans une recomposition quasi continue depuis son indépendance en 1947 : 27 États en 1947, 14 États et 6 territoires en 1956, 28 États et 7 territoires depuis 2000. Les Tamouls du sud et les populations du Nord-Est se distinguent par la constance de leurs revendications, mais la liste n’est pas exhaustive. La probable création d’un vingt-neuvième État, détaché de l’Andhra Pradesh, le Telangana, suscite de très vives tensions [10]. D’ailleurs, des partis régionalistes parsèment le paysage politique indien Le système fédéral institué en Éthiopie, au début des années 1990 à l’initiative du président Meles Zenawi, reposait sur des régions correspondant aux territoires des différentes ethnies (on parle d’“ethno-fédéralisme“), une très large autonomie et même le droit à la sécession. Mais, en fait, les dirigeants nationaux ont rapidement procédé à une restauration du pouvoir centralisé entre les mains des Amharas. Tout bien considéré, la forme institutionnelle s’avère secondaire, leplus important réside dans le respect du principe d’égalité entre tous les habitants.

Le recours au morcellement territorial ne permet pas de donner satisfaction à toutes les ethnies, comme en attestent les insatisfactions consécutives aux règlements intervenus en Europe après la Première Guerre mondiale. Quant au déplacement – le plus souvent forcé – des populations, afin de créer des régions de peuplement homogène – le « nettoyage ethnique » –, comme il s’en produisit, par exemple, en Europe tant après la Première Guerre mondiale qu’après la Seconde Guerre mondiale ou après la Guerre froide, il s’accompagne d’exactions innombrables et théoriquement proscrites par le droit international. Pourtant, il continue de sévir et sans que la communauté internationale puisse véritablement le réprimer. Notons que l’Europe ne détient pas le triste monopole de cette pratique [11].

La délimitation des empires coloniaux (Amérique, Afrique, Asie) ne respecta pas systématiquement les contours territoriaux des ethnies soumises : la logique du découpage était, rappelons-le, exogène (intérêts, capacités et arrangements des métropoles), peu soucieuse (donc mal informée) des réalités locales et des populations indigènes. Rien d’étonnant, donc, à ce que les aspirations des ethnies entrent parfois en collision – souvent violente – avec l’ordre étatique. Nombre d’irrédentismes ou de sécessionnismes y puisent en partie leur origine.

Toutefois, l’ethnie en soi ne porte pas automatiquement à l’affrontement. Ainsi, les ethnies existaient dans l’Afrique précoloniale, mais sans cloisonnement étanche ni rigidité absolue dans l’espace, dans le temps et dans la hiérarchie sociale. Le destin des individus ne découlait pas uniquement de leur appartenance ethnique, à supposer que cette catégorie existât dans la société dont ils faisaient partie. Nombre d’études contemporaines tendent à démontrer que la colonisation porte une grande part de responsabilité dans l’organisation des relations autour de l’appartenance ethnique. Cette dernière apparut comme un moyen de classement commode des populations. Une administration efficace des indigènes passait par le rattachement à une “ethnie“. Celle-ci était identifiée à un territoire, à une langue, à une religion, à une mémoire orale, voire à une activité. L’on remarquera au passage la proximité de ces critères avec ceux retenus pour définir une nation, mais le terme ne fut pas utilisé car il semblait l’apanage des pays les plus avancés : les États colonisateurs. En outre, pour mieux asseoir leur domination, les puissances coloniales usaient fréquemment du classique “diviser pour régner“ et distribuaient inégalement les ressources entre les ethnies qu’ils avaient définies. L’accès au travail, à la terre ou à l’éducation n’était pas le même pour tous. La décolonisation eut, le plus souvent, recours à des processus de transition. Durant cette phase, une vie politique s’organisa et, fréquemment, cela se fit sur des bases régionales, donc ethniques. La pratique généralisée du parti unique durant les premières décennies de l’indépendance nourrit et cristallisa les clivages ethniques. Dans beaucoup de pays de l’Afrique contemporaine, l‘incapacité de l’État à garantir le partage du pouvoir (ou l’alternance), l’égalité d’accès aux postes de responsabilités et/ou la répartition équitable des ressources, pérennise la confiscation au profit d’une ethnie et alimente les tensions ou suscite les conflits. Maintenant que les masques idéologiques sont tombés, le système dit du “vainqueur rafle tout“ (the winner-take-all system) apparaît comme l’un des facteurs essentiels des conflits post-Guerre froide :
« … en matière de risques d’instabilité, le pire scénario, et de loin, est celui d’une situation politique qui combine un affrontement entre des tendances extrêmistes ou entre des factions très opposées avec une élection ouverte. La conjonction d’une conception hégémonique, sectaire, de la politique avec l’opportunité d’une lutte pour le contrôle du pouvoir constitue une véritable poudrière [12] ».

La dimension ethnique est présente dans nombre de conflits. Néanmoins, il faut se garder de tout réduire à cette cause, ou même, dans certains cas, d’en faire une cause :
« l’identité ethnique est une variable qui ne joue pas en soi, et qui doit, pour être opérationnelle, être articulée à d’autres facteurs : mémoire d’une spoliation foncière, rivalités politiques, frustrations économiques [13] ».

Faute de tradition démocratique de longue durée, les liens et hostilités ethniques peuvent resurgir à chaque difficulté, car les hommes politiques, tout comme les chefs de guerre, continuent de les instrumentaliser pour parvenir au pouvoir, ou s’y maintenir.

Le massacre des Tutsi perpétré, dans des conditions encore aujourd’hui mal élucidées, par les Hutu, au Rwanda, en 1994, constitue l’exemple récent le plus meurtrier. Les spécialistes de l’Afrique centrale penchent pour une origine ethnique commune, la différence relevant du statut économique, social et politique des individus. Ils recherchent donc les explications du génocide dans ces domaines et non pas dans l’appartenance ethnique en tant que telle. Mal géré, l’État n’assurait plus convenablement ses missions, notamment en matière d’éducation et de santé. Pourtant, ce dernier domaine revêtait une importance particulière du fait de l’épidémie de SIDA qui frappait durement le pays. Les Hutu, au pouvoir, vivaient dans la crainte d’une invasion des rebelles tutsis réfugiés en Ouganda et dans la hantise que les Tutsi du Rwanda forment une “cinquième colonne“. Or, détenteurs du pouvoir au Burundi voisin, les Tutsi avaient massacré de nombreux Hutu, en 1982 et après. Cela alimentait les appréhensions des Hutu du Rwanda. Consécutivement à une forte croissance démographique, la densité atteignait, dans les campagnes (97 % de la population), près de 300 habitants au kilomètre carré. Une très forte pression sur la terre en résultait. La taille moyenne des exploitations, déjà faible (2,7 hectares en 1975), avait diminué de plus de moitié (1,2 hectare en 1994). Enfin, la crise économique mondiale faisait chuter les cours du café et du thé, tout en réduisant l’aide internationale. À l’angoisse politique et sécuritaire, s’ajoutait l’angoisse économique et sociale. Le contexte s’avérait éminemment propice à l’instrumentalisation de l’ethnie par les extrémistes hutus.

Alors que la main-d’œuvre faisait défaut, Félix Houphouët-Boigny dota la Côte-d’Ivoire, en 1961, d’une constitution qui conférait la citoyenneté à toute personne résidant depuis cinq ans dans le pays, quelle que soit l’origine des parents. Durant les années 1980, le pays souffrit des effets conjugués de la corruption, du gaspillage, de l’autocratie et de l’effondrement de sa prospérité suite à la chute des cours des produits dont l’exportation assurait ses revenus (cacao, café, bois) [14]. La manipulation du concept d’”ivoirité” a mené la Côte-d’Ivoire au bord de la guerre civile et déstabilisé durablement le pays :
« le discours xénophobe du président Konan Bédié, héraut de "l’ivoirité", est repris et développé. Il sanctifie la chasse aux "allogènes", en particulier dans la "boucle du cacao", l’Ouest du pays, où la présence de nombreux étrangers – un tiers des habitants au niveau national – pose un problème foncier réel. Mais la classe dirigeante ivoirienne joue à l’exclusion pour se débarrasser d’Alassane Ouattara, de "nationalité douteuse", à l’approche de l’élection présidentielle de l’automne 2000 [15] ».

Lors de l’élection présidentielle d’octobre 2006 en République démocratique du Congo, réapparut l’”argument” de la “congolité”, au nom duquel, en 1983, le président Mobutu avait déchu de leur citoyenneté – zaïroise, à l’époque – les habitants qui ne pouvaient pas prouver leur présence sur le territoire du pays depuis au moins 1885. Cette fois, il était utilisé par Jean-Pierre Bemba, rival du président sortant, Joseph Kabila [16]. Ce dernier serait rwandais et non pas congolais. Or, le Rwanda a participé activement à la tentative de déstabilisation et de dépècement de la République démocratique du Congo entre 1996 et 2003. L’on retrouve ici une manœuvre politique classique : « l’art de discréditer l’adversaire en mettant en doute sa nationalité et son attachement au pays [17] ». Durant des années, dans l’est du même pays, au Nord-Kivu, plusieurs centaines de milliers de civils tentèrent de survivre au milieu d’un conflit “ethnique“ : un général tutsi soutenu par le Rwanda, Laurent Nkunda (Congrès national pour la défense du peuple), s’était rebellé, officiellement pour protéger les Tutsi congolais des exactions commises par les Hutu rwandais (Forces démocratiques de libération du Rwanda-FDLR) qui avaient fui leur pays en 1994 et auraient joui du soutien du gouvernement de Kinshasa [18]. La majorité des Congolais rejetaient cette accusation, considérant qu’il s’agissait d’un prétexte pour de nouvelles ingérences du Rwanda [19]. En décembre 2008, un accord intervint entre Kinshasa et Kigali pour éliminer le FDLR et mater la rébellion du général Nkunda [20]. Mais le premier objectif ne semble pas avoir été atteint.

De même, les élections présidentielles kenyanes de décembre 2007 confrontèrent Mwai Kibaki, un Kikuyu, à Raila Odinga, un Luo allié aux Kalenjin. « Il ne faut pas se voiler la face. Le principal souci de Mwai Kibaki était de se maintenir au pouvoir comme celui d’Odinga d’y accéder, quels qu’en soient les moyens [21] ». Donc, le cœur du problème résidait dans une rivalité personnelle pour le contrôle du pouvoir. Pourtant, la contestation des résultats tourna à l’affrontement entre Kikuyu et Luo-Kalenjin, selon un scénario qui se répète depuis l’instauration d’élections pluripartites dans les années 1990 : pour éviter une défaite annoncée, le président d’alors, Daniel Arap Moi (un Kalenjin), transforma la campagne électorale en dénonciation du risque d’un retour à la “domination des Kikuyu“ [22]. Cela s’expliquerait par l’héritage colonial [23] et par l’influence du majimboïsme, courant né dans les années 1950, qui défend le régionalisme ethnique [24]. Mais ce n’est pas la cause première des affrontements : ceux-ci résultent d’une répartition inégale des terres, perpétuée au profit d’une poignée de responsables politiques depuis l’accession à l’indépendance. Aussi, pour certains, l’apaisement dépend-il d’une réforme agraire [25]. En attendant, des réunions de réconciliation se tiennent dans certains villages : par la connaissance de l’autre et le partage, des hommes et des femmes de bonne volonté tentent de suppléer les carences de leurs dirigeants politiques [26].

Au Sri Lanka, de 1983 à 2009, Cinghalais et Tamouls s’affrontèrent dans un conflit sanglant (plus de 70 000 morts). En fait, si la Constitution du pays consacre le multiculturalisme (l’article 12, §2, stipule qu’« aucun citoyen ne sera discriminé en raison de sa race, de sa religion, de sa langue, de son sexe, de sa caste, de ses opinions politiques, de son lieu de naissance ou de tout autre motif »), les Cinghalais de confession bouddhiste (74 % de la population) détiennent la réalité du pouvoir politique. Une fraction de la minorité tamoule (15 % de la population, de confession hindouiste), menée par Vellupilai Prabhakaran, dénonçait cet état de fait, qu’elle supportait d’autant moins que, durant la période coloniale, elle fournissait l’essentiel des cadres. Son organisation, les Tigres de la libération du Tamil Eelam, issue en 1975 des Nouveaux tigres tamouls fondés en 1972, mena la lutte armée en vue de l’indépendance du nord de l’île, où avait existé un royaume tamoul [27]. La politique cinghalaise qui mena à la rupture fut clairement une politique de discrimination ethnique à tonalité de revanche. Certes, mais de revanche politique, économique et sociale bien plutôt que spécifiquement ethnique [28]. En janvier 2009, le gouvernement de Colombo lança une offensive destinée à éradiquer les forces rebelles, ce qui semblait acquis en avril, mais laissait la question tamoule sans solution quant au fond [29].

La communauté internationale se préoccupe de l’instabilité du Pakistan avant tout car il détient l’arme nucléaire. L’attention se polarise sur le péril islamiste radical. Toutefois, il ne faut pas négliger le poids des facteurs ethniques de déstabilisation [30]. Les Pendjabis et les Sindhis rivalisent pour le pouvoir, tandis que des ferments sécessionnistes travaillent nombre de minorités, notamment les Pashtouns et les Baloutches. Le même grief se retrouve : la confiscation du pouvoir (accentuée par l’extrême centralisation de ce dernier) et la mauvaise redistribution des ressources ou l’insuffisance des secours. Déjà, pour ces motifs, en 1971, les Bengalis arrachèrent leur indépendance et créèrent le Bangladesh. Une des raisons du succès de Benazir Bhutto (et du danger qu’elle représentait pour la classe dirigeante pendjabie) résidait dans le fait que sa popularité transcendait les clivages ethniques. Son parti ne s’appelle-il pas, de manière significative, “Parti du peuple pakistanais [31]“ et ne promettait-il pas une meilleure répartition des richesses ? Au printemps 2009, l’offensive de l’armée dans la vallée de Swat, contrôlée par les taliban, provoqua des pertes civiles, de nombreuses destructions et le déplacement de 2 400 000 personnes. À cette occasion, la marginalisation économique, sociale et culturelle des Pachtounes éclata en plein jour et pour certains, cela risque d’attiser les séparatismes [32]. Notamment en ravivant le souvenir de l’affrontement pluriséculaire entre les Pachtouns et les Pendjabis, qui portait, relevons-le, sur le contrôle de la plaine de l’Indus et non sur une opposition ethnique [33].

Dans les Balkans, en revanche, la force des antagonismes ethniques, largement hérités de l’histoire, semble incontestable, même si elle n’explique pas tout. Au Kosovo, Albanais et Serbes s’affrontent sans merci depuis des décennies, et les connaisseurs du problème, tel l’ancien président finlandais Martti Ahtisaari, qui fut négociateur du dossier pour l’ONU en 2007, convinrent que la coexistence pacifique entre les deux ethnies y était impossible. La proclamation d’indépendance du 17 février 2008 apparaissait donc comme inéluctable. Mais, outre celui d’affrontements au sujet des enclaves serbes du Kosovo, elle porte en elle le risque d’une reprise des affrontements entre les Serbes et d’autres peuples de l’ex-Yougoslavie, comme les Croates et les Musulmans [34]. À cet égard, la Bosnie-Herzégovine, qu’un ancien négociateur des accords de Dayton (1995) considère comme une “ethnocratie“ plutôt qu’une démocratie, figure parmi les lieux d’Europe les plus préoccupants [35]. Par surcroît, un effet domino ne peut être exclu :
« Et si le précédent du Kosovo allait ouvrir la boîte de Pandore des sécessionnismes ? Leur donner espoir et légitimité ? Bref, relancer une logique ethnique du politique, que l’Europe occidentale avait cru pouvoir reléguer, avec la construction européenne, dans les armoires cadenassées de l’histoire ? [36] ».

Cette évolution inquiète une partie de la communauté internationale, celle qui voit dans la proclamation d’indépendance du Kosovo une régression :
« Premier changement de frontières dans les Balkans réalisé, avec l’aval de la communauté internationale, sur des bases avant tout ethniques, l’indépendance du Kosovo illustre l’échec de la politique multiethnique menée depuis le début des années 1990 par les États-Unis et l’Europe. […] Le cas du Kosovo est loin d’être isolé. Les idées multiethniques chères aux Européens ont aussi échoué en Bosnie. […] Même la petite Macédoine […] est sur le qui-vive […]
Certains experts, qui travaillent dans la région depuis des années, reconnaissent en privé, que la meilleure solution pour résoudre les problèmes dans les Balkans serait sans doute d’organiser une grande conférence internationale et de changer une fois pour toute les frontières sur des bases ethniques. Mais ils savent que cette solution est politiquement incorrecte [37] ».

Ces clivages ne conservent pas toujours un tour aussi tragique, mais ils entretiennent les tensions. Ainsi des Hongrois, peuple partagé entre plusieurs États à l’issue de la Première Guerre mondiale. Le traité réglant le sort de la partie hongroise de l’ex-Empire d’Autriche-Hongrie fut signé, le 4 juin 1920, au château de Trianon. Le pays perdait 67,8 % de son territoire ; et 3 000 000 de Hongrois (environ un tiers de la population hongroise totale) se retrouvaient sous souveraineté étrangère. Cela fut une pomme de discorde dans l’Europe de l’Entre-deux-guerres. La Hongrie, désireuse de regrouper tous les Hongrois, pensa même, durant la Seconde Guerre mondiale, que l’alliance avec l’Axe lui permettrait d’atteindre cet objectif. Aujourd’hui encore, la mémoire de la “catastrophe de Trianon” est vive chez les Magyars, mais le recours à la guerre n’est plus à l’ordre du jour. Il n’empêche : de nombreuses tensions persistent entre Budapest et ses voisins, notamment la Roumanie et la Slovaquie [38], au sujet des droits des minorités hongroises. Cela entrave le règlement de nombreux litiges ou conflits. Par exemple, le Premier ministre slovaque expliquait ainsi le refus par son gouvernement de soutenir le projet d’indépendance du Kosovo proposé par l’ONU : « le prochain statut du Kosovo ne doit pas conduire à des modifications de frontières afin de ne pas servir d’exemple à d’autres pays avec des minorités [39] ». Il se préoccupait davantage de “sa“ minorité hongroise que de la stabilisation de l’ex-Yougoslavie.

Contrairement à un cliché des plus répandus, l’Afrique elle-même parvient parfois à maîtriser les pulsions ethniques. Ainsi, Daniel Arap Moi, président du Kenya entre 1978 et 2002, appartenait à une ethnie très minoritaire, les Kalenjin. Avant l’instauration du multipartisme, il assura sa longévité au pouvoir en passant des alliances avec d’autres ethnies (notamment avec les Masaï, contre les Kikuyu) et en maîtrisant les outils politiques, économiques et médiatiques du pouvoir [40].

Le président Omar Bongo dirigea le Gabon de 1967 à 2009, alors que l’ethnie Batéké, à laquelle il appartenait, est peu nombreuse : il utilisait tous les instruments de la politique et toutes les techniques de manipulation [41]. Mais cette occultation lui survivra-t-elle ? Pour lui succéder, son fils Ali, outre le contrôle de l’armée, aurait bénéficié du soutien de l’ethnie majoritaire, les Fang :
« atout majeur, dans un pays où la population estime que le pouvoir doit lui revenir après quatre décennies d’autorité des Téké [42] ».

La Tanzanie a entrepris de démanteler l’ethnie : elle a choisi une langue unique (le swahili), les études secondaires sont suivies dans des régions où résident d’autres communautés que celle du lycéen ou de la lycéenne et il est interdit de faire campagne pour une répartition ethnique des fonctions [43].

Si, en 2008, des troubles graves opposèrent, notamment à Santa Cruz, les différentes composantes de sa population, la Bolivie ne semblait pas devoir basculer dans la guerre civile. De fait, les préjugés ethniques croissaient parallèlement aux inégalités sociales et ces dernières exacerbaient les oppositions politiques. Les Boliviens paraissaient avoir conscience des tentatives de manipulation. L’un d’entre eux déclarait :
« Les gens ne veulent pas de bagarre. […] Cette lutte n’a pas de sens, nous sommes en train de nous entre-tuer, nous Boliviens, à cause d’une lutte de pouvoir entre la droite et le MAS [44] ».

Le cas de l’ex-Tchécoslovaquie démontre qu’il peut même exister des solutions heureuses. Le 1er janvier 1993, par séparation à l’amiable, naquirent la République tchèque et la Slovaquie. Cela concluait sans violence une mésentente qui remontait à la création du pays, en 1918 [45].

Phénomène moins connu et plus rare, le fondement territorial de l’ethnie peut circonscrire un conflit au lieu de l’étendre : l’appartenance d’un groupe armé à une ethnie particulière peut dissuader les ethnies des territoires voisins de le rejoindre. Ainsi, dans la vallée du Ferghana, le Mouvement islamique d’Ouzbékistan ne parvint pas à essaimer en Asie centrale du fait de la méfiance ou de l’hostilité dont font l’objet les Ouzbeks.

Tout autant que dans le cas du clan ou de la tribu, il convient donc de considérer l’argument ethnique avec circonspection et d’en observer toutes les facettes, avant d’en faire une clé de l’explication géopolitique de la situation étudiée. Parfois, masquant l’incompréhension de l’observateur face aux événements, ou camouflant les intentions réelle des acteurs, il peut constituer un élément de l’argumentaire des représentations géopolitiques fondées sur l’oppression et/ou le sentiment national, alors qu’il ne joue pas ce rôle dans la réalité. Le cas africain illustre bien cela :
« Certes instrumentalisée, il serait faux de considérer que l’ethnie ne joue pas de rôle dans le développement des conflits africains. La notion est aujourd’hui habilement reprise par les Africains acteurs de leurs propres conflits. Il convient pourtant de ne pas s’égarer sur des sentiers trop faciles. Une manifestation n’est pas une cause. Au-delà des débats sur le concept ethnique, le continent reste un enjeu important pour les embryons de puissances régionales comme pour les moyennes et majeures mondiales. Qui plus est, la qualification ethnique masque les oppositions de genre, de générations, de statut, de légitimité historique (autochtones/allochtones), des luttes sociales entre classes (roture/noblesse, anciens esclaves et maîtres un peu partout, salariés et patrons dans les pays industrialisés), les guerres de notables et de chefs de guerre. C’est autour d’enjeux comme la conquête du pouvoir central, aussi faible soit-il, la rente minière et pétrolière, le partage de la manne étatique, la question centrale de l’accès à la terre, l’attribution de titres et de droits que se focalisent ensuite ces conflits qui relèvent d’une grande complexité [46] ».

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PROBLÉMATIQUE LIÉE AUX ETHNIES

Quelle est l’influence des clivages ethniques
sur la crise ou le conflit ?

CHAMPS DE RECHERCHE

Outils pour étudier les structures ethniques de la population du territoire sur lequel se déroule la crise ou le conflit :

  • les ouvrages consacrés à la géographie, l’ethnologie, à l’anthropologie, à la sociologie, à l’histoire et à la science politique.

Les informations recueillies servent à repérer l’influence des clivages ethniques sur les événements. Le plus souvent un ou plusieurs des éléments suivants :

  • la concurrence entre ethnies,
  • le statut des ethnies minoritaires,
  • l’existence d’un pacte entre ethnies et ses dysfonctionnements,
  • le(s) discours à contenu ethnique,
  • les motifs cachés derrière l’“ethnicisation“ de la crise ou du conflit.

La liste n’est pas exhaustive, mais elle recense les facteurs qui apparaissent le plus fréquemment.

Une information est pertinente lorsqu’elle contribue à éclairer la crise ou le conflit que l’on étudie.

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[1. Sanders Edmund, « Fear May Change Ethnic Map of Kenya », Los Angeles Times, February 25, 2008.

[2. Husarska Anna, « The Hidden Wounds of Congo’s War », The Washington Post, January 4, 2008.

[3. Godelier Maurice, « À propos des concepts … », op. cit., p. 302.

[4. Aydarov Jenish and Akimova Mirgul, « Alarm at Tribal Claim to Separate Status », Institue for War and Peace Reporting, March10, 2009.

[5. Muller Jerry Z., « Us and Them. The Enduring Power of Ethnic Nationalism », Foreign Affairs, March-April 2008.

[6. Robinne François, « Catégories ethniques versus réseaux transethniques. Critique du concept d’ethnicité appliqué au paysage birman », in Defert Gabriel (dir.), Birmanie contemporaine, Paris, 2008 , Les Indes Savantes, p. 129.

[7. Bruneau Michel, « Birmanie » in Lacoste Yves (dir.), Dictionnaire..., op. cit., p. 295.

[8. Balencie Jean-Marc et La Grange (de) Arnaud (dir.), Mondes rebelles. Guérillas, milices, groupes terroristes, Paris, 2001, Michallon, p. 436.

[9. Fan Maureen, « An Ancient Culture, Bulldozed Away », The Washington Post, March 24, 2009.

[10. Dougnac Vanessa, « L’Union se dote d’un nouvel État », Le Temps, 12 décembre 2009 ; Calle Marie-France, « Un 29e État redessine la carte de l’Inde », Le Figaro, 22 décembre 2009.

[11. Rosière Stéphane, Le nettoyage ethnique. Terreur et peuplement, Paris, 2006, Ellipses, 297 p.

[12. Gorldstone Jacke A. et alii, « A Global Forecasting Model of Political Instability », Annual Meeting of the American Political Science Association, Washington, 2005, p. 20. (http://globalpolicy.gmu.edu/pitf/PITFglobal.pdf).

[13. Propos de Dominique Connan rapportés par Mounier-Kuhn Angélique, « Aux racines de la crise kenyane », Le Temps, 12 février 2008.

[14. Smith Stephen et Tuquoi Jean-Pierre, « Crise financière de l’État, guerre des chefs et xénophobie ont eu raison du "modèle ivoirien" », Le Monde, 21 septembre 2002.

[15. Ibidem.

[16. Polgreen Lydia, « Fighting in Congo Rekindles Ethnic Hatreds », The New York Times, January 10, 2008.

[17. Bernard Philippe, « Violences et xénophobie enveniment l’élection au Congo », Le Monde, 28 octobre 2006.

[18. Bolopion Philippe, « L’ONU dénonce le désastre humanitaire oublié dans lequel sombre le Nord-Kivu », Le Monde, 2 janvier 2008.

[19. Polgreen Lydia, op. cit.

[20. Rémy Jean-Philippe, « L’offensive contre les rebelles hutus des FDLR risque de déstabiliser le Congo », Le Monde, 31 janvier 2009.

[21. Propos d’Hélène Charton rapportés par Mounier-Kuhn Angélique, « Aux racines… », op. cit.

[22. Professeur Klopp Jacqueline M. (Columbia University), « The Real Reason for Kenya’s Violence », The Christian Science Monitor, January 14, 2008.

[23. Professeur Elkins Caroline (Harvard), « What’s Tearing Kenya Apart ? History, for One Thing », The Washington Post, January 6, 2008.

[24. Gettleman Jeffrey, « Signs in Kenya of a Land Redrawn by Ethnicity », The New York Times, February 15, 2008.

[25. Sanders Edmund, « In Kenya, Land is the Root of Most Problems », The Washington Post, December 20, 2008.

[26. Sanders Edmund, « Members of Kenya Tribes Work Toward Reconciliation », Los Angeles Times, January 4, 2009.

[27. Bobin Frédéric, « L’isolement des Tigres tamouls », Le Monde, 28 avril 2009 ; Stevan Caroline, « Les Tigres, de la guérilla la plus sophistiquée à un quarteron reclus dans la jungle », Le Temps, 29 avril 2009.

[28. Meyer Éric-Paul, « Ressorts du séparatisme tamoul au Sri Lanka », Le Monde diplomatique, avril 2007.

[29. Ponnambalam Gajendrakumar (parlementaire tamoul), « “L’armée sri lankaise procède à un nettoyage ethnique“ », propos recueillis par Vanessa Dougnac, Le Temps,, 30 avril 2009.

[30. Jaffrelot Christophe, « Identité islamique et tensions ethniques » in Jaffrelot Christophe (dir.), Pakistan, Paris, 2000, Fayard, pp. 19-70.

[31. Witte Griff, « Strains Intensify in Pakistan’s Ethnic Patchwork », The Washington Post, January 7, 2008.

[32. Calle Marie-France, « L’insurrection talibane fragilise l’unité pakistanaise », Le Figaro, 28 mai 2009.

[33. Harrison Selig S. « Pakistan’s Ethnic Fault Line », The Washington Post, May 11, 2009.

[34. Dérens Jean-Arnault, « L’indépendance du Kosovo pourrait causer un effet domino dans les Balkans », Le Temps, 16 février 2008.

[35. Bilefsky Dan, « Fears of New Ethnic Conflict in Bosnia », The New York Times, December 14, 2008.

[36. Mandeville Laure, « Kosovo », Le Figaro, 19 février 2008.

[37. Lasserre Isabelle, « Indépendance du Kosovo », Le Figaro, 22 février 2008.

[38. Smooha Sammy, The Model of Ethnic Democracy, European Centre for Minority Issues, 2001, pp. 64-70. (http://www.ecmi.de/download/working_paper_13.pdf)

[39. Plichta Martin, « La Slovaquie craint un “précédent légal“ qui pourrait inspirer sa minorité hongroise », Le Monde, 5 février 2007.

[40. Campagne Jean-Pierre, « Le Kenya au-delà des ethnies », Libération, 7 janvier 2008.

[41. Ibidem.

[42. Hanz Danica, « Omar Bongo, un des derniers “dinosaures politiques“ d’Afrique », Le Temps, 30 mai 2009.

[43. Gettleman Jeffrey, op. cit.

[44. Paranagua Paulo A., « Les Boliviens espèrent une solution négociée », Le Monde, 27 septembre 2008.

[45. Plichta Martin et Rodier Anne, « Tchèques et Slovaques se sont réjouis après-coup de la partition de leur pays », Le Monde, 30 août 2008.

[46. Neuman Michael et Trani Jean-François, « Le tribalisme explique tous les conflits » in Courade Georges (dir.), L’Afrique des idées reçues, Paris, Belin 2006, p. 149.


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